Enjeux et Perspectives de la Finance Islamique
Enjeux et Perspectives de la Finance Islamique
technologie
-Kenitra-
LA FINANCE ISLAMIQUE :
ENJEUX =ET PERSPECTIVES
Réalisé par :
BOUTKHOUM Mariem
Sous l’encadrement de :
Pr. AL ASSIMI Mohamed
de ma formation.
I
REMERCIEMENTS
qui a encadré ce projet de fin d’études et qui n’a ménagé ses efforts tout au long de sa
inégalées.
les plus profonds envers tous ceux qui ont, de près ou de loin, contribué à sa
réalisation.
II
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
FI : Finance Islamique.
III
TABLE DE MATIERES
DEDICACES.......................................................................................................................................
REMERCIEMENTS..........................................................................................................................
INTRODUCTION GENERALE.......................................................................................................
INTRODUCTION..............................................................................................................................
CONCLUSION.............................................................................................................................
INTRODUCTION.........................................................................................................................
CONCLUSION :...........................................................................................................................
INTRODUCTION.........................................................................................................................
CONCLUSION :...........................................................................................................................
INTRODUCTION.........................................................................................................................
CONCLUSION.............................................................................................................................
CONCLUSION GENERALE......................................................................................................
BIBLIOGRAPHIE...........................................................................................................................
En effet, il n’existe pas de définition unique de la finance islamique mais ce terme est
aujourd’hui largement utilisé pour désigner les activités financières et commerciales qui
respectent les principes du droit et de la jurisprudence islamique, plus communément désignés
sous le vocable « chari’a ».1
Elle est toujours appliquée depuis l’époque du prophète (SWS) en suivant les
principes de l’islam en matière de transactions « fiqh al moamalat فقه المعامالت ». Cette
application a été maintenue aux époques qui suivent, allant des quatre Califes, ))الخلفاء الراشدون
passant par les empires Umayyade, ))االمويونAbbaside ()العباسيونet Ottoman. ()العثمانيون
1
Herbert Smith LLP, « Guide de la finance islamique », 2009, p 1.
2
En 2007 le monde économique a connu un crash financier suite à la crise des subprimes causée par la
défaillance des crédits immobiliers, ce qui a accéléré la faillite de plusieurs banques Américaines telle que «
Lehman Brothers ». Cette crise ne s’est pas limitée au territoire Américain mais elle s’est propagée via un
phénomène spéculatif pour couvrir tout le globe. (Source : REGAIEG, B., and ABIDI, E., « Les banques
islamiques faces à la crise des subprimes : étude de l’x-efficience par la méthode SFA », Journal of Innovation
and Appien Studies, Vol. 10 No. 1 Jan. 2015, p. 46
1
islamique du fait qu’elle a montré ses preuves pendant la crise.3
A partir des éléments précédemment évoqués, le sujet s’avère d’une grande importance et
d’actualité, raisons pour lesquelles j’ai décidé de consacrer ce mémoire à répondre à cette
problématique qui est récurrente dans le contexte actuel au niveau de ce sujet, à savoir :
3
REGAIEG, B., and ABIDI, E., art, cit., p. 46
2
CHAPITRE I : INTRODUCTION
A LA FINANCE ISLAMIQUE
3
INTRODUCTION
La finance islamique est un système économique basé sur les principes de la loi
islamique, la charia, qui interdit l’intérêt (riba) et les pratiques spéculatives. Elle est devenue
une industrie en plein essor ces dernières années, présentant des opportunités, mais également
des défis pour les entreprises et l’économie en général.
Ce chapitre vise à explorer l’histoire, les principes, les produits et les différences
entre la finance islamique et la finance conventionnelle. La première section examinera
l’historique de développement de la finance islamique, ses performances et ses sources. La
deuxième section expliquera les principes fondamentaux de la finance islamique et les
organisations qui la régulent. Enfin, la troisième section mettra en évidence les différences
entre les produits de la finance islamique et ceux de la finance conventionnelle, ainsi que les
autres instruments de l’écosystème.
ii. Historique :
Les principes de la Chari’a existent depuis l’avènement de l’islam. Ils se sont
matérialisés par la jurisprudence régissant les transactions économiques et financières, c‘est
une branche du droit musulman connu sous le nom de « Fiqh al moâmalat »4.
4
El Khamlichi, A., « Éthique et performance : le cas des indices boursiers et des fonds d’investissement en finance
islamique », Thèse de Doctorat, Université d‘Auvergne, 2012, p. 57.
4
FIGURE 1 : EVOLUTION HISTORIQUE DE LA FINANCE ISLAMIQUE CONTEMPORAINE
Une deuxième expérience a eu lieu en Malaisie en 1969 avec la création d’un fond
islamique d’entraide qui fut appelé le « Tabung Hadji ». Ce fond avait pour mission initiale
de proposer une aide financière aux pèlerins désireux de se rendre à la Mecque. Ce fonds
existe toujours, il assure actuellement la bancarisation des plus démunis et joue encore un rôle
important dans le développement économique de la Malaisie.
Il a fallu attendre 1975 pour assister au début effectif de la finance islamique, sous
une forme plus développée. Cela s’est concrétisé par la création de la Banque Islamique de
Dubaï (DIB) en tant que banque privée et la Banque Islamique de Développement (BID) en
tant que banque gouvernementale. Cette dernière rassemblait 22 pays membres et a été créée
suite à une recommandation du sommet islamique tenu en 1974 à Lahore. Sur le plan étatique,
le Pakistan a été le premier pays à assurer la conformité de tout son système financier à
la chari’a en 1979, suivi par l’Iran en 1983 et par le Soudan en 1984.5
5
EL KHAMLICHI, A., op. cit., p.59
5
iii. Performances des IFI
Ces dernières années, les IFI6 se sont multipliées dans les pays majoritairement
musulmans : en Arabie saoudite, au Bahreïn, au Bangladesh, au Brunei, en Égypte, aux
Émirats arabes unis, en Jordanie, en Malaisie, au Sénégal, au Soudan et même en Turquie où
l’attachement à la laïcité, du moins au plan officiel, est bien connu (Figure 2).
6
IFI : Institutions Financières Islamiques.
7
EL KHAMLICHI, A., op. cit., pp. 59-60.
6
FIGURE 3 : EVOLUTION DES ACTIFS ISLAMIQUES DANS LE MONDE
La finance islamique peut être définie comme étant l’ensemble des activités
financières et commerciales qui honorent les principes du droit et de la jurisprudence
islamique, ou ce qu’on indique habituellement par le terme « Chari’a »8. L’attribut «
Islamique» représente naturellement le fait de puiser ses valeurs dans la mouvance de la
religion islamique, de respecter les principes et les interdits édictés par la loi religieuse, la
Chari’a. La finance islamique tire ses mécanismes et institutions des sources de droit
islamique, et nous avons par ordre d’importance
a. Le saint coran
Le texte sacré de l’Islam est la première source du droit musulman. Il rend compte du
message de Dieu, tel que relevé au prophète Muhammad (SWS). Notons que, le Coran
comprend trois grands ensembles : des textes de pure spiritualité (louanges de Dieu, évocation
de la fin du monde) des textes narratifs souvent d’inspiration biblique et ayant un rôle
d’édification ; et des textes normatifs qui énoncent des obligations d’ordre éthico-juridique.9
8
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque : quelles convergences ? et quelles
perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en Management et Finance d’Organisation N°4 Décembre 2016, p : 2.
