Tests d'obturateurs en forage
Tests d'obturateurs en forage
Département Formation
FORMATION JDF
Module
F3
A. SLIMANI
M. DADOU
TABLE DE MATIERES
2
TEST DES OBTURATEURS
1. Test des obturateurs
En dehors des tests de fonctionnement, les obturateurs doivent être testés en
pression :
- à chaque montage,
- chaque fois qu'un démontage, même partiel, a été effectué
(changement d'une vanne, ouverture des portes pour changement de
mâchoires, etc...),
- périodiquement, suivant les consignes du maître d'œuvre.
Chaque test doit être précédé d'une circulation à l'eau claire à travers tous les
circuits, et chaque élément sera testé séparément.
Les obturateurs annulaires ne sont testés en général qu'à 50% de leur pression
maximale de travail.
3
accessoires peuvent être testés à leur pression de service sans risque pour le
tubage.
4
Procédure :
- Démonter les deux valves des
"tester ports"
- Connecter une pompe de test à une
extrémité
- Remplir complètement la cavité avec
retour et évacuation des bouchons
d'air
- Reboucher l'orifice opposé avec un
plug
- Sortir la check valve de la vanne 2"
1/16 du casing head
- Ouvrir la vanne ci-dessus afin de
contrôler l'étanchéité des " P " seals
- Tester en pression (maxi : 60 % de
la pression écrasement du tubage)
- Maintenir en pression pendant 15
minutes
- Purger
- Réinstaller les check valves.
5
Configuration forage (soft)
Stand pipe
Stand pipe
Torche Manifold de duses
Manifold du
13
Dégazeur M3 plancher
Bourbier
12 14 19 21
M1
9 10 11 20
15 18
Pompe 2
Pompe 1
D5 D8
5 6 7 8 16 17
BOP
annulaire
Choke line
Kill line
Fermeture sur tiges
Fermeture totale
Mud
cross Clapet AR
1 2 3 4
30
M2
52 51 UNITE
DE
TEST
50
6
- Fermer les mâchoires sur tige dès retour par la goulotte.
- Ouvrir la vanne hydraulique 1.
- Circuler avec retour:
− sur bourbier (vannes 5, 10, 12 et 13 fermées),
− sur torche (vannes 8, 14 fermées, vannes 10 et 13 ouvertes),
− sur dégazeur (vannes 10 et 13 fermées, vannes 5 et 12 ouvertes).
Test des éléments : fermeture à mâchoires sur tiges et vannes 4, 5, 8, 10, 17,
51, 52 :
- Arrêter la circulation.
- Ouvrir les mâchoires sur tiges.
- Fermer la vanne 5.
- Circuler avec une pompe de forage jusqu'au retour par la goulotte.
- Arrêter la circulation.
- Fermer les mâchoires sur tige.
- Fermer la vanne 17.
- Monter en pression jusqu'à la pression de test avec un palier de 30 bars
pendant 5 mn.
- Fermer la vanne hydraulique 4.
- Purger à zéro par l'unité de test.
- Attendre 15 mn et contrôler la pression sur manomètre M1.
Test de la vanne 1 :
- Remonter en pression jusqu'à la pression de test.
- Ouvrir la vanne 3.
- Purger à 10 bars par l'unité de test.
- Fermer la vanne hydraulique 1.
- Ouvrir la vanne 6
- Ouvrir la vanne 7 et fermer la vanne 8.
- Remonter en pression jusqu'à la pression de test.
- Attendre 10 mn et contrôler la pression sur manomètre M2 où un
enregistreur sera connecté.
7
Test fermeture sur tiges et vannes 4, 5, 8, 10, 17, 51, 52
Stand pipe
Stand pipe
Torche Manifold de duses
Manifold du
13
Dégazeur Bourbier M3 plancher
12 14 19 21
M1
9 10 11 20
15 18
Pompe 2
Pompe 1
D5 D8
5 6 7 8 16 17
BOP
annulaire
Choke line
Kill line
Fermeture sur tiges
Fermeture totale
Mud
cross Clapet AR
1 2 3 4
30
M2
52 51 UNITE
DE
TEST
50
Test de la vanne 2 :
- Purger à 10 bars par l'unité de test.
- Fermer la vanne 2.
- Ouvrir la vanne hydraulique 1.
- Remonter en pression jusqu'à la pression de test.
- Attendre 10 mn et contrôler la pression sur le manomètre M2.
8
- Purger à zéro par l'unité de test.
Remontée du tester-cup :
- Ouvrir l'obturateur annulaire.
- Fermer la vanne hydraulique 4.
- Remonter le clapet anti-retour.
- Remonter et dégerber la garniture de test.
9
- S'assurer que les duses et les vannes 5, 6, 7, 9 et 11 sont en position
ouverte.
- Remplir le manifold de duses d'eau avec retour sur dégazeur.
10
2.4.3. Test upper et lower kelly cock
Ces tests doivent s'effectuer dans
Stand pipe
le sens où ces éléments doivent
Manifold du travailler, c'est à dire : du puits
plancher
M3
vers les pompes. Pour ce faire on
19 21
utilisera un raccord de test que
15 20 18
l'on vissera au bas du raccord
d'usure de la kelly et auquel on
Pompe 2
Pompe 1
connectera l'unité de test. Ces
16 17
éléments seront testés à leur
pression de service (ici 5000 psi).
11
UNITE D’ACCUMULATEURS KOOMEY
1. Système de fermeture des obturateurs
Le système de fermeture des obturateurs doit assurer la fermeture et l'ouverture
individuelle de chacun des obturateurs et des vannes hydrauliques, de façon
convenable, rapide et facile à répéter et, si nécessaire, sans avoir à utiliser
d'énergie extérieure.
Panneau de
contrôle du foreur
Panneau auxiliaire de
commande à distance
Boîte de jonction
Manifold de
contrôle principal
Pompe Pompe
électrique à air
12
2.1. Accumulateurs hydro – pneumatiques
L'accumulateur est un tube
Mano pour vérification cylindrique contenant une
pression de précharge
membrane fixée au sommet du
tube par la vanne de
précharge, remplie d’azote.
Orifice de A la base se trouve un clapet
Précharge
(siège de la membrane) qui
empêche la membrane de
sortir s’il n’ y a pas d’huile.
Membrane remplie
d'azote
Le nombre de bouteilles peut
varier suivant la dimension et
le nombre des BOP.
La batterie d'accumulateurs est
Corps
protégée par une vanne tarée à
3500 psi.
Siège de la membrane
Entrée/sortie
de l'huile
13
En dérivation de la conduite haute pression de charge des accumulateurs se
trouvent deux lignes desservant :
− la vanne de commande de l'obturateur annulaire, précédée d'un
régulateur de pression,
− les vannes de commande des obturateurs à mâchoires et vannes
hydrauliques.
Ces pompes sont entraînées par des moteurs électriques, à combustion interne
ou pneumatiques.
BOP BOP
F O F O
Accu. Accu.
Fermeture Ouverture
La vanne Koomey présente l'avantage d'avoir une position neutre, c'est-à-dire
que le fluide sous pression est arrêté à la vanne, les deux autres circuits
(ouverture et fermeture) sont ramenés à la pression atmosphérique.
Chaque vanne est manœuvrée à distance par un vérin pneumatique à trois
positions.
14
2.4. Les conduites
Les conduites doivent avoir la pression de travail au moins égale à la pression de
travail des accumulateurs. Les conduites ayant une pression de travail de 3000
psi sont le plus fréquemment utilisées.
Le temps de fermeture des obturateurs étant conditionné par la longueur et le
diamètre des conduites, celles-ci doivent avoir un diamètre minimal d'un pouce,
et le temps de fermeture doit être vérifié par un test sur le chantier.
Manifold de contrôle
Pannel de commande
à distance
15
Description de l'unité Koomey
26
31
32 33
27 30
35
28 29
17 24 25
38 36
37
23
34
40
20 22
21
19
4 1
5
18 6
3 2
16 11
7 8
15
10
9
13
12
14
16
hydrauliques, pour ouvrir ou fermer ceux-ci. Ces distributeurs sont pilotés
pneumatiquement au moyen de vérins contrôlés par des distributeurs
pneumatiques situés sur le panel de commande sur le plancher de forage.
23. Vanne de by pass du régulateur de pression : permet de supprimer la
régulation à 1500 psi (BOP à mâchoires) et d'admettre directement sur les BOP
la pression des accumulateurs (3000 psi).
24. Vanne de sécurité du manifold : se déclenche à 5500 psi.
25. Vanne de purge des accumulateurs.
26. Régulateur d'air : pour le régulateur de pression du BOP annulaire (27).
27. Régulateur de pression pour l'accumulateur annulaire : permet de régler la
pression d'utilisation sur le BOP annulaire de 0 à 3000 psi afin d'ajuster la
pression de fermeture à la pression du puits. Permet le stripping. Ce régulateur
est piloté pneumatiquement à partir d'une pression d'air, elle-même régulée sur
panel de commande (26). Réglé généralement entre 700 et 800 psi.
28. Manomètre de pression accumulateur : indique la pression des
accumulateurs.
29. Manomètre de pression de manifold : pression sur BOP à mâchoires et
vannes hydrauliques.
30. Manomètre de pression de BOP annulaire.
31, 32 et 33. Système de transmission des pressions hydrauliques pour le panel
de commande auxiliaire : ces appareils transforment les pressions hydrauliques
en pressions pneumatiques, celles-ci étant lues sur les manomètres du panel de
commande auxiliaire (plancher).
34. Filtre à air à purge automatique.
35, 36, 37 et 38. Régulateurs d'air.
39. Plateau de connexion du faisceau de tubes pneumatiques de commandes à
distance.
40. Vannes manuelles d'isolement de la batterie d'accumulateurs.
2.7. Identification
Exemple
M B 160 - 11 - SB - 3
M = série bouteilles
B = nombre bouteilles sur l’unité. Pour B : de 15 à 22
160 = 160 gal. = capacité totale accumulateurs = volume azote + volume huile.
11 = 11 gal = volume d'une bouteille. Volume de travail = Vol bouteille diminué
du volume occupé par la membrane : soit 11 - 1 = 10 gal.
SB = type d'accumulateur. SB = système de gonflage par le bas.
3 = 3000 psi = pression de travail.
17
On peut calculer le nombre de bouteilles = 160 / (11- 1) = 16.
Condition initiale :
L'accumulateur est préchargé à l'azote à une pression de 1000 psi.
P1 = 1000 Psi, V1 = 10 gallons
Pour une bouteille de 11 gallons, on considère un volume disponible de 10
gallons, la membrane occupant un volume de 1 gallon
Conditions de travail 1 :
Par l'intermédiaire des pompes, l'accumulateur est chargé à une pression de
travail de 3000 psi (P2)
Soit : P1 x V1 = P2 x V2
V2 = P1 x V1 / P2 = 1000 x 10 / 3000 = 3.33 gal
Pour gonfler à 3000 psi il faut donc un volume d’huile :
Vf1 = 10 - 3,33 = 6,67 gal de fluide hydraulique correspondant au
volume de travail pour une bouteille.
Conditions de travail 2 :
Après service (fermeture ou fermeture + ouverture) un volume de fluide (Vf2)
doit rester dans l'accumulateur à une pression de 1200 psi (P3)
Soit : P2 x V2 = P3 x V3
V3 = P2 x V2 / P3 = 3000 x 3.33 / 1200 = 8.325 gal
Soit un volume de fluide hydraulique nécessaire ;
Vf2 = 10 - 8.325 = 1,675 gal pour une bouteille.
18
Exercice
Vous avez sur chantier le stack de BOP suivant :
- BOP annulaire : Hydril 13" 5/8 - 5000 type GK
- Pipe rams : Cameron 13" 5/8 - 5000 type U
- Blind rams : Cameron 13" 5/8 - 5000 type U
- Vannes hydrauliques sur kill line et sur chocke line
2. Vous disposez sur le chantier d'une unité KOOMEY type MB150.11. ST.3 avec
14 bouteilles. Vérifiez si elle satisfait les normes de sécurité pour commander les
BOP précédents.
TYPE GK - 5000
CAMERON 13"5/8
TYPE U - 5000
CAMERON 13"5/8
TYPE U - 5000
VANNE HYDRAULIQUE
TOTAL
NORME DE RESERVE %
VOLUME DE RESERVE A 1200 PSI
19
Corrigé
Normes de sécurité :
Puisque les BOP sont de série 5000 psi, le volume total accumulé à la pression de
travail doit permettre la fermeture et l'ouverture de toutes les unités
opérationnelles + une réserve de 25% de ce volume qui restera dans les
accumulateurs sous la pression de 1200 psi
NORME DE RESERVE (% ) 25
VOLUME DE RESERVE A 1200 PSI (gal) 14.63
La capacité de stockage à 1200 psi = 14 x 1.67 = 23.38 gal, qui est supérieur à
Vr.
3. Cette unité est conforme aux normes et on n'est pas obligé d'augmenter le
nombre de bouteilles.
20
4. Procédure de test de l’unité Koomey
4.1. Test de fonctionnement du système de fermeture
− Le test de fonctionnement sera effectué :
− chaque fois que l'on teste les BOP,
− au moins une fois par semaine,
− alternativement des différents panneaux de commandes.
− Chaque élément opérationnel des BOP devra se fermer en moins de 20
secondes.
− Tous les résultats seront notés sur la fiche de rapport de tests.
− Vérification des pressions de précharge des accumulateurs à chaque DTM
ou début de contrat.
4.3. Contrôles
Des contrôles fréquents (journaliers si possible) de fonctionnement des unités
d’accumulation et des obturateurs permettront d’entraîner le personnel, de
vérifier que les circuits et les obturateurs sont bien étanches, et que les mano –
contacts des pompes sont bien réglés et fonctionnent correctement.
21
PRESSION ADMISSIBLE ET CASING POINT
1. Choix du diamètre
Le BOP le plus petit possible, compte tenu du diamètre de tubage utilisé, est le
meilleur.
Dans les puits profonds, commencés en gros diamètre il est plus sûr si on le
peut, d'installer un BOP plus petit dès que possible pour la poursuite du forage.
22
- Les assemblages par brides soudées ou par colliers (clamps) sont
impératifs pour l'empilage des BOP.
- Les assemblages par filetages, excepté l'empilage des BOP, sont tolérés
pour les pressions de service inférieures ou égales à 5000 psi.
Exercice
A partir des données suivantes, calculer la pression de service du stack de BOP à
mettre en place.
- Forage prévu en 8"1/2 jusqu'à 3500 m.
