Algèbre Linéaire et Calcul Vectoriel
Algèbre Linéaire et Calcul Vectoriel
KAMIANTAKO Miyamueni 1
PREMIERE PARTIE
ALGEBRE LINÉAIRE
Cette première partie est conçue de façon à donner les bases essentielles en Algèbre matricielle à
tout étudiant en Économie, en gestion et en sciences sociales. Après une brève introduction au calcul
vectoriel, nous verrons successivement les matrices, les déterminants, les matrices partagées, l'inversion
des matrices, les systèmes d'équations et d’inéquations linéaires, les valeurs et vecteurs propres, la
diagonalisation et la trigonalisation des matrices, les formes quadratiques, la dérivée et l'intégrale des
matrices, les matrices non négatives, etc.
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Chapitre Premier
INTRODUCTION AU CALCUL VECTORIEL
Exemples 1.2a
Madame Kam va au petit marché du Rond point Ngaba pour acheter trente (30) œufs, trois
(3) tas de « safou », deux (2) bottes de bois de chauffage, un (1) kilo de viande de porc et
trois (3) savons monganga. Représentons ses achats par le vecteur-ligne.
Réponse :
Soit X, le vecteur représentant les aliments achetés par Madame Kam. Alors on a :
X = [30 (œufs), 3 (safou), 2 (bois), 1 (viande de porc), 3 (savons)]
= [30, 3, 2, 1, 3]
Exemples 1.2b
Les œufs sont à 60 FC pièce, le safou à 50 FC le tas, le bois à 25 FC la botte, le poisson est à
120 FC le kilo et le savon à 10 FC pièce. Représentons les prix par le vecteur colonne.
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Réponse :
Y = 60 50 25 120 10.
Le vecteur nul est celui dont toutes les composantes sont nulles c’est-à-dire un vecteur
L'addition (ou la soustraction) n'est possible que pour des vecteurs de même dimension.
Géométriquement, l'addition de deux vecteurs U et V se fait de la façon suivante. On trace une
parallèle au segment 0U à partir du point V et une parallèle au segment 0V à partir du point U.
L'intersection de ces deux lignes au point W donne le point extrême du segment qui est la somme
de deux segments en question. Cette démarche revient à construire un parallélogramme. C'est
pourquoi on parle de l'addition selon la règle dite du parallélogramme.
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2ème composante
U+V
V
u2 U
kU
1ère composante
–U
Exemples 1.8 :
a. Si k = 2, k' = − 3 et U = [2, 1], alors 2U = 2[2, 1] = [4, 2] et –3U = [–6, –3].
b. Reprenons l’exemple 1.2a. Supposons que Madame Kam double la quantité des biens achetés
pour avoir appris l’arrivée chez elle d’un parent. Comment se présente alors son panier ? La
réponse à cette dernière question est une application de la multiplication d’un vecteur par un
scalaire avec k = 2 et X = [30, 3, 2, 1, 3]. On obtient :
2X = 2[30, 3, 2, 1, 3] = [60, 6, 4, 2, 6].
1.2.3 Propriétés de l'addition vectorielle et de la multiplication par un scalaire
Quels que soient les vecteurs U, V et W n et des scalaires k, k' , on a :
(a) U + (V + W) = (U + V) + W : Associativité de l’addition
(b) (kk') U = k (k'U) : Associativité des nombres.
(c) U + V = V + U : Commutativité
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La norme (ou longueur ou encore module) d'un vecteur V, notée V , est la valeur positive de
la racine carrée de la somme des carrés de ses composantes, soit :
n
V = 2 2 2
v1 + v 2 + ... + v n = v
i =1
2
1 (1.3)
Exemple 1.9 :
Si V = [ − 3, 2, 1], alors, V = − 32 + 22 +12 = 9 + 4 +1 = 14 .
Un vecteur V est appelé vecteur unitaire si sa norme est 1, c'est-à-dire si V = 1.
On peut obtenir un vecteur unitaire à partir de n’importe quel vecteur de n en le divisant par sa
norme. Ce processus est appelé « normalisation » du vecteur V ». Reprenons le vecteur de
l’exemple 1.9 ci-dessus. En rapportant chacun des ses composantes à sa norme, nous obtenons un
− 3, 2, 1 = − 3 , 2 , 1 .
1 1
vecteur unitaire (que nous notons V ) où V = V =
V 14 14 14 14
(u − vi )
2
= i (1.4)
i =1
Exemples 1.10 :
a) Trouver la distance d(U, V) avec U = [5, 3, − 2, − 4, − 1] et V = [2, − 1, 0, − 7, 2].
Réponse :
En utilisant la formule de la distance séparant deux points, nous avons:
d(U,V) = (5 − 2 )2 + (3 + 1 )2 + ( −2 + 0 )2 + (−4 + 7 )2 + ( −1 − 2 )2 = 47
1
Olivier Ferrier, Maths pour Economistes, L’Analyse en Economie et Gestion, De Boeck,
Bruxelles, 2007. p. 301
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2012 2018
Nsimba Nzuzi Nsimba Nzuzi
1
Math x(1,1) = 25 x(21,1) = 30 x(11, 2) = 10 x(21, 2) = 60
MQE x(12,1) = 25 x(22,1) = 50 x(12, 2) = 60 x(22, 2) = 10
CONAT x(13,1) = 50 x(23,1) = 20 x(13, 2) = 30 x(23, 2) = 30
Total 100 100 100 100
Pour 2012
d(Ns, Nz) = (25 − 30) 2 + (25 − 50) 2 + (50 − 20) 2 = 25 + 625 + 900 = 1550 40
Pour 2018
d(Ns, Nz) = (10 − 60) 2 + (60 − 10) 2 + (30 − 30) 2 = 2500 + 2500 + 0 = 5000 71
Etant donné que 71 est supérieur à 40, on peut déduire que le comportement de Nsimba, en
termes de répartition de son temps de travail entre 2012 et 2018, s’est éloigné de celui de
Nzuzi. Leurs stratégies de travail s’étant éloignées, on peut donc leur conseiller de ne plus
travailler ensemble.
Exemple 1.11a :
Reprenons l’exemple 1.2 ci-dessus. Une question évidente qui se pose est celle de savoir
quel est le montant total que Madame Kam doit payer ? La réponse est obtenue en
multipliant le vecteur quantité X par le vecteur prix Y. Ce qui donne :
X • Y = 30(60) + 3(50) + 2(25) + 1(120) + 3(10) = 1800 + 150 + 50 + 120 + 30 = 2150 Fr
On peut également se servir de la notation matricielle pour obtenir le même résultat. Dans ce
cas, on a :
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60
50
X • Y = [30, 3, 2, 1, 3] 25 = 30(60) + 3(50) + 2(25) + 1(120) + 3(10) = 2150 Fr.
120
10
Deux vecteurs U et V sont orthogonaux (ou perpendiculaires) si leur produit scalaire est nul.
Exemple 1.11b :
Soient U = [1, − 2, 3, − 4], V = [6, 7, 1 − 2] et W = [5, − 4, 5, 7]. Alors,
U • V = [(1x 6) + ( − 2 x 7) + (3 x 1) + ( − 4 x − 2)] = 6 − 14 + 3 + 8 = 3.
U • W = [(1x 5) + ( − 2 x − 4) + (3 x 5) + ( − 4 x 7)] = 5 + 8 + 15 − 28 = 0.
On voit que les vecteurs U et W sont orthogonaux.
Si des vecteurs orthogonaux sont tous de longueur unitaire, c'est-à-dire si la racine carrée de
la somme des carrés des composantes de chacun des vecteurs est égale à 1, alors lesdits vecteurs sont
orthonormés.
Exemple 1.12 :
Les vecteurs U = [3, 2] et V = [ − 4, 6] sont orthogonaux car U • V = 0.
Ils peuvent être transformés en vecteurs orthonormés. Il suffit pour cela de calculer la norme
de chaque vecteur et de diviser ensuite chacune de ses composantes par la norme du vecteur
3 2
considéré. Ainsi, comme U = 13 et V = 52 , les vecteurs U= et
13 13
4 6
V = − sont orthonormés.
52 52
1.5.3. Relation entre le produit scalaire de deux vecteurs et l’angle entre ces deux vecteurs
Si U et V sont deux vecteurs quelconques non nuls de n et l'angle formé entre eux, alors
leur produit scalaire peut aussi être défini par l'expression
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U V cos si U 0 et V 0
U •V =
0 si U = 0 ou V = 0
Il est donc possible de calculer l’angle formé par deux vecteurs non nuls en utilisant leur produit
scalaire. On a alors :
U •V
Cos = (1.6)
U V
Exemple 1.13 :
Soient les vecteurs U = [2, − 1, 1] et V = [1, 1, 2]. Trouver U • V et déterminer l'angle entre
U et V.
Réponse :
U • V = u1v1 + u2v2 + u3v3 = 3 et U = V = 6.
U •V 3 1
Cos = = = et donc = 60°.
U V 6 6 2
Enfin, si U et V sont deux vecteurs quelconques non nuls de n et , l'angle entre ces deux vecteurs,
alors :
o est aigu si U • V > 0 ou si Cos > 0.
o est obtus si U • V < 0 ou si Cos < 0.
o est droit ou perpendiculaire si U • V = 0 ou si Cos = 0.
Exemple 1.14 :
Soient U = [1, − 2, 3], V = [ − 3, 4, 2] et W = [3, 6, 3].
Alors, U • V = − 5, V • W = 21 et U • W = 0
Donc U et V forment un angle obtus ; V et W forment un angle aigu et U et W sont
perpendiculaires.
Remarques :
1° Si Cos = 1, c'est que l'angle = 360. U et V ont même longueur et même sens. U et V
se confondent.
2° Si Cos = − 1, c'est que l'angle = 180. U et V ont la même longueur mais sont de sens
diamétralement opposé.
Ainsi l'angle entre deux vecteurs varie toujours de − 1 à +1. Ce qui nous permet d'écrire :
U •V
–1 +1
U V
En statistique, l'angle entre deux vecteurs est appelé coefficient de corrélation simple (r). Si
r = 0, il n'y a pas de corrélation. Si r = 1, la corrélation est parfaite et positive. Si r = − 1, la
corrélation est parfaite mais négative.
1.5.4. Inégalité de Cauchy- Schwarz, Inégalité de Minkowski et Inégalité triangulaire.
Les trois relations fondamentales qui suivent sont connues sous les noms d'inégalité de Cauchy-
Schwarz, d'inégalité de Minkowski et d'inégalité triangulaire.
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La valeur absolue du produit scalaire de deux vecteurs ne peut pas dépasser le produit de leur
longueur.
Exemple 1.15 :
Soient U = [2, 3] et V = [1, − 4]. U • V = 2 − 12 = − 10; U • V = 10; U = 13 ;
Exemple 1.18 :
Soient U = [ − 7, 1, 3] et V = [1, 2, 2]. Trouver la projection de U sur V.
Réponse :
On sait que U • V = − 7(1) + 1(2) + 3(2) = 1 et V
2
= ( 1 + 2 + 2 ) = = 1 + 2 + 2 = 9.
2 2 2
2
2 2 2
U •V 1 1 2 2
Ainsi projV U = V = (1, 2, 2) = , , .
9 9 9
2
V 9
u2 u3 u1 u3 u1 u 2
(U x V) • W = w1 − w2 + w3
v2 v3 v1 v3 v1 v2
u1 u2 u3
Cette dernière expression n’est rien d’autre que (U x V) • W = v1 v2 v3 . Le nombre ainsi
w1 w2 w3
obtenu qui est égal au déterminant du troisième ordre dont les colonnes sont formées par les
composantes respectives de chacun des vecteurs U, V et W est appelé produit mixte (vectoriel –
scalaire) des vecteurs U, V et W. On le note (U x V) • W et il est égal au produit scalaire du produit
vectoriel de U et V par le vecteur W.
Exemple 1.21 :
Soient U = [2, − 1, 3], V = [0, 1, 7] et W = [1, 4, 5]. On sait déjà que UxV = [ − 10, − 14, 2]. Alors on a :
UVW = (U x V) • W = [ − 10, − 14, 2] • [1, 4, 5] = − 10(1) − 14(4) + 2(5) = − 56.
Propriétés du produit mixte :
o On peut faire une permutation cyclique des trois vecteurs sans changer le produit mixte.
(U x V) • W = (W x U) • V = (V x W) • U
o Si l’on permute deux vecteurs voisins, le signe du produit mixte change
(U x V) • W = − (W x V) • U
1.9 Espaces vectoriels et Sous-espaces
1.9.1 Espace vectoriel n
Soit E un ensemble arbitraire quelconque sur lequel on définit les deux opérations suivantes :
• l’addition : associe à deux vecteurs quelconques U et V E l’unique vecteur somme U + V
E
• la multiplication par un scalaire : associe à tout vecteur U E et à tout scalaire k, k’ K
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Le corollaire est que F est un sous-espace vectoriel de E Ssi F (ou F n'appartient pas à
l'ensemble vide) et U, V F implique kU + k'V F quels que soient k, k' F.
Un sous-ensemble de n qui vérifie les dix propriétés énoncées plus haut est appelé un sous-espace
de n. Pour savoir si un sous-ensemble de n. est ou non un sous-espace, il suffit de vérifier les
propriétés B1, A2, A3 et B2. En fait il n’est nécessaire de vérifier que les propriétés B1, et B2 pour les
sous-ensembles de n puisque la propriété B2 implique les propriétés A2 et A3.
Exemples 1.23 :
1. Soit E1 l’ensemble des vecteurs de n dont toutes les composantes sont égales :
E1 = {[x1, x2, ..., xn) n : x1 = x2 = ... = xn}
L’égalité des composantes étant préservée par l’addition des vecteurs et le produit par un
scalaire, E1 est alors un sous-espace de n.
2. Soit E2 = {0} un sous-ensemble contenant un élément de n.
E2 est un sous-espace de n puisqu’il est stable pour le produit k.0 = 0, et pour l’addition des
vecteurs 0 + 0 = 0.
3. L'ensemble E3 de toutes les matrices 2 x 2 dont les éléments diagonaux sont nuls est un sous-
espace vectoriel de l'espace vectoriel M22 de toutes les matrices d'ordre 2. Soient
0 a12 0 b12
A= et B = deux matrices quelconques dans E3 et soit k un scalaire
a21 0 a21 0
quelconque.
0 ka12 0 a12 + b12
Alors, kA = et A + B =
ka21 0 a21 + b21 0
Puisque kA et A + B ont des zéros sur la diagonale principale, elles appartiennent à E3. Donc
E3 est un sous-espace de M22.
4. Considérons un système homogène de m équations linéaires à n variables inconnues :
a11 x1 + a12 x 2 + a1n x n = 0
a 21 x1 + a 22 x 2 + a 2 n x n = 0
a n1 x1 + a n 2 x 2 + a nn x n = 0
L'ensemble E4 de toutes les solutions de ce système est un sous-espace vectoriel de n appelé
espace vectoriel des solutions. Mais l'ensemble des solutions d'un système non homogène
d'équations linéaires à n inconnues n'est pas un sous-espace vectoriel de n.
1.10. Combinaison linéaire des vecteurs
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Soit E un espace vectoriel dans n. V sera une combinaison linéaire de vecteurs V1, V2 ... Vn s'il
existe des scalaires ou constantes k1, k2 ... kn telles que
n
V = k1V1 + k2V2 + ... + knVn = k V
i=1
i i (1.14)
Exemple 1.24 : Ecrire le vecteur V = [1, − 2, 5] comme une combinaison linéaire des vecteurs
U = [1, 1, 1], W = [1, 2, 3] et Z = [2, − 1, 1].
Réponse :
Nous désirons exprimer V sous la forme k1U + k2W + k3Z avec des ki qui sont des scalaires
inconnus. Donc nous avons :
[1, − 2, 5] = k1[1, 1, 1] + k2[1, 2, 3] + k3[2, − 1, 1]
= [k1, k1, k1] + [k2, 2k2, 3k2] + [2k3, − k3, k3]
= [k1 + k2 + 2k3, k1 + 2k2 − k3, k1 + 3k2 + k3]
Formons le système d'équations en égalant les composantes correspondantes les unes aux autres.
Donc, nous avons :
k1 + k2 + 2k3 = 1
k1 + 2k2 − k3 = − 2
k1 + 3k2 + k3 = 5
En résolvant ce système par la méthode d’élimination de Gauss (probablement vue en Math I), nous
obtenons successivement :
1 1 2 1 1 1 2 1 1 1 2 1
1 2 − 1 − 2 0 1 − 3 − 3 0 1 − 3 − 3
1 3 1 5 0 2 −1 4 0 0 5 10
Il s’ensuit : k1 = − 6, k2 = 3 et k3 = 2. D'où la combinaison linéaire V = − 6U + 3W + 2Z.
Si V1, V2 ... Vn appartiennent à un espace vectoriel E, toute combinaison linéaire de ces
vecteurs est un vecteur de E.
Un vecteur nul peut être exprimé comme combinaison linéaire des vecteurs V1, V2 ,...,Vn. On
écrit alors 0V1+ 0V2 +...+ 0Vn = 0.
1.11. Dépendance et indépendance linéaire des vecteurs
Des vecteurs V1, V2 ... Vn sont dits linéairement dépendants (on dit qu’ils forment dans ce
cas une famille liée) s'il existe des scalaires ki dont un au moins est non nul tels que :
n
k1V1 + k2V2 + ... + knVn = k V
i =1
i i =0
Autrement dit n vecteurs V1, V2 ... Vn sont linéairement dépendants si le système d'équations
homogènes admet des solutions non triviales, c’est-à-dire si le déterminant de la matrice des
coefficients est nul.
Lorsque deux vecteurs sont linéairement dépendants, l'un d'eux peut être obtenu par
combinaison linéaire de l'autre. Les deux vecteurs sont aussi dits parallèles. Si on suppose par
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k2 k
exemple k1 0, il vient : V1 = − V2 − ... − n Vn.
k1 k1
Dans un espace vectoriel à n dimensions, n vecteurs V1, V2 ... Vn sont dits linéairement
indépendants (et on dit qu’ils forment une famille libre) s'il existe des scalaires ki tous nuls tels
que :
n
k1V1 + k2V2 + ... + knVn = k V
i =1
i i =0 (1.15)
En d’autres termes, n vecteurs V1, V2 ... Vn sont dits linéairement indépendants si le système
homogène KV = 0, où K est la matrice des coefficients ki et V l'ensemble des vecteurs V1, V2 ... Vn,
admet des solutions triviales ki = 0, i. Nous verrons plus loin qu’une telle matrice a un déterminant
non nul.
Lorsque deux ou plusieurs vecteurs sont linéairement indépendants, aucun d'eux ne peut être
obtenu par combinaison linéaire des autres.
Exemple 1.25 :
Déterminer si les vecteurs suivants de 3 sont linéairement dépendants ou indépendants :
a) U = [1, 2, − 3], V = [1, − 3, 2] et W = [2, − 1, 5]
b) U = [2, 3, 1], v = [1, − 1, 2] et W = [7, 3, 8]
Solution :
a) Soit U = [1, 2, − 3], V = [1, − 3, 2] et W = [2, − 1, 5]
Ecrivons qu'une combinaison linéaire quelconque des vecteurs U, V, W est égale au vecteur nul en
utilisant les scalaires inconnus k1, k2 et k3. On a:
k1[1, 2, − 3] + k2[1, − 3, 2] + k3[2, − 1, 5] = [0, 0, 0]
Soit :
[k1 + k2 + 2k3, 2k1 − 3k2 − k3, − 3k1 + 2k2 + 5k3] = [0, 0, 0]
En égalant les composantes correspondantes les unes aux autres, on obtient le système homogène
équivalent :
k1 + k2 + 2k3 = 0
2k1 − 3k2 − k3 = 0
− 3k1 + 2k2 + 5k3 = 0
En résolvant ce système par la méthode de Gauss, nous obtenons successivement :
1 1 2 0 1 1 2 0 1 1 2 0
2 − 3 −1 0 0 5 5 0 0 5 5 0
− 3 2 5 0 0 5 11 0 0 0 6 0
Donc, k1 = 0, k2 = 0 et k3 = 0. Comme tous les scalaires sont nuls, les trois vecteurs sont linéairement
indépendants.
b) Soit U = [2, 3, 1], v = [1, − 1, 2] et W = [7, 3, 8]
Formons la combinaison linéaire suivante :
k1[2, 3, 1] + k2[1, − 1, 2] + k3[7, 3, 8) = [0, 0, 0]
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première composante non nulle d'un vecteur augmente de vecteur en vecteur. Et si un vecteur ne
comprend que des zéros, alors tous ceux qui suivent le sont également.
Exemple 1.27 :
Les vecteurs suivants de 6 .
V1 : [1, 2, 0, 3, 4, 0]
V2 : [0, 0, 1, 6, 4, 2]
V3 : [0, 0, 0, 2, 4, 3] sont échelonnés.
V4 : [0, 0, 0, 0, 0, 2]
V5 : [0, 0, 0, 0, 0, 0]
Des vecteurs échelonnés ne comprenant pas le vecteur nul sont linéairement indépendants.
On peut en déduire une technique commode pour vérifier si un ensemble de vecteurs sont
linéairement indépendants et aussi pour déterminer le nombre de vecteurs linéairement indépendants
parmi un ensemble de vecteurs.
Dans l'exemple ci-haut, les vecteurs V1, V2, V3 et V4 sont linéairement indépendants. En effet, on ne
pourra jamais obtenir le vecteur V3 à partir de V4, ni V2 de V3 et V4. De même, V1 est linéairement
indépendant de V2.
1.13. Générateurs, bases et dimension d'un espace vectoriel.
1.13.1 Système de Générateurs d’un espace vectoriel
Soit E un espace vectoriel dans n, sur un corps K et S = {Xi E, i = 1, 2, …, p} une famille
de p vecteurs de E. On dira que la famille S forme un système de générateurs de E ou qu’elle
engendre E si tout vecteur X E peut s'écrire comme une combinaison linéaire des éléments de S.
p
S = {Xi E, i = 1, 2, …, p} générateur de E entraîne X E, ki K, X = k
i =1
i Xi .
Pour engendrer tout l’espace, il nous faut au moins deux vecteurs dans le cas de 2 et au moins trois
vecteurs dans le cas de 3 . En effet, un nombre inférieur de vecteurs ne crée qu’un sous-espace ; soit
une droite de 2 ou de 3 , soit un plan de 3 .
Exemple 1.28 :
Déterminer si les 3 vecteurs U = [1, 1, 1], V = [2, 2, 0] et W = [3, 0, 0] forment un système
de générateurs de 3 (ou engendrent l'espace vectoriel 3).
Solution :
Primo, on veut déterminer s’il existe des constantes k1, k2, k3 tels que pour un vecteur quelconque de
3 on ait k1U + k2V + k3W.
[x, y, z] = k1[1, 1, 1] + k2[2, 2, 0] + k3[3, 0, 0] = [k1+ 2k2+ 3k3, k1+ 2k2, k1].
k1 + 2k 2 + 3k 3 = x
y−z x− y
D’où le système : k1 + 2k 2 = y . Ce qui donne : k1 = z, k2 = et k3 = .
k 2 3
1 =z
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On voit que le système d’équations permet une solution pour tout vecteur [x, y, z]. Soit par exemple,
2−3 1
à exprimer [x, y, z] = [1, 2, 3] en fonction des vecteurs U, V et W. Alors k1 = 3, k2 = = − et
2 2
1− 2 1 1 1
k3 = = − . Nous obtenons : [1, 2, 3] = 3[1, 1, 1] − [2, 2, 0] − [3, 0, 0].
3 3 2 3
Donc, l’ensemble des vecteurs U, V et W engendre 3.
Exemple 1.29 :
Le vecteur V = [2, 14, − 34, 7] appartient-il au sous-espace de 4 engendré par
V1 = [1, 4, − 5, 2] et V2 = [1, 2, 3, 1] ?
Réponse : Oui car V = 5V1 − 3V2 est une combinaison linéaire de ces deux vecteurs.
1.13.2 Base de n
[Link] Définition
La notion de base se déduit immédiatement de celle de générateurs et d’indépendance
linéaire. Soit S = [ V1, V2,..., Vn], un système de vecteurs d’un espace vectoriel E. S est une base de
cet espace vectoriel si et seulement si :
o tous les vecteurs de E peuvent s’écrire sous la forme d’une combinaison linéaire des
vecteurs de S (ont dit alors que S engendre E ou que S est un système générateur de E) ;
o les éléments de S sont linéairement indépendants (on dit que S est un système libre).
Cette base est génératrice, c'est-à-dire qu'on peut à partir de ces vecteurs former une base obtenue
d'autres vecteurs linéairement indépendants.
Rappelons que m vecteurs échelonnés non nuls de n forment nécessairement une base de n.
Exemple 1.30 :
Déterminer si les vecteurs suivants forment ou non une base de l'espace vectoriel 3 :
(a) [1, 1, 1] et [1, − 1, 5] (b) [1, 2, 3], [1, 0, − 1], [3, − 1, 0] et [2, 1, − 2]
(c) [1, 1, 1], [1, 2, 3] et [2, − 1, 1] (d) [1, 1, 2], [1, 2, 5] et [5, 3, 4]
Réponse :
o Rappelons qu’une base d’un espace vectoriel donné est un ensemble de vecteurs L.I. qui
engendrent cet espace.
o (a) et (b) ne forment pas une base de l'espace vectoriel 3, car une base de 3 doit contenir
exactement 3 vecteurs de 3.
o Quant aux vecteurs de (d), comme la forme échelonnée de la matrice dont les lignes sont les
vecteurs donnés a une ligne nulle et seulement deux lignes non nulles, les trois vecteurs pris
ensemble ne sont pas linéairement indépendants et, donc, ne forment pas une base de 3.
1 1 2 1 1 2 1 1 2
1 2 5 → 0 1 3 → 0 1 3 .
5 3 4 0 − 2 − 6 0 0 0
o S’agissant de (c), il faut d’abord vérifier si le système donné engendre 3. Ce qui revient à se
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1 1 2 a 1 1 2 a 1 1 2 a
1 2 − 1 b 0 − 1 3 a − b 0 − 1 3 a −b .
1 3 1 c 0 − 2 1 a − c 0 0 5 a − 2b + c
Il conviendra ensuite de déterminer si le système est linéairement indépendant. Les vecteurs
de (c) le sont effectivement car la forme échelonnée de la matrice des coefficients n'a pas de
ligne nulle.
Enfin, un ensemble orthonormé peut être toujours obtenu d’un ensemble orthogonal des vecteurs non
nuls en normant (ou normalisant) chacun de ses vecteurs. Le processus consistant à multiplier un
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vecteur non nul V par l’inverse de sa longueur (ou norme) pour obtenir un vecteur de norme 1 est
appelé « la normalisation de V ».
De plus, un ensemble orthonormé {U1, U2,…,Ur} est linéairement indépendant et pour
chaque V appartenant à E, le vecteur W = V – (V, U1)U1 – (V, U2)U2 − … − (V, Ur)Ur est
orthogonal à chacun des Vi.
Le processus d’orthogonalisation de Gram-Schmidt est décrit ci-après :
Soit E un espace du produit intérieur et S = {V1, v2,..., Vn} une base pour E. Les étapes suivantes
permettent d’obtenir une base orthonormée {U1, U2,..., Un} pour E.
Etape 1 : Posons :
V
U1 = 1 .
V1
Le vecteur U1 est de norme 1.
Etape 2 :
Pour construire un vecteur U2 de norme 1 qui soit orthogonal à U1, nous calculons V2 orthogonal à
l’espace W1 engendré par U1 et le «normons » ou « normalisons » :
V − (V2 • U 1 )U 1
U2 = 2 .
V2 − (V2 • U 1 )U 1
Si V2 − (V2 • U1)U1 = 0, alors la normalisation ne peut pas se faire. Mais, ceci ne peut jamais arriver,
(V • U 1 )
autrement nous aurons eu V2 = (V2 • U1)U1 = 2 V1 , ce qui veut dire que V2 est un multiple de
V1
V1, contredisant ainsi l’indépendance linéaire de la base S = {V1, V2, …, Vn}.
Etape 3 :
Pour construire un vecteur U3 de norme 1 qui soit orthogonal à la fois à U1 et U2 nous calculons V3 de
façon qu’il soit orthogonal à l’espace W2 engendré par U1 et U2 puis le «normons » :
V3 − (V3 • U 1 )U 1 − (V3 • U 2 )U 2
U3 = .
V3 − (V3 • U 1 )U 1 − (V3 • U 2 )U 2
Comme à l’étape 2, l’indépendance linéaire de {V1, V2,...,Vn} assure que V3 − (V3 • U1)U1 −
(V3 • U2)U2 0 si bien que la normalisation pourra toujours s’accomplir.
Etape 4 :
Pour déterminer un vecteur U4 de norme 1 qui soit orthogonal à la fois à U1, U2 et U3, nous calculons
V4 de telle sorte qu’il soit orthogonal à l’espace W3 engendré par U1, U2 et U3, puis le «normons » :
V − (V4 • U 1 ) U 1 − (V4 • U 2 ) U 2 − (V4 • U 3 ) U 3
U4 = 4 .
V4 − (V4 • U 1 ) U 1 − (V4 • U 2 ) U 2 − (V4 • U 3 ) U 3
En procédant de la même manière, nous trouvons une base orthonormée {V1, V2,..., Vn}.
En général, après avoir obtenu {U1, U2,..., Ui}, on pose :
Wi + 1 = Vi + 1 – (Vi + 1, U1)U1 – .… - (Vi + 1, Ui)Ui
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Wi +1
et Vi+1 =
Wi +1
Exemple 1.32 :
Considérons l’espace vectoriel 3 avec le produit scalaire Euclidien. Appliquons le processus
d’orthogonalisation de Gram-Schmidt pour transformer la base V1 = [1, 1, 1], V2 = [0, 1, 1] et
V3 = [0, 0, 1] quelconque en une base orthonormée.
Etape 1 :
V1 1
U1 = = [1, 1, 1].
V1 3
Le vecteur U1 est de norme 1.
Etape 2 :
V − (V2 • U 1 )U 1
U2 = 2 .
V2 − (V2 • U 1 )U 1
1 / 3
1
0 1 1−(0 1 1)1 / 3
1 1
3
3
3 3
1 / 2 1 1
U2 = = − , ,
1 3 6 6 6
1
0 1 1−(0 1 1)1 3
1 1
3
3
3 3
1
Etape 3 :
V3 − (V3 • U 1 )U 1 − (V3 • U 2 )U 2
U3 = .
V3 − (V3 • U 1 )U 1 − (V3 • U 2 )U 2
1 1 1 − 2 1
0 0 1−
1 1
−
1
3 3 3 3 6 6 6 6 1 1
U3 = = 2 0, − , .
2
0 0 1− 1 1 1 − 2 1
1 1 1 2
−
3 3 3 3 6 6 6 6
La base orthonormée pour 3 est donc :
1 1 1 2 1 1 1 1
U 1 = , , , U 2 = − , , , U 3 = 0, − ,
3 3 3 6 6 6 2 2
1.13.3 Dimension d’un espace vectoriel
La dimension d'un espace vectoriel E est le nombre de vecteurs linéairement indépendants
que contient une base de cet espace (pourvu que la base contienne un nombre fini de vecteurs).
En effet, le nombre de vecteurs L.I. peut être fini ou infini. S'il est fini, on parle d'espace
vectoriel de dimension finie. S'il est infini, on parle d'espace vectoriel de dimension infinie.
Exemple 1.33 :
Trouver une base et la dimension du sous-espace W de R4 généré par les vecteurs
[1, − 2, 5, − 3], [2, 3, 1, − 4] et [3, 8, − 3, − 5]
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Réponse :
En échelonnant la matrice dont les lignes sont les vecteurs donnés, on obtient successivement :
1 − 2 5 − 3 1 − 2 5 − 3 1 − 2 5 − 3
2 3 1 − 4 0 7 −9 2 0 7 −9 2 .
3 8 − 3 − 5 0 14 − 18 4 0 0
0 0
Les lignes non nulles [1, − 2, 5, − 3] et [0, 7, − 9, 2] de la matrice échelonnée forment une base de
l'espace ligne, c'est-à-dire de W. La dimension de W, notée dim W, est égale à 2.
Exemple 1.34 :
Soit W un espace engendré par les polynômes V1 = t3 − 2t2 + 4t + 1, V2 = 2t3 − 3t2 + 9t − 1,
V3 = t3 + 6t − 5 et V4 = 2t3 − 5t2 + 7t + 5. Trouver une dimension de W.
Réponse :
Les coordonnées des vecteurs polynômes relativement à la base [t3, t2, t, 1] sont respectivement :
1 − 2 4 1 1 − 2 4 1 1 − 2 4 1
2 − 3 9 − 1 → 0 − 1 − 1 3 0 − 1 − 1 3
→
1 0 6 − 5 0 − 2 − 2 6 0 0 0 0
2 − 5 7 5
0 1 1 − 3
0 0 0 0
Les lignes non nulles [1, − 2, 4, 1] et [0, 1, 1, − 3] de la matrice échelonnée forment une base de
l'espace engendré par les vecteurs correspondants et donc forment les polygones t3 − 2t2 + 4t + 1 et t2
+ t − 3 qui sont une base de W. Donc, dim W = 2.
1.14. Rang d'une famille finie des vecteurs
Soit (V1, V2, ..., Vn), une famille finie d’éléments d’un espace vectoriel E. Cette famille engendre un
sous – espace vectoriel F de dimension finie. On appelle rang de la famille [V1, V2, ..., Vn], noté
rg (V1, V2, ..., Vn), la dimension de F. Le rang de la famille [V1, V2, ..., Vn] est donc le plus grand
nombre de vecteurs linéairement indépendants qu’on peut extraire de cette famille.
Exemple 1.35 :
Le rang de la famille formée par les vecteurs [2, 3, 1], [1, − 1, 2] et [7, 3, 8] est égal à 2. En effet, en
échelonnant la matrice formée par les coefficients des scalaires ki, on trouve que le nombre de
vecteurs linéairement indépendants est égal à 2.
Propriétés.
1. Le rang d'une famille de n vecteurs est par définition plus petit ou égal à n. Il est égal à n si et
seulement si les n vecteurs sont linéairement indépendants.
2. Dans un espace vectoriel de dimension finie n, le rang de n vecteurs est plus petit ou égal à n ; il
n'y a pas plus de n vecteurs linéairement indépendants dans un espace vectoriel de dimension n.
3. Le rang de n vecteurs est égal à la dimension du sous-espace vectoriel qu'ils engendrent.
Exercices
1. Déterminer k tel que U = 39 où U = [1, k, − 2, 5]
2. Trouver k tel que d(U,V) = 6 où U = [2, k, 1, − 4] et V = [3, − 1, 6, − 3]
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linéairement indépendants ?
a. [2, − 1, 4] [3, 6, 2] [2, 10, − 4]
b. [1, − 2, 3, 1] [3, 2, 1, − 2] [1, 6, − 5, − 4]
9. Déterminez si le vecteur X donné appartient ou non à l’espace vectoriel engendré par
l’ensemble de vecteurs {U, V} : X = [1, 1, 1], {U, V} = {[–1, 0, 7], [–3, 2, 0]}
10. Déterminer si les vecteurs donnés forment ou non une base de l’espace vectoriel 3 ?
a. U = [1, 1, 1] V = [2, 2, 0] et W = [3, 0, 0]
b. U = [2, − 1, 3] V = [4, 1, 2] et W = [8, − 1, 8]
c. U = [3, 1, 4] V = [2, − 3, 5] W = [5, –2, 9] et X = [1, 4, –1]
d. U = [1, 3, 3] V = [1, 3, 4] W = [1, 4, 3] et X = [6, 2, 1]
Chapitre Deuxième
CALCUL MATRICIEL
2.1 Définitions
Une matrice est, d'une manière générale, un tableau rectangulaire à "m" lignes et "n"
colonnes (m et n étant deux entiers positifs arbitraires), comprenant m x n coefficients scalaires. Nous
noterons les matrices par des lettres A, B, C…, les coefficients de ces matrices seront notés aij, bij, cij,
i = 1, 2,... n ; j = 1, 2,... n. Pour désigner un élément quelconque d'une matrice A, par exemple, qui se
trouve dans la i-ème ligne et j-ième colonne, on écrit aij. Ainsi, l'élément a23 se trouve à la ligne 2 et à la
colonne 3.
