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Les Inondations Menaçant L'agglomération de Fès: de L'étude Hydrologique Et Du Risque À La Cartographie Des Dangers D'inondation

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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Fès - Saїs


Centre d’Etudes Doctorales : Langues, Patrimoine et Aménagement
du Territoire (LAPATER)
Laboratoire d’Analyses Géo-Environnementales et d’Aménagement
(LAGEA-URAC54)

Thèse de doctorat sous thème :

Les inondations menaçant l’agglomération de Fès :


De l’étude hydrologique et du risque à la
cartographie des dangers d’inondation

Préparée par :

Mohamed LASRI

Sous la codirection des professeurs :

Khalid OBDA* : Encadrant


Emmanuel REYNARD** : Co-encadrant
* : LAGEA-URAC54
** : Institut de Géographie et Durabilité (IDG), Université de Lausanne

2014-2015

Thèse financée par la Direction de Développement et de la Coopération suisse (DDC)


Sommaire

Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude


hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation

SOMMAIRE

Introduction générale…………………………………………………………………………
6

Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents: Caractéristiques
physiographiques et climatiques……………………………………………………………..13

Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de


l’oued Fès et ses affluents……………………………………………………………..19

Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes spatiotemporels


des précipitations………………………………………………………………………55

Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un


aléa important face à une vulnérabilité aggravée………………………………………….83

Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de


Fès……………………………………………………………………………………… 87

Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :


Anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains……………..……..145

Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération


de Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers
d’inondation………………………………………………………………………………..…163

Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable pour la


spatialisation des zones inondables dans l’agglomération de Fès……………………..167

Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et l’élaboration de la carte


indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès……………………194

Conclusion générale…………………………………………………………………………..212

1 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Résumé

Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude


hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Résumé
Parmi tous les risques naturels, les inondations sont les mieux connues et pourtant les plus
catastrophiques. Elles sont à la fois les plus fréquentes et celles qui touchent le plus grand
nombre des individus. À l’instar de plusieurs villes marocaines, l’agglomération de Fès est très
menacée par les inondations du fait qu’elle se développe dans la zone de confluence de tout le
réseau hydrographique du bassin versant de l’oued Fès. Ce bassin versant se compose de
plusieurs sous-bassins versants drainant six oueds assez importants, causant de grandes
inondations dans le périmètre urbain de Fès, lors des précipitations de forte intensité.
La présente thèse à pour objectif d’étudier le risque des inondations affectant l’agglomération
de Fès. Trois principaux objectifs sont visés dans ce travail :
1. Comprendre le fonctionnement du bassin versant de l’oued Fès ;
2. Étudier le risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès ;
3. Et cartographier les différents degrés de dangers d’inondation.
À cause de l’absence des stations hydrométriques, le bassin versant de l’oued Fès est très peu
étudié, donc mal connu. À cet égard, le premier axe de cette thèse vise à comprendre son
fonctionnement hydrologique, en se basant sur l’analyse de ses caractéristiques
physiographiques et climatiques. Cette analyse permet de déceler la réponse hydrologique du
bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants, ainsi que la caractérisation des
précipitations et leurs intensités.
Le deuxième objectif de ce travail consiste à étudier le risque d’inondation menaçant
l’agglomération de Fès. Cette étude se base sur l’analyse de l’aléa hydrologique et de la
vulnérabilité des enjeux exposés. Pour caractériser l’aléa hydrologique, ce travail se base sur
l’analyse de quelques évènements historiques ainsi que sur la modélisation de quelques
scénarios hydrologiques, par l’application d’un modèle de transfert pluie-débit. Ces résultats
permettent d’estimer les débits de pointes des crues ainsi que leurs temps de retour. Par ailleurs,
l’étude de la vulnérabilité vise à mettre en évidence les processus d’anthropisation des zones
inondables ainsi que les défaillances des pratiques préventives et les caractéristiques de la
vulnérabilité des riverains.
Le dernier objectif de cette thèse vise à contribuer à la gestion du risque d’inondation dans
l’agglomération de Fès, via l’élaboration d’une carte indicative des dangers d’inondation. Pour
cela, ce travail propose une méthodologie multi-approche (méthodes géomorphologiques,
approches historiques, modélisations hydrauliques des crues…) bien adaptée pour le contexte
marocain en général et la zone d’étude en particulier. Cette carte sera un outil pertinent pour
planifier et gérer le risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès.

Mots clés : Risque d’inondation, agglomération de Fès (Maroc), bassin versant de


l’oued Fès, caractéristiques physiographiques et climatiques, aléa hydrologique,
modélisation hydrologique, vulnérabilité, cartographie des phénomènes, simulation
hydraulique des crues, cartographie des dangers

2 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Abstract

Floods threatening Fez agglomeration: From hydrologic study and risk


to flood dangers mapping
Abstract
Among all the natural risks, floods are the best known, hence, the most disastrous. They are
the most frequent and touch more individuals. Like many Moroccan cities, the agglomeration
of Fez is highly threatened by floods for the fact that it is actually developing in the area of
confluence of all the hydrologic network of oued Fez watershed. This watershed is constituted
of many sub watersheds, draining six quite important oueds, causing huge floods in the urban
perimeter of Fez during high-intensity rainfall events.
The main objective of this thesis is to study the floods phenomenon that affects the
agglomeration of Fez. Three principal problematics are treated in this work:

1. Understanding of oued Fez watershed functioning,


2. Flood risk that threatens the agglomeration of Fez,
3. Mapping the different degrees of flood dangers.
Due to the lack of hydrometric data, oued Fez watershed is not well known and has never
been deeply studied. In this regard, the first axis of this thesis aims to understand its
hydrologic functioning. Being based on the analysis of its climatic and physiographic
characteristics, this analysis allows us prejudging the hydrologic response of oued Fez
watershed and its sub-watersheds, hence, the characterization of precipitations and their
intensity.
The second objective of this work consists in studying flood risk that threatens the
agglomeration of Fez. This study is based on the analysis of the hydrologic hazard and the
vulnerability. To characterize the hydrologic hazard, this work is based on the analysis of
some historical events and the modeling of some hydrologic scenarios, by applying a model
of rainfall-flow transfer. These results allow us to estimate the flow of flood peaks and their
frequency. The study of vulnerability aims to put in evidence the processes of anthropisation
of flood plains and the failure of preventive practices and the characteristics of citizens’
vulnerability related to floods.
The last objective of this thesis aims to contribute to the management of flood risks in the
agglomeration of Fez, via the elaboration of an indicative map of flood hazards. For this
purpose, this work proposes a multi-approach methodology (geomorphologic method,
historical approach, hydraulic modeling of floods...) well adapted for the Moroccan context in
general and the studied zone in particular. This map will be a pertinent tool to manage the
different contexts of flood risks that threaten the agglomeration of Fez.
Keywords: Flood risk, agglomeration of Fez (Morocco), oued Fez watershed,
physiographic and climatic characterization, hydrologic hazard, hydrologic modeling,
vulnerability, phenomena mapping, hydraulic simulation of floods, hazard mapping.

3 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
‫الملخص‬

‫الفيضانات المهددة لمدينة فاس ‪ :‬من الدراسة الهيدرولوجية إلى كرطغرافية‬


‫المخاطر‬

‫ملخص‬
‫لطالما برهنت الفيضانات عن قصور االمكانيات البشرية في مواجهة غضب الطبيعة‪ .‬فعلى الرغم من الفهم الجيد‬
‫لنشأة الفيضانات و سهولة توقع حدوثها ‪ ،‬إال أنها تبقى من أهم المخاطر الطبيعية تهديدا لإلنسان وتدميرا لمنشآته‪.‬‬
‫و على غرار العديد من المدن المغربية‪ ،‬تعاني مدينة فاس من تهديد خطر الفيضانات‪ .‬يرجع هذا التهديد الى‬
‫توسع المدينة في مجال إلتقاء كل روافد الحوض الهيدروغرافي لواد فاس‪ ،‬مما يجعل المدينة عرضة إلمتطاحات‬
‫األودية المخترقة للنسيج الحضري‪.‬‬
‫تهدف هذه األطروحة إلى دراسة ظاهرة الفيضانات المهددة للمجال الحضري لفاس‪ ،‬من خالل تناول ثالثة‬
‫إشكاليات رئيسية‪ ،‬و هي ‪:‬‬
‫‪ .1‬فهم خصائص االستجابة الهيدرولوجية لحوض واد فاس و روافده ;‬
‫‪ .2‬دراسة مخاطر الفيضانات المهددة لمدينة فاس ;‬
‫‪ .3‬و أخيرا الوضع الخرائطي لمختلف درجات خطر الفيضانات ‪.‬‬
‫في ضل غياب المعطيات الهيدرومترية‪ ،‬لم يستأثر الحوض الهيدروغرافي لواد فاس بالدراسة الهيدرولوجية‬
‫الكافية‪ .‬في هذا الصدد‪ ،‬يهدف المحور األول من هذه األطروحة إلى فهم خصائص االستجابة الهيدرولوجية‬
‫لمجال الدراسة‪ ،‬باالعتماد على تحليل الخصائص الفيزيوغرافية والمناخية للحوض الهيدروغرافي لواد فاس‪.‬‬
‫يتطرق المحور الثاني من هذا العمل إلى دراسة خطر الفيضانات المهددة لمدينة فاس‪ .‬تستند هذه دراسة على‬
‫تحليل كل من الظاهرة الهيدرولوجية لنشأة الفيضانات )‪ (aléa hydrologique‬و هشاشة مدينة فاس في‬
‫مواجهة هذا الخطر)‪ .(vulnérabilité des enjeux‬لدراسة الظاهرة الهيدرولوجية ‪ ،‬يعتمد هذا العمل على‬
‫تحليل بعض الفيضانات التاريخية التي اجتاحت مدينة فاس‪ ،‬باإلضافة إلى استعمال النمدجة الهيدرولوجية من‬
‫خالل تطبيق أنموذج للتحويل مطر‪ -‬صبيب‪ .‬على ضوء هذه النتائج‪ ،‬أمكننا تقدير صبيب اإلمتطاحات القصوى‪،‬‬
‫باإلضافة إلى تردداتها‪ .‬من جهة أخرى‪ ،‬تعتمد دراسة هشاشة مدينة فاس في مواجهة خطر الفيضانات على جرد‬
‫مراحل توسع مدينة فاس‪ ،‬و إنعاكسها على تعمير المجاالت المهددة بالفياضانات‪ .‬عالوة على ذلك‪ ،‬تم التطرق‬
‫إلى نقائص الممارسات الوقائية و التدبيرة لخطر الفيضانات بمدينة فاس‪.‬‬
‫يهدف المحور األخير من هذه األطروحة إلى اإلسهام في تدبير خطر الفيضانات المهددة لمدينة فاس‪ ،‬و ذلك من‬
‫خالل الوضع الخرائطي لمختلف درجات خطر الفيضانات‪ .‬لهذه الغاية‪ ،‬تقترح هذه األطروحة منهجية متعددة‬
‫المقاربات (مقاربة جيومورفولوجية‪ ،‬مقاربة تاريخية‪ ،‬النمذجة الهيدروليكية لإلمتطاحات ‪ ،)...‬تهدف إلى إنجاز‬
‫خرائط خطر الفيضانات بالمجاالت الحضرية المغربية‪ .‬من خالل تطبيق هذه المنهجية‪ ،‬تم إنجاز خريطة لمختلف‬
‫درجات خطر الفيضانات بمدينة فاس‪.‬‬
‫الكلمات المفاتيح ‪ :‬خطر الفيضانات‪ ،‬مدينة فاس‪ ،‬الحوض الهيدروغرافي لواد فاس‪ ،‬الخصائص‬
‫الفيزيوغرافية والمناخية‪ ،‬الظاهرة الهيدرولوجية لنشأة الفيضانات‪ ،‬النمدجة الهيدرولوجية‪ ،‬الهشاشة‪،‬‬
‫النمذجة الهيدروليكية لإلمتطاحات‪ ،‬الوضع الخرائطي لمختلف درجات خطر الفيضانات‪.‬‬

‫‪4‬‬ ‫‪Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation‬‬
‫‪Thèse de doctorat réalisée par :‬‬ ‫‪Mohamed LASRI‬‬ ‫‪FLSH Fès-Saïs‬‬ ‫‪2014-2015‬‬
Remerciements

REMERCIEMENTS

J’adresse mes plus sincères remerciements à mon encadrant : M. Khalid Obda. Je tiens à le
remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi et pour la grande confiance qu’il m’a accordée
durant la réalisation de cette thèse. Aucune expression ne pourra traduire la profondeur
des sentiments que j’éprouve pour vous.

Je remercie vivement mon co-encadrant : M. Emmanuel Reynard, qui m’a beaucoup aidé
et qui m’a fait explorer un coin du paradis : la Suisse.

Je tiens aussi à présenter mes remerciements les plus distinguées aux membres de jury ;
mes professeurs M. Mohamed SABIR, M. Jamal El KARKOURI, M. Ali TAOUS et M.
Mhamed AMYAY.

Il est également de mon devoir de remercier tous les professeurs du LAGEA. J’insiste à les
remercier chacun par son nom : M. Mohamed LAAOUANE, M. Brahim AKDIM, M.
Abdelatif TRIBAK, M. Youssef BENBRAHIM, M. Abdelghani GARTET, M. Hassan DAIDE,
M. Mohamed CHAOUKI, M. Adbelhamid IDRISSI JANATI et Mme Amina ELBOUICHI. J’ai
l’honneur d’être parmi vos étudiants.

Je remercie la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) pour le


financement de ma thèse. Mes remerciements vont en particulier à M. Fabrizio Poretti, M.
Roderick Kühne et M. Manuel Stark.

A toute ma famille, j’adresse mes sincères remerciements.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Depuis les temps les plus reculés, les relations entre l’Homme et l’eau ont toujours été
ambiguës, marquées par le double sentiment d’attirance et de répulsion (Lefèvre et Schneider,
2004 ; Gout, 1993). Cette répulsion est due aux impacts néfastes des inondations. Ces
dernières représentent une calamité naturelle largement répandue à la surface du globe et elles
sont à la fois les plus fréquentes et celles qui touchent le plus grand nombre d’individus. En
effet, d’après la base de données internationale des catastrophes naturelles (International
Disaster Database : [Link]), les inondations présentent 34 % des catastrophes
survenues dans le monde durant les deux dernières décennies (1990-2010). Sur une échelle
temporelle plus longue, selon le Département des Affaires Humanitaires des Nations Unies,
plus de 339 millions de personnes ont été victimes d’inondations du début du 20ème siècle
jusqu’à nos jours. Toujours d’après la même source, il a été confirmé que la fréquence et les
dégâts dus aux inondations sont de plus en plus importants, surtout à partir de la deuxième
moitié du 20ème siècle. Les changements climatiques actuels et l’anthropisation des zones
inondables sont les principaux facteurs qui expliquent cette nouvelle tendance des
catastrophes dues aux inondations.

Le Maroc n’échappe pas à cette tendance. L’eau ait toujours été une ressource menacée dans
le Royaume. Aujourd’hui, elle est également une menace pour les Marocains. En effet, de par
son appartenance au climat méditerranéen et sur le fond des nouveaux changements
climatiques, le Maroc est confronté à de grandes irrégularités des précipitations, induisant de
longues périodes de basses eaux prolongées et des inondations catastrophiques (Obda, 1991,
2004, 2007 et 2008). Ces dernières sont devenues fréquentes et les pertes qu’elles occasionnent
ne cessent d’augmenter. Depuis quelques décennies, plusieurs villes et régions marocaines ont
été sinistrées par des inondations catastrophiques. Beaucoup d’évènements historiques restent
gravés à jamais dans la mémoire collective des Marocains. Nous pouvons citer les inondations
de Sefrou, le 25 septembre 1950, faisant une centaine de victimes et celles qui ont ravagé la
Vallée du Ziz, le 5 novembre 1965, laissant 25 000 habitants sans abri. D’une décennie à
l’autre, la fréquence de ces évènements ne cesse d’augmenter. Selon le Secrétariat d’Etat
chargé de l’Eau et de l’Environnement (2012), durant les vingt dernières années (1990-2010),
le Maroc a connu quinze inondations très importantes, qui ont fait 1068 morts et ont touché
plus de 146 400 personnes. Les événements catastrophiques de l'Ourika le 17 août 1995 (238
morts) et d'El Hajeb le 28 septembre 1997 (76 morts) sont les plus frappants, sans oublier les
6 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

inondations de Settat et Mohammedia en 2002 et celles de Tan Tan, Nador, Al Hoceima et


Khénifra en 2003. Malgré la sécheresse aiguë qui a caractérisé cette époque, les dommages
causés par ces inondations ont été considérables et ont endommagé plusieurs villes
marocaines. A partir de septembre 2008, le Maroc est visiblement affecté par de nouvelles
situations atmosphériques exceptionnelles (Janati-Idrissi, 2010) qui réapparaissent jusqu’à
nos jours et avec une grande fréquence. Ces conditions atmosphériques extrêmes ont généré,
durant les cinq dernières années (2009-2013), plusieurs inondations affectant une dizaine de
villes marocaines, y compris la ville de Fès : notre zone d’étude.

La ville de Fès est l’une des principales agglomérations marocaines. Son histoire remonte à
plus de douze siècles. Son premier noyau (la médina de Fès) a été créé en 809 après J.-C. sur
la rive droite de l’oued Fès. Cette zone stratégique a permis de satisfaire les différents besoins
de la ville en matière de ressources en eau. Aujourd’hui, la ville de Fès couvre plus de 100
km² pour une population supérieure à un million d’habitants. Cette agglomération s’est
développée, d’une façon incontrôlée, dans la zone de confluence de tout le réseau
hydrographique du bassin versant de l’oued Fès. Ce dernier se compose de plusieurs sous-
bassins versants drainant des oueds assez importants (oueds Boufkrane, El Mehraz, El
Himmer, Ain Smen (BV oued Chekkou) et El Malleh), dont l’oued Fès est le principal
collecteur (Fig. 4). Tous ces oueds traversent la ville de Fès et présentent une menace
d’inondation sur son périmètre urbain. En effet, selon le Plan National de Protection contre les
Inondations (Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement, 2012), la ville de Fès
est classée parmi les cinquante sites les plus menacés par le risque d’inondation au Maroc.
L’étude de ces inondations menaçant l’agglomération de Fès présente la problématique
générale de la présente thèse. Cette problématique n’est pas facile à traiter, à cause de la
complexité de l’aléa hydrologique et des caractéristiques de la vulnérabilité de la ville de Fès
face à cet aléa. L’absence de données hydrométriques complique l’étude de cette
problématique. Comment peut-on comprendre le comportement hydrologique du bassin
versant de l’oued Fès ? Les inondations générées par ce dernier sont-elles des événements
exceptionnels ou sommes-nous en face d’une nouvelle tendance qui va s’imposer ? Est-ce que
les ouvrages de protection sont suffisants pour lutter contre ce risque ? Est-ce que ce risque
est dû principalement à l’aléa hydrologique ou est-ce la vulnérabilité qui en est responsable ?
Si c’est le cas, comment peut-on caractériser cette vulnérabilité face aux aléas d’inondation ?
Par ailleurs, dans le cadre de la gestion de ce risque, est-ce que la cartographie des dangers
d’inondation pourra fournir des solutions pour lutter contre ce fléau ? Quelle méthodologie

7 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

doit-elle être suivie pour élaborer une carte indicative des dangers d’inondation dans
l’agglomération de Fès ? Telles sont les questions auxquelles cette thèse tentera de répondre.

Objectifs et structure de la thèse

Parmi toutes les calamités naturelles qui ont touché l’Homme, les inondations sont les mieux
connues et pourtant les plus catastrophiques. Les enjeux très importants liés à ce risque
expliquent les efforts qui sont aujourd’hui mis en œuvre pour analyser et comprendre ce
phénomène afin de réduire son risque. Dans cette optique, la présente thèse vise à étudier les
inondations menaçant l’agglomération de Fès, en se basant sur trois principaux objectifs, à
savoir :

 Comprendre le fonctionnement du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins


versants ;
 Etudier le risque d’inondation menaçant la ville de Fès, en se basant sur l’analyse de
l’aléa hydrologique et de la vulnérabilité des enjeux exposés ;
 Cartographier les différents degrés de danger d’inondation dans le périmètre urbain de
Fès.

Ces trois objectifs feront l’objet des trois parties structurant la présente thèse. Chaque partie
sera composée de deux chapitres (Fig. 1).

Figure 1 : Structure de la thèse

Pour étudier un phénomène hydrologique comme les inondations, il est indispensable


d’analyser d’abord le comportement du bassin versant, qui est le moteur générateur des
écoulements. Dans cette optique, la première partie de la présente thèse sera focalisée sur
l’étude du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants. Ce bassin versant s’étale
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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

sur une superficie assez importante (879 km²). Il prend naissance au niveau du causse du
Moyen Atlas qui se caractérise par un très grand potentiel en matière des ressources en eau
souterraines et superficielles. En effet, l’amont du bassin versant de l’oued Fès inclue une
zone humide classée parmi les sites RAMSAR du Maroc (Chilasse, 2004) ; Cependant, il ne
dispose d’aucune station hydrométrique, malgré l’important réseau hydrographique qui le
draine. Par conséquent, ce bassin versant est peu étudié et son fonctionnement hydrologique
est mal connu. Cette première partie vise à comprendre le comportement hydrologique du
bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versant, en se basant sur l’analyse des facteurs
physiques influençant son comportement hydrologique : les caractéristiques physiographiques
(chapitre 1) et climatiques (chapitre 2).

 En absence de données hydrométriques qui peuvent traduire la réponse hydrologique du


bassin versant de l’oued Fès, le chapitre 1 sera focalisé sur l’analyse de ses
caractéristiques physiographiques ainsi que celles de ses sous-bassins versants. Les
facteurs morphométriques, hypsométriques, hydromorphométriques, ainsi que la
perméabilité des terrains seront analysés et quantifiés, afin d’interpréter leur influence sur
la réponse hydrologique des bassins versants étudiés.
 Le climat sera le deuxième facteur à analyser car il joue un rôle majeur dans la
détermination du comportement hydrologique des bassins versants. Le chapitre 2 aura
pour principal objectif d’analyser les caractéristiques du climat du bassin versant de
l’oued Fès, en se basant sur les précipitations qui présentent le facteur générateur des
écoulements. La méthodologie adoptée dans ce chapitre sera basée sur l’analyse les
données climatiques collectées sur plusieurs stations et postes pluviométriques couvrant le
bassin versant. A partir de l’analyse de ces données climatiques, ce chapitre visera à
mettre en évidence la grande variation spatiotemporelle des précipitations ainsi que leurs
intensités.

La deuxième partie de cette thèse sera consacrée à l’étude du risque d’inondation menaçant
l’agglomération de Fès. Pour aboutir à une étude objective de ce risque, il faut tout d’abord
comprendre son déclenchement, expliquer sa formation, estimer son intensité et prévoir ses
conséquences sur les enjeux exposés. De ce fait, il est nécessaire d’analyser les deux
composantes du risque d’inondation que sont l’aléa hydrologique et la vulnérabilité des
enjeux. L’analyse de ces deux composantes du risque fera l’objet des deux chapitres de cette
deuxième partie.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

 Pour analyser l’aléa d’inondation menaçant l’agglomération de Fès, le chapitre 3 sera


basé, dans un premier temps, sur la reconstitution et l’analyse des inondations historiques
affectant la ville de Fès au fil de son histoire. Une typologie des inondations sera
également développée dans ce chapitre, afin d’évaluer l’intensité de chaque type
d’inondation touchant l’agglomération de Fès. L’estimation des temps de concentration
des crues et leurs débits de pointe fera l’objet d’une étude méticuleuse, en se basant sur
deux méthodes principales, que sont les formules empiriques et la modélisation
hydrologique. A partir de ces résultats, plusieurs conclusions seront dégagées, permettant
d’évaluer l’importance de l’aléa d’inondation qui menace l’agglomération de Fès.
 Le chapitre 4 sera consacré à la caractérisation de la vulnérabilité de la ville de Fès face
aux aléas d’inondation. Dans ce chapitre, l’accent sera mis sur les processus d’évolution
de l’agglomération de Fès et leur rôle sur l’anthropisation irrationnelle des zones
inondables. Les défaillances des arsenaux juridiques et institutionnels en matière de
gestion du risque d’inondation seront également traitées dans cette étude. En conclusion,
les résultats d’enquêtes sur le terrain seront présentées, afin d’évaluer et cartographier la
vulnérabilité des riverains.

Pour contribuer à la gestion du risque, la troisième partie vise la cartographie des dangers
d’inondation dans l’agglomération de Fès. Cette partie propose une méthodologie fiable et
bien adaptée au contexte marocain. Cette méthodologie se base sur deux approches
différentes, mais complémentaires. Il s’agit de la cartographie des phénomènes, dans un
premier temps, et de la modélisation hydraulique des crues et la cartographie des dangers
d’inondation, dans un deuxième temps. La mise en œuvre de ces deux méthodes fera l’objet
des deux chapitres de cette troisième partie.

 Le chapitre 5 vise à mettre œuvre la cartographie des phénomènes. Cette méthode se base
sur plusieurs approches naturalistes, afin d’identifier des indices permettant la
spatialisation des surfaces inondables et les scénarios de débordement. L’adaptation de
cette méthode au contexte de l’agglomération de Fès représentera un objectif principal
dans ce chapitre. Les éléments d’ordre hydrographique, géomorphologique et historique
seront rassemblés dans la carte des phénomènes liés aux inondations dans
l’agglomération.
 Le chapitre 6 sera consacré à la modélisation hydraulique des crues estimées
précédemment (chapitre 3). Cette opération vise à simuler les caractéristiques

10 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

hydrauliques des crues des différents oueds traversant la ville de Fès afin d’obtenir une
spatialisation des zones de submersion de chaque crue, ainsi que les hauteurs d’eau et les
vitesses des flux. Ces simulations seront confrontées avec les résultats de la cartographie
des phénomènes, afin de les valider. La dernière étape vise à évaluer les degrés de danger
des zones inondables, en se basant sur l’approche Fréquence-Intensité, afin d’élaborer la
carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès.

À la fin de cette thèse, nous rédigerons quelques recommandations en matière de gestion du


risque d’inondation dans l’agglomération de Fès.

Méthodologie

L’étude du risque d’inondation nécessite la mise en œuvre d’une méthodologie


pluridisciplinaire. Pour mener les travaux de cette thèse, nous avons suivi les étapes
suivantes :

 Tout d’abord, une large lecture bibliographique, touchant les différentes problématiques
liées aux inondations ;
 Détermination des concepts, approches et objectifs du travail ;
 Délimitation du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants et calcul de leurs
indices morphométriques ;
 Acquisition des données cartographiques et préparation des bases de données
cartographiques sur le Système d’Information Géographique ArcGIS © ;
 Acquisition, traitement et analyse des données climatologiques ;
 Entretiens avec les différents acteurs impliqués dans la problématique traitée ;
 Travaux de terrain visant la cartographie des phénomènes, en se basant sur un outil de
cartographie mobile (MobileMapper ©) ;
 Reconstitution et analyse des inondations historiques affectant la ville de Fès ;
 Enquêtes par questionnaires auprès des riverains et des établissements les plus
vulnérables. Cette étude vise à évaluer et cartographier la vulnérabilité ;
 Estimation du temps de concentration des crues et leurs débits de pointe, par le biais de
formules empiriques ;
 Mise en œuvre de la modélisation hydrologique, afin d’élaborer des hydrogrammes de
crues des différents oueds traversant la ville de Fès ;

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Introduction générale

 Simulation hydraulique des crues, avec pour ambition de cartographier les zones de
submersion ainsi que leurs hauteurs et vitesses ;
 Elaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans la ville de Fès.

Difficultés rencontrées

Ce travail s’est heurté à différentes difficultés, en particulier :

 L’accès aux données. L’étude d’un phénomène hydrologique tel que les inondations, fait
recours à différentes données hydrologiques, climatiques, historiques, topographiques
(MNT), cartographiques (y compris les photos aériennes et les images satellitaires), etc.
L’acquisition de ces données, auprès des différents services, a été très difficile et nous a
pris beaucoup de temps.
 L’indigence des données hydrologiques. Ce manque de données a limité l’analyse du
fonctionnement hydrologique des bassins versants étudiés et a nécessité le recours aux
simulations hydrologiques, en se basant sur une modélisation pluie-débit. La quasi
absence de ces données hydrologiques a par ailleurs constitué un réel défi pour le calage
des modèles hydrologiques. A cet égard, nous avons dû nous fier aux données relatives
aux crues historiques, ainsi qu’aux résultats des formules empiriques régionales.
 La grande surface du périmètre urbain de Fès. Dans le cadre de la cartographie des
phénomènes, l’analyse méticuleuse et le monitoring des six oueds traversant la ville de
Fès (sur une longueur totale de 64 km hydrographiques), a fait l’objet d’un travail
fastidieux (durant plus de 10 mois).
 La résolution du MNT. Dans le cadre de la modélisation hydrologique et surtout
hydraulique, le Modèle Numérique de Terrain (MNT) doit avoir une résolution très
précise. L’élaboration de ce MNT nous a pris plusieurs mois.
 La rapidité des changements sur le terrain (constructions, remblais, travaux de génie
civil, etc.). Au fur et mesure de l’avancement des travaux sur le terrain, plusieurs
aménagements ont fortement modifié le comportement des écoulements des oueds, ce qui
nous a obligé à effectuer plusieurs mises à jour des levées sur terrain.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

Première Partie :

Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents :


Caractéristiques physiographiques et climatiques

 Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique du bassin


versant de l’oued Fès et ses affluents

 Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes


spatiotemporels des précipitations

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

Introduction de la première partie

Pour étudier un phénomène hydrologique comme les inondations, il est indispensable


d’analyser d’abord le complexe du bassin versant. En effet, ce dernier présente l’unité
fondamentale où se produisent tous les phénomènes hydrologiques, notamment la
détermination des différents types des écoulements, la réponse hydrologique et même le
régime hydrologique des cours d’eau.

Selon les différentes définitions décrites par divers auteurs (Frécaut et Pagney,
1983 ; Bravard et Petit, 1997 ; Cosandey et Robinson, 2000 ; Taous, 2005 ; Giret, 2007 ; …),
le bassin versant est défini comme étant la surface drainée par un cours d’eau et ses affluents à
l’amont d’un point appelé « exutoire ». L’exutoire correspond à l’endroit à partir duquel on
peut tracer le point de départ et d’arrivée de la ligne de partage des eaux qui détermine les
limites du bassin versant considéré et le sépare des autres bassins versants limitrophes. Le
bassin versant représente donc l’espace géographique qui collecte l’eau des précipitations
avant son transfert vers le chenal principal pour poursuivre son trajet plus en aval et atteindre
l’exutoire. Les caractéristiques du bassin versant sont variables en fonction de l’ambiance
climatique, de la topographie, des propriétés du substrat rocheux, de la nature du sol, etc.
Toutes ces caractéristiques entrent dans le cadre du complexe du bassin versant ; elles
déterminent largement son comportement hydrologique. Il faut cependant distinguer trois
définitions principales concernant le bassin versant (Taous, 2005) :

1. Le bassin versant topographique « est délimité par la ligne de crêtes, c’est-à-dire la ligne
de partage des eaux qui passe souvent par les points topographiques les plus hauts des
interfluves » (Taous, 2005). En général, on peut distinguer deux notions secondaires du bassin
versant topographique :

 Le bassin versant hydrographique ruisselant qui se limite à la partie parcourue par les
artères hydrographiques fonctionnelles, c’est-à-dire le réseau hydrographique
apparent, avec les chenaux élémentaires et les versants qui les drainent au moment des
pluies.
 Le bassin versant théorique englobe la totalité des drains, y compris les vallons et les
vallées sèches, dans ce cas, l’aire d’extension de l’écoulement qui s’opère dans les
formations superficielles est également prise en compte. « Cela conduit à étendre

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

l’aire contributive à l’ensemble des versants pendant vers les talwegs, tout en tenant
compte des lignes de partage des eaux dessinées par la topographie » (Taous, 2005).

2. Le bassin hydrogéologique (ou bassin versant réel) prend en considération le facteur


géologique dans sa délimitation et la qualification de ses écoulements. En effet, dans certains
cas, l’aire de drainage réel ne traduit pas l’étendue du bassin versant topographique ; qui peut
être moins étendu que le bassin versant réel si le cours d’eau est alimenté par des circulations
souterraines provenant des bassins voisins.

3. Le bassin hydraulique prend en considération les aménagements anthropiques et les


modifications de l’écoulement qu’ils induisent.

Pour délimiter le bassin versant de l’oued Fès, on s’est basé sur ses limites topographiques.
L’exutoire considéré correspond à la confluence de l’oued Fès avec l’oued Sebou. Le bassin
versant de l’oued Fès s’étale sur une superficie de 879 km², il se situe entre les parallèles
33°30 et 34°08N et entre les méridiens 4°54 et 5°09W. L’oued Fès est le principal collecteur
de ce bassin versant de l’oued Fès qui est un petit sous-bassin versant du bassin versant de
l’oued Sebou. Il ne présente que 2.2 % de la surface totale du bassin versant du Sebou qui
s’étale sur 40 000 km² (Fig. 2).
Le bassin versant de l’oued Fès se localise entre deux unités topographiques différentes : le
causse du Moyen Atlas au Sud et les Rides prérifaines au Nord. Dans sa partie orientale, la
ligne de partage des eaux est bien visible, sous forme de crêtes linéaires se terminant au
niveau de l’exutoire, tandis que dans la partie occidentale, la limite du bassin versant au
niveau du plateau du Saïs est discrète à cause de sa topographie quasiment plane.
Sur le plan administratif, le bassin versant de l’oued Fès s’étale sur plusieurs unités
administratives, à savoir : (Fig. 3)

 2 régions : Fès-Boulmane et Meknès-Tafilalt ;


 4 provinces : Fès ; Moulay Yakoub ; Sefrou et Ifrane ;
 6 arrondissements urbains : Fès-Médina ; El Mariniyine ; Jnan El Ward ; Agdal ; Saïs ;
Zouagua et Imouzzer Kandar ;
 13 communes rurales : Dayet Aoua ; Tizghite ; Ain Bida ; Oulad Tayeb ; Sidi Harazem ;
Ain Chkef ; Sebaa Rouadi ; Ain Bou Ali ; Ain Kansra ; Ain Cheggag ; Ayt Sbaa ;
Aghbalou Aqorar et Laanoussar.

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

Figure 2 : Carte de situation du bassin versant de l’oued Fès

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

Figure 3 : Les unités


administratives couvertes par
le bassin versant de l’oued
Fès

Comme on l’a déjà signalé


dans cette introduction, il est
difficile de comprendre le
risque d’inondation menaçant
l’agglomération de Fès, en
négligeant le fonctionnement
du bassin versant qui génère
ce phénomène hydrologique.
Les études antérieures qui
ont concerné le bassin
versant de l’oued Fès sont
rares et principalement sous
forme d’études techniques.
La plupart de ces études se
résume à quelques rapports
établis par des organismes
responsables de l’eau (Direction des Travaux Publics, 1951 ; DRH-Sebou, 1985 et 1989 ;
ABHS-Fès, 2005, 2010 et 2011 ; Gartet, 2007). Les résultats de ces recherches avaient un
caractère plus descriptif qu’analytique, faute de données insuffisantes pour comprendre le
comportement hydrologique du bassin versant de l’oued Fès, notamment le manque des
données hydrométriques. En effet, à l’exception de quelques années hydrologiques observées
datant de la période coloniale, le bassin versant de l’oued Fès n’est pas jaugé ; il n’existe
aucune station hydrométrique dans le bassin versant.

Sur le fond de cette indigence de données, nous avons relevé le défi d’analyser le complexe
du bassin versant de l’oued Fès et des données climatiques disponibles, afin de comprendre
son fonctionnement. Deux principaux objectifs ont été visés dans cette première partie de la
thèse :
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Introduction de la
Caractéristiques physiographiques et climatiques première partie

 Pour le premier objectif (chapitre 1), nous allons essayer de comprendre la réponse
hydrologique du bassin versant de l’oued Fès. En l’absence de données hydrométriques
qui peuvent traduire la réponse hydrologique du bassin versant étudié, nous nous sommes
basés sur l’analyse des caractéristiques physiographiques du bassin versant de l’oued Fès
ainsi que celles de ses sous-bassins versants. A partir de ces analyses, nous aurons la
possibilité d’interpréter l’impact de ces caractéristiques sur la réponse hydrologique de
chaque bassin versant car les caractéristiques morphométriques, hypsométriques,
hydromorphométriques ainsi que la perméabilité des terrains sont tous des facteurs qui
influencent directement la réponse hydrologique des bassins versants. Ces caractéristiques
peuvent accélérer la réponse hydrologique, comme elles peuvent l’amortir. A partir de
l’analyse de ces caractéristiques, nous pouvons ainsi évaluer la réponse hydrologique de
ces bassins versants.
 Et comme deuxième objectif (chapitre 2), nous allons analyser les caractéristiques
climatiques qui caractérisent la zone d’étude. Bien évidemment, le climat est un facteur
majeur qui détermine le comportement hydrologique des bassins versants. Nous allons
essayer dans un premier temps de présenter le contexte régional et local du climat de notre
bassin versant, puis, nous allons nous focaliser sur l’analyse des précipitations. A cet effet,
nous allons nous baser sur les données pluviométriques disponibles sur les 20 stations et
postes pluviométriques qui couvrent le bassin versant de l’oued Fès. A partir de ces
données, nous allons analyser la variation spatiotemporelle des précipitations ainsi que
leurs intensités.

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Chapitre 1 :

La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants


de l’oued Fès et ses affluents

Sommaire :

Introduction

1.1 Les caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins
versants

1.2 Les caractéristiques topographiques : une énergie du relief assez faible

1.3 Le facteur géologique et son influence sur la réponse hydrologique du bassin versant

1.4 Des couvertures pédologiques très variées

1.5 Le couvert végétal, entre l’amont et l’aval

1.6 Les caractéristiques hydrographiques et leurs impacts sur la réponse hydrologique des
sous-bassins versants

Conclusion

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Introduction

Afin de comprendre le comportement hydrologique d'un bassin versant, il faut analyser sa


réponse hydrologique face à une sollicitation. Cette dernière pourra être de différentes
natures, notamment les précipitations pluviales, la fonte nivale ou la vidange de l’aquifère via
les résurgences. Généralement, la réponse hydrologique d’un bassin versant est mesurée par
l'observation de la quantité d'eau qui s'écoule à son exutoire. Cette réponse est présentée sous
forme d’un hydrogramme de crue. Ce dernier est une présentation graphique qui traduit
l’évolution du débit concentré, suite à un épisode pluvieux en général. Pour quelques cas,
cette réponse est présentée par un limnigramme qui n'est autre que la représentation de la
hauteur d'eau mesurée en fonction du temps. En général, la réponse hydrologique d'un bassin
versant est caractérisée par sa vitesse (temps de concentration du bassin versant) et son
intensité (débit de pointe de la crue). Ces deux paramètres sont directement influencés par les
caractéristiques morphométriques du bassin versant, sa perméabilité, ainsi que l’intensité de la
sollicitation.

Comme on l’a vu dans l’introduction, le bassin versant de l’oued Fès draine une surface
relativement réduite (879 km²) (Fig. 4), par rapport aux grands bassins versants limitrophes.
L’oued Fès est le principal collecteur d’un réseau hydrographique moyennement dense. Ce
réseau se compose de plusieurs oueds qui drainent cinq principaux sous-bassins versants, à
savoir :

 Le bassin versant de l’oued Boufkrane (52,40 km²) (Fig. 5)


 Le bassin versant de l’oued El Mehraz (137,70 km²) (Fig. 6)
 Le bassin versant de l’oued El Himmer (80,74 km²) (Fig. 7)
 Le bassin versant de l’oued Chekkou (428.08km²) (Fig. 8)
 Et le bassin versant de l’oued El Malleh (34,03 km²) (Fig. 9)

Malheureusement, aucun de ces bassins versants n’a été jaugé ; de ce fait, nous n’avons pas
de données hydrométriques qui peuvent nous aider à comprendre leur comportement
hydrologique. Face à cette contrainte, nous allons adopter une autre approche qui consiste à
analyser les caractéristiques physiographiques de chaque bassin versant, afin d’interpréter
l’influence des caractéristiques physiographiques sur leur réponse hydrologique.

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Donc, ce chapitre vise à évaluer la réponse hydrologique du bassin versant de l’oued Fès et
ses sous-bassins versant à partir de l’analyse de leurs caractéristiques physiographiques. Pour
cette ambition, nous allons mettre l’accent sur l’analyse de la morphométrie, l’énergie du
relief, la perméabilité ainsi que l’hydromorphométrie. Toutes ces caractéristiques
physiographiques seront quantifiées en utilisant les méthodes les plus couramment utilisées. A
partir de ces résultats, nous allons estimer l’impact de chaque caractère physiographique, afin
d’évaluer la réponse hydrologique globale du bassin versant de l’oued Fès, ainsi que celles de
ses cinq sous-bassins versants.

1.1 Caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-


bassins versants

Il est indéniable que la surface et la forme des bassins versants jouent un rôle déterminant sur
la réponse hydrologique des cours d’eau aux exutoires. A cet égard, l’étude des
caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants
mérite une attention particulière, à cause de leurs tailles et formes différentes.

1.1.1 Rappel des indices morphométriques des bassins versants

Les méthodes de quantifications des caractéristiques morphométriques des bassins versants


sont communément présentées dans la bibliographie (Roche, 1963 ; Frecaut et Pagney,
1983 ; Bravard et Petit, 1997 ; Cosandey et Robinson, 2000 ; Obda, 1991 et 2004 ; Taous,
2005, Giret. 2007 …). Nous retenons les formules les plus courantes :

 L’indice de compacité de GRAVELIUS (Kc)

La variable la plus couramment retenue par les hydrologues pour caractériser la forme d'un
bassin versant est l'indice de compacité de GRAVELIUS, qui est le rapport du périmètre du
bassin à celui d'un cercle de même surface et de même périmètre. Ce coefficient est défini de
la façon suivante :

Où P = le périmètre du bassin versant (km) et A = la superficie (km²)

La compacité des bassins versants intervient sur la rapidité de la réponse d’un bassin versant
suite à un épisode pluvieux. Lorsque le bassin versant est allongé, le temps mis par une goutte
d’eau pour atteindre l’exutoire est plus long ; le temps de réponse est donc plus important et le

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

débit de pointe peut être atténué par ce phénomène de retard. Le tableau suivant retient la
classification la plus courante dans la bibliographie.

Indice Forme Réponse


Kc < 1,25 Bassin compact Réponse rapide
1,25< Kc < 1,5 Bassin de forme moyenne Réponse moyenne
Kc > 1,5 Bassin allongé Réponse plus lente
Tableau 1 : Correspondance entre la valeur de Kc et le type de réponse hydrologique
attendue. Source : Roche, 1963 in Obda, 1991 et 2004.

 Longueur du rectangle équivalent (L)

Il s’agit d’une transformation géométrique qui permet d’assimiler le bassin à un rectangle de


même périmètre et de même superficie. La longueur du rectangle équivalent (L) s’exprime
comme suit :

Avec : S = la superficie (km²) et C = indice de compacité de

Gravelius.

 Largeur du rectangle équivalent (l)


Il s’exprime comme suit :

Avec : S = la superficie (km²) et L = longueur du rectangle équivalent.

1.1.2 Délimitation et cartographie du bassin versant de l’oued Fès et ses cinq sous-
bassins versants
Comme il a été mentionné plus haut, l’oued Fès est le principal collecteur d’un réseau
hydrographique moyennement dense (Fig. 4) qui se compose de cinq principaux sous-bassins
versants, à savoir :
 Le bassin versant oued Boufkrane (Fig. 5)
 Le bassin versant oued El Mehraz (Fig. 6)
 Le bassin versant oued El Himmer (Fig. 7)
 Le bassin versant oued Chekkou (Fig. 8)
 Le bassin versant oued El Malleh (Fig. 9)

Ces bassins versants ont été délimités sur les cartes topographiques (au 1 : 50'000) de Fès Est,
Fès Ouest, Ain Taoujdate, Sefrou, Ifrane et Ayoun Snan, puis cartographiés à l’aide du
Système d’Information Géographique ArcMap©.

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 4 : Extension du bassin versant de l’oued Fès


Figure 5 : Bassin versant de l’oued Boufkrane

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 6 : Bassin versant oued El Mehraz


Figure 7 : Bassin versant de l’oued El Himmer

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 8 : Bassin versant de l’oued Chekkou


Figure 9 : Bassin versant de l’oued El Malleh

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1.1.3 Calcul des indices morphométriques et leurs impacts sur la réponse hydrologique
des bassins versants
Le tableau 2 récapitule les caractéristiques morphométriques calculées pour le bassin versant
de l’oued Fès, ainsi que ses cinq sous-bassins.

BVs Oued Fes Oued Oued El Oued El Oued Oued El


Boufekrane Mahraz Himmer Chkou Malleh
Périmètre 207,11Km 63,14 km 75,71 km 80,03 km 158.46km 27,99 km
Superficie 879,37Km² 52,40 km² 137,70 km² 80,74 km² 428.08km² 34,03 km²
Indice de Compacité 1.95 2,44 1,80 2,49 2,14 1,34
de Gravelius (Kc)
Longueur du 93,45km 29,76km 33,91km 37,92 km 67.99km 10,80 km
rectangle équivalent
Largeur du rectangle 9,41km 1,76km 4,06km 2,12 km 6.29km 3,15 km
équivalent
Longueur du cours 97 km 29 km 29 km 39 km 73 km 9.8 km
d’eau principal
Tableau 2 : Caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses cinq
sous-bassins versants
D’après ce tableau, nous constatons que le bassin versant de l’oued Fès se caractérise par une
forme allongée (Kc = 1,95) ; par conséquent, nous pouvons estimer que sa réponse
hydrologique tendra à être lente. Mais en réalité, la réponse hydrologique de l’oued Fès ne
dépend pas seulement de la morphométrie de son bassin versant général, mais surtout de la
réponse hydrologique de ses affluents. En effet, les sous-bassins versants se caractérisent par
des tailles et morphométries plus ou moins hétérogènes ; il est donc tout à fait normal que
leurs réponses hydrologiques diffèrent.

Donc, à partir d’une analyse globale des résultats présentés dans le même tableau ci-dessus,
nous pouvons préjuger que les premiers gonflements de l’hydrogramme de crue de l’oued Fès
vont ainsi coïncider avec la réponse du bassin versant de l’oued El Malleh. Vu sa taille et sa
forme, ce sont les écoulements de l’oued El Malleh qui atteindront les premiers l’oued Fès,
suite à une sollicitation similaire pour tous les sous-bassins versants. Au fur et à mesure de la
concentration des crues des affluents, la courbe de crue de l’oued Fès remonte de plus en plus.
Au moment de l’arrivée de la crue de l’oued Chekkou, on estime que la crue de l’oued Fès
arrive à sa pointe.

Ce scénario n’est qu’une interprétation théorique, issue de l’analyse de la morphométrie des


bassins versants. Mais en réalité, il est très difficile de confirmer cette hypothèse, tant que
nous n’avons pas encore analysé l’impact des autres caractéristiques physiographiques des
bassins versants étudiés.
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

1.2 Caractéristiques topographiques : une énergie de relief assez faible

Les caractéristiques morphométriques du bassin versant influencent directement la réponse


hydrologique des cours d’eau. Cependant, il ne faut pas négliger l'influence de la topographie,
de l’hypsométrie et de l’énergie du relief sur les écoulements car de nombreux paramètres
varient avec l'altitude (climat) et l’énergie du relief du bassin versant (vitesse de concentration
des écoulements).

1.2.1 Quatre unités topographiques différentes

Le bassin versant de l’oued Fès se compose de quarte unités topographiques différentes (Fig.
10) :

 Le causse du Moyen Atlas au Sud correspond à la zone la plus élevée. Il prend l’allure de
plateaux étagés du Sud (causse d’Ifrane: 2020 m) (Photo 1) vers le Nord (causse de
Immouzzer : 1400 m) (Photo 2).

 Le dir, présente une unité


topographique transitoire entre les
causses du Moyen Atlas et le
plateau du Saïs. On trouve le dir de
Sefrou (entre 1000 et 700 m)
(Photo 3) à l’Est et le dir
d’Immouzzer (1100 à 700 m)
(Photo 4) à l’Ouest. Cette zone de
transition est marquée par des
processus morphogéniques très
actifs, dont témoigne la présence de
canyons et ravins très encaissés.

 Le plateau de Saïs représente une


topographie relativement plate (400
à 700 m) (Photo 5), avec une douce
inclinaison du Sud vers le Nord
(0.1%).

Figure 9 :
Unités topographiques du bassin versant de l’oued Fès
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

 Les Rides prérifaines, au Nord du bassin versant, apparaissent comme une montagne
moyennement élevée : Jbel Tghat (860m) et Jbel Zalagh (900m) (Photo 6). Elles
surplombent la vallée de l’oued Fès par des versants raides et ravinés.

Photo 2 : Causse d’Immouzzer


Photo 1 : Causse d’Ifrane

Photo 3 : Dir de Sefrou

Photo 5 : Vue panoramique sur le plateau du Saïs


depuis le dir d’Immouzzer

Photo 4 : Dir d’Immouzzer

Photo 6 : Versant méridionaux des rides prérifaines (Jbels Tghat et Zalagh) au Nord de la ville de Fès

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

1.2.2 Des pentes généralement faibles

Malgré le grand dénivelé théorique du bassin versant oued Fès (2030 m – 187 m = 1840 m),
les pentes sont généralement faibles, avec une valeur moyenne qui ne dépasse pas 1,96 %. En
outre, d’après la carte des pentes du bassin versant (Fig. 10), on remarque que les pentes
raides se limitent au niveau du dir et à quelques versants du Moyen Atlas et des rides
prérifaines, où leurs valeurs dépassent 20%.

Figure 10 : Cartes des pentes du bassin versant oued Fès

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 12 : Classes de pentes et leurs surfaces par rapport aux sous-bassins versants

A l’échelle des sous-bassins versants, (Fig. 12), les terrains à faible pente (<5%) occupent la
majeure partie des sous-bassins (54% pour Boufkrane ; 62% pour El Mehraz ; 79% pour El
Himmer et 59% pour Chekkou), tandis que les autres classes de pentes occupent des surfaces

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

moins importantes, voire même négligeables pour les pentes les plus fortes. Le bassin versant
de l’oued El Malleh présente une exception, car il se développe sur les versant méridionaux
des rides prérifaines, caractérisés par la dominance des terrains accidentés ; ainsi, les pentes
supérieures à 10% occupent plus de 65% de sa surface.

