Manuel d'Élevage Porcin au Cameroun
Manuel d'Élevage Porcin au Cameroun
1
GENERATION FUTURE D’AGRONOME ET D’ELEVEUR
2
GENERATION FUTURE D’AGRONOME ET D’ELEVEUR
3
GENERATION FUTURE D’AGRONOME ET D’ELEVEUR
INTRODUCTION
La croissance sans cesse de la population fait de l’amélioration des productions animales un
enjeu majeur aussi bien dans de nombreux pays qu’au Cameroun. Pour couvrir les besoins des
populations en protéines d’origine animale, les politiques gouvernementales ont opté pour
l’intensification de l’élevage des animaux à cycle court à l’instar de la production porcine et de
l’aviculture du fait de leurs potentiels de production élevé. En effet, l’intensification de la
porciculture découle de la grande productivité des porcs, de leur potentiel de croissance rapide et
de leur prolificité importante (FAO, 2012). L’élevage porcin a aussi l’avantage d’être simple, et
adapté à toutes les régions géo-climatiques. L’élevage de porcs existe un peu partout dans le
monde.
Le porc est la viande la plus consommée dans le monde et le deuxième produit
agricole. Il joue un rôle socio-économique très important dans la vie des populations locales. Sa
viande est exigée dans différentes cérémonies telles que la dote, les funérailles et les obsèques
Parmi les principales espèces animales domestiques, le porc occupe pratiquement la
première place en termes de production de viande. Bien qu’il soit de petit format, il produit plus
de viande comparé aux autres espèces animales. Ainsi il existe Il existe plusieurs méthodes
d'élevage : l’élevage en divagation et celle en claustration. En fonction de l’objectif de la
production, on distingue diffèrent types d’élevage :
L’élevage naisseur : Ici l’éleveur produit seulement les porcelets et les vend (beaucoup de
maternité) ;
L’élevage engraisseur : Dans ce cas l’éleveur achète les porcelets et les amène au poids du
marché (seulement les loges d’engraissement)
L’élevage naisseur-engraisseur : Ici l’éleveur produit ses porcelets, vend une partie des
porcelets et engraisse l’autre. C’est l’activité la plus pratiquée en milieu paysan.
4
GENERATION FUTURE D’AGRONOME ET D’ELEVEUR
6
connaissances techniques; les contraintes liées à la commercialisation entre autre,
l’absence de bases objectives sur lesquelles repose la commercialisation,
l’enclavement des zones de production; les contraintes pathologiques qui peuvent
être infectieuses (PPA, rouget, salmonellose, gastro-entérite transmissible …) ou
parasitaires (ascaridiose, trichinellose, cysticercose, coccidiose, cryptosporidies
…).
7
II-3) Désavantages de l’élevage porcin
Concurrence directe avec l’homme pour l’alimentation et particulièrement
les céréales (maïs) et les graines oléagineuses (soja),
Contrainte religieuse : les musulmans ne mangent pas le porc,
L’élevage porcin à proximité des habitations engendre un problème de
pollution à cause des déjections,
Zoonose : certains parasites du porc sont susceptibles de s’attaquer à
l’homme donc une menace pour la santé.
III) IDENTIFICATION DES RACES DE PORCS LES PLUS
ELEVES EN AFRIQUE
C’est un porc très répandu en Europe surtout dans les pays Scandinaves,
la robe est de couleur blanche, les oreilles sont grandes et semi pendantes. Porc
d’origine danoise, au corps allongé et grand format, bonnes qualités maternelles,
plus sensible au stress que ceux de la race large white, 8 à 12 porcelets à la
9
naissance ; 7 à 9 porcelets au sevrage poids adulte : verrat en truie : 150 à 250 kg,
il est recommandé pour un élevage de type Naisseur-Engraisseur
Hampshire :
C’est un porc noir d’origine anglaise, de taille moyenne avec une ceinture
blanche au niveau du thorax qui intègre les 2 pattes avants pour se rejoindre au
niveau de la pointe des épaules, oreilles dressées de petite taille, cette race n’a
jamais atteint une taille impressionnante, c’est une race moins performante et peut
prolifiques, elle a une qualités maternelles faible 7 porcelets à la naissance ; 5 - 6
porcelets au sevrage ; poids maximal : 150 kg, apprécier pour sa longévité
Piétrain :
Figure 4 : Race Hamsphire
10
C’est un porc Originaire de la Belgique de robe tachetée de blanc et de noir
voire rousse de façon irrégulière, Les oreilles sont dressées. C’est une race issue du
croisement génétique entre un porc de race Berkshire avec un porc blanc d’inde,
caractérisé par une forte musculature de l’arrière-train. Le dos est long, droit, très
large et plat. Croissance rapide et sensibilité élever au stress qui peut causer une
mort subite de l’animal par crise cardiaque du porc, pour éliminer ce gène négatif a
la descendance, il est recommandé de croiser un piétrain avec la race Large white
(ce gène est absent chez les Larges white, et les animaux issus de ce croisement
sont donc hétérozygotes et non touché par ce défaut) la taille varie entre 80 et
85Cm et la masse est de 240 à 260 kg chez les truies et de 280 à 300 kg chez les
verrats. 10 à 12 porcelets en moyenne par mise bas, est recommandé pour un
élevage de type naisseur engraisseur.
