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Conflits d'intérêts en société anonyme

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Sommaire 

Premier partie : la démarche préventive des conflits


d’intérêt dans la société anonyme.
Chapitre1 : La renforcement des devoirs des
dirigeants.
Chapitre2 : La rationalisation des opérations conclues
entre la SA et ses partenaires.
.
Deuxième partie : la démarche curative des conflits
d’intérêts dans la société anonyme :
Section 1 : les sanctions civiles.
Section 2 : les sanctions pénales.

1
Introduction

2
«  Les vertus se perdent dans l’intérêt ‚comme les fleuves dans la mer  »1

L’exercice du pouvoir dans le cadre de la société anonymes ‚dans la mesure où


il est confié à des personnes physiques assurant la fonction d’administration peut
dévier de son objectif consistant à assurer uniquement l’intérêt de la société․

En effet ‚dès que les administrateurs et dirigeants détenteurs du pouvoir de


décision commencent à faire prévaloir leurs intérêts personnels au détriment de
celui de la société ‚ un conflit d’intérêts est né2 ․ C’est dans ce cadre s’inscrire
notre sujet « les conflits d’intérêts dans la société anonymes » ․

Mais avant de cerner en amont l’utilité de cette étude ‚il convient de présenter la
notion de conflits d’intérêts․

N’étant pas une notion juridique ‚l’expression du conflit renvoie à beaucoup de


manifestations de vie juridique « conflits de coutumes conflits de lois ‚conflits de
compétences et conflits de juridictions ․․․la liste est longue »

Selon le vocabulaire juridique ‚le conflit est défini par opposition des vues ou
d’intérêts ‚mésentente situation critique de désaccord pouvant dégénérer en
litige ‚ en procès ou en affrontement de fait ; il s‘agit bien d’antonyme d’accord
‚d’entente3․ ․Généralement ‚le pouvoir qui peut générer de tels conflits est
constitué autour de la notion d’intérêt que la seule personne est « porteuse
d’intérêts » 4

1
LA Rochefoucauld ‚Réflexion morales ‚171‚Vauvenarges․
2
 Ali NENNI ‚Droit des sociétés commerciales ‚1er édition Latrach ‚Tunis 2020 ‚p 336
3
(G) CORNU‚ Vocabulaire juridique ‚Association Henri Capitant ‚P․H․F ‚Paris ‚5éme éd ‚1996‚p 180
4
(A) Gervis‚ « Quelques réflexions à propos de la distinction des droits et des intérêts » ‚Mélanges (P)
Roubier V1 ‚p 241

3
En effet ‚ par intérêt on entend ‚une considération d’ordre moral (affectation
honneur ‚haine) ou économique (argent ‚possession d’un bien qui dans une
affaire (contrat ‚procès ․․․) concerne attire et préoccupe une personne ․

D’une maniéré plus simple ‚l’intérêt renvoie à la notion d’avantage et de profit 5 ․


En guise alors que la notion de conflits d’intérêt ouvre un terrain d’étude assez
vertigineux․ D’une part ‚cette expressions a été définie comme étant «  La
situation dans laquelle les intérêts personnels d’une personne sont en opposition
avec ses devoirs»․6

D’autre part‚ a été définie comme étant «  toute situation dans laquelle un
actionnaire ou un dirigeant choisit d’exercer ses droits et pouvoirs en violation de
l’intérêt commun ‚soit pour satisfaire un intérêt extérieur à la société ‚soit pour
s’octroyer dans la société un avantage au préjudice des autres actionnaires »7
cependant cette notion apportée par la loi n° 2018- 46 du 1 er aout 2018 , relative
à la déclaration des biens et des intérêts , de la lutte contre l’enrichissement
illicite et le conflit d’intérêt dans le secteur public , dont l’article 4 définie le
conflit d’intérêts comme «  La situation dans laquelle la personne soumise aux
dispositions de la présente loi a un intérêt personnel direct ou indirect qu’elle
titre pour elle-même ou pour autrui , affecte ou susceptible d’affecter son
exercice objectif , loyal et impartial de ses devoirs professionnels »8 ․Le conflits
d’intérêts n’est ni un phénomène nouveau , ni un phénomène spécifique aux
sociétés commerciales ․Il a fait ainsi l’objet d’une réglementation juridique pour
la société anonyme, par l’article 200 qui a été révisé à trois reprises , en 2005 , en

5
Le nouveau petit Robert ‚Dictionnaire le Robert ‚op ․cit ․
6
(P-F) Cuif‚ « Le conflit d’intérêts essai sur la détermination d’un principe juridique en droit privé » ‚R T
D․com ‚2005 ‚p 31
7
(D) Schmidt, Les conflits d’intérêts dans la SA, éd Joly- Delta, 2004, p 31
8
‫تضارب المصالح هي الوضعية التي يكون فيها للشخص الخاضع ألحكام هذا القانون مصلحة شخصية مباشرة او غير مباشرة‬
‫"يستخلصها لنفسه او لغيره ‚ تؤثر او من شانها ان تأثر على أدائه الموضوعي والنزيه والمحايد لواجباته المهنية‬

4
2009 et en 2019․ Si l’ancien article 78 du code de commerce a résisté plus de 40
ans sans faire l’objet d’aucun révision

L’article 200 du CSC a connu trois versions dans un laps de temps très court 9․

L’explication est simple dans la mesure ou le phénomène de conflit d’intérêts est


non seulement au cœur du droit moderne des sociétés commerciales ‚mais qu’il
est partagé par d’autres branches tel que le droit des marchés financiers en
particulier ․Ainsi, La dernière modification qu'a connue l'article 200 du CSC est
celle par la loi n°2019- 47 du 29 mai 2019 relative à l'amélioration du climat de
l'investissement.

De plus, les débats doctrinaux sur l’intérêt social ont fait émerger des opinions
diverses et contrastées ․Selon une version minimaliste, l’intérêt social doit
s’entendre comme l’intérêt des associés ․Selon cette vision, la société est
constituée dans l’intérêt des associés qui attendent une création de richesse ․

Pour la vision maximaliste, l’intérêt social a été identifié par attachement à une
entité juridique, la personne morale, ou à une entité économique, l’entreprise ․

 Le thème des conflits d'intérêts est aujourd'hui d'une actualité brûlante 10. De ce
fait, l’étude du sujet « les conflits d'intérêts dans la société anonyme » présente
un intérêt théorique certain dans la mesure où elle rompt avec les études
précédentes portant sur les conflits d'intérêts et qui focalisent surtout sur les
conflits qui peuvent surgir entre les actionnaires majoritaires et minoritaires.11

En pratique, l'objectif est de restaurer un climat de confiance favorable à


l'activité des marchés de capitaux. Ce qui a vraiment changé au cours des
dernières années, c'est une perception plus aigue de l'étendue des conflits

9
Ali NENNI ‚ouvrage précédent, p 340
10
J. MORET-BAILY, « Les conflits d’intérêt, définir, gérer, sanctionner  », Lextenso éd. LGDJ, 2014, p .9
11
 Emna mabrouk, les conflits d’intérêts dans la société anonyme, [Link]., p12

5
d'intérêts dans la société anonyme et des risques qu'ils font courir aux relations
commerciales, le marché financier et à l'économie toute entière. Surtout avec le
passage de la Tunisie par une grave crise économique dû à des stratégies
politiques ratées et à la propagation de la pandémie de covid 19.

Le conflit d’intérêts présente, pour la société commerciale et les associés, un


danger qui peut se répercuter, à court terme ; sur les résultats de l’exploitation et
peut entrainer ; à plus long terme ; un risque relatif à la pérennité de la société
commerciale. C’est pour cela, le conflit d’intérêts a retenu l’attention du
législateur soucieux d’assurer à la société commerciale les conditions d’une
bonne gouvernance. 12

D’où la problématique qui s’impose pour ce sujet est la suivante :

Comment se manifeste la démarche législative


pour réglé les conflits d’intérêts dans la société
anonyme ?

