Synergie qualité et innovation produit au Maroc
Synergie qualité et innovation produit au Maroc
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N°d’ordre NNT : 2019LYSE3020
Que Dieu bénisse sa noble âme et l’accueille dans son vaste paradis
REMERCIEMENTS
REMERCIEMENTS
Je désire remercier les professeurs Asli Amina, Roehrich Gilles et Chaouki Farid qui m’ont
fait l’honneur de faire partie de mon jury en tant que rapporteurs. Je remercie egalement le
professeur Benmoussa Mohamed Najib d’avoir accepté de présider ma soutenance et monsieur
Taibi Abderrahim de participer à l’évaluation de cette thèse en tant que suffragant.
Mes remerciements vont également à l’ensemble des responsables marocains qui ont
collaboré volontiers lors de la phase empirique de cette recherche, témoignant de leur ouverture
d’esprit envers les chercheurs et la recherche scientifique.
Je remercie mes condisciples et ami(e)s qui m’ont apporté leur support moral et intellectuel
durant mes années de thèse. Un grand merci à Mostapha El Idrissi, Jad Allah Rami, Zakaria
Lissaneddine, Jalila El Bousserghini, Widad Ahl Maatallah, Moncif Oummahya. Aussi, à tous
les doctorants du centre de recherche Magellan à l’IAE de l’université Jean Moulin Lyon 3.
Par ailleurs, mes remerciements affectueux et chaleureux s’étendent à deux chères personnes,
Hanane Dkaki et Hassan Abbad, qui m’ont donné de la force pour surmonter de nombreux
obstacles et qui ont toujours répondu présents quand j’avais besoin d’eux avec tous les moyens
qui étaient à leurs dispositions.
i
Structures de recherche
Cette thèse a été préparée dans le cadre d’une convention de cotutelle entre l’Université
Cadi Ayyad de Marrakech et l’Université Jean Moulin Lyon 3 au sein des équipes de recherche
suivantes :
ii
SOMMAIRE
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS ........................................................................................................................................ I
SOMMAIRE .................................................................................................................................................. III
LISTE DES ABRÉVIATIONS ........................................................................................................................ V
INTRODUCTION GÉNÉRALE.................................................................................................................... 1
PREMIÈRE PARTIE : ANALYSE THEORIQUE DE L’EFFET DE LA SYNERGIE ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION
PRODUIT ..................................................................................................................................................... 15
INTRODUCTION DE LA PREMIÈRE PARTIE ............................................................................................ 16
CHAPITRE I - REVUE DE LA LITTERATURE DES CONCEPTS CLÉS DE LA THÈSE ............................ 17
INTRODUCTION DU CHAPITRE I.............................................................................................................. 17
SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE ................................................................................. 18
SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE ................................................................................................. 39
SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT................................................................................................... 58
CONCLUSION DU CHAPITRE I .................................................................................................................. 77
CHAPITRE II - MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE : UNE SYNERGIE
AU PROFIT DE L’INNOVATION PRODUIT ........................................................................................... 78
INTRODUCTION DU CHAPITRE II ............................................................................................................ 78
SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE MANAGEMENT
DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT ............................................. 79
SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE ... 107
SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES
DYNAMIQUES ........................................................................................................................................... 122
CONCLUSION DU CHAPITRE II............................................................................................................... 137
CHAPITRE III - PROPOSITION D’UN MODELE CONCEPTUEL DE L’EFFET DE LA SYNERGIE
ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION
PRODUIT ................................................................................................................................................... 138
INTRODUCTION DU CHAPITRE III ......................................................................................................... 138
SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE ..................................................... 139
SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE ........................................ 145
SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE ................. 160
CONCLUSION DU CHAPITRE III ............................................................................................................. 190
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE .............................................................................................. 191
DEUXIEME PARTIE : ANALYSE EMPIRIQUE DE L’EFFET DE LA SYNERGIE ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION
PRODUIT ................................................................................................................................................... 193
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE ......................................................................................... 194
CHAPITRE IV – METHODOLOGIE DE RECHERCHE ET TERRAIN DE L’ETUDE EMPIRIQUE 195
INTRODUCTION DU CHAPITRE IV ......................................................................................................... 195
SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES.................................... 196
SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE ............. 223
iii
SOMMAIRE
iv
LISTE DES ABREVIATIONS
MQ : Management de la qualité
OM : Orientation Marché
v
INTRODUCTION GENERALE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Contexte et intérêt de la recherche
Les recherches récentes prouvent empiriquement que le MQ (ISO 9001) est une source
d'avantage concurrentiel (e.g., Elshaer & Augustyn, 2016). L’implémentation effective du MQ
(ISO 9001) est actuellement un moyen indispensable pour faire face à la pression des clients,
s’aligner avec la concurrence et faciliter l’accès à de nouvelles opportunités d’affaires. Les
bénéfices qu’elle procure aux entreprises sont principalement liés à des améliorations en termes
du marketing ainsi que des améliorations organisationnelles (Sampaio, Saraiva, & Guimarães
Rodrigues, 2009). En revanche, la grande majorité des études concluent que la mise en œuvre
des pratiques du MQ (ISO 9001) engendre une forte amélioration de la performance
organisationnelle (e.g. Aba, Badar & Hayden, 2016; Chatzoglou, Chatzoudes & Kipraios,
2015; Kharub & Sharma, 2018).
1|Page
INTRODUCTION GENERALE
cycles de vie des produits et, par conséquent, la célérité de leur obsolescence. Dans de telles
conditions, l’innovation s’était imposée comme une stratégie clé pour assurer la pérennité des
entreprises, grandes ou PME, nouvelles ou déjà établies. En particulier, le développement de
nouveaux produits est devenu une préoccupation essentielle d’une grande partie des entreprises
dans le monde, chose qui a fait de l’innovation produit la forme la plus courante de l’innovation.
Plusieurs recherches mettent en évidence que l’innovation produit est étroitement liée à la
création et le maintien de l’avantage concurrentiel (Chang, Franke, Butler, Musgrove, &
Ellinger, 2014; Langerak, Hultink, & Robben, 2004; Vázquez, Santos, & Álvarez, 2001). Par
exemple, l’innovation produit contribue à hauteur de 31% au profit des entreprises et de 32%
à leurs chiffres d’affaires (Griffin, 1997). Ces pourcentages sont plus importants dans le cas
des produits hautement innovants (radicaux) par rapport à ceux qui le sont moins
(incrémentaux). Les premiers créent de nouveaux marchés, améliorent fortement la
performance, et donc permettent un avantage concurrentiel plus durable; les deuxièmes sont
plus familiers, moins incertains, avec un taux de réussite plus élevé et donc créent un avantage
concurrentiel plutôt sur le moyen terme (Kleinschmidt & Cooper, 1991; Song & Montoya-
Weiss, 1998).
Dans le contexte marocain, les entreprises n’échappent pas à leur tour à l’impératif de la
qualité et l’innovation pour faire front à la concurrence nationale et surtout internationale. Cette
dernière est de plus en plus féroce à cause du fort engagement du Maroc dans des politiques
pour la libéralisation et l’ouverture de son économie, et ce en multipliant des accords de libre-
échange avec l’Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Turquie et nombreux pays arabes
et subsahariens.
À partir de 1995, la promotion de la qualité dans le secteur industriel marocain est passée
par plusieurs périodes, de la sensibilisation des entreprises au MQ (ISO 9001) au
développement des normes marocaines de la qualité. Depuis ce temps, il y a eu une hausse
2|Page
INTRODUCTION GENERALE
importante, quoiqu’elle reste timide en comparaison avec les pays développés, du nombre des
entreprises marocaines certifiées ISO 9001, qui est passé de 2 à 1524 entre les années 1993 et
20161.
En même temps, des progrès sont aussi à noter concernant l’innovation au Maroc depuis
l’initiative Maroc innovation en 2009. Selon le rapport de l’indice mondial de l’innovation
« Global Innovation Index » apparu le 05 juin 2017, le Maroc est classé dans la 72eme place sur
les 127 pays évalués. Il a bien amélioré son score avec 32,72 en 2017 contre 30.89 en 2013. Il
affirme sa position de leader sur l’Afrique du Nord dépassant la Tunisie (74e), l’Égypte (105e),
et l’Algérie (108e), et rejoint alors les pays les plus innovants de l’Afrique après l'Afrique du
Sud et l'Ile Maurice. Par ailleurs, le Maroc est passé à la 7 ème place après avoir été classé à la
20ème sur 52 pays qui constituent la catégorie des économies à revenu moyen inférieur 2.
Fort de constater de ces statistiques que les entreprises marocaines commencent de plus en
plus à prendre conscience de l’importance de la qualité et l’innovation produit. En revanche,
l’attention accordée à ces deux stratégies par les entreprises marocaines est bien illustrée par
les résultats de l’enquête3 réalisée en 2013 par la banque mondiale. Selon les conclusions de
cette enquête menée sur 407 entreprises marocaines tous secteurs et tailles confondus, 18.2%
des entreprises ont une certification qualité reconnue internationalement, 29.5% des entreprises
ont introduisant un nouveau produit/service, 14.3% des entreprises réservent des dépenses pour
la R&D. Avec ces pourcentages, les entreprises marocaines dépassent ceux du Moyen-Orient
et de l’Afrique du Nord.
1
Sur la base des statistiques de l’ISO (voir section 3 du chapitre 4)
2
[Link] de-
linnovation-2017 consulté le 28/02/2018.
3
[Link]
[Link] consulté le 29/06/2018.
3|Page
INTRODUCTION GENERALE
À l'inverse, le point de vue moderne rejette cette idée et suggère que la qualité et
l'innovation peuvent coexister dans un modèle d'amélioration cumulative, et les entreprises qui
atteignent l'excellence en matière de la qualité devraient également exceller dans l'innovation.
Selon Nowak (1997, p. 132) « Division of quality and innovation is, to some substantial extent,
largely theoretical, not practical. In practice, because of self-reinforcing and dual-direction
character of the impact quality management and innovation have on one another, firms seek
quality through innovation or innovate through quality improvement ». Ainsi, la qualité et
l'innovation sont deux orientations stratégiques nécessaires qui se complètent mutuellement
pour améliorer la performance et ne peuvent être mutuellement exclusives, comme le souligne
McAdam, Armstrong & Kelly (1998, p.140) « while quality is doing things better, innovation
is doing things differently ». De cette perspective, il n’existe pas de dualité entre MQ et
innovation, l’entreprise peut augmenter la variation de certains processus organisationnels lui
permettant d’explorer les besoins actuels et futurs des clients pour les combler avec des
innovations produit, tout en pouvant exploiter et conserver la stabilité et les faibles variations
d’autres processus internes pour assurer la qualité.
Partant d’une large revue de littérature, nous avons constaté que l’orientation marché (OM)
est la capacité organisationnelle la plus appropriée au MQ pour soutenir son effet sur
l’innovation produit. L’OM est la culture organisationnelle qui crée le plus efficacement les
comportements nécessaires à la création d'une valeur supérieure pour les clients et, par
conséquent, à une performance supérieure continue pour l'entreprise (Deshpande & Webster,
1989; Kohli & Jaworski, 1990; Narver & Slater, 1990).
4|Page
INTRODUCTION GENERALE
Le choix apporté au concept de l’OM trouve sa justification dans trois principaux points.
Premièrement, il a été empiriquement démontré que l’OM fait partie des déterminants
organisationnels essentiels à la performance de l’innovation produit (Atuahene-Gima, 1996a;
Evanschitzky, Eisend, Calantone, & Jiang, 2012; Henard & Szymanski, 2001).
Pour récapituler, nous nous trouvons face à trois constats issus de la littérature : (1) le MQ
peut influencer, mais d’une façon limitée, l’innovation produit, (2) l’OM est essentielle pour
l’innovation produit et (3) l’existence d’une synergie entre le MQ et l’OM. Partant de cela,
nous estimons dans le cadre de notre thèse que l’OM est la chaîne manquante dans la relation
entre le MQ et l’innovation produit.
5|Page
INTRODUCTION GENERALE
L’examen de la littérature apparue au cours des deux dernières décennies révèle que les
recherches se sont principalement focalisées sur le management de la qualité totale (TQM),
alors que moins d'intérêt a été porté au système de MQ (ISO 9001) dans le contexte de
l'innovation produit.
Bien qu’il y ait un nombre très restreint d'études qui ont examiné l'impact du MQ (ISO
9001) sur l'innovation produit, leurs résultats sont controversés. Certaines études rapportent
que le MQ (ISO 9001) influence positivement l'innovation produit (Kafetzopoulos et al., 2015;
Kafetzopoulos, Gotzamani, & Psomas, 2013; Pekovic & Galia, 2009; Refaie, Ghnaimat & Ko,
2011; Wu & Chen, 2011), car il a un ensemble de pratiques qui peuvent favoriser l'innovation.
Alors que d'autres ont trouvé que le MQ (ISO 9001) est négativement lié à l'innovation produit
(Magd & Curry, 2003; Naveh & Erez, 2004; Terziovski & Guerrero, 2014; Wei, 2010) en
raison de certaines de ses pratiques qui sont incompatibles avec l'innovation. Entre les deux, il
existe des études qui n'ont trouvé aucune relation significative entre le QM (ISO 9001) et
certains aspects de l'innovation produit (Al-Refaie, Ghnaimat & Li, 2012; Arauz & Suzuki,
2004; Bayo-Moriones, Merino-Díaz-De-Cerio, Antonio Escamilla-De-León & Mary Selvam,
2011; Huarng, 1998; Huo, Han & Prajogo, 2014; Magd, Kadasah & Curry, 2003; Pivka &
Ursic, 2002; Terziovski & Samson, 1999; Wang, 2014; Yahya & Goh, 2001; Ziegler, 2015).
Il apparaît de ces travaux qu’on ne dispose pas d’assez de soutien empirique, ou encore
théorique, pour accepter ou rejeter une hypothèse claire sur l'effet positif du MQ (ISO 9001)
sur l'innovation produit (Manders, De Vries & Blind, 2016). Une explication potentielle des
résultats controversés de la littérature peut être l’aspect multidimensionnel du MQ (ISO 9001)
et de l'innovation produit qui a été jusque-là négligé par les chercheurs. En fait, la plupart des
chercheurs ont souvent mis la lumière sur la certification ISO 9001 au détriment des pratiques
du MQ (ISO 9001), tout en considérant l’innovation produit d’une manière générale, sans pour
autant s’intéresser au degré de nouveauté du produit. Dès lors, l’impact des pratiques du MQ
(ISO 9001) sur l’innovation produit incrémentale et radicale demeure une question rarement
étudiée.
6|Page
INTRODUCTION GENERALE
Pour pallier cette limite, Narver, Slater & MacLachlan (2004) ont développé l’orientation
marché responsive (OMR) et l’orientation marché proactive (OMP), et tester leurs effets sur
l’innovation produit. Depuis l’apparition de ces deux dimensions de l’OM, différents auteurs
ont réétudié les mêmes effets dans différents contextes, en y introduisant d’autres concepts.
Malgré cela, le nombre des recherches produites dans ce sens est très réduit ne dépassant pas
une quinzaine d’études.
Les résultats de ces études se répartissent en trois courants d’effets de l’OMR et l’OMP sur
l’innovation produit, en fonction de leurs objets de recherche et des concepts pris en compte :
(i) effet direct positif (Beck, Janssens, Debruyne & Lommelen, 2011; Bodlaj, Coenders, &
Zabkar, 2012; Gotteland, Haon, & Gauthier, 2007; Zhang & Duan, 2010a) ou non-significatif
(Bodlaj et al., 2012; Narver et al., 2004; Ozdemir, Kandemir & Eng, 2017; Srivastava, Yoo,
Frankwick & Voss, 2013), (ii) effet non-linéaire (concave ou convexe) (Atuahene-Gima, Slater
& Olson, 2005; Ozdemir et al., 2017; Tsai, Chou & Kuo, 2008), (ii) effet de complémentarité
ou interaction (Chou & Yang, 2011; Yannopoulos, Auh, & Menguc, 2012). Le dernier courant
porte principalement sur les deux concepts de l’orientation innovation « innovation
orientation » et de l’apprentissage par exploration et exploitation.
7|Page
INTRODUCTION GENERALE
À ces trois gaps s’ajoutent des insuffisances liées à l’étude du MQ et l’innovation produit
dans le contexte marocain. Il existe certainement des recherches académiques qui ont porté sur
ces deux concepts au Maroc, mais rares sont celles qui ont tenté d’analyser leur relation.
D’autant plus, à notre connaissance, aucune recherche n’a étudié la relation entre l’OM
responsive et proactive avec l’innovation produit, ni encore la synergie entre MQ (ISO 9001)
et OM en liaison avec l’innovation produit.
Tous ces gaps exposés précédemment nous amènent à nous proposer d’étudier la
problématique de recherche suivante :
L’objectif général de cette recherche doctorale est d’étudier la relation associant la synergie
entre le MQ (ISO 9001) et l’OM avec l’innovation produit. Plus particulièrement, nous
voudrons déterminer si la synergie du MQ (ISO 9001) avec chaque dimension de l’OM, à
savoir l’OM responsive et l’OM proactive, favorisera respectivement l’innovation produit
8|Page
INTRODUCTION GENERALE
incrémentale et radicale. Ainsi, cette recherche vise à combler les lacunes soulevées dans la
littérature en répondant à un certain nombre de questions qui constituent nos trois axes de
recherche :
❑ Comprendre la nature de la relation qui relie, d’un côté, le MQ (ISO 9001), et d’un autre
côté l’OM responsive et proactive, avec l’innovation produit incrémentale et radicale. Quatre
questions se sont formulées à ce niveau :
• Quel est l’effet des pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) sur
l’innovation produit incrémentale et radicale ? Et qu’en est-il pour l’effet du MQ (ISO
9001), constitué par toutes ses pratiques, sur l’innovation produit incrémentale et
radicale ?
• Quel est l’effet de l’OM responsive sur l’innovation produit incrémentale ? Et aussi
l’effet de l’OM proactive sur l’innovation produit radicale ?
• Quel est l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive sur
l’innovation produit incrémentale ? Ainsi que l’effet de la synergie entre le MQ (ISO
9001) et l’OM proactive sur l’innovation produit radicale ?
• Quel est l’effet des motivations pour la certification ISO 9001 et de l’incertitude de
l’environnement sur la relation liant la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM
responsive et proactive avec l’innovation produit incrémentale et radicale ?
9|Page
INTRODUCTION GENERALE
Le fait d’étudier les relations entre le MQ (ISO 9001), l’OM et l’innovation produit dans
une seule analyse confère un caractère multidisciplinaire à notre thèse. Nous faisons
l’intégration de connaissances depuis trois domaines de recherche spécifiques à savoir le
management des opérations, le marketing management et le management de l’innovation
(Figure 1). Pour les problématiques de recherche qui s’inscrivent dans le domaine de
l’innovation, l'interdisciplinarité et la collaboration entre disciplines offrent potentiellement un
large éventail d'avantages et développent la pertinence des résultats de la recherche (Siedlok &
Hibbert, 2014).
Figure 1: Intersection des champs de recherche dans la thèse
MANAGEMENT DE
L'INNOVATION
Innovation produit
MANAGEMENT MARKETING
DES MANAGEMENT
OPERTATIONS
Orientation
Management de la marché
qualité (ISO 9001)
Pour bien cadrer théoriquement notre problématique de recherche, nous nous sommes
appuyés sur les travaux qui ont mobilisé le concept de la synergie, ou des concepts connexes
comme la complémentarité. Aussi, nous avons essentiellement utilisé deux théories, à savoir
la théorie des systèmes sociotechniques et la théorie des capacités dynamiques.
À partir des travaux d’Anssof (1965) et Milgrom & Roberts (1990, 1995, 1991), nous
définissons la synergie comme « la complémentarité, ou l’interaction, entre au moins deux
ressources, capacités, activités, unités organisationnelles, ou entreprises de sorte que leurs
effets combinatoires soient supérieurs à la somme de leurs effets individuels ». Notre recherche
se focalise principalement sur la synergie pour la performance aux dépens de la synergie dans
la pratique (Ballot, Fakhfakh, Galia & Salter, 2015; Hullova, Trott, & Simms, 2016). De cette
forme de synergie, nous analysons si le MQ (ISO 9001) et l’OM pourraient avoir des effets
combinatoires sur l’innovation produit supérieurs à leurs effets individuels. Cependant, nous
ne nous intéressons pas à la synergie dans la pratique qui ne prend pas en compte les retombées
de la synergie, et porte uniquement sur l’analyse des interdépendances mutuelles entre le MQ
(ISO 9001) et l’OM, de telle façon que l’usage d'un requiert souvent la présence de l’autre.
10 | P a g e
INTRODUCTION GENERALE
Parmi les objectifs de notre recherche est de tester l’effet des pratiques sociales et
techniques du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit incrémentale et radicale. Pour fonder
cette distinction de pratiques, nous avons fait recours à la théorie des systèmes sociotechniques.
Cette théorie stipule que l’entreprise est constituée par l’interaction entre les personnes (le
système social) et les outils, techniques et connaissances qu’elles utilisent (le système
technique) afin de maximiser l’efficacité organisationnelle et produire des biens/services
valorisés par les clients (Griffith & Dougherty, 2001; Hendrick, 1997). À la lumière de cette
théorie, le MQ (ISO 9001) est un modèle multidimensionnel qui se construit selon la même
logique en incorporant des pratiques sociales et techniques. Les pratiques sociales du MQ (ISO
9001) se rapportent à son aspect socio-humain, alors que les pratiques techniques se réfèrent
aux outils et méthodes d’amélioration de la qualité.
Nous avons bâti notre réflexion quant à l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et
l’OM sur l’innovation produit sur la théorie des capacités dynamiques. Les capacités
dynamiques sont un sous-ensemble de compétences/capacités qui permettent à l'entreprise de
créer de nouveaux produits et processus et de réagir aux conditions changeantes du marché
(Teece & Pisano, 1994). Selon cette théorie, la complémentarité entre les capacités
organisationnelles est un facteur clé conduisant à une performance supérieure de l’innovation
produit (Moorman & Slotegraaf, 1999; Song, Droge, Hanvanich, & Calantone, 2005).
Plusieurs études ont reconnu que les capacités dynamiques, à la fois du point de vue
technologique et du marché, sont cruciales pour le développement et la réussite des nouveaux
produits (Danneels, 2002; Danneels & Kleinschmidt, 2001; Teece, Pisano, & Shuen, 1997). De
notre part, nous considérons le MQ (ISO 9001), l’OM et l’innovation produit comme des
capacités dynamiques, et nous concevons la synergie entre MQ (ISO 9001) et l’OM comme
une méga-capacité dynamique susceptible de soutenir l’innovation produit.
Pour ce faire, nous avons tout d’abord commencé par des revues systématiques de
littérature pour mieux cerner notre sujet de recherche, savoir ce qui a déjà été fait par rapport à
notre problématique, comment cela a été étudié et quelles sont les principales limites des
recherches antérieures. Dans cette optique, nous sommes partis de la littérature existante afin
11 | P a g e
INTRODUCTION GENERALE
En ce qui concerne sa mise en œuvre, la recherche a été faite en suivant une approche mixte
séquentielle exploratoire à dominance quantitative (Johnson & Onwuegbuzie, 2004; Creswell,
2014). Dans un premier temps, nous avons commencé par une étude qualitative exploratoire.
Dans cette phase de la recherche, un total de 14 entretiens semi-directifs avec des experts
marocains en qualité et innovation, ainsi que des responsables dans des entreprises marocaines.
Le but de cette étude qualitative exploratoire n’est pas de répondre à notre problématique, mais
plutôt de l’explorer et d’en développer une première compréhension dans le terrain de
recherche marocain. C’était un moyen pour découvrir, ou faire émerger, de nouvelles variables,
qui nous semble être pertinentes, à intégrer dans notre modèle conceptuel avant de procéder à
son test par une étude quantitative.
Dans un deuxième temps, nous avons réalisé une étude quantitative par questionnaire auto-
administré aux propriétaires-dirigeants, responsables qualité et R&D de 130 entreprises
marocaines. Cet échantillon est composé d’entreprises de différentes tailles (PME et grandes),
opérant dans différents secteurs. Toutes ces entreprises sont certifiées ISO 9001 :2008 et ayant
introduit de nouveaux produits sur le marché durant ces cinq dernières années. En tant que
phase principale de notre thèse, le but de l’étude quantitative est d’apporter une réponse à la
problématique de recherche en procédant au test des hypothèses constituant notre modèle
conceptuel de recherche.
S'agissant de la méthode statistique utilisée pour tester nos hypothèses de recherche, nous
avons choisi la modélisation par les équations structurelles selon l’approche PLS. Cette
approche est plus recommandée en raison de son degré élevé de précision et fiabilité lorsque
le chercheur dispose d’un échantillon relativement petit (< 200 observations). Parmi les
avantages qu’offre cette approche est sa forte capacité à tester des relations structurelles
complexes. Elle nous permet de créer un nouveau construit d’ordre supérieur composé des
variables du MQ (ISO 9001) et de l’OM pour opérationnaliser la synergie et tester son effet sur
l’innovation produit.
La structure de notre thèse s’articule en deux parties, chacune constituée de trois chapitres
(Figure 2). Nous préciserons ci-dessous le contenu relatif à chaque partie.
La première partie abordera les fondements théoriques sur lesquels s’établit notre recherche.
12 | P a g e
INTRODUCTION GENERALE
▪ Le chapitre III commence par esquisser le trajet parcouru durant notre réflexion pour
aboutir à la formulation de la problématique de recherche (Section 1), avant de s’étaler sur le
développement des hypothèses qui fondent notre modèle conceptuel initial (Section 2). Après,
il présentera les résultats de l’étude qualitative exploratoire menée pour contextualiser ce
dernier (Section 3).
▪ Le chapitre V concerne l’analyse du modèle de mesure des concepts étudiés dans notre
recherche. Il exposera la démarche et les résultats de l’analyse exploratoire (Section 1) et
l’analyse confirmatoire (Section 2) des différentes échelles de mesurer adoptées pour
l’opérationnalisation de ces concepts.
13 | P a g e
INTRODUCTION GENERALE
CHAPITRE II - MANAGEMENT DE LA
CHAPITRE I - REVUE DE LA
QUALITE ET ORIENTATION MARCHE
LITTERATURE DES CONCEPTS CLÉS : UNE SYNERGIE AU PROFIT DE
DE LA THÈSE L’INNOVATION PRODUIT
CHAPITRE VI - PRESENTATION ET
DISCUSSION DES RESULTATS
14 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE : ANALYSE THEORIQUE DE L’EFFET DE LA SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET
ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION PRODUIT
15 | P a g e
INTRODUCTION DE LA PREMAIERE PARTIE
Malgré la proximité conceptuelle apparente entre le MQ et l’OM soulevée par les auteurs
(Day, 1994; Maletič et al., 2014; Mele, 2007; Mohr-Jackson, 1998a; Yam et al., 2005), il est
surprenant que leur intégration dans la littérature soit très faible. De plus, la littérature de
l’innovation ne fait pas l’objet d’une focalisation sur l’analyse du MQ et OM simultanément,
bien qu’ils soient tous les deux considérés comme des antécédents de l’innovation produit.
Dans cette perspective, il nous a paru important de prédestiner cette première partie de la thèse
à l’analyse théorique à la question de la synergie entre MQ et OM en relation avec l’innovation
produit.
Cette première partie est scindée en trois chapitres. Dans un premier chapitre, nous
proposons une revue de la littérature permettant d’appréhender les concepts clés de la thèse, à
savoir le MQ, l’OM et l’innovation produit. Nous consacrerons le second chapitre à une
esquisse théorique de la relation entre la synergie MQ-OM et l’innovation produit. Enfin, dans
un troisième chapitre, nous explicitons la construction du modèle conceptuel de la recherche
mettant en avant l’effet de la synergie entre le MQ et l’OM sur l’innovation produit.
16 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - INTRODUCTION DU CHAPITRE I
La deuxième section scrutera l’OM. Tout d’abord, nous expliquerons la naissance de l’OM
comme progéniture du concept marketing. Il s’agit de soulever les principales limites et
insuffisances du concept marketing qui étaient derrière la genèse de l’OM. Nous poursuivrons
par une analyse des différentes conceptions de l’OM faites par les auteurs les plus cités dans la
littérature du marketing management. L’appréhension des significations du concept de l’OM
nous amènera à s’interroger sur ses approches théoriques. Quoiqu’il existe plusieurs approches
et modèles théoriques, tous trouvent leurs origines dans deux approches qui dominent la
littérature du Marketing, à savoir l’approche culturelle de Narver & Slater (1990) et l’approche
comportementale de Kholi & Jaworski (1990). Ces deux approches seront abordées en
exposant leurs conceptions de l’OM et les dimensions qui lui attribuent.
17 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Depuis les réflexions initiées par Socrate, Platon, Aristote et d'autres philosophes grecs, la
signification de la Qualité reste, et restera, une question d’ordre philosophique pour laquelle il
n’existe pas une réponse absolument exacte. Un peu comme la beauté, la qualité est une notion
nébuleuse difficilement appréhendable, car, elle est perçue différemment par chaque individu.
Les jugements qu’on peut lui porter sont dominés par des préférences uniques et personnelles
en fonction des situations, des conditions ou d’environnements (Reeves & Bednar, 1994).
Dans le monde des affaires, il n'y a pas une seule définition acceptée de la qualité. Nous
nous ne prétendons pas pouvoir proposer une définition complète de ce concept ni de faire une
compilation exhaustive de toutes ses définitions, seulement nous allons l’éclaircir en partant de
ses principales définitions et approches qui reviennent assidûment dans la littérature.
D’un point de vue institutionnel, l’American Society for Quality (ASQ) associe la qualité
à l'excellence des biens et services, dans la mesure où ils sont conformes aux exigences des
clients et satisfaisant leurs besoins (Purushothama, 2004). Également, la dernière version de la
norme ISO 9000 :2015 considère la qualité comme « l’aptitude d’un ensemble de
caractéristiques intrinsèques d’un objet à satisfaire des exigences » (ISO 9000, 2015, p. 25).
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Le point focal de la définition de Shewart et Ishikawa est la valeur que la qualité crée pour
le client. Taguchi met la notion de perte au cœur de sa définition de la qualité. Cette notion est
associée à toute perte en termes de part du marché incluant, par exemple, le mécontentement
du client, les coûts de garantie supplémentaires, la mauvaise réputation de l’entreprise etc.
Selon la définition de Crosby, la qualité implique que les exigences du client soient
documentées, et que les conformités à ces exigences soient étudiées et mesurées par la suite
(Fox, 1993). Toutes ces définitions sont à considérer ensemble du fait qu’elles sont
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
complémentaires et chacune soulève un point particulier qui est seulement implicite pour les
autres.
La qualité a été donc définie selon différentes perspectives. De nombreux auteurs ont
essayé de mener des analyses comparatives des différentes définitions avancées par les gourous
du mouvement de la qualité pour les synthétiser en diverses approches (Cravens, Holland,
Lamb, & Moncrief, 1988; Garvin, 1984; Reeves & Bednar, 1994; Seawright & Young, 1996;
Sebastianelli & Tamimi, 2002). Dans ce sens, Garvin (1984) a identifié cinq principales
approches pour définir la qualité. Il s’agit de l’approche transcendantale, l’approche basée sur
le produit, l'approche basée sur l'utilisateur, l'approche basée sur le manufacturing et
l’approche basée sur la valeur. Similairement, en remontant dans l’histoire de la qualité,
Reeves & Bednar (1994) ont identifié quatre approches pour clarifier la Qualité : la qualité
comme excellence, la qualité comme valeur, la qualité comme conformité aux spécifications,
la qualité comme réponse et/ou dépassement des attentes des clients. Dans son livre, Tapiero
(1996) base aussi la définition de la qualité sur cinq approches qui sont : la qualité est la
recherche de l'excellence, la qualité est de faire mieux, la qualité est dans l'œil du client, la
qualité est la preuve du pudding4 et la qualité est la valeur ajoutée.
Seawright & Young (1996) ont repris les approches proposées par Garvin (1984) pour
organiser les différentes définitions de la qualité en sept grandes approches : l’approche
transcendantale, l'approche basée sur le manufacturing, l’approche basée sur le produit,
l'approche basée sur l'utilisateur, l’approche basée sur la valeur, l’approche
multidimensionnelle et l’approche stratégique. Ces auteurs stipulent que toutes ces approches
ne fonctionnent pas de manière indépendante, mais elles sont en interaction et contribuent
conjointement à la position concurrentielle de l’entreprise.
Cette multitude d’approches rend difficile d’aboutir à une définition globale de la qualité,
et montre que ce concept est à la fois objectif et subjectif et repose sur la différenciation des
produits/services, sur la substitution, ainsi que sur la perception et l'hétérogénéité des
clients/consommateurs (Tapiero, 1996). D’après Shewhart (1931), il existe un besoin dans la
littérature pour une distinction entre les mesures objectives et subjectives de la Qualité, il
avance que « from the viewpoint of control of quality in manufacture, it is necessary to establish
standards of quality in a quantitative manner…This does not mean, however, that the subjective
measure is not of interest. On the contrary, it is the subjective manner that is of commercial
interest » (Fundi et al., 2017, p. 11).
4
la vraie valeur ou la qualité de quelque chose, comme on la voit quand elle est expérimentée, essayée ou mise à
profit. Par exemple, la preuve du pudding pour un produit est ce que les clients en disent.
20 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
De notre côté, en se référant à Seawright & Young (1996), nous synthétisons les différentes
approches pour définir la qualité sous forme d’une grille composée de deux continuums
considérant en même temps la qualité d’un point subjective/objective et interne/externe (Figure
3). Le but de cette grille est de permettre une vue intégrative du concept de la qualité et
simplifier sa compréhension.
Comme déjà signalé, il est très difficile d’aboutir à une définition précise de la qualité qui
embrasse toutes ses diverses approches. Pour prendre une position, nous avons choisi d’adopter
la définition de la Qualité proposée par la norme ISO 9001 :2015, car notre travail de thèse
s’intéresse à l’étude du MQ pris particulièrement dans le cadre de la norme ISO 9001. Nous
estimons qu’il serait plus adéquat de définir la Qualité selon la perspective de ce standard qui
connaît un large consensus tant du côté des académiciens que des praticiens
Dans cette définition, le terme objet englobe tout ce qui peut être perçu ou conçu, allant par
exemple du MQ lui-même au produit final.
21 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
SUBJECTIVE
Figure 3: Grille des approches des définitions de la qualité
L’approche transcendantale : la qualité synonyme « d’excellence innée »
est considérée comme une propriété simple, impossible à analyser, que les
gens apprennent à reconnaître uniquement à travers l'expérience. Les
exemples incluent l'art, la musique et les arts de la scène (Cravens et al.,
1988; Garvin, 1984; Reeves & Bednar, 1994; Sebastianelli & Tamimi,
2002).
L’approche stratégique :
reflète les bénéfices L’approche
. basée sur l’utilisateur : cette définition est basée sur la
stratégiques qui résultent de satisfaction ou le dépassement des besoins et attentes des clients (Reeves &
la qualité des produits et Bednar, 1994). Les produits qui satisferont le mieux leurs préférences sont
services (Garvin, 1988; ceux qu'ils considèrent comme ayant la plus haute qualité (Garvin, 1984).
Seawright & Young, 1996).
.
L’approche basée sur la valeur : définit la qualité en termes de coûts
et de prix. Le consommateur considère souvent la qualité par rapport au
prix (Sebastianelli & Tamimi, 2002). En fait, la valeur la plus élevée est
L’approche multidimensionnelle : atteinte quand un produit de qualité fournit des performances, ou une
dans cette approche, divers aspects conformité, acceptables à un prix convenable (Cravens et al., 1988;
de la qualité des produits/services Garvin, 1984).
sont combinés d’une manière
INTERNE multidimensionnelle comme dans EXTERNE
les travaux de Garvin (1987, 1984)
et Parasuraman, Berry & Zeithaml
(1991).
.
L’approche basée sur le manufacturing : la qualité est considérée L’approche basée sur le produit : cette définition est très différente, car elle
comme le résultat des pratiques d'ingénierie et de fabrication, considère la qualité comme une construction précise et objectivement mesurable.
conformément aux spécifications et exigences (Garvin, 1984; La qualité est en effet reflétée par la somme des ingrédients, caractéristiques, ou
Seawright & Young, 1996; Sebastianelli & Tamimi, 2002). attributs possédés par un produit/service (Cravens et al., 1988; Garvin, 1984;
Seawright & Young, 1996).
.
OBJECTIVE
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Les systèmes de MQ ont évolué rapidement durant ces dernières années. Leurs
développements peuvent être classés en époques de la Qualité (Garvin, 1987). Les activités
d’inspection ont été complétées, voire remplacées, par le contrôle de la qualité. Ensuite,
l'assurance qualité a été affinée et développée sous forme de normes/standards qualité.
Actuellement, la plupart des entreprises, qui appliquent l’assurance et l’amélioration continue
de la qualité dans tous les niveaux organisationnels, cherchent à atteindre le management de la
qualité totale (TQM) et l'amélioration des processus stratégiques (Dale, Bamford & Wiele,
2016).
Comme identifié dans la figure 4, l’évolution de la Qualité peut être hiérarchisée en quatre
époques assez distinctes: l'inspection de la qualité, le contrôle de la qualité, l'assurance la
qualité et le TQM (Dale, 2003). L’idée essentielle à tirer de cette représentation est que le MQ
est passé d'un exercice tactique réactif avec une focalisation très étroite sur le produit
uniquement, à un élément essentiel de la stratégie de l’entreprise englobant toutes ces fonctions
organisationnelles (De Burca & Fynes, 2000).
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
À travers l’inspection de la qualité, les produits finaux sont inspectés uniquement en aval
de la chaîne de production, comme une étape de travail supplémentaire et finale, les unités
défectueuses ou imparfaites peuvent être mises au rebut ou retravaillées (Dale et al., 2016;
Gillet-Goinard & Seno, 2012). Cependant, dans ce contexte de production de masse,
l’inspection qualité a rencontré un problème majeur lié aux coûts qu’elle engendre. D’un côté,
produire à grande échelle entraîne une grande quantité de pièces défectueuses suite à
l’augmentation du risque d’erreur dans le processus de production. D’un autre côté,
l’augmentation du volume des pièces produites demande plus d’inspection et l’embauche de
plus d’inspecteurs.
Les méthodes statistiques et leur application dans l'amélioration de la qualité ont eu une
longue histoire. En 1924, Walter A. Shewhart, du Bell Telephone Laboratories, a développé le
concept du tableau de contrôle statistique, qui est souvent considéré comme le début formel du
contrôle statistique de la qualité (Montgomery, 2009). En plus, l'avènement de la seconde
guerre mondiale a généré une grande recrudescence de l'activité industrielle et la nécessité de
produire de gros volumes de produits, en particulier dans le secteur d’armement, à un niveau
de qualité cohérent et acceptable (De Burca & Fynes, 2000). L'expérience en temps de guerre
a montré que des techniques statistiques étaient nécessaires pour contrôler et améliorer la
qualité des produits (Montgomery, 2009). Cette période a connu une utilisation accrue des
concepts statistiques de contrôle de la qualité dans les industries manufacturières. Afin d'assurer
un bon niveau de la qualité, le département de la guerre des États-Unis (The United States War
Department) a créé un comité chargé pour rédiger des normes dans ce domaine qui ont
considérablement amélioré la qualité de la production (De Burca & Fynes, 2000).
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Avec l’introduction des méthodes statistiques comme les tables d'échantillonnage et les
tableaux de contrôle, les entreprises ne se contentaient plus d’inspecter la qualité et réagir, mais
plutôt de contrôler la qualité et de prendre les bonnes décisions qui y sont liées, et ce par la
définition de la qualité voulue par les clients cibles, l’évaluation de la conformité, prendre des
mesures correctives là où tout écart est noté et la planification de l'amélioration de la qualité
(Monard, 1993).
25 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
L’ISO 9001 est une norme internationale générique contenant les exigences minimales pour
établir et maintenir un SMQ. Ce dernier permet la restructuration de l’organisation, détermine
les responsabilités des intervenants dans chacun de ses processus et les ressources dont ils ont
besoin pour fournir de manière cohérente des produits satisfaisant les exigences légales et
réglementaires du client. Les organisations qui adoptent un SMQ peuvent obtenir une
certification attestant qu’elles fonctionnent selon un système de management conforme aux
exigences de la norme de la qualité ISO 9001. Toutefois, la certification ISO 9001 ne garantit
pas qu’une organisation certifiée ISO 9001 a automatiquement une bonne qualité de produit,
ou que la qualité de ses produits/services est meilleure des autres organisations. En fait, il est
possible que les produits ou services d'une organisation certifiée ne soient pas d'une aussi bonne
qualité, mais d'une qualité convenable et constante (Singels, Ruël, & van de Water, 2001).
Entre 1987 et 2015, la norme ISO 9001 a connu cinq révisions majeures. Toutefois, durant
la période 2000-2008, le SMQ selon la norme ISO 9001 était fondé sur huit 6 grands principes
qui peuvent être utilisés comme une base pour guider l'amélioration de la performance d'une
organisation (Figure 5). Constituant le fondement conceptuel du portefeuille ISO des normes
du MQ, ils ont été élaborés à partir des techniques de divers gourous du mouvement de la qualité
et ont été normalisés et actualisés par des experts internationaux de l'ISO/TC 176, responsables
de l'élaboration et du maintien des normes du MQ de l'ISO. Il s’agit du principe du leadership,
focalisation sur le client, implication du personnel, l’approche processus, amélioration
continue, management de la qualité par approche système, approche factuelle pour la prise de
décision, et relations mutuellement bénéfiques avec les fournisseurs. Nous allons expliquer en
détail chacun de ces principes un peu plus loin.
5
International Organization for Standardization (ISO), crée le 23 février 1947à Londres en Royaume-Uni, est un
organisme comprenant les représentants d'organisations nationales chargées de normalisation dans 165 pays, et
qui a comme but de produire et développer des standards industriels et commerciaux internationaux baptisés
normes ISO.
6
La nouvelle version 2015 de la norme ISO 9001 se base sur sept principes au lieu de huit : Leadership, Orientation
client, Implication du personnel, Approche processus, Amélioration, Prise de décision fondée sur des preuves,
Management des relations avec les parties intéressées.
26 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
IMPLICATION DU
LEADERSHIP
PERSONNEL
AMELIORATION
CONTINUE
SUPPLY CHAIN
Figure 6: Représentation des dix chapitres de la nouvelle structure commune des normes de
système de management, selon le PDCA
Ces trois principes de base sont simples et évidents, mais ils ne sont pas suffisants pour
orienter les organisations à mettre en œuvre les pratiques nécessaires du TQM. Plusieurs auteurs
ont tenté de proposer des opérationnalisations valides de ces pratiques (e.g., Flynn, Schroeder,
& Sakakibara, 1994; Saraph, Benson, & Schroeder, 1989). Généralement, ils empruntent les
six pratiques développées par le modèle “Malcolm Baldridge National Quality Award
(MBNQA)”. Ce modèle est largement utilisé par les entreprises en Europe, États-Unis, Japon,
et Australie (Samson & Terziovski, 1999), et ses six pratiques peuvent être utilisées pour
évaluer les améliorations de la qualité dans différents types d’entreprises (Hart & Schlesinger,
1991). Aussi, selon Prajogo & Sohal (2004), les pratiques assemblées dans ce modèle sont
acceptées par beaucoup de chercheurs par exemple Juran (1995), Evans & Lindsay (1999),
Ahire et al. (1995) et Dean & Bowen (1994).
En examinant les différentes pratiques les plus attribuées au TQM par de nombreux
chercheurs, El Manzani, Sidmou & Cegarra (2017) ont dressé les sept pratiques décrites dans
le tableau 2.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
29 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
naissance à la TSST. Selon Katz & Kahn (1978), le déterminisme technologique indique que la
technologie est le facteur causal majeur qui affecte les attributs organisationnels, les activités
intra-organisationnelles et les comportements inter-organisationnels (Griffith & Dougherty,
2001). Cette théorie fournit des points de vue critiques pour comprendre les relations entre les
conditions socio-psychologiques des personnes avec la technologie et les résultats
organisationnels (von Bertalanffy, 1969).
L’entreprise, en tant que deux systèmes social et technique, produit à la fois des produits
physiques et des résultats socio-psychologiques (Appelbaum, 1997). De cette considération,
l'objectif de la TSST est d’aboutir à une optimisation conjointe, équilibrée et synergique entre
les besoins et valeurs des membres de l’organisation et les exigences techniques, afin que ces
deux systèmes produisent des résultats plus positifs (Bostrom & Heinen, 1977; Griffith, Fuller,
& Northcraft, 1998).
3.2. Les pratiques du management de la qualité (ISO 9001) selon la théorie des
systèmes sociotechniques
Il existe une étroite connexion entre le MQ et la TSST en raison des convergences entre
leurs cadres théoriques (Manz & Stewart, 1997). Lawler (1992) note que tous les deux
favorisent la compétence technique et la participation des employés en tant que parties
intégrantes d'un effort de changement organisationnel (Manz & Stewart, 1997). Shani & Mitki
(1996) ont identifié certaines similarités entre MQ (TQM) et TSST, ils expliquent que les deux
perspectives :
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Tout comme le TQM, le MQ (ISO 9001) peut aussi se construire selon la même logique et
incorporer les caractéristiques des modèles organisationnels sociaux et techniques, puisque la
norme ISO 9001 et le TQM sont intimement liés partageant plusieurs aspects communs
(Martínez-Costa, Choi, Martínez, & Martínez-Lorente, 2009; Terziovski & Guerrero, 2014).
En particulier, la norme ISO 9001 est considérée comme un tremplin pour mettre en œuvre, et
compléter, le TQM (Anderson, Daly, & Johnson, 2009; Antony, Leung, Knowles, & Gosh,
2002; Gotzamani & Tsiotras, 2002; Magd & Curry, 2003; Quazi & Padibjo, 1997).
31 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
indépendamment l’un de l’autre (Power & Singh, 2007). Similairement, Jayaram, Ahire &
Dreyfus (2010) soutiennent que la conception du SMQ (ISO 9001) englobe collectivement un
mélange sociotechnique de pratiques. En notant la forte interdépendance entre les pratiques du
système du MQ (Flynn, Schroeder, & Sakakibara, 1995; Kaynak, 2003), l’efficacité d’un tel
système au sein de l’organisation est déterminée par toutes ses pratiques et pas d’une partie
d'entre elles. De ce fait, les pratiques du MQ (ISO 9001) sont complémentaires et leurs effets
synergiques, les plus importants, ne sont générés que lorsqu'elles sont intégrées en tant qu’un
système complet (Camisón & Puig-Denia, 2016). Selon la TSST, les diverses pratiques sociales
et techniques du MQ (ISO 9001) interagissent les unes avec les autres, et leurs variances
conjointes assurent une amélioration efficace de la performance de la qualité (Dow, Samson, &
Ford, 2009; Hackman & Wageman, 1995; Zu, 2009).
De nombreux auteurs ont adopté cette dichotomie des systèmes sociaux et techniques pour
étudier les pratiques de MQ par rapport à la performance (Cho, Jung, & Linderman, 2017;
Flynn, Schroeder, et al., 1995; Rahman & Bullock, 2005). D'autres l'ont utilisé dans des
questions liées à l'innovation (Abrunhosa & Moura E Sá, 2008; Escrig-Tena, Segarra-Ciprés,
García-Juan, & Beltrán-Martín, 2018; Feng, Prajogo, Chuan Tan, & Sohal, 2006; Lakhal, Pasin,
& Limam, 2006; Prajogo & Sohal, 2004; Zeng, Anh Phan, & Matsui, 2015). Cependant, les
pratiques sociales et techniques du MQ ont été largement étudiées pour le TQM. Hormis
Bakotić & Rogošić (2015), pratiquement aucune recherche n'a adopté cette taxonomie pour le
MQ (ISO 9001).
Notre thèse suit Bakotić & Rogošić (2015) et considère les huit principes7 du MQ (ISO
9001) en deux dimensions de pratiques : les pratiques sociales (i.e. leadership, focalisation sur
le client, implication du personnel, relation mutuellement bénéfique avec les fournisseurs)
considérées comme un sous-système social et les pratiques techniques (approche processus,
management par approche système, amélioration continue, approche factuelle pour la prise de
décision) comme un sous-système technique. Les raisons pour lesquelles nous adoptons cette
distinction sont qu’une grande majorité des recherches mesure le MQ (ISO 9001) par
l’obtention de la certification ISO 9001. Une telle optique assez réductrice peut entraîner des
biais dans les résultats dans la mesure où la Qualité est un concept multidimensionnel, et le MQ
est une philosophie holistique du management, comprenant différentes pratiques liées chacune
à un aspect bien particulier de la qualité. De plus, il est important de définir le MQ (ISO 9001)
en termes de pratiques sociales et technique afin de résoudre les controverses dans la littérature
7
Nous remplaçons le mot principes par pratiques du fait que chaque principe est déployé à travers un ensemble
d'activités organisationnelles. Nous supposons qu'ils peuvent être étudiés comme un ensemble de pratiques. Cette
idée peut être trouvée dans la définition de Dean & Bowen (1994, p. 396) donnée au TQM « set of mutually
reinforcing principles, each of which is supported by a set of practices and techniques ».
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
quant à la relation entre le MQ et l’innovation, car les différentes pratiques du MQ (ISO 9001)
peuvent présenter des effets différentiels sur l’innovation produit.
Dans notre thèse, les pratiques sociales du MQ (ISO 9001) comprennent les pratiques
relatives au leadership, la focalisation sur le client, l’implication du personnel et les relations
mutuellement bénéfiques avec les fournisseurs (Bakotić & Rogošić, 2017).
[Link]. Leadership
La Fondation Européenne pour le Management par la Qualité (EFQM, 1999) définit un
leader comme « the people who coordinate and balance the interests of all who have a stake in
the organization, including the executive team, all other managers and those in team leadership
positions or with a subject leadership role » (McCarthy, 2005, p. 218). L'engagement de la
haute direction a été identifié comme l'un des principaux facteurs d’une mise en œuvre réussie
du MQ. Cette mise en œuvre est presque impossible sans le rôle du leadership de la haute
direction pour assister le changement organisationnel et culturel de l’entreprise qui
accompagnent l’intégration des principes de la Qualité (Kaynak, 2003).
33 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
Rungtusanatham, 1994; Conca, Llopis, & Tari, 2004; Rao et al., 1997). Dès lors, l’engagement
de la haute direction envers la qualité doit se manifester par des actions réelles visant à établir
des objectifs qualité concis, prioriser la qualité en tant qu’orientation stratégique, allouer des
ressources adéquates aux efforts d'amélioration continue de la qualité et évaluer la performance
qualité (Ahire, Golhar, & Waller, 1996; Saraph et al., 1989).
34 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
méthodes et techniques liées à la qualité (Ahire & Dreyfus, 2000; Conca et al., 2004; Saraph et
al., 1989). Une formation appropriée développe le niveau de maîtrise du travail, la réduction
des erreurs, la satisfaction au travail et l’amélioration du travail d’équipe. En effet, un employé
bien formé a tendance à travailler efficacement et s’investir plus dans les efforts
organisationnels de la Qualité (Kim et al., 2012), en ayant plus de responsabilités, un sentiment
d’autonomie dans la prise de décision et moins de dépendance hiérarchique (Manders et al.,
2016).
Au niveau collectif, la Qualité est l’affaire de tout le monde au sein de l’organisation. Les
différentes fonctions doivent travailler en équipe dans le but d’atteindre les objectifs qualité et
empêcher de mettre les besoins d'une sous-unité organisationnelle en avance sur les besoins de
l'entreprise (Dean & Bowen, 1994). Effectivement, l’instauration d’une culture
organisationnelle de coopération est essentielle pour créer un environnement de travail
caractérisé par des interactions coordonnées et synergiques entre les diverses composantes
humaines (Ahire et al., 1995). Dans un tel environnement, les employés sont aptes à travailler
plus efficacement et apporter des idées qui améliorent les processus qualité (Anderson et al.,
1995; Flynn, Schroeder, et al., 1995; Spector & Beer, 1994).
L’entreprise ne peut accroître son niveau de qualité que si elle noue une relation à long
terme, marquée par la confiance et la fidélité, avec un petit nombre de bons fournisseurs (Trent
& Monczka, 1999). Le fait que l’entreprise travaille avec des fournisseurs bien distingués les
encourage à s’impliquer sérieusement dans des équipes de co-développement des produits
(Kaynak, 2003; Kim et al., 2012), participer à la résolution des problèmes de la qualité (Cooper
& Ellram, 1993) et proposer des informations clés sur les composants potentiels des produits et
sur les changements de la demande des clients (Kim et al., 2012). L'amélioration des relations
avec les fournisseurs non seulement améliore la qualité, réduit le temps et les coûts de
l’entreprise, mais aussi augmente la performance des fournisseurs (Tarí et al., 2007). La
sélection des fournisseurs sur la base de la qualité les motive à apporter des améliorations
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
continues dans leurs niveaux de qualité (Flynn et al., 1994). Aussi, l’entreprise peut travailler
avec eux pour les aider à développer leurs pratiques qualité (Hackman & Wageman, 1995;
Sadikoglu & Zehir, 2010).
Après avoir expliqué les quatre pratiques qualité qui entrent dans le cadre du modèle social
du MQ (ISO 9001), nous passons à la discussion des pratiques qui composent le modèle
technique.
Les pratiques techniques sont aussi désignées sous les termes pratiques
comportementalistes (Kekale & Kekale, 1995), pratiques hard (Fotopoulos & Psomas, 2009;
Lewis et al., 2006; Rahman & Bullock, 2005; Wilkinson, 1992; Yunis et al., 2013; Zhang,
Wang, & Gao, 2017), ou pratiques de base (Flynn, Schroeder, et al., 1995; Zu, 2009). Les
pratiques techniques du MQ mettent l'accent sur les règles, la formalité, la conformité, la
discipline, la stabilité et la standardisation (Bourke & Roper, 2017). Elles reposent
essentiellement sur un système de contrôle pour réduire les défauts et les variations des
processus et des produits afin de répondre à des exigences de production bien établies et
respecter les normes de la qualité (Dow et al., 2009; Flynn, Schroeder, et al., 1995; Naor,
Goldstein, Linderman, & Schroeder, 2008; Powell, 1995; Prajogo & Sohal, 2004; Sitkin &
Sutcliffe, 1994). Le contrôle qu’engagent les pratiques techniques implique l'utilisation
extensive de méthodes scientifiques et d'outils statistiques (Abdallah, 2013; Flynn, Schroeder,
et al., 1995; Sousa & Voss, 2002).
Désormais, les pratiques techniques que nous distinguons se déclinent en quatre pratiques
qui sont l’approche processus, le management par approche système, l’amélioration continue
et l’approche factuelle pour la prise de décision.
L’approche processus repose sur l’idée que la qualité de l’entreprise réside dans la gestion
efficace de l’interaction entre les différents processus organisationnels (Kim et al., 2012). Dans
un but d’améliorer en permanence la qualité, elle cherche à réduire continuellement les cycles
de temps et les variations dans tous les processus de l’entreprise, ou de s’assurer qu’ils sont
maintenus à des limites acceptables (Anderson & Rungtusanatham, 1994; Anderson et al.,
1995; Deming, 1982; Powell, 1995). La réduction de la variation des processus mène à une
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
meilleure uniformité des produits finaux et réduit le nombre des produits défectueux (Anderson
& Rungtusanatham, 1994; Forza & Filippini, 1998), en raison de l’identification et la
rectification, en temps opportun, des problèmes durant le processus de production (Ahire &
Dreyfus, 2000). Par exemple, l’entretien préventif et régulier du matériel améliore la qualité du
produit en veillant sur la fiabilité des machines et réduisant les interruptions de production
(Ahire & Dreyfus, 2000; Ho, Duffy, & Shih, 2001).
Ce principe a été explicité dans la norme ISO 9001 :2008, en soulignant qu’identifier,
comprendre et gérer des processus interdépendants en tant que système contribue à l'efficacité
et à l'efficience dans la réalisation des objectifs de l’entreprise. Adopter un management par
approche systémique permet de gérer l’organisation comme un système dynamique où tous les
processus s’imbriquent, les inputs et outputs sont connectés, les ressources nourrissent les
processus et les informations sont partagées entre toutes les parties. L'approche systémique
reconnaît que le comportement de n'importe quelle partie d'un système a un effet sur le
comportement du système dans son ensemble, et que chacune de ses parties doit comprendre
ses rôles et responsabilités au sein du système (Hoyle, 2007; Manders et al., 2016).
Cela signifie que tous les employés de l'organisation devraient continuellement remettre en
question leurs performances, méthodes et objectifs, et chercher des nouveaux moyens pour
réduire les variations des processus, de meilleures façons de faire le travail, et de nouveaux
37 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE I - SECTION 1 ~ LE MANAGEMENT DE LA QUALITE
objectifs qui améliorent les capacités de l'organisation. La performance, les méthodes et les
objectifs sont les trois domaines clés où une amélioration est nécessaire pour que les entreprises
atteignent et soutiennent leurs réussites.
L'amélioration continue peut être axée sur des caractéristiques, des activités, des produits,
des processus ou des organisations spécifiques. Lorsqu'elle vise une caractéristique spécifique,
il peut s'agir de réduire les variations de la caractéristique mesurée. En ce qui concerne les
produits spécifiques, elle peut porter sur une modification majeure ou une mise à niveau du
produit. Quant à l'organisation, il peut s'agir d'une réorganisation structurelle majeure ou d'une
simple réorganisation des processus (Hoyle, 2007).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Il n’existe pas une définition littéralement unanime du concept marketing. À travers une
revue de la littérature, nous avons réuni dans le tableau 4 les définitions formulées par les
auteurs phares qui ont travaillé sur ce concept.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Au vu de ces définitions, il semble y avoir des interprétations, des fois confuses, du concept
marketing. Matsuno & Mentzer (2015) notent que ces interprétations peuvent être classées en
trois catégories : celles axées davantage sur le profit (e. i. Houston 1986), celles axées sur le
client (e.i. Bell & Emory, 1971) et des conceptualisations qui rassemblent, à la fois, profit et
satisfaction du client (e.i. McNamara 1972).
Toutes ces définitions sous-tendent trois principaux éléments sur lesquels repose le concept
marketing et qui conduisent les activités marketing de l’entreprise (Bell & Emory, 1971;
Houston, 1986; Kohli & Jaworski, 1990; Lusch & Laczniak, 1987; Wrenn, 2015) :
Malgré la quantité considérable des écrits sur le concept marketing, la littérature présentait
encore des insuffisances théoriques et empiriques relatives à ce concept (Kohli & Jaworski,
1990). Le concept marketing tel qu’il a été évoqué jusqu’à la fin des années 80 incorporait
plusieurs faiblesses fondamentales, qui ont suscité de repenser encore sa conceptualisation, dont
les plus importantes étaient l’absence de la dimension stratégique et la difficulté de son
implémentation opérationnelle.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Dans les paraphes qui vont succéder, nous expliquons ce qui est l’orientation marché et
traitons ses différents courants théoriques.
Drucker (1954) et Keith (1960) sont souvent considérés comme les inaugurateurs de la
recherche sur l'OM, mais jusqu’à la fin des années 1980, ce concept n'était encore qu'un
phénomène abstrait, sans description ni conceptualisation (Jaakkola, 2012). En revanche,
depuis les années 90, les chercheurs en marketing ont porté une attention exponentielle à ce
concept. Les articles portant sur l’OM ont connu une forte multiplication au niveau international
depuis l’apparition des travaux séminaux de Narver & Slater (1990) et Kohli & Jaworski
(1990). L’OM était considérée comme le cœur de la réflexion moderne du management
stratégique et le fondement du marketing management contemporain.
La revue de littérature de Van Raaij & Stoelhorst (2008) dévoile que l’intérêt porté au
concept de l’OM a conduit à un flux de recherches qui traitent quatre questions centrales :
○ La question de mesure : l'accent est mis sur le développement des échelles de mesure de
l’OM. Cette littérature s'est intéressée à la manière dont ce construit peut être opérationnalisé
et évalué.
○ La question de modélisation : l'accent est mis sur les causes et les effets de l’OM. Les
auteurs ont traité la construction d’un modèle conceptuel intégrant les antécédents et les
conséquences de l’OM, ainsi que les variables modératrices ou médiatrices possibles.
○ La question de l’implémentation ou la mise en œuvre : l'accent est mis sur les actions
managériales pour implémenter une OM. Cette littérature aborde la question : comment les
entreprises peuvent-elles devenir plus orientées marché ?
Bien que les définitions du concept de l’OM soient variées, il est important de relever les
plus pertinentes afin de construire une vue d’ensemble sur ce concept. Pour ce faire, nous
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
évoquons dans les définitions les plus influentes listées par Van Raaij & Stoelhorst (2008) dans
leur revue de littérature sur l’OM (Tableau 5).
Toutes les définitions impliquent que l’OM est une orientation organisationnelle externe
qui se focalise sur le client comme étant le principal point focal. Elles reconnaissent
implicitement ou explicitement l’importance de l’action de répondre à ses besoins, ainsi que de
rester attentif aux autres parties prenantes (Jaworski & Kohli, 1996; van Raaij & Stoelhorst,
2008).
En comparaison avec les autres auteurs, Deshpandé et al. (1993) utilisent plutôt le terme
d’orientation client à la place d'OM puisqu’ils considèrent les deux termes comme étant
synonymes. Toutefois, ces termes peuvent être compris différemment, le terme d'OM se
concentre plus sur l'ensemble des conditions du marché et de ses parties prenantes, tandis que
l'orientation client focalise l'organisation uniquement sur les besoins et attentes des clients
(Jaworski & Kohli, 1996).
Les différences majeures entre ces définitions résident dans les éléments organisationnels
qu’elles mettent en avant. Par exemple, Shapiro (1988) met l’accent sur les processus
décisionnels, Kohli & Jaworski (1990) sur les activités de traitement de l'information, Narver
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Nous passons par la suite à la présentation des approches théoriques fondatrices du concept
de l’OM.
○ La perspective stratégique a émergé avec Ruekert (1992) qui s’est concentré sur l'unité
d'affaire « business unit » comme unité d'analyse plutôt que sur l’organisation. Cette
perspective permet aux managers de recueillir et d'interpréter l'information provenant de
l'environnement externe afin de fixer des objectifs et d’allouer des ressources pour l’exécution
des programmes de l'unité d'affaire.
○ La perspective de l'orientation client est développée par Deshpande, Farley & Webster
(1993) qui considèrent l’OM comme synonyme de l’OM faisant partie de la culture globale de
l'entreprise. Ils intègrent l’orientation concurrent et la coordination inter-fonctionnelle dans le
concept de l’orientation client.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Lafferty & Hult (2001) ont abrégé ses cinq perspectives dans un cadre synthétisé présenté
par la figure 7. Malgré leurs dissimilitudes, ils avancent qu’il y a quatre domaines généraux
d'accord entre ces perspectives, qui sont :
La majorité des études sur l’OM adoptent soit la définition de Kohli & Jaworski (1990) ou
de Narver & Slater (1990). Dès lors, deux principales approches de l’OM ont émergé suite aux
travaux de ces auteurs, il s’agit de l’approche comportementale (perspective de l’intelligence
marché) de Kohli & Jaworski (1990), et l’approche culturelle (perspective comportementale
fondée sur la culture) de Narver & Slater (1990). Il est à noter que ces deux approches sont
intimement complémentaires et ne s'excluent pas mutuellement, la culture de l’OM est
considérée comme un préalable des comportements de l’OM.
Quoiqu’il y ait eu d’autres auteurs (e.g., Workman, Homburg, & Gruner, 1998) qui ont
essayé de proposer des approches combinées ou plus intégratives de l’OM, il n’existe pas de
modèle commun définissant l’approche à privilégier. Partant de cela, nous allons aborder les
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
deux principales approches de Kohli & Jaworski (1990) et Narver & Slater (1990) ainsi que
leurs composantes.
Kohli & Jaworski (1990) ont formalisé une définition opérationnelle de l’OM dans laquelle
deux des trois piliers du concept marketing traditionnel (orientation client et intégration) sont
opérationnellement définis :
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
diffusion d’informations du marché est importante, car elle fournit une base commune pour des
actions concertées par les différents départements (Lafferty & Hult, 2001).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
« market sensing » et d'adaptation des capacités organisationnelles internes pour répondre aux
demandes des clients.
Cependant, les entreprises qui se comportent en concordance avec leurs marchés restent
cloisonnées dans la voix immédiate du client qu’elles suivent, et n’arriveront pas à remodeler
ses préférences. Autrement dit, toujours entendre la voix du client est étroitement lié à
l'adaptation des offres aux préférences des clients existants et/ou à la structure du marché. Cela
signifie accepter la structure du marché et/ou le comportement des acteurs du marché comme
une contrainte et travailler à améliorer la valeur du client dans ces contraintes (Jaworski et al.,
2000).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
effet, les stratégies pour façonner la structure du marché consistent à changer directement ou
indirectement, d’une manière proactive, les comportements ou les fonctions exercées par les
acteurs d’un marché.
L’approche market driving, en contraste avec l’approche market-driven, est une stratégie
proactive plus large indiquant la capacité de l’entreprise à maintenir un avantage concurrentiel
qui repose sur la création ou la modification du marché (nouveau ou existant). Elle le fait soit
directement en influant sur ses acteurs, soit indirectement par des changements au niveau du
produit (Berghman et al., 2006; Hills & Sarin, 2003). Pour cela, l’entreprise crée des systèmes
d’affaires uniques, développe de nouveaux canaux de distribution et améliore le niveau du
service (Jaworski et al., 2000; Schindehutte et al., 2008), tout en considérant l'ensemble des
acteurs de l'industrie comme des acteurs importants, comme les concurrents, les membres de la
chaîne de valeur, les partenaires d’alliance et les régulateurs de l'industrie entre autres.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Slater & Narver (1994) abordent l’OM comme une culture organisationnelle poussant
l’entreprise à être prédisposée à créer régulièrement une valeur supérieure aux clients. Ils
avaient comme but de proposer une définition plus claire du concept et de ressortir les
composantes qui le constituent. Dans leur conception, les entreprises axées sur le marché, et
ayant comme volonté de proposer une valeur supérieure aux clients, ne se concentrent pas
seulement sur les clients, mais également sur leurs concurrents, toutes en mettant l’accent sur
la coordination inter-fonctionnelle afin d’unir toutes les fonctions de l’organisation. En effet,
ils indiquent que l’OM est construite sur trois comportements organisationnels, conformes aux
conclusions de Kohli & Jaworski (1990), ainsi que deux critères de décision - l'orientation à
long terme et la rentabilité. Ces trois comportements organisationnels consistent sur la
compréhension des besoins des clients (orientation client) ; la compréhension de la manière
avec laquelle les concurrents répondent aux besoins de ces mêmes clients (orientation
concurrent) ; et l’utilisation coordonnée des ressources de l’entreprise pour leur proposer une
valeur supérieure (coordination inter-fonctionnelle).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
ses ressources matérielles et immatérielles, indispensables dans son effort continu de création
de la valeur, entre ses différents départements.
