Prise en charge du cancer colorectal
Prise en charge du cancer colorectal
THESE
PRESENTEE ET SOUTENUE PUBLIQUEMENT LE 03/04/2018
PAR
Mr. Ouassim MANSOURY
Né le 10 Octobre 1991 à Tinghir
POUR L’OBTENTION DU DOCTORAT EN MEDECINE
MOTS CLES :
Cancer colorectal, Métastatique, Prise en charge, chimiothérapie
JURY
M. [Link] PRESIDENT
Professeur de chirurgie générale
Mme. [Link] RAPPORTEUR
Professeur agrégé d’oncologie
Mme. [Link]
Professeur agrégé de radiothérapie
M. [Link]
JUGES
MARRAKECH
Doyens Honoraires : Pr. Badie Azzaman MEHADJI
ADMINISTRATION
Professeurs Agrégés
Nom et Prénom Spécialité Nom et Prénom Spécialité
Professeurs Assistants
Puisse Dieu, le Très Haut, vous accorder santé, bonheur et longue vie et
faire en sorte que jamais je ne vous déçoive.
Aucune dédicace ne saurait exprimer tout l’amour que j’ai pour toi, ta joie
et ta gaieté me comblent de bonheur.
A mon grand-père Lahcen sadikaoui et ma grand-mère kaltoume
chamsaoui et tous mes chers oncles, tantes, leurs époux et épouses, à mes
chers cousins et cousines
Puissent vos âmes reposent en paix. Que Dieu, le tout puissant, vous
couvre de Sa Sainte miséricorde et vous accueille dans son éternel paradis.
Nous avons partagé les bons et les mauvais moments des études
médicales. Merci pour votre amitié et vos encouragements. Que ce
modeste travail soit le témoignage de mon affection.
Depuis ceux qui m’ont appris à écrire mon nom, en signe de vive
gratitude et reconnaissance.
REMERCIEMENTS
A mon maître et président de thèse
Il nous a chaleureusement accueilli dans son service. Nous sommes très touchés par ses
qualités professionnelles et humaines. Qu’il soit assuré de notre profonde gratitude. Nous
vous remercions de l’honneur que vous nous avez fait en acceptant de présider notre
jury. Nous vous remercions de votre enseignement et nous vous sommes très
reconnaissant de bien vouloir porter intérêt à ce travail. Veuillez trouver ici, Professeur,
l’expression de nos sincères remerciements
Il m’est impossible de dire en quelques mots ce que je vous dois. Vous m’avez fait le grand
honneur de me confier ce travail et d’accepter de le diriger en consacrant de votre
temps précieux pour le parfaire.
Ce travail est le fruit de vos efforts. Soyez-en remercié du fond du cœur et recevez, cher
maitre, mes sincères sentiments de reconnaissance, de respect et de profonde sympathie.
Merci pour tout ce que vous avez fait. Merci d'avoir été si patient avec moi et de m'avoir
aidé dans les moments les plus difficiles. J’espère être digne de votre confiance, et je vous
prie, cher Maître, d’accepter ma profonde reconnaissance et ma haute considération.
Nous sommes infiniment sensibles à l’honneur que vous nous faites en acceptant de siéger
parmi nôtre jury de thèse. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude pour vôtre
bienveillance et votre simplicité avec lesquelles vous nous avez accueillis. Veuillez trouver
ici, cher Maître, le témoignage de nôtre grande estime et de nôtre sincère
reconnaissance.
A notre maître et juge de thèse
Je suis particulièrement touchée par la gentillesse avec laquelle vous avez bien voulu
accepter de juger ce travail. Votre parcours professionnel, votre compétence
incontestable, votre charisme et vos qualités humaines font de vous un grand professeur
et m’inspirent une grande admiration.
Merci pour tout ce que vous avez fait. Merci d'avoir été si patient avec moi et de m'avoir
aidé dans les moments les plus difficiles. J’espère être digne de votre confiance, et je vous
prie, cher Maître, d’accepter ma profonde reconnaissance et ma haute considération.
ADK: Adénocarcinome
ADP : Adénopathie
CA : Chimiothérapie adjuvante
CM : chimiothérapie métastatique
HPM : Hépatomégalie
RxT : Radiothérapie
SPM : Splénomégalie
TR : Toucher rectal
TDM : Tomodensitométrie
RESULTATS _____________________________________________________________________________ 7
1. Age : __________________________________________________________________________ 8
2. Le sexe : ______________________________________________________________________ 9
2.
4T 4T Bilan radiologique d’extension : _______________________________________________ 18
4T 4T
3.
4T 4T Bilan biologique : _____________________________________________________________ 20
4T 4T
V.
4T 4T Traitement : ____________________________________________________________________ 22
4T 4T
1.
4T 4T Les Moyens ___________________________________________________________________ 22
4T 4T
2.
4T 4T Les protocoles :_______________________________________________________________ 24
4T 4T
3.
4T 4T Complications : _______________________________________________________________ 25
4T 4T
4.
4T 4T Stratégie thérapeutique : ______________________________________________________ 25
4T 4T
1.
4T 4T La réponse thérapeutique _____________________________________________________ 26
4T 4T
2.
4T 4T La survie _____________________________________________________________________ 26
4T 4T
DISCUSSION ___________________________________________________________________________ 28
4T 4T
I. Epidemiologie des cancers colorectaux metastatiques : ___________________________ 29
1. La fréquence : ________________________________________________________________ 29
2. Sex-ratio : ___________________________________________________________________ 32
3. L’Age : _______________________________________________________________________ 33
2. La survie _____________________________________________________________________ 79
1. Dépistage : __________________________________________________________________ 81
2. La prévention : _______________________________________________________________ 83
CONCLUSION __________________________________________________________________________ 85
RESUME _______________________________________________________________________________ 87
ANNEXES ______________________________________________________________________________ 93
INTRODUCTION
1
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Introduction :
entier, il représente 9.7 % de l’ensemble des cancers, et occupe la troisième place en terme de
fréquence après celui du poumon et du sein, et le quatrième rang en terme de mortalité après
Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquemment retrouvé chez les
hommes (746 000 cas, 10,0% du total) et le second chez les femmes (614 000 cas, 9,2% du total)
dans le monde. Près de 55% des cas surviennent dans les pays développés [2].
registre représentatif de la population marocaine), le cancer colorectal représentait 6,7% des cas
de cancers enregistrés entre 2008 et 2012 et occupe le troisième rang des cancers après le
Les métastases sont observées dans 40 à 60 % des cas (synchrones dans 25 % des cas).
Malgré le progrès des thérapeutiques médicales (la chimiothérapie et les thérapies ciblées),
2
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Le foie est le site métastatique électif du cancer colorectal : 15 à 25 % des patients ont
secondairement [5].
pronostic s’est nettement amélioré ces dernières années dans les pays développés, mais il reste
néanmoins sombre dans notre pays à cause du retard diagnostique ; d’où l’intérêt d’instaurer
Marrakech, en matière de prise en charge des CCRM et de la mettre en perspective par rapport
3
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Matériels et Méthodes
4
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
1. Critères d’inclusion :
histologiquement prouvés
-Siège primitif de la tumeur : tous les cancers situés au niveau du colon et/ou rectum.
2. Critères d’exclusion :
Sont exclus :
5
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
-Les dossiers cliniques des malades comportant l’observation clinique, les examens para
N°1)
Les données ont été saisies et traitées par le logiciel Excel 2010, permettant l’analyse
6
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
RESULTATS
7
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
I. Données épidémiologiques :
1. Age :
-L’âge moyen de nos malades est de 54.45 ans avec des extrêmes d’âge de 30 et 76 ans.
16
14
12
10
8
6
4
2
0
30-40 41-50 51-60 61-70 71-80
total CCR 8 9 15 7 5
rectum 5 4 5 2 1
colon 3 5 10 5 4
8
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
71-80 11,4%
61-70 15,9%
51-60 34,1%
41-50 20,5%
30-40 18,2%
2. Le sexe :
On note une légère prédominance féminine avec un sex-ratio de 1.31 (Soit 25 Femmes
pour 19 hommes).
HOMMES
43%
FEMMES
57%
9
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3. Origine géographique :
45%
55%
urbaine
rurale
II. ANTECEDENTS:
10
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Comorbidités :
Diabète 8 18%
HTA 4 9%
Cardiopathies 1 2.27%
Dysthyroïdies 1 2.27%
Asthme 1 2.27%
ATCDs familiaux :
PAF 0
CCR 5 11.36%
Autres cancers 5 11.36%
Toxiques :
Tabac 7 16%
Alcool 3 6.81%
Sans antécédents particuliers 17 38.63%
III. Clinique :
-Le délai entre les premières manifestations cliniques et la découverte du cancer est
variable
11
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
-Dans notre série, nous avons constaté que seulement 17 malades ont consulté dans un
délai supérieur à 6 mois alors que le délai diagnostique chez la majorité de nos patients était
-Le délai moyen était de 8.5 mois (avec un maximum de 48 mois et un minimum de 1
mois).
<ou=6mois >6mois
39%
61%
2. Signes fonctionnels :
Les signes cliniques étaient dominés par l’altération de l’état général, les rectorragies et
les douleurs abdominales chroniques retrouvés respectivement dans 57.7 %, 51.11% et 55.55 %
des cas. Les différents signes cliniques notés dans cette étude sont résumés dans le tableau ci-
dessous
12
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
3. Examen clinique :
L’examen était normal ou pauvre dans la majorité des cas. Les données retrouvées sont
35,00%
30,00%
25,00%
20,00%
15,00%
10,00%
5,00%
0,00%
13
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
-les données endoscopiques manquaient dans 4 dossiers, alors que le diagnostic a été
Topographie :
Dans notre série, la localisation de la tumeur primitive était colique dans 32 cas soit 73%
14
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
colon rectum
.