11
Berkshire:
12
Figures 7 : Race Large White
13
13
14
Neimar :
Porc de couleur blanche, peu de poil, très robuste, de grande taille, facile à
conduire surtout pour sa chaire, c’est la race la plus prolifique, avec des mises bas
rapides environ 15 à 20 porcelets à la naissance et chaque truie donne en moyenne
30 porcelets sevrés par ans, pèse jusqu’a 200 à 250kg à maturité, cette race a de
très belle performances maternel, et est beaucoup plus recommander pour un
élevage de type naisseur.
15
14
Figures 10 : Les Races Locales
16
15
production de village où chaque famille à un certain nombre de porcs en système
libre. Les races indigènes sont aussi utilisées en raison de leurs rusticités.
17
16
(planche), et complètement couvert. L’alimentation est fournie totalement sur place
par l’éleveur. Une porcherie d’élevage comprend des sections ci-après :
Section de reproduction
Section d’engraissement.
V) INFRASTRUCTURE D’ELEVAGE
V-1) Logement
Le porc est un animal qui ne transpire pas et supporte très mal les hautes
températures, cependant le porcelet à la naissance est très sensible au froid d’où
l’importance des types de bâtiments à mettre en place en climat chaud. Le porc
devant vivre en claustration presque permanente, la qualité du logement devient
plus importante.
• Il doit abriter les porcs du soleil et de la chaleur, ainsi que des pluies diluviennes
courantes en climat tropical.
• Il doit permettre une bonne ventilation et une bonne hygiène des animaux dans
un espace suffisant.
18
17
• Il doit être conçu pour nourrir et abreuver les porcs sans gaspillage, moyennant
un travail simple.
• il faut choisir une zone ou la ventilation naturelle est efficace, La porcherie sera
construite perpendiculairement aux vents dominants pour une bonne ventilation.
• Toiture basse à 2 pentes pour éviter l’entrée des rayons solaires dans la porcherie.
• Les portes et leurs serrures doivent être solides pour résister aux chocs donnés
par les porcs.
19
18
V-3) Bâtiment
Les meilleurs bâtiments sont en général à sol taloché (pas lisse, pour éviter
que les animaux glissent et se blessent) et largement ouverts sur les côtés. Un
sol en planche sur pilotis peut aussi être recommandé
Les murs séparant les loges et construits en bois durs, en parpaings, en brique
de terre ou en bambous de chine doivent être au moins à 90 cm du sol,
Le sol doit être légèrement incliné de manière à faciliter l’écoulement des
eaux de nettoyage,
Chaque loge doit avoir une aire de couchage et une aire d’exercice. La
surface de couchage doit être couverte en tôles, en paille ou en natte. La
surfaced’exercice non couverte doit être assez large pour faciliter le
déplacement et la défécation des animaux,
Dans le bâtiment les loges peuvent être disposées en un rang ou deux rangs
avec un couloir d’alimentation de 1,7 à 2m.
20
19
V-4) Types de Loges
On distingue 4 types de loge dans une porcherie :
Dans ces loges on place un certain nombre de truies qui attendent la saillie
ou qui sont en gestation. Les dimensions de ces loges sont généralement de
2,5X2m pour une truie. Ces loges sont souvent accompagnées d’une aire
d’exercices non couverte
Loges de maternité
Ce sont de loges destinées à la mise bas. Les truies sont transférées dans ces
loges une semaine avant mise bas, ces loges sont équipées des dispositifs variés qui
permettent aux porcelets d’éviter d’être écrasés par la mère. Les dimensions sont
2,5X3m, les porcelets y restent jusqu’au sevrage qui intervient après 35 jours en
moyenne.
