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Déterminants et espace vectoriel

Le document contient 13 exercices de déterminants. Les exercices portent sur des propriétés des déterminants comme la dimension d'un espace vectoriel, le calcul de déterminants de matrices particulières et la démonstration de propriétés liées aux déterminants.

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IPEST ABDOULI.

Déterminants
PCSI 2022-2023

1. Soient E un R-espace vectoriel de dimension finie et f un endomorphisme de E


vérifiant f 2 = −Id. Montrer que l’espace E est de dimension paire.
2. Soit V = {x 7→ ex P (x) |P ∈ Rn [X]}
(a) Montrer que V est un sous-espace vectoriel de F(R, R) dont on déterminera la
dimension.
(b) Montrer que l’application D : f 7→ f ′ est un endomorphisme de V dont on
calculera le déterminant.
3. Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (R) vérifiant
X
∀i ∈ {1, . . . , n}, |ai,i | > |ai,j |
j̸=i

(a) Montrer que A est inversible.


(b) On suppose en outre
∀i{1, . . . , n}, ai,i > 0
Montrer que det A > 0.
4. Soit A une matrice antisymétrique réelle d’ordre 2n + 1. Montrer

det A = 0
Ce résultat est-il encore vrai lorsque A est d’ordre pair ?
5. Soit A ∈ Mn (R) vérifiant

∀i, j ∈ {1, . . . , n}, ai,j ∈ {1, −1}

Montrer
2n−1 | det A
6. Soit A ∈ Mn (K) de colonnes C1 , . . . , Cn .
Calculer le déterminant de la matrice B de colonnes

C1 − C2 , C2 − C3 , . . . , Cn−1 − Cn , Cn − C1

7. Soient A ∈ Mn (R) (n ≥ 2) de colonnes A1 , . . . , An et B ∈ Mn (R) de colonnes


B1 , . . . , Bn déterminées par X
Bj = Ai
i̸=j

Exprimer det B en fonction de det A.

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IPEST ABDOULI.M

8. Soit A ∈ Mn (C) (avec n ≥ 2) vérifiant pour tout X ∈ Mn (C),

det(A + X) = det A + det X

Montrer que det A = 0 puis A = 0.


9. Soient A ∈ M2n (R) antisymétrique et J ∈ M2n (R) la matrice dont tous les coefficients
sont égaux à 1. Établir
∀x ∈ R, det(A + xJ) = det A
10. Soit A = (ai,j ) ∈ Mn (R) vérifiant
n
X
∀1 ≤ i, j ≤ n, ai,j ≥ 0 et ∀1 ≤ i ≤ n, ai,j ≤ 1
j=1

Montrer
| det A| ≤ 1
11. Soit n ∈ N∗ . Calculer

S1 S1 S1 . . . S1

S1 S2 S2 . . . S2

S1 S2 S3 . . . S3

.. .. .. . . . ..
. . . .

S1 S2 S3 . . . Sn
où pour tout 1 ≤ k ≤ n on a
k
X
Sk = i
i=1

12. Soient a ̸= b et λ1 , . . . , λn . On pose



λ1 + x a + x ... a + x

... ..
b + x λ2 + x .

∆n (x) = . .. ..
..

. . a + x
b+x ... b + x λ n + x
(a) Montrer que ∆n (x) est une fonction affine de x.
(b) Calculer ∆n (x).
13. [Déterminant de Hurwitz]
Soient a, λ1 , . . . , λn ∈ C. Calculer le déterminant de la matrice suivante
 
a + λ1 (a)
H=
 .. 
. 
(a) a + λn

**********************************

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IPEST ABDOULI.M

Correction
1. Posons n = dim E.
Comme det(f 2 ) = (det f )2 = det(−Id) = det(−In ) on a (det f )2 = (−1)n ≥ 0,
donc n est pair.
2. (a) Il est clair que V est un sous-espace vectoriel de F(R, R).
On pose fk : R −→ R définie par fk (x) = xk ex .
B = (f0 , . . . , fn ) forme une base de V , donc dim V = n + 1.
(b) Pour f (x) = P (x)ex on a D(f )(x) = f ′ (x) = (P (x) + P ′ (x))ex .
D est bien une application de V dans V car deg(P + P ′ ) ≤ n.
De plus la linéarité de D découle de la linéarité de la dérivation et on peut donc
conclure D ∈ L(V ).
Puisque (xk ex )′ = (xk + kxk−1 )ex on a D(fk ) = fk + kfk−1 .
donc a  
1 1 0
 ... ... 
MatB (D) = 
 
 . . . n

0 1
Par suite det D = 1 × 1 × . . . × 1 = 1.
3. (a) Notons C1 , . . . , Cn les colonnes de A et supposons

λ1 C1 + . . . + λn Cn = 0

Si m = max(|λ1 |, . . . , |λn |) ̸= 0 alors, puisque pour tout 1 ≤ i ≤ n,


n
X
ai,j = 0
j=1

on obtient P P
i̸=j|λj ||ai,j | i̸=j|ai,j |
|λi | ≤ ≤m <m
|ai,i | |ai,i |
ce qui est absurde compte tenu de la définition de m.
Par suite, la famille (C1 , . . . , Cn ) est libre et donc A inversible.
(b) Considérons l’application f : x ∈ R 7→ det(A + xIn ).
La fonction f est clairement polynomiale de monôme dominant xn , elle est donc
continue et de limite +∞ quand x −→ +∞.
De plus, le résultat précédent s’applique à la matrice A + xIn pour tout x ≥ et
donc f (x) ̸= 0 sur [0, +∞[.
Par continuité, la fonction f ne peut prendre de valeurs ≤ 0 et donc

∀x ≥ 0, f (x) > 0

En particulier det A = f (0) > 0.