1.2.3 Hypsométrie du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants

Comme on l’a déjà signalé, plusieurs paramètres et facteurs varient avec l’altitude. Afin
d’avoir une idée sur la répartition spatiale des altitudes dans le bassin versant de l’oued Fès,
on a essayé de le découper en douze tranches altitudinales (Tab. 3).

Tranches altitudinale Surfaces Surfaces Surface Surfaces


en mètres partielles (km²) partielles (%) cumulée (km²) cumulées (%)
1850-2030m 6.94km² 0.79% 6.94km² 0.79%
1700-1850m 55.98km² 6.35% 62.92km² 7.14%
1550-1700m 107.47km² 12.22% 170.39km² 19.36%
1400-1550m 69.68km² 7.93% 240.07km² 27.29%
1250-1400m 37.29km² 4.24% 277.36km² 31.53%
1100-1250m 36.86km² 4.19% 314.22km² 35.72%
950-1100m 25.26km² 2.87% 339.48km² 38.59%
800-950m 36.75km² 4.17% 376.23km² 42.76%
650-800m 86.79km² 9.87% 463.02km² 52.63%
500-650m 172.04km² 18,57% 635.06km² 71.20%
350-500m 227,62km² 26.88% 826.68km² 98.12%
187-350m 16,57km² 1.88% 879.37km² 100%
Total 879,37km² 100% 879.37 km² 100%
Tableau 3 : Répartition hypsométrique dans le bassin versant de l’oued Fès

La tranche altitudinale entre 350 m et 650 m représente à peu près 46 % de la surface du


bassin versant de l’oued Fès, ce qui contribue à l’amortissement de la pente au niveau du Saïs.
Pour mieux analyser l’hypsométrie des bassins versants, nous avons produit des courbes
hypsométriques afin d’avoir une vue synthétique de la pente des bassins, donc du relief. Ces
courbes représentent la répartition de la surface du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-
bassins en fonction de leur altitude (Fig. 13).

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Figure 13 : Courbes hypsométriques du BV oued Fès et ses sous-bassins versants


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1.2.4 Une énergie de relief assez faible

D’après les courbes hypsométriques de nos bassins versants (Fig. 13), nous pouvons dire que
le système de pente diffère d’un bassin à un autre. Pour évaluer l’énergie du relief des sous-
bassins versants, on s’est basé sur l’indice de relief le plus couramment utilisé : le Dénivelé
Spécifique (Ds), qui est un indice général du relief du bassin versant, défini de la façon
suivante :

Ce paramètre peut expliquer la rapidité de la réponse des bassins versants. Plus le Ds est
grand, plus la réponse tendra à être rapide. Le tableau 4 récapitule la classification la plus
courante dans la bibliographie.

Relief très faible Ds < 10


Relief faible 10 < Ds < 25
Relief assez faible 25 < Ds < 50
Relief modéré 50 < Ds < 100
Relief assez fort 100 < Ds < 250
Relief fort 250 < Ds < 500
Relief très fort 500 < Ds
Tableau 4 : Correspondance type de relief et le Dénivelé spécifique
Source : Roche, 1963 in Obda, 1991 et 2004.

D’après les résultats présentés dans le tableau 5 ci-dessous, on peut dire que le Dénivelé
Spécifique des bassins versants tend vers un relief assez faible, excepté le bassin versant de
l’oued Boufekrane qui se caractérise par un relief faible.

BVs Oued Fes Oued Oued El Oued El Oued Oued El


Boufekrane Mahraz Himmer Chekkou Malleh
Dénivelé 2030-190 1115 - 300 = 1210 - 300 1760 - 380 2030 - 380 = 900 - 260
théorique =1840m 815m = 910m = 1380m 1650m = 640m
Pente 1,96% 2,73% 2,68% 3,63% 2.43% 5,92%
théorique
Dénivelé 1350m 420m 660m 1010m 1310m 370m
utile
Pente utile 1.44% 1,41% 1,94% 2,66% 1,92% 3,42%
Dénivelé 42,70 10,19 22,75 23,88 39,72 19,93
Spécifique
Tableau 5 : Paramètres et indices de relief du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

En conclusion, nous pouvons dire que les caractéristiques morphométriques et topographiques


du bassin versant de l’oued Fès favorisent un comportement hydrologique assez faible.
Cependant, il ne faut pas oublier les autres facteurs physiques qui influencent le
comportement hydrologique du bassin versant. Il s’agit notamment des couvertures
lithologique, pédologique et végétale. Ces facteurs interviennent directement sur le
comportement hydrologique du bassin versant. Ils font l’objet d’une analyse minutieuse, afin
de mettre en évidence leurs impacts sur la réponse hydrologique.

1.3 Facteur géologique et son influence sur la réponse hydrologique du bassin versant

La connaissance de la géologie d’un bassin versant est indispensable pour comprendre son
fonctionnement hydrologique. Les études géologiques et géomorphologiques qui ont touché
la zone d’étude sont nombreuses (Taltasse, 1953 ; Chapond et al., 1967 ; Martin, 1981 ;
Fassi, 1999) et bien relativement détaillées. D’après ces études, nous allons essayer
d’analyser l’influence du facteur géologique sur la réponse hydrologique du bassin versant de
l’oued Fès.

1.3.1 Contexte structural et hydrogéologique du bassin versant de l’oued Fès

Le bassin versant de l’oued Fès appartient à trois unités structurales majeures (Fig. 14), à savoir :
1. Au Sud, il est dominé par les formations massives d’âge secondaire et appartenant au
Moyen Atlas tabulaire. Ces dernières constituent des causses karstifiés en raison de la
dominance des roches calcairo-dolomitiques du Lias, reposant en discordance sur le
substratum argileux du Trias (Martin, 1981). Cette situation structurale a favorisé l’abondance
des ressources en eau qui alimentent le Saïs, que se soit sous forme d’eaux souterraines
(nappes phréatiques et nappes profondes du Saïs) ou d’eaux de surface par le biais de sources
dispersées tout au long du dir et du plateau (Ain Chgag, Ain Bou Rkaiz, Ain Chkef, Ain
Smen, Ain Bergama, etc.).

2. Le plateau de Saïs est une dépression de remplissage mio-plio-quaternaire surmontant les


calcaires et dolomies du Lias et les formations complexes du Dogger. Les formations
miocènes sont très épaisses, pouvant atteindre 1000 m d’épaisseur au Nord (Fig . 15), d’où se
développe la nappe liasique profonde du Saïs. Le Pliocène est caractérisé par deux types de
formations : des grès jaunes et des sables du Pliocène marin, et des conglomérats et calcaires
lacustres du Pliocène continental (Fassi, 1999 et Taltasse, 1953).

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 14 : Contexte structural du bassin versant de l’oued Fès


Source : Extrait du schéma structural de la région de Sefrou au 1 : 100'000

Figure 15 : Coupe géologique schématique du bassin versant de l’oued Fès,


Inspirée de Martin, 1982 et Taltasse, 1953. Localisation de la coupe sur la figure ci-dessus.
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

3. A l’ extrême Nord du bassin versant, les versants


Sud des Rides prérifaines présentent une superposition
des formations liasiques (calcaires blanchâtres)
reposant directement sur le substratum triasique
(argiles) (Cherai, 2009). Les formations du Dogger
affleurent sur les crêtes sous forme de blocs de calcaire
massif mélangés avec des marnes, dites « marnes
blanches de Tghat » (Photo 7).

Photo 7 : Mélange de blocs de calcaire avec la


marne blanche au sommet de Jbel Tghat

1.3.2 La lithologie : une perméabilité différente des terrains

La lithologie des terrains influence non seulement l’écoulement souterrain, mais aussi le
ruissellement de surface. En effet, le degré de perméabilité des roches est décisif, car il
intervient sur la vitesse de montée des crues, sur leur volume et le soutien apporté
éventuellement au débit d’étiage par les nappes souterraines quand elles existent (Taous,
2005). A titre d’exemple, suite à un même épisode pluvieux, la réponse hydrologique sera
plus rapide et plus violente dans un bassin versant à substrat imperméable par rapport à un
bassin perméable.

Afin de classer et spatialiser la perméabilité des différents terrains dans le bassin versant de
l’oued Fès, on s’est appuyé sur les études géologiques et cartographiques qui couvrent
partiellement notre zone d’étude, à savoir :

 La carte géomorphologique de Sefrou au 1 : 100'000 ; 1973.


 La carte géomorphologique D’El Hajeb au 1 : 100'000 ; 1973.
 La carte géologique de Sefrou au 1 : 100'000 ; 1989.
 La carte géologique de Fès-Ouest au 1 : 100'000 ; 1950.
 La carte hydrogéologique du bassin de Mèknes-Fès au 1 : 100'000 ; 1960.
 Et la carte géotechnique de Fès au 1 : 40'000 ; 1965.

A partir de ces documents cartographiques, on a pu spatialiser les différentes formations


lithologiques qui couvrent le bassin versant de l’oued Fès (Fig. 16). Ces couvertures
lithologiques peuvent être classées de la façon suivante :

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

 Le domaine des marnes bleues du Miocène : avec des épaisseurs qui varient de 3 m à 15
m. Ce domaine couvre la majeure partie
des bassins versants des oueds El Malleh et
Boufekrane. Ces affleurements marneux
sont localement masqués par les dépôts de
l’oued Fès aval, qui forment des terrasses
alluviales étagées, datant du Quaternaire
récent.

 Le domaine des marnes sableuses


jaunâtres du Miocène se localise au
niveau des versants qui surplombent la
vallée de l’oued Fès amont.

 Le domaine des conglomérats du


Pliocène : ces formations sont tantôt
compactes, tantôt meubles, et leurs
caractères de perméabilité varient en
fonction de leur degré de consolidation.
Ces formations peuvent atteindre
localement une vingtaine de mètres
d’épaisseur (Chapond et al. 1967). Elles se
développent sur la partie orientale du Saïs,
de part et d’autre des routes de Sefrou et
d’Immouzzer, et se présentent également
sur quelques affleurements dispersés.

Figure 16: Lithologie du bassin versant de


l’oued Fès

Source : Carte géomorphologique de Sefrou


au 1 : 100’000, Carte géomorphologique D’El
Hajeb au 1 : 100’000, Carte géologique de
Sefrou au 1 : 100'000, Carte géologique de
Fès-Ouest au 1: 100’000, Carte
hydrogéologique du bassin de Meknès-Fès au
1 : 100'000, Carte géotechnique de Fès au 1 :
40'000.

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

 Le domaine des calcaires lacustres du Pliocène : Ces formations, souvent encroûtées,


s’ennoient progressivement au Nord sous la plaine de l’oued Fès amont et passent
latéralement à l’Est aux conglomérats, avec une zone de transition mal définie (Chapond
et al. 1967). Généralement, le domaine des calcaires lacustres se localise dans la partie
occidentale du Saïs de Fès, de part et d’autres des canyons des oueds Ain Smen et Ain
Bou Rkaiz.

 Le domaine des tufs et des limons rouges couvre largement la rive Nord de l’oued Fès,
ainsi qu’une bonne partie du Bled El Gaada qui domine le barrage El Gaada. Ce domaine
occupe également la zone transitoire entre les calcaires lacustres et les conglomérats. Le
fait que cette zone de transition soit mal définie n’a pas permis de spatialiser l’extension
de ce domaine dans cette zone restreinte.

 Le domaine des travertins a un périmètre restreint et bien délimité. On le trouve au


niveau de la Médina de Fès et ses bordures, ainsi qu’à l’Ouest de la ville d’Immouzzer.

 Le domaine des alluvions Villafranchiennes est un remplissage de terrasses


alluvionnaires tout au long des oueds non-encaissés et des dépressions karstiques (couloir
Dayet-Aoua-Immouzzer).

 Le domaine des calcaires et marnes se limite aux sommets des Jbels Tghat et Zalagh où
on trouve un mélange de calcaires massifs et de marnes blanches.

 Le domaine des coulées basaltiques fini-triasiques apparait au niveau du dir, au pied des
Jbels Ksiksou et Kandar. Ces coulées sont très fissurées et encadrées par des argilites et
siltites rouges du Trias supérieur.

 Le domaine des calcaires et dolomies du Lias couvre l’amont du bassin versant qui se
développe sur le causse. Ce domaine est très perméable grâce à la fissuration.

L’oued Fès draine ainsi des terrains dont la perméabilité est très diversifiée. D’une façon
générale, nous pouvons identifier trois zones majeures en fonction du degré de perméabilité, à
savoir :
 Les domaines carbonatés et volcaniques sont les plus perméables, à cause de la
grande fissuration des roches.
 Les dépôts alluvionnaires et conglomérats sont semi-perméables.
 Et les domaines marneux sont relativement imperméables.

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Cette diversité des perméabilités des terrains va se traduire par la dissemblance de la réponse
hydrologique d’un bassin versant à un autre. Par exemple, l’amont du bassin versant de l’oued
Chekkou est une zone de perméabilité par excellence ; de ce fait, la majeure partie des lames
d’eau précipitées sera retenue dans les roches carbonatées, puis évacuée lentement. Par
conséquent, les crues seront écrêtées d’une façon naturelle. En revanche, les formations
imperméables du bassin versant de l’oued El Malleh vont générer des crues nettement plus
violentes au moment des averses.

En général, la lithologie des terrains intervient directement sur la réponse hydrologique des
bassins versants. Il faut tout de même mentionner que l’influence de la lithologie sur les
réponses des écoulements n’est pas toujours immédiate suite aux épisodes pluvieux car la
lithologie intervient souvent dans l’emmagasinement et la vidange des eaux précipitées.
Cependant, lorsqu’il s’agit du ruissellement de surface, le rôle de la couverture pédologique
est beaucoup plus important.

1.4 Des couvertures pédologiques très variés

Suite aux épisodes pluvieux, la nature des sols joue un rôle décisif dans la réponse
hydrologique des bassins versants. La structure, la texture, la granulométrie et la mécanique
des sols, le taux d’humidité, la capacité de rétention et les pertes initiales sont toutes des
caractéristiques qui interviennent directement pour favoriser l’infiltration ou le ruissellement
des goutes d’eau précipitées. De ce fait, la couverture pédologique peut contribuer à la
concentration des écoulements, comme elle peut les amortir.

Le bassin versant de l’oued Fès présente une gamme de sols très variés quant à leur nature et à
leur degré d’évolution. Cette variabilité est liée aux conditions de formation des sols et à leur
relation avec des évènements géologiques majeurs du Quaternaire, notamment au niveau du
Saïs. En effet, d’après Taltasse (1953) ; « la vidange du lac du Saïs au début du Quaternaire
a joué un rôle décisif dans l’évolution des sols » dans cette région. Dans la même logique,
Chapond et al. (1967) ajoutent que la vidange de ce lac « a été suivie par des apports de
limons et de cailloutis venant de l’amont, et par l’érosion intense qui a disloqué une partie de
la couverture superficielle. Cela a mis à nu les formations antérieures aux dépôts lacustres en
les entaillant profondément ».

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Pour classer les sols dans le bassin versant de l’oued Fès, nous nous sommes basé sur une
étude pédologique de la région de Sefrou au 1 : 100'000 (1972) ainsi que sur la carte de
l’esquisse pédologique de Fès au 1 : 50'000 (1966). D’après ces deux documents, nous avons
classé et spatialisé (Fig. 17) les différents types de sols comme suit :

1. Les sols régosolitiques peu évoluée d’érosion sont des sols issus de la désagrégation des
marnes bleues du Miocène. Ils correspondent aux sols peu atteints par les processus
pédologiques. Ce type de sol se développe sur les versants prérifains et couvre une bonne
partie du bassin versant de l’oued Boufkrane où les marnes peu remaniées sont
dominantes. Ils sont assez
profonds (70 cm), de
couleur brun clair. Ces
sols sont très argileux, à
structure polyédrique
moyenne en surface et
passant rapidement à une
structure prismatique
grossière en profondeur.
La surface de ces sols
subit un ruissellement
intense, ce qui conduit à
une érosion prononcée par
nappe et par ravinement.

Figure 17 : Zonalité des types


de sols

2. Les sols régosolitiques à


cailloutis sont des sols
formés aux dépens des
limons calcaires très
érodés et interstratifiés de
bancs conglomératiques.
Ces sols sont d’origine
calcaire tuffeuse, remaniés

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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

avec des galets. Ils couronnent les sommets des collines marneuses. Ces sols sont assez
profonds (70 cm), leur couleur, à nuances rouge, devient plus foncée et plus jaunâtre vers
le bas des versants. Ces sols comportent des blocs conglomératiques qui restent accrochés
aux flancs des collines et affleurent un peu partout à l’Est de la ville de Fès.

3. Les sols régosolitiques sableux se développent sur les marnes sableuses au niveau des
versants raides des rides prérifaines. Ils sont assez profonds (70 cm) et comprennent les
sables calcaires consolidés érodés, plus ou moins remaniés.

4. Les sols bruns calcaires se développent sur les encroûtements de calcaire lacustre de Saïs.
Ce sont des sols brun rougeâtre, argileux et calcaires contenant des débris de croûte et des
cailloutis siliceux (quartz, quartzite et silex). Ces sols sont minces à moyennement
profonds. Leur structure est polyédrique moyenne à grossière et parfois motteuse. Ils se
caractérisent par une bonne porosité.

5. Les sols bruns à granules sont des sols profonds, sans croûte. Ils ont une couleur brune à
brun-rouge. Ces sols sont argileux et calcaires, leur structure est polyédrique moyenne en
surface, puis polyédrique fine dans l’horizon à granules, avec passage progressif au limon
calcaire là où les granules sont remplacées par les taches friables.

6. Les sols châtain-rouge à croûte sont des sols dont les horizons terreux sont peu visibles à
cause de l’encroûtement calcaire du Saïs. Ils se développent entre l’oued El Himmer et
l’oued El Mehraz. Leur profil se présente de la manière suivante :

 En surface, on trouve des sols brun rouge, argileux et non calcaire à cailloutis
siliceux. Leur structure est fendillée verticalement.
 Au-dessous, on trouve la croûte calcaire sur 20 à 30 cm. Elle est constituée de
feuillets discontinus subhorizontaux dont l’épaisseur varie de 2 à 3 cm.
 Sous cette croûte tendre, on rencontre une croûte dure, en un seul feuillet continu
qui peut atteindre 15 cm.

7. Les sols rouges méditerranéens à croûte dure et peu épaisse. Ils se localisent sur la rive
droite de l’oued El Mehraz. Ces sols à couleur rouge foncé sont argilo-sableux, non
calcaires et à cailloutis siliceux. Leur structure est polyédrique sub-angulaire.

8. Sols peu évolués d’apports non hydromorphes sont constituées d’alluvions à dragées
déposées sur la croûte du Saïs. Ils sont de couleur grise foncée, à texture grossière. Ces

41 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

sols sont très calcaires, moyennement profonds et très poreux. La croûte sous-jacente est
calcaire jaunâtre.

9. Les sols d’apport alluvial récent sur roches-mères complexes sont des sols très profonds,
pouvant atteindre 120 cm par endroit. Ils se localisent surtout dans les petites plaines
alluviales des oueds El Mehraz et El Himmer, ainsi que dans la petite dépression d’Ain
Amer. Ces sols sont argileux calcaires, à structure continue en éclats poreux, peu fissurés
à l’état sec.

10. Les Tirs argileux sont des sols dont la teneur en argiles dépasse 35 %. Ils se développent
sur les limons des versants prérifains. Ce sont des sols bruns foncés à structures variées,
non calcaires. Ils sont moyennement profonds (60 cm).

11. Les sols hydromorphes sont des sols typiques de la vallée de l’oued Fès amont. La
formation et l’évolution de ces sols est favorisée par les conditions marécageuses de cet
espace mal drainé. Ces sols hydromorphes se caractérisent par une alternance de taches ou
bandes grisâtres, ocres ou mouilles. La nature des dépôts varie selon leur origine (marnes,
limons à dragées, limons de plateau…). Ces sols sont très profonds, ils atteignent 150 cm.
Ils sont de couleur généralement sombre, à texture lourde et à structure variable suivant
leur état hydrique (fendillée prismatique à l’état sec et massive à l’état humide). Dans la
plupart des cas, ils contiennent des argiles gonflantes qui absorbent fortement l’eau.

12. Les sols profonds isohumiques de piémont se développent au niveau du dir. Ils sont très
profonds pouvant dépasser 2 m par endroit. Ces sols sont issus de l’accumulation des
dépôts de pente sous formes de glacis et cônes de déjection. Ils constituent de bonnes
terres agricoles.

13. Les sols peu profonds à grande charge caillouteuse se forment aux dépens des roches
calcaires ou dolomitiques des causses moyen-atlasiques. Ils sont peu profonds et en
mélange avec les fragments de calcaire dur. La genèse de ces sols est dominée par la
présence des carbonates et sulfates de calcium et de magnésium. Leur couleur est foncée,
plus ou moins décalcarisée, à structure grumeleuse.

Cette grande diversité des sols, couvrant le bassin versant de l’oued Fès, influence la réponse
hydrologique différenciée d’un sous-bassin versant à un autre. Toutefois, en présence du tapis
végétal, l’aptitude au ruissellement de ces sols pourra être complètement modifiée. C’est

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

pourquoi on va essayer d’étudier les couvertures végétales qui tapissent le bassin versant de
l’oued Fès et leurs impacts sur l’aptitude au ruissellement des terrains.

1.6 Le couvert végétal, entre l’amont et l’aval

A l’instar des couvertures lithologiques et pédologiques, la couverture végétale influence


directement la réponse hydrologique des bassins versants. Elle joue un rôle complexe
d’interface entre le sol et l’atmosphère. Afin de comprendre l’action du couvert végétal sur la
réponse hydrologique d’un bassin versant, Taous (2005) a proposé la comparaison suivante :

 Dans un bassin versant où la végétation est très rare ou absente, la circulation de l’eau
dépend principalement de la lithologie et de la pédologie. Dans le cas de bassin
imperméable, les crues sont souvent brutales ;
 Dans un bassin couvert de végétation, la présence de plantes tend à retenir l’eau et
contribue à augmenter la capacité de rétention des sols qui sont souvent bien
développés dans ces cas. La concentration des écoulements s’y trouve donc plus ou
moins amortie, selon la nature et l’importance de la couverture végétale.

Généralement, les effets de la végétation sur le comportement hydrologique sont difficiles à


quantifier ; mais il paraît que plus un tapis végétal est dense, plus il contribue à la
régularisation de l’écoulement dans les bassins versants.

Dans le bassin versant de l’oued Fès, les situations orographiques, les conditions climatiques
(chapitre 2) et les activités anthropiques sont à l’origine d’un grand contraste de couvert
végétal, surtout entre l’amont et l’aval. En effet, d’après les données des images satellitaires
du mois de mai 2012 (Fig. 17), on voit que la forêt dense se concentre à l’amont, tandis que le
reste du bassin versant est dépourvu de tapis végétal permanent ; on y trouve surtout de
l’arboriculture dispersée ou des matorrals clairsemés.

L’amont du bassin versant est couvert par deux massifs forestiers bien développés. Il s’agit de
la forêt de Jbel Aoua à l’Ouest (Photo 8) et la forêt d’Ait Youssi d’Amekla à l’Est (Photo 9),
de part et d’autre du couloir Dayet Aoua – Dayet Hechlef.

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Photo 9 : Une vue sur la forêt des Ait Youssi


de l’Amekla (21 mai 2014)
Photo 8 : Une partie du massif forestier du Jebl
Aoua (21 mai 2014)

La superficie de la forêt de Jbel Aoua s’élève à 76,1


km². Selon le Haut Commissariat aux Eaux et
Forêts et à la Lutte contre la
Désertification (HCEFLCD, 2004), le massif
forestier de Jbel Aoua est composé de quatre
formations végétales : une formation à base de
chêne vert pur, une formation à base de pin
maritime, une formation à base de cèdre et une
formation de transition (mélange de cèdre, pin
maritime et du chêne vert). La formation de
transition à base de cèdre et de pin maritime de
montagne occupe la tranche altitudinale comprise
entre 1600 et 1900 mètres, où les précipitations sont
abondantes et présentent des conditions favorables
au développement de cette essence (Chillasse,
2004). Dans les endroits humides et sur sols
développés, on rencontre le cèdre et le chêne vert,
parsemé de quelques pieds en futaie de chêne zeen.

Figure 17 : Le contraste du couvert


végétal entre l’amont et l’aval

44 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

La forêt des Ait Youssi de l’Amekla, quant à elle, occupe une surface de 92,7 km² sur l’amont
du bassin versant oued Fès. Son peuplement est constitué principalement par le cèdre et le
chêne vert en association avec d’autres essences secondaires telles que le genévrier oxycèdre,
le houx, l’érable, l’if et le frêne formant des bouquets dispersés (Chillasse, 2004).

Dans le reste du bassin versant de l’oued Fès, le couvert végétal naturel est carrément absent ;
on ne trouve que de l’arboriculture dense au niveau du dir, ainsi que quelques petits
reboisements assez développés dans le Saïs (forêt d’Ain chkef ; 0.6 km²) et les versants
prérifains (forêt de Jbel Tghat ; 1.3 km² ainsi que quelques banquettes en oliviers dans les
versants de Jbel Zalagh).

Afin d’approcher l'importance du rôle joué par la forêt, nous avons calculé un indice de
couverture forestière pour chaque bassins versants. Cet indice (K) se présente comme suit :

Si on considère les matorrals et l’arboriculture comme étant une couverture forestière, l’indice
global de la couverture forestière du bassin versant de l’oued Fès avoisine 30,3 %. Pour les
sous-bassins versants oued Chekkou et oued El Malleh, la forêt et/ou le matorral couvre
respectivement 57 % et 43 % de leurs surfaces. Tandis que pour les autres sous-bassins
versants, l’indice du couvert forestier est très faible (2 % pour le bassin versant Boufkrane, 1
% pour le bassin versant El Mehraz et 3 % pour le bassin versant El Himmer).

Par ailleurs, il faut mentionner que le couvert végétal saisonnier (céréaliculture ou tapis
herbacé) mérite une attention particulière dans l’analyse de l’impact du couvert végétal sur la
réponse hydrologique des bassins versants ; car, pendant la saison printanière, une bonne
partie des terrains nus se trouve couverte par un tapis herbacé assez développé ou une
céréaliculture intense. En conséquence, ce couvert végétal saisonnier pourra contribuer à
l’amortissement du ruissellement superficiel et de la réponse hydrologique des bassins
versants suites aux épisodes pluvieux printaniers.

En conclusion, les couvertures végétales, pédologiques et lithologiques influencent à la fois,


le taux d’infiltration, la capacité de rétention et la vitesse de montée des crues dans le bassin
versant de l’oued Fès. Dans le cadre de notre thèse, l’étude de l’influence de ces facteurs à
pour ambition de déterminer les coefficients de ruissellement des terrains ; c’est-à-dire, de
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

quantifier le taux de ruissellement des lames d’eau précipitées, et comment ces dernières
peuvent générer les crues qui inondent l’agglomération de Fès. Cette étude fera l’objectif du
chapitre 3, où nous allons essayer de quantifier les différents facteurs déterminant
d’écoulement, afin d’analyser la genèse des crues ; suites aux épisodes pluvieux d’intensités
journalières.

1.6 Caractéristiques hydrographiques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins

Il est indéniable que les caractéristiques morphométriques, topographiques ainsi que la


perméabilité des terrains déterminent la configuration des réseaux hydrographiques. Car, les
conditions de développement de ces réseaux hydrographiques, sont fortement conditionnées
par la forme, le relief, la perméabilité ainsi que le climat des bassins versants. Afin de
caractériser le réseau hydrographique du bassin versant de l’oued Fès, nous allons calculer
différents indices hydromorphométriques, à savoir : la densité de drainage, l’ordination et
l’hiérarchisation du réseau hydrographique, les profils longitudinaux et les pentes moyennes
des principaux oueds. À partir de ces indices, nous allons dégager l’influence du réseau
hydrographique sur la réponse hydrologique des bassins versants.

1.6.1 Un réseau hydrographique moyennement dense mais mal acheminé

Depuis le début du 20ème siècle, le père de l’hydrologie moderne, Robert Elmer Horton a
développé la notion de Densité de drainage. Cette dernière est définie comme étant la
longueur totale du réseau hydrographique par unité de surface du bassin versant. Elle est
décrite comme suit :

Avec : Dd = la densité du drainage en Km/Km² ; Lx = la longueur des drains et


A = Surface du bassin versant.

Afin de calculer la densité de drainage du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins,
nous avons numérisé tout le réseau hydrographique du bassin versant (sur les cartes
topographiques au 1 : 50'000 de Fès Est, Fès Ouest, Ain Taoujdate, Sefrou, Ifrane et Ayoun
Snan). A l’aide du Système d’Information Géographique ArcMap©, nous avons pu calculer la
longueur totale du réseau hydrographique, soit 1469 km.

Les densités de drainage calculées pour le bassin versant de l’oued Fès et ses différents sous-
bassins versants (Tab. 6) montrent que ces derniers sont drainés par un réseau hydrographique
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

moyennement dense, à l’exception du bassin versant de l’oued El Malleh qui se caractérise


par une densité de drainage très importante (4,03 km/km²). Cette situation résulte de
l’influence des différents facteurs (pentes, lithologie…) précédemment mentionnés.

Bassins versants Oued Oued Oued El Oued El Oued Oued El


Fes Boufekrane Mahraz Himmer Chkou Malleh
Densité de drainage 1,68 1,39 1,33 1,69 1,79 4,03
(km/km²)
Tableau 6 : Densité de drainage du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins

Il est utile de rappeler que la densité de drainage joue un rôle déterminant dans la réponse
hydrologique des bassins versants. Car, les réseaux hydrographiques à grand densité,
favorisent des réponses hydrologiques plus importantes. Ce phénomène s’explique par
l’acheminement et le transfert rapide des écoulements, et par conséquent la concentration
rapide des crues.

Afin d’étudier le phénomène d’acheminement du réseau hydrographique des différents sous-


bassins versants, nous avons essayé de classifier leurs réseaux hydrographiques afin d’obtenir
leur hiérarchisation et par conséquent leur degré d’acheminement. La classification d'un
réseau hydrographique (ou topologie) est une manière de hiérarchiser l'ensemble des branches
d’un réseau hydrographique en attribuant à chacune une valeur entière qui caractérise son
importance (Bravard et Petit, 1997). Plusieurs classifications différentes ont été élaborées ;
celle de Strahler est la plus couramment utilisée. Cette méthode considère que tout drain qui
n'a pas d'affluent se voit attribuer la valeur X1. Puis, un drain d'ordre X2 est issu de la
confluence de deux drains d'ordre X1, ainsi de suite. L'ordre de Strahler d'un bassin
versant est l'ordre du drain principal à l'exutoire.

Quoique le réseau hydrographique qui draine le bassin versant de l’oued Fès soit
moyennement dense, l’acheminement des drains n’est pas très développé (par rapport aux
tailles des sous-bassins versants) et diffère légèrement d’un sous-bassin versant à un autre
(Tab. 7). On effet, l’ordre de Strahler calculé pour les différents sous-bassins versants est de
l’ordre de X5 pour les bassins versants El Mehraz, Chekkou et El Malleh et seulement X4
pour les bassins versants Boukrane et El Himmer. Par ailleurs, la majorité des réseaux
hydrographiques est constituée de drains préliminaires (ordre X1). Ces derniers présentent 73
% des branches qui drainent le bassin versant de l’oued Boufkrane ; 74,2 % pour El Mehraz ;
74,1 % pour El Himmer ; 69,1 % pour Chekkou et 74,3 % pour le bassin versant de l’oued El
Malleh. Pour ce qui est des collecteurs secondaires et tertiaires (X2 et X3), une bonne partie
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

de ces derniers s’individualise et ne parvient pas à rejoindre les principaux collecteurs (X4 ou
X5). De ce fait, l’acheminement s’interrompt et la concentration des écoulements n’arrive pas
à contribuer directement à la réponse hydrologique des sous-bassins versants.

Classification du réseau hydrographique du BV Boufekrane


Ordre des Nombres des Longueurs des % du nombre % des longueurs Longueur moyenne
drains drains drains (Km) des drains (km)
X1 57 40,4km 73,07% 51,40% 0,7km
X2 17 7,9km 8,97% 10,10% 0,4km
X3 3 25,1km 3,84% 31,15% 8,3km
X4 1 5,7km 1,28% 7,35% 5,7km
Total 78 78,1km 100% 100% 1km
Classification du réseau hydrographique du BV El Mahraz
Ordre des Nombres des Longueurs des % du nombre % des longueurs Longueur moyenne
drains drains drains (Km) des drains (km)
X1 95 63,9km 74,21% 33,88% 0,6km
X2 21 75,2km 16,40% 39,87% 3,5km
X3 9 25,5km 7,03% 13,52% 2,8km
X4 2 10,7km 1,56% 5,67% 5,3km
X5 1 14,3km 0,80% 7,06% 14,3km
Total 128 188,6km 100% 100% 1,4km
Classification du réseau hydrographique du BV El Himmer
Ordre des Nombres des Longueurs des % du nombre % des longueurs Longueur moyenne
drains drains drains (Km) des drains (km)
X1 83 74,2km 74,11% 56, 38% 0,8 km
X2 21 10,5km 18,75% 7,97% 0,5 km
X3 7 9,7km 6 ,25% 7,37% 1,3 km
X4 1 37,2km 0,89% 28,26% 37,2 km
Total 112 131,6km 100% 100% 1,1km
Classification du réseau hydrographique du BV Chekkou
Ordre des Nombres des Longueurs des % du nombre % des longueurs Longueur moyenne
drains drains drains (Km) des drains (km)
X1 353 308,9km 69,1% 41,24% 1,2 km
X2 122 88,2km 24,15% 11,77% 1,4 km
X3 23 227.8km 4,55% 30,41% 9,9 km
X4 6 76km 1,18% 10,14% 37,2 km
X5 1 48,3km 0,19% 6,41% 48,3km
Total 505 749km 100% 100% 1,4km
Classification du réseau hydrographique du BV El Malleh
Ordre des Nombres des Longueurs des % du nombre % des longueurs Longueur moyenne
drains drains drains (Km) des drains (km)
X1 287 128,5km 74,35% 68,13% 0,4km
X2 75 41,5km 19,43% 22,01% 0,5km
X3 19 14,2km 4,92% 7,51% 0,7km
X4 4 6,9km 1,04% 3,64% 1,7km
X5 1 5,5km 0,26% 2,91% 5,5km
Total 386 188,6km 100% 100% 0,4 km
Tableau 7 : Ordination du réseau hydrographique des cinq sous-bassins versants

Pour comprendre ce phénomène, il faut observer le détail de l’organisation du réseau


hydrographique des bassins versants (Fig. 19). Plusieurs drains ne s’acheminent pas et se
perdent sans rejoindre le système de drainage superficiel, surtout dans les terrains carbonatés

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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

des causses moyen-atlasiques (calcaires et dolomies du Lias). A ce niveau là, on parle


principalement de l’endoréisme dû au karst. En effet, plusieurs modelés karstiques se
développent à l’amont des sous-bassins versants Boufkrane, El Mehraz, et surtout Chekkou.
Ces formations karstiques favorisent l’infiltration du réseau de drainage superficiel, soit au
niveau de pertes ponctuelles (des avens) soit au niveau des dépressions fermées (dolines ou
poljés). Dans les calcaires lacustres du Pliocène (plateau de Saïs), l’oued Bou Rkaiz a
également un régime
endoréique. Mais cette
fois, les eaux de l’oued
Bou Rkaiz, se perdent
dans la dépression
travertineuse de
Zliligue qui infiltre le
débit de cet oued.

Figure 19 :
L’organisation du
réseau
hydrographique du
bassin versant oued
Fès

En général, le bassin
versant de l’oued Fès
se caractérise par un
réseau hydrographique
moyennement dense,
mais, l’acheminement
de ce dernier est très
désarticulé.
Théoriquement, cette
situation amortit la
réponse hydrologique des bassins versants suite aux sollicitations pluviométriques car

49 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

l’acheminement des écoulements est interrompu entre les branches du réseau hydrographique.
Cependant, pour le cas du bassin versant de l’oued Fès, l’impact de cette situation sur la
concentration des écoulements est compliqué car la combinaison avec d’autres facteurs
(morphométrie, énergie du relief, perméabilité des terrains) peut minimiser l’influence de
l’acheminement du réseau hydrographique sur la genèse et la concentration des crues. Par
exemple, bien que les bassins versants oued El Malleh et oued Chekkou aient le même ordre
de Strahler (X5), la concentration de leurs crues sera différentes. Cela est dû à l’influence des
autres facteurs (forme et péméabilité) qui diffèrent énormément entre ces deux bassins
versants. Par ailleurs, les phénomènes karstiques compliquent d’avantage la compréhension
du processus de concentration des écoulements. Nous avons malheureusement très peu
d’informations sur le système des drainages souterrains qui peut soutenir l’écoulement
superficiel via les résurgences karstiques. Par conséquent, il est très difficile de comprendre
comment ces résurgences peuvent influencer la réponse hydrologique des sous-bassins
versants.

1.6.2 Les profils en long des principaux oueds : des pentes hétérogènes

Le profil en long (ou profil longitudinal) est une représentation graphique montrant la
variation altimétrique du lit d’un cours d’eau (en ordonnées) en fonction de la distance à
l’émissaire (en abscisse) (Taous, 2005). A partir de cette représentation graphique, on peut
dégager plusieurs conclusions sur la réponse hydrologique des cours d’eau, ainsi que leur
dynamique fluviale. En effet, Bravard et Petit (1997) considèrent que le profil en long d’un
cours d’eau est souvent approché pour déterminer l’équilibre entre la capacité de transfert
d’une part et le calibre de la charge solide en transit d’autre part.

Dans notre cas, l’étude des profils longitudinaux (Fig. 20) va nous aider à interpréter la
réponse hydrologique des bassins versants via la pente longitudinale moyenne des principaux
oueds. Le système de pentes des oueds étudiés dépend principalement de la topographie des
terrains qui drainent. Les trois oueds limitrophes qui prennent naissance au dir de Sefrou
(oueds Boufkrane, El Mehraz et El Himmer) ont un système de pente similaire. Oued
Chkkou, suit plus ou moins la topographie des causses du Moyen Atlas et du plateau de Saïs,
en passant par le dir d’Immouzer. Oued Fès quand à lui, il se caractérise par un système de
pente faible en général ; car, de sa source jusqu’à son embouchure le dénivelé de l’oued Fès
ne dépasse pas 220 m.

50 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Figure 20 : Profils longitudinaux de l’oued Fès et ses cinq affluents


51 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

Afin d’interpréter l’impact de ces profils longitudinaux sur la réponse hydrologique des
bassins versants, nous avons calculé leurs pentes longitudinales moyennes. Cet indice peut
fournir de bonnes informations afin d’évaluer le temps de concentration des crues et leurs
vitesses. En effet, la pente moyenne longitudinale d’un cours d’eau détermine la vitesse avec
laquelle l’eau va se rendre à l’exutoire des bassins versants, car les pentes fortes favorisent et
accélèrent les écoulements, tandis que les faibles pentes favorisent l’infiltration ou la
stagnation des écoulements. En conséquence, la pente moyenne longitudinale des cours peut
être considérée parmi les principaux paramètres qui déterminent la vitesse des écoulements
ainsi que le temps de concentration des crues.

Pour calculer la pente moyenne de nos oueds, nous avons utilisé la méthode la plus
fréquemment utilisée. Cette dernière consiste à diviser la différence d'altitude entre les points
extrêmes des profils longitudinaux, par la longueur totale des oueds. Cette méthode s’exprime
de la façon suivante :

Avec : Pmoy = pente moyenne de l’oued m/km ; DHmax = dénivellation

maximale de l’oued en mètre ; L = longueur de l’oued en km.

Oued Fès Boufkrane El Mehraz El Himmer Chekkou EL Malleh


Pente 8 m/km 27.6 m/km 26.6 m/km 28.8 m/km 19.2 m/km 46 m/km
moyenne
Tableau 8 : Pente moyenne des différents oueds en (m/km)

Les différents affluents de l’oued Fès présentent une légère différence de leurs pentes
moyennes (Tab. 8), notamment les quatre affluents qui prennent naissance au Moyen Atlas
(Boufkrane, El Mehraz, El Himmer et Chekkou). Au niveau du dir, ces quatre oueds se
caractérisent par une pente très forte (73 m/km pour oued Boufkrane ; 74 m/km pour oued El
Mehraz ; 70 m/km pour oued El Himmer et 60 m/km pour oued Chekkou). Cette pente forte
favorise la genèse des écoulements torrentiels, qui sont à l’origine d’un très grand charriage
de matériel grossier. Une fois que ces oueds arrivent sur le plateau du Saïs, leurs vitesses
d’écoulement ralentissent et leur dynamique fluviale devient moins importante. Cette situation
est due essentiellement à la faible pente qui caractérise ces tronçons (15 m/km pour l’oued
Boufkrane ; 14 m/km pour l’oued El Mehraz ; 13 m/km pour l’oued El Himmer et 16 m/km
pour l’oued Chekkou).

52 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

L’oued El Malleh se caractérise par une pente moyenne très forte (46 m/km), plus ou moins
continue de l’amont jusqu’à l’aval, avec quelques petites ruptures de pente dues à l’érosion
verticale agressive au niveau de quelques tronçons. Généralement, la forte pente de l’oued El
Malleh accélère ses écoulements et minimise le temps de concentration des crues.

Pour ce qui est de l’oued Fès, il se caractérise par une pente moyenne faible (8 m/km). Tout
de même, cette pente moyenne ne traduit pas les vitesses des écoulements qui peuvent être
générées dans son chenal. En effet, de sa source jusqu’à son embouchure, l’oued Fès génère
deux types d’écoulement : un écoulement très lent et laminaire, voire même une stagnation
des eaux, dans la zones de l’oued Fès amont, dont la pente moyenne ne dépasse pas 1.25
m/km ; pour l’oued Fès aval, des écoulements très rapide, voire même torrentiels en raison de
la pente forte de ce tronçon qui dépasse 41.1 m/km.

En général, à partir de l’analyse des caractéristiques hydrographiques des bassins versants,


nous pouvons dire que la densité du réseau hydrographique, son degré d’acheminement ainsi
que la pente des principaux collecteurs ne peut que favoriser une réponse hydrologique
moyenne à faible. Pour quantifier cette réponse hydrologique, le chapitre 3 sera consacré à
l’estimation du temps de concentration des crues ainsi que le calcul de débits de pointe via
différentes méthodes. Le calcul de la vitesse des flux des écoulements dans les chenaux sera
également approché dans le chapitre 6. Dans ce dernier chapitre, nous allons procéder à la
simulation et la cartographie des caractéristiques hydrauliques des crues menaçant le
périmètre urbain de l’agglomération de Fès.

Conclusion

En absence d’observations hydrométriques, nous avons essayé dans ce chapitre d’évaluer la


réponse hydrologique du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants, en
analysant leurs caractéristiques physiographiques. Cette évaluation consiste à préjuger
l’impact de chaque caractère physiographique, afin de désigner la réponse hydrologique qui
pourra être générée. Cette approche permet d’évaluer la réponse hydrologique, mais elle ne
pourra jamais la quantifier.

Nous pouvons conclure que le comportement hydrologique du bassin versant de l’oued Fès
est très complexe. Sa réponse hydrologique globale dépend principalement de la réponse de
ses sous-bassins versants. Ces derniers se caractérisent par la diversité de leurs

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique des bassins versants de l’oued
affluents : Caractéristiques physiographiques et climatiques Fès et ses affluents

caractéristiques physiographiques, et par conséquent la différence de leurs réponses


hydrologiques.

En général, à partir de l’analyse des caractéristiques morphométriques, hypsométriques,


hydrographiques ainsi que la perméabilité des terrains, il résulte que la réponse hydrologique
des bassins versants ne peut être que faible, sauf pendant les épisodes pluvieux d’intensités
exceptionnelles. En effet, quel que soit le fonctionnement du bassin versant, l’intensité de sa
réponse hydrologique (notamment le débit de pointe) est fortement conditionnée par
l’intensité de la sollicitation. Cette dernière mérite donc une attention particulière. Ainsi, le
prochain chapitre sera focalisé sur l’analyse des caractéristiques climatiques de la zone
d’étude, afin de comprendre la variation spatiotemporelle des précipitations et leurs intensités.

54 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Chapitre 2

Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes


spatiotemporels des précipitations

Sommaire :

Introduction du chapitre

2.1 Présentation des données climatiques et choix des chroniques représentatives

2.2 Contexte régional et local du climat du bassin versant de l’oued Fès

2.3 Un contraste spatiotemporel des températures

2.4 Variations spatiales des pluies moyennes annuelles : essai de spatialisation

2.5 Variations interannuelles et tendances des précipitations

2.6 Variations temporelles et spatiales des précipitations mensuelles et saisonnières

2.7 Variations et intensités des précipitations journalières

Conclusion du chapitre

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Introduction

Parmi tous les facteurs qui influencent le fonctionnement hydrologique des bassins versants,
le climat joue le rôle le plus déterminant. En effet, la température, l’évaporation et surtout les
précipitations déterminent directement les caractéristiques hydrographiques et hydrologiques
des bassins versants. Dans le cadre de notre problématique générale, il est difficile de
comprendre le phénomène des inondations affectant l’agglomération de Fès en négligeant les
caractéristiques climatique du bassin versant de l’oued Fès. A cet égard, le présent chapitre
vise à étudier les caractéristiques du climat de notre bassin versant, tout en mettant l’accent
sur les précipitations qui génèrent les inondations.

La méthodologie adoptée dans ce chapitre consiste à analyser les données climatiques


collectées sur une vingtaine de stations et postes pluviométriques couvrant le bassin versant
de l’oued Fès. Ces données présentent un réseau assez dense, observé sur des chroniques
hétérogènes, mais généralement assez longues. A partir de l’analyse de ces données
climatiques, nous allons viser les objectifs suivants :

 Présenter le contexte régional et local du climat de notre région d’étude ;


 Mettre en évidence le rôle de l’orographie dans la distribution spatiale des températures et
des précipitations à l’échelle du bassin versant de l’oued Fès ;
 Analyser la fluctuation interannuelle des précipitations tout en essayant d’identifier leurs
tendances ;
 Comprendre la variation spatiotemporelles des précipitations mensuelles et saisonnières ;
 Et à la fin, analyser la distribution temporelle des précipitations journalières et leurs
intensités.

2.1 Présentation des données climatiques et choix des chroniques représentatives

L’étude des caractéristiques d’un climat demande l’analyse de ses données climatiques
observées sur des chroniques assez longues. Nous présentons ici les données disponibles.

2.2.1 Stations et postes des observations climatiques

L’acquisition des données climatiques nous a présenté un grand défi. Nous avons essayé de
collecter le maximum des données observées sur les vingt stations météorologiques et postes
pluviométriques récapitulés dans le tableau 9.

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Stations/ Coordonnées Unité topographique Source des données


Postes X Y Z
Aïn Betit 519'458 355'236 790 Piémont (dir) Agence du bassin de Sebou
Ain Cheggag 532'479 363'922 656 Plateau du Saïs [Link]
Ain Leuh 505'941 300'720 1365 Moyen Atlas Service des eaux et forêts
Ain Timdrine 578'585 350'436 687 Moyen Atlas Agence du bassin de Sebou
Aït Khabbach 556'717 315'185 1474 Moyen Atlas Agence du bassin de Sebou
Azrou 516'864 317'842 1275 Moyen Atlas Agence du bassin de Sebou
Azzaba 569'572 359'594 626 Moyen Atlas Agence du bassin de Sebou
Boulmane 561'735 307'215 1901 Moyen Atlas Service des eaux et forêts
Dar El Arsa 543'282 399'662 164 Prérif Agence du bassin de Sebou
Dayet Aoua 533'100 337'916 1572 Moyen Atlas Service des eaux et forêts
Douiat 526'198 381'319 385 Plateau du Saïs [Link]
El Annouceur 549'927 341'163 1415 Moyen Atlas [Link]
El Hajeb 502'399 343'820 1017 Piémont (dir) [Link]
Fès (ABHS) 535'400 384'800 378 Plateau du Saïs Agence du bassin de Sebou
Fès Saïs(Aéroport) 538'105 370'359 570 Plateau du Saïs Météorologie nationale
Ifrane (Aérodrome) 524'539 323'451 1649 Moyen Atlas Météorologie nationale
Immouzzer Kander 535'757 348'248 1355 Piémont (dir) Service des eaux et forêts
Mikkes El Hajra 508'856 382'729 247 Prérif [Link]
Ras Tabouda 532'479 363'922 560 Couloir de Fès-Taza [Link]
Sefrou 538'105 370'359 989 Piémont (dir) [Link]
Tableau 9 : Les 20 stations et postes des données climatiques observées

Ces données collectées présentent un


réseau d’observation assez dense, qui
couvre une bonne partie du bassin
versant de l’oued Fès et ses zones
limitrophes (Fig. 21).

Figure 20 : Localisation des stations et


postes pluviométriques observés

2.1.2 Choix des chroniques adéquates


et des stations significatives

Il faut mentionner que l’étude des


données météorologiques nécessite des
chroniques longues et homogènes afin
d’avoir de bons résultats.
Malheureusement, nous nous sommes

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

heurtés face au problème de l’hétérogénéité des chroniques des données, ainsi qu’à quelques
courtes lacunes des observations, qui sont dues soit à des erreurs humaines, soit aux
défaillances matérielles (Fig. 22).

Figure 22 : Chronogramme des données climatiques observées

Nous avons essayé d’homogénéiser les données, en choisissant les chroniques et les stations
significatives destinées à l’analyse statistique de chaque phénomène météorologique. Nous
avons également essayé de combler les courtes lacunes des valeurs mensuelles. Pour cela,
nous avons adopté une méthode statistique qui se base sur les coefficients de corrélation et de
détermination entre les stations les plus adéquates, afin de reconstituer les lacunes mensuelles.

Les chroniques et les stations retenues sont :

 Pour l’étude du contraste thermique entre l’amont et l’aval : nous nous sommes basé sur
les données thermométriques disponibles sur les stations de Fès-Saïs et Ifrane. Ces
données sont observées sur 31 ans (1980-2010).
 Pour les précipitations nivales, seules les données de la station d’Ifrane sur 29 ans (1980-
2008) sont disponibles.
 Pour la variation spatiale des précipitations à l’échelle du bassin versant, nous avons
utilisé tout le réseau de données disponibles, en essayant d’homogénéiser la chronique.
Nous avons retenu les moyennes annuelles et mensuelles des 33 ans observés et dont les
lacunes sont comblées (1978-2010).

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

 Pour l’étude des variations interannuelles et tendances des précipitations, nous avons
choisi les stations de Fès-Saïs, Sefrou et Ifrane. Le choix de ces stations a été guidé par
deux raisons : d’une part, les stations d’Ifrane, Sefrou et Fès Saïs traduisent
respectivement la situation en amont (le Moyen Atlas), dans la partie médiane (le dir) et à
l’aval (le Saïs) du bassin de l’oued Fès ; d’autre part, ces trois stations se caractérisent par
une chronique homogène assez longue (76 ans, 1935-2010).
 Pour l’étude des précipitations journalières, nous avons retenu les stations de Fès-ABHS
(dans la ville de Fès), Sefrou et Ifrane, sur 33 ans (1978-2010).

