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Enjeux et Perspectives de la Finance Islamique

Transféré par

ASMAE BOULAALAM
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Enjeux et Perspectives de la Finance Islamique

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L'école supérieure de

technologie
-Kenitra-

PROJET DE FIN D’ETUDES


En vue de l’obtention du Diplôme Universitaire de Technologie (DUT)

Option : Techniques de Management

LA FINANCE ISLAMIQUE :
ENJEUX =ET PERSPECTIVES

Réalisé par :
BOUTKHOUM Mariem

Sous l’encadrement de :
Pr. AL ASSIMI Mohamed

Année Universitaire : 2022/2023


DEDICACES

Je dédie ce travail à mes proches, mes collègues, mon directeur et à

toute ma famille, en particulier à mes parents pour leurs sacrifices,

leurs encouragements et leur soutien matériel et spirituel tout au long

de ma formation.

I
REMERCIEMENTS

Louange à Dieu qui m’a donné la force et le courage pour accomplir ce


travail.

Mes remerciements vont tout d’abord au Professeur EL ASSIMI Mohamed

qui a encadré ce projet de fin d’études et qui n’a ménagé ses efforts tout au long de sa

réalisation. Je tiendrai à le remercier vivement pour sa coopération et disponibilité

inégalées.

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance envers Mme. EL HAMRI

Amal pour son précieux soutien et son aide inestimable. Sa générosité et sa

bienveillance ont été d'une valeur inestimable pour moi.

Je souhaite aussi adresser mes chaleureux remerciements à tous les professeurs

de l’école supérieure de technologie pour les efforts qui déploient.

Que ce modeste travail témoigne de mes reconnaissances et de mes sentiments

les plus profonds envers tous ceux qui ont, de près ou de loin, contribué à sa

réalisation.

II
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS

AAOIFI : Accounting and Auditing Organization for Islamic Finance


Institution
BAM : Bank Al-Maghrib

BID : Banque Islamique de Développement

DIB : Banque Islamique de Dubaï (DIB)

FI : Finance Islamique.

IFI : Institutions Financières Islamiques

IFSB : Islamic Financial Services Board

IICRA : International Islamic Center for Reconciliation and Arbitration.

IIRA : Islamic International Rating Agency

ISR : Investissement Socialement Responsable

OCI : Organisation de la Coopération Islamique

OPCVM : Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières

PPP (ou 3P) : Principe de Partage de Profit et de Perte

III
TABLE DE MATIERES

DEDICACES.......................................................................................................................................

REMERCIEMENTS..........................................................................................................................

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS.................................................................................III

INTRODUCTION GENERALE.......................................................................................................

CHAPITRE I : INTRODUCTION A LA FINANCE ISLAMIQUE.............................................

INTRODUCTION..............................................................................................................................

SECTION 1 : HISTORIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE ISLAMIQUE...

SECTION 2. DEFINITION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA FINANCE


ISLAMIQUE...................................................................................................................................

SECTION 3 : DIFFERENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE ET LA FINANCE


CONVENTIONNELLE...............................................................................................................

CONCLUSION.............................................................................................................................

INTRODUCTION.........................................................................................................................

SECTION 1 : LA PLACE DE LA FINANCE ISLAMIQUE DANS LE SYSTEME


FINANCIER MONDIAL.............................................................................................................

SECTION 2 : LES OPPORTUNITÉS ET LES DEFIS DE LA PINANCE ISLAMIQUE


POUR LES PAYS MUSULMANS ET NON MUSULMANS...................................................

SECTION 3 : LES ENJEUX DE LA REGULATION DE LA FINANCE ISLAMIQUE......

CONCLUSION :...........................................................................................................................

CHAPITRE III : LES PERSPECTIVES DE LA FINANCE ISLAMIQUE...............................

INTRODUCTION.........................................................................................................................

SECTION 1 : LES TANDANCES ACTUELLES ET FUTURES DE LA FINANCE


ISLAMIQUE DANS LE MONDE...............................................................................................

SECTION 2 : LES PERSPECTIVE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE


ISLAMIQUE DANS LES DIFFÉRENTS SECTEURS ÉCONOMIQUES............................

SECTION 3 : LA CONCURRENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE ET LA


FINANCE CONVENTIONNELLE............................................................................................

CONCLUSION :...........................................................................................................................

L’EXPERIENCE MAROCAINE EN FINANCE ISLAMIQUE : UNE ANALYSE


COMPLETE.....................................................................................................................................

INTRODUCTION.........................................................................................................................

CONCLUSION.............................................................................................................................

CONCLUSION GENERALE......................................................................................................

BIBLIOGRAPHIE...........................................................................................................................

LISTE DES FIGURES.......................................................................................................................


INTRODUCTION GENERALE

La finance islamique en tant que composante principale de la finance éthique (aussi


appelée Investissement Socialement Responsable « ISR »), souligne que la recherche du profit
ne devait pas négliger le respect de valeurs.

En effet, il n’existe pas de définition unique de la finance islamique mais ce terme est
aujourd’hui largement utilisé pour désigner les activités financières et commerciales qui
respectent les principes du droit et de la jurisprudence islamique, plus communément désignés
sous le vocable « chari’a ».1

Les banques islamiques se diffèrent des banques conventionnelles par plusieurs


points dont les plus importants sont l’exigibilité de partage du risque, la tangibilité des actifs
échangés et l’interdiction des intérêts « Usures ».

Elle est toujours appliquée depuis l’époque du prophète (SWS) en suivant les
principes de l’islam en matière de transactions « fiqh al moamalat ‫فقه المعامالت‬ ». Cette
application a été maintenue aux époques qui suivent, allant des quatre Califes, ‫))الخلفاء الراشدون‬
passant par les empires Umayyade, ‫ ))االمويون‬Abbaside (‫)العباسيون‬et Ottoman. (‫)العثمانيون‬ 

Quant à l’historique contemporain de la finance islamique, il pourra être subdivisé


en trois périodes principales. La première est comprise entre l’époque du Prophète (SWS) et
1963 qui a connu la première mise en pratique de la finance islamique (Caisse d’épargne de
Mit Ghamr en Egypte). La deuxième s’étende jusqu’au mois d’Aout 2007 (Date de la crise
des Subprimes2 en états unis) qui a connue l’implantation des piliers principaux de la finance
islamique contemporaine (Les organisations de financement, régulation et normalisation
islamique, les banques islamiques, les indices boursiers Shariah conforme…). La troisième
période est celle allant de la crise des subprimes (2007) jusqu’à nos jours actuels et qui a mis
la tendance à se retourner en premier lieu vers la finance éthique puis vers la finance

1
Herbert Smith LLP, « Guide de la finance islamique », 2009, p 1.
2
En 2007 le monde économique a connu un crash financier suite à la crise des subprimes causée par la
défaillance des crédits immobiliers, ce qui a accéléré la faillite de plusieurs banques Américaines telle que «
Lehman Brothers ». Cette crise ne s’est pas limitée au territoire Américain mais elle s’est propagée via un
phénomène spéculatif pour couvrir tout le globe. (Source : REGAIEG, B., and ABIDI, E., « Les banques
islamiques faces à la crise des subprimes : étude de l’x-efficience par la méthode SFA », Journal of Innovation
and Appien Studies, Vol. 10 No. 1 Jan. 2015, p. 46
1
islamique du fait qu’elle a montré ses preuves pendant la crise.3

A partir des éléments précédemment évoqués, le sujet s’avère d’une grande importance et
d’actualité, raisons pour lesquelles j’ai décidé de consacrer ce mémoire à répondre à cette
problématique qui est récurrente dans le contexte actuel au niveau de ce sujet, à savoir :

 "Comment la finance islamique peut-elle répondre aux enjeux économiques et financiers


actuels tout en respectant les principes religieux et éthiques de l'islam ?"

Ainsi à une réponse collective aux questions suivantes :

 Quels sont les sources de la finance islamique ?

 Quels sont les principes de base ?

 Quels sont les instruments de l’écosystème de la finance islamique ?

 Quelle est la place de la finance islamique dans le système financier


mondial ?

 Quels sont les opportunités et les défis de la finance islamique ?

3
REGAIEG, B., and ABIDI, E., art, cit., p. 46
2
CHAPITRE I : INTRODUCTION
A LA FINANCE ISLAMIQUE

3
INTRODUCTION

La finance islamique est un système économique basé sur les principes de la loi
islamique, la charia, qui interdit l’intérêt (riba) et les pratiques spéculatives. Elle est devenue
une industrie en plein essor ces dernières années, présentant des opportunités, mais également
des défis pour les entreprises et l’économie en général.

Ce chapitre vise à explorer l’histoire, les principes, les produits et les différences
entre la finance islamique et la finance conventionnelle. La première section examinera
l’historique de développement de la finance islamique, ses performances et ses sources. La
deuxième section expliquera les principes fondamentaux de la finance islamique et les
organisations qui la régulent. Enfin, la troisième section mettra en évidence les différences
entre les produits de la finance islamique et ceux de la finance conventionnelle, ainsi que les
autres instruments de l’écosystème.

SECTION 1 : HISTORIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE


ISLAMIQUE

i. Historique et performances de la finance islamique :

ii. Historique :
Les principes de la Chari’a existent depuis l’avènement de l’islam. Ils se sont
matérialisés par la jurisprudence régissant les transactions économiques et financières, c‘est
une branche du droit musulman connu sous le nom de « Fiqh al moâmalat »4.

La première mise en pratique de la finance islamique a eu lieu en Égypte en a « Mit Ghamr


» dans le delta du Nil (Figure 1). Il s‘agissait d‘une caisse d‘épargne qui avait pour objectif
d‘attirer l‘épargne thésaurisée des plus défavorisés. Cette première expérience n‘a pas duré
longtemps, malgré un succès durant les premières années. En effet, l‘État a dû intervenir en
1968 en imposant à cette caisse d‘épargne un contrôle plus strict, sa mise sous tutelle par la
banque centrale puis son remplacement en 1972 par la Nasser Social Bank, une banque à
référent essentiellement social.

4
El Khamlichi, A., « Éthique et performance : le cas des indices boursiers et des fonds d’investissement en finance
islamique », Thèse de Doctorat, Université d‘Auvergne, 2012, p. 57.
4
FIGURE 1 : EVOLUTION HISTORIQUE DE LA FINANCE ISLAMIQUE CONTEMPORAINE

Source : Grant Thornton Cabinet, Finance Islamique : Etat des lieux et


perspectives,
Regards Lettre d’information, N° 2, Novembre 2012, p.3.

Une deuxième expérience a eu lieu en Malaisie en 1969 avec la création d’un fond
islamique d’entraide qui fut appelé le « Tabung Hadji ». Ce fond avait pour mission initiale
de proposer une aide financière aux pèlerins désireux de se rendre à la Mecque. Ce fonds
existe toujours, il assure actuellement la bancarisation des plus démunis et joue encore un rôle
important dans le développement économique de la Malaisie.

Il a fallu attendre 1975 pour assister au début effectif de la finance islamique, sous
une forme plus développée. Cela s’est concrétisé par la création de la Banque Islamique de
Dubaï (DIB) en tant que banque privée et la Banque Islamique de Développement (BID) en
tant que banque gouvernementale. Cette dernière rassemblait 22 pays membres et a été créée
suite à une recommandation du sommet islamique tenu en 1974 à Lahore. Sur le plan étatique,
le Pakistan a été le premier pays à assurer la conformité de tout son système financier à
la chari’a en 1979, suivi par l’Iran en 1983 et par le Soudan en 1984.5

5
EL KHAMLICHI, A., op. cit., p.59
5
iii. Performances des IFI
Ces dernières années, les IFI6 se sont multipliées dans les pays majoritairement
musulmans : en Arabie saoudite, au Bahreïn, au Bangladesh, au Brunei, en Égypte, aux
Émirats arabes unis, en Jordanie, en Malaisie, au Sénégal, au Soudan et même en Turquie où
l’attachement à la laïcité, du moins au plan officiel, est bien connu (Figure 2).

FIGURE 2: DECOMPOSITION DES ACTIFS ISLAMIQUES PAR PAYS - 2011

Source : Grant Thornton Cabinet, op, cit., p.4.

