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Avantages du commerce équitable

Ce document présente le concept du commerce équitable, son historique et ses fondements. Il décrit les principes du commerce équitable comme la juste rémunération des producteurs et les conditions de production. Le document aborde également les acteurs du commerce équitable comme les producteurs, les organisations et les consommateurs, ainsi que les défis comme la concurrence et les coûts de certification.

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Avantages du commerce équitable

Ce document présente le concept du commerce équitable, son historique et ses fondements. Il décrit les principes du commerce équitable comme la juste rémunération des producteurs et les conditions de production. Le document aborde également les acteurs du commerce équitable comme les producteurs, les organisations et les consommateurs, ainsi que les défis comme la concurrence et les coûts de certification.

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MASTER DE RECHERCHE :

Commerce international
Sous le thème :
Les fondements du commerce équitable

Réalisé par : Encadré par :


Sidate Tarik PR. ABDELWAFI EL AIDOUNI
Lamhamdi Hanane
Jebbah Youssef
Hmaoud M’barek
« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable
lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la
dignité humaine… »
Charte des droit de l’homme, article 23 alinéa 3

2
Introduction
L’économie de marché est une organisation de la production dans laquelle les
variables économiques fluctuent en fonction des forces du marché, autrement
dit de l’offre et de la demande, avec une intervention minimale de l’État. On a
coutume de dire que ce n’est pas un système idéal et qu’il est injuste du fait
que les moyens de production sont détenus pour l’essentiel par des acteurs
privés qui visent la maximisation du profit au détriment de toute autre facteur
qu’il soit humain, éthique ou même environnemental.
Ce type d’économie où même la nature, la monnaie et l’homme sont devenus
des marchandises, c’est avérer destructive et pour l’environnement, et pour les
petits producteurs qui peinent à faire de la concurrence au géant de la
production, ce qui engendre leur déclins et ce qui ne peut qu’accroitre le
niveau de pauvreté dans le monde rural en particulier et de la nation en
général. Ce type d’économie où la concurrence est rude ne laisse même pas de
chance au pays sous-développés qui se basent essentiellement sur entre autre
l’effort des petits producteurs.
Une alternative à ce type d’économie a commencé à voir le jour suite à la
Conférences des Nations Unies sur le Commerce et le Développement
(CNUCED) tenu en 1964, où les pays du sud fraichement indépendants dits non-
alignés réclament “du commerce, pas de la charité”, chose faite en 1965 avec
l’intégration de la partie 4 dans le GATT intitulé commerce et développement
et qui a pour but la favorisation des PVD et PMA à travers un traitement
préférentiel dans les accords commerciaux. Ceci marquera la première
reconnaissance internationale du commerce équitable, bien que déjà en 1940,
Des mouvements confessionnels aux États-Unis d’Amérique ont développaient
des filières solidaires avec les producteurs du sud plus précisément de porto
Rico, avec but de vendre les productions de ces petits producteurs aux états
unis afin de les soutenir. Tous cela avec finalité de passé de la philosophie
d’une économie du marché sans pitié ni éthique, vers une philosophie plus
équitable d’une économie solidaire avec un concept relationnel associatif
plutôt que compétitif.
Le commerce équitable se base sur un système de solidarité concrète entre les
consommateurs généralement avec un pouvoir d’achat décent et les petits
producteurs. Les « consomm’acteurs » du commerce équitable s'engagent à

3
acheter aux producteurs leurs produits (produits artisanaux, matières
premières…) - toute en évitant les intermédiaires de la commercialisation - à un
prix juste tenant compte des coûts réels de production, et en assurant des
relations de longue durée, et en participant directement ou indirectement à la
mise en place de projets allant dans ce sens. Les petits producteurs eux,
s'engagent à organiser le travail de production de manière démocratique, en
respectant des conditions environnementales et sociales, et à participer
activement au développement au niveau local. Aujourd’hui, le commerce
équitable a prouvé son efficacité comme instrument de développement et de
renforcement des groupements de paysans et d’artisans.
Cela dit, l’application de ce système de solidarité au niveau macro-économique
se heurte à certains défis que les acteurs doivent surmontés main dans la main.
Pour bien comprendre la finalité de ce système solidaire, on va aborder dans ce
sujet, les fondements du commerce équitable, le rôle de ses acteurs ainsi que
les défis qui en découlent tout en respectant le plan suivant :
I. PRÉSENTATION DU CONCEPT DU COMMERCE ÉQUITABLE
A/historique, définition et fondements du commerce équitable
B/Importance du commerce équitable dans l’économie mondiale
II. LES PRINCIPES DU COMMERCE EQUITABLE
A/les critères de production et de travail
B/la juste rémunération des producteurs
III. LES ACTEURS DU COMMERCE EQUITBLE
A/les producteurs
B/les organisations du commerce équitable
C/les consommateurs
IV. LES DÉFIS DU COMMERCE ÉQUITABLE
A/la concurrence des produits conventionnels
B/les coûts élevés de la certification

CONCLUSION (espoirs pour l’avenir du commerce équitable)

4
I. PRÉSENTATION DU CONCEPT DU COMMERCE ÉQUITABLE

A/historique, définition et fondements du commerce équitable :


Définition et fondements du commerce équitable
Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la
transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande
équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en
offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des
producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement dans les
pays du tiers monde. Les organisations du commerce équitable et à leurs tête
l'organisation mondiale du commerce équitable (soutenues par les
consommateurs) s'engagent activement à soutenir les producteurs, à
sensibiliser l'opinion et à mener des campagnes pour des changements dans les
règles et pratiques du commerce international conventionnel qui lui ne prend
pas en considération la valeur de la contribution humaine qui a priori doit
primée vu que l’humain est au centre de tout ce système économique. Même
la charte des droit de l’homme va dans ce sens, et qui dicte dans son article 23
que :
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des
conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre
le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un
travail égal.
3. Quiconque travaille à droit à une rémunération équitable et satisfaisante
lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité
humaine, et complétée, s’il y a lieu, par tous autistes moyens de
protection sociale.
4. Toute personne a droit de fonder avec d’autres des syndicats et de
s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Point sur l’histoire du commerce équitable
Historiquement, on commence a dénoncé les atrocités que subissent les
travailleurs au nom du commerce conventionnel dans la fin du XIXème siècle
quand un inspecteur humaniste néerlandais, Edouard Dekker, fait un voyage

