CHAPITRE V DIMENTIONNEMENT DU PUITS CANADIEN
I. DIMENSIONNEMENT DU PUITS CANADIEN
Le dimensionnement d’un puits canadien est assez délicat du fait du nombre de
paramètres à optimiser : qualité du sol, longueur, diamètre et nombre de tubes, profondeur
d’enfouissement, distance entre les tubes, débit de ventilation.
I-1. Installation d’un puits canadien
I-1.1. Qualité du sol
Un sol gras permet un meilleur échange calorifique qu'un sol sec et sablonneux qui
nécessitera, l’augmentation de la longueur du tuyau pour obtenir un meilleur rendement. Si le
terrain utilisé est planté d’arbres ou d’arbustes, il faudra les arracher et dessoucher, ce qui est
un gros travail.
I-1.2. La qualité de la terre
Certains types de terrains transportent mieux la chaleur que d’autre. La terre
contenant de la glaise gorgée d’eau a une meilleure « conductivité thermique » que le sable,
sauf si celui-ci est mouillé. Plus la terre à la capacité de se gorger d’eau et de garder cette eau,
mieux elle transportera la chaleur, et mieux le puits canadien fonctionnera. L’avantage, c’est
que la longueur du tuyau pourra être courte, l’inconvénient c’est que les terres ayant une
meilleure conductivité thermique se refroidissent plus vite en hiver et que l’on doit enterrer
les tuyaux à une plus grande profondeur.
Sur le schéma ci-dessous, la conductivité minimale à atteindre se trouve en foncé.
Selon les éléments exacts du sol, le chiffre exact de conductivité se trouve dans la zone en
clair.
On remarque que le sol le plus conducteur est la terre humide, surtout si elle est assez
glaiseuse, suivie par le sable humide, puis l’argile, et la tourbe. Les sols secs sont les moins
conducteurs: leur température varie davantage en fonction des conditions atmosphériques.
La conductivité thermique est exprimée en watts par mètre-kelvin (W.m-1.K-1).
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Figure V-1- Influence de l'échangeur géothermique selon la conductivité des sols.
1- Terre sèche 2- Terre humide à 10%
3- Terre humide à 20% 4- Sable sec
5- Sable humide 6- Argile sèche
7- Argile humide 8- Tourbe sèche
9- Tourbe humide 10- Eau
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I-1.3. L’échange géothermique
La terre à deux mètres de profondeur a une température pratiquement constante tout
au long de l'année, elle varie entre 10 et 23°C selon les saisons alors que l'air extérieur peut
varier de -3°C à +38°C à Tiaret. Un puits canadien va exploiter cette température constante :
l'air, au lieu d'être amené directement de l'extérieur, va circuler dans un collecteur enterré en
contact avec le sol pour en échanger ses calories. L'objectif étant que l'air à la sortie du
collecteur soit à la température du sol.
I-2. Les caractéristiques techniques et mécaniques
I-2.1. Le tuyau
Le débit d’air est lié aux besoins de renouvellement en air frais du logement.
I-2.1.1 La circulation de l’air dans le logement
Avant toute chose, il est important de déterminer les débits de renouvellement d’air
du logement et d’établir un plan de ventilation.
Le flux d’air entrant, une fois réchauffé, doit circuler dans le logement, puis doit
d’être évacué. Pour éviter d’user prématurément la VMC (ventilation mécanique contrôlée)
qui doit pomper l’air du puits, il existe maintenant des VMC prévues pour le couplage avec le
puits canadien.
Si on climatise qu’une seul pièce, une VMC simple flux suffit. Dans ce système l’air
frais est extrait du puits canadien par la VMC puis est réchauffé et ensuite entre dans la pièce
avant d’être évacué par un groupe d’extraction comportant un ventilateur.
