Université de Tunis El Manar Institut National de Recherches Scientifiques
Faculté des Sciences de Tunis et Techniques
Département de Géologie Laboratoire de Géoressources
THESE DE DOCTORAT ES-SCIENCES
Présentée pour l’obtention du titre de Docteur d’Etat en Sciences Géologiques
Par
Mr. MOURAD BEDIR
MECANISMES GEODYNAMIQUES DES BASSINS
ASSOCIES AUX COULOIRS DE COULISSEMENTS
DE LA MARGE ATLASIQUE DE LA TUNISIE:
SEISMO-STRATIGRAPHIE, SEISMO-TECTONIQUE ET
IMPLICATIONS PETROLIERES
Soutenue publiquement, le 15 Juin 1995 à la Faculté des Sciences de Tunis devant le Jury :
[Link] Professeur Université de Tunis II Président
[Link] Professeur Université de Tunis II Rapporteur
[Link] Professeur Université de Tunis II Rapporteur
A.M’rabet Professeur Directeur d’exploration E.T.A.P Examinateur
[Link] Professeur Université de Tunis II Examinateur
[Link] Maître de Conférences Université de Bordeaux I Examinateur
[Link] Ismail Maître de Conférences Université de Tunis II Examinateur
[Link] Maître de Conférences Université de Tunis II Examinateur
Laboratoire de Géoressources
Institut National de Recherches1 Scientifiques et et Techniques
REMERCIEMENT
Au terme de ce travail, je tiens à remercier les personnes qui ont contribué au parcours que
j’ai effectué pendant de longues années d’études.
Au cours de mes études de recherches, j’ai pu rencontrer plusieurs personnages à qui il
m’est agréable aujourd’hui d’adresser ma reconnaissance et mes remerciements pour leurs
efforts fournis de près ou de loin pour l’élaboration et la concrétisation de ce travail et qui
m’ont apporté leur soutient scientifique, moral et matériel de manière dévouée et sincère.
Monsieur le Professeur Saïd Tlig de la Faculté des Sciences de Tunis a été pour moi
un guide de recherche qui m’a fait profiter de ses grandes connaissances dans l’approche et la
démarche du traitement des diverses problématiques posées par la Géologie en générale et de
la Tunisie en particulier. Il m’a ouvert son laboratoire et m’a donné sa grande confiance pour
l’encadrement de ses étudiants. Il a toujours considéré l’étroite relation des problèmes
géochimiques des minéralisations avec la géodynamique de bassins et sa forte conviction que
la compréhension des mécanismes géodynamiques était primordiale. Ses idées pertinentes et
ses approches ciblées et perspicaces m’ont permis de murir sur ce plan et d’obtenir des
résultats encourageants pour la continuité de mes recherches. Aujourd’hui, je lui exprime mes
profondes reconnaissance et gratitude en lui assurant qu’il a été en grande partie responsable
et motivateur de ce travail. Sa présidence au Jury de cette Thèse me fait un grand honneur.
Monsieur le Professeur Zargouni de la faculté des Sciences de Tunis a suivi et encadré
ce travail depuis la thèse de spécialité, il m’a toujours appuyé et aidé aux moments difficiles
en me faisant intégrer et participer à plusieurs projets de recherches avec l’équipe de
l’I.N.R.S.T. d’abord, puis avec des équipes des institutions universitaires et industrielles, ce
qui m’a permis d’acquérir l’expérience et la maturité nécessaires pour exercer ma spécialité et
de confronter mes résultats à travers les domaines de l’Atlas tunisien. Sa grande expérience en
tectonique et en cartographie m’ont été d’un grand apport pour les analyses tectoniques et
structurales des différents domaines de l’Atlas. Il me fait aujourd’hui, un grand honneur de
rapporter ce mémoire et d’être dans ce Jury. Je lui témoigne ma profonde gratitude en
espérant avoir été à la hauteur de sa confiance.
Monsieur Claude Bobier de l’Université de Bordeaux I a été l’initiateur de ce thème de
recherche depuis le D.E.A dans la zone du Sahel et a guidé mes premiers pas dans le domaine
de la recherche et dans la spécialité de la géodynamique de subsurface. Sa motivation, ses
idées et ses conseils pertinents ont été pour moi d’un grand apport pour ma formation. Sa
riche bibliothèque m’a été toujours ouverte et m’a permis d’être le plus à jour possible malgré
sa littérature essentiellement anglo-saxonne. Malgré son départ prématuré (pour moi !) de la
Tunisie, il a toujours montré un grand intérêt et souci à mes travaux de recherche et suivi leur
évolution lors de mes passages à Bordeaux et à travers notre correspondance malgré ses
nombreuses occupations. Il a corrigé minutieusement toutes les parties de ce Mémoire et à
beaucoup aidé à sa mise en forme finale. Au terme de ce travail que j’ai entamé avec lui voilà
dix ans, j’espère avoir été à la hauteur des objectifs et des attentes que nous nous sommes
assignés au départ, par les résultats auxquels je suis abouti. J’assure Monsieur Bobier de ma
profonde gratitude tout en étant honoré et heureux qu’il soit dans ce Jury et qu’il retourne
enfin en Tunisie.
2
Je remercie Monsieur le Professeur Mohamed Moncef Turki de la Faculté des
Sciences de Tunis qui a eu la rude tâche de rapporter et de corriger ce Mémoire malgré ses
nombreuses occupations. Les nombreuses discussions que nous avons eu sur les problèmes
tectoniques et stratigraphiques de la Tunisie m’ont beaucoup éclairé pour l’intégration des
données de surface et pour la dernière mise en forme de ce Mémoire. Sa disponibilité et son
aide sans retenue m’ont permis d’avancer rapidement dans l’élaboration finale de la thèse. Sa
participation au Jury m’honore particulièrement.
Madame Rhazgallah, Professeur à la faculté des Sciences de Tunis, a suivi mes
travaux de recherches concernant la stratigraphie et la paléogéographie des séries néogènes
avec beaucoup d’intérêt et de passion. Les missions de terrain ainsi que les analyses de
laboratoire ont été toujours très bénéfiques et fructueuses et ont permis en partie
l’aboutissement aux résultats de la partie néogène que je présente aujourd’hui. Je lui suis très
reconnaissant de sa disponibilité et de son aide malgré ses nombreuses occupations. Son
acceptation de juger ce travail représente pour moi un témoignage de respect et de
considération qui m’honore.
Monsieur M.H. Ben Ismail, Maitre de conférences à la Faculté des Sciences de Tunis,
m’honore aujourd’hui en siégeant dans le Jury de thèse après avoir suivi les différentes étapes
de ma carrière de chercheur et en s’intéressant à mes travaux par sa disponibilité et son aide
pour les analyses de subsurface. La confiance et le respect qu’il me voue ont représenté pour
moi une lourde responsabilité à honorer sans faille. Je suis heureux aujourd’hui qu’on se
rencontre de nouveau dans ma thèse d’Etat en le remerciant profondément.
Monsieur M.H. Inoubli, Maitre de conférences à la Faculté des Sciences de Tunis, à
toujours montré un intérêt à ce travail et particulièrement à la partie géophysique. Les
nombreuses discussions que nous avons eu ont permis d’affiner les analyses des profils
sismiques et des puits pétroliers. Je le remercie pour son aide et sa collaboration et de son
acceptation de siéger dans ce Jury.
Je me dois de m’adresser à mes enseignants de Géologie de la Faculté des Sciences de
Tunis, en Maitrise et en 3ème cycle qui m’ont attaché à cette spécialité par la valeur de leur
enseignement et la qualité de leur relations. Je remercie vivement Mesdames et Messieurs les
Srofesseurs S. Rhazgallah, D. Turki, M. Fekih, A. Jallouli, S. Tlig, F. Zargouni, C. Bobier, A.
M’rabet, M.M. Turki, H. Belayouni, S. Sassi, [Link], et mes amis et collègues K. Ben
Ismail, A. Sassi, N. Belhaj. M. Ouakad, A. Mammou, S. Abdeljaouad, N. Laaridhi, A. Zaier,
N. Shimi, M.H. Inoubli, M.H. Ben Ismail, Ch Ben Hamza, N. Soussi et F; Chaabani et tous
ceux que j’ai pu oublier.
Au laboratoire du groupe de géodynamique et transfert de matières au département de
Géologie à la Faculté des Sciences de Tunis mes amis des générations de chercheurs qui se
succèdent, constituent une famille vraie et laborieuse où les discussions scientifiques et les
motivations pour la géologie tunisienne sont de règle. Leur appui et soutien à toute épreuve
ont contribué à l’élaboration de ce travail qui émane en grande partie de ce groupe. Je tiens à
remercier mes frères et amis Rabah, Lassaâd, Fethi, Mostafa, Houcine, Fatima, Hassen,
Abdelaziz, Fouad, Jâafari, Hanane, Samira, Lamia, Jamila, Mohamed, Safia. Je leur dis merci
pour leur aide précieuse et leurs encouragements continus.
Je suis très reconnaissant à mes collègues et amis chercheurs et de tout le personnel du
Centre des Sciences de la Terre de l’I.N.R.S.T, pour leur fraternité et leur disponibilité à toute
3
épreuve qu’ils ont toujours eu à mon égard. C’est en grande partie, grâce à eux que j’ai pu
mener à bien mes travaux de recherches pendant ces dix dernières années, dans une ambiance
parfaite et exemplaire. Je m’adresse particulièrement à mon ami Fakher Jamoussi qui a
beaucoup contribué à l’élaboration de ce Mémoire, Noureddine Boukadi, mon compagnon de
terrain avec qui j’ai pu comparer et corréler les structures tectoniques de subsurface de l’Atlas
avec la surface, et qui a été toujours prêt à m’apporter son soutien à tout moment, Youssef
Kamoun qui m’a beaucoup aidé sur le terrain pour les analyses micro-tectoniques dans le
Sahel depuis mes premières missions de D.E.A en 1985, Hamdène et Jalila avec qui j’ai pu
travailler sur le terrain et au laboratoire de géoressources sur la stratigraphie séquentielle des
séries mésozoiques de l’Atlas centro-méridional, Beya Tayech avec qui j’ai eu plusieurs
missions sur le terrain pour l’étude des séries néogènes du Sahel et du Cap-Bon, Chédly
Abbes avec qui j’ai toujours échangé les idées et les résultats concernant la tectonique de
l’Atlas tunisien et dont l’expérience m’a beaucoup apporté, Sahbi, Chédly, Kamel, Ali, Hédi
et Abdelkarim ont été de vrais collègues et amis. Je remercie tout le personnel du Centre des
Sciences de la Terre pour leur disponibilité, leur gentillesse et leur dévouement, ils ont tous
contribué et participé activement à ce travail et particulièrement Ahmed Ben Saïd, Ammar
Mlayeh et Dalila Kachroudi qui a eu la lourde tache d’effectuer la frappe de ce Mémoire,
Oum Hani, Hatem, Kamel et Azza. Qu’ils soient assurés aujourd’hui de mon amitié et de ma
profonde gratitude.
A l’I.N.R.S.T, tous les encouragements et les motivations ainsi que les moyens
matériels et logistiques procurés par Mesdames et Messieurs les Directeurs N. Ariguib,
[Link], [Link] et [Link] ont permis de mener à bien les programmes de
recherches auxquels j’étais associé. Les secrétaires généraux N. Oueslati et M. Chahtour
m’ont été d’une aide et d’un apport considérables pour la bonne marche de mes travaux de
recherches que ce soit lors de l’élaboration des différents projets que de l’octroi des stages de
formation et des séminaires à l’étranger. Je les assure de ma profonde gratitude et leur dis
merci en espérant avoir été è la hauteur de leur appui et confiance. Je remercie mes collègues
et amis des centres de chimie, de physique, de l’eau et de biologie ainsi que tout leur
personnel pour leur fraternité et leur disponibilité à mon égard.
Ce travail ne pouvait être réalisé sans la collaboration de certaines institutions
universitaires et industrielles que je me dois aujourd’hui de présenter et de reconnaître leur
aide à tous les niveaux. L’étroite collaboration avec le Département des Sciences de la Terre
de la Faculté des Sciences de Tunis, mon école d’origine, et en particulier avec les
laboratoires de Mesdames et Messieurs S. Rhazgallah, [Link], M.M. Turki, A. M’rabet, H.
Belayouni, M.H. Ben Ismail et dans le cadre de projets, d’enseignement et d’encadrement de
D. E. A et de thèses en « Bassins sédimentaires » et la confiance qu’ils m’ont donnée, ont été
pour moi une grande motivation et un support important dans l’évolution scientifique de mes
travaux de recherche et la concrétisation des résultats ayant abouti à leur publication et à ce
mémoire. Je leur suis profondément reconnaissant de la confiance qu’ils m’ont accordée et les
remercie vivement.
Le thème assez délicat des études de subsurface avec tout ce qui s’en suit comme
difficulté d’accès et de confidentialité des données sismiques et des puits pétroliers implique
obligatoirement une collaboration étroite avec les sociétés pétrolières et minières. J’ai
toujours trouvé un appui et une aide considérables de la part des sociétés auxquelles je me
suis adressé et à qui j’exprime toute ma gratitude et ma reconnaissance pour l’amabilité et la
courtoisie de l’accueil et la disponibilité de leur personnel directeur et ingénieur qui m’ont
permis d’avoir accès au matériel d’analyse nécessaire à la poursuite de mes travaux de
4
recherche. Je dois remercier particulièrement Messieurs Texier et Sedjil de la société TOTAL,
Messieurs Aissaoui, Ben Yaacoub et Nehdi de l’AGIP, Messieurs Payot et Agha de
[Link], Messieurs Gaaya, Khessibi, Bismuth, Kharbachi, Mekki, Ouahchi, Benzarti,
Jarraya, Shimi, Mahjoub et Verdier de la SEREPT, Monsieur Micholet d’Elf Aquitaine,
Monsieur Khéchine de SHELL, Monsieur Hooper de Conquest, Monsieur Van Lennep de
Texaco, Messieurs Gaaya et Gossa de la SITEP, Messieurs Chine, Ben Ferjani, Chandoul,
Ouazzaa, M’rad de l’ETAP et Messieurs Turki, Aîssa, Tounsi, Zénati et Jomaa de la S.T.E.G.
A la compagnie des phosphates de Gafsa j’ai eu la totale collaboration et l’appui considérable
des ingénieurs de la division de cartographie dans le cadre du projet de la carte tectonique du
bassin phosphaté. A cette occasion, je tiens à remercier en premier lieu à travers Monsieur
Kais Dali ancien P.D.G. de la C.P.G, qui a toujours cru à l’étroite relation de la recherche
avec l’industrie et qui n’a cessé de la soutenir et de l’appuyer d’une manière continue et sans
relâche. J’adresse aussi mes sincères considérations et respects à mes amis et valeureux
géologues de la C.P.G., Ahmed, Faouzi, Noureddine et Khelil avec lesquels les missions de
terrain étaient très fructueuses et riches en découvertes, ainsi qu’à mes amis du cadre
personnel, Aicha, Haj, Larbi, El Bouni et notre cher regretté à tous El Hammi.
Lors des stages que j’ai effectués au département de Géologie et d’Océanologie de
Bordeaux I, j’ai toujours été bien accueilli par l’équipe de Monsieur Bobier avec laquelle j’ai
pu mener à bien mes travaux, en particulier avec Messieurs Griboulard et mes amis Maria et
Hassen ainsi que tout le personnel administratif. Je leur adresse tous ma profonde gratitude.
Je remercie vivement Monsieur le Professeur Souquet qui m’a accueilli dans son
laboratoire de stratigraphie séquentielle et de sédimentologie à l’Université de Toulouse pour
l’étude des environnements siliciclastique du Crétacé inférieur et de son accompagnement sur
le terrain en Tunisie avec Monsieur Peybernès et dont j’ai apprécié leur grande expérience et
qui m’a été d’un grand apport pour mes données de subsurface. Je dois aussi remercier
Messieurs les Professeurs Rey et Canérot de l’Université de Toulouse pour les fructueuses
discussions que nous avons eu au sujet des séries jurassique et crétacées et de l’halocinèse
dans les chaînes pyrénéennes et atlasiques.