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aux Indes néerlandaises (Indonésie) pour constater les conditions de vie dans
les plantations. Il est révolté par ce qu'il constate et qu'il juge digne de
l’esclavagisme. De retour aux Pays-Bas, il écrit Max Havelaar, roman dans
lequel il dénonce ce qu’il a vu et qui connaît un très grand succès. Max
Havelaar qui n’était au début que le nom du héro du roman de Dekker,
deviendra par la suite le nom du label de certification de l’organisation (à but
non lucratif) FAIRTRADE, label garantissant que tel produit émane du
commerce équitable.
Dénoncer ne suffit pas, faut-il encore agir. Il faut attendre les années 40 du
XXème siècle pour voir les premiers pas du commerce équitable avec des
mouvements confessionnels aux États-Unis qui développairent des filières
solidaires avec les producteurs de l’Amérique latine. En Europe il faut attendre
l’après-guerre où au royaume uni, L'OXFAM (Oxford Committee for Famine
Relief) premier vrai réseau de commerce équitable, est créé en 1947 par des
étudiants d'Oxford pour lutter contre la famine qui sévit en Grèce dans un
contexte de guerre civile faisant suite à la seconde guerre mondiale.
A la fin des années 50, OXFAM vend dans des boutiques des produits
d'artisanat des pays du tiers-monde dans le but de leur assurer un revenu
décent en préservant leur dignité. D'autres initiatives commencent à voir le
jour dans le même temps dans d’autre pays d’Europe.
Même si les boutiques équitables se développent un peu partout dans le
monde, elles restent alors sur une niche, fréquentées essentiellement par des
militants ou des gens qui viennent faire une "bonne action", en dehors de leurs
démarches de consommation habituelles.
Une réflexion commence à se développer afin de mettre les produits issus du
commerce équitable à disposition du plus grand nombre de consommateurs,
via les circuits de distribution classiques, mais en leur donnant suffisamment de
repères et d'informations pour qu'ils sachent qu'ils achètent des produits
équitables.
C'est ainsi que voit le jour en 1988 le label de certification de produit issue du
commerce équitable « Max Havelaar », non sans difficultés posées notamment
par des multinationales et même des intermédiaires de commercialisation.
L'émergence de ce label marque un changement total de logique dans la façon
de faire du commerce équitable. L'objectif est bien clairement de toucher le

6
public le plus large possible et de faire entrer les produits issus du commerce
équitable dans les habitudes normales de consommation du grand public.
Le commerce équitable international s'organise et se structure dans la fin des
années 90 avec la naissance de « Fairtrade Labelling Organizations » qui
regroupe les différentes labellisations existant dans le monde. C'est à cette
même époque que l'on assiste à une standardisation des critères pour pouvoir
se revendiquer du commerce équitable, et éviter toutes tentatives de fraude.

B/Importance du commerce équitable dans l’économie mondiale :


L’ordre économique actuel :
Pour mieux comprendre l’importance du commerce équitable dans l’économie
mondial et la nécessité d’un changement du modèle économique actuel, il faut
tout d’abord se pencher sur Les effets pervers de la mondialisation qui sont de
plus en plus perceptibles. Les phénomènes de spécialisation, d’échelle, les
coûts liés à la mise en place du nouvel ordre économique mondial laissent des
pays, voir des régions entières totalement démunis, avec un impact de plus en
plus irréversible sur l’environnement et les communautés locales, accroissant
les risques et les tensions de toute sorte. Les chiffres publiés par le Programme
des Nations unies pour le développement et la Banque mondiale sont
alarmants, l’écart entre les 20 % des pays les plus riches et les 20 % des pays les
plus pauvres ne cesse de se creuser : de 30 contre 1 en 1960, on est passé à 74
contre 1 en 1997, et à plus de 80 contre 1 selon les estimations pour 2002.
Résultat, environ 2 milliards d’êtres humains ne tirent aucun bénéfice de la
mondialisation, et pire encore, sombrent dans une pauvreté de plus en plus
grande. Pour reprendre les termes du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz : «
aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas pour les pauvres du monde.
Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de
l’économie mondiale ».
Dans le cas précis des pays du Sud, l’accès aux ressources monétaires se fait
principalement par la vente de matières premières. Les producteurs dépendent
donc entièrement des exportations pour leur niveau de revenu. Or la «
dégradation des termes de l’échange » a pour première conséquence de
fragiliser ces producteurs, la vente de leurs produits ne leur assurant plus une

7
rémunération suffisante. Autre paradoxe de l’ordre économique mondial, le
prix des matières premières est à ce jour fixé par les bourses et autres actions
spéculatives des pays occidentaux. C’est l’acheteur qui fixe le prix de vente. Les
prix pratiqués sont alors bien souvent en dessous des simples coûts de
production. C’est dans ce contexte d’injustice que le commerce équitable
prend son essor et s’impose comme alternative.
L’alternative au commerce conventionnel :
Le commerce équitable et le commerce éthique sont deux types d’initiatives
complémentaires qui visent à rééquilibrer les relations commerciales entre les
petits producteurs, les salariés marginalisés et les consommateurs en général.
Parmi les pays développés, l’Europe joue un rôle de pionnier dans la mise en
place de systèmes de commerce équitable, et certaines entreprises
européennes sont fortement impliquées dans le commerce éthique (Lobodis –
café-, Alter Eco –chocolat-, Modetic-vetements-…).
La question du commerce éthique concerne principalement la mise en place de
codes de conduite et d’un label social, et a d’avantage rapport avec la
responsabilité sociale des entreprises. Une responsabilité sociale qui se
caractérise par la mise en place de relations commerciales entre producteurs et
consommateurs basées sur l’équité (notamment à travers le prix), le
partenariat, la confiance (grâce à l’application des principes de transparence et
de traçabilité), l’intérêt partagé, qui sont garantis par des critères précis, à
savoir :
  des relations directes entre producteurs et consommateurs, évitant le
plus possible les intermédiaires commerciaux;
  la définition d’un juste prix permettant au producteur et à sa famille de
vivre dignement;
  dans le cas où les producteurs sont des salariés, des conditions de travail
digne et décente (rémunération approprié a leurs effort, droit
d’association, interdiction du travail forcé, etc.)
  la possibilité pour les producteurs d’obtenir un financement partiel
avant la récolte;
  la mise en place de relations et de contrats à long terme, basés sur le
respect mutuel et sur des valeurs éthiques. ces relations visent non

8
seulement un prix juste, mais aussi le développement durable des
groupes de producteurs ou de salariés;
  L’établissement de critères dits de « progrès », qui assurent une
progression des groupes de producteurs ou de salariés au-delà de ces
conditions minimales.
Les résultat de cette tentative de changement de mentalité et des habitude de
consommation et leurs impact sur l’économie mondial peuvent s’avérer
insignifiant coté volume par rapport au commerce mondial (moins de 1% du
flux mondiaux), mais on constate que plus le temps avance plus les mentalité
changent et les population deviennent plus consciente du danger qui émane du
commerce conventionnel et se dirige vers une consommation plus contrôlé ce
qui ne peut que favorisé le commerce équitable, et les statiques du
développement de se système basé sur la solidarité en sont la preuve.