On note qu’on a analysé ces données à l’échelle de l’année civile, non pas à l’échelle de
l’année hydrologique (septembre à août pour le Maroc).

2.2 Contexte régional et local du climat du bassin versant de l’oued Fès

Le bassin versant de l’oued Fès s’inscrit dans un climat méditerranéen influencé par la
continentalité. Il est marqué par un contraste prononcé entre un été chaud et sec et un hiver
frais et humide.

2.2.1 Le climat du bassin versant de l’oued Fès dans son contexte régional

De par son appartenance au climat méditerranéen continental, le climat du bassin versant de


l’oued Fès est directement influencé par plusieurs dépressions et anticyclones. En effet, la
position intermédiaire entre les dépressions tempérées et les anticyclones subtropicaux est à
l’origine du contraste observé entre l’été et l’hiver. En été, les hautes pressions subtropicales
règnent sur notre région d’étude, contraignant les perturbations plus au Nord. En hiver, la
même région est balayée par les dépressions de moyenne latitude, permettant la dominance
des perturbations pluvieuses.

D’une façon générale, le climat du bassin versant de l’oued Fès est influencé par l’anticyclone
des Açores, la dépression d’Islande et l’anticyclone saharien.

a. L’anticyclone des Açores

On rappelle que l’anticyclone des Açores se localise à proximité des îles des Açores, entre les
parallèles 20° et 45°N. Cet anticyclone couvre une vaste surface au Nord de l’océan
Atlantiques ; il s'étend des côtes occidentales du Portugal au Nord, jusqu’aux côtes

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

mauritaniennes au Sud. Il est à l’origine de la subsidence des aires de la cellule de Hadley qui
se fixe par le courant marin froid des Canaries. Quoiqu’il soit permanente, l’anticyclone des
Açores n’est pas stable et sa pression enregistre des fluctuations importantes. La plupart du
temps, cet anticyclone présente une barrière qui bloque l’arrivée des perturbations humides
sur notre zone d’étude. Mais pendant l’hiver, l’anticyclone des Açores migre vers le Sud-
Ouest, permettant aux perturbations polaires de régner sur la zone d’étude.

b. La dépression d’Islande
La dépression d’Islande est une dépression stationnaire qui se localise entre le Groenland et
l’Islande. Cette cellule représente des centres de basses pressions atmosphériques durant une
partie importante de l'année. Pendant l’hiver, la dépression d’Islande peut atteindre notre
région d’étude, ce qui implique une humidité importante et des précipitations abondantes.

c. L’anticyclone saharien
C’est une cellule dynamique, à l’origine de la subsidence des aires dues au mouvement du
courant Jet subtropical. Cet anticyclone est à l’origine de la sécheresse qui caractérise notre
zone d’étude durant une bonne partie de l’année car il présente une barrière qui contraint les
perturbations humides en provenance de moyennes latitudes.

En général, de par son appartenance au climat méditerranéen, le bassin versant de l’oued Fès
est caractérisé par une grande irrégularité due à la diversité des phénomènes atmosphériques
qui influencent son climat. Par ailleurs, sur une échelle plus réduite, le facteur orographique
joue un rôle décisif dans les caractéristiques climatiques du bassin versant de l’oued Fès. En
effet, entre l’amont et l’aval plusieurs phénomènes climatiques marquent des contrastes très
prononcés, notamment les précipitations et la température.

2.2.2 Le contexte local du climat : influence de l’orographie

En raison de l’orographie, le climat du bassin versant n’est pas tout à fait homogène :

 L’amont du bassin versant (Causses du Moyen Atlas) est bien arrosé, car il constitue une
barrière pour les perturbations humides atlantiques. Les températures sont relativement
douces en été et froides en hiver, période durant laquelle elles tombent souvent en dessous
de 0°. Par conséquent, la neige est fréquente et peut perdurer pendant plusieurs jours à
haute altitude et sur les versants ombrés.
60 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

 La partie médiane du bassin versant (le dir) est une zone transitoire. Elle est marquée par
une pluviométrie plutôt moyenne et un enneigement faible.
 En descendant vers le plateau de Saïs, le climat devient de plus en plus influencé par la
continentalité. Les précipitations sont assez faibles et principalement concentrées en hiver.
Les températures peuvent atteindre des valeurs extrêmement élevées en été (>47°C).

Les orages estivaux méritent une attention particulière dans l’analyse des conditions
climatiques du bassin versant de l’oued Fès, notamment sur le causse moyen atlasique. En
effet, les mois d’été peuvent recevoir des valeurs importantes et surtout très concentrées dans
le temps.

Sur le plan bioclimatique, à partir du climagramme pluviothermique d’Emberger (Fig. 23), le


bassin versant de l’oued Fès se développe sur trois étages bioclimatiques, à savoir : l’humide,
le subhumide et le semi-aride. Dans la même logique, les diagrammes ombrothermiques de
Fès et Ifrane (Fig. 24) montent que la saison sèche dure 5 mois en aval (mai à septembre à la
station de Fès) et seulement 3 mois à l’amont du bassin versant de l’oued Fès (juin, juillet et
août à la station d’Ifrane). Cela explique le contraste du couvert forestier entre l’amont et
l’aval.

Figure 23 : Climagramme illustrant les gradients bioclimatiques altitudinaux dans les


différents domaines marocains (quelques stations du bassin versant sont mentionnées : Fès,
Ifrane, Sefrou, Azrou, El Hajeb, Dayet Aoua). Source : Chillasse (2004)
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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Figure 24 :Diagrammes ombrothermiques à Ifrane et Fès (1980-2010)

2.3 le contraste spatiotemporel des températures

Il est clair que la répartition des températures à l’échelle globale est conditionnée par la
latitude et l’altitude des terrains. Dans le bassin versant de l’oued Fès, le grand dénivelé des
terrains (1840m) crée un grand contraste thermique entre l’amont et l’aval.

Pour étudier ce phénomène, on a essayé de comparer les données thermométriques des


stations de Fès-Saïs (570m) et d’Ifrane (1649m). D’après la figure 25, la différence des
températures moyennes mensuelles entre l’amont et l’aval ne tombe pas au dessous de 4°C.
Cette différence est plus contrastée au niveau des températures maximales et minimales.

Figure 25 : Températures moyennes mensuelles à l’amont et à l’aval (1980-2010)


62 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

En ce qui concerne la variation intra-annuelle des températures, le mois de janvier présente les
jours les plus froids de l’année, avec une moyenne mensuelle de 3.61°C à Ifrane et 8.45°C à
Fès, tandis que les jours les plus chauds se concentrent en août, avec une moyenne mensuelle
de 20.92°C à Ifrane et 24.94°C à Fès. Pour ce qui est des températures extrêmes, le mois de
janvier se caractérise par des températures négatives, avec une température moyenne
minimale de -1.35°C à Ifrane. Alors que pendant le mois d’août, la température moyenne
maximale est proche de 35°C à Fès (Fig. 25).

Figure 26 : Températures moyennes maximales et minimales à l’amont et à l’aval

Par ailleurs, selon la direction de la météorologie nationale, les deux régions étudiées peuvent
enregistrer des records impressionnants. Le 6 janvier 1972 a enregistré -33.2°C à Ifrane, alors
que pour le record de chaleur, la station de Fès-Saïs a enregistré 47°C le 17 juillet 2000.

Du fait que les températures hivernales sont fréquemment négatives à l’amont du bassin
versant de l’oued Fès, les précipitations nivales sont non négligeables. En effet, les chutes de
neige sont importantes et augmentent avec l’altitude (du Nord vers le Sud). A titre d’exemple,
dans la station d’Ifrane, le cumul des précipitations nivales à atteint 168 cm en 1989.
Cependant, il faut mentionner que ces hauteurs nivales se caractérisent par une irrégularité
annuelle assez importante (Fig. 27).

Figure 27 : Variation annuelle des précipitations nivales cumulées dans la station d’Ifrane
63 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

2.4 Variations spatiales des précipitations moyennes annuelles dans le bassin versant de
l’oued Fès : essai de spatialisation

Comme la température, les précipitations sont marquées par une grande variation spatiale au
sein du bassin versant de l’oued Fès. En effet, la pluie moyenne annuelle enregistrée dans les
vingt postes pluviométriques observés montre que les apports pluviométriques annuels
diffèrent d’un point observé à un autre (Fig. 28).

Figure 28 : Pluies moyennes annuelles (1978-2010) dans 20 stations du bassin versant de


l’oued Fès

Grâce à la grande densité du réseau des données pluviométriques observées, il a été possible
d’obtenir une vue spatiale des lames d'eau précipitées sur la surface du bassin versant via
quelques méthodes d’interpolation géométrique ou géostatistique. La méthode
de Thiessen est parmi les méthodes les plus couramment utilisées, parce que son application
est aisée et qu'elle donne en général de bons résultats. Elle convient notamment quand le
réseau pluviométrique n'est pas spatialement homogène. Cette méthode permet d'estimer des
valeurs pondérées en prenant en considération chaque point de mesure pluviométrique. Elle
affecte à chaque donnée pluviométrique une zone d'influence dont l'aire, exprimée en %,
représente le facteur de pondération de la valeur locale. Les différentes zones d'influence sont
déterminées par découpage géométrique sous forme de polygones.

Avec la révolution des Systèmes d’Information Géographique (SIG) et leurs fonctionnalités


qui ne cessent d’augmenter, nous avons pu spatialiser les précipitations moyennes annuelles
(1978-2010) de tout le réseau d’observation à l’aide du SIG ArcGIS©. Cette spatialisation
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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

nous donne une vue synthétique de la répartition des précipitations sur le bassin versant de
l’oued Fès. Cette vue synthétique est présentée sous forme de polygones qui montrent les
aires d’influence de chaque points observées.

Afin d’obtenir une spatialisation plus représentative de la distribution des précipitations ; de


nouvelles méthodes plus rigoureuses sont plus récemment développées. Il s’agit des méthodes
géostatistiques d’interpolation. Parmi les méthodes les plus connues, on trouve les méthodes :
Krigeage ; Spline ; Pondération par l’inverse de la distance (inverse distance weighting) ;
Topo vers Raster ; Spline avec interruptions ; Par voisins naturels ; Tendance, etc. Toutes
ces méthodes sont des modèles statistiques des régressions non paramétriques. Elles
interpolent des valeurs ponctuelles, à partir d'un nombre limité de points d'échantillonnage
(Gilles, 2004).

La plupart de ces méthodes sont intégrées dans le SIG ArcGIS©. Vu sa fiabilité (Abdelaziz,
2009 ; Gilles, 2004), nous avons utilisé la méthode de Spline pour interpoler des
précipitations moyennes annuelle de tout le réseau des données observées. Au moyen de cette
interpolation, nous avons obtenu une présentation cartographique des pluies moyennes
annuelles à l’échelle du bassin versant de l’oued Fès. À l’aide des modèles de classification
disponibles sur ArcMap©, la répartition des lames d’eau précipitées est présentée sous forme
de tranches pluviométriques.

Selon les résultats des deux méthodes d’interpolation (Thiessen et Spline), on remarque que
les précipitations sont fortement influencées par le facteur orographique. Contrairement à la
température, les précipitations sont décroissantes de l’amont à l’aval (Fig. 29). L’aval du
bassin versant de l’oued Fès ne reçoit que la moitié des apports pluviométriques qui s’abattent
en amont. Et même au niveau de l’amont, on constate une large dissymétrie des précipitations
entre la partie occidentale et orientale du Moyen Atlas. Ce phénomène s’explique par
l’exposition des versants. En effet, le NW du bassin subit une importante décharge des masses
d’air humide atlantique, tandis que la partie orientale est relativement abritée.

En général, ce résultat n’est qu’un essai d’interpolation des données ponctuelles, afin de
comprendre la répartition spatiale des hauteurs pluviométriques à l’échelle du bassin versant
oued Fès. La fiabilité de ce résultat est fortement conditionnée par la densité du réseau
d’observation ainsi que de la robustesse de la méthode utilisée. Pour notre cas, les deux
méthodes utilisées (la méthode géométrique de Thiessen et la méthode géostatistique de

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Spline) donnent plus ou moins la même vue synthétique de la répartition spatiale des
précipitations moyennes annuelles au niveau du bassin versant.

Figure 29 : Spatialisation de la pluviométrie moyenne annuelle (1978-2010) dans le bassin versant de l’oued Fès par le biais de
deux méthodes d’interpolation : Thiessen et Spline

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

2.5 Variations interannuelles et tendances des précipitations

L’une des principales caractéristiques du climat méditerranéen est l’irrégularité des


précipitations. Pour étudier ce phénomène, nous nous sommes basé sur l’analyse des données
des stations pluviométriques de Fès, Sefrou et Ifrane. Le choix de ces trois stations s’est fait
sur la base de deux critères : d’une part, grâce à la longue chronique des précipitations
enregistrées dans les stations (76 ans), qui permet d’approfondir l’analyse des variations
interannuelles des précipitations sur la longue chronique ; d’autre part, grâce à la situation
topographique des trois stations par rapport au bassin versant de l’oued Fès (Ifrane en amont ;
Sefrou dans la partie médiane et Fès à l’aval du bassin) (Fig. 20).

2.5.1 Une grande fluctuation des pluies annuelles

Le premier constat qu’on peut tirer d’après la figure 30 est la grande irrégularité interannuelle
des précipitations. En effet, les précipitations annuelles des trois stations se caractérisent pour
des oscillations remarquables avec des écarts importants entre les extrêmes (818 mm à Fès ;
748 mm à Sefrou et 1282 mm à Ifrane). En termes de contrastes pluviométriques annuels, on
remarque des surplus et des déficits pluviométriques remarquables par rapport à la moyenne
de la chronique (Tab. 10). La station de Fès présente les variations pluviométriques les plus
contrastées avec un coefficient de variation de 33% contre 27% à Sefrou et Ifrane.

Stations Moyenne 1935-2010 Max Min Extrêmes par rapport à Ecart- Coefficient
la moyenne type de variation
%
Surplus Déficits
Fès 516mm 1024 206 508 310 147 33%
Seftou 588mm 976 227 388 361 156 27%
Ifrane 985mm 1865 583 880 402 272 27%
Tableau 10 : Variation de la pluviométrie annuelle (1935 - 2010) à Fès, Sefrou et Ifrane.

Pour détecter la fluctuation des précipitations des trois stations entre l’humide et le sec, nous
avons classé les précipitations annuelles par rapport à la moyenne de la série d’observations.
Si nous considérons que les années sèches sont les années inférieures à la moyenne, nous
remarquons que sur les 75 années étudiées, 39 années sont sèches à Ifrane et 37 à Sefrou et
Fès. Il faut également mentionner que les variations des précipitations des trois stations
suivent plus ou moins les mêmes tendances.

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Figure 30 : Fluctuation des précipitations annuelles par rapport aux moyennes des stations
d’Ifrane, Sefrou et Fès (1935-2010).
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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Toujours d’après les fluctuations marquées par les courbes de la figure 30, nous pouvons
distinguer des oscillations qui varient entre séries sèches et séries humides. Globalement, cinq
tendances générales peuvent être identifiées entre 1935 et 2010 :

- Avant 1942 : les trois stations ont été caractérisées par une forte pluviométrie.
- 1942 à 1955 : une pluviométrie faible qui coïncide avec une période de sécheresse
générale au Maroc.
- 1955 à 1970 : la période la plus humide de la chronique, à l’exception de l’année 1966.
- 1970 à 2007 : une longue série très sèche sauf l’année exceptionnelle de 1996.
- De 2008 jusqu’à nos jours (2013), la pluviométrie tend vers l’abondance, cependant on ne
peut pas dire qu’on est dans une phase humide à cause de la courte période observée.

Les explications de ces oscillations des précipitations annuelles sont diversifiées. Elles
diffèrent selon les écoles de pensée et selon les méthodes utilisées pour mettre en évidence les
causes de cette fluctuation entre phases sèches et humides (Nejjari, 2002). Certains attribuent
ces variations à la variation des conditions atmosphériques planétaires (El Nino, Oscillation
nord-atlantique (ONA)). D’autres les attribuent aux nouveaux changements climatiques
globaux.

2.5.2 Analyse fréquentielle des précipitations annuelles et leurs temps de retours

Sur le fond de la grande variation interannuelle des précipitations dans les trois stations
représentatives du bassin versant de l’oued Fès, nous allons essayer de faire une étude
probabiliste, afin de détecter les fréquences des précipitations annuelles et leurs temps de
retour. L'analyse fréquentielle est une méthode statistique de prédiction consistant à étudier
les événements passés, afin d'en définir les probabilités d'apparition future (Giret, 2007). En
se basant sur cette méthode, nous avons essayé d’analyser les données des trois stations
significatives afin de déterminer les fréquences de leurs hauteurs pluviométriques annuelles et
de prévoir leurs temps de retour. Pour cela, nous nous sommes basés sur l’ajustement
statistique de leurs données, en utilisant les lois fréquentielles les plus courantes. Ces lois
fréquentielles sont des équations qui décrivent le comportement statistique des précipitations
annuelles, afin de prévoir leurs périodes de retour. À cet effet, nous avons testé plusieurs lois
afin de déterminer celles qui s’ajustent au mieux avec les valeurs pluviométriques des trois
stations. Nous avons retenue la loi Normal pour Sefrou et Fès et la loi Racine Normal pour
Ifrane (Fig. 32).
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Figure 32 : Ajustement statistique des pluies annuelles des stations d’Ifrane, Sefrou et Fès
aux lois adéquates

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Le tableau 11 récapitule les résultats des fréquences des précipitations annuelles et leurs
temps de retour. Nous pouvons dire que les valeurs extrêmes de la chronique sont proches de
la fréquence centennale, ce qui peut confirmer la fiabilité des résultats. Ces derniers donnent
une idée sur la grande variation des apports annuels des précipitations, ainsi que le grand
contraste qu’on peut avoir entre les extrêmes secs et humides.

Période de retour des années sèches 1/2 Période de retour des années humides

Fréquence 1/100 1/50 1/20 1/10 1/5 1/5 1/10 1/20 1/50 1/100

Temps de retour 100ans 50ans 20ans 10ans 5ans 2ans 5 ans 10 ans 20 ans 50 ans 100ans

Station de Fès 189 280 345 403 437 498 617 698 720 863 930

Station de Sefrou 201 307 398 462 503 524 593 733 838 979 1091

Station d’Ifrane 547 652 772 803 892 930 1286 1479 1665 1906 2086
Tableau 11 : Fréquences des précipitations annuelles et leurs temps de retour pour les
stations d’Ifrane, Sefrou et Fès.

2.6 Variations temporelles et spatiales des précipitations mensuelles et saisonnières

L’étude des variations mensuelles et saisonnières des précipitations a pour objectif de


comprendre la répartition temporelle des pluies et de déterminer les fluctuations intra-
annuelles des volumes précipités dans le bassin versant. Pour cet objectif, nous basons sur les
trois stations significatives du bassin versant (Fès, Sefrou et Ifrane). Dans un autre volet, nous
allons essayer de spatialiser les précipitations saisonnières dans le bassin versant de l’oued
Fès, en appliquant la méthode géostatistique de Spline, afin interpoler les données des vingt
postes et stations pluviométriques disponibles. Cette spatialisation va nous donner une idée
sur les variations spatiales des précipitations saisonnières dans le bassin versant de l’oued Fès.

2.6.1 Les précipitations moyennes mensuelles

Pour analyser les précipitations moyennes mensuelles, nous nous sommes basés sur les
moyennes des 76 années observées dans les stations de Fès, Sefrou et Ifrane. A partir de la
figure 33, on peut tirer les conclusions suivantes :

 Les précipitations moyennes mensuelles des trois stations sont décroissantes de l’amont à
l’aval, mais elles ont la même distribution temporelle.

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

 La période arrosée commence en octobre et dure jusqu’en avril. Le mois de décembre


enregistre les valeurs maximales surtout à Ifrane avec une moyenne mensuelle de 155mm.
 Les moyennes mensuelles minimales se localisent en juillet avec une moyenne qui ne
dépasse pas 1,5mm à Fès. En outre, les mois de juin et août sont plus arrosés, du fait qu’ils
correspondent à la période des perturbations du début et de la fin de l’été.

Figure 33: Précipitations moyennes mensuelles (mm/mois) aux stations d’Ifrane ; Sefrou et
Fès 1934-2010

2.6.2 Les précipitations mensuelles maximales

Afin d’intégrer les situations extrêmes des précipitations mensuelles, nous avons extrait les
valeurs maximales enregistrées dans les trois stations. La figure 34 donne un aperçu sur la
distribution de ces précipitations mensuelles maximales.

Contrairement aux moyennes mensuelles, le mois de janvier a enregistré la pluviométrie la


plus importante des années observées, il a atteint 536 mm en 1970 à Ifrane. L’écart entre le
maximum et le minimum atteint 463 mm à Ifrane, 200 mm à Sefrou et 176 mm à Fès. La
saison estivale peut également recevoir des précipitations importantes, notamment en juin qui
avait enregistré 177 mm à Ifrane et 161 mm à Sefrou en 1944. Ces valeurs importantes sont
dues aux orages estivaux qui touchent l’amont de bassin versant.

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Figure 34: Précipitations mensuelles maximales à Fès, Sefrou et Ifrane (1935-2010)

2.6.3 Distributions spatiotemporelles des précipitations saisonnières

A l’échelle saisonnière, les précipitations se concentrent en hiver, avec une moyenne


hivernale de 415 mm à Ifrane, 226 mm à Sefrou et 203 mm à Fès (1935-2010). Le printemps
et l’automne sont plus ou moins arrosés, avec une légère différence des moyennes
saisonnières, tandis que l’été est relativement sec (Fig. 35).

Figure 35 : Distribution des précipitations moyennes saisonnière sur Ifrane, Sefrou et Fès
(1935 – 2010)

Afin de comprendre la distribution spatiale des précipitations saisonnières et leurs variations à


l’échelle du bassin versant de l’oued Fès, nous avons essayé de les spatialiser. Pour cet
objectif, nous avons fait appel à la méthode géostatistique de Spline, afin d’interpoler les

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

précipitations moyennes saisonnières de toutes les stations qui couvrent et entourent le bassin
de l’oued Fès. Nous avons retenu les moyennes saisonnières de 33 ans (1978-2010).

Figure 36 : Spatialisation des pluies moyennes saisonnières (1978-2010)


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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

La spatialisation des précipitations moyennes de chaque saison (Fig. 36) montre que la
distribution spatiale des précipitations moyennes saisonnières suit plus ou moins la même
distribution que les précipitations moyennes annuelles. En effet, le contraste pluviométrique
entre l’amont et l’aval est dominant pendant toutes les saisons, mais avec une petite différence
d’une saison à une autre, surtout à l’amont. A titre d’exemple, on voit clairement que les
pluies estivales se concentrent au Sud-est du bassin versant, contrairement aux autres saisons,
où les pluies sont plus abondantes au Sud-ouest. On peut expliquer ce phénomène par le rôle
de l’orographie, car, pendant les saisons humides, le Sud-est du bassin est abrité vis-à-vis des
masses d’air humide, alors qu’en été, cet abri (la dépression intramontagnarde de Guigou)
favorise la genèse des orages estivaux.

2.7 Variations et intensités des précipitations journalières

D’après l’analyse des pluies annuelles, saisonnières et mensuelles, nous avons constaté que
les précipitations dans le bassin versant de l’oued Fès se caractérisent par une grande
irrégularité spatiale et temporelle. Cette irrégularité témoigne le caractère aléatoire des
phénomènes climatiques dans notre zone d’étude. A une échelle plus petite, nous allons
mettre en évidence les caractéristiques des pluies journalières en nous basant sur les points
suivants :

 La variation interannuelle de l’effectif des jours pluvieux,


 La distribution mensuelle et saisonnière des jours pluvieux,
 Les précipitations maximales journalières à l’échelle annuelle et leur apparition à
l’échelle mensuelle.

Nous allons étudier ces caractéristiques en analysant les pluies journalières des stations de
Fès-ABHS, Sefrou et Ifrane sur une chronique de 33 ans (1978-2010).

2.7.1 Variation interannuelle de l’effectif des jours pluvieux

Si on compare la variation annuelle des précipitations (Fig. 30) et le nombre de jours pluvieux
qui correspondent aux mêmes années (Fig. 37), nous constatons qu’il y a une forte
corrélation entre ces deux éléments. En effet, l’effectif le plus important des jours pluvieux
correspond aux années humides, tandis que les années sèches enregistrent un nombre faible de
jours pluvieux.

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Figure 37: Effectif des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane (1978-2010)

Dans la même logique, l’amont du bassin versant de l’oued Fès (station d’Ifrane) enregistre le
maximum de jours pluvieux. A titre d’exemple, durant l’année humide de 2009, la station
d’Ifrane a été arrosée pendant 137 jours (un jour pluvieux sur deux) contre78 jours à Sefrou et
76 jours à Fès. Pendant l’année sèche de 2000, les jours pluvieux n’ont pas dépassé 65 jours à
Ifrane et seulement 32 jours à Sefrou et Fès. Cette grande disparité (spatiale et temporelle) des
nombres de jours pluvieux donne un indice sur l’irrégularité du régime pluviométrique dans le
bassin versant de l’oued Fès.

2.7.2 Distribution mensuelle et saisonnière des jours pluvieux

Contrairement à la variation annuelle des précipitations, la distribution des précipitations


moyennes mensuelles ne coïncide pas avec la distribution du nombre moyen de jours
pluvieux à l’échelle mensuelle. En effet, les mois les plus humides ne sont pas forcément ceux
qui sont arrosés durant le maximum des jours. Nous remarquons même que le mois de février
enregistre le maximum des jours pluvieux, bien qu’il soit le mois le plus court de l’année.

Concernant la distribution spatiale des moyennes mensuelles des jours pluvieux, nous
remarquons que l’amont du bassin garde la supériorité numérique, tandis que dans la partie
médiane et à l’aval du bassin, on note une légère différence, surtout pendant la saison
hivernale, où les jours pluvieux sont plus importants à Fès qu’à Sefrou (Fig. 38).

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

Figure 38 : Distribution mensuelle de la moyenne des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane
(1978-2010)

A l’échelle saisonnière, la plupart des jours pluvieux se situe en hiver, surtout à l’aval (41%
des jours pluvieux à Fès), tandis que la période estivale se caractérise par un nombre très
faible de jours pluvieux avec seulement 3 % dans la même station. En outre, par rapport à
l’aval, l’amont du bassin se caractérise par un taux considérables de jours pluvieux estivaux,
qui représentent 13% de l’effectif annuel des jours pluvieux à Ifrane (Fig. 39). Il faut
mentionner que les précipitations orographiques (principalement sous formes d’orages) dans
l’amont du bassin sont à l’origine du taux élevé des jours pluviaux pendant l’été. Ces orages
sont très fréquents et elles provoquent des précipitations très concentrées dans le temps et
l’espace, parfois avec de grandes intensités.

Figure 39 : Distribution saisonnière des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane (1978-2010)

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des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

2.8.3 Précipitations journalières maximales à l’échelle annuelle et leurs apparitions à


l’échelle mensuelle

L’étude des précipitations journalières maximales offre des indices intéressants pour avoir un
aperçu sur les intensités des précipitations qui s’abattent sur le bassin versant (stations Fès,
Sefrou et Ifrane). Nous avons relevé les précipitations journalières maximales annuelles
(Pjmax/an) pour la période observée (1978-2010). Ces valeurs donnent déjà une idée sur les
intensités des précipitations journalières maximales et leurs variations à l’échelle annuelle
(Fig.40).

Figure 40: Précipitations journalières maximales à Fès, Sefrou et Ifrane (1978-2010)

D’après la figure 40, on remarque une grande irrégularité interannuelle dans l’apparition de
ces hauteurs maximales. Les écarts sont significatifs, surtout à l’amont. Ils arrivent jusqu’à
97mm à Ifrane, avec un maximum de 137mm en 1990 et seulement 40mm comme minimum
en 2005. Pour Sefrou et Fès, les écarts sont moins prononcés mais avec une variation assez
importante.

Il faut mentionner que l’apparition de ces précipitations journalières maximales n’est pas
forcément liée aux variations des précipitations annuelles. Par exemple, l’année 1990 n’était
pas une année humide, mais elle a enregistré l’intensité journalière maximale de toute la
chronique étudiée à Ifrane. Par contre, l’année 1996 est une année exceptionnellement
humide, et pourtant, la précipitation journalière maximale n’a pas dépassé 44mm pour les
trois stations. Ainsi, on peut dire que les précipitations maximales journalières sont des
évènements aléatoires. Donc, afin d’analyser ces évènements et de déterminer leur apparition,

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nous avons essayé de dégager les précipitations journalières maximales à l’échelle mensuelle
(Pjmax/mois) (Fig. 41).

Figure 41 : Apparition des précipitations journalières maximales à l’échelle mensuelle

D’après cette distribution mensuelle, nous constatons que la plupart des hauteurs maximales
journalières maximales surviennent pendant l’hiver. Pour le cas d’Ifrane, le mois de janvier a
enregistré des précipitations journalières supérieures à 100 mm/jour en trois occasions. Ces
hauteurs importantes occasionnent les précipitations qui sont dues aux grandes perturbations
atmosphériques régionales pendant l’hiver (précipitations frontales). Pendant l’été, les
hauteurs des précipitations journalières donnent l’impression qu’ils se caractérisent par des
intensités moyennes. Les précipitations journalières ne dépassent que rarement 20mm/jour.
Ces précipitations sont généralement à l’origine des orages locaux (précipitations
orographiques). Ces orages se concentrent en quelques heures voire même quelques minutes ;
mais ils peuvent donner des hauteurs pluviométriques assez importantes (60mm le 3 août
1991 à Sefrou), qui provoquent en général des situations hydrologiques exceptionnelles.

Conclusion

Comme il a été mentionné au début de ce chapitre 2, le climat joue un rôle direct et indirect
dans la détermination du fonctionnement hydrologique des bassins versants. D’après les

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes
des caractéristiques physiographiques et climatiques spatiotemporels des précipitations

résultats obtenus dans ce chapitre, nous pouvons conclure que les phénomènes climatiques
qui caractérisent le bassin versant de l’oued Fès sont marqués par une grande irrégularité
spatiale et temporelle. Cette irrégularité témoigne du caractère aléatoire des phénomènes
climatiques du bassin versant étudié. En effet, d’après l’analyse de la variation interannuelle
des apports pluviométriques, nous avons remarqué que l’irrégularité présente la principale
caractéristique des précipitations annuelles. La fluctuation des ces dernières marque des
périodes humides et sèches, plus ou moins marquées.

En ce qui concerne les précipitations journalières, il a été démontré que le bassin versant de
l’oued Fès reçoit des averses très intenses, en amont comme en aval. La récurrence des ces
évènements est très rare, mais pouvant engendrer des situations hydrologiques
exceptionnelles. La relation entre les précipitations intenses et les inondations dans
l’agglomération de Fès sera étudiée dans le chapitre 3.

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Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse des caractéristiques Conclusion de
physiographiques et climatiques première partie

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

Sur le fond des nouveaux changements climatiques, la compréhension du comportement


hydrologique des bassins versants marocains présente une information décisive pour une
gestion rationnelle contre les aléas hydrologiques. Malgré sa taille assez importante et ses
oueds menaçant la ville de Fès, le bassin versant de l’oued Fès n’est pas jaugé ; par
conséquent, son comportement hydrologique est très peu connu, limitant ainsi les
connaissances en vue de lutter contre les inondations.

En termes de résultats obtenus dans cette première partie, nous retenons la complexité du
bassin versant de l’oued Fès. A partir de l’analyse de ses caractéristiques
physiographiques, nous estimons que sa réponse hydrologique ne pourra être que faible. En
effet, avec sa forme allongée, son relief faible, ses terrains assez perméables et son réseau
hydrographique peu acheminé ; la genèse des crues des oueds drainant le bassin versant de
l’oued Fès seront amorties. Cette conclusion est basée sur des interprétations de l’influence
des facteurs physiographiques sur la réponse hydrologique suites aux épisodes pluvieux
fréquents et de faible intensité. Cependant, lorsqu’il s’agit des évènements pluviométriques
de forte intensité, nous estimons que la genèse des crues des oueds pourra être
exceptionnelle, mais fortement conditionnée par la configuration physique des sous-bassins
versants. À titre d’exemple, bien que le sous-bassin versant de l’oued Chekkou soit les plus
arrosé et celui qui connait les épisodes pluvieux les plus intenses (station d’Ifrane), nous
estimons que sa réponse hydrologique soit amortie, à cause de sa forme allongée, ses
terrains perméables et son réseau hydrographique peu acheminé. En revanche, la forme
compacte, les pentes fortes et les terrains imperméables du sous-bassin versant de l’oued El
Malleh peuvent accélérer la genèse de ses crues, quoique qu’il soit le moins humide. En
outre, les sous-bassins versants des oueds Boufkrane, El Mehraz et El Himmer sont
caractérisés par une configuration physique assez complexe et un grand contraste des aléas
pluviométriques, notamment au dir qui est une zone de transition topographique, mais
aussi pluviométrique (station de Sefrou). Sur le fond de cette complexité physiographique
et contingence pluviométrique, la réponse hydrologique des ces trois sous-bassins versants
doit être fortement conditionnée par l’intensité des épisodes pluviométriques qui sont très
aléatoires dans cette zone.

D’une façon générale, ces conclusions, ne sont que des hypothèses, fondées sur l’analyse
de quelques facteurs physiques influençant la réponse hydrologique des bassins versants.
81 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Première partie : Le bassin versant de l’oued Fès : Analyse des caractéristiques Conclusion de
physiographiques et climatiques première partie

Certes, il est difficile de valider ces hypothèses sans des observations réelles du
comportement hydrologique des oueds drainant le bassin versant de l’oued Fès. À cet
égard, la prochaine partie de cette thèse adopte une approche analytique de quelques
évènements hydrologiques, ainsi que des simulations hydrologiques de quelques scénarios
extrêmes. Ces résultats permettront non seulement de comprendre la genèse des
inondations et leurs impacts sur la ville de Fès mais également d’estimer des débits de
pointe des crues, ainsi que leurs temps de retour. L’étude de la vulnérabilité fera également
l’un des principaux objectifs de la deuxième partie.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa Introduction de
important face à une vulnérabilité aggravée deuxième partie

Deuxième Partie :

Risque d’inondation menaçant l’agglomération de


Fès : un aléa important face à une vulnérabilité
aggravée

 Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans


l’agglomération de Fès

 Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux


aléas d’inondation : anthropisation des zones inondables et
vulnérabilité des riverains

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa Introduction de
important face à une vulnérabilité aggravée deuxième partie

Introduction

Après avoir analysé les caractéristiques physiographiques et climatiques du bassin versant de


l’oued Fès dans la première partie, cette deuxième partie est consacrée à l’étude du risque
d’inondation menaçant l’agglomération de Fès, en se basant sur l’analyse de l’aléa
hydrologique et de la vulnérabilité des enjeux exposés.

Tout d’abord, il faut rappeler que le terme « inondation » possède plusieurs définitions, en
raison de la différence des types et origines de ce phénomène, d’une part et de la diversité des
disciplines qui s’intéressent à cette problématique, d’autre part.

Dans les dictionnaires francophones de géographie, on peut citer la définition de George et


Verget, (1970) dans leur « Dictionnaire de géographie » qui définissent le mot « inondation »
comme étant « une invasion d’un territoire par les eaux, généralement due à une crue
inondante. Par débordement, les eaux envahissent le lit majeur où elles déposent des
alluvions généralement fines : limons de débordement ». D’après Brunet, Ferras et Théry
(1991) dans leur dictionnaire « Les mots de la géographie », le terme « inondation »
désigne un « débordement des eaux d’un cours d’eau, qui sortent de leur lit. Associée en
général à une crue, l’inondation n’en est qu’une manifestation exceptionnelle et
catastrophique qui peut se produire assez régulièrement chaque année en un même lit
d’inondation ». Pour les hydrologues (Giret, 2007 ; Cosandey, 2003 ; Cosandey et Robinson,
2000 ; Bravard et Petit, 1997 ; Frécaut et Pagney, 1983 ; Guilcher, 1965 ; Taous, 2005 …),
le terme « inondation » est communément associé au terme de crue, c'est-à-dire « un
débordement de cours d’eau de son lit mineur, lié à une crue de débit supérieur au débit de
plein bord ».

A cause de leurs impacts considérables sur la société, les inondations deviennent non
seulement une problématique scientifique, mais aussi une des préoccupations des différentes
organisations gouvernementales. A titre d’exemple, selon le Secrétariat d’Etat (Maroc)
auprès du Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, chargé de la
Surveillance et de la Prévention des Risques, (2008) le terme « inondation » désigne un
« recouvrement d'eau qui déborde du lit mineur ou qui afflue dans les talwegs ou les
dépressions lorsque le débit et le volume d’eau d’une crue sont importants. Cette définition,
plus large que celle retenue habituellement par les hydrologues, permet d'ajouter aux
phénomènes classiques que sont les débordements d'un cours d'eau, directs ou indirects

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa Introduction de
important face à une vulnérabilité aggravée deuxième partie

(contournement d'un ouvrage, fonctionnement d'un déversoir), d'autres manifestations comme


les remontées de nappes, les ruissellements résultant de fortes pluies d'orages sur des petits
bassins versants (mise en charge des talwegs en milieu urbain), les inondations par rupture
d'ouvrages de protection (brèches dans les digues), ou encore les inondations estuariennes
résultant de la conjonction de fortes marées, de situations dépressionnaires et de la crue des
fleuves ». Dans le même sens, le Ministère de l’aménagement du territoire et de
l’environnement français, (2002) définit le mot « inondation » comme étant « une submersion
temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas submergées en temps normal. Cette notion
recouvre les inondations dues aux crues des rivières, des torrents de montagne et des cours
d’eau intermittents méditerranéens, ainsi que les inondations dues à la mer dans les zones
côtières et elle peut exclure les inondations dues aux réseaux d’égouts ».

Par ailleurs selon les chercheurs en matière des risques naturels (la cindynique), le terme
« inondation » est perçu dans son contexte « risque ». Ce dernier ne possède pas une
définition universelle. Selon Lefèvre et Schneider (2004), le vocable « risque » vient de
l’arabe « rizq ; ‫ ; »رزق‬qui fait référence à « tout ce que la providence peut fournir à l’Homme
de bon ou de mauvais ». Dans une définition plus précise, Dauphiné (2003) présente le risque
comme étant « la probabilité de dommages matériels et économiques, de blessures, et/ou de
décès liée à l’occurrence d’un aléa naturel. Il intègre l’aléa et la vulnérabilité, c’est-à-dire
qu’il dépend d’un phénomène naturel obéissant à une loi de probabilité, et des enjeux exposés
en lien avec les ressources disponibles pour y faire face ». Lorsqu’on parle d’aléa
d’inondation, Scarwell et Laganier (2004) le décrivent comme un «phénomène de submersion
temporaire, naturelle ou artificielle, d’un espace terrestre ». Dans le même sens, Lefèvre et
Schneider (2004) définissent l’aléa d’inondation comme étant « un recouvrement d’eau qui
déborde du lit mineur ou qui afflue dans les talwegs ou les dépressions ».

En général, la caractérisation du risque d’inondation est une problématique délicate. Pour


aboutir à une évaluation objective de ce risque, il faut tout d’abord comprendre son
déclenchement, expliquer sa formation, estimer son intensité et prévoir ses conséquences sur
les enjeux exposés. De ce fait, il est nécessaire d’analyser les deux composantes du risque
d’inondation, que sont l’aléa hydrologique et la vulnérabilité des enjeux. Dans cette optique,
l’analyse de ces deux composantes du risque fera l’objet des deux chapitres de cette deuxième
partie.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa Introduction de
important face à une vulnérabilité aggravée deuxième partie

 Le premier (chapitre 3) vise à étudier l’aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès, en


se basant sur la description et l’analyse des inondations historiques affectant la ville de
Fès au fil de son histoire. Une typologie des inondations sera également développée afin
d’évaluer l’intensité de chaque type d’inondation touchant l’agglomération de Fès. Par
ailleurs, nous allons essayer d’estimer les temps de concentration des crues et leurs débits
de pointe en utilisant deux méthodes principales, que sont l’utilisation de formules
empiriques et la modélisation hydrologique. A partir de ces résultats, nous pourrons
dégager plusieurs conclusions permettant d’évaluer l’importance de l’aléa d’inondation
qui menace l’agglomération de Fès.
 Le deuxième chapitre (chapitre 4) sera consacré à la caractérisation de la vulnérabilité de
la ville de Fès face aux aléas d’inondation. Dans ce chapitre, nous allons mettre l’accent
sur les processus de l’évolution de l’agglomération Fès, ce qui a induit une anthropisation
irrationnelle des zones inondables. Dans cette étude, nous allons nous intéresser aux
défaillances des pratiques préventives, des documents d’urbanismes et de l’application de
l’arsenal juridique. Des enquêtes de terrain seront également visées afin d’évaluer et
cartographier la vulnérabilité des riverains.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Chapitre 3 :

Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès

Sommaire

Introduction

3.1 Présentation des oueds inondant l’agglomération de Fès

3.2 Reconstitution et analyse des inondations historiques dans la ville de Fès

3.3 Typologie des inondations menaçant l’agglomération de Fès

3.4 Estimation du temps de concentration des crues au niveau de l’agglomération de Fès

3.5 Estimation des débits de pointe pour les différentes périodes de retour

3.6 Modélisation de la réponse hydrologique extrême des bassins versants : Application d’un
modèle évènementiel de transfert pluie-débit

3.7 Comparaison et discussion des résultats

Conclusion

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Introduction

Comme on l’a mentionné dans l’introduction de la deuxième partie, il est impossible d’étudier
le risque d’inondation sans l’analyse de l’aléa hydrologique et de la vulnérabilité des enjeux
exposés. Dans ce chapitre, l’accent sera mis sur l’étude de l’aléa d’inondation. Mais tout
d’abord, comment peut-on définir ce concept ?

L’aléa est un concept relativement récent, emprunté au langage de probabilités, et qui semble
assez simple au premier abord. Au sens restreint, il désigne la probabilité d’occurrence d’un
phénomène (Dauphine, 2003). En général, l’aléa d’inondation est un phénomène physique,
naturel et non maîtrisable, d’occurrence et d’intensité donnée. Il peut être caractérisé suivant
deux composantes, l’une fréquentielle (occurrence) et l’autre spatio-temporelle (intensité).

La composante fréquentielle de l’aléa exprime « la probabilité d’exposition d’un lieu à une


crue d’occurrence donnée. L’occurrence d’une crue est la plupart du temps caractérisée d’un
point de vue statistique par un temps de retour (T). Le temps de retour est défini comme
l’inverse mathématique de la probabilité (F) ( ). Une attention particulière doit être

accordée à considérer le temps de retour d’une crue d’un point de vue statistique. En effet, un
temps de retour d’une crue de 100 ans ne signifie pas que cette crue se produit tous les 100
ans, mais que celle-ci a une probabilité de 1% de se produire en une année donnée »
(Hostache, 2006).

La composante spatio-temporelle de l’aléa décrit l’intensité du phénomène. D’un point de vue


spatial, « l’intensité de l’aléa peut en particulier être caractérisée par les surfaces inondées,
les hauteurs d’eau, les durées de submersion, les vitesses et les débits » (Hostache, 2006),
mais en général, le descripteur le plus courant de l’intensité de l’aléa est le débit de pointe.
Celui-ci correspond au débit maximal instantané transitant dans la zone inondée. Il est
variable selon la position dans la plaine d’inondation, ce qui induit une composante spatiale
forte de l’aléa. En plus du débit de pointe, le temps de concentration des crues est également
utilisé pour caractériser l’aléa d’inondation (Lefèvre et Schneider, 2004), du fait que ce
paramètre est décisif dans la prévision et l’alerte aux crues afin de minimiser leurs dégâts.
L’estimation de ces deux composantes de l’aléa d’inondation (débits de pointe et temps de
concentration) est une problématique assez compliquée, surtout avec l’insuffisance des
données hydrologiques, comme dans notre cas.

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Le présent chapitre a pour ambition d’étudier l’aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès.
Pour cela, nous allons nous baser, dans un premier temps, sur la reconstitution et l’analyse des
inondations historiques qui ont affecté la ville de Fès au fil de son histoire. Cette approche
historique vise à présenter l’ampleur des inondations sur la zone d’étude, ainsi que leur
genèse, essentiellement liée aux situations climatiques extrêmes.

Dans un autre volet, nous allons proposer une typologie des inondations affectant la ville de
Fès, en essayant d’expliquer leur genèse et l’impact de chaque type d’inondation sur le
périmètre urbain de Fès.

La notion de temps de concentration des crues sera également traitée dans ce chapitre, du fait
que ce paramètre joue un rôle décisif dans la prévision de cet aléa hydrologique. A cet égard,
nous allons estimer les temps de concentration des crues des différents oueds qui traversent la
ville de Fès, en utilisant plusieurs formules empiriques.

Finalement, l’estimation des débits de pointe pour les différentes périodes de retour présente
le principal objectif de ce chapitre. En effet, faute de données hydrométriques, nous allons
adopter deux méthodes pour estimer les débits de pointe. La première consiste à les estimer en
utilisant les formules empiriques régionales et la deuxième se base sur la modélisation
hydrologique extrême des bassins versant, en utilisant le modèle de transfert pluie-débit. Cette
méthode vise à simuler des hydrogrammes de crues des bassins versants, suite à des épisodes
pluvieux journaliers de récurrence de 10, 20, 50 et 100 ans.

La confrontation des résultats de ces deux méthodes avec les observations des inondations
historiques va nous permettre d’estimer les débits de pointe les plus raisonnables. Ces derniers
seront utilisés dans le chapitre 6, où nous allons simuler les caractéristiques hydrauliques des
crues, afin d’élaborer une cartographie indicative des dangers d’inondation dans
l’agglomération de Fès.

3.1 Présentation des oueds inondant l’agglomération de Fès

Douze siècles après sa création, l’agglomération de Fès se développe aujourd’hui sur plus de
100 km², dans la partie la plus basse du plateau de Saïs. Elle est drainée par plusieurs oueds
assez importants. L’oued Fès représente la principale artère qui reçoit plusieurs affluents (Fig.
42). Certains d’entre eux prennent naissance dans le causse du Moyen Atlas (oueds

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Boufekrane, El Mehraz, El Himmer, Chekkou) et ont un écoulement saisonnier à


intermittent ; d’autres affluents, alimentés par les sources du plateau de Saïs (oueds Ain
Chkef, Ain Smen, Ain Cheggag et Ain Bou Rkaiz) sont permanents. Ces sources ont un débit
important. Les débits mesurés durant la campagne de jaugeage de septembre 1984 (DRH
Sebou, 1985) pour différentes sources sont présentés dans le tableau 12. Les rides prérifaines
contribuent aussi à l’écoulement de l’oued Fès durant les épisodes pluvieux par le biais de
l’oued El Malleh et d’autres petits ravins.

Figure 42 : Situation de la ville de Fès par rapport au réseau hydrographique

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Sources Débit (Q) en septembre 1984 (Q l/s)


Aïn Cheggag 325 l/s
Aïn Chkef 216 l/s
Aïn Bou Rkaiz 101 l/s
Aïn Smen 72 l/s
Aïn Ras El Ma 45 l/s
Tableau 12 : Débit des principales sources en septembre 1984 (DRH Sebou, 1985)

Dans les paragraphes suivants, nous allons présenter les caractéristiques hydrologiques et
géomorphologiques des oueds menaçant la ville de Fès. Ces oueds sont : oued Fès, oued
Boufekrane, oued El Mehraz, oued El Himmer, oueds Ain Smen et Ain Chkef (BV oued
Chekkou), oued Bou Rkaiz et oued El Malleh.

3.1.1 Oued Fès

L’oued Fès a une direction SW-NE en traversant la ville de Fès et sa médina sur un tronçon
de 24 km avant de rejoindre l’oued Sebou (Fig. 43). Ce cours d’eau apparaît au niveau du
domaine de Ras El Ma, où il est alimenté par des sources très importantes (Photos 10 et 11), à
savoir Ain Ras El Ma, Ain Atrous, Ain Bergama, Ain Sennad, etc. Grâce à ces sources, le
régime de l’oued Fès est permanent et son débit est plus ou moins régulier durant l’année
(Fig. 44). Cette permanence du débit de l’oued Fès est soutenue par une nappe phréatique qui
affleure directement dans la vallée de l’oued Fès amont.

Figure 43 : Oued Fès et ses affluents, de sa source jusqu’à sa confluence avec l’oued Sebou

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 44 : Variation des débits mensuels moyens, maximums et minimums de l’oued Fès
amont pendant la période hydrologique 1920-1936 (source des données : DRH Sebou, 1985)

Photo 10 : Ain Bergama Lakbira dans la zone Photo 11 : Ain Atrous dans le dans le
amont de l’oued Fès (11 avril 2010) domaine de Ras El Ma (21 octobre 2009)

En ce qui concerne la variation interannuelle du débit de l’oued Fès (Fig. 45), les données
hydrologiques de quelques années observées mettent en évidence trois périodes différentes
(DRH Sebou, 1985), à savoir :

 Durant la première période d’observation (1920 à 1936), le débit moyen interannuel


de l’oued Fès était d’environ 3.82 m³/s et ses débits d’étiage ne descendaient guère au-
dessous de 2 m³/s.
 Malgré que la deuxième période d’observation (1965 à 1968) soit caractérisée par une
pluviométrie très abondante (comme on va le voir dans le chapitre 2), le débit moyen
interannuel de l’oued Fès a diminué jusqu’à 2.2 m³/s et ses débits d’étiage ne
dépassaient pas 1 m³/s. Cette diminution est due à la surexploitation des eaux de

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

l’oued Fès pour l’irrigation et pour satisfaire les différents besoins de l’agglomération
de Fès.
 La troisième période d’observation (l’année hydrologique 1983-1984) coïncide avec
une période de sécheresse climatique aiguë. Le débit moyen annuel de l’oued Fès
environnait 0.334 m³/s et on estime que ce débit n’a cessé de diminuer jusqu’en 2008.
À partir de l’année 2009, le débit de l’oued Fès a fortement augmenté, causant de
grosses inondations jusqu’à nos jours.

Figure 45 : Variation interannuelle des débits moyens annuels de l’oued Fès amont (source
des données : DRH Sebou, 1985)

Sur le plan hydro-géomorphologique, on peut différencier deux domaines différents de


l’espace fluvial de l’oued Fès :

 Oued Fès amont : de sa source jusqu’au palais royal à Fès, sur un tronçon de 12 km. La
vallée est caractérisée par une pente très douce, dans laquelle affleure la nappe phréatique
donnant des zones marécageuses (Merja) (Photo 12). En plus des sources qui lui donnent
naissance, l’oued Fès amont reçoit les eaux de plusieurs affluents.