FIGURE 7 : Répartition selon la localisation
Pour la localisation rectale, la tumeur primitive siégeait au niveau du bas rectum dans 5
cas, au niveau du haut rectum dans 3 cas et de moyen rectum dans 4 cas.
45%
40%
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
haut moyen bas
15
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
sigmoide colon droit CRS colon gauche colon
transverse
Aspect macroscopique :
Ulcéro-bourgeonnant 15 46.87%
Sténosant : 12 37.5%
Franchissable 4 12.5%
Infranchissable 8 25%
Infiltrant 4 12.5%
16
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Etude anatomopathologique :
Elle a été pratiquée sur des biopsies per endoscopiques ou sur des pièces opératoires.
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
ADK lieberkuhnien ADK à cellule en bague à ADK colloîde muqueux
chaton
17
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
-L’imagerie était réalisée systématiquement chez tous les malades ayant un CCRM
métastatique, soit dans le cadre du bilan d’extension locorégional et à distance, soit dans le
Les résultats :
4 sites
3 site
2 sites
1site
18
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Hépatique : 28 63.6%
<3 9 20.4%
3à5 7 15.9%
>5 5 11.3%
Non précisé 7 15.9%
Pulmonaire 26 59%
Ganglionnaire 18 40.9%
Envahissement de la graisse périrectale ou 17 38.6%
péricolique
Péritonéal 9 20.45%
Osseux 6 13.6%
Cérébral 2 4.54%
Rénal 1 2.27%
Splénique 1 2.27%
Pancréatique 1 2.27%
Classification TNM :
lettres de l’acronyme :
complémentaires.
19
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
La classification cTNM est la plus utilisée, elle a été réalisée chez 36 patients
Le paramètre T :
Le paramètre N :
3. Bilan biologique :
NFS :
20
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Bilan hépatique :
Une augmentation du taux des PAL, de GGT et une hypertransaminasémie sont les
Total 44 100%
Ce paramètre a été étudié chez tous les malades ; il était positif chez 34 cas avec un
pourcentage de 77.27 %.
Ce paramètre a été étudié chez 37 malades, il était élevé chez 14 patients avec un
pourcentage de 37.83 %.
21
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
V. Traitement :
1. Les Moyens
1.1. Chirurgie :
-Parmi les 44 patients, une intervention chirurgicale a été réalisée chez 34 patients ce qui
Total 44 100%
Parmi les 34 patients opérés, 28 ont été réséqués ce qui représente un taux de
résécabilité de 82.35 %.
Total 34 100%
22
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Plusieurs types de résection (Tableau 13) ont été réalisés en fonction de la localisation de
Dans notre série, deux patients avec des métastases hépatiques ont été d’emblée
résécable (1 cas de cancer colique et 1 cas de cancer recto-sigmoïdien) ils ont bénéficié d’une
Alors que le reste des patients a été classés jamais résécable, et le traitement chirurgical
1.2. Chimiothérapie :
Tous les patients de notre série ont bénéficié de chimiothérapie sauf un malade vu son
23
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Chimiothérapie palliative
1.3. Radiothérapie :
8 patients atteints du cancer rectal ont bénéficié d’une radiothérapie soit dans le cadre
2. Les protocoles :
24
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
3. Complications :
4. Stratégie thérapeutique :
CNA + chirurgie + CM 1 2%
Aucun traitement 1 2%
Total 44 100%
25
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
VI. L’évolution :
1. La réponse thérapeutique
Tous les malades ont été suivis en consultation. La surveillance a reposé sur l’examen
Total 44 100%
2. La survie
8 patients dans notre étude sont décédés alors que 29 ont été perdus de vue.
L’évaluation de ce paramètre n’a pu être effectué que chez les malades que nous a avons
surveillé jusqu’à leur dernier rendez-vous de consultation ou après leur décès confirmé par leurs
La survie globale médiane des patients était de 24.35 mois en moyenne avec des
26
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
0,9
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
mois
27
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
DISCUSSION
28
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
1. La fréquence :
Au niveau mondial, les cancers du côlon et du rectum représentaient environ 1,4 million
de nouveaux cas en 2012 (9,7% du total mondial) (figure n°13), en terme d'incidence, le
troisième cancer le plus fréquent chez les hommes (746 000 cas, 10,0% du total) et le deuxième
chez les femmes (614 000 cas, 9,2% du total). Dans le monde près de 55% des cas surviennent
29
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
masculins. Chez la femme, ce cancer est le deuxième plus fréquent après le cancer du sein
En Europe, le CCR est le deuxième cancer le plus fréquent (447 000 nouveaux cas), et il
Selon les dernières données de l’American Cancer society (ACS), le CCR est le troisième
cancer chez l’homme et la troisième chez la femme, avec environ 135 430 nouveaux cas et 50
Au Canada, plus de la moitié des cas de cancers nouvellement diagnostiqués sont des
cancers du poumon, des cancers colorectaux, des cancers de la prostate et des cancers du sein.
30
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
cancer colorectal représente 6,7% des cas de cancer enregistrés entre 2008 et 2012 et occupe le
FIGURE 15 : Les localisations les plus fréquentes (tout sexe confondu [3]
Dans une étude rétrospective étalée sur une période de 10 ans s’étendant de Janvier
2006 à Décembre 2015 qui concernait des malades hospitalisés au service de chirurgie générale
de l’Hôpital Militaire Avicenne de Marrakech, le CCR a représenté 42,21% de la totalité des cas de
cancers digestifs hospitalisés tandis que le CCR métastatique (CCRM) a représenté 20,82% des
D’après une étude descriptive intitulée « les aspects épidémiologiques des cancers au
CHU HASSAN II de Fès » réalisée au sein du service d’anatomie pathologique pendant une
période s’étalant du 1er Octobre 2003 au 30 Juin 2004 , les cancers colorectaux occupaient la
31
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
deuxième place des cancers digestifs après les cancers gastriques avec une fréquence de 29,6%
2. Sex-ratio :
Selon l’agence internationale pour la recherche sur le cancer (IARC), une prédominance
masculine avec un sex-ratio de 1.21 au niveau mondial est notée, de même pour les pays les
plus et les moins développés une légère prédominance masculine a été retrouvée dans les deux
En France, le cancer colorectal a connu une grande hausse en terme d’incidence avec une
nette prédominance masculine faisant un sexe ratio de 1,22[12]. Une autre étude poussée
réalisée dans le Nord-Est de la France indique que, pour le cancer colorectal, le nombre estimé
de cas incidant est pour les femmes en augmentation moyenne de 31% tous les dix ans et pour
les hommes en augmentation moyenne de 65%. Ces résultats concordent avec d’autres travaux,
Les taux d'incidence du cancer colorectal sont environ de 30% plus élevés chez les
hommes que chez les femmes, alors que les taux de mortalité sont d'environ 40% plus élevé.
Cette disparité n’est entièrement comprises, mais elle est expliquée en partie par l'exposition
aux facteurs de risque (paquet Fumer) et aux hormones sexuelles, ainsi que des interactions
32
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Selon l’étude réalisée au sein du service de chirurgie C de l’ôpital Avicenne de Rabat, une
viscérales du CHU ibn Rochd a retrouvé une nette prédominance masculine avec un sexe ratio de
2,14[17].
Dans notre étude, on note une légère prédominance féminine avec un sexe ratio de 1.31
(soit 25 femmes pour 19 hommes). Ceci concorde avec une étude épidémiologique effectuée au
sein du centre d’oncologie Hassan II d’Oujda qui a retrouvé une légère prédominance féminine
3. L’Age :
Le cancer colorectal est rare avant 45 ans[19], Il devient ensuite fréquent et son incidence
augmente avec l’âge. Les données permettent de définir, comme sujets à risque moyen, les
individus de plus de 50 ans des 2 sexes. La proportion des cas diagnostiqués double chaque
décennie entre 40 et 70 ans chez les hommes et chez les femmes. L’âge moyen du diagnostic
est de 69,5 pour les hommes et de 72,8 ans pour les femmes. L’incidence est identique pour les
2 sexes jusqu’à 60 ans, puis le cancer devient prédominant chez les hommes. Le ratio
d’incidence entre les deux sexes augmente régulièrement entre 55 ans et 75 ans, passant de 1,0
33
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
septième décennie. Le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal estimé était de 32 257
malades dont 11 332 (31,2%) survenaient chez des malades âgés de 65 à 74 ans et 15 427
D’après les données des registres des tumeurs digestives en France, la proportion de
cancers colorectaux survenant chez les sujets de 75 ans et plus est passée de 38,4% pour la
cancers des sujets âgés va devenir un problème de santé publique. On prévoit que la population
Concernant le sujet jeune, l’âge de 45 ans est considéré par la plupart des auteurs,
comme étant la “frontière” définissant la population “jeune” chez laquelle ce cancer reste rare.
L’étude des incidences de ce cancer chez le sujet jeune révèle qu’il y a une forte incidence en
34
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Arabie Saoudite avec 21 à 23% des cas, en Italie avec 17%, au Japon avec 10%. Dans les pays
En Tunisie, dans une étude cas témoin impliquant 100 patients, les extrêmes d’âge
allaient de 28ans à une maximale de 90ans faisant une moyenne de 57,5. La tranche d’âge la
plus représentative était celle de 40 à 69ans avec 26% de cas de cancers du rectum et 40% de cas
de cancer du côlon[24].
Au Maroc, selon le registre du grand Casablanca, les classes d’âge les plus touchées par
le cancer colorectal sont représentées par la classe comprise entre 50 et 54 ans suivie par celle
comprise entre 60 et 64 ans chez les femmes. Chez les hommes, c’est la classe d’âge comprise
entre 55 et 59 ans qui est la plus touchée suivie par celle comprise entre 60 et 64[3].