Au début du 3ème millénaire, on comptait quelques 200 institutions financières


islamiques gérant des actifs de plus de 160 milliards de dollars. Selon la revue «The Banker »,
le nombre d’institutions financières opérant selon les principes de la chari’a s’élève à 435 (En
2011), auxquelles s’ajoutent 191 institutions conventionnelles ayant des filiales proposant des
produits islamiques7. La figure 3 montre l’évolution des actifs islamiques au niveau mondial

6
IFI : Institutions Financières Islamiques.
7
EL KHAMLICHI, A., op. cit., pp. 59-60.
6
FIGURE 3 : EVOLUTION DES ACTIFS ISLAMIQUES DANS LE MONDE

Source : Grant Thornton Cabinet, op, cit.. p.3.

iv. Sources du système financier islamique

La finance islamique peut être définie comme étant l’ensemble des activités
financières et commerciales qui honorent les principes du droit et de la jurisprudence
islamique, ou ce qu’on indique habituellement par le terme « Chari’a »8. L’attribut «
Islamique» représente naturellement le fait de puiser ses valeurs dans la mouvance de la
religion islamique, de respecter les principes et les interdits édictés par la loi religieuse, la
Chari’a. La finance islamique tire ses mécanismes et institutions des sources de droit
islamique, et nous avons par ordre d’importance

a. Le saint coran

Le texte sacré de l’Islam est la première source du droit musulman. Il rend compte du
message de Dieu, tel que relevé au prophète Muhammad (SWS). Notons que, le Coran
comprend trois grands ensembles : des textes de pure spiritualité (louanges de Dieu, évocation
de la fin du monde) des textes narratifs souvent d’inspiration biblique et ayant un rôle
d’édification ; et des textes normatifs qui énoncent des obligations d’ordre éthico-juridique.9

8
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque : quelles convergences ? et quelles
perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en Management et Finance d’Organisation N°4 Décembre 2016, p : 2.
9
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.2
7
ii. La sunna

La Sunna constitue l’ensemble de recueils retraçant la vie du prophète, ses paroles


ainsi que ses accords et désaccords sur les principes de la vie quotidienne. Les paroles du
prophète, aussi appelées « Sunna qawliya » 10
sont rapportés dans ce qu’on appelle les
hadiths.11 Ces hadiths nous apportent quantitativement un nombre d’enseignements12 bien
plus important.13

iii. Al-Ijmaâ

Pour les sunnites, le consensus général, en arabe « Al-Ijmaâ », est considéré comme
la troisième source du droit musulman. Lorsqu'un cas juridique se présente à une époque
donnée, et que tous les « Moujtahid » -Savants musulmans- s'accordent pour prononcer un
même avis le concernant, leur accord est appelé Ijmaa. Le jugement résultant ainsi de ce
consensus acquiert le statut de loi religieuse.14

iv. Al Qiyas
Cette technique consiste à affecter, sur la base d'une caractéristique sous-jacente commune,
la règle juridique d'un cas existant trouvée dans les textes du Coran, de la Sounna et/ou de l'Ijmaa à
un nouveau cas dont la règle juridique n'a pas pu être clairement identifiée. Ceci tout en restant
fidèle à l'esprit des sources traditionnelles du droit musulman.15

v. L'ijtihâd

La cinquième source de l’islam est « l’ijtihâd » qui signifie littéralement « effort de


réflexion ». Il s’agit de l’effort de réflexion que les juristes et les savants musulmans « Les

10
1 La Sunna qawliya, se distingue de « la sunna fi’liya », qui se rapporte à la manière dont se comportait le prophète
(SWS).
11
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.3.
12
Les Sahih dʼAl Boukhary et de Muslim, qui font référence, recueillent respectivement sept mille et neuf mille
Hadiths jugés comme authentiques (sahih) sur plus de trois cent mille recueillis. Les quatre Sunan dʼAl Sughra, Abu
Daoud, Al Tirmidhi et Ibn Majah en comptent chacun cinq mille.
13
MOATE, M., « La création d’un droit bancaire islamique », Thèse de doctorat, université de la Rochelle, 2011, p.18.
14
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.3
15
EL MEZOUARI, S., et LOTFI, M., BOUTHIR, Y. « La Finance Islamique au Maroc entre réticence de la demande
et perspectives de développement », Dossiers de Recherches en Economie et Gestion, Dossier Spécial, Juin 2013,
p.143.
8
Oulamas » entreprennent pour interpréter les textes de l’islam ou pour juger d’une action.

SECTION 2. DEFINITION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA


FINANCE ISLAMIQUE

1. Qu’est-ce que la finance islamique ?

Selon Mohammad Nejatullah Siddiqi : « la finance islamique est une économie fondée sur des
règles justes et équitables qui respectent les droits individuels tout en protégeant la société contre
toutes formes d’exploitation injuste ».

La finance islamique appartient à un concept plus large, l’économie islamique, une doctrine
économique, qui, comme toutes les autres doctrines (capitalisme, communisme, socialisme), diffère
par son propre système de valeurs. C’est ce système de valeurs, universelles à la fin, qui fait la
particularité de la finance islamique.

En effet, outre la nécessité de répondre aux exigences et aux contraintes réglementaires


exigées par les lois en vigueur (lois bancaires, sécurité financière, lois sur les sûretés…), les
institutions financières islamiques sont tenues de se conformer à des exigences et à des règles qui
trouvent leurs origines dans la loi musulmane ou charia. Ainsi, la finance islamique est, avant tout,
une finance éthique, qui privilégie un système de valeurs bâti sur la nécessité d’éviter ce qui est
interdit, sur un équilibre entre l’intérêt personnel et l’intérêt public, mais aussi sur les valeurs de
l’équité, la transparence, la sincérité… Ces valeurs sont d’une importance capitale et doivent se
refléter obligatoirement dans les actes et les transactions.

Au départ, la finance islamique se limitait au cadre des avis (fatwas) émanant de jurisconsultes
musulmans (cheikhs) spécialisés en la jurisprudence des transactions économiques (Fiqh Mu’amalat)
qui décrivaient ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Puis en deuxième phase, les écrits en la
matière étaient plutôt des critiques du système communiste et du système capitaliste. Ce n’est qu’au
troisième quart du siècle dernier qu’a commencé la cristallisation des fondements de la finance
islamique en tant que matière d’étude et en tant qu’industrie. À partir de ce moment-là, les efforts
des chercheurs en théologie et en économie se sont centrés sur la différenciation entre les aspects du
système financier traditionnel ne contredisant pas les préceptes de l’islam, afin de les retenir, et les
aspects qui constituent une violation de ces préceptes. Et ce, en application d’un principe
fondamental en vertu duquel la permission est la règle dans les transactions, l’interdiction étant une

9
exception. Ensuite, un travail a été fait pour définir la façon dont on peut répondre aux besoins
exprimés par les clients des institutions financières tout en respectant les principes fondamentaux de
la loi musulmane, ce qui a donné lieu à la naissance d’un ensemble d’instruments mais aussi
d’institutions. On a commencé, dès lors, à parler de système financier islamique et d’une philosophie
qui lui est propre, un système doté de principes, de valeurs, de mécanismes et d’institutions ayant
leur propre mode de fonctionnement. Ce sont, en fait, les banques islamiques qui ont ensuite
institutionnalisé les concepts de cette finance. Ne s’agissant pas d’un système divin, ce système est
dynamique et peut évoluer au diapason des mutations de l’environnement.

Les institutions financières islamiques incluent les banques islamiques, les compagnies d’assurance
islamique ou Takaful, les fonds d’investissement islamiques et les émetteurs de sukuks (l’équivalent
islamique des obligations). À la fin de l’année 2010, on comptait plus de 300 établissements
financiers islamiques répartis sur plus de 75 pays à travers le monde. Les actifs gérés dépassaient un
trillion de dollars. D’après une étude publiée par Ernst & Young, les banques au détail constituent le
principal véhicule de l’industrie financière islamique puisqu’elles gèrent 74 % des actifs financiers
islamiques, contre 10 % pour les émetteurs de sukuks, 10 % pour les banques d’investissement, 5 %
pour les fonds d’investissement et 1 % à peine pour les compagnies de Takaful.

Le système est également doté d’organes de contrôle et de régulation. C’est dans ce cadre
qu’opèrent les instances de contrôle charaïque ainsi que les différents organes de normalisation, de
standardisation, de formation, d’arbitrage, de notation, etc. En voici quelques exemples : l’AAOIFI
(Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), le CIBAFI (General
Council for Islamic Banks and Financial Institutions), l’IIRA (Islamic International Rating Agency)
ou l’IICRA (International Islamic Center for Reconciliation and Arbitration)

ii. Les principes fondamentaux de la finance islamique :

Les principes de la finance islamique constituent des règles de gouvernance des banques islamiques
et des jalons à leurs innovations financières16.

a. L'interdiction du taux d’intérêt (Le Riba)


Dans l’un des versets les plus cités du Coran évoquant la riba, une distinction est faite entre le gain
tiré d’une entreprise et le gain dérivé d’une pratique condamnée appelée riba. Riba est

16
TIJANI. O, « Eléments de l’Économie et de la finance islamique (Vers une théorie de la liberté limitée) », Cours S6,
Faculté Poly-disciplinaire de Larache – Maroc, 2012, p : 10
10
traditionnellement assimilée à l’usure comme le montre cette sourate du Coran :

« Ceux qui pratiquent de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que
comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : ‘le
commerce est tout à fait comme l’intérêt’ alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite
l’intérêt… » (S2 :275)Le terme riba est plus riche que le taux d’intérêt, il signifie tout surplus perçu
sans contrepartie à l’occasion d’un échange ; l’objet de l’échange ne se limite pas à la monnaie mais
inclut aussi les biens marchands. On distingue ainsi :

 Riba al-fadl (le riba de l’excès) : se produit lorsque des biens de riba sont échangés contre
des biens de même nature et dans des proportions différentes, au niveau du poids ou de la
valeur. Par exemple, échanger un kilogramme de bonne datte contre deux kilogrammes de
mauvaise datte relève de riba al-fadl.

 Riba an-nasi’a (le riba de délai) : lorsque les biens ne sont pas échangés
concomitamment, qui peut entraîner un riba de report se traduisant par l’augmentation du
prix dans le cas de la prorogation du terme.

Donc, Le terme Riba désigne, dans le droit musulman, tout avantage ou surplus perçu par l'un des
contractants sans aucune contrepartie acceptable et légitime du point de vue de la Sharia que si elle
vise à compenser quelque chose de légitime comme :

 La perte de valeur liée à l'usage d'un bien.

 L’effort fourni pour la réalisation d'un objet.

 Le travail accompli pour l'obtention d'un bien matériel et le risque engagé dans sa prise
en charge.

 L’interdiction du Riba semble être l’une des conséquences de l’égalitarisme recherché dans la loi
musulmane. Car cette prohibition est fondée sur la double affirmation que le temps appartient à
Dieu seul et ne peut être vendu, et que l’argent, en lui-même, n’est pas productif.

ii. L’interdiction du Gharar


Le Gharar peut être défini comme étant tout flou non négligeable au niveau d’un desbiens échangés
et/ou qui présente en soi un caractère hasardeux et incertain.17
17
EL MEZOUARI, S., et LOTFI, M., BOUTHIR, Y., art, cit., p.144.
11
Le mot Gharar évoque l’incertitude résultante d’une information volontairement ou involontairement
insuffisante. Ce terme recouvre des notions différentes : aléa, incertitude, hasard, spéculation…
Cette incertitude est souvent liée à la spéculation, qui consiste à tenter de prévoir le résultat futur
d’un événement.

Cependant les contrats aléatoires sont contraires à la morale islamique car cette situation génère une
ignorance quant aux gains et aux pertes des deux cocontractants, susceptible de causer un préjudice à
l’un ou à l’autre car on ne peut savoir, à l’origine, si le contrat est équilibré. Or un contrat ne doit
léser aucune partie. Comme le cas de :

 La vente de choses futures et les opérations qui contiennent une incertitude sur les
caractéristiques de l’objet du contrat.

 La vente qui porte sur une marchandise qui n'est pas déterminée de façon précise.