Le modèle culturel de Narver & Slater (1990) comporte des limites conceptuelles en étant
plus spécifique et restrictif, il se focalise seulement sur les clients et les concurrents comme les
deux principaux acteurs du marché (Lambin, 2008).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
BESOINS EXPRIMES
Servi Desservi
TYPES DE CLIENT
Source : Hamel & Prahalad (1994, p. 103)
Cependant, satisfaire simplement les besoins exprimés par les clients peut être insuffisant
et inefficace pour les attirer et fidéliser. Ce type de besoins peut être facilement connu par tous
les concurrents. Cette situation conduit généralement à des concurrents offrant les mêmes
avantages à un nombre donné de clients et se livrant par la suite à une concurrence par les prix
très agressive dont le but est de créer une valeur supérieure pour les clients.
Afin d’empêcher une telle concurrence inévitable de prix, une entreprise doit aller au-delà
des besoins exprimés par les clients vers leurs besoins latents. Narver et al. (2004) expliquent
8
En ce sens, le client "conduit" la société dans le développement de nouvelles offres qui répondent aux besoins
existants (Lamore, Berkowitz & Farrington, 2013).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
que pour découvrir et satisfaire les besoins latents des clients, il faut les diriger. Le
comportement de diriger les clients dans leur satisfaction implique la proactivité. Par
conséquent, l’OM qui conduit les clients « lead-the-customer », plutôt que de répondre
simplement à leurs besoins usuels, est une orientation marché dite proactive.
Selon Jiménez-Barrionuevo, Garcia-Morales & Molina (2011), l’OMP fait référence à une
culture organisationnelle qui met l'accent sur l'utilisation de la coopération intra-
organisationnelle et inter-organisationnelle pour créer une valeur supérieure pour les clients,
surpasser les concurrents et éventuellement générer plus de profit pour l’entreprise. Sa
principale préoccupation est la recherche de nouvelles informations et connaissances sur le
marché pour découvrir et satisfaire les besoins latents inarticulés par les clients (Srivastava et
al., 2013). Cela nécessite de travailler spécialement en étroite collaboration avec les « lead
users », mener des expériences sur le marché pour découvrir les besoins futurs et cannibaliser
les ventes des produits existants (Atuahene-Gima et al., 2005; Kohli & Jaworski, 1990; Narver
et al., 2004; Slater & Narver, 1998).
En dépit des différences qui existent entre ces deux dimensions de l’OM (Tableau 6). En
principe, elles ne sont pas aux extrémités opposées d'un continuum, mais sont indépendantes
l'une de l'autre sans être en conflit ou constituer un paradoxe managérial (Atuahene-Gima et al.,
2005; Li et al., 2008; Slater & Mohr, 2006). L’OM peut comprendre à la fois un comportement
réactif ou proactif (Slater & Narver, 2000). Il est probable que les entreprises s’engagent
simultanément dans les deux orientations, et le passage d’une forme à l’autre fait partie d’une
dialectique influencée par la relation entre l’entreprise et son environnement. Dans ce cas, on
parle de l’orientation marché totale.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Atuahene-Gima et al. (2005) et Baker & Sinkula (2005) montrent que les principaux traits
des entreprises qui sont activement orientées marché sont:
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 2 ~ L’ORIENTATION MARCHE
Tableau 8: Aperçu des définitions fréquemment utilisées dans la littérature sur l'orientation du marché
« Influencing the structure of the market and/or the behavior(s) of market players in a • Modifier la structure du marché : modifier la composition des acteurs et / ou les
direction that enhances the competitive position of the business » (Jaworski et al., 2000, p. rôles qu'ils jouent (déconstruction, construction, modification fonctionnelle).
45)
• Modifier le comportement du marché : se concentrer sur de nouveaux attributs
et/ou des offres totalement nouvelles (directement ou indirectement) (Jaworski et
Orientation marché « Market-driving companies are able to match customer value opportunities with their al., 2000)
« Market driving » capabilities precisely because they drive the structure of the market » (Carrillat et al., 2004,
p. 7) • Correspond à une logique d’affaire proactive (concepts d’affaires/produits
radicalement innovants qui influencent et/ou créent des marchés) (Tuominen et
« the success of market driving firms is based in radical innovation on two dimensionsal al., 2004)
discontinuous leap in the value proposition and the implementation of a unique business • Révolutionne l'industrie en modifiant les règles du jeu (Kumar et al., 2000)
system » (Kumar et al., 2000: 130)
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
• Innovation de première génération (1G) – technology push : cette ère d'innovation a été
le fondement de la révolution industrielle. L'innovation est venue avec le développement des
moyens de production et avec de nouveaux produits technologiquement avancés écoulés sur le
marché.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
○ Invention : les termes innovation et invention sont étroitement liés à tel point qu’il est
difficile de distinguer l’un de l’autre. Tout simplement, l'invention est la première occurrence
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
d'une idée pour un nouveau produit ou processus, alors que l'innovation est la première
commercialisation de l'idée (Fagerberg, 2009). L’invention est le fruit d’un travail scientifique
et technique cependant que l’innovation requiert un travail de nature économique (Loilier &
Tellier, 2013). Autrement dit, l'invention ne doit pas satisfaire tous les besoins utiles du client
et ne doit pas inclure l'exploitation du concept sur le marché. L'innovation diffère de l'invention
dans le sens où elle est plus que la création de quelque chose de nouveau, elle inclut également
son exploitation à des fins lucratives en ajoutant de la valeur aux clients (Page, 2008). En
revanche, l’étroite relation entre innovation et invention peut être résumée dans l’équation
suivante (Roberts, 1988) : Innovation = Invention + Exploitation.
○ La créativité : est une capacité inhérente à tous les êtres humains, c’est un processus
mental qui aboutit à la production d'idées et de concepts novateurs appropriés, utiles et
actionnables par un individu ou un petit groupe d'individus travaillant ensemble (Amabile,
1988; Page, 2008). Dans un contexte organisationnel spécifique, la créativité est la génération
d'idées nouvelles et précieuses pour les produits, les services, les processus et les procédures
par des individus ou des groupes de l’organisation (Martins & Terblanche, 2003; Woodman,
Sawyer, & Griffin, 1993). La créativité implique un niveau d'originalité et de nouveauté
essentiel à l'innovation, alors que l'innovation encourage le traitement ultérieur de la production
du processus créatif (l'idée) afin de permettre l'exploitation de sa valeur potentielle grâce au
développement (Page, 2008). Une organisation peut être si créative qu'elle a un certain nombre
d'idées soulevées par ses managers et employés, mais pas innovante si elle ne transforme pas
ses idées en produits commercialisés. Le lien entre innovation et créativité peut être résumé de
la façon suivante : Innovation = Créativité + Exploitation.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Étant donné que toutes les définitions évoquées dans la littérature sont importantes pour
dresser le large paysage du concept de l’innovation, il est difficile de toutes les mettre en
exergue. De cette raison, nous allons nous contenter de présenter succinctement les définitions
qui nous semblent les plus pertinentes (Tableau 9).
La définition formulée par Schumpeter (1934) reste l’une des conceptions les plus
complètes de l’innovation. Selon Schumpeter, l'innovation implique ce qui suit (Chursin,
Vlasov, & Makarov, 2017):
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Produire des biens qui ne sont pas familiers aux consommateurs ou établir une nouvelle
qualité pour certains biens.
Mettre en œuvre une méthode (moyen) de production atypique ou nouvelle par rapport au
secteur d'activité donné, pas nécessairement basée sur une découverte scientifique récente, et
impliquant potentiellement un nouveau moyen d'application commerciale des biens concernés.
Développer un débouché de marché, c'est-à-dire un marché qui n'a pas encore été associé au
segment donné de l'industrie dans le pays concerné, indépendamment du fait que le marché ait
existé auparavant.
Procurer une ressource pour un produit brut ou intermédiaire, indépendamment du fait que
cette ressource ait existé plus tôt ou ait été négligée où considérée comme indisponible ou en
cours de réalisation.
Effectuer une réorganisation pertinente, comme sécuriser une position monopolistique ou
perturber le monopole des autres entreprises.
Ils ont complété leur définition textuelle par une définition en forme de diagramme (Figure
12) qui identifie les descripteurs à utiliser pour fournir une définition plus détaillée de
l’innovation. Ce diagramme intègre six attributs importants identifiés comme étant communs
aux définitions multidisciplinaires de l’innovation :
62 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
1. La nature de l'innovation se réfère à la forme de l'innovation qui peut être soit quelque
chose de nouveau ou amélioré.
2. Le type d'innovation se réfère au résultat final de l'innovation, par exemple Produit,
Service, Processus, etc.
3. Les étapes de l'innovation se réfèrent à toutes les étapes d'un processus d'innovation qui
part généralement de la génération d'idées et se terminent par sa commercialisation.
4. Le contexte social se réfère à toute entité sociale, système ou groupe de personnes
impliquées dans le processus d'innovation ou les facteurs environnementaux qui l'affectent.
5. Les moyens d'innovation se réfèrent aux différentes ressources qui doivent être disponibles
pour mettre en place l'innovation.
Parmi les définitions les plus acceptées de l’innovation est celle avancée par l'étude de
l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) en 1991. Au sens
de Garcia & Calantone (2002), cette définition illustre le mieux l'essence de l’innovation d'un
point de vue global : « Innovation is an iterative process initiated by the perception of a new
market and/or new service opportunity for a technology-based invention which leads to
development, production, and marketing tasks striving for the commercial success of the
invention » (OECD, 1991, p. 111). La troisième édition du manuel d’Oslo de l’OCDE apparue
en 2005 a étendu encore plus la définition précédente par la prise en considération des différents
types de l’innovation. Selon cette actualisation, l’innovation est considérée comme :
63 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
La pertinence de cette définition réside dans le fait qu’elle aborde deux aspects importants.
Le premier concerne le processus d’innovation qui comprend le développement technologique
d'une invention, combiné avec son introduction sur le marché pour diffusion et adoption par les
utilisateurs finaux. Deuxièmement, le processus d'innovation est de nature itérative et donc
inclut automatiquement la première introduction d'une nouvelle innovation et la réintroduction
d'une innovation améliorée (Garcia & Calantone, 2002).
⟹ Innovation produit9 : les innovations produit sont des produits ou services nouveaux
introduits pour répondre à un besoin externe du client ou du marché (Damanpour, 1991). C’est
« l’introduction d’un bien ou d’un service nouveau ou sensiblement amélioré sur le plan de ses
caractéristiques ou de l’usage auquel il est destiné. Cette définition inclut les améliorations
sensibles des spécifications techniques, des composants et des matières, du logiciel intégré, de
la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles » (Eurostat, 2005; p.56).
9
Plus de détails sur l'innovation produit seront fournis postérieurement.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Aujourd'hui, les entreprises adoptent des modes mixtes d'innovation. Certains types
d'innovation ont tendance à aller de pair dans les mêmes entreprises et se complètent
mutuellement, alors que d'autres types tendent à être indépendants ou à se substituer les uns aux
autres (OECD, 2009).
65 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
10
Une rupture de marché propose des bénéfices plus importants aux consommateurs, avec des technologies
utilisées standards. Une rupture technologique intègre des solutions techniques neuves, sans proposer de
fonctionnalités très originales (Gotteland & Haon, 2005).
66 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
existantes. Elle repose sur un ensemble de principes scientifiques et ouvre souvent de nouveaux
marchés et des applications potentielles. L'innovation radicale peut servir de base à l'entrée
réussie de nouvelles entreprises sur un marché ou même à la redéfinition d'une industrie
(Henderson & Clark, 1990). Cependant, elle crée souvent de grandes difficultés pour les
entreprises établies (Cooper & Schendel, 1976; Tushman & Anderson, 1986), parce qu’elle
implique un haut niveau de discontinuité avec les ressources existantes de l’innovation, par
exemple, les connaissances et les compétences préalablement utilisées peuvent être obsolètes
pour le développement d’une innovation radicale (Christensen, 1997; Utterback & Abernathy,
1975). En effet, l’innovation radicale nécessite une rupture majeure avec les connaissances et
les compétences antérieures pour se baser sur de nouvelles connaissances, compétences et
ressources (Benner & Tushman, 2002; Tushman & Anderson, 1986). Vue de ce côté,
l’innovation radicale se caractérise par le fait qu’elle est une « competence-destroying
innovation » (Dahiyat, 2015).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
entreprises qui s'engagent dans l'innovation exploratoire vont au-delà de la recherche interne
(Enkel, Heil, Hengstler, & Wirth, 2017), et expérimentent de nouvelles idées et façons de faire
qui génèrent de nouvelles connaissances et compétences (Newman, Prajogo, & Atherton,
2016). En effet, les innovations d’exploration sont des innovations radicales qui répondent aux
besoins des marchés nouveaux ou émergents (Benner & Tushman, 2003; Jansen et al., 2006),
et qui peuvent potentiellement rendre obsolètes ou non compétitives les technologies existantes
(Bierly, Damanpour, & Santoro, 2009; Hernández-Espallardo, Sánchez-Pérez, & Segovia-
López, 2011).
Les entreprises sont actuellement dans la nécessité d’une organisation ambidextre qui arrive
à poursuivre conjointement l'innovation d'exploitation et d’exploration. Quoiqu’une telle
organisation permette des hauts niveaux de performance, sa mise en place est très difficile et
mène souvent à de fortes tensions organisationnelles.
L’innovation produit consiste à apporter des modifications bénéfiques aux produits actuels
perçues par les clients/consommateurs comme étant nouvelles (Armstrong, 2009). Loilier &
Tellier (2013 p.21) avancent que l’innovation produit « consiste à offrir un produit et/ou service
présentant au moins une nouveauté par rapport aux offres existantes et perçu comme tel par le
marché visé ». Pour Utterback & Abernathy (1975, p. 642) « une innovation produit est une
nouvelle technologie ou une combinaison de technologies introduites commercialement pour
68 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
répondre aux besoins d'un utilisateur ou d'un marché » (Song & Chen, 2014). Dans la même
lignée, le manuel d’Oslo (2005) considère que :
Cette définition est actuellement une référence de base de l’innovation produit pour les
chercheurs spécialisés. Elle est complète et transversale mettant le point sur l’innovation produit
selon le type (produit et service) et le degré de nouveauté (incrémentale et radicale).
En outre, il est opportun de clarifier un point qui peut permettre des confusions. En
regardant de plus près la littérature, on s’aperçoit que des recherches ont étudié l’innovation
produit alors que d’autres ont étudié le développement des nouveaux produits (DNP).
Pour Ulrich & Eppinger (2004, p. 2), le DNP est « l'ensemble des activités commençant par
la perception d'une opportunité de marché et se terminant par la production, la vente et la
livraison d'un produit ». Wheelwright & Clark (1992, chapitre 1) ont défini le DNP comme «
l'organisation et le management efficaces [des activités] qui permettent à une organisation de
commercialiser des produits réussis, avec des temps de développement courts et de faibles coûts
de développement ». Loch & Kavadias (2008, p. 3) se sont basés sur ces définitions pour
proposer une explication plus complète du DNP, ils considèrent que « le développement de
nouveaux produits comprend les activités de l'entreprise qui mènent à un éventail de produits
nouveaux ou modifiés au fil du temps. Cela comprend la création d'opportunités, leur sélection
et leur transformation en artefacts (produits manufacturés) et activités (services) offertes aux
clients, et l'institutionnalisation des améliorations dans les activités du DNP elles-mêmes ».
69 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
La majorité des innovations produit sont incrémentales, seulement 10% de toutes les
innovations produit sont réellement radicales, ce qui signifie qu'elles sont nouvelles à la fois
pour le marché et l'entreprise (Gaubinger, Rabl, Swan & Werani, 2015; Trott, 2005).
La distinction fondée sur le degré de nouveauté de produit, selon les deux perspectives du
client et de l’entreprise, provient des travaux de Booz-Allen & Hamilton (1982). Ces auteurs
étaient les premiers à proposer une matrice de typologie contenant six catégories de nouveaux
produits (Figure 13), largement utilisée dans la littérature du DNP (e. g. Kleinschmidt &
Cooper, 1991; Li & Atuahene-Gima, 1999).
Les produits nouveaux pour le monde sont le type de produits novateurs tant pour
l’entreprise qui les a développés et pour le marché.
Les nouveaux produits créant de nouvelles lignes de produit qui sont seulement nouvelles
pour l’entreprise.
Les produits ajoutés aux lignes de produit existantes qui sont en quelque sorte nouveaux
pour le marché et l'entreprise.
11
Des auteurs utilisent nouveauté (newness) et innovativité (innovativeness) indifféremment (Danneels &
Kleinschmidt, 2001).
70 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Les produits existants révisés ou améliorés qui sont les produits un peu nouveaux pour
l’entreprise, mais pas pour le marché.
Les produits repositionnés qui sont des produits existants ciblant de nouveaux marchés.
Les produits de réduction des coûts qui offrent des performances similaires aux produits
existants, mais à moindres coûts, et constituent le type d'innovation le moins innovant selon
les deux dimensions.
Figure 13: La typologie des nouveaux produits de Booz, Allen & Hamilton (1982)
Nouveauté pour le
Faible marché Elevée
Elevée Produits
Nouvelles lignes de produit nouveaux pour
le monde
Nouveauté Ajout de produits aux
Amélioration / révision des produits
pour lignes de produit
existants
l’entreprise existantes
Repositionnement de
Réduction des coûts
Faible produits
Le degré de nouveauté du produit, tant que pour l’entreprise et le marché, a été profusément
associé au risque et profil. Par conséquent, un produit avec un degré élevé de nouveauté amène
l’entreprise à prendre un grand risque en le développant, même s’il peut engendrer à un haut
niveau de profil. Selon Ernst (2002), bien que les nouveaux produits ouvrent de nouvelles
opportunités pour les entreprises, le risque important associé à ces derniers ne doit pas être
négligé. En effet, la typologie de Booz, Allen & Hamilton (1982) peut être redressée en fonction
du degré de risque qu’entraîne chaque type d’innovation produit. Dans ce sens, Davis (1997) a
développé un modèle mettant en relief le degré de risque et de profil correspondant aux
nouveaux produits tant au niveau de l'entreprise que du marché (Figure 14).
Figure 14: Risqué et profit correspondant aux nouveaux produits
71 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Certains chercheurs utilisent cette typologie (e.g., More, 1982) en réduisant la matrice à
quatre cellules avec quatre types et supprimant les produits de réduction des coûts et les produits
repositionnés, qu’ils ne considèrent pas comme de vraies innovations produit (Danneels &
Kleinschmidt, 2001). Par exemple, dans leur étude sur l’effet du degré de nouveauté du produit
sur la performance de l’innovation produit, Kleinschmidt & Cooper (1991) ont réorganisé les
six catégories de Booz-Allen & Hamilton (1982) en trois principales catégories allant des
produits les plus innovants jusqu’aux produits faiblement innovants.
Même si la typologie de Booz, Allen & Hamilton (1982) est assez empruntée par les
chercheurs, elle admet certaines insuffisances limitant son utilisation au niveau empirique.
Griffin (1997) stipule que cette typologie est catégorique ne formant pas un continuum, et
qu’elle souffre de problèmes de « interrater reliability » en raison de la nature subjective des
définitions du terme de nouveauté.
Ces programmes sont considérés comme les premiers à soulever de nombreux facteurs
fondamentaux pour la réussite du nouveau produit. Depuis, la quantité des recherches qui
72 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Quelques chercheurs ont conduit des méta-analyses afin d’amasser les facteurs de succès
de l'innovation produit ayant reçu une attention empirique considérable, et pour ensuite évaluer
la portée de leurs influences sur le succès/performance du nouveau produit. En fait, la littérature
de l’innovation produit compte trois méta-analyses phares réalisées par Montoya-Weiss &
Calantone (1994), Henard & Szymanski (2001) et Evanschitzky, Eisend, Calantone & Jiang
(2012). Ces derniers ont soulevé de nombreux facteurs fondamentaux (Tableau 11) pour la
réussite de l’innovation produit regroupés en cinq grandes catégories :
La stratégie de l’entreprise : se réfère aux actions planifiées d'une entreprise qui ont le
potentiel de lui fournir un avantage concurrentiel sur le marché, indépendamment de tous
les facteurs associés au processus de développement de nouveau produit.
Le produit : englobe à la fois les produits et les services, le terme est utilisé de manière
générique pour désigner les deux types d'offres. Les caractéristiques du produit capturent
des éléments relatifs aux caractéristiques qui distinguent l'offre.
Le marché : présente les éléments qui décrivent le marché cible en termes du potentiel du
marché, l'activité concurrentielle et son intensité en réponse à l'introduction de l’innovation
produit.
73 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE 1 - SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
74 | P a g e
SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Montoya-Weiss & Calantone (1994) ont trouvé que les facteurs relatifs aux catégories des
facteurs stratégiques (avantage du produit, synergie technologique et synergie marketing) et des
facteurs du processus de développement de l’innovation produit (maîtrise des activités
technologiques, maîtrise des activités marketing, protocole, soutien/compétence de la haute
direction, et maîtrise des activités de pré-développement) sont des déterminants importants pour
le succès de l’innovation produit.
Henard & Szymanski (2001) ont constaté que l’innovativité du produit, la synergie
technologique, l'orientation marché, les inputs du client, l'intégration inter-fonctionnelle, la
communication inter-fonctionnelle, et l'intensité de la réponse compétitive ne sont pas des
antécédents statistiquement significatifs pour l’innovation produit. En revanche, leur examen
des prédicteurs statistiquement significatifs de la performance des nouveaux produits montre
que dix des antécédents peuvent être considérés comme des facteurs relativement dominants de
la réussite des nouveaux produits. Ces prédicteurs sont le potentiel du marché, les ressources
humaines dédiées, la maîtrise des activités marketing, la satisfaction des besoins des clients,
l'avantage du produit, la maîtrise des activités de pré-développement, les ressources dédiées à
la R&D, les compétences technologiques, la maîtrise des lancements et la sophistication
technologique du produit. En regroupant ces prédicteurs selon leurs catégories, Henard &
Szymanski (2001) trouvent qu’ils représentent néanmoins quatre grandes catégories
d'antécédents de réussite des nouveaux produits, à savoir les caractéristiques des produits
(produits répondant aux besoins des clients, avantage des produits et sophistication
technologique des produits), caractéristiques stratégiques (R&D et ressources humaines), les
caractéristiques du processus de l’innovation produit (marketing, pré-développement,
technologie et lancement), et les caractéristiques du marché (potentiel du marché).
Evanschitzky et al. (2012) ont fait une mise à jour de la méta-analyse de Henard &
Szymanski (2001) en analysant des articles publiés de 1999 à 2011. Ils ont repéré que le prix
du produit, le produit répondant aux besoins des clients, l’innovativité du produit, l'ordre
d'entrée, la taille du projet / de l'organisation et le degré de centralisation n’ont pas d’impact
significatif sur le succès de l’innovation produit. Par contre, les effets positifs les plus forts sont
obtenus pour l'orientation marché et l'avantage du produit. En termes de catégorie de facteurs,
ils ont trouvé que les catégories de caractéristiques du processus de l’innovation produit et de
stratégie sont les prédicteurs les plus importants de l’innovativité du produit, alors que les
caractéristiques organisationnelles sont moins importantes. Ces auteurs notent aussi que les
caractéristiques du marché jouent un rôle négligeable en tant que facteurs de succès des
nouveaux produits.
75 | P a g e
SECTION 3 ~ L’INNOVATION PRODUIT
Bien que ces trois méta-analyses fournissent une bonne compréhension des déterminants de
la réussite d'un nouveau produit, elles ne les différencient pas en termes de l’innovation produit
incrémentale et radicale. La plupart des déterminants sont adaptés au succès de l’innovation
produit incrémentale et mettent l'accent sur l'aspect efficience du nouveau produit plutôt que
sur l'aspect efficacité ou créativité, qui est important pour la réussite de l’innovation produit
radicale. En outre, Montoya-Weiss & Calantone (1994) avancent qu’il y a un besoin de mener
des études plus générales incluant de multiples facteurs de diverses catégories. Une piste
possible pour les recherches futures serait d'inclure tous les facteurs dans une seule étude pour
évaluer conjointement leur impact sur la performance de l’innovation produit. Jusqu'à présent,
aucune étude n'a inclus un ensemble aussi large de facteurs.
À la lumière des résultats de ces méta-analyses, nous remarquons, d’une part, que les études
qui se sont penchées sur les déterminants du succès de l’innovation produit intègrent des
facteurs qui sont en étroite liaison avec le MQ (ISO 9001), mais sans le considérer précisément.
On note par exemple, l’avantage du produit, le coût, la maîtrise des activités techniques, la
réduction du temps du processus de l’innovation produit, le degré de formalisation et de
centralisation. Par ailleurs, l’OM et les activités relevant du marketing sont fortement présentes
pour expliquer la performance de l’innovation produit. Par conséquent, dans le cadre de notre
recherche doctorale, nous allons nous focaliser plus sur deux facteurs distincts qui sont le MQ
(ISO 9001) et l’OM en faisant le croisement de deux domaines essentiels à l’innovation produit
à savoir le management des opérations et le marketing management.
76 | P a g e
CONCLUSION DU CHAPITRE I
CONCLUSION DU CHAPITRE I
Ce premier chapitre a eu pour objectif de présenter les concepts de la thèse. Nous allons
clarifier ici notre positionnement dans la littérature à l’égard de chaque concept.
Tout d’abord, notre thèse étudie le MQ selon le modèle de l’ISO 9001:2008. Il est considéré
comme un système formalisé qui documente les processus, les procédures et les responsabilités
au sein de l’organisation dans le but de coordonner et diriger ses activités pour répondre aux
exigences des clients, et réglementaires, et améliorer continuellement sa performance.
Ce qui nous importe le plus c’est l’étude des pratiques du MQ (ISO 9001). À l’appui de la
théorie des systèmes sociotechniques, nous considérons le MQ (ISO 9001) comme un système
constitué par deux ensembles de pratiques interdépendantes qui sont, les pratiques sociales
liées au leadership, la gestion des ressources humaines et au développement de relation avec
les parties prenantes externes ; et les pratiques techniques représentées dans les outils, les
instruments et les méthodes du MQ.
En ce qui concerne l’OM, notre recherche adopte la conception de Narver et al., (2004) qui
distingue entre OMR et OMP. Aussi, en adoptant une perspective d’apprentissage
organisationnelle (Kholi & Jaworski, 1990) appliquée à ces deux dimensions, nous concevons
l’OMR comme la production par l’organisation d’informations sur les besoins actuels des
clients, la diffusion de ces informations dans les différents départements de l’organisation, et
la réaction de l’organisation à ces informations. Et l’OMP comme la production par
l’organisation d’informations sur les besoins latents des clients, la diffusion de ces
informations dans les différents départements de l’organisation, et la réaction de l’organisation
à ces informations.
S’agissant de l’innovation produit, il est à signaler qu’elle n’est pas prise dans sa dimension
processuelle, mais plutôt comme un output final de son processus de développement. Elle est
appréhendée en fonction de son degré de nouveauté, ce qui nous mène à l’étudier en tant que :
- L’innovation produit radicale qui renvoie à l’introduction sur le marché d’un nouveau
produit qui diffère énormément des produits antérieurs de l’entreprise et de ceux de ses
concurrents.
77 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - INTRODUCTION DU CHAPITRE II
Dans une première section, nous annoncerons les résultats de trois revues systématiques de
littérature qui portent sur les liens unissant : (1) le MQ (ISO 9001) et l’innovation produit, (2)
l’OM responsive et proactive et l’innovation produit, (3) le MQ et l’OM. En faisant cela, nous
serons en mesure de mieux synthétiser et comprendre les résultats des effets du MQ (ISO 9001)
et de l’OM responsive et proactive sur l’innovation produit, et la relation de synergie entre MQ
et OM. Ces revues systématiques de littérature nous permettront aussi de dégager les principales
limites théoriques et méthodologiques de cette littérature.
Une fois la synergie entre MQ et OM est expliquée, il sera question de traiter sa relation
avec l’innovation produit. Au cours de la troisième section, nous poserons le fondement
théorique de cette relation. En nous rapportant à la théorie des capacités dynamiques, nous
offrirons une explication plus analytique du MQ et OM comme deux capacités dynamiques qui
permettent simultanément le développement de l’innovation produit de l’entreprise.
78 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Certains peuvent se faire une idée erronée et estimer que la RSL n’est qu’une revue de
littérature traditionnelle, mais ayant comme but la compilation exhaustive des études existantes.
Toutefois, l’objectif réel d’une RSL est de répondre à une question spécifique, de réduire les
biais dans la sélection et l'inclusion des études, d’évaluer la qualité des études incluses et de les
résumer objectivement. De ce fait, l'identification et le criblage de toutes les études pertinentes
12
Pour simplifier, nous utilisons « revue systématique de littérature (RSL) » tout au long du manuscrit pour
désigner « revue systématique de littérature qualitative ».
79 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
et l'évaluation de chacune d’entre elles selon des critères prédéfinis sont ce qui distingue une
RSL d'une revue traditionnelle (Petticrew, 2001).
À côté de tous les avantages qu’elle offre au chercheur qui l’utilise, le véritable point fort
qui confère plus de scientificité à la RSL est la nature systématique de son processus. Elle est
dotée d’un haut niveau de transparence, car tout autre chercheur est capable de vérifier
facilement la validité des résultats d’une RSL en la reproduisant. Par ailleurs, plusieurs
processus de RSL se sont développés dans différentes disciplines. En management, le processus
proposé par Tranfield et al., (2003, p. 214), aussi repris par Kitchenham & Charters (2007, p.
6), reste le plus adopter par les chercheurs.
Nous avons choisi d’employer la méthode de la RSL qualitative puisqu’elle offre un niveau
de rigueur méthodologique qui répond convenablement aux besoins de notre recherche. Par
contre, il ne nous était pas possible d’utiliser la méta-analyse car c’est une méthode assez
sophistiquée qui demande des compétences élevées et une profonde maîtrise d’outils et
méthodes statistiques. En outre, pour la mise en œuvre de notre RSL, on s’est inspiré de
l’architecture de base du processus développé par Tranfield et al., (2003).
Notre processus de RSL se décompose en six principales étapes (Figure 15). Pour un souci
de clarté, nous avons tâché à simplifier la présentation du processus suivi, sans oublier de noter
que le déroulement de ce dernier était une tâche accablante, faite d’allers et retours, qui a
nécessité du temps et beaucoup d’efforts.
80 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Nous avons choisi « Sciverse Scopus » comme principale base de données pour entamer la
recherche des articles. Le choix unique de cette base au détriment des bases des autres éditeurs
scientifiques (e.g. EBSCO, Web of Science, etc.) a été motivé par le fait que Scopus est parmi
les bases de données les plus prestigieuses au monde disposant d’une large base actualisée
constamment de journaux indexés à comité de lecture, des revues et conférences dans les
différents champs du business management (Daneva, Damian, Marchetto, & Pastor, 2014;
Kitchenham et al., 2010). De nombreux chercheurs par retours d’expérience positifs
recommandent l’utilisation de la base Scopus (e.g. Daneva, Damian, Marchetto, & Pastor, 2014;
Kitchenham et al., 2010; Zahedi, Shahin, & Ali Babar, 2016).
L’avantage de la base Scopus réside aussi dans la performance de son moteur de recherche
qui permet de faciliter la formulation d'une seule et complexe requête de recherche
bibliographique (Burnham, 2006; Daneva et al., 2014). Effectivement, en testant notre chaîne
de recherche dans d’autres bases de données, il s’est avéré qu’il faudrait à chaque fois la
modifier chose qui pourrait entraîner l’introduction d’erreurs. Pour éviter ce biais, nous avons
préféré de garder la chaîne de recherche constante en cherchant seulement dans Scopus.
81 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
spécifiés et qui ne manifestent aucun des critères d'exclusion feront partie d’une deuxième base
d’articles.
Dans une troisième étape, nous avons procédé à l’analyse de la qualité de chaque article de
la deuxième base. Quoiqu’il n’existe pas une méthode bien établie pour évaluer la qualité d’un
article, nous avons suivi les recommandations de Tranfield et al., (2003) en évaluant
l'adéquation entre la méthodologie de recherche et les questions de recherche. Après
l’évaluation de la qualité des articles, nous avons construit une troisième base d’articles.
Les éléments relatifs à ces trois premières étapes sont exposés dans le tableau 12 et la figure 16.
⦿ Extraction et codage des données : à l’aide d’une feuille d’extraction de données sous
le logiciel Microsoft Excel version 2016, nous avons organisé toutes les informations extraites
des articles dans des codes déjà préétablis, à savoir : auteur, journal, objectif de la recherche,
date de publication, type de l’article, démarche de recherche ; variables étudiées ; taille, secteur
et pays de l’échantillon ; méthode d’analyse des données ; principaux résultats ; qualité de
l’article ; et remarques.
⦿ Discussion des résultats : en dernier lieu, et à travers une analyse qualitative du contenu
des articles sélectionnés. Nous avons synthétisé, sous forme de thèmes, les divergences et les
convergences entre les recherches ainsi que les tendances qui émergent de leurs résultats et
développements théoriques en prenant la question formulée pour la revue comme cadre
d’analyse.
82 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT
Tableau 12: Les éléments des trois premières étapes du processus des revues systématiques de la littérature
RSL 1 : Relation entre MQ (ISO 9001) et RSL 2 : Relation entre OM responsive et RSL 3 : Relation entre MQ et OM/
Innovation produit proactive et innovation produit Marketing
Formalisation de
« Quel est l’effet de l’orientation marché
l’objectif de la « Quelle relation existe-t-il entre le management de « Quel lien existe-t-il entre management de la
proactive et responsive sur l’innovation
revue de la qualité (ISO 9001) et l’innovation produit ? » qualité et Marketing/orientation marché »
produit ? ».
littérature
TITLE-ABS-KEY ("proactive market
TITLE-ABS-KEY ("ISO 9000" OR "ISO 9001" orientation" OR "responsive market
Déroulement de TITLE-ABS-KEY ("proactive market
OR "quality system" OR "ISO certification") orientation" OR "proactive and responsive
la recherche des orientation" OR "responsive market
AND TITLE-ABS-KEY ("innovation" OR market orientation") AND TITLE-ABS-
articles orientation" OR "proactive and responsive
"product innovation" OR "new product KEY ("innovation" OR "product
market orientation" OR "marketing")
development") innovation" OR "new product performance"
OR "new product development")
Critères d’inclusion Critères d’exclusion Critères d’inclusion Critères d’exclusion Critères d’inclusion Critères d’exclusion
- Articles ISO 9001 ou - Les articles qui ne sont - Orientation marché - Les articles qui ne - Articles empiriques - Articles qui ne sont
ISO 9000. pas liés à l’objectif de la proactive et sont pas liés à l’objectif (Quantitatives ou pas liés à l’objectif de
- Articles empiriques recherche. responsive. de la recherche. Qualitatives) et la recherche
Évaluation et (Quantitatives ou - Articles étudiant le - Articles empiriques - Articles en d’autres conceptuels. - Articles en d’autres
sélection des Qualitatives) et TQM. (Quantitatives ou langues que l’anglais. - Articles sur langues que l’anglais.
articles collectés conceptuels. - Articles en d’autres Qualitatives) et - Articles avec texte l’orientation marché et - Articles avec texte
- Articles traitant au langues que l’anglais. conceptuels. intégral non le marketing. intégral non
moins un aspect - Articles avec texte - Article traitant au disponible. - Articles sur ISO 9001, disponible.
directement lié à intégral non disponible. moins un aspect ISO 9000 ou TQM.
l’innovation produit. directement lié à
l’innovation produit.
83 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT
Figure 16: Processus de sélection d’articles des trois revues systématiques de littérature
N (RSL1) = 28
Scopus N (RSL2) = 15
N (RSL3) = 35
84 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
La figure 17 montre l’évolution de la quantité d’articles publiés par année ayant traité,
directement ou indirectement, l’effet du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit. Bien que cette
évolution chronologique s’étale sur une période presque de deux décennies, de 1998 à 2017,
elle suit une tendance faiblement ascendante en dents de scie. Ce qui reflète que la recherche
sur cette problématique est encore en croissance. D’un autre côté, la courbe dans la figure 17
montre que le nombre d’articles traitant ce lien a principalement culminé en 2011 (3 articles,
11%), et 2014 (7 articles, 22%).
Figure 17: Nombre d'articles publiés chaque année traitant la relation entre MQ (ISO 9001) et
innovation produit (1998-2017)
30 25
Nombre d'articles
25
20
15 11
7 7 7 7 7
10 4 4 4 4 4 4 4 4
5 - - - - -
-
Année de publication
La figure 18 donne une vue détaillée sur les journaux où les articles recensés ont été publiés.
Nous notons que les recherches sont majoritairement publiées dans différents journaux
internationaux spécialisés dans le management des opérations, l’innovation ou généralement en
management. Toutefois, il n y’a pas une grande différence en termes de nombre d’articles publié
entre ces différents journaux, puisqu’on remarque que le nombre d’articles publiés par chaque
journal est compris entre [1 – 3]. Spécifiquement, le journal « Int. J. of Quality & Reliability
Management » est le premier et le seul journal qui représente 11% de l’ensemble des articles
publiés. La seconde position est occupée par quatre journaux présentant un pourcentage de 7%
: Int. J. Production Economics ; Int. J. Productivity and Quality Management ; Technovation ;
Total Quality Management. Alors que la grande partie des journaux restants ont un pourcentage
de 3%.
85 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Figure 18: Nombre d'articles publiés par journal traitant la relation entre MQ (ISO 9001) et
innovation produit
Nombre d'articles %
Figure 19: Répartition géographique des recherches par pays traitant la relation entre MQ (ISO
9001) et innovation produit
18
16 16
14
12
10
8 8 8 8 8
6 4
4 2 2 2 2
1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4 1 4
2
0
Nombre d'articles %
86 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Tableau 13: Méthodologie des recherches traitant la relation entre MQ (ISO 9001) et innovation
produit
Article Nombre d’articles %
Revue de littérature 2 7
Conceptuel 1 4
Base de Grande E/se 2 8
Échantillon
données Mixte 23 92
Quantitative (6 ; 24%) Industriel 12 48
Secteur
(25 ;89 %) Mixe 13 52
Enquête
Techniques Première génération 18 72
(19 ; 76%)
statistiques MES 7 28
Également, l’innovation produit est mesurée d’une façon unidimensionnelle (68%), c’est-
à-dire avec un seul item (e.g. l’introduction ou non de produits nouveaux ou significativement
améliorés). Néanmoins, certaines recherches (32%) l’ont mesuré avec une échelle multi-items
prenant la considération la multi-dimensionnalité de ce construit.
87 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Tableau 15: Les résultats des études empiriques traitant l’effet du management de la qualité (ISO
9001) sur l’innovation produit
Nombre
Effet %
d’articles
Innovation produit Positif 4 16%
Négatif 3 12%
Non-significatif 10 40%
Paradoxal : (Positif/Négatif)
3 12%
(Positif/non-significatif)
Innovation produit Positif sur l’innovation produit incrémentale /
2 8%
Incrémentale et radicale Négatif sur l’innovation produit radicale
Non-significatif l’innovation produit radicale 1 4%
88 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
89 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
perspective longitudinale. L’étude de Bourke & Roper (2017) a révélé que la certification de la
qualité a des effets de perturbation significatifs sur le court terme et aucune preuve d'effets
bénéfiques sur le long terme.
90 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
processus favorisent l'innovation axée sur l'exploitation, mais pas l'innovation radicale
exploratoire. En outre, Blank & Naveh (2014) ont étudié l’impact du quality climat sur
l’innovation produit radicale. Selon leurs résultats, le quality climat n’a pas d’effet significatif
sur la performance de l’innovation produit radicale.
3
Nombre d'articles
3
2 2 2
2
1 1 1 1 1 1
1
0 0 0
0
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Année de publication
91 | P a g e
PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Figure 21: Nombre d'articles publiés par journal traitant la relation OM responsive/proactive-
innovation produit
0 5 10 15 20 25
% Nombre d'articles
Figure 22: Nombre d'articles publiés par pays traitant la relation OM responsive/proactive-
innovation produit
30
20
27
20 20
10
7 7 7 7 4 7
0 1 1 3 3 1 1 1
Belgique Canada Chine Etats-Unis Europe Ile Maurice Taïwan Turquie
centrale
Nombre d'articles %
La grande majorité des recherches sont quantitatives (14, 93%), par rapport au nombre très
faible (1, 7%) des études qualitatives. 73% des études ont pris comme terrain de recherche des
échantillons mixtes composés de grandes entreprises et PME, qui opèrent à la fois dans des
secteurs manufacturiers et de services (67%). Les méthodes statistiques privilégiées par les
études quantitatives sont les méthodes de régression (60%) et la modélisation par les équations
structurelles (MES) (20%). Quant à la seule étude qualitative, ses auteurs ont utilisé l’analyse
de contenu thématique.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
L’effet des dimensions de l’OM sur l’innovation produit a été étudié de différentes façons
par les chercheurs. Plus que la moitié des recherches (67%) se sont intéressés à l’effet linéaire
direct des dimensions de l’OM sur l’innovation produit. À côté, d’autres (20%) ont essayé de
dépasser cet effet linéaire vers le test de liens curvilinéaires. En outre, deux articles (13%) ont
étudié l’effet de complémentarité ou d’interaction entre OMR et OMP avec d’autres variables
sur l’innovation produit.
Tableau 18: Résultats des études empiriques traitant l’effet de l’OM responsive/proactive sur
l’innovation produit
Relation Nombre d’articles %
Linéaire (positif ou non-significatif) 10 67%
Non-linéaire 3 20%
Complémentarité/Interaction 2 13%
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MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
L'examen des 15 recherches montre que leurs résultats sont mitigés. D’un côté, les effets
des deux dimensions de l’OM sur l’innovation produit forment trois catégories de résultats.
Selon leurs sens, on note des effets (i) directs positifs (Beck et al., 2011; Bodlaj et al., 2012;
Narver et al., 2004; Zhang & Duan, 2010a) ou non-significatifs (Bodlaj et al., 2012; Narver et
al., 2004; Ozdemir et al., 2017; Srivastava et al., 2013) , (ii) non-linéaires (concave ou convexe)
(Atuahene-Gima et al., 2005; Ozdemir et al., 2017; Tsai et al., 2008), (iii) de complémentarité
ou interaction (Chou & Yang, 2011; Yannopoulos et al., 2012).
D’un autre côté, des résultats peuvent être classés en fonction du degré de l’innovation
produit (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu, et al., 2015; Cai, Yu, et al., 2015; Chen, 2015; Li et
al., 2008). Toutefois, seulement quatre articles ont considéré à la fois l’innovation produit
incrémentale et radicale dans une seule question de recherche (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu,
et al., 2015; Chen, 2015; Li et al., 2008).
Les résultats de l'étude de Narver et al., (2004) impliquent que l’OMR, en comparaison avec
l’OMP, n’a pas de rôle significatif dans la création et le soutien de la réussite des nouveaux
produits. De même, Bodlaj, Coenders & Zabkar (2012) n’ont trouvé aucun effet significatif de
l’ OMR sur le succès de l’innovation. Néanmoins, l'impact de l’OMR est positif et significatif
uniquement dans un environnement de marché en constante évolution. En ce qui concerne
l’OMP, d’autres recherches arrivent au même résultat non significatif. Srivastava, Yoo,
Frankwick & Voss (2013), sont les seuls auteurs à évaluer la relation entre l’OMP et la
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MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
L’association de l’OMR et OMP avec l’innovation produit semble être plus complexe.
Selon certaines recherches empiriques, l’OMR et OMP peuvent être, d’un côté, bénéfiques à
l’innovation produit et la heurter d’un autre côté. Dans ce sens, Atuahene-Gima, Slater & Olson
(2005) étaient les premiers auteurs à penser que l’effet de l’OMR et OMP sur la performance
de l’innovation produit peut avoir une nature curvilinéaire. Ils se sont basés sur les théories de
“resource-based advantage” et “organizational search behavior” pour étudier cette
curvilinéarité. Il ressort de leurs résultats que l’OMR a une relation en forme de U avec la
performance de l’innovation produit, tandis que la relation pour l’OMP est en U inversé.
Toutefois, cette relation non linéaire n'a pas été empiriquement confirmée par Tsai, Chou,
& Kuo (2008) en considérant des variables modératrices, à savoir l’intensité concurrentielle et
la turbulence technologique. Les résultats de leur analyse de régression hiérarchique, sur 107
nouveaux programmes de développement de l’innovation produit technologique, révèlent que
sous un haut niveau de turbulence technologique, l'OMR devient nuisible à la performance de
l’innovation produits au-delà d'un certain niveau (U inversée). Par ailleurs, sous un faible
niveau de turbulence technologique ou d'intensité concurrentielle, la relation entre l'OMP et la
performance de l’innovation produit est en forme de U inversé.
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MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Quelques études ont fait un pas de plus pour examiner si les deux dimensions de l’OM
impliquent différents types d'innovation produit. Elles aboutissent communément au constat
que l’OMR va de plus avec l’innovation incrémentale et l’OMP avec l’innovation radicale. À
travers des études de cas multiples de sept PME opérant dans différents secteurs, Bucktowar,
Kocak & Padachi (2015) ont conclu que les entreprises adoptant l’OMR mettront en œuvre des
modifications mineures qui stimuleront l'innovation incrémentale. En outre, celles avec l’OMP
anticipent les besoins des clients et, par conséquent, stimulent l'innovation radicale. L’étude de
Chen (2015) a révélé que l’OMR et OMP ont, respectivement, un impact positif sur la
performance de l’innovation produit incrémentale et radicale.
Alors que toutes ces recherches ont seulement lié, d’une façon respective, l’OM responsive
et proactive avec l’innovation produit incrémentale et radicale, d’autres ont essayé de tester
l’impact des deux dimensions de l’OM à la fois sur les deux types de l’innovation produit. Li
et al., (2008) ont confirmé que l’OMR est positivement liée aux innovations produit
incrémentales, et l’OMP est positivement liée aux innovations produit radicales. Plus
spécifiquement, l’effet de l’OMR sur les innovations radicales est plus faible que l’OMP. Par
contre, l'effet de l’OMP sur les innovations incrémentales est plus faible que l’OMR. Cai, Yu,
Liu & Nguyen (2015) ont particulièrement analysé l’association entre l’OMR et OMP avec
l’innovation produit radicale développée par 235 PME, et ont constaté que l’OMR et l’OMP
sont toutes les deux significativement et positivement liées au degré de radicalité de
l'innovation. Plus encore, Cai, Liu, Zhu & Deng (2014) trouvent que l’OMR et l’OMP affectent
positivement en même temps l'innovation incrémentale et radicale, avec un impact positif
relativement faible de l’OMP sur l'innovation radicale par rapport à l’OMR.
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Comme l’indique la figure 23, l'une des premières publications dans ce domaine date de
1991, qui est le travail de Mohr-Jackson (1991). On observe selon la courbe polynomiale que
le nombre d’articles a connu une tendance croissante depuis les années 1990 jusqu’en 2006 où
il commence à décroitre. Aussi, il est à remarquer que le nombre maximum d’articles publiés à
atteint quatre articles (11%) en 2005 et 2012.
Figure 23: Nombre d'articles publiés traitant la relation entre MQ et OM/marketing (1990-2017)
5
4 4
Nombre d'articles
4
3 3
3
2 2 2 2 2
2
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
1
0
Année de publication
Si nous analysons les journaux dans lesquels ces articles ont été publiés, il est intéressant
de noter que leur nombre est relativement faible (22 journal). D’après la Figure 25, le plus grand
nombre d’articles ont été publiés dans deux principaux journaux spécialisés en marketing
industriel et management de la qualité. Il s’agit respectivement des journaux « Industrial
Marketing Mangement » (17%) et « Total Quality Management & Business Excellence »
(14%). Par la suite vient « International Journal of Quality & Reliability Management » (9%).
Et finalement, « Journal of Strategic Marketing » (6%) et « Industrial Management & Data
Systems » (6%).
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Figure 24: Nombre d'articles publiés par journal traitant la relation entre MQ et OM/marketing
% Nombre d'article s
Figure 25: Nombre d'articles publiés par pays traitant la relation entre MQ et OM/marketing
Nombre d'articles %
26
17
30 13
9 9 9 9
20 4 4
4 3 6
10 1 2 2 2 2 1
0
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MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Les méthodologies de recherche et les techniques d’analyse des données adoptées dans les
études sont présentées dans le Tableau 19. La majorité des études utilisaient une méthodologie
quantitative (67%), et la plupart de ces études étaient basées sur des enquêtes (44%), contre
33% de papiers conceptuels et seulement 6% qualitatifs. Par ailleurs, 14% ont adopté une
méthodologie mixte.
On observe aussi que plus que la moitié des recherches (56%), notamment empiriques, ont
porté sur des échantillons composés de grandes entreprises et PME. Concernant les secteurs
étudiés, 28% des articles ont pris des échantillons composés, en même temps, d’entreprises
industrielles et de services.
Pour ce qui est méthode d’analyse des données, 44% des recherches ont recouru à la
modélisation par les équations structurelles (MES), tandis que 6% de recherches ont
respectivement utilisé des statistiques descriptives et corrélation/régression. Un seul article
(3%) a employé le test d’ANOVA. Les données des études qualitatives (8%) ont été analysées
par une analyse par contenu.
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Blesa, 2005). Une autre l’a plutôt opérationnalisé en termes du type des méthodes du MQ, i.e.
l’assurance qualité, l’amélioration de la qualité, la qualité du design, le contrôle de la qualité et
la politique de qualité (Pipatprapa et al., 2017).
Par rapport à l’OM, une grande portion des articles (38%) ont adopté une approche
comportementale en la mesurant avec l’échelle MARKOR développée par Kohli, Jaworski &
Kumar (1993), alors que l’échelle MKTOR de Narver & Slater (1990) reflétant l’approche
culturelle n’a été utilisée que par 17% des articles. En outre, six articles (25%) ont privilégié
des échelles multi-items ou dimensions de l’OM outre que celles des échelles MARKOR et
MKTOR.
Selon l’analyse des 35 articles retenus pour cette revue systématique de littérature, ces
derniers se répartissent généralement entre contribution théorique et empirique selon trois
grandes thématiques discutées ci-dessous. La littérature s’est beaucoup penchée sur le rôle du
MQ (ISO 9001, TQM) dans le Marketing/OM (13, 37%), par rapport au rôle du Marketing/OM
dans le MQ (12, 34%) et leur complémentarité (10, 29%).
Toutes les recherches empiriques aboutissent au même résultat que le MQ a un grand rôle
dans l’implémentation et le déploiement de OM/marketing. Selon ces recherches, le MQ (Samat
et al., 2006; San Miguel et al., 2016), les pratiques du MQ, i.e. focalisation sur le client,
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En examinant les articles conceptuels, certains traitent les implications du MQ pour l’OM
(Gummesson, 1998), l’implémentation du marketing (Kohoutek, 1988), des 4P (Morris,
Barnes, & Lynch, 1999) ou du marketing relationnel (Morris et al., 1999). Cela peut être
accompli en faisant appel à des techniques et outils du MQ pour contribuer à la pensée et aux
pratiques marketing. Le déploiement des Fonctions Qualités « Quality Function
Deployment (QFD) », est l’outil le plus mobilisé par les auteurs dans ces sens. O’Neal & LaFief
(1992) ont développé un cadre conceptuel qui repose sur une approche normative de la
réalisation du concept marketing par l'adoption de la philosophie de la qualité totale à travers
l’application du QFD comme un outil puissant de mise en œuvre du concept marketing. Aussi,
Mohr-Jackson (1996) a expliqué que QFD est un moyen pour traduire la voix du client dans les
processus métier du marketing (par exemple, publicité, distribution, gestion des ventes) qui
répondent aux besoins des clients. Sur un volet plus stratégique, Lu & Kuei (1995) ont proposé
que l’utilisation du concept QFD dans le processus de planification du marketing stratégique
aidera les entreprises à atteindre leurs objectifs ultimes de satisfaction de la clientèle. À côté,
d’autres auteurs se sont penchés sur d’autres méthodes et conceptualisations du MQ. De leur
part, Martin & Martin (1996) ont fourni un cadre systématique et analytique pour examiner la
technique du benchmarking qui convient aux applications du marketing. Cravens et al. (1988)
ont réfléchi à un processus progressif pour développer un programme d'amélioration de la
qualité marketing.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
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MQ. Les recherches empiriques prouvent que l’OM influence positivement l'utilisation de
systèmes de mesure de la qualité (ISO 9001) (Pipatprapa et al., 2017), le MQ (Wang & Wei,
2005), l’orientation qualité (Demirbag et al., 2006; Lai, 2003; Warwood & Roberts, 2004;
Zelbst et al., 2010), et le TQM (Morgan & Piercy, 1992).
Cependant le rôle du Marketing dans le MQ reste limité suite à trois principales raisons.
Premièrement, les spécialistes de la qualité n'impliquent pas un rôle pour le marketing dans la
littérature (Morgan & Piercy, 1992). Encore, les responsables des départements qualité, ainsi
que les programmes du MQ, font peu ou pas de référence à la fonction marketing ou aux
informations marketing qu'elle peut éventuellement fournir dans la formulation des objectifs et
stratégies qualité (O’Neal & LaFief, 1992). Deuxièmement, les marketeurs sont en quelque
sorte responsables de leur désengagement du MQ car ils ont une compréhension limitée des
responsabilités clés du marketing en matière de la qualité (Morgan & Piercy, 1992), et pensent
que leur participation active dans le MQ augmentera encore plus leurs responsabilités
(Kordupleski, Rust, Zahorix & Zahorik, 1993). Aussi, ils considèrent que les qualiticiens
envahissent leur territoire car être proche du client a traditionnellement été le travail du
marketing (Kordupleski et al., 1993). Troisièmement, la nature du MQ et du OM/ Marketing
peut empêcher la contribution du marketing dans le MQ. Le fait que le MQ soit orienté à
l’interne de l’organisation en se focalisant spécialement sur l’amélioration des processus
organisationnels, et que le OM/Marketing soit plutôt orienté vers l’environnement externe rend
difficile leurs rapprochements (Morgan & Piercy, 1992). De plus de la différence d’orientations,
lier les deux peut ne pas être naturel, car il existe aussi une dissonance dans la conception de la
qualité entre les marketeurs et les responsables qualité, chacun la définit depuis sa position dans
l’organisation (Morgan & Piercy, 1992).
Bien qu'aucune vision marketing universellement acceptée de la qualité n'ait émergé, les
articles conceptuels ont essayé d’avancer des développements conceptuels appréhendant le MQ
selon une optique marketing ou empruntant des méthodologies marketing pour l’amélioration
du MQ. Morgan & Piercy (1992) conçoivent une approche holistique du MQ mettant en
perspective un rôle beaucoup plus large pour les marketeurs dans les stratégies qualité à travers
la gestion des attentes des clients et de leur perception de la qualité. Selon Morgan & Piercy
(1996), la « gap analysis » est l'une des contributions, développée dans le domaine du
marketing des services, les plus utiles à la réflexion sur la qualité, ce qu'elle signifie et comment
l'améliorer.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
« quality strategy contingency model » dans lequel ils montrent que le rôle du marketing dans
le MQ dépend du type de la stratégie qualité poursuivie. Par conséquent, ils remettent en cause
l’idée que le MQ est une approche unique qui peut s’appliquer également à tout type
d’organisme et prend en charge tout type de stratégie concurrentielle.
Les deux premières thématiques témoignent de l’existence d’une relation rétroactive, et par
conséquent une complémentarité, entre le MQ et OM/Marketing. Cette complémentarité a été
discutée par trois articles conceptuels (8%) (Fram, 1995; Iii & Fink, 2003; Malhotra, Lee, &
Uslay, 2012), testée et approuvée par sept (20%) articles empiriques (Lai & Cheng, 2005; Lai,
Yeung, & Cheng, 2012; Longbottom, Mayer, & Casey, 2000; Morgan & Piercy, 1998; Morgan
& Vorhies, 2001; Sussan & Johnson, 1997). Généralement, l’argument qui fonde cette idée de
synergie, défendu et partagé par tous ces articles, est que la satisfaction du client reste l’objectif
ultime constituant le MQ et le OM/marketing.
Quoiqu’il s’agisse de réflexions théoriques, les articles conceptuels ont tenté de discuter
comment le MQ et le OM/marketing peuvent se complémenter le mieux, ou comment
l’entreprise peut arriver à cette complémentarité afin de réaliser certaines performances.
À partir d'informations issues de vastes discussions de séminaires sur une période de trois
ans qui comprenaient des étudiants des cycles supérieurs, des cadres supérieurs et des
responsables qualité (e.g. chefs de division, vice-présidents et présidents) Fram (1995) conclut
que la relation entre le marketing et le MQ variait grandement. Dans certains domaines, elle est
bien établie et se définit comme une relation mature. Ceci est le mieux démontré par le secteur
manufacturier suivi par les services dans lesquels la relation entre marketing et MQ est bien
saisie. Bathie & Sarkar (2002) ont proposé cinq critères pour fonder un processus facilitant une
collaboration efficace entre les responsables marketing et qualité, pour résoudre des
problématiques liées à la satisfaction du client. Malhotra et al. (2012) ont proposé un modèle
conceptuel expliquant que l'interaction synergique de l’OM et l’orientation qualité a une
influence directe sur le marketing conscient, qui à son tour influe sur deux résultats, la
consommation consciente et la cocréation de valeur.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
Il est à mentionner qu’il y a des auteurs qui ont mis en avant des concepts symbiotiques de
la complémentarité entre MQ et marketing/OM, notons principalement le Total Quality
Marketing (Bathie & Sarkar, 2002; Fraser-Robinson & Mosscrop, 1991; Reddy, 1994), mais
qui n'ont pas réussi à s’imposer comme des conceptualisations assez solides et avoir des échos
dans la littérature académique ou professionnelle. Un concept non opérationnalisé dans une
recherche ne serait donc qu’une pure spéculation intellectuelle, un concept inutile car stérile.
Une lecture critique de nos trois RSL nous a permis d'identifier un ensemble de limites
pouvant bien expliquer les nuances et les divergences dans les résultats de la littérature. Ces
insuffisances concernent essentiellement l’étendue du champ de recherche par rapport à ces
trois relations, et touchent aussi des aspects théoriques et méthodologiques.
L’étendue des champs de recherche : sur la base du nombre d’articles analysés, nous
déduisons que la recherche sur les relations respectives entre MQ (ISO 9001), OM (responsive
et proactive) avec l’innovation produit, et la relation entre MQ et OM reste encore un terrain de
recherche fertile. En revanche, nous n’avons compté que 28 papiers étudiant, directement ou
indirectement, l’effet de l’ISO 9001 sur l’innovation produit, 15 pour l’effet de l’OM responsive
et proactive sur l’innovation, et 35 articles qui traitent du lien entre MQ et OM/marketing. Pour
la synergie entre le MQ et l’OM, seulement trois études empiriques l’ont rapproché avec la
performance de l’entreprise (Lai & Cheng, 2005; Lai et al., 2012; Sussan & Johnson, 1997).
Quasiment, aucune recherche n’a jeté la lumière sur la question de la synergie en lien avec
l’innovation.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
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de l’OM (responsive et proactive) sur l’innovation produit font généralement usage de la théorie
de l'apprentissage organisationnel. Cette théorie à elle seule peut être des fois insuffisantes pour
expliquer des problématiques compliquées liées à un phénomène complexe tel que l’innovation.
Durant cette dernière décennie, les champs du MQ et d’OM ont largement progressé en
s'ignorant l’un l’autre. En effet, le très peu d’études qui ont montré empiriquement que le MQ
et l’OM se complémentent n’abordent pas les théories pouvant soutenir une telle synergie. Elles
ne développent pas une assise théorique expliquant les mécanismes organisationnels qui gèrent
l’interaction entre les composantes de ces deux concepts.
Les recherches adoptent une définition assez large de l’innovation produit sans faire la
distinction entre l’innovation produit incrémentale et radicale. Par conséquent, leurs résultats
restent généraux et ne fournissent pas une compréhension en profondeur de l’effet du MQ (ISO
9001) et d’OM responsive et proactive sur l’innovation produit en tenant compte du degré de
son innovativité.
Limites méthodologiques : nous avons constaté que, pour les trois RSL, la grande
majorité des études empiriques s’inscrive dans une approche de recherche quantitative cross-
sectional, alors que les recherches qualitatives peuvent se compter au bout des doigts. Encore,
ces études empiriques s’intéressent moins aux entreprises du service, leurs échantillons sont un
mélange d’entreprises de secteur et taille différents. La focalisation sur les entreprises de service
et les PME enrichira notre compréhension des relations entre MQ, OM et innovation produit.
Une autre principale limite assez partagée entre les recherches sur l’effet du MQ (ISO 9001)
sur l’innovation produit est l’insuffisance dans l’opérationnalisation de ces deux concepts. Nous
trouvons que souvent les études associent le MQ (ISO 9001) à la certification ISO 9001 et
optent à des mesures unidimensionnelles pour le mesurer. Ce problème est aussi récurrent pour
l’innovation produit. Ces opérationnalisations sont très réductrices ne captant pas ainsi toute la
multi-dimensionnalité de ces deux concepts.
Toujours sur le plan méthodologique, plus précisément les outils d’analyse des données, les
auteurs utilisent des techniques statistiques de la première génération pour vérifier leurs
hypothèses de recherche. Pour la relation ISO 9001-innovation produit, les études testent des
liens de corrélation plutôt qu’un effet de causalité dans lequel le MQ (ISO 9001) est un
déterminant de l’innovation produit (Bourke & Roper, 2017). Cela peut être expliqué par le fait
que, dans la majorité des cas, les études se sont faites sur des bases de données déjà établies
obligeant les chercheurs à utiliser des mesures unidimensionnelles pour le MQ (ISO 9001) ou
l’innovation produit. Ces derniers ne pouvaient pas employer des techniques statistiques de la
deuxième génération telle la modélisation par les équations structurelles.
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PREMIÈRE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 1 ~ REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTÉRATURE DES RELATIONS ENTRE
MANAGEMENT DE LA QUALITE, ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT
À la lumière de cette synthèse générale des RSL menées, nous avançons des
recommandations qui peuvent améliorer l’étude des relations entre MQ (ISO9001), OM et
innovation produit. Une certaine partie de ces recommandations serait prise en compte dans ce
travail doctoral :
• Adopter différentes perspectives théoriques pour examiner les relations entre les concepts du
MQ (ISO 9001), OM et innovation produit.
• Mener des études qualitatives pour comprendre et expliquer en profondeur toutes ces relations,
ou encore des approches de recherche hybrides.
• Étudier le MQ (ISO 9001) en termes de ses pratiques et les opérationnaliser à travers des
échelles multi-items.
106 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Le concept de synergie comme phénomène est présent dans toutes les disciplines
scientifiques touchant les sciences sociales et dures (voir Corning, 1998, p. 139). Par exemple,
dans les sciences économiques, la synergie peut être trouvée dans de nombreux phénomènes
étudiés par les économistes, qui ont tenté de clarifier le sens diffus de la synergie, partant de la
dynamique du marché (relations demande-offre) aux économies d'échelle, à la division du
travail et aux produits de la technologie (Corning, 1996).
Depuis 1965, Igor Ansoff était parmi les premiers auteurs à utiliser ce concept en
management stratégique. Ce dernier le présente sous le slogan de l’effet “2+2=5” pour
107 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
expliquer l’effet par lequel l’entreprise peut obtenir de l’exploitation de ses ressources un
rapport combiné supérieur à la somme de leurs exploitations individuelles (Ansoff & Périneau,
1981). L'équation de synergie d’Ansoff, qui fonde la majorité des définitions de ce concept en
management, est basée sur les avantages des économies d'échelle, mais englobe également des
avantages plus abstraits reflétant la synergie en terme managérial.
D'une manière générale, nous constatons le chevauchement entre les deux termes de
complémentarité et synergie pour appréhender la même idée. Dans cette thèse, nous préférons
plutôt l’usage du terme synergie que nous définissons ainsi :
108 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
À la lumière des différents aspects clés identifiés dans la littérature, le concept de synergie
peut être résumé comme suit (Daum, 2013) :
Il est à signaler que, tout comme la complémentarité, la synergie ne constitue pas une
théorie à part entière expliquant le design organisationnel ou la performance. C’est plutôt
une approche méso-niveau qui aide les chercheurs à comprendre les phénomènes
relationnels comme influençant et étant influencés par des forces à des niveaux d'analyse
inférieur et supérieur (Bies, Bartunek, Fort, & Zald, 2007; Ennen & Richter, 2010; Hitt,
Beamish, Jackson, & Mathieu, 2007). Elle aide notamment à comprendre davantage
comment les composantes d’un même système engendrent collectivement des résultats
supérieurs que si elles ont été prises d’une façon individuelle (Ballot et al., 2015;
Brynjolfsson & Milgrom, 2013; Ennen & Richter, 2010).
13
En analogie avec Ballot et al. (2015) nous utilisons « syerngy-in-use » pour designer « complementratiy-in-use »
et « synergy-in-performance » pour « complementraity-in-performance ».
109 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
(1995) selon laquelle « doing more of one thing increases the returns to doing more of another »
(Milgrom & Roberts, 1995, p. 181).
Cependant, ces deux formes de synergie ne sont pas forcément liées, cela veut dire qu’il ne
faut pas penser qu’une synergie dans la pratique entre des activités génère une synergie pour
la performance (Ballot et al., 2015).
Dans la partie qui va suivre, nous allons essayer de décortiquer la synergie MQ-OM, tout
en dégageant les différences et similarités entre le MQ et l’OM, ainsi qu’en expliquant leur
contribution l’un par rapport à l’autre. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur la littérature
relative au champ de la Qualité et du Marketing.
110 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Finalement, cette différence dans la définition de la qualité s’étend vers la qualité du produit
à offrir au client. Selon l’OM, il existe un niveau optimal de la qualité, au-delà duquel des
changements en matière de qualité seront inaperçus ou sans importances pour les clients. À
l’encontre, les responsables qualité font toujours référence au principe de l’amélioration
continue, considérant que développer incessamment la qualité serait bien apprécié par les
clients (Alexander, 2001).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Malgré leurs points de divergences, il y a une forte relation logique entre le MQ et l’OM
parce qu’ils partagent des points en commun qui consolident leur forte complémentarité. Tous
les deux se fondent sur une architecture théorique semblable bâtie sur une philosophie de base
traduite en démarche pratique et opérationnelle. Cette architecture est explicitement ancrée dans
la notion de satisfaction du client (Day, 1994; Demirbag et al., 2006; Lai, 2003; Lai et al., 2012;
Mele, 2007; Mohr-Jackson, 1998b; Yam et al., 2005), et de création de valeur (McNaughton,
Osborne, & Imrie, 2002; Mele, 2007; Rönnbäck, Witell, & Enquist, 2009) comme clés pour
gagner un avantage concurrentiel.
Dans la même veine, Morgan (1992) explique qu’il existe un certain nombre de similitudes
assez claires entre les concepts de MQ et d’OM comme, (1) le désir de fournir une valeur
ajoutée, (2) un grand intérêt pour la satisfaction des besoins des clients et (3) la volonté
d'organiser les ressources et les compétences de l'entreprise pour atteindre ces objectifs (Santos-
Vijande & Álvarez-González, 2009). Pour atteindre leurs objectifs de satisfaction du client et
création de valeur, ils exigent une collecte systématique d’informations (Demirbag et al., 2006).
