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Fonctions d'une variable réelle

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Chapitre 5

FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE

Le but de ce chapitre est de faire le point en début de PCSI sur les notions d’analyse liées aux fonctions
réelles dont la variable est réelle pour adopter un vocabulaire précis, rigoureux et commun.
Nous reverrons donc toutes les notions de la classe de Terminale nécessaires à l’étude complète d’une fonction
sans pour autant démontrer tous les résultats. Ceux-ci le seront dans des chapitres ultérieurs (limites, continuité,
dérivabilité, etc).
Nous conclurons ce chapitre par l’étude complète d’une fonction.
Lors du chapitre sur les nombres complexes nous ferons un point sur les fonctions à variable réelle mais à
valeurs complexes.

1
Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

Table des matières

5 FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE 1


I GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.1 FONCTION, GRAPHE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
I.2 PARITÉ, PÉRIODICITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3 OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.4 SENS DE VARIATION D’UNE FONCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I.5 FONCTIONS MINORÉES, MAJORÉES ET BORNÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.6 COMPOSÉE DE FONCTIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
I.7 BIJECTIVITÉ ET BIJECTION RÉCIPROQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
II GRAPHIQUE DES FONCTIONS « ASSOCIÉES » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
III LIMITES ET ASYMPTOTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
III.1LIMITES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
III.2ASYMPTOTES VERTICALES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
III.3ASYMPTOTES HORIZONTALES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
III.4ASYMPTOTES OBLIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
IV CONTINUITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
V DÉRIVÉE ET VARIATIONS D’UNE FONCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
V.1 NOMBRE DÉRIVÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
V.2 ÉQUATION DE LA TANGENTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
V.3 FONCTION DÉRIVÉE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
V.4 OPÉRATIONS SUR LA DÉRIVÉE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
V.5 DÉRIVÉE D’ORDRE SUPÉRIEUR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
V.6 LIEN ENTRE DÉRIVÉE ET SENS DE VARIATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
V.7 EXTREMUM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
VI UN EXEMPLE D’ÉTUDE COMPLÈTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 2 PCSI 2021-2022


Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

I GÉNÉRALITÉS SUR LES FONCTIONS


I.1 FONCTION, GRAPHE
Définition.
On appelle fonction (d’une variable réelle) un procédé qui à tout élément x de R associe au plus un
élément y de R noté f (x) et appelé image de x par f .

Définition.
On appelle domaine de définition d’une fonction f , noté D (ou Df si ambiguı̈té) l’ensemble des réels
x de R qui admettent exactement une image par f .

Remarque.
Df est donc une partie de R (pas nécessairement un intervalle) sur laquelle la fonction f est « bien définie ».
1
Exemple. Soit f la fonction définie par f (x) = . Préciser son domaine de définition.
cos(2x)

A partir de maintenant on munit le plan d’un repère orthonormé (O,~i, ~j).


Tout point M du plan est donc repéré par ses coordonnées (x, y).

Définition.
Soit f une fonction, on appelle graphe ou courbe de f l’ensemble des points du plan suivant :
Cf = {(x, f (x)) | x ∈ Df }

Remarque.
Le graphe d’une fonction est donc l’ensemble des points du plan dont l’ordonnée est l’image de l’abscisse.

Exemple. Ci-dessous voici deux courbes, laquelle est celle d’une fonction ?

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 3 PCSI 2021-2022


1
Exemple. Soit f la fonction définie par f (x) = . Préciser son domaine de définition.
cos(2x)

f est définie si, et seulement si, cos(2x) 6= 0 or :


π π π
cos(2x) = 0 ⇔ ∃k ∈ Z, 2x = + kπ ⇔ ∃k ∈ Z, x = + k
2 4 2
Ainsi : nπ π o [ iπ π π πh
D = R\ +k |k∈Z = + k , + (k + 1)
4 2 4 2 4 2
k∈N
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1
Exemple. Soit f : R+∗ → R définie par f (x) = sin est une fonction réelle.
x

Définition.
Soit A une partie de R.
L’image de A par f , notée f (A), est l’ensemble des images des éléments de A par f :

f (A) = {f (x) | x ∈ A}

On appelle image de f l’intervalle image f (Df ).

Remarque. L’étude d’une fonction débute par la recherche de son ensemble de définition.
Puis l’on cherche les particularités de la fonction f pour éventuellement l’étudier sur un plus petit ensemble.

I.2 PARITÉ, PÉRIODICITÉ


Définition.
Soit f une fonction définie sur Df à valeurs dans R.
• La fonction f est paire lorsque : ∀x ∈ Df alors −x ∈ Df et f (−x) = f (x).
• La fonction f est impaire lorsque : ∀x ∈ Df alors −x ∈ Df et f (−x) = −f (x).

Fonction paire Fonction impaire

Remarque. La condition « ∀x ∈ Df alors −x ∈ Df » signifie que Df est une partie de R centrée en 0

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 4 PCSI 2021-2022


Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

Propriété (Graphique d’une fonction paire ou impaire).

Soit f une fonction définie sur Df à valeurs dans R.


• f est paire si, et seulement si, son graphe Cf est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
• f est impaire si, et seulement si, son graphe Cf est symétrique par rapport à l’origine O.

Définition.
Soit f : Df → R. La fonction f est périodique lorsqu’il existe un réel T > 0 tel que :

∀x ∈ Df , alors x + T ∈ Df et f (x + T ) = f (x)

Ce réel T est appelé une période de f . On dit aussi que f est T -périodique.
On appelle (lorsqu’elle existe) période fondamentale de f la plus petite période de f .

Fonction périodique

Remarque. L’étude de la fonction sur une sous-partie de son ensemble de définition Df de longueur T suffit
pour connaitre le comportement de la fonction sur tout Df .

Propriété (Graphique d’une fonction périodique).

Une fonction f définie sur Df et à valeur dans R est T -périodique si, et seulement si, son graphe Cf
s’obtient en traçant la courbe sur une sous-partie de Df « de longueur T » puis en complétant par
une infinité de translation de vecteur T~i du motif tracé.

Exemple. Montrer que les fonctions f : x 7→ | sin x| et g : x 7→ x − bxc sont périodiques.

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 5 PCSI 2021-2022


Propriété (Graphique d’une fonction paire ou impaire).

Soit f une fonction définie sur Df à valeurs dans R.