9
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.2
7
ii. La sunna
iii. Al-Ijmaâ
Pour les sunnites, le consensus général, en arabe « Al-Ijmaâ », est considéré comme
la troisième source du droit musulman. Lorsqu'un cas juridique se présente à une époque
donnée, et que tous les « Moujtahid » -Savants musulmans- s'accordent pour prononcer un
même avis le concernant, leur accord est appelé Ijmaa. Le jugement résultant ainsi de ce
consensus acquiert le statut de loi religieuse.14
iv. Al Qiyas
Cette technique consiste à affecter, sur la base d'une caractéristique sous-jacente commune,
la règle juridique d'un cas existant trouvée dans les textes du Coran, de la Sounna et/ou de l'Ijmaa à
un nouveau cas dont la règle juridique n'a pas pu être clairement identifiée. Ceci tout en restant
fidèle à l'esprit des sources traditionnelles du droit musulman.15
v. L'ijtihâd
10
1 La Sunna qawliya, se distingue de « la sunna fi’liya », qui se rapporte à la manière dont se comportait le prophète
(SWS).
11
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.3.
12
Les Sahih dʼAl Boukhary et de Muslim, qui font référence, recueillent respectivement sept mille et neuf mille
Hadiths jugés comme authentiques (sahih) sur plus de trois cent mille recueillis. Les quatre Sunan dʼAl Sughra, Abu
Daoud, Al Tirmidhi et Ibn Majah en comptent chacun cinq mille.
13
MOATE, M., « La création d’un droit bancaire islamique », Thèse de doctorat, université de la Rochelle, 2011, p.18.
14
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., art, cit., p.3
15
EL MEZOUARI, S., et LOTFI, M., BOUTHIR, Y. « La Finance Islamique au Maroc entre réticence de la demande
et perspectives de développement », Dossiers de Recherches en Economie et Gestion, Dossier Spécial, Juin 2013,
p.143.
8
Oulamas » entreprennent pour interpréter les textes de l’islam ou pour juger d’une action.
Selon Mohammad Nejatullah Siddiqi : « la finance islamique est une économie fondée sur des
règles justes et équitables qui respectent les droits individuels tout en protégeant la société contre
toutes formes d’exploitation injuste ».
La finance islamique appartient à un concept plus large, l’économie islamique, une doctrine
économique, qui, comme toutes les autres doctrines (capitalisme, communisme, socialisme), diffère
par son propre système de valeurs. C’est ce système de valeurs, universelles à la fin, qui fait la
particularité de la finance islamique.
Au départ, la finance islamique se limitait au cadre des avis (fatwas) émanant de jurisconsultes
musulmans (cheikhs) spécialisés en la jurisprudence des transactions économiques (Fiqh Mu’amalat)
qui décrivaient ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Puis en deuxième phase, les écrits en la
matière étaient plutôt des critiques du système communiste et du système capitaliste. Ce n’est qu’au
troisième quart du siècle dernier qu’a commencé la cristallisation des fondements de la finance
islamique en tant que matière d’étude et en tant qu’industrie. À partir de ce moment-là, les efforts
des chercheurs en théologie et en économie se sont centrés sur la différenciation entre les aspects du
système financier traditionnel ne contredisant pas les préceptes de l’islam, afin de les retenir, et les
aspects qui constituent une violation de ces préceptes. Et ce, en application d’un principe
fondamental en vertu duquel la permission est la règle dans les transactions, l’interdiction étant une
9
exception. Ensuite, un travail a été fait pour définir la façon dont on peut répondre aux besoins
exprimés par les clients des institutions financières tout en respectant les principes fondamentaux de
la loi musulmane, ce qui a donné lieu à la naissance d’un ensemble d’instruments mais aussi
d’institutions. On a commencé, dès lors, à parler de système financier islamique et d’une philosophie
qui lui est propre, un système doté de principes, de valeurs, de mécanismes et d’institutions ayant
leur propre mode de fonctionnement. Ce sont, en fait, les banques islamiques qui ont ensuite
institutionnalisé les concepts de cette finance. Ne s’agissant pas d’un système divin, ce système est
dynamique et peut évoluer au diapason des mutations de l’environnement.
Les institutions financières islamiques incluent les banques islamiques, les compagnies d’assurance
islamique ou Takaful, les fonds d’investissement islamiques et les émetteurs de sukuks (l’équivalent
islamique des obligations). À la fin de l’année 2010, on comptait plus de 300 établissements
financiers islamiques répartis sur plus de 75 pays à travers le monde. Les actifs gérés dépassaient un
trillion de dollars. D’après une étude publiée par Ernst & Young, les banques au détail constituent le
principal véhicule de l’industrie financière islamique puisqu’elles gèrent 74 % des actifs financiers
islamiques, contre 10 % pour les émetteurs de sukuks, 10 % pour les banques d’investissement, 5 %
pour les fonds d’investissement et 1 % à peine pour les compagnies de Takaful.
Le système est également doté d’organes de contrôle et de régulation. C’est dans ce cadre
qu’opèrent les instances de contrôle charaïque ainsi que les différents organes de normalisation, de
standardisation, de formation, d’arbitrage, de notation, etc. En voici quelques exemples : l’AAOIFI
(Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), le CIBAFI (General
Council for Islamic Banks and Financial Institutions), l’IIRA (Islamic International Rating Agency)
ou l’IICRA (International Islamic Center for Reconciliation and Arbitration)
Les principes de la finance islamique constituent des règles de gouvernance des banques islamiques
et des jalons à leurs innovations financières16.
16
TIJANI. O, « Eléments de l’Économie et de la finance islamique (Vers une théorie de la liberté limitée) », Cours S6,
Faculté Poly-disciplinaire de Larache – Maroc, 2012, p : 10
10
traditionnellement assimilée à l’usure comme le montre cette sourate du Coran :
« Ceux qui pratiquent de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que
comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : ‘le
commerce est tout à fait comme l’intérêt’ alors qu’Allah a rendu licite le commerce et illicite
l’intérêt… » (S2 :275)Le terme riba est plus riche que le taux d’intérêt, il signifie tout surplus perçu
sans contrepartie à l’occasion d’un échange ; l’objet de l’échange ne se limite pas à la monnaie mais
inclut aussi les biens marchands. On distingue ainsi :
Riba al-fadl (le riba de l’excès) : se produit lorsque des biens de riba sont échangés contre
des biens de même nature et dans des proportions différentes, au niveau du poids ou de la
valeur. Par exemple, échanger un kilogramme de bonne datte contre deux kilogrammes de
mauvaise datte relève de riba al-fadl.