Le MQ et l’OM font face aux mêmes problèmes en terme de mise en œuvre (Day, 1994).
Tous les deux nécessitent, pour leurs implémentations, certains antécédents essentiels
semblables comme le rôle de la haute direction (leadership), la formation des employés, leur
participation et autonomisation, et une coordination étroite entre les départements de
l'entreprise (Demirbag et al., 2006; Lam et al., 2012; Mohr-Jackson, 1991; Samat et al., 2006).
Longbottom, Mayer & Casey (2000) ont saisi de nombreuses similitudes entre les principes
qui sous-tendent le MQ (TQM) et l’OM représentés dans le tableau 22.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
En examinant les concepts du MQ et de MO, il n'est pas difficile d’identifier leurs points
communs, tous les deux mettent l’accent sur le client, le travail en équipe, l’amélioration
continue des processus, leadership, l’autonomisation des employés, la gestion des relations de
l’entreprises internes et externes, la focalisation sur l'environnement et la performance.
Après avoir mis en exergue les points essentiels des divergences et convergences entre le
MQ et l’OM, nous proposons, dans la suite, de se focaliser de plus près sur l’aspect de
convergence et d’analyser la relation rétroactive entre les deux.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
MANAGEMENT
DE LA QUALITE
ORIENTATION
MARCHE
L’entreprise est amenée à trouver la bonne configuration entre la qualité externe souhaitée
par les clients et la qualité interne fournie par les processus organisationnels (Molina-Castillo
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
& Munuera-Aleman, 2009). L’OM contribue dans cette configuration par la définition de la
qualité du point de vue du client (Clinton, Loudon, Stevens & Warren, 1995). Elle facilite à
l’entreprise de préciser les besoins et les attentes des clients, à définir la qualité désirée et à
élaborer des stratégies qui répondent le mieux à leurs besoins. À ces fins, l’entreprise fait
recours à la collecte des informations générales sur le marché, la réalisation d'études de marché
spécifiques à la qualité, les focus groups, la communication de la qualité aux clients et la
surveillance de leurs degrés de satisfaction. Ces outils aident à exploiter la perception du client
de la qualité, et à déterminer les moyens de la transformer en offres de produits réelles.
La qualité peut être différemment définie et interprétée par les fonctions organisationnelles,
engendrant un déphasage dans le rôle de chaque fonction dans le processus de création et de
livraison de la qualité attendue par le client. En agissant comme un pont reliant les départements
de l’organisation, l’OM aide tout d’abord les membres du personnel à partager la même
compréhension et interprétation de la qualité perçue, en assurant que chaque membre de
l'organisation comprend la définition du client de la qualité (Hooley, 1993; Lai, 2003). Elle
assure par la suite une prise de décisions cohérentes dans la réalisation de la politique qualité
de l’entreprise. Aussi, l’OM ne se limite pas seulement à l’internalisation et la diffusion de la
qualité perçue des clients au sein l’entreprise, en développant une surveillance continue et
proactive de leurs besoins (San Miguel et al., 2016), mais permet encore d’analyser les
stratégies qualité des concurrents (Morgan & Piercy, 1992).
Gummesson (1998) avance que le MQ peut être dirigé non seulement en interne, mais aussi
à l’externe à travers le marché ou les clients. En ce sens, l’OM a un rôle fondamental à jouer
dans l'amélioration des efforts du MQ, notamment en veillant à ce que l'organisation « fasse les
bonnes choses » dans le processus d'amélioration de la qualité. Elle l’empêche de tomber dans
la trappe d’être trop focalisée sur l’interne dans ses efforts d'amélioration de la qualité (Lai,
2003; Santos-Vijande & Álvarez-González, 2009). L’OM est une stratégie « outside-in » qui
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
fournit des informations utiles sur le marché permettant d’évaluer et réinitialiser les activités
d'amélioration pertinentes (Day, 1994; Forza & Filippini, 1998; Kordupleski et al., 1993). Day
(1994) soutient que les organisations orientées marché sont supérieures dans leurs capacités de
« market-sensing » et de « customer-linking ». Il ajoute que lorsque ces deux capacités sont
profondément enracinées dans l'organisation, toutes les activités fonctionnelles et les processus
organisationnels seront mieux orientés vers l'anticipation et la réponse aux exigences
changeantes du marché.
L’intelligence du marché décernée par l’OM peut être utilisée stratégiquement pour
améliorer la qualité. La diffusion des informations du marché soutient le développement d’une
stratégie qualité visionnaire et la coopération interdépartementale, donnant aux managers une
plus grande capacité de contrôler la satisfaction et les exigences du client. Ils seront capables
de diriger leurs organisations vers une amélioration de la qualité étroitement liée à la valeur
client et l’avantage concurrentiel. La compréhension des exigences du marché rend plus
efficace la communication entre les différents départements et l’amélioration de leurs processus
(Wang & Wei, 2005).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Figure 27: Rôle du marketing dans la mise en œuvre d’une stratégie qualité différenciée
Recherche et
Objective Études de marché développement,
Communication
(a) et intelligence ingénierie de
basée sur les
compétitive, test produits et
fonctionnalités
marketing conception de
Base de produit
différenciation
concurrentielle
Étude de marché, Gérer le client Connaissance et
défense des - attentes information du
Perçue intérêts des clients, - échange, et client,
(b) coordination des expérience compétences en
clients, activités - Perceptions des communication,
d'interface résultats image de marque
(a) Dans une stratégie qualité différenciée/objective, les responsables marketing sont
concernés par l’amélioration des attributs du produit/service dans le but de gagner un avantage
compétitif non basé sur le prix. Afin de gérer l’interface interne, ces responsables sont amenés
à fournir des études de marché et une veille concurrentielle pour orienter les activités de R&D
et de développement des produits. Pour l’interface externe, ils se chargent de faire la promotion
des performances relatives des attributs et avantages des produits pour les clients cibles.
(b) Le rôle du marketing est essentiel pour une mise en œuvre réussie d’une stratégie qualité
différenciée/perçue. En effet, les marketeurs doivent constamment renforcer la présence de la
voix du client à l’interne de l’organisation, et ce à la fois en communiquant formellement et
informellement, durant des réunions directes avec d'autres managers, les informations du
marché. En externe, les responsables marketing tentent de gérer le processus d'évaluation de la
qualité client en définissant des attentes réalistes, et coordonnant les activités d'interface entre
l’organisation et le client pour contrôler au maximum l'expérience d'échange avec ce dernier.
Subséquemment, ils ciblent les messages de communication post-achat dans le but de gérer la
perception des résultats par les clients.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Rôle du marketing dans la mise en œuvre d’une stratégie qualité à faible coût
Figure 28 : Rôle du marketing dans la mise en œuvre d’une stratégie qualité à faible coût
Ingénierie des
Objective Qualité des processus et
(c) processus du Message "qualité" design, méthodes
marketing et compétences de
Base pour un contrôle de qualité
avantage à faible
coût
Coûts faibles de la
Perçue Minimisation des Message du "prix qualité,
(d) coûts en marketing bas" compétences de
communication
(c) Le rôle du marketing apparaît beaucoup moins important pour une stratégie qualité
fondée sur les coûts/objectif. Cependant, l’application des concepts et des méthodologies du
MQ pour l’amélioration de la qualité des processus marketing peut être perçue par les
responsables marketing comme des activités périphériques pour l’implémentation d’une telle
stratégie. Dans certains cas, ces derniers devaient passer quelconques messages qualité dans la
majorité des publicités externes juste pour mettre en avant un slogan de la qualité interne.
(d) La particularité des stratégies qualité fondées sur les coûts/perçue c’est qu’elles
cherchent essentiellement la gestion efficace des coûts en comparaison avec les concurrents.
Elles font de cet avantage un moyen pour abaisser les prix aux clients, de façon à continuer de
manager leurs perceptions du prix et de la valeur des produits/service. Ces objectifs peuvent
être obtenus par une budgétisation à base zéro appliquée aux activités marketing et une
utilisation équilibrée de la publicité comparative basée sur les prix et l'image de l'entreprise afin
de minimiser le risque perçu par le client.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Jackson (1998) considère que les entreprises orientées qualité sont également orientées marché.
Litton (2001) est du même avis que les organisations qui implémentent le MQ dans leurs
stratégies et culture organisationnelle sont, par nature, des organisations orientées marché
(Samat et al., 2006). Cela implique que l’OM peut être un résultant du MQ (Samat et al., 2006).
Une bonne dynamique interdépartementale est l'un des piliers fondamentaux de l'OM
(Kohli & Jaworski, 1990). Le MQ est une alternative pour atteindre l’OM grâce à sa nature
holistique conceptuellement similaire aux modèles de l’OM par Kohli & Jaworski (1990) et
Narver & Slater (1990) (Morgan & Piercy, 1992). Dans ce sens, le MQ implique la mise en
œuvre pratique des processus organisationnels pour un suivi continu des forces du marché et
engage tous les départements afin de réagir et s'adapter continuellement à l'environnement en
constante évolution (Lam et al., 2012; Santos-Vijande & Álvarez-González, 2009). À travers
cela, le MQ crée une dynamique interdépartementale bénéfique à l’OM, car il améliore la
communication et la coopération, augmente la connectivité et réduit les conflits entre les
départements de l’organisation.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
Toutefois, les processus de l’OM sont, dans la majorité des cas, informels et dominés par
certains départements (e.g. le marketing). Le MQ les formalise et les intègre dans le système
organisationnel des processus de l’entreprise. Des fois, ces processus peuvent même devenir
inefficaces, ou déformés, lorsque l’organisation passe par une phase de croissance qui exige
une restructuration et réaffectation de sa structure organisationnelle. Une solution fréquente à
ce problème est de préserver les connaissances et l'expérience accumulées dans des processus
formels. À cet égard, l’organisation peut faire appel à l’expertise du département qualité en
contrôle des processus (Kohoutek, 1988). Les connaissances formalisées peuvent être enrichies
par un transfert vers les autres parties de l’organisation, facilité par le principe du management
par l’approche systémique traitant l’organisation comme un ensemble de processus
interdépendants. Ce principe renforce l’amélioration de l’efficacité des processus de l’OM
puisqu’il les met en interaction avec les autres processus organisationnels. La technique la plus
étudiée dans la littérature marketing permettant aussi cette interaction est la matrice QFD (Lu
& Kuei, 1995; Mohr-Jackson, 1996; O’Neal & LaFief, 1992).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION
MARCHE
à long terme. Le marketing relationnel est alors une composante importante de l’OM de
l’entreprise que Day (1994) désigne par customer linking capability.
Dans cette perspective relationnelle, le lien entre MQ et OM est très étroit (Gummesson,
2008; Mele, 2007). L’importance que donne le MQ à cet aspect relationnel complète le
marketing relationnel en favorisant davantage la culture de relation à long terme avec les clients
et les autres parties prenantes (Lai & Cheng, 2005). Les outils et techniques du MQ peuvent
renforcer ou développer le marketing relationnel en termes de ses dimensions culturelle,
stratégique et opérationnelle (Curry & Kkolou, 2004; Morris et al., 1999). Le MQ contient des
principes adjacents au marketing relationnel tels que la focalisation sur le client, l’élaboration
et le maintien des relations mutuellement bénéfiques, en amont et en aval, avec les fournisseurs,
ou plus généralement les parties prenantes de l’entreprise (Deming, 2000; Lai & Cheng, 2005;
Mele, 2007; Santos-Vijande & Álvarez-González, 2009).
Une entreprise avec une forte image de marque est plus susceptible de retenir plus
longtemps ses clients. Le MQ peut améliorer l’image de marque de l’entreprise en lui
permettant de dégager des signaux positifs sur le marché, à travers la certification qualité ou la
qualité supérieure de ses produits. Afin de positionner favorablement leurs produits par rapport
aux marques concurrentes, les marketeurs se servent des informations venant du MQ pour
construire des programmes de communication marketing montrant la meilleure adéquation
entre les performances du produit et les attentes du client (Cravens et al., 1988). La haute qualité
du produit est utilisée dans ce sens pour obtenir un avantage marketing. C’est un signal utile
non seulement pour l’attraction de nouveaux clients, à travers un bouche-à-oreille positif, mais
plus encore pour entretenir une relation durable avec les clients existants.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Bien qu’elle soit une théorie assez adoptée par les chercheurs en management stratégique,
la RBV a été extensivement débattue est surtout critiquée en raison de sa concentration sur les
ressources de l’entreprise, et sa nature statique.
D’une part, la RBV montre une incapacité à expliquer comment les ressources doivent être
développées et déployées pour atteindre un avantage concurrentiel soutenu (Priem & Butler,
2001). La simple possession de ressources idiosyncrasiques n’aboutit pas automatiquement à
des performances supérieures sur des marchés concurrentiels. Ces ressources restent latentes et
n’apportent aucun bénéfice réel jusqu’à ce qu’elles soient coordonnées et déployées par des
capacités organisationnelles appropriées (O’Cass, Ngo & Siahtiri, 2015). Par conséquent, la
possession des capacités est reconnue actuellement d’être plus importante que la simple
détention de ressources (O’Cass & Sok, 2012), du fait que ces dernières n'ont aucune valeur en
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
étant isolées (Ketchen, Hult & Slater, 2007; Teece et al., 1997). Signalons que même si certains
adeptes de la RBV considèrent ressources, capacités et compétences comme l’ensemble des
actifs de l’entreprise, ce courant porte généralement une attention considérable et différentielle
sur les ressources.
En d’autre part, la RBV s’attache à expliquer statiquement, à travers une photographie d’un
moment donné t, comment le stock des ressources crée l’avantage concurrentiel et les
différences de performance entre les entreprises. Dès lors que certaines entreprises arrivent à
développer un avantage concurrentiel dans des environnements en changement rapide, le cadre
d’analyse de la RBV reste limité devant les questions du pourquoi et comment les ressources
créent et maintiennent un avantage concurrentiel dans le temps surtout dans des environnements
qui changent rapidement.
Partant de ces limites, Teece et al. (1997) ont apporté un certain nombre de développements
théoriques qui ont donné lieu à la TCD. L’ambition de ces auteurs n’était rien de moins que de
fournir un cadre cohérent, et évolutif, pour identifier les fondements qui sous-tendent la
croissance et la prospérité, ainsi que l’avantage concurrentiel, de l'entreprise sur le long terme.
La TCD peut être donc considérée comme une version assez améliorée de la RBV. Malgré les
différentes orientations de ces deux théories, elles sont complémentaires puisque les ressources
et les capacités sont les principales sources du succès d'une entreprise (Conner, 1991).
La TCD considère que l’avantage concurrentiel durable exige des capacités dynamiques
uniques et difficiles à copier et qui sont nécessaires pour déployer les ressources VRIN et
s'adapter aux évolutions rapides de l’environnement (Teece, 2007). Autrement dit, la TCD
cherche à expliquer comment les entreprises atteignent et maintiennent un avantage
concurrentiel dans des environnements en constante évolution. Les aspects critiques des
capacités dynamiques sont la capacité de l'entreprise à identifier l'environnement changeant, à
ressentir le besoin et l'opportunité, puis à accomplir la transformation nécessaire dans ses
routines qui reconfigurent ses ressources et créent une valeur significative (Easterby-Smith,
Graça, Antonacopoulou, & Ferdinand, 2008).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Quatrièmement, notre terrain de recherche concerne les entreprises innovantes. Étant donné
que ces entreprises opèrent souvent dans des environnements fortement, ou modérément,
turbulents, la TCD semble être plus adéquate pour étudier ce genre d’entreprises, puisqu’elle
se focalise particulièrement sur les environnements dynamiques.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
ressources, souvent combinées, en utilisant des processus organisationnels qui assurent une
coordination supérieure des activités fonctionnelles. D’après Amit & Schoemaker (1993), ces
processus, tangibles ou intangibles, se fondent essentiellement sur l’information, ils sont
propres à l’entreprise et développés au fil du temps par des interactions complexes entre ses
ressources. Ils expliquent que les capacités sont souvent développées dans des domaines
fonctionnels en combinant des ressources physiques, humaines et technologiques.
Le tableau 23 réunit les définitions les plus influentes dans la littérature des capacités
dynamiques.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Zahra et al. (2006, p. « they are ‘the abilities to reconfigure a firm’s resources and routines in the
918). manner envisioned and deemed appropriate by its principal decision-maker »
Wang & Ahmed (2007, « a firm’s behavioural orientation constantly to integrate, reconfigure, renew
p. 35) and recreate its resources and capabilities and, most importantly, upgrade and
reconstruct its core capabilities in response to the changing environment to
attain and sustain competitive advantage »
Helfat et al. (2007, p. 1) « the capacity of an organization to purpose-fully create, extend or modify its
resource base »
Ces définitions ne nous éclairent pas seulement sur le concept des capacités dynamiques,
mais nous montrent également ce qu’elles ne sont pas. Une capacité dynamique n’est pas une
réaction spontanée ou un événement ad hoc de résolution de problèmes (Helfat et al., 2007;
Winter, 2003). Une entreprise s'adaptant de manière créative, mais désordonnée à une
succession de crises n'exerce pas une capacité dynamique (Zollo & Winter, 2002). Même si les
capacités dynamiques sont liées au changement stratégique, elles n’en sont pas synonymes.
Elles concernent particulièrement le changement intentionnel de la base de ressources de
l’entreprise (Ambrosini & Bowman, 2009). Par ailleurs, la chance ne constitue pas une capacité
dynamique, car les capacités dynamiques sont intentionnelles, délibérées et répétables (Helfat
et al., 2007; Zahra, Sapienza, & Davidsson, 2006). Encore, elles sont profondément encastrées
dans l'entreprise (Eisenhardt & Martin, 2000) parce qu’elles dépendent de sa trajectoire, son
évolution ou histoire (Zollo & Winter, 2002), elles sont alors construites plutôt que procurées
sur le marché (Makadok, 2001).
Les capacités dynamiques ne sont pas un concept unitaire, elles se manifestent sous
différentes formes distinctes (Schilke, Hu & Helfat, 2018). Dans un effort de comprendre la
véritable nature des capacités dynamiques, plusieurs auteurs ont proposé des catégories pour
les différencier par rapport aux capacités ordinaires (Collis, 1994; Teece et al., 1997; Winter,
2003). Collis (1994) a distingué entre quatre catégories de capacités. La première regroupe les
capacités reflétant l’aptitude à accomplir les activités fonctionnelles de base de l'entreprise, il y
attribue les ressources de l’entreprise au sens large. La deuxième porte sur les capacités
responsables des améliorations dynamiques des activités de l’entreprise. La troisième est
presque identique à la deuxième, mais concerne les capacités permettant de reconnaître la valeur
intrinsèque d'autres ressources ou de développer de nouvelles stratégies avant les concurrents.
La dernière catégorie est appelée méta-capacités ou capacités d’ordre supérieur, c’est les
capacités qui permettent d’apprendre à apprendre, c’est-à-dire les capacités qui renouvellent
d’autres capacités. D’après la définition de Teece et al. (1997), la deuxième et troisième
catégories de Collis (1994) sont des capacités dynamiques (Ambrosini & Bowman, 2009).
Pour Winter (2003), il existe trois niveaux de capacités. Les capacités du niveau zéro, dites
capacités opérationnelles ou ordinaires, permettant à l’entreprise de "gagner sa vie dans le
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Tous ces types hiérarchisés de capacités sont intrinsèquement reliés. Les capacités
opérationnelles, ou routines, se rapportent au fonctionnement opérationnel de l'organisation, les
capacités dynamiques modifient les routines opérationnelles. Enfin, les méga-capacités, qui
reposent sur l'apprentissage, facilitent la création et la modification de capacités dynamiques
(Easterby-Smith & Prieto, 2008). D’autres auteurs (e.g. Danneels, 2002; Zahra et al., 2006)
emploient des catégories pareilles.
Dans le tableau 24, nous reprenons une synthèse, faite par Barrales-Molina et al. (2014),
des spécificités les plus acceptées des capacités dynamiques dans la littérature.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
entreprise dépend non seulement de l'environnement dans lequel elle opère, mais aussi de ses
capacités dynamiques internes comme le MQ.
Une capacité dynamique ne s’achète pas sur le marché, mais plutôt se construit sur la base
du répertoire de routines, ou des expériences antérieures, de l’organisation « path dependence
» (Eisenhardt & Martin, 2000; Teece, 2007). Similairement, Abrunhosa & Moura E Sá (2008)
relatent que le MQ est path dependence, c'est-à-dire qu'il est d’une nature cumulative qui reflète
les spécificités du contexte dans lequel il se produit. Ainsi, les pratiques qualité demeurent
conditionnées par les investissements, matériels et immatériels, effectués par l’entreprise pour
les intégrer, aussi par ses expériences en matière de la qualité et le degré de maturité de son
SMQ. Flynn et al. (1994) avancent que le MQ est difficilement imitable car ses pratiques
s'améliorent continuellement et présentent donc une cible mouvante « moving target » pour les
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
concurrents. Powell (1995) partage le même point de vue et considère que les « time
compression diseconomies », « connectedness of resources », « causal ambiguity » et « social
complexity » rendent le MQ imparfaitement imitable.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Le champ d’action de l’OM ne se limite pas uniquement aux capacités marketing ordinaires,
mais s’étend même aux capacités marketing dynamiques « dynamic marketing capabilities »
(Barrales-Molina, Martínez-López, & Gázquez-Abad, 2017; Bruni & Verona, 2009; Day,
2011). Selon Wang, Hu & Hu (2013), l’OM est positivement associée aux capacités
dynamiques du marketing. Pour certains auteurs il y a même possibilité d’examiner l’OM, en
particulier l’OM proactive, comme une réelle capacité dynamique du marketing (Barrales-
Molina et al., 2014). Cependant, l’OM responsive est une capacité dynamique plus appropriée
à un environnement moyennement turbulent, tandis que l’OM proactive une capacité
dynamique nécessaire dans le cas où l’environnement est vigoureusement turbulent.
Schindehutte, Morris & Kocak, (2008) trouvent que le comportement réactif ou proactif de
l’OM mène l'entreprise à développer des compétences en matière de « market sensing » et
d'adaptation des capacités organisationnelles internes pour répondre aux demandes des clients.
L’OM agit comme une capacité du market sensing qui fournit une structure de connaissances
pour reconnaître le dynamisme du marché, et une base de connaissances pour identifier les
formes de routines et les actions nécessaires pour répondre à ce dynamisme (O’Cass & Heirati,
2015).
Cela apparaît clairement dans l’approche comportementale de l’OM de Kohli & Jaworski
(1990). Dans cette approche, l’OM déploie des processus spécifiques pour recueillir des
connaissances pertinentes sur les besoins actuels et futurs du marché, les transférer d’une
manière inter-fonctionnelle au sein de l’organisation, puis combiner toutes ressources
organisationnelles pour concevoir des stratégies adéquates. Dans ce sens, l’OM se raccorde aux
capacités dynamiques dans leurs multiples rôles qui assument au sein de l'organisation, tels que
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Les développements théoriques avancés dans les deux paragraphes précédents présentent
une esquisse théorique pour le paragraphe à venir, dans lequel nous continuons notre usage de
la TCD pour conceptualiser l’effet de la synergie entre MQ et l’OM sur l’innovation produit.
14
Certains auteurs associent le MQ au domaine opérationnel ou technique. Nous pensons que le MQ relève aussi
du domaine technologique, car il fait partie des standards. Les standards, en tant qu' un ensemble de spécifications
techniques, constituent une base commune de connaissances technologiques avancées, affinées sous une forme
facilement transférable pour une adoption généralisée (Allen & Sriram, 2000).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
alors que l’OM est une capacité dynamique qui provient plus du Marketing (voir, Easterby-
Smith & Prieto, 2008). Autrement dit, le MQ se rapporte au comportement organisationnel axé
sur la technologie et l’OM à celui axé sur le marché (Gummesson, 1991).
La littérature s’est arrêtée au niveau de l’effet combinatoire des capacités ordinaires sur
l’innovation produit. À notre connaissance, il n’existe pas de recherche ayant considéré l’effet
combinatoire des capacités dynamiques. En mobilisant la théorie RBV, cette littérature révèle
que les capacités marketing et technologique sont les antécédents les plus responsables de la
performance de l’innovation produit (Henard & Szymanski, 2001; Moorman & Slotegraaf,
1999; Verona, 1999). Cependant, elles peuvent être insuffisantes seules et doivent opérer de
manière intégrée (Prašnikar, Lisjak, Buhovac & Štembergar, 2008). En plus de leurs rôles
individuels, des recherches ont montré qu’aussi la complémentarité entre ces capacités est
cruciale pour le développement de l’innovation produit (Moorman & Slotegraaf, 1999; Zang &
Li, 2017).
D’une part, une entreprise dotée de fortes capacités technologiques est capable d'utiliser des
connaissances scientifiques pour développer rapidement des produits qui offrent de nouveaux
avantages et créent de la valeur pour les clients (McEvily, Eisenhardt, & Prescott, 2004). De
l’autre part, une entreprise ayant de solides capacités marketing peut utiliser sa compréhension
approfondie des besoins des clients pour favoriser le développement de nouveaux produits et
organiser des activités marketing qui offrent une valeur unique aux clients (Day, 1994).
effet positif sur le développement des capacités technologiques (Camisón & Puig-Denia, 2016;
Perdomo-Ortiz, González-Benito, & Galende, 2009), aussi que l’OM impacte positivement le
développement des capacités marketing de l'entreprise (Ngo & O’Cass, 2012b; O’Cass &
Heirati, 2015; O’Cass & Ngo, 2011). En effet, si la complémentarité entre ces capacités
ordinaires est capitale pour l’innovation produit, la complémentarité entre les capacités
dynamiques responsables de leur modification ou conception serait sans doute plus importante.
Cette déduction nous amène à soutenir que la synergie entre les deux capacités dynamiques MQ
et OM est plus essentielle pour l’innovation produit. En d'autres termes, le MQ et l’OM
soutiennent la reconfiguration, ou le développement, de nouvelles capacités technologiques et
marketing conduisant au développement de l’innovation produit.
Si l’OM cherche à faire les bonnes choses, le MQ la complète en mettant l'accent sur
l'amélioration continue des processus pour faire les choses correctement dans l'ensemble de
l'organisation (Lai & Cheng, 2005). D’un côté, l’OM aide à mieux comprendre les attentes et
les besoins exprimés et latents des clients, les capacités et les stratégies des concurrents, et les
exigences du marché en général (Jaworski & Kohli, 1993; Lafferty & Hult, 2001). Cela
représente un avantage de savoir-quoi qui permet à l'entreprise d'être plus efficace en permettant
aux managers de sélectionner les combinaisons de ressources disponibles les plus productives
pour les adapter aux conditions du marché afin de les traduire en innovation produit (Morgan
et al., 2009; Slater & Narver, 1995). De l’autre côté, le MQ facilite l’analyse et la diffusion du
134 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
savoir-quoi produit par l’OM à l’aide de ses différentes pratiques. Il fournit le savoir-faire
nécessaire pour le développement industriel de l’innovation produit. En retour, il sera difficile
pour l’entreprise d’identifier le savoir-faire à développer pour innover si elle ne dispose pas
d’un savoir-quoi vu que le développement de l’innovation produit dépend fortement de la prise
en compte du marché (Dierickx & Cool, 1989).
Il existe un lien étroit entre les deux aspects cumulative et combinatoire et l’effet de la
synergie entre MQ et OM comme méga-capacité dynamique sur l’innovation produit. Le
renforcement mutuel du MQ et de l’OM augmente la capacité d’acquérir ou créer des
connaissances marché et technologiques, chose qui améliore la prédisposition de l’entreprise à
réaliser des innovations produit. Nous estimons qu’autant que l’interaction entre le MQ et l’OM
augmente, plus l’effet de cette méga-capacité dynamique sur l’innovation produit devient plus
fort.
135 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II - SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA
THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES
Figure 29: Relation entre la synergie MQ-OM et innovation produit selon la théorie des capacités dynamiques
Capacités dynamiques
combinatoires
Méga-Capacité
dynamique
ORIENTATION
MARCHE
MANAGEMENT DE LA
QUALITE
136 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE II – CONCLUSION DU CHAPITRE II
CONCLUSION DU CHAPITRE II
À travers ce deuxième chapitre, nous avons pu répondre à trois questions essentielles :
Nous avons montré qu’il y a une relation de synergie entre MQ et OM. Pour bien
l’expliciter, nous nous sommes essentiellement reposés sur les travaux de Lai (2003) et Lai et
al., (2012), en plus d’autres travaux en qualité et marketing. D’un côté, le MQ contribue dans
l’OM en trois manières : (i) il soutient sa mise en œuvre au sein de l’organisation, (ii) il rend
efficaces ses processus internes et (iii) il développe ses processus du marketing relationnel. De
l’autre côté, l’OM intervient aussi dans le MQ en trois manières : (i) elle apporte les
informations nécessaires au MQ en veillant sur les changements du marché, (ii) elle permet de
guider les processus internes de la qualité et (iii) elle occupe une place importante dans la
formulation et l’implémentation des stratégies concurrentielles basées sur la qualité.
137 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III – INTRODUCTION DU CHAPITRE III
Étant donné qu’il n’y a pas de recherche, à notre connaissance, sur la relation entre les
concepts étudiés par notre thèse dans le contexte marocain, nous avons réalisé une étude
qualitative exploratoire. Ainsi, la troisième section portera sur cette étude qui est la première
phase de notre stratégie de recherche. Dans un premier temps, nous allons présenter la
méthodologie de recherche adoptée pour cette étude qualitative exploratoire. Dans un deuxième
temps, nous dévoilons ses principaux apports dans le but de revisiter notre modèle conceptuel
construit sur la base de la littérature en l’enrichissant avec d’autres variables.
138 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
Il fallait aussi apporter une précision quant au type de l’innovation à étudier. Notre
focalisation sur l’innovation produit s’est faite suite à différentes raisons. À notre sens, la
finalité ultime du MQ est la production de produit/service qui satisfait le client, nous estimons
qu’il est plus proche de l’innovation produit que d’autres types d’innovations. Cependant,
quoique le MQ puisse être aussi lié à l’innovation processus, il nous semblait plus opportun de
considérer l’innovation produit, car il a été suffisamment démontré que l’adoption du MQ
favorise l’innovation processus (Kanji, 1996; Kim et al., 2012; Martínez-Costa & Martínez-
Lorente, 2008; Prajogo & Sohal, 2003, 2006; Simon & Honore Petnji Yaya, 2012). Aussi, parce
que, selon les enquêtes15 faites sur l’innovation au Maroc, les entreprises marocaines
investissent beaucoup dans l’innovation produit.
Également, même le nombre limité d'études qui ont étudié l’impact du MQ (ISO 9001) sur
l'innovation produit sont aussi arrivées à des résultats controversés. D'une part, certaines études
rapportent que le MQ (ISO 9001) influence positivement l'innovation produit (Kafetzopoulos
et al., 2015, 2013; Pekovic & Galia, 2009; Refaie et al., 2011; Wu & Chen, 2011). Alors que
d'autres ont trouvé que le MQ (ISO 9001) est négativement lié à l'innovation produit (Magd &
15
Voir la section 3 du chapitre 4.
139 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
Curry, 2003; Naveh & Erez, 2004; Terziovski & Guerrero, 2014; Wei, 2010). Entre ces deux
courants de résultats, des études n'ont trouvé aucune relation significative entre le MQ (ISO
9001) et certains aspects de l'innovation produit (Al-Refaie et al., 2012; Arauz & Suzuki, 2004;
Bayo-Moriones et al., 2011; Delić, Radlovački, Kamberović, Maksimović, & Pečujlija, 2014;
Huarng, 1998; Magd & Curry, 2003; Pivka & Ursic, 2002; Terziovski & Samson, 1999; Yahya
& Goh, 2001; Ziegler, 2015).
En effet, nous étions partis sur une large revue de littérature16 sur le marketing de
l’innovation durant laquelle nous avons consulté presque tous les articles et livres, qui nous
étaient accessibles, sur le concept. À la fin, nous nous sommes retrouvés avec plusieurs
questions sans réponses qui rendent difficile l’étude du marketing de l’innovation dans le cadre
de notre question de recherche. Nous avons constaté que ce concept est encore vague, dépourvu
de définition et de dimensions qui le constituent. Chose qui montre que malgré le nombre
d’écrits sur le marketing de l’innovation, il est encore dans un stade de construction de son
propre cadre théorique. Pour s’assurer de la pertinence de nos conclusions, nous avons contacté
les principaux chercheurs17 qui ont travaillé sur le concept pour leur faire part de nos
interrogations. Après de nombreux échanges par mail, nous avons constaté qu’on partage les
principales conclusions et que, par conséquent, il est difficile d’étudier un concept qui n’a pas
encore atteint une maturité au niveau théorique, surtout au niveau de son opérationnalisation.
Par ailleurs, nous avons trouvé que le marketing de l’innovation est largement étudié dans les
pays développés, spécialement dans le cadre des innovations technologiques, certains auteurs
utilisent même les termes marketing de l’innovation technologique (Millier, 2005) ou
16
Cette étape nous a pris un temps considérable, presque un an et demi.
17
Les chercheurs contactés sont : Jakki J. Mohr, professeure de Marketing à l’université Wisconsin-Madison,
Etats-Unis ; Stanley Slater, professeur de Marketing à l’université Colorado State, Etats-Unis ; Emmanuelle Le
Nagard-Assayag, professeure de Marketing à l'ESSEC et au CNAM, France ; Delphine manceau professeure de
Marketing à l'ESCP-EAP, France ; et Paul Millier professeur de Marketing à l’EM Lyon, France.
140 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
marketing de produits de haute technologie (Mohr, Sengupta & Slater, 2010). Compte tenu de
cette remarque, étudier un tel concept dans un pays en voie développement, comme le Maroc,
qui ne dispose pas d’une économie guidée par des entreprises de technologie s’avère inadéquat.
Devant cette contrainte liée au contexte, nous avions le choix entre deux alternatives, soit
écarter définitivement le concept ou continuer, tout en restant dans le champ du Marketing, à
chercher d’autres concepts connexes.
À ce moment-là, nous avons remarqué qu’il y a des recherches qui ont étudié l’innovation
produit en association avec le concept des capacités marketing. L’examen de ces recherches
fait ressortir que les capacités marketing améliorent la performance de l’innovation produit (e.g.
Najafi-Tavani, Sharifi, & Najafi-Tavani, 2016; O’Cass & Heirati, 2015). À la lumière de cette
littérature, nous avons redressé la question de recherche précédente en étudiant le rôle des
capacités marketing dans la relation entre MQ (ISO 9001) et innovation produit.
Toutefois, en nous approfondissant dans la littérature des capacités marketing, nous avons
trouvé qu’elles ne sont pas génériques, et qu’il est impossible de toutes les énumérées, car elles
varient généralement entre d’une entreprise à l’autre en fonction de la nature de leurs stratégies,
les besoins anticipés des clients et les marchés concurrentiels (Day, 1994; Vorhies &
Yarbrough, 1998). Nous nous sommes retrouvés face à une multitude de capacités marketing
pertinentes, que nous ne pourrions pas toutes les intégrer dans un seul modèle conceptuel, à
côté des autres concepts, au risque d’aboutir à un modèle très lourd et difficile à tester
empiriquement. Au surplus, avant même de parler des capacités marketing, des auteurs stipulent
que l’entreprise devrait dorénavant être stratégiquement orientée vers son marché. En suivant
cette idée, nous avons trouvé des recherches intégrant un autre concept relevant du champ du
Marketing qui est un déterminant essentiel des capacités marketing, à savoir l’orientation
marché (Ngo & O’Cass, 2012b; O’Cass & Heirati, 2015; O’Cass & Ngo, 2011).
Durant ces 30 dernières années, le lien entre l’OM et l’innovation produit a suscité un intérêt
considérable. La littérature abondante sur l’effet de l’OM sur l’innovation produit admet que
l’OM est indispensable au développement et au succès de l’innovation produit (Baker &
Sinkula, 2005; Evanschitzky et al., 2012; Li & Atuahene-gima, 2001; Narver et al., 2004;
Verhees & Meulenberg, 2004). En plus de ça, ce qui nous a encore motivé à nous intéresser à
ce concept c’est sa forte association avec le MQ. Des recherches ont montré le rôle de l’OM
dans le MQ (Demirbag et al., 2006; Lai, 2003; Morgan & Piercy, 1992; Pipatprapa et al., 2017;
Wang & Wei, 2005; Warwood & Roberts, 2004; Zelbst et al., 2010). Inversement, le MQ joue
aussi un rôle important dans l’OM (Lam et al., 2012; Malik et al., 2012; Raju & Lonial, 2001;
Sittimalakorn & Hart, 2004; Wang et al., 2012; Yam et al., 2005). De ces études nous avons
déduit que le MQ et l’OM sont complémentaires. Ce constat a été prouvé dans littérature
141 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
montrant ainsi qu’il existe une relation de synergie entre les deux concepts qui mènent à la
satisfaction des clients et à l’amélioration de la performance (Lai & Cheng, 2005; Lai, Yeung,
& Cheng, 2012; Longbottom, Mayer, & Casey, 2000; Morgan & Piercy, 1998; Morgan &
Vorhies, 2001; Sussan & Johnson, 1997).
À partir de là, nous nous sommes demandés si la complémentarité entre le MQ (ISO 9001)
et l’OM peut remédier aux résultats inconsistants relatifs à l’effet du MQ (ISO 9001) sur
l’innovation produit. À cet égard, certains chercheurs, comme Pekovic & Galia (2009) et
Prajogo & Sohal (2001), recommandent que le MQ doit être intégré à d'autres ressources ou
capacités organisationnelles pour avoir une forte influence sur l’innovation. En d’autre part,
Jaworski & Kohli (1996) ont noté que la qualité du comportement de l’OM est une question qui
mérite plus de recherche. Aussi, des auteurs avancent que l’effet de l’OM sur la performance
de l’entreprise dépend de sa complémentarité avec d’autres composantes organisationnelles
(Ketchen et al., 2007; Menguc & Seigyoung, 2006).
En remarquant qu’il y a un gap dans la littérature dans ce sens, et dans le but de mieux
l’explorer, nous avons voulu nous approfondir encore dans les concepts étudiés. Nous nous
sommes spécialement intéressés aux pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001), aux
deux dimensions responsive et proactive de l’OM et au degré incrémental et radical de
l’innovation produit. Ce choix a été guidé par trois revues systématiques de la littérature
conduites pour explorer le lien entre le MQ (ISO 9001) et l’innovation produit, l’OM
(responsive et proactive) et l’innovation produit et le lien entre le MQ et l’OM/Marketing. Ces
revues systématiques de littérature ont permis d’affiner notre objet de recherche et repérer son
originalité.
Figure 30: Processus de genèse de la problématique de recherche
OBJET DE
RECHERCHE
L’objectif général de cette recherche doctorale est d’étudier la relation associant la synergie
entre le MQ (ISO 9001) et l’OM avec l’innovation produit. Plus particulièrement, nous
voudrons déterminer si la synergie du MQ (ISO 9001) avec chaque dimension de l’OM, à savoir
l’OM responsive et l’OM proactive, favorisera respectivement l’innovation produit
incrémentale et radicale. Ainsi, cette recherche vise à combler les lacunes soulevées dans la
littérature en répondant à un certain nombre de questions qui constituent nos trois axes de
recherche :
❑ Comprendre la nature de la relation qui relie, d’un côté, le MQ (ISO 9001), et d’un autre
côté l’OM responsive et proactive, avec l’innovation produit incrémentale et radicale. Quatre
questions se sont formulées à ce niveau :
• Quel est l’effet des pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) sur l’innovation
produit incrémentale et radicale ? Et qu’en est-il pour l’effet du MQ (ISO 9001),
constitué par toutes ses pratiques, sur l’innovation produit incrémentale et radicale ?
• Quel est l’effet de l’OM responsive sur l’innovation produit incrémentale ? Et aussi
l’effet de l’OM proactive sur l’innovation produit radicale ?
• Quel est l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive sur
l’innovation produit incrémentale ? Ainsi que l’effet de la synergie entre le MQ (ISO
9001) et l’OM proactive sur l’innovation produit radicale ?
143 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 1 ~ GENESE DE LA PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
• Quel est l’effet des motivations pour la certification ISO 9001 et de l’incertitude de
l’environnement sur la relation liant la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM
responsive et proactive avec l’innovation produit incrémentale et radicale ?
Après avoir tracé la genèse de la problématique centrale de notre thèse, nous allons nous
attarder sur le développement des hypothèses constituant le modèle conceptuel de la recherche
à travers lequel nous proposons une réponse éventuelle à cette problématique.
144 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
1.1. L’effet des pratiques sociales du management de la qualité (ISO 9001) sur
l’innovation produit incrémentale et radicale
II a été prouvé que les pratiques sociales du MQ impactent positivement les produits
nouveaux ou significativement améliorés (Feng et al., 2006; Prajogo & Sohal, 2004; Song &
Su, 2015; Zeng et al., 2017). Plus précisément, Abrunhosa et al., (2008) ont confirmé que les
pratiques sociales sont positivement associées avec l'adoption de l'innovation produit
incrémentale. Une autre étude menée par Khan & Naeem (2016) dans le contexte des
entreprises de service a conclu que les pratiques sociales ont un impact significatif aussi bien
sur l’innovation service incrémentale que radicale. Il apparaît que les pratiques sociales du MQ
soutiennent l’innovation produit incrémentale et radicale parce qu’elles créent un milieu fertile
pour le développement des différents types d’innovation produit (Prajogo & Sohal, 2006; Song
& Su, 2015).
Les entreprises fortement engagées à produire de la haute qualité sont très actives en matière
d’innovation produit (Lin & Lu, 2006; Prajogo & Sohal, 2003). Dans ce sens, le leadership non
seulement conduit la stratégie qualité de l’entreprise, mais oriente aussi l'innovation dans
l’organisation (Ravichandran & Rai, 2000; Tang, 1998). L’engagement du top management
145 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
dans la Qualité facilite l’engagement de l’entreprise dans l’innovation en allouant les ressources
humaines et matérielles nécessaires. Le leadership, via le comportement et l’attitude du top
management, est important pour encourager et inspirer toute l’organisation à participer à la
prise de décision et à proposer des idées novatrices pour les produits (Sadikoglu & Zehir, 2010).
Cela implique de créer et maintenir un climat organisationnel doté d’une vision et des valeurs
partagées capables de cultiver et reconnaître l'innovation à tous les niveaux organisationnels
(Ahmed, 1998). En effet, le rôle du leadership est de stimuler la génération d'idées dans
l’organisation et donc soutenir l'innovation produit incrémentale et radicale (Manders et al.,
2016).
Le MQ (ISO 9001) oblige toute l’organisation à se concentrer sur ses clients et à rechercher
régulièrement leurs nouveaux besoins et attentes (Prajogo & Sohal, 2001). Selon Benner &
Tushman (2003), le fait de se concentrer sur les tendances du marché ou des clients est une
pratique utile pour résoudre le dilemme de l’innovation d’exploitation et d'exploration. Parce
que le développement des innovations produit incrémentale ou radicale dépend fortement de
l’ouverture de l’entreprise sur ses clients (Chang & Taylor, 2016; Menguc, Auh, &
Yannopoulos, 2014). En fait, la pratique du MQ de focalisation sur les clients favorise
l'apprentissage de l’entreprise, à travers la collecte de nouvelles idées de produits directement
sur le marché ou depuis les clients. Par conséquent, l’entreprise peut s’adapter en permanence
146 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
À côté des clients, les fournisseurs performants sont autant reconnus comme un partenaire
utile pour l’innovation produit incrémentale et radicale (Menguc et al., 2014; Song & Thieme,
2009). Du point de vue du MQ (ISO 9001), les entreprises devraient sélectionner et travailler
avec les meilleurs fournisseurs et établir une relation mutuellement bénéfique avec eux.
Bozdogan, Deyst, Hoult & Lucas (1998) notent que grâce à des engagements mutuellement
bénéfiques avec les fournisseurs, les entreprises peuvent gagner en innovation à travers un
développement conjoint de nouveaux produits. En effet, les fournisseurs peuvent partager les
connaissances, les idées et les savoir-faire dont l’entreprise aurait besoin pour ses projets
d’innovation produit incrémentale ou radicale, ce qui enrichit sa base de connaissances et
améliore par la suite sa capacité à être plus innovante (Kim et al., 2012).
H1a : Les pratiques sociales du MQ (9001) ont un effet positif et significatif sur l’innovation
produit incrémentale.
H1b : Les pratiques sociales du MQ (9001) ont un effet positif et significatif sur l’innovation
produit radicale.
147 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Dans la même ligne d’idées, et comme montré par Benner & Tushman (2002) et
Madanmohan (2005), l’approche processus génère aussi des innovations produit incrémentales,
car elle est associée à des niveaux élevés de formalisation, standardisation et de contrôle des
processus organisationnels (Prajogo & Sohal, 2004), une lourde bureaucratie et un manque de
flexibilité (Jayawarna & Pearson, 2001; Slater & Narver, 1998). Song & Su (2015) expliquent
que la création de produits extrêmement nouveaux implique un haut niveau d’innovativité et le
strict contrôle des processus nuira dans une large mesure à la créativité requise. À force de se
concentrer sur la conformité et la réduction des erreurs et variations dans les processus, les
employés, notamment ceux du R&D, seront enfermés dans un mode d’apprentissage adaptatif
(Argyris & Schön, 1978) avec un faible degré d’enthousiasme et de prise d’initiative. Ils ne
seront pas disposés à être librement créatifs et penser à des changements radicaux dans les
procédés du travail ou les produits (Song & Su, 2015).
148 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Les entreprises adoptant le MQ (9001) recueillent des données sur l’efficacité de leurs
processus puis agissent en fonction de ces données (Benner & Tushman, 2002). La prise de
décisions fondées sur des informations et données pertinentes, fiables et de grande qualité, en
temps opportun, contribue à l’introduction rapide de produits innovants sur le marché (Flynn,
1994; Sadikoglu & Zehir, 2010). La gestion des informations, à l’aide de l’approche factuelle
pour la prise de décision du MQ (9001), est la pratique mécanique la plus importante du MQ
(ISO 9001) qui peut s’appliquer aux activités de l’innovation (Miller, 1995). Cependant, cette
approche favorise l’innovation produit incrémentale qui a tendance à émerger depuis des
informations factuelles, alors que l’innovation produit radicale commence par des idées
intuitives risquées et plus difficiles à mesurer qui vont être soumises par la suite à une
vérification factuelle (Miller, 1995; Sethi & Sethi, 2009).
En principe, plus l'innovation produit est radicale, plus négatif sera l’impact des pratiques
techniques du MQ (ISO 9001). Toutes les pratiques techniques discutées précédemment, même
si elles aident l'organisation à rétablir l'ordre et le contrôle au sein de l’organisation, peuvent la
piéger dans des innovations produit incrémentales pour satisfaire des clients existants, ce qui
conduit au développement de produits non concurrentiels. Par conséquent, nous énonçons les
hypothèses :
H1c : Les pratiques techniques du MQ (9001) ont un impact positif et significatif sur
l’innovation produit incrémentale.
H1d : Les pratiques techniques du MQ (9001) ont un impact négatif et significatif sur
l’innovation produit radicale.
149 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
La norme ISO 9001 est basée sur des pratiques bien définies qui spécifient les exigences de
base pour un système de MQ. Pour atteindre l’efficacité du MQ (ISO 9001), ces pratiques
devraient toutes être mises en œuvre d’une manière intégrée (Bakotić & Rogošić, 2017). De
plus, pour être en mesure de stimuler l'innovation produit, le MQ (ISO 9001) doit être considéré
comme faisant partie d'une stratégie de changement organisationnel plus large et non comme
150 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
un ensemble de pratiques sociales et techniques isolées (Kochan, Gittell, & Lautsch, 1995). Par
conséquent, nous considérons que le MQ (ISO 9001) est un système intégré et complexe qui
contient des sous-systèmes sociaux et techniques interdépendants qui devraient être mis en
pratique simultanément. Ces derniers auront un effet synergique sur l'innovation produit
incrémentale et radicale du fait que leur complémentarité permet de dépasser les limites de l'un
par les avantages de l'autre. En effet, considérer ou concevoir un changement dans l'un des deux
sous-systèmes et négliger l'autre limite l'efficacité du développement de l'innovation produit.
Nous supposons que le MQ, comme un ensemble de pratiques complémentaires, aura un effet
positif sur l'innovation produit incrémentale et radicale. Cela nous mène à formuler les
hypothèses suivantes :
Narver et al. (2004) stipulent qu’une OM, responsive ou proactive, doit être la base pour les
efforts d’innovation de l’entreprise. Depuis le développement des dimensions responsive et
proactive de l’OM par ces auteurs, de nombreuses recherches ont été conduites pour étudier
leurs relations avec l’innovation. La grande majorité de ces recherches ont porté sur le lien
direct (Beck et al., 2011; Bodlaj, 2010; Bodlaj et al., 2012; Chou & Yang, 2011; Isabel Jiménez-
Zarco, Torrent-Sellens, & Pilar Martínez-Ruiz, 2012; Narver et al., 2004; Srivastava et al.,
2013; Zhang & Duan, 2010a), ou curvilinéaire (Atuahene-Gima et al., 2005; Ozdemir et al.,
2017; Tsai et al., 2008) de l’OM, responsive et proactive, avec la performance de l’innovation
produit. Par contre, très peu d’études ont investigué ce lien dans le cas des innovations produit
incrémentales et radicales (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu, et al., 2015; Cai, Yu, et al., 2015;
Chen, 2015).
151 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Nous allons développer ci-dessous les deuxièmes hypothèses de notre cadre conceptuel qui
concerne l’impact respectif des deux dimensions de l’OM, responsive et proactive, sur
l’innovation produit incrémentale et radicale.
La théorie de l’apprentissage implique que l’OMR est guidée par un apprentissage adaptatif
qui est une condition préalable à toute stratégie d’innovation incrémentale visant
essentiellement la satisfaction des besoins manifestes des clients (Atuahene-Gima et al., 2005;
Baker & Sinkula, 2007; Li et al., 2008; Slater & Narver, 1998). L’apprentissage adaptatif
(Senge, 1997), dit encore apprentissage en boucle simple (Kümmel, Schlosser, Petersen, &
Daschner, 1985), se réfère aux activités routinières de résolution de problèmes, au cours
desquelles les connaissances existantes sont utilisées au lieu de développer de nouvelles
connaissances (Argyris & Schön, 1978). Yannopoulos et al., (2012) et Baker & Sinkula (2007)
soulignent que l’OMR est associée à l’apprentissage adaptatif conduisant à une logique
d’exploitation en raison de l’extension des modèles mentaux existants qui ouvrent la voie pour
la réadaptation des produits et technologies de l’entreprise.
152 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Les études antérieures convergent sur l’association positive de l’OMR avec l’innovation
produit incrémentale (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu, et al., 2015; Chen, 2015; Li et al., 2008).
Le principal argument en commun est que l’OMR, à travers un apprentissage adaptatif, permet
à l’entreprise d’innover progressivement dans ses produits en intégrant efficacement des
informations délivrées par les clients sur leurs préférences actuelles, et en exploitant les
connaissances et capacités organisationnelles existantes de l’entreprise. Dans la même veine,
notre recherche essaye de vérifier cette relation en considérant l’hypothèse :
Après l’OMR, nous évoquons par la suite l’hypothèse qui met en lumière l’effet de l’OMP
sur l’innovation produit radicale.
l’OMP est prédisposée à découvrir et rassembler des informations pertinentes sur le marché
pour satisfaire les besoins latents qui ne sont pas encore dans la conscience des clients (Narver
et al., 2004). La littérature représente un large consensus relatif à l’impact positive de l’OMP
sur l’innovation produit radicale (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu et al., 2015; Chen, 2015; Li
et al., 2008). Cela est dû au fait qu’une forte OMP dote l’entreprise de la capacité d'obtenir,
traiter et stocker des informations du marché qui peuvent l’alerter sur l’apparition
d’opportunités relatives aux développements de nouveaux marchés et de technologies récentes
(Atuahene-Gima et al., 2005; Tsai et al., 2008; Zhang & Duan, 2010a).
Afin d’identifier les nouvelles opportunités du marché, les entreprises avec une OMP
utilisent de nouveaux mécanismes et instruments leur permettant d’observer attentivement les
comportements des clients et connaître plus profondément et rapidement leurs besoins latents.
C’est ainsi qu’elles peuvent mener des analyses approfondies des données des clients telles que
les plaintes, les retours de produits et les réclamations de garantie (von Hippel, 1986; von
Hippel, Thomke, & Sonnack, 1999). Aussi, elles peuvent établir des relations de coopération
153 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
avec différents acteurs de l'environnement (Deeds & Rothaermel, 2003; Leenders & Wierenga,
2002), notamment en travaillant en étroite collaboration avec les clients « led users »
(Atuahene-Gima et al., 2005; Bodlaj et al., 2012; Slater & Narver, 1998; von Hippel, 1986), ou
en utilisant intensivement les TIC (Song, Berends, Van Der Bij, & Weggeman, 2007; Tzokas,
Hultink, & Hart, 2004).
Les entreprises proactivement orientées marché dirigent effectivement les clients et font
d’eux une source des nouvelles idées prééminentes (Srivastava et al., 2013; Tsai et al., 2008),
qui vont être transformées en innovation produit radicales (Atuahene-Gima et al., 2005; Narver
et al., 2004). En introduisant des produits fortement innovants, elles arrivent à modifier le
comportement des clients, transformer l'ensemble du marché ou la structure et la conduite de
l'industrie (Berghman et al., 2006; Jaworski et al., 2000; Narver et al., 2004).
Comme déjà souligné, une grande partie de la littérature reporte un impact positive de
l’OMP sur l’innovation produit radicale (Bucktowar et al., 2015; Cai, Liu, et al., 2015; Cai, Yu,
et al., 2015; Chen, 2015; Li et al., 2008). Aussi, nous considérons dans notre recherche que
l’OMP contribue particulièrement au développement de l’innovation produit radicale. D’où
l’hypothèse suivante :
H2b : L’orientation marché proactive a un effet positif sur l’innovation produit radicale.
154 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Par les hypothèses précédentes (H1e, f ; H2a, b), nous avons supposé que le MQ (ISO 9001)
et l’OM (responsive et proactive) pourraient séparément avoir un impact positif et significatif
sur l’innovation produit incrémentale et radicale. Partant de là, nous soutenons encore que le
MQ (ISO 9001) et l’OM devraient faire l'objet d'une fine synergie pour améliorer l’innovation
produit incrémentale et radicale. Plus particulièrement, la synergie entre MQ (ISO 9001) et OM
responsive aura un effet positif sur l’innovation produit incrémentale, alors que l’innovation
produit radicale serait positivement influencée par la synergie entre MQ (ISO 9001) et OM
proactive. Pour faciliter la compréhension, nous appelons le premier effet synergique « synergie
responsive » et le deuxième « synergie proactive ».
Nos hypothèses de synergie sont théoriquement fondées sur la théorie des capacités
dynamiques (TCD) et le concept de la synergie pour la performance. Ainsi, nous considérons
que le MQ (ISO 9001) et l’OM comme deux capacités dynamiques cumulatives (voir section 3
du chapitre 2), que leur effet synergique sur l’innovation produit dépasse leurs effets séparés.
Nous exposons ci-après les arguments de base clarifiant cet effet synergique, et qui sont
extrapolables aux deux cas d’effet de la synergie responsive et proactive sur l’innovation
produit incrémentale et radicale.
L’innovation produit requiert une intégration efficace entre des possibilités technologiques
avec des besoins du marché (Tushman & Nadler, 1986), comme le soutient Dougherty (1992,
p. 78) « a product constitutes the integration of markets and technologies, and cannot be
understood as one or the other separately ». Autrement dit, l’intégration entre deux principales
tâches qui sont la fabrication physique du nouveau produit et la vente de ce dernier à des clients
qui satisfera leurs besoins (Danneels, 2002). La réalisation de ces deux tâches clés nécessite la
complémentarité entre des capacités organisationnelles liées à la technologie et au marché
(Danneels, 2002; Danneels & Kleinschmidt, 2001; Dougherty, 1992; Hoffmann, Mathieu,
Roehrich & Valette-Florence, 2007). Dans ce sens, plusieurs recherches ont particulièrement
démontré l’effet positif de l’alignement des capacités technologiques et marketing ordinaires
155 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
sur l’innovation produit (Gatignon & Xuereb, 1997; Leng, Liu, Tan, & Pang, 2015; Moorman
& Slotegraaf, 1999; Zang & Li, 2017). Dans la même logique, l’alignement du MQ (ISO 9001)
et l’OM, en tant que capacités organisationnelles dynamiques, leur permettent de se renforcer
mutuellement et agir en synergie pour produire des rendements super-additifs soutenant
l’innovation produit.
De ce fait, le MQ (ISO 9001) et l’OM sont des capacités dynamiques combinatoires par
lesquelles l’entreprise est capable de gérer des activités et des situations complexes telles que
la mise en œuvre de l’ambidextrie de l'innovation. Ils permettent d'utiliser à la fois des
ressources techniques et des ressources marketing, puis de saisir les opportunités de développer
en même temps des innovations produit incrémentales et radicales (Zang & Li, 2017).
D’un côté, le MQ (ISO 9001) est reconnu comme étant un outil pour créer, codifier et
diffuser des connaissances technologiques au sein de l’organisation (Lambert & Ouedraogo,
2008; Linderman, Schroeder, Zaheer, Liedtke, & Choo, 2004; Molina et al., 2007; Molina,
Montes, & Fuentes, 2004; Shan, Zhao, & Hua, 2013). Malgré cela, ces connaissances peuvent
être, des fois, insuffisantes pour développer des innovations produit, surtout radicales.
H3a : le MQ (ISO 9001) et l’OMR auront un effet synergique positif et significatif sur
l’innovation produit incrémentale.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
H3b : le MQ (ISO 9001) et l’OMP auront un effet synergique positif et significatif sur
l’innovation produit radicale.
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
Étant donné que notre échantillon empirique sera composé d’entreprises de tailles
différentes et appartenant à plusieurs secteurs, nous avons jugé essentiel d’introduire la taille et
le secteur d’activité comme des variables de contrôle pour limiter le biais découlant des
différences entre les entreprises de l’échantillon dans ce sens. Plus l’entreprise est grande, plus
elle aurait les moyens pour réaliser des activités d’innovation produit. Encore, l’innovation
produit se diffère d’un secteur à l’autre, il y a certains secteurs qui sont plus dynamiques et
disposent d’un potentiel plus élevé d’innovation produit.
158 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 2 ~ DEVELOPPEMENT DES HYPOTHESE DE LA RECHERCHE
SYNERGIE
RESPONSIVE
MANAGEMENT DE LA H3a, c
QUALITÉ (ISO 9001)
Pratiques sociales
INNOVATION
Leadership
PRODUIT
Focalisation sur le client
INCRÉMENTALE
Implication du personnel
Relation mutuellement
bénéfique avec les Variables de contrôle
fournisseurs H1a, b, c, d, e, f - Taille de l’entreprise
- Secteur d’activité
Pratiques techniques
Approche processus
Management par approche
système INNOVATION
Amélioration continue PRODUIT RADICALE
Approche factuelle pour la H3b, d
prise de décision
SYNERGIE
PROACTIVE
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
La réalisation d’une étude qualitative exploratoire était une phase préliminaire essentielle pour
l’évolution de notre travail de recherche pour ce qui est cadrage théorique et choix empiriques à
faire. Cela dit, les objectifs fixés pour notre étude qualitative exploratoire étaient principalement
de :
Explorer la pertinence de notre problématique de recherche dans le contexte marocain ;
Comprendre d’une manière générale les relations entre la synergie MQ (ISO 9001)-OM et
l’innovation produit ;
Guider le développement de nouvelles hypothèses de recherche ;
Délimiter les secteurs potentiels à cibler durant l’étude quantitative.
160 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Une étude qualitative exploratoire ne peut pas apporter une réponse concluante à une
problématique de recherche, mais elle peut fournir des éclaircissements significatifs sur un
phénomène donné (Singh, 2007). Il est à préciser que nous n’ambitionnons pas de répondre à notre
question de recherche à travers cette étude qualitative exploratoire. Néanmoins, nous cherchons à
la contextualiser dans le cadre du terrain de recherche marocain. L’étude qualitative exploratoire
est, dans ce sens, un moyen pour découvrir, ou faire émerger, des éléments pertinents liés aux
spécificités du contexte marocain à intégrer dans notre modèle conceptuel qui va être testé par une
étude quantitative.
Pour le besoin de notre recherche, nous avons favorisé comme technique de recueil de données
primaires l’entretien individuel semi-directif. Selon Romelaer (2005, p. 104) « L’entretien semi-
directif réalise un compromis souvent optimal entre la liberté d’expression du répondant et la
structure de la recherche. Le répondant s’exprime sur les thèmes qu’il souhaite, et dans son propre
langage : la directivité de l’entretien est donc très réduite. Le chercheur en retire deux éléments :
(1) des informations sur ce qu’il cherche a priori (les thèmes du guide de l’interviewer) ; et (2)
des données auxquelles il n’aurait pas pensé (la surprise venant de la réalité du terrain) ».
Les différents entretiens semi-directifs ont été menés entre début janvier et fin mars 2016. Pour
le choix des personnes à interroger, nous avons principalement ciblé des experts, dans les
institutions marocaines publiques et privées, les plus concernées par la qualité et l’innovation, qui
travaillent étroitement avec les entreprises marocaines certifiées ISO 9001 et celles actives en
innovation. Il s’agit particulièrement de cadres dans le Ministère de I'lndustrie, de I'lnvestissement,
du Commerce et de I'Economie Numérique (MICIEN), l’Institut Marocain de Normalisation
(IMANOR), la Direction de la Qualité et de la Surveillance du Marché et l’association R&D
Maroc. Nous jugeons que ces personnes peuvent nous fournir des informations pertinentes eu
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
égard à notre problématique de recherche, puisqu’ils disposent d’une grande expérience dans leurs
domaines d’expertises et d’une profonde compréhension des spécificités de la réalité industrielles
au Maroc. Malheureusement, certains responsables dans d’autres organismes publics n’ont pas
donné suite à nos sollicitations incessantes de prise de rendez-vous, notamment Maroc PME et
l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC). En plus de ces experts,
nous avons aussi interrogé des responsables qualité dans des entreprises marocaines certifiées ISO
9001 qui ont introduit des innovations produit.
Les entretiens semi-directifs ont été précédés par des entretiens ouverts informels menés lors
de notre présence et participation à des évènements en relation avec la qualité et l’innovation au
Maroc. Deux principaux évènements nous ont été d’une très grande utilité, car ils étaient une
opportunité pour faire connaissance et prendre un contact direct avec certains de nos interviewés.
Le premier était la 13eme rencontre du Manager organisée par l’Association Marocaine de la
Qualité & du Management (AQM), qui a eu lieu le 24 octobre 2015 à Casablanca, et ayant comme
thème « les principaux changements dans les normes ISO 9001 et ISO 14001 version 2015 ». Cette
rencontre a connu la participation d’un grand nombre de responsables qualité de différentes
entreprises, en plus de cadres dans des établissements publics et des cabinets de certification. Le
deuxième est le séminaire tenu le 25 février 2016 à Casablanca sous le thème « innovation
ouverte » qui a réuni des responsables R&D d’entreprises marocaines, et des cadres qui travaillent
dans le domaine de l’innovation dans des institutions publiques.
Les échanges informels durant ces évènements ont été enregistrés, avec l’accord des
interlocuteurs, pour éviter de perdre du temps dans la prise de notes instantanée et recueillir le
maximum possible d’informations. Concernant les entretiens formels, la grande majorité se sont
déroulés en face à face, tandis que certains, surtout ceux avec les responsables qualité, ont été
menés par voie téléphonique. Tous ces entretiens ont été aussi enregistrés. Par la suite, tous les
enregistrements des entretiens formels et informels ont été retranscrits.
162 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Il n’existe pas une règle précise pour déterminer quel est le nombre exact d’entretiens à conduire
pour une étude qualitative. Par contre des auteurs ont mis en place des mesures pour aider les
chercheurs à savoir quand est-ce qu’ils devraient arrêter la collecte de données par entretien, dont
les plus utilisées sont le principe de saturation (e.g., Yin, 2003). Bien que nous ayons détecté un
certain niveau de saturation d’informations, l’étude qualitative vient seulement comme une phase
préliminaire pour affiner notre problématique et modèle conceptuel de recherche, surtout que notre
design de recherche s’inscrit plus, comme déjà mentionné, dans une approche quantitative.
Les entretiens formels ont été menés à l’aide d’un guide d’entretien conçu au préalable, et qui
a connu des améliorations au fur et à mesure que nous enchainons les entretiens. Ce dernier (voir
annexes 1 et 2) se décompose en cinq axes (Tableau 27). Il est à signaler que l’approfondissement
de chaque axe a été fait en fonction de l’interlocuteur et de son domaine d’expertise.
163 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Tableau 27: les principaux axes des entretiens semi-directifs de l’étude qualitative exploratoire
Axe Principales questions traitées
- L’évolution de la qualité au Maroc.
- Les retombées organisationnelles de l’adoption du MQ
Management de la qualité (ISO 9001) (ISO 9001) par les entreprises marocaines.
- Le rôle du MQ (ISO 9001) dans l’innovation produit.
- La perception du concept de l’OM.
Orientation marché - Les pratiques de l’OM.
- Le rôle de l’OM dans l’innovation produit.
- Les contraintes de l’innovation produit dans les entreprises
Innovation produit marocaines.
- Le type des innovations produit développées.
- L’articulation entre MQ (ISO 9001) et OM.
Management de la qualité (ISO 9001),
- Les intersections entre MQ (ISO 9901) et OM dans le cadre
orientation marché et innovation produit
de l’innovation produit.
Identification des secteurs susceptibles de faire l’objet de
Terrain de l’étude quantitative
l’enquête quantitative.
Compte tenu du caractère exploratoire de cette phase de notre recherche, nous avons aussi eu
recours à des données secondaires produites dans le contexte marocain sous forme d’articles de
presse nationale, documentation d’organismes publics et privés, articles scientifiques et thèses de
doctorat. Ces données secondaires sont utilisées pour nous fournir plus d’informations et nous
aider, dans une logique de triangulation, à mieux interpréter nos données primaires.
Il existe deux processus essentiels pour le codage : le codage ferme et le codage ouvert. Dans
le codage fermé, le chercheur travaille d’une manière conceptuelle, c’est-à-dire qu’il base son
élaboration des codes, et les catégories de codes, sur la littérature existante. Par contre dans le
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
codage ouvert, les codes émergent d’une façon inductive des données sans qu’il y ait une base
conceptuelle antérieure. Le codage ouvert est généralement suivi par deux autres types de codage
consécutifs (Corbin & Strauss, 2015). Le premier, qui est le codage axial, consiste à établir les
relations entre les codes issus du codage ouvert afin de les rassembler dans des catégories. Quant
au deuxième, le codage sélectif, il est destiné à identifier l'une de ces principales catégories, qui
devient la catégorie centrale « core category ». Une « core category » est une question centrale ou
un thème autour duquel toutes les autres catégories sont intégrées (Bryman, 2012). À la différence
du codage axial qui se focalise sur l’identification des relations entre les catégories et leurs sous-
catégories, le codage sélectif met l'accent sur la reconnaissance et le développement des relations
entre les « core categories » afin de développer une théorie explicative (Sauders et al., 2016).