- Réservoir de gaz attendu à 3000 m, Pg = 500 kgf/cm², dg = 0.30.
Le tubage 9"5/8 a été posé à 2000 m et un leak off test sous le sabot a donné
avec une boue de densité 1.30, une pression d'injection de 145 kgf/cm².
Y a t - il risque de craquage ?
Si oui représenter la zone de craquage et où doit se trouver le sabot du tubage
9"5/8 pour ne pas craquer la Formation.
Corrigé
Puits plein de gaz :
PH gaz = 3000 x 0.30 / 10 = 90 kgf/cm².
Pression en tête puits plein de gaz = 500 - 90 = 410 kgf/cm².
23
345 410 Pression (kgf/cm²)
2000
405 Zone de
craquage
Profondeur (m)
3000
3500
24
SHOE BOND TEST, LEAK OFF TEST, TEST DE
FORMATION
Règle :
PCT > PSBT > PLOT
et
PFIT < PLOT
Attention :
Les tests dans le découvert s’effectuent toujours avec l’outil au sabot.
25
ZV = profondeur verticale du sabot (en mètres).
Si le SBT est négatif, indiquant ainsi une fuite au niveau du sabot, une
restauration de cimentation devra être effectuée.
2.2. Procédures
- reforer le sabot, le puisard et un (1) mètre dans la formation
- circuler au moins 2 fois le volume annulaire jusqu’à obtenir une boue
de densité homogène
- remonter l’outil au sabot et arrêter les pompes
- réaliser le test.
Réalisation :
Ce test sera effectué dans les mêmes conditions que le SBT, et sera arrêté dès
l’atteinte de la pression désirée ou le début d’injection.
26
4. Le Leak-Off Test (LOT)
C’est un essai de pression effectué dans le découvert à tout moment du puits. Il
mesure la résistance du découvert et permet ainsi de connaître la pression
maximale admissible du découvert.
Il consiste à monter en pression jusqu’à l’injection de la boue dans la formation
La pression de craquage est exprimée en densité équivalente.
Y
Pression
X
525 litres Volume
Temps
27
Le volume à pomper est calculé de la même façon que pour le SBT.
En théorie, la mise en pression du puits peut être réalisée en pompage par les
tiges, par l'annulaire ou même sans garniture dans le trou.
En pratique on peut faire les recommandations suivantes :
- être sans garniture dans le trou est une situation dangereuse qui est à
éviter. Un LOT effectué en trou ouvert sans garniture est donc
déconseillé. Il y a en plus, une incertitude sérieuse sur l'homogénéité
de la densité de la boue dans le trou
- le pompage par la tige d’entraînement est à éviter car la déformation
du flexible d'injection sous l'effet de la pression perturbe les mesures
de compressibilité de la boue
- le pompage par une tête de circulation est possible mais il faut veiller à
éliminer tous les bouchons d'air avant de fermer le circuit
- le pompage par l'annulaire est la solution préférée, la fermeture en tête
des tiges étant assurée soit par la lower kelly cock, soit par une vanne
vissée sur les tiges
- le seul cas où le pompage par les tiges sera envisagé est celui où il y a
dans la garniture une soupape anti – retour.
Procédure :
- remonter l’outil au sabot
- fermer la lower kelly cock de la tige d'entraînement, la vanne HCR est
ouverte
- éliminer les bouchons d’air de la ligne en circulant avec l’unité
- fermer la vanne HCR
- tester la ligne de l’unité à 3000 psi
- ouvrir la vanne HCR
- circuler à nouveau jusqu’ à retour par la goulotte
- arrêter l’unité
- fermer les mâchoires sur tiges
- monter en pression à un débit de 1/4 de bbl/mn,(1/2 au maximum)
- conserver le débit choisi constant
- arrêter le pompage dés qu’il y a injection ou craquage et mesurer le
volume pompé
- observer la stabilité pendant 15 minutes
- purger par l’unité de pompage et noter le volume total récupéré
- ouvrir les mâchoires sur tiges.
4.3. Résultats
La pression de leak off test est la pression maximale lue en tête juste à l’injection
ou au craquage.
La pression d’injection et ou de craquage est la somme de la pression lue en tête
et la pression hydrostatique de la colonne de boue.
28
Pression
Rupture de pente
=
Pression de L.O.T
P L.O.T Stabilisation
Arrêt du pompage
Volume
pompé
Bullage
Temps
Exemples de résultats
LOT dans un banc perméable
29
La montée en pression est de plus en plus lente et tend vers une asymptote
horizontale qui dépend de la perméabilité, du débit, de la viscosité de la boue,
etc…
De plus il n' y a pas stabilisation de la pression après arrêt de la pompe.
En général ce type de LOT s'améliore avec le temps quand les solides de la boue
colmatent la formation perméable.
La valeur maximale de pression lue au cours du LOT n'a donc pas de réelle
signification dans ce cas.
LOT exploitable
La montée en pression est Craquage
boue.
Vers 2080 psi, un petit
décrochement marque le début de
l'injective.
A 2170 psi le craquage est net.
La pompe est aussitôt arrêtée, 40
Psi de pertes de charge
disparaissent.
La pression se stabilise ensuite à
2060 psi, puis purge.
30
Cet enregistrement correspond à un
LOT effectué en fin de puits dans le
même découvert.
On constate :
- Une montée linéaire de la
pression (la pente est
différente de celle du
précédent LOT car le volume
n’est pas le même)
- Un début d'injection vers
2040 psi, mais la rupture de
pente est difficilement
visible.
- Un craquage net à 2060 psi
et la pompe est arrêtée.
31
EXERCICES DE SECURITE
1. Généralités
L'ignorance étant le plus souvent à l'origine de panique et la panique à l'origine
des catastrophes, il est préférable que certains exercices et tests périodiques
soient faits, compris et assimilés par le personnel travaillant sur les appareils de
forage.
1.1. Organisation
Une réunion entre superviseur, superintendant et chef de chantier doit être
organisée pour sensibiliser ce dernier aux problèmes de sécurité et aménager la
simulation, sans avertir le personnel posté.
1.2. Reporting
La réalisation des tests et exercices doit être spécifiée :
- sur le rapport journalier,
- sur les rapports spécifiques (comme le rapport de test BOP),
- sur le cahier de sécurité.
2.2. Réalisation
Superviseur - chef de chantier
Simuler une venue en pompant
doucement de la boue dans le puits
(par la kill line par exemple) sans
avertir ni le personnel ni le boueux.
Ceci permettra d'évaluer l'efficacité de
la détection autant au niveau
équipement qu'au niveau personnel.
S'il n'est pas possible de pomper la
boue dans le puits, demander
simplement au chef de poste d'alerter
le personnel.
Si l'appareil est équipé d'un système
de détection, simuler la venue par le
déclenchement des alarmes en
agissant sur es flotteurs.
Chef de poste
- arrêter la rotation,
- remonter la tige d'entraînement en
positionnant le tool joint de !a
première tige à un mètre au dessus de
la table de rotation,
- arrêter les pompes.
32
Second
- observer le puits à la goulotte.
(Pour l'exercice, faire de telle sorte que
le puits débite).
Position du personnel
- second au manifold de duses,
- accrocheur et opérateur boue sur les
bassins.
A la fin de l'exercice
Chef de poste
- ouvrir la duse réglable,
- ouvrir les fermetures sur tiges,
- fermer la vanne hydraulique sur la
choke line,
- reprendre le forage.
33
3.2. Fréquence
Cet exercice doit être effectué une fois par semaine et par équipe dès
l'installation des BOP jusqu'à ce que les réactions du personnel soient
considérées comme suffisantes en temps et efficacité.
3.3. Réalisation
Cet exercice doit être effectué avec l'outil dans le tubage en cours de remontée
de la garniture.
Chef de poste
Arrêter immédiatement la remontée et
positionner le tool joint de la première
tige de façon à permettre la mise en
place des cales et la fermeture des
pipe rams.
Second
Observer le puits. On considérera que
le puits débite.
Chef de poste
Avertir le personnel tout en réalisant
les actions suivantes :
- mettre en place les cales,
- ouvrir la vanne hydraulique de la
choke line.
Second
Installer la kelly valve sur les tiges
(position ouverte) et la fermer.
Si on est dans l'impossibilité de visser
la valve en raison du débit du puits et
si une DIBPV a été incorporée à la
garniture :
- mettre en place la fast shut off
coupling, la vanne Hydrill et le dart
approprié à la DIBPV,
- connecter la tige d'entraînement et
circuler pour mettre en place le dart
dans son siège.
N'utiliser le fast shut off coupling sans DIBPV dans la garniture que dans le cas
extrême où le débit empêche toute utilisation d'une kelly valve.
Chef de poste
- Actionner les fermetures sur tiges,
- fermer la duse.
34
Chef de chantier
Noter les pressions de fermeture sur
tige et annulaire.
Position du personnel
- Second au manifold de duses,
- accrocheur à l'accrochage,
- opérateur boue sur les bassins.
Sinon :
Chef de poste
Introduire le dart de la DIBPV dans la
garniture.
A ce stade, il est possible de pomper le
dart sur le siège de la DIBPV. Cet
exercice peut apporter des
informations importantes mais il n'est
pas nécessaire de le répéter plus d'une
fois par phase. Dans ce cas il faudra
sortir le dart de son logement à la
remontée.
A la fi n de l'exercice
Personnel de plancher
- Ouvrir la duse,
- enlever la kelly valve de sécurité.
Second
- Ouvrir le pipe rams,
- fermer la vanne hydraulique de la
choke line.
Chef de poste
Reprendre la manœuvre.
35
Soupapes Baker
Modèle F Modèle GC
standard Se bloque manuellement en position
ouverte lors du changement de l’outil
Modèle G
Utilisé avec boue de forage abrasive
Siège Dart
36
Vanne Reagan Gray valve
4. Contrôle de venue
4.1. Généralités
Cet exercice consiste à pomper réellement une boue de densité requise simulée
de la surface à l'outil, sur la base de la Balance Bottom Hole Pressure Method
(BBHPM). Pour réaliser cette opération la pression de pompage en tête des tiges
sera maintenue à la valeur précalculée en ajustant l'ouverture de la duse du
manifold de duses.
4.2. Fréquence
Cet exercice devrait être réalisé deux fols par puits, avant le reforage des sabots
9 5/8" et 7".
Il est bon de s'assurer que les équipes soient entraînées séparément à au moins
un des ces exercices.
4.3. Préparation
Un certain nombre de données, calculs et opérations sont à effectuer avant de
débuter l'exercice.
Ces actions sont :
- Effectuer une mesure à débit réduit à la profondeur où l'on prévoit de
réaliser l'exercice.
- Le superviseur, en accord avec le chef de chantier, donnera une valeur
de la pression initiale en tête des tiges (Pt1) comprise entre 5% et 10%
de la valeur normale en forage et une marge de sécurité (S) de 10
kgf/cm².
37
- Effectuer les calculs nécessaires pour obtenir la valeur théorique de la
densité requise ainsi que les calculs de pompage et les graphes
d'évolution de la pression en tête des tiges.
- Ne pas mixer et pomper la boue de densité requise théorique, le
pompage de la boue étant réel mais la densité requise étant
imaginaire. L'exercice sera considéré comme terminé dés que la boue
de densité requise simulée aura atteint le niveau de l'outil de forage.
Remarques
Les feuilles de calculs de pompage et le graphe seront préparés séparément par
le superviseur, le chef de chantier et le chef de poste. Elles seront ensuite
comparées et discutées entre les participants jusqu'à obtention d'un accord entre
les parties.
Ces différents calculs, afin de limiter la durée de l'exercice, seront faits avant son
déclenchement.
38
Chef de poste
- Arrêter la rotation,
- ajuster le tool joint,
- arrêter les pompes,
- observer l'annulaire,
- alerter le personnel,
- ouvrir la choke line,
- fermer les pipe rams.
Chef de poste
Remettre les vannes du manifold de
duses et des BOP en position de
sécurité en forage.
39
Chef de poste
- A la fin de la circulation, après
contrôle du tubage, faire une mesure
de pression à débit réduit.
- Remonter une longueur de tiges.
- Brancher les pompes de forage sur la
kill line.
- Ouvrir la vanne hydraulique de la
choke line.
- Positionner le tool joint et fermer le
pipe rams.
- Ouvrir la duse en la positionnant sur
la plus petite ouverture. Elle restera
ouverte en sécurité durant toute la
durée de l'exercice.
40
MISE EN SECURITE DU PUITS
1. Généralités
En cours de forage ou de work over, il est parfois nécessaire d'isoler une zone
perforée pendant une certaine durée.
Cette nécessité peut se présenter à tout moment durant la réalisation, le work
over ou la production du puits.
- En urgence :
- pour une durée limitée,
- pour une longue durée.
2. Moyens d'isolation
2.1. Moyens mécaniques
- Kill string suspendu,
- Retrievable bridge plug,
- Bridge plug,
- Cernent retainer.
41
On procédera comme suit :
- installer la gray valve s'il n'y a pas de float valve dans la garniture,
- visser l’outil de pose sur la gray valve,
- poser la garniture sur les pipe rams inférieures et les verrouiller,
- dévisser et remonter l’outil de pose,
- fermer les blind rams,
- vérifier en continu la pression au manifold des duses.
Pour le repêcher :
- connecter l'outil de pose à la tête du RBP en posant 3 à 5 t,
- la vanne d'égalisation des pressions s'ouvre automatiquement dès la
connexion de l'outil de pose,
- avant de remonter, vérifier que l'outil de pose est bien désancré en le
poussant vers le bas.
42
Retrievable bridge plug Retrievable bridge plug
modèle C à ancrage mécanique
43
Retrievable bridge plug à Retrievable bridge plug à
ancrage par rotation ancrage hydraulique
44
Bridge plug électrique
45
3.4. Cement retainer (CR)
Il est utilisé pour une isolation par squeeze. Il peut être utilisé comme BP.
Ses avantages sont :
- possibilité de squeeze à travers le plug (cas de restauration,
perforation, cimentation complémentaire),
- maintien de la pression à la fin de squeeze jusqu'à prise du ciment,
- possibilité de lecture de la pression sous le CR avant sa destruction (cas
de reprise d'un puits abandonné provisoirement).
Il ne peut pas être remonté et ne peut être éliminé que par destruction
(reforage).
Il est généralement descendu au wire line mais peut être descendu au bout des
tiges en cas de squeeze. Ceci évitera la perte de temps due à la descente du
stinger.