• f est paire si, et seulement si, son graphe Cf est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
• f est impaire si, et seulement si, son graphe Cf est symétrique par rapport à l’origine O.

Démonstration :
• f est paire si, et seulement si, ∀x ∈ Df alors −x ∈ Df et f (−x) = f (x).
C’est à dire les points M (x, f (x)) et M 0 (−x, f (−x)) ont la même ordonnée et une abscisse opposée donc sont
symétriques par rapport à l’axe des ordonnées.
Son graphe Cf est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
• f est impaire si, et seulement si, ∀x ∈ Df alors −x ∈ Df et f (−x) = −f (x).
C’est à dire les points M (x, f (x)) et M 0 (−x, f (−x)) ont une abscisse et une ordonnée opposées donc sont
symétriques par rapport à l’origine.
Son graphe Cf est symétrique par rapport à l’origine O.

Propriété (Graphique d’une fonction périodique).

Une fonction f définie sur Df et à valeur dans R est T -périodique si, et seulement si, son graphe Cf
s’obtient en traçant la courbe sur une sous-partie de Df « de longueur T » puis en complétant par
une infinité de translation de vecteur T~i du motif tracé.

Démonstration : De même M (x, f (x)) ∈ Cf ⇔ M (x + T, f (x + T )) = M (x + T, f (x)) ∈ Cf .


Ce qui caractérise bien l’invariance de la courbe par translation de vecteur T~i.

Exemple. Montrer que les fonctions f : x 7→ | sin x| et g : x 7→ x − bxc sont périodiques.

f est définie sur R et pour tout x de R :

f (x + 2π) = | sin(x + 2π)| = | sin x| = f (x)

donc f est 2π-périodique, mais on peut mieux :

f (x + π) = | sin(x + π)| = | − sin x| = | sin x| = f (x)

donc f est π-périodique, et à priori il s’agit de la période fondamentale.

g est définie sur R et pour tout x de R :

g(x + 1) = x + 1 − bx + 1c = x + 1 − (bxc + 1) = x − bxc = g(x)

donc g est 1-périodique, et à priori il s’agit de la période fondamentale.


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Propriété (Propriété d’une fonction périodique).

Soit f : R → R. Si f est T -périodique alors : ∀k ∈ Z, ∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x).

I.3 OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONS


Ce paragraphe va peut être vous sembler étrange mais l’on réfléchit : on sait ce que signifient les opérations
usuelles (+, −, ×, ÷) entre les nombres réels mais les fonctions sont des « objets » mathématiques d’une tout
autre nature (ce sont des « procédés d’association » bien particuliers). Il est donc nécessaire de définir ce que
l’on entend par somme, produit ou quotient de deux fonctions, ou encore produit d’un réel par une fonction.
Définition.
Soient f et g deux fonctions définies sur un même ensemble I et λ ∈ R alors on appelle :
• f + g la fonction qui à tout réel x de I associe le réel f (x) + g(x).
• λf la fonction qui à tout réel x de I associe le réel λf (x).
• f g la fonction qui à tout réel x de I associe le réel f (x)g(x).
f f (x)
• si g(x) 6= 0 sur I, la fonction qui à tout réel x de I associe le réel .
g g(x)

I.4 SENS DE VARIATION D’UNE FONCTION


Définition.
Soit f une fonction définie sur une partie A à valeurs dans R. Soit I un intervalle inclus dans A.
• La fonction est dite (strictement) croissante sur I lorsqu’elle conserve l’ordre.

∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) 6 f (y) (resp. x < y ⇒ f (x) < f (y))

• La fonction est dite (strictement) décroissante sur I lorsqu’elle inverse l’ordre.


∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) > f (y) (resp. x < y ⇒ f (x) > f (y))

Remarque. On ne peut pas écrire qu’une fonction est décroissante sur R∗ parce que ce n’est pas un intervalle.
Définition.
Soit f une fonction définie sur une partie A à valeurs dans R. Soit I un intervalle inclus dans A.
• Une fonction croissante ou décroissante sur I est dite monotone sur I.
• Une fonction est dite constante sur I lorsque ∃C ∈ R, ∀x ∈ I, f (x) = C.

Exemple. Donner une autre définition avec des quantificateurs d’une fonction constante.

Exemple. Préciser le sens de variation de la fonction cos sur R.

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 6 PCSI 2021-2022


Propriété (Propriété d’une fonction périodique).

Soit f : R → R. Si f est T -périodique alors : ∀k ∈ Z, ∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x).

Démonstration : Soit P (k) l’hypothèse : « ∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x) »


Par récurrence sur la valeur de k ∈ N dans un premier temps.
Initialisation : Pour k = 0 l’égalité est triviale.
Pour k = 1 il s’agit de la définition d’une fonction périodique.
Hérédité : Supposons P (k) et montrons P (k + 1).

∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x)
donc
∀x ∈ R, f (x + (k + 1)T ) = f ((x + T ) + kT ) = f (x + T ) = f (x)
Ce qui prouve que P (k + 1) est vrai.
Conclusion : ∀k ∈ N, ∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x).
Et maintenant si k ∈ Z− , on pose k = −n avec n ∈ N et alors :

∀x ∈ R, f (x + kT ) = f (x − nT ) = f (x − nT + nT ) = f (x)

Ce qui conclut la démonstration.

Exemple. Donner une autre définition avec des quantificateurs d’une fonction constante.

∀(x, y) ∈ I 2 , f (x) = f (y)

Exemple. Préciser le sens de variation de la fonction cos sur R.

cos est décroissante sur tout intervalle de la forme [0 + 2kπ, π + 2kπ] = [2kπ, (2k + 1)π] avec k ∈ Z.
cos est croissante sur tout intervalle de la forme [(2k + 1)π, (2k + 2)π] avec k ∈ Z.
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Propriété (Somme et composée de fonctions monotones).

• La somme de deux fonctions croissantes sur I est croissante sur I.


• La somme de deux fonctions décroissantes sur I est décroissante sur I.

Remarque.
• La propriété reste vraie avec des fonctions strictement croissantes ou strictement décroissantes.
• On n’a aucune propriété quand au sens de variation de produit ou quotient de fonctions monotones.