165 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Toutefois, Schreier (2014) recommande de combiner entre le codage fermé et ouvert. Ce n'est
pas une bonne idée de générer toutes les catégories à travers un codage fermé puisque le but majeur
de l’analyse de contenu est de permettre une meilleure interprétation des données empiriques. En
effet, un codage fermé seul peut représenter un risque de négliger une partie du matériel.
En suivant cette recommandation, nous avons adopté simultanément ses deux types de codage
pour nous permettre d’exploiter davantage toutes les données collectées. Or, en regroupant les
supports de ces données, nous nous sommes retrouvés avec une quantité assez considérable de
documents textuels à analyser. Pour nous faciliter le processus de codage, nous avons opté pour
un codage assisté par ordinateur en utilisant le logiciel [Link] dans sa version 7.5.7. À côté du
logiciel NVivo, [Link] 7.5.7 est potentiellement un des meilleurs outils informatiques
disponibles pour analyser des données qualitatives (Lewis, 2004). Ce logiciel soutient le chercheur
pendant le processus du codage fermé et ouvert, tout en lui offrant une forte flexibilité à travers sa
fonction de création de relations permettant d’établir visuellement, au moyen de schéma, des
relations entre les codes, les concepts et les thèmes en différentes façons (El Manzani, Asli & El
Manzani).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Le MQ (ISO 9001) améliore la capacité de l’entreprise à gérer des projets d’innovation produit
futurs, en lui permettant d’apprendre du projet d’innovation actuel par la formalisation des bonnes
pratiques de son processus. En particulier, la formalisation peut être un outil efficace pour une
bonne capitalisation du savoir-faire et des connaissances générées lors de la création d’une
innovation produit radicale. Ces connaissances seront prêtes pour être réexploitées lorsque
l’entreprise cherche à améliorer cette innovation a posteriori. À ce titre, le MQ (ISO 9001) est très
utile pour certaines entreprises marocaines où les activités d'innovation et de R&D sont rarement
formalisées (Arvanitis & M’henni, 2010).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
2.1.2. Le rôle du management de la qualité (ISO 9001) durant les différentes phases
du projet de l’innovation produit
La contribution du MQ (ISO 9001), à l’image du département qualité, est présente dans les
différentes phases du processus de l’innovation produit. C’est-à-dire qu’il participe dans la phase
de pré-développement, développement (industrialisation) et commercialisation.
Le MQ (ISO 9001) est intégré très tôt dans le processus de développement du nouveau produit.
Durant la phase de pré-développement, les activités engagées par les responsables qualité sont
multiples qui touchent différents aspects. Par exemple, ils procèdent à l’évaluation et au choix des
fournisseurs pour les matières premières, déterminent les paramètres préliminaires de la
performance du nouveau produit, conçoivent le design et les caractéristiques critiques du processus
de développement, évaluent s’il y a un besoin concernant l’acquisition de nouveaux équipements
et machines et de formations à programmer au personnel pour de nouvelles méthodes et techniques
du travail. Toutes ces activités sont une façon pour faire des préventions et préparer le lancement
concret de la phase d’industrialisation.
168 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Nous avons remarqué que, dans le cas de deux entreprises, les responsables qualité aident
amplement le département marketing dans la conception de l’emballage du nouveau produit et la
détermination des informations techniques qu’il doit contenir.
Avant la phase de lancement, le service qualité supervise les tests produit effectués en interne
de l’entreprise et participe à l’élaboration du planning du lancement du nouveau produit. Une fois
l’innovation produit est commercialisée, le travail des responsables qualité est de faire un suivi du
produit sur le marché à travers l’analyse des retours des clients (par exemple les réclamations).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Cette tâche permet de remédier précipitamment à certaines anomalies qui peuvent apparaître après
les premières expériences de consommation du nouveau produit par les clients.
Selon les avis de deux experts, le MQ (ISO 9001) incorpore à la fois des éléments qui touchent
directement et indirectement l’innovation produit. Ce constat s’accorde avec les recherches qui ont
étudié l’effet des pratiques techniques et sociales du MQ sur l’innovation.
En croisant la littérature avec l’avis des experts, on peut considérer que les pratiques techniques
participent directement dans l’innovation produit à travers le contrôle de la qualité de ses
processus, surtout ceux qui relèvent du volet industriel. Quant aux pratiques sociales, elles
interviennent indirectement en créant un environnement qui stimule l’innovation produit au sein
de l’organisation. Elles favorisent l'autonomie, la coopération et le travail d'équipe pour une
implémentation et exécution réussies des pratiques techniques durant l’innovation produit.
Les pratiques sociales sont plus susceptibles d’intervenir dans la phase de pré-développement
tandis que les pratiques techniques jouent un rôle plus important dans la phase d’industrialisation
du processus de l’innovation produit (Prajogo & Sohal, 2004; Watson & Rao Korukonda, 1995).
170 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
D’un point de vue culturel, l’OM est cette culture que l’entreprise développe pour faire front
aux différents risques de son marché, par exemple, la non-satisfaction des clients, les actions des
concurrents, les changements dans les conditions générales du marché. Vue de cet angle, la culture
de l’OM comprend un ensemble de valeurs et croyances profondément ancrées dans l’organisation
encourageant une volonté de prise de risque.
D’une perspective comportementale, nous notons d’après les répondants que l’OM est une
attitude par laquelle l’entreprise reste toujours présente sur le marché pour rassembler des
informations sur le client, l’évolution de leurs besoins, leurs tendances de consommation, qui sont
la base de tout développement ou création de nouvelles offres. Cette attitude de veille
informationnelle, dite intelligence du marché, ne se limite pas uniquement aux besoins des clients,
mais touche d’autres facettes et acteurs du marché. Dans ce sens, Kohli & Jaworski (1990)
expliquent que même si l’intelligence du marché se focalise en premier lieu sur les besoins et
préférences des clients, elle est plus large et comprend l’analyse des forces exogènes qui les
influencent telles que la réglementation gouvernementale, la technologie et les concurrents.
171 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Certaines conceptions de l’OM présentées par des répondants sont un mélange des deux
approches, comportementale et culturelle. Ce constat signifié que l’OM est un ensemble d'activités
organisationnelles guidées par une culture qui met le client au cœur du système de croyances sous-
jacent de l’entreprise.
Une idée importante qui a été exprimée par un de nos interlocuteurs souligne que l’OM est
aujourd’hui une condition sine qua non pour le succès et la pérennité des entreprises. Elle remet
en question l’efficacité des autres approches classiques surtout celles qui orientent l’entreprise vers
le produit au détriment du marché. Ce type d’approches est devenu actuellement obsolète à cause
de la concurrence amplifiée par l’ouverture excessive des marchés marocains.
172 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
« Quand nous avons vu que nous perdons une part de marché, l’idée est
venue du service commercial. On a essayé de voir comment produire un nouveau
produit qui va concurrencer les autres produits sur le marché »
(Responsable qualité)
173 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Les entretiens révèlent que la collaboration inter-fonctionnelle est plus intense entre le
département R&D et marketing. Même si l’interface fonctionnelle entre les différents
départements de l’entreprise est importante durant le processus de l’innovation produit,
l’intégration entre marketing et R&D reste la plus critique. Le rôle du marketing est d’assurer une
écoute attentive de la voix du client (Griffin & Hauser, 1996), tandis que la R&D utilise les moyens
et capacités de l'entreprise pour créer un produit avec un avantage concurrentiel différentiel (Day
& Wensley, 1988).
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
R&D doit être en collaboration avec le service marketing pour reconnaître les
besoins des clients, et commercial pour la commercialisation du produit »
(Responsable R&D)
« Il faut déjà savoir quel est le besoin sur le marché. Ensuite quand on
arrive à le comprendre, on conçoit une offre. Cette offre est soumise à nos équipes
en interne pour évaluer sa pertinence et sa faisabilité. Ensuite, une fois validée,
elle est développée et soutenue par une campagne de communication pour la faire
connaître auprès du consommateur final » (Dirigeant PME)
Il ressort des cas d’innovation produit rencontrés lors de nos entretiens que les entreprises
suivent le même processus de l’OM précédent. Ce dernier peut être soit dans une approche réactive
ou proactive en fonction de la nature des besoins des clients à satisfaire.
Dans le cas d’une OMR, les entreprises souvent améliorent leurs produits existants ou
conçoivent de nouveaux produits qui diffèrent sensiblement de ceux des concurrents. Elles
accordent une forte attention à la compréhension des besoins existants déjà connus par leurs
clients. C’est une façon d’interpréter le marché uniquement à travers l’œil des clients actuels, le
comportement organisationnel des entreprises est alors conduit par les préférences de leurs clients
(Hamel & Prahald, 1994 ; Narver et al., 2004).
175 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
« Une étude faite a révélé qu’il y avait une part de marché non encore
exploitée suite à des produits que l’entreprise n’offre pas, à savoir ceux des alcools
forts. Donc, on s’est dit voilà il faut produire une bière avec un niveau élevé
d’alcool tout en respectant la capacité de nos processus de production et les
besoins du marché marocain. L’étude faite a montré qu’il y a un pourcentage
important de marocains qui consomment des produits avec un fort degré d’alcool.
Pour laisser aux consommateurs le prestige de consommer la bière et, en même
temps, répondre à ce besoin d’alcool fort, on va produire une bière avec un fort
degré d’alcool » (Responsable qualité)
Les entreprises qui sont dans une OMR suivent une autre logique. Elles anticipent les besoins
futurs et les nouvelles tendances de consommation des clients pour ensuite proposer des produits
sur le marché. Ces produits se caractérisent par un fort degré de différenciation par rapport aux
produits réguliers de l’entreprise et de ses rivaux.
Pour arriver à développer de tel type d’innovation produit, les entreprises font appel à de
multiples mécanismes pour les aider à acquérir de nouvelles connaissances et idées. En ce sens,
certains répondants soulignent que leurs entreprises ont établi des relations de coopération avec
d’autres entreprises, utilisent intensivement des activités de veille, participent dans des
salons/foires, elles sont membres dans des associations professionnelles ou font des abonnements
à des revues spécialisées.
« On reste toujours dans notre logique à sortir de très bons produits qui
satisferont les clients sur le long-terme. Il fallait impérativement qu’on introduise
un produit extrêmement différent et compétitif au niveau du goût, car c’est très
important, compétitif au niveau des performances et compétitif au niveau du prix,
d’ailleurs c’était l’équation à trois variables… […] …alors on s’est associé avec
une grosse ingé du suisse, et avec eux on a fait un benchmark précis d’un bon
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PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
nouveau produit, qui n’existe pas sur le marché, et qu’on voulait volontairement
positionner sur l’Afrique, le Moyen-Orient, et bien sûr le Maroc » (Dirigeant PME)
« La veille sur le marché, il faut avoir des outils et activités de veille, une
entreprise fermée qui n’est pas dans des associations, qui n’est pas abonnée à des
revues spécialisées, ne participe pas aux foires, pour voir les nouveautés, comment
va-t-elle avoir de nouvelles idées d’innovation ? » (Expert en qualité)
Plusieurs répondants ont été d’accord sur le fait que le MQ (ISO 9001) et l’OM sont
synergiques, car tous les deux ont la même finalité qui est la satisfaction du client. Plusieurs auteurs
partagent la même idée que la satisfaction du client est le substrat de la synergie entre le MQ (ISO
9001) et l’OM (Demirbag et al., 2006; Lai & Cheng, 2005; Lai et al., 2012; Lam et al., 2012).
Un répondant pense même qu’ils sont incorporés l’un dans l’autre formant un ensemble
cohérent. Ce point peut renvoyer au concept « Total Quality Marketing » discuté par certains
auteurs (e.g. Bathie & Sarkar, 2002; Fraser-Robinson & Mosscrop, 1991; Reddy, 1994). Selon ce
concept, l’entreprise se concentre amplement sur le client pour identifier ses besoins et fournir par
la suite un produit/service avec un haut niveau de qualité par l’implémentation d’une configuration
organisationnelle qui repose sur une forte articulation entre les pratiques du MQ et de l’OM.
177 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Il était très difficile d’explorer directement le lien entre la synergie MQ (ISO 9001)-OM
(responsive ou proactive) et l’innovation produit (incrémentale ou radicale) à cause du degré élevé
d’abstraction de cette relation. Toutefois, nous avons demandé aux responsables interrogés de nous
décrire en détail les différentes étapes de leurs processus d'innovation produit afin qu’on puisse
examiner le rapprochement entre MQ et OM.
Partant des résultats exposés précédemment, nous appréhendons la synergie entre MQ (ISO
9001) et OM dans le cadre de l’innovation produit sous forme d’une relation réciproque comme le
montrent les liens 1 et 2 dans la figure 33.
OM Responsive
1
Diffusion d’informations
Un responsable qualité et R&D souligne que « pour innover, il faut parfaitement connaître
comment produire son produit, et connaître en même temps son marché ». C’est-à-dire que
l’innovation produit nécessite à la fois une bonne maîtrise des aspects techniques et ceux relatifs
au marché. Plusieurs recherches ont souligné que l’innovation produit requiert une intégration
efficace entre des possibilités technologiques avec des besoins du marché (Danneels, 2002;
Danneels & Kleinschmidt, 2001; Dougherty, 1992; Tushman & Nadler, 1986). Cela sous-entend
implicitement la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM qui permet de combiner entre ces deux
aspects. Le MQ (ISO 9001) est plus responsable du volet opérationnel et technique dans
l’innovation produit, le temps que l’OM se concentre davantage sur le client et le marché.
1 D’après des responsables interviewés, le processus de l’innovation produit a commencé depuis
le marché. Le rôle de l’OM est alors de générer des connaissances sur les besoins actuels et futurs
du marché, et les disséminer entre les départements de l’organisation. Cette dissémination, par le
biais d’une collaboration inter-fonctionnelle, fournit au MQ (ISO 9001) les informations
178 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
nécessaires pour concevoir, préparer et mettre en place les principaux processus qui interviendront
dans le projet d’innovation produit, ou procéder à l’amélioration de ceux déjà préconçus.
L’OM permet encore à ces processus, gérés par le MQ (ISO 9001), de rester connectés avec le
marché grâce à l’ouverture qu’elle apporte à l’entreprise, et de s’assurer, tout au long du processus
de l’innovation produit, que l’on ne s’éloigne pas des besoins du client. En effet, durant les
différentes phases de ce processus, les connaissances marché « market knowledge » acquises par
l’OM complètent les connaissances technologiques « technological knowledge » engendrées par
le MQ (ISO 9001). Cela facilite au MQ (ISO 9001) d’établir les caractéristiques techniques et le
niveau de la qualité du nouveau produit à respecter pendant la conception et le développement du
produit.
2 La responsabilité du MQ (ISO 9001) est de gérer et améliorer les processus qui relèvent de
l’OM (les processus marketing, commercial, etc.). Par exemple, un des responsables qualité
interrogé explique que « le département qualité a été très impliqué dans la recherche marketing
pour le développement d’un nouveau produit ». Cela démontre bien le rôle du MQ (ISO 9001)
dans la gestion et l’amélioration de la qualité d’un des processus de l’OM qui est la capacité de la
recherche marketing « research marketing capability »18.
La qualité des connaissances marché, essentielles pour l’innovation produit, dépend fortement
de la qualité et l’efficacité des processus qui les génèrent, c’est-à-dire ceux de l’OM. Pour cela, le
18 C’est l'ensemble des processus nécessaires pour découvrir des informations sur le marché, développer des
informations sur les besoins spécifiques des clients et concevoir des stratégies marketing pour répondre à ces besoins
et aux conditions du marché (Vorhies & Harker, 2000).
179 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
contrôle qu’applique le MQ (ISO 9001) aux processus de l’OM augmente la qualité des
connaissances externes qu’ils produisent à l’organisation pour innover.
Aussi, les connaissances technologiques offertes par le MQ (ISO 9001) peuvent être une base
de connaissances antérieures à partir de laquelle l’organisation saura aisément quelles sont les
connaissances marché à être absorbées par les processus de l’OM. Cette idée revient au concept
de la capacité d’absorption des connaissances externes par l’entreprise. La capacité d’évaluer et
d’utiliser des connaissances externes pour innover dépend en grande partie du niveau de
connaissances antérieures, elles permettent de reconnaître la valeur des nouvelles informations, de
les assimiler et de les appliquer à des fins commerciales (Cohen & Levinthal, 1990). Les
connaissances technologiques du MQ (ISO 9001) sont donc un input qui complète les processus
de l’OM d’absorption de nouvelles connaissances durant le développement de l’innovation
produit.
180 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
essentiel, même délicat, dans le cas d’innovation produit radicale où les clients n’en ressentaient
pas le besoin a priori.
« Le marketing à la base c’est quoi c’est satisfaire les besoins des clients
de leur apporter la meilleure qualité, le meilleur produit, c’est là où tu peux
différencier ton produit. En jouant sur la qualité vous pouvez encore apporter un
élément de différenciation à votre innovation produit » (Responsable qualité)
Toutefois, nous avons remarqué une interaction particulière entre les départements qualité et
marketing. Une telle interaction casse les barrières organisationnelles et psychologiques qui se
sont habituellement installées entre le personnel des deux départements. En effet, les échanges
entre le département qualité et marketing peuvent être un mécanisme organisationnel qui permet
de faciliter la mise en œuvre de la synergie entre MQ et OM, et renforcer son implication pour
l’innovation produit. Par exemple, Morgan & Vorhies (2001) ont prouvé que des niveaux
d’interactions inter-fonctionnelles plus élevés entre la qualité et le marketing sont des facteurs
importants affectant l’accroissement de la qualité du produit. Ils montrent encore qu’un plus grand
conflit entre les départements marketing et qualité serait associé à une qualité plus faible.
181 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
L’interaction entre les départements marketing et qualité est soutenue par la fréquence et la
façon de leur communication. Le personnel du marketing et qualité peuvent montrer un fort niveau
d’interaction s’ils se rencontrent souvent en face à face d’une façon individuelle, ou durant les
réunions de l’équipe du projet de l’innovation produit. Encore, ce personnel peut communiquer
aisément par l’usage des technologies de communication et d’informations comme les emails, les
intranets, les applications des smartphones etc. De cette manière, une solide connectivité19 est
installée favorisant l'échange et l’utilisation effective d'informations entre les deux départements.
L’ensemble de ces éléments engendrés par une meilleure interaction devrait permettre la réduction
des conflits interdépartementaux entre marketing et qualité.
« Dans notre entreprise nous avons toute une direction marketing avec qui
il y a une collaboration quotidienne surtout dans le développement actuel d’un
nouveau produit que nous avons proposé à la R&D » (Responsable qualité)
L’interaction entre le département qualité et marketing n’est pas toujours évidente, encore plus
dans un projet d’innovation produit. Selon nos entretiens, plusieurs entreprises marocaines
manquent malheureusement d’interaction effective entre les deux départements. Différentes
causes sont à l’origine de ce problème qui handicapera l’innovation produit. Ces causes peuvent
être liées à :
- Problème de proximité géographique : renvoie à la grande distance spéciale qui sépare les
départements qualité et marketing. Des fois, ils se retrouvent implanter dans des sites totalement
éloignés imposant des difficultés de mobilité.
19
Selon Jaworski & Kohli (1993), la connectivité « connectedness » fait référence au degré de contact direct formel
et informel entre les employés de tous les départements.
182 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
La décision de se certifier ISO 9001 est déclenchée par différentes motivations. Selon la
littérature, ces motivations peuvent être internes ou externes. Les motivations internes reflètent la
volonté de l'entreprise à utiliser la certification ISO 9001 comme une démarche pour optimiser
183 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Les retombées du MQ (ISO 9001) se diffèrent en fonction des motivations poussant les
entreprises à chercher la certification ISO 9001. Une certification ISO 9001 motivée par des
objectifs marketing ne permettra pas l’optimisation des bénéfices que l’entreprise peut tirer de la
norme, car le MQ (ISO 9001) sera implémenté d’une manière superficielle. Cependant, lorsqu’il
y a de réelles motivations internes derrière la certification ISO 9001 pour améliorer l’efficacité
organisationnelle, l’entreprise aura un niveau élevé du MQ (ISO 9001) et verra sa performance se
développer. Dans la même veine, et pour ce qui a trait à l’innovation, Pekovic & Galia (2009) ont
indiqué que les entreprises avec un niveau supérieur de la qualité sont plus innovantes que celles
de niveau de moyenne, qui sont, à leur tour, plus innovantes que celles de niveau faible.
Les motivations internes et externes jouent le rôle de facteur contextuel du processus de la mise
en place du MQ (ISO 9001). Il existe une relation entre la façon d’adopter le MQ (ISO 9001) et la
performance. Par exemple, Jang & Lin (2008) démontrent qu’il y a une relation positive entre la
façon par laquelle les entreprises implémentent la norme ISO 9001 et leurs performances.
Kafetzopoulos et al. (2013) ont conclu qu’une mise en œuvre efficace de la norme ISO 9001 a un
effet positif sur la performance. De ces résultats, les motivations pour la certification ISO 9001
modèrent la relation entre le MQ (ISO 9001) et ses retombées organisationnelles. Prajogo (2011)
184 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
a démontré que les motivations internes renforcent positivement la relation entre la mise en œuvre
du MQ (ISO 9001) et la performance, alors que les motivations externes affaiblissent cette relation.
185 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
l'intensité concurrentielle la plus répandue qui heurte les entreprises innovantes. En fait, certaines
entreprises attendent que leurs concurrents introduisent de nouveaux produits sur le marché pour
les copier et les concurrencer par la suite.
« Notre gamme céréale existait dès le début en 200g, on l’avait sorti en
2013. Six mois après on avait une nouveauté chez notre concurrent, qui a sorti pour
la première fois un format 200g » (Dirigeant PME)
« Alors dans les entreprises, il faut des entrepreneurs qui transforment des
idées innovantes en vrai business plan. Ce n’est pas attendre qu’un autre fasse un
nouveau produit pour le copier et faire pareil » (Cadre au MICIEN)
Elle représente l'ampleur, la fréquence et l'imprévisibilité des changements dans des aspects
liés aux clients (p. ex. des changements dans les préférences et la composition des clients)
(Jaworski & Kohli, 1993; Menon, Jaworski, & Kohli, 1997; Workman et al., 1998). Le changement
dans les préférences des clients est le premier motif qui pousse les entreprises à faire de l'innovation
produit. De par sa nature, le client est toujours attiré pour expérimenter toute nouveauté dans les
produits. Cette curiosité devient une sorte d'incertitude pour les entreprises vis-à-vis des besoins
des clients. Ce genre d'incertitude est plus intense quand l'entreprise opère dans un environnement
avec une forte intensité concurrentielle, car les clients ont entre les mains une panoplie de produits
alternatifs pour satisfaire leurs besoins.
« Le consommateur demande toujours plus et il est très exigeant. Par
exemple, même moi je suis un consommateur, je n’aimerai pas toujours consommer
le même produit, toujours je demanderai plus, de nouveaux produits meilleurs que
ceux qui existent » (Responsable qualité)
186 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Elle est caractérisée par l'ampleur, la fréquence et l'imprévisibilité des principaux changements
technologiques intégrés dans les produits ou durant le processus de production (Jaworski & Kohli,
1993; Menon et al., 1997). Selon certains responsables, l'entreprise est toujours amenée à investir
dans de nouvelles machines plus performantes afin d'augmenter sa productivité, réduire ses coûts
et augmenter la qualité de ses produits. Des fois, ce genre d'investissement devient obligatoire dans
le cadre de l'innovation produit. Cela est dû au fait que la production de certains nouveaux produits
demande un type de technologie bien précis. Aussi, l'amélioration des caractéristiques des produits
existants peut nécessiter le changement ou l'acquisition de nouvelles technologies.
« On a investi dans pas mal de machines, par exemple pour l’emballage
skin pour diversifier l’emballage » (Responsable qualité)
187 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Lai & Cheng (2005) ont signalé la pertinence d’inclure des variables de l’environnement
externe pour modérer l’effet de la complémentarité entre le MQ et l’OM sur la performance. Dans
le cadre de notre thèse, nous considérons qu’une incertitude élevée de l’environnement externe
renforcera le besoin de mieux combiner MQ (ISO 9001) et OM en vue de réaliser de meilleures
innovations produit. Nous nous attendons à ce que l’incertitude de l’environnement modère
positivement le lien de la synergie MQ (ISO 9001)-OM avec l’innovation produit. Nous formulons
ainsi les hypothèses de modération suivantes :
188 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - SECTION 3 ~ CONTEXTUALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
189 | P a g e
PREMIERE PARTIE - CHAPITRE III - CONCLUSION CHAPITRE III
La troisième section a présenté les résultats de l’analyse qualitative exploratoire qui nous a
permis de découvrir comment le MQ (ISO 9001) et l’OM s’articulent lors du développement
de l’innovation produit. En résumé, la relation entre les deux apparaît comme étant rétroactive.
D’un côté, l’OM (responsive ou proactive) procure à l’entreprise des connaissances sur les
besoins des clients, qui sont essentielles au MQ (ISO 9001) pour concevoir et mettre en place
les principaux processus de l’innovation produit. De l’autre côté, le MQ (ISO 9001) contrôle et
améliore l’efficacité des processus de l’OM, ce qui permet d’assurer la qualité des
connaissances marché qu’elle absorbe.
Les résultats de l’analyse qualitative exploratoire, étayés par la littérature, nous ont permis
d’intégrer de nouvelles variables modératrices dans notre modèle conceptuel. Il s’agit des
motivations internes et externes pour la certification ISO 9001, et l’incertitude de
l’environnement composée de l’intensité concurrentielle, la turbulence du marché et la
turbulence technologique. Ces variables nous ont amené à formuler six hypothèses
supplémentaires.
Le modèle conceptuel final est affiché dans la conclusion de la première partie. Il compte
18 hypothèses dont 12 sont des liens directs et 6 des liens de modération.
190 | P a g e
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE
Guidés par cette problématique, nous sommes sortis à la fin de cette partie par un modèle
conceptuel pour notre recherche (Figure 34). Ce modèle sera adopté dans la conduite de notre
investigation empirique aussi que pour l’analyse de nos résultats dans la deuxième partie de la
thèse. Il met en exergue un examen de la relation entre la synergie MQ (ISO 9001)-OM et
l’innovation produit en trois niveaux :
Dans un premier niveau, nous allons étudier les effets individuels des pratiques sociales et
techniques du MQ (ISO 9001), ainsi que le MQ (ISO 9001) en entier, sur l’innovation produit
incrémentale et radicale. Aussi, nous allons étudier les effets individuels et respectifs de l’OM
responsive et l’OM proactive sur l’innovation produit incrémentale et radicale. Il s’agit de dépasser
la majorité des recherches antérieures qui n’ont pas étudié l’effet des pratiques du MQ (ISO 9001)
sur les deux types d’innovation produit incrémentale et radicale. Aussi, d’enrichir le nombre très
réduit d’articles qui ont lié l’OMP et l’OMR avec les deux types d’innovation produit incrémentale
et radicale.
Le deuxième niveau de l’analyse concerne les effets de synergie. Nous étudierons l’effet de la
synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OMR (synergie responsive) sur l’innovation produit
incrémentale, et l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OMP (synergie proactive) sur
l’innovation produit radicale. En plus, nous nous intéresserons aux effets du degré
d’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et de l’OM (responsive et proactive) sur
l’innovation produit incrémentale et radicale. En liant synergie MQ (ISO 9001)-OM et innovation
produit, nous contribuons à la littérature antérieure qui, jusqu’à maintenant, a seulement examiné
la synergie entre MQ et OM et son effet sur la performance.
Le dernier niveau tient compte de l’effet modérateur des motivations de l’entreprise pour la
certification ISO 9001 et l’incertitude de l’environnement externe dans la relation entre les deux
formes de synergies responsive et proactive avec l’innovation produit incrémentale et radicale.
Nous cherchons à comprendre les variations des effets de ces deux types de synergies sur
l’innovation produit incrémentale et radicale en fonction du degré des motivations internes et
externes pour la certification ISO 9001 et l’incertitude de l’environnement.
191 | P a g e
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE
INCERTITUDE DE L’ENVIRONNEMENT
Intensité concurrentielle
Turbulence du marché
Turbulence technologique
ORIENTATION MARCHE H2a
RESPONSIVE
H5a, b
SYNERGIE
MANAGEMENT DE LA RESPONSIVE
QUALITÉ (ISO 9001)
H3a, c
Pratiques sociales
Leadership INNOVATION PRODUIT
Focalisation sur le client INCRÉMENTALE
Implication du personnel
Relation mutuellement bénéfique Variables de contrôle
avec les fournisseurs H1a, b, c, d, e, f - Taille de l’entreprise
- Secteur d’activité
Pratiques techniques
Approche processus INNOVATION PRODUIT
Management par approche système RADICALE
Amélioration continue H3b, d
Approche factuelle pour la prise de
décision
SYNERGIE
PROACTIVE
H4a, b, c, d
ORIENTATION MARCHE H2b
PROACTIVE
MOTIVATIONS POUR LA
CERTIFICATION ISO 9001
Internes
Externes
192 | P a g e
DEUXIEME PARTIE : ANALYSE EMPIRIQUE DE L’EFFET DE LA SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET
ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION PRODUIT
193 | P a g e
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE
La deuxième partie de la thèse sera réservée à une analyse empirique de l’effet de la synergie
entre le MQ (ISO 9001) et l’OM sur l’innovation produit. À l’instar de la première partie, cette
deuxième partie progresse en suivant trois chapitres majeurs.
Le sixième chapitre est très essentiel pour l’aboutissement de ce travail puisqu’il est destiné
à la restitution des résultats de la recherche. Nous procéderons au test de l’ensemble des 18
hypothèses que rassemble le modèle conceptuel de la recherche avancé à la fin de la première
partie de la thèse. Après le test des hypothèses, ce dernier chapitre fournira une interprétation
et discussion approfondie des résultats trouvés.
194 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – INTRODUCTION DU CHAPITRE IV
La deuxième section s’attardera sur les échelles de mesure retenues de la littérature, qui
sont nécessaires pour l’opérationnalisation de chaque variable de notre modèle conceptuel.
Ainsi, elle mettra la lumière sur la structure générale du questionnaire de l’étude quantitative,
le choix et le déroulement de la traduction des échelles de mesure de l’anglais vers le français
et leur prétest sur le terrain.
195 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
196 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
• L’hypothèse ontologique réaliste avance que l’objet de recherche (la réalité) existe en soi
possédant une essence propre loin de toute attention et intérêt qui peut lui porter le sujet
(chercheur) (Gavard-Perret et al., 2012; Perret & Séville, 2007). Ce dernier est supposé être
indépendant de l’objet de recherche, et capable non seulement de le cerner et l'étudier, mais de
le comprendre par l’observation sans l’influencer, ou être influencé par lui (Bechara & Van de
Ven, 2007).
197 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
dire de dériver des lois universelles d'un ensemble d'observations particulières (Bechara & Van
de Ven, 2007) ; vu qu’on ne peut que falsifier, mais pas confirmer, une hypothèse (Dimotakis,
Ilies, & Judge, 2013). De surcroît, le positivisme était moins utile dans le domaine des sciences
humaines et sociales, notamment les sciences de gestion, qui ont affaire à des processus sociaux
complexes, désordonnés, interactifs et dynamiques caractérisant le comportement humain
(Boisot & Mckelevy, 2010). Les sciences sociales ne peuvent pas être objectives, rationnelles
et cumulatives parce que le langage, la culture, les normes sociales, les idéologies politiques,
les biais mentaux et la perception sélective constituent les inputs des processus de la science
(Bechara & Van de Ven, 2007).
198 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
• Selon l’hypothèse intentionnaliste, la réalité est créée par les individus à travers leurs
modes de pensée, leurs comportements et actions en fonction de leurs motivations et finalités.
Dans cette réalité, où tout est probable loin du déterminisme, l’homme est libre de faire des
choix (Le Moigne, 1994). Le seul connaissable sera l’expérience vécue, ou l’expérience de la
vie des acteurs du phénomène.
• À ces deux hypothèses s’ajoute l’hypothèse relativiste qui suppose que la connaissance
développée par un sujet vis-à-vis d’un phénomène est, à la fois, ancrée dans le phénomène et le
sujet qui est en train de l’expérimenter (Gavard-Perret et al., 2012). D’un côté, le réel objectif
n’existe pas en dehors du sujet tant qu’il peut être une sorte de représentation mentale dans sa
conscience (Perret & Séville, 2007). D’un autre côté, il existe dans le monde social et humain
199 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
une claire interaction entre le sujet, le phénomène, et les acteurs du phénomène, au point qu’elle
peut influencer l’interprétation que le sujet se fait du phénomène, en plus de ses valeurs et
croyances.
Bien qu’il existe des similarités et des divergences entre ces deux paradigmes
constructivistes (Avenier, 2011; Gavard-Perret et al., 2012), nous ne les adressons pas puisque
nous voulons seulement apporter un bref éclairage sur le paradigme constructiviste pragmatique
(PCP). Sans exclure le paradigme constructiviste de Guba & Lincoln (1998, 1989), nous parlons
uniquement du PCP en raison que ce dernier peut être classé dans l’interprétativisme comme le
soulignent ses auteurs : « The constructivist paradigm also called the naturalistic, hermeneutic,
or interpretive paradigm (with slight shadings in meaning) » (Guba & Lincoln, 1989, p. 83).
Ces deux paradigmes partagent des hypothèses fondatrices, plus ou moins, analogues à
celles du paradigme interprétativiste (Gavard-Perret et al., 2012; Perret & Séville, 2007).
Surtout celles de l’inséparabilité entre le sujet et le système de la réalité observée, rendant les
hypothèses de nature ontologique concernant le réel tel qu’il est en lui-même, attachées aux
hypothèses de nature gnoséologique qui examinent la nature de la connaissance de la réalité
(Avenier, 2011; Guba & Lincoln, 1998).
200 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
la réalité. Ce paradigme n’adhère pas au « relativisme ontologique » selon lequel il existe une
variété de réalités socialement construites non régies par des lois naturelles déterministes. Le
PCP ne postule pas d’hypothèse ontologique fondatrice relative à la nature ou l’essence du réel.
Il ne réfute pas l’existence d’un réel expérimenté « tel qu'il est ou pourrait être en lui-même »
en dehors de toute perception de l’être humain, mais adopte une position agnostique quant à
l’existence ou la non-existence d'un réel unique (Avenier, 2011; Gavard-Perret et al., 2012).
201 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Tableau 29: Les hypothèses fondatrices concernant l'origine et la nature des connaissances dans des cadres épistémologiques alternatifs
Les hypothèses ontologiques fondatrices Les hypothèses épistémiques fondatrices L’objectif du processus de génération de Statut et forme de la connaissance
connaissances
Positivisme/Post-positivisme
Réalisme ontologique : La réalité existe Réalisme épistémique : Le réel est connu tel Enregistrer des conjonctions constantes Conception de la correspondance de la
avant et indépendamment de l'attention qu'il est (avec possibilité de faillibilité des d'événements observables. connaissance.
humaine. instruments de mesure). Identifier les régularités et les motifs de Représentation iconique du réel tel qu'il est.
Il existe un unique "immuable" tel qu'il est. surface. Déclarations faussables.
Interprétativisme
Le relativisme ontologique : il existe Le relativisme épistémique : Les « faits » Comprendre comment les êtres humains font Interprétations plausibles qui correspondent
plusieurs réalités socialement construites qui sont produits en tant que partie intégrante de un sens individuel et/ou collectif de leur à l'expérience vécue.
ne sont régies par aucune loi naturelle, l'interaction sociale des chercheurs avec les monde particulier et comment s'engagent Des récits soutenus par des descriptions
causale ou autres (Guba & Lincoln, 1989). participants et les connaissances ne sont dans des situations. épaisses et, dans certains courants de
Les significations convenues à propos d'une acquises que par des constructions sociales. l'interprétivisme, des énoncés génériques.
situation constituent la réalité objective et L'expérience vécue est connue.
intersubjective de cette situation (Sandberg, L'intentionnalité a un pouvoir constitutif sur
2005). le sens de la réalité qui nous apparaît dans
notre expérience vécue.
Constructivisme pragmatique
Les humains éprouvent de la résistance à Le relativisme épistémique dans le sens Construire des modèles intelligibles de Interprétations plausibles qui correspondent
leurs actions. suivant : l'expérience humaine est l'expérience humaine active, qui fournissent à l'expérience et qui sont viables pour agir
Aucune hypothèse fondatrice sur ce qui connaissable, et dans le processus de des idées pour organiser le monde de intentionnellement.
résiste à l'action humaine. connaissance, tout ce qui découle d'une l'expérience. Modèles génériques et propositions
Tout ce qui résiste à l'action humaine peut situation est inséparablement lié à ce qui activables.
exister indépendamment de l'attention vient de l'investigateur. L'objectif de
humaine. l'enquête influence l'expérience de
l'enquêteur de la situation.
Source : Avenier & Thomas (2015, p. 71)
202 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Cette hypothèse nous amène à l’hypothèse d'épistémologie objectiviste dualiste selon laquelle
la production de la connaissance scientifique est un processus objectif. Ce caractère d’objectivité
s’impose pour notre recherche, car le processus de production de connaissances se fera à partir de
méthodes et techniques quantitatives qui limitent nettement notre subjectivité. Aussi, la réalité
étudiée, exprimée dans notre problématique de recherche, est objective et externe à notre
perception.
Encore, l’hypothèse de détermination naturelle stipule que pour toute réalité existante il y a une
cause naturelle. Le chercheur positiviste essaie seulement de découvrir les lois régissant cette
causalité. De notre côté, l’innovation produit est la conséquence de plusieurs déterminants
organisationnels, y compris le MQ (ISO 9001) et l’OM. Nous cherchons en effet à observer
empiriquement si la synergie entre ces derniers (cause) influence l’innovation produit (réalité
existante), sans chercher à vraiment creuser en profondeur dans le pourquoi de cette influence.
Nous ne tentons pas de démontrer cette influence, mais de la rejeter selon le critère de falsifiabilité
de Popper.
Un autre point pouvant justifier notre positionnement post-positiviste est la flexibilité de notre
design méthodologique. Pour mieux comprendre notre problématique de recherche et raffiner
notre modèle conceptuel, nous avons intégré une étude qualitative exploratoire comme première
étape du processus méthodologique de notre recherche.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Ketokivi & Mantere, 2010). L’exploration empirique d’une relation, ou d’un phénomène qui y soit
relié, consiste à travailler sans a priori théorique, ce qui mène à de nouvelles élaborations
théoriques non fondées sur des connaissances qui existent préalablement.
Selon Charrière-Petit & Durieux (2007, p. 62), « l’induction est donc une inférence logique
qui confère à la découverte une constance a priori (loi) alors que l’abduction lui confère un statut
explicatif ou compréhensif qui, pour tendre vers la règle ou la loi, nécessite d’être testé ensuite ».
Au lieu de passer de la théorie aux données (comme à la déduction) ou des données à la théorie
(comme à l'induction), une approche abductive fait des allers et retours entre les observations
empiriques et les cadres théoriques pour comprendre un phénomène étudié (Gavard-Perret et al.,
2012; Suddaby, 2006; Van Maanen, Sørensen, & Mitchell, 2007).
Nous exposons dans le tableau 30 les distinctions entre ces trois modes de raisonnement en ce
qui concerne leurs logiques, le sens de généralisabilité, la nature des données qu’ils requièrent et
le développement de la théorie dans chaque mode.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
avons pu ressortir les insuffisances dans la littérature existante et retrancher les pistes pertinentes
pour traiter notre objet de recherche. Sur la base des études analysées suite à ces revues
systématiques de littérature, nous avons formulé un ensemble d’hypothèses, enrichies par d’autres
après une étude qualitative exploratoire, pour construire notre modèle conceptuel de la recherche.
Cependant, il n’est pas toujours évident de faire cette distinction suite à l’existence d’une
multitude de critères qui la rendent plus équivoque et ambiguë. De leur part, Baumard & Ibert
(2014) comparent l’approche quantitative et qualitative sur la base de trois critères : la nature de
données, l’orientation de la recherche, le caractère objectif ou subjectif des résultats obtenus et la
flexibilité de la recherche (Tableau 31).
Bien que la séparation entre l’approche quantitative et qualitative puisse être des fois
clairement perceptible, elle est considérée comme n’étant plus utile ou même « fausse » (Layder
1993; cité dans Bryman, 2012, p. 35).
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Les méthodes mixtes sont formellement définies par Johnson & Onwuegbuzie (2004, p. 17)
comme « the class of re- search where the researcher mixes or combines quantitative and
qualitative research techniques, methods, approaches, concepts or language into a single study ».
Creswell (2014) est parmi les auteurs prééminents en méthodologie de recherche qui défendent
l’hybridation méthodologique. Il a développé une typologie de trois designs basiques de méthodes
mixtes qu’il classifie en méthodes mixtes parallèles convergentes, méthodes mixtes séquentielles
explicatives et méthodes mixtes séquentielles exploratoires (Tableau 32).
Méthodes mixtes séquentielles explicatives : elles sont considérées comme explicatives, car
les résultats des données quantitatives initiales sont expliqués plus en détail avec les données
qualitatives, et considérées comme séquentielles parce que la phase quantitative initiale est suivie
par une phase qualitative. Le chercheur effectue une recherche quantitative, analyse les résultats,
20
Les puristes stipulent que les paradigmes et les méthodes ne doivent pas être mélangés, les situationnistes avancent
qu’ils peuvent être mélangés dans des situations spécifiques, alors que les pragmatiques recommandent leurs
utilisations combinées (Cameron, 2009).
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
puis se base sur ces résultats pour plus les expliquer en détail avec une recherche qualitative. Ce
type de conception est populaire dans les domaines à forte orientation quantitative.
Les trois designs des méthodes mixtes que propose Creswell (2014) reposent sur un seul critère
qui est la séquentialité/simultanéité. Par ailleurs, certains auteurs ajoutent encore le critère de
dominance d’une approche sur une autre. Sur la base de ces deux critères, Johnson & Onwuegbuzie
(2004) ont introduit neuf méthodes mixtes regroupées en quatre modèles qu’ils illustrent par la
figure 36. Les initiales en majuscules signalent que l’approche est plus importante ou prédomine
dans le design de recherche.
Égalité
Dominance
Nous avons commencé par une étude qualitative afin d’explorer la synergie entre MQ (ISO
9001) et OM dans le contexte marocain. Les recherches empiriques ont démontré que cette
synergie améliore la performance, mais sans pouvoir l’expliciter assez clairement. C’est pourquoi
nous voulons tout d’abord développer une première compréhension de cette synergie dans le cadre
de l’innovation produit. Aussi, de parvenir à sa contextualisation dans un pays en voie de
développement comme le Maroc, car la majorité des recherches ont été faites dans des pays
occidentaux développés. D’un côté pratique, nous voulons prévoir les contraintes et les
opportunités que nous pourrions rencontrer durant la phase quantitative.
Bien que l’approche qualitative nous permette d’explorer la relation qui associe la synergie
entre MQ (ISO 9001) et OM avec l’innovation produit, elle ne révélera pas l’amplitude de cette
relation. Cependant, la prépondérance de la phase quantitative est justifiée par l’objectif de notre
recherche. Nous voulons comparer la portée des effets individuels, et synergiques, du MQ (ISO
9001) et de l’OM sur l’innovation produit. Cela n’est possible qu’avec le recours aux méthodes
statistiques sophistiquées qu’offre l’approche quantitative. Cependant, les informations obtenues
de l’étude qualitative exploratoire seront un enrichissement pour l’interprétation des résultats
quantitatives.
4. Stratégie de la recherche
Une stratégie de recherche signifie tout simplement l’orientation générale que le chercheur se
donne pour la conduite de sa recherche. Notre recherche a opté pour une stratégie de recherche
mixte à savoir, une phase qualitative suivie par une phase quantitative. Nous mettons en relief
seulement les objectifs de la phase quantitative et détaillons les éléments essentiels qui
correspondent à sa méthodologie. Par ailleurs, les objectifs et la méthodologie de la phase
qualitative exploratoire ont été déjà présentés dans la section 3 du chapitre III.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Il existe deux grandes familles de méthodes pour la constitution d’un échantillon, à savoir les
méthodes probabilités et les méthodes non-probabilistes. Les premières sont un moyen pour
obtenir un échantillon représentatif de l'ensemble de la population d'intérêt impliquant une
sélection aléatoire. L’échantillon constitué par les deuxièmes méthodes est spécifiquement choisi
sur la base des caractéristiques particulières de la population étudiée (O’Gorman & MacIntosh,
2015). Matthews & Ross (2010) rangent les méthodes d’échantillonnage sur un continuum allant
des échantillons probabilistes aux échantillons non-probabilistes (Figure 37).
Échantillon Échantillon de
Échantillon Échantillon par Échantillon Échantillon
aléatoire convenance,
aléatoire quota raisonné théorique
stratifié Boule de neige
Pour constituer l’échantillon de notre recherche, nous avons choisi une méthode non-
probabiliste, à savoir l’échantillonnage raisonné. L’échantillonnage raisonné peut être la seule
option lorsque le chercheur ne dispose pas au préalable d’une base de sondage, ou la
population désirée pour l'étude est rare ou très difficile à identifier (Royer & Zarlowski, 2014;
Swanson & Holton, 2005). Il ne s’agit pas dans ce type d’échantillonnage de créer un échantillon
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Il est à noter encore, selon les propos de Royer & Zarlowski (2014, p. 233), que « pour les
petits échantillons, une méthode par choix raisonné donne d’aussi bons résultats qu’une méthode
probabiliste. Les échantillons constitués par choix raisonné permettent en outre de choisir de
manière très précise les éléments de l’échantillon et, ainsi, de garantir plus facilement le respect
de critères les sélections choisis par le chercheur ».
Notre problématique de recherche met en relation trois concepts clés qui sont le MQ (ISO
9001), l’OM et l’innovation produit. En fonction de cet objectif de recherche, il découle deux
critères essentiels pour les entreprises ciblées par l’étude quantitative : (1) elles devraient être
certifiées ISO 9001 et (2) introduisant une innovation produit durant les cinq dernières années. Le
souci de mettre uniquement l'accent sur les entreprises certifiées ISO 9001 est d’homogénéiser les
entreprises de l’échantillon et éviter certains biais liés au degré de maturité du système MQ (ISO
9001) par rapport aux entreprises non certifiées. Quant à l’OM, nous estimons que des entreprises
innovantes certifiées ISO 9001 sont systématiquement orientées marché. Identifier la population
mère de ces entreprises nous était une tâche très difficile, car elle reste inconnue. Déjà, nous ne
disposons pas d’informations officielles 22 précises sur le nombre des entreprises marocaines
certifiées ISO 9001, ou celles qui font de l’innovation produit. La tâche est encore quasi-
impossible quand il s’agit de croiser les deux critères pour reconnaître le nombre exact
d’entreprises marocaines à la fois certifiées ISO 9001 et faisant de l’innovation produit.
Devant la difficulté d’estimer cette population mère, nous avons décidé de construire notre
propre base de sondage d’entreprises qui répondent aux deux critères prédéterminés. Nous avons
21
Il est parfois connu comme échantillonnage par jugement « judgement sampling » parce que le chercheur souvent
se base sur son jugement pour choisir les cas (Sauders et al., 2016).
22
Durant nos entretiens qualitatifs, certains interviewés comme l’ex-président de l’Association de la Qualité et du
Management, le directeur de l’IMANOR et de la direction de la qualité et de la surveillance du marché, nous ont
confirmé l’inexistence d’une telle base de données. Aussi, selon le directeur et un chargé de mission de l’association
RD Maroc concernant les entreprises marocaines innovantes.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
alors suivi un processus en trois étapes successives : (1) l’identification des entreprises innovantes,
(2) la sélection des entreprises innovantes certifiées ISO 9001 et (3) l’ajout d’autres entreprises.
La durée estimée de la construction de notre base de sondage est de presque trois mois allant du
début mai jusqu’à fin juillet 2016.
Tout premièrement, nous avons jugé qu’il est moins évident de reconnaître les entreprises qui
font de l’innovation que celles certifiées ISO 9001 car la plupart des entreprises communiquent
leurs certifications sur leurs sites web. Nous avons préféré de commencer par la tâche la plus
difficile qui est l’identification des entreprises innovantes. En fait, nous avons contacté les
établissements les plus susceptibles de travailler avec ces dernières. Nous avons demandé auprès
de la direction du Développement & Promotion de l'Innovation au MICIEN. Malheureusement,
les responsables ne disposent pas d’une liste d’entreprises marocaines innovantes. Puis, nous nous
sommes dirigés vers l’association R&D Maroc qui, après plusieurs négociations, a accepté de nous
fournir une liste d’entreprises disposant d’une structure de R&D issue de l’enquête qu’elle avait
menée en 2010.
La deuxième étape consistait à trier cette liste pour n’en garder que les entreprises qui ont une
certification ISO 9001. Pour cela, nous avons mené une recherche sur internet pour chaque
entreprise dans le but d’avoir si elle est certifiée ISO 9001. Durant cette recherche, nous avons
principalement fait recours aux sites web des entreprises, et certains sites web proposant des
annuaires d’entreprises marocaines tels que [Link], [Link] et
[Link].
Dans la dernière étape, nous avons continué notre recherche sur internet pour ajouter d’autres
entreprises et étendre notre liste initiale. À côté des sites web mentionnés précédemment, nous
avons aussi consulté les annuaires d’organismes publics, notamment Maroc export, et des
associations professionnelles des industries marocaines. Encore, nous avons cherché les pages web
des salons nationaux et internationaux qui avaient l’innovation comme thématique afin de repérer
les entreprises marocaines exposantes.
À la fin de ce processus, nous avons amassé 320 entreprises dont nous avons enlevé 80 sur
lesquelles nous n’avons pas trouvé assez d’informations, avant d’aboutir à une base de sondage
contenant un échantillon de 240 entreprises. Il convient de signaler que la décision concernant
la taille de l'échantillon était influencée par des considérations du temps et des coûts dans la
mesure où il faudrait trouver un compromis entre les deux. Dans la même veine, Matthews,
Ross (2010) déclarent que pour un étudiant effectuant des recherches avec un temps et des
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
ressources limités, la taille de l'échantillon est plus susceptible d'être influencée par les ressources
disponibles et la facilité d'accès aux cas échantillonnés.
La construction de notre base de sondage nous a amenés à nous interroger sur le nombre exact
d’observations qu’il faudrait obtenir. Le nombre nécessaire d’observations, ou la taille d’un
échantillon, dépend de plusieurs paramètres, notamment le type de la méthode statistique d’analyse
de données que le chercheur à l'intention d'entreprendre. Sachant que la méthode utilisée par notre
thèse est la méthode PLS de modélisation par les équations structurelles, nous avons cherché les
règles de constitution de la taille minimale d’un échantillon pour mener cette méthode. Certains
auteurs recommandent un échantillon d’au moins 100 participants pour la modélisation d'équations
structurelles (Black, Babin, Anderson & Tatham, 2006, Keppel & Wickens, 2004; cité dans Strang,
2015). En particulier, Barclay, Higgins, & Hompson (1995) indiquent que la taille minimale de
l'échantillon pour un modèle PLS doit être égale soit à:
1) Dix fois le plus grand nombre d'indicateurs formatifs utilisés pour mesurer une variable ; où
2) Dix fois le plus grand nombre de relations structurelles dirigées vers une variable
particulière dans le modèle structurel.
Hair, Sarstedt, Hopkins & Kuppelwieser (2014) considèrent que cette règle ne tient pas compte
de la taille de l'effet, de la fiabilité et du nombre d'indicateurs ou d'autres facteurs connus pour
affecter la puissance statistique. Dans ce sens, Cohen (1992) a précisé la taille minimale de
l'échantillon pour détecter des valeurs R² (Coefficient de détermination) 23 minimales de 0,10, 0,25,
0,50 et 0,75 dans l'une des variables endogènes du modèle structurel pour des niveaux de
signification de 1%, 5% et 10%, en prenant en compte un niveau de puissance statistique de 80%
et des différents niveaux de complexité des relations structurelles (Tableau 33).
Tableau 33 : Taille de l'échantillon recommandée en PLS-SEM pour une puissance statistique de 80%
Niveau de signification
Nombre
maximal de
flèches pointant
sur un construit
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
En ce qui nous concerne, nous avons un modèle avec un nombre maximum de 10 variables
indépendantes, il nous faudrait 123 observations pour atteindre une puissance statistique de 80%
pour une valeur minimum de R² de 0,25, et une probabilité d'erreur de 1%. En management, selon
le tableau de Cohen (1992), des valeurs R² supérieures à 10% peuvent être des valeurs à considérer
quoiqu’elles apparaissent faibles. En revanche, nous nous sommes basés sur les recommandations
de nombreux chercheurs (Ali, Rasoolimanesh, Sarstedt, Ringle, & Ryu, 2018; Hair, Ringle, &
Sarstedt, 2011; Hair, Sarstedt, et al., 2014; Ringle, Sarstedt, Mitchell, & Gudergan, 2018; Sarstedt,
Ringle, & Hair, 2017) pour retenir la valeur de 0,25 reflétant le minimum possible de la variance
dans les variables d’innovation produit expliquées par le MQ (ISO 9001), l’OM et leurs synergies.
Aussi, nous avons adopté un niveau extrême de signification de 1% pour que notre analyse soit
précise à 99%. En somme, un échantillon d’un minimum de 123 observations serait suffisant pour
tester notre modèle conceptuel et aboutir à des résultats fiables.
Le questionnaire est le moyen de recueil des données le mieux adéquat pour les études
quantitatives. Nous n’allons pas parler de notre questionnaire ici, car cela fera l’objet d’une
prochaine section. Toutefois, nous nous intéressons dans ce paragraphe aux modes choisis pour
l’administration du questionnaire final.
215 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Pour administrer notre questionnaire, nous avons besoin des coordonnées, spécialement les
emails et téléphones, des personnes ciblées 24, qui sont les responsables qualité, R&D ou dirigeants
des entreprises de notre base de sondage. Étant donné que, malheureusement, nous n’avons pas
trouvé de base de données contenant ces informations, nous nous sommes vus dans l’obligation de
la construire. En effet, la recherche des emails s’est faite en quatre façons :
En plus des emails existants dans la base de données obtenue de l’association R&D Maroc,
nous avons aussi extrait d’autres d’une liste d’emails que nous avons pu obtenir de l’Association
Marocaine de la Qualité et du Management. Aussi, nous avons sollicité l’aide d’un cabinet de
certification pour nous fournir une liste des emails de ses entreprises clientes qui figurent dans
notre base de sondage.
Par ailleurs, il nous faudrait une plateforme numérique pour héberger notre questionnaire. Au-
delà des sites web payants assurant cette prestation de service, nous avons trouvé que Google
Forms est assez suffisant, et ce pour plusieurs raisons :
Google Forms est gratuit permettant un nombre illimité de questions et réponses sans frais.
Les questionnaires reçus peuvent être facilement exportés sous forme d’une feuille de calcul
du Microsoft Excel. Cela facilite leur importation sur un logiciel d’analyse statistique et éviter
le problème des fautes de frappe lors de la saisie des données.
En activant l’option « réponse obligatoire », Google Forms élimine le biais des valeurs
manquantes pour les questions importantes, car le répondant ne peut valider le questionnaire
que s’il répond à toutes les questions obligatoires. Cette option a été principalement activée
pour les items mesurant les variables clés de la recherche.
Une fois le questionnaire est mis en ligne sur Google Forms, nous avons lancé la collecte des
données quantitatives qui s’est déroulée entre début janvier 2017 et fin juin 2017. Durant cette
période, plusieurs courriers électroniques ont été envoyés contenant une lettre de motivation
expliquant l’objectif de la recherche et mentionnant un lien hypertexte vers le questionnaire (voir
24
Ces personnes sont les plus aptes à détenir suffisamment des informations nécessaires pour répondre à notre
questionnaire. Nous avons ajouté le responsable R&D puisque nous avons constaté que dans certaines entreprises ces
derniers sont aussi chargés de gérer la qualité.
216 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
annexe 3). Après les premiers envois, nous avons effectué des relances régulières estimées, en
moyenne, d’un mail de relance par semaine. Ainsi que des relances par téléphone pour les
responsables qui nous ont communiqué leurs numéros de téléphone (personnel ou professionnel).
Toutefois, nous étions heurtés par un sérieux problème qui est le faible taux de réponse. Cela
est dû au retour d’un grand nombre d’emails parce que leurs adresses pourraient être incorrectes,
désactivées ou même inexistantes. Ou bien encore, parce que les entreprises disposent de logiciel
anti-spam qui bloquent les emails de masse. Sans oublier, bien évidemment, la forte réticence de
certains responsables marocains pour la participation aux recherches académiques. À ce moment-
là, nous étions persuadés qu’il faudrait compléter l’envoi d’emails par un contact en face à face
afin d’augmenter le taux de réponse. La seule issue était de mobiliser notre réseau de connaissances
personnelles et professionnelles. En faisant cela, une quarantaine d’entreprises ont été contactées,
la majorité des responsables rencontrés nous ont demandé de déposer le questionnaire et revenir
le récupérer ultérieurement. Cette opération a été menée entre juillet et août 2017.
Après avoir traité les questionnaires renseignés en ligne et ceux récupérés directement des
entreprises, nous avons éliminé ceux avec des réponses manquantes et ceux montrant des signes
de réponses suspectes. Au final, 130 questionnaires exploitables ont été retenus sur presque 209
entreprises que nous avons pu approcher. Cela donne un taux de réponse de 62%. Ce taux est jugé
très acceptable par rapport aux taux de réponse dans les études dans le domaine du management
qui sont compris entre 10% et 32% (Yusr, Mokhtar, Othman & Sulaiman, 2017).
L’analyse statistique est un outil essentiel pour les chercheurs en sciences sociales depuis plus
d’un siècle. Les chercheurs se sont initialement appuyés sur l’analyse univariée et bivariée pour
comprendre les données et les relations. Pour comprendre des relations plus complexes associées
aux orientations de recherche actuelles en sciences sociales, il est de plus en plus nécessaire
d’appliquer des méthodes d’analyse multivariées plus sophistiquées (Hair, Sarstedt, et al., 2014).
C’est ainsi que, depuis plus d’une vingtaine d’années, les méthodes de modélisation par les
équations causales ou structurelles (MES) ont connu une popularité croissante auprès des
chercheurs en management. Développées spécialement dans les sciences sociales, les MES font
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
partie de la deuxième génération25 d’analyse multivariée qui combinent des aspects de l’analyse
factorielle et de la régression. Elles sont particulièrement appréciées grâce à leurs capacités
d’évaluer simultanément les mesures des variables latentes au niveau de l’observation (modèle
externe ou de mesure) et tester les relations entre les variables latentes au niveau théorique (modèle
interne ou structurel)
Figure(Babin, Hair, &deBoles,
38: Exemple modèle2008; Hair, Sarstedt,
conceptuel Ringle,
de recherche & la
selon Mena,
MES2012).
Modèle de mesure du construit latent endogène Modèle de mesure du construit latent endogène
25
Cette génération fournit la capacité d'améliorer la compréhension d’un phénomène en combinant les connaissances
théoriques et empiriques, ce qui n’est pas possible avec les techniques de la première génération, par exemple, la
régression multiple, l’analyse en composantes principales, l’analyse par grappes (Fornell, 1982).
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Taille de l'échantillon Il faut des tailles d'échantillon Produit des estimations de paramètres
relativement élevées pour produire des avec des échantillons de petites tailles.
estimations de paramètres (robustes).
Mesure d'ajustement Offre des statistiques de qualité Plusieurs critères de qualité
d'ajustement. d'ajustement ont été proposés, mais leur
adéquation et leur interprétation
demandent des recherches futures.
Source : Hair et al. (2017, p. 623)
En général, les faiblesses du PLS sont les forces de LISREL, et vice versa. Aucune des deux
méthodes n'est supérieure à l'autre, elles devraient être considérées comme complémentaires. Dans
certains cas, PLS peut être considérée comme un précurseur de l'utilisation de LISREL. Les
chercheurs doivent en effet appliquer la méthode qui convient le mieux à leurs objectifs de
recherche, aux caractéristiques des données et à la configuration de leurs modèles conceptuels
(Hair, Sarstedt, Ringle et al., 2012).
La méthode PLS a été utilisée par des recherches portant sur des problématiques liées au MQ
(e.g. Pereira-Moliner, Pertusa-Ortega, Tarí, López-Gamero, & Molina-Azorín, 2016), l’OM (e.g.
Rakthin, Calantone, & Wang, 2016) ou encore l’innovation (e.g. Sheng & Chien, 2016).
La décision de choisir la méthode PLS-SEM pour notre thèse a été principalement déterminée
par le fait que son application est plus conforme à l’objectif et la nature de notre problématique, et
aux contraintes relatives à la construction de l’échantillon de la recherche.
220 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Nous cherchons à étudier l’effet de la synergie entre MQ (ISO 9001) et OM sur l’innovation
produit. L’opérationnalisation de cet effet est faite par la création et l’ajout d’un nouveau construit
latent d’un haut niveau d’abstraction « high-order construct » dans notre modèle conceptuel. Cela
rend en effet notre modèle relativement complexe avec un nombre un peu élevé de construits
latents. Sur ce point, la méthode PLS n'est pas contrainte par des problèmes liés à la
complexification des modèles (Hair et al., 2011). Elle fonctionne de manière efficace lorsqu'elle
est utilisée pour estimer des modèles comprenant de nombreuses variables (typiquement plus de
cinq), plusieurs hypothèses et/ou de nombreux indicateurs par variables (généralement plus de six)
(Sarstedt, Ringle, Smith, Reams, & Hair, 2014). Aussi, la méthode PLS est plus puissante lorsqu’il
s’agit de modéliser des construits latents d’un haut niveau d’abstraction.
La contrainte de la taille de l’échantillon est un autre élément qui nous a poussé à recourir à la
méthode PLS. Notre terrain de recherche concerne les entreprises certifiées (ISO 9001) et faisant
des activités de recherche et développement (R&D) reflétées par l’introduction de produits
nouveaux ou significativement améliorés. La population des entreprises qui peuvent satisfaire à la
fois ces deux critères reste très limitée, donnant lieu à un échantillon d’une taille très réduite (130
pour notre étude). Cependant, la méthode PLS est très utile et plus favorable dans la situation où
le chercheur est importuné par des échantillons de petite taille. Comparée à l’approche LISREL,
Reinartz, Haenlein & Henseler (2009) ont montré que PLS-SEM permet d’atteindre des niveaux
élevés de puissance statistique, même si la taille de l'échantillon est relativement faible (c'est-à-
dire 100 observations).
Pour la mise en pratique de l’approche PLS, nous avons choisi d’utiliser le logiciel SmartPLS
3. C’est le logiciel le plus utilisé actuellement par les chercheurs pour réaliser cette approche. En
plus d’avoir une interface facile à manipuler, il dispose presque de toutes les options nécessaires,
et offre d’autres supplémentaires (p. ex. pour évaluer la qualité du modèle conceptuel) qui ne sont
pas disponibles dans des logiciels pareils.
Cette première section a permis de mettre en avant nos différents choix épistémologiques et
méthodologiques. La figure 39 restitue l’ensemble des étapes de la démarche méthodologique
employée pour la réalisation de notre thèse.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 1 ~ REFLEXIONS EPISTEMOLOGIQUES ET METHODOLOGIQUES
Compilation et Analyse de la
Posture épistémologique
REVUES SYSTEMATIQUES
DE LITTERATURE
DEFINITION DE L’OBJET
DE RECHERCHE
- Exploration de la question de
recherche.
- Spécification du modèle
Mode de raisonnement
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
SECTION 1
INFORMATIONS GENERALES SUR L'ENTREPRISE ET LE REPONDANT
SECTION 2
MANAGEMENT DE LA Variables mesurées :
QUALITE (ISO 9001) - Motivations internes et externes pour la certification (ISO 9001)
- Pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001)
SECTION 3
ORIENTATION Variables mesurées :
MARCHE - Orientation marché responsive
- Orientation marché proactive
SECTION 4
INNOVATION Variables mesurées :
PRODUIT - Innovation produit incrémentale
- Innovation produit radicale
SECTION 5 Variables mesurées :
INCERTITUDE DE - Intensité concurrentielle
L'ENVIRONNEMENT - Turbulence technologique
- Turbulence du marché
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Une échelle est fréquemment utilisée pour indiquer le « continuum sur lequel on situe les
objectifs mesurés » (Malhotra, 2016). C’est le support sémantique, numérique ou graphique, ou
tout simplement le système de notation qui permet au répondant d’exprimer son opinion (Gavard-
Perret et al., 2012).
Le choix des instruments de mesure des variables fait partie des étapes critiques de toute
recherche hypothético-déductive. Cela revient au fait que les mesures des variables, ou des
construits de variables, doivent être soigneusement choisies et/ou développées afin
d’opérationnaliser avec fiabilité et objectivité le concept étudié. Il est plus préférable que les
chercheurs utilisent des instruments de mesure préalablement validés, afin de faciliter la
confirmation de leurs fiabilités et validités, plutôt que d'en élaborer de nouveaux.
Avant de s’étaler sur les items adoptés pour chaque type de variables (exogènes, endogènes,
modératrices et de contrôle) de notre modèle conceptuel, nous notons que la majorité de ces items
ont été empruntés de la littérature anglo-saxonne sous leur version originelle. Étant donné que la
langue française est la deuxième langue au Maroc et la plus utilisée dans le domaine des affaires,
une traduction en français de ces échelles de mesure est nécessaire.
Dans ce qui suit, nous expliquons le processus suivi pour la traduction des échelles de mesure
de l’anglais vers le français.
Nous avons organisé le processus de traduction en quatre étapes essentielles (Figure 41). Tout
d’abord, nous avons commencé par préparer un document du questionnaire contenant toutes les
échelles de mesure en anglais. Par la suite, nous avons fait appel à deux professeurs bilingues de
français et d’anglais. Le premier nous a aidé dans la traduction des échelles de mesure de l’anglais
vers le français, alors que le deuxième nous a assisté dans la retraduction de cette version française
en anglais. À l’aide d’une troisième personne préparant le test du TOEFL ayant une excellente
maîtrise de l’anglais, nous avons entamé une dernière étape dans laquelle la version anglaise
originale des échelles de mesure a été comparée à la version anglaise retraduite de la version
française. Le but de cette comparaison est de s’assurer de la concordance dans les significations et
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
les interprétations entre les échelles de mesure originales et traduites, ainsi que leur cohérence,
clarté et précision. À la fin de cette dernière étape, des ajustements ont été apportés aux items afin
de refléter plus précisément les variables envisagées et d’éliminer les nuances significatives du
langage.
Etape 2 Etape 4
• Préparation d’un • Retraduction de la
document du version
questionnaire avec • Traduction des francophone des • Comparaison des
les échelles de échelles de échelles de deux versions
mesure originales mesure originales mesure en anglais anglaises,
de l'anglais vers le originale et
français traduite
Etape 1 Etape 3
Les variables endogènes sont celles qui dépendent des variables exogènes, ce sont les résultats
de l'influence des variables exogènes. Elles admettent d'autres appellations comme les variables
dépendantes, les critères, les résultats, les effets et les variables de réponse (Creswell, 2014).