1 2
1 2 4
La matrice B = bij = est une matrice large de dimension 2 fois 3. C = − 1 0 est
− 5 0 3 2 3
une matrice haute de format (ou de dimension) 3 fois 2.
Si la matrice se compose d’une seule ligne et a la dimension m x 1, c’est un vecteur ligne. Si
elle se compose d’une seule colonne, sa dimension est 1 x n et elle peut être appelée vecteur
colonne.
❖ Une matrice carrée A = [aij] est dite diagonale si aij = 0 pour tout i j et aij 0 pour au moins
2 0 0
un i = j. Une matrice diagonale est égale à sa transposée. D = 0 0 0 est une matrice
0 0 −1
diagonale.
0 0
❖ Une matrice dont tous les éléments sont nuls est une matrice nulle, exemple R = .
0 0
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❖ Une matrice diagonale dont tous les éléments sur la diagonale principale sont égaux est dite
3 0 0 1 0 0
scalaire. Exemple E = 0 3 0 . Elle peut s’écrire comme E= 3 0 1 0 = 3I.
0 0 3 0 0 1
❖ Une matrice carrée A est dite symétrique si elle est égale à sa transposée, c’est-à-dire si aij =
2 2 − 3
aji pour tout i, j. F = 2 1 4 est symétrique.
− 3 4 3
Elle est dite antisymétrique si A = -A’, c’est-à-dire si aij = -aji Cela suppose que les aii (ou
0 3 − 4
ajj) sont nuls. G = − 3 0 6 est antisymétrique.
4 − 6 0
❖ Une matrice carrée A est dite triangulaire si tous les éléments au dessus ou en dessous de la
diagonale principale sont nuls.
• A = (aij) est une matrice triangulaire supérieure si aij = 0, pour tous les éléments en dessous de la
diagonale principale. C'est donc une matrice telle que aij = 0 pour tout i > j.
• B = (bij) est une matrice triangulaire inférieure si bij = 0 pour tous les éléments au dessus de la
diagonale principale. C'est donc une matrice telle que bij = 0 pour tout i < j.
1 − 4 8 2 0 0 2 0 0
H = 0 − 2 5
J = 3 0 0 K = 0 − 1 0
0 0 − 1 1 − 8 4 0 0 4
H est une matrice triangulaire supérieure et J est une matrice triangulaire inférieure. K est une matrice
triangulaire supérieurement et inférieurement.
❖ On dit qu'une matrice carrée A est nilpotente d'ordre n s'il existe un entier positif n tel que
An = 0. Elle sera dite d'indice de nilpotence k si Ak = 0 mais Ak -1 0.
La matrice 0 est nilpotente, mails il y en a d'autres telles que les matrices ci-après :
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0 a b 0 0 ac 0 0 0
0 0 0 et R3 = 0 0 0 .
R = 0 0 c est d'indice de nilpotence 3 car R²=
0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 1 0 0
0 0 1 0
La matrice E = est une matrice nilpotente d’ordre r.
0 0 0 1
0 0 0 0
❖ Matrice de Hessenberg
En algèbre linéaire, une matrice de Hessenberg est une matrice carrée qui est « presque »
triangulaire. Pour être exact, dans une matrice de Hessenberg dite « supérieure », tous les
éléments se trouvant en dessous de la première sous-diagonale (i.e., la diagonale en dessous de la
diagonale principale) sont nuls, et dans une matrice de Hessenberg dite « inférieure », tous les
éléments situés au-dessus de la première super-diagonale (i.e., la diagonale au-dessus de la
diagonale principale) sont nuls1,2. Ces matrices tirent leur nom du mathématicien et ingénieur Karl
Hessenberg (de).
1 4 2 3
3 4 1 7
Par exemple : la matrice F = est une matrice de Hessenberg supérieure tandis que
0 2 3 4
0 0 1 3
1 2 0 0
5 2 3 0
la matrice H = est une matrice de Hessenberg inférieure.
3 4 3 7
5 6 1 1
Propriétés
Le produit d'une matrice de Hessenberg par une matrice triangulaire est une matrice de
Hessenberg.
Plus précisément, si A est une matrice de Hessenberg supérieure et T est une matrice triangulaire
supérieure, alors AT et TA sont des matrices de Hessenberg supérieures.
❖ Matrice tridiagonale
En algèbre linéaire, une matrice tridiagonale est une matrice dont tous les coefficients qui ne
sont ni sur la diagonale principale, ni sur la diagonale juste au-dessus, ni sur la diagonale juste en
dessous, sont nuls.
1 4 0 0
5 2 3 0
Par exemple, la matrice suivante est tridiagonale :
0 4 3 7
0 0 1 1
❖ Matrice bidiagonale
Une matrice bidiagonale est une matrice à bande avec des éléments non nuls le long de la
diagonale principale et au dessus ou en dessous de la diagonale principale.
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1 0 0 0
2 4 0 0
Exemple : la matrice G =
0 3 3 0
0 0 4 3
❖ Matrice creuse ou clairsemée, matrice dense
Une matrice creuse (dite aussi matrice clairsemée) est une matrice de très grande taille contenant
beaucoup d’éléments nuls et peu d’éléments non nuls. Dans le cas contraire on parlera d’une
matrice dense.
Produits
Magasins S B C F
1 120 110 90 150
2 200 180 200 110
3 175 190 160 140
4 140 170 180 140
Il est également possible de représenter lesdits stocks dans une matrice de la forme :
120 110 90 150
200 180 200 110
S0 =
175 190 160 140
140 170 1680 140
40 20 50 10
25 30 10 60
Cette société effectue les livraisons L à ses magasins. Soit L= , la matrice des
15 0 40 70
60 40 10 50
livraisons. Que deviennent les stocks ?
Réponse :
Pour trouver le nouveau stock S1, nous calculons S0 + L et obtenons :
120 110 90 150 40 20 50 10 160 130 140 160
200 180 210 110 25 30 10 60 225 210 220 170
S1 = S0 + L = + = .
175 190 160 80 15 0 40 70 190 190 200 150
140 170 180 140 60 40 10 50 200 210 190 190
Un état hebdomadaire des ventes (V) de la SCK révèle que
100 90 110 60
125 190 150 80
V= . Quel niveau ont les stocks (S2) en fin de la semaine ?
10 80 20 30
70 130 90 80
Réponse :
160 130 140 160 100 90 110 60 60 40 30 100
225 210 220 170 125 190 150 80 100 20 70 90
S2 = S1 – V = – = .
190 190 200 150 10 80 20 30 180 110 180 120
200 210 190 190 70 130 90 80 130 80 100 110
Propriétés de l'addition des matrices.
a) A + B = B + A (l'addition des matrices est commutative).
b) A + (B + C) = (A + B) + C (l'addition est associative).
c) A + 0 = 0 + A = A (la matrice nulle 0 est l’élément neutre)
d) A + ( − A) = 0 = ( − A) + A (la matrice opposée est l’élément symétrique)
2 4 2 4 4 8
Exemple 2.2 : Soit A = . Si k = 2, alors kA = 2 =
1 3 1 3 2 6
Exemple 2.3 :
Powerking produit des TV et des radio - cassettes. Pour la fabrication de ces produits, il emploie du
métal, du caoutchouc et le travail dans les quantités unitaires suivantes :
Le sous-traitant reçoit une commande de 200 postes de TV et de 300 radiocassettes. Calculer les
quantités de chaque facteur de production qu'il doit utiliser pour la fabrication a) de chaque
article et b) de ces deux articles.
Réponse :
a) La quantité de chaque facteur de production nécessaire à la fabrication de chaque article
s’obtient en multipliant la quantité commandée par les quantités unitaires consommées. Soit
200 [2, 3, 5] = [400, 600, 1000] pour le poste téléviseur et 300 [1, 4, 4] = [300, 1200, 1200]
pour la radio cassette.
b) La quantité de chaque facteur de production nécessaire à la fabrication de ces deux articles
est obtenue en faisant la somme des quantités obtenues en a), soit :
200 [2, 3, 5] + 300 [1, 4, 4] = [400, 600, 1000] +[300, 1200, 1200] = [700, 1800, 2200].
Propriétés de la multiplication scalaire
a) kA =Ak
b) k(A + B) = kA + kB
c) (k + l)A = kA + lA
d) (kl)A = k(lA)
e) ( − 1)A = −A
f) A + ( − 1)B = A − B
2.2.3 Multiplication matricielle
Soient A de dimension m x n et B de dimension n x p. Le produit AB, qui est possible, est une
nouvelle matrice, disons C, de dimension m x p. C aura donc le même nombre de lignes que la
première matrice et le même nombre de colonnes que la deuxième matrice. Les termes de la matrice
Cmp = AmnBnp où C = [cij] (i = 1,2,...., m ; j = 1, 2,...., p) s'obtiennent en multipliant les éléments de la
ligne i de A par les éléments correspondants de la colonne j de B et en additionnant les résultats
(l'élément cij est le produit scalaire de la ligne de A par la colonne de B). On écrit :
b1 j
b2 j n
[cij] = (ai1 ai 2 ain ) = ai1b1 j + ai 2 b2 j + + ain bnj = aik bkj
k =1
b
nj
Condition : le nombre de colonnes de la première matrice A doit être égal au nombre de lignes
de la deuxième matrice, B.
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Exemple 2.4 :
Trois entreprises industrielles A, B et C doivent acheter deux types de matière première M et
N. A commande 7 tonnes de M et 4 tonnes de N. B commande 8 tonnes de M et 6 tonnes de
N et C commande 5 tonnes de M et 2 de N. Il est reconnu par les trois entreprises qu'avec une
tonne de M, on peut produire 0,75 tonne d'un produit fini P et 0,2 tonnes d'un produit fini Q;
de même, une tonne de N permet de fabriquer 0,5 tonne de P et 0,1 tonne de Q.
A l'aide du calcul matriciel, déterminer les quantités de P et Q que les trois entreprises
doivent espérer produire à partir de leurs commandes.
Réponse :
Formons une matrice de dimension 3 par 2 avec en colonnes les quantités de M et N et en lignes ce
7 4
qu’utilisent les trois industriels. Soit A = 8 6 . Multiplions-la ensuite par une matrice 2 par 2, B =
5 2
0,75 0,2
0,5 0,1 où les colonnes représentent les quantités de P et Q et les lignes ce qu’une tonne de M
et N permet de produire. Nous obtenons ainsi une matrice de dimension 3 par 2 C nous indiquant les
quantités de P et Q que chacune de ces trois entreprises peuvent espérer produire. Matriciellement,
cela donne :
7 4
0,75 0,2
C = AB = 8 6
0,5 0,1
5 2
5 6 0 2
Exemple 2.5 : Considérons les matrices A = et B = 1 7
. Alors
1 3
5(0) + 6(1) 5(2) + 6(7) 6 52 2 6
AB = = et BA =
27
.
1(0) + 3(1) 1(2) + 3(7) 3 23 12
Cet exemple montre que le produit AB n’est pas nécessairement égal au produit BA, même si les
deux remplissent la condition de possibilité de l'opération. On peut aussi vérifier que le produit AB
n’est pas commutatif en général, comme par exemple lorsque A est de dimension 4 x 2 et que B est
de dimension 2 x 6 car le produit ne peut se faire que dans le sens AB.
Il est donc essentiel d'indiquer l'ordre voulu de la multiplication, en utilisant les concepts de pré-
multiplication et de post-multiplication. Le produit matriciel AB signifie que la matrice A est post-
multipliée par la matrice B ou que la matrice B est prémultipliée par A.
Si A et B sont des matrices carrées telles que AB = BA, alors on dit que A et B commutent ou qu’elles
sont commutables. Si A et B sont telles que AB = –BA, on dit que A et B anti-commutent.
Exemple 2.6 :
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1 2 3 − 2 − 1 − 4
Montrer que les matrices A = 3 2 0 et B = 3 2 9 commutent.
− 1 − 1 − 1 − 1 − 1 − 4
Propriétés du produit matriciel
(a) A(B + C) = AB + AC (distributivité à droite par rapport à l'addition).
(A+B)C = AC + AB (distributivité à gauche par rapport à l'addition).
(b) A(BC) = (AB)C (associativité)
(c) AB BA en général (non commutativité)
(d) k(AB) = A(kB)
(e) A0 = 0A = 0 (le produit de A avec une matrice nulle est égal à
une matrice nulle)
(f) In x n An x n = An x n = An x n I n x n
(g) II = I
(h) 00 = 0
2.2.4 Le produit Kroneckerien
Soient deux matrices Amxn et Bpxq. Le produit Kroneckerien de A par B (on écrit
Amxn Bpxq) est une nouvelle matrice C = [aijB] de dimension mp x nq obtenue en multipliant chaque
élément de A par toute la matrice B.
Exemple 2.7 :
1 2 1 3 1 0
Soient A = , B= et I = . Nous avons :
3 4 4 5 0 1
1 2 0 0 1 0 3 0
3 4 0 0
IA = , B I = 0 1 0 3 et
0 0 1 2 4 0 5 0
0 0 3 4 0 4 0 5
1 3 1 3 1 3 2 6
1
4 5
2 4 5 4 5 8 10
AB = =
1 3 1 3 3 9 4 12
34 5 44 5
12 15 16 20
Nous donnons ci-après quelques propriétés du produit kroneckerien dont les preuves sont données
dans Balestra (1980, pp. 234 – 237).
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Exemple 2.2 :
3 4 1 − 2
Soient A = et .
− 1 2 − 8 5
Alors, le produit de Hadamard de A et B est donné par :
3 4 1 − 2 3 − 8
A B= = .
− 1 2 − 8 5 8 10
2
Studipto Banerjee et Anindya Roy, Linear Algebra and Matrix Analysis for Statistics, CRC Press,
A Chapman & Hall Book, Boca Raton, 2014, pp. 472 – 477.
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3 −6 4 − 8
− 24 15 − 32 20
AB = et A B = 3 − 8 .
−1 − 4 8 10
2 2
8 − 5 − 16 10
On voit que les entrées à l’intersection des première et quatrième lignes et colonnes de A B
forment le produit de Hadamard A B.
9. Si D et E sont des matrices diagonales, alors :
D (A B) E = (DAE) B = (DA) (BE)
= (AE) (DB) = A (DBE)
2.3 Transpositions des matrices
Par définition, la matrice transposée d'une matrice A de format m x n, que l'on note At ou A’,
est la matrice de format n x m obtenue en permutant les lignes et les colonnes de A.
2 6
2 3 1
Exemple 2.8 : Si A = , alors A = 3 0
t
6 0 2 1 2
Propriétés
1) La transposée de kA est égale à k(At) :
(kA)t = kAt
2) La transposée de la transposée d'une matrice est cette matrice elle-même
(At)t = A
3) La transposée d'une somme de deux matrices de même dimension est égale à la somme des
transposées
(A + B)t = At + Bt
4) La transposée du produit de deux matrices est égale au produit des matrices transposées
effectué en ordre inverse
(AB)t = Bt At
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1 3 2 0 − 4
Exemple 2.9 : Soient deux matrices A = et B =
2 − 2 3 − 2 6
Nous avons d'une part :
1 3 2 0 − 4 2 + 9 0 − 6 − 4 + 18 11 − 6 14
AB = = =
2 − 2 3 − 2 6 4 − 6 0 + 4 − 8 − 12 − 2 4 - 20
D'autre part :
2 3 2+9 4 − 6 11 − 2
1 2
BA = 0 − 2 = 0−6 0 + 4 = − 6 4
3 − 2
− 4 6 − 4 + 18 − 8 − 12 14 − 20
Il est clair que (AB)t = Bt At.
2 1
Exemple 2.10 : Si A = , alors sa trace est égale à 2 + 8 = 10
3 8
2.5 Matrices écrites sous une forme échelonnée ou canonique en ligne
Une matrice A est dite écrite sous une forme échelonnée en ligne ou être sous forme échelon
si le nombre de zéros qui précèdent le premier élément non nul de chaque ligne augmente de ligne en
ligne. Lorsqu'une ligne est composée uniquement de zéros, celles qui suivent le sont également.
En d’autres termes, une matrice A = [aij] est une matrice échelonnée ou une encore une
matrice échelon si ses éléments a1 j 1 , a2 j 2 , ... , ar j r où j1 < j2 .....< jr sont différents de zéro et si aij = 0
pour i ≤ r (j < ji) et pour i > r. Les éléments a1 j 1 , a2 j 2 , ... , ar j r , qui sont les premiers éléments non nuls
de leurs lignes respectives, sont appelés éléments distingués ou pivots de la matrice échelon.
Une matrice échelon qui, de plus, obéit aux deux conditions suivantes est dite écrite sous
forme canonique en lignes :
• chaque pivot est égal à 1 ;
• chaque pivot est le seul élément non nul de la colonne où il se trouve.
Exemple 2.11 : Les matrices A, B, C, D, E et F sont des matrices échelon. De plus, F est sous forme
canonique en ligne.
1 2 6 7 1 2 3 1 3 2 1 1 0 0 0
0 1 3 2
1 0 2 0 1 0 0
, E = 0 0 1
3 2 0 1 0 3 0
A = ,B= ,C= ,D=
0 0 0 2 0 0 0 0 0 1 0 0 0 2 0
0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 3 0 0 0 1
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 36
0 1 2 0 0 − 3
et F = 0 0 0 1 0 4 .
0 0 0 0 1 1
1 2 − 3 0
Exemple 2.12a : Calculer le rang ligne et le rang colonne de la matrice A = 2 4 − 2 2
3 6 − 4 3
Considérons d'abord les vecteurs lignes de A et transformons-les en vecteurs échelonnés. Il vient :
1 2 − 3 0 1 2 − 3 0 1 2 − 3 0
2 4 − 2 2 0 0 4 2
0 0 4 2
3 6 − 4 3 0 0 5 3 0 0 0 2
L’2 = 2L1 – L2 L’’3 = 4L’3 – 5L’2
L’3 = L3 – 3L1
Il y a trois vecteurs - lignes linéairement indépendants. Le rang ligne est donc égal à 3.
Considérons à présent les vecteurs-colonnes de A et transformons-les en vecteurs échelonnés
en utilisant les mêmes combinaisons que précédemment. Il vient :
1 2 3 1 2 3 1 2 3 1 2 3
2 4 6 0 0 0 0 4 5 0 4 5
.
− 3 − 2 − 4 0 4 5 0 2 3 0 0 1
0 2 3 0 2 3 0 0 0 0 0 0
Le rang colonne est aussi égal à 3. On observe que le rang ligne est égal au rang colonne.
1 3
2 6
Exemple 2.12b : Soit A = . Son rang = 1 car la matrice ne contient qu’une ligne
− 3 − 9
4 12
linéairement indépendante. En effet, on peut obtenir une des lignes à partir de trois autres.
1 2 0 1 0 0
Exemple 2.14 : Considérons les matrices A = 3 2 1 et B = 1 0 1 .
2 0 1 0 1 1
On peut vérifier que r(A) = 2, r(B) = 3 = n. Ainsi, r(C) = r(A) = 2.
3 0 2
En effet, C = AB = 5 1 3 et r(C) = 2.
2 1 1
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 38
Nous avons bien la somme de 2 ! = 2 termes, chaque terme étant lui-même le produit de 2
éléments de A n’appartenant ni à la même ligne, ni à la même colonne.
La règle de calcul est donc la suivante : on effectue le produit de la diagonale principale
dont on retranche le produit de la deuxième diagonale.
La figure ci-dessus illustre la méthode de calcul d’un tel déterminant. En utilisant cette
règle, on se rend compte que par exemple le déterminant d’une matrice d’ordre 4 est la somme
algébrique de 4 ! termes ; celui d’une matrice 5x5 est la somme algébrique de 5 ! =120 termes.
Le calcul du déterminant d’une matrice carrée d’ordre 3 s’effectue aussi par la règle dite la Règle
(Méthode) de SARRUS3 que nous décrivons ci-après :
• On recopie les deux premières colonnes de A à la droite de A. Les 3 diagonales descendantes
donnent lieu aux permutations paires ; les 3 diagonales ascendantes aux permutations
impaires.
• La valeur du déterminant est donc égale à la somme du produit des 3 diagonales descendantes
dont on retranche la somme du produit des trois diagonales ascendantes.
• On peut aussi recopier les deux premières lignes de A en dessous de la matrice A et suivre un
raisonnement identique pour calculer le déterminant
Exemples 2.15 :
3 − 2
1. Si A= , alors A= 3 + 12 = 15.
6 1
4 0
2. Si B = , B= 12 + 0 = 12.
1 3
1 3 1
3 Avec C = 2 1 0 , C= 5 + 0 + 8 – 3 – 0 – 30 = –20
3 4 5
k k
4. Soit A = , calculer les valeurs de k telles que A= 0.
4 2k
A= 2k² − 4k = 2k(k − 2) = 0. D’où k = 0 et k = 2.
3
Planche, A., Mathématiques pour Economistes, Algèbre, 2ème édition, Dunod, Paris, 2004, p.175.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 40
n
Dét A = a1jA1j + a2jA2j + … + anjAnj = a
i =1
1j Aij
Notez que Aij = ( − 1)i + j Mij est le cofacteur de l’élément aij, tandis que Mij, le mineur de
l’élément aij, est le déterminant de la sous matrice de dimension n − 1 x n − 1 obtenue de A en
supprimant la ligne i et la colonne j.
Il s’ensuit que les signes + et – interviennent dans le calcul d’une manière alternative. Les
cofacteurs associés aux différents éléments aij forment un échiquier. La diagonale principale est
affectée uniquement de signes +.
La méthode des cofacteurs, dite aussi la méthode d’expansion de LAPLACE, permet de
trouver la valeur du déterminant d’ordre n à l’aide de déterminants d’ordre (n -1). On a toujours
intérêt à développer un déterminant des lignes ou des colonnes où apparaissent beaucoup de zéros.
On peut toujours se ramener à ce cas en ajoutant à des lignes ou des colonnes des multiples d’une
autre ligne ou colonne, ce qui ne change pas la valeur du déterminant.
2 5 − 3 − 2
− 2 − 3 2 − 5
Exemple 2.16 : Soit à calculer le déterminant de la matrice A = .
1 3 −2 2
−1 − 6 4 3
Développons Aselon les éléments de la première ligne. Nous avons :
−3 2 −5 −2 2 −5 −2 −3 −5 −2 −3 2
A= 2 3 − 2 2 − 5 1 − 2 2 − 3 1 3 2 +2 1 3 −2
−6 4 3 −1 4 3 −1 − 6 3 −1 − 6 4
= 2(0) – 5(8) – 3 ( − 12) + 2(0) = − 4.
Comme dit plus haut, on peut, en ajoutant à des lignes des multiples d’une autre ligne,
obtenir une nouvelle matrice contenant beaucoup de zéros dans une colonne et calculer ensuite le
déterminant en développant cette dernière.
Par ailleurs, notons que la somme des produits d’une ligne (ou une colonne) par les cofacteurs
correspondants d’une autre ligne (ou colonne) est zéro, c’est-à-dire,
n
a A
j =1
ij kj = 0, i k.
2. Toute matrice carrée A dont une ligne ou une colonne est composée uniquement de zéros
admet un déterminant nul, c’est-à-dire, A= 0.
3. Considérons une matrice carrée A et la matrice B obtenue en permutant deux colonnes (ou
deux lignes) de A. Nous avons A= -B.
4. Si une matrice carrée A a deux colonnes (ou deux lignes) identiques ou proportionnelles,
c’est-à-dire linéairement dépendantes, alors A= 0.
5. Soit A une matrice carrée et B la matrice obtenue en multipliant une ligne ou une colonne de
A par un scalaire k, nous avons : B= kA.
6. Si l’on multiplie toutes les lignes (ou colonnes) d’une matrice carrée A par un scalaire k, la
valeur du déterminant sera multipliée par kn, soit, kA= knA.
7. Le déterminant d’une matrice triangulaire ou d’une matrice diagonale est égal au produit des
n
éléments diagonaux. On écrit : A = aii .
i =1
Exemples 2.17 :
1 3 − 3 1 2 − 1
1. Si A = 2 0 1 , A= -19 et A’= 3 0 4 = − 19.
− 1 4 − 2 − 3 1 − 2
1 3 −3
4. D’après la propriété 8, on a : C = 0 8 − 3 = –19 = A
−1 4 − 2
La ligne 2 de C est égale à la ligne 2 de A plus deux fois la ligne 3 de A.
1 3 − 3 1 3 −3
5. Si A = 0 0 0 , alors A= 0 0 0 = 0 (Propriété 2).
− 1 4 − 2 −1 4 − 2
1 1 − 3 1 1 −3
6. Si A = 2 2
1 , alors A= 2 2 1 =0 (Propriété 4).
− 1 − 1 − 2 −1 −1 − 2
1 3 − 3 1 0 2 5 − 6 −1
7. Si A = 2 0 1 et B = 3 − 2 − 2 , alors AB=
−1 0 3 = − 38
− 1 4 − 2 1 0 − 1 11 − 8 − 8
A= − 19 et B =2. Il vientAB= − 38 = AB = − 19(2). (Propriété 10).
3 0 0
8. Si A = 2 − 2 0 , A= − 12
1 1 2
Le produit des éléments diagonaux, en vertu de la propriété 7.
1 3 2 0,01 0,03 0,02
9. Soit A = 0 5 4, alors A = 8. Mais si A * = 0 0,05 0,04,
1 1 2 0,01 0,01 0,02
3
1 8
A*= A = 6 = 0,000008 (Propriété 6).
100 10
1 2 3 1 4 3
10. Soit A = , et B = .A+B= A = 1 ; B = 8 et A + B= 23.
2 5 1 3 3 8
3 + 5 3 + 2 3 3 5 2
11. Soit A = A + = (24 − 9) + (40 − 6) = 49.
8
. Alors =
3 3 8 3 8
(1) δ1 = a11 obtenu en supprimant les deux dernières lignes et les deux dernières colonnes de
A.
(2) δ1 = a22 obtenu en supprimant les première et troisième lignes ainsi que les première et
troisième colonnes de A.
(3) δ1 = a33 obtenu en supprimant les deux premières lignes et les deux premières colonnes
de A.
n!
Il est à noter que chaque mineur principal d’ordre k comportera C nk = termes.
k!(n − k )!
8 − 1 − 5
Exemple 2.19 : Trouvez tous les mineurs diagonaux de la matrice A = − 2 3 1 .
4 − 1 − 1
Réponse :
Cette matrice d’ordre 3 possède :
(1) trois mineurs diagonaux d’ordre 1 : δ1 = a11 = 8, δ1 = a22 = 3 et δ1 = a33 = − 1.
(2) trois mineurs principaux d’ordre 2 ;
a a 8 −1 a a 8 −5 a a23 3 1
δ2= 11 12 = = 22, δ2 = 11 13 = = 12, δ2 = 22 = = − 2.
a21 a22 − 2 3 a31 a33 4 − 1 a32 a33 −1 −1
8 −1 − 5
(3) un seul mineur principal d’ordre 3, à savoir, δ3 = A = − 2 3 1 = 32.
4 −1 −1
2.9.2 Mineur diagonal principal d’ordre k
Soit A une matrice carrée d’ordre n. On appelle sous - matrice diagonale principale
d’ordre k de A la sous - matrice de dimension k x k extraite de A obtenue en supprimant les n – k
dernières colonnes et les mêmes n – k dernières lignes de A.
On définit alors le mineur diagonal principal d’ordre k de A comme étant le
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 44
B B12 B13 B
B11 = 11 , B12 = 14 , B21 = B31 B32 B33 et B22 = B34 ,
B21 B22 B23 B24
alors la somme de A et B se fait en additionnant les blocs correspondants, c’est-à-dire :
A A12
1. De même si A = 11
A22
, la multiplication par un scalaire k se fait en multipliant chaque
A21
kA kA12
bloc de A par le scalaire, c’est-à-dire, kA = 11 .
kA21 kA22
2. La transposée d’une matrice partagée est égale à la transposée de ses blocs dans l’ordre
A' A21
'
transposé. A’ = 11' '
.
A12 A22
A A12
3. Le déterminant d’une matrice partitionnée A = 11
A22
où A11 et A22 sont des blocs carrés
A21
est donné par :
Dét A = A11 . A22 − A21 A11−1 A12 Suivant que A11 et A22 ou
inversible
−1
Ou dét A = A22 . A11 − A12 A22 A21
A 0
Si A est une matrice bloc-triangulaire, alors A = 11
A22
= A11 .. A22 .
A21
4. Soient Amxn et Bnxq deux matrices pour lesquelles le produit AB est possible. Décomposons A
en deux sous matrices ayant le même nombre de lignes (m) A1 et A2, et B en deux sous
matrices B1 et B2 ayant le même nombre de colonnes (q). Le produit AB qui est possible étant
donné les formats de A et B peut s’écrire :
B1
AB = A1 A2 .
B2
Supposons que le nombre de colonnes de A1 = nombre de lignes de B1 = p et que le nombre
de colonnes de A2 = nombre de lignes de B2 = n − p. Le produit de la ième ligne de A par la
jième colonne de B pourra se décomposer en deux parties :
n p n
aikbkj = aikbkj +
k =1 k =1
a
k = p +1
b
ik kj
La première partie n’est rien d’autre que le produit de la i-ème ligne de A1 par la j-ième
colonne de B1 et la deuxième partie n’est rien d’autre que le produit de la i-ème ligne de A2
par la j-ème colonne de B2.
Donc :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 46
B1
Amxn Bnxq = A1 A2 = [A1B1 + A2 B2].
B2
A1B1 et A2 B2 existent et sont de même format que AB : (mxq).
Ainsi, le produit des matrices partagées sera possible à condition que les sous-matrices
considérées vérifient certaines conditions de format comme nous venons de le voir.
Si A était partagée en r et n − r colonnes et aussi en q et m − q lignes, la partition appropriée
de B devra être en r et n − r lignes et s et q − s colonnes où q et s peuvent être choisis
arbitrairement., c’est-à-dire si
q
n
q A11 A12 r 11 B12
B
Amxn = Bnxq =
(m − q) A21 A22 ( n − r ) B21 B22
et
r n-r s q-s
alors
A A12 B11 B12 A B + A B A11B12 + A12 B22 C11 C12
AB = 11 = 11 11 12 21
A22 B A21B12 + A22 B22 C21 C22
= .
A21 21 B22 A21B11 + A22 B21
1 3 1
− 1 0 3 − 2 1 0 − 1
1
Exemple 2.20 : Considérons les matrices A = et B = 5 − 1 4 − 3 2
2 −1 4
3 − 2 0 1 − 1
0 2 − 3
1 3 1
A12 − 1 0 1
A
Partageons A de la manière suivante :A = 11 = .
A21 A22 2 − 1 4
0 2 − 3
A étant partagée en r = 2 et n − r = 1 colonnes et aussi en q = 3 et m − q = 1 lignes, pour que AB
existe, il faut que la partition appropriée soit en r = 2 et n − r = 1 lignes afin de se conformer à la
condition de format. Par contre, la partition de B en colonnes peut se faire arbitrairement, comme
par exemple comme ci-après :
3 − 2 1 0 − 1 3 − 2 1 0 − 1 3 − 2 1 0 − 1
5 − 1 4 − 3 2 ou 5 − 1 4 − 3 2 ou encore 5 − 1 4 − 3 2 , etc.
3 − 2 0 1 − 1 3 − 2 0 1 − 1 3 − 2 0 1 − 1
3 − 2 1 0 − 1
B11 B12
Soit B = = 5 − 1 4 − 3 2 . Alors,
B21 B22 3 − 2 0 1 − 1
C C12 A11 A12 B11 B12 A B + A12 B21 A11B12 + A12 B22
C = 11 .= A = 11 11
C21 C22 21 A22 B
21
B22 A21B11 + A22 B21 A21B12 + A22 B22
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1 3 1 1 3 1
3 − 2 − 1 0 1 0 − 1 + 1 0 1 − 1
− 1 0 5 − 1 + 1 3 − 2 4 − 3 2
= 2 − 1 4
2 − 1 4 .
0 2 3 − 2 1 0 − 1
5 − 1 + − 33 − 2 0 2 + − 30 1 − 1
4 − 3 2
21 − 7 13 − 8 4
0 0 −1 1 0
= .
13 − 11 − 2 7 − 8
1 4 8 −9 7
Soit A une matrice carrée et B une autre matrice carrée du même ordre que A. On dit que la
matrice B est l'inverse à gauche de A si BA = In. De même, la matrice C est l’inverse à droite de A si
AC = I.
Si on multiplie à gauche les deux membres de cette égalité par B, on a : BAC = BI. Comme BA = I, il
s’ensuit que C = B. L’inverse à droite d’une matrice carrée est donc égal à son inverse à gauche.
C’est pourquoi on ne parlera que de l’inverse de A notée A-1. Cette dernière n'existe que si A est une
matrice carrée de rang maximum. Cet inverse est unique.
[Link] Propriétés des inverses des matrices
1. Si A est une matrice inversible, sa transposée A’ est inversible et on a :
(A-1)' = (A')-1 (2.1)
2. Si A et B sont non - singulières (ou régulières) et de même format, leur produit AB est inversible
et on a :
(AB)-1 = B-1A-1 (2.2)
3. L’inverse de l’inverse de A est la matrice A elle-même.
(A-1)-1 = A (2.3)
4. Le déterminant de l’inverse d’une matrice est égal à l’inverse de son déterminant.
1
dét (A-1) = (2.4)
dé t ( A)
5. Pour tout scalaire non nul, on a :
1
( A)-1 = A −1 (2.5)
Une matrice carrée A telle que A² = I est dite involutive. La matrice unité I est involutive. Une matrice
0 − 2 − 3
involutive est sa propre inverse. La matrice A = 1 3 3 a pour matrice inverse elle-même.
− 1 − 2 − 2
C’est donc une matrice involutive.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 48
3 7 11
A est symétrique et son déterminant A = (55 + 42 + 42) − (45 + 49 + 44) = 1.
5 7 2 7 2 5
+ − +
7 11 3 11 3 7
6 −1 −1 6 −1 −1
2 2
= −1 2 −1 . Ã = C’ = −1 2 −1 .
3 1 3 1
C = − + −
7 11 3 11 3 7
−1 −1 1 −1 −1 1
2 3 1 3 1 2
+5 7
−
2 7
+
2 5
6 −1 −1
à = −1 2 −1 car = A = 1.
-1 1
Alors A =
dé t ( A)
−1 −1 1
a11 a12 ... a1n x11 x12 ... x1n c11 c12 ... c1n 1 0 ... 0
a 21 a 22 ... a 2n x 21 x 22 ... x 2n c 21 c 22 ... c 2n 0 1 ... 0
= =
.. .. .. .. .. .. ... .. .. .. ... .. .. .. ... ..
a n1 a n 2 ... a nn x n1 x n 2 .... x nn c n1 c n 2 ... c nn 0 0 ... 1
n
où cik = a
j=1
ij x jk et n² éléments de la matrice inverse (xjk) peuvent être obtenus en résolvant les n²
équations ci-après :
n
a
j =1
ij x jk = 1 si i = k (2.6a)
n
a
j =1
ij b jk = 0 si i k , (2.6b)
où i = 1, 2, ..., n et k = 1, 2, ..., n.