FIGURE 17 : Répartition du nombre des cas du cancer colorectal par sexe et par tranches
d’âge.[3]
35
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Selon le registre de Rabat (2006-2008) la tranche d’âge comprise entre 55 et 64 ans est
la plus touchée chez la femme alors que chez l’homme la tranche d’âge comprise entre 65 et 74
FIGURE 18 : Répartition du nombre des cas du cancer colique par sexe et par tranches
d’âge [25]
FIGURE 19 : Répartition du nombre des cas du cancer rectal par sexe et par tranches
d’âge [25]
36
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Selon notre analyse statistique, l’âge moyen était de 54,45 ans avec des extrêmes de 30
et 76 ans. Ce résultat était proche des données des études maghrébines[26] [27] [28]. Par
Tableau XVIII : Répartition des cas de CCRM selon le l’age dans différentes études.
Série Nombre de cas Extrêmes d’âge Moyennes d’âge
Ducreux M[31] 37 - 64
4. Distribution géographique :
L’incidence la plus élevée du CCR (30 à 50/100.000), pour les deux sexes, est notée dans
les régions d’Amérique du Nord (Etats- Unis et Canada), Australie, l’Europe de l’Ouest et le
Japon. Cette incidence baisse en se déplaçant vers l’Afrique, l’Asie dans des pays comme l’Inde,
la Thaïlande, et l’Amérique du Sud, arrivant jusqu'à 3-7 /100 000 habitants [33]. Ces différences
d’incidence d’une région à l’autre sont beaucoup plus marquées pour le cancer du côlon que
37
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Cela peut être expliqué par différents facteurs, dont les plus importants sont les facteurs
Aux états unis, 40% de la disparité socio-économique dans l'incidence du CCR est
attribuée à une prévalence plus élevée des facteurs de risque, tels que l'obésité, l'alimentation
malsaine, et le tabagisme[35], alors que les différences dans le dépistage sont estimées
représenter 40% de la disparité raciale.[8] La plus grande disparité de mortalité reflète les
inégalités dans les comorbidités, l'accès aux soins et aux traitements[36], et vraisemblablement
AI / AN indique Indiens d'Amérique / Autochtones de l'Alaska; API, Asie-américaine / Pacifique; NHB, noir non
hispanique; NHW, blanc non hispanique. Les taux sont ajustés selon l'âge
38
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Les CCR sporadiques représentent 88 à 94 % des CCR, alors que les cancers héréditaires
représentent 5 à 10 % ; les CCR survenant dans le cadre des maladies inflammatoires intestinales
chroniques représentent 1 à 2 %.
-Facteurs environnementaux
Irradiation précédente
-Antécédents de cancer colorectal (le risque est de 1.5-3%) pour un deuxième cancer de
Dans notre série, 7 patients étaient tabagiques chroniques (16%) 3 éthyliques (7%) 8
39
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
La présence des antécédents familiaux de CCR est l’un des principaux facteurs de risque
actuellement identifiés. L’existence d’un gène prédisposant, pour ainsi parler des cancers
héréditaires, doit être systématiquement évoquée devant l’une de ces trois situations : l’âge
Environ 5 à 10% de tous les cancers colorectaux se développent à partir des syndromes
héréditaires de cancers définis. Les deux les formes principales sont le cancer colorectal sans
de polypose hamartomateuse sont également associés à un risque accru de cancer, tel que
Dans notre série, 5 cas avaient des antécédents familiaux de CCR (11%), et 3 avaient des
Nous n’avons noté aucun cas avec une maladie inflammatoire intestinale chronique.
Le délai avant la consultation a été toujours considéré comme un facteur pronostic ; plus
il est court, plus la survie est longue. Des études européennes ont montré que plus de 70% des
40
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
patients consultent avant 6 mois[39], tandis que des études marocaines montrent que plus de
60% des patients consultent tardivement au-delà de 6 mois[40], Ce retard est peut-être dû à la
négligence des patients qui ne sont pas alarmés par les symptômes et faute des médecins qui
Dans notre série, nous avons constaté que seulement 17 malades ont consulté dans un
délai supérieur à 6 mois alors que le délai diagnostique chez la majorité de nos patients était
Le délai moyen était de 8.5 mois (avec un maximum de 48 mois et un délai minimum de
1 mois).
douleurs abdominales chroniques. Selon l’étude de Missaouia faite sur 1443 patients atteints de
CCR, les signes les plus fréquents étaient les rectorragies et les douleurs abdominales[42].
Le cancer du côlon est précédé par des signes avant-coureurs sans gravité dans 70 à 75
% des cas : troubles du transit (constipation, diarrhée ou alternance des deux), hémorragies
41
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Parfois, ce sont d’emblée des signes plus inquiétants qui orientent vers le diagnostic :
une anémie exprimant une fuite digestive, une altération de l’état général, une masse
Le diagnostic est réalisé dans un contexte d’urgence dans 15 à 20 % des cas, plus
fréquemment chez les sujets âgés, devant une occlusion intestinale ou, plus rarement, un abcès
Les signes révélateurs du cancer du rectum sont variés, trop souvent banalisés et
négligés par le patient retardant ainsi le diagnostic. Souvent ce sont les rectorragies ou le
-Rectorragies :
Elles sont isolées, sans caractère spécifique, souvent minimes, réduites à quelques filets
de sang entourant les selles. Elles représentent le meilleur signe d’alarme, et doivent
impérativement faire pratiquer une rectoscopie même s’il existe des hémorroïdes évidentes.
-Syndrome rectal :
42
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
-Troubles du transit :
Ils sont à type de constipation alternant avec l’émission de selles liquides (fausse
diarrhée).
-troubles atypiques :
Il peut s’agir de signes moins caractéristiques tels que des troubles urinaires, des
altération de l’état général avec asthénie, amaigrissement, fièvre, anémie témoignant d’un
Parfois la compression des structures adjacentes (voie biliaire principale, branche portale, veines
43
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
sus hépatiques, veine cave inférieure) par la métastase ou des adénopathies pédiculaires peut
entraîner un ictère cholestatique, une hypertension portale, une ascite, des oedèmes des
marronnée, ferme, sensible et surtout des anomalies en rapport avec le cancer primitif : ascite,
nodules ombilicaux ou dans le cul de sac de Douglas traduisant une carcinose péritonéale.
Dans notre série, l’examen clinique des patients atteints de CCRM a mis en évidence une
respiratoires. Elles sont découvertes généralement lors du bilan de surveillance. Ces mêmes
pelviens, il n’y a pas de signe spécifique de la carcinose péritonéale. Elle peut également être
découverte fortuitement lors d’une intervention chirurgicale. Les patients avec une importante
atteinte péritonéale vont fréquemment présenter une ascite massive et réfractaire, des signes
d’obstruction intestinale et une asthénie marquée. Cette présentation est habituellement celle
des patients connus porteurs d’une tumeur non résécable, mais elle peut aussi survenir comme
invalidante.
44
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Dans notre série, la carcinose péritonéale a été découverte par l’ascite dans un cas alors
Dans notre série, les six patients avec de métastases osseuses ont été diagnostuqués
suite à des douleurs osseuses qui ont incité à réaliser un bilan d’extension para clinique.
2.6. Autres :
L’examen ganglionnaire doit rechercher la présence du ganglion de Troisier.
localisation cérébrale.
Les signes généraux sont rarement révélateurs et peu spécifiques. Il peut s'agir d'une
III. Coloscopie/Rectosigmoidoscopie :
La rectosigmoidoscopie doit être systématiquement pratiquée devant des signes d’appel
ano rectaux, elle permet d’explorer jusqu'à 60 cm de la marge anale, la découverte d’une lésion
45
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
sensibilité de 96.7% et une spécifité de 98%. Elle visualise directement la muqueuse colique,
permet de faire des prélèvements et la résection des lésions pré néoplasiques ou néoplasiques.
La coloscopie était pratiquée dans 73 % des cas dans notre série, 87% des cas dans la
La littérature rapporte une incidence plus élevée du cancer colique par rapport au cancer
rectal. Ceci concorde avec les données de notre étude puisque la localisation colique représente
Tableau XIX : Répartition des cas de CCRM selon la localisation dans différentes études
Siège
Auteurs Nombre de cas
Rectum(%) Colon(%) Charnière recto-
sigmoïdienne(%)
Bannouna J [29] 737 25.2 57 16.7
Huang [60] 52 25 75 -
Notre série 44 27 73 -
46
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Colon :
Dans notre série, la tumeur primitive était au niveau du sigmoïde chez 10 patients, au
niveau de la CRS chez 7 patients, au niveau du colon droit chez 9 patients, au niveau du colon
gauche chez 4 patients, et au niveau du transverse chez 2 patients, ceci concorde avec les
Rectum :
La localisation au bas rectum est la plus fréquente aussi bien dans l’étude de SDRATI Y
[55] que dans l’étude dans l’étude de AKAMMAR A[66] , et représente respectivement
Dans notre série, la localisation au bas rectum est aussi la plus fréquente et a été
objectivée chez 42% de nos malades contre 33% pour le moyen rectum et 25% pour le bas
rectum.
47
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
IV. Anatomopathologie :
1. Aspect macroscopique :
Les aspects macroscopiques sont influencés par l’histoire naturelle de ces tumeurs,
le diamètre colique et la consistance des selles (la déshydratation des fèces favorise l’ulcération)
[140]. A droite, les cancers sont végétant et exophytiques, peu ulcérés, souvent très volumineux.
Dans le transverse et le colon descendant, de diamètre étroit, une virole est rapidement
constituée. Dans le rectum, ils forment le plus fréquemment un anneau autour d’une ulcération
centrale.
Forme ulcéro-bourgeonnante :
Dans la littérature elle représente 65% des cas[67]. Selon une étude faite en Tunisie,
l’aspect de la tumeur était dominé par le Caractère ulcéro-bourgeonnant retrouvé dans 67,3%
des cas[68].