Une fois le stinger désengagé après le squeeze, il agira comme un BP en
retenant la pression dans les deux sens.
Une fois ancré, il doit être testé à la pression requise (comme le BP).
46
3.5. Plugs et check valves pour tiges et tubings
Utilisés pour une isolation temporaire, ils sont généralement mis en place au wire
line sur un siège préalablement intégré dans le train de tiges ou de tubing.
Les plugs pour tiges peuvent être permanents (comme le float valve) ou pompés
depuis la surface (comme le DIBPV).
Pour le tubing, ils peuvent tenir la pression dans un seul ou deux sens.
Après leur mise en place, les plugs doivent être testés à 1000 psi, sauf les float
valves ou les plugs du tubing qui ne retiennent que la pression dirigée du bas en
haut.
La plupart de ces plugs sont remontés au wire line.
47
BACK – OFF ET SIDE – TRACK
Mode opératoire :
Commencer par étalonner l'extensomètre dans la partie libre
de la garniture de forage, à proximité de la surface.
Les mesures sont faites point par point et les valeurs lues
sont portées sur un graphe % liberté en fonction de la
profondeur. On peut ainsi voir le point de coincement et
même interpréter les résultats et en tirer la nature du
coincement.
Pendant les mises sous contraintes de la garniture de forage,
il ne faut pas dépasser 80% de la tension à la limite
élastique et du couple de torsion maximal des tiges.
48
Le coincement durant une manœuvre laisse une tige qui dépasse de la table de
rotation et il est difficile de placer la tige d'entraînement. Pour la placer, procéder
de la manière suivante :
- si le tool-joint de la tige est situé entre les mâchoires de l'obturateur et la
table, fermer l'obturateur à mâchoire sur tiges en mettant le maximum de
pression, dévisser la tige et visser la tige d'entraînement ;
- si le tool-joint se trouve au droit des mâchoires de l'obturateur, poser une
partie du poids de la garniture de forage en gardant 20 tonnes pour poser sur les
coins puis attacher les poignées ensembles, dévisser ainsi la garniture de forage,
remonter et enlever la tige du haut, visser la tige d'entraînement, descendre et
revisser sur le reste de la garniture. Il est recommandé de dévisser le plus haut
possible et, si possible, dans le tubage pour faciliter le revissage par la suite ;
- si le tool-joint se trouve quelques centimètres au-dessous des mâchoires de
l'obturateur, tirer jusqu'à ce que le tool-joint dépasse les mâchoires, sans pour
cela dépasser la traction maximale permise, fermer les mâchoires et procéder
comme décrit dans le premier cas.
Attention : si une crépine est placée en tête des tiges, ne pas oublier de
l’enlever.
Mode opératoire :
Dans le cas où la tige d’entraînement n’est pas placée, poser une partie du poids
de la garniture de forage en gardant une vingtaine de tonnes pour bloquer les
cales auxquelles il faut attacher les poignées ensembles. Dévisser la garniture en
tournant à gauche, et utiliser les clés si nécessaire.
Si la tige d’entraînement est placée, commencer par bloquer la garniture en
tournant à droite 60% du couple de torsion maximal et déplacer le point neutre
sur toute la longueur de la garniture de forage en posant du poids jusqu’à 15
tonnes. Ensuite, placer le point neutre au droit du joint à dévisser en tirant le
poids de la garniture de forage à ce joint augmenté de 5 à 10 tonnes et tourner à
gauche de 80% du couple de torsion maximal.
Le nombre de tours maximal est donné dans des tableaux du formulaire du
foreur.
49
1.4. Le dévissage à l'explosif
Le dévissage à l’explosif consiste à faire sauter une charge explosive au droit du
joint qu’on a décidé de dévisser. Les explosifs utilisés sont des cordons de type
RDX Primacord ayant un poids de 80 grammes chacun. Le nombre de cordons
doit être suffisant pour provoquer une violente vibration transversale et
longitudinale sans trop déformer le joint à dévisser.
Le dévissage doit se faire au niveau du joint situé immédiatement au-dessus du
point de coincement, mais il est conseillé de dévisser le joint de « longueur » et
non le joint de simple, parce que le joint de longueur est plus facile à dévisser
étant donné son dévissage répétitif durant les manœuvres. Il faut éviter de
dévisser au niveau d’une coulisse ou d’une réduction.
Mode opératoire
La tige d’entraînement doit être obligatoirement placée, le carré d’entraînement
engagé dans la table de rotation et le bouchon de la tête d’injection ou le col de
cygne enlevé. Procéder ensuite comme suit :
- ajuster le poids de la garniture pour positionner le point neutre au niveau
du joint à dévisser à l'aide de l'extensomètre (en le positionnant au droit
de ce joint et en tirant jusqu'à constatation d'une légère traction) ou par le
calcul (en tirant à une tension égale au poids dans l'air de la garniture au-
dessus de ce joint) ;
- amarrer le carré d’entraînement à la table de rotation et bloquer la
garniture de forage en tournant lentement à droite 80% du nombre de
tours maximal (donné dans le formulaire du foreur), tout en contrôlant le
couple ;
- verrouiller la table, graisser la tige d’entraînement et poser lentement
jusqu’à ce que le poids atteigne 10 à 15 tonnes pour déplacer le point
neutre, remonter doucement jusqu’à ce que le point neutre revienne au
niveau du joint à dévisser, puis tirer encore 5 à 10 tonnes
supplémentaires. Répéter cette opération jusqu'à ce que le nombre de
tours de retour soit égal à celui initial ;
- exercer une traction supérieure de 15 à 30% à celle déterminée pour le
positionnement du point neutre ;
- tourner à gauche un nombre de tours correspondant à 60 à 80% du
couple transmis à droite ;
- verrouiller la table puis manœuvrer la garniture entre 15 tonnes et le
point neutre plus 5 à 10 tonnes ;
- descendre les charges explosives en face du joint à dévisser (repéré à
l’aide du détecteur de joints CCL descendu avec les charges explosives).
L’intérieur de la garniture de forage doit être rempli de boue pour éviter
une chute du niveau dans l’espace annulaire au moment du dévissage ;
- provoquer l’explosion et remonter immédiatement le câble électrique sur
200 à 300 mètres pour éviter qu’il sorte et coince à l’extérieur.
50
Si les indices de dévisage ne sont pas détectés, déverrouiller la table et compter
le nombre de tour retournés. Si ce nombre est inférieur à celui qui a été transmis
au début, il se peut qu’il y ait un début de dévissage. Dans ce cas, remonter le
câble électrique au jour et continuer le dévissage de la garniture, puis remonter
en dévissant à la chaîne.
Si le dévissage n’a pas eu lieu, recommencer l’opération en augmentant le
nombre de cordons.
Consignes de sécurité
Durant l’opération, les règles suivantes sont à observer :
- la radio doit être déconnectée depuis la connexion des explosifs jusqu’à la
remontée du câble en surface après l'explosion et vérification que toute la
charge a explosé ;
- avant de tourner à gauche, les charges explosives doivent être à 200 ou
300 mètres de la surface, et ne les descendre que lorsque le nombre de
tours requis à gauche est donné. Remonter le câble immédiatement après
l’explosion de 200 à 300 mètres avant de continuer le dévissage ;
- pour éviter les frottements du câble électrique sur le tube d’usure de la
tête d’injection durant sa remontée, il faut remonter la tige d’entraînement
et poser le premier joint de tiges sur cales ou poser la tige d’entraînement
elle-même sur le collier Baash Ross ;
- les joints où s'est produite l'explosion doivent être immédiatement
éliminés.
2. Le side track
Le but d'un side track est d'abandonner une partie de puits difficilement
récupérable suite à une instrumentation, et de procéder à une déviation en
quittant l'axe du puits initial.
La déviation peut être pratiquée dans un puits vertical comme dans un puits
dirigé.
La décision de dévier un forage au lieu de poursuivre l'opération de repêchage
est prise lorsque l'on constate que le coût du repêchage, qui comprend le coût
des compagnies de services, le nombre de jours de location de l'appareil, la
location de matériels d’instrumentation et, si le poisson est récupéré, le prix de
sa remise en état, devient supérieur à celui de la déviation, qui comprend le prix
du poisson abandonné, du bouchon de ciment, de la déviation et du reforage
jusqu'à atteindre la côte de la partie abandonnée.
Il faut noter que les statistiques ont montré que les chances de réussite d’une
opération de repêchage baissent très vite d’un jour à l’autre, ce qui renforce la
prise de la décision de dévier le puits.
51
Mode opératoire :
- poser un bouchon de ciment au niveau de la tête du poisson ayant un
volume suffisant pour couvrir le puits jusqu'à environ 15 mètres au-dessus
de la côte de déviation préalablement choisie. Ce bouchon doit avoir une
formulation lui permettant d’être très dur après 24 heures d’attente ;
- durant l’attente de la prise du ciment, descendre un outil (avec une ou
deux masse-tiges amagnétiques si la déviation est orientée) et araser le
top du bouchon, ne laissant que 9 mètres au-dessus de la côte de
déviation préalablement choisie ;
- lorsque le ciment ait pris, tester sa dureté en posant un poids de 1.5
tonnes/pouce de diamètre du puits, sans rotation mais avec le débit
maximal permis ;
- si le test est négatif, attendre encore 1 à 2 heures et refaire le test ;
- si le test est positif, reforer le ciment jusqu’à la côte de déviation et
prendre une mesure de la déviation avec le single shot ;
- descendre une garniture de déviation composée d'un outil diamant
concave, d'une turbine, d'un raccord coudé de 1.5 à 3.5° selon le diamètre
du puits, d'un raccord d'orientation si nécessaire, d'une ou deux masse-
tiges amagnétiques, d'un nombre de masse-tiges suffisant pour appliquer
un poids de 10 tonnes sur l'outil, de 4 à 5 longueurs de tiges lourdes et de
tiges ;
- arrivés au fond, manœuvrer plusieurs fois la garniture afin d'éliminer les
torsions accumulées pendant la descente, prendre une mesure de
l'inclinaison, verrouiller la table de rotation et commencer le turboforage à
poids réduit et débit constant jusqu‘au reforage complet du ciment. Une
fois dans le terrain, continuer le turboforage avec des paramètres
normaux jusqu'à obtenir une inclinaison minimale de 5°. Remonter alors
cette garniture et en descendre une autre normale pour continuer le
forage.
52
2.2. Déviation en trou tubé
La déviation dans un tubage peut être ramené à une déviation
en trou découvert, si on coupe et on remonte la partie
supérieure non cimentée de la colonne de tubage.
On peut aussi ouvrir une section de tubage d’une hauteur
minimale de 22 mètres sur toute sa circonférence avec un outil
de coupe et entamer la déviation. La section à détruire doit être
bien cimentée et compter le minimum possible de manchons
pour faciliter l’opération. Une fois la fenêtre ouverte, mettre en
place un bouchon de ciment jusqu’à une hauteur minimale de 15
mètres au dessus du top de la fenêtre ; ce bouchon doit avoir
une formulation lui permettant d’obtenir un maximum de dureté
en 24 heures. Procéder à la déviation comme décrit dans la
déviation en trou ouvert en commençant à 2 mètres au-dessous
du top de la fenêtre. Utiliser, pour les mesures de déviation, un
single shot gyro pour éviter les perturbations magnétiques
causées par le tubage ; ces perturbations continueront jusqu’à
ce que l’outil soit éloigné de 12 à 15 mètres du tubage.
L’outil de coupe [section mill] comporte des couteaux qui
s’ouvrent hydrauliquement à 300 psi.
Commencer la coupe avec un poids de 2 tonnes, une rotation de
80 tr/min et un débit donnant une pression de 80 à 100 bars.
Une chute de la pression indique la fin de la coupe. A ce
moment, entamer le fraisage en augmentant le poids jusqu’à 4
tonnes maximum et la rotation jusqu’à 100 à 125 tr/min ; le
débit est de 1200 l/min pour les colonnes 7’’ et 9’’5/8, et de
2600 l/min pour la colonne 13’’3/8.
53
garniture 2 simples, prendre une mesure de déviation, puis forer 3 simples et
prendre une autre mesure de déviation. Continuer à forer jusqu’à obtenir un
déport par rapport au puits de 3 mètres minimum. Remonter alors cette
garniture et en descendre une autre classique pour continuer le forage.
54
Attention : durant l'ouverture de la fenêtre dans le tubage, utiliser une boue à
base d'eau ayant une viscosité élevée pour pouvoir remonter les copeaux d'acier.
La boue à base d’huile est fortement déconseillée. Mettre aussi des aimants dans
la goulotte.
55
PROBLEMES DE TROU
INTRODUCTION
a. Causes
Lorsqu'on constate des difficultés de manœuvre (traction, reforage, coup de
pression, anomalie du couple, etc...), il faut établir un diagnostic, dont la
résolution repose sur la précision et l'exactitude, et une interprétation erronée
des symptômes peut amener à une mauvaise réaction et à une aggravation de la
situation. Ces difficultés peuvent avoir quatre grandes causes principales :
- collage par pression différentielle,
- nettoyage insuffisant du puits,
- mauvaise géométrie des parois,
- présence de zones fluantes.
A chacune de ces causes correspondent :
- des conditions nécessaires ou favorables,
- des symptômes spécifiques,
- des essais à faire sur le puits pour confirmer l'hypothèse faite,
- des traitements préventifs et curatifs.
c. Instrumentation
Une fois la garniture coincée, la cause initiale perd de son importance car les
premiers efforts pour s'en sortir ont probablement compliqué et aggravé la
situation. Il ne s'agit plus de chercher le responsable, mais bien d'analyser
exactement la situation actuelle, et choisir la méthode la plus adaptée ou la
moins onéreuse.
56
centré, ni même stable dans le trou, en particulier pour les tiges. Sans être
forcément néfaste, cette rotation perturbe la remontée des déblais. De plus dès
que le puits est fortement incliné, il y a accumulation des déblais dans la partie
basse du trou et l'écoulement de la boue est modifié.
b. Vitesse de sédimentation
Cette vitesse dépend de la taille, de la densité et de leur forme des déblais, mais
aussi : un déblai presque sphérique ne remontera pas de la même façon qu'une
plaquette ou une esquille créées par un éboulement du puits.
Cette vitesse dépend aussi de la rhéologie, puisqu'un rhéogramme peut être
considéré comme la relation entre une taille de déblais et une vitesse de
sédimentation : ceci équivaut à dire que la viscosité apparente varie avec la taille
du déblai (cf. figure 2).
