Ananas biologique du Bénin sur le marché mondial
Ananas biologique du Bénin sur le marché mondial
vers le développement
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Série de Documents de Travail N° 140
Bénin – 2011
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Quelle place pour l’ananas biologique du Bénin sur le
marché international ?
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Sigles et abréviations
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Remerciements
Les auteurs du rapport veulent aussi exprimer leur gratitude aux responsables et à toute l’’équipe
de CeCPA Allada, l’ONG Bouge et Helvetas pour nous avoir fait part de leur expérience dans le
domaine de l’Agriculture biologique.
3.4 Analyse des Forces, des Faiblesses, des Opportunités et des Menaces (FFOM) ............................................. 38
3.4.1 Identification du FFOM ....................................................................................................................... 38
3.4.2. Analyse des forces : ............................................................................................................................. 42
3.4.3 Analyse des faiblesses ......................................................................................................................... 43
3.4.4 Analyse des opportunités ..................................................................................................................... 44
3.4.5 Analyse des menaces ........................................................................................................................... 45
3.7 Plan d’action pour le développement de la CVA ananas bio au Bénin ............................................................... 61
3.7.1 Présentation du plan d’action ...................................................................................................................... 61
3.7.2 Mécanismes de mise en œuvre du plan d’actions ........................................................................................ 64
IV Conclusions .......................................................................................................................................................... 65
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I Contexte, justification et objectif de l’étude
1.1 Contexte
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Suivant les statistiques de l’INSAE et de l’ADEX en 2007, les exportations de l’ananas ont été de
2400 tonnes. Ces exportations concernent essentiellement l’ananas conventionnel.
La culture de l’ananas conventionnel contribue à une dégradation rapide du sol sur les terres de
barre au sud du Bénin. Selon Floquet et al. (2001), les caractéristiques des terres de barre
diminuent rapidement. Pour pallier à cette dégradation de la fertilité des sols, des initiatives
combinées aux demandes du marché international ont été développées pour l’introduction de
l’ananas biologique.
Le thème de l’étude a été proposé par JOLISAA, de concert avec l’ICRA et l’IFDC Cotonou. La
préférence portée sur l’ananas biologique dans le plateau d’Allada par les parties prenantes
procède de leur volonté d’approfondir leur connaissance sur cette innovation. En effet, l’ananas
béninois de façon générale (conventionnel et biologique) est très apprécié des consommateurs. Sa
couleur, son goût et son arôme lui ont conféré le nom commercial de «Bénin-or» sur le marché
international. A cela, il faut ajouter le potentiel de production et de transformation. Nonobstant
ces avantages différentiels et malgré l’acquisition des certificats biologiques, les acteurs de la
chaine de valeur ananas biologique n’arrivent pas à vendre leur produit sur le marché
international. Mieux, on note de plus en plus une démotivation des producteurs, une diminution
progressive des surfaces emblavées pour la production de l’ananas biologique, une reconversion
des producteurs biologiques dans l’ananas conventionnel et la mise en arrêt de certaines unités de
transformation d’ananas. En bref, malgré ses atouts et les efforts fournis par les agents
économiques, l’ananas biologique n’a pas trouvé sa place réelle au sein des exploitations agricoles
et peine à décoller pour la conquête des marchés européens, Nord Américain et sud Asiatique. La
question que les acteurs eux-mêmes se posent est : « Qu’est ce que nous devons faire pour que
l’ananas biologique trouve une place sur le marché international ? ». Cette question a été retenue
comme la question centrale guidant cette étude.
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1.3 Objectif et résultats attendus de l’étude
Comme défini dans les termes de référence, l’objectif de l’étude est une contribution à une
meilleure connaissance de la chaine de valeur ananas biologique d’une part et des propositions
d’actions pour permettre de trouver une place à ses produits sur le marché international.
Résultats attendus
Les résultats suivants sont attendus de l’étude :
Une typologie des producteurs de la CVA d’ananas biologique est faite.
Les facteurs limitant la production et la commercialisation de l’ananas pour chaque type de
producteurs sont identifiés.
Les acteurs, les flux, les processus au sein de la chaine globale, les particularités des sous
chaînes et les interactions entre elles sont décrits.
Les savoirs locaux mobilisés pour la production, transformation et mise en marché sont
répertoriés.
Les exigences de ces sous chaînes et les aptitudes des acteurs locaux à les remplir sont
définies.
Des propositions pour le développement équitable de la chaîne de la chaine de valeur sont
faites.
Des propositions pour un meilleur appui aux acteurs locaux sont faites.
Les acquis de la recherche sur la production de l’ananas biologique sont répertoriés.
Les perspectives de la recherche dans le domaine de l’ananas biologique sont connues.
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II- Méthodologie de réalisation de l’étude
La démarche que nous avons adoptée pour conduire cette étude a été participative, itérative, et
interactive. Notre vision est que pour un exercice aussi complexe, qui doit permettre à l’ananas
biologique béninois de se positionner sur le marché international, il est important d’avoir à l’esprit
une construction d’ensemble afin que tous les acteurs s’approprient du processus et des résultats.
Pour ce faire, à chaque étape de la démarche de l’étude, notre approche a été détaillée et a fait
l’objet de partage avec les acteurs. Des adaptations ont été faites surtout dans le sens d’une
meilleure implication des acteurs clés.
Pour rendre plus dynamique les rencontres d’échanges sur le sujet, et compte tenu du niveau
d’alphabétisation des participants, nous avons privilégié et facilité le partage d’expériences de
paysans à paysans en vue de clarifier les concepts et de les adapter aux réalités pratiques.
Les pages qui suivent présentent la méthodologie de l’étude.
- Prise de contact avec les acteurs clés : négociation d’un accord de principe de portage
du processus par les acteurs
Sur la base de la documentation existante et des échanges avec le CeCPA (Centre Communal
pour la Promotion de l’Agriculture), nous avons répertorié les acteurs clés de la chaine de valeur
ananas biologique dans le bassin de production d’Allada. Une rencontre d’échanges avec ces
derniers a été organisée par le CeCPA en vue d’obtenir leur engagement et de recenser leur centre
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d’intérêt pour l’étude. Les acteurs ont exprimé leur intéressement par rapport au thème et un
consensus a été établi autour de la démarche de travail, les rôles et responsabilités de chaque
acteur. Enfin, les acteurs ont souhaité que l’étude prenne en compte en termes de résultats
attendus l’information sur les acquis de la recherche ainsi que les perspectives à court terme.
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Question centrale Questions secondaires
-Les entretiens
Pour les entretiens avec les acteurs, nous avons utilisé des guides d’entretien, des questionnaires
et le profil historique. Les entretiens ont été faits avec les exportateurs, les transformateurs, les
producteurs individuels, les membres des bureaux des organisations paysannes faîtières et les
structures d’appui. L’échantillonnage a été défini selon la taille de l’organisation paysanne et la
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culture effective de l’ananas biologique. Au total 17 producteurs, 3 organisations paysannes
faitières, 4 unités de transformation (faisant aussi de l’exportation) et 3 structures
d’accompagnement ont fait l’objet d’entretiens. Ces entretiens ont eu lieu dans les sept communes
d’intervention des réseaux de producteurs à savoir : Allada , Tori Bossito, Zè, Kpomassè,
Abomey-Calavi, Ouidah et Toffo.
Pour le traitement et l’analyse des données, nous avons eu recours à l’image contexte, la grille
d’analyse des acteurs, la cartographie de la CVA, l’analyse FFOM, la construction de scénarios et
enfin à la formulation des options stratégiques. Il est à noter que ce processus a été inscrit dans un
cadre de co-construction avec les acteurs de la CVA.
- Image contexte
L’mage contexte est une représentation visualisée d’une problématique ; elle utilise des mots
simples et des images ou icônes pour représenter tous les aspects importants du thème central, de
telle façon que l’on puisse saisir le contexte ou la nature d’une situation. Cette image a permis de
recueillir un grand nombre d’idées et de comprendre les interrelations qui existent entre les
différents éléments de la chaine de valeur ananas biologique. L’image contexte a été élaborée à la
suite de la rencontre avec les acteurs clés et validée lors de l’atelier des acteurs sur l’identification,
et l’analyse des forces, des faiblesses, des potentialités et des menaces de la CVA ananas
biologique.
- Analyse FFOM
L’analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces est un outil utilisé pour un diagnostic
d’une situation donnée. Nous avons utilisé cet outil pour les différents segments de la chaîne de
valeur ananas biologique. Nous avons ainsi dégagé lors d’un atelier avec RePAB, IRA,
COPROAMA, ONG Bouge, ARPAA, CeCPA, CSFT, Fruit-Tillou, Fruit d’or, etc., les forces et
faiblesses qui sont internes à la CVA ananas biologique et les opportunités et menaces qui sont des
éléments extérieurs sur lesquels ces derniers ont peu de marge de manœuvre. Lors de cet atelier,
les participants ont été repartis en trois sous-groupes de travail. La mise en commun des résultats
des travaux de groupe a permis de dresser la situation d’ensemble.
- Construction de scénarios
La construction des scénarios pour l’ananas biologique est un principe de la démarche multi-
acteurs. Pour la construction de ces scénarios, les acteurs ont identifié cinq forces motrices qui ont
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ensuite été hiérarchisées selon leur degré d’influence sur la CVA. Nous avons appelé forces
motrices les facteurs sur lesquels les acteurs de l’ananas biologique du plateau d’Allada ont peu
d’emprise mais qui pourront affecter positivement ou négativement leurs activités dans la cadre de
la promotion de leur CVA.
La combinaison des différentes tendances des forces motrices retenues a permis d’obtenir quatre
scénarios.
- Formulation des options stratégiques
Les options stratégiques sont des leviers sur lesquels des actions sont nécessaires pour produire
des résultats escomptés selon les divers scénarios élaborés. Nous avons formulé les options dans
l’optique d’un accès au marché international notamment européen, Nord -Américain et Sud
Asiatique.
Il est important de signaler que la construction des scénarios et la formulation des options
stratégiques ont été faites par une équipe mixte constituée lors de l’atelier FFOM. Il s’agit d’un
groupe composé de 4 producteurs, 2 transformateurs, 2 représentants des commerçants, 4
représentants des structures d’appui et notre équipe. Le travail fait par cette commission a été
amendé et validé lors de l’atelier de restitution des résultats de l’étude.
Un rapport d’étude a été élaboré à la suite des investigations faites sur le terrain. Il correspond à
une capitalisation des informations collectées, traitées et analysées. Le rapport a été fait en trois
étapes. Un 1er draft a été rédigé et soumis aux participants à l’atelier de restitution des résultats de
l’étude pour amendement. A la suite de cet atelier, un 2ème draft a été élaboré et a fait l’objet d’une
autre restitution à l’ICRA pour enfin parvenir à cette version finale.
2.6 La restitution
Une séance de restitution a été organisée à la fin de la mission en vue de présenter les résultats
obtenus. Cette rencontre à laquelle JOLISAA, l’IFDC, Helvetas, ABEPEC ont pris part a
enregistré la participation de tous les acteurs clés de la CVA. Nous avons modéré cet atelier de
restitution qui a été organisée par le CeCPA. En plus de la modération, nous avons présenté les
objectifs et la démarche méthodologue de l’étude. Les résultats de l’étude notamment l’analyse de
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la situation actuelle, le FFOM, les scénarios, les options stratégiques ainsi que le plan d’actions
ont été présentés par trois personnes issues des acteurs eux-mêmes.
