Comme la multilatération, cette deuxième méthode est relativement simple à com-
prendre. Mais en termes de manipulation sur le terrain, elle nécessite plus de travail car
chaque point d’appui est stationné et à chaque station un G0moyen de station est calculé.
Les principes déjà développés dans la multilatération ne seront pas repris dans le détail.
On détermine les coordonnées d’un point approché Mo à partir de deux visées d’inter-
section correctement choisies (lectures précises, visées longues, se coupant sous un angle
favorable, c’est-à-dire proche de 100 gon). Les deux points choisis sont nommés A et B
(fig. 1.33.).
Les formules de Delambre donnent :
X A – X B – Y A – Y B tan G B
Y Mo = Y A + ---------------------------------------------------------------------
-
tan G B – tan G A
X Mo = X A + Y Mo – Y A tan G A
La démonstration et les cas particuliers sont traités
au paragraphe 1.2. du chapitre 4. Fig. 1.33. : Intersection
Les gisements GA et GB sont connus à 200 gon près.
On appelle « lieux-droites », sur le schéma de construction graphique du point M, les
lieux géométriques possibles du point M, c’est-à-dire l’ensemble des n visées issues des
n points d’appui stationnés.
Le nombre de points doubles est une combinaisons de n visées prises deux à deux, soit :
2 n! n n–1
C n = ---------------------- = -------------------- Pour n = 4 visées, on trouve six points Mo possibles.
2! n – 2 2
DENSIFICATION DE CANEVAS
Un G0moyen de station est calculé pour chaque point
d’appui stationné.
Le gisement observé Gobs d’une visée sur le point
cherché M est donc la somme du G0moyen de station
et de la lecture angulaire sur le point M (fig. 1.34.).
Il est donc calculé uniquement à partir des données
par la formule :
Gobs = G0S + LS M
Fig. 1.34. : Gisement observé
Le gisement approché est le gisement Gapp calculé à partir des coordonnées du point
approché Mo. Pour l’obtenir, il faut donc avoir calculé les coordonnées du point Mo.
Pour chaque station S, on a : Gapp = GSMo
C’est grâce au gisement Gapp qu’il est possible de dessiner et d’orienter les visées dessi-
nées dans un premier temps autour du point Mo sur le graphique (à grande échelle) de
construction des lieux-droites.
C’est la différence entre le gisement observé et le gisement approché : = Gobs – Gapp
La différence de gisement permet de calculer le déplacement et d’en donner le signe.
Le signe de est choisi par convention tel que (voir fig. 1.35.) :
si < 0 alors Gapp > Gobs donc le lieu-droite issu de la station considérée est situé
à gauche de la visée.
si > 0 alors Gapp < Gobs donc le lieu-droite issu de la station considérée est situé
à droite de la visée.
Remarquez que l’on retrouve ainsi la même convention qu’en multilatération.
Ces termes sont définis au paragraphe 9.4. du chapitre 5.
DENSIFICATION DE CANEVAS
Rappelons que la sensibilité d’une visée est le
déplacement de son extrémité pour un angle de
0,1 mgon (1 dmgon) ; elle est définie par la
formule :
scm/mgon 1,57 . Dkm
Le déplacement correspond à une variation angu-
laire de en mgon, c’est-à-dire :
dcm = scm/mgon . mgon
Fig. 1.35. : Déplacement d’une visée
Le déplacement est donné avec son signe qui est
le même que celui de l’angle orienté .
Sur la figure 1.35. on peut voir le sens du vecteur déplacement d en fonction de son signe :
si < 0, le déplacement s’effectue vers la gauche ;
si > 0, le déplacement s’effectue vers la droite.
Cette valeur d donne le déplacement à effectuer pour chaque lieu-droite : c’est la distance
séparant la position réelle de chaque lieu-droite du point approché Mo.
Le déplacement de chaque lieu-droite est fait parallèlement à lui-même, ce qui est une
très bonne approximation compte tenu de la taille du schéma réalisé (zone comprise dans
un cercle d’environ 1 m de diamètre) par rapport aux distances de visées (plusieurs
kilomètres), l’angle étant très petit (de l’ordre de quelques mgon).
À ce stade, nous pouvons dessiner la zone d’indécision sur un graphique à grande échelle.