Les mêmes données ont été notée dans les séries marocaines, dont l’étude de BEN
YOUNESS L[69] où cette forme représente 64%, et représente 91.2% dans celle de BM
OUSSAMA[27].
C’est la forme la plus fréquente dans notre série, elle représente 46.87 % des Cas.
48
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Formes ulcéro-infiltrantes : elles sont faites d’une ulcération entourée d’un bourrelet
Linite plastique : est souvent secondaire à une linite gastrique, cependant il existe
quelques formes primitives : 50% sont rectales, les autres coliques gauches. Elles
2. Aspect microscopique :
2.1. Tumeurs primitives :
Le CCR se présente généralement sous la forme histologique d’adénocarcinome.
Néanmoins, d'autres types histologiques existent mais sont beaucoup moins fréquents, tels que
les tumeurs neuroendocrines, les lymphomes, les sarcomes, et carcinomes spinocellulaires, qui
49
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
peuvent également être retrouvés dans le rectum [71] [72]. L'incidence de chacune de ces formes
2.1.1. Adénocarcinomes :
Adénocarcinome lieberkunien :
Dans notre série, l’adénocarcinome liberkunien est la forme histologique, de loin, la plus
classe :
tumeurs bien différenciées (A) : ayant une structure glandulaire, avec une
50
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Histologiquement, les cellules forment soit des tubes, soit des amas ou des travées.
Il est présent dans seulement 9 % des cas dans notre série,3.22 % des cas dans la série de
Skali H[10] , et dans 2.5% des cas dans la série de Adraoui A[62].
51
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Appelé aussi carcinome à cellules isolées. Plus de 50% des cellules tumorales sont des
cellules indépendantes avec une gouttelette de mucus intra cytoplasmique. Cette forme est
rarement primitive. Elle survient particulièrement chez les sujets jeunes [74]. Cette forme ne
2.1.2. Carcinoïdes :
Elles représentent 1,5 % des tumeurs gastro-intestinales et leur degré de malignité est
très variable. Les localisations coliques ont un pronostic plus défavorable que les autres avec une
2.1.3. Lymphomes :
Les lymphomes primitifs du tube digestif représentent la première localisation extra
ganglionnaire des lymphomes malins non hodgkiniens (30 à 40%). Dans les pays occidentaux,
les localisations gastriques sont les plus fréquentes, suivies de celles du grêle, du colon et du
rectum[76].
région anorectale. C’est la troisième localisation du mélanome malin après le mélanome cutané
constituent des moyens de diagnostic permettant ainsi une meilleure prise en charge
52
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
formes de diagnostic facile correspondent aux nodules enchâssés dans le parenchyme qu’elles
détruisent ou le refoulent sans aucun aspect de transition avec les hépatocytes et conservent la
Les cas difficiles sont les métastases de cancers peu ou pas différenciés L’immuno
maladie.
Dans 90% des cas, les métastases hépatiques de cancers colorectaux (MHCCR) ont une
structure glandulaire plus ou moins bien différenciée. Plus rarement, l’origine est une tumeur
carcinoïde, dont les métastases sont souvent multi-nodulaires, volumineuses, jaunâtres plus ou
moins ombiliquées ; leur structure est parfois difficile à distinguer d’une tumeur hépatique
primitive.
La classification TNM :
Une classification a été adoptée par l’AJCC (American Joint Committee on Cancer) et
l’UICC (Union Internationale Contre le Cancer), TNM 7éme édition, applicable depuis janvier
2010. L’examen d’au moins 12 ganglions régionaux est recommandé par l’UICC et l’AJCC.
53
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
T Tumeur primitive
Tx Renseignements insuffisants pour classer la tumeur primitive
T0 Pas de signes de tumeur primitive
Tis Carcinome in situ : intra-épithélial ou envahissant la lamina propria
T1 Tumeurs envahissant la sous muqueuse
T2 Tumeur envahissant la musculeuse
T3 Tumeur envahissant la sous-séreuse ou les tissus péri-colorectaux non péritonéalisés
T4 T4a : Tumeur perforant le péritoine viscéral
T4b : Tumeur envahissant directement les autres organes ou structures
N Adénopathies régionales
Nx Renseignements insuffisants pour classer les adénopathies régionales
N0 Pas de métastase ganglionnaire régionale
N1 1 à 3 ganglions métastatiques régionaux
N1a Métastase dans 1ganglion lymphatique régional
N1b Métastase dans 2 à 3 ganglions lymphatiques régionaux
N1c Nodule(s) tumoraux c.-à-d. satellite(s) dans la sous séreuse, ou dans les tissus non
péritonéalisés péricoliques ou périrectaux sans métastase ganglionnaire régionale
N2 4 ganglions métastatiques régionaux ou plus
N2a : métastase dans 4 à 6 ganglions lymphatiques régionaux
N2b : métastase dans 7 ou plus ganglions lymphatiques régionaux
M Métastase à distance
M0 Pas de métastase à distance
M1 Métastase à distance
M1a métastase localisé à un seul organe (foie, poumon, ovaire, ganglion(s) lymphatique(s)
non régional)
M1b métastase dans plusieurs organes ou péritonéales
54
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Stade T N M T N M
Stade0 pTis N0 M0
Stade I pT1-2 N0 M0
Stade IIA pT3 N0 M0
Stade IIB pT4a N0 M0
Stade IIC pT4b N0 M0
Stade IIIA pT1-T2 N1-N1c M0
pT1 N2a M0
Stade IIIB pT3-T4a N1-N1c M0
pT2-T3 N2a M0
pT1-T2 N2b M0
Stade IIIC pT4a N2a M0
pT3-T4a N2b M0
pT4b N1-N2 M0
Stade IVA Tous T Tous N M1a
Stade IVB Tous T Tous N M1b
classification de l’UICC. L’atteinte des ganglions iliaques externes ou communs est considérée
comme M1[83].
55
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Examens paraclinique :
La coloscopie totale doit être pratiquée dans le cadre du bilan d’extension du cancer
rectal. Dans notre étude, aucun cas de cancer rectal n’avait une tumeur colique synchrone.
moins de 5% des cas, elle peut être complétée par une TDM thoracique au moindre doute (Il est
pelvienne)[84].
accessible et opérateur dépendant .Elle détecte, avec une sensibilité de 94%, des métastases de
plus de 2 cm, et diminue ensuite avec la taille des lésions. Cet examen peut déceler des MH,
d’extension locorégional et à distance du CCR. C’est un examen utile pour évaluer la taille et le
siège de la tumeur, l’extension tumorale, ganglionnaire, hépatique et péritonéale. Elle peut ainsi
abdominale a une sensibilité entre 75 et 85% pour la détection des MH, Sa spécificité pour le
choix pour la stadification locale et pour déterminer le stade T des cancers du rectum[88]. Elle
permet de confirmer une atteinte du sphincter anal ou des parties molles périnéales dans les
56
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
cancers localement avancés du bas rectum [89]. Elle est utilisée en cas de grosse tumeur
précédentes [90]. Par ailleurs, l’IRM hépatique a une sensibilité voisine de la TDM dans la
détection des MH, elle est même supérieure dans la caractérisation de ces lésions après injection
Les métastases cérébrales synchrones sont extrêmement rares. Motivée par la présence
de signes neurologiques, leur recherche repose sur la TDM cérébrale après injection de produit
invasive plus sensible et plus spécifique que le scanner, l’IRM ou l’immunoscintigraphie pour le
diagnostic de récidive des CCR. Il est possible qu’à l’avenir l’utilisation de la TEP réduise les
indications des autres examens, ainsi que le nombre des interventions chirurgicales [93].
les localisations métastatiques secondaires dans les différentes séries marocaines sont
57
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
VI. Traitement :
Le bilan d’extension et les comorbidités du patient sont indispensables pour la
Les taux de LDH, des leucocytes et des phosphatases alcalines ont une valeur
pronostique péjorative lorsqu’ils sont élevés. Le statut du gène KRAS tumoral (et plus largement
l’examen anatomopathologique) doit être disponible puisque les anti-EGFR font partie de la
stratégie thérapeutique[96].
58
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
droite…). Dans certaines situations, la séquence peut être inversée, avec la résection de la
tumeur primitive effectuée dans un deuxième temps après chimiothérapie et chirurgie hépatique
première[97].
La stratégie va dépendre des symptômes en rapport avec la tumeur primitive, de l’état général et
de l’extension métastatique :
et le terrain, soit une chirurgie, soit la pose d’une endoprothèse (si sténose sans anémie)
– si la tumeur primitive est asymptomatique, la stratégie est à discuter au cas par cas en
Les résultats d’une étude de registre et d’une méta analyse récente suggèrent un
59
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Le 5-fluorouracil (5-FU)
systémique, mais une monothérapie par 5-FU n’est acceptable que dans des situations bien
précises. Actuellement, on utilise des régimes avec le 5-FU administré en perfusion continue sur
déshydrogénase (DPD) est l’une des enzymes clés dans l’élimination du 5-FU.
La capécitabine (Xeloda)
élevée dans le tissu tumoral que dans le tissu normal. Il semblerait également que cette
activation sélective dans les cellules tumorales soit encore plus marquée lorsque de la
radiothérapie est administrée en même temps, comme c’est le cas pour les tumeurs
rectales[102].
60
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
a cependant l’avantage d’apporter un confort pour le patient de par son administration orale. Il
peut donc avoir le choix entre ces deux produits et participer ainsi à la décision
thérapeutique[103].
L’oxaliplatine (Eloxatin)
Est un agent alkylant agissant sur l’ADN et causant des ponts sur la double hélice, ce qui
(en général réversible avec le temps) qui peut être assez débilitante[104]. A noter que certains
patients peuvent cependant présenter des signes cliniques d’atteinte neurologique précocement
et à des doses bien inférieures. Parfois la récupération neurologique n’est pas complète.