 La vente des articles dont l’existence ou les caractéristiques ne sont pas certaines.

iii. L’interdiction du Maysir

De la même manière, le Sharia interdit les transactions basées sur le Maysir. Le Maysir désigne toute
forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes dépend d'un événement aléatoire.
Cependant, la finance islamique exige que dans chaque contrat, il doit y avoir tous les termes
fondamentaux (tels que l’objet, le prix, les délais d’exécution et l’identité des parties) clairement
définis au jour de sa conclusion.

Donc, Le concept de maysir va au-delà des jeux de casino auxquels on peut penser spontanément : il
recouvre tout enrichissement injustifié moralement d’une partie au détriment d’une autre.

Le maysir est un terme arabe que l’on peut traduire par « pari ». Il se manifeste, par exemple, dans
les jeux de hasard, dans des configurations où la situation des parties prenantes dépend de la
réalisation d’un événement à la fois improbable et totalement incontrôlable.18

iv. L’obligation de partage des profits et des pertes (3P)

En interdisant l’intérêt, l’Islam cherche à établir une société juste et équitable. Alors qu’un prêt à

18
Virginie, M., « La finance islamique : Un nouveau pas vers une finance éthique ? », Annales des Mines - Gérer et
comprendre 2012/2 (N° 108), p.17
12
intérêt garantit au prêteur un retour fixe quel que soit le résultat de l’activité de l’emprunteur, il est
plus équitable d’établir un partage des profits et des pertes, ce qui revient à partager les rendements.
L’équité dans ce contexte se traduit dans une double dimension : la première est que le l’apporteur
en capital a le droit à une rémunération, la seconde est que celle-ci est dépendante et proportionnelle
à la prise de risque et à l’exercice de l’effort ; du coup, la rémunération est déterminée par le retour
sur investissement du projet considéré pour lequel les fonds ont été mis à disposition.

Le principe de partage des profits ou des pertes a été présenté comme une alternative à l’élimination
de la variable taux d’intérêt du processus de l’intermédiation financière bancaire. Les parties
prenantes à l’activité bancaire sont dans l’obligation de partager les risques et par conséquent les
profits ou les pertes et encourent ainsi un certain degré de risque afin de légitimer la rémunération
issue du projet d’investissement. En référence à ce principe, la finance islamique est appelée
également Finance Participative.19

v. La tangibilité de l’actif ou « L’Assette Backing »


La finance islamique est, dans tous les cas de figures, rattachée à l’économie réelle. Toutes les
transactions financières doivent être adossées à des actifs réels et échangeables. Ce principe,
conjugué avec celui de l’interdiction de l’incertitude excessive fait que, par exemple, les produits
dérivés soient prohibés.

Toute transaction financière islamique doit être obligatoirement adossée à un actif tangible réel et
matériel et surtout détenu. Ce principe de l'« Asset Backing » permet de renforcer la stabilité
économique et la maîtrise des risques. Le principe de la tangibilité des actifs est également une
manière d’inciter les investisseurs à s’engager dans l’économie réelle, et d’empêcher la déconnexion
observée entre les marchés financiers et l’économie réelle. Ceci permet de promouvoir la justice
sociale et l’équité ainsi que la liberté d’entreprendre.20

vi. L’interdiction des Investissements illicites


Aucune transaction financière ne doit être dirigée vers des secteurs non conformes à la Charia.
C’est l’interdiction des activités illicites distingue entre l’activité en soi et l’objet de l’activité.
19
ELMELKI, A., « Le Principe De Partage Des Profits Ou Des Pertes Dans Le Cadre Des Banques Islamiques :
Illustration Modélisée Des Contrats De Financement Participatifs Moudaraba Et Moucharaka », Global Journal of
Management and Business Research, Volume 11 Issue 11 Version 1.0 November , 2011, p.3.
20
EL MEZOUARI, S., et LOTFI, M., BOUTHIR, Y., art, cit., p.144.
13
Cependant, la liste des objets prohibés par la religion est particulièrement longue comme le cas de
vente d’animaux morts, de porc, d’alcool, jeux de hasard… Au surplus, certaines activités sont vues
comme illicites comme la production et la commercialisation des biens impurs, le jeu, la
spéculation….

Au-delà de ces interdictions religieuses, d’autres interdits résultent de la morale tel le cas
d’escroquerie, des contrats à objet irréalisable.

L’interdiction d’investir dans des activités interdites par l’Islam comme l’alcool, le tabac,
l’armement, la prostitution, le porc, les casinos, les jeux d’argents, ect…. Les produits financiers
islamiques représentent donc une classe d’actifs qui peut attirer les investisseurs à la recherche
d’investissements éthiques et socialement responsables.21

SECTION 3 : DIFFERENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE ET LA


FINANCE CONVENTIONNELLE

1. Les produits de la finance islamique

a. Les produits basés sur le principe de partage de profits etpertes(PPP)

i. La moucharaka (participation active)

« Moucharaka » est un partenariat (assimilée à une joint venture 22) entre plusieurs apporteurs de
fonds qui s’associent dans un projet. Les profits qui en découlent sont répartis suivant les modalités
prévues au contrat et les éventuelles pertes sont à la charge de chaque associé proportionnellement à

21
ELMELKI, A., art, cit., p.3.
22
Joint venture : ou coentreprise en français. C’est une filiale commune entre deux ou plusieurs entreprises dans
le cadre d'une coopération économique internationale (Définition de Larousse).
14
sa contribution. Les associés peuvent être « actifs » (participants dans la gestion du projet) ou «
passifs ».23

Les opérations de moucharaka sont de deux sortes :

 Moucharaka thabita : participation fixe ou permanente.

 Moucharaka moutanakissa : participation dégressive, qui donne lieu au profit de l'associé de


la banque, à une appropriation progressive du projet, après un prélèvement dans les conditions
déterminées par l'acte de participation, d'une part de bénéfices qui serait destinée à rembourser
les frais de financement avancés par la banque.

FIGURE 4: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOUCHARAKA

Source : JOUINI, E., et PASTRE, O., « Enjeux et opportunités du développement de La


finance islamique pour la place de paris», Paris Europlace, 2008, p. 33.

ii. La moudaraba (commandite)

« Moudaraba » est un contrat entre le propriétaire du capital (rabb al mal) et l’entrepreneur


(moudarib). Le premier confie son argent au deuxième, qui s’occupe de l’investir dans le cadre d’un
contrat prédéfini. Les bénéfices engendrés sont partagés entre les deux parties selon les termes du
contrat, tandis que la perte éventuelle est assumée par le propriétaire du capital (rabb al mal),
l'entrepreneur, lui aurai perdu son effort (sauf en cas de faute, négligence ou violation des conditions

23
TIJANI. O, op. cit., p. 13.

15
acceptées par la banque).24

Dans la pratique, nous distinguons deux catégories de Moudaraba selon la nature du projet
financé :

• Limitée (moudaraba al-muqayyada) : lorsque le contrat porte sur le financement d‘un projet
précis connu à l‘avance ;

• Illimitée (moudaraba al-mutlaqa): lorsque le commandité peut investir dans un ou plusieurs


projets de son choix en fonction des opportunités qui se présentent.

FIGURE 5: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOUDARABA

Source : JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit., p. 31.

ii. Les produits de financement par la dette


i. La Mourabaha (contrat de vente avec marge de bénéfice)

L’opération « Mourabaha » est définie comme étant tout contrat par lequel un établissement de
crédit achète, sur ordre d’un client, un bien meuble ou immeuble (matières premières, fournitures et
équipements) en vue de le lui revendre moyennant une marge bénéficiaire convenue d’avance, avec
échelonnement.

24
TIJANI. O, op, cit., p.13
16
FIGURE 6: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOURABAHA

Source : JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit., p. 35.

ii. Ijara/ Ijara waiqtina (crédit-bail/ Leasing)

Ce mode de financement concerne les biens sujets à dépréciation (matériel roulant, immobilier, etc.)
et l‘horizon de son application est le moyen terme (moins de 10 ans). Il consiste, pour l‘institution
financière islamique, à acheter le bien et le mettre à la disposition d‘un entrepreneur (client)
moyennant le paiement d‘un loyer périodique. La location peut être accompagnée d‘une option
d‘achat, dans ce cas le transfert de propriété se fait au terme des échéances de remboursement après
paiement de la différence entre le prix du bien et la somme des loyers versés. Le contrat doit
expressément mentionner, comme c‘est le cas en finance conventionnelle, le prix du bien, le délai de
location, le montant du loyer et les garanties exigées.

Lorsqu‘il s‘agit d‘un contrat « ijara waiqtina », le client peut lever son option d‘achat. Dans ce cas,
il paie exactement la différence entre les loyers versés et le prix du bien figurant sur le contrat et ce
afin d‘éviter toute augmentation illicite.25

FIGURE 7: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE L’IJARA

25
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., « Etude comparative du coût de crédit entre la finance islamique
et la finance conventionnelle dans le contexte marocain », International Journal of Innovation and Scientific Research,
Vol. 20 No. 1, Jan. 2016, p. 95.
17
Source : JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit., p. 36.

iii. Bai’salam (livraison différée) et Bai’muajjal (paiement différé)

« Bai’salam, » est une transaction dans laquelle l’acheteur paie à l’avance le prix
contre une promesse de livraison à une date future d‘un bien dont les spécifications sont
clairement déterminées au moment de la vente. Cette opération de vente à livraison différée
constitue un mode de financement pour les opérations agricoles ou d‘import/export. Afin de
limiter son exposition au risque, la banque n‘achète à terme que les biens pour lesquels elle
dispose d‘une promesse préalable d‘achat par son client.

A la différence de la technique précédente, le « Bai’muajjal » est une transaction


commerciale spot dont le paiement est échelonné dans le temps sans que cela engendre des
frais supplémentaires pour l‘acheteur.26

iv. Istisna’a (contrat d’entreprise)

« L’Istisna’a » est un contrat d’entreprise en vertu duquel une partie


(Moustasni’i) demande à une autre (Sani’i) de lui fabriquer ou construire un ouvrage
moyennant une rémunération payable d’avance, de manière fractionnée ou à terme. La
majorité des juristes considèrent l’Istisna’a une variante qui s’apparente au contrat Salam à la
différence que l’objet de la transaction porte sur la livraison, non pas de marchandises
achetées en l’état, mais de produits finis ayant subi un processus de transformation.27

iii. Le financement non-marchand

Le financement non-marchand est basé sur des formules à caractère social, motivées
par la logique de bienfaisance et de solidarité.

i. La zakat

Est une obligation formelle pour chaque musulman, cependant elle n’est exigible que
sous deux conditions et est versée à des catégories précises de la population (huit catégories

26
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., art, cit., pp. 95 et 96.
27
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque : quelles convergences ? et
quelles perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en Management et Finance d’Organisation N°4
Décembre 2016, [Link] à la collecte et l’emploi de la zakat, qui ne peut en aucun cas remplacer l’impôt
18
mentionnées explicitement dans le verset ci-après). Rappelons que certains pays
musulmans

Les Sadaqats (la zakat) ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y
travaillent, ceux dont les coeurs sont à gagner (à l'Islam), l'affranchissement des jougs, ceux
qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah, et pour le voyageur (en détresse). C'est
un décret d'Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage. (Sourate Attawba ; verset 60).28

ii. Al qard al hassan

Est le prêt gracieux. Il peut être octroyé par la banque islamique dans le cadre du rôle social
qu’elle est invitée à jouer. Cependant la banque consenti ce genre de crédit après avoir pris
suffisamment de garantis.29

iv. Autres instruments de l’écosystème

a. Les sukuk ou l’obligation islamique

L’AAOIFI30 définit les Sukuk comme étant des titres de copropriété représentatifs d'un actif
tangible. Plus simplement, les « Sukuk » (Saak au singulier) sont des titres dont le rendement
est lié à la performance d'un actif sous-jacent. Les Sukuk d’investissement sont des titres
financiers hybrides négociables dont la rémunération et, le cas échéant, le principal, sont
indexés sur la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacents détenus directement ou
indirectement par l’émetteur. Leur porteur bénéficie d’un droit assimilé à un droit de
copropriété sur ce ou ces actifs. Le ou les actifs concernés peuvent être des services, biens ou
droits ou l’usufruit de ces biens ou droits. Au contraire des détenteurs d’obligations
traditionnelles qui possèdent des titres de créances, les « Sukuk » représentent une
participation dans des actifs corporels.31

ii. Types de sukuk


28
30 TIJANI. O, op, cit., p : 14.
29 31
TIJANI. O, op, cit., p : 15.
30
L'AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), est un organisme
islamique international basé à Bahreïn, autonome et sans but lucratif, qui fixe les règles de la finance islamique
applicables à la comptabilité, l’audit, la gouvernance, la déontologie et les règles de la Shari’ah applicables aux
établissements financiers islamiques.
31
Al-Khawarizmi Group, « Les Sukuks, une nouvelle alternative de financement pour le Maroc », 2012.