Beaucoup plus grave est le fait que, pour la plupart des boues, la rhéologie varie
beaucoup avec la température et aussi avec la pression surtout pour les boues à
l'huile. La rhéologie dans les conditions de fond de trou peut donc être très
différente de celle mesurée en surface.
Tout ce qui précède confirme que l'analyse théorique du nettoyage du trou est
trop complexe pour être parfaitement fiable et qu'il vaut mieux aussi se fier à
l'expérience et à ce que raconte le puits.
57
Fig 2 Rhéogramme
Vitesse de sédimentation
(ou gradient de vitesse de déformation)
(ou débit)
(ou vitesse de rotation Fann)
1.2 Conditions
Dans le problème de nettoyage de l'annulaire, il y a deux aspects bien différents,
les déblais d'une part, les retombées d'autre part.
a. Déblais
Dans la pratique, l'expérience permet d'affirmer que si la plupart des conditions
ci-dessous sont à peu près satisfaites, il ne peut pas y avoir de vrais problèmes
de mauvaise remontée des déblais, pour les débits usuels :
- trou de diamètre 12"1/4 ou inférieur,
- boue à rhéologie "normale" : viscosité plastique et yield value supérieures à 15,
- densité supérieure à 1.40,
- outil pour terrains moyens à durs.
Dans ces conditions, les déblais remontent toujours au moins au top des masse
tiges : là, ils sont peut être partiellement rebroyés jusqu'au moment où ils
atteignent une taille telle qu'ils commencent à remonter le long des tiges avec
une certaine vitesse relative par rapport à celle de la boue.
Si les conditions ci-dessus ne sont pas satisfaites, en particulier :
- si le trou est très cavé ou très incliné (30° ou plus),
- si la rhéologie est trop faible (dilutions trop rapides, température trop élevée,
etc...)
- si le débit est anormalement bas (ennui de pompe, pertes partielles, etc...) la
vitesse relative des déblais va diminuer, mais elle ne sera jamais nulle pour
toutes les tailles de déblais : à la limite, ceci va se traduire par une accumulation
de déblais de grande taille dans l'annulaire au dessus des masse-tiges.
58
Cette concentration anormale en déblais va entraîner une augmentation de la
densité apparente de la boue et risque de provoquer des pertes si le découvert
est déjà proche de la pression d'équilibre avec une boue propre : cette
surpression n'est sensible qu'en forage très rapide en gros diamètre, ou avec une
boue très fluide.
Une accumulation excessive de déblais dans la boue peut perturber l'écoulement
dans l'annulaire et son nettoyage; ceci se traduit par une règle empirique : "une
boue ne peut pas transporter plus de 4% de déblais" (ces 4% en volume sont
indépendants de la teneur propre en solides de la boue). Au delà de ce
pourcentage, il est constaté en pratique au moins une remontée irrégulière des
déblais sous forme de bouchon. Au pire, ces déblais vont s'agglutiner entre eux
s'il s'agit d'argile collante. Ces argiles peuvent se coller sur la garniture, sur la
paroi ou même entre eux en formant des bouchons qui obstruent l'annulaire : la
remontée brutale de tels bouchons entraîne des risques sérieux pour le puits, et
surtout pour le personnel et pour le matériel lorsqu'ils arrivent en surface (cf.
figure 3).
Bouchon annulaire
Tiges de forage
La "chemise" suit le
Collage sur la paroi Top des masse-tiges
avec l'avancement
Masse-tiges
Out
59
En effet, il y a des cas où ces bouchons finissent par boucher pratiquement tout
l'annulaire en formant un piston et se mettent subitement à remonter aussi vite
que la boue. A l'arrivée en surface, ce bouchon peut dégager les fourrures de la
table de rotation et soulever le carré d'entraînement bien au-dessus du plancher.
Au risque grave d'accident, s'ajoute une perte de temps considérable en
nettoyage du tube fontaine et de la goulotte complètement obstrués par des
paquets d'argile agglomérée.
b. Retombées
Alors que les déblais sont en général calibrés de façon homogène et ont une
taille limite de l'ordre du centimètre, les retombées par contre ont une taille et
une forme quelconque et peuvent être provoquées par des causes très diverses.
Certaines argiles ou marnes feuilletées peuvent se déliter de façon continue en
créant des esquilles de grande dimension (plusieurs centimètres); malgré cette
taille, ces retombées remontent bien avec la boue grâce à leur forme en
plaquettes ou en aiguilles. Ici, le problème n'est pas tellement le nettoyage du
puits, mais surtout la création d'une cave de diamètre croissant, et la circulation
de la boue va être de plus en plus perturbée, jusqu'au moment où le nettoyage
en souffrira. Pour prendre un exemple très différent, les retombées peuvent être
initiées par l'éboulement d'un morceau de banc compact et dur, déséquilibré par
le cavage des terrains tendres encaissants. Le pavé initial a pour taille limite la
taille de la cave. Quels que soient le débit et la rhéologie de la boue, il est
évident qu'un tel pavé ne peut être remonté et doit être préalablement rebroyé
par le battage de la garniture, par les stabilos ou même les épaules de l'outil.
1.3 Symptômes
a. Absence de déblais
Il faut considérer comme une alerte sérieuse le fait qu'il n'y ait pas de déblais
aux vibrateurs ou que leur quantité soit anormalement faible; en pratique, ceci
demande cependant à être vérifié de près :
- certaines argiles se dispersent très rapidement dans la boue pendant la
remontée et ne donnent pratiquement pas de déblais; la densité, la viscosité, la
teneur en solides vont augmenter, mais ceci va être masqué par les traitements
effectués sur la boue. Ceci est particulièrement vrai à faible profondeur en grand
diamètre où les volumes de circulation et de traitement sont souvent si
importants qu'il est très difficile de suivre exactement ce qui se passe,
- de même, des sables fins peu consolidés peuvent donner des déblais qui
traversent les vibrateurs standards (toiles de 20 à 40 mesh). Ce n'est que sur
des vibrateurs à toiles plus fines ou à l'effluent lourd des desableurs et des
désilteurs que ces sables pourront être mis en évidence, mais leur quantité,
anormale ou normale, sera bien délicate à évaluer. Il faut insister sur
l'importance, très souvent négligée, des déblais recueillis à l'effluent lourd
dessableur; ces déblais sont en général plus représentatifs que ceux des
vibrateurs.
Ceci est vrai si la sablière sous vibrateurs est petite (5 m3 maximum) et si le bac
d'aspiration des desableurs est immédiatement après (10 m3 maximum), c'est à
dire si le volume est faible entre la sortie du puits et l'entrée du dessableur,
- bien entendu, l'entrée intempestive dans du sel massif, avec une boue non
salée saturée, va se traduire par une absence, théoriquement totale, de
déblais. En pratique, il y aura tout de même toujours des retombées et
des déblais provenant d'intercalations non solubles. De plus, très
60
rapidement, la boue va réagir violemment (viscosité, filtrat, etc...).
61
le rebroyage. Ce critère à l'air assez subjectif : c'est pourtant souvent le
symptôme le plus évident et le plus formel si la surveillance des vibrateurs est
faite avec attention.
La circulation va durer au moins jusqu'à l'arrivée des plus gros déblais qui ont la
vitesse de sédimentation la plus forte, c'est à dire la vitesse relative la plus
faible.
La comparaison entre lag-time théorique et lag-time réel donne une bonne idée
du cavage du découvert dans la mesure bien entendu où le débit est connu avec
précision (totalisateur de coups de pompe, mesure du rendement volumétrique
réel des pompes, etc......)
La différence entre lag-time réel et lag-time pratique permet d'évaluer le
nettoyage de l'annulaire : plus cette différence est importante, plus le nettoyage
est théoriquement mauvais. Dans la grande majorité des cas usuels, cet écart
n'est pas appréciable facilement : il y a donc toujours au moins une remontée
partielle des déblais.
L'écart entre lag-time pratique et bottom-up peut mettre en évidence des
problèmes liés à la présence de déblais de grande taille à faible vitesse de
remontée. Mais il y a aussi le fait que la vitesse de la boue n'est pas uniforme
dans une section donnée de l'annulaire : les profils de vitesses sont tels que
plusieurs déblais identiques peuvent avoir des temps de remontée très différents.
Il est donc normal que, même avec un nettoyage parfait (vitesse de
sédimentation nulle), il y ait un étalement de la remontée dans le temps. Ceci
doit être confirmé dans le cas d'un drilling break (exemple : sable dans des
argiles) par l'étalement de l'indice gazeux. A noter également que la vitesse
maximale du profil des vitesses est plus rapide que la vitesse moyenne qui sert à
62
calculer le lag-time : en théorie, il n'est donc pas improbable qu'un déblai arrive
avant lag-time.
Dans la pratique, il est bien difficile de mettre en évidence toutes ces anomalies
quels que soient le soin et l'attention apportés : ceci prouve bien que le
nettoyage du puits est rarement aussi mauvais que le foreur le pense.
63
b. Vitesse d'avancement
Il a déjà été signalé la règle empirique "Une boue ne peut supporter plus de 4 %
de déblais". Exemple : pour un débit de 3 500 l/mn, 4 % équivaut à 140 l/mn de
déblais. En prenant l'hypothèse très pessimiste que la boue est tellement fluide
que les déblais remontent 2 fois moins vite que la boue (vitesse relative = 0.5),
la vitesse d'avancement doit donc être telle que l'apport de déblais doit rester
inférieur à 70 l/mn pour un forage en 17"1/2 (155 l/mn), ceci donne une vitesse
d'avancement maximal de 2 mn/m soit 30 m/h. Cette valeur est cohérente avec
certaines expériences de chantier.
Bien entendu, il ne s'agit pas de vitesse moyenne horaire, mais bien de vitesse
instantanée à ne pas dépasser. En particulier, sont exclus tous les temps d'ajout
de tige, et les temps de circulation / ramonage qui sont parfois nécessaire avant
l'ajout de tige.
Ce chiffre de 4 % doit être considéré comme un maximum si les argiles forées
sont très collantes : ceci est à évaluer avec l'expérience locale.
c. Caractéristiques boue
Il y a 2 cas fréquents où les caractéristiques boue peuvent se révéler inadaptées
à un bon nettoyage:
- le forage rapide en grand diamètre où le technicien boue n'arrive
pas à fabriquer assez vite la boue nécessaire aux caractéristiques
désirées. Il est évident qu'ici il vaut mieux réduire l'avancement et
même circuler pour conditionner la boue, plutôt que de perdre plus
tard beaucoup plus de temps en reforage ou, au pire, en
instrumentation. Sur les appareils offshore, ce problème se présente
rarement car ces appareils sont en général sur-équipés. Par contre,
sur les appareils à terre, ce type de difficultés est assez fréquent.
- en forage profond, les hautes températures peuvent entraîner une
dégradation des produits viscosifiants de la boue. Si cette
dégradation est irréversible, c'est-à-dire si les produits sont
définitivement détruits, la chute de la viscosité de la boue en
surface permettra un diagnostic facile. Si cette dégradation est
réversible, la boue, refroidie en arrivant en surface, aura retrouvé
des caractéristiques normales et le diagnostic sera beaucoup moins
aisé. De toutes les façons, le type d'additif viscosifiant devra être
changé d'urgence.
64
n'entraîne qu'une augmentation négligeable de vitesse
d'avancement.
d. Additifs "Anti-bourrage"
Dans le cas où les déblais ont tendance à s'agglomérer entre eux, ou à se coller
sur la garniture ou sur les parois, les fabricants de produits à boue proposent des
additifs ou des types particuliers de boue (exemple : tensio-actif type "drilling
détergent" ou boue "potassique").
Cc sont en général des produits coûteux dont l'efficacité est toujours difficile à
mettre en évidence. De plus ces techniques ont une validité strictement locale et
ne peuvent pas être généralisées hâtivement sans danger. Finalement il peut
65
apparaître des effets secondaires néfastes (exemple : dégradation du cake,
accélération du cavage, etc......) qui sont souvent liés au principe même d'action
de l'additif.
Malgré toutes ces réserves, il y a des cas d'utilisation où ces techniques ont
apporté une nette amélioration de l'équilibre global du découvert : une fois le
problème bien délimité, ces produits doivent donc être envisagés mais leur essai
sur puits doit être mené avec prudence et rigueur.
e. Connaissance du découvert
La meilleure prévention des problèmes de nettoyage est de suivre au fil des jours
la vie du découvert et d'analyser les problèmes au fur et à mesure que leurs
symptômes se manifestent. Cette recommandation peut paraître superflue et
évidente, mais bien souvent, les gens du chantier, pris par d'autres soucis, ne se
préoccupent du découvert que lorsque les difficultés se sont accumulées au point
de mettre en danger la vie du puits. Encore plus évident est le fait que la
dégradation des parois est un phénomène définitivement irréversible et qu'il vaut
mieux essayer de le contrôler avant que la situation devienne grave.
b. Augmentation du débit
Pour améliorer le nettoyage du puits, augmenter le débit est certainement la
solution la plus rapide, mais aussi la plus dangereuse à court terme. Même si les
premiers résultats paraissent satisfaisants (remontée importante de déblais,
nettoyage des caves), ce débit élevé, associé à une rhéologie faible, va accélérer
la formation ou l'agrandissement des caves. Très vite, le problème se reposera
dans les mêmes termes, et il faudra encore augmenter le débit.
d. Augmentation de la viscosité
La dernière méthode, la plus efficace et la plus coûteuse, impose d'augmenter la
viscosité de tout le circuit. Ceci doit être fait progressivement pour ne pas
accroître trop vite les pertes de charge annulaires et risquer ainsi de mettre le
puits en pertes de circulation.
66
Dans le cas où le mauvais nettoyage est dû à une chute de viscosité à haute
température au fond, le traitement de la viscosité peut amener à utiliser d'autres
additifs viscosifiants et même à la limite à changer de type de boue.
f. Wash - out
Finalement, il faut rappeler qu'une fuite dans la garniture peut entraîner un
problème de nettoyage. Si le dédit de la fuite est suffisant, il y aura diminution
du débit réel et donc de vitesse annulaire devant toute la partie de garniture
située en dessous de cette fuite. Dans le cas où cette sifflure ne s'aggrave que
très lentement, il n'est pas toujours possible de la déceler en surface par une
chute sensible de la pression de refoulement, s'il n'y a pas de système précis de
mesure. Le test de chantier le plus rapide pour détecter une garniture sifflée est
de mettre une poignée de carbure de calcium broyé en tête de la garniture. Si la
garniture est étanche, le dégazeur continu, placé sur la goulotte, doit donner un
pic d'hydrocarbures (acétylène) avec une zone de diffusion. Par contre, s'il y a
une fuite notable, un deuxième pic doit apparaître avant le temps théorique
d'arrivée (lag-time) du premier pic. (Cette procédure permet bien entendu un
contrôle précis et rapide du lag-time réel et donc du cavage).