I.5 FONCTIONS MINORÉES, MAJORÉES ET BORNÉES


Définition.
Soit f une fonction définie sur une partie A de R et à valeurs dans R.
On dit que la fonction f est minorée sur A lorsque l’ensemble image f (A) est minoré, soit :

∃m ∈ R , ∀x ∈ A , m 6 f (x).

On dit que la fonction f est majorée sur A lorsque l’ensemble image f (A) est majoré, soit :

∃M ∈ R , ∀x ∈ A , f (x) 6 M.

On dit que la fonction f est bornée sur A lorsqu’elle est à la fois majorée et minorée sur A :
∃(m, M ) ∈ R2 , ∀x ∈ A , m 6 f (x) 6 M.

Remarque. On dit que m est un minorant de f et M est un majorant de f .


Quand ils existent, ces minorants et majorants ne sont pas uniques !

Fonction bornée

Remarque. Lorsqu’une fonction f est bornée sur A, son intervalle image est contenu dans un segment de R.
1
Exemple. Soit f : R+∗ → R définie par f (x) = sin . Montrer que f est bornée sur R+∗ .
x

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 7 PCSI 2021-2022


Propriété (Somme et composée de fonctions monotones).

• La somme de deux fonctions croissantes sur I est croissante sur I.


• La somme de deux fonctions décroissantes sur I est décroissante sur I.

Démonstration :
Soient f et g deux fonctions croissantes sur I alors

∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) 6 f (y) et g(x) 6 g(y)

Par somme d’inégalités :


∀(x, y) ∈ I 2 , x 6 y ⇒ f (x) + g(x) 6 f (y) + g(y)
Ainsi la fonction f + g est croissante sur I.
De même pour strictement croissante en remplaçant 6 par <.
De même pour f + g décroissante en remplaçant 6 par >.

On pourrait prouver que la somme et le produit de deux fonctions bornées reste bornée.

1
Exemple. Soit f : R+∗ → R définie par f (x) = sin . Montrer que f est bornée sur R+∗ .
x
On a :
∀X ∈ X, | sin(X)| 6 1
1
Donc en posant X = x pour x 6= 0 :

+∗
1
∀x ∈ R , |f (x)| = sin 6 1

x
Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

Définition.
Soit f : A → R.
On définit la fonction valeur absolue de f notée |f | :

A → R+

par |f | :
x 7→ |f (x)|

Remarque. Pour x ∈ A, la notation |f |(x) est tout à fait


correcte et signifie par définition |f |(x) = |f (x)|.

Remarque. |f | est une fonction à valeurs positives et son graphe est situé au dessus de l’axe des abscisses.

Propriété (Caractérisation des fonctions bornées).

Soit f une fonction définie sur Df et à valeurs dans R. Soit A une partie de Df .
La fonction f est bornée sur A si, et seulement si, la fonction |f | est majorée sur A.

Remarque. L’avantage est de ne prouver qu’une seule majoration au lieu d’une double inégalité.

I.6 COMPOSÉE DE FONCTIONS


Définition.
Soient f : I → R et g : J → R. Supposons que f (I) ⊂ J. 
I→R
Alors on peut définir la fonction composée de f par g par : g ◦ f :  .
x 7→ g ◦ f (x) = g f (x)

f g
Remarque. On peut retenir le procédé suivant : x −→ f (x) −→ g(f (x)) équivalent à :
g◦f
x −−−−−− → g(f (x))

Remarque. En général (et même quasi-systématiquement), f ◦ g 6= g ◦ f .


Soient f et g deux fonctions à valeurs dans R telles que f ◦ g et g ◦ f puissent être définies.
Lorsque f ◦ g = g ◦ f , on dit que les fonctions f et g commutent.

Propriété (Sens de variation d’une composée).

Soient f : I → R et g : J → R telles que f (I) ⊂ J. (idem avec strictement % ou &)


• Si f et g sont croissantes, respectivement sur I et sur f (I), alors g ◦ f est croissante sur I.
• Si f est croissante sur I et g est décroissante sur f (I) alors g ◦ f est décroissante sur I.
• Si f est décroissante sur I et g est croissante sur f (I) alors g ◦ f est décroissante sur I.
• Si f et g sont décroissantes respectivement sur I et sur f (I) alors g ◦ f est croissante sur I.

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 8 PCSI 2021-2022


Propriété (Caractérisation des fonctions bornées).

Soit f une fonction définie sur Df et à valeurs dans R. Soit A une partie de Df .
La fonction f est bornée sur A si, et seulement si, la fonction |f | est majorée sur A.

Démonstration :
⇒ Supposons f bornée sur A,
∃(m, M ) ∈ R2 , ∀x ∈ A, m 6 f (x) 6 M
On ne peut surtout pas passer la valeur absolue dans l’inégalité, distinguons alors les cas selon le signe de f (x).
Soit x fixé, si f (x) > 0 alors 0 6 f (x) 6 M et donc
|f (x)| 6 M = |M |
Soit x fixé, si f (x) 6 0 alors m 6 f (x) 6 0 et donc
|f (x)| 6 −m = |m|
Finalement on a dans tous les cas,
∀x ∈ A, |f (x)| 6 K = max(|m|, |M |)
Ainsi la fonction |f | est majorée sur A.

⇐ Supposons la fonction |f | est majorée sur A, alors :


∃M ∈ R, ∀x ∈ A, |f (x)| 6 M
Ceci équivaut à :
∃M ∈ R, ∀x ∈ A, −M 6 f (x) 6 M
Donc f est bornée sur A (par −M et M ).

Propriété (Sens de variation d’une composée).

Soient f : I → R et g : J → R telles que f (I) ⊂ J. (idem avec strictement % ou &)


• Si f et g sont croissantes, respectivement sur I et sur f (I), alors g ◦ f est croissante sur I.
• Si f est croissante sur I et g est décroissante sur f (I) alors g ◦ f est décroissante sur I.
• Si f est décroissante sur I et g est croissante sur f (I) alors g ◦ f est décroissante sur I.
• Si f et g sont décroissantes respectivement sur I et sur f (I) alors g ◦ f est croissante sur I.

