La conscience
Le mot conscience peut avoir plusieurs sens. Le premier, c'est la conscience spontanée, c'est-à-dire le
fait simplement d'être présent à soi-même, d'être en éveil. On dit de quelqu'un qui est évanouit, qu'il
est inconscient. En ce sens, on peut dire que l'animal est conscient. Le chat a conscience qu'il a une
souris en face de lui et c'est pour ça qu'il va essayer de l'attraper.
Mais il y a un 2e sens auquel l'animal n'a pas vraiment accès, c'est ce qu'on appelle la conscience
réflexive ou réfléchie. La personne a conscience d'elle-même, elle a même conscience d'être
consciente. C'est ce niveau de conscience qui me permet de m’introspecter. Il faut entendre ici la
réflexivité comme le fait de se voir soi-même comme dans un miroir qui réfléchit mon image. Pour
me voir moi-même il faut que j'arrive à créer une certaine distance avec moi-même. L'enfant en bas
âge ou l'animal n'a pas cette distance avec lui-même, il obéit à ses pulsions de manière immédiate,
sans s’introspecter, c'est cette distance qui rend possible la liberté pour Sartre, si j'obéis à tous mes
instincts sans jamais m’introspecter, alors je ne suis jamais vraiment libre, je suis un animal.
Dans la plupart des sujets, c'est ce niveau de conscience qui va être fondamental. Et en général, vous
allez faire le lien entre conscience et liberté, mais il y a un 3e sens, c'est la conscience morale, ce qui
nous permet de juger le bien et le mal. On comprend bien que chaque niveau suppose le précédent.
Pour avoir une conscience réfléchie, il faut d'abord être en éveil et pour avoir une conscience morale,
il faut disposer d'une conscience réflexive. La notion de conscience morale, on ne va pas en parler
tout de suite parce qu'on va réserver ça pour la notion de devoir qui va arriver plus loin.
La plupart des sujets qui parlent de la conscience vont vous interroger sur la valeur qu'il faut lui
donner, non seulement la valeur de vérité, la conscience permet-elle, d'accéder à une véritable
connaissance de soi mais aussi à la valeur morale et existentielle. La conscience nous permet-elle,
d'accéder au bonheur, à la morale ou à la liberté. Descartes, pensées par exemple que la conscience
que j'ai de moi-même. Est la seule chose que je ne peux pas remettre en question, peut-être que le
monde entier autour de moi est une illusion, ou peut-être que je suis enfermé dans la matrice
comme dans le film Matrix, ou que je suis en train de rêver. En revanche, la seule chose qui ne peut
pas être une illusion, c'est précisément que je suis en train de ressentir cette illusion. Ça, personne ne
peut me l'enlever. C'est le fameux je pense donc je suis la seule chose qui ne peut pas être une
illusion, c'est que des idées traversent mon esprit à l'instant où je vous parle. Donc la conscience est
la seule source de certitude absolue selon Descartes. Même si je doute que je suis en train de douter,
je suis toujours en train de douter et douter c'est de la pensée, donc je ne peux pas remettre en
question le fait que je suis en train de penser en ce moment. Par contre, Freud va s'opposer à la fois à
Descartes et à Sartre. Selon lui, le moi n'est pas maître dans la maison, le moi ici, c'est la conscience.
Pour Freud, la conscience elle-même n'est que la partie émergée de notre esprit. Ce n'est pas elle qui
contrôle le Game, car nous avons un inconscient qui possède ses propres désirs et qui parasite notre
conscience en permanence. Donc, la conscience n'est pas synonyme de liberté comme le croyait
Sartre, et la conscience n'est pas synonyme de certitude, comme le croyait Descartes pour
comprendre comment cet inconscient s'y prend pour nous manipuler, je vous donne rendez-vous
dans la prochaine vidéo sur l'inconscient.