2.1 Principe
67
2.2 Conditions
a. Cavage
Le cavage peut avoir des causes mécaniques, hydrauliques ou physico-
chimiques.
- La dégradation mécanique du trou est d'abord provoquée par les
vibrations longitudinales et surtout transversales de la garniture. La
présence de stabilisateurs dans la garniture (zéro en garniture
lisse, un en pendulaire, quatre à six en packed hole) entraîne
également une attaque du découvert. De plus, chaque manoeuvre,
surtout en packed hole, dégrade le trou, en particulier s'il y a des
tractions ou du reforage. Le battage à la coulisse peut permettre de
se dégager d'un coincement, mais ce sera au détriment de la tenue
du puits, qui devra ensuite être reconditionné prudemment.
- L'hydraulique est responsable de l'érosion de la paroi, d'autant plus
que la boue est fluide, que le débit est élevé et que le terrain foré
est fragile.
- Les causes physico-chimiques sont très variées. Par suite de
phénomènes tectoniques, le terrain peut être soumis à des
contraintes qui tendent à le faire imploser lorsqu'il est foré. Lorsque
ces contraintes ne sont pas isotropes, le cavage prend une forme
elliptique. Certaines argiles feuilletées perdent leur cohésion quand
elles entrent en contact avec le filtrat de la boue : l'explication en
général proposée est, soit l'osmose, soit la tension superficielle.
D'autres argiles sont presque complètement dispersées lors du
forage en boue à l'eau : les phénomènes mis en jeu sont ici
l'hydratation de l'argile et la nature ionique du filtrat de la boue. Il y
a finalement le cas limite où la boue dissout la formation par
exemple lorsque du sel (chlorure de sodium) est foré avec une boue
non saturée en sel.
68
Figure 5 Changement d'outil
Changement
d'outil
c. Trajectoire
Les écarts de trajectoire, en puits vertical, peuvent être provoqués
involontairement par une garniture mal choisie, avec des paramètres de forage
non adaptés à la garniture et par des anomalies du terrain foré, pendage par
exemple : ceci entraîne une variation d'inclinaison et/ou d'azimut. Si ce coude ou
"dog-leg" est assez important, il peut provoquer de très sérieuses difficultés au
passage de l'outil et des stabilisateurs (cf. figure 34), notamment si cela fait
suite à un changement de BHA (cf. figure 6).
Si la vie du découvert est longue et si le terrain est favorable, les tiges en
tension peuvent s'incruster dans le coude et y former une gorge. Le diamètre de
cette gorge est celui des tiges et ne laisse donc pas passer, ni les masse tiges,
ni, à fortiori, les stabilisateurs et l'outil. La section transversale du trou prend
l'allure d'un trou de serrure (key-seat) (cf. figure 7 ). Le coincement est
inéluctable à la remontée de la garniture. Dans les sections du trou, rectilignes
mais inclinées, la garniture repose sur la partie basse du trou et peut y créer
aussi un key-seat.
En forage directionnel, l'amplitude des dog-legs est soigneusement contrôlée,
mais il n'est pas toujours possible de faire exactement ce qui était prévu. Le
risque de difficultés en manoeuvre, et même de coincement, est donc
particulièrement élevé. En puits fortement incliné, le cavage est presque toujours
elliptique.
69
Figure 6 Changement de BHA
La garniture en tension
et en rotation crée une
gorge dans la formation
Lors de la remontée,
les stabilisateurs ou
les masse-tiges se
coincent dans la
gorge.
Les écarts de trajectoire peuvent aussi se produire à une échelle beaucoup plus
petite, à la limite, sur une hauteur correspondant à celle des épaules de l'outil.
Le cas le plus typique est le forage d'une "brèche" dans le cap-rock d'un dôme de
sel il s'agit d'une accumulation de blocs hétéroclites de forabilité très distincte :
sel, dolomie, argile, anhydrite, etc... : l'outil ripe vers la zone la plus tendre et
crée des micro dog-leg ( cf. figure 8) ou fait un trou en escalier ( cf. figure 9) . Il
en est de même lorsqu'un forage rencontre des "boulders" ou des galets
morainiques en zone de sédimentation glaciaire : ici il peut y avoir en plus un
effet de "loquet" lorsque ces blocs sont mobilisés par les affouillements (cf. figure
10). Ce type de trou "en escalier" se rencontre, à un degré moindre, en forage
70
avec une garniture lisse (sans stabilisateur), les difficultés se manifestent au
moment de l'alésage avant tubage.
Un autre type d'anomalie de trajectoire se rencontre en élargissage d'un trou
réduit lorsque le pilot-bit est mal adapté ou même supprimé. Le trou en plein
diamètre ne se centre pas sur le trou réduit et a plutôt tendance à lui rester
tangent : le résultat est un trou en hélice qui peut laisser passer la garniture de
forage, mais coincera très probablement le prochain tubage (Exemple tubage
13"3/8 dam un trou 12"1/4 élargi en 17"1/2) Un cas aussi critique est celui du
carottage en trou réduit (Exemple : 8"1/2 en 12"1/4), en particulier pour réaliser
un test en open hole : d'abord le carottier est mal centré et peut créer une
amorce de déviation. Ensuite, si la longueur carottée est faible, elle ne justifie
pas une passe d'élargissage avec pilot bit. Enfin, une garniture très stabilisée,
type packed hole, peut régler le problème de l'élargissage, mais n'est pas
forcément adaptée à la poursuite du forage.
Figure 8 Micro Dog-leg Figure 9 Formation d'escaliers
Formations dures
"in gage"
Lavage
Formations
tendres
Effet de
"loquet"
71
2.3 Symptômes
a. Cavage
c. Trajectoire
Les anomalies de trajectoire créent des problèmes de torque et de traction
reforage, surtout à l'outil et aux stabilisateurs. Ce n'est que dans le cas de key-
seat très prononcé qu'il peut y avoir des tractions correspondant au top des
masse-tiges (ou toute autre variation importante de section).
Les coups de couple et de traction sont très symptomatiques des anomalies de
trajectoire, surtout lorsqu'ils se produisent systématiquement à des cotes
privilégiées. Cette cote n'est pas forcément celle de l'outil, elle doit être corrigée
avec la composition de la garniture : la plupart du temps, ce sont plutôt les
stabilisateurs supérieurs qui entraînent des difficultés à la remontée.
Ce diagnostic sera confirmé dans le cas où la composition de la garniture est
modifiée : ajout, suppression, déplacement des stabilisateurs, changement de
masse-tiges, etc... Plus cette nouvelle garniture aura de la peine à passer, plus il
est possible d'affirmer que la trajectoire du trou est perturbée.
72
Dans le cas de trou "en hélice", il peut être constaté à la remontée que la
garniture a tendance à tourner, sans qu'il y ait de traction notable.
b. Cavage
- Le contrôle des vibrations transversales et longitudinales du train de
sonde est un problème complexe qui n'a pas trouvé de solution
pratique à appliquer sur chantier.
- Le choix des paramètres rhéologiques et hydrauliques est déterminé
par le "METZNER à la paroi" ou "MTZ". MTZ est un nombre de
Reynolds calculé pour le gradient de vitesse de déformation et la
viscosité apparente "à la paroi". Il ne caractérise pas une transition
laminaire/turbulent, mais uniquement un "état d'agitation à la
paroi". MTZ est calculé dans l'annulaire de la plus grossse masse-
tige puisque c'est là que la vitesse de la boue, et donc l'érosion, est
maximale. Dans un horizon donné, MTZ ne doit jamais dépasser une
valeur limite fixée par l'expérience, au moins pendant tout le temps
où les masse-tiges défilent devant cette formation. Une valeur
excessive de MTZ impose soit une augmentation des valeurs
rhéologiques soit une diminution du débit.
- Le forage "sous-balancé", c'est à dire avec une pression
hydrostatique de la colonne de boue inférieure à la pression des
fluides de formation, entraîne une amélioration spectaculaire de la
vitesse d'avancement mais aussi souvent une dégradation
immédiate des parois.
- Le choix d'un type de boue, adapté à la formation, est absolument
indispensable : rien d'efficace ne peut être fait sans cela. L'évolution
s'est faite vers des types de boue, de moins en moins agressifs vis-
à-vis de la formation. (Pour être plus exact, ce sont les boues
agressives qui ont totalement disparues. Exemple : boue à la chaux,
boue à haut pH). Depuis les boues aux lignosulfonates jusqu'aux
boues à l'huile, en passant par les boues potassiques ou similaires,
le technicien "Fluides" dispose d'une panoplie de type de boue qui
doit lui permettre au moins de minimiser les principaux problèmes
du découvert.
73
d. Trajectoire
L'expérience et les programmes informatiques d'optimisation des garnitures
devraient éviter la descente de B.H.A (Bottom Hole Assembly) non adaptées et
risquant de créer des dog-legs importants en déviation ou en azimut. De là vient
la vogue des garnitures "packed-hole" (4 à 6 stabilos) qui, si elles effectuent
assez rarement la correction d'angle désirée, assurent en général une certaine
continuité dans la courbure du trou. Néanmoins, toutes les garnitures, quel que
soit le soin apporté, restent sensibles à un certain nombre d'aléas : usure
anormale des stabilisateurs ou de l'outil, cavage du puits ou plasticité du terrain
rendant inefficaces les stabilisateurs, pendage important, soit après une
discordance, soit sur un accident volcanique local, etc...
Dans ce domaine, il est donc difficile de faire de la prévention, surtout en puits
d'exploration. Sauf rares exceptions, ces puits sont en général verticaux et
l'utilisation des garnitures pendulaires en similitude doivent minimiser les risques
de déviation sans perturber les performances d'avancement. Cette similitude
recommande un seul stabilisateur :
- à 27 m avec masse-tiges 9"1/2 en trou 17"1/2
- à 18 m avec masse-tiges 8" en trou 12"1/4
- à 14 m avec masse-tiges 6"3/4 en trou 8"1/2
D'une façon plus générale, surtout dans les cas difficiles (puits à pendage
important, puits fortement incliné, etc ... ), il faut éviter de modifier brutalement
la composition de la garniture, même si l'erreur est flagrante et la solution
évidente. En effet ceci risque de se traduire soit par un dog-leg important
(Exemple : packed-hole remplacée par une pendulaire) soit par de sérieuses
difficultés pour reprendre le fond (Exemple : remplacement inverse du
précédent). Dans tous les cas, la prudence recommande de faire des mesures de
déviation avec une fréquence cohérente avec les difficultés attendues. En
particulier lors d'un changement important de BHA, le comportement de cette
dernière doit être vérifié rapidement. Dans les situations les plus instables, il
suffit souvent de peu de choses pour perturber l'équilibre : ajout d'une coulisse
de forage avec un flexjoint, changement de type ou de diamètre de stabilisateur
etc...
74
par une boue à l'huile) intervient trop tard. En effet l'entrée dans le sel est en
général associée à des intercalations d'argile qui vont s'ébouler, une fois le sel
cavé ; l'expérience prouve que les ennuis provoqués par ces caves et ces
éboulements sont tels qu'il vaut mieux saturer parfaitement la boue au moins
100 ou 200 mètres avant la cote probable nécessaire.
Dans tous les cas, le paramètre le plus important est la durée de vie du
découvert : la dégradation du trou s'aggrave toujours avec le temps, même s'il y
a des périodes d'accalmie apparente. La meilleure preuve en est la forme en
"entonnoir" de tous les diamètreurs. Dès qu'il est manifeste que le trou se
détériore, il faut accélérer les procédures jusqu'à pose du tubage. Ceci risque de
poser des dilemmes délicats : par exemple, un logging intermédiaire permet de
"sauver" ce qui a été foré et d'avoir des enregistrements corrects dans un trou
pas trop cavé. Par contre, les 2 ou 3 jours d'opérations, avec les contrôles de
trou, vont aggraver l'état du trou. Si la situation est grave, il faut réétudier tous
les programmes de carottage, de logging et surtout de test open-hole, dont
l'influence sur les parois peut être catastrophique.
Bien qu'il s'agisse d'un problème tout à fait différent, la présence accidentelle
d'objets étrangers dans le puits peut créer des difficultés dont les symptômes
ressemblent à ceux d'une anomalie de trajectoire (cf. figure 11) . Il peut s'agir ici
d'outils tombés dans le trou (marteau, outils, peignes de clé, boulons, etc … ) ou
de matériels détruits en cours de forage (molette d'outil, picots, pièces de
roulement, morceau d'outil diamant, capsule de carottage latéral au câble, bras
d'élargisseur, protecteur de tiges, etc … ). Dans le cas de chute accidentelle, la
présence de ces objets n'est pas forcément identifiée immédiatement. Dans
d'autres cas, cette présence peut avoir été "oubliée", par exemple lorsque des
molettes ont été rebroyées et partiellement repêchées : il peut rester piégé dans
la paroi ou dans une cave, un morceau important de ferraille qui retombera de
façon aléatoire plusieurs jours après.
Les picots de carbure de Tungstène constituent un cm particulièrement difficile :
ils sont trop durs pour être broyés, trop denses pour être récupérés facilement
au panier à sédiment. Ils ne sont pas magnétiques et ne se repêchent pas à
l'aimant. Comme pour un problème de trajectoire, il y aura des coups de torque
et de traction, au fond ou dans les rétreints : en principe les difficultés se
manifesteront surtout à la remontée, la descente étant souvent libre.
Le reforage de ferraille peut être confirmé en récupérant la limaille avec un
aimant (aimant de repêchage) dans la goulotte. Il est quelquefois possible de
détecter des marques significatives sur les tool- joints, les épaules et les dents
de l'outil. (A signaler aussi parfois la présence d'hydrogène au dégazeur).
Dans le cas de protecteurs de tiges, des morceaux de caoutchouc peuvent
remonter aux vibrateurs. Si plusieurs protecteurs ont été détruits (c'est souvent
le cas car un morceau de protecteur casse les suivants), il peut y avoir une
obstruction partielle de l'annulaire qui entraîne des coups de pression. Ceci sera
encore plus net s'il s'agit de protecteurs "gonflés" au contact d'une boue à l'huile.
Ici, les tractions à la remontée peuvent aller jusqu'au coincement.