Démonstration :
Supposons f : I → R décroissante et g : J → R décroissante avec f (I) ⊂ J alors :
∀(x1 , x2 ) ∈ I 2 , x1 6 x2 ⇒ f (x1 ) > f (x2 )
et
∀(y1 , y2 ) ∈ J 2 , y1 6 y2 ⇒ g(y1 ) > g(y2 )
Comme f (I) ⊂ J, on peut poser y1 = f (x1 ) et y2 = f (x2 ) et donc :
∀(x1 , x2 ) ∈ I 2 , x1 6 x2 ⇒ y1 = f (x1 ) > f (x2 ) = y2 ⇒ g(f (x1 )) 6 g(f (x2 ))
De même pour les 3 autres cas, ou dans le cas strictement monotone en modifiant les inégalités.
Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

I.7 BIJECTIVITÉ ET BIJECTION RÉCIPROQUE

Définition.
On dit qu’une fonction f : I → J est une bijection, ou est
bijective, si tout y ∈ J admet un unique antécédent par f
dans I c’est à dire :

∀y ∈ J, ∃! x ∈ I, y = f (x).

En notant x = f −1 (y), on définit une application f −1 de J vers


I appelée bijection réciproque de f .

I −→ f (I) = J
Exemple. ln est une bijection de ]0, +∞[ vers R. f
Remarque. f −1 (y) = x 7−→ y = f (x)
Sa bijection réciproque est la fonction exp. ←−
f −1

Propriété (Lien entre bijection et bijection réciproque).

Si f est une bijection de I vers J alors ∀x ∈ I, f −1 (f (x)) = x et ∀y ∈ J, f (f −1 (y)) = y.


On peut reformuler les égalités en f ◦ f −1 = idJ et f −1 ◦ f = idI .

Exemple. ∀x ∈]0, +∞[, exp (ln x) = x et ∀x ∈ R, ln (ex ) = x.

Propriété (Bijection réciproque de la bijection réciproque).

Si f est une bijection de I vers J alors f −1 réalise une bijection de J vers I et (f −1 )−1 = f .

Propriété (Graphe d’une bijection réciproque).

Soit f une bijection, alors Cf et Cf −1 sont symétriques par rapport à la droite d’équation y = x.

Propriété (Fonctions monotones et bijection).

Soit f : I → R. Si f est strictement monotone sur I alors f est une bijection de I dans f (I).

x−1
Exemple. Montrer que f : x 7→ est une bijection de ] − 2, +∞[ vers un ensemble que l’on précisera.
x+2
Donner sa bijection réciproque.

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 9 PCSI 2021-2022


Démonstration : Lien entre bijection et bijection réciproque
Soit f une bijection de I vers J, cela signifie que :

∀y ∈ J, ∃! x ∈ I, y = f (x).

Autrement formulé cela signifie que pour tout x ∈ I, x est un antécédent de f (x) ∈ J par f .
Donc il est logique que par définition de f −1 :f −1 (f (x)) = x.

Pour y ∈ J, f −1 (y) est l’unique antécédent de y par f et donc : f (f −1 (y)) = y.

Démonstration : Bijection réciproque de la bijection réciproque


Il s’agit de démontrer déjà que f −1 est bijective, faisons-le par analyse-synthèse.
Soit x ∈ I fixé, montrons que x possède un unique antécédent par f −1 .
Analyse (unicité) :
Si y ∈ J est antécédent de x par f −1 alors x = f −1 (y) et donc y = f (x) par définition de f .
Ce qui prouve, s’il existe, l’unicité.
Synthèse (existence) : Reste à vérifier qu’il s’agit bien d’un antécédent.

Pour y = f (x) ∈ J, f −1 (y) = f −1 (f (x)) = x

Ainsi f −1 réalise une bijection de J vers I, de plus, ce qui précède donne que pour tout x ∈ I :

(f −1 )−1 (x) = f (x) et donc (f −1 )−1 = f

Démonstration : Graphe d’une bijection réciproque


Soit x ∈ I et y ∈ J. Le point M (x, y) appartient à Cf si, et seulement si, y = f (x).
Ceci équivaut encore à x = f −1 (y) qui signifie que le point M 0 de coordonnées (y, x) = (y, f −1 (y)) appartient
à la courbe de f −1 .
Puisque l’application qui transforme le point M en le point M 0 est la symétrie par rapport à la droite d’équation
y = x, les graphes de f et f −1 sont symétriques par rapport à cette droite.

Démonstration : Fonctions monotones et bijection


Supposons f : I → R strictement croissante et monotone sur I.

Existence : Soit y ∈ f (I), par définition de f (I), ∃x ∈ I tel que f (x) = y.


(y admet au moins un antécédent par f .)

Unicité : Supposons que ∃x0 6= x ∈ I tel que f (x0 ) = y (second antécédent).


Quitte à échanger les noms on peut supposer que x < x0 .
Comme f est strictement croissante sur I alors f (x) < f (x0 ).
Ceci est absurde car f (x) = f (x0 ) = y.
On en conclut que tout y dans f (I) admet exactement un antécédent par f .
Donc f est une bijection sur I, vers l’intervalle image f (I).
Exemple. En deux temps :
Montrons d’abord que c’est une bijection en montrant que f est strictement monotone sur ] − 2, +∞[.
f est dérivable sur ] − 2, +∞[ par quotient et :
1
∀x ∈] − 2, +∞[, f 0 (x) = >0
(x + 2)2

donc f est croissante sur ] − 2, +∞[.


De plus lim f (x) = −∞ et lim f (x) = 1 donc f est une bijection de ] − 2, +∞[ vers ] − ∞, 1[.
x→−2+ x→+∞

Maintenant l’expression de la bijection réciproque :


Soit x ∈] − 2, +∞[ et y ∈] − ∞, 1[ alors on cherche à isoler x en fonction de y :
x−1
y= ⇔ y(x + 2) = x − 1
x+2
⇔ yx − x = −1 − 2y
−1 − 2y
⇔x=
y−1
2y + 1
⇔x= (comme x 6= 1)
1−y

Ainsi f −1 est définie sur ] − ∞, 1[ par :


2x − 1
f −1 (x) = .
1−x
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II GRAPHIQUE DES FONCTIONS « ASSOCIÉES »

Propriété (Graphes de fonctions associées).

Soit f : x 7→ f (x) une fonction définie sur un intervalle I de courbe notée C et k ∈ R∗ , alors :
• le graphe C 0 de la fonction x 7→ f (x) + k s’obtient par translation de valeur k~j de la courbe C.
• le graphe C 0 de la fonction x 7→ f (x + k) s’obtient par translation de valeur −k~i de la courbe C.
• le graphe C 0 de la fonction x 7→ kf (x) s’obtient à partir de la courbe Cf , en transformant chaque
point en son image par l’homothétie verticale de rapport k.
• le graphe C 0 de la fonction x 7→ f (kx) s’obtient à partir de la courbe C, en transformant chaque
point en son image par l’homothétie horizontale de rapport k1 .

