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Contrôle des marchés publics au Maroc

Le document décrit les mécanismes de contrôle des marchés publics au Maroc, notamment le contrôle administratif exercé par l'Inspection Générale des Finances et les inspections générales des départements ministériels, ainsi que le contrôle budgétaire.

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Contrôle des marchés publics au Maroc

Le document décrit les mécanismes de contrôle des marchés publics au Maroc, notamment le contrôle administratif exercé par l'Inspection Générale des Finances et les inspections générales des départements ministériels, ainsi que le contrôle budgétaire.

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Introduction :

Face à l’ouverture de plus en plus importante de l’économie nationale sur le


monde, à la rareté des ressources et à l'accroissement des besoins, et compte
tenu du poids de la dette et de la pression fiscale, l'administration marocaine
est appelée à optimiser et à rationaliser la gestion publique afin de continuer à
honorer les engagements pris vis-à-vis de ses différents partenaires.
Vu l’importance des marchés publics en termes financiers et en termes
stratégiques (acquisition des biens et des services et réalisation des travaux
dont l’administration a besoin), les gouvernements ont progressivement pris
conscience du risque de la corruption dans les marchés publics et de la
nécessité de la prévenir.
A cet effet, elle se trouve dans l’obligation d’assurer la maîtrise des coûts, en
recourant aux plus efficaces des modes de gestion, à l'initiation de formes
nouvelles de bonne gouvernance et au développement des mécanismes d’audit
et de contrôle en vue de veiller à sa bonne marche et à la réalisation des
objectifs d’après les principes d’économie, d’efficience et d’efficacité ; et ce
dans le respect des droits aussi bien de ses partenaires que des citoyens.1
A cet égard, le domaine des marchés publics reste l'un des secteurs les plus
sensibles où la réforme doit être menée régulièrement, pour ajuster les
dispositifs mis en œuvre par rapport aux mutations de l'environnement
économique, politique et social, tant au niveau national qu'international, qui a
connu l'avènement de nouveaux concepts et mécanismes tels que "la bonne
gouvernance" la dématérialisation des procédures, et "la modernisation de
l'administration", et où la lutte contre la corruption a fait l'objet de plusieurs
recommandations

Les pouvoir publics au Maroc, et sous l'ampleur d'un souci remarquable de


rejoindre les meilleurs pratiques internationales marquant le domaine des
marchés publics et de s'aligner aux normes de gouvernance assurant la qualité
de l'achat public, n'ont pas manqué d'occasion pour développer davantage des
efforts et entamer des actions et mesures de réforme afin d'atteindre les

1
Mohamed Abdel Mouhcine HANINE, MEMOIRE DE RECHERCHE POUR L’OBTENTION DU DIPLOME DU MASTER
EN ADMINISTRATION PUBLIQUE SESSION 2007/2008, La procédure de passation des marchés publics au Maroc
: Etude analytique et réflexions à la lumière du code français des marchés publics (et des directives
européennes) et des directives de la Banque Mondiale.
objectifs témoignant l'évolution de leur système de gestion, et ce, en
instaurant des institutions de probité et d'intégrité, de bonne gouvernance, de
lutte contre la corruption et de transparence, et en veillant au même temps à
la modernisation de la gestion de la chose publique, en menant des réformes
de l'arsenal juridique encadrant les marchés publics vers plus de modernisation
et de transparence. 2
Afin de bien encadrer le domaine des marchés publics et de s’assurer que la
procédure de passation de la commande publique déroule en bonnes et dues
formes, le gouvernement marocain a décidé de soumettre cette dernière à
plusieurs organismes de contrôle dont le but ultime est la création d’un
système transparent et efficace. Dans cette perspective, le contrôle des
marchés publics est devenu une nécessité primordiale en vue de garantir une
meilleure gestion des deniers publics, en sus une meilleure application et
sécurisation juridique de la réglementation.3
En outre, et afin de donner une valeur constitutionnelle aux règles de la bonne
gouvernance et de la concurrence loyale, en matière des marchés publics, la
constitution marocaine du 29 juillet 2011, loi suprême de la nation a adopté ces
règles en exigeant leur respect dans la gestion des deniers publics, et plus
particulièrement dans la gestion des marchés publics, notamment, par l'article
36 qui stipule que :
« Les infractions relatives aux conflits d'intérêts, aux délits d'initié et toutes
infractions d'ordre financier sont sanctionnées par la loi, toutes formes de
délinquance liées à l'activité des administrations et des organismes publics, à
l'usage des fonds dont ils disposent, à la passation et à la gestion des marchés
publics ». Le même article stipule que << le trafic d'influence et de privilèges,
l'abus de position dominante et de monopole, et toutes les autres pratiques
contraires aux principes de la concurrence libre et loyale dans les relations
économiques, sont sanctionnés par la loi ».
D’après tous ce qui a été cité auparavant, il convient de traiter la
problématique suivante :
Quels sont les mécanismes adoptés par le système juridique marocain pour
veiller au contrôle des marchés publics ?