19
Selon l’AAOIFI, il existe à ce jour un peu moins d’une quinzaine de types de sukuk. Leur
caractère sharia compatible a été admis par le Sharia-Board de l'AAOIFI, qui est constitué
d’experts de différentes régions du monde et dans les diverses écoles de droit musulman.

Les avis émis par ce Sharia-Board sont souvent fondés sur les résolutions prises par
l'Académie Internationale de Fiqh (organe de l’OCI32), qui réunit également des experts
contemporains des différentes écoles de droit musulman. Il est à noter que ces normes de
l'AAOIFI constituent une référence pour les institutions de finance islamique qui opèrent en
Afrique dans des pays où l’application du rite Malékite prédomine. Aujourd’hui, la tendance
internationale semble s’orienter vers la conformité aux standards de l’AAOIFI33.

Les trois types de sukuk les plus courants en termes de volume d’émission sont cités

dans la figure 8 ci-dessous :

FIGURE 8: TYPES DE SUKUK LES PLUS COURANTS

Sukuk Al Ijara Sukuk Al Mousharaka Sukuk Al Mourabaha

Sont des structures de cession- Sont dérivés du terme C’est un accord


bail qui utilisent les revenus « Shirkah », qui signifie contractuel, selon lequel
issus d’un actifsous-jacent partenariat; tous les unétablissement financier
(comme un bien partenaires apportent du achète un bien ou un
immobilier)pour capital et de la main- d’œuvre investissement, puis le
rémunérerles et se partagent les bénéfices vend à un client en différé
investisseurs. selon un ratio prédéfini ou sur à un prix majoré.
une base dégressive. Les
pertes sont en
32 revancheréparties
OCI : Organisation de la Coopérationproportionnellement
Islamique. au
capital apporté.
33
Centre Déontologique des Valeurs Mobilières -CDVM-, « Sukuk : Quel potentiel pour de développement du
Maroc », 2013, p. 22.
20
Source : Adapté à partir de Mohieddine Kronfol, « Les Sukuk : une classe d’actifs qui se
démocratise », Franklin Templeton Investments, 2014.

Les deux types d’émetteur de sukuk sont :

- Souverain (émis par un Etat) ;

- Corporate (émis par une société).34


ii. Evolution du marché des sukuk

Le marché des Sukuk a connu ses dernières années une croissance fulgurante comme
le montre la figure 9 en passant de moins de 0.72 milliards en 1996 à 137,14 milliards de
dollars américains en 2012. Puis, il a chuté vers 113,70 milliards en 2014.

FIGURE 9: EMISSIONS MONDIALES DES SUKUK EN MILLIARDS DE DOLLARS (1996-2014)

Source: ARCHER, S., and RIFAAT, A.A., «Islamic capital markets and

34
Centre Déontologique des Valeurs Mobilières –CDVM, op, cit., p. 26.
21
products», John Wiley & Sons Inc, 2017.

Vers la fin de 2015, la Malaisie a dominé le marché d’émission des sukuk (57 % du marché
mondial), suivie de l’Arabie Saoudite (16 %), Les Émirats arabes unis (6 %), l’Indonesie (6 %) et la
Qatar (4 %). Un reste de 11 % est distribué sur l’ensemble des pays dont l’émission des sukuk a été
effectuée (Figure 10).

FIGURE 10: VENTILATION DES SUKUK EMIS PAR PAYS (31 DECEMBRE 2015)

Source: ARCHER, S., and RIFAAT, A.A., «Islamic capital markets and
products», John Wiley & Sons Inc, 2017.

iii. Différence entre la finance islamique et la finance conventionnelle :

a. Les différences au niveau des principes de fonctionnement :


L’analyse des principes de fonctionnement met en évidence les divergences au niveau :

ii. De l’intérêt :

 La religion islamique rejette les notions d’usure et d’intérêt, la « riba ». Ainsi les banques
islamiques ne peuvent consentir de prêts engendrant des intérêts. En ce sens, le système
bancaire islamique et donc totalement opposé au système bancaire classique puisque ce
dernier repose essentiellement sur le paiement d’intérêts débiteurs et créditeurs.

iii. Du partage du risque :

22
 Le partage du risque est la particularité la plus importante du système bancaire islamique. Il
constitue l’une des divergences les plus flagrantes par rapport au système bancaire
traditionnel.

iv. De la productivité et la solvabilité :

 Lorsqu’il est question de prêt, le système bancaire classique attache une importance toute
particulière à la solvabilité de l’emprunteur et met l’accent sur l’échéance du remboursement
de la somme prêtée et des intérêts.

Le système bancaire islamique diffère par le fait que l’accent est porté sur la productivité et
non sur la solvabilité de l’emprunteur. La banque islamique étant donné le partage des profits
et des dettes s’intéresse d’avantage à la viabilité des projets et aux capacités de
l’entrepreneur.

Le système financier islamique est de ce fait plus « humain », puisqu’il attache beaucoup
d’importance aux entrepreneurs et s’intéresse d’avantage à leurs projets.

v. Du risque moral : 

Contrairement aux banques classiques, les banques islamiques attachent une très grande
importance aux implications morales des activités qu’elles financent. En effet, les banques
islamiques doivent se soumettre aux valeurs de l’Islam. Ainsi, elles ne pourront par exemple
pas financer les projets ayant attrait à l’alcool, au gain d’argent, au tabac, etc.

vi. Les différences au niveau de gestion des opérations bancaires :


vii. Gestion du compte courant :

Dans la banque classique :

Lorsque la banque classique octroie un prêt, elle le transfert sur le compte courant de son
client. Ce prêt produit des intérêts.

Dans la banque islamique :

Lorsque qu’un client sollicite la banque islamique pour l’acquisition d’un bien, le compte
courant du client ne reçoit pas de l’argent. La banque verse l’argent au fournisseur pour
l’achat du bien et le revend à terme au client. Donc la rémunération de la banque est

23
constituée de la marge sur la vente du bien.

Dans le cas où le client souhaite, de la banque, un prêt pour une cause urgente (mariage,
décès), la banque passe par un compte spécial. La banque ne prélève pas d’intérêt sur le prêt.

viii. Gestion du compte d’investissement :

Dans la banque islamique :

Les fonds déposés dans le compte d’investissement sont gérés par la banque en contrepartie
de frais de gestion qui peuvent être, soit des profits, soit des pertes. Les dépositaires n’ont
aucun droit de regard sur la gestion de leurs comptes.

La durée des dépôts varie entre 1 mois et 5 ans. Si le détenteur du compte se retire avant la fin
de l’échéance il partage les pertes, mais pas les profits que les fonds ont pu générer.

Ni le capital ni le taux de rendement ne sont garantis.

Dans la banque classique :

Dans la banque classique, il n’existe pas d’équivalent aux comptes « PSIA ». Cependant, il
est à noter que dans tout compte traditionnel le capital est supposé être garanti. La banque
doit donc pouvoir rembourser une partie du capital de tous ses déposants à tout moment. Ce
qui n’est pas le cas des comptes « PSIA ».

ix. Gestion du compte d’épargne :

Dans la banque islamique :

Dans la banque islamique, le compte d’épargne ne génère pas d’intérêt, titulaire du compte
peut percevoir des profits, et le capital est garanti mais il est versé après prélèvement de la
« zakat ».

Dans la banque classique :

24
Dans la banque classique, le compte d’épargne génère un intérêt dont le taux d’intérêt fixe
est connu d’avance.

x. Les courants de pensée :

Dans la Grèce antique, Aristote (384, m.322 av. J.C.) qualifie la pratique du prêt à intérêt
de détestable car elle consiste à créer de la monnaie à partir d'elle-même, alors que la
monnaie a été créée pour l'échange, non pour se servir elle-même.

« … Ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la pratique du prêt à intérêt parce
que le gain qu'on en retire provient de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin
qui a présidé la création. Car la monnaie a été inventée en vue de l'échange, tandis que
l'intérêt multiplie la quantité de monnaie elle-même. C'est même là l'origine du mot
intérêt : car les êtres engendrés ressemblent à leurs parents, et l'intérêt est une monnaie
née d'une monnaie. » (Aristote, Politique, Livre I, 10. Traduction par J. Tricot.)

De nombreux intellectuels ont de leur côté fustigé l'usure, le prêt à intérêt, en argumentant
que celui-ci dissuade l'investissement dans ce qui n'est pas directement et certainement
rentable, même si cet investissement a une importance sociale (développement des
infrastructures, éducation, etc.). L'économiste et philosophe Adam Smith (1723, m.1790 ap.
J.C.) estima pour sa part que par l'usure "le capital est au risque de l'emprunteur qui est
comme l'assureur de celui qui prête". On voit très nettement apparaitre ici cette inversion
qui amène celui qui a besoin à devenir l'assureur de celui qui possède.

Les penseurs et théoriciens socialistes ont également développé la critique en


argumentant que l'usurier (celui qui prête) reçoit des revenus sans fournir aucun travail, ce qui
apparaissait à leurs yeux comme une injustice particulière.

CONCLUSION 

Après avoir discuté du développement historique, de la performance et des sources de


la finance islamique, ainsi que de sa définition et de ses principes, il est clair que la finance
islamique est un système financier alternatif unique et en pleine croissance. Il fonctionne sur
la base de principes de justice, d’équité et de transparence, offrant des avantages tels que la

25
diversification des sources de financement, la stabilité financière et l’investissement éthique.
Il est important de noter que la finance islamique peut jouer un rôle dans la promotion du
développement économique et de l’investissement responsable. Les différences entre la
finance islamique et la finance conventionnelle résident dans les produits et les instruments
utilisés, la finance islamique offrant des alternatives conformes à la charia. Dans l’ensemble,
la finance islamique offre une avenue prometteuse pour ceux qui cherchent à opérer dans un
système financier plus éthique et équitable.

26
27
INTRODUCTION

Ce chapitre vise à explorer ces enjeux afin de mieux comprendre les défis auxquels la
finance islamique est confrontée et les opportunités qu'elle peut offrir. Plus précisément, nous
examinerons la place de la finance islamique dans le système financier mondial, en nous
interrogeant sur son intégration et son interaction avec les autres systèmes financiers existants.
Nous explorerons également les opportunités et les défis que la finance islamique présente pour
les pays musulmans et non musulmans, en mettant en évidence les implications économiques,
sociales et commerciales de cette forme de finance. Enfin, nous aborderons les enjeux de la
régulation de la finance islamique, soulignant l'importance de cadres réglementaires adaptés pour
assurer la stabilité et l'intégrité de cette industrie. Cette analyse approfondie des enjeux de la
finance islamique nous permettra de mieux appréhender sa dynamique et son rôle potentiel dans
l'économie mondiale.

SECTION 1 : LA PLACE DE LA FINANCE ISLAMIQUE DANS LE


SYSTEME FINANCIER MONDIAL

La finance islamique est une composante relativement nouvelle du système financier mondial, mais
elle connaît une croissance rapide depuis les années 2000. Selon certaines estimations, l'industrie de
la finance islamique représente actuellement environ 2 % du système financier mondial, avec des
actifs dépassant les 2 billions de dollars.

La finance islamique est présente dans de nombreux pays musulmans et non-musulmans, notamment
en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les centres financiers majeurs tels que Londres et
New York ont également commencé à offrir des produits financiers conformes à la charia pour
répondre à la demande croissante des investisseurs.

