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Le juge administratif et les PGD

Ce document traite des principes généraux du droit en droit administratif français. Il examine leur valeur juridique et la manière dont ils sont appliqués par le juge administratif, en soulignant qu'ils ont une valeur supra-décrétale mais infra-législative.

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Le juge administratif et les PGD

Ce document traite des principes généraux du droit en droit administratif français. Il examine leur valeur juridique et la manière dont ils sont appliqués par le juge administratif, en soulignant qu'ils ont une valeur supra-décrétale mais infra-législative.

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Dingley Freya 2 février 2023

Dissertation: Le juge
administratif et les principes
généraux du droit.
René Chapus déclarait: "Des
principes généraux du droit
on dit que le juge les recueille
plus qu'il ne les crée".
Dissertation droit administratif
D’où viennent les principes généraux du droit ?

Benoît Plessix, professeur de droit public à l'université Paris-Panthéon-Assas, exprime dans


son ouvrage Droit administratif général que « S'agissant des principes généraux du droit, le
juge administratif n'a jamais énoncé explicitement leur valeur juridique : il n'est pas dans les
habitudes d'un juge français de trop gloser sur la puissance de son pouvoir prétorien. Une
telle valeur peut toutefois se déduire de sa jurisprudence ». Cette citation fait référence à la
valeur juridique limitée des principes généraux du droit puisqu’ils s’agit de principes
émanant du juge, leur valeur juridique n’étant jamais énoncé explicitement par le juge est
par conséquent plus difficile à concevoir.
Les principes généraux du droit sont définis précisément par Dalloz, comme des
principes non écrits, autrement dit non expressément formulés dans des textes, mais qui,
dégagés par le juge et consacrés par lui, s'imposent à l'administration dans ses diverses
activités. On remarque qu’il y a une pluralité des principes puisqu’il s’agit de « les principes
généraux », cependant, ces principes généraux n’émanent pas tous du même secteur de
droit. Puisqu’ils sont définis comme généraux, ces principes auront une portée générale sur
Dingley Freya 2 février 2023

le droit. Le sujet englobe le Droit en général, il est donc essentiel de s’orienter vers une
branche de droit spécifique, le droit administratif. De plus, puisque les principes généraux
du droit sont des créations du juge, il sera plus pertinent de se focaliser sur le juge
administratif et la manière dont il applique ces principes. Cependant, nous ne nous
intéresserons pas seulement aux principes généraux du droit mais il s’agira d’évoquer que
ce sont des principes supra-décrétales et donc de valeur supérieure aux décrets, mais au
contraire, infra-législatifs, c’est-à-dire de valeur inférieure aux lois. Nous nous interrogeons
sur les sources des principes généraux du droit afin de reconnaitre leur valeur qui diffère en
comparaison avec d’autres sources de droit. Il est aussi intéressant d'étudier où ces
principes peuvent être appliqués.
Ainsi, la hiérarchie des normes consacre-t-elle une valeur prépondérante aux principes
généraux du droit ?
La valeur donnée aux principes généraux du droit sont certes affirmés dans le droit positif
par le juge administratif, au niveau décrétale. Toutefois, les principes généraux du droit
peuvent être limités dans leur construction, ainsi que dans leur application.
De ce fait, les principes généraux du droit voient leur valeur affirmée par le juge
administratif (I), toutefois, ces principes peuvent être limités par la loi (II).

I. L’affirmation de la valeur des principes généraux du droit par le juge administratif

Les principes généraux du droit ne sont pas des principes écrits et ne sont pas créés de la
même manière et par le même auteur que d’autres sources de droit, comme les décrets et
la législation. Cela signifie qu’ils n’auront pas la même valeur juridique que ces autres
sources. On suppose que, selon la hiérarchie des normes, les principes généraux du droit
sont des principes supra-décrétales.

A. La valeur supra-décrétale des principes généraux du droit

Les principes généraux du droit sont des principes supra-décrétales, c’est-à-dire qu’ils
ont une valeur supérieur aux décrets et donc auront des effets sur ceux-ci.
Ces principes vont être rédigés par le juge qui s’inspire des jurisprudences et de la loi
afin de les créer. Ainsi, le juge, créateur de principes de droit, va être attribué un rôle
Dingley Freya 2 février 2023

supérieur au pouvoir exécutif. De ce fait, les principes généraux du droit auront une valeur
supérieur aux décrets, qui est un acte règlementaire ou individuel pris par le président de la
République ou le Premier ministre. C’est-à-dire que ces principes peuvent être à l’origine
d’une censure d’un décret. Par exemple, dans l’arrêt Gisti du 8 décembre 1978, le Conseil
d’État, affirme que « le droit de mener une vie familiale normale est un principe général du
droit, et par conséquent, s’impose obligatoirement à l’administration. » C’est-à-dire que,
étant donné que c’est une norme supérieur, hiérarchiquement, aux décrets, le Conseil
d’État décide de l’annulation du décret du 10 novembre 1977 qui restreint ce droit
obligatoirement imposée par un principe général de droit. Il est donc vrai que, malgré le
caractéristique « non-écrit » des principes généraux du droit, le juge considère qu’ils
s'imposent à l'administration. Dans le cas où un de ces principes seraient violés, les effets
seront de même que pour tout autre règle de droit.