La présentation des résultats de l’étude a suscité un grand débat entre les acteurs par rapport à
l’avenir de la CVA et qui donne de l’espoir que la dynamique enclenchée par cette étude va se
poursuivre. Pour preuve, la première réunion entre les acteurs devant aboutir à la mise en place
d’une structure consensuelle de pilotage du plan d’actions a été immédiatement programmée pour
le 30/05/2011. JOLISAA a déjà donné son aval pour assister les acteurs lors de cette 1ère
importante rencontre. Pour faciliter la poursuite des réflexions entre les acteurs, nous avons mis à
leur disposition le rapport provisoire (ainsi tous les papiers contenant les résultats de leur
réflexion) en attendant les versions définitives.
3ème et 4ème
semaines
Intrants Production Transformation Marché Consommation Système
d’appui
Synthèse/analyse
CeCPA, COPROAMA, RePAB, Atouts/difficultés
IRA, Fruit-tillou, Fruit d’or, des résultats :
Stratégies de développement
ONG Bouge, etc. atelier FFOM
Rapport Capitalisation et
provisoire systématisation des résultats
Amendement et
Restitution des consensus des résultats
Tous les acteurs résultats
Rapport final
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III Résultats
3.1. Description de l’innovation
3.1.1. Facteurs favorables à la mise en place de l’innovation
La technique culturale de l’ananas conventionnel la plus répandue consiste à détruire le couvert
végétal en apportant l’engrais sans restitution de matières organiques. Cette pratique fait subir à la
terre et à l’environnement une dégradation rapide souvent irréversible, d’où l’intérêt de l’ananas
biologique sans utilisation d’intrants chimiques (TOSSOU, 2001). Aussi, la demande en produits
biologiques au sein des marchés de produits alimentaires à haute valeur, aurait augmentée de 10 à
25% par an, en Europe et en Amérique du Nord. C’est le segment alimentaire dont la croissance
est la plus rapide, avec une importation croissante en provenance des pays en développement
(ICROFS, 2010). Pour Helvetas, les producteurs et les petites entreprises du Bénin peuvent
exploiter ce créneau de marché notamment en Europe avec comme objectif de se conformer aux
règlementations CEE N°2092/91 (CE, 1991) et CE 1318 modifiant son annexe II (CE, 2005).
Le contexte ci-dessus a été un facteur favorable à l’introduction de l’ananas biologique dans le
plateau d’Allada.
Ces récits se fondent sur l’analyse de la documentation existante et des résultats de nos entretiens
avec les différents acteurs.
Les faits remontent à 2002, où des recherches ont été initiées dans le domaine pour évaluer les
impacts de la production conventionnelle de l’ananas sur l’environnement. Les résultats de cette
recherche ont mis en évidence les limites de la production conventionnelle et la nécessité de
repenser la stratégie de production de l’ananas dans le département de l’Atlantique.
En 2003, sollicitée par CLARO pour la production de l’ananas biologique en vue de satisfaire aux
demandes extérieures, HELVETAS a pris contact avec les chercheurs pour se lancer dans la
recherche des techniques de production de l’ananas biologique. Ainsi, une rencontre a eu lieu
entre les deux sur les modalités de collaboration, de planification et de mise en place d’une telle
innovation.
A la suite de cette importante rencontre, un voyage a été organisé au Togo en 2003 pour visiter les
paysans pratiquant de l’ananas biologique et étudier quelques aspects agronomiques.
En 2004, le premier projet de Helvetas d’appui aux acteurs pour la production de l’ananas
biologique a vu le jour. Dans le cadre de ce projet, une étude exploratoire conduite par les
chercheurs du CARDER (actuel CERPA) avait permis d’identifier les poches de rejets biologiques
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dans les départements des Collines et du Plateau (Ifangni, Kétou, etc.) où les producteurs ne
pratiquaient pas le système intensif avec l’utilisation d’intrants chimiques. Les paysans de
l’Atlantique avec l’aide de Helvetas ont acheté les rejets issus de ces zones. Les premiers acteurs
qui sont intervenus à ce stade sont : UGPAT (Union des groupements des Professionnel de
l’Ananas de Toffo), IRA (Initiative pour la Relance de l’Ananas) et COPRAMA (Coopérative des
producteurs d’Ananas et de Manioc).
L’année 2007 a été essentiellement marquée par l’étude des pratiques endogènes liées à la culture
d’ananas biologique où ont été identifiés l’oranger, le papayer et le bananier comme des fruitiers
qui pourraient être associés à l’ananas, en plus de l’arachide, le mucuna, etc.
En 2008, dans le but d’acquérir de nouvelles connaissances les producteurs ont effectué avec
l’appui de Helvetas une visite d’échanges au Ghana (stratégies de production des rejets) et au
Burkina Faso (mode de fertilisation des sols pour l’ananas biologique). La même année, les OP
ananas (IRA, COPROAMA, UGPAT) ont été regroupées autour de UGPAT en vue de l’obtention
du certificat biologique délivré par ECOCERT.
Sur la base de tous ces acquis, en 2009, il a été planifié la mise en place de parcelles-écoles avec
les producteurs. Cette mise en place a été effective en 2010.
De tout ce qui précède, on s’aperçoit que l’initiative est venue de CLARO en Suisse et Helvetas
(initiative exogène) et par la suite les autres acteurs s’y sont associés.
Cette innovation qui a pris naissance dans la commune de Toffo avec quelques producteurs s’est
vite développée et s’est élargie à tout le département de l’Atlantique et du Littoral. Présentement,
les communes couvertes sont : Zé, Toffo, Kpomassé, Tori, Abomey Calavi, Ouidah, Allada. Fort
de l’expérience développée par Helvetas, d’autres projets ont été initiés pour accompagner les
acteurs dans la mise en œuvre de leur initiative de promotion de l’ananas biologique en 2008.
Parmi ces projets, on peut citer le Projet ananas bio de Costa-Rica et de l’OBEPAB.
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3.2 Caractérisation de la situation actuelle: présentation et description du
système
Dans le cadre de cette étude, le concept de système est utilisé pour désigner la combinaison et le
fonctionnement des différentes composantes de la chaine de valeur ananas biologique dans le
plateau d’Allada.
Pour la construction de ce système, nous avons utilisé l’image contexte en vue de faciliter les
réflexions des acteurs. Cet outil a permis aux participants à la rencontre du 14 avril 2011 de
développer très vite une compréhension commune de la situation et de situer l’ananas biologique
dans son contexte global. Ainsi, cinq sous systèmes ont été identifiés et schématisés dans l’image
contexte ci-après. Il s’agit du marché, la transformation, la production, la fourniture des intrants
spécifiques et les services d’appui.
Les intrants sont de deux types : les fertilisants pour la production et les consommables pour la
transformation.
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Les fournisseurs de fertilisants : Dans la production de l’ananas biologique, la fertilisation
des champs à partir de la matière organique est le principe de base. Les producteurs
utilisent couramment la fiente de volaille, la bouse de vache, et d’autres pratiquent le
compostage. Au début du processus, avec l’appui de Helvetas, les producteurs ont reçu une
série de formations sur les techniques de fertilisation des champs à partir de la matière
organique. Une des initiatives pilotes a été la mise en place à Toffo d’un groupement de
femmes avicultrices (REFADA) en vue de satisfaire aux besoins des producteurs en
fumure organique. Malgré tous ces efforts, l’accès au fumier est difficile pour des raisons
multiples. En effet, le plateau d’Allada n’est pas une zone d’élevage. Aussi, les quelques
fermiers qui existent sont éloignés des zones de production d’ananas, il faut donc parcourir
de longues distances afin d’y accéder. La seconde dimension de la question est relative au
fait que les producteurs ne pratiquent pas la technique de compostage apprise, imputable à
la corvée que cette technique nécessite.
La deuxième gamme de fertilisant est constituée de sulfate de potassium et de carbonate de
calcium utilisés pour l’induction florale. Ces deux produits sont disponibles dans presque
tous les magasins de la place.
Les intrants pour la transformation de l’ananas biologique, en dehors des matières
premières, sont constitués essentiellement des emballages, du gaz butane, des pièces de
rechange des séchoirs et presses à ananas etc. Par rapport aux emballages, les
transformateurs sont tenus de les importer car ils n’y sont pas produits au Bénin. En effet,
les deux sociétés de fabrication d’emballages qui existaient à Sèmè-Kpodji et Godomey
ont été fermées pour des raisons d’imposition, taxes et coût d’électricité.
Les producteurs d’ananas biologique sont repartis entre quatre groupements qui sont aussi
spécialisés dans la production de l’ananas conventionnel. Il s’agit d’ARPAA, COPROAMA,
RePAB et IRA (voir image contexte). Le problème de leadership empêche une synergie entre ces
différentes structures qui collaborent très peu dans le cadre des activités de développement de la
chaine de valeur. Cependant, on note que certains producteurs, pour faire face à ce conflit entre
leaders, développent des stratégies de positionnement qui leur permettent de mieux profiter de
l’appui des structures d’accompagnement. Ainsi, il est très fréquent de voir des producteurs qui
sont membres de plusieurs groupements à la fois.
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Selon les résultats de nos investigations, le nombre de producteurs d’ananas biologique serait
d’environ 194 personnes dont 14 femmes. Le schéma qui suit donne la forme de structuration de
ces organisations.
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UGPAT (Toffo)
Producteurs d’Allada
CCPA (Toffo)
CCPA (Kpomasse)
CCPA (Allada)
ARPA
CCPA (Zè) CCPA (Ouidah)
Légende
ARPAA : Association des Producteurs de l’Ananas Atlantique
CCPA : Coopérative communale des producteurs d’Ananas ( ARPAA)
COPROAMA : Coopérative des producteurs d’Ananas et de Manioc
RePAB : Réseau des producteurs d’Ananas Biologique du Benin
UCPA : Union Communale des Producteur d’Ananas
UGPAT : Union des Groupements des producteurs d’Ananas de Toffo
IRA : Initiative pour la relance de l’ananas
D’un point de vue territorial, les producteurs sont concentrés dans les communes d’Allada, Toffo,
Zè, Kpomassé, Ouidah, Tori-Bossito et d’Abomey-Calavi. En d’autres termes, l’ananas biologique
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partage le même bassin de production que le conventionnel. Il s’agit d’une vaste étendue de terre
d’environ 490 000 ha propice à la culture de l’ananas. Le tableau qui suit donne la répartition des
superficies emblavées par groupement de producteurs ainsi que l’effectif des membres pour
l’année 2011.
La lecture du tableau 1 montre la répartition des superficies d’ananas biologique emblavées entre
les différents groupements de producteurs. On peut remarquer que les plus grands groupements ne
sont pas nécessairement les plus gros producteurs d’ananas biologique. Ainsi, COPROAMA avec
un effectif de 18 producteurs emblave une superficie de 10 ha contre 5 ha pour le même effectif
chez ARPAA, 37,5 ha pour une centaine de producteurs au RePAB.
Le potentiel de production de l’ananas biologique dans le bassin d’Allada est d’environ 3.600
tonnes d’ananas frais. Le kilogramme (kg) d’ananas frais étant vendu à 90FCFA auprès des unités
de transformation, la quantité totale produite s’élèverait à une valeur totale approximative de
324.270.000 FCFA. Pour un kg d’ananas séché, il faut environ 26 kg d’ananas frais. Le potentiel
d’ananas séché pourrait alors correspondre à environ 138580 tonnes. Si l’on sait que le prix de
l’ananas séché à l’exportation s’élève à 6132,96 FCFA le kg, le prix de revient des unités de
transformation s’élèverait à environ 849753690 FCFA. La valeur totale générée par la culture de
l’ananas biologique (ananas frais et séché) avoisinerait [Link] FCFA.