Illustration des revenus des produits issus du commerce équitable entre 2004 et 2018 (en
milliards d’euro) :

9
Source : [Link]

Illustration de l’internationalisation du commerce équitable :


Source : [Link]

10
II. LES PRINCIPES DU COMMERCE EQUITABLE
A ce jour, il existe 8 documents de référence qui encadrent le commerce
équitable au niveau international. Ces critères se basent sur des valeurs
économiques, sociales et environnementales avec le paiement d’un prix juste,
le respect du temps de travail et le refus du travail des enfants, l’égalité des
travailleurs ou encore le respect de la biodiversité et une meilleure gestion des
déchets.
La WFTO prescrit 10 principes que les organisations de commerce équitable
doivent suivre dans leur travail quotidien et effectue un suivi pour s’assurer
que ces principes sont respectés.

1. l’engagement envers les producteurs


Avec la création d’opportunités pour les producteurs afin de les aider à
améliorer leurs conditions de travail et de vie, et ainsi pouvoir rentabiliser leur
production.
Le commerce équitable doit soutenir les petits producteurs mis à l’écart, qu’il
s’agisse d’entreprises familiales indépendantes ou regroupées en associations
ou coopératives. Ce principe vise à leur permettre de passer de la pauvreté et
l’insécurité financière à l’autosuffisance économique.
La réduction de la pauvreté par le commerce est un élément clé des objectifs
de l’organisation. L’organisation soutient les petits producteurs marginalisés,
qu’il s’agisse d’entreprises familiales indépendantes, d’associations ou de
coopératives. L’organisation a un plan d’action pour y parvenir.

2. responsabilité et transparence des producteurs


Les acheteurs s’engagent à faire participer les producteurs aux discussions
commerciales et à assumer la responsabilité de leurs actions. Il s’agit ici de
sensibiliser les producteurs du commerce équitable sur l’importance de leur
prise de décision. Ils s’engagent, par ce principe, à être transparents dans leur

11
gestion commerciale, d’impliquer leurs salariés, de partager l’information à
tous leurs collaborateurs.
L’organisation est transparente dans sa gestion et ses relations commerciales.
Elle est responsable devant toutes ses parties prenantes et respecte la
sensibilité et la confidentialité des informations commerciales fournies.
L’organisation trouve des moyens appropriés et participatifs d’impliquer les
employés, les membres et les producteurs dans ses processus décisionnels. Elle
veille à ce que des informations pertinentes soient fournies à tous ses
partenaires commerciaux. Les canaux de communication sont bons et ouverts à
tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement.

3. pratiques commerciales loyales


Le commerce équitable s’effectue dans le souci du bien-être social,
économique et environnemental des producteurs avec lesquels il s’engage.
L’objectif est de ne pas maximiser les profits aux dépens de la qualité de vie des
travailleurs, mais au contraire de prendre des engagements pour les payer
justement, en respectant leur identité et leurs spécificités.
L’accord de commerce équitable doit profiter à la fois à l’acheteur et au
producteur.
L’organisation entretient des relations à long terme basées sur la solidarité, la
confiance et le respect mutuel qui contribuent à la promotion et au
développement du commerce équitable. Elle maintient une communication
efficace avec ses partenaires commerciaux. Les parties impliquées dans une
relation commerciale cherchent à augmenter le volume du commerce entre
elles et la valeur et la diversité de leur offre de produits comme un moyen de
développer le commerce équitable pour les producteurs afin d’augmenter leurs
revenus. L’organisation travaille en collaboration avec les autres organisations
de commerce équitable du pays et évite la concurrence déloyale. Il permet
d’éviter de dupliquer les conceptions de patrons d’autres organisations sans
autorisation.

4. paiement équitable

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Un juste prix est un prix qui offre un salaire équitable aux producteurs. Il
implique une rémunération socialement acceptable (dans le contexte local),
considérée par les producteurs eux-mêmes comme juste, notamment au
niveau de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes.
Les négociations commerciales doivent être équilibrées, avec la définition d’un
prix juste, prenant en compte les coûts de production de l’acheteur et
l’environnement économique local.
Prix équitables est librement négociés par le biais d’un dialogue entre
l’acheteur et le vendeur et repose sur une fixation transparente des prix. Elle
comprend un salaire équitable et un profit équitable. Les prix équitables
représentent une part équitable du prix final pour chaque acteur de la chaîne
d’approvisionnement.
Salaires équitables librement négocié et mutuellement convenu, et suppose le
paiement d’au moins un salaire de subsistance local.
Salaire de vie local est une rémunération perçue pour une semaine de travail
standard (pas plus de 48 heures) par un Travailleur dans un endroit particulier,
suffisante pour lui permettre d’assurer un niveau de vie décent et à sa famille.
Les éléments d’un niveau de vie décent comprennent la nourriture, l’eau, le
logement, l’éducation, les soins de santé, le transport, l’habillement et d’autres
besoins essentiels, y compris la prise en charge d’événements imprévus.

5. absence de travail forcé et de travail des enfants


Le commerce équitable implique qu’il n’y ait pas de travail forcé dans l’effectif
des travailleurs concernés. Les consommateurs qui choisissent ces produits de
commerce équitable ont ainsi l’assurance qu’aucun travail forcé n’est utilisé
dans la production. Les producteurs doivent se conformer à la Convention des
Nations Unies concernant les droits de l’enfant, ainsi qu’aux lois nationales sur
le travail des enfants.
Les organisations qui achètent des produits issus du commerce équitable
auprès de groupements de producteurs, soit directement soit par
l’intermédiaire d’intermédiaires, veillent à ce qu’aucun travail forcé ne soit
utilisé dans la production et à ce que le producteur se conforme à la
Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et à la législation
nationale / locale sur l’emploi des enfants. Toute implication des enfants dans

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la production de produits équitables (y compris l’apprentissage d’un art ou d’un
artisanat traditionnel) est toujours divulguée et surveillée et n’affecte pas le
bien-être des enfants, leur sécurité, leurs besoins en matière d’éducation et
leur besoin de jouer.

6. non-discrimination, équité entre les sexes et autonomisation


économique des femmes
En commerce équitable, aucune discrimination n’est tolérée en matière
d’embauche ou de rémunération, que ce soit sur des critères raciaux,
ethniques, de genre, d’orientation sexuelle, de handicap, d’âge, de soutien
politique ou syndical… L’objectif est de promouvoir l’égalité des sexes, et
d’assurer aux femmes les mêmes possibilités de développement que les
hommes.
L’organisation tient compte des besoins particuliers en matière de santé et de
sécurité des femmes enceintes et des mères qui allaitent.
L’organisation respecte le droit de tous les employés de former des syndicats
de leur choix et d’y adhérer, ainsi que le droit de négocier collectivement.
Lorsque le droit d’adhérer à des syndicats et de négocier collectivement est
limité par la loi et/ou l’environnement politique, l’organisation permettra aux
travailleurs de disposer de moyens d’association et de négociation
indépendants et libres. L’organisation veille à ce que les représentants des
travailleurs ne soient pas victimes de discrimination sur le lieu de travail.