Si le logement est composé de plusieurs pièces et de plusieurs étages il faudra
planifier le passage de l’air. Ceci est surtout valable pour une nouvelle construction. Comme
les autres entrées d’air du logement seront fermées pour éviter les entrées d’air froid, une
VMC double flux sera plus intéressante. Son échangeur de chaleur permettra d’utiliser la
chaleur de l’air extrait du logement pour réchauffer l’air qui vient du puits canadien.
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La misse en température de l’air peut ainsi être réduite de 50 à 80%. Le ventilateur
envoie cet air réchauffé dans les pièces principales (séjour, chambres) par des bouches
d’insufflations. L’air circulera ensuite dans les pièces de service (cuisine buanderie, salle de
bains) où il se chargera de l’air humide avant d’être rejeté par des bouches d’extraction (plus
bruyantes que les bouches d’insufflation).
Les circulations d’air pourront se faire à travers des faux plafonds le sous-sol ou des
combles non aménagés. Les tuyaux seront isolés afin de ne pas se refroidir dans les combles
ou le sous-sol. Dans le cas d’un bâtiment ancien. Une autre solution est possible il s’agit de la
VMR (ventilation mécanique répartie). Elle est constituée d’aérateurs individuels placés dans
les différentes pièces.
Les avantages : Il n’y a pas de conduits ni de gaines à entretenir, tout est facilement
accessible. Il existe différentes puissances d’aérateurs selon le volume de la pièce. Ils peuvent
être munis de muniterie et programmables. Il existe des modèles d’aérateurs silencieux
consommant peu d’énergie pour extraire l’air vicié, il existe différents types d’extracteurs
hélicoïdes pour vitres ou murs à rejet direct et des extracteurs centrifuge pour conduits longs.
I-2.1.2. La vitesse de circulation de l’air dans les tuyaux
Plus la vitesse de l’air est faible, plus il a le temps de se réchauffer. Plus la surface du
tube est importante, plus l’échange thermique sera bon et plus l’air se réchauffera.
Toutes les études le montrent, l’air ne doit pas circule trop vîtes (il n’aurait pas le
temps d’atteindre la bonne température), ni trop lentement (l’air stagne peut se charger en
miasmes).
On a calculé que l’air devait rester au moins 15 secondes dans le tuyau pour atteindre
la température voulue. On considère donc généralement que 2 m/s est une bonne vitesse si le
tuyau fait au moins 30m.
I-2.1.3. Le diamètre du tuyau
Vingt centimètres de diamètre semblent être une bonne moyenne. Si le tube est plus
étroit, il faut plus de puissance de pompe pour le faire circuler (et la rentabilité n’est plus
suffisante), et s’il est plus large, des flux d’air se forment à l’intérieur et tout l’air n’a pas la
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même température à la sortie (l’air circulant au centre circule plus vite, il est donc plus froid
que l’air qui a circulé le long des parois).
I-2.1.4. La matière du tuyau
Le tuyau doit avoir les caractéristiques bien précisées :
Il doit résister dans le temps.
Il doit résister à la corrosion, puisqu’il est tout le temps en contact avec la terre et
l’eau (éviter les tubes métalliques).
Il doit être assez rigide pour ne pas se déformer à cause du poids de la terre qui est au-
dessus. On doit également pouvoir passer sur le sol au-dessus du tube avec un engin lord sans
le rompre. Il doit également être souple et se déformer avec le terrain légèrement (en cas de
crue par exemple).
Il ne doit pas être poreux ni perméable, afin d’éviter toute infiltration
Il doit être bon conducteur thermique (éviter le béton qui est mauvais conducteur).
Il doit avoir un intérieur lisse et antistatique. Il faut éviter d’utiliser un tuyau dont
l’intérieur est annelé car il y a des risques d’accumulation des liquides de condensation qui
peuvent vite devenir des liquides des endroits à bactéries. De plus, les bosses entrainent des
turbulences dans l’air et les échanges se font moins bien.
Il doit pouvoir résister à un traitement chimique ou thermique en cas de contamination
accidentelle. On doit pouvoir en laver l’intérieur avec un nettoyeur à haut pression.
