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S. Scaillet fmm
Méthodologie
spéciale
Edition mise a jour
CRp Centre de Recherches Pédagogiques
BLP. 1800 Kinshasa 1
2002© Copyright 1974, 2001 by cRP, Kinshasa
Cet ouvrage ne peut étre reproduit méme partiellement par quelque moyen que ce soit (copie,
photocopie, microcopie, ou tout autre procédé) sans une autorisation écrite de éditeur.
No part of this book may be reproduced in any form by print, photoprint, microfilm or any other
means without written permission from the editor.
Mis en page par les services du CRP.
Imprimé a I" Imprimerie CICM. 11° rue. Limete
Depot légal n? 65/90Remarques prélimingires
1. Ce manuel n’est pas une composition, mais un butinage — confronté avec des
expériences vécues —opéré dans des auteurs réputés, tels que Frere Léon, Ernest Natali
H. Simon, Chartier et Ozout. Ceci souligne bien que nous n’avons pas pris une méthode
dans son entidreté mais que nous avons cherché les principes, les procédés les plus
universellement admis afin d'offrir 4 nos éléves une méthodologie bien équilibrée,
dégagée des innovations trop excentriques autant que de Ia routine, et afin de permetire
aux professeurs d’y intercaler les méthodes particulitrement en usage dans leurs écoles
application.
2. Ce manuel est pourvu de nombreuses lecons modeles dans lesquelles nous avons
distingué les legons de base et les lecons types.
Legons de base (dans l'enseignement de l'arithinétique)
A chaque niveau de l'enscignement primaire, il est de ces legons d’ importance
capitale donnant une notion fondamentale sur laquelle doit se batir tout un édifice de
connaissances. Ces fondements essentiels sont souvent donnés d'une facon négligée,
quand ils ne sont pas simplement passés sous silence, méme par de bons maitres.
Nous avons développé quelques-unes de ces lecons pivots afin d’attirer attention
sur leur importance, d’éclairer sur la mani¢re de les donner et d’insister sur le role et
Vinfluence qu’elles doivent avoir dans les legons subséquentes. En effet, le maitre ne
doit pas s*estimer satisfait quand il a bien donné ces legons... et tourner fa page. II doit,
dans toutes les legons dérivées, reprendre la notion vue au départ — la rappeler plus
briévement certes, mais avec la méme intensité, sans en laisser Emousser le sens profond
non théoriquement, mais concrétement, telle qu'elle a été enseignée la premiere fois.
Ainsi, que de maitres de 2° année donnent a leurs éléves des connaissances en calcul
trés nébuleuses, compromettant toutes leurs études, parce qu’ils n’ ont attaché aucune
importance a la notion d’unité et de dizaine.
Lecons types
Ce sont des lecons dont le schéma peut étre facilement appliqué a des sujets similares.
Cependant, enseignant retiendra qu'il n’y a pas deux lecons identiques et que, si une
lecon peut étre imitée dans ses grandes lignes, elle ne peut jamais étre calquée
servilement. Ily aura toujours !’un ou I’autre point auquel il faudra substituer un procédé
plus :adéquat, plus heureux pour le sujet a développer.
3. La plupart des lecons ont été voloniairement trés développées afin de les dérouler
devant I’imagination des débutants d’une manigre trés vivante, és concrete, tres
détaillée, fa fagon d’un film. En effet, fa valeur d’une lecon ne dépend pas seulement
du plan général mais aussi et surtout de la qualité dans les détails.4
Pour les unes ce sera Moriginalité de Mintroduction, la restitution du pittoresque,
I étoffage des explications — pour d’autres. ce sera la précision des questions, la rigueur
logique dans le déroulement du raisonnement, les nuances dans les sous-questions,
insistance dans les observations dirigées — pour d'autres encore, ce sera l'art de
traduire les idées, les explications en style enfantin, sans compromis avec l’exactitude.
Ces legons ne sont done pas généralement des modéles de préparations, II serait utile
que le professeur de méthodologie fasse parfois noter en regard le plan de la legon ou
encore la préparation succincte et suffisante, telle qu’on peut ’exiger d’un professeur.
Cependant, lors des premiers mois essai, il est bon que les éléves s’astreignent & des
préparations aussi détaillées, Nous avons I’ expérience quece qui n’est pas prévuet noté,
est presque toujours omis par les débutants; ~ que les idées, les notions qui n’ ont pas &é
“habillées” sont presque toujours mal rendues
4. La méthodologie générale est I’ étude des lois qui régissent toutes les branches de
T’enseignement indistinctement.
La méthodologie spéciate étudie 'enseignement de chaque branche en particulier:
a) ses buts
b) la matigre a voir et la répartition par année
c) les régles spéciales & appliquer pour obtenir les buts visés
d) la marche des legons.
© Chaque’préparation porte le titre de la branche a laquelle elle se rattache, branche ou
genre de legon comme: catéchisme; lecture; grammaire; problémes; legon d’obser-
vation...
© Chaque legon vise & faire comprendre et assimiler une matidre bien déterminée, cette
matigre s’appelle sujet ou objet de la Legon.
Exemple: genre sujet
élocution la saison des pluies est venue
systéme métrique description de Ia balance
© assimilation de telle matigre peut inclure des nuances diverses qui sont fixées dans
le “but” de la lecon qu’il est bon dindiquer sous le sujet.
Voici, par exemple, trois lecons successives sur l'adjectif possessif, différentes dans
leur contenu (inclus dans le but) et formant les étapes par lesquelles la matigre sera
assimilée.
Sujet : Vadjectif possessif
Bui
faire saisir le role de l’adjectif possessif
ou faire acquérir les différentes formes de adjectif possessif
ou exercer I’éléve a l'emploi aisé de ladjectif possessit.
Ce but, bien défini, oriente la legon et aide le débutant & ne pas dévier.5
5. Ilfautaborderl’étude de la méthodologie avec un esprit Jarge et bien se dire que pour
enseigner telle discipline, il n’y a pas qu'une seule méthode qui convienne.
Si toutes les méthodologies sont d’accord sur les grands principes, elles pronent des
méthodes et procédés variés et méme contradictoires. Quelles sont les bonnes méthodes ?
Sont bonnes celles qui, aprés expériences de plusieurs années et dans des milieux divers,
se sont avérées efficaces et vraiment fructueuses, et ont ainsi acquis une estime générale.
Mais aucune méthode n’est magique, c’est-d-dire produisant infailliblement le succes.
Telle méthode excellente, employée par un maitre médiocre, donnera de pidtres
résultats. Telle autre méthode, peu brillante, mais utilisée par un excellent maitre, fera
merveille.