Graphes des fonctions associées à la fonction f


Remarque.
En particulier le graphe C 0 de la fonction x 7→ −f (x) s’obtient par symétrie de C selon l’axe des abscisses.
1
Exemple. Faire le tracé du graphe de la fonction f : x 7→ 2 −
x+1

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III LIMITES ET ASYMPTOTES


III.1 LIMITES
Pour calculer la limite d’une fonction, on sera amené à utiliser ces règles de calcul qui seront démontrées
dans un prochain chapitre, et dont on retiendra les formes indéterminées :

Propriété (Opérations sur les limites).

1. Soient `, `0 ∈ R,

si f a pour limite ` ` ` +∞ −∞ +∞
si g a pour limite `0 +∞ −∞ +∞ −∞ −∞
alors f + g a pour limite ` + `0 +∞ −∞ +∞ −∞ F.I.

2. Soient `, `0 ∈ R,
si f a pour limite ` `>0 `>0 `<0 `<0 +∞ +∞ −∞ 0
si g a pour limite `0 +∞ −∞ +∞ −∞ +∞ −∞ −∞ ∞ ou − ∞
alors f g a pour limite ``0 +∞ −∞ −∞ +∞ +∞ −∞ +∞ F.I.

3. Soient `, `0 ∈ R, `0 6= 0,

si f a pour limite ` ` +∞ −∞ +∞ −∞ +∞ ou − ∞
si g a pour limite `0 +∞ ou − ∞ `0 > 0 `0 > 0 `0 < 0 `0 < 0 +∞ ou − ∞
f `
alors a pour limite 0 +∞ −∞ −∞ +∞ F.I.
g `0

Et dans le cas particulier où `0 est nul,

si f a pour limite `>0 `>0 `<0 `<0 0


si g a pour limite 0+ 0− 0+ 0− 0
f
alors a pour limite +∞ −∞ −∞ +∞ F.I.
g

Soient a, b, c ∈ R et f, g deux fonctions pour lesquelles on suppose lim f (x) = b et lim g(x) = c.
x→a x→b
Alors, sous réserve d’existence, la fonction composée g ◦ f vérifie :

lim g ◦ f (x) = c.
x→a

x2 − x1
Exemple. Calculer la limite quand x → +∞ de : f (x) = .
1 − x4

ln2 (x) + 2 ln(x)


Exemple. Calculer la limite quand x → 0 de la fonction : x 7→ .
ln2 (x) + 1

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Démonstration : Ces propriétés seront démontrées lorsque nous verrons la « vraie » définition des limites.
x2 − x1
Exemple. Calculer la limite quand x → +∞ de : f (x) = .
1 − x4
+∞
On a une limite de la forme +∞ donc indéterminée. On factorise par le terme « dominant » :

x2 − x1 x2 1 − x13 1 − x13

f (x) = = =
1 − x4 x2 x12 − x2 1

x2
− x2

1 1
On a alors lim 1 − = 1 et lim 2 − x2 = −∞ donc par quotient lim f (x) = 0.
x→+∞ x3 x→+∞ x x→+∞

ln2 (x) + 2 ln(x)


Exemple. Calculer la limite quand x → 0 de la fonction : x 7→ .
ln2 (x) + 1
On a une limite indéterminée au numérateur, on factorise encore par le terme « dominant » :

ln2 (x) + 2 ln(x) ln2 (x)(1 + 2 ln(x)


1
) 1
1 + 2 ln(x)
f (x) = = 2 =
ln2 (x) + 1 ln (x)(1 + ln21(x) ) 1 + ln21(x)

1 1
On a alors lim 1 + 2 = 1 et lim 1 + 2 = 1 donc par quotient lim f (x) = 1.
x→0 ln(x) x→0 ln (x) x→0
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III.2 ASYMPTOTES VERTICALES


L’étude des limites et le tracé des asymptotes permet d’avoir le comportement de la fonction « à l’infini » ou
bien proche d’une valeur interdite ou d’une borne de l’intervalle de définition. Le tracé de l’asymptote en plus
de la courbe permet de mieux comprendre le tracé.
Définition.
On dit que la droite d’équation x = a est une asymptote verticale à Cf lorsque :
lim f (x) = ±∞ ou x→a
x→a
lim f (x) = ±∞
x<a x>a

Remarque. Les asymptotes verticales apparaissent généralement aux bornes de l’ensemble de définition.

III.3 ASYMPTOTES HORIZONTALES


Définition.
On dit que la droite d’équation y = b est une asymptote horizontale à Cf lorsque :

lim f (x) = b ou lim f (x) = b


x→+∞ x→−∞

Remarque. Les asymptotes horizontales ne peuvent apparaitre que lorsque x → −∞ ou x → +∞.

III.4 ASYMPTOTES OBLIQUES


Remarque. Les asymptotes obliques (ou branches infinies) ne peuvent apparaitre que lorsque x → ±∞.
Définition.
On dit que la droite d’équation y = ax + b est une asymptote oblique à Cf lorsque :
 
lim f (x) − (ax + b) = 0 ou lim f (x) − (ax + b) = 0
x→+∞ x→−∞

Méthode. Trouver l’équation de la branche infinie (y = ax + b) :


f (x)
1. On calcule lim x .
x→±∞
f (x)
2. Si la limite est finie, on pose a = lim x et on calcule lim (f (x) − ax).
x→±∞ x→±∞
3. Si la limite est finie, on pose b = lim (f (x) − ax).
x→±∞
4. Si l’une ou l’autre des limites n’est pas finie, il n’y a pas d’asymptote oblique.

Remarque. 
Si la droite D : y = ax + b est asymptote oblique à Cf alors on peut étudier le signe de d(x) = f (x) − ax + b
pour déterminer la position relative de la courbe par rapport à son asymptote.

Exemple.
2x2 + x
Montrer que la courbe d’équation y = admet une asymptote oblique en +∞ et −∞.
x+1
Étudier la position relative de la courbe et de son asymptote.