L’irinotécan (Campto) :
Est un inhibiteur de la topoisomérase qui provoque des fractures de l’ADN. Lors de son
pour lequel une prémédication par l’atropine est indiquée. Lorsque des réactions de type
prophylactique d’atropine est recommandée lors des cures ultérieures avec l’irinotécan. La dose
initiale doit être réduite chez les patients présentant un syndrome de Gilbert. Il faut être
particulièrement attentif aux diarrhées importantes qui se déclarent plus tardivement pouvant
61
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
amener à une déshydratation rapide, mais qui répondent bien à une prescription de lopéramide.
Le bévacizumab (Avastin)
N’est pas un agent de chimiothérapie mais fait partie des thérapies dites ciblées. Il s’agit
d’un anticorps monoclonal humanisé dirigé contre le VEGF. Le VEGF est une molécule fortement
impliquée dans la stimulation de la néo-angiogenèse des tumeurs. Tant dans les modèles
précliniques que chez les patients, l’administration de bévacizumab provoque une régression
vasculaire rapide[105], Le bévacizumab est en général très bien toléré mais il est nécessaire de
Une augmentation du risque thromboembolique existe, notamment chez des patients âgés, et
son utilisation chez des patients avec des antécédents cardiovasculaires doit être considérée
avec soin[106].
Le cétuximab (Erbitux)
Est aussi une thérapie ciblée. C’est un anticorps monoclonal murin chimérique dirigé
secondaire le plus invalidant est cutané avec l’apparition d’une éruption acnéiforme. Il ne s’agit
pas d’une acné classique. Son traitement nécessite une prise en charge utilisant parfois des
paronychies douloureuses.
62
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
La définition d'un objectif et d'une stratégie de traitement (potentiel) est importante pour
l'intégration initiale d'un traitement multimodal et pour le choix d'une stratégie de traitement
systémique (première ligne et dernière ligne) dans le cadre d'un «continuum de soins». Les
les modèles de biologie tumorale (par exemple les métastases limitées au foie et / ou au
biochimiques pronostiques);
patient);
-Localisation
-Taille de la tumeur
Marqueurs tumoraux Performance Flexibilité de l'administration du
traitement
63
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
La stratégie thérapeutique optimale pour chaque patient est déterminée après un examen
rénale, mesure du marqueur tumoral [le plus pertinent étant l'antigène carcino-embryonnaire
(ACE)], une tomodensitométrie et une IRM abdominale et thoracique, évaluation de l'état clinique
L'état général et l'état de performance d'un patient sont parmi les facteurs pronostiques
est maintenant utilisé pour déterminer si oui ou non ils seront affectés à un traitement intensif
classiques de traitement le choix étant la tumeur, en plus des caractéristiques citées dans le
tableau [111].
Historiquement, les patients « aptes » avec un CCRM ont été classés en fonction du
traitement[112] [113].
64
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
65
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
l’irinotecan. Aucune étude n’a démontré une supériorité d’un protocole vis-à-vis d’un autre. Le
choix se fait en fonction des effets secondaires attendus, des désirs du patient et du terrain
sous-jacent[111].
Selon les Recommandations de European Society for Medical Oncology (ESMO ) [115]les
Les agents biologiques (agents ciblés) sont indiqués dans le traitement de première
66
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
agressif [I, B]
Les régimes à base de capécitabine et de bolus 5-FU ne doivent pas être associés à des
anticorps anti-EGFR.
Le Protocole FOLFOX
L’essai qui a permis l’AMM de ce protocole en première ligne métastatique est paru
dans le Journal of Oncology en 2000 [116]. Cette étude incluant 420 patients, comparait le
FOLFOX au Leucovorin-Fluorouracil.
FOLFOX, avec un taux de 21,9% (95% IC, 17,9-25,9%) contre 50% (95% IC, 46,1-54,9%)
(p=0,001). Cette amélioration du taux de réponse a permis à un plus grand nombre de patients
de bénéficier d’une intervention chirurgicale ayant pour but une rémission complète (7
chirurgies dans le bras FOLFOX contre 3 dans le bras de référence). De manière anecdotique, la
67
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
diminution de plus de 50 % ou la normalisation de l’ACE était aussi plus fréquente chez les
patients sous FOLFOX puisqu’elle était de 34,5% (57 patients sur 165) dans le groupe sans
oxaliplatine contre 62,6% (107 patients sur 171) dans le bras FOLFOX (p=0,0001). Ces réponses
tumorales majorées par l’oxaliplatine se traduisaient par une amélioration significative de la SSP
puisqu’elle passait de 6 mois (26,1 semaines) à 8,2 mois (35,6 semaines) dans le groupe FOLFOX
(p=0,003). La SG était améliorée dans le bras FOLFOX (14,7 mois-69,9 semaines- contre 16,2
Dans notre étude, le protocole FOLFOX a été fait chez 9 patients soit 20.45 % (18.18% en
Le protocole XELOX
multicentrique incluant 96 patients [117]. Une médiane de 8 cycles de XELOX a été administrée
aux patients (allant de 1 à 26 cycles). On observait une réponse complète pour 2 patients (2%),
une réponse objective pour 53 d’entre eux (55%,95 %IC : 45% à 65%) et pour 30 patients une
stabilisation de la maladie (31%, IC : 95% : 22% à 42%). Le temps médian avant progression était
de 7,7 mois (IC 95% : 6,4% à 8,6%). La SG médiane était de 19,5 mois (IC 95% : 15,3% à 21,6%)
Le XELOX a montré une efficacité similaire au FOLFOX dans une étude de non infériorité
Dans notre étude, le protocole XELOX a été fait chez 19 patients soit 43.18 %.
68
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Le protocole FOLFIRI :
Dans cette étude, deux modes d’administration étaient réalisés : l’un hebdomadaire et le
second tous les quinze jours. Du fait de l’utilisation préférentielle en France de ce second mode
traitement les patients recevaient, lors du J1, soit un placebo soit de l’irinotecan à la posologie
de 180mg/m². Au total 288 patients ont été inclus avec 143 patients dans le groupe sans
Les résultats étaient en faveur du traitement par FOLFIRI avec un taux de réponse
significativement supérieur (33,1% vs 21%, p=0,021). Il en était de même pour le temps jusqu’à
progression, avec un temps médian de 3,7 mois dans le groupe sans irinotecan contre 6,5 mois
pour le groupe avec irinotecan (p=0,001). En termes de SG, le bénéfice était en faveur du bras
FOLFIRI puisque la SG médiane était de 13 mois dans le bras sans irinotecan contre 17,4 mois
69
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Dans notre étude, le protocole FOLFIRI a été fait chez 9 patients soit 20.46 % en
Le protocole XELIRI :
Le protocole XELIRI a été conçu selon le même modèle que le protocole XELOX. Les
injection d’irinotecan à la posologie de 250mg lors du premier jour du cycle. Les cycles se
répétaient tous les 21 jours. Très peu d’études se sont intéressées à ce type de traitement seul.
Nous pouvons néanmoins citer l’étude de Réa et al [120] qui évaluait ce traitement lors d’un
essai de phase I/II. Nous nous intéresserons surtout aux 57 patients inclus dans cette étude de
phase II.
taux de réponse était de 42% (95% IC, 29%-56%) et le temps médian jusqu'à progression était de
Dans notre étude, le protocole XELIRI a été fait chez 4 patients soit 9.09 %.
Un dernier protocole peut être utilisé mais reste débattu du fait notamment des toxicités
qu’il engendre et ne doit être administré qu’à des patients sélectionnés. De plus le FOLFIRINOX
Falcone et al [121] ont montré, dans une étude comportant 244 patients, un effet
favorable du FOLFIRINOX par rapport au FOLFIRI tant sur le plan du taux de réponse (66% contre
70
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
41% p=0,0002), de la SSP (9,8 mois contre 6,9 mois p=0,006) que de la SG (22,6 mois contre
FOLFIRINOX par rapport au FOLFIRI tant pour le taux de réponse, qui était l’objectif principal de
l’étude (43% vs 33,6% p=0,168), que pour la SG (21,5 mois contre 19,5 mois p=0,337) et pour la
SSP (8,4 mois contre 6,9 mois p=0,17). Cette discordance au niveau des études peut venir de la
posologie de l’irinotecan utilisé qui est de 150mg/m² dans l’étude négative contre 165mg/m²
dans l’étude positive. Aucun patient de notre étude n’a été traité par ce protocole.
71
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Tableau XXVIII : les protocoles associés à la bevacizumab en première ligne dans notre étude
Protocole Pourcentage
72
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
chimiothérapie de première ligne doit être changée, principalement après l'échec d'une stratégie
de première ligne, et devrait être offerte à autant de patients que possible. La thérapie de
deuxième ligne est normalement proposée pour les patients avec un bon état de performance et
Les patients pouvant tolérer doivent être traités par chimiothérapie associant l'irinotécan
Les patients recevant FOLFIRI à l'avance devraient recevoir FOLFOX et les patients recevant
avec une preuve précoce de l'efficacité de cette stratégie fournie par l'essai de Tournigand et
al[131].
Devrai être considéré pour le traitement avec une deuxième ligne anti-angiogénique
chez les patients qui progressent sous un régime contenant de l'oxaliplatine [132] [133] [134].
