Analyse des récits et schémas narratifs
Analyse des récits et schémas narratifs
Objectifs :
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Introduction à l’analyse structurale des récits.
Roland Barthes.
Le récit
Grille sémique
lexèmes sèmes
réel long oral morale tragique merveilleux héroïsme Sans
parole
Fable - - + - + + - + + - -
Conte - - + - + + - + + -
Légende - + + - + + - + + - -
Epopée + - + + - + + - + + -
Mythe - + - + + + + + -
Nouvelle + - - - - + - + - - -
Histoire + - + - + - + + - + - + - -
Tragédie - + + - + + - + -
Comédie + - + + - + - - + - -
pantomime + - - + - + - + - + +
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Texte 1.
Chasse à la gazelle.
Un jour, avant d’arriver à Fort-Flatters, Ali remarqua des traces qu’il reconnut
aussitôt. Deux gazelles étaient passées depuis peu. Deux gazelles ! Le camion les prit en
chasse. Vers le milieu de l’après-midi , Moulay et Ali les virent enfin. Elles se
promenaient parmi les arbustes qui poussaient misérablement dans ce désert.
« vivante, je la veux vivante », avait demandé Yaminata.
Déjà Ali chargeait sa carabine italienne. Il riait par ses yeux. Il riait par ses dents.
Le camion roulait lentement ; le graisseur ouvrit la portière. Attentif, il s’installa, un
pied posé sur l’aile rayée par le sable.
Moulay ordonna : « pose ce fusil ! Vivante ! Yaminata veut une gazelle vivante… »
Les deux gazelles dressèrent leur museau pointu ; elles regardèrent l’ennemi en face.
Elles détalèrent en évitant les dunes fermes qui auraient permis au camion de passer. Elles
coupèrent par une sorte de plateau rouge. Mais au bout de ce plateau, il y avait d’autres
dunes, de vraies dunes celles-là, énormes , hautes d’une cinquantaine de mètres.
La poursuite commença.
La plus petite se détacha ; faible, épuisée, elle s’avoua vaincue ; son cœur allait
éclater. Elle s’assit sagement. Sa tête se pencha doucement. Elle regarda longuement ses
ennemis , et mourut en pleurant.
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Texte 2.
Le piano de Cécile
« Raymond, les enfants ont absolument besoin de vêtements d’hiver. IL faut des
chaussures et du linge ; et le loyer doit être payé dans six semaines ! Nous n’y arriverons
jamais ».
Papa fit un long soupir : « J’ai pensé emprunter de l’argent au mont –de- piété, en y
déposant quelque chose.
- je ne dis pas non , mais quoi ?
- Le piano, par exemple.
- Bien sûr, le piano…
- Je le ferai enlever demain.
Le lendemain matin, quand nous revîmes de l’école, la piano était parti. Ma sœur,
depuis la rentrée, partageait son temps entre ses leçons de musique et l’école, où je la
prenais au passage. Elle dit : « Où est mon piano ? »
Maman soupira , l’air gêné : « il est en réparation ».
- Mais il n’était pas cassé.
Elle éclata en sanglots. Papa fronçait les sourcils et tirait sur sa moustache. Cécile
refusa de déjeuner et même d’aller en classe. Elle s’était réfugiée à plat ventre sous un lit et
ne cessait de pleurer. Vers le soir, père eut avec maman un entretien à voix basse :
« Je porterai nos deux montres ; elles sont en or, toutes les deux. Et je reprendrai le
piano…
- Mais , Raymond, le transport seul va nous enlever une bonne partie de la
somme !
- Tant pis ! Je me suis trompé. Je mettrai aussi ta bague et mon épingle de cravate.
Mais je ne peux pas supporter d’entendre pleurer cette petite. »
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Texte 3.
Un soir d’automne , on revint à la maison par les près. Des bœufs , étendus au milieu
du gazon, regardaient tranquillement ces quatre personnes passer. Dans la troisième prairie,
quelques-uns se levèrent, puis se mirent en rond devant elles.
« Ne craignez rien ! » dit Félicité.
Elle caressa le dos de celui qui se trouvait le plus près . Il s’en alla , et les autres le
suivirent.
Mais quand le pré suivant fut traversé, un beuglement formidable s’éleva. C’était un
taureau que cachait le brouillard. Il avança vers les deux femmes. Mme Aubain allait
courir.
« Non ! non ! moins vite ! » , recommanda Félicité.
Les deux femmes pressaient le pas cependant, et entendaient par derrière un souffle
sonore qui se rapprochait.
Ses sabots , comme des marteaux, battaient l’herbe de la prairie ; voilà qu’il galopait
maintenant. Félicité se retourna, et elle arrachait à deux mains des plaques de terre qu’elle
lui jetait dans les yeux. Il baissait le mufle, secouait les cornes , et tremblait de fureur en
beuglant horriblement.
Mme Aubain, au bout du pré avec ses deux petits , cherchait comment franchir la
clôture. Félicité reculait toujours devant le taureau ; elle lui lançait des mottes de gazon,
tandis qu’elle criait :
« Dépêchez-vous ! dépêchez-vous ! »
Le taureau avait acculé Félicité contre une barrière , une seconde de plus , il
l’éventrait. Elle eut le temps de se glisser entre deux barreaux, et la grosse bête , toute
surprise, s’arrêta
D’après Gustave Flaubert, « Un cœur simple »
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Texte 4.
Une panne.
J’aperçus par terre , juste sous la voiture, une grande tache noire. Il n’y avait pas de
doute possible, c’était l’automobile qui avait perdu une partie de son liquide. Cela me parut
si grave que je courus prévenir mes parents.
Au bout d’une heure, mon père revint avec un petit bonhomme qui portait une caisse
à outils. Le petit homme se gratta le menton et dit, après quelques instants de réflexion :
« ouais ! »
Il se mit à déballer ses outils.
« C’est sûrement une fuite , dit-il. Peut-être la boite de vitesse, peut-être le pont. Je
vais regarder. »
Il se glissa sou l’auto. On ne voyait plus ses pieds. Pendant un long moment, il ne
bougea plus . A la fin, mes parents se regardèrent inquiets.
« Alors, ça va ? » dit mon père en se penchant.
Après un instant, la voix du mécanicien répondit :
« Moi, ça va. C’est votre voiture qui ne va pas
- C’est grave ?
- Justement, je n’en sais rien. Je ne trouve pas la fuite. »
(Ed. du Seuil)
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Le type textuel narratif s’articule dans le conte, la nouvelle, le
roman, le récit, le fait divers, la fable, la bande dessinée, le film, la
publicité narrative, les blagues , les procès-verbaux d’accident. On utilise
le type textuel narratif à chaque fois que l’on parle pour dire ce que l’on
fait ou ce que f ait quelqu’un.
Le texte démarre par une situation La situation de départ est marquée par la
stable : la famille revient à la maison découverte d’une grande tache noire
par les près. Tout semble calme.(1er sous la voiture, ce qui suscite
paragraphe) l’inquiétude de l’enfant qui va avertir
ses parents. (1er paragraphe).
La détérioration intervient lorsque la
famille parvient au pré suivant : « Mais Cette inquiétude grandit avec l’arrivée
quand le pré suivant fut traversé, un des parents. (2ème paragraphe) .- Il avait
beuglement formidable s’éleva » (2ème un air si préoccupé… Nous l’attendîmes
paragraphe) en silence . Ma mère soupirait. –
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L’analyse des éléments retenus dans le tableau nous laisse constater que
les deux textes n’évoluent pas de la même manière :
- les situations de départ ne sont pas semblables : dans le texte : « une
servante dévouée » le texte démarre par une situation stable alors que
le texte : « Une panne » a pour point de départ une situation
d’inquiétude, une situation détériorée par la présence de la tache.
• que cela soit dans le 3ème ou le 4ème texte c’est l’intervention d’un
médiateur qui permet l’amélioration de la situation : Félicité
aide la famille Aubain à sa sauver (3ème texte) , le mécanicien
trouve l’origine de la panne (4ème texte).
• Les deux textes ont un dénouement heureux, c’est à dire une
situation stable ou d’équilibre.
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L’analyse globale du texte 1 « Chasse à la gazelle » nous fait découvrir
un autre schéma.
Les deux hommes ne sont pas parvenus à attraper une gazelle vivante.
(1) Denise Paulme, La mère dévorante. Essai sur la morphologie des contes africains . Paris, éd.
Gallimard, 1976
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2. Analyse structurale du récit..
a. le schéma narratif.
Grille d’analyse.
Où ? Les prés.
Elément de résolution Que va-t-il falloir faire ? Félicité reculait et lançait des
mottes de gazon dans les yeux
du taureau pour ralentir sa
course .
La situation se dégrade.
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Quand on demande à des élèves de résumer un récit oralement ou par
écrit, ou encore en le transformant en une suite de dessins, on insiste sur le
fait de ne garder que l’essentiel…
Mais qu’est-ce qui est essentiel ? Comment le repérer ?La recherche
des étapes du schéma narratif constitue un outil efficace pour résumer un
récit. Après avoir repérer des étapes , l’élève sera davantage en mesure de la
« résumer » par une phrase orale ou écrite , ou par un dessin.
Ce qui va suivre peut servir d’exemple.
Elément de résolution
Ses sabots , comme des marteaux, battaient l’herbe de la
prairie ; voilà qu’il galopait maintenant. Félicité se retourna, et
elle arrachait à deux mains des plaques de terre qu’elle lui
jetait dans les yeux. Il baissait le mufle, secouait les cornes , et
tremblait de fureur en beuglant horriblement.
Mme Aubain, au bout du pré avec ses deux petits ,
cherchait comment franchir la clôture. Félicité reculait devant
le taureau ; elle lui lançait des mottes de gazon , tandis qu’elle
criait :
« Dépêchez-vous ! dépêchez-vous ! »
Situation finale Le taureau avait acculé Félicité contre une barrière, une
seconde de plus , il l’éventrait. Elle eut le temps de se glisser
entre deux barreaux , et la grosse bête , toute surprise, s’arrêta.
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Selon que le récit soit plus ou moins long, la situation finale 1
va devenir la situation initiale 2, etc. C’est ce qui va assurer la relance
du récit. Et ainsi les situations finales intermédiaires vont se
transformer en situations initiales alimentées par l’intervention
d’éléments modificateurs nouveaux tels que nous les rencontrons dans
les romans.
• situation initiale
• élément modificateur.
• Transformation.
• Elément de résolution (dégradation ou amélioration)
• Situation finale.
• Situation initiale 1.
• Elément modificateur 1.
• Situation finale 1 /situation initiale 2.
• Elément modificateur 2.
• Situation finale 2
• Etc.
b. Le schéma actanciel
Tout récit manifeste, quoique sous des formes très variées, une même
configuration de personnages –types (actants) définis suivant leurs relations et
les fonctions qu’ils jouent dans le récit, les actants désignant les différents
personnages vus sous l’angle de la grammaire narrative.
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Le modèle de Greimas retient six (6) actants.
Le héros est celui qui, à l’appel du destinateur passe avec lui un contrat
et se met en devoir de ramener l’objet de la qu ête, d’accomplir la tâche.
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Remarque :Un personnage – acteur peut jouer plusieurs rôles
actanciels : destinateur et destinataire. Plusieurs personnages – acteurs
peuvent ensemble remplir un seul rôle actanciel : opposant = groupe de
personnages. Un rôle actanciel peut être assumé par une instance inanimée :
opposant la conscience du héros. Un héros est complexe lorsqu’il est
constitué par plusieurs récits qui s’enchâssent l’un dans l’autre, par exemple
tel personnage qui sera dans le récit 1 le héros pourrait se trouver en position
de destinateur dans le récit2.
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Remarque : L’utilisation de ces théories au niveau des élèves du 2ème
palier et même de ceux du 3ème doit se faire avec beaucoup de circonspection.
Le talent de l’enseignant sera son aptitude à simplifier ces schémas . Les
enfants ne peuvent réellement comprendre , assimiler qu’un schéma avec 4
actants : sujet – objet – adversaire – auxiliaire.
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c. La progression de l’information.
thème
Traces qu’il reconnut aussitôt
rhème
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d. La cohérence.
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- Dans ce texte , on relève les types de phrases déclaratives ,
exclamatives et impératives.
(Ali remarqua des traces qu’il reconnut aussitôt – deux gazelles ! –
Pose ce fusil !
La narration La description
Ali remarqua des traces qu’il reconnut. Deux gazelles étaient passées
Le camion les prit en chasse
Moulay et Ali les virent… Elles se promenaient …. Qui
poussaient….
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Les deux gazelles dressèrent … Il y avait
Elles regardèrent… Elles détalèrent…
Elles coupèrent…
La poursuite commença Son pied défonçait….
Le camion fonçait ….Moulay Le volant lui battait….
accélérait Il scrutait …….
La plus petite se détache.. elle s’avoua
vaincue . Elle s’assit … sa tête se
pencha .. Elle regarda …. Et mourut
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4. Narration et discours.
L’émetteur
Le destinataire
Le message
L’enjeu
Le canal
Le contexte.
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a. Mise en évidence de la structure d’un texte narratif.
1. Situation initiale.
Les lieux – le moment – le but- ………………………………………
les personnages ………………………………………
3. La transformation ………………………………………
………………………………………
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Correction des exercices
Exercice 1. Page 17.
Progression thématique du reste du texte « Chasse à la gazelle ».
2ème paragraphe.
Déjà Ali chargeait sa carabine. Il riait par ses yeux. Il riait par ses dents.
Le camion roulait lentement ; le graisseur ouvrit la portière. Attentif, il
s’installa , un pied posé sur l’aile rayée par le sable.
Destinataire Celui ou ceux qui vont lire le texte. Ici le destinataire est
mal défini.
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Exercice 1. Page 22.
1. Situation initiale
* les lieux Le désert saharien. Près de Fort-Flatters.
• le but Attraper une gazelle vivante.
• le moment Vers le milieu de l’après- midi
• les personnages Ali et Moulay
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Lexique du métalangage.
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Bibliographie
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