Riba an-nasi’a (le riba de délai) : lorsque les biens ne sont pas échangés
concomitamment, qui peut entraîner un riba de report se traduisant par l’augmentation du
prix dans le cas de la prorogation du terme.
Donc, Le terme Riba désigne, dans le droit musulman, tout avantage ou surplus perçu par l'un des
contractants sans aucune contrepartie acceptable et légitime du point de vue de la Sharia que si elle
vise à compenser quelque chose de légitime comme :
Le travail accompli pour l'obtention d'un bien matériel et le risque engagé dans sa prise
en charge.
L’interdiction du Riba semble être l’une des conséquences de l’égalitarisme recherché dans la loi
musulmane. Car cette prohibition est fondée sur la double affirmation que le temps appartient à
Dieu seul et ne peut être vendu, et que l’argent, en lui-même, n’est pas productif.
Cependant les contrats aléatoires sont contraires à la morale islamique car cette situation génère une
ignorance quant aux gains et aux pertes des deux cocontractants, susceptible de causer un préjudice à
l’un ou à l’autre car on ne peut savoir, à l’origine, si le contrat est équilibré. Or un contrat ne doit
léser aucune partie. Comme le cas de :
La vente de choses futures et les opérations qui contiennent une incertitude sur les
caractéristiques de l’objet du contrat.
La vente qui porte sur une marchandise qui n'est pas déterminée de façon précise.
La vente des articles dont l’existence ou les caractéristiques ne sont pas certaines.
De la même manière, le Sharia interdit les transactions basées sur le Maysir. Le Maysir désigne toute
forme de contrat dans lequel le droit des parties contractantes dépend d'un événement aléatoire.
Cependant, la finance islamique exige que dans chaque contrat, il doit y avoir tous les termes
fondamentaux (tels que l’objet, le prix, les délais d’exécution et l’identité des parties) clairement
définis au jour de sa conclusion.
Donc, Le concept de maysir va au-delà des jeux de casino auxquels on peut penser spontanément : il
recouvre tout enrichissement injustifié moralement d’une partie au détriment d’une autre.
Le maysir est un terme arabe que l’on peut traduire par « pari ». Il se manifeste, par exemple, dans
les jeux de hasard, dans des configurations où la situation des parties prenantes dépend de la
réalisation d’un événement à la fois improbable et totalement incontrôlable.18
En interdisant l’intérêt, l’Islam cherche à établir une société juste et équitable. Alors qu’un prêt à
18
Virginie, M., « La finance islamique : Un nouveau pas vers une finance éthique ? », Annales des Mines - Gérer et
comprendre 2012/2 (N° 108), p.17
12
intérêt garantit au prêteur un retour fixe quel que soit le résultat de l’activité de l’emprunteur, il est
plus équitable d’établir un partage des profits et des pertes, ce qui revient à partager les rendements.
L’équité dans ce contexte se traduit dans une double dimension : la première est que le l’apporteur
en capital a le droit à une rémunération, la seconde est que celle-ci est dépendante et proportionnelle
à la prise de risque et à l’exercice de l’effort ; du coup, la rémunération est déterminée par le retour
sur investissement du projet considéré pour lequel les fonds ont été mis à disposition.
Le principe de partage des profits ou des pertes a été présenté comme une alternative à l’élimination
de la variable taux d’intérêt du processus de l’intermédiation financière bancaire. Les parties
prenantes à l’activité bancaire sont dans l’obligation de partager les risques et par conséquent les
profits ou les pertes et encourent ainsi un certain degré de risque afin de légitimer la rémunération
issue du projet d’investissement. En référence à ce principe, la finance islamique est appelée
également Finance Participative.19
Toute transaction financière islamique doit être obligatoirement adossée à un actif tangible réel et
matériel et surtout détenu. Ce principe de l'« Asset Backing » permet de renforcer la stabilité
économique et la maîtrise des risques. Le principe de la tangibilité des actifs est également une
manière d’inciter les investisseurs à s’engager dans l’économie réelle, et d’empêcher la déconnexion
observée entre les marchés financiers et l’économie réelle. Ceci permet de promouvoir la justice
sociale et l’équité ainsi que la liberté d’entreprendre.20
Au-delà de ces interdictions religieuses, d’autres interdits résultent de la morale tel le cas
d’escroquerie, des contrats à objet irréalisable.
L’interdiction d’investir dans des activités interdites par l’Islam comme l’alcool, le tabac,
l’armement, la prostitution, le porc, les casinos, les jeux d’argents, ect…. Les produits financiers
islamiques représentent donc une classe d’actifs qui peut attirer les investisseurs à la recherche
d’investissements éthiques et socialement responsables.21
« Moucharaka » est un partenariat (assimilée à une joint venture 22) entre plusieurs apporteurs de
fonds qui s’associent dans un projet. Les profits qui en découlent sont répartis suivant les modalités
prévues au contrat et les éventuelles pertes sont à la charge de chaque associé proportionnellement à
21
ELMELKI, A., art, cit., p.3.
22
Joint venture : ou coentreprise en français. C’est une filiale commune entre deux ou plusieurs entreprises dans
le cadre d'une coopération économique internationale (Définition de Larousse).
14
sa contribution. Les associés peuvent être « actifs » (participants dans la gestion du projet) ou «
passifs ».23
23
TIJANI. O, op. cit., p. 13.
15
acceptées par la banque).24
Dans la pratique, nous distinguons deux catégories de Moudaraba selon la nature du projet
financé :
• Limitée (moudaraba al-muqayyada) : lorsque le contrat porte sur le financement d‘un projet
précis connu à l‘avance ;
L’opération « Mourabaha » est définie comme étant tout contrat par lequel un établissement de
crédit achète, sur ordre d’un client, un bien meuble ou immeuble (matières premières, fournitures et
équipements) en vue de le lui revendre moyennant une marge bénéficiaire convenue d’avance, avec
échelonnement.
24
TIJANI. O, op, cit., p.13
16
FIGURE 6: PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DE LA MOURABAHA
Ce mode de financement concerne les biens sujets à dépréciation (matériel roulant, immobilier, etc.)
et l‘horizon de son application est le moyen terme (moins de 10 ans). Il consiste, pour l‘institution
financière islamique, à acheter le bien et le mettre à la disposition d‘un entrepreneur (client)
moyennant le paiement d‘un loyer périodique. La location peut être accompagnée d‘une option
d‘achat, dans ce cas le transfert de propriété se fait au terme des échéances de remboursement après
paiement de la différence entre le prix du bien et la somme des loyers versés. Le contrat doit
expressément mentionner, comme c‘est le cas en finance conventionnelle, le prix du bien, le délai de
location, le montant du loyer et les garanties exigées.