73
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
° Aflibercept ou ramucirumab (en association avec FOLFIRI) lorsqu'il est traité en première
° Anticorps anti-EGFR en association avec FOLFIRI / irinotecan pour les patients atteints
avec des anticorps de l'EGFR, le traitement par le cetuximab ou le panitumumab doit être
envisagé[140] [141].
oxaliplatine, irinotécan, bevacizumab et chez les patients RAS de type sauvage porteurs
.Trifluridine / tipiracil (TAS 102) est recommandé pour les patients prétraités avec les
pronostiques favorables, le traitement péri opératoire peut ne pas être nécessaire et la résection
Chez les patients atteints d'une maladie techniquement résécable et dont le pronostic est
74
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
seulement. Le traitement préféré dans ce contexte doit être FOLFOX [ou encore capécitabine avec
oxaliplatine (CAPOX)] tel que rapporté pour l'essai EPOC [145]. Les agents ciblés ne doivent pas
être utilisés chez les patients résécables dont l'indication pour un traitement péri opératoire est
de nature pronostique[146].
Dans les situations où les critères de pronostic et de résécabilité ne sont pas clairement
définis, un traitement péri opératoire doit être envisagé (dans le cadre d'un continuum de
traitement) .Les patients avec l'apparition synchrone des métastases devraient être affectés à ce
Chez les patients ayant des critères oncologiques et techniques (chirurgicaux) favorables
et n'ayant pas reçu de chimiothérapie péri opératoire, il n'y a pas de preuves solides pour
soutenir la chimiothérapie adjuvante [147] , alors que les patients avec des critères défavorables
Chez les patients qui n'ont pas reçu de chimiothérapie antérieure, un traitement adjuvant
avec FOLFOX ou CAPOX est recommandé (sauf si les patients ont été récemment exposés à une
75
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
1. En situation curative :
• Examen clinique tous les 3 mois pendant 3 ans puis tous les 6 mois pendant 2 ans
• Échographie abdominale ou scanner abdominal tous les 3 mois pendant 3 ans puis tous
• Radiographie pulmonaire ou scanner thoracique tous les ans pendant 5 ans (scanner
- sauf si exploration colique préopératoire incomplète => dans les 3 à 6 mois suivant la
colectomie.
2. En situation palliative :
panitumumab)
76
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Scanner avec injection avec mesure des masses comparatives des métastases mesurables
comparative)
ACE en particulier si maladie non mesurable avec dosage à chaque cure pour calcul de la
cinétique [152]
Lésions cibles :
Réponse complète (RC) : Disparition de toutes les lésions. De plus, tous les ganglions
lymphatiques (cibles ou non-cibles), doivent avoir atteint une dimension < 10 mm dans leur plus
petit axe.
77
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Réponse partielle (RP) : Diminution d'au moins 30 % de la somme des diamètres des
lésions cibles par rapport à la somme initiale des diamètres (Examen BASELINE).
par rapport à la plus petite somme des diamètres observés durant l’étude (NADIR), y compris la
visite de baseline. En plus de cette augmentation relative de 20%, cette somme doit augmenter
progression.
Attention : s’il existe une progression par rapport au NADIR et une réponse par rapport à
Lésions non-cibles
marqueurs tumoraux. Tous les ganglions lymphatiques doivent avoir atteint un petit diamètre <
10 mm
Réponse incomplète - Stabilisation : Persistance d'au moins une lésion non-cible et/ou
78
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Tableau XXX : Répartition des patients de notre étude selon la réponse thérapeutique
Réponse thérapeutique effectif Pourcentage
Progression 25 57%
Régression 10 23%
Stabilité 9 20%
Total 44 100%
2. La survie
la survie médiane des patients avec CCRM se situe entre 17 et 22 mois. Les nouvelles
molécules apparues ont actuellement une efficacité prouvée sur le taux de réponse, la survie
79
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Dans l‘étude de Fong et al [155] et a partir des critères suivants, Ils ont défini un score de
Chaque critère compte pour un point Le score est donc compris entre 0 et 5. Dans leur
étude, le taux de survie actuariel à 5 ans était de 60 % pour les patients avec un score de 0 alors
qu‘il était de 14 % pour les patients avec un score de 5 points .Leur conclusion était que les
patients avec un SRC compris entre 0 et 2 devaient bénéficier d‘une chirurgie hépatique car ils
ont un pronostic favorable, les patients avec un SRC de 3 ou 4 pourraient bénéficier d‘un
traitement chirurgical mais probablement associé à un traitement adjuvant et les patients avec
locale et de survie. L‘étude de Cady retrouve une augmentation de risque lorsque les marges
macroscopiques sont inférieures à 1cm [156]. Les marges microscopiques apparaissent comme
80
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
un important déterminant de la survie à long terme [157] [158]. Dans l‘étude de Altendorf-
-un dépistage de routine s’adresse au sujet > 50 ans dit de « risque moyen » c’est à dire
n’ayant ni histoire personnelle ni familiale de CCR ni polypes ni MICI. Cette méthode se base sur
la recherche de saignement occulte dans les selles par le test «Hémocult». Sa sensibilité pour la
détection des cancers et des adénomes avancés est de 86,7% et 87,5%, respectivement, avec une
spécificité de 87,5% pour les deux. Ce test doit être répété annuellement et tout résultat positif
se doit d’être suivi d'une coloscopie. L’utilisation de l’Hémocult pour le dépistage des CCR dans
les pays industrialisés a permis une réduction de 15% à 33% du taux de mortalité liée à ces
cancers.
Les effets bénéfiques de ce dépistage sur la mortalité n’ont pas été observés chez le
jeune adulte vu qu’il n’y est soit pas inclu. Au fait, ce dernier s’intègre souvent dans les
catégories de patients dit «à risque élevé» voir «très élevé» vu qu’il existe souvent une histoire
familiale, un contexte héréditaire voir une MICI sous-jacente au CCR chez ces patients jeunes et
- Un dépistage programmé :
81
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Indiqué chez le groupe à risque élevé et à risque très élevé, il repose essentiellement sur
endoscopique peuvent être utilisés chez certains patients (refusant l’endoscopie ou ayant des
contre-indications).
=> Coloscopie tous les 5 ans à partir de 40 ans ou 5 ans avant le cas le plus précoce.
· Pour l’HNPCC : Coloscopie tous les ans ou tous les 2 ans au plus, à partir 20-25 ans ou
10 ans avant le plus jeune cas dans la famille (et surveillance annuelle de l’endomètre par
les ans dès l’apparition du premier polype. Une colectomie préventive est indiquée si le
diagnostic de PAF est posé, puis surveillance annuelle du rectum restant en débutant 6 mois
après la chirurgie en cas d’anastomose iléo-rectale et surveillance à 6 mois, à 1 an puis tous les
10 ans après le début des symptômes. Si le diagnostic de dysplasie de haut grade ou encore de
82
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Avant de conclure, nous n’insisterons jamais assez sur l’importance que doit attribuer le
médecin aux signes cliniques et surtout au toucher rectal qui doit être systématique devant toute
symptomatologie rectale et sur le fait qu’il faut toujours avoir la hantise d’un CCR même chez un
sujet jeune et de ne pas s’arrêter au diagnostic de facilité –notamment les hémorroïdes- devant
toutes rectorragies et qu’il ne faut pas hésiter à avoir recourt à l’endoscopie en cas de TR
normal.
2. La prévention : [163]
Les mesures préventives sont assez coûteuses et demandent une motivation et un suivi
minutieux.
La prévention primaire : On agit sur les causes du cancer pour prévenir son apparition.
C’est la stratégie à privilégier chaque fois que les causes de cancer sont connues.
complétée par le dépistage des cancers au début, à un stade où ils sont guérissables. [48]
jour), d’éviter les excès alimentaires et d’avoir une activité physique dans le cadre de son travail
et de ses loisirs . On n’a pas de données permettant de préciser l’effet de ces mesures. Il est
probable qu’elles diminuent d’au moins un tiers le risque de CCR. Il reste à identifier dans notre
83
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
patrimoine génétique ce qui fait que les individus sont plus au moins sensibles à tel facteur
moyen le plus sûr de faire évoluer le problème que pose le cancer du rectum. Il s’agit d’une
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Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
CONCLUSION
85
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Le cancer colorectal constitue un véritable problème de santé public, aussi bien au Maroc
La prise en charge d’un patient atteint d’un cancer colorectal métastatique (CCRM)
nécessite un bilan diagnostique initial très complet, une intégration des comorbidités du patient,
de son état général et surtout, de ses désirs quant aux options thérapeutiques proposées.
L’attitude thérapeutique doit être décidée de manière concertée entre tous les acteurs, dans le
Les progrès obtenus durant ces dernières années dans le traitement systémique du
cancer colorectal métastatique sont très encourageants. Ils sont la conséquence d’une meilleure
pronostic reste sombre et seuls les malades bénéficiant d’une résection chirurgicale complète de
Notre travail est étude jeune réalisée au centre d’oncologie et d’hématologie de CHU
Mohamed VI a Marrakech, et qui a permis de dresser l’état des lieux de cancer colorectal
métastatique.
Au terme de notre étude, nous encageons la discussion pluridisciplinaire de tous les cas
86
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
RESUME
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Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
troisième rang des cancers en termes de fréquence à l’échelle national et mondial, Les
métastases sont observées dans 40 à 60 % des cas. Notre travail est une étude rétrospective,
médicale et de la mettre en perspective par rapport aux données de la littérature. Nous avons pu
recenser 44 cas, l’âge moyen de nos malades est de 54.4 ans (30-76 ans), la tranche d’âge
comprise entre 51 et 60 ans est la plus touchée, nous notons une légère prédominance
féminine, 24 patients est d’origine urbaine ce qui représente 55 %, l’examen clinique est pauvre
et la recherche d’ATCDS personnels et familiaux est primordial. L’AEG, Les rectorragies et les
complète constitue l’élément principal du diagnostic positif elle a été réalisée chez 32 patients
alors que le diagnostic a été réalisé a postériori après étude anatomopatholique de la pièce
opératoire chez le reste des malades, la localisation colique était prédominante et représente 73
% des cas. L’adénocarcinome Lieberkunien se distinguait des autres formes histologiques avec
86% de tous les cas de cancer colorectal. Le bilan d’extension se fait principalement par une
TDM TAP (réalisé chez 100% de nos malades); la Radiographie thoracique et l’échographie
abdominale vient ensuite, autre examens en fonction de la localisation et des signes cliniques.
