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Matrices de Transvection et Automorphismes

Ce document traite des matrices de transvection et des automorphismes de l'algèbre L(E) des endomorphismes d'un espace vectoriel E. Il présente plusieurs propriétés et résultats concernant ces notions, démontrés à travers une série de problèmes.

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Matrices de Transvection et Automorphismes

Ce document traite des matrices de transvection et des automorphismes de l'algèbre L(E) des endomorphismes d'un espace vectoriel E. Il présente plusieurs propriétés et résultats concernant ces notions, démontrés à travers une série de problèmes.

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Matrices de transvection. Automorphismes de l’algèbre L(E).

INT 1990

R est le corps des réels, n un entier naturel donné, n > 2. On note Mn l’algèbre des matrices carrées
d’ordre n à coefficients réels, et GLn le groupe des matrices carrées d’ordre n inversibles. On note In la
matrice unité de Mn .

Pour i,j ∈ {1,...,n}, on définit l’élément Ei,j de Mn comme étant la matrice dont tous les éléments sont
nuls sauf celui de la i-ième ligne et j-ième colonne valant 1.

On appelle matrice de transvection toute matrice de type In + λEij , λ ∈ R, i 6= j.

Partie I

1◦ ) a. Calculer les produits Ei,j Eh,k pour i,j,h,k ∈ {1,...,n}.


b. Que peut-on dire de la famille (Ei,j )16i,j6n ?
c. Soient λ,µ ∈ R,i,j,h,k ∈ {1,...,n}, avec i 6= j,h 6= k,j 6= h. Calculer (In + λEi,j )(In + µEh,k ). En
déduire l’inverse de In + λEi,j .

2◦ ) Soit A ∈ Mn .
a. Montrer que l’addition à une ligne de A d’un vecteur proportionnel à une autre ligne peut se faire
en multipliant A à gauche par une matrice de transvection.
b. Etablir un résultat analogue sur les colonnes.

3◦ ) Soit A ∈ Mn de coefficients ai,j . On suppose que la première ligne de A ou sa première colonne possède
un élément non nul.
Montrer qu’il existe deux matrices P et Q de Mn , produits de matrices de transvection, telles que
la matrice B = P AQ soit une matrice de coefficients bi,j telle que b1,1 = 1 et bi,1 = b1,i = 0 pour
2 6 i 6 n.
On pourra envisager les cas suivants: i) a1,1 = 1; ii) ∃i > 1,ai,1 6= 0 ou a1,i 6= 0; iii) a1,1 6= 1 et
∀i > 1,a1,i = ai,1 = 0.

4◦ ) Soit A ∈ Mn et r son rang, supposé strictement positif.


Montrer qu’il existe deux matrices P et Q de Mn , produits de matrices de transvection, telles que la
matrice B = P AQ soit une matrice diagonale de coefficients bi,j telle que
i) bi,i = 1 si 1 6 i < r; ii) bi,i = 0 si r < i 6 n; iii) br,r = d avec d = 1 si r < n et d = det A si r = n.
Faire une démonstration par récurrence en commençant par le cas où n = 2.

5◦ ) Montrer que le groupe des matrices carrées d’ordre n de déterminant égal à 1 est engendré par les
matrices de transvection.

6◦ ) On suppose dans cette question seulement que n > 3. Soit f : Mn → R, telle que
i) ∀A,B ∈ Mn , f (AB) = f (A)f (B);
ii) Pour toute matrice diagonale A, f (A) est égal au produit des coefficients de la diagonale.
a. Montrer que tout matrice In + aEα,β ,α 6= β, peut s’écrire sous la forme:
In +aEα,β = (In +λEi,j )(In +µEh,k )(In +λEi,j )−1 (In +µEh,k )−1 , expression dans laquelle on précisera
les valeurs de λ,µ,i,j,h,k, avec i 6= j,h 6= k.
b. Calculer f (A) si A est une matrice de transvection.
c. Calculer f (A) si A est un élément quelconque de Mn .

Partie II

Si M ∈ Mn , on note Tr(M ) la trace de la matrice M .

Énoncés de problèmes [Link] Lycée d’Arsonval 1/3 14 octobre 2008


1◦ ) Vérifier que M 7→ Tr(M ) est une forme linéaire sur Mn , telle que ∀A,B ∈ Mn , Tr(AB) = Tr(BA).

2◦ ) Soit σ une forme linéaire sur Mn , telle que ∀A,B ∈ Mn ,σ(AB) = σ(BA).
a. Soient i,j ∈ {1,...,n}, i 6= j, calculer σ(Ei,j ).
b. Comparer σ(Ei,i ) et σ(Ej,j ) pour i,j ∈ {1,...,n}.
c. Montrer: ∃λ ∈ R,∀M ∈ Mn ,σ(M ) = λ Tr(M ).

3◦ ) Soit T le sous-espace vectoriel de M engendré par les matrices de la forme AB − BA, A,B ∈ Mn , et
soit H = RIn . Montrer que dim T = n2 − 1. En déduire que Mn = T ⊕ H.

4 ) Pour i,j ∈ {1,...,n}, on pose Fi,j = In + Ei,j . Calculer pour i,j,h,k ∈ {1,...,n}, h 6= k, le produit
−1
matriciel Fh,k Fi,j Fh,k .