“La meilleure méthode se desséche entre des mains indifférentes” (Charrier) ou.
incapables
Ce sont les bons maitres qui font les bonnes méthodes, — ce qui ne veut pas dire que
n’importe quelle méthode réussit avec un bon maitre, non — mais le bon maitre,
expérimentant une nouvelle méthode, la juge et ensuite, ~ s°il ne 'abandonne pas — la
modifie ou P'améliore, afin qu’elle devienne entre ses mains un instrument utile et
efficace, La méthode se juge d’aprés les résultats. C’est pourquoi, dés le début les
candidats enseignants doivent s*habituer a juger les résultats obtenus ct, en cas
d'insuccés ou d’insuffisance, chercher A déceler d’ oi provient I’échec : de la méthode
ou... du maitre ?
6. Les lecons types de ce livre s’adressent tant6t a de:
A lenseignant de les adapter.
Iles, tantot A des gargons.
7. La composition de ce livre est antéricure 1967. Tous les renvois au programme
national (p.n. dans le texte), les directives et les conseils du ministére de I'Education, ont
&1é puisés dans le programme national de 1963. Ce programme est estimé comme une
vraie valeur pédagogique. Nous maintenons ce qui vaut et ne pouvons tout bouleverser.
Reconnaissons que ce qui est bon reste. Parfois certaines nouveautés sont passageres
parce que moins solides. Toutefois, les éléments les plus valables se transmettent
généralement d'un programme a l'autre.
Nous tenterons d'esquisser orientation actuelle en sollicitant de Madame Kapinga
Eugénie un partage des compétences qu'elle domine depuis des années. Notre dés
immédiatement comblé. Veuillez lire en annexe 1 son travail soigné, exigeant un
approfondissement et un dépassement des certaines routines.6
Un mot aux jeunes enseignants
Vous trouverez dans ce livre, des méthodes, des procédés, des répartition
vous seront proposées par les directions scolaires.
Vous-mémes en inventerez peut-étre. Jugez-les a leurs fruits.
N’essayez pas trente-six méthodes. Au début, contentez-vous de celles que vous
estimez et, quand vous aurez I’ assurance de votre métier, essayez-en une autre dont vous
aurez touché du doigt la supériorité (chez un collégue par exemple), et puis, retravaillez-
la, faites-la vOtre en y mettant tout votre caeur, toute votre intelligence.
. D’ autres
Rien n’est trop bon dans lenseignement. Celui qui aime vraiment les enfants, le
comprend.Table des matiéres
Remarques préliminaires
Premitre partie : Lecons de langue
Chapitre1 —_ Généralités
Chapitre 2 Formation et culture du langage par P’élocution
2.1 Généralités
2.2 Legons-type (9)
Chapitre3 Lecture
3.1 Généralités
3.2 La lecture au degré élémentaire
3.2.1 Remarques importantes
3.2.2. Méthodes de l'apprentissage élémentaire
3.2.3. La pratique de initiation ta lecture
3.3. Perfectionnement de la lecture au D.M. et au DT.
3.3.1 Généralités
3.3.2 Sortes de lectures
3.4 Récitation
Chapitre4 Grammaire
4.1 Généralités
4.2 Lecons-types (11)
Chapitre5 — Orthographe
5.1 Généralités
5.2 Lecons-types (3)
Chapitre6 —_Rédaction
6.1 Généralit
6.2 Lecons-types (3)
Chapitre7 __ Renouveau dans l'enseignement
7.1 Decroly
7.2 Renouveau des méthodes d'apprendre
7.3. Lecons de langue groupées autour du c.1. "Ie vélo"
12
16
16
21
31
31
32
32
34
39
50
50
58Deuxitme partie : Arithmétique
Chapitre 8 Généralités 120
8.1 Importance, role de larithmétique a l'école primaire 120
8.2 Détermination de la matitre 121
8.3 Qualités des méthodes requises 121
Chapitre9 Le calcul élémentaire 124
9.1 Le calcul en premiére année 124
Introduction :
6tapes dans l'acquisition de la notion des nombres 124
9.1.1 Fondations indispensables 125
9.1.2. Grands principes 126
9.1.3 Comment l'enfant acquiert-il la notion de nombre ? 127
9.1.4. Matériel employé 128
9.1.5 Choix des exercices variés 128
9.1.6 Programmes 133
9.1.7 Lecons-types (2) 134
9.1.8 Notion d'addition : 137
9.2 Le calcul en 2° année 140
9.2.1 Remarques 140
9.2.2. Matériel 141
9.2.3. Notion des nombres de 20 & 100 en quatre étapes 142
9.3. Le calcul en 3° année 150
9.4 Etude des nombres décimaux 151
Legon de base : Nombres décimaux 151
Chapitre 10 Calcul mental 153
Généralités E 153
Legon type : Calcul mental : multiplication rapide par 5 155
Chapitre 11 Calcul écrit : 157
Généralités 157
Legon type : Calcul écrit : 307 x 3 158
Chapitre 12 Systéme métrique et formes géométriques 159
12.1 Généralités 159
12.2. Lecons-types (9) et legons de base (3) 164Chapitre 13__Les fractions
Programme
Lecons de base (2)
Chapitre 14 Problémes
Généralités
Legons types (2)
Troisi¢me partie : Etude du milieu
Chapitre 15
15.1. Généralités
15.2. Lecons-types (3)
Quatritme partie : disciplines d'é
Chapitre 16 — Sciences
16.1 Préliminaires
16.2 Legons-types (5)
Chapitie 17 Géographie
17.1. Préliminaires
17.2. Legons-types (2)
Chapitre 18 Histoire
18.1 Généralités
18.2 Legons-types (2)
Cinquiéme partie : disciplines d'expression
Chapitre 19 Ecriture
Chapitre 20 Dessin
20.1 Généralités
20.2 Marche de la legon
Chapitre 21 Chant
21.1 Généralités
21.2. Marche de la leon
Chapitre 22 Education physique
22.1, Plan de la legon
22.2. Lecon type (2)
183
183
184
189
189
195
200
200
204
213
213
214
map]
225
228
233
233
236
242
245
245
247
248
248
249
251
253
25610
Sixitme partie
Chapitre 23. Enseignement de la religion 269
23.1 Quelques notes de méthodologie religieuse 269
23.2. Exemple de schéma de legon 281
23.3 Méthode pour approfondir les lectures de la Parole de Dieu 2713
Annexes
Introduction 276
Annexe | Objectifs pédagogiques et taxonomie 279
Annexe 2 Questionnaire aux stagiaires au service de leur réussite......286
Annexe 3 Vocabulaire employé dans les critiques des legons 288Premiére partie
Legons de langue
nv
sautw
Généralités
Formation et culture du langage par
Vélocution
Lecture
Grammaire
Orthographe
Rédaction
Renouveau dans l'enseignement : les
centres dintérét12
Chapitre 1
j Ha Généralités
1. Terminologie
Par langue maternelle, on entend la langue qu’un homme a apprise dans
5 :
sa premiére enf:nce, de la bouche de ses parents.