Le foie est le principal site métastatique suivi du poumon puis des ganglions. La prise en charge
chirurgie de la tumeur primitive est réalisée chez 82.35% des patients alors que la chirurgie des
88
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
classique. La survie globale de nos malades était de 24,35 mois en moyenne. Mais malgré ces
progrès son pronostic reste sombre d’où l’intérêt d’élaborer un plan de dépistage et de
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Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Abstract
Colorectal cancer is a real public health problem, it is the third most common cancer in
terms of frequency nationally and globally, metastases are observed in 40 to 60% of cases. Our
work is a retrospective study with the objective of clarifying the epidemiology profile and
reporting the experience of the Hematology Oncology Center of Mohamed VI University Hospital
Center by highlighting the medical care and putting it in perspective with respect to data from
the literature. We could identify 44 cases, the average age of our patients is 54.4 years (30-76
years), the age group between 51 and 60 is the most affected, there is a slight female
predominance, 24 patients is of urban origin which represents 55%, the clinical examination is
poor and the search for personal and familial ATCDS is essential. AEG, rectorrhagia and chronic
abdominal pain dominate functional signs. The complete recto-colonoscopy is the main element
of positive diagnosis it was carried out in 32 patients whereas the diagnosis was made a
posteriori after anatomopatholic study of the operative specimen in the rest of the patients, the
lieberkunien was distinguished from other histological forms with 86% of all cases of colorectal
cancer. The extension assessment is mainly done by a TAP CT (performed in 100% of our
patients); Chest X-ray and abdominal ultrasound then comes other examinations depending on
the location and clinical signs. The liver is the main metastatic site followed by the lungs and
consultation meeting; primary tumor surgery is performed in 82.35% of patients whereas surgery
for metastases is rarely feasible, chemotherapy has improved survival patients through the
90
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
advent of targeted therapy associated with conventional chemotherapy molecules. The overall
survival of our patients was 24.35 months on average. But despite these advances, its prognosis
remains gloomy, hence the importance of developing a national screening and prevention plan.
91
Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
ﻣﻠﺧﺹ
ﺳﺭﻁﺎﻥ ﺍﻟﻘﻭﻟﻭﻥ ﻭﺍﻟﻣﺳﺗﻘﻳﻡ ﻫﻭ ﻣﺷﻛﻠﺔ ﺻﺣﻳﺔ ﻋﻣﻭﻣﻳﺔ ﺣﻘﻳﻘﻳﺔ ،ﻫﻭ ﺛﺎﻟﺙ ﺳﺭﻁﺎﻥ ﺍﻷﻛﺛﺭ ﺷﻳﻭﻋﺎ ﻣﻥ ﺣﻳﺙ ﺍﻟﺗﺭﺩﺩ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﺻﻌﻳﺩﻳﻥ ﺍﻟﻭﻁﻧﻲ
ﻭﺍﻟﻌﺎﻟﻣﻲ ،ﻟﻭﺣﻅ ﺍﻻﻧﺑﺛﺎﺙ ﻓﻲ 40ﺇﻟﻰ ٪60ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ .ﻋﻣﻠﻧﺎ ﻫﻭ ﺩﺭﺍﺳﺔ ﺇﺳﺗﺭﺟﺎﻋﻳﺔ ﺑﻬﺩﻑ ﺗﻭﺿﻳﺢ ﻣﻼﻣﺢ ﺍﻟﺟﺎﻧﺏ ﺍﻟﻭﺑﺎﺋﻲ ﻭﺍﻹﺑﻼﻍ ﻋﻥ ﺗﺟﺭﺑﺔ
ﻣﺭﻛﺯ ﺃﻣﺭﺍﺽ ﺍﻟﺩﻡ ﻭﺍﻷﻭﺭﺍﻡ ﻓﻲ ﺍﻟﻣﺭﻛﺯ ﺍﻹﺳﺗﺷﻔﺎﺋﻲ ﷴ ﺍﻟﺳﺎﺩﺱ ﺑﻣﺭﺍﻛﺵ ﻣﻥ ﺧﻼﻝ ﺗﺳﻠﻳﻁ ﺍﻟﺿﻭء ﻋﻠﻰ ﺍﻟﺭﻋﺎﻳﺔ ﺍﻟﻁﺑﻳﺔ ﻭ ﻣﻘﺎﺭﻧﺗﻬﺎ ﺑﺎﻟﺩﺭﺍﺳﺎﺕ ﺍﻟﻣﻘﺎﻣﺔ
ﻓﻲ ﺍﻟﻣﻭﺿﻭﻉ .ﺗﻣﻛﻧﺎ ﻣﻥ ﺗﺣﺩﻳﺩ 44ﺣﺎﻟﺔ ،ﻣﺗﻭﺳﻁ ﻋﻣﺭ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ ﻫﻭ 54.4ﺳﻧﺔ ) 76-30ﺳﻧﺔ( ،ﻭﺍﻟﻔﺋﺔ ﺍﻟﻌﻣﺭﻳﺔ ﺑﻳﻥ 51ﻭ 60ﻫﻲ ﺍﻷﻛﺛﺭ
ﺗﺿﺭﺭﺍ ،ﻭﻫﻧﺎﻙ ﻫﻳﻣﻧﺔ ﻁﻔﻳﻔﺔ ﻟﻼﻧﺎﺙ 24 ،ﻣﺭﻳﺿﺎ ﻣﻥ ﺃﺻﻝ ﺣﺿﺭﻱ ﻳﻣﺛﻝ ،٪ 55ﺍﻟﻔﺣﺹ ﺍﻟﺳﺭﻳﺭﻱ ﻭﺍﻟﺑﺣﺙ ﻋﻥ ﺍﻟﺳﺅﺍﺑﻖ ﺍﻟﺷﺧﺻﻳﺔ ﻭﺍﻟﻌﺎﺋﻠﻳﺔ ﺃﻣﺭ
ﺿﺭﻭﺭﻱ.ﺗﺩﻫﻭﺭ ﺍﻟﺣﺎﻟﺔ ﺍﻟﻌﺎﻣﺔ ،ﺩﻡ ﻓﻲ ﺍﻟﺑﺭﺍﺯ ﻭﺁﻻﻡ ﻣﺯﻣﻧﺔ ﻓﻲ ﺍﻟﺑﻁﻥ ﺗﻬﻳﻣﻥ ﻋﻠﻰ ﺍﻻﻋﺭﺍﺽ .ﺍﻟﺗﻧﻅﻳﺭ ﺍﻟﻘﻭﻟﻭﻧﻲ ﺍﻟﻣﺳﺗﻘﻳﻣﻲ ﺍﻟﻛﺎﻣﻝ ﻫﻭ ﺍﻟﻌﻧﺻﺭ ﺍﻟﺭﺋﻳﺳﻲ
ﻓﻲ ﺍﻟﺗﺷﺧﻳﺹ ﺍﻹﻳﺟﺎﺑﻲ ﺍﻟﺫﻱ ﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍﺅﻩ ﻝ 32ﻣﺭﻳﺿﺎ ﻓﻲ ﺣﻳﻥ ﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍء ﺍﻟﺗﺷﺧﻳﺹ ﺑﻌﺩ ﺍﻟﺩﺭﺍﺳﺔ ﺍﻟﺗﺷﺭﻳﺣﻳﺔ ﻟﻠﻌﻳﻧﺔ ﻟﺑﻘﻳﺔ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ،ﻛﺎﻥ ﺗﻭﻁﻳﻥ ﺍﻟﻘﻭﻟﻭﻥ
ﺍﻟﻐﺎﻟﺏ ﻭﻳﻣﺛﻝ ٪73ﻣﻥ ﺍﻟﺣﺎﻻﺕ ،ﻭﻗﺩ ﺗﻡ ﺗﻣﻳﻳﺯ ﻏﺩﻳﺔ ﻟﻳﺑﺭﻛﻭﻧﻳﺎﻥ ﻣﻥ ﺍﻷﺷﻛﺎﻝ ﺍﻟﻧﺳﻳﺟﻳﺔ ﺍﻷﺧﺭﻯ ﻣﻊ ٪86ﻣﻥ ﺟﻣﻳﻊ ﺣﺎﻻﺕ ﺳﺭﻁﺎﻥ ﺍﻟﻘﻭﻟﻭﻥ ﻭﺍﻟﻣﺳﺗﻘﻳﻡ.