Sa rive droite est alimentée en permanence par les eaux du bassin de l’oued Chekkou,
notamment les oueds Ain Chkef et Ain Smen qui ont un débit permanent, plus ou moins
régulier. L’oued El Himmer rejoint également la rive droite de l’oued Fès amont. Quoique
l’oued El Himmer soit le plus souvent sans débit, il joue un rôle important dans
l’alimentation de l’oued Fès en période de pluie. La rive gauche, quant à elle, reçoit les
torrents de Jbel Tghat.

 Oued Fès Aval : à l’entrée de la médina, les oueds El Mehraz et Boufekrane rejoignent
l’oued Fès aval et renforcent son débit en période de pluies. Au niveau de la médina,

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

l’oued Fès aval draine un canal dont la capacité d’évacuation oscille entre 50 et 80 m³/s
(photo 13). Après avoir traversé la médina, l’oued Fès aval rejoint la vallée qu’il a
façonnée, en laissant plusieurs terrasses étagées datant du Quaternaire récent pour
déboucher dans l’oued Sebou.

Photo 12 : zone marécageuse de l’oued Fès Photo 13 : oued Fès aval à l’entrée de la
amont (5 avril 2010) médina (14 novembre 2011)

Il faut mentionner que l’oued Fès reçoit la majeure partie des eaux usées de l’agglomération
de Fès. Le traitement de ces apports polluants n’est pas suffisant ; par conséquent, l’oued Fès
est considéré comme étant le principal polluant de l’oued Sebou et cause des impacts
environnementaux très néfastes.

3.1.2 Oued Boufekrane

Oued Boufekrane a une direction S-N sur une longueur de 29 km et draine un bassin qui
s’étend sur 52 km². Il prend sa source à El Kanntra, au pied du Jbel Ksiksou (1115 m) situé
sur le dir de Sefrou. Il représente la limite orientale du bassin versant de l’oued Fès, mais
aussi du plateau de Saïs. Le bassin versant de l’oued Boufkrane est très allongé (indice de
compacité de Gravelius = 2,44), sous forme d’une vallée plus ou moins encaissée,
individualisant le chenal de l’oued Boufekrane. Ce dernier rejoint l’oued Fès à l’entrée de la
médina.

Le régime de l’oued Boufekrane est principalement pluvial. Cependant, ce cours d’eau coule,
le plus souvent, en permanence. Car, tout au long de son trajet, il reçoit l’eau de plusieurs
sources. Pendant l’été, la plupart de ces sources tarissent, ce qui diminue l’écoulement de
l’oued Boufekrane à quelques litres/seconde, jusqu’il s’assèche. La majeure partie du bassin

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

versant est caractérisée par la dominance de roches friables imperméables (marnes),


permettant à différentes formes d’érosion de se développer.

A l’entrée de la ville de Fès, la construction du barrage El Gaada en 1992 (Photo 14) (avec
une retenue d’environ 2,8 millions de m³) et du canal de dérivation des eaux de l’oued El
Mehraz vers l’oued Boufekrane (Photo 15) (avec une longueur de 4100 m et une capacité
d’évacuation de 35 m³/s) a fortement modifié les caractéristiques hydrologiques de l’oued
Boufekrane. Ces aménagements avaient pour principal objectif de contrôler les crues des
oueds Boufekrane et El Mehraz.

Photo 14 : Le barrage collinaire El Gaada Photo 15 : canal d’évacuation des crues de


sur l’oued Boufkrane (septembre 2010) l’oued El Mehraz vers l’oued Boufkrane

3.1.3 Oued El Mehraz

L’oued El Mehraz coule sur une longueur d’environ 29 km et draine un bassin versant qui
couvre 137 km². Il est limité à l’Est par le bassin versant de Boufekrane et à l’Ouest par le
Bassin de l’oued El Himmer. Sa partie amont est située dans la tranche altitudinale de 900 à
1200 m qui correspond aux versants raides du dir de Sefrou, sur lequel les affluents de l’oued
El Mehraz ont incisé des ravins qui lui donnent naissance (photo 16). Cette zone est couverte
par des palmiers nains (Doums), qui poussent sur un lithosol calcaire.

Photo 16 : Partie amont du bassin versant de l’oued El Mehraz

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

L’oued El Mehraz ne prend son nom qu’après la


confluence de ces affluents, juste avant la retenue
du barrage Moulay Arafa (Photo 17). Ce barrage a
été construit en 1993, il a une capacité de 0,62
million de m³, accompagné d’un canal de déviation
des eaux déversées vers l’oued Boufekrane.

Photo 17 : Le barrage collinaire Moulay


Arafa sur l’oued El Mehraz (mars 2011)

Oued El Mehraz a un régime pluvial : en dehors des périodes pluvieuses, le réseau


hydrographique est généralement sans écoulement. Cependant, l’écoulement de l’oued El
Mehraz est périodiquement alimenté par des sources temporaires, elles-mêmes alimentées par
quelques résurgences de la nappe superficielle. Par ailleurs, pendant les mois d’été, l’oued El
Mehraz est complètement à sec.

3.1.4 Oued El Himmer

L’oued El Himmer draine le bassin le plus étalé des sous-bassins de l’oued Fès (indice de
compacité de Gravelius = 2,49). Il occupe une surface de 80 km² et a une longueur d’environ
38 km. Il est limité à l’Est par le bassin de l’oued El Mehraz et à l’Ouest par le Bassin de
l’oued Chekkou. Cet oued prend naissance dans un canyon très encaissé dans le massif de
Kandar (1760 m) (Photo 17) ; à la sortie de ce dernier, son chenal prend l’allure d’un torrent
(Photo 18).

Photo 18 : Photo aérienne (2005) du torrent


Photo71 : L’oued El Himmer à la sortie du de l’oued El Himmer à la sortie du massif du
massif de Kandar Kandar

96 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Bien que le dénivelé du bassin versant de l’oued El Himmer soit très important (1380 m), le
système général de ces pentes n’est pas très prononcé (2,6 %), car la tranche d’altitude 1000 -
1760 m est limitée au niveau du massif de Kandar qui présente seulement 16 % de la surface
générale du bassin versant. Cela a des conséquences sur le temps de concentration de cet oued
qui est relativement lent.

L’oued El Himmer a un régime pluvio-nival. Ses réponses hydrologiques diffèrent fortement


entre l’amont et l’aval. A l’amont, l’oued El Himmer est caractérisé par des crues éclair à
cause du relief fort du massif de Kandar. Ces crues provoquant un grand charriage de matériel
grossier. Vers l’aval, les crues perdent leur force et tendent à avoir un écoulement laminaire,
qui s’alimente de quelques affluents. A ce niveau là, le transport solide de l’oued El Himmer
se limite à des sables fins et des limons rougeâtres qui donnent son nom à l’oued El Himmer
(l’oued rougeâtre). Les débordements de cet oued en aval ont créé de petites plaines
alluviales.

3.1.5 Oued Ain Smen

L’oued Ain Smen prend naissance au niveau d’un canyon encaissé dans les calcaires lacustres
du plateau du Saïs (photo 18). Pendant la saison humide, cet oued est alimenté par les eaux du
bassin versant de l’oued Chekkou. Ce dernier draine la plus grande surface (428 km²) du
bassin versant de l’oued Fès, sur une longueur d’environ 68 km et un dénivelé de 1650 m.
Contrairement aux autres sous-bassins de l’oued Fès, la majeure partie du bassin versant de
l’oued Chekkou s’étend sur les causses moyen-atlasiques. La tranche altitudinale 1000-2030
mètres couvre 71 % de la surface de ce bassin versant.

Le réseau hydrographique du bassin versant de l’oued Chekkou est complexe. En amont, il est
dense et présente des écoulements permanents, tandis qu’à partir du dir, l’écoulement
s’individualise et devient endoréique avant de s’enchaîner à deux reprises en aval, à partir des
sources du plateau de Saïs (Ain Chgag et Ain Smen). En fonction de ces caractéristiques
hydro-géomorphologiques, nous pouvons différencier trois domaines différents de l’espace
fluvial de l’oued Chekkou :

 Le domaine des causses moyen-atlasiques : en raison de la grande dominance des roches


carbonatées du Lias (calcaire et dolomie), cette partie du bassin versant est karstique. Les
sources sont très abondantes ; par ailleurs, la nappe affleure et crée des lacs (dayat Aoua et

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

dayat Hachlaf). L’oued Chekkou apparaît à proximité de Dayat Hachlaf où il prend le nom
d’oued El Qantra (Photo 19).

 Le domaine du dir : à la traversée du couloir Dayet Aoua – Immouzzer, l’oued Chekkou


descend le dir d’Immozzer via une série de cascades étagées (photo 20). Une fois arrivé au
cône de déjection au pied du dir, l’écoulement de l’oued Chekkou est capturé par plusieurs
canaux d’irrigation (seguias) qui irriguent les rosacés d’Immouzzer. Le débit diminue
ainsi de plus en plus, avant de s’assécher. Cependant, en périodes de fortes pluies, les
crues de l’oued Chekkou peuvent être importantes et arrivent à rejoindre l’oued Ain
Cheggag (Photo 21).

Photo 19 : L’oued El Qantra à l’amont du


Photo18 : Canyon de l’oued Ain Smen bassin versant de l’oued Chekkou
(1990)

Photo 20 : Cascade de l’oued Chekkou au Photo 21 : Oued Chekkou en crue avant de


dir d’Immouzzer rejoindre Ain Cheggag

 Le domaine du Saïs : La source artésienne Ain Cheggag réactive le drainage de l’oued


Chekkou pendant la saison sèche, période durant laquelle l’oued Chekkou peut s’assécher

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

encore une fois avant de rejoindre le canyon de l’oued Ain Smen. A partir de ce dernier,
l’oued draine en permanence jusqu’à l’oued Fès. L’oued Ain Chkef, pour sa part, soutient
l’écoulement en aval et le rend régulier.

3.1.6 Oued El Malleh

L’oued El Malleh présente un exemple typique des petits oueds prérifains (Obda, 1999). Son
bassin versant couvre une surface de 34,03 km². Il draine les versants marneux sur un tronçon
de 9 km avant de rejoindre l’oued Fès aval. Ce bassin versant est ramassé (indice de
compacité de Gravelius = 1,34) et son réseau hydrographique est très ramifié. Son système de
pentes est fort (pente théorique = 5,92 %), favorisant une érosion agressive en l’absence de
couvert végétal dense. Tous ces facteurs rendent l’écoulement de l’oued El Malleh très
torrentiel, avec un temps de concentration très bref.

3.1.7 Oued Bou Rkaiz

L’oued Bou Rkaiz débouche dans une dépression près de Zliligue, à la périphérie SW de
l’agglomération de Fès. Il s’agit d’un canyon encaissé (10 à 20 mètres) dans les calcaires
lacustres du Pliocène (Photo 22). Cet oued est alimenté par plusieurs sources artésiennes dont
Ain Bou Rkaiz est la principale. Il draine le canyon sur une longueur d’environ 7 km avant de
se terminer au niveau d’une dépression travertineuse dans le domaine de Zliligue (photo 23).
Cette dépression infiltre la majorité des eaux de l’oued Bou Rkaiz qui rejoignent la nappe
phréatique et resurgissent ensuite dans les sources de l’oued Fès.

Photo 22 : Le canyon de l’oued Bou Rkaiz encaissé Photo 23 : Photo aérienne du canyon
dans les calcaires lacustres de l’oued Bou Rkaiz (2005)

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

A partir des années 1970, le débit de l’oued Bou Rkaiz a fortement diminué. La cause n’est
pas seulement la succession d’années sèches, mais aussi la grande exploitation des eaux de la
nappe pour satisfaire les besoins en eau potable et irriguer les vastes terrains agricoles.
Actuellement, les eaux de l’oued Bou Rkaiz peinent à atteindre la dépression qui absorbe la
totalité des eaux, sauf en situations hydrologiques exceptionnelles.

En février 2010, suite aux précipitations intenses qui se sont abattues sur la totalité du bassin
versant de l’oued Fès, les sources de l’oued Bou Rkaiz ont généré une crue exceptionnelle
(Photo 24). Cette dernière a inondé la prison civile de Bou Rkaiz. La route provinciale Ras El
Ma – Ain Taoujdate (qui est en remblai) a stoppé les crues de l’oued et augmenté la hauteur
d’eau au niveau de la dépression et de la partie submergée de la prison. La partie aval (en
dessous de la route où se trouvait un lotissement en cours d’aménagement) a également été
touchée par ces inondations, suite à l’incision d’un canal (Photo 25) au niveau de la route,
permettant l’évacuation des eaux de la crue.

Photo 24 : La décrue de l’oued Bou Rkaiz Photo 25 : Canal d’évacuation de la crue de


l’oued Bou Rkaiz

3.2 Reconstitution et analyse des inondations historiques dans la ville de Fès

La description détaillée des événements historique participe autant à la connaissance du risque


qu’à la mémoire qui nourrit la culture du risque (Arnaud et Davoine, 2004). En effet, les
évènements historiques des inondations sont très utiles pour comprendre le comportement du
risque d’inondation par ses deux composantes, c’est-à-dire le comportement de l’aléa
hydrologique et ses impacts sur la population et les activités affectées. C’est dans cette
optique que nous allons essayer de reconstituer et d’analyser les inondations historiques qui
ont ravagé la ville de Fès au fil de son histoire.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.2.1 Reconstitution des principales inondations historiques affectant la ville de Fès

Dès le 16ème siècle, la médina de Fès a vécu des inondations catastrophiques. Ces
informations historiques ont été recueillies à partir de plusieurs documents historiques
(Gartet, 2007), de rapports officiels ainsi que quelques témoignages et observations des
évènements récents. A partir de ces informations, nous remarquons que la ville de Fès n’a pas
subi les mêmes impacts causés par les différentes inondations survenues. Cela est dû à la
différence de l’intensité de chaque évènement, d’une part, et au degré de la vulnérabilité des
enjeux exposés d’autre part.

En général, d’après Gartet (2007), les principales inondations historiques qui ont frappé la
ville de Fès peuvent être reconstituées dans le tableau suivant.

Périodes de crues
Impacts des inondations sur la population et les activités
Siècle Date ?
- La mort de plusieurs personnes dans la région de Fès, causée par des crues de
Plusieurs l’oued Fès et ses affluents.
événements entre - Puits remblayés et maisons inondées.
16è s.
1520 -En 1552 et 1553 une sécheresse affecte la région de Fès, suivie de périodes
et 1598 excessivement humides, provoquant des crues et des inondations importantes.
Périodes caractérisées de crues et de dégâts humains et matériels.
1607 - Augmentation des prix à cause du ravage des cultures par les crues.
17è s.
1613 - Mort de plusieurs personnes, surprises par les crues de l’oued Fès.
- Avant 1750, succession d'années humides (crues) et d'années sèches (étiages
prononcés).
18è s. 1750 - En 1750, les crues de l’oued Fès ont causé la mort de plusieurs personnes.
- Élévation des prix des denrées alimentaires (blé), diminution de la masse ouvrière
agricole à cause des décès des agriculteurs.
19è s. Manque d’information relative aux catastrophes naturelles dans la ville de Fès
- La plus grosse inondation à la mémoire de la population actuelle de la ville de
Fès.
26 septembre - Inondation de tous les quartiers traversés par les affluents de l’oued Fès.
1950 - Dégâts matériels très importants
20è s.
- Mort d’une personne

- Inondation de tous les quartiers traversés par les affluents de l’oued Fès.
13 octobre 1989
- Dégâts matériels très importants.
- Débordement des barrages de protection (My Arafa et El Gaada) et des canaux
d’évacuation.
28 septembre - Inondation de tous les quartiers situés sur la trajectoire des ondes de crue des
2008 affluents de l’oued Fès
21è s. - Inondations généralisées de l’oued Fès amont
- Dégâts matériels importants
11 septembre 2010 - Inondation des quartiers tout au long de l’oued El Himmer
- Débordement des canaux de l’oued El Himmer
13 mars 2013
- Inondation généralisée de l’oued Fès amont
Tableau 13 : Reconstitution des principales inondations affectant la ville de Fès
Source de données in Gartet. 2007 : (Mezzine, 1986 ; Stitou, 1988 ; Eddajani, 1988 ; Municipalité de
Fès, 1951 ; DRH-Fès, 1985 et 1990 ; ABHS-Fès, 2004 ; MATEE, 2004) et informations personnelles.

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.2.2 Analyse de quelques inondations historiques

Les évènements extrêmes que nous allons analyser témoignent de l’importance de l’aléa
d’inondation qui a menacé la ville de Fès pendant les périodes coloniale, postcoloniale et
actuelle. Pour analyser ces évènements, nous allons nous baser sur :

 la description des évènements décrits par les rapports contemporains,


 l’analyse des situations météorologiques qui ont causé les inondations,
 ainsi que les observations de terrain et les témoignages des riverains.

Les inondations que nous allons analyser sont celles du 26 septembre 1950 ; 13 octobre
1989 et 28 septembre 2008.

[Link] Les inondations du 26 septembre 1950

Comme il a été mentionné dans le tableau 13, les inondations du mardi 26 septembre 1950
sont parmi les plus catastrophiques et celles qui marquent la mémoire de la population
actuelle de la ville de Fès. Selon un rapport de la Direction des travaux publics, datant du 21
juin 1951, ces inondations ont été engendrées par un grand orage qui a frappé l’amont du
bassin versant de l’oued Fès. Malheureusement, nous n’avons pas pu trouver d’informations
concernant les hauteurs des précipitations journalières enregistrées dans les trois postes
pluviométriques (Fès Saïs, Ifrane, Sefrou) qui opéraient à cette époque. Mais, à partir des
précipitations mensuelles, nous pouvons constater que le mois de septembre 1950 a été
exceptionnellement arrosé, surtout dans la région de Sefrou qui a enregistré 121 mm. Suite à
cet évènement climatique exceptionnel, les oueds El Mehraz, El Himmer et Chekkou ont
inondé la ville de Fès, causant des dégâts très importants.

En ce qui concerne la crue de l’oued El Mehraz, le rapport de la direction des travaux publics
parle « d’un véritable rouleau d’eau qui a dévalé de la montagne vers le plateau de Saïs. Le
réseau hydrographique qui draine l’amont du bassin versant de l’oued El Mehraz débordait à
tel point que les eaux d’un talweg passaient dans le voisin ». Au niveau du plateau de Saïs,
« la crue de l’oued El Mehraz s’est annoncée par un grondement audible à 2 km, ce qui a
permis aux riverains de s’éloigner à temps de la zone dangereuse ». Les lotissements de
Monfleuri et Sidi Brahim ont subi des dommages très importants, en plus des dégâts causés
aux cultures. La violence des crues a démoli plusieurs maisons et tous les ponts traversés par

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

l’oued El Mehraz (Photo 26). Selon le même rapport, « la grande vitesse de cette crue a pu
entrainer des camions lourds à plus de cent mètres ». Heureusement, la médina de Fès n’a pas
subi de grands dégâts, grâce à la digue de Dhar El Mehraz, qui a retenu une part importante de
la crue. Rappelons que cette digue a une hauteur de 22 m et une capacité de 1 700 000 m³.
Cependant, cet ouvrage hydraulique a failli déborder ; il s’est rempli en 4 heures (de 19h à
23h), puis vidé en 3 heures (de 23h à 2h) via une galerie dont la capacité d’évacuation est de
115 m³/s. A partir de quelques profils en travers des zones inondées, le débit de pointe de la
crue de l’oued El Mehraz, a été estimé à 500 m³/s à l’entrée de Monfleuri (Direction des
travaux publics, 1951).

La crue de l’oued El Himmer a également causé des dégâts très importants sur tout son
parcours. Depuis sa sortie du massif du Kandar, l’oued El Himmer a apporté de gros blocs qui
ont détruit plusieurs ponts. En plus, cette crue a inondé de vastes terres cultivées, ainsi que
l’érosion des remblais des chemins traversés. Plusieurs quartiers ont été touchés par la crue de
l’oued El Himmer, son débit de pointe a été estimé à 150 m³/s.

Par rapport à El Mehraz et El Himmer, la crue de l’oued Chekkou a causé des dégâts moins
importants. Le rapport de la direction des travaux publics, a confirmé que la pointe de la crue
de l’oued Chekkou a été inférieure à celle de l’oued El Himmer, donc moins de 150 m³/s,
mais avec une plus longue
durée.

Photo 26 : Maison détruite par


la crue de l’oued El Mehraz le
26 septembre 1950 à Sidi
Brahim

Source:[Link]
ers/[Link]?id_dossier=1
8&PHPSESSID=22150d9ba65
3c760fd9589a2d518f0ee
(consulté le 21 septembre
2013)

En général, cet évènement exceptionnel a provoqué des dégâts matériels très importants ainsi
que le décès d’une femme enceinte. De nos jours, si le même évènement se reproduisait, les
dégâts seraient encore plus lourds. Cela est dû à la grande vulnérabilité des enjeux qui ne
cesse d’augmenter (comme on va le voir dans le chapitre 4).

103 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

[Link] Les inondations du 13 octobre 1989

Le soir du vendredi 13 octobre 1989, tous les affluents de l’oued Fès ont enregistrés des crues
brusques et violentes, causant des dégâts importants dans la ville de Fès. Ces crues sont dues
aux précipitations orageuses qui ont été généralisées sur le bassin versant de l’oued Fès. Les
lames d’eau précipitées sont récapitulées dans le tableau ci-dessous.

Postes Sefrou Fès-Saïs Ain Bettit Douiyat Fès-ABHS


pluviométriques
Hauteurs 26.5 mm/30min 69 mm/24h 49 mm/12h 15.5 mm/12h 28.2 mm/12h
pluviométriques 16h30 à 17h
Tableau 14 : Intensités des précipitations du vendredi 13 octobre 1989

Comme d’habitude, le bassin versant de l’oued El Mehraz a généré la crue la plus violente,
suite à l’orage du 13 octobre 1989. Cette crue a engendré des dégâts très importants dans la
ville de Fès. Selon une note de la DRH Sebou (1989), le débit de pointe de la crue de l’oued
El Mehraz a été estimé à 150 m³/s. Ce débit a inondé toute sa trajectoire, qui a été déjà
fortement anthropisée. Les riverains ont été surpris par une grande crue à 20h, suivie par une
autre crue moins importante vers 3h du matin. Le débordement le plus spectaculaire de cette
crue a eu lieu au niveau du pont de la route de Sefrou. Les deux dalots existants ont été
insuffisants pour faire passer la crue, de ce fait, les eaux ont emprunté la route de Sefrou et les
maisons se trouvant sur la rive droite ont été envahies par les eaux et la boue. « La force de
l’eau était telle que des voitures ont été emportées par l’eau sur des tronçons de 100 à 300
mètres de long » (DRH Sebou, 1989). Comme pour les inondations du 26 septembre 1950, la
digue de Dhar El Mehraz a joué un rôle important dans la protection de la médina de Fès, car
elle a écrêté la crue de l’oued El Mehraz, qui a été déjà amortie lors de ses débordements au
niveau du quartier Monfleuri et de la route de Sefrou.

Par ailleurs, la crue de l’oued El Himmer a été moins importante par rapport aux évènements
de 1950. Son débit de pointe a été estimé à seulement 50 m³/s. Cependant, cette crue a inondé
plusieurs quartiers : Oulad Tayeb, Zouagha et Karim Amrani. L’oued Boufkrane, quant à lui,
a généré une crue dans de l’ordre de 20 m³/s. Cette petite crue a inondé l’entrée de la médina,
à cause du débordement du canal d’évacuation de Bab Jdid. Les eaux débordées ont été
acheminées par le biais de la route de Rçif jusqu’à Bab Sidi Aouad. A ce niveau, une trentaine
de boutiques ont été envahies par l’eau, du fait que le système d’assainissement n’a pas joué
son rôle.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

[Link] Les inondations du 28 septembre 2008

Après les inondations du vendredi 13 octobre 1989, les autorités locales se sont mobilisées
afin de lutter contre ce fléau. La construction des barrages El Gaada (en 1992 sur l’oued
Boufekrane avec une retenue de 2,8 millions de m³) et Moulay Arafa (sur l’oued El Mehraz
en 1993 avec une retenue de 0,6 millions de m³ accompagné d’un canal de déviation vers
l’oued Boufekrane) ont bien joué leur rôle de protection pendant 15 ans. De nos jours, avec la
nouvelle tendance des précipitations qui caractérise notre zone d’étude (chapitre 2), ces
ouvrages de protection ne sont plus suffisants. En effet, suite aux précipitations abondantes
qui ont caractérisé le mois de septembre 2008, tous les ouvrages hydrauliques de protection
ont débordé (barrages Gaada et Moulay Arafa, ainsi que les canaux d’évacuation des crues).
De ce fait, toutes les zones traversées par l’oued Fès et ses affluents ont été inondées.

Le dimanche 28 septembre 2008 a enregistré les inondations les plus spectaculaires de la


période actuelle. Ces inondations ont eu pour origine une situation climatique exceptionnelle
touchant les régions septentrionales du Maroc. Janati Idrissi (2010) explique ce phénomène
par la collision des masses d’air polaire (en provenance de la dépression d’Islande) avec les
masses d’air continental chaudes (en provenance de l’anticyclone saharien), ce qui a favorisé
la genèse d’une perturbation très remarquable. Cette dernière a causé des précipitations
orageuses marquant notre zone d’étude durant la deuxième moitié du mois de septembre
2008. En effet, à partir du 17 septembre 2008, l’advection d’air froid du centre de l’Europe est
à l’origine d’un minimum thermique et dynamique de valeurs au centre égales à 572 hPa et -
15°C respectivement (Fig. 46). Ce minimum s’est approché des côtes atlantiques marocaines
en provoquant une baisse du champ dynamique et une advection thermique de l’ordre de -12°
degrés sur le Nord du royaume. Dès le 26 septembre 2008, une advection froide glissée du
Sud européen sur le versant méridional d’une crête chaude centré sur l’Atlantique Nord est
arrivée au voisinage du Maroc. Le 27 septembre 2008, une goutte froide (-16°) s’est isolée sur
le golfe de Cadis (Fig. 47) créant une forte instabilité thermodynamiques responsables de
nuages convectifs et orageux (Fig. 48).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 46 : Situation synoptique à 500 hpa du 22 septembre 2008 à 0h TU

Figure 47 : Situation synoptique à 500 hpa du 27 septembre 2008 à 0h TU

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 48 : Probabilité de l’intensité horaire des précipitations du 27/09/2008 à 6h TU

Selon les données satellitaires du 27 septembre 2008 à 6h TU (Fig. 48), les nuages régnant sur
notre zone d’étude pouvaient générer des précipitations orageuses dont l’intensité horaire était
estimée aux environs de 5 à 10 mm/heure. Ces cellules orageuses sont à l’origine des grandes
précipitations qui ont caractérisé le bassin versant de l’oued Fès, surtout son amont, marqué
par les ascendances orographiques. En effet, les précipitations journalières enregistrées dans
les stations et postes pluviométriques du bassin ont été assez importantes (45 mm à Fès-
ABHS, 27 mm à Sefrou, 14 mm à Ain Cheggag, 29 mm à Fès-Saïs…), mais pas
exceptionnelles. Car, comme on l’a vu dans le chapitre 2, ces hauteurs pluviométriques
journalières sont loin d’atteindre les pluies maximales journalières enregistrées dans les postes
pluviométriques et stations climatiques. Donc, pourquoi ces précipitations de moyenne
intensité ont-elle pu générer de telles inondations dans l’agglomération de Fès ? Pour
répondre à cette question, il faut analyser ces précipitations à une échelle temporelle plus
longue. En effet, durant les dix jours qui ont précédé les inondations du 28 septembre 2008, le
bassin versant de l’oued Fès a reçu une grande quantité d’eau (Tab.15).

107 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Hauteurs Postes pluviométriques et stations climatiques


pluviométriques Fès- Ain Dat El
journalières ABHS Sefrou Ain Bettit Cheggag Arsa Fès-Saïs
18/09/2008 4 mm 0 mm 2 mm 4.70 mm 0 mm 4 mm
19/09/2008 0 mm 3.30 mm 16 mm 0 mm 3 mm 0 mm
20/09/2008 0 mm 2.30 mm 0 mm 13.30 mm 0 mm 20 mm
21/09/2008 32 mm 16 mm 11 mm 10.80 mm 5 mm 8.8 mm
22/09/2008 2 mm 5 mm 0 mm 0 mm 1 mm 0 mm
23/09/2008 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm
24/09/2008 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm 0 mm
25/09/2008 3 mm 0 mm 4 mm 0.30 mm 0 mm 1 mm
26/09/2008 3 mm 6.90 mm 7 mm 8.40 mm 4 mm 8.8 mm
27/09/2008 45 mm 27 mm 2 mm 14.30 mm 6 mm 27.9 mm
28/09/2008 0 mm 20.80 mm 38 mm 24.80 mm 10 mm 34.2 mm
Total 89 mm 48 mm 80mm 76 mm 29 mm 104 mm
Tableau 15 : Précipitations journalières du 18 au 28 septembre 2008

Ces cumuls pluviométriques ont atteint 89 mm à Fès-ABHS, 48 mm à Sefrou, 80 mm à Aïn


Bettit, 76 mm à Ain Cheggag et 104 mm à Fès-Saïs en seulement 10 jours. Ces lames d’eau
précipitées ont complètement saturé les sols du bassin versant de l’oued Fès et nous estimons
que la majeure partie de cette lame d’eau précipitée avait tendance à ruisseler, ce qui a
favorisé la concentration des écoulements et le remplissage des barrages de protection. Les
orages du 27 septembre 2008 ont déclenché le débordement de ces derniers, malgré la
tentative de les vider durant toute une semaine. Finalement, le dimanche 28 septembre 2008,
la ville de Fès a été gravement inondée par les oueds Boufkrane, El Mehraz, El Himmer, Ain
Smen (BV Chekkou) et finalement l’oued Fès. On mentionne que la ville de Fès n’a pas reçu
de précipitations le jour où elle a été inondée !

Les quartiers touchés directement par les inondations du 28 septembre 2008 sont :
 Le quartier Aouinat El Hajjaj et l’entrée de la médina (Bab Jdid) par la crue de l’oued
Boufkrane ;
 Les quartiers Monfleuri 1, Monfleuri 2, Narjiss, Sidi Brahim et Lido par la crue de l’oued
El Mehraz ;
 Les quartiers Lala Soukaina, El Merja, Hey Tazi, Zougha, Seghrouchni et le lotissement
Ain Chekkef par la crue de l’oued El Himmer ;
 Les quartiers Anbra par la petite crue de l’oued Ain Chekkef et le lotissement Addoha par
la grande crue de l’oued Ain Smen (BV oued Chekkou) ;
 Les quartiers industriels Eddoukarat, Hay Stitou et Douar Mechraa Kraym par la grande
inondation de l’oued Fès.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Après ces inondations, de nouveaux travaux de canalisation ont été lancés sur plusieurs
tronçons inondés. Cependant, la ville de Fès souffre encore de cet aléa hydrologique. Les
intenses et/ou prolongées sont, dans la plupart des cas, à l’origine d’inondations, qui sont de
plus en plus fréquentes. En effet, de 2008 jusqu’à nos jours, nous avons observé au moins
quatre inondations plus ou moins importantes. Il s’agit des inondations du 11 septembre 2010,
1er décembre 2010, 18 mai 2011 et plus récemment les inondations du 13 mars 2013. Ces
évènements ont eu des répercussions différentes sur la ville de Fès. Cela n’est pas dû
seulement aux degrés de la vulnérabilité des enjeux exposés, mais surtout aux types de l’aléa
d’inondation lui-même.

3.3 Typologie des inondations menaçant l’agglomération de Fès

Il y a plusieurs types d’inondations. En ce qui concerne notre zone d’étude, les cinq
principaux oueds (oued Fès, oued Boufkrane, oued El Mehraz, oued El Himmer et oued Ain
Smen (BV Chekkou)) qui traversent la ville de Fès génèrent des inondations de types
différentes. Ce type de ces inondations générées est lié à la fois à la nature de la réponse
hydrologique de chacun des bassins versants, à la morphologie des vallées et/ou des plaines
inondables des oueds en question et à l’impact des actions anthropiques sur les écoulements.
En général, nous pouvons différencier cinq types d’inondation au niveau de l’agglomération
de Fès, à savoir :

- Les inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe phréatique,


- Les inondations des plaines alluviales,
- Les inondations torrentielles,
- Les inondations dues aux débordements ponctuels,
- Et les inondations par ruissellement urbain.

3.3.1 Les inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe phréatique

Ces inondations sont dues à l’affleurement des eaux souterraines, souvent à cause d’une pluie
très abondante et prolongée, ce qui peut charger la nappe phréatique au point de la faire
déborder dans tous les points bas de son secteur. Ces inondations (qualifiées comme lentes)
présentent peu de risque pour les personnes, mais elles provoquent des dommages
considérables au niveau des biens.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Comme il a été déjà mentionné dans le premier chapitre, le plateau de Saïs se caractérise par
la présence d’une nappe liasique profonde très importante. En dessus de cette dernière, la
nappe phréatique plio-quaternaire se localise à quelques mètres de la surface du plateau. Au
moment des pluies prolongées et généralisées sur le bassin versant de l’oued Fès, elle déborde
au niveau de la vallée de l’oued Fès amont. Durant les six derrières années observées (2008-
2013), les inondations de mars 2010 sont les plus spectaculaires à cause des précipitations
prolongées qui se sont abattues entre septembre 2009 et mars 2010 (740 mm en 7 mois dans
la station de Fès-Saïs). Ces débordements, soutenus par les crues des oueds El Himmer et Ain
Smen (BV oued Chekkou) ont causé de vastes inondations qui ont dépassé 2 km de largeur
dans quelques tronçons (Photo 27).

Photo 27 : Vue panoramique de l’inondation de l’oued Fès amont en mars 2010

Ces inondations ont causé des dégâts matériels importants et ont affecté plusieurs dizaines de
maisons. Les évènements de mars 2010 ont laissé 16 familles sans abri dans le Douar Mchraa
Kraym (dans la périphérie occidentale de la ville de Fès) (Photo28), certaines maisons
touchées ont été partiellement détruites (Photo29). Les hauteurs des inondations ont dépassé 3
mètres dans le chenal de l’oued Fès, mais avec des vitesses très faibles, voire-même nulles
dans quelques zones quasiment plates.

Ces inondations perdurent plusieurs semaines et provoquent des dommages considérables


dans le douar Mchraa Kraym ; le quartier Stitou (Photo 30) et le quartier industriel Doukkarat,
sans oublier la perturbation du trafic routier pendant plusieurs jours (Photo 31). Tout de

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

même, il faut mentionner que ce type d’inondation ne présente pas un grand risque pour les
vies de la population affectées.

Photo 28 : Inondation du Douar Mchraa Photo 29 : Destruction partielle d’une maison


Kraym dans la périphérie occidentale de la dans le Douar Mchraa Kraym à cause des
ville de Fès (17 mars 2010) inondations de l’oued Fès en mars 2010

Photo 30 : Inondation du quartier Hay Photo 31 : Perturbation du trafic routier à


Stitou le 13 mars 2013 cause des inondations du 19 mars 2010

3.3.2 Les inondations des plaines alluviales

Comme son nom l’indique, ce type d’inondation caractérise les petites plaines alluviales de
l’oued El Himmer et la partie aval de l’oued Ain Smen. Ces plaines alluviales ont été
façonnées grâces aux dépôts des crues successives dès le début de Quaternaire suite à la
vidange du lac du Saïs (Martin, 1981 ; Fassi, 1999 ; Chapond et al, 1967 ; Taltasse, 1953).
Ce processus morphogénique nous a donné aujourd’hui, un petit lit mineur et un vaste lit
majeur, qui représente le champ d’expansion des crues rares et exceptionnelles (Photo 32).

Ces inondations peuvent dépasser 200 mètres de largeur dans quelques tronçons de l’oued El
Himmer, mais avec de faibles hauteurs et vitesses des crues. Cette vitesse amortie est due

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

essentiellement à la faible pente qui avoisine 6.3 m/km (de l’entrée de la ville jusqu’à la
confluence avec l’oued Fès). De nos jours, ce type d’inondation est relativement atténué au
niveau des tronçons anthropisés, à cause des travaux de canalisation (Photo 33) qui ont permis
de diminuer le champ d’expansion des crues de moyenne fréquence.

Photo 32 : Plaine alluviale de l’oued El


Photo 33 : Canal d’évacuation de l’oued El
Himmer à l’amont du quartier Lala
Himmer (en cours de construction 24-12-2009)
Soukaina

3.3.3 Les inondations torrentielles

Les inondations torrentielles sont générées par les oueds : Boufekrane, El Mehraz, Ain Smen
amont, El Malleh et oued Fès aval (à l’entré de la médina). Ce type d’inondation est le plus
dévastateur et présente un grand danger
sur la vie de la population riveraine. Ce
danger est à l’origine de la grande vitesse
des crues qui est favorisée par la forte
pente des oueds en question (Tab.16). Les
inondations torrentielles n’occupent pas
une grande largeur, mais peuvent atteindre
des hauteurs très importantes (photo 34).

Photo 34 : Crue torrentielle (qui dépasse


4 mètres de haut) de l’oued Fès au niveau de la médina de Fès (18 mai 2011)

Oueds Boufkrane El Mehraz Ain Smen El Malleh Oued Fès


amont aval
Tronçons en points kilomètres 0 – 8,4 pkh 0 – 8,1 pkh 3.1 – 8 pkh 0 – 3 pkh 0 – 8,4 pkh
hydrographiques depuis d’exutoire
Pente (m/km) 18.1 m/km 18.7 m/km 16.2 m/km 12.6 m/km 46.3 m/km
Tableau 16 : Pente moyennes des oueds générant les inondations torrentielles dans la ville de
Fès

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.3.4 Les inondations dues aux débordements ponctuels

Ce type d’inondation est lié directement aux ouvrages de franchissement. En effet, les ponts et
les canaux d’évacuation sous dimensionnés ou colmatés causent, dans la plus part des cas, des
débordements ponctuels acheminés par les routes, ce qui permet aux crues de quitter leurs
chenaux pour inonder des zones assez étendues. Ces débordements touchent les différents
tronçons des oueds qui traversent la ville de Fès et causent des dégâts importants (Photo 35 et
36).

Photo 35 : Débordement du canal Photo 36 : Débordement du canal


d’évacuation oued El Himmer dans le d’évacuation de l’oued Boufkrane à l’entrée
quartier Lala Soukaina (13 mars 2013) de la médina (28 septembre 2008)

3.3.5 Les inondations par ruissellement urbain

Le tissu urbain de la ville de Fès couvre plus de 80 km² (jusqu’en mai 2012). Cette grande
surface plus ou moins imperméabilisée favorise une grande capacité de ruissellement des
terrains car les hydrosystèmes urbains modifient l’ensemble des termes du bilan
hydrologique, notamment l’infiltration et plus particulièrement le ruissellement (Fig. 48). En
effet, l’imperméabilisation contribue à accroître le volume de l’écoulement rapide des crues, y
compris pour des précipitations de faible intensité. Selon Scarwell et Laganier (2004), les
volumes d’eau ruisselés peuvent augmenter de 500 à 800% selon le niveau
d’imperméabilisation, ce qui favorise des temps de réponse d’écoulement plus brefs et des
débits de pointe plus importants (Fig. 49). Dans ces conditions, la genèse des inondations
apparaît plus amplifiée, tel est le cas de la ville de Fès.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 48 : Impact de l’urbanisation sur le cycle de Figure 49 : Impact de l’urbanisation


l’eau (Scarwell et Laganier, 2004) sur l’hydrogramme de crue (Scarwell
et Laganier, 2004)

Les inondations par ruissellement urbain touchent plusieurs points noirs dans la ville de Fès.
La principale cause de ces inondations réside dans l’incapacité du réseau d’assainissement à
évacuer les eaux pluviales, notamment au niveau des principaux axes routiers, des dépressions
ou sur les paléo-chenaux (le chenal de l’oued Ain Amir). Ces inondations sont très fréquentes,
mais l’orage de 18 mai 2010 a causé les inondations urbaines les plus frappantes durant les
six dernières années observées : de 14h30 à 17h, la ville de Fès a reçu 52 mm de pluie et cette
lame d’eau a inondé tous les quartiers de la ville (Photos 37 et 38).

Photo 37 : Une voiture sous l’eau sous le pont Photo 38 : Inondation de la place Moulay
de Ben Souda (18 mai 2010) Rachid par les eaux pluviales (18 mai 2010)

Certes, ce type d’inondation cause des dégâts importants dans l’agglomération de Fès. Mais
dans le cadre de notre thèse, nous allons nous intéresser seulement au cas des inondations
dues au débordement des différents oueds traversant le périmètre urbain de Fès.

En général, ces cinq types d’inondations affectent plusieurs quartiers de la ville de Fès et
causent de différents dégâts (Tab. 17). La délimitation de ces inondations sera traitée dans le
chapitre 5 (Cartographie des phénomènes).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Types Oueds Évènements Quartiers affectés Impacts/dégâts


d’inondation
Remontée de la Oued Fès amont Septembre et Le Douar Mchraa Destruction des
nappe phréatique octobre 2008 ; Kraym ; maisons en terre ;
Septembre et mars Hay Stitou ; Famille sans abri ;
2010 ; Quartier industriel Longues durées de
Septembre 2011 ; Doukkarat. submersion ;
Mars 2013. Perturbation du
trafique routier.
Inondations des Oued El Himmer ; 26 septembre 1950 Lala Soukaina ; Colmatage des
plaines alluviales Oued Ain Smen 13 octobre 1989 El Merja ; ponts ;
(aval), après la 28 septembre 2008 Hey Tazi ; Perturbation du
confluence avec 11 septembre 2010 Zougha ; trafique routier ;
l’oued Ain Chkef. 1er décembre 2010 Seghrouchni ; Inondation des
13 mars 2013. Ain Chekkef. maisons.
Les inondations Oued Boufekrane ; 26 septembre 1950 Monfleuri 1 ; Destruction des
torrentielles Oued El Mehraz ; 13 octobre 1989 Monfleuri 2 ; maisons ;
Oued Ain Smen 28 septembre 2008 Narjiss ; Destruction des
(amont) ; Sidi Brahim ; ponts ;
Oued El Malleh ; Lido ; Erosion des
Oued Fès aval. Aouinat El Hajjaj ; chaussées ;
Médina. Risque sur les vies.
Les inondations Oued Boufkrane ; 26 septembre 1950 Bab Jdid (entrée de Colmatage des
dues aux Oued El Mehraz. 13 octobre 1989 la médina) ; ponts ;
débordements 28 septembre 2008 Narjis (route de Envasement des
ponctuels Sefrou) ; routes
Les inondations 18 mai 2010 ; Une dizaine de Perturbation du
par ruissellement Plusieurs points noirs trafic routier ;
urbain évènements. Colmatage du
réseau
d’assainissement.
Tableau 17 : Récapitulation des types d’inondations affectant la ville de Fès
3.4 Estimation du temps de concentration des crues au niveau de l’agglomération de Fès

Parmi tous les aléas naturels, les inondations sont les plus prévisibles (Roubault, 1970). Car,
leur genèse des dépend le plus souvent d’un processus hydro-climatique bien déterminé,
permettant ainsi de prévoir la survenue des inondations. De ce fait, l’alerte aux inondations
est - dans la plupart des cas – possible, ce qui permet de minimiser leurs dégâts éventuels
(Gazelle Galinier, 2004). Cependant, la prévision des inondations n’est pas toujours suffisante
afin d’avertir les riverains et protéger leurs biens, du fait que le temps de concentration des
crues peut être très bref.

On rappelle que le temps de concentration des crues représente le temps écoulé entre le début
d’une précipitation et l’atteinte du débit maximal à l’exutoire du bassin versant. Il correspond
au temps nécessaire pour permettre à l’eau de ruisseler du point le plus reculé du bassin
versant jusqu’à l’exutoire. Le calcule du temps de concentration d’un bassin versant se base le
plus souvent sur le temps de remontée de la crue enregistrée sur un hydrogramme. Mais dans
notre cas, fautes de données hydrométriques, nous allons essayer d’estimer le temps de

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

concentration des crues au niveau de l’agglomération de Fès, en se basant sur les différentes
formules empiriques disponibles dans la bibliographie.

3.4.1 Présentations des formules utilisées

Nous allons utiliser sept formules pour estimer le temps de concentration des crues au niveau
de l’agglomération de Fès. Ces formules ont été développées partir de plusieurs bassins
expérimentaux (Chow, 1959 ; Remenieras, 1986 ; Natural Resources Conservation Services (NRCS),
1986) et elles sont le plus souvent utilisées pour le contexte marocain ( DRH SEBOU, 1985 ;
DRH SEBOU, 1989 ; ABHS, 2005 ; ABHS, 2010). Les sept formules sont présentées ci-dessous :

 Kirpich : avec :
 Tc : temps de concentration en heures
 L : longueur du plus long thalweg en m
 I : pente moyenne en m/m

 Passini : avec :
 Tc : temps de concentration en heures
 L : longueur du plus long thalweg en km
 I : pente moyenne en m/m
 A : surface du bassin versant en km²

 Johnstone et Cross : avec :


 Tc : temps de concentration en heures
 L : longueur du plus long thalweg en m
 I : pente moyenne en m/m
 Ven Te Chow : avec :
 Tc : temps de concentration en minutes
 L : longueur du plus long thalweg en km
 P : pente en m/m.
 U.S. Corps : avec :
 Tc : temps de concentration en minutes
 L : longueur du plus long thalweg en km
 P : pente en m/m.
 Californienne : avec :
 Tc : temps de concentration en minutes
 L : longueur du plus long thalweg en m
 P : pente en m/m.
 Haspers-Java : avec :
 Tc : temps de concentration en minutes
 L : longueur du plus long thalweg en km
 P : pente du bassin versant en m/m.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.4.2 Calcul et discutions des résultats

Les temps de concentration calculés via les différentes formules utilisées sont récapitulés dans
le tableau 18. Ces résultats calculés (au niveau de l’entrée de la ville de Fès et à l’exutoire des
différents sous-bassins versants) sont relativement proches, à l’exception des formules de
« Passini » et « Johnstone et Cross » qui donnent des temps de concentration relativement
exagérés par rapport aux autres formules.
Oueds / point de calcul Temps de concentration calculés via les différentes formules empiriques (h : min)
(entrée de la ville / Kirpich Passini Johnstone Ven Te U.S. Californienne Haspers-
barrages ou exutoire) et Cross Chow Corps Java
Boufekrane exutoire 2 h 59 6 h 48 5 h 13 2 h 54 2 h 42 2 h 57 3 h 36
Bge El 2 h 40 6 h 30 4 h 52 2 h 39 2 h 25 2 h 39 3 h 14
Gaada
El Mehraz exutoire 3 h 01 8 h 22 5 h 19 3 h 28 3 h 09 3 h 10 3 h 41
Bge My 2 h 43 7 h 01 4 h 36 2 h 32 2 h 35 2 h 43 3 h 01
Arafa
El Himmer exutoire 3 h 45 8 h 40 6 h 03 3 h 30 3 h 24 3 h 42 4 h 36
ville 3 h 00 7 h 50 5 h 12 2 h 59 2 h 45 2 h 59 3 h 33
Chekkou / exutoire 6 h 39 19 h 07 8 h 52 5 h 39 5 h 54 6 h 30 8 h 19
Ain Smen ville 5 h 54 18 h 10 8 h 13 5 h 07 5 h 15 5 h 48 7 h 22
El Malleh exutoire 0 h 46 3 h 48 1 h 46 0 h 57 0 h 58 1 h 01 1 h 15
Oued Fès exutoire 7 h 25 25 h 28 9 h 32 6 h 12 6 h 35 7 h 16 9 h 21
Tableau 18 : Temps de concentration calculés via les différentes formules utilisées

Afin de minimiser la marge d’erreur des temps de concentration des crues estimés au niveau
de la ville de Fès, nous avons tout d’abord retiré les valeurs extrêmes qui sont issues des
formules de « Passini » et « U.S Corps », puis on a calculé la moyenne des autres formules.
Les temps de concentration retenus sont affichés dans le tableau 19 ci-dessous. Afin de
vérifier ces résultats, nous allons les comparer avec l’inondation du vendredi 13 octobre 1987.
Selon la note de la DRH Sebou, (1989), le poste pluviométrique de Sefrou, situé à l’amont du
bassin versant de l’oued El Mehraz, a enregistré 26.5 mm de 16h30 à 17h. Suite à cet épisode
pluvieux, les riverains de l’oued El Mehraz ont été surpris par une grande crue à 20h ; c’est-à-
dire après 3h30 de l’orage qui a frappé le Moyen Atlas. Ce laps de temps présente, bien
évidemment, le temps de concentration du bassin versant de l’oued El Mehraz. Ce temps de
concentration est très proche des valeurs estimées, en utilisant la moyenne des formules
empiriques utilisées (Tab. 19). Selon la morphométrie et la longueur des bassins limitrophes,
nous pouvons dire que nos résultats sont relativement proches aux temps de concentration
réels des crues au niveau de l’agglomération de Fès.

Oueds Boufekrane El Mehraz El Himmer Chekkou / Ain Smen El Malleh Oued Fès
exutoire Bge exutoire Bge exutoire ville exutoire ville exutoire exutoire
Tc 3 h 22 3 h 04 3 h 26 2 h 45 4 h 09 3 h 33 7 h 02 6 h 32 1 h 21 7 h 49
Tableau 19 : Temps de concentration estimés pour les différents oueds dans de la ville de Fès

117 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

A partir des résultats présentés dans le tableau 18, nous pouvons conclure que les temps de
concentration des crues au niveau de la ville de Fès sont relativement brefs, à l’exception de
l’oued Ain Smen (BV Chekkou) dont le temps de concentration est estimé à 6h30min à l’entré
de la ville. A cet égard, la prévision et l’alerte aux crues dans la ville de Fès sont délicates
(chapitre 4). Cette situation aggrave le risque d’inondation et diminue les possibilités de faire
face à cet aléa. En plus du caractère brusque des crues au niveau de la ville de Fès, ces
dernières sont également dévastatrices, à cause de leurs débits de pointe extrêmement
importants.

3.5 Estimation des débits de pointe pour les différentes périodes

Après avoir caractériser l’aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès en analysant son
historique, sa typologie et le temps de concentration des crues, nous allons essayer dans ce
volet d’estimer les débits de pointe des oueds pendant les situations hydrologiques intenses.
Ces débits présentent la propriété hydrologique la plus importante qui permet d’évaluer l’aléa
d’inondation, mais comment les estimer?