A l’Institut français du pétrole, j’ai trouvé la disponibilité et l’aide précieuse de
Monsieur le Professeur Trémolières et de Monsieur Vially pour les modélisations
géochimiques et de bassins de l’Atlas centro-méridional de la Tunisie, qui ont permis
d’évaluer les potentialités pétrolières de cette zone. Je les remercie vivement.
Ma grande famille dans laquelle je puise mes sources profondes et qui constitue pour
moi la force de résistance et la raison de mes motivations n’a pas failli à son soutien continue
et à son appui au cours de mes études et la préparation de ma Thèse. A cette occasion, je
remercie tous le membres de ma famille et en particulier mes oncles et tantes, Mahmoud,
Aîcha, Habiba et Khadija Bédir, Slah et Fatma Damergi, Noureddine, Méjid et Néjia Joulak,
mes cousins Mohamed Ali, Khaled et Fatma Bédir, Mohamed, Lassâad et Zeineb Damergi,
Faouzi, Férid, Lilia, Salem, Ridha et Abdelaziz Joulak.
Je remercie mes Beaux parents Abdelaziz et Néziha pour leur grande gentillesse et
disponibilité et leurs dis qu’ils ont aussi participé à l’aboutissement de ce travail par leur aide
et appui continus au cours de ces années.
Je ne pourrais jamais rendre à mes parents leurs sacrifices et leur bonté qu’ils ont consenti et
entretenu envers moi depuis ma naissance. Aujourd’hui je suis heureux d’avoir été à la
5
hauteur de leurs espérances et de leurs sacrifices et cette joie n’a pas de prix aussi bien pour
eux que pour moi. Je leur promets que je ferais de même pour mes enfants et leur dédit cette
Thèse.
Ma sœur Amel a été toujours à mes côtés et n’a cesser de m’apporter son aide et son
encouragement. Au terme de ce travail, je lui témoigne toute ma reconnaissance et toute ma
gratitude pour les sacrifices consentis au cours de mes études.
Enfin, je me retourne à ma petite famille pour exprimer à Wafa toute ma
reconnaissance et ma profonde gratitude pour avoir supporté mes occupations
professionnelles et mon indisponibilité pendant ces années au détriment de beaucoup de son
temps et au profit de ses sacrifices consentis. Mes enfants Mériem et Maroua ont aussi
supporté mes absences mais qu’ils sachent plus tard qu’ils ont été pour moi une source de
motivation et un élan renouvelé pour mener à bien ce travail. Je leur dédie ce Mémoire.
6
ABSTRACT
The geodynamic study of the subsurface Mesozoic and Cenozoic carbonate and
siliciclastic basins associated to the strike slip fault corridors of the Tunisian margin
comprised between the Saharan platform to the south and the Alpine belt to the north, by the
seismic stratigraphic and seismic tectonics analyses of seismic reflection lines and petroleum
wells data had led to highlight the important role of an ancient deep seated quadratic and
triangular tectonic cover mosaic marked by sub-vertical and listric strike slip flower structure
fault corridors.
These fault corridors are structured in different orders as Master faults and conjugated P
and R Riedels. Hence, They bound different orders and types of cover blocks basins where
North-South and E-W deep-rooted faults are the more ancient. The continuous interplay of
these fault corridors in transtensional and traspressional tectonic movements since the
Tethyan rifting to the Alpine/Atlassic orogenies had guided the tectonique formation and the
sedimentary evolution of the basins.
Geodynamic mechanisms of the tectonic structuring and the sedimentary deposits
show a space temporal evolution and a relativity of the basin block movements guided by the
interplay of the bordering fault corridors.
These movements are characterized by a transtensive-transpressive kinematics inducing
the formation of conjugate opening of distensive grabens and platforms and closing of
compressive folding of anticlines and synclines. These distensive and compressional
movements are accompanied by alcaline basaltic volcanic and intrusive rocks as well as
Triassic salt domes along the fault corridors and the rotational migrations and inversions of
the basin and platform blocks.
Upper Triassic evaporitic sequence deposits constitute a decollement level along the
fault corridors inducing different stages of halokinetic movements from Salt Pillows and Salt
Anticlines to Domes and Salt Walls. Upper Triassic Halokinetic intrusions began since the
Middle Jurassic accompanied by sedimentary basin migrations.
The space temporal superpositions of folded syncline basin and anticline platform
paleogeographies and tectonic structuring has a lateral and rotational geometries due to the
play of transtensive and transpressive flower faults corridors that progress vertically and
laterally in Riedel branches connected to the Master faults.
Mesozoic and Cenozoic sedimentary carbonate and silicislastic system tracts are
distributed around the basin and platform blocks in second and third order lowstand
progradational, Transgressive retrogradational and Highstand aggradational and
progradational sequences. These system tracts are globally correlated to the global sea level
change chart with some local differences. These sequences are not corresponding to the
lithostratigraphic chart established only by the outcrops that are in general an anomalic zones
of folded high platforms.
The petroleum basin modelling established in this study for Mesozoic and Cenozoic
source rocks maturation, oil expulsion, oil migration and trap structuring timing improve the
trapping in the basin-platform transition and borders areas as a new exploration targets in the
bordering faults, salt dome flanks, progradational and retrogradational siliciclastic and
carbonate system tracts.
7
RESUME
L’étude géodynamique des bassins mésozoic et cénozoic de subsurface associés aux
couloirs tectoniques de coulissements la marge de la Tunisie ; entre la chaîne alpine au Nord
et la plate- forme saharienne au Sud, par les analyses seismo-stratigraphique et seismo-
tectonique des profils sismiques et des données des puits pétroliers a conduit à mettre en
évidence le rôle important de la mosaïque tectonique quadratique et triangulaire profonde et
ancienne marquée par les couloirs tectoniques en rameaux de décrochement sub-verticaux et
listriques de directions E-W et N-S. Ces couloirs se répartissent selon différents types et
ordres selon des Master faults et des failles conjuguées de type Riedels P et R. Elles
délimitent ainsi des blocs crustaux et de couverture de différents ordres évoluant en types de
bassins où les failles N-S et EW constitueraient les fractures les plus profondes et les plus
anciennes. Les perpétuels mouvements tectoniques de transtension et de transpression le long
des failles profondes et bordières des couloirs de transfert réactivés par les mouvements de la
bordure nord de la plaque africaine depuis les ouvertures téthysiennes jusqu'aux compressions
alpines et atlasiques guident l’évolution tectonique et sédimentaire des bassins.
Les mécanismes géodynamiques de la structuration tectonique et des dépôts montrent
une évolution spatio-temporelle et une relativité de mouvements des blocs de bassins guidée
par les jeux des couloirs de failles bordiers. Ces mouvements se caractérisent par une
cinématique de coulissements conjugués de transtension-transpression, induisant la formation
de structures en compression de blocage et de structures distensives d’ouvertures en grabens
qui s’accompagnent de manifestations volcaniques et halocinétiques triasiques le long des
failles profondes et de la migration rotationnelle et de l’inversion des blocs et des bassins.
Les séquences supérieures évaporitiques et salifères du Trias déposées le long de
certains couloirs tectoniques, constituent des niveaux de dysharmonie et de décollement
provoquant les structures halocinétiques de type « Salt Pillow », " Salt Anticlines", dômes et
de mur de sel. Cette halocinèse débutent dès le Jurassique, accompagnés des migrations des
aires subsidentes et résistantes.
La superposition spatio-temporelle des structures d’ouvertures de rifting en horst et
graben, de plates-formes et de fermetures en plis et en gouttières s’effectue d’une manière
migratoire par les entrainements conjugués en transtension et en transpression des rameaux de
décrochements préexistants et néoformés. Ces structures de bassins sont limitées et formées
par les différents ordres de rameaux de coulissements progressant le long de la couverture
sédimentaires.
Les cortèges sédimentaires des séries mésozoïques et cénozoïques se caractérisent par
une répartition en prismes de progradation et d’aggradation /rétrogradation, le long des
bordures actives des bassins. Ces bordures ont enregistré d’une manière contrastée les cycles
eustatiques globaux, donnant lieu à un découpage séquentiel à l’échelle du 2ème et du 3ème
ordre ne correspondant pas à celui formationnel ou lithostratigraphique des affleurements de
surface et même parfois à la charte globale, conduisant ainsi à l’identification d’une suite
séquentielle de subsurface pour le domaine de la marge de la Tunisie.
Les paléogéographies mésozoïques et cénozoïques suivent les mouvements des blocs de
bassins et présentent une répartition selon les découpages hérités et nouvellement crées. Ainsi,
par exemple, les domaines triasiques et jurassiques se caractérisent par l’installation de
grabens et de « Rim Synclines » à prismes de progradations turbiditiques et à accumulations
8
évaporitiques et salifères, et de plates-formes carbonatées réduites à édifices récifaux. Les
domaines paléogéographiques du Jurassique ont été guidés le long de certaines directions par
le début des ascensions halocinétiques du Trias. Au Crétacé inférieur, les mouvements
tectoniques le long des couloirs de failles subissent un changement d’orientation et de
cinématique donnant lieu à une accentuation de domaines subsidents et de domaines résistants
par la mise en progradation aux flancs des couloirs de failles bordières.
Les premières compressions qui affectent les différents blocs de la marge commencent à
la fin de l’Aptien, le long des bordures des couloirs de failles N60, N90 et N180, remobilisées
en transpression. Après le rifting albien-cénomanien, les compressions reprennent de
l’ampleur à partit du Cénomanien supérieur-Turonien pour s’accentuer au Néogène où les
structures atlasiques prennent progressivement place.
La modélisation de bassins effectuée dans cette étude pour la maturation des roches
mères, le timing de l'expulsion et de la migration des hydrocarbures et la structuration des
pièges conduit à reconsidérer les objectifs classiques et à orienter les recherches de
l’exploration vers les différentes bordures des bassins et des plates formes plissées, bordés
par les couloirs de failles en fleurs et les dômes triasiques avec les cortèges de progradations
et de rétrogradations siliciclastiques et carbonatés de chenaux, turbidites ou de récifs qui
constitueraient les nouvelles zones d'exploration pétrolière à investiguer.
9
SOMMAIRE
AVANT PROPOS
BUT ET STRATEGIE DE RECHERCHE
Objectifs et Stratégie de Recherche………………………………………………… … …………14
Apport de la Géodynamique de subsurface…………………………… ………………………………… ....16
PREMIERE PARTIE
CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Chapitre I : Cadre géotectonique……………………………………………………… ……………………..18
Chapitre II : Les ensembles lithostratigraphiques mésozoïques et cénozoïques de la Tunisie…… ….26
Chapitre III : Historique…………………………………………………………………………… … ……. .40
DEUXIEME PARTIE
PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Chapitre I : Méthodologie………………………………………………………………………………… …..45
Chapitre II : La stratigraphie seismo séquentielle…………… ………………… …48
Chapitre III : La seismo- tectonique………………………………… ……………………… ……….63
TROISIEME PARTIE
MECANISMES GEODYNAMIQUES
ANALYSES SEISMO-STRATIGRAPHIQUES ET SEISMO-
TECTONIQUES
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique…………… …………………………… ….75
Chapitre II : Le trias Tunisie centro-méridionale……………………… … ………… ……… ….87
Chapitre III : Le Jurassique…………… …………………… …………………………………………..104
Chapitre IV : Le Crétacé inférieur…………………………………………………………… …………… …136
Chapitre V : Le Crétacé supérieur……………………………………………………… …………………..165
Chapitre VI : Le Paléogène………………………………………………… ………………………………..204
Chapitre VII : Le Néogène………………………………………………… …………………………………236
10
Quatrième PARTIE
SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Chapitre I : Reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques............................ ...... ....….. 268
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation……………………… …………… ……….286
Chapitre III : Implications pétrolières………………………………………… ………… ………… .307
Conclusions générales ................................................................................................................................... .....317
Bibliographie................................................................................................................ .........................................325
11
AVANT-PROPOS
12
OBJECTIFS ET STRATEGIE DE RECHERCHE
I- OBJECTIFS DE CE TRAVAIL
Le but de l'investigation profonde de la couverture sédimentaire mésozoïque et
cénozoïque par l'étude des profils sismiques et des puits pétroliers des zones centrales et
orientales de la marge tunisienne, est de reconnaître la structuration et l'évolution des
mécanismes géodynamiques de cette couverture. Cette reconnaissance repose sur l'analyse de
la fracturation des structures et des remplissages sédimentaires des bassins associés, en
subsurface, à l'échelle kilométrique et déca kilométrique.
La délimitation des blocs tectoniques sera suivie par la reconstitution bassinale à
travers l'étude des corps sédimentaires par la stratigraphie seismo-séquentielle, corrélée aux
affleurements de terrain, aux données de puits et aux cycles eustatiques globaux. Les
principaux événements géodynamiques seront présentés le long de cette reconstitution suite à
l'analyse des mécanismes tectoniques et sédimentaires ayant présidé à la formation des
bassins de la marge tunisienne. Les problèmes de stratigraphie, de sédimentologie et de
modèles tectoniques seront posés et discutés à différents stades de l'étude.
L'interférence des mouvements tectoniques, eustatiques et des processus et leur apport
dans l'agencement des dépôts sédimentaires, seront abordés tout au long de la couverture
sédimentaire mésozoïque et cénozoïque. La géométrie et la dynamique des cortèges
sédimentaires associés à chaque type de bassins ainsi que le timing de leur mise en place et
de leur évolution donnera des indications sur les potentialités pétrolières de ces types de
bassins en comparaison avec les objectifs pétroliers classiques anciens et nouveaux.
Ainsi, d'après cette étude, seront dégagés selon les types de bassins et les périodes de
mise en place roches mères dues aux subsidences différentielles et à l'accumulation de black
shales suivis et relayées par des périodes à dépôts de roches réservoirs carbonatées et
siliciclastiques. Cette analyse aboutira à une zonalité de bassins pétroligènes.
II- STRATEGIE DE RECHERCHE
Ce travail constitue une continuité logique d'une étude géodynamique de subsurface
des bassins mésozoïques entamée en 1985 par BEDIR dans la région du Sahel central de
Mahdia. L'approche géophysique de la stratigraphie sismique et de la structuration tectonique
profonde par l'analyse cartographique des séquences de dépôts et de la fracturation, a permis
de mettre en exergue le contrôle tectonique profond associé aux cycles eustatiques globaux et
à la sédimentation de la couverture.
13
Les résultats obtenus par cette approche au cours de ces dernières années (BEDIR et
al., 1986 ; [Link] al., 1987 ; BEDIR., 1988 ; BEDIR. et al., 1990 et [Link] al., 1992)
ont montré l'importance des couloirs tectoniques en fleurs associés aux coulissements
profonds E-W et N-S dans la répartition, le remplissage, et le devenir des bassins. Ces
couloirs confèrent à la bordure nord-est de la marge de Tunisie un caractère transformant
(BEDIR et al., 1987 et [Link] al., 1990 et 1992). Le schéma est assimilé à une mosaïque
de blocs plus rigides d'échelle déca kilométrique, entraînés par des mouvements de rotation et
basculés en contexte transtensif et transpressif conjugués (BEDIR et al., 1992).
Seuls quelques travaux conduits en surfaces, ont montré ces mécanismes
géodynamiques de coulissements au Jurassique (TURKI, 1985; ALOUANI et al., 1990;
ALOUANI, 1991), au Crétacé inférieur (SAADI, 1991) et au Crétacé supérieur
(BOUKADI,1994). Ces travaux confirment le contrôle tectonique des couloirs de failles
coulissantes de directions E-W, N120, N140 et N-S sur les séquences de dépôts mésozoïques.
Les répercussions pétrolières associées à ce type de bassins de décrochements sont
importantes et ont été confirmées au niveau de la marge orientale du Sahel tunisien et du Cap
Bon avec la découverte des gisements de Sidi El Kilani (1987), Belli (1990) et d'El Jem
(1992) dans les séries mésozoïques du Crétacé supérieur et de l'Eocène.