Dans ce nouveau contexte ou les conflits d’intérêts constituent une question de


grande importance pour la structure du droit des sociétés anonymes, la
démarche législative pour l’encadrer ; telle qu’elle apparait à la lecture de l’article
200 du CSC ; se fonde sur une politique qui allie le préventif (première partie) au
curatif (deuxième partie)

12
Ali NENNI ‚ouvrage précédent, p 337

6
Premier partie : la démarche
préventive des conflits d’intérêt dans
la société anonyme.

La prévention peut être définie comme « toutes les dispositions prises pour
empêcher l’apparition , l’aggravation ou l’extension d’un danger , d’un risque ou
plus généralement , toute situation ( sanitaire , sociale ; environnementale ,
économique , etc.) dommageable comme une épidémie , un conflit .»13

Dans la mesure ou la survenance des conflits d’intérêts est liée à l’exercice de tout
pouvoir, il vaut mieux adopter une démarche qui tend à les prévenir.

La lecture d’article 200 du CSC illustre cette tendance en multipliant les procédés
visant à prévenir les conséquences fâcheuses des conflits d’intérêts dans le cadre
de la société anonyme.

Dans cette optique de prévention , le législateur a brassé large en utilisant les


moyens juridiques et en s’ouvrant également sur d’autres moyens aux conflits du
juridique14

Le législateur affiche explicitement un désir ardent de prévenir tout conflit


d’intérêts dans le but de maintenir une vie harmonieuse dans la société anonyme.
Par des nouveautés apportées au code des sociétés commerciales, il a renforcé les
devoirs des dirigeants sociaux (chapitre premier) , aussi il a essayé d’établir plus
de transparence par le réaménagement du régime juridique des conventions
réglementées (Chapitre deuxième ) .

13
[Link]
14
NENI (A) , Droit des sociétés commerciales, éd , Latrach ,Tunis, 2020, page 340

7
Chapitre 1 : La renforcement des devoirs des
dirigeants
Par les nouveautés apportées au code des sociétés commerciales, le législateur
cherche à assurer une meilleure protection des droits et intérêts de la société et de
ses actionnaires et de prévenir au maximum les conflits d’intérêt.

Pour cela, il a consacré un devoir « positif » de révélation des conflits d’intérêts


dont les dirigeants sont tenus de respecter (premier paragraphe) et aussi il a
renforcé leurs devoirs «  négatifs » ( deuxième paragrahe) 

Paragraphe1: Le devoir positif : la révélation des


conflits d’intérêts
Voulant protéger l’intérêt de la SA à conseil d’administration ainsi que l’intérêt
commun des actionnaires, le législateur tunisien a renforcé le devoir de
transparence dans l’article 200 du CSC. Il con vient donc de mettre l’accent sur la
consécration de l’obligation de révélation des conflits d’intérêts bien qu’elle ne
dépende pas de leur bon vouloir, cette mesure d’information est souvent méconnue
ou mal exécutée .15

Il faut combler ce manquement et l’imposer à d’autres personnes , autres que le


dirigeants , le devoir de détection des conflits potentiels16 

-La consécration de l’obligation de révélation des conflits


d’intérêt

15
D. SCHMIDI, «  Les conflits d’intérêt dans la société anonyme » , op ․cit ,n°25,p39․
16
Amna Mabrouk, « les conflits d’intérêts et des affaires ,mémoire de l’obtention du diplôme de master
professionnel en droit de l’entreprise et des affares,Faculté de droit et des science politique de
sousse ,Année 2020-2021, page 15 ․

8
Prévenir les conflits d’intérêts, c’est d’abord l’interdire mais une fois le conflit a
existé, il faut le révéler, cette mesure d’information a pour objet l’existence du
conflit et son impact sur la société et les actionnaires ․ Il faut d’abord examiner la
mise en œuvre de l’obligation de révélation ainsi que la preuve de son exécution․

Pour la mise en œuvre de l’obligation de révélation , selon l’article 200 CSC


paragraphe premier nouveau , le législateur tunisien a con sacre l’obligation de
révélation des conflits d’intérêts, il a préféré utiliser le verbe déclarer au lieu du
verbe révéler en prévoyant que les dirigent sont tenus se «  déclarer » par écrit tout
intérêt direct ou indirect qu’il ont dans les contrat ou opérations conclues avec la
société ou demander de le mentionner dans les procès- verbaux du conseil
d’administration․ »17

De ce fait, le dirigent doit désormais, informer les organes sociaux par déclaration
ou par transcription aux procès-verbaux du conseil de l’existence de son intérêt
personnel, qu’il soit direct ou indirect , pour que ceux-ci puissent décider en
connaissance de cause ․ Le principe d’évitement des conflits d’intérêts se fonde
aussi bien par référence au contrat de mondat régi par le COC , puisque selon la
conception classique le dirigent de la société anonyme est considéré comme un
mandataire social qui doit exercer ses fonctions avec diligence d’un entrepreneur
avisé et un mandataire loyal , que dans une analyse institutionnelle de la société․

De plus, représentant les intérêts des actionnaires, les administrateurs se


chargent d’un devoir de rendre compte18 ․Dans ce sens , M ,Dominique SCHMIDT
a ajouté qu’il demeure nécessaire de révéler les conflits d’intérêts au marché
dans l’hypothèse ou la société est cotée en bourse․19

17
Mervet Frikha, « l’article 200 du code des sociétés commerciales »op, cit , page 39 
18
Ibid. ,p35
19
M, Dominique SCHMIDT dit, à ce propos, qu’: »assurer la transparence de l’information fournie au
marché c’est assurément révéler le conflit d’intérêt non seulement à l’occasion des assemblées
générales d’actionnaires, mais encore à l’occasion de toute opération de marché donnant lieu à
information de public », D ,SCHMIDT ,op ․cit ,n° 35, p47

9
En guise de conclusion, le législateur aurait dû prévoir, dans le paragraphe
premier de l’article 200 nouveau du CSC, que toute situation de conflits
d’intérêts, potentiels ou réalisés, d’administration qu’à l’assemblée générale et
au marché dans l’hypothèse ou la société est cotée en bourse ․Cette révélation
doit être parfaite et loyale ․Le rapport qui la présente constitue la preuve de son
exécution․ Pour cela , la nouvelle réglementation de l’article 200 du CSC ,
s’efforce d’assurer une information suffisante concernant les conflits d’intérêts
pouvant avoir lieu à l’occasion des opérations effectuées entre la société ou
demander de le mentionner dans les procès-verbaux du conseil
d’administration »․

D’après les dispositions de l’article susmentionné, on constate que le législateur a


exigé la déclaration des conflits d’intérêts selon deux formes : par écrit ou bien
selon la mention dans les procès- verbaux du conseil d’administration ce qui nous
permet d’observer clairement l’obsession du législateur de laisser une trace écrite
garantissant la preuve de l’exécution de l’obligation de révélation des conflits
d’intérêts․20 

Il convient par conséquent, de distinguer entre la preuve de l’existence de deux


intérêts opposés et la preuve de l’innocuité du conflits d’intérêt․

Quant à la première preuve, elle permet la connaissance de cette situation par les
organes sociaux21․Cette preuve ressort par application de l’article 200 nouveau du
CSC , de l’écrit ou des mentions aux procès-verbaux du conseil d’administration
exprimant la d déclaration de l’intéressée․

Portant sur l’existence de deux intérêts opposés, cette première preuve affirme la
transparence, la bonne foi et le dévouement du révélateur du conflit․

20
Mervet Frikha, « ouvrage précédent »op, cit , page 39 
21
Dominique SCHMIDT affirme, à cet égard que « pour traiter un conflits d’intérêt, il faut savoir qu’il existe
Il importe, donc , que soit portée à la connaissance des organes sociaux l’existence en la personne d’un
actionnaire ou d’un dirigent d’un intérêt personnel opposé à l’intérêt commun » SCHMIDT ,op ,cit ,n°24, p36

10
A l’opposé, le silence gardé sur l’existence de ce conflit alimente en légitimes
soupçon de dissimulation ․En cette matière l’omission de la négligence sont
suspects et n’autorisent pas l’invocation de la bonne foi ․Il constituent même une
présomption irréfragable de captation en raison des qualités et fonctions
qu’occupent les personnes concernées dans la société․