Le modèle conceptuel développé dans le cadre de cette recherche intègre deux principales
variables endogènes qui sont l’innovation produit incrémentale et l’innovation produit radicale.
Griffin & Page (1996) notent qu'aucune mesure unidimensionnelle ne peut évaluer
l’innovation produit. Pour qu’elle soit assez complète, l’échelle de mesure de l’innovation produit
doit prendre en considération différentes dimensions. Plusieurs chercheurs ont pris conscience de
l’importance de la multidimensionnalité dans l’opérationnalisation de l’innovation produit (e.g.
Cankurtaran, Langerak, & Griffin, 2013; Hsu & Fang, 2009; Langerak, Hultink, et al., 2004;
Langerak, Jan Hultink, & Robben, 2004). Ces chercheurs considèrent l’innovation produit comme
un construit de second ordre composé de sous variables latentes comprenant différentes
225 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Suite à une large revue de littérature sur les échelles de mesure de l’innovation produit, nous
avons constaté qu’elle peut être opérationnalisée selon cinq variables latentes, chacune mesurée
par un certain nombre d’items, que nous avons désignées par mesure stratégique, mesure
financière, mesure de la performance technique du produit, mesure de la satisfaction du client,
mesure liée au marché, mesure de la performance du processus de DNP.
À la fin de ce travail de revue de littérature des échelles de mesure, nous étions devant deux
contraintes. La première est que les études revues traitent l’innovation produit d’une façon
générale sans préciser ou faire la distinction entre l’innovation produit incrémentale et radicale.
Deuxièmement, même si nous avons essayé d’emprunter des items pour former les cinq mesures
latentes pour chaque type d’innovation produit (incrémentale et radicale), nous nous sommes
retrouvés avec plus de 50 items pour mesurer ces dernières. Ce nombre était très grand et rendra
notre questionnaire final plus long et lourd lors de son administration.
La solution était de rechercher une échelle de mesure plus courte, mais qui respecte la
multidimensionnalité de l’innovation produit. Nous avons trouvé l’étude de Kim, Kumar & Kumar
(2012) qui évaluent l’innovation produit incrémentale et radicale avec deux échelles de mesure
composées de multiples items. Ces auteurs soutiennent qu'une étude empirique sur l'innovation ne
devrait pas se fonder uniquement sur un seul ou quelques éléments liés à l'innovation tels que le
nombre de brevets et les dépenses en R&D. Nous avons choisi d’adopter leurs échelles de mesure
pour les raisons suivantes :
1. Les échelles de Kim et al. (2012) reposent sur des travaux de références largement repris par
les recherches.
2. Les échelles de mesure concernent les deux types d’innovation produit incrémentale et
radicale.
3. Chacune des deux échelles mesure l’innovation produit incrémentale et radicale avec cinq
multiples items touchant son aspect financier, son degré de nouveauté, sa vitesse d’introduction
sur le marché, sa contribution à l’image de l’entreprise et le nombre des innovations produit
de l’entreprise.
4. L’étude de Kim et al. (2012) s’inscrit dans la problématique de notre recherche puisqu’elle a
étudié l’effet des pratiques du MQ sur différentes catégories de l’innovation, y compris
l’innovation produit.
226 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Enfin, nous avons ajouté deux items aux échelles de mesure de Kim et al. (2012) pour compléter
et renforcer leur multidimensionnalité. Le premier provient de Prajogo & Sohal (2006, p. 309) :
« The use of latest technological innovations in our new products », que nous avons ajusté pour
intégrer l’usage des innovations technologiques récentes dans le développement des innovations
produit incrémentales et radicales. Des fois, la réalisation d’une idée d’un produit innovant n’est
possible qu’avec l’adoption d’une technologie ; aussi, l’usage d’une technologie peut être même
une source d’une innovation produit. Le deuxième item, qui s’interroge sur le niveau de la qualité
de l’innovation produit, est repris depuis Guimarães, Severo, Dorion, Coallier & Olea (2016) : «
The quality of our new products is higher than that of our competitors ». Nous avons ajouté cet
item parce que la qualité reste une dimension essentielle de l’innovation produit quel que soit son
degré d’innovativité.
Le tableau 35 présente les items qui forment chacune des deux échelles de mesure de
l’innovation produit incrémentale et radicale.
market more frequently than our competitors. améliorés sur le marché plus fréquemment et
rapidement que nos concurrents.
Our percentage of incremental product innovations in Le pourcentage des produits significativement
the product range is significantly higher compared to the améliorés dans nos gammes de produit est
= 0.934
Our percentage of radical product innovations in the Le pourcentage des produits radicalement nouveaux
product range is significantly higher compared to the dans nos gammes de produit est significativement plus
competition. élevé comparé aux concurrents.
The quality of our new products is higher than that of La qualité de nos produits radicalement nouveaux est
our competitors plus élevée que celle de nos concurrents.
The use of latest technological innovations in our new Nous utilisons les dernières innovations technologiques
products dans nos produits radicalement nouveaux.
227 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
The percentage of total sales from radical product Le pourcentage du total des ventes de nos produits
innovations is up substantially. radicalement nouveaux augmente considérablement.
We are well known by our customers for radical Nos clients nous connaissent bien à travers nos produits
product innovations. radicalement nouveaux.
Les variables exogènes sont celles qui (probablement) causent, influencent ou affectent les
variables endogènes. Elles sont également appelées variables indépendantes, de traitement,
manipulées, antécédents ou prédicteurs (Creswell, 2014).
Les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001), et l’OM proactive et responsive sont
les variables exogènes essentielles de notre recherche.
Il est important de mentionner que nous opérationnalisons les huit principes de l’ISO 9001
comme des pratiques qualité. Cette considération se justifie par le fait que l’implémentation de ces
principes dans les organisations est souvent étudiée, dans la littérature, en tant que pratiques du
MQ (Arumugam, Ooi & Fong, 2008; Bin Abdullah, Uli & Tari, 2009; Naor, Goldstein, Linderman
& Schroeder, 2008; Samson & Terziovski, 1999, cité dans Bakotić & Rogošić, 2015).
Malgré qu'il existe une abondance d’études empiriques sur le MQ (ISO 9001) notamment en
relation avec la performance, la majorité de ces études l’opérationnalisent par une variable binaire
(0 : entreprise non certifiée ISO 9001 ; 1 : entreprise certifiée ISO 9001). Similairement, et à
l’exception de certaines recherches (e.g., Kafetzopoulos et al., 2015, 2013; Refaie et al., 2011), les
études qui se sont intéressées au lien entre le MQ (ISO 9001) et l’innovation produit adoptent la
même mesure (e.g., Pekovic & Galia, 2009).
En ce qui concerne notre recherche, nous nous intéressons à l’effet des pratiques sociales et
techniques du MQ (9001) sur l’innovation produit. Cependant, les échelles de mesure de ses
228 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
pratiques sont largement développées dans le contexte du TQM. En dépit de leur ressemblance, il
n’était pas possible d’adopter les échelles de mesure des pratiques du TQM pour les pratiques
qualité du MQ (ISO 9001), parce que l’ISO 9001 est un sous-système du TQM (Gotzamani &
Tsiotras, 2002). L’implémentation de l’ISO 9001 est un tremplin vers le TQM (Martínez-Costa et
al., 2009; Martínez-Lorente & Martínez-Costa, 2004) aidant les entreprises de passer de l'assurance
qualité au TQM (Fotopoulos, Psomas & Vouzas, 2010).
Il était difficile de trouver des échelles de mesure qui opérationnalisent les huit pratiques du
MQ selon la norme ISO 9001 :2008. En examinant profusément la littérature, nous avons identifié
quelques auteurs qui les ont développés, à savoir Bakotić & Rogošić (2015) et Yu, To & Lee
(2012). Nous sommes entrés en contact avec Bakotić & Rogošić (2015) pour avoir leurs échelles
de mesure puisqu’elles ne figurèrent pas dans leur article. Ces auteurs ont eu la gentillesse de nous
les envoyer par mail. Après les avoir examinés, nous avons préféré de les écarter, car d’un côté les
auteurs n’expliquent pas en détail la démarche suivie pour construire ces échelles de mesure. D’un
autre côté, elles étaient en langue croate, et même après une première traduction en français elles
n’étaient pas vraiment convaincantes.
Par contre, les échelles de mesure de Yu et al. (2012) nous semblent être plus fiables, car i) les
étapes de leur développement sont bien exposées par ces auteurs, et ii) elles ont été testées et
validées dans différents types d’organisations par d’autres études (Lee, To & Yu, 2009; To, Lee,
& Yu, 2011). Les auteurs se sont principalement basés sur le document "Principes de gestion de
la qualité" fourni par ISO :2008 pour construire leurs échelles.
La seule insuffisance de ces échelles c’est qu’elles manquent une mesure pour la pratique
d’amélioration continue. Nous avons adopté ces échelles tout en continuant notre revue de
littérature pour trouver des recherches portant sur l’ISO 9001 et disposant d’une échelle de mesure
de la pratique d’amélioration continue.
Finalement, les échelles de mesure des sept pratiques de l’ISO 9001 adoptées depuis Yu et al.
(2012) ont été complétées par une échelle de mesure de la pratique d’amélioration continue
importée de l’étude de Psomas & Antony (2015). Les tableaux 47 et 48 résument l’ensemble des
items retenus des échelles de mesure des pratiques techniques et sociales du MQ (ISO 9001).
229 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Top Management creates shared value at all levels La direction crée des valeurs partagées à tous les niveaux
of the organization de l’organisation.
Top Management provides employees with the La direction fournit aux employés les ressources
requisite resources. nécessaires.
Top Management provides employees with the La direction fournit aux employés les formations
requisite training programs. nécessaires.
Our organization analyzes customer needs and Notre entreprise analyse les besoins et les exigences des
Implication du personnel Focalisation sur le client
requirements. clients.
Our organization ensures that customer needs are Notre entreprise fait connaître les besoins des clients à tous
known by all employees. les employés.
Our organization periodically measures customer Notre entreprise mesure périodiquement la satisfaction des
satisfaction. clients.
Our organization reacts to customer complaints/ Notre entreprise réagit vis-à-vis aux
feedback. réclamations/feedback des clients.
Our organization has a customer relationship Notre entreprise dispose d’un système pour gérer les
management system. relations client.
Employees are aware of their role in the Les employés comprennent leur rôle dans l'organisation.
organization.
In case of mistakes or problems committed, Les employés ne blâment pas leurs collègues pour les
employees do not blame their colleagues. problèmes commis.
Employees accept to take responsibility of Les employés acceptent la responsabilité de résoudre les
problem solving problèmes.
Employees seek opportunities to improve their Les employés cherchent des opportunités pour développer
skills. leurs compétences.
Employees openly share their knowledge. Les employés partagent ouvertement leurs connaissances.
Our organization has a precise number of key Notre entreprise dispose d'un petit nombre bien précis de
Relation mutuellement
Our organization shares information with the main Notre entreprise partage les informations avec les
fournisseurs
230 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
that are necessary to obtain a certain desired result. nécessaires pour obtenir un résultat souhaité.
The organization clearly establishes the Notre entreprise établit des responsabilités claires pour
responsibilities for managing key activities. la gestion des activités clés.
The organization measures the capability of key Notre entreprise mesure la capacité des principales
activities. activités.
The organization analyzes the capability of key Notre entreprise analyse la capacité des principales
activities. activités.
An organisational structure has been developed to Notre entreprise a développé une structure
support the continuous improvement of the QMS. organisationnelle pour soutenir l'amélioration
Amélioration continue
Measured and explicit quality goals have been set for Notre entreprise fixe des objectifs liés à la qualité
all employees. mesurés et explicités à tous les employés.
Employee performance is continuously improved. La performance des employés est continuellement
améliorée.
An effective business plan for continuous quality Notre entreprise a développé un business plan (plan
improvement has been developed. d'affaires) efficace pour l'amélioration continue de la
qualité.
Our organization has a structured approach within Notre entreprise a une approche structurée qui intègre
par approche
Management
systémique
make sure data and information are exact and reliable. s’assurer que les données et les informations sont
Approche
exactes et fiables.
Our organization makes data and information Notre entreprise rend les données et les informations
accessible for any of those who need it. accessibles à ceux qui en ont besoin.
Our organization analyzes data and information using Notre entreprise analyse les données et les informations
valid methods. en utilisant des méthodes (scientifiques) valides.
231 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
We incorporate solutions to unarticulated customer Nous intégrons dans nos nouveaux produits des solutions
needs in our new products and services. aux besoins non exprimés par les clients.
We brainstorm on how customers use our products Nous faisons du brainstorming sur la façon avec laquelle
and services. les clients utilisent nos produits.
=.884
We innovate even at the risk of making our own Nous innovons même si on prend le risque de rendre nos
products obsolete. propres produits obsolètes.
We search for opportunities in areas where customers Nous cherchons des opportunités dans les domaines où
have a difficult time expressing their needs. les clients ont des difficultés à exprimer leurs besoins.
We work closely with lead users who try to recognize Nous travaillons en étroite collaboration avec les clients
customer needs months or even years before the leadeur d’opinion (Lead users) pouvant identifier des
majority of the market may recognize them. besoins futurs des clients avant que la majorité du marché
puisse les reconnaître.
We extrapolate key trends to gain insight into what Nous analysons les tendances clés pour mieux comprendre
users in a current market will need in the future. ce dont les clients d’un marché actuel auront besoin dans
l'avenir.
Our business objectives are driven by customer Nos objectifs d'affaires sont conduits par la satisfaction du
satisfaction. client.
We constantly monitor our level of commitment and Nous surveillons et contrôlons constamment notre niveau
orientation to serving customer needs. d'engagement à servir les besoins des clients.
We freely communicate information about our Nous communiquons ouvertement des informations sur nos
Orientation marché responsive
successful and unsuccessful customer experiences expériences clients réussies et non réussies entre toutes les
across all business functions. fonctions de l'entreprise.
Our strategy for competitive advantage is based on Notre stratégie de recherche de l'avantage concurrentiel se
our understanding of customers’ needs. base sur notre compréhension des besoins des clients.
= .855
Une variable est dite modératrice lorsqu’elle affecte systématiquement le sens, la grandeur,
l’intensité et/ou la forme de la relation entre les variables exogènes et endogènes.
Les variables modératrices que nous prenons en considération dans notre recherche ont émergé
de notre phase qualitative exploratoire. Il s’agit des motivations internes et externes pour la
232 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Les motivations pour la certification ISO 9001 peuvent être classées en deux principales
catégories, les motivations internes et externes. Les motivations internes sont liées à l'amélioration
de l'organisation, tandis que les motivations externes sont principalement en rapport avec des
aspects marketing.
De nombreuses motivations internes et externes pour la certification ISO 9001 peuvent être
identifiées dans la littérature. En effet, pour ne pas s’éloigner de la réalité de la qualité dans le
contexte marocain, nous avons conduit une revue de littérature des échelles de mesure pour les
motivations internes et externes, tout en nous basant essentiellement sur les études dans le contexte
marocain (Azouzou, 2002; Bounabri et al., 2018; Fekari, 2011). Spécialement, nous nous sommes
basés sur les résultats de l’étude de l’AQM qui établissent trois principales familles de
motivations (voir §3, Chapitre IV) que nous avons classées dans le tableau 39.
Tableau 39: Motivations de la certification ISO 9001 dans les entreprises marocaines
Motivations internes Motivations externes
Amélioration de l’organisation au sein de l’entreprise. Amélioration des prestations fournies aux clients.
Amélioration du climat social de l’entreprise. Augmentation des parts de marché de l’entreprise.
Amélioration de la qualité des produits.
Réduction des coûts.
Source : à partir de l’enquête de l’AQM (2010)
En comparant les échelles de mesure de la littérature, nous avons favorisé celles de l’étude de
Prajogo (2011) du fait qu’elles sont les plus proches des éléments qui constituent les familles de
motivations dégagées par l’étude de l’AQM. Toutes ses mesures multi-items des motivations
internes et externes ont été développées à partir des études empiriques antérieures qui ont examiné
les motivations derrière la certification ISO 9001 dans différents pays. Le tableau 40 reprend la
traduction des échelles de mesure de Prajogo (2011).
Tableau 40: Les échelles de mesure des motivations pour la certification ISO 9001
Items originaux de l’échelle Traduction des items de l’échelle
To combat poor quality performance. Lutter contre une mauvaise performance qualité.
Motivations internes
To build a foundation for a systematic management. Pouvoir gérer l’entreprise comme un système.
Avoir un meilleur contrôle des opérations et des activités
= 0.85
233 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
To match competitors’ actions. Faire face aux actions et réactions des concurrents.
externes
= 0.67
To enhance the company’s image. Améliorer l'image de l'entreprise.
To gain preferred supplier status. Être le fournisseur privilégié ou préféré de vos clients.
Se conformer aux politiques et règlements de
To comply with industry policies or regulations.
l'industrie/secteur.
Toutes les échelles de mesure utilisées pour ces variables sont celles développées par Jaworski
& Kohli (1993). Le tableau 41 regroupe l’ensemble des items de ces échelles de mesure.
There are many promotion wars in our industry. Il y a beaucoup de guerres promotionnelles
dans notre industrie.
Anything that one competitor can offer, others can match Tout ce qu'un concurrent peut offrir, d'autres peuvent
= 0.81
Technological changes provide big opportunities in our Les changements technologiques dans notre industrie
Turbulence
= 0.88
Our customers tend to look for new product all the time. Nos clients ont tendance à chercher de nouveau
produit tout le temps.
We are witnessing demand for our products and Nous évaluons la demande de nos produits et services
services from customers who never bought them before. auprès de clients qui ne les ont jamais achetés
auparavant.
234 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
New customers tend to have product-related needs that Les nouveaux clients ont tendance à avoir des besoins
are different from those of our existing customers (liés aux produits) qui se diffèrent de ceux de nos
clients existants.
We cater to many of the same customers that we used On répond aux besoins d’un grand nombre des mêmes
to in the past clients que nous servons auparavant.
Les variables de contrôle, appelées covariantes, jouent un rôle actif dans les études
quantitatives. Il s'agit d'un type particulier de variables exogènes que les chercheurs mesurent parce
qu'elles influencent potentiellement les variables endogènes. Les variables de contrôle peuvent être
des variables démographiques ou personnelles (par exemple, âge ou sexe) qui doivent être
contrôlées de sorte que l’unique et la vraie influence de la variable exogène sur la variable
endogène puisse être déterminée (Creswell, 2014)
Toute échelle où les distances entre chacune des modalités successives de réponse sont égales
est considérée comme une échelle d’intervalle. Ce type d’échelle est considérablement mobilisé
dans les sciences de management. Parmi les échelles d’intervalle, l’échelle de Likert semble être
la plus employée dans les études d’évaluation d’opinion (Evrard, Pras & Roux, 2003). Elle suggère
au répondant d’exprimer son opinion selon un degré d’accord/désaccord avec une proposition/item
(Gavard-Perret et al., 2012). L'échelle de Likert présente plusieurs avantages, elle est facile à
235 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
construire et à administrer dans des enquêtes par courrier, par téléphone, auto-administrées ou
électroniques, aussi les répondants comprennent facilement comment l’utiliser (Malhotra, 2016).
Même si les chercheurs en sciences de gestion préfèrent l’usage des échelles de Likert, la
détermination du nombre optimal de modalités de notation/réponse devient une considération
importante dans la construction de telles échelles. Néanmoins, la littérature reste moins claire et
consensuelle sur la question du nombre d’échelons. Il n’existe pas un nombre approprié à toutes
les situations, c’est-à-dire que chaque nombre d’échelons pairs ou impairs offre des avantages
comme il présente des limites, dépendamment de plusieurs considérations (e.g., sujet étudié,
répondant, nombre d’items, contraintes liées au recueil des données, etc.).
Nous avons utilisé des échelles de mesure de Likert à cinq points comme, presque, toutes les
études desquelles nous avons emprunté les échelles de mesure de nos variables. Ainsi, nous avons
préféré de rester fidèles et conformes aux échelles de mesure originelles. Concernant le nombre de
points de réponse, nous sommes restés dans une approche pragmatique, au sens de Roussel &
Wacheux (2005), qui recommande l’utilisation des échelles en cinq points quand un questionnaire
est long (plus de 60 items à titre indicatif), ce qui est d’ailleurs le cas pour notre questionnaire, et
en sept ou neuf dans le cas contraire.
Dans notre questionnaire, au début de chaque question, il est demandé au répondant d’exprimer
son degré d’accord ou désaccord en se situant sur un continuum, construit sur cinq réponses
possibles, par rapport à une série d’opinions qui portent sur une même variable latente (1 : pas du
tout d’accord ; 2 : plutôt pas d’accord ;3 : moyennement d’accord ;4 : plutôt d’accord ; 5 : tout à
fait d’accord).
Après la traduction en français des échelles de mesure, nous avons élaboré une première
version du questionnaire de l’enquête. En plus de nos deux directeurs de thèse, nous avons fait
appel, entre septembre et octobre 2016, à neuf personnes pour nous aider dans la révision de cette
version :
236 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV – SECTION 2 ~ OPERATIONNALISATION DU MODELE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
Durant la rédaction de la deuxième version nous avons fait en sorte que les items soient courts
et simples que possible, chaque item reflète une seule idée, tout en évitant l’usage des conjonctions
de coordination (par exemple, et, ou, de plus etc.) qui peuvent rendre un item composite (Roussel,
2005).
Par la suite, la deuxième version du questionnaire a été soumise à une phase de prétest. Le but
de cette phase est de contextualiser les échelles de mesure et d’évaluer la qualité du questionnaire.
Mais avant de nous lancer dans le prétest du questionnaire, nous nous sommes interrogés sur la
taille de l’échantillon du prétest. En suivant les recommandations de Evrard et al. (2003), qui
proposent un échantillon de prétest 12 < N ≤ 30, nous avons envoyé le questionnaire sous un format
électronique à un échantillon de 20 entreprises en respectant les critères suivants :
Suite à ce prétest, nous avons effectué un test préliminaire de la fiabilité et la validité de nos
échelles de mesure, pour avoir une idée sur leur degré de consistance. Quelques items méritaient
d’être éliminés, mais nous avons préféré de les garder jusqu’à l’analyse finale du fait de leur
nombre limité.
237 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Tout d’abord, la période 1985-1992 a marqué le lancement de l’initiative des pouvoirs publics
pour la sensibilisation à la normalisation industrielle. Ainsi, de nouveaux comités techniques de
normalisation ont commencé à être mis en place et des formations aux techniques de normalisation
et de gestion de la qualité ont été suivies par les cadres du ministère de l’industrie en France, aux
Etats-Unis et au Japon.
• La période 1997- 2000 : a été marquée par le lancement de la Semaine Nationale de la Qualité
(1997) et du Prix National de la Qualité ( 1998 ), la constitution ou la dynamisation de plusieurs
organisations nationales ou locales dédiées à la promotion et au développement des démarches
qualité au Maroc, notamment l’UMAQ (Union Marocaine pour la Qualité), l’AMAQUE
26
[Link] consulté le 05/08/2018
238 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
(Association Marocaine des Auditeurs Qualité), AQM (Association des Qualiticiens du Maroc),
PCQ (Pôle Compétence Qualité à l’École Supérieure de Technologie de Casablanca).
• La période 2001-2003 : s’est caractérisée par une accélération du processus de mise en place
des normes marocaines dans le domaine de la qualité à travers l’adoption de la série des normes
ISO 9000:2000, de normes nationales sur les aspects sociaux (SA 8000), le HACCP et le
management de la Santé et la Sécurité au Travail (OHSAS18001).
• La période 2008 – 2010 : jusqu’en 2008, le Maroc était le seul pays qui ne possédait pas
encore de cadre législatif afférent à l’accréditation et la certification par rapport aux pays de la
région. Dans la même année, le gouvernement marocain a proposé un projet de loi pour
réglementer la normalisation, la certification et l’accréditation dont la première version datait de
1998. Ce projet de loi a donné lieu à la loi n°12-06, relative à la normalisation, à la certification et
à l'accréditation, promulguée, le 11 février 2010, par le dahir n°1-10-15 du 26 safar 1431. Suite à
cette loi qui a entré en vigueur le 18 Mars 2011, le Service de Normalisation Industrielle Marocaine
(SNIMA) a été remplacé par l’Institut Marocain de Normalisation (IMANOR). Créé en 2010,
l’IMANOR est un établissement public, sous tutelle du MICIEN, doté d’une autonomie
administrative et financière. Il a pour missions de :
- Élaborer des normes pertinentes pour le marché et utiles pour les politiques publiques ;
- Permettre aux entreprises marocaines d’accéder à des conditions optimales, à toutes les
certifications requises pour renforcer leur compétitivité sur leurs marchés cibles ;
- Accompagner le tissu économique pour mieux appréhender les normes à travers des formations
ciblées et satisfaisantes ;
- Faciliter aux opérateurs économiques l’accès aux informations sur les normes et les activités
associées ;
- S’entourer des garanties nécessaires pour se faire valoir auprès des opérateurs économiques, en
tant que partenaire fiable dans ses domaines d’activités.
239 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
(2 263)27. Selon une enquête conduite par l’Association de la Qualité et du Management (AQM) 28
entre octobre 2002 et janvier 200320, le nombre d'entreprises certifiées s'élevait à 192 entités en fin
juillet 2002. 30% de ces entreprises opéraient dans le secteur de la Chimie & Parachimie et 18%
dans l’agroalimentaire, ces deux secteurs étaient les plus dynamiques par rapport à la certification
en raison de leur sensibilité vers la satisfaction des clients et les réglementations en vigueur 29.
Le nombre exact des entreprises marocaines adoptant le MQ (ISO 9001), ou certifiées ISO
9001, demeure méconnu. Malheureusement, nous ne disposons pas de statistiques nationales
récentes dans ce sens. Afin de dresser l’évolution de la certification ISO 9001 dans le contexte
marocain, nous avons contacté le secrétariat de l’ISO qui nous a fourni des données un peu
détaillées sur le nombre des certifications ISO 9001 au Maroc entre les années 1993 – 2014 en
fonction des secteurs industriels. Ces données ont été complétées par les dernières statistiques de
2015-2016 publiées sur le site de l’ISO.
À travers notre analyse des données de l’ISO, nous remarquons que le nombre des entreprises
qui s’intéressent à la qualité et investissent pour avoir la certification n’a cessé d’augmenter
significativement depuis 1993, avant de connaître une forte prolifération à partir de 2010 (Figure
40). Cette prolifération peut être due à la mise en vigueur d’une loi pour promouvoir la
normalisation et la certification dans le cadre de la stratégie du Maroc pour le développement
industriel.
27
[Link] consulté le 01/03/2018
28
Anciennement Association des qualiticiens du Maroc (AQM).
29
[Link]
consulté le 01/03/2018
30
Ce coût moyen est considéré dans les années 2000.
240 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Figure 42: Évolution du nombre des entreprises certifiées ISO 9001 par année (1993-2016)
1800
1600 1524
1400
1200
969
1000
815
800 689
601 614
600 504
457
403 405 399 414
400 296
158 164
200 86
0 2 9 34 60 71 77 64
0
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Nombre
0 2 9 34 60 71 77 86 158 164 64 296 403 457 504 405 399 414 601 614 689 815 969 1524
d'entreprises cértifiées
241 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Gas supply 1 1 1 0 0 0 3
Water supply 4 6 1 1 1 0 13
Construction 10 9 9 10 12 11 61
Wholesale&retail trade,repairs of motor vehicles 5 11 5 5 6 4 36
Hotels and restaurants 1 1 1 1 0 0 4
Transport, storage and communication 21 14 28 23 25 26 137
Financial intermediation, real estate, renting 4 2 6 4 3 5 24
Information technology 1 2 2 2 4 5 16
Engineering services 8 9 5 14 7 5 48
Other Services 27 44 25 21 30 39 186
Public administration 0 0 0 0 0 0 0
Education 9 8 1 0 0 0 18
Health and social work 2 3 2 1 0 1 9
Other social services 3 3 2 1 2 2 13
TOTAL 268 290 199 176 192 201 1326
Source : statistiques de l’ISO
Le grand nombre des certifications ISO 9001 entre 2009-2014 est distribué entre le secteur
industriel et celui de service, avec une prééminence du dernier (Tableau 43). En premier lieu, on
trouve la catégorie des produits alimentaires, boissons et tabac avec 190 certifications (14.33%),
suivie par la catégorie autres services avec 186 certifications (14%), et en troisième position la
catégorie de transport, stockage et communication avec 137 certifications (10%).
1.2. Quelques résultats d’études sur le management de la qualité (ISO 9001) dans les
entreprises marocaines
Nous mettrons en avant dans ce paragraphe les résultats de certaines enquêtes qui ont
investigué la qualité dans les entreprises marocaines. Plus précisément, nous reprenons les
motivations qui poussent les entreprises marocaines à s’inscrire dans une orientation qualité ainsi
que ses implications organisationnelles.
242 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
En 2010, l’AQM a effectué une étude pour identifier les raisons du blocage des entreprises et
grands donneurs d’ordre aux démarches managériales, y compris le MQ. L’étude a porté sur 71
organismes privés et publics opérant dans des secteurs d’activités très diversifiés et appartenant à
cinq grandes villes du royaume. Entre ces organismes, 69% sont certifiées ISO 9001, et la grande
majorité (93%) perçoit la Qualité comme étant un concept important et d’avenir. L’étude a révélé
un ensemble de motivations qui ont poussé les organismes certifiés à adhérer à la démarche qualité.
Pour permettre une meilleure clarification de ces motivations, elles ont été groupées par famille
(voir Annexe 16). Bien que cette étude ait identifié une multitude de motivations, elle ne donne
pas d’informations sur le degré d’importance attribué par les organismes à chaque motivation pour
préciser celles qui sont les plus influentes.
Figure 44: Les motivations de la mise en place de la démarche qualité par les dirigeants des PME
marocaines
49% 23%
25%
37%
74%
Accéder à l'international
Meilleur partage interne des connaissances
Optimiser les coûts
Répondre aux exigences des clients
Se metter au niveau des concurrents
Source : Boudiaf (2015, p. 176)
243 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Récemment, Bounabri et al. (2018) ont exploré les obstacles à la mise en œuvre du système de
MQ (ISO 9001) dans 115 entreprises marocaines. Selon ces auteurs, l'amélioration de l'image de
l'organisation (99%) et la pression concurrentielle (86%) sont des facteurs importants derrière la
certification ISO 9001. Les motivations internes sont arrivées en deuxième position, comme la
performance, la qualité du produit et l'amélioration de la satisfaction client.
Figure 45 : Réponses sur les raisons de la mise en œuvre de l'ISO dans les organisations marocaines
31
Le Groupe de Recherche sur les Entreprises Familiales et les Stratégies des Organisations de Faculté des Sciences
Juridiques, Economiques et Sociales Marrakech, Université Cadi Ayyad.
244 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Carmona-Calvo et al. (2016) ont comparé les niveaux de mise en œuvre du système de MQ
(ISO 9001) dans 202 entreprises du sud de l'Espagne et 120 entreprises du nord du Maroc. À
l’encontre des autres études, leurs résultats mettent en évidence que 76% des entreprises
marocaines ont adopté le MQ (ISO 9001) par propre conviction en raison de l’amélioration qu’il
apporte à l’organisation, alors que 29% l’ont adopté suite à des pressions externes.
Figure 46: Bénéfices de la mise en place d'un système de management de la qualité
Si l’on considère toutes ces études, il s’avère que le processus d’adoption du MQ (ISO 9001),
ou de la certification ISO 9001, est souvent déclenché par des motivations externes. Par exemple,
pour répondre aux exigences des donneurs d’ordre, ou tout simplement pour être dans le
mimétisme. Une telle approche réactive laisse les entreprises courir derrière l’obtention de la
certification sans qu’elles soient suffisamment préparées sur le plan organisationnel et humain
(Azouzou, 2002).
245 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Les entreprises non certifiées ont aussi exprimé leur perception par rapport aux avantages de
la démarche qualité. Ces avantages sont représentés par l’amélioration de l’image de marque et
des relations avec les clients, l’amélioration de la transparence du système de gestion et la
réduction des coûts de la non-qualité. Ainsi, 88% des entreprises non certifiées ont estimé qu’elles
pourraient améliorer leurs images de marque en adoptant une démarche managériale. Le détail des
réponses obtenues est illustré par la figure 48.
Figure 48: Avantages consentis de la certification pour les organismes non certifiés
Les résultats de Fekari (2011) ont dévoilé que 81% des PME certifiées ont enregistré un
changement organisationnel après l’adoption du MQ (ISO 9001). Le changement touche à la fois
les aspects opérationnels et managériaux et ceux liés à la structure organisationnelle. Plus
particulièrement, le MQ (ISO 9001) permet la formalisation des procédures, le contrôle, la maîtrise
de la documentation, la précision des rôles et le partage de la responsabilité à tous les niveaux
246 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
organisationnels. Aussi, il permet de renforcer les compétences des ressources humaines à travers
des actions de formation. Le MQ (ISO 9001) engendre même un processus de dénaturation de ce
genre d’entreprise. Le tableau ci-après expose les principaux changements subis par les PME
fonctionnant selon un SMQ (ISO 9001).
Tableau 44: Principaux changements observés dans les PME ayant un SMQ
Avant la mise en place d’un SMQ Après la mise en place d’un SMQ
Structure informelle Formalisation des procédures (notamment de production)
Supervision directe Contrôle continu
Contrôle de type personnel Standardisation des procédés
Relative liberté des opérateurs Clarification des rôles et des responsabilités
Structure simple Différenciation de la structure
Source : Fekari (2011, p. 171)
Les résultats de Fekari (2011) concordent en partie avec les conclusions de Bodiaf (2015) qui
a étudié la relation entre le SMQ (ISO 9001) et la performance organisationnelle dans trois
entreprises marocaines. Il explique que la mise en place du SMQ (ISO 9001) entraîne un
changement organisationnel touchant différents aspects de l’organisation. Pratiquement,
l’entreprise procède à la détermination des processus, la formalisation des procédures,
l’élaboration de nouvelles méthode et règles du travail, la reconfiguration de la structure et la
distribution des responsabilités et autorités, etc. Tout cela développe, dans un premier temps, la
communication et l’apprentissage au sein de l’organisation, et par conséquent, la performance
organisationnelle au fur et mesure que le système devient mature au moyen de l’amélioration
continue.
L’étude de Carmona-Calvo et al. (2016) a dévoilé que les avantages internes de l’adoption du
MQ (ISO 9001) les plus importants pour les entreprises marocaines sont la meilleure
standardisation des procédures de travail et l’amélioration de la qualité des produits/services, qui
247 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
ont un impact sur le contrôle et l'efficacité opérationnelle et l’engagement des employés. Tandis
que l’avantage externe le plus remarquable est l'augmentation de la satisfaction du client. Les
entreprises interrogées perçoivent un effet plus direct du SMQ (ISO 9001) sur les aspects
organisationnels internes que ceux externes, ces derniers sont considérés comme une conséquence
des premiers. Toutefois, les entreprises marocaines accordent moins d'importance à certains
avantages tels que la satisfaction et la formation du personnel, la réduction des audits et des
contrôles des clients et le contrôle des fournisseurs.
Synthèse
L’ensemble des résultats étalés précédemment démontrent que le MQ (ISO 9001) est essentiel
pour l’atteinte de la performance organisationnelle par les entreprises marocaines. Il augmente
l’efficacité des processus organisationnels de l’entreprise et consolide ses relations avec les parties
prenantes externes en soutenant son image sur le marché
Le bilan de la certification ISO 9001 reste relativement faible si l’on considère le potentiel du
Maroc. Une grande majorité des entreprises marocaines n’arrivent pas à tirer plein avantage du
MQ (ISO 9001). Elles l’adoptent d’une manière superficielle sans un réel engagement par manque
d’une profonde compréhension du MQ et/ou à cause de l’insuffisance des moyens financiers.
L’Union Marocaine pour la Qualité (UMAQ, 2017, p. 2)32 soulève la même conclusion : « une
bonne part de nos entreprises et organismes est loin de saisir le fond de la philosophie de la qualité
et ses avantages réels. Des fois, même ceux qui s’y intéressent se limitent à la mise en place d’un
système de management de la qualité basé sur les la norme ISO 9001 et la compréhension se limite
à des procédures à formaliser avec quelques formations, des audits et une revue du système, où
c’est la forme qui prime généralement sur la recherche de l’impact sur la qualité. Cette approche
de forme ne peut pas donner de vrais résultats durables et finit par amener des responsables
d’entreprises à limiter, voire réduire, l’attention portée au système qualité. L’amélioration vient
de l’analyse effective des résultats réels, avec les outils idoines et la compétence nécessaire,
permettant la recherche des causes et la mise en place par la suite de solutions appropriées avec
les moyens et investissements pertinents ».
Avec 1524 entreprises certifiées ISO 9001 en 2016, le Maroc est loin d’atteindre la
compétitivité économique convoitée. Le MQ reste un chantier qui nécessite encore du travail tant
du côté de l’État que des entreprises. Dans sa note de synthèse28 des travaux préparatoires de la
32
Disponible sur : [Link]
248 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
journée et des axes de réflexion dégagés pour la journée d'étude sous le thème : "pour un nouvel
élan dans la promotion de la qualité au Maroc - des réalisations et des idées à partager - (Rabat,
le 13 novembre 2017), l’UMAQ a formulé 18 propositions très intéressantes à prendre en
considération pour lutter contre les insuffisances qui handicapent la Qualité au Maroc. À partir de
ces propositions, nous avons soulevé quelques principales causes du retard du Maroc en matière
de la qualité :
L’absence d’une véritable stratégie nationale claire pour consolider l’infrastructure qualité au
Maroc ;
Une insuffisance en termes de sensibilisation et de vulgarisation des bienfaits du MQ (ISO
9001) par les organismes publics et privés ;
Faible soutien et accompagnement, surtout financier, des PME dans leurs processus d’adoption
du MQ (ISO 9001) ;
Manque d’établissements publics spécialisés dans l’enseignement et la formation dans le
domaine de la qualité ;
Faible pression des consommateurs et des sociétés de protection du consommateur à l’égard
de la qualité.
C’est à partir des années 2000 que les décideurs et les autorités marocaines ont commencé à
prendre réellement conscience de la nécessité de l’innovation et la technologie pour le
développement économique du pays. Le Maroc s’est lancé alors dans plusieurs réformes,
notamment la révision de sa politique de recherche et de sa structure d'enseignement supérieur, qui
ont servi d’étapes initiales pour le processus de mise en œuvre d’un système national d’innovation.
249 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Concrètement, elle visait l'atteinte de 1000 brevets marocains à partir de 2014 et la création de
200 startups innovantes par an à l’horizon de 2014. Le plan d'action de l’Initiative Marocaine de
l’innovation comprend 13 programmes dans 4 domaines différents.
L’évaluation des chantiers de la Stratégie Maroc Innovation révèle qu’elle était à mi-parcours
dans la réalisation de ces deux principaux objectifs en termes du nombre de brevets marocains et
de création des startups à la fin de l’année 2014. Les indicateurs découlant de cette évaluation
étaient temporairement indécis. D’une part, seulement 652 brevets d’invention d’origine
marocaine ont été produits et déposés au niveau de l’Office Marocain de la Propriété Industrielle
et Commerciale (OMPIC) entre 2009-2012. En d’autre part, selon les statistiques du Centre
Marocain de l’Innovation33 jusqu’à avril 2013, les startups innovantes créées étaient seulement au
nombre de 140 (Azirar et al., 2015)34.
Quoique les objectifs ambitieux établis par la Stratégie Maroc Innovation n’aient pas été
complètement atteints, cette stratégie a été un vrai levier pour dynamiser l’innovation au niveau
33
Ce centre a été démantelé en 2016 et ses services sont transférés au Maroc PME (Ex. Agence Nationale pour la
Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (ANPME).
34
[Link] consulté le 20/02/2018.
250 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
national. Par exemple, selon les statistiques du l’OMPIC, les brevets provenant des universités ont
hissé de 14%, ceux des centres de recherche ont évolué de +28% en 2014 par rapport à 2013. Cela
peut être aperçu dans les derniers classements réalisés par le Maroc en matière d’innovation au
cours de ces dernières années.
Le Maroc a réalisé des avancées considérables en matière d’innovation durant ces dernières
années. Selon le rapport du GII apparu le 05 juin 2017, le Maroc est classé dans la 72eme place
sur les 127 pays évalués. Les institutions qui élaborent cet indice, à savoir l’Organisation Mondiale
de la Propriété Intellectuelle (OMPI), l’université Cornell (USA) et Institut Européen
d'Administration des Affaires (INSEAD), attestent que le Maroc fait partie des économies qui ont
soutenu leurs performances au cours de ces sept dernières années 36.
Bien que le Maroc ait stagné dans le même rang en comparaison avec l’année 2016, il a
sensiblement amélioré son score avec 32,72 en 2017 contre 32.26 en 2016. Il affirme, quand même,
sa position de leader sur l’Afrique du Nord dépassant la Tunisie (74e), l’Égypte (105e), et l’Algérie
(108e), et rejoint alors les pays les plus innovants de l’Afrique après l'Afrique du Sud et l'Ile
Maurice. Le Maroc a passé à la 7ème place après avoir été classé à la 20ème sur 52 pays qui
constituent la catégorie des économies à revenu moyen-inférieur 37.
Depuis l’année 2013, le Maroc est successivement considéré comme un pays pillar out
performer, c’est-à-dire qui enregistre des scores d’innovation, dans au moins quatre indices du
GII, dépassant ceux des économies similaires. Les indices les mieux notés dans le cas du Maroc
sont l’infrastructure et les produits de la créativité (51e), les institutions (70e) et le capital humain
et recherche (63e). Il se positionne à la 39 ème place au niveau des actifs immatériels, grâce aux
35
[Link] consulté le 28/02/2018.
36
[Link]
[Link] consulté le 28/02/2018.
37[Link]
linnovation-2017 consulté le 28/02/2018.
251 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
classements dans les indicateurs relatifs aux dépôts de dessins et modèles industriels (8ème) et des
marques effectuées à l’OMPIC par origine et PIB (52ème)35.
Au niveau de la région MENA, le Maroc est dans la 11ème position devancé par Israël (17e),
les Émirats arabes unis (35e), le Qatar (49e), l’Arabie saoudite (55e), le Koweït (56e) et Bahreïn
(66e)38. Ce qui montre que les progrès faits par le Maroc en matière d’innovation restent
insuffisants et nécessitent que le pays multiplie ses efforts pour remédier aux indicateurs mal notés,
qui sont le climat des affaires (122e), innovation linkage (115e), la collaboration pour la recherche
entre université et industrie (93e) et la sophistication du marché (89e) 18-16.
En 2018, la position du Maroc a connu un léger recul de 4 places par rapport à l’année
précédente. Cependant, il enregistre toujours une performance positive du ratio d’efficacité de
l’innovation, qui traduit la capacité à transformer les investissements dans l’innovation à des
produits et/ou services innovants, passant de la 71ème place en 2017 à la 65ème place en 2018
dans le classement de ce ratio. Il y a lieu de noter que dans la catégorie des économies à revenu
moyen-inférieur, le Maroc se positionne au 10ème rang parmi les 30 pays de la catégorie 39. »
2.3. Quelques chiffres sur l’innovation dans les entreprises marocaines (2000-2010)
Depuis 2000 jusqu’en 2010, trois enquêtes nationales ont été réalisées afin de fournir des
données relatives à la situation des travaux de R&D et d’innovation dans les entreprises
marocaines. Il s’agit de l’enquête « R&D et innovation dans l’industrie marocaine »40 du
Ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à Niveau de l’Economie (MICMNE) en
1999/2000, « l’enquête Nationale sur la R&D et l’Innovation » de l’association R&D Maroc en
2005, et l’enquête « Observatoire National de la R&D&Innovation » de la même association en
2010. Le rapport du MICMNE contient une comparaison entre les enquêtes de 1999/2000 et 2005
38
[Link] consulté le 28/02/2018
39
[Link] consulté le 14/08/2018
40
Le rapport de cette enquête est téléchargeable sur [Link]
252 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
faite à partir d’une nouvelle base de données (Panel), comptant 483 entreprises industrielles,
constituée par la fusion des données de ces deux enquêtes. Nous allons synthétiser les éléments les
plus pertinents qui sortent des résultats de ce rapport en les complétant par les résultats de l’enquête
de l’association R&D Maroc de 2010.
41
Rapport disponible sur : [Link]
253 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
254 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Synthèse
Plusieurs problèmes entravent le développement de l’innovation au Maroc dont les plus
critiques sont le budget alloué par l’État à la R&D, la gouvernance du système national
d’innovation marocain et la carence en matière des ressources humaines de la recherche.
Entre 2006 et 2010, le budget de l’État pour la R&D avait passé de 3 milliards MAD a 5
milliards MAD42. À ce jour, seulement 0.8% du PIB est consacré à la R&D, contre 0.32% en 1998,
0.71% en 2004, 0,34% en 2006 et 0,73% en 2010 (Arvanitis & M’henni, 2010). Ce taux est
profusément faible par rapport aux pays à forte capacité d’innovation. Par exemple, les États-Unis
et la Suisse réservent 3% du PIB, alors qu’en tête de classement figure la Corée du Sud qui attribue
4,36% de son PIB à la R&D.
Malgré les nombreuses politiques marocaines dédiées à l'innovation, il est encore prématuré
de parler d’un système national d’innovation marocain mais plutôt d’une sorte d’assemblage
d’institutions. Ce dernier reste atomisé et dépourvu d’une coordination efficace et d’une
gouvernance renforcée entre tous ces acteurs. Dans ce sens, nous notons, par exemple, le fossé
considérable entre les universités, et les institutions de recherche, et les entreprises. Selon Hamidi
& Benabdeljalil (2013), la faible efficacité du système national d’innovation marocain n'est pas
liée seulement aux ressources financières ou aux compétences de ses acteurs, mais plus aux faibles
interactions et aux échecs de coordination entre ces derniers, à cause de lacunes relatives à la
culture, la gouvernance et les procédures administratives.
42
[Link] consulté le 16/05/2018
255 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - SECTION 3 ~ REALITE DE LA QUALITE ET L’INNOVATION DANS LE CONTEXTE
MAROCAIN
Le personnel exerçant des activités de recherches dans des institutions marocaines publiques
ou privées d’enseignement supérieur et de recherche est estimé à 42 128 personnes. L’Académie
Hassan II des Sciences et Techniques (2012)«avance qu’en 2009 les effectifs du personnel de la
recherche en équivalent plein temps s’élevaient à 20 703. Par rapport à la population active, ce
personnel représente un ratio de 1,77 chercheur pour 1000 actifs. Ce ratio classe le Maroc derrière
la Turquie (8,02‰) et la Tunisie (5,10‰), mais devant l’Algérie (1,56‰), l’Égypte (1,26‰) et le
Sénégal (0,90‰)44.
Le dernier examen multidimensionnel du Maroc fait par l’OCDE (2018, p.31-32) souligne que
« Le Maroc doit relever de nombreux défis pour assurer une politique d’innovation bénéficiant
à un large éventail d’entreprises. Les résultats de la Stratégie Maroc innovation, avec ses
nombreux programmes de financement, sont en deçà des objectifs fixés. Le secteur privé n’est pas
incité à contribuer à l’innovation en raison du peu de financement extérieur, d’un important
recours à l’autofinancement et du faible poids du capital-risque. Les incitations apparaissent
insuffisantes et sont essentiellement des soutiens directs (primes, subventions) ou des incitations
fiscales orientées sur les dépenses en innovation. Enfin, la culture de l’innovation n’est pas assez
présente au sein des entreprises marocaines, et n’est souvent pas valorisée par les anciennes
générations d’entrepreneurs qui sous-estiment ses impacts sur le développement de leurs activités.
Ce changement de vision sur l’innovation est d’autant plus compliqué que le Maroc ne bénéficie
pas de main-d’œuvre qualifiée en nombre suffisant (chercheurs, ingénieurs, techniciens) ».
43
[Link] consulté le 16/05/2018
44
Académie Hassan II des Sciences et Techniques, (2012) « Développer la recherche scientifique et l’innovation pour
gagner la bataille de la compétitivité ».
256 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE IV - CONCLUSION DU CHAPITRE IV
CONCLUSION DU CHAPITRE IV
Le présent chapitre a abordé notre réflexion épistémologique et nos choix méthodologiques,
l’opérationnalisation des variables de la recherche et la réalité de la qualité et l’innovation au
Maroc. Ces points ont été abordés en trois temps :
Dans la première section, nous avons explicité notre méthodologie de recherche. Dans ce sens,
notre thèse adopte le paradigme post-positiviste comme positionnement épistémologique avec un
mode de raisonnement hypothético-déductif. Le déploiement de la recherche est fait selon une
approche mixte séquentielle exploratoire (qualitative puis quantitative) prédominée par l’approche
quantitative.
Malgré que les entreprises marocaines aient réalisé des avancées durant les deux dernières
décennies dans la qualité et l’innovation, les statistiques dont nous disposons jusqu’à maintenant
révèlent qu’elles devraient déployer plus d’efforts concernant ces deux domaines pour pouvoir
rivaliser au niveau international.
257 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - INTRODUCTION DU CHAPITRE V
Ainsi, dans la première section, nous exécuterons une analyse factorielle exploratoire.
Réalisée sous le logiciel SPSS 25, le but de cette première analyse consiste à évincer les items qui
mesurent mal la variable à laquelle ils sont associés, et d’arrêter, par conséquent, le nombre
définitif des items pour chaque instrument de mesure des variables de la recherche.
Après élimination des items qui ne respectent pas les conditions statistiques exigées, la
deuxième section portera sur une analyse factorielle confirmatoire, via le logiciel SmartPLS 3. Le
but de cette deuxième analyse est d’épurer une nouvelle fois les items qui restent depuis l’analyse
factorielle exploratoire, c’est un niveau supérieur dans la purification des échelles de mesure en
confirmant leur qualité globale.
Ce premier traitement est une préparation aux prochaines analyses statistiques par lesquelles
se fera le test des hypothèses de la recherche.
258 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Selon l’AFE, les variables mesurables et observables peuvent être réduites à moins de variables
(facteurs) latentes non observables partageant une variance commune. Ces dernières ne sont pas
directement mesurées, mais sont essentiellement des constructions hypothétiques. Dès lors,
plusieurs objectifs non exclusifs peuvent être assignés à l’AFE comme la réduction du nombre de
variables observées en facteur(s) afin de révéler le fondement d’un construit (loi de parcimonie),
la vérification de la validité des échelles de mesure et le développement de concepts (Corbière,
2014).
Compte tenu de l’incertitude quant à la structure factorielle des instruments de mesure des
concepts clés de notre thèse dans le contexte marocain, l’objectif de la mise en œuvre de l’AFE
est double : (1) s’assurer de l’unidimensionnalité de nos échelles de mesure et (2) purifier leur
qualité en éliminant les items qui nuisent à leurs fiabilités.
Un certain nombre de critères, pouvant être rangés en quatre étapes, doivent être respectés afin
de mener à bien l’analyse en composante principale (Figure 49).
Comment
Les données sont-elles Combien de facteurs sélectionner et Les échelles de mesure
factorisables ? à retenir ? interpréter les sont-elles fiables ?
résultats ?
259 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La première étape de toute AFE est de voir, tout d’abord, si les données sont factorisables.
Pour cela, les critères à considérer sont la taille de l’échantillon, le Kaiser-Meyer-Olkin Measure
of sampling adequacy (KMO) et le Bartlett’s Test of Sphericity.
○ Le Bartlett’s Test of Sphericity repose sur l’hypothèse nulle que les variables sont
indépendantes les unes par rapport aux autres, c’est-à-dire que la matrice de corrélation est de type
identité « identity matrix ». Cette dernière est une matrice avec des 1 sur la diagonale principale et
des 0 au-dessous et au-dessus de cette diagonale (Corbière, 2014; Jolibert & Haon, 2008). Chaque
variable est parfaitement corrélée avec elle-même (r = 1), mais n'a aucune corrélation avec les
260 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
autres variables (r = 0). Le seuil de signification pour le Bartlett’s Test of Sphericity est d’une
valeur de p < 0,05.
Il est possible de continuer dans l’analyse factorielle exploratoire si au moins deux de ces
quatre critères sont remplis.
○ Le critère du pourcentage de variance : c’est une approche basée sur l'atteinte d'un
pourcentage cumulé spécifié de la variance totale extraite par des facteurs successifs. Le but est
d'assurer qu’un facteur extrait restitue au moins une certaine quantité de variance. En outre, dans
les sciences sociales, où l'information est souvent moins précise, il convient de considérer comme
satisfaisante une solution qui représente 60% de la variance totale (et dans certains cas encore
moins) (Hair et al. 2009).
○ Le « Cattell’s Scree Test »45, ou test l’éboulis ou du coude : il suppose que la matrice
résiduelle (les corrélations qui ne peuvent pas être expliquées par les facteurs) représente
graduellement la variance d'erreur lorsque des facteurs adéquats sont extraits. Un éboulis est le
point où la courbe devient horizontale, et ces facteurs au-dessus des éboulis sont considérés comme
des facteurs réels, alors que tous les facteurs résiduels sous les éboulis sont considérés comme des
facteurs d'erreur (Swanson & Holton, 2005).
45
Tous les tracés d’effondrement (les représentations graphiques des éboulis) sont dans l’Annexe 5.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Les critères à considérer lors de la sélection et l’interprétation des facteurs sont la rotation des
facteurs46, les communalités et les coefficients structurels.
> 0.80 : indique que les énoncés sont très bien représentés.
Entre 0,65 et 0,80 : indique que les énoncés sont bien représentés.
Entre 0,40 et 0,65 : indique que les énoncés sont moyennement représentés.
< 0,40 : indique que les énoncés sont médiocrement représentés et devraient
être éliminés.
(1) l’élimination des items ayant des contributions supérieures à 0,30 sur
plusieurs facteurs, ou aucune contribution au moins égale à 0,30 sur l’un des
facteurs retenus ;
(2) l’élimination des items n’ayant aucune contribution supérieure ou égale à 0,50
sur l’un des axes principaux identifiés.
46
À titre indicatif, nous tenons seulement à mentionner la rotation des facteurs sans l’expliquer, car cet élément ne
s’applique pas dans notre travail étant donné que nous retenons qu’un seul facteur pour tous les concepts étudiés. Dans
la même veine, Corbière (2014) précise que la rotation des facteurs est impossible quand on ne cherche à retenir qu’un
seul facteur.
262 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Cronbach (α) est l’indice le plus utilisé pour analyser la fiabilité d’une échelle de mesure quoiqu’il
reste sensible au nombre d’items. L’augmentation du nombre d'items, même avec le même degré
d'inter-corrélation, augmentera la valeur de fiabilité, les chercheurs doivent imposer des exigences
plus strictes pour l’analyse de la fiabilité dans le cas d’un grand nombre d'items (Hair et al. 2009).
Le coefficient α mesure la cohérence interne, ou le degré de convergence, entre l’ensemble des
items qui constituent l’échelle de mesure. L’acceptabilité de l’alpha de Cronbach dépend de la
nature exploratoire ou confirmatoire de la recherche. Pour qu’il soit considéré comme significatif,
Carricano & Poujol (2009) avancent les seuils suivants :
Après avoir exposé la démarche de l’analyse factorielle exploratoire, nous allons à présent
l’appliquer pour chaque échelle de mesure adoptée dans cette recherche doctorale. En utilisant le
logiciel d’analyse statistique SPSS version 25, nous allons nous assurer de l’unidimensionnalité
de nos échelles de mesure et affiner leur fiabilité.
Les variables exogènes de notre recherche comprennent les huit pratiques du MQ (ISO 9001),
l’OMR et l’OMP.
Toutes les échelles de mesure des pratiques sociales du MQ (ISO 9001) ont été adoptées de
Lee, To & Yu (2009).
[Link]. Leadership
La matrice de corrélation montre qu’il existe une forte corrélation entre les items de l’échelle
mesurant la variable Leadership.
263 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’indice KMO de 0.831 bien que le test significatif de sphéricité de Bartlett (0,000) indique
des valeurs acceptables selon lesquelles les données s’apprêtent à une analyse factorielle.
Les communalités affichent des valeurs d’extractions suffisamment au-dessus de 0.4. Ce qui
montre que les items sont bien représentés.
Selon la règle de Kaiser (1958, 1974), nous retenons une seule composante qui a une valeur
propre supérieure à 1 (3.832). La variance totale cumulée de cette composante est de 76.649% qui
dépasse le minimum de 60% (Hair et al. 2014).
264 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’échelle montre une bonne fiabilité reflétée par un très bon Alpha de Cronbach de 0.923.
Toutes les corrélations sont significatives et supérieures à 0.3 témoignant ainsi de la bonne
convergence entre les items de l’échelle.
Tableau 57: Matrice de corrélation des items de l’échelle « focalisation sur le client »
1 2 3 4 5
1. Notre entreprise analyse les besoins et les exigences des clients. 1 .768 .745 .754 .623
2. Notre entreprise fait connaître les besoins des clients à tous les employés. .768 1 .746 .684 .656
3. Notre entreprise mesure périodiquement la satisfaction des clients. .745 .746 1 .745 .680
4. Notre entreprise réagit vis-à-vis aux réclamations/feedback des clients. .754 .684 .745 1 .765
5. Notre entreprise dispose d’un système pour gérer les relations client. .623 .656 .680 .765 1
Nous pouvons poursuivre l’ACP puisque l’indice KMO est bon (0.865) et le test de sphéricité
de Bartlett est significatif (p < 0,001).
Tableau 58: Indice KMO et test de Bartlett de l'échelle « focalisation sur le client »
Mesure de précision de l'échantillonnage de Kaiser-Meyer-Olkin. .865
Khi-deux approximé 494.864
Test de sphéricité de Bartlett ddl 10
Signification de Bartlett ,000
265 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Pour l’ensemble des items, les communalités excèdent 0.7 respectant donc le seuil
recommandé de 0.4.
D’après la table de Variance totale expliquée pour l’échelle « focalisation sur le client », un
seul facteur à retenir avec une variance totale de 77.350 %.
Tableau 60: Variance totale expliquée pour l’échelle « focalisation sur le client »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante % de la
Total % de la variance % cumulé Total % cumulé
variance
1 3.868 77.350 77.350 3.868 77.350 77.350
2 .430 8.606 85.956
3 .278 5.562 91.518
4 .254 5.077 96.595
5 .170 3.405 100.000
Nous remarquons que l’intégralité des items dispose d’une qualité de représentation importante
supérieure à 0,8.
L’alpha de Cronbach très satisfaisant (0.924) révèle une fiabilité de haut niveau de l’échelle de
mesure.
266 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Nous notons que le Test de sphéricité de Bartlett est significatif (inférieur à 0,05) et le test
KMO est méritoire (0,874). Cela nous autorise à continuer l’ACP de l’échelle de mesure.
Malgré que les communalités des deux premiers items sont faibles (0.643 et 0.652), en
comparaison avec les trois derniers (0.824, 0.843 et 0.800), ils restent bien représentés.
L’ACP montre qu’un seul facteur est à retenir ayant une variance totale cumulée de 75.362 %,
une valeur qui est largement acceptable (>60 %).
267 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Les communalités indiquent une bonne représentation des cinq items de l’échelle « Implication
du personnel » avec des valeurs énormément supérieures à 0.40.
En ce qui concerne la fiabilité, l’échelle est bien fiable d’après l’excellent Alpha de Cronbach
(0.918).
268 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 69: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs »
1 2 3 4
1. Notre entreprise dispose d'un petit nombre bien précis de fournisseurs clés. 1 .423 .469 .229
2. Notre entreprise partage les informations avec les principaux fournisseurs. .423 1 .752 .669
3. Notre entreprise encourage la participation des principaux fournisseurs dans le
.469 .752 1 .633
développement de ses nouveaux produits / services.
4. L'organisation récompense les contributions des fournisseurs. .229 .669 .633 1
Tableau 70: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité
.751
d'échantillonnage.
Khi-carré approx. 227.049
Test de sphéricité de Bartlett ddl 6
Signification .000
La majorité des communalités sont supérieures à 0,4 hormis l’item RMBF1 « Notre entreprise
dispose d'un petit nombre bien précis de fournisseurs clés » qui a un score de 0.366. Nous
décidons, par conséquent, de le supprimer pour rendre meilleure la statistique de l’échelle.
Tableau 71: Communalités de l'échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les fournisseurs »
Initiales Extraction
Notre entreprise dispose d'un petit nombre bien précis de fournisseurs clés. 1.000 .366
Notre entreprise partage les informations avec les principaux fournisseurs. 1.000 .811
Notre entreprise encourage la participation des principaux fournisseurs dans
1.000 .810
le développement de ses nouveaux produits / services.
L'organisation récompense les contributions des fournisseurs. 1.000 .645
Le tableau 72 démontre l’extraction d’une seule composante à retenir avec une valeur propre
(Eigenvalue) supérieure à 1 et une variance totale cumulée dans les normes (65.824%).
Tableau 72: Variance totale expliquée pour l’échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante % de la % de la
Total % cumulé Total % cumulé
variance variance
1 2.633 65.824 65.824 2.633 65.824 65.824
2 .797 19.925 85.749
3 .326 8.151 93.901
4 .244 6.099 100.000
La matrice de composante montre que les poids factoriels de trois items dépassent largement
le seuil de 0.5. Cependant, le premier est relativement faible malgré qu’il soit aussi acceptable.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 73: Matrice des composantes de l’échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs »
Composante
1
Notre entreprise dispose d'un petit nombre bien précis de fournisseurs clés. .605
Notre entreprise partage les informations avec les principaux fournisseurs. .901
Notre entreprise encourage la participation des principaux fournisseurs dans le développement de ses
.900
nouveaux produits / services.
L'organisation récompense les contributions des fournisseurs. .803
Tableau 74: Analyse de la fiabilité de l'échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs »
Moyenne de Variance de Corrélation
α en cas de
l'échelle en cas l'échelle en cas complète des α de
suppression
de suppression de suppression éléments l’échelle
de l'élément
d'un élément d'un élément corrigés
Notre entreprise dispose d'un petit
11.14 8.632 .417 .866
nombre bien précis de fournisseurs clés.
Notre entreprise partage les
informations avec les principaux 10.89 7.353 .770 .697
fournisseurs.
Notre entreprise encourage la .811
participation des principaux
10.88 7.380 .777 .695
fournisseurs dans le développement de
ses nouveaux produits / services.
L'organisation récompense les
11.24 7.826 .600 .778
contributions des fournisseurs.
Après l’élimination de l’item RMBF1, l’indice KMO s’est légèrement diminué en passant de
0.751 à 0.724, mais il reste tout à fait acceptable et l’échelle reste toujours factorialisable. Par
ailleurs, il y a une amélioration de la qualité de la représentation des items, et les contributions
factorielles sont très conformes (>0.5). La suppression de l’item RMBF1 a nettement amélioré la
variance totale cumulée à 79.035 contre 65.824, l’axe retenu restitue presque 80% de l’information
initiale, ce qui justifie l’exclusion de l’échelle. Encore, la fiabilité de l’échelle s’est vue
sensiblement augmentée de 0.811 à 0.866 (tableau 75).
270 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 75: Statistique de l’échelle « Relation mutuellement bénéfique avec les fournisseurs » après
suppression de l’item RMBF1
Communalités Composante Variance
Statistique
Items totale
Extraction 1 de l’échelle
cumulée
Notre entreprise partage les informations avec les KMO= .724
.830 .911
principaux fournisseurs. Bartlett (Khi-
Notre entreprise encourage la participation des carré approx.
principaux fournisseurs dans le développement de ses .804 .896 79.035 = 190.925;
nouveaux produits / services. Sig=0)
L'organisation récompense les contributions des
.737 .859
fournisseurs. α = .866
Tous les items sont bien corrélés les uns avec les autres du fait qu’il n’existe pas d’items avec
des coefficients de corrélation inférieurs à 0.3.
Nous pouvons passer aux étapes suivantes de l’ACP étant donné que l’indice KMO est d’une
valeur de 0.809 et le test de Bartlett est significatif.
Tous les items sont bien pris en considération, la majorité de la qualité de leur représentation
est plus de 80 %.
271 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Nous constatons d’après le tableau 82 qu’une seule composante est à retenir restituant 85.604%
de l’information initiale.
Notre entreprise établit des responsabilités claires pour la gestion des activités clés. .901
Notre entreprise mesure la capacité des principales activités. .950
Notre entreprise analyse la capacité des principales activités. .931
Le test d’alpha de Cronbach donne une valeur 0,944 ce qui souligne que la fiabilité de
l’échelle « Approche processus » est assez bonne.
272 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Le tableau montre que nos données sont factorisables suite au test de Bartlett significatif (p <
0,001) et l’indice KMO qui est égal à 0.891.
Les items mesurant la variable « Amélioration continue », possèdent, dans leur majorité, une
qualité de représentation clairement supérieure à 0,4.
Un seul facteur ressort de l’analyse en composantes principales avec une variance totale
cumulée de 82.026%.
273 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Avec des scores entre 0.8-0.9, les items correspondent effectivement à une seule composante
qui représente la variable « Amélioration continue ».
274 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 88: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Management par approche systémique »
1 2 3
1. Notre entreprise a une approche structurée qui intègre ses différents processus. 1 .679 .833
2. Notre entreprise cherche à réduire les obstacles transfonctionnels (interdépartementaux). .679 1 .720
3. Notre entreprise améliore continuellement ses systèmes par le biais de la mesure et l'évaluation. .833 .720 1
Tableau 89: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Management par approche systémique »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité
.722
d'échantillonnage.
Khi-carré approx. 249.004
Test de sphéricité de Bartlett ddl 3
Signification .000
Un seul facteur est retenu possédant une valeur propre supérieure à 1 pour une variance totale
expliquée de 82.989%.
Tableau 91: Variance totale expliquée de l’échelle « Management par approche systémique »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 2.490 82.989 82.989 2.490 82.989 82.989
2 .347 11.565 94.554
3 .163 5.446 100.000
Il est à conclure de la matrice de composantes que l’ensemble des items saturent assez
significativement sur la composition du facteur extrait.
275 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 92: Matrice des composantes de l’échelle « Management par approche systémique »
Composante
1
Notre entreprise a une approche structurée qui intègre ses différents processus. .922
Notre entreprise cherche à réduire les obstacles transfonctionnels (interdépartementaux). .873
Notre entreprise améliore continuellement ses systèmes par le biais de la mesure et l'évaluation. .937
Tableau 94: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Approche factuelle pour la prise de
décision »
1 2 3
1. Notre entreprise dispose d'un système permettant de s’assurer que les données et les informations
1 .792 .703
sont exactes et fiables.
2. Notre entreprise rend les données et les informations accessibles à ceux qui en ont besoin. .792 1 .805
3. Notre entreprise analyse les données et les informations en utilisant des méthodes (scientifiques)
.703 .805 1
valides.
Nous pouvons clairement constater que l’indice KMO est de 0.732, ce qui est significativement
acceptable, et l’indice de signification de Bartlett est de 0,000. En effet, l’échelle de mesure admet
une solution factorielle.
276 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 95: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Approche factuelle pour la prise de
décision »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité
.732
d'échantillonnage.
