0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues1 page

Enterrement tragique de Manon

Le document raconte l'enterrement de Manon par le narrateur après sa mort. Il creuse une fosse dans le sable pour l'y déposer après l'avoir embrassée et enveloppée de ses habits, puis se couche sur sa tombe en attendant la mort.

Transféré par

malone cochelard
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues1 page

Enterrement tragique de Manon

Le document raconte l'enterrement de Manon par le narrateur après sa mort. Il creuse une fosse dans le sable pour l'y déposer après l'avoir embrassée et enveloppée de ses habits, puis se couche sur sa tombe en attendant la mort.

Transféré par

malone cochelard
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Explication linéaire 5 

:L’enterrement de Manon

1 Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez
rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie languissante et misérable.
Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse.
Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les
5 mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir ; mais je fis réflexion, au
commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir
la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur
sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur
m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé
10 de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en
fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans
le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée,
pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris
une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur, après avoir pris le soin de l'envelopper de
15 tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après
l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore
près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à refermer la fosse.
Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir, et craignant d'en manquer tout à fait avant la
fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait
20 porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage
tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai
le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience.

Vous aimerez peut-être aussi