Par langue véhiculaire, on entend la langue qui est employée couram-
ment dans un pays, une société, une école ou une famille.
Dans l’enseignement :
Par premiére langue, on entend celle qu’on approfondit davantage et qui
sert de langue véhiculaire pour l'enseignement de toutes les branches du
programme.
Par deuxiéme langue, on entend une autre langue que l'on étudie, mais
en y consacrant moins d’heures qu’a la premiere.
2. Buts des legons de langue
a) Exprimer, communiquer ses idées et sentiments; oralement ou par
écrit, avec facilité et correction.
b) Comprendre rapidement et entiérement les idées et sentiments ex-
primés par les autres. Le réle de la langue est donc éminemment social :
elle permet l’échange des idées : donner les siennes et recevoir celles des
autres. Mais l'étude d'une langue ne se borne pas a ce double but.
c) Les lecons de langue sont la condition premiére de tout progrés de
Fesprit, de toute culture intellectuelle : l'étude et l'approfondissement
de la langue provoquent l’éclosion des pensées, leur développement et
leur multiplication.
Aucun homme ne peut arriver a une culture élevée, méme dans les sciences
exactes, s'il ne posséde pas un vocabulaire étendu, précis, ainsi qu'une syn-
taxe correcte, claire, souple et nuancée.
Le vocabulaire et le style sont les deux outils qui permettent au génie créa-
teur de concrétiser ses concepts et d’en enrichir le monde. La pauvreté des
vocables, la gaucherie du langage arrétent I’expansion intellectuelle.
Létude de la langue occupe donc la premiére place dans lenseignement
primaire.
“Le premier souci de U'école doit étre de concentrer tout Veffort sur la
formation de la pensée et son expression par la langue. Le frangais sera
donc le noyau central de tout l’enseignement.” (P.N. p. 42 n. 7)d) Un autre but est & ajouter pour les legons de langue maternelle : con-
server avec toutes ses richesses et ses nuances la langue des aieux,
dépositaire des valeurs humaines et culturelles du passe.
“La langue (maternelle) fait partie de la culture d'un peuple et constitue le
véhicule de transmission de tout l'héritage ancestral.” (P.N. p. 39)
L'enseignement congolais doit se faire le gardien et le transmetteur fidéle et
spectueux de ce précieux patrimoine, utter contre ’'appauvrissement de
langue et contre lindifférence qu'elle rencontre auprés de certains jeunes.
3. Choix de la langue
Sans négliger l'étude de la langue maternelle, Etat congolais a choisi le
frangais comme premiére langue dans l’enseignement. Pourquoi ? Parce
que la connaissance du frangais ou d'une autre langue internationale est
nécessaire :
4) & ceux qui veulent poursuivre leurs études ou raison intellectuelle
ndre leur culture; en effet,
1) beaucoup de livres n’existent pas en langue
bantoue, :
2) beaucoup de mots abstraits manquent dans
ces langues;
& ceux qui veulent faire du commerce; raison commerciale
4 ceux qui veulent entretenir des rapports d’ami- raison sociale
tié, de civilité ou d’intéréts avec les étrangers
qu’ils cétoient ou avec qui ils correspondent.
Des langues trés répandues sont l’anglais, l’espagnol et le frangais.
4. Subdivisions des legons de langue
On peut diviser les legons de langue comme suit :
a) les legons qui apprennent ALIRE _ lecture élémentaire,
lecture expliquée,
lecture silencieuse,
lecture expressive;
b) les lecons qui apprennent 4 PARLER causeries, élocution, diction,
récitation, lecons d’observation,
vocabulaire, phraséologie orale;
«) les legons qui apprennent 4 ECRIRE grammaire, analyse, conjugaison,
dictée;
d) les legons qui apprennent 4 REDIGER phraséologie, rédaction.14
Remarque trés importante
Les programmes insistent sur la compénétration entre les différents exer-
cices.
{
“ La langue est un tout cohérent. Il ne peut étre question d’étudier Ia lec- ]
ture, le vocabulaire, la granimuaire, etc. séparément et comme pour eux-
miémes. La langue parlée et la langue écrite doivent rester intimement liées. |
Ecouter et parler, lire et rédiger, acquérir le vocabulaire, découvrir et app!
quer les notions grammaticales sont autant de formes d'une seule et méme
étude qu'il n'est pas permis de dissocier.”
“ Certaines techniques gagnent a étre abordées séparément. Elles resteront
néanmoins liées étroitement 4 la langue vivante, parlée et écrite.”
Ce principe excellent, exposé dans le premier paragraphe, qui demande de
ne pas cloisonner les différentes activités (surtout dans les quatre premiéres
années), ne doit pas étre appliqué d’une manivre exagérée. La restriction
est incluse dans le deuxiéme paragraphe, quoique différente dans son objet.
Les trés bons maitres seuls peuvent se permettre de ne pas “ étiqueter ”
leurs legons. Par “ trés bon maitre ”, nous entendons celui qui :
a) possédant le francais d'une fagon remarquable, ayant une vision claire
de la matiére & voir et des connai nces nombreuses et nettes sur le
milieu ambiant —a élaboré une répartition des matiéres groupant, autour
des themes choisis, les différents points du programme;
b) consacre chaque jour beaucoup de temps a ses préparations;
©) ala capacité de se contréler et de s'assurer que tout lessentiel soit donné
malgré les sinuosités intéressantes et formatrices d’un itinéraire sco-
laire axé sur l'étude du milieu.
Ces excellents maitres sont assez rares. Est-ce dire que le programme a
tort?
Non, mais, comme il est bien dit dans ’avant-propos, le programme se doit
de proposer un idéal a atteindre.
Le jeune maitre, le maitre moyen, doivent done, pour ne pas errer et ne pas
faire perdre le temps de leurs éleves, classer les différentes activités, les
répartir sur la semaine, donner un titre, un but. précis & chaque lecon. Mais,
dans l'esprit du programme, ils doivent & propos de tel exercice bien défini
faire intervenir les autres activités tres naturcllement. *
La legon de lecture aménera spontanément des exercices de conjugaison,
danalyse, de vocabulaire, de phraséologic.15
Celle de grammaire entrainera (sous peine d’étre nulle) un perfectionne-
ment de Pexpression orale... Et ainsi pour toute legon.