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4. Comme t A = −A

det(A) = det(t A) = det(−A) = (−1)2n+1 det A = − det A

donc det A = 0.
La matrice  
0 1
A=
−1 0
fournit un contre-exemple au second problème posé.
5. En ajoutant la première colonne de A à chacune des suivantes, on obtient une matrice
dont les colonnes d’indices 2 jusqu’à n ont pour coefficients 0, 2 ou −2. On peut donc
factoriser 2 sur chacune de ces colonnes et l’on obtient

det A = 2n−1 det B

avec B une matrice dont les coefficients sont 0, 1 ou −1 de sorte que det B ∈ Z.
6. La somme des colonnes de B est nulle donc det B = 0.
7. On note B la base canonique de l’espace des colonnes,

det A = det(A1 , . . . , An )
B

et !
n
X
det B = det(B1 , . . . , Bn ) = det Bi , B2 , . . . , Bn
B B
i=1
avec n n
X X
Bi = (n − 1) Ai
i=1 i=1

Par suite
n n n
!
X X X
det B = (n − 1) det Ai , B2 − Ai , . . . , Bn − Ai
B
i=1 i=1 i=1

Ce qui donne
n
!
X
det B = (n − 1) det Ai , −A2 , . . . , −An = (−1)n−1 (n − 1) det(A1 , . . . , An )
B
i=1

Finalement
det B = (−1)n−1 (n − 1) det A
8. Notons que pour n = 1 : la relation det(A + X) = det A + det X est vraie pour tout
A et tout X.
On suppose dans la suite n ≥ 2.
Pour X = A, la relation det(A + X) = det A + det X donne 2n det A = 2 det A et
donc det A = 0.

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La matrice A n’est donc par inversible et en posant r < n égal à son rang, on peut
écrire A = QJr P avec P, Q inversibles et
 
Ir (0)
Jr =
(0) On−r

Posons alors X = QJr′ P avec


 
Or (0)
Jr′ =
(0) In−r

Puisque A + X = QIn P = QP , la matrice A + X est inversible et donc det X =


det(A + X) ̸= 0.
On en déduit que la matrice Jr′ est l’identité et donc r = 0 puis A = On .
9. En retranchant la première ligne aux autres lignes, le déterminant de la matrice A+xJ
apparaı̂t comme le déterminant d’une matrice où figure des x seulement sur la première
ligne. En développant selon cette ligne, on obtient que det(A + xJ) est une fonction
affine de la variable x.
De plus
det(A − xJ) = det(−t A − xJ) = (−1)2n det(t A + xJ)
et puisque la matrice J est symétrique

det(A − xJ) = det(t A + xt J) = det(A + xJ)

La fonction affine x 7→ det(A + xJ) est donc une fonction paire et par conséquent
c’est une fonction constante. On a alors

∀x ∈ R, det(A + xJ) = det(A + 0.J) = det A

10. Raisonnons par récurrence sur n ∈ N∗ .


La propriété est immédiate pour n = 1.
Supposons la propriété vérifiée pour n ≥ 1.
Soit A = (ai,j ) ∈ Mn+1 (R) vérifiant les propriétés énoncées. En développant le
déterminant de A selon la première ligne, on obtient
n+1
X
det A = (−1)1+j a1,j ∆1,j
j=1

avec ∆1,j mineur d’indice (1, j) de la matrice A.


Puisque la matrice définissant le mineur ∆1,j est à coefficients positifs et que la somme
des coefficients de chaque ligne est inférieure à 1, on peut lui appliquer l’hypothèse
de récurrence et affirmer |∆1,j | ≤ 1.
On en déduit
n+1
X
| det A| ≤ a1,j ≤ 1
j=1

Récurrence établie.

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11. Via Ln ← Ln − Ln−1 , Ln−1 ← Ln−1 − Ln−2 , . . ., L3 ← L3 − L2 , L2 ← L2 − L1 (dans


cet ordre)

S1 S1 S1 . . . S1 S1 S1 S1 . . . S1

S1 S2 S2 . . . S2 2 ... . . . 2

S1 S2 S3 . . . S3 3 . . . 3 = n!
=
.. .. .. . . .. .. .
. . . . . (0) . ..

S1 S2 S3 . . . Sn n
12. (a) En retirant la première colonne aux suivantes

λ1 + x a − λ1 . . . a − λ1

b + x λ2 − b (a − b)
∆n (x) = ..

..
. .

b+x (0) λn − b
Puis en développant selon la première colonne on obtient une expression de la
forme :
∆n (x) = αx + β
(b) Par déterminant triangulaire
n
Y n
Y
∆n (−a) = (λi − a) et ∆n (−b) = (λi − b)
i=1 i=1

On en déduit Qn
− a) − ni=1 (λi − b)
Q
i=1 (λi
α=
b−a
et
b ni=1 (λi − a) − a ni=1 (λi − b)
Q Q
β=
b−a
13. On décompose la première colonne en somme de deux colonnes
     
a + λ1 λ1 a
 a   0   a
 ..  =  ..  +  ..  = λ1 E1 + aC
     
 .   .  .
a 0 a
avec E1 colonne élémentaire et C colonne constituée de 1.
On décompose de même chacune des colonnes. On peut écrire
det H = det(λ1 E1 + aC, . . . , λn En + aC)
On développe par multilinéarité et on simplifie sachant que le déterminant est nul
lorsque la colonne C apparaı̂t deux fois. On obtient
n
X
det H = det(λ1 E1 , . . . , λn En ) + det(λ1 E1 , . . . , aC, . . . , λn En )
i=1

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et donc n n n
Y X Y
det H = λi + a λk
i=1 i=1 k=1,k̸=i

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