Quant à la seconde preuve concernant l’innocuité du conflits d’intérêts, elle


soulève une vraie difficulté․ Il s’agit d’établir que l’intéressé, qui avait la
possibilité de satisfaire l’un ou l’autre intérêt, a préféré son intérêt dans la
société au détriment de son intérêt personnel․

-La détection des conflits d’intérêt non révèles


L’instauration de l’obligation de révéler les conflits d’intérêts demeure seule
insuffisante surtout que toute confiance a ses limites quel que soit le
dévouement des personnes concernées22․Aussi, les opérations effectuées entre
la société et ses dirigeants sont souvent frappées d’une présomption irréfragable
de captation en raison des fonctions et qualités des parties ; et c’est d’ailleurs ce
que justifie les innovations apportées à l’article 200 du CSC ․

Et pour consolider la transparence dans la société ; le législateur a confié une


obligation de détection des conflits non révélés à des personnes déterminées ․

En effet, aux termes du paragraphe II 3 de l’article 200 nouveau du


CSC : « chacune des personnes indiquées à l’alinéa 1 ci-dessus doit informer le
président –directeur général, le directeur général ou l’administrateur délégué de
toute convention soumise aux dispositions du même alinéa, dès qu’il en prend
connaissance »․

D’après ce dispositif, on déduit que les personnes tenues de détecter les


22 80
C. PRIETO, [Link], p.102.

11
conflits d’intérêts non révélés sont le président du conseil d’administration,
l’administrateur délégué et le directeur général. Ils sont, aussi, les directeur
généraux adjoints, les administrateurs, les actionnaires personnes physiques
détenant directement ou indirectement une fraction des droits de vote
supérieurs à 10 %, la société contrôlant au sens de l’article 461 du CSC et la
société dans laquelle les directeurs généraux ou les administrateurs sont
intéressés.

Ainsi, toutes ces personnes sont tenues, par application du paragraphe

II 3 de l’article 200 nouveau du CSC, de veiller à ce que l’intérêt de la


société ne soit pas hasardé par la recherche d’intérêts personnels
contraires, tel que : la satisfaction de fins personnelles extérieures à la

société, l’appropriation d’un part illégitime de la richesse sociale23

Toutefois, l’inobservation de cette obligation d’information incombant aux


administrateurs n’est pas sanctionnée par l’article 200 nouveau du CSC24

Concernant la détection de l’intérêt personnel ;la première hypothèse concerne


les conventions libres. Conformément au paragraphe IV de l’article 200 nouveau
du CSC, ces opérations․ Doivent être communiquées par l’intéressé au président
du conseil d’administration, au DG ou à l’administrateur délégué. Une liste
détaillée de ces opérations est communiquée aux membres du conseil et aux
commissaires aux comptes qui examinent ces opérations selon les normes
d’audit d’usage.

La deuxième hypothèse concerne les conventions occultes25. La trace de ces


23
[Link], [Link], n°53, p.65
24
Malgré cela, les administrateurs qui auraient eu connaissance de l’existence de conflits d’intérêts sans
en informer le PDG, le DG ou l’administrateur délégué pourraient engager leur responsabilité sur la
base de l’article 207 du CSC qui prévoit que les membres du conseil d’administration sont responsables
des infractions aux dispositions législatives applicables aux sociétés anonymes
25
Les conventions occultes supposent une collusion entre par exemple le PDG ou le DG qui signe la
convention au nom de la société et le contractant intéressé à la convention et qui peut être le dirigeant

12
opérations existe normalement dans les documents comptables de la société.
À défaut87, les commissaires aux comptes par les investigations qu’ils opèrent
et les actionnaires par le droit de communication88 qu’ils possèdent sont
tenus de rechercher les conventions qui ne leur ont pas été déclarées et
détecter les conflits d’intérêts y dérivant.26

Paragraphe2 : Le devoir négatif   l'affaiblissement des


prérogatives accordées aux dirigeants

Le législateur a choisi de perfectionner les interdictions imposées aux


dirigeants sociaux. En effet, il ne s’est pas limité à réaménager le régime
juridique des conventions interdites seulement mais a, aussi, instauré de
nouvelle prohibition relative à l’exercice du droit de vote

-L’interdiction de l’exercice du droit de vote

Le droit de vote permet aux citoyens d'un État de voter pour exprimer leur


volonté, à l'occasion d'un scrutin. Dans son application contemporaine, il
pose un choix et permet, soit d'élire des gouvernants à but représentatif, soit
de répondre à une question posée par la gouvernance, sous forme
de plébiscite ou de référendum. Les démocraties modernes présentent le
droit de vote comme un droit civique fondamental.27
L’article 200 nouveau du CSC dispose que :« L’intéressé ne peut prendre part
au vote ».

Avec la réforme de 2009, la loi est devenue explicite sur l’exclusion du droit

lui-même. Le premier trouve son intérêt personnel à ne pas aviser le conseil d’administration et
l’auditeur légal de l’accomplissement de cette opération
26
Amna Mabrouk, « les conflits d’intérêts dans la société anonyme »op cit,page2
27
[Link]

13
de vote pour la personne intéressée. Puisqu’on ne peut pas être juge et
partie. C’est une solution heureuse qui constitue une application du principe
« d’évitement des conflits d’intérêts » énoncé dans le paragraphe premier de
l’article 200 nouveau du CSC. Afin de protéger l’intérêt social, le législateur a
prévu de geler le droit de vote du dirigeant intéressé.

Toutefois, le législateur aurait dû prévoir simplement que « l’intéressé ne


peut voter à aucun titre et sur aucune délibération relative aux opérations
qu’il conclue avec la société ». Cette prescription est simple, claire, générale
et déterminante. Elle peut remplacer les deux règles figurant dans l’article
200 nouveau du CSC et interdisant l’exercice du droit de vote aussi bien au
niveau du conseil d’administration qu’au niveau de l’assemblée générale des
actionnaires.
Pour les règles régissant les délibérations Toute décision en conseil
d’administration ou en assemblée générale doit être prise à un quorum et à
une majorité déterminée par la loi28.

Cette disposition signifie que l’intéressé ne peut être compté ni dans le calcul
du quorum ni dans celui de la majorité29. Elle est logique30 et le législateur est,
à ce propos, salué puisqu’il l’a prévue expressément.

Il est à signaler que la loi n’impose pas un nombre minimum de votants


lorsqu’elle retire le droit de vote à des administrateurs ou à des actionnaires.
À cet égard, il a été prononcé qu’un seul administrateur peut se prononcer
valablement sur l’autorisation si l’exception d’un seul31

28
Les articles 175 alinéa premier, 199 et 291 du CSC
29
Il est à signaler que particulièrement, lorsqu’il s’agit d’opération conclue avec un dirigeant n’ayant pas
la qualité d’actionnaire, l’interdiction de prendre part et l’exclusion des actions lors du calcul du quorum
et de la majorité ne s’appliquent qu’au vote dans le conseil d’administration
30
J. HÉMARD, F. TERRÉ et P. MABILAT, « Sociétés commerciales », T.1, Dalloz, Paris, 1974, n°1029,
p.903.
31
D. BUREAU, [Link]éc, n° 56, p.13.

14
Mais, quelle serait la solution lorsque tous les administrateurs se trouvent
exclus du droit de vote ?

Il peut arriver que tous les administrateurs ne puissent prendre part au


vote, et ce, notamment lorsqu’il s’agit d’une convention effectuée entre
deux sociétés, par exemple la société-mère et sa filiale, ayant les mêmes
administrateurs. Dans ce cas exceptionnel, le conseil d’administration se
trouve dans l’impossibilité de statuer régulièrement. Il a été prononcé, à
ce propos, que l’opération en question pourra être conclue à condition
que sa validité soit confirmée par un vote de l’assemblée générale
intervenant

sur rapport spécial du ou des commissaires aux comptes exposant les


motifs pour lesquels la procédure d’autorisation n’a pu être
respectée32.

32
Rép. Min. à M. LAURIOL ; Journal officiel, débats, Assemblée nationale 26 juillet 1975, p.5429 in
Rev. Soc, 1975, p.744.