75
Figure 11 – Ferrailles dans le trou
3.1 Conditions
Ici, les difficultés en manœuvres sont provoquées par un resserrement des
parois du puits, ou, d'une façon plus générale, par une diminution de diamètre
en dessous du diamètre nominal de l'outil. Ce phénomène se rencontre dans des
conditions très diverses avec des causes d'origine disparate, et la seule façon de
le décrire est de citer quelques exemples-types.
Le fluage des argiles est en principe associé aux pressions anormales: pour sa
profondeur d'enfouissement, l'argile a une teneur en eau excessive, et la
pression de cette eau est anormale, c'est à dire que le gradient de pression des
fluides de formation est supérieur au gradient de pression hydrostatique exercée
par une colonne d'eau douce (ou d'eau de mer). La teneur en eau excessive
diminue la cohésion de l'argile, la pression anormale tend à la faire fluer dans le
trou, si la contre-pression exercée par la colonne de boue est insuffisante
Le fluage du sel massif est dû au fait que le sel devient plastique à haute
pression et haute température. Ce phénomène et la faible densité du sel (d =
2,2) expliquent la formation de dôme de sel.
L'importance du fluage du sel est fonction de sa composition, de la température,
de la profondeur ou de la pression géostatique et aussi probablement de la
manière comment la couche de sel s'est formée et de son imbrication avec les
autres formations.
Les objectifs pour forer à travers les zones de sel doivent être:
- de conduire le forage sans problèmes.
- de prévenir l'écrasement du tubage pendant le forage et la
production du puits.
76
Concernant le forage, le coincement par fluage, les problèmes de contamination
de la boue par le sel, le cavage du trou par dilution et/ou éboulement du sel et
l'ensemble du programme du tubage, sont les facteurs principaux qui doivent
être considérés.
D'autres facteurs sont également à considérer tels que :
- Contrôler les venues de gaz des zones poreuses pouvant être
intercalées dans le sel,
- Prévenir le collage par pression différentielle dans les zones
poreuses.
- Présence de pression anormale piégée par le sel.
- Délitage des argiles intercalées ou limitrophes.
77
3.2 Symptômes
Hormis en exploration sauvage, les prévisions géologiques doivent signaler la
présence probable de zones fluantes, plastiques, gonflantes, etc. Il faut souligner
que l'aspect des déblais aux vibrateurs souvent rend très mal compte du
comportement mécanique de la roche au fond. Un déblai de sel ou d'argile peut
être en surface parfaitement compact et résistant, alors qu'il est fluant ou
plastique au fond.
Les accrochages en manœuvres de remontée et les reforages en descente vont
se produire toujours aux mêmes côtes, en tenant compte bien entendu de la
position exacte des stabilisateurs. Dans le cas de fluage de sel, les cotes
d'accrochage paraîtront aléatoires et aberrantes, si la boue n'est pas strictement
saturée en sel dans les conditions de fond c'est à dire largement sursaturée en
surface. De plus le forage de sel plastique entraîne en général de sérieux
problèmes de torque. En présence d'argiles, l'analyse des cotes d'accrochage
sera compliquée par le fait que chaque traction peut accumuler des paquets
d'argiles sur la garniture, en général surtout au-dessus du stabilisateur le plus
haut. Ces argiles peuvent "chemiser plein trou" la garniture sur une dizaine de
mètres: un tel piston va accrocher dans tous les passages bien calibrés du trou,
et a fortiori dans toutes les zones restreintes.
Lorsqu'un nettoyage insuffisant entraîne le collage des déblais d'argiles sur la
paroi et leur compaction par le battage des tiges, le diagnostic est relativement
aisé : en effet cette chemise annulaire se forme au-dessus du top des masse-
tiges et se développe vers le bas en suivant l'avancement (cf figure 3). A la
remontée, les masse-tiges passent sans difficulté et les tractions commencent à
l'arrivée des stabilisateurs et surtout de l'outil : la côte d'accrochage est donc à
une distance du fond correspondant à la longueur des masse-tiges (ou du
stabilisateur le plus haut).
Ce type d'accrochage est particulièrement dangereux car c'est le moment (5ème
ou 6ème longueur) où le chef de poste commence à remonter plus vite et à
relâcher son attention.
Le point commun à tous ces différents problèmes est que, si la circulation est
rétablie, des coups de pression doivent être décelés, surtout au moment des
tractions. En particulier, pour les argiles fluantes typiques, il y a une relation
évidente sur les enregistrements entre traction et pression de refoulement. A la
limite, si l'annulaire est sérieusement obstrué, des pertes partielles à totales
peuvent être constatées. En principe, il s'agit de pertes par squeeze qui doivent
donner un retour, au moins partiel, lorsque la pression est relâchée.
Ces variations de pression et de volume de boue doivent être testées et
analysées avec soin car ce sont elles qui permettront de conforter le diagnostic
et d'éliminer les autres hypothèses (coincement par pression différentielle,
anomalies de géométrie, etc...)
S'il n'y a pas de problème parasite, l'examen de la quantité ou de la nature des
déblais a peu de chance d'apporter une information utile. A noter, en particulier,
que le reforage du cake, même long et difficile, peut très bien ne donner aucun
déblai significatif. Il faut cependant rappeler que, dans certains cas, la mesure de
la C. E. C (capacité d'échange de cations) sur les déblais par le test au bleu de
Méthylène donne une bonne idée de la réactivité de l'argile force.
78
3.3 Méthodes Préventives
a. Densité
Les problèmes de fluage d'argile ou de sel ne peuvent être minimisés que par
une augmentation de la densité de la boue. Dans les cas extrêmes, pour être
parfaitement efficace, cette densité devrait atteindre le gradient géostatique
(poids des terrains voisin de 2,3). Ceci entraîne l'ouverture de pertes à la
moindre surpression (pistonnage en manœuvres, pertes de charge dans
l'annulaire, etc......). Il faut donc accepter de travailler avec une densité
insuffisante (pour ce problème d'argile uniquement) et chercher simplement à
ralentir le fluage. Pour les argiles fluantes, il a souvent été constaté une nette
inertie pour le système, c'est à dire que le fluage démarre avec un certain retard
et, par contre, est difficile à arrêter une fois lancé. L'expérience montre parfois
qu'une bonne procédure est d'augmenter progressivement et préventivement la
densité de la boue sans atteindre trop vite les densités limites (d = 2,3)
b. Activité balancée
Pour les argiles gonflantes, la densité en théorie perd de son importance, par
contre, le choix d'un type de boue bien adapté devient primordial. Sauf cas
particuliers, il est difficile de résoudre totalement ce problème avec une boue à
l'eau, alors qu'une boue à phase continue huile est presque une garantie de
réussite. Dans ces boues à l'huile, le maintien d'une "activité balancée" apportera
une assurance supplémentaire (cf. figure 13).
Le principe des boues à émulsion inverse à "activité balancée" est de régler les
pressions osmotiques de telle sorte qu'il n'y ait pas d'échange entre l'eau ou la
saumure (en phase dispersée dans la boue à l'huile) et l'eau d'hydratation des
argiles de formation. Il faut en effet éviter l'échange de l'eau et de la boue vers
la formation, qui entraîne le gonflement de l'argile, ainsi que l'échange inverse,
qui provoque la déshydratation et la fragilisation de l'argile.
L'hypothèse sur laquelle repose le mécanisme des échanges osmotiques est la
suivante:
- à tout interface eau-huile se forme un film d'émulsifiants. Ce film se
forme donc autour des gouttelettes d'eau dispersée dans la phase
continue huile de la boue; c'est le principe de base de l'émulsion
avec des agents tensio-actifs. Ce film existe égaiement le long de la
paroi avec l'eau d'hydratation de l'argile. Au point de contact d'une
gouttelette d'eau dispersée avec la paroi, il y a donc un double film
d'émulsifiants. Le point discutable de la théorie est d'admettre que
ce double film joue le rôle d'une membrane semi-perméable,
permettant l'existence d'une pression osmotique et donc un
échange d'eau. La salinité de l'eau d'hydratation des argiles est une
donnée fixe, il faut donc jouer sur la salinité de la saumure
dispersée dans la boue à émulsion inverse. Ceci se fait à la
fabrication de la boue par ajout de NaCl ou CaCl2 dans l'eau avant
création de l'émulsion. Les tensions de vapeurs étant équivalentes
aux pressions osmotiques, la mesure est faite à l'hygromètre d'une
part au dessus des déblais argileux recueillis aux vibrateurs, d'autre
part au dessus d'un échantillon de boue inverse. Des traitements
correctifs peuvent être faits sur la boue en circulation mais il est
plus efficace de prendre, à la fabrication de la boue, une sécurité du
bon coté, c'est à dire, sur traiter la saumure afin d'avoir un échange
79
de la formation vers la boue, plutôt que l'inverse. De plus
l'utilisation d'une saumure est favorable à la stabilité de l'émulsion
en présence d'une charge argileuse.
c. Boue à l'huile
Qu'il s'agisse de fluage ou de gonflement, ou, d'une façon très générale, de
tenue du puits, les boues à l'huile garantissent une meilleure stabilité de
l'ensemble du découvert. Le risque est ainsi réduit de voir de petites difficultés
d'origines distinctes s'accumuler et se conjuguer en créant des problèmes
sérieux; ce serait trop facile s'il n'y avait qu'une seule et unique difficulté par
découvert: ce n'est presque jamais le cas en boue à l'eau où le premier incident
déclenche parfois une réaction en chaîne (accrochage en manœuvres - battage à
la coulisse - éboulement - traction - coincement par pression différentielle). Un
exemple typique de gonflement est rencontré dans le forage de certains bancs de
craie: au contact du filtrat "eau" de la boue, la craie peut s'hydrater et se mettre
à foisonner. L'explication théorique du phénomène est très discutable; par
contre, les résultats de l'expérience sont concluants: ou bien il faut forer avec
une boue très élaborée, à la limite, boue à l'huile, ou bien il faut utiliser de l'eau
claire qui disperse la craie aussi vite qu'elle gonfle. Ceci ne marche que si l'eau
est "vraiment claire" afin d'éviter absolument le dépôt de cake. Une eau
"vraiment claire" ne peut être obtenue dans ce cas qu'en éjectant au bourbier
l'eau chargée sortant du puits et en ne la récupérant qu'après décantations
successives et traitement.
80
d. Le cake
Les problèmes liés à un dépôt excessif de cake ne se rencontrent en principe
qu'à faible profondeur: réservoir à forte perméabilité et boue simple à filtrat et
cake non contrôlés. Ce problème est en général sous-estimé et assez difficile à
mettre en évidence. En particulier, lors du logging de fin de découvert, la boue
aura été certainement améliorée et le phénomène sera estompé. Ce n'est qu'un
diamètreur intermédiaire qui peut mettre en évidence des rétreints
systématiques devant tous les horizons perméables.
Il faut souligner qu'il est possible de poser à 10 tonnes en 12"1/4 sur un rétreint
de 2 pouces de cake et que le reforage peut nécessiter 5 tonnes sur l'outil. Ici, la
prévention est bien entendu de maintenir un filtrat correct (ordre de grandeur:
apparition du phénomène si le filtrat est supérieur à 15 API, disparition si
inférieur à 8 API) et d'améliorer la compressibilité du cake par ajout de
bentonite. Cette compressibilité du cake peut être mise en évidence par une
mesure simple, tellement simple qu'elle est pratiquement oubliée aujourd'hui. La
loi de DARCY affirme que la quantité de filtrat est proportionnelle à la racine
carrée de la pression différentielle appliquée sur le filtre presse API. Les normes
API fixent cette pression à 100 psi. Si le filtrat est réalisé sous 50 psi (2 fois
moins) la quantité recueillie devrait être divisée en théorie par "racine de 2" soit
environ 1,4. En pratique, le rapport est plus faible car une augmentation de
pression comprime le cake et diminue sa perméabilité. Une bonne règle est
d'avoir un rapport de 1,1 à 1,2 entre le filtrat API (à 100 psi) et le filtrat à 50 psi.
Une valeur excessive peut être diminuée par un dessablage - désiltage qui
élimine les solides inertes et incompressibles et par un ajout de 5 à 10 kg/m3 de
bentonite. Il faut rappeler aussi que les réducteurs classiques de filtrat, tels que
la CMC, sont sans effet notable sur cette compressibilité.
81
éliminent le sel de recristallisation formé lors du refroidissement de la boue en
cours de remontée.
En ce qui concerne le gonflement des argiles, l'ajout de lignosulfonates, ou le
passage en boue à l'huile, aura un effet curatif très minime. Ici aussi, il faudra
longuement et prudemment reforer et ramoner pour conditionner les parois.
Dans toute la mesure du possible, il vaut mieux ne pas se laisser surprendre, ou,
au moins, réagir vite dès que le diagnostic est posé.
4.1 PRINCIPE
Du gazole ou de l'eau est injecté dans les tiges, puis la pression en tète est
purgée pour laisser le puits s'équilibrer : le niveau dans l'annulaire baisse,
ainsi que la pression hydrostatique au fond du puits. Le train de sonde ne
doit pas avoir de clapet anti-retour.
Il faut se rappeler que ceci est souvent une opération dangereuse puisque
la diminution de pression hydrostatique peut entraîner le débit de certains
réservoirs dans le puits.
82
Vr : volume du bouchon léger qui revient après purge des tiges
(litres)
X : niveau de la boue dans l'annulaire après égalisation des pressions
(mètres)
V1 : volume linéaire intérieur des tiges (l/m)
V2 : volume linéaire espace annulaire (l/m)
d1 : densité de la boue
d2 : densité du bouchon léger (eau, gaz oil)
⎛ V1 V ⎞
V = 10∆PH ⎜⎜ + 2 ⎟⎟
⎝ d1 − d 2 d1 ⎠
V2
Vr = 10∆PH
d1
d1 − d 2 V
Pmax = x
10 V1
Vr
X =
V2
Figure 1 Méthode du tube en U
83
4.3.1 Les calculs de la méthode du tube en U
( )
∆PH kgf / cm 2 = X .
d1
10
En position d'équilibre après pompage du bouchon :
La pression hydrostatique dans l'espace annulaire est égale à la pression
hydrostatique dans les tiges ---Æ PHa = PHt
(H − X )d1 Y .d 2 (H − Y ).d1
= +
10 10 10
H .d 1 X .d1 Y .d 2 Y .d1 H .d1
− = − +
10 10 10 10 10
Y .d1 − Y .d 2 = X .d 1
84
( X .d1 )
Y= = Hauteur du bouchon restant dans les tiges après purge
(d1 − d 2 )
∆PH .10
X =
d1
∆PH .10
Y=
(d 2 − d1 )
Volume de bouchon léger à pomper dans les tiges :
V = Z .V1
V = Y .V1 + X .V2
5.1 OBJECTIFS
Ils sont utilisés en cas de coincement :
- Par pression différentielle,
- Dans les argiles.