Ces résultats m'ont amené à étendre d'une part le domaine d'étude aux autres blocs
géologiques de la Tunisie orientale et centro-méridionale et d'autre part à suivre l'évolution de
la couverture sédimentaire vers la base du mésozoïque et vers le toit du Cénozoïque afin de
suivre le prolongement en subsurface des couloirs tectoniques majeurs et de préciser leur rôle
sur l'organisation séquentielle de la couverture sédimentaire. Ces couloirs tectoniques orientés
globalement en E-W et N-S se prolongent à l'Ouest en Tunisie centrale et méridionale
(BUROLLET, 1956; CAIRE, 1977; BOUKADI, 1986 et 1990 et ZARGOUNI, 1985) et en
Tunisie orientale et nord orientale (BEDIR et al., 1992).
En Tunisie centro-méridionale, les séquences de dépôts triasiques et jurassiques
peuvent être suivies par la résolution sismique ainsi que celles du Crétacé inférieur. Alors
qu'en Tunisie nord orientale, les séquences de dépôts néogènes sont bien représentées en
subsurface. De ce fait, la couverture sédimentaire de la marge tunisienne peut être analysée en
subsurface en partant du Trias-Jurassique en Tunisie centro-méridionale jusqu'au Néogène
dans le Golfe d'Hammamet et en mer pélagienne en Tunisie orientale.
L'application des nouveaux concepts de l'étude de bassin en trois dimensions par la
cartographie géophysique, l'analyse seismo-stratigraphique et seismo-séquentielle ainsi que
seismo-tectonique permettra de suivre la dynamique tectonique des bassins et celle de la
14
couverture sédimentaire mésozoïque et cénozoïque en relation avec le découpage du socle
paléozoïque connu sur la plate-forme saharienne au Sud de l'Atlas.
La reconnaissance et la modélisation de la structuration tectono-bassinale combinées
aux données de géologie pétrolière permettront de dégager et de discuter la géodynamique
pétrolière et ses nouveaux objectifs.
III- APPORT DE LA GEODYNAMIQUE DE SUBSURFACE
La géodynamique de subsurface s'intéresse aux relations génétiques entre les strates
sédimentaires et leurs déformations ainsi qu'aux mécanismes tectoniques de la couverture
sédimentaire avec le socle. Ces relations sont guidées à travers la fracturation des failles de
socle réactivées le long de la couverture. L'architecture et la cinématique de cette fracturation
va influencer les dépôts de la couverture par la géométrie des corps sédimentaires et le
découpage séquentiel de ces dépôts.
La répartition des aires subsidentes et des aires résistantes est étroitement liée aux
mouvements des failles profondes. Ainsi, l'étude et l'analyse de la couverture sédimentaire par
la seismo-stratigraphie, la seismo-tectonique et la cartographie isochrone et isopaque,...) aidée
par les contrôles réalisés à partir des données de terrain, permet une visualisation cinématique
et dynamique de l'entité bassin.
La géodynamique considère la couverture sédimentaire comme un système dynamique
évolutif de la base (Primaire) au sommet (Quaternaire) des dépôts sédimentaires. Au courant
de l'évolution dynamique de ce système, un certain nombre d'événements (eustatiques et
climatiques) et de mécanismes (sédimentaires et tectoniques) vont participer à la
différenciation des aires de dépôts.
L'évolution géodynamique est marquée sédimentologiquement par des périodes et des
aires à dépôts de roches mères à pétrole, de roches carbonatées ou siliciclastiques de
réservoirs et tectoniquement par des structurations de plates-formes, grabens, plis et
synclinaux, limités par des failles profondes. Ceci donne lieu à des systèmes pétroliers
intimement liés aux systèmes de bassins. De ce fait, la connaissance de l'évolution
géodynamique d'une entité de couverture et de bassin pourra nous renseigner sur les
potentialités pétrolières et minières de certains niveaux et de certaines zones le long de la
couverture sédimentaire.
15
Première Partie
CADRE TECTONO-
STRATIGRAPHIQUE
16
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
CHAPITRE I : CADRE GEOTECTONIQUE
I-CADRE GEOGRAPHIQUE
Le domaine d'étude objet de ce travail se situe globalement en avant-pays de la chaîne
alpine du Nord de la Tunisie ; à partir de la latitude de Kasserine jusqu'à la chaîne nord des
Chotts au Sud, la dorsale et l'axe N-S à l'Ouest, et du Cap Bon au Nord-Ouest jusqu'au Golfe
de Gabès au Sud-Est (fig.1).
Fig. 1: Carte de localisation géographique de la zone d’étude.
Il comprend à l'Ouest la zone des plis ou demi-plis séparée par les plaines de l'Atlas central
(CAIRE, 1977; CHIHI, 1984 ; BEN AYED, 1986 et BOUKADI, 1994) et de l'Atlas
méridional au niveau de la chaîne de Gafsa au Sud (ZARGOUNI, 1985). A l'Est, il comprend
la zone des plis de l'Atlas oriental du Sahel (BUROLLET, 1956 ; CASTANY, 1967) et du
Cap Bon (ALLEMAND-MARTIN, 1909, 1924 ; ARNOULD, 1950 et BEN SALEM, 1992)
ainsi que la zone du Golfe d'Hammamet.
Chapitre 1: Cadre geotectonique 17
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
II- CADRE GEOLOGIQUE
Le domaine d'étude se place d'Ouest en Est entre : la plate-forme saharienne au Sud,
domaine stable depuis le Paléozoïque, limitée au Nord par le couloir de faille NW-SE de
Gafsa - Jeffara (fig. 2), constituant le prolongement de l'accident sud atlasique venant
d'Agadir du Maroc, et l'Atlas centro-septentrional au Nord. Ainsi, le domaine d'étude se situe
dans la zone des plis atlasiques s'étendant du Maroc jusqu'en Tunisie et se prolonge à l'Est par
le bloc sahélien et pélagien.
BIZERTE
N
TUNIS
MEDITERRANEAN SEA
A T L A S
MAHDIA
EL JEM
PELAGIAN BLOCK
GAFSA
GABES
50 km
FOLD FAULT
Fig. 2: Carte de localisation structurale de la zone d’étude
Chapitre 1: Cadre geotectonique 18
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
III- ZONALITES TECTONIQUES DE LA TUNISIE
III-1- LES LINEAMENTS TECTONIQUES MAJEURS
La zone d'étude constitue le passage du domaine de plate-forme saharienne du Sud au
domaine Alpin de la chaîne des Maghrébides au Nord. Il constitue en fait la marge qui limite
la plaque africaine au Sud et celle Eurasiatique au Nord (OLIVET et al., 1982;
DERCOURT et al., 1985 et GUIRAND et al., 1990, L. RICOU, 1994). Cette zone
représente la marge nord de la bordure de la plaque africaine.
La marge centro-orientale est formée par différents blocs tectoniques: du bassin de
Gafsa au Sud, de l'Ile de Kasserine au centre, à la plate-forme sahélienne à l'Est. Ces blocs
sont limités par des linéaments tectoniques majeurs de directions NW-SE, E-W et N-S. Les
principaux linéaments connus en surface sont l'accident N120 de Gafsa, les failles E-W de
Kasserine et de M'rhila et l'accident N-S de l'axe N-S (fig. 2).
Des études de subsurface ont montré l'existence de linéaments de mêmes directions
aussi bien en Tunisie centro-méridionale (ZITOUNI et al., 1993) qu'en Tunisie
orientale.(BEDIR, 1987, 1988 ; BEDIR et al., 1992). C'est ainsi que les couloirs tectoniques
N-S de Sidi Ali Ben Oun en Tunisie centrale et celui d'Enfidha - El Jem en Tunisie orientale
(BEDIR, 1992b) représentent des fractures de même ordre que l'axe N-S. Les couloirs de
failles E-W de Chorbane - Mahdia et de Kairouan - Sousse - Kuriates sont des accidents qui
prolongent en relais les couloirs de failles de Kasserine et de M'rhila (BEDIR et al., 1990).Ces
importants couloirs tectoniques découpent la marge Tunisienne centrale en une mosaïque de
blocs quadratiques ou triangulaires dont il est important de voir l'évolution géodynamique
associée à ces linéaments tectoniques.
III-2- LES ENSEMBLES STRUCTURAUX
III-2-1- Le domaine de la plate-forme saharienne
Elle est constituée au Sud par un socle précambrien granitique et métamorphique
connu dans les forages du Sud tunisien (Sidi Toui), en Algérie et en Libye. Cette plate-forme
est soulevée dans sa partie nord, constituant ainsi l'arc de Telemzane. Elle est fracturée par un
système de failles de direction N90 à N120.
Le socle précambrien est recouvert par des séries paléozoïques argilo-gréseuses sub-
tabulaires. Les faciès permiens traduisent une grande limite paléogéographique à la latitude de
l'arc de Telemzane et de Medenine soulignée par une frange récifale au Nord de laquelle
évolue un bassin marin très subsident au niveau de la Jeffara et du Golfe de Gabès. La
Chapitre 1: Cadre geotectonique 19
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
structuration hercynienne sur cette plate-forme saharienne a été scellée en discordance par les
séries mésozoïques.
III-2-2- Le domaine atlasique
III-2-2-1- L'Atlas méridional
Il est constitué par deux chaînes majeures de plis à coeur Crétacé ou parfois Jurassique
: la chaîne nord des Chotts au Sud et celle de Gafsa au Nord, séparées par de vastes plaines à
remplissage néogène continental. Ces chaînes sont formées d'une succession de plis
d'entraînement en échelon de direction NE-SW associés à un décrochement dextre,
correspondant au couloir de faille N120 de Gafsa qui se prolonge de l'Algérie jusqu'à la
flexure de la Jeffara au Sud- Est. Le long de cette flexure et au niveau de la zone de Hadifa
apparaît le Trias sous forme d'extrusion diapirique.
Ces deux chaînes de plis forment deux méga-structures de méga-lentilles en relais
droits (fig. 2). Il est admis actuellement que cette chaîne a pris naissance au Crétacé supérieur
selon des mouvements tectoniques décrochants. Nous avons montré récemment (BEDIR et
al., 1992 ; BEN TIMZAL, 1994) que les structures plissées de cette chaîne sont nées sur
d'anciens accidents profonds d'âges anté-Jurassique et que les mouvements halocinétiques du
Trias ont commencé très tôt.
III-2-2-2- L'Atlas central
Il est aussi formé par une succession de structures plissées d'entraînement à coeur
crétacé inférieur et de direction NE-SW et E-W. Ces plis sont nés le long des failles E-W,
NW-SE et N-S, au Crétacé supérieur. Au niveau des zones de jonction des couloirs
tectoniques se placent les intrusions de Trias (BOBIER et al., 1991). Dans ce domaine,
s'individualise "l'Ile de Kasserine", émergée à la fin du Crétacé supérieur (BUROLLET, 1956
; M'RABET, 1981 et BOBIER et al., 1991).
Au Nord-Ouest de l'Atlas central, s'individualisent des fossés d'effondrement
transverses de direction NW-SE d'âge néogène à plio-quaternaire.
Des études récentes ont montré que les plis de l'Atlas central étaient formés le long de
coulissements des failles NW-SE, E-W et N-S et qu'ils ne présentaient qu'une seule
terminaison périclinale (CHIHI, 1984 BOBIER et al., 1991 ; BOUKADI, 1994). Alors que les
études de subsurface (ZITOUNI, 1992 et ZITOUNI et al., 1993) ont montré que des structures
plissées similaires étaient nées sur d'anciens accidents profonds d'âge anté-Jurassique.
Chapitre 1: Cadre geotectonique 20
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
III-2-2-3- L'Atlas septentrional
Il est formé d'anticlinaux de direction NE-SW déversés vers le Sud en écailles
chevauchantes Cet Atlas est limité au Nord par de grandes structures d'extrusions triasiques
dénommés "zone des Diapirs". Ce domaine est caractérisé aussi par la présence de fossés
d'effondrement transverses de direction NW-SE.
III-2-3- LE DOMAINE ALPIN ET LE SILLON TUNISIEN
La partie septentrionale correspond à une zone de croûte continentale qui s'amincit
vers le Nord (Research group for lithospheric structure In Tunisia, 1992). Le Nord de la
Tunisie est constitué du Sud au Nord par deux sillons subsidents le sillon tunisien et le sillon
tellien séparés par la zone de haut fond de la ride de l'Hairech Ichkeul bordé au sud par une
zone d’extrusions Triasiques (ROUVIER, 1977 ; BOBIER et al., 1991).
III-2-3-1- Le sillon tunisien
C'est une structure très subsidente de dépression orientée NE-SW à fortes
accumulations sédimentaires mésozoïques et paléogènes ayant pris naissance au moins depuis
le Jurassique. Le remplissage sédimentaire de ce sillon est assuré par l'accumulation de deux
prismes de progradation sur la marge Nord de l'Ile de Kasserine (M'RABET 1981 ; BOBIER
et al., 1991)
III-2-3-2- La zone des extrusions triasiques
Elle se caractérise par des affleurements triasiques extrusifs disposés en relais droits de
direction NE-SW. Ces extrusions se sont effectuées à la faveur de failles profondes de
direction E-W et N60 (ADIL, 1993) qui limitaient les bordures de bassins de cet âge (ADIL,
1993).Les flancs de ces extrusions triasiques montrent des réductions et des remaniements de
séries sédimentaires des discordances angulaires et des brèches depuis l'Aptien jusqu'au
Miocène (ZARGOUNI, 1975 ; PERTHUISOT, 1978 ; DALI, 1979 ; BELHAJ, 1979).
Certains auteurs (TLATLI, 1978 ; BUROLLET, 1975 et BOBIER et al., 1991) considèrent
qu'il s'agit du début des mouvements halocinétiques du Trias en Tunisie.
III-2-3-3- La zone de rides de l'Hairech - Ichkeul
Elle est caractérisée par l'existence de deux pointements permo-triasiques et
jurassiques à séries schisteuses, métamorphiques et volcaniques. Leurs positions en relais,
leurs âges anciens et leurs séries métamorphiques et volcaniques constituent autant de témoins
des vestiges des ouvertures transformantes thétysiennes (ALOUANI, 1991; ADIL, 1993) sur
la bordure nord de la plaque africaine. BOBIER et al., (1991) considèrent qu'il peut s'agir de
Chapitre 1: Cadre geotectonique 21
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
haut fond sialique correspondant à des blocs découpés par des accidents anciens réactivés en
failles inverses par la collision Sardaigne-Tunisie.
III-2-3-4- La zone des nappes numédiennes
Il est constitué par des ensembles sédimentaires argilo-gréseux turbiditiques
(MAHERSI, 1991) d'âges oligo-miocènes en position allochtone de nappes (ROUVIER,
1977), charriée vers le Sud à partir du Serravallien (TLIG et al., 1990) à la suite de la collision
du bloc Sarde avec un haut fond sialique situé au niveau de l'Ile de la Galite (SCHAMEL et
al., 1991 ; BOBIER et al., 1991).
III-2-4- LE DOMAINE ORIENTAL
Ce domaine se raccorde à une zone de croûte continentale amincie vers le Nord Est
(Research group for lihospheric structure in Tunisia, 1992). Il est limité à l'Ouest et au Nord-
ouest, du domaine atlasique par le couloir de failles de l'axe N-S (BUROLLET, 1956 ;
ABBES, 1981) et par l'accident de la dorsale tunisienne de Zaghouan (TURKI, 1985) qui le
séparent du domaine atlasique. Il est constitué par le Cap Bon et le golfe d'Hammamet au
Nord ; la plate-forme du Sahel et le golfe de Gabès au Centre et au Sud. A l'Est, il se prolonge
en mer par le bloc pélagien (BLANPIED, 1978) et est limité par l'alignement NW-SE des rifts
du Détroit Siculo-Tunisien marqués par des pointements des îles volcaniques de Linosa,
Pantelleria et les îles de Lampedusa et Malte. Selon BOBIER et al., (1991) ces grabens
correspondent à des bassins losangiques ouverts dans un couloir de décrochement Est Ouest.