Khi-carré approx. 262.208
Test de sphéricité de Bartlett ddl 3
Signification .000
Les valeurs des communalités supérieures à 0.4 indiquent que la part de variance de la variable
latente par le facteur commun est significative.
Tableau 96: Qualités de représentation de l’échelle « Approche factuelle pour la prise de décision »
Initiales Extraction
Notre entreprise dispose d'un système permettant de s’assurer que les données et les
1.000 .817
informations sont exactes et fiables.
Notre entreprise rend les données et les informations accessibles à ceux qui en ont besoin. 1.000 .890
Notre entreprise analyse les données et les informations en utilisant des méthodes
1.000 .827
(scientifiques) valides.
Nous retenons un seul facteur pour cette échelle parce qu’il est à remarquer que 84.455 % de
l’information est condensé sur un seul facteur ayant une valeur propre supérieure à 1.
Tableau 97: Variance totale expliquée pour l’échelle « Approche factuelle pour la prise de décision »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 2.534 84.455 84.455 2.534 84.455 84.455
2 .298 9.923 94.378
3 .169 5.622 100.000
La composante principale retenue est fortement corrélée avec les trois items originels de
l’échelle avec des poids factoriels de plus de 0.90.
Tableau 98: Matrice des composantes de l’échelle « Approche factuelle pour la prise de décision »
Composante
1
Notre entreprise dispose d'un système permettant de s’assurer que les données et les informations sont
.904
exactes et fiables.
Notre entreprise rend les données et les informations accessibles à ceux qui en ont besoin. .944
Notre entreprise analyse les données et les informations en utilisant des méthodes (scientifiques)
.909
valides.
277 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 99: Analyse de la fiabilité de l'échelle « Approche factuelle pour la prise de décision »
Moyenne de Variance de Corrélation
α en cas de
l'échelle en cas l'échelle en cas complète des α de
Items suppression
de suppression de suppression éléments l’échelle
de l'élément
d'un élément d'un élément corrigés
Notre entreprise dispose d'un système
permettant de s’assurer que les données
8.02 4.372 .785 .891
et les informations sont exactes et
fiables.
Notre entreprise rend les données et les
.906
informations accessibles à ceux qui en 7.85 4.596 .865 .825
ont besoin.
Notre entreprise analyse les données et
les informations en utilisant des 7.98 4.573 .793 .881
méthodes (scientifiques) valides.
Tableau 100: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Orientation marché responsive »
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
1. Nos objectifs d'affaires sont conduits par
1 .785 .596 .711 .703 .602 .354 .307 .611 .564
la satisfaction du client.
2. Nous surveillons et contrôlons
constamment notre niveau d'engagement à .785 1 .704 .740 .716 .600 .462 .404 .662 .550
servir les besoins des clients.
3. Nous communiquons ouvertement des
informations sur nos expériences clients
.596 .704 1 .658 .623 .623 .421 .542 .659 .666
réussies et non réussies entre toutes les
fonctions de l'entreprise.
4. Notre stratégie de recherche de l'avantage
concurrentiel se base sur notre .711 .740 .658 1 .667 .610 .391 .537 .594 .498
compréhension des besoins des clients.
5. Nous mesurons systématiquement et
.703 .716 .623 .667 1 .772 .414 .488 .789 .669
fréquemment la satisfaction de nos clients.
6. Nous avons des mesures régulières de
.602 .600 .623 .610 .772 1 .424 .546 .714 .658
notre service client.
7. Nous sommes plus concentrés sur le client
.354 .462 .421 .391 .414 .424 1 .499 .350 .450
que nos concurrents.
8. Je crois que notre entreprise existe
.307 .404 .542 .537 .488 .546 .499 1 .523 .462
essentiellement pour servir les clients.
278 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
À côté de l’indice KMO = 0.905 qui est excellent, le Test de sphéricité de Bartlett est
significatif. Nous continuons, en effet, notre analyse en composante principale.
Tableau 101: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Orientation marché responsive »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité
.905
d'échantillonnage.
Khi-carré approx. 959.378
Test de sphéricité de Bartlett ddl 45
Signification .000
Les communalités indiquent une bonne représentation de huit items sur 10. Malgré que l’item
OM_Resp8 « je crois que notre entreprise existe essentiellement pour servir les clients » montre
une valeur de 0.429, nous le maintenons, car cette valeur reste, quand même, supérieure à 0.40.
Cependant, l’item OM_Resp7 « nous sommes plus concentrés sur le client que nos concurrents »
sera exclu, puisqu’il ne contribue que faiblement avec un poids factoriel de 0.332.
Malgré la faible qualité de représentation de l’item OM_Resp7, l’ACP nous précise un seul
facteur à prendre en considération pour une variance totale expliquée de 62.693%.
279 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 103: Variance totale expliquée pour l’échelle « Orientation marché responsive »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 6.269 62.693 62.693 6.269 62.693 62.693
2 .925 9.247 71.940
3 .686 6.856 78.796
4 .565 5.653 84.449
5 .444 4.444 88.893
6 .304 3.044 91.937
7 .268 2.684 94.621
8 .209 2.094 96.715
9 .173 1.731 98.446
10 .155 1.554 100.000
La matrice des composantes nous montre que les items ont des valeurs d’extraction qui
surpassent le seuil de 0.5, à part l’item OM_Resp7 qui à peine arrive à ce seuil.
Malgré que la fiabilité de l’échelle de mesure soit acceptable, on note qu’elle peut être
améliorée avec la suppression de l’item OM_Resp7.
280 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
D’après le tableau 108 ci-après, l’exclusion de l’item OM_Resp7 a amélioré l’indice KMO de
0.905 à 0.912, de même pour l’alpha de Cronbach qui a passé de 0.931 à 0.935. Nous remarquons
aussi l’augmentation de la variance totale cumulée à 66.393 au lieu de 62.693 respectant toujours
la condition de 60%. Quoique les communautés ne soient pas très élevées, tous les items ont des
contributions supérieures, ou égales, à 0,40 sur la principale composante identifiée. Aussi, les
poids factoriels de tous les items sont suffisants.
281 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tous les items sont bien corrélés les uns avec les autres, nous procédons à la vérification de
l’indice KMO et le test de Bartlett.
Tableau 107: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Orientation marché proactive »
1 2 3 4 5 6 7 8
1. Nous aidons nos clients à anticiper les
évolutions dans leurs marchés. 1 .747 .658 .559 .559 .643 .570 .686
2. Nous essayons continuellement de
découvrir chez nos clients des besoins
additionnels dont ils ne sont pas
.747 1 .685 .611 .448 .697 .662 .689
conscients.
3. Nous intégrons dans nos nouveaux
produits des solutions aux besoins non .658 .685 1 .729 .630 .767 .693 .714
exprimés par les clients.
4. Nous faisons du brainstorming sur la
façon avec laquelle les .559 .611 .729 1 .556 .763 .707 .684
clients utilisent nos produits.
5. Nous innovons même si on prend le
risque de rendre nos propres produits .559 .448 .630 .556 1 .605 .589 .542
obsolètes.
6. Nous cherchons des opportunités dans
les domaines où les clients ont des .643 .697 .767 .763 .605 1 .802 .789
difficultés à exprimer leurs besoins.
7. Nous travaillons en étroite
collaboration avec les clients leadeur
d’opinion (Lead users) pouvant identifier .570 .662 .693 .707 .589 .802 1 .768
des besoins futurs des clients avant que la
majorité du marché puisse les reconnaître.
8. Nous analysons les tendances clés pour
mieux comprendre ce dont les clients
d’un marché actuel auront besoin dans
.686 .689 .714 .684 .542 .789 .768 1
l'avenir.
Les résultats dans tableau 110 relatifs à l’Indice KMO (0.918) et au test de Bartlett (p < 0,001)
nous souscrivent qu’on peut poursuivre l’analyse.
Tableau 108: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Orientation marché proactive »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité .918
d'échantillonnage.
Test de sphéricité de Bartlett Khi-carré approx. 842.258
ddl 28
Signification .000
282 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Les parts de variance expliquées par les items sont moyennes pour deux items, bonnes pour
cinq items et excellentes pour un seul item.
Pour une variance totale cumulée de 70.746%, l’échelle de mesure de l’orientation marché est
alors une échelle unidimensionnelle.
Tableau 110: Variance totale expliquée pour l’échelle « Orientation marché proactive »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 5.660 70.746 70.746 5.660 70.746 70.746
2 .607 7.593 78.340
3 .536 6.694 85.034
4 .345 4.312 89.346
5 .259 3.242 92.588
6 .247 3.085 95.673
7 .177 2.218 97.891
8 .169 2.109 100.000
La totalité des items retenus font preuve d’une qualité de représentation supérieure à 0,5.
283 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La matrice de corrélation confirme la bonne corrélation entre les items constituant l’échelle de
mesure de l’innovation produit incrémentale.
284 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 113: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Innovation produit incrémentale »
1 2 3 4 5 6 7 8
1. Nos nouveaux produits significativement améliorés
1 .786 .781 .756 .689 .796 .752 .749
diffèrent légèrement de nos produits existants.
2. Nous introduisons des produits significativement
améliorés dans le marché plus fréquemment et rapidement .786 1 .894 .881 .864 .881 .832 .900
que nos concurrents.
3. Le nombre de nos produits significativement améliorés a
.781 .894 1 .892 .846 .854 .861 .889
augmenté au cours des cinq dernières années.
4. Nous utilisons les dernières innovations technologiques
.756 .881 .892 1 .839 .887 .859 .872
dans nos produits significativement améliorés.
5. Le pourcentage des produits significativement améliorés
dans nos gammes de produit est significativement plus .689 .864 .846 .839 1 .877 .887 .887
élevé comparé à nos concurrents.
6. La qualité de nos produits significativement améliorés est
.796 .881 .854 .887 .877 1 .892 .888
plus élevée que celle de nos concurrents.
7. Le pourcentage du total des ventes de nos produits
significativement améliorés est considérablement en .752 .832 .861 .859 .887 .892 1 .910
augmentation.
8. Nos clients nous connaissent bien à travers nos produits
.749 .900 .889 .872 .887 .888 .910 1
significativement améliorés.
Les données sont prêtes pour une analyse factorielle puisque l’indice KMO est de 0.936, ce
qui est excellent, et l’indice de signification de Bartlett est de 0,000.
Tableau 114: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Innovation produit incrémentale »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité
.936
d'échantillonnage.
Test de sphéricité de Bartlett Khi-carré approx. 1550.874
ddl 28
Signification .000
Les bonnes valeurs des communalités supérieures à 0.5 indiquent que la part de variance de la
variable latente par le facteur commun est significative.
285 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Selon l’ACP le seuil minimum recommandé de 60% pour la variance totale cumulée est
respecté avec un pourcentage de 86.667 %. Ce qui signifie qu’un seul facteur est à adopter pour
cette échelle.
Tableau 116: Variance totale expliquée pour l’échelle « Innovation produit incrémentale »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 6.933 86.667 86.667 6.933 86.667 86.667
2 .354 4.421 91.089
3 .196 2.445 93.534
4 .144 1.801 95.335
5 .136 1.696 97.031
6 .103 1.288 98.318
7 .076 .949 99.268
8 .059 .732 100.000
Les poids factoriels de plus de 0.80 confirment que les huit items de l’échelle sont fortement
corrélés avec la composante principale retenue.
L’analyse de la fiabilité, à travers l’Alpha de Cronbach de 0.978, laisse déduire que l’échelle
est assez fiable et qu’il n’y a aucun item à supprimer pour augmenter la fiabilité.
286 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 119: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Innovation produit radicale »
1 2 3 4 5 6 7 8
1. Le pourcentage du total des ventes de nos
produits radicalement nouveaux est 1 .881 .861 .829 .779 .820 .874 .883
considérablement en augmentation.
2. Nous introduisons sur le marché des produits
radicalement nouveaux plus fréquemment et .881 1 .904 .923 .881 .920 .904 .927
rapidement que nos concurrents.
3. Nos clients nous connaissent bien à travers nos
.861 .904 1 .943 .882 .932 .929 .899
produits radicalement nouveaux.
4. Le pourcentage des produits radicalement
nouveaux dans nos gammes de produit est
.829 .923 .943 1 .913 .940 .931 .913
significativement plus élevé comparé aux
concurrents.
5. Nous utilisons les dernières innovations
technologiques dans nos produits radicalement .779 .881 .882 .913 1 .954 .905 .901
nouveaux.
6. La qualité de nos produits radicalement
nouveaux est plus élevée que celle de nos .820 .920 .932 .940 .954 1 .922 .915
concurrents.
7. Nos produits radicalement nouveaux diffèrent
.874 .904 .929 .931 .905 .922 1 .953
considérablement de nos produits existants.
8. Le nombre de nos produits radicalement
nouveaux a augmenté au cours des cinq dernières .883 .927 .899 .913 .901 .915 .953 1
années.
287 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Une ACP de l’échelle de mesure est possible avec les valeurs suffisantes notées de l’indice de
Kaiser-Meyer-Olkin (KMO=0.923) et le test de sphéricité de Bartlett qui est significatif.
Tableau 120: Indice KMO et test de Bartlett l’échelle « Innovation produit radicale »
Indice de Kaiser-Meyer-Olkin pour la mesure de la qualité .923
d'échantillonnage.
Test de sphéricité de Bartlett Khi-carré approx. 2013.620
ddl 28
Signification .000
Les communalités affichent des valeurs d’extractions suffisamment au-dessus de 0.4, les items
sont en effet bien représentés.
L’analyse factorielle est très satisfaisante, elle explique que seulement 8.657% de l’information
n’est pas restituée par l’axe. Par contre, la valeur totale cumulée est proche de 1 avec une valeur
de 91.343.
Tableau 122: Variance totale expliquée pour l’échelle « Innovation produit radicale »
Valeurs propres initiales Sommes extraites du carré des chargements
Composante
Total % de la variance % cumulé Total % de la variance % cumulé
1 7.307 91.343 91.343 7.307 91.343 91.343
2 .267 3.340 94.683
3 .123 1.535 96.217
4 .104 1.297 97.514
5 .086 1.074 98.588
6 .048 .601 99.189
7 .034 .431 99.620
8 .030 .380 100.000
288 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’alpha de Cronbach est assez satisfaisant (0.986) démontrant le haut niveau de la fiabilité de
l’échelle de mesure.
289 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Les variables modératrices intégrées dans notre modèle conceptuel de recherche sont les
motivations pour la certification (ISO 9001) et l’incertitude de l’environnement.
L’indice KMO et le test de sphéricité de Bartlett sont en conformité avec les conditions de
factorisation. De ce fait, nous entamons la factorisation de l’échelle.
Nous constatons d’après l’ACP qu’une seule composante est à retenir restituant 62.901% de
l’information initiale.
290 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La matrice de composante montre que les items, à travers leurs poids factoriels, contribuent
suffisamment à la composante, et ce en dépassant le critère de 0.5.
Le test d’alpha de Cronbach donne une valeur de 0.836 montrant que la fiabilité de l’échelle
« Motivations internes » est bonne. Nous remarquons que l’item Motiv_inter_1 « lutter contre
une mauvaise performance qualité » nuit timidement à la fiabilité de l’échelle, mais on préfère de
le conserver pour l’analyse factorielle confirmatoire.
291 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
En plus de la significativité du test de sphéricité de Bartlett, l’indice KMO est bien avec une
valeur de 0.797. Par suite, les cinq items sont appropriés pour une analyse factorielle.
Le test des communalités indique que, bien qu’ils présentent des valeurs un peu faibles, les
items ne présentent pas des communalités inférieures à 0,4.
Un facteur unique restituant 54.807% de la variance totale est dégagé par les résultats de
l’ACP. Cependant, la variance totale expliquée de 54.807 % reste acceptable, car elle se rapproche
de 60%, ce qui veut dire que le facteur extrait explique une quantité de variance moins
significative. L’item Motiv_ext_1 « satisfaire les exigences des clients », qui a une valeur de
communalités un peu faible, peut être supprimé pour améliorer la variance totale expliquée.
Cependant, nous nous contentons de ce pourcentage, car on ne pourrait pas supprimer des items
pour ne pas perdre en termes de représentativité de l’échelle. Aussi, l’eigenvalue qui est supérieur
1 nous rassure quant à la quantité suffisante d’informations capturées par le facteur.
292 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La matrice de composantes dégage des communalités supérieures à 0.5 qui montrent que
l’ensemble des items saturent assez significativement sur la composition du facteur extrait.
Nous pouvons considérer l’acceptable fiabilité de l’échelle, car aucune anomalie n’est à
soulever tant pour l’échelle globale (α=0.787) que pour ses items.
293 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La concurrence par les prix est une caractéristique de notre industrie. .574 .472 .504 1 .392 -.020
On entend parler d’une nouvelle action concurrentielle presque chaque
.475 .601 .446 .392 1 .323
jour.
Nos concurrents sont relativement faibles. -.013 .075 .138 -.020 .323 1
Comme on peut le constater dans le tableau, l’indice KMO et le test de Bartlett nous indiquent
que les six items peuvent faire l’objet d’une analyse factorielle en composante principale.
L’inexistence de communalités des items inférieurs à 0.4 démontre une bonne proportion de
variance de chaque item.
L’analyse des résultats de l’ACP fait ressortir deux composantes dont la valeur propre est
supérieure à 1. Les deux composantes restituent un total cumulé de 70.755 % de la variance.
L’extraction nous donne deux composantes. Néanmoins, nous allons supprimer l’item Concu5
« on entend parler d’une nouvelle action concurrentielle presque chaque jour » et Concu6 « nos
concurrents sont relativement faibles » car leurs contributions factorielles sont élevées sur les deux
axes.
294 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Effectivement, la fiabilité de l’échelle reste bonne après suppression des items Concu5 et
Concu6. Aussi, l’indice de KMO, malgré qu’il ait un peu diminué, et le test de Bartlett sont
toujours bons. En plus des communalités qui sont toutes supérieures à 0.4, les saturations
factorielles affichent des valeurs supérieures à 0.5. Enfin l’échelle est unidimensionnelle avec un
seul facteur qui explique 66.241% de la variance initiale.
295 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’indice KMO (0.712) de même que le test de Bartlett (signification < 0,0001) indiquent que
les données sont factorisables permettant d’accepter les résultats de l’ACP.
À lecture du tableau des représentations, il apparaît que trois items partagent assez de variance
les uns avec les autres en montrant des valeurs de communalités supérieures à 0,4. Cependant,
l’item Turb_Tech4 « les développements technologiques dans notre industrie sont plutôt
mineurs » est à retirer de l’analyse du fait que sa qualité de représentation est très médiocre.
296 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Alpha de Cronbach de l’échelle est de 0.747, mais une amélioration potentielle de la fiabilité
est possible avec la suppression de l’item Turb_Tech4. En fin de compte, cet item sera supprimé
à cause de sa faible qualité de représentation et contribution factorielle déjà notées.
Après l’élimination de l’item, nous faisons les constats suivants : Le KMO et le test de Bartlett
sont bons, aussi les communautés des 3 items retenus sont dans les normes dépassant 0,5. Cela
touche bien aussi le pourcentage de la variance expliquée qui s’est fortement amélioré (de 63.006
à 82.315) et le niveau élevé de saturation des items sur la composante factorielle. Le score de
l’Alpha de Cronbach s’est clairement développé de 0.747 à 0.890 et, conséquemment, la fiabilité
de l’échelle (Tableau 150).
297 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La matrice de corrélation révèle, en général, une bonne corrélation entre les items constituant
l’échelle de mesure de « Turbulence du marché ».
Les items sont bien représentés vu leurs communalités qui affichent des valeurs d’extractions
qui surpassent suffisamment 0.4.
298 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Nous évaluons la demande de nos produits et services auprès de clients qui ne les ont jamais
1.000 .951
achetés auparavant.
Les valeurs propres supérieures à 1 de l’ACP nous suggèrent de garder deux composantes pour
une variance totale cumulée de 70.755%.
Les items Turb_Marché1 « Dans notre marché, les préférences produit des clients changent
au fil du temps » et Turb_Marché2 « Nos clients ont tendance à chercher de nouveau produit
tout le temps » saturent sur les deux facteurs avec des valeurs supérieures à 0.3. En fait, selon les
recommandations, ces items ne devraient pas être retenus.
L’alpha de Cronbach s’élève à une valeur de 0.874. C’est une valeur très significative de la
fiabilité de l’échelle de mesure. Nous allons voir si la fiabilité se développerait en éliminant les
items Turb_Marché1 et Turb_Marché2.
299 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Après suppression des deux items, Turb_Marché1 et Turb_Marché2, nous avons obtenu un
construit unidimensionnel. L’indice KMO s’est diminué en passant de 0.735 à .657, mais, avec un
test de sphéricité de Bartlett significatif, l’échelle reste toujours factorialisable. Par ailleurs, la
qualité de la représentation des items et les contributions factorielles sont très conformes (⩾ 0.4 ;
⩾ 0.5). La variance totale cumulée de 80.375% est amplement satisfaisante justifiant alors
l’exclusion des deux items. En ce qui concerne la fiabilité de l’échelle, l’Alpha de Cronbach de
0.873 soutient cette dernière (Tableau 157).
Au cours de cette première section, nous avons procédé à l’examen de la structure factorielle
de nos variables. En définitive, l’analyse factorielle exploratoire nous a permet de conserver 86
items sur les 93 items initialement traités, soit 7 retirés. Nous proposons, dans le tableau 158, une
synthèse des statistiques des échelles de mesure après l'AFE, ainsi qu’une comparaison entre la
fiabilité des échelles de mesure dans le cadre de notre recherche et celle obtenue par les études
originelles. Après l’analyse factorielle exploratoire, la deuxième phase du processus d’analyse de
nos données quantitatives est l’analyse factorielle confirmatoire qui fera l’objet de la section
suivante.
300 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Tableau 158: Synthèse des statistiques des échelles de mesure après l'AFE
Nombre Nombre % de
α α
Variable Échelle initial final KMO variance
auteur final
d’items d’items expliquée
Leadership 5 5 .831 76.649 - .923
Focalisation sur le
5 5 .865 77.350 - .924
client
Pratiques sociales
Implication du
du MQ (ISO 5 5 .874 75.362 - .918
personnel
9001)
Relation mutuellement
bénéfique avec les 4 3 .724 79.035 - 866
fournisseurs
Approche processus 4 4 .809 85.604 - .944
Amélioration continue 5 5 .891 82.026 0.922 .945
Pratiques Management par
3 3 .722 82.989 - .896
techniques du approche systémique
MQ (ISO 9001) Approche factuelle
pour la prise de 3 3 .732 84.455 - .906
décision
Orientation marché
10 9 .912 902.793 .885 .935
Orientation responsive
marché Orientation marché
8 8 .918 70.746 .884 .938
proactive
Innovation produit
8 8 .936 86.667 0.934 .978
Innovation incrémentale
produit Innovation produit
8 8 .923 91.343 0.932 .986
radicale
Motivations pour Motivations internes 5 5 .820 62.901 0.85 .836
la certification
Motivations externes 5 5 .797 54.807 0.67 .787
ISO 9001
Intensité
6 4 .767 66.241 0.81 .873
concurrentielle
Incertitude de
Turbulence
l’environnement 4 3 .713 82.315 0.88 .890
technologique
Turbulence du marché 5 3 .657 80.375 0.68 .873
301 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’AFC est utilisée lorsque le chercheur connaît clairement la structure factorielle des variables,
possédant des échelles de mesure dans la littérature, qu’il veut adapter pour son étude (Mooi et al.,
2018). Généralement, l’AFC cherche à spécifier les relations entre un ensemble de variables
observées (ou indicateurs/items) et une ou plusieurs variables latentes (ou construits sous-
jacentes). C’est un bon outil pour évaluer la fiabilité et la validité d’une variable, car elle permet
de tester dans quelle mesure la «théorie» du chercheur sur la structure factorielle correspond aux
observations réelles (Zikmund et al., 2009).
Un point très important à considérer, avant d’entamer l'évaluation du modèle de mesure par la
méthode PLS, est la distinction entre deux types de modèles de mesure : réflectif et formatif
(Figure 50). Le modèle de mesure réflectif suppose que les variables latentes provoquent les items
observés, les flèches de causalité partent des items à la variable latente. N'importe quel item est
interchangé et peut généralement être omis sans changer la signification de la variable latente, à
condition qu’il ait une fiabilité suffisante. Dans un modèle de mesure formatif, c’est les items qui
forment la variable latente, la causalité découle des items vers la variable latente. Dans ce cas, les
variables latentes sont inextricablement liées à leurs mesures, et que tout changement d’items peut
significativement modifier le sens théorique et conceptuel de la variable latente (Hair, Sarstedt,
Ringle, & Gudergan, 2018).
302 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L’AFC est une étape préalable qui nous permettra de garantir la validité des concepts de notre
thèse, pour ensuite tester leurs relations hypothétiques. Cependant, avant de s’étaler sur les
résultats de cette étape, nous allons tout d’abord détailler la démarche de l’AFC en déterminant les
différents indices à considérer lorsqu’on utilise la modélisation par les équations structurelles du
type PLS. Ces indicateurs seront présentés selon chaque type de mesure réflectif ou formatif.
303 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La fiabilité composite prend en compte les différentes « outer loading » des indicateurs des
variables et varie entre 0 et 1, avec des valeurs plus élevées indiquant des niveaux de fiabilité plus
élevés. Elle est généralement interprétée de la même manière que l'alpha de Cronbach.
Précisément, des valeurs de fiabilité composite de 0,60 à 0,70 sont acceptables dans des recherches
exploratoires, tandis que dans des stades plus avancés de recherche, des valeurs comprises entre 0,
70 et 0,90 peuvent être considérées comme satisfaisantes (Nunnally, 1994). Cependant, une valeur
inférieure à 0,6 indique un manque de fiabilité (Sleuwaegen, 1992).
304 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
L'AVE est la grande valeur moyenne des loadings au carré d'un ensemble d'indicateurs
associés à un construit (c'est-à-dire, la somme des loadings au carré divisée par le nombre
d'indicateurs), et équivaut à la communauté « communality » d'un construit. Une valeur de L'AVE
de 0,50 ou plus indique qu’en moyenne le construit explique plus de la moitié de la variance de
ses items. Par contre, une AVE inférieure à 0,50 montre qu'en moyenne, il y a plus d'erreurs dans
les items que la variance expliquée par le construit (Hair, Hollingsworth, Randolph & Chong,
2017).
Le critère de Fornell & Larcker (1981) stipule que le construit partage plus de variance avec
ses items qu'avec toute autre construit du modèle. Pour tester ce critère, l'AVE de chaque construit
devrait être supérieure à la corrélation au carré la plus élevée avec n'importe quel autre construit
(Chin, 1998; Hair, Hult, et al., 2014).
La deuxième mesure pour vérifier la validité discriminante, qui est l’examen des cross
loadings des indicateurs, consiste à corréler les scores des composants de chaque variable latente
avec tous les autres items (Chin, 1998). Cette méthode, souvent considérée comme plus libérale
(Sleuwaegen, 1992), exige que l’outer loading de chaque item sur son construit spécifique soit
plus élevé que tous les outer loadings sur d'autres construits (Hair, Hult, et al., 2014), afin de
s’assurer que les items des différents construits ne sont pas interchangeables.
La tableau 159 donne une récapitulation des critères à utiliser pour évaluer la fiabilité et la
validité convergente et discriminante du modèle des échelles de mesure réflectif.
305 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
306 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
est représentée par les items formatifs restants associés à la même variable (Hair, Hult, et al., 2014).
Dans ce cas, un des items correspondants doit être supprimé tout en s’assurant que les items
restants capturent toujours le sens théorique du concept.
Des outer weight non significatifs ne doivent pas être automatiquement interprétés comme
indiquant une mauvaise qualité du modèle de mesure. Lorsque le outer weight d'un indicateur est
non significatif, mais que son outer loading est élevée (> 0,50), l'indicateur doit être interprété
comme absolument important, mais pas comme relativement important. Dans cette situation,
l'indicateur serait généralement conservé. Mais lorsqu'un indicateur a un outer weight non
significatif et que le outer loading est inférieure à 0,50, le chercheur doit décider de conserver ou
de supprimer l'indicateur en examinant sa pertinence théorique et le chevauchement potentiel du
contenu qu’il reflète avec d'autres indicateurs du même construit. Si la conceptualisation d’un
construit, basée sur la théorie, soutient fortement le maintien de l'indicateur, il doit être conservé
dans le modèle de mesure formatif. Mais, si la conceptualisation n'appuie pas fortement son
inclusion, l'indicateur non significatif devrait très probablement être retiré de l’analyse (Hair, Hult,
et al., 2014).
Les critères utilisés pour évaluer la multicolinéarité, la signification et la pertinence des items
formatifs sont récapitulés dans le tableau 160.
307 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Examiner le outer weight de chaque item (importance relative) et le outer loading (importance
absolue) et utiliser la technique du bootstrapping pour évaluer leurs significations.
Si le outer weight d'un item est significatif, l’item est à conserver.
Si le outer weight d'un item n'est pas significatif alors que son outer loading est de 0.50 ou plus, l’item
devrait généralement être conservé. Cela est à condition que la théorie et le jugement d'expert
soutiennent son inclusion.
Si le outer weight n’est pas significatif et le outer loading est inférieur à 0,50, il n'y a pas de support
empirique pour retenir l’item et devrait être retiré du modèle de mesure.
Il est très important de noter que les indicateurs formatifs ne devraient jamais être écartés
simplement sur la base des résultats statistiques. De telles actions peuvent modifier
substantiellement le contenu du construit formatif (Jarvis, MacKenzie & Podsakoff, 2003). Les
indicateurs formatifs significatifs et insignifiants devraient être conservés dans le modèle de
mesure s’ils sont conceptuellement justifiés (Henseler et al., 2009).
Les variables motivations internes et externes sont opérationnalisées comme des variables
formatives du premier ordre.
Nous avons utilisé des construits de second et troisième ordre réflectif-formatif (Type II,
Mode B) (Becker, Klein, & Wetzels, 2012; Ringle, Sarstedt, & Straub, 2012) (Figure 51 et 52).
Les construits du second ordre sont les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) et
l’incertitude de l’environnement. Les construits du troisième d’ordre sont le MQ (ISO 9001)
et les synergies responsive et proactive.
308 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
1) Lorsque les variables principales et leurs interactions sont étroitement corrélées, les
estimations des coefficients de l'équation de régression ne reflètent pas les effets inhérents
d'une variable indépendante particulière sur la variable dépendante, mais uniquement des effets
marginaux ou partiels, compte tenu des autres variables indépendantes corrélées dans le
modèle.
Cette approche nous était moins convaincante, car nous saisissons la complémentarité entre
MQ (ISO 9001) et OM comme une conception théorique assez compliquée qu’une simple
interaction statistique. Selon la littérature, il existe une forte synergie entre le MQ et l’OM. De
notre point de vue, nous estimons que cette synergie est un construit d’ordre supérieur formatif
composé du MQ (ISO 9001) et l’OM comme étant ses principales dimensions. Cette
opérationnalisation de nature formative que nous proposons est conforme aux lignes directrices
de Diamantopoulos & Winklhofer (2001). Ainsi, le MQ (ISO 9001) et l’OM sont deux
construits théoriquement distincts, non-interchangeables qui contribuent chacun dans la
composition de la synergie comme construit d’ordre supérieur. Notre démarche est similaire à
celle suivie par plusieurs auteurs ayant opérationnalisé la complémentarité entre variables en
tant que construit d’ordre supérieur sous la méthode PLS (e.g., Bauer & Matzler, 2014; Chen
et al., 2012; Pavlou & El Sawy, 2006; Tanriverdi & Venkatraman, 2005).
309 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
Pour créer ces construits, nous avons utilisé l'approche en deux étapes Two-Stage
Approach (Hair et al., 2018). Le principe de cette approche est qu’au cours de la première
étape, tous les items des variables du premier ordre sont assignés au construit d’ordre supérieur.
En faisant cela, les scores des variables du premier ordre sont ensuite enregistrés dans la base
de données en tant que variables supplémentaires. Dans la deuxième étape, ces scores sont à
utiliser comme des indicateurs pour mesurer le construit d’ordre supérieur. Cette démarche est
étendue encore au construit du troisième ordre.
Après avoir déterminé les différents indices à adopter pour l’analyse factorielle confirmatoire
des instruments de mesure mobilisés dans notre thèse, nous allons maintenant détailler séparément
310 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
les résultats de l’analyse de la fiabilité de la cohérence interne et la validité convergente pour les
variables exogènes, endogènes et modératrices. Cependant, l’analyse de la validité discriminante
sera présentée en dernier lieu, car elle comprendra toutes les variables d’un seul coup.
311 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
313 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
314 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
La concurrence par les prix est une caractéristique de notre industrie. 0.762
La technologie utilisée dans les produits a changé rapidement. 0.876
Les changements technologiques dans notre industrie permettent de saisir de
Turbulence 0.932
grandes opportunités.
technologique
Un grand nombre de nouvelles idées de produit ont été rendues possibles par les
0.912
évolutions technologiques pour des catégories de produit.
Les nouveaux clients ont tendance à avoir des besoins (liés aux produits) qui se
diffèrent de ceux de nos clients existants. 0.828
Turbulence du On répond aux besoins d’un grand nombre des mêmes clients que nous servons
marché auparavant. 0.929
Nous évaluons la demande de nos produits et services auprès de clients qui ne les
ont jamais achetés auparavant. 0.925
Le critère de Fornell & Larcker (1981) est respecté, car le carré de la variance moyenne extraite
(AVE) pour chaque construit est plus élevé que ses corrélations au carré avec toutes les autres
construits (Tableau 170). De même, l'examen des cross-loading des items en se déplaçant entre
les lignes et en descendant les colonnes montre que chaque item à un loading élevé sur son propre
construit par rapport à tous ses loadings sur les d'autres construits (voir Annexe 6).
315 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
AC : Amélioration continue ; AFPD: Approche factuelle pour la prise de décision ; AP: Approche processus ; FC :
Focalisation sur le client ; IP: Implication du personnel ; IPI: Innovation produit incrémentale ; IPR: Innovation
produit radicale ; IC: Intensité concurrentielle ; Lp : Leadership ; MAS : Management par approche systémique ;
OMP : Orientation marché proactive ; OMR : Orientation marché responsive ; RMBF : Relation mutuellement
bénéfique avec les fournisseurs ; TM : Turbulence du marché ; TT : Turbulence technologique.
* Les éléments diagonaux sont la racine carrée d'AVE et sont mis en gras, alors que ceux non diagonaux sont de
simples corrélations bivariées entre les construits.
Les résultats du tableau 171 montrent que 12 variables associés aux construits endogènes et
modérateurs d’ordre supérieur ont des outers weights significatifs, elles seront toutes conservées
comme dimensions mesurant leurs construits.
Par contre, 15 variables ont des outers weights non-significatifs, mais avec des outer loadings
qui sont manifestement élevés, c’est-à-dire supérieures, ou très proches, à 0.5 (Hair, Hult, et al.,
2014). Par conséquent, il est possible de retenir ces variables même si leurs outers weights ne sont
pas significatifs. Dans ce sens, Cenfetelli & Bassellier (2009, p. 695) expliquent que « formative
316 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE V - SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE
indicators essentially “compete” with one another to be explanatory of their targeted construct.
In this competition to explain variance, only a limited number of indicators will likely be
significant while the others will be nonsignificant ». De plus, la littérature fournit un fort soutien
pour la prise en considération de ces 15 variables afin de conceptualiser fidèlement les construits
étudiés. Cependant, la suppression des variables non significatives implique le risque de négliger
ou perdre des dimensions importantes des construits.
Tableau 171: Valeurs des VIF, outer loading, outer weights et résultats des tests de signification des
construits formatifs
Outer
Construit formatif Indicateurs VIF T-statistique
loadings
Leadership 3.236 0.726 0.028
Pratiques sociales Focalisation sur le client 2.729 0.797 1.040
du MQ Implication du personnel 3.133 0.710 0.181
(ISO 9001) Relation mutuellement bénéfique avec
1.898 0.960 2.649***
les fournisseurs
Approche processus 3.451 0.502 2.892***
Pratiques Amélioration continue 7.299 0.893 2.947***
techniques du MQ Management par approche système 5.156 0.817 0.619
(ISO 9001) Approche factuelle pour la prise de
4.883 0.796 0.573
décision
MQ Pratiques sociales du MQ (ISO 9001) 4.435 0.740 0.128
(ISO 9001) Pratiques techniques du MQ (ISO 9001) 4.435 1.000 5.076***
Synergie Orientation marché responsive 4.908 0.471 13.808***
responsive MQ (ISO 9001) 4.908 0.555 16.909***
Orientation marché proactive 2.509 0.553 17.654***
Synergie proactive
MQ (ISO 9001) 2.509 0.506 14.809***
Intensité concurrentielle 1.454 0.695 0.447
Incertitude de
Turbulence technologique 1.602 0.891 2.879***
l’environnement
Turbulence du marché 1.465 0.816 3.257***
Motiv_inter_1 1.418 0.498 0.051
Motiv_inter_2 2.403 0.667 0.055
Motivations
Motiv_inter_3 2.046 0.823 2.083**
internes
Motiv_inter_4 3.331 0.831 0.162
Motiv_inter_5 1.582 0.905 2.186**
Motiv_ext_1 1.429 0.713 0.654
Motiv_ext_2 1.626 0.597 1.012
Motivations
Motiv_ext_3 1.626 0.830 0.159
externes
Motiv_ext_4 1.667 0.557 1.253
Motiv_ext_5 1.514 0.482 1.552
* p < 0.10 (t > 1.645) ; ** p < 0.05 (t > 1.96) ; *** p < 0.01 (t > 2.57)
317 | P a g e
DEUXIEME PARTIE – CHAPITRE V - CONCLUSION DU CHAPITRE V
CONCLUSION DU CHAPITRE V
Une analyse factorielle exploratoire et confirmatoire des variables de notre recherche a été
réalisée dans ce chapitre. Les résultats de l'évaluation des modèles de mesure réflectif et
formatif suggèrent que toutes les échelles de mesure de ces variables présentent des niveaux
satisfaisants de fiabilité et de validité. En général, les résultats de ces deux analyses ont mis en
évidence :
Tout cela montre que nous pouvons donc passer à l'évaluation du modèle structurel de la
recherche.
318 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - INTRODUCTION DU CHAPITRE VI
La deuxième section a comme finalité d’examiner empiriquement les effets directs individuels
et synergiques du MQ (ISO 9001) et de l’OM sur l’innovation produit incrémentale et radicale.
Les effets de modération des motivations pour la certification ISO 9001 et de l’incertitude de
l’environnement seront aussi pris en considération dans la relation entre les synergies MQ (ISO
9001)-OM et l’innovation produit incrémentale et radicale. L’examen se fera selon la modélisation
par les équations structurelles estimée par les moindres carrés partiels (PLS-SEM). Quatre sous
modèles structurels, comptant un total de 16 hypothèses, vont être testés sous le logiciel SmartPLS
3, en plus de deux hypothèses à tester selon une analyse de classification effectuée dans le logiciel
SPSS 25.
Au niveau de la troisième section, nous allons discuter les résultats obtenus après le test des
hypothèses de la recherche. Ces résultats seront confrontés avec les études antérieures pour les
situer par rapport à la littérature. Les explications et interprétations que nous ferons pour nos
résultats sont liées aux cadres de référence et aux développements théoriques précédemment
établis dans la littérature du MQ, l’OM et l’innovation produit.
319 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
La taille des entreprises a été approchée par le nombre de salariés. En effet, notre échantillon
est constitué de 54% d’entreprises ayant un effectif entre 250 et 500 salariés. Il est à remarquer
que dans notre échantillon, il y a un assortiment, plus en moins équilibré, entre les grandes
entreprises (52.3%) et PME (47.7%).
Figure 53 : Taille des entreprises de
l’échantillon (n=130)
320 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
La répartition géographique présente que 71.54% des entreprises enquêtées sont concentrées
sur la région Casablanca-Settat, suivie par la région Tanger – Assilah avec 10.8% des entreprises.
Cela reflète la place de ces deux régions dans l’économie marocaine comme deux zones
industrielles importantes. Les 23 entreprises qui restent sont distribuées sur six régions du
royaume.
321 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Région Fréquence %
Casablanca-Settat 93 71.5
Tanger - Assilah 14 10.8
Rabat - Salé- Kénitra 8 6.2
Fès - Meknès 5 3.8
Souss - Massa 4 3.1
Marrakech - Safi 4 3.1
Béni Mellal- Khénifra 1 .8
L'oriental 1 .8
Total 130 100.0
Concernant le chiffre d’affaires, nous observons que plus de la moitié des entreprises, soit 60%,
estiment réaliser un chiffre d’affaires entre 10 millions et 175 millions de dirhams. Près du tiers
d'entre elles, 21.5%, ont un chiffre d’affaires compris entre 1 million et 10 millions de dirhams.
Figure 56: Chiffre d’affaires des entreprises de Tableau 175: Chiffre d’affaires des
l’échantillon (n=130) entreprises de l’échantillon (n=130)
322 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
D’après le tableau 179, 60% des répondants sont essentiellement des hommes, tandis que les
femmes représentent 40%. Cette répartition reflète la dominance des hommes dans les hauts
niveaux hiérarchiques au sein des entreprises marocaines, soulevant subséquemment la question
du plafond de verre des femmes cadres marocaines.
Figure 57: Sexe des répondants (n=130)
Nous observons une prépondérance des jeunes dans la répartition des répondants en termes
d’âge. 40.0 % ont un âge entre 31 et 40 ans. 36.9 % sont âgés de 20 ans et 30 ans. Seuls 17.7 %
sont âgés de 41 ans 50 ans. Enfin, seuls 5.4 % ont plus de 51 ans.
323 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Les participants à l'étude relèvent en majorité de la fonction Qualité, ils se répartissent comme
suit : responsables qualité (46.2%), responsables QSE (26.9%) et Chargé/Agent/Technicien
qualité (6,2%). Ensuite arrivent les dirigeants (10.8%) et les responsables R&D (8.5%). Les autres
répondants (22.2%) appartiennent à divers départements.
On peut dire que les entreprises de l’échantillon sont conduites à la fois par les deux types de
motivations avec une légère priorité accordée aux motivations internes. Cette observation se
diffère des résultats antérieurs qui considèrent que les entreprises marocaines sont plutôt orientées
par des motivations externes pour obtenir la certification ISO 9001. Nous posons qu’une partie des
entreprises marocaines commencent à prendre conscience de la nécessité et l’importance du MQ
(ISO 9001) et l’adoptent essentiellement pour s’améliorer au niveau organisationnel, tout en
cherchant aussi les avantages liés à des aspects marketing qu’offre la certification ISO 9001.
324 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
- 13.1 % des entreprises ont été motivées pour se certifier pour remédier à une mauvaise
performance qualité.
- 9.2 % des entreprises ont été motivées pour se certifier pour pouvoir gérer l’organisation
comme un système.
- 6.2 % des entreprises ont été motivées pour se certifier pour réaliser leurs stratégies en matière
de la qualité.
- 3.8 % des entreprises ont été motivées pour se certifier pour avoir un outil de base pour
l’amélioration continue de l’entreprise.
- 2.3 % des entreprises ont été motivées pour se certifier pour avoir un meilleur contrôle des
opérations et des activités organisationnelles.
L’amélioration de la qualité arrive à la tête des motivations internes pour la certification ISO
9001. Fort d’observer que les entreprises de l’enquête aperçoivent le MQ (ISO 9001) comme un
moyen pour atteindre une qualité supérieure en termes de leurs produits/services plutôt qu’au
niveau organisationnel. La preuve en est que les motivations reflétant l’amélioration continue des
activités et processus de l’entreprise arrivent dans les derniers rangs.
325 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
En ce qui concerne les motivations externes derrière la certification ISO 9001 des entreprises
de l’étude, nous constatons que :
- 89.2 % des entreprises se sont certifiées pour satisfaire les exigences des clients.
- 84.6 % des entreprises se sont certifiées pour améliorer l’image de l'entreprise.
- 80 % des entreprises se sont certifiées pour être le fournisseur privilégié ou préféré de leurs
clients.
- 70 % des entreprises se sont certifiées pour se conformer aux politiques et règlements de
l'industrie/secteur.
- 66.2 % des entreprises se sont certifiées pour faire face aux actions et réactions des concurrents.
Pas du tout d’accord Plutôt pas d’accord Moyennement d’accord Plutôt d’accord Tout à fait d’accord
100,0
90,0
80,0 44,6 45,4
52,3 49,2
70,0
69,2
60,0
50,0
21,5 25,4
40,0
32,3 30,8
30,0
16,9
20,0 20,0 16,9
7,7
10,0 10,8 10,8 6,2
7,7 6,2 10,8 6,2
0,0 0,8
2,3 4,6
0 1,5
Satisfaire les Faire face aux actions Améliorer l'image de Etre le fournisseur Se conformer aux
exigences des clients et réactions des l'entreprise privilégié ou préféré politiques et
concurrents de vos clients règlements de
l'industrie/secteur
Ces résultats montrent que la satisfaction du client est la première raison qui pousse les
entreprises à chercher la certification ISO 9001, confirmant ainsi ceux de Fekari (2011). Cette
motivation est susceptible de découler d’une forte orientation client de ces entreprises, une
dimension constituant leur orientation marché si l’on se réfère au modèle de Narver & Slater
(1990).
326 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
En comparant les moyennes des pratiques du MQ (ISO 9001) des entreprises enquêtées, nous
retenons des éléments intéressants de ces résultats descriptifs. Il ressort que la focalisation sur le
client est la pratique qui a la moyenne la plus élevée (4.3477) suivie par l'approche processus
(4.1635) et le leadership (4.1338). Si l’on raisonne en matière de pratiques sociales et techniques,
nous remarquons que la majorité des pratiques techniques (3/4) ont des moyennes dépassant la
valeur de 4 sur une échelle de 1 à 5. Pour les pratiques sociales, seulement deux pratiques ont des
moyennes au-delà de la valeur 4 sur une échelle de 1 à 5. On pourrait déduire de ces observations
que les entreprises de l’échantillon ont un niveau de pratiques techniques un peu supérieur de
celui des pratiques sociales, ou accordent moins d’attention à ces dernières. Il apparaît que les
entreprises de l’échantillon sont plus guidées par les pratiques techniques du MQ (ISO 9001).
Tableau 180: Score moyen global des pratiques du management de la qualité (ISO 9001)
Lp FC IP RMBF AP AC MAS AFPD
Moyenne 4.13 4.34 3.96 3.67 4.16 4.10 4.03 3.97
Écart type .91 .87 .86 .90 .96 .98 .97 1.03
AC : Amélioration continue ; AFPD : Approche factuelle pour la prise de décision ; AP : Approche processus ; FC :
Focalisation sur le client ; IP : Implication du personnel ; Lp : Leadership ; MAS : Management par approche
systémique ; RMBF : Relation mutuellement bénéfique avec les fournisseurs.
327 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Nous pouvons apercevoir la prédominance de l’OM responsive avec une moyenne globale de
4.1208, devançant un peu l’OM proactive qui enregistre une moyenne globale de 3.7106.
Nous décortiquons par la suite le degré d’importance perçu par les répondants vis-à-vis de
chaque élément relatif aux deux dimensions de l’OM.
328 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Figure 63: Réponses aux items de l’échelle de l’orientation marché responsive (n=130)
2,3
3,1 13,1 33,1 48,5
Nos objectifs d'affaires sont conduits par la satisfaction du client.
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0
Pas du tout d’accord Plutôt pas d’accord Moyennement d’accord Plutôt d’accord Tout à fait d’accord
- 76.2% essayent continuellement de découvrir les besoins supplémentaires ignorés par leurs
clients.
- 70.8 % intègrent dans leurs nouveaux produits des solutions aux besoins non exprimés par
leurs clients.
- 67.7 % analysent les tendances clés pour mieux comprendre ce dont leurs clients, dans un
marché actuel, auront besoin dans l’avenir.
- 64.6 % travaillent en étroite collaboration avec leurs clients.
- 64.6 % aident leurs clients à anticiper les développements dans leurs marchés.
- 63.1% cherchent des opportunités dans les domaines où les clients ont des difficultés à
exprimer leurs besoins.
- 57.7 % font du brainstorming sur la façon avec laquelle leurs clients utilisent leurs produits.
- 45.4 % innovent même si elles prennent le risque de rendre leurs propres produits obsolètes.
329 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Figure 64: Réponses aux items de l’échelle de l’orientation marché proactive (n=130)
Nous analysons les tendances clés pour mieux comprendre ce dont 4,6 10,8 16,9 31,5 36,2
les clients dans un marché actuel auront besoin dans l'avenir.
Nous travaillons en étroite collaboration avec les clients leadeur
d’opinion (Lead users) pouvant reconnaitre des besoins futurs des 4,6 10,8 20,0 32,3 32,3
clients avant que la majorité du marché puisse les reconnaître.
Nous cherchons des opportunités dans les domaines où les clients 6,2 10,8 20,0 31,5 31,5
ont des difficultés à exprimer leurs besoins.
Nous innovons même si on prend le risque de rendre nos propres 18,5 15,4 20,8 20,0 25,4
produits obsolètes.
Nous faisons du brainstorming sur la façon avec laquelle les clients 6,2 13,1 23,1 27,7 30,0
utilisent nos produits.
Nous intégrons dans nos nouveaux produits des solutions aux 6,9 10,0 12,3 33,8 36,9
besoins non exprimés par les clients.
Nous essayons continuellement de découvrir les besoins 4,6 6,9 12,3 35,4 40,8
supplémentaires de nos clients qu’ils peuvent ignorer
Nous aidons nos clients à anticiper les développements dans leurs 6,9 8,5 20,0 36,2 28,5
marchés.
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0
Pas du tout d’accord Plutôt pas d’accord Moyennement d’accord Plutôt d’accord Tout à fait d’accord.
330 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 1 ~ CARACTERISTIQUES DE L'ECHANTILLON DE L’ETUDE
Non
32,31%
Oui
Oui Non 43,85%
67,69% 56,15%
Le calcul de la moyenne générale sur la base des différents items des échelles de mesure de
l’innovation produit incrémentale et radicales confirme le résultat précédent. Les réponses
montrent que la moyenne de l’innovation produit incrémentale (3.1452) dépasse la moyenne de
l’innovation produit radicale (2.9183) sur la même échelle de 1 à 5.
Parmi les 130 entreprises enquêtées, 73 entreprises sont dotées d’un département Recherche et
développement (R&D) (56.2%), le temps que 57 entreprises (43.8%) ne disposent pas de
département R&D.
57 43,8%
Non
73 56,2%
Oui
0 20 40 60 80
331 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Cette section sera dédiée au test des hypothèses constituant notre modèle conceptuel de
recherche (Figure 67). Nous commencerons par rappeler le processus méthodologique de l’analyse
du modèle structurel et les indices à prendre en considération pour l’interprétation des résultats
(§1, §2). Par la suite, nous présenterons les résultats du test de l’ensemble de nos hypothèses de
recherche (§3, §4, §5, §6, §7).
INCERTITUDE DE L’ENVIRONNEMENT
Intensité concurrentielle
Turbulence du marché
Turbulence technologique
ORIENTATION
H2a
MARCHE RESPONSIVE
H5a, b
SYNERGIE
RESPONSIVE
MANAGEMENT DE LA
QUALITÉ (ISO 9001)
Pratiques sociales H3a, c
Leadership
INNOVATION
Focalisation sur le client
PRODUIT
Implication du personnel
INCRÉMENTALE
Relation mutuellement bénéfique
avec les fournisseurs
H1a, b, c, d, e, f
Pratiques techniques
Approche processus
Management par approche
système INNOVATION
Amélioration continue PRODUIT RADICALE
Approche factuelle pour la prise H3b, d
de décision
SYNERGIE
PROACTIVE
H4a, b, c, d
ORIENTATION H2b
MARCHE PROACTIVE Variable de contrôle
MOTIVATIONS POUR LA
CERTIFICATION ISO 9001 - Taille de l’entreprise
Internes - Secteur d’activité
Externes
332 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Une fois que le modèle de mesure a été confirmé comme fiable et valide, l'étape suivante
consiste à évaluer les résultats du modèle structurel. Hair, Hult, Ringle & Sarstedt (2014)
établissent une approche systématique en cinq étapes pour l’évaluation des résultats du modèle
structurel (Figure 68).
Évaluation de la
Évaluation des significativité et la Évaluation du Évaluation de la
Évaluation de la
problèmes de pertinence des coefficient de pertinence
taille des effets
colinéarité relations détermination prédictive
structurelles
Avant de procéder aux tests des relations entre les variables d’un modèle par le biais d’une
série d'analyses de régression, il est nécessaire de s’assurer que les résultats de la régression ne
sont pas biaisés par des problèmes de colinéarité (ou multicolinéarité). La colinéarité est un
phénomène dans lequel une variable exogène dans un modèle de régression multiple peut être
prédite linéairement à partir d’autres variables exogènes avec un degré substantiel de précision.
Elle peut donner lieu à des résultats faussés ou trompeurs lorsqu'on tente de déterminer dans quelle
mesure chacune des variables exogènes peut être utilisée efficacement pour prédire ou comprendre
la variable endogène. La raison en est que l'estimation des relations hypothétiques, reliant les
variables latentes exogènes et endogènes (path coefficients), dans le modèle structurel est basée
sur des régressions des moindres carrés ordinaires (Ordinary Least Squares regression (OLS)) de
chaque variable latente endogène sur ses variables déterminantes correspondantes. Des niveaux
significatifs de colinéarité parmi les variables prédictives peuvent conduire à des intervalles de
confiance plus larges et à des valeurs de probabilité moins fiables (valeurs P) pour les variables
exogènes.
Le chercheur devrait vérifier s'il existe des niveaux significatifs de colinéarité entre chaque
ensemble de variables exogènes expliquant la même variable endogène. Pour ce faire, la valeur du
facteur d'inflation de variance (VIF) (ou tolérance, soit 1/VIF) doit être séparément examinée pour
chaque ensemble de variables exogènes en fonction de chaque variable endogène qu’elles
333 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
expliquent. Selon Hair, Hult, Ringle, & Sarstedt (2014), une valeur de VIF supérieur à 5.00, ou un
niveau de tolérance inférieur à 0,20, indique un problème de colinéarité entre les variables
exogènes. D’autres auteurs recommandent que la VIF doit être inférieure à 10 (Hair et al., 2009;
Mooi et al., 2018). Dans le cas contraire, on devrait envisager d'éliminer certaines variables
exogènes, de les fusionner en une seule variable ou de créer un construit latents de haut niveau
d’abstraction « high-order construct » (Hair, Hult, et al., 2014).
L’interprétation des path coefficients, dans un modèle structurel estimé par la méthode PLS,
peut être similaire à celle du coefficient bêta standardisé (β) dans la régression des moindres carrés
ordinaires (Sleuwaegen, 1992). Les path coefficients prennent des valeurs standardisées comprises
entre -1 et +1, les coefficients qui sont plus proches de -1 représentent de fortes relations négatives,
tandis que ceux qui se rapprochent plus de +1 révèlent des relations positives fortes (Hair, Hult, et
al., 2014; Hair, Sarstedt, et al., 2014). Les path coefficients, dont les signes sont en accord avec
des signes algébriques, positifs ou négatifs, postulés a priori dans la formulation des hypothèses,
fournissent une validation empirique partielle des relations théoriques supposées entre les variables
latentes exogènes et endogènes (Sleuwaegen, 1992).
Pour qu’il soit considéré comme significatif, le coefficient de régression (β) doit être supérieur
à 0.10 (Chin, 1998; Nitzl, 2016) ou à 0.2 (Ali et al., 2018). La détermination de la signification des
path coefficients, en se basant sur le coefficient de régression (β), doit être interprétée à la lumière
du contexte de la recherche (Sarstedt et al., 2014). Cependant, les valeurs très faibles des path
coefficients proches de 0 sont généralement non significatives (Sleuwaegen, 1992). Par ailleurs,
tant que les valeurs des path coefficients dépassent presque toujours ces seuils, il est important
d’utiliser aussi la technique de bootstraping, en déterminant au minimum 5000 sous-échantillons,
afin d’obtenir la valeur t du test de Student et interpréter leur significativité (Hair, Sarstedt, et al.,
2014; Sleuwaegen, 1992).
334 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
contexte de la recherche qui détermine son niveau d’acceptabilité. Les chercheurs, par
conséquent, devraient choisir une règle approximative concernant un R² acceptable. Pour Cohen
(1988), un coefficient de détermination R² est petit à partir de la valeur de 0,02, moyen à partir de
0,13, et grand quand il est supérieur à 0,26. Chin (1998) considère que des valeurs de R² de 0,67,
0,33 et 0,19 pour les variables latentes endogènes sont considérées comme étant respectivement
substantielles, modérées et faibles. En marketing, les valeurs R² de 0,75, 0,50 et 0,25 peuvent, en
règle générale, être respectivement qualifiées de substantielles, modérées et faibles (Hair, Hult, et
al., 2014; Hair et al., 2011; Sleuwaegen, 1992). Si dans un modèle, une variable latente endogène
est seulement expliquée par quelques variables latentes exogènes, par exemple une ou deux, un R²
modéré peut être acceptable. Cependant, si la variable latente endogène est expliquée par plusieurs
variables latentes exogènes, la valeur R² doit présenter un niveau substantiel (Sleuwaegen, 1992).
Le f² de Cohen (1988) détermine la magnitude de l’effet de chaque variable exogène sur chaque
variable endogène. Il se réfère au changement du R² après élimination d’une variable exogène
spécifique du modèle, et permet d’évaluer si la variable omise a un impact substantiel sur les
variables endogènes. La procédure de calcul du f² se fait en estimant deux modèles. Le premier est
le modèle de recherche complet tel que spécifié par toutes les hypothèses de recherche, donnant le
R² du modèle complet (R² inclus). Le deuxième modèle doit être similaire au premier avec
élimination d’une variable exogène choisie, donnant lieu au R² du modèle réduit (c'est-à-dire R²
exclu) (Hair, Hult, et al., 2014). Lorsqu’une variable exogène contribue fortement dans
l’explication d’une variable endogène, la différence entre le R² inclus et le R² exclu sera élevée,
conduisant à une valeur f² élevée (Hair, Sarstedt, et al., 2014). Selon Cohen (1988), la taille de
l’effet d’une variable exogène exclue sur une variable endogène particulière peut être indiquée
par des seuils de valeurs de f² de 0,02, 0,15 et 0,35 représentant respectivement des effets de petite,
moyenne et grande taille.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
meilleure approche recommandée, car elle inclut les éléments clé du modèle structurel pour prédire
les points de données éliminés (Hair, Hult, et al., 2014). En règle générale, une valeur de Q²
supérieure à 0 pour une variable endogène indique une bonne pertinence prédictive pour la relation
hypothétique de cette variable (Hair, Sarstedt, et al., 2014).
Pour combler cette lacune, un autre indice statistique plus concluant, introduit par Henseler et
al. (2014), à utiliser dans l’évaluation des modèles structurels PLS est le standardized root mean
square residual (SRMR). Il est la racine carrée de la somme des différences au carré entre la
matrice de corrélation implicite et la matrice de corrélation empirique (Henseler et al., 2014). Des
valeurs de SRMR inférieures à 0,08 (Hu & Bentler, 1998) ou 0,10 sont considérées comme un bon
ajustement du modèle (Henseler et al., 2014).
Le tableau 183 synthétise les principaux critères d'évaluation des résultats du modèle structurel
utilisés dans la présente recherche.
336 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
337 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Pour le besoin de notre thèse, nous appliquons l'approche en deux étapes « two-stage
approach ». Il est plus approprié de l’employer quand la variable indépendante et/ou modératrice
est mesurée d’une manière formative (Fassott, Henseler, & Coelho, 2016; Hair, Hult, et al., 2014).
Ce choix se justifie par le fait que notre modèle structurel de modération comprend deux variables
indépendantes et une variable modératrice toutes formatives.
Finalement, pour confirmer l’existence d’un effet de modération, il faudrait qu’il soit
significatif et qu’il assiste la relation causale entre les variables exogènes et endogènes.
Nous passons maintenant à la présentation des résultats de l’évaluation des modèles structurels
de notre recherche.
En plus des variables de contrôle, le premier modèle structurel contient six variables latentes,
à savoir les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001), l’OMR et OMP, et l’innovation
produit incrémentale et radicale (Figure 69).
H2a
H1a
H1c
H1b
H1d
H2b
338 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Les hypothèses qui représentent les relations entre ces variables sont résumées dans le tableau 184.
Tableau 185: Multi-colinéarité entre les variables exogènes du premier modèle structurel
Innovation produit Innovation produit
incrémentale radicale
VIF
OMP 2.22
OMR 3.454
Pratiques sociales MQ (ISO 9001) 2.785 2.492
Pratiques techniques MQ (ISO 9001) 2.885 2.462
Les résultats du bootstraping n'ont révélé aucun impact significatif des pratiques sociales du
MQ (ISO 9001) sur l'innovation produit incrémentale (β = 0.11 ; T = 0.769) et l'innovation produit
radicale (β = -0.129 ; T = 1.033). Par contre, les pratiques techniques du MQ (ISO 9001) ont un
impact positif et significatif sur l'innovation produit incrémentale (β = 0.363 ; T = 2.923 ; p < 0.01)
et l'innovation produit radicale (β = 0.231 ; T = 2.166 ; p < 0.05). Par conséquent, les hypothèses
H1a, H1b et H1d sont rejetées tout en acceptant l’hypothèse H1c. Les pratiques techniques du MQ
(ISO 9001) ont un impact plus fort sur l’innovation produit incrémentale que l’innovation produit
radicale.
Pour ce qui est de la relation entre OMR et OMP avec l’innovation produit incrémentale et
radicale. Les résultats confirment l’effet positif et significatif de l’OMP sur l’innovation produit
radicale (β = 0.322, T = 2.663 ; p < 0.01). Toutefois, l’OMR n’a pas de relation significative avec
339 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
L'ampleur de l'effet des pratiques techniques du MQ (ISO 9001) et de l’OMP sur l’innovation
produit incrémentale et radicale est faible. Plus précisément, la taille de l’effet des pratiques
techniques du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit incrémentale est de f²= 0.054, et de f²=
0.027 pour l’innovation produit radicale. Pour l’OMP, la taille de son effet sur l’innovation produit
radicale est faible avec une valeur de f² égale à 0.055. Par ailleurs, le modèle démontre une
pertinence prédictive suffisante. Les résultats des valeurs des cross-validated redundancy Q² sont
différentes de 0 pour nos deux variables endogènes. Plus précisément, l’innovation produit radicale
(0.167) a une valeur Q² plus élevée que l’innovation produit incrémentale (0.147). Aussi,
l'ajustement global du modèle est évalué avec le SRMR. Avec une valeur de 0.083, le modèle
montre un ajustement suffisamment inférieur à 1.00.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
ns : non-significative
341 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
R²=
0.187
***
**
R²=
0.201
***
Le deuxième modèle met en avant l’effet du MQ (ISO 9001), dans son ensemble, sur
l’innovation produit incrémentale et radicale. Pour cela, nous avons opérationnalisé le MQ (ISO
9001) comme un construit formatif du troisième ordre composé par deux construits formatifs du
deuxième ordre qui sont les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001). Bien que ce
modèle prenne aussi en considération l’effet de l’OMR et l’OMP sur l’innovation produit
incrémentale et radicale, nous nous contentons de présenter seulement les résultats de l’effet du
MQ (ISO 9001) parce que ceux de l’OM n’ont pas changé.
342 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
H1e
H1f
Le tableau ci-dessous repère les principales hypothèses que nous testons par ce deuxième
modèle structurel.
D’après le tableau 188, nous continuons l’analyse du modèle structurel, car aucun problème de
multicolinéarité n’est repéré puisque toutes les valeurs (VIF) sont inférieures à 5.
Tableau 188: Multi-colinéarité entre les variables exogènes du deuxième modèle structurel
Innovation produit incrémentale Innovation produit radicale
VIF
OMP 2.209
OMR 2.891
MQ (ISO 9001) 2.805 2.16
343 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
La taille de l’effet du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit incrémentale est f²= 0.027. En
se référant à Cohen (1988), la taille de cet effet est considérée comme faible. Cependant, la taille
de l’effet sur l’innovation produit radicale est f²=0.000 (>0.02) nous confirmant encore que le MQ
(ISO 9001) n’a pas d’effet sur l’innovation produit radicale.
Finalement, le SRMR qui évalue la qualité d’ajustement du modèle est de 0.053 (<0.10)
montrant que le deuxième modèle dispose d’un bon niveau d’ajustement.
344 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
ns : non-significative
R²=
0.150
***
R²=
0.996
***
R²=
0.180
***
345 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Dans le troisième modèle, nous testons l’effet respectif des synergies responsive et proactive
sur l’innovation produit incrémentale et radicale. En partant de la littérature sur la synergie entre
MQ et OM, nous avons établi deux construits formatifs de troisième ordre composés du MQ (ISO
9001) et de l’OM (responsive ou proactive), comme leurs deux dimensions, pour opérationnaliser
la synergie responsive (MQ et OM responsive) et la synergie proactive (MQ et OM proactive). En
tenant compte des limites de la démarche de modération souvent utilisée pour tester l’effet de
synergie (voir point 1.3, §2, chapitre 5), nous avons opté pour cette approche de modélisation
factorielle d’ordre supérieur qui est similaire à celle suivie par plusieurs auteurs ayant
opérationnalisé la complémentarité entre variables en tant que construit d’ordre supérieur sous la
méthode PLS (e.g. Bauer & Matzler, 2014; Chen, 2012; Pavlou & El Sawy, 2006; Tanriverdi &
Venkatraman, 2005). Cependant, la méthode la modération statistique (interaction) nous était
moins convaincante, car nous saisissons la complémentarité entre MQ (ISO 9001) et OM comme
une conception théorique assez complexe qu’une simple interaction statistique.
H3a
H3b
346 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
La multicolinéarité n’a pas été présentée, car les variables endogènes comptent principalement
une seule variable pour expliquer chacune des variables exogènes. Toutefois, les VIF des variables
de contrôle ne dépassent pas 1.060.
Le tableau 191 montre les estimations standardisées et soutient les hypothèses selon lesquelles
la synergie entre MQ (ISO 9001) et OMR (synergie responsive) impacte positivement et
significativement l’innovation produit incrémentale (β = 0.378 ; T = 3.988 ; p < 0.01), et la synergie
entre MQ (ISO 9001) et OMP (synergie proactive) impacte positivement et significativement
l’innovation produit radicale (β = 0.396 ; T = 4.783 ; p < 0.01). Ces résultats nous amènent à
accepter les hypothèses H3a et H3b.
L'examen de la puissance prédictive des variables endogènes (Figure 74) montre que
l’innovation produit incrémentale et radicale ont respectivement une valeur R² faible de 0.157 et
0.182.