Il doit être inerte (éviter les tubes en PVC ou en produit recyclés qui rejettent des
composés toxiques).
Il doit de préférence être d’un seul tenant. Dans le cas contraire, les joints entre les
morceaux doivent répondre à toutes les caractéristiques précédentes.
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Figure V-2. Exemple d’un tuyau annelé à l’extérieur et lisse à l’intérieur.
On doit éviter:
Le béton trop poreux dont la surface intérieure n’est pas assez lisse et qui est
Mauvais conducteur thermique
L’acier et l’inox trop difficiles à travailler (risque de perte d’étanchéités au niveau
Des soudures).
La font extrêmement lourd à mettre en œuvre surtout en grande longueur.
les conduits de protection pour les câble électriques .malgré leur mise en place aisée et
leur grande longueur, ils sont inadaptés car ils risquent d’être écrasés par le poids de la terre,
et leur couche intérieure est en pvc qui rejette des composés toxiques.
Les tubes généralement utilisés sont :
Soit en polypropylène avec une couche intérieure CO extrudé qui présente
des propriétés bactéricides et antifongiques grâce à des ions d’agent
Soit en grès vitrifié non vernis.
Ces tubes sont assez chers, mais il ne faut pas oublier que l’air qui circulera dedans arrivera
ensuite dans votre maison. Il faut éviter qu’ils apportent de l’air pollué.
I-2.1.5. La profondeur de pose des tubes
Nous l’avons vu, la profondeur idéale se situe vers 4 m de profondeur. Il est
cependant assez cher de creuser à cette [Link] on est en train de construire, on peut
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profiter d’une tranchée de raccordement (eau, électricité…). Dans la plupart des cas, on se
contente d’enterrer les tubes à 1,5 m ou 2 m.
Les tuyaux doivent être posés sur un lit de sable ou dans un remblai afin d’éviter
le « poinçonnage » du tube qui pourrait s’abimer au contact de cailloux.
S’il y a plusieurs tuyaux, ils doivent être espacés au minimum de 80 cm ou de 4 à 5
fois le diamètre de la gaine. S’ils sont situés le long de la maison, il faut également rester à 1
m environ du logement pour éviter les échanges thermiques qui produiraient un effet à celui
désiré.
I-2.1.6. La longueur des tuyaux
En général, une longueur de 40 à 50 m suffit pour un bon échange thermique.
Cependant, si le sol est sablonneux ou si la région est sèche, on ajoute 5m de tubes
supplémentaires aux calculs.
Le circuit d’air peut-être fermé en captant l’air dans une pièce froid de la maison, et
en formant une boucle dans le jardin pour revenir dans la maison. Les avantages : même dans
des problèmes d’humidité, même par temps de pluie, il faut donc prévoir un autre circuit d’air
pour ventiler la maison.
I-3. Distribution des conduites enterrées
L’on pose un seul tube en méandre ou boucle autour du bâtiment ou un réseau de
tubes parallèles installés entre des collecteurs pour augmenter le débit d'air circulant dans le
puits (boucle de Tichelmann). Longueur comprise entre 30 et 50 m et enfouis entre 1,5 et 3 m
de profondeur. Espacement entre les tubes supérieur à 3 fois leur diamètre (garantira un bon
échange thermique de chaque tube avec le sol).
Sachant que la vitesse de l'air au sein du puits doit être comprise entre 1 et 3 m/s.
Limiter le nombre de coudes minimisera les pertes de charge au sein du conduit et
facilitera son entretien.
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I-3.1. Dispositions avec un seul tube
Figure V-3.a. Avec un seul tube serpentin
Figure V-3.b. Avec un seul tube autour de logement.
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I-3.2. Disposition aves un faisceau de tubes
Figure V-4. Emplacement avec un faisceau de tubes.