Elle doit se trouver au milieu des loges des truies car la vue et la proximité
des truies aiguisent l’appétit sexuel chez le mal alors que la vue et proximité des
mâles favorisent la venue régulière des chaleurs chez la femelle.
La loge du verrat doit avoir deux compartiments, une aire de repos couverte et une
aire d’exercices non couverte, Les dimensions sont de 3 X 4m.
Elles permettent de regrouper les porcelets pour les nourrir jusqu’au poids
d’abattage. Les nourrains sont des porcelets récemment sevrés. Dans la loge des
nourrains il Ya une aire d’exercices non couverte. On mettra 10 à 12 nourrains dans
une loge de 2,5X3m jusqu’à l’âge de 5 mois. Après 5mois, ceux qui vont être
21
20
retenus pour la reproduction seront transférés dans d’autres loges à raison de 4 à 5
sujets dans une loge de 2,5X3m et ceux qui ne sont pas retenus seront abattus ou y
resterons pour continuer l’engraissement (cette fois si sans aire d’exercice pour
réduire les mouvements et la dépense énergétique.)
REMARQUE:
Ne jamais surcharger les loges afin de permettre aux animaux d’adopter les
positions avantageuses. Les densités en fonction des poids vifs sont les
suivants:
- 10-20kg : 1m²/porcs
- 20-50kg : 1,5m²/porc
- 250-100kg : 2,5kgm²/porc
- Adulte : 2,5 - 3m²/porc
- Verrat : seul dans la loge
- Truie + porcelet : 10 – 12 m² La mangeoire et l’abreuvoir ne doivent pas être
construits ni à côté, ni dans la zone d’exercice.
Les températures ambiantes optimales pour différentes phases
physiologiques sont :
- Porcelet (naissance) : 0,9 – 1,5 kg : 30-32°c
- Porcelet sevré : 10 kg : 26°c
- Porc à l’engrais : 30 kg : 24°c
- Porc à l’engrais : 50 kg : 19°c
- Porc à l’engrais : 100 kg : 16°c
Comme il est difficile d’avoir ces températures dans nos régions, les
bâtiments devront être largement ouverts sur les côtés pour favoriser une bonne
ventilation (dans les régions très chaude).
22
21
Dans le bâtiment les loges peuvent être disposées en un rang ou deux rangs
avec un couloir d’alimentation de 1,7 à 2m.
Le sol
Le sol doit être cimenté (pas lissé) pour éviter que les porcs glissent et se
blaisent et doit être en pente pour permettre l’évacuation des eaux de nettoyage et
communiquer avec un canal à purin qui amène l’eau sale vers une fosse à purin.
VI) LA REPRODUCTION
23
22
Le verrat ne doit pas être méchant, et il ne doit pas avoir été malade avant le
sevrage. Son corps doit être long et droit, ses fesses bien grosses, sa queue bien
enroulée son poil bien lisse, les testicules et la verge bien ressortie, et bien
développées, ses pattes bien droites, solide et se placé plat sur le sol pour qu’il
puisse facilement monter la truie.
Elle dure environ 60h chez la truie et se reproduit tous les 21jours.
Il faut contrôler deux fois par jour (matin et soir) si la truie est en chaleur.
Ce contrôle se fait le mieux le matin, quelques temps après le repas des truies et
non avant. Les cas douteux peuvent être vérifiés dans l’après-midi. La variété des
races et les changements climatiques peuvent compliquer la reconnaissance de la
chaleur dans les zones tropicales, mais d’une manière générale on distingue les
signes suivants :
24
23
Vulve gonflée et rougie
Léger écoulement d’un liquide visqueux dans la vulve
Agitation inhabituelle, Enervement (la truie grogne)
Diminution de l’appétit
Elle monte ses voisines ou elle se laisse montées par ses voisines
Elle s'immobilise quand on met la main sur son dos et ses oreilles se
redressent en arrière.
VI-3) L’Accouplement
Pour être efficace l’accouplement doit avoir lieu peu de temps avant la ponte
ovulaire, car la durée de vie de l’ovule est brève : 2 à 3 heures. Par contre, le
spermatozoïde peut demeurer vivant 48 heures dans l’utérus de la femelle. Or,
l’ovulation se produit de 30 à 40 heures après le début de la phase d’acceptation du
mâle, qui représente les chaleurs vraies. C’est une erreur que de présenter la truie
au verrat trop tôt.
Un verrat plus grand et plus lourd pour les truies les plus lourdes,
Et un verrat plus jeune pour les cochettes (Jeune truie n’ayant jamais eu de
saillie).
Figure 16 : Accouplement.