7. assurer de justes conditions de travail


Le commerce équitable offre à ses travailleurs un cadre de travail sain et
sécurisé. Les conditions de travail, dans ce secteur, respectent les lois
nationales ainsi que les conventions de l’Organisation Internationale du Travail
liées à la santé et la sécurité. Les commerçants équitables doivent connaître les
conditions de travail dans lesquelles opèrent leurs employés.
Les deux parties prenantes s’engagent à fournir de bonnes conditions de travail
adaptées aux lois en vigueur dans le pays concerné qui respectent les
conventions de l’Organisation Internationale du Travail.

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Les organisations du commerce équitable sont conscientes des conditions de
santé et de sécurité dans les groupements de producteurs auprès desquels
elles achètent. Ils cherchent, sur une base continue, à sensibiliser davantage les
groupes de producteurs aux questions de santé et de sécurité et à améliorer
leurs pratiques en matière de santé et de sécurité.

8. assurer le renforcement des capacités


Par ce nouveau type de commerce, les organisations concernées ont vocation à
améliorer les compétences et les capacités des petits producteurs. En
développant leurs connaissances en gestion, organisation, et en débloquant
l’accès à des marchés aussi bien locaux qu’internationaux, le commerce
équitable vise à l’amélioration continue des producteurs avec qui il collabore.
Dans le but d’établir un partenariat durable, l’acheteur s’engage à promouvoir
des opportunités de formation et de diversification des compétences afin
d’aider le producteur dans son développement.
L’organisation cherche à accroître les impacts positifs sur le développement des
petits producteurs marginalisés par le biais du commerce équitable.
L’organisation développe les compétences et les capacités de ses propres
collaborateurs ou de ses membres. Les organisations travaillant directement
avec les petits producteurs développent des activités spécifiques afin d’aider
ces producteurs à améliorer leurs compétences de gestion, leurs capacités de
production et leur accès aux marchés – locaux / régionaux / internationaux /
commerce équitable et grand public
Les organisations qui achètent des produits du commerce équitable par
l’intermédiaire d’intermédiaires du commerce équitable dans le Sud aident ces
organisations à développer leur capacité à soutenir les groupes de producteurs
marginalisés avec lesquels elles travaillent.

9. développer le commerce équitable


Ce principe indique que les organisations de commerce équitable travaillent à
étendre autant que possible ce type de consommation plus respectueux des
producteurs des pays défavorisés. Elles doivent défendre et faire connaître

15
leurs valeurs, chercher à toujours mieux traiter leurs collaborateurs, et à
sensibiliser leurs clients.
L’acheteur s’engage à faire la promotion du commerce équitable afin de faire
connaître au plus grand monde ses principes et ses avantages pour les petits
producteurs.
L’organisation sensibilise à l’objectif du Commerce Equitable et à la nécessité
d’une plus grande justice dans le commerce mondial à travers le Commerce
Equitable. Elle défend les objectifs et les activités du Commerce Equitable selon
le champ d’action de l’organisation. L’organisation fournit à ses clients des
informations sur elle-même, les produits qu’elle commercialise et les
organisations de producteurs ou les membres qui fabriquent ou récoltent les
produits. Les techniques de publicité et de marketing honnêtes sont toujours
utilisées.

10. respect de l’environnement


Les adhérents du commerce équitable utilisent aussi souvent que possible des
matières premières à faible empreinte carbone, avec peu d’impacts sur
l’environnement. Ils achètent localement si c’est possible, surveillent leur
consommation d’énergie, privilégient les énergies renouvelables et limitent
l’usage d’herbicides ou pesticides.
Le commerce équitable promeut l’agriculture “verte” avec l’utilisation de
matériaux respectueux de l’environnement, durant toute la chaîne de
production en ayant recours le plus possible aux ingrédients issus de
l’Agriculture Biologique.
Les organisations qui produisent des produits issus du commerce équitable
maximisent l’utilisation de matières premières issues de sources gérées
durablement dans leurs gammes, en achetant localement lorsque c’est
possible. Ils utilisent des technologies de production qui visent à réduire la
consommation d’énergie et, dans la mesure du possible, utilisent des
technologies faisant appel aux énergies renouvelables.

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III. LES ACTEURS DU COMMERCE EQUITBLE

À l’ère de la mondialisation, le fossé entre les pays du Sud et les pays du Nord
ne cesse d’augmenter. Le commerce équitable se présente comme une
alternative pour rééquilibrer les rapports Nord-Sud. Il vise à combattre la
pauvreté dans les pays du Sud et à promouvoir leur développement d’une
manière durable. Les petits producteurs et les travailleurs défavorisés des pays
sous-développés, notamment en Amérique latine et en Afrique, sont au centre
des préoccupations du commerce équitable. Il cherche à leur garantir un accès
au marché international en vendant leurs produits à un prix juste, supérieur
aux cours mondiaux. Ce prix a pour but de leur permettre de vivre dignement
de leur travail. Et Parmi les acteurs de ce commerce équitable on trouve :

A/ Les producteurs du commerce équitable


Les producteurs du Sud s’engagent à organiser le travail de production de
manière démocratique (une redistribution des richesses), en respectant des
conditions environnementales et sociales, et à participer activement au
développement au niveau local en inspirant toujours des valeurs
démocratiques, solidaires et de justice sociale , L’histoire du commerce
équitable commence en Hollande où, depuis 1959, une association catholique,
Kerkrade, s’est spécialisée dans l’importation de produits en provenance des
pays en voie de développement, vendus par correspondance via les églises et
les réseaux tiers-mondistes. Quelques années plus tard, des représentants des
pays du Sud lancent un cri d’alarme à la Conférence des Nations unies pour le
commerce et le développement (CNUCED) de Genève en 1964 à l’égard des
politiques d’aide au développement des pays du Nord. Ils sollicitent ces
derniers pour qu’ils remplacent ces aides financières ponctuelles et de court
terme par de réelles politiques commerciales avec les pays pauvres : « trade
not aid ».