Les méthodes de prédiction des débits de pointe sont diverses. De nos jours, l’analyse
fréquentielle des crues est la méthode la plus utilisée pour prédire les débits de pointe pour les
différents temps de retour. Cette méthode se base sur l’analyse statistique des débits
maximums instantanés sur une période assez longue. En l’absence de données
hydrométriques, la méthode rationnelle (Remenieras, 1986) propose des équations pour
estimer les débits de pointe. Cette méthode se base sur le coefficient de ruissellement,
l’intensité horaire des précipitations et la superficie du bassin versant. Bien que la méthode
rationnelle ait été acceptée par la plupart des hydrologues (pour les petits bassins versants et
les projets de canalisation urbaine pour l'évacuation des eaux de pluies), il est important de
connaître les limites de cette méthode pour notre cas car elle suppose que l'intensité de la
précipitation est uniforme sur le bassin versant en entier pendant toute la durée de l’épisode
pluvial, ce qui est très loin des caractéristiques pluviométriques dans notre zone d’étude
(chapitre 2). Face à toutes ces contraintes, nous nous sommes limité à l’utilisation de
méthodes empiriques régionales, afin d’estimer les débits de pointe de tous les oueds qui
traversent la ville de Fès dans les différentes sections et pour les différents temps de retour.

Les formules empiriques se basent sur les différentes caractéristiques physiographiques du


bassin versant afin d’estimer les débits de pointes pour les différentes récurrences. Cette

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

méthode est utilisée le plus souvent lorsqu'on ne possède pas suffisamment de relevés
hydrologiques permettant une analyse détaillée et précise (Remenieras, 1986), ce qui est
notre cas. Les difficultés d'application des relations empiriques ne sont pas tellement causées
par 1'empirisme des équations, mais plutôt par le manque de connaissance des conditions
exactes où on doit les appliquer. Pour notre cas, nous allons utiliser des méthodes empiriques
régionales ajustées à notre zone d’étude.

3.5.1 Présentation des formules empiriques régionales utilisées

Comme il a été déjà mentionné, les formules que nous allons utiliser ont fait l’objet d’un
ajustement pour qu’elles soient applicables à la zone d’étude. Le choix des coefficients
régionaux mérite une attention particulière, à cause de la grande sensibilité des trois formules
que nous allons utiliser.

 Formule de Mallet-Gauthier (ABHS, 2010)

Cette formule se présente sous la forme suivante :

avec :

Q(T) : Débit maximal en m³/s pour la période de retour T ;


S : Surface du bassin versant en Km² ;
L : longueur du talweg principal Km ;
H : hauteur moyenne annuelle des pluies en mm ;
a : coefficient d’influence variant entre 20 et 30 ;
K : coefficient variant de 0,50 (pour grands BV à faible pente) à 5,0 (pour petits BV à forte
pente).

La formule de Mallet-Gauthier a été utilisée dans les pays du Maghreb (Maroc, Algérie et
Tunisie) pour calculer les débits de pointe pour les différents temps de retour (Achite et al.,
2006). Au Maroc, l’ajustement de cette formule a fait l’objet de plusieurs études. Ainsi, cette
formule est utilisée pour l’estimation des débits de pointe, grâce à son adaptation avec les
différents paramètres géographiques et climatiques des bassins versants marocains. Il est à
noter que l’utilisation de cette formule est délicate dans la mesure où ses paramètres doivent
être précis, tel le choix des coefficients. Dans notre cas, nous nous sommes basé sur les
résultats de plusieurs études de l’ABHS, qui ont déterminé les valeurs conformes aux
différentes conditions géographiques et climatiques du bassin versant étudié (ABHS, 2010).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Au vu des incertitudes, les résultats de cette formule nécessitent une comparaison avec les
résultats obtenus au moyen d’autres formules.

 Formule de Fuller II (ABHS, 2010)


Cette formule s’écrit comme suite :

Q(T) = (1+a×log(T)) × ( +8/3× ) × 4/3 × N/10

avec :

Q(T) : Débit de pointe en m³/s de récurrence T ;


T : Période de retour en ans ;
a : coefficient variant entre 0.7 et 0.8 selon la perméabilité et la pente du BV étudié ;
S : Surface du BV en km² ;
L : Longueur du talweg en km ;
N : Coefficient régional égal à 80 en plaine, 85 en région accidentée et 100 en montagne.

Cette formule est bien adaptée pour l’estimation des crues issues des bassins versants de taille
moyenne. Elle est peu sensible aux variations des coefficients. Cependant, l’hétérogénéité des
caractéristiques physiques des bassins versants étudiés pose le problème du choix des
coefficients régionaux dans certains cas.

 Formule de Hazan – Lazarevic (ABHS, 2010)

Cette formule simple est basée sur une synthèse de renseignements recueillis dans différents
bassins versants marocains. Le débit des crues milléniales est une fonction de la surface du
bassin versant. Elle est adaptée pour tous les territoires marocains. Elle s’énonce comme
suite :

Qt(1000) = K₁ ×
et Qt(10) =

avec :

Qt(1000) : Débit de pointe en m³/s de récurrence 1000 ans ;


Qt(10) : Débit de pointe en m³/s de la période de retour de 10 ans ;
a : coefficient variant entre 0.8 et 1.2 la perméabilité du BV étudié ;
S : Surface du BV en km² ;
K₁ et K : Paramètres dépendant de la situation géographique et pluviométrique des bassins
versants. Le tableau 20 récapitule les valeurs de ces paramètres pour quelques régions
du Maroc.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Rif central Rif Rif Moyen Atlas Haut Atlas


occidental oriental Saharien
K₁ 15.55 9.78 7.58 14.94 13.51 13.47 9.38
K₂ 0.776 0.793 0.808 0.636 0.613 0.587 0.742
P(mm) 1000-1300 800-1000 600-800 700-900 500-700 500-400 200-400
Tableau 20 : Valeurs des paramètres K₁ et K₂ pour quelques régions du Maroc (ABHS, 2010)

3.5.2 Délimitation des bassins versants aux différentes sections et détermination de leurs
paramètres

La délimitation des sous-bassins versants aux différentes sections s’est faite à plusieurs
endroits depuis l’entrée des oueds dans l’agglomération ainsi qu’au niveau des confluences,
des ouvrages hydrauliques et des sites inondables (Fig. 50). Le paramétrage des sous-bassins
versants est affiné, afin d’obtenir des données fiables pour le calcul des débits de pointe selon
les différentes fréquences (Tab. 21).

Figure 50 : Limites et
exutoires des sous-
bassins versants
considérés dans le
calcul des débits de
pointe

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Longueur
Nom SBVs Surface Périmètre Coordonnées exutoire Z Talweg Dénivelé Pente pan coefficients et paramètres régionaux
km² km max (km)
x y Z (m) % m/m (mm) K K₁ K₂ N
BV

Boufekrane 1 14.35 31.14 544618 374443 530 1115 14.1 585 4.14 0.041 470 1.1 13.47 0.587 85

Boufekrane 2 31.21 41.75 541594 377792 430 1115 19.3 685 3.54 0.035 470 1.1 13.47 0.587 85

Boufekrane 3 43.19 54.68 540494 380412 380 1115 23.2 735 3.16 0.031 470 1.1 13.47 0.587 85

Boufekrane 4 48.93 58.66 380412 382334 340 1115 26.1 775 2.96 0.029 470 1.1 13.47 0.587 85

Boufekrane 5 51.49 61.08 539455 383172 314 1115 27.1 801 2.95 0.029 470 1.1 13.47 0.587 85

Boufekrane 52.40 63.14 539021 384117 300 1115 28.3 815 2.87 0.029 470 1.1 13.47 0.587 85
exutoire

El Mehraz 1 77.11 46.56 540369 371993 531 1210 13.5 679 5.02 0.05 490 1.1 13.47 0.587 80

El Mehraz 2 105.12 53.34 539191 374892 480 1210 17 730 4.29 0.043 490 1.1 13.47 0.587 80

El Mehraz 3 123.36 60.83 538431 377776 440 1210 20.4 770 3.77 0.038 490 1.1 13.47 0.587 80

El Mehraz 4 128.32 65.84 538230 379792 420 1210 23.9 790 3.3 0.03 490 1.1 13.47 0.587 80

El Mehraz 5 133.63 71.48 537594 382133 370 1210 29 840 2.89 0.029 490 1.1 13.47 0.587 80

El Mehraz 137.70 75.71 538928 384148 300 1210 32.3 910 2.81 0.028 490 1.1 13.47 0.587 80
exutoire

El Himmer 1 57.92 54.39 537141 372041 523 1760 24.8 1237 4.98 0.05 500 1.4 13.51 0.613 85

El Himmer 2 66.11 64.44 536199 376722 458 1760 29.9 1302 4.35 0.043 500 1.4 13.51 0.613 85

El Himmer 3 72.62 72.27 534865 379575 414 1760 33.3 1346 4.04 0.04 500 1.4 13.51 0.613 85

El Himmer 80.74 80.03 533113 382954 377 1760 37.5 1383 3.68 0.037 500 1.4 13.51 0.613 85
exutoire

Chkou 1 388.38 135.30 532365 372145 510 2050 55.8 1540 2.75 0.027 560 1.2 13.51 0.613 85

Chkou 2 397.28 142.53 531923 375753 460 2050 60.2 1590 2.64 0.026 560 1.2 13.51 0.613 85

Chkou 3 424.62 153.09 532806 380140 391 2050 65.4 1659 2.53 0.025 560 1.2 13.51 0.613 85

Chkou exutoire 427.48 157.78 531845 382682 380 2050 68.5 1670 2.43 0.024 560 1.2 13.51 0.613 85

Ain Chkef 11.36 132.74 534311 377466 446 534 4.4 88 2 0.02 450 2 13.47 0.587 80

Fès confluence 536.08 173.05 531845 382682 380 2050 68.5 1670 2.43 0.024 550 1 13.51 0.613 80
chkou

Fès confluence 621.67 175.60 533113 382954 377 2050 69.8 1673 2.39 0.024 550 1 13.51 0.613 80
himmer

Fès confluence 826.67 191.21 539021 384117 300 2050 76.3 1750 2.29 0.023 550 1 13.51 0.613 80
boufekrane

Fès conflence 864.68 202.73 539486 386082 260 2050 78.6 1790 2.27 0.023 550 1 13.51 0.613 80
el malleh

El Malleh 1 30.96 25.33 538932 386422 269 900 7.1 631 8.88 0.089 430 5 13.57 0.587 100

El Malleh 34.08 27.46 539486 386082 260 900 7.8 640 8.2 0.082 430 5 13.57 0.587 100
exutoire

Fès Amont 80.73 46.48 529051 381088 380 600 13.5 220 1.59 0.016 450 0.7 13.57 0.587 85

BV Oued Fès 878.77 206.46 543614 386783 187 2050 85.4 1863 2.18 0.022 550 1 13.51 0.613 80

Tableau 21 : Caractéristiques géométriques et coefficients régionaux des sous-bassins versants

3.5.3 Résultats des calculs des débits de pointes par les différentes formules

Le calcul des débits de pointe s’est fait pour les récurrences 10, 20, 50 et 100 ans. Les
résultats présentés dans le tableau 22 démontrent une disparité relative entre les valeurs
obtenues par les différentes formules, notamment la formule de « Hazan & Lazaravic » qui
donne des valeurs faibles par rapport aux autres formules qui sont plus ou moins proches.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Formule Mallet Gauthier Fuller II Hazan & Lazaravic


Récurrence (ans) F10 F20 F50 F100 F10 F20 F50 F100 F10 F20 F50 F100
m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s m³/s
Boufekrane 1 46 53 60 65 52 61 74 83 32 39 42 51
Boufekrane 2 84 96 111 120 85 101 122 138 42 48 51 62
Boufekrane 3 105 121 139 151 105 125 151 171 54 59 60 74
Boufekrane 4 112 129 148 161 115 136 185 185 61 69 75 83
Boufekrane 5 115 133 153 166 119 141 170 192 69 73 79 87
Boufekrane 116 133 153 167 120 142 172 194 72 77 82 90
exutoire
El Mehraz 1 242 280 323 352 155 184 222 251 78 84 99 113
El Mehraz 2 292 338 390 425 192 227 274 310 80 85 103 122
El Mehraz 3 311 361 417 455 214 253 306 346 85 89 117 142
El Mehraz 4 313 362 423 471 220 260 314 355 93 97 129 164
El Mehraz 5 318 369 432 489 226 268 323 365 103 109 137 180
El Mehraz 321 375 452 502 230 273 330 373 112 128 149 201
exutoire
El Himmer 1 135 156 179 195 128 152 183 207 75 82 95 103
El Himmer 2 140 162 186 203 140 166 200 226 83 92 107 117
El Himmer 3 145 168 194 211 149 177 214 241 94 105 119 124
El Himmer 152 176 202 221 160 190 229 259 107 117 126 137
exutoire
Chkou 1 574 670 780 853 475 563 680 768 174 199 256 286
Chkou 2 578 673 782 858 482 572 691 780 200 221 261 291
Chkou 3 578 676 786 861 506 600 724 818 226 267 271 300
Chkou exutoire 582 679 790 871 508 603 727 822 238 276 289 312
Ain Chkef 66 75 86 93 45 53 64 72 19 24 30 39
Fès confluence 709 830 967 1059 597 708 854 965 331 352 415 471
chkou
Fès confluence 811 950 1108 1214 664 787 950 1073 356 432 451 484
himmer
Fès confluence 1022 1201 1403 1538 815 966 1166 1317 400 441 498 520
boufekrane
Fès conflence el 1052 1237 1445 1584 841 998 1204 1361 441 462 512 531
malleh
El Malleh 1 137 158 181 197 85 100 121 137 64 73 80 87
El Malleh 144 165 190 206 90 107 129 146 67 76 82 90
exutoire
Fès Amont 253 292 337 368 160 190 229 259 81 86 95 109
BV Oued Fès 1060 1299 1503 1597 851 1009 1218 1377 457 472 530 587

Tableau 22 : Résultats des calculs des débits de pointe par les différentes formules

En général, les résultats obtenus à partir des trois formules empiriques régionales estiment des
débits de pointe très importants, surtout pour la récurrence centennale. Les formules de
« Mallet Gauthier » et « Fuller II » donnent des résultats relativement proches des débits de
pointe qui ont affecté la ville de Fès durant les inondations historiques analysées
précédemment. Tout de même, ces résultats ne sont que des estimations approximatives qui
doivent être confrontées avec d’autres méthodes. A cet effet, nous allons adopter une autre

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

méthode plus avancée et plus récente. Il s’agit de la modélisation hydrologique, par le biais
d’une simulation des comportements hydrologiques extrêmes des bassins versants, en se
basant sur les maximales journalières.

3.6 Modélisation de la réponse hydrologique extrême des bassins versants : application


d’un modèle évènementiel de transfert pluie-débit

L’estimation des débits de pointe qui peuvent être générés par le bassin versant de l’oued Fès
et ses sous-bassins versants est très compliquée. Cela est dû à la fois à l’hétérogénéité des
caractéristiques morphométriques et géomorphologiques des bassins versants, à la forte
variabilité spatiale des aléas pluviométriques, en plus de l’absence de stations hydrométriques.
Face à ces contraintes, la modélisation hydrologique offre des possibilités de simuler la
réponse hydrologiques extrême des différents sous-bassins étudiés. Le modèle pluie-débit
reste dans notre cas la méthode la plus adéquate pour simuler des hydrogrammes de crue pour
les bassins versants non jaugés. Pour cela, on va utiliser les données des précipitations
maximales journalières disponibles dans les stations pluviométriques qui couvrent notre zone
d’étude.

Pour modéliser le comportement hydrologique du bassin versant de l’oued Fès, notre choix
s'est porté sur l'utilisation du logiciel HEC-HMS (Hydrologic Engineering Center-Hydrologic
Modeling System) développé par les ingénieurs de l'armée américaine (US Army Corps of
Engineers). Ce logiciel est
interopérationnel avec le SIG
ArcGIS, grâce à l’extension
HEC-geoHMS (Fig. 51). Il est
capable de caler le modèle
événementiel pluie-débit, afin de
simuler le comportement
hydrologique du bassin versant
de l’oued Fès suite aux épisodes
pluvieux.

Figure 51 : Schématisation des modèles utilisés


Source : [Link]

La modélisation des crues est conditionnée par la fiabilité des données disponibles. Toutefois,
le modèle hydrologique utilisé (HEC-HMS) offre des fonctionnalités flexibles, permettant de

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

simuler les crues sur une base événementielle, c’est-à-dire qu’il est possible de simuler un
événement pluvieux sur le bassin versant en fonction de différents temps de retour. Dans le
cas du bassin versant de l’oued Fès, l’absence des stations hydrométriques nous a obligés à
appliquer un modèle pluie-débit événementiel. A cet effet, nous nous sommes basés sur des
événements pluvieux de temps de retour des pluies maximales journalières de récurrences 10,
20, 50 et 100 ans. Ces données sont le résultat de l’ajustement statistique des données
journalières des douze stations pluviométriques qui couvrent le bassin versant. Vu la densité
du réseau de l’observation pluviométrique, notre simulation pourra bénéficier d’une
spatialisation des évènements pluviométriques sur l’ensemble du bassin versant. L’intégration
de ces résultats dans le modèle de terrain des bassins versants permet de caractériser la
réponse hydrologique extrême des bassins versants face aux aléas pluviométriques.

Notre modélisation se base sur cinq opérations interdépendantes, à savoir :

1. Elaboration du modèle des bassins versants,


2. Paramétrage morphométrique et hydrographique des bassins versants,
3. Calcul et cartographie des coefficients de ruissellement des terrains : application de la
méthode « runoff curve number »,
4. Préparation du modèle météorologique : pluies maximales journalières de différents
temps de retour,
5. Simulations des hydrogrammes de crues.

3.6.1 Elaboration du modèle des bassins versants

Elaboration du modèle d’un bassin versant dépond de la précision du modèle numérique du


terrain (MNT). Ce dernier permettant de délimiter le bassin versant et de le diviser en sous-
bassins versants, avec un axe d’écoulement pour chacun. La fiabilité des résultats est
conditionnée par la précision du (MNT).

Pour notre cas, nous avons utilisé dans un premier lieu le MNT Aster© à une résolution de 30
mètres. Cette résolution n’était pas suffisante afin d’élaborer le modèle du bassin versant de
l’oued Fès, surtout au niveau de la plaine du Saïs. Par conséquent, nous avons été obligé de
digitaliser des courbes de niveau (10 m) sur les cartes topographiques au 1 :50’000 couvrant
le bassin versant (Fès Est, Fès Ouest, Sefrou, Ain Taoujdate, Ifrane et Ayoun Snan) afin
d’obtenir un MNT de bonne précision. Cette dernière a été assez suffisante pour élaborer le

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

modèle du bassin versant de l’oued Fès (sous-bassins versants et tracés de l’oued Fès et ses
affluents) (Fig. 52). La préparation et le prétraitement du modèle se font de manière
automatique sur HEC-geoHMS en suivant les opérations ci-dessous :

 Fill : MNT correct du point de vue hydrologique (sans dépressions dues à l’interpolation)
 Fdr : Flow direction (direction des écoulements)
 Fac : Flow accumulation (Concentration des écoulements)
 Str : Stream définition (définition des axes d’écoulement)
 StrLnk : Stream segmentation (traçage des axes d’écoulement)
 Cat : Catchment grid délinéation (un bassin versant pour chaque axe d’écoulement)
 Catchment : (vectorisation du raster des bassins versants)
 DrainageLine : Drainage line processing (vectorisation des lignes d’écoulement)
 Adjoint Catchment : Watershed agrégation (délimitation du bassin versant oued Fès

Figure 52 : Élaboration du modèle du bassin versant de l’oued Fès à partir de deux MNT
différents

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.6.2. Paramétrage morphométrique et hydrographique des bassins versants

Cette opération a pour objectif de paramétrer le modèle hydrologique. Il s’agit dans un


premier temps de rassembler les sous-
bassins versants en un seul bassin versant.
Cette étape se fait de manière manuelle.
Les exutoires des bassins correspondent
aux stations sur lesquelles les résultats des
simulations hydrologiques sont ensuite
stockés. Les stations ont été déterminées
aux exutoires considérés pour le calcul
des débits de pointe via les formules
empiriques, c’est-à-dire l’entrée de
l’agglomération, ainsi que dans les
différents points de confluence des oueds
(Fig. 53). L’objectif est de pouvoir
comparer les résultats obtenus via les
formules empiriques et les simulations
hydrologiques.

Pour chacun des sous-bassins sont ensuite


réunis différents paramètres : la surface
des sous-bassins versants, la longueur de
l’axe principal de l’écoulement, la pente
de l’axe principal de l’écoulement, la
pente moyenne des sous-bassins versants,
le centre de gravité de chaque bassin
versant, la longueur de l’axe
d’écoulement principal à l’aval du centre
de gravité, etc. Les paramètres sont
ensuite intégrés au projet afin d’obtenir
une base de données prête pour le calage
des différents modèles.

Figure 53 : Résultats du traitement du modèle de terrain des BVs

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.6.3. Calcul et cartographie des coefficients de ruissellement des terrains : application


de la méthode « runoff curve number »

Certes, il est impossible de simuler la réponse hydrologique d’un bassin versant sans prendre
en considération la capacité de ruissellement de ses terrains. Cette capacité de ruissellement
est le plus souvent quantifiée sous forme d’un coefficient de ruissellement, qui est le rapport
entre la hauteur d’eau ruisselée et la hauteur d’eau précipitée. Ce coefficient est directement
influencé par l’imperméabilité des terrains, qui dépend essentiellement de la nature de
l’occupation du sol, du type de sol et de la pente des terrains. Car, ces trois paramètres
déterminent directement le ruissellement ou l’infiltration des lames d’eau précipitées.

Pour quantifier le coefficient de ruissellement du bassin versant de l’oued Fès, nous nous
sommes basé sur la méthode « The runoff curve number » (Rallison & Miller 1981) qui est
parmi les modèles les plus utilisés (Rallison & Miller 1981 ; Rawls & Brakensiek 1982 ;
Pilgrim et al. 1988 ), notamment lorsqu’il s’agit d’une modélisation de transfert pluie-débit.
Cette méthode a été développée par le Service Américain de la Conservation des Ressources
Naturelles (USDA 2000) et elle se base sur des paramètres utilisés en hydrologie pour prédire
l'écoulement direct ou l’infiltration de pluie excédentaire. Cette méthode s’est basée sur une
analyse empirique des eaux de ruissellement de petits bassins versants et des parcelles de
versant surveillés par l’USDA. Elle est largement utilisée (Musy & Higy 1998 ; Carlyle-Moses
2004 ; De Jong & Jetten 2007 ; Baloutsos et al. 2010) et très efficace pour approcher le
ruissellement direct d'un épisode pluvieux dans un domaine particulier.

La méthode runoff curve number est intégrée dans le programme HEC-HMS via son
extension HEC-geoHMS sur le SIG ArcMAP©. Elle s’appuie sur une codification des cartes
de l’occupation et types de sols, selon le coefficient de ruissellement de ces derniers. Une fois
que la nature des terrains superposés est reclassée selon le type de sol, le modèle runoff curve
number détermine le coefficient de ruissellement des terrains selon leur topographie. A cet
égard, on va essayer de classer les types et l’occupation du sol du bassin versant de l’oued
Fès, afin d’appliquer la méthode runoff curve number et dégager les coefficients de
ruissellement des terrains.

[Link] Classification et cartographie de la capacité de ruissellement des sols selon la base


de données SSURGO

Comme il a été mentionné dans le premier chapitre, le bassin versant de l’oued Fès présente
une gamme de sols très variés quant à leur nature et à leur degré d’évolution ; leur

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

perméabilité sera différente d’une zone à l’autre. Afin d’évaluer la perméabilité des
couvertures pédologiques du bassin versant de l’oued Fès, nous allons nous baser sur les
classifications de la base de données pédologiques SSURGO (Soil Survey Geographic
database) qui a été développée par le NRCS (Natural Resources Conservation Service) et le
NCGC (National Cartography and Geospatial Center) (SSDS, 1993). Cette base de données
fournit une grande variété d'informations sur la quantité et le comportement de l'eau dans les
sols et permet de classifier les sols selon des estimations du potentiel d'écoulement. Chaque
type de sols est affilié à un groupe parmi quatre, en fonction de son taux d'infiltration d'eau
lorsqu'il n’est pas protégé par la végétation. Ces quatre groupes sont :

 Groupe A - Sols présentant un taux d'infiltration élevé (faible potentiel d'écoulement). Il


s'agit principalement des sols sableux profonds bien drainés ou excessivement drainés.
Ces sols affichent un coefficient de ruissellement très faible.

 Groupe B - Sols présentant un taux d'infiltration modéré. Il s'agit principalement de sols


profonds et bien drainés, dont la texture est fine à modérément grossière. Ces sols
affichent un coefficient de ruissellement assez faible.

 Groupe C - Sols présentant un taux d'infiltration faible. Il s'agit principalement de sols


possédant une couche qui empêche le mouvement de l'eau vers le bas ou de sols à texture
modérément fine ou fine. Ces sols affichent un coefficient de ruissellement assez fort.

 Groupe D - Sols présentant un taux d'infiltration très faible (potentiel d'écoulement élevé).
Il s'agit principalement d'argiles ayant un fort pouvoir de retrait-gonflement, de sols avec
une nappe phréatique élevée, de sols avec un horizon argileux compact ou une couche
d'argile à la surface ou près de la surface et de sols minces sur plancher quasi-
imperméable. Ces sols affichent un coefficient de ruissellement très fort.

Donc, afin d’évaluer les capacités de ruissellement des couvertures pédologiques du bassin
versant de l’oued Fès, nous allons comparer la classification de la base de données SSURGO
avec quelques profils pédologiques (Chapond et al., 1967) (Tab. 23), ainsi qu’à la description
détaillée des différents types de sols dans le bassin versant de l’oued Fès (chapitre 1). Par la
suite, nous allons classer chaque type de sols dans le groupe qui lui correspond.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Sols régosolitiques peu évolués d’érosion (terrains marneux au Nord du bassin versant)
(Profil n° 42 : X = 531'950 ; Y = 381'000)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
0 – 20 cm 27 % 50 % 17 % 32 % 2%
20 – 45 cm 33 % 72 % 25 % 3%
45 – 70 cm 43 % 61 % 15 % 21 % 3%
Sols bruns calcaire (plateau du Saïs)
(Profil n° 40 : X = 531'700 ; Y = 378'750)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
surface 12 % 31 % 26 % 31 % 11 %
moyen 50 % 44 % 19 % 27 % 11 %
profond 83 % 42 % 37 % 19 % 3%
Sols châtain-rouge (entre oued El Himmer et oued El Mehraz)
(Profil n° 39 : X = 541'500 ; Y = 379'400)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
0 – 45 cm 18 % 39 % 26 % 25 % 9%
45 – 70 cm 90 % 48 % 18 % 18 % 9%
+ 70 cm 78 % 41 % 27 % 26 % 15 %
Sols d’apport alluvial récent sur roches-mère complexe (dépressions du plateau du Saïs et le couloir
Immouzzer - Dayet Aoua) (Profil n° 15 : X = 538'600 ; Y = 378'000)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
0 – 30 cm 12 % 36 % 25 % 35 % 3%
30 – 50 cm 13 % 63 % 24 % 12 % 3%
50 – 100 cm 14 % 25 % 45 % 27 % 3%
100 – 140cm 19 % 64 % 19 % 14 % 3%
Sols bruns à granules (domaine du Bled El Gaada)
(Profil n° 36 : X = 544'600 ; Y = 383'300)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
surface 4% 35 % 37 % 14 % 14 %
moyen 4% 51 % 32 % 15 % 3%
profond 11 % 52 % 31 % 14 % 3%
Sols Tirs argileux (Profil n° 38)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
surface 1% 35 % 37 % 14 % 14 %
moyen 66 % 51 % 32 % 15 % 3%
profond 91 % 52 % 11 % 14 % 3%
Sols hydromorphes (domaine de l’oued Fès amont)
(Profil n° 64 : X = 533'000 ; Y = 382'800)
Horizons Calcaire Argiles Limons Sable fin Sable grossier
surface 61 % 33 % 51 % 13 % 2%
moyen 76 % 46 % 43 % 10 % 1%
profond 69 % 66 % 27 % 7% 1%
Tableau 23 : Granulométrie de quelques profils pédologiques. Source : Chapond et al, 1967
La comparaison des données (granulométrie, texture, structure et profondeur des couvertures
pédologiques) avec la base de données SSURGO, on a pu classer les types de sols du bassin

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

versant de l’oued Fès selon les quatre groupes hydrologiques. Ainsi, comme on peut le voir
dans le tableau 24, le bassin versant de l’oued Fès recèle les quatre groupes de sols (A, B, C
et D). En outre, il faut mentionner que les lithosols ne sont pas intégrés dans la base de
données SSURGO ; de ce fait, on a attribué le Groupe A pour les lithosols sur calcaires durs et
le Groupe B pour les lithosols sur conglomérats.

Types de sols Groupes hydrologiques


Sols régosolitiques peu évoluée d’érosion (sur marne bleu) D
Sols régosolitiques à cailloutis D
Sols régosolitiques sableux C
Sols bruns calcaires B
Sols bruns à granules C
Sols châtain-rouge à croûte B
Sols rouges méditerranéens à croûte dure et peu épaisse B
Sols peu évolués d’apports non hydromorphes B
Sols d’apport alluvial récent sur roches-mère complexe B
Sol Tirs argileux C
Sols hydromorphes D
Sols profonds isohumiques de piémont A
Sols peu profonds à grande charge caillouteuse A
Lithosol sur calcaire A
Lithosol sur conglomérat B
Tableau 24 : Classification des sols selon leurs groupes hydrologiques

Selon la figure 54, nous remarquons que les couvertures pédologiques les plus perméables
(Groupe A) se développent sur les calcaires du Lias (Moyen Atlas) ainsi que les calcaires
lacustres du Pliocène (partie occidentale du Saïs Fès). Ces couvertures pédologiques sont
caractérisées par des capacités de ruissellement très faibles, surtout que le substratum calcaire
est très fissuré, ce qui a favorisé la mise en place d’un système de drainage souterrain assez
développé. En revanche, le Nord du bassin versant de l’oued Fès (rides prérifaines) se
caractérise par la présence de régosols d’origine marneuse. Ces sols sont imperméables
(Groupe D) et favorisent un ruissellement intense. La vallée de l’oued est également couverte
par des sols hydromorphes imperméables, à cause de leur forte teneur en argiles gonflantes et
de leur saturation par les eaux de la nappe phréatique superficielle du Saïs. Pour ce qui reste
du bassin versant de l’oued Fès, les sols sont peu perméables, grâce à leur granulométrie et
profondeur modérée (sols bruns du Saïs).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

En général, la perméabilité des couvertures pédologiques joue un rôle décisif dans la capacité
de ruissellement des
terrains. Cependant, cette
capacité de ruissellement
ne dépend pas seulement
du type du sol, mais
également de la nature de
l’occupation du sol.

Figure 54 : Spatialisation
des groupes
hydrologiques de sols

[Link] Cartographie et classification de l’occupation du sol

Il est indéniable que la nature de l’occupation du sol influence directement la capacité de


ruissellement des terrains. C’est pourquoi, nous allons essayer de cartographier l’occupation
du sol dans le bassin versant de l’oued Fès. Pour cela, nous nous sommes basé sur une image
satellitaire (Google Earth Pro ©) du mois de mai 2012, à partir de laquelle, nous avons pu
digitaliser les données d’occupation du sol (Fig. 55). En fonction de leur impact sur le
ruissellement de terrains, nous avons défini sept classes d’occupation de sol dans le bassin
versant de l’oued Fès, à savoir : zones urbanisées, route à largeur réelle, forêt dense,
arboriculture, matorral ou banquette d’oliviers sur versants, sol à nu et plan d’eau.

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 55 : Occupation du sol dans le bassin versant de l’oued Fès en mai 2012

Afin d’estimer le coefficient de ruissellement des terrains, nous avons attribué à chaque type
d’occupation du sol un coefficient de ruissellement selon les quatre groupes hydrologiques de

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

sols (Tab. 25). Cette attribution est basée sur les travaux du service américain de la
conservation des ressources naturelles (NRCS, 1986) qui ont visé à estimer la capacité de
ruissellement des terrains, en fonction des types de sols et leur occupation. Ces coefficients de
ruissellement varient entre 30 et 100. Les coefficients les plus forts indiquent un grand
potentiel de ruissellement, tandis les coefficients inférieurs indiquent une grande infiltration et
par conséquent, un faible potentiel de ruissellement.

Types d’occupation du sol Coefficient de ruissellement selon de


groupe hydrologique des sols
A B C D
Zones urbanisées (constructions et voiries) 98 98 98 98
Forêt 36 60 73 79
Arboriculture 43 65 76 82
Matorral 55 58 73 80
Sol à nu (agricole) 77 86 91 94
Plan d’eau 100 100 100 100
Tableau 25 : Coefficient de ruissellement selon le type de l’occupation du sol et le groupe
hydrologique des sols. Source : NRCS, 1986.

[Link] Application de la méthode « runoff curve number » pour calculer et cartographie


les coefficients de ruissellement des terrains

Après avoir classé la capacité de ruissellement des terrains, en fonction de leur occupation et
type de sols, nous allons procéder à l’application de la méthode runoff curve number afin de
calculer et cartographier les coefficients de ruissellement des terrains étudiés. Comme il a été
déjà mentionné, notre méthode croise les données sur les sols et celles de l’occupation du sol
selon les directives du NRCS (1986), afin d’estimer la capacité de ruissellement des terrains.
En plus de ces deux composantes (occupation et type de sols), la méthode runoff curve
number intègre également les données de la pente, par le biais d’un MNT.

L’élaboration de la carte des coefficients de ruissellement est réalisée à l’aide de l’extension


HEC-GeoHMS (module Utility – Generate CN grid) sur ArcGIS. Cette carte permet de
spatialiser la capacité de ruissellement des terrains dans le bassin versant de l’oued Fès, en
attribuant à chaque pixel (5 mètres) de la carte un coefficient de ruissellement selon les
résultats de la méthode utilisée. De ce fait, nous avons obtenu une base de données
cartographique contenant les coefficients de ruissellement des terrains (Fig.56).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

A partir de la figure 56 ci-


dessus, nous pouvons voir
clairement que le bassin
versant de l’oued Fès est
caractérisé par une grande
variabilité des aptitudes de
ruissellement de ses
terrains. L’amont du bassin
versant (notamment le
bassin versant de l’oued
Chekkou) se caractérise par
une faible capacité de
ruissellement, tandis que le
reste du bassin est peu
perméable.

Cette carte sera utilisée dans


la simulation de la réponse
hydrologique du bassin
versant de l’oued Fès, suite
aux évènements pluvieux
que nous allons présenter
par la suite.

Figure 56 : Spatialisation des coefficients de ruissellement des


terrains selon la méthode runoff curve number

3.6.4 Préparation du modèle météorologique : pluies maximales journalières de


différents temps de retour

Cette opération vise la préparation et la spatialisation des événements pluvieux de temps de


retour de 10, 20, 50 et 100 ans. Les données pluviométriques disponibles couvrent toutes les
parties du bassin versant (Fig. 57). En l’absence de données horaires, nous nous sommes
limités aux maximums journaliers qui sont utilisés pour calculer les précipitations maximales
journalières aux périodes de retour indiquées ci-dessus selon la loi de Gumbel (Gumbel, 1954)
(Fig. 58).

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 57 : Localisation des postes et stations pluviométriques couvrant le BV

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 58 : Ajustement statistique des Pmax/24h à la loi de Gumbel

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Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Fréquence des pluies maximales journalières (mm/24h)


Stations et postes pluviométriques 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans
Ain Betit 60.5 68.1 77.9 85.3
Ain Timedrine 61.2 70.2 82.0 90.8
Azzaba 64.4 73.8 86.0 95.1
Dar el arsa 61.2 70.4 82.3 91.3
Douiat 49.1 54.6 61.9 67.3
Fès ABHS 56.5 64.0 73.7 81.0
Fès Sais 86.8 103.8 125.8 142.3
Ifrane 102.9 118.1 137.8 152.5
Ras Tabouda 68.4 77.5 89.3 98.1
Ain Cheggag 65.7 73.3 83.2 90.6
Sefrou 63.8 71.3 81.1 88.4
Ayt Khebbach 49.4 56.7 66.1 73.1
Tableau 26 : Résultats des ajustements des Pmax/24h à la loi de Gumbel

D’après ces résultats (Tab. 26), nous constatons que les intensités maximales des
précipitations journalières diffèrent au niveau du bassin. Elles augmentent généralement de
l’aval vers l’amont. Les résultats des ajustements ont été spatialisés selon les récurrences 10,
20, 50 et 100 ans (Fig. 59, 60, 61 et 62). De ce fait, le modèle peut bénéficier d’une
information événementielle spatialisée sur la totalité des sous-bassins versants, augmentant
ainsi la précision des simulations.

Figure 59 : Spatialisation des Pmax/24h de la


récurrence 10 ans

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 60 : Spatialisation des Pmax/24h de


la récurrence 20 ans
Figure 61 : Spatialisation des Pmax/24h de
la récurrence 50 ans
Figure 62 : Spatialisation des Pmax/24h de
la récurrence 100 ans

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

3.6.5 Simulations des hydrogrammes de crues

Dans cette dernière étape le programme HEC-HMS utilise les différents paramètres créés
précédemment pour procéder à des simulations événementielles en se basant méthode de
l'hydrogramme unitaire de Snyder (Snyder, 1938). La figure 63 schématise le processus de
cette simulation hydrologique pour chaque événement pluvieux.

Figure 63 : Schématisation du processus de simulation hydrologique du modèle HEC-HMS.

La modélisation hydrologique des sous-bassins versants a simulé des hydrogrammes de crues


dans les différentes stations de simulation implantées sur tous les oueds au niveau du
périmètre urbain de la ville de Fès. Cette modélisation simule des scénarios de la réponse
hydrologique des bassins versants suite aux épisodes pluvieux de différentes récurrences. Les
résultats sont présentés sous forme d’hydrogrammes des crues simulés pour chaque station.
Ils illustrent une grande variation des débits de pointe ainsi que les temps de concentration
d’une station de simulation à une autre (Fig. 64). A cause de leurs caractéristiques
morphométriques, les oueds El Himmer et Chekkou se caractérisent par une réponse
hydrologique modéré, tandis que les oueds El Mehraz et Boufkrane (débouchant dans l’oued
Fès aval) ont une réponse hydrologique relativement forte.

140 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Figure 64 : hydrogrammes des crues simulées dans quelques stations de simulation


(évènements : décennale, cinquantennale et centennale)

3.7 Comparaison et discussion des résultats

La comparaison des résultats de la modélisation hydrologique avec les valeurs des calculs
empiriques démontre une similitude relative des débits de pointe de quelques bassins versants,
tandis que pour d’autres oueds, les résultats sont trop écartés. Cela est dû probablement à la
grande échelle temporaire des épisodes pluvieux, qui ne traduit pas forcément la réponse
hydrologiques des bassins versants dont le temps de concentration est bref.

Pour valider les résultats des débits de pointe, nous nous sommes basés sur les événements
historiques des inondations qui ont ravagé la ville de Fès, surtout les inondations du 26

141 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

septembre 1950 et du 13 octobre 1989. Ces évènements ont été bien documentés, pour
témoigner de quelques réponses hydrologiques du bassin versant de l’oued Fès et ses
affluents. La comparaison entre les résultats des formules empiriques, les simulations
hydrologiques et les événements historiques (débits de pointes des oueds Boufkrane, El
Mehraz, El Himmer et Chekkou) nous ont permis de bien choisir les valeurs les plus
raisonnables comme étant des crues de pointe pour les différentes périodes de retour. Ces
dernières sont présentées dans le tableau 27.

Sous-BV / Section Q10 ans (en Q20 ans (en Q50 ans (en Q100 ans (en
m³/s) m³/s) m³/s) m³/s)
Boufekrane 1 46 53 60 65
Boufekrane 2 84 96 111 120
Boufekrane 3 105 121 139 151
Boufekrane 4 112 129 148 161
Boufekrane 5 115 133 153 166
Boufekrane exutoire 116 133 153 167
El Mehraz 1 242 280 323 352
El Mehraz 2 292 338 390 425
El Mehraz 3 311 361 417 455
El Mehraz 4 313 362 423 471
El Mehraz 5 318 369 432 489
El Mehraz exutoire 321 375 452 502
El Himmer 1 135 156 179 195
El Himmer 2 140 162 186 203
El Himmer 3 145 168 194 211
El Himmer exutoire 152 176 202 221
Chkou 1 174 199 256 286
Chkou 2 200 221 261 291
Chkou 3 226 267 271 300
Chkou exutoire 238 276 289 312
Ain Chkef 19 24 30 39
Fès confluence Chekkou 331 352 415 471
Fès confluence Himmer 356 432 451 484
Fès confluence Boufekrane 512 531 602 643
Fès conflence El Malleh 562 592 659 713
El Malleh 1 85 100 121 137
El Malleh exutoire 90 107 129 146
Fès Amont 253 292 337 368
BV Oued Fès 600 663 782 856
Tableau 27 : Débits de pointe retenus pour les différentes périodes de retour

142 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

Ces débits de pointe estimés présentent un grand danger sur les enjeux vulnérables dans la
ville de Fès. A titre d’exemple, la crue centennale de l’oued El Mehraz (à l’entrée de la ville
de Fès) est estimée à 455 m³/s, mais en 1950 la crue de cet oued a dépassé ce débit pour
atteindre 500 m³/s. Quoique la fréquence de ces évènements soit très rare, les dégâts qu’ils
peuvent occasionner sont très coûteux. Pour spatialiser les différents degrés de danger dans le
périmètre urbain de Fès, le chapitre 6 fera l’objet de la simulation hydraulique de ces crues
estimées, afin de cartographier leurs extensions spatiales, leurs hauteurs et la vitesse de leurs
écoulements.

Conclusion

Les données hydrométriques présentent un élément indispensable pour étudier les


phénomènes hydrologiques, tel que les inondations. Pour notre cas, en absence d’observations
hydrométriques, l’étude de l’aléa d’inondation menaçant l’agglomération de Fès nous a
présenté un grand défit. Dans ce cadre, la méthodologie adoptée consiste à analyser des
inondations historiques, afin d’avoir des informations sur le comportement des crues ainsi que
leur impact sur la ville. En termes de résultats obtenus, nous avons conclu que les inondations
qui ont affecté la ville de Fès, au fil de son histoire, ont été catastrophiques et présentent,
jusqu’à nos jours, un grand danger sur le périmètre urbain de Fès, malgré les ouvrages de
protections.

Les types des inondations affectant la ville de Fès sont nombreux. Ils dépondent de la nature
de la réponse hydrologique des bassins versants, de la morphologie des vallées et/ou des
plaines inondables des oueds et de l’impact des actions anthropiques sur les écoulements.
Tous ces types inondations ont différents impacts sur le riverain et leurs biens. Par ailleurs, le
bref temps de concentration des crues traversant la ville de Fès, limite les moyens de
prévisions et d’alertes, ce qui augmente le caractère brutal des inondations.

L’estimation des débits de pointe des crues ainsi que leur temps de retour a présenté l’un des
principaux objectifs de ce chapitre. En se basant sur les résultats des formules empiriques
régionales, de la modélisation hydrologique (par l’application d’un modèle évènementiel
pluie-débit) et l’analyse des évènements historiques ; nous avons pu estimer les débits de
pointe des crues menaçant la ville de Fès ainsi que leurs fréquences (10,20 50 et 100 ans). En
absence d’observations hydrométriques, la validation de ces résultats doit mériter beaucoup
d’attention. L’empirisme et le probabilisme des méthodes utilisées mets en cause la fiabilité

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès
Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée

des résultats obtenues. Quoique les inondations historiques offrent de bonnes connaissances
sur la réponse hydrologique des oueds menaçant l’agglomération de Fès, elles restent peu
suffisantes pour valider ces résultants. Cela ouvre de nouvelles pistes de recherches afin
d’affiner cette étude, en se basant, par exemple, sur des monitorings des évènements
pluviométriques et leur relation avec la genèse des crues. Dans ce cadre, nous soulignons le
lancement d’un projet de télémesure hydro-pluviométrique, dans le cadre du système d’alerte
aux crues dans la ville de Fès. Ce projet devait commencer en 2013. Nous espérons que, d’ici
quelques décennies, le bassin versant de l’oued Fès aura une série d’observations
hydrométriques, capables d’affirmer ou d’infirmer les résultats obtenus dans cette recherche.
Pour le moment, vu les finalités de cette études, (simulation hydraulique des crues et
élaboration de la carte indicative des dangers d’inondation (chapitre 6)) nous pouvons
considérer ces résultats comme représentatifs mais avec des marges d’incertitudes non-
négligeables.

D’une façon générale, nous pouvons dire que l’aléa hydrologique, généré par le bassin versant
de l’oued Fès et ses sous-bassins versants, est très important. Malgré les ouvrages de
protection, les crues exceptionnelles présentent encore un réel danger d’inondation sur le
périmètre urbain de Fès, qui est de plus en plus vulnérable. L’étude de cette vulnérabilité fera
l’objet du prochain chapitre.

144 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Chapitre 4 :

La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation : anthropisation


des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Introduction du chapitre

4.1 Explosion démographique de la ville de Fès

4.2 Développement du tissu urbain et anthropisation des zones inondables

4.3 Entraves à l’application du Schéma Directeur de l’Aménagement Urbain de Fès

4.4 Dysfonctionnements juridiques et institutionnels en matière de gestion du risque

d’inondation

4.5 Limites des ouvrages de protection et des pratiques préventives

4.6 Cartographie de la vulnérabilité des riverains

Conclusion du chapitre

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Introduction

Après avoir étudié le premier composant du risque d’inondation (l’aléa hydrologique généré
par le bassin versant de l’oued Fès), ce chapitre 4 sera consacré à l’étude de la vulnérabilité
de l’agglomération de Fès, face aux aléas d’inondation. Il faut tout d’abord mentionner, que
les outils du langage de la vulnérabilité sont pauvres et surtout très mal définis. Un même
terme peut avoir plusieurs sens et il est souvent utilisé pour décrire des faits différents. C’est
pourquoi il nous semble nécessaire de bien définir le terme « vulnérabilité ».

Le concept de vulnérabilité fait l’objet de nombreuses définitions, discutées de manière


controversée dans la littérature (Chave, 2002 ; Dauphiné, 2003 ; Lefèvre et Schneider, 2004 ;
Scarwell et Laganier 2004 ; Hostache, 2006 ; Thomi, 2010). Au fond, deux approches
principales peuvent être distinguées : la première, dite classique ou analytique, associe la
vulnérabilité à l’endommagement potentiel des biens et des personnes. Cette conception
associant la vulnérabilité essentiellement à l’impact éventuel d’un aléa a pourtant été critiquée
comme étant trop restrictive. Ainsi, la deuxième approche, dite alternative, propose de
considérer la vulnérabilité comme la capacité des sociétés à répondre à des crises potentielles
(Thomi, 2010).

L’évaluation des dommages occasionnés par une inondation est particulièrement complexe,
car ils peuvent être directs ou indirects. « Les impacts indirects sont les plus délicats à
appréhender et chiffrer, car ils dépendent de la sensibilité des secteurs touchés et sont parfois
intangibles (immatérielles), c’est à dire qu’il n’existe pas d’unité de mesure, en particulier
monétaire, permettant de les comparer et de les classer » (Direction de l’architecture et de
l’urbanisme, 1996).

La vulnérabilité est conditionnée par certain nombre de facteurs d’ordre physique (site,
densité de la population, qualité des constructions, etc.), social (éducation, sécurité, santé
publique, équité sociale, etc.), économique (statut économique, assurances, etc.) et culturel
(traditions, croyances, etc.). De plus, ils comprennent également l’utilisation du sol ainsi que
le cadre institutionnel, politique et administratif, soit le système de gouvernance en place
(Thomi, 2010).

En ce qui concerne la vulnérabilité de la ville de Fès, nous pouvons dire que les conditions
attractives, qui expliquent l’installation de cette ville dans une zone abondante en eau,

146 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

provoquent actuellement une situation de grande vulnérabilité (Lasri et al., 2011). Le


développement urbain anarchique de la ville est à l’origine de cette vulnérabilité. Dans ce
chapitre, nous allons nous focaliser sur l’étude des conditions aggravant la vulnérabilité de la
ville de Fès face aux inondations. Dans un premier lieu, nous allons analyser le processus de
développement du tissu urbain de la ville de Fès et son rôle dans l’anthropisation des zones
inondables. Dans le même sens, nous allons nous intéresser aux défaillances des politiques
urbaines en matière du contrôle de l’urbanisation. Les dysfonctionnements juridiques et
institutionnels, dans la gestion du risque d’inondation, seront également traités dans ce
chapitre. Par la suite, nous allons mettre en évidence les limites des ouvrages de protections et
des pratiques préventives en matière de lutte contre les inondations. La cartographie de la
vulnérabilité présente le dernier objectif de ce chapitre, en se basant sur le questionnement des
riverains et des établissements vulnérables.

4.1 L’explosion démographique de la ville de Fès

Dès sa création, il y a douze siècles, la médina de Fès a trouvé dans sa situation (à proximité
de plusieurs sources alimentant l’oued Fès) une localisation stratégique afin de satisfaire ses
différents besoins en eau. Aujourd’hui, Fès constitue une agglomération couvrant à peu près
100 km² pour une population supérieure à un million d’habitants. La croissance
démographique ainsi que l’exode rural massif présentent les principales causes de l’explosion
démographiques de la population fassie. En effet, la population de la ville de Fès a été
multipliée par onze en un siècle (Fig. 65) ; elle est passée de cent mille habitants en 1912 à
plus d’un million et cent mille habitants selon les projections de 2014 (Ministère de l’habitat,
de l’urbanisme et de la Politique de la ville : Inspection régionale de Fès – Boulmane, 2013).

Figure 65 : Evolution
de la population de la
ville de Fès entre 1912
et 2014

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Face à cette grande croissance démographique, le besoin en logement est de plus en plus
important. A titre d’exemple, le nombre de ménages dans les arrondissements de Zouagha et
Saïss a été multiplié par deux en seulement dix ans (1994 à 2004) (Fig. 66). En plus de cette
grande croissance démographique, le problème des bidonvilles et des constructions menaçant
ruine (notamment au niveau des arrondissements de Fès-Jdid et Fès-Médina), augmente les
besoins en logement. En effet, selon les projections du Haut Commissariat au Plan et le
Service Observatoire Régional, à l’horizon 2020, les besoins en logements dans la ville de Fès
seront dans les environs de 15 000 logements.