2
ABDELHAMID ZOUBAA, Le Système De Gestion Des Marchés Publics, édition 2019, p : 5.
3
, EL AMRY, A. Le contrôle déterminant primordial de l’efficacité de la commande publique, publié in Revue
Alternatives Managériales Economiques.
Afin de répondre à cette problématique il parait cohérent de traiter dans un
premier temps les mécanismes de contrôle administratif et budgétaire des
marchés publics au Maroc (I), pour entamer dans une deuxième partie le
contrôle juridictionnel et politique (II).
Plan suivi :
Partie I : Les mécanismes de contrôle administratif et budgétaire des marchés
publics
Section 1 : Le contrôle administratif
Sous-section 1 : Le contrôle de l’inspection générale des finances
Sous-Section 2 : Le contrôle des Inspections Générales des Départements
Section 2 : Le contrôle budgétaire
Sous-section 1 : le contrôle budgétaire et le contrôle de régularité
Sous-section 2 : Les contrôles de validité
Partie II : le contrôle juridictionnel des marchés publics
Section 1 : le contrôle de la cour des comptes
Section 2 : le contrôle des juridictions administratives
Partie 1 : Les mécanismes de contrôle administratif et budgétaire des
marchés publics au Maroc :
Selon la doctrine administrative et d’après Fayol, contrôler ; « c’est veiller à ce
que tout se passe conformément aux règles établies et aux ordres donnés.
Suivant une telle définition, le contrôle consiste en une série d’analyses
contradictoires entre, d’une part, le travail exécuté ou la mission accomplie et,
d’autre part, la règle édictée antérieurement ».
Une définition plus moderne mais plus restrictive est dégagée par Michel
Svaes, pour qui, contrôler « c’est coordonner la gestion de façon qu’elle assure
la meilleure rentabilité d’une entreprise » ; cette définition est donc orientée
vers le résultat.
Le contrôle des marchés publics généralement, découle du contrôle sur les
finances publiques, ce dernier s'exerce sur tous les actes dépenses et de
recettes des deniers publics.
Section 1 : Le contrôle administratif :
Le fondement du pouvoir de contrôle administratif, se trouve dans l’idée que
l’administration est, et demeure le « maître de l’ouvrage », d’ailleurs le
caractère propre du régime des marchés de travaux public apparaît d’une
manière frappante dans les pouvoirs de contrôle exercés par l’administration.4
Le contrôle administratif est pratiqué par l’ensemble des instruments
d’intervention mobilisé par l’administration en amont et en aval de la dépense
publique. De même, c’est un contrôle qui peut être effectué lors de la
passation des contrats, durant son exécution, au moment du paiement, et peut
intervenir aussi en tant qu’instance de règlement des différends à l’amiable.
A cet effet, c'est un contrôle exercé soit à l'intérieur de l'administration elle-
même et par ses propres fonctionnaires, c'est celui des superviseurs
hiérarchiques, soit par les autres administrations publiques
chargées du contrôle.
Ainsi et à la suite des dispositions de l'article 128 du décret de 1967 portant
règlement de la comptabilité publique qui énonce que : « les ministres
exercent, soit directement, soit par l'intermédiaire des corps du contrôle, le
contrôle des opérations faites par les sous-ordonnateurs qui leur sont
attachés... ». Il peut être systématique par les comptables publics, dans la
4
Le Contrôle des Marchés Publics, publié par JurisMaroc, Le forum du droit Marocain.
phase des engagements des dépenses, au moment du paiement, comme il peut
être d'une manière inopinée par l'inspection générale des finances.
Sous-section 1 : Le contrôle de l’inspection générale des finances :
Chaque département ministériel dispose d'une Inspection Générale liée
directement au ministre, et sur les instructions de ce dernier cette inspection
intervient pour contrôler et auditer le bon fonctionnement des structures du
ministère. Ses missions principales visent entre autres, les opérations
comptables et financières, en effectuant des missions de contrôle, d’audit et
d’évaluation des entités chargées de gestion y afférentes.5
Au Maroc, l’Inspection Générale des Finances a été instituée par le Dahir du 14
Avril 1960 pour exercer une mission d’inspection à vocation générale, aux
termes de l’article premier du Dahir organique, l’Inspection Générale des
Finances est un « corps supérieur », et à ce titre il relève directement du
Ministère des finances.6
Dans ce cadre. L’inspection générale des finances joue un rôle central dans la
préservation des deniers publics, non seulement dans les départements
relevant du ministère des finances mais également, dans les départements
ministériels et établissement publics.
Les démarches de cette intervention sont tracées par l'instruction relative aux
activités de l'IGF en matière de contrôle. Ainsi, elles sont prescrites dans le
cadre d'un processus annuel, soumis à l'approbation du Ministère des Finances.
Ce programme peut faire l'objet de modifications pour tenir compte des
demandes d'intervention adressées à l'IGF aussi bien par les différentes
directions du ministère que par les membres du gouvernement. A cet effet, les
inspecteurs des finances interviennent seuls ou en équipe sous la
responsabilité d'un coordinateur.
Les articles 60, 61, 62, 63, 131 et 132 du RGCP soumettent la gestion des
ordonnateurs et comptables au contrôle de l'IGF. A cet effet l'article 61 dispose
que « le contrôle de la gestion des amateurs est assuré, selon les règles propres
à chaque organisme public, par les corps et commissions de contrôle
compétents et par le ministre des finances ».

