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Étude du faisceau laser et applications

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L 'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE MENTOURI CONSTANTINE


FACULTE DES SCIENCES EXACTES
DEPARTEMENT DE PHYSIQUE

N° d'ordre :
Série:

MEMOIRE
PRESENTE POUR OBTENIR LE DIPLOME DE MAGISTER EN PHYSIQUE
SPECIALITE: RAYONNEMENT ET APPLICATIONS

Résolution de l'équation de l'Helmholtz pour déterminer


les paramètres d'un faisceau Laser

Par
Amel BELAISSAOUI

SOUTENU LE : 10/03/2009

Devant le jury :

Président : L. CHETOUANI Prof. Univ. Mentouri Constantine


Rapporteur : A. LECHEHEB Prof. Univ. Mentouri Constantine
Examinateur : A. NOUIRI Prof. Centre Univ. O.E. Bouaghi
K. MIROUH Prof. Univ. Mentouri Constantine
T. BOUDJEDAA Prof. Univ. Jijel
Remerciements

Ce travail de magister a été réalisé durant ces dernière années de


recherches au niveau du Laboratoire de Physique Mthématique et
Physique Subatomique du département de Physique a l'Université
Mentouri-Constantine.

Tout d'abord, je tiens à remercier Mr. A. Lecheheb, Professeur à


l'Université Mentouri- constantine, pour avoir encadré mon travail de
mémoire, pour sa gentillesse, son encouragement, et sa patience.

Je remercie également l'ensemble des membres de jury: Mr L. Chetouani


Professeur à l'Université Mentouri-Constantine pour l'honneur qu'il m'a
accordé, en acceptant de présider le jury, comme je suis très honorée par
la présence à mon jury de Mr A. Nouiri, Professeur au Centre
Universitaire d'Oum El Bouaghui, Mr K. Mirouh, Professeur à
l'Université Mentouri-Constantine et Mr T. Boudjedaa, Professeur à
l'Université de Jijel, je leurs adresse mes sincères remerciements.

Je remercie également tout mes professeur, et collègues qui m'ont


accompagné tout au long de mon parcours scolaire, je leurs adresse mes
vifs remerciements
Je voudrais terminer en embrassant mes parents, mes sœurs et frères, et
surtout mes chères et tendres amies:
Aicha, Bouchra, Iftikhar, Khadija, Lamia, Meriem, Nadjla, Rokia, Samra,
Sana et Zinouba

Je ne voudrai surtout pas oublier ma chère petite princesse Soumaya et


Krid Karim
Table des matières

Introdution 1

1 Faisceau laser par l’équation d’Helmholtz 3


1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Principes physiques de fonctionnement du laser . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Le milieu actif :base atomique du système . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Le pompage : Création d’une inversion de population . . . . . . . 5
1.2.3 Le résonateur :"réaction" optique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Faisceau gaussien et équation de Helmholtz . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.1 Propagation d’un faisceau gaussien monomode . . . . . . . . . . . 10

2 Faisceau laser par la méthode de Kirchhoff 19


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 L’onde gaussienne et ses paramètres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.1 Le rayon gaussien du profil transversal . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.2 Rayon de courbure du front d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.3 Amplitude et phase de l’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.4 Directivité de Heisenberg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

3 Faisceau laser : applications 28


3.1 Le laser He − Ne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.1.1 But expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.1.2 Paramètres du laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

1
3.2 La chaine femtoseconde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.1 La femtoseconde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.2 Le générateur d’impulsions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.3 Amplification des impulsions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.4 Etirement et compression des impulsions . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2.5 Caractérisation des impulsions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.3 Sécurité laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.3.2 L’entrée de la pièce laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.3.3 Risques liés au faisceau laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.3.4 Analyse du risque dû au faisceau laser . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.3.5 La protection laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.3.6 Mesures de sécurité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.4 Applications du fraisceau laser . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

Conclusion 61

Références 64

2
Introduction
Pour comprendre d’abord, utiliser ensuite, les règles fondamentales qui s’appliquent
au transport et à l’utilisation d’un faisceau laser,il est nécessaire en premier lieu de saisir
les liens qui existent entre les propriétés du faisceau laser et les divers éléments où celui-ci
prend naissance, en particulier, celles du résonateur optique.
Il nous a donc paru indispensable de rappeler quelques unes des propriétés les plus
importantes (optiques, géométriques, spectrales.) des résonateurs, ce qui nous permettra
de préciser la notion de mode de résonance et ce qu’elle implique sur la distribution
spatiale énergétique du rayonnement laser.
L’un des constituants essentiels du laser qui détermine le mode d’oscillation, en plus
du milieu actif, c’est la cavité optique. Afin d’obtenir l’oscillation laser, il est nécessaire
d’assurer par une inversion de population du milieu actif, une amplification supérieure
aux pertes totales dans la cavité. Ainsi le processus d’oscillation est contrôlé par le niveau
et le caractère des pertes dans la cavité. Suivant les caractéristiques spécifiques de la ca-
vité utilisée, le laser émet un rayonnement dont le champ possède une structure spectrale
et spatio-temporelle déterminée, le premier chapitre sera consacré à se sujet. Nous allons
aussi, dans ce chapitre, étudier la propagation d’un type particulier de faisceau dont la
répartition énergétique transversale est gaussienne. Cette propriété se conserve au cours
de la propagation, et ce type d’onde correspond à un mode possible pour la cavité laser
(mode fondamental gaussien TEM). Et comme le mode fondamental gaussien n’est pas
la seule solution stable pour les résonateurs ouverts quand on néglige les pertes par dif-
fraction liées aux dimensions qui se reproduisent à l’identique après un aller-retour ou
un tour complet dans la cavité, il nous a donc paru indispensable d’aborder une bonne
base de départ pour obtenir des solutions, qui est l’équation de Helmholtz, celle-ci dérive
de l’équation de propagation d’Alembert valable dans l’approximation scalaire.
Il nous a semblé intéressant de rappeler le lien entre les équations de Maxwell en élec-
tromagnétisme et les solutions intégrales utilisées par Kirchhoff, qui nous serviront dans
les démonstrations relatives aux faisceaux gaussien. Le deuxième chapitre sera consacré
à la résolution des équations d’onde par la méthode de Kirchhoff, pour y trouver les

1
même résultats que ceux trouvés dans le premier chapitre
Dans le dernier chapitre, nous allons faire une petite comparaison avec des résultats
expérimentaux que j’ai faite au laboratoire de science de notre université avec un laser
He − Ne, comme nous allons faire l’étude ou l’illustration d’un type particulier de laser
qui est le laser femtoseconde pour cela j’ai du faire la visite d’un laboratoire en France (le
laboratoire d’ELYSE à Orsay Paris XI) pour y faire cette caractérisation, et pour aussi
faire la connaissance d’une des applications les plus répandue du laser femtoseconde, qui
est la spectroscopie « pompe-sonde ».

2
Chapitre 1

Faisceau laser par l’équation


d’Helmholtz

1.1 Introduction
D’une manière générale, le laser se compose de trois éléments éssentiels : La cavité,
le milieu amplificateur et le système de pompage.

Figure (I.1). Scéma de principe d’un laser.

3
L’un des constituants essentiels du laser qui détermine le mode d’oscillation, en plus
du milieu actif, c’est la cavité optique. Afin d’obtenir l’oscillation laser, il est nécessaire
d’assurer par une inversion de population du milieu actif, une amplification supérieure
aux pertes totales dans la cavité. Ainsi le processus d’oscillation est contrôlé par le
niveau et le caractère des pertes dans la cavité. Suivant les caractéristiques spécifiques
de la cavité utilisée, le laser émet un rayonnement dont le champ possède une structure
spectrale et spatio-temporelle déterminée.
Notre première étude se portera sur le premier élément.

1.2 Principes physiques de fonctionnement du laser


Le laser est une source de rayonnement dans laquelle un photon émis par un atome
excité est contraint d’extraire de l’énergie des autres atomes excités, créant par là même
d’autre photons et augmentant ainsi l’amplitude du champ électromagnétique originel.
Il faut donc disposer d’un grand nombre d’atomes excités qui soient susceptibles d’être
stimulés.
Comme dans tout oscillateur, trois éléments sont donc simultanément nécessaire :
- Un milieu actif,
- Un pompage produisant l’inversion de population,
- Une cavité résonante.
Précisons la nature de ces éléments.

1.2.1 Le milieu actif :base atomique du système

C’est un milieu qui possède une structure appropriée de niveaux d’énergie discrets
s’excitant facilement et possédant la capacité de stocker l’énergie reçue de l’extérieur.
L’émission laser se fait à une longueur d’onde déterminée par deux états d’énergie de
cette structure, sur une transition où le système présente une émission spontanée corres-
pondant à une durée de vie relativement longue du niveau supérieur (état métastable).
Dans les spectres discrets d’absorption ou d’émission, les rais ne sont jamais stric-

4
tement monochromatiques. La raie utilisée dans un laser possède une certaine ‘largeur
spectrale’ ∆ν déterminée par différents mécanismes atomiques ‘d’élargissement’, et me-
surant la distribution en fréquence autour de la fréquence centrale.
La probabilité qu’un groupe donné d’atomes puisse interagir par absorption ou émis-
sion stimulée avec un champ électromagnétique donné, ou la probabilité de produire un
champ par émission spontanée sur une largeur dν, sont notées g (ν) dν, la fonction étant
appelée profil de la raie, cette fonction incorpore tous les mécanismes d’élargissement de
la transition. Autour de la fréquence centrale ν 0 de la raie, la fonction g (ν) est étalée
sur une largeur de l’ordre de ∆ν.
Afin de distinguer différents profils de raie, les élargissements sont classés en ho-
mogènes et inhomogènes. Dans une raie homogène, tous les atomes possèdent la même
fréquence centrale ν 0 et le même profil de raie de résonance, l’élargissement d’une raie
d’un atome gazeux par les collisions est un exemple d’élargissement homogène, en re-
vanche, si le milieu contient des classes d’atomes présentant différentes fréquences de
résonance ou différents profils de raie pour la même transition, l’élargissement est dit
inhomogène. Dans ce cas , le milieu présente une réponse spectrale plus large que celle
de chaque classe atomique prise séparément. La raie résultant de l’agitation thermique
des atomes (par rapport à une onde incidente le milieu comprend des classes d’atomes
absorbant différemment en raison de l’effet Doppler), celle provenant des dislocations
d’un cristal, ou la raie observée dans un mélange d’isotopes sont autant de raies élargies
de façon inhomogène.

1.2.2 Le pompage : Création d’une inversion de population

Au niveau des atomes individuels, on sait que pour une densité spectrale d’énergie
suffisante, l’émission stimulée pouvait l’emporter sur l’émission spontanée. Mais , au ni-
veau des atomes pris collectivement, en vertu de la relation de Boltzmann, à l’équilibre,
la population du niveau inférieur de la transition est de loin la plus élevée et l’absorption
domine l’émission stimulée. Pour que l’émission stimulée l’emporte sur l’absorption dont
l’effet est de diminuer le nombre de photons résonants disponibles, il est donc nécessaire

5
de réaliser une situation inexistante naturellement : il faut détruire l’équilibre thermo-
dynamique et faire en sorte que le niveau supérieur de la transition soit le plus peuplé.
La thermodynamique nous enseigne que pour réaliser cette condition, il faudra fournir
de l’énergie au milieu actif par l’intermédiaire d’une source extérieure d’énergie : c’est le
pompage.

1.2.3 Le résonateur :"réaction" optique

le rôle de la cavité est de donner aux ondes lumineuses crées par l’effet laser, dans le
milieu amplificateur, une forme et une structure de modes déterminés par les multiples
réflections sur les miroirs. elle affine la largeur spectrale du signal laser ainsi créé et
participe à son amplification par son renvoi dans le milieu amplificateur.

Définition

Un résonateur optique est la cavité résonnante qui assure à un rayon lumineux les
multiples allers et retours entre deux miroirs parfaitement alignés qui le composent, et
qu’une certaine distance sépare.
Il détermine les propriétés de base du faisceau laser ; à savoir, la fréquence, la puis-
sance de sortie, le profil du champ et la divergence, qui sont décisives pour les différentes
applications du laser.
Un résonateur assure aux ondes lumineuses émises par le laser une forme bien dé-
terminée. Il assure la formation d’états particuliers du champ du rayonnement que l’on
appelle modes d’oscillation. Le champ ainsi formé peut osciller suivant un ou plusieurs
modes.
Dans la génération du laser, le rayonnement optique prend naissance par suite des
très nombreux processus de désexcitation des atomes et des molécules composant le
milieu amplificateur et qui effectuent des transitions quantiques d’un état à un autre par
émission de photons. Les photons ainsi émis lors de ces transitions sont réfléchis entre
les miroirs du résonateur, et un processus d’amplification s’établit à chaque traversée du
milieu actif.