Et surtout, d’aprés l’esprit du programme, toute lecon débouchera sur la
vie. Toute matiére sera acquise en fonction de son utilisation dans la vie
concréte. L’enfant doit avoir conscience de ce bien et doit remplir avec avi-
dité le petit tiroir de son savoir, sachant qu'il louvrira A tout propos, au
cours de la journée, ot qu’il soit et quoi qu'il fasse.
Nous développons donc séparément les divers “ genres de lecons ” pour le
méme motif de ne rien laisser au hasard mais nous insistons pour que le
maitre, tout en fixant bien le but spécifique de sa legon, fasse appel a toutes
les techniques qui peuvent ou ’éclairer ou en étre éclairées. Il doit se de-
mander aprés chaque lecon :
“Me suis-je cantonné trop exclusivement dans le sujet de ma lecon ?
Quelles occasions ai-je eues de rappeler ou de faire mieux comprendre
une autre connaissance déja vue ? Ou d’appuyer l'objet de ma lecon.
par une autre activité opportune a tel moment ?”
CARIES CERES CoRR16
Chapitre 2
Formation et
culture du langage
par P’élocution
2.1 Généralités
1. Importance
Nous commengons par |’élocution pour deux motifs.
a) Elle a priorité en ordre chronologique.
Elle est le “ seul point de départ pour Vétude du francais ” (P.N. p. 49).
Toutes les connaissances que I’école se propose de donner aux enfants le
seront au moyen d’une langue étrangére dont ils ne connaissent bien
souvent aucun mot. Avant d’entamer l’apprentissage de la lecture, il
faut qu’ils soient déja familiarisés avec les mots courants.
b) Elle a priorité en ordre d’importance.
Quel est le but des legons de frangais a l’école primaire, “ écote pour la
vie” par-excellence ? Savoir comprendre, parler et écrire la langue usuelle.
Le plus utile pour tous, cest de comprendre et de parler. Ensuite, il
est utile aussi pour la plupart de lire et d’écrire.
Tous les programmes insistent sur la primauté de la langue parlée
sur la langue écrite.
“A tous les degrés, l'enseignement oral aura le pas sur l’enseignement
écrit. Une large part sera faite a la conversation... Chez l'enfant, la parole
devient trés tt la forme normale de l’expression de la pensée. Cette forme
d’expression conservera, du reste, une place prépondérante durant toute
l’existence.”
2. Buts des exercices de langage
Pour parler comme pour rédiger, enfant a besoin de pensées, de mots et
dune connaissance minimum de la phrase : ce sont les matériaux du
langage.
Les exercices de langage doivent donc :
a) fournir a l’enfant des sujets qui le stimulent 4 penser : les sujets prj
dans le milieu (maison, famille, école, église, aliments, animaux, véte-
ments...) sont les meilleurs;
b) lui faire acquérir de nouveaux mots (enrichir son vocabulaire);©) Vhabituer & former des phrases correctes;
d) corriger occasionnellement les fautes de prononciation;
©) enfin et surtout l'exercer parler couramment, en employant avec
aisance (sans effort, spontanément) les mots déja connus.
3. Correction du langage par le maitre
(ou place des exercices de langage dans U’horaire)
Langue vernaculaire : comme le temps qui lui est consacré est restreint,
il n’y a pas de lecon spéciale d’élocution.
A toutes les lecons, le maitre veille a la correction des phrases,
a emploi du terme propre.
Les lecons @histoire sainte, causeries, lectures, lecons d’observation, qui
aménent facilement des échanges d’idées sont des occasions d’exercices de
langage.
Enseignement du francais
En 1’ et 2° années : la legon d’élocution a la premiére place : lecture, écri-
ture; un peu de grammaire pratique en 2° année.
Au degré moyen et au degré supériéur, il faut au moins deux legons d’élocu-
tion par semaine. Les lecons de sciences, de géographie et autres renferment
aussi des exercices d’élocution.
4, Remarques sur les exercices de langage
a) Le maitre doit exiger des phrases entidres.
b) Il doit étre trés sévére pour la prononciation.
©) Il doit parler le moins possible et faire parler le plus possible.
d) Dans ses explications, il doit étre trés intuitif, en scandant les mots, en
renforcant ceux qu’il veut apprendre.
* I1ne doit jamais dire : “ je montre le robinet ” s'il n'y a pas de robinet.
* Lenfant doit faire le geste qu’il dit : “jouvre la fenétre ”: il doit ouvrir
la fenétre.
Il doit faire répéter les phrases par toute la classe, pour multiplier les
exercices et encourager les timides.
Il doit apporter en classe toutes les intuitions nécessaires.
fi
5. Les questions
Les questions en frangais sont trés difficiles. Il faut donner en 1" année,
des legons systématiques sur les principales et plus simples questions.
Une lecon : Ou va papa ? Ow va maman ? Ou va Anne ?...
Une legon : Qui écrit au tableau ? Qui balaie la maison ? Qui fume la pipe ?
Qui tricote ?...18
Certaines questions restent trés difficiles. Au début, le maitre pose la ques-
tion sous forme de réponse :
a) Maman coupe la viande avec ?... un couteau. (Répéte cette phrase.)
b) Maman coupe la viande avec quoi ? Maman coupe...
c) Quand les enfants connaissent trés bien les mots, le maitre explique :
“Nous allons parler comme de grands garcons :
Avec quoi maman coupe-t-elle la viande ?”
6. Quelques remarques sur le vocabulaire
0 Pour nos enfants, étudiant dans une langue étrangére, chaque lecon est
une lecon de vocabulaire. Qu’ils n’étudient aucun mot qui n’ait été bien
expliqué.
© Que lexplication soit simple et claire. Que le mot expliqué soit ensuite
glissé par le maitre dans une phrase. “Les mots ne peuvent étre compris
sans le contact d’une phrase vivante.”
© Le mot est vraiment assimilé quand l’éléve !’a lui-méme employé correc-
tement dans une phrase personnelle.
© Pour la langue maternelle, le vocabulaire s’étudie au cours des leons de
lecture et d'observation. Cette étude est plus que nécessaire dans nos
centres oi la pureté et la précision de la langue se perdent faute d’exer-
cices et ott le vocabulaire se restreint de plus en plus aux nécessités les
plus élémentaires.
© Ence qui concerne le francais, il n’y a pas de lecon de vocabulaire dans
les classes inférieures. La lecon d’élocution en tient lieu.