Ce sont des tensioactifs mélangés à un fluide à base d'huile (gaz oil ou boue
à l'huile).
Ils ont une "mouillabilité" préférentielle pour le métal.
Ils ont tendance à s'insinuer entre le métal et le cake et réduisent donc la
surface d'adhérence.
85
Ils agissent également sur la perméabilité et le coefficient de frottement du
cake en place.
Ils sont utilisés dans du gaz oil si c'est compatible avec le régime de
pression du puits, ou dans la "boue" au gaz oil s'ils doivent être alourdis.
Leur action est très lente et il faut les laisser agir de 12 à 15 heures en
appliquant sur le point de coincement :
- Traction / compression / torsion
- Alternativement en respectant les contraintes des tiges
Règle du pouce : pour un bouchon non alourdi, on utilise 1 gallon de
décoinçant par barrel de gaz oil.
% de chance de décoincement
Temps de mise en place % de réussite
Puits verticaux
< 48 heures 60 %
Puits déviés
< 6 heures 57 %
6 < T < 18 heures 39 %
> 18 heures 25 %
86
6 EXERCICE - METHODE DU TUBE EN U
Calculer :
- Le volume de gaz oil à pomper
- La pression en tête des tiges en fin de pompage
- Le volume retour de gaz oil
- Le niveau de boue dans l'annulaire après purge
- La nouvelle pression de fond
Le ∆P à appliquer sur la
Le volume d'allégeant à pomper
formation
dans les tiges (V)
(∆PH)
JE VERIFIE
⎛ V1 V ⎞
V = 10.∆PH .⎜⎜ + 2 ⎟⎟
⎝ d1 − d 2 d1 ⎠
⎛ 9,15 24,9 ⎞
V = 10 x15.⎜ + ⎟ V = 4450 litres
⎝ 1,50 − 0,80 1,50 ⎠
87
Pression en tête des tiges en fin de pompage :
V 4450
P= .(d1 − d 2 ) P = .(1,50 − 0,80) P = 34 kgf/cm2
10.V1 10 x9,15
Volume retour :
10.∆PH 10 x15
Vr = .V2 Vr = x 24,90 Vr = 2490 litres
d1 1,50
Niveau boue dans l'annulaire après purge (X) :
X = volume retour / volume espace annulaire
2490
X = X = 100 m
24,90
Nouvelle pression de fond
d1 1,50
nouvelle pression de fond = (H - X) . = (3000 - 100) . = 435 kgf/cm 2
10 10
88
PERTES EN COURS DE FORAGE
INTRODUCTION
Les pertes de circulation constituent encore actuellement l'un des problèmes les
plus délicats à résoudre et entraînent des surcoûts non négligeables tant par
l'immobilisation des matériels que par les procédures qu'elles entraînent
fatalement.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années dans la mise au point des
colmatants à prise, aucun n'apparaît comme le produit miracle, la panacée
susceptible de résoudre tous les problèmes de pertes. Chacun en fait se révèle
efficace dans un domaine précis qui dépend des conditions d'utilisation
température du fond, temps de pompabilité désiré, eau de fabrication utilisée, et
surtout du type de perte à traiter.
Cependant, il n'est pas vain de rappeler que nombre de pertes seraient évitées si
certaines précautions étaient systématiquement prises :
- Adaptation des fluides aux conditions de forage (par exemple traitement
des solides corrects liés à la densité) ;
- éviter les reprises brutales de pompage ;
- éviter les changements brusques de type d'écoulement ;
- éviter les surpressions et dépressions dues aux manoeuvres trop rapides.
89
- les graviers ; ils contiennent un nombre insuffisant de petites particules
(petits graviers ou sables) permettant d'empêcher les pertes,
- Les réservoirs gréseux ; les pertes dans ces zones sont des pertes par
filtration. Elles seront contrôlées de très près de façon à minimiser le
rayon d'invasion de la formation par le fluide de forage. On réduira le plus
possible le filtrat de la boue par un choix très strict des produits à utiliser
dans la boue,
- les dolomies ; ce sont très souvent des couches très peu consolidées
s'effritant très facilement sous l'action de l'outil et sujettes à des pertes de
boue.
90
Pertes dans les fractures naturelles
Une fracture naturelle peut être représentée par l'interface entre deux couches
appartenant à des formations différentes n'ayant aucune force de liaison entre
elles.
Si les deux couches sont horizontales, elles sont tenues par la pression de
couverture. Par contre, si l'interface entre les deux couches est proche d'un plan
vertical la force qui tient les deux formations entre elles peut être
considérablement supérieure ou inférieure à la pression de couverture, ceci
dépendant des forces tectoniques à cet endroit pouvant résulter de dislocations
ou de plissements.
G= PH+PS-(Pf+ Pfp)
H
Gr =Gradient de fracturation (psi/ft ou bar/m),
PH =Pression hydrostatique (psi ou bar),
PS =Pression hydrostatique (psi ou bar),
Pf =Pression dans le matériel tubulaire (psi ou bar),
Pfp =Pression à travers les perforations (psi ou bar),
H =Profondeur (ft ou m).
91
Il faut noter que la différence essentielle entre les fractures provoquées et les
fractures naturelles tient en ce que la perte de boue dans les fractures naturelles
demande une pression suffisante pour excéder celle du fluide contenu dans la
formation, alors que dans les fractures provoquées elle demande une pression
pour casser ou fissurer la formation.
Cote: m
2 à 5 m3/h
5 à 10 m3/h
> 10 m3/h.
92
- hauteur du dénivelé sous dernier sabot,
- risques d'éboulement dans le dénivelé sous sabot (présence ou absence de
sables secs ou aquifères, situation du plan d'eau par rapport au dénivelé...),
- comportement possible du découvert en cas de poursuite du forage en
circulation perdue à l'eau,
- comportement possible du découvert en cas de poursuite du forage à l'air,
en fluide aéré ou à la mousse.
Caractéristiques de la formation
- nature de la formation à pertes,
- perméabilité au niveau des parois de la zone à perte,
- nature et pression présumée des fluides présents dans la zone à perte,
- hauteur présumée de la formation à perte,
- probabilité d'autres niveaux à pertes dans la formation,
- dimensions probables de la ou des fissures en fonction de l'importance de
la perte,
- probabilité de mouvements de fluide au niveau de la perte (nappes
phréatiques en mouvement, rivière souterraine).
Il faudra donc :
a) Réduire les pressions :
- en se limitant à un temps raisonnable pour descendre ou monter une
longueur,
- forer en évitant les battements du train de sonde,
- briser d'abord le gel de la boue en mettant les tiges en rotation avant le
rétablissement de la circulation,
- démarrer les pompes au ralenti,
- veiller à avoir une bonne remontée des déblais afin de ne pas avoir
d'agglomérats dans les zones cavées (risques de bouchages des annulaires).
93
REMARQUE :
Le traitement de la boue à l'avance, au moyen de colmatants lorsque la
traversée d'une zone à pertes est prévue n'est pas à conseiller (sauf en cas de
forage en circulation perdue).
En effet, outre les inconvénients de l'alourdissement de la boue de circulation
(by-pass obligatoire des tamis vibrants) cette sorte de colmatage en continu peut
être très gênant dans le cas où une venue survient, la localisation de celle- ci
étant rendue difficile.
Traceur radioactif
La méthode consiste à faire un gamma- ray avant de squeezer un bouchon
renfermant une petite quantité d'éléments radioactifs dans la formation. La cote
de la perte est déterminée en faisant un seconde gamma- ray. Elle correspondra
à une diminution soudaine de la radio- activité.
94
Elle est basée sur la quantité d'hydrogène présente dans la formation. Des
neutrons sont émis en continu par une source radio- active contenue dans la
sonde. A chaque collision avec un noyau d'hydrogène, il y a perte d'énergie de la
part du neutron. Dans le cas où le puits est vide il n'y a pas de perte d'énergie,
alors que s'il est plein de fluide, il y aura perte d'énergie. Une fois encore
l'enregistrement de la courbe montrera une discontinuité.
Utilisation
En général un mélange efficace doit contenir au moins des éléments granuleux et
des éléments fibreux. Les produits trouvés le plus souvent chez les fournisseurs
comprennent :
Î 3 à 6 parties granuleuses,
Î 2 parties fibreuses,
Î 1 partie de cellophane.
95
Les doses à introduire dans un système de boue sont de 20 à 50 kg/,33 mais il
est possible d'aller jusqu'à 150 kg/m3 dans un bouchon en cas de pertes par
fracturation du terrain.
Un exemple de formulation est indiqué dans le Tableau 1.
Dans le cas d'une perte par perméabilité la solution recherchée est la création
d'un cake, différente du cas précédent où on recherchait à remplir une fissure.
Il faut alors faire appel à des bouchons à hauts filtrats donnant des cakes épais
dont une composition est donnée à titre d'exemple ci-dessous par m3 d'eau
douée (douée, saline, salée saturée) :
1. ciment ou chaux 4 kg
2. argile pour boue salée 125 kg
3. colmatants fins 40 kg
4. coquilles 100 kg
5. baryte (selon la charge et la différence de densité désirée).
Il est également possible de remplacer l'attapulgite par des produits tels que le
Diacel D terre à diatomée pure ou le Diaseal M (mélange de terre à diatomée et
amiante).
96
Pour ces trois types de composition, le principe repose sur l'oléo phobie soit de la
bentonite, soit de l'ensemble plâtre ciment ou ciment seul.
PDOC
Mettre en place dans la formation du plâtre et du ciment en suspension dans de
l'huile et pouvant faire prise rapidement au contact de l'eau de la formation ou
de l'eau injectée.
780 kg de plâtre, 780 kg de ciment par 3 d'huile soit 500 kg de plâtre, 500 kg de
ciment et 680 l d'huile pour 1m³ fini.
Remarques :
1) L'huile est une huile raffinée (rarement du brut à cause des problèmes de
sécurité). Le ciment est généralement du PORTLAND, classe G. Parfois en
l'absence de plâtre on utilise du ciment fondu et du ciment PORTLAND associés.
Dans le cas des pertes avec retour, si les conditions de trou le permettent
(pratique de squeeze, injection d'eau par l'espace annulaire), on peut opérer à
puits fermé en injectant l'eau pour assurer l'hydratation du B.D.0. ou du P.D.O.C.
Dans le cas des pertes totales, on place le bas des tiges au-dessus du point
supérieur de la perte. Après injection, on remonte d'une hauteur supérieure à la
hauteur théorique qu'occuperait le bouchon s'il restait entièrement dans le puits.
On met en place dans la perte par remplissage du puits s'il s'avère que la
pénétration est insuffisante.
La préparation et la mise en place des D.O.C. se font de la même façon.
Toutefois, il est recommandé de faire au préalable un essai de temps de
pompabilité au consistomètre (voir avec les sociétés de service cimentation). Le
97
laitier se fera de préférence avec des ciments API de surface. Les compositions
recommandées en fonction de la classe de ciment utilisé sont indiquées dans le
tableau 2.
Classe
A B C
Volume de Gas oil(L)
350 440 525
Volume additif
mouillant (L) 5,5 6,6 7,9
98
importante, les pertes de charges ainsi créées freinant le laitier dans les fissures.
Il existe deux modes de préparation :
- les mélanges à sec,
- les mélanges préhydratés.
Les gels ciments seront mis en place dans des zones de profondes fractures
provoquées ayant eu pour conséquence des pertes partielles ou provoquées. Ils
99
seront inefficaces dans des zones où les pertes sont des pertes par porosité (grès
très perméables) car ils ne sont pas assez fluides.
La technique de mise en place consiste après vérification du niveau statique de la
perte et du libre passage de la circulation à descendre les tiges nues :
- au niveau inférieur de la perte pour des pertes de 3 à 10 m3/h,
- à 10 m au-dessus de la perte pour des pertes de 5 à 10 m3/h,
- à 20m au-dessus de la perte pour une perte totale.
Il faudra maintenir une rotation lente pendant la mise en place et pomper à une
vitesse dépendant de l'importance de la perte :
- 500 l/mn pour une perte totale,
- 600 à 800 l/mn pour une perte de 30 à 10 m3/h,
- 800 à l 000 l/mn pour une perte de 12 à 3 m3/h.
100
- Le Borax est dissout dans 2 à 3 fois son volume d'eau avec la soude
(solution catalytique).
- Une dizaine de minutes avant l'utilisation présumée du bouchon, on
mélange énergiquement la solution de gomme et la solution catalytique.
Le bouchon est alors prêt à être pompé dans la perte ; malgré la rigidité
du gel obtenu, il ne doit pas y avoir de difficultés d'aspiration et de
refoulement.
101
Î Coquillages 50 à 100 kg.
Mise en place
- L'outil au droit de la perte, mettre le bouchon en place,
- Remonter ensuite au-dessus du bouchon,
- Remplir le puits. Si le niveau reste stable, circuler pour permettre au
bouchon de pénétrer correctement dans la perte.
FORM A SET AK
42.43 KG/ m³ 212.5 kg 340 Kg
BARITE
Jusqu’à d= 1.9 s.g
FORM A SE XL
(Accélérateur) 11.35KG/m³ 56.75 kg 90.8 Kg
102
- Remonter de 10 longueurs
- Squeezer la boue sous le FAS ensuite le bouchon tout en laissant 1 m3 de
FAS dans le puits.
103
INITIATION AUX DIAGRAPHIES
Généralités sur les diagraphies
Une diagraphie est une suite de mesures, plus ou moins régulièrement espacées
le long de la trajectoire d'un puits et donnant une information relativement
continue sur un paramètre.
Comme paramètre, dont la diversité est très grande, on peux citer : diamètre du
trou, température de la boue, vitesse du son dans la formation, tension du câble
de mesure, vitesse relative du fluide du trou et de l'outil, orientation de l'outil,
etc. etc.
Les valeurs enregistrées sont soit le résultat d'une mesure plus ou moins directe
(mesure du diamètre du trou), soit le résultat de calculs faisant intervenir
plusieurs mesures et une logique d'interprétation (La porosité Neutron est une
fonction empirique et complexe du rapport entre le nombre de gamma ray
mesuré sur deux compteurs.)
Les mesures brutes doivent souvent être corrigées pour les influences causées
par le trou, la boue de forage et l'outil lui même...