Fig. 1.36. : Demi-plages d’indécision
DENSIFICATION DE CANEVAS
Si elle est trop grande et qu’il faut la réduire, on procède comme suit :
Considérant qu’au moment des mesures tous les points anciens sont connus avec une
précision homogène et que toutes les observations sont effectuées dans les mêmes con-
ditions (opérateur, appareils, vent, etc.), on affecte à chaque observation la même erreur
angulaire . Cette erreur angulaire donne un déplacement en bout de visée qui
représente la plage d’indécision dans laquelle peut se situer le point M (fig. 1.36.), soit :
tcm = 1,57 . Dkm . mgon
L'erreur angulaire étant la même pour toutes les visées, on lui affecte la valeur de
1 mgon ; les plages deviennent alors directement proportionnelles à la distance de visée
D, tcm = 1,57 . Dkm . Pour des raisons pratiques, on multiplie ensuite la valeur de la largeur
de la plage par un coefficient K arbitraire choisi de manière à rendre possible la construc-
tion graphique. K est donc fonction de l’échelle choisie pour le graphique. En fait, la
constante K englobe le coefficient de conversion 1,57 et l’erreur angulaire .
La largeur de chaque demi-plage est finalement : tcm = K . Dkm
Seules les demi-plages « utiles » sont construites sur le graphique.
Le point M ayant été déterminé graphiquement par rapport au point Mo, il est possible
de calculer les gisements dits définitifs Gdéf de chaque station vers le point M à l’aide de
la formule suivante :
Gdéf = GSM
L’écart d’orientation est la différence entre le gisement observé et le gisement définitif ;
il est usuellement exprimé en mgon par la formule :
emgon = (Gobs – Gdéf) . 1 000
Cet écart est soumis à la même tolérance que les écarts d’orientation du calcul des
G0moyen de chaque station :
n – 1-
----------- 162-
T mgon = 1 + ----------
n Dm
2
n est le nombre de visées d’orientation pour chaque station.
Dm (en km) est la longueur moyenne des visées sur une station.
DENSIFICATION DE CANEVAS
Pour Dm 3 km, distance moyenne entre sommets du réseau d’appui en canevas ordi-
naire dans l’arrêté du 20 janvier 1980, la formule devient :
T mgon = 4 3 n – 1-
-----------
n
L’écart moyen quadratique est une valeur statistique caractérisant l’ensemble de la mani-
pulation. Il est donné par la formule suivante :
i=n
2
ei
Emq = i=1 -
--------------
N–1
La somme des ei englobe les mesures de G0moyen.
N est le nombre total d’écarts ei : G0moyen plus intersection .
Emq est exprimé en mgon, comme e.
Cet écart est soumis à tolérance, à savoir : .
2N – 3 + 2 58
T mgon = 1 7 -----------------------------------
2N
L’écart linéaire est la valeur du déplacement d’une visée correspondant à un écart angu-
laire e ; il est exprimé par la formule :
rcm = 1,57 . Dkm . emgon
Il y a autant d’écarts linéaires que de visées d’intersection. La tolérance sur cet écart
linéaire est de 20 cm en canevas ordinaire.
Défini seulement autour du point définitif M, le rayon moyen
i=n
quadratique d’indécision est donné par la formule ci-contre : 2
ri
Ni est le nombre de visées d’intersection (quatre en général). i=1 -
Rmq = --------------
Ni – 1
La tolérance en canevas ordinaire est de 12 cm (en canevas de
précision, on prend 2,5 cm comme valeur usuelle).
DENSIFICATION DE CANEVAS
Soit à vérifier les coordonnées du point 600 du canevas de base ordinaire. La détermina-
tion s’effectue par intersection à partir de quatre points anciens. Les données et les
mesures sont indiquées sur le tableau ci-après.
La démarche suivante est conseillée :
1 - Réalisez un croquis des points d’appui et des visées (à petite échelle, de l’ordre de
1/50 000 ou 1/100 000, voir fig. 1.37.).
2 - Choisissez les visées pour le calcul du point
approché Mo ; les visées choisies doivent être
longues, homogènes et se coupant sous un angle
favorable (proche de 100 gon) : par exemple
(fig. 1.37.), les visées issues des points d’appui
606 et 607 que nous appellons respectivement A
et B.