En 4°, 5¢ et 6°, une legon de vocabulaire suit la premiére lecon d’élocution
sur le centre d’intérét choisi pour la semaine. On y rassemble et amplifie le
vocabulaire vu a la leon d’amorcage. Les mots sont écrits au tableau, grou-
pés soit d’aprés la nature, soit d’aprés une idée. Ces mots sont copiés par
les éléves et constituent le matériau pour les lecons d’élocution, de phra-
séologie de toute la semaine.
Quand il y a moyen, le mot est illustré, surtout dans les classes inférieures.
Le nom est toujours précédé de l'article indéfini
7. Premiére initiation au frangais :
Ja méthode directe ou enseignement élémentaire du frangais.
Il y a de grands avantages & apprendre aux petits enfants a parler une
seconde langue. L’age de 5-6 ans est trés favorable a l'apprentissage des
langues. Les organes de la bouche sont souples, la mémoire et instinct
imitation trés développés. Le petit enfant n’éprouve pas non plus cette
fausse honte qui paralyse les plus grands.19
Lenseignement d’une seconde langue (done du francais) se fait par la
méthode directe appelée aussi méthode maternelle. La méthode directe
consiste & apprendre une langue en parlant directement par petites phrases,
on traduisant le moins possible, en faisant comprendre le sens des mots
par Pintuition et Pactivité, comme font les mamans avec leurs petits
enfants :* Pintuition pour apprendre les noms :
montrer les personnes, les animaux, les choses,
* Vactivité pour faire comprendre le sens des verbes et autres mots :
le maitre fait les actions,
le maitre fait faire les actions.
Au début de la premiére année, le maitre vise & ce que les éléves parlent
par phrases entigres. Pour cela il puise A deux sources :
) les noms : il apprend le nom des choses qui entourent les enfants : objets
de la classe, de la maison, personnages, vétements...
b) les verbes d’actions courantes : il donne beaucoup de petits ordres et
Yenfant dit chaque fois ce qu’ll fait :
Leve-toi. Je me leve.
-Assieds-toi. Je massieds,
Vaau tableau. Je vais au tableau.
Prends la craie. Je prends la craie...
Quand ces phrases sont bien connues, le maitre commande les mémes ordres
a plusieurs éleves. Ils répondent : Nous nous levons. Nous nous asseyons.
Nous allons...
La méthode indirecte consisterait 4 apprendre surtout en traduisant...
8. Sortes de legons
‘Toutes les legons qui aménent le dialogue entre maitre et éléves sont, en
partie du moins, lecons d’élocution. Quantité de lecons, dont toutes les
legons des branches secondaires, enrichissent le vocabulaire des éleves.
Nous appelons “ legon d’élocution ” celle dont le but principal est de per-
mettre a Penfant de s’exprimer, sous le contréle du maitre; nous intitulons
“legon de vocabulaire ” celle ot la dominante est l'acquisition de mots
nouveaux et “ legon de phraséologie ” celle qui se propose l'amélioration
dune phrase ou Pacquisition de tournures plus correctes.
9. Marche de la legon d’élocution
|) Exercice de prononciation (s’attacher chaque fois 4 un son bien déter-
miné : cet exercice seulement en 1" année).20
b) Révision : revenir sans se lasser aux choses déja vues, les entretenir
toutes.
c) Explication des nouveaux mots (trés intuitivement)
d) Mémorisation de ces mots
e) Formation de petites phrases : le maitre procéde par de nombreuses
petites questions et des ordres trés brefs.
Dans les classes supérieures, il n’y a pas de marche : on suit le développe-
ment du sujet.
Il faut éviter deux exces : faire trop répéter la méme phrase et ne pas faire
répéter assez.
Les maitres maladroits s’obstinent a exiger des éléves qu’ils emploient les
termes qu’eux-mémes désirent ou ont préparés. Le bon maitre, au contraire,
encourage les éléves a former des phrases personnelles, spontanées.2.2 Legons types
Legon type (premiére année) Elocution
Sujet: *
La matiére & assimiler au cours de cette legon est uniquement ce mot * je lave”
1. Révision
a) de petits ordres : levez-vous; je me eve
asseyez-vous. .. ouvrez... ferme7...
b) des noms de choses de la classe : le tableau, fa chaise:
de vétements : la chemise, la culotte, la robe.
2. Acquisition
a) Introduction : (en langue maternelle)
Quand nos vétements sont devenus sales, que faisons-nous ? Nous les lavons.
Aujourd’hui, nous allons apprendre cela en frangais.
b) Démonstration par le maitre
Le maitre prend un bassin, fait semblant d’y verser de l'eau avec une cruche. I
prend un vétement et fait le geste de laver.
“Je lave.
Nombreuses répétitions par les éleves individuellement, puis simultanément, en
faisant le geste.
Pour éviter la monotonie, le maitre demande (en langue maternelle
Quand nous lavons & la maison, que disons-nous a maman? je lave.
A papa qui rentre de son travail, que disons-nous je lave.
A la grande sceur qui revient du foyer, que disons-nous ? je lave.
Eta notre oncle qui vient nous rendre visite... ? je lave.
©) Mémorisation par addition de complements
Obtenir ces phr 1) je lave la chemise... la culotte.... la robe
2) je lave le tableau, je... la porte... le bureau... ha
fenétre... (“enfant doit avoir un chiffon en main).
Graduer les exercices :1) le maitre commande 'acte,
2) V’él&ve choisit lui-méme ce qu'il lave,
3) Téleve reprend toutes les phrases formées.
(Quand le maitre commande. il le fait A la 2 personne du singulier pour faciliter la
réponse A enfant.)
SMR HR22
Legon type Elocution et vocabulaire
Sujet : le chat
1. Introduction
Nommez. des animaux que vous connaissez.
Quels animaux vivent dans la forét ? Au village ?
Comment s’appellent les animaux qui vivent au village ?
De tous ces animaux, lequel vit le plus avec "homme ?
2. Legon proprement dite
Le chat est-il un animal ? Comment est son corps ? rond ? lourd ?
Le chat peut faire beaucoup de gymnastique avec son corps : on dit que le chat a le
corps souple.
Que porte le chat sur la peau ? des poils. Une peau avec des poils s’appelle un pelage.
Les poils du chat et ceux du chien sont-ils pareils ? Les poils du chat sont doux,
doux comme quoi ? comme de la soie. On dit que les poils sont soveux.
Quelle couleur a le chat ? II peut étre tout noir, ou gris, ou noir et blanc, parfois aussi
roux.
Regardons la jolie téte du chat.
Comment sont ses yeux ?... brillants. Quand brillent-ils surtout ? la nuit.