Figure 66 : Evolution du nombre des ménages entre 1994 et 2004 selon les arrondissements

La répartition de ces ménages urbains selon le type d’habitat est caractérisée par la
prédominance des ménages occupant des maisons marocaines modernes (Fig. 67). Le
pourcentage des ménages de cette catégorie est passé de 53% en 1994 à plus de 62% en 2004.
(Ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la Politique de la ville : Inspection régionale de

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de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Fès – Boulmane, 2013). Par ailleurs, on note la baisse du pourcentage des ménages occupant
un logement de type maison sommaire ou bidonville grâce aux efforts déployés pour
éradiquer ce type d’habitat. En outre, il faut mentionner que le statut d’occupation de ces
ménages est caractérisé par la prédominance des ménages propriétaires ou accédant à la
propriété (Fig. 68). L’évolution entre les deux recensements de 1994 et 2004 dénote la
progression accentuée de cette part qui a gagné plus de 7 % au détriment du statut de location.

Figure 67 : La
répartition des
ménages dans la
ville de Fès selon
le type d’habitat en
2009

Source : Ministère
de l’habitat, de
l’urbanisme et de
la Politique de la
ville : Inspection
régionale de Fès –
Boulmane, 2013

Figure 68 : Statuts d’occupation des ménages entre 1994 et 2004.


Source des données : Recensements généraux de la population et de l'habitat de 1994 et 2004.

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

4.2 Développement du tissu urbain et l’anthropisation des zones inondables

Sur le fond de l’explosion démographique de la population fassie, le grand besoin en


logement a provoqué un développement rapide du tissu urbain de la ville de Fès qui, à l’instar
de plusieurs villes marocaines, a connu un développement anarchique et chaotique, le plus
souvent incontrôlable, ce qui a eu pour conséquences de nombreuses installations dans des
zones à risque d’inondation.

La période coloniale (1912-1957) présente l’époque de la création de la ville nouvelle, dite


« européenne ou coloniale », au-delà des murs de la médina. Cette période a ouvert le champ
pour l’expansion urbaine. Après l’indépendance, l’urbanisation de la ville de Fès a été
conditionnée à la fois, par l’explosion démographique, l’exode rural massif (notamment en
période de sécheresses) ainsi que plusieurs crises socioéconomiques et politiques. Face à
toutes ces contraintes, le développement du tissu urbain de la ville de Fès a été plus ou moins
incontrôlable. En effet, après les années 1970, la plupart des nouvelles installations ont eu lieu
dans des zones non réglementaires à la construction. Dans ce cadre, il faut mentionner que la
spéculation foncière a joué un rôle déterminant dans l’urbanisation des zones inondables dans
les périphéries de la ville de Fès car le bas prix des terrains (Fig. 69) non-réglementés et sous-
équipés a incité de nouveaux flux migratoires en vue de chercher des opportunités
d’installation en ville, même dans des zones très fréquemment inondées (à quelques mètres du
lit mineur des
oueds).

Figure 69 : Prix
du terrain en
1991 (Source :
Agence urbaine
de Fès, 1991)

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Plus récemment, les prix des terrains ont fortement augmentés. Ils se sont multipliés sur 5 à 7
fois, selon les quartiers (Tab. 28). Cependant, les terrains de la périphérie (quartiers
Monfleurie 2, Zouagha, Bensouda, oued Fès…) restent les moins chers. Une bonne partie de
ces quartiers se développe sur les zones inondables des oueds Boufkrane, El Mehraz,Ain
Smein et oued Fès.

Quartier Typologie 2008 2009 2010 2011 2012


Centre ville (Villas à Immeuble 25000 30000 - - -
démolir)
Av Allal Ben Immeuble haut standing 20000 22000 23500 25000 25000
Abdellah
Champs de course Immeuble haut standing 12500 13000 17000 17500 17500
Av des FARS Immeuble haut standing 12000 12000 15000 20000 -
Hadika Villa 3000 2500 3400 4000 4000
Immeuble moyen standing 7000 6000 6500 8500 8700
Immeuble économique 4000 4000 5000 8500 8500
Monfleurie 2 Villa moyen standing - - - 3500 4500
Immeuble haut standing - 11000 10000 10000 -
Immeuble moyen standing - 6500 7000 8000 -
Oued Fès Villa moyen standing - 2700 3500 4000 4500
Villa économique - 2000 3000 3500 -
Route Ain Chkef Villa haut standing - 4000 4000 4200 4800
Villa moyen standing - 4000 4500 4000 4500
Villa économique - 6000 5500 - -
Immeuble haut standing - 7500 7500 8000 10000
Immeuble moyen standing 6000 6000 6500 6000 8500
Route Imouzzer Villa haut standing 5000 5000 5500 6000 5800
Immeuble haut standing 9000 9500 12250 9000 8500
Route de Sefrou Immeuble moyen standing 6000 8000 11000 11000 -
Immeuble économique - 7000 7500 7500 8000
Zouagha Immeuble économique - 3500 3500 4000 6000
Bensouda Immeuble économique 3000 3300 3500 4000 5000
Tableau 28 : Prix de vente moyen des terrains dans la ville de Fès (dh/m²)
Source : Ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la Politique de la ville : Inspection
régionale de Fès- Boulmane, 2013)

Donc, sur le fond de toutes ces conditions, le tissu urbain de la ville de Fès s’est développé
d’une façon très rapide et peu contrôlée. A partir de plusieurs documents cartographiques
historiques ainsi que les différentes missions de photographies aériennes (1962, 1990 et 2005)
et images satellitaires récentes (Annexe 1), nous avons pu reconstituer le développement du
tissu urbain de la ville de Fès durant un siècle (Fig. 70). Ce tissu urbain est passé de 2.5 km²
en 1912 à 11 km² en 1962. Durant les deux dernières décennies, il a été pratiquement triplé,
passant de 28 km² en 1990 à 80 km² en mai 2012.

151 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Figure 70 : Evolution du tissu urbain de la ville de Fès en un siècle (1912 à 2012)

En général, nous pouvons dire que le développement chaotique du tissu urbain de la ville de
Fès a engendré une anthropisation massive des zones inondables. Cette situation augmente la
vulnérabilité de la ville de Fès face aux aléas d’inondation. Deux questions majeures se
posent : Pourquoi le développement urbain n’a-t-il pas été contrôlé par les documents
d’urbanisme, notamment le Schéma Directeur de l’Aménagement Urbain (S.D.A.U) de Fès ?
Et où est le rôle des arsenaux juridiques et institutionnels en matière de lutte contre les
inondations ?

4.3 Entraves à l’application du Schéma Directeur de l’Aménagement Urbain (S.D.A.U)


de Fès

Les documents d’urbanismes présentent un outil indispensable pour contrôler et maitriser le


développement urbain. Le Schéma Directeur de l’Aménagement Urbain (S.D.A.U) est un
instrument de planification urbaine, introduit au Maroc vers le début des années 70. Il est

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

constitué d’un ensemble de documents graphiques, d’un rapport le justifiant et les mesures à
prendre pour sa réalisation. Il a notamment pour objet de :

- Déterminer les choix et options devant régir le développement économique et social du


territoire concerné;
- Déterminer les zones nouvelles à l’urbanisation;
- Fixer la destination des sols du territoire concerné, notamment ceux qui concernent les
grands projets d’équipement et les zones à régime juridique particulier;
- Déterminer les secteurs à rénover;
- Définir les principes d’assainissement;
- Définir les principes d’organisation des transports;
- Programmer les différentes phases de sa mise en œuvre et de préciser les priorités.

Le SDAU s’applique à un territoire dont le développement doit faire l’objet d’une étude
globale, il peut comprendre une ou plusieurs communes urbaines et éventuellement une partie
ou la totalité des communes rurales avoisinantes. Il est applicable pour une durée de 25 ans et
coordonne les actions d’aménagement entreprises par tous les intervenants.

En ce qui concerne la ville de Fès, le premier Schéma Directeur de l’Aménagement de la ville


de Fès (SDUF) a été inauguré en 1980. Il visait à fournir un cadre approprié pour orienter la
croissance territoriale de l’agglomération et de son espace environnant. Parmi les principales
propositions du SDUF de 1980, c’est d’orienter l’expansion géographique de Fès vers l’Est de
la médina en direction de l’oued Sebou. Mais, vu le manque d’opportunités de réalisation des
équipements dans cette zone et pour d’autres raisons, cette option n’a pas été retenue ; ce qui
a mis en cause la cohérence du document de 1980. Par conséquent, il à été jugé nécessaire
d’élaborer un nouveau document d’urbanisme en mesure de suivre les nouvelles réalités.
Cette demande de réactualisation a été concrétisée par la mise en place de l’Agence Urbaine
et de Sauvegarde de Fès suivi de l’élaboration de l’actuel schéma directeur d’aménagement
(SDAU) en 1991. Ce dernier vise à diviser la ville en cinq principaux plans d’aménagement, il
s’agit des P.A de l’Agdal, Saïs, Zouagha, Fès médina et Jnan Ouard qui sont homologués
pendant la période 1997-1998. Les options d’aménagement préconisées par ces derniers
peuvent être résumées comme suit :

 Aménagement de la zone de l’ouest Fès au Nord de la ville ;


 Réhabilitation de la Médina à l’Est ;

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

 Création d’une nouvelle ville à Dhar Mahrez au centre


 Requalification du centre ville ;
 Requalification du secteur champs de course au centre
 Requalification de la zone d’extension à la périphérie Sud-Ouest ; et Création d’un
pole urbain Ben Souda à l’Ouest.

Malheureusement, l’application des directives du SDAU a été contrariée par plusieurs


entraves, à savoir :

 Les entraves administratives :


o La faiblesse de l’assise juridique concernant le contrôle de l’urbanisme;
o Absence de la détermination de la part de l’administration de tutelle;
o Absence d’un organisme de suivi et de coordination entre les différents
intervenants.
 Les entraves financières :
o Modicité des budgets des Municipalités;
o Insuffisance des moyens budgétaires des services extérieurs pour la réalisation des
équipements prévus.
 Les entraves socio-économiques :
o La faiblesse des revenus et l’absence de crédits incitatifs, orientent la
consommation et la production d’habitant vers le marché non réglementaire.
 Les entraves liées au foncier :
o La faiblesse des réserves foncières publiques et la spéculation foncière empêchant
la mobilisation des terrains.

A l’exception de l’aménagement et la protection de l’oued Fès, le SDAU de la ville de Fès n’a


pas pris en considération le risque d’inondation des oueds Boufkrane, El Mehraz, El Himmer
et Ain Smen, malgré l’arsenal juridique et institutionnel réglementant l’occupation des zones
inondables et la gestion de leurs risques.

4.4 Défaillances juridiques et institutionnelles en matière de gestion du risque


d’inondation

La loi 10-95 relative à l’eau est parmi les principaux textes juridiques réglementant l’usage et
la gestion des ressources en eau. Quoique que cette loi inscrit la lutte contre les inondations

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

(articles 94 à 97), en citant « l’interdiction de tous obstacle ou aménagement qui peut


empêcher la conservation du libre écoulement des eaux et la protection contre les
inondations », elle n’a pas prévu des articles qui traitent la prévention, la gestion et
l’aménagement des zones à risque, car, elle a été élaboré pendant une période de sécheresse et
donc la question de la prévention des risques d’inondation n’a pas été abordée d’une façon
plus développée.

Par ailleurs, sur le plan institutionnel, plusieurs services de l’État (Wilaya, l’agence du bassin
hydraulique de Sebou, protection civile, agence urbaine, direction régionale des travaux
publics, direction nationale de la météorologie, RADEEF (Régie Autonome Intercommunale de
Distribution d'Eau et d'Electricité de Fès), services de police de l’eau, direction des eaux et forêts...),
sont engagés dans la gestion du risque d’inondation. Malgré que la loi 10-95 décrète la
création de l’agence du bassin hydraulique de Sebou (depuis 2000), comme responsable de la
gestion du risque d’inondation, la Wilaya joue le rôle de coordination de toutes les actions de
prévention et d’intervention en cas de crise. Dans les entretiens avec ces différents acteurs
institutionnels (Annexe 2), nous avons observé plusieurs lacunes de coordination, notamment :

 Au niveau de la mise en œuvre des prescriptions du S.D.A.U. et des Plans


d’Aménagement ; l’agence urbaine de Fès ne prend pas en compte les études établies par
l’agence du bassin de Sebou en matière de gestion du risque d’inondation ;
 Le contrôle et l’intervention en cas de non-respect des prescriptions est garantie par
l’inspection régionale de l’urbanisme. Le rôle de la police de l’eau (affiliée à l’agence du
Sebou) se limite au contrôle des usagés de l’eau, notamment d’irrigation ;
 Les données et les connaissances liées au risque ne sont pas centralisées et peu partagées.
Elles sont fragmentées auprès des différents services (agence de Sebou, direction de la
météorologie nationale, direction provinciale de l’agriculture…) ;
 Au niveau de la construction et le suivi des ouvrages hydrauliques ; il y a une mauvaise
coordination entre les différents intervenants (direction des travaux publics, agence de
Sebou, RADEEF, agence urbaine…) ;
 La plupart des relations entre les services sont hiérarchiques, chapotées par la
Wilaya (manque d’harmonisation) ;
 Pour déclencher l’alerte, les seuils météorologiques ne sont pas bien définis ;

Toutes ces lacunes de coordination peuvent induire des dysfonctionnements en matière de


gestion du risque d’inondation dans la ville de Fès.

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

En général, nous pouvons dire que les arsenaux juridiques et institutionnels ne sont pas assez
développés afin de garantir une gestion rationnelle du risque d’inondation dans
l’agglomération de Fès, d’où l’importance d’une réactualisation des textes juridiques et une
nouvelle définition des rôles de tous les acteurs institutionnels concernés par les inondations.

4.5 Limites des ouvrages de protection et des pratiques préventives

En plus des arsenaux juridiques et institutionnels, les ouvrages de protection contre les
inondations sont également insuffisants. Comme nous l’avons mentionné dans le chapitre 3,
après les inondations du 13 octobre 1989, les acteurs locaux se sont mobilisés afin de lutter
contre ce fléau. La construction du barrage El Gaada en 1992 (2,8 millions de m³) sur l’oued
Boufekrane, ainsi que le barrage Moulay Arafa en 1993 (0,6 millions de m³) sur l’oued El
Mehraz ont protégé la ville de Fès pendant 15 ans. Mais, après les précipitations abondantes
du mois de septembre 2008, tous ces ouvrages de protection ont débordés, causant des
inondations importantes dans la ville de Fès. Par conséquent, de nouveaux travaux de
canalisation ont été lancés sur plusieurs tronçons inondés (Fig. 71). Cependant, ces ouvrages
ne sont pas assez calibrés pour amortir et évacuer les crues de moyennes et rares fréquences.
Les canaux évacuation des oueds El Mehraz (20 m³/s), El Himmer (30 m³/s), Ain Smen (25
m³/s) et l’oued Fès aval (50-80 m³/s), ne sont pas suffisants, même par rapport aux crues les
plus fréquentes (chapitre 3). Le problème de l’envasement des barrages et le colmatage des
canaux d’évacuation limite d’avantage le rôle de ces aménagements dans la protection de la
ville de Fès. Par ailleurs, il faut mentionner que la grande confiance accordée à ces
aménagements a participé au glissement des constructions vers les domaines de débordement
des oueds (Fig. 72).

Au niveau de la prévision et l’alerte des riverains, l’agence hydraulique de Sebou a mis en


place un système d’alerte aux crues (ABHS, 2011). Ce dernier se base sur des mesures (en
temps réel) des débits des oueds traversant la ville de Fès. Pendant les situations
hydrologiques exceptionnelles, ces mesures seront transférées au siège de l’agence du bassin
Sebou à Fès pour procéder à l’alerte des riverains via la Wilaya et les autorités locales. Depuis
sa mise en œuvre en 2012, ce système d’alerte n’a jamais été mis en épreuve donc, nous ne
pouvons pas juger sa fiabilité.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Figure 71 : les ouvrages de protections contre les inondations

Figure 72 : Glissement
du quartier périphérique
Aouinat El Hajjaj vers le
fond de la vallée de
Boufekrane après la
construction du barrage
El Gaada

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

4.6 La cartographie de la vulnérabilité des riverains

Afin d’évaluer et cartographier le degré de la vulnérabilité des riverains face aux inondations,
nous nous sommes appuyés sur des enquêtes par questionnaires (Annexe 3) en se basant sur
un mode d’échantillonnage non-probabiliste. Nous avons visé tous les riverains (239) et les
établissements vulnérables (28), implantés dans la zone inondable de tous les oueds traversant
l’agglomération de Fès (chapitre 5), à l’exception de l’oued El Malleh, où il n’y a pas encore
d’enjeux. Malheureusement, le taux de réponses n’a pas été assez satisfaisant. Seulement 61.5
% (147 riverains) de la taille des riverains vulnérables (ménages et boutiques commerciales)
ont accepté de répondre à ce questionnaire. Le taux de refus le plus important a été relevé au
niveau de l’oued El Mehraz, notamment au quartier (populaire) de Monfleuri. En revanche,
tous les établissements vulnérables (10 établissements scolaires, 6 établissements industriels, 5
établissements récréatifs, 3 établissements administratifs, 3 mosquées, 1 établissement hospitalier et 1
prison) ont accepté de répondre à ce questionnaire (Tab. 29).

Oueds Fès Fès Boufkran El El Ain Ain Total


amont aval e Mehraz Himmer Smen Chkef
Taille d'échantillon 23 31 6 91 40 32 16 239
(riverains)
Nombre des réponses 20 27 4 47 22 19 8 147
(riverains)
Nombre d'établissements 7 2 1 15 2 1 0 28
Longueur totale des 3300 2100 200 3500 2400 2400 1300 15200
tronçons vulnérables (en
mètres)
Tableau 29 : Tailles d’échantillons et nombres de réponses par rapport aux oueds
Tous les riverains questionnés ont été affectés par les inondations, au moins une fois, entre
2008 et février 2012 (mois de l’enquête). En revanche, seulement 13 % ont été endommagé
par les inondations de 13 octobre 1989, alors qu’une seule personne a vécu les inondations du
26 septembre 1950. Les dégâts causés par ces inondations diffèrent d’un oued à l’autre et d’un
riverain à l’autre. Les dégâts les plus importants ont été enregistrés chez les riverains des
oueds El Mehraz (Quartiers Monfleuri et Sidi Brahim) et Fès amont (Mechraa Kreym et Hay
Stitou).

Pour évaluer la vulnérabilité des riverains et des établissements vulnérables, nous nous
sommes basés sur cinq critères :

1. La position de l’enjeu par rapport à l’oued (éloignement et hauteur par rapport à


l’oued) ;

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

2. La fréquence des débordements de l’oued ;


3. Les dommages (matériels) causés et/ou éventuels ;
4. Nombre de la population en danger et leur degré de vulnérabilité (enfants, adultes,
personnes âgées ou handicapés) ;
5. Capacité de rétablissement (assurance).

Ces informations ont été dépouillées dans un logiciel de traitement statistique (SPSS) qui
nous a permis d’obtenir des résultats qualitatifs et quantitatifs. Ces résultats ont été spatialisés
au moyen d’une base de données SIG pour chaque élément questionné (Fig. 73).

Figure 73 : Implantation des riverains et établissement questionnés

Grace aux résultats des différents aspects de la vulnérabilité recueillis d’après les
questionnaires, nous avons pu évaluer le degré de vulnérabilité de chaque « enjeu » enquêté,
classé en trois niveaux (faible, moyen, élevé). Les résultats ont été classés sous forme
cartographique. La carte montre que de nombreux établissements et riverains situés le long
des oueds présentent une vulnérabilité élevée (Fig. 74). Cette carte pourra être un outil

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

pertinent pour guider les interventions en cas de crise, ainsi que pour l’élaboration des plans
d’évacuation.

Figure 74 : Cartographie de la vulnérabilité des riverains dans l’agglomération de Fès

Conclusion

Après l’étude de l’aléa d’inondation dans le chapitre 3, le présent chapitre a mis en évidence
la vulnérabilité de la ville de Fès vis-à-vis des inondations. En termes de résultats obtenus,
nous pouvons conclure que la création de la ville de Fès, dans une zone de confluence
hydrographique, est à l’origine de sa vulnérabilité face aux inondations. Malgré les documents
d’urbanismes réglementant le développement urbain, ce dernier n’est pas assez contrôlé, ce
qui a induit une occupation massive des zones exposées aux inondations. Cette urbanisation
incontrôlée a augmenté la vulnérabilité de la ville de Fès face au risque d’inondation.

Par ailleurs, les dysfonctionnements des arsenaux juridiques et institutionnels présentent une
des principales défaillances de la politique de gestion du risque d’inondation dans la ville de

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Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération Chapitre 4 : La vulnérabilité de l’agglomération de Fès face aux aléas d’inondation :
de Fès : un aléa important face à une vulnérabilité aggravée anthropisation des zones inondables et vulnérabilité des riverains

Fès. En effet, les textes de la loi 10-95 ne sont pas assez développés pour réglementer les
pratiques de lutte contre les inondations. Sur le plan institutionnel, la mauvaise coordination
entre les différents acteurs limite leur rôle dans la gestion rationnelle du risque d’inondation
dans la ville de Fès.

Finalement, il faut avouer que les ouvrages hydrauliques de protection ne sont pas suffisants
pour lutter contre les inondations. Face aux situations hydrologiques exceptionnelles, les
débits des différents oueds traversant la ville de Fès sont largement supérieurs aux capacités
de rétention et d’évacuation des aménagements hydrauliques. Par conséquent, leur rôle de
protection reste très limité.

En général, nous pouvons dire que le développement anarchique de la ville Fès, les
défaillances de l’arsenal juridique et institutionnel et enfin les limites des ouvrages de
protection sont tous des facteurs qui ont aggravé la vulnérabilité de la ville de Fès vis-à-vis
des aléas d’inondation.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Deuxième partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa important face à une Conclusion de la
vulnérabilité aggravée deuxième partie

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

Cette deuxième partie a été focalisée sur l’étude du risque d’inondation menaçant
l’agglomération de Fès, en se basant sur l’aléa hydrologique et la vulnérabilité des enjeux
exposés. A partir de l’analyse des inondations historique affectant la ville de Fès, nous
avons conclu que les crues exceptionnelles causent des dégâts catastrophiques sur les
riverains et leurs biens. Faute de données hydrométriques, l’estimation des débits de pointe
des crues et leurs temps de retour nous a présenté une problématique très compliquée.
Grâces aux résultats recueillis via l’analyse des inondations historiques, les formules
empiriques et la modélisation hydrologique, nous avons pu estimer ces débits de pointe.
Ces derniers sont très importants et peuvent causer des dégâts catastrophiques sur la ville
de Fès.

Face à cet aléa hydrologique, la vulnérabilité de la ville de Fès est alarmante. Cette
vulnérabilité est due au développement anarchique de la ville de Fès, empiétant sur les
zones inondables des oueds. Les défaillances de la politique urbaine, de l’arsenal juridique,
de l’organisation institutionnelle et les limites des ouvrages de protection sont tous des
facteurs aggravant la vulnérabilité de la ville de Fès face aux aléas d’inondation.

En général, les résultats obtenus dans cette partie démontrent que la ville de Fès est très
menacée par le risque d’inondation. La combinaison d’un l’aléa hydrologique important
(généré par le bassin versant de l’oued Fès) et d’une vulnérabilité aggravée ne peut que
produire un grand risque d’inondation. Face à cette menace, la cartographie des dangers
d’inondation pourra être un outil pertinent pour la gestion de cette calamité naturelle
(Dupont, 2005). À cet égard, la troisième partie de cette thèse sera consacrée à
l’élaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès.

162 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : de la Introduction de la
cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation troisième partie

Troisième partie :

La cartographie des dangers d’inondation dans


l’agglomération de Fès : de la cartographie des phénomènes à
la carte indicative des dangers d’inondation

 Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable


pour la spatialisation des zones inondables dans l’agglomération de
Fès

 Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration


de la carte indicative des dangers d’inondation dans
l’agglomération de Fès

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : de la Introduction de la
cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation troisième partie

Introduction de la troisième partie

Après avoir analysé le fonctionnement hydroclimatique du bassin versant de l’oued Fès


(première partie) et étudié le risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès (deuxième
partie), cette troisième partie vise à cartographier les différents degrés du danger d’inondation
de tous les oueds traversant la zone urbaine et périurbaine de Fès. Pour cela, nous allons
essayer d’adopter et adapter les approches et les méthodes les plus adéquates afin d’élaborer
la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès.

Tout d’abord, il faut rappeler que « la cartographie est à la fois une science, un art et une
technique » (Poidevin, 1999). Cette discipline a beaucoup évolué depuis quelques décennies
(Béguin, 2004), car elle a beaucoup bénéficié de l’apport des nouvelles techniques associées, à
savoir la télédétection, l’infographie et surtout les Systèmes d’Information Géographique. Elle
a également de multiples fonctions et la production d’une carte correspond la plupart du
temps à une demande pour un usage précis. En ce qui concerne la cartographie des zones
inondables, nous pouvons dire que cette opération est devenue un outil incontournable pour la
gestion du risque d’inondation. En effet, les enjeux très importants liés aux inondations
expliquent les efforts qui sont aujourd’hui mis en œuvre pour cartographier les zones
inondables, afin de réduire leur risque.

L’élaboration d’une carte des zones inondables est une problématique très complexe car elle
demande une bonne connaissance de l’aléa hydrologique, des composantes vulnérables et une
bonne mise en œuvre des méthodes de la cartographie des zones inondables. Ces méthodes
sont très diversifiées (Batton-Hubert et Momoun, 2000 ; Masson, 2004 ; Puech et al., 2004 ;
Matgen, et al., 2004 ; Akdim et al., 2004 ; Achite et al., 2006 ; Hostache, 2006 ; Ballais et al.,
2007 ; Taous et al., 2010) et animent de grands débats scientifiques au sujet de leur fiabilité.
La diversité de ces méthodes est due essentiellement à la complexité du phénomène
hydrologique, d’une part, et à la grande diversité des disciplines qui s’intéressent à cette
problématique, d’autre part. L’apport de la géographie est très important à ce niveau,
notamment en matière d’élaboration des méthodes naturalistes qui s’appuient sur l’analyse du
terrain. Ces approches naturalistes se basent essentiellement sur les méthodes de la
cartographie géomorphologiques. Elles visent à identifier et cartographier des indices
géomorphologiques témoignant du fonctionnement des inondations passées, afin de délimiter
leurs surfaces de submersion. Parallèlement aux méthodes naturalistes, les approches

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : de la Introduction de la
cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation troisième partie

historiques méritent une place particulière parmi les méthodes de cartographie des zones
inondables. Ces approches visent à reconstituer les inondations historiques (dites de
référence) affectant une zone inondable.

Actuellement, avec la grande évolution informatique, la modélisation hydraulique des crues


est de plus en plus utilisée pour cartographier les zones inondables. Dans le même sens, la
télédétection présente également une base pour plusieurs méthodes visant la cartographie des
zones inondables. Ces données d’observation de la terre fournissent une vision objective de
champs d’inondation avec des étendues spatiales importantes et une continuité sur de longs
linéaires de cours d’eau. Les travaux qui exploitent la modélisation hydraulique et l’imagerie
satellitaire pour cartographier les zones inondables sont très abondants dans la littérature
(Arnaud et Davoine, 2004 ; Charleux-Demargne et Puech, 2000 ; Chesneau, 2004 ;
Chorowicz et Deroin, 2003 ; Billet, 2004 ; Franchomme, 2004 ; Direction de l’architecture et
de l’urbanisme, 1996 ; Dubois et al., 1998 ; Hostache, 2006 ; Matgen et al., 2004 ; Mbaye,
2004 ; Puech et al., 2004).

En général, toutes ces méthodes visent à spatialiser et exprimer d’une façon cartographique
les étendues et les hauteurs des eaux des crues, afin de définir la catégorie du danger
d’inondation associée à chaque zone inondable. Le choix des méthodes adéquates mérite une
attention particulière car certaines méthodes ne peuvent pas être appliquées dans notre zone
d’étude. Par exemple, l’utilisation de la télédétection est peu fiable en matière de cartographie
des zones inondables dans l’agglomération de Fès parce que la résolution de la plupart des
images satellitaires disponibles est trop grossière par rapport aux surfaces inondables dans
notre zone d’étude. Et même pour les satellites imageurs à haute résolution spatiale, on estime
qu’on aura une faible probabilité d’acquérir des images satellitaire au moment des
inondations, à cause de la longue période de revisite de ces satellites (à haute résolution). De
ce fait, on peut confirmer qu’il est très rare qu’un satellite à haute résolution puisse acquérir
une image de notre zone d’étude au moment des inondations de faible fréquence. Donc,
comment peut-on choisir la méthodologie la plus adéquate pour élaborer la carte indicative
des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès ?

Les expériences marocaines en matière de la cartographie des dangers d’inondation ne sont


pas encore mûres. Par conséquent, le Maroc n’a pas encore de guide méthodologique à ce
niveau, comme il en existe dans plusieurs pays, comme la France (Direction de l’architecture

165 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : de la Introduction de la
cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation troisième partie

et de l’urbanisme, 1996) ou la Suisse (ARE, OFEG, OFEFP, 2005). De ce fait, nous allons
nous inspirer des expériences suisses, avec pour ambition d’élaborer une méthodologie fiable
et bien adaptée au contexte marocain. Cette méthodologie se base sur deux approches
différentes, mais complémentaires. Il s’agit de la cartographie des phénomènes, dans un
premier temps, et de la modélisation hydraulique des crues, dans un deuxième temps. La mise
en œuvre de ces deux méthodes fera l’objet des deux chapitres de cette troisième partie.

 En ce qui concerne le premier chapitre (chapitre 5), l’accent sera mis sur la cartographie
des phénomènes. Cette méthode met en œuvre tout un arsenal de méthodes qui se basent
essentiellement sur l’analyse du terrain, afin d’identifier des indices permettant d’acquérir
des reconnaissances précises sur les surfaces inondables et les scénarios de débordement.
L’adaptation de cette méthode au contexte de l’agglomération de Fès présente l’objectif
principal de ce chapitre. Nous allons intégrer tous les phénomènes d’ordre
hydrographique, géomorphologique, d’impacts de l’action anthropique sans oublier
l’approche historique, en essayant de documenter les inondations historiques affectant la
ville de Fès. Tous ces éléments seront assemblés dans la carte des phénomènes liés aux
inondations dans l’agglomération. Cette carte présentera le fruit de ce chapitre.
 Le deuxième chapitre (chapitre 6) de cette partie sera consacré à la modélisation
hydraulique des crues estimées précédemment (chapitre 3). Cette opération vise à simuler
les caractéristiques hydrauliques des crues des différents oueds traversant la ville de Fès,
afin d’obtenir une spatialisation des zones de submersion de chaque crue, ainsi que ses
hauteurs d’eau et ses vitesses des flux. Ces simulations seront confrontées avec les
résultats de la cartographie des phénomènes, afin de les valider.
La dernière étape dans ce dernier chapitre vise à évaluer les degrés de danger des zones
inondables, en se basant sur l’approche Fréquence-Intensité, afin d’élaborer la carte
indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès.

A partir de ces deux méthodes, nous aurons la possibilité de comparer les résultats de la
modélisation hydraulique des crues avec les résultats de la cartographie des phénomènes qui
se base essentiellement sur le travail du terrain. Cette comparaison présente un moyen pour
valider la fiabilité de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès.

166 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

Chapitre 5 :

La cartographie des phénomènes : une phase préalable pour la


spatialisation des zones inondables dans l’agglomération de Fès

Introduction du chapitre

5.1 Adaptation de la cartographie des phénomènes au contexte de la zone d’étude

5.2 Démarche et structuration de la carte des phénomènes de l’agglomération de Fès

5.3 La cartographie des modelés et processus géomorphologiques de l’espace fluvial

5.4 La cartographie de l’impact des actions anthropiques sur les écoulements

5.5 La cartographie des zones inondées

5.6 Elaboration de la carte des phénomènes dans l’agglomération de Fès

Conclusion du chapitre

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

Introduction

Comme il l’a été mentionné dans l’introduction de cette troisième partie, le présent chapitre
sera consacré à la cartographie des phénomènes liés aux inondations dans l’agglomération de
Fès. La cartographie des phénomènes est une méthode naturaliste destinée à diagnostiquer les
zones inondables d’une zone exposée au risque d’inondation. Cette méthode a été développée
dans le cadre des pratiques suisses en matière de gestion des risques naturels (Kienholz et
Krummenacher, 1995 ; ARE, OFEG, OFEFP, 2005), où la carte des phénomènes présente un
élément essentiel et préalable pour l’élaboration des cartes de dangers d’inondation.

« La cartographie des phénomènes est l’expression d’une analyse méticuleuse du terrain qui
est menée afin de désigner les témoins muets de l’aléa d’inondation dans une zone
quelconque et de spatialiser les « sites critiques » définis par l’intensité ou l’occurrence des
phénomènes hydrologiques dangereux » (Loat & Petraschek, 1997). Cette analyse de terrain
mène à l’élaboration d’une carte des phénomènes témoignant du fonctionnement de l’aléa
d’inondation dans une zone donnée. Cette carte englobe tous les éléments d’ordre
géomorphologique, hydrologique et anthropique qui ont un rôle dans la compréhension du
fonctionnement de l’aléa d’inondation, d’une part, et l’identification des zones les plus
exposées aux inondations, d’autre part (Reynard et al., 2011).

L’adaptation de cette méthodologie au contexte marocain présente un objectif primordial dans


ce chapitre, où nous allons essayer d’intégrer les méthodes les plus adaptées au contexte semi
aride (et urbain) de la zone d’étude. L’accent sera mis sur la mise en œuvre des méthodes
géomorphologiques visant à détecter des témoins muets indiquant les zones les plus touchées
par les inondations. En plus de ces approches géomorphologiques, nous allons intégrer
l’impact des actions anthropiques sur les écoulements et la genèse des inondations.
L’approche historique sera également introduite dans ce chapitre, via la cartographie des
zones inondées suites aux événements de référence.

En plus des éléments de fond, la carte des phénomènes de l’agglomération de Fès sera
structurée en quatre principaux éléments, à savoir :

 Les éléments de l’hydrographie ;


 Les éléments géomorphologiques de l’espace fluvial ;
 Les éléments anthropiques influençant les inondations ;

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

 Et la cartographie des inondations de référence.

Cette carte présentera le fruit de ce chapitre et une base pour valider les résultats du prochain
chapitre (chapitre 6).

5.1 Adaptation de la cartographie des phénomènes au contexte de la zone d’étude

Comme il a été mentionné ci-dessus, la cartographie des phénomènes est une approche
développée pour le contexte montagnard de la Confédération suisse. Il est donc très important
de bien adapter cette méthode au contexte urbain et semi-aride de la ville de Fès. Pour cela,
nous allons intégrer plusieurs autres approches sur la base de la cartographie des phénomènes.
Ces approches sont le plus souvent applicables pour le contexte marocain, caractérisé par les
morphologies et les processus hydro-géomorphologiques des domaines semi-arides.

Ces principales approches intégrées sur la base de la cartographie des phénomènes sont :

5.1.1 L’approche hydrogéomorphologique (Masson et al., 1996 ; Siché, 2004 ; Ballais et


al., 2005 ; Ballais et al., 2011)

Plusieurs avantages classent cette approche parmi les meilleures et les plus simples en matière
de la cartographie des zones inondables. En effet, cette approche fournit une spatialisation
précise représentant les zones potentiellement inondables sur l’ensemble d’une vallée. Ainsi,
elle permet de délimiter facilement les zones exposées à des crues fréquentes, rares ou
exceptionnelles et celles qui ne peuvent jamais être submergées et peuvent être occupées sans
danger d’inondation. Le principe de cette méthode se base sur les indices topographiques
visibles, ainsi que les axes de crue qui offrent une vision dynamique du cours d’eau. Cette
approche est bien adaptée au milieu méditerranéen où la dynamique fluviale est très active et
façonne facilement les modelés hydrogéomorphologiques. C’est pourquoi elle est facile à
mettre en œuvre.

Cette approche se base sur l’observation des marqueurs hydrogéomorphologiques et des


interprétations sur leur terrain naturel car la zone de drainage des cours d’eau est composée de
plusieurs lits topographiques que ce dernier a façonnés dans le fond de vallée grâce aux crues
successives ; il s’agit des unités hydrogéomophologiques encadrées par les unités encaissantes
à cause de la combinaison des phénomènes d’accumulation des sédiments et leur érosion.
L’accumulation progressive des sédiments construit les unités hydro-géomorphologiques
tandis que l’érosion marque leurs limites (talus). Pour identifier et délimiter les unités

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

hydrogéomophologiques, la méthode s’appuie essentiellement sur deux critères principaux,


que sont la morphologie (reconnaissance des talus, des ruptures de pente) et la sédimentologie
(analyse de la granulométrie, de la nature, de la couleur des formations superficielles).
D’autres indices comme les traces d’inondation (laisses de crue, traces des courants sur les
photographies aériennes) et l’occupation du sol (la végétation diffère en fonction de la nature
du sol et de ses caractéristiques hydriques), fournissent une aide indéniable.

Très souvent, le profil transversal d’une plaine alluviale montre l’emboîtement de lits
dénommés : lit mineur ; lit moyen et lit majeur (Fig. 75)

Figure 75 : Différentes unités hydrogéomorphologiques (Direction de l’architecture et de


l’urbanisme, 1996)

 Le lit mineur est le chenal principal du cours d’eau y compris la phase d’étiage et de
tarissement. Il contient les crues à fréquence annuelle.
 Le lit moyen se situe à proximité du lit mineur. Il est constitué d’une surface bosselée
formée de creux et de monticules, souvent colonisée par la végétation. Il est inondé par les
crues fréquentes à moyennement fréquentes. Il est impropre à l’urbanisation à cause de la
fréquence et de la dynamique des crues.
 Le lit majeur est formé d’un niveau topographique plat, constitué généralement de
sédiments très fins, il est inondable par des crues rares à exceptionnelles et il est parfois

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Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

mobilisé par des crues plus fréquentes, mais reste en général moins souvent submergé que
le lit moyen. Il est parfois dominé par un lit majeur exceptionnel.

Il faut mentionner ici que la mise en œuvre de la méthode hydrogéomorphologique dépend


profondément des conditions de fonctionnement hydrogéomorphologique des cours d’eau.
D’une façon générale, « dans la plaine alluviale, au sein des unités hydrogéomorphologiques,
la méthode identifie des modelés de détail qui traduisent l’hydrodynamisme des écoulements
lors des crues : axes de crue, bras de décharge, cônes de déjection… Cette spatialisation peut
être complétée par la prise en compte de l’occupation du sol et des principaux enjeux
présents en zone inondable (zones urbanisées récentes, principaux équipements collectifs
relatifs la gestion de l’eau...), les éléments d’occupation du sol anthropiques (remblais,
digues, …) et les éléments d’occupation du sol naturels (la végétation…) » (Direction de
l’architecture et de l’urbanisme, 1996).

De toute façon, la méthode hydrogéomorphologique est une approche très précieuse pour la
définition des zones d’expansion des crues en identifiant efficacement et rapidement (sur de
grands linéaires ) les zones les plus favorables à l’expansion des inondations. Cependant, il
faut mentionner que cette approche ne quantifie pas les hauteurs d’eau et les vitesses
d’écoulement et qu’elle ne donne pas de fréquence précise de la submersion potentielle de
chaque unité hydrogéomorphologique.

5.1.2 L’approche de la microtopographie et des corps sédimentaires (Penven et al., 2004)

Cette méthode peut remplacer l’approche hydrogéomorphologique lorsque les marqueurs


topographiques ne sont pas clairement visibles (à titre d’exemple lorsque les plaines alluviales
sont cultivées, atténuant les microtopographies et les traces des paléochenaux sur le terrain
comme sur les photographies aériennes). Dans ces cas, cette méthode permet de mettre en
évidence l’organisation microtopographique et la structuration des corps sédimentaires du
remplissage alluvial afin de mieux cerner les conditions de circulation des eaux dans la plaine
alluviale et donc de définir les modalités de leur propagation. Pour l’étude de l’organisation
microtopographique et de la structuration des corps sédimentaires, cette approche se base sur
trois méthodes complémentaires pour la présentation des fonctionnements hydro-
géomorphologiques des cours d’eau, afin de maîtriser et de spatialiser la circulation des eaux
en période des crues. On peut résumer ces trois méthodes comme suit :

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Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

1. Une analyse par photographie aérienne du cours d’eau, afin d’avoir une vue générale de
son fonctionnement accompagné par des relevés microtopographique au GPS, en fonction
des caractéristiques topographiques du profil du cours d’eau, associé à des sondages afin
de définir la nature du remplissage alluvial ;
2. L’identification des corps sédimentaires, grâce aux caractéristiques granulométriques des
dépôts, et de la stratigraphie, au travers de la plaine alluviale, afin d’avoir des indicateurs
du comportement de l’eau au sein des matériaux ;
3. L’interpolation des données ponctuelles (les profils élaborés durant l’étape précédente) en
se basant sur la vue générale de la photographie aérienne (photo-interprétation).

On peut dire que cette méthode est un complément de l’approche hydrogéomorphologique au


cas où les paléochenaux ne sont pas bien tracés. Cette méthode demande une mise en œuvre
de certaines méthodes de recherche telles les analyses granulométriques des différents profils
transversaux ainsi qu’une bonne exploitation de la photographie aérienne. L’interprétation des
données acquises par cette méthode produit des indices très précieux pour la détermination
des caractéristiques de la circulation des eaux en périodes de crue, et par conséquent, une
bonne cartographie des zones inondables.

5.1.3 L’approche géomorphologique intégrée (Fernandez-Lavado et al., 2007 ; Taous et


al., 2010)

La méthode géomorphologique intégrée vise à établir un zonage qui permet de définir,


évaluer et graduer le danger d’inondation affectant un tronçon de cours d’eau. Cette méthode
s’appuie essentiellement sur une inondation de référence et ses hauteurs au niveau des
différentes terrasses qui dominent le cours d’eau en question. Elle consiste à établir une
cartographie géomorphologique focalisée sur le problème des inondations en intégrant toutes
les informations rapportées aux inondations antérieures. Cette méthode est menée en plusieurs
étapes successives et complémentaires, à savoir :

1. Encadrement de la zone d’étude : il s’agit principalement d’obtenir le maximum


d’information sur les caractéristiques physiques contrôlant la réponse hydrologique du
bassin versant.
2. Photo-interprétation et cartographie géomorphologique : il s’agit de l’identification
de l’espace fluvial en analysant ses caractéristiques hydro-géomorphologiques et leurs

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impacts sur les inondations, telles que les terrasses alluviales, les cônes latéraux, les
phénomènes d’érosion et de sédimentation, etc.
3. L’analyse de l’impact anthropique sur le comportement des inondations : il s’agit de
l’étude des modifications de la configuration des chenaux naturels et l’interprétation
de leurs impacts sur les inondations.
4. Historique des inondations : il s’agit d’identifier et de caractériser les principales
inondations affectant la zone d’étude (dates, débits, hauteurs d’eau, extension spatiale,
dégâts…), afin d’estimer la fréquence et l’intensité des inondations.
5. Travail de terrain : cette étape affine les résultats de la photo-interprétation.
6. Elaboration de la carte géomorphologique intégrée : cette étape compile, classe et
cartographie toutes les données obtenues avec des critères géomorphologiques
focalisés sur le phénomène d’inondation. La superposition de cette information permet
la reconstitution du cadre géomorphologique de la zone d’étude et de l’inondation de
référence, ainsi que la connaissance de la dynamique du cours d’eau en question. La
hauteur des terrasses qui dominent le cours d’eau est le principal critère pour évaluer
et spatialiser le danger d’inondation.
7. Zonage des niveaux de l’aléa : ces niveaux sont établis selon l’occurrence et
l’intensité des inondations.

Cette méthode est peu utilisée car elle est encore en phase de validation. Cependant, elle peut
fournir de bons résultats et peut être appliquée dans tout contexte géographique. Elle est
surtout très prometteuse dans les zones aux déficits en informations (absence de cartes
détaillées, rareté des données hydrologiques, etc.), tel notre cas.

5.1.4 L’approche historique (Arnaud et Davoine, 2004)

Les témoins historiques des inondations sont très pertinents pour cartographier les zones
inondables. Ces données historiques peuvent êtes recueillies soit par une enquête de terrain en
interrogeant les riverains qui ont vécu des événements antérieurs, soit en revenant aux
archives et aux textes historique d’où on peut extraire des indices très précieux pour la
spatialisation des zones inondées ou bien via les traces des inondations passées. Tout cela
permet de relier le passé avec le présent lors de l’observation des déformations actuelles d’un
territoire qui témoignent de la violence des événements passés.

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Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

L’approche historique offre des opportunités de plus en plus demandées chez les chercheurs
en matière de la cartographie des zones inondables car les événements antérieurs peuvent
donner des indices très précieux pour la connaissance du comportement global du cours d’eau
en question, à savoir :

 L’ampleur du phénomène ou sa magnitude : celle-ci exprime l’importance des


inondations passées à travers une interprétation des débits maximums bruts (m³/s), des
débits spécifique maximums (l/s/km²), ainsi que les volumes d’eau écoulés pendant les
événements historiques ;
 L’extension spatiale : elle permet de délimiter l’espace effectivement concerné par les
inondations ;
 La fréquence : cet indicateur traduit l’occurrence du phénomène ;
 Le rythme temporel : il complète la notion de fréquence en mesurant l’espacement
(aléatoire, cyclique, saisonnier…) entre deux évènements de même type ;
 La durée : elle témoigne de la persistance de l’inondation sur une période donnée ;
 La vitesse de propagation : elle relate la rapidité des phénomènes passés, ce témoin
fournit des clés pour mettre en œuvre une gestion de la crise comme le calage des
systèmes d’alerte des inondations.

Malgré les difficultés d’intégrer les connaissances historiques dans la cartographie des zones
inondables (dues aux problèmes des sources de données, de leur précision qualitative et
spatiale), cette approche est très pertinente et elle est de plus en plus utilisée, surtout pour le
calage d’autres modèles.

5.1.5 La cartographie de l’impact des actions anthropique sur les inondations (Dzana et
al., 2004)

L’aléa d’inondation est un phénomène complexe, mais lorsque d’autres facteurs additionnels
modifient le comportement hydrologique de l’aléa, ce dernier devient très complexe, non
seulement pour sa connaissance mais aussi pour la cartographie de son extension. La
cartographie des facteurs aggravant les inondations se base sur le principe de la sectorisation
du cours d’eau en tronçons caractéristiques ; cette sectorisation repose sur deux critères
principaux : la capacité des canaux d’évacuation (largeur et profondeur) et les coefficients des
verrous artificiels.

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Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

De tous les indicateurs morphométriques descripteurs des lits des cours d’eau, la capacité
d’évacuation des canaux présente l’indicateur préalable, pour permettre de vérifier si un cours
d’eau est suffisamment ajusté ou non aux écoulements accentués, ce qui donne la possibilité
de tirer des conclusions en termes de débordements.

Les ouvrages hydrauliques sous-dimensionnés ou colmatés par les dépôts et déchets solides
sont aussi un des facteurs additionnels qu’il faut prendre en compte ; ces facteurs peuvent être
cartographiés ponctuellement, ce qui permet, par la suite, d’évaluer leur effet sur
l’aggravation probable des inondations.

En général, toutes ces approches et méthodes seront intégrées dans la base de la cartographie
des phénomènes, afin d’extraire et cartographier tous les indices pouvant nous aider à
diagnostiquer les zones inondables au niveau de l’agglomération de Fès. Pour mettre en
œuvre toutes ces approches, nous allons suivre les démarches présentées ci-dessous.

5.2 Démarche et structuration de la carte des phénomènes de l’agglomération de Fès

Pour réaliser la cartographie des phénomènes dans l’agglomération de Fès, nous allons suivre
les démarches suivantes :

 Création d’une base de données, sur le logiciel de SIG ArcGIS©, qui permet de mettre en
évidence la situation de l’agglomération de Fès par rapport aux effets de l’aléa
d’inondation généré par les différents oueds ;
 Acquisition et traitement de données cartographiques disponibles (plans de ville,
différentes missions de photographies aériennes, images satellitaires récentes, plans de
restitution, plans d’aménagement) ;
 Cartographie des phénomènes sur le terrain à l’aide de l’outil de cartographie mobile
MobileMapper© et du logiciel ArcPad© de ESRI. Cet appareil nous permis de
cartographier les phénomènes à des échelles très détaillées.

5.2.1 Quelle zone à cartographier et sur quel fond ?

Après une analyse préliminaire des sites critiques et des processus de la genèse des
inondations dans l’agglomération de Fès, le choix de la zone à cartographier est basé sur
plusieurs critères fondamentaux, à savoir :

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 La limite de l’extension urbaine (enjeux existants) ;

 Les zones périphériques mais pouvant influencer directement les écoulements


(facteurs diminuant ou aggravant l’aléa) ;

 La future extension urbaine, qui sera orientée par le prochain SDAU.

De ce fait, la zone d’étude va s’intéresser à tous les oueds qui traversent l’agglomération de
Fès et sa périphérie, à savoir :

 L’oued Fès (amont et aval) de sa source (domaine de Ras El Ma) jusqu’à son embouchure
(confluence avec oued Sebou), sur un tronçon de 24 km hydrographique (13 km dans la
zone urbaine, 6 km dans la périphérie occidentale (oued Fès amont) et 5 km dans la
périphérie orientale de la ville de Fès (oued Fès aval). Le tronçon traversant le palais royal
n’est pas inclus dans cette étude.

 Oued Boufkrane sur un tronçon de 12.8 km hydrographique (6.1 km dans la zone urbaine,
à partir du quartier Aouinat El Hajjaj et 8.7 km dans la périphérie S-E de la ville de Fès).

 Oued El Mehraz sur un tronçon de 14.7 km hydrologique (8.6 km dans la zone urbaine et
6.1 km dans la périphérie méridionale de la ville).

 Oued El Himmer sur un tronçon de 12.7 km hydrographique (7.5 hydrologique dans la


zone urbaine et 5.2 km dans la périphérie méridionale de la ville).

 Oued Ain Chkef, de sa source (Ain Chkef) jusqu’à sa confluence avec l’oued Ain Smen,
c’est-à-dire un tronçon de 7.3 km hydrographique (4.5 km dans la zone et 2.8 km dans la
périphérie méridionale de la ville.

 Oued Ain Smen sur un tronçon de 11 km hydrographique (8.5 km dans la zone urbain et
2.5 km dans la périphérie méridionale de la ville de Fès (canyon de l’oued El Smen).

 Partie aval de l’oued Ain Cheggag, sur un tronçon de 4 km. Cette partie déborde
exceptionnellement lors des crues exceptionnelles générée par le bassin versant de l’oued
Chekkou qui atteint l’oued Fès.

 La dépression du Zliligue à la sortie du canyon de l’oued Bou Rkaiz dans la périphérie S-


O de la ville de Fès.

 Oued El Malleh sur un tronçon de 3 km hydrographique dans la périphérie septentrionale


de la ville de Fès.