Notez que le choix des points d’appui est parti-
culièrement important dans cette méthode : en
effet, des visées pratiquement parallèles peuvent
donner une zone d’indécision trop grande ou dis-
proportionnée.
3 - Calculez les coordonnées du point Mo, les
Fig. 1.37. : Exercice
gisements approchés et les différences de gise-
ment avec leur signe (voir les tableaux de calcul
plus loin dans ce paragraphe).
4 - Dessinez sur un graphique à grande échelle (voir fig. 1.38.) un repère centré en Mo.
À partir des gisements approchés, reportez les lieux-droites passant tous par Mo. Décalez
les lieux-droites n’ayant pas servi au calcul du point Mo (ici 608 et 602) de la valeur du
déplacement et dans le sens donné par le signe de la différence de gisements. Vous devez
obtenir la zone d’indécision de la figure 1.38. Effacez ensuite les lieux-droites qui ont été
déplacés pour rendre le dessin plus lisible.
DENSIFICATION DE CANEVAS
5 - Si la zone d’indécision est trop grande, prenez un coefficient K = 1,5 et calculez les
demi-plages d’indécision. Dessinez les demi-plages de part et d’autre de tous les lieux-
droites et construisez la zone commune d’intersection de toutes les demi-plages. Vous
devez obtenir la zone commune de la figure 1.39.
6 - Placez le point définitif M, mesurez les différences de coordonnées entre Mo et M et
déduisez-en les coordonnées de M.
Vous devez trouver M ( 981 620,30 m ; 3 152 637,45 m).
7 - Calculez les écarts d’orientation, les écarts linéaires et les écarts moyens quadratiques
correspondants puis comparez-les aux tolérances pour conclure sur la validité de la
manipulation dans le cadre d’un canevas ordinaire (voir tableaux de calcul).
Les calculs suivants ont été réalisés avec Excel à partir des tableaux :
– [Link] associé à la méthode graphique. Il peut être utilisé vide pour
présenter des calculs manuels ;
– [Link] associé à un calcul aux moindres carrés.
Les formules données pour la résolution aux moindres carrés font intervenir pour chaque
point Pj la distance Dj et le gisement Gj du point Pj vers le point approché Mo. j est
l’écart d’orientation sur le point approché (Gobs – Gapp) ; il est donné en dmgon. Le
résultat de la résolution du système deux équations à deux inconnues détaillé en (5)
donne dx et dy en mètres.
Calcul de Mo à partir de 606 (A) et 607 (B) :Mo E = 981 620,31 m
N = 3 152 637,41 m
Calculs des gisements approchés, des déplacements des visées et des demi-plages :
DENSIFICATION DE CANEVAS
Graphique autour du point approché Mo : notez que seules les visées issues de 602 et 608
ne passent pas par Mo.
Fig. 1.38. : Zone d’indécision
Le dessin des demi-plages utiles est représenté sur la figure 1.39. ci-dessous.
Fig. 1.39. : Réduction de la zone d’indécision par dessin des demi-plages d’indécision
Positionnement du point définitif M : on mesure x = – 0,01 m et y = + 0,04 m.
On en déduit les coordonnées de M : ( EM = 981 620,30 m ; NM = 3 152 637,45 m)
DENSIFICATION DE CANEVAS
Vérification des tolérances
Emq = 1,0 mgon (N = 17) Tolérance sur Emq : 2,4 mgon
Rmq = 4,2 cm (Ni = 4) Tolérance sur Rmq : 12 cm.
La manipulation et les calculs semblent donc valides.
Détermination d'un point par intersection : calcul aux moindres carrés.