III-2-4-1- Le Cap Bon et le golfe d'Hammamet
Cette zone est formée de structures plissées de directions NE-SW, limitées par des
couloirs de failles N90-120 et N180 (BEN AYED et al 1983 ; BEN SALEM, 1992 ; BEDIR
et al., 1992). Ces structures sont séparées par des gouttières synclinales à fortes accumulations
de séries néogènes et de plates-formes subsidentes. La structuration tectonique de subsurface
de cette zone rappelle celle de la Tunisie centrale et méridionale par la formation d'importants
fossés au sein des couloirs de failles E-W et N-S d'âges miocènes et pliocènes.
III-2-4-2- Le Sahel
Ce domaine, considéré longtemps comme un domaine de plate-forme mésozoïque qui
a subit une importante subsidence par rapport à la Tunisie centrale à partir de l'Oligocène,
constitue en fait une continuité des structures atlasiques de l'Ouest, enfouies en subsurface et
dont les témoins en surface sont marquées par les chaînes plissées orientées NE-SW de Sidi
Bou Ali au Nord et de Bouthadi - Chorbane - Zéramdine au Centre. Ces chaînes sont séparées
Chapitre 1: Cadre geotectonique 22
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
par de vastes plaines à remplissages néogènes et quaternaires et dont certaines entre elles sont
occupées par des sebkhas. Ce remplissage est lié à la subsidence d'ensemble du SAHEL et du
bloc pélagien induite par l'amincissement crustal visible au niveau du Détroit Siculo-Tunisien
Du point de vue tectonique, les couloirs de failles découpant la marge du Sahel
présentent les mêmes directions E-W et N-S (BEDIR, 1988 et BEDIR et al., 1992) que l'Atlas
tunisien et généralement constituant la continuité des couloirs de l'Atlas centro-méridional et
ceux du Cap Bon - d'Hammamet. Dans ce domaine, des intrusions de Trias s'observent, en
subsurface le long des structures plissées et faillées. Ce Trias à faciès évaporitique et salifère a
été rencontré dans certains puits pétroliers du Sahel. Un volcanisme basique d'âge triasique,
crétacé et paléogène caractérise le domaine du Sahel.
IV- CADRE GEODYNAMIQUE REGIONAL
Le domaine d'étude couvre donc la zone de croûte continentale épaisse de l'Archipel
de Kasserine et la zone à croûte amincie qui constitue la marge du rift naissant du détroit
siculo-tunisien. Cette marge fait partie de la bande d'orientation latitudinale où s'élabore la
chaîne atlasique maghrébine sur la bordure nord de la plaque lithosphérique de l'Afrique et où
s'est installée la zone transformante correspondant à la limite de cette plaque avec la plaque
eurasiatique qui se développe de l'Ibérie jusqu'à l'Italie où se forme l'arc alpin (fig. 3). Ainsi,
la position géologique de la Tunisie se situe en bordure NE de la plaque africaine et à la
jonction de la formation de l'arc Alpin (DERCOURT et al., 1985).
L'évolution géodynamique de la marge nord africaine depuis le rifting trias-jurassique
et l'ouverture de la téthys (BOUILLIN, 1976) correspondait à une zone de transformation
constituée de grandes failles de coulissements sub-EW conjuguées à des systèmes de failles
N60 qui auraient formé le bassin maghrébin et péloritain en Italie (BOUILLIN, 1986). Depuis
ces ouvertures téthysiennes la migration de la plaque africaine vers le Nord Est s'est effectuée
le long des coulissements arqués sub-E-W (BIJU DUVAL et al., 1977 ; OLIVET et al., 1982
; BOILLOT et al.,1984 ; DERCOURT et al., 1985). Lors des périodes tectoniques majeures
du Crétacé inférieur liée à l'ouverture de l'Atlantique Nord et du Crétacé supérieur liée à la
fermeture de la Téthys et à la collision des plaques ibérique et africaine à l'Ouest, au
Turonien.
Chapitre 1: Cadre geotectonique 23
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
JURASSIQUE 165 MA EOCENE 44 MA
CRETACE 78 MA TORTONIEN 11 MA
Fig. 3 : Position de la marge tunisienne dans l’évolution tectono-
paléogéographique des plaques (L. Ricou ; 1994).
A partir du Crétacé supérieur, cette évolution s'inscrit dans le contexte de la formation
des chaînes Alpines sur les bordures nord et sud de la Téthys avec son paroxysme à l'Eocène
(VILA, 1980 ; OBERT, 1981) par la collision des plaques Africaine et Eurasiatique. La
poursuite du mouvement relatif Europe - Afrique est responsable de l'orogenèse atlasique à
partir du Miocène moyen et supérieur d'où découle la structuration actuelle de l'orogène
maghrébin.
Dans les modèles d'évolution régionaux à l'échelle de la tectonique des plaques, la
position de la Tunisie a enregistré les mouvements géodynamiques de la bordure nord de la
plaque africaine depuis la fragmentation de la Pangée jusqu'à la formation de la chaîne
Atlasique en passant par les ouvertures mésogéennes et téthysiennes.
L'étude sur la marge tunisienne des mécanismes de la structuration tectono-
sédimentaire depuis la base du Mésozoïque permettra de mieux comprendre comment ont
évolué les différents blocs et les bassins sédimentaires situés entre la plate-forme saharienne
et la chaîne alpine au Nord et d'affiner la connaissance des aires et des époques à objectifs
pétroliers.
Chapitre 1: Cadre geotectonique 24
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
CHAPITRE II - LES ENSEMBLES LITHOSTRATIGRAPHIQUES
MESO - CENOZOIQUES
La couverture sédimentaire et volcano-sédimentaire intéressant notre domaine d'étude
est d'âge mésozoïque et cénozoïque. Elle débute en effet par le Trias de type germanique qui
constitue un niveau de disharmonie important dans l'évolution structurale de l'ensemble de la
Tunisie (BOBIER et al., 1991). Dans ce chapitre nous passerons donc en revue les caractères
sédimentaires et paléogéographiques des différents ensembles lithostratigraphiques.
I -1- LE TRIAS
Les affleurements de séries triasiques en Tunisie sont de deux types : on trouve d'une
part des dômes extrusifs en Tunisie centro-méridionale et septentrionale et d'autre part des
couches en position lithostratigraphique normale dans le Sud tunisien, dans les régions de
Medenine et Foum Tataouine. Par ailleurs il faut signaler que les affleurements du Nord, au
niveau des rides de Hairech l'Ichkeul, le Trias se présente sous forme essentiellement
métamorphique. Les affleurements des extrusions diapiriques montrent un Trias à faciès
mixte argilo-silto-gypseux et dolomitique. Le Trias du Sud a été étudié par différents auteurs
(BUSSON, 1967 ; BEN ISMAIL, 1991 et PEYBERNES et al., 1991). Il est composé
essentiellement de trois ensembles lithostratigraphiques (fig. 4).
I-1-1- Le Trias inférieur
A caractère détritique, il est composé d'une série gréseuse à intercalations d'argiles
d'âge scythien connue sous le nom de Formation Bir Mastoura.
I-1-2- Le Trias moyen
Le Trias moyen affleure largement dans la zone de la Jeffara où Il est formé d'un
ensemble sablo-gréseux d'âge Anisien - Ladinien, au sein duquel s'intercale un horizon
carbonaté à Myophories, premier signe de la transgression triasique. Ces ensembles gréseux
constituent en Tunisie successivement les formations Bir El Jaja, Ouled Chebbi, Ras Hamia et
Kirchaou. Ce sont ces niveaux de grès qui forment le réservoir principal du gisement d'El
Borma.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 25
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Fig. 4 : Charte lithostratigraphique de Trias de la Tunisie
(BEN FERGENI et al., 1990.)
I-1-3- Le Trias supérieur
a/ Au sud, les séries sédimentaires du Trias supérieur sont d'âge carnien, norien et rhétien
dans le Sud. Elles sont formées d'une succession lithologique marquée par l'intercalation de
carbonates, de grès, de gypse et du sel, relatifs aux Formations Mekraneb, Touareg, Rehach,
M'hira, Messaoudi et Bhir. Ce découpage lithologique en plusieurs formations est
caractéristique de la partie nord du Sud tunisien car le Trias supérieur correspond à une entité
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 26
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
plus homogène dénommée Formation Azizia d'âge carnien, essentiellement carbonatée au
niveau des puits de la plate-forme saharienne et en Libye (fig. 4).
Ces carbonates sont surmontés par les évaporites du Trias supérieur d'âge norien -
réthien connus sous le nom de la Formation Ajaj au Sud et Bhir dans la Jeffara (fig. 4). Un
horizon carbonaté, régional, coiffe les évaporites du Trias supérieur (BUSSON, 1967), il est
d'âge liasique, Pliensbachien. C'est l'horizon B correspondant aux calcaires de Zmilet Haber.
b/ Dans l'Atlas centro-méridional et le Sahel, au niveau de certains puits pétroliers, les
termes supérieurs du Trias des Formations Ajaj et Azizia ont été traversés sur plusieurs
centaines de mètres. Il s'agit d'épaisses séries évaporitiques et salifères à intercalations
d'argiles et de dolomies à la base desquelles apparaissent les carbonates du Carnien (puits
KHA1). Des roches volcaniques basiques ont été rencontrées dans certains puits du Sahel
(NA101).
Le Trias de nature siliciclastique et évaporitique en Tunisie méridionale et orientale
devient plus carbonatée vers la Mer Pélagienne et en Méditerranée orientale (ELLOUZE,
1984). Ces variations lithologiques vont constituer un important facteur dans l'évolution
tectonique et géodynamique de la couverture Mésozoïque et Cénozoïque (BOBIER et al.,
1991). En effet, la disparition des évaporites entraîne la disparition du niveau de disharmonie
responsable de l'apparition de plis en échelon dans la couverture post-Triasique. Les jeux des
couloirs de décrochement se traduisent alors par le développement d'une tectonique cassante.
II-2- LE JURASSIQUE
Le passage Trias-Jurassique est différencié selon les zones structurales et
paléogéographiques de la Tunisie. Au Sud, sur la plate-forme saharienne et en Jeffara, ce
passage est continu au sein des évaporites supérieures de la Formation Bhir (fig. 5); alors que
vers l'Atlas méridional et central, il est plus net avec l'apparition des carbonates et des argiles
de la Formation Nara (fig. 5).
Au Nord de l'axe N-S et au niveau de la dorsale du Zaghouan (TURKI, 1985), le
passage Trias-Jurassique n'est pas net, du fait du caractère extrusif en contact anormal du
Trias. Cependant, on note à la base du Jurassique, l'apparition de nouveaux faciès liasiques
dolomitiques à caractères tidalitiques et pélagique des Formations Oust et Zaghouan Stah.
Ceci reflète la grande variabilité des faciès de la base du Jurassique, aboutissant à
l'individualisation d'un faciès et donc d'une formation pour chaque affleurement.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 27
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Fig. 5 : Charte lithostratigraphique du Jurassique de la Tunisie
(BEN FERGENI et al., 1990)/
En Tunisie septentrionale, le Jurassique affleure dans la zone des rides de l'Hairech et
de l'Ichkeul, sous un faciès métamorphique, par contre il présente un faciès profond et
pélagique dans le sillon tunisien. Ainsi, la variabilité lithostratigraphique du passage Trias-
Jurassique dénote une diversification et une structuration de la Tunisie dès cette époque,
induite régionalement par le rifting téthysien (TURKI, 1985 ; ALOUANI, 1991).
II-2-1- Le Jurassique inférieur (Lias)
a/ Sur la plate-forme saharienne, le Jurassique inférieur présente une continuité
lithostratigraphique avec le Trias. Il est formé par les évaporites de la Formation Mestaoua ;
partie supérieure des évaporites de Bhir qui est en partie d'âge jurassique basal (fig. 5).
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 28
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
b/ Dans l'Atlas tunisien et particulièrement le long de l'axe N-S et de la dorsale
tunisienne, le Jurassique inférieur est représenté par les calcaires dolomitiques sombres à
algues de la Formation Oust et de la Formation Nara inférieur (BUROLLET, 1956) dont l'âge
s'étale de l'Héttangien au Pliensbachien. Tandis que le Toarcien est caractérisé par la présence
de marnes sombres riches en matière organique (SOUSSI, 1990), témoignant du
développement d'un milieu réducteur dans des environnements cloisonnés.
II-2-2- Le Jurassique moyen (Dogger)
a/ Le Jurassique moyen est représenté sur la plate-forme saharienne et en Jeffara par
une succession lithostratigraphique d'évaporites et de carbonates d'âge Bajocien, de la
Formation Krachoua (fig. 5), de sables, de grès et d'argiles d'âge Bathonien - Callovien de la
Formation Téchout et des argiles, carbonates et récifs de la Formation Foum Tataouine d'âge
Callovien - Oxfordien (KAMOUN, 1987).
b/ En Tunisie centrale, le Jurassique moyen est représenté par les argiles et les
carbonates de la Formation Nara moyen (BUROLLET, 1956).
c/ Dans la dorsale le jurassique moyen est caractérisé par des dépôts de marnes de
brèches et d'Olistolithes de pente aux Jebels Bent Saïdane, Oust et Boukornine (TURKI,
1985; RAIS, 1990 et SAYRO, 1990).
II-2-3- Le Jurassique supérieur (Malm)
a/ En Tunisie centrale et le long de l'axe N-S, le Jurassique supérieur est formé par les
carbonates de la Formation Nara supérieure (BUROLLET, 1956; SOUSSI, 1987) traversée en
outre par les puits de Souinia 1, Kharrouba 1, Ben Kheir 1 et ceux de la Tunisie orientale de
ABK1 et 2, SMS1 et NA101.
b/ Au niveau de la plate-forme saharienne, le Jurassique supérieur est attribué aux
séries deltaïques et continentales de la Formation Asfer qui serait l'équivalent de la Formation
Sidi Khalif en Tunisie centrale correspondant à des séries plus marines et pélagiques argilo-
carbonatées. Toutefois, je pense que ces séries progradantes profondes ou deltaîques se
rattachent essentiellement au cycle du Crétacé inférieur comme nous le verrons plus loin en
subsurface.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 29
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
c/ Dans le sillon tunisien, ces séries s'épaississent considérablement et montrent des
faciès profonds à radiolaires et des couches rouges de l'Ammonitico-Rosso d'âge oxfordien
qui sont bien développées dans la dorsale du Zaghouan et attribués au membre Zaress
(BUROLLET, 1956). Succédant à l'Ammonitico-Rosso, le Kimméridgien et le Tithonique
sont représentés par des alternances argilo-carbonatées où les calcaires sont bioclastiques et
comportant des faciès récifaux aux Jebels Mecella, Ressas et l'extrémité NE du Jebel
Zaghouan (TURKI, 1985).
III - LE CRETACE INFERIEUR
a/ Le problème de la limite Jurassique- Crétacé inférieur
Le Crétacé inférieur marque un nouveau cycle sédimentaire par son caractère plus
pélagique à la base et siliciclastique ensuite. Toutefois dans plusieurs localités le passage
Jurassique Crétacé inférieur s'effectue sans discontinuité au sein des marno-calcaires de la
Formation Sidi Khalif en Tunisie centrale et de la Formation Asfer sur la plate-forme
saharienne (fig. 6). En effet, en Tunisie centrale, cette formation est datée de la base, du
Tithonien par M'RABET (1981 et 1987). Cependant, au Sud, dans le forage de Chott El Féjej,
un passage net s'effectue entre les carbonates jurassiques de la Formation Nara supérieure et
les alternances argilo-sableuses de la Formation Asfer. Il ya donc très probablement un
diachronisme des variations sédimentaires sur les plates-formes, ce qui a conduit déjà
BOBIER et al. (1991) à intégrer les termes supérieurs du Jurassique avec le Crétacé inférieur
pour définir une superséquence sismique S1.
b/ Le découpage séquentiel
Les séries sédimentaires du Crétacé inférieur de la Tunisie centrale ont été partagées
en deux méga-séquences (M'RABET, 1981 et 1987). La première, d'âge néocomien, est
formée de trois ensembles sédimentaires progradants vers le Nord (M'RABET, 1981 et 1987)
et correspondants aux Formations Sidi Khalif, Meloussi et Boudinar, d'âges respectifs
attribués classiquement au Tithonien supérieur - Berriasien, au Valanginien - Hauterivien et à
l'Hauterivien. La Formation Sidi Khalif est formée par des alternances de marnes et de
calcaires à Ammonites et à Calpionnelles, de dépôts marins profonds à la base et par des
argiles et des calcaires bioclastiques à intercalations gréseuses au sommet (fig. 6). Cette
séquence progradante à caractère prodeltaïque a été considérée par BOBIER et al. comme
formée d'un cortège transgressif et d'un cortège de bas niveau marin associé à l'abaissement
eustatique néocomien. La Formation Meloussi à alternances de sables, d'argiles et de
dolomies, déposés en milieu marin peu profond de plate-forme au niveau des affleurements.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 30
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Fig. 6: Charte lithostratigraphique du Crétacé de la Tunisie
(in BOBIER et al., 1991).