Cependant, la finance islamique doit encore relever certains défis pour s'intégrer pleinement dans le
système financier mondial. Par exemple, il peut y avoir des obstacles réglementaires et juridiques
pour l'expansion transfrontalière de l'industrie. De plus, il peut y avoir un manque d'harmonisation
entre les normes comptables et réglementaires internationales et celles qui sont spécifiques à la
finance islamique.

28
1. Présentation générale des pays les plus actifs en matière de la finance
islamique

a. Données par pays :


D’après un rapport récent du Senat, environ 40% des actifs à caractère islamique seraient
portés par les banques conventionnelles. La finance islamique s’intègre’ ainsi peu à peu dans
l’économie mondiale et, notamment, en Grande-Bretagne, États-Unis, en suisse et aussi en
France. La banque mondiale, par l’intermédiaire de la société de financement internationale,
participe à la création de banques islamiques.

Les grandes banques internationales (HSBC, deutsche Bank, Citigroup) s’y intéressent de près
: c’est ainsi qu’une vingtaine d’établissements ont , par l’intermédiaire de filiale, une offre
islamique. C’est le cas, par exemple, de HSBC ou de Lloyds TSB qui a ouvert le premier
compte, étudiant islamique en 2006. 35

Tableau : dix principaux pays de pratique de la finance islamique

35
Ch7. Les banques et la finance islamique , François Guéranger, dans Finance islamique (2009), p 197 à 216
29
Ces chiffres montrent une avance de Iran qui s’explique par l’importance de la population
et l’islamisation de l’économie à partir de la révolution de 1979. La Malaisie était en avance et
maintenant devenue le leader grâce à la qualité de ses jurisconsultes. En effet ces juristes sont à
l’origine des innovations les plus marquantes en matières des produits financières.

La zone du golf est très dynamique et la concurrence est très forte entre les différents pays.

Le Royaume uni le leader occidental est souvent pris en exemple dans la mesure ou la place
londonienne est la première place européenne en finance islamique, Ce développement est fait à
partir des concept Common Law de l‘expression d’une forte demande émanant de la population
musulmane immigrée pour gérer sur place son épargne. Auparavant déposés sur des comptes
bancaires localisés dans différents pays d’origine.

ii. Données par banques :


La part des banques purement islamiques dans le système bancaire est de :

SECTION 2 : LES OPPORTUNITÉS ET LES DEFIS DE LA PINANCE


ISLAMIQUE POUR LES PAYS MUSULMANS ET NON MUSULMANS

1. Opportunités pour les pays musulmans

30
a. Croissance et diversification économiques
La finance islamique a le potentiel de stimuler la croissance économique et la
diversification dans les pays musulmans. Avec un taux de croissance annuel de 15 à 20%, la finance
islamique gère actuellement des actifs d’une valeur d’environ 700 milliards de dollars dans le
monde. L’expansion rapide du secteur peut contribuer au développement global des pays musulmans
en offrant de nouvelles opportunités d’investissement et en favorisant l’inclusion financière.

ii. Attirer les investissements étrangers


La finance islamique peut aider à attirer les investissements étrangers, en particulier des
pays riches du Golfe, dans les pays musulmans. Par exemple, la France a adopté des mesures fiscales
en 2008 pour rendre le pays plus attrayant pour les investisseurs islamiques, ouvrant ainsi la
possibilité aux investisseurs du Golfe de diversifier leurs portefeuilles. De même, le Royaume-Uni a
pris des mesures pour travailler avec les fonds islamiques, bénéficiant de la richesse pétrolière des
pays du Golfe.

iii. Promouvoir l’inclusion financière


La finance islamique peut promouvoir l’inclusion financière de la population musulmane
en offrant des produits et services financiers conformes à la charia. Une enquête menée par Aidimm
et le cabinet de conseil Ifaas a montré que plus de 55% des musulmans français étaient intéressés par
des services bancaires compatibles avec leurs convictions religieuses ou éthiques. En répondant aux
besoins de ce marché mal desservi, la finance islamique peut aider à promouvoir l’inclusion
financière et la cohésion sociale.

iv. Opportunités pour les pays non musulmans

a. Accès à de nouveaux marchés


À mesure que la finance islamique devient plus populaire, les pays non musulmans peuvent
bénéficier d’un accès à de nouveaux marchés et à de nouvelles opportunités d’investissement. En
offrant des produits et services financiers conformes à la charia, les pays non musulmans peuvent
exploiter la demande croissante d’investissements éthiques et répondre aux besoins de la population
musulmane croissante dans le monde entier.

ii. Renforcer la coopération économique


La finance islamique peut promouvoir la coopération économique entre les pays
musulmans et non musulmans. En adoptant des mesures pour faciliter la finance islamique, les pays
non musulmans peuvent favoriser des liens commerciaux et d’investissement plus forts avec les pays

31
musulmans, conduisant à une collaboration économique accrue et à des avantages mutuels.

iii. Promouvoir la finance éthique


L’accent mis par la finance islamique sur les investissements éthiques et le partage des
bénéfices peut aider à promouvoir la finance éthique dans les pays non musulmans. En adoptant des
éléments de la finance islamique, tels que l’interdiction de l’usure et des activités spéculatives, les
pays non musulmans peuvent encourager des pratiques financières plus responsables et durables.

iv. Défis pour les pays musulmans

a. Cadres réglementaires et juridiques


L’un des principaux défis auxquels est confrontée la finance islamique dans les pays
musulmans est l’absence de cadres réglementaires et juridiques complets. Alors que certains pays,
comme la Malaisie et Bahreïn, ont fait des progrès significatifs dans l’élaboration de réglementations
conformes à la charia, d’autres sont encore à la traîne. Des cadres réglementaires incohérents
peuvent entraver la croissance et le développement de la finance islamique dans ces pays.

ii. Manque de normalisation


Un autre défi auquel est confrontée la finance islamique est le manque de normalisation
dans les interprétations et les pratiques de la charia. Bien qu’il y ait des efforts pour développer des
normes mondiales de la charia, tels que l’Organisation de comptabilité et d’audit pour les institutions
financières islamiques (AAOIFI) et le Conseil des services financiers islamiques (IFSB), les
différences d’interprétation peuvent créer de la confusion et entraver la croissance de la finance
islamique.

iii. Offre de produits limitée


La gamme limitée de produits et services financiers islamiques peut également poser des
défis aux pays musulmans. Bien que le secteur ait progressé ces dernières années, il existe toujours
un besoin d’offres de produits plus innovantes et diversifiées pour répondre aux besoins variés de la
population musulmane.

iv. Défis pour les pays non musulmans

a. Obstacles juridiques et réglementaires


Les pays non musulmans peuvent faire face à des obstacles juridiques et réglementaires
lorsqu’ils tentent d’intégrer la finance islamique dans leurs systèmes financiers. Par exemple,
l’introduction de produits financiers islamiques peut nécessiter des modifications des lois et

32
règlements existants, tels que l’introduction de structures fiduciaires ou la modification des lois
fiscales pour tenir compte des transactions conformes à la charia.

ii. Manque de sensibilisation et de compréhension


Un manque de sensibilisation et de compréhension des principes de la finance islamique
parmi les populations non musulmanes peut entraver la croissance du secteur dans les pays non
musulmans. Ce manque de connaissances peut conduire à des idées fausses et à une réticence à
adopter des produits et services financiers islamiques, limitant ainsi le potentiel de croissance du
secteur.

iii. Concurrence avec la finance conventionnelle


La finance islamique est confrontée à la concurrence de systèmes financiers conventionnels
bien établis dans les pays non musulmans. La domination de la finance conventionnelle peut rendre
difficile pour la finance islamique de prendre pied et d’attirer des clients, en particulier dans les pays
où la population musulmane est relativement petite.

SECTION 3 : LES ENJEUX DE LA REGULATION DE LA FINANCE


ISLAMIQUE

1. Enjeux réglementaires

Alors que la finance islamique continue de se développer, les défis réglementaires sont devenus plus
apparents. Ces défis peuvent être classés en plusieurs domaines :

a. Harmonisation des normes


Il y a un manque de cadres réglementaires normalisés pour la finance islamique dans différentes
juridictions. Ce manque d’harmonisation peut entraîner de la confusion et des incohérences dans
l’application des principes de la charia dans divers pays

ii. Développement d’instruments conformes à la charia


Le développement d’instruments financiers conformes à la charia est essentiel pour la croissance de
l’industrie de la finance islamique. Cependant, la création de produits financiers innovants qui
adhèrent aux principes de la charia peut être difficile en raison de la nature complexe de la loi
islamique.

iii. Renforcement des capacités


Il y a une pénurie de professionnels qualifiés dans l’industrie de la finance islamique, en particulier
ceux qui ont une expertise dans la charia et la finance islamique. Cette pénurie peut entraver

33
l’élaboration et la mise en œuvre de cadres réglementaires et la création de nouveaux produits
financiers.

iv. Solutions face aux enjeux règlementaires

a. Renforcer la coopération entre les régulateurs


Une plus grande coopération entre les régulateurs de différentes juridictions peut aider à
harmoniser les cadres réglementaires et les normes de la finance islamique. Cette collaboration peut
être réalisée grâce au partage des connaissances et des expériences, ainsi qu’à l’élaboration
d’initiatives conjointes pour le renforcement des capacités.

ii. Améliorer l’éducation et la formation


Investir dans des programmes d’éducation et de formation pour les professionnels de l’industrie de
la finance islamique peut aider à combler le fossé de l’expertise. Cet investissement peut inclure
l’élaboration de cours spécialisés, d’ateliers et de séminaires pour améliorer la compréhension des
principes de la charia et leur application dans les transactions financières.

iii. Promotion de la recherche et du développement


La promotion de la recherche et du développement dans la finance islamique peut conduire à la
création de produits financiers innovants conformes à la charia qui répondent aux besoins de la
population musulmane. Cette recherche peut être soutenue par des partenariats entre des
établissements universitaires, des institutions financières et des organismes de réglementation.

iv. Le rôle des organisations internationales

Les organisations internationales, telles que le Conseil islamique des services financiers (IFSB) et
l’Organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques (AAOIFI), jouent un
rôle crucial dans la résolution des défis réglementaires dans la finance islamique. Ces organisations
élaborent des normes et des lignes directrices qui peuvent être adoptées par les pays pour assurer le
bon fonctionnement de l’industrie de la finance islamique.

a. Le Conseil islamique des services financiers (IFSB)


L’IFSB est une organisation internationale de normalisation qui vise à promouvoir la croissance
saine et stable du secteur des services financiers islamiques. Il élabore des normes prudentielles et
des principes directeurs pour la supervision et la réglementation efficaces des institutions financières
islamiques.

34
ii. L’Organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques
(AAOIFI)

L’AAOIFI est une organisation internationale qui élabore des normes de comptabilité,
d’audit, de gouvernance et d’éthique pour les institutions financières islamiques. Ces normes
visent à améliorer la transparence et la fiabilité de l’information financière dans le secteur de
la finance islamique.

CONCLUSION :

En conclusion, ce chapitre met en évidence les enjeux importants liés à la finance islamique,
notamment sa place au sein du système financier mondial, les opportunités qu'elle offre ainsi que les
défis auxquels elle est confrontée. En explorant ces aspects, nous avons pu prendre conscience de
l'importance croissante de la finance islamique et de son potentiel à répondre aux besoins financiers
conformes aux principes de l'Islam. Il est essentiel de continuer à étudier et à comprendre ces enjeux
afin de favoriser le développement et la régulation appropriée de la finance islamique à l'échelle
internationale

35
CHAPITRE III : LES
PERSPECTIVES DE LA
FINANCE ISLAMIQUE

36
INTRODUCTION

Ce chapitre se penche sur les perspectives de la finance islamique, en examinant les


tendances actuelles et futures de cette forme de finance dans le monde. Nous explorerons
également les perspectives de développement de la finance islamique dans différents secteurs
économiques, ainsi que la concurrence qui existe entre la finance islamique et la finance
conventionnelle. Cette analyse approfondie nous permettra de mieux appréhender les
opportunités et les défis auxquels fait face la finance islamique dans un contexte économique
en évolution constante.