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 Oued Sebou sur un tronçon de 4.7 km hydrographique dans la périphérie N-E de la ville
de Fès. Ce tronçon sera étudié dans le cadre de la cartographie des phénomènes, mais sans
pouvoir cartographier les degrés de son danger d’inondation dans le prochain chapitre car
nous n’avons pa pu estimer ses débits de pointe, lors de l’étude hydrologique des bassins
versants (chapitre 3).

Le fond de la carte des phénomènes est créé à partir des plans de restitution de 2007 (une
mosaïque de 80 plans de 1/1’000 en format AutoCAD). Ces derniers ont été convertis en
fichiers adéquats (formats Geodatabase et Shapefile) pour leur traitement sur SIG. Nous
avons ainsi obtenu une base de données des éléments du fond de carte, qui a été ensuite mise à
jour à partir des images satellitaires (Google Earth Pro ©) du mois de mai 2012. La légende
du fond de la carte a été structurée en trois éléments (Fig. 76), à savoir : l’occupation du sol,
les voies de communication et les éléments de la topographie.

Figure 76 : Zone à cartographier et éléments du fond de carte

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

5.2.2 Eléments de la légende

La légende a été structurée en fonction des données collectées sur le terrain de façon qu’elle
puisse répondre aux objectifs de la cartographie des phénomènes. En plus des éléments de
fond de la carte des phénomènes, la légende a été divisée en quatre parties, à savoir :

 Les éléments de l’hydrographie et leurs caractéristiques ;


 Les modelés et les processus morphologiques de l’espace fluvial ;
 Les impacts de l’action anthropique sur l’écoulement ;
 Et la délimitation des zones inondées.

Ces phénomènes traduisent l’hydrodynamisme des oueds qui traversent l’agglomération de


Fès, ainsi que l’influence des actions anthropiques sur leur écoulement. Tous ces phénomènes
pourront nous aider à interpréter, prévoir et cartographier des scénarios de débordement
éventuel des crues, en se basant sur des traces des inondations passées. Donc, comment peut-
on mettre en œuvre tous ces éléments pour élaborer la carte des phénomènes liés aux
inondations dans l’agglomération de Fès ?

5.3 La cartographie des éléments de l’hydrographie et leurs caractéristiques

Il faut rappeler que l’agglomération de Fès est drainée par un réseau hydrographique dense,
ainsi que plusieurs plans d’eau permanents et temporaires. La caractérisation de ces éléments
hydrographiques fait l’objet de la cartographie de ces phénomènes hydrographiques. Ces
derniers ont été classés en trois groupes (Fig. 77) :

 Des éléments linéaires pour le réseau hydrographique de différents types d’écoulement


(permanent, saisonnier, intermittent) ;
 Des éléments surfaciques pour les plans d’eau et leur nature (retenues des barrages,
lac, marécages permanents, marécages temporaires) ;
 Et des éléments ponctuels pour les points d’eau (sources).

La cartographie de la canalisation des oueds sera étudiée plus loin dans ce chapitre, lors de
l’analyse des impacts de l’action anthropique sur les écoulements.

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Figure 77 : Éléments de l’hydrographie et canalisations.

5.4 La cartographie géomorphologique de l’espace fluvial

La cartographie géomorphologique occupe une grande place dans la cartographie des


phénomènes liés aux inondations. Parmi tous les éléments géomorphologiques, les modelés et
les processus morphogéniques de l’espace fluvial sont des phénomènes et des témoins muets
qui peuvent donner des informations sur le comportement de l’aléa d’inondation ainsi que son
extension spatiale. À cet égard, l’identification et la cartographie de ces phénomènes dans
l’agglomération de Fès méritent une attention particulière. La cartographie de ces
phénomènes se base sur les méthodes de la cartographie géomorphologique par excellence.

Nous allons classer ces phénomènes géomorphologiques en trois éléments, à savoir :

 Les témoins hydrogéomorphologiques ;


 Les modelés et les processus morphogéniques de l’espace fluvial ;
 Et les cônes de déjection actifs.

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Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation pour la spatialisation les zones inondables dans l’agglomération de Fès

5.4.1 La cartographie des témoins hydrogéomorphologiques

Comme il l’a été mentionné dans le chapitre 1, après la vidange du lac du Saïs au début du
Quaternaire, le plateau de Saïs-Fès a vécu des processus morphogéniques très intenses, sous
forme d’érosion et d’accumulation très importante. Cette situation a joué un rôle déterminant
dans le façonnement d’un système de terrasse et plaine alluviale assez développé, tout au long
des oueds qui drainent cette unité géographique ; il s’agit des témoins
hydrogéomorphologiques. À l’exception de l’oued Fès amont, qui se caractérise par un
hydrodynamisme très faible, tous les oueds qui traversent la ville de Fès se caractérisent par la
présence de terrasses plus ou moins encaissées, façonnées par les crues successives. Cette
morphologie peut être considérée comme la résultante du fonctionnement passé des cours
d’eau, et particulièrement de leurs comportements passés.

La cartographie de ces témoins hydrogéomorphologiques sera un élément très important dans


l’élaboration de la carte des phénomènes dans l’agglomération de Fès. Pour cela, nous avons
appliqué l’approche hydrogéomorphologique ainsi que l’approche de la cartographie de la
microtopographie et des corps sédimentaires (présentées précédemment), tout en essayant
d’adapter ces deux approches au contexte de la zone d’étude. Pour identifier et cartographier
ces témoins hydrogéomorphologiques, nous nous sommes basés sur trois étapes
complémentaires, à savoir :

 Le travail de terrain : à partir duquel, nous avons visé à identifier et cartographier les
marqueurs hydrogéomorphologiques, en nous basant sur la reconnaissance des corps
sédimentaires sous forme d’une microtopographie représentant les limites de chaque lit
fluvial (mineur, moyen et majeur). Nous avons cartographié ces phénomènes
hydrogéomorphologiques à l’aide d’un Mobile Mapper avec une précision assez bonne.
 Après l’analyse minutieuse du terrain, la deuxième étape vise à exploiter les photos
aériennes. En effet, à l’aide de la photo-interprétation et la vue stéréoscopique, nous avons
pu identifier les marqueurs hydrogéomorphologiques des différents oueds qui traversent la
ville de Fès. À titre d’exemple, l’analyse des photos aériennes de l’année 1962 (Annexe 1)
nous a permis de cartographier des zones qui sont (actuellement) complètement
anthropisées, limitant ainsi l’identification des marqueurs hydrogéomorphologiques dans
ces tronçons.

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 La dernière étape vise à valider les limites des marqueurs hydrogéomorphologiques en


comparant les résultats des deux premières étapes avec un modèle numérique de terrain
(MNT) à très haute résolution.

La mise en œuvre de ces trois étapes, nous a permis de cartographier les unités
hydrogéomorphologiques des plaines alluviales des oueds. À l’exception de l’oued Fès aval,
où nous avons identifié des lits moyens et majeurs bien façonnés (Fig. 78), nous nous sommes
limités à la cartographie des lits majeurs, du fait que les limites des lits moyens ont été
supprimées, par endroit, à cause du labour des terres agricoles.

Figure 78 : Cartographie des unités hydrogéomorphologiques de l’oued Fès aval

Pour les tronçons complètement anthropisés, ces limites hydrogéomorphologiques sont peu
visibles ; de ce fait, nous avons utilisé la vision stéréoscopique des photos aériennes de 1962,
ce qui nous a permis de détecter et cartographier les limites des lits majeurs des oueds (Fig.
79). Ces limites sont parfois bien visibles, marquées par des talus (érosion) ou des
microtopographies (dépôts) façonnées par l’érosion et les dépôts des crues successives. Mais
dans d’autres cas (tronçons anthropisés de l’oued El Mehraz), les limites des lits majeurs sont

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très floues (sur le terrain comme sur les photos aériennes) ; dans ces cas là, nous avons
interpolé ces limites à partir de quelques indices visibles ponctuels, délimitant les lits majeurs.

Figure 79 : Cartographie des lits majeurs des oueds Boufkrane, El Mehraz et El Himmer

5.4.2 La cartographie des modelés et des processus morphogéniques de l’espace fluvial

Les modelés et processus morphogéniques de l’espace fluvial sont des phénomènes qui
peuvent témoigner de l’hydrodynamisme des oueds traversant l’agglomération de Fès et sa
périphérie. En ce qui concerne les modelés, on s’est focalisé sur la cartographie de la
morphologie des vallées. Il s’agit essentiellement de différentier entre vallées peu encaissées,
vallées encaissées et canyons. Cette classification donne une idée sur le potentiel de
débordement des oueds en périodes de crue. Pour ce qui est des processus morphogéniques de
l’espace fluvial, nous avons cartographié des indices témoignant de la dynamique fluviales
des oueds traversant l’agglomération de Fès, notamment l’érosion verticale et le sapement des
berges.

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5.4.3 La cartographie des cônes de déjection actifs

Les torrents de Jbel Tghat présentent une source de danger d’inondation au niveau du
piémont. À cause de la forte pente théorique (17 %) des quatre petits bassins (BV Chaaba El
Gharga : 2.14 km² ; BV Chaabat Janan Attahtani : 1.46 km² ; BV Chaabat Lebziz : 0.81 km² ;
BV Chaabat Ain Lehjel : 1.18 km²) qui drainent le versant méridional de Jbel Tghat, les
écoulements ont un caractère torrentiel au niveau des ravins. Mais au niveau du piémont, on
assiste à un épandage de ces écoulements en absence d’un chenal bien individualisé, formant
des petits cônes de déjection avec des alluvions récentes (Fig. 80). Ces petits cônes de
piémont sont très fréquemment inondés suite aux évènements pluvieux de forte intensité. Ces
inondations sont encore plus fortes à la sortie des ponts de la route N8 vers Meknès.

Figure 80 : Cônes de déjection actifs au pied de Jbel Tghat

5.5 La cartographie des impacts de l’action anthropique sur l’écoulement

Il faut rappeler que l’impact de l’action anthropique sur l’écoulement peut amplifier l’aléa
d’inondation comme il peut l’amortir. C’est pour cette raison qu’il nous semble indispensable
d’introduire ces informations dans le cadre de la cartographie des phénomènes liés aux
inondations dans l’agglomération de Fès.

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Comme nous l’avons déjà mentionné dans le chapitre 3, la genèse des inondations dans
l’agglomération de Fès se caractérise par une grande diversité des processus et d’origines,
influencés le plus souvent par les impacts des aménagements sur les écoulements des oueds
traversant la ville de Fès. Ces impacts modifiés le comportement de l’aléa d’inondation ainsi
que son extension. On note que les caractéristiques de l’infiltration et du ruissellement dus à
l’imperméabilisation de la zone urbaine de Fès ne sont pas inclues dans cette étude, nous
allons nous limiter seulement aux impacts directes des aménagements sur les écoulements
naturels dans les chenaux.

Pour collecter ces données, nous nous sommes basé sur des monitorings des oueds en
périodes de crues, ainsi que les témoignages des riverains par rapport aux impacts des
aménagements sur les écoulements des oueds. Pour cartographier ces actions anthropiques et
interpréter leurs impacts sur la genèse des inondations, nous avons distingué entre trois
éléments influençant les écoulements, à savoir :

 Eléments présentant des obstacles à l’écoulement ;


 Les canalisations ;
 Et l’impact des ponts sur les débordements.

5.5.1 Cartographie des éléments présentant des obstacles à l’écoulement

En plus de la cartographie des ouvrages destinés à écrêter les crues (barrage Moulay Arafa,
barrage El Gaada et la digue de Dhar El Mehraz), nous avons pu identifier et cartographier
plusieurs autres obstacles aux écoulements des oueds. Ces obstacles jouent un rôle néfaste
dans la genèse des inondations dans le périmètre urbain de Fès. Il s’agit essentiellement des
routes en remblaiement qui stoppent les écoulements des oueds en périodes de crues et
causent une hausse du niveau d’eau pour submerger de vastes zones urbaines. En plus de ces
infrastructures aggravant la genèse des inondations, nous avons essayé également
d’inventorier et cartographier les tronçons des oueds qui connaissent des remblaiements dans
leurs chenaux. Ces remblaiements illégaux sont dans la plus part des cas sous forme de
martiaux de constructions. Ces derniers peuvent dévier les écoulements dans les chenaux et
favorisent le débordement des crues et/ou l’augmentation de la charge solide qui contribue au
colmatage des ouvrages de franchissement (canaux d’évacuation et ponts), comme nous
allons le voir par la suite.

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5.5.2 La canalisations et leurs impacts

La plupart des oueds traversant la ville de Fès sont canalisés, pour ambition de minimiser leur
débordement. Nous avons cartographié ces canaux, tout en essayant de les classer selon leur
caractéristiques (canal à ciel ouvert, canal couvert, canal de déviation, canalisation en cours)
(Photos 39, 40, 41 et 42). Il faut rappeler que ces travaux jouent un rôle important dans
l’amortissement des inondations, mais parfois, elles peuvent les aggravées en aval ou en cas
de leur colmatage. En effet, les faibles coefficients de rugosité des canaux (bétonnés)
augmentent la vitesse des crues, par conséquent, leur concentration sera plus violente vers
l’aval (oued Fès). En outre, les déchets jetés dans les chenaux des oueds augmentent le risque
du colmatage des canaux, surtout ceux qui sont couverts. Cette situation amplifie le risque des
débordements ponctuels, surtout au niveau des ponts.

Photo 40 : Canal de déviation depuis le


Photo 39 : Canal à ciel ouvert de l’oued Fès barrage My Arafa vers l’oued Boufkrane

Photo 41 : Canalisation en cours de l’oued El Photo 42 : Canal couvert de l’oued El


Himmer (24-12-2009) Mehraz (12-02-2010)

5.5.3 La cartographie des ponts et leurs fréquences de débordements

L’impact des ponts a également été approché comme étant des facteurs favorisant les
débordements ponctuels. La fréquence de ces débordements a été évaluée sur la base du

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calibre des dalots, des traces de colmatage et des témoignages des riverains. Sur la base de ces
critères, nous avons classé les ponts en quatre catégories (Photos 43, 44, 45 et 46), à savoir :

 Les ponts qui ne débordent jamais : sont en général des ponts suspendus au niveau des
vallées étroites ;
 Les ponts qui débordent rarement : sont des ponts assez dimensionnés mais qui ont
débordé durant les crues exceptionnelles de 1950 et 1989 ;
 Les ponts qui débordent fréquemment : dont les dalots sont sous-dimensionnés ;
 Et les ponts qui débordent très fréquemment : dont les dalots sont sous-dimensionnés
et partiellement colmatés.

Photo 43 : Pont très fréquemment débordé Photo 44 : Pont fréquemment débordé

Photo 45 : Pont exceptionnellement débordé Photo 46 : Pont jamais débordé

En général, la cartographie et l’interprétation des impacts de l’action anthropique sur les


écoulements (Fig. 81) sera un élément indispensable dans l’élaboration de la carte des
phénomènes de l’agglomération de Fès, dont les conclusions peuvent être vérifiées par la
cartographie des zones inondées, afin de valider les scénarios préjugés.

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Figure 81 : Eléments anthropiques influençant l’écoulement

5.6 Délimitation des zones inondées

La cartographie des événements historiques d’inondation constitue l’une des informations les
plus pertinentes dans la cartographie des phénomènes, car elle permet non seulement de
spatialiser les zones inondées, mais elle peut également valider les scénarios interprétés via
les différents phénomènes présentés précédemment.

Au fil de son histoire, la ville de Fès a vécu des inondations de grande ampleur. Celles de 26
septembre 1950 et 13 septembre 1989 sont les plus importantes et celles qui marquent la
mémoire actuelle de la ville de Fès (chapitre 3). Malheureusement, la grande évolution de
l’agglomération de Fès a plus ou moins effacé les traces de ces inondations ; de ce fait il est
très difficile d’en identifier les témoins pour cartographier leurs limites de submersion. En
revanche, les inondations récentes qui ont touché la ville de Fès peuvent être qualifiées
d’événements de référence, vu leur ampleur en présence des ouvrages de protection qui ont
été construits. Il s’agit des inondations du 28 septembre 2008 et de mars 2010 qui ont
provoqué des dégâts importants et affecté de nombreuses zones habitées.

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Pour cartographier ces événements, nous nous sommes appuyés à la fois sur les traces des
inondations repérées sur le terrain et sur les témoignages des riverains. Selon la genèse et les
caractéristiques de ces événements, nous avons classé ces inondations en fonction de leur
typologie, à savoir : les inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe
phréatique ; les inondations des plaines alluviales ; les inondations suite aux débordements de
barrages en septembre 2008 ; les inondations dues aux débordements ponctuels.

5.6.1 La cartographie des inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe


phréatique

Comme il a été déjà mentionné dans le chapitre 3, la remontée de la nappe phréatique


superficielle de Saïs cause de grandes inondations tout au long de la vallée de l’oued Fès
amont. En effet, suite aux précipitations abondantes qui ont marqué l’automne et l’hiver de
l’année hydrologique 2009-2010 (740 mm entre septembre 2009 et mars 2010 dans la station
de Fès-Saïs), la nappe phréatique de Saïs a submergé toute la périphérie N-W de la ville de
Fès. Ces inondations ont persisté plusieurs semaines, ce qui nous a permis d’en délimiter
l’extension avec une grande précision (Fig. 82)

Figure 82 : Extension maximale de l’inondation de l’oued Fès amont (mars 2010)

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5.6.2 La cartographie des inondations des plaines alluviales

Les grandes perturbations atmosphériques caractérisant la deuxième moitié du mois de


septembre 2008, ont généré des crues très importantes, inondant les plaines alluviales des
oueds Sebou et El Himmer (Fig. 83 et 84). Pour cartographier les limites de ces inondations,
on s’est basé sur les traces des crues qui sont encore visible jusqu’à nos jours.

plaine alluviale de l’oued Sebou (périphérie N-E)


Figure 83 : Délimitation de l’inondation de la

le 26 septembre 2008
Figure 84 : Délimitation de l’inondation de la plaine
alluviale de l’oued El Himmer le 26 septembre 2008

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5.6.3 La cartographie des inondations dues aux débordements des barrages

Suite aux intempéries de septembre 2008, les grandes crues des oueds El Mehraz et
Boufkrane ont causé un grand
débordement des deux barrages de
protection (Moulay Arafa et El Gaada).
Ces débordements ont généré des
inondations torrentielles, causant des
dégâts très importants au niveau des
quartiers traversés par ces deux oueds.
Les figures 85 et 86 illustrent les limites
des inondations des oueds El Mehraz et
Boufkrane, au niveau de périphérie
septentrionales de la ville de Fès
(quartiers Monfleuri et Aouinat El
Hajjaj).

Figure 85 : Délimitation de
l’inondation de l’oued El Mehraz suite
au débordement du barrage Moulay
Arafa le 26 septembre 2008

Figure 86 :
Délimitation de
l’inondation de
l’oued
Boufkrane suite
au débordement
du barrage El
Gaada le 26
septembre 2008

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5.6.4 La cartographie des inondations dues aux débordements ponctuels

On assiste à ce type d’inondation un peu partout dans la ville de Fès. Ces inondations sont à
l’origine d’un débordement au
niveau des ouvrages de
franchissements sous-dimensionnés
ou colmatés (ponts et canaux
d’évacuation), ce qui favorise aux
crues de quitter leurs chenaux et
inonder les zones limitrophes
(Fig.87). Ces crues sont le plus
souvent acheminées par les voiries
causant une grande perturbation du
trafic routier.

Figure 87 : Délimitation de
l’inondation de l’oued Boufkrane à
l’entrée de la médina suite au
débordement de son canal
d’évacuation

5.7 Elaboration de la carte des phénomènes de la ville de Fès

La carte des phénomènes liés aux inondations dans l’agglomération de Fès (Fig. 88)
rassemble les différents éléments présentés et cartographiés précédemment. Ces éléments sont
traités sur le Système d’Information Géographique ArcGIS qui nous permet de choisir
l’échelle adéquate pour l’impression de cette carte. Vu la grande extension de notre zone
d’étude, la carte des phénomènes de la ville de Fès a été réalisée à une échelle de 1 : 20’000
sur une feuille A0. Cette échelle est assez bonne pour représenter tous les éléments de la carte.

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Figure 88 : La carte des phénomènes liés aux inondations dans l’agglomération de Fès

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Conclusion

La cartographie des phénomènes est une méthode très efficace pour diagnostiquer les zones
inondables. L’adaptation de cette méthode au contexte de la zone d’étude a exigé l’intégration
de plusieurs autres méthodes sur la base de la cartographie des phénomènes. La mise en
œuvre de cette méthode demande un travail de terrain très fastidieux et un long monitoring
des phénomènes relatifs au comportement des inondations dans le périmètre urbain de la ville
de Fès.

Les témoins géomorphologiques présentent une composante principale de la carte des


phénomènes dans l’agglomération de Fès. Ces témoins géomorphologiques sont la résultante
de périodes anciennes mais peuvent être encore significatifs en vue de diagnostiquer les zones
inondables.

L’analyse des impacts de l’action anthropique sur les écoulements a mérité une attention
particulière dans ce chapitre. L’objectif de cette analyse vise à prévoir des scénarios de
débordement des crues à cause de l’influence de quelques aménagements sur les écoulements
des oueds traversant la zone urbaine et périurbaine de Fès. Ces scénarios de débordement
seront vérifiés grâce à la délimitation des zones inondées suites aux événements de référence.

Il faut mentionner que la rapidité des changements observés sur le terrain d’étude
(constructions, remblais, travaux de génie civil, etc.) pose un problème de mise à jour de la
carte des phénomènes de l’agglomération de Fès. Pour cette raison, nous avons décidé, en
cours de réalisation, de ne pas prendre en compte des changements qui seraient survenus après
les levés sur le terrain. De ce fait, la carte des phénomènes de la ville de Fès doit être
considérée comme représentative de la situation entre septembre 2009 et juin 2011et elle ne
tient pas compte de transformations postérieures.

En général, la cartographie des phénomènes liés aux inondations sera une étape préalable pour
la réalisation de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès. Elle
va nous aider, non seulement à spatialiser les zones inondables, mais elle sera également une
base pour vérifier les résultats de la modélisation hydraulique des crues au niveau de
l’agglomération de Fès dans le prochain chapitre (Chapitre 6).

193 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès

Chapitre 6 :

La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la carte


indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès

Introduction du chapitre

6.1 Présentation du modèle utilisé pour la simulation des crues

6.2 Les données géométriques

6.3 Les paramètres hydrauliques

6.4 Calcul et simulation des crues

6.5 Contrôle des résultats

6.6 Classification des degrés de danger à partir de l’approche « Fréquence-Intensité »

6.7 Elaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès

Conclusion du chapitre

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
Fès : de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès

Introduction

Après avoir élaboré la carte des phénomènes liés aux inondations dans l’agglomération de
Fès, ce chapitre présentera la deuxième étape de la méthodologie que nous allons suivre afin
d’élaborer la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès. Il a pour
principal objectif de simuler les débordements des crues de pointe (ces crues ont été estimées
dans le chapitre 3) de tous les oueds traversant la ville de Fès via la modélisation hydraulique.

La modélisation hydraulique a pour principal objectif de simuler numériquement des crues


hypothétiques ou réelles afin de cartographier leurs zones inondables, ainsi que leurs hauteurs
et vitesses d’écoulement (Hostache, 2006). Elle permet ainsi de prédire les conséquences
potentielles d’une crue et de fournir des informations très utiles pour évaluer et spatialiser les
différents degrés de danger de chaque zone inondable.

Rappelons que, de nos jours, la grande révolution de l’informatique a ouvert le champ pour le
développement de plusieurs programmes de modélisation hydraulique. Parmi tous ces
programmes, notre choix s’est porté sur le logiciel en libre service HEC-RAS (Hydrologic
Engineering Centers – River Analysis System) développé par le Corps de l’Armée américaine
de l’ingénierie (USACE). Le choix de ce logiciel est justifié par sa fiabilité en matière de
cartographie des zones inondables, ainsi que sa facilité d’accès (gratuit). À partir de ce
logiciel, nous allons essayer de simuler les caractéristiques hydrauliques des crues des sept
oueds traversant la ville de Fès et sa périphérie. Ces simulations seront confrontées avec les
résultats de la cartographie des phénomènes.

Après la validation des résultats de la modélisation hydraulique des crues, la dernière étape de
ce chapitre vise à évaluer les différents degrés de danger d’inondation. Pour cela, nous allons
appliquer la méthode « Fréquence-Intensité » qui vise à croiser la probabilité de submersion
de chaque zone inondable (Fréquence) avec la hauteur et la vitesse des crues (Intensité) en se
basant sur des seuils bien définis. À partir de cette méthode d’évaluation, nous allons élaborer
la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès. Cette carte présente
le fruit de cette troisième partie.

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
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6.1 Présentation du modèle utilisé pour la modélisation hydraulique des crues

Pour simuler les crues de pointe dans l’agglomération de Fès, nous allons utiliser le logiciel
de modélisation hydraulique HEC-RAS et le Système d’Information Géographique ArcGIS.
Afin de garantir l’interopérabilité entre ces deux logiciels, l’USACE ont développé
l’extension HEC-GeoRAS (Fig. 89). Cette extension assemble les différents utilitaires pour le
traitement des données géo-spatiales dans ArcGIS en utilisant une interface utilisateur
graphique. Elle permet de préparer les données géométrique à exporter vers HEC-RAS et de
récupérer les résultats de simulations effectuées pas ce dernier.

Figure 89 : Schématisation de l’interopérabilité des programmes utilisés

Il faut mentionner que HEC-RAS se sert d’un code informatique unidimensionnel (un modèle
1D) ayant quatre fonctions principales, à savoir :

 La modélisation des écoulements en régime constant ;


 La modélisation des écoulements en régime transitoire ;
 La modélisation du transport solide dans les écoulements ;
 Et la modélisation de la propagation des substances polluantes dans un cours d’eau.

Pour modéliser les crues de pointe dans l’agglomération de Fès, nous allons nous baser sur la
première fonction, c’est-à-dire un modèle à écoulement constant. Ce dernier admet que le
débit ne change pas dans le temps et qu’il doit donc être conservé entre deux sections d’un
cours d’eau :

Q = V1A1 = V2A2

Où : Q(m3/s) = débit ; Vn(m/s) = vitesse moyenne à la section i ; An(m2) = surface de


la section i (section mouillée).

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
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Le profil de la lame d’eau est calculé entre sections à l’aide de l’équation de l’énergie :

Où : Zn(m) = altitude du lit ; Yn(m) = hauteur d’eau ; α = coefficient de pondération


de la vitesse ; g = accélération gravitationnelle ; hl (m) = perte d’énergie.

Le transfert ou momentum pour une section est calculé à l’aide de l’équation de Manning :

Nous avons choisi de travailler avec un modèle à écoulement constant pour deux raisons : il
ne nécessite de connaître que le débit de pointe d’une crue et pour l’élaboration d’une carte de
danger, seule l’extension maximale de la surface inondée est nécessaire.

L’application de ce modèle a été réalisée en trois étapes, à savoir :

 Préparation du modèle hydraulique (données géométriques) ;


 Paramétrages hydrauliques et calculs des résultats ;
 Et enfin, la simulation et la cartographie des crues.

6.2 Préparation du modèle hydraulique : données géométriques

La préparation du modèle hydraulique a été faite sur le SIG ArcMAP© à l’aide de l’extension
HECGeoRAS. L’opération a consisté à élaborer des fichiers contenant les caractéristiques
géométriques des tronçons d’oueds extraits du MNT. La qualité des données topographiques
joue donc un rôle décisif dans la précision des données géométriques des oueds. Pour obtenir
ces données géométriques, nous nous sommes basés sur le Modèle Numérique de Surface
(MNS) extrait du plan de restitution de l’agglomération de Fès. Ces données topographiques
ont fait l’objet d’un traitement très minutieux. Elles ont été complétées par des levés
topographiques sur le terrain (GPS et station totale), afin d’obtenir un MNT d’une très grande
précision. Les ouvrages d’art (canaux d’évacuation des crues, digues, etc.) ont également été

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
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intégrés dans les données topographiques du modèle afin de prendre en compte leurs impacts
hydrauliques sur la simulation des crues.

Le fichier de géométrie comprend le tracé du chenal principal de chaque oued, ses berges, la
délimitation du lit majeur exceptionnel, ainsi que des profils en travers (sections). Ces
derniers méritent une attention particulière, car ils constituent la base de toutes les simulations
hydrauliques des crues. De ce fait et afin d’augmenter leur précision, des centaines de profils
en travers ont été relevés pour chaque oued (Tab. 29 et Fig. 90). (Annexe 4).

Oueds / Fès Fès Boufkrane El El Ain Ain Ain El


Tronçons amont aval Mehraz Himmer Chkef Smen Cheggag Malleh
aval
Longueur 13.7 8.3 12.8 km 14.7km 12.7 km 7.3 km 11 km 4 km 3 km
du tronçon km km
Nombre 221 472 543 513 488 203 325 92 183
des profils
en travers
Tableau 29 : Nombre des profils en travers chaque oued

Figure 90 : Profils en travers (sections) de la zone couverte par les simulations hydrauliques
des crues.

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Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la
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6.3 Paramétrages hydrauliques et calculs des résultats

Le paramétrage hydraulique et les calculs des résultats des modélisations hydrauliques ont été
réalisés sur HEC-RAS après importation des fichiers de géométrie préparés précédemment
par l’extension HEC-GeoRAS. Les coefficients de rugosité de Manning (Annexe 4), pente
moyenne des tronçons, style d’écoulement sont les principaux paramètres intégrés dans le
modèle hydraulique. Dans cette étape, le programme calcule les hauteurs d’eau, les vitesses
des flux et les largeurs de submersion des différentes crues sur chaque section créée dans le
fichier de géométrie (Fig. 91) (Annexe 5).

Figure 91 : Simulation des hauteurs, vitesses et largeurs d’eau sur quelques sections

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Pour chaque tronçon des oueds traversant la ville de Fès, nous avons introduit les crues de
pointe pour les temps de retour de 10, 20, 50 et 100 ans. Ces résultats de calculs ont été
d’interpolés entre les différentes sections (Fig. 92). (Annexe 6).

Fig. 92 : Résultats de l’interpolation de la submersion des sections pour quelques tronçons

6.4 Simulation et cartographie des caractéristiques hydrauliques des crues

La dernière phase correspond à la simulation des crues permettant la cartographie de leurs


caractéristiques hydrauliques. Cette opération a été réalisée sur HEC-GeoRAS après
importation des résultats des calculs hydrauliques préparés par HEC-RAS. Nous avons ainsi
pu simuler les hauteurs d’eau (Fig.93), les vitesses des flux (Fig.94), ainsi que la zone
submersible par les crues décennales ; vingtennales ; cinquantennales et centennale (Fig.95).
Grâce aux fonctionnalités de reclassification offertes par ArcMAP©, nous avons pu

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déterminer des tranches de hauteurs et de vitesses d’eau, afin qu’on puisse les classer dans
chaque intensité de l’aléa.

Figure. 93 : Carte des hauteurs d’eau (simulation d’une


crue centennale)
Figure. 94 : Carte des vitesses d’écoulement (simulation d’une
crue centennale)

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Figure 95 : Carte de submersion des crues pour les temps de retour 20, 50 et 100 ans

6.5 Contrôle des résultats de la modélisation hydraulique

Les résultats obtenus par la simulation hydraulique des crues sont très importants ; cependant,
ils demandent un contrôle et d’éventuelles corrections sur terrain. Dans ce sens, la
cartographie des phénomènes (chapitre 5) nous a beaucoup aidés, car elle nous a permis de
confronter et valider les résultats modélisés avec les données collectées directement sur le
terrain. A titre d’exemple, en comparant les résultats de simulations hydrauliques avec
quelques inondations de référence (Fig. 96 et 97), on peut constater que la marge d’erreur
entre les deux résultats se limite à quelques mètres. Cette légère marge d’incertitude n’est pas
due aux erreurs de la simulation hydraulique, mais tout simplement, à la différence entre les
débits de pointe simulés et les débits de pointes des évènements cartographiés sur terrain.

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Figure 96 : Comparaison entre les résultats de la simulation


hydraulique et les zones inondées suites aux débordements
du barrage Moulay Arafa le 28 septembre 2008
hydraulique et l’inondation de référence de l’oued Fès amont
Figure 97 : Comparaison entre les résultats de la simulation

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En revanche, la comparaison entre les résultats de la simulation hydraulique avec les limites
des unités hydrogéomophologiques (Fig.98) démontre une certaine similitude. Cette dernière
peut valider les résultats de la modélisation hydraulique dans quelques tronçons. Tandis que
pour d’autres tronçons (notamment au niveau des tronçons complètement anthropisés), nous
avons corrigé les erreurs de simulation, en modifiant quelques paramètres hydrauliques ainsi
que les profils transversaux des oueds.

Figure 98 : Comparaison entre les résultats de la simulation hydraulique et les limites


hydrogéomorphologiques de l’oued Fès aval

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6.6 Classification des degrés de danger à partir de l’approches « Fréquence-Intensité »

Après le contrôle et la validation des résultats de la modélisation hydraulique, cette dernière


phase consiste à classifier et cartographier les différents degrés de danger d’inondation (élevé,
moyen et faible) dans l’agglomération de Fès, par le biais de l’approche « Fréquence-
Intensité » (ARE, OFEG, OFEFP, 2005). Cette approche détermine des seuils qui indiquent le
degré du danger produit par chaque fréquence de submersion (périodes de retour des
inondations) et chaque intensité des crues (hauteurs et vitesses des eaux). Le degré de danger
est calculé à l’aide d’une matrice qui croise l’intensité d’un événement et sa probabilité
d’occurrence (Fig. 99). Le danger élevé (rouge) impose l’interdiction de construire, le danger
moyen (orange) désigne les zones nécessitant des mesures de protection spécifiques et le
danger faible (jaune) désigne les zones de sensibilisation. Le danger résiduel (hachuré jaune)
désigne des zones de sensibilisation à un danger à probabilité d’occurrence très faible.

Figure 99 : La matrice des degrés de


danger

Pour définir l’intensité, des seuils ont été fixés pour certaines propriétés physiques d’une crue
telles que la hauteur d’eau ou la vitesse. Ce sont des seuils « physiques » car ils se calquent
sur l’effet d’une mesure d’intensité sur une personne. Trois degrés d’intensité sont ainsi
définis (Tab. 30).

Mesure d’intensité Faible Moyenne Forte


H (m) H < 0.5 0.5 < < 2 >2
V x H (m²) V x H < 0.5 0.5 < V x H < 2 VxH>2
Tableau 30 : Seuils de mesures de l’intensité. H = hauteur de l’eau ; v = vitesse de l’eau.

La probabilité d’occurrence d’un événement représente l’autre variable de la matrice des


contingences. Pour le cas des pays développés (comme la Suisse), une probabilité élevée
correspond à 30 ans, une probabilité moyenne à 100 ans et une probabilité faible à 300 ans.

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Ces valeurs élevées sont liées au principe de précaution. Pour le contexte marocain, nous
avons retenu des valeurs plus faibles (Tab. 31).

Probabilité d’occurrence Faible Moyenne Elevée


300 100 30
100 50 20
Tableau 31 : Seuils de probabilité d’occurrence pour la Suisse et le Maroc

Le croisement de la fréquence des inondations et leurs intensités est schématisé dans la figure
100 ci-dessous.

Figure 100 : Schéma de l’élaboration de la carte indicative des dangers d’inondation

6.7 Elaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de


Fès

Grâce aux fonctionnalités de l’analyse spatiale des données (multiplication et fusion)


intégrées sur le Système d’Information Géographique ArcGIS©, nous avons réussi à croiser
les données de la fréquence de submersion et l’intensité des crues selon les directives de
l’approche présentée ci-dessus. A partir de cette opération, nous avons élaboré la carte
indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès (Fig. 101).

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Figure 101 : Carte indicative des dangers d’inondations dans l’agglomération de Fès

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Cette carte obtenue peut être imprimée sur une échelle de 1 : 20’000. Elle couvre toute la zone
urbaine ainsi que la future extension urbaine, qui sera orientée par les prochains plans
d’aménagement. Les trois degrés de dangers d’inondation (élevé, moyen et faible) sont
présentés pour les couleurs rouge, orange et jaune. Chaque couleur recommande un type
particulier de mesures à prendre afin de diminuer la vulnérabilité.

 La couleur rouge représente des zones où des événements d’intensité forte risquent de
causer des pertes de vies humaines et de produire d’importantes destructions de biens.
Dans ces zones, une interdiction formelle de construire est à édicter et des mesures
protectives de type structurel sont à prendre pour les constructions déjà existantes.
 La couleur orange représente des zones touchées par des événements d’intensité moyenne
à faible mais dont la probabilité d’occurrence est élevée ou moyenne. Des pertes de vies
humaines ne sont pas à attendre, mais d’importants dégâts matériels sont possibles. Dans
ces zones, les nouvelles constructions doivent être soumises à diverses mesures de
diminution de la vulnérabilité. Un travail de sensibilisation et d’information des riverains
doit aussi être prévu dans ces zones.
 La couleur jaune représente des zones où des événements d’intensité et probabilité
d’occurrence faible à moyenne peuvent produire des dégâts légers. La sensibilisation des
riverains est la principale mesure à prendre dans cette zone.

Différents degrés de danger ont été définis sur les différents oueds, à savoir :

Oued Boufekrane
La vallée relativement encaissée de l’oued Boufkrane limite ses débordements latéraux. Ces
derniers ne dépassent pas en général 70 mètres. Comme cela a été le cas lors des évènements
de septembre 2008, le débordement du barrage collinaire El Gaada provoque une inondation
d’une partie du quartier Aouinat El Hajjaj. L’entrée de la médina a subi également les effets
du débordement du canal d’évacuation Bab Jdid. En effet, les crues de l’oued Boufekrane
empruntent la route de l’entrée de la médina, d’où les eaux prennent une grande vitesse qui
dépasse 4 m/s, induisant un danger élevé (rouge) à ce niveau.

Oued El Mehraz
Cet oued se caractérise par des crues très violentes, illustrées par les inondations du 28
septembre 1950 dont la crue de pointe a été estimée à 500 m³/s. Il est complètement
anthropisé sur un tronçon de 5 km. Malgré le canal d’évacuation conçu pour drainer 30 m³/s

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sur 2 km, l’oued El Mehraz inonde une bonne partie des quartiers Montfleuri, Marjiss, Sidi
Brahim et Lido. Ces inondations sont classées en danger élevé (rouge), car les hauteurs des
crues dépassent 2 mètres avec des vitesses supérieures à 3 m/s.

Oued El Himmer
La crue centennale de l’oued El Himmer a été estimée sa à 221 m³/s. Cet oued se caractérise
par une large plaine inondable, favorisant une large expansion des crues. Les hauteurs et les
vitesses de ces dernières ne sont pas très importantes et ne présentent généralement qu’un
danger moyen (orange) qui menace toutefois plusieurs quartiers.

Oued Ain Smen


Malgré la grande surface du bassin versant de l’oued Chekkou qui alimente l’oued Ain Smen
(428 km²), la crue centennale a été estimée à 313 m³/s en raison de la faible aptitude de
ruissellement de ses terrains. A cause de la forte pente, les crues de l’oued Ain Smen ont un
caractère violent. Les vitesses des flux dépassent 3 m/s, présentant un danger élevé (rouge).
Dès la confluence avec l’oued Ain Chkef, la pente s’adoucit et les vitesses ralentissent,
donnant naissance à de vastes débordements laminaires qui inondent plusieurs quartiers en
aval. Ces inondations présentent un danger moyen à faible, à cause des faibles hauteurs et
vitesses d’eau. L’oued Ain Chkef, quant à lui, ne présente pas un grand danger par ses petites
crues qui ont un caractère laminaire.

Oued Fès amont


La partie amont de l’oued Fès présente le principal collecteur de drainage. La pente très faible
de ce tronçon laisse l’eau stagner. Au moment des fortes crues des affluents ainsi que la
remontée de la nappe phréatique de Saïs, l’oued Fès amont inonde de grandes surfaces. Les
hauteurs d’eau dépassent 2 m au niveau du lit mineur de l’oued Fès, alors que les vitesses ne
franchissent pas en général 0,5 m/s. Le danger d’inondation varie alors de faible à fort, en
fonction des hauteurs d’eau et de la fréquence des submersions.

Oued Fès Aval


Au niveau de sa confluence avec les oueds El Mehraz et Boufekrane, l’oued Fès couvre un
bassin de 826,6 km² ; nous avons estimé sa crue centennale à 643 m³/s. Cette grande crue
prend une allure torrentielle du fait des très grandes hauteurs et vitesses d’eau. Malgré le
caractère dévastateur des crues, les débordements sont plus ou moins canalisés et limités au
fond de la vallée encaissée de l’oued Fès aval.

209 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
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Oued El Malleh
Cet oued se caractérise par un régime torrentiel. Les hauteurs de ces crues ne dépasse pas 2 m
mais avec des vitesses supérieures à 4 m/s. Il présente, par conséquent, un danger élevé
(rouge).

Conclusion

La modélisation hydraulique des crues est parmi les approches les plus utilisées dans la
cartographie des dangers d’inondation. La mise en œuvre de cette approche exige une grande
précision des données. Dans notre cas, l’élaboration des données géométriques et la
détermination des paramètres hydrauliques, a fait l’objet d’un travail minutieux et très
fastidieux. Grâce à ce travail, les résultats obtenus sont assez convaincants et ont été validés
suite à leur contrôle via les résultats recueillis sur le terrain (cartographie des phénomènes).

Pour classer les différents degrés de dangers d’inondation, l’approche Fréquence-Intensité


permet de croiser les hauteurs et les vitesses des crues avec la probabilité de submersion des
crues. À partir de quelques seuils bien définis, l’approche classe les degrés de dangers
d’inondation. L’application de cette approche nous a permis d’élaborer la carte indicative des
dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : Conclusion de la
de la cartographie des phénomènes à la carte indicative des dangers d’inondation troisième partie

CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE

La cartographie du danger d’inondation est une problématique très complexe. La diversité


des approches et des méthodes destinées à l’élaboration des cartes des zones inondables
témoigne de la complexité de cette problématique. Dans cette troisième partie, nous avons
essayé de proposer une méthodologie bien adaptées au contexte marocain en général et au
contexte urbain de la ville de Fès en particulier. L’application de cette méthode exige une
analyse méticuleuse du terrain, une grande précision des données et une bonne mise en
œuvre des nouvelles technologies (les modélisations hydrologique et hydraulique).

La cartographie des phénomènes présente une phase préalable pour l’élaboration de la


carte indicative des dangers d’inondation. Elle permet non seulement de diagnostiquer les
zones inondables, mais elle est également une base pour contrôler et valider les résultats
des simulations hydrauliques des crues. Ces simulations produisent des données
cartographiques des extensions des crues ainsi que leurs hauteurs et vitesses. Après le
contrôle et la validation de ces résultats, nous avons pu classer et cartographier les
différents degrés de dangers d’inondation, en nous basant sur les seuils de l’approche
Fréquence-Intensité.

Malgré quelques petites marges d’incertitudes, cette carte peut être valable en matière de
zonage des dangers d’inondation. Cependant, il faut mentionner que cette carte est
représentative seulement pour la période de sa réalisation (entre 2009 et 2012). Car, avec la
grande mutation de l’espace urbain de l’agglomération de Fès, plusieurs paramètres
générateurs des inondations ont été modifiés, ce qui a probablement influencé les
extensions des débordements au niveau de quelques tronçons étudiés. A cet égard, une
mise à jour périodique de cette carte est fortement recommandée.

211 Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie des dangers d’inondation
Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : Caractérisation du bassin versant, Conclusion générale
étude du risque et cartographie des dangers

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

Sur le fond des nouveaux changements climatiques ainsi que la grande évolution
démographiques, les inondations sont de plus en plus fréquentes et les dégâts qu’elles
occasionnent ne cessent d’augmenter. De part son appartenance au domaine méditerranéen, le
Maroc est marqué par une forte irrégularité pluviométrique, engendrant des comportements
hydrologiques très violents, notamment dans les oueds drainant des bassins versants
caractérisés par des facteurs (topographiques, géologiques, biologiques et anthropiques) qui
accélèrent l’irrégularité des formes extrêmes d’écoulement (Obda, 2000). Actuellement, les
phénomènes météorologiques qui touchent le Maroc ont tendance à avoir un caractère
extrême, augmentant ainsi les aléas hydrologiques. Par ailleurs, l’urbanisation non maîtrisée,
qui s’est développée à partir des années 1970, empiétant sur les zones inondables des oueds, a
augmenté la vulnérabilité vis-à-vis des aléas d’inondation.

L’agglomération de Fès présente un bon exemple des villes marocaines menacées par les
inondations. Cette situation de risque est due principalement à la position de la ville de Fès
par rapport au bassin versant de l’oued Fès car, elle s’est développée d’une façon peu
contrôlée, dans la zone de confluence de tout le réseau hydrographique drainant le bassin
versant de l’oued Fès. Faute de données hydrométriques, ce bassin versant n’a jamais été
assez étudié ; par conséquent, son comportement hydrologique est mal connu.

Pour étudier le risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès, la présente thèse a visé
trois objectifs complémentaires :

1. Comprendre le comportement hydrologique du bassin versant de l’oued Fès est ses


sous-bassins versants ;
2. Etudier le risque d’inondation, en se basant sur l’analyse de l’aléa hydrologique et la
vulnérabilité de la ville de Fès ;
3. Cartographier les dangers d’inondations dans l’agglomération de Fès, en s’appuyant
sur une méthodologie bien adaptée pour le contexte de la zone d’étude.

En termes de résultats obtenus, nous rappelons que le comportement hydrologique du bassin


versant de l’oued Fès est très compliqué. A partir de l’analyse de ses caractéristiques
physiographiques, il s’est avéré que sa réponse hydrologique ne pourra être que faible. Mais,
lorsque nous nous sommes penchés sur l’étude des intensités des évènements
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Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : Caractérisation du bassin versant, Conclusion générale
étude du risque et cartographie des dangers

pluviométriques, nous avons conclu que les bassins versants en question pourront générer des
crues exceptionnelles, comme le témoignent plusieurs inondations historiques affectant la
ville de Fès.

En ce qui concerne l’étude du risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès, nous


rappelons que l’analyse des inondations historique montre que les crues exceptionnelles
causent des dégâts catastrophiques sur les riverains et leurs biens. Grace aux formules
empiriques régionales et à la modélisation hydrologique, nous avons pu estimer les débits de
pointe des crues ainsi que leurs temps de retour. Ces débits estimés sont assez importants et
peuvent causer des dégâts catastrophiques dans l’avenir. Face à cet aléa hydrologique, la
vulnérabilité de la ville de Fès est alarmante. Cette vulnérabilité est le résultat du
développement anarchique de la ville de Fès, en empiétant sur les zones inondables des oueds.
Il a été démontré également, que les défaillances de la politique urbaine, de l’arsenal
juridique, de l’organisation institutionnel et les limites des ouvrages de protection, sont des
facteurs aggravant la vulnérabilité de la ville de Fès face aux aléas d’inondation. Ces résultats
montrent que la ville de Fès est très menacée par le risque d’inondation. La combinaison d’un
l’aléa hydrologique important (généré par le bassin versant de l’oued Fès) et d’une
vulnérabilité aggravée, ne peut que produire un risque d’inondation assez élevé.

Face à ce risque, la cartographie des dangers d’inondation pourra être un outil pertinent pour
la gestion de ce risque hydrologique. Le troisième objectif de cette thèse a été focalisé sur
l’élaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès. En
effet, ce travail propose une méthodologie bien adaptée au contexte urbain de l’agglomération
de Fès. Cette méthode est composée de deux étapes complémentaires : la cartographie des
phénomènes et la simulation hydraulique des crues. La cartographie des phénomènes a
présenté une phase préalable pour l’élaboration de la carte indicative de l’agglomération de
Fès. Elle a permis de diagnostiquer les zones inondables et par la suite, de contrôler et valider
les résultats de la simulation hydraulique des crues.

La carte indicative des dangers d’inondation de l’agglomération de Fès présente toutefois


quelques marges d’incertitudes. En ce sens, cette carte restent indicatives et doivent être vue
principalement comme un outil de planification et gestion des différents contextes du risque
d’inondation, que ce soit pour le contrôle de l’urbanisation, la prévention et l’aménagement

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Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : Caractérisation du bassin versant, Conclusion générale
étude du risque et cartographie des dangers

du risque et finalement l’intervention en cas de crise. Dans ce sens, nous proposons les
recommandations suivantes :

 Prendre en compte la cartographie des dangers d’inondation dans les documents de


la planification urbaine. La carte des dangers d’inondation peut être un véritable outil
d’aide à la décision. Dans ce cadre nous recommandons de mettre en place des procédures
permettant d’intégrer la carte de danger dans les documents de l’aménagement urbain et
du territoire (Reynard et al, 2012).
 Au niveau de la prévention et l’aménagement du risque. Nous recommandons
d’introduire la carte des dangers d’inondation comme un outil pour la négociation et la
décision, notamment pour la définition des choix en matière d’aménagement des cours
d’eau, gestion du ruissellement et des écoulements, aménagement du lit majeur ou de
champs d’inondation, organisation de l’assainissement pluvial, limitation des obstacles à
l’écoulement des eaux, etc. Cette carte doit être également un outil d’information des
populations riveraines afin d’expliquer les objectifs des mesures constructives et
d’orienter leur comportement en cas de crue ;
 Au niveau de l’intervention en cas de crise. Nous recommandons d’introduire la carte
des dangers d’inondation dans plans de secours et gestion de la crise, car celle-ci peut
produire des informations concernant le degré de dangers, et par conséquent aider aux
choix des lieux où il faut agir en priorité.
 Elaboration d’un guide méthodologique pour la réalisation des cartes des dangers
d’inondation au niveau national. A l’instar de plusieurs pays tel que la France (Masson
et al., 1996) et la Suisse (ARE, OFEG, OFEFP, 2005)), nous recommandons l’élaboration
d’un guide méthodologique décrivant les étapes de la réalisation des cartes de dangers
d’inondations dans les villes marocaines. Dans ce cadre, nous venons de publier un guide
pratique pour l’application de la méthode utilisée dans l’élaboration de la carte indicative
des dangers d’inondation dans deux villes marocaines : Fès et Beni Mellal (Werren et
Lasri, 2014). Ce guide pourra être un instrument à disposition des établissements
responsables de la réalisation de futures cartes de danger.