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Typologie des producteurs
La chaine de valeur ananas biologique est marginale par rapport à l’ananas conventionnel.
La culture est pratiquée par des catégories de producteurs ayant des visions et des stratégies
différentes. Sur la base des stratégies des acteurs, trois catégories de producteurs se dégagent.
- Le premier groupe est constitué par des producteurs qui considèrent l’ananas biologique
comme une culture d’opportunité. Ils représentent environ 58% des producteurs d’ananas
biologiques (cf. graphique a). Leur superficie emblavée est de moins de 0,25 ha, soit
environ 22% des superficies totales (cf. graphique b). Ils espèrent augmenter rapidement
leur revenu sans trop investir dans les intrants. Ils comptent sur un soutien permanent des
structures d’appui. Par manque de perspectives à court terme de la mise en marché de
l’ananas biologique, cette catégorie de producteurs réduit sa superficie emblavée. Ils se
conforment très peu aux normes de production.
- La dernière catégorie est constituée de producteurs qui ont des perspectives pour le long
terme du point de vue investissement. Ce groupe de producteurs est beaucoup plus informé
que les autres. Ils sont convaincus qu’à terme, les tendances du marché seront plus
favorables à l’ananas biologique qu’à l’ananas conventionnel. Partant de ce scénario, ils
s’attèlent donc à se placer sur ce créneau porteur. L’agriculture biologique est centrale
dans la stratégie de gestion de leur exploitation. La logique est de convertir toute
l’exploitation en production biologique. Cette catégorie représente environ 10% des
producteurs. La superficie exploitée par individu est supérieure à 0,5 ha. Ils exploitent
42% (cf. graphique b) des superficies totales emblavées dans le bassin de production
d’Allada.
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plus de
0,50 ha
10%
Moins de
plus de 0,25 ha
0,50 ha 22%
0,25 -
42%
0,5 ha Moins
32% de 0,25 0,25 - 0,5
ha ha
58% 36%
a b
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Ces normes réglementent la production, la transformation, l’étiquetage et l’importation des produits
d’origine végétale et animale de l’agriculture biologique. Aussi, il faut retenir que l’objectif principal
de ces différentes normes est de protéger les consommateurs et non pas de promouvoir l’agriculture
biologique. Enfin, ces normes sont toutes dynamiques et le rythme d’adaptation aux contextes varie
d’un pays à un autre.
Les producteurs du plateau d’Allada ont reçu depuis 2004, toute une série de formations dans le
cadre du projet d’appui aux acteurs pour la production de l’ananas biologique mis en place par
Helveltas. L’obtention du « certificat de conformité mode de production biologique produits pays
tiers » délivré par ECOCERT en 2009 (cf. annexe) à été le couronnement de ce processus de
renforcement de capacités des acteurs. Ceci témoigne aussi de l’engagement, des capacités
technique et organisationnelle des producteurs à respecter les normes de production biologique
notamment celles de l’Union européenne. En effet, pour le processus de certification, un dispositif
organisationnel avait été mis en place pour minimiser le coût de l’opération et permettre au
maximum d’organisations paysannes d’en jouir. Ainsi les OP ont été regroupées autour de l’OP
UGPAT suivant le dispositif ci après :
OP/ COPROAMA
( Production)
OP/UGPAT
OP/UCPA Allada OP/UGPAT (export)
( Production) ( Production)
OP/ IRA
( Production)
Présentement, il est difficile d’évaluer les expériences des producteurs d’ananas biologique car
celles-ci varient d’une organisation paysanne à l’autre et au sein de la même organisation, les
producteurs n’ont pas les mêmes expériences.
Les expériences cumulées par les producteurs sont beaucoup plus apparentes au niveau de la
maîtrise de l’itinéraire technique de production. Les acteurs affirment avoir reçu des formations
sur :
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Les caractéristiques des terrains aptes à la culture d’ananas bio (choix du site).
La préparation de la parcelle (défrichement, nettoyage, labour, etc.).
La production et sélection et traitement des rejets d’ananas biologique.
Les techniques de fertilisation des sols (compostage, production de fiente, etc.).
Le planting et la lutte biologique des maladies de l’ananas biologique.
Les opérations de récolte et post-récolte.
L’encadré qui suit illustre l’expérience d’un producteur dans la culture de l’ananas biologique
Je m’appelle Mathias, je suis dans la commune rurale de Zè, j’ai 5 ans d’expériences dans la
culture de l’ananas biologique. Pour moi, la culture de l’ananas biologique est plus facile que
l’ananas conventionnel. Il faut seulement suivre l’itinéraire technique tout en évitant les interdits.
Alors pour cultiver l’ananas biologique, la première des choses est le choix du site. A ce niveau,
on doit faire attention, car le terrain qui doit être utilisé pour la première fois doit être vierge ou faire
l’objet de reconversion. Au moment du défrichement, on doit tout faire pour laisser 25 à 30 arbres par
hectare. Pour ce qui concerne le nettoyage et le brulis on nous a dit que les herbes et brindilles sont mises
en tas et brulées hors de la parcelle et c’est ce que je fais. Je produis moi-même les rejets bio car ça fait
plusieurs années que je travaille. Je sais faire le traitement des rejets avec la décoction des graines de
neem et des feuilles de papayers. Aussi, j’utilise la même solution pour le traitement des maladies. Par
rapport à la fumure organique, j’ai suivi une formation sur les techniques de compostage mais comme il
y’a un monsieur qui a un troupeau non loin de chez moi, alors j’achète la bouse de vache chez lui à 500
Fcfa le sac. En tout cas tout le monde sait que je sais bien cultiver l’ananas biologique c’est pourquoi on
vous a envoyé chez moi.
De nos observations sur le terrain, nous avons pu constater que la plupart des producteurs ne
maîtrisent pas le dosage et les techniques d’épandage de la fumure organique. Les producteurs
apportent la fumure organique en très faible quantité et ceci juste au pied de la plante. Il en est de
même pour la potasse. A ceci, il faut ajouter les questions liées au traitement biologique.
Après la production, une partie de l’ananas est acheminée au niveau des unités de transformation
qui sont pratiquement situées à l’intérieur du bassin de production. Au sein de ces unités, la
situation est confuse. En effet, l’ananas biologique est acheté au même prix et parfois moins que le
conventionnel. A l’achat aux champs, les deux produits sont séparés. Mais lors des opérations de
transformation, du fait qu’il n’y ait pas de marché spécifique pour la vente de l’ananas biologique,
dans la plupart des cas, les transformateurs procèdent à un mélange des deux produits. Finalement
il est très difficile de dire que ces unités sont spécialisées dans la transformation des produits
biologiques. Elles sont plutôt mixtes avec une perspective pour le bio pur dès que le marché leur
sera favorable. Ceci fait que présentement, les normes de transformation des produits biologiques
sont loin d’être en vigueur au sein de ces unités. La conjonction de tous ces facteurs fait
26
qu’actuellement il n’existe presque pas de produits transformés certifiés biologiques au vrai sens
du terme auprès des transformateurs.
Le tableau qui suit présente les principales caractéristiques des unités de transformation
identifiées.
Tableau 3 : Caractéristiques des unités de transformation de l’ananas biologique et conventionnel
dans le bassin de production
Rubriques CSFT CTFB IRA Fruit-tillou Covafruit Fruit-d’or OJA
Type de produit Jus et Jus et séché Jus Jus Jus et Jus Jus
Ananas séché
séché
Statut privé Associatif privé privé Associatif privé privé
Caractère artisanale artisanale artisanale artisanale artisanale artisanale artisanale
Année de mise en 1998 2002 2002 2003 2008 - 2010
place
Performance/ 80kg/jour 10kg/jour 5 T/j 0,25 T/j - 0,5 T/J - 0,5T/j
capacité séché (séché) pour
sécher
- 4,8T/j jus
Certification Certifié ? Certifié ? Non Non Certifié Non Non
équitable certifié ? certifié certifié certifié
Lieu de vente Suisse, National et Sous région Sous région Sous Sous région Sous région
type de marché France, Sous région région
Belgique
Voie de Commerce Commerce Commerce Commerce Commerce Commerce Commerce
commercialisation équitable équitable classique classique classique classique classique
De l’analyse de ce tableau, il ressort que les différentes unités de transformation n’ont pas
d’expériences en matière de vente d’ananas biologique sur le marché international. Seules les
CSFT et CTFB ont une expérience en matière de commerce équitable d’ananas conventionnel sur
le marché Suisse. Cette expérience pourrait être mise à profit pour la commercialisation de
l’ananas biologique sur ce marché.
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De façon générale, actuellement les capacités de transformation des différentes unités sont faibles.
Il s’agit de micro-entreprises trop faiblement équipées pour satisfaire une demande extérieure
significative.
Les produits issus des unités de transformation, n’étant pas certifiés biologiques, sont vendus
principalement sur le marché sous-régional : Burkina Faso, Niger, Nigéria, Sénégal, Mali. Cette
exportation est assurée par les transformateurs eux-mêmes (IRA, Fruit d’or, Fruit-tillou, etc.).
Comme stipulé dans la problématique centrale, l’accès au marché est le facteur le plus déterminant
pour le développement de cette chaine de valeur. Or, selon les informations reçues, depuis le début
du processus en 2003 jusqu’à nos jours, aucun produit d’ananas biologique (transformé ou non)
n’a été exporté sous ce label malgré la certification acquise par certains acteurs.
Cependant, les acteurs affirment qu’il y a des marchés potentiels de l’ananas biologique mais sans
preuve tangible. Les marchés couramment cités sont européen (France), nord américain (Canada)
et asiatique (Japon). Cette demande porte surtout sur l’ananas séché.
Concurrents potentiels
L’ananas béninois a un avantage différentiel par rapport à celui des autres pays. Sa coloration, son
goût et son arôme lui ont conféré le nom commercial de « Benin or » sur le marché français.
Les concurrents potentiels de l’ananas biologique béninois sur les marchés ci-dessus cités sont : le
Costa-Rica, la Côte d’Ivoire, le Ghana, Afrique du sud, Madagascar, Cameroun, Equateur,
Indonésie Thaïlande, Vietnam, Brésil, Mexique. Ces différents pays exportent déjà l’ananas
biologique sur le marché international notamment vers l’Union Européenne. Or au niveau du
Bénin, aucun contrat formel n’est signé entre les producteurs, transformateurs et exportateurs pour
la commercialisation de l’ananas biologique. Aussi, le principal concurrent de proximité de
l’ananas biologique est-il l’ananas conventionnel béninois. En effet, l’ananas conventionnel
constitue une référence pour le biologique par rapport à l’accès au marché, la fixation des prix, la
disponibilité du produit (quantité disponible), le calibrage etc. Finalement, l’essor de l’ananas
biologique est lié au conventionnel en ce sens que si ce dernier se porte bien, il a tendance à
inhiber le biologique.
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Pourquoi l’ananas biologique Béninois ne se vend pas sur le marché international ?
Témoignage de Mr Albert Hougnigbo Président du RePAB
L’ananas biologique du Bénin ne se vend pas sur le marché international pour trois principales raisons : l’Etat, le
marché et les organisations de producteurs.
L’Etat constitue un véritable frein à la chaine de valeur ananas biologique de par sa politique. En effet, il ne fait pas
du bio une priorité comparativement au conventionnel, et ceci se ressent sur l’accompagnement qu’il fait à la CVA.