SECTION 1 : LES TANDANCES ACTUELLES ET FUTURES DE LA


FINANCE ISLAMIQUE DANS LE MONDE

1. Panorama de la finance islamique et de son état actuel


La finance islamique est un système financier qui repose sur les principes de la loi coranique,
qui interdit notamment l'intérêt et l'incertitude dans les transactions financières [1]. Bien que
ce système financier soit basé sur des fondements religieux, il est devenu de plus en plus
populaire dans le monde entier en raison de sa croissance rapide et de son potentiel de
développement [2]. En effet, le marché de la finance islamique connaît une croissance rapide,
avec des investissements importants dans des secteurs halal et des infrastructures [3]. En
2022, les actifs de l'industrie de la finance islamique ont augmenté de 9,4 %, atteignant 12,2
% en 2021 [4].

Les principaux acteurs de l'industrie de la finance islamique sont les banques islamiques, les
institutions financières islamiques, les fonds d'investissement islamiques et les compagnies
d'assurance islamiques [5]. Les banques islamiques sont le plus grand segment de l'industrie
de la finance islamique [3]. En outre, la finance islamique est en train de se développer dans
de nombreux pays, notamment en Malaisie, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, en
Iran et en Turquie [6].

La finance islamique est un marché en constante évolution. Les tendances actuelles de


l'industrie incluent la croissance rapide des actifs, l'expansion géographique de l'industrie et
l'adoption de pratiques durables [2]. Bien que la finance islamique représente actuellement

37
une petite partie du marché financier mondial, elle a le potentiel de devenir un acteur majeur
dans le secteur financier mondial dans les années à venir [7].

ii. Tendances de la finance islamique

La finance islamique a été à la pointe de l'innovation financière, avec des contrats légaux
pour des activités qui sont propres à la finance islamique [6]. Le développement constant de
la technologie dans le secteur des services a conduit à l'intégration de la technologie et de
l'innovation dans la finance islamique, ce qui a permis une plus grande efficacité et
accessibilité [8]. La pandémie de COVID-19 a encore accéléré le besoin d'innovation
technologique dans la finance islamique, car elle pose de nouveaux défis qui nécessitent des
solutions innovantes [9]. En conséquence, l'avenir de la finance islamique sera probablement
façonné par l'intégration de la technologie et de l'innovation, qui continuera de stimuler la
croissance et le développement de l'industrie.

L'expansion de la finance islamique dans les pays non musulmans est une autre tendance
susceptible de façonner l'avenir de l'industrie. Alors que la finance islamique a été développée
à l'origine pour les communautés musulmanes, elle a de plus en plus gagné du terrain dans les
pays non musulmans, où elle est considérée comme une alternative à la finance
conventionnelle [7]. Les non-musulmans sont attirés par l'accent mis par la finance islamique
sur des normes plus élevées d'éthique et de responsabilité sociale [6]. De plus, la finance
islamique contribue à la bancarisation de la population musulmane, non seulement dans les
pays arabes mais aussi dans d'autres parties du monde [10]. Par conséquent, l'expansion de la
finance islamique dans les pays non musulmans devrait continuer à croître à l'avenir.

La tendance à l'investissement socialement responsable (ISR) et à la durabilité devrait


également façonner l'avenir de la finance islamique. L'intégration de l'ISR dans la finance
islamique a pris de l'ampleur ces dernières années [11]. L'objectif est d'encourager
l'intégration de pratiques socialement responsables dans le processus d'investissement, ce qui
s'aligne sur l'accent mis par la finance islamique sur l'investissement éthique et socialement
responsable [12]. En conséquence, l'avenir de la finance islamique sera probablement façonné
par une concentration accrue sur la durabilité et l'investissement socialement responsable, ce
qui renforcera encore l'attrait du secteur pour les investisseurs [2]. Cependant, la

38
compatibilité de l'investissement islamique avec les pratiques ISR et le prix à payer pour être
à la fois compatible avec la charia et socialement responsable reste un sujet de discussion
parmi les universitaires [13].

iii. Avenir de la finance islamique

L'industrie de la finance islamique a connu une croissance importante ces dernières années et
devrait poursuivre son expansion à l'avenir. Selon des rapports récents, les actifs de l'industrie
ont augmenté de 9,4 % en 2022, contre 12,2 % en 2021, indiquant son potentiel de croissance
et d'expansion supplémentaires [4]. Cette croissance a été tirée par une augmentation du
nombre d'institutions financières islamiques et une expansion géographique, en particulier en
Asie et en Afrique [5]. En conséquence, l'avenir de la finance islamique semble prometteur,
les experts prédisant une performance mondiale continue dans les années à venir [14].

L'intégration de la finance islamique à la finance conventionnelle a également été une


tendance ces dernières années, de nombreuses institutions financières proposant à la fois des
produits conventionnels et islamiques. Cette intégration a contribué à accroître la visibilité et
l'acceptation de la finance islamique dans le système financier mondial [10]. Cependant,
l'industrie est toujours confrontée à des défis, tels qu'un manque de normalisation et de
réglementation, qui limitent son potentiel de croissance [10]. Néanmoins, la finance
islamique a été reconnue comme une solution potentielle aux problèmes éthiques et moraux
qui ont surgi dans la finance conventionnelle [15]. Les contrats juridiques uniques et
l'innovation financière de l'industrie ont également contribué à sa croissance et à son potentiel
d'expansion [6].

Malgré les défis auxquels est confrontée l'industrie de la finance islamique, elle a le potentiel
de jouer un rôle important dans le système financier mondial. La finance islamique a été
reconnue pour ses contributions au système financier et son potentiel à résoudre les
problèmes qui ont conduit à la crise financière de 2008 [16]. Cependant, il existe encore des
risques associés à la commercialisation des produits financiers islamiques, qui doivent être
traités par les banques et les institutions financières [15]. Avec une activité internationale
importante ces dernières années, y compris l'émission de titres islamiques, l'industrie est prête
à poursuivre sa croissance et son expansion à l'avenir [6]. Dans l'ensemble, l'avenir de la

39
finance islamique semble prometteur, avec son potentiel de croissance et d'expansion, son
intégration avec la finance conventionnelle et ses contributions au système financier mondial.

SECTION 2 : LES PERSPECTIVE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE


ISLAMIQUE DANS LES DIFFÉRENTS SECTEURS ÉCONOMIQUES

1. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur


bancaire

Le secteur bancaire est l'un des domaines où la finance islamique a connu une croissance
significative ces dernières années. Les banques islamiques appliquent les principes de la
finance islamique, qui interdisent l'intérêt (riba) et encouragent le partage des risques et des
profits (mudaraba). Ces principes sont conformes aux valeurs éthiques et religieuses de
l'islam [1]. L'État joue également un rôle important dans la promotion de l'économie
islamique et la croissance de la finance islamique dans le secteur bancaire [2]. Cette
croissance est appelée à se poursuivre dans les années à venir, selon la Société islamique pour
le développement du secteur privé [3].

La finance islamique dans le secteur bancaire mondial a connu une croissance rapide ces
dernières années. Les émissions de titres islamiques, sous forme de sukuk, ont augmenté
considérablement [4]. La finance islamique a également connu une croissance rapide dans les
pays non musulmans, tels que le Royaume-Uni et les États-Unis [4]. Cette croissance offre de
nouvelles opportunités pour les banques islamiques, qui peuvent étendre leur portée à
l'échelle mondiale. Toutefois, les banques islamiques doivent également faire face à des défis
tels que la concurrence et la réglementation [5].

Les défis et opportunités de la finance islamique dans le secteur bancaire sont nombreux. Les
banques islamiques doivent faire face à des défis tels que la concurrence avec les banques
conventionnelles, la réglementation et la gestion des risques [6]. Toutefois, la finance
islamique offre également des opportunités pour les banques islamiques, telles que

40
l'expansion à l'échelle mondiale, l'innovation financière et la satisfaction des besoins des
clients musulmans [7]. En outre, la finance islamique peut contribuer au développement
économique des pays en développement, en fournissant un financement conforme aux
principes de l'islam [8]. En somme, la finance islamique dans le secteur bancaire offre des
perspectives de développement intéressantes pour les banques islamiques et les économies
dans leur ensemble [9].

ii. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur de


l'investissement

La finance islamique repose sur l'application des principes de la loi islamique au secteur
bancaire et financier en général [10]. Ces principes incluent l'interdiction de l'intérêt (riba) et
l'exigence de partager les risques et les profits entre les parties impliquées dans une
transaction. Dans le secteur de l'investissement, ces principes sont appliqués de différentes
manières, notamment à travers des fonds d'investissement conformes à la Charia, des
obligations islamiques (sukuk) et des investissements dans des entreprises éthiques et
responsables [4]. L'application de ces principes peut contribuer à une finance plus éthique et
durable, en alignant les intérêts des investisseurs avec ceux des entreprises et de la société
dans son ensemble.

La finance islamique a connu une croissance significative dans le secteur de l'investissement


mondial ces dernières années [3]. En 2014, les émissions de titres islamiques ont atteint des
niveaux record, témoignant de l'importance croissante de la finance islamique dans les
marchés financiers internationaux [8]. Les pays musulmans ne sont pas les seuls à participer à
cette croissance, car de plus en plus d'investisseurs non-musulmans sont attirés par les
avantages de la finance islamique, tels que la transparence et la responsabilité sociale [8].
Cette croissance offre des opportunités pour les investisseurs et les entreprises de diversifier
leurs portefeuilles et de participer à une finance plus éthique et responsable.

Bien que la finance islamique offre des opportunités de croissance dans le secteur de

41
l'investissement, elle est également confrontée à des défis. L'un des principaux défis est la
standardisation des instruments juridiques et financiers, qui est nécessaire pour permettre une
plus grande intégration de la finance islamique dans les marchés financiers internationaux
[11]. De plus, la gouvernance et la réglementation des institutions financières islamiques
doivent être renforcées pour assurer la stabilité et la transparence du secteur [5]. Malgré ces
défis, la finance islamique continue de se développer et offre des perspectives intéressantes
pour les investisseurs et les entreprises qui cherchent à participer à une finance plus éthique et
responsable [12].

iii. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur de l'assurance

La finance islamique applique les principes de la loi islamique au secteur bancaire et


financier. Dans le secteur de l'assurance, les principes de la finance islamique sont également
appliqués. La finance islamique repose sur cinq principes cardinaux qui contiennent trois
interdictions et deux obligations. Les interdictions incluent l'interdiction des intérêts, de
l'incertitude et de l'exploitation. Les obligations comprennent la nécessité de partager les
profits et les pertes et de garantir la transparence dans les transactions [1]. Ainsi, la finance
islamique dans le secteur de l'assurance implique des contrats basés sur le partage des risques
et des pertes plutôt que sur la garantie de paiement des primes [10].

La finance islamique dans le secteur de l'assurance est en croissance dans le monde entier. En
2014, il y a eu une activité internationale importante de la finance islamique avec des
émissions importantes de titres islamiques sous forme de sukuk [8]. Selon la Société
islamique pour le développement du secteur privé, cette croissance devrait se poursuivre dans
les années à venir [3]. Cependant, la finance islamique dans le secteur de l'assurance est
confrontée à des défis tels que la standardisation des instruments juridiques et la concurrence
avec les produits d'assurance conventionnels [11]. Malgré ces défis, la croissance de la
finance islamique dans le secteur de l'assurance est prometteuse et offre de nombreuses

42
opportunités pour les investisseurs et les consommateurs [13].

La finance islamique dans le secteur de l'assurance est un marché en développement qui


présente de nombreuses opportunités et défis. Les principes de la finance islamique appliqués
à l'assurance impliquent des contrats basés sur le partage des risques et des pertes plutôt que
sur la garantie de paiement des primes. La croissance de la finance islamique dans le secteur
de l'assurance est en cours et devrait se poursuivre dans les années à venir. Cependant, la
standardisation des instruments juridiques et la concurrence avec les produits d'assurance
conventionnels sont des défis à relever. Malgré ces défis, la finance islamique dans le secteur
de l'assurance offre de nombreuses opportunités pour les investisseurs et les consommateurs
[7][14].