17
En ce qui concerne les critères de sélection des producteurs du commerce
équitable, les référents locaux sont en général :
-les coopératives de travailleurs,
-les associations,
- des groupes familiaux ou communautaires,
- Des ONG (organisations non gouvernementales),
- des groupes de femmes solidaires regroupées autour des petits projets. Ces
productrices et producteurs s’engagent à mettre en place une organisation du
travail, au sein de chaque unité de production, qui se fonde sur le respect de
conditions démocratiques, de participation aux décisions concernant la
production, la destination des gains et le montage des projets locaux. Dans
cette même logique, les décisions qui concernent les changements des
productions doivent être examinées par l’assemblée des travailleurs et en
accord avec les principes du commerce équitable.

B/les organisations du commerce équitable


A l’échelle internationale, plusieurs structures ont été créées pour regrouper
les acteurs du commerce équitable, afin de mettre en commun le savoir-faire,
l’expérience et les activités de chacun et ainsi amplifier l’impact de leurs
actions.
Ces fédérations regroupées selon leur type en quatre fédérations
internationales, la fédération internationale du commerce alternatif (IFAT), le
réseau européen de magasins du monde (NEWS) , l'association européenne du
commerce équitable (EFTA),et l’Organisation Mondiale de Commerce Equitable
(WFTO), Ces organisations du commerce équitable se sont entendues sur les
objectifs de ce commerce alternatif,
IFAT (International Fair Trade Association) : créé en 1989, est le réseau
international des organisations de commerce équitable.
IFIAT a pour objectif d’améliorer le mode de vie des populations défavorisées
dans les pays en voie de développement en reliant et en renforçant les

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organisations qui offrent des alternatives équitables face aux structures et
pratiques commerciales déloyales.
EFTA la Fédération Européenne du Commerce Equitable (European Fair Trade
Association) a pour but de rassembler les centrales d’achat importatrices et de
faciliter la diffusion de l’information entre les membres. Elle a aussi les moyens
de faire pression sur l’Union Européenne et est à l’origine de campagnes
d’information
NEWS Le Réseau de Magasins du Monde Européens (Network of European
World Shops) est un réseau d’associations nationales de magasins du monde
WFTO (Organisation Mondiale de Commerce Equitable), créée en 1989, est
une association internationale d’organisations de commerce équitable
(producteurs, acheteurs, importateurs, réseaux de mobilisation). Elle regroupe
plus de 350 organisations de 70 pays, dont 65% de producteurs. Ses missions
sont de développer les marchés pour les producteurs, garantir l’application des
principes du commerce équitable par ses membres et mener des actions de
plaidoyer.
La particularité de la WFTO est qu’elle repose sur l’implication des partenaires
producteurs. C’est un mouvement militant pour le commerce équitable comme
outil de développement et non comme finalité

-Les organisations de labellisation


A un autre niveau, on trouve les organisations qui se sont spécialisés dans la
labellisation des produits issus du commerce équitables. Ces organisations
définissent des critères qui doivent être respectés pour qu’un produit puisse
recevoir un label l’identifiant comme étant issu du commerce équitable. :
exemple l'organisation de labellisation équitable (FLO)
FLO (Fairtrade Labelling Organizations International) : spécialisé dans le secteur
de la labellisation, elle est la coupole internationale des organisations de
labellisation des produits du commerce équitable. FLO est composé de 20
organismes nationaux de certification, dont 15 européens.
FLO agit comme une organisation indépendante qui gère un label de commerce
équitable. Concrètement, FLO établit des critères de commerce équitable
spécifiques à chaque produit, contrôle leur mise en œuvre et certifie les
produits répondant à ces critères et normes.
19
Certains labels s’appliquent uniquement aux produits dont les ingrédients sont
issus des pays en voie de développement (les filières dites « Nord-Sud ») : c’est
le cas du label SPP – Symbole des producteurs paysans
Le label du commerce équitable reflète l'idée que les producteurs sont payés à
prix juste, Ce qui leur permet au minimum de couvrir leurs coûts de production.
Également, à travers ce Label on transmet les messages du respect de
l’environnement, de la justice sociale et le respect des standards de la qualité

C/ Les consommateurs du commerce équitable et leurs


comportements
Le consommateur achète le produit à un prix garantissant au producteur une
juste rémunération de son travail, dans un cadre social et environnemental
éthique , et mieux préservé pour donner aux producteurs et à leurs familles de
quoi vivre au-dessus du seuil de pauvreté et de quoi réinvestir pour le bien de
la communauté : de meilleures rémunérations aux producteurs, des marges
pour des projets solidaires – services sociaux, écoles – des marges pour
améliorer la production selon des clauses environnementales et sociales
Le système de commercialisation respecte, également, des modalités de vente
que l’on retrouve dans l’ensemble des organismes engagés à cet effet. Tous les
produits vendus sont des produits-projets. Cela correspond à un souci de
transparence, mais aussi à la volonté de raconter l’histoire de chaque produit
et de ses producteurs. Les opérateurs des « magasins du monde » ont, dans ce
but, un rôle majeur. Ils sont le dernier intermédiaire entre le produit et le
consommateur et ils ont donc la responsabilité de faire jouer au produit un rôle
d’ambassadeur entre le Sud et le Nord du monde.
Les pratiques du commerce équitable participent à la définition d’un espace
public international autour des questions de la consommation et des modes
d’organisation du commerce. La progression du commerce équitable dans la
dernière décennie est due à l’essor d’une consommation plus critique et
engagée. Elle intègre le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’un acte pour les
autres, mais avec les autres acteurs : les opérateurs des magasins, les
importateurs, les membres adhérents aux associations de support, les
animateurs des campagnes de sensibilisations, les bénévoles, les producteurs
avec leurs familles et communautés d’appartenance, enfin les consommateurs