Lorsqu‘il s‘agit d‘un contrat « ijara waiqtina », le client peut lever son option d‘achat. Dans ce cas,
il paie exactement la différence entre les loyers versés et le prix du bien figurant sur le contrat et ce
afin d‘éviter toute augmentation illicite.25
25
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., « Etude comparative du coût de crédit entre la finance islamique
et la finance conventionnelle dans le contexte marocain », International Journal of Innovation and Scientific Research,
Vol. 20 No. 1, Jan. 2016, p. 95.
17
Source : JOUINI, E., et PASTRE, O., op, cit., p. 36.
« Bai’salam, » est une transaction dans laquelle l’acheteur paie à l’avance le prix
contre une promesse de livraison à une date future d‘un bien dont les spécifications sont
clairement déterminées au moment de la vente. Cette opération de vente à livraison différée
constitue un mode de financement pour les opérations agricoles ou d‘import/export. Afin de
limiter son exposition au risque, la banque n‘achète à terme que les biens pour lesquels elle
dispose d‘une promesse préalable d‘achat par son client.
Le financement non-marchand est basé sur des formules à caractère social, motivées
par la logique de bienfaisance et de solidarité.
i. La zakat
Est une obligation formelle pour chaque musulman, cependant elle n’est exigible que
sous deux conditions et est versée à des catégories précises de la population (huit catégories
26
HANY, N., REGRAGUI, Y., and AL MERIOUH, Y., art, cit., pp. 95 et 96.
27
ARABI, S. & EL MEZOUARI, S., « Le financement islamique et le capital risque : quelles convergences ? et
quelles perspectives de conciliation ? », Revue D’Etudes en Management et Finance d’Organisation N°4
Décembre 2016, [Link] à la collecte et l’emploi de la zakat, qui ne peut en aucun cas remplacer l’impôt
18
mentionnées explicitement dans le verset ci-après). Rappelons que certains pays
musulmans
Les Sadaqats (la zakat) ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y
travaillent, ceux dont les coeurs sont à gagner (à l'Islam), l'affranchissement des jougs, ceux
qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah, et pour le voyageur (en détresse). C'est
un décret d'Allah ! Et Allah est Omniscient et Sage. (Sourate Attawba ; verset 60).28
Est le prêt gracieux. Il peut être octroyé par la banque islamique dans le cadre du rôle social
qu’elle est invitée à jouer. Cependant la banque consenti ce genre de crédit après avoir pris
suffisamment de garantis.29
L’AAOIFI30 définit les Sukuk comme étant des titres de copropriété représentatifs d'un actif
tangible. Plus simplement, les « Sukuk » (Saak au singulier) sont des titres dont le rendement
est lié à la performance d'un actif sous-jacent. Les Sukuk d’investissement sont des titres
financiers hybrides négociables dont la rémunération et, le cas échéant, le principal, sont
indexés sur la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacents détenus directement ou
indirectement par l’émetteur. Leur porteur bénéficie d’un droit assimilé à un droit de
copropriété sur ce ou ces actifs. Le ou les actifs concernés peuvent être des services, biens ou
droits ou l’usufruit de ces biens ou droits. Au contraire des détenteurs d’obligations
traditionnelles qui possèdent des titres de créances, les « Sukuk » représentent une
participation dans des actifs corporels.31
19
Selon l’AAOIFI, il existe à ce jour un peu moins d’une quinzaine de types de sukuk. Leur
caractère sharia compatible a été admis par le Sharia-Board de l'AAOIFI, qui est constitué
d’experts de différentes régions du monde et dans les diverses écoles de droit musulman.
Les avis émis par ce Sharia-Board sont souvent fondés sur les résolutions prises par
l'Académie Internationale de Fiqh (organe de l’OCI32), qui réunit également des experts
contemporains des différentes écoles de droit musulman. Il est à noter que ces normes de
l'AAOIFI constituent une référence pour les institutions de finance islamique qui opèrent en
Afrique dans des pays où l’application du rite Malékite prédomine. Aujourd’hui, la tendance
internationale semble s’orienter vers la conformité aux standards de l’AAOIFI33.
Les trois types de sukuk les plus courants en termes de volume d’émission sont cités
Le marché des Sukuk a connu ses dernières années une croissance fulgurante comme
le montre la figure 9 en passant de moins de 0.72 milliards en 1996 à 137,14 milliards de
dollars américains en 2012. Puis, il a chuté vers 113,70 milliards en 2014.
Source: ARCHER, S., and RIFAAT, A.A., «Islamic capital markets and
34
Centre Déontologique des Valeurs Mobilières –CDVM, op, cit., p. 26.
21
products», John Wiley & Sons Inc, 2017.
Vers la fin de 2015, la Malaisie a dominé le marché d’émission des sukuk (57 % du marché
mondial), suivie de l’Arabie Saoudite (16 %), Les Émirats arabes unis (6 %), l’Indonesie (6 %) et la
Qatar (4 %). Un reste de 11 % est distribué sur l’ensemble des pays dont l’émission des sukuk a été
effectuée (Figure 10).
FIGURE 10: VENTILATION DES SUKUK EMIS PAR PAYS (31 DECEMBRE 2015)
Source: ARCHER, S., and RIFAAT, A.A., «Islamic capital markets and
products», John Wiley & Sons Inc, 2017.
ii. De l’intérêt :
La religion islamique rejette les notions d’usure et d’intérêt, la « riba ». Ainsi les banques
islamiques ne peuvent consentir de prêts engendrant des intérêts. En ce sens, le système
bancaire islamique et donc totalement opposé au système bancaire classique puisque ce
dernier repose essentiellement sur le paiement d’intérêts débiteurs et créditeurs.
22
Le partage du risque est la particularité la plus importante du système bancaire islamique. Il
constitue l’une des divergences les plus flagrantes par rapport au système bancaire
traditionnel.
Lorsqu’il est question de prêt, le système bancaire classique attache une importance toute
particulière à la solvabilité de l’emprunteur et met l’accent sur l’échéance du remboursement
de la somme prêtée et des intérêts.
Le système bancaire islamique diffère par le fait que l’accent est porté sur la productivité et
non sur la solvabilité de l’emprunteur. La banque islamique étant donné le partage des profits
et des dettes s’intéresse d’avantage à la viabilité des projets et aux capacités de
l’entrepreneur.
Le système financier islamique est de ce fait plus « humain », puisqu’il attache beaucoup
d’importance aux entrepreneurs et s’intéresse d’avantage à leurs projets.
v. Du risque moral :
Contrairement aux banques classiques, les banques islamiques attachent une très grande
importance aux implications morales des activités qu’elles financent. En effet, les banques
islamiques doivent se soumettre aux valeurs de l’Islam. Ainsi, elles ne pourront par exemple
pas financer les projets ayant attrait à l’alcool, au gain d’argent, au tabac, etc.