(1) Coordonnées des points d'appui Station : 600
Nombre de visées Ni = 4 Total : 13
(2) Point approché Mo : à partir des points 606 et 607 XMo = 981 620,31 m
YMo = 3 152 637,41 m
(3) Calcul du point définitif M
XM = XMo + dx = 981 620,28 m dx = – 0,031 m
YM = YMo + dy = 3 152 637,46 m dy = 0,042 m
(4) Vérification des tolérances
DENSIFICATION DE CANEVAS
N = 17 Tolérance sur ri : 20 cm (ordinaire), 4 cm (précision)
Écart quadratique moyen sur toutes les visées (orientation + intersection) : 0,9 mgon
Tolérance sur Emq : – précision 0 7 2N – 3 + 2 58 / 2N = 1,0 mgon
– ordinaire 1 7 2N – 3 + 2 58 / 2N = 2,4 mgon
Écart linéaire : rayon quadratique moyen d'indécision Rmq : 3,9 cm
Tolérance sur Rmq – précision 2,5 cm (pris usuellement)
– ordinaire 12 cm
(5) Système à résoudre
A dx + B dy + C = 0 dx = – 0,031 m (B . E – C . D) / (A . D – B²)
B dx + D dy + E = 0 dy = 0,042 m (B . C – A . E) / (A . D – B²)
A = 79,6446 108 . ( nj . (cosGj / Dj)² )
B = 11,9591 –108 . ( nj . sinGj . cosGj / Dj )
C = 1,9312 –50 . . ( nj . j . cosGj / Dj )
D = 91,4577 108 . ( nj . (sinGj / Dj)²)
E = -3,4799 50 . . ( nj . j . sinGj / Dj )
L’environnement de travail identique à celui du paragraphe 4.3.
1 - Dessin des lignes de visée : calculez au préalable les gisements observés.
Créez les calques 602, 606, 607 et 608 de couleurs différentes et rendez les successive-
ment courants : les lignes tracées font 3 500 m de long (valeur quelconque, suffisamment
grande pour que ces lignes se croisent).
Calque 602 : LIGNE du point 982133.65,155623.87 au point @3500 < 210.8382
Calque 606 : LIGNE du point 984301.79,154001.38 au point @3500 < 270.0437
Calque 607 : LIGNE du point 983131.67,150688.88 au point @3500 < 358.0015
Calque 608 : LIGNE du point 978865.6,152564.34 au point @3500 < 98.3098
2 - Visualisation des points doubles :
ZOOM Fenêtre (plusieurs fois) jusqu’à voir la zone d’indécision (voir fig. 1.38.).
La commande ID permet d’obtenir les coordonnées de tous les points doubles (INTer-
section de...).
3 - Réduction de la zone d’indécision : calculez-les demi-plages.
DECALER par < valeur de la demi-plage > choix de l’objet <cliquez sur une visée>
vers <choisir le côté vers lequel s’effectue le décalage en cliquant avec la souris>.
Répétez cette opération pour toutes les visées.
Placez le point M en dessinant un point (voir fig. 1.39.) et lire ses coordonnées par ID
NODal de…
DENSIFICATION DE CANEVAS
Plus complexe que les deux méthodes précédentes, le relèvement reste plus simple à
réaliser sur le terrain puisqu’il ne nécessite qu’une seule station. La précision des visées
angulaires étant meilleure pour des visées lointaines, c’est la méthode idéale pour de
longues visées sans possibilité de mesure de distance.
On détermine les coordonnées d’un point
approché Mo à partir de trois visées de relève-
ment correctement choisies : elles doivent être
longues et bien réparties autour du point cherché
M et doivent se couper sous un angle favorable
(proche de 100 gon) mais en évitant les couples
de visées parallèles.
Les coordonnées du point approché Mo sont cal-
culées à partir des formules de Delambre pour le Fig. 1.40. : Relèvement sur trois points
relèvement, c’est-à-dire :
X B – X A cotanH AB – X C – X A cotanH AC + Y C – Y B
tan G AM = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Y B – Y A cotanH AB – Y C – Y A cotanH AC – X C – X B
tan G AM + tan H AB
tan G BM = tan G AM + H AB = -----------------------------------------------
-
1 – tan G AM tan H AB
On reporte ensuite ces résultats dans les formules de Delambre utilisées pour l’intersec-
tion (voir démonstration et cas particuliers au chapitre 4, paragraphe 6).
Les notions suivantes ont déjà été détaillées.
– Arc capable : voir le relèvement simple sur trois points (chapitre 4, § 6.).
– Gisement approché d’une visée : voir l’intersection (§ 5.2.3.).
– Sensibilité et déplacement d’une visée : voir l’intersection (§ 5.2.5.).
– Écarts d’orientation et écart moyen quadratique d’orientation : voir l’intersection
(§ 5.2.8. et 5.2.9.).
– Écarts linéaires et rayon moyen quadratique d’indécision : voir l’intersection
(§ 5.2.10. et 5.2.11.).
DENSIFICATION DE CANEVAS