5
ABDELHAMID ZOUBAA, [Link]. P : 397.
6
EL AMRY, [Link]. P : 59.
Alors que l'article 62 soumet la gestion des comptables à un contrôle sur place
et sur pièce par l'inspection générale, l'article 63 a été plus explicite, en ce qui
concerne le contrôle des ordonnateurs par l’IGF, en disposant : « le ministre
des finances exerce les contrôles prévus aux deux articles précédents par
l'intermédiaire de l'Inspection Générale des Finances et autres corps, agents ou
services habilités, à cet effet, par des textes particuliers ».
Vu que les ordonnateurs et les comptables s'investissent, pleinement, dans le
processus d'un marché, les premiers dans la phase administrative
(engagement, liquidation et ordonnancement) et les derniers dans la phase
comptable ou de paiement entraînant la sortie des fonds de la caisse de l’Etat ;
par conséquent, l'IGF sera très impliqué à l'occasion du contrôle de la gestion
des ordonnateurs et des comptables, dans le contrôle des marchés.
Tout contrôle ou audit effectué par l'IGF s'achèvera par
l'établissement d'un rapport.
Concernant ce type de rapports, il importe de préciser qu'ils font l’objet d'un
envoi systématique aux ministres dont relèvent les services et organismes
contrôlés. Ces services doivent procéder aux redressements et aux
régularisations nécessaires, prendre en considération les recommandations des
auditeurs et répondre à l'IGF pour faire part des suites
réservées à ces rapports.7
Les principales irrégularités relevées à partir des rapports établis par l’IGF sont :
Le non-respect des lois et règlements régissant la passation des marchés
publics (recours à des marchés de régularisation, recours non fondé à la
procédure négociée, éviction injustifiée de certains soumissionnaires,
augmentations fréquentes et injustifiées dans la masse des travaux, manque de
rigueur dans l'évaluation technique des offres, etc.…).