Lorsque la banque classique octroie un prêt, elle le transfert sur le compte courant de son
client. Ce prêt produit des intérêts.
Lorsque qu’un client sollicite la banque islamique pour l’acquisition d’un bien, le compte
courant du client ne reçoit pas de l’argent. La banque verse l’argent au fournisseur pour
l’achat du bien et le revend à terme au client. Donc la rémunération de la banque est
23
constituée de la marge sur la vente du bien.
Dans le cas où le client souhaite, de la banque, un prêt pour une cause urgente (mariage,
décès), la banque passe par un compte spécial. La banque ne prélève pas d’intérêt sur le prêt.
Les fonds déposés dans le compte d’investissement sont gérés par la banque en contrepartie
de frais de gestion qui peuvent être, soit des profits, soit des pertes. Les dépositaires n’ont
aucun droit de regard sur la gestion de leurs comptes.
La durée des dépôts varie entre 1 mois et 5 ans. Si le détenteur du compte se retire avant la fin
de l’échéance il partage les pertes, mais pas les profits que les fonds ont pu générer.
Dans la banque classique, il n’existe pas d’équivalent aux comptes « PSIA ». Cependant, il
est à noter que dans tout compte traditionnel le capital est supposé être garanti. La banque
doit donc pouvoir rembourser une partie du capital de tous ses déposants à tout moment. Ce
qui n’est pas le cas des comptes « PSIA ».
Dans la banque islamique, le compte d’épargne ne génère pas d’intérêt, titulaire du compte
peut percevoir des profits, et le capital est garanti mais il est versé après prélèvement de la
« zakat ».
24
Dans la banque classique, le compte d’épargne génère un intérêt dont le taux d’intérêt fixe
est connu d’avance.
Dans la Grèce antique, Aristote (384, m.322 av. J.C.) qualifie la pratique du prêt à intérêt
de détestable car elle consiste à créer de la monnaie à partir d'elle-même, alors que la
monnaie a été créée pour l'échange, non pour se servir elle-même.
« … Ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la pratique du prêt à intérêt parce
que le gain qu'on en retire provient de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin
qui a présidé la création. Car la monnaie a été inventée en vue de l'échange, tandis que
l'intérêt multiplie la quantité de monnaie elle-même. C'est même là l'origine du mot
intérêt : car les êtres engendrés ressemblent à leurs parents, et l'intérêt est une monnaie
née d'une monnaie. » (Aristote, Politique, Livre I, 10. Traduction par J. Tricot.)
De nombreux intellectuels ont de leur côté fustigé l'usure, le prêt à intérêt, en argumentant
que celui-ci dissuade l'investissement dans ce qui n'est pas directement et certainement
rentable, même si cet investissement a une importance sociale (développement des
infrastructures, éducation, etc.). L'économiste et philosophe Adam Smith (1723, m.1790 ap.
J.C.) estima pour sa part que par l'usure "le capital est au risque de l'emprunteur qui est
comme l'assureur de celui qui prête". On voit très nettement apparaitre ici cette inversion
qui amène celui qui a besoin à devenir l'assureur de celui qui possède.
CONCLUSION
25
diversification des sources de financement, la stabilité financière et l’investissement éthique.
Il est important de noter que la finance islamique peut jouer un rôle dans la promotion du
développement économique et de l’investissement responsable. Les différences entre la
finance islamique et la finance conventionnelle résident dans les produits et les instruments
utilisés, la finance islamique offrant des alternatives conformes à la charia. Dans l’ensemble,
la finance islamique offre une avenue prometteuse pour ceux qui cherchent à opérer dans un
système financier plus éthique et équitable.
26
27
INTRODUCTION
Ce chapitre vise à explorer ces enjeux afin de mieux comprendre les défis auxquels la
finance islamique est confrontée et les opportunités qu'elle peut offrir. Plus précisément, nous
examinerons la place de la finance islamique dans le système financier mondial, en nous
interrogeant sur son intégration et son interaction avec les autres systèmes financiers existants.
Nous explorerons également les opportunités et les défis que la finance islamique présente pour
les pays musulmans et non musulmans, en mettant en évidence les implications économiques,
sociales et commerciales de cette forme de finance. Enfin, nous aborderons les enjeux de la
régulation de la finance islamique, soulignant l'importance de cadres réglementaires adaptés pour
assurer la stabilité et l'intégrité de cette industrie. Cette analyse approfondie des enjeux de la
finance islamique nous permettra de mieux appréhender sa dynamique et son rôle potentiel dans
l'économie mondiale.
La finance islamique est une composante relativement nouvelle du système financier mondial, mais
elle connaît une croissance rapide depuis les années 2000. Selon certaines estimations, l'industrie de
la finance islamique représente actuellement environ 2 % du système financier mondial, avec des
actifs dépassant les 2 billions de dollars.
La finance islamique est présente dans de nombreux pays musulmans et non-musulmans, notamment
en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les centres financiers majeurs tels que Londres et
New York ont également commencé à offrir des produits financiers conformes à la charia pour
répondre à la demande croissante des investisseurs.
Cependant, la finance islamique doit encore relever certains défis pour s'intégrer pleinement dans le
système financier mondial. Par exemple, il peut y avoir des obstacles réglementaires et juridiques
pour l'expansion transfrontalière de l'industrie. De plus, il peut y avoir un manque d'harmonisation
entre les normes comptables et réglementaires internationales et celles qui sont spécifiques à la
finance islamique.
28
1. Présentation générale des pays les plus actifs en matière de la finance
islamique
Les grandes banques internationales (HSBC, deutsche Bank, Citigroup) s’y intéressent de près
: c’est ainsi qu’une vingtaine d’établissements ont , par l’intermédiaire de filiale, une offre
islamique. C’est le cas, par exemple, de HSBC ou de Lloyds TSB qui a ouvert le premier
compte, étudiant islamique en 2006. 35
35
Ch7. Les banques et la finance islamique , François Guéranger, dans Finance islamique (2009), p 197 à 216
29
Ces chiffres montrent une avance de Iran qui s’explique par l’importance de la population
et l’islamisation de l’économie à partir de la révolution de 1979. La Malaisie était en avance et
maintenant devenue le leader grâce à la qualité de ses jurisconsultes. En effet ces juristes sont à
l’origine des innovations les plus marquantes en matières des produits financières.
La zone du golf est très dynamique et la concurrence est très forte entre les différents pays.
Le Royaume uni le leader occidental est souvent pris en exemple dans la mesure ou la place
londonienne est la première place européenne en finance islamique, Ce développement est fait à
partir des concept Common Law de l‘expression d’une forte demande émanant de la population
musulmane immigrée pour gérer sur place son épargne. Auparavant déposés sur des comptes
bancaires localisés dans différents pays d’origine.