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Exemple.
2x2 + x
Montrer que la courbe d’équation y = admet une asymptote oblique en +∞ et −∞.
x+1
Étudier la position relative de la courbe et de son asymptote.
f (x)
1. On calcule lim x .
x→±∞
2x2 + x f (x) 2x2 + x
Pour x 6= −1, on pose f (x) = , alors = 2 .
x+1 x x +x
La limite en +∞ d’une fonction rationnelle est égale à la limite du quotient de ses termes de plus haut
2x2
degré donc lim f (x)
x = lim x2 = 2.
x→±∞ x→±∞
f (x)
2. Comme la limite est finie, on pose a = lim x = 2 et on calcule lim (f (x) − 2x).
x→±∞ x→±∞

2x2 + x 2x2 + x 2x2 + 2x −x


∀x 6= −1, f (x) − 2x = − 2x = − =
x+1 x+1 x+1 x+1
La limite en +∞ d’une fonction rationnelle est égale à la limite du quotient de ses termes de plus haut
degré donc lim (f (x) − 2x) = lim −xx = 1.
x→±∞ x→±∞
3. Comme la limite est finie, on pose b = lim (f (x) − 2x) = −1.
x→±∞

La droite ∆ d’équation y = 2x − 1 est donc asymptote oblique à la courbe de f en +∞ (de même en −∞)

Pour étudier les positions relatifs on étudie le signe de la différence :


−x 1
∀x 6= 1, d(x) = f (x) − (2x − 1) = +1=
x+1 x+1
Ainsi d(x) > 0 si x > −1 et d(x) < 0 si x < −1.
Donc Cf est en-dessous de ∆ sur ] − ∞, −1[ et au-dessus sur ] − 1, +∞[.
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IV CONTINUITÉ
Définition.
Soit f une fonction définie sur un intervalle I.
— On dit que f est continue en un point a ∈ I si lim f (x) = f (a).
x→a
— On dit que f est continue sur un intervalle I si elle est continue en tout point de I.

Interprétation graphique. Une fonction f est continue sur un intervalle I si elle est définie sur cet
intervalle et si sa courbe représentative se trace d’un « trait continu », sans lever le crayon.

Exemples.
 Fonctions continues sur [0, 6] :

Brisée en 2
 Fonctions discontinues sur [0, 6] :

Avec un saut en 2 Avec un ”trou” en 2

Propriété (Opérations sur les fonctions continues).

Soient f et g deux fonctions définies et continues sur un intervalle I.


1. Les fonctions (f + g) et f × g sont encore continues sur I.
f
2. Supposons que g ne s’annule pas sur I. La fonction est encore continue sur I.
g

Propriété (Composée et bijection réciproque de fonctions continues).

• Soient f une fonction continue sur un intervalle I et g une fonction continue sur un intervalle J
telles que f (I) ⊂ J. Alors g ◦ f est encore continue sur I.
• Soit f une bijection continue d’un intervalle I vers un intervalle J = f (I), alors sa bijection
réciproque f −1 est également continue sur J = f (I).

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Propriété (Opérations sur les fonctions continues).

Soient f et g deux fonctions définies et continues sur un intervalle I.


1. Les fonctions (f + g) et f × g sont encore continues sur I.
f
2. Supposons que g ne s’annule pas sur I. La fonction est encore continue sur I.
g

Démonstration : Cette propriété sera démontrée dans le chapitre sur la continuité mais est la conséquence
logique des résultats des opérations sur les limites de sommes, produits et quotients.

Propriété (Composée et bijection réciproque de fonctions continues).

• Soient f une fonction continue sur un intervalle I et g une fonction continue sur un intervalle J
telles que f (I) ⊂ J. Alors g ◦ f est encore continue sur I.
• Soit f une bijection continue d’un intervalle I vers un intervalle J = f (I), alors sa bijection
réciproque f −1 est également continue sur J = f (I).

Démonstration : Cette propriété sera démontrée dans le chapitre sur la continuité mais est la conséquence
logique des résultats des opérations sur les limites d’une composée.
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V DÉRIVÉE ET VARIATIONS D’UNE FONCTION


Dans ce paragraphe, on rappellera des résultats vus au lycée. Ils sont admis pour l’instant et seront prouvés
ultérieurement dans un chapitre propre à la dérivation.
A partir de maintenant f est une fonction définie sur un intervalle I à valeurs dans R.

V.1 NOMBRE DÉRIVÉ


Définition.
f (x) − f (a) f (a + h) − f (a)
On dit que f est dérivable en a ∈ I si lim = lim existe et est finie.
x→a x−a h→0 h
f (a + h) − f (a)
Cette limite est alors appelée nombre dérivé de f en a et est noté f 0 (a) = lim .
h→0 h

Exemple. Montrer que la fonction carrée est dérivable en tout point a ∈ R.

V.2 ÉQUATION DE LA TANGENTE

Propriété (Tangente).

Si f est dérivable en a ∈ I, alors la courbe représentative de f admet


une tangente (T ) au point M d’abscisse a ayant pour équation :
(T ) : y = f 0 (a)(x − a) + f (a)

Remarque. On peut étudier le signe de d(x) = f (x) − f (a) + f 0 (a)(x − a) pour déterminer la position


relative de la courbe par rapport à sa tangente.

V.3 FONCTION DÉRIVÉE


Définition.
• Soit f : I → R. On dit que f est dérivable si f est dérivable en tout point de I.

0 I → R
• Soit f : I → R dérivable. On appelle fonction dérivée l’application f : .
x 7→ f 0 (x)

df
Remarque. Cette fonction dérivée f se note aussi en physique Df ou encore .
dx
df 
Quand la variable est t, on a aussi la notation ou même θ pour des fonctions angulaires.
dt

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Exemple. Montrer que la fonction carrée est dérivable en tout point a ∈ R.
f (a + h) − f (a)
Calculons lim pour a ∈ R fixé avec f : x 7→ x2 .
h→0 h

f (a + h) − f (a) (a + h)2 − a2 a2 + 2ah + h2 − a2


= = = 2a + h
h h h
f (a + h) − f (a)
Donc lim = 2a, ainsi f est dérivable en x = a et f 0 (a) = 2a (on retrouve le résultat classique).
h→0 h

Propriété (Tangente).

Si f est dérivable en a ∈ I, alors la courbe représentative de f admet une tangente (T ) au point M


d’abscisse a ayant pour équation :

(T ) : y = f 0 (a)(x − a) + f (a)

Démonstration : Vue en classe de Terminale.