Le manquement au principe d'appel à la concurrence illustré par le recours


abusif au fractionnement des commandes et à leurs orientations vers les
mêmes fournisseurs.

7
Droit Des Marchés Publics, ABDELLATIF EL CHEDDADI, édition 2015, P : 375.
L'acquisition de matériels à des prix, manifestement, exagérés,
comparativement, à ceux pratiqués, habituellement, sur le marché par les
articles similaires.

L'établissement d'ordre d'arrêts injustifiés visant à soustraire l’attributaire aux


pénalités de retard.
Le non-respect des règles d'engagements de dépenses. Notamment, par le
fractionnement et le recours abusif à la procédure des bons de commande.
Le non-respect par les architectes de clauses contractuelles (absence de suivi
des chantiers, visa des décomptes non appuyés par des attachements, absence
de contrôle du service fait).
L'absence de pièces justificatives à l'appui des dépenses engagées.
Défaillances de certains titulaires de marchés, dues au mauvais choix en
matière d'attribution des marchés ; non-prise en compte du plan de charge des
attributions, ignorance de leur situation financière etc...

Sous-Section 2 : Le contrôle des Inspections Générales des Départements :


Le décret n°2.11.112 du 23 Juin 2011 relatif aux attributions des Inspections
Générales des ministères fixe, leurs attributions et les règles relatives aux
modalités de leur fonctionnement et de l'exercice de leurs missions.
Selon les dispositions de l'article 2 du décret sus indiqué, ces inspections sont
chargées, entre autres, de :
Veiller à l'application des textes juridiques et réglementaire et à la bonne
gestion des deniers publics ;
Effectuer des actions de contrôle portant sur la préparation et l’adjudication
des marchés publics ;
Auditer les différentes entités relevant du ministère ;
Auditer l'état du patrimoine immobilier, matériel et de stocks ;
Evaluer l'efficacité et l'efficience des différentes structures ;
Evaluer les résultats des entités centrales et décentralisées du ministère en
comparaison avec les objectifs déclarés et les coûts occasionnés.
Pour les projets lancés par les collectivités territoriales c'est l’inspection
Générale du ministère de la tutelle qui intervient pour auditer et contrôler le
bon déroulement des projets lancés par ces entités. Dans ce cadre, l'Inspection
Générale de l'Administration Territoriale (IGAT) a été créée en 1994 par décret
n°2-94-100 portant statut particulier de l'inspection générale de
l'administration territoriale du ministère de l'intérieur, corps d’inspection lié
directement au ministre de l'Intérieur.

Les missions principales de cette inspection sont, entre autres :


Contrôler et vérifier la gestion administrative, technique et comptable services
relevant du ministère de l'intérieur, des collectivités locales et de groupements.
Auditer les documents financiers et comptables des collectivités territoriales et
que sont les régions, les préfectures, les provinces, les communes et leurs
groupements et démembrements.
Participer à des missions de contrôle dans le cadre des attributions de la cour
des comptes et des cours régionales, autres que juridictionnelles.
A noter que, les inspections générales des départements ministériels et
l’inspection Générale du ministère des Finances peuvent intervenir
conjointement pour vérifier et contrôler l’exécution des projets de grande
envergure, notamment, les projets lancés par les collectivités territoriales.8

8
ABDELHAMID ZOUBAA, [Link]. P : 400.
Section 2 : Le contrôle budgétaire :
Répondre aux exigences d'efficacité en matière de gestion des marchés publics,
exige que l'on retienne une logique d'analyse qui met en relief, d'une part, le
niveau prévisionnel (définition des besoins de budgétisation…) et d'autre part,
le niveau de la mise en œuvre.
En d’autres termes, comme tout acte de dépenses, les marchés publics sont
soumis aux contrôles budgétaires et au contrôle de régularité, exercé par les
comptables publics sur les propositions d’engagements des marchés publics.
Sous-section 1 : le contrôle budgétaire et le contrôle de régularité :
A- Le contrôle de régularité :
Le contrôle de régularité est une procédure par laquelle le comptable public
s'assure de la conformité aux lois et règlements des actes pris par les
ordonnateurs et les sous-ordonnateurs. Ledit contrôle de régularité amène le
comptable à se pencher sur le respect par l'acheteur public des règles de forme
encadrant la conclusion d'un marché public.

