GUIDE D’EXPLOITATION DES
PISCINES ET AUTRES BASSINS
ARTIFICIELS
SALUBRITÉ, SÉCURITÉ ET STABILITÉ
EN TOUT TEMPS ET EN TOUT LIEU
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Direction des politiques de l’eau
ISBN : 2-550-45358-1
Envirodoq : ENV/2005/0068
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Remerciements
Le service des eaux municipales du ministère du Développement durable,
de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), responsable de l’élaboration du
présent document, tient à remercier le principal auteur, Pierre-André
Côté, ainsi que le comité technique qui a collaboré à l’élaboration de la
section sur la qualité des eaux de baignade et certains consultants qui ont
contribué à optimiser les sections sur la recirculation, la filtration, la
désinfection et la formation des employés.
Rédaction
Pierre-André Côté, D. Sc., chimiste
Coordination, révision et mise en page
Julie Ferland, biologiste
Direction des politiques de l’eau, MDDEP
Service des eaux municipales
Coordination et soutien technique
Simon Théberge, biologiste
Direction des politiques de l’eau, MDDEP
Service des eaux municipales
Collaboration
Comité technique, section Qualité de l’eau
Benoît Lévesque, médecin, Institut national de santé publique du Québec
Claudine Christin, microbiologiste, Agence de développement des réseaux
locaux de service de santé et de services sociaux de
Montréal-Centre
Jeannot Fecteau, ingénieur, Régie du bâtiment du Québec
Luc Turbide, coordonnateur technique, Association des responsables aquatiques
du Québec
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Ginette Turgeon, consultante GIMISIS
Denis Gauvin, biologiste, INSPQ-DSP (Direction de la santé publique)
Dominique Normandin, ingénieure, MDDEP, Direction régionale de l'analyse et
de l'expertise de Montréal, Laval, Lanaudière et
Laurentides
Bernard Charron, directeur général, Fédération de natation du Québec
Marc Gignac, expert en microbiologie, Service des eaux municipales, MDDEP
Mireille Blouin, microbiologiste, service d’accréditation, Centre d’expertise en
analyse environnementale du Québec
Frédéric Aubin, microbiologiste, Ville de Québec, Service de l’environnement
Anne-Marie Bernier, chef de section, chimie environnementale, Ville de
Montréal
Consultants pour les sections Recirculation, Filtration, Désinfection et Formation
Éric Leuenberger, coordonnateur technique, Association des responsables
aquatiques du Québec
Joël-Éric Migneault, les Services Eau de Gamme inc.
Jean-Pierre Lajoie, Aqua Solutions
Stéphane Drouin, Éric Rouillard et René Linteau, Entretien de piscines
Soucy inc.
Daniel Delorme, Odyssée Aquatique
Bill Dallala, Krypton Scien-tek inc
Révision
Didier Bicchi, urbaniste, chef de service
Direction des politiques de l’eau, MDDEP
Service des eaux municipales
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
AVANT-PROPOS
Le gouvernement du Québec a adopté le Règlement sur la qualité de l’eau
des piscines et autres bassins artificiels en remplacement du Règlement
sur les pataugeoires et les piscines publiques. Afin d’accompagner ce
nouveau règlement, le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs (MDDEP) propose un outil de soutien aux
exploitants, soit le Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels. Ce guide a pour principal objectif de décrire les bonnes
pratiques en matière de gestion des équipements de traitement et de
contrôle de la qualité de l’eau afin que l’eau et les lieux soient en tout
temps salubres, sécuritaires et stables.
L’expression « bassins artificiels », utilisée tout au long du présent
document, englobe les piscines et autres bassins artificiels, dont les
pataugeoires et les spas, tels qu'ils sont présentés dans le chapitre I du
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels.
Les jeux d’eau font partie des bassins.
Un des premiers objectifs du MDDEP en publiant ce guide est de fournir
de l’information essentielle et utile, tant aux exploitants qu’aux usagers
des bassins artificiels, afin que chacun assume, de façon éclairée et
partagée, toutes les responsabilités qui lui incombent. En effet,
l’exploitant a la responsabilité d’offrir à sa clientèle un équipement qui,
non seulement permet d’obtenir une eau et des lieux sécuritaires,
salubres et stables, mais qui respecte les normes applicables, en vertu du
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels
ou tout règlement existant s’appliquant à cette activité, notamment le
Règlement sur la sécurité dans les bains publics et le Code de
construction de la Régie du bâtiment. Toutefois, il est peu probable qu’un
exploitant puisse arriver seul à maintenir son établissement dans des
conditions optimales et irréprochables pour le déroulement de l’activité
recherchée, même s’il a mis en application un plan de gestion complet qui
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
tient compte de tous les aspects de l’exploitation. En effet, un usager
peut détériorer et contaminer l’eau et les lieux de diverses façons, en
raison de son état de santé ou même de son comportement négligent.
Par conséquent, l’exploitant doit nécessairement compter sur la
coopération pleine et entière de l’usager qui peut être, dans bien des cas
mais sans être volontaire, la cause première de la détérioration de la
qualité de l’eau et de la salubrité des installations attenantes. Cela peut
se produire surtout lorsque l’usager n’est pas suffisamment informé des
répercussions de ses comportements dans un milieu fermé où l’eau est
constamment recirculée, comme c’est le cas des bassins artificiels.
En établissant clairement certaines limites et certaines contraintes
relatives à l’exploitation des bassins, ce guide aidera également les
concepteurs à choisir, parmi diverses méthodes, celles qui faciliteront
leur exploitation. À cet effet, le guide est d’abord un recueil flexible et
moins contraignant qu’un règlement. Il tient néanmoins compte des
réglementations en vigueur en s’appuyant sur leurs éléments essentiels. Il
fait également place aux technologies nouvelles et aux innovations
relatives au traitement et à la désinfection de l’eau des bassins ainsi qu'à
la gestion des installations attenantes.
Dès le début, le guide présente aux exploitants les principes directeurs
relatifs au processus d’admission de la clientèle et à l’entretien
sanitaire des services offerts sur les lieux du bassin, deux facteurs
déterminants pour protéger la santé de la clientèle et l’intégrité des
lieux. En effet, ces deux activités conditionnent avant tout le contact de
la clientèle avec l’eau de baignade et le degré de risque auquel celle-ci est
exposée lorsqu’elle se trouve dans l’établissement ou sur les lieux.
Par la suite, le guide présente les principes directeurs relatifs à la
recirculation de l’eau des bassins, à la filtration de l’eau et à sa
désinfection, lesquels mettent à profit les propriétés chimiques et
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
désinfectantes de divers produits à base de chlore ainsi que de quelques
autres agents désinfectants.
En complément, le guide présente quelques caractéristiques de conception
des systèmes de recirculation, de traitement et de désinfection de l’eau
des bassins artificiels destinés à la baignade. Il est essentiel que ces
trois fonctions soient efficaces pour obtenir et maintenir une eau
salubre, sécuritaire et stable. En effet, les recommandations concernant
le circuit hydraulique font partie intégrante du guide, car un circuit
hydraulique bien conçu permet la recirculation de tout le volume d’eau et
le mélange homogène de l’eau désinfectée dans l’ensemble du bassin,
facilitant ainsi le maintien d’une qualité uniforme et conforme aux
critères de qualité exigés.
De plus, le guide traite avec une attention particulière de l’entreposage
et de la manipulation des produits chimiques ainsi que de leur dosage,
afin que leur présence et leur utilisation ne constituent un danger ni pour
le personnel d’exploitation ni pour la clientèle.
Le guide tient également compte des critères de qualité de l’eau établis
dans le Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins
artificiels. Le guide propose une méthode de surveillance de la qualité de
l’eau des bassins afin que celle-ci demeure en tout temps conforme aux
exigences réglementaires, et donc sécuritaire pour les usagers. Cette
méthode comprend un suivi essentiel et incontournable des opérations
permettant de détecter des écarts dans un court délai et d’apporter les
correctifs appropriés. Des recommandations d’intervention sont
également formulées en cas de problèmes particuliers concernant la
qualité de l’eau et l’état des surfaces du bassin.
Finalement, le guide présente le caractère essentiel de la formation du
personnel affecté à l’exploitation, à l'entretien et à la surveillance des
établissements destinés à la baignade. Il s’appuie sur le rôle de tous les
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
employés et de tous les usagers, sur la formation continue et sur
l’utilisation d’un manuel d’exploitation pour encadrer toutes les activités
qui permettent d’assurer la salubrité, la sécurité et la stabilité de l’eau et
des lieux.
En résumé, le guide est présenté de façon séquentielle en utilisant une
approche fondée sur les barrières multiples. Ces barrières agissent
comme une série de filtres interreliés qui tiennent compte des risques de
contamination et des mesures de prévention présents à chacune des
barrières, permettant ainsi de protéger l’eau de baignade et, par le fait
même, la clientèle. Individuellement, les mesures de protection de chaque
barrière n’éliminent pas toujours la contamination mais, mises ensemble,
elles augmentent considérablement les probabilités que l’eau soit salubre,
sécuritaire et stable.
Le guide donne d’abord une description des clientèles, de leurs besoins,
des risques potentiels associés à la baignade et des objectifs généraux
de gestion relatifs à l’eau, aux surfaces et à l’air ambiant. Il présente
ensuite les diverses barrières disponibles :
1. L’admission à l’établissement, un processus qui permet notamment
d’informer la clientèle sur les consignes d’utilisation et de
déterminer les risques associés à l’état de santé des usagers dès
leur arrivée.
2. Les services auxiliaires et leur programme d’entretien sanitaire,
des moyens essentiels pour que la clientèle puisse se préparer à
utiliser le bassin adéquatement.
3. La recirculation de l’eau, une fonction qui permet de soumettre l’eau
à un traitement complet et à une désinfection adéquate et continue
afin de la maintenir dans une condition optimale en tout temps.
4. La filtration de l’eau, une étape par laquelle l’eau est clarifiée avant
que l’on procède à sa désinfection et à sa stabilisation, au besoin.
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
5. a) La désinfection de l’eau, une activité qui permet de désinfecter
l’eau et de stabiliser sa composition chimique.
b) L’entreposage et la manipulation des produits chimiques, soit
les substances utilisées pour le traitement et la désinfection afin
d’obtenir une eau de qualité.
6. a) L’évaluation de la qualité de l’eau, un processus intégré qui
permet, dans le cas des bassins, de faire un suivi en continu des
opérations, de vérifier l’efficacité des équipements et d’apporter, s’il
y a lieu, les correctifs nécessaires dans les meilleurs délais.
b) La résolution de problèmes, les recommandations pour trouver
des solutions aux problèmes relatifs à la qualité de l’eau, aux
surfaces et à l’efficacité de la filtration.
7. La formation du personnel, une activité qui permet d’assurer une
exploitation efficace et une surveillance adéquate par le personnel
de même qu’une utilisation respectueuse par la clientèle.
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Table des matières
INTRODUCTION - LES BARRIÈRES MULTIPLES ---------------------------- 1
Les clientèles diverses et leurs attentes ---------------------------------------------------1
Les risques associés aux activités -------------------------------------------------------------2
Les risques physiques ---------------------------------------------------------------------------2
Les risques chimiques ---------------------------------------------------------------------------3
Les risques microbiologiques------------------------------------------------------------------5
La protection de la clientèle et de l’établissement -------------------------------------6
Les barrières multiples --------------------------------------------------------------------------- 10
1. LA PREMIÈRE BARRIÈRE - L’ADMISSION ------------------------------- 12
1.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 12
1.2 Le règlement intérieur --------------------------------------------------------------------- 12
1.3 Les éléments du règlement intérieur ------------------------------------------------- 13
1.4 La charge maximale de baigneurs (CMB)-------------------------------------------- 17
1.5 Information à l’intention de la clientèle--------------------------------------------- 18
2. LA DEUXIÈME BARRIÈRE - LES SERVICES AUXILIAIRES ------- 20
2.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 20
2.2 Les salles de déshabillage ---------------------------------------------------------------- 21
2.3 Les installations sanitaires --------------------------------------------------------------- 22
2.4 La promenade ---------------------------------------------------------------------------------- 25
2.5 L’entretien préventif des surfaces ---------------------------------------------------- 26
3. LA TROISIÈME BARRIÈRE - LA RECIRCULATION DE L’EAU ---- 30
3.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 30
3.2 L’hydraulicité mixte ------------------------------------------------------------------------- 31
3.3 Les goulottes, les écumoires et les drains de fond ---------------------------- 33
3.4 Le réservoir ou bassin d’équilibre ------------------------------------------------------ 33
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
3.5 Les tamis et les pompes ------------------------------------------------------------------- 34
3.6 L’eau d’alimentation et d’appoint ------------------------------------------------------- 34
3.7 Les mesures de débits --------------------------------------------------------------------- 35
3.8 Le chauffage de l’eau ---------------------------------------------------------------------- 35
3.9 La vidange complète du bassin ---------------------------------------------------------- 37
3.10 Les rejets dans l’égout ------------------------------------------------------------------- 38
4. LA QUATRIÈME BARRIÈRE – LA FILTRATION DE L’EAU---------- 39
4.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 39
4.2 Les types de filtres ------------------------------------------------------------------------- 39
4.3 Le processus de la filtration ------------------------------------------------------------ 41
4.4 L’emploi de coagulants/floculants ------------------------------------------------------ 42
5. LA CINQUIÈME BARRIÈRE - LA DÉSINFECTION DE L’EAU ----- 44
5.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 44
5.2 Le chlore ---------------------------------------------------------------------------------------- 45
5.3 Les produits contenant du chlore ------------------------------------------------------ 55
5.4 Les produits contenant du brome ------------------------------------------------------ 55
5.5 L’ozone-------------------------------------------------------------------------------------------- 56
5.6 Les lampes ultraviolettes (UV) ---------------------------------------------------------- 57
5.7 L’emploi de stabilisants -------------------------------------------------------------------- 57
5.8 L’équipement de désinfection ------------------------------------------------------------ 59
5.9 L’entreposage et la manipulation des produits chimiques --------------------- 61
6. LA SIXIÈME BARRIÈRE - LA QUALITÉ DE L’EAU-------------------- 71
6.1 Les généralités -------------------------------------------------------------------------------- 71
6.2 Les critères de qualité de l’eau -------------------------------------------------------- 71
6.3 Le suivi de la qualité de l’eau ----------------------------------------------------------- 81
6.3.1 L’approche globale -------------------------------------------------------------------- 81
6.3.2 Les fréquences d’échantillonnage ----------------------------------------------- 83
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.3.3 Les méthodes de prélèvement et de conservation des échantillons
et la fiabilité des résultats ------------------------------------------------------ 85
6.3.4 La tenue d’un registre -------------------------------------------------------------- 89
6.4 La gestion des écarts et des valeurs hors norme ------------------------------- 91
6.5 Problèmes divers de qualité d’eau ----------------------------------------------------- 94
7. LA SEPTIÈME BARRIÈRE – LA FORMATION DU PERSONNEL -- 107
7.1 Le personnel : l’acteur premier --------------------------------------------------------107
7.2 La formation continue ---------------------------------------------------------------------107
7.3 Le manuel d’exploitation de l’établissement ---------------------------------------109
7.4 Les Cours de formation disponibles --------------------------------------------------109
8. CONCLUSION ------------------------------------------------------------------------ 112
GLOSSAIRE ------------------------------------------------------------------------------- 114
ANNEXE 1 LE RÈGLEMENT INTÉRIEUR ------------------------------------- 116
ANNEXE 2 LA CHIMIE DU CHLORE ------------------------------------------- 118
ANNEXE 3 LA PROCÉDURE DE DÉSINFECTION DES BASSINS DE
TYPE EMPLI-VIDE --------------------------------------------------- 122
BIBLIOGRAPHIE ------------------------------------------------------------------------- 119
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Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
INTRODUCTION - LES BARRIÈRES MULTIPLES
Les clientèles diverses et leurs attentes
Les piscines, les pataugeoires publiques et les autres types d’installation
aquatique sont des endroits appréciés et courus en raison des bienfaits
qui y sont associés. De nos jours, l’activité physique répond à un besoin ou
constitue un loisir et elle est de plus en plus pratiquée par la population.
Les bassins destinés à la baignade, les piscines publiques en particulier,
sont des lieux de loisir, tant pour le bain libre, la détente et le jeu que
pour l’apprentissage des techniques de natation, de plongeon et même de
nage synchronisée ou d’aquaforme. Pour leur part, la pataugeoire publique
et le jeu d’eau serviront principalement aux jeunes qui en sont à leurs
premiers ébats dans l’eau et qui recherchent avant tout un lieu de
détente et de rafraîchissement durant la période estivale. Les spas,
quant à eux, serviront tout particulièrement à la détente. Finalement, on
peut affirmer que ces lieux sont plus que de simples équipements de
loisir : ils sont aussi devenus des véhicules d’éducation et même
d’intégration sociale pour les diverses clientèles.
Lorsqu’il est question de clientèles diverses, il faut, en plus des clientèles
dites familiales, tenir compte des groupes particuliers d’enfants,
d’adolescents et d’adultes qui y recherchent soit une détente, soit une
activité physique plus ou moins régulière (les écoliers, les clubs sociaux,
les retraités, les groupes d’handicapés, etc.). Finalement, il faut inclure
dans les clientèles diverses les athlètes de haut niveau qui utilisent les
piscines pour la compétition (natation, plongeon, water-polo, nage
synchronisée, etc.). Toutes ces clientèles ont un objectif commun :
utiliser un bassin qui contient une eau de qualité. Ainsi, ils voudront une
eau qui soit limpide et sans odeur, non irritante pour l’épiderme et les
yeux en particulier, sûre pour les maillots de bain et à une température
qui se prête à l’activité qui y est pratiquée.
1
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Finalement, toutes ces clientèles voudront se tenir et se déplacer sur des
surfaces de qualité, où les risques de chute, de blessure et d’infection
involontaires seront, dans la mesure du possible, absents. Également, dans
le cas des bassins intérieurs, elles voudront respirer un air qui ne leur
causera pas d’inconfort et qui ne les exposera pas à des contaminants
pouvant être plus ou moins nocifs pour leur santé.
Les risques associés aux activités
Lors de l’utilisation des bassins artificiels, de nombreux risques, que l’on
peut qualifier de physiques, chimiques et microbiologiques, guettent la
clientèle. Ces risques peuvent être associés à l’une ou l’autre des
caractéristiques de l’eau, des diverses surfaces accessibles et de l’air
ambiant.
Les risques physiques
Les risques physiques associés aux établissements destinés à la baignade
sont nombreux. Citons, par exemple, les chutes, les noyades ou les
inconforts de tous genres. Les chutes peuvent survenir sur des surfaces
glissantes, notamment autour des piscines, et peuvent occasionner des
traumatismes plus ou moins graves. Il ne faut pas non plus oublier les
surfaces internes des bassins, qui doivent être exemptes de matières ou
de dépôts pouvant les rendre anormalement glissantes pour les personnes
qui s’y tiennent debout et occasionner des déséquilibres et des chutes de
toutes sortes.
Les noyades ainsi que les chutes accidentelles, en bas des tremplins et
des échelles par exemple, relèvent d’abord du domaine de la sécurité et
de la surveillance des lieux par des employés sensibilisés à ces risques
particuliers et formés pour les prévenir et y faire face. Toutefois, nous
verrons que la qualité de l’eau d’un bassin constitue un facteur important
en ce qui a trait à la visibilité des personnes en difficulté dans un bassin.
2
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Il faut également tenir compte du fait qu’une activité intense dans un
bassin où l’eau est excessivement chaude constitue un risque physique
pour le baigneur. En effet, la chaleur de son corps se dissipera plus
difficilement et il pourrait en être incommodé à divers degrés. La
température de l’eau dans un spa ne doit pas dépasser la limite tolérable
par des personnes âgées, prédisposées à des malaises respiratoires ou
cardiaques ou ayant tout simplement trop consommé de boissons
alcoolisées.
Le Règlement sur la sécurité dans les bains publics décrit de façon
détaillée les normes relatives à la surveillance des lieux qui visent à
minimiser les risques physiques associés aux accidents et à permettre à la
clientèle d’exercer son activité de façon sécuritaire.
Les risques chimiques
Pour leur part, les risques chimiques peuvent être associés principalement
aux produits utilisés pour le traitement et la désinfection de l’eau ainsi
qu’aux produits d’entretien ménager. Les personnes les plus exposées à
cette catégorie de risques sont d’abord les employés chargés de la
manipulation des produits et qui peuvent souffrir d’intoxications aiguës si
des accidents se produisaient, lors de manipulations inadéquates ou lors
de la mise en commun de plusieurs produits. Par exemple, il faut se
rappeler des conséquences de plusieurs accidents antérieurs où des
produits à base de chlore ont été mélangés accidentellement avec un
produit acide, ce qui a produit du chlore gazeux dans l’atmosphère. En
plus d’avoir constitué un risque pour les employés, il est même arrivé que
le chlore ainsi produit ait été transporté du local où est survenu l’accident
vers le local du bassin et des installations attenantes par le système de
ventilation. La clientèle a alors été incommodée à divers degrés.
Certains risques chimiques sont associés aux réservoirs de produits
chimiques. Ceux-ci doivent être parfaitement étanches et munis d’évents.
Ils devraient être placés dans un bassin de rétention en cas de
3
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
déversement accidentel ou de bris d’un réservoir. Finalement, des
précautions propres au produit contenu dans le réservoir ainsi que la fiche
signalétique devraient être clairement affichées à proximité du réservoir
correspondant.
Il faut également tenir compte de la formation de sous-produits de la
désinfection qui, dans le cas de la désinfection par le chlore par exemple,
entraîne la formation de chloramines. En raison de leur solubilité dans
l’eau et de leur volatilité, ces produits peuvent incommoder les baigneurs
et les surveillants lorsqu’ils viennent en contact avec les yeux, les
muqueuses et l’appareil respiratoire. Les personnes souffrant de
problèmes respiratoires et les enfants seront tout particulièrement
incommodés.
Finalement, il ne faut pas oublier l’exposition chronique à des vapeurs de
produits chimiques qui pourraient résulter de l’entreposage inadéquat de
produits chimiques utilisés pour le traitement et la désinfection de l’eau
ainsi que pour l’entretien ménager.
La documentation élaborée par Transport Canada, (Canutec) ainsi que
celle élaborée par l’agence américaine Environmental Protection Agency
(EPA) (Chemical Emergency Preparedness and Prevention Advisory)
constituent des sources utiles pour compléter l’information présentée
dans le présent guide en ce qui a trait à la gestion des produits chimiques
ainsi qu'à la plupart des problèmes liés à la présence de produits
chimiques, à leur entreposage et à leur manipulation.
Certains risques sont aussi associés à l’exposition aux produits d’entretien
ménager. Il faut donc les choisir judicieusement, car des quantités
résiduelles de ces produits peuvent demeurer sur les surfaces de marche
après leur application finale et risquent ainsi de se retrouver dans l’eau
du bassin.
4
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Les risques microbiologiques
Finalement, les risques microbiologiques sont liés à la présence de
microorganismes pathogènes dans l’eau, sur les surfaces et dans l’air. Ces
microorganismes peuvent être des bactéries, des virus, des parasites ou
des champignons. Les maladies qu'ils transmettent sont surtout des
dermatites, des otites et des gastro-entérites. Dans la grande majorité
des cas, ce sont les baigneurs eux-mêmes qui sont responsables de la
présence de ces microorganismes dans l’eau des bassins.
Certaines infections ne sont pas directement associées à l’immersion dans
l’eau, mais plutôt à l’environnement des baigneurs. Elles sont transmises
par contact avec le sol ou avec d’autres surfaces malpropres (douches,
vestiaires, promenades, etc.). Ces infections cutanées sont causées par
des mycobactéries, des virus ou des champignons. D’autres infections
sont transmises par inhalation et causent des pneumonies, notamment la
Légionellose. Ce risque est associé à la présence de Légionelles dans l’eau
qui se pulvérise dans l’air des établissements destinés à la baignade. Ce
risque est également présent lorsqu’une personne prend une douche et
que le circuit d’eau chaude est contaminé par cette bactérie.
Les infections associées à l’immersion dans l’eau sont diverses et n’ont pas
toutes la même gravité. Les infections qui suivent peuvent être évitées
lorsque l’entretien et l’exploitation des lieux ainsi que la teneur en
désinfectant résiduel dans l'eau sont adéquats. En règle générale, les
infections cutanées sont les plus fréquentes. Elles peuvent être causées
par divers microorganismes, par exemple des bactéries (notamment
Pseudomonas aeruginosa), pouvant être transportés par la clientèle et
causer des dermatites ou des otites. Elles peuvent aussi être causées par
des staphylocoques pathogènes (Staphylococcus aureus) et se traduire
par des otites et des conjonctivites. Des virus peuvent aussi provoquer
des conjonctivites (Adénovirus) ou des éruptions cutanées. Les gastro-
entérites constituent aussi une infection importante dont la cause est
5
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
essentiellement associée à des microorganismes d’origine fécale
provenant des baigneurs, notamment des bactéries, telles que Salmonella,
Shigella, E. coli O157 :H7, et des virus, tels que Norwalk, Echovirus et
Adénovirus. D’autres virus peuvent aussi provoquer certaines maladies,
telles que des hépatites (Hépatite A).
En dernier lieu, au chapitre des risques microbiologiques les plus
importants, il faut également tenir compte des accidents fécaux pouvant
survenir dans l’eau des bassins et qui peuvent contaminer le milieu de
façon très soudaine, malgré la présence préventive de désinfectant
résiduel dans l’eau. En effet, des parasites, tels que Giardia et
Cryptosporidium, très résistants à la chloration, peuvent alors être
libérés dans l’eau du bassin et provoquer des infections gastro-
intestinales.
En résumé, il faut toujours se rappeler que le corps abrite des millions de
microorganismes, dont la majorité ne sont pas nécessairement nuisibles
pour la personne porteuse. Par contre, certains de ces microorganismes
peuvent être des germes pathogènes sans nécessairement rendre leur
hôte malade. Par conséquent, une personne, qu’elle soit malade ou en
bonne santé, peut propager l'infection si l’eau qu’elle contamine
involontairement n’est pas désinfectée correctement.
L’information élaborée par le Center for Disease Control (CDC), qui porte
sur la baignade ainsi que sur les actions à poser en cas d’accidents fécaux,
permet de compléter la section du présent guide qui porte sur les risques
microbiologiques et sur les moyens de les prévenir. Cette information a
été reprise en partie dans le Règlement sur la qualité de l’eau des piscines
et autres bassins artificiels.
La protection de la clientèle et de l’établissement
Face aux risques décrits plus haut et dans le but de protéger la clientèle
et l’établissement lui-même, plusieurs pratiques doivent être appliquées
6
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
dans la gestion d’un établissement, peu importe le type de bassin. Ces
précautions de tous les instants doivent tenir compte à la fois de l’eau,
des surfaces et de l’air ambiant, qui sont tous trois en contact très étroit
avec la clientèle présente dans les lieux.
Une eau salubre, sécuritaire et stable
Au cours des activités typiques des établissements destinés à la
baignade, l’eau est le premier élément commun à toutes les installations
dans lesquelles la clientèle veut profiter d’un moment de loisir ou de
détente. En effet, l’eau vient en contact plus ou moins prolongé avec la
clientèle qui s’y baigne et ce contact avec toutes les parties du corps
(l’épiderme, les yeux, les oreilles, etc.) est très étroit.
Également, puisque l’eau est continuellement transportée dans un circuit
hydraulique qui en assure la recirculation, le traitement et la
désinfection, elle est constamment en contact avec la tuyauterie et les
éléments statiques et mécaniques qui constituent le circuit que parcourt
l’eau, comme les écumoires, les tamis et les filtres. Une partie de l’eau du
bassin est même transportée par les baigneurs, du bassin vers la
promenade, lors de leurs déplacements.
Dans ce contexte, le défi de l’exploitant est donc de maintenir en tout
temps une eau dont la qualité est irréprochable. Il devra aussi s’assurer
que le circuit hydraulique soit en bon état et que les surfaces soient
propres.
Une eau salubre
La clientèle peut introduire des substances indésirables dans l’eau du
bassin, notamment des sécrétions, des pellicules, de l’urine et de la sueur.
Ces substances deviennent alors la cause d’une dégradation plus ou moins
importante de la qualité de l’eau du bassin.
7
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
De plus, la présence de plusieurs baigneurs au même moment dans un
même bassin augmente la probabilité que l’eau puisse contenir des
microorganismes constituant un risque pour la santé des personnes
présentes dans le bassin. L’exploitant doit toujours s’assurer que l’eau du
bassin respecte en tout temps les normes prescrites, notamment en ce
qui concerne la turbidité, puisque celle-ci peut protéger ces
microorganismes de la désinfection et le pH qui module la proportion de
chlore actif. L’exploitant doit aussi s’assurer que l’eau est désinfectée
adéquatement en tout temps et s’assurer du respect de la capacité du
bassin (charge maximale de baigneurs) et du bon état de ses installations
et de son système de traitement et de désinfection. Finalement, il doit
s’assurer que l’eau du bassin contient une concentration suffisante, sans
être trop élevée, de désinfectant résiduel. Ce produit détruira les
microorganismes dispersés dans l’eau du bassin par les baigneurs avant
que ces germes n’atteignent les autres baigneurs durant le délai qui
s’écoule avant que l’eau contaminée soit recirculée.
Une eau sécuritaire
L’eau mise à la disposition de la clientèle doit être sécuritaire. La masse
d’eau doit toujours être suffisamment limpide pour que les baigneurs
puissent voir distinctement en profondeur et ainsi éviter des
accidents, tels qu’une collision avec d’autres personnes ou un contact
brutal avec la paroi du bassin. De plus, cette limpidité doit être assurée
afin que le personnel de surveillance puisse en tout temps distinguer la
présence de toutes les personnes qui se trouvent sous la surface de l’eau
et leur venir en aide en cas de besoin.
Une eau de composition chimique stable
Finalement, l’eau doit présenter une qualité chimique qui ne causera pas
d’intolérance à la clientèle, notamment à l’épiderme et aux yeux.
Également, la composition de l’eau devra être ajustée afin de minimiser la
dégradation des surfaces avec lesquelles elle entre en contact.
8
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Des surfaces salubres, sécuritaires et stables
Une fois admis dans l’établissement, les usagers des lieux doivent se
déplacer sur diverses surfaces alors qu’ils sont pieds nus et qu’ils ne
portent qu’un maillot de bain. Il est donc essentiel que ces surfaces
soient d’une qualité sanitaire irréprochable afin d'éviter des infections
involontaires aux pieds ou ailleurs sur le corps (une personne assise sur un
banc, par exemple). L’entretien sanitaire périodique de ces surfaces est
donc déterminant.
La sécurité et la stabilité des diverses surfaces ne doivent pas être
négligées. En effet, ces surfaces doivent être conçues de façon à éviter
des accidents, tels que des chutes, à la clientèle et au personnel. De plus,
leur détérioration pourrait rendre l’entretien moins efficace et ainsi
donner lieu à l’apparition de foyers de contamination persistants (mortier
instable entre les tuiles, par exemple). Il est donc essentiel que toute
détérioration soit corrigée dans les meilleurs délais.
En résumé, l’entretien des surfaces avec lesquelles la clientèle est en
contact, dès son admission dans les lieux, est déterminant si l'on veut
éviter que les contaminants transportés par les usagers à leur arrivée ne
soient transférés dans les locaux où les usagers se trouvent pieds nus et,
éventuellement, dans l’eau. À cet effet, il y a lieu de définir une limite
claire entre la zone où les usagers sont chaussés et celle où ils se
trouvent nécessairement pieds nus. De plus, des équipements sanitaires
conformes au Code du bâtiment de la Régie du bâtiment et en nombre
suffisant doivent être disponibles. Des pédiluves (bains de pieds)
incontournables, alimentés en eau courante et désinfectante, devraient
être installés dans tous les établissements.
9
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Un air ambiant salubre, sécuritaire et stable
La qualité de l’air ambiant, en particulier dans les établissements
intérieurs, constitue également un facteur déterminant et essentiel. En
effet, les clientèles doivent bénéficier d’une qualité d’air qui soit
appropriée aux activités pratiquées. La ventilation des lieux et le
chauffage de l’air devront donc être assurés de façon à ce que l’air soit
exempt de contaminants chimiques et microbiologiques pouvant provenir
de l’eau du bassin et des surfaces. Ainsi, les usagers ne ressentiront ni
désagrément ni malaise pouvant causer des dommages plus ou moins
importants à leur santé.
Une ventilation adéquate des lieux devrait être assurée
3
(>20 m /h/usager) en tout temps dans les lieux accessibles à la clientèle
pour la baignade. Un taux plus élevé est nécessaire dans le cas des
installations sanitaires, compte tenu de leurs caractéristiques. Un
système de ventilation indépendant devrait desservir les locaux où sont
entreposés et utilisés les produits chimiques et auxquels la clientèle n’a
pas accès. L’efficacité de la ventilation des locaux conditionnera la qualité
de l’air ambiant, tant pour les baigneurs que pour le personnel chargé de
la surveillance et pour les spectateurs.
Les barrières multiples
Pour atteindre le triple objectif incontournable de salubrité, de sécurité
et de stabilité de l’eau, des surfaces et de l’air ambiant, l’exploitant devra
avoir recours aux meilleures pratiques connues, tant en ce qui concerne le
système de recirculation, de traitement et de désinfection de l’eau qu’en
ce qui concerne les services mis à la disposition de la clientèle de son
établissement. Il devra tirer le meilleur profit possible de toutes ces
infrastructures, porter une attention très soutenue à l’entretien
sanitaire des surfaces accessibles à la clientèle, sans oublier la
10
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
ventilation des lieux, et assurer la formation complète et continue du
personnel qui participe de près ou de loin aux opérations.
En conclusion, une approche fondée sur les barrières multiples permet de
minimiser les risques possibles pour la santé des usagers tout en
protégeant l’équipement qui sert à offrir le service à la clientèle.
11
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
1. LA PREMIÈRE BARRIÈRE - L’ADMISSION
______________________________________________________
1.1 Les généralités
Le processus d’admission de la clientèle à l’établissement est la première
occasion, tant pour l’exploitant que pour la clientèle, de poser les gestes
qui permettent d'assurer la qualité sanitaire des lieux et celle de l’eau du
bassin. En effet, dès l’arrivée d'un usager sur les lieux, le processus de
contamination peut débuter et se propager jusque dans l’eau du bassin et,
éventuellement, nuire à la santé de l’ensemble de la clientèle. Il faut donc
prendre des précautions minimales dès l’admission afin d'éviter que les
lieux ne deviennent propices à la propagation d’une contamination.
L’exploitant doit s’assurer qu’une personne qui a une maladie infectieuse
apparente soit exclue du bassin, sauf dans le cas où cette personne peut
présenter une lettre d'un médecin attestant que sa condition ne nuira pas
à la santé des autres usagers.
1.2 Le règlement intérieur
Outre les consignes liées directement à la sécurité de la clientèle (sorties
de secours, premiers soins, etc.), l’exploitant doit informer sa clientèle de
l’existence d’un règlement intérieur qui a pour objectif essentiel de
protéger la santé de tous les usagers par une exploitation et une
utilisation judicieuses des lieux. En effet, la clientèle constitue le vecteur
principal par lequel des contaminants extérieurs peuvent être introduits
dans l’établissement où celle-ci recherche d’abord et avant tout une
occasion de loisir, de détente, de formation, de compétition, etc., plutôt
qu’une occasion de contracter une maladie, de subir un accident ou même
de pratiquer une activité sans être confortable.
Il est donc de la responsabilité du gestionnaire d’informer chaque usager,
à l’aide d’outils appropriés, par exemple des affiches, de l’existence du
règlement intérieur et de la nécessité d’en respecter toutes les
directives afin d'éviter des impacts sur sa santé et sa sécurité (un
12
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
exemple d'affiche est présenté à l’annexe 1). Ce règlement intérieur
devrait être affiché à proximité de l’entrée. Il peut également être
reproduit sur une fiche fournissant la liste des directives applicables et
remis à chaque usager dès son arrivée sur les lieux. Finalement, des
rappels particuliers devraient également être faits en divers endroits
appropriés du parcours, entre l’entrée et le bassin, au moyen d’affiches
illustrant ce que l'usager doit ou ne doit pas faire lorsqu’il est présent sur
les lieux.
1.3 Les éléments du règlement intérieur
Comme nous l'avons mentionné à la section précédente, le règlement
intérieur est utilisé par le gestionnaire pour responsabiliser les usagers
et les sensibiliser aux risques de contamination qu’ils peuvent générer
dans son établissement. Il doit donc rappeler clairement que cette
contamination peut être causée par l'usager lui-même en raison d’un état
de santé propice à la propagation de germes pathogènes, ou si son
comportement est inapproprié d’un point de vue sanitaire. Le propriétaire
doit s’assurer qu’une personne qui a une maladie infectieuse apparente,
telle qu’une gastroentérite, une otite, une conjonctivite, une dermatite,
etc., soit exclue du bassin, à l’exception de celle qui peut présenter une
lettre d’un médecin attestant que sa condition ne nuira pas à la santé des
autres usagers. La clientèle devrait être sensibilisée à ces situations,
puisqu’elle constitue la première étape de prévention dans ces cas, la
deuxième relevant du responsable de l’admission.
Ce règlement intérieur précise donc toutes les directives sanitaires que
l'usager doit respecter rigoureusement dès qu’il franchit l’entrée et
durant toute la période pendant laquelle il pratique son activité. Par
exemple, les directives suivantes devraient y figurer (vous pouvez aussi
consulter l’annexe 1) :
• Interdiction de fréquenter l’établissement à toute personne qui
présente une plaie non guérie ou une dermatite contagieuse;
13
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• Interdiction de fréquenter l’établissement à toute personne qui
souffre de diarrhée;
• Interdiction de fumer dans l’établissement;
• Recommandation d’utiliser la toilette aussi souvent que nécessaire;
• Obligation de porter un bonnet de bain;
• Obligation de se doucher à l'eau et au savon, avant et après la
baignade, et de se rincer complètement à chaque occasion;
• Interdiction d’avaler l’eau du bassin;
• Interdiction de cracher, de se moucher ou d’uriner dans le bassin;
• Interdiction de consommer des aliments ou des boissons (à
l’exception de l’eau en bouteille incassable) dans le secteur de la
promenade et dans le bassin;
• Obligation de quitter le bassin et interdiction temporaire d’accès
au bassin en cas d’accidents fécaux ou vomitifs;
• Interdiction d’accès au bassin aux poupons sans couche
imperméable;
• Interdiction de courir ou d’être turbulent à l’intérieur du
périmètre de la piscine ou dans le pavillon de bain;
• Interdiction de consommer de l’alcool dans l’établissement;
• Interdiction de donner accès aux animaux domestiques, à
l’exception d’un chien guide accompagnant une personne handicapée.
Il n’est pas permis au chien guide de se trouver sur la promenade
ou de se baigner. Il est donc fortement recommandé à cette
clientèle d’être accompagnée d'une autre personne ou, le cas
échéant, de demander l'assistance du personnel sur place.
De plus, en ce qui concerne le règlement intérieur, la grande majorité des
articles doivent également être respectés par tous les employés de
l’établissement afin d’éviter qu’ils soient la cause de la contamination de
l’eau et des surfaces (état de santé, plaies non guéries, etc.).
Soulignons que si un exploitant prête ou loue des serviettes ou des
maillots de bain à ses usagers, il doit, après chaque utilisation, les laver et
14
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
les désinfecter à l’aide d’une solution désinfectante. Les serviettes et les
maillots doivent tous être de couleur identique (blanche, de préférence).
1.3.1 Les accidents fécaux et les vomissements
Les accidents fécaux sont des événements au cours desquels des
matières fécales ou des vomissements se retrouvent dans l’eau d’un
bassin en raison de l’état de santé, d’une incapacité ou d’un handicap
particulier ou même de l’âge d’un baigneur. En pareils cas, les diarrhées
risquent d’être beaucoup plus contaminantes que les matières solides ou
que les vomissements, puisque ceux-ci sont moins susceptibles de contenir
des organismes pathogènes pour l’homme et, dans le cas des selles
solides, se dispersent beaucoup moins dans l’eau du bassin lorsque
l’intervention subséquente est réalisée correctement.
Étant donné que certaines clientèles peuvent inclure des personnes plus
sujettes aux accidents fécaux, dont les jeunes enfants portant des
couches, certaines pratiques peuvent être adoptées par les responsables
d’établissement pour minimiser les risques de contamination pour
l’ensemble de la clientèle.
Par exemple :
• recommander l’usage des toilettes avant d’entrer dans l’eau du
bassin et de façon périodique durant le bain;
• recommander d’éviter de manger tout juste avant le bain;
• recommander le port de sous-vêtements de protection sous le
maillot de bain dans le cas de jeunes enfants et de la clientèle plus
sujette aux accidents fécaux;
• prévoir une zone délimitée dans le bassin et réservée à l'usage
exclusif des personnes plus sujettes à de tels incidents;
• prévoir des plages de temps réservées exclusivement aux clientèles
particulières, dans la mesure du possible;
• donner des séances d’information préventive aux parents et à la
clientèle et, en particulier, aux personnes qui prennent soin
15
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
d’enfants qui portent des couches afin qu’ils prennent les
précautions d’usage;
• afficher, aux endroits stratégiques, des consignes sur la
prévention des accidents fécaux ou vomitifs.
De plus, il faut bien préparer le personnel pour qu’il participe activement
à la prévention d’accidents fécaux ou vomitifs et qu’il intervienne de
façon efficace, le cas échéant, à partir d’un plan d’intervention connu et
pour lequel il a reçu une formation.
En cas d’accidents fécaux impliquant des vomissements ou uniquement
des matières solides, l’exploitant doit demander aux baigneurs de quitter
le bassin immédiatement, interrompre la recirculation de l’eau, recueillir
sans les briser les matières solides à l’aide d’un tamis portatif et les
éliminer de façon hygiénique. Il faut ensuite procéder à l’ajout manuel et
localisé de désinfectant ou maintenir la teneur en chlore résiduel libre
(ou l’équivalent) à au moins 2,0 mg/l et s’assurer que le pH de l’eau du
bassin se situe dans l’intervalle de 7,2 à 7,8. Si l’acide cyanurique est
présent dans l’eau du bassin, la teneur en chlore résiduel libre doit être
d’au moins 3,0 mg/l. Après une période de fermeture de 30 minutes,
l’accès à une partie ou à l’ensemble du bassin peut être permis à nouveau
si les paramètres physicochimiques sont conformes à l’article 5 du
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels
(voir la section 6 du présent document).
En cas de diarrhée, l’exploitant doit également demander à tous les
baigneurs d’évacuer le bassin immédiatement et les informer que la
baignade sera interdite pour la journée. Après avoir interrompu la
recirculation, il faut enlever, s’il y a lieu, toute matière solide avec un
tamis portatif et l’éliminer de façon hygiénique. Après avoir rétabli la
recirculation, il faut augmenter la teneur en chlore résiduel libre (ou
l’équivalent) à au moins 10 mg/l en faisant un ajout manuel de
désinfectant et maintenir un pH dans l’intervalle de 7,2 à 7,8, durant au
moins 16 heures. La combinaison chlore résiduel libre/durée pourrait
16
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
être modifiée à raison d’au moins 20 mg/l durant 8 heures, comme le
recommande le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) du
Department of Health and Human Services des États-Unis. Encore une
fois, l’ajout se fera manuellement. Après la période de désinfection, il
faudra procéder à un lavage à contre-courant des filtres en rejetant l’eau
de lavage dans l’égout sans contaminer les filtres. L’accès au bassin peut
être permis à nouveau si les paramètres physicochimiques sont conformes
à l’article 5 du Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres
bassins artificiels (voir la section 6 du présent document).
Dans tous les cas, il ne faut jamais utiliser un balai mécanique pour
recueillir les matières solides, car cette manœuvre aurait pour
conséquence de contaminer davantage le système de filtration. Il faut
finalement s’assurer de désinfecter complètement le tamis utilisé pour
recueillir les matières solides après l’avoir d’abord nettoyé et avant de le
ranger (trempage dans une solution chlorée).
À la suite d’un accident fécal, de vomissements ou de tout autre type
d’accident, toutes les données et les observations suivantes doivent être
consignées dans un registre, et ce, par l’employé présent au moment de
l’incident : date; heure; solides, diarrhée ou vomissement; teneur en
désinfectant résiduel libre et pH au moment de l’incident; procédure
suivie pour ajuster la teneur en désinfectant résiduel libre au besoin;
durée de l’arrêt; initiales de l'employé.
1.4 La charge maximale de baigneurs (CMB)
Une attention particulière doit être apportée au respect de la charge
maximale de baigneurs (CMB), établie pour un bassin donné en vertu du
Règlement sur la sécurité dans les bains publics de la Régie du bâtiment
du Québec. Cependant, il est important de mentionner que la CMB a été
établie pour des raisons de sécurité et non de qualité d’eau.
Il peut arriver, notamment lors de périodes de canicules ou de l’arrivée
massive de baigneurs, que le maintien d’une qualité d’eau conforme au
17
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels
soit difficile voire impossible. Un grand nombre de baigneurs qui
pénètrent simultanément dans l’eau chaude d’un bassin aura pour
conséquence de faire diminuer de façon importante la teneur en
désinfectant résiduel, ce qui fera augmenter les risques de contamination.
Une telle situation peut faire en sorte que le traitement et la
désinfection deviennent insuffisants exposant ainsi les baigneurs à un
risque beaucoup plus élevé de contamination. Il est recommandé, dans ces
cas, d’augmenter la teneur en chlore résiduel avant l’admission et de
diminuer le nombre de baigneurs admis en même temps en deçà de la CMB
établie.
Cette recommandation peut être particulièrement importante dans le cas
des pataugeoires publiques où le ratio baigneurs/volume est élevé et, par
conséquent, le risque de contamination plus grand, sans oublier que ces
clientèles plus jeunes sont plus sujettes aux infections microbiologiques
et aux accidents fécaux. D’ailleurs, pour ces situations, il serait judicieux
d’augmenter la teneur en désinfectant à une valeur près de la teneur
maximale.
À long terme, le responsable du bassin devra explorer les solutions pour
augmenter le taux de recirculation de l’eau, améliorer le système de
filtration et de désinfection, revoir la conception des goulottes et drains
de fonds, etc., ce qui pourrait aider à maintenir une bonne qualité de l’eau
durant les périodes d’achalandage de pointe. S’il s’agit d’un bassin de type
empli-vide permanent, sans système de circulation et de filtration, le
responsable devra songer à abandonner l’usage de ces bassins ou à les
munir d’équipements assurant une bonne désinfection.
1.5 Information à l’intention de la clientèle
Il est obligatoire d’afficher, à la vue des usagers, les résultats des
évaluations de la qualité de l’eau du bassin et de mettre en parallèle
l’obligation de respecter le règlement intérieur. Par exemple, cela peut
18
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
être fait de façon très visuelle en utilisant un schéma de l’établissement
où sont présentées les diverses activités entre l’entrée et la sortie et en
expliquant sommairement les fonctions des divers services, y compris le
circuit de recirculation, de traitement et de désinfection de l’eau.
De cette façon, l’exploitant sensibilisera l'usager au fait qu’il peut
contribuer à maintenir la qualité des lieux et à protéger sa propre santé
ainsi que celle de l’ensemble des personnes présentes. L’exploitant pourra
même en profiter pour remercier tous les usagers de respecter
rigoureusement le règlement intérieur.
19
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
2. LA DEUXIÈME BARRIÈRE - LES SERVICES AUXILIAIRES
2.1 Les généralités
Si l'on veut exploiter un établissement de façon sécuritaire pour les
usagers, il est essentiel de mettre à leur disposition des services de base
afin qu’ils puissent revêtir les vêtements requis pour l’activité et
entreposer les autres vêtements (salles de déshabillage), aller aux
toilettes (installations sanitaires) et avoir accès au périmètre du bassin
(promenade). Tous ces équipements constituent le groupe des services
auxiliaires. Ils doivent être ventilés adéquatement et utilisés alors qu’ils
sont dans une condition de propreté adéquate pour éviter les infections
et la transmission de maladies.
La sueur et l’urine étant les sources principales de contaminants azotés
de l’eau des bassins qui peuvent réagir avec le désinfectant de l’eau, la
présence de services auxiliaires (douches et toilettes) après l’admission
de la clientèle est le moyen privilégié pour prévenir la contamination. Il
faut également retenir que seuls les baigneurs, et leurs accompagnateurs
dans le cas des enfants par exemple, peuvent être admis dans l’aire des
services auxiliaires afin de réduire au minimum les sources potentielles de
contamination. De plus, il faut éviter de garder dans les pieds des souliers
contaminés à l’extérieur pour ne pas disperser des germes sur les
surfaces où habituellement les baigneurs se trouvent pieds nus.
Par conséquent, il faut concevoir et disposer les services auxiliaires en
veillant à ce que les personnes passent de la zone où l’on porte des
chaussures extérieures à la zone où l’on va pieds nus, sans avoir à revenir
sur leurs pas, sauf pour sortir de l’établissement. Dans les cas
particuliers où un accompagnateur doit se rendre dans la zone où l'on
circule pieds nus, il faut mettre à sa disposition des protège-chaussures à
usage unique pour éviter la contamination de cette zone ou simplement
exiger que les accompagnateurs se déchaussent.
20
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
2.2 Les salles de déshabillage
Tout établissement doit être équipé de salles de déshabillage ventilées
adéquatement et maintenues à une température de 25 ºC à 27 ºC afin que
le passage des baigneurs vers la promenade et le bassin soit confortable.
Les salles de déshabillage doivent être munies d’au moins une prise d’eau
servant à brancher un tuyau d’arrosage, qui sera utilisé pour l’entretien
sanitaire des lieux selon le programme défini par l’exploitant de
l’établissement.
Le revêtement des planchers doit être constitué d’un matériau
antidérapant, imperméable, non poreux, non absorbant, non fibreux et non
susceptible de retenir l’eau (céramique, béton, par exemple). Une pente
de 2 % à 3 % doit permettre l’écoulement de l’eau vers le renvoi de
plancher. Les encoignures entre le plancher, les murs et les cloisons
doivent être arrondies pour faciliter l’entretien. Les murs et les cloisons,
pour leur part, doivent être recouverts de matériaux lisses, non poreux et
facilement lavables. Il est donc défendu de placer des tapis sur les
planchers, car ils constitueront des foyers permanents de contamination
en raison de l’humidité qui s’y trouvera et des possibilités de
multiplication microbienne.
Les salles de déshabillage doivent être désinfectées quotidiennement à
l’aide d’une solution désinfectante (0,3 % à 0,6 % de chlore libre ou
l’équivalent). Le nombre de salles de déshabillage doit être calculé à
partir de la charge maximale de baigneurs (CMB). Dans le cas des bassins
intérieurs, le ratio à respecter est de 0,46 m2/baigneur alors qu’il est de
0,84 m2/baigneur dans le cas bassins extérieurs. Dans ce dernier cas, il
doit toujours y avoir un minimum de 4 unités de déshabillage par sexe.
Soulignons qu’il est recommandé de mettre à la disposition des usagers
des séchoirs qui peuvent être utilisés pour sécher les cheveux, mais
également pour diminuer le taux d’humidité à l’intérieur des oreilles afin
de prévenir les infections.
21
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
2.3 Les installations sanitaires
Les établissements doivent être équipés d’installations sanitaires
attenantes à la promenade pour les usagers (toilettes, urinoirs, lavabos,
fontaines et douches). Ces installations doivent être conçues de façon à
ce que les risques de contamination, lorsque les baigneurs y viennent,
soient les plus faibles possible. Des installations sanitaires doivent
également être mises à la disposition des spectateurs. Cependant, ces
installations doivent être indépendantes des installations réservées aux
baigneurs de façon à éviter les contaminations croisées.
L’eau fraîche alimentant les installations sanitaires (fontaines, lavabos,
douches) doit être conforme aux normes du Règlement sur la qualité de
l’eau potable en vigueur.
2.3.1 Les bassins intérieurs
Dans le cas des bassins intérieurs, les ratios suivants devraient être
respectés en tenant compte de la charge maximale de baigneurs (CMB)
pour les toilettes, les urinoirs, les lavabos, les fontaines et les douches :
• Toilettes
o Pour hommes : CMB/60
o Pour femmes : CMB/40
• Urinoirs
o Pour hommes : CMB/60
• Lavabos
o Pour hommes : CMB/100
o Pour femmes : CMB/100
• Fontaines
o Pour hommes et femmes : CMB/100
• Douches
o Pour hommes : CMB/40
o Pour femmes : CMB/40
22
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Les douches doivent fournir de l’eau chaude (au moins 35 ºC et au moins
11,4 l/min) et de l’eau froide. Elles doivent être munies d’un dispositif de
mélange protégeant l’utilisateur contre les brûlures causées par l’eau trop
chaude.
Finalement, les installations sanitaires doivent être séparées pour
permettre l’usage distinct par chacun des sexes.
2.3.2 Les bassins extérieurs
Dans le cas des bassins extérieurs, les ratios suivants devraient être
respectés en tenant compte de la charge maximale de baigneurs (CMB)
pour les toilettes, les urinoirs, les lavabos, les fontaines et les douches :
• Toilettes
o Pour hommes : CMB/120
o Pour femmes : CMB/80
• Urinoirs
o Pour hommes : CMB/120
• Lavabos
o Pour hommes : CMB/300
o Pour femmes : CMB/300
• Fontaines
o Pour hommes et femmes : CMB/100
• Douches
o Pour hommes : CMB/80
o Pour femmes : CMB/80
Dans le cas des bassins extérieurs des terrains de camping, ces
installations peuvent se situer dans un rayon de 50 mètres du bassin et
de la promenade. Il faudra par contre s’assurer que les lieux ne seront
pas contaminés au retour des usagers, en mettant à leur disposition des
endroits pour retirer et ranger les chaussures avant l’accès à la
promenade. Aussi, l'utilisation de pédiluves ou de tout autre système
23
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
permettant le nettoyage des pieds est recommandée pour ce type
d’établissement.
2.3.3 Les spectateurs
Finalement, en ce qui concerne les spectateurs, il est recommandé de
respecter les ratios suivants pour les toilettes, les urinoirs, les lavabos et
les fontaines, selon le nombre de spectateurs admissibles (NSA) :
• Toilettes
o Pour hommes : NSA/600
o Pour femmes : NSA/200
• Urinoirs
o Pour hommes : NSA/300
• Lavabos
o Pour hommes : NSA/300
o Pour femmes : NSA/300
• Fontaines
o Pour hommes et femmes : NSA/100
Mis à part les recommandations précédentes, il doit toujours y avoir au
moins :
• 1 toilette, 1 urinoir, 2 lavabos et 2 douches pour hommes
• 2 toilettes, 2 lavabos et 2 douches pour femmes
• 1 fontaine
Dans le cas des hôtels, des motels et des conciergeries, les salles de
déshabillage ne sont pas obligatoires, sauf si la baignade est permise pour
une clientèle autre que la clientèle même de l’établissement concerné. Il
doit néanmoins y avoir, pour les usagers du bassin, un lavabo, une toilette
et une douche pour chaque sexe, dans un rayon de 50 mètres.
24
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
2.3.4 Les douches et les pédiluves
L'utilisation de pédiluves (petits bassins conçus pour le nettoyage des
pieds) alimentés continuellement en eau fraîche et désinfectante est
fortement recommandée. L’eau du bassin peut être utilisée pour alimenter
un pédiluve. Cette méthode permet d’assurer le renouvellement de l’eau
du pédiluve de façon continue. Les pédiluves doivent être vidangés et
nettoyés adéquatement tous les jours, en fin de journée.
Tous les baigneurs doivent se doucher à l'eau et au savon avant de se
rendre sur la promenade pour se baigner afin d’éliminer la grande
majorité des germes et des contaminants présents sur leur corps à leur
arrivée. Ils doivent faire de même à leur retour définitif dans la salle de
déshabillage afin de débarrasser leur corps des germes présents et des
produits chimiques résiduels. Ils doivent prendre soin de se rincer
complètement dans les deux cas.
2.4 La promenade
La promenade est une surface de circulation qui ne doit servir qu’aux
activités liées à la baignade. Par conséquent, le règlement intérieur doit
interdire de consommer de la nourriture dans ce secteur.
Les personnes qui circulent sur la promenade à des fins de gestion,
d’entretien ou à d'autres fins doivent porter des souliers différents de
ceux qu’ils portent ailleurs ou porter des protège-chaussures à usage
unique. La température de l’air à proximité du bassin doit être similaire à
celle de l’eau, et l’écart entre les deux devrait être maintenu entre - 1 ºC
et + 3 ºC.
La largeur de la promenade doit être d’au moins 1,5 mètre dans le cas des
bassins, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. La pente de la promenade
doit être conçue de façon à ce que l’eau s’écoule vers les drains, et ce,
avec une inclinaison de 2 % à 3 %. Les drains doivent obligatoirement être
reliés à l’égout de l’établissement. La promenade doit être recouverte
25
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
d’un matériau antidérapant, imperméable, non poreux, non absorbant, non
fibreux et non susceptible de retenir l’eau (céramique, béton, etc.).
2.5 L’entretien préventif des surfaces
Il n’y a pas que l’eau qui puisse être contaminée et causer l’infection des
baigneurs. En effet, les surfaces avec lesquelles ces derniers viennent en
contact (les planchers, les bancs, les poignées de portes, etc.) peuvent
présenter des risques d’infection si elles ne sont pas entretenues
adéquatement. La conception des locaux est également importante pour
en faciliter l’entretien sanitaire périodique et l’usage sécuritaire par la
suite.
2.5.1 La procédure générale
Pour entretenir les surfaces correctement, il est important de procéder
en deux étapes consécutives et essentielles : le nettoyage et la
désinfection. Une étape de détartrage peut également s’avérer
nécessaire, mais de façon moins fréquente.
L’étape de nettoyage consiste d’abord à enlever les saletés grossières
lors d’un prélavage. Soulignons que le balayage à sec est à proscrire afin
d'éviter de disperser des poussières dans l’air ambiant. Il faut, par la
suite, procéder au lavage par un brossage énergique suivi d’un rinçage afin
d'éliminer les saletés délogées ainsi que les produits de nettoyage
résiduels. Il est important de s’assurer que les saletés et les produits de
nettoyage provenant de la promenade ne se retrouvent dans le bassin et
contaminent l’eau. Comme nous l’avons précisé plus haut, cette étape peut
être suivie d’un détartrage pour déloger les incrustations plus
résistantes, le cas échéant.
Finalement, les surfaces doivent être traitées au moyen d’un désinfectant
approprié pour détruire les germes nuisibles qui pourraient être encore
présents. Les surfaces à entretenir en priorité sont celles qui viennent en
contact avec l’épiderme : les planchers, les bancs, les poignées de portes,
26
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
etc. Pour faciliter leur entretien, les surfaces doivent être lisses,
imperméables, non dégradables, résistantes aux chocs et antidérapantes.
Il ne faut jamais ajouter des matériaux tels que des tapis sur ces
surfaces, car ils constitueront des foyers permanents de contamination
en raison de l’humidité qui s’y trouvera et des possibilités de
multiplication microbienne. Finalement, il faut prévoir des dispositifs
d’évacuation de l’eau vers l’égout pour éliminer efficacement les eaux de
nettoyage et de rinçage.
2.5.2 Le programme d’entretien des surfaces
Pour que l’entretien des surfaces soit efficace, le responsable doit
disposer d’un programme d’entretien des surfaces qui décrit les
procédures de nettoyage, de détartrage et de désinfection ainsi que les
fréquences à respecter, et ce, pour toutes les surfaces (les planchers, les
bancs, les poignées de portes, etc.). Le personnel affecté à ces tâches
doit recevoir une formation appropriée sur les concentrations des
produits à utiliser, les temps de contact requis, les techniques de
préparation par dilution et les risques associés au contact avec ces
produits. Le programme doit être préparé en tenant compte de
l’importance des risques de contamination des surfaces à partir de
l’entrée de la clientèle jusqu’au bassin. Ce programme doit prévoir un
registre où sont consignées les données relatives à la réalisation
périodique de l’entretien et les observations particulières faites durant
sa réalisation. Une mise à jour du programme doit être effectuée de
façon continuelle, en particulier si le choix des produits utilisés pour les
travaux est modifié. Des fiches résumant les diverses tâches d’entretien
(surfaces à entretenir, procédure à suivre, produits à employer, etc.)
devraient être disponibles pour faciliter l’exécution de ces tâches par le
personnel.
Dans le cas où les travaux d’entretien sont confiés à une entreprise
spécialisée, il est recommandé de demander à cette dernière de préparer
un programme d’entretien qui tienne compte du contexte particulier d’une
27
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
piscine ou de tout autre bassin d’eau destiné à la baignade et de le
soumettre à l’exploitant, à des fins d’évaluation et d’approbation, avant de
confirmer le contrat d’engagement.
Quant aux produits utilisés pour l’entretien des surfaces, une attention
particulière doit être apportée à leur composition afin qu’elle soit
compatible avec l’eau d’un bassin, en particulier en ce qui a trait aux
produits désinfectants dont une quantité résiduelle demeure sur les
surfaces des planchers à la fin de la procédure d’entretien. Ils doivent de
plus être entreposés suivant les critères recommandés pour l’entreposage
des produits chimiques utilisés pour le traitement et la désinfection de
l’eau.
L’entretien préventif d’un établissement est une composante essentielle
pour que celui-ci demeure salubre, sécuritaire et stable. À cet effet, il
doit être réalisé selon un programme dans lequel les fréquences
d’intervention sont adaptées aux risques présents. Sans prétendre
couvrir tous les points d’entretien requis dans la présente section, il est
possible d’énumérer diverses précautions devant faire partie intégrante
du programme d’entretien particulier d’un établissement et qui pourraient
être traduites en moyens d’intervention :
• toutes les surfaces doivent être propres et en bonne condition;
• les tuiles ne doivent présenter aucun bris et les joints doivent être
complets et exempts de dépôts ou de saletés accumulés;
• aucun objet flottant ne doit être visible à la surface de l’eau;
• les goulottes et les écumoires doivent être propres et exemptes de
dépôts causés par les eaux écumées;
• les fuites d’eau doivent être colmatées;
• tous les équipements de sécurité (marches, échelles, tremplins,
etc.) doivent être sécuritaires et propres.
Dans le cas des piscines et des pataugeoires extérieures, une attention
particulière doit être portée à tout débris, déchet, etc., lesquels doivent
être ramassés afin d'éviter qu’ils ne se retrouvent dans le bassin, même
s’il est illusoire de vouloir contrôler parfaitement cette difficulté.
28
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Plus précisément, dans le cas des bassins extérieurs :
• toutes les surfaces de circulation doivent être lavées
régulièrement, en évitant les éclaboussures vers le bassin;
• les surfaces gazonnées et les environs doivent être tenus propres
afin de minimiser les risques de contaminer l’eau du bassin;
• les drains des surfaces de circulation doivent être vérifiés
régulièrement pour s’assurer que l'eau s'y écoule facilement;
• des contenants à déchets doivent être mis à la disposition de la
clientèle et ils doivent être vidés régulièrement.
Dans le cas des piscines et des pataugeoires publiques, il devrait être
défendu de consommer des aliments et des boissons (autres que de l’eau
dans un contenant incassable) dans le secteur de la promenade et à
l’intérieur du bassin.
29
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
3. LA TROISIÈME BARRIÈRE - LA RECIRCULATION DE L’EAU
3.1 Les généralités
La recirculation de l’eau est une composante stratégique de tout bassin
qui permet de respecter les critères de qualité de l’eau établis, et ce,
malgré une contamination inévitable causée par la clientèle et par les
retombées atmosphériques, dans le cas des bassins extérieurs. Au-delà
des objectifs d‘économie d’une ressource (l’eau) et d’énergie (chauffage
de l’eau), la recirculation vise les objectifs suivants :
• permettre le traitement de toute l’eau;
• permettre d’éviter la présence de zones mortes qui occasionnent
des dépôts;
• permettre le traitement le plus rapidement possible;
• permettre la distribution homogène de l’eau traitée.
Soulignons au passage qu’il n’est pas recommandé de recirculer de l’eau
entre deux bassins d’un même établissement, car la contamination
présente dans un bassin pourrait venir en contact avec les baigneurs du
second bassin. Par contre, dans le cas d’un spa, cette pratique pourrait
contribuer à augmenter le taux de renouvellement de l’eau.
L’équipement nécessaire pour assurer la recirculation de l’eau d’un bassin,
et dont chaque bassin devrait être muni, comprend les composantes
suivantes :
• les goulottes et les écumoires;
• les drains de fond;
• le réservoir ou le bassin d’équilibre, s’il y a lieu;
• les tamis;
• la pompe;
• le chauffe-eau, s’il y a lieu;
30
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• le système de filtration;
• les retours d’eau.
La conception de ces composantes doit faire l’objet d’une attention
particulière afin que la qualité de l’eau qui y circule en fin de course,
c’est-à-dire dans la conduite de retour vers le bassin, soit de qualité
optimale pour les utilisateurs.
Une composante importante du système de recirculation est le
débitmètre, lequel permet de connaître en tout temps le débit d’eau dans
le circuit, de mesurer le rendement des éléments, de vérifier le taux de
recirculation et d’apporter, au besoin, les ajustements nécessaires.
3.2 L’hydraulicité mixte
L’hydraulicité désigne le mode d’extraction et d’alimentation de l’eau d’un
bassin en fonction des objectifs de rendement visés par l’exploitant.
L’hydraulicité la plus répandue pour permettre une recirculation efficace
de l’eau est dite « mixte », car elle assure l’extraction de l’eau du bassin
autant par l’écumage de surface que par le drain de fond.
En effet, il est nécessaire de procéder autant à l’écumage de surface
qu’au drainage par le fond afin de faciliter l’enlèvement des matières
flottantes qui se concentrent dans le film superficiel ainsi que des solides
en suspension et décantables qui flottent dans la masse d’eau ou qui ont
tendance à se déposer au fond. Dans le cas des piscines équipées de
bassins d’équilibre, lorsque des baigneurs sont présents, l’écumage de
l’eau est prioritaire au drainage par le fond et, à l'inverse, lorsque les
baigneurs quittent, c'est le drainage par le fond qui devient prioritaire.
31
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
3.2.1 Le taux minimal de recirculation de l’eau
Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut équilibrer le système tout en
assurant un taux minimal de renouvellement adapté au type de bassin. Ce
taux de recirculation doit tenir compte du nombre moyen de baigneurs
présents, du nombre total de baigneurs dans la journée, de la provenance
d'élément organique transporté par le vent, de la crème solaire, de la
température de l'eau; le tout par rapport au nombre de litres d’eau
contenus dans le bassin. Par exemple, dans le cas d'une piscine, il faudrait
prévoir une recirculation minimale toutes les 4 heures dans les parties du
bassin plus profondes que 1,5 mètre et toutes les 1,5 heures dans les
parties du bassin moins profondes que 1,5 mètre. Dans le cas d'une
pataugeoire, une recirculation minimale toutes les 30 minutes dans
l’ensemble du bassin devrait être considérée. Quant aux spas, le
renouvellement pourrait être effectué toutes les 5 minutes si nécessaire.
Pour atteindre les objectifs de recirculation et obtenir une qualité d’eau
conforme et sécuritaire, l’équipement doit être conçu de façon à assurer
les vitesses correspondantes, tant à l’aspiration (< 1,5 mètre/sec) qu’au
refoulement (< 2 mètres/sec), et en tenant compte du débit de filtre
encrassé (70 % du débit de filtre propre).
Toutes les composantes du système d’hydraulicité doivent être
construites à partir de matériaux résistant à la corrosion et à la pression
et ne pas présenter d’arêtes saillantes. Elles doivent être résistantes à
une action des baigneurs.
En outre, le système d’aspiration doit être conçu de façon à ce qu’aucun
corps ne puisse l’obstruer complètement, ne présenter aucun orifice de
plus de 8 mm et la vitesse de pompage doit être telle que la vitesse
linéaire de l’eau soit < 0,3 m/sec.
32
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
3.3 Les goulottes, les écumoires et les drains de fond
Les goulottes et les écumoires font partie de l’équipement obligatoire de
tout bassin pour recueillir le film superficiel contaminé par la présence de
substances peu solubles dans l’eau. Elles ne doivent recueillir que les eaux
de surface du bassin. En effet, les eaux de la promenade doivent être
rejetées dans l’égout par un système indépendant. Les goulottes et les
écumoires ne doivent jamais être noyées ou submergées, de façon à en
assurer un fonctionnement efficace, notamment en ce qui a trait à la
reprise du film superficiel. Elles doivent être munies d’une grille amovible
et fabriquées à partir d’un matériau résistant à la corrosion. Elles
peuvent être intégrées à la paroi ou être contiguës à la promenade.
Le bassin doit être muni d’au moins deux drains de fond, installés au point
le plus bas du bassin et recouverts d’une grille que les baigneurs ne
peuvent pas enlever sans l'aide d'un outil. Le deuxième drain permet
d’éviter les aspirations en compensant, dans le cas où le premier se
trouverait bouché par quelqu’un ou quelque chose. Ces drains permettent
de vidanger complètement le bassin. Chaque drain de fond doit pouvoir
véhiculer 100 % du débit maximal de la pompe.
3.4 Le réservoir ou bassin d’équilibre
Le réservoir (ou bassin) d’équilibre a diverses fonctions, soit :
• agir comme tampon pour tenir compte des variations de niveau;
• recueillir les eaux captées par les goulottes ou les écumoires (par
gravité);
• recevoir l’eau d’appoint.
Il doit être suffisamment volumineux pour recevoir les eaux évacuées du
bassin lors de la présence des baigneurs et lors de l’arrêt des pompes.
Son volume devrait être d’environ 10 % du débit horaire de recirculation.
33
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Le réservoir doit être équipé des éléments suivants, lesquels doivent être
construits à partir de matériaux résistant à la corrosion :
• une vidange au point le plus bas pour rejeter le contenu en eau et
les solides présents;
• un trop plein pour évacuer de l’eau dans l’égout;
• un évent pour rejeter à l’extérieur les gaz présents;
• un contrôle automatisé du niveau de l’eau.
Il faut nettoyer régulièrement le réservoir pour le débarrasser des
dépôts présents sur les parois et au fond.
3.5 Les tamis et les pompes
Les tamis doivent être disposés de façon à protéger les pompes et le
système de filtration en retenant les matières grossières et les cheveux.
Ils doivent être facilement accessibles, amovibles et faits de matériaux
résistant à la corrosion.
Les pompes sont de type centrifuge, en ligne ou circulaires, sauf pour les
pompes doseuses, et elles assurent la recirculation en tout temps (24
heures sur 24). En plus de servir à la recirculation, elles sont utilisées
pour la filtration, le nettoyage à contre-courant et la vidange du bassin.
3.6 L’eau d’alimentation et d’appoint
L’apport d’eau neuve qui provient de l’extérieur de l’établissement et qui
est déversé dans le réservoir d’équilibre, en amont du traitement par
filtration, est indispensable pour compenser les pertes normales et pour
remplacer l’eau éliminée dans l’égout lors des lavages à contre-courant.
L’eau alimentant un bassin et l’eau d’appoint ajoutée pour compenser les
pertes devraient respecter les normes du Règlement sur la qualité de
l’eau potable du ministère du Développement durable, de l'Environnement
et des Parcs. L’installation doit être réalisée dans le respect du Code de
34
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
construction de la Régie du bâtiment, notamment en évitant toute
situation pouvant conduire à un raccordement croisé entre l’eau neuve et
l’eau recirculée.
L’apport quotidien d’eau neuve doit être d’au moins 30 l/baigneur ayant
fréquenté le bassin. Toutefois, l’apport en eau neuve devrait tenir compte
de la fréquentation et du type de bassin. Cela permettra d’éviter
l’accumulation excessive de produits chimiques pouvant nuire à la qualité
de l’eau, au confort des baigneurs et à l’intégrité de l’équipement.
3.7 Les mesures de débits
Un débitmètre doit être installé sur la conduite de retour pour connaître
en tout temps le débit instantané dans le système. Un second débitmètre
peut être installé sur la conduite d’aspiration pour connaître la proportion
d’eau recirculée provenant de la surface du bassin et qui doit être
maintenue à une valeur minimale d’environ 50 % le jour et d’environ 20 %
la nuit, puisque la priorité va alors au drain de fond.
3.8 Le chauffage de l’eau
Le chauffage de l’eau est généralement nécessaire pour maintenir l’eau à
la température optimale recherchée, notamment par la clientèle des
piscines. Cette température est d’environ 29 ºC dans le cas des bassins
intérieurs et de 24 ºC dans le cas des bassins extérieurs.
Toutefois, pour certaines clientèles particulières (« aqua-bébés »,
personnes âgées, etc.), la température sera maintenue dans l’intervalle de
30 ºC à 32 ºC, alors qu’elle sera inférieure à 29 ºC lors de diverses
compétitions. Il faut cependant tenir compte du fait que, dans le cas où
l’eau est maintenue à une température plus élevée, l’évaporation de l’eau
sera plus grande et les espèces volatiles pourront plus facilement être
transférées de l’eau vers l’air ambiant. De plus, quand l’eau est plus
chaude, le chlore réagit plus vite et les microorganismes croissent mieux.
35
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
La ventilation devra donc être ajustée en conséquence, tout comme le
dosage des produits chimiques.
Tous les bassins destinés à la baignade doivent être munis d‘un dispositif
fixe de mesure de la température installé le long du circuit de
recirculation de l’eau. Ces appareils de mesure doivent être conçus de
façon à ce que le mercure (le cas échéant) ne puisse en aucun cas
s’échapper vers l’eau du bassin ou même dans l’air ambiant.
Dans certains établissements, on peut chauffer l’eau en la faisant circuler
dans un échangeur de chaleur alimenté par un liquide caloporteur lui-
même réchauffé dans une bouilloire. Le cas échéant, il existe toujours la
possibilité que ce liquide caloporteur fuit dans l’eau recirculée et
contamine celle-ci. Or, il faut savoir que de tels circuits à haute
température sont souvent protégés par l’addition de produits chimiques
qui réduisent les réactions de corrosion et qui préviennent l’entartrage
causé par la haute température. Par conséquent, s’il devait y avoir une
fuite, même minime, une contamination pourrait se produire et modifier la
qualité de l’eau de diverses façons (métaux, produits organiques, matières
réactives avec le chlore, etc.). Une inspection périodique de ces systèmes
est donc nécessaire, voire obligatoire, pour éviter les impacts d’une fuite
imperceptible, mais active.
3.8.1 Les toiles solaires
L’utilisation de toiles solaires n’est pas recommandée puisqu’il est difficile
de bien les nettoyer et de les désinfecter. Leur utilisation peut donc
entraîner une contamination excessive de l’eau des bassins si elles ne sont
pas lavées soigneusement avant d’être remises de nouveau sur la surface
de l’eau. De plus, elles doivent être désinfectées périodiquement afin de
détruire le biofilm présent. Dans le cas contraire, elles auront tendance à
accumuler des saletés qui seront retournées vers le bassin lors de leur
installation sur la surface de l’eau et contamineront l’eau.
36
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
3.8.2 Les bains chauffés
Le chauffage de l’eau est une caractéristique des bains chauffés (spas,
cuves thermales, etc.), comme leur nom l’indique. Étant donné la popularité
grandissante de ces bains, il y a lieu de souligner et de rappeler que ce
type d’équipement doit faire l’objet d’une surveillance accrue en raison de
la température plus élevée de l’eau et des contraintes qui en résultent.
Afin de réduire les risques chimiques et microbiologiques pour les
clientèles utilisant ces bains, les exploitants devraient porter une
attention particulière aux éléments suivants :
• Établir et adopter un règlement intérieur et le faire respecter
sans exception.
• S’assurer que la température ne dépasse jamais 40 ºC.
• Observer rigoureusement les normes de désinfection et
d’ajustement du pH, en particulier lorsque l’achalandage est fort.
• Connaître de façon approfondie le fonctionnement des équipements
relatifs à l’exploitation des bains chauffés.
• Former le personnel sur tous les aspects du fonctionnement et de
l’entretien des équipements ainsi que sur les méthodes
d’intervention en cas d’urgence (accidents fécaux, par exemple).
3.9 La vidange complète du bassin
Malgré toutes les précautions prises pour maintenir la qualité optimale de
l’eau, il pourrait être nécessaire de vider complètement le bassin pour
éviter des difficultés de traitement dues à l’accumulation de produits
divers dans l'eau. Toutefois, dans le cas d'une piscine, un apport quotidien
en eau fraîche de 1 % peut permettre d’éviter la vidange complète lorsque
les équipements sont bien manoeuvrés. Il est par contre recommandé de
vidanger une pataugeoire une fois par semaine, les pédiluves tous les soirs
et les spas selon l’achalandage. Dans la documentation sur les bains
chauffés, on trouve la formule suivante :
# baigneurs = capacité du bain en litres/12
37
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Donc, pour un bain de 1 500 litres, par exemple, on fera la vidange après
le passage de 125 baigneurs.
Lorsque les conditions nécessitent une neutralisation du désinfectant
résiduel présent (dans le cas d'un rejet dans le milieu naturel, par
exemple), cette précaution doit être prévue au cours de l’opération de
vidange. Le thiosulfate de sodium ou le sulfite de sodium peuvent être
utilisés pour neutraliser du chlore et du brome résiduel. Il est
recommandé de consulter un chimiste, le cas échéant.
3.10 Les rejets dans l’égout
Les égouts sanitaires ne sont pas conçus pour recevoir des eaux de lavage
ou de vidange des bassins artificiels. Tous les rejets dans l’égout
combinés, en provenance d’un établissement, doivent être faits dans le
respect du Code de construction de la Régie du bâtiment, de la Loi sur la
qualité de l’environnement et des règlements locaux, le cas échéant. Dans
ce dernier cas, il faut demander l’information pertinente à l’autorité
municipale concernée. Tous les rejets dans l’égout doivent être effectués
sans le surcharger, que ce soit en raison de la conception des équipements
d’évacuation ou de l’importance du débit des eaux évacuées. Dans le cas
des systèmes de filtration utilisant des filtres à diatomées, des
précautions supplémentaires doivent être envisagées à cause du risque de
colmatage par la terre diatomée (voir la section 4.2.2).
Tout rejet dans un réseau pluvial doit avoir été préalablement traité et
autorisé.
38
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
4. LA QUATRIÈME BARRIÈRE – LA FILTRATION DE L’EAU
4.1 Les généralités
La filtration sert à débarrasser l’eau des contaminants solides en
provenance des baigneurs (fragments de peau, cheveux, etc.) et même de
l’air ou de l’environnement (poussières, pollens, etc.) dans le cas des
piscines extérieures. L’efficacité de la filtration est fonction de plusieurs
facteurs, dont le type de filtre utilisé. Elle est également influencée par
l’efficacité du tamis, des goulottes et des écumoires, la conception, la
disposition et le nombre des retours et des drains, le degré de
recirculation, la géométrie et la dimension du bassin, la charge de
baigneurs et les mesures d’hygiène.
Le système de filtration sert à recueillir les solides flottants, en
suspension et décantables et permet de procéder, par la suite, à une
désinfection plus efficace. L’enlèvement des solides contribue également
à retenir une partie des microorganismes présents et qui ont
généralement tendance à s’agglomérer sur les particules solides. Les
filtres doivent être nettoyés de façon régulière par un lavage à contre-
courant afin d’éliminer les solides captés dans le milieu filtrant et de
régénérer un milieu filtrant efficace.
La filtration sert également à retenir les solides recueillis par le système
de nettoyage à contre-courant ou le balai aspirateur, utilisé
périodiquement pour enlever les solides déposés au fond du bassin, à
moins que l'on ait choisi de les évacuer directement dans l’égout.
4.2 Les types de filtres
Pour effectuer la filtration, on peut notamment utiliser des filtres à
sable, des filtres à diatomées ou des filtres à cartouches.
39
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
4.2.1 Les filtres à sable (filtration ouverte ou fermée)
Les filtres à sable sont les plus répandus en raison des diverses options
qu’offre cette technologie. La filtration par filtres à sable est
habituellement effectuée du haut vers le bas à travers une masse de
sable qui a une granulométrie appropriée (de l’ordre de 0,4 à 0,6 mm, par
exemple).
La vitesse de filtration peut varier selon les équipements :
• lents (10 - 20 m/h);
• semi-rapides (20 - 40 m/h);
• rapides (> 40 m/h).
Ces filtres sont nettoyés périodiquement par un lavage à contre-courant
qui permet d’évacuer la saleté retenue dans le filtre grâce à la force d’un
courant d’eau inversé. Plusieurs modèles sont offerts sur le marché.
4.2.2 Les filtres à diatomées (filtration ouverte ou fermée)
Les filtres à diatomées sont également utilisés malgré leur
fonctionnement plus complexe que celui des filtres à sable. Leur
efficacité filtrante est fondée sur l’utilisation d’une poudre de diatomées
séchées et calcinées. Contrairement aux filtres à sable, les filtres à
diatomées ne peuvent pas être utilisés en présence de coagulants, tels
que l’alun, qui bloqueraient la filtration. Ce type de filtre peut être
nettoyé de diverses façons, par exemple par un mécanisme de
décolmatage automatique qui permet la chute périodique du gâteau
(couche accumulée) et la reprise subséquente de la filtration.
4.2.3 Les filtres à cartouches
Finalement, les filtres à cartouches sont surtout utilisés dans les petites
installations en raison du fait qu’ils s’encrassent rapidement.
40
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
4.3 Le processus de la filtration
Lors de la mise en marche d’un filtre, on observe que la turbidité de l’eau
diminue progressivement et que le débit faiblit alors que la pression
augmente. Cette phase de maturation est caractéristique d’un tel
procédé. Par la suite, le débit se stabilise. Soulignons que plus les solides
se fixent dans le filtre, au début du cycle de filtration, plus l’efficacité
du filtre augmente; un filtre propre est moins efficace qu’un filtre
légèrement sale en raison de l’accumulation de solides qui diminue la
porosité du filtre.
4.3.1 Le lavage à contre-courant
Lorsque la masse filtrante est encrassée, le débit diminue de manière
appréciable alors que la pression augmente. Si aucun équipement
permettant un nettoyage à contre-courant automatisé n’est présent, il
faut alors procéder au lavage à contre-courant manuel. Dans les deux cas,
ce lavage, comme son nom l’indique, est effectué en poussant de l’eau à
travers le milieu filtrant dans le sens opposé de la filtration.
Le lavage à contre-courant provoque une certaine expansion du milieu
filtrant et déloge les solides présents dans la masse et sur le milieu
filtrant en raison de son expansion et du contact entre les grains de
solides. Ainsi, l’élimination des solides accumulés se produit et redonne au
milieu filtrant sa capacité de filtration originale. Le lavage à contre-
courant est généralement effectué selon des critères spécifiques, soit à
environ 70 % du débit des filtres propres, par exemple.
À la suite d'un lavage à contre-courant, il est fortement recommandé
d’effectuer le rinçage des filtres pour éviter la remise en circulation des
sédiments et contaminants divers qui peuvent être restés sur le filtre. Il
est possible de vérifier l’efficacité du lavage à contre-courant en
observant la turbidité de l’eau rejetée, lorsque la conduite de vidange est
munie d’une fenêtre. Après quelques minutes, la présence d’une eau
41
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
limpide confirme la fin de l'opération et il est alors possible de procéder
au rinçage. Cette courte opération de nettoyage du filtre par le passage
d’eau dans le sens habituel du courant, sans toutefois retourner cette eau
vers le bassin, permet d’éliminer les solides résiduels avant de reprendre
la filtration normale. Soulignons que les eaux de lavage et de rinçage
doivent être rejetées dans l’égout.
Dans le cas des filtres à diatomées, il est habituellement possible de
procéder au nettoyage par l’arrêt périodique des pompes, ce qui permet
de faire tomber le gâteau accumulé. Par la suite, la reprise de la filtration
permet au gâteau de se reconstruire. Lorsque le gâteau devient de plus en
plus résistant à la filtration, il faut procéder au changement de la charge
de diatomées.
Dans le cas des filtres à cartouches, la filtration est interrompue toutes
les 24 heures pour permettre le nettoyage du filtre par un trempage dans
de l’eau additionnée de détergent, puis un rinçage à l’eau. On peut ensuite
les réutiliser.
4.4 L’emploi de coagulants/floculants
Pour optimiser la filtration lorsque des solides trop fins sont présents et
ne peuvent pas être retenus par le milieu filtrant, il est parfois
nécessaire d’utiliser périodiquement des produits chimiques coagulants
qui permettent de rendre filtrables des substances solubles ou colloïdales
ou encore de grossir des solides qui sont trop fins pour être retenus dans
le filtre.
Il existe de nombreux produits pour la coagulation/floculation, un
procédé chimique qui consiste à former, à partir de constituants solubles
et colloïdaux, des solides filtrables. Il est important de retenir que
l’emploi de coagulants pour faciliter la rétention des particules de charge
identique (-) qui se repoussent et qui ne peuvent pas être filtrées n’est
pas nécessaire en tout temps; leur emploi doit être occasionnel et dicté
42
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
par les observations sur la qualité de l’eau, notamment la transparence.
Les coagulants sont souvent de charge positive (+) et agissent pour
neutraliser les espèces chargées négativement.
Les solides formés (flocs) à la suite de ces interactions se déposent sur
le milieu filtrant en même temps que le coagulant et améliorent la
rétention des solides plus fins. Soulignons que cette méthode ne convient
pas lorsque des filtres à diatomées sont utilisés. De plus, elle n’est pas
recommandée pour les filtres à grand débit (> 40m/h).
Des sels à base d’aluminium sont le plus souvent utilisés pour la
coagulation/floculation. Plusieurs de ces produits ont normalement
tendance à acidifier le milieu. Il ne faut donc les utiliser que dans des
conditions d’alcalinité suffisante, sans quoi le pH de l’eau du bassin
pourrait chuter, ce qui occasionnerait des problèmes (dissolution de
métaux, formation de solides dans le bassin, etc.).
Le dosage de ces produits ne doit pas être excessif si l'on veut éviter
qu’ils ne bloquent les filtres ou encore qu’ils ne causent une post-
floculation dans le bassin. On doit toujours ajouter ces produits en amont
de la filtration afin que leur action se produise au niveau du filtre.
Les dosages typiques de ces produits sont :
• dans le cas des filtres lents (10 - 20 m3/m2/h) : 0,5 à 1 g/m3;
• dans le cas des filtres semi-rapides (20 - 40 m3/m2/h) : 0,2 à
0,5 g/m3;
• dans le cas des filtres rapides (> 40 m3/m2/h) : non
recommandé.
Soulignons que dans le cas des bassins extérieurs, le dosage de coagulant
pourrait être plus fort. Aussi, dans certains cas, il arrive que l’on forme
les « flocs » dans le bassin et qu'à la suite de la décantation, on envoie le
tout à la filtration, au drain de fond ou dans le robot qui effectue le
nettoyage. Cette procédure doit s’effectuer en l’absence de baigneurs.
43
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artificiels destinés à la baignade
5. LA CINQUIÈME BARRIÈRE - LA DÉSINFECTION DE L’EAU
5.1 Les généralités
La désinfection de l’eau est un moyen de traitement permettant de
détruire les germes pathogènes présents dans l’eau d’un bassin en raison
de la contamination que peut transmettre la clientèle, et ce, malgré les
précautions prises dès son admission (vérification de maladies à
l’admission, douche obligatoire, etc.). En effet, comme nous l’avons
mentionné précédemment, en raison de la présence de germes corporels
et à cause d’accidents fécaux qui sont toujours possibles, un baigneur
peut contaminer l’eau du bassin et ainsi, sans même s’en rendre compte,
nuire à la santé des autres personnes présentes dans le bassin. Il est
donc essentiel de procéder à la désinfection de l’eau, de façon continue,
par le dosage d’un désinfectant après la filtration et le maintien d’une
concentration suffisante de désinfectant résiduel dans l’eau du bassin.
Malgré la présence de désinfectant résiduel dans l’eau d’un bassin, il est
essentiel de procéder à l’addition continue de désinfectant après la
filtration afin de détruire les germes pathogènes qui pourraient encore
être présents dans l’eau filtrée. Le désinfectant résiduel présent dans
l’eau du bassin a la capacité de détruire des germes pathogènes présents.
Cependant, il ne faut pas oublier que le processus de désinfection n’est
pas instantané : selon la concentration du désinfectant résiduel, la durée
de ce processus sera plus ou moins longue.
L’ajout de désinfectant à l’eau filtrée, avant son introduction dans l’eau
du bassin, permet une désinfection accrue en raison de la concentration
locale de désinfectant résiduel qui est élevée et de la durée de contact
de celui-ci avec l’eau filtrée. De cette façon, la désinfection sera très
efficace, à moins que ne soient présents des germes reconnus comme
étant plus résistants aux désinfectants utilisés et qui auraient été
44
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artificiels destinés à la baignade
introduits dans le bassin par la clientèle ou par l’eau d’alimentation (des
parasites, par exemple).
Il faut également savoir que la désinfection de l’eau est différente de la
stérilisation. En effet, la stérilisation est un procédé qui consiste à
détruire tous les germes présents, qu’ils soient pathogènes ou non. On la
pratique généralement en milieu hospitalier pour des raisons de
protection des malades contre toute contamination qui pourrait causer
des infections diverses. La désinfection, pour sa part, est un procédé qui
vise à détruire, parmi tous les germes présents, ceux qui peuvent nuire à
la santé des personnes infectées, soit les germes pathogènes. De plus, le
désinfectant a la propriété d’améliorer la qualité esthétique de l’eau,
notamment sa couleur et sa turbidité.
En outre, il faut savoir que la distribution des germes pathogènes n’est
fort probablement jamais homogène dans une masse d’eau et qu’une
grande proportion de ceux-ci peut se retrouver dans le film superficiel,
par exemple. Dans cette condition, les microorganismes peuvent être
protégés de l’attaque du désinfectant résiduel par la matière organique
concentrée localement. Ces microorganismes peuvent même être présents
dans l’eau d’un bassin pendant une longue période, en particulier si
l’efficacité de l’écumage n’est pas optimale.
Finalement, il est essentiel de retenir que le maintien en permanence
d’une concentration suffisante de désinfectant résiduel dans le bassin
permet d’empêcher tout développement significatif d’algues dans un
bassin extérieur et, a fortiori, dans un bassin intérieur.
5.2 Le chlore
5.2.1 La chimie du chlore
La compréhension de la chimie du chlore, le désinfectant le plus
couramment utilisé pour la désinfection de l’eau des piscines, est la clef
pour comprendre l’importance de l’énoncé suivant dans la gestion de l’eau
d’un bassin :
45
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
« Si l’air au-dessus d’un bassin sent le chlore,
il n’y a pas assez de chlore dans cette eau ».
En effet, malgré ce que l’on pourrait instinctivement déduire, ce n’est pas
en diminuant le dosage de chlore que l’on corrigera un problème d’odeur
de chlore dans l’enceinte au-dessus d’un bassin. Au contraire, il faut
plutôt augmenter le dosage de chlore pour corriger cette situation. Il
faut, en effet, toujours compenser complètement la demande en chlore
(quantité de chlore requise pour détruire les substances pouvant réagir
avec le chlore) et ajuster, par la suite, la concentration résiduelle de
désinfectant pour que l’eau soit désinfectante, en plus d’être désinfectée.
Ce principe sera expliqué plus en détail dans la section qui traite de la
chloration au-delà du point critique un peu plus loin dans la présente
section.
L’eau exempte de composés azotés réactifs avec le désinfectant
Si l’eau d’un bassin ne contenait pas de matières azotées susceptibles de
réagir avec le désinfectant, celui-ci se transformerait, lors de son ajout
dans l’eau filtrée, en acide hypochloreux (HOCl), un agent désinfectant
par excellence qui est doublé de la propriété d’agir comme algicide.
Lorsque le chlore est utilisé pour la désinfection sous la forme
d’hypochlorite de sodium, plusieurs réactions se produisent, favorisant
ainsi une augmentation du pH (réaction alcaline). Selon la composition de
l’eau, il pourrait être nécessaire d’ajouter un agent acide pour éviter une
augmentation inacceptable du pH. Par contre, si du chlore gazeux (Cl2)
était utilisé pour la désinfection, des équilibres différents se
produiraient. Dans ce cas, l’élément différent est la réaction acide,
caractéristique de la réaction du chlore gazeux avec l’eau.
Dans les deux cas, le HOCl obtenu se dissocie pour former l’anion OCl-. Ce
comportement de HOCl et OCl- (chlore résiduel libre) indique donc qu’il
est préférable de maintenir le pH du milieu dans l'intervalle de 7,0 à 7,5
afin que la concentration du HOCl l’emporte sur celle de OCl-. Cependant,
46
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
étant donné que ces deux espèces sont reliées entre elles par un équilibre
chimique, la réaction de toute unité d’HOCl sera compensée par la
formation d’autres espèces HOCl par l’entremise de la réserve d’OCl-
présente.
Néanmoins, il faut savoir que plus le chlore résiduel sera consommé par
les contaminants, moins cette transformation se produira. (L’annexe 2
présente de façon plus détaillée toutes les réactions possibles lors de
l’utilisation du chlore comme désinfectant.)
Le tableau qui suit présente, à titre d’exemple, une grille décrivant, pour
diverses concentrations de chlore résiduel libre (non lié à des espèces
azotées), la proportion de ce chlore existant sous la forme HOCl (chlore
résiduel libre actif). Il illustre comment l’ajustement du pH d’une eau
dans l’intervalle de 7,2 à 8,0 a une influence majeure sur la présence de
l’espèce désinfectante qu’est l’HOCl.
______________________________________________________
CHLORE RÉSIDUEL LIBRE ACTIF (HOCl)
EN FONCTION DE LA TENEUR EN CHLORE RÉSIDUEL LIBRE ET DU pH
(eau à 25 ºC – sans stabilisant du chlore)
pH Chlore résiduel libre (mg/l Cl2)
0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
7,2 0,40 0,54 0,67 0,80 0,94 1,07 1,20 1,34
7,4 0,34 0,45 0,56 0,67 0,78 0,90 1,06 1,12
7,6 0,27 0,36 0,45 0,54 0,62 0,71 0,80 0,89
7,8 0,20 0,27 0,34 0,40 0,47 0,54 0,60 0,67
8,0 0,15 0,19 0,24 0,29 0,34 0,39 0,43 0,47
Quelle que soit la méthode utilisée, l’espèce HOCl est l’agent
désinfectant. Plus sa concentration est élevée, plus le processus de
désinfection sera efficace, pour une même durée de contact. Aussi, plus
la durée de contact est longue, plus les microorganismes les plus
résistants ont des chances d’être inactivés. Cette relation entre le temps
de contact (t) et la concentration du désinfectant (C) est généralement
exprimée par la formule suivante :
47
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artificiels destinés à la baignade
C x t = constante
On remarque, de façon générale, que les bactéries sont les plus sensibles
à la désinfection, alors que les virus et les parasites sont les plus
résistants.
L’eau contenant des espèces azotées réactives avec le désinfectant
Si l’eau du bassin est contaminée par des espèces azotées réactives avec
le désinfectant, les équilibres chimiques seront en compétition avec des
équilibres nouveaux. Les espèces azotées réactives sont de deux genres :
la famille de l’ammoniac (l’azote ammoniacal) et les composés organiques
(l’azote organique). On les distingue principalement en raison de leur
réactivité avec le désinfectant, soit la vitesse de réaction et la stabilité
après réaction.
L’azote ammoniacal
La famille de l’azote ammoniacal (NH3 et NH4+) a la caractéristique
d’être relativement facile à détruire par un dosage approprié de
désinfectant, ce qui n’est pas le cas de l’azote organique. La réaction du
chlore avec l’azote ammoniacal peut néanmoins entraîner la formation de
chloramines (NH2Cl, NHCl2 et NCl3), selon la dose de chlore utilisée et la
concentration totale d’azote ammoniacal.
Quoique les chloramines aient elles-mêmes une propriété désinfectante
(elles font partie du chlore résiduel combiné), leur pouvoir désinfectant
est beaucoup plus faible que celui du chlore résiduel libre (HOCl et OCl-)
par un facteur de 100. De plus, il faut savoir que le NHCl2 et le NCl3 sont
des espèces qui ont la propriété de causer des irritations des yeux et une
odeur caractéristique de chlore en raison de leur volatilité et que leur
présence peut constituer un désagrément pour la clientèle.
Heureusement, lorsque la dose de chlore est suffisamment élevée ou que
la concentration de l’azote ammoniacal est relativement faible, les
chloramines sont majoritairement détruites par le chlore ajouté et se
48
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artificiels destinés à la baignade
transforment en azote atmosphérique (N2). Par conséquent, si la
concentration du chlore est vérifiée en tout temps et que son dosage est
modifié au besoin, le chlore résiduel sera surtout présent sous sa forme
libre dans l’eau traitée.
À l’inverse, si la teneur en azote ammoniacal augmente de façon
significative sans que le dosage de chlore ne soit modifié de façon
proportionnelle (charge élevée de baigneurs ou apport important
d’ammoniac, notamment par l’urine de la clientèle), la formation de
chloramines peut devenir très importante et la clientèle pourra ressentir
un inconfort.
Les composés organiques azotés
De leur côté, les composés organiques azotés réactifs avec le chlore
posent un problème plus sérieux que l’azote ammoniacal lors du
traitement de l’eau. En effet, ils sont habituellement plus réfractaires à
la destruction par le chlore après leur formation. Cette forme de
composé azoté provient essentiellement de la clientèle et peut être
associée aux sécrétions, comme la sueur, et à l’urine dans laquelle on
retrouve de l’urée. Les composés azotés peuvent réagir avec le chlore
pour former des sous-produits chlorés qui, à leur tour, peuvent se
décomposer avec le temps en chloramines simples. Cependant, dans le cas
présent, les vitesses de réaction sont lentes, ce qui peut entraîner un
problème persistant, une fois les chloramines organiques formées.
Les chloramines organiques font également partie de la famille du chlore
résiduel combiné. Cependant, elles ont une capacité désinfectante
nettement plus faible que le chlore résiduel libre en raison de leur grande
stabilité. C’est pourquoi, en raison de leur persistance, tous les efforts
doivent être faits pour minimiser l’introduction de tels produits dans l’eau
du bassin, en incitant très fortement les baigneurs à se doucher à l'eau
au savon, avant de se plonger dans l’eau du bassin, et à adopter une
conduite sanitaire exemplaire en utilisant les toilettes avant la baignade
et aussi souvent que nécessaire par la suite. Malgré ces précautions, la
49
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artificiels destinés à la baignade
problématique des crèmes solaires demeure entière compte tenu de leurs
bienfaits pour contrer l’occurrence du cancer de la peau mais de
l’interférence qu’elles occasionnent sur le maintien d’une bonne qualité de
l’eau de baignade.
Chloration au-delà du point critique
En résumé, la désinfection par le chlore doit être pratiquée en
privilégiant la méthode du dosage au-delà du point critique en tout temps
(quelle que soit la fréquentation du bassin). Cette pratique permet de
minimiser la formation de chlore résiduel combiné (chlore lié à des
composés azotés), qui peut persister dans l’eau du bassin après sa
formation et occasionner des désagréments quasi permanents pour la
clientèle du bassin.
La courbe qui suit décrit sommairement une chloration typique au-delà du
point critique en présence d’azote ammoniacal.
A B C D
Chlore résiduel
en mg/l
Cl 2 total
5 Cl 2 libre
4
3
2
P
1
1 2 3 4 5 6 7 8 8 introduit
Chlore
en mg/l
De façon séquentielle, cette courbe présente quatre zones typiques de la
chloration en présence d’azote ammoniacal :
50
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• zone A : réaction du chlore avec les substances réactives diverses
sans azote réactif
• zone B : formation de chlore résiduel combiné
• zone C : destruction du chlore résiduel combiné
• zone D : présence majoritaire de chlore résiduel libre
Le point critique (P) est la limite au-dessus de laquelle le dosage de chlore
doit toujours être fixé pour favoriser la présence majoritaire de chlore
résiduel libre. La distance verticale entre ce point d’inflexion et l’axe
horizontal (dosage de chlore) constitue une mesure de la concentration
résiduelle de chlore combiné.
Lorsque la chloration est effectuée en présence de substances
organiques azotées réactives, le point critique peut être beaucoup moins
défini qu’en présence d’ammoniac et la concentration résiduelle de chlore
combiné au-delà du point critique peut être beaucoup plus élevée.
5.2.2 L’action désinfectante du chlore
L’efficacité désinfectante de l’acide hypochloreux (HOCl) serait
attribuable à sa similarité structurale avec la molécule d’eau et à sa
facilité de traverser la membrane cellulaire en raison de sa charge nulle,
par opposition à OCl-, lequel est chargé négativement.
5.2.3 La destruction des algues
La désinfection de l’eau et le maintien en permanence de désinfectant
résiduel dans l’intervalle de concentration exigé permet de détruire les
algues et d’empêcher leur prolifération, car le chlore est à la fois un
désinfectant et un algicide. Toutefois, des algicides peuvent également
être utilisés pour combattre les algues, s’il a été démontré que la
présence de désinfectant résiduel dont la concentration est conforme ne
suffit pas. Soulignons que de tels produits peuvent nécessiter l’ajout de
chlore et que lors de leur utilisation, il peut s’avérer nécessaire d’ajuster
le dosage de désinfectant.
51
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
5.2.4 Le confort du baigneur
Le confort du baigneur dans un bassin suppose habituellement l’absence
de désagréments tels que les odeurs ou l’irritation des yeux. Comme nous
l’avons déjà mentionné, les désagréments liés aux odeurs peuvent être
enrayés principalement par le processus de désinfection, en diminuant à
son minimum la formation de chlore résiduel combiné lorsque le chlore est
utilisé comme désinfectant.
En ce qui a trait au confort de l’œil, il faut savoir que la composition du
liquide lacrymal est particulière et que son pH se situe habituellement
dans l’intervalle de 7,0 à 7,4. De plus, ce liquide a une capacité-tampon
importante qui le protège des variations soudaines de pH. C’est l’une des
raisons pour lesquelles il est important de maintenir, dans un bassin, une
eau dont le pH est similaire à celui du liquide lacrymal et dont la capacité-
tampon est également comparable, soit de 75 à 250 mg/l CaCO3.
5.2.5 La recherche d’une eau stable
Dans le but de protéger les yeux des baigneurs, de conserver un pH qui
favorise la prédominance de l’acide hypochloreux (HOCl) sur l’ion
hypochlorite (OCl-) et d’éviter des réactions de corrosion attribuables à
une eau trop acide et à une faible alcalinité, il est impératif d’ajuster le
pH et l’alcalinité de l’eau d’un bassin dans l’intervalle de 7,2 à 7,8 et de
60 à 150 mg/l CaCO3 respectivement. Cet intervalle représente un
compromis de stabilité optimale qui permet de faire face à l’ensemble des
contraintes liées à l’efficacité de la désinfection et aux réactions de
dégradation des surfaces. La capacité-tampon de l’eau est alors
suffisante et le risque de formation de carbonate de calcium (CaCO3) est
plutôt faible, tout comme le risque d’irritation des yeux.
L’intérêt d’utiliser le bicarbonate de sodium (NaHCO3) pour ajuster la
composition de l’eau d’un bassin provient du fait que ce sel contient
52
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
l’espèce responsable de l’alcalinité de l’eau et qu'il a également la
particularité d’être amphotère (capacité d’agir à la fois comme un acide
et une base).
Lorsque le pH de l’eau d’un bassin est inférieur au pH neutre (pH = 7,0)
pendant une période suffisamment longue (en raison d’un ajout excessif
d’alun ou d’acide chlorhydrique, par exemple), il est possible de rétablir le
pH dans l’intervalle optimal en ajoutant du NaHCO3. Cependant, il ne faut
pas se surprendre que l’eau devienne trouble et qu’un solide se forme.
Cette réaction peut découler de la présence de métaux dissous par l’eau
acide et de leur coagulation subséquente lors de la neutralisation de
l’acide par l’agent alcalin.
D’autres produits, tels que l’hydroxyde de sodium (NaOH) et la chaux
(Ca(OH)2), pourraient également être utilisés pour rétablir le pH dans
l’intervalle prescrit. Cependant, le premier est un produit plus dangereux
à manipuler que le second, lequel est peu soluble et fournit du calcium qui
peut éventuellement précipiter (se déposer ou former des dépôts solides)
si la limite de solubilité du carbonate de calcium est dépassée. Il est
également possible d’utiliser du Na2CO3 (carbonate de sodium) pour
corriger le pH trop acide d’un bassin. Il faut cependant être prudent avec
ce produit, car son effet sur le pH sera plus important que l’effet du
NaHCO3. Par contre, tout comme ce dernier, il a l’avantage d’être très
soluble dans l’eau.
À l’inverse, lorsque le pH de l’eau a tendance à être trop élevé, il peut
s’avérer nécessaire d’ajouter un produit acide pour diminuer le pH de
l’eau. L’acide chlorhydrique est le produit le plus fréquemment utilisé en
pareil cas. On utilise également le NaHSO4 ou même le CO2 pour corriger
à la baisse le pH de l’eau d’un bassin.
L’Indice de Langelier
Il est possible de mesurer la stabilité relative d’une eau en évaluant la
probabilité de la précipitation du carbonate de calcium au moyen de
53
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
l’Indice de Langelier. Cet indice, qui a des limites malgré son usage
répandu, exprime la capacité pour une eau de former ou non un film
protecteur de carbonate de calcium sur les surfaces et ainsi de s’opposer
aux réactions d’agressivité et de corrosion, typiques des eaux acides et
de faible alcalinité. L’Indice de Langelier (IL) sert à déterminer cette
stabilité relative d’une eau au moyen de l’équation suivante :
IL = pH + TF + CF + AF - 12,1
où TF : facteur de température
CF : facteur de calcium
AF : facteur d’alcalinité totale
Le tableau suivant présente des valeurs typiques de ces facteurs.
TEMPÉRATURE DURETÉ ALCALINITÉ TOTALE
Valeur TF Valeur CF Valeur AF
0 0,0 5 0,3 5 0,7
3 0,1 25 1,0 25 1,4
8 0,2 50 1,3 50 1,7
12 0,3 75 1,5 75 1,9
16 0,4 100 1,6 100 2,0
19 0,5 150 1,8 150 2,2
24 0,6 200 1,9 200 2,3
29 0,7 300 2,1 300 2,5
34 0,8 400 2,2 400 2,6
40 0,9 800 2,5 800 2,9
53 1,0 1 000 2,6 1 000 3,0
Les valeurs de dureté et d’alcalinité totale sont exprimées en mg/l CaCO3
Si la résolution de l’équation de l’Indice de Langelier donne une valeur (IL)
nulle, l’eau est stable. Par ailleurs, si la valeur IL est positive, l’eau est
incrustante (susceptible de former un film protecteur) alors qu’au
54
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
contraire, si la valeur IL est négative, l’eau peut altérer les surfaces avec
lesquelles elle entre en contact.
Il ne faut pas rechercher absolument une valeur nulle ou positive pour une
eau de baignade, car cette eau pourrait facilement devenir trouble, en
particulier en raison de son chauffage. Une valeur IL légèrement négative
(soit de -0,5) est recommandée.
5.3 Les produits contenant du chlore
Outre l’hypochlorite de sodium et le chlore gazeux, on peut utiliser
l’hypochlorite de calcium (Ca(OCl)2) pour la désinfection de l’eau. Les
propriétés désinfectantes de ce produit sont similaires à celles de
l’hypochlorite de sodium (NaOCl), sauf en ce qui a trait à la présence de
calcium qui, en s’accumulant dans l’eau, peut causer des précipitations de
carbonate de calcium (CaCO3) si la solubilité de ce dernier est dépassée.
Il est donc essentiel, lorsque l’hypochlorite de calcium est utilisé, de
mesurer périodiquement la dureté de l’eau pour déterminer la teneur en
calcium et de renouveler l’eau suffisamment pour éviter qu’une
accumulation trop rapide ne se produise.
Finalement, on peut utiliser l’hypochlorite de lithium (LiOCl). La
composition chimique de ce produit est très semblable à celle de
l’hypochlorite de sodium. Son prix élevé peut toutefois en restreindre
l’usage dans les grands bassins. De plus, il est généralement offert sous
forme solide, ce qui peut rendre sa manipulation plus délicate, comme
dans le cas du Ca(OCl)2.
5.4 Les produits contenant du brome
Tout comme le chlore, le brome peut être utilisé pour la désinfection de
l’eau de baignade. Le brome se transforme en HOBr et en présence
d’ammoniac, il peut former des bromamines. Cependant, les bromamines
55
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
seraient beaucoup moins stables que les chloramines correspondantes, ce
qui rendrait attrayant son usage comme désinfectant, car il y aurait moins
de plaintes concernant l’irritation des yeux et les odeurs désagréables.
Le brome présente un avantage sur le chlore dans le traitement de l’eau à
tendance alcaline. Par contre, si l’eau a tendance à s’acidifier (pH < 7,5),
une irritation causée par le brome moléculaire peut être ressentie. Il est
possible de mesurer les concentrations des espèces bromées en utilisant
des technologies similaires à celles utilisées pour le chlore. Cependant, si
du chlore résiduel est présent en même temps que du brome résiduel, lors
de l’utilisation de produits mixtes, il est nécessaire d’ajouter un produit
contenant de l’ammoniac pour bloquer la réaction des espèces chlorées et
ne mesurer ainsi que la concentration des espèces bromées.
Le brome est habituellement utilisé sous la forme d’hydantoïne mixte de
chlore et de brome. Il est beaucoup plus cher que le chlore, donc surtout
utilisé en eau chaude dans les spas et dans les petits bassins.
5.5 L’ozone
L’ozone peut être utilisé pour désinfecter l’eau. Cependant, puisque
l’ozone doit être absent de l’eau du bassin en raison de sa toxicité
intrinsèque, le pouvoir de désinfection résiduelle doit être obtenu à l’aide
d’un autre agent de désinfection, aux concentrations exigées par le
Règlement.
L’ozone serait surtout utilisé dans les grandes installations. Il doit être
produit sur place, ce qui rend le processus de désinfection plus complexe.
Après un temps de contact d’environ 4 minutes avec une concentration de
0,4 mg/l O3, l’eau doit être déozonisée, notamment à l’aide de charbon
actif ou par dégazage. Par la suite, un désinfectant complémentaire, tel
que le chlore, doit être ajouté. Des appareils spécifiques permettent de
mesurer la concentration de l’ozone dans l’eau.
56
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
5.6 Les lampes ultraviolettes (UV)
Les UV peuvent être utilisés pour désinfecter l’eau. Cependant, comme
dans le cas de l’ozone, un désinfectant résiduel complémentaire tel que le
chlore ou le brome doit être utilisé dans l’eau retournée vers le bassin,
car les UV ne sont pas persistants dans l’eau. Un désinfectant résiduel
doit donc être présent dans l’eau du bassin aux concentrations exigées
par le Règlement.
Les UV sont particulièrement efficaces pour l’élimination des parasites
tels que Giardia et Cryptosporidium. Cependant, le responsable doit
prévoir un entretien rigoureux, puisque les lampes UV peuvent s’encrasser
facilement.
5.7 L’emploi de stabilisants
On peut utiliser, de façon ponctuelle et non de façon continue, des
produits stabilisants pour le chlore afin d’empêcher l’effet destructeur
des rayons du soleil sur le chlore des piscines extérieures. En effet,
l’acide cyanurique peut être ajouté à l’eau traitée par le chlore pour
former des sous-produits chlorés résistant mieux à l’action du soleil que
le chlore seul. De plus, des cyanurates chlorés peuvent servir à la
désinfection de l’eau. Lorsque l’on choisit d’utiliser une méthode qui
nécessite l’emploi de stabilisants, il faut tenir compte de l’équilibre
chimique supplémentaire et ajuster la teneur en désinfectant résiduel à la
hausse afin d’obtenir le même pouvoir désinfectant.
Les cyanurates chlorés se présentent sous la forme de deux produits
commerciaux : l’acide trichloroisocyanurique, qui contient environ 90 % de
chlore disponible, et le dichloroisocyanurate de sodium ou de potassium,
dont la teneur en chlore disponible se situe entre 60 % et 70 %.
D’un point de vue strictement chimique, l’utilisation des cyanurates
chlorés correspond à une méthode de désinfection au moyen de
57
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
chloramines. En effet, ces composés ont une propriété désinfectante,
tout comme les chloramines. Leur pouvoir désinfectant est plus faible que
celui du chlore résiduel libre, car les réactions nécessaires pour
régénérer les espèces libres, et notamment le HOCl, sont lentes. De plus,
l’efficacité de ces produits est fonction de la présence, en concentration
plus ou moins élevée, de l’acide cyanurique, dont la concentration
augmente au fur et à mesure que ces produits stabilisés se dégradent
pour libérer du HOCl et du OCl-. En conclusion, il est important de
s’assurer que la concentration d’acide cyanurique ne dépasse pas 60 mg/l
dans l’eau du bassin, sinon l’activité désinfectante sera bloquée, et ce,
malgré la présence de chlore résiduel vérifiée à l’aide d’un appareil de
mesure et de surveillance en continu ou d’une trousse de mesure. Dans ce
cas, il pourrait même arriver que l’eau du bassin soit contaminée par des
algues microscopiques malgré la présence de chlore résiduel. De plus,
étant donné l’équilibre qui existe entre les formes chlorées de
l’isocyanurate et de l’HOCl, il est nécessaire de doser les produits à une
concentration plus élevée pour obtenir une protection comparable à celle
du chlore résiduel libre.
Soulignons que si une concentration excessive d’acide cyanurique est
atteinte, seul le remplacement de l’eau du bassin peut être envisagé pour
corriger la situation. De plus, il faudra suspendre l’ajout continu de chlore
stabilisé pour ajouter un produit sans stabilisant. C’est notamment pour
ces raisons que les produits à base d’acide cyanurique ne devraient pas
être utilisés dans les bassins intérieurs.
Il existe un moyen simple de mesurer la concentration de l’acide
cyanurique dans l’eau d’un bassin. Une réaction avec la mélamine permet
de déterminer par néphélométrie (similaire à la mesure de turbidité) la
teneur en acide cyanurique.
La norme relative à l’acide cyanurique, soit de 60 mg/l, doit être
respectée rigoureusement, car des teneurs plus élevées (de 100 à
58
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
200 mg/l, par exemple) peuvent donner lieu à des détériorations
significatives de la qualité de l’eau d’un bassin.
5.8 L’équipement de désinfection
Toutes les composantes de l’équipement utilisé pour la désinfection
doivent être fabriquées à partir de matériaux résistants à la corrosion.
Elles doivent permettre de doser les produits chlorés en quantité
suffisante pour effectuer, au besoin, une surchloration (traitement choc).
Un appareil de suivi continu de la teneur en désinfectant résiduel doit
être associé à cet équipement pour permettre les ajustements requis,
dans les meilleurs délais. Il en est de même pour la teneur du pH qui a une
influence directe sur l’efficacité de la désinfection.
Lorsque le dispositif de dosage du désinfectant se trouve à proximité d’un
dispositif d’ajout d’acide chlorhydrique, ces deux composantes doivent
être installées de façon à ce qu’il ne soit pas possible que les deux
solutions viennent en contact, pour quelque raison que ce soit et, en
particulier, en cas de fuite accidentelle.
Les produits désinfectants utilisés pour le traitement doivent être
employés selon les recommandations des fabricants et être ajoutés, selon
la dose prescrite, après la filtration et en amont de l’alimentation des
bassins pour éviter tout accident et pour obtenir l’efficacité maximale. Il
est donc inacceptable de placer de tels produits dans les goulottes ou les
écumoires, en amont de la filtration.
5.8.1 Le potentiel d’oxydoréduction (POR)
Le maintien le plus constant possible de la teneur en désinfectant
résiduel actif dans l’eau du bassin est le gage d’une désinfection efficace
et d’une protection optimale des baigneurs dans le bassin.
59
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Il est possible de faire un suivi continu de la désinfection en mesurant le
potentiel d’oxydoréduction de l’eau. Cette mesure doit être prise en
amont de tout ajout de coagulant afin de ne pas nuire au fonctionnement
de l’électrode. Cette mesure est un bon indicateur de la capacité
désinfectante de l’eau en recirculation et permet d’effectuer les
ajustements nécessaires. Une valeur supérieure à 700 mV (ou 750 mV
dans le cas des bassins chauffés) indique habituellement une bonne
qualité de l’eau du bassin. Toutefois, l’utilisation de l’acide cyanurique
dans les bassins extérieurs peut influencer la valeur du POR, c’est
pourquoi il faut ajuster la teneur en désinfectant résiduel à la hausse afin
d’obtenir le même pouvoir désinfectant.
5.8.2 La consommation de désinfectant
Le suivi de la consommation de désinfectant constitue également un outil
global de gestion. En effet, la consommation de désinfectant dépend
fortement de plusieurs paramètres, dont les suivants :
• la fréquentation du bassin;
• la température de l’eau;
• la qualité de la filtration;
• l'ensoleillement;
• la présence ou non d’un stabilisant.
À titre d’exemple, un bassin intérieur devrait consommer généralement
de 3 à 5 g de chlore, environ, par m3 d’eau alors qu’un bassin extérieur
pourrait en consommer de 7 à 16 g par m3 d’eau. Par conséquent, en
effectuant un suivi des volumes de solution ou des poids de produits secs
utilisés de façon régulière, il sera possible de déduire des indicateurs
particuliers qui permettront d’intervenir en amont de façon préventive,
plutôt que de réagir à la suite d’anomalies soudaines.
60
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
5.8.3 La surchloration
Malgré un traitement de qualité, il peut arriver que l’on doive surchlorer
l’eau d’un bassin afin de détruire les composés indésirables qui s’y sont
accumulés (traitement choc). Cette opération peut être globale ou locale,
selon le type de bassin, mais doit toujours être réalisée en l’absence de
baigneurs.
La surchloration consiste à augmenter, pendant quelques heures, la teneur
totale en chlore résiduel, par un facteur de 2 à 3 par rapport aux
concentrations habituelles, afin de décomposer chimiquement les
composés indésirables tout en détruisant les microorganismes résistants
au chlore qui pourraient être présents. La surchloration, visant à détruire
les chloramines, ne représente pas une méthode qui réussit toujours, en
particulier lorsque les chloramines sont de nature organique. Il faut se
rappeler que la formation de chloramines en concentrations excessives
peut résulter d’une contamination massive de l’eau par les baigneurs,
lorsque le règlement intérieur n’est pas respecté, ou d’une filtration
inefficace. C’est pourquoi il faut insister sur le respect du règlement
intérieur, car la formation des chloramines peut également être
accompagnée d’autres sous-produits de la désinfection, comme les
trihalométhanes (THM).
5.9 L’entreposage et la manipulation des produits chimiques
5.9.1 Les généralités
Les produits chimiques sont utilisés dans le traitement de l’eau en raison
de leur capacité de rendre l’eau propre à l’activité qui y est exercée. Il
faut toutefois s’assurer que ces produits soient appropriés pour le
traitement de l’eau de bassins. De plus, ils doivent être utilisés et
entreposés adéquatement et conformément aux directives des
manufacturiers.
61
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
En ce qui concerne la grande majorité des produits chimiques, les
conditions d’entreposage sont déterminantes si l’on veut qu’ils conservent
toute leur efficacité. En fait, la qualité de l’entreposage diminuera les
risques que ces produits ne se dégradent, de façon plus ou moins rapide
et parfois soudaine, et ne deviennent la cause d’accidents aux
conséquences indésirables et regrettables. Par conséquent, et parce que
leur présence dans un établissement peut constituer un risque lors de leur
manipulation ou de leur entreposage, il est essentiel que ces produits
soient utilisés de façon responsable.
Il faut également veiller à réduire au minimum la dégradation des
produits chimiques et empêcher que les vapeurs libérées ne soient
captées par le système de ventilation et dispersées dans les locaux
attenants. Une ventilation indépendante du local où sont entreposés et
utilisés les produits chimiques représente la solution idéale. Toutes ces
précautions sont essentielles afin d’éviter tout incident ou tout accident,
autant pour les employés que pour la clientèle.
Soulignons que les principes présentés dans cette section peuvent
également être appliqués à la gestion des produits d’entretien sanitaire
utilisés dans l’établissement.
5.9.2 Les accidents susceptibles de survenir
Des accidents associés à des produits chimiques utilisés pour traiter l’eau
ont été rapportés dans le passé et sont décrits ici à titre d'exemple :
• Des vapeurs irritantes pour le système respiratoire et les yeux se
sont formées lors du lavage d’un contenant d’acide fort avec de
l’eau.
• De l’hypochlorite de calcium renversé sur un plancher a réagi avec
des matières étrangères, ce qui a provoqué un incendie et la
formation de gaz toxiques, dont le chlore.
62
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• Du chlore gazeux s'est formé lors du mélange involontaire de
produits chimiques, dont l’acide chlorhydrique.
Les produits les plus susceptibles de causer des accidents sont ceux qui
contiennent du chlore. En raison de ses propriétés oxydantes, le chlore
peut amorcer des réactions qui peuvent provoquer un incendie et la
formation de gaz très toxiques. Ces produits à base de chlore sont les
hypochlorites de sodium, de calcium et de lithium ainsi que les
isocyanurates chlorés.
Voilà pourquoi il faut entreposer tous les produits chimiques de façon
sécuritaire. De plus, il est extrêmement important de posséder les fiches
signalétiques de tous les produits et de connaître les précautions à
prendre lors de leur utilisation et en cas d’accident. Finalement, il faut
retenir que c’est en utilisant une variété minimale de produits que l’on
réduira les risques associés aux produits chimiques.
Le mélange de produits chimiques avec de l’eau
Parmi les dangers associés aux produits chimiques, il faut également tenir
compte des risques découlant de leur mise en solution dans l’eau. Ces
produits doivent généralement être dilués avec un grand volume d’eau. À
l’inverse, si une faible quantité d’eau est ajoutée volontairement ou par
mégarde à un produit chimique, il peut en résulter un réchauffement
important du mélange et la formation de gaz toxique. Il faut donc
toujours ajouter le produit chimique à l’eau lors de la préparation et
non l’inverse.
Il est également important d’éviter que de petites quantités d’eau ne
viennent en contact avec les produits entreposés, car une réaction
pourrait s’amorcer et produire les mêmes effets de réchauffement et de
formation de gaz toxiques, sans compter les réactions d’altération des
métaux par oxydation dans le local et dans le système de ventilation.
63
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Des sources d’eau imprévues peuvent être, par exemple :
• une infiltration d’eau par un toit;
• une fuite d’un système de protection contre les incendies;
• l’eau d’un tuyau d’arrosage utilisé pour l’entretien du plancher;
• de l’eau stagnante sur le plancher.
Le mélange accidentel de produits chimiques
Le mélange accidentel de produits chimiques peut également être une
cause d’accidents. A priori, tout mélange de produits chimiques pour la
piscine constitue un risque de réaction indésirable, de réchauffement du
mélange, de projections et de formation de gaz toxiques. Il faut aussi
éviter que des saletés, des poussières ou des débris de toutes sortes ne
soient mélangés avec les produits, car des réactions peuvent s’amorcer
entre ceux-ci et dégénérer rapidement. La propreté des lieux doit donc
être exemplaire.
Il faudra par conséquent :
• Utiliser un instrument différent pour manipuler chaque produit
chimique. Il est préférable de réserver l’usage d’un seul instrument
à chacun des produits.
• Éviter de mélanger des résidus de deux produits différents qui ont
été ramassés sur le plancher.
• Éviter de placer des contenants vides de produits chimiques
différents de façon à ce qu’il puisse se produire un mélange des
résidus de chacun (dans un conteneur, par exemple).
Un mélange accidentel d’une solution d’hypochlorite avec un produit acide
(acide chlorhydrique, par exemple) ne devrait jamais se produire, car il y
aurait alors formation de chlore gazeux qui se dissipe dans l’air ambiant,
devenant ainsi un danger pour tous, employés et baigneurs.
5.9.3 La formation des employés
64
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Pour éviter les accidents, l’exploitant doit assurer la formation adéquate
et continue de tous ses employés, y compris les employés occasionnels et
les employés saisonniers (voir aussi le chapitre 7). Il doit, de plus, donner
des directives claires sur la manipulation et sur l’entreposage des
produits. Finalement, des affiches permanentes doivent être fixées pour
appuyer les employés dans leurs tâches quotidiennes et les fiches
techniques des produits doivent être mises à leur disposition. Il est
également nécessaire de prévoir un plan d’urgence et de s’assurer de
l’assistance immédiate des autorités locales compétentes en cas
d’accident.
5.9.4 La protection personnelle des employés
En ce qui a trait à la manipulation des produits chimiques, des
équipements protecteurs propres doivent être disponibles en tout temps
(lunettes protectrices, gants imperméables, bottes imperméables,
masques) pour éviter des brûlures et des irritations, notamment aux yeux
et à la gorge. Dans le cas de manipulation de grandes quantités de
produits chimiques, l’usage d’un masque facial et d’un tablier imperméable
est recommandé.
Finalement, les procédures de travail devraient inclure les précautions
suivantes :
• toujours utiliser des gants et un masque;
• éviter la production de poussières et d’éclaboussures;
• éviter tout contact direct avec les produits (utiliser les outils
disponibles pour la manipulation des produits);
• assurer l'accès à un dispositif de lavage (douche pour les yeux, par
exemple) pour enlever rapidement tout produit;
• ne pas consommer d’aliments ni de boissons à proximité de produits
chimiques;
• se laver les mains après la manipulation des produits afin d'éliminer
toute trace de produit (souvent à l’état de poussières).
65
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
5.9.5 Les principes d’entreposage
Les principes généraux
Divers principes de base doivent être respectés afin de minimiser les
risques d’accidents. Par exemple :
• entreposer les produits de façon à les protéger de l’eau;
• colmater toute fuite d’eau avec soin et le plus rapidement possible;
• tenir tous les contenants fermés hermétiquement;
• entreposer les produits à bonne distance des portes et des
fenêtres;
• placer les produits sur des tablettes ou sur des supports pour
éviter qu’ils ne touchent le plancher;
• placer les produits en amont des pentes du plancher;
• porter une attention particulière au lavage des planchers pour
éviter que les produits ne soient en contact avec l’eau lors de cette
opération;
• tous les matériaux utilisés doivent être résistants à la corrosion.
Comme il en est fait mention précédemment, il faut éviter tout mélange
de produits chimiques. Les précautions suivantes doivent être prises :
• entreposer les produits différents en des lieux distincts;
• ne pas placer de produits liquides au-dessus de produits solides;
• éviter de mélanger un produit frais avec un produit moins frais;
• utiliser des instruments inertes (en plastique, en verre) différents
et secs pour manipuler des produits différents;
• utiliser des contenants différents réservés exclusivement pour
recueillir des résidus de produit renversé, et prévoir un mécanisme
d’élimination approprié;
• tenir le local d’entreposage très propre;
• tenir à distance toute substance combustible ou inflammable
(essence, huile, solvants, etc.);
• interdire de fumer, manger ou boire.
66
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Le local d’entreposage doit être chauffé et ventilé de façon indépendante
des locaux auxquels la clientèle a accès. Ce local doit être verrouillé en
permanence afin d'éviter que des personnes non autorisées n’y accèdent.
Les produits chimiques liquides
Le réservoir d’entreposage de l’hypochlorite de sodium en vrac (10 % ou
15 %) doit être fait d’un matériau résistant à la solution entreposée et
capable de résister aux contraintes mécaniques associées aux
remplissages et aux vidanges répétés.
Il doit de plus :
• être robuste;
• reposer sur une base solide, protégée par un revêtement résistant
à la solution qu’il contient;
• comporter :
o un dispositif de remplissage à sa partie supérieure;
o un évent communiquant avec l’extérieur du bâtiment;
o un trou d’accès avec fermeture hermétique;
o un indicateur de niveau sécuritaire;
o un orifice de vidange dans le fond du réservoir;
o un système d’alarme de haut et de bas niveau;
• être installé dans une enceinte entourée complètement par un
muret de contention et dont le plancher et les murs sont
recouverts d’un matériau résistant à la solution qu’il contient;
• être isolé pour ralentir le processus de dégradation de la solution
par la chaleur et la lumière;
• être muni d‘une bride d’alimentation cadenassée, faite d’un
matériau résistant à la solution et dont le diamètre est différent
de la bride d’alimentation en acide;
• être muni d’une alarme ou d’une sonnerie avertissant le personnel
lors du début et de la fin de l’opération de remplissage.
67
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
S’il y a lieu, le transfert de la solution d’hypochlorite de sodium vers le
bac de mélange doit être effectué à l’aide d’une pompe de transfert afin
d'éviter les éclaboussures et les déversements accidentels.
Lorsqu’ils sont pleins, les contenants réutilisables individuels de réactifs
chimiques (hypochlorite de sodium et acide chlorhydrique) doivent être
entreposés dans des lieux distincts, secs, réservés exclusivement à cette
fin et être étiquetés adéquatement. Les produits doivent être conservés
dans leur contenant d’origine. Une fois vides, les contenants doivent être
entreposés dans un endroit réservé exclusivement à cette fin avant
d’être retournés chez le fournisseur. Ils ne doivent pas servir à d’autres
fins.
Les produits chimiques solides
Produits solides à base de chlore (hypochlorite de calcium, de lithium et
isocyanurates)
L’hypochlorite de calcium doit être livré dans des barils scellés et
entreposés dans un local désigné à cette fin. Il doit être conservé à l’abri
de l’humidité, dans son contenant d’origine muni d’un couvercle hermétique
afin de diminuer les risques de détérioration et de dispersion de chlore
gazeux. Le lieu d’entreposage doit être frais, à l’abri des rayons du soleil
et, dans la mesure du possible, sans lumière permanente afin de protéger
le produit contre une dégradation trop rapide.
Les contenants doivent être placés en position verticale et être
maintenus en permanence dans cette position lors de leur manipulation
afin d'éviter tout accident pouvant provoquer une explosion ou un
incendie. Les contenants vides doivent être rincés à l’eau et entreposés
dans le même local avant d’être retournés chez le fournisseur.
Des principes similaires s’appliquent à l’hypochlorite de lithium et aux
isocyanurates.
68
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Carbonate, bicarbonate de sodium et alun
Le carbonate et le bicarbonate de sodium, reçus dans des barils ou dans
des sacs, doivent être empilés sur une plate-forme dans un local sec,
chauffé, ventilé et désigné à cette fin. Les sacs vides doivent être pliés
et entreposés avant d’être éliminés de façon adéquate.
Des principes similaires s’appliquent à l’alun. Soulignons que seul l’alun sans
ammoniac doit être utilisé dans le traitement de l’eau.
Thiosulfate de sodium et bisulfite de sodium
Ces produits servent à diminuer la concentration de chlore résiduel dans
un bassin par leur effet réducteur. Ils peuvent être utilisés à la suite
d’une surchloration programmée ou à la suite d’un dosage excessif de
chlore, lorsque la méthode de rejet d’eau du bassin et de dilution n’est
pas ou ne peut pas être considérée.
Des principes similaires à ceux du carbonate et du bicarbonate de sodium
s’appliquent à ces produits.
5.9.6 La préparation de solutions de produits solides
Lors de la préparation de solutions au moyen de produits solides en vrac
contenus dans des récipients de grande capacité, il est recommandé
d’utiliser une balance d’une capacité de 5 à 10 kilogrammes pour mesurer,
dans un récipient inerte, sec et propre, les quantités requises de ces
produits. Ces produits solides doivent toujours être manipulés avec soin
et à l’aide d’instruments propres, chacun réservé exclusivement à un seul
produit, et faits de matériaux compatibles avec le produit. Il faut
toujours ajouter ces produits à de grandes quantités d’eau et non
l’inverse.
5.9.7 L’élimination de produits chimiques
Lorsque des produits doivent être éliminés pour des raisons diverses
(périmés, inutilisés, etc.), la procédure utilisée doit être conforme aux
69
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
recommandations du manufacturier figurant sur la fiche technique et doit
respecter la réglementation locale.
5.10 La désinfection des bassins de type empli-vide
Dans la foulée de la mise en oeuvre du Règlement sur la qualité de l’eau
des piscines et autres bassins artificiels et de la tournée d’information
auprès des gestionnaires de tels équipements, la question de l’entretien
périodique des bassins de type « empli-vide » a été soulevée par des
municipalités. En effet, l’article 8 du Règlement assujettit ce type de
bassin à une désinfection quotidienne mais aucune procédure n’est prévue.
Ce type de bassin est opéré selon un processus qui implique que le bassin
est vidé de son eau à la fin de chaque journée d’opération et qu’il est
rempli à nouveau lors de la journée suivante d’opération, si les conditions
météorologiques s’y prêtent. Or, étant donné le risque de contamination
de la surface du bassin au moment du remplissage, il est recommandé de
procéder à un entretien préventif avant de mettre le bassin à la
disposition de la clientèle, d’autant plus que cette clientèle est souvent
constituée de jeunes enfants (terrains de jeux, par exemple).
La proposition de cette approche d’entretien périodique ne cautionne en
rien l’utilisation de bassins permanents du type « empli-vide ». Ils
constituent un équipement qui va à l’encontre (1) du principe d’économie
d’eau potable (admission quotidienne d’eau potable dans le bassin et rejet
d’eau du bassin à l’égout) et (2) de la protection de l’environnement (rejet
d’eau chlorée à l’égout). De surcroît, ils n’offrent pas des conditions
hydrauliques assurant le maintien d’une bonne qualité de l’eau.
L’approche proposée à l’annexe 3 est inspirée de la norme de l’American
Water Works Association (AWWA) pour la désinfection des réservoirs
d’eau potable (C-652). Elle tient compte néanmoins de l’objectif visé ici
qui n’est pas de gérer de l’eau potable, mais plutôt de procurer à la
clientèle une eau de qualité sécuritaire pour une activité récréative de
contact primaire.
70
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6. LA SIXIÈME BARRIÈRE - LA QUALITÉ DE L’EAU
6.1 Les généralités
Le suivi de la qualité de l’eau d’un bassin constitue une étape déterminante
pour assurer une exploitation adéquate et un bassin de qualité pour la
clientèle. En effet, le contrôle de la qualité permet de s’assurer que les
normes concernant la qualité de l’eau sont respectées et que, dans la
négative, des correctifs sont apportés sans délai.
La tenue d’un registre d’évaluation de la qualité permet d’effectuer, au
besoin, un retour dans le temps et d’optimiser les opérations en fonction
des connaissances acquises au fil du temps. Il faut savoir que le suivi de la
qualité peut également être très utile pour préparer des sessions de
formation destinées aux employés responsables de l’exploitation, en
particulier s’ils sont engagés sur une base temporaire, et pour comparer
l’exploitation de divers bassins en vue d’en optimiser la gestion.
Finalement, les mesures de qualité fournissent les données relatives à
l’exploitation et permettent en outre de s’assurer que les coûts
d’exploitation sont au niveau optimal, sans gaspillage d’énergie ou de
produits chimiques, par exemple. Le suivi des conditions d’exploitation
permet aussi d’informer la clientèle lorsque celle-ci demande des
renseignements particuliers.
6.2 Les critères de qualité de l’eau
Pour assurer l’exploitation adéquate de tout bassin, il est essentiel de
fixer des normes de qualité qui serviront de guides de gestion et
permettront d’offrir une eau salubre, sécuritaire et stable en tout temps.
Le Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins
artificiels a pour objet d’établir des normes relatives à la qualité de l’eau
71
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
des piscines et des autres bassins artificiels, intérieurs ou extérieurs,
exploités pour la baignade, les jeux, les sports ou la détente.
Le Règlement s’applique aux piscines et aux autres bassins artificiels qui
sont accessibles au public en général ou à un groupe restreint du public
tels que ceux :
y de l’État;
y des municipalités;
y des établissements d’enseignement;
y des organismes sans but lucratif;
y destinés aux usagers des établissements touristiques;
y des centres sportifs;
y des parcs aquatiques;
y etc.
Il s’applique également aux piscines et aux autres bassins artificiels
privés qui sont accessibles exclusivement aux résidents d’immeubles ou de
parcs de maisons mobiles ainsi qu’à leurs invités.
Bien que les normes de qualité s’appliquent à tous les bassins privés, à
l’exception des piscines résidentielles destinées à l’usage d’une famille
unique, seuls les bassins privés desservant plus de neuf unités
d'habitation sont assujettis au contrôle de qualité.
Le tableau qui suit présente des normes de qualité physicochimiques et
microbiologiques, telles qu'elles sont définies dans l’article 5 du
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels.
72
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
NORMES DE QUALITÉ DE L’EAU
___________________________________________________________
Paramètres physicochimiques Valeur
Alcalinité totale 60 à 150 mg/l CaCO3
1
Désinfectant résiduel : chlore libre bassin intérieur 0,8 à 2,0 mg/l
bassin extérieur 0,8 à 3,0 mg/l
1
brome total 2,0 à 5,0 mg/l
ozone 0 mg/l
1
Chloramines bassin intérieur < 0,5 mg/l
bassin extérieur < 1,0 mg/l
Dureté 150-400 mg/l CaCO3
pH 7,2 – 7,8
Turbidité < 1 UTN2
Paramètres microbiologiques Valeur
Escherichia coli < 1 UFC 3/100 ml
Coliformes fécaux < 1 UFC 3/100 ml
Staphylococcus aureus < 30 UFC/100 ml
Pseudomonas aeruginosa < 1 UFC/100 ml
1 Température de l’eau >35 ºC : chlore libre : 2,0 à 3,0 mg/l brome total : 3,0 à 5,0 mg/l
2 Unité néphélémétrique de turbidité
3 Unité formatrice de colonie
Précisions
Aux fins de l’application du présent règlement, l'expression teneur en
chloramines désigne la différence entre la mesure du chlore résiduel
total et celle du chlore résiduel libre.
Lorsque l’acide cyanurique est utilisé durant la désinfection de l’eau d’un
bassin extérieur, le même pouvoir de désinfection résiduelle doit être
obtenu. Cet acide ne peut être utilisé dans les bassins intérieurs et sa
valeur ne doit pas dépasser 60 mg/l.
73
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Lorsqu’un désinfectant autre que le chlore ou le brome est utilisé, il doit
offrir le même pouvoir de désinfection résiduelle. Un tel produit doit
être homologué ou certifié par Santé Canada.
Lorsque des lampes ultraviolettes (UV) ou de l’ozone sont utilisés pour le
traitement de l’eau, le pouvoir de désinfection résiduelle doit être obtenu
à l’aide d’un autre agent de désinfection.
Lorsqu’un appareil de mesure du potentiel d’oxydoréduction (POR) est
utilisé, la valeur mesurée doit être supérieure à 700 mV.
Lorsque de l’eau de mer est utilisée pour le remplissage d’un bassin,
l’alcalinité, la dureté, le pH et le désinfectant résiduel doivent être
ajustés de façon à obtenir le même pouvoir désinfectant que celui obtenu
en suivant les normes fixées dans ce règlement.
Les fréquences minimales exigées pour la mesure de ces paramètres en
présence de baigneurs sont précisées dans le Règlement. Soulignons que
certaines analyses doivent être effectuées sur les lieux en raison,
notamment, de la fréquence requise ou encore des contraintes liées à
certains paramètres, le chlore résiduel libre par exemple. Cependant,
d’autres analyses doivent être effectuées par un laboratoire externe,
accrédité par le ministère du Développement durable, de l'Environnement
et des Parcs, comme c’est le cas pour les évaluations microbiologiques et
la turbidité.
Le suivi rigoureux des fréquences minimales exigées est un gage de la
qualité recherchée, mais il doit être complété par d’autres éléments de
surveillance qui sont en relation directe avec la qualité de l’eau dans le
bassin, tels que l’entretien régulier de toutes les composantes du système
de traitement de l’eau, l’entretien sanitaire des lieux, le respect du
règlement intérieur, la formation du personnel, l’entreposage et la
manipulation des produits chimiques.
74
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.2.1 La turbidité
Une valeur faible de turbidité confirme la transparence d’une eau. À
l’inverse, une valeur élevée de turbidité indique la présence de particules
solides dans la masse d’eau qui bloquent la pénétration de la lumière et la
rendent ainsi plus opaque. La valeur maximale a été fixée à 1,0 UTN, pour
que les particules en suspension ne nuisent pas à l’effet du désinfectant.
Dans une piscine, le responsable doit viser une concentration de 0,5 UTN
pour assurer une bonne visibilité en eau profonde. Dans un spa, la valeur
de 1 UTN est le seuil acceptable
La valeur de ce paramètre peut facilement varier selon l’endroit où les
échantillons sont prélevés, soit en surface entre 15 à 30 centimètres, ou
en profondeur près de la grille de fond. La valeur de l’échantillon prélevé
en surface peut être influencée par la présence de matières flottantes
alors qu’en profondeur, les valeurs peuvent être beaucoup plus élevées en
raison de la décantation naturelle des solides vers le fond. Néanmoins, il
demeure plus complexe d’obtenir des données fiables à partir d’un
échantillon prélevé dans la partie profonde d’un bassin. De plus, dans le
cas des bassins équipés de hublots d’observation en profondeur, une
évaluation visuelle peut représenter un excellent moyen de connaître
l’ampleur de la turbidité dans la partie profonde du bassin.
En plus des mesures précédentes, il est essentiel qu’un observateur qui se
tient en bordure du bassin puisse distinguer clairement la surface
circulaire noire de 15 centimètres de diamètre prévue à l’article 12 du
Règlement sur la sécurité dans les bains publics (R.R.Q., 1981, c. S-3, r.3)
à partir de tout point de la promenade situé à 9 mètres de cette surface
circulaire noire. Cette vérification périodique est incontournable, car
c’est le seul moyen à la disposition du personnel en place de vérifier en
tout temps la transparence de l’eau et ainsi éviter de perdre le contact
visuel avec les baigneurs. En outre, si la transparence est adéquate, les
baigneurs auront une vision acceptable des autres baigneurs lorsqu’ils
nageront sous l’eau ou encore lorsqu’ils plongeront dans le bassin.
75
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
La transparence peut également être évaluée en observant l’eau près de
la grille de fond ou encore près des lignes des corridors de natation,
lorsqu'elles sont présentes.
6.2.2 Le pH
Le pH de l’eau est une mesure de la concentration des ions H+ résultant
de la dissolution d’acides et de produits à caractère acide dans l’eau du
bassin. Cette valeur doit se situer dans l’intervalle de 7,2 à 7,8 afin
d'assurer une qualité acceptable de l’eau tout en permettant une
désinfection adéquate. Étant donné que le réchauffement de l’eau a
tendance à causer une augmentation du pH de l’eau, il faudra être vigilant
et respecter rigoureusement la norme d’alcalinité totale.
6.2.3 L’alcalinité totale
L’alcalinité totale de l’eau constitue une mesure de sa capacité à
neutraliser les acides et, lorsqu’elle est suffisamment élevée, de
maintenir un pH stable. Une valeur se situant dans l’intervalle de 60 à
150 mg/l CaCO3 permet de stabiliser une eau tout en évitant des
réactions indésirables avec les surfaces métalliques et des désagréments
chez les baigneurs en raison d’irritations des yeux. Soulignons qu’il ne
faut pas indûment augmenter l’alcalinité totale d’une eau ni sa dureté
(mesure de la teneur en calcium et en magnésium exprimée en mg/l
CaCO3), car elle sera alors plus sujette à devenir trouble (turbide) en
raison de la formation de solides (par exemple le CaCO3).
6.2.4 Le désinfectant résiduel libre
Dans le cas des halogènes tels que le chlore, le désinfectant résiduel libre
correspond à la concentration des espèces chlorées très efficaces pour
désinfecter l’eau du bassin (HOCl et OCl-). Ces espèces doivent se situer
dans l’intervalle de concentration de 0,8 à 2,0 mg/l Cl2 dans le cas des
bassins intérieurs, et de 0,8 à 3,0 mg/l Cl2, dans le cas des bassins
76
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
extérieurs, afin de maintenir une qualité adéquate de l’eau du bassin. Par
contre, quand l’eau du bassin a une température supérieure à 35 ºC,
l’intervalle de concentration exigé est plutôt de 2,0 à 3,0 mg/Cl2 pour
atteindre une capacité désinfectante équivalente dans chacun des
intervalles de température possibles.
Lors de l’utilisation de produits bromés pour la désinfection de l’eau, les
espèces HOBr et OBr- sont celles qui constituent le désinfectant résiduel
libre. Pour des raisons d’équivalence chimique, les concentrations
optimales sont alors de 2,0 à 5,0 mg/l de brome total. Si la température
de l’eau excède 35 ºC, les concentrations exigées sont plutôt de
3,0 à 5,0 mg/l. À noter que l’Organisation mondiale de la Santé
recommande pour sa part une concentration maximale de 3,0 mg/l dans
les bassins dont la température n’excède pas 35 ºC.
6.2.5 Le désinfectant résiduel combiné (chloramines)
Dans le cas des halogènes tels que le chlore, le désinfectant résiduel
combiné correspond à la concentration des espèces chlorées moins
efficaces pour désinfecter l’eau du bassin (chloramines) et qui ont la
particularité de pouvoir causer des désagréments (odeurs, irritations). La
concentration de ces espèces ne doit pas dépasser 0,5 mg/l Cl2 dans le
cas des bassins intérieurs, et 1,0 mg/l Cl2, dans le cas des bassins
extérieurs, quelle que soit la température de l’eau, sinon les baigneurs
risquent de se plaindre de la mauvaise qualité de l’eau et, en particulier,
de malaises respiratoires. En effet, l’air ambiant dans l’enceinte d’un
bassin intérieur peut alors présenter une odeur désagréable de chlore,
une situation qui peut être aggravée si la ventilation n’est pas optimale.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la concentration de chloramines
dans l’air ambiant ne doit pas dépasser 0,5 mg/mètre cube.
Dans le cas où la teneur en chloramines venait à dépasser 0,5 mg/l dans
les bassins intérieurs ou 1,0 mg/l Cl2, dans les bassins extérieurs,
l’exploitant doit apporter les correctifs nécessaires sans délai. Dans le
77
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
cas où la concentration de chloramines demeure au-delà de 1,0 mg/l Cl2
durant plus de 24 heures, l’exploitant doit faire sortir tous les baigneurs
et fermer l’établissement afin de corriger la situation.
6.2.6 L’acide cyanurique
L’acide cyanurique peut être utilisé, au besoin, pour réduire la tendance
du chlore à se dégrader dans l’eau des piscines extérieures sous l’action
du soleil. Il faut maintenir la concentration de ce stabilisant sous les
60 mg/l pour obtenir un effet optimal. Des concentrations trop élevées
de ce produit peuvent réduire et même bloquer l’efficacité désinfectante
du produit utilisé et se traduire par des conditions inacceptables pour la
qualité de l’eau.
6.2.7 Le potentiel d’oxydoréduction
La mesure du potentiel d’oxydoréduction aide à déterminer la capacité du
désinfectant résiduel à agir sur les contaminants présents dans l’eau du
bassin. Une valeur minimale de 700 mV est exigée. Cette valeur est
augmentée à 750 mV dans le cas des bassins chauffés (plus de 35 °C).
6.2.8 Les coliformes fécaux et l’Escherichia coli (E. coli)
La famille des bactéries coliformes (bactéries coliformes totales)
regroupe plusieurs espèces bactériennes plus ou moins utiles pour évaluer
la salubrité de l’eau. Elle est utilisée depuis longtemps comme indicateur
de l’efficacité de la désinfection. Ils sont présents partout dans
l’environnement naturel et sont sensibles à l’effet du chlore ou du brome.
Leur présence dans l’eau d’un bassin n’est donc pas nécessairement un
signe qu’il y a un risque pour la santé, mais une indication qu’il peut y avoir
une défaillance dans le traitement de l’eau, en raison d’un fonctionnement
inadéquat des équipements ou d’une gestion inappropriée de la part du
78
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
personnel. Leur absence, par contre, témoigne d’une qualité rassurante de
l’eau.
Dans la grande famille des bactéries coliformes, le groupe des bactéries
coliformes fécales est plus caractéristique des matières fécales et peut
donc indiquer une plus grande probabilité de contamination par des
germes pathogènes. La démonstration de leur présence dans l’eau est
donc assez fiable pour déclarer qu’une eau est insalubre.
Finalement, à l’intérieur de la famille des bactéries coliformes fécales,
Escherichia coli (E. coli) est une bactérie très caractéristique de la
présence de matières fécales et, par conséquent, du risque d’être exposé
à des germes pathogènes. Soulignons que, en règle générale, la bactérie
E. coli n’est pas pathogène pour l’homme.
Dans l’eau de bassins artificiels, les bactéries coliformes fécales agissent
comme indicateur de l’efficacité de la désinfection.
6.2.9 Le Staphylococcus aureus
Staphylococcus aureus est un microorganisme pathogène opportuniste qui
vit et se développe sur le corps de la plupart des humains sans toutefois
que ces derniers soient malades. Ce germe peut être présent dans les
oreilles et dans le nez des baigneurs, par exemple. Sa présence dans une
proportion supérieure à 30 UFC/100 ml dans l’eau d’un bassin indique une
contamination inacceptable de celle-ci. Leur contrôle n’est pas obligatoire.
6.2.10 Le Pseudomonas aeruginosa
Pseudomonas aeruginosa est un germe pathogène opportuniste présent
chez la majorité des baigneurs et dont la présence dans l’eau d’un bassin
constitue, pour les baigneurs, un risque d’infections, telles que des
dermatites et des folliculites. Il doit donc être absent dans tout
échantillon prélevé dans l’eau d’un bassin destiné à la baignade. Les
79
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
risques sont plus grands dans les bains chauffés en raison de la
température plus élevée de l’eau. Leur contrôle n’est pas obligatoire mais
l’Institut national de santé publique le recommande pour les spas et
autres bassins chauffés.
6.2.11 Les BHAA
Les BHAA (bactéries hétérotrophes aérobies et anaérobies facultatives)
regroupent la majorité des bactéries cultivables qui sont présentes dans
l’eau d’un bassin. Leur population plus ou moins grande est un signe de la
bonne ou de la mauvaise qualité de la désinfection d’une eau, de même que
de la qualité désinfectante de l’eau du bassin (présence suffisante de
désinfectant résiduel libre). Soulignons qu’il est pratiquement impossible
de maintenir une population nulle de BHAA dans l’eau d’un bassin.
Cependant, des valeurs inférieures à 100 UFC/ml confirment une
exploitation de qualité. Leur contrôle n’est pas obligatoire.
6.2.12 Les Légionelles
Les légionelles sont des bactéries présentes naturellement dans l'eau et
les sols humides et qui peuvent facilement se développer dans des
réseaux d'eau chaude lorsque la température de l'eau est comprise entre
25 °C et 50 °C. La contamination se fait alors par inhalation d'eau
contaminée diffusée sous forme d'aérosols, à l'occasion de douches, par
exemple; on parle alors de légionellose ou maladie du légionnaire
La maladie du légionnaire ne se transmet pas d'un humain à un autre. On
ne peut pas l'attraper en touchant une personne infectée, ni en étant
près d'elle. Les personnes exposées à la bactérie ne développent pas
toutes la maladie du légionnaire.
Les sources de contamination les plus fréquentes sont les douches, les
spas, les robinets, les climatiseurs, les humidificateurs, etc. Par exemple,
80
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
une personne pourrait contracter la maladie du légionnaire en respirant la
vapeur d'un spa qui contient la bactérie legionella.
Pour réduire les risques d'exposition à cette maladie, le responsable du
bassin doit assurer un entretien et un nettoyage réguliers et adéquats de
tous les appareils pouvant produire des gouttelettes ou de la vapeur
d'eau, y compris notamment la tuyauterie des spas. Le contrôle de la
bactérie legionella n’est pas obligatoire mais l’Institut national de santé
publique le recommande pour les spas et autres bassins chauffés.
6.2.13 La température
La température des spas et autres bassins chauffés ne devrait jamais
dépasser 40 °C selon l’Organisation mondiale de la Santé.
6.2.14 Les trihalométhanes
Les trihalométhanes sont des sous-produits du chlore dont la norme dans
l’eau potable est fixée à 80 µg/l au Québec. Selon l’Organisation mondiale
de la Santé, la norme de l’eau potable doit être respectée dans l’eau des
bassins artificiels. Le Règlement ne fixe pas de normes puisque les
données actuelles ne démontrent pas de problèmes dans l’eau de bassins
artificiels en lien avec cette substance. Toutefois, si le responsable d’un
bassin aux prises avec un problème récurrent de chloramines décide
d’opter pour leur destruction à l’aide de lampes ultra-violet, certaines
études révèlent une augmentation résultante des concentrations de
trihalométhanes en lien avec cette technologie. Le concepteur devra donc
s’assurer de l’impact de l’irradiation sur la formation des trihalométhanes
au delà des normes du Règlement sur la qualité de l’eau potable.
6.3 Le suivi de la qualité de l’eau
6.3.1 L’approche globale
81
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Le suivi de la qualité de l’eau doit être effectué de façon globale, sans se
limiter aux seules mesures des paramètres chimiques et microbiologiques
présentés ci-dessus dont la plupart sont exigés en vertu de l’article 5 du
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels
pour assurer une qualité d’eau salubre, sécuritaire et stable en tout
temps.
De façon plus précise, il faut d’abord souligner que les caractéristiques
de l’eau d’un bassin ne changeront pas toutes à la même vitesse, en
particulier lorsque des baigneurs sont présents. La composition globale
d’une eau, en ce qui a trait à ses principales caractéristiques, ne variera
que très peu, à moins que l’on ne procède à des ajouts importants de
produits chimiques. Par contre, la qualité désinfectante d’une eau (la
concentration de désinfectant résiduel, par exemple) peut être
influencée de façon très significative par l’arrivée d’un grand nombre de
baigneurs. En effet, ceux-ci représentent pour l’eau du bassin un ajout
susceptible de causer la diminution rapide de la concentration du
désinfectant résiduel si un dosage compensatoire n’est pas effectué en
continu pour combattre cet effet et maintenir la salubrité de l’eau.
Finalement, l’arrivée d’une clientèle nombreuse peut aussi altérer la
transparence de l’eau d’un bassin par le brassage qui en résulte et peut
nuire à la sécurité dans le bassin.
Dans ce contexte, le gestionnaire d’un bassin doit être vigilant et se
servir de l’ensemble des moyens à sa disposition pour protéger la qualité
de l’eau de son bassin, soit :
• le respect du Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et
autres bassins artificiels (les normes et les fréquences d’analyse
ainsi que la tenue du registre);
• le respect du règlement intérieur;
• le respect de la charge maximale de baigneurs (CMB);
• l’entretien sanitaire des installations;
82
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• le bon fonctionnement du traitement et de la désinfection de l’eau.
C’est par le respect rigoureux de l’ensemble des critères et des
procédures relatifs à chacun de ces éléments que l’exploitant assurera à
sa clientèle l’accès à un établissement salubre, sécuritaire et stable pour
qu’elle puisse y pratiquer ses activités sans risque de contracter des
infections ou des maladies, et ce, dans un environnement confortable.
6.3.2 Les fréquences d’échantillonnage
Afin d’assurer que toutes les mesures de prévention ont permis de
conserver une eau de baignade qui soit salubre, sécuritaire et stable, les
mesures des paramètres physicochimiques et microbiologiques sont
essentielles.
Le responsable d’un bassin artificiel accessible au public en général ou à
un groupe restreint du public ou d’un bassin privé destiné à plus de
9 unités d’habitation d’immeubles ou de parcs de maisons mobiles doit
prélever ou faire prélever des échantillons d’eau à des fins d’analyse des
paramètres physicochimiques et microbiologiques, selon le tableau
suivant :
83
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Fréquences d’échantillonnage exigées en vertu du
Règlement sur la qualité des eaux de baignade
Bassin artificiel public et bassin artificiel Bassin artificiel public et bassin
privé desservant plus de 50 appartements ou artificiel privé desservant
Paramètres
résidences 50 appartements ou résidences et moins
Physicochimiques Fréquences
Alcalinité 1x/semaine Sans objet
Désinfectant Avant et après chaque période d’ouverture et Avant et au milieu de la période
résiduel (chlore, toutes les trois heures d’exploitation jusqu’à la d’ouverture
fermeture (inclusivement) 1
brome ou autre)
Limpidité Avant, au milieu et après chaque période Sans objet
d’ouverture
Avant, au milieu et après chaque période Avant et au milieu de la période
Chloramines
d’ouverture d’ouverture
pH Avant, au milieu et après chaque période Avant et au milieu de la période
d’ouverture d’ouverture
Température de Avant, au milieu et après chaque période Sans objet
l’eau d’ouverture
• Une fois toutes les 2 semaines d’exploitation Sans objet
dans le cas des bassins extérieurs2
Turbidité
• Une fois toutes les 4 semaines d’exploitation
dans le cas des bassins intérieurs2
Microbiologiques Fréquences
• une fois toutes les 2 semaines d’exploitation
Coliformes fécaux dans le cas des bassins extérieurs2 Sans objet
ou Escherichia coli • Une fois toutes les 4 semaines d’exploitation
dans le cas des bassins intérieurs2
1 Dans le cas où un appareil de mesure et d’enregistrement en continu est installé, le responsable doit effectuer au
moins une lecture manuelle avant l’ouverture, une autre au milieu de la période d’ouverture et une dernière lors de
la fermeture à des fins de comparaison.
2 À un intervalle d'au moins 10 jours entre chaque prélèvement, durant la période d’ouverture du bassin
84
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.3.3 Les méthodes de prélèvement et de conservation des
échantillons et la fiabilité des résultats
L’ensemble des analyses (en laboratoire, sur les lieux, en continu) visant à
vérifier le bon fonctionnement d’un établissement doivent être
effectuées rigoureusement afin que les résultats obtenus soient
représentatifs et qu’ils permettent de prendre les décisions appropriées.
Le Guide des méthodes de prélèvement, de conservation et d’analyse des
échantillons relatifs au contrôle de la qualité de l’eau des piscines et
autres bassins artificiels, élaboré par le Centre d’expertise en analyse
environnementale du Québec (CEAEQ), a été conçu afin de présenter les
exigences et les précautions requises pour les analyses microbiologiques
ainsi que celles réalisées sur place. Ce guide accompagne le Règlement sur
la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels et a donc une
valeur légale.
Évaluation en laboratoire
L’évaluation en laboratoire est essentielle pour confirmer la bonne marche
d’un établissement. Dans un cas de non-conformité microbiologique
(présence de coliformes fécaux ou de Escherichia coli, par exemple),
l’exploitant du bassin est informé par le laboratoire dès que les résultats
sont connus et il doit intervenir sans délai pour corriger la situation (voir
la section 6.4 concernant la gestion des écarts à ce sujet). L’ensemble des
résultats des mesures en laboratoire doit être utilisé par l’exploitant
pour :
• corriger les anomalies microbiologiques détectées, s’il y a lieu;
• ajuster la composition de l’eau, au besoin;
• modifier le taux de renouvellement de l’eau du bassin, si nécessaire.
Les laboratoires qui effectuent les analyses doivent être accrédités par
le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs.
Les échantillons d’eau doivent être prélevés à l'aide de contenants
appropriés et selon des procédures reconnues. De plus, les échantillons
85
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
doivent être conservés et transportés selon les recommandations établies
(type de contenant, préservation, délai).
Lors des prélèvements servant à l’analyse microbiologique de l’eau du
bassin, un réactif est présent dans les contenants prévus pour
l’échantillonnage. Ce réactif permet de neutraliser le désinfectant
résiduel présent dans l’eau au moment du prélèvement. Afin de ne pas
perdre ce réactif, il faut veiller à plonger le récipient vers le fond du
bassin dans un angle d’environ 45° et en un seul mouvement rapide. Cette
précaution est essentielle, sinon les résultats pourraient être faussés
négativement. Il ne faut jamais rincer un tel récipient avant de le remplir
avec de l’eau du bassin afin de ne pas éliminer le réactif présent.
Finalement, les échantillons servant à l’analyse microbiologique doivent
être prélevés en portant une attention très particulière à la
contamination par les mains, même si le préleveur s’est lavé les mains au
préalable. En effet, s’il faut prélever plus qu’un échantillon, il faut
toujours recueillir en premier lieu celui qui est destiné à l’analyse
microbiologique et poursuivre avec l’échantillon destiné à l'analyse
physicochimique afin d’éviter de plonger un récipient pour l’analyse
microbiologique dans une eau contaminée par le préleveur.
L’évaluation sur place
Quant à l’évaluation sur place, il est tout d’abord essentiel de respecter
rigoureusement l’ensemble des directives fournies par le fabricant des
différentes trousses de mesures physicochimiques utilisées. Il est aussi
primordial que la personne qui effectue les prélèvements ait les mains
très propres afin d'éviter toute contamination subséquente (par la sueur,
par des résidus de produits chimiques, etc.) au cours des manipulations.
Les analyses doivent de plus être effectuées à l'aide d’un équipement
fiable, non périmé et convenant au paramètre à évaluer.
86
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Les cellules de mesure doivent être propres et transparentes. Il faut les
rincer avec l’échantillon avant de les remplir et d’ajuster le niveau de
liquide. Il faut ensuite les essuyer avec un tissu propre et doux avant
d’effectuer les comparaisons de couleur afin que les parois externes
soient propres et sèches. Les cellules doivent toujours être remplies au
niveau indiqué afin d'éviter des écarts dans les mesures. Le contenu des
cellules dans lesquelles des réactifs sont présents doit être éliminé dans
l’évier ou dans l’égout, puisqu’il contient des produits chimiques qui
peuvent altérer la qualité de l’eau de baignade. Finalement, les cellules
doivent être rangées dans un endroit propre après avoir été nettoyées et
asséchées.
Quant aux réactifs chimiques et aux comparateurs de couleur, ils doivent
être toujours rangés de façon à empêcher leur détérioration et selon les
recommandations des manufacturiers.
Lors d’analyses nécessitant une dilution (valeurs élevées de chlore lors de
surchloration, par exemple), il est possible de procéder à une dilution
avec de l’eau déminéralisée ou encore avec de l’eau distillée afin d'obtenir
une valeur approximative de la concentration visée. Ces eaux de dilution
ne peuvent être utilisées que si l’on a la certitude qu’elles ne contiennent
pas d’agents interférents, tels que l’ammoniac. Cependant, une trousse
permettant une lecture du taux de désinfectant résiduel jusqu’à 5,0 mg/l
est nécessaire.
Il est essentiel de se rappeler que des trousses d’analyse peuvent elles-
mêmes être sujettes à des interférences et qu’une évaluation en
laboratoire peut être nécessaire pour confirmer tout résultat équivoque.
Par exemple, il faut s’assurer que la trousse utilisée n’est pas sujette à
une interférence causée par la présence de chlore résiduel en
concentration très élevée qui dégrade un indicateur servant à la mesure
d’un autre paramètre, tel que le pH. De plus, ces méthodes d’analyse ne
sont pas aussi fiables que celles effectuées en laboratoire en suivant une
procédure documentée et routinière. D’ailleurs, il peut être sage de faire,
87
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
à l’occasion, deux analyses consécutives, dans le cas du chlore résiduel
libre et du chlore résiduel combiné entre autres, pour tenir compte des
variations possibles.
L’évaluation en continu
Les appareils de mesure et d'enregistrement en continu utilisés pour
évaluer de façon continue la qualité de l’eau (chlore résiduel, pH, potentiel
d’oxydoréduction) doivent être étalonnés périodiquement en tenant
compte des recommandations du manufacturier. Ils doivent de plus être
alimentés avec une eau représentative de la qualité de l’eau du bassin. Il
en est de même pour les mesures de débits, de pressions, etc.
Il est fortement recommandé que ces appareils soient équipés d’une
fenêtre de lecture située à proximité du bassin pour pouvoir réagir le plus
rapidement possible lorsque des écarts significatifs se produisent durant
les opérations. De plus, dans le cas où un appareil de mesure et
d’enregistrement en continu est installé, le responsable du bassin doit
réaliser au moins une mesure manuelle avant l’ouverture, une autre au
milieu de la période d’ouverture et une dernière lors de la fermeture à
des fins de comparaison.
Les lieux de prélèvement
Pour obtenir des mesures représentatives en vue de vérifier la qualité de
l’eau d’un bassin, il faut normalement prélever les échantillons à une
profondeur de 15 à 30 centimètres et à bonne distance de l’endroit où
l’eau est évacuée vers le traitement ou d’un retour d’eau traitée vers le
bassin. Il faut utiliser un récipient inerte et réservé exclusivement à
cette fin, comme le prescrit le guide intitulé Méthodes de prélèvement,
de conservation et d’analyse des échantillons relatifs au contrôle de la
qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels, élaboré par le
CEAEQ. Ce guide traite également de la conservation des échantillons en
vue de leur analyse. Dans le cas où des résultats équivoques sont obtenus,
88
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
il est recommandé de prélever également des échantillons à proximité
d’un dispositif d’alimentation en eau traitée et des goulottes pour
comparer les résultats. De façon générale, il est préférable de toujours
prélever les échantillons de routine aux mêmes endroits pour faciliter les
comparaisons des résultats d’une fois à l’autre. Finalement, les prises
d’échantillons doivent toujours se faire de préférence en présence de
baigneurs, sauf celles devant être effectuées avant et après la période
d’ouverture du bassin.
Dans le cas des piscines de grande dimension et de forme irrégulière, plus
d’un échantillon peut être nécessaire pour évaluer adéquatement la
condition de l’eau de tout le bassin.
Comme nous l’avons déjà mentionné, il faut également porter une
attention particulière à l’installation de tout dispositif qui alimente un
appareil de mesure et d'enregistrement en continu pour s’assurer que
l’eau qui s’y écoule présente une qualité représentative de l’eau à l’étude
et qu’elle n’est pas influencée par la tuyauterie de transport.
6.3.4 La tenue d’un registre
Il est obligatoire de tenir un registre des données et des observations
pour assurer une bonne gestion de l’établissement. En effet, ce registre
doit servir de tableau de bord afin de déterminer en tout temps les
conditions qui prévalent dans l’eau et ailleurs et de pouvoir faire un retour
dans le temps, si nécessaire.
Le registre doit être rempli au fur et à mesure que les analyses et les
observations sont effectuées, selon les fréquences prévues par le
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels.
Le registre doit notamment présenter les valeurs de désinfectant
résiduel et de pH, avant et pendant l’ouverture du bassin, ainsi qu’au
moment de sa fermeture. Ces mesures sont essentielles pour valider les
conditions d’ouverture et de fermeture et pour apporter les correctifs
89
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
appropriés, au besoin. Le registre doit également contenir les
renseignements concernant les consignes relatives au procédé de
traitement (dosage de désinfectant, ajout périodique de produit
chimique, etc.). Les résultats, les observations et les consignes relatives
aux opérations notés dans le registre doivent être accompagnés des
initiales de la personne qui en a fait l’inscription.
Par exemple, une page de registre doit contenir, en séquence
chronologique, les renseignements suivants : date, charge maximale de
baigneurs, nombre total de baigneurs au cours de la journée, pH,
température de l’eau, transparence de l’eau, désinfectant résiduel,
chloramines (lorsque le chlore est utilisé), alcalinité, dureté, faits
particuliers (accidents fécaux, par exemple), etc. Il doit également
contenir les résultats de l’évaluation en laboratoire qui ont fait l’objet
d’un rapport d’analyse (examens microbiologiques, par exemple) et les
initiales de la personne ayant effectué les lectures. La signature du
responsable au bas du registre est souhaitable mais non obligatoire.
Il est aussi recommandé d’inscrire au registre la température de l’air
ambiant, la quantité d’eau neuve et recyclée, le dosage des produits
chimiques, les lavages à contre-courant et toute autre action pouvant
modifier la qualité de l’eau du bassin.
Les données d’un registre doivent être conservées durant une période
minimale de deux ans et être tenues à la disposition du ministre du
Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et du directeur
de la santé publique de la région concernée. Le registre des 30 derniers
jours doit être affiché de manière à ce que toute personne intéressée
puisse en prendre connaissance. Sur le site Internet du Ministère, on
retrouve un modèle de registre qui permet l’inscription des données de la
semaine sur le côté recto d’une seule feuille. Le verso peut être utilisé
pour les événements particuliers et les résultats d’analyse
bactériologique.
90
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.4 La gestion des écarts et des valeurs hors norme
Les écarts observés lors de l’évaluation sur place doivent donner lieu
rapidement à des ajustements appropriés, selon le paramètre en question.
Ils doivent aussi donner lieu à une inspection permettant de déterminer
les causes de l’écart, en particulier dans le cas du désinfectant résiduel
et du pH qui peuvent être facilement modifiés par des ajouts continus et
inappropriés de produits chimiques.
Il est recommandé, pour un exploitant, d’établir des « valeurs guides »,
légèrement plus sévères que les normes elles-mêmes. Ces valeurs
permettront, lorsque des écarts seront observés, d'apporter les
correctifs nécessaires avant que les normes exigées ne soient dépassées.
Ainsi, l’exploitant s’assure de disposer d'un temps d’action suffisant afin
de remédier à la situation dans les meilleurs délais et de maintenir la
qualité du service à la clientèle. Cette méthode permet de respecter en
tout temps les normes établies et d’intervenir le jour même lorsque l’on
observe des écarts dans les mesures des paramètres autres que la
turbidité, les coliformes fécaux ou Escherichia coli, lesquels sont analysés
en laboratoire.
Ainsi, des vérifications devraient être effectuées et des correctifs
devraient être apportés lorsque des écarts significatifs sont observés
dans les mesures des paramètres physicochimiques suivants :
• Transparence (difficulté de voir correctement le disque, le
drain de fond ou les lignes des corridors de natation) :
vérifier l’efficacité du traitement et de la désinfection
(notamment la filtration et la recirculation).
• Turbidité (valeur > 1 UNT) : poser les actions prévues pour
la transparence.
91
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
• pH (valeur < 7,2 ou > 7,8) : vérifier les concentrations de
produits chimiques et la mesure de l’alcalinité.
• Alcalinité (valeur < 60 ou >150 mg/l CaCO3) : ajouter un
produit alcalin, si la valeur est trop faible, et renouveler
l’eau, si elle est trop élevée.
• Désinfectant résiduel (valeur < 0,8 ou > 2,0 mg/l dans le cas
du chlore (ou 3,0 mg/l s'il s'agit d'un bassin extérieur) ou
<2,0 ou > 5,0 mg/l dans le cas du brome) : vérifier le dosage
et la charge des baigneurs.
• Chloramines (valeur > 0,5 mg/l ou 1,0 mg/l selon le type de
bassins ) : vérifier le dosage de désinfectant, le respect du
règlement intérieur, la charge des baigneurs et le
renouvellement de l’eau. Questionner les interférences
possibles sur la mesure.
Sous aucune considération, un responsable de bassin ne doit permettre la
présence de baigneurs dans le bassin s’il observe que :
• la teneur en chlore résiduel libre dépasse 5,0 mg/l;
• la teneur en chloramines est supérieure à 1,0 mg/l durant plus de
24 heures;
• la teneur en désinfectant résiduel est inférieure à 0,3 mg/l dans le
cas du chlore ou 0,6 mg/l dans le cas du brome;
• la turbidité est supérieure à 5 UTN ;
• le pH de l’eau est inférieur à 5,0 ou supérieur à 9,0.
Il doit, dans de tels cas, interdire l’accès au bassin puis rechercher et
déterminer les causes de toute anomalie, apporter les correctifs
appropriés et s’assurer d’y avoir remédié avant d’admettre à nouveau des
baigneurs.
92
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
En cas d’anomalies microbiologiques, notamment en ce qui a trait aux
coliformes fécaux et à Escherichia coli, , il faut prélever des échantillons
de confirmation dans les 24 heures suivant l’obtention des résultats et
les expédier au laboratoire accrédité afin de vérifier si la contamination
est encore présente. De plus, le responsable doit vérifier les registres de
données et d’observations relatifs à la période qui a précédé les
prélèvements (au moins une semaine) afin de détecter des anomalies
possibles concernant la charge de baigneurs, l’entretien sanitaire, le
respect du règlement intérieur et le fonctionnement de l’équipement
(recirculation, filtration, traitement et désinfection). Par la suite, il doit
formuler les recommandations appropriées afin qu'à l'avenir, les
anomalies détectées ne se reproduisent pas. Ces recommandations
doivent être inscrites au registre des données et des observations.
Si les résultats des deuxièmes prélèvements sont en accord avec les
normes microbiologiques, le problème est considéré comme étant réglé.
Si, par contre, les résultats sont à nouveau en désaccord avec ces
normes, le responsable doit interdire l’accès au bassin et apporter les
correctifs nécessaires à l’obtention d’une eau salubre, sécuritaire et
stable.
L’établissement ne pourra être accessible à nouveau que lorsque les
correctifs apportés auront permis de remédier aux anomalies observées.
En ce qui a trait aux accidents fécaux et aux vomissements, des mesures
particulières doivent être prises afin de s’assurer de la désinfection
adéquate de l’eau. Veuillez vous rapporter à l’article 18 du Règlement sur
la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels et à la section
1.3.1 du présent guide pour connaître les exigences relatives à un accident
fécal ou vomitif. Vous pouvez aussi consulter le site Internet du Centers
for Disease Control and Prevention (CDC) du Department of Health and
Human Services des États-Unis.
93
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.5 Problèmes divers de qualité d’eau
Malgré une exploitation de qualité, divers problèmes peuvent survenir
dans la gestion d’un bassin d’eau en raison de causes insoupçonnées et
parfois soudaines. Toutefois, la résolution rapide et efficace de ces
problèmes est essentielle car, dans le cas contraire, la qualité du service
à la clientèle pourrait en souffrir grandement, au point où l’établissement
devra être fermé temporairement afin de remédier à toutes les
anomalies.
Il est très important de retenir que, dans toute démarche d’analyse d’un
problème, les données relatives aux conditions d’exploitation (débits,
pressions, etc.) de même que les données relatives aux évaluations de la
qualité de l’eau (méthodes de mesure, données consignées dans les
registres, etc.) doivent être fiables si l’on veut diagnostiquer
correctement une condition anormale et choisir les correctifs appropriés.
Finalement, il faut savoir qu’un problème de qualité de l’eau peut être lié à
l’utilisation d’un ou de plusieurs produits chimiques, en particulier
lorsqu’un nouveau produit remplace un ancien. Il faut également se
rappeler que certains produits se dégradent malgré les conditions
d’entreposage recommandées. Pour cette raison, il est préférable de
stocker ces produits en quantités limitées afin d'éviter une perte
d’efficacité significative en raison des délais d’entreposage.
Une grande variété de problèmes relatifs à la qualité de l’eau peut
survenir. Ils vont de la transparence de l’eau elle-même à l’inconfort des
baigneurs et des employés, qui se manifeste par des irritations diverses.
Ils incluent également les difficultés de gestion de la teneur en
désinfectant résiduel et du pH, par exemple.
94
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.5.1 L’eau trouble
Plusieurs causes peuvent être à l’origine de la présence d’eau trouble et
d’une turbidité excessive de l’eau d’un bassin. Rappelons que la turbidité
de l’eau résulte d’une diminution de sa transparence causée par la
présence de particules solides ou colloïdales, normalement de très faible
dimension, qui flottent dans la masse d’eau et reflètent la lumière
incidente vers l’œil de l’observateur. Leur présence rend alors le milieu
moins clair, au point où l’on arrive mal à distinguer les lignes des corridors
de natation et les drains au fond de la piscine. Rappelons que, dans
certaines conditions, il est possible que la turbidité soit plus élevée dans
la partie plus profonde du bassin, car les particules ont tendance à se
concentrer dans la partie basse de la masse d’eau plutôt qu’en surface.
Par exemple, l’accumulation simultanée de saletés en provenance de l’air
dans les bassins extérieurs et de substances transportées par les
baigneurs peut se traduire par une augmentation de la turbidité si la
teneur en désinfectant est insuffisante ou si la filtration est inadéquate.
Il est possible de remédier à ce type de problème de diverses façons, en
tenant compte des causes possibles. Par exemple :
• Il pourrait s’avérer nécessaire d’augmenter temporairement le
dosage de désinfectant (toujours en restant dans les normes
prescrites, soit de 0,8 à 2,0 mg/l dans le cas du chlore (ou 3,0 mg/l
s'il s'agit d'un bassin extérieur) et de 2,0 à 5,0 mg/l dans le cas du
brome).
• Il faudrait peut-être également s’assurer que le règlement
intérieur est bien appliqué et respecté en ce qui a trait notamment
à la douche obligatoire et à la charge maximale de baigneurs du
bassin.
• Il pourrait même être recommandé de faire un ajout temporaire de
coagulant ou d’un agent alcalin en amont de la filtration.
95
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
L’introduction de fines bulles d’air dans l’eau lors de la recirculation de
l’eau pourrait également donner un aspect laiteux et trouble à l’eau d’un
bassin et augmenter sa turbidité.
Diverses solutions pourraient être envisagées pour remédier à ce
problème :
• vérifier l’étanchéité des joints en amont du système de pompage;
• expulser l’air emprisonné dans le système de filtration;
• vérifier le niveau d’eau dans le circuit hydraulique pour s’assurer
qu’il est suffisant;
• vérifier que l’eau d’appoint n’est pas la cause première (présence de
bulles d’air dans celle-ci).
Le début d’une croissance d’algues microscopiques peut contribuer à
diminuer la transparence d’une eau, en particulier si le dosage de
désinfectant n’est pas suffisant. Dans un tel cas, les parois du bassin sont
souvent plus glissantes qu’à l’habitude lorsque l’on y passe la main pour
vérifier l’adhérence. Il est habituellement possible de remédier à ce
problème en augmentant temporairement le dosage de désinfectant (à
environ 5,0 mg/l), en l'absence de baigneurs, puis en s’assurant de le
ramener par la suite dans l’intervalle prescrit (soit de 0,8 à 2,0 mg/l dans
le cas du chlore (ou 3,0 mg/l s'il s'agit d'un bassin extérieur) et de 2,0 à
5,0 mg/l dans le cas du brome).
L’inefficacité du désinfectant présent en grande concentration peut aussi
être à l’origine d’une eau trouble lorsque l’eau contient une concentration
excessive de stabilisant, tel que l’acide cyanurique. La concentration d’un
tel stabilisant ne doit jamais dépasser 60 mg/l afin d'éviter qu’un excès
de stabilisant ne provoque une interférence avec le désinfectant présent.
Dans un tel cas, il n’est possible de corriger la situation qu’en renouvelant
une quantité suffisante d’eau du bassin, en effectuant une vidange dans
l’égout et en utilisant un désinfectant non stabilisé.
96
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Également, l’inefficacité de la filtration peut se traduire par une
turbidité excessive de l’eau. Si cela se produit, il peut s’avérer
nécessaire :
• de s’assurer que le circuit hydraulique fonctionne selon les
consignes de débit et de pression;
• de procéder à un lavage à contre-courant selon les
recommandations du manufacturier;
• d'augmenter la fréquence des lavages à contre-courant
périodiques;
• de faire un ajout ponctuel d’agent alcalin à l’eau du bassin pour
faciliter la coagulation;
• de faire un ajout ponctuel de coagulant en amont de la filtration.
Finalement, l’augmentation de la turbidité de l’eau d’un bassin peut être
causée par la formation, dans la masse d’eau, de solides en suspension
formés à partir de composants chimiques de l’eau elle-même (par exemple,
formation de carbonate de calcium [CaCO3]). Il faut alors renouveler une
partie de l’eau du bassin et veiller à ce que les valeurs relatives au pH, à
l’alcalinité et à la dureté de l’eau se situent dans l’intervalle approprié afin
d'éviter la précipitation de carbonate de calcium.
L’eau d’un bassin peut également devenir trouble si une post-
coagulation/floculation se produit dans le bassin parce que le coagulant
ajouté n’a pas été retenu efficacement dans le filtre. Dans un tel cas, il
faudra vérifier le pH de l’eau, entre le point d’ajout du coagulant et le
système de filtration, pour s’assurer qu’il se situe dans l’intervalle de
solubilité minimale (de 7,2 à 7,8), vérifier l’exactitude du dosage du
coagulant et, au besoin, suspendre l’ajout, en particulier si l’efficacité du
milieu filtrant a été vérifiée et qu’elle est déficiente. Dans ce dernier
cas, un lavage à contre-courant est nécessaire pour nettoyer le filtre
avant de reprendre, au besoin, le dosage de coagulant. Il faut s’assurer
que le dosage de coagulant correspond à la vitesse de filtration adoptée.
97
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.5.2 L’eau irritante
Il est possible que l’eau d’un bassin devienne irritante pour les yeux, la
gorge et l’épiderme des baigneurs. Les causes de ce problème peuvent
être une teneur élevée en chlore combiné (chloramines), une composition
inadéquate de l’eau ou même la présence de produits d’entretien des
surfaces qui altèrent la qualité de l’eau du bassin.
La présence de chloramines en trop grande concentration peut être
habituellement enrayée par une augmentation temporaire du dosage de
désinfectant afin de détruire le désinfectant résiduel combiné et de
privilégier la présence majoritaire du désinfectant résiduel libre.
Si cette méthode s'avérait inefficace, il pourrait être nécessaire de
fermer l’établissement temporairement et de procéder à une
surchloration (maintenir une teneur en chlore résiduel libre de l’ordre de
5,0 à 10,0 mg/l Cl2 pendant au moins 8 heures), afin de détruire une
partie des chloramines et de rétablir par la suite la teneur normale du
chlore résiduel libre en suspendant ou en diminuant la désinfection.
Soulignons que, dans des cas extrêmes, seul le renouvellement massif de
l’eau du bassin pourra permettre de diminuer la proportion de
chloramines. Il faut savoir qu’une chloration légèrement rehaussée
(doubler le chlore résiduel libre pendant une nuit) sur une base
hebdomadaire peut s’avérer un moyen préventif visant à éviter une telle
situation. Il ne faut pas non plus oublier le fait que le respect des
consignes du règlement intérieur relatives à la douche obligatoire et aux
comportements des baigneurs est déterminant pour éviter la formation
de chloramines persistantes. Une autre solution consiste à utiliser le
brome en remplacement du chlore sous réserve d‘assumer les coûts
supplémentaires de ce désinfectant. Enfin, le dernier recours au contrôle
des chloramines consiste à limiter la capacité d’accueil du bassin ou à
modifier les paramètres d’opération ou de conception du bassin. Cette
solution n’est pas facile à gérer en raison de l’insatisfaction de la clientèle
98
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
refusée au poste d’accueil ou compte tenu des coûts associés à la
modernisation des équipements.
Il peut également arriver que l’irritation soit liée à la composition
chimique globale de l’eau du bassin. Il faut alors procéder à une mesure du
pH, de l’alcalinité et de la dureté de l’eau ainsi qu’à un ajustement
subséquent de ces paramètres pour obtenir des valeurs dans les
intervalles prescrits. De plus, le renouvellement de l’eau pourrait être
envisagé pour éliminer une partie des produits accumulés dans l’eau du
bassin.
Quant à la présence de produits d’entretien ménager causant des
irritations, il faut adopter pour politique de ne choisir que des produits
recommandés pour le traitement de l’eau des bassins artificiels publics si
l’on veut éviter des désagréments et des réactions indésirables avec le
chlore qui, notamment, peuvent entraîner la formation de sous-produits
causant l’irritation.
6.5.3 La concentration instable de désinfectant
La difficulté de maintenir une teneur stable de désinfectant résiduel
peut résulter de diverses causes, dont :
• une charge trop grande de baigneurs;
• un dosage trop faible de désinfectant;
• une température trop élevée de l’eau;
• une destruction du chlore par le soleil (bassins extérieurs);
• une pulvérisation ou une agitation de l’eau dans les jeux d’eau.
L’ajustement approprié et continu du dosage de désinfectant en fonction
de la charge de baigneurs est déterminant en raison de l’impact que la
clientèle peut avoir sur la concentration résiduelle de désinfectant. Dans
le cas contraire, il pourrait y avoir une inversion de la proportion de
99
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
chlore résiduel libre et combiné en faveur du chlore combiné
(chloramines), avec les conséquences qui s’y rattachent.
L’augmentation temporaire de la température de l’eau pour des clientèles
particulières peut également contribuer à une diminution de la
concentration de désinfectant résiduel. En effet, plus l’eau est chaude,
plus les réactions chimiques sont rapides et, par conséquent,
consommatrices de désinfectant. La température élevée de l’eau favorise
la diminution de la teneur en désinfectant résiduel due au passage de
celui-ci, par vaporisation, vers le milieu ambiant.
Dans le cas des bassins extérieurs utilisant du chlore comme
désinfectant, après avoir fait les vérifications d’usage relatives à la
charge de baigneurs et au dosage de désinfectant, on pourrait envisager
d’ajouter un stabilisant pour le chlore afin d'éviter que le chlore résiduel
ne se dissipe trop rapidement. Cependant, la présence d’un stabilisant
dans l’eau d’un bassin doit être compensée par une augmentation de la
concentration de désinfectant résiduel afin de tenir compte de l’équilibre
chimique impliquant le stabilisant, lequel a pour effet de diminuer
l’efficacité du chlore à concentration égale. De plus, la concentration de
stabilisant ne doit pas être augmentée de façon illimitée, car cette
condition entrave l’action du chlore. La valeur maximale de 60 mg/l est
prescrite en ce qui a trait à l’acide cyanurique.
6.5.4 L’impossibilité de mesurer le désinfectant résiduel
Même si l’on s’est assuré que le dosage de désinfectant est adéquat et
relativement plus élevé que la normale, il se pourrait qu’il ne soit pas
possible de mesurer la présence de désinfectant résiduel. Dans une telle
situation, il est possible que la cause soit la décoloration rapide du réactif
spécifique par une trop grande concentration de désinfectant résiduel
lors de la mesure. Une vérification de l'efficacité de la trousse de
mesure peut alors être faite en procédant à une dilution de l’eau du bassin
avec de l’eau exempte de désinfectant (eau distillée, eau déminéralisée ou
100
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
eau de source embouteillée). Une mesure de l’eau du bassin diluée dans
une proportion de 1:4, par exemple, pourrait être effectuée pour
s’assurer que la trousse est efficace et que la cause est effectivement la
trop grande concentration de désinfectant dans l’eau.
L’efficacité d’une trousse pourrait également être vérifiée en évaluant la
teneur en chlore résiduel dans l’eau du robinet de l’établissement après
l’avoir laissé couler pendant quelques minutes afin de prélever de l’eau en
provenance du réseau de distribution. L’efficacité de cette méthode est
cependant conditionnelle à la présence suffisante de chlore résiduel dans
l’eau qui alimente cet établissement.
Dans le cas où la teneur en désinfectant résiduel est excessive dans l’eau
du bassin, il sera nécessaire de cesser temporairement l’exploitation de
l’établissement ainsi que l’ajout de désinfectant pour permettre la
diminution de la concentration. Sinon, il faudra ajouter un agent
réducteur de façon à ramener la concentration du désinfectant au niveau
visé.
6.5.5 Un pH trop élevé
Une eau dont le pH est trop élevé peut résulter de l’ajout excessif de
produits alcalins, du pH trop élevé de l’eau d’alimentation, de l’ajout d’un
désinfectant alcalin ou même de la présence de surfaces fraîchement
bétonnées. Dans les bassins extérieurs, le pH de l’eau peut être
temporairement plus élevé durant les périodes ensoleillées.
Lorsque la valeur de pH est nettement plus élevée que celles de
l’intervalle exigé (de 7,2 à 7,8), il est possible de compenser l’effet alcalin
de l’ajout du désinfectant en ajoutant de l’acide en proportion du
désinfectant utilisé ou par l’ajout de CO2.
Soulignons que l’ajout périodique de bicarbonate de sodium pour maintenir
un niveau optimal d’alcalinité tout en renouvelant suffisamment d’eau du
101
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
bassin permet de maintenir un pH dont la valeur se situe dans l’intervalle
exigé, sans ajout d’autres produits chimiques.
Finalement, la présence de surfaces fraîchement bétonnées et
submergées dans l’eau d’un bassin a tendance à accroître temporairement
le pH de l’eau, en raison de la dissolution de composantes alcalines
présentes dans le béton. Avec le temps, l’équilibre se rétablit et le pH
revient à une valeur normale.
6.5.6 Un pH variable
Un pH variable et instable est généralement causé par une alcalinité trop
faible. L’ajout de bicarbonate de sodium permet de corriger la situation.
Dès les premiers instants après l’ajout, le pH de l’eau sera très élevé.
Cependant, il se rétablira progressivement. La valeur de l’alcalinité doit
toujours se situer dans l’intervalle de 60 à 150 mg/l CaCO3.
6.5.7 Un pH constant et invariable
À l’inverse, une alcalinité beaucoup trop élevée peut avoir pour
conséquence que le pH de l’eau ne varie pas, quelles que soient les
conditions. Cette stabilité peut résulter du dosage excessif d’un agent
alcalin, tel que le bicarbonate de sodium, ou d’une eau d’alimentation très
alcaline et dure. Parmi les correctifs à apporter mentionnons : l’arrêt
temporaire de l’ajout de désinfectant, le renouvellement de l’eau, un
changement d’eau d’alimentation et le prétraitement de l’eau
d’alimentation.
6.5.8 Une alcalinité faible
Il peut arriver que l’alcalinité d’un bassin soit trop faible si une quantité
excessive d’acide chlorhydrique a été ajoutée ou si l’eau d’alimentation a
elle-même une faible alcalinité. Il est possible de corriger cette situation
102
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
en ajoutant périodiquement une quantité suffisante de bicarbonate de
sodium pour ramener l’alcalinité dans l’intervalle de 60 à 150 mg/l CaCO3.
6.5.9 De la mousse en surface
Si, exceptionnellement, une eau présente de la mousse en surface, il faut
vérifier si un détergent n’aurait pas été déversé par mégarde dans l’eau
du bassin. Un algicide pourrait également causer ce genre de problème. Il
existe des produits anti-mousse pour corriger une telle situation. Il faut
cependant faire un choix qui tienne compte du contact avec la clientèle et
des réactions possibles avec les produits chimiques utilisés pour le
traitement et la désinfection.
6.5.10 Une eau colorée
Si l’eau d’un bassin a tendance à devenir colorée et, plus particulièrement,
si elle a tendance à devenir verdâtre, il faut se rappeler que cette
condition peut être le résultat de la présence d’une eau à tendance
jaunâtre sur un fond bleu. Dans un tel cas, il faut vérifier la possibilité
que de l’eau d’alimentation anormalement jaunâtre ait pu être ajoutée
directement dans le bassin ou dans le réservoir d’équilibre. Il faut
également vérifier l’ajout possible d’un produit contenant du cuivre si
l’intensité de la couleur bleuâtre habituelle de l’eau a augmenté.
Finalement, il faut s’assurer que l’eau n’ait pas atteint un degré
d’agressivité suffisant pour dissoudre des éléments contenant du cuivre.
Dans une telle situation, les correctifs à envisager sont multiples :
• ajuster le dosage de désinfectant;
• procéder à l’ajout ponctuel d’un coagulant;
• procéder à l’ajout ponctuel d’un agent alcalin;
• rétablir le pH et l’alcalinité de l’eau;
• nettoyer le fond du bassin.
103
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.5.11 La qualité de la filtration
Après s’être assuré que le filtre contient la quantité recommandée de
sable (du sable a pu être perdu durant l’opération de lavage à contre-
courant), il faut vérifier que le circuit hydraulique fonctionne selon les
consignes de débit et de pression, procéder, au besoin, à un lavage à
contre-courant pour bien déloger les solides présents dans la masse
filtrante et faire en sorte que la filtration ait lieu sans qu’il ne se forme
un courant préférentiel dans la masse de sable. Il pourrait également
s’avérer nécessaire de modifier la fréquence des lavages à contre-courant
périodiques.
Il pourrait également être nécessaire de procéder à l’ajout ponctuel d’un
agent alcalin à l’eau du bassin afin de faciliter la coagulation ou encore de
faire un ajout ponctuel de coagulant en amont de la filtration.
Il faut finalement s’assurer que le filtre n’est pas contaminé de façon
excessive par du carbonate de calcium ou par un dépôt d’hydroxyde
d’aluminium, dans le cas où un coagulant de cette famille a été utilisé
auparavant. Il faudrait alors envisager de dissoudre ce solide par
trempage au moyen d’une quantité appropriée d’acide chlorhydrique. La
solution résultante doit être rejetée dans l’égout, selon les normes en
vigueur.
6.6 La qualité des surfaces
Il peut arriver que les problèmes observés soient liés à la qualité des
surfaces. En effet, elles peuvent devenir anormalement glissantes,
couvertes et souillées par des dépôts ou avoir perdu une partie de leur
mortier, dans le cas de la céramique.
104
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
6.6.1 Des surfaces glissantes
La présence de surfaces glissantes peut résulter de la croissance d’algues
microscopiques causée par un dosage insuffisant de désinfectant. Un
entretien périodique inadéquat des surfaces peut également constituer
une cause.
L’ajout continu de désinfectant au dosage approprié, après un surdosage
temporaire de désinfectant, constitue la solution au problème des
surfaces glissantes. Il faudra éventuellement procéder à un nettoyage du
fond du bassin par la suite afin de recueillir les solides déposés.
Soulignons que l’ajout d’un algicide dans un tel cas n’est pas
nécessairement la première solution à envisager, car un désinfectant au
dosage approprié agit également comme algicide dans la majorité des cas.
6.6.2 Des surfaces sales à la ligne d’eau
L’accumulation, dans le film superficiel, de saletés diverses qui ont pu
être introduites par la clientèle ou qui se sont retrouvées dans le bassin
en raison de retombées atmosphériques peut occasionner la formation
d’un cerne à la hauteur de la ligne d’eau. Dans un tel cas, l’efficacité des
goulottes ou des écumoires et le rythme de reprise du film superficiel
doivent être vérifiés, de même que le respect du règlement intérieur et
des pratiques d’entretien ménager. Une solution concentrée de
bicarbonate de sodium peut être utilisée pour faire disparaître le cerne
par un brossage énergique.
6.6.3 La présence d’un dépôt rugueux sur les surfaces
Une eau trop dure et alcaline pourra précipiter le carbonate de calcium
(CaCO3) et occasionner la formation de solides sur les surfaces. Dans un
tel cas, il est possible de remédier à la situation en renouvelant une partie
de l’eau et en rétablissant le pH et l’alcalinité dans l’intervalle prescrit.
105
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Dans une telle situation, l’eau d’alimentation peut être en cause et un
changement de source pourrait être souhaitable, à moins que l’on ne
choisisse de prétraiter l’eau d’alimentation en l’adoucissant (échange
d’ions, osmose inverse).
6.6.4 Des bordures des tuiles de céramique très apparentes et
propres
La dissolution progressive du mortier entre les tuiles de céramique peut
avoir pour effet de rendre les bordures de celles-ci très apparentes et
propres. Dans un tel cas, il faut vérifier la composition de l’eau du bassin
ainsi que de celle de l’eau d’alimentation, qui sont fort probablement très
peu minéralisées et douces (pH et alcalinité faibles). Il faudra alors
procéder à une reprise du mortier, après quoi la composition de l’eau de
remplissage devra être ajustée afin d'éviter que la dissolution ne se
produise à nouveau. Un ajout de bicarbonate ou de carbonate de sodium
devrait être envisagé pour stabiliser la composition de l’eau du bassin.
106
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
7. LA SEPTIÈME BARRIÈRE – LA FORMATION DU PERSONNEL
7.1 Le personnel : l’acteur premier
La formation du personnel affecté à l’exploitation d’un établissement est
déterminante pour la bonne marche des opérations. Les employés doivent
être avisés de l’existence du Règlement sur la qualité de l’eau des piscines
et autres bassins artificiels et en comprendre toutes les composantes.
De plus, ils doivent être informés clairement sur les rôles qu’ils ont à
jouer en qualité de responsables des opérations et d’accompagnateurs de
la clientèle. Ils doivent notamment être sensibilisés à l’importance de
l’efficacité des équipements de traitement et du comportement de la
clientèle une fois qu’elle a été admise à l’intérieur. En fait, toutes les
composantes de la gestion d’un établissement ont une influence sur la
réalisation des objectifs de salubrité, de sécurité et de stabilité.
Les employés sont les premiers à intervenir dans le bon fonctionnement
des barrières disponibles pour contrer les détériorations possibles, tant
en ce qui a trait à l’eau qu’en ce qui a trait aux surfaces et à l’air ambiant.
Ils doivent également s’assurer de l’entière collaboration de la clientèle
en l’informant clairement et de façon proactive sur ses responsabilités à
l’égard de la salubrité, de la sécurité et de la stabilité visées en tout
temps et en tout lieu dans l’établissement, et des conséquences possibles
si elle ne respecte pas le règlement intérieur.
7.2 La formation continue
La formation du personnel est un processus qui doit se faire en continu
afin de tenir compte des connaissances acquises au fur et à mesure des
opérations et d'intégrer les éléments nouveaux de gestion qui peuvent
provenir de l’expérience acquise dans d’autres établissements.
107
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
En effet, le suivi quotidien d’un bassin va nécessairement se traduire par
l’acquisition progressive d’une connaissance et d’une expertise de plus en
plus précises sur les forces et les faiblesses de tout le système. Or,
cette connaissance et cette expertise doivent être diffusées
régulièrement à tous les membres du personnel qui, de près ou de loin, ont
un lien avec les opérations, qu’ils soient responsables du traitement de
l’eau, de l’admission de la clientèle, de l’entretien mécanique de
l’équipement, de l’entretien sanitaire des lieux ou même de la surveillance
de la clientèle dans le bassin. Une interaction et un échange de
connaissances entre les divers employés constitueront donc des
conditions déterminantes.
Il faut surtout savoir que, quel que soit le contexte, les gestes posés « en
solo » sont à éviter à tout prix, en particulier dans le cas de l’exploitation
d’un bassin destiné à la baignade. Par exemple, l’absence de respect des
consignes du règlement intérieur a une influence majeure sur plusieurs
aspects relatifs à la salubrité, à la sécurité et à la stabilité de l’eau du
bassin et, en cas de négligence généralisée, le non-respect de ces
consignes peut compromettre sérieusement l’efficacité du traitement et
de la désinfection de l’eau.
Que penser d’un entretien négligé des surfaces des planchers des
installations sanitaires sur la qualité de l’eau d’un bassin, en particulier
lorsque la clientèle contourne volontairement la douche et le pédiluve? Il
faut donc se servir de la formation continue afin que tous les employés
connaissent l’importance de leurs tâches relatives à la qualité de
l’établissement dans son ensemble et, en particulier, les conséquences de
leurs gestes lorsqu’ils négligent ces tâches.
La formation continue est également essentielle afin de tenir compte de
la rotation du personnel, en particulier lors de l’embauche de remplaçants
ou d’étudiants en période estivale et au cours de l’année. On demande à
ces employés de faire fonctionner des équipements de traitement et de
désinfection et d’effectuer des mesures de qualité de l’eau du bassin avec
108
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
un minimum de connaissances et d’entraînement. Les risques associés à un
tel contexte sont d’autant plus grands lorsque, dans le cas des bassins
extérieurs, entre autres, le personnel est saisonnier et rotatif et que les
clientèles sont nombreuses et majoritairement composées de jeunes.
7.3 Le manuel d’exploitation de l’établissement
À l’exemple des processus modernes de normalisation, il est hautement
recommandé que les exploitants d’un établissement préparent et mettent
à la disposition de leurs employés un manuel d’exploitation caractéristique
de l’établissement qui porte sur les directives d’exploitation
(fonctionnement de l’équipement, dosage des produits chimiques, mesures
de qualité de l’eau, gestion des écarts, etc.). Il faut également que ce
manuel soit mis à jour continuellement de façon à faciliter la prise de
décision par tous les employés, dans les situations où des anomalies sont
constatées.
Plus le personnel sera préparé adéquatement, plus il pourra intervenir en
cas de problème (système de traitement de l’eau, qualité de l’eau,
accidents divers, etc.). Il pourra aussi sensibiliser la clientèle et la
convaincre d’adopter des comportements appropriés afin d'éviter de
détériorer le milieu où son activité de loisir se déroule. La clientèle
constitue souvent la cause première d’un début de détérioration des lieux
si elle ne respecte pas rigoureusement les consignes du règlement
intérieur. Dans un tel cas, le personnel pourrait être dans l’obligation de
demander à un client de quitter les lieux ou même de fermer
l’établissement complètement afin de corriger une situation qui constitue
un risque inacceptable pour la clientèle en général.
7.4 Les Cours de formation disponibles
Des cours de formation en français ou en anglais sont offerts par des
instructeurs certifiés par plusieurs organismes sans but lucratif
nationaux et internationaux.
109
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
Cours offerts en français et en anglais au Québec
y Le cours Certified Pool Operator (CPO)
de la National Swimming Pool Foundation (association américaine)
y Le cours Niveau I Opérateur de piscine
de la Recreation Facility Personnel (association canadienne)
Cours offert en anglais seulement au Québec
y Le cours Aquatic Facility Operator (AFO)
de la National Recreation And Park Association (association américaine)
Tous ces cours sont offerts régulièrement en anglais aux États-Unis et
dans quelques provinces canadiennes.
Certains de ces cours sont présentement offerts en français ou en
anglais au Québec. Veuillez communiquer avec l’Association des
responsables aquatiques du Québec pour plus d’informations sur les
fournisseurs de service. L’adresse électronique du site de cet organisme
est le [Link].
Voici quelques adresses d’organismes pouvant fournir plus d’informations,
une liste des instructeurs certifiés et une liste des cours offerts en
Amérique du Nord :
Recreation Facility Personnel Association
11150 Bonaventure Drive S.E.
Calgary (Alberta) T2J 6R9
Téléphone : 403 253-7544 ou 1 888 253-7544 (sans frais)
Télécopieur : 403 253-9181
Courriel : office@[Link]
Adresse Internet : [Link]
110
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
National Recreation & Park Association
22377 Belmont Ridge Rd.
Ashburn, VA 20148
Téléphone : 703 858-0784
Télécopieur : 703 858-0794
Courriel : membership@[Link]
Adresse Internet : [Link]
National Swimming Pool Foundation
4775 Granby Circle
Colorado Springs, CO 80919-3131
Téléphone : 719 540-9119
Télécopieur : 719 540-2787
Courriel : media@[Link]
Adresse Internet : [Link]
111
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
8. CONCLUSION
L’exploitation d’un bassin destiné à la baignade est une activité qui
requiert une attention de tous les instants, tant de la part de l’exploitant
et du personnel que de la part de la clientèle qui fréquente
l’établissement. L’objectif ultime étant la protection de la santé publique,
il faut s’assurer que le principe des barrières multiples soit compris et
respecté.
La clientèle peut être la principale cause de détérioration de la qualité
des lieux et de l’eau. C’est pourquoi il est essentiel d’agir dès l’admission
de la clientèle à l’établissement afin de l’informer de l'existence du
règlement intérieur et de l’importance du respect de ce règlement.
L’exploitant doit également s’assurer du bon fonctionnement et de
l’entretien adéquat de tous les équipements de traitement de l’eau
(recirculation, filtration et désinfection). Il doit porter une attention
particulière à l’entretien des surfaces accessibles à la clientèle ainsi qu’à
l’entreposage et à la manipulation des produits chimiques. Enfin, le suivi
de la qualité de l’eau et la tenue d’un registre, tel que le prescrit le
Règlement sur la qualité de l’eau des piscines et autres bassins artificiels,
ainsi que la formation du personnel représentent d’autres barrières qui
permettent de protéger la qualité de l’eau de baignade et, par le fait
même, la santé des usagers.
Il est donc important que l’exploitant d’un établissement définisse,
implante et améliore continuellement des procédures de qualité visant
l’exploitation optimale de son établissement et qu’il s’assure de la
collaboration de tous les instants de son personnel et de sa clientèle afin
de maintenir la salubrité, la sécurité et la stabilité en tout temps et
en tout lieu.
112
Guide d’exploitation des piscines et autres bassins
artificiels destinés à la baignade
La responsabilité de maintenir une bonne qualité de l’eau de baignade
incombe légalement aux propriétaires des bassins artificiels dont la
formation est peut-être éloignée du domaine de compétence requis pour
exploiter une piscine. En effet, les formations en administration, en
tourisme ou en récréologie n’offrent pas de connaissances en chimie ou en
microbiologie de l’eau. Il est donc fortement recommandé que ces
responsables s’adressent à une firme spécialisée pour fixer le cadre de
gestion des bassins et venir en aide aux responsables aux prises avec des
problèmes de maintien de la stabilité et de la salubrité de l’eau.
L’Association des responsables aquatiques du Québec et la Société de
sauvetage du Québec sont deux organismes qui offrent des conseils
judicieux aux responsables de bassins. De leur côté, la plupart des
municipalités qui opèrent elles-mêmes de tels équipements ou qui en
émettent les permis de construction, peuvent jouer un certain rôle
conseil auprès des gestionnaires d’hôtels et auprès d’autres organismes
privés ou semi-privés sur leur territoire.
113
Glossaire
Acide cyanurique : produit stabilisant ajouté à l’eau traitée par le chlore
pour former des sous-produits chlorés qui résistent mieux à l’action du soleil
que le chlore seul.
Algicide : produit pouvant être utilisé pour combattre les algues.
Alcalinité totale : teneurs plus ou moins élevées en carbonates,
bicarbonates et hydroxydes qui donnent un pouvoir tampon à l’eau et aident à
maintenir un pH stable.
Bassin : les piscines et les autres bassins artificiels, tels que les
pataugeoires, les spas et les parcs aquatiques. Les jeux d’eau sont compris
dans la définition de bassin.
Bassin artificiel public : tout bassin artificiel, intérieur ou extérieur,
accessible au public en général ou à un groupe restreint du public et destiné
à la baignade, aux jeux, au sport ou à la détente. Par exemple, sont visés ceux
de l’État, des municipalités, des établissements d’enseignement ou des
organismes sans but lucratif ou encore ceux destinés aux usagers des
établissements touristiques, des centres sportifs, des parcs aquatiques, etc.
Bassin artificiel privé : tout bassin artificiel, intérieur ou extérieur, destiné
à la baignade, aux jeux, au sport ou à la détente et destiné à l’usage exclusif
des résidents et de leurs invités. Il peut s’agir, par exemple, de maisons en
rangée, d’immeubles d’appartements, de résidences pour personnes âgées, de
groupes de maisons, d'immeubles en copropriété ou de maisons mobiles.
Coliformes fécaux : bactéries d’origine fécale servant d’indicateurs de
pollution ou de contamination par des microorganismes potentiellement
pathogènes.
Désinfectant résiduel : concentration de l’agent chimique utilisé pour la
désinfection et subsistant un certain temps dans l’eau après son application.
Désinfection : traitement permettant d’inactiver les microorganismes
pathogènes.
114
Dureté : mesure de la teneur en calcium et en magnésium exprimée en
mg/l CaCO3.
Escherichia coli (E. coli) : espèce de bactérie omniprésente dans les
intestins d’animaux à sang chaud et constituant la majorité des coliformes
fécaux. Leur présence indique une contamination récente par les matières
fécales et la présence possible de microorganismes pathogènes.
Filtration : traitement permettant d’enlever mécaniquement une certaine
quantité de microorganismes et de diminuer la turbidité.
Kyste : forme enkystée du parasite Giardia qui est très résistant aux
conditions environnementales défavorables.
Laboratoire accrédité : laboratoire reconnu par le programme
d’accréditation géré par le Centre d’expertise en analyse environnementale
du Québec (CEAEQ) du ministère du Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP).
Microorganismes pathogènes : virus, bactéries ou parasites pouvant causer
une maladie chez l’homme. En général, les maladies d’origine hydrique sont
des gastro-entérites.
Oocyste : forme enkystée du parasite Cryptosporidium qui est très
résistant aux conditions environnementales défavorables.
pH : mesure de la concentration des ions H+ résultant de la dissolution
d’acides et de produits à caractère acide dans l’eau du bassin .
Potentiel d’oxydoréduction : mesure permettant de connaître la capacité
désinfectante de l’eau en recirculation.
Responsable d’un bassin : tout propriétaire ou exploitant d’une piscine ou
d'un autre bassin artificiel visé par le Règlement sur la qualité de l’eau des
piscines et autres bassins artificiels.
Turbidité : caractère d’une eau qui est trouble. Sa mesure sert notamment à
vérifier l’efficacité du traitement de filtration. La turbidité est
préoccupante puisqu’elle nuit à l’efficacité de la désinfection.
115
Annexe 1 Le règlement intérieur
116
Affiche élaborée par la Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales (DRASS) de
Lorraine et d'Alsace et les Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales
(DDASS) de Meurthe-et-Moselle, de Meuse, de Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (services du
Ministère des Affaires Sociales, du Travail et de la Solidarité et du Ministère de la Santé, de la
Famille et des Personnes Handicapées).
117
Annexe 2 La chimie du chlore
118
ANNEXE 2 La chimie du chlore
Lorsque le chlore est utilisé pour la désinfection sous la forme d’hypochlorite
de sodium, les réactions suivantes se produisent :
NaOCl Na+ + OCl- (1)
OCl- + H2O HOCl + OH- (2) Kh
où indique un équilibre chimique
Il faut savoir que lors de l’utilisation des hypochlorites de calcium et de
lithium, des équilibres similaires s’établissent, si l’on fait abstraction de la
présence du calcium et du lithium qui deviennent solubles dans le milieu.
Soulignons au passage que, lors de l’utilisation d’hypochlorites, le milieu aura
tendance à montrer une augmentation de pH (production de OH-) en raison
de l’équilibre (2) et de la présence dans ces produits d’un agent alcalin pour
les stabiliser. Selon la composition de l’eau, il pourrait s’avérer nécessaire
d’ajouter un agent acide afin d'éviter une augmentation inacceptable du pH.
Si du chlore gazeux (Cl2) était utilisé pour la désinfection, des équilibres
différents se produiraient :
Cl2 + H2O HOCl + H+ + Cl- (3)
HOCl H+ + OCl- (4) K1
Dans ce dernier cas, on remarque la formation d’acide hypochloreux tout
comme lors de l’emploi d’hypochlorites. Par contre, l’élément différent est la
réaction acide (production de H+), caractéristique de la réaction du chlore
gazeux avec de l’eau.
Quelle que soit la méthode utilisée, il faut retenir que l’espèce HOCl est
l’agent désinfectant. Plus sa concentration (C) est élevée, plus le processus
de désinfection sera efficace, pour une même durée de contact (t). En outre,
plus la durée de contact sera longue, plus les microorganismes les plus
résistants ont de chances d’être inactivés. Cette relation entre le temps de
contact (t) et la concentration du désinfectant (C) est généralement
exprimée par la formule suivante :
C x t = constante (5)
119
De façon générale, on remarque que les bactéries sont les plus sensibles à la
désinfection alors que les virus et les parasites sont les plus résistants.
L’acide hypochloreux, tel que le démontrent les équilibres (2) et (4), est
susceptible de se dissocier pour former l’anion, OCl-. Ces deux équilibres ont
des constantes particulières, Kh et K1, qui sont reliées entre elles :
Kh = [HOCl] [OH-] (6)
[OCl-]
K1 = [H+] [OCl-] (7)
[HOCl]
En utilisant la constante de l’eau, Ke :
Ke = [H+] [OH-] (8)
et en remplaçant la valeur de [OH-] dans (6) par sa valeur dans (8) :
[OH-] = Ke (9)
[H+]
la constante Kh devient :
Kh = [HOCl] Ke (10)
[OCl-] [H+]
et
Kh = Ke (11)
K1
Par conséquent, il est possible de conclure que les équilibres (2) et (4) sont
équivalents et liés entre eux par l’entremise des constantes, Kh, K1 et Ke.
L’équilibre (4) révèle de plus que, selon le pH qui prévaut dans le milieu, la
concentration d’HOCl variera de façon significative. Ainsi, pour un pH de 7,5,
la moitié du chlore présent dans l’eau sera sous la forme HOCl, alors que
l’autre moitié sera sous la forme OCl-. Par contre, pour un pH de 6,5, la
proportion de HOCl sera de 91 % alors que celle de OCl- sera de 9 %. Ainsi,
pour un pH de 8,5, la condition sera inversée.
120
Ces calculs résultent de la relation présente dans l’équation (7) :
[HOCl] = [H+] (12)
[OCl-] K1
où K1 = 3x10-8 à 20 ºC ou pK1 = 7,5
Ce comportement de HOCl et OCl- (chlore résiduel libre) indique donc qu’il
est préférable de maintenir le pH du milieu dans l’intervalle de 7,0 à 7,5 afin
que la concentration d’HOCl l’emporte sur celle de OCl-. Cependant, étant
donné que ces deux espèces sont reliées entre elles par un équilibre
chimique, la réaction de toute unité d’HOCl sera compensée par la formation
d’autres espèces HOCl, par l’entremise de la réserve d’OCl- présente.
Néanmoins, il faut savoir que plus le chlore résiduel sera consommé par les
contaminants, moins cette transformation se produira.
Le tableau qui suit présente, à titre d’exemple, une grille décrivant, pour
diverses concentrations de chlore résiduel libre (non lié à des espèces
azotées), la proportion de ce chlore existant sous la forme HOCl (chlore
résiduel libre actif).
_________________________________________________________
CHLORE RÉSIDUEL LIBRE ACTIF (HOCl)
EN FONCTION DE LA TENEUR EN CHLORE RÉSIDUEL LIBRE ET DU pH
(eau à 25 ºC – sans stabilisant du chlore)
____________________________________________________________________
pH Chlore résiduel libre (mg/l Cl2)
0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
7,2 0,40 0,54 0,67 0,80 0,94 1,07 1,20 1,34
7,4 0,34 0,45 0,56 0,67 0,78 0,90 1,06 1,12
7,6 0,27 0,36 0,45 0,54 0,62 0,71 0,80 0,89
7,8 0,20 0,27 0,34 0,40 0,47 0,54 0,60 0,67
8,0 0,15 0,19 0,24 0,29 0,34 0,39 0,43 0,47
Ce tableau illustre donc comment l’ajustement du pH d’une eau dans
l’intervalle de 7,2 à 8,0 a une influence majeure sur la présence de l’espèce
désinfectante qu’est HOCl.
121
Annexe 3 La procédure de
désinfection des bassins de type
empli-vide
122
La contamination potentielle des bassins de type empli-vide peut provenir de
diverses sources autres que celles engendrées par les baigneurs. Nous
n’avons qu’à penser aux animaux errants qui contaminent par leurs matières
fécales les bassins vides durant la nuit. Il en va de même pour les oiseaux qui
survolent de tels équipements en dehors de la période d’opération. De plus,
ces bassins peuvent être souillés par des dépôts laissés en fin de période
d’opération après la vidange quotidienne.
Cas des bassins de type portatif
La procédure de désinfection d’un bassin empli-vide de type portatif que l’on
retrouve dans les garderies sera établie par le ministère de la Famille et des
Aînés, en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Dans le cas de bassins munis d’un système de circulation de l’eau, le
responsable de la garderie ou du Centre de la Petite Enfance devra
respecter intégralement le Règlement.
Cas des autres bassins (permanents)
Premièrement, il faut procéder à un nettoyage à l’eau au moyen d’un boyau
d’arrosage pour déloger les solides présents, en particulier ceux qui adhèrent
fortement aux surfaces, afin de les diriger vers le drain du bassin. Cette
opération peut être facilitée par l’emploi d’une brosse appropriée pour
déloger complètement les solides.
Par la suite, il est recommandé, au moyen par exemple d’une vadrouille,
d’appliquer sur les surfaces une solution désinfectante d’hypochlorite de
sodium dont la concentration est de l’ordre de 50 mg/l (eau de Javel
commerciale à 5 % diluée dans une proportion de 1 dans 1 000 dans de l’eau
du robinet). On peut par exemple utiliser 1 cuillerée à thé d’eau de javel 5 %
dans 5 litres d’eau. Cette façon de faire permet d’atteindre toutes les
surfaces et diminue les risques d’aérosols chargés d’hypochlorite de sodium
qui constituent un danger pour les personnes et les équipements. Après un
temps de contact d’environ 30 minutes, le bassin peut être rincé en
123
s’assurant que la vidange est faite dans le respect de la réglementation
municipale existante sur les rejets à l’égout. Le temps de contact peut être
diminué d’autant que les concentrations de chlore sont élevées (par exemple
un temps de contact de 15 minutes avec une solution de 100 mg/l ou 2
cuillerées à thé dans 5 litres d’eau.).
Il est recommandé au responsable de maintenir un désinfectant résiduel qui
respecte la norme du Règlement pour les bassins extérieurs (chlore libre 0,8
à 3,0 mg/l) durant toute la période d’ouverture du bassin.
Il est essentiel de mesurer la teneur en chlore résiduel libre avant
d’admettre des personnes dans le bassin et durant la période d’ouverture du
bassin afin d’éviter l’exposition accidentelle à des concentrations supérieures
à 5 mg/l de chlore résiduel libre. Dans un tel cas, il est recommandé de faire
sortir immédiatement toutes les personnes de l’eau et fermer l’accès au
bassin tant que la concentration ne se situera pas entre 0,8 et 3,0 mg/l. Le
contrôle du désinfectant résiduel et du pH devrait être répété au moins à
toutes les 3 heures durant la période d’ouverture du bassin. Un contrôle de
la qualité de l’eau pour les paramètres microbiologiques, tel que prescrit par
le Règlement, devrait également être réalisé pour ce type de bassins.
Enfin, en cas d’accident fécal ou vomitif, les dispositions réglementaires de
fermeture et de désinfection s’appliquent intégralement.
124
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120