Elle se fait à partir du 18 ème jour jusqu’au 23ème jour après l'accouplement et une
seconde fois vers le 42ème jour. Il y a 3 méthodes :
26
25
VI-4) La Préparation de la Mise Bas
La gestation dure 114 à 115 jours soit 3 mois, 3 semaines et 3 jours. Avant
la mise-bas, il faut prendre les dispositions suivantes:
27
26
herbe qui sent fort pour éviter que la truie sente votre odeur sur ses petits au risque
de les tuer.
Essuie les porcelets avec un torchon dès leur sortie et Couper immédiatement
le cordon ombilical à 3 cm du ventre et désinfecter avec de l'alcool iodé ou avec du
bleu de méthylène. Nettoyez le cordon de chaque porcelet avec du mercurochrome
ou de l’eau de javel ou du crésyl, puis vous mettez les porcelets vers une source de
chaleur et sur une litière un peu loin de la mère. La mise-bas finit avec l’expulsion
du placenta. Souvent la truie mange ; laissez-la faire. Au cas contraire, Après la
mise-bas, il faut enterrer le placenta. Ensuite elle accepte nourrir ses petits. Pour
que la truie ne les écrase pas, rapprochez-les de ses mamelles. Il faut s'assurer que
les porcelets tètent le premier lait (Colostrum), riche en anticorps qui protègent les
porcelets contre les maladies. Il est recommandé d’assister à la mise-bas afin de
sauver les porcelets ou la truie en difficultés.
VI-5) L’Allaitement
Les truies ont presque toujours 12 à 14 mamelles. Elles peuvent nourrir
jusqu’à 12 à 16 porcelets. Les porcelets tètent leur mère jour et nuit, à peu près
toutes les heures. Chaque petit garde toujours la même mamelle, les mamelles
proches des pattes de devant ont plus de lait que les autres. Les porcelets qui les
28
27
tètent sont plus gros. 10 à 15 jours après la mise bas, enlevez une barrière en
planches. Les porcelets sont plus vifs et peuvent se sauver si leur mère se couche
sur eux.
Surtout assurez-vous que tous les porcelets est pris leurs doses de colostrum
Figures 18 : Allaitement
29
28
VI-6) LA Coupure des dents
3 jours après la naissance, il faut couper les dents des porcelets pour éviter qu'ils
blessent les mamelles de la truie ou qu'ils se blessent entre eux. Après la coupure,
il faut donner un produit contenant du fer (par exemple Ferrodextran: 2 ml par
porcelet). Si on n'a pas de fer, mettre à la disposition des porcelets de la terre
rouge, et/ou mètre dans l’eau de boisson un morceau de fer ou de tôle rouiller
(l’eau rouiller contient aussi du fer).
VI-7) LA Castration
Castrez les porcelets males que vous voulez faire grossir. La castration
favorise le grossissement et élimine l'odeur hormonale, ce qui assure un meilleur
goût à la viande. Il est plus facile de castrer un porc en bas âge (avant 3 semaines),
car cela demande moins d'effort à l'opérateur, la blessure saigne moins et le stress
moins important. Si vous n’avez pas pu les castrer à cet âge, il vaut mieux attendre
un mois et demi après la naissance. Prenez un couteau tranchant ou une lame de
rasoir. Vous devez avoir aussi un produit pour nettoyer la plaie : vinaigre, alcool,
cresyl+cendre, ou mercurochrome…
Lavez la porcherie Faite vous aider par une deuxième personne qui s’appuie
contre le mur,
30
29
Tient le porcelet par les pattes de derrière et serre la tête entre ses genoux. Le
ventre de l’animal est tourné vers vous.
Frottez la peau des testicules avec un morceau de coton trempé dans de
l’alcool.
Prenez un testicule avec deux doigts de la main gauche. Avec la main droite,
coupez la peau à l’aide de la lame de rasoir, Le testicule sort.
Déposez la lame, et Avec la main gauche, arrêtez le cordon du testicule, et
Avec la main droite, tournez le testicule sur lui-même jusqu'à ce que le cordon
rompe. Puis faites la même chose avec l’autre testicule.
VI-8) LE Sevrage
A partir de 3 semaines, le lait de la truie ne suffit plus pour nourrir les
porcelets. Ils ont vite grandi et mangent beaucoup. Vous devez leur donner une
nourriture faite pour eux, dans la partir de la case ou la truie ne va pas. Vous leur en
donnez un peu au début, mais vers l’âge de 35 jours, les porcelets sont bien
habitués à cette nourriture et peuvent être totalement séparé de leur mère. Pendant
les 2 jours précédant la séparation, la truie ne doit pas manger. Cela permet de
ralentir la sécrétion de lait et accélère le retour des chaleurs.