30
a. Croissance et diversification économiques
La finance islamique a le potentiel de stimuler la croissance économique et la
diversification dans les pays musulmans. Avec un taux de croissance annuel de 15 à 20%, la finance
islamique gère actuellement des actifs d’une valeur d’environ 700 milliards de dollars dans le
monde. L’expansion rapide du secteur peut contribuer au développement global des pays musulmans
en offrant de nouvelles opportunités d’investissement et en favorisant l’inclusion financière.
31
musulmans, conduisant à une collaboration économique accrue et à des avantages mutuels.
32
règlements existants, tels que l’introduction de structures fiduciaires ou la modification des lois
fiscales pour tenir compte des transactions conformes à la charia.
1. Enjeux réglementaires
Alors que la finance islamique continue de se développer, les défis réglementaires sont devenus plus
apparents. Ces défis peuvent être classés en plusieurs domaines :
33
l’élaboration et la mise en œuvre de cadres réglementaires et la création de nouveaux produits
financiers.
Les organisations internationales, telles que le Conseil islamique des services financiers (IFSB) et
l’Organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques (AAOIFI), jouent un
rôle crucial dans la résolution des défis réglementaires dans la finance islamique. Ces organisations
élaborent des normes et des lignes directrices qui peuvent être adoptées par les pays pour assurer le
bon fonctionnement de l’industrie de la finance islamique.
34
ii. L’Organisation de comptabilité et d’audit des institutions financières islamiques
(AAOIFI)
L’AAOIFI est une organisation internationale qui élabore des normes de comptabilité,
d’audit, de gouvernance et d’éthique pour les institutions financières islamiques. Ces normes
visent à améliorer la transparence et la fiabilité de l’information financière dans le secteur de
la finance islamique.
CONCLUSION :
En conclusion, ce chapitre met en évidence les enjeux importants liés à la finance islamique,
notamment sa place au sein du système financier mondial, les opportunités qu'elle offre ainsi que les
défis auxquels elle est confrontée. En explorant ces aspects, nous avons pu prendre conscience de
l'importance croissante de la finance islamique et de son potentiel à répondre aux besoins financiers
conformes aux principes de l'Islam. Il est essentiel de continuer à étudier et à comprendre ces enjeux
afin de favoriser le développement et la régulation appropriée de la finance islamique à l'échelle
internationale
35
CHAPITRE III : LES
PERSPECTIVES DE LA
FINANCE ISLAMIQUE
36
INTRODUCTION
Les principaux acteurs de l'industrie de la finance islamique sont les banques islamiques, les
institutions financières islamiques, les fonds d'investissement islamiques et les compagnies
d'assurance islamiques [5]. Les banques islamiques sont le plus grand segment de l'industrie
de la finance islamique [3]. En outre, la finance islamique est en train de se développer dans
de nombreux pays, notamment en Malaisie, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis, en
Iran et en Turquie [6].
37
une petite partie du marché financier mondial, elle a le potentiel de devenir un acteur majeur
dans le secteur financier mondial dans les années à venir [7].
La finance islamique a été à la pointe de l'innovation financière, avec des contrats légaux
pour des activités qui sont propres à la finance islamique [6]. Le développement constant de
la technologie dans le secteur des services a conduit à l'intégration de la technologie et de
l'innovation dans la finance islamique, ce qui a permis une plus grande efficacité et
accessibilité [8]. La pandémie de COVID-19 a encore accéléré le besoin d'innovation
technologique dans la finance islamique, car elle pose de nouveaux défis qui nécessitent des
solutions innovantes [9]. En conséquence, l'avenir de la finance islamique sera probablement
façonné par l'intégration de la technologie et de l'innovation, qui continuera de stimuler la
croissance et le développement de l'industrie.
L'expansion de la finance islamique dans les pays non musulmans est une autre tendance
susceptible de façonner l'avenir de l'industrie. Alors que la finance islamique a été développée
à l'origine pour les communautés musulmanes, elle a de plus en plus gagné du terrain dans les
pays non musulmans, où elle est considérée comme une alternative à la finance
conventionnelle [7]. Les non-musulmans sont attirés par l'accent mis par la finance islamique
sur des normes plus élevées d'éthique et de responsabilité sociale [6]. De plus, la finance
islamique contribue à la bancarisation de la population musulmane, non seulement dans les
pays arabes mais aussi dans d'autres parties du monde [10]. Par conséquent, l'expansion de la
finance islamique dans les pays non musulmans devrait continuer à croître à l'avenir.
38
compatibilité de l'investissement islamique avec les pratiques ISR et le prix à payer pour être
à la fois compatible avec la charia et socialement responsable reste un sujet de discussion
parmi les universitaires [13].
L'industrie de la finance islamique a connu une croissance importante ces dernières années et
devrait poursuivre son expansion à l'avenir. Selon des rapports récents, les actifs de l'industrie
ont augmenté de 9,4 % en 2022, contre 12,2 % en 2021, indiquant son potentiel de croissance
et d'expansion supplémentaires [4]. Cette croissance a été tirée par une augmentation du
nombre d'institutions financières islamiques et une expansion géographique, en particulier en
Asie et en Afrique [5]. En conséquence, l'avenir de la finance islamique semble prometteur,
les experts prédisant une performance mondiale continue dans les années à venir [14].
Malgré les défis auxquels est confrontée l'industrie de la finance islamique, elle a le potentiel
de jouer un rôle important dans le système financier mondial. La finance islamique a été
reconnue pour ses contributions au système financier et son potentiel à résoudre les
problèmes qui ont conduit à la crise financière de 2008 [16]. Cependant, il existe encore des
risques associés à la commercialisation des produits financiers islamiques, qui doivent être
traités par les banques et les institutions financières [15]. Avec une activité internationale
importante ces dernières années, y compris l'émission de titres islamiques, l'industrie est prête
à poursuivre sa croissance et son expansion à l'avenir [6]. Dans l'ensemble, l'avenir de la
39
finance islamique semble prometteur, avec son potentiel de croissance et d'expansion, son
intégration avec la finance conventionnelle et ses contributions au système financier mondial.
Le secteur bancaire est l'un des domaines où la finance islamique a connu une croissance
significative ces dernières années. Les banques islamiques appliquent les principes de la
finance islamique, qui interdisent l'intérêt (riba) et encouragent le partage des risques et des
profits (mudaraba). Ces principes sont conformes aux valeurs éthiques et religieuses de
l'islam [1]. L'État joue également un rôle important dans la promotion de l'économie
islamique et la croissance de la finance islamique dans le secteur bancaire [2]. Cette
croissance est appelée à se poursuivre dans les années à venir, selon la Société islamique pour
le développement du secteur privé [3].
La finance islamique dans le secteur bancaire mondial a connu une croissance rapide ces
dernières années. Les émissions de titres islamiques, sous forme de sukuk, ont augmenté
considérablement [4]. La finance islamique a également connu une croissance rapide dans les
pays non musulmans, tels que le Royaume-Uni et les États-Unis [4]. Cette croissance offre de
nouvelles opportunités pour les banques islamiques, qui peuvent étendre leur portée à
l'échelle mondiale. Toutefois, les banques islamiques doivent également faire face à des défis
tels que la concurrence et la réglementation [5].