15
-Les opérations interdites

Certaines conventions passées entre la société et un de ses dirigeants sont en


principe interdites. Par cette prohibition, le législateur a entendu « mettre fin aux
crédits âprement sollicités et abusivement consentis par une société à ses
administrateurs ou à leurs proches parents33.» Il s’agit des opérations de crédit
de toute forme, y compris les crédits par signature, d’où il est interdit au
dirigeant de se faire garantir par la société qu’il dirige34.

L’interdiction de ces opérations s’insère dans le cadre de la démarche préventive dans


la mesure où elle oblige les dirigeants à adopter un comportement qui cadre avec
l’obligation générale de gérer et d’administrer la société avec la diligence d’un
entrepreneur avisé et d’un mandataire loyal35․ De ce fait, il convient de préciser les
conventions interdites une à une.

a) Les emprunts

Le législateur n’a pas défini le terme « emprunt ». Appartenant à la terminologie


bancaire, il s’agit « du prêt d’une somme d’argent pour une durée quelconque
remboursable suivant des modalités variables accompagnées ou non de garantie
assortie ou non de contrepartie »36.

Le législateur prohibe à travers les dispositions de l’article 200 nouveau du CSC,


toutes les formes d’emprunts consentis de la société anonyme à ses dirigeants,
quelles que soient leurs caractéristiques. Peu importe qu’il s’agisse d’emprunts à

33
G. RIPERT et R. ROBLOT, « Traité de droit commercial », T. 1, Vol. 2, par M. GERMAIN, 19ème éd. LGDJ,
2009, n°1651.
34
A. OUERFELLI, « La vraie réforme du droit des sociétés a bien eu lieu », RJL, n°7, 7 juillet 2009, p.29
35
M.-C. MIGEAN, « Les conventions entre les sociétés et ses dirigeants », P. A, juillet 1987, n°82, p.11.

36
Y. BALENSI, [Link], p.85
16
long, moyen ou court terme, productifs ou non d’intérêts, assortis ou non de
sûretés

b) Les avances

Malgré, ces réforme de la loi du 2009, le législateur n’a pas défini la notion «
avance ». Mais il peut être considéré comme étant un paiement anticipé de tout
ou parti d’une somme dû ou encore un prêt consenti dans des conditions
déterminées37.

Toutefois, le fait d’insérer les avances parmi les opérations interdites, le législateur
a voulu fermer la porte, d’une façon définitive, devant les partenaires de la société
anonyme qui veulent consentir auprès de leur société des avances sans qu’ils les
aient besoin ou qu’elles sont dommageables pour la société.

C) Les découverts

La prohibition s’applique également à l’octroi de « découvert en compte courant ou


autrement ». Cette opération est une forme particulière de prêt, il peut apparaître
sous forme de découvert en compte courant, d’avance par caisse, de facilités de
caisse, ou de paiement par la société de dettes personnelles du dirigeant.

D) Les subvention

Les subventions sont des aides financières versées par la société à une personne
déterminée ou un secteur précis pour les encourager afin d’améliorer l’image de
marque de la société. Elles peuvent prendre la forme d’un objet non pécuniaire, tel
que les cadeaux distribués par la société au début de chaque année․ Vu le danger
qu’elles peuvent causer, le législateur les a supprimées en 2005, de la liste des

37
Dictionnaire Encyclopédique 2000, p.127.
17
conventions réglementées et les a introduites dans celles des conventions interdites.
Ces modifications sont soutenues par la réforme de 2009․

e) Les cautionnements et avals

Le "cautionnement" est une sûreté personnelle par laquelle une personne


nommée "la caution" s'engage à l'égard d'une troisième dite "le bénéficiaire
du cautionnement" à payer la dette du débiteur principal dite "la personne
cautionnée", pour le cas où cette dernière faillirait à ses engagements 38․
Concernant l’aval, c’est une forme de cautionnement adaptée à la lettre de change.
II est régi par l’article 28939 du CC.
Les cautionnements et avals consentis par la société en faveur d’un dirigeant social
sont, également, interdits. Le législateur, soucieux de la protection des biens de la
société, a voulu éviter que les prêts ne soient pas réalisés ultérieurement et d’une
manière indirecte

[Link] .
38

39
Qui prévoit : « Le payement d'une lettre de change peut être garanti, pour tout ou partie de son
montant, par un aval.

18
Section 2: La rationalisation des opérations
conclus entre la SA et ses des devoirs des
partenaires

Le législateur tunisien a réaménagé à travers l’article 200 nouveau du CSC le


régime juridique des conventions passées entre la société anonyme à conseil
d’administration et celle à directoire et conseil de surveillance et leurs partenaires
sociaux. Ce régime repose sur la précision des opérations suspectes (paragraphe1)
tout en instaurant un régime de contrôle des conventions réglementées
(paragraphe2).

Paragraphe1 : Les opérations suspectes

Ne voulant rien laisser au hasard, le législateur a, ainsi, ajouté deux critères


supplémentaires pour la qualification de la convention, soit en raison de la qualité
du contractant soit en raison de l’objet de la convention ․

Le paragraphe II.1 de l’article 200 nouveau du CSC prévoit que : « toute convention
conclue directement ou par personne interposée entre la société, d’une part, et le
président de son conseil d’administration, son administrateur délégué, son
directeur général, l’un de ses directeurs généraux adjoints, l’un de ses
administrateurs, l’un des actionnaires personnes physiques y détenant directement
ou indirectement une fraction de vote supérieurs à 10 % … ».

Le législateur soumet Les opérations suspectes, à une simple autorisation préalable


du conseil d’administration.

19
Ensuite, sont soumises à la procédure de contrôle préalable, les conventions
conclues par le ou les administrateurs délégués. En effet, en cas d’empêchement
temporaire ou de décès du président directeur général, il appartient au conseil
d’administration de déléguer un de ses membres dans les fonctions de président.
Cette délégation est donnée pour une durée limitée à trois mois renouvelables
une seule fois. En cas de décès, cette délégation doit être exceptionnelle. Cette
délégation vaut jusqu’à l’élection du nouveau président40

En plus, l'article 200 du CSC vise, expressément, le directeur général. Selon l'article
217 du même code, si ce dernier est membre du conseil d'administration, la durée
de ses fonctions ne peut excéder celle de son mandat en tant qu'administrateur.

Quant aux directeurs généraux adjoints, le législateur n'a pas précisé s'ils doivent
ou non être membres du conseil d'administration. Il semble que la qualité
d'administrateur n'est pas requise pour être DGA de la société surtout que leur
fonction est assimilable à celle du DG qui peut ne pas avoir la qualité
d'administrateur. Malgré cela, le DGA doit respecter la procédure de contrôle des
conventions réglementées même s'il n'est pas administrateur de la société.

De même, pour les administrateurs, la procédure de transparence ne


s’applique pas si la convention est conclue à une date à laquelle le contractant
n’avait pas encore le statut d’administrateur de la société. Il importe peu que
ces opérations soient en cours d’exécution lorsque l’intéressé devient membre
du conseil d’administration.41

Cela signifie que, désormais, le contractant concerné par la procédure de contrôle


n’est pas nécessairement un dirigeant. Il peut être un actionnaire ayant un certain
poids dans la société́ et dont l'influence au sein de l'organe délibérant n'est pas
négligeable42

40
Art.210 du CSC
41
Safa Gana, les conventions réglementées dans la société anonyme, mémoire de mastère en droit des
affaires, faculté de droit et des Sciences Politiques de Sousse, 2014
42
KnaniYoussef,« les conventions entre les sociétés anonymes et ses dirigeants à la lumière de l'article 200 du
code des sociétés commerciales », RTD. 2001. p. 335
20
N'étant pas définie légalement, l'interposition de personne évoque l'idée de
quelqu'un qui vient s'intercaler entre deux autres personnes. Elle constitue une sorte
de tromperie destinée à tromper les tiers sur l'identité́ du véritable intéressé à une
opération juridique43
Et en raison de leur objet, certaines opérations sont soumises à l’autorisation
préalable du conseil d’administration, à l’approbation de l’assemblée générale et à
l’audit du commissaire aux comptes. Elles sont énumérées aussi bien par le sous
paragraphe 2 que par le sous paragraphe 5 du paragraphe II de l’article 200
nouveau du CSC.