Vous ne séparez pas les porcelets de leur mère brusquement, sinon ils
maigrissent et peuvent mourir. Il est facile de faire sortir la truie de la case que de
faire sortir les porcelets. Vous séparez la truie des petits un jour sur deux, pendant 8
jours à peu près. Puis vous les séparez définitivement. Ensuite, vous pouvez
commencer à engraisser les porcelets. Quand une truie a été nourrie pendant la
lactation après le sevrage, la chaleur se manifeste dans les 7 jours qui suivent,
particulièrement les 4, 5 et 6 ème jours.
31
30
Figure 20 : Porcelets Sevrés et Début d’Engraissement
32
31
33
VII) LES CONTRAINTES DE LA MISE BAS
34
32
procédé ne réussit pas, on peut lui donner, après la mise bas, de la bière (une ou
deux bouteilles). Vous pouvez aussi injecter la truie du ’Stressnil’ (2 mg par kilo de
poids), un calmant, si cette drogue est disponible.
Si la truie meurt peu après la mise bas, il va falloir élever les porcelets soi-
même, ou les confier une autre truie. L’élevage artificiel de porcelets demande
beaucoup de travail et ne réussit pas bien. Préférez, si vous pouvez, confier les
porcelets une autre truie qui a mis bas dans les trois jours précédents. Dans la
plupart des cas elle les acceptera. Au cas où une truie donne trop peu de lait, bon
nombre de ses petits peuvent être amené vers une autre truie. Si cela ne marche pas
ou si vous n’avez pas la chance d’avoir une autre truie disponible, il faudra nourrir
les petits soi-même avec des biberons. Mettez-les dans un endroit propre, de
préférence munie de paille, ou les petits n’auront pas froid. La température idéale la
première semaine est de 30°C (jour et nuit), baissant 25°C après 15 jours.
Suspendre dans la porcherie un thermomètre et si nécessaire une lampe pour la
chaleur. Jetez tous les jours un peu de terre rouge dans un coin en prévention contre
l’anémie.
35
33
Le planning des repas Les deux premiers jours, donnez manger aux porcelets 5 fois
par jour intervalles réguliers, pendant environ 10 minutes. Le troisième et
quatrième jour, donnez-leur 4 fois par jour; ensuite, 3 fois par jour : Au bout de 14
jours, il faut augmenter la quantité de chaque repas mais réduire le nombre de
repas par jour. Malgré vos bons soins il vous faudra constater que les porcelets
élevés de cette manière sont destinés à grandir moins vite que leurs semblables,
élevés par leur mère.
La métrite
La mastite
36
34
production de lait diminue rapidement, les porcelets commencent avoir faim et se
mettent s’agiter et crier. Il faudra injecter la truie aussi vite que possible 5 cc
d’ocytocine (bien lire l’étiquette d’abord!) avec un antibiotique
(pénicilline/streptomycine, (ocy) tétracycline ou chloramphénicol). Si, au bout de
24 heures, ce traitement reste sans résultat, il faudra utiliser un autre antibiotique.
L’anémie
La constipation
Peu de temps avant la mise bas, la truie s’arrête de manger. Cela peut
entrainer la constipation. Si elle souffre de constipation, elle devient anxieuse et
elle risque de négliger ses nouveau-nés. On peut lui apporter un laxatif (salades,
fruits, etc.). Si la constipation persiste, ajouter des fourrages verts. Les porcelets
affamés doivent recevoir suffisamment de chaleur (lampe) et un surplus
37
35
alimentaire, par exemple du lait de chèvre ou de vache (à travers un biberon), ou de
la bouillie de farine de haricots sucrée.
On ne le dit jamais assez. Prévenir vaut mieux que guérir : l’entretien d’un
bon état sanitaire du troupeau est l’une des clés du succès :
38
36
mangeoires fixes (mieux que l’alimentation au sol) de ±20 cm de profondeur et
permettant accès et nettoyages faciles.
Elles doivent permettre une distribution facile des aliments sans avoir à
pénétrer dans la case Elles doivent être résistantes aux animaux et à la corrosion
des aliments acides.
Elles doivent permettre un nettoyage facile et conçues pour empêcher les
porcs d’y déposer leurs excréments. Une mangeoire de dimensions inadaptées
permet aux animaux d’y rentrer et de la souiller.