Le chat voit-il bien ? Oui, le chat voit trés bien, i voit trés loin.
On dit que sa vue est pergante.
Est-ce que ses oreilles pendent ? Non, elles sont droites, elles sont dressées.
Le chat entend-il bien ? Il entend trés bien : son ouie est fine.
Que voyez-vous des deux cétés de sa bouche ? des moustaches.
Toute cette partie de la figure du chat s’appelle le museau. On dit aussi le museau du
chien, du mouton...
Quelle couleur a son museau ? Son museau est rose.
Combien de pattes a le chat ? Comment sont-elles? longues? Non, elles sont courtes.
Que voyez-vous au bout de ses pattes ? des ongles ? des griffes.
Quand rentre-t-il ses griffes? ... quand il marche.
Quand sort-il ses griffes ? Il les sort pour monter aux arbres et pour attraper les rats
et les oiseaux.
Quelle boisson le chat aime-t-il ? ... le lait.
Quelle est la nourriture du chat ? Le chat mange de la viande, du poisson, des arachid
pilées... *
Le chat aime bien la viande. On dit que le chat est un carnivore.
Qui a déja vu le chat au moment oi i] va prendre une souris ? Comment fait-il ?
L’homme éléve et nourrit le chat. Qu'est-ce que Ie chat fait pour l'homme ?v
Comment se tient le chat quand il se repose ?
(Que fait-il quand il dort ? TH fait“ ronron si ronronne.
(Quel est le cri du chat ? Il fait miauw. I miaule.
Que fait-il quand il voit son maitre ? I! vient se frotter contre ses jambes.
Quand un chat a peur, il se défend avec ses griffes. Jouer avec un chat peut
done étre dangereux. C'est possible aussi pour le chien, méme sil nous suit
partout et nous défend.
Legon type Elocution et vocabulaire
préparatoire a la lecture
Remarques importantes
4) La lecon qui suit montre comment devraient dire préparées les legons de lecture.
sans livre, Tes mots étant expliqués dans un contexte simple, familier. Le lende:
main ou l'aprés-midi, la lecture est faite dans le livre. On agit ainsi au degré moyen
oi enfant n'est pas capable de faire une lecture silencieuse, surtout pour des textes
un peu denses (beaucoup de mots nouveaux).
b) Méme au degré terminal, commencer le théme de la semaine par une legon de
lecture est une solution de facilité mais non la bonne méthode.
On amorcera fructueusement le centre d’intérét par une observation, une convers:
tion dont le fond, le vocabulaire peuvent étre fournis par un texte déterminé, comme
dans cette legon.
A. Préparation anticipée du texte
Ce texte fera l'objet d'une legon de lecture silencieuse ou expressive dont la marche se
trouve au numéro 3.3.2
Dés le petit jour, dans la fraicheur du matin, maman et moi, nous quittions le village
encore endormi. Les herbes mouillées mettaient des gouttes d’eau froide sur nos pieds
nus. Nous marchions vite, tout a la joie de revoir le manioc grandi, le mais levé et les
grosses bananes jaunissantes. Nous quittémes bientét la grande route, pour prendre un
sentier mal débroussé dont les hautes herbes nous giflaient au passage. Aprés une
heure de marche nous étions rendus.
Pan ! Pan ! les coups de machette font voler les herbes folles, qui, en moins de quinze
jours, avaient compldtement recouvert nos jeunes boutures de manioc. Deux heures
sans lever la téte, c’est dur ! Les reins font mal, le bras est fatigué, fa main est engourdie.24
Vers midi nous avons pris notre repas. Ah ! quel appétit ! et que le manioc est bon apres
une matinée de travail sous le grand soleil.
B. Elocution sans lecture au tableau ou dans le livre
N.B. L’élocution de la veille aura enrichi nos éleves.
Préparation de Tenseignant : avant de donner cette legon, il a approfondi le texte choisi
pour y cueillir les mots intéressants 4 apprendre ce jour-la, I doit avoir une image a
montrer ou faire un dessin au tableau,
J. Introduction ; analyse de Vimage
Que voyez-vous sur cette image ? Que font-ils
Que voyez-vous dans le fond de image ?
Que porte la maman
2. Elocution proprement dite
Y a-t-il des plantations & Kintambo ? Oi ?... a la rivitre Makelele, a Kilimani,
Longwala.
Qui a déja été a a plantation avec sa maman ?
Que plante-t-on A Kintambo? On plante du manioe, des égumes, du mais, des arachides.
Allez-vous a la plantation toute année ?
A quelle heure maman part-elle a la plantation ?... 2 6 heures du matin.
Le soleil brille déja dans le ciel ? Non, on ne le voit pas encore, il ne fi
Quand partons-nous & la plantation trés tot, le mati
a Vaube
des le petit jour
ala pointe du jour
A quelle heure partez-vous a la plantation ? (répondre de quatre fagons)
Pourquoi partons-nous si tot ? Nous partons si tt parce qu'il ne fait pas chaud. II ne
fait ni chaud, ni froid, il fait bon, il fait frais.
Comment est le chemin qui conduit a la plantation ? une belle route large ? Non, un
petit chemin, un petit sentier : le chemin qui conduit a la plantation est un petit
sentier mal débroussé.
Qu’y a-t-il aux bords du sentier ?... il y a des herbes.
Qu’y a-til sur les herbes le matin ?... ily a des gouttes d'eau, des gouttes de rosée,
Comment sont les herbes ? Les herbes sont mouillées.
En quelle saison sommes-nous ? A 1a saison des pluies!
Comment est le manioc maintenant ? Petit ? Grand ?
Que fait le manioc ? Le manioc grandit
Pourquoi maman va-t-elle & la plantation maintenant ? Maman va a la plantation pour
arracher les mauvaises herbes. ¥
Avec quoi coupe-t-on les herbes ?... avec la machette.
A quoi sert le panier ?
Est-ce un travail facile de couper les herbes ? Non, ce n’est pas...25
Comment se tient-on pour couper les herbes ? Pour couper les herbes, on se tient courbé.
(mimer)
Aprés deux heures de travail, que sentez-vous ? Aprés deux heures de travail, on sent
de la fatigue.
Apres le travail, ot avez-vous mal? On a mal au cou, au dos, (ott cela ? ) aux reins.
encore ? aux bras, aux mains.
Comment sont les mains ? Les mains sont raides, engourdie
Que fait-on aprés le travail ? Aprés le travail, on se repose, on mange.
Est-ce qu’on a faim apres le travail ? Aprés le travail, oui, on a tres faim.
Quand on mange bien parce qu’on a faim, on dit qu’on a bon appétit.