I-4. Méthodes et formules de calculs
Nous ferons ici l’hypothèse que la température extérieure du tube est constante, ce
qui revient à considérer que l’inertie thermique du sol est grande devant les quantités de
chaleur échangée. Nous considérerons de plus que l’échange thermique se fait en régime
stationnaire, c’est à dire que les températures restent constantes dans le sol et à la paroi du
tube.
L’échange de chaleur à l’intérieur d’un tube où circule un fluide se fait par
convection forcée. Le flux thermique par unité de surface, ф, à travers la paroi du tube est
proportionnel à la différence de température entre la surface interne, Ts, et externe du tube,
Ta, et à l’inverse de la résistance thermique de la paroi, R.
( )
Ф= (V.1)
Avec :
Ф : flux thermique échangé par unité de surface.
Tair : Température de l’air [OC].
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Tsol : Température de sol [OC].
R : résistance thermique [m².K/W].
R=RS+RCond (V.2)
En considérant une conduite de faible épaisseur devant le rayon du tube, on peut faire
l’approximation d’une paroi plane. La résistance à la conduction est alors le rapport de
l’épaisseur, e, et de la conductivité, λ, de la paroi.
Rcond= (V.3)
e : épaisseur [m]
λtub : conductivité en [W/m.K]
Rconv= 0.8 (V.4)
.
V : vitesse d’écoulement de l’air
R= + 0.8 (V.5)
.
La quantité de chaleur échangée par unité de temps s’écrit:
= ф. . = . = 2 . (V.6)
Cet échange de chaleur entraîne une variation de température de l’air, donnée par:
= . . . = . . . (V.7)
Le débit volume s’écrit :
= . = . (V.8)
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CHAPITRE V DIMENTIONNEMENT DU PUITS CANADIEN
En égalisant les expressions (IV.6) et (IV.7) et en considérant la vitesse de l’écoulement
qui est donnée par:
= ⇾ = (V.9)
On aura:
.
= (V.10)
. . . .
L’expression peut être intégrée de Tentrée à Tsortie de l’air et de zéro jusqu’à la L de
l’échangeur :
.
∫ =∫ (V.11)
. . . .
L’intégration de cette relation donne l’expression de la longueur de l’échangeur:
[ ( ) ( )]. . . . .
= (V.12)
Application au projet
Calcule de la vitesse
= 3188,737 / .
Nombre de tuyaux = 8
= ,
= ,
.
= . = . → =
( )
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,
= = 4,49 m/s
( , )
Calcule de la résistance thermique R
e = 11,5 mm
= 0,35 /
,
= + ,
= 0,087 ( )
, , ( , )
Calcul de la longueur
= 37°c
= 25 °c
= , °c
= 1,2
= 1000
= 0,0885
= 4,49
[ln(37 − 23,08) − ln(25 − 23,08) 1,2 1000 0,0885 4,49 0,087
=
2
= 41,09
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CHAPITRE V DIMENTIONNEMENT DU PUITS CANADIEN
Remarque :
Pour notre projet on’ à choisir « emplacement avec un faisceau de tubes » car dans le
1er cas (un seul tube serpentin) le condensat est mal géré en plus la vitesse d’écoulement est
très grande pour notre calcul, dans le 2emme cas la vitesse est aussi grande et le périmètre du
local est insuffisant.
La longueur du tuyau est comprise entre 30 et 50 m et on a trouvé 41,09 m. La distance entre
les tuyaux est 0,6m.
II. CHOIX D’EQUIPEMENT D’INSTALLATION
On termine ce chapitre par le choix du VMC double flux à installer, elle devra
assurer un débit de 3188,737 /ℎ avec une vitesse suffisante pour déplacer une quantité
d’air nécessaire pour chaque diffuseur, on a sélectionné le central VMC double flux
UNELVENT série CADB-DI 30 HBP, version horizontale avec By-pass externe - batterie
intégrée.
Figure V-5. – Central VMC double flux UNELVENT série CADB-DI 30 HBP
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