Le législateur a soumis certaines opérations et a nonobstant la personne


contractante ; dirigeant ou tiers, à une procédure de contrôle aggravée. Un
contrôle préalable fait par le biais de l’autorisation du conseil d’administration à la
lumière d’un rapport spécial dressé par le ou les commissaires aux comptes, et un
contrôle postérieur à travers l’approbation de l’assemblée générale suite au
rapport spécial du commissaire aux comptes. Ces opérations sont les suivantes :44

1- La cession des fonds de commerce ou d’un de leurs éléments, ou leur


location à un tiers, à moins qu’elles ne constituent l’activité principale
exercée par la société. Ainsi cela signifie que ce contrôle à trois niveaux
peut être justifié par la gravité de ces actes. Ainsi, si elle n'est pas bien
étudiée, la cession du fonds de commerce peut faire subir la société un
préjudice financier notable. En effet, le fonds de commerce constitue un
bien au même titre que les immobilisations. En cas de cession, le céder va
priver la société de ce bien vital ce qui peut endommager les intérêts de la
société.
De plus, la cession de l'un des éléments du fonds de commerce peut être
préjudiciable à la société si elle concerne par exemple le nom
commercial, le droit au bail... Tandis que le même acte peut

43
NaouelCheniti,Les conflits d'intérêts entre la société et ses dirigeants en matière contractuelle Mémoire de
diplôme des études approfondies en droit communautaire et relations Maghreb-Europe, Faculté des Sciences
Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis, 2002,p111
44
Amna Mabrouk, « les conflits d’intérêts dans la société anonyme »op cit,page49
21
Être profitable à la société lorsqu'il a pour objet, par exemple, la vente
de certains matériels jugés par la société comme étant dépassés et
dont le rendement est négligeable.45

2- L’emprunt important conclu au profit de la société dont les statuts fixent


le minimum. Conclu au profit de la société dont les statuts fixent le
minimum, Ainsi Dans le cas où l'emprunt franchirait le seuil fixé par les
statuts, il constitue une opération soumise à la procédure des conventions
réglementées, puisque les statuts pourraient, fixer un montant minimum
libérer l'endettement de la procédure des conventions réglementées. La
société est tenue de fixer dans ses statuts un montant minimum de son
endettement sous forme d'emprunt à partir duquel ce dernier est
considèré important.
Il en découle que tout dépassement du montant minimum d'endettement sous
forme emprunt, sans modification de statuts et sans soumettre l'opération aux
procédures imposées de contrôle, constitue un dépassement de pouvoir par les
dirigeants sociaux.46

- La vente des immeubles lorsque les statuts le prévoient. Ainsi cette


opération n’est pas imposée à tous les immeubles appartenant à la
société, mais uniquement aux ceux stipulés expressément dans les
statuts. Il peut être motivé par la gravité de pareilles Conventions à la
société et le particularisme de leur objet․

La garantie des dettes d’autrui, à moins que les statuts ne prévoient une
dispense de l’autorisation, de l’approbation et de l’audit dans la limite
d’un seuil déterminé, à l’exception des établissements de crédit et
d’assurance, d’après ces termes le législateur a étendu donner un champ
d’application assez large dans un souci pour protéger au maximum la
société.Toutefois, les dispositions concernant la garantie des dettes
d’autrui « ne s’appliquent pas aux établissements de crédit et d’assurance
». Cette exclusion est logique et elle peut être justifiée par la lourdeur
des procédures de contrôle exigées pour l’accomplissement de ces
conventions surtout que l’une des principales activités de ces sociétés
consiste précisément dans l’octroi des garanties.47
45
SafaGana, les conventions réglementées dans la société anonyme,[Link], p32.
46
Mervat Frikha, l’article 200 de code des sociétés commerciales, [Link], p107/108
47
Emna mabrouk, les conflits d’intérêts dans la société anonyme, [Link], p55.
22
Paragraphe2 : Les conventions
réglementées

Conformément aux dispositions de l’article 200 nouveau, la procédure du contrôle


des conventions se fait à travers les étapes suivantes ;

- Une déclaration au conseil d’administration

- Un rapport spécial du commissaire aux comptes au conseil d’administration

- Une autorisation préalable du conseil d’administration

- Un avis du commissaire aux comptes

- Un rapport spécial du commissaire aux comptes à l’assemblée


générale des actionnaires

- Une approbation a posteriori par l’assemblée générale des conventions


autorisées

Conformément à cet article, la procédure de contrôle des conventions


réglementées passées entre la société anonyme et ses partenaires sociaux se
caractérise par l’instauration des procédures de contrôle assez lourdes.

Toutes ces étapes se résument en un contrôle a priori et un contrôle a


posteriori

-le contrôle a priori

Pour que la convention soit autorisée par le conseil d’administration ou par


le conseil de surveillance, la saisine de l’un de ses deux organes est nécessaire

23
D’abord, c’est le dirigeant contractant de la société qui doit informer, selon le cas,
le PDG, le DG, ou l’administrateur délégué lorsqu’il a connaissance d’une
convention entrant dans le champ d’application du sous paragraphe 1, 2 et 5 de
l’article 200 nouveau du CSC․

Avec la réforme de 2009, la déclaration est également nécessaire lorsque le


dirigeant est indirectement intéressé ou traite par personne interposée.

Par ailleurs, le commissaire aux comptes joue un rôle primordial dans la


procédure de contrôle des conventions réglementées. Avec la réforme apportée
par la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat
d’investissent, dans son chapitre V intitulé :

« Renforcement de la gouvernance des sociétés commerciales », le


législateur a ajouté à l’article 200 du CSC dans son paragraphe II numéro 2, un
deuxième sous paragraphe qui prévoit que : « Le conseil d'administration examine
l’autorisation à la lumière d'un rapport spécial dressé par le ou les commissaires
aux comptes indiquant les impacts financiers et économiques des opérations
présentées sur la société ». Après sa réunion, le conseil d’administration ou de
surveillance peut soit rejeter la demande d’autorisation, s’abstenir de se prononcer
ou d’autoriser la convention.

Dans la première hypothèse, et si le conseil refuse de donner son


autorisation, la loi est restée muette. Dans ce cas, le dirigeant doit s’empêcher de
conclure la convention avec la société. L’assemblée générale n’a pas qualité pour
intervenir à ce stade de la procédure et substituer son autorisation à celle du
conseil. Son intervention empiéterait sur les prérogatives formellement attribuées
par la loi à ce dernier. Il n’y a donc pas de recours possible contre ce refus.

Si, malgré le refus l’opération a été conclue, elle encourut les mêmes sanctions que
celles du défaut d’autorisation, à savoir l’annulation.

24
Pour la deuxième hypothèse, ou le conseil d’administration peut s’abstenir de se
prononcer. Son silence peut se baser sur l’une des raisons suivantes

-Le contrôle a posteriori

Les conventions entre la société et ses dirigeants doivent en dernier lieu être
soumises à l’approbation de l’assemblée générale des actionnaires suite à un
rapport spécial par le commissaire aux comptes. La désignation de commissaire aux
comptes, est obligatoire48 dans la société anonyme, il est choisi parmi les membres
de l’ordre des experts comptables de la Tunisie.

La mission des commissaires aux comptes ne se borne pas uniquement à un


contrôle de la régularité des comptes de la société, ils effectuent une mission
générale de contrôle de la vie sociale, en raison de leur pouvoir d’investigation et
des moyens mis à leur disposition, mais sans aucune immixtion dans la gestion de
la société.

Ainsi avisé, le commissaire aux comptes va établir un rapport spécial, qui


contient tous les renseignements nécessaires pour que les actionnaires puissent y
trouver les éléments suffisants pour pouvoir statuer en pleine connaissance de
cause. Le commissaire aux comptes doit intervenir pour accroître la transparence
de l’information aux actionnaires et pour contrôler le respect des procédures de
l’autorisation et de l’approbation des conventions dont il a été avisé.

Le rapport est qualifié « spécial » parce que la loi impose de le présenter à part
c’est une notion purement formelle de la spécialité que l’on aboutissait.