Une mangeoire fixe, de profondeur suffisante (20 cm) évite le gaspillage.
L’intérieur sans angles vifs et lisse permet un nettoyage aisé grâce à un trou
cylindrique d’évacuation des eaux qui peut être bouché.
LES ABREUVOIRS
Ils peuvent être en béton ou on peut utiliser un récipient quelconque. Localement
certains producteurs utilisent également les vieux pneus de véhicules.
Abreuvoirs Longueur Largeur Profondeur
37
39
X) LES PRINCIPALES MALADIES DES PORCS
Symptôme :
Gastro-entérite transmissible:
Signe : Diarrhée verdâtre, aiguë avec vomissements et mortalité précoce chez les
porcelets.
Pas de traitement, utiliser cependant les antibiotiques et les vitamines contre les
maladies secondaires.
Traitement : Antibiotique
Coccidiose
40
38
Signe : Diarrhée gris-vert chez le porcelet ; perte de poids et déshydratation
Pneumonie enzotique :
Traitement : Antibiotique
Rouget:
41
39
Signe : Trouble de la reproduction ; mortalité ; momification ; mortalité
embryonnaire ; retours en chaleur fréquents.
Pas de traitement, mais on peut vacciner les jeunes truies avec les fécès des
truies déjà atteintes.
- Les gales ; - Les tiques ; - Les poux et les puces (Traitement insecticides) ; - Les
mouches.
Parasites internes
Traitement : On peut traiter facilement les porcs infectés en leur administrant une
dose de piperazine. La truie gravide doit être soignée avant de mettre bas, faut de
quoi elle transmettra l’infection à sa portée, il faut nettoyer la porcherie
régulièrement.
42
Age Mesures sanitaires Produits recommandés (à titre
indicatif)
3ème jour Prévention de l’anémie des porcelets, Fercobsang, stess-vitam vetodecalcium
et administration du Fer, de la
vitamine et du calcium
7jours avant la mise bas Lavage contre les ectoparasites Butox ou taktic
41
XII) ALIMENTATION DES PORCS
42
croissance et aux productions, la proportion relative de chacun de ces acides aminés
doit être respectée pour une valorisation optimale. Ceci se justifie par le fait que les
acides aminés fonctionnent comme des colonnes d’orgues et tout acide aminé qui
serai déficitaire ou se retrouverait en excès par rapport à la normale conduirait
fatalement à une mauvaise valorisation des autres.
Toutefois, il faut retenir qu’un aliment trop riche en protéine même si tous
les acides aminés sont dans des proportions recommandées sera non seulement à
l’origine des coûts supplémentaires mais pourra entrainer des conséquences graves
sur le plan sanitaire. L’estimation de la teneur des aliments en azote total sous
forme de pourcentage des protéines brutes présente des insuffisances et la tendance
actuelle dans plusieurs laboratoires est orientée vers l’estimation de la teneur des
aliments en acides aminés essentiels ou de ceux qui sont susceptibles d’être
déficients. Les besoins en acides aminés essentiels chez les porcs à des stades
physiologiques différents sont définis en utilisant la lysine comme acide aminé
limitant.
Besoins en acides aminés essentiels chez les porcs aux stades physiologiques
différents
43
Tryptophane 0,19 0,20 0,18
44
sécrétions riches en eau (salive, lait, sucs digestifs…) et l’élimination des déchets
dans l’urine et la sueur. Elle contribue également à la régulation de la température
du corps à travers l’évaporation.
45
compensée par le faible prix de l’aliment. Le tourteau palmiste est mal appété (goût
peu agréable pour le porc) et sera limité pour cette raison à 15 % de la ration.
Déchets de brasserie : aliment intéressant là où il est disponible car le plus
souvent peu coûteux. Cet aliment est évidemment riche en fibres mais on peut
toutefois l’utiliser jusqu’à 3050 % de la ration de porcs à l’engrais.
Le Soja : c’est l’aliment riche en protéines par excellence, le tourteau l’étant
plus que le grain. Le tourteau de soja étant peu produit dans certains pays d’Afrique
comme le Congo, on utilise généralement le grain. Notons que le grain contient un
inhibiteur de trypsine (une enzyme digestive) diminuant ainsi la digestibilité : pour
éviter ce problème, il faut griller les grains avant de les passer au moulin (ce qui
entraîne une perte de poids de ± 20 %) ; ce traitement n’est pas nécessaire pour le
tourteau.
Le Tourteau de coton : riche en protéines mais limité à 5 %, au plus 10 % de
la ration à cause de sa teneur en Gossypol, un principe toxique.