Le contrôle de régularité consiste à vérifier que les propositions d'engagement


de dépenses sont régulières au regard des dispositions législatives et
réglementaires d'ordre financier Il s'agit notamment des dispositions de la loi
organique des finances, de la loi des finances, du décret des marchés publics et
des CCAG y afférents, du décret de la comptabilité publique ainsi que du décret
relatif au contrôle des engagements des dépenses de l'Etat...etc.

Cependant, et d'après les nouvelles dispositions instaurant le contrôle modulé


des dépenses de l'État, les marchés publics dont le montant est inférieur ou
égal à quatre cent mille dirhams (400. [Link]) ne sont pas soumis au contrôle
de régularité exercé par les comptables publics au stade de l'engagement. De
même, cette dérogation s'étend aussi bien pour les avenants et autres actes
modificatifs y afférents, que pour les contrats d'architectes relatifs audits
marchés".

En outre, pour les actes d'engagement, pris par les ordonnateurs bénéficiant
d'un allégement supplémentaire, les marchés publics et les avenants conclus
dont le montant est inférieur ou égal à un million de dirhams (1000 000. DH)
échappent au contrôle de régularité exercé au stade d’engagement, ainsi que
les marchés négociés quel que soit leur montant et les contrats d’architectes
relatifs auxdits marchés.
B- Le contrôle budgétaire :
Le contrôle budgétaire porte sur la disponibilité des crédits, l’imputation
budgétaire, l'exactitude des calculs du montant de l’engagement, le total de la
dépense à laquelle l'administration concernée s’oblige pour toute l'année
d'imputation et la répercussion éventuelle de l’engagement sur l'emploi total
des crédits de l'année en cours et des années ultérieures.
Dans ce cadre, le comptable public lors de l'examen des dossiers d'engagement
des marchés publics est tenu de vérifier que :
Les propositions d'engagement des marchés sont faites sur un crédit
disponible, à savoir que le contrôle des crédits s'entend non seulement des
crédits du paiement de l'année, mais aussi des crédits d'engagement des
années ultérieures. A défaut, l'insuffisance de crédits entraine le refus de visa
de la proposition d'engagement du marché.

Les propositions d'engagement des marchés ont une nature conforme à la


rubrique budgétaire sur laquelle il est proposé de les imputer. Cela consiste à
s'assurer de la correspondance de l'objet du marché avec la rubrique
budgétaire dont il est proposé d'utiliser les crédits.
Les calculs des propositions d'engagement sont exacts. Cela se fait en
s'assurant du résultat des opérations arithmétiques pour l'arrêté du montant
réel de la proposition d'engagement des dépenses.
L'engagement proposé porte sur le total de la dépense à laquelle
l'administration s'oblige pour toute l'année d'imputation. Autrement dit. Je
comptable public doit s'assurer que le montant proposé à l'engagement ne soit
pas partiel, mais couvre le total de la dépense.

Et enfin, l'examen de la répercussion éventuelle de l'engagement sur l'emploi


total des crédits de l'année en cours et des années ultérieures. Dans ce cadre, il
y a lieu de vérifier que la proposition d'engagement d'un marché public, par
exemple, ne fait pas obstacle à l'engagement d'une dépense obligatoire. « Et
de s'assurer que l'engagement proposé ne se traduise pas par des
répercussions qui risquent de laisser sans couverture budgétaire les
engagements précédemment visés ».
En guise d’effet, Au moment de l'examen des propositions d'engagement des
marchés publics, les comptables publics exercent les tâches qui leur sont
confiées en utilisant les outils suivants :

Soit par un visa donné sur la proposition d'engagement de dépenses,


Soit par une suspension du visa de la proposition d'engagement de dépenses ;
avec renvoi aux services ordonnateurs ou sous-ordonnateurs des dossiers
d'engagement non visés aux fins de régularisation.
Soit par un refus de visa motivé.