Sur le plan méthodologique, la cartographie des dangers d’inondation est entravée par
plusieurs difficultés, notamment l’acquisition des données. Pour pallier à ces difficultés, nous
proposons les recommandations suivantes (Reynard et al., 2012) :

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Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : Caractérisation du bassin versant, Conclusion générale
étude du risque et cartographie des dangers

 L’élaboration de modèles numériques de terrain à haute résolution. De plus en plus,


l’analyse hydrologique et géomorphologique se base sur ces outils. La disponibilité de
MNT à haute résolution constitue un véritable outil d’analyse, une base pour la
modélisation, et un outil d’aide à la décision. Nous recommandons aux autorités
l’élaboration des MNT, au moins dans les zones urbanisées, qui sont les plus vulnérables
face aux inondations ;
 La constitution de bases de données climatiques et hydrologiques. Ces données
constituent un instrument très utile pour la prévision hydrologique. Or, cette thèse a
montré que ces données étaient très fragmentées et parfois lacunaires. Une centralisation à
l’échelle des agences de bassin ou à l’échelle nationale est à recommander ;
 La gratuité des données pour les chercheurs. Il s’agit d’assurer la gratuité des données
hydro-climatiques au moins pour les chercheurs via une convention entre la Direction de
la Météorologie Nationale et les agences des bassins hydrauliques d’un côté et le Centre
National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) de l’autre ;
 Le renforcement des réseaux de mesures climatiques et hydrologiques. Les sites de
mesures sont relativement peu nombreux, surtout dans les parties rurales des bassins
versants. Au vu de la grande hétérogénéité spatiale et temporelle des précipitations (et
donc des écoulements), un renforcement des réseaux est à préconiser.

Pour diminuer le risque d’inondation dans la ville de Fès, nous recommandons :

 Le recalibrage des lits mineurs des oueds non-encaissés (oueds El Himmer et Ain Smen).
Cette mesure limite les débordements des crues les plus fréquentes ;
 Le curage des canaux d’évacuation et des ponts, au moins à la fin de chaque saison sèche
(l’été) ou à la fin des travaux de construction ;
 Supprimer ou réduire les obstacles susceptibles d’accroître la hauteur d’eau en zone
urbanisée ou de provoquer des effets de vague par rupture ;
 Mobiliser des aires naturelles de rétention, par la réaliser des espaces verts le long des
oueds ;
 Eviter le comblement des lits de l’oued par les dépôts et mettre en place une politique de
contrôle et de gestion des déchets ;
 Sensibiliser les riverains vulnérables ;
 Déplacer les conduites d’eau potable et /ou d’assainissement qui entravent l’écoulement
des eaux et réduisent les sections des ouvrages d’art ;
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Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : Caractérisation du bassin versant, Conclusion générale
étude du risque et cartographie des dangers

 Augmenter la capacité de stockage des barrages et la lutte contre leur envasement ;


 Mettre en œuvre des techniques d’infiltration ou et/ou de stockage à savoir les chaussées à
structure réservoir, les puits d’infiltration, les tranchées filtrantes, les fossés absorbants ;
 Mettre en place des dispositifs de vidange de zones inondées afin de favoriser l’évacuation
des eaux des zones inondées et réduire la durée de submersion.

Sur le plan de la politique de gestion du risque d’inondation, nous recommandons :

 Le renforcement de la coordination entre les différents acteurs en matière de gestion du


risque d’inondation. Il faut définir un cahier des charges pour chaque groupe d’acteurs, sur
la base des différents contextes d’intervention. La coordination doit prendre en compte
non seulement les institutions classiquement concernées par la gestion du risque
d’inondation (Agences des bassins hydrauliques, Wilayas, Agences Urbaines, etc.), mais
également les acteurs qui sont a priori moins concernés par cette problématique
(Direction des Travaux Publics, Directions Régionales des Eaux et Forêts, etc.) ;
 La nécessité de généraliser la cartographie des risques naturels au niveau national en
suivant l’exemple de l’agence urbaine d’Al Hoceima qui a lancé la cartographie des
dangers naturels (séismes, glissements de terrains et inondations) après la catastrophe du
séisme 2004 ;
 La réactualisation des textes législatifs et réglementaires relatifs au contrôle urbain et à la
gestion du risque d’inondation ;
 La construction de barrages pour écrêter les crues et non pour le stockage des eaux. En
plus, il ne faut pas accorder beaucoup de confiance à ces ouvrages de protections car une
éventuelle rupture des digues des barrages peut provoquer des dommages humains et
matériels dramatiques !
 L’amélioration de la prévision des crues pour une gestion efficace du système d’alerte aux
inondations.

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Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI FLSH Fès-Saïs 2014-2015
Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Structure de la thèse……………………………………………………………………………………. 8


Figure 2 : Carte de situation du bassin versant de l’oued Fès………………………………………….....16
Figure 3 : Les unités administratives couvertes par le bassin versant de l’oued Fès……………………..17
Figure 4 : Extension du bassin versant de l’oued Fès……………………………………………………..23
Figure 5 : bassin versant de l’oued Boufkrane…………………………………………………………….23
Figure 6 : bassin versant oued El Mehraz………………………………………………………………….
24
Figure 7 : Bassin versant de l’oued El Himmer……………………………………………………………24
Figure 8 : Bassin versant de l’oued Chekkou………………………………………………………………
25
Figure 9 : Bassin versant de l’oued El Malleh………………………………………………………….….
25
Figure 10 : Unités topographiques du bassin versant oued Fès…………………………………….…… 27
Figure 11 : Cartes des pentes du bassin versant oued Fès …………………………………………...……
29
Figure 12 : Classes de pentes et leurs surfaces par rapport aux sous-bassins versants……………...……
30
Figure 13 : Courbes hypsométriques du BV oued Fès et ses sous-bassins versants…………………...…..
32
Figure 14 : Contexte structural du bassin versant de l’oued Fès ……………………………………….…
35
Figure 15 : Coupe géologique schématique du bassin versant de l’oued Fès……………………………..35
Figure 16: Lithologie du bassin versant de l’oued Fès……………………………………………….……37
Figure 17 : Zonalité des types de sols…………………………………………………………………...….
40
Figure 18 : Le contraste du couvert végétal entre l’amont et l’aval………………………………………44
Figure 19 : L’organisation du réseau hydrographique du bassin versant oued Fès ………………….….49
Figure 20 : Profils longitudinaux de l’oued Fès et ses cinq affluents……………………………..……….
51
Figure 21 : Localisation des stations et postes pluviométriques observés……………….……………..….
57
Figure 22: Chronogramme des données climatiques observées………………………………………..….58
Figure 23 : Climagramme illustrant les gradients bioclimatiques altitudinaux dans les différents
domaines marocains………………………………………………………………………….… 61
Figure 24 : Diagrammes ombrothérmiques à Ifrane et Fès (1980-2010) ……………………………...…62
Figure 25 : Températures moyennes mensuelles à l’amont et à l’aval (1980-2010) …………..…….……62
Figure 26 : Températures moyennes maximales et minimales à l’amont et à l’aval………..……………..63
Figure 27 : Variation annuelle des précipitations nivales dans la station d’Ifrane………………..………
63
Figure 28 : Variation des pluies moyennes annuelles (1978-2010) à l’échelle du bassin ……………...…64
Figure 29 : Spatialisation de la pluviométrie moyenne annuelle (1978-2010) dans le bassin versant
de l’oued Fès par le biais de deux méthodes d’interpolation : Thiessen et Spline………...… 66
Figure 30 : Fluctuation des précipitations annuelles par rapport aux moyennes des stations
d’Ifrane, Sefrou et Fès (1935-2010) …………………………………………………………... 68
Figure 31 : Distribution des hauteurs des précipitations annuelles ……………………...………………..
69

223 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

Figure 32 : Ajustement statistique des pluies annuelles des stations d’Ifrane, Sefrou et Fès aux lois
adéquates………………………..…………………………………………………………….. 70
Figure 33: Les précipitations moyennes mensuelles (mm/mois) aux stations d’Ifrane ; Sefrou et Fès.…...72
Figure 34: Les précipitations mensuelles maximales à Fès, Sefrou et Ifrane (1935-2010)………………..
73
Figure 35 : Distribution des précipitations moyennes saisonnière sur Ifrane, Sefrou et Fès.……………73
Figure 36 : Spatialisation des pluies moyennes saisonnières (1978-2010) ………………………….……74
Figure 37: Effectif des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane (1978-2010) ………………………………76
Figure 38 : Distribution mensuelle de la moyenne des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane………….…
77
Figure 39 : Distribution saisonnière des jours pluvieux à Fès, Sefrou et Ifrane (1978-2010) ……………77
Figure 40: les précipitations journalières maximales à Fès, Sefrou et Ifrane 1978-2010) ……….………78
Figure 41 : l’apparition des précipitations journalières maximales à l’échelle mensuelle…………….…79
Figure 42 : Situation de la ville de Fès par rapport au réseau hydrographique…………………….……90
Figure 43 : Oued Fès et ses affluents ; de sa source jusqu’à sa confluence avec oued Sebou……………91
Figure 44 : Variation des débits mensuels moyens, maximums et minimums de l’oued Fès amont
pendant la saison hydrologique 1920-1936 …………………………………………………..92
Figure 45 : Variation interannuelle des débits moyens annuels de l’oued Fès amont ………..…………..93
Figure 46 : Situation synoptique à 500 Hpa du 22 septembre 2008 à 0h TU……………………...………106
Figure 47 : Situation synoptique à 500 Hpa du 27 septembre 2008 à 0h TU ………………………..……106
Figure 48 : probabilité de l’intensité horaire des précipitations du 27/09/2008 à 6h TU…………………
107
Figure 48 : Impact de l’urbanisation sur le cycle de l’eau ………………………………………….……114
Figure 49 : Impact de l’urbanisation sur l’hydrogramme de crue ………………………………….…….114
Figure 50 : Limites et exutoires des sous-bassins versants considérés dans le calcul des débits de
pointes…………………………………………………………………………...…………….121
Figure 51 : Schématisation des modèles utilisés………………………………………………….……….124
Figure 52 : Élaboration du modèle du bassin versant de l’oued Fès à partir de deux MNT différents…..126
Figure 53 : Résultats du traitement du modèle de terrain des BVs………………………………..……….127
Figure 54 : Spatialisation des groupes hydrologiques de sols…………………………………..…………
132
Figure 55 : Occupation du sol dans le bassin versant de l’oued Fès en mai 2012………………...………
133
Figure 56 : Spatialisation des coefficients de ruissellement des terrains selon la méthode runoff curve
number ………………………………………………………………………………………..135
Figure 57 : Localisation des postes et stations pluviométriques couvrant le BV……………….………….
136
Figure 58 : Ajustement statistique des Pmax/24h à la loi de Gumbel……………………………...………
137
Figure 59 : Spatialisation des Pmax/24h de la récurrence 10 ans…………………………………………
138
Figure 60 : Spatialisation des Pmax/24h de la récurrence 20 ans…………………………………………
139
Figure 61 : Spatialisation des Pmax/24h de la récurrence 50 ans…………………………………………
139

224 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

Figure 62 : Spatialisation des Pmax/24h de la récurrence 100 ans…………………………….…………139


Figure 63 : Schématisation du processus de simulation hydrologique du modèle HEC-HMS……………140
Figure 64 : hydrogramme des crues simulées dans quelques stations de simulation ……………………..141
Figure 65 : Evolution de la population de la ville de Fès entre 1912 et 2014……………………..………147
Figure 66 : Evolution du nombre des ménages entre 1994 et 2004 selon les arrondissements ………….148
Figure 67 : La répartition des ménages dans la ville de Fès selon le type d’habitat en 2009……….……149
Figure 68 : Statuts d’occupation des ménages entre 1994 et 2004…………………………………..……
149
Figure 69 : Prix du terrain en 1991 ………………………………………………………………..………
150
Figure 70 : Evolution du tissu urbain de la ville de Fès en un siècle (1912 à 2012) ……………...………
152
Figure 71 : les ouvrages de protections contre les inondations…………………………………………. 157
Figure 72 : Glissement du quartier périphérique Aouinat El Hajjaj vers le fond de la vallée de
Boufekrane après la construction du barrage El Gaada………………………………………157
Figure 73 : Implantation des riverains et établissement questionnés………………………………….…..159
Figure 74 : Cartographie de la vulnérabilité des riverains dans l’agglomération de Fès………..……….160
Figure 75 : Différentes unités hydrogéomorphologiques ………………………………………….………
170
Figure 76 : Zone à cartographier et éléments du fond de carte……………………………………..……..
177
Figure 77 : Éléments de l’hydrographie et canalisations……………………………………………….…179
Figure 78 : Cartographie des unités hydrogéomorphologiques de l’oued Fès aval…………………...…..
181
Figure 79 : Cartographie des lits majeurs des oueds Boufkrane ; El Mehraz et El Himmer………..…….182
Figure 80 : Cônes de déjection actifs au pied de Jbel Tghat……………………………………………….
183
Figure 81 : Eléments anthropiques influençant l’écoulement………………………………………….….187
Figure 82 : Extension maximale de l’inondation de l’oued Fès amont (mars 2010) …………………..….188
Figure 83 : Délimitation de l’inondation de la plaine alluviale de l’oued Sebou (périphérie N-E) le 26
septembre 2008………………………………………………………………………………… 189
Figure 84 : Délimitation de l’inondation de la plaine alluviale de l’oued El Himmer le 26 septembre
2008………………………………………………………………………………….……..…..189
Figure 85 : Délimitation de l’inondation de l’oued El Mehraz suite au débordement du barrage Moulay
Arafa le 26 septembre 2008………………………………………………………...…….……190
Figure 86 : Délimitation de l’inondation de l’oued Boufkrane suite au débordement du barrage El
Gaada le 26 septembre 2008…………………………………………………...……………… 190
Figure 87 : Délimitation de l’inondation de l’oued Boufkrane à l’entré de la médina suite au
débordement de son canal d’évacuation…………………………………………………….…191
Figure 88 : La carte des phénomènes liés aux inondations dans l’agglomération de Fès………………....
192
Figure 89 : Schématisation de l’interopérabilité des programmes utilisés ……………………….……….
196
Figure 90 : Profils en travers de la zone couverte par les simulations hydrauliques des crues…..……….
198
Figure 91 : Simulation des hauteurs, vitesses et largeurs d’eau sur quelques sections……………….….199
Figure 92 : Résultats de l’interpolation de la submersion des sections pour quelques tronçons….………200

225 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

Figure 93 : Carte des hauteurs d’eau (simulation d’une crue centennale)…………………………..……201


Figure 94 : Carte des vitesses d’écoulement (simulation d’une crue centennale)……………………...….201
Figure 95 : Carte de submersion des crues pour les temps de retour 20, 50 et 100 ans…………….…….202
Figure 96 : Comparaison entre les résultats de la simulation hydraulique et les zones inondées suites
aux débordements du barrage Moulay Arafa le 28 septembre 2008………………………….203
Figure 97 : Comparaison entre les résultats de la simulation hydraulique et l’inondation de référence
de l’oued Fès amont……………………………………………………………………………203
Figure 98 : Comparaison entre les résultats de la simulation hydraulique et les limites
hydrogéomorphologiques de l’oued Fès aval…………………….……………………………204
Figure 99 : La matrice des degrés de danger…………………………………………………………...….
205
Figure 100 : Schéma de l’élaboration de la carte indicative des dangers d’inondation………………… 206
Figure 101 : Carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès................................
207

LISTE DES PHOTOS

Photo 1 : Causse d’Ifrane ………………………………………………………………………………....28


Photo 2 : Causse d’Immouzzer……………………………………………………………………………28
Photo 3 : Dir de Sefrou……………………………………………………………………………………28
Photo 4 : Dir d’Immouzzer…………………………………………………………………………………
28
Photo 5 : Vue panoramique sur le plateau du Saïs depuis le dir d’Immouzzer ………………………… 28
Photo 6 : Versant méridionaux des rides prérifaines au Nord de la ville de Fès…………………………28
Photo 7 : Mélange de blocs de calcaire avec la marne blanche au sommet de Jbel Tghat………………36
Photo 8 : Une partie du massif forestier du Jebl Aoua (21 mai 2014) ………………………………….. 44
Photo 9 : Une vue sur la forêt des Ait Youssi de l’Amekla (21 mai 2014) ……………………………… 44
Photo 10 : Ain Bergama Lakbira dans la zone amont de l’oued Fès……………………………………. 92
Photo 11 : Ain Atrous dans le dans le domaine de Ras El Ma ………………………………………….. 92
Photo 12 : zone marécageuse de l’oued Fès amont………………………………………………………94
Photo 13 : oued Fès aval à l’entrée de la médina ………………………………………………………. 94
Photo 14 : Le barrage collinaire El Gaada sur oued Boufkrane……………………………………….. 95
Photo 15 : canal d’évacuation des crues de l’oued El Mehraz vers oued Boufkrane…………………… 95
Photo 16 : Partie amont du bassin versant de l’oued El Mehraz…………………………………………95
Photo 17 : Le barrage collinaire Moulay Arafa sur oued El Mehraz…………………………………… 96
Photo71 : Oued El Himmer à la sortie du massif de Kandar……………………………………………. 96
Photo 18 : photo aérienne (2005) du torrent de l’oued El Himmer à la sortie du massif du Kandar……96
Photo18 : canyon de l’oued Ain Smen…………………………………………………………………… 98
Photo 19 : oued El Qantra à l’amont du bassin versant oued Chekkou………………………………… 98
Photo 20 : Cascade de l’oued Chekkou au dir d’Immouzzer………………………………………………
98

226 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

Photo 21 : Oued Chekkou en crue avant de rejoindre Ain Cheggag………………………………………


98
Photo 22 : Le canyon de l’oued Bou Rkaiz encaissé dans les calcaires lacustres…………………………
99
Photo 23 : Photo aérienne du canyon de l’oued Bou Rkaiz………………………………………………99
Photo 24 : La décrue de l’oued Bou Rkaiz…………………………………………………………………
100
Photo 25 : Canal d’évacuation de la crue de l’oued Bou Rkaiz………………………………………… 100
Photo 26 : Maison détruite par la crue de l’oued El Mehraz le 26 septembre 1950……………………. 103
Photo 27 : Vue panoramique de l’inondation de l’oued Fès amont en mars 2010……………………… 110
Photo 28 : Inondation du Douar Mchraa Kraym dans la périphérie occidentale de la ville de Fès……..111
Photo 29 : Destruction partielle d’une maison dans le Douar Mchraa Kraym à cause des inondations
de l’oued Fès en mars 2010…………………………………………………………………… 111
Photo 30 : Inondation du quartier Hay Stitou le 13 mars 2013…………………………………………111
Photo 31 : Perturbation du trafic routier à cause des inondations du 19 mars 2010……………………111
Photo 32 : Plaine alluviale de l’oued El Himmer ………………………………………………………..112
Photo 33 : Canal d’évacuation de l’oued El Himmer (en cours de construction 24-12-2009) ………… 112
Photo 34 : Crue torrentielle (qui dépasse 4 mètres de haut) de l’oued Fès au niveau de la médina de
Fès ……………………………………………………………………………………………112
Photo 35 : Débordement du canal d’évacuation oued El Himmer dans le quartier Lala Soukaina ……. 113
Photo 36 : Débordement du canal d’évacuation de l’oued Boufkrane à l’entrée de la médina …………113
Photo 37 : Une voiture sous l’eau sous le pont de Ben Souda ………………………………………….. 114
Photo 38 : Inondation de la place Moulay Rachid par les eaux pluviales…………….………………… 114
Photo 39 : Canal à ciel ouvert de l’oued Fès……………………………………………………………. 185
Photo 40 : Canal de déviation depuis le barrage My Arafa vers l’oued Boufkrane…………………….. 185
Photo 41 : Canalisation en cours de l’oued El Himmer………………………………………………….185
Photo 42 : Canal couvert de l’oued El Mehraz………………………………………………………….. 185
Photo 43 : Pont très fréquemment débordé ………………………………………………………………186
Photo 44 : Pont fréquemment débordé……………………………………………………………………186
Photo 45 : Pont exceptionnellement débordé…………………………………………………………………… 186
Photo 46 : Pont jamais débordé…………………………………………………………………………………….186

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Correspondance valeur de Kc et type de réponse hydrologique attendue……………..…… 22


Tableau 2 : Caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses cinq sous-
bassins versants…………………………………………………………………………..… 26
Tableau 3 : Répartition hypsométrique dans le bassin versant de l’oued Fès…………………………... 31
Tableau 4 : Correspondance type de relief et le Dénivelé spécifique…………………………………… 33

227 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Liste des figures,
des dangers d’inondation photos et tableaux

Tableau 5 : Paramètres et indices de relief du bassin versant oued Fès et ses sous-bassins…………… 33
Tableau 6 : Densité de drainage du bassin versant oued Fès et ses sous-bassins………………………. 47
Tableau 7 : Ordination du réseau hydrographique des cinq sous-bassins versants…………………….. 48
Tableau 8 : Pente moyenne des différents oueds en (m/km) …………………………………………….. 52
Tableau 9 : Les 20 stations et postes des données climatiques observées ……………………………… 57
Tableau 10 : Variation des pluies annuelles (1935 - 2010) à Fès, Sefrou et Ifrane ……………………. 67
Tableau 11 : Fréquences des précipitations annuelles et leurs temps de retours pour les stations
d’Ifrane, Sefrou et Fès. …………………………………………………………………….71
Tableau 12 : Débit des principales sources en septembre 1984………………………………………… 91
Tableau 13 : Reconstitution des principales inondations affectant la ville de Fès……………………… 101
Tableau 14 : Intensités des précipitations du vendredi 13 octobre 1989……………………………….. 104
Tableau 15 : Précipitations journalières du 18 au 28 septembre 2008…………………………………. 108
Tableau 16 : Pente moyennes des oueds générant les inondations torrentielles dans la ville de Fès…... 112
Tableau 17 : Récapitulation des types d’inondations affectant la ville de Fès……………………………... 115
Tableau 18 : Temps de concentration calculés via les différentes formules utilisées……………………… 117
Tableau 19 : Temps de concentration estimés pour les différents oueds dans de la ville de Fès……….. 117
Tableau 20 : Valeurs des paramètres K et K pour quelques régions du Maroc………………………. 121
Tableau 21 : Caractéristiques géométriques et coefficients régionaux des sous-bassins versants……… 122
Tableau 22 : Résultats des calculs des débits de pointe par les différentes formules …………………... 123
Tableau 23 : Granulométrie de quelques profils pédologiques ………………………………….……... 130
Tableau 24 : Classification des sols selon leurs groupes hydrologiques……………………………….. 131
Tableau 25 : Coefficient de ruissellement selon le type de l’occupation du sol et le groupe
hydrologique des sols…………………………………………………………………….... 134
Tableau 26 : Résultats des ajustements des Pmax/24h à la loi de Gumbel……………………………… 138
Tableau 27 : Débits de pointe retenus pour les différentes périodes de retour…………………………….. 142
Tableau 28 : Prix de vente moyen des terrains dans la ville de Fès ………………………………………… 151
Tableau 29 : Tailles d’échantillons et nombres de réponses par rapport aux oueds………………………. 158
Tableau 30 : Nombre des profils en travers chaque oued…………………………………………………….. 198
Tableau 30 : Seuils de mesures de l’intensité. H = hauteur de l’eau ; v = vitesse de l’eau………………. 205
Tableau 31 : Seuils de probabilité d’occurrence pour la Suisse et le Maroc……………………………….. 206

228 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

TABLE DES MATIERES

Sommaire……………………………………………………………………………………….…………….
1
Résumé……………………………………………………………………………………….………………
2
Abstract…………………………………………………………………………………….………………...3
‫……………………………………………………………………………………………ملخص‬.………….4
Remerciements……………………………………………………………………………………………….
5
INTRODUCTION GÉNÉRALE ………………………………………………………………………….6
Première Partie : Les bassins versants de l’oued Fès et ses affluents : Caractéristiques
physiographiques et climatiques…………………………………………………………………………... .13
Chapitre 1 : La physiographie et la réponse hydrologique du bassin versant de l’oued Fès et ses
sous-bassins versants……………………………………………………………………………………….. .19
Introduction ………………………………………………………………………………………………….20
1.1 Caractéristiques morphométriques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins versants…….. 21
1.1.1 Rappel des indices morphométriques des bassins versants………………………………….…………
21
 L’indice de compacité de GRAVELIUS (Kc) ………………………………………………….21
 Longueur du rectangle équivalent (L) ………………………………………………………….22
 Largeur du rectangle équivalent (l) …………………………………………………………….22
1.1.2 Délimitation et cartographie du bassin versant de l’oued Fès et ses cinq sous-bassins versants…… 22
1.1.3 Calcul des indices morphométriques et leurs impacts sur la réponse hydrologique des bassins
versants …………………………………………………………………………………………….. .26
1.2 Caractéristiques topographiques : une énergie du relief assez faible……………………………………27
1.2.1 Quatre unités topographiques différentes……………………………………………….……………..27
1.2.2 Des pentes généralement faibles……………………………………………………………………….29
1.2.3 Hypsométrie du bassin versant oued Fès et ses sous-bassins versants………………………………. 31
1.2.4 Une énergie de relief assez faible……………………………………………………………….……..33
1.3 Facteur géologique et son influence sur la réponse hydrologique du bassin versant …………………. 34
1.3.1 Contexte structural et hydrogéologique du bassin versant de l’oued Fès …………………………….34
1.3.1 La lithologie : une perméabilité différente des terrains ……………………….……………………….
36
1.4 Des couvertures pédologiques très variés………………………………………………………………..39
1.5 Le couvet végétal, entre l’amont et l’aval………………………………………………………………..
43
1.6 Caractéristiques hydrographiques du bassin versant de l’oued Fès et ses sous-bassins……….……… 46
1.6.1 Un réseau hydrographique moyennement dense mais mal acheminé……………………….………..46
1.6.2 Les profils en long des principaux oueds : des pentes hétérogènes………………………………….. 50
Conclusion……………………………………………………………………………………………………
53
Chapitre 2 : Climat du bassin versant de l’oued Fès : les contrastes spatiotemporels des
précipitations……………………………………………………………………………………………….. .55
Introduction…………………………………………………………………………………………………..56

229 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

2.1 Présentation données climatiques et choix des chroniques représentatives…………………………….56


2.1.1 Stations et postes des observations climatiques………………………………………………………..56
2.1.2 Choix des chroniques adéquates et des stations significatives………………………………………..57
2.2 Contexte régional et local du climat du bassin versant de l’oued Fès…………………………………..59
2.2.1 Influence des cellules atmosphériques régionales ……………………………………………………..
59
a. L’anticyclone des Açores………………………………………………………………………….
59
b. La dépression d’Islande…………………………………………………………………………..60
c. L’anticyclone saharien………………………………………………………………..……60
2.2.2 Le contexte local du climat : influence de l’orographie……………………………………………….60
2.3 le contraste spatiotemporel des températures………………….…………………………………………
62
2.4 Variations spatiales des précipitations moyennes annuelles dans le bassin versant de l’oued Fès : essai
de spatialisation……………………………………………………………………..…………………..64
2.5 Variations interannuelles et tendances des précipitations ……………………………………….………
67
2.5.1 Une grande fluctuation des pluies annuelles……………………………………..…………………….
67
2.5.2 Distribution des précipitations annuelles………………………………………………………………68
2.5.3 Analyse fréquentielle des précipitations annuelles et leurs temps de retours…………………………69
2.6 Variations temporelles et spatiales des précipitations mensuelles et saisonnières ……………………..71
2.6.1 Les précipitations moyennes mensuelles………………………………………………………………71
2.6.1 Les précipitations mensuelles maximales……………………………………………………………..72
2.6.3 Distributions spatiotemporelles des précipitations saisonnières………………………………………73
2.7 Variations et intensités des précipitations journalières…………………………………………………..75
2.7.1 Variation interannuelle de l’effectif des jours pluvieux ………………………………………………75
2.7.2 Distribution mensuelle et saisonnière des jours pluvieux…………………………………………… 76
2.7.3 Précipitations journalières maximales à l’échelle annuelle et leurs apparitions à l’échelle
mensuelle………………………………………………………………………………………………. .78
Conclusion …………………………………………………………………………………………………..79
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE……………..……………………………………………81

Deuxième Partie : Risque d’inondation menaçant l’agglomération de Fès : un aléa important face à
une vulnérabilité aggravée…………………………………………………………………………………. .83
Chapitre 3 : Etude hydrologique et aléa d’inondation dans l’agglomération de Fès ………………….87
Introduction ………………………………………………………………………………………………….88
3.1 Présentation des oueds inondant l’agglomération de Fès………………………………………………..89
3.1.1 Oued Fès……………………………………………………………………………………………….91
3.1.2 Oued Boufekrane………………………………………………………………………………………94
3.1.3 Oued El Mehraz……………………………………………………………………………………….95
3.1.4 Oued El Himmer………………………………………………………………………………………96
3.1.5 Oueds Ain Smen ……………………………………………………………………………………….
97

230 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

3.1.6 Oued El Malleh………………………………………………………………………….……………..99


3.1.7 Oued Bou Rkaiz………………………………………………………………………………………..99
3.2 Reconstitution et analyse des inondations historiques dans la ville de Fès………………….………… 100
3.2.1 Reconstitution des principales inondations historiques affectant la ville de Fès…………..…………101
3.2.2 Analyse de quelques inondations extrêmes touchant la ville de Fès………………………….………102
[Link] Les inondations du 26 septembre 1950………………………………………………………………
102
[Link] Les inondations du 13 octobre 1989…………………………………………………………………104
[Link] Les inondations du 28 septembre 2008………………………………………………………………
105
3.3 Typologie des inondations menaçant l’agglomération de Fès…………………………………………..109
3.3.1 Les inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe phréatique…………………………109
3.3.2 Les inondations des plaines alluviales…………………………………………………………………111
3.3.3 Les inondations torrentielles…………………………………………………………………………...112
3.3.4 Les inondations dues aux débordements ponctuels……………………………………………………113
3.3.5 Les inondations par ruissellement urbain……………………………………………………………...113
3.4 Estimation du temps de concentration des crues au niveau de l’agglomération de Fès………………. 115
3.4.1 Présentations des formules utilisées…………………………………………………….…………….116
3.4.2 Calcul et discutions des résultats …………………………………………….……………………….117
3.5 Estimation des débits de pointe pour les différentes périodes de retour via les formules empiriques
régionales………………………………………………………………………………………………... .118
3.5.1 Présentation des formules empiriques régionales utilisées…………………………………………….119
 Formule de Mallet-Gauthier ……………………………………………………………………119
 Formule de Fuller II…………………………………………………………………………….120
 Formule de Hazan – Lazarevic………………………………………………………………….120
3.5.2 Délimitation des bassins versants aux différentes sections et détermination de leurs paramètres……121
3.5.3 Résultats des calculs des débits de pointes par les différentes formules……………………….……..122
3.6 Modélisation de la réponse hydrologique extrême des bassins versants : application d’un modèle
évènementiel de transfert pluie-débit…………………………………………………………………… .124
3.6.1 Elaboration du modèle des bassins versants…………………………………………………………..125
3.6.2. Paramétrage morphométrique et hydrographique des bassins versants……………………...……... 127
3.6.3. Calcul et cartographie des coefficients de ruissellement des terrains : application de la méthode
« runoff curve number » ……………………………………………………………………………… .128
[Link] Classification et cartographie de la capacité de ruissellement des sols selon la base de données
SSURGO……………………………………………………………………………………………….128
[Link] Cartographie et classification de l’occupation du sol…………………………………...………132
[Link] Application de la méthode « runoff curve number » pour calculer et cartographie les coefficients
de ruissellement des terrains…………………………………………………………………………… .134
3.6.4 Préparation du modèle météorologique : pluies maximales journalières de différents temps de
retour……………………..……………………………………………………………………………... .135

231 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

3.6.5 Simulations des hydrogrammes de crues …………………………………………………………..….140


3.7 Comparaison et discussion des résultats…………………………………………………………..….….141
Conclusion……………………………………………………………………………………………………
143
Chapitre 4 : La vulnérabilité de la ville de Fès face aux aléas d’inondation : anthropisation des
zones inondables, défaillances des pratiques préventives et vulnérabilité des riverains………………. .145
Introduction ………………………………………………………………………………………………….146
4.1 L’explosion démographique de la ville de Fès…………………………………………………………..147
4.2 Développement du tissu urbain et l’anthropisation des zones inondables………………………………150
4.3 Entraves de l’application du Schéma Directeur de l’Aménagement Urbain (S.D.A.U) de Fès…………152
4.4 Défaillances juridiques et institutionnelles en matière de gestion du risque d’inondation……………. 154
4.5 Limites des ouvrages de protection et des pratiques préventives……………………………………….156
4.6 La cartographie de la vulnérabilité des riverains………………………………………………………...158
Conclusion …………………………………………………………………………………………………..160
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE…………………………………………………………...
162

Troisième partie : La cartographie des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès : de la


cartographie des phénomènes à la simulation hydraulique des crues………………………………….. .163
Chapitre 5 : La cartographie des phénomènes : une phase préalable pour la spatialisation des zones
inondables dans l’agglomération de Fès………………………………………………………………….. .167
Introduction………………………………………………………………………………………………….168
5.1 Adaptation de la cartographie des phénomènes au contexte de la zone d’étude…………………… 169
5.1.1 L’approche hydrogéomorphologique………………………………………………………….………169
5.1.2 L’approche de la microtopographie et les corps sédimentaires ………………………………………171
5.1.3 L’approche géomorphologique intégrée ………………………………………………………………172
5.1.4 L’approche historique ………………………………………………………………………………….
173
5.1.5 La cartographie de l’impact des actions anthropique sur les inondations…………………………….174
5.2 Démarche et structuration de la carte des phénomènes de l’agglomération de Fès……………………..175
5.2.1 Quelle zone à cartographier et sur quel fond ? ……………………………………………………......175
5.2.2 Eléments de la légende…………………………………………………………………………………
178
5.3 La cartographie des éléments de l’hydrographie et leurs caractéristiques……………………………….
178
5.4 La cartographie géomorphologique de l’espace fluvial………………………………………………….179
5.4.1 La cartographie des témoins hydrogéomorphologiques………………………………………………180
5.4.2 La cartographie des modelés et des processus morphogéniques de l’espace fluvial………………….182
5.4.3 La cartographie des cônes de déjection actifs………………………………………………………….183
5.5 La cartographie des impacts de l’action anthropique sur l’écoulement………………………………….
183
5.5.1 Cartographie des éléments présentant des obstacles à l’écoulement…………………………………..184
5.5.2 La canalisations et leurs impacts……………………………………………………………………….
185
5.5.3 La cartographie des ponts et leurs fréquences de débordements………………………………………185

232 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

5.6 Délimitation des zones inondées…………………………………………………………………………


187
5.6.1 La cartographie des inondations dues essentiellement à la remontée de la nappe phréatique………. 188
5.6.2 La cartographie des inondations des plaines alluviales………………………………………………..189
5.6.3 La cartographie des inondations dues aux débordements des barrages ………………………………190
5.6.4 La cartographie des inondations dues aux débordements ponctuels………………………………….191
5.7 Elaboration de la carte des phénomènes de la ville de Fès………………………………………………191
Conclusion……………………………………………………………………………………………………
193
Chapitre 6 : La modélisation hydraulique des crues et élaboration de la carte indicative des dangers
d’inondation dans l’agglomération de Fès……………………………………………………………….. .194
Introduction………………………………………………………………………………………….……….195
6.1 Présentation du modèle utilisé pour la modélisation hydraulique des crues……………………………196
6.2 Préparation du modèle hydraulique : données géométriques…………………………………………....197
6.3 Paramétrages hydrauliques et calculs des résultats………………………………………………………
199
6.4 Simulation et cartographie des caractéristiques hydrauliques des crues…………………………………
200
6.5 Contrôle des résultats de la modélisation hydraulique…………………………………………………..202
6.6 Classification des degrés du danger à partir de l’approches « Fréquence-Intensité » ……………….. 205
6.7 Elaboration de la carte indicative des dangers d’inondation dans l’agglomération de Fès……………. 206
Conclusion…………………………………………………………………………………………………....
210
CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE………………………………………………………….211

CONCLUSION GENERALE…………………………………………………...…………………………212
Bibliographie…………………………………………………………...…………………………………….
217
Liste des figures, photos et tableaux………………………………...……………………………….………223
Table des matières………………………………………………...………………………………….………
229
Annexe………………………………………………………………………………………………………..
234
Annexe 1 : Mosaïque des photos aériennes de 1962 et 1990 et image satellite de 2012…………………. 235
Annexe 2 : Fiche d’entretien avec les acteurs institutionnels……………………………………………… 236
Annexe 3 : Questionnaire de la vulnérabilité des riverains………………………………………………….239
Annexe 4 : Profils en travers des oueds……………………………………………………………………..241
Annexe 5 : Les coefficients de rugosité de Manning (Chow, 1959)………………………………………. 245
Annexe 6 : Simulation des hauteurs, vitesses et largeurs d’eau sur quelques sections……………………. 247
Annexe 7 : Interpolation de la submersion des sections…………………………………………………….258

233 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

ANNEXE

Annexe 1 : Mosaïque des photos aériennes de 1962 et 1990 et image satellitaire de 2012

Annexe 2 : Fiche d’entretien avec les acteurs institutionnels

Annexe 3 : Questionnaire de la vulnérabilité des riverains

Annexe 4 : Profils en travers des oueds

Annexe 5 : Les coefficients de rugosité de Manning (Chow, 1959)

Annexe 6 : Simulation des hauteurs, vitesses et largeurs d’eau sur quelques sections

Annexe 7 : Interpolation de la submersion des sections

234 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Annexe 1 :

Mosaïque des photos


aériennes de 1962 et 1990
et image satellite de 2012

235 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Annexe 2 : Fiche d’entretien avec les acteurs institutionnels

Université Sidi
Mohamed Ben
Abdellah
FLSH Fès-Saïs
LAGEA-URAC54

Entretien sur le rôle des acteurs institutionnels dans la gestion du risque d’inondation
dans la ville de Fès

Cet entretien s’inscrit dans le cadre d’un projet initié et financé par la Direction du
développement et de la Coopération Suisse (DDC) qui vise une meilleure gestion du risque
d’inondation dans la ville de Fès. Ce projet a été confié conjointement au Laboratoire
d’Analyses Géo-Environnementales et d’Aménagement (LAGEA-URAC54) de la FLSH
Saïs-Fès ; ainsi que l’Institut de Géographie de l’Université de Lausanne, Suisse (IGUL).
Parallèlement à ce projet, je suis en train de rédiger une thèse de doctorat sur « la gestion du
risque d’inondation dans l’agglomération de Fès ».

Cet entretien a comme but de cerner le rôle des acteurs institutionnels dans la gestion du
risque d’inondation dans l’agglomération de Fès. Ses conclusions formeront la base des
recommandations accompagnant la carte indicative des dangers d’inondation dans
l’agglomération de Fès dans l’agglomération de Fès.
Je tiens à vous solliciter de bien vouloir répondre à cet entretien (d’environ 15 minutes) en
toute confidentialité et les informations recueillies seront utilisées exclusivement dans le cadre
du projet et de ma thèse.

Date : Institution :

Lieu : Interlocuteur :

Entretien no : Fonction :

Réglementation / Contrôle

1. Quels instruments juridiques pour la gestion du risque d’inondation au Maroc ? Et à


Fès ?

2. Comment le risque d’inondation est-il pris en compte par les S.D.A.U. ?

3. Qui met en œuvre les prescriptions des S.D.A.U. ?

236 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

4. Comment le risque d’inondation est-il pris en compte dans les Plans d’aménagement ?

5. Qui met en œuvre les prescriptions des plans d’aménagement ?

6. Quelle est l’imbrication de ces documents au niveau de la décision ?

7. Quels instruments de contrôle et d’intervention en cas de non-respect des


prescriptions ?

8. Qui est responsable du contrôle et de l’intervention en cas de non-respect des


prescriptions ?

Information / Connaissance du phénomène

9. Qu’est-ce que le risque ? Qu’est-ce que le risque d’inondation ?

10. Est-ce que le risque s’est modifié dans le temps ? Quels facteurs, quelles raisons à
l’origine de ce changement ?

11. Quel type de connaissances liées au risque détenez-vous ? : scientifiques, juridiques,


expérience personnelle…

12. Quels canaux d’information sont mis à disposition pour la population concernée ?

13. Quelle relation avec les milieux scientifiques (université) en ce qui concerne la gestion
du risque ?

14. Quelle relation avec les milieux professionnels (bureaux d’étude) en ce qui concerne
la gestion du risque ?

Prévention

15. Qui s’occupe et comment est organisée la prévention des risques à Fès ?

16. Qui s’occupe de l’aménagement des cours d’eau ?

17. Quels documents, directives, autorisations… gèrent la mise en œuvre de ces


aménagements ?

18. Qui construit les ouvrages de protection ?

237 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

19. Quels aménagements sont dans l’attribution directe de votre institution / département ?

20. Spatialement, vos attributions s’étendent à quel domaine (urbain, périurbain, bassins
versants…) ?

21. Quels instruments ou mesures d’aménagement du territoire sont utilisés dans un but de
prévention des risques d’inondation à Fès ?

22. Quels sont les services avec lesquels vous travaillez le plus souvent sur des questions
de prévention des risques ?

23. Quel type de relation entretenez-vous avec ces services (hiérarchiques, horizontale,
etc)

24. Y-a-t-il des directives concernant l’harmonisation des mesures ?

25. Cartographie du danger : quelle place dans la gestion du risque ? Avez-vous


d’expériences concernant la cartographie du danger ?

Alerte / Intervention / Prévision

26. A quel niveau la prévision / alerte se fait-elle ? national, régional, local…

27. Quel seuil météorologique pour déclencher l’alerte ?

28. Quel temps d’intervention ?

29. Qui intervient une fois l’alerte donnée ?

30. Quel type d’actions sont entreprises ?

Reconstruction

31. Comment les mesures de reconstruction sont-elles organisées ?

32. Qui en est responsable ?

33. Quel rôle jouent les assurances dans le processus de rétablissement ?

238 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Annexe 3 : Questionnaire de la vulnérabilité des riverains

Enquête sur « la vulnérabilité des riverains face aux aléas d’inondation »

Ce questionnaire s’inscrit dans le cadre des travaux de notre thèse de doctorat, portant sur
l’étude des inondations menaçant l’agglomération de Fès. À partir de cette enquête, nous
visant la caractérisation de la vulnérabilité des riverains et des établissements face aux aléas
d’inondation, en se basant sur cinq critères. D’après ces critères, nous allons évaluer le degré
de vulnérabilité de chaque enjeu enquêté. Le résultat final de cette étude sera présenté sous
forme d’une carte de vulnérabilité des riverains dans l’agglomération de Fès.
Je tiens à vous solliciter de bien vouloir répondre à ce questionnaire en toute confidentialité et
les informations recueillies seront utilisées exclusivement dans le cadre de notre thèse.

Date et heure Oued Quartier Numéro du questionnaire

1. Type de « l’enjeu » enquêté

 Logement □ Propriété □ Location □ Autre □


 Commercial □ Propriété □ Location □ Autre □
 Administratif □ Lequel ?
 Service social □ Lequel ?
 Autres □ Lequel ?

2. La situation de « l’enjeu » par rapport à l’oued

 Coordonnées de l’enjeu enquêté : X : Y:


 Localisation par rapport aux unités hydrogéomorphologiques :
o Lit mineur □
o Lit moyen □
o Lit majeur □
o Terrasse □
 Eloignement du lit mineur :
 Hauteur par rapport au lit mineur :
 Ouvrage de protection : Oui □ Non □ Lequel ?
Capacité d’évacuation ou de rétention :
Croquis (profil en travers)

Vulnérabilité : Faible □ Moyenne □ Elevée □


239 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015
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des dangers d’inondation

3. La fréquence des débordements de l’oued

 Quelle est la fréquence du débordement de cet oued.


o Rare □
o Annuelle □
o Après chaque évènement pluvieux de moyenne et forte intensité □
 Nombre des inondations affectant cet « enjeu » durant les 5 dernières années :
 Nombre des inondations affectant cet « enjeu » avant 2008 :
Lesquelles :

Vulnérabilité : Faible □ Moyenne □ Elevée □


4. Les dégâts causés ou éventuels

 La nature des dégâts causés par les différentes inondations affectant cet enjeu :
o Inondation 1 :
o Inondation 2 :
o Inondation 3 :
 Le coût des dégâts causés par les différentes inondations affectant cet enjeu :
o Inondation 1 :
o Inondation 2 :
o Inondation 3 :
 Estimation de la valeur (monétaire) des biens vulnérables :
 Vulnérabilité : Faible □ Moyenne □ Elevée □

Vulnérabilité : Faible □ Moyenne □ Elevée □


5. Nombre de la population en danger et leur degré de vulnérabilité

 Enfants :
 Adultes :
 Personnes âgées :
 Personnes handicapées :

Vulnérabilité : Faible □ Moyenne □ Elevée □


6. Capacité de rétablissement

 Assurance : Oui □ Non □


 Outils et notions des premiers secours : Oui □ Non □
Remarque :

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des dangers d’inondation

Annexe 4 : Profils en travers des oueds

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des dangers d’inondation

Annexe 5 : Les coefficients de rugosité de Manning (Chow, 1959)

Type of Channel and Description Minimum Normal Maximum


1. Main Channels
a. clean, straight, full stage, no rifts or deep pools 0.025 0.03 0.033
b. same as above, but more stones and weeds 0.03 0.035 0.04
c. clean, winding, some pools and shoals 0.033 0.04 0.045
d. same as above, but some weeds and stones 0.035 0.045 0.05
e. same as above, lower stages, more ineffective
slopes and sections 0.04 0.048 0.055
f. same as "d" with more stones 0.045 0.05 0.06
g. sluggish reaches, weedy, deep pools 0.05 0.07 0.08

h. very weedy reaches, deep pools, or floodways


with heavy stand of timber and underbrush 0.075 0.1 0.15
2. Mountain streams, no vegetation in channel, banks usually steep, trees and brush along banks submerged at high
stages
a. bottom: gravels, cobbles, and few boulders 0.03 0.04 0.05
b. bottom: cobbles with large boulders 0.04 0.05 0.07
3. Floodplains
a. Pasture, no brush
[Link] grass 0.025 0.03 0.035
2. high grass 0.03 0.035 0.05
b. Cultivated areas
1. no crop 0.02 0.03 0.04
2. mature row crops 0.025 0.035 0.045
3. mature field crops 0.03 0.04 0.05
c. Brush
1. scattered brush, heavy weeds 0.035 0.05 0.07
2. light brush and trees, in winter 0.035 0.05 0.06
3. light brush and trees, in summer 0.04 0.06 0.08
4. medium to dense brush, in winter 0.045 0.07 0.11
5. medium to dense brush, in summer 0.07 0.1 0.16
d. Trees
1. dense willows, summer, straight 0.11 0.15 0.2
2. cleared land with tree stumps, no sprouts 0.03 0.04 0.05
3. same as above, but with heavy growth of sprouts 0.05 0.06 0.08
4. heavy stand of timber, a few down trees, little undergrowth, flood stage
below branches 0.08 0.1 0.12
5. same as 4. with flood stage reaching branches 0.1 0.12 0.16
4. Excavated or Dredged Channels
a. Earth, straight, and uniform
1. clean, recently completed 0.016 0.018 0.02
2. clean, after weathering 0.018 0.022 0.025
3. gravel, uniform section, clean 0.022 0.025 0.03
4. with short grass, few weeds 0.022 0.027 0.033
b. Earth winding and sluggish
1. no vegetation 0.023 0.025 0.03
2. grass, some weeds 0.025 0.03 0.033
3. dense weeds or aquatic plants in deep channels 0.03 0.035 0.04
4. earth bottom and rubble sides 0.028 0.03 0.035
5. stony bottom and weedy banks 0.025 0.035 0.04
6. cobble bottom and clean sides 0.03 0.04 0.05
c. Dragline-excavated or dredged

245 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

1. no vegetation 0.025 0.028 0.033


2. light brush on banks 0.035 0.05 0.06
d. Rock cuts
1. smooth and uniform 0.025 0.035 0.04
2. jagged and irregular 0.035 0.04 0.05
e. Channels not maintained, weeds and brush uncut
1. dense weeds, high as flow depth 0.05 0.08 0.12
2. clean bottom, brush on sides 0.04 0.05 0.08
3. same as above, highest stage of flow 0.045 0.07 0.11
4. dense brush, high stage 0.08 0.1 0.14
5. Lined or Constructed Channels
a. Cement
1. neat surface 0.01 0.011 0.013
2. mortar 0.011 0.013 0.015
b. Wood
1. planed, untreated 0.01 0.012 0.014
2. planed, creosoted 0.011 0.012 0.015
3. unplaned 0.011 0.013 0.015
4. plank with battens 0.012 0.015 0.018
5. lined with roofing paper 0.01 0.014 0.017
c. Concrete
1. trowel finish 0.011 0.013 0.015
2. float finish 0.013 0.015 0.016
3. finished, with gravel on bottom 0.015 0.017 0.02
4. unfinished 0.014 0.017 0.02
5. gunite, good section 0.016 0.019 0.023
6. gunite, wavy section 0.018 0.022 0.025
7. on good excavated rock 0.017 0.02
8. on irregular excavated rock 0.022 0.027
d. Concrete bottom float finish with sides of:
1. dressed stone in mortar 0.015 0.017 0.02
2. random stone in mortar 0.017 0.02 0.024
3. cement rubble masonry, plastered 0.016 0.02 0.024
4. cement rubble masonry 0.02 0.025 0.03
5. dry rubble or riprap 0.02 0.03 0.035
e. Gravel bottom with sides of:
1. formed concrete 0.017 0.02 0.025
2. random stone mortar 0.02 0.023 0.026
3. dry rubble or riprap 0.023 0.033 0.036
f. Brick
1. glazed 0.011 0.013 0.015
2. in cement mortar 0.012 0.015 0.018
g. Masonry
1. cemented rubble 0.017 0.025 0.03
2. dry rubble 0.023 0.032 0.035
h. Dressed ashlar/stone paving 0.013 0.015 0.017
i. Asphalt
1. smooth 0.013 0.013
2. rough 0.016 0.016
j. Vegetal lining 0.03 0.5

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des dangers d’inondation

Annexe 6 : Simulation des hauteurs, vitesses et largeurs d’eau sur quelques sections

Oued Fès amont

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des dangers d’inondation

Oued Fès aval

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Oued Boufkrane

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des dangers d’inondation

250 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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des dangers d’inondation

Oued El Mehraz

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252 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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des dangers d’inondation

Oued El Himmer

253 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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des dangers d’inondation

Oued Ain Smen

254 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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des dangers d’inondation

255 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Oued El Malleh

256 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

257 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Annexe 7 : Interpolation de la submersion des sections

Oued Fès amont

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Oued Fès aval

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des dangers d’inondation

Oued Boufkrane

260 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Oued El Mehraz

261 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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des dangers d’inondation

262 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


Les inondations menaçant l’agglomération de Fès : De l’étude hydrologique et du risque à la cartographie Annexe
des dangers d’inondation

Oued El Himmer

Oued Ain Smen

263 Thèse de doctorat réalisée par : Mohamed LASRI 2014-2015


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Oued Ain Chkef

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Oued El Malleh

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