En ce moment, aucun programme national n’a été consacré à cette chaine de valeur ni pour les producteurs, ni pour
les transformateurs, encore moins les exportateurs. Les infrastructures pour l’exportation (quai fruitier, bateaux
frigorifiques, etc.) ne sont pas appuyées par l’Etat quand on sait qu’elles exigent un coût très élevé d’investissement.
Dans le même sens, les tracasseries liées aux impositions, taxes, l’absence d’un laboratoire certifié pour les analyses
des produits d’exportation au niveau national, le coût élevé de l’électricité, du gaz et des frets, etc. constituent autant
de facteurs qui ne favorisent pas le climat des affaires dans la CVA ananas conventionnel et biologique.
Nous ne connaissons pas les règles de fonctionnement, et à plus forte raison comment négocier sur le marché
international. Nous demander de négocier sur le marché de l’ananas biologique devrait avoir pour préalable le
renforcement de nos capacités or rien n’est fait dans ce sens. On nous dit que le marché existe et nous travaillons en
fonction de ces rumeurs. Tant qu’il n’y a pas un exportateur ou importateur fiable pour l’ananas bio béninois, il est
sûr que les producteurs ne seront pas motivés à accroître leur superficie. En bref, les producteurs s’attendent à un
contrat pour augmenter leur production. Pourtant, pour les exportateurs, l’insuffisance de la quantité d’ananas bio
produite au Bénin serait la raison pour laquelle ils ne peuvent exporter du bio et ne pourraient donc formaliser ni
négocier un contrat avec les importateurs européens. On assiste ainsi à un jeu de « ping pong » d’accusations
réciproques entre les producteurs et les exportateurs du bio béninois qui devient en fait un cercle vicieux difficile à
rompre.
D’autre part, la mauvaise organisation des groupements de producteurs explique la non valorisation de l’ananas
biologique béninois. Il s’agit d’un manque de synergie entre les acteurs pour une meilleure coordination des actions.
Enfin, la stratégie d’accompagnement de certaines structures d’appui non participative et construite autour des a-
prioris constitue également un facteur limitant. A cela il faut ajouter la non maitrise de la problématique
organisationnelle, fonctionnelle, de la commercialisation au niveau des groupements de producteurs.
29
En effet, l’encadrement des producteurs est assuré au niveau local par Helvetas et le CeCPA.
Dans ce cadre, deux agents sont affectés aux producteurs et transformateurs pour un appui conseil
de proximité. A ceci il faut ajouter les appuis stratégiques d’ECOCERT, COLEACP, AFDI, et de
l’ONG-Bouge qui donnent de plus en plus de l’espoir aux acteurs.
Par rapport à la recherche sur l’ananas biologique, on peut dire qu’il y a des acquis. Le premier
porte sur l’itinéraire technique de production. Le respect de cet itinéraire permet une rentabilité
effective de la production de l’ananas biologique selon la recherche. Cependant, il reste à évaluer
des aspects importants tels que les doses de fertilisation requises, la question du rendement à
l’hectare, les aspects technologiques de transformation.
Les opérateurs du système financier constituent des acteurs stratégiques dans la promotion de la
CVA. En effet, le système bancaire formel (BOA-SA, BRS, etc.) localisé dans la ville d’Allada
ou à Cotonou n’est actuellement pas en mesure de satisfaire les besoins en financement pour la
production de l’ananas biologique dans cette zone. Cette faiblesse est due à de multiples facteurs :
l’analphabétisme, l’enclavement, le faible niveau d’organisation des producteurs, la complexité
des opérations et les conditions d’offres de services, etc. Le système de financement décentralisé à
travers les institutions de micro finance est sans doute le mieux adapté à une meilleure
mobilisation de l’épargne et la facilitation de l’accès au crédit. Certaines institutions d’épargne et
de crédit sont actives dans le bassin de production.
Enfin, il faut aussi mentionner que la multiplicité des acteurs au niveau méso avec des approches
et des normes d’intervention très différentes, rend difficile la coordination des activités de la CVA
surtout s’il s’agit de construire une stratégie commune d’accompagnement des acteurs.
L’élaboration d’une stratégie de mise à niveau d’une CVA est un processus participatif qui
implique une série d’étapes, dont la cartographie de la chaîne. Elle consiste à visualiser les
différents maillons, les opérations (fonctions), les acteurs de la chaîne et leurs relations. Cette
cartographie vise l’analyse et la communication sur le besoin de coordination des activités
économiques dans une chaîne de valeur ajoutée pour fournir aux clients finaux des produits de
bonne qualité et en quantité suffisante. La compétitivité d’une CVA dépend ainsi du maillon le
plus faible.
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Le niveau micro-économique : Ce niveau inclue l’ensemble des acteurs de la chaîne et les
prestataires de service opérationnels. Ils exercent les fonctions suivantes :
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Carte CVA ananas biologique: Les acteurs et les liens du niveau micro
Transformation Marché
Intrants Production Commerce export international
spécifiques
IRA
COVAFRUIT (séché)
REFADA (fiente, 300 femmes) CSFT (séché)
REPAB (5 CLARO en Suisse
coopératives, 109
producteurs ananas IRA (Jus)
Producteurs de rejets bio) Fruit-tillou (jus)
(individuels) COOP & Manor
CSFT (séché) Suisse
Fruit d’or (jus)
Distributeurs de potasse Fruittilou (jus)
ARPA (7 SOLIDAR monde France
coopératives, 40
producteurs ananas
Fruit d’or (jus)
Fournisseurs de pièces bio)
détachées pour séchoir et
Oxfam Belgique
presse à ananas
COPROAMA (18
producteurs) CTFB (séché,
jus)
Fournisseurs d’emballages
commerçants de carbures et
gaz butane
De l’analyse de cette carte, on s’aperçoit que les collaborations inter-acteurs sont dans la plupart
des cas informelles. Cependant, il existe des contrats formels entre CSFT plusieurs importateurs
européens (France, Belgique et Suisse) pour la commercialisation de l’ananas séché
conventionnel sous le label commerce équitable avec des perceptives d’élargissement de cette
collaboration sur le biologique. Quant à la collaboration entre COPROAMA et CTFB, il s’agit
d’un contrat de livraison de la production à l’unité de transformation étant donné que les
producteurs sont aussi actionnaires dans cette unité. Le dernier constat est qu’il y a moins de
collaboration entre acteurs d’un même maillon. Ceci est la conséquence de l’épineux problème de
leadership entre les responsables des OP.
Le niveau méso : Dans notre cas, le niveau méso inclut tous les acteurs spécifiques
fournissant des services d’appui réguliers. Les fonctions à ce niveau comportent par
exemple, la recherche, la vulgarisation, l’appui conseil, l'accord sur des normes
professionnelles, les services promotionnels, la commercialisation conjointe, le
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financement des initiatives des acteurs de la CVA, etc. Ces fonctions sont prises en charge
par des prestataires de service d’appui.
Helvetas
COLEACP
CCIB
INRAB
UAC
Chambre d’agriculture
OBEPAB
Face à la diversité et la multiplicité des acteurs, nous avons mené une réflexion avec eux en vue de
les classer sur la base de critères d’importance et de pertinence par rapport à l’enjeu. Le
diagramme qui suit présente les résultats de cette classification.
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Influence
Très influent et moins important Très influent et très important
Chambre CCIB
COPROAMA ECOCERT Fruit d’or
métiers
De l’analyse de cette matrice, il ressort que beaucoup d’acteurs sont aussi importants qu’influents.
Ceci permettra de faire face aux différents enjeux pour le développement de la CVA. Les banques
et les institutions de microfinance (BOA, PADME, CLCAM) ont été classées comme acteurs les
moins importants et moins influents parce qu’actuellement les services financiers ne sont pas
adaptés aux besoins des producteurs, transformateurs, etc. En effet, les conditions d’octroi du
crédit agricole (court terme) ne coïncident pas avec le cycle de production de l’ananas en général
et de l’AB en particulier qui est de 18 mois.
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3.3 Analyse financière de la CVA
3.3.1 Eléments de Compte d'exploitation
Tableau N°4: Production de l’ananas conventionnel : superficie 10000 m2
Désignation Montant
Rejet ananas 275000
transport rejet d’ananas 82500
Engrais (NPK) 228800
Urée 66000
Hormonage 5400
Etrelage 27000
Insecticides 30000
Herbicide 191660
Location terre 37494
Labour 225000
Mise en place 50000
Total charge variable 1218854
Salaire chef exploitation 360000
Amortissement 140
Total charge fixe 360140
Total charge de production 1578994
Vente ananas frais 7200000
Coût de production d'un kg 19,73
Marge brute par kg 74,76
Marge nette/kg 70,26
Part de la M.O dans le coût de 17
production (%)
Part des intrants dans le coût de 57
production (%)
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Tableau N°5 : Production de l’ananas biologique : superficie 10000 m2
Désignation Montant
Rejet 550000
Transport rejet 82500
Fiente 300000
Labour 225000
Mise en place 50000
sarclage 275000
Potasse 228800
location terre 37494
Hormonage 5400
Total charges variables 1754194
Salaire 360000
Amortissement 484
Total coûts fixes 360484
Total charges de production 2114678
Vente ananas frais 5400000
Cout d'un kg (F cfa) 35,000
Marge brute/kg (F cfa) 60,76
Marge nette/kg (F cfa) 54,75
Part de la M.O dans le coût de production (%) 26
Part des intrants dans le coût de production (%) 55
NB : Rendement moyen de l’ananas bio=60000kg
Prix de vente d’1kg=90F
Il ressort de l’analyse des tableaux 4 et 5 sur les coûts de production de l’ananas conventionnel et
de l’ananas biologique que ce sont les intrants qui occupent la plus grande part. Cela s’évalue à
57% et 55% respectivement pour l’ananas conventionnel et biologique. La main d’œuvre (labour,
mise en plant, etc.) est de 17% pour l’ananas conventionnel et 26% pour l’ananas biologique. Il en
ressort que l’ananas biologique est plus exigeant en main d’œuvre que l’ananas conventionnel.
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Tableau N°6 : Compte d'exploitation pour la production d’1 kg d'ananas séché vendu au Bénin (marché
local)
Tableau N°7 : Compte d'exploitation pour la production d’1 kg d'ananas séché vendu à l’export
Pour la transformation d’1kg d’ananas séché, une marge brute de 1428,58 FCFA/kg se dégage
pour l’ananas vendu à l’export et 1245 FCFA/kg pour le marché local. Pour la création des ces
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marges, la valeur des intrants est de 75% pour le marché local et 77% pour les produits destinés à
l’exportation. La main d’œuvre représente 10% et 8% respectivement pour les produits vendus
localement et ceux destinés à l’exportation.
Les tableaux 8 et 9 ci-dessous présentent la répartition des marges brute et nette créées le long de
la CVA lors des opérations de transformation d’un kg selon que l’ananas biologique séché est
vendu à l’exportation ou au Bénin. Dans les deux cas la marge au niveau du producteur est plus
élevée car, pour obtenir 1 kg d’ananas séché, les transformateurs doivent acheter 26 kg d’ananas
frais. Alors les producteurs gagnent 26 fois la valeur de leur marge sur le produit brut.