Sous-section 2 : Les contrôles de validité :

Le comptable assignataire est censé assurer les contrôles de validité sur les
dépenses émises par l'ordonnateur dans les formes prévues par le règlement
général de la comptabilité publique. Les ordonnances ou mandats ne peuvent
être payés qu'après visa du comptable assignataire de la dépense.

Dans leurs formulations classiques, on peut regrouper ces contrôles en quatre


éléments :
Le contrôle de la qualité de l'ordonnateur : qui consiste à vérifier les
compétences matérielles et territoriales de l'ordonnateur et son accréditation
auprès du comptable assignataire. Le contrôle de nature budgétaire : qui
consiste à s'assurer de la disponibilité de crédit et de l'exactitude de
l'imputation budgétaire.

Le contrôle de la validité de la créance, proprement dite : Qui consiste,


essentiellement, à vérifier l'exactitude des calcul de liquidation et la régularité
formelle des justifications produites. Ce contrôle de la forme régulière des
justifications doit permettre, notamment, de s'assurer que celles-ci ont été
revêtues des mentions ou visas préalables prescrits par la réglementation.
Le contrôle du caractère libératoire du règlement : qui consiste à s'assurer que
ce règlement est effectué au profit du véritable créancier ou de son
représentant qualifié.
Lesdits contrôles ont connu, néanmoins, des aménagements, qui doivent
attirer l'attention, notamment en ce qui concerne la suppression des contrôles
portant sur la justification du service fait et le respect des règles de prescription
de la déchéance.9

9
ABDELLATIF EL CHEDDADI, [Link]. P : 364.
Partie II : le control juridictionnel des marchés publics
L'aspect financier des marchés publics est fort présent dans l'action
quotidienne des administrations de l'Etat qui reçoivent, incessamment, de
l'argent liquide d'une manière périodique et continue dans le temps, en vue de
réaliser des projets et programmes dont la population est la cible.10
Puisque ces fonds appartiennent à l'Etat, l'idée de créer des instances
spécifiques qui devraient être chargées de suivre leur circuit, a été longtemps
demandée par la société, même avant l'avènement de la constitution de
2011.11
Pour répondre à ce besoin légitime, le législateur a instauré un système de
lutte contre les crimes financiers relevant du ressort de la cour des comptes
appuyée par les cours régionales des comptes (section 1), cependant la mission
de faire face à ce type de crime relève aussi de la compétence des juridictions
administratives et la cour de cassation (section 2)
Section 1 : le control exercé par la cour des comptes
Il faut noter en premier lieu que la compétence de la cour des comptes justifiée
par la particularité, du fait que la nature de questions tranchées par ladite
cours sont de nature financière, en plus la magistrature de la cour des comptes
a pour finalité de préserver d’un ordre public particulier à savoir l’ordre public
financier.
La Cour des comptes exerce pour l’Etat un contrôle juridictionnel, ce contrôle
est exercé par les Cours régionales des comptes pour les collectivités locales et
leurs groupements, en effet ce contrôle est effectué a posteriori, car il est
exercé après réalisation des prestations objet du marché.
Pour ce qui est des éléments sur lesquels porte le contrôle, Le dahir n° 1-02-
124 du 13 juin 2002 portant promulgation de la loi n° 62-99 formant Code des
juridictions financières a investi la cours des comptes des attributions.