Révision de toutes les questions principales
4. Copie des mots nouveaux
SUL. SMR
Lecon type Elocution
au service de la conjugaison
“est-i-dire : élocution en vue d« automatiser » les formes verbales usuelles.
Sujet : traduction d'une série d’actions a d'autres personnes
(Peut aussi se faire A d’autres temps ou modes.)
1. Introduction : ce que fait une bonne éleve en classe.
2. Représentation de la phrase
(Faire intervenir les éléves pour la composition de cette phrase, autant que possible).
a) Isali est une bonne enfant
Regardons ce qu’elle fait quand elle arrive & la maison
Isali arrive a la maison,
: elle salue son papa,
elle dépose sa mallette.
elle enléve son uniforme,
elle prend un livre,
elle s’assied,
elle étudie sa lecon,
aprés, elle aide sa maman.
Le maitre exécute ces actes avec gestes et matériel.
b) Mémorisation par toutes3. Transformation de la phrase (faire mimer)
a) Isali dit ce qu'elle fait: “Je...
b) Dites a Isali ce qu'elle fait.
c) Deux éléves miment et disent ce qu’elles font.
d) Toute la classe dit aux deux éléves ce qu’elles font.
e) Toute la classe mime et dit
f) Une éléve sur l'estrade dit au maitre ce que toutes les éléves font.
Remarque
Cette phrase peut étre simplifige pour les classes inférieures, enlever les adjectits possessifs,
supprimer deux ou trois actions,
SMR. SMR.
Legon type Elocution
au service de la conjugaison
Sujet : participe passe des verbes voir, vouloir, pouvoir, cuire, coudre
Tableau Je vois un petit oiseau sur la branche.
Je veux aller a la messe.
Je peux acheter du chocolat.
Je cuis des bananes.
Je couds une nouvelle robe.
Remarques
a) le tableau est écrit avant la lecon.
'b) tavailler avec un verbe la fois.
Plan a) Lecture de la phrase : recherche du verbe (dire et écrire l’infinitif).
b) Conjugaison de la phrase & toutes les personnes au présent en changeant de
complément.
c) Mettre la phrase au passé (participe passé en rouge); I’écrire en regard.
d) Conjuguer oralement au passé.
sale, asalee
Legon type Vocabulaire et élocution
Sujet : usage de quelques objets familiers
Sai aa 4
Le maitre dispose sur la table les objets suivants : une bouilloire, une louche,un su-
crier, une saliére, une tasse, une boite d’allumett1, Nom des objets
Comment appelle-t-on cet objet ?.
2. Emploi des objets
\ quot sert la bouilloire ? La bouilloire sert 4 bouillir de Peau. (C’est un objet de la
cuisine).
A quoi sert la tasse ? La tasse sert a mettre le café.
A quoi sert le sucrier ? Le sucrier sert a garder le sucre.
A quoi servent les allumettes ? Les allumettes servent a allumer le feu.
1. Application écrite
On fait bouillir de Peau dans la...
On allume le feu avec une...
On verse la soupe avec...
On garde le sucre dans le... etc.
SEER SAR
Legon type Vocabulaire
Sujet : actions des voyageurs en train
1. Introduction
Aimez-vous voyager 7? Comment peut-on voyager ? Comment s’appellent ceux qui
voyagent ?
2. Acquisition
4) Voici des voyageurs qui entrent dans la gare de Kin pour partir 4 Matadi.
Que font-ils d’abord ? Hs achétent un ticket.
Que font-ils ensuite ? Ils regardent l'heure du départ
(c’est-a-dire le grand horaire qui est afliché).
En attendant le train que font-ils ? Ils passent sur les quais portant leurs bagages,
parlent, bavardent, discutent, saluent des amis...
ls consultent Pindicateur
b) Comment savent-ils que le train arrive ? Le chef de gare annonce l’arrivée du train.
Restent-ils assis ? Non, ils traversent les quais, courent, se bousculent, ouvrent les
portigres, montent dans le train.
Et dans le train ? Ils cherchent une bonne place, s*installent, déposent les bagages
dans les filets.28
c) Le train reste--il immobile ? Non, il siffle et démarre, d'abord lentement. puis il
prend de la vitesse.
Quand il va de plus en plus vites on dit: i aceélére sa course.
Que fait-il quand il arrive prés d’une gare? il ralentit sa course.
Que fait le conducteur pour ralentir ? Il freine, il serre les freins.
Comment le train annonce-t-il son arrivée ? I siffl
nt les,
d) Que font les voyageurs dans le train ? Ils bavardent, jouent aux cartes, Ii
journaux...
Qui circule dans le train ? Le contréleur circule pour contrdler les tickets
Comment s’appelle celui qui conduit le train ? Le machiniste.
Oi se trouve-t-il ? Dans la machine. Et la machine ? A Pavant du train.
Que fait-elle ? Elle tire les wagons.
Que fait une enfant polie dans Ie train ? Elle céde sa place aux grandes personnes,
ne fait pas de bruit, aide a porter les colis.
) Quand le train va arriver, qu’entendez-vous ? Le train siffle et les freins grincent
Que font les voyageurs quand le train s’arréte ? Ils descendent, surveillent leurs
valises, cherchent des amis, se dirigent vers la sortie.
Tableau avant l'arrivée dans le train noms nouveaux
payer déposer Vindicateur
consulter s’installer le filet
bavarder bavarder la portitre
le machiniste
au départ mouvements et bruits du train
traverser démarrer—s’arréter_—_grincer
monter accélérer —_ freiner siffler
chercher ralentir
salen, salep
Lecon type Phraséologie orale
Sujet : usage du pronom : le, la, les, remplagant le complément d’objet direct
Tableau : J’achete un cahier et je ! couvre le cahier.
Simba voit la gomme et elle #4 ramasse la gomme.
Ngalula et Alanga sont malades; je vais !€S visiter.1, Observation et transformation de la phrase
Lecture de la premigre phrase
Cette phrase est-elle tout a fait correcte ? Non. Ine faut pas dire deux fois le nom
cahier, Que devons-nous faire ? Le supprimer et le remplacer par un petit mot (en
année, dire « le remplacer par ? un pronom »).
* Jrachéte un cahier et je le couvre.”
Jdem avec les autres phrases.
Combien de mots différents ? (en 4 « de pronoms ») avons-nous employés a la pla
des noms ? trois mots différents : le la le
Le mot (pronom) « le » remplace un nom qui est au masculin singulier
«la» féminin singulier
«les» masculin pluriel ou féminin pluriel
2. Exercices de phraséologie
Ma robe est sale.” Quand ma robe est sale, qu’est-ce que je fais ? Je lave ma robe.