Les commissaires aux comptes commettraient certainement une faute susceptible


d’engager leur responsabilité, s’ils n’établissent pas de rapport spécial sur les
conventions autorisées dont ils auraient été avisés, sur celles dont ils ont eu

48
C. LABASTIE DAHDOUH et H. DAHDOUH, « Droit commercial », Vol.2, T.2, Entreprises sociétaires et
groupements privés, 1ère éd. IHE, 2007, p.219.

25
connaissance à l’occasion de leur contrôle et également sur celles dont ils
n’auraient pas été avisés, mais dont il aurait été fait mention sur le registre de
délibérations du conseil d’administration ou du conseil de surveillance.

Concernant le délai de dépôt du rapport de commissaire aux comptes, aucune


disposition ne le prévoit expressément. L’ancien texte a également gardé le silence
à propos de ce délai. Cependant, l’article 280 du CSC prévoit que tous les
documents nécessaires à l’assemblée doivent être communiqué « quinze jours au
moins avant la date prévue pour la tenue de l’assemblée ».

Le commissaire aux comptes joue un rôle prépondérant et de premier ordre dans le


contrôle des conventions49

49
R. TRABELSI, « Le commissaires aux comptes et le bon fonctionnement de la société », mémoire de mastère en droit
privé, Faculté de Droit de Sfax, Sfax, 2004-2005, p.38
26
Deuxième partie : la démarche
préventive des conflits d’intérêt dans la
société anonyme: la démarche curative
Dans l’exercice de ses fonctions, le dirigeant est susceptible de prendre des décisions et
d’accomplir des actes en vue de satisfaire son intérêt personnel. Lequel appelle une
sanction, c’est-à-dire toute mesure même réparatrice justifiée par la violation d’une
obligation. En effet la démarche curative intervient pour sanctionner la méconnaissance
des exigences tendant à éviter le risque crée par le phénomène de conflit d’intérêts.
L’étude des sanctions portera sur des sanctions civiles « section premier  » et sur la
mise en œuvre de la responsabilisé pénale du dirigeant de la SA « section deuxième ».

Section premier : les sanctions civiles :


Les sanctions civiles qui peuvent s’appliquer en cas de méconnaissance des exigences
légales tendant à encadrer juridiquement le conflit d’intérêt sont variables, le conflit
d’intérêt peur engager la responsabilité civile de son auteur (paragraphe 1) ou il
concerne également le sont de l’acte juridique (paragraphe 2).

Paragraphe 1 : la nullité de l’acte


Le législateur a déterminé expressément le sort des conventions conclues en
violations des règles de forme et en favorisant l’intérêt personnel du dirigeant à celui
de la société, il s’agit de forme et en favorisant l’intérêt personnel du dirigeant à celui
de la société, il s’agit de la nullité dans la mesure ou certaines conventions ou
opérations réalises sont soit frappées de nullité soit annulables.

27
En effet les cas de nullité sont diverses, elle peut résulter soit d’un défaut
d’autorisation préalable du conseil d’administration ou de surveillance et un effet
dommageable, soit de la conclusion d’une opération interdite, ainsi en cas de dol.

En ce qui concerne de défaut d’autorisation préalable et l’effet dommageable, le code


des sociétés commerciales à prévu la nullité des conventions contractées sans
l’autorisation du conseil d’administration ou du conseil de surveillance, édictée par les
articles 202 et 251 CSC50.

Sont susceptibles de faire l’objet d’un recours en annulation, les obligations et


engagements pris par la société, en l’absence de l’autorisation du conseil
d’administration, au profit des dirigeants51.

Afin de protéger au maximum l’intérêt de la SA contre les agissements abusifs des


dirigeants le législateur ajoute a travers l’article 202 du CSC que les conventions
soumises à l’article 200 du code « contractés sans l’autorisation préalable du conseil
d’administration, peuvent faire l’objet d’annulation si elles entrainent des dommages a
la société ».

L’exigence d’un dommage pour prononcer la nullité exprime le souci du


législateur de limiter les cas de nullité.

En effet l’action en nullité se prescrit dans un délai de trois ans, est introduite par
la personne que la loi a voulu protéger, les articles 202 et 251 on gardé le silence à
propos des personnes titulaires du droit d’exercer cette action, on peut considérer, en
premier lie habilité à agir à travers ses représentants légouse.

Pour les opérations interdites l’ancien article 78 cc n’a pas déterminé la sanction
de la conclusion des opérations interdites, avec le réforme de 2009, le législateur a
enlevé cette ambigüité et a mentionnée expressément cette sanction dans les alinéas
premier et troisième de l’article 200 nouveau du CSC.
50
Mabrouk (A) : les conflits d’intérêts dans la société anonyme, mémoire, faculté de droit et des sciences de
Sousse, 2020, p 74.
51
Neni (A) : les sociétés commerciales, faculté de droit et des sciences politiques du Tunis, p 347 .
28
Pour le dol est conformément aux dispositions du paragraphe 4 de l’article 200 CSC
« les conventions approuvés par l’assemblée générale, ainsi que celles qu’elle
désapprouve produisent leurs effets à l’égard des tiers sauf lorsqu’elles sont annulées
pour dol ».

Pour l’effet rétroactif de la nullité, la convention déclarée nulle par le juge, est censée
n’avoir existé des sons origine, elle disparait avec tous les effets qu’elle a pu produire,
le code des sociétés commerciales ne traité par l’effet rétroactif de la nullité des
conventions conclus par les dirigeants de la SA , revenant au COC, l’alinéa premier de
l’article 325 prévoit que « l’obligation nulle de plein ne peut produire aucun effet sauf
la répétition de ce qui a été payé indument en exécution de cette obligation ».

Mais cette sanction semble inopérante puisqu’elle peut porter préjudice aux
intérêts des tiers qui ont fait confiance à la société pour cette raison le législateur
tunisien a essayé d’instaurer une stabilité juridique et de dépasser les effets néfastes
de la nullité envers les tiers, cela à travers la notion de bonne foi52.

En effet cette action est spécifique en premier lieu dans la mesure où elle n’est
envisageable qu’a la condition que la convention a entrainé des dommages à la
société.

Elle est spécifique en second lieu tant elle est susceptible de couverture 53. En effet les
articles 202 et 251 CSC visent la possibilité de couverture de la nullité d’une
convention. C’est l’assemblée générale des actionnaires qi est l’organe compétent pour
régulariser la convention viciée. En droit commun, la confirmation signifie que l’on
renonce a invoquer la nullité de l’acte. En effet, la confirmation est un acte juridique
unilatérale par lequel une personne considéré comme valable un acte qu’il pourra
normalement annuler.

52
Mabrouk (A) ; op cit, p 83.
53
Neni (A) ; op cit, p 347.
29
Pour les effets de la couverture de la nullité d’une convention rend cette dernière
valide a l’égard de tous, il en résulté, que la couverture a pour corollaire la disparition
de l’action en nullité.

Paragraphe 2 : la responsabilité civile de dirigeants


Un conflit d’intérêt peut surgir et donner lieu a une intervention judiciaire toutes les
fois ou un dirigeant préfère à l’intérêt de la société son intérêt personnel et abuse des
pouvoirs qui lui sont confiées. En effet l’inobservation des dispositions de l’article 200
nouveau du CSC permet d’engager la responsabilité civile des dirigeants de la SA
intéressées à la convention.

Cette responsabilité civile est ordinaire si le fonctionnement de la société se poursuit


dans les conditions normales, aussi une responsabilité aggravée peut sanctionner le
dirigeant de la SA en cas ou la situation financière de la société connait des
difficultés qui se traduisant la cessation de paiement.

a- La responsabilité civile ordinaire

La responsabilité civile permet le versement des dommages et intérêts par les


dirigeants responsables après avoir démontré une faute, un préjudice, et un lien de
causalité entre la faute et le préjudice.

En ce qui concerne la faute, conformément aux dispositions de l’article 207 CSC,


l’infraction aux dispositions législatives, la violation des dispositions statutaires ainsi
que la faute de gestion constituent les principaux faits qui engagent la responsabilité
du dirigeant de la SA. Pour le préjudice le demandeur à l’action établir l’existence d’un
dommage, les articles 82-83 COC disposent que celui qui a causé un dommage
quelconque a autrui lui doit une indemnisation par le versement des dommages et
intérêts.