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Dérivées usuelles

Fonction f : x 7→ · · · Dérivée f 0 : x 7→ · · · Domaine

xn (n ∈ N) nxn−1 R

1 n
(n ∈ N) − R∗
xn xn+1

xn (n ∈ Z) nxn−1 R∗

√ 1
x √ R+∗
2 x

xα (α ∈ R) αxα−1 R∗+

ex ex R

1
ln |x| R∗
x

cos x − sin x R

sin x cos x R

1 nπ o
tan x 1 + tan2 x = R\ + kπ|k ∈ Z
cos2 x 2
Exemple. Prouvez la dérivée de x 7→ ln |x|.

V.4 OPÉRATIONS SUR LA DÉRIVÉE

Propriété (Opérations sur les fonctions dérivables).

Soient f et g deux fonctions dérivables sur un même ensemble I alors :


• Addition : la fonction f + g est dérivable sur I et (f + g)0 = f 0 + g 0 .

• Combinaison linéaire : pour tout λ ∈ R, la fonction λf est dérivable sur I et (λf )0 = λf 0 .

• Produit : la fonction f g est dérivable sur I et (f g)0 = f 0 g + f g 0 .


 0
1 1 f0
• Inverse : Si f ne s’annule pas sur I alors est dérivable sur I et =− 2 .
f f f
 0
f f f 0g − f g0
• Quotient : Si g ne s’annule pas sur I alors est dérivable sur I et =
g g g2

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Démonstration : Ces propriétés, démontrées partiellement en classe de Terminale, seront prouvées rigoureu-
sement dans le chapitre de dérivabilité.
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Propriété (Composée de fonctions dérivables).

Soient u : I → R et g : J → R vérifiant u(I) ⊂ J.


Si u et g sont dérivables (resp. sur I et J) alors g ◦ u l’est aussi sur I et (g ◦ u)0 = u0 · g 0 ◦ u .

Dérivées de composées usuelles

Soit u une fonction dérivable sur un ensemble I alors les fonctions suivantes sont dérivables et :

Fonction de la forme Dérivée Condition

un (n ∈ N) nu0 un−1 aucune

1 nu0
(n ∈ N) − u(x) 6= 0 sur I
un un+1

un (n ∈ Z) nu0 un−1 u(x) 6= 0 sur I

√ u0
u √ u(x) > 0 sur I
2 u

eu u0 eu aucune

u0
ln |u| u(x) 6= 0 sur I
u

cos u −u0 sin u aucune

sin u u0 cos u aucune

u0 π
tan u u0 (1 + tan2 u) = u(x) 6= + kπ avec k ∈ Z
cos2 u 2

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Démonstration : Ces propriétés, démontrées partiellement en classe de Terminale, seront prouvées rigoureu-
sement dans le chapitre de dérivabilité.
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Propriété (Nombre dérivé de la fonction réciproque).

Soit f : I → J une bijection continue.


Si f est dérivable en a ∈ I et si f 0 (a) 6= 0 alors f −1 : J → I
est dérivable en b = f (a) et :
1 1
(f −1 )0 (b) = = 0 −1
f 0 (a) f (f (b))

Remarque. Géométriquement, les graphes des fonctions f et f −1


sont symétriques à la droite d’équation y = x.

Remarque. La condition f 0 (a) 6= 0 est nécessaire car sinon f


admettrait une tangente horizontale en a et f −1 admettrait une
tangente verticale en a par symétrie.

Corollaire (Dérivée de la fonction réciproque).

Si f : I → J est une bijection dérivable sur I telle que :

∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0

1
alors f −1 : J → I est dérivable et (f −1 )0 =
f0 ◦ f −1

Remarque. La fonction cos est une bijection de [0, π] vers . . . . . . car . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..


On note arccos sa bijection réciproque. Calculer arccos0 (0).

V.5 DÉRIVÉE D’ORDRE SUPÉRIEUR


Définition.
• Soit f : I → R. On pose f (0) = f appelée dérivée d’ordre 0 de f .
• Si f est dérivable, on note f (1) = f 0 appelée dérivée d’ordre 1 de f .
• Si de plus f 0 est dérivable, on note f (2) = f 00 = (f 0 )0 la dérivée d’ordre 2 (ou seconde) de f .
• Ainsi, de proche en proche, si f possède une dérivée d’ordre n ∈ N, notée f (n) , et si celle-ci est dérivable,
on pose f (n+1) = (f (n) )0 appelée dérivée d’ordre n + 1 de f .

Définition.
On dit que f : I → R est n fois dérivable si sa dérivée d’ordre n existe.
On dit que f est infiniment dérivable si pour tout n de N, f est n fois dérivable.

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Propriété (Nombre dérivé de la fonction réciproque).

Soit f : I → J une bijection continue.


Si f est dérivable en a ∈ I et si f 0 (a) 6= 0 alors f −1 : J → I est dérivable en b = f (a) et :
1 1
(f −1 )0 (b) = =
f 0 (a) f 0 (f −1 (b))

Démonstration (partielle) :
On suppose que f est une bijection continue de I vers J et dérivable en un point a ∈ I avec f 0 (a) 6= 0.
f −1 est une fonction de J vers I. On démontrera plus tard dans le chapitre sur la dérivabilité que f −1 est
dérivable en b = f (a).
Remarquons également que ∀x ∈ I, f −1 (f (x)) = x donc f −1 ◦ f et x 7→ x ont la même dérivée en x = a.
Par la formule de la dérivée de la composée appliquée en x = a :
1
(f −1 ◦ f )0 (a) = 1 ⇔ f 0 (a) × (f −1 )0 (f (a)) = 1 ⇔ (f −1 )0 (b) =
f 0 (a)

Corollaire (Dérivée de la fonction réciproque).

Si f : I → J est une bijection dérivable sur I telle que :

∀x ∈ I, f 0 (x) 6= 0

1
alors f −1 : J → I est dérivable et (f −1 )0 =
f 0 ◦ f −1

Démonstration :
Ce corollaire est l’écriture fonctionnelle (sans x) de la propriété précédente qui est vraie en tout point a ∈ I.