La Formation Boudinar est formée par un ensemble de sables grossiers quartzeux à
troncs d'arbres fossiles de milieu fluviatile (fig. 6). Des intercalations d'argiles peuvent exister
au sein de ces sables. BOBIER et al. (1991) l'interprètent comme relative à un prisme de haut
niveau associé à la remontée eustatique d'âge valanginien-berriasien.
La deuxième méga-séquence des séries du Crétacé inférieur à caractères plus
transgressif et marins, est formée par les Formations Bouhedma, Sidi Aïch et Orbata (fig. 6)
(BUROLLET, 1956), d'âges respectifs Hauterivien - Barrémien, Barrémien et Aptien
(DAMOTTE et al., 1987).
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 31
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
La Formation Bouhedma est constituée par des alternances d'argiles bariolées, de
dolomies laminées, de calcaires bioclastiques et oolithiques, de gypse et de grès. Ces dépôts à
caractères transgressifs sont rapportés à un milieu de plate-forme interne tidale et de Sebkha
(M'RABET, 1981 et 1987).
La Formation Sidi Aïch est formée par un ensemble de sables fins marins à
intercalations d'argiles.
La Formation Orbata coiffe en discordance l'ensemble des séries du Crétacé inférieur
par des barres carbonatées dolomitiques bioclastiques et récifales par endroits, à intercalations
d'argiles. Ces barres sont d'âges Bédoulien et Gargasien (BEN YOUSSEF et al., 1985, 1986 ;
M'RABET, 1987). Cette formation présente selon les localités une, deux ou trois barres
carbonatées séparées par des niveaux argileux.
Dans certaines localités, ces barres ont fait l'objet d'une attribution de Formations
comme au jebel Semmama à Kasserine ou la barre inférieure a été nommée Boulaaba
(SEREPT, 1973) et la deuxième barre supérieure Koudiat el Maaza.
L'âge bédoulien - gargasien de la Formation Orbata a été souvent rediscuté et
controversé (BEN YOUSSEF et al., 1985, 1986 ; M'RABET, 1987). Ce débat résulte en fait
l'existence d'une différenciation paléogéographique induisant celle des faciès. Dans les
nouveaux concepts de la stratigraphie séquentielle, la formation Orbata englobe l'ensemble
des faciès des cortèges transgressifs de hauts niveaux marins sur la plate-forme, de l'Ile de
Kasserine compris entre la surface de transgression et la surface de maximum d'inondations,
entre lesquelles les séries déposées peuvent comporter de grandes lacunes de sédimentation.
Vers le Nord, à la latitude du Jebel Serj, la formation Orbata passe à la Formation Serj
formée par des alternances de calcaires bioclastiques récifaux et de marnes (GUIRAND,
1968; TURKI, 1975 et TLATLI, 1978). On est là en bordure de la plateforme de l'Archipel de
Kasserine car à partir de cette latitude les séries du Crétacé inférieur changent de faciès et
d'épaisseur et se déposent dans des milieux plus profonds aussi bien dans le sillon tunisien
qu'au niveau de la Dorsale. Ces cortèges sédimentaires constituent formation Sidi Khalif
(BUROLLET, 1952 et 1956) et M'Cherga constituées d'alternances de calcaires et de marnes
profondes avec des intercalations gréseuses; il s'agit en fait de dépôts turbiditiques (SAADI,
1990), d'âge allant du Valanginien à l'Aptien qui doivent regrouper une série de cortèges de
bas niveau marin alimentés au moment des abaissements eustatiques, provoquant l'érosion de
l'Archipel, et d'intervalles condensés liés aux remontées eustatiques.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 32
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
En Tunisie orientale, les données de terrain et de puits pétroliers, montrent que nous
avons, dans le Sahel et le golfe d'Hammamet, les mêmes ensembles et les mêmes variations
du Crétacé inférieur qu'en Tunisie centrale et septentrionale. Le domaine oriental n'était donc
pas géodynamiquement individualisé au Crétacé inférieur.
II-4- LE CRETACE SUPERIEUR
Le Crétacé supérieur constitue un cycle sédimentaire globalement transgressif qui
débute à l'Albien inférieur après la phase de régression de l'Aptien supérieur. Ceci explique la
rareté des affleurements de l'Albien basal dans la plus grande partie de l'Atlas tunisien hormis,
la zone du bassin profond du sillon tunisien au Nord.
Le Crétacé supérieur a été partagé en formations lithostratigraphiques d'âges Albien à
Maestrichtien correspondant aux Formations Zebbag, Aleg et Abiod d'âges respectifs Albo-
cénomanien, Turono-santonien et Campano-Maastrichtien (fig. 6). Cet ensemble constitue la
superséquence S2 définie par BOBIER et al., (1991).
V-4-1- L'Albien
Il est formé par des alternances de marno-calcaires et de dolomies allant des faciès
profonds du sillon tunisien au Nord ou de la mer pélagienne au Nord-Est constituant les
formations Allam, Mouelha et Fahdène (BUROLLET, 1956; BOLTENHAGEN, 1981)
jusqu'aux faciès argilo-carbonatés de plates-formes externes et internes des Formations
Zebbag inférieur et Kebar vers l'Atlas centro-méridional et le Sahel interne à l'Est (fig. 6).
V-4-2- Le Cénomanien
Il présente une répartition paléogéographique des faciès sédimentaires comparables à
celle de l'Albien, avec toutefois des faciès plus internes sur la plate-forme atlasique et
sahélienne où il montre les alternances argilo-gypso-carbonatées à barres lumachelliques de la
Formation Zebbag moyen (BUROLLET et al., 1952) se terminant par les calcaires construits
récifaux du Zebbag supérieur (fig 6). Cette transition depuis des faciès de plate-forme externe
vers des faciès plus internes est le résultat du remplissage par progradation depuis la marge
Sud du sillon Tunisien. Dans les zones de bassins tels que le sillon tunisien et l'off shore
sahélien, il constitue la partie moyenne et supérieure des marnes et calcaires de la formation
El Kef ou Fahdène.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 33
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
V-4-3-Le Turonien
Le passage cénomanien-turonien s'effectue par l'intermédiaire d'un horizon de
calcaires gris-noirs riches en matière organique dénommé formation Bahloul (BUROLLET,
1956) (fig. 6).
Le Turonien est constitué par trois membres lithostratigraphiques composés
successivement par les marnes d’Annaba, les marno-calcaires de Biréno et les marno-
calcaires de Douleb s'accumulent depuis les zones de bassins au Nord et au Nord-Est jusqu'à
la zone Atlasique du Sud où ils se présentent sous un faciès plus profonds des Formations El
Kef et Aleg. Traduisant l'existence d'une zone de subsidence au Sud de l'Archipel de
Kasserine, les calcaires de la Formation Biréno et Douleb correspondent sur les bordures des
plates-formes des constructions récifales.
V-4-4- Le Coniacien-Santonien
Ils sont formés par un ensemble lithostratigraphique de faciès profond, essentiellement
marneux à intercalations calcaires qui constituent la Formation Aleg (fig. 6) (BUROLLET,
1954), accumulée depuis les zones de bassins profonds du Nord et du Nord-Est jusqu'à la
plate-forme de l'Atlas centro-méridional au Sud.
V-4-5- Le Campanien - Maastrichtien
Le Campanien - Maastrichtien est constitué par deux barres de calcaires blancs
localement séparées par des marnes. L'ensemble constitue la Formation Abiod (BUROLLET,
1956 ; NEGRA, 1994). Ces barres carbonatées possèdent une très large extension spatiale
puisqu'on les trouve depuis la zone des bassins du sillon tunisien au Nord jusqu'à l'Atlas
centro-méridional au Sud où ils sont relayés latéralement par la Formation Berda (BERTHE et
DESLIGNEURIS, 1951) caractérisée par une réduction des épaisseurs et des faciès
correspondant à une tranche d'eau plus faible.
Les carbonates de l'Abiod sont néanmoins absents sur quelques zones hautes telles que
l'Archipel de Kasserine au Centre où leur limite est soulignée par des récifs bordant le haut
fond tels que ceux des jebels Kebar et Serraguia (NEGRA, 1978, 1986, 1994), ces carbonates
présentent aussi des cortèges turbiditiques sur les paléopentes des zones hautes du Crétacé
supérieur (SEDJIL, 1978 ; NEGRA, 1990 et 1994).
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 34
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
V - LE PALEOGENE
Les séries sédimentaires du Paléogène sont constituées, en Tunisie, par le Paléocène,
l'Eocène et l'Oligocène, correspondant globalement aux Formations El Haria, Metlaoui,
Boudabous, Souar, Chérahil et Fortuna. Ils constituent globalement la superséquence S3 dont
les limites ont été discutées par BOBIER et al. (1991).
V -1- Le Paléocène
Le passage crétacé-tertiaire est progressif. La limite des marnes paléocènes a été datée
et cernée surtout dans la région du kef en Tunisie centro-septentrionale. En fait, le toit des
calcaires de la formation Abiod est diachrone.
Le Paléocène est formé par une série de marnes sombres à intercalations calcaires
rassemblée dans la Formation El Haria (BUROLLET, 1956), d'âge Maastrichtien supérieur -
Thanétien (fig. 7). Ces marno-calcaires ont une répartition très contrastée autour des domaines
atlasiques de Tunisie, où ils présentent de fortes puissances dans les zones de bassins alors
qu'ils sont érodés ou non déposés sur les zones hautes telles que l'Ile de Kasserine en Tunisie
centrale et dans certains forages pétroliers de la Tunisie orientale. Le sommet du Paléocène
est caractérisé par la série phosphatée de la Formation Chouabine (THOMAS, 1909 ; SASSI,
1974) du bassin de Gafsa.
V -2- L'Eocène
L'Eocène est formé par deux ensembles lithostratigraphiques majeurs qui varient
latéralement en faciès et en épaisseur depuis le domaine de bassin occidental et nord-oriental
jusqu'au domaine de plate-forme externe et interne au niveau de l'Atlas centro-méridional.
L'Eocène inférieur est caractérisé par les calcaires à Nummulites (fig. 7) d'âge yprésien
de la Formation Metlaoui définie à l'Oued Thelja par Philipe THOMAS en 1909 lors de sa
découverte des niveaux phosphatés d'âge paléocène supérieur - éocène inférieur.
Ces calcaires ont une répartition paléogéographique très contrastée, ils passent
latéralement aux Formations El Garia au Nord et aux faciès marneux profonds à Globigérines
de la Formation Boudabbous en Tunisie du Nord et nord-orientale. La présence des
nannofossiles des zones NP11 et NP12 (FOURNIE, 1978) dans les calcaires El Garia a
conduit BOBIER et al., à rattacher ces niveaux à un cortège d'intervalle condensé et de haut
niveau moyen de l'Yprésien.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 35
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Fig. 7: Charte lithostratigraphique du Mésozoïque et du Cénozoïque de la Tunisie
(SEREPT, 1987)
L'Eocène moyen et supérieur confirme ce contraste paléogéographique entre un
domaine de bassin septentrional et une aire de plate-forme interne méridionale. En effet, en
Tunisie du Nord-Est, ces séries sont représentées par les ensembles argilo-calcaires des
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 36
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Formations Souar et Chérahil (BUROLLET, 1956), déposés en milieu marin profond. Ces
dépôts sont relayés sur les zones hautes de l'off shore tunisien par des calcaires de plate-forme
de la Formation Halk El Menzel (BISMUTH et al., 1973). Par contre, vers l'Atlas central et
méridional, l'Eocène moyen et supérieur est présent sous la forme de gypse et de calcaires
lacustres des Formations Jebs (BUROLLET, 1956) et Bouloufa (SAADI, 1983, 1992). Cette
différenciation paléogéographique traduit une évolution géodynamique qui amène le domaine
oriental (Sahel et Bloc Pélagien) à se différencier du domaine occidental à la suite d'un
amincissement crustal marqué par l'apparition du sillon tuniso -lybien subsident (WINNOCK,
1980).
VI - L'Oligocène
Les séries sédimentaires de l'Oligocène contrastent avec celles antérieures par l'arrivée
de matériel gréseux grossiers fluviatile de la Formation Fortuna en Tunisie centrale
(BUROLLET, 1956) et nord-orientale (fig. 7) (VAN HOUTEN, 1980 ; BEN ISMAIL-
LATRACHE, 1981; BEN ISMAIL et al., 1984; YAICH, 1988, BEN SALEM, 1992). Alors
qu'il présente des faciès carbonatées et marneux de plates-formes construites au large du
Sahel, à l'Est, représenté par les Formations Ketatna, Remla et Salambo (BISMUTH, 1973 ;
1984), d'âge oligocène - miocène inférieur.
Au Nord, la zone des nappes numédiennes est formée par des ensembles argilo-
gréseux de turbidites venant du Nord (MAHERSI, 1990), d'âge oligo-miocène. Les ensembles
gréseux de l'Oligocène ont été décrits comme des appareils deltaïques (VAN HOUTEN, 1980
; YAICH, 1988), venant aussi bien du Sud de la Tunisie centrale que du Nord au Cap Bon
(BEN SALEM, 1992); alors que ceux de la zone des nappes sont plus marins, turbiditiques de
provenance septentrionale (BEAUDOUIN et al., 1987 ; MAHERSI, 1990). BEN ISMAIL et
BOBIER (1984) ont rapporté ces dépôts à des cortèges de bas niveau marin associés à
l'abaissement eustatique chattien.
VI- LE MIOCENE
Les ensembles sédimentaires miocènes sont à caractère plus marins composés d'une
alternance de calcaires bioclastiques, de marnes, d'argiles, de grès et de lignites (fig. 7).
En Tunisie centrale, ils sont formés par des alternances argilo-sableuses marines à la
base et continentales vers leur sommet (BLONDEL, 1990 ; JEDDI, 1991). Ils ont été
interprétés comme des complexes deltaïques en bordure des massifs crétacés et paléogènes de
l'Atlas central (JEDDI, 1990).
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 37
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Vers le Nord et en Tunisie orientale, les séries miocènes s'épaississent
considérablement et deviennent nettement marines. Elles sont formées par les marno-calcaires
et grés langhiens des Formations Aïn Grab et Mahmoud (BUROLLET, 1956), (fig. 7)
surmontées par les alternances argilo-gréseuses serrvalliennes et tortoniennes des Formations
Béglia, Saouaf (BUROLLET, 1956) et Somaâ (fig. 7) (COLLEUIL, 1977). Ces ensembles
sont coiffés, en off shore, par les carbonates et argiles messiniens des Formations Béni Khiar
et Melquart (FOURNIE, 1978 ; BISMUTH, 1984). Au Nord, ses séries passent aux ensembles
molassiques des Formations Hakima, Kechabta et Oued Bel Khédim (BUROLLET, 1956).
Les séries miocènes de la Tunisie orientale présentent sur certains blocs soulevés, des
environnements deltaïques, comme au flanc nord du Jebel Abderrahman, au Cap Bon
(MAHJOUB et al., 1989; BEN SALEM, 1992) ou à Zéramdine, au Sahel (BEDIR, 1988;
ANNOUN-GAALOUl, 1987). Alors qu'en fait, les études de subsurface montrent que dans la
majorité des domaines du Golfe d'Hammamet et du Sahel, ces séries sont des ensembles
turdibiditiques (BEDIR et al., 1992a; BEDIR, 1993), déposés dans un environnement marin
plus profond.