Le Tourteau d’arachide : de haute valeur ; faire attention lors de la
conservation car une moisissure toxique peut se développer sur le tourteau : c’est
pour cette raison qu’on le limite à 5 % voire 10 % de la ration.
La Farine de sang : excellent aliment mais peu disponible; pour la préparer
de manière artisanale, à partir du sang récolté à l’abattoir, il faut la cuire en fût à 60
- 70°, puis l’étaler pour la sécher
La Verdure : feuilles de leucaena, luzerne sont très bien appétées et peuvent
remplacer 10 à 20 % de la quantité de concentré chez le porc à l’engraissement.
Ces aliments verts comme d’ailleurs le Pennisetumpurpureum (Malenge, fausse
canne) et le Trypsacum laxum (herbe du Guatemala) sont surtout utilisés chez les
truies en fin de gestation (pour éviter la constipation) et chez les jeunes porcelets
sevrés, pour les occuper.
46
XII-3) La Ration Alimentaire des Porcs
Les besoins en quantité et qualité d’aliment varient selon l’âge et la classe de
l’animal, ainsi on a des besoins de porc de reproduction et les besoins de porcs en
croissance et finition. Le porc est un monogastrique et digère donc mal les
végétaux ; il doit être nourri principalement avec des concentrés. Pour que
l’élevage intensif du porc puisse être rentable, il est important de lui fournir une
quantité précise d’aliment, correspondant aux normes recommandées pour chaque
catégorie.
47
NB : L’aliment peut être donné en deux étapes, la moitié le matin et l’autre le soir
48
Pour 100kg d’aliment, on a :
49
Vider entièrement la loge s’il a déjà été utilisé, se débarrasser de la vieille
litière et du matériel d’élevage (mangeoires, abreuvoir …).
Dépoussiérer toute les surfaces du bâtiment, Pour lutter contre les insectes
pulvériser les murs de la porcherie avec un insecticide.
Laver et désinfecter le matériel d’élevage. Les rincer, les sécher et les
disposer dans un endroit propre.
Laver et asperger le bâtiment avec une solution désinfectante (crésyl, eau de
javel…) ensuite peindre tout l’intérieur avec de la chaux.
Installer à l’entrée de la porcherie un pédiluve (solution désinfectante pour se
tremper les bottes).
Préparation des loges des verrats et des truies et transfert des verrats et truies
sélectionnés à leurs loges respectives : ici, la préparation des loges est la même que
la précédente. Cependant, le transfert des verrats et des truies sélectionnés pour la
reproduction se fera à partir du 144e jour lorsqu’ils auront environ 80 kg. Les loges
seront construites de telle sorte que la loge d’un verrat donne accès à 4 loges de
truies pour faciliter la reproduction.
50
Nettoyer et désinfecter périodiquement les locaux.
Laisser les locaux au repos (vide sanitaire de 5 à 10 jours) entre 2
occupations.
Lutter contre les insectes.
DENSITE
La densité indique le nombre d'animaux pouvant rester ensemble sur une surface
donnée.
10-20kg : 1m²/porc
20-50kg : 1,5m²/porc
250-100kg : 2,5m²/porc
Adulte : 2,5 - 3m²/porc
Verrat : seul dans la loge
Truie + porcelet : 10 – 12 m²
XIV) COMMERCIALISATION
51
Pour établir un réseau de distribution stable, L’éleveur, doit faire une étude
de marché ou à défaut, nouer les relations, et/ou se faire des contacts avec les
bouchés, charcutiers, hôtels, restaurant, super marché, braiseur de viande, etc… de
sa localité (quartier ou ville) afin de réduire au maximum ses couts de transport et
faciliter sa livraison
52
Les races américaines, comme Poland China et Duroc, sont souvent robustes avec une bonne capacité à convertir l'alimentation en viande rapidement, ce qui les rend idéales pour l'engraissement . En revanche, les races européennes comme Landrace et Large White sont reconnues pour leurs bonnes qualités maternelles, bien que plus sensibles au stress pour certaines, comme les Landrace . Ces caractéristiques prédominent dans leur sélection pour des systèmes de production spécifiques, tels que l'engraissement pour les américains et des systèmes naisseurs-engraisseurs pour les européennes .