20
- Le marché du commerce équitable :
Le marché mondial du commerce équitable est de 400 millions de dollars
américains. Bien qu'il ne soit qu'une proportion minime du marché
conventionnel international, les ventes de produits équitables ont connu un
véritable essor dans les dernières années avec une augmentation des ventes de
30%, chaque année. Les organisations du commerce équitable s'impliquent
notamment dans la production du café, du chocolat, du thé, du cacao et des
bananes. 9 En étant le produit équitable le plus consommé en Europe, le café
occupe le premier rang des produits issus du commerce équitable. Et il jouit
d'une forte croissance sur le marché nord-américain. Les initiatives du café
équitable récemment établies en Amérique du Nord ont engendré une forte
croissance du marché mondial. La consommation du café équitable aux États-
Unis a augmenté de 79% entre 2000 et 2001 et elle continue de croître. Ces
dernières années, le marché canadien du café équitable a connu une forte
croissance. Les ventes du café équitable ont passé de 22 tonnes en 1998 à 660
tonnes en 2003. De plus, pendant cette période, le nombre d’acheteurs du café
équitable a doublé en passant de 4% à 8% (Canada, 2004). La croissance du
marché du commerce équitable est le résultat, notamment, des efforts de
développement des organisations du commerce équitable, tout
particulièrement, ceux de la FLO. Pour cet organisme, le développement du
marché est une condition à atteindre de sa mission qui est de favoriser la
justice sociale. En effet, la FLO cherche à sensibiliser les consommateurs en les
informant des effets négatifs du commerce international sur les producteurs
afin qu’ils réalisent la nécessité d'exercer leur pouvoir d'achat d'une façon
positive. L’éducation du public a pour but de lier plus directement les
consommateurs aux producteurs de manière symbolique du moins et de créer
un puissant réseau bidirectionnel entre les pays du nord et les pays du sud.
Malgré la forte croissance du marché des produits du commerce équitable à
travers l’implantation du système des standards de certification à l’échelle
internationale, cette croissance, a échoué la plupart de temps, à pénétrer tout
le marché conventionnel potentiel. Par exemple, en 1999, les ventes totales du
café équitable totalisaient seulement 0.29% de toute l’exportation mondiale du
café. Une comparaison entre les résultats des sondages du marché et les
ventes actuelles du café équitable, le produit issu du commerce équitable le
plus répandu et consommé, indique clairement que le marché potentiel du café

21
équitable est inexploité. En Europe, où le marché des produits équitables est le
plus mature, la part du marché du café équitable n’est que de 1.7%. Au Canada,
même si elle est en croissance, la part du marché de produits équitables ne
dépasse pas 0.5%. De plus, malgré la forte la croissance actuelle des produits
équitables en Amérique du Nord, ils ne sont pas présents à une grande échelle
dans les chaînes de distributions du marché conventionnel.

IV. LES DÉFIS DU COMMERCE ÉQUITABLE

Les effets pervers de la mondialisation sont de plus en plus perceptibles : les


phénomènes de spécialisation, d’échelle, les coûts liés à la mise en place du
nouvel ordre économique mondial laissent des pays, des régions entières
totalement démunis, avec un impact de plus en plus irréversible sur
l’environnement et les communautés locales, accroissant les risques et les
tensions de toute sorte. Les chiffres publiés par le PNUD et la Banque mondiale
sont alarmants. Ainsi, l’écart entre les 20 % des pays les plus riches et les 20 %
des pays les plus pauvres ne cesse de se creuser : de 30 contre 1 en 1960, on
est passé à 74 contre 1 en 1997, et à plus de 80 contre 1 selon les estimations
pour 2002. On pourrait multiplier les données de cet ordre, et toutes
convergent pour démontrer qu’environ 2 milliards d’êtres humains ne tirent
aucun bénéfice de la mondialisation, et pire encore, sombrent dans une
pauvreté de plus en plus grande. Pour reprendre les termes du prix Nobel
d’économie Joseph Stiglitz : « aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas
pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne
marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale »  Joseph Stiglitz, La
grande Désillusion, Fayard, 2002..
Dans le cas précis des pays du Sud, l’accès aux ressources monétaires se fait
principalement par la vente de matières premières. Les producteurs dépendent
donc entièrement des exportations pour leur niveau de revenu. Or la «
dégradation des termes de l’échange » a pour première conséquence de
fragiliser ces producteurs, la vente de leurs produits ne leur assurant plus un
salaire suffisant. Autre paradoxe de l’ordre économique mondial, le prix des
matières premières est à ce jour fixé par les bourses et autres actions
spéculatives des pays occidentaux. Pour la première fois dans le monde du
négoce, c’est l’acheteur qui fixe le prix de vente ! Les prix pratiqués sont alors

22
bien souvent en dessous des simples coûts de production. C’est dans ce
contexte d’injustice que le commerce équitable prend son essor…
LE COMMERCE PAS LA CHARITÉ
Le Commerce Équitable est né dans les années 60. À cette époque, un bon
nombre d’organisations de solidarité internationales tentaient d’aider les
populations défavorisées de différents pays du monde. L’histoire raconte que
des membres de ces ONG ont demandé à des petits producteurs de café
mexicains ce qu’ils pourraient faire pour les aider mieux et davantage. Les
paysans leur ont répondu : « C’est formidable que vous nous aidiez à construire
des puits et des écoles, à améliorer nos conditions de vie et que vous nous
donniez de l’argent… mais si vous commenciez par nous payer notre café à un
prix juste, qui nous permette de vivre de notre travail, un certain nombre de
nos problèmes seraient déjà résolus. Nous pourrions envoyer nos enfants à
l’école, disposer d’outils corrects, nous regrouper, investir pour améliorer nos
rendements, développer nos surfaces et acheter des vaches. Nous aurions sans
doute moins besoin de vos aides et nous arriverions à nous autosuffire ». On le
voit, l’un des points de départ réside d’abord dans le paiement d’un prix juste.
Second point, lors de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le
développement, la Cnuced(1), qui s’est tenue aux Etats-Unis en 1964, l’un des
principes fondateurs du Commerce Équitable, « Trade, not aid », a été posé.
Traduisez : « Le commerce, pas la charité ». Cela résume une fois encore l’idée
qu’il ne faut pas prendre les producteurs et les populations de ces pays là pour
de pauvres gens qu’il faut assister et à qui il faut faire la charité pour nous
donner bonne conscience, mais que nous devons leur proposer un commerce
leur permettant de vivre décemment.

DE LA PAUVRETÉ À LA MISÈRE
Pourquoi cette évolution ? On touche, là, au cœur des problématiques du
Commerce Équitable. On le sait, progressivement, le commerce a été
responsable d’un appauvrissement des populations, notamment de celles du
Sud. On a parlé de dégradation des termes de l’échange pour désigner ce
système où le coût des produits manufacturés (produits d’importation pour les
pays du Sud) augmente tandis que celui des matières premières (produits
d’exportation pour les pays du Sud), diminue. Ainsi, par un effet de ciseaux, les
écarts de richesse se sont accrus, et ce de plus en plus rapidement. Au cours