Chapitre II: Les esembles lithostratigraphiques meso-ceozoiques 38
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
CHAPITRE III - HISTORIQUE
En Tunisie, l'étude des structures géologiques a commencé à la fin du XIXème siècle,
à partir des années 1884, par des compagnes de prospection dans un but de valorisation des
ressources naturelles. C'est ainsi qu'ont démarré des travaux d'explorations géologiques et
minières (POMEL, 1884; AUBERT, 1892, LE MESLE, 1887-1891; THOMAS, 1884-1913 et
PERVINQUIERE, 1898-1912).
A partir des années 1940, les études de géologie générale ; cartographie,
géomorphologie, stratigraphie et les analyses structurales ont commencé à être plus
spécialisées, et plus fournies (CASTANY, 1946-1956 et BUROLLET, 1948-1956) et
poursuivies selon un découpage en stratigraphie, tectonique, géologie structurale,
sédimentologie, géochimie, géophysique ...etc. Ceci concernait le Mésozoïque et le
Cénozoïque. Les efforts se sont de plus en plus multipliés et succédés au courant des années
1950, 1960, 1970, 1980 et 1990. Les premières découvertes minières sont ainsi apparues au
début du siècle (THOMAS, 1884 à 1913) alors que la mise en évidence de ressources
pétrolières est survenue en 1964 avec le gisement Triasique d'El Borma.
Les années soixante-dix voyaient l'apparition des premiers modèles tectono-
sédimentaires à l'échelle de la Tunisie suite à l'apport des travaux stratigraphiques, tectoniques
intégrés à des levées de cartes géologiques ou à des recherches universitaires. Toutefois ces
modèles ont été souvent controversés et remis à jour jusqu'aux années 1990.
Cette problématique a fait sentir le grand besoin d'aborder la géologie de la Tunisie
d'une nouvelle manière intégrant des analyses et des études investiguant le bassin
sédimentaire en trois dimensions. Ceci nécessitait l'intégration des données tectoniques,
stratigraphiques, sédimentologiques, eustatiques et géophysiques.
En effet, l'amélioration et l'évolution rapide des investigations géophysiques
notamment pétrolières (sismique réflexion) ont permis le développement d'une meilleure
résolution à travers la couverture sédimentaire et par conséquent la naissance d'une nouvelle
science analysant les rapports internes et les découpages séquentiels des dépôts sédimentaires.
Cette discipline est la stratigraphie sismique et séquentielle basée sur l'utilisation des marques
laissées par les pulsations eustatiques des niveaux marins lors des périodes de transgression et
de régression (MITCHUM et al., 1977 ; VAIL et al., 1987 ; SANGREE et al., 1988). Cette
approche a révolutionné les concepts géologiques classiques et a permis d'avoir une
reconstitution à l'échelle du bassin sédimentaire.
Chapitre III: Historique 39
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Parallèlement à la naissance de la stratigraphie séquentielle (MITCHUM et al., 1977),
s'est développée la tectonique sismique ou sismo-tectonique ; le degré de résolution a permis
de mieux détecter les structures et la fracturation profonde de la couverture sédimentaire. De
nouveaux modèles de la tectonique profonde notamment avec l'analyse des failles de
décrochement en structures de fleurs (HARDING, 1983). Il est apparu alors, la nécessité
d'appliquer ces nouveaux concepts et approches à des bassins de la Tunisie, d'autant plus
qu'avec les accumulations d'hydrocarbures que recèle notre pays, la couverture sismique est
assez répartie et fournie.
De ce fait, nous avons trouvé à notre disposition des images et des radiographies du
sous-sol qu'il fallait calibrer et caler au niveau des puits pétroliers et des séries datées à
l'affleurement, puis analyser et étudier afin de reconstituer la dynamique des bassins.
Les premiers travaux ayant utilisé les données géophysiques ont été effectués dans le
Sahel (MROSOVSKY et al., 1952) et le Sud tunisien par les sociétés pétrolières. Les
premières thèses universitaires appliquant les concepts de la géophysique sont assez récentes,
peu nombreuses relatives au domaine oriental du Sahel de Tunisie (HALLER, 1983;
ELLOUZ, 1983; TOUATI, 1985 et BEDIR, 1988). Aussi, rares sont les travaux de
subsurfaces ayant concerné la marge tunisienne (BOBIER et al., 1990)
Si les premières de ces thèses étaient axées sur la structuration profonde (HALLER,
1983) au celle de la subsidence des bassins de la couverture mésozoïques et cénozoïques
(ELLOUZE, 1983), les travaux qui ont suivi (TOUATI, 1985; BEDIR, 1988 ; BOBIER et al.,
1990) ont commencé à appliquer les concepts de la stratigraphie sismique, la cartographie
géophysique des horizons et séquences de dépôts et la tectonique de subsurface. De là, est
apparue une nouvelle approche d'analyse intégrant toutes ces études, c'est la Géodynamique
de subsurface (BEDIR, 1988); (BEDIR et al., 1992).
Sur le plan stratigraphique, les séries sédimentaires mésozoïques et cénozoïques qui
affleurent dans l'Atlas central, méridional et oriental ont fait l'objet de plusieurs travaux
depuis les années 1950 (BUROLLET, 1948-1956 ; CASTANY, 1955-1959).
Malheureusement le manque d'affleurements de fossiles et de microfossiles permettant la
datation de certaines formations a conduit à un découpage lithostratigraphique basé sur le
concept de formation mais d'âges imbriqués que ce soit du Jurassique (PERVINQUIERE,
1903; CASTANY, 1953; BUROLLET, 1956; BONNEFOUS, 1972), le Crétacé inférieur
(BUROLLET, 1956 ; M'RABET, 1981; MASSE, 1981), le Crétacé supérieur (BUROLLET,
1956; FOURNIE, 1975; BUSSON, 1974; BOLTENHAGEN et al., 1981, BISMUTH et al.,
1981; ABDALLAH, 1987) ou le Tertiaire (BUROLLET, 1956; FOURNIE, 1975; BEN
ISMAIL, 1981; BISMUTH, 1984; TAYECH, 1984).
Chapitre III: Historique 40
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
Les formations ainsi définies ont fait l'objet au cours des dernières décennies d'une
multitude de remises au point avec précisions stratigraphiques et de datations aboutissant
parfois à la naissance de nouvelles formations à chaque découverte d'un changement de faciès
au sein d'une formation donnée dans une localité donnée. Ceci est dû au fait que les séries
affleurantes en surface correspondent généralement à celles de zones hautes des bordures de
bassins et de ce fait elles sont le plus souvent anomaliques par suite de la présence des séries
condensées ou de lacunes.
Avec l'avènement de la stratigraphie séquentielle, il s'avère clairement que les séries
étudiées à l'affleurement ne sont généralement que les prismes de hauts niveaux marins à
surfaces transgressives et à surfaces de maximum d'inondations (mfs), superposées et de HST
des plates-formes des bassins. Alors que les prismes de bas niveaux marins et de bordures de
bassins à séries plus complètes, n'affleurent que rarement dans les blocs soulevés par les
mouvements tectoniques.
Le problème posé par le découpage stratigraphique des séries mésozoïques et cénozoïques de
l'Atlas tunisien doit donc être vu d'une manière plus globale; tridimensionnelle à l'échelle du
bassin et ceci n'est possible qu'à travers l'étude de subsurface de stratigraphie sismique et
séquentielle par le suivi des lignes chrono-stratigraphiques et les cortèges sédimentaires
associées aux séquences de dépôts (BOBIER et al. 1990).
L'interférence des mouvements tectoniques complexes avec les mouvements
eustatiques dans l'Atlas tunisien et leur rôle dans l'évolution des bassins obligent à des études
intégrées de géodynamiques.
Sur le plan tectonique, plusieurs modèles ont été avancés à partir des données de
surface et de puits pétroliers depuis l'Atlas septentrional (COHEN, SHAMEL, SNOKE;
ROUVIER, 1977 et BEN AYED, 1981, 1986), jusqu'à l'Atlas centro-méridional (ROUX,
1911 ; RICHERT, 1969, 1971 ; CAIRE, 1977 ; SUZZONI, 1979 ; BOLTENHAGEN et al.,
1980 ; VIGUIER, 1981 ; ABBES, 1983 ; BOUKADI, 1984 ; BUROLLET, 1984 ; OUALI,
1984 ; TURKI, 1985 ; ZARGOUNI, 1985 ; BEN AYED, 1986 ; PHILIP et al., 1986 ;
TRUILLET et al., 1987 ; SOYER, 1987 ; SOYER et al., 1987 ; GOURMELIN, 1987 ;
BOBIER et al., 1990 ; DELTEIL et al., 1992 ; BOUKADI, 1994) et l'Atlas oriental
(BUROLLET, 1984 et BEDIR et al., 1992). Ces travaux basés essentiellement sur les
observations des affleurements mésozoïques et cénozoïques ont insisté sur l'existence de
grandes failles de directions E-W, N120 et N-S qui avaient structuré certaines zones de l'Atlas
tunisien par des jeux normaux, inverses de compression ou latéraux de décrochement.
Certains d'entre eux ont pu constater les jeux syn-sédimentaires de ces accidents depuis le
Jurassique (TURKI, 1985; ALOUANI, 1990; SOUSSI, 1990) et leur influence sur la
Chapitre III: Historique 41
PREMIERE PARTIE : CADRE TECTONO-STRATIGRAPHIQUE
sédimentation; (COSSEY et ELRICH, 1980) jusqu'au Quaternaire (KAMOUN, 1981;
MAHMOUDI, 1987; BEDIR, 1988; AMARI et BEDIR, 1989).
Le contrôle tectonique de ces failles majeures a été aussi confirmé par les données de
subsurface dans le sahel (HALLER, 1983; ELLOUZE, 1984; TOUATI, 1985 et BEDIR, 1988
; BOBIER et al., 1990). Le prolongement profond des couloirs de failles E-W, N120, N140 et
N180 dans la couverture sédimentaire mésozoïque ainsi que le découpage en bassins induit
par le jeu de ces accidents durant les dépôts des séries crétacées, paléogènes et néogènes.
BEDIR (1988, 1989, 1990, 1992) a mis en évidence le mécanisme géodynamique de la
formation des grabens méso-cénozoïques et les bassins de décrochements pull-apart. La
cinématique et le contrôle bassinal des couloirs de failles E-W et N-S (BEDIR et al., 1990 et
1992); (ZITOUNI et al., 1992 a, b, c et d) pendant le Mésozoïque et Cénozoïque ont été
identifiés et modélisés.
L'importance des études géodynamiques de subsurface qui ont été prolongés jusqu'au
Cap Bon (BEDIR et al., 1992) ; au Nord de la marge orientale et en Tunisie centro-
méridionale (BEDIR et al., 1992 ; ZITOUNI et al., 1992 a, b, c, d), essayant de suivre et de
compléter la mosaïque bassinale de l'Atlas de Tunisie en profondeur. L'importance d'une
modélisation de bassins comprenant le timing des événements tectono-sédimentaires et leur
typologie permet de mieux comprendre et valoriser la géologie pétrolière de la marge
tunisienne.
Dans ce contexte, les études précédentes menées dans la zone orientale sahélienne de
la marge tunisienne (BEDIR, 1988 et BEDIR et al., 1992) ont montré l'intérêt pétrolier de
l'existence de couloirs tectoniques de décrochements et de leurs bassins associés mésozoïques
et tertiaires. Les dernières découvertes de gisements de pétrole de Sidi El Kilani ; d'E Jem au
Sahel et de Belli au Cap Bon ; associés à ces couloirs tectoniques sont autant de critères de
motivations à développer ces études sur la marge de la Tunisie.
Chapitre III: Historique 42
Deuxième Partie
PRINCIPES ET METHODES
ANALYTIQUES
43
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
CHAPITRE I - METHODOLOGIE
L'étude d'un bassin sédimentaire doit passer par une investigation en trois dimensions
tant du point de vue structural que sédimentaire. L'approche de terrain bien que donnant
directement accès aux matériaux des bassins au niveau des séries affleurantes, présente
l'inconvénient d'être limitée dans l'espace et en général nous n'avons affaire qu'à une partie
des zones hautes ou basses des bassins. Reste donc l'approche géophysique qui donne une
image en trois dimensions des bassins plus complète et permet le suivi et la cartographie des
horizons calés aux puits pétroliers et aux affleurements limitrophes. Les analyses de
stratigraphie séquentielle sismique et de seismo-tectonique contrôlées par les données de
terrains permettent une reconstitution géodynamique des bassins en subsurface.
I- APPROCHE METHODOLOGIQUE
Ces études ont été basées sur les données de la géophysique et de la géologie
pétrolière (sismique réflexion et données de puits pétroliers), complétées et corrélées avec les
données tectoniques et sédimentologiques de terrain.
I-1- LES DONNEES SISMIQUES
I-1-1- Les profils sismiques
La couverture sismique de l'avant-pays alpin de la Tunisie étant assez fournie dans le
Sahel, le Golfe d'Hammamet, le Cap Bon, comme dans le Golfe de Gabès et en Tunisie
centrale et méridionale, notre choix d'étude et d'analyse s'est porté au niveau de ces zones de
la marge tunisienne.
En tenant compte du maillage sismique, de la disposition des puits pétroliers
disponibles et des affleurements, nous avons procédé à un calage des horizons sismiques en
partant du Trias ou du Jurassique lorsque le domaine d'étude le permettait. Ainsi, selon la
zone d'étude, nous avons suivi des horizons sismiques triasiques, jurassiques, crétacés,
paléogènes et néogènes, remontant ainsi dans les séries de la couverture mésozoïque et
cénozoïque, l'avant-pays Alpin, du Sud-Ouest au Nord-Est et d'Ouest en Est de la Tunisie. Les
profils sismiques ont été ainsi calibrés par les données de puits et d'affleurements ont ainsi
permis d'analyser, de suivre et de cartographier les horizons sismiques.
Les profils sismiques utilisés dans ce travail groupent différentes campagnes sismiques
effectuées par les différentes sociétés pétrolières ayant opéré sur des permis en Tunisie
orientale et en Tunisie centro-méridionale aussi bien en onshore qu'en off shore (fig. 8). Les
Chapitre I : Méthodologie 44
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
plus anciennes lignes datent de 1970 alors que les plus récentes datent de 1990. Ces lignes
sismiques comprennent aussi bien des versions "Stack" que des versions "migrés". Les
versions "Stack" comportent des marqueurs correspondant à des réponses sismiques parasites
dues aux miroirs de failles et aux ondes multiples de réflexions alors que les versions migrés
comportent bien moins d'effets virtuels. Ces profils sont répartis selon des mailles qui
permettent la corrélation et la cartographie des horizons sismiques du Mésozoïque et du
Cénozoïque.
Fig. 8 : Plan de position sismique et des puits pétroliers utilisés de la zone
d’étude.
Chapitre I : Méthodologie 45
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
I-1-2- Analyse des profils sismiques
L'analyse d'un profil sismique passe par un calage aussi précis que possible des
horizons sismiques recoupant un puits pétrolier. Le calage s'effectue à travers le log sonic ou
PSV de vitesse-densité de la colonne lithologique, datée au niveau de ce puits. Une fois ce
calage effectué, les horizons sont suivis et corrélés sur l'ensemble de la maille sismique des
profils.
La corrélation des horizons sismiques se fait aux points d'intersections entre les profils
sismiques. Au cours de cette corrélation, il est très important de placer les failles affectant les
horizons sismiques qui se traduisent par des ruptures de continuité de l'amplitude sismique.
Ces failles sont aussi corrélées par intersection de profils sismiques et par cartographie.
I-1-3- Les données de puits pétroliers
Les puits pétroliers utilisés couvrent la marge orientale du Sahel, du Golfe
d'Hammamet, du Cap Bon et celle de la Tunisie centro-méridionale de Gafsa-Sidi Aïch (fig.