Dites cela correctement : “ Quand ma robe est sale, je la lave.
La maitresse suggére la premidre action :
Ma gomme est tomt
Mon bic est tombs...
Mes crayons sont tombés,...
Les Gléves inventent des exemples.
Mon uniforme est déchiré
Mes cousins plearent....
Je regois mon bulletin...
Remarques
4) Dans les classes inférieures, cette legon (et ces genres de legons) e
}tammaticale ” : c’est par audition et imitation que enfant a
ticau
Au degré moyen, cette legon fait suite a la legon de grammaire sur le pronom, C'est par cette
econ de phraséologie que l’acquis en grammaire passe dans la langue vivante et devient utile.
La legon de phraséologie ne tient pas lieu de legon de grammaire mais les deux doivent étre
données a fond.
donnée sans “ étiquette
-quiert ces automatismes gramma-
b) Chez les tout-perits, cette legon-ci peut étre donnée encore plus simplement
seule action et la reprendre en employant “ le petit mot”.
Exemple : je regarde maman... je la regarde.
noncer une
©) Ces exercices de phraséologie doivent étre surtout oraux. familiariser oreille avec la struc~
ure correcte des phrases et faire acquérir la rapidité et le machinalisme dans leur emploi
satin, sctep30
Legon type Phraséologie orale
Sujet: acquisition de formes correctes propres au frangais
emploi du pronom « en » : « j’en ai »
Le maitre distribue aux éléves des livres : 4 l'un un, a un autre plusieurs,
un autre, un tas
des billes, des crayons, des craies.
I. Révision du vocabulaire
a) des objets : Montrez-moi des billes... des livres...
Qu’est-ce ceci ?
contenants ; Oi se trouvent les billes 2 dans un sac
les craies ? dans une boite
les bonbons ? dans un sachet...
b) de phrases connues : Combien de billes avez-vous ? J'ai cing billes.
Je nai pas de billes.
2, Acquisition
a) Avez-vous des billes ? obtenir
(ou : Combien de billes avez-vous ?) Jen ai une. J’en ai cing. J’en ai beaucoup.
Jen ai un sac. Je n’en ai pas.
Jen ai un tas. Jen ai un paquet
b) Zinga a-t-elle des livres ? Elle en a deux. Elle n’en a pas
©) Ai-je un pagne ? Oui, vous en avez un.
(ou : Est-ce que j’ai un pagne ?) Non, vous n’en avez pas.
d) Les éléves posent eux-mémes les questions.
CARE CERNE TaD31
Chapitre 3
Lecture
31 Généralités
1. Importance de la lecture
Celui qui ne sait pas lire demeure, a l'heure présente, en dehors de la vie
civilisée. La connaissance préalable de la lecture se place a la base de toute
étude, de toute formation ultérieure, puisque la lettre imprimée sert ac-
tuellement de véhicule presque unique de la pensée. L'importance de l'art
de lire augmente & mesure que la civilisation se développe en étendue et en
profondeur (Devaud).
Apprendre aux enfants a lire est une tache assez facile parce que tous les
enfants ont le désir de lire. C'est aussi une tache consolante parce que le
maitre a la certitude qu'il ne perd pas son temps, qu'il donne aux éléves
une connaissance précieuse qui leur ouvre de larges horizons. En effet, la
lecture est une connaissance indispensable pour la vie moderne. Beaucoup
de choses apprises a I'école ne servent plus aprés, mais le plus ignorant
aura toujours l'occasion et le désir de lire un journal, un livre, une lettre.
Bienfaits de la lecture
a) Elle développe les connaissances : on peut dire qu'elle est la base de
toute étude.
b) Elle enrichit le vocabulaire et aide a parler correctement.
c) Elle est une source de joie, de détente.
d) Elle fait connaitre les nouvelles du village, de la famille, du pays, de la
terre entiére.
e) La lecture de bons livres fait du bien a l'ame.
En résumé, on peut dire que la lecture est la clef
qui ouvre a l'enfant le riche domaine de la pensée.
La lecture est une connaissance instrumentale, la seule vraiment indispen-
sable & un homme intelligent qui se proposerait d'étudier seul. C'est dire la
place qu'elle occupe dans la civilisation.
2. Qu'est-ce que lire ? But de la lecture
Nous concrétisons, communiquons nos idées par des phrases ou sont asso:
ciés des mots chargés de contenu intellectuel. La transmission directe ha-
bituelle est la parole.
* Chaque mot est un composé de sons, et sa forme normale est la forme
phonétique.* Nous fixons et transmettons aussi nos idées par des « formes graphiques »,
le mot phonétique étant traduit en signes écrits.
Le mot a donc une forme orale (verbale), un aggloméré de sons,
et une forme écrite, un composé de signes.
Par les signes écrits, un message peut donc passer de personne a per-
sonne, celles-ci n'étant pas en présence : c'est tout le réle de la lecture.
Lire clest " retrouver un message transmis par l'écriture " (Terrisse).
Lire pour des débutants, c'est associer correctement les signes et les
sons (transformer les signes en leurs sons correspondants) et, déja par-
tiellement, les signes ct les idées.
Lire pour les adultes c'est associer des signes avec les idées que ces
signes représentent : c'est unir correctement, intimement, le sens et le signe
afin d'entrer en contact avec la pensée d'autrui pour la connaitre et la com-
prendre.
C'est donc saisir le plus parfaitement possible la pensée d'autrui.
3.2 La lecture d'apprentissage au degré élémentaire
3.2.1, Remarques importantes pour l'apprentissage
1, Mécanisme de la lecture
Lire est un acte trés complexe comprenant des activité sensorielles et un
double travail de l'esprit.
Activités sensorielles
Trois sens en jeu : la vue, l'ouie et les muscles de la bouche.
* la vue pour distinguer les signes, les lettres et leurs combinaisons,
* louie pour entendre et reproduire les sons,
* Je sens musculaire pour les émettre.
Double activité de U'esprit
* coordination de ces activités sensorielles : le mot écrit doit appeler
le son, l'idée et I'énonciation du son;
* intelligence en éveil pour saisir le sens des mots, pour grouper ces
mots et ainsi dégager les idées d'ensemble.
Celui qui ne fait que transformer les signes en sons, traduire les mots d'un
texte en leurs sons correspondants sans en interpréter le contenu intellectuel
ne connait que la mécanique de la lecture, la technique, encore qu'il ne
puisse l'exercer que pour des langues phonétiques. Par exemple, celui qui
lit ces mots Credo in unum Deum sans les comprendre, ne lit pas vraiment.
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