Tableau N°8: Répartition des marges bénéficiaires le long de la CVA ananas biologique séché à l’export
Transformateurs
Producteur (exportateur) Total
% 52 48 100,000
Tableau N°9: Répartition des marges bénéficiaires le long de la CVA ananas biologique séché au Bénin
Transformateurs
Producteur (vente au Bénin) Total
% 55 45 100,000
Réunis en atelier à Allada, tous les acteurs de la chaine de valeur ananas biologique (RePAB,
COPROAMA, IRA, ARPAA, Fruit-Tillou, Fruit d’or, CeCPA, ONG Bouge, GRAADER, etc.) ont
utilisé la matrice FFOM pour identifier et caractériser les forces et les faiblesses, les opportunités
et les menaces en lien avec l’exportation de l’ananas biologique sur le marché international.
38
Pour rappel, les forces et les faiblesses sont des facteurs qui dépendent directement des acteurs de
la chaine de valeur ananas biologique (internes au système), tandis que les opportunités et les
menaces sont des facteurs externes qui ne dépendent pas directement des acteurs, mais qui
peuvent compromettre la durabilité de celle-ci pour l’atteinte de ses objectifs. Nous avons priorisé
cela en tenant compte des critères économiques, sociaux et environnementaux. Le tableau suivant
présente les résultats de l’analyse faite par les acteurs de la CVA ananas biologique (Plateau
Allada/Bénin).
39
Tableau N°10: Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces
41
3.4.2. Analyse des forces :
La matrice indique que les acteurs de la CVA ne manquent pas d’atouts. Ils ont assez
d’expériences confirmées dans la production et la transformation de l’ananas biologique, ce qui
peut les aider à trouver une place sur le marché international. Pour la fourniture des intrants,
l’existence des OP féminines (REFADA) pour la production de fientes a permis aux producteurs
de la commune de Toffo d’accéder facilement à la fumure organique. Grace à l’accompagnement
de Helvetas, les producteurs ont accédé aux rejets biologiques pour le démarrage de leurs activités.
Plus tard, ils sont devenus eux-mêmes des producteurs de rejets bio, preuve qu’ils ont maitrisé
l’itinéraire technique de la production. En plus, les acteurs locaux ont suivi plusieurs formations
sur la fertilisation des sols, utiles pour développer une production à grande échelle et en qualité.
Enfin, l’acquisition du certificat bio par certains groupements est un facteur d’accès au marché
international. Pour y parvenir, un certain nombre d’éléments ont été déterminants :
Il faut aussi noter que l’expérience des exportateurs (CSFT, CFTB) de l’ananas conventionnel
sur le marché international et aussi celle de Helvetas dans le coton biologique, constituent une
source d’inspiration pour les acteurs de la CVA ananas bio. L’encadré qui suit résume
l’expérience d’un des producteurs dans ces domaines.
Je m’appelle ZOUNVOEKE Jérôme. Je réside à Togoudo/Allada, département de l’Atlantique. Je ne fais
que de l’agriculture biologique depuis 2006. J’ai 2ha de superficie que je loue pour une durée de dix
ans. Je produis l’ananas biologique et je vends aussi des rejets bio. J’ai été sensibilisé par Helvetas à
travers mon organisation (COPROAMA) pour faire la culture bio. J’ai suivi différentes formations sur :
l’itinéraire technique de production, le compostage, comment tailler les rejets et aussi sur les engrais
autorisés. Toutes ses formations ont été prises en charge par Helvetas.
J’ai opté pour le bio car lors de la sensibilisation, on nous a informé que l’agriculture bio assure le
maintien de la fertilité du sol, mais aussi manger les produits bio est bon pour la santé. Les parcelles bio
ne perdent pas leur valeur (pas de dégradation de sol) par rapport aux parcelles conventionnelles.
On nous a informé également qu’il y aura un marché rémunérateur pour le bio dans l’avenir.
Les variétés que j’utilise sont la Cayenne de Lisse et le Pain de Sucre.
Je fais tout pour respecter les normes de production bio et surtout pour ne pas tricher car l’agriculture
biologique ne nécessite pas l’utilisation d’engrais chimiques ni de pesticides, rien que de l’engrais vert
et des fientes. C’est pourquoi elle est moins polluante et elle est avantageuse pour assurer la succession
aux générations futures.
Je resterai dans le bio et mes perspectives dans un avenir proche sont d’avoir mes propres terrains pour
faire l’agriculture bio à grande échelle. Je prépare déjà 3ha à mettre en valeur bientôt.
Je suis certain que, dans les jours à venir, les agriculteurs conventionnels vont se reconvertir en
agriculteurs bio.
Les faiblesses identifiées par les différents acteurs se confirment sur le terrain. En effet, malgré
l’existence de l’OP productrice des fientes (REFADA), la quantité produite est faible et ne suffit
donc pas pour couvrir une production à grande échelle par tous. Les producteurs sont obligés de
réduire les doses de fumures organiques sur leurs parcelles faute de disponibilité de fiente. Ceci a
pour conséquence le faible rendement à l’hectare et de petits calibres qui ne répondent pas aux
normes de transformation des produits destinés à l’exportation.
S’agissant des rejets, certes les producteurs ont la maîtrise de la technique de production mais la
disponibilité en rejets biologiques pour la production d’ananas à grande échelle est problématique.
En plus, les techniques de traitement biologique des maladies de l’ananas ne donnent pas
satisfaction aux producteurs. Par ailleurs, la bonne structuration des OP à la base devrait servir de
tremplin pour la mise en place d’une plate forme dotée d’une vision cohérente pour la promotion
de la CVA ananas biologique. Pour des raisons de leadership entre les responsables des OP, toutes
les initiatives prises dans ce sens n’ont pas donné un résultat escompté. Finalement, il se pose de
43
problèmes de communication, de synergie et de coordination des activités, ce qui fragilise la CVA
dans la perspective d’une exportation des produits vers le marché international.
Lors des visites aux unités de transformation, nous nous sommes rendu compte du caractère
artisanal des équipements. Ces unités ont une faible capacité de production (par exemple certaines
unités ne peuvent produire que 10kg d’ananas séché par jour) et certaines ne respectent pas les
normes bio. Elles mélangent également l’ananas conventionnel au bio lors des transformations.
Dans la perspective de conquête du marché international, tout ceci constitue de vrais goulots
auxquels les acteurs devraient faire face.
L’un des facteurs qui limitent les prises d’initiatives des acteurs pour une meilleure promotion de
l’ananas biologique est le problème de commercialisation. Si l’obtention du certificat biologique
constitue le couronnement des efforts des acteurs pour accéder au marché international, force est
de constater l’absence de perspectives pour la mise en marché des produits biologiques. Ceci est
imputable à la mauvaise organisation du circuit de commercialisation, à la faible capacité de
négociation des acteurs et au manque d’informations sur les différents marchés, etc.
Je suis CAKPO Léon, je réside dans le village d’Agon dans la commune rurale de Toffo. Je pratique l’agriculture
biologique depuis 2008 et j’ai 0,75ha d’ananas biologique. J’ai été sélectionné par mon organisation (ARPAA) pour
la culture bio car il y avait des clients qui avaient fait des commandes en ananas biologique. J’ai accepté la requête
de mon organisation parce que j’étais sûr qu’il y avait un marché en vue. J’ai suivi pour ce faire, certaines
formations sur l’itinéraire technique de la production, la production du compost, le choix de fientes et des rejets.
Toutes ses formations ont été financées par COLEACP. Maintenant je suis devant une situation difficile, car j’ai
produit l’ananas biologique mais celui-ci est acheté au même prix que l’ananas conventionnel, et parfois même moins
cher. Finalement mon espoir s’est transformé en désespoir. Si l’année prochaine je ne vends pas mon ananas
biologique à un prix rémunérateur, je serai obligé de retourner à la culture de l’ananas conventionnel.
Les opportunités identifiées par les acteurs peuvent être classées en trois catégories :
- La première catégorie est en lien avec le marché international. Les investigations faites par
COPROAMA et Helvetas sur certains marchés européens, nord américain et asiatique font
état d’une demande croissante de produits bio sur ces marchés. Cette situation est
confortée par l’existence du système international de commerce équitable auquel certains
acteurs ont déjà souscris (CSFT, CTFB). Aussi, les initiatives de collecte et de diffusion
des informations sur le commerce extérieur par l’ABEPEC aideront les acteurs de la CVA
44
à mieux se positionner. Il s’agit dans tous les cas de saisir ces opportunités en vue de
développer une stratégie axée sur le marché international et non seulement sur la
promotion de la production au niveau local.
- La seconde catégorie est relative aux appuis financiers pour la production et la
transformation. La disponibilité des bailleurs de fonds (COLEACP, Helvetas, le Projet
Costa-Rica, etc.) est sans doute une opportunité à saisir au stade actuel de l’évolution du
processus. Par rapport à la fertilisation, la proximité de Cotonou et d’Allada qui sont deux
grandes villes à production d’ordures ménagères serait un atout si ces ordures pouvaient
être recyclées et utilisées comme engrais organiques.
- La dernière catégorie est en lien avec les conditions climatiques qui sont favorables à la
culture de l’ananas biologique. Cette opportunité est à saisir pour accroitre la production
dans les normes exigées.
Plusieurs menaces pèsent sur la CVA ananas biologique dans la perspective de trouver une place
sur le marché international. Celles-ci sont de plusieurs ordres :
45
3.5 Forces motrices et construction des scénarios
3.5.1. Identification et caractérisation des forces motrices
Les forces motrices peuvent être définies comme des facteurs externes susceptibles d’influencer
les systèmes et sous-systèmes de la chaine de valeur ananas biologique.
Réunis autour du CeCPA, les délégués des producteurs, des transformateurs, des commerçants,
des exportateurs, du système d’appui et de l’équipe des stagiaires de l’ICRA en ont identifié cinq
sur la base des résultats des FFOM. De façon spécifique, on a insisté beaucoup plus sur les
opportunités et menaces en tenant compte des domaines économique, politico-institutionnel,
législatif, écologique et social. Les cinq forces motrices identifiées sont les suivantes :
46
et à négocier des contrats, l’accompagnement des structures de recherche dans la mise au point de
doses de fertilisants organiques requises en fonction des sols. Aussi, elle a une influence sur la
synergie que doivent développer les différents acteurs en vue de la satisfaction de la demande
internationale.
Sur la base du degré d’influence de ces facteurs sur la chaine de valeur ananas biologique, les
acteurs répartis en deux groupes ont abouti au même ordre de hiérarchie. Les résultats se
présentent comme suit :
• Le financement des actions de promotion de la CVA biologique
• L’investissement dans la CVA par les opérateurs économiques où l’Etat
• La politique foncière nationale
• La demande d’ananas biologique sur le marché international
• L’évolution et la diversité des normes de l’agriculture biologique
Les différentes forces motrices décrites plus haut sont très fluctuantes et varient d’une force à une
autre. De l’analyse des acteurs, selon le contexte du moment, le financement et la demande de
l’ananas biologique sur le marché international peuvent évoluer à la hausse (+), à la baisse (-) ou
rester en l’état (statut quo, =). Quant à la politique foncière nationale, elle peut être favorable aux
producteurs (+), défavorable (-) ou rester inchangée (=). Par contre, l’investissement dans la
chaine de valeur peut se réaliser (+) ou rester comme tel (=).
La combinaison des tendances de ces différentes forces a permis aux acteurs de construire leur
vision du futur en termes de scénarios. Pour faciliter l’analyse, seules quatre principales forces
motrices ont été prises en compte. Le tableau qui suit présente ces résultats.
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Tableau N°11: Scénarios pour le futur
Scénarios Financement des actions de Investissement dans la Politique foncière nationale Demande de l’ananas
promotion de la CVA CVA par les opérateurs biologique sur le marché
biologique économiques où l’Etat international
+ - = + = + - = + - =
Optimiste
Pessimiste
Rien ne
change
Réaliste
La projection est faite sur les cinq années à venir. La description faite de ces scénarios par les
acteurs se résume comme suit.