8). Les puits les plus profonds (ABK-1, KHA-1, BK-1....) atteignent les séries triasiques voir
permiennes. Ces puits ont permis de reconnaître les séries sédimentaires et volcaniques de
Mésozoïque et du Cénozoïque, leurs âges, leurs cortèges, leurs discordances (Unconformities)
et leurs lacunes.
I-2- LES DONNEES DE TERRAIN
Les séries sédimentaires affleurantes dans le Sahel, au Cap Bon et en Tunisie centro-
méridionale sont respectivement d'âge miocène, éocène, crétacé supérieur et inférieur,
jurassique et triasique. Le suivi de terrain est guidé par le suivi des accidents profonds de
subsurface et celui des séquences de dépôts et de leurs cortèges sédimentaires associés. Aussi,
le calibrage et le calage de certaines lignes sismiques s'effectue à partir des affleurements
limitrophes. Les événements géodynamiques importants détectés en subsurface sont aussi
recherchés et analysés en surface au sein des séries sédimentaires concernées quand cela est
possible.
Chapitre I : Méthodologie 46
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
CHAPITRE II : LA STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
II-1- LES PARAMETRES ACOUSTIQUES
La réponse acoustique de l'onde réfléchie au niveau d'une interface d'un niveau de
strate donné se caractérise par les paramètres physiques essentiels qui sont : l'amplitude, la
continuité latérale et la fréquence des réflexions. Chaque paramètre fournit des indications sur
la géologie de subsurface en particulier la configuration des réflexions donne des informations
sur le modèle général de stratification à partir duquel, on peut analyser les processus de dépôts
et d'érosion et en particulier les niveaux d'énergie et la paléogéographie.
II-1.1- L'amplitude
Elle est liée à l'intensité du signal sismique en fonction du contraste d'impédance
acoustique. Elle dépend donc de la différence de lithologie entre deux couches ou deux séries
de couches géologiques. Elle dépend aussi de l'arrangement des strates au sein de ces
formations. Ainsi, l'amplitude d'une réflexion sismique renseigne sur les différences de
densité et de compaction des roches. Les réflecteurs dans une argile sous-compactée ou des
sables à forte porosité auront de faibles amplitudes tandis qu'un matériel carbonaté plus
compact, gréseux ou évaporitiques donnera un signal de plus forte amplitude. De ce fait,
l'amplitude sismique peut fournir des renseignements sur les conditions et les environnements
de dépôts (fig. 9).
II-1.2- La continuité des réflexions sismiques
La continuité des réflecteurs sismiques témoigne de la continuité des interfaces et donc
des couches géologiques ou des surfaces de discordance. Elle permet de suivre la forme et la
géométrie des strates et par conséquent les processus de dépôts du point de vue surtout
énergie hydrodynamique des milieux (fig. 9). Ainsi, une bonne continuité des réflecteurs
sismiques est synonyme d'un dépôt uniforme sous faible énergie hydrodynamique où le taux
de subsidence est assez uniforme dans le bassin de sédimentations comme par exemple les
plates-formes carbonatées, évaporitiques, ou les bassins profonds.
Par contre, une certaine discontinuité sismique témoigne d'une variabilité latérale des
conditions de dépôt des strates et par conséquent une variabilité lithologique due à une
variabilité du taux de sédimentation et dénote une variation du niveau d'énergie dans le temps
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 47
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
et l'espace du milieu de dépôts comme par exemple les bordures externes des plates-formes
carbonatées ou les dépôts de pentes à irrégularités topographiques.
Fig. 9 : Amplitudes et continuités des horizons sismiques.
II-1.3- La fréquence des réflexions
Elle correspond en pratique à l'espacement vertical entre deux réflexions sismiques.
Elle est liée à l'organisation verticale des couches géologiques. Une succession de strate assez
peu épaisse se traduit par des hautes fréquences alors que des zones de transition se marquent
par des basses fréquentes.
II-2- CARACTERISTIQUES DES SEQUENCES DE DEPOTS
Les progrès réalisés dans l'acquisition et le traitement des sections sismiques au cours
de ces dernières années, ont permis la naissance des concepts de la stratigraphie sismique
depuis les premiers travaux de VAIL et al. en 1977, améliorés et précisés depuis 1987 par ces
mêmes auteurs. Ces concepts traduisent les relations des paramètres physiques et
géométriques avec l'organisation des ensembles de faciès de dépôts génétiquement liés.
Les rapports structuraux entre les différents horizons sismiques; qui correspondent à
une échographie profonde des strates géologiques sont le résultat de l'interaction entre les
mécanismes sédimentaires et les déformations syn-sédimentaires qui prévalaient durant la
formation des dépôts. Ainsi nous définirons un certain nombre de critères utilisés pour la
reconnaissance des mécanismes de sédimentation et des environnements sédimentaires.
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 48
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
II-2.1- Séquence de dépôts de 3ème Ordre
Une séquence de dépôt de 3ème ordre est une unité stratigraphique composée d'une
suite relativement conforme de strates, génétiquement liées, organisées en para-séquences.
Elle est limitée à son toit et à son mur par des discordances ou par leur prolongement en
concordance. Une séquence de dépôt est ainsi reconnue par les relations géométriques des
strates induites en réponse aux pulsations eustatiques au niveau des environnements (fig. 10).
Fig. 10: Séquences de dépôts théoriques et cortèges sédimentaires
associés (Vail et al., 1987, 1990 ; Van Wagoner et al., 1988).
Les discordances qui limitent les séquences de dépôt sont généralement visibles dans
une section sismique donnée, cependant elles peuvent être aussi reconnues dans les zones de
concordances, soit parce qu'un réflecteur apparaît dans le prolongement des discordances, soit
en utilisant des données biostratigraphiques provenant des analyses de sondages.
Une séquence de dépôt a une signification chrono-stratigraphique car elle représente
l'intervalle de temps géologique durant lequel elle est déposée. Quand cette séquence est
incluse dans une série concordante, cet intervalle de temps ne peut être déterminé que si l'on
peut déterminer l'âge des limites de la séquence. Cependant, on remarque que les grandes
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 49
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
limites séquentielles ne correspondent pas souvent avec les limites des étages ou des zones
biostratigraphiques mais elles sont le plus souvent corrélables avec des cycles eustatiques
globaux affectant le niveau moyen des mers à l'échelle mondiale.
II-2.2-Para-séquence de dépôts
La para-séquence de dépôt est l'unité de base d'une séquence de dépôt de 3ème ordre.
Elle est formée par une unité présentant partout les mêmes caractéristiques sismiques
d'amplitudes, de continuité et de configurations (fig. 10); c'est donc une unité montrant un
même faciès sismique et correspondant à des strates génétiquement liés. La para-séquence
peut ne pas être limitée géométriquement par des discontinuités mais par des horizons
concordants.
II-2.3 Superséquence de dépôt de 2ème ordre
La superséquence de dépôts de 2ème ordre se compose d'une série de séquences de
dépôts de 3ème ordre (HAQ et al., 1987). Elle est souvent perceptible à l'échelle d'un bassin
sédimentaire et surtout à l'échelle sismique. Elle est limitée par des discontinuités majeures
correspondant à des surfaces chrono-eustatiques marquées par des rapports de réflecteurs en
onlap ou biseau d'aggradation, toplap ou discordance, downlap ou biseau de progadation à
l'échelle du bassin basal (fig. 10). La superséquence de 2ème ordre correspond aux
supercycles eustatiques globaux de 2ème ordre (HAQ et al., 1987) et comprend bien entendu
une série de cycles eustatiques de 3ème ordre.
Dans l'étude seismo-séquentielle de la couverture méso-cénozoïque de la marge
tunisienne que nous avons effectuée nous avons travaillé à l'échelle seismique et donc aux
échelles séquentielles de 2ème ordre et 3ème ordre corrélables avec les cycles et supercycles
eustatiques globaux.
II-2.4- Le faciès sismique
L'étude du faciès sismique repose sur l'étude et l'analyse de l'amplitude, de la
continuité et de la configuration des réflexions sismiques puisque le faciès sismique
représente l'ensemble des caractéristiques sédimentologiques, hydrodynamiques et
géodynamiques à l'intérieur d'une séquence de dépôts.
L'entité de faciès sismique est une unité tridimentionnelle composée d'un groupe de
réflexions dont les paramètres géophysiques diffèrent de ceux des unités adjacentes.
Les unités de faciès sismiques se reconnaissent d'après :
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 50
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
-la terminaison d'une série de réflexions au contact avec un réflecteur commun à
plusieurs faciès;
-une réflexion concordante limitant une configuration particulière;
-ou à défaut une limite arbitraire dans une séquence choisie dans une couche
caractérisée par un changement graduel de la qualité des paramètres sismiques.
Une fois définis les paramètres de réflexions, reconnue la forme externe de l'unité et
notées les associations tridimensionnelles des unités entre elles, on peut interpréter le faciès
sismique en termes d'environnements, de processus de dépôt et estimer la lithologie. Par
référence à des modèles actuels de faciès génétiquement liés, cette analyse se fait donc
toujours dans le cadre stratigraphique de la séquence de dépôt.
II-2.5- Relations géométriques des strates aux limites d'une séquence de
2ème et 3ème ordre
La définition d'une séquence de dépôts nécessite la reconnaissance de ses limites. Elles
correspondent à des discordances d'érosion ou de non dépôt et à leur prolongement latéral en
para- concordance. L'expression sismique des limites de séquence varie considérablement
avec les contrastes densité-vitesse des strates situées de part et d'autre. S'il n'y a pas de
contraste de densité-vitesse à travers la limite, celle-ci n'engendre pas de réflexions.
Cependant, une discordance angulaire peut être tracée sur les sections sismiques à partir de la
discontinuité qui existe entre les réflexions sous et sus-jacentes.
La figure 11 montre les relations de discordance ou de concordance des strates aux
limites d'une séquence de dépôts comme nous les avons reconnues sur les zones centrale et
orientale de la marge de la Tunisie à travers la couverture méso-cénozoïque. Ces relations
sont basées sur le parallélisme ou le non parallélisme entre les strates et la surface limite elle-
même.
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 51
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 11: Les types de terminaisons de réflexions aux limites de séquences
(Mitchum et al., 1977).
-Onlap ou biseau d'aggradation : c'est la terminaison latérale d'une strate
initialement horizontale contre une surface inclinée ou d'une strate initialement inclinée contre
une surface beaucoup plus inclinée (fig. 11). Cette configuration traduit la progression de la
sédimentation sur une surface qui traduit un épaississement ou une remontée de la tranche
d'eau. Ces structures sont très fréquentes autour des bassins mésozoïques et cénozoïques de la
marge tunisienne (fig. 12).
-Downlap ou biseau basal de progradation : c'est la terminaison latérale d'une strate
initialement inclinée contre une surface horizontale ou moins inclinée (fig. 11). Cette structure
reflète la progression d'un prisme de progradation sur le fond d'un bassin ou sur une plate-
forme. Elle traduit l'accroissement du flux de matière apportée au bassin lié le plus souvent à
un abaissement eustatique mais aussi parfois au développement d'un climat plus hydrolysant
et plus humide. Ces terminaisons sont aussi assez présentes dans les séries mésozoïques et
cénozoïques de subsurface en Tunisie (fig. 13).
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 52
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 12: Structures de « Onlap » du Miocène
moyen dans le Sahel.
Fig. 13: Structures de « Downlap » du Crétacé
supérieur dans le graben d’El Jem au Sahel.
Fig. 14: Structures de Toplap du Miocène
dans la région de Kairouan – Sahel.
-Toplap : c'est la terminaison originelle d'une strate contre la partie supérieure d'une
séquence de dépôts. Des strates initialement inclinées telles que celles que l'on trouve dans le
cas de progradation peuvent montrer cette relation. Un Toplap est caractéristique d'un hiatus
dû à un non dépôt ou à une surface d'érosion. Il traduit généralement un niveau de base et un
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 53
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
niveau d'action de la houle et des tempêtes trop bas par rapport au fond pour y permettre un
développement vertical des strates (fig. 11).
La structuration de Toplap reflète souvent la stabilité relative de fin d'épaississement et
de remontée de la tranche d'eau qui suit une remontée eustatique ou le remplissage d'un
bassin. En subsurface, nous rencontrons ces structures au toit des remplissages des bassins et
des plates-formes mésozoïques et cénozoïques (fig. 14).
-Troncature d'érosion : c'est la terminaison latérale d'une strate par érosion. Elle ne
se présente qu'à la limite supérieure de la séquence de dépôt (fig. 11). C'est le cas limite de la
structure de Toplap. Cette structure se retrouve en subsurface sur la marge tunisienne (fig.
14).
II-2-6- Les configurations
II-2-6.1- Configuration de progradation
Cette configuration est caractéristique d'une sédimentation lenticulaire latérale. Ces
formes de progradations s'observent à différentes échelles. Leur ampleur est maximale au
niveau des pentes sur les bordures de bassins. C'est le cas des dépôts miocènes en bordures
des grabens de la marge orientale du Sahel. Deux types extrêmes de configurations
progradantes peuvent être distingués:
II-2-6-1-1- Progradation sigmoïde
C'est le résultat de la superposition de réflexions en "S" qui proviennent de strates dont
les parties supérieures et inférieures sont peu épaisses et faiblement inclinées par rapport à
leur partie médiane (fig. 15). Ce type de configuration est interprété comme résultant de
dépôts s'effectuant dans un environnement général d'assez faible énergie souvent au niveau
d'un système prodeltaïque. La configuration sigmoïde est associée à des apports sédimentaires
qui se déposent principalement sur les pentes et sont remaniés par des systèmes de chenaux
assez permanents tels que les turbidites. C'est le cas des cortèges progradants d'âge pliocène
dans le Golfe d'Hammamet (fig. 15).
II-2-6-1-2- Progradation oblique
La progradation oblique ne présente pas ou très peu de dépôts de "Topset". Elle
s'effectue presque uniquement par des dépôts de pente. A la rupture de pente, les dépôts se
terminent en "Toplap" et les dépôts sur le plateau sont excessivement réduits. Par contre au
niveau de la surface de dépôts inférieurs, ils se terminent brutalement formant un biseau de
progradation.
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 54
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Ce type de progradation implique un transit sans dépôts des matériaux sur la plate-
forme, donc un niveau relativement bas du niveau d'action de la houle. Il semble parailleurs
que cette forme de dépôts soit cependant associée à des apports sédimentaires importants
comme les chenaux de distribution, les glissements en masse et les traces d'érosions.
Fig. 15: Progradations sigmoïdes pliocènes dans
le Golfe d’Hammamet.
Fig. 16: Progradations obliques tangentielles du Crétacé supérieur
dans l’Atlas méridional de Gafsa.
Fig. 17: Progradations en toit de bardeaux (Shingled) du
Miocène au large du Sahel.
Sur la marge centro-méridionale de l'Atlas tunisien, des configurations de ce type ont
été reconnues dans les séquences de dépôts du Crétacé (fig. 16) et ceux du Miocène de la
marge orientale (fig. 17).
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 55
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
II-2-6-1-3- Configuration en Toit de Bardeaux ou Shingled
La configuration de progradation en toit de Bardeaux ou Shingled se caractérise par
une succession de réflexions obliques et parallèles entre elles présentant de faibles pentes. Ces
réflexions se terminent vers la base en downlap et montrent au sommet des toplap. Cette
configuration correspond à des dépôts de progradation en environnements peu profonds tels
que les chenaux. Ce type de configuration se trouve dans les dépôts néogènes de la marge
orientale de la Tunisie (fig. 17).
II-2-6-1-4- Configuration en bosses et en creux ou
Hummockey
Cette configuration est très caractéristique et ressort nettement sur les profils
sismiques car elle se marque par des réflexions discontinues et subparallèles avec une forme
en bosses et en creux. Ces images sismiques qui traduisent l'instabilité de l'énergie du milieu
correspondent à des dépôts progradants en lobes caractérisant des milieux deltaïques ou de
paléopentes. Comme c'est le cas de certains dépôts miocènes de la marge orientale tunisienne
(fig 18).