SECTION 3 : LA CONCURRENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE


ET LA FINANCE CONVENTIONNELLE

1. Comprendre les différences entre la finance islamique et la finance


conventionnelle

La finance islamique est basée sur les principes de la charia, la loi islamique, qui vise à
promouvoir la justice, l'équité et la transparence dans les transactions financières [1].
Contrairement à la finance conventionnelle, la finance islamique interdit l'intérêt (riba) et les
transactions spéculatives (gharar) [2]. Au lieu de cela, la finance islamique se concentre sur le
partage des risques et des profits entre les parties impliquées [3]. Ces principes fondamentaux
ont conduit à des différences significatives entre la finance islamique et la finance
conventionnelle [4].

Les principales différences entre la finance islamique et la finance conventionnelle résidente


dans les produits et services proposés. Les produits financiers islamiques, tels que le
musharaka, le mudaraba et le sukuk, sont conçus pour respecter les principes de la charia [5].
Par exemple, le musharaka est un partenariat dans lequel les bénéfices et les pertes sont
partagés entre les parties concernées, tandis que la mudaraba est un partenariat dans lequel un

43
investisseur fournit des fonds et un gestionnaire gère l'entreprise [6]. En revanche, la finance
conventionnelle propose des produits tels que les prêts à intérêt, les cartes de crédit et les
produits dérivés, qui sont interdits en finance islamique [4].

Malgré la concurrence entre la finance islamique et la finance conventionnelle, les deux


industries peuvent coexister et se compléter mutuellement. Les banques islamiques ont connu
une croissance rapide ces dernières années, mais elles restent relativement petites par rapport
aux banques conventionnelles [5]. Des études ont également montré que les banques
islamiques peuvent être aussi efficaces que les banques conventionnelles en termes de
performance financière [7]. En fin de compte, le choix entre la finance islamique et la finance
conventionnelle dépend des préférences individuelles et des besoins financiers spécifiques de
chaque personne.

ii. La croissance de la finance islamique et son impact sur la finance conventionnelle

L'industrie de la finance islamique a connu une croissance significative ces dernières années,
avec une augmentation de la demande pour des produits financiers adaptés à la charia. Les
institutions financières conventionnelles participent à cette croissance en ouvrant des fenêtres
islamiques dans la région, telles que la Citi Islamic Investment [8]. La concurrence entre la
finance islamique et la finance conventionnelle est de plus en plus forte, car les deux
industries cherchent à attirer les mêmes clients et offrent à des produits financiers similaires
[5]. Cependant, la finance islamique se distingue par sa conformité aux principes de la charia,
qui interdit notamment l'intérêt usuraire (riba) et les transactions spéculatives (maisir). Cette
différence fondamentale a des implications importantes pour l'industrie financière mondiale
[2].

La concurrence entre la finance islamique et la finance conventionnelle a également un


impact sur le coût du crédit. Une étude comparative menée au Maroc a montré que les
produits de financement islamiques étaient souvent moins concernés que les produits de
financement conventionnels [9]. De plus, la finance islamique est de plus en plus associée à la

44
finance durable, car elle repose sur des principes de responsabilité sociale et
environnementale [10]. Cela peut avoir un impact sur la façon dont les investisseurs
choisissent d'allouer leurs ressources et sur l'orientation générale de l'industrie financière.

L'essor de la finance islamique peut également avoir un impact sur le système financier
mondial dans son ensemble. Bien que la finance islamique soit souvent considérée comme
une alternative à la finance conventionnelle, les deux industries diffèrent de nombreux
principes et pratiques similaires [5]. Il est donc possible que la finance islamique contribue à
une plus grande diversité et à une plus grande résilience du système financier mondial [4].
Cependant, l'adoption de la finance islamique peut également être entraînée par la
concurrence de la finance conventionnelle dans les pays où le système financier traditionnel
est bien établi [11][12][6][1][5][13].

iii. Les perspectives d'avenir de la finance islamique et son potentiel de croissance

La finance islamique a un potentiel d'expansion et de croissance considérable. La diffusion


rapide de la finance islamique constitue un potentiel de croissance pour les pays islamiques,
car de nombreuses observations empiriques ont montré que la finance islamique peut
favoriser la croissance économique et favoriser la stabilité financière [14]. Depuis ses débuts,
la finance islamique a connu une croissance rapide et continue de se développer, offrant une
alternative éthique aux systèmes financiers conventionnels [5]. Cependant, la croissance de la
finance islamique n'est pas exempte de défis, notamment en ce qui concerne la
réglementation et l'infrastructure financière [15]. Malgré ces défis, la finance islamique offre
des perspectives d'avenir et des opportunités de croissance pour les pays qui cherchent à
développer leur secteur financier [16].

Les défis de la croissance de la finance islamique sont nombreux. L'un des principaux défis
est la concurrence avec les systèmes financiers conventionnels, qui sont déjà bien établis dans

45
de nombreux pays [13]. En outre, la finance islamique doit relever des défis de performance
pour rivaliser avec les systèmes financiers conventionnels [12]. Cependant, la finance
islamique offre des avantages uniques, tels que l'interdiction de l'intérêt et la promotion de
l'équité et de la justice dans les transactions financières [2]. Ces avantages peuvent aider la
finance islamique à se démarquer et à se développer dans les années à venir.

Les perspectives d'avenir pour la finance islamique sont prometteuses. La finance islamique a
le potentiel de devenir une alternative viable aux systèmes financiers conventionnels dans de
nombreux pays [17]. De plus, la finance islamique peut offrir des avantages économiques,
tels que la stimulation de la croissance économique et la promotion de la stabilité financière
[9]. En France, par exemple, il y a un prix de conscience croissant de l'importance de la
finance islamique, et certains acteurs du secteur financier commencent à explorer les
opportunités offertes par la finance islamique [18]. En fin de compte, la finance islamique a le
potentiel de devenir une force majeure dans le secteur financier mondial et de contribuer à un
système financier plus équitable et responsable.

CONCLUSION :

En conclusion, ce chapitre a mis en lumière les perspectives passionnantes de la


finance islamique dans le monde actuel. Nous avons examiné les tendances actuelles et futures
de cette forme de finance, constatant son expansion et son adaptation aux besoins
économiques contemporains. De plus, nous avons exploré les opportunités de développement
qu'elle offre dans différents secteurs économiques, soulignant son potentiel à répondre aux
exigences de diverses industries. Enfin, nous avons abordé la question de la concurrence entre
la finance islamique et la finance conventionnelle, illustrant ainsi les défis auxquels elle est
confrontée. En poursuivant notre étude des perspectives de la finance islamique, nous
contribuons à une compréhension plus approfondie de son rôle et de son impact dans le
paysage financier mondial.

46
L’EXPERIENCE
MAROCAINE EN FINANCE

47
ISLAMIQUE : UNE
ANALYSE COMPLETE

INTRODUCTION

La finance islamique a gagné du terrain à travers le monde, avec une augmentation


notable ces dernières années. L’expérience marocaine en matière de finance islamique est une
étude de cas fascinante, mettant en lumière le développement, les défis et les perspectives de
ce système financier dans le pays. Cet etude de cas présente une analyse approfondie de
l’expérience marocaine en matière de finance islamique, en s’appuyant sur diverses sources
pour fournir une compréhension globale de cette industrie émergente.

48
1. La finance islamique au Maroc
Au Maroc, la finance islamique a été introduite en 2007 par Bank Al-Maghrib, la banque
centrale du pays. Il visait à offrir une alternative viable à la banque conventionnelle, à
renforcer l’inclusion financière et à attirer une nouvelle catégorie d’investisseurs dans le
royaume. Depuis lors, l’industrie marocaine de la finance islamique a progressivement évolué,
avec la mise en place de banques participatives, de guichets et d’une gamme de produits et
services.

ii. Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc

Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc a été établi en 2007, avec Bank Al-
Maghrib définissant les lignes directrices pour les produits alternatifs, tels que Mourabaha,
Moucharaka et Ijara. Ces produits ont été conçus pour élargir la gamme des services bancaires
et contribuer à l’inclusion financière de l’économie marocaine.

Mourabaha est un contrat dans lequel une institution financière acquiert un actif pour le
compte d’un client, puis le vend au client avec une marge bénéficiaire convenue à l’avance.
Le client paie l’institution financière en versements échelonnés sur une période déterminée,
n’excédant pas 48 mois.

Moucharaka est un accord de partenariat où une institution financière participe au capital


d’une société existante ou nouvellement créée, visant à générer des bénéfices. Les deux
parties partagent les profits et les pertes selon un ratio prédéterminé.

Ijara est un contrat de crédit-bail dans lequel une institution financière fournit un actif
corporel à un client moyennant des frais de location. Il est similaire à un contrat de crédit-bail
ou de location-vente conventionnel.

En 2015, le parlement marocain a adopté la loi 103-12, qui a encore solidifié le cadre

49
juridique de la finance islamique dans le pays. Cette loi a introduit une nouvelle catégorie
d’institutions financières appelées « banques participatives », qui sont tenues de se conformer
aux principes de la charia dans leurs opérations. Il a également fourni des directives pour la
création de conseils de la charia, qui sont chargés de veiller à ce que les banques participatives
respectent la loi islamique.

iii. La croissance de la finance islamique au Maroc

Depuis son introduction en 2007, la finance islamique au Maroc a connu une croissance
régulière. Le marché mondial de la finance islamique a augmenté d’environ 19% entre 2015 et
2019, le secteur atteignant une valeur de 2 440 milliards de dollars en 2017. Les acteurs
dominants de l’industrie sont les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Malaisie
et l’Iran, qui représentent plus de 80% de la part de marché mondiale.

La croissance de la finance islamique au Maroc a été soutenue par les politiques


gouvernementales, qui ont facilité l’expansion de ces produits et services. Des pays comme le
Maroc, la Tunisie, la Jordanie, l’Égypte, la Turquie et l’Algérie ont démontré un potentiel de
croissance remarquable, soutenu par l’afflux d’investissements directs étrangers (IDE).

Le Maroc possède des avantages significatifs qui lui permettent de se positionner comme un
centre financier pour attirer des financements islamiques substantiels. Le pays a une forte
demande de produits financiers islamiques de la part de la population locale et des opérateurs
internationaux, contribuant à l’amélioration de l’inclusion financière et à la mobilisation de
l’épargne qui serait autrement perdue pour des raisons religieuses.

iv. Le lancement des banques participatives au Maroc

L’année 2017 a marqué une étape importante pour la finance islamique au Maroc, puisque les
premières banques participatives ont ouvert leurs portes après avoir obtenu les approbations
nécessaires. Les banques marocaines qui ont soumis des demandes ont toutes reçu des
licences, et la majorité d’entre elles se sont associées à des leaders internationaux de la finance
islamique. Ces banques participatives comprenaient Bank Al Tamwil wal Inmaa (BTI Bank),
ASSAFA Bank, Umnia Bank, Bank Al Yousr et Al Akhdar Bank.

50
Outre les banques participatives, trois banques classiques ont été autorisées à ouvrir des
guichets participatifs (succursales ou agences) pour offrir des services financiers islamiques à
leurs clients. Il s’agit notamment de Najmah, une filiale de BMCI; Arreda, propriété du Crédit
du Maroc; et Dar Al-Amane, un réseau d’agences créé par la Société Générale Maroc.

Depuis leur lancement, la performance des banques participatives au Maroc affiche une
croissance prometteuse. Selon le rapport 2019 de Bank Al-Maghrib, il y avait 128 agences
opérant sous diverses banques participatives, contre 100 en décembre 2018. Le nombre de
comptes courants est également passé de 78 497 à 56 918 au cours de la même période. En
outre, les activités de dépôt et de financement des banques et guichets participatifs ont connu
une croissance significative, reflétant la demande croissante de produits et services financiers
islamiques dans le pays.

v. Les défis de la finance islamique au Maroc

Malgré la croissance prometteuse de la finance islamique au Maroc, l’industrie fait face à


plusieurs défis qui doivent être relevés pour assurer son développement durable. Voici
quelques-uns des défis les plus critiques identifiés :

Renforcement du cadre juridique et réglementaire: Le cadre juridique et réglementaire actuel


de la finance islamique au Maroc doit être développé et affiné pour tenir compte des
caractéristiques uniques de ce système financier. Cela comprend la clarification du traitement
fiscal des produits financiers islamiques, l’harmonisation des normes comptables et la mise en
place d’un mécanisme robuste de règlement des différends.