• Scénario « réaliste »
Ce scénario se fonde sur une vision réaliste et plus probable de l’évolution des quatre forces
motrices sur l’exportation de l’ananas biologique dans les cinq années à venir. Suite à une
discussion très engagée entre les acteurs, ceux-ci ont estimé que la politique foncière nationale ne
connaîtra pas de changement tout de suite (voir tableau N°11). Cependant, le financement pourrait
légèrement s’accroitre. D’autre part, la demande de produits biologiques sur le marché
international pourrait aussi connaître une certaine évolution dans les cinq années à venir.
Toutefois, les acteurs pensent qu’il ne faut pas se leurrer sur l’évolution rapide de l’environnement
des affaires pouvant favoriser les investissements dans la CVA.
Selon les participants, l’accompagnement des acteurs par les PTF a connu deux phases. La
première a été axée sur le renforcement des capacités (visites d’échanges, formations, etc.) et la
seconde sur l’investissement (certificat, équipements, etc.). La stratégie d’accompagnement des
acteurs serait de combiner le financement et le renforcement des capacités. Dans ce cadre, un
certain nombre de projets ont déjà vu le jour. Il s’agit du PACER (Programme d’Appui à la
Croissance Economique Rurale), du Programme d’appui à la chaine de valeur ananas pour
l’exportation financé par l’Union européenne, du PDAC (Programme de Développement Agricole
dans les Communes et du PADFA (Programme d’Appui au Développement de la Filière
Agricole). Il s’agira pour les différents acteurs de saisir ces différentes opportunités. Les
implications des différentes tendances sur la CVA seront multiples.
49
Au plan économique, il y aurait un impact relativement favorable sur la production, la
transformation et la commercialisation des produits du fait de l’accès plus facile aux informations
stratégiques (informations commerciales, sur les matériels etc.). Même si l’ananas biologique n’est
pas encore valorisé à son juste prix, les producteurs à sensibilité écologique ainsi que ceux qui
investissent pour le long terme pourraient continuer à produire dans l’espoir de vendre sur un
marché rémunérateur. Par ailleurs, la demande du marché augmentant avec l’acquisition du
certificat bio, les producteurs vont progresser dans le respect des normes de production. On
pourrait alors espérer une amélioration du rendement. En somme, on noterait la création d’une
valeur ajoutée, une augmentation de la marge bénéficiaire suite à l’exportation de l’ananas
biologique sur le marché international. Si les acteurs ne sont pas très créatifs, il y a cependant de
fortes chances que la chaine de valeur ananas bio, spécifiquement les maillons de la
transformation et de l’exportation, continuent à souffrir des mêmes maux que présentement :
faible capacité de transformation, qualité des produits ne répondant pas aux normes d’exportation
sur le marché international.
Sur le plan social, on noterait une continuation du renforcement des capacités des acteurs à
différents niveaux de la CVA. Ceci pourrait contribuer à une amélioration de la communication
entre les acteurs avec la mise en place d’un cadre de concertation pour la coordination des actions
de la CVA. Une nouvelle synergie pourrait être développée par les différents acteurs en vue de la
satisfaction de la demande internationale. On noterait également la création de nouvelles fermes
avicoles qui fourniraient plus de fientes et d’emplois. Enfin, le nombre de producteurs bio va
timidement augmenter par l’adhésion de nouveaux sans toutefois occulter certains abandons suite
à la démotivation.
• Scénario « optimiste »
Ce scénario est construit autour d’une vision positive des quatre forces motrices, autrement dit une
évolution de toutes les tendances dans un sens favorable à la CDV ananas biologique:
accroissement du financement des actions de promotion de la CVA, investissement dans la CVA
par les opérateurs économiques ou l’Etat, demande accrue de l’ananas biologique sur le marché
international, enfin une amélioration de la politique foncière nationale. Les acteurs estiment qu’il
n’est pas irréaliste d’espérer que le financement et l’accompagnement technique des acteurs
puissent accroitre. Comme décrit dans le scénario réaliste, les nombreux projets d’investissement
des différents partenaires techniques et financiers en cours vont certainement y contribuer. D’autre
part, la demande actuelle du marché international sur les produits biologiques donne l’espoir de
son évolution positive dans le temps.
Dans ces conditions, on observerait un état d’activités maximales dans la chaine de valeur ananas
biologique dans le bassin de production d’Allada. L’accessibilité à la terre assurerait une sécurité
des investissements pour une durabilité et l’accroissement de la production et de la transformation.
Le montage de plusieurs plans d’affaires et leur financement développeraient un bon esprit
entrepreneurial. La capacité des acteurs à respecter les normes et à négocier des contrats
augmenterait aussi considérablement avec leur accompagnement.
Sur le plan économique, il y aurait une influence positive sur les stratégies de production, de
transformation et de commercialisation des acteurs. Il y aurait aussi un accès facile aux
informations stratégiques (informations commerciales, sur les matériels) en faveur de la quantité
et qualité de la production. La demande du marché étant croissante, les producteurs seraient plus
motivés à respecter les normes de production. Le rendement serait alors conséquent. Tout comme
dans le scénario réaliste, en somme, on noterait une augmentation du volume des exportations sur
les marchés extérieurs.
51
Sur le plan écologique, l’adoption massive de la culture de l’ananas biologique réduirait
énormément la culture de l’ananas conventionnel et par conséquent l’utilisation des intrants
chimiques, source de pollution environnementale importante. Cependant, on noterait aussi un
phénomène de déboisement massif suite à l’extension des exploitations d’ananas biologique.
Toutefois, le respect des exigences biologiques va quand même globalement contribuer à la
gestion durable, la conservation et préservation des sols et de l’environnement. L’héritage de
terres saines par les générations futures les motiverait davantage pour une extension de
l’agriculture biologique. Aussi, plus les services d’accompagnement techniques augmenteraient
dans les centres de recherche, plus les producteurs pourraient acquérir une maitrise des exigences
de l’agriculture biologique. Tous les types de producteurs (ceux qui considéraient l’ananas bio
comme une culture d’opportunité, écologique ou à long investissement) pourraient désormais
compter sur un soutien permanent des structures d’appui et donc augmenter leurs superficies pour
accroître la production. Les notions d’une bonne utilisation de la fertilisation organique seront
consolidées, de même que les questions écologiques de façon générale. De nombreux producteurs
se conformeraient mieux aux normes au vu de l’augmentation de leur revenu. Une politique
foncière nationale favorable à l’agriculture familiale impliquerait que le risque d’accaparement des
terres par les multinationales au détriment des petits producteurs serait écarté.
Sur le plan social, les implications de ce scénario se traduiraient par un renforcement régulier des
capacités des acteurs à différents niveaux de la CVA. D’autre part, il y aurait la création d’emplois
dans des fermes avicoles. Ceci favoriserait la stabilité financière des femmes des producteurs bio
et leur meilleure contribution aux dépenses familiales et par conséquent la stabilité de leur foyer.
Enfin, le nombre de producteurs bio augmenterait par l’adhésion de nouveaux membres motivés
par l’amélioration économique de leur niveau de vie. Tous les types de producteurs trouveraient
leur compte dans la culture du bio et y resteraient.
• Scénario « pessimiste »
Les projections de ce scénario sont que tous les facteurs influents de la CVA ananas biologique
évolueraient dans un sens défavorable à la CVA (voir tableau N°11). Le financement des actions
de promotion de la CVA biologique et l’investissement par les opérateurs économiques où l’Etat
et la demande du marché international pourraient alors diminuer dans le temps. Cela n’est pourtant
pas irréaliste, considérant la crise mondiale et le retrait notables de certains partenaires financiers
et techniques. Selon les acteurs, l’environnement actuel des affaires au Bénin nécessite une
volonté politique de haut niveau. Il pourrait ne pas évoluer dans un sens favorable aux opérateurs
économiques et leur permettre d’investir dans les maillons de la transformation et le secteur de
52
l’exportation. De même, la politique foncière nationale évoluerait en faveur du phénomène de
l’accaparement des terres et la location déjà en cours.
53
Tableau N°12: Les options stratégiques pour le développement de la CVA ananas bio béninois
Scénarios
Options stratégiques Réaliste Rien ne change
Développer une stratégie visant à faire connaître l’AB X X
béninois sur les marchés européens et nord-américains
Développer une stratégie de conquête, de fidélisation et de X X
suivi de la clientèle européenne et nord-américaine
Mettre en place une stratégie de communication fiable entre X X
les différents acteurs de la CVA
Développer une stratégie visant à minimiser l’incidence de la X
politique foncière sur les producteurs de l’AB
Améliorer le climat des affaires X X
Réduire la dépendance des acteurs de l’AB vis-à-vis des X
partenaires techniques et financiers
Diversification du partenariat avec les PTF X
Stratégie 1 : Développer une stratégie visant à faire connaître l’AB béninois sur les
marchés internationaux (de préférence les marchés européens et nord-américains)
L’objectif de cette option est de connaitre les marchés internationaux prometteurs et de faire la
promotion de l’AB béninois sur ces marchés d’exportation. Cette option constitue donc un pilier
déterminant pour la mise en marché de l’ananas.
Elle passera par une étude/exploration des marchés du bio réalisée par l’ensemble des acteurs
(réseaux de producteurs, transformateurs, commerçants, exportateurs, PTF, etc.) et coordonné par
un comité. Ceci permettra d’identifier les marchés potentiels d’exportation. D’autre part, la
participation des acteurs à différentes foires internationales accompagnée de la diffusion des
résultats d’analyse des caractéristiques de l’ananas biologique béninois permettra de donner plus
de visibilité au produit à l’extérieur. Dans le même sens, l’organisation d’un salon ou d’une
semaine de l’ananas biologique béninois par exemple attirerait l’attention des autorités
compétentes sur l’intérêt de l’agriculture biologique aussi bien pour l’environnement, la santé
54
humaine, que pour les devises à gagner par le pays pour de grands volumes d’exportation. Leur
implication dans ce cas serait indispensable pour favoriser le processus d’accompagnement pour
une adoption massive et durable de l’innovation.
L’objectif de cette option est de mener une série d’actions concourant à obtenir des contrats avec
des importateurs européens ou nord-américains d’ananas biologique et de mettre en place un suivi
de ces marchés.
L’option est bâtie autour d’une vision qui consisterait à tirer la CVA par le marché à travers la
conquête, la fidélisation de la clientèle et le suivi du marché. En effet, une fois les acteurs
économiques opérant sur les marchés potentiels répertoriés, il s’agira de développer un partenariat
avec eux. Pour ce faire, le renforcement des capacités des acteurs dans les techniques de
négociation est nécessaire. La fidélisation de ces marchés passera par l’accord de partenariats
solides honorés et surtout le respect des normes relatives à ces différents marchés. Il s’agira alors
de renforcer aussi les capacités de la structure de contrôle interne (SCI) au sein des réseaux de
producteurs d’ananas biologique. Il est également indispensable de mettre en place une meilleure
organisation des producteurs qui favorisera une planification échelonnée de la production et de la
commercialisation. La combinaison de ces actions contribuera à l’amélioration de la qualité et
quantité de la production pour la satisfaction et le maintien de la demande du marché international.