5◦ ) Soit θ une forme linéaire sur Mn telle que ∀A ∈ Mn ,∀B ∈ GLn ,θ(AB) = θ(BA). Montrer: ∃λ ∈
R,∀M ∈ Mn ,θ(M ) = λ Tr(M ).

Partie III

Soit E un R-espace vecoriel de dimension n > 2, et soit E ∗ son dual. On note (e1 ,...,en ) une base de E,
et (e∗1 ,...,e∗n ) sa duale.
On note L Ã (E) l’algèbre des endomorphismes de E, GL(E) le groupe de ses automorphismes, Id l’endomor-
phisme identité.
On appelle automorphisme d’algèbre de L Ã (E) toute application A, linéaire et bijective de E dans E, qui de
plus vérifie: ∀u,v ∈ L Ã (E),A(u ◦ v) = A(u) ◦ A(v).
On note Aut(E) le groupe (pour la composition des applications) des automorphismes de E.
Soit g ∈ GL(E), on définit Ag : L Ã (E),u 7→ Ag (u) = g◦u◦g −1 . On dit que Ag est l’automorphisme intérieur
à (E) → L
défini par g.

1◦ ) Montrer que l’application χ : g 7→ Ag est un morphisme de groupes de GL(E) vers Aut(E). Cette
application χ est-elle injective?

2◦ ) a. Soit g ∈ L
à (E) tel que ∀x ∈ E,(x,g(x)) est une famille liée. Montrer que g est une homothétie.
b. En déduire le noyau de χ.

3◦ ) Pour (ϕ,x) ∈ E ∗ × E, on définit une application uϕ,x : E → E,y 7→ ϕ(y)x.


a. Montrer que uϕ,x est un endomorphisme de E, préciser son image et son noyau.
b. à quelle condition nécessaire et suffisante sur (ϕ,x) uϕ,x est-il un projecteur non nul?

4◦ ) Dans la suite, pour i,j ∈ {1,...,n}, on notera ui,j l’application ue∗j ,ei .
a. Pour i,j,h,k ∈ {1,...,n}, calculer ui,j ◦ uh,k .
b. Que peut-on dire de la famille (ui,j )16i,j6n ?

5◦ ) Soit P l’ensemble des projecteurs non nuls de E.


a. Démontrer que la relation 6 définie sur P par:
∀p,q ∈ P,(p 6 q) ⇐⇒ (p = p ◦ q = q ◦ p)
est une relation d’ordre sur P. Est-ce une relation d’ordre totale?
b. On appelle élément minimal de P pour 6 tout élément p ∈ P tel que: ∀q ∈ P,q 6 p ⇒ q = p.
Etablir l’équivalence des énoncés suivants:
i) p est un projecteur de rang 1.
ii) p est un projecteur minimal de P pour la relation 6.
iii) ∃(ϕ,x) ∈ E ∗ × E tel que p = uϕ,x et ϕ(x) = 1.

6◦ ) Soit A un automorphisme de l’algèbre LÃ (E).


a. Que peut-on dire de A(p) si p ∈ P ?

Énoncés de problèmes [Link] Lycée d’Arsonval 2/3 14 octobre 2008


b. Que peut-on dire de A(p) si p ∈ P est un élément minimal pour 6?
c. En déduire l’existence d’une famille (ε1 ,...,εn ) de vecteurs de E, et une famille (ϕ1 ,...,ϕn ) de formes
linéaires sur E, telles que:
i) ∀i ∈ {1,...,n},ϕi (εi ) = 1; ii) ∀i ∈ {1,...,n},A(ui,i ) = uϕi ,εi .
d. Calculer ϕi (εj ) pour i,j ∈ {1,...,n}.
Que peut-on en déduire pour les familles (ε1 ,...,εn ) et (ϕ1 ,...,ϕn )?

7◦ ) Soient i,j ∈ {1,...,n}.


a. Pour k ∈ {1,...,n},k 6= j, calculer A(ui,j ) ◦ uϕk ,εk .
En déduire le rang et le noyau de A(ui,j ).
b. Calculer A(ui,j ) ◦ A(uj,i ). En déduire l’image de A(ui,j ).
c. Montrer qu’il existe un réel non nul λi,j tel que A(ui,j ) = λi,j uϕj ,εi .

8◦ ) a. Montrer que pour i,j,k ∈ {1,...,n}, λi,j λj,k = λi,k .


λi,1
b. En déduire: ∀i,j ∈ {1,...,n}, λi,j = .
λj,1
9◦ ) a. Montrer qu’il existe une base (α1 ,...,αn ) de E, dont la base duale est notée (α1∗ ,..,αn∗ ), telle que
∀i,j ∈ {1,...,n}, A(ui,j ) = uα∗j ,αi .
b. Montrer qu’il existe un élément g ∈ GL(E) tel que ∀i,j ∈ {1,...,n},A(ui,j ) = g ◦ ui,j ◦ g −1 .
c. Conclure.

10◦ ) Quelles sont toutes les formes linéaires ϕ sur L


à (E) telles que, pour tout A ∈ Aut(E), on ait: ∀u ∈
L
à (E),ϕ(A(u)) = ϕ(u)?

Énoncés de problèmes [Link] Lycée d’Arsonval 3/3 14 octobre 2008

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