Les défis et opportunités de la finance islamique dans le secteur bancaire sont nombreux. Les
banques islamiques doivent faire face à des défis tels que la concurrence avec les banques
conventionnelles, la réglementation et la gestion des risques [6]. Toutefois, la finance
islamique offre également des opportunités pour les banques islamiques, telles que
40
l'expansion à l'échelle mondiale, l'innovation financière et la satisfaction des besoins des
clients musulmans [7]. En outre, la finance islamique peut contribuer au développement
économique des pays en développement, en fournissant un financement conforme aux
principes de l'islam [8]. En somme, la finance islamique dans le secteur bancaire offre des
perspectives de développement intéressantes pour les banques islamiques et les économies
dans leur ensemble [9].
La finance islamique repose sur l'application des principes de la loi islamique au secteur
bancaire et financier en général [10]. Ces principes incluent l'interdiction de l'intérêt (riba) et
l'exigence de partager les risques et les profits entre les parties impliquées dans une
transaction. Dans le secteur de l'investissement, ces principes sont appliqués de différentes
manières, notamment à travers des fonds d'investissement conformes à la Charia, des
obligations islamiques (sukuk) et des investissements dans des entreprises éthiques et
responsables [4]. L'application de ces principes peut contribuer à une finance plus éthique et
durable, en alignant les intérêts des investisseurs avec ceux des entreprises et de la société
dans son ensemble.
Bien que la finance islamique offre des opportunités de croissance dans le secteur de
41
l'investissement, elle est également confrontée à des défis. L'un des principaux défis est la
standardisation des instruments juridiques et financiers, qui est nécessaire pour permettre une
plus grande intégration de la finance islamique dans les marchés financiers internationaux
[11]. De plus, la gouvernance et la réglementation des institutions financières islamiques
doivent être renforcées pour assurer la stabilité et la transparence du secteur [5]. Malgré ces
défis, la finance islamique continue de se développer et offre des perspectives intéressantes
pour les investisseurs et les entreprises qui cherchent à participer à une finance plus éthique et
responsable [12].
La finance islamique dans le secteur de l'assurance est en croissance dans le monde entier. En
2014, il y a eu une activité internationale importante de la finance islamique avec des
émissions importantes de titres islamiques sous forme de sukuk [8]. Selon la Société
islamique pour le développement du secteur privé, cette croissance devrait se poursuivre dans
les années à venir [3]. Cependant, la finance islamique dans le secteur de l'assurance est
confrontée à des défis tels que la standardisation des instruments juridiques et la concurrence
avec les produits d'assurance conventionnels [11]. Malgré ces défis, la croissance de la
finance islamique dans le secteur de l'assurance est prometteuse et offre de nombreuses
42
opportunités pour les investisseurs et les consommateurs [13].
La finance islamique est basée sur les principes de la charia, la loi islamique, qui vise à
promouvoir la justice, l'équité et la transparence dans les transactions financières [1].
Contrairement à la finance conventionnelle, la finance islamique interdit l'intérêt (riba) et les
transactions spéculatives (gharar) [2]. Au lieu de cela, la finance islamique se concentre sur le
partage des risques et des profits entre les parties impliquées [3]. Ces principes fondamentaux
ont conduit à des différences significatives entre la finance islamique et la finance
conventionnelle [4].
43
investisseur fournit des fonds et un gestionnaire gère l'entreprise [6]. En revanche, la finance
conventionnelle propose des produits tels que les prêts à intérêt, les cartes de crédit et les
produits dérivés, qui sont interdits en finance islamique [4].
L'industrie de la finance islamique a connu une croissance significative ces dernières années,
avec une augmentation de la demande pour des produits financiers adaptés à la charia. Les
institutions financières conventionnelles participent à cette croissance en ouvrant des fenêtres
islamiques dans la région, telles que la Citi Islamic Investment [8]. La concurrence entre la
finance islamique et la finance conventionnelle est de plus en plus forte, car les deux
industries cherchent à attirer les mêmes clients et offrent à des produits financiers similaires
[5]. Cependant, la finance islamique se distingue par sa conformité aux principes de la charia,
qui interdit notamment l'intérêt usuraire (riba) et les transactions spéculatives (maisir). Cette
différence fondamentale a des implications importantes pour l'industrie financière mondiale
[2].
44
finance durable, car elle repose sur des principes de responsabilité sociale et
environnementale [10]. Cela peut avoir un impact sur la façon dont les investisseurs
choisissent d'allouer leurs ressources et sur l'orientation générale de l'industrie financière.
L'essor de la finance islamique peut également avoir un impact sur le système financier
mondial dans son ensemble. Bien que la finance islamique soit souvent considérée comme
une alternative à la finance conventionnelle, les deux industries diffèrent de nombreux
principes et pratiques similaires [5]. Il est donc possible que la finance islamique contribue à
une plus grande diversité et à une plus grande résilience du système financier mondial [4].
Cependant, l'adoption de la finance islamique peut également être entraînée par la
concurrence de la finance conventionnelle dans les pays où le système financier traditionnel
est bien établi [11][12][6][1][5][13].
Les défis de la croissance de la finance islamique sont nombreux. L'un des principaux défis
est la concurrence avec les systèmes financiers conventionnels, qui sont déjà bien établis dans
45
de nombreux pays [13]. En outre, la finance islamique doit relever des défis de performance
pour rivaliser avec les systèmes financiers conventionnels [12]. Cependant, la finance
islamique offre des avantages uniques, tels que l'interdiction de l'intérêt et la promotion de
l'équité et de la justice dans les transactions financières [2]. Ces avantages peuvent aider la
finance islamique à se démarquer et à se développer dans les années à venir.
Les perspectives d'avenir pour la finance islamique sont prometteuses. La finance islamique a
le potentiel de devenir une alternative viable aux systèmes financiers conventionnels dans de
nombreux pays [17]. De plus, la finance islamique peut offrir des avantages économiques,
tels que la stimulation de la croissance économique et la promotion de la stabilité financière
[9]. En France, par exemple, il y a un prix de conscience croissant de l'importance de la
finance islamique, et certains acteurs du secteur financier commencent à explorer les
opportunités offertes par la finance islamique [18]. En fin de compte, la finance islamique a le
potentiel de devenir une force majeure dans le secteur financier mondial et de contribuer à un
système financier plus équitable et responsable.
CONCLUSION :
46
L’EXPERIENCE
MAROCAINE EN FINANCE
47
ISLAMIQUE : UNE
ANALYSE COMPLETE
INTRODUCTION
48
1. La finance islamique au Maroc
Au Maroc, la finance islamique a été introduite en 2007 par Bank Al-Maghrib, la banque
centrale du pays. Il visait à offrir une alternative viable à la banque conventionnelle, à
renforcer l’inclusion financière et à attirer une nouvelle catégorie d’investisseurs dans le
royaume. Depuis lors, l’industrie marocaine de la finance islamique a progressivement évolué,
avec la mise en place de banques participatives, de guichets et d’une gamme de produits et
services.