Cette valeur supra-décrétale des principes généraux du droit va être affirmé par le juge
administratif lorsqu'il les appliquera à une situation juridique.

B. L’affirmation de leur valeur prépondérante par le juge administratif

À plusieurs occasions le juge administratif va venir affirmer la valeur juridique des


principes généraux du droit qu'il créée. Ce qui va aussi permettre de l’intégrer avec les
autres sources. Le juge administratif affirme la valeur de ces principes en les appliquant à
des problèmes juridiques.
Le CE reconnait son existence et affirme sa valeur - Arrêt Gisti 8 déc. 1978 – Affirme que
le « droit de mener une vie familiale normale » est un principe général du droit, et par
conséquent, s’impose obligatoirement à l’administration. C’est-à-dire que, étant une norme
supérieur hiérarchiquement aux décrets, le CE décide de l’annulation du décret du 10
novembre 1977 qui restreint ce droit. Conseil d’État, Sect., 26 juin 1959, Syndicat des
ingénieurs conseils, n° 92099 – il est dit qu’ « en l’absence de constitutionnalisation et de
fondamentalisation du droit français, certains au CE voulait admettre au PGD une valeur
c° ». Toujours un débat aujourd'hui malgré qu’ils n’aient pas la même source formelle =
législateur et donc ne peuvent alors la même valeur juridique.
Dingley Freya 2 février 2023

En effet les principes généraux du droit on bien une valeur juridique qui est aussi supra-
décrétale toutefois ces principes se voient limités au niveau législatif.

II. Les principes généraux du droit limités par la loi

Les principes généraux du droit sont définis aussi bien comme des principes supr-
décrétale que comme des principes infra-législatifs. C’est-à-dire qu'ils n'auront pas une
valeur supérieure à la valeur d'une loi. Ils vont donc être limités lors de leur construction
ainsi que lors de leur application.

A. Les principes généraux du droit limités dans leur construction

Le problème se trouve dans les sources des principes généraux du droit, ce que l'on peut
remarquer c'est que la création de ces principes ne se fait pas de la même manière que
d'autres sources de droit. Cela peut s'expliquer par la différence de l'auteur.
Sources du droit indépendant crée par le juge, le juge les crée soit par des JP soit par la
loi. Cela va distinguer quand les PDG peuvent s’appliquer. Dès la construction ils sont limités
car peuvent seulement s’appliquer au décrets car supérieur hiérarchiquement.
- Construits par le juge, qui lui utilise la loi pour les créer = dépendant de la loi
« Il n’y a pas de jugement sans norme préalable », Stéphane Rials, Le juge administratif
français et la technique du standard, LGDJ, 1980 – repose sur l’idée que leur existence
repose sur la loi, qui sera toujours préexistante, donc que le juge retrouve un rôle beaucoup
plus passif « le juge n’est que la bouche de la loi » Montesquieu, l'Esprit des lois. =>
conséquence sur la hiérarchie des PDG.
- Doyen Vegel : « les principes généraux sont dans une certaine mesures l’œuvre du
juge qui les dégage de la gangue du milieu juridique ; ils ne sont pas une œuvre
arbitraire car ils sont extraits du droit positif existant à un moment donné ».

Non seulement les principes généraux du droit sont limités dans leur construction, mais
aussi, dès lors qu'ils sont introduits comme source de droit, ils vont être limités dans leur
application.
Dingley Freya 2 février 2023

B. Les principes généraux du droit limités dans leur application

Les principes généraux du droit n'ont pas les mêmes effets de droit que d'autres sources
de droit ce qui fragilise leur intégration. Ils ne peuvent être appliqués de la même manière
que la législation puisqu'il n'émanent pas du même auteur, qui lui n’a pas la même valeur
juridique.
Les principes généraux du droit ne peuvent pas contredire la loi puisqu’ils sont infra-
législatifs donc inférieurs dans la hiérarchie des normes, une conception de Hans Kelsen,
sociologue. On considère donc qu’ils ne s’appliquent pas à la loi mais qu’aux décrets.
Affaire David – Seule une disposition législative peut déroger à un PDG « que la publicité des
débats judiciaire est un principe général du droit : qu'il n'appartient, dès lors, qu’au
législateur d'en déterminer l'étendue, d'en étendre ou d'en restreindre les limites ». (CE,
ass. 4 oct. 1974)
 On a toujours du mal à faire confiance au juge, l’acteur principale c’est le législateur,
c’est le seul qui a le pouvoir de créer les lois, on lui fait confiance. Le juge est laissé
ce rôle créateur afin d’évoluer de la même manière que la société, néanmoins, on lui
impose des limites à ce rôle.

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