La désinfection et l'assainissement sont cruciaux pour réduire le risque de maladies infectieuses pour les porcelets et la truie, assurant une réduction de la mortalité infantile et protégeant la santé de la mère . Avant la mise bas, il est recommandé de désinfecter l'espace de mise bas avec du javel ou du crésyl et de nettoyer la truie avec des solutions désinfectantes . Après la naissance, les porcelets doivent être essuyés et leur cordon ombilical désinfecté pour éviter les infections . Ces pratiques minimisent le risque d'agitation stérile et favorisent un environnement sain pour la croissance des porcelets .
Pour assurer le bien-être et la survie des porcelets nouveaux-nés pendant la mise bas, il est recommandé de préparer la truie et son environnement en nettoyant et désinfectant son espace de mise bas . Pendant la mise bas, qui se produit souvent la nuit, il est crucial d'être présent pour éviter que la truie écrase accidentellement les porcelets . Les porcelets doivent être séchés, leur cordon ombilical coupé et désinfecté, et rapidement placés sous une source de chaleur . Assurer que chaque porcelet a accès au colostrum est vital car il renforce leur système immunitaire .
Certaines races de porcs sont sélectionnées en fonction de leurs caractéristiques spécifiques adaptées à des usages agricoles particuliers. Par exemple, la race Poland China est efficace pour transformer son alimentation en viande, ce qui la rend adaptée pour l'engraissement . En revanche, la race Landrace, ayant de bonnes qualités maternelles et sensibles au stress, est recommandée pour un élevage naisseur-engraisseur . Les préférences pour certaines races dépendent de leur capacité à maximiser la production tout en réduisant les coûts ou difficultés liés à l'élevage intensif .
L'élevage porcin présente plusieurs avantages, notamment une adaptation facile aux conditions des zones forestières en raison de la trypanotolérance du porc, ce qui permet sa prolifération sans dégrader les cultures ou pâturages . Le porc a un excellent rendement en carcasse et n'exige pas beaucoup d'espace pour grandir, avec environ 9 à 12 m² nécessaires pour une truie avec ses petits . De plus, l'élevage porcin contribue à la fertilisation des sols par ses déjections, peut atteindre 600 à 730 kg de fumure organique par an .
L'élevage de porcs à proximité des habitations pose plusieurs problèmes, notamment la pollution due aux déjections des porcs . De plus, les porcs sont en concurrence directe avec les humains pour les ressources alimentaires, notamment les céréales telles que le maïs et les graines oléagineuses comme le soja . Enfin, il existe un risque de zoonoses, avec certains parasites du porc pouvant affecter les humains, constituant ainsi une menace pour la santé publique .
Les races porcines locales en Afrique sont sélectionnées pour leur rusticité et résilience, ce qui les rend idéales pour un élevage familial de subsistance. Elles sont souvent de petit format et adaptées aux systèmes d'élevage de faible intensité . Ces races doivent posséder de bonnes qualités maternelles malgré une faible prolificité, permettant une gestion plus facile dans les environnements ruraux où les ressources et l'accès aux soins vétérinaires peuvent être limités . Leur capacité à survivre et à se reproduire dans les conditions locales sans besoins élevés en alimentations spécialisées est un autre critère crucial .
L'élevage porcin joue un rôle significatif dans l'économie rurale en Afrique en fournissant aux agriculteurs une forme d'épargne vivante qui peut être vendue pour pallier divers besoins sociaux tels que la scolarité et les mariages . Il nécessite relativement peu de capital pour démarrer et peut être une source rapide de revenu grâce au taux de reproduction élevé des porcs, permettant de sevrer entre 14 et 24 porcelets par truie et par an .
La diversité génétique permet une adaptation aux divers climats et conditions de stress environnemental en Afrique, influençant directement la productivité porcine. Par exemple, les races telles que le Large White sont adaptées aux milieux tropicaux en raison de leur robustesse, tandis que d'autres comme les Neimar sont renommées pour leur forte prolificité, offrant de grandes portées même sous des conditions limitées . Cette diversité génétique permet au système d'élevage d'optimiser les aspects de production tels que l'engraissement rapide ou la prolificité selon les conditions climatiques et environnementales rencontrées .
Les porcs présentant une hypersensibilité au stress, telle que les Piétrain, nécessitent une gestion minutieuse pour optimiser leur performance et éviter des situations qui pourraient conduire à des décès par stress, comme les crises cardiaques . Pour gérer ces effets, il est recommandé de croiser ces races avec des races moins sensibles comme le Large White pour réduire le risque de transmission du gène du stress . Adapter l'environnement pour minimiser les facteurs de stress, et former le personnel sur la manipulation douce des animaux, sont des pratiques importantes pour atténuer les impacts négatifs du stress sur la croissance et la productivité .