10
ABDELHAMID ZOUBAA, [Link]. p 389
11
Idem
Pour ce qui est de la première attribution, elle consiste à rendre des arrêts dont
l’objet théoriquement et prioritaire est l’apurement des comptes dans le cadre
d’un processus de contrôle juridictionnel qui s’ouvre par la vérification sur
pièces des comptes et de ses éléments matériels et se termine par son
apurement.
Mais pratiquement, la vérification et le jugement des comptes est une fonction,
pour l’essentiel, guidée par la régularité juridiquement non matérielle dont le
comptable en est le gardien, en veillant au respect de la conformité aux règles
de la comptabilité publique, la qualité du compte n’étant pas, en fait, sa
préoccupation qui, d’ailleurs, cadre mal avec la logique d’une comptabilité
jusqu’à maintenant de, caisse.12
En ce qui concerne la deuxième attribution relative à la discipline budgétaire e
financière, la cour des comptes ici justifiée d’une fonction exclusivement
juridictionnelle et répressive, elle peut bien prononcer des sanctions à
l’encontre des responsable et agents soumis à sa juridiction pour les infractions
en ce qui concerne la réglementation financière et comptable, il s’agit
notamment l’infraction de violer la règlementation des marché publics, violer
les règles de constatation de liquidation des créance publiques, ou encore
dissimulé des pièces, ou produit aux juridictions financières, ces pièces qui sont
falsifiées ou inexactes. En règle générale ces infractions sont bien énumérées
par l’article 54, 55 et 56 de la loi de la loi n° 62-99 formant Code des juridictions
financières.
En effet, La cour prononce à l’encontre des personnes ayant commis l'une ou
plusieurs des infractions visées par les articles précités, une amende dont le
montant calculé selon la gravité et le caractère répétitif de l’infraction ne peut
être inférieur à mille (1 000) dirhams par infraction, sans toutefois que le
montant de l’amende par infraction ne puisse dépasser la rémunération nette
annuelle que la personne concernée a perçue à la date de l’infraction.
Toutefois, le montant cumulé des amendes précitées ne peut dépasser quatre
(4) fois le montant annuel de ladite rémunération.
Il faut signaler en fin que ces sanctions sont des amendes particulières, ni
pénales, ni administratives, assorties le cas échéant de la réparation du
préjudice financier.

12
ABDELHAMID ZOUBAA, [Link]. p 301
Bref, la cour des comptes a pour principales missions juridictionnelles qui
couvrent notamment, le jugement des comptes et la discipline budgétaire et
financière.
Sauf que à cote de cette mission on peut relever d’autre missions ou
attribution de la cour des comptes.
La cour contrôle la gestion des organismes énumérés à l’article 76 de la loi n
62-99 afin d’en apprécier la qualité et de formuler, éventuellement, des
suggestions sur les moyens susceptibles d’en améliorer les méthodes et d’en
accroître l’efficacité et le rendement.13
Le contrôle de la Cour porte également sur la régularité et la sincérité des
opérations réalisées ainsi que sur la réalité des prestations fournies, des
fournitures livrées et des travaux effectués.
La Cour s’assure que les systèmes et procédures mis en place dans les
organismes soumis à son contrôle garantissent la gestion optimale de leurs
ressources et de leurs emplois, la protection de leur patrimoine et
l’enregistrement de toutes les opérations réalisées.
Elle peut effectuer des missions d’évaluation des projets publics afin d’établir
sur la base des réalisations, dans quelle mesure les objectifs assignés à chaque
projet ont été atteints, au regard des moyens mis en œuvre.
La Cour peut formuler des observations qui sont portées à la connaissance des
responsables des organismes concernés qui peuvent formuler, le cas échéant,
leurs réponses dans un délai de deux mois, Sur la base des délibérations de la
chambre et s’il y a lieu, des résultats des investigations complémentaires et des
réponses des responsables des organismes concernés, le conseiller rapporteur
prépare un projet de rapport particulier.