23
des dernières années, la pression a été toujours plus forte sur les prix payés par
les consommateurs au Nord, dans un univers fortement concurrentiel. Dans ce
système, où la chaîne d’importation est constituée d’intermédiaires, le dernier
maillon, qui veut vendre au plus bas, demande à son fournisseur de baisser ses
prix, lui-même répercute cet effort de marge en amont, etc. Par cet effet en
cascade, qualifié « d’effet domino », les petits producteurs en bout de chaîne
se sont retrouvés dans l’obligation de pratiquer des prix très bas, et vendent,
dans la majeure partie des cas, bien en dessous de leur prix de revient lorsqu’ils
parviennent à trouver des débouchés. Isolés, ne disposant d’aucune structure
ou organisation susceptible de défendre leurs intérêts, ces très petits
producteurs de cacao, de café et autre riz cultivent un lopin de tout juste un
hectare - qui est la moyenne de près de 80 à 95% des paysans dans le monde-
transmis de génération en génération. Dans cette économie de subsistance, les
gens ne vivent pas, ils survivent. Une partie de la production sert à nourrir leur
famille, l’autre est vendue à qui veut bien l’acheter. Si grâce à ce revenu, ils
arrivent à s’offrir un ou deux outils, tant mieux ; sinon tant pis. D’année en
année, ils plantent, produisent, vendent et recommencent… sans jamais aucun
espoir de se développer. Le système reste fermé. Beaucoup en sont là. Tant
qu’ils n’arrivent pas à se structurer et à se regrouper, ils n’ont aucun moyen de
s’en sortir. Au fil du temps, les producteurs ont été de plus en plus exclus et
isolés au bout d’un chemin, derrière une forêt, toujours dans des zones peu
accessibles. Le plus souvent, ils finissent par déserter leur campagne, pour
trouver une situation souvent pire dans les bidonvilles qui fleurissent à la
périphérie des villes. Au lieu de rester en situation de pauvreté, ils se
retrouvent en situation de misère. Les champs de thé et de café sont
abandonnés, dans le déchirement de se séparer d’une terre ancestrale.
LE CONSTAT DE LA PAUVRETÉ DANS LE MONDE
Pour dresser le constat de cette pauvreté, rappelons quelques chiffres. Au
début du 19e siècle, l’écart entre les 20% de la population mondiale la plus
riche et les 20% de la plus pauvre était d’environ 1 pour 3 : les plus riches
étaient donc 3 fois plus riches que les plus pauvres. Progressivement, cet écart
est passé de 1 pour 10, puis de 1 pour 30. Aujourd’hui, il s’est encore creusé
pour atteindre 1 pour 85 !, Cela est lié en grande partie à la libéralisation des
échanges et à la mondialisation qui, en elle-même, n’est pas condamnée par le
Commerce Équitable, mais qui entraîne des dérives pénalisant les plus faibles.
Si un petit producteur du Mexique a une chance de vous vendre son café parce
que les circuits le permettent, alors la mondialisation est une chance. Mais si,
24
dans le cadre de cette globalisation, ceux qui disposent des moyens les plus
importants et qui sont le mieux organisés se servent de ces échanges accrus
pour pressuriser, exploiter et abuser ceux qui ne peuvent pas se défendre, alors
les écarts de richesse s’accroissent et conduisent à des situations
catastrophiques extrêmes.
Nous ne sommes donc pas contre la mondialisation, à condition qu’elle soit
régulée. Progressivement, l’idée s’est installée que l’une des solutions serait,
déjà, d’imposer un prix juste, pour que ces paysans puissent rester sur leurs
terres, puis d’installer des pôles de développement unissant, sur une zone, des
populations connaissant les mêmes problèmes. Concrètement, cela consiste à
mettre en commun les patrimoines, les terres et les productions grâce à quoi -
et à un prix décent - ils peuvent financer des outils, des programmes de
formation et commencer à se développer.

A/la concurrence des produits conventionnels


Les facteurs à l’origine de ces difficultés, qui peuvent être reliés aux impacts de
la mondialisation sur les artisans :
Les tendances et la mode évoluent rapidement, ce qui raccourcit le cycle de vie
des produits et oblige les artisans à développer constamment de nouveaux
designs ;
Ce secteur est très dépendant de la situation économique car il s’agit de biens
de consommation qui ne correspondent pas à des besoins primaires, et qui
relèvent plus du choix que de la nécessité. C’est donc un marché
particulièrement affecté en cas de baisse du pouvoir d’achat des ménages. En
outre, l’imitation est très courante sur le marché de la décoration d’intérieur ;
En parallèle, en même temps que la demande étrangère baissait, le tourisme
augmentait. La plupart des potiers ont alors été tentés de se focaliser sur le
marché touristique en croissance, mais cela ne leur a pas fourni de stabilité et
de capacité d’innovation, car ils ont été concurrencés par des produits
d’importation asiatiques à prix bas.
L’une des conclusions de l’auteure est que le marché de l’artisanat reste très
instable et précaire. En conséquence, sortir de la pauvreté et s’assurer une
stabilité financière dans la durée est toujours difficile pour de nombreux

25
producteurs (Le Mare 2010). La fabrication et l’exportation d’artisanat sont des
activités de plus en plus compliquées.

Les défis et injustices auxquels y sont confrontés de nombreux paysans et


ouvriers sont immenses :
• Les prix mondiaux des matières premières sont fixés dans les bourses
internationales, et sont déconnectés des coûts de production. Travaillant au
sein de petites exploitations familiales, sur des surfaces de tailles réduites, les
paysannes et paysans occupent une position précaire. Dans ce rapport de force
déséquilibré, ils n'ont pas de pouvoir de négociation.
• Faute de solutions de stockage performantes, ils doivent souvent vendre
leurs produits rapidement, en particulier si ces derniers sont périssables. Or, la
plupart du temps, le prix du marché est tellement bas qu’il ne couvre pas les
coûts de production.
• Face à l’instabilité des prix et donc de leur rémunération, les producteurs
et productrices sont dans l'incapacité d'envisager l'avenir.
• Dans les grandes plantations, le droit du travail est régulièrement
bafoué. Faute de liberté syndicale, les travailleurs et travailleuses salariés ont
rarement la possibilité de défendre leurs droits.
• Le changement climatique affecte d'ores et déjà les productions agricoles
: épisodes de sécheresse, pluies violentes, cyclones et inondations se
multiplient, tandis que de nouveaux parasites et maladies de plantes se
développent.
Face à ces injustices, le commerce équitable s'est fixé un objectif ambitieux,
celui de bâtir un monde où le commerce n’est plus synonyme d’exploitation, un
monde où les producteurs et travailleurs vivent dignement de leur travail.