Pour évaluer la taille de l'effet de la synergie responsive et proactive sur l’innovation produit
incrémentale et radicale, la taille de l'effet f² a été calculée. Le f² pour l'effet de la synergie
responsive sur l’innovation produit incrémentale est de 0.166, alors que le f² de la synergie
proactive sur l’innovation produit radicale est de 0.18. Ces valeurs montrent que les deux effets
sont modérés. En comparaison avec la taille47 des effets séparés du MQ (ISO 9001) et deux
dimensions de l’OM, nous remarquons que les effets de synergie responsive et proactive sont bien
visibles. La taille de l’effet de la synergie responsive sur l’innovation produit incrémentale est
supérieur à la somme des effets séparés du MQ (ISO 9001) et de l’OMR, f² (synergie responsive)
= 0.166) > f² (MQ ISO 9001) = 0.027 + f² (OMR) = 0.001. Aussi, la taille de l’effet de la synergie
proactive sur l’innovation produit radicale est supérieur à la somme des effets séparés du MQ (ISO
9001) et de l’OMP, f² (synergie proactive) = 0.187) > f² (MQ ISO 9001) = 0.00 + f² (OMP) =
0.068.
L'exécution de la procédure de blindfolding a donné des valeurs de Q² pour les deux variables
endogènes bien au-dessus de zéro (innovation produit incrémentale : 0.123, innovation produit
radicale : 0.153), ce qui confirme la pertinence prédictive du modèle.
47
Nous avons raisonné en termes du f² car il permet d’obtenir l’effet d'une seule variable latente exogène particulière
sur une variable latente endogène. Contrariement au R² qui donne l’effet de tous les variables exogènes sur la ou les
variables endogènes.
347 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
De plus, la valeur du SRMR (0.077) se situe clairement bien en dessous du seuil de 1,00, on
peut conclure que le troisième modèle a un bon ajustement.
* p < 0.10 (t > 1.645) ; ** p < 0.05 (t > 1.96) ; *** p < 0.01 (t > 2.57)
***
R²= R²=
0.996 0.157
R²=
0.998
***
R²= R²=
0.996 0.182
348 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Par le tableau 192, nous rappelons les hypothèses de l'association entre le niveau
d’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et l’OM avec l’innovation produit.
Tableau 192: Hypothèses de l’effet du niveau de la synergie management de la qualité (ISO 9001)-
orientation marché sur l’innovation produit
Hypothèses
H3c : un niveau élevé de l’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et l’OM responsive
impliquera un haut niveau de l’innovation produit incrémentale.
H3
H3d : un niveau élevé de l’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et l’OM proactive
impliquera un haut niveau de l’innovation produit radicale.
Afin d'analyser ces hypothèses, nous avons recouru à l’analyse par classification ou par
grappes. Cette analyse aide à regrouper des individus ou des objets dans des clusters afin que les
objets d'un même cluster soient plus similaires les uns aux autres que les objets d'autres clusters
(Hair et al., 2009).
Nous avons employé une analyse par classification à la fois hiérarchique et non hiérarchique
avec le logiciel SPSS (version 25). Au début, nous avons commencé par une classification
hiérarchique sur des sous-échantillons aléatoires afin d'identifier le nombre de clusters à retenir,
suivie par une classification non hiérarchique (analyse de cluster de nuées dynamiques ou k-Means
cluster analysis) pour les optimiser.
Avant de procéder à cette analyse en deux étapes, il faudrait au préalable s’assurer qu’il n’y a
pas une forte corrélation entre les variables qui dépassent la valeur de 0,90 (Mooi et al., 2018).
L’analyse du niveau de corrélation entre les pratiques du MQ (ISO 9001) et les items de l’OMR,
indique que toutes les corrélations sont inférieures à 0 .9 montrant donc l’absence d’un réel
problème de colinéarité entre les variables (voir Annexe 7).
Pour conduire la classification hiérarchique, nous avons choisi la méthode de Ward comme
algorithme de classification et la distance euclidienne au carré comme mesure d'intervalle. Nous
avons examiné le dendrogramme et le changement incrémental du coefficient d'agglomération
pour définir le nombre de grappes. Cet examen a été fait séparément sur deux ensembles de
variables : (1) les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) avec les items de l’OMR
(synergie responsive) ; (2) les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) avec les items
de l’OMP. Cette étape a suggéré qu'une solution à deux groupes était appropriée pour les deux cas
(synergie proactive) (voir Annexe 8 et 9).
349 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Les moyennes des grappes ont ensuite été examinées en termes de la significativité de leur
différence pour déterminer le profil de chaque grappe. Les résultats de l'ANOVA montrent que
chaque deux groupes sont significativement différents en termes d'efforts investis dans
l’implémentation des pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001), l’OMR et OMP (voir
Annexe 12 et 13).
Groupe 1 : comprend 97 entreprises sur les 130 étudiées présentant 74,6%. Les entreprises de
cette grappe ont des moyennes élevées pour toutes les pratiques sociales et techniques du MQ (ISO
9001) et ainsi que l’OMR. Nous pouvons nommer le groupe 1 en tant que les entreprises ayant une
synergie responsive avancée (4 ⩽ moyenne ⩽5 sur une échelle de 1 à 5 points).
Groupe 2 : contient 33 entreprises sur les 130 étudiées constituant 25,3% de l’échantillon. Ce
groupe a obtenu de valeurs moyennes par rapport au groupe 1, sur toutes les variables de
classification, à savoir les pratiques du MQ (ISO 9002) et l’OMR. Ces entreprises peuvent être
distinguées comme ayant une synergie responsive modérée (2 ⩽ moyenne < 4 sur une échelle de
1 à 5 points).
Groupe 1 : rassemble 100 entreprises sur les 130 étudiées (77%). Ces entreprises se
caractérisent par des moyennes supérieures pour toutes les pratiques du MQ (ISO 9001) et l’OMP.
Nous avons labellisé ce groupe par les entreprises ayant une synergie proactive avancée (4 ⩽
moyenne ⩽5 sur une échelle de 1 à 5 points).
Groupe 2 : constitué par 30 entreprises sur les 130 étudiées (23 %) avec des moyennes moins
importantes pour toutes les pratiques du MQ (ISO 9001) et l’OMR. En effet, ce groupe est désigné
par les entreprises ayant une synergie proactive modérée (2 ⩽ moyenne < 4 sur une échelle de 1
à 5 points).
350 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
La séparation très claire et significative entre chaque deux groupes a été une surprise parce que
plus de groupes étaient prévus. Toutefois, le fait qu'aucun autre groupe n'ait émergé avec des
combinaisons de synergie responsive/proactive faible, moyenne et élevée sur les différentes
variables examinées a considérablement simplifié l'analyse subséquente. Il n'y a aucune ambiguïté
dans l'étiquetage des groupes, et donc ils pourraient être utilisés pour tester l’hypothèse.
Figure 75 : Implémentation simultanée du management de la qualité (ISO 9001) et de l’orientation
marché responsive
Synergie
Synergie responsive
responsive avancée
elevée
Synergie
Synergie responsive
responsive modérée
moyenne
5
4
3
2
1 OMR MQ (ISO 9001)
0
Après avoir obtenu, les groupes avec deux niveaux, modéré et avancé, de mise en œuvre du
MQ (ISO 9001) et l’OMR et OMP, nous avons testé leurs différences en matière d’innovation
produit incrémentale et radicale. Pour ce faire, le test t de Student est utilisé pour effectuer des
comparaisons a posteriori pour l’innovation produit incrémentale et radicale en fonction des
clusters correspondants.
Les résultats dans l’Annexe 14 montrent que les moyennes des items de l’innovation produit
incrémentale et radicale diminuent lorsque les configurations passent, respectivement, de synergie
351 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Afin de vérifier encore ces résultats, un test d’ANOVA a été développé en prenant comme
variable dépendante les éléments individuels de l'échelle d'innovation produit incrémentale et
radicale et chaque deux clusters en tant que facteur. Les tableaux dans l’Annexe 15 appuient les
résultats du test t et révèlent que tous les éléments de l’innovation produit incrémentale et radicale,
ainsi que les deux construits dans leur globalité, sont significativement différents (p <0.01 ; p
<0.05), d’une façon respective, entre leurs deux groupes de synergie responsive et proactive.
Le tableau 193 résume les hypothèses de modération que nous allons tester dans notre thèse.
352 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
H4a
H5a H4c
Pour vérifier la multicolinéarité, nous avons examiné les valeurs VIF des variables prédictives.
Toutes les valeurs VIF sont inférieures au seuil conventionnel de 5 et acceptable de 10 (Tableau
194). Par conséquent, la colinéarité entre les variables n'est pas un problème critique dans le
modèle structurel.
Tableau 194: Multi-colinéarité entre les variables endogènes du modèle structurel de modération
Innovation Innovation
MQ (ISO Synergie Synergie
produit produit
9001) proactive responsive
incrémentale radicale
VIF
IE*SP 3.079
IE*SR 2.76
Incertitude de l'environnement (IE) 1.346 1.563
ME*SP 3.163
ME*SR 2.838
MI*SP 4.885
MI*SR 4.126
MQ (ISO 9001) 2.188 3.058
353 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Concernant les motivations pour la certification ISO 9001, nous avons trouvé, contrairement à
notre prévision, que les motivations internes modèrent négativement et significativement la
relation entre la synergie responsive et l’innovation produit incrémentale (β = -0.142 ; T= 1.973 ;
p < 0.05), aussi que la relation entre la synergie proactive et l’innovation produit radicale (β = -
0.190 ; T = 1.982, p < 0.05). En outre, les motivations externes n’ont pas de modération
significative des relations synergie responsive-innovation produit incrémentale (β = -0.051 ; T =
0.560), et synergie proactive-innovation produit radicale (β = -0.008 ; T = 0.918). Ainsi, les
hypothèses de modération H4a, H4b, H4c, H4d ne sont pas supportées.
Pour une interprétation complète des résultats, nous avons tracé les effets d'interaction entre
synergies responsive/proactive et les motivations internes. Contrairement aux hypothèses H4a,
H4b, les figures 78 et 79 montrent respectivement que les synergies responsive et proactive ont
une relation négative avec l’innovation produit incrémentale et radicale lorsque les entreprises se
focalisent plus sur les motivations internes.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Figure 78: Modération des motivations internes Figure 79 : Modération des motivations internes de
de l'effet de la synergie responsive sur l'effet de la synergie proactive sur l'innovation
l'innovation produit incrémentale produit radicale
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
En calculant la taille des effets des variables modératrices, les résultats suggèrent une taille
d'effet faible de l’incertitude de l’environnement envers l’innovation produit incrémentale (f² =
0.032) et l’innovation produit radicale (f² = 0.079). Aussi, les motivations internes ont une taille
d'effet faible vis-à-vis de l’innovation produit incrémentale (f² = 0.018) et l’innovation produit
radicale (f² = 0.032). Selon Chin, Marcolin, Newsted & Newted (2003), une faible taille d'effet
n'implique pas nécessairement que l'effet modérateur soit négligeable.
L’analyse du composite-based standardized root mean square residual (SRMR) donne une
valeur de 0.090, ce qui est inférieur au seuil de 0,10, confirmant ainsi l'ajustement global du modèle
de modération.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
* **
R²= R²=
0.996 0.247
R²= R²=
0.996 0.322
***
**
La modélisation par les équation structurels PLS-SEM nous a permis de mettre en avant les
hypothèses des effets individuels des pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001), le MQ
(ISO 9001), l’OMR et OMP sur l’innovation produit incrémentale et radicale. Aussi, les effets de
la synergie du MQ (ISO 9001) avec l’OMR et l’OMP sur l’innovation produit incrémentale et
radicale. Enfin, le rôle modérateur des motivations pour la certification ISO 9001 et de l’incertitude
de l’environnement.
Les résultats de l’ensemble des hypothèses testées sont résumés dans le tableau 196.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 2 ~ RESULTATS DU TEST DES HYPOTHESES DE LA RECHERCHE
Tableau 196: Récapitulatif des résultats des tests statistiques des hypothèses de la recherche
Résultats
Hypothèses de la recherche
du test
HYPOTHÈSES DES RELATIONS DIRECTES
H1a : les pratiques sociales du MQ (ISO 9001) ont un effet positif et significatif sur l’innovation produit incrémentale. Rejetée
H1b : les pratiques sociales du MQ (ISO 9001) ont un effet positif et significatif sur l’innovation produit radicale. Rejetée
H1c : les pratiques techniques du MQ (ISO 9001) ont un effet positif et significatif sur l’innovation produit incrémentale. Acceptée
H1
H1d : les pratiques techniques du MQ (9001) ont un effet négatif et significatif sur l’innovation produit radicale. Rejetée
H1e : le MQ (ISO 9001) a un effet positif et significatif sur l’innovation produit incrémentale. Acceptée
H1f : le MQ (ISO 9001) a un effet positif et significatif sur l’innovation produit radicale. Rejetée
H2a : l’OMR a un effet positif et significatif sur l’innovation produit incrémentale. Rejetée
H2
H2b : l’OMP a un effet positif et significatif sur l’innovation produit radicale. Acceptée
H3a : le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive auront un effet synergique positif et significatif sur l’innovation produit incrémentale. Acceptée
H3b : le MQ (ISO 9001) et l’OM proactive auront un effet synergique positif et significatif sur l’innovation produit radicale. Acceptée
H3 H3c : un niveau élevé de l’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et l’OMR impliquera un haut niveau de l’innovation
Acceptée
produit incrémentale.
H3d : un niveau élevé de l’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et l’OMP impliquera un haut niveau de l’innovation
Acceptée
produit radicale.
HYPOTHÈSES DES RELATIONS DE MODÉRATION
H4a : les motivations internes modèrent positivement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OMR sur l’innovation
Rejetée
produit incrémentale.
H4b : les motivations internes modèrent positivement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OMP sur l’innovation
Rejetée
produit radicale.
H4
H4c : les motivations externes modèrent négativement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OMR sur l’innovation
Rejetée
produit incrémentale.
H4d : les motivations externes modèrent négativement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001) -OMP sur l’innovation
Rejetée
produit radicale.
H5a : l’incertitude de l’environnement modère positivement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OMR sur
Acceptée
l’innovation produit incrémentale.
H5
H5b : l’incertitude de l’environnement modère positivement et significativement l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OMP sur
Acceptée
l’innovation produit radicale.
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
De tels résultats sont apparemment contre-intuitifs et doivent être interprétés avec prudence.
Un éventuel éclaircissement théorique peut être que le lien entre les pratiques sociales et
l'innovation produit incrémentale et radicale n’est pas sous la forme d’une simple relation linéaire
directe telle que testée dans notre étude. En outre, les pratiques sociales, à elles seules, peuvent
être insuffisantes pour soutenir l'innovation produit incrémentale et radicale et doivent être
intégrées aux pratiques techniques. Ces dernières peuvent jouer un rôle médiateur dans la relation
entre pratiques sociales du MQ (ISO 9001) et l'innovation produit incrémentale et radicale (Calvo-
Mora et al., 2013; Ho et al., 2001; Khan & Naeem, 2018; Kim et al., 2012; Zeng et al., 2015).
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
Ainsi, l'adoption et la mise en œuvre des pratiques techniques renforcent l'impact indirect des
pratiques sociales sur l’innovation produit. Cela appuie l’idée que les pratiques sociales du MQ
(ISO 9001) ont un effet séquentiel cumulatif sur l’innovation produit incrémentale et radicale par
la médiation des pratiques techniques (Ferdows & De Meyer, 1990; Khan & Naeem, 2018).
D'un autre côté, ces résultats sont susceptibles d'être liés à la réalité de l’adoption du MQ (ISO
9001) dans le contexte marocain. Selon les statistiques descriptives de notre échantillon, les
entreprises enquêtées ont un niveau de pratiques techniques un peu supérieur à celui des pratiques
sociales, elles mettent alors davantage l'accent sur l'aspect technique au détriment de l'aspect social
du MQ (ISO 9001). En général, les entreprises marocaines implémentent le MQ (ISO 9001) pour
réduire leurs coûts, développer la qualité de leurs produits/services et améliorer leurs images, des
objectifs qui sont plus atteints par la mise en œuvre des méthodes techniques du MQ (ISO 9001).
Par contre, on enregistre souvent dans les entreprises marocaines une d’un style de management
en adéquation avec la démarche qualité ISO 9001 et le manque de la responsabilisation et la
motivation des employés.
Des études ont montré que les entreprises ont tendance à s'appuyer surtout sur les outils et
méthodes techniques du MQ et négligent les pratiques sociales (Pheng, 1993; Seymour & Low,
1990). Cette tendance revient au fait que les pratiques techniques, par rapport à celles sociales,
sont plus concrètes et répandues en termes de mise en œuvre (Lewis et al., 2006), et peuvent être
facilement observées et quantifiées en pratique (Calvo-Mora et al., 2013; Gadenne & Sharma,
2009). Encore, les entreprises souvent implémentent le MQ (ISO 9001) au niveau opérationnel, à
savoir les unités de production, plutôt qu'au niveau de l'entreprise (Flynn, 1994). La mise en place
du MQ (ISO 9001) à ce niveau a comme premier objectif l’amélioration de la qualité au lieu de la
réalisation de l’innovation, et ce en accordant plus d’attention aux pratiques techniques.
1.2. L’effet des pratiques techniques du management de la qualité (ISO 9001) sur
l’innovation produit incrémentale et radicale
Nos résultats montrent que les pratiques techniques du MQ (ISO 9001) ont une relation positive
et significative avec l'innovation produit incrémentale et radicale. L’impact s’est montré plus fort
pour l’innovation produit incrémentale que l’innovation produit radicale. Ces résultats ne
supportent pas l’étude de Song & Su (2015) et Feng et al., (2006) selon lesquelles les pratiques
techniques ont une influence insignifiante sur le développement de nouveaux produits. Aussi,
l’étude de López-Mielgo, Montes-Peón & Vázquez-Ordás (2009) qui a indiqué que les pratiques
techniques entraveront l'innovation produit seulement quand elle est radicale. Toutefois, notre
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
recherche s’ajoute aux études empiriques qui ont montré que les pratiques techniques ont un
impact positif sur l'innovation produit (Escrig-Tena et al., 2018; Flynn, 1994; Kanapathy et al.,
2017; Khan & Naeem, 2018; Kim et al., 2012; Perdomo-Ortiz et al., 2006; Zeng et al., 2015, 2017).
Les pratiques techniques du MQ (ISO 9001) comprennent des outils et techniques qui
rétablissent l’ordre au sein de l’organisation et aident à mieux contrôler ses processus. Une fois
l’entreprise est stable et sous contrôle, elle devient un milieu plus adéquat pour apprendre à
s’améliorer, ce qui conduit à enrichir sa base de connaissances et facilite, en effet, le
développement de l’innovation produit (Spencer, 1994).
Quoique nos résultats supportent l’hypothèse d’une relation positive entre les pratiques
techniques du MQ (ISO 9001) et l’innovation produit incrémentale et radicale, ils ne suggèrent
pas que ces pratiques seules mènent directement à l’innovation produit. Néanmoins, l’effet positif
qu’elles présentent s’explique par leur rôle important dans le processus de l’innovation produit
incrémentale ou radicale. Particulièrement, ces pratiques interviennent plus dans la phase de
développement (industrialisation) de ce processus (Prajogo & Sohal, 2004; Watson & Rao
Korukonda, 1995), à travers l’application des outils et techniques de la qualité lors de la fabrication
du nouveau produit. Comme conséquence, les pratiques techniques permettent la réduction du
temps de développement des nouveaux produits et l’accélération de la réponse de l’entreprise aux
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
marchés changeants (Escrig-Tena et al., 2018; Flynn, 1994; Sun & Zhao, 2010; Sun, Zhao, &
Keung Yau, 2009; Zeng et al., 2017).
Même si ces deux dimensions de pratiques peuvent être considérées comme contradictoires,
notre résultat approuve que le MQ (ISO 9001) doit être implémenté d’une manière holistique
facilitant la juxtaposition de telles pratiques (Prajogo & Sohal, 2004). Ainsi, le MQ (ISO 9001)
peut aider des éléments antagonistes à cohabiter au sein de l’organisation et rendre cette dernière
ambidextre (Asif & de Vries, 2015; Moreno-Luzon, Gil-Marques, & Arteaga, 2014; Moreno
Luzon & Valls Pasola, 2011).
Le test des hypothèses liant le MQ (ISO 9001), comme une combinaison de pratiques
techniques et sociales, avec l’innovation produit incrémentale et radicale, établit que le MQ (ISO
9001) impacte l’innovation produit incrémentale, alors que son effet sur l’innovation produit
radicale est non-significatif. Dans cette lignée, nos résultats pourraient partager des similitudes
avec certaines études malgré qu’elles soient focalisées sur des aspects plus précis du MQ, et non
sur le MQ dans son ensemble. Benner & Tushman (2002) ont constaté que la norme ISO 9001, par
le biais du management des processus, est plus adaptée pour accroître le potentiel des innovations
d’exploitation plutôt que d'exploration. Prester & Bozac (2012) n’ont pas trouvé d’association
entre l’orientation processus et l’innovation produit radicale. Selon ces derniers, l'absence
d'association montre que les techniques du management des processus favorisent l'innovation
d'exploitation, mais pas l'innovation radicale exploratoire. Blank & Naveh (2014) ont démontré
que le qulaity climat n'a pas d'effet significatif sur la performance de l'innovation produit radicale.
Plusieurs raisons ont été avancées dans la littérature pour expliquer pourquoi le MQ (ISO 9011)
est plus susceptible de soutenir l’innovation produit incrémentale que celle radicale. Ces raisons
sont liées aux ressemblances entre le MQ (ISO 9001) et l’innovation incrémentale, les
changements qu’il apporte à l’organisation et aux principes du MQ (ISO 9001).
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
Le MQ (ISO 9001) a beaucoup en commun avec l'innovation incrémentale sur les deux volets
tactique et opérationnel (Nowak, 1997), tous les deux cherchent des améliorations mineures des
produits existants construites plus profondément sur l'exploitation des capacités technologiques et
des connaissances actuelles de l’entreprise. Cette ressemblance revient à la nature de la norme ISO
9001 :2008 qui est davantage orientée vers le développement de l'innovation incrémentale. López-
Mielgo et al. (2009) attestent que posséder une certification ISO 9001 ne nécessite pas de
changements radicaux.
Le MQ (ISO 9001) engendre des changements au sein de l’entreprise, sur différents niveaux,
qui sont favorables à l’innovation produit incrémentale. Par exemple sur un niveau stratégique, le
MQ met plus l'accent sur la réduction des coûts qui pourrait limiter la capacité et les possibilités
d'innovation radicales. Il augmente l’aversion au risque et impose une approche adaptative à
l’entreprise, qui devient stratégiquement imitatrice ou suiveuse plutôt qu’innovante ou leader
(Prajogo & Sohal, 2001). De telle orientation stratégique est étroitement associée à la production
d'innovation incrémentale pour des marchés existants impliquant un faible degré d’incertitude. Sur
un niveau organisationnel, le MQ ISO (9001) mène à l’apparition d’une culture caractérisée par la
conformité et la standardisation (Naveh & Erez, 2004). Suite à ce changement de culture,
l’entreprise peut se focaliser davantage sur la conformité et les améliorations incrémentales ce qui
limite la génération d’idées créatives, le dépassement des routines organisationnelles actuelles et
la prise de risques, qui sont la base de l’innovation radicale (Blank & Naveh, 2014; Manders et al.,
2016).
Les principes du MQ (ISO 9001) sont aussi responsables de son développement de l’innovation
produit incrémentale que radicale. Le principe de l'amélioration continue qui est au cœur du MQ
(ISO 9001) se concentre sur le changement progressif et nécessite une standardisation ou une
formalisation afin d'établir le contrôle et la stabilité au sein de l’entreprise. Song & Su (2015)
expliquent que la création de produits extrêmement nouveaux implique un haut niveau
d’innovativité et le strict contrôle des processus handicape dans une large mesure la créativité
requise. À force de se concentrer sur la conformité et la réduction des erreurs et variations dans les
processus, les employés, notamment ceux du R&D, seront enfermés dans un mode d’apprentissage
adaptatif avec un faible degré d’enthousiasme et de prise d’initiative, étant donné qu’ils seront
moins disposés à être librement créatifs et penser à des changements radicaux dans les procédés
du travail ou les produits (Song & Su, 2015). L’amélioration continue développe chez les employés
une pensée analytique, structurelle et linéaire plutôt adéquate à l’innovation produit incrémentale
à l’encontre d’une pensée synthétique, non structurée et non linéaire nécessaire pour créer des
364 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
innovations produit radicales (Prajogo & Sohal, 2001). Encore, grâce à son intense concentration
sur l’amélioration des processus internes, le MQ (ISO 9001) encourage faiblement, voire même
négativement (Roldán Bravo, Lloréns Montes, & Ruiz Moreno, 2017), les entreprises à adopter
une stratégie d'open innovation nécessaire pour développer une innovation produit radicale.
Pareillement, le principe de focalisation sur le client pourrait facilement amener les entreprises
à se concentrer uniquement sur des améliorations incrémentales de leurs produits et services
actuels plutôt que d'essayer de créer des solutions radicales (Prajogo & Sohal, 2001). En
conséquence, elles pourraient être piégées dans la « tyranny of the served market » où elles ne
voient le monde qu'à travers les yeux de leurs clients actuels (Hamel & Prahalad, 1994). Les
recherches ont montré que trop écouter les besoins exprimés par les clients conduit les entreprises
à être réactives et à proposer seulement des innovations produits incrémentales (Atuahene-Gima,
1996a; Narver et al., 2004).
Les auteurs postulent que les effets contradictoires du MQ sur l'innovation produit
incrémentale et radicale peuvent être dus au degré de mise en œuvre des pratiques sociales et
techniques du MQ. C’est-à-dire que les entreprises peuvent être des fois plus guidées par des
pratiques sociales ou plus par des pratiques techniques (Martínez-Costa & Martínez-Lorente,
2008). Dans le cas de notre échantillon, nous avons remarqué que les entreprises mettent encore
l’accent sur les pratiques techniques par rapport aux pratiques sociales. Cette implémentation
disproportionnée des pratiques sociales et techniques peut expliquer l’effet non-significatif du MQ
(ISO 9001) sur l’innovation produit radicale. Par ailleurs, les effets du MQ devraient être
considérés d’une manière longitudinale, cela signifie que le MQ (ISO 9001) peut ne pas avoir un
effet significatif à court terme sur l'innovation produit radicale, mais peut être bénéfique sur le
long terme (Bourke & Roper, 2017).
Nos résultats ne rejettent pas totalement le rôle potentiel que le MQ (ISO 9001) peut jouer dans
l'innovation produit radicale. La majorité des recherches ont étudié des anciennes versions de la
norme ISO 9001 qui étaient plus rigides et insistaient beaucoup plus sur les changements
incrémentaux au niveau de l’organisation et ses produits. Le MQ se transforme avec l’évolution
des conditions contemporaines de l’économie mondiale, les nouvelles versions de l’ISO 9001
commenceront, de petit à petit, à intégrer l’innovation, avec ses diffèrent degrés et types, dans la
pensée de la qualité. Si l’on regarde le mouvement de la qualité, nous constaterons qu’il a
commencé par contrôler la qualité et réduire les variations de processus et de produits, mais tout
en progressant vers l’augmentation de ces variations afin d'innover encore plus dans les
365 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
produits/services pour attirer une clientèle plus large (Fundin, Bergman, & Elg, 2017). Ce
changement est bien visible par les modifications apportées à la norme ISO 9001 dans sa version
de 2015. Dans cette nouvelle version, certains éléments revêtant une importance particulière pour
l’innovation ont été ajoutés, tandis que d'autres ont connu un développement supplémentaire. On
note par exemple, la considération du contexte de l'organisation, la gestion des risques,
l’alignement du système de MQ avec la stratégie de l’organisation, la gestion des connaissances,
le renforcement du leadership. Tous ces éléments vont certainement renforcer encore l’innovation
produit incrémentale de l’entreprise, et pourront aussi soutenir le développement de sa capacité
d’innovation produit radicale.
Cependant, le résultat obtenu est en ligne avec les conclusions de Brettel, Oswald & Flatten
(2012) et Tsou, Chen & Liao (2014). L’OMR est une condition nécessaire, mais, des fois,
insuffisante pour obtenir un avantage compétitif (Day, 1994; Han, Kim, & Srivastava, 1998). Une
raison possible de cet effet non-significatif peut être le niveau de l’OMR de l’entreprise. D’après
nos statistiques descriptives, nous avons noté que les entreprises de notre échantillon sont plus
orientées marché d’une façon responsive que proactive. Ainsi, une telle logique dominante de
focalisation excessive sur les besoins exprimés par les clients limite les capacités inhérentes à
l’innovation produit incrémentale et les transforme en capacités rigides et inefficaces, ce qui inhibe
le développement d'innovation produit à valeur ajoutée (Baker & Sinkula, 2007; Barrales-Molina
et al., 2014).
Une forte OMR mène les entreprises à se concentrer plus sur les besoins actuels des clients et
atteindre une certaine saturation en termes d’acquisition de nouvelles informations. C’est-à-dire
qu’elles ne parviendront pas à acquérir de nouvelles idées pour améliorer leurs produits existants
surtout lorsque les clients sont déjà satisfaits et n’expriment pas de nouveaux besoins. Ou encore,
lorsque les clients ont du mal à exprimer, ou expriment mal, leurs attentes actuelles (Macdonald,
1995; Von Hippel, 1988). Par conséquent, les entreprises n’arriveront pas à proposer des
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DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
innovations produit incrémentales même si elles sont orientées marché d’une façon réactive. La
littérature comporte de nombreuses recherches qui ont approuvé l’existence d’une relation en U
inversé entre l’OM responsive et l’innovation produit incrémentale (Atuahene-Gima et al., 2005;
Ozdemir et al., 2017; Tsai et al., 2008). Autrement dit, l’OMR soutient l’innovation produit
incrémentale jusqu’à un seuil où elle devient nocive. À travers notre résultat, il pourrait être
considéré qu’après ce seuil l’OMR ne serait même plus significativement liée à l’innovation
produit incrémentale.
De plus, ce résultat peut s'expliquer par le fait que les entreprises marocaines intègrent l’OMR
comme une philosophie dans toutes leurs fonctions organisationnelles qui la déclinent en pratiques
routinières seulement pour survivre à la concurrence nationale et internationale (Tsou et al., 2014;
Zhang & Duan, 2010a). C’est-à-dire que l’OMR n’est pas installée par les entreprises marocaines
pour comme objectif l’innovation produit, mais plutôt la pérennité. Étant guidée par ce dernier
objectif, l’OMR peut être parfaitement imitée en fin de compte, et devient avec le temps un
comportement plus courant entre les concurrents (Narver et al., 2004). En ce sens, elle n'entraîne
pas l'innovation, mais conduit à des imitations et seulement à des produits marginalement
nouveaux. Dans telle situation, l’OMR se transforme en un moyen pour créer et maintenir
seulement une parité compétitive (Zhang & Duan, 2010a).
Bien que notre recherche suggère que l’OM responsive n’explique pas significativement
l’innovation produit incrémentale, il serait erroné de conclure qu'elle est n'est pas importante pour
le développement de l’innovation produit incrémentale.
367 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
clients sur le long-terme (Cai, Liu, et al., 2015), ce qui leur permet d’apprendre du marché et
générer des idées très innovantes qui se traduiront en innovations produit radicales. Elles dirigent
les clients dans la satisfaction de leurs besoins latents en réfléchissant de manière créative à la
façon de fournir des solutions radicales à ces besoins (Day, 1994; Jaworski & Kohli, 1993; Slater
& Narver, 1998).
L'OMP joue un rôle dans l’évolution de la capacité d'innovation des entreprises (Atuahene-
Gima & Ko, 2001). Particulièrement, elle influence positivement le développement des capacités
de l’innovation d’exploration. Lorsque les entreprises arrivent à absorber des connaissances
importantes, des fois difficilement accessibles sur le marché, elles les utilisent pour modifier leurs
capacités actuelles ou intégrer de nouvelles capacités pour changer les conditions du marché en
introduisant de l’innovation produit radicale (Morone, 1993; Tsou et al., 2014).
368 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
D’après le tableau 197, nos résultats corroborent les recherches existantes sur le fait que
l’innovation produit nécessite la complémentarité entre ressources et capacités organisationnelles
(Baker & Sinkula, 1999a; Ngo & O’Cass, 2012b; O’Cass & Heirati, 2015). Nous soutenons aussi
la théorie Ressource-based view et la théorie des capacités dynamiques qui affirment que des
ressources et capacités complémentaires ont un impact synergique sur la performance, mais cela
est moins testé empiriquement surtout pour l’innovation.
Sensing : dans le DNP, l’entreprise doit surveiller et analyser l'environnement afin de recueillir
des informations sur les besoins du marché, les mouvements de concurrents et les nouvelles
technologies afin que les responsables puissent identifier les nouvelles opportunités de produit et
décider de se lancer dans des activités d’innovation produit (Pavlou & El Sawy, 2011). L’OM, qui
se manifeste par ses dimensions responsive et proactive, est particulièrement utile pour aider les
entreprises à rechercher, suivre, stocker et diffuser des informations sur le marché au sein de
l’organisation afin de mieux connaître les opportunités d’innovation produit. Le MQ contribue
dans ce sens en amenant l’entreprise à construire des relations durables avec ses différentes parties
369 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
prenantes notamment, les fournisseurs et les clients. Aussi, il augmente la qualité des
connaissances marché fournies par l’OM au moyen du contrôle qu’il applique à ses processus dans
le but d’améliorer leur efficacité.
Seizing : une fois les opportunités d’innovation produit détectées, l’entreprise devrait savoir
comment les saisir. Pour ce faire, la synergie MQ (ISO 9001)-OM appuie l’entreprise pour bien
saisir l’opportunité d’innovation produit détectée. Elle aide l’entreprise pour étudier et sélectionner
les investissements les plus susceptibles de réussir l’innovation produit, notamment ceux
entrainant le développement et/ou la création des capacités relatives aux domaines technologiques
et marketing requises par l’innovation produit. Ces investissements peuvent toucher les
installations et équipements à acquérir, les formations à programmer au personnel impliqué pour
de nouvelles méthodes/techniques du travail, la structure organisationnelle appropriée, les
ressources à déployer, etc.
Dans ce qui suit, nous allons discuter les résultats obtenus relatifs à l’effet respectif des
synergies responsive et proactive sur l’innovation produit incrémentale et radicale. La théorie de
l’apprentissage organisationnel (Argyris & Schön, 1978; March, 1991) fournira une base utile pour
développer une explication de la relation positive entre la synergie responsive et proactive sur
l’innovation produit incrémentale et radicale prouvée par notre recherche.
370 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
Ce résultat fournit indirectement une validation empirique à certaines recherches ayant étudié
l’effet de l’interaction entre OMR avec d’autres concepts liés au MQ. Parmi ces concepts, il y a
l’apprentissage organisationnel. Plusieurs études ont confirmé que le MQ est inextricablement lié
à l’apprentissage organisationnel (Hung, Lien, Yang, Wu, & Kuo, 2011; Martínez-Costa &
Jiménez-Jiménez, 2008, 2009; Ruiz Moreno, García Morales, & Lloréns Montes, 2005). En
considérant cela, notre résultat semble être très proche à la recherche de Yannopoulos et al. (2012)
qui a trouvé que l’interaction entre l’OMR et l'apprentissage d’exploitation à un effet positif et
significatif sur la performance de l’innovation produit quand l’OMR est faible. Encore, Baker &
Sinkula (1999) ont trouvé que l’effet de l’OM sur la performance des nouveaux produits est plus
renforcé lorsque l'orientation vers l'apprentissage est forte.
Nous interprétons l’effet de la synergie responsive sur l’innovation produit incrémentale selon
le type d’apprentissage qu’engendrent le MQ (ISO 9001) et l’OMR. Le MQ (ISO 9001) et l’OMR
tous les deux permettent à l’entreprise de développer un apprentissage adaptatif (Baker & Sinkula,
2005; Barouch & Ponsignon, 2016; Dahlgaard-Park, Chen, Jang, & Dahlgaard, 2013; Slater &
Narver, 1999). L'apprentissage adaptatif, ou d’exploitation, est plus commun et nécessaire pour
étendre et mettre à jour les lignes de produits et de marques existantes, et développer de nouveaux
produits incrémentaux axés sur les besoins exprimés du client (Baker & Sinkula, 2007). Selon
l’OMR, l’apprentissage adaptatif est stimulé par la génération, la diffusion et l’utilisation des
informations sur les besoins manifestés par les clients (Jaworski et al., 2000; Narver et al., 2004;
Slater & Narver, 1995). Du côté du MQ (ISO 9001), il se reflète dans l'efficacité opérationnelle et
371 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
l'efficacité dans la réduction des coûts (Keskin, 2006). Plus spécifiquement, les éléments
méthodologiques du MQ liés aux pratiques techniques encouragent plus l'apprentissage
d’exploitation en recherchant principalement à limiter la variation des processus organisationnels
(Choo, Linderman, & Schroeder, 2007). De ce fait, les entreprises qui combinent entre MQ (ISO
9001) et OMR seront plus susceptibles d’apprendre efficacement d’une manière adaptative et
accroîtront, en effet, leur capacité à développer des innovations produit incrémentales.
La synergie responsive est considérée comme une capacité dynamique qui renforce
l’application des connaissances existantes de l’entreprise en modifiant ses ressources et capacités,
ce qui soutient la réalisation d’innovations produit incrémentales.
372 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
clients, en guidant les clients plutôt qu'en leur répondant d’une manière réactive (Atuahene-Gima
et al., 2005; Narver et al., 2004). Le MQ contient des éléments qui peuvent être associés à
l’apprentissage génératif (Asif & de Vries, 2015). Par exemple, la création et le raffinement des
connaissances par le principe de l'amélioration continue sont principalement impliqués dans le
processus d'apprentissage en double boucle (génératif) (Wang & Ahmed, 2002). Spécifiquement,
les pratiques sociales peuvent encourager la créativité et avoir un effet sur l’apprentissage
d’exploration (génératif) en raison de leur tendance à rechercher de nouvelles possibilités incluant
la variation, la prise de risque et la flexibilité (Choo et al., 2007; March, 1991).
De plus, le MQ (ISO 9001) repose principalement sur un système d'essais et d'erreurs reflétant
aussi l'apprentissage adaptatif qui implique l'accumulation, la rétention et la diffusion des
connaissances (Wang & Ahmed, 2002). Dans ce sens, l’apprentissage adaptatif que stimule le MQ
(ISO 9001) complémente l’apprentissage génératif incité par l’OMP, ce qui favorise l’innovation
produit radicale. Selon les résultats de Baker & Sinkula (2007), la capacité de faire une
complémentarité entre ces deux modes d’apprentissage est essentielle pour optimiser le succès de
l'innovation produit. Cette complémentarité peut se faire d’une manière séquentielle dans laquelle
l’apprentissage génératif précède l’apprentissage adaptatif. En effet, les nouvelles connaissances
externes qui ont été auparavant évaluées, acquises et assimilées par l’OMP peuvent être facilement
exploitées à l’aide du MQ (ISO 9001).
En d’autre part, la synergie entre MQ (ISO 9001) et OMP mène à l’innovation produit radicale
en combinant un quality climat avec un haut climat d’échange d’informations (Blank & Naveh,
2014). Ce dernier permet le partage d'informations et d'idées, ce qui constitue une source viable
de réflexion ouverte et d'innovation. Ainsi, un climat d'échange d'informations élargit le quality
climat pour mettre en valeur non seulement l'utilisation des connaissances existantes, mais aussi
des activités telles que la recherche de nouvelles connaissances et de nouvelles approches de
résolution de problèmes pertinentes à l'innovation radicale (Blank & Naveh, 2014). À cet égard,
Blank & Naveh (2014) ont montré que l’interaction entre un haut niveau du climat qualité et
d’échange d’informations augmente la performance de l’innovation produit radicale.
La synergie proactive est une capacité dynamique qui transforme significativement les
connaissances existantes de l’entreprise, aussi que ses ressources et capacités organisationnelles,
permettant ainsi la création d’innovations produit radicales.
373 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
Pour la synergie proactive, l’échantillon comporte deux groupes d’entreprises, celles possédant
une synergie proactive avancée puisqu’elles implémentent fortement, à la fois, le MQ (ISO 9001)
et l’OMP ; et celles qui ont une synergie proactive modérée suite à l’implémentation moyenne du
MQ (ISO 9001) et l’OMP. En outre, nous n’avons pas identifié des groupes d’entreprises avec des
niveaux antithétiques du MQ (ISO 9001) et de l’OM, ce qui révèle que tous les deux se renforcent
mutuellement dans leur mise en œuvre.
En analysant les résultats des configurations de mise en œuvre du MQ (ISO 9001) et de l’OM,
nous avons noté que le groupe d’entreprises de la synergie responsive avancée a un niveau
d’innovation produit incrémental supérieur par rapport au groupe de la synergie responsive
modérée. Similairement, les entreprises avec une synergie proactive avancée ont un niveau
d’innovation produit radicale supérieur par rapport à celles avec une synergie proactive modérée.
En fait, et d’une manière générale, les entreprises qui investissent des efforts plus importants dans
l’implémentation du MQ (ISO 9001) et de l’OM auront des capacités d’innovation produit plus
élevées, chose qui soutient encore l'existence de l'effet synergique du MQ (ISO 9001) et l’OM sur
l’innovation produit. Cependant, le fait qu’aucun groupe d’entreprises à faible implémentation du
MQ (ISO 9001) et OM n’ait émergé prouve qu’une faible synergie entre MQ (ISO 9001) et OM
ne permet pas le développement de l’innovation produit.
Si l’on considère l’innovation produit comme une forme de performance de l’entreprise, nos
résultats supportent l’étude de Lai et al. (2012) qui a trouvé que l’implémentation du MQ et OM
prend la forme de trois configurations, à savoir réactive, progressive et proactive. Selon cette étude,
la performance des entreprises proactives mettant en œuvre des activités du MQ et de l’OM à des
niveaux plus élevés surpasse leurs homologues progressives et réactives avec le MQ et l’OM
implémentés à des niveaux inférieurs.
374 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
375 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
la norme ISO 9001. Aussi, Allur, Heras-Saizarbitoria & Casadesús (2014) trouvent que même dans
le cas où l'adoption de la norme serait motivée par des facteurs de nature interne, l'internalisation
de la norme et les avantages découlant de son adoption peuvent être limités. En effet, les retombées
du MQ ne dépendent pas uniquement des motivations internes, mais encore plus de la façon avec
laquelle le MQ est implémenté. Les entreprises ont tendance à mettre en œuvre la norme ISO 9001
en standardisant leurs pratiques organisationnelles (changer seulement la présentation des
processus organisationnels, pas les pratiques) et non en pratiquant la norme (les pratiques
organisationnelles sont modifiées) (Poksinska, Eklund, & Jörn Dahlgaard, 2006).
Notre recherche révèle aussi que les motivations externes n’ont pas d’effet modérateur
statistiquement significatif sur la relation entre les synergies responsive et proactive avec
l’innovation produit incrémentale et radicale. Les motivations externes reflètent des réactions aux
pressions exercées par des facteurs externes. Ces facteurs comprennent les politiques
gouvernementales, la demande des clients et les avantages commerciaux attendus. Toutefois, les
entreprises orientées marché, par défaut, prennent en considération tous ces facteurs. Cela veut
dire que les motivations externes font partie de l’OMR ou l’OMP, du fait que l’OM permet à
l’entreprise de se focaliser sur le client, les concurrents, ainsi que les autres parties prenantes
externes (Jaworski & Kohli, 1993; Kohli & Jaworski, 1990; Narver & Slater, 1990). Dès lors, les
motivations externes peuvent ne pas être vraiment nécessaires pour modérer l’effet des synergies
responsive et proactive sur l’innovation produit incrémentale et radicale.
376 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
l'internalisation des politiques, procédures et outils sous-jacents du MQ (Prajogo, Huo & Han,
2012). En fait, les motivations externes peuvent refléter des attitudes qui sont en contradiction avec
la véritable intention de la norme ISO 9001. Leur existence sape l’implémentation efficace du MQ
(ISO 9001) et affaiblit fortement sa contribution dans la synergie avec l’OM responsive ou
proactive.
L'un des principes centraux de la théorie de la contingence est que l'effet synergique dépend
de l'importance de l'ajustement entre un système organisationnel et l'environnement. En fait, nos
résultats supportent les recherches mobilisant le concept de complémentarité qui signalent que les
facteurs contextuels sont des facteurs importants de l'effet synergique (Ennen & Richter, 2010).
Ils rejoignent, partiellement, les recherches précédentes qui ont analysé le rôle modérateur de
l’incertitude de l’environnement dans des cadres conceptuels comprenant, à la fois, MQ et OM.
Par exemple, Wang, Chen & Chen (2012) ont conclu que les facteurs environnementaux externes,
à savoir l’intensité concurrentielle, la turbulence du marché, et la turbulence technologique, jouent
le rôle de modérateurs entre le TQM, l’OM et la performance. Par contre, l’étude de Morgan &
377 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE
Piercy (1998) ne s’accorde pas avec nos résultats. En s’inscrivant dans une approche
organisationnelle, l’objectif de ces auteurs était d’explorer l’impact de la dynamique
interdépartementale entre Qualité et marketing sur la performance, tout en considérant la
modération de l’environnement externe. Leurs résultats ne supportent pas l’hypothèse stipulant
que plus le niveau de turbulence du marché et de la technologie est élevé, plus la relation entre
cette dynamique interdépartementale et la performance est forte. Par surcroît, des recherches
stipulent que le MQ, ou certaines de ses pratiques (Benner, 2009; Reed et al., 1996; Sitkin &
Sutcliffe, 1994), et l’OM responsive (Augusto & Coelho, 2009; Jaworski & Kohli, 1993; Tsai et
al., 2008; Zhang & Duan, 2010b) sont plus efficaces dans des environnements avec des conditions
à faible degré incertitude. Nous montrons que le MQ (ISO 9001) et l’OMR peuvent aussi être
efficaces quand l’environnement est fortement incertain, et ce en se complétant l’un par l’autre.
Nos résultats suggèrent que les entreprises opérant dans des environnements plus incertains
sont aptes à développer des innovations produit radicales en mettant en synergie le MQ (ISO 9001)
et l’OM proactive. L’incertitude de l’environnement augmente les investissements des
organisations dans l'exploration des innovations radicales nécessaires à la survie pour réduire
l'incertitude managériale (Lant & Mezias, 1992; Sidhu, Volberda, & Commandeur, 2004). La
synergie proactive est dans ce sens un dispositif organisationnel pour réduire cette incertitude
managériale et accroître l’apprentissage génératif (d’exploration) de l’entreprise indispensable à
la création d’innovations produit radicales. En effet, la synergie proactive, face à un tel
environnement, permettra à l’entreprise de reposer beaucoup moins sur les connaissances
existantes et beaucoup plus sur la création rapide de nouvelles connaissances et sur la recherche
de nouvelles pratiques de travail.
378 | P a g e
DEUXIEME PARTIE - CHAPITRE VI - CONCLUSION DU CHAPITRE VI
CONCLUSION DU CHAPITRE VI
Nous avons commencé, dans la première section, par traiter les caractéristiques de
l’échantillon de l’étude afin de pouvoir déterminer un profil pour les entreprises sondées. À l'issue
des résultats de cette section, nous rapportons que :
Dans la deuxième section, nous avons procédé au test de l’intégralité des hypothèses du
modèle structurel. Nous avons utilisé la modélisation par les équations structurelles estimée par
les moindres carrés partiels (PLS-SEM), effectuée sous le logiciel SmartPLS 3, et une analyse par
grappes réalisée avec le logiciel SPSS 25. Les résultats du test nous ont permis d’accepter sept
hypothèses sur un total de 18 hypothèses réparties entre quatre sous modèles structurels.
Après avoir présenté les résultats du test des hypothèses, la dernière section du chapitre s’est
rapportée à la confrontation de ces résultats avec la littérature qui touche notre objet de recherche.
379 | P a g e
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
Le test de la majorité des hypothèses du modèle conceptuel a été effectué selon une
modélisation par les équations structurelles estimée par les moindres carrés partiels. À l’exception,
deux hypothèses ont été vérifiées à travers l’analyse par grappes.
Comme nous l’avons déjà mentionné dans la conclusion de la première partie, notre modèle
conceptuel met en exergue la relation entre la synergie MQ (ISO 9001)-OM et l’innovation produit
en trois niveaux. La récapitulation des résultats du test des hypothèses se fera également selon ces
trois niveaux :
○ Le premier niveau : les effets individuels du MQ (ISO 9001) et de l’OM sur l’innovation produit.
D’après notre analyse, les pratiques sociales du MQ (ISO 9001) ne montrent pas d’effet
significatif sur l’innovation produit incrémentale et radicale. Par contre, les pratiques techniques
impactent positivement et significativement, à la fois, l’innovation produit incrémentale et
radicale.
Par la suite, nous avons rassemblé les pratiques sociales et techniques pour former le construit
du MQ (ISO 9001), qui a été mis en relation directe avec les deux types d’innovation produit. Nous
avons trouvé que le MQ (ISO 9001) influence positivement et significativement l’innovation
produit incrémentale, mais n’a pas d’effet significatif sur l’innovation produit radicale.
Concernant le lien associant l’OM est l’innovation produit, il a été trouvé que l’OMR n’exerce
pas d’effet significatif sur l’innovation produit incrémentale, tandis que l’OMP a un effet positif
et significatif sur l’innovation produit radicale.
○ Le deuxième niveau : les effets synergiques du MQ (ISO 9001) et de l’OM sur l’innovation
produit.
La synergie entre MQ (ISO 9001) et OMR a un effet positif et significatif sur l’innovation
produit incrémentale. Pareillement, la synergie entre MQ (ISO 9001) et OMR a un effet positif et
significatif sur l’innovation produit radicale.
380 | P a g e
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
En plus des effets synergiques directs, nous avons cherché à savoir si le niveau
d’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et de l’OM est associé avec l’innovation produit.
L’analyse par grappes employée a révélé qu’en général les entreprises ayant un haut niveau
d’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et d’OM ont aussi un haut niveau d’innovation
produit. Ce résultat s’applique autant pour l’association entre l’implémentation simultanée du MQ
(ISO 9001) et OMR avec l’innovation produit incrémentale, et l’association entre
l’implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) et OMP avec l’innovation produit radicale.
○ Le troisième niveau : les effets modérateurs des motivations de l’entreprise pour la certification
ISO 9001 et l’incertitude de l’environnement.
L’effet de modération des motivations pour la certification ISO 9001 se partage entre
motivations internes et externes. Les motivations internes modèrent négativement et
significativement les relations liant simultanément la synergie MQ (ISO 9001)-OMR et la synergie
MQ (ISO 9001)-OMP avec l’innovation produit incrémentale et radicale. Quant aux motivations
externes, elles n’ont pas d’effet de modération statistiquement significatif sur ces relations.
Nous récapitulons, schématiquement, dans la figure 83 les résultats du test des hypothèses en
mentionnant les relations validées et celles qui ont été rejetées.
381 | P a g e
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE
INCERTITUDE DE L’ENVIRONNEMENT
Intensité concurrentielle
Turbulence du marché
Turbulence technologique
ORIENTATION MARCHE H2a (n.s)
RESPONSIVE
H5a (+), b (+)
SYNERGIE
RESPONSIVE
MANAGEMENT DE LA H3a (+), c (+)
QUALITÉ (ISO 9001)
Pratiques sociales
Leadership H1a (n.s) INNOVATION
Focalisation sur le client PRODUIT
H1b (n.s) INCRÉMENTALE
Implication du personnel H1e (+)
Relation mutuellement bénéfique
avec les fournisseurs
H1f (n.s)
Pratiques techniques
Approche processus H1c (+)
Management par approche système INNOVATION
Amélioration continue PRODUIT RADICALE
H1d (+)
Approche factuelle pour la prise de
décision
H3b (+), d (+)
SYNERGIE PROACTIVE
(+) : effet positif
H4a (-), b (-), c (n.s), d (n.s)
(-) : effet négatif
ORIENTATION MARCHE H2b (+) (n.s) : effet non-significatif
PROACTIVE
MOTIVATIONS POUR LA
Hypothèse validée
CERTIFICATION ISO 9001
Internes Hypothèse rejetée
Externes
382 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
CONCLUSION GENERALE
La conclusion générale de cette thèse doctorale sera présentée en quatre temps. Nous
commencerons par rappeler la problématique et l’objectif de la recherche. Nous apporterons
ensuite des réponses aux différentes questions qui découlent de la problématique de la recherche.
Nous exposerons les apports de la thèse à la fois théoriques, méthodologiques et managériaux.
Enfin, nous soulignerons les limites de notre thèse et proposerons des perspectives
d’approfondissement pour des éventuelles recherches.
Le très peu d’études empiriques menées à ce jour sur la relation entre le MQ selon la norme
ISO 9001 et l'innovation produit ont abouti à des résultats contradictoires. La discordance entre
ces résultats implique des lacunes dans la littérature qui nécessitent plus d’approfondissement.
Cela peut être attribué aux différentes conceptualisations et mesures du MQ (ISO 9001) et de
l’innovation produit, le contexte d’étude, les méthodes d’analyse et la non-considération d’autres
concepts. Le traitement de cette dernière limite nous a amené à intégrer le concept de l’orientation
marché (OM) pour mieux étudier la relation entre le MQ (ISO 9001) et l’innovation produit.
La littérature montre qu’il existe une étroite association entre les concepts du MQ et de l’OM.
Ces derniers se complémentent en produisant un effet synergique sur la performance de
l’entreprise (Lai & Cheng, 2005; Lai, Yeung, & Cheng, 2012; Sussan & Johnson, 1997). Si l’on
considère cette relation de synergie entre MQ (ISO 9001) et OM et leurs effets séparés sur
l’innovation produit (Narver et al., 2004; Pekovic & Galia, 2009), nous suggérons que ces deux
concepts pourraient aussi avoir un effet combinatoire sur l’innovation produit.
383 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
Dans quelle mesure la synergie entre le management de la qualité (ISO 9001) et l’orientation
marché influence-t-elle l’innovation produit de l’entreprise ? »
Le principal objectif de cette thèse est d’enrichir les travaux de recherche concernant la
question de la synergie qui existe entre le MQ et l’OM en explorant les conséquences de l’effet
combiné du MQ (ISO 9001) et de l’OM sur l’innovation produit. Ce travail est guidé par le postulat
que l’innovation produit de l’entreprise peut être favorisée par la relation de synergie entre le MQ
(ISO 9001) et l’OM.
Nous nous focalisons spécialement sur la synergie pour la performance aux dépens de la
synergie dans la pratique (Ballot et al., 2015; Hullova, Trott & Simms, 2016). Cette forme de
synergie analyse la valeur économique réalisée par l’entreprise en combinant différentes activités
ou pratiques, et en montrant que leur complémentarité peut produire des avantages économiques
plus importants par rapport à leurs contributions individuelles.
• Quel est l’effet des pratiques sociales et techniques du management de la qualité (ISO 9001)
sur l’innovation produit incrémentale et radicale ? Et qu’en est-il pour l’effet du MQ (ISO
9001), constitué par toutes ses pratiques, sur l’innovation produit incrémentale et radicale ?
L’effet des pratiques sociales et techniques du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit se
diffère en fonction du degré de nouveauté de l’innovation. D’après nos résultats, les pratiques
sociales n’ont pas d’effet significatif sur l’innovation produit incrémentale aussi que sur
l’innovation produit radicale. Ces pratiques peuvent ne pas avoir un effet direct significatif sur
l’innovation produit radicale, mais elles sont importantes pour créer l'environnement nécessaire
pour que d'autres pratiques influencent l’innovation produit radicale.
À l’encontre, les pratiques techniques ont un effet positif et significatif, en même temps, sur
l’innovation produit incrémentale et radicale. Cet effet est plus prononcé pour l’innovation produit
incrémentale. Cela montre que la standardisation et le contrôle que ces pratiques établissent au
384 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
sein de l’organisation sont un moyen pour générer plus d’ordre qui est essentiel pour améliorer et
créer des innovations produit.
En intégrant les pratiques sociales et techniques pour analyser le lien entre le MQ (ISO 9001)
et l’innovation produit, nous avons noté un résultat intéressant concernant la composition du
modèle du MQ selon l’ISO 9001. De même que le TQM, notre étude confirme empiriquement la
validité de la l’approche multidimensionnelle du concept du MQ (ISO 9001) qui intègre d’une
manière holistique des pratiques sociales et technique comme rapporté par la littérature (Jiang
Feng et al., 2006; Fotopoulos & Psomas, 2009; Prajogo & Sohal, 2001, 2004).
À propos de l’effet du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit, nos résultats révèlent que le
MQ (ISO 9001) soutient positivement l’innovation produit incrémentale, mais n’a pas
d’association significative avec l’innovation produit radicale. Il ressort de ces constats empiriques
que le MQ (ISO 9001) est plus favorable à l’innovation produit incrémentale puisqu’il repose sur
la philosophie de l’amélioration continue qui pousse l’entreprise à apporter des changements, au
fur et à mesure, à tous les niveaux organisationnels. Toutefois, le MQ (ISO 9001) peut être
insuffisant et limité devant l’innovation produit radicale, du fait que l’esprit de la norme ISO
9001 :2008 n’est pas assez orienté vers le développement de l’innovation radicale.
• Quel est l’effet respectif de l’orientation marché responsive et proactive sur l’innovation
produit incrémentale et radicale ?
En se basant sur les travaux antérieurs, nous avons étudié le rapport de l’OMR et l’OMP à
l’innovation produit incrémentale et radicale. Les résultats suggèrent que l’OMR n’impacte pas
significativement l’innovation produit incrémentale, alors que l’OMP exerce un effet positif et
significatif sur l’innovation produit radicale.
L’OMR peut être des fois dans l’incapacité de contribuer à l’innovation produit incrémentale
suite à une absorption abusive des informations sur le marché actuel. Elle risque de faire tomber
l’entreprise dans un piège de familiarité avec les besoins usuels des clients, ce qui rend la recherche
de nouvelles connaissances sur le marché moins attrayante. Par conséquent, les capacités
inhérentes à l’innovation produit incrémentale se transforment en capacités rigides et inefficaces
qui conduisent l’entreprise à être imitatrice en introduisant des produits marginalement nouveaux.
L’OMP repose sur des processus d’apprentissage organisationnels qui se concentrent sur les
besoins futurs des clients et permettent à l’entreprise de rester en alerte par rapport aux
développements technologiques et aux nouvelles opportunités du marché. Les entreprises qui
385 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
réagissent proactivement à l’égard de leurs marchés sont plus aptes à introduire des produits très
innovants et de générer une plus grande valeur au client que leurs concurrents.
• Quel est l’effet de la synergie entre le management de la qualité (ISO 9001) et l’orientation
marché responsive et proactive sur l’innovation produit incrémentale et radicale ?
En général, nous fournissons des preuves empiriques au postulat des rendements croissants de
la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM vis-à-vis de l’innovation produit, avancé par cette
recherche. Cela montre que le MQ (ISO 9001) et l’OM sont complémentaires, et non
substitutionnels, jouissant d'effets synergiques sur l’innovation produit. Spécifiquement, d’une
part, la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OMR explique positivement et significativement
l’innovation produit incrémentale. D’une autre part, la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OMP
est positivement et significativement liée à l’innovation produit radicale.
Le MQ (ISO 9001) et l’OM ont besoin l’un de l’autre pour soutenir leurs effets sur l’innovation
produit. En l’occurrence, l'absence de relation directe significative entre l’OMR et l’innovation
produit incrémentale montre que les connaissances sur les besoins exprimés des clients générées
par l’OMR peuvent des fois ne pas aboutir à des innovations produit incrémentales, car ce
comportement d’OMR peut être facilement imité et que ces connaissances sont à la portée des
concurrents. Le MQ (ISO 9001) permet alors de fournir la structure, les méthodes et techniques
requises pour exploiter différemment ces connaissances et apporter des modifications distinctes
aux produits existants de l’entreprise.
À un certain degré, la synergie entre MQ (ISO 9001) et OM rend l’entreprise ambidextre dans
le sens où elle lui donne l’aptitude de capitaliser sur un ensemble existant de ressources et de
capacités tout en développant de nouvelles combinaisons de ces dernières pour répondre aux
besoins du marché.
386 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
• Quel est l’effet des motivations pour la certification ISO 9001 sur la relation liant la synergie
entre le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive et proactive avec l’innovation produit
incrémentale et radicale ?
Nous nous sommes intéressés à l’effet contingent des motivations internes et externes pour la
certification sur l’influence de la synergie MQ (ISO 9001)-OM sur l’innovation produit. Les
entreprises peuvent être motivées par des raisons internes pour obtenir la certification ISO 9001
comme l’amélioration de l'efficacité de leurs fonctionnements organisationnels internes, aussi
qu’elles peuvent être motivées par des raisons externes telles que l'amélioration de leurs images
aux yeux des consommateurs, ou encore pour répondre aux exigences réglementaires.
Après le test des effets de modération des motivations pour la certification ISO 9001, nous
avons conclu que plus l’entreprise est guidée par des motivations internes pour obtenir la
certification ISO 9001, plus la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM (responsive et proactive)
impactera négativement l’innovation produit (incrémentale et radicale). En cherchant l’efficacité
de ses processus organisationnels internes, les motivations internes peuvent laisser l’entreprise
387 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
plus orientée vers l’interne que l’externe. De ce fait, l’entreprise reposera davantage sur le MQ
(ISO 9001) et affaiblira le degré de son OM. Ce déséquilibre est en mesure de défavoriser l’effet
de la synergie MQ (ISO 9001)-OM sur l’innovation produit.
• Quel est l’effet de l’incertitude de l’environnement sur la relation liant la synergie entre le
MQ (ISO 9001) et l’OM (responsive et proactive) avec l’innovation produit (incrémentale et
radicale) ?
En plus de la modération des motivations internes et externes, nous avons intégré le rôle
modérateur de l’incertitude de l’environnement, formée par trois facteurs contextuels, qui sont
l’intensité concurrentielle, la turbulence du marché et la turbulence technologique. Nous avons
trouvé que l’incertitude de l’environnement intervient positivement et significativement dans
l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive/proactive sur l’innovation produit
incrémentale et radicale. Ces effets deviennent plus forts lorsque l’incertitude de l’environnement
est plus élevée.
Ce résultat pointe l’idée que même si la synergie MQ (ISO 9001)-OM a un effet positif et
significatif sur l’innovation produit, la force de cet effet est conditionnée par le niveau de
l’incertitude de l’environnement externe. C’est-à-dire que la synergie aura un effet plus intense sur
l’innovation produit quand l’environnement est plus dynamique, du fait qu’il exige une forte
implémentation simultanée du MQ (ISO 9001) de l’OM. En effet, la valeur de la synergie entre le
MQ (ISO 9001) et l’OM dépend de son déploiement ou de son utilisation efficace, d’une manière
cohérente avec l’incertitude de l’environnement externe.
388 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
3. Apports de la thèse
Les apports de cette thèse sont nombreux et sont classés ici en trois catégories, à savoir des
apports théoriques, méthodologiques et managériaux.
Premièrement, nous avons noté que la littérature du MQ est dominée par les recherches
relatives à l’impact du TQM sur l’innovation négligeant ainsi le MQ selon l’ISO 9001. Le très peu
de recherches qui existent ont réduit le MQ (ISO 9001) à la certification ISO 9001 sans explorer
sa nature multidimensionnelle ou encore prendre en considération le degré de l’innovation produit.
Cependant, notre recherche est considérée parmi les premières à s’intéresser aux pratiques sociales
et techniques du MQ (ISO 9001) en relation avec l'innovation produit incrémentale et radicale. En
faisant cela, elle vient enrichir les résultats controversés du nombre limité des recherches sur
l’impact du MQ (ISO 9001) sur l’innovation produit.
Plusieurs auteurs ont avancé que l’effet de l’OM sur la performance de l’entreprise dépend de
sa complémentarité avec d’autres composantes organisationnelles (Ketchen et al., 2007; Menguc
& Seigyoung, 2006). Concernant l’innovation produit, Atuahene-Gima et al. (2005) ont noté que
389 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
Troisièmement, quoique des recherches aient examiné les relations MQ (ISO 9001)-innovation
produit et OMR/OMP-innovation produit, aucune recherche, à notre connaissance, n’a étudié la
complémentarité entre MQ (ISO 9001) et OM, et son impact sur l’innovation produit. De par ce
manque dans la littérature, nous estimons que cette thèse est la première à analyser l’effet de la
synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OMR et OMP sur l’innovation produit incrémentale et
radicale. À côté des études qui ont démontré que la synergie MQ-OM est importante pour
l’amélioration de la performance de l’entreprise (Lai & Cheng, 2005; Lai et al., 2012; Sussan &
Johnson, 1997), nous prouvons empiriquement que le MQ (ISO 9001) et l’OM se renforcent
mutuellement pour améliorer aussi l’innovation produit incrémentale et radicale.
Nous avons trouvé que le MQ (ISO 9001) ou l’OM responsive seul n’ont pas d’influence
respective sur l’innovation produit radicale et incrémentale. Ces résultats confirment les propos de
Eisenhardt & Martin (2000) selon lesquels la possession de capacités dynamiques en soi ne conduit
390 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
Aussi, nous appuyons empiriquement les arguments généraux présentés par des auteurs tels
que Teece et al. (1997), Eisenhardt & Martin (2000) et Helfat et al. (2007) que les effets des
capacités dynamiques sur la performance de l'entreprise dépendent du contexte externe. Nous
avons constaté que l’incertitude de l’environnement renforce l’influence de la synergie entre le
MQ (ISO 9001) et l’OM sur l’innovation produit. Donc, l'ajustement de l’entreprise avec la
dynamique de son environnement externe est important pour l’efficacité de ses capacités
dynamiques. Dans ce sens, notre thèse souligne l’importance de la théorie de contingence dans la
compréhension de la théorie des capacités dynamique en montrant l’effet contingent des conditions
de l’environnement externe sur les retombées des capacités dynamiques.
Notre premier apport méthodologique réside dans le recours à une méthodologie mixte pour
générer une meilleure compréhension de notre problématique de recherche. La triangulation
méthodologique est encore moins mobilisée dans les sciences de l’organisation (Scandura &
Williams, 2000). En optant pour une approche mixte séquentielle exploratoire à dominance
quantitative (quali ---> QUANTI), notre étude reconnaît alors, pratiquement, la pertinence et
l’opportunité qu’offre le troisième paradigme d’approche de la recherche qui est la méthodologie
mixte (Johnson & Onwuegbuzie, 2004).
Deuxièmement, nous avons fait recours dans notre thèse aux méthodes statistiques de la
deuxième génération, particulièrement la méthode PLS de la modélisation par les équations
structurelles (SEM-PLS). Nos revues systématiques de littérature font ressortir que la grande partie
des études ont utilisé des méthodes statistiques de la première génération. Nous avons dépassé
cette limite et illustré l'utilité et la pertinence de l’utilisation du SEM-PLS pour le test des modèles
conceptuels comportant à la fois des construits formatifs et réflectifs, en plus des concepts d’un
haut niveau d’abstraction « High-Order Constructs ». Cette méthode s’est avérée ainsi adéquate à
l’analyse des effets synergiques engendrés par la complémentarité entre des concepts latents qui
ne peuvent pas être observés dans la réalité. Aussi, cette étude démontre l'utilité de l'application
du PLS- SEM sur des échantillons de petite taille, surtout quand on travaille sur des problématiques
391 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
qui traitent des entreprises industrielles difficilement accessibles par les doctorants et les jeunes
chercheurs.