30
Et enfin le demandeur de l’action doit établir un lien de causalité entre le dommage et
la faute, mais il faut avouer, que l’existence d’un lien de causalité est parfois difficile à
rapporter la preuve surtout dans le cas de pluralité d’administrateurs.

L’article 200 nouveau du CSC évoque des cas particulaires pour la mise en œuvre de la
responsabilité civile des dirigeants de la SA selon son paragraphe II.4, la responsabilité
civile des dirigeants sociaux au titre d’un conflit d’intérêts, peut être recherché dans
trois cas54.

Le premier cas : suppose une collusion entre le président ou le directeur général


qui signe la convention au nom de la société et le contractant intéressée qui peut être
le dirigeant lui même le deuxième cas, c’est est celui des conventions autorisées par le
conseil d’administration et désapprouvées par l’assemblée dans ce cas , la
responsabilité du dirigeant n’est engagée qu’a la réunion de deux conditions à savoir,
la désapprobation par l’assemblée générale des conventions autorisées par le conseil
d’administration et l’existence de conséquences préjudiciables à la société.

En ce qui concerne la mise en œuvre de la responsabilité civile d dirigeant, la


société est considéré comme la seule partie lésée qui a le droit d’exercer l’action
sociale contre tout dirigeant qui a porté atteinte aux intérêts de la société afin
d’obtenue réparation du dommage causé par leur faute.

L’action sociale ut univers appartient à la société lésée et doit être en principe


exercée par son organe représentatif, mais le législateurs a reconnu aux actionnaires la
possibilité d’intenter l’action ce singulier55.

54
Les conventions approuvées par l’assemblé générale, ainsi que celles qu’elle désapprouve, produisent leurs
effets a l’égard des tiers sauf lorsqu’elles sont annulées pour dol, pour les opérations autorisées par le conseil
d’administration et désapprouvées par l’assemblée générale, la responsabilité est mise à la charge de
l’intéressé et des administrateurs a moins qu’ils n’établissent qu’ils n’en sont pas responsable »
55
Mabrouk (A) ; les conflits d’intérêt dans le SA, p 94
31
Pour l’action sociale et univers conformément à l’article 220 CSC l’action sociale et
univers contre administrateurs est exercée par la société suit à une décision adoptée
par l’assemblée générale même si son objet ne figure pas a l’ordre du jour 56.

L’article 220 CSC mentionne dans son alinéa 2 que l’action sociale doit être exercée
dans un délai de trois ans, quand que point de départ du délai, celui commerce à courir
de la date de découverte du fait dommageable, toutefois l’assemblée générale peut
transiger avec l’administrateur auteur du fait dommageable ou même renoncer à
l’action , la renonciation est une déclaration unilatéral de la société de ne plus
poursuivre l’action.

Pour l’action sociale ce singulier, l’action peut être exercée, non seulement par la
société qui est victime directe de la faute des dirigeants, mais aussi par les actionnaires
agissant individuellement au nom et pour le compte de la SA l’article 220 du CSC exige
trois condition cumulative pour l’exercice de cette action57.

Il faut d’abord avoir la qualité d’actionnaire et non la qualité du membre du conseil


d’administration, il faut ensuite détenir au moins 5% du capitale de la société ne
faisant appel public a l’épargne et 3% lorsqu’elle fait appel public a l’épargne , il faut
enfin exercer l’action sociale dans un intérêt commun ».

b- La responsabilité civile aggravée

Les dirigeants sociaux qui ont conduit la société à la faillite ou bien à l’ouverture
d’un règlement judiciaire par des actes par les quels ont favorisant leurs intérêts
personnels au détriment de celui de la SA encourent une responsabilité particulier à
savoir l’action en comblement d’actif. En effet le législateur vise l’action en

56
Cette action devra exercée dans un délai de trois ans a compter de la date de la découverte du fait
dommageables. Toutefois, si le fait est qualifié de crime, l’action se prescrit après dix ans
57
Un ou plusieurs actionnaires détenant au moins 5% du capital s’il s’agit d’une société anonyme ne faisant pas
appel public a l’épargne ou 3% du capital s’il s’agit d’une société anonyme faisant appel public….exercer une
action en responsabilité contre les membres du conseil d’administration pour faute commise dans
l’accomplîmes de leurs fonctions ».

32
comblement d’actif a travers l’article 214 CSC pour la société anonyme a conseil
d’administration58.

Et a travers les dispositions de l’article 254 CSC pour la société anonyme a directoire et
conseil de surveillance. En effet le demandeur doit d’une part, s’assurer de
l’existence d’une faute de gestion de la part du dirigeant mise en cause et
d’autre part rapporter la preuve d’une insuffisance d’actif.

La faute de gestion est définie comme étant « une erreur de gestion, une
imprudence o encore une violation des règles légales ou statuaire », les créanciers de
l’entreprise doivent démontrer l’existence d’un préjudice, et d’un lien de causalité
entre la faute de gestion et ce préjudice s’il est condamné pour insuffisance d’actif le
dirigeant doit verser aux créanciers , la somme nécessaire pour combler tout ou partie
de l’insuffisance d’actif, en cas de pluralité de dirigeants ces derniers peuvent être
condamnés solidairement a combler le passif de l’entreprise59.

Section 2 : les sanctions pénales :


Le conflit d’intérêts ne constitue pas une infraction au sens du droit pénal mais
pourrait contribuer, par ses conséquences à la caractérisation des infractions spéciales
au droit des sociétés commerciales le législateur tunisien à décidée de frapper de
sanctions pénales autonomes à l’égard des administrateurs qui se rendent coupables
d’actes contraires à l’intérêt social et cela à travers l’article 223 alinéa 3 et 4 CSC 60.

Lorsque le règlement judiciaire ou la faillite fait apparaître une insuffisance d’actif, le tribunal peut, à la
58

demande de l’administrateur judiciaire, du syndic de la faillite ou de l’un des créanciers, décider que les dettes
de la société seront supportées, en tout ou en partie, avec ou sans solidarité et jusqu’à la limite du montant
désigné par le tribunal, par le président-directeur général, le ou les directeurs généraux adjoints, les membres
du conseil d’administration ou tout autre dirigeant de fait
59
[Link] action encombrement de passif pour insuffisance d’actif.
60
les membres du conseil d'administration qui, de mauvaise foi, ont fait des biens ou du crédit de la société
un usage qu'ils savaient contraire à l'intérêt de celle-ci dans un dessein personnel ou pour favoriser une
autre société dans laquelle ils étaient intéressés directement ou indirectement.

les membres du conseil d'administration qui, de mauvaise foi, ont fait des pouvoirs qu'ils possédaient ou
des voix dont ils disposaient, un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts de la société dans un dessein
33
L’article 223du CSC évoque le délit d’abus de biens sociaux. En fait le texte
envisage quatre supports possibles e l’abus a savoir les biens sociaux, le crédit social,
les pouvoirs et les voix une fois les éléments constitutifs du délit (Paragraphe 1) sont
réunis, on peut déclencher la poursuite pénale (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 : les éléments constitutifs du délit :


Par cette incrimination, le législateur a voulu protéger le patrimoine social contre les
agissementsn frauduleuse des détenteurs de pouvoirs dans la SA, l’étude de délit
d’abus des biens sociaux conduit à dégager l’élément matériel et a déterminé son
élément moral.

En ce qui concerne l’élément matériel c’est l’usage abusif contraire à l’intérêt social, en
effet la notion d’usage retenue par le législateur permet d’appréhender tous les
procédés qui peuvent porter atteinte au patrimoine social. Cet usage est entendu très
largement il n’est pas nécessaire qu’il y ait eu détournement ou dissipation, le simple
usage des biens ou même du crédit social caractérise le délit. Ce choix parait significatif
d’une volonté de lutter efficacement contre les conflits d’intérêt des dirigeants
sociaux61.