Une fois l’accès à ces marchés acquis, il est important de faire un bon suivi de l’évolution de la
demande, l’offre et les prix. Pour que ce suivi soit bien réalisé, les acteurs doivent être en mesure
d’accéder à des informations de marchés fiables et en temps utile. Un spécialiste de la question de
l’analyse et du suivi de marché pourrait favoriser cela. La mise en place de ce dispositif de suivi
(système d’informations sur le marché : SIM) permettra aux acteurs de s’adapter et saisir les
opportunités, donc de consolider leur présence sur ces marchés. Grâce à des accords établis avec
des structures de presses et GSM, le comité de coordination pourra superviser et assurer une bonne
et large diffusion de ces informations.
55
Actions spécifiques prioritaires
- Renforcement des capacités en matière de techniques de négociation
- Identification/Répertoire des opérateurs économiques opérant dans l’agriculture biologique
- Développement de partenariats
- Organisation/planification de la production et de la commercialisation
- Amélioration de la quantité et la qualité des produits (respect des normes de production, itinéraire technique et conditions
hygiéniques pour la transformation, travaux de recherche action sur des enjeux spécifiques, etc.)
- Renforcement du dispositif de contrôle pour le respect des normes biologiques
- Choix d’un prestataire spécialisé dans le suivi des marchés internationaux
- Suivi de l’évolution des tendances des marchés (prix, offre, demande)
- Système d’information du marché (SIM)
- Identification et intégration aux réseaux
Stratégie 3 : Mettre en place une stratégie de communication fiable entre les différents
acteurs de la CVA
L’objectif de cette option est de mettre les acteurs au même niveau d’information de façon à leur
permettre de saisir les opportunités de marché.
Cette étude a fait ressortir que la plupart des acteurs de la CVA bio fonctionnent de façon fermée
et individuelle avec pour conséquence la non valorisation de beaucoup d’opportunités de marché.
La mise en place d’un cadre de concertation facilitera la communication entre les différents
acteurs de la CVA. L’idée retenue au cours de la rencontre a été aussi la mise en place d’un comité
de coordination des activités de la chaine de valeur. Ce comité dont le cahier de charges a été
défini par les acteurs sera ouvert aux différents maillons de la CVA et tous les autres partenaires.
Il s’agira aussi d’appuyer l’échange d’expériences et d’informations entre les acteurs. Ainsi,
l’harmonisation et la mise en cohérence des stratégies de promotion de la CVA au niveau du
bassin de production d’Allada conduiraient à une synergie entre les actions.
Cette stratégie favorisera la confiance entre les acteurs des différents maillons et éveillera ainsi
leur sens de partage et de coopération pour l’intérêt général de la CVA.
Cahier des charges du comité de coordination et de pilotage des actions de promotion de la CVA
ananas biologique
Le cahier de charges du comité de coordination de la chaîne de valeur ananas biologique a été
défini lors de la réunion du lundi 09 Mai 2011. Il se présente comme suit :
- coordonner et suivre la mise en œuvre du plan d’actions commun de la CVA
- mobiliser des prestataires de services privés et autres acteurs importants
56
- assurer la communication entre les acteurs directs et avec les institutions au niveau
national
- appuyer l’échange d’expériences entre les acteurs de la CVA
- appuyer la création des synergies et mettre en réseau les acteurs du secteur public et
secteur privé intervenant dans la CVA
- informer et mobiliser des PTF au niveau national.
L’objectif est de créer un cadre favorable à l’accès au foncier pour la production, faciliter et
sécuriser l’investissement dans les fermes d’ananas biologiques.
Il s’agira alors d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie visant à influencer les décisions des
décideurs politico-administratifs. Cela pourra se faire à travers le lobbying, le plaidoyer ou par des
négociations. Ceci passera par le renforcement des capacités des acteurs de la CVA dans ces
différents domaines. Cette stratégie est capitale dans un contexte où le phénomène de
l’accaparement des terres par les multinationales au détriment des petits producteurs prend de
l’ampleur et n’est pas de nature à garantir la durabilité de la culture de l’ananas biologique.
Cette option nécessitera des efforts considérables de mobilisation mais elle est très efficace à
terme car elle permettrait de toucher les acteurs du haut niveau dont une simple décision pourrait
radicalement changer le cours des événements. Il s’agira de mobiliser un maximum d’acteurs
convaincus de l’impact négatif de l’expropriation des petits producteurs (les acteurs de la CVA,
les PTF, élus locaux et municipaux, la société civile, etc.) qui organiseront un groupe de
lobbying/plaidoyer pour demander aux institutions compétentes de prendre des décisions en
faveur des exploitations familiales et éviter l’achat de grands domaines par les multinationales.
58
contribution devrait permettre d’assurer la durabilité de la culture de l’ananas bio qui ne pourra
être valorisée sans le certificat.
D’autre part, en dehors de l’acquisition du certificat, la mobilisation interne des ressources
financières contribuera à réduire la dépendance des acteurs vis-à-vis des PTF. Cela favorisera le
financement de l’encadrement des producteurs et des autres acteurs et leurs échanges
d’expériences, aspects très importants dans le respect de la démarche bio selon leurs déclarations.
59
3.6.2 Evaluation de la durabilité des options stratégiques
La durabilité se définit par rapport au point d’intersection entre les dimensions sociales,
économiques et écologiques. La durabilité dans le cadre des options ainsi définies est dynamique
et doit être recherchée constamment par l’ensemble des acteurs la création de synergies. Pour y
parvenir, la gamme d’activités définies devrait se mener simultanément pour que les impacts
soient concomitants sur l’ensemble du système.
Durabilité sociale
Pour la durabilité de ces différentes stratégies, la dimension sociale devrait constituer la porte
d’entrée. Autrement dit, les acteurs sont appelés à se restructurer (cadre de concertation, comité de
coordination, gestion de l’information, question de leadership, etc.). Ceci leur permettra de mettre
en commun leur synergie et expériences respectives pour engager des actions collectives non
seulement par rapport au foncier mais aussi sur l’investissement et le financement.
Durabilité économique
Cette durabilité passe par une véritable promotion de l’ananas biologique sur le marché
international. Il s’agira de combiner différentes actions telles que la restructuration des acteurs
pour une conquête et fidélisation du marché par le renforcement des capacités des acteurs et le
respect des exigences d’exportation pour satisfaire la demande internationale d’une part et
l’amélioration du climat des affaires d’autre part. Cette synergie entre les actions aboutira à une
amélioration de la qualité et du volume de production exporté pour la création d’une véritable
valeur, l’augmentation du revenu des acteurs et la création de devises pour le pays.
Durabilité écologique
La stratégie de promotion de l’ananas biologique, si elle est efficace, entraînera une adoption
massive de l’innovation par l’adhésion de nouveaux acteurs et le maintien des anciens
producteurs. Cette adoption massive permettra de passer progressivement de la culture de l’ananas
conventionnel, gage de la pollution de l’environnement et de la dégradation des écosystèmes, à
une culture bio. La spécificité de la culture de l’ananas biologique réside dans la combinaison de
l’utilisation d’intrants biologiques et de méthodes endogènes de gestion de la fertilité des sols et la
conservation de la biodiversité.
La durabilité écologique de l’AB est donc liée à la bonne gestion des écosystèmes qui aidera à
prévenir et à maîtriser la dégradation des sols et à réaliser des progrès durables dans la
60
conservation de la biodiversité, de la lutte contre la désertification et la préservation des ressources
naturelles pour les générations futures.
Le plan d’action a été élaboré par les acteurs clés réunis autour du CeCPA et validé lors de
l’atelier de restitution. Il définit les actions à mener, les acteurs à impliquer ainsi que les périodes
indicatives. Le tableau N°13 présente les résultats.
61
Tableau N°13: Plan d’action pour le développement de la CVA ananas bio au Bénin
Développer une stratégie -Etude/ Exploration de marchés internationaux - Réseaux de producteurs, Le comité de 2 ans à -Rapport d’activités du comité
visant à faire connaître l’AB -Participation aux foires internationales transformateurs, commerçants, coordination
venir -Rapport des études
béninois sur les marchés -Marketing/publicité (résultats d’analyse de labo - Structures d’appui (Helvetas, de l’AB
européens et nord- sur l’AB) AFDI, ABEPEC, CoLEACP, -Brochures, plaquettes de
américains -Organisation de salon/semaine de l’AB au OBEPAB, CeCPA , MAEP,
publicité, documentaires
Bénin Presses …)
-Résultats d’analyse de labo
Développer une stratégie de -Renforcement des capacités des acteurs sur les Réseaux de producteurs, Le comité de 2 ans à -Rapport d’activités du comité
conquête, de fidélisation et techniques de négociation transformateurs, commerçants, coordination venir
-Répertoire clients/partenaires
de suivi de la clientèle -Identification/Répertoire des clients - PTF(Helvetas, AFDI,
européenne et nord- -Développement de partenariat ABEPEC, CoLEACP, ONG -Plan de la production
américaine -Organisation/planification de la production et Bouge, CNAB, MAEP, UE)
échelonnée de l’AB
de la commercialisation
-Améliortion de la qualité des produits - rapport Ecocert
-Dispositif pour le respect des normes
-Analyse des marchés conquis
-Tendance (prix, offre, demande)
-Diffusion d’informations
- inscription aux différents Systèmes
d’informations sur les marchés (SIM)
Mettre en place une -Mise en place d’un cadre de concertation inter- Réseaux de producteurs, CeCPA et le Sur 5 ans -Liste du bureau
stratégie de communication acteurs transformateurs, commerçants, comité - Rapport d’activités du
fiable entre les différents -mise en place d’un dispositif de pilotage et de PTF (Helvetas, ONG Bouge), comité
acteurs de la CVA coordination de la CVA CeCPA -Système d’information du
- mise en place d’un dispositif de collecte et Réseaux GSM marché
partage des informations (prix, clients, marchés, -liste des informations
opportunités, contraintes, etc.) collectées et diffusées
Développer une stratégie -Renforcement des capacités en Réseaux de producteurs, Le comité 2 ans à -Rapport du comité
visant à minimiser plaidoyer/lobbying/négociation transformateurs, commerçants, avec l’Etat venir -rapport de formation
l’incidence de la politique -Elaboration et mise en œuvre d’un plan de PTF (Helvetas, MCA) -Plans fonciers ruraux
foncière sur les producteurs lobbying Société civile -Revue de presse
de l’AB Elus locaux et municipaux
Consommateurs
Améliorer le climat des -Mise en place des mesures incitatives au Réseaux de producteurs, Le comité 2 ans à -Rapport d’activités du comité
affaires financement dans la CVA transformateurs, commerçants, venir -Nombre d’infrastructures
-Réalisation d’infrastructures portuaires PTF, réalisées
-Révision de la politique des frets -nombre d’atelier organisé
-Concertation autour des tracasseries, question autour de la question
de taxes
Réduire la dépendance des -Mobilisation des ressources internes par Réseaux de producteurs, Le comité Sur 5 ans -Rapport d’activités
acteurs de l’AB vis-à-vis cotisation ou prélèvement sur vente au sein des transformateurs, commerçants, -Ressources internes
des partenaires techniques OP mobilisées
et financiers -Amélioration de la gouvernance interne des OP -nombre d’activités
autofinancées par les acteurs
Diversification du -Bilan du partenariat avec les structures d’appui Réseaux de producteurs, Le comité Sur 5 ans Rapport d’activités du comité
partenariat avec les PTF -Répertoire des PTF transformateurs, commerçants, Répertoire des PTF
-Négociation avec les PTF PTF Nombre et type de partenariats
nouveaux établis
63
3.7.2 Mécanismes de mise en œuvre du plan d’action
Le plan d’action combine toute une série de solutions à la question de mise en marché
international de l’ananas biologique béninois. La résolution des différents problèmes recensés au
cours du diagnostic de cette chaine de valeur nécessite deux principales conditions. Il s’agit du
rôle et de la responsabilité des acteurs à deux niveaux : les structures d’appui d’une part et les
acteurs directs d’autre part.