Le cadre réglementaire de la finance islamique au Maroc a été établi en 2007, avec Bank Al-
Maghrib définissant les lignes directrices pour les produits alternatifs, tels que Mourabaha,
Moucharaka et Ijara. Ces produits ont été conçus pour élargir la gamme des services bancaires
et contribuer à l’inclusion financière de l’économie marocaine.
Mourabaha est un contrat dans lequel une institution financière acquiert un actif pour le
compte d’un client, puis le vend au client avec une marge bénéficiaire convenue à l’avance.
Le client paie l’institution financière en versements échelonnés sur une période déterminée,
n’excédant pas 48 mois.
Ijara est un contrat de crédit-bail dans lequel une institution financière fournit un actif
corporel à un client moyennant des frais de location. Il est similaire à un contrat de crédit-bail
ou de location-vente conventionnel.
En 2015, le parlement marocain a adopté la loi 103-12, qui a encore solidifié le cadre
49
juridique de la finance islamique dans le pays. Cette loi a introduit une nouvelle catégorie
d’institutions financières appelées « banques participatives », qui sont tenues de se conformer
aux principes de la charia dans leurs opérations. Il a également fourni des directives pour la
création de conseils de la charia, qui sont chargés de veiller à ce que les banques participatives
respectent la loi islamique.
Depuis son introduction en 2007, la finance islamique au Maroc a connu une croissance
régulière. Le marché mondial de la finance islamique a augmenté d’environ 19% entre 2015 et
2019, le secteur atteignant une valeur de 2 440 milliards de dollars en 2017. Les acteurs
dominants de l’industrie sont les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Malaisie
et l’Iran, qui représentent plus de 80% de la part de marché mondiale.
Le Maroc possède des avantages significatifs qui lui permettent de se positionner comme un
centre financier pour attirer des financements islamiques substantiels. Le pays a une forte
demande de produits financiers islamiques de la part de la population locale et des opérateurs
internationaux, contribuant à l’amélioration de l’inclusion financière et à la mobilisation de
l’épargne qui serait autrement perdue pour des raisons religieuses.
L’année 2017 a marqué une étape importante pour la finance islamique au Maroc, puisque les
premières banques participatives ont ouvert leurs portes après avoir obtenu les approbations
nécessaires. Les banques marocaines qui ont soumis des demandes ont toutes reçu des
licences, et la majorité d’entre elles se sont associées à des leaders internationaux de la finance
islamique. Ces banques participatives comprenaient Bank Al Tamwil wal Inmaa (BTI Bank),
ASSAFA Bank, Umnia Bank, Bank Al Yousr et Al Akhdar Bank.
50
Outre les banques participatives, trois banques classiques ont été autorisées à ouvrir des
guichets participatifs (succursales ou agences) pour offrir des services financiers islamiques à
leurs clients. Il s’agit notamment de Najmah, une filiale de BMCI; Arreda, propriété du Crédit
du Maroc; et Dar Al-Amane, un réseau d’agences créé par la Société Générale Maroc.
Depuis leur lancement, la performance des banques participatives au Maroc affiche une
croissance prometteuse. Selon le rapport 2019 de Bank Al-Maghrib, il y avait 128 agences
opérant sous diverses banques participatives, contre 100 en décembre 2018. Le nombre de
comptes courants est également passé de 78 497 à 56 918 au cours de la même période. En
outre, les activités de dépôt et de financement des banques et guichets participatifs ont connu
une croissance significative, reflétant la demande croissante de produits et services financiers
islamiques dans le pays.
51
d’éducation, ainsi que la création de centres de recherche dédiés à la finance islamique.
Demande croissante du marché: Le marché marocain présente un fort appétit pour les produits
financiers islamiques, stimulé par l’importante population musulmane et le désir d’un système
financier qui s’aligne sur leurs valeurs religieuses.
52
CONCLUSION
L’expérience marocaine dans la finance islamique offre des informations précieuses sur le
développement, les défis et les perspectives d’avenir de ce système financier émergent. Bien
que l’industrie ait parcouru un long chemin depuis son introduction en 2007, il y a encore
place à l’amélioration et à la croissance. En relevant les défis identifiés et en capitalisant sur
les opportunités, le Maroc peut continuer à renforcer son industrie de la finance islamique et
se positionner comme une plaque tournante régionale pour les services financiers conformes à
la charia.
53
CONCLUSION GENERALE
54
BIBLIOGRAPHIE
ARTICLES
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TEXTES JURIDIQUES
VII
- Dahir n°1.15.02 (20 janvier février 2015) publié dans le B.O n° 6333 (version arabe).
- La loi n° 59.13 promulguée par Dahir nº 1-16-129 du 21 kaada 1437 (25 août 2016).
- La loi n°103-12 (publiée au Bulletin officiel du 22 Janvier 2015 -édition en arabe- et au B.O
du 5 Mars 2015 -édition en Français).
WEBOGRAPHIE
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- [Link]
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- [Link]
- [Link]
VIII
LISTE DES FIGURES
FIGURE 10: VENTILATION DES SUKUK EMIS PAR PAYS (31 DECEMBRE 2015)...................................17
IX
SOMMAIRE
DEDICACES.....................................................................................................................................
REMERCIEMENTS.........................................................................................................................
INTRODUCTION GENERALE.....................................................................................................
INTRODUCTION.............................................................................................................................
a. Historique :.................................................................................................................................
a. Le saint coran.............................................................................................................................
b. La sunna.....................................................................................................................................
c. Al-Ijmaâ......................................................................................................................................
d. Al Qiyas.......................................................................................................................................
e. L'ijtihâd.......................................................................................................................................
b. L’interdiction du Gharar.........................................................................................................
c. L’interdiction du Maysir..........................................................................................................
X
e. La tangibilité de l’actif ou « L’Assette Backing »...................................................................
c. Le financement non-marchand...............................................................................................
CONCLUSION............................................................................................................................
INTRODUCTION.......................................................................................................................
1. Présentation générale des pays les plus actifs en matière de la finance islamique.................
XI
2. Opportunités pour les pays non musulmans...........................................................................
b. Manque de normalisation........................................................................................................
1. Enjeux réglementaires............................................................................................................
CONCLUSION :.........................................................................................................................
XII
CHAPITRE III : LES PERSPECTIVES DE LA FINANCE ISLAMIQUE.............................
INTRODUCTION.......................................................................................................................
CONCLUSION :.........................................................................................................................
INTRODUCTION.......................................................................................................................
CONCLUSION GENERALE....................................................................................................
BIBLIOGRAPHIE.........................................................................................................................
XIV