Remarque. La fonction cos est une bijection de [0, π] vers [−1, 1] car cos est strictement décroissante sur
[0, π]. On note arccos sa bijection réciproque, alors :
1 1 1
arccos0 (0) = = =− = −1
cos0 (arccos(0)) − sin(arccos(0)) sin( π2 )
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V.6 LIEN ENTRE DÉRIVÉE ET SENS DE VARIATION

Théorème (Lien entre sens de variation et signe de la dérivée).

Soit f : I → R dérivable.
• La fonction f est croissante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0.
• La fonction f est décroissante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) 6 0.
• La fonction f est constante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) = 0.
• Si ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0 alors f est strictement croissante.
• Si ∀x ∈ I, f 0 (x) < 0 alors f est strictement décroissante.

Remarque. Ce résultat vous permet de dresser le tableau de variation de la fonction f .


Remarque. Si f est strictement monotone il n’est pas nécessaire que ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0.
Proposer un contre-exemple :

V.7 EXTREMUM
Définition.
Soit f : I → R.
f admet un minimum local en a ∈ I s’il existe α > 0 tel que ∀x ∈ I ∩ [a − α, a + α], f (x) > f (a).
f admet un maximum local en a ∈ I s’il existe α > 0 tel que ∀x ∈ I ∩ [a − α, a + α], f (x) 6 f (a).
Dans les deux cas, on parle d’extremum local en a.

Remarque.
Cela nous donne l’occasion de définir ce que l’on appelle un voisinage
du point a : il s’agit d’un intervalle de la forme [a − α, a + α] avec α > 0.
Pour un extremum on dit également que les valeurs de f (x) sont toujours
supérieurs (resp. inférieurs) à celle de f (a) au voisinage du point a.

Remarque. Les extremums (globaux) de f sont des extremums locaux.

Propriété (Condition nécessaire d’extremum).

Soit f : I → R dérivable en a. (a n’étant pas une extrémité de I)


Si f admet un extremum local en a ∈ I alors f 0 (a) = 0.

Remarque. Ce résultat permet de trouver les extrema locaux.

Remarque. La réciproque est fausse : si f 0 (a) = 0 alors f n’admet pas nécessairement un extremum local.
Proposer un contre-exemple :

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 18 PCSI 2021-2022


Théorème (Lien entre sens de variation et signe de la dérivée).

Soit f : I → R dérivable.
• La fonction f est croissante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0.
• La fonction f est décroissante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) 6 0.
• La fonction f est constante sur I si, et seulement si, ∀x ∈ I, f 0 (x) = 0.
• Si ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0 alors f est strictement croissante.
• Si ∀x ∈ I, f 0 (x) < 0 alors f est strictement décroissante.

Démonstration : Cette propriété sera démontrée rigoureusement lors du chapitre sur la dérivabilité.

Remarque. Si f est strictement monotone il n’est pas nécessaire que ∀x ∈ I, f 0 (x) > 0.
Proposer un contre-exemple : On peut proposer la fonction f : x 7→ x3 . En effet, f est dérivable sur R et pour

tout x ∈ R, f (x) = 3x2 > 0.


f 0 (0) = 0 mais f est strictement croissante sur R. On dit que 0 est un point d’inflexion : la dérivée s’annule
sans changer de signe et graphiquement la tangente traverse la courbe.

Propriété (Condition nécessaire d’extremum).

Soit f : I → R dérivable en a. (a n’étant pas une extrémité de I)


Si f admet un extremum local en a ∈ I alors f 0 (a) = 0.

Démonstration : Cette propriété sera démontrée rigoureusement lors du chapitre sur la dérivabilité.

Remarque. La réciproque est fausse : si f 0 (a) = 0 alors f n’admet pas nécessairement un extremum local.
Proposer un contre-exemple : La fonction f : x 7→ x3 ici encore car f 0 (0) = 0 mais pas d’extremum local en 0.
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VI UN EXEMPLE D’ÉTUDE COMPLÈTE


x3
Exemple. Faire une étude complète ainsi que le graphe de la fonction f : x 7→ .
x2 − 4

Domaine de définition
Les valeurs interdites de f sont les racines de x2 − 4 = 0 donc Df = R\ {−2, 2}.
La fonction f n’est pas périodique.
L’ensemble Df est centré en 0 et ∀x ∈ Df , f (−x) = −f (x) dont la fonction f est impaire.
On peut restreindre le domaine d’étude à R+ \ {2}. On réalisera ensuite une symétrie par rapport à l’origine O.

Fonction dérivée et variation


En tant que quotient de deux fonctions dérivables avec un dénominateur qui ne s’annule pas, la fonction f est
dérivable sur R+ \ {2} et

3x2 (x2 − 4) − x3 (2x) x2 (x2 − 12)


∀x ∈ R+ \ {2} , f 0 (x) = =
(x2 − 4)2 (x2 − 4)2

f 0 (x) est du signe de x2 − 12. C’est un polynôme du second degré. Il est du signe du coefficient de degré 2 à
l’extérieur des racines et donc :

x 0 2 12 +∞

f 0 (x) − − 0 +

0 +∞ ∞
f

−∞ f ( 12)

Limites et asymptotes
En x = 2 : 

lim x3 = 8 


x→2− donc par quotient lim f (x) = −∞.
 x→2−
lim x2 − 4 = 0−



x→2−
De même, on obtient : lim f (x) = +∞.
x→2+
Ainsi x = 2 est une asymptote verticale pour la courbe Cf .
En +∞ :
lim f (x) = +∞ donc on recherche la présence d’une asymptote oblique (potentielle) :
x→+∞
f (x) x2 x2
lim = lim 2 = lim 2 = 1 = a.
x→+∞ x x→+∞ x − 4 x→+∞ x
4x
∀x ∈ Df , f (x) − ax = 2 et lim f (x) − x = 0.
x −4 x→+∞
Donc y = x est une asymptote affine en +∞ pour la courbe Cf .

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 19 PCSI 2021-2022


Lycée de l’Essouriau Chapitre 5 - FONCTIONS D’UNE VARIABLE RÉELLE Les Ulis

Tableau de variations et graphique


Par symétrie par rapport au centre O, on peut alors obtenir le tableau de variation sur l’ensemble Df ainsi que
la représentation graphique.

x3
Graphe de la fonction f : x 7→ ainsi que ses asymptotes
x2 − 4

Fabien DÉLEN [Link]@[Link] 20 PCSI 2021-2022

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