Pour les structures d’appui telles que les PTF, il s’agit d’une nouvelle vision de
l’accompagnement des acteurs. Les différentes structures appuyant la CVA ananas biologique
dans le bassin de production devront le faire de façon harmonisée et concertée afin de se
compléter pour l’intérêt des acteurs. Elles devront adopter comme principe de participer aux
projets des acteurs et non l’inverse. Pour ce qui est de la recherche, elle devra mettre un accent
particulier sur la « cogénération » des innovations. Ainsi, le choix des questions de recherche
devra se faire en collaboration avec les producteurs qui semblent avoir un intérêt pour les
questions de fertilisation (doses de fertilisants), de rendement et de lutte biologique contre les
maladies de l’ananas.
Le plan d’action,sera cofinancé par les producteurs pour mieux les responsabiliser.
Pour ce qui concerne les acteurs, le plan d’action constitue leur cadre de travail permanent et ils
doivent s’en approprier et en assurer la maitrise d’ouvrage. Pour y parvenir, il leur faut une
meilleure structuration de leurs groupements pour plus de synergie entre les actions. D’autre part,
ils devront désormais pouvoir négocier et définir avec les PTF les nouvelles orientations d’appui.
Tout ce mécanisme ne saurait être efficace si l’Etat ne change pas de stratégie d’accompagnement
des acteurs de la CVA ananas biologique. Cela concernera l’amélioration du climat des affaires
pour un meilleur investissement dans la CVA. L’ancrage de la stratégie de promotion au sein des
chambres consulaires (chambre d’agriculture, des métiers, du commerce et d’industrie, etc.) et de
la collectivité au niveau communal faciliterait l’implication de l’Etat.
Cette articulation devra être la première priorité du comité que les acteurs doivent mettre en place.
IV Conclusions
Le résultat de cette étude est le produit d’un long processus fait de discussions, concertations et de
remises en cause. Nous espérons qu’il constituera une contribution importante à la connaissance
de la chaine de valeur ananas biologique.
L’étude a révélé que la chaine de valeur a d’énormes atouts et qu’elle est très porteuse. En effet, la
CVA bio a un potentiel économique très significatif. La promotion de cette CVA constitue un
enjeu stratégique pour le développement économique dans la région de l’Atlantique au Bénin. Les
critères de sa pertinence sont relatifs à :
La demande en produits biologique au sein des marchés de produits alimentaires à haute valeur,
connait une augmentation linéaire en Europe et en Amérique du Nord. L’ananas biologique est
transformé au Bénin depuis 2009, et suscite en conséquence la création de revenus et d’emplois
en amont et en aval de la production.
Les perspectives de la création d’une valeur ajoutée plus bénéfique au niveau du marché
international
Des possibilités de création d’une valeur ajoutée existent à plusieurs niveaux : l’amélioration de
l’emballage par exemple à travers la création d’une marque ou d’un label de l’ananas (« Benin-or
biologique» du nom commercial de l’ananas Béninois), la standardisation des itinéraires
techniques de production et de transformation à travers la certification pour garantir la qualité à
laquelle une future marque ou label ferait référence. L’amélioration des technologies de séchage
ou de production de jus pour un meilleur rendement et une meilleure qualité des produits finis. Un
excellent travail a déjà été fait dans ce sens, il ne s’agit que de le parfaire.
L’ananas biologique est un secteur qui génère des moyens de survie à un grand nombre de ruraux
dans la région de l’Atlantique. Le secteur crée plusieurs emplois à travers la fourniture des
intrants, la production, la transformation et dans une moindre mesure la commercialisation. A
65
travers l’analyse des différents maillons, il a été mis en évidence l’impact économique de la CVA
ananas biologique qui génère une valeur globale (production et transformation) estimée à
[Link] FCFA pour tous les produits confondus.
Cela suppose l’organisation des acteurs à tous les niveaux: fournisseurs d’intrants, producteurs,
collecteurs, grossistes, petites et moyennes unités de transformation, fournisseurs prestataires de
divers services (financiers ou non financiers) et l’intégration de ces organisations au sein de la
chaîne de valeur globale de la filière.
Le potentiel d’investissement
Cette chaîne de valeur ajoutée offre actuellement des opportunités d’investissement notamment
dans la production, la transformation, la production d’emballage, les infrastructures pour
l’exportation des produits. Les opportunités de transfert technologique au niveau des différents
maillons constituent des pools d’investissement certains pour le développement de la CVA. Ces
différents axes sont considérés comme des facteurs déterminants pour appuyer la promotion de
cette CVA.
Le plan stratégique élaboré par les acteurs constitue une base pour la promotion durable de cette
CVA. Les acteurs devraient se mettre ensemble pour sa mise en œuvre. Ceci nécessite pour
chacun d’eux de nouvelles dispositions au sein de leur structure ou organisation respective en vue
de faire face à leurs nouveaux rôles et responsabilités.
66
Bibliographie sommaire
1) Aimé Gnimadi Octobre (2008) : Etude pour l’indentification des filières agro
industrielles prioritaires (Benin)
2) Antoine Anasside , Joseph Aîvonji (( 2009) : Elaboration des règles de soutien et de
stabilisation des prix pour la filière Ananas
3) Bernard Agbo et Al. (2008) : Rapport d’Atelier de validation de la stratégie et
d’élaboration des plans d’action de la filière ananas au Benin
4) Centre écologique Albert Schweitzer du Burkina Faso (2009) : Document de formation
«Technologie de séchage de fruits et légumes »,
5) Christophe Tossou ( 2001) : Impact de la culture de l’ananas sur l’environnement
dans le département de l’atlantique Mémoire de fin de cycle pour l’obtention d’études
supérieures spécialisées en Aménagement et gestion des ressources naturelles option
sciences et techniques forestières
6) Christophe C. TOSSOU et Al. (2010) : Effet de la présence des orangers sur la
production des orangers et la rentabilité financière de l’ananas au Sud du Benin
Annales des sciences Agronomiques du Bénin 13 (1) 89-104, 2010 ISSN 1659-5009
7) Evelyne Sissinto (2006) Dossier le commerce équitable No 186 (page 13 : Le Bénin
Avance avec le bio)
8) Guide de Bonnes Pratiques Phytosanitaires pour l’Ananas ( Ananas Comosus) issu
de la production biologique en pays ACP ( COLEACP)
9) Helvetas Benin (2009) : Guide Illustré de production de l’ananas biologique et équitable
10) Gwendoline Alther (2003) : Manuel de certification pour l’agriculture biologique,
Helvetas Benin
11) Rico Lionel S. AMOUSSOUHOUI (2009) : Evaluation de la rentabilité financière des
systèmes de cultures conventionnelle et biologique de l’ananas comosus sur le plateau
d’ALLADA. Mémoire Projet pour l’obtention de la licence professionnelle
12) REPUBLIQUE DU BENIN, Ministère de l’Economie et des Finances Direction
Générale des Affaires Economiques (Juillet 2009) : Etude sur l’industrie agro-
alimentaire facteur d’autosuffisance alimentaire et de croissance pour l’économie
Béninoise
Liste de site internet
[Link]/fac sheet
67
Annexes
68
Date Activités Lieu Objectifs
Samedi 23 Entretien avec REPAB Minata et Solange Entretien questionnaire,
avril Collecte d’information,
Analyse des acteurs
Entretien avec deux Yaya et Olivier Collecte d’information
producteurs de Coproama Allada
Visite de parcelle Minata Allada connaissance de
d’expérimentation MD2 la variété MD-2
Lundi Entretien avec deux Solange Collecte d’information
25avril producteurs Abomey Calavi
Cyrille &
Entretien avec trois Minata &olivier Collecte de données
producteurs TOFFO
Marcel
Vendredi Préparation de l’atelier FFOM Equipe
29 avril
Lundi Echange avec l’équipe Jolisaa Equipe & Nour Echange sur l’enjeu et les
02 mai Sellamna attentes de Jolisaa
Université Abomey
Calavi
Mardi Travaux sur l’état Equipe & Nour
03 mai d’avancement de l’étude
Mercredi Atelier pour l’élaboration des Tous les acteurs clés Dégager ensemble les
04 mai FFOM Salle de réunion de la forces, faiblesses et
mairie opportunités et menaces
de la CVA Biologique
Jeudi Travail équipe
05 mai
69
Date Activités Lieu Objectifs
Vendredi Appui à l’élaboration du PA Tous les acteurs Dégager les actions à
06 mai mener en partant des
forces motrices
Lundi Elaboration du PA Tous les acteurs Elaboration du plan
09 mai d’action
70
Opérations Ananas conventionnel Ananas biologique
culturales
Traitement des rejets Le traitement est phytosanitaire Par contre ici le traitement est
biologique avec infusion de feuilles de
Papayer et ou de graines de Neem. La
base du rejet est trempée dans cette
infusion et on laisse ressuyer en position
verticale (tête au sol) pendant au moins
6 heures.
La mise en terre Se fait dans un trou d’au moins 5 cm. Les Idem
plants sont mis en une ou deux lignes
jumelées selon le schéma:
Entre plants 25cm-30 cm
Entre ligne jumelées 40cm
Entre deux rangées de ligne jumelées :
80cm
La densité est de 45000 à 50.000 plants/ha
Apport de fumure On fait un apport d’engrais minéraux, Les producteurs bio utilisent les fientes
comme NPK, Urée, Potasse et sulfate. de volailles, les bouses de vache, du
Parfois les utilisateurs ne respectent pas les compost et le sulfate de potassium qu’ils
doses indiquées par les agents des services épandent manuellement.
compétents (CeRPA) Et après cette opération, ils font le
paillage pour protéger la fumure et
conserver l’humidité du sol.
Le paillage contrôle aussi les mauvaises
herbes.
Lutte phytosanitaire Est faite pour la culture conventionnelle Une infusion de feuilles de papayer et ou
de graines de Neem pour traiter les
maladies. Les cendres de bois pour
contrôler les fourmis. Cette lutte est
préventive.
Sarclage Pulvérisation d’herbicide suivie de Au moins 10 sarclages manuels
sarclages manuels
Rotation et L’ananas conventionnel peut être associé Idem
association des directement à plusieurs cultures.
cultures
Traitement des Se fait soit par arrachage des plants malades Ici le traitement est biologique, on fait
maladies et les éloigner du champ, soit par l’extirpation des plants malades
l’utilisation des hématicides
L’hormonage L’induction florale se fait à partir de 9 à 10 Tandis qu’à la culture bio, l’induction à
mois après la mise en terre. l’aide du gaz de l’éthylène ou de carbure
Cette pratique permet aux producteurs de de calcium se fait 11-13 mois après la
planifier leur plantation en fonction du mise en terre.
marché Cette pratique permet aux producteurs
de planifier leur plantation en fonction
du marché
Étrelage Technique consistant à pulvériser sur On ne fait pas usage de cette technique
l’épiderme du fruit à maturité pour le bio
physiologique pour faire virer la couleur
verte du fruit au jaune orange. Le produit
utilisé fréquemment s’appelle Ethéphon
Récolte 15 -17mois Au moins 17-20 mois
Marché Assuré pour conventionnel Pas de marché bio, les fruits sont achetés
comme du conventionnel
71