L’innovation produit dépend de la manière avec laquelle les pratiques sociales et techniques
du MQ (ISO 9001) sont implémentées au sein de l’organisation. Les managers devraient revoir le
niveau de maturité de leur système de MQ (ISO 9001), corriger ses anomalies et s'assurer
qu’aucune de ses pratiques sociales et techniques ne prend le dessus sur les autres. Les deux aspects
social et technique du MQ (ISO 9001) sont symbiotiques, et doivent être pris en compte
conjointement sans qu’il y ait une supériorité de l’un sur l’autre. En revanche, une implémentation
inefficace des pratiques sociales détériorera l'efficacité des pratiques techniques, et vice versa, ce
qui condamnera la capacité d'innovation produit de l'entreprise. En fait, un niveau d'intégration
élevé renforcera l'efficacité du processus d'innovation produit. Parce que les pratiques sociales sont
plus nécessaires pour aider certaines fonctions telles que la R&D dans la phase d’idéation du
processus, alors que les pratiques techniques sont nécessaires pour aider la production lors de la
phase d’industrialisation des nouveaux produits (Prajogo & Sohal, 2004; Watson & Rao
Korukonda, 1995). Cela peut être plus prononcé pour l'innovation produit incrémentale. S'agissant
de l'innovation produit radicale, les mangers doivent créer un climat d'échange d'informations
facilitant au MQ (ISO 9001) non seulement l'exploitation des connaissances actuelles, mais
également la recherche de nouvelles connaissances grâce à de nouvelles approches de la résolution
de problèmes indispensables pour l'innovation produit radicale (Blank & Naveh, 2014).
392 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
L’accent mis sur l’effet de la synergie MQ (ISO 9001)-OM sur l’innovation produit est l’une
des principales implications managériales de l'étude. À travers nos résultats, nous montrons aux
managers des entreprises l’importance d’investir davantage dans l’implémentation simultanée du
MQ (ISO 9001) et l’OM pour développer des innovations produit. S’ils cherchent seulement à
apporter des modifications significatives à leurs produits actuels, combiner entre le MQ (ISO
9001) et l’OMR sera suffisant. Toutefois, s’ils visent la création de produits qui diffèrent
totalement de leurs produits existants et de ceux sur le marché, il est essentiel de combiner entre
le MQ (ISO 9001) et l’OMP. Dans les deux cas d’innovation produit, la synergie entre le MQ (ISO
9001) et l’OM est une configuration organisationnelle pertinente à adopter par les entreprises
marocaines pour faire face aux changements et à l’incertitude de leurs environnements. Surtout
que les managers marocains, à l’image de la société marocaine, ont une très grande tendance à
chercher à éviter l'incertitude.
D’un point de vue organisationnel, pour arriver à mettre en place ses interfaces avec moins de
difficultés, un rapprochement entre les départements qualité et marketing est une condition
primordiale. Bien que le MQ (ISO 9001) et l’OM sont l’affaire de tout le monde au sein de
l’organisation, ces départements représentent et conduisent ces deux orientations. Si le
département marketing absorbe et décerne les informations issues du marché pour guider les
processus organisationnels, le département qualité fournit les méthodes et outils nécessaires à
l’implémentation, le contrôle et l’amélioration de ces processus. Nous suggérons ainsi que ces
deux départements devraient s'entraider, surtout durant un projet d’innovation produit. En d’autre
part, les principes du MQ (ISO 9001) et du marketing doivent être communiqués aux personnels
de la qualité et du marketing et aux autres membres de l'organisation pour édifier l’aspect culturel
de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM.
Les implications de cette thèse sont aussi utiles aux décideurs dans les organismes publics
responsables du développement de la qualité et de l’innovation dans les entreprises marocaines.
En fait, les autorités et pouvoirs publics concernés devraient exploiter nos résultats comme une
ligne directrice pour créer des politiques et réglementations efficaces visant à promouvoir encore
la qualité dans le contexte marocain. Toute mesure pour soutenir la qualité dans les entreprises
marocaines développera indirectement leur capacité d’innovation produit vu que selon nos
résultats il existe d’une relation entre le MQ (ISO 9001) et l’innovation produit.
393 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
- En regroupant les huit pratiques du MQ (ISO 9001) en deux catégories de pratiques sociales
et techniques, nous avons omis l’effet individuel de chaque pratique sur l’innovation produit.
Cependant, chacune des huit pratiques du MQ (ISO 9001) pourrait avoir un impact différent en
fonction du type de l’innovation innovation.
- Notre recherche prend l’organisation comme unité d’analyse et l’innovation produit en tant
qu’output final du processus de l’innovation. Les résultats pouvaient être différents si l’on
considérait le projet d’innovation produit comme notre unité analyse et approcherait l’innovation
394 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
produit selon une analyse processuelle. Aussi, nos résultats ne seraient pas les mêmes si l’on
distinguait entre les nouveaux produits industriels de ceux de la grande consommation.
Il nous semble important de souligner que notre stratégie de recherche n’était pas seulement
choisie en fonction de l’objectif visé par la recherche, mais en prenant en compte certaines
contraintes ([Link]. difficultés d’accès au terrain, manque de financement, temps, etc.) qui heurtaient
notre travail empirique. Nous avons considéré les recommandations de Johnson & Onwuegbuzie
(2004) qui convient les chercheurs à examiner les contingences spécifiques et décider quelle
approche de recherche, ou quelle combinaison d'approches, devrait être utilisée dans une étude
spécifique.
395 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
- La présente étude ne considère qu’un seul type d'innovation, à savoir l'innovation produit, en
fonction de son degré de nouveauté. Nous pensons qu’il est intéressant de décortiquer la nouveauté
de l’innovation produit en considérant, par exemple, la typologie de Kleinschmidt & Cooper
(1991), basée sur Booz-Allen & Hamilton (1982), qui regroupe les produits hautement innovants,
les produits modérément innovants et les produits faiblement innovants, ou de s’intéresser encore
aux innovations produit frugales. Hormis l’innovation produit, d’autres types d’innovation
pourraient être étudiés, comme l'innovation organisationnelle, processus et marketing.
- Nous invitons les recherches futures à s’inscrire dans une approche configurationnelle dans
l’étude de l’effet de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM sur l’innovation produit sur un
très large échantillon d’entreprise. Cette approche aidera à établir les différentes configurations
organisationnelles possibles en fonction du degré d’implémentation combinée du MQ (ISO 9001)
avec l’OM, en présence de l’innovation produit incrémentale et radicale. Elle sera une façon de
proposer une typologie d’entreprises sur la base de l’association entre la synergie MQ (ISO 9001)-
OM et l’innovation produit.
396 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
- Compte tenu de la prédominance des répondants relevant de la fonction qualité, nos résultats
peuvent être limités à la perspective des responsables qualité. En plus de ces derniers, l'examen
des points de vue des responsables marketing et R&D apporteront une richesse aux données
collectées pour une meilleure compréhension de la synergie entre le MQ (ISO 9001) et l’OM et
son effet sur l’innovation produit.
397 | P a g e
CONCLUSION GENERALE
associées aux concepts du MQ (ISO 9001), l’OM et l’innovation produit par des mesures binaires
au lieu des échelles de mesure continues.
- La majorité des entreprises de notre échantillon sont certifiées ISO 9001. Une comparaison
devrait être faite entre les entreprises ayant un système de MQ (ISO 9001) et certifiées ISO 9001
et celles adoptant le MQ (ISO 9001) et non certifiées, pour améliorer notre compréhension de
l’utilité de la certification ISO 9001 à l’égard de l’innovation produit incrémentale et radicale.
Par ailleurs, les entreprises étudiées étaient certifiées selon la norme ISO 9001 dans sa version
2008. Après l’apparition de la version actualisée de la norme ISO 9001 en septembre 2015, la
pertinence des modifications apportées à cette nouvelle version vis-à-vis de l’innovation produit
doit faire l’objet des études dans l’avenir. Jusqu’à maintenant, et à notre connaissance, aucune
recherche n’a étudié l’effet du MQ (ISO 9001 :2015) sur l’innovation produit.
398 | P a g e
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
429 | P a g e
LISTE DES TABLEAUX
430 | P a g e
LISTE DES TABLEAUX
431 | P a g e
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 110: Variance totale expliquée pour l’échelle « Orientation marché proactive » ................................ 283
Tableau 111: Matrice des composantes de l’échelle « Orientation marché proactive ».................................... 283
Tableau 112: Analyse de fiabilité de l’échelle « Orientation marché proactive » ............................................ 284
Tableau 113: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Innovation produit incrémentale »..................... 285
Tableau 114: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Innovation produit incrémentale »........................ 285
Tableau 115: Qualités de représentation de l’échelle « Innovation produit incrémentale » .............................. 285
Tableau 116: Variance totale expliquée pour l’échelle « Innovation produit incrémentale » ........................... 286
Tableau 117: Matrice des composantes de l’échelle « Innovation produit incrémentale » ............................... 286
Tableau 118: Analyse de fiabilité de l’échelle « Innovation produit incrémentale » ........................................ 286
Tableau 119: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Innovation produit radicale » ............................ 287
Tableau 120: Indice KMO et test de Bartlett l’échelle « Innovation produit radicale ».................................... 288
Tableau 121: Qualités de représentation de l’échelle « Innovation produit radicale »...................................... 288
Tableau 122: Variance totale expliquée pour l’échelle « Innovation produit radicale » ................................... 288
Tableau 123: Matrice des composantes de l’échelle « Innovation produit radicale » ....................................... 289
Tableau 124: Analyse de fiabilité de l’échelle « Innovation produit radicale » ............................................... 289
Tableau 125: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Motivations internes » ...................................... 290
Tableau 126: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Motivations internes » ......................................... 290
Tableau 127: Qualités de représentation de l’échelle « Motivations internes »................................................ 290
Tableau 128: Variance totale expliquée pour l’échelle « Motivations internes » ............................................. 291
Tableau 129: Matrice des composantes de l’échelle « Motivations internes »................................................. 291
Tableau 130: Analyse de fiabilité de l’échelle « Motivations internes » ......................................................... 291
Tableau 131: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Motivations externes »...................................... 292
Tableau 132: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Motivations externes » ........................................ 292
Tableau 133: Qualités de représentation de l’échelle « Motivations externes » ............................................... 292
Tableau 134: Variance totale expliquée pour l’échelle « Motivations externes » ............................................ 292
Tableau 135: Matrice des composantes de l’échelle « Motivations externes » ................................................ 293
Tableau 136: Analyse de fiabilité de l’échelle « Motivations externes » ......................................................... 293
Tableau 137: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Intensité concurrentielle » ................................. 293
Tableau 138: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Intensité concurrentielle ».................................... 294
Tableau 139: Qualités de représentation de l’échelle « Intensité concurrentielle » .......................................... 294
Tableau 140: Variance totale expliquée pour l’échelle « Intensité concurrentielle »........................................ 294
Tableau 141: Matrice des composantes de l’échelle « Intensité concurrentielle » ........................................... 295
Tableau 142: Analyse de fiabilité de l’échelle « Intensité concurrentielle » .................................................... 295
Tableau 143: Statistique de l’échelle « Intensité concurrentielle ».................................................................. 295
Tableau 144: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Turbulence technologique » .............................. 296
Tableau 145: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Turbulence technologique » ................................. 296
Tableau 146: Qualités de représentation de l’échelle « Turbulence technologique » ....................................... 296
Tableau 147: Variance totale expliquée pour l’échelle « Turbulence technologique »..................................... 296
Tableau 148: Matrice des composantes de l’échelle « Turbulence technologique » ........................................ 297
Tableau 149: Analyse Statistique de l’échelle « Turbulence technologique » ................................................. 297
Tableau 150: Statistique de l’échelle « Turbulence technologique »............................................................... 298
Tableau 151: Matrice de corrélation des items de l’échelle « Turbulence du marché » ................................... 298
Tableau 152: Indice KMO et test de Bartlett de l’échelle « Turbulence du marché » ...................................... 298
Tableau 153: Qualités de représentation de l’échelle « Turbulence du marché »............................................. 298
Tableau 154: Variance totale expliquée pour de l’échelle « Turbulence du marché »...................................... 299
Tableau 155: Matrice des composantes de l’échelle « Turbulence du marché » .............................................. 299
Tableau 156: Analyse de fiabilité de l’échelle de l’échelle « Turbulence du marché » .................................... 299
Tableau 157: Statistique de l’échelle « Turbulence du marché » .................................................................... 300
Tableau 158: Synthèse des statistiques des échelles de mesure après l'AFE .................................................... 301
Tableau 159: Règles de l'évaluation du modèle de mesure réflectif ................................................................ 306
Tableau 160: Règles de l'évaluation du modèle de mesure formatif................................................................ 307
Tableau 161: Fiabilité des indicateurs des variables réflectives exogènes ....................................................... 311
Tableau 162: Fiabilité de la cohérence interne des variables réflectives exogènes........................................... 312
Tableau 163: Validité convergente des variables réflectives exogènes ........................................................... 313
Tableau 164: Fiabilité des indicateurs des variables réflectives endogènes ..................................................... 313
Tableau 165: Fiabilité de la cohérence interne des variables endogènes ......................................................... 314
Tableau 166: Validité convergente des variables endogènes .......................................................................... 314
Tableau 167: Fiabilités des indicateurs des variables modératrices ................................................................. 314
Tableau 168: Fiabilité de la cohérence interne des variables modératrices ...................................................... 315
Tableau 169: Validité convergente des variables modératrices ....................................................................... 315
432 | P a g e
LISTE DES TABLEAUX
433 | P a g e
LISTE DES FIGURES
434 | P a g e
LISTE DES FIGURES
435 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
436 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
2. Quelles sont les contraintes organisationnelles et environnementales rencontrées par les entreprises
marocaines en matière d’innovation produit ? et quelles sont, selon vous, les plus importantes ?
3. Par contre, quels sont les différents atouts organisationnels et facteurs environnementaux permettant
aux entreprises marocaines d’innover en produit ? Quel est le degré d’importance qu’on peut donner à
ces atouts et facteurs ?
4. Il est reconnu que l’innovation produit peut prendre différents types, partant des modifications mineures
dans les produits, jusqu’à l’introduction de produits tout à fait nouveaux. Quel est le type le plus répandu
dans les entreprises marocaines ? pourquoi ?
5. Quels sont les secteurs marocains les plus développés en matière d’innovation, et surtout d’innovation
produit ? pourquoi ?
7. À votre avis, est-ce qu’il y a une évolution dans l’adoption du management de la qualité (ISO 9001) par
les entreprises marocaines ? Comment peut-on l’expliquer ?
8. En parlant de la qualité selon la norme ISO 9001, Comment le recours à la qualité (comme mode de
gestion et de management) se fait-il par les entreprises marocaines ? quelles en sont les motivations ?
10. Qu’ils sont les éléments organisationnels importants pour une meilleure implémentation du
management de la qualité (ISO 9001) par l’entreprise ?
11. Est-ce que le management de la qualité (ISO 9001) peut aider à développer des innovation produit ?
Comment ?
12. Quelles sont, à votre avis, les dimensions ou pratiques du système management de la qualité ISO 9001
qui sont plus liées à l’innovation produit ? comment ces dernières contribuent-t-elles à l’innovation
produit ?
13. Est-ce que cette contribution diffère en fonction du degré de l’innovation produit ? pourquoi ?
14. Quels sont les secteurs marocains les plus développés en matière de qualité ?
437 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
16. Pratiquement, Comment qualifier qu’une entreprise est orientée marché ? Quelles sont les dimensions
ou pratiques qui la reflètent ?
17. Pensez-vous que les entreprises marocaines sont aujourd'hui plus orientées marché qu’auparavant ?
Pourquoi ?
18. A votre avis, quelles sont les déterminants organisationnels nécessaires pour qu’une entreprise soit
orientée marché ?
19. Est-ce que le système du management de la qualité (ISO 9001) figure parmi ces déterminants ? Dans
quelle mesure il peut améliorer l’orientation marché de l’entreprise ?
20. Dans le cadre de l’innovation, pensez-vous qu’une entreprise orientée marché sera plus susceptible de
développer de l’innovation produit ? Pourquoi ?
21. Selon vous, est-ce que le degré de l’orientation marché est associé avec le degré d’innovation
produit ? Pourriez-vous expliquer plus ?
22. Auparavant, nous avons discuté l’orientation marché et le management de qualité (ISO 9001). Aviez-
vous une idée sur les similarités et les différences entre ces deux types d’orientations de l’entreprise ?
23. Estimez-vous que ces orientations soient plutôt substituables, contradictoires, ou mutuellement
complémentaires ? Pourquoi ? Si elles sont complémentaires, comment cette complémentarité se
manifeste-t-elle ?
24. Pensez-vous que l’adoption du management de la qualité rend plus l’entreprise orientée marché ?
25. Réciproquement, est-ce que le fait d’être orienté marché joue un rôle dans l’amélioration du
management de la qualité (ISO 9001) de l’entreprise ? Comment ?
26. Quels sont les facteurs organisationnels qui soutiennent leur intégration simultanée, ainsi que leur
complémentarité ?
27. Est-ce que les entreprises marocaines sont-elles capables d’intégrer simultanément ces deux
orientations ? Qu’est-ce qu’il leur permet d’arriver à cette articulation ?
28. Supposons que l’orientation marché et le management de la qualité (ISO 9001) se complémentent,
quelles seraient les conséquences de cette complémentarité sur l’entreprise ? Surtout en termes de
l’innovation produit ? Comment ?
Remerciements
438 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
I. MANAGEMENT DE LA QUALITE
1. Depuis combien de temps votre entreprise a intégré un système de management de la qualité (ISO
9001) ?
2. Quelles étaient les raisons derrière la mise en place d’un système de management de la qualité (ISO
9001), aussi l’obtention de la certification ISO 9001 ?
3. Quels sont les bénéfices que vous avez pu obtenir à travers la mise en place du système de management
de la qualité (ISO 9001) ? Plus particulièrement, en terme organisationnel ?
4. Comment juger-vous l’efficacité de votre système de management de la qualité (ISO 9001) ? Comment
mesurez-vous cette efficacité ?
6. Sur quoi basez-vous l’amélioration de votre système de management de la qualité (ISO 9001) ? Relance :
est-ce que vous vous focalisez seulement sur l’interne de votre entreprise, ou vous vous orientez aussi vers
votre marché ? Pourquoi ?
7. Quels sont les facteurs organisationnels (internes) et environnementaux (externes) importants pour
l’amélioration de votre système de management de la qualité (ISO 9001) ?
9. En se basant sur votre définition, pensez-vous que votre entreprise est orientée marché ?
10. Pratiquement, quelles sont les dimensions ou pratiques reflétant l’orientation marché de votre
entreprise ?
11. Quels sont les facteurs organisationnels qui favorisent le développement de l’orientation marché de
votre entreprise ?
12. Quelles sont les conséquences positives de cette orientation sur votre entreprise ? Plus particulièrement
au niveau organisationnel ?
13. Pensez-vous que l’orientation marché contribue dans votre système de management de la qualité (ISO
9002) ? Dans quel sens ?
439 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
14. Est-ce que votre entreprise a déjà introduit des nouveaux produits sur le marché ? Est-ce qu’il s’agit de
produits tout à fait nouveaux, ou c’est des produits préexistants modifiés ou améliorés ?
15. Quels sont parmi ces produits, ceux qui ont eu un succès sur le marché ?
16. Comment expliquez-vous ce succès ? Quels sont d’après vous les facteurs responsables de ce succès ?
18. Quels sont les départements qui ont beaucoup participé durant ce processus ?
19. Qu’il a été le rôle du management de la qualité dans le développement et le succès de ce nouveau
produit ? Comment ?
20. Pensez-vous que l’orientation marché de votre entreprise a aussi aidé dans ce nouveau produit ?
comment ?
29. Auparavant, nous avons discuté l’orientation marché et le management de qualité (ISO 9001). Aviez-
vous une idée sur les similarités et les différences entre ces deux types d’orientations de l’entreprise ?
30. Estimez-vous que ces orientations soient plutôt substituables, contradictoires, ou mutuellement
complémentaires ? pourquoi ? Si elles sont complémentaires, comment cette complémentarité se
manifeste-t-elle dans votre entreprise ?
31. Quels sont les facteurs organisationnels qui soutiennent leur intégration simultanée, ainsi que leur
complémentarité au sein de votre entreprise ?
32. Quelles sont les conséquences de cette complémentarité sur votre entreprise ? Surtout lors de votre
développement de l’innovation produit ? Comment ?
Remerciements
440 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Par le présent mail, nous sollicitons votre participation à une enquête par questionnaire, menée dans le cadre
d’une recherche doctorale à l’université Cadi Ayyad, Marrakech, et l’université Jean Moulin Lyon 3, Lyon,
France. Cette recherche porte sur la synergie entre le management de la qualité selon l'ISO 9001 et
l'orientation marché, et son effet sur l’amélioration de l’innovation produit des entreprises marocaines.
Nous vous invitons à indiquer avec précision les réponses reflétant le mieux la situation de votre entreprise.
Aussi, nous portons à votre connaissance que toutes vos réponses seront traitées d'une façon strictement
confidentielle et anonyme pour une fin purement scientifique.
Sachez que vos réponses sont vitales pour le succès de cette recherche, et que nous ne saurions trop vous
remercier pour votre aide précieuse.
En vous remerciant de l'intérêt que vous avez porté à cette enquête, nous vous prions de croire, Madame,
Monsieur, à l'assurance de notre considération distinguée.
Cordialement.
---
El MANZANI Younes
Doctorant en Sciences de Gestion
Laboratoire de Recherche (L-QUALIMAT), FSJES de Marrakech
Université Cadi Ayyad, Maroc
Centre de recherche Magellan, IAE de Lyon
Université Jean Moulin Lyon 3, France
441 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Bonjour,
Le présent questionnaire concerne une recherche doctorale préparée à l’université Cadi Ayyad de
Marrakech en cotutelle avec l’université Jean moulin Lyon 3, qui étudie la synergie entre les pratiques du
management de la qualité selon l'ISO 9001 et l'orientation marché de l'entreprise, et son effet sur
l’amélioration de l’innovation produit.
Sachant qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, il vous est demandé de répondre avec précision
aux différentes questions en se référant au cas de votre entreprise. En outre, vos réponses seront traitées
d'une façon strictement confidentielle et anonyme pour une fin purement scientifique.
N.B :
- Le terme Produit peut aussi faire référence au service pour les entreprises opérant dans le secteur des
services.
- Le questionnaire comprend six sections avec une durée moyenne de réponse de 20 Min.
442 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Ville : ……………………….……………………….
☐ Electriques & Electroniques
☐ Agro-alimentaire
Quel est le secteur d’activité de ☐ Métalliques & Mécaniques
☐ Automobile ☐ Autre (à préciser) :
votre entreprise ? (Vous pouvez ☐ NTIC
☐ Aéronautique ………………………
cocher plusieurs cases) ☐ Textiles & Cuir
☐ Chimies & Parachimies
Informations sur la personne Fonction dans l’entreprise :
enquêtée : ☐ Dirigeant ☐ Responsable R&D
☐ Responsable qualité ☐ Responsable RH
☐ Responsable qualité QSE ☐ Autre (à préciser) :.………………………..
☐ Responsable marketing
Sexe : ☐ Femme ☐ Homme
☐ Entre 20 ans et 30 ans ☐ Entre 41 ans 50 ans
Age :
☐ Entre 31 et 40 ans ☐ ≥ 51 ans
Mail pour recevoir les résultats
………………………..………………………..
de l’enquête :
Téléphone : ………………………..………………………..
Quel est le nombre de salariés de ☐ < 10 ☐ Entre 50 et 249
☐ > 500
votre entreprise ? ☐ Entre 10 et 49 ☐ Entre 250 et 500
De combien estimez-vous le
☐ < 1 million MAD ☐ Entre 10 millions et 175 millions MAD
chiffre d’affaires de votre
entreprise pour l’année ☐ Entre 1 million et 10 millions MAD ☐ > 175 millions MAD
précédente ?
☐ < 10 ans ☐ Entre 20 et 30 ans ☐ Entre 40 et 50 ans
7. Quel est l’âge de votre
entreprise ? ☐ Entre 10 et 20 ans ☐ Entre 30 et 40 ans ☐ > 50 ans
Quelles sont les certifications obtenues par votre entreprise ? (Vous pouvez indiquer plusieurs certifications)
Dans le cas de votre entreprise, exprimez votre accord ou désaccord avec les motivations d'intégration d’un système de management
de la qualité ISO (9001) ci-dessous :
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
1 2 3 4 5
Internes - Lutter contre une mauvaise performance qualité.
- Pouvoir gérer l’entreprise comme un système.
- Avoir un meilleur contrôle des opérations et des activités de l’entreprise.
- Avoir un outil de base pour l’amélioration continue de l’entreprise.
- Réaliser la stratégie de l'entreprise en matière de qualité.
Externes - Satisfaire les exigences des clients.
- Faire face aux actions et réactions des concurrents.
443 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Le système de management de la qualité ISO 9001 repose sur les principes ci-dessous. Indiquez votre degré d'accord ou de désaccord
avec les énoncés suivants décrivant chaque principe dans le cas de votre entreprise.
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
Leadership 1 2 3 4 5
- La direction établit une vision claire de l'avenir de l'organisation.
- La direction fixe des objectifs ambitieux.
- La direction crée des valeurs partagées à tous les niveaux de l’organisation.
- La direction fournit aux employés les ressources nécessaires.
- La direction fournit aux employés les formations nécessaires.
Implication du personnel 1 2 3 4 5
- Les employés comprennent leur rôle dans l'organisation.
- Les employés ne blâment pas leurs collègues pour les problèmes commis.
- Les employés acceptent la responsabilité de résoudre les problèmes.
- Les employés cherchent des opportunités pour développer leurs compétences.
- Les employés partagent ouvertement leurs connaissances.
Approche processus 1 2 3 4 5
- Notre entreprise définit systématiquement les activités nécessaires pour obtenir un résultat souhaité.
- Notre entreprise établit des responsabilités claires pour la gestion des activités clés.
- Notre entreprise mesure la capacité des principales activités.
- Notre entreprise analyse la capacité des principales activités.
Amélioration continue 1 2 3 4 5
- Notre entreprise a développé une structure organisationnelle pour soutenir l'amélioration continue du système de
management de la qualité.
- Les processus et les produits sont en permanence contrôlés, passés en revue et améliorés.
- Notre entreprise fixe des objectifs liés à la qualité mesurés et explicités à tous les employés.
- La performance des employés est continuellement améliorée.
- Notre entreprise a développé un business plan (plan d'affaires) efficace pour l'amélioration continue de la qualité.
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LISTE DES ANNEXES
Oui Non
Est-ce que votre entreprise a entamé le passage vers la nouvelle version ISO 9001 :2015 ?
L’orientation marché est l’aptitude de l’entreprise à comprendre et à satisfaire les besoins exprimés par ses clients (orientation marché
responsive), et/ou à comprendre et à satisfaire les besoins latents non exprimés par ses clients (orientation marché proactive).
Veuillez indiquer dans quelle mesure vous êtes en accord ou en désaccord avec les énoncés suivants concernant les orientations
marché de votre entreprise.
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt
d’accord, et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
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LISTE DES ANNEXES
Oui Non
Votre entreprise dispose-t-elle d'un département R&D ?
Oui Non
Votre entreprise a-t-elle introduit sur le marché, durant les cinq dernières années, des produits significativement
améliorés par rapport aux produits précédemment élaborés par l’entreprise (innovation produit incrémentale) ?
Si vous avez répondu « Oui », indiquez votre degré d’accord ou de désaccord avec les énoncés suivants décrivant l’état de l’innovation
produit incrémentale de votre entreprise.
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
Estimez la part de votre chiffre d’affaires (en %) en 2016 relative à des produits significativement améliorés par ……………
rapport aux produits précédemment élaborés par l’entreprise (innovation produit incrémentale) %
Oui Non
Votre entreprise a-t-elle introduit sur le marché, durant les cinq dernières années, des nouveaux produits qui diffèrent
énormément des produits antérieurs de l’entreprise et des produits de ses concurrents (innovation produit radicale) ?
Si vous avez répondu « Oui », indiquez votre degré d'accord ou de désaccord avec les énoncés suivants décrivant l’état de l’innovation
produit radicale de votre entreprise.
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
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LISTE DES ANNEXES
Estimez la part de votre chiffre d’affaires (en %) en 2016 relative à des nouveaux produits qui diffèrent énormément …………… %
des produits antérieurs de l’entreprise et des produits de ses concurrents (innovation produit radicale)
Quel est votre degré d’accord ou de désaccord avec les affirmations suivantes relatives à l’intensité concurrentielle sur votre principal
marché/industrie ?
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
1 2 3 4 5
- La concurrence dans notre industrie est féroce.
- Il y a beaucoup de guerres promotionnelles dans notre industrie.
- Tout ce qu'un concurrent peut offrir, d'autres peuvent facilement le concurrencer.
- La concurrence par les prix est une caractéristique de notre industrie.
- On entend parler d’une nouvelle action concurrentielle presque chaque jour.
- Nos concurrents sont relativement faibles.
Quel est votre degré d’accord ou de désaccord avec les affirmations suivantes relatives aux changements et développements
technologiques de votre industrie ?
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt d’accord,
et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
1 2 3 4 5
- La technologie utilisée dans les produits a changé rapidement.
- Les changements technologiques dans notre industrie permettent de saisir de grandes opportunités.
- Un grand nombre de nouvelles idées de produit ont été rendues possibles par les évolutions technologiques - pour des
catégories de produit.
- Les développements technologiques dans notre industrie sont plutôt mineurs.
Quel est votre degré d’accord ou de désaccord avec les affirmations suivantes décrivant les comportements de consommation de vos
clients ?
Les réponses peuvent varier entre : (1) Pas du tout d’accord, (2) Plutôt pas d’accord, (3) Moyennement d’accord, (4) Plutôt
d’accord, et (5) Tout à fait d’accord. (Veuillez cocher une seule case pour chaque réponse)
1 2 3 4 5
- Dans notre marché, les préférences produit des clients changent au fil du temps.
- Nos clients ont tendance à chercher de nouveau produit tout le temps.
- Les nouveaux clients ont tendance à avoir des besoins (liés aux produits) qui se diffèrent de ceux de nos clients existants.
- On répond aux besoins d’un grand nombre des mêmes clients que nous servons auparavant.
- Nous évaluons la demande de nos produits et services auprès de clients qui ne les ont jamais achetés auparavant.
Contact : [Link]@[Link]
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LISTE DES ANNEXES
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LISTE DES ANNEXES
449 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
450 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Leadership2 0.703 0.679 0.685 0.652 0.675 0.223 0.133 0.323 0.885 0.648 0.542 0.64 0.563 0.176 0.306
Leadership3 0.745 0.715 0.683 0.684 0.721 0.212 0.164 0.374 0.887 0.738 0.638 0.712 0.662 0.243 0.465
Leadership4 0.633 0.619 0.596 0.679 0.681 0.107 0.153 0.363 0.879 0.605 0.48 0.574 0.478 0.161 0.349
Leadership5 0.654 0.571 0.646 0.64 0.667 0.211 0.24 0.356 0.866 0.642 0.581 0.553 0.469 0.258 0.375
MAS1 0.855 0.779 0.74 0.721 0.681 0.315 0.279 0.416 0.718 0.924 0.685 0.826 0.622 0.346 0.423
MAS2 0.737 0.71 0.639 0.674 0.719 0.233 0.274 0.326 0.642 0.868 0.655 0.696 0.607 0.352 0.377
MAS3 0.827 0.798 0.759 0.683 0.747 0.345 0.288 0.421 0.687 0.939 0.663 0.789 0.676 0.324 0.385
OM_Pro1 0.54 0.537 0.405 0.575 0.523 0.341 0.321 0.4 0.51 0.542 0.808 0.54 0.46 0.311 0.391
OM_Pro2 0.631 0.616 0.504 0.654 0.567 0.261 0.249 0.477 0.516 0.596 0.814 0.649 0.481 0.342 0.338
OM_Pro3 0.607 0.595 0.482 0.576 0.568 0.341 0.27 0.422 0.549 0.621 0.871 0.595 0.429 0.477 0.273
OM_Pro4 0.604 0.634 0.53 0.545 0.571 0.321 0.306 0.413 0.55 0.641 0.836 0.644 0.554 0.517 0.388
OM_Pro5 0.446 0.415 0.335 0.359 0.398 0.363 0.337 0.34 0.434 0.45 0.745 0.453 0.426 0.498 0.46
OM_Pro6 0.619 0.62 0.541 0.541 0.553 0.396 0.333 0.471 0.568 0.689 0.905 0.681 0.617 0.556 0.421
OM_Pro7 0.675 0.675 0.546 0.599 0.537 0.377 0.282 0.406 0.584 0.71 0.86 0.677 0.598 0.485 0.47
OM_Pro8 0.668 0.725 0.56 0.635 0.581 0.441 0.309 0.481 0.567 0.682 0.874 0.694 0.602 0.434 0.441
OM_Resp1 0.666 0.645 0.527 0.707 0.618 0.25 0.221 0.389 0.566 0.678 0.603 0.832 0.501 0.259 0.337
OM_Resp2 0.762 0.721 0.69 0.711 0.707 0.271 0.258 0.396 0.649 0.757 0.676 0.857 0.591 0.328 0.406
OM_Resp3 0.726 0.686 0.589 0.679 0.785 0.201 0.199 0.418 0.642 0.725 0.628 0.816 0.56 0.313 0.336
OM_Resp4 0.733 0.707 0.572 0.72 0.644 0.281 0.203 0.393 0.61 0.73 0.666 0.819 0.67 0.273 0.295
OM_Resp5 0.744 0.65 0.611 0.73 0.628 0.263 0.203 0.37 0.607 0.748 0.581 0.888 0.582 0.355 0.385
OM_Resp6 0.732 0.656 0.644 0.658 0.627 0.278 0.213 0.416 0.575 0.736 0.606 0.837 0.579 0.29 0.351
OM_Resp9 0.651 0.599 0.561 0.591 0.605 0.217 0.176 0.337 0.554 0.674 0.544 0.845 0.537 0.357 0.362
OM_Resp10 0.623 0.633 0.493 0.591 0.581 0.326 0.281 0.398 0.494 0.631 0.584 0.8 0.519 0.392 0.434
RMBF2 0.633 0.614 0.562 0.568 0.605 0.298 0.215 0.488 0.609 0.614 0.564 0.639 0.915 0.269 0.413
RMBF3 0.651 0.644 0.58 0.556 0.629 0.271 0.204 0.399 0.59 0.641 0.555 0.603 0.901 0.254 0.366
RMBF4 0.605 0.557 0.501 0.471 0.495 0.31 0.216 0.423 0.467 0.607 0.542 0.568 0.849 0.367 0.45
Turb_Marché3 0.23 0.214 0.136 0.147 0.175 0.364 0.466 0.437 0.114 0.227 0.432 0.271 0.288 0.829 0.52
Turb_Marché4 0.353 0.31 0.344 0.262 0.288 0.17 0.231 0.393 0.272 0.372 0.513 0.376 0.289 0.928 0.416
Turb_Marché5 0.368 0.293 0.312 0.289 0.279 0.239 0.317 0.361 0.226 0.412 0.512 0.392 0.304 0.925 0.45
Turb_Tech1 0.359 0.334 0.272 0.351 0.258 0.346 0.402 0.522 0.3 0.34 0.416 0.38 0.418 0.474 0.876
Turb_Tech2 0.375 0.342 0.315 0.375 0.335 0.261 0.293 0.45 0.402 0.443 0.415 0.421 0.417 0.453 0.933
Turb_Tech3 0.387 0.352 0.308 0.415 0.327 0.358 0.389 0.437 0.461 0.4 0.469 0.391 0.41 0.489 0.912
AC : Amélioration continue ; AFPD: Approche factuelle pour la prise de décision ; AP: Approche processus ; FC : Focalisation sur le client ; IP: Implication du
personnel ; IPI: Innovation produit incrémentale ; IPR: Innovation produit radicale ; IC: Intensité concurrentielle ; Lp : Leadership ; MAS : Management par
approche systémique ; OMP : Orientation marché proactive ; OMR : Orientation marché responsive ; RMBF : Relation mutuellement bénéfique avec les
fournisseurs ; TM : Turbulence du marché ; TT : Turbulence technologique.
451 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 7. CORRELATIONS ENTRE LES VARIABLES DU MQ (ISO 9001) AVEC OMR ET OMP
Leadership FocaClt ImplcPerso RMBF AppProc AmelCont MAS AFDP OM_Resp1 OM_Resp2 OM_Resp3 OM_Resp4 OM_Resp5 OM_Resp6 OM_Resp9 OM_Resp10
Leadership 1
FocaClt .755** 1
** **
ImplcPerso .776 .726 1
** ** **
RMBF .617 .598 .645 1
** ** ** **
AppProc .735 .655 .708 .614 1
** ** ** ** **
AmelCont .777 .790 .755 .709 .827 1
MAS .747** .760** .782** .699** .784** .886** 1
AFDP .746** .742** .766** .679** .792** .875** .840** 1
** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp1 .566 .704 .612 .500 .527 .664 .677 .645 1
** ** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp2 .646 .708 .701 .588 .689 .760 .757 .722 .785 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp3 .641 .678 .784 .556 .589 .726 .726 .686 .596 .704 1
OM_Resp4 .606** .718** .640** .663** .571** .730** .729** .707** .711** .740** .658** 1
OM_Resp5 .605** .731** .623** .584** .612** .744** .747** .651** .703** .716** .623** .667** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp6 .572 .662 .624 .582 .644 .733 .736 .657 .602 .600 .623 .610 .772 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp9 .550 .591 .602 .539 .561 .652 .673 .600 .611 .662 .659 .594 .789 .714 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
OM_Resp10 .490 .593 .578 .519 .493 .624 .631 .634 .564 .550 .666 .498 .669 .658 .674 1
452 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
OM_Pro1 OM_Pro2 OM_Pro3 OM_Pro4 OM_Pro5 OM_Pro6 OM_Pro7 OM_Pro8 Leadership FocaClt ImplcPerso RMBF AppProc AmelCont MAS AFDP
OM_Pro1 1
OM_Pro2 .747** 1
OM_Pro3 .658** .685** 1
OM_Pro4 .559** .611** .729** 1
OM_Pro5 .559** .448** .630** .556** 1
OM_Pro6 .643** .697** .767** .763** .605** 1
** ** ** ** **
OM_Pro7 .570 .662 .693 .707 .589 .802** 1
** ** ** ** ** **
OM_Pro8 .686 .689 .714 .684 .542 .789 .768** 1
** ** ** ** ** ** **
Leadership .510 .518 .550 .548 .434 .567 .577 .564** 1
** ** ** ** ** ** ** **
FocaClt .575 .653 .576 .547 .361 .541 .602 .637 .755** 1
** ** ** ** ** ** ** ** **
ImplcPerso .520 .563 .568 .571 .398 .551 .533 .577 .776 .726** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** **
RMBF .460 .480 .428 .553 .428 .618 .601 .601 .617 .598 .645** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
AppProc .403 .502 .482 .529 .334 .539 .545 .559 .735 .655 .708 .614** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
AmelCont .540 .630 .605 .603 .447 .620 .675 .668 .777 .790 .755 .709 .827** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
MAS .542 .595 .620 .641 .450 .689 .709 .681 .747 .760 .782 .699 .784 .886** 1
** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **
AFDP .538 .617 .596 .635 .416 .621 .676 .726 .746 .742 .766 .679 .792 .875 .840** 1
** La corrélation est significative au niveau 0.01 (bilatéral).
453 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
454 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
455 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
456 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
457 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANOVA
Cluster Erreur
Carré moyen ddl Carré moyen ddl F Sig.
Leadership 50.369 1 .444 128 113.382 .000
FocaClt 50.532 1 .381 128 132.562 .000
ImplcPerso 67.748 1 .344 128 196.694 .000
RMBF 44.737 1 .617 128 72.498 .000
AppProc 55.281 1 .512 128 107.934 .000
AmelCont 70.975 1 .429 128 165.558 .000
MAS 69.169 1 .409 128 169.267 .000
AFDP 81.585 1 .449 128 181.804 .000
OM_Resp1 42.532 1 .578 128 73.570 .000
OM_Resp2 60.559 1 .535 128 113.132 .000
OM_Resp3 90.566 1 .579 128 156.535 .000
OM_Resp4 52.117 1 .501 128 104.063 .000
OM_Resp5 50.872 1 .466 128 109.259 .000
OM_Resp6 59.574 1 .751 128 79.327 .000
OM_Resp9 72.773 1 .710 128 102.548 .000
OM_Resp10 68.218 1 .779 128 87.618 .000
458 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANOVA
Cluster Erreur
F Sig.
Carré moyen ddl Carré moyen ddl
OM_Pro1 70.136 1 .834 128 84.092 .000
OM_Pro2 70.136 1 .694 128 101.032 .000
OM_Pro3 88.351 1 .822 128 107.441 .000
OM_Pro4 86.554 1 .812 128 106.552 .000
OM_Pro5 67.743 1 1.577 128 42.963 .000
OM_Pro6 106.013 1 .613 128 172.957 .000
OM_Pro7 73.117 1 .765 128 95.539 .000
OM_Pro8 88.351 1 .682 128 129.605 .000
Leadership 45.533 1 .482 128 94.463 .000
FocaClt 41.190 1 .454 128 90.692 .000
ImplcPerso 51.831 1 .469 128 110.565 .000
RMBF 43.595 1 .626 128 69.639 .000
AppProc 49.810 1 .555 128 89.763 .000
AmelCont 58.929 1 .523 128 112.717 .000
MAS 60.896 1 .473 128 128.670 .000
AFDP 78.507 1 .473 128 166.047 .000
459 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 12. TEST D’ANOVA SUR LES VARIABLES DU MQ (ISO 9001) ET OMR
ANOVA
Somme des carrés ddl Carré moyen F Sig.
Intergroupes 50.369 1 50.369 113.382 .000
Leadership Intragroupes 56.862 128 .444
Total 107.231 129
Intergroupes 50.532 1 50.532 132.562 .000
FocaClt Intragroupes 48.793 128 .381
Total 99.324 129
Intergroupes 67.748 1 67.748 196.694 .000
ImplcPerso Intragroupes 44.087 128 .344
Total 111.835 129
Intergroupes 44.737 1 44.737 72.498 .000
RMBF Intragroupes 78.986 128 .617
Total 123.723 129
Intergroupes 55.281 1 55.281 107.934 .000
AppProc Intragroupes 65.558 128 .512
Total 120.839 129
Intergroupes 70.975 1 70.975 165.558 .000
AmelCont Intragroupes 54.874 128 .429
Total 125.849 129
Intergroupes 69.169 1 69.169 169.267 .000
MAS Intragroupes 52.306 128 .409
Total 121.474 129
Intergroupes 81.585 1 81.585 181.804 .000
AFDP Intragroupes 57.440 128 .449
Total 139.026 129
Intergroupes 60.255 60.255 60.255 252.043 .000
MQ (ISO 9001) Intragroupes 30.601 128 .239
Total 90.856 129
Intergroupes 42.532 1 42.532 73.570 .000
OM_Resp1 Intragroupes 73.999 128 .578
Total 116.531 129
Intergroupes 60.559 1 60.559 113.132 .000
OM_Resp2 Intragroupes 68.518 128 .535
Total 129.077 129
Intergroupes 90.566 1 90.566 156.535 .000
OM_Resp3 Intragroupes 74.057 128 .579
Total 164.623 129
Intergroupes 52.117 1 52.117 104.063 .000
OM_Resp4 Intragroupes 64.106 128 .501
Total 116.223 129
Intergroupes 50.872 1 50.872 109.259 .000
OM_Resp5 Intragroupes 59.598 128 .466
Total 110.469 129
Intergroupes 59.574 1 59.574 79.327 .000
OM_Resp6 Intragroupes 96.126 128 .751
Total 155.700 129
Intergroupes 72.773 1 72.773 102.548 .000
OM_Resp9 Intragroupes 90.835 128 .710
Total 163.608 129
Intergroupes 68.218 1 68.218 87.618 .000
OM_Resp10 Intragroupes 99.659 128 .779
Total 167.877 129
Intergroupes 61.388 1 61.388 217.263 .000
OMR Intragroupes 36.167 128 .283
Total 97.555 129
P < 0.01
460 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 13. TEST D’ANOVA SUR LES VARIABLES DU MQ (ISO 9001) ET OMP
ANOVA
Somme des carrés ddl Carré moyen F Sig.
Intergroupes 45.533 1 45.533 94.463 .000
Leadership Intragroupes 61.698 128 .482
Total 107.231 129
Intergroupes 41.190 1 41.190 90.692 .000
FocaClt Intragroupes 58.134 128 .454
Total 99.324 129
Intergroupes 51.831 1 51.831 110.565 .000
ImplcPerso Intragroupes 60.004 128 .469
Total 111.835 129
Intergroupes 43.595 1 43.595 69.639 .000
RMBF Intragroupes 80.129 128 .626
Total 123.723 129
Intergroupes 49.810 1 49.810 89.763 .000
AppProc Intragroupes 71.029 128 .555
Total 120.839 129
Intergroupes 58.929 1 58.929 112.717 .000
AmelCont Intragroupes 66.920 128 .523
Total 125.849 129
Intergroupes 60.896 1 60.896 128.670 .000
MAS Intragroupes 60.579 128 .473
Total 121.474 129
Intergroupes 78.507 1 78.507 166.047 .000
AFDP Intragroupes 60.519 128 .473
Total 139.026 129
Intergroupes
MQ (ISO 9001) Intragroupes
Total
Intergroupes 70.136 1 70.136 84.092 .000
OM_Pro1 Intragroupes 106.757 128 .834
Total 176.892 129
Intergroupes 70.136 1 70.136 101.032 .000
OM_Pro2 Intragroupes 88.857 128 .694
Total 158.992 129
Intergroupes 88.351 1 88.351 107.441 .000
OM_Pro3 Intragroupes 105.257 128 .822
Total 193.608 129
Intergroupes 86.554 1 86.554 106.552 .000
OM_Pro4 Intragroupes 103.977 128 .812
Total 190.531 129
Intergroupes 67.743 1 67.743 42.963 .000
OM_Pro5 Intragroupes 201.827 128 1.577
Total 269.569 129
Intergroupes 106.013 1 106.013 172.957 .000
OM_Pro6 Intragroupes 78.457 128 .613
Total 184.469 129
Intergroupes 73.117 1 73.117 95.539 .000
OM_Pro7 Intragroupes 97.960 128 .765
Total 171.077 129
Intergroupes 88.351 1 88.351 129.605 .000
OM_Pro8 Intragroupes 87.257 128 .682
Total 175.608 129
Intergroupes 80.842 1 80.842 200.671 .000
OMP Intragroupes 51.566 128 .403
Total 132.407 129
461 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 14. T-TEST POUR L'EGALITE DES MOYENNES POUR L’INNOVATION PRODUIT
INCREMENTALE ET RADICALE
462 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 15. TEST D’ANOVA POUR L'EGALITE DES MOYENNES POUR L’INNOVATION PRODUIT
INCREMENTALE ET RADICALE
463 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
464 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 16. MOTIVATIONS DE L’ADOPTION DU MQ (ISO 9001) SELON L’ÉTUDE DE L’AQM (2010)
Famille de Famille de
Motivations Motivations
motivations motivations
Les motivations liées à l’amélioration des prestations Les motivations liées à l’augmentation des parts de marché de
fournies aux clients et aux donneurs d’ordre. Il s’agit l’entreprise. Ces motivations sont les suivantes :
de : - Améliorer la notoriété de l’entreprise.
- Être en permanence à l’écoute des clients et des - Répondre aux exigences du marché.
donneurs d’ordre afin de s’engager dans un esprit et - Répondre aux obligations sectorielles.
une logique de partenariat. - Avoir un bon argument commercial à l’export.
Amélioration
- Satisfaire les exigences des clients et des donneurs Augmentation - Répondre aux exigences de certification dans les appels d’offres.
des
d’ordres. des parts de - Assurer la pérennité de l’entreprise (par le maintien et l’augmentation
prestations
- Satisfaire aux exigences réglementaires. marché de des parts de marché).
fournies aux
- Anticiper les besoins et attentes des clients et des l’entreprise - Améliorer la compétitivité face à des concurrents déjà certifiés.
clients
donneurs d’ordres. - Conquérir de nouveaux clients.
- Améliorer les prestations et les services fournis à la - Améliorer l’image de marque de l’entreprise.
clientèle. - Améliorer les atouts de l’entreprise par rapport à la concurrence.
- Fidéliser et mieux satisfaire les clients. - Confronter les défis de la libéralisation et de la concurrence.
- Crédibilité auprès des clients. - Accompagner la croissance de l’entreprise.
- Maîtriser r en permanence la qualité du service. - Faciliter l’accès aux marchés.
Les motivations liées à l’amélioration de Les motivations liées à l’amélioration de la qualité des produits de
l’organisation de l’entreprise. Ces motivations sont les l’entreprise. Ces motivations sont les suivantes :
suivantes : - Améliorer la qualité des produits de l’entreprise.
- Avoir la volonté d’asseoir une organisation fiable. - Mettre à la disposition des consommateurs un produit de qualité.
- Avoir un référentiel pour mesurer les performances. - Avoir des produits conformes dans les meilleurs rapports (délai, prix,
- Avoir un système de management intégré. qualité).
Amélioration
- Mettre à niveau le système de management de - Recenser les anomalies internes et avoir une meilleure visibilité des
de Amélioration
l’entreprise. problèmes de l'entreprise.
l’organisation de la qualité
- Acquérir un mode de gestion efficace. - Assurer la sécurité alimentaire.
au sein de des produits
- Améliorer le mode de management.
l’entreprise
- Améliorer le système d’information et de
communication de l’entreprise.
- Profiter du retour d’expérience en capitalisant les
expériences vécues.
- Mettre sous contrôle les processus de gestion, les
améliorer et les optimiser.
465 | P a g e
LISTE DES ANNEXES
Les motivations liées à l’amélioration du climat social Les motivations liées à la réduction des coûts de l’entreprise. Ces
de l’entreprise. Ces motivations sont les suivantes : motivations sont les suivantes :
- Mise à niveau sociale. - Réaliser des économies en éliminant les sources de gaspillage.
- Amélioration de la sécurité du personnel et du climat - Réduire le coût de non-qualité.
social. - Minimiser les non-conformités.
- Valorisation du personnel et le développement du - Améliorer l’efficience.
Amélioration capital humain. - Contribuer à l’amélioration des résultats de l’entreprise.
du climat - Contribution à l’amélioration de l’environnement de Réduction des
social de travail socio – professionnel. coûts
l’entreprise - Mobilisation des ressources humaines et des
managers autour d’un projet fédérateur.
- Organisation et amélioration des conditions et du
mode de travail au sein de l'entreprise.
- Changement des mauvais comportements et
habitudes.
- Maîtrise de la santé et de la sécurité au travail.
Autres Les diverses motivations ne faisant pas partie des familles précédentes.
motivations Il s’agit de :
- L’adoption d’une démarche managériale quand celle-ci est une
politique du Groupe (pour les filiales).
- La satisfaction des actionnaires de l’entreprise.
- Le respect de l’environnement.
466 | P a g e
TABLE DES MATIERES
467 | P a g e
TABLE DES MATIERES
468 | P a g e
TABLE DES MATIERES
3.2.2. L’effet non-significatif de l’orientation marché responsive et proactive sur l’innovation produit ............... 94
3.2.3. L’effet de complémentarité/interaction de l’orientation marché responsive et proactive sur l’innovation
produit .................................................................................................................................................... 95
3.2.4. L’effet convexe/concave de l’orientation marché responsive et proactive sur l’innovation produit ............ 95
3.2.5. L’effet de l’orientation marché responsive et proactive sur l’innovation produit incrémentale et radicale .. 96
4. REVUE SYSTEMATIQUE DE LA LITTERATURE SUR LA RELATION ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET
ORIENTATION MARCHE ........................................................................................................................................ 97
4.1. PRESENTATION DESCRIPTIVE DES RESULTATS DE LA REVUE SYSTEMATIQUE DE LITTERATURE ........................ 97
4.1.1. Évolution des articles publiés .................................................................................................................. 97
4.1.2. Journaux des articles publiés ................................................................................................................... 97
4.1.3. Répartition géographique des recherches ................................................................................................. 98
4.1.4. Méthodologie des articles........................................................................................................................ 99
4.1.5. Opérationnalisation du management de la qualité et orientation marché/marketing ................................... 99
4.2. DISCUSSION DES RESULTATS DES ETUDES ANALYSEES ................................................................................ 100
4.2.1. Le rôle du management du management de la qualité dans l’orientation marché/marketing .................... 100
4.2.2. Le rôle de l’orientation marché/marketing dans le management de la qualité .......................................... 101
4.2.3. L’intégration, l’interface ou la synergie entre management de la qualité et orientation marché/
marketing .................................................................................................................................................................
............................................................................................................................................................. 103
5. SYNTHESE GENERALE DES TROIS REVUES SYSTEMATIQUES DE LITTERATURE ............................................ 104
SECTION 2 ~ SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE 107
1. LE CONCEPT DE LA SYNERGIE EN MANAGEMENT ........................................................................................ 107
1.1. CLARIFICATION ET PROPOSITION D’UNE DEFINITION ................................................................................... 107
1.2. FORMES DE LA SYNERGIE : DISTINCTION ENTRE SYNERGIE DANS LA PRATIQUE ET SYNERGIE POUR LA
PERFORMANCE .................................................................................................................................................... 109
2. MANAGEMENT DE LA Q UALITE ET ORIENTATION MARCHE : DEUX APPROCHES COMPETITIVES OU
COMPLEMENTAIRES ? ........................................................................................................................................ 111
2.1. DISSIMILITUDES ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE ...................................... 111
2.2. COMPLEMENTARITES ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE ................................ 112
3. LA RELATION RETROACTIVE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE ................. 113
3.1. IMPLICATIONS DE L’ORIENTATION MARCHE POUR LE MANAGEMENT DE LA QUALITE .................................... 114
3.1.1. L’orientation marché comme veille sur le marché .................................................................................. 114
3.1.2. L’orientation marché conduit les processus qualité ................................................................................ 115
3.1.3. L’implémentation de l’orientation marché dans les stratégies concurrentielles basées sur la qualité ........ 116
3.2. IMPLICATIONS DU MANAGEMENT DE LA QUALITE POUR L’ORIENTATION MARCHE ........................................ 118
3.2.1. Implémentation de l’orientation marché ................................................................................................ 118
3.2.2. Le développement de l’efficacité de l’orientation marché....................................................................... 120
3.2.3. Le renforcement du marketing relationnel ............................................................................................. 120
SECTION 3 ~ SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE-ORIENTATION MARCHE ET
INNOVATION PRODUIT : UNE CONCEPTUALISATION SELON LA THEORIE DES CAPACITES
DYNAMIQUES ................................................................................................................................................ 122
1. LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES ................................................................................................. 122
1.1. BREF RESUME DE LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES....................................................................... 122
1.2. LE CHOIX DE LA THEORIE DES CAPACITES DYNAMIQUES ............................................................................. 123
1.3. CAPACITES DYNAMIQUES : SIGNIFICATION, TYPES ET SPECIFICITES ............................................................. 124
2. LE MANAGEMENT DE LA QUALITE EN TANT QUE CAPACITE DYNAMIQUE .................................................... 128
3. L’ORIENTATION MARCHE EN TANT QUE CAPACITE DYNAMIQUE ................................................................. 130
4. LA SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE COMME MEGA-CAPACITE
DYNAMIQUE POUR L’INNOVATION PRODUIT ....................................................................................................... 132
4.1. MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE COMME CAPACITES DYNAMIQUES CUMULATIVES . 132
4.2. MANAGEMENT DE LA QUALITE ET ORIENTATION MARCHE COMME CAPACITES DYNAMIQUES COMBINATOIRES ....
................................................................................................................................................................ 133
4.3. L’EFFET SYNERGIQUE ENTRE MQ ET OM COMME MEGA-CAPACITE DYNAMIQUE ......................................... 135
CONCLUSION DU CHAPITRE II ................................................................................................................. 137
469 | P a g e
TABLE DES MATIERES
470 | P a g e
TABLE DES MATIERES
471 | P a g e
TABLE DES MATIERES
2.3.1. Taille des entreprises développant des activités de R&D&Innovation .................................................... 253
2.3.2. Activités de R&D&Innovation par secteur............................................................................................. 253
2.3.3. Types des travaux de R&D&Innovation engagés ................................................................................... 254
2.3.4. Dépenses engagées pour la R&D&Innovation ....................................................................................... 254
2.3.5. Contraintes dans la réalisation de travaux de R&D&Innovation ............................................................. 255
CONCLUSION DU CHAPITRE IV ................................................................................................................ 257
CHAPITRE V - ANALYSE EXPLORATOIRE ET CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE 258
INTRODUCTION DU CHAPITRE V ............................................................................................................. 258
SECTION 1 ~ ANALYSE EXPLORATOIRE DES ECHELLES DE MESURE ............................................ 259
1. DEMARCHE DE L'ANALYSE FACTORIELLE EXPLORATOIRE........................................................................ 259
1.1. FACTORISATION DES DONNEES .................................................................................................................. 260
1.2. EXTRACTION ET NOMBRE DE FACTEURS A RETENIR .................................................................................... 261
1.3. SELECTION ET INTERPRETATION DES FACTEURS EN FONCTION DES ITEMS .................................................... 262
1.4. FIABILITE DE L’ECHELLE DE MESURE ......................................................................................................... 262
2. RESULTATS DE L'ANALYSE FACTORIELLE EXPLORATOIRE DES VARIABLES DE LA RECHERCHE ................ 263
2.1. ANALYSE FACTORIELLE EXPLORATOIRE DES VARIABLES EXOGENES ........................................................... 263
2.1.1. Les pratiques sociales du management de la qualité (ISO 9001) ............................................................. 263
[Link]. Leadership ......................................................................................................................................... 263
[Link]. Focalisation sur le client..................................................................................................................... 265
[Link]. Implication du personnel .................................................................................................................... 267
[Link]. Relation mutuellement bénéfique avec les fournisseurs....................................................................... 268
2.1.2. Les pratiques techniques du management de la qualité (ISO 9001) ......................................................... 271
[Link]. Approche processus ........................................................................................................................... 271
[Link]. Amélioration continue ....................................................................................................................... 273
[Link]. Management par approche systémique ............................................................................................... 275
[Link]. Approche factuelle pour la prise de décision ....................................................................................... 276
2.1.3. Orientation marché ............................................................................................................................... 278
[Link]. Orientation marché responsive ........................................................................................................... 278
[Link]. Orientation marché proactive ............................................................................................................. 282
2.2. ANALYSE FACTORIELLE EXPLORATOIRE DES VARIABLES ENDOGENES ......................................................... 284
2.2.1. Innovation produit incrémentale ............................................................................................................ 284
2.2.2. Innovation produit radicale.................................................................................................................... 287
2.3. ANALYSE FACTORIELLE EXPLORATOIRE DES VARIABLES MODERATRICES .................................................... 290
2.3.1. Motivation pour la certification ISO 9001.............................................................................................. 290
[Link]. Motivations internes .......................................................................................................................... 290
[Link]. Motivations externes .......................................................................................................................... 291
2.3.2. Incertitude de l’environnement .............................................................................................................. 293
[Link]. Intensité concurrentielle ..................................................................................................................... 293
[Link]. Turbulence technologique .................................................................................................................. 296
[Link]. Turbulence du marché........................................................................................................................ 298
SECTION 2 ~ ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES ECHELLES DE MESURE ............ 302
1. DEMARCHE DE L’ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE ....................................................................... 302
1.1. ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES VARIABLES LATENTES REFLECTIVES ..................................... 303
1.1.1. Fiabilité des indicateurs......................................................................................................................... 303
1.1.2. Fiabilité de la cohérence interne ............................................................................................................ 304
1.1.3. Validité convergente ............................................................................................................................. 304
1.1.4. Validité discriminante ........................................................................................................................... 305
1.2. ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES VARIABLES LATENTES FORMATIVES ...................................... 306
1.2.1. Colinéarité des items formatifs .............................................................................................................. 306
1.2.2. Significativité et pertinence des contributions absolues ou relatives des items formatifs ......................... 307
1.3. ANALYSE DES CONSTRUITS D’ORDRE SUPERIEUR ....................................................................................... 308
2. ANALYSE FACTORIELLE CONFIRMATOIRE DES VARIABLES REFLECTIVES EXOGENES ................................. 311
2.1. FIABILITE DES INDICATEURS ..................................................................................................................... 311
472 | P a g e
TABLE DES MATIERES
473 | P a g e
TABLE DES MATIERES
5.1. TEST DES HYPOTHESES ET D’AJUSTEMENT DU TROISIEME MODELE STRUCTUREL .......................................... 347
6. RESULTATS DE L’EFFET DU NIVEAU DE LA SYNERGIE ENTRE LE MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001) ET
L’ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION PRODUIT INCREMENTALE ET RADICALE ..................................... 349
7. RESULTATS DE L’EVALUATION DU MODELE DE MODERATION .................................................................... 352
7.1. TEST DE LA MULTICOLINEARITE DES VARIABLES EXOGENES DU MODELE STRUCTUREL DE MODERATION ...... 353
7.2. TEST DES HYPOTHESES ET D’AJUSTEMENT DU MODELE STRUCTUREL DE MODERATION................................. 354
SECTION 3 ~ DISCUSSION DES RESULTATS DE LA RECHERCHE...................................................... 360
1. LA RELATION ENTRE LE MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001) ET L’INNOVATION PRODUIT ............... 360
1.1. L’EFFET DES PRATIQUES SOCIALES DU MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001) SUR L’INNOVATION PRODUIT
INCREMENTALE ET RADICALE .............................................................................................................................. 360
1.2. L’EFFET DES PRATIQUES TECHNIQUES DU MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001) SUR L’INNOVATION PRODUIT
INCREMENTALE ET RADICALE .............................................................................................................................. 361
1.3. L’EFFET DU MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001) SUR L’INNOVATION PRODUIT INCREMENTALE ET
RADICALE ........................................................................................................................................................... 363
2. LA RELATION ENTRE L’ORIENTATION MARCHE ET L’INNOVATION PRODUIT .............................................. 366
2.1. L’EFFET DE L’ORIENTATION MARCHE RESPONSIVE SUR L’INNOVATION PRODUIT INCREMENTALE ................. 366
2.2. L’EFFET DE L’ORIENTATION MARCHE PROACTIVE SUR L’INNOVATION PRODUIT RADICALE ........................... 367
3. LA RELATION ENTRE LA SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001)-ORIENTATION MARCHE ET
L’INNOVATION PRODUIT .................................................................................................................................... 368
3.1. L’EFFET DE LA SYNERGIE RESPONSIVE SUR L’INNOVATION PRODUIT INCREMENTALE ................................... 371
3.2. L’EFFET DE LA SYNERGIE PROACTIVE SUR L’INNOVATION PRODUIT RADICALE ............................................. 372
3.3. LA RELATION ENTRE LE NIVEAU DE LA SYNERGIE MANAGEMENT DE LA QUALITE (ISO 9001)-ORIENTATION
MARCHE ET L’INNOVATION PRODUIT .................................................................................................................... 374
4. MODERATION DES MOTIVATIONS INTERNES ET EXTERNES DE LA RELATION ENTRE SYNERGIE MANAGEMENT
DE LA QUALITE (ISO 9001) - ORIENTATION MARCHE ET INNOVATION PRODUIT ................................................. 375
5. MODERATION DE L’INCERTITUDE DE L’ENVIRONNEMENT DE LA RELATION ENTRE SYNERGIE MANAGEMENT
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L’EFFET DE LA SYNERGIE ENTRE MANAGEMENT DE LA QUALITE ET
ORIENTATION MARCHE SUR L’INNOVATION PRODUIT DES ENTREPRISES
MAROCAINES CERTIFIEES ISO 9001
RESUME
Les recherches antérieures ont montré que le management de la qualité (MQ) et l’orientation marché
(OM) se complémentent pour produire un effet synergique sur la création et la livraison de la valeur, la
satisfaction du client et la performance. Toutefois, cette littérature souffre d’un certain nombre de limites,
elle est plus prédominée par des recherches conceptuelles, se focalise davantage sur le management par la
qualité totale en négligeant les autres modèles du MQ et ne prend pas en considération l’innovation. En se
basant sur la théorie des capacités dynamiques, le principal objectif de cette thèse est de pallier ces gaps en
étudiant les effets du MQ (ISO 9001), l’OM et leurs synergies sur l’innovation produit. Aussi, nous étudions
si ces effets synergiques sont modérés par les motivations pour la certification ISO 9001 et l’incertitude de
l’environnement.
En suivant une méthodologie mixte à dominance quantitative, nous avons testé un modèle structurel,
selon l’approche PLS-SEM, examinant les relations hypothétiques entre MQ (ISO 9001), OM responsive
et proactive et innovation produit incrémentale et radicale sur 130 entreprises marocaines certifiées ISO
9001 ayant introduit des innovations produit sur le marché. Les résultats révèlent que le MQ (ISO 9001) et
l’OM se renforcent mutuellement pour améliorer l’innovation produit. En particulier, nous constatons que
le MQ (ISO 9001) et l’OM responsive ont un effet synergique positif sur l’innovation produit incrémentale,
et le MQ (ISO 9001) et l’OM proactive ont un effet synergique positif sur l’innovation produit radicale.
Ces effets sont plus forts lorsque le niveau de l’incertitude de l’environnement est plus élevé. Nous avons
discuté en détail ces résultats ainsi que leurs implications.
Mots clés : Management de la qualité ; ISO 9001 ; Orientation marché responsive ; Orientation marché
proactive ; Synergie pour la performance ; Innovation produit ; Maroc.
ABSTRACT
Previous research has shown that quality management (QM) and market orientation (MO) complement
each other to produce a synergistic effect on value creation and delivery, customer satisfaction and
performance. However, this literature suffers from several limitations, it is more predominantly conceptual,
focuses more on total quality management while neglecting other QM models, and does not consider
innovation. Based on the dynamic capabilities theory, the purpose of this thesis dissertation is to overcome
those gaps by studying the effects of QM (ISO 9001), the responsive and proactive MO and their synergies
on incremental and radical product innovation. Also, we study whether these synergistic effects are
moderated by the motives behind ISO 9001 certification and the environmental uncertainty.
Using a mixed methodology dominated by a quantitative approach, we tested a structural model, using
the PLS-SEM approach, examining hypothetical relationships between QM (ISO 9001), responsive and
proactive MO, and incremental and radical product innovation over 130 Moroccan companies certified ISO
9001 having introduced product innovations on the market. The results reveal that QM (ISO 9001) and OM
are mutually reinforcing to improve product innovation. In particular, we find that MQ (ISO 9001) and
responsive MO have a positive synergistic effect on incremental product innovation, and QM (ISO 9001)
and proactive MO have a positive synergistic effect on innovation radical product. These effects are
stronger when the level of environmental uncertainty is higher. We discussed in detail these results and
their implications.
Keywords: Quality management; ISO 9001; Responsive market orientation; Proactive market
orientation; Synergy for performance; Product innovation; Morocco.