13
GUIDE SUR L’INTÉGRITÉ DANS LES MARCHÉS PUBLICS AU MAROC disponible sur [Link]
Section 2 : le control des juridictions administratives
Tout au longue le processus de formation ou d’exécution des contrats de
marchés publics, des litiges, des contentieux ou des irrégularité juridiques
peuvent être produits, de ce fait une intervention de la part des juridictions
administratives en raison de leur compétence en la matière doit avoir lieu.
La compétence de ces juridictions pour contrôler les marchés publics est faite
selon l’une de ces procédures, soit le recours pour de plein contentieuse, ou
bien le recours pour excès de pouvoir.14
Dans le recours de plein contentieuse le juge est investi des pouvoirs les plus
étendue, il peu intervenir pour annuler totalement une décision de
l’administration en cas de son irrégularité, alors que dans le recours pour excès
de pouvoir le juge joue dans un champ bien limité, il ne peut que vérifier la
conformité des décision pris par l’administration.
En effet, dans le cas d’un recours de plein contentieuse, le rôle de juge
administratif ne concerne pas seulement à vérifier la validité ou la nullité des
décision administratives pris lors d’une opération de marché publics, mais par
contre il peut aller jusqu’à ce qu’il veille la bonne exécution de marché public,
dès la formation celui-ci jusqu’à la survenance d’un litige dans le cas échéant.
Le recours de plein contentieuse peut prendre plusieurs types ;
Recours pour annuler un marché public en raison d’un vice dans sa formation,
recours pour annuler d’une décision émane de l’administration qui n’a pas
respecter ses engagements contractuels avec sa co-contractant, recours pour
résilier le marché public à l’initiative de l’une des deux contractants.15
De l’autre côté, le recours pour excès de pouvoir ne peut permet au juge
qu’annuler une décision émane de l’administration dans le cadre d’un contrat
de marché public, cette annulation est le résultat d’un recours fait par l’un des
contractants devant la cour d’appel administrative et en suit devant la cour de
cassation.

14
TAMAOUI sulaiman, les principes générales des contrats administratifs – étude comparée – 4émè édition
1984
15
TAMAOUI sulaiman, [Link].
Sauf que le recours devant la cour de cassation doit respecter l’exigence de la
forme prévue par l’article 359 du code de procédure civil, ce dernier prévoit
que Les pourvois soumis à la Cour de cassation doivent être fondés sur l'une
des causes ci-après : 1° Violation de la loi interne ; 2° Violation d'une règle de
procédure ayant causé préjudice à une partie ; 3° Incompétence ; 4° Excès de
pouvoirs ; 5° Défaut de base légale ou défaut de motifs.
Il reste en fin de parler d’un contrôle dite politique ou parlementaire, il s’agit
d’un rôle exercer par le parlement en tant que représentant de la nation.
Ce rôle trouve lieu dans trois cas, premièrement un contrôle pendant
l’adoption de la loi de finance, dont le parlement à travers l’article 75 de la
constitution peut prévoir des dépenses afin de conclure des marchés publics
En seconde lieu, un contrôle à travers les commissions parlementaires qui sont
des mécanismes permettant au parlement de contrôler le gouvernement et
d’être informé dans le domaine de la conclusion des marché publics.
Et en fin, un contrôle à travers les questions écrites et orales lors des cessions
de parlement, ces questions permettent au parlement d’avoir un aperçus des
activité de gouvernement en ce qui concerne la mise en œuvre des marché
publics.
Bibliographie :
Ouvrages :
• ABDELHAMID ZOUBAA, Le Système De Gestion Des Marchés Publics,
édition 2019
• ABDELLATIF EL CHEDDADI, Droit Des Marchés Publics édition 2015
• TAMAOUI sulaiman, les principes générales des contrats administratifs –
étude comparée – 4émè édition 1984 (ouvrage en arabe)
Mémoires :
• Mohamed Abdel Mouhcine HANINE, mémoire du Master 2007/2008, La
procédure de passation des marchés publics au Maroc : Etude analytique
et réflexions à la lumière du code français des marchés publics.
Articles et revues :
• EL AMRY, A. Le contrôle déterminant primordial de l’efficacité de la
commande publique, publié in Revue Alternatives Managériales
Economiques.
• Le Contrôle des Marchés Publics, publié par JurisMaroc, Le forum du
droit Marocain.
Guide :
• GUIDE SUR L’INTÉGRITÉ DANS LES MARCHÉS PUBLICS AU MAROC disponible
sur [Link]

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