Considérons une matrice A d’ordre 2 et proposons-nous de calculer son inverse. En vertu de la
propriété selon laquelle A A-1 = I, nous avons :
x11 x12
A A = I où A =
-1 -1 .
x21 x22
Développons ce produit. Nous obtenons :
a11 a12 x11 x12 1 0
A A-1 = =
a21 a22 x21 x22 0 1
a11 x11 + a12 x21 = 1 (2.7)
a21 x11 + a22 x21 = 0 (2.8)
a11 x12 + a12 x22 = 0 (2.9)
a21 x12 + a22 x22 = 1 (2.10)
Nous obtenons ainsi deux systèmes de deux équations à deux inconnues qu’on peut résoudre comme
suit :
de (2.8), on a :
a22 x21 = − a21 x11
a
x21 = − 21 x11 (2.11)
a22
pourvu que a22 soit différent de zéro.
Substituons (2.11) dans (2.7) pour obtenir
a
a11 x11 − a12 21 x21 = 1
a22
Ce qui peut encore s’écrire comme
a11a22x11 − a12a21x21 = a22
[a11a22 − a12a21] x21 = a22
a 22
x11 = (2.12)
a11a 22 −a12 a 21
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 50
a21 a22
Ainsi la relation (2.11) devient x21 = − .
a22 a11a22 −a12a21
− a21
x21 = (2.13)
a11a22 −a12a21
De même, de (2.9) on a : a11x12 = − a12x22. Donc, si a11 0,
a
x12 = − 12 x22 (2.14)
a11
a12
(2.14) dans (2.10) donne : − a21 x22 + a22 x22 = 1, soit [a11 a22 − a12 a21] x22 = a11. On a :
a11
a11
x22 = (2.15)
a11a22 − a12 a21
et de (2.14) on tire :
− a12
x12 = (2.16)
a11a22 − a12 a21
Finalement,
x11 x12 1 a22 −a12
A-1 = = − a (2.17)
x21 x22 a11 a22 − a12 a21 21 a11
Cette relation n’est rien d’autre que le développement de la méthode classique qui calcule
l’inverse d’une matrice en divisant chaque élément de la matrice adjointe associée par le déterminant
de cette matrice.
3 2
Exemple 2.22 : Soit à trouver la matrice inverse de A = .
7 5
x11 x12
Posons A-1 = . Puisque AA-1 = I, nous pouvons écrire :
x21 x22
3 2 x11 x12 1 0
=
-1
AA =
7 5 x21 x22 0 1
Il en résulte les deux systèmes suivants :
3x11 + 2 x21 = 1 3x + 2 x22 = 0
et 12
7 x11 + 5 x21 = 0 7 x12 + 5 x22 = 1
Par la relation (3.17) on a :
x11 x12 1 a22 −a12
A-1 = = − a
x21 x22 a11 a22 − a12 a21 21 a11
Comme a11a22 − a12a21 = 1, on a : x11 = 5., x21 = − 7, x12 = − 2 et x22 = 3.
5 − 2 -1 3 2 5 − 2 1 0
Donc A-1 = . Nous avons en effet : AA = = .
− 7 3 7 5 − 7 3 0 1
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 51
Transformations
-1
[I | A ]
Les transformations que l'on utilisera seront les transformations pratiquées pour obtenir des vecteurs
échelonnés, tels que le premier élément non nul par ligne soit égal à 1. Ayant obtenu des vecteurs
échelonnés lignes, on recommence l'opération pour obtenir simultanément des vecteurs échelonnés
colonnes, ce qui permet finalement de substituer la matrice unité à la matrice A.
Si dans le cadre de la matrice A, on obtient des vecteurs échelonnés composés uniquement de 0, cela
signifie que A n'est pas de rang maximum et par conséquent A n'est pas inversible.
1 2 3
Exemple 2.23 : Calculer l’inverse A de la matrice A = 2 5 7
-1
3 7 11
1 2 3 1 0 0
Composons la matrice élargie [A | I] = 2 6 7 0 1 0 . Nous obtenons successivement :
3 7 11 0 0 1
1 2 3 1 0 0 1 2 3 1 0 0
→ 0 −1 −1 2 −1 0 → 0 −1 −1 2 −1 0
0 − 1 − 2 3 0 − 1 0 0 1 −1 −1 1
L’1 = L1 L’’1 = L’1
L’2 = 2L1 − L2 L’’2 = L’2
L’3 = 3L1 − L3 L’’3 = L’2 − L’3
1 −1 0 7 − 3 0 1 0 0 6 − 1 − 1
→ 0 −1 0 1 − 2 1 → 0 1 0 − 1 2 − 1
0 0 1 −1 −1 1 0 0 1 −1 −1 1
L 1 = L’’1 + 3L’’2
iii
L 1 = L 1 −L 2
iv iii iii
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 52
[Link]. Inverse des matrices carrées par la méthode des matrices « partagées en blocs »
Soit à inverser une matrice carrée A non singulière d’ordre n. Nous proposons dans ce
paragraphe une autre méthode d’inversion matricielle dite « méthode d’inversion par blocs ».
A11 A12
Etant donné la décomposition en blocs de A = , où A11 et A12 sont carrées
A21 A22
(matrices d’ordre k et n-k respectivement) et sont supposées non singulières. Cherchons A-1 en la
x!! x12
mettant sous la forme A-1 = où x11 et x22 ont même format que A11 et A22. Les conditions
x 21 x 22
de format sont remplies pour effectuer le produit par blocs :
A11 A12 x11 x12 I 0
AA-1 = =
A21 A22 x21 x22 0 I
A11 x11 + A12 x21 = I (2.18)
A21 x11 + A22 x21 = 0 (2.19)
A11 x12 + A12 x22 = 0 (2.20)
A21 x12 + A22 x22 = I (2.21)
Appliquons la méthode des coefficients indéterminés aux quatre égalités matricielles définies
plus haut et souvenons que les opérations s’effectuent sur des matrices et non plus sur des nombres.
De (2.19) on tire :
A22 x21 = − A21 x11 (2.22)
Ainsi :
−1
x21 = − A22 A21x11 (2.23)
En substituant (2.23) dans (2.18), cette dernière devient :
−1
A11 x11 + A12 ( − A22 A21x11 ) = I (2.24)
−1
[A11 − A12 A22 A21 ]x11 = I
x11 = [A11 − A12A22-1A21]-1 (2.25)
De (2.20) on tire :
A11 x12 = − A12 x22 (2.26)
Ainsi :
x12 = − A11−1 A12 x22 (2.27)
En substituant (2.27) dans (2.21), cette dernière devient :
− A21 A11−1 A12 x22 + A22 x22 = I (2.28)
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Nota Bene :
a. Le choix de l’une des procédures dépend plus particulièrement de la forme et des propriétés
relatives à la matrice A et ses sous - matrices.
Considérons par exemple la matrice A ci-après :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 54
1 2 1 2 3
3 4 9 4 1
A = 6 3 7 0 0
1 0 0 8 0
4 2 0 0 9
La procédure A est préférable à la procédure B car l’inversion de A22 y est aisée (matrice
diagonale) et pour obtenir x11, on doit inverser une matrice d’ordre 2. Par contre la procédure
B est plus longue. Cette dernière exige, en effet, l’inversion de A11 (étape relativement facile
puisque A11 est de format 2 x 2), mais il faudra encore inverser, afin d’obtenir x22, une
matrice d’ordre 3 qui n’est pas diagonale.
b. A11 et A22 peuvent ne pas être inversibles alors que A l’est, comme c’est le cas pour la matrice
B ci-après :
1 1 1 1 1 1
B = 1 1 2 . Cette matrice peut être partitionnée comme suit : B = 1 1 2 . Dans ce
1 2 0 1 2 0
cas, le calcul précédent n’est pas valable. Et pourtant, B est inversible puisque B = −1 est
différent de zéro. Cela signifie que la partition proposée n’est pas appropriée. En effet, celle
1 1 1
qui suit donnerait les résultats attendus, c’est-à-dire, B = 1 1 2 .
1 2 0
A11 0
c. Soit A = une matrice diagonale par blocs où A11 et A22 sont des matrices
0 A22
carrées. Si A est non - singulière, alors A11 et A22 le sont aussi puisqu'elles ont des lignes (ou
des colonnes) linéairement indépendantes. Dans ce cas, son inverse s'obtient en inversant les
blocs diagonaux. Nous écrivons :
A11
-1
0
A =
-1
0 A-221
A11 A12
d. Si A est une matrice « triangulaire par blocs » de la forme A = ou de la
0 A22
A11 0
forme A = , avec des blocs diagonaux carrés non singuliers, alors son inverse
A21 A22
s'obtient en inversant les blocs diagonaux, le bloc hors diagonal non nul étant obtenu par la
formule vue précédemment.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 55
Exemple 2.24 :
4 0 2 0 1
0 5 0 4 0
Calculer l’inverse de la Matrice A = 1 0 2 0 0 en la décomposant par blocs A .
0 −1 0 −1 0
−2 0 0 0 −3
Solution :
4 0 2 0 1
0 5 0 4 0
A11 A12 4 0
Soit A = = 1 0 2 0 0 avec A11 = ,
A21 A22 0 5
0 −1 0 −1 0
− 2 0 0 0 − 3
1 0 2 0 0
2 0 1
A12 = , A21 = 0 −1 et A22 = 0 −1 0
0 4 0 −2 0 0 0 −3
Partageons l’inverse A-1 de la même manière que A.
x!! x12
Soit A-1 = . On a successivement :
x 21 x 22
1 / 2 0 0 1 / 2 0
1 0 −1 / 3
a) A22-1= 0 −1 0 b) A12A22-1 = c) A-122A21 = 0 1
0 −4 0
0 0 −1 / 3 2 / 3 0
d) x11 = [A11 − A12A22-1A21]-1 =
−1
2 0 0
−1
1 0 −1
4 0 2 0 1 4 0 5 / 3 0
= − 0 −1 0 0 −1 = 0 5 − 0 4
0 5 0 4 0 0 0 −3
−2 0
−1
7 / 3 0 3 / 7 0
=
1
=
0 1 0
1 / 2 0 −3 / 14 0
3 / 7 0
e) x21 = − A-122A21x11 =− 0 1 = 0 −1
2 / 3 0
0 1
−2 / 7 0
3 / 7 0 1 0 −1 / 3 −3 / 7 0 1 / 7
f) x12 = − x11A12A22-1 = −
1 0 −4 0 0 0
=
0 4
g) x22 = A-122 − A-122A21x12
1 / 2 0 0 1 / 2 0 5 / 7 0 −1 / 14
−3 / 7 0 1 / 7
= 0 −1 0 − 0 1 = 0 −5 0
2 / 3 0
0 4 0
0 0 −1 / 3 2 / 7 0 −3 / 7
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1 2 3 0 0
2 5 7 0 0
Exemple 2.7 : Calculer l’inverse de la matrice A = 3 7 11 0 0 .
0 0 0 3 2
0 0 0 7 5
1 2 3
A11 0 3 2
Cette matrice peut s’écrire comme A = avec A11 = 2 5 7 et A22 = . Son
0 A22 3 7 11 7 5
A11
-1
0
inverse est alors obtenue en inversant les matrices blocs diagonaux, soit A =
-1
0 A-221
6 −1 −1
A11 est la matrice de l’exemple 3.1. Son inverse est A-111 = −1 2 −1 .
−1 −1 1
5 −2
A22 est la matrice de l’exemple 3.2. Son inverse est A-122 = .
−7 3
6 −1 −1 0 0
−1 2 −1 0 0
Donc A-1 = −1 −1 1 0 0.
0 0 0 5 −2
0 0 0 −7 3
2.11.2 Inversion des matrices de format quelconque : inverse à gauche - inverse à droite
Nous traiterons ici le cas le plus général. A la différence des nombres réels, une matrice de
format quelconque peut admettre seulement des « inverses à gauche » ou des « inverses à droite », ou
pas d’inverse du tout (tout en n’étant pas nulle).
[Link] Définitions
Soit A une matrice de dimension m x n quelconque. Une matrice B est une matrice inverse à
gauche de A si elle vérifie : BA = I.
La matrice C est une matrice inverse à droite de A si elle vérifie AC = I.
La matrice C est une inverse à droite de A si et seulement si sa transposée C’ est une inverse à gauche
de A’. En effet, AC = I C’A’ = I’ = I et réciproquement. On peut vérifier que A’B’ = I.
Existe-t-il des matrices B et C ? Sont-elles uniques ? Nous répondrons à ces deux questions
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 57
Format de C
Comme AC = I, A étant de format m x n et I étant carrée (de dimension m x m), il s’ensuit que
la matrice C devra être de format n x m, soit :
Am x n Cn x m = Im x m.
Nous constatons donc que les matrices unité ou matrices Identité correspondantes seront de format
différent si A n’est pas une matrice carrée.
[Link] Conditions d’existence des inverses à gauche et des inverses à droite
Nous distinguerons le cas où A est une matrice haute (avec m > n) et le cas où A est une
matrice large (avec m < n). Nous raisonnerons sur le rang de A pour déterminer les conditions
d’existence des inverses à gauche et des inverses à droite.
Supposons Am x n avec m > n. Dans ce cas, Am x n Cn x m = Im x m est impossible. A n’a pas d’inverse à
droite.
En effet, nous savons déjà que :
rang A min (m, n) = n ;
rang C min (n, m) = n, (puisque n < m) et ;
rang Im x m = m.
On a démontré (voir paragraphe précédent) que le rang du produit de deux matrices A et B était
inférieur ou égal au minimum du rang de A et du rang de B. On a donc :
rang (AC) min (rang A, rang C) n.
Or, AC = Im entraîne rang AC = rang Im = m et donc m n, ce qui contredit notre hypothèse de base
n < m. Par conséquent, il ne peut y avoir de matrices C telle que AC = Im. A n’a donc pas d’inverse à
droite.
Par contre, s’il existe B telle que BA = In, alors rang A = n.
En effet, rang BA = rang In = n. Or, on a rang (BA) min (rang B, rang A) rang A n.
D’où, rang BA n. Donc pour que cela soit compatible avec le fait que rang BA = n, il faut que la
série d’inégalités ci-dessus soit des égalités, donc en particulier, que rang A = n.
En résumé :
◼ Si A est une matrice haute de format m x n (avec m > n),
• A n’a pas d’inverse à droite ;
• A admet au moins une matrice inverse à gauche rang A = n.
◼ Si A est une matrice large de format m x n (avec m < n),
• A n’a pas d’inverse à gauche ;
• A admet au moins une matrice inverse à droite rang A = m.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 58
Si g = k et h = l, on a : e = − 2 + 5k +2, f = 1 – 3k – 2l.
a b c d 1 + 5s + t −3s − 2 t s t
D’où : B = =
e f g h −2 + 5k + l 1 − 3k + l k l
Cet inverse n’est pas unique car il dépend de valeurs attribuées à s, t, k et l.
1 0 0 0
Si par exemple s = t = k = l = 0, l’inverse à gauche B devient : B = .
−2 1 0 0
7 −5 1 1
Pour s = t = k = l = 1, on a B = .
4 −4 1 1
1 2 0 3
Exemple 2.26 : Déterminer les inverses de A = .
1 1 −2 0
A est large. Comme ses lignes sont linéairement indépendantes, elle possède des inverses à droite
dont l’expression générale est obtenue en résolvant les deux systèmes à 2 équations à 4 inconnues
dérivées du produit AC = I2.
a b
1 2 0 3 c d 1 0
AC = I = = .
1 1 −2 0 e f 0 1
g h
D’où les systèmes :
a + 2c + 3g = 1 b + 2d + 3h = 0
et qui admettent chacun des solutions multiples
a + c − 2e = 0 b + d −2f =1
a = − 1 + 4s + 3t ; c = 1 – 2s – 3t ; c = s et g = t pour le premier système et
b = +2 + 4k + 3l, d = − 1 –2k – 3l, f = k et h = l, pour le deuxième système.
a b −1 + 4 s + 3t 2 + 4 l + 3l
c d 1 − 2 s − 3t −1 − 2 k − 3l
D’où C = =
e f s k
g h t l
a x
i =1
i i =b
où les ai sont des nombres réels appelés « coefficients de xi », b est le terme constant et xi
représente les variables ou les inconnues de l’équation.
Voici quelques exemples d’équations linéaires :
a) –5x = 2 – 32y + 4 z
b) (log5)x – 25 = 0
c) 2 x − 12 y + ( )
3/ 2 z = 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 60
d) x + y = tan π
Et en voici quelques-unes qui ne le sont pas :
a) 3x2 + 2x – 4 = 0
b) x sin x + cos y – 3 = x
c) log2 x + 5y = –10
d) 3 x + 2y – z = 7
Un ensemble des nombres x1 = k1, x2 = k2, ..., xn = kn ou X = (k1, k2, ..., kn) est une solution de
l’équation linéaire si a1k1 + a2k2 + ..., ankn = b.
Exemple 2.27 : Considérons l’équation 2x1 + x2 -4x3 + x4 = 3.
X = (2, 3, 1, 0) est une solution de cette équation.
X = (0, 1, 0, 2) est aussi une solution de cette équation.
X = (1, 1, 0, 0) est encore une solution de cette équation.
n
Toute expression de la forme a
j =1
ij x j =bi i = 1, 2,..., m où les aij (i = 1, 2,..., m ; j =1, 2,..., n)
sont les coefficients du système ; les bi (i = 1, 2,..., m) sont les termes constants ; les x1, x2, ..., xn en
sont les variables est appelé système d’équations linéaires. Ce système peut s’écrire sous la forme
a11 x1 + a12 x 2 + + a1 j x j + + a1n x n = b1
a x + a x ++ a x ++ a x = b
21 1 22 2 2j j 2n n 2
générale
a m1 x1 + a m 2 x 2 + + a mj x j + + a mn x n = bm
où matricielle AX = B avec
a11 a 12 a 1n x1 b1
a
a 22 a 2 n x b
A = 21 , X = 2 et B = 2
a m1 a m 2 a mn xn bm
Un vecteur X = (x1, x2, ..., xn)’ est solution du système s’il vérifie ou s’il est solution de m équations
linéaires simultanément. L’ensemble de toutes les solutions du système est appelé « l’ensemble
solution » ou encore « la solution générale du système ».
3x + x2 = −2 5 x + 2 x2 = −1
Les systèmes suivants 1 et 1 sont dits équivalents car ils ont le
− x1 + 2 x2 = 17 x1 + x2 = 4
même ensemble – solution.
Il convient de noter que la solution d’un système d’équations n’est pas nécessairement
unique. Un système peut avoir une infinité de solutions ; il se peut aussi qu’il n’ait aucune solution.
Dans ce cas, on dit que le système d’équations est incompatible ou impossible ou encore
inconsistant.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 61
Si A 0, alors X = 0, c’est-à-dire, lorsque A 0, nous obtenons une solution triviale.
Pour que X 0 (solution non triviale), il est nécessaire que A = 0. Dans ce dernier cas, il y aura
une infinité des solutions.
Exemple 2.28 a : Soit le système
x1 + 3x2 − 2x3 = 0
2x1 − x2 − x3 = 0 où c est une constante.
x1 − 4x2 + cx3 = 0
Déterminer la valeur de c qui donne au système des solutions non triviales.
Solution :
Par la méthode des vecteurs échelonnés, on trouve successivement :
1 3 − 2 0 1 3 − 2 0 1 3 −2 0
2 − 1 − 1 0 0 − 7 3 0 0 − 7 3 0
− 1 − 4 c 0 0 − 7 c + 2 0 0 0 − c + 1 0
Si c 1, A 0 et il n’y a que la solution triviale. Si, par contre c = 1, A = 0. Dans ce cas, la
solution complète devient : x1 = 5/7 m, x2 = 3/7 m et x3 = m (m est une constante arbitraire).
Exemple 2.28b :
On donne ci-après une matrice des coefficients obtenue à partir d’un modèle d’entrées- sorties
0,3 0,1 0,4
fermé 0,2 0,8 0,6 . Trouver la production des secteurs d’activité.
0,5 0,1 0
Réponse :
0,3 0,1 0,4
Soit A = 0,2 0,8 0,6 . Le modèle étant complètement fermé, on utilise la relation suivante
0,5 0,1 0
Solution alternative :
0,12q2 = − 0,5q3 = 0 entraîne 0,12q2 = 0,5q3.
0,12s 0,1s + 0,4(0,24s) 0,1s + 0,096S 0,196s
Si q2 = s, q3 = = 0,24s et q1 = = = = 0,28s.
0,5 0,7 0,7 0,7
[Link] Résolution des systèmes d'équations linéaires AX = B
Parmi les méthodes élémentaires disponibles aux humanités pour la résolution numérique
des systèmes linéaires AX = B, on trouve les méthodes de substitution, d’égalisation et
d’addition. Sans méconnaître leur efficacité, nous ne les recommandons pas ici étant donné leurs
limites lorsqu’il est question notamment de résoudre un système sans second membre ou un
système avec un nombre important des variables inconnues.
Ainsi, dans le cadre de ce cours, quatre méthodes seront proposées, à savoir :
- la méthode d’élimination de Gauss ;
- la méthode de Gauss – Jordan, une variante de la précédente ;
- la méthode de Cramer et
- la méthode d'inversion matricielle.
Les deux premières conviennent mieux pour un système d’équations quelconque tandis que les deux
dernières ne peuvent être utilisées que lorsque le système à résoudre est cramérien, c’est-à-dire
lorsque la matrice des coefficients A associée est carrée et non singulière.
[Link].1. La méthode de Gauss ou méthode d’élimination Gaussienne
Cette méthode aussi connue sous le nom de « méthode des opérations élémentaires » fait appel à la
« triangularisation » de la matrice augmentée A/B en faisant apparaître des zéros en dessous de la
diagonale (la diagonale étant entendue comme formée par les termes aii : on parlera de la diagonale
même pour une matrice non carrée). La caractéristique de cette méthode est que le système
d’équations linéaires obtenu après transformation est équivalent au système initial. Une autre
caractéristique principale est que chaque équation contient moins d’inconnues que la précédente.
Soit m = nombre d’équations dans le système initial, n = nombre de variables et r = rang de A
(matrice des coefficients aij). Lorsque la matrice est mise sous sa forme échelonnée en ligne, trois
cas sont à envisager.
Premier Cas : r = n = m
A la fin des opérations élémentaires, le système mis sous forme échelonnée en ligne est du type :
â11 x1 + â12 x 2 + ... + â1n x n = b1 (â11 0)
â22 x 2 + ... + â2n x n = b2 (â22 0)
. ...
ânn x n = bn (ânn 0)
On désigne les variables par xˆ1 , xˆ2 ,..., xˆn car il se peut qu’il ait été nécessaire de changer l’ordre des
variables. De même, on désigne les coefficients par â ij devenus maintenant des « pivots » (au lieu de
aij) et les constantes par b̂ j (au lieu de bj) parce qu’ils représentent les coefficients et les constantes
transformés (à la suite de l’échelonnement).
La matrice A du système initial est une matrice carrée de rang maximum. Ce système est alors un
système cramérien qui admet une solution unique.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 64
bˆn
La dernière relation nous donne la valeur de xˆn = .
aˆ nn
En appliquant la substitution à rebours, l’avant-dernière nous permet d’obtenir xn-1 par la formule
bˆ bˆn −1, n xˆn
xˆn −1 = n −1 −
aˆn −1, n −1 aˆn −1, n −1
et ainsi de suite jusqu'à x̂1 .
Exemple 2.29 :
A l’usine de fabrication des chaises, des tables et des écritoires, le travail a été décomposé en trois
étapes : sciage, assemblage et polissage. Le temps disponible dans chaque service est de 109
heures – homme à l’atelier de sciage, 164 heures-homme à l’atelier d’assemblage et 275 heures –
homme à l’atelier de polissage. La production d’une chaise exige 1 heure de sciage, 2 heures
d’assemblage et 3 heures de polissage ; la fabrication d’une table nécessite 2 heures de sciage, 2
heures d’assemblage et 4 heures de polissage. Il faut 2 heures de sciage, 2 heures d’assemblage et
5 heures de polissage pour réaliser une écritoire. Déterminez combien il faut produire de chaque
bien pour respecter le temps disponible ?
Solution :
On peut résumer les données dans le tableau ci-après :
Différentes étapes de production x1 x2 x3 Temps disponible
Sciage 1 2 2 109
Assemblage 2 2 2 164
Polissage 3 4 5 275
b) Cette contrainte impose 0 s 10. La direction a donc le choix entre plusieurs solutions
complétées dans le tableau ci-après :
4Pour certains auteurs tels que Ross, la variable libre est celle n’apparaissant pas dans le premier terme
non nul d’une équation du système échelonné (ici, x3). Si tel est le cas, la solution devient :
x3 = s, x2 = 27 – s/2 et x1 = 55. Pour que la solution soit réalisable, s doit être inférieur à 54.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 67
Exemple 2.31 :
L’administrateur – propriétaire de l’entreprise fait face à l’inconscience de ses employés. En effet,
l’ingénieur de production observe que le temps disponible à l’atelier de polissage est bel et bien de
275 heures – homme. La production de l’entreprise sera-t-elle affectée par cette modification ?
Réponse :
On peut résumer les données dans le tableau ci-après :
Différentes étapes de production x1 x2 x3 Temps disponible
Sciage 1 2 2 109
Assemblage 2 2 3 164
Polissage 3 4 5 275
1 100 1
10 1330 12
A2 300 30750 350 15000
x2 = = = = 25 et
A 600 600
1 1 100
10 20 1330
A3 300 250 30750 24000
x3 = = = = 40 .
A 600 600
Ainsi, Beltexco va commander 35 portables chez Airtel, 25 chez Vodacom et 40 chez Orange.
[Link].4. la méthode d'inversion matricielle.
Soit le système AX = B. Si A est non singulière, c’est que A est différent de zéro. Dans ce cas, la
multiplication à gauche de deux membres par A-1 donne A-1AX = A-1B. D’où :
X = A-1B.
Exemple 2.34 : Avec les données de l’exemple précédent, nous avons :
x1 + x2 + x3 = 100
10x1 + 20x2 + 12x3 = 1 330
300x1 + 250x2 + 350x3 = 30 750
Ainsi :
−1
1 1 1 x1 100 x1 1 1 1 100
10 20 12 x = 1330 x = 10 20 12 1330
2 2
300 250 350 x3 30750 x3 300 250 350 30750
A: AB AHB
XB
[AB AHB] = B
X HB
ou encore AB XB + AHB XHB = B
où AB est une matrice de dimension m x m, AHB une matrice de dimension m x (n – m), XB et XHB
sont respectivement des vecteurs de dimension m x 1 et (n – m) x 1.
Une solution de base du système AX = B est une solution telle que toutes les variables
appartenant à XHB (dites Variables hors base) soient nulles, les autres variables appartenant à XB
(dites Variables de Base) étant alors solution d'un système cramérien m x m. Nous avons :
X = AB−1 B
Solution de base X = B
X HB = 0
où AB est une sous - matrice de A de rang complet.
Le vecteur XB comporte m variables ; celles-ci sont déterminées de façon unique. AB XB = B
est un système cramérien. Les variables XB sont appelées variables de base. Toute solution de base
comporte au moins (n - m) variables nulles ; ce sont les variables hors - base ou variables libres.
Les variables de base correspondant à XB peuvent être nulles, positives, ou négatives. Si elles
sont toutes différentes de zéro, on dit que la base est régulière; dans ce cas, la solution de base
comprend exactement m variables différentes de zéro et (n – m) variables hors - base nulles.
Si certaines variables de base sont nulles, on dit que la base est singulière ou dégénérée;
dans ce cas, la solution de base comprend plus de (n – m) variables hors - base nulles.
Un système AX = B (avec m < n) donne lieu à beaucoup de solutions de base. Il y a autant de
solutions de base que A contient de sous - matrices AB de rang maximum. Il peut y avoir au plus
n!
Cnm = solutions de base. Ce nombre devient considérable pour de grandes
m !(n − m) !
valeurs de m et de n.
Exemple 2.36 :
Déterminez toutes les solutions de base du système suivant de 2 équations à 3 inconnues.
Réponse :
Ce système possède au plus C 32 = 3 solutions de base.
− 4x1 + 3x2 + 2x3 = − 2
5x1 − 4x2 + x3 = 3
Base x1 x2 x3 Commentaire
ère
1 Base 0 − 8/11 1/11 AB de rang maximum
2ème Base 4/7 0 1/7 AB de rang maximum
3me Base 61 −2 0 AB de rang maximum
Exemple 2.37:
Déterminer toutes les solutions de base correspondant au système suivant :
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x1 + x3 =2
x1 + x2 + x4 =3
− x1 + x2 + x5 = 1
Réponse :
Le système comportant 3 équations et 5 inconnues, toute solution de base possédera donc deux
variables hors - base nulles. Le nombre de solutions de base est au plus égal à : C 53 = 10.
Nous reprenons toutes ces solutions dans le tableau ci-après. Nous annulons d’abord deux
variables de toutes les façons possibles, puis nous résolvons le système cramérien qui subsiste en vue
de déterminer les variables de base.
Base x1 x2 x3 x4 x5 Commentaire
ère
1 Base 0 0 2 3 1 AB de rang maximum
- 0 0 Système incompatible
ème
2 Base 0 3 2 0 −2 AB de rang maximum
3me Base 0 1 2 2 0 AB de rang maximum
4me Base 2 0 0 1 3 AB de rang maximum
5me Base 3 0 −1 0 4 AB de rang maximum
6me Base −1 0 3 4 0 AB de rang maximum
7me Base 2 1 0 0 2 AB de rang maximum
8me Base 2 3 0 −2 0 AB de rang maximum
9me Base 1 2 1 0 0 AB de rang maximum
ou de la forme
n
a1x1 + a2x2 + ... + anxn b = a
j =1
j xj b
où les ai sont des nombres réels appelés « coefficients de xi », b est le terme constant ou le second
membre et xi représente les variables ou les inconnues de l’inéquation.
La résolution de cette inéquation consiste à déterminer l’ensemble des variables xj qui satisfait à
n n
a j x j b ou.
j =1
a
j =1
j xj b .
Ainsi, x 6 (en divisant les deux membres de l’inégalité par –2). Par conséquent,
l’ensemble solution est donné par : S =x \ x 6= 6, +∞
Exemple 2.40 : Résoudre et discuter l’inéquation paramétrique du premier ordre à une inconnue
suivante : mx > 5 + 3x mx – 3x > 5 (m – 3)x > 5
Réponse :
5
1. Si m − 3 > 0, alors : m > 3 x >
m−3
5
2. Si m − 3 < 0, alors m < 3 x <
m−3
0 3 x
9
−
2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 73
a
i =1
ij x j bi (i = 1, 2, …, m) ou de la forme a i =1
ij x j bi (i = 1, 2, …, m).
Pour résoudre un tel système, on cherche, pour chacune des inéquations du système, l’ensemble des
couples (x, y) qui satisfont simultanément ces inéquations. Cet ensemble est appelé « ensemble –
solution ». Il correspondra à une partie du plan, c’est-à-dire à un demi-plan.
On procède alors de la manière suivante :
1. Tracer la droite d'équation ax + bx + c = 0 sur un repère orthonormé. Celle-ci divise alors le
plan en deux demi - plans.
2. Trouver l’ensemble des solutions de chacune des inéquations. Pour ce faire, on teste un point
quelconque non situé sur la droite. En pratique, on choisit le point (0, 0) si la droite ne passe
pas par l'origine des axes. Si les coordonnées du point test vérifient l'inéquation, le demi-plan
auquel appartient ce point est la solution de l'inéquation.
3. Pour chacune, le demi-plan qui ne convient pas (qui ne vérifie pas l’inéquation) est hachuré.
4. Les points de la droite appartiendront au demi-plan si l'inégalité est non stricte.
5. L’ensemble - solution du système d’inéquations correspondra alors à la partie du plan qui reste
sans hachures. C’est l’ensemble des points faisant partie de l’ensemble - solution de chacune des
inéquations.
Exemple 2.42 : Soit à résoudre le système d’inéquations :
4x + 2y 28 y
y 4
2x + 3y 28 15
Solution :
On commence par trouver l’ensemble des solutions 10
de chacune des trois inéquations linéaires. La (7/2, 7)
première est 4x + 2y 28. Traçons la droite 5 (8, 4)
représentée par l’équation 4x + 2y = 28. On (5, 4)
détermine les points d’intersections avec les axes.
En posant x = 0, on a 2y = 28, d’où y = 14. Ainsi ‘ ‘ ‘
la droite coupe l’axe vertical au point (0, 14). De 0 5 10 15 x
même, en posant y = 0, on a 4x = 28 et x = 7.
La droite coupe l’axe horizontal au point (7, 0).
La droite passant par ces deux points appelée « frontière de l’ensemble – solution » divise le
plan en deux demi – plans. Le point (0, 0) par exemple détermine de quel côté de la droite se situent
les solutions (ici, c’est du côté droit).
On cherche ensuite l’ensemble des solutions de deux autres inéquations. L’ensemble –
solution du système est donc la partie du plan délimitée par les couples des points (7/2, 7), (5, 4) et (8,
4). NB : On obtient le point de rencontre de deux droites frontières en résolvant le système
d’équations linéaires concernées.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 74
Chapitre Troisième
VALEURS PROPRES, VECTEURS PROPRES,
DIAGONALISATION ET TRIGONALISATION
5
Abdoulaye Wade (2008), p. 448.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 75
D’une manière générale, lorsque A est une matrice carrée d’ordre n, nous avons :
a11 − a12 a1n
a21 a22 − a2 n
PA() = A − I = =0
an1 an 2 ann −
= (–)n + D1(–)n–1 + D2(–)n–2 +...+ Dn-1(–) + Dn = 0 (3.5)
où les Di représentent les mineurs principaux d’ordre i. Chaque mineur d’ordre i comportera
n!
termes.
i!( n − i )!
En vertu du théorème de d’Alembert6, un tel polynôme admet n racines qui peuvent être réelles ou
complexes.
La recherche des valeurs propres d’une matrice A se ramène à la détermination des racines i
de son polynôme caractéristique. Si une racine se répète k fois, on dit que la valeur propre est de
multiplicité algébrique d’ordre k.
Valeur propre dominante et vecteur propre dominant
Une valeur propre d’une matrice A est dite «valeur propre dominante» de A si sa valeur absolue est
plus grande que celles de toutes les autres valeurs restantes. Le vecteur propre correspondant à la
valeur propre dominante est appelé «vecteur propre dominant» de A.
Ainsi, si une matrice A d’ordre 4 admet les valeurs propres ci-après : 1 = –7, 2 = 4, 3 = –3 et
6
Guerrien, B. Algèbre linéaire pour Economistes, 4ème édition, Economica, Paris, 1997, p. 163.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 76
4 4
Exemple 3.2 : Calculer les valeurs propres de la matrice A =
1 4
4 − 4
Solution : Formons la matrice [A - I] =
4 −
.
1
Le polynôme caractéristique est PA() = A − I = (–)² + D1(–) + D2 = 0
= ² – 8 + 12 = (– 2)( – 6) = 0.
D’où = 1 = 2 et 2 = 6.
4 −8 2
Exemple 3.3 : Trouver les valeurs propres de la matrice B = 0 1 0 .