II-2-6-2- Configuration en feuillets et en drapage de feuillets
Les faciès sismiques ayant une forme externe en feuillets, limités par des surfaces
planes ou gauches mais parallèles, s'observent à la fois au niveau de la plate-forme, ou du
remplissage de bassins. Elles sont constituées de réflexions parallèles provenant de strates qui
moulent la topographie sous-jacente (fig. 19). Cette configuration traduit une sédimentation
uniforme dans un milieu de très faible énergie. Les unités supérieures de la partie proximale
illustrent parfaitement ce caractère de sédimentation uniforme. Les réflexions sont très
continus, parallèles et conservent la forme initiale ondulée de la surface de dépôt.
II-2-6-3- Configuration de remplissage
Ce type de configuration est caractérisé par des structures d'onlap sur les bordures du
bassin. Ces faciès sismiques de remplissage constituent des dépôts qui comblent des
dépressions topographiques. Leur taille et leur caractère sismique peuvent être variés allant du
remplissage en milieu calme au remplissage chaotique lié à l'activité d'un chenal. On distingue
plusieurs types :
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 56
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 18: Configuration en bosses e creux dans le
Miocène du Sahel.
Fig. 19: Remplissage en Onlap du Plio-Quaternaire dans le fossé
dans le Golfe d’Hammamet.
Fig. 20: Remplissage en complexe du Pliocène du fossé Jriba -
Enifida - Golfe d’Hammamet.
II-2-6-3-1- Configuration en coin
Cette configuration montre un amincissement vers le centre de la dépression. Les
limites de la séquence sont marquées par des downlap à la base et des onlap au toit.
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 57
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Ce sont des dépôts de très faible énergie tels que les hémi-pélagites et les turbidites de
vases. Ces dépôts présentent en général une faible amplitude alors que ceux de la base d'un
prisme de progradations, présentent des faciès sismiques de plus forte amplitude du fait des
processus de condensation. En Tunisie; dans le golfe d'Hammamet, existent des remplissages
en coin dans les fossés d'âges plio-quaternaires (fig. 20).
II-2-6-3-2- Remplissage chaotique
Ce type de remplissage s'oppose au remplissage calme en onlap par la discontinuité
des réflexions et leurs mauvaises organisations. Cette configuration est souvent associée à des
remplissages de chenaux ou des structures de glissements associées à des canyons ou à des
creux des structures plissées ou diapiriques. Ce faciès est interprété comme étant dû à des
dépôts peu structurés présentant des contrastes lithologiques marqués et donc des dépôts de
forte énergie.
Au sein de certains bassins de la marge tunisienne, cette configuration se rencontre du
Jurassique jusqu'au Pliocène dans les gouttières des dépocentres (fig. 21 et 22).
II-2-6-3-4- Remplissage en configuration sigmoïde
Ce type de configuration est caractérisée par des réflexions sismiques se terminant en
downlap vers le bas de la pente du bottom set et présentant une épaisse partie médiane du fore
set et un amincissement de la partie amont du topset. Elle caractérise des dépôts de milieu à
faible énergie hydrodynamique. Cette configuration a été trouvée dans certaines séquences
jurassiques, crétacées et miocènes de la Tunisie centro-méridionale (fig.15) et orientale.
II-2-6-3-5- Remplissage complexe
Cette configuration est généralement associée à la présence de chenaux ou de cônes
sous-marins. L'ensemble des séquences de remplissage s'accumulent préférentiellement dans
les paléo-dépressions. En Tunisie, il existe des exemples spectaculaires tels que celui du fossé
plio-quaternaire de Jriba-Enfidha dans le golfe d'Hammamet (fig. 20).
II-2-6-3-6- Configuration en monticule
Les dépôts en monticule sont dus à des strates qui forment des élévations au dessus du
niveau général des strates environnantes. Ils s'opposent aux dépôts de remplissage puisqu'ils
traduisent la construction d'un relief par accumulation sédimentaire localisée; alors que dans
le remplissage il y a comblement. Les séries miocènes des bordures de grabens du Sahel
présentent ce type de configurations et sont caractéristiques par la formation de corps récifaux
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 58
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
ou parfois de méga-chenaux argilo-gréseux. Les anomalies sismiques associées aux intrusions
triasiques de la Tunisie centrale présentent ces configurations (fig. 23 et 24).
Fig. 21: Remplissage chaotique du Jurassique dans
un graben dans l’Atlas central.
Fig. 22: Remplissage chaotique dans une gouttière
sénonienne dans l’Atlas centro-méridionale.
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 59
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 23: Configuration en mont: dôme évaporitique et salifère du
Trias en Tunisie centrale
Fig. 24: Configuration en mont transparent du Miocène dans le golfe
d’Hammamet
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 60
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 25: Remplissage divergent du Miocène dans le graben de Mahdia -
Sahel
II-2-6-3-7- La configuration divergente
Ce type de configuration caractérise des dépôts en éventail dû à des milieux de
sédimentation à subsidence active et différentielle sur un plancher sédimentaire incliné et
basculé. C'est le cas, par exemple, des séquences miocènes dans les grabens de la marge
orientale du Sahel (fig. 25).
Chapitre II : La stratigraphie seismo-séquentielle 61
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
CHAPITRE III- LA STRATIGRAPHIE SEQUENTIELLE
III-1- LES LIMITES DE SEQUENCES
Les limites de séquences de dépôts ont été définies comme étant des surfaces de
discordances correspondantes à des surfaces d'érosion ou de lacunes sédimentaires de non
dépôts (MITCHUM et al., 1977). Ces surfaces constituent des limites de séquences de
différents ordres; 2ème ordre, 3ème ordre et para-séquences (WAGONER et al., 1987) et
correspondent à des érosions subaériennes ou sous-marines.
A partir du fait que ces surfaces d'érosion sont de deux types; il a été définit
(WAGONER et al., 1987) deux types de limites de séquences : l'une correspondantes aux
surfaces d'érosions totales de la plate-forme exondée, liée à la chute du niveau marin et
associée ainsi au prismes de bas niveaux ; c'est la limite séquentielle de type 1 (fig. 10). La
seconde limite séquentielle de type 2 correspond aux surfaces d'érosions partielles dues à une
exondation partielle de la plate-forme, liée à la remontée eustatique (fig. 10) et associée aux
prismes transgressifs de haut niveau marin.
III-2- LES CORTEGES SEDIMENTAIRES
Les cortèges sédimentaires ou "system tract" se définissent d'après la position des
dépôts entre le bassin et la plate-forme, leurs géométries séquentielles, leurs faciès et la limite
de séquences de 2ème ordre ou de 3ème ordre. On distingue essentiellement deux cortèges
sédimentaires associés à la limite séquentielle de type 1 qui sont; le cortège de bas niveau
marin ou lowstand system tract (LST) et le cortège de haut marin ou de highstand system tract
(HST) (fig. 10).
Les cortèges sédimentaires associés à la limite séquentielle de type 2 sont au nombre
de trois, à savoir; le cortège de bordure de plate-forme ou "shelf margin system tract"
(SMST), le cortège transgressif ou "transgressif system tract" (TST) et le cortège de haut
niveau marin ou "Highstand system tract" HST (fig. 10). Chaque cortège sédimentaire
représente une position de dépôts entre le bassin et la plate-forme qui est relative aux cycles
de chutes et de remontées eustatiques et se caractérise par des types et des milieux de dépôts
particuliers.
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 62
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
III-2-1- Les cortèges de bas niveau marin
Ils caractérisent les dépôts de la rupture de pente de la plate-forme et du fond de
bassin. On distingue dans les cas les plus complets de ces prismes de bas niveaux trois
ensembles de dépôts :
- les dépôts profonds du bas de bassin ou Lowstand basin floor fan (LSF); ce sont les
dépôts sous-marins de bas pente et de fond de bassin correspondant à la base du bas niveau
marin. Leur base correspond à la limite de séquence (séquence boundary ; SB) de type 1 (fig.
10). Alors que le toit de la séquence des cônes sous-marins est marqué par la surface de
downlap (downlap surface ; DLS).
Du point de vue sédimentaire, ces cônes sont formés de matériel siliciclastique ou
parfois carbonaté mis en place par des turbidites associées à l'érosion de canyons de la pente
et aux vallées fluviales incisées (incised valley fill IVF) sur la plate-forme.
- Les dépôts de pente (slope fan) se caractérisent par des ensembles turbiditiques qui
peuvent se trouver au milieu de talus ou à sa base (fig. 10).
- Les dépôts de bordures de bas niveau (Lowstand wedge ; SLW) se caractérisent sur
la bordure de bassin par les vallées incisées comblées ensuite et présentant ainsi des structures
d'onlap. Alors que sur la pente du bassin, elles se marquent par des remplissages de
progradations se terminant en downlap sur les dépôts de pentes et les basins floor fan (fig.
10).
Ces dépôts de bordures associées à la lente remontée eustatique présentent des para-
séquences de progradations et d'aggradations. Le toit de ces dépôts correspond au toit des
cortèges de bas niveau et coïncident avec la surface d'inondation marine maximale maximum
flooding surface (MFS) qui est appelée la surface transgressive "transgressive surface". Les
ensembles sédimentaires des dépôts de bordures de bas niveaux correspondent à des sables,
brèches de pente et carbonates de plates-formes bioclastiques ou récifale construites selon le
climat et donc l'importance des apports siliciclastiques.
III-2-2- Les cortèges de haut niveau marin
Les cortèges sédimentaires associés à la remontée eustatique du haut niveau marin se
compse essentiellement de trois ensembles : les cortèges de bordure de plate-forme, le cortège
transgressif et le cortège de haut niveau marin.
- Les dépôts de cortèges sédimentaires de bordure de plate-forme shelf margin system
tract ; (SMS) sont les plus bas niveaux associés à la limite de séquence type 2 (fig. 10). Ils
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 63
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
sont formés par un ou plusieurs ensembles de para-séquences progradantes à aggradantes qui
se terminent en onlap sur la limite séquentielle vers le continent et en downlap vers le bassin.
Le toit du cortège de bordure de plate-forme est limité par la surface transgressive qui
constitue la base du cortège du système transgressif. Les ensembles sédimentaires de la
bordure de plate-forme sont formés par des dépôts de pente, de carbonates bioclastiques ou
récifaux.
- Le cortège du système transgressif ou transgressif system tract (TST) est le terme
médian des limites séquentielles de type 1 et de typse 2 (fig. 10) et coïncident avec la
remontée rapide du niveau marin. Ces para-séquences se terminent en biseau d'aggradation
vers le continent et en biseau de progradation vers le bassin. Le toit du cortège transgressif est
la surface de downlap qui est la surface sur laquelle progrdent les séries. Elle correspond à la
surface du maximum d'innondation marquant le changement entre les para-séquences
retrogradantes et celles aggradantes. Les séries sédimentaires du cortège transgressif
comprennent ceux de la plate-forme supratidale et de la plate-forme externe pouvant être
formés par des environnements tidalitiques, carbonatés ou siliciclastiques selon le régime
climatique. La surface de condensation apparait dans le système transgressif et celui de haut
niveau distal (fig. 10). Elle correspond aux minces couches marines des dépôts hémi
pélagiques et pélagiques, au niveau de la plate-forme.
- Le cortège de haut niveau marin (highstand system tract ; HST) correspond aux
dépôts supérieurs des limites de séquences de type 1 et de type 2 (fig. 10). Il est constitué de
para-séquences aggradantes suivies par des paraséquences progrdantes dont les terminaisons
aggradent la limite de séquence vers le continent mais progradent vers le bassin, le toit du
cortège transgressif ou celui bas niveau marin (fig. 10). Ce cortège de haut niveau marin
correspond à la fin de la remontée et au début de la chute eustatique. Ces cortèges de haut
niveau marin est caractérisé par des ensembles argileux ou marneux parce qu'ils
correspondent aux produits accumulés dans les basses plaines littorales et le domaine littoral
qui proviennent de l'érosion régressive des parties amont des bassins d'alimentation des
fleuves.
III -3- CYCLES CHRONO-EUSTATIQUES
L'étude des marques passives a permis de dresser la charte des cycles et supercycles
eustatiques mésozoïques et cénozoïques à partir du Trias de valeur mondiale (MITCHUM et
al., 1977 et HAQ et al., 1987). Cette charte signale en particulier les périodes de mise en
place des prismes et des cortèges sédimentaires associés à ces cycles. Elle constitue un
support de travail efficace pour la stratigraphie séquentielle sismique.
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 64
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
En effet, l'analyse des séquences de dépôts sismiques par leurs terminaisons de
réflexions et leurs configurations géométriques permet de relier les surfaces des hauts et bas
niveaux marins aux surfaces des cycles et supercycles eustatiques mondiaux. Cependant, cette
relation n'est retrouvée de façon complète que dans les domaines où la vitesse de subsidence
est approximativement égale à la vitesse de remplissage sédimentaire de manière à ménager
un espace disponible suffisant pour permettre l'accumulation de tous les types de cortèges
sédimentaires.
Un remplissage traduit, en effet, l'équilibre entre la subsidence, l'apport sédimentaire
et le niveau eustatique dans un bassin donné. En réalité, sur le "terrain", nous avons affaire à
différents types de bassins donc à différentes subsidences et à différents flux d'apports
sédimentaires qui peuvent interférer dans le même stade du niveau eustatique. En particulier,
les bassins associés à une certaine activité tectonique qui joue directement sur la géométrie
des réceptacles et leurs subsidences peuvent réagir de manière très variable vis à vis de
l'eustatisme. C'est le cas de la marge tunisienne.
En Tunisie, nous aborderons cette problématique sur l'interaction tectonique -
séquence de dépôts - cycles eustatiques qui forment une trilogie dynamique complexe et
évolutive dans l'espace et dans le temps.
III - 4- SIGNIFICATION SEDIMENTAIRE ET PALEOGEOGRAPHIQUE DES
CONCEPTS DE LA STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Les structures et les faciès sismiques décelés sur les profils de sismique réflexion sont
l'image d'une part de l'agencement et de la répartition des strates des séquences de dépôts et
d'autre part de la nature lithologique de ces strates. En utilisant des données de puits pétroliers
assez rapprochés dans un même bassin, Vail et al., (1977, 1987) ont pu caler et calibrer d'une
part les faciès et les structures sismiques avec la lithologie et d'autre part les environnements
de dépôts associés. De là, en s'appuyant sur les modèles de cortèges sédimentaires actuels ils
ont proposé des modèles de stratigraphie séquentielle dans les milieux carbonatés (fig. 26 et
27), évaporitiques et siliciclastiques (SARG, 1988).
Le grand nombre de variantes pouvant exister en stratigraphie séquentielle selon les
différents degrés de l'apport sédimentaire, de la subsidence tectonique et des pulsations
eustatiques rend ce champ d'action assez vaste et varié.
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 65
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Fig. 26: cortèges sédimentaires et environnements carbonatés associés au
maximum de remontées eustatiques (Sarg, 1988).
Fig. 27: cortèges sédimentaires et environnements carbonatés associés aux
chutes eustatiques (Sarg, 1988).
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 66
DEUXIEME PARTIE : PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
D'après les études effectuées sur les séries mésozoïques et cénozoïques de subsurface
de la marge atlasique tunisienne, nous pouvons retenir en pratique les paramètres et les
significations essentielles donnant accès à la reconnaissance de l'agencement et des
environnements de dépôt des séquences identifiées.
Globalement en Tunisie, faute d'une maille serrée de puits, on peut prédire les
significations sédimentaires et environnementales, et en fonction des calibrages faits à partir
des études de terrain et au niveau des puits disséminés, des séquences de 2ème et 3ème ordre.
Ainsi, l'identification d'une séquence de dépôts limitée à la base et au toit par des
structures de Downlap de progradation ou de Onlap et Toplap d'aggradation ou de
rétrogradation dessine déjà l'évolution de l'espace disponible existant au moment des dépôts et
de la position de ces derniers par rapport au profil plate-forme-bassin.
La connaissance de la nature lithologique des dépôts au niveau des puits pétroliers et
des affleurements environnants permet d'habiller cette séquence. Cependant, comme c'est la
partie sommitale des séries; proche de la plate-forme qui se trouve le plus souvent en
affleurement, le développement des para-séquences et l'apparition de séquences nouvelles
vers les parties profondