Auguste Comte et la naissance de la sociologie
Auguste Comte et la naissance de la sociologie
Auguste COMTE, polytechnicien, philosophe, est considéré comme l’un des précurseurs
de la sociologie. Il est d’ailleurs l’inventeur du terme même de sociologie qui vient du
latin socio=société et du grec logie = science.
Il est le fondateur du positivisme et est principalement connu pour sa « loi des 3 états ».
Cette approche rompt, à l’époque, avec la philosophie telle qu’elle était appliquée par les
philosophes des Lumières qui énonçaient des propositions sans les avoir préalablement
confrontées aux faits.
Pour lui, cette philosophie devait permettre d’élaborer une nouvelle science, la sociologie.
Toujours selon lui, cette nouvelle science doit se diviser en deux grands champs
d’investigation : d’une part, la statistique sociale qui étudie les déterminants de l’ordre
et de la cohésion sociale ; d’autre part, la dynamique sociale qui se penche sur le
progrès de l’esprit humain et les lois de développement de la société humaine.
Auguste COMTE a également élaboré la loi des 3 états. Selon lui, les phénomènes sociaux
sont soumis à un déterminisme et c’est sur cette base qu’il élabore une loi générale
d’évolution de l’esprit humain et de la société.
Selon lui, les sociétés passent obligatoirement toutes par 3 états successifs dont le
dernier est stable, définitif et indispensable au progrès humain :
Cette loi met bien évidemment en évidence la vision évolutionniste de l’histoire qu’à
Auguste COMTE.
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Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859)
Alexis de TOCQUEVILLE devient juge après ses études de droit et entame par la suite une
carrière politique. Lors d’un voyage d’études en Amérique, qui avait pour but d’étudier le
système pénitentiaire américain, il décide de comprendre le système politique américain,
convaincu que celui-ci peut inspirer les nations européennes.
Selon lui, démocratie et égalité sont intimement liées car, dans un système politique
démocratique idéal, les positions sociales ne sont pas transmises de manière héréditaire
et donc toutes les places sont accessibles à tous (Egalité sociale) ; ce qui entraine une
égalisation des conditions de vie et donc une amélioration de celles-ci pour le plus grand
nombre.
- L’anarchie qui peut s’installer lorsque les libertés des individus n’ont plus aucune
limite. La régulation sociale doit donc passer par une intériorisation des règles de
vie par les individus.
Alexis de TOCQUEVILLE n’a jamais affirmé porter un regard sociologique sur la société
américaine. C’est pourtant ce qu’il a fait lorsque, par exemple, il se questionne sur la
persistance de la démocratie en Amérique. Il identifie 3 causes à ce phénomène :
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Karl MARX
Karl MARX est un précurseur de la sociologie çàd qu’il n’est pas à proprement parler un
sociologue et il ne prétend d’ailleurs pas faire de la sociologie mais les connaissances qu’il a
produites servent pourtant la sociologie. On lui doit la théorie marxiste qui relève à la fois de
la sociologie mais aussi de l’économie, de l’histoire, de la science politique et de la
philosophie.
L’importance de Karl MARX tient bien sûr à sa théorie mais aussi et surtout à l’influence que
celle-ci a depuis un siècle et demi (Léninisme, Maoïsme).
Il importe néanmoins de faire la distinction entre la théorie marxiste et les utilisations qui en
ont parfois été faites de la part de ceux que l’on nomme les marxistes.
Comme sociologue, Karl Marx est l’auteur d’une analyse du capitalisme et d’une théorie des
classes sociales et des rapports (principalement conflictuels) entre elles.
Karl Marx présente une sociologie holiste et déterministe.
Le holisme ou être holiste signifie que l’on estime que le tout (la société) est plus important
que les parties, que la société prime sur l'agrégation des individus (holos = tout en grec).
Pour un holiste, la société existe indépendamment et au-dessus de ses membres. Les structures
priment sur l'individu.
Pour Karl MARX, la société n’existe pas en elle-même, seuls existent les individus ainsi que
les relations que ces individus entretiennent entre eux. Selon lui, si les hommes peuvent
modifier la nature et leur environnement, ils sont néanmoins contraints se soumettre à cet
environnement.
Pour Karl MARX, les contraintes économiques, idéologiques et politiques imposent aux
individus la logique des modes de production.
Dans un premier temps, les individus entretiennent des rapports avec la nature. Ils tentent de
la maîtriser, de la dépasser par la transformation des matières premières, grâce à l’usage
d’instruments de travail mais aussi grâce à leur force de travail.
Si les hommes entretiennent des relations avec la nature, ils entretiennent également des
relations entre eux, les uns avec les autres.
Pour MARX, l’homme est un être social, il ne peut donc vivre seul. Il entretient des relations
avec les autres et c’est dans la cadre de l’organisation du travail que les hommes entrent en
relation entre eux.
Son approche de l’évolution sociale peut être qualifiée de matérialisme historique et il donne
une place centrale aux infrastructures.
Karl Marx place le mode de production au centre du fonctionnement des sociétés. Selon lui,
chaque société se définit par son mode de production qui comporte deux dimensions :
L’état des forces productives ;
Les rapports de production.
Le mode de production est pour lui fondamental puisqu’il définit l’infrastructure économique
qui conditionne l’ensemble de l’organisation sociale et des superstructures juridiques et
politiques.
Les forces productives sont l’ensemble des modes de production tels que la terre, les machines
ou la main d’œuvre.
Les rapports de production sont les relations entre les producteurs regroupés en classes
sociales (les capitalistes, les propriétaires terriens ou la classe ouvrière).
Chaque classe contribue à la production en apportant l’une ou l’autre catégorie des forces
productives : terre ou force de travail.
A tout mode de production correspond une classe dominante qui est celle qui possède les
principaux moyens de production et donc en prive les autres. Il existe donc selon Karl
MARX, un rapport d’exploitation.
Les classes sociales jouent un rôle essentiel pour Karl MARX dans le fonctionnement de la
société.
Le fonctionnement de l’économie repose sur les rapports de propriété entre les classes et donc
sur des rapports d’exploitation économique : le fruit du travail des uns est, en partie, accaparé
par les autres.
La loi, la religion, la morale et les institutions politiques sont façonnées par les rapports de
classe. L’Etat ne représente pas l’intérêt collectif mais sert à la classe dominante à contraindre
les autres classes.
Un individu appartient à une classe sociale en fonction de sa possession ou non des moyens
de production.
Une vision de l’évolution sociale : le matérialisme historique
Les modes de production sont, selon Karl MARX, des situations passagères.
L’analyse historique de Karl MARX, le matérialisme historique, cherche à comprendre
l’évolution sociale passée et future.
Son point de départ est de considérer que la société n’a pas toujours été divisée en classes et
qu’elle ne le sera pas indéfiniment.
Pour Karl MARX, l’existence de classes sociales s’explique par la propriété privée et il pose
donc comme objectif principal la disparition pure et simple de toute propriété privée qui
permettrait la disparition des classes sociales et in fine des conflits entre celles-ci.
Il ressort donc des propos de Karl MARX que le changement social est nécessaire et doit
venir de la lutte des classes qui est un affrontement brutal qui passe par la Révolution.
On peut donc dire que Karl Marx analyse et critique le capitalisme en tant que mode de
production et affirme qu’il est appelé à disparaitre.
Selon lui, les deux classes sociales les plus importantes au sens de celles qui jouent un rôle
majeur sont : d’une part, les capitalistes qui possèdent les principaux moyens de production
Ceux-ci investissent leurs capitaux dans la production et achètent la force de travail des
salariés dans un seul et unique but : faire du profit.
D’autre part, les prolétaires çàd la classe ouvrière qui ne possèdent pas de moyens de
production mais vendent leur force de travail pour assurer leur subsistance et pour couvrir
leurs besoins ainsi que ceux de leur famille.
Ces deux classes sociales entretiennent des rapports d’exploitation puisque la bourgeoisie
exploite le prolétariat en s’accaparant la plus value (càd qu’un bien est vendu plus cher que le
salaire qui a été nécessaire à sa production).
La plus-value est entièrement accaparée par les capitalistes qui utilisent, en plus, différents
instruments pour maintenir cette domination tels que la loi, la religion, l’Etat.
Pour Karl MARX, la classe ouvrière s’opposera à cet ordre social pour libérer l’humanité en
détruisant le capitalisme. Les classes sociales disparaitront et laisseront place à un nouvel
ordre social : le communisme.
Pour mieux comprendre :
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Emile DURKHEIM (1858-1917)
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Emile DURKHEIM est considéré comme l’un des pères fondateurs de la sociologie en
raison du fait qu’il n’a cessé d’œuvrer pour que celle-ci soit reconnue comme une science
indépendante de la psychologie et de la philosophie.
Pour faire reconnaître la sociologie, il a travaillé à lui donner un objet propre et une
démarche spécifique.
Pour Emile DURKHEIM, la sociologie a pour objet de rechercher et d’expliquer les faits
sociaux.
- Leur extériorité par rapport aux consciences individuelles. Ils existent en dehors
de nous.
- Leur pouvoir coercitif. Ils exercent sur les individus une contrainte si forte qu’ils
s’imposent à eux qu’ils le veuillent ou non. Les faits sociaux s’imposent à nous.
Un fait social ne peut donc pas se définir par sa généralité. Ce n’est pas parce qu’un
fait est général qu’il est social car sinon tous les faits comme dormir, manger, ou
boire seraient sociaux. Ce qui intéresse ce sont les manifestations collectives et non
pas leur incarnation individuelle. Ainsi les sociologues s’intéressent aux crimes et non
pas aux criminels, au suicide et non pas aux suicidés, aux mariages plus qu’aux
mariés.
Un phénomène peut donc être considéré comme social s’il a une existence propre,
indépendante de ses manifestations individuelles.
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Les faits sociaux s’imposent donc aux individus et c’est en cela qu’Emile FURKHEIM
est déterministe. L’être humain est déterminé sans pouvoir d’agir. C’est donc la
reconnaissance de la primauté de la société sur l’individu auquel elle s’impose.
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La méthode sociologique
Cette méthode est décrite, entre autres, dans un ouvrage qui porte le titre évocateur de « Les
règles de la méthode sociologique ».
Deux règles globales doivent être respectées pour faire de la sociologie une science.
La première règle qu’Emile DURKHEIM énonce est qu’il faut considérer les faits
sociaux comme des choses çàd qu’il faut les observer, les décrire, les analyser
comme si nous étions tout à fait détachés. Cela implique que le sociologue doit se
débarrasser de toutes ses prénotions afin d’éviter la subjectivité et d’atteindre
l’objectivité nécessaire.
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Le holisme
Durkheim pratique une sociologie holiste. Le holisme vient du grec ancien holos signifiant « la
totalité, l'entier ». Le holisme (qui est opposé à l’individualisme méthodologique) est une approche
qui étudie les phénomènes sociaux comme une totalité extérieure aux individus. Durkheim
appartient à ce paradigme.
Le holisme est une posture méthodologique qui privilégie le collectif sur l’individuel, le tout sur les
parties pour comprendre et expliquer les mécanismes sociaux et les comportements individuels. Il
s’agit donc de comprendre les faits sociaux en les considérant et les appréhendant dans leur
ensemble, dans leur totalité, et non pas en étudiant chaque partie séparément.
Ainsi, un individu est entièrement ou fortement déterminé par le tout dont il fait partie.
Il faut donc connaître ce tout pour comprendre toutes les propriétés de l'élément ou de l'entité
étudiés.
Le holisme, appliqué aux systèmes humains, qui sont des systèmes complexes, consiste à expliquer
des faits sociaux par d’autres faits sociaux.
La société exerce une contrainte (pouvoir de coercition) sur l’individu qui doit intérioriser les
principales règles et les respecter. Les comportements individuels sont donc socialement déterminés.
On cherche donc, par exemple à déduire la psychologie des personnes par les conditions sociales
dans lesquelles elles se trouvent.
Notons encore qu’une approche holiste implique une démarche de type quantitatif sur base
notamment de questionnaires.
Dans les sociétés traditionnelles, la solidarité y est décrite comme mécanique. Dans ces sociétés, les
individus vivent dans des communautés. La proximité, les valeurs sont fortes et partagées. L’écart à
la norme n’est pas toléré. Le groupe est important, très important, plus important que l’individu.
Dans ces sociétés, la solidarité est dite mécanique car basée sur la similitude entre les individus qui
sont interchangeables. Il y a une faible division du travail.
Dans les sociétés modernes, la division du travail est forte. Les individus sont complémentaires les
uns aux autres et le bon fonctionnement de la société repose sur une étroite collaboration entre les
individus. La solidarité, dans ces sociétés, y est donc décrite, comme organique.
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Le suicide :
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Dans son ouvrage Le Suicide, publié en 1897, Émile Durkheim met en œuvre les principes
méthodologiques qu'il a préalablement définis dans Les Règles de la méthode sociologique.
Il y défend l'idée selon laquelle le suicide est un fait social à part entière puisqu’il exerce sur
les individus un pouvoir coercitif et extérieur. Il peut donc être analysé par la sociologie.
Si le suicide peut être expliqué par des raisons psychologiques, il est également éclairé par
des causes sociales, des déterminants sociaux.
La statistique montre en effet que le suicide est un phénomène social normal puisque c’est
un phénomène régulier que l'on retrouve dans la plupart des sociétés et, au sein de chaque
société, les taux de suicide évoluent relativement peu.
« Ce qu'expriment ces données statistiques, c'est la tendance au suicide dont chaque société
est collectivement affligée »2.
Durkheim va d'abord s'attacher à dégager les causes du suicide et ensuite proposer une
typologie des suicides, selon leurs causes.
La religion et la famille sont des instances d'intégration des individus qui les protègent du
suicide en leur interdisant moralement de se suicider.
Ainsi l'une des causes déterminantes du suicide qui se dégage est celle de l'intégration,
facteur de protection des tendances suicidogènes.
Outre la question de l'intégration, la régulation est la seconde cause qui permet de rendre
compte des taux de suicide. Si les sociétés intègrent, elles ont également un pouvoir de
régulation : elles fournissent des règles que les individus doivent suivre, qui dictent leur
conduite et leur fournissent des repères.
À partir de ces deux grandes causes que sont l'intégration et la régulation, Durkheim dégage
quatre grands types de suicide.
Défaut Excès
Intégration Egoïste Altruiste
Régulation Anomique Fataliste
On retrouve donc, chez DURKHEIM une préoccupation pour la cohésion sociale puisqu’il
établit une relation de cause à effet entre les formes déséquilibrées du lien social (défaut /
excès d'intégration ; défaut / excès de régulation) et les taux de suicide.
Donc pour Durkheim, la cause du suicide est bien une faiblesse dans la cohésion sociale. Quand la
cohésion sociale est forte, il y a moins de suicides que quand elle est faible.
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Max WEBER (1864-1920)
Pour débuter, deux vidéos complètes où tout est dit 😉
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Max WEBER est considéré comme l’un des fondateurs de la sociologie et pourtant il a
d’abord débuté par des études de droit, d’économie, de politique, d’histoire et de
théologie.
Max WEBER est opposé à Emile DURKHEIM. Si Emile DURKHEIM est considéré comme le
père du déterminisme, Max WEBER est quant à lui considéré comme le fondateur de
l’individualisme méthodologique.
Ex : un comportement religieux n’est pas une activité sociale tant qu’elle ne prend la
forme que de la méditation ou du recueillement personnel. Par contre, ce comportement
religieux devient une activité sociale quand elle prend la forme de la participation à un
office religieux où l’activité n’a de sens qu’en se rapportant aux autres.
Pour Weber, la sociologie a donc pour ambition la compréhension du sens que les acteurs
donnent à leurs actions. Il s’agit pour le sociologue de reconstituer les motivations de
l’acteur en replaçant son action dans son contexte.
Pour Max WEBER, il est donc indispensable de partir des individus eux-mêmes
Max WEBER s’oppose également à Emile DURKHEIM en revendiquant l’élaboration
d’idéaux-types. Un idéaltype est une forme de caricature, une situation utopique,
extrême où l’on force le trait pour en donner une vision extrême afin de rendre
compréhensible les phénomènes que l’on étudie.
Exemple d’idéal type au sens wébérien : WEBER cherche à comprendre ce qui motive un
individu à agir, à poser un comportement. Selon lui, 4 causes sont possibles :
Marx WEBER s’est attaché à expliquer les origines du capitalisme. A travers ses travaux,
il démontre que la morale protestante induit chez ses pratiquants des comportements
propices au développement de la logique capitaliste.
Or, s’investir, travailler sans compter plutôt que consommer et se reposer sont des
caractéristiques favorables au développement de l’esprit du capitalisme.
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La théorie a été critiquée mais il est utile de retenir qu’il a été un des premiers à
souligner l’importance des valeurs dans le changement social. Les valeurs comme moteur
de changement.
Ce qu’il signifie par ce terme est une tendance à agir en utilisant la raison plus que les
valeurs. Toutes les sphères de l’activité humaine seraient touchées selon lui par cette
rationalisation çàd la mise en place de procédures, de manières de faire formelles et
explicitées en fonction d’un objectif identifié.
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Georges FRIEDMANN (1902-1977)
Il est connu comme l’un des fondateurs de l’école française de sociologie du travail.
Sociologue français mais historien au départ. Il est particulièrement intéressé par les
évolutions du travail et par le mouvement ouvrier.
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L'organisation du travail consiste dans les différents systèmes mis en place dans les
entreprises pour accroître la productivité, grâce à une utilisation plus rationnelle du
travail. Alain Touraine distingue 3 phases dans cette organisation du travail :
Le passage d’une phase à l’autre est toujours progressif et partiel : la substitution d’une
phase par une autre n’est ni instantanée, ni intégrale.
Alain Touraine s’intéresse aux situations de travail, à son organisation mais aussi aux
effets engendrés sur la conscience ouvrière.
Dans la première phase, les ouvriers sont relativement autonomes, leurs compétences
sont reconnues et surtout ils sont placés au centre du processus de production. Ils sont
donc en position de revendiquer avec force et fierté un partage plus équitable des profits.
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Dans la seconde phase, il observe la création d’une véritable conscience ouvrière née de
l’union entre des ouvriers qualifiés fortement syndiqués et de ouvriers peu qualifiés sans
passé ouvrier ni syndical qui sont confinés dans des tâches pénibles, peu gratifiantes et
mal payées.
Il observe une rencontre professionnelle et puis syndicale entre ces deux groupes (les
nouveaux et les anciens) qui débouche sur des revendications globales, politiques çàd
des revendications qui touchent le travail en lui-même (amélioration des conditions de
travail et augmentation salariale) mais aussi une revendication de la part de ce
mouvement ouvrier pour une reconnaissance de leur autonomie et un contrôle de
l’économie et la société. C’est l’émergence d’un syndicalisme révolutionnaire.
Pour Alain TOURAINE, toute la société ne s’explique pas par le travail où l’organisation
des entreprises. Il va, par la suite s’intéresser à la notion de changement social et à ce
qui l’explique. Il met en effet en évidence que d’autres mouvements que le mouvement
ouvrier vont prendre de l’importance dans ce changement social.
Suite à la crise de mai 68, il diagnostique la transition d'une pure domination économique
vers une domination culturelle : à l'opposition entre prolétaires et bourgeois se
substituerait l'opposition entre ceux qui ont des savoir-faire et ceux dont la position dans
le système médiatique assure une large influence.
Il s'intéressa aux mouvements sociaux du début des années 1970 sous le vocable de
NMS signifiant nouveaux mouvements sociaux (mouvements féministes, régionalistes...),
et chercha à savoir si ces manifestations sociales pouvaient être perçues comme de
nouveaux acteurs sociaux en lutte contre les éléments de domination.
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Pour TOURAINE, un mouvement social se caractérise en fonction de 3 principes :
- Un principe d’identité çàd le fait que les acteurs d’un conflit doivent se reconnaître
des valeurs et des attitudes communes ;
- Un principe d’opposition selon lequel les acteurs mobilisés s’opposent à d’autres
acteurs identifiés ;
- Un principe de totalité selon lequel l’objet de la revendication concerne des enjeux
de société, des enjeux globaux et non pas des enjeux particularistes ou
corporatistes.
Il est partagé entre l'actionnisme dans le sens où nous avons le pouvoir sur l'histoire, et
le déterminisme car nous sommes déterminés par nos lois et valeurs.
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Ecole de Chicago
On regroupe sous le terme d’Ecole de Chicago, un ensemble de recherches qui ont été
menées au sein du département de sociologie de l’université de Chicago entre 1915 et
1940 pour la première vague et à partir de 1950 pour la seconde. Cette Ecole rassemble
plusieurs sociologues américains qui avaient comme point commun une forme de
pragmatisme. On les a d’ailleurs souvent nommés des ingénieurs du social.
Bien que l’on parle de l’Ecole de Chicago, on peut distinguer 2 périodes de la construction
de la sociologie américaine qui nous fait souvent utiliser le vocable de 1 ère et de 2ème école
de Chicago. La première s’étalant de la fin 1900 jusqu’après la seconde guerre mondiale.
La seconde prenant son essor à partir des années 1950 environ.
Contexte
Les Etats-Unis de fin 1800, début 1900 peuvent être résumés par 3 caractéristiques
essentielles :
22
d’ailleurs à cette époque une série d’émeutes dont les plus célèbres sont celles de
1919.
Cette situation désastreuse sera encore amplifiée par la célèbre crise financière de
1929. Pour en savoir plus sur la crise de 1929 :
[Link]
C’est dans ce contexte que les sociologues sont appelés et chargés d’expliquer et de
gérer ces phénomènes. Des fonds importants, publics et privés, seront libérés pour
entreprendre des recherches multiples et variées.
La pensée majeure au début de l’Ecole de Chicago (et surtout avant 1914) était que
la sociologie devait être une science au service de la société en ce sens qu’elle devait
en résoudre les problèmes. La sociologie était alors proche de l’assistance sociale et
la démarche parfois peu scientifique.
Une des enquêtes les plus connues a donné lieu à un ouvrage « The city », où les
auteurs (PARK, BURGESS et MC KENZIE) mettent en évidence que la ville est
découpée en zone où chaque groupe s’approprie un territoire qui lui est propre, qu’il
défend.
23
Texte pour mieux comprendre : [Link]
chicago
Ce sont des courants de pensée très pragmatiques qui s’appuient sur une sociologie
qualitative.
On retrouve dans ce courant de pensée des auteurs comme Blumer et Hugues mais on
retiendra surtout Howard BECKER et Erving GOFFMAN ainsi que le courant de pense dont il
est à l’origine : l’interactionnisme symbolique.
24
Pierre BOURDIEU (1930-2002)
Les pratiques culturelles comme marqueurs symboliques des identités sociales. « La
distinction. Critique sociale du jugement » P. BOURDIEU (1979)
La culture est et a aussi été étudiée par les sociologues dans le cadre qu’elle constitue,
dans les sociétés occidentales contemporaines, l’un des aspects de la stratification
sociale, qui intéresse l’analyse des inégalités et des rapports sociaux.
la vision courante qui tient les goûts pour un don de la nature (les goûts et les
couleurs ça ne se discute pas) ;
l’observation scientifique qui montre que ceux-ci (les goûts) sont déterminés
et organisés entre eux par notre position dans la société.
Exemple : Il peut paraître évident que ceux qui boivent du champagne ont plus de
chances que les buveurs de « gros rouge » d’avoir des meubles anciens, de pratiquer le
golf, de fréquenter musées et théâtres.
P. BOURDIEU montre qu’au delà des simples effets de revenus, toutes ces pratiques
révèlent des systèmes de représentations propres à des groupes sociaux, de leur position
relative et de leur volonté de se situer dans une échelle de pouvoir.
25
type personnel mais c’est une construction, cela dépend de la classe sociale à laquelle
nous appartenons et à l’habitus lié à cette classe sociale.
Selon Pierre Bourdieu, quatre critères peuvent nous permettre d’appréhender les
inégalités, les différences que l’on va retrouver d’une classe sociale à l’autre.
Le capital économique est constitué par les revenus, les biens, héritages.
Le capital social. Le capital social peut s’exprimer par le fait d’avoir des relations avec des
gens qui ont du pouvoir. C’est aussi le réseau de relations plus ou moins influent, les
habiletés sociales.
Pour le capital culturel. On peut voir une différence dans l’accessibilité aux lieux culturels
qui n’est pas la même pour tous (les jeunes issus de familles populaires accèdent
nettement moins aux universités que les enfants dont les parents ont une profession
libérale, par exemple). Le capital culturel se traduit aussi par l’accessibilité aux livres,
aux bibliothèques, au patrimoine artistique, aux manifestations culturelles, les diplômes,
les bonnes manières…
Le capital symbolique est quant à lui le plus abstrait vu qu’il est une forme de
reconnaissance, de prestige accordé à la personne. Il s’agit en quelque sorte de l’aura
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d’une personne qui lui est accordée par les autres membres de la société et qui repose,
entre autres, sur la possession des autres capitaux.
Bourdieu a d’ailleurs étudié les différentes institutions de socialisation dont les deux plus
importantes que sont l’école et la famille.
La famille est une autre instance de socialisation qui occupe une place privilégiée dans
l’apprentissage des normes et des valeurs. En effet, la famille intervient très tôt dans la
vie d’un individu, elle permet des apprentissages quotidiens et le tout dans un climat
affectif particulier. La famille peut dès lors instituer un rapport précoce à la culture. Les
enfants sont familiarisés à la culture.
Les inégalités sociales se traduisent alors en termes de capital économique, capital social,
capital culturel et capital linguistique dont un individu dispose.
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EX : il est fort probable que si un individu dispose d’un capital économique élevé, il aura
également un réseau de relations intéressant (capital social).
Pour BOURDIEU, toute la société, l’organisation sociale doit être analysée à travers ce
rapport de domination.
Pour lui, la société n’est pas organisée comme une pyramide ou une échelle mais comme
un espace de différences.
Le décalage entre classes sociales (par exemple entre les patrons de PME et les artistes)
tient aussi à la confrontation entre deux univers différents, ce que BOURDIEU appelle des
champs.
28
Les champs sont des lieux de concurrence et de lutte. EX : dans le champ journalistique :
le pouvoir appartient aux grands médias et aux journalistes qui font l’actualité ; les
dominés sont les journalistes de base et les pigistes.
Chaque champ possède ses propres règles du jeu. Ainsi dans le champ littéraire, il vaut
mieux déployer du capital culturel et du capital social (des réseaux de relation, des
cocktails…) plutôt que du capital économique.
Un individu est inséré dans différents champs mais il n’y occupera pas le même rang.
EX : les universitaires sont en position de dominés (par rapport aux industriels) dans le
champ du pouvoir mais ils sont dominants (par rapport aux artistes) dans le champ
intellectuel.
Pour décrire le fonctionnement des champs, BOURDIEU utilise la notion de jeu. Le jeu
social peut être vu comme une partie de cartes ou d’échecs : chaque individu a une
position plus ou moins favorable, a des atouts (capitaux) plus ou moins adapté en
fonction des circonstances.
La domination dépend donc des ressources des acteurs mais aussi de leur stratégie.
Une fois l’espace social ainsi défini, BOURDIEU montre comment à chaque classe de
positions sociales correspond une classe d’habitus ou de goûts.
C’est ici que BOURDIEU met à mal l’expression selon laquelle les goûts et les couleurs, çà
ne se discute pas ; çàd l’idée que les préférences sont une affaire personnelle.
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Ce qu’il montre c’est, au contraire, que nos jugements (en matière de musique, de sport,
de cuisine, de décoration, de loisirs,…) sont le reflet de notre position dans l’espace
social.
Ce qui fait lien entre les structures sociales et nos goûts personnels : c’est l’habitus.
Selon BOURDIEU, « les éléments constitutifs du style de vie de l’individu sont le produit
de son habitus, çàd l’ensemble des dispositions, des schèmes de perception et d’action
incorporés aux différents stades de la socialisation et qui reflètent les caractéristiques
sociales de son environnement » [Bourdieu, 1980].
Dit autrement, l’habitus est une sorte de matrice à travers laquelle nous voyons le
monde et qui guide nos comportements.
Ainsi les enseignants qui possèdent peu de capital économique et davantage de capital
culturel ont un habitus radicalement différent de celui des commerçants ou petits
patrons.
En fonction de la classe sociale à laquelle vous appartenez, vos pratiques, vos valeurs
mais aussi vos goûts seront différents.
Ce qui est donc pertinent pour observer l’espace social, ce n’est donc pas le train de vie
mais le style de vie.
Dans cet ouvrage, BOURDIEU met en évidence des univers différents entre classes
sociales, des « styles de vie » (l’artiste, l’intellectuel, le bourgeois, l’employé…).
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Les classes sociales se distinguent ainsi par le partage et la transmission de traits
culturels qui conditionnent les comportements individuels (habitudes alimentaires,
attitudes morales, opinions politiques, goûts…
Il peut bien sûr y avoir des exceptions : des ouvriers qui lisent Marguerite DURAS ou des
universitaires qui aiment Johnny Hallyday.
Ce n’est donc pas un déterminisme mécanique, pur et dur mais des lois tendancielles,
des tendances générales.
Et pour montrer que l’on est distingué, quel meilleur moyen que la culture ?
C’est ainsi que BOURDIEU constate dans ces enquêtes que l’accès à la culture est inégal
selon les classes sociales.
Ex : quand ils visitent les musées, les membres des classes cultivées manifestent une
familiarité spontanée avec l’art, qui provient, non pas d’un don mais de codes et de
langages acquis par la socialisation : l’habitus.
Les classes dominées ne possèdent pas ces codes. Ils vont donc appliquer à l’art les
schémas qui structurent leur perception de l’existence quotidienne.
C’est ainsi, par exemple, qu’en cinéma les classes populaires préfèrent ce qui se
rapproche de la vie quotidienne, les histoires vraies, les happy-end alors que les classes
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supérieures ont un rapport de distanciation, une certaine aisance. Elles préfèrent la
lecture au second degré.
Les classes dominantes auraient donc une attirance pour des domaines culturels nobles
(musique classique, peinture, sculpture, littérature, théâtre).
Les membres des classes moyennes se caractériseraient par de « la bonne volonté
culturelle » çàd qu’ils ont une intense activité culturelle, mais comme ils maîtrisent mal
les codes des domaines culturels les plus nobles, ils se tournent vers des succédanés, des
produits dérivés : le cinéma, la bande dessinée, le jazz, les revues de vulgarisation
scientifique, la photographie…
Les classes populaires, il ne leur reste que les miettes puisque BOURDIEU réfute l’idée
d’une culture populaire.
Globalement, on pourrait donc dire que ce qui oppose la classe dominante aux classes
populaires :
L’espace social :
- serait donc établi sur une hiérarchie des goûts et des pratiques ;
- constituerait un espace de domination symbolique fondé sur l’intériorisation d’un
ordre de légitimité culturelle des préférences.
Idée d’une culture légitime.
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Pierre BOURDIEU a souvent été critiqué pour son déterminisme excessif.
Intouchables : [Link]
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Les paradigmes - les grands courants de la sociologie
Dans la plupart des sciences humaines ou dures, il existe des courants de pensée différents
çàd que les approches, les méthodes, les conclusions peuvent être différentes. Bien sûr
chaque sociologue est différent mais on peut néanmoins les regrouper par courants de
pensée similaires.
- L’individualisme méthodologique
- Le holisme
- Le fonctionnalisme
- L’interactionnisme
- Le culturalisme
L’individualisme méthodologique
- Un sens moral ou justificatif : est individualiste un individu ou une idéologie qui met
l’individu au centre. Opposé au collectivisme.
L'individualisme méthodologique ne doit pas être confondu avec l'individualisme en tant que
conception morale et politique : il ne comporte aucune hypothèse ou prescription
concernant les motivations ou les actions des individus. Il se contente d'affirmer que les
individus sont les seuls organes moteurs des entités collectives, et qu'on peut toujours
reconstruire une propriété collective à partir de propriétés individuelles.
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Deux grands auteurs appartiennent à l’IM méthodologique (-weber et Boudon). Ils
s‘intéressent donc aux individus et à leurs actions en s’attachant à comprendre leurs
intentions et motivations (qu’est-ce qui les poussent à agir).
La sociologie a donc pour but de comprendre le sens que les acteurs donnent à leurs actions.
Il s’agit donc de reconnaître les individus comme des êtres rationnels.
En sciences humaines, la rationalité caractérise une conduite cohérente, voire optimale, par
rapport aux buts de l'individu.
Se pose toutefois la question de la rationalité des buts par rapport aux intérêts supposés des
individus
Enfin, la rationalité axiologique, pendant de la rationalité cognitive pour ce qui a trait aux
valeurs et croyances, signifie qu’un individu peut accepter certaines valeurs du fait
qu’aucune série d’arguments contraires n’est venue l’en dissuader. Raymond Boudon parle
en ce sens de "raisons fortes" de croire en de telles valeurs.
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Courant 2 : le holisme
Le holisme (qui est opposé à l’individualisme méthodologique) est une approche qui étudie
les phénomènes sociaux comme une totalité extérieure aux individus. Marx et Durkheim
appartiennent à ce paradigme.
Le holisme est une posture méthodologique qui privilégie le collectif sur l’individuel, le tout
sur les parties pour comprendre et expliquer les mécanismes sociaux et les comportements
individuels.
Il s’agit donc de comprendre les faits sociaux en les considérant et les appréhendant dans
leur ensemble, dans leur totalité, et non pas en étudiant chaque partie séparément.
Ainsi, un individu est entièrement ou fortement déterminé par le tout dont il fait partie.
Il faut donc connaître ce tout pour comprendre toutes les propriétés de l'élément ou de
l'entité étudiés.
Le holisme, appliqué aux systèmes humains, qui sont des systèmes complexes, consiste à
expliquer des faits sociaux par d’autres faits sociaux.
La société exerce une contrainte (pouvoir de coercition) sur l’individu qui doit intérioriser les
principales règles et les respecter. Les comportements individuels sont donc socialement
déterminés.
On cherche donc, par exemple à déduire la psychologie des personnes par les conditions
sociales dans lesquelles elles se trouvent.
Notons encore qu’une approche holiste implique une démarche de type quantitatif sur base
notamment de questionnaires.
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Courant 3 : le fonctionnalisme SUPPRIME POUR L’EXAMEN !!!!
Paradigme qui s’est principalement développé aux Etats-Unis à partir des années 40. Ce
courant de pensée traverse l’anthropologie, la sociologie et la psychosociologie.
Pour expliquer ce qu’est une approche fonctionnaliste, il faut partir du terme même de
fonction.
- La poursuite de buts : toute structure sociale se fixe des buts et des moyens de les
atteindre ;
- Le maintien d’une stabilité normative : toute structure produit un système de
valeurs ;
- Un système d’intégration de tous lés éléments : il doit y avoir cohérence interne ;
- Des mécanismes d’adaptation à l’environnement
On peut par exemple appliquer cette grille à l’analyse de la famille.
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Robert K. Merton a synthétisé l'approche de Malinowski afin d'en faire la critique.
Merton le réfute, argumentant qu'une telle approche n'aboutit qu'à des exercices
intellectuels sans grand intérêt. S'il est toujours possible à l'analyste de trouver une
fonction à une pratique, celle-ci n'est peut-être que le résultat de son désir d'en
trouver. Le raisonnement fonctionnaliste doit donc être réservé à ce qui répond à un
problème, un besoin, réel.
Le modèle fonctionnaliste proposé par Robert K. Merton se veut donc plus souple.
Merton soutient en effet que les sociologues doivent abandonner les théories globales pour
produire des théories de moyenne portée, c'est-à-dire soutenues par des observations
limitées à un domaine restreint de la vie sociale.
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Il montre ainsi qu'il existe des pratiques « dysfonctionnelles », c'est-à-dire perturbant le
fonctionnement d'un système social.
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Courant 3 : L’interactionnisme
Ces courants sont ceux de la deuxième vague de chercheurs de l’école de Chicago et se sont
développés, aux Etats-Unis à partir de 1960, bien qu’ils n’aient été introduits en Europe que
vers 1980.
Ce sont des courants de pensée très pragmatiques qui s’appuient sur une sociologie
qualitative.
On retrouve dans ce courant de pensée des auteurs comme Blumer et Hugues mais on
retiendra surtout Howard BECKER et Erving GOFFMAN.
- Les individus agissent en fonction du sens qu’ils donnent aux choses qui les entourent
et non pas forcément en fonction de ce qu’elles sont réellement. Ce sont donc les
représentations qui ont de l’importance et non pas les faits tels qu’ils sont. Ex : le
sentiment d’insécurité
Le point de vue de l’individu est donc primordial dans l’explication des faits sociaux.
L’objet même de la sociologie est donc la conception que se font les acteurs du monde, la
manière dont ils se le représentent.
L’ethnométhodologie s’attache à décrire les procédures, les méthodes que les individus
mettent en œuvre de façon sponténée (çàd sans s’en rendre compte tellement elles sont
devenues comme « allant de soi ») pour réaliser ce qu’ils ont à faire dans la vie quotidienne.
Toutes ces procédures ont fait l’objet d’un apprentissage dans notre groupe social.
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Courant 4 : le culturalisme
Le travail des culturalistes a été d’une part de mettre en évidence la diversité culturelle de
l’humanité. Il n’existerait donc pas une mais des cultures. Et celles-ci sont parfois bien
différentes les unes des autres = concept de diversité culturelle.
D’autre part les culturalistes ont mis en évidence que, dans une société donnée, même si les
individus différent les uns des autres par leur personnalité, il existe néanmoins un socle
culturel commun ; une sorte de personnalité de base.
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