−2 5 0
Solution : Son polynôme caractéristique est
4 − −8 2
4− 2
PB() = B − I = 0 1− 0 = (1 – ) =0
−2 −
−2 5
= (1 – ) [(4 – )(–) + 4] = (1 – )(² – 4 + 4) = (1 – )( – 2)( – 2) = 0
Donc 1 = 1 et 2 = 2, k = 2 (car cette valeur propre intervient deux fois).
3 1 −1
Exemple 3.4 : Trouver les valeurs propres de la matrice C = 1 3 −1 .
3 3 −1
3− 1 −1
Solution : PC() = C − I = 1 3− − 1 = –3 + 5² – 8 + 4 = (– 1)( – 2)2 = 0.
3 3 −1−
Les valeurs propres sont 1 = 1 et 2 = 2, de multiplicité algébrique d’ordre 2 (k = 2).
5 1 2
Exemple 3.5 : Calculer les valeurs propres de la matrice D = 5 9 10 .
−3 −3 −2
5− 1 2
Solution : Son polynôme caractéristique est PD() = D − I = 5 9− 10 = 0.
−3 −3 −2 −
Si D1 = a11 + a22 + a33 = 5 + 9 – 2 = 12,
a11 a12 a11 a13 a 22 a 23 5 1 5 2 9 10
D2 = + + = + + = 48
a21 a22 a31 a33 a32 a33 5 9 −3 −2 −3 −2
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Les matrices A et A’ ayant le même polynôme caractéristique, elles ont les mêmes valeurs
propres.
• Une matrice carrée non singulière A et son inverse A–1 ont les mêmes vecteurs propres, mais
des valeurs propres inverses. A est inversible. Elle ne peut avoir 0 comme valeur propre (la
seule solution de AP = 0 étant alors P = 0).
Le résultat découle de : AP = P A–1AP = A–1AP P = A–1P
1 1
A–1P = P A–1 = .
• Si une matrice est triangulaire par blocs avec des blocs diagonaux carrés, alors ses valeurs
propres sont données par celles de ses blocs diagonaux. Autrement dit, si la matrice A est de
la forme
M1 * * *
0 M * *
2
0 0 M 3 * où Mi sont des matrices carrées, i = 1, ..., p, et * des matrices blocs
0 0 0 M p
non nuls, alors les valeurs propres de A sont celles des matrices Mi, i = 1, ..., p.
En effet, pour des matrices triangulaires par blocs, on a : dét A = dét (Mi) dét Mi)... dét (Mp)
et donc : PA() = dét [A – I] = dét [M1 – I] ... dét [Mp – I] = PM1() ... PMp().
• Les valeurs propres d’une matrice non symétrique ne sont pas nécessairement réelles. Elles
peuvent aussi être des nombres complexes conjugués.
• Si A est une matrice idempotente, ses valeurs propres sont égales à 1 ou 0, tandis que son
rang est égal à sa trace.
Comme A est symétrique, il existe une matrice orthogonale U telle que
U' A U = diag (1, 2, ..., n).
Or, étant donné que chaque 1 est égal à 0 ou 1, le rang de U'AU (et donc de A) est égal au nombre
des valeurs propres égales à 1, c'est-à-dire, à la somme des valeurs propres. Or la somme des valeurs
propres est égale à la trace de A.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 79
Exemple 3.11 :
Trouver les valeurs propres des matrices suivantes :
2 − 3 − 5
A = − 1 4 et B = 1 / 5 2 / 5 .
5 2 / 5 4 / 5
1 − 3 − 4
Solution :
Nous savons déjà que ces deux matrices sont des matrices idempotentes. Le polynôme caractéristique
de la matrice A est PA() = − 3 + 22 − = − (2 − 2 +1) = ( − 1)2 = 0. Les valeurs propres
sont donc 1 = 0, 2 = 1 avec k = 2.
Le polynôme caractéristique de la matrice B est PB() = 2 − = ( − 1) = 0. Les valeurs propres
sont donc 1 = 0, 2 = 1. De plus, B étant symétrique, on observe que son rang (1) est égal à sa trace
(1).
7
Poupion et Poulalion, Mathématiques Générales appliquées à l’économie et à la gestion, Armand Colin, Paris,
1984, p. 282.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 80
2 1 0 0 1 1 2 1 0
2 1
F = 0 1 − 1 , G = 1 0 1 , K =
−1 2 et L =
− 1 3 1 .
0 2 4 1 1 0 1 0 1
Solution :
4 4
❖ La matrice A = de l’exemple 3.2 possède les valeurs propres 2 et 6.
1 4
2 4 x1 0
Pour 1 = 2, on est amené à résoudre le système linéaire homogène [A – 2I]X = = ,
1 2 x2 0
2 x1 + 4 x2 = 0
soit .
x1 + 2 x2 = 0
La méthode d’élimination de Gauss nous donne successivement :
2 4 0 1 2 0
1 2 0 0 0 0 . Comme n = 2 et r = 1, le sous-espace propre associé est de
−2
dimension 1 (n – r), On peut aussi écrire x1 + 2x2 = 0. Il s’ensuit que le vecteur ou tout multiple
1
non nul de celui-ci est un vecteur propre de A associé à la valeur propre 2.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 81
−2 4 x1 0
Pour 2 = 6, on résout le système homogène [A – 6I]X = x = 0 , soit
1 −2 2
−2 x1 + 4 x2 = 0
.
x1 − 2 x2 = 0
2
Ici aussi le sous-espace propre est de dimension 1. Dès lors, le vecteur ou tout multiple non nul
1
de celui-ci est un vecteur propre de A associé à la valeur propre 6.
4 −8 2
❖ La matrice B = 0 1 0 possède une racine simple 1 et une racine double 2 (exemple 3.3).
−2 5 0
3 −8 2 x1 0
Pour 1 = 1, on a le système 0 0 0 x = 0 .
2
− 2 5 − 1 x3 0
3 − 8 2 0 3 − 8 2 0 3 − 8 2 0
On obtient successivement 0 0
0 0 − 2 5 − 1 0 0 − 1 1 0 .
− 2 5 − 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
2
Ainsi, le sous-espace propre de dimension 1 est engendré par le vecteur propre X1 = 1 .
1
Pour 2 = 2, de multiplicité algébrique 2, nous résolvons le système homogène
2 −8 2 x1 0
0 −1 0 x = 0 . On obtient successivement :
2
− 2 5 − 2 x3 0
2 − 8 2 0 1 − 4 1 0 1 − 4 1 0
0 − 1 0 0 0 − 1 0 0 0 − 1 0 0 . Le sous-espace propre associé à la
− 2 5 − 2 0 0 − 3 0 0 0 0 0 0
−1
valeur propre 2 = 2 est de dimension 1. Il est engendré par le vecteur propre X1 = 0
1
3 1 −1
❖ La matrice C = 1 3 −1 de l’exemple 3.4 possède une valeur propre simple 1 et une valeur
3 3 −1
propre double 2.
x + 2 x 2 − x3 = 0
Pour 1 = 1, le système [C – I]X = 0 donne 1 . On tire x3 = 3x2. Pour x2 = 1, x3 = 3
3 x 2 − x 3 = 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 82
1
et x1 = 1. D’où X1 = 1 .
3
x1 + x2 − x3 = 0
Pour 2 = 2, le système [C – 2I]X = 0 donne x1 + x2 − x3 = 0 .
3x + 3x − 3x = 0
1 2 3
On peut donc écrire x1 + x2 – x3 = 0 ou x3 = x1 + x2. Par conséquent dim E2 = 2 et à cette valeur
propre double correspondent deux vecteurs propres non nuls et linéairement indépendants de la
forme
x1 1 0 1 0
X = x2 = x1 0 + x2 1 . Puisque X2 =
0 et X = 1 sont linéairement indépendants, ils
3
x1 + x2 1 1 1 1
forment une base pour l’espace - propre correspondant à 2 = 2.
5 1 2
❖ La matrice D = 5 9 10 possède une valeur propre 4 de multiplicité algébrique 3.
−3 −3 −2
x1 + x2 + 2 x3 = 0
On obtient le système [D – 4I]X = 5x1 + 5x2 + 10 x3 = 0 .
−3x − 3x − 6x = 0
1 2 3
− 1
vecteur X1 = 2 .
1
0 0 − 2 x1 0
Pour 2 = –1, on doit résoudre le système homogène 0 0 4 x 2 = 0 , soit
2 2 0 x 3 0
− 1
x1 + 0 x2 − x3 = 0
. D’où, X2 = 1
=
2 x 3 0
0
Pour 2 = –3, on a successivement :
2 0 − 2 0 2 0 − 2 0 1 0 − 1 0
0 2 4 0 0 2 0 1 2 0 , soit x1 + 0 x2 − x3 = 0 . D’où,
4 0
2 2 2 0 0 − 2 − 4 0 0 0 0 0 x 2 + 2 x3 = 0
1
X3 = − 2 .
1
2 1 0
❖ La matrice F = 0 1 − 1 , dont le polynôme caractéristique PF( ) = (2 – )2 (– 3) = 0 admet
0 2 4
une valeur propre double 1 = 2, (de multiplicité algébrique d’ordre 2) et une valeur propre
simple 2 = 3. Le sous-espace propre associé à la valeur propre double 1 = 2 est l’ensemble
0 1 0 x1 0
des solutions de l’équation matricielle [F – 2I]X = 0 − 1 − 1 x 2 = 0 . Par la méthode
0 2 2 x 3 0
0 1 0 x1 0
x =0
de Gauss, on a 0 0 − 1 x 2 = 0 ou simplement 2 . Puisque Dim E1 = 1, ce
− x3 = 0
0 0 0 x 3 0
système n’admet qu’une seule solution indépendante : x1 (variable libre) = 1, x2 = x3 = 0 et
1
X1 = 0 . La valeur propre double n’admet qu’un seul vecteur propre. Pour 2 = 3, le vecteur
0
− 1 1 0 x1 0
propre X2 est obtenu en résolvant le système [F – 3I]X = 0 − 2 − 1 x 2 = 0 .
0 2 1 x 3 0
1
D’où X2 = 1 .
− 2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 84
0 1 1
❖ La matrice G = 1 0 1 ayant pour polynôme caractéristique PG() = ( + 1)²( – 2) = 0
1 1 0
possède une valeur propre double –1 et une valeur propre simple 2.
x1 + x 2 + x3 = 0
Pour 1 = –1, on a le système [G + I]X = 0 qui peut encore s’écrire x1 + x 2 + x3 = 0 .
x + x + x = 0
1 2 3
2 1
❖ La matrice K = possède deux racines complexes conjuguées (2 + i) et (2 – i). Le lecteur
−1 2
1 1
peut vérifier que les vecteurs propres correspondants sont respectivement X1 = et X2 = −i .
i
2 1 0
❖ La matrice L = −1 3 1 a une racine propre 2 de multiplicité 3. En résolvant le système
1 0 1
0 1 0 x1 0
LX = 2X = [L – 2I]X = −1 1 1 x = 0 , on trouve un sous-espace propre de dimension 1
2
1 0 −1 x3 0
1
engendré par le seul vecteur propre X1 = 0 . En effet, x2 = 0 et x1 = x3 = 1.
1
Propriétés des vecteurs propres
• Si X1, X2,... Xk représentent k vecteurs propres de la matrice A associés à des valeurs propres
distinctes, alors les k vecteurs sont linéairement indépendants.
• Si X est un vecteur propre, le vecteur cX (où c est une constante différente de zéro) est également
un vecteur propre.
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• Si X1, X2,... Xk représentent k vecteurs propres de la matrice A associés à la même valeur propre,
k
toute combinaison linéaire non nulle de ces vecteurs (c’est-à-dire Y = C X
i =1
i i , Y 0) est aussi un
vecteur propre de A associé à la même valeur propre. De plus, ces vecteurs peuvent être
transformés (par des combinaisons linéaires) en un ensemble de k vecteurs propres mutuellement
orthogonaux et de longueur unitaire. Un des procédés le plus utilisé est le processus
d’orthogonalisation de Gram-Schmidt vu au chapitre 1.
• Si A est une matrice réelle symétrique, alors les vecteurs propres correspondant à des valeurs
propres distinctes sont toujours linéairement indépendants et orthogonaux deux à deux. Ces
vecteurs propres orthogonaux forment une base de n.
matrices semblables.
4 4
Les quatre propriétés peuvent êtres facilement vérifiées sur la matrice A = de l’exemple
1 4
2 0
3.13 qui est semblable à la matrice B = . Il en résulte que :
0 6
a. Rang A = 2 = Rang B ;
b. │A│ = 12 = │P│;
c. │A – I│ = ² – 8 + 12 = 0 = │B – I│;
d. Tr (A) = 8 = Tr (B).
3.4 Diagonalisation des matrices carrées
3.4.1 Diagonalisation des matrices carrées quelconques
Soit A une matrice carrée d'ordre n. A est dite diagonalisable s'il existe une matrice diagonale
et une matrice carrée non singulière P telles que
P–1A P = D̂ . (3.9)
où D̂ est une matrice diagonale ayant les valeurs propres sur la diagonale principale et P, une
matrice de passage ou de transformation dont les colonnes sont les vecteurs propres de A.
Le problème de la diagonalisation de la matrice A revient donc à chercher si A admet n vecteurs
propres linéairement indépendants. Pour cela, nous allons distinguer deux cas différents : le cas où A
admet n valeurs propres distinctes et le cas où elle a moins de n valeurs propres (racines multiples de
A – iI).
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Si les n valeurs propres de la matrice sont distinctes deux à deux, alors cette condition est remplie
car les vecteurs propres correspondants à ces valeurs propres sont donc linéairement indépendants.
Dans ce cas, la matrice P dont les colonnes sont les vecteurs propres de A est non singulière. A est
alors diagonalisable.
Soit X1, X2,..., Xn les n vecteurs propres de A associés à 1, 2,..., n respectivement. Nous savons
déjà qu’ils sont linéairement indépendants. Par conséquent P = [X1, X2,..., Xn] est non singulière.
Effectuons le produit AP. Sachant que Axi = iXi, nous avons :
AP = A [X1, X2,..., Xn] = [AX1, AX2,..., AXn]
= [1X1, 2X2,..., nXn]
= [X1, X2,..., Xn] diag (1, 2,..., n)
= P diag (1, 2,..., n)
La dernière égalité peut encore s’écrire :
AP = P D̂ . (3.10)
En pré - multipliant par P–1 l’égalité matricielle précédente, on obtient finalement P–1A P = D̂ . On en
déduit que A est semblable à D. D’où l’expression « matrice diagonalisable ».
Si A admet des valeurs propres multiples d’ordre k, cela veut dire que A possède k valeurs propres
avec k < n. Nous avons vu qu’à chaque valeur propre i correspond au moins un vecteur propre X.
Donc ici, nous aurons au moins k vecteurs propres. Notre problème sera alors de trouver n – k
vecteurs propres de façon à ce que les k + (n – k) vecteurs propres obtenus soient linéairement
indépendants. Ceci est possible si et seulement si la dimension de chaque sous-espace propre est
égale à l’ordre de multiplicité algébrique de la valeur propre correspondante, c’est-à-dire si le
rang de [A – iIn] = n – k.
Si un tel ensemble de vecteurs existe, alors A est diagonalisable. Dans le cas contraire, A ne l’est pas.
On propose alors une méthode proche de celle de la diagonalisation : la réduction à la forme
canonique de Jordan ou la trigonalisation9 ou encore la triangularisation10 .
1 − 1
Exemple 3.15 : Considérons la matrice A = . Son polynôme caractéristique étant
2 4
PA() = A − I = (–)² + D1(–) + D2 = ² – 5 + 6 = (– 2)( – 3) = 0, ses valeurs propres sont
1 = 2 et 2 = 3. Comme elles sont distinctes, par conséquent, les vecteurs propres associés sont
8
Escofier J.P. (2002), pp. 301 – 8.
9
Piatier, A., Cahuzac, P et Chambadal, L.,(1985), Economie et Mathématiques Eléments et
Exercices, PUF, Paris, p. 222.
10
Escofier J.P. (2002), p 309.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 88
linéairement indépendants. Donc P existe et est non singulière. Il s’ensuit que A est diagonalisable.
− 1 1 -1 − 2 − 1
En effet, P = et P = − 1 − 1 . Ainsi,
1 − 2
− 2 − 1 1 − 1 − 1 1 2 0
P-1A P = = .
− 1 − 1 2 4 1 − 2 0 3
On note que les éléments de la matrice diagonale ( D̂ ) sont les valeurs propres de la matrice A. On a
donc diagonalisé A.
33 16 72
Exemple 3.16 : Considérons la matrice A = − 24 − 10 − 57 .
− 8 − 4 − 17
Son polynôme caractéristique est : PA() = – 3 + 6² – 11 + 6 = =( – 1) ( – 2) ( – 3) = 0
Les valeurs propres sont donc : 1 = 1, 2 = 2 et 3 = 3. Comme elles sont toutes distinctes, il existe
− 15 − 16 4 1 0 0
une matrice non singulière P = 12 13 − 3 telle que P AP = D̂ = 0 2 0
–1
2 1 0
Exemple 3.17 : Considérons la matrice F = 0 1 −1 . Nous savons que cette matrice qui est
0 2 4
triangulaire par blocs, a une valeur propre double 2 et une valeur propre simple 3.
1
Le sous-espace propre associé à 1 = 2 est de dimension 1 car il est engendré par Q1 = 0 . Puisque
0
la dimension du sous – espace propre est différente de k (= 2), la matrice F n’est donc pas
diagonalisable.
3 1 −1
Exemple 3.18 : La matrice C = 1 3 −1 de l’exemple 3.4 possède une valeur propre simple 1 et
3 3 −1
1
une valeur propre double 2. Nous avons vu qu’à 1 = 1 correspondait le vecteur X1 = 1 .
3
Quant à 2 = 2, valeur propre de multiplicité algébrique d’ordre 2, dim E2 = 2. A cette valeur propre
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 89
1
double correspondent donc deux vecteurs propres non nuls et linéairement indépendants X2 = 0 et
1
0 1 1 0
X3 = 1 . La matrice C est donc diagonalisable avec P = 1 0 1 .
1 3 1 1
1 2
1 = 0 et 2 = 5. Les vecteurs propres correspondants sont : X1 = et X2 = .
−2 1
Le lecteur peut vérifier l’indépendance linéaire et l’orthogonalité de ces deux vecteurs. En les
1/ 5 2 / 5
«normant», on obtient : U1 = et U2 = dont la « normalité » est aisément
−2 / 5 1 / 5
vérifiable.
1 / 5 2 / 5 -1
Construisons U = . Le lecteur peut vérifier que U' = U . Il en résulte que :
− 2 / 5 1 / 5
1 / 5 −2 / 5 4 2 1 / 5 2 / 5 0 0
U–1A U = U’A U = = .
2 / 5 1 / 5 2 1 −2 / 5 1 / 5 0 5
On obtient une matrice diagonale où l’on retrouve les valeurs propres de A qui sont 0 et 5. On a donc
diagonalisé orthogonalement la matrice A.
4 2 2
Exemple 3.20 : Considérons la matrice symétrique A = 2 4 2 . On a PA() = (– 2)2 (– 8) = 0.
2 2 4
Ainsi ses valeurs propres sont 1 = 2 (de multiplicité algébrique d’ordre 2) et 2 = 8. Pour = 2, les
− 1 − 1
vecteurs propres X1 = 1 et X2 = 0 forment une base pour l’espace propre correspondant à
0 1
cette valeur propre. L’application du processus d’orthogonalisation de Gram – Schmidt à [X1, X2]
donne les vecteurs propres orthonormés
− 1 2 − 1 6
U1 = 1 2 et U2 = − 1 6 .
0 2 6
Le lecteur est invité à vérifier l’orthogonalité de ces deux vecteurs.
1
L’espace propre correspondant à = 8 a X3 = 1 comme base. En appliquant le processus
1
1 3
d’orthogonalisation de Gram – Schmidt à [X3], on obtient U3 = 1 3 . Finalement, utilisant U1, U2,
1 3
− 1 2 −1 6 13
U3 comme les vecteurs - colonne, nous obtenons U = 1 2 −1 6 13 qui diagonalise
0 2 6 1 3
orthogonalement A. Le lecteur peut vérifier que U’AU est une matrice orthogonale.
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AQ3 = Q2 + 1Q3
AQ4 = 2 Q4
AQ5 = Q4 + 2 Q5
AQ6 = Q5 + 2 Q6
Les vecteurs - colonne Q1, Q2 et Q6 correspondant au premier terme diagonal de chacun des trois
blocs de Jordan de cet exemple sont bien des vecteurs propres de A.
Cet exemple montre comment on peut déterminer les autres vecteurs qui forment la matrice de
passage Q. Ces vecteurs, que l’on peut appeler « vecteurs de Jordan » ou selon Simon et Blume13
«vecteurs propres généralisés pour A», sont ici Q3, Q4 et Q6. Cette détermination est
particulièrement simple dès que l’on connaît les valeurs propres de la matrice considérée.
Les vecteurs propres généralisés associés à une valeur propre donnée ne sont pas définis de
façon unique. Alors que les vecteurs propres associés à forment un sous-espace vectoriel, les
vecteurs de Jordan forment des sous-espaces affines parallèles à ce sous-espace vectoriel, puisque si
AQi = Qi-1 + Qi
et si P est un vecteur propre associé à , alors A[Qi + P] = Qi-1 + Qi + P = Qi-1 + [Qi + P].
Ce qui montre que Qi + P est aussi un vecteur propre généralisé (ou vecteur de Jordan) associé à ,
11
Piatier, A., Cahuzac, P et Chambadal, L., Economie et Mathématiques Eléments et Exercices,
PUF, Paris, 1985, p. 222.
12
Escofier, J.-P. (2002), Toute l’Algèbre du 1er Cycle, Cours et exercices corrigés, Dunod, Paris,
p.309.
13
Simon et Blume, Mathématiques pour Economistes, De Boeck, Bruxelles, 1998, p. 462.
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14
Michel, P., Cours de Mathématiques pour Economistes, Economica, Paris, 1989, p. 609.
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2 1 0
Exemple 3.22 : Déterminer une forme réduite de Jordan semblable à la matrice B = 0 1 −1 .
0 2 4
Nous savons que cette matrice qui est triangulaire par blocs, a une valeur propre double 1 = 2 et une
valeur propre simple 2 = 3.
Nous avons vu que le sous-espace propre associé à 1 = 2 (de multiplicité algébrique d’ordre 2)
1
est de dimension 1 car il est engendré par Q1 = 0 . La matrice B n’est donc pas diagonalisable. On
0
cherche alors pour cette valeur propre 2 un vecteur propre généralisé (ou vecteur de Jordan) telle
que
2 1 0 q1 1 q1 0 1 0 q1 1
BQ2 = Q1 + 2 Q2 = 0 1 −1 q2 = 0 + 2 q = 0 −1 −1 q = 0 .
2 2
0 2 4 q3 0 q3 0 2 2 q3 0
q2 = 1
Ce qui est équivalent au système d’équations − q2 − q3 = 0 dont la solution est q2 = 1, q3 = –1,
q −q = 0
2 3
0
q1 quelconque (0, par exemple). On obtient alors le vecteur de Jordan Q2 = 1 .
−1
1
Enfin, si on prend pour vecteur propre associé à 2 = 3, le vecteur de 1 , on a pour matrice de
− 2
1 0 1 1 1 1
passage Q = 0 1 1 , avec Q-1 = 0 2 1 .
0 −1 2 0 −1 −1
2 1 0
La forme réduite de Jordan correspondante étant J = 0 2 0 .
0 0 3
5 0 0
Exemple 3.23 La matrice C = 1 5 0 . Son polynôme caractéristique est PC() = (– 5)3 = 0. Il
0 1 5
s’ensuit que C admet une racine propre triple 5. Elle n’est donc pas diagonalisable.
0 0 0 q1 0
La relation [C – 5I] donne : 1 0 0 q2 = 0
0 1 0 q3 0
La solution est q1 = 0, q2 = 0, q3 quelconque (1, par exemple) et le sous - espace propre associé à
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 95
0
= 5 est de dimension 1 car il est engendré par Q1 = 0 qui est un vecteur propre. De plus, la forme
1
réduite de Jordan comportera k – (n – r) = deux « 1 » au dessus de la diagonale. La matrice de Jordan
5 1 0
semblable à C est donc : 0 5 1 . Pour déterminer la matrice permettant de passer de C à J, on
0 0 5
doit trouver deux vecteurs Q2 et Q3 telle que
CQ2 = Q1 + 5Q2 (1)
et
CQ3 = Q2 + 5Q3 (2)
5 0 0 q1 0 q1 0 0 0 q1 0
De (1), on trouve : 1 5 0 q2 = 0 + 5 q .
2 Ce qui donne 1 0 0 q2 = 0 .
0 1 5 q3 1 q3 0 1 0 q3 1
0q1 + 0q2 + 0q3 = 0
Ce qui est équivalent au système d’équations q1 = 0 dont la solution est q1 = 0,
=1
q2
0
q2 = 1, q3 quelconque (0, par exemple). On obtient alors le vecteur de Jordan Q2 = 1 .
0
5 0 0 q1 0 q1 0 0 0 q1 0
De (2), on a : = 1 5 0 q2 = 1 + 5 q . Soit,
2
1 0 0 q = 1 . Ce qui donne :
2
0 1 5 q3 0 q3 0 1 0 q3 0
0q1 + 0q2 + 0q3 = 0
q1 = 1 dont la solution est : q1 = 1, q2 = 0, q3 quelconque (0, par exemple). On obtient
=0
q2
1
alors le vecteur de Jordan Q3 = 0 .
0
0 0 1 0 0 1 5 0 0 0 0 1 5 1 0
Donc Q = 0 1 0 et J = Q-1 C Q = 0 1 0 1 5 0 0 1 0 = 0 5 1 .
1 0 0 1 0 0 0 1 5 1 0 0 0 0 5
5 1 2
Exemple 3.24 : Trouver la forme réduite de Jordan associée à la matrice D = 5 9 10 .
−3 −3 −2
Son polynôme caractéristique est PD() = ( – 4)3 = 0. Il s’ensuit que D admet une racine propre
triple 4. Elle n’est donc pas diagonalisable.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 96
1 1 2 q1 0
La relation [D – 4I]Q = 0 donne 5 5 10 q2 = 0 . Le sous-espace propre associé à = 4
−3 −3 −6 q3 0
−1 2
est de dimension 2 (n = 3 et r = 1) car il est engendré par Q1 = 1 et Q2 = 0 , lesquels sont deux
0 1
vecteurs propres associés à la valeur propre 4.
0 1 5 / 3 5 1 2 −1 −1 −1 4 0 0
D’où J = Q–1DQ = 0 0 1 / 3 5 9 10 1 −5 0 = 0 4 1 .
−1 −1 −2 −3 −3 −2 0 3 0 0 0 4
Ce calcul de Ap est donc très aisé car il se réduit au calcul de D̂ p qui est immédiat, à la condition que
A soit diagonalisable.
2 1
Exemple 3.25 : Calculer Ap si A = .
1 2
Solution :
Son polynôme caractéristique est PA() = ( ² – 4 + 3 = ( – 1)( – 3) = 0. D’où 1 = 1 et 2 =
3. A est donc diagonalisable. On aura alors Ap = P D̂ pP–1
1 1 1 1 −1
P= et P–1 =
2 1 1
où . On obtient donc :
−1 1
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p 1 1 1 0 1 1 −1 1 3p + 1 3p − 1
A = . p . 1 1 = 2 p .
−1 1 0 3 2 3 − 1 3 + 1
p
0 1 1
Exemple 3.26 : Calculer G si G = 1 0 1 .
p
1 1 0
Solution :
Nous avons vu (voir exemple 3.8) que PG() = – ³ + 3 + 2 = ( + 1)²( – 2) = 0.
Ainsi, 1 = –1, k = 2 et 2 = 2. Le sous-espace propre associé à 1 = –1 est de dimension 2.
Comme cette dimension est égale à l’ordre de multiplicité algébrique de la valeur propre donnée, on
peut associer à cette dernière deux vecteurs propres linéairement indépendants. G est donc
− 1 − 1 1 − 1 2 − 1
diagonalisable avec P = 1 0 1 dont l’inverse est P–1 = − 1 − 1 2 .
1
3
0 1 1 1 1 1
D’où :
− 1 − 1 1 − 1 0 0 − 1 2 − 1
p
Gp = P D̂ p P–1
= 1
0 1 0 − 1 0 1
− 1 − 1 2
3
0 1 1 0 0 2 1 1 1
− 1 − 1 1 (−1) 0 − 1 2 − 1
p
0
= 1 0 1 0 − 1 − 1 2
1
( −1) p 0
3
0 1 1 0 0 2 p 1 1 1
1 0 0 0 0 0 1 0 0 0
0 0 0 0 0 0 1 0 0
2
0 0 3 0 0 0 0 0 0 0
J= + (3.17)
0 0 0 n − 1 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 n 0 0 0 0 0
= D̂ + E
où D̂ est la matrice diagonale ayant les valeurs propres sur la diagonale principale et E, une matrice
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et on se ramène au calcul de Jp. Ce calcul est moins aisé que celui de D̂ p car J = iI + E et que
Jp = [iI + E]p.
Grâce à la formule du binôme de Newton permettant de calculer (a + b)n où a et b sont des nombres
réels, nous avons, pour une matrice d'ordre 2, car le carré de E est la matrice nulle et le produit iIE
est commutatif15,
p p p-1
J = I +C E =
p p 1 p -1
p (3.19)
0 p
Ainsi, la puissance p-ième d'une matrice non diagonalisable devient (dans le cas où cette
matrice est d'ordre 2)
p p p-1
A =Q
p
Q–1
0
p
avec Q = matrice de passage formée avec le vecteur propre et le vecteur de Jordan associés à la
valeur propre de la matrice A.
ip C 1p ip -1 C 2p ip - 2
p
Pour n = 3 par exemple, J i = 0 i C p i
p 1 p - 1
(3.20)
0 p
0 i
0 0 p 0 0
En particulier, si J = 0 1 , Jp = 0 p p p −1 .
0 0 0 0 p
1 0 p p p −1 p( p − 1) p −2
Et si J = 0 1 , Jp = 0 p p p −1
0 0 0 0 p
Dans le cas général où la matrice A est d'ordre n, Jip = (i.I + E)p se réduira à :
Jip = (i.I + E)p = ip.I + Cp1 ip–1E + ... + Cpi–1 ip-r+1Er–1 (3.21)
15
On est tenté d'appliquer la formule du binôme de Newton valable pour les nombres; cela n'est pas possible car D̂ E
E D̂ . Mais E a une propriété intéressante: Er = 0 pour r égal au plus grand des ordres de multiplicité des valeurs
propres. En effet, chaque fois que l’on multiplie par E, on décale vers le haut la diagonale des 1, qui perd chaque
fois un élément. Comme le format de E est p x p, nous aurons bien Ep = 0. Ainsi, pour p ³ r-1, on a :
soit :
p C1p p-1 C2p p-2 ... Cn-1
p
p-n-1
0 p C1p p-1 ... Cn-2
p
p-n-2
J
p
= (3.22)
0 0 p
... ...
p
0 0 0 ...
1 1
Exemple 3.27 : Calculer Ap si A = .
−1 3
Solution :
On peut vérifier que PA() = (– 2)² = 0. D’où une seule valeur propre 2, mais double. Le
sous-espace propre associé étant de dimension 1, A n’est pas diagonalisable. Dans ce cas,
1 0 2 p p.2 p −1 1 0 2 p − p 2 p −1 p.2 p −1
Ap = . . = .
1 1 0 2 p −1 1 − p.2 p −1 p.2 p −1 + 2 p
2 1 0
Exemple 3.28 : Calculer la puissance p-ième de la matrice B = 0 1 −1 .
0 2 4
Solution :
2 1 0
Nous savons déjà qu’elle n’est pas diagonalisable et que J = 0 2 0 .
0 0 3
1 0 1 2 p 2 p −1 0 1 1 1
p
0 2 1
On a donc : Ap = Q Jp Q–1 = 0 1 1 0 2p 0
0 −1 2 0 0 3p 0 −1 −1
2p 2 p + 2 p 2 p −1 − 3 p 2 p + p 2 p −1 − 3 p
=0 2. 2 p − 3 p 2 p − 3p .
0 − 2. 2 p + 2. 3 p − 2 + 2. 3
p p
Soit A une matrice carrée diagonalisable d’ordre n. Nous savons que D̂ = P–1 A P et Ap = P D̂ pP–1.
En posant p = –1, on en déduit
2 1
Exemple 3.29 : Calculer A–1 si A = .
1 2
Solution :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 101
1 0 1 1 –1 1 1 −1
On a vu (voir exemple 3.27) que D̂ = , .P = −1 1 et P =
2 1 1
.
0 3
On obtient donc :
1 1 1 2 1
1 1 1 0 1 1 −1 1 − −
3 2
. 0 1 . 2 1 1 =
A–1 = P D̂ –1P–1.= 2 = 3 3 .
1 1 1 1 2
−
3
1 1 − 1 −
3 2 2 3 3
3.6.3 Calcul des racines p-ièmes des matrices.
Enfin, terminons ce chapitre en soulignant que nous pouvons aussi utiliser la relation (3.16) ou (3.24)
pour calculer la racine p-ième des matrices. Par exemple, la racine cubique de A, notée A1/3, peut être
obtenue par l’expression :
1
1
A 3 = P Dˆ 3 P −1 (3.23)
− 1 3
Exemple 3.29 : Calculer 3
A avec A = .
2 0
Solution :
PA() = 2 + – 6 = ( + 3) ( – 2) = 0, on a 1 = –3 et 2 = 2. La matrice A est donc
3 1 1 1 − 1
diagonalisable avec P = et P-1 = .
− 2 1 5 2 3
3 1 − 31 / 3 0 1 1 − 1
1
1
Ainsi A 3 = P Dˆ 3
P −1 = .
− 2 1 0 21 / 3 5 2 3
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 102
Chapitre Quatrième
LES FORMES QUADRATIQUES
On appelle forme quadratique définie sur n toute fonction à n variables réelles pouvant
s’écrire sous la forme :
n n
q(x) = a x x
i =1 j =1
ij i j , aij, xi . (4.1)
Donc on peut associer plusieurs matrices à une même forme quadratique. En particulier, on peut
prendre
bij = bji = (aij + aji)/2 i j
et
bii = bjj i = j
de façon que la matrice B associée à A soit une matrice symétrique.
Ainsi, toute forme quadratique peut s’écrire sous une forme équivalente X’BX où B est une
matrice symétrique.
3 3
Exemple 4.1 : Considérons la F.Q définie par la matrice A = . La forme quadratique associée
5 2
est : qA(X) = 3x1² + 3xix2 + 5x2x1 +2x2²
Pour symétriser cette forme quadratique, introduisons la matrice B telle qu’elle est définie ci-dessus.
3 4
Il vient : B = . Il en résulte la forme quadratique ci-après :
4 2
qB(X) = 3x1² + 4xix2 + 4x2x1 +2x2²
= 3x1² + 8 xix2 + 2x2²
B étant symétrique, les termes rectangles symétriques par rapport à la diagonale principale peuvent
être regroupés car xixj = xjxi.
Puisqu’une forme quadratique peut toujours être symétrisée, nous ne considérerons dans la suite de ce
chapitre que des formes quadratiques symétriques.
4.3 Nature ou signe et signature des formes quadratiques
Une forme quadratique qA(x) = X'AX peut être, soit définie positive (ou négative), soit semi-
définie positive (ou négative), soit indéfinie. Elle est dite :
• définie positive si et seulement si X'AX > 0 x 0. Donc X'AX > 0 x 0 entraîne que toutes
les valeurs propres de A sont strictement positives.
• définie négative si et seulement si X'AX < 0 x 0. Donc X'AX < 0 x 0 entraîne que
toutes les valeurs propres de A sont strictement négatives.
• semi-définie positive ou définie non négative si et seulement si X'AX est positive pour tout X et
si elle s’annule pour au moins un X 0. X'AX semi - définie positive suppose que toutes les
valeurs propres de A sont non négatives, au moins l’une d’entre elles étant nulle.
• semi-définie négative ou définie non positive si et seulement si X'AX est négative pour tout X et
si elle s’annule pour au moins un X 0. X'AX semi - définie négative suppose que toutes les
valeurs propres de A sont non positives, au moins l’une d’entre elles étant nulle.
• indéfinie si et seulement si X'AX est positive pour certains X et négatives pour d’autres. Il y aura
dans ce cas des valeurs propres positives et des valeurs propres négatives.
On appelle signature de la FQ le couple (s, t) où s est le nombre de valeurs propres
strictement positives et t le nombre de valeurs propres strictement négatives.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 104
Exemple 4.3 : Utiliser les déterminants pour déterminer si chacune des formes quadratiques
suivantes est définie positive ou définie négative.
a. q(x) = –3x1² + 4xix2 – 4x2²
b. q(x) = 5x1² – 6x1x2 + 3x2² – 2x2x3 – 3x1x3 + 8x3³
Solution :
−3 2
a. Soit q(x) = –3x1² + 4xix2 – 4x2². La matrice A associée est A = .
2 −4
−3 2
On a : 1 = a11 = –3 < 0 et 2 = = 12 – 4 = 8 > 0. Donc Q(x) est définie négative.
2 −4
b. Soit q(x) = 5x1² – 6x1x2 + 3x2² – 2x2x3 – 3x1x3 + 8x3³. La matrice A associée est :
5 −3 −1,5
5 −3
A = −3 3 −1 . On a : 1 = a11 = 5 > 0, 2 = = 6 > 0 et 2 = A = 27,85 > 0.
−3 3
−1,5 −1 8
Ainsi, la forme quadratique donnée est définie positive.
4.4.2 Conditions nécessaires et suffisantes pour les formes quadratiques semi-définies.
La forme quadratique q(x) = X'AX, où A = (aij) est une matrice symétrique réelle non régulière
d'ordre n, est :
- semi-définie positive si et seulement si chaque mineur principal de A est positif ou nul
Ce critère nécessite le calcul de 2n – 1 déterminants au lieu de n dans le cas défini-positif.
- semi-définie négative si et seulement si chaque mineur principal d’ordre impair est négatif ou nul
et si chaque mineur principal d’ordre pair est positif ou nul.
Nota bene
Si la matrice A associée à une forme quadratique ne vérifie aucun des critères ci-dessus, alors cette
forme est indéfinie.
Exemple 4.4 : Utiliser les déterminants pour déterminer si chacune des formes quadratiques suivantes
est semi - définie positive ou semi - définie négative.
a) q(x) = 4x1² – 4x1x2 + x2² + 3x32
b) q(x) = –x1² + 2xix2 – 5x2² – 2x42 – 4x1x3 – 2 x1x4 + 6x2x4 – 5x3³ – 2x3x4
c) q(x) = x1² + 4xix2 + 4x2² + 4x1x3 + 16x2x3 + 4x3³
Réponse :
a) Soit q(x) = 4x1² – 4x1x2 + x2² + 3x32
4 − 2 0
4 −2
La matrice A associée est : A = − 2 1 0 . 1 = a11 = 4 > 0, 2 = = 0 et
−2 1
0 0 3
4 −2
3 = A = 3 = 0. Cette forme quadratique n’est ni-définie positive, ni définie-
−2 1
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 106
négative. Les trois mineurs principaux d’ordre 1 (4, 1 et 3) sont positifs. Les trois mineurs principaux
4 −2 4 0 4 0
d’ordre 2 ( = 0, = 12 et = 12) sont soit nuls, soit supérieurs à 0. Le mineur
−2 1 0 3 0 3
principal d’ordre 3 est nul. Donc, la F.Q. est semi-définie positive.
b) Soit q(x) = –x1² + 2xix2 – 5x2² – 2x42 – 4x1x3 – 2 x1x4 + 6x2x4 – 5x3³ – 2x3x4
− 1 1 − 2 − 1
1 −5 0 3 −1 1
La matrice associée est A = . 1 = –1 < 0, 2 = = 4 > 0,
− 2 0 − 5 − 1 1 −5
− 1 3 − 1 − 2
−1 1 − 2
3 = 1 − 5 0 = 0 et 3 = A = 0. Les conditions nécessaires pour une forme quadratique
−2 0 −5
définie ne s’appliquent pas. D’autre part, les mineurs principaux d’ordre 1 (–1, –5, –5 et –2) sont tous
négatifs ; ceux d’ordre 2 (qui sont 4, 1, 1, 25, 1, 9) sont tous positifs ; les quatre mineurs principaux
d’ordre 3 sont tous nuls et le mineur principal d’ordre 4 est aussi nul. Etant donné que tous les
mineurs principaux d’ordre pair sont positifs ou nuls tandis que tous les mineurs principaux d’ordre
impair sont négatifs ou nuls, la forme quadratique donnée est semi-définie négative.
c) Soit q(x) = x1² + 4xix2 + 4x2² + 4x1x3 + 16x2x3 + 4x3³. Cette F. Q. est définie par la matrice
1 2 2
A = 2 4 8 . Ici, 1 = 1 > 0, 2 =
1 2
= 0 et 3 = A = –16 < 0. Les conditions nécessaires
2 4
2 8 4
pour une forme quadratique définie ne s’appliquent pas. A = –16 0 : la forme quadratique ne
peut être semi-définie car toutes ses valeurs propres sont différentes de zéro. Par conséquent, elle
est indéfinie de rang maximum.
4.5 Diagonalisation d’une forme quadratique
Considérons une forme quadratique X’AX où A est une matrice carrée symétrique. A possède
alors n valeurs propres réelles et l’on peut toujours construire un ensemble de n vecteurs propres
orthogonaux de longueur unité. Nous avons vu que la matrice U dont les vecteurs colonnes sont les
vecteurs propres normés est une matrice orthogonale qui diagonalise orthogonalement la matrice A
par la relation U’AU = D car U-1 = U’.
Posons X = UY. La forme quadratique X’AX devient alors : X’AX = Y’U’AUY = Y’DY.
Puisque U’AU est une matrice diagonale16 dont les éléments sont les valeurs propres de A, nous
pouvons écrire :
n
Y’DY = 1y²1 + 2y²2 + ... + ny²n = y
i =1
i i
2
Cette dernière expression ne contient plus que des termes carrés dont les coefficients sont les valeurs
16
En fait, A et D sont dites semblables parce que U est non-singulière.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 107
Exemple 4.5 :
a. Déterminer la matrice A associée à la forme quadratique
q(x) = 3x1x2 + x1x3 – x2x1 – 2x2x3 + x3x1 + 4x3x2
b. Etudier le signe de qB(x) où B est la matrice symétrique équivalente à la matrice A.
c. Diagonaliser B orthogonalement (écrire U’BU =D ou mettre B sous la forme B = UDU’).
Solution :
0 3 1
a. Cette forme quadratique est définie par la matrice A = −1 0 −2
1 4 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 108
0 1 1
b. B = 1 0 1 . Calculons les mineurs principaux afin de voir si qB(x) est définie positive ou
1 1 0
définie négative. Or, comme 1 = 0, la méthode des mineurs principaux ne permet pas de trancher.
D’autre part, B= 2. Donc, X’AX est de rang maximum et elle ne peut être qu’indéfinie de rang
maximum car B 0.
Le lecteur peut, en effet, vérifier que PB() = –³ + 3 + 2 = (2 – )(1 + )² = 0 et que les valeurs
propres 1 = 2 et 2 = –1 avec k = 2 sont de signe différent.
1 −1 −1
c. Nous savons déjà (voir chapitre 5) que la matrice de passage P est P = 1 1 0 .
1 0 1
Comme nous cherchons une matrice de passage orthogonale, c’est-à-dire telle que U’U = 1, il nous
faut choisir les vecteurs propres U1, U2 et U3 tels que Ui’Uj = 0 si i j et Ui’Ui = 1 pour tout i. Donc
les U doivent être orthogonaux deux à deux et de longueur unitaire chacun.
En appliquant le procédé d’orthogonalisation de Gram-Schmidt aux vecteurs propres
X1 = [1, 1, 1], X2 = [–1, 1, 0] et X3 = [–1, 0, 1], on a :
X 1
U1 = 1 = [1, 1, 1].
X1 3
X 2 − ( X 2 .U1 )U1
U2 = =
X 2 − ( X 2 .U1 )U1
1 / 3
1 1 1
−1 1 0 − ( −1 1 0) 1 / 3
3
1 /
3
3 3
1
U2 = = [–1, 1, 0].
1 3 2
1 1 1
−1 1 0 − ( −1 1 0) 1 3
3
1
3
3 3
X 3 − ( X 3.U1 )U1 − ( X 3.U 2 )U 2
U3 = =
X 3 − ( X 3.U1 )U1 − ( X 3.U 2 )U 2
1 / 3 − 1 2
− 1
1
− 1 0 1− (− 1 0 1)1/ 3 1 1
−
(− 1 0 1 ) 1 2
1
0
3 3 2
1 / 3 0
3 2
U3=
1 3 − 1 2
− 1
1
− 1 0 1− (− 1 0 1)1 3 1 1
− ( − 1 0 1) 1 2
1
0
3 3 2
0
3 2
1 3
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 109
1 −1 1 −1 1
−1 0 1 − 0 0 0 −
2 2
0 −1 0 1 − 0
=
2 = 2 2
−1 1 −1 1
−1 0 1 − 2 2 0 −1 0 1 − 2 2 0
−1 −1 −1 −1
2 1 2 1
= =
2 2 1
= [–1, 1, 2].
−1 1 1 6
2 − 2 1
6
2
1 −1 −1
3 2 6
1 1 −1
Donc U = .
3 2 6
1 2
0
3 6
Le lecteur peut vérifier que U-1 = U’ (donc U’U = I) et que les vecteurs colonnes de U sont tels que
Ui’Uj = 0 si i j et Ui’Ui = 1 pour tout i. Par conséquent, U diagonalise B orthogonalement, (c’est-à-
dire, U’BU = D ). Il est alors facile d’écrire cette dernière expression comme B = U D U’.
D’où la forme quadratique X’AX = Y’ D Y = 2y²1 – y²2 – y²3.
Il s’agit bien d’une forme quadratique indéfinie de rang maximum.
3 4 x1
Soit X’AX = x1 x2 x = 3x1 + 8x1 x2 + x2
2 2
4 1 2
− 1 − 3 y1
Posons X = RY =
− 3 2 y 2
− 1 − 3
X’ = (RY)’ = Y’ R’ = y1 y2
− 3 2
− 1 − 3 3 4 − 1 − 3 y1
D’où Y’ R’ A R Y = y1 y2 et
− 3 2 4 1 − 3 2 y 2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 110
- 1 - 3 3 4 - 1 - 3 y1
X’ A X = y1 y2 y
- 3 2 4 1 - 3 2 2
B
=YBY
36 31 y1
X’ A X = y1 y2 y
31 −17 2
Nous venons de transformer la forme quadratique X'AX en une autre forme équivalente
Y'BY. Une telle transformation linéaire de X en Y, dite aussi transformation congruente, ne
modifie ni le rang, ni le signe de la forme quadratique car les matrices A et B sont de même rang en
vertu du théorème de Sylvester vu plus haut. On dit alors que les deux formes quadratiques X'AX et
Y'BY sont congruentes. D'où la définition suivante :
Une matrice B est dite congruente à la matrice A s'il existe une matrice non singulière R telle
que B = R'AR.
4.8 Dérivation d'une forme quadratique X'A X
Nous avons vu qu’une forme quadratique pouvait s’écrire comme
a11 a12 a1n x1
n n a a22 a2 n x2
X’AX = aij xi x j = x1 x2 xn .
21
i =1 j =1
an1 an 2 ann xn
= a11x21 + 2a12x1x2 + 2a13x1x3 + ... + 2a1nx1xn + a22x22 + 2a23x2x3 + ... + 2a2nx2xn
+ a33x23 + ... + 2a3nx3xn .......................... + annx2n
(X AX)
Ainsi, = 2AX = 2X A .
X
Le choix entre les deux formules dépend du contexte dans lequel s'effectue la dérivation.
x1 3 1 −2
Exemple 4.7 : Soit X = x2 et A = 1 0 3 .
x3 −2 3 2
Alors X’AX = 3x1² + 2xix2 + 6x2x3 − 4xix3 + 2x3³
On a :
(X AX)
= 6x1 + 2x2 − 4x3,
x1
(X AX)
= 2x1 + 6x3,
x 2
(X AX)
= 4x3 − 4x1 + 6x2
x3
3x1 + x2 − 2 x3 3 1 −2 x1
Donc, X’AX = 2 x1 + 3x3 = 2 1 0 3 x2 = 2AX.
2 x1 + 3x2 + 2 x3 −2 3 2 x3
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 111
Alternativement, on a :
(X AX) (X AX) (X AX)
= 6x1 + 2x2 − 4x3, = 2x1 + 6x3, = 4x3 − 4x1 + 6x2
x1 x 2 x3
(X AX) X ' AX X ' AX X ' AX
=
X x1 x2 x3
= [6x1 + 2x2 − 4x3, 2x1 + 6x3, 4x3 − 4x1 + 6x2]
= 2[3x1 + x2 − 2x3, x1 + 3x3, 2x3 − 2x1 + 2x2]
3 1 −2
= 2 x1 x2 x3 1 0 3 = 2X’A
−2 3 2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 112
Chapitre Cinquième
MATRICES CARRÉES NON-NÉGATIVES
Dans ce chapitre, nous allons étudier des matrices dont les éléments sont tous non négatifs (un cas
précis est la matrice des coefficients techniques A ou [I − A]-1).
Une matrice carrée non - négative est celle dont chaque élément est supérieur ou égal à zéro. C'est donc une
matrice telle que aij 0. Si aij > 0, la matrice A est dite positive et l’on écrit A > 0.
0 0 10
1 0 00
La matrice P ci-après est une matrice bistochastique. P= .
0 0 01
0 1 00
Cette matrice n’a qu’un coefficient égal à 1 dans chaque ligne et dans chaque colonne. Une telle matrice est
appelée « matrice de permutation » notée .
• Le produit de deux matrices bistochastiques est encore une matrice bistochastique
• Un vecteur ligne Pk d’une matrice bistochastique P a une norme Pk 1 . On a l’égalité si et seulement
si Pk est un vecteur unité k, c’est-à-dire une colonne de la matrice de Kronecker avec ij = 1 si i j et
ij = 0 si i = j.
• Si une matrice bistochastique P admet une matrice inverse P-1 et si P-1 est bistochastique, la matrice P
est une matrice de permutation.
• Le produit de deux matrices de permutation est encore une matrice de permutation. On peut le constater
sur l’exemple suivant.
• Exemple 5.1
0 0 1 0 1 0 0 0 0 1 0 0
1 0 0 0 0 0 0 1 1 0 0 0
. = .
0 0 0 1 0 1 0 0 0 0 1 0
0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
• Une matrice de permutation a un déterminant égal soit à +1, soit à –1. Elle admet pour matrice
inverse sa matrice adjointe ~ . On peut également le vérifier dans l’exemple suivant :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 113
Exemple 5.2
0 0 1 0 0 1 0 0 1 0 0 0
1 0 0 0 0 0 0 1 0 1 0 0
. = .
0 0 0 1 1 0 0 0 0 0 1 0
0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
Exemple 5.3 : Les matrices ci-après sont des matrices de permutation.
0 0 1 0 0 1 0 0 1 0 0 0
1 0 0 0 0 0 0 1 0 1 0 0
. = .
0 0 0 1 1 0 0 0 0 0 1 0
0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
Pour n = 3, il existe 3 ! matrices de permutations, lesquelles s’obtiennent simplement en interchangeant les
lignes et les colonnes de la matrice unité I.
Voyons ce qui arrive lorsque nous multiplions ces matrices par une matrice quelconque A.
1 2 3 0 1 0
Considérons la matrice A = 4 5 6 . Soit = 1 0 0 , une matrice de permutation.
7 8 9 0 0 1
1 2 3 1 2 3
A = 4 5 6 = 7 8 9 . Les lignes 2 et 3 ont été interchangées.
7 8 9 4 5 6
1 2 3 1 3 2
A’ = 7 8 9 = 7 9 8 . Cette opération a permuté les colonnes 2 et 3.
4 5 6 4 6 5
Procéder à une permutation des lignes de la matrice A revient à pré-multiplier la matrice considérée par une
matrice unité dans laquelle on a permuté de la même façon les lignes. De même, procéder à une
permutation des colonnes de A revient à post-multiplier A par la transposée de .
A11 0
S'il existe une matrice de permutation telle que A’ = .
0 A22
alors A sera dite complètement décomposable.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 114
0 2 3
Exemple 5.4 : Soit la matrice A = 0 5 0 .
7 8 9
Utilisons les matrices de permutation de telle sorte que nous puissions en interchangeant les lignes et les
colonnes de A placer tous les zéros dans la case inférieure gauche. Etant donné que la ligne 2 contient deux
zéros, il suffit de permuter cette ligne avec la dernière.
0 2 3 0 2 3
A = 0 5 0 = 7 8 9 .
7 8 9 0 5 0
0 2 3 0 3 2
A11 A12
A’ = 7 8 9 = 7 9 8 .
0 5 0 0 0 5 0 A22
0 4
Augmentons la valeur de a12 par exemple et voyons ce qui arrive à *(A). Soit A2 = .
2 1
Alors PA2() = 2 − − 8 = 0.
1 1
Donc *(A2) = (1 + 33) > *(A1) = (1 + 25)
2 2
3,375 > = 3.
0 0 1
= 0 1 0 .
1 0 0
Calculons les valeurs propres de A. Nous obtenons :PA() = (1 − ) (3 − )(2 − ) = 0.
Donc 1 = 1, 2 = 2 et 3 = 3. La racine de Frobenius est *(A) = 3 = 3.
2 0 0
Augmentons la valeur de l’élément a11, par exemple. A devient : A2 = 1 3 2 et l’équation
1 0 2
caractéristique est PA2() = (2 − ) (3 − ) (2 − ) = 0. Donc 1 = 2, 2 = 2 et 3 = 3. *(A2) = 3.
DEUXIEME PARTIE
ANALYSE DYNAMIQUE
Un trait saillant de l'analyse économique est de dater les variables. C'est ainsi que le temps joue un
rôle important en économie. Le temps peut se dérouler de façon continue; nous parlons, dans ce cas, des
intégrales et des équations différentielles. Mais on peut aussi décomposer le temps en un certain nombre de
périodes. On est alors en présence, d'un point de vue mathématique, d'équations aux différences (ou de
récurrence).
Considérer le temps comme une variable continue ou discrète est un choix qui est dicté par
la nature du problème à traiter. On considère le temps comme une variable discrète lorsque la
durée est importante et variable dans la réalisation des variables. On considère le temps comme
une variable continue lorsque les variables se réalisent ou sont mesurées à la fin d’intervalles de
temps fixés (paiement d’un intérêt, mesure du PIB etc.).
Le chapitre 6 est consacré au calcul intégral et le chapitre 7 aux équations différentielles, tandis
que les équations de récurrence (dites aussi équations aux différences finies) feront l'objet du chapitre 8.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 117
Chapitre Sixième
Eléments de Calcul intégral
Dans le calcul différentiel, le problème se pose de la manière suivante : étant donné une fonction
F(x), trouver sa dérivée, c’est-à-dire la fonction f(x) = F’(x). Ainsi par exemple, si F(x) = x², sa
différentielle est 2x dx.
Dans ce chapitre, nous effectuons l’opération inverse de la dérivation, c’est-à-dire que , en
partant d’une fonction f(x), nous remontons à une ou plusieurs autres fonctions dont la dérivée par
rapport à x est donnée par f(x). En nous référant à l’exemple plus haut, le problème se pose de la
manière suivante : étant donné f(x) = 2x, trouver F(x) telle que F’(x) = f(x) = 2x. (On verra que F(x)
= x²). On dira que F(x) est une primitive de la fonction f(x) pourvu que F’(x) = f(x).
L’intégration est donc une opération inverse de la dérivation. En sciences économiques,
l’intégration peut être utilisée pour trouver une fonction de coût total (ou de revenu total, de
consommation totale, d’épargne totale) lorsque la fonction de coût marginal (revenu marginal, de
consommation marginale, d’épargne totale) est donnée.
L’intégration peut aussi être définie comme l’opération consistant à trouver la surface sous
une courbe. En sciences économiques, le revenu total peut être évalué en tant qu’une surface sous la
courbe du revenu marginal, tandis que le surplus des producteurs et celui des consommateurs
peuvent être évalués en tant surfaces sous les courbes d’offre et de demande.
6.1 Intégrales indéfinies
6.1.1 Définition des intégrales non définies (indéfinies)
L’opération qui consiste à trouver une fonction F(x) dont on connaît la dérivée f(x) est
appelée intégration et la fonction obtenue F(x) est appelée « primitive » ou antidérivée de la
fonction f(x).
Nous écrivons
f ( x) dx = F(x) + C (6.1)
relation dans laquelle C est une constante arbitraire, à la condition que F'(x) = f(x).
Le membre de gauche, qui est l’ensemble des primitives de f, se lit « l’intégrale non définie de f de
x par rapport à x ». Le symbole ∫ qui a la forme d'un S allongé est le signe d'intégration ou le
signe intégral et se lit « somme de ». » f(x) est la fonction à intégrer appelée aussi
« intégrande17 », et C est la constante d’intégration. La constante arbitraire C est utilisée pour
donner une formule généralisée, la dérivée de C étant nulle ; de ce fait, le résultat d'une dérivation
n'est pas modifié lorsqu'une constante est ajoutée à la fonction F(x).
L’intégrale indéfinie d’une fonction donnée n’est pas unique : par exemple, x², x² + 5,
x² – 4, x² – 11 sont des intégrales indéfinies de f(x) = dx car
d ( x ²) d d d
= ( x ² − 5) = ( x ² − 4) = ( x ² − 11) = 2 x
dx dx dx dx
17
Selon Dowling, E., Mathématiques pour l'Economiste, Cours et problèmes, 2ème édition, Mc
Graw-Hill., Série Schaum, Paris, 1995, p. 357.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 118
Toutes les intégrales indéfinies de f(x) = 2x sont décrites par x² + C où C est une constante arbitraire
dont la valeur peut être spécifiée moyennant une condition initiale (y = y0 quand x = 0) ou une
condition limitative (y = y0 quand x = x0).
Enfin, y = F(x) + C représente une famille de courbes parallèles dans la mesure où la pente de
la tangente à chacune d’elles en x est f(x).
Il découle de ce qui précède que :
1. Si l’on différentie l’intégrale indéfinie par rapport à x, on obtient la fonction à intégrer f(x). Si
F’(x) = f(x), alors
( f ( x) dx ) ' = (F(x) + C)’ =f(x) (6.2)
2. la différentielle d’une intégrale indéfinie est égale à l’expression sous le signe intégral, c’est-à-
dire :
d ( f ( x) dx) = f(x) dx (6.3)
3. L’intégrale indéfinie de la différentielle d’une certaine fonction est égale à la somme de cette
fonction et d’une constante arbitraire
d F (x) = F(x) + C (6.4)
6.1.2 Les règles d’intégration
Les règles d'intégration sont identiques à celles de la dérivation, en particulier,
Règle 1. L’intégrale d’une constante k est
k dx = kx + C
Règle 2. L’intégrale d’une fonction puissance xn, où n –1, est donnée par
xn + 1
x dx = +C, (n –1)
n
n +1
Règle 3. L’intégrale de x–1 (ou 1/x) est
x
−1
dx = ln x + C , pour x > 0
Règle 4. L’intégrale d’une fonction exponentielle est
a kx
a dx = +C
kx
k ln a
Règle 5. L’intégrale d’une fonction exponentielle naturelle est
e kx e kx
e dx = +C= +C
kx
k ln e k
puisque ln e = 1.
Règle 6. L'intégrale du produit d'une fonction par une constante est égale au produit de l'intégrale de
ladite fonction par cette constante.
k f ( x) dx = k f ( x) dx
Règle 7. L'intégrale de la somme algébrique de deux ou plusieurs fonctions est égale à la somme
algébrique de leurs intégrales
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 119
f 1 ( x) + f 2 ( x) dx = f1 ( x) dx + f 2 ( x) dx
Lorsque l’on calcule les intégrales indéfinies, il est parfois utile de se rappeler les règles suivantes. Si
f ( x) dx = F(x) + C, alors :
1
Règle 8. f (ax) dx = a F(ax) + C
Règle 9. f ( x + b) dx = F ( x + b) + C
1
Règle 10. f (ax + b) dx = a F (ax + b) + C
Exemple 6.1 :
1. 5 dx = 5 x + C (Règle 1)
x −2 + 1 1
2. x − 2 dx = +C=− +C (Règle 2)
−2 +1 x
dx
3. = ln x + 8 + C (Règle 3)
x+8
4. e − x dx = = − e − x + C (Règle 5)
1 a 2v
5 a 2x
dx = +C (Règle 4)
2 ln a
x3 + 5 x² − 4
( )
x² dx = x + 5 − 4 x dx = x dx + 5 dx − 4 x dx
*2 −2
x² 4 x −2 + 1
=( ( + C1 ) + (5 x + C2 ) − ( + C3 )
2 −2 +1
= x²/2 + 5x + 4/x + C avec C = C1 + C2 + C3.
(Règles 1, 2, 6 et 7).
6.1.3 Méthodes spéciales d’intégration
Du fait que l’intégration est une opération inverse de la dérivation, on peut directement
intégrer une fonction donnée à partir du calcul différentiel. Cependant pour certaines autres fonctions,
l’intégration n’est pas aisée. Il est existe alors plusieurs méthodes qui nous permettent de nous en
tirer d’affaire.
La première étape dans l’intégration d’une expression donnée consiste tout d’abord à
comparer celle-ci avec les différentes règles d’intégration. Si une expression est identique ou
ressemble à quelque différence près à l'une des formes courantes, l’intégrale s’obtient aisément en
appliquant la règle s’y afférent. Dans le cas contraire, il faudra utiliser une autre méthode. Il existe en
effet plusieurs procédés d’intégration ; tout ne dépend que de la forme et du type de l’intégrale. Et
surtout, il faudra savoir qu’il n’y a pas de méthode générale pour intégrer. Comme l’a souligné
Quinet,18 je cite, « l’intégration est donc une méthode d’essais, d’essais variés, qui demande une part
18
Quinet, J., Cours élémentaire de Mathématiques supérieures, Tome 3, Dunod, Paris, 1964, pp.
7 – 8.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 120
un +1
1. u n du = + C , n -1
n +1
1
2. du = ln u + C
u
3. eu du = eu + C
au
4. a du =
u
+C
ln a
5. sin u du = − cos u + C
6. cos u du = sin u + C
du 1 k +u
7. k ² − u ² = 2k ln
k −u
+C, u² < k²
du 1 u−k
8. = ln +C, u² > k²
u ² − k ² 2k u+k
du
9. = ln u + u ² k ² + C .
u² k ²
10. u ² + k ² du =
u
2
u² + k ² +
k²
2
(
ln u + u ² + k ² + C)
11. u eu du = eu (u − 1) + C
12. ln u du = u ln u − u + C = u (ln u − 1) + C
ln u 1
13. u n ln u du = u n +1 − +C
n + 1 (n + 1)²
du
14. = ln (ln u ) + C
u ln u
du
15. = arc tg u + C
1 + u²
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du 1 u
16. k ² + u ² = k arc tg k + C
du
17. (1 − u ² ) = arc sin u + C
du u
18. k ² − u²
= arc sin + C
k
l'intégrale udv .
Ce procédé s'applique pour intégrer :
a. le produit d'un polynôme en x par une exponentielle;
b. le produit d'un polynôme en x par un sinus ou un cosinus;
c. le produit d'un polynôme en x par un logarithme;
d. le produit d'une exponentielle par un sinus ou un cosinus.
La méthode par parties est dérivée en inversant le processus de différentiation d'un produit.
Soient deux fonctions de x, u(x) et v(x); on peut alors différentier le produit uv par rapport à
x. On aura dans ce cas:
d(uv) dv du
= u + v (6.5)
dx dx dx
Après intégration de deux membres de l'égalité, on obtient:
uv = u dv + v du (6.6)
que l'on peut ramener à
u dv = uv − v du (6.7a)
ou
v du = uv − u dv (6.7b)
C'est l'une de ces expressions que l'on appelle la formule d'intégration par parties.
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L'utilité de cette formule dépend de l'habilité à choisir u et dv telles que vdu et dv puissent être
calculés même si udv ne peut l'être.
Il se peut que vdu soit plus facile à calculer que udv . Si elle est plus difficile, il faut intervertir les
rôles de u et dv (dv devant toujours contenir dx), et recommencer le calcul. Si la nouvelle intégrale
est encore plus difficile, ce procédé ne s'applique alors pas.
1
udv = x (x + 1)4 – 5 ( x + 1) + C .
5
NB. Il peut être nécessaire d’appliquer la formule d’intégration par partie plus d’une fois tel que dans
l’exemple ci-après :
x ²e
−x
Exemple 6.5 : Calculer dx .
Réponse :
Posons u = x² et dv = e-x dv. Dans ce cas, du = 2x dx et v = e − x dx = − e − x . L’expression à intégrer
devient :
x ²e dx = x²(-e-x) – − e − x 2 x dx = − x² e− x + 2 x e− x dx + C.
−x
u
A dv
définie.
6.2.1 Définition
Considérons l'intégrale indéfinie de f(x) qui est continue. Nous avons par la relation (6.1) :
f ( x) dx = F ( x) + C
Si nous choisissons deux valeurs quelconques de x sur l'intervalle [a, b] avec a < b et que
nous les substituons successivement dans le deuxième membre droit de l'équation, nous obtenons,
après avoir effectué la différence,
F(b) + C – [F(a) + C] = F(b) − F(a).
Nous obtenons ainsi une valeur numérique indépendante de la constante arbitraire C.
Cette valeur est appelée intégrale définie de f(x) entre a et b qui s'écrit :
b
a
f ( x) dx = F (b) − F (a) (6.8)
C’est la formule de Newton-Leibniz
Les nombres a et b sont appelés limites ou bornes respectivement inférieure et supérieure
d’intégration. Le segment [a, b] est le domaine ou l’intervalle d'intégration.
En introduisant pour la différence la notation F(b) – F(a) = F ( x)a , on peut mettre la formule (6.8)
b
sous la forme
f ( x) dx = F ( x)a
b
b
(6.9)
a
Par F ( x)a , on entend que l’on doit d’abord calculer l’intégrale indéfinie de y = f(x), c’est-à-
b
Le symbole b
a , ba ou ba indique qu’il faut remplacer x successivement par b et par a.
Exemple 6.6 : Calculer les intégrales définies des fonctions suivantes :
1. a
b
ke x dx = ke x b
a
= k(eb – ea)
1
+ 2 x dx = ln 1 + x + x² 0 =(ln 5 + 16) – (ln 1 + 0) = ln 5 + 16.
4
4
2.
0
1 + x
6.2.2 Propriétés principales des intégrales définies
Ces propriétés que nous divisons en quatre groupes seront établies à partir de la formule de
b
Newton-Leibniz a
f ( x) dx = F (b) − F (a) .
Propriétés générales
1. La valeur de l’intégrale définie ne dépend pas de la désignation de la variable d’intégration, c’est-
à-dire que,
b b
a
f ( x) dx = f (t ) dt
a
(6.10)
où x, t sont des lettres quelconques.
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2. La valeur de l'intégrale définie ayant ses bornes supérieure et inférieure identiques est nulle.
a
a
f(x) dx = F (a) − F (a) = 0 (6.11)
(2x + 3) dx = ( x² + 3x
5
=0
5
Exemple 6.8 : 5
5
3. Si l’on intervertit les deux bornes d’une intégrale définie, elle prend la valeur opposée.
f(x) dx = F (a) − F (b) = − F (b) − F (a) = − f(x) dx
b b
a a
(6.12)
3
3 1 81 1
2 x = x 4 = − = 40
3
Exemple 6.10 :
1 2 1 2 2
1
1
1 1 81
Mais 2 x = x 4 = − = −40
3
3 2 3 2 2
4. Etant donné u(x) et v(x),
b b
udv = uv ] a − vdu
b
(6.12)
a a
5. Si x = g(t),
x2 t1
où t0, t1 sont les limites de variation de t telles que g(t0) = x0 et g(t1) = x1, les fonctions g et g' étant
d'habitude supposées continues sur [t0, t1].
Propriétés d’additivité
6. Fractionnement de l'intervalle. Si l’intervalle d’intégration [a, b] est divisé en un nombre fini
d’intervalles partiels, l’intégrale définie prise sur l’intervalle [a, b] est égale à la somme des
intégrales définies prises sur tous les intervalles partiels. Soit par exemple [a, b] = [a, c][c, b] où
a c b. Alors, en posant F’(x) = f(x), on obtient :
b c b
a
f ( x) dx =
a
f ( x) dx + c
f ( x) dx (6.14)
Propriétés de Linéarité :
7. On peut faire sortir un facteur constant du signe de l’intégrale définie
k f ( x) dx = k f ( x) dx = k F ( x)a = kF(b) − kF(a)
b b
b
(6.15)
a a
4
1
x dx = (6) x² = 3x²0 = 48 − 0 = 48.
4 4
6 x dx = 6
4
Exemple 6.12 :
0 0 2 0
8. L’intégrale définie d’une somme algébrique d’un nombre fini des fonctions continues est égale à la
somme algébrique des intégrales définies de ces fonctions.
b b b b
[f(x) +
a
g(x) − h( x) ]dx = a
f ( x) dx + g ( x) dx − h( x) dx
a a
(6.16)
Propriétés de Monotonie
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9. Si la fonction sous le signe d’une intégrale définie est continue et non négative et que la borne
supérieure soit au moins égale à la borne inférieure, cette intégrale définie est, elle aussi, non
négative. En effet, soit f(x) 0 pour a x b, pour b a, on a :
b
a
f ( x) dx = F (b) − F (a) 0 (6.17)
10. Etant donné une inégalité des fonctions continues, on peut l’intégrer membre à membre à
condition que la borne d’intégration supérieure soit plus grande que la borne inférieure.
Soit f(x) g(x) pour a x b où les fonctions f(x) et g(x) sont continues sur le segment [a, b] ;
puisque g(x) – f(x) 0, on a :
b b b
a
[g(x) − f(x)] dx = a
g ( x) dx −
a
f ( x) dx 0 (6.18)
d’où :
b b
a
f ( x) dx g ( x) dx
a
(6.19)
Remarque :
Il est important de souligner que lorsque l’on évalue une intégrale définie par la méthode de
changement de variable, il faudra tenir compte du fait qu’à cause de la substitution, les limites
d’intégration en termes de x peuvent être différentes de celles exprimées en termes de u.
2 3x²
Exemple 6.13 : Soit à évaluer dx .
0 ( x + 1)²
3
Réponse :
Posons u = x3 + 1. Alors du/dx = 3x² et dx = du/3x². Notre intégrale définie devient, en
ignorant les limites d’intégration, :
3x ² 3x ² du du
( x3 + 1)² dx = u ² . 3x² = u ² = u du = − u + C .
−2 −1
une hauteur de f(xi) et une largeur de xi. Les aires de ces rectangles sont respectivement, f(x1)x1,
f(x2)x2,…, f(xi)xi. , …, f(xn)xn.
y f(x)
0 a=x1 x2 x3 x4 x5=b
Commençons par diviser l’intervalle de a à b en n parties. Désignons les points a = x1, x2, …,
xn-1, …, xn = b et posons x2 – x1 = x1, x3 – x2 = x2, et, plus généralement. xi+1 – xi = xi pour i = 1,
2, …, n. Puisque chacun de ces intervalles représente une variation de x, nous pouvons les désigner
par x1, x2, …xn.
Construisons maintenant sur les sous-intervalles trois blocs rectangulaires tels que la hauteur
de chacun de ces blocs soit égale à la valeur de la fonction la plus élevée atteinte dans ce bloc. Pour le
premier rectangle, la hauteur est f(x1), tandis que la largeur est x1. Le ième bloc rectangulaire aura
une hauteur de f(xi) et une largeur de xi. Les aires de ces rectangles sont respectivement, f(x1)x1,
f(x2)x2,…, f(xi)xi. , …, f(xn)xn.
Ainsi, l’aire totale A* de ces rectangles est la somme des f(xi)xi. que nous représentons par
n
A* = S n = f ( xi )xi 19 (6.21)
i =1
Ceci n’est évidemment pas l’aire exacte sous la courbe, mais plutôt son approximation très grossière.
La différence entre A* et la vraie valeur de A est la portion non hachurée des blocs rectangulaires.
Cette approximation est d’autant meilleure que nous aurons des rectangles de plus en plus nombreux
dans l’intervalle [a, b], c’est-à-dire que n tendra vers l’infini. Notons que plus n tend vers l’infini,
plus le maximum de la différence entre deux points adjacents quelconques tend vers zéro.
A la limite, pour n → , nous aurons :
n
A= lim f ( x )x
n ⎯max
⎯⎯ ⎯⎯→ i =1
i i (6.22)
x = 0i
f ( x ) x
b
a
f ( x) dx = Aire A = lim
x → 0 i =1
i i (6.23)
19
Ces sommes Sn sont dites « sommes de Riemann ou de Durboux » selon Archinard et Guerrien (1992),
p.197.
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b−a
x, x = , cette dernière formule appelée aussi formule des rectangles à cause de la forme des
n
blocs rectangulaires obtenus devient :
b−a n
b
a f ( x ) dx
n
y1 + y 2 + ... + y n = x
i =1
yi (6.24)
Pour mieux approcher la valeur de l’intégrale définie, on peut remplacer la courbe y = f(x) non plus
par une courbe en escalier comme le fait la formule des rectangles, mais bien par une ligne brisée
inscrite. On obtient alors une suite des trapèzes dont la surface totale est mesurée par la formule
b−a
1 n −1
1 1 n −1
1
Sn = 2 0 i 2 n
y + y + y = x 2 0 yi + 2 yn
y +
n i =1 i =1
La formule des trapèzes est donc :
b−a 1 n −1
( )
b
a f ( x) dx
n 2
y0 + y n +
i =1
yi
(6.26)
Plus n est grand, plus petits seront les segments partiels x et plus précise sera l’approximation
fournie par cette méthode.
On pourra également approcher la vraie valeur de l’intégrale définie par la méthode de Simpson ci-
après :
x
y0 + 4 y1 + 2 y2 + ... + 2 yn − 2 + 4 yn −1 + yn
b
a
f ( x) dx
3
(6.27)
La formule des rectangles, la méthode des trapèzes, la formule de Simpson, sont considérées
comme des méthodes numériques de calcul des intégrales, méthodes qui seront approfondies
lors des travaux pratiques.
=
0,5
6,93 + 58,76 + 15,88 = 0,5 (81,57 ) = 13,60
3 3
Il est utile de noter que la mesure de la surface limitée par les courbes d’équation y = f(x) et y = g(x)
et par les droites d’équations x= a et x = b est donnée par :
b
a
[ g(x) − f(x)] dx
f(x)dx,
- a
f(x)dx ou
f(x)dx (6.29)
c’est-à-dire dont la borne supérieure et/ou inférieure d’intégration est égale à l’infini, sont des
intégrales impropres car n'est pas un nombre et ne peut donc être substitué pour x dans la fonction
F(x). Toutefois, elles peuvent être définies comme des limites d’autres intégrales.
Ainsi :
a. Si f(x) est une fonction continue sur l'intervalle a x u, on définit
20
Archinard et Guerrien, [Link]., p.
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+ u
lim
u
a
f ( x dx =
u →
a
f ( x) dx = lim F(x) ]
u →
a (6.30)
1
L’intégrale impropre converge et a la valeur de .
2
6.3.2 Cas où f(x) est discontinue sur l'intervalle a x b
Une intégrale définie dont les bornes d’intégration sont finies peut aussi être impropre si la
fonction à intégrer devient infinie à l’intérieur de l’intervalle d’intégration. Pour évaluer cette
intégrale, on recourt également aux limites comme dans le paragraphe précédent.
27 −2
Exemple 6.16 : L’intégrale
0
x 3
dx est impropre.
En effet, lorsque x approche de zéro par la droite (on écrit x→ 0+), x –2/3→ . On calcule :
27
3x 3 = 3 3 27 − 3 3 u' .
27 −2 27 1
0
x 3
dx = lim u '
u '→0+
x −2 / 3 dx = lim
0+
u '→
u '
Quand u’ tend vers l’infini, l’intégrale converge vers 9.
Exemple 6.17 :
0 5 5
L’intégrale dx est impropre car tend vers l’infini lorsque x approche de zéro vers la gauche
−1 x x
(on écrit x → 0-).
dx = lim 5 ln x−1 = 5 ln 0 − ln 1 = −
0 5 u 5
On calcule : dx = lim
u
−1 x −1 x
u →0− u →0−
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Il peut arriver que l’intégrande soit infinie non plus au point x = a ou x = b de l’intervalle,
mais dans l’intervalle même. Dans ce cas, on utilise la propriété de l’additivité des intégrales définies
et l’on décompose l’intégrale donnée en sous intégrales.
Supposons que f(x) tende vers l’infini au point x = p, avec p se situant sur l’intervalle [a, b] :
alors , en vertu de la propriété de l’additivité des intégrales définies, nous pouvons écrire :
b p b
a
f ( x) dx = a
f ( x) dx + f ( x) dx
p
(6.33)
b
L’intégrale a
f ( x)dx converge si et seulement si chacune des sous intégrales qui la composent
possède une limite.
Exemple 6.18 :
1
L’intégrale
−1
x −3 dx est impropre parce que, lorsque x approche de zéro, lequel point se situe sur
l’intervalle d’intégration, x-3 → . Dans ce cas, se basant sur la propriété de l’additivité des
intégrales définies, on évalue l’intégrale de la manière ci-après :
1 0 1
−1
x −3 dx = −1
x −3 dx + x −3 dx
0
a f ( x)
nous appelons « intégrale double » de la fonction f(x, y) sur A.
Pour calculer cette intégrale, on calcule d’abord l’intégrale entre parenthèses, l’intégration
étant faite par rapport à y et la variable x étant considéré comme constant. On trouve après
intégration une fonction continue de x :
g ( x)
( x) = f ( x)
f ( x, y )dy (6.40)
f ( x, y ) dy dx b f ( x, y ) dx dy .
b g ( x) g ( x)
a f ( x) f ( x ) a
6.4. Intégration des fonctions vectorielles et matricielles
et
a a
b
ij a
( x) dx = aij ( x) dx .
b
Propriétés :
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x x x
a. A(u)du = A(u)du + A(u)du , et [a, b]
x x x
b. A(u) + B(u)du = A(u) du + µ B(u) du et µ
cela suppose que le produit AB existe et que A’(x) et B’(x) sont définies
Tandis que l’intégrale de 0 à 1 est une fonction vectorielle définie pour tout x par
1
0
4 x ³ dx
1
( 2 x ² + 3 x ) dx = 2 + 3
1
0
1
0 f ( x ) dx =
3 2
1
2e dx 2 (e 3 − 1)
0
3x
3
Exemple 6.2 :
3x ² e4 x
Soit la fonction matricielle A définie pour tout x par A(x) = 2x
, trouver alors
5x ³ 3e
a
b
ij ( x) dx .
a
Réponse :
1 4
3 4 (e − 1)
1
0 aij ( x) dx = 3 2
5 (e − 1)
2
6.5. Application économiques des intégrales
6.5.1 Applications économiques des intégrales indéfinies
En Sciences Economiques, la variation d'une quantité y par rapport à une autre quantité x est
souvent présentée en termes de deux concepts : variation moyenne et variation marginale. Si la
variation marginale peut être obtenue en dérivant une fonction, la fonction totale elle-même est
obtenue en intégrant sa variation marginale. Cette application économique de l'intégrale indéfinie
sera illustrée pour les fonctions de coût, revenu et consommation.
Coût marginal, coût total, coût moyen
Du fait que le coût marginal est obtenu en dérivant le coût total par rapport à la quantité
dC
produite, c’est-à-dire Cm' = , nous avons : CT = Cm dQ .
dQ
Ainsi, le coût total (CT) n’est rien d’autre que l’intégrale du coût marginal par rapport à la quantité
produite Q.
C
On obtiendra la coût moyen en rapportant le coût total à la quantité (CM = ).
Q
Exemple 6.23 :
Si pour un certain bien, la fonction de coût marginal est C' = 1 + 2Q + 6Q², la fonction de
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coût total sachant que C(0) = 100 est obtenue en intégrant C'. On obtient dans ce cas :
CT = (1 + 2Q + 6Q ²) dQ = Q + Q² + 2Q3 + C.
C est une constante arbitraire à définir moyennant une condition initiale, laquelle est souvent
spécifiée en termes de coût fixe.
Substituant q par 0, on obtient C(0) = C = 100. D’où l’on tire C = 100.
La fonction de coût total est donc : CT = Q + Q² + 2Q3 + 100.
La fonction de coût moyen est : CM = C/Q = = 1 + Q + 2Q² + 100/Q.
Revenu marginal, Revenu total, Revenu moyen
De même, on peut calculer par une intégrale le revenu total, la consommation totale ou
l'épargne totale en intégrant respectivement le revenu marginal, la consommation marginale (la
propension marginale à consommer, PmC) ou l'épargne marginale (la propension marginale à
épargner, PmS).
Investissement net.
Par définition, l'investissement net I est le taux de variation du stock de capital K au fil du
dK (t )
temps t. Si le processus de formation de capital est continu, I(t) = = K ' (t ) . On peut alors
dt
déduire du niveau d'investissement celui du stock de capital. C'est l'intégrale de l'investissement net
par rapport au temps. Nous écrivons :
K = I (t )dt = K (t ) + C = K (t ) + K 0
où C = stock de capital initial K0.
Exemple 6.24 :
Le niveau de l'investissement net est I = 60 t1/3 et le stock de capital en t = 1 est de 85.
Trouver la fonction du capital K.
1 1
Solution : K = 60 t 3 dt = 45 t 3
+C
Si t = 1 et K = 85, on a : 85 = 45(1) + C et C = 40. Donc, K = 45t4/3 + 40.
6.5.2 Applications économiques des intégrales définies
Les applications économiques de l'intégrale définie sont nombreuses notamment dans la
détermination du surplus des consommateurs, du surplus des producteurs, de la valeur actuelle de
flux de liquidité et de l'accumulation du capital au cours d'un intervalle de temps donné.
Surplus des Consommateurs
Une fonction de demande P = f(Q) représente les différents prix que les consommateurs sont
prêts à payer pour différentes quantités d'un bien. Soit P0, ce prix du marché. A ce prix de marché P0,
Q0 unités sont vendues. Dans ces conditions les acheteurs qui auraient accepté de payer plus que P0
obtiennent un avantage, du fait que le prix est limité à P0, par rapport à ce qu'ils auraient payé dans un
marché de parfaite discrimination. L'avantage total des consommateurs est qualifié de surplus des
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 135
(0, m0)
p = f(q) q = g(p)
p0 (q0, p0)
0 q0 q
En prenant la fonction de demande inverse Qd = g(P), le surplus des Consommateurs s'évalue par
m0
SC = g(p)dP (6.43)
P0
Exemple 6.25
Soit la fonction de demande P = 9 − Q . Si la quantité d’équilibre est égale à 5, le surplus des
consommateurs (S.C.) peut être évalué comme suit :
Pour Q0 = 5, on a : P0 = 9 − 5 = [Link] :
(9 − Q ) dQ − (2)(5) = − 3 + 18 − 10 = 3
5 16 8
S.C. = (Première méthode)
0
p = f(q) q = g(p)
p0
(q0, p0)
(0, m0)
0 q0 q
Exemple 6.26 :
Si P = (Q + 2)² et que le prix d'équilibre P0 est 25, le surplus des producteurs s'évalue comme
suit :
Q0 3
3
1
S.P. = Q0 P0 −
0
f(Q)dQ = (3)( 25) − (Q + 2)2 ) dQ = 75 − (Q + 2 )3 = 36
0
3 0
ou
25
12 3
2 P − 2 dP = 2 P 2 − 2 = 108 = 36.
P0 25
S .P = g ( P) dP = 4 3
m0 4
Chapitre Septième
LES EQUATIONS DIFFERENTIELLES
Les fonctions a0(x), a1(x), ... , an(x) généralement définies et continues sur un certain intervalle
commun sont appelées coefficients de l'équation linéaire, alors que la fonction f(x) porte le nom de second
membre de cette équation. Si le second membre f(x) d'une équation linéaire est identiquement égal à zéro, on
dit que cette équation est homogène ou sans second membre; dans le cas contraire, elle est dite non
homogène ou avec second membre.
Une équation différentielle ordinaire non linéaire est une équation différentielle ordinaire qui n'est
pas linéaire.
Exemple 7.1 : Déterminer l'ordre et le degré des équations différentielles suivantes. Dire si elles sont
ordinaires, partielles, linéaires ou non linéaires.
dy
1) = 2x
dx
2) x dy – y dx = 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 138
2
2
d y dy
3) + + y=0
dx
2 dx
2
3 u u
3
4) 3 + u 2 − x 2 u − 15 = 0
x x
2
3
d z d2 z dz
5) + x 2 − xz + 10 = 0
dx
3
dx dx
y
3
y
6) + xy − 3 u 4 = 0
x 3
u
2
d y dy
7) 2
+ 5 + 6y = 0
dx dx
4 3
d y 2 d y dy
8) 4
+ x 3
− x3 = xex
dx dx dx
2
d y dy
9) 2
+ 5 + 6y 2 = 0
dx dx
3
2
d y dy
10) + 5 + 6y = 0
dx
2 dx
2
d y dy
11) 2
+ 5y + 6y = 0
dx dx
Réponse :
Equations Ordinaire (O) ou Partielle (P) Ordre Degré Linéaire (L) ou Non linéaire (NL)
1 O 1 1 L
2 O 1 1 L
3 O 2 1 NL
4 P 3 2 NL
5 O 3 1 NL
6 P 3 1 NL
7 O 2 1 L
8 O 4 1 L
9 O 2 1 NL
10 O 2 1 NL
11 O 2 1 NL
f1(x) = 25 − x 2
fé(x) = – 25 − x 2
respectivement pour tout x réel appartenant à I et ces deux équations sont des solutions explicites de
l’équation différentielle donnée.
Si une équation différentielle peut s'écrire sous la forme
n
d y
n
= f(x) (7.3)
dx
sa solution générale est obtenue par intégrations successives n fois.
Exemple 7.2a : Trouvez la solution générale des équations différentielles
2
dy d y 1
a) = cos x + 2x b) 2
= 20x 3 − 2
dx dx x
Solution :
x2
a) y = (cos x + 2 x ) dx = cos xdx + 2 x dx = sin x + C1 + 2
2
+ C2
= sin x + x2 + C où C = C1 + C2.
dy 1 1
b) = 20 x 3 − 2 dx = 5x4 + + C1
dx x x
1
y = 5 x 4 + + C1 dx = x5 + ln x + C1x + C2
x
Notons que la constante arbitraire peut revêtir plusieurs formes notamment C, 2C, C², C , eC, ln C. Aussi
longtemps que la constante arbitraire C n'est pas définie, sa forme n'a aucune signification réelle ; elle peut,
par conséquent, être écrite le plus simplement possible.
2
dy dy
Exemple 7.2b Montrer que y = 2Cx + C est une solution de + 8 x 3
2 2
= 16 x 2 y et trouver
dx dx
une solution particulière qui satisfait la condition y = − 1 quand x = 1.
Solution :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 140
dy
Si y = 2Cx2 + C2, = 4cx . En substituant, on a : 16c 2 x 2 + 8 x 3 (4Cx) = 16c 2 (2cx 2 + C 2 )
dx
2 2
dy 3 dy
16 x y
+ 8x
dx dx
Si x = 1 et y = − 1, on a − 1 = 2C + C2 ou C2 + 2C + 1 = (C +1)2 = 0. Donc C = − 1.
La solution particulière est : y = 1 − 2x2.
d 2 y dy
x -2x
Exemple 7.2c Montrer que y = C1e + C2e est une solution de + − 2 y = 0 et trouver une
dx 2 dx
dy
solution particulière qui satisfait la condition y = = 1 quand x = 0.
dx
Solution :
dy d2y
Si y = C1ex + C2e-2x, = C1e x − 2C 2 e − 2 x et = C1e x + 4C 2 e −2 x En substituant, on a :
dx dx 2
C1e x + 4C 2 e −2 x + C1e x − 2C 2 e −2 x − 2C1e x − 2C 2 e −2 x = 0
C + C2 = 1
Si y = y’ = 1 lorsque x = 0, alors on a : 1 C2 = 0 et C1 = 1.
C1 − 2C 2 = 1
D’où la solution particulière : Y = ex.
qui est de la forme (7.7) peut aussi s'écrire comme (x² + y²) dx + (y – x) dy = 0.
De même l'équation (sin x + y) dx + (x + 3y) dy = 0 lorsqu'elle est résoluble en y' devient
dy sin x + y
= − .
dx x + 3y
Soulignons enfin qu'il n'y a pas de méthode générale pour l'intégration des équations différentielles
du premier ordre. On ne considère généralement que certains types de telles équations et on propose pour
chacun d'eux son propre procédé d'intégration. Les principaux types d'équations différentielles du premier
ordre sont : les équations différentielles à variables séparées et séparables, les équations différentielles
homogènes, les équations différentielles exactes (dites aussi équations aux différentielles totales) et les
équations différentielles linéaires.
Ce qui donne :
M 1 (x) N 2 (y)
dx + dy = 0 (7.12a)
M 2 (x) N 1 (y)
C
y=
x
Nous avons désigné la constante arbitraire par ln C. Ce qui est légitime car ln C, lorsque C 0,
peut prendre n'importe quelle valeur de – à +.
dy
b) L’équation (1 + x²) + xy = 0 peut encore s’écrire comme : (1 + x²) dy + xy dx = 0
dx
Séparons les variables en divisant les deux membres par (1 + x²)y. On obtient alors
x 1
2
dx + dy = 0
1+ x y
Après intégration des deux membres, on a successivement :
x dy
1 + x 2 dx + y = C
1
ln ( 1+ x 2 ) + ln y = C
2
( )
ln y. (1 + x 2 ) = ln C e
ln( y. 1+ x2 )
= e ln C y . 1 + x 2 = C
C
y=
1+ x2
Exemple 7.4 :
La relation entre le profit net (P) et les dépenses publicitaires (X) est telle que le taux
d'accroissement du profit net lorsque les dépenses publicitaires augmentent est proportionnel à une
constante moins le profit net. Trouver la relation entre le profit net et les dépenses publicitaires si P
= P0 quand x = 0.
Solution :
dP
Ce problème peut être formulé comme suit : = k (a − P)
dx
Séparons les variables en divisant les deux membres par (a – P), puis en multipliant le résultat
par dx. Nous on obtenons alors une équation différentielle d’ordre 1 à variables séparées :
dP
= kdx .
a−P
a
Après intégration des deux membres, on a successivement : a
dP
a − P = k dx + C P0
–ln (a – P) = kx + C 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 143
( )
Exemple 7.6 : La fonction F(x, y) = y + x 2 + y 2 − x est homogène de degré 1 car
Exemple 7.8 : l'équation différentielle (x² – 3y²) dx + 2xy dy = 0 est homogène. En effet, lorsqu'elle est
dy 3y 2 − x 2
résoluble par rapport à la dérivée y', elle devient = .
dx 2xy
3y 2 − x 2 3y x 3 y 1 1
Observons que le membre droit peut s'écrire comme = − = −
2xy 2x 2y 2 x 2 y
x
dy 3 y 1 1
Il s’ensuit que = − . On voit bien que le membre droit est une fonction dépendant du
dx 2 x 2 y
x
y
quotient .
x
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 144
dy y + (x 2 + y 2 )
car, lorsque résoluble en y', elle devient = . Le membre droit de cette dernière peut,
dx x
y (x 2 + y 2 ) y y
selon le signe de x, s'écrire comme ou 1 + . C'est donc de la forme
x x 2 x x
dy y
= R
dx x
Supposons maintenant que les fonctions M et N de l'équation différentielle M(x, y) dx + N(x, y) dy = 0
soient toutes les deux homogènes de même degré n. Dans ce cas, puisque M(kx, ky) = knM(x, y), en
n
1 1 1 1
posant k = , nous avons : M . x, . y = M(x, y) .
x x x x
n
y 1
Cette expression peut simplement s'écrire comme suit : M 1, = M(x, y) .
x x
-n
1 y
Il s'ensuit que M(x, y) = M 1, .
x x
-n
1 y
De la même manière, nous obtenons N(x, y) = N 1, .
x x
Si l'équation différentielle (7.8) supposée à présent homogène est mise sous la forme :
dy M(x, y)
=− , (7.14)
dx N(x, y)
nous obtenons :
−n
1 y y
M 1, M 1,
= − n
x
=−
dy x x
(7.15)
dx 1 y y
N 1, N 1,
x x x
y
Il est clair que l'expression dans le membre extrême droit est de la forme R . Nous concluons que si M
x
et N dans (7.8) sont toutes deux des fonctions homogènes de même degré n, alors l'équation (7.8) est une
équation différentielle homogène.
On observera que dans l'expression (7.14), le membre droit est une fonction homogène de degré 0.
Nous montrons dans les lignes qui suivent que chaque équation différentielle homogène peut se
réduire à une équation différentielle séparable en démontrant le théorème ci-après.
Théorème 7.1 : Si M(x, y) dx + N(x, y) dy = 0 est une équation différentielle homogène, alors le
changement des variables y = vx la transforme en une équation différentielle séparable en les variables v et
x.
En effet, puisque M(x, y) dx + N(x, y) dy = 0 est homogène, nous savons qu’elle peut s'écrire sous
dy y
la forme = R .
dx x
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 145
2. M(x, y) dx + N(x, y) dy = 0 ne sera homogène que si M(x, y) et N(x, y) sont des fonctions
homogènes du même degré. Ceci résulte du fait que le rapport de deux fonctions homogènes d'un seul et
même degré est une fonction homogène de degré zéro.
Exemple 7.9 :
La relation entre le revenu (R) et la quantité demandée (q) est telle que le taux d'accroissement du revenu
lorsque la quantité demandée augmente est égal à deux fois le cube du revenu moins le cube de la quantité
demandée, le tout divisé par trois fois le produit de la quantité demandée et du carré du revenu. Trouver la
relation entre le revenu et la quantité demandée si R = 0 lorsque q = 10.
Solution :
Soit l'équation différentielle :
dR 2 R 3 − q 3
= (a)
dq 3qR 2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 146
v+q
dv 2(vq) 3 − q 3 2v 3 q 3 − q 3 q 3 2v 3 − 1
= = =
( ) (c)
dq 3q(vq) 2 3v 2 q 3 q 3 3v 2
La relation (c) peut encore s’écrire comme :
v+q
dv
=
(
2v 3 − 1 ) (d)
dq 3v 2
ou
q
dv
=
(
2v 3 − 1
−
)
v =
2v 3 − 1 − 3v 3 − 1 − v 3 − (v 3 + 1)
= = (e)
dq 3v 2 3v 2 3v 2 3v 2
soit
dv − (v 3 + 1)
q = (f)
dq 3v 2
3v 2
Séparons les variables en divisant par q, puis en multipliant par dq 3 les deux membres de (f).
v +1
Il vient :
3v 2 dq
dv + =0 (g)
v +1
3
q
Et par intégration de deux membres de (g), nous trouvons :
3v 2 dq
v 3 + 1 dv + q = C
ln (v3 + 1) + ln q = C
ln( v3 +1) ln q
e +e = ln C
(v3 + 1) q = C
En substituant v = R/q, on obtient l'intégrale générale de l'équation initiale :
R3
3 + 1 q = C
q
R3 + q3
3
q = C
q
R3 + q3
2
= C
q
(R + q ) = C q2
3 3
R3 = Cq2 – q3
R = 3 Cq 2 − q 3 (Solution générale)
Si q = 10, R = 0. D’où, 0 = 3
q 2 (C − q ) = 3 100 C − 1000) . L’égalité tient Ssi C = 10. Ainsi,
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 147
R = 3 10 q 2 − q 3 (Solution spécifique).
Autre méthode :
La solution précédente peut aussi s’obtenir en écrivant (a) sous la forme :
3qR2 dR + (q3 – 2 R3) dq = 0
En portant R = vq et dR = v d q + q d v dans cette dernière, on obtient :
3 q v2q2 [v dq + q dv] + q3 dq – 2 v3q3 dq = 0
3 v3q3 dq + 3q4 v2 dv + q3 dq – 2 v3q3 dq = 0
v3q3 dq + 3q4 v2 dv + q3 dq = 0
(v3 + 1) q3 dq + 3q4 v2 dv = 0
Cette équation est à variables séparables. Séparons les variables en divisant les deux membres par q4( v3
+ 1). Il vient :
dq 3v 2
+ dv = 0
q v3 + 1
Cette relation est la même que celle obtenue dans (g) ci-haut. Il suffira de poursuivre les opérations suivant
la procédure donnée précédemment.
Exemple 7.12 : Soit F la fonction de deux variables réelles définie par F(x, y) = xy² + 2x³y, pour tout réel
(x, y). Alors
F(x, y) F(x, y)
= y 2 + 6x 2 y et = 2xy + 2x 3
x Y
Tandis que la différentielle totale dF est définie par
dF (x, y) = (y² + 6 x²y) dx + (2xy + 2x³) dy
pour tout réel (x, y).
Si l’équation différentielle partielle est supposée égale à 0, alors l'expression
M(x, y) dx + N(x, y) dy = 0
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 148
est appelée équation différentielle exacte ou équation aux différentielles totales parce que le membre de
gauche est rigoureusement égal à la différentielle de la fonction primitive F(x, y). En d'autres termes,
l'expression (7.8) est une différentielle exacte dans D s'il existe une fonction F telle que
f(x, y) f(x, y)
M(x, y) = et N(x, y) = pour tout (x, y) D.
x y
Exemple 7.13 : L'équation différentielle
y² dx + 2xy dy = 0 (7.22)
est une équation différentielle exacte puisque y² dx + 2xy dy est la différentielle totale de la fonction F
définie pour tout (x, y) par F(x, y) = xy².
En effet, le coefficient de dx est F(x, y)/x = y² tandis que celui de dy est F(x, y)/y = 2xy.
Mais l'équation
y dx + 2x dy = 0 (7.23)
obtenue en divisant tous les termes de (7.22) par y n'est pas exacte.
Il existe un test très simple permettant de déterminer si une équation différentielle donnée est
exacte ou non. Il est donné par le théorème suivant :
F(x, y) F(x, y)
2 2
ou si = (7.24')
xy yx
M(x, y) N(x, y)
2. Inversement, si =
y x
pour tout (x, y) D, alors l'équation différentielle (6.8) est exacte dans D..
F(x, y)
Comme , intégrer partiellement M(x, y) par rapport à x, tout en remplaçant la constante
x
d'intégration par une fonction inconnue Z(y) de y.
F(x, y) = M(x, y) dx + Z(y) (7.25)
En posant M(x, y) dx = G(x, y), la relation (7.25) devient:
F(x, y) = G(x, y) + Z(y) (7.25')
En fait, la nouvelle fonction Z(y) est ajoutée ici pour tous les termes en y supplémentaires qui auraient été
éliminés dans la différentiation initiale par rapport à x.
Deuxième étape :
Dérivons par rapport à y l'expression G(x, y) + Z(y) obtenue dans la première étape et comparons
le résultat avec le N(x, y) = F(x, y)/ y de l'équation différentielle à résoudre.
Troisième étape :
Intégrer Z'(y) par rapport à y afin d'obtenir Z(y).
Z ( y) G
Z ( y) = dy = N ( x, y) − dy (7.27)
y y
(La constante peut être omise puisqu'elle sera introduite dans la dernière étape).
1 M (x, y) N ( x, y)
Règle 1. Si − = f(x) seule, (7.29)
N (x, y) y x
alors le facteur intégrant est obtenu par l'expression e
f ( x) d x
.
1 N (x, y) M ( x, y)
Règle 2. Si − = g(y) seule, (7.30)
M (x, y) x y
alors le facteur intégrant est obtenu par l'expression e
g ( y) d y
.
Une fois rendue exacte, l'équation donnée peut être résolue comme telle. Cependant, pour vérifier le
résultat d’un problème dans lequel un facteur intégrant a été utilisé, il suffit de prendre la différentielle du
résultat et de le diviser par le facteur intégrant.
Exemple 7.15 :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 151
Exemple 7.16 :
Considérons un modèle de détermination du revenu à deux secteurs où le revenu change à un taux
dY (t )
proportionnel à la demande excédentaire (C + I – Y). Soit = a (C + I − Y ) , ce modèle avec C (t) =
dt
g Y (t), I (t) = b Y (t), 0 < a, b, g < 1 et où C , I et Y désignent les écarts de la consommation, de
l’investissement et du revenu par rapport à leurs valeurs d’équilibre Ce, Ie et Ye respectivement (par
exemple, C = C(t) - Ce). Trouver le cheminement du revenu Y(t).
Solution :
En portant les deux dernières équations dans la première, nous obtenons une équation différentielle
dY (t )
linéaire homogène d’ordre 1 de la forme − a ( g + b − 1) Y = 0 .
dt
Donc Y = C ea (g + b – 1) t (solution générale).
Quand t = 0, Y = Y(0) – Ye = C. Après remplacement dans la solution générale, nous avons :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 153
Y = [Y(0) – Ye] ea (g + b – 1) t . Comme Y = Y(t) – Ye, donc Y(t) = Ye + Y . Alors, la solution définie
devient : Y(t) = Ye + [Y(0) – Ye] ea (g + b – 1) t .
[Link].2. Cas où l'équation est non homogène ou avec second membre
Si le terme constant b est différent de zéro, nous retrouvons la relation (7.33). Sa solution générale
sera la somme de la fonction complémentaire (Yc) et de l'intégrale particulière (Yp), c’est-à-dire,
Y(x) = Yc + Yp.
Yc est en fait la solution de l'équation homogène correspondante, c'est-à-dire lorsque b = 0 (relation 7.34).
Cette solution est déjà obtenue dans la relation (7.35).
Pour calculer Yp, on procède de la manière suivante :
Puisque Yp est par définition n'importe quelle solution particulière de l'équation complète, nous
commençons par proposer une solution la plus simple, notamment, y = k (une constante).
dy
Si y est une constante, alors = 0 et (7.33) devient simplement ay = b et y = b/a.
dx
Donc, l'intégrale particulière Yp sera obtenue par la formule
b
Yp = (7.36)
a
pourvu que a soit différent de zéro.
Lorsque a et b sont différents de zéro, la solution générale de (7.33) est donnée par :
b
Y(x) = C e-ax + (7.37)
a
où C est une constante arbitraire qui peut être définie moyennant une condition initiale.
Supposons que Y prenne la valeur de Y(0) lorsque x = 0 ; alors, en posant x = 0 dans (7.37), nous
obtenons :
b b
Y(0) = C + et C = Y(0) –
a a
b b
Y(x) = [Y(0) – ]e-ax + (7.38)
a a
sera la solution particulière de (7.33) si a 0.
Dans le cas où a est égal à zéro, la solution proposée (y = k) ne conviendrait plus car
b dy
Yp = donnera une solution indéfinie. Si a = 0, (7.33) devient = b. Il faut alors essayer une autre
a dx
solution non constante.
Considérons le type le plus simple possible de cette dernière, notamment y = kx. Dans ce cas,
dy dy
= k et l'équation complète = b s'écrira k = b
dx dx
dy
Exemple 7.18 : Résoudre l'équation + xy = 0.
dx
Solution :
v(x) = x et z(x) = 0. En appliquant la relation (7.42), nous obtenons :
y(x) = Ce–v(x) dx = C e–x²/2.
règle 1 (7.29), e
v ( x ) dx
est un facteur intégrant. Multiplions l’équation de départ (7.32) par ce facteur. Cette
dernière devient :
v ( x ) dx dy
e dx + v ( x ) y = Z ( x ) e v ( x ) dx (7.44)
Le membre de gauche de cette dernière équation a maintenant la forme :
d v ( x ) dx
e y (7.45)
dx
tandis que toute l'équation (7.44) peut s'écrire
d v( x)dx
y = Z ( x )e
v( x)dx
e . (7.46)
dx
L'intégration de deux membres par rapport à x donne
e y = Z ( x )e
v( x)dx v( x)dx
dx + C (7.47)
7.3.5 Equations différentielles non linéaires d'ordre 1 pouvant se ramener aux équations linéaires
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 157
Certaines équations différentielles d’ordre 1 ne sont pas linéaires. Cependant, elles peuvent le devenir
moyennant quelques opérations élémentaires. Il s’agit notamment des équations de Bernoulli, des
équations de Riccati21 de la forme :
dy
= A(x)y2 + B(x)y + R(x) (7.49)
dx
ainsi que des équations de Clairaut22 de la forme :
dy dy
y = x + (7.50)
dx dx
Seules les équations de Bernoulli sont présentées dans ce cours.
Considérons une équation différentielle de la forme
dy
+ v(x)y = Z(x) y n (7.51)
dx
où v(x) et z(x) sont des fonctions continues de x (ou des constantes) et n 0, n 1 (sinon on aurait une
équation linéaire).
Cette équation, appelée équation de Bernoulli23, se ramène à une équation linéaire par la
transformation suivante :
= ( 1 − n) y −n
dw dw dy dy
= (7.53)
dx dy dx dx
et (7.52) devient :
1 dw
+ v(x) w = Z(x) . (7.54)
1 − n dx
c. Multiplions tous les termes de (7.74) par (1– n), nous obtenons:
dw
+ ( 1 − n) v(x) w = ( 1 − n) Z(x) (7.55)
dx
Posons v1(x) = (1 – n) v(x) et z1(x) = (1 – n) z(x). Alors (7.55) devient :
dw
+ v1 (x)w = Z 1 (x) (7.56)
dx
C'est une équation différentielle linéaire en la variable w dont la solution est donnée par la formule
ci-après :
− v ( x)dx v ( x)dx
w ( x) = e 1
e
1 z1 ( x) dx + C (7.57)
On obtient la solution générale de l'équation de Bernoulli (7.57) en substituant à w son expression y1-n.
Ainsi, si, par exemple, n = 2, w = y1–2 = y–1. Pour obtenir y(x), on prendra l'inverse de w(x). De même pour
n = 3, w sera égal à y2. On reviendra à la variable y en prenant l’inverse de la racine carrée de w(x). Si n =
1
4, y(x) = , ainsi de suite …
3 w( x )
Exemple 7.20 :
Le centre de contrôle du coût d'une grande entreprise a trouvé, la taille de la compagnie augmentant, que le
coût mensuel moyen, y, de fournitures est relié à l’effectif, x, d'employés (y compris l'unité de direction)
par l'équation
+ 2 y = y2 e − x
dy
dx
Exprimez y en fonction de x sachant que y = 3 lorsque x = 0
Solution :
C'est une équation de Bernoulli avec v(x) = 2, z(x) = e–x et n = 2.
Faisons la substitution w = y1–2 = y–1 = 1/y. L'équation différentielle se transforme alors en
équation linéaire de la forme :
− 2w = − e − x
dw
dx
C'est une équation différentielle linéaire en w avec v1(x) = – 2 et z1(x) = –e-x.
Sa solution générale est donnée par la formule (7.57) :
w(x) = e− −2dx e −2dx ( −e − x ) dx + C
= e 2dx − e−2 dx e − x dx + C = e2 x − e−2x e − x dx + C
1
= e2 x − e−3x dx + C = e2 x e − 3 x + C
3
1
= e − x + Ce 2 x
3
1
Y(x) =
1 −x
e + Ce 2 x
3
dy
Exemple 7.21 : Résoudre l'équation différentielle + y = x y3 .
dx
Solution :
C'est une équation de Bernoulli avec v(x) = 1, z(x) = x et n = 3.
Faisons la substitution w = y1–3 = y–2 = 1/y². L'équation différentielle se transforme alors en
équation linéaire de la forme :
dw
− 2w = − 2 x
dx
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 159
Nous venons de voir dans les pages précédentes comment résoudre une équation différentielle du
premier ordre, une équation dans laquelle il n'existe pas de dérivées (ou différentielles) d'ordre supérieur à
1. Mais il arrive souvent que la spécification d'un modèle économique puisse entraîner l'utilisation des
dérivées d'ordre supérieur ou égal à deux. Nous parlons dans ce cas des équations différentielles linéaires
d'ordre n dont la forme générale est :
n n -1
d y d y dy
a0 (x) n
+ a1 (x) n -1
+ ... + a n-1 (x) + a n (x)y = f(x) (7.58)
dx dx dx
Cette équation est d'ordre n (l’ordre de la dérivée la plus élevée de l'équation). Elle est en plus
linéaire car la variable dépendante y et toutes ses dérivées sont de degré 1 et il n'y a aucun produit de y par
y ni par ses dérivées successives.
y1 y 2 ... yn
y '1 y'2 ... y'n
W( y1 , y2 ,..., yn ) = (7.61)
... ... ... ...
(n-1) (n-1)
y1 y2 ... y(n
n
-1)
24
Le wronskien est dû à Joseph Maria Hoëné Wronski (1776 – 1853) né en Pologne, mais qui a passé la
plus grande partie de sa vie en France.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 161
2
d y dy
2
+ a1 + a 2 y = b (7.66)
dx dx
En utilisant les opérateurs différentiels D, l’équation (7.66) peut aussi s'écrire comme
D²y + a1Dy + a2y = b (7.67)
où
dy d 2 y 2
3
d y
Dy = , 2
= D(Dy) = D y , et 3
= D( D 2 y) = D3 y.
dx dx dx
La solution générale y(x) des équations (7.66) est la somme de la fonction complémentaire yc, c'est-à-
dire, la solution de l'équation homogène associée et d'une solution (ou intégrale) particulière yp.
b
a). Puisque a2 = 0 et a1 = 1 ( 0), y p = x = − 10x (par (7.70).)
a1
b 2 10 2
b). a1 = a2 = 0, par (7.71), Y p = x =− x = − 5x 2 ..
2 2
c). a2 = –2 ( 0) et b = –10, par (7.70), yp = –10/–2 = 5.
[Link] Calcul de Yc
Rappelons que la fonction complémentaire est la solution de l'équation homogène associée, c'est-à-
dire, celle de l'équation sans second membre.
Considérons l'équation différentielle linéaire de la forme :
2
d y dy
2
+ a1 + a 2 y = 0 (7.72)
dx dx
Une solution particulière de cette équation est donnée par
y = Cerx. (7.73)
avec Cer x 0 par hypothèse.
Dérivons l'expression (7.73) par rapport à x. Nous obtenons :
2
dy d y
= rC e rx et 2
= r 2C e rx .
dx dx
Substituons ces deux dérivées dans (7.72). Cette dernière devient :
r 2C erx + a1 rC erx + a 2 Cerx = 0 (7.74)
ou
rx 2
Ce r + a1 r + a2 = 0 (7.75)
Comme C erx est différent de 0, pour que (7.75) s'annule, on doit avoir
r 2
+ a1 r + a 2 = 0 (7.76)
L'équation (7.76) est appelée équation caractéristique de (7.73). Ses racines seront appelées racines
caractéristiques.
L'équation caractéristique est une équation du second degré dont les racines s'obtiennent par la
formule
− a1 a12 − 4 a2
r1 , r2 = (7.77)
2
On peut vérifier que la somme de r1 et r2 est égale à -a1, tandis que leur produit est égal à a2.
Selon que = a12 − 4a 2 est positif, négatif ou nul, trois cas suivants peuvent se présenter :
a. = a12 − 4a 2 > 0 : r1 et r2 sont des nombres réels distincts (r1 r2), cas où a1² > 4a2 ;
b. = a12 − 4a 2 = 0 : r1 et r2 sont des nombres réels égaux (r1 = r2), cas où a1² = 4a2 ;
c. = a12 − 4a 2 < 0 : r1 et r2 sont des nombres complexes (r1 r2), cas où a1² 4a2.
rx
= e(r2 − r1) n’est pas constant.
y2 e 1
Ces solutions sont linéairement indépendantes car leur rapport =
y1 rx
e1
De plus, comme vu précédemment, le wronskien défini par la relation
y1 y2 r1x r x
e 2
(r + r ) x
W( y1 , y2 ) = = y1 y' 2 − y'1 y 2 = e
r1x r x = (r2 − r1 )e 1 2
y '1 y ' 2 r1 e r2 e 2
où C est une constante qui peut dépendre de y1 et de y2, mais non de x. De plus, W(y1, y2) (x) est soit nul,
quel que soit x dans I (si C = 0), soit non nul quel que soit x dans I.
a
b. L'équation caractéristique admet une racine réelle double r = r1 = r2 = − 1
2
r1 x
Si a1² = 4a2, on obtient une solution particulière y1 = e en vertu des raisonnements précédents. Il
faut trouver une solution particulière linéairement indépendante de la première (la fonction y 2 = er2 x est
identiquement égale à y1 = er1 x et ne peut être considérée comme une seconde solution particulière).
En effet, sachant que la solution générale (fonction complémentaire yc) est la somme de y1 et y2,
nous obtenons :
y c = C 1 e rx + C 2 erx
y c = erx ( C 1 + C 2 ) = C erx
Nous prendrons donc pour seconde solution la fonction y 2 = x erx . Cette solution est linéairement
indépendante de la première, étant donné que y2/y1 = x ≠ constante. On prendra donc pour intégrale
générale la fonction
y c = C1 er x + C 2 x er x = er x ( C1 + C 2 x) (7.79)
Si a1² < 4a2, l'expression de la racine carrée dans (7.77) peut s'écrire comme
a1 − 4 a2 = 4a 2 − a1 . − 1 = 4 a2 − a1 .i
2 2 2
a (4 a 2 − a12 )
Posons h = − 1 et v = . Alors les racines de l'équation caractéristique sont des nombres
2 2
complexes conjugués de la forme
r1 = h + vi et r2 = h - vi (7.77")
Ces deux nombres sont dits conjugués parce qu'ils apparaissent toujours ensemble, l'un étant la somme de
h et vi, et l'autre étant leur différence. Si ces deux racines sont exactes, on peut toujours vérifier que r1 + r2
= –a1 et que r1. r2 = a2.
Par conséquent, on peut mettre la solution générale sous la forme
y = C e(h + v i)x + C e(h − v i)x
1 2
y = C ehx evix + C ehx e−vix
1 2
y = ehx C e vix + C e−vix (7.80)
1 2
Cette dernière relation comprend un nombre imaginaire i dans les exposants de deux termes entre
parenthèses. Pour faciliter l'interprétation de ces fonctions exponentielles imaginaires, nous les
transformons en expressions trigonométriques équivalentes.
Ainsi, en vertu des relations d'Euler selon lesquelles
ei = cos + i sin et e-i = cos – i sin ,
nous obtenons respectivement, après avoir posé = vx
evix = cos vx + i sin vx et e-vix = cos vx – i sin vx
Après substitution dans (7.80), cette dernière devient :
Yc = ehx [C1 (cos vx + i sin vx) + C2 (cos vx – i sin vx)]
= ehx [(C1 + C2) cos vx + (C1 – C2) i sin vx)] (7.81)
Posons C3 = (C1 + C2) et C4 = (C1 – C2) i. (7.81) devient :
Yc = ehx [C3 cos vx + C4 sin vx)] (7.82)
Exemples 7.25 :
Soit le modèle du marché avec anticipation des prix défini par les fonctions de demande et d’offre
suivantes : qdt = a – b P + m P’ + n P’’ et qst = – c + d P+ uP’ + w P’’. Si a = c = 4,
b = 0, d = 1, m = w = 2, n = 7 et u = 2, trouver P(t) sachant que P(0) = 10 et P’(0) = 8.
Solution :
Substituons les valeurs des paramètres dans les deux fonctions afin d’obtenir
qdt = 4 – 2 P’+ 7 P’’ et qst = –4 + P + 2 P’ + 2 P’’,
qdt – qst = 4 – 2 P’+ 7 P’’ – (–4 + P + 2 P’ + 2 P’’) = 8 – P – 4 P’ + 5 P’’ = 0
4 1 8
D’où l’équation différentielle P’’ – P’ – P = −
5 5 5
8/5
l’intégrale particulière Pp de la forme Pp = = 8.
1/ 5
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 165
a) Pour obtenir la fonction complémentaire Pc, on trouve les racines de l’équation caractéristique r² –
4 1
r – = 0 qui sont :
5 5
4 16 4
+
r1 5 25 5 = 1
= car = 6/5. Ainsi
r2 2 − 1/ 5
Pc = C1 et + C2 e –t/5.
Exemple 7.26 :
Le modèle ci-après est un modèle de marché avec prévision sur l’évolution des prix.
qdt = 40 – 2 P – 2 P’ – P’’, qst = –5 + 3 P, qdt = qst
où qdt est la fonction de demande à l’instant t, et qst la fonction d’offre à l’instant t.
a) Trouvez le niveau d’équilibre.
b) Donnez le sentier temporel du prix à toutes les périodes sachant que P(0) = 12 et P’(0)
= 1.
Solution :
a) qdt - qst = 40 – 2 P – 2 P’ – P’’– (–5 + 3 P) = 0
= 40 – 2 P – 2P’ – P’’ + 5 – 3 P = 0
= 45 – 5P – 2P’ – P’’ = 0
= P’’ + 2P’+ 5P = 45
45
Le niveau d’équilibre est l’intégrale particulière Pp de la forme Pp = = 9.
5
b) Pour obtenir la fonction complémentaire Pc, on trouve les racines de l’équation caractéristique r² +
2 r + 5 = 0 qui sont :
r1 − 1 + 2i
= h vi = parce que = -16. Ainsi
r2 − 1 − 2i
Pc = e–t [C1 cos 2t + C2 sin 2t].
D’où la solution générale :
P(t) = e–t [C1 cos 2t + C2 sin 2t] + 9
Utilisons les conditions initiales en vue de déterminer les valeurs de C1 et C2.
Pour t = 0, nous avons :
P(0) = 12 = e0 [C1 cos 0 + C2 sin 0] + 9
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 166
= C1 + 9 = 12 C1 = 3
En dérivant P(t) on obtient :
P’(t) = –e–t [C1 cos 2t + C2 sin 2t] + e–t [–2C1 sin 2t + 2C2 cos 2t]
Pour t = 0, cette dérivée devient :
P’(0) = 1 = –e0 [C1 cos 0 + C2 sin 0] + e0 [–2 C1 sin 0 + 2C2 cos 0]
= – C1 + 2C2 = 1 C2 = 2
La solution spécifique ou définie est donc :
P (t) = e–t [3 cos 2t + 2 sin 2t] + 9.
Y c = C i er i = C 1 e 1 + C 2 e 2 + ... + C n e n
x rx r x r x
(7.87)
i=1
n-k
7.5 Equations différentielles linéaires d'ordre n à coefficients constants et à second membre variable
Nous savons déjà que la solution générale d’une équation différentielle linéaire était la somme de
la fonction complémentaire Yc et de l’intégrale ou solution particulière Yp.
7.5.1 Calcul de Yc
Les formules développées plus haut restent d’application. En effet, la fonction complémentaire
étant par définition la solution de l’équation homogène associée, c’est-à-dire l’équation sans second
membre, son calcul n’est donc pas influencé par la présence d’une fonction de x dans le second membre.
7.5.2 Calcul de Yp lorsque le second membre b est une fonction de x
On a indiqué précédemment une méthode générale de recherche de l'intégrale particulière des
équations non homogènes lorsque les coefficients et le second membre sont tous constants. Dans ce
paragraphe, nous verrons comment trouver une intégrale particulière Yp à l’équation non homogène (7.70)
dont les coefficients a1 et a2 sont constants et où le second membre est une fonction de x.
Il existe dans ce cas plusieurs méthodes dont notamment, la méthode des coefficients indéterminés25, la
méthode dite la variation des paramètres ou des constantes 26 et la méthode itérative proposée par
25
Boyce, W. et Diprima R. C., Equations différentielles, Chenelière / Mc Graw-Hill., Montréal, 2001, pp.
174-183 et pp.231 - 233. Voir aussi Ross, S. L., Differential Equations, 3ème Edition, John
Wiley & Sons, New York, 1984, pp. 137 – 154.
26
Boyce, W. et Diprima R. C., Op., cit., pp. 185-191 et pp.235 - 239. Voir aussi Ross, S. L., op. cit. pp.
155 – 164.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 168
Sokolnikoff et Sokolnikoff27.
[Link] Méthode des coefficients indéterminés
Cette méthode requiert qu’on pose a priori une expression explicite pour l’intégrale particulière Yc dont les
coefficients constants devront être précisés. On substitue ensuite cette expression dans l’équation (7.70) et
on tente de déterminer les coefficients de sorte que l’équation soit satisfaite. Si cette démarche n’aboutit
pas, c’est qu’il n’existe aucune solution de la forme supposée initialement. Il faudra alors modifier
l’expression supposée au départ pour la solution et reprendre le processus.
En particulier, si b = f(x) est simple et est :
un polynôme de la forme b = k0 + k1x + k2x2 + ... + knxn ;
une exponentielle de la forme b = kerx ;
une fonction sinus de la forme A1 cos x + A2 sin x ; ou
la somme ou le produit de telles fonctions,
on propose une solution particulière ayant la même forme que b selon le tableau 7.1 donné ci-après :
Il faudra ensuite déterminer les coefficients Di de la solution candidate appropriée proposée dans le tableau
7.1 ci-dessus en dérivant l’équation différentielle à résoudre n fois, puis, après substitution, en réorganisant
les termes dans l’équation résultante.
Il faut cependant noter que si un terme de l’intégrale particulière candidate pour l’équation non
homogène est égal à un terme de la solution générale de l’équation homogène, on dit que l’équation est en
résonance. Dans ce cas, afin d’éliminer la duplication, on multiplie, en général, ce candidat naturel pour yp
par un facteur x, ou (au besoin) par x² ou x3 pour trouver un candidat adéquat comme intégrale particulière
de l’équation non homogène.
En résumé, les étapes permettant de trouver la solution particulière Yp à une équation différentielle non
homogène à coefficients constants et dont le second membre b = f(x) sont les suivantes :
c) Trouver la fonction complémentaire Yc (la solution générale à l’équation homogène associée ;
d) S’assurer que la fonction f(x) dans (7.70) soit du type de celles considérées dans le tableau 7.1 ci-
dessus. Dans tous les autres cas, utiliser la méthode de variation des paramètres que nous
présentons dans le paragraphe suivant ;
27
Sokolnikoff et Sokolnikoff, Cité par Taro Yamane, Mathematics for Economists, An Elementary
Survey, Englewood Cliffs, Prentice-Hall, Inc., 1968.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 169
e) Proposer une solution particulière Yp qui soit de la même forme que la fonction f(x) tout en évitant
la duplication ou la résonance tel que suggéré plus haut.
Premier cas : f(x) est un polynôme de degré n
Soit par exemple n = 2. Nous avons dans ce cas, f(x) = k0 + k1x + k2x2, avec k2 0.
Cherchons une solution particulière yp de cette équation aussi sous la forme d'un polynôme du second
degré yp = D0 + D1x + D2x2 où les Di sont des coefficients indéterminés.
Dérivons yp. On a : yp' = D1 + 2D2x et y"p = 2D2 et Introduisons les expressions de yp, y'p et y"p dans
l'équation (7.71), il vient :
2D2 + a1(D1 + 2D2x) + a2(D0 + D1x + D2x2) k0 + k1x + k2x2
ou, après avoir égalé les coefficients des mêmes puissances de x,
(2D2 + a1D1 + a2D0) + (2a1D2 + a2D1)x + a2D2x2 k0 + k1x + k2x2
Puisque deux polynômes sont identiquement égaux si et seulement si les coefficients des mêmes
puissances de la variable x sont égaux, on en déduit le système :
a2D0 + a1D1 + 2D2 = k0
a2D1 + 2a1D2 = k1
a2D2 = k2
Si a2 0, ce système permet de déterminer les coefficients D2, D1 et D0.
Si a2 = 0, le système dérivé est incompatible. Auquel cas, en supposant que a1 0, il convient de chercher
une solution particulière yp sous la forme yp = x(D0 + D1x + D2x2).
2
d y dy
Exemple 7.29 : Trouver la solution générale de l’équation 2
− 2 − 3y = 2x .
dx dx
L'équation auxiliaire associée est r² – 2r –3 = 0. Comme a1 = –2 et a2 = –3,
a1² = 4 > 4a2 = –12. Par conséquent yc = C1e3x + C2e-x.
Nous cherchons ensuite une solution particulière sous la forme D0 + D1x.
Substituons cette expression dans l'équation proposée. On a 2D1 – 3(D0 + D1x) = 2x
On déduit, en égalant les coefficients des mêmes puissances de x de part et d'autre du signe d'égalité :
– 3D1 = 2 D1 = –2/3
– 3D0 – 2D1 = 0 D0 = 4/9
4 2 4 2
Par conséquent, y p = − x et la solution générale est y(x) = C1e3x + C2e–x + − x .
9 3 9 3
rx
Deuxième cas : f(x) est une exponentielle de la forme ke .
Il faut chercher la solution sous la forme Derx. Substituant dans l'équation (7.71'), on obtient :
r²Derx + a1 r Derx + a2Derx = kerx
Simplifiant par erx et égalant les coefficients de mêmes puissances de x, on obtient :
D(r² + a1r + a2) = k.
k
La solution particulière est donc D = 2
. (7.91)
r + a1 r + a 2
Notons que cette solution ne tient que lorsqu’il n’y a pas duplication ou résonance, c’est-à-dire
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 170
lorsque le coefficient du terme exponentiel n'est pas l'une des racines de l'équation caractéristique associée
à l'équation différentielle à résoudre ou lorsqu'un terme de la solution proposée de Yp se retrouve
exactement ou au signe près dans la fonction complémentaire Yc. Auquel cas, il faudra multiplier la
solution proposée par x afin d'assurer une indépendance linéaire parfaite entre les termes de Yc et ceux de
Yp.
2
d y dy
Exemple 7.30 : Trouver la solution générale à l'équation 2 − 5 + 6 y = e2 x .
dx dx
Calcul de la fonction complémentaire :
L'équation auxiliaire associée est r² – 5r + 6 = (r – 2)( r – 3) = 0.
Comme a1 = –5 et a2 = 6, a1² = 25 > 4a2 = 24, yc = C1e2x + C2e3x.
Calcul de l'intégrale particulière :
Nous cherchons une solution particulière sous la forme De2x. Mais 2 de l'exposant est une racine
simple de l'équation caractéristique. Nous chercherons donc une solution particulière sous la forme yp =
Dxerx. Substituons cette dernière expression dans l'équation proposée. On a :
4De2x + 4Dxe2x – 5De2x – 10Dxe2x + 6Dxe2x = e2x
– De2x = e2x
On en déduit D = –1. Par conséquent, yp = – xe2x et la solution générale est : y(x) = C1e2x + C2e3x – xe2x.
2
d y dy
Exemple 7.31 : Trouver la solution générale à l'équation 2
− 4 + 4 y = 4 e2 x .
dx dx
Réponse :
L'équation auxiliaire associée est r² – 4r + 4 = (r – 2)( r – 2) = 0. a1 = –4, a2 = 4 et a1² = 4a2 = 16, Par
conséquent, yc = C1e2x + C2xe2x.
Nous cherchons une solution particulière sous la forme De2x. Mais le coefficient 2 de l'exposant est une
racine double de l'équation caractéristique. Nous chercherons donc une solution particulière sous la forme
yp = Dxerx. Mais cette dernière est aussi un des termes de la fonction complémentaire. Finalement, nous
proposons : yp = Dx²erx qu'il suffira de substituer dans l'équation donnée afin de déterminer D.
Le lecteur est invité à trouver cette intégrale particulière.
Troisième cas : f(x) est une fonction trigonométrique de la forme A1 cos vx + A2 sin vx
On propose une solution sous la forme D1 cos v x + D2 sin v x tout en évitant la double résonance.
On substituera ensuite cette expression dans l'équation donnée et on égalera les coefficients de cos x et de
sin x de part et d'autre du signe d'égalité afin de déterminer les constantes arbitraires D1 et D2.
2
d y dy
Exemple 7.32 : Trouver la solution générale de l'équation 2
− 2 − 3 y = 2 cos 2 x .
dx dx
Solution :
Nous savons déjà (voir exemple 6.26) que yc = C1e–3x + C2ex.
Nous cherchons une solution particulière de la forme D1 cos 2x + D2 sin 2x.
Substituons cette expression dans l'équation proposée. On a :
y’ = – 2D1sin 2x + 2D2 cos 2x et y’’ = – 4D1cos 2x – 4D2 sin 2x. L’équation à résoudre devient :
– 4D1cos 2x – 4D2 sin 2x –2(–2D1 sin 2x + 2D2 cos 2x) –3(D1 cos 2x + D2 sin 2x) = 2 cos 2x.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 171
Yp = e 2 x e (3− 2 ) x e −3 x e 2 x (dx) 2
= e 2 x e x e −3 x e 2 x dx dx
= e 2 x e x e − x dx dx = e 2 x e x (− e − x ) dx = – e 2 x dx = – e2x x.
Donc
yp = – xe2x.
7.6 Systèmes d'équations différentielles linéaires d'ordre 1
Soit donné le système d'équations différentielles :
28
Sokolnikoff et Sokolnikoff, cit. op. p. 296.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 172
dy1
= a11 y1 + a12 y2 + + a1n yn
dx
dy2
= a21 y1 + a22 y2 + + a2 n yn (7.93)
dx
dyn
= an1 y1 + an 2 y2 + + ann yn
dx
où les coefficients aij sont constants. Ici, x désigne la variable indépendante et y1(x), y2(x), ..., yn(x) les
fonctions inconnues. Le système (7.93) est appelé système d'équations différentielles linéaires
homogènes à coefficients constants.
Un système d'équations différentielles non homogène peut s'écrire sous la forme matricielle
suivante :
Y' = A Y + B (7.94)
où Y' est un vecteur à n dimensions comprenant les dérivées d'ordre 1 des fonctions, Y, un vecteur
comprenant les fonctions inconnues et A la matrice des coefficients.
y1 1 1 1 C1e
−x
C1e − x + C 2 e x + C3 e 3 x
Par (7.98), on obtient : Y = PU = y 2 = 2 0 − 1 C 2 e x = 2C1e − x − C3 e 3 x
y3 1 1 2 C3 e −
C1e + C 2 e + 2C3 e
3 x x x 3 x
[Link] Cas où la matrice des coefficients A n'est pas diagonalisable
Si A n'est pas diagonalisable, nous savons qu'elle peut toujours s’écrire comme A = QJQ-1 où J est une
matrice triangulaire supérieure ayant les valeurs propres de A sur la diagonale principale et le nombre 1 en
diverses positions sur la surdiagonale et Q est une matrice de passage dont les colonnes sont les vecteurs
propres et les vecteurs de Jordan de A
Dans ce cas, (7.142) devient :
Y' = QJQ-1 Y + B (7.99)
En pré-multipliant par Q-1 les deux membres de (7.99) et en posant
U = Q-1Y, (7.100)
on arrive au système triangularisé :
U' = JQ + Z (7.101)
ou encore, sous forme détaillée, en notant cij les éléments de J,
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 174
x' = 2 x + y
Exemple 7.35 : Résoudre le système d'équations ci-après : y ' = y−v
v' = 2 y + 4v
Réponse :
2 1 0
La matrice du système est A = 0 1 − 1 .
0 2 4
PA() = – + 7² – 16 + 12 = (– 3) (– ² + 4 – 4 = (– 3) ( – 2)² = 0.
3
D'où 1 = 3, 2 = 2, k = 2. A n'étant pas diagonalisable (car Dim E2 = 1 ≠ k = 2), on recourt à la forme
3 0 0 1 1 0
réduite de Jordan qui lui est semblable J = 0 2 1 tandis que Q = 1 0 1 .
0 0 2 − 2 0 − 1
u1' 3 0 0 u1 3u1
u = 2u + u
La relation (7.101) donne : U’ = JU u 2' = 0 2 1 2 2 3
u ' u 3 2u 3
3 0 0 2
u1' = 3u1 u1 = C1e3x et u 3' = 2u3 u3 = C3e2x. Mais la deuxième équation s’écrit : u 2' = 2u 2 + u 3 ou
u 2' – 2u2 = C3e2x dont la solution est de la forme u2 = (C2 + C3x) e2x.
C1e
3x
Ainsi Ux = (C2 + C3 x)e2x .
2x
C3e
On obtient la solution Y recherchée en faisant Y = QU. Soit :
1 1 0 C1e + (C2 + C3 x)e 2x
3x 3x
x C1e
Y = QU y =. 1 0 1 (C2 + C3 x)e2x = .
3x
C1e + C3 e 2x
v − 2 0 − 1
− 2 C1e − C3e
2x 3x 2x
C3e
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 175
Chapitre Huitième
EQUATIONS DE RECURRENCE
(EQUATIONS AUX DIFFERENCES FINIES)
Dans beaucoup de problèmes économiques, les relations entre les variables sont le plus souvent
établies en termes de taux de variation. Nous avons vu, dans le chapitre précédent, que lorsque ces variations
sont continues, les équations qui les contiennent sont les équations différentielles. Mais lorsque l'on considère
que les variables changent d'une manière discrète, on est en présence d'un point de vue mathématique
d'équations aux différences (ou équations de récurrence). Ces dernières sont fréquemment utilisées en
économie dans la mesure où beaucoup de données économiques sont enregistrées à des périodes successives
de temps. Lorsque ces périodes deviennent de plus en plus courtes, on dira que les équations aux différences
sont en quelque sorte un cas limite des équations différentielles. Le présent chapitre commence par traiter des
différences des fonctions ainsi que des formules d’interpolation pour l’obtention des polynômes approchés de
degré n. Le reste du chapitre sera consacré aux équations aux différences finies linéaires.
Quelques propriétés :
En écrivant les coefficients binomiaux et après avoir effectué la soustraction, nous obtenons :
n(n - 1 )h 2 n - 2
x n = nhx n - 1 + x + ...+ h n (8.4)
2
Si h = 1, cette dernière devient :
n(n - 1 ) n - 2
x n = nx n - 1 + x + ... + 1 (8.5)
2
Exemple 8 .1 : Calculez 2x.
Solution : 2x = 2x + h – 2x = 2x . 2h – 2x
= 2x ( 2h – 1) = 2x si h = 1.
Cet exemple montre que, dans le calcul des différences, le nombre 2 est l’équivalent du nombre e qu’on
d x
trouve dans le calcul différentiel puisque pour h = 1, 2x = 2x et que e = ex .
dx
Les différences d'ordre supérieur à 1 sont obtenues en calculant les différences des différences à
l'aide de l'opérateur de différence .
Ainsi, la différence d'ordre 2 (ou différence seconde) de y(x), notée ²y(x), est définie comme étant la
différence de la différence première de y. Nous écrivons, en posant h = 1, :
²y(x) = [y(x)] = [y(x + 1) – y(x)]
= y(x + 1) – y(x)
²y(x) = y(x + 2) – 2y(x + 1) + y(x) (8.6)
De même, la différence troisième (ou d'ordre 3), notée ³y(x), est la différence de la différence
d'ordre 2.
³y(x) = [²y(x)] = [y(x + 2) – 2(x + 1) + y(x)]
³y(x) = y(x + 3) – 3y(x + 2) + 3y(x + 1) – y(x) (8.7)
Exemples 8.2 :
1. Trouver les différences première, seconde, troisième et quatrième de y = 3x² + 2x – 1
a) y(x) = [3(x + 1)² + 2(x + 1) – 1] – (3x² + 2x – 1)
= 3x² + 6x + 3 + 2x + 1 – 3x² – 2x + 1 = 6x + 5
b) ²y(x) = (6x + 5)
= [6(x + 1) + 5] - (6x + 5) = 6
c) ³y(x) = (6) = 6 – 6 = 0
4y(x) = (0) = 0
Solution :
Le calcul de 5y(x) en passant par y, ²y, ³y, ... est long et fastidieux. Cependant, par le
théorème fondamental, nous avons :
5y(x) = 3(5!)h5 = 3(120h5) = 360 si h = 1.
Pour une fonction générale y(x) de degré n, la différence d’ordre k, ky(x), avec k < n et h = 1 est obtenue
en appliquant la formule de Lagrange ci-après :
k
k
k
y(x) = (-1 )k - j y(x + j) (8.9)
j=0 j
k k!
avec = Ckj = , 0
C k = 1 et 0! = 1
j j!(k - j)!
ou
j=0
Exemple 8.5 : Construire un tableau des différences pour y(x) = – 6x3 + 11x² – 6x + 1 avec
x = 0, 1, 2, ..., 5.
Tableau 8.2 : Tableau des différences
x y y 2y 3y 4y 5y
0 1
–1
1 0 –14
–15 –36
2 –15 –50 0
–65 –36 0
3 –80 –86 0
–151 –36
4 –231 –122
–273
5 –504
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 179
Remarques :
o Ce tableau illustre le théorème fondamental de calcul des différences. En effet, la différence troisième
est une constante pour toutes les valeurs de x, tandis que la différence d'ordre supérieur à 3 est égale à
0.
o Le tableau peut se construire de deux manières : soit que nous calculons d'abord toutes les valeurs de y
et obtenons ensuite les différences premières par soustraction, les différences secondes s'obtenant par
soustraction des différences premières et ainsi de suite. Soit encore que nous calculons seulement la
première valeur dans chaque colonne, les autres valeurs étant obtenues par addition. Ayant déjà trouvé
y(0), y(0), ²y(0) et ³y(0), nous pouvons calculer y(1) en ajoutant y(0) à y(0), y(1) en ajoutant
y(0) à ²y(0), ²y(1) en ajoutant ²y(0) à ³y(0), etc. On procédera ainsi jusqu'à ce que toute la table
soit entièrement remplie.
o Il est aisé de détecter les erreurs de calcul dans un tableau des différences car la somme des valeurs
d'une colonne j, plus la première valeur de la colonne j – 1 doit être égale à la dernière valeur de la
colonne j – 1. Dans la table des différences présentée ci - haut, la somme des éléments de la colonne 4
(relative à ²y) est égale à –272. Lorsque ce nombre est ajouté –1 (la première valeur de la colonne 3),
on obtient – 273 (le dernier élément de la colonne 3). De même, la somme des éléments de la colonne
3 (ici –505), plus la première valeur de la colonne 2 (ici, 1) donne –504 (la dernière valeur de la
deuxième colonne).
En construisant le tableau 8.2, nous connaissions préalablement la forme exacte de la fonction y =
f(x) et ses différentes valeurs aux points xi. Dans beaucoup de cas cependant, cette fonction est inconnue et
il peut nous être demandé de la retrouver à partir d’une série des valeurs de x et y. Plusieurs méthodes
peuvent être utilisées pour approcher la fonction y, notamment la formule d'interpolation de Newton ci-
après utilisée lorsque le polynôme en x est de degré n et que les accroissements des valeurs de x sont
constants, (c'est-à-dire si x constant et égal à 1) :
f(0) (j)
n j
y = f(x) =
j=0 j!
x (8.11)
x(j), qui est un polynôme factoriel d’ordre j, se lit « x au factoriel j » et est égal au produit de j facteurs x (x
– 1) (x – 2)... (x – j + 1) 29. Par exemple, x(3) se lit « x au factoriel 3 » et est égal à x (x – 1) (x – 2).
Par convention, 0f(0) = f(0), 0! = 1 et x(0) = 1.
Illustrons cette formule en supposant que nous ne disposons que de deux premières colonnes du
tableau 8.2. Les éléments des colonnes 3 à 7 s'obtiennent aisément en suivant les principes développés dans
le tableau 8.2. Puisque les colonnes relatives aux 4y et 5y n'ont que des zéros, nous concluons, en vertu
du théorème fondamental du calcul des différences, que le polynôme recherché sera de degré 3. Ainsi,
pour n = 3, la formule de Newton donne :
f(0) (j) f( 0 ) ( 0 ) f(0) ( 1 ) f(0) ( 2 ) f(0) ( 3 )
n j 0 1 2 3
y = f(x) =
j=0 j!
x =
0!
x +
1!
x +
2!
x +
3!
x
(−1) 14 36
f(x) = 1 + x + − x ( x − 1) + − x ( x − 1) ( x − 2)
1 2 6
= 1 – x – 7x + 7x – 6x + 18 x – 12 x
2 3 2
= 1 – 6x + 11x2 – 6x3
Nous observons que cette fonction est la même que celle utilisée pour la construction de la table des
différences reprise au tableau 8.2. L'approximation est donc exacte.
29
Le produit x(j) est aussi connu sous le nom de « polynôme factoriel positif » Voir Wylie, C. R. et Barret, L. C.,
Advanced Engineering Mathematics, 5ème Ed., New York, Mc Graw – Hill Book Co., 1982, p. 254.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 180
Exemple 8.6 : La demande d’un bien Q par rapport au prix unitaire P est décrite par le tableau ci-après :
Q 0 1 2 3 4 5
P 42 36 28 18 6 –8
Trouvez la fonction de demande P = f(Q).
Solution :
La table des différences correspondante est reprise dans le tableau 8.3.
Tableau 8.3 : Table des différences de l’exemple 8.6
Q P P 2P 3P
0 42
–6
1 36 –2
–8 0
2 28 –2
–10 0
3 18 –2
–12 0
4 6 –2
–14
5 –8
Il est aisé de constater que les accroissements des valeurs de Q sont constants et égaux à 1. De plus, les
différences d’ordre 2 sont égales à 2, tandis que les différences d’ordre supérieur à 2 sont nuls. Nous
concluons que le polynôme recherché est de degré 2. Ainsi, par la formule d’interpolation de Newton, nous
avons :
f(0) ( j ) f( 0 ) ( 0 ) f(0) (1) f(0) ( 2)
n j 0 1 2
P = f (Q) = q = q + q + q
j =0 j! 0! 1! 2!