Le législateur puni les dirigeants qui de mauvaise foi, ont fait des biens ou de crédit de
la société d’une part ou des pouvoirs ou des voix sociales d’autre part, un usage qu’ils
savaient contraire a celle-ci. En effet les biens sociaux représentent toutes les valeurs,
quelles que soit leur nature qui constitue l’actif social. Cette conception englobe tout
l’actif de la société. En somme les biens sociaux peuvent être définis comme étant
l’ensemble des meubles et des immeubles constituant le patrimoine social, pour le

personnel ou pour favoriser une autre société dans laquelle ils étaient intéressés d'une manière
quelconque

61
Mabrouk (A) ; les conflits d’intérêt dans le SA , p107
34
crédit social, pratiquement, il faut entendre la capacité financière de la société qui lui
permet d’emprunter de contracter des dettes ainsi faire usage le crédit de la société
c’est engager la signature sociale, exposer la personne morale à des paiements o des
décaissements éventuels, concrètement le législateur incrime les opération qui
n’emportent pas le décaissement immédiat de la société mois qui expose le personne
morale à des paiements éventuels.

Pour l’abus de pouvoir et voix, la notion de pouvoir entendu au sens courant est
synonyme d’autorité de puissance, concernant le délit, l’infraction suppose l’usage par
le dirigeant de pouvoirs qu’ils délient par sa fonction. L’acte d’usage abusif des
pouvoirs s’accompagne toujours d’un détournement des fonctions de dirigeants social
pour l’obtention d’un avantage matériel62.

Pour l’abus des voix, l’infraction ne semble pas présenter qu’un intérêt théorique, elle
répond au principe de proportionnalité attaché à la répartition de violenter les
actionnaires en ce qui concerne l’usage contraire a l’intérêt social. En effet l’acte
contraire a l’intérêt social est d’abord l’acte qui porte atteinte au patrimoine de la
société mais aussi qui court un risque anormal, une opération pourra être considérée
comme contraire a l’intérêt de la société si l’on démontre qu’elle ne présente, d’une
manière évidente aucun avantage pour elle.

 Pour l’élément moral :

L’usage des biens de crédit des pouvoirs ou des voise de la société contraire à
l’intérêt de celle-ci n’est pas en lui seul constitutif des délits d’abus.

Le texte discriminateur exige en outre que les coupables ont fait usage de
mauvaise foi et dans un dessin personnel63 .
62
Barkallah boughammoura (N), benameur Garna (Y), droit pénal des affaires, cours commun, faculté du droit
et des sciences politique de Sousse, 2023, p 58 .
63
L’article 223 dispose que «  de mauvaise foi, ont fait des biens ou du crédit de la société un usage qu'ils
savaient contraire à l'intérêt de celle-ci dans un dessein personnel ou pour favoriser une autre société dans
laquelle ils étaient intéressés directement ou indirectement  ».

35
L’élément moral de cette infraction est double se décomposant en un dol général
et un dol spécial pour le dol général ou l’usage de mauvaise foi aux termes de l’article
37 code pénal nul ne peut être puni que pour un fait accompli intentionnellement. Le
délit d’abus de biens sociaux est une infraction intentionnelle c’est volontairement que
le dirigeant social viole l’intérêt social. En vue de satisfaire son intérêt personnel, la
mauvaise foi est un élément indispensable pour la constatation des infractions
intentionnelles dans son acception classique la mauvaise foi est entendue comme « la
volante de l’agent de commettre le délit tel qu’il est déterminé par la loi, dans ce sens
la cour de cassation tunisienne a adopté une solution qui n’est pas éloignée de la
définition classique, elle définit l’intention délictueuse comme étant « la volonté chez
le coupable de commettre un acte prohibé par la loi ».

Pour le dol spécial ou la poursuite d’intérêt personnel du dirigeant, l’auteur d’un abus
de biens sociaux doit non seulement avoir une intention frauduleuse, mais en plus il
doit agir à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il
était intéressé directement ou indirectement.

Généralement le dol spécial est présenté comme étant l’intention d’atteinte un certain
résultat prohibé par la loi.

Cet intérêt peut être soit direct, puisque le dirigeant peut avoir agir à des fins
personnelles soit indirect, étant donné que le dirigeant peut avoir agi pour favoriser
une autre société dans laquelle il est intéressé directement ou indirectement. L’intérêt
sera perçu direct si le dirigeant est susceptibles de bénéficier dans la société et aux
dépens de celle-ci d’avantages particuliers le paiement de ces factures peut être
occulte par l’utilisation d’une caisse noire par exemple.

Paragraphe 2 : la poursuite pénale :


Si la commission d’un délit d’abus de biens sociaux révèle l’existence d’un ou de
plusieurs délinquants , elle fait également une ou plusieurs victimes si elles choisissent

36
la voie pénale, les victimes de ces infractions peuvent non seulement mettre en
mouvement l’action publique , mais aussi obtenir de la juridiction répressive des
dommages intérêts, toutefois si le ministère public à prés l’initiative d’exercer l’action
public , la victime ne peut que se constituer partie civile à titre accessoire 64.

Pour la mise en mouvement de l’action publique par le ministère public, le


ministère peut a son choix, user ou ne pas user de son droit de poursuite, cette
pratique constitue ce qu’on appelle le système de l’opportunité des poursuites, en
effet deux promoteurs peuvent intenter l’action publique il s’agit d’abord les
actionnaires ou encore certaines institutions qui dans le cadre de leurs
fonctionnements et les dénoncer.

Conformément a l’article 284 CSC tout actionnaire détend 5% du capital social de


la SA lorsqu’elle ne fait pas appel public a l’épargne a le droit d’obtenir à tout moment
des copies des documents sociaux viés à l’article 201 CSC des rapports des commissaire
aux comptes relatifs aux trois derniers exercices et si la société refuse la
communication de la totalité ou d’une partie des documents l’actionnaire peut
s’adresser au juge des référés.

Ainsi le commissaire aux comptes joue le rôle d’un véritable « vigile » dans la mesure
où il révéler au procureur de la république les faits délictueux dont il eu connaissance
sans que sa responsabilité puisse être engagée pour révélation de secret professionnel.

Pour le point de déport du délai de prescription l’article 223 CSC n’a pas précisé le délai
de prescription de l’action publique du délit de biens sociaux par conséquent, c’est le
régime du varie selon la nature de l’infraction aux termes de l’article 5 CPP « l’action
public qui résulte d’un crime se prescrit par dix années révolues, celle qui résulte d’un
délit par trois années révolues et celle qui résulte d’une contravention par une année
révolue ».

64
Mabrouk (A) ; les conflits d’intérêt dans le SA , p119
37
En ce qui concerne les peines applicables outre les principales encourues par l’auteur
de l’infraction, autre accessoire est applicable.

Pour les peines principales, l’article 5 CPP prévoit que le coupable se condamné d’une
peine principale qui peut être, l’emprisonnement à la vie, le mort l’emprisonnement à
temps travail d’intérêt général, l’amende ou bien la réparation pénale. De ce fait
l’article 223 CSC vise uniquement l’emprisonnement et l’amende ou bien l’une des
deux en effet l’article 223 du CSC vise une peine d’emprisonnement d’un an au moins
et de cinq ans au plus, pour l’amende peut être définie comme l’obligation pour le
condamné de payer une somme d’argent au trésor public à titre de sanction pénale. De
ce fait l’article 223 CSC prévu une amende de deux mille à dix mille deux cent dinars au
plus.

Pour la peine accessoire, c’est l’interdiction du droit d’administrer et de gérer une SA,
l’article 223 CSC ne fait pas référence aux peines accessoires de l’article 5 CP, le respect
du principe de la légalité des peines fait que le juge n’applique que les sanctions
prévues par l’article de l’incrimination.

En ce sens, le CSC a institué une peine accessoire emportant l’interdiction de direction


d’une SA65.

65
Article 193 - Ne pourront être membre du conseil d'administration :
 les faillis non réhabilités, les mineurs, les incapables et les personnes condamnées à des peines assorties de l'interdiction
d'exercer des charges publiques.
 les personnes condamnées pour crime, ou délit portant atteinte aux bonnes mœurs ou à l'ordre public, ou aux lois
régissant les sociétés, ainsi que les personnes qui en raison de leur charge ne peuvent exercer le commerce.
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