Diversification des produits et services: La gamme de produits et services financiers


islamiques disponibles au Maroc est encore limitée par rapport aux marchés plus matures.
L’industrie doit innover et introduire de nouveaux produits qui répondent aux divers besoins
des clients marocains, tels que l’assurance islamique (Takaful), les marchés de capitaux
islamiques et la gestion d’actifs islamique.

Développement du capital humain: La croissance de la finance islamique au Maroc nécessite


le développement d’une main-d’œuvre qualifiée possédant des connaissances et une expertise
spécialisées dans ce domaine. Cela comprend la fourniture de programmes de formation et

51
d’éducation, ainsi que la création de centres de recherche dédiés à la finance islamique.

Sensibilisation et promotion de l’éducation financière : De nombreux Marocains ne


connaissent toujours pas les principes de la finance islamique et les avantages qu’elle offre.
Par conséquent, il est crucial de sensibiliser et de promouvoir la littératie financière parmi la
population afin d’accroître l’adoption des produits et services financiers islamiques.

vi. Perspectives d’avenir de la finance islamique au Maroc

Les perspectives d’avenir de la finance islamique au Maroc semblent prometteuses, compte


tenu de la forte trajectoire de croissance et de la demande croissante de produits et services
financiers conformes à la charia. Plusieurs facteurs contribuent aux perspectives prometteuses
de l’industrie :

Demande croissante du marché: Le marché marocain présente un fort appétit pour les produits
financiers islamiques, stimulé par l’importante population musulmane et le désir d’un système
financier qui s’aligne sur leurs valeurs religieuses.

Soutien du gouvernement: Le gouvernement marocain a démontré son engagement en faveur


du développement de la finance islamique à travers la mise en œuvre de politiques de soutien
et la mise en place d’un environnement juridique et réglementaire propice.

Expansion régionale et internationale: L’industrie marocaine de la finance islamique a le


potentiel d’étendre sa portée au-delà du marché intérieur et de tirer parti de la demande
croissante de finance islamique dans les pays voisins et sur le continent africain au sens large.
Cela pourrait positionner le Maroc comme une plaque tournante régionale pour la finance
islamique, attirant des investissements et l’expertise des acteurs internationaux.

Innovation et technologie: Le développement de produits financiers islamiques innovants et


l’adoption de technologies, telles que les plateformes numériques et les solutions fintech,
peuvent contribuer à stimuler la croissance de l’industrie et à améliorer sa compétitivité sur le
marché mondial

52
CONCLUSION

L’expérience marocaine dans la finance islamique offre des informations précieuses sur le
développement, les défis et les perspectives d’avenir de ce système financier émergent. Bien
que l’industrie ait parcouru un long chemin depuis son introduction en 2007, il y a encore
place à l’amélioration et à la croissance. En relevant les défis identifiés et en capitalisant sur
les opportunités, le Maroc peut continuer à renforcer son industrie de la finance islamique et
se positionner comme une plaque tournante régionale pour les services financiers conformes à
la charia.

53
CONCLUSION GENERALE

54
BIBLIOGRAPHIE

 ARTICLES

- ACHIBANE, M., et CHERKAOUI, K., « Problème de refinancement et de gestion des


risques de la finance islamique : le cas du Maroc », Revue africaine de management-
Vol.2 (2), 2017, pp. 23-41.

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convergences ? et quelles perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en
Management et Finance d’Organisation N°4 Décembre 2016.

- BOULAHRIR, L., « de l’assurance conventionnelle au système de takaful problème de


transition : essai sur le fonctionnement des banques participatives », Revue Économie,
Gestion et Société, N°15 juin 2018, pp. 1-15.

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enquête nationale sur les attentes de l’opinion publique », Revue Marocaine de
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- CDVM - Centre Déontologique des Valeurs Mobilières -, « Sukuk : Quel potentiel pour de
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- DGCL – Direction Générales de Collectivités Locales, « Monographie générale de la région


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- HCP -Haut-Commissariat au Plan, DR Laâyoune, « Annuaire statistique régional


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- HERBERT SMITH LLP, « Guide de la finance islamique », 2009.

 TEXTES JURIDIQUES

VII
- Dahir n°1.15.02 (20 janvier février 2015) publié dans le B.O n° 6333 (version arabe).

- La loi n° 59.13 promulguée par Dahir nº 1-16-129 du 21 kaada 1437 (25 août 2016).

- La loi n°103-12 (publiée au Bulletin officiel du 22 Janvier 2015 -édition en arabe- et au B.O
du 5 Mars 2015 -édition en Français).

 WEBOGRAPHIE

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VIII
LISTE DES FIGURES

FIGURE 1: EVOLUTION HISTORIQUE DE LA FINANCE ISLAMIQUE CONTEMPORAINE......................5

FIGURE 2: DECOMPOSITION DES ACTIFS ISLAMIQUES PAR PAYS - 2011...............................................6

FIGURE 3: EVOLUTION DES ACTIFS ISLAMIQUES DANS LE MONDE......................................................7

FIGURE 4: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOUCHARAKA....................................................11

FIGURE 5: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOUDARABA.......................................................12

FIGURE 6: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOURABAHA.......................................................13

FIGURE 7: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE L’IJARA.........................................................................13

FIGURE 8: TYPES DE SUKUK LES PLUS COURANTS..................................................................................16

FIGURE 9: EMISSIONS MONDIALES DES SUKUK EN MILLIARDS DE DOLLARS (1996-2014)............17

FIGURE 10: VENTILATION DES SUKUK EMIS PAR PAYS (31 DECEMBRE 2015)...................................17

IX
SOMMAIRE

DEDICACES.....................................................................................................................................

REMERCIEMENTS.........................................................................................................................

LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS................................................................................III

INTRODUCTION GENERALE.....................................................................................................

CHAPITRE I : INTRODUCTION A LA FINANCE ISLAMIQUE............................................

INTRODUCTION.............................................................................................................................

SECTION 1 : HISTORIQUE DE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE


ISLAMIQUE..................................................................................................................................

1. Historique et performances de la finance islamique :...............................................................

a. Historique :.................................................................................................................................

b. Performances des IFI.................................................................................................................

2. Sources du système financier islamique...................................................................................

a. Le saint coran.............................................................................................................................

b. La sunna.....................................................................................................................................

c. Al-Ijmaâ......................................................................................................................................

d. Al Qiyas.......................................................................................................................................

e. L'ijtihâd.......................................................................................................................................

SECTION 2. DEFINITION ET PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA FINANCE


ISLAMIQUE..................................................................................................................................

1. Qu’est-ce que la finance islamique ?........................................................................................

2. Les principes fondamentaux de la finance islamique :...........................................................

a. L'interdiction du taux d’intérêt (Le Riba)...............................................................................

b. L’interdiction du Gharar.........................................................................................................

c. L’interdiction du Maysir..........................................................................................................

d. L’obligation de partage des profits et des pertes (3P).............................................................

X
e. La tangibilité de l’actif ou « L’Assette Backing »...................................................................

f. L’interdiction des Investissements illicites..............................................................................

SECTION 3 : DIFFERENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE ET LA FINANCE


CONVENTIONNELLE..............................................................................................................

1. Les produits de la finance islamique......................................................................................

a. Les produits basés sur le principe de partage de profits etpertes(PPP)..................................

b. Les produits de financement par la dette.................................................................................

c. Le financement non-marchand...............................................................................................

2. Autres instruments de l’écosystème.......................................................................................

a. Les sukuk ou l’obligation islamique........................................................................................

3. Différence entre la finance islamique et la finance conventionnelle :....................................

a. Les différences au niveau des principes de fonctionnement :................................................

b. Les différences au niveau de gestion des opérations bancaires :...........................................

CONCLUSION............................................................................................................................

INTRODUCTION.......................................................................................................................

SECTION 1 : LA PLACE DE LA FINANCE ISLAMIQUE DANS LE SYSTEME


FINANCIER MONDIAL...........................................................................................................

1. Présentation générale des pays les plus actifs en matière de la finance islamique.................

a. Données par pays :...................................................................................................................

b. Données par banques :............................................................................................................

SECTION 2 : LES OPPORTUNITÉS ET LES DEFIS DE LA PINANCE ISLAMIQUE


POUR LES PAYS MUSULMANS ET NON MUSULMANS.................................................

1. Opportunités pour les pays musulmans..................................................................................

a. Croissance et diversification économiques..............................................................................

b. Attirer les investissements étrangers........................................................................................

c. Promouvoir l’inclusion financière..........................................................................................

XI
2. Opportunités pour les pays non musulmans...........................................................................

a. Accès à de nouveaux marchés.................................................................................................

b. Renforcer la coopération économique.....................................................................................

c. Promouvoir la finance éthique................................................................................................

3. Défis pour les pays musulmans..............................................................................................

a. Cadres réglementaires et juridiques........................................................................................

b. Manque de normalisation........................................................................................................

c. Offre de produits limitée..........................................................................................................

4. Défis pour les pays non musulmans.......................................................................................

a. Obstacles juridiques et réglementaires....................................................................................

b. Manque de sensibilisation et de compréhension.....................................................................

c. Concurrence avec la finance conventionnelle........................................................................

SECTION 3 : LES ENJEUX DE LA REGULATION DE LA FINANCE ISLAMIQUE....

1. Enjeux réglementaires............................................................................................................

a. Harmonisation des normes......................................................................................................

b. Développement d’instruments conformes à la charia............................................................

c. Renforcement des capacités.....................................................................................................

2. Solutions face aux enjeux règlementaires..............................................................................

a. Renforcer la coopération entre les régulateurs.......................................................................

b. Améliorer l’éducation et la formation.....................................................................................

c. Promotion de la recherche et du développement....................................................................

3. Le rôle des organisations internationales................................................................................

a. Le Conseil islamique des services financiers (IFSB)..............................................................

b. L’Organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques


(AAOIFI)..................................................................................................................................

CONCLUSION :.........................................................................................................................

XII
CHAPITRE III : LES PERSPECTIVES DE LA FINANCE ISLAMIQUE.............................

INTRODUCTION.......................................................................................................................

SECTION 1 : LES TANDANCES ACTUELLES ET FUTURES DE LA FINANCE


ISLAMIQUE DANS LE MONDE.............................................................................................

1. Panorama de la finance islamique et de son état actuel..........................................................

2. Tendances de la finance islamique.........................................................................................

3. Avenir de la finance islamique...............................................................................................

SECTION 2 : LES PERSPECTIVE DEVELOPPEMENT DE LA FINANCE


ISLAMIQUE DANS LES DIFFÉRENTS SECTEURS ÉCONOMIQUES...........................

1. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur bancaire.................

2. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur de l'investissement

3. Perspectives de développement de la finance islamique dans le secteur de l'assurance........

SECTION 3 : LA CONCURRENCE ENTRE LA FINANCE ISLAMIQUE ET LA


FINANCE CONVENTIONNELLE...........................................................................................

1. Comprendre les différences entre la finance islamique et la finance conventionnelle...........

2. La croissance de la finance islamique et son impact sur la finance conventionnelle.............

3. Les perspectives d'avenir de la finance islamique et son potentiel de croissance..................

CONCLUSION :.........................................................................................................................

L’EXPERIENCE MAROCAINE EN FINANCE ISLAMIQUE : UNE ANALYSE


COMPLETE....................................................................................................................................

INTRODUCTION.......................................................................................................................

1. La finance islamique au Maroc..............................................................................................

2. Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc.....................................................

3. La croissance de la finance islamique au Maroc....................................................................

4. Le lancement des banques participatives au Maroc...............................................................

5. Les défis de la finance islamique au Maroc...........................................................................

6. Perspectives d’avenir de la finance islamique au Maroc........................................................


XIII
CONCLUSION............................................................................................................................

CONCLUSION GENERALE....................................................................................................

BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................................

LISTE DES FIGURES…………………………………………………………………

XIV

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