ﻳﺗﻡ ﺗﻘﻳﻳﻡ ﺍﻟﺗﻣﺩﻳﺩ ﺑﺷﻛﻝ ﺭﺋﻳﺳﻲ ﺑﺎﻟﻣﺎﺳﺢ ﺍﻟﺿﻭﺋﻲ ) ٪100ﻣﻥ ﻣﺭﺿﺎﻧﺎ( .ﺍﻟﺻﺩﺭ ﺑﺎﻷﺷﻌﺔ ﺍﻟﺳﻳﻧﻳﺔ ﻭﺍﻟﻣﻭﺟﺎﺕ ﻓﻭﻕ ﺍﻟﺻﻭﺗﻳﺔ ﻓﻲ ﺍﻟﺑﻁﻥ ﺛﻡ ﺗﺄﺗﻲ ﺍﻟﻔﺣﻭﺻﺎﺕ
ﺍﻟﻭﻅﻳﻔﻳﺔ ﺍﻷﺧﺭﻯ ﺍﻋﺗﻣﺎﺩﺍ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻣﻭﻗﻊ ﻭﺍﻟﻌﻼﻣﺎﺕ ﺍﻟﺳﺭﻳﺭﻳﺔ .ﺍﻟﻛﺑﺩ ﻫﻭ ﺍﻟﻣﻭﻗﻊ ﺍﻟﻣﻧﺗﺷﺭ ﺍﻟﺭﺋﻳﺳﻲ ﺗﻠﻳﻬﺎ ﺍﻟﺭﺋﺗﻳﻥ ﺛﻡ ﺍﻟﻌﻘﺩ .ﻭﺗﺟﺭﻱ ﺍﻹﺩﺍﺭﺓ ﺑﻌﺩ ﻓﺣﺹ ﻣﺳﺑﻖ
ﻟﻠﻌﻼﺝ ﻭﺍﺟﺗﻣﺎﻉ ﺗﺷﺎﻭﺭﻱ ﻣﺗﻌﺩﺩ ﺍﻟﺗﺧﺻﺻﺎﺕ؛ ﻳﺗﻡ ﺇﺟﺭﺍء ﺟﺭﺍﺣﺔ ﺍﻟﻭﺭﻡ ﺍﻷﻭﻟﻳﺔ ﻓﻲ ٪82.35ﻣﻥ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻓﻲ ﺣﻳﻥ ﺃﻥ ﺟﺭﺍﺣﺔ ﺍﻻﻧﺑﺛﺎﺙ ﻧﺎﺩﺭﺍ ﻣﺎ ﻳﻛﻭﻥ
ﻣﻣﻛﻧﺎ ،ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺍﻟﻛﻳﻣﻳﺎﺋﻲ ﻣﻛﻥ ﻣﻥ ﺗﺣﺳﻳﻥ ﺃﻣﺩ ﺣﻳﺎﺓ ﺍﻟﻣﺭﺿﻰ ﻣﻥ ﺧﻼﻝ ﻅﻬﻭﺭ ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺍﻟﻣﺳﺗﻬﺩﻓﺔ ﺍﻟﻣﺭﺗﺑﻁﺔ ﺟﺯﻳﺋﺎﺕ ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺍﻟﻛﻳﻣﻳﺎﺋﻲ ﺍﻟﺗﻘﻠﻳﺩﻳﺔ .ﻭﺑﻠﻎ ﻣﻌﺩﻝ
ﺍﻟﺑﻘﺎء ﺍﻟﻛﻠﻲ ﻟﻣﺭﺿﺎﻧﺎ 24.35ﺷﻬﺭﺍ ﻓﻲ ﺍﻟﻣﺗﻭﺳﻁ .ﻭﻟﻛﻥ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﺭﻏﻡ ﻣﻥ ﻫﺫﻩ ﺍﻟﺗﻁﻭﺭﺍﺕ ،ﻻ ﻳﺯﺍﻝ ﺗﺷﺧﻳﺻﻬﺎ ﻗﺎﺗﻣﺎ ،ﻭﻣﻥ ﻫﻧﺎ ﺗﺄﺗﻲ ﺃﻫﻣﻳﺔ ﻭﺿﻊ ﺧﻁﺔ
92
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ANNEXES
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Donnés
épidémiologiques :
Nom: Prénom: IP :
Age : Sexe : F M
Origine géographique : rural urbain
Antécédents :
ATCD personnels :
Polypose : oui non toxiques : tabac : alcool :
Rectorragie : oui non cancers : oui non
MICI : oui non
Hémorroïdes : oui non
ATCD familiaux :
PAF : oui non
Cancer colorectal : oui non
Autres cancers : …………………………………………
Comorbidités :
Diabète : HTA : Cardiopathies : obésité : autres :……………………………….
Clinique :
er
Délai début symptômes /1 consultation : ………………………….
Signes fonctionnels :
AEG : oui non asthénie anorexie amaigrissement
Douleur : aigue chronique
Troubles de transit : diarrhées constipation alternance D/C
Nausées : oui non Vomissements : oui non
Rectorragies : oui non
Méléna : oui non
Syndrome occlusif : arrêt des matières arrêt des gaz
Syndrome rectal : ténesmes épreintes faux besoins
Pâleur : oui non
Signes généraux :
Poids : IMC :
TA : cmhg T° :
FC : FR :
Signes physiques :
Inspection :
Distension abdominale : oui non
Cicatrice : oui non
Voussure : oui non
CVC : oui non
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Autres :…………
Palpation :
Sensibilité : oui non
Défense : oui non
Contracture : oui non
Masse abdominale : oui non
HPM : oui non SPM : oui non
Percussion : ascite : oui non
TR :
Tonicité sphinctérienne :
Lésion tumorale :
Distance par rapport à la marge anale : cm
Circonférentielle : oui non
Pole supérieur :
Consistance :
Sensibilité :
Ampoule rectal : vide : oui non
Doigtier : rien sang matière glaire
Aires ganglionnaires :
ADP : oui non Troisier : oui non
Reste de l’examen clinique : ……………………………………………………………………………………
Examens
paracliniques :
Recto-coloscopie complète :
o Distance/marge anale : cm
o Siege : coeco-ascendant : transverse : descendant
Sigmoïde : charnière R-S rectal : h m b
Multiples : oui non
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Imagerie :
Biologie :
NFS : correct : perturbé :
Ionogramme : correct : perturbé :
Bilan hépatique : correct : perturbé :
Bilan nutritionnel : correct : perturbé : ND :
Marqueurs tumoraux : ACE : CA19-9 :
Diagnostic
final :
Classification TNM :
……………………………………………………………………………………….
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Traitement :
Chimiothérapie :
Type :
Adjuvant :
Date début date fin
Protocole :
Tolérance :
Métastatique :
er
1 ligne : 2éme ligne :
Protocole : ……………………………………. Protocole : …………………........................
…………………………………………… ………………………………………….
Date début : Date début :
Date fin : Date fin :
Tolérance : Tolérance :
3éme ligne :
Protocole : ……………………………………….
………………………………………………
Date début : Date fin :
Tolérance :
Radiothérapie :
Exclusive adjuvante neo-adjuvante
Dose totale : ………………
Interruption de traitement : oui non
Si oui : couses :
Toxicité : progression :
autres :…………………………………..
Radio-chimiothérapie concomitante :
Dose de radiothérapie :
Type de chimiothérapie
Nombre de cycle :
Interruption de traitement : oui non
Chirurgie :
Geste réalisé :
Colon : ………………………………………………….
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Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
Rectum : ………………………………………………..
Evolution :
Réponse totale :
Réponse partielle :
Progression :
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Prise en charge du cancer colorectal métastatique : expérience du centre d’oncologie hématologie
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ﻗﺴﻢ اﻟﻄﺒﻴﺐ
� ﺍﻟﻌَ ِﻅﻳ ْﻡ ﺍﻗَ ِ
ﺳ ُﻡ ﺑﺎ ِ
� ﻓﻲ ِﻣﻬﻧَﺗِﻲ.
ﺃﺭﺍﻗﺏ ّ
َ ﺃﻥ
ﺍﻟﻣﺅﻣﻧﻳﻥ.
ِ ﻧَﻘﻳّﺔً ِﻣ ّﻣﺎ ﻳﺷﻳﻧ َﻬﺎ ﺗ َﺟﺎ َﻩ ﷲ َﻭ َﺭ ُ
ﺳﻭ ِﻟ ِﻪ َﻭ
ﺍﻷﻁﺮﻭﺣﺔ
ﻗﺪﻣﺖ ﻭﻧﻮﻗﺸﺖ ﻋﻼﻧﻴﺔ ﻳﻮﻡ 2018/04/03
ﻣﻦ ﻁﺮﻑ
ﺍﻟﺴﻴﺪ ﻭﺳﻴﻢ ﻣﻨﺼﻮﺭﻱ
ﺍﻟﻤﺰﺩﺍﺩ ﻓﻲ 10ﺃﻛﺘﻮﺑﺮ 1991ﺑﺘﻨﻐﻴﺮ
ﻟﻨﻴﻞ ﺷﻬﺎﺩﺓ ﺍﻟﺪﻛﺘﻮﺭﺍﻩ ﻓﻲ ﺍﻟﻄﺐ
ﺍﻟﻜﻠﻤﺎﺕ ﺍﻷﺳﺎﺳﻴﺔ :
ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺍﻟﻛﻳﻣﻳﺎﺋﻲ – ﺍﻧﺑﺛﺎﺙ -ﺳﺭﻁﺎﻥ ﺍﻟﻘﻭﻟﻭﻥ ﻭ ﺍﻟﻣﺳﺗﻘﻳﻡ
ﺍﻟﻠﺠﻨﺔ
ﺍﻟﺮﺋﻴﺲ
ﺍﻟﺴﻴﺪ ﻉ .ﻟﻮﺯﻱ
ﺍﻟﻣﺷﺭﻓﺔ ﺃﺳﺗﺎﺫ ﻓﻲ ﺍﻟﺟﺭﺍﺣﺔ ﺍﻟﻌﺎﻣﺔ
ﺍﻟﺴﻴﺪﺓ ﻍ .ﺑﻠﺒﺮﻛﺔ
ﺃﺳﺗﺎﺫﺓ ﻣﺑﺭﺯﺓ ﻓﻲ ﺃﻣﺭﺍﺽ ﺍﻟﺳﺭﻁﺎﻥ
ﺍﻟﺴﻴﺪﺓ ﻡ .ﺍﻟﺨﻮﺷﺎﻧﻲ
ﺍﻟﺣﻛﺎﻡ ﺃﺳﺗﺎﺫﺓ ﻣﺑﺭﺯﺓ ﻓﻲ ﺍﻟﻌﻼﺝ ﺑﺎﻷﺷﻌﺔ
ﺍﻟﺴﻴﺪ ﺃ .ﻓﺨﺮﻱ
ﺃﺳﺗﺎﺫ ﻣﺑﺭﺯ ﻓﻲ ﻋﻠﻡ ﺍﻟﺗﺷﺭﻳﺢ ﺍﻟﻣﺭﺿﻲ