B/les coûts élevés de la certification


Un label est une identité visuelle (logo) spéciale sur un produit ou un service à
la vente, qui certifie que certains standards ont été mis en place pour la
production de ce bien/service. Les labels peuvent être crées et gérés par un

26
organisme professionnel privé ou par des autorités publiques. Dans le secteur
du commerce équitable, il n’y a pas de label public mais plusieurs labels privés,
Les labels peuvent s’appliquer à des produits ou à des organisations. Les labels
de commerce équitable s’appliquent principalement à des chaînes
d’approvisionnement de produits mais certains (WFTO en particulier)
s’appliquent aussi à des organisations engagées dans la production ou la vente
de produits.
Les labels de commerce équitable permettent de garantir le respect des
engagements du commerce équitable tels que définis dans la loi française et de
valoriser ces engagements auprès des consommateurs à l’aide d’un logo
crédible opposable sur les produits.
Un label est une marque spéciale, créée par un collectif professionnel, une
association ou encore un organisme parapublic, et dont le logo est apposé sur
un produit destiné à la vente, pour en certifier l’origine, la qualité et les
conditions de fabrication en conformité avec des critères préétablis dans un
cahier des charges. Un label a un champ d’intervention large, il peut
s’intéresser aux caractéristiques des produits et services, et aussi au
fonctionnement des organismes (entreprise, associations, organisations, etc.)
qui les produisent.
Les marchés de produits certifiés, considéré à forte valeur ajoutée, ouvrent des
perspectives commerciales aux producteurs Mais le processus de certification
est coûteux et complexe.
bien que la certification puisse augmenter la valeur d’un produit, les gains
supplémentaires ne parviennent pas forcément aux producteurs.
La certification est sans aucun doute un outil marketing efficace, qui permet
aux consommateurs des garanties sur les produits qu’ils achètent,

LA RÉPONSE DU COMMERCE ÉQUITABLE


Face à ces situations de subsistance précaire, le Commerce Equitable propose
d’instaurer un commerce différent. Nous considérons que l’on n’est pas obligé
d’acheter systématiquement moins cher en profitant de la désorganisation de
ces gens au bout du monde. On peut acheter à un prix juste, contribuer à
favoriser leur développement et vendre un produit au consommateur qui,
ayant connaissance de la façon dont il a été négocié, est satisfait de se le
27
procurer, car il lui apporte aussi un certain nombre de garanties et un plaisir
gustatif certain. Le Commerce Equitable ne demande pas d’acheter un produit
pour aider des gens au bout du monde, mais propose au consommateur de se
faire plaisir tout en donnant un peu de sens à son acte d’achat. Il aura passé
une sorte de contrat avec le producteur. On l’a vu, ces paysans ne possèdent
en général qu’un hectare, sur lequel ils produisent assez peu, sauf que pour
être diffusé en grande surface par des marques comme la nôtre, il faut
produire des volumes suffisants : Leclerc, c’est 500 magasins en France ;
Monoprix, 250. L’idée coule de source : que des producteurs se regroupent et
mettent en commun leur production. Le plus souvent, ils créent une
coopérative, sur le modèle des nôtres, avec de statuts, des adhérents et des
élus locaux, qui en élisent leurs représentants aux niveaux régional et
national… Charge à ces derniers de défendre correctement les intérêts des
petits producteurs et d’instaurer des règles démocratiques, sous peine d’être «
virés ».
Les producteurs de cacao, de thé ou de riz se regroupent d’abord au niveau
d’un village par exemple, puis différentes coopératives locales mettent leur
produit en commun au plan régional, ce qui leur permet d’obtenir des volumes
importants, dans des conditions intéressantes, garantes du respect et de la
représentation démocratique de leurs intérêts. Par ailleurs, s’ils écoulent leur
marchandise à des clients du Commerce Équitable, ils perçoivent un prix
supérieur à celui du marché…
De temps en temps, à l’occasion d’une pénurie, ils remontent… puis
redescendent, fluctuant sur le principe simple de l’offre et de la demande : plus
il y a de café, moins il est cher ; moins il y en a, plus il est cher. Sauf que notre
petit producteur du bout du monde, qui ne possède qu’un hectare, n’a pas
grand-chose à faire des problématiques boursières et ne comprend pas
qu’ayant produit le même café que l’an passé, il va toucher deux fois moins
d’argent.
Le choix du Commerce Équitable est de fixer un prix minimum, quelles que
soient les fluctuations boursières. Actuellement, le cours du café a un peu
remonté à 65 cents de dollar une livre anglaise (450 g). Remarquez que lorsque
vous achetez 2V50 un paquet de café de 250 g, il contient 30 cents de café
acheté au prix du cours mondial. Le Commerce Équitable offre le double, 126
cents la livre anglaise, et 131 cents pour le café bio. Deuxième niveau d’aide,
une prime de développement Commerce Équitable est versée à la coopérative.

28
Aux producteurs de décider, entre eux et de manière démocratique, comment
sera investi cet argent. Il ne s’agit ni de charité, ni de paternalisme, mais d’une
prime, qui est le fruit de la vente de produits que les consommateurs ont bien
voulu acheter.
Bref, le Commerce Équitable s’inscrit pleinement dans la notion de
développement durable, notamment l’agriculture qui se doit d’être
respectueuse de l’environnement. Ce développement ne remet pas en cause la
capacité des générations futures à se développer. Cette notion donne à la fois
les moyens économiques et financiers pour avancer, mais aussi le cadre
environnemental - protéger les ressources et la Terre. Grâce à un volet social,
nous voulons faire en sorte que ces personnes que l’on respecte leur dignité
dans le cadre de leur travail.
L’importance du commerce équitable repose moins sur son aspect purement
économique que sur sa capacité à innover. Le commerce équitable est d’abord
une économie au service de l’être humain : il cherche à remplacer les rapports
d’aide ou d’assistance entre le Nord et le Sud par des relations commerciales
équitables pour contribuer « concrètement» au débat sur les relations Nord-
Sud et sur la refonte du système économique mondial. Les acteurs du
commerce équitable se reconnaissent autour de critères communs  : équité et
solidarité dans la relation commerciale, autonomie des producteurs, dignité
des acteurs, respect de l’environnement, transparence et enfin engagement à
faire évoluer le commerce international. Mais l’application du commerce
équitable est beaucoup plus difficile à appréhender qu’il n’y paraît de prime
abord tant les pratiques et les stratégies sont variées.

CONCLUSION
En guise de conclusion, l’avenir et Le développement de commerce équitable
se fait dans le respect des droit de l’homme, de la femme, de l’enfant et de
l’environnement et contribue à la préservation et à la valorisation des
coutumes et savoir-faire traditionnel locaux et à la promotion des spécificités
territoriale, en parfaite synergie avec les plans de développement nationaux ou
régionaux des pays, visant ainsi à la réalisation du développement durable en
sauvegardant et garantissant les droit des producteurs relevant des secteur
vulnérable .

29
Bibliographie

 Économie solidaire et commerce équitable, Claude AUROI et Isabel DEL

CASTILLO, édition 2006

 « Le commerce équitable » de Tristan LECOMTE.

 « Le pari du commerce équitable » de Tristan LECOMTE.

 Guide international des labels du commerce international, édition 2020.

 Le commerce équitable : [Link]

[Link]

 10 principes du commerce équitable : [Link]

principes-du-commerce-equitable

 Max Havelaar : [Link]

 Les artisans du monde: [Link]

 [Link]

commerce-equitable-monde/

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