(−6) 2
p = f(q) = 42 + q + − q (q − 1) = 42 − 6q − q 2 + q = 42 − 5q − q 2
1 2
Jusqu’ici, nous avons supposé une fonction y = f(x) donnée pour une suite des valeurs distinctes de x
également espacées avec x = 1. Mais, lorsque les accroissements de x ne sont pas constants ou que ceux-
ci sont différents de 1, la variation de y quand x passe de x à x + x est appelée «différence divisée de
y(x) ».
Ainsi, si f(xi) et f(xj) sont deux valeurs quelconques de f(x), alors les différences divisées
premières de f(x) notées f(xi, xj) ou [xi, xj] sont définies par
f ( xi ) − f ( x j )
f (xi , x j ) =
xi − x j
ou
x , x = [y( x ) −− y( x
i j
i
.
j )]
(8.12)
xi x j
De même, si f(xi, xj) et f(xj, xk) sont deux différences divisées premières de f(x) ayant en commun
l’argument xj, alors les différences divisées secondes de f(x) sont définies par
f ( xi , x j ) − f ( x j , xk )
f (xi , x j , xk ) =
xi − xk
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 181
ou
x , x , x k =
x , x − x , x .
i j j k
(8.13)
i j
xi - x k
Les différences divisées troisièmes seront obtenues par la formule
x1 , x2 , x3 − x2 , x3 , x j
x , x , x3 , x j = (8.14)
x1 − x j
1 2
et ainsi de suite.
Bien qu’évident uniquement pour les différences divisées d’ordre 1, il est vrai que les différences divisées
d’ordre quelconque sont des fonctions symétriques de leurs arguments.
Par conséquent,
f(xi, xj, xk) = f(xi, xk, xj) = f(xj, xi, xk) = ...
Ainsi, lorsque, pour une série comprenant n + 1 points d'observation, les accroissements des
valeurs de x ne sont pas constants et/ou égaux à 1, l’approximation ne sera plus exacte et le polynôme de
degré n sera obtenu non plus par la formule 7.6, mais plutôt par la formule d'interpolation de Newton ci-
après :
f n (x) = y(x1) + (x – x1)[x1,x2] + (x – x1) (x – x2) [x1, x2, x3]
+ (x – x1) (x – x2)(x – x3)[x1,x2,x3,x4] + .. . + (x – x1) ... (x – xn)[x1,x2, ..., xn,xn+1] (8.15)
où les expressions
x , x , x 3 ,..., x j =
x , x
,..., x j - 2 , x j -1 - x 2 , x3 ,..., x j -1 , x j
1 2
1 2
x1 - x j
désignent les différences divisées d'ordre quelconque.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 182
Exemple 8.7a : L’évolution de l’épargne nationale (y) en milliards de Francs en fonction du revenu
national (x) est décrite par le tableau ci-après :
X 0 2 3 5
Y 9 6 3 1
Solution :
Les valeurs de x ne sont pas également espacées. Comme le nombre de données observées est égal
à 4 (n + 1 = 4), le polynôme associé à ce tableau sera de degré 3. Connaissant les valeurs de x et de
y, nous pouvons déterminer les différences divisées d'ordres 1, 2 et 3. D’où le tableau 8.5 ci-après :
Opérations utiles :
x1 , x2 = y( x1 ) − y( x 2 ) 9−6
= =− ,
3
x1 − x 2 0−2 2
x2 , x3 = y( x2 ) − y( x3 ) = 6 − 3 = − 3
x 2 − x3 2−3
x3 , x4 = y( x3 ) − y( x4 ) = 3 − 1 = − 1 ,
x3 − x 4 3−5
3
− − (−3)
x1 , x2 , x3 , = x1 , x2 − x2 , x3 = 2 =− ,
1
x1 − x3 0−3 2
f 3 (x) = y(x1) +(x − x1)[x1, x2]+(x − x1)(x − x2)[x1,x2,x3] + (x − x1)(x − x2)(x − x3)[x1,x2,x3,x4]
= 9 + (x) (–3/2) + (x) (x–2) (–1/2) + (x) (x–2) (x–3) (7/30)
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 183
3 1 7
= 9− x − ( x 2 − 2 x) + ( x3 − 5 x 2 + 6 x)
2 2 30
3
9 5 7x
= 9 − x − x2 +
10 3 30
Exemple 8.7b : L’évolution de la consommation C par rapport au revenu R est décrite par le tableau ci -
après :
R 10 20 40 50
C 10 15 25 30
Ecrire la consommation C en fonction du revenu R en utilisant la méthode d’interpolation
appropriée.
Solution :
Les valeurs de la variable indépendante R ne sont pas également espacées. Le nombre de données
observées est certes égal à 4. Cependant, nous constatons que les différences divisées d’ordre 1
sont égales à une constante (2) tandis que celles d’ordre supérieur à 1 sont nulles. Le polynôme est
donc de degré 1. Connaissant les valeurs de R et de C, nous pouvons déterminer les différences
divisées d'ordres 1, 2 et 3. D’où le tableau 8.6 ci-après :
Opérations utiles :
C = c(r1) + (r − r1) [r1, r2] + (r − r1) (r − r2) [r1, r2, r3] + (r − r1) (r − r2) (r − r3) [r1, r2, r3, r4]
1 1 1
= 10 + (r – 10) + 0 = 10 + r – 5 = 5 + r
2 2 2
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 184
L'ordre d'une équation de récurrence est la différence entre la période la plus élevée et la plus
basse intervenant dans cette équation. Il est mesuré par le plus grand nombre de périodes de retard. Ainsi,
une équation de récurrence du premier ordre correspond à un retard d'une période ; une équation récurrente
d'ordre 2 à un retard de deux périodes, etc. La période est l’intervalle qui sépare deux dates.
Le degré d'une équation de récurrence est la plus grande puissance à laquelle est élevé un terme
yx + i.
Exemple 8.8
1. yx+1 − yx = c (ordre 1, degré 1)
2. 18yx+2 − 6yx = 5x (ordre 2, degré 1)
3. yx+3 + yx+2 − yx = x (ordre 3, degré 1)
4. 3yx+2 + 4yx+1 = 2x (ordre 1, degré 1)
5. ²yx – 3yx – 3yx = x (ordre 2, degré 1)
(elle peut s'écrire comme (yx+1 – yx) – 3(yx+1 − yx) – 3yx = x
soit, yx+2 − 5yx+1 + yx − x = 0).
6. 8xyx+3 – 3x yx+2 + 9xyx+1 + 2yx = 3 (ordre 3, degré 1)
7. y²x+4 + 3yx+3 − 3yx = 4 (ordre 4, degré 2)
8. yt + n – yt + n – 2 = 1 (ordre 2, degré 1)
x(x − 1)
Si yx = , yx+1 – yx = x devient :
2
( x + 1) ( x + 1 − 1) x ( x − 1)
+ C − + C = x
2 2
( x + 1) x x ( x − 1)
2 − 2 = x
x 2 + x − x 2 + x 2x
= =x
2 x
0(0 − 1) x(x − 1)
Si x = 0, y0 = 2. On a : 2 = + C 2 = C. D’où : yx = + 2.
2 2
Exemple 8.9b : Montrer que yx = C1+ C22x – x est une solution de yx+2 – 3yx+1 + 2yx =1 et trouver
une solution particulière si y0 = 0 et y1 = 3.
Solution :
Si yx = C1+ C22x – x, alors
yx+2 = C1+ C22x+2 – (x+2) = C1+ 4C22x – x – 2
3yx+1 = 3(C1+ C22x+1 – (x+1) = 3(C1+ 2C22x – x – 1),
2yx = 2C1+2 C22x – 2x.
yx+2 – 3yx+1 + 2yx =1 [C1+ 4C22x – x – 2] – [3C1+ 6C22x – 3x – 3] +[2C1+2 C22x – 2x] = 1
1=1
Si x = 0, alors on a : 0 = C1 + C2 20 – 0 C1 + C2 = 0
Si x = 1, alors on a : 3 = C1 + C2 21 – 1 C1 + 2C2 = 4
C + C2 = 0
En résolvant le système 1 , on trouve C1 = – 4 et C2 = 4. Ainsi la solution particulière
C1 + 2C 2 = 4
est : yx = – 4+ 4 2x – x = 4(2x – 1) – x.
L’équation (8.17) est appelée équation de récurrences linéaires du premier ordre à coefficient
et à second membre constants.
On trouve sa solution générale en ajoutant à la fonction complémentaire (Yc), la solution
particulière Yp.
Solution :
1. L'équation proposée peut aussi s'écrire comme yx + 1 – 2yx = 3/2.
3
3
Puisque a = –2 (–1), on trouve, d'après la formule (8.18), yp = 2 = − .
1− 2 2
De (8.20), il vient :yc = C(2)x. Ainsi, la solution générale est
3
yx = C(2)x – .
2
En appliquant la condition initiale, nous obtenons la solution particulière :
3 3
1 3
y x = − 2 (2 ) + 2 = 2(2) x −
x
2 1− 2 1− 2 2
7
2. L'équation donnée peut se mettre sous la forme yx + 1 − yx = − avec a = –1.
3
7 7
La solution générale est yx = C − x, la solution définie étant yx = 3 – x.
3 3
Exemple 8.10b : Soit le modèle du marché avec niveau de stock défini par les équations ci-après :
Qdt = a – bPt (a, b > 0)
Qst = –c + dPt (c, d > 0)
Pt + 1 = Pt – e (Qst – Qdt) (e > 0)
Le prix n’est plus déterminé par un mécanisme d’équilibrage sur le marché mais par le niveau des stocks
(qst – qdt). On sait que la constitution du stock (qst > qdt) tend à baisser le prix et la diminution du stock (qst
qdt) fait monter le prix. Trouver le cheminement du prix à toute période si a = 120 ; b = 0,5 ; c = 30 ; d =
0,3 et e = 0,2 et P0 = 200
Solution :
Pt + 1 = Pt – e (Qst – Qdt)
= Pt – e[ (–c + d Pt) – (a – bPt)]
= Pt – e[ (–c + d Pt - a + bPt]
= Pt + e(a + c) – e(b + d) Pt
= P t + 1 – Pt – e(b + d) Pt = e(a + c)
On dérive ainsi une équation aux différences d’ordre 1 de la forme P t + 1 – [1 – e(b + d)] Pt = e(a + c)
a+c
Dont la solution est Pt = C[1 – e(b + d)]t +
b+d
En remplaçant a, b, c, d et e par leurs valeurs respectives, on obtient l’équation :
P t + 1 – 0,84 Pt = 30.
Avec Pc = C(0,84)t et Pp = 30 / (1 – 0,84) = 187,5, la solution générale donne :
Pt = C(0,84)t + 187,5,
tandis que la solution définie est :
Pt = 12,5 (0,84)t + 187,5.
Cherchons une solution de la forme yx = Cbx, où C et b sont des constantes. Pour cette solution, nous avons
aussi
yx + 2 = Cbx + 2 et yx + 1 = Cbx + 1
Substituons ces expressions dans l'équation homogène donnée. Cette dernière devient :
Cbx + 2 + a1Cbx + 1 + a2Cbx = Cbx b 2 + a1Cbx b + a2Cbx = 0
Le produit Cbx se met en facteur et on aboutit aisément à une équation caractéristique (ou auxiliaire) du
second degré en b de la forme
b² + a1b + a2 = 0 (8.26)
et dont nous désignerons les racines par b1 et b2. On a :
− a1 (a12 − 4a 2 )
b1 , b2 = (8.27)
2
Comme pour les équations différentielles, trois cas peuvent se présenter pour b1 et b2 suivant que = a1² –
4a2 est supérieur, égal ou inférieur à zéro.
• Si = a1² – 4a2 est positif, c’est-à-dire si a1² > 4a2, b1 et b2 seront des racines réelles et distinctes et on
aura :
Yc = C1 b1x + C2 b2x (8.28)
Comme pour les EDL où le determinant de Wronsky a été utilisé pour déterminer l’indépendance linéaire
des solutions y1 = C1 b1x et y2 = C2 b2x, nous nous servons ici du déterminant de CASORATI30 pour
verifier si y1 et y2 sont [Link] a :
y1 y2
C[Y1t, Y2t] =
y '1 y ' 2
• Si = a1² – 4a2 est nul, c’est-à-dire si a1² = 4a2, b1 et b2 seront des racines réelles mais identiques et
seront égales à –a1/2. Dans ce cas, la fonction complémentaire sera donnée par :
Yc = C1 b1x + C2 x b2x (8.29)
• Si = a1² – 4a2 est négatif c’est-à-dire si a1² < 4a2, b1 et b2 seront des nombres complexes conjugués
que nous représenterons
b1 = h + vi et b2 = h + vi (8.30)
où
a1 4 a2 − a1 2
h= − et v =
2 2
Dans ce cas, la fonction complémentaire sera donnée par :
30
Voir Marlow, Mathematics for Operations Research, John Wiley & Sons, New York, 1978,
page 385.
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni 189
Grade 0 100 50 200 100 400 150 500 200 700 250 800 300 1000 350 1110 400
3 3 3 3 3 3 3 3
Radian 0 2 3 5 7 5 4 3 5 7 11 2
6 4 3 2 3 4 6 6 4 3 2 3 4 6
Degré 0 30° 45° 60° 90° 120° 135° 150° 180° 210° 225° 240° 270° 300° 315° 330° 360°
sin 0 1 2 3 1 3 2 1 0 −
1 − 2 − 3 –1 − 3 − 2 −
1 0
2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
cos 1 3 2 1 0 −
1 − 2 − 3 –1 − 3 − 2 −
1 0 1 2 3 1
2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
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191
[Link] Calcul de l’intégrale (ou solution) particulière yp
L'intégrale particulière yp se définit comme étant n'importe quelle solution de l'expression (8.14)
yx+2 + a1yx+1 + a2yx = G
Dans le cas où G est une constante, nous commençons par proposer une solution constante
yp = k (k = constante).
k + a1k + a2k = G
Soit,
(1 + a1 + a2)k = G
et
G
k= ,
( 1 + a1 + a 2 )
pourvu que (1 + a1 + a2) soit différent de zéro. Ceci n'est possible que lorsque a1 + a2 –1.
Lorsque a1 + a2 = 1, la formule (8.38) ne convient plus car le dénominateur est nul. Il nous faudra donc
proposer une autre solution. Pour ce faire, le « truc » est de multiplier par x la solution qui ne tient plus.
Soit yp = kx, cette solution. Dans ce dernier cas, (8.14) devient :
Ainsi :
G
y p = x , si a1 + a2 = –1 et a1 –2 (8.39)
a1 + 2
Il est évident que lorsque a1 + a2 = –1 et a1 = –2, la formule (8.21) ne donnera pas d'intégrale particulière.
On proposera alors une autre solution de la forme yx = kx². En reportant dernière expression dans (8.14),
nous obtenons :
G
y p = x2 , si a1 + a2 = –1 et a1 = –2 (8.40)
2
Le tableau suivant reprend les principales formules utilisées pour le calcul d'une intégrale particulière.
yp Conditions
G
yp=
1+ a1 + a2 a1 + a2 –1
G a1 + a2 = –1
y p = x a1 –2
a1 + 2
G a1 + a2 = –1
y p = x2 a1 = –2
2
Comme pour les équations différentielles, le second membre G est soit une constante, soit une
fonction de x. Dans le dernier cas, l'intégrale particulière yp prend la même forme que G = f(x). Le tableau
ci-après donne les formules les plus courantes.
Toutefois, il faudra éviter qu'il y ait résonance, c'est-à-dire, éviter qu'un terme de la solution
proposée pour Yp se retrouve exactement ou au signe près dans la fonction complémentaire Yc. Auquel
cas, il faudra multiplier la solution candidate par x, afin d'assurer une indépendance linéaire parfaite entre
les termes de Yc et ceux de Yp.
Exemple 8.11 :
Trouver la solution générale et définie de yx + 2 + yx + 1 – 2yx = 12 pour y0 = 4 et y1 = 5.
Solution :
a1 = 1 et a2 = –2. Puisque a1 + a2 = –1 et a1 –2, on a, d'après (8.39),
G 12
y p = x = x = 4x .
a1 + 2 3
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193
a1² = 1 > 4a2 = –8. Les racines sont b1 =1 et b2 = –2.
Les deux constantes C1 et C2 sont déterminées par les conditions initiales. Nous obtenons :
y0 = 4 = C1 + C2 (–2)0 + 4(0). C1 + C2 = 4
y1 = 5 = C1 + C2 (–2)1 + 4(1). C1 – 2C2 = 1
C + C2 = 4
d'où le système 1 dont la solution est C1 = 3 et C2 = 1.
C1 − 2C2 = 1
La solution de l'équation donnée qui satisfait aux conditions initiales est donc :
yx = 3 + (–2)x + 4x.
Exemple 8.12 : Résoudre l’équation aux différences yx+2 + 2yx = 24 pour y0 = 11 et y1 = 18.
G 24
Ici, a1 = 0, a2 = 2 et B = 24. Puisque a1 + a2 -1, on a, d'après (8.38), y p = = =8.
1 + a1 + a2 3
D'autre part, a1² = 0 < 4a2 = 8. Les racines sont des nombres complexes conjugués
4a2 − a12 8
b1 = h + vi = (2)i et b2 = -(2)i car h = a1/2 = 0 et v = = = 2.
2 2
Mais R = a2 = 2.
D'après (8.36), y c = ( 2 ) C cos 2 x + C sin 2 x
x
1 2
31
.
Par conséquent,
yx = ( 2 ) C
x
cos x + C 2 sin x + 8
1
2 2
Les deux constantes C1 et C2 sont déterminées par les conditions initiales. Nous obtenons :
y0 = 11 = (2)0 [C1 cos 0 + C2 sin 0 + 8] C1 = 3
La solution de l'équation donnée qui satisfait aux conditions initiales est donc :
( ) x
y x = 2 3 cos x + 7,07 sin x + 8
2 2
h v
31
Dans cet exemple, cos = = 0 et sin = = 1. Ceci correspond d'après la table des fonctions
R R
trigonométriques à un angle de radians, c'est-à-dire, = .
2 2
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194
Exemple 8.13 : Trouver la solution générale et définie de yx + 2 + 6yx + 1 + 9yx = 0
yx = C1(–3)x + C2 x (–3)x.
Solution :
L’équation caractéristique est b² – 4b + 3 = 0. Comme a1² = 16 > 4a2 = 12, les racines sont b1 = 1
et b2 = 3. D'après (8.28), yc = C1 (1)x + C2 (3)x = C1 + C2 3x.
Etant donné que b = 3 annule l’équation caractéristique et se retrouve en même temps dans le
second membre, nous proposons, pour l’obtention de yp, la solution Dx3x et non yp,= D3x.
Solution :
L’équation caractéristique est b² – 6b + 9 = 0 .Comme a1² = 36 = 4a2, b = b1 = b2 = 3.
D'après (8.29), yc = C1 3x + C2 x 3x
Pour obtenir l’intégrale particulière, nous aurions pu proposer D3x. Mais ce terme se retrouve
également dans la fonction complémentaire (ici C1 3x en posant D = C1) Pour éviter la résonance,
nous proposons une autre solution qui est yp = D x 3x . Cette dernière se retrouvant elle aussi dans
la fonction complémentaire (C2 x 3x), nous suggérons une autre solution de la forme yp = D x2 3x .
En reportant cette dernière expression dans l’équation à résoudre, il vient :
D(x + 2)2 3x + 2 – 6D(x + 1)2 3x + 1 + 9D x2 3x = 3x
1 2 x
En développant, on trouve, par identification, y p = x 3 .
18
1 2 x
D’où la solution générale Yx = C1 3x + C2 x 3x + x 3 .
18
Solution :
Nous savons déjà (voir exemple 8.13) que yc = C1 + C2 3x. De plus, son second membre est une
fonction de la forme kbx + k0 + k1x. Il existe donc une intégrale particulière du type yp = D5x + (D0 + D1x).
Mais étant donné que son terme constant D0 se retrouve également dans la fonction complémentaire (ici
C1), en d’autres termes, puisque D0 est linéairement dépendant du terme C1 de la fonction complémentaire,
nous suggérons, afin d’éviter la résonance, la solution D5x + D0x+ D1x2.
En substituant, l’équation à résoudre devient :
D0(x + 2) + D1(x + 2)2 + D5x+2 – 4 [D0(x + 1) + D1(x + 1)2 + D5x+1]
+ 3 [D0x+ D1x2 + D5x] = 5x + 2x.
Après quelques opérations, et après avoir égalé les termes semblables, nous obtenons l’expression –2D0 –
4D1x + 8D5x = 5x + 2x, qui donne par identification le système :
− 2 D0 =0
− 4 D1 =2
8D = 1
1 1 2
D’où D0 = 0, D1 = – (1/2) et D = 1/8.. Par conséquent, Yp = − x et la solution générale devient yx =
8 2
1 x 1 2
C1 + C2 3x + 5 − x .
8 2
Exemple 8.18 : Le modèle ci-après est un modèle de marché avec prévision sur l’évolution des prix :
Qdt = 40 – 2 pt + 2 (p t + 1 + p t - 1), Qst = –5 + 3 pt et Qdt = Qst où Qdt est la fonction de
demande à l’instant t, et Qst la fonction d’offre à l’instant t. Sachant que P0 = 48 et P1 = 45 :
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196
a) Trouvez le niveau d’équilibre.
b) Donnez le sentier temporel du prix à toutes les périodes.
Solution :
qdt – qst = 40 − 2 pt + 2 pt + 1 + 2pt - 1 − ( − 5 + 3 pt) = 0
= 40 − 2 pt + 2 pt + 1 + 2pt - 1 + 5 − 3 pt = 0
= 45 − 5 pt + 2 pt + 1 + 2pt - 1 = 0
ou
− 5 pt + 2 pt + 1 + 2pt - 1 = − 45
Exemple 8.19 : La fonction de demande est Qdt = 80 – 4 pt. Celle d’offre est Qst = –10 + p t
où p t = pt -1 + k(pt -1 – pt - 2). Supposez k = –1. Trouvez le sentier temporel du prix à
toutes les périodes si P0 = P1 = 20.
Solution :
Qdt – Qst = [(80 − 4 pt) − { − 10 + pt -1 − (pt -1 – pt – 2}]
= [(80 − 4 pt) − { − 10 + pt -1 − pt -1 + pt – 2}] = 0
= [(80 − 4 pt + 10 − pt -1 + pt -1 − pt - 2)] = [(90 − 4 pt − pt – 2] = 0
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197
= ( − 4 pt − pt – 2) = − 90
1
pt + 2 + pt = 22,5
4
22,5 22,5 22,5(4) 90
Pp = = = = = 18
1 5 5 5
1+
4 4
1
L’équation caractéristique étant b2 + = 0, 0 car a1 < 4a2.
4
1 1
Ainsi : h = 0 et v = 1/2. R = a 2 = = . Cos = h/R = 0 et sin = v /R = 1.
4 2
t
1
Pc = C1 cos 2 t + C 2 sin 2 t .
2
t
1
Donc Pt = Pc + Pp = C1 cos 2 t + C 2 sin 2 t + 18 .
2
0
1
P0 = 20 = C1 cos 0 + C 2 sin 0 + 18 20 = C1+ 18. D’où C1 = 2
2
1
1 1
P1 = 20 = C1 cos 2 (1) + C 2 sin 2 (1) + 18 20 = 2 C2+ 18. D’où C2 = 4
2
t
1
D’où la solution définie : 2 cos 2 t + 4 sin 2 t + 18 .
2
yx + n + a1 yx + n - 1 + a2 yx + n - 2 + … + an-1 yx + 1 + an yx = G
G
Yp = . (8.41)
1 + a1 + a2 + + an −1 + an
Si par contre 1 + a1 +…+ an-1 + an = 0, et (n)i + (n-1)i a1 + (n-2)i a2 + (2)i an-2 + (1)i an-1 0, alors
G xi
Yp = (8.42)
(n)i + (n − 1)i a1 + (n − 2)i a2 + + (2)i an − 2 + (1)i an −1
avec i = plus petit entier positif qui n’annule pas le dénominateur.
Pour ce qui est de la fonction complémentaire Yc, si toutes les racines sont réelles et distinctes, on obtient
cette dernière par la formule :
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198
n
yc = C b
i=1
i i
X
(8.43)
La formule suivante est utilisée lorsque toutes les racines sont réelles et que k racines se répètent.
n
yc = C1 bx + C2 x bx + C3 x² bx +... + Ck xk-1 bx + Ci bix.
i=k+1
(8.44)
Dans le cas où les racines sont à la fois complexes et réelles, la formule suivante est utilisée pour obtenir Yc.
n
yc = R (C1 cos x + C2 sin x) +
x
Cibix.
i=3
(8.45)
Enfin, si l'équation caractéristique comprend deux paires identiques des racines complexes
conjuguées ainsi que des racines réelles et distinctes, on calculera la fonction complémentaire yc par la
formule
n
y c = R x ( C1 cosx + C 2 sin x) + xR x ( C 3 cosx + C 4 sin x) + C b
i=5
i
x
i . (8.46)
b) Yt + 4 + 7yt + 3 + 5 yt + 2 – 7yt + 1 – 6 yt = 8
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199
Solution :
C’est une équation de récurrence non homogène d’ordre 4 où a1 = 7, a2 = 5, a3 = –7, a4 = –6 et g = 8.
8
Comme leur somme est égale à –1, on pose Y = kt et Yp = t .
2
L’équation caractéristique est b4 + 7b3+ 5b2 – 7b – 6 = (b +1)2 (b – 1) (b + 6) = 0.
D’où : b1 = b2 = – 1, b3 = 1 et b4 = –6. Yc = C1 (−1) t + C 2 t (−2) t + C 3 (1) t + C 4 (−6) t
La solution générale est donc :
8
Yt = C1 (−1) t + C 2 t (−2) t + C 3 (1) t + C 4 (−6) t + t.
2
Exemple 8.22 : Résoudre le modèle de la forme :
yt = ct + It
c t = b1y t −1 + b 2 y t − 2
I t = I' t + I' 't
I' = I' t + I' ' t
I't = k1 ( y t −1 − y t − 2 ) + k 2 ( y t − 2 − y t − 3 )
I’’t = I0 et I0 = 60
Avec k1= 0,7 ; k2 = 0,7 ; b1= 0,3 et b2 = 0,7
Solution :
Yt = b1yt-1+ b2yt-2 + k1(yt-1 – yt-2) + k2(yt-2 – yt-3) + 60
= (b1 + k1)yt-1 + (b2 – k1 + k2)yt – 2 – k2yt – 3 + 60
= (0,3+ 0,7)yt-1 + (0,7– 0,7 + 0,7)yt-2 – 0,7yt – 3 + 60
= yt-1 + 0,7yt-2 – 0,7yt-3 + 60
yt+3 – yt+2 – 0,7yt+1 + 0,7yt = 60
Solution particulière Yp :
Comme a1+ a2 + a3 = –1, on pose Yp = kt et en remplacement dans l’équation de récurrence à
résoudre, on a :
k (t + 3) – k (t + 2) – 0,7k (t + 1) + 0,7kt = 60
kt + 3k – kt – 2k – 0,7kt – 0,7k + 0,7kt = 60
60
0,3k = 60. D’où : k = = 200 . Par conséquent, yp = 200t
0,3
Equation caractéristique :
b3 – b2 – 0,7b + 0,7 = b2 (b – 1) – 0,7(b – 1) = (b – 1) (b2 – 0,7) = 0.
D’où : b1 = 1, b2 = 0,836 et b3 = – 0,836.
yc = C1 + C2(0,836)t + C3(0,836)t
La solution générale est donc :
yt = C1 + C2(0,836)t + C3(–0,836)t + 200t
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200
8.2.6 Systèmes d’équations aux différences linéaires d’ordre 1
Jusqu’ici, nous avons discuté de modèles se réduisant à une seule équation. Mais dans bon nombre
de problèmes économiques tels que l’analyse d ‘équilibre général et le modèle d’entrées - sorties, nous
avons affaire à un système d’équations aux différences.
Dans ce paragraphe, nous verrons tout d’abord comment réduire de telles équations tout en nous
limitant aux équations aux différences linéaires à coefficients constants. Nous proposerons ensuite une
méthode de résolution de ces systèmes en appliquant les notions de valeurs et vecteurs propres ainsi que de
la diagonalisation (ou trigonalisation) des matrices carrées.
[Link] Réduction d’une équation aux différences d’ordre 2 ou 3 à un système d’équations aux
différences linéaires d’ordre 1
[Link].1 Réduction d’une équation d’ordre 2
Considérons une équation aux différences d’ordre2 du type yx + 2 + a1yx + 1 + a2yx = G.
Définissons la relation sx = yx + 1. Alors sx + 1 = yx + 2 .
Nous pouvons maintenant exprimer l’équation de départ (qui est d’ordre 2) comme un système
d’équations simultanées d’ordre 1.
sx + 1 + a1 sx + a2yx = G
yx + 1 – sx =0
ou, en forme matricielle,
1 0 sx + 1 a1 a2 sx G
0 1 y + − 1 0 y = 0
x +1 x
Le système peut aussi s’écrire comme
sx + 1 − a1 − a2 sx G
y = y + 0
x +1 1 0 x
Exemple 8.24 : L’équation aux différences d’ordre 3 yx+3 +3 yx+2 – 4yx+1 + 5yx = 0 peut s’écrire comme
px + 1 + 3 px – 4 sx + 5yx = 0
sx + 1 – px =0
yx + 1 –sx =0
ou, en forme matricielle,
1 0 0 p x + 1 3 − 4 5 p x 0
0 1 0 s
x + 1 + − 1 0 0 s x = 0
0 0 1 y x + 1 0 − 1 0 y x 0
p x + 1 − 3 4 − 5 p x
ou encore, s x + 1 = 1 0 0 s x
y x + 1 0 1 0 y x
en posant sx = yx + 1 , px = sx + 1, sx + 1 = yx + 2 et px + 1 = sx + 2 = yx + 3 .
où F = P-1B.
où les pij sont les éléments de la matrice P-1 et les bj les éléments fonctions de t du vecteur B.
1 1 − 1 4 1
Posons Fx = P-1G = P −1 = = et Ux = P-1Yx,. Le système donné peut encore s'écrire sous
3 1 2 2
1
la forme
u 1,x+1 2 0 u 1 1 2 u 1 +1
= + =
u 2, x +1 0 0,5 u 2 2 0,5 u 2 + 2
Il vient :
u1, x C1 ( 2 ) − 1
x
= .
x
C 2
u 2 , x (0,5 ) + 4
Finalement, on obtient Yx en faisant Yx = PUx. Soit :
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203
PU x
= =
= +
x x
Z x - 1 1 C 2 (0,5 ) + 4 - C1(2 ) + 1+ C 2 (0,5 ) + 4 - C1(2 ) + C 2 (0,5 ) + 5
x x x
Exemple 8.25 : Soit le modèle du multiplicateur du commerce extérieur en économie ouverte défini par :
Pays 1 Pays 2
C1t = b1 Y1, t – 1 C2t = b2 Y2, t – 1
I1t = I01 + h1 Y1, t - 1 I2t = I02 + h2 Y2, t - 1
M1t = M01 + m1 Y1, t - 1 M2t = M02 + m2 Y2, t - 1
X1t = M2t X2t = M1t
Y1t = C1t + I1t + X1t - M1t Y2t = C2t + I1t + X2t – M2t
avec b1 = 0,6 ; h1 = 0,2 ; m1 = 0,1 avec b2 = 0,8 ; h2 = 0,25 ; m2 = 0,3
I01 = 10 ; M01 = 10 I02 = 20 ; M02 = 20
Soit le système d’équations aux différences linéaires d’ordre 1 avec second membre :
Y1, t + 1 = 0,7Y1t + 0,3 Y2t + 20
Y2, t + 1 = 0,1 Y1t + 0,75Y2t + 10
0,7 0,3 20
où A = , B = 10 .
0,1 0,75
0,7 − 0,3
Le Polynôme caractéristique de A étant PA() = = 2 − 1,45 + 0,495 = 0 , on trouve
0,1 0,75 −
deux valeurs propres réelles distinctes 1 = 0,9 et 2 = 0,55. Donc A est diagonalisable.
f 1 1 2 20 1 40
avec 1 = = ,
f 2 7 − 2 3 10 7 − 10
3 C1 (0,9)t + 400 / 7 − 2 C2 (0,55)t − 200 / 63
=
2 C1 (0,9) + 400 / 7 + C2 (0,55) − 200 / 63
t t
xt 3C1 (0,9) t − 2C 2 (0,55) t + 11200 / 63
y =
t 2C1 (0,9) + C 2 (0,55) + 7000 / 63
t t
Si A n'est pas diagonalisable, nous savons qu'on peut toujours la mettre sous la forme
A = QJQ-1
où :
1. J est une matrice triangulaire presque diagonale ayant les valeurs propres de A sur la diagonale
principale et le nombre 1 presque au dessus de la diagonale principale et
2. Q est une matrice de passage dont les colonnes sont les vecteurs propres et les vecteurs de Jordan
de A
Yx + 1 = Q J Q-1 Yx + B (8.52)
En pré-multipliant par Q-1 les deux membres de cette dernière relation et en posant
Ux = Q-1Yx, (8.53)
et
F = Q-1B,
on arrive au système triangularisé :
Ux + 1 = JQx + F (8.54)
ou encore, sous forme détaillée, en notant cij les éléments de J, qij les éléments de Q-1 et fj les éléments de F,
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205
n
1 u1 x + c 21u 2 x + + c n1 u nx + q1 j f j
u1, x +1 j =1
u n
2, x +1 = 2 u 2 x + + c n 2 u nx + q 2 j f j (8.54a)
j =1
u 3, x +1 n
n u nx + q nj f j
j =1
n
Ces équations sont des équations aux différences linéaires d'ordre 1 avec q
j=1
ij b j comme second membre
Puisqu'on a posé Q-1Yx = Ux dans (8.53), on peut revenir à la variable Yx en pré-multipliant Ux par
la matrice de passage Q.
D'où = 2, k = 3. A n'étant pas diagonalisable, on recourt à la forme réduite de Jordan qui lui est
semblable.
D’où :
u1,x + 1 = 2u1,x u1,x = C12x
u2,x + 1 = 2u2,x + u3,x
u3,x + 1 = 2u3,x u3,x = C32x
Ayant obtenu u3,x, on résout aisément la deuxième équation qui peut maintenant s’écrire comme :
u2,x + 1 − 2u2,x = C32x
dont la solution est de la forme
C
u2,x = C22x + 3 x 2x.
2
La solution Ux s’écrit donc :
Cours de Mathématiques Générales II Prof. KAMIANTAKO Miyamueni
206
C1 2 x
C
Ux = C 2 2 x + 3 x 2 x
2
C3 2 x
On obtient la solution recherchée en faisant Y = QU. Soit :
yx 1 1 0 C1 2 x
Y = QU = z x = 0 − 2 0 C 2 2 x + 3 x 2 x
C
wx − 2 4 1
2
x
C 3 2
C
C1 2 x + C 2 2 x + 3 x 2 x
2
= − 2C 2 2 x − C3 x 2 x
− 2C1 2 x + 4C 2 2 x + 2C3 x 2 x + C3 2 x