6
Finalement, le rayonnement laser peut s’échapper du résonateur par l’un de ses mi-
roirs (miroir semi transparent) lorsque le seuil d’oscillation est atteint (où le gain égale
les pertes).

Différents types de résonateurs

il y a deux types de résonateurs, et cette différence se juge par la présence ou l’abs-


cence du milieu actif, résonateurs stables et résonateurs instables.
Un résonateur est dit passif s’il n’est pas rempli d’un milieu actif ou amplificateur.
S’il y a amplification de lumière par la présence d’un milieu (solide, liquide ou gaz), on
dit que le résonateur est actif.

Résonateurs stables Certainement les plus couramment utilisés, car ils offrent expé-
rimentalement une assez grande facilité de réglage.

Résonateurs instables Contrairement à ce qui se passe dans un résonateur stable, ici


la lumière suit des parcours divergents et l’énergie quitte le résonateur aprés seulement
quelques réflexions sur les miroirs dont les coefficients de réflexion

Modes propres et valeurs propres

Supposons qu’une onde fasse un aller et retour dans le résonateur constitué de deux
miroirs M1 et M2 , de rayons de courbures R1 et R2 , de diamètres 2a1 et 2a2 , et séparés
de la distance L.
Après un premier aller et retour, le champ transverse en un point sur le miroir M1 ,
∼ (1)
d’amplitude E (x, y) qui revient vers son point de départ, sera en général différent de
∼ (0)
celui de E (x, y) avant cet aller et retour, à cause des pertes dues à la diffraction en
raison des effets de bord des ouvertures, et de la réflexion. Après un second aller et
∼ (2)
retour, le champ E (x, y) sera encore différent du précédent.
Le rayonnement doit retourner après ses trajets avec la même forme transverse, mais
avec la possibilité d’avoir une amplitude qui se réduit à cause de la diffraction et des

7
autres pertes durant le trajet. L’onde retourne en général aussi avec un déphasage arbi-
traire, à cause de la distance de propagation dans le résonateur et la fréquence angulaire
ω du front d’onde.

MODES D’OSCILLATION DU RESONATEUR OPTIQUE

Structure des modes Les cavités laser emploient souvent des miroirs incurvés
plutôt que plans, dans le but de donner aux modes transverses de la cavité une forme
confinée et contrôler les pertes par diffraction. Il y a une large classe de ces résonateurs
à miroirs incurvés, dits résonateurs stables, dans lesquels les pertes par diffraction sont
généralement très faibles, et les modes d’ordres les plus élevés possèdent la forme des
fonctions d’Hermite Gauss, avec le mode le plus bas ayant un profil transverse Gaussien,
[1].
Ces modes d’Hermite Gauss s’avèrent avoir de très faibles diamètres, de sorte qu’ils
ne remplissent pas efficacement tout le volume du barreau (laser à solide) ou du tube
laser (laser à gaz). Le laser doit alors osciller dans une mixture de modes d’ordres bas et
élevés afin de remplir le volume laser et en extraire toute la puissance disponible.
Il existe aussi une classe de résonateurs dits instables, qui utilisent des fronts d’onde
laser divergents. Ces résonateurs possèdent des modes transverses qui remplissent bien
les volumes laser, mais qui suppriment les modes transverses des ordres élevés. Ces
résonateurs optiques instables peuvent générer un faisceau de sortie de grand diamètre.
Le rayonnement à l’intérieur du résonateur ne peut pas être caractérisé par un faisceau
à allure Gaussienne. Les propriétés des modes de tels résonateurs instables sont plus
complexes que les simples modes stables de Hermite Gauss.
Les distributions du champ stationnaire ne sont pas données par les polynômes de
Hermite Gauss (distributions à symétrie rectangulaire) ou Laguerre Gauss (distributions
à symétrie circulaire), qui caractérisent les distributions du champ rayonnant pour les
modes des ordres supérieurs de la configuration stable.
Intégrale de propagation par aller et retour :
La propagation du champ optique à travers un aller et retour dans un résonateur

8
optique peut être décrite mathématiquement par l’intégrale de propagation [2], de forme
générale :

∼ (1)
Z Z ∼ ∼ (0)
E (x, y) = exp(−2jkL) K(x, y; x0 , y0 )E (x0 , y0 )dx0 dy0 (1.1)
plan d0 entrée

Où k : constante de propagation à la fréquence du signal optique, ou vecteur d’onde


∼ ∼ (1)
K : fonction de propagation (le champ E (x, y) après une étape de propaga-
∼ (0)
tion peut être obtenue à partir du champ initial E (x0 , y0 ) à travers l’opération du
propagateur linéaire K.
L’intégrale se calcule sur les coordonnées transverses au plan d’entrée de référence.

1.3 Faisceau gaussien et équation de Helmholtz


En général, la recherche des modes transverses d’une cavité est un problème. Heu-
reusement, pour les cavités habituellement utilisées dans les lasers, en particulier dans
le cas d’une cavité linéaire de type Fabry-Perot, il existe une classe de solutions simples,
les modes gaussiens, qui sont une excellente approximation pour la plupart des lasers.
L’évaluation de la propagation de l’onde laser au bout d’un aller-retour le long du
résonateur, à l’aide des modèles mathématiques appropriés, et évidement le premier
pas vers la détermination des modes propres, de leurs pertes et de leurs fréquences de
résonance.
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées. Elles sont basées sur les trois idées sui-
vantes :
• Rechercher une solution simple des équations de Maxwell qui prend la forme
d’un faisceau paraxial et faire en sorte que les deux miroirs intercepteurs soient locale-
ment perpendiculaires à sa direction de propagation. Ceci assure que l’onde se réfléchit
exactement sur elle-même.
• Utiliser la formulation scalaire du principe de Huygens pour calculer le champ
sur les miroirs (Fox-Li)

9
• Ecrire le champ sous la forme d’une combinaison des modes de la cavité (Hermite-
Gauss, ou Laguerre-Gauss).
Toutes ces méthodes ont été déjà utilisées dans les études précédentes, où elles ont
donné des résultats satisfaisants mais leur traitement était limité à l’espace libre.

1.3.1 Propagation d’un faisceau gaussien monomode

Equation de Helmholtz

Précisons, tout d’abord qu’une référence internationale existe concernant la théorie


des lasers.
C’est l’ouvrage de A.E. Siegman [2], dans lequel une partie importante de ce qui va
suivre peut être retrouvée.
La lumière émise par un laser contient une ou plusieurs fréquences que l’on associe
aux modes propres de la cavité. On distingue généralement deux types de modes : les
modes longitudinaux et les modes transverses. Les modes longitudinaux diffèrent par
leur fréquence d’oscillation tandis que les modes transverses diffèrent, non seulement par
leur fréquence d’oscillation mais aussi par la répartition de leurs champs, électrique et
magnétique, dans un plan perpendiculaire à la direction de propagation.
La propagation d’une onde électromagnétique est décrite à l’aide des équations de
Maxwell.
Celles-ci s’expriment, pour un milieu homogène, non chargé et sans courant. comme
suit :

∂E
∇ΛH = ε
∂t

∂H
∇ΛE = −μ
∂t

∇ · (εE) = 0 (1.2)

10
Où : E et H sont respectivement le champ électrique et le champ magnétique,
ε et μ sont respectivement la permitivité électrique et la perméabilité magnétique,
indépendantes du temps, et considérées constantes.
Si on suppose une variation temporelle harmonique du champ

E(x, y, z, t) = Re [E(x, y, z) exp(iωt)] (1.3)

nous déduisons l’équation d’Helmholtz :

∆2 E + k2 E = 0 (1.4)


k= est le nombre d’onde qui obéit à la relation
λ

k = ω με avec ∇ε = 0 et μ0 ε0 = c12 (dans le vide), c est la vitesse de la lumière.
L’équation d’onde (I.3) est une équation vectorielle qui se ramène en un système de
trois équations scalaires aux dérivées partielles impliquant chacune une dimension, ce
qui est trés difficile à résoudre. Pour cela on va écrire[1] :

E(r, r0 ) −→ E(r, r0 ) (1.5)

une solutuion exacte de l’équation d’onde est l’onde sphérique divergeant d’un point
source de vecteur de position r0 au point d’observation r. Son expression est :

1
E(r, r0 ) = exp [ikρ(r, r0 )] (1.6)
ρ(r, r0 )

p
ρ(r, r0 ) = (x − x0 )2 + (y − y0 )2 + (z − z0 )2

est la distance entre le point source r0 = x0 ux + y0 uy + z0 uz et le point d’observation


r = xux + yuy + zuz dans un repère cartésien Oxyz.
Cependant, nous savons que le faisceau laser n’est pas une onde sphérique qui se
propage dans toute les direction mais possède une direction de propagation bien définie
notée Oz. On peut traduire cela en écrivant le champs sous la forme[1]

11
E(r, ϕ, z) = Ψ(r, ϕ, z) exp(ikz) (1.7)

pour nous conformer à la réalité, nous devons supposer que ce profil varie plus len-
tement avec z que le facteur d’onde plane exp(ikz) dont la période spatiale (λ) est bien
plus petite que la largeur du faisceau. L’autre dépendance en z qui reste dans Ψ(r, ϕ, z)
est elle aussi beaucoup plus lente par rapport à celle de exp(ikz) et par rapport à sa
variation transversale.[2] ainsi :

∂ 2Ψ ∂Ψ ∂2Ψ ∂ 2Ψ
| |¿| 2k | ou | | ou | | (1.8)
∂z 2 ∂z ∂x2 ∂y 2
qui est essentiellement l’approximation paraxiale.
L’équation d’Helmholtz se transforme en l’équation d’onde paraxiale :

∂Ψ
∇2T Ψ+2ik =0 (1.9)
∂z
Où ∇T est la partie transverse (les deux premiers termes) de l’opérateur différentiel
∇. Son expression est :

∂2 ∂2
∇2T = + (1.10)
∂x2 ∂y 2
L’équation paraxiale (I, 9) est la base de description de presque tous les problèmes
de propagation des faisceaux lasers. Son domaine de validité s’étale jusqu’à 30 degrés
d’aprés Siegman[2]. Elle peut être utilisée même pour des faisceau plus divergents[3] ,
comme c’est le cas dans les lasers à semi-conducteurs.
Notons aussi que la direction de polarisation du champs est souvant choisie dans le
plan transverse,d’où son appelation T EM ,qui signifie transverse électromagnétique.

Le mode fondamental gaussien

Le faisceau gaussien est aussi appelé mode fondamental ou T EM00 correspond à un


champ dont seules les variations selon l’axe de propagationont sont prises en compte (avec
la possibilité d’une variation radiale monotone de l’amplitude).Il existe bien entendu

12
d’autre modes transverses d’ordre supérieur désignés par T EMpq , ayant une dépendance
transverse en intensité plus compliquée [4].
Comme cela a été déja fait pour l’équation (I, 9) on va essayer de faire la même
approximation pour la solution (I, 6) de l’équation d’Helmholtz (I, 4) où la distance ρ
s’exprime en géométrie cylindrique comme suit :

p
ρ(r, r0 ) = (r cos ϕ − r0 cos ϕ)2 + (r sin ϕ − r0 sin ϕ)2 + (z − z0 ) (1.11)

pour s’implifier, nous prenons le point source à l’origine des coordonnées :


r0 = x0 = y0 = z0 = 0 et ϕ0 = 0
Ainsi (I, 6) devient :

1
E(r) = exp [ikρ(r)] (1.12)
ρ(r)
avec

ρ(r) = r2 + z 2 (1.13)

qui peut être développé comme suit

r2 r4
ρ=z+ − 3 + .......... (1.14)
2z 8z
l’approximation paraxiale consiste à considérer la distance axiale z entre le point
source et le point d’observation trés grande devant la distance transverse qui les sépare,
soit, r ¿ z.
Ainsi on ne va retenir du développement de ρ que le terme d0 ordre 2 dans l’exposant
de (I.12). Dans l’amplitude, nous ne garderons que le premier terme, c’est à dire : ρ = z.
Par conséquant, (I.12) devient :

E(r, ϕ, z) = Ψ1 (r, z) exp(ikz) (1.15)


1
Ψ1 (r, z) = exp(ikr2 /2z) (1.16)
z

13
qui est aussi une solution exacte de de l’équation (I.9). Cependant, en examinant
l’amplitude de Ψ1 , nous constatons qu’elle ne s’affaiblit pas dans la direction transverse
loin de l’axe à z donné. Par conséquent, elle porte en elle une énergie à l’infini dans cette
direction. Ce qui est contraire à la physique de notre problème où le faisceau est bien
délimité dans le plans transverse.
Une solution à ce problème peut être recherchée en essayant de créer dans l’exposant
de (I.16) une partie réelle qui tombe à zéro dans la direction transverse. pour avoir là un
terme réel, il faut ajouter un terme imaginaire qui ne doit pas contenir z comme variable,
ni d’ailleurs r -qui n’existe pas dans l’amplitude- et conserver toujours son caractère de
solution de (I.9). Cet ajout doit être une constante complexe à l’une des variables r ou
z. Mais comme nous avons pris l’origine des r et des z en zéro, ajouter une constante
complexe revient à décaler l’origine d’une distance complexe ou à considérer une source
ponctuelle complexe pour notre rayonnement. Ajoutons alors une constante complexe,
soit q0 , à z telle que
z −→ z + q0 (1.17)

Nous notons cette constante par un indice zéro pour montrer que c’est l’origine qui
est décalée dans la direction axiale d’une distance complexe.
Pour une écriture plus simple, écrivons :

q(z) = z + q0 (1.18)

il apparaît donc que :

q0 = q (z = 0) (1.19)

avec cela, (I.16) devient :

∙ ¸
1 r2
Ψ= exp ik (1.20)
q (z) 2q (z)
ou encore, aprés quelques manipulations algébriques :

14
∙ ¸ ∙ µ µ ¶ ¶¸
w0 −r2 −1 2z kr2
E = E0 exp exp i kz − tan + (1.21)
w (z) w2 (z) zR 2R (z)
Avec :
" µ ¶2 #
2z
w2 (z) = w02 1 + (1.22)
zR

∙ ³ z ´2 ¸
R
R (z) = z 1 + (1.23)
2z

zR = kw02 est la distance de Rayleigh (1.24)

w (z) et R (z) sont les paramètres d’un faiseau laser obtenus par la résolution de
l’équation de Helmholtz ; où w (z) représente la largeur du faisceau et R (z) le rayon de
courbure du front d’onde.

Figure (I.2). Rayon caractéristique du faisceau laser en fonction de la distance z.

La quantité w (z) est la distance transverse à l’axe optique Oz à la quelle l’amplitude

15
diminue à un facteur 1/e de sa valeur sur l’axe. elle est dite largeur du faisceau. L’équation
(I.22) montre que la largeur minimale est w0 la taille du faisceau. Le facteur w0 /w (z)
qui est inférieur à 1, dénote ici la décroissance de l’amplitude du fait de l’expansion du
³ ´
−1 2z
faisceau au fur et à mesure que l’onde se propage. Le déphasage tan zR
est dû à la
propagation, quant à la quatité E0 , elle est une constante qui caractérise le point source
du rayonnement.
Réecrivons (I.22) sous la forme :

w2 z2
− =1 (1.25)
w02 z02 /4
Cette expression est celle d’un hyperpoloide de rayon transverse w (z) et l’axe de
révolution Oz. Son petit demi-axe étant w0 (figure(I.2)). elle montre que z0 /2 est la
distance à laquelle la section du faisceau est deux fois la section minimale au point
d’étranglement. Sur la figure (I.2), on remarque une divergence du faisceau qu’on peut
évaluer, pour z grand, à l’aide de l’équation (I.22) comme suit :

w (z) 2 λ
θ= ≈ = (1.26)
z kw0 πw0
On peut aussi calculer le déphasage complexe loin de la taille pour touver :

−i
P0 = (1.27)
q
Donc

−i
P0 = ³ 2´ (1.28)
πw
z + i λ0

En intégrant par rapport à z ;

Z Z
0 −idz
P (z)dz = ³ 2´ (1.29)
πw
z + i λ0

nous allons trouver :

16
∙ µ ¶¸
λz
iP (z) = ln 1 − i
πw02
s µ ¶2 µ ¶
λz λz
= ln 1 + − i arctan (1.30)
πw02 πw02

Donc
s µ ¶2 µ ¶
λz λz
P (z) = −i ln 1+ − i arctan (1.31)
πw02 πw02

Et l’équation (I, 20) devient :

½ µ ¶¾
k 2
Ψ = exp −i P + r (1.32)
2q
Et

∙ µ ¶ ¸
k 2
E = exp −i P + r − ikz
2q
∙ ¸
k 2
= exp −iP − i r − ikz (1.33)
2q


s µ ¶2 µ ¶
λz λz
iP = ln 1+ − i arctan
πw02 πw02
Et

πw02
q =z+i
λ
Donc

17
⎡ s ⎤
µ ¶2 µ ¶ µ ¶
λz λz k 1 λ
E = exp ⎣− ln 1+ 2
− i arctan 2
−i −i 2 r2 − ikz ⎦
πw0 πw0 2 R πw
∙ µ µ ¶¶¸
1 λz kλ
= r ³ ´2 exp −i kz − arctan πw2 −
λz 0 2π
1 + πw 2
0
∙ µ µ ¶¶¸
w0 λz kλ
= exp −i kz − arctan 2
− (1.34)
w πw0 2π

A la fin il nous a paru indispensable de voir la variation de ces paramètres par


rapport à la distance de propagation z, de ce fait on a fait une petite expérience au sein
du laboratoire de science de notre faculté avec le laser He − Ne et les résultats sont
donnés dans le dernier chapitre.

18
Chapitre 2

Faisceau laser par la méthode de


Kirchhoff

2.1 Introduction
Il nous a semblé intéressant de rappeler, dans ce chapitre le lien entre les équations de
Maxwell en électromagnétisme et les solutions intégrales utilisées par Kirchhoff, qui nous
servirons dans les démonstrations relatives aux faisceau gaussiens. Nous allons admettre
directement la’équation de Kirchhoff

Z Z
exp(ikr)
4πf (P ) = f (M)iK(cos β − cos α)ds (2.1)
s r
Nous appliquons la méthode de kirchhoff à un mince faisceau lumineux paraxial,
d’axe moyen Oz.
Nous supposons que les sources d’onde sont du côté des z négatifs et nous choisissons
le plan z = 0 comme surface S pour appliquer les formules de Kirchhoff. Nous supposons
connue l’amplitude complexe ε(M) = ε(x, y, 0) du champ créé dans ce plan par les
sources. Nous utilisons la méthode de Kirchhoff pour calculer le champ électrique dans
le plan transversal à la distance z. Nous appelons a et b les coordonnées x et y du
point courant P dans ce plan . Pour une onde paraxiale, les angles α et β de la formule
de Kirchhoff restent toujours voisins respectivement de 0 et de π, ce qui nous permet

19
d’écrire :

cos α ' 1et cos β ' −1

L’application de la formule de Kirchhoff permet le calcul de l’amplitude complexe du


champ en P :

ZZ
iK exp(iKr)
ε(P ) = − ε(M)dxdy avec r = P M (2.2)
2π r
L’approximation de l’onde sphérique paraxiale, appliquée avec r = P M, nous permet
d’écrire :

exp(iKr) 1 iK £ ¤
' exp(iKz) exp( ) (x − a)2 + (y − b)2 (2.3)
r z 2z
En reportant cette expression (III.4) dans (III.3)), on obtient la relation fondamen-
tale de l’optique paraxiale :

µ ¶ ZZ
iK iK £ ¤
ε (a, b, z) = − exp(iKz) ε (x, y, 0) exp( ) (x − a)2 + (y − b)2 dxdy (2.4)
2πz 2z

En faisant référence à la théorie de la diffraction, ce résultat relève de ce qui est


appelé la « diffraction de Fresnel » ; il est donc valable pour des points proches de M.
Nous appliquons ce résultat en prenant comme hypothèse de départ que dans le plan
z = 0 l’onde est plane (c’est-à-dire que la phase du champ électrique est indépendante
de x et y) mais qu’en revanche la distribution d’amplitude est gaussienne :
Pour z = 0 :

E (M, t) = E (x, y, 0, t)
µ µ 2 ¶¶
x + y2
= ε0 = exp − exp (−iωt)
ω20
= ε (M) exp (−iωt) (2.5)

20
Nous appelons ω0 le rayon gaussien de cette distribution pour rappeler qu’elle est
valide dans le plan z = 0.
Nous posons :

K 1
ε= et γ 0 = 2 (2.6)
2z ω0
pour facliter le calcul sur l’intégrale donnant ε (P )

ZZ
iε £ ¡ ¢ £ ¤¤
ε (P ) = −ε0 exp(iKz) exp −γ 0 x2 + y 2 + iε (x − a)2 + (y − b)2 dxdy
π

Nous transformons d’abord l’exposant de l’exponentielle :

¡ ¢ £ ¤ ¡ ¢ ¡ ¢
−γ 0 x2 + y 2 +iε (x − a)2 + (y − b)2 = − (γ 0 − iε) x2 + y 2 −i2ε (ax + by)+iε a2 + b2

Nous pouvons sortir de l’intégrale le facteur exponentielle qui ne dépend pas de x ni


de y, soit :

iε ¡ ¡ ¢¢
ε (P ) = −ε0 exp(iKz) exp iε a2 + b2 ∗
π
Z+∞ Z+∞
£ ¡ ¢¤
exp − (γ 0 − iε) x2 + y 2 exp [−i2ε (ax + by)] dxdy (2.7)
−∞ −∞

Nous reconnaissons dans l’intégrale la transformée de Fourier à deux dimensions d’une


gaussienne. On utilise le résultat d’analyse mathématique valable pour β complexe à
condition que la partie réelle de β soit positive (pour assurer la convergence de l’intégrale
de l’infini) :

Z+∞ r µ 2¶
¡ 2
¢ π −u
exp −βx exp (−iux) dx = exp (Re β > 0) (2.8)
β 4β
−∞

21
En posant u = 2εa, v = 2εb, et β = γ 0 − iε on obtient alors pour l’intégral double
l’expression :

µ 2¶ µ 2¶ ∙ 2 2 ¸
π −u −v π ε (a + b2 )
exp exp = exp −
β 4β 4β γ 0 − iε γ 0 − iε
On regroupe dans (II.7) les deux exponentielles en (a2 + b2 ) :

∙µ ¶ ¸
−iε ε2 ¡ 2 2
¢
ε (P ) = ε0 exp(iKz) exp iε − a +b
γ 0 − iε γ 0 − iε
ε2 iεγ 0
En définissant γ (z) = γ 0 −iε
− iε = iε−γ 0
on a :

γ (z) £ ¡ ¢¤
ε (P ) = ε0 exp(iKz) exp −γ (z) a2 + b2
γ0
iεγ 0 1 1 i 2z
avec γ (z) = soit = + = ω 20 + i (2.9)
iε − γ 0 γ (z) γ0 ε k

La solution obtenue à la distance z est encore une solution gaussienne en fonction


des coordonnées a et b du point P . Sans doute le coefficient γ(z) de l’exponentielle est
complexe ; et il faudra séparer la partie imaginaire qui représente un déphasage variable
dans le plan d’onde (ce n’est plus une onde plane) et la partie réelle qui représente la
variation d’amplitude. Mais nous sommes assurés que la partie réelle de γ(z) est positive.

2.2 L’onde gaussienne et ses paramètres


Nous partons des formules (II.9), en les transcrivant en un point M(x, y, z) quel-
conque :

γ (z) £ ¡ ¢¤
ε (M) = ε0 exp(iKz) exp −γ (z) x2 + y 2
γ0
1 2z ³ z´
avec = ω 20 + i = ω 20 1 + i (2.10)
γ (z) k L

22
En définissant

kω20 πω 20
L= = Longueur de Rayleigh (zR ) (2.11)
2 λ

2.2.1 Le rayon gaussien du profil transversal

L’important est de séparer la partie réelle et la partie imaginaire de γ (z) puisque


c’est la partie réelle qui détermine la répartition spatiale de l’amplitude.

1 1 1 1 − i Lz 1 ³ z´
γ (z) = 2 = = 1 − i (2.12)
ω0 1 + i Lz 2
ω 20 1 + i Lz 2 ω (z)2 L

En appelant ω (z)2 l’inverse de la partie réelle ; ce qui fait apparaître le rayon gaussien
de la nouvelle répartition spatiale dans le plan z.

r ³ z ´2
ω (z) = ω 0 1+ (2.13)
L
On voit que la longueur de Rayleigh sert d’échelle à la variation du rayon gaussien
ω (z) en fonction de z ; et lorsqu’on s’écarte de l’origine O d’une longueur de Rayleigh,

le rayon gaussien est multiplié par 2, c’est-à-dire que la section du pinceau lumineux
a sa surface multipliée par 2.

2.2.2 Rayon de courbure du front d’onde

Dans le calcul du paragraphe précédent, nous avions choisi comme point de départ
dans le plan z = 0 une onde gaussienne plane, c’est-à-dire que la phase de l’onde dans ce
plan ne dépendait pas de x et y. Ce plan z = 0 est en fait le seul où l’onde soit plane. Dés
que z est différent de zéro le paramètre γ (z) est complexe et l’exponentielle imaginaire
en x2 +y 2 représente un déphasage dépendant de xet y. Ce déphasage dans le plan d’onde
peut être comparé avec celui d’une onde sphérique paraxiale. Cette comparaison permet
de définir un rayon de courbure R(z) de l’onde, tel que les termes imaginaires en x2 + y 2
des deux expression du déphasage soient égaux :

23
∙ ¸ ∙ ¸
z ¡ 2 2
¢ x2 + y 2
exp i x +y = exp ik
Lω (z)2 2R (z)
soit µ ¶
kLω (z)2 kLω20 z2
R(z) = = 1+ 2 (2.14)
2z 2z L
ou µ ¶ µ ¶
L2 z2 L2 z L
R(z) = 1+ 2 =z+ =L + (2.15)
z L z L z
L’avant dernière expression nous montre que le rayon de courbure équivalent devient
très voisin de z lorsque z >> L ; c’est-à-dire que le faisceau gaussien réalise véritablement
pour z très grand une onde sphérique paraxiale limitée transversalement. En revanche,
la dernière expression est plus commode pour étudier la variation de R(z) aux valeurs
¡ ¢
de z ; on se rappelle que la somme d’une variable et de son inverse Lz + Lz passe par
un minimum lorsque ces deux quantités sont égales à l’unité ; c’est-à-dire que R(z) est
minimum égal à 2L, lorsque z = L, juste à la longueur de Rayleigh. Lorsque z → 0,
R(z) → ∞ de manière à retrouver l’onde plane (de rayon de courbure infini) lorsque
z = 0. Tout ceci est représenté aussi sur la figure (II.1).

24
Figure (II.1). Evolution du faisceau gaussien en fonction de la distance z le long de
l’axe de révolution.

2.2.3 Amplitude et phase de l’onde

γ (z) n’intervient pas seulement dans l’exponentielle de la formule (II.12), on le trouve


aussi en facteur de ε0 , où il détermine l’amplitude du champ. Il faut donc calculer d’après
(II.14) le module du nombre complexe γ (z) :

1 1 1
|γ (z)| = 2
q = (2.16)
ω0 1 + z2 ω0 ω (z)
L2

L’argument du nombre complexe γ (z) ressort aussi facilement de la dernière expres-


sion (II.14) où l’on trouve le rapport de la partie imaginaire à la partie réelle égal à Lz .
On en déduit l’expression suivante de ce nombre complexe :

25
1 z
γ (z) = exp (−iψ (z)) avec tan ψ (z) = (2.17)
ω 0 ω (z) L
La courbe de variation de l’angle ψ (z) est également tracée sur la figure (II.1).
1
Tenant compte de γ 0 = ω 20
, tout ceci nous permet de réécrire l’amplitude complexe du
champ de l’onde dans le plan z en séparant le module et les termes de phase :

µ ¶ µ 2 ¶ µ ¶
ω0 x + y2 x2 + y 2
ε (x, y, z) = ε0 exp − exp ik exp (ikz − iψ (z)) (2.18)
ω (z) ω (z)2 2R(z)

avec
³ ´
ω0
· ε0 ω(z) l’amplitude au centre ;
³ 2 2´
· exp − xω(z)
+y
2 profil transversal de l’amplitude avec le rayon ω (z) ;
³ 2 2´
· exp ik x2R(z)
+y
déphasage dans le plan d’onde équivalent à une onde sphérique de
rayon de courbure R(z);
· exp (ikz − iψ (z)) déphasage de propagation celon l’axe z : du déphasage kz de
l’onde plane il faut retrancher le déphasage ψ (z) donné par (II.19) qui varie de π quand
z varie entre −∞ et +∞.
Le signe des termes imaginaires est lié à la convention choisie exp(−iωt) pour repré-
senter le champ électrique (cf. (15-3) ou (15-21)). Par comparaison avec d’autres auteurs,
il peut y avoir un changement de i en −i qui n’a aucune conséquence pratique.
1 1
On vérifie que l’amplitude sur l’axe en ω(z)
donne une densité d’énergie en ω(z)2
, qui
2
compense exactement l’accroissement de surface de la section du faisceau en ω (z) : cela
assure la conservation de l’énergie transportée dans le faisceau.
En résumé, la modification du faisceau gaussien sur une très grande distance (beau-
coup plus grande que la longueur de Rayleigh) ressemble à celle d’une onde sphérique
convergente qui devient une onde sphérique divergente après passage par un foyer. Mais
le foyer ponctuel de l’optique géométrique est remplacé par le waist de dimension finie.
La variation de π du déphasage ψ (z) n’est autre que le classique déphasage de π dans le
passage par un foyer (phase de Gouy) ; ceci peut être considéré comme une autre manière

26
de le démontrer.

2.2.4 Directivité de Heisenberg

L’hyperbole qui représente la variation de ω (z) peut être aussi caractérisée par l’angle
ω0
θ= L
des asymptotes avec l’axe Oz (figure(II.1)). Compte tenu de la relation (II.13)
entre les deux paramètres ω 0 et L qui définissent le faisceau, on en déduit les expressions
de cet angle :

r
ω2 Lλ
L = π 0 ou ω0 =
λ π

r
ω0 λ λ
θ= = = (2.19)
L πω0 πL
L’angle θ varie donc en raison inverse du rayon minimum ω 0 ou « waist » du faisceau.
Le faisceau gaussien réalise une autolimitation transversale d’un faisceau lumineux
sans diaphragme ; mais la formule (II.24) qui détermine son ouverture angulaire, sous la
λ
forme πω 0
est très semblable à la formule calculée pour la diffraction par un diaphragme
circulaire de diamètre 2ω0 .
Dans le cas du faisceau gaussien, cette relation entre l’ouverture angulaire θ et le
rayon minimum ω 0 reflète très exactement le cas limite des inégalités de Heisenberg
appliquées aux photons.

27
Chapitre 3

Faisceau laser : applications

Il existe un grand nombre de types de lasers avec des puissances trés variables, un
fonctionnnement continu ou impulsionnel et, avant d’envisager une application, il est
nécéssaire d’effectuer un choix qui sera dicté d’abord par des motivation techniques,
mais également par des raisons économiques, la diffusion d’un produit étant toujours liée
à son pris de revient et à sa complixisité.

3.1 Le laser He − Ne
Un laser est composé de trois éléments : un résonateur (Fabry-Pérot), un milieu
actif dans le résonateur et qui fonctionne en amplificateur de lumière, et une source
d’énergie pour exciter le milieu actif. L’ensemble constitue un oscillateur auto-entretenu,
le résonateur déterminant les fréquences de la lumière émise.
L’excitation de l’Hélium se fait au moyen d’électrodes, comme dans les tubes fluores-
cents pour exciter le Mercure.
La relation lumière - matière peut se traduire de 3 manières : absorption, émission
stimulée ou émission spontanée. Nous supposons que deux états d’un atome, d’énergies
E1 et E2 interviennent dans ces interactions.
Lors de l’absorption, un photon d’énergie hν rencontre un atome du matériau laser
d’énergie E1 , et disparaît. Son énergie sert à faire passer le système atomique dans l’état

28
d’énergie E2 plus élevé. Bien entendu le photon ne peut être absorbé que si E2 est tel
que E2 − E1 = hν, afin de vérifier la loi de conservation de l’énergie. S’il n’existe pas
de niveau E2 approprié, il ne se produit pas d’absorption et le matériau est transparent
pour cette énergie de photon.

Figure(III.1). Illustration des processus pour le fonctionnement du laser.

Si l’atome est déjà dans son niveau d’énergie supérieur E2 , alors il peut se désexciter
en restituant l’énergie hν, et en émettant un deuxième photon de même état quantique,
c’est-à-dire de même énergie, de même impulsion et de même phase que le photon in-
cident. Ce processus s’appelle l’émission stimulée. Dans ce cas, deux photons ayant les
mêmes propriétés, ressortent de l’atome. Il y a amplification de lumière.
Dans le laser He − Ne, le milieu actif fonctionne essentiellement avec trois niveaux
d’énergie. La transition radiative se produit entre les niveaux E2 et E1 du Néon dans le
rouge, à λ = 680nm. Le niveau d’énergie E3 de l’Hélium a une durée de vie très faible,
car il transfert rapidement son énergie après un choc avec un atome de Néon.

Figure(III.2). Schéma de principe du laser à gaz hélium néon

29
Les applications des lasers sont fondées sur l’exceptionnelle cohérence temporelle et
spatiale de l’émission induite, et plus exactement sur sa faculté de condenser toute la
puissance lumineuse disponible dans un seul mode optique, spatial et temporel.

3.1.1 But expérimental

Dans notre expérience, on a utilisé un laser He − Ne, dont la puissance est de 2mW .

Figure(III.3). Montage expérimenal fait par l’équipe de Mr Nouiri.

Où :

30
(1)- Laser He-Ne
(2)- Support
(3)- Photodiode
(4)- Ampèremètre
Le but de cette expérience est de vérifier les résultats théoriques obtenus auparavant,
c’est-à-dire voir la variation des paramètres du faisceau laser par rapport à la distance
de propagation z, pour cela, et sachant bien que lors de la propagation d’un faisceau
laser de petite intensité, le faisceau se défocalise, on a choisi plusieurs distances pour
lesquelles on a mesuré le diamètre du faiseau (d) et son intensité (I). les résultats sont
représentés dans le tableau (III.1)

z(cm) 320 640 960 1280 1600


d(mm) 6 11 18 23 27
surf (mm2 ) 28.27 95.03 254.47 415.48 572.56
I(μA) 1030 475 248 148 92
I 2 (μA2 ) 1.06*106 225625 61504 21904 8464
P (μW ) 1060.9 225.63 61.5 21.9 8.46
F luence(μW/mm2 ) 3752.74*10−2 237.43*10−2 241.68*10−3 52.71*10−3 14.78*10−3
1920 2240 2560 2880 3200 3520 3840 4160
33 37 40 47 50 56 60 65
855.30 1075.21 1256.64 1734.94 1963.50 2463.01 2827.43 3318.31
70 52 37.7 32.5 26.1 21.7 19.0 16.2
4900 2704 1421.29 1056.25 681.21 470.89 361.00 262.44
4.9 2.70 1.42 1.06 0.68 0.47 0.36 0.26
5.73*10−3 2.51*10−3 1.13*10−3 6.11*10−4 3.46*10−4 1.91*10−4 1.27*10−4 7.84*10−5
Tableau(III.1). variation du diamètre (d) et de l’intensité (I) en fonction de la
distance z
avec : R=1kΩ (P=RI2 )

31
3.1.2 Paramètres du laser

Un faisceau laser correspond au mode d’émission TEM00, dont le front d’onde (ou
surface de phase) est sphérique et qui présente en même temps une variation gaussienne
de l’amplitude du champ électrique associé, est donc un faisceau gaussien. Etant donné
le rôle joué par la cavité, on comprend que les principaux paramètres qui caractérisent
le faisceau ont des valeurs qui dépendent de la position d’observation par rapport à
cette cavité. Nous considérons de ce fait deux situations distinctes : celle du faisceau à
l’intérieur de la cavité et celle du faisceau à l’extérieur.

70

60

50
Diamètre(mm)

40

30

20

10

0
0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000 4500

distance (cm)

Figure(II.5). Evolution du diamètre du laser He − Ne en fonction de la distance de


propagation.

32
Figure(II.6). Evolution de l’intensité en fonction de la distance de propagation.

Figure(III.6). Evolution de la puissance en fonction de la distance de propagation.

33
Figure(III.7). Evolution de la fluence en fonction de la distance de propagation.

On peut admetre que, pour cette cavité émettant au spectre visible (avec λ = 680nm),
son champ lointain commence au-delà d’une vigntaine de mètres, ce que certains opticiens
résument par l’expression suivante : Pour cette cavité, "l’infini est au bout du couloir" !
Un autre phénomène qui peut influer directement sur les applications du faisceau
laser est l’instabilité par rapport au temps, c’est pour cela que son étude s’avere trés
importante , donc il faut connaitre ses avantages s’il y en a , et ses désavantages pour
enfin y remédier aux problèmes que ça peut induire.
Nous avons essayé de mesurer l’intensité du même laser, et nous avons trouvé les
résultats suivants :

34
t(s) 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
I(mA) 1412 1426 1428 1415 1427 1429 1414 1425 1429 1426
t(s) 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100
I(mA) 1428 1418 1430 1433 1455 1465 1452 1444 1457 1455
t(s) 105 110 115 120 125 130 135 140 145 150
I(mA) 1456 1458 1445 1455 1457 1457 1459 1449 1450 1459
t(s) 155 160 165 170 175 180 185 190 195 200
I(mA) 1443 1449 1456 1458 1457 1458 1459 1461 1456 1447

Tableau(III.2). variation de l’intensité (I) en fonction du temps (t)

1500

1480

1460

1440
Intensité (u. a)

1420

1400

1380

1360

1340

1320

1300
0 10 20 30 40 50 60

temps (s)

Figure(III.8). Evolution de l’intensité en fonction du temps.

Selon la figure (III.8) on voit bien que l’intensité du laser, même dans des conditions
fixes, varie avec le temps ; ce qui peut, comme on a dit auparavent, influer sur les appli-

35
cations du faisceau laser. A titre d’exemple, si on veut bombarder un échantillon par un
faisceau laser et avec une intensité bien précise on est sur de ne pas y arriver et ça peux
sûrement endommager notre échantillon, et si ce dernier serait l’oeil d’un être humain
ça serait un tout petit peu grave ? ! !

3.2 La chaine femtoseconde

3.2.1 La femtoseconde

Dés leur apparition au début des années 1960, les lasers ont suscité l’intérêt de la
communauté scientifique qui s’est très vite attelée à développer ces nouveaux instruments
afin d’accroître les connaissances relatives à de nombreux processus initiés par la lumière.
Le premier laser, réalisé par [Link] en 1960 [5, 4], était basé sur un cristal de
rubis pompé par l’éclair d’une lampe au xénon. L’impulsion fluctuante alors obtenue avait
une durée comprise entre la micro- et la milliseconde. Les premières impulsions laser dont
la durée est plus courte que le temps nécessaire à la lumière pour réaliser un aller-retour
dans la cavité ont été obtenues en 1964 [6]. La méthode utilisée était celle de blocage
des modes longitudinaux de la cavité . le développement des sources laser accordables
à base de matériaux à l’état solide a débuté dés 1963 par la mise au point du premier
laser à base de fluorure de magnésium (MgF 2) dopé au nickel [7]. Mais à l’époque, les
possibilités offertes par l’utilisation des colorants comme milieu actif [8] et l’apparition
des lasers à centres « f »[9] ont partiellement détourné l’attention des chercheurs des
lasers à base de métaux de transition comme milieux actifs. Par ailleurs, au milieu des
années 1970, l’observation des premières impulsions sub-picoseconde (300fs) issue de
lasers à colorant [10, 11] a maintenu la popularité de ce type de milieu.
Le seuil de la nanoseconde a ainsi été franchi en 1966 [12], et de la picoseconde en
1974 [10].
En 1981, l’invention de la méthode de synchronisation de modes par collision d’im-
pulsions (Colliding-Pulse Modelocking ou CPM) a rendu possible, avec ces mêmes lasers
à colorant, la génération d’impulsions ayant une durée inférieure à 100f s [13]. La seconde

36
innovation importante a eu lieu au milieu des années 1980 quand il a été démontré que
la dispersion de la vitesse de groupe (DVG ou GVD pour Group Velocity Dispersion
en anglais) dans le laser pouvait être ajustée continûment et optimisée, permettant à
l’époque d’obtenir des impulsions allant jusqu’à 27f s [13, 14]
Malgré ces avancées spectaculaires, ces lasers se sont révélés assez peu stables et
relativement délicats à utiliser : un système de circulation est par exemple nécessaire
pour renouveler le milieu actif, le faisceau de sortie ne peut être accordée que sur une
mince gamme de longueurs d’onde et ces lasers ne peuvent pas supporter de très hautes
densités d’énergie. C’est en grande partie pour ces raisons que l’intérêt pour les milieux
actifs solides est resté soutenu et a été relancé dans le but d’obtenir des impulsions laser
toujours plus courtes et très énergétiques.
Les premiers essais dans des cristaux d’alexandrite (Cr : BeAl2 O2 ) ont été effectués
en 1979 [15]. Mais les études suivantes ont montré que le milieu le plus prometteur était
le cristal de saphir dopé au titan (T i : Al2 O3 ) . Et c’est en 1982 que le premier laser à
base de titane — saphir a été élaboré [16].
D’une manière générale, la durée d’impulsion la plus courte qu’on peut obtenir avec
un laser est inversement proportionnelle à la largeur de la bande de gain dans le milieu
actif. Le tableau (III.3) présente des comparaisons entre quelques-uns des milieux actifs
les plus couramment utilisés pour les sources laser. Les durées d’impulsions données dans
ce tableau sont des valeurs théoriques et représentent une limite inférieure qui n’est pas
atteinte en réalité.

37
Milieu actif Largeur de bande de gain (cm−1 ) Durée théorique des impulsions (f s)
Nd : Y AG 4 8340
Nd : Y LF 12 2800
Nd : Glass 200 170
Alexandrite 1700 20
Cr : LiCAF 2000 17
T i : Saphir 3200 10
Rh6G 1500 22

Tableau (III.3).Exemples des milieux actifs les plus utilisés dans les sources laser
pico-et femtosecondes.

L’apparition et l’essor des sources à milieux solides comme le titane-saphir n’ont pas
définitivement scellé le sort des lasers à colorant. En effet, ceux-ci ont permis de produire
des impulsions encore plus courtes grâce à la possibilité de compenser, par un système de
prismes dans la cavité, l’élargissement temporel des impulsions laser dû à la dispersion
de la vitesse de groupe.

38
Figure (III.9). Ensemble général de la chaine laser femtoseconde ELYSE.

Les développements ultérieurs sur les systèmes à base de titane-saphir ont été l’uti-
lisation de modulateurs acousto-optique et l’introduction d’absorbants saturables pour
synchroniser les modes de la cavité [17]. Mais le développement le plus important est
l’auto blocage des modes de la cavité par effet Kerr, ce qui permet de ne plus avoir be-
soin d’introduire un élément extérieur pour le provoquer [18, 19]. Le blocage des modes
par cette méthode est fiable, d’une grande stabilité et peu coûteux. Le développement
des sources laser à titane-saphir ainsi que des méthodes d’extra compression des impul-
sions avec des dispersions supplémentaires de vitesse de groupe a permis d’obtenir des
impulsions ultracourtes, atteignant aujourd’hui des durées de 4, 5fs pour une impulsion
IR et même 0, 7f s pour une impulsion X [20].

39
Figure (III.10).Schéma général de la chaine laser femtoseconde ELYSE.

La chaîne laser du Centre de Cinétique Rapide ELYSE au Laboratoire de Chimie


Physique, dont j’ai fait la visite, comprend plusieurs oscillateurs / amplificateurs laser
à base de matériaux solides pour générer des impulsions courtes et intenses. La figure
(III.10) donne un schéma général de cette chaîne amplificatrice.

3.2.2 Le générateur d’impulsions

Les impulsions à la fréquence fondamentale de la chaîne laser d’ELYSE sont produites


par un oscillateur femtoseconde titane-saphir (« Tsunami », Spectra Physics), présentant
l’avantage d’être compact (les composantes de l’oscillateur sont superposées), et stable.
Le schéma interne du Tsunami est présenté dans la figure (III.11).

40
La bande de gain des cristaux de titane-saphir est située entre 690 et 1080nm avec
un maximum autour de 800nm, et la bande d’absorption se situe entre 400 et 600nm.
Dans le cas du Tsunami, le pompage s’effectue par un faisceau laser continu à 532nm
obtenu par doublement de la fréquence principale (à 1064nm) d’un laser Nd : Y V O4 («
Millenia V », Spectra Physics) à une puissance de 4, 5W (figure (III.12)).

Figure (III.11).Schéma de l’oscillateur Ti : Saphir "Tsunami" .

L’oscillateur Ti : Saphir est équipé d’un modulateur acousto-optique qui sert au


déclenchement et à la conservation de la synchronisation entre les modes. Les modes
sont auto bloqués par effet Kerr et, une fois verrouillés, ils restent synchronisés même
si le mécanisme de modulation externe s’arrête. Par ailleurs, grâce à la rétroaction entre
une photodiode rapide et le modulateur acousto-optique, on peut améliorer la stabilité
du blocage des modes qui est conservé même en cas de changement des conditions de

41
l’environnement. Cette quête de stabilité est primordiale lorsque l’on souhaite réaliser
des expériences pendant de longues durées (typiquement plusieurs heures).

Figure (III.12).Schéma du laser de pompage à diode.

La longueur d’onde centrale des impulsions produites par l’oscillateur peut, selon le
modèle, être ajustée entre 700 et 1000nm au moyen d’une fente et la largeur temporelle
peut être optimisée en réglant des prismes (éléments compensateurs de la dispersion de
la vitesse de groupe situés dans la cavité) à l’aide de vis micrométriques externes. Dans
ce système, la longueur d’onde centrale des impulsions produites par l’oscillateur est fixée
à 790nm. A la sortie, ces impulsions ont une énergie d’environ 2nJ, une durée d’environ
90f s et un taux de répétition d’environ 80MHz.

42
3.2.3 Amplification des impulsions

Les impulsions produites par l’oscillateur n’étant pas assez puissantes pour ioniser
ou même exciter des molécules, il est nécessaire de les amplifier. Ceci va être réalisé par
passages de ces impulsions à travers un milieu actif, lui-même pompé, présentant une
inversion de population entre ses niveaux d’énergie. Dans le cas d’impulsions ultracourtes,
la bande spectrale de gain de ce milieu doit être assez large. C’est pour cette raison,
mais également en considérant les grands avantages des milieux actifs solides que, dans
la chaîne laser d’ELYSE, l’amplification des impulsions sortant du Tsunami est effectuée
par un amplificateur régénératif à l’état solide (« Spitfire », Spectra Physics). La figure
(III.12) présente un schéma général de l’amplificateur incluant l’étireur et le compresseur
d’impulsions.

Figure (III.13).Schéma général de l’amplificateur régénératif "spitfire".

43
Un amplificateur régénératif comprend un système électro-optique qui permet de
piéger une impulsion dans le résonateur laser. Une fois, piégée, cette impulsion va s’am-
plifier par passages successifs dans le milieu à gain. Lorsqu’elle a complètement dépeuplé
la gain, elle est extraite de la cavité par le même système électro-optique. Il faut donc
un nombre de « passages » suffisant pour extraire la totalité de l’énergie stockée dans
le milieu amplificateur.
Dans la partie amplificatrice du Spitfire, le cristal Ti : Saphir est pompé par un
faisceau laser à 527nm issu d’un laser Nd : YLF (« Merlin », Spectra Physics, figure
(III.13) ) délivrant des impulsions d’une durée de 350ns, ayant une énergie de l’ordre
de 10mJ et une fréquence de répétition de 1kHz. Les impulsions venant de l’oscillateur
et étirées temporellement sont piégées dans le résonateur à l’aide de deux cellules de
Pockels. A l’entrée, la première cellule piège l’impulsion injectée dans le résonateur en
changeant sa polarisation, et la deuxième ouvre ou non la voie de sortie. Le déclenchement
de la première cellule de Pockels est synchronisé avce la radiofréquence du mécanisme
qui bloque les modes de l’oscillateur. La deuxième cellule est déclenchée après un délai de
l’ordre de 200ns par rapport à la première cellule pour permettre suffisamment d’allers et
retours de l’impulsion piégée dans le résonateur. La détection par une photodiode d’une
partie des impulsions dans l’amplificateur permet de contrôler le bon fonctionnement de
l’amplificateur.

3.2.4 Etirement et compression des impulsions

La puissance crête des impulsions sub-picosecondes peut rapidement atteindre des va-
leurs très grandes, de l’ordre de 10 à 100GW . Une telle puissance risquant d’endommager
le milieu actif, les impulsions sont, avant la partie amplificatrice, allongées temporelle-
ment (on parle d’ « étirement »). Elles sont ensuite amplifiées puis compressées pour
revenir à une durée proche de celle de l’entrée. En utilisant des systèmes dispersifs, on
peut faire parcourir aux différentes longueurs d’onde des chemins optiques différents.
Rappelons que la durée d’une impulsion laser est inversement proportionnelle à sa lar-
geur spectrale. Pour une impulsion de forme gaussienne on a :

44
∆ν∆t > 0, 441

Où ∆ν est la largeur spectrale (en Hz) et ∆t est la durée d’impulsion (en s). Une
impulsion femtoseconde possède donc une large gamme de longueurs d’onde. A l’aide
d’un système dispersif (comme des réseaux de diffraction par exemple), on peut produire
des décalages temporels suffisamment importants entre ces différentes composantes spec-
trales, ce qui se traduit par un allongement de l’impulsion en durée lorsque les longueurs
d’onde plus courtes sont retardées par rapport aux longueurs d’onde plus longues (on
parle alors de dispersion « positive »). Après l’étireur, on obtient alors des impulsions
d’une durée d’environ 250ps. Après amplification, ces impulsions sont recomprimées en
introduisant une dispersion « négative » dans le système (les composants avec les lon-
gueurs d’onde plus grandes parcourent des chemins optiques plus longs).
Une des particularités de la chaîne d’ELYSE est la présence, par conception, de
deux compresseurs : le premier reçoit les impulsions amplifiées avec une fréquence de 1 à
50Hz et les comprime pour obtenir des impulsions picosecondes destinées à l’accélérateur
d’électrons et aux expériences de radiolyse. Le second reçoit les impulsions restantes (de
950 à 999 par seconde) et les comprime pour produire des impulsions femtosecondes pour
les expériences de photolyse.

3.2.5 Caractérisation des impulsions

La durée des impulsions obtenues par l’oscillateur Tsunami et l’amplificateur Spitfire


étant trop courtes pour être directement mesurées par des moyens électroniques clas-
siques (comme des détecteurs à photodiodes) ou des caméras à balayage de fente), elles
sont mesurées et caractérisées par d’autres moyens en deux points : avant l’entrée de
l’amplificateur et à sa sortie.
Après la sortie de l’oscillateur Tsunami et avant l’entrée de l’amplificateur, une partie
du faisceau est dirigée vers un auto corrélateur double en temps réel « Femtoscope ». Cet
auto corrélateur à balayage utilise une configuration analogue à celle d’un interféromètre
de Michelson. Le faisceau d’entrée est divisé au moyen d’une lame séparatrice en deux

45
demi faisceaux pour chacun des deux bras de l’interféromètre. Un des deux bras est
mobile et le coin de cube CC1 est relié à un élément vibrant qui permet de balayer
une distance définie à une fréquence faible d’environ 30Hz. En passant une deuxième
fois la lame séparatrice, les deux faisceaux sont soit parallèles dans le cas de l’auto
corrélation intensimétrique (auto corrélation en intensité ou auto corrélation sans fond).
Les deux demi faisceaux sont ensuite focalisés sur un cristal non linéaire. Un filtre permet
d’éliminer la fréquence fondamentale et de détecter le flux émis à la deuxième harmonique
sur un photomultiplicateur.
Dans la configuration de l’auto corrélation intensimétrique, le cristal non linéaire est
orienté de telle sorte que le doublage ne puisse pas se produire avec un seul des deux
faisceaux : la superposition spatiale et temporelle de deux demi faisceaux est en effet
nécessaire pour que la deuxième harmonique soit produite. L’intensité de la deuxième
harmonique est proportionnelle au recouvrement entre les profils des deux impulsions,
et elle est donc nulle quand il n’y a pas de recouvrement. Le maximum d’intensité du
doublage se produit lorsque le recouvrement entre les deux impulsions est total (c’est-à-
dire quand il n’y a pas de délai entre les arrivées des deux impulsions sur le cristal non
linéaire). La translation d’un des bras change le délai et entraîne un profil d’intensité
correspondant à la convolution des profils temporels des deux impulsions. La durée réelle
de l’impulsion s’obtient donc par déconvolution de ce profil d’intensité. Le facteur de la
déconvolution est 1, 41 pour un profil gaussien.
Dans la configuration de l’auto corrélation interféromètrique, les deux demi faisceaux
sont superposés à la sortie de l’interféromètre et vont interférer avant le doublage de fré-
quence. En l’absence de recouvrement temporel, chacun des deux demi faisceaux va pro-
duire un signal de deuxième harmonique proportionnel à son intensité. Par conséquent,
le signal total de seconde harmonique mesuré est proportionnel à 2I (où I est l’inten-
sité de chacun des deux demi faisceaux). En revanche, quand les deux demi faisceaux
interférent totalement et sans décalage temporel, ils s’ajoutent en phase, et l’intensité à
la fréquence fondamentale sera 4I et à la fréquence double 16I soit 8 fois supérieur au
cas précédent. Les autres cas donneront une intensité de doublage entre ces deux valeurs

46
extrêmes.
Les méthodes qui viennent d’être décrites sont utilisées dans les situations où les
impulsions à mesurer ont un taux de répétition élevée et ne possèdent pas de fortes
énergies comme c’est le cas aux premières étapes de la chaîne laser (après l’oscillateur et
avant l’amplificateur). La détection donne alors une valeur moyenne sur le grand nombre
d’impulsions. Pour caractériser les impulsions à la sortie de l’amplificateur, où le taux de
répétition est moins élevé, il faut utiliser des méthodes d’auto corrélation monocoup[21].
Dans ce système, la caractérisation des impulsions issues de l’amplificateur se réalise
donc par un autocorrélateur monocoup.
Le principe de son fonctionnement est simple : le faisceau est divisé en deux parties
qui sont envoyées vers un cristal non linéaire doubleur selon un petit angle. La petite
inclinaison ainsi induite entre les fronts d’onde des deux demi faisceaux se traduit par
un délai temporel et la forme du signal à fréquence double généré dans le cristal sera une
trace d’auto corrélation entre ces deux demi faisceaux.
Les caractérisations réalisées par les méthodes que je viens de présenter permettent
donc de caractériser les impulsions en sortie de chaîne laser. Les impulsions sont d’une
durée de 110f s, à une longueur d’onde centrée à 790nm et possèdent une énergie proche
de 1mJ.

3.3 Sécurité laser

3.3.1 Introduction

L’existence d’un laser dans une pièce implique la présence de multiples risques com-
binés. En effet, si le risque laser demeure le risque le plus important, il est nécessaire
de garder à l’esprit que le risque électrique dû à la haute tension, aggravé par le risque
d’inondation dû à l’eau des circuits de refroidissement, ainsi que les risques d’incendie et
de chute sont également à prendre en compte. De fait, seule une personne ayant reçue
une information sur les risques encourus est habilitée à travailler dans une pièce laser.

47
3.3.2 L’entrée de la pièce laser

La salle laser est à accès restreint (clé, carte, code) pour empêcher une personne
non avertie d’être exposée, par inadvertance, aux risques lasers. De même, un sas équipe
toujours une salle laser pour ne pas risquer d’entrer directement au contact des éventuels
faisceaux présents dans la pièce. Enfin, il y a dans le sas des lunettes de protection laser. Il
est primordial de veiller à porter les lunettes de protection laser adaptées à la longueur
d’onde responsable du risque laser.
A tous les points d’accès d’une salle laser, un triangle de signalisation « danger laser
» (Figure (III.14)) est apposé de façon visible et une verrine clignotante est présente.
Cette dernière est allumée lorsque le faisceau laser est présent dans la salle. Sinon, elle
est éteinte.

Figure (III.14).Triangle de signalisation "danger laser".

3.3.3 Risques liés au faisceau laser

selon la nature des matériaux qu’il rencotre, le faisceau laser peut être réflichi, les
traverser avec de faibles pertes ou y être absorbé. Lors de son absorptiçon, l’énergie
lumineuse est essentiellement transformée en énergie vibrationnelle. La proportion de ses

48
effets varie avec la longueur d’onde. Dans le proche infrarouge, le visible et l’ultraviolet,
l’énergie cédée aux molécules peut entraîner leur transformation ou leur dégradation par
ionisation ou rupture de liaison chimique. Cette absorption et convertion d’énergie sont
à l’origine de l’intérêt mais aussi des dangers du rayonnement laser.
La plupart des lasers utilisés aux laboratoires sont des lasers de classe IV (figure
(III.15)) et une grande partie d’entre eux sont des lasers à durée d’impultion courte.
Enfin, un faisceu laser est intrinsequement directive et le diametre du faisceau de l’ordre
du centimètre. C’est pourquoi même avec une puissance moyenne faible de l’ordre du
W att, il est possible d’atteindre des densités de puissance (énergie par unité de temps
et par unité de suface) trés importantes, de l’ordre de 10GW/cm−2 . En comparaison,
la densité de puissance reçue par la rétine lorsque l’on regarde le soleil en face estun
milliard de fois plus faible (figure (III.15))

Figure(III.15).Classification des lasers en fonction de la longueur d’onde et de leur


puissance

49
Figure(III.16).Densités de puissance reçues par la rétine suivanrt diverses sources
lumineuses.

50
Risques d’échauffement et d’incendie

Un faisceau laser d’une densité de puissance suffisante est susceptible de faire fondre,
de volatiliser, de brûler ou d’enflammer un matériau absorbant qu’il rencontre. Le fais-
ceau laser peut donc être à l’origine de dégâts matériels, directement par brûlure ou
indirectement par déclenchement d’incendie.

Risques pour les tissus humains

L’œil est l’organe le plus sensible


La nature des dommages induits par le faisceau laser et leurs seuils de lésion varient
en fonction des propriétés optiques des tissus exposés mais aussi des paramètres de
l’émission, qui caractérisent le mécanisme d’interaction entre le rayonnement et la matière
vivante. Si l’œil demeure l’organe le plus sensible, il n’est pas le seul.

Risques pour le l’oeil La cornée et le cristallin sont transparents aux longueurs


d’onde visible (400 − 780nm) et infrarouge A (780 − 1400nm). Ces rayonnements at-
teignent donc la rétine avec très peu d’atténuation. De plus, le système optique de l’œil
concentre le rayonnement sur une très petite surface de la rétine (tâche d’environ 10μm
de diamètre) et le gain de l’œil, qui est proportionnel au carré du diamètre de la pupille,
peut atteindre 5 · 105 en ambiance obscure (c’est pourquoi il faut toujours travailler avec
un maximum de lumière ambiante). Comme la rétine absorbe une très grande partie
de l’énergie lumineuse qu’elle reçoit, elle peut être endommagée par des faisceaux laser
de puissance relativement faible. Même un faisceau laser qui ne donne aucune sensation
de chaleur sur la peau peut mettre en danger la rétine. Un impact laser sur la rétine
conduit à la destruction d’une zone bien supérieure aux 10μm de focalisation, par suite
de la diffusion thermique sur les bords de la tâche et des mouvements imperceptibles
de l’œil avant que n’intervienne le réflexe palpébral (0, 25s) en réponse à la sensation
d’éblouissement. Une destruction de la rétine peut avoir des conséquences variées, sui-
vant la zone touchée. Si la zone centrale de la rétine est atteinte, les effets se traduisent
par la présence d’une zone sans vision, tâche noire qui couvre une surface plus ou moins

51
importante de ce que l’on regarde. Un impact en zone périphérique de la rétine induira
la perte d’une partie de la vision périphérique, où les images sont habituellement floues.
Il faut noter que la zone centrale de la rétine ne peut être lésée que si le faisceau laser
vient de l’endroit que l’œil est en train de fixer. Il conviendra donc d’éviter de regarder le
faisceau laser en face et de se protéger au maximum d’un impact laser direct ou réfléchi.
Des pertes de transparence du cristallin peuvent apparaître pour des expositions
prolongées et répétées aux rayonnements infrarouge A(780 − 1400nm). De (1400nm à
3000nm) infrarouge B, les lésions de l’œil sont surtout cornéennes, de type brûlure.
Le rayonnement ultraviolet B et C (200 − 315nm) peut induire des irritations de la
conjonctive et de la cornée, analogues aux « coups d’arc » du soudeur. Les UV A
(315 − 400nm) conduisent à des pertes de transparence du cristallin en cas d’expositions
prolongées et répétées.

Risques pour la peau Des lésions de la peau de type rougeur, sensation de picote-
ments, brûlure, carbonisation profonde peuvent être induites par un rayonnement visible
et infrarouge. Ce phénomène implique des expositions beaucoup plus importantes que
celles qui créent des lésions pour l’œil, mais cette différence est moindre pour l’infrarouge
lointain et l’ultraviolet. La rayonnement infrarouge lointain peut induire des brûlures.
L’exposition de la peau aux rayonnements ultraviolets entraîne des rougeurs et des brû-
lures qui peuvent se manifester avec un certain retard, comme les coups de soleil. Ce
sont les longueurs d’onde de 250 à 315 nm qui sont les plus actives. De plus, de 315 à
400nm, la pigmentation de la peau est excitée. Le risque cancérigène du rayonnement
ultraviolet n’est pas négligeable. Les effets du rayonnement laser sur l’œil et sur la peau
sont résumés dans la figure (III.16) : et dans le tableau .
Une brûlure inexpliquée ou une irritation de l’œil peuvent résulter d’une exposition à
une réflexion du faisceau laser non contrôlée. Il convient donc de signaler toutes anomalies
pour analyser le poste de travail et remédier rapidement au problème éventuel.

52
Figure(III.17).Effets biologiques sur l’oeil et la peau dus au rayonnement laser.

Région du spectre Oeil Peau


Erythème, accélération du
Ultraviolet C (200-280 nm) Photo kératite (irritation processus de vieillissement
Ultraviolet B (280-315 nm) Conjonctivite et cornée) de la peau, augmentation
de la pigmentation
Cataracte photochimique
Ultraviolet A (315-400 nm) Lésion photochimique et
Brunissement du pigment
Visible (400-780 nm) thermique de la rétine
Réaction photo sensitive
Infrarouge A (780-1400 nm) Cataracte, brûlure de la rétine
Brûlure de la peau
Infrarouge B(1400-3000 nm) Inflammation aqueuse,
cataracte, brûlure de la cornée

Tableau(III.4).Effets pathologiques associés à une exposition excessive du rayonnement


électromagnétique.

53
3.3.4 Analyse du risque dû au faisceau laser

La protection de l’œil et de la peau passe par l’absence d’exposition à un rayonnement


susceptible de les endommager. Seule une maîtrise complète du faisceau peut donner cette
assurance. Le danger ne se limite pas au faisceau direct. Les autres causes principales de
danger sont :
• Le faisceau volontairement focalisé par un dispositif optique : la densité d’éner-
gie surfacique est supérieure à celle du faisceau direct sur le double de la distance focale
(idem pour les réflexions sur des surfaces polies concaves) ;
• Un faisceau divergent, après passage dans un dispositif optique, réduit la densité
surfacique d’énergie mais augmente la probabilité de rencontre entre le faisceau et l’œil
(idem pour les réflexions sur des surfaces polies convexes) ;
• Les réflexions spéculaires du faisceau sur des objets réfléchissants et plans (mi-
roirs plans, réseaux, montures polies des optiques, outils, montres, chevalières...) placés
ou déplacés accidentellement sur le trajet parfaitement connu donc relativement facile à
éviter, ces réflexions sont souvent accidentelles et le faisceau réfléchi suit alors un trajet
imprévisible ;
• Les réflexions sur des surfaces non polies donnent naissance à des faisceaux
diffusés dans un grand angle solide. Ainsi, la densité surfacique du rayonnement diffusé
est plus faible que celle du faisceau incident, mais la probabilité pour qu’un œil se trouve
dans ce volume est plus importante. Il convient donc d’y être attentif.

3.3.5 La protection laser

Une bonne protection laser se traduit par la maîtrise du faisceau principal et de ses
réflexions éventuelles.

La protection collective

Dans la mesure du possible, cette protection est à privilégier. Elle se compose prin-
cipalement par la mise en place de capots ou écrans de protection. Ils peuvent être
transparents, sauf à la longueur d’onde utilisée ou opaques peints en noir mat. Dans

54
tous les cas, les protections mises en place devront être adaptées à la puissance de la
source laser. Les capots peuvent être munis de trappes de visite permettant l’accès aux
composants optiques pour les opérations de réglage et de maintenance. Tous les opéra-
teurs qui gravitent autour de l’aire expérimentale sont alors protégés.
Si le trajet du faisceau laser n’est pas protégé par un capotage efficace, il est nécessaire
de mettre en place un système de tubage du faisceau laser, particulièrement lorsque celui-
ci doit passer d’une table à une autre.
Dans ELYSE, la source laser est placée sous une hotte à flux laminaire pour
limiter autant que possible la présence de poussière au voisinage immédiat d la source
laser. Les lames plastiques transparentes autour de la hotte sont doublées par des lames
noires et opaques pour protéger les utilisateurs d’un éventuel faisceau laser. Il ne s’agit
cependant en aucun cas d’un obturateur de faisceau laser puisque le faisceau infrarouge
direct fait fondre les lames de plastiques assez rapidement.

La protection individuelle

Le faisceau laser représente un danger essentiellement pour l’œil : la protection in-


dividuelle se composera de lunettes de protection. Le but de ces lunettes est d’atténuer
suffisamment le faisceau pour que l’exposition de l’oeil soit sans danger à la longueur
d’onde considérée. Chaque type de laser exige des lunettes appropriées. Le port des lu-
nettes n’est pas indispensable si le faisceau laser et ses réflexions sont totalement canalisés
par les écrans de protection pendant le fonctionnement. En revanche, lors de réglages ou
d’opérations de maintenance nécessitant de retirer les capots de protection laser, le port
de lunettes de protection est obligatoire. Il est recommandé que les lunettes de protection
laser aient des écrans latéraux, des filtres optiques efficaces et appropriées aux lasers mis
en œuvre. De plus, elles doivent être en nombre suffisant et rangées dans le sas laser.
Les lunettes idéales :
• Ne transmettent pas la (ou les) longueur(s) d’onde du laser ;
• Ont une transparence aussi grande que possible dans le visible pour discerner
l’environnement de l’expérience ;

55
• N’ont pas de risque d’altération des qualités optiques suite à un éclairement
violent ;
• Gardent leur efficacité même pour un faisceau laser d’incidence oblique ;
• Ont des montures compatibles avec le port de lunettes correctrices (ou il y a la
possibilité d’adapter des verres correcteurs) ;
• Ont des montures aérées pour éviter la formation de buée ;
• Portent sur la monture ou sur les verres leur identification (durée d’impulsion,
numéro d’échelon et longueurs d’onde atténuée).
La transparence des lunettes destinées à se garantir des longueurs d’onde visibles est
en général faible sur l’ensemble du spectre visible. Par suite, le port de lunettes dans ce
domaine empêche la visualisation du trajet du faisceau laser dans l’air, d’où des risques
de brûlures, par interposition de la main par exemple. Dans le cas d’un laser accordable
sur l’ensemble du spectre visible (et même au-delà !), le choix de lunettes appropriées
peut s’avérer difficiles. Par conséquent, le problème des lunettes de protection n’est pas
simple et les lunettes idéales n’existent pas encore. Ce n’est pas une raison pour ne pas
en porter !
Même avec des lunettes de protection, il ne faut en aucun cas regarder
volontairement le faisceau laser direct ou une de ses réflexions.

Maîtrise du faisceau

Même dans le cas où les lunettes de protection seraient utilisables, la sécurité laser
repose essentiellement sur la maîtrise du faisceau laser. La façon la plus sûre de l’obtenir
est d’entourer le faisceau laser d’un barrage matériel (capotage, tubage...) qui l’empêche
de toucher quoi que ce soit d’en dommageable. Il est également recommandé de diminuer
l’intensité du faisceau en dessous du seuil de lésion lorsque la chose est possible. Dans les
deux cas, il est nécessaire de faire suivre au faisceau et à ses réflexions un cheminement
prévu et connu. Il convient donc d’être particulièrement vigilant lors de l’élaboration ou
de la modification d’une expérience.
La maîtrise du faisceau ne peut être obtenue que si toutes les personnes en contact

56
avec le laser connaissent les risques, les moyens pour y pallier et les consignes de sécurité.
La discipline des différents utilisateurs dans le suivi de ces consignes est indispensable.
Enfin, une augmentation des risques apparaît avec :
• L’accoutumance de l’expérimentateur qui tend à diminuer la prise de conscience
du risque au cours du temps ;
• L’arrivée d’un nouvel expérimentateur tant qu’il n’a pas reçu une information
suffisante sur le matériel utilisé, sur les risques qui lui sont associé, sur les consignes de
sécurité et qu’il n’a pas acquis l’automatisme nécessaire au suivi de ces consignes.

3.3.6 Mesures de sécurité

1. Ne jamais travailler seul ;


2. Travailler avec un maximum de luminosité ;
3. Dans la mesure du possible, porter les lunettes de sécurité laser appropriées ;
4. Avant de permettre au faisceau laser de se propager dans la salle (en retirant
un bloqueur de faisceau par exemple), prévenir la ou les personnes présentes ;
5. La salle laser est à accès restreint pour protéger le public. Il faut donc veiller
à la fermeture des deux portes du sas laser ;
6. Il est nécessaire de porter les lunettes de protection laser, dés que cela est
possible. Il faut bien sûr penser à vérifier qu’elles correspondent aux longueurs d’onde
présentes dans la salle et que le numéro d’échelon est adapté ;
7. Pour limiter les réflexions parasites, le port de bijoux (montres, gourmettes,
alliances, chevalières, bracelets...) est prohibé dans la salle laser. Il convient de les enlever
au plus tard dans le sas laser. De même, les lunettes de soleil ou de vue dans la poche de
chemise ou pendantes autour du cou avec un cordon ainsi que les badges sur la chemise
ou à la ceinture sont interdites.
8. Les capots de protection et le tubage du faisceau sont là pour votre protection :
il ne faut pas les enlever ! ;
9. La hauteur de la nappe laser se situe en moyenne à la hauteur du nombril. Se
baisser implique donc la traversée de cette nappe et le danger d’un impact faisceau au

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niveau de l’œil augmente. Pour limiter les risques d’accident, il est recommandé de se
baisser en fléchissant les jambes, après s’être tourné dos aux faisceaux lasers. Il est aussi
possible de fermer les yeux avant de se baisser et de ne les rouvrir qu’au niveau du sol ;
10. De même, la station debout est à privilégier dans la salle laser. Un poste assis
est interdit ;
11. Une réflexion sur un outil tel que tournevis ou pinces peut être dangereuse,
il faut y prendre garde ;
12. Lors des opérations de réglage des expériences, il est souhaitable que les ca-
pots de sécurité retirés se limitent au strict minimum. Toute modification optique sur
l’expérience (mise en place d’un miroir, d’une densité optique...) doit obligatoirement se
faire après avoir coupé le faisceau laser ;
13. La mise en place d’optique réfléchissante (comme une densité optique) ou
d’une carte de visualisation infra rouge doit se faire en prenant garde à la réflexion.
Cette dernière doit être orientée vers le bas ;
14. Il est nécessaire de fixer toutes les optiques.
Dans tous les cas, l’idée directrice est de réfléchir avant d’intervenir, directement
ou indirectement, sur le faisceau. Il est nécessaire de garder à l’esprit que même une
réflexion de quelque pour cent peut être dangereuse pour l’œil.

3.4 Applications du fraisceau laser


Depuis des années, le laser n’a cessé de connaitre une évolution fulgurante grâce à
la multiaplication de ses domaines d’applications, à l’augmentation de la fiabilité de sa
fabrication et au développement de ses techniques.
Instrument polyvalent, le laser offre des solutions originales et compétitives, et conti-
nue de stimuler le développement d’applications nouvelles, certaines comme le recuit de
semi-conducteurs, la fabrication d’alliages ou la microtrempe. Il couvre ainsi une multi-
tudes de secteurs trés variés : le secreur industriel avec tout particulièrement la transfor-
mation des matériaux, la micro-électronique, les télécommunication, l’instrumentation,
ou encore la photochimie, et aussi le secteur médico-chérurgical, sans oublier les appli-

58
cations à la technologie militaire ou renouvellement des filières énergétiques.
Les méthodes de type « pompe-sonde » se sont développées à partir du moment où
les lasers ont eu des durées d’impulsions significativement plus courtes que la résolution
temporelle des détecteurs optiques et des méthodes classiques de détection. Le principe
de cette méthode est de perturber un système par une première impulsion excitatrice (la
« pompe ») et d’observer ensuite l’évolution du système avec une deuxième impulsion
observatrice (la « sonde ») ; en faisant varier le retard temporel entre les deux impulsions,
on peut reconstituer le « film » de l’évolution du système.
Ces notions ont pour la première fois été utilisées en 1899 dans une expérience
réalisée par H. Abraham et T. Lemoine [22] afin d’étudier l’effet Kerr dans le disulfure de
carbone (CS2 ), un éclair de lumière initié par un arc électrique passait à travers la cellule
de CS2 après avoir parcouru un trajet ajustable. Le changement de la polarisation de la
lumière a ainsi montré l’existence de l’effet Kerr. Ces travaux ont par ailleurs permis de
constater que la transmission de la lumière au travers de la cellule était nulle pour des
trajets optiques supérieurs à 4 mètres. Bien qu’il n’ait pas été possible de déterminer
la durée exacte de l’effet Kerr, il en a été déduit que celle-ci devait être inférieure à
10ns (aujourd’hui les études femtosecondes ont montré que la durée de l’effet Kerr est
de l’ordre de 2ps).
Dans les années 1950, R. G. W. Norrish et G. Porter utilisèrent des techniques
de photolyse éclair pour induire des réactions photochimiques et les étudier par des
méthodes spectrographiques en introduisant un délai allant de quelques microsecondes à
quelques millisecondes entre le déclenchement du processus et la détection spectrale ;[23, 24]
ces travaux ont été récompensés par le prix Nobel de Chimie en 1967.
Mais c’est l’invention du laser qui révolutionna le domaine de la spectroscopie
résolue en temps. En l’espace de 30 ans (entre les années 1960 et 1990), l’observation des
phénomènes dits « rapides » s’est améliorée de 6 ordres de grandeur, de la nanoseconde
(10 − 9s) à la femtoseconde (10 − 15s).[25]
Pour être complet sur la génération d’impulsions lumineuses, il conviendrait de discu-
ter un troisième type de milieu permettant l’amplification optique : les semi-conducteurs.

59
Ce domaine n’a cependant pas atteint la maturité des deux autres, et il n’existe
pas de générateur d’impulsions ultra-courtes. Les progrès les plus récents portent essen-
tiellement sur le pompage direct de milieux de gain résonnant par des diodes lasers à
semi-conducteur qui permettent d’entrer dans le domaine subpicoseconde. Les premières
applications commerciales viennent de faire leur apparition. Il ne fait pas de doute que
de nombreux progrèssont devant nous qui permettront de produire de manière toujours
plus efficace et versatile des impulsions ultra-courtes.
L’utilisation de lasers intenses a permis de produire des champs électriques extrêmes.
Ces champs, de l’ordre du TV /m, sont efficaces pour l’accélération et la production de
faisceaux de particules aux propriétés particulièrement intéressantes. Le développement
rapide des performances laser, la réduction de leurs coûts et la compréhension de plus
en plus aigue des processus mis en jeu lors l’interaction d’un faisceau laser dans le
régime relativiste permettront encore d’augmenter les performances de ces nouvelles
sources. Un double effort sur l’utilisation de ces sources innovatrices pour la science
fondamentale et pour les applications en medecine, en physique des accélérateurs et
en physique des matériaux devrait conduire dans un avenir proche à un changement
du paysage scientifique. La mise en place à un niveau européen de projets ambitieux
permettra de promouvoir ces nouvelles sources et de réunir les efforts de tout les acteurs
intéressés par ces développements.

60
Conclusion
Parmi tous les modes possibles d’une cavité’ il y en a un en particulier ; le mode
TEM00 qui se caractérise par des propriétés de symétrie et une distribution gaussienne
du champ électrique. Du point de vue de la théorie de la diffraction ceci signifie que
l’amplitude du champ qui se propage dans la cavité suit une loi d’évolution gaussienne.
La raison physique fondamentale est la suivante : à chaque réflexion sur un des miroirs
du résonateur l’onde réflichie n’est autre que la transformée de fourier de l’onde incidente,
tandis qu’au cours de sa propagation libre l’onde conserve ses propriétés. La transformé
de Fourier d’une distribution gaussienne étant une distribution gaussienne, l’onde qui
se propage dans la cavité est donc gaussienne. C’est pour cette raison que l’on assimile
souventl’optique des faisceau laser à l’optique gaussienne.
La génération d’impulsions lumineuses ultra-courtes repose sur l’utilisation de lasers.
Une vingtaine d’années seulement auront suffi pour mener la durée des impulsions
lumineuses du domaine des nanosecondes à celui des femtosecondes, c’est-à-dire pour
gagner six ordres de grandeur.
L’objet de ce mémoir a été de présenter de façon pédagogique les différentes approches
expérimentales et théoriques concernant le faisceau laser ; le mode de fonctionnement,
ses caractéristiques et ses applications.
pour cela , nous avons divisé notre mémoir en trois volets principaux :
En premier lieu nous avons consacré toute une partie pour une analyse théorique
dans laquelle nous avons pu :
• Démontrer le mode de fonctionnement d’une cavité laser ; car le rôle de celle-ci est
de donner aux ondes lumineuses crées par l’effet laser, dans le milieu amplificateur, une
forme et une structure de modes déterminés par les multiples reflexions sur les miroirs.
Elle affine la largeur spectrale du signal laser ainsi créé et participe à son amplification
par son renvoi dans le milieu amplificateur ;
• Résoudre l’équation d’Helmholtz ; déterminer les paramètres du faisceau laser ; c’est-
à-dire la largeur du faisceau ω(z), le rayon de courbure de l’onde R(z) et la divergence
du faisceau θ. La technique utilisée, pour établir l’expression de l’onde laser, est celle

61
dite technique de la source ponctuelle. Elle est utilisée dans la littérature pour obtenir la
solution qui correspond à la géomètrie rectangulaire. Son mérite est quelle est beaucoup
plus physique que celle, mathématique et abstraite, utilisée dans le cas de la géomètrie
cylindrique. Ceci apparaît bien dans la mesure où le formalisme littéral obeit, directement
à la physique du faisceau laser dans ses deux aspects : paraxialité de propagation et
délimitation de l’énergie dans le plan transverse ;
• Déterminer les caractéristiques d’un type particulier de mode de résonance, dont la
répartition energétique transversale est dite "Gaussienne" (le mode fondamental TEM) ;
pour avoir une description complète du faisceau produit par un laser ;
• Rappeler la résolution des équations d’onde par une autre méthode, qui est la
méthode de Kirchhoff, et avec laquelle nous avons trouvé les mêmes résultats que ceux
trouvés en résolvant l’équation d’Helmholtz.
Une autre partie a été faite dans ce mémoire, c’est la partie expérimentale dans
laquelle nous avons pu démontrer quelques résultats théoriques cités plus haut, entre
autre les paramètres du faisceau laser.
Cette expérience nous a permis de voir comment varient ces derniers en fonction de
la distance de propagation, comme nous avons pu voir deux phénomènes courants chez
le laser comme la défocalisation du faisceau et l’instabilité de son intensité par rapport
au temps, pour cela nous avons mésuré l’intensité du laser pour différents points et pour
des temps variés.
Et pour terminer on a consacré le dernier volet à un type particulier de laser et qui
est trés puissant ; le laser Femtoseconde, donc nous avons :
• Fait une caractérisation de ce laser au sein d’un laboratoire en France
• Donné les différents modes de sécurité adoptés aux laboratoires
• Discuté de l’une des applications les plus utiliséés de nos jours dans le domaine de
la détection ; et qui est la spectroscopie "Pompe-Sonde".
Cela nous a ramené à tirer les conclusions suivantes, d’une part que les faisceaux
laser se diffèrent entre eux par leurs modes d’oscillation, comme ils peuvent se départager
par leurs puissance ; ce qui influe directement sur le genre d’applications susceptibles

62
d’utiliser des laser, c’est pour cela, une caractérisation complète des lasers s’impose afin
de prévoir les domaines d’application

63
Références
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[21] A. Brun et al., Appl. Phys. 24, 1225 (1991).
[22] H. Abraham et T. Lemoine, C. R. Acad. Sc., Paris 129, 206 (1899).
[24] G. Porter, Proc. Roy. Soc A 200, 284 (1950).
[25] N. Bloembergen, Rev, Mod. Phys. 71, S283 (1999).

64
‫اﻟﻤﻠﺨﺺ‪:‬‬

‫هﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﻳﺘﻨﺎول دراﺳﺔ اﻟﻠﻴﺰر‪ ،‬ﻣﻜﻮﻧﺎﺗ ﻪ‪ ،‬اﻧﺘ ﺸﺎرﻩ‪ ،‬ﺧﺼﺎﺋ ﺼﻪ و ﺗﻄﺒﻴﻘﺎﺗ ﻪ‪ .‬ﺧ ﻼل اﻧﺘ ﺸﺎر‬
‫اﻟﻠﻴ ﺰر‪ ،‬ﻳﺘﺒ ﻊ ه ﺬا اﻷﺧﻴ ﺮ اﻟﻘ ﻮاﻧﻴﻦ اﻟﻐﻮﺳ ﻴﺔ و ﻣ ﻦ اﻟ ﻀﺮوري أن ﻧﻌ ﺮف آﻴ ﻒ ﺗﺨﺘﻠ ﻒ ﻣﻌ ﺎﻣﻼت‬
‫اﻟﺤﺰﻣﺔ اﻟﻠﻴﺰرﻳﺔ ﺑﺎﻟﻨﺴﺒﺔ إﻟﻰ ﻣﺴﺎﻓﺔ اﻟﻨﺸﺮ‪ ،‬ﻟﻬﺬا ﻳﺠ ﺐ ﻋﻠﻴﻨ ﺎ أوﻻ أن ﻧﻔﻬ ﻢ اﻟﺤﺰﻣ ﺔ اﻟﻐﻮﺳ ﻴﺔ و آﻴ ﻒ‬
‫ﺗﻨﺘﺸﺮ‪.‬‬

‫ﻓ ﻲ ه ﺬا اﻟﻌﻤ ﻞ‪ ،‬أوﻻ ﻗﻤﻨ ﺎ ﺑﺪراﺳ ﺔ ﺗﺠﻮﻳ ﻒ اﻟﻠﻴ ﺰر و ﺑﻌ ﺪ ذﻟ ﻚ ﺣ ﻞ ﻣﻌﺎدﻟ ﺔ ‪Helmholtz‬‬


‫ﻟﺘﺤﺪﻳﺪ ﻣﻌﺎﻣﻼت اﻟﺤﺰﻣ ﺔ اﻟﻠﻴﺰرﻳ ﺔ‪ ،‬وﺛﺎﺋﻘﻴ ﺎ أردﻧ ﺎ ﺗﻌﺰﻳ ﺰ اﻟﻨﺘ ﺎﺋﺞ ﺑﺎﻟﻨﺘ ﺎﺋﺞ اﻟﺘﺠﺮﻳﺒﻴ ﺔ اﻟﺘ ﻲ ه ﻲ ﻋﻠ ﻰ‬
‫ﺗﻮاﻓﻖ ﺗﺎم ﻣﻊ اﻟﻨﻈﺮﻳﺔ‪ .‬وﺧﺘﺎﻣﺎ‪ ،‬ﻓﺈﻧﻨﺎ أﻋﻄﻴﻨﺎ آﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﻤﻨﺤﻨﻴﺎت اﻟﻤﻤﺜﻠﺔ ﻟﺘﻐﻴﺮ )‪R(z) ,I(z) ,W(z‬‬
‫و ‪ fluence‬هﺬﻩ ﺟﺪ ﻣﻬﻤﺔ ﻓﻀﻼ ﻋﻦ اﻟﻨﺘﺎﺋﺞ اﻟﻨﻈﺮﻳﺔ‪.‬‬

‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﻴﺔ‪:‬‬

‫اﻟﺤﺰﻣﺔ اﻟﻐﻮﺳﻴﺔ‪ ،‬ﺗﺠﻮﻳﻒ اﻟﻠﻴﺰر‪ ،‬ﻣﻌﺎدﻟﺔ ‪ Helmholtz‬و ‪fluence‬‬


Abstract.

This work deals with the study of lasers, their components, their propagation
and their characteristics and applications. During its propagation, the laser follows the
Gaussian laws and it is essential to know how to vary the parameters of the laser beam
relative to the propagation distance, for this we must first understand the Gaussian
beam and how it spreads.
In this work, first we have studied the laser cavity and then solve the
Helmholtz equation for determining the laser beam parameters, and secondly we have
wanted to strengthen its results and experimental results which are in perfect
agreement with the theory. Finally, we have given as results of the speed curves
representatives of the variation of W(z), R(z), I(z) and the fluency. These results are
of crucial interest as well as theoretical.

Key words
Gaussian beam, laser cavity, Helmholtz equation, Fluency
Résumé

Ce travail traite de l’étude des lasers, leurs composants, leurs propagation et leurs
caractéristiques et applications. Pendant sa propagation le laser suit les lois gaussiennes et il
est indispensable de savoir comment varient les paramètres du faisceau laser par rapport à la
distance de propagation, pour cela il faut d’abord comprendre le faisceau gaussien et
comment se propage-t-il.
Dans ce travail, en premier lieu nous avons fait l’étude de la cavité laser pour ensuite résoudre
l’équation d’Helmholtz afin de déterminer les paramètres du faisceau laser, comme nous
avons fait le même travail mais en utilisant une autre méthode, qui est dite, méthode de
Kirchhoff, et en deuxième lieu nous avons voulu affermir ses résultats par des résultats
expérimentaux et qui se trouvent en parfait accord avec la théorie. Finalement, nous avons
donné comme résultats des courbes représentants l’allure de la variation de W(z), R(z), I(z) et
la fluence.
Ces résultats sont d’un intérêt aussi bien fondamental que théorique.

Mots Clés :
Faisceau gaussien, Cavité laser, Equation d’Helmholtz, Méthode de Kirchhoff, Fluence

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