La quasi totalité des résultats intéressant les foreurs ou les géologues sont des
interprétations basées sur des hypothèses et provenant de mesures indirectes. Il
faut toujours, toujours, toujours garder un esprit critique lors de l'examen des
diagraphies, et s'assurer :
Que le bon outil est bien utilisé dans les bonnes conditions,
Qu'il a fonctionné correctement,
Que les hypothèses fondamentales sont respectées. (La porosité Neutron
est basée sur l'assertion que les neutrons ne sont absorbés que par les
atomes d'hydrogène, alors que des traces infimes de Gadolinium peuvent
apparaître comme une porosité élevée).
104
Différentes techniques sont utilisées pour enregistrer des diagraphies :
1. CALIPER
a. Calipers mécaniques
Mesure du "diamètre". On utilise soit des dispositifs spéciaux, à 2, 4 ou six bras
(Jusqu'à 60 pour l'étude de la corrosion des casings...), donnant soit une mesure
de 1, 2 ou 3 diamètres, soit 2, 4, 6 rayons. (Bras indépendants). On utilise aussi
les outils à patin (Densité, MicroSFL) pour avoir une évaluation du diamètre. En
présence de mud cake, les calipers à patin donnent des mesures plus faibles que
les outils à couteaux. La tenue du puits est fonction de la lithologie, mais aussi
des méthodes de forage et de la qualité de la boue.
Ces calipers sont utilisés pour connaître le volume de ciment nécessaire pour une
cimentation, mais donnent aussi des renseignements sur le tenue du trou : Wash
out, ovalisation, break out.
b. Calipers acoustiques
Émetteur récepteur disposé sur une tête rotative pouvant faire de très
nombreuses mesures de temps de transit. (200 mesures tous les 5 mm de
profondeur). Les temps de transit sont convertis en rayons à partir de la mesure
de la vitesse du son dans la boue mesurée en temps réel. Les résultats sont
affichés sous forme de cartes en 2D donnant des informations très précises sur
l'état du trou ou du casing.
En open hole, ces outils donnent des renseignements qui pourraient être très
importants pour les foreurs, concernant le comportement de l'outil et de la
garniture. On peut voir les puits en hélice (Cork screw), les effets du whirling, les
surcreusements par les stabilos...
105
c. Calipers électromagnétiques (METG)
Des bobines génèrent des courants alternatifs de différentes fréquences. On
mesure l'atténuation et la différence de phases de courants de Eddy engendrés,
et on calcul le diamètre interne du casing en tenant compte des propriétés
électromagnétiques du métal, qui sont évaluées par l'outil. Bon outil pour le suivi
de la corrosion généralisée. (Cased hole)
d. Polarisation spontanée : PS
Mesure de la différence de potentiel entre une électrode dans le trou et une
électrode de référence en surface. Au droit des zones perméables, le signal est
fonction de la différence de salinité entre la boue et l'eau de formation.
Open hole. Boue conductrice.
f. Les Résistivités
La conductivité électrique d'une formation dépends de l'argilosité, du volume
d'eau en place, de sa salinité, et de la morphologie des pores contenant l'eau. En
effet, sauf rares exceptions, (Pyrite...) les minéraux ne conduisent pas
l'électricité.
Aux abords du trou, il y a remplacement du fluide de formation par le filtrat du
fluide de forage, entraînant des variations de résistivité selon la profondeur
d'investig
106
DIAGRAPHIE DE CIMENTATION
1. Introduction
Si l'on devait énoncer un critère de qualité d'une cimentation, on dirait : "pour
que la cimentation soit considérée de bonne qualité, il faut que la gaine de
ciment soit au moins aussi étanche que la formation qu'elle remplace".
En effet, lorsqu'on réalise le forage, on met en communication différentes zones.
L'isolement initial sera rétabli par l'ensemble cuvelage + gaine de ciment. Cette
fonction sera donc correctement assurée si cet ensemble autorise un débit de
fuite de fluide (eau, huile, gaz) inférieur ou égal à celui qu'autoriserait une
section équivalente de terrain foré.
Les défauts de la cimentation qui peuvent perturber cette étanchéité sont :
micro ou macro-annulaire
ciment-cuvelage (sec ou
humide),
micro ou macro-annulaire
ciment-formation (sec ou
humide),
canal de boue au niveau du
cuvelage,
canal de boue au niveau de la Micro annulaire Micro annulaire
formation, casing/ciment ciment/formation
percolation de gaz dans la
gaine de ciment,
canal de gaz dans la gaine de
ciment.
107
1.1 Comment contrôler une cimentation ?
Le dégagement de chaleur et l'augmentation de la contrainte d'adhérence du
ciment lors de sa prise permettent d'étudier la cimentation d'un tubage et sa
qualité grâce aux diagraphies suivantes :
Thermométrie
Sonic (CBL-VDL [Cement Bond Log-Variable Density Log)]
USIT (Ultra Sonic Imager Tool)
2. Thermométrie
Le dégagement de chaleur produit lors de la prise du ciment entraîne une
augmentation de température en face des zones cimentées du tubage.
L'enregistrement se fait lors de la descente de l'outil et est possible dans une
période d 8 à 24 heures selon le ciment employé après la fin de la cimentation.
Cette diagraphie permet de localiser le somment du ciment dans l'espace
annulaire et la présence de ciment derrière le tubage.
Thermométrie
température
TOP DU CIMENT
Profondeur
GRADIENT
THERMIQUE
NORMAL
Principe du CBL
Un train d'onde de fréquence variant entre 15 et 30 KHz selon les appareillages,
est périodiquement généré par un émetteur.
Cette onde traverse la boue, passe dans le tubage, le ciment et la formation si
ces divers milieux sont couplés acoustiquement, puis est détectée par un
récepteur qui se trouve sur le corps de l'outil (généralement à 3 pieds de
108
l'émetteur).
Les vitesses des différentes ondes émises et créées lors des passages et des
ondes successives d'un milieu à un autre sont fonction des caractéristiques
physiques du milieu.
L'énergie acoustique voyageant le long d'un tube se propage plus rapidement
que les ondes de formation elles-mêmes plus rapides que les ondes de boue.
109
Π (µs) = (3 ft x 57 µs/ft) + Casing ID (ft) x Fluid Slowness (µs/ft)
Exemple de vitesse du son (en micro secondes/ft) de certains matériaux
Interprétation du CBL
Dans le cas d'un tubage "libre" (non cimenté) toute l'énergie acoustique circule
le long de l'acier : il y a très peu d'atténuation de l'onde et de l'amplitude de la
première arche du signal est importante
Dans le cas d'un tubage parfaitement cimenté, cette énergie se propagera à
travers le ciment jusque dans la formation.
L'atténuation dans une zone cimentée à 100 % est obtenue par la relation
20 A
Atténuation (db/pied) = - log 10 maxi
Z A min i
110
Principe du VDL
L'étude de la qualité de la cimentation peut être faussée par un certain nombre
de phénomènes. Il s'est avéré utile d'enregistrer l'ensemble du train d'ondes
sonores reçues par un récepteur situé généralement à 5 pieds de l'émetteur.
Enregistré en complément du CBL, le VDL permet de définir l'adhérence Ciment
Formation.
La présentation de cet enregistrement est :
Sous forme du train d'onde complet ou de sa partie positive uniquement ("Wave
Forme", "Signature Curve") : la lecture est difficile.
En densité variable (VDL), seules les arches positives étant reproduites en une
échelle de gris d'autant plus foncés que l'amplitude est plus grande.
Interprétation du CBL-VDL
Tubage libre (non cimenté)
- L'amplitude CBL est forte (correspondant à celle attendue en
fonction du diamètre du tubage).
- T.T. approximativement égal à celui calculé à partir des données de
la boue et du tubage.
- Ondes du tubage très nettes, rectilignes et bien parallèles sur le VDL.
- Joints de tubage net pour tous les logs.
S'il y a saut de cycle, il est visible sur le T.T. et le CL indique une amplitude très
faible (sauf dans le cas d'un enregistrement avec fenêtre mobile).
111
Dans tous les cas, le VDL montre des ondes de tubage très faibles voire
inexistantes et des ondes de formation très nettes dont les variations
correspondent à celles vues sur le sonique enregistré en trou ouvert.
Le couplage acoustique se fait tout de même ; une partie de l'énergie passe par
le tubage, le CBL n'est pas à son maximum. Comme une partie de l'énergie
passe par la formation on remarque des ondes de formation sur le VDL.
Seul un deuxième contrôle avec mise en pression du tubage permettra de voir si
le couplage s'améliore. Réduction de l'amplitude CBL et nette atténuation des
ondes de tubage sur le VDL, confirmant ainsi la présence d'un micro-annulaire.
Formations rapides
Dans le cas de formations compactes ou à très faible porosité dont le ∆T est
inférieur au ∆T de l'acier du tubage (57 µs/pied), l'onde de formation arrive la
première. Le CBL devient inutilisable.
Sur le VDL, l'onde de tubage s'efface au profit de l'onde de formation plus rapide.
Formations à vitesse lente et forte atténuation
Dans le cas de formations lentes (de 77 à 125 µs/pied), l'énergie acoustique sera
plutôt transmise par le ciment que par la formation. Les ondes de formation
apparaissent très faibles, voire inexistantes. L'arrivée des ondes de boue peut
même être visible avant l'onde de formation. C'est le cas des formations de
surface.
L'outil doit être très bien centré, sinon l'amplitude du signal risque d'être
fortement atténuée. Dans le cas d'un mauvais centrage, on constate cette
atténuation sur le CBL et une légère diminution du T.T.
Sur le VDL les "ondes tubage" sont également atténuées et ne sont plus
rectilignes, l'axe de la sonde changeant constamment par rapport à l'axe du
tubage. Ex. : 1 mm d'excentration, baisse de l'amplitude de 5 %.
La vitesse de remontée de la sonde doit être de 600 m/h. Si elle est trop rapide,
le frottement des centreurs avec vibrations latérales se traduira par des
ondulations des ondes de casing (au lieu des "rails de chemin de fer").
112
Pour le temps de séchage du ciment, attendre 24 à 36 heures suivant le type de
ciment et la température de réchauffement du puits. La prise du ciment doit être
complète sur toute la colonne et la résistance à la compression du ciment
supérieure à 70 bar.
Les amplitudes du CBL seront élevées et l'on conclura à une mauvaise adhérence
casing/ciment.
Sur le VDL, on ne verra que les ondes casing, pas d'ondes formation.
Densité du fluide dans le puits : une augmentation de densité de la boue se
traduira par une baisse du transit time (T.T.) et une baisse de l'amplitude qu'il ne
faudra pas traduire en bonne cimentation.
Formations rapides (temps de transit comparable à celui de l'acier) : il s'agit
généralement de formations sans porosité (basalte, bancs compacts) sauf le
gypse et le sel, qui sont plutôt lents. On trouvera aussi le calcaire (moins de 10
% de porosité), la dolomie (moins de 15 % de porosité) et des grès à quelques
pourcentages de porosité.
Tubage excentré : dans la partie libre du tubage, il est possible de voir des ondes
de formation si le tubage est en contact avec celle-ci.
Joints de tubage : ils sont détectés sur les 3 enregistrements :
- le Transit Time est allongé d'environ 8 µs,
- le CBL donne des valeurs plus faibles au niveau du tubage libre,
- le VDL présente des figues caractéristiques de chevron.
- La hauteur perturbée par le joint correspond à l'espacement
émetteur-récepteur pour l'enregistrement considéré (généralement
3' pour le CBL, 5' pour le VDL).
Synthèse CBL-VDL
Le CBL indique la qualité de l'adhérence casing/casing.
Le VDL juge de la qualité des adhérences casing/ciment, ciment/formation et le
bon remplissage de l'espace annulaire. C'est le seul outil qui puisse analyser le
contact ciment/formation.
Il est sensible :
- au micro-annulaire > à 10 microns,
- au centrage de l'outil,
- à la variation de la densité de la boue dans le puits,
- à la résistance à la compression du ciment,
- aux formations rapides
- à la gaine de ciment qui doit être > ¾"
113
la paroi du casing en faisant 7.5 rotations par seconde en émettant
des pulsations ultrasoniques à raison de 18 pulsations par rotation.
Principe de mesure
114
Le transducteur émet des pulsations ultrasoniques de hautes fréquences de façon
à faire résonner le tubage dans son épaisseur.
Les pulsations envoyées par l’outil traversent un certain nombre d’interfaces
avec une partie du signal réfléchie à chaque interface (boue/intérieur du tubage -
extérieur du tubage/ciment - ciment/formation).
L'appareil émet une pulsation ultrasonique de fréquence comprise entre 195 et
650 kHz, et se met en mode récepteur.
L’écho initial est positif et approximativement 10 fois plus grand que ces
115
impulsions négatives, ceci à cause du grand contraste d’impédance entre la boue
et l’acier.
T
² t
B BD... BDn
116
Les propriétés du fluide sont mesurées lors de la descente de l’outil dans le puits.
Ces valeurs sont utilisées dans les algorithmes d’évaluation du ciment et du
casing.
Le mode de mesures dans lequel le transducteur est face à la surface interne du
casing permet l’enregistrement du temps de transit et le déclin (decay) des
échos. La transition entre les deux modes de mesure est assurée par l’inversion
de la direction de la rotation du transducteur.
Le micro annulaire
C'est un petit vide entre le casing et le ciment qui est généralement crée par le
changement de pression avant que le ciment n’ait développé assez de résistance
à la compression.
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La superposition des index de liaison (second enregistrement à partir de la
droite) montre un très bon accord entre le CBL et le USIT. Ceci suggère l’absence
d’un micro annulaire. Dans ce cas, on voit que les deux outils montrent la
présence d’un bon mais pas d’un parfait ciment. Avec le CBL seul, on n’aurait pas
vu la présence d’un channeling continu et fin qui suggère que la zone n’est pas
isolée hydrauliquement.
5. Conclusion
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- Dans le but d’une meilleure évaluation de ciment aujourd’hui, il
est nécessaire d’enregistrer les deux outils sonique et
ultrasonique de façon à ce que la nature complémentaire de
leurs mesures puisse être utilisée pour distinguer les effets sur
chaque log qui pourraient être masqué par l’utilisation d’un log
seul.
- Finalement, l’évaluation du ciment est plus qu’une simple
interprétation de logs acoustiques.
- Pour une évaluation complète de la qualité du ciment, il faut
s’intéresser et regarder à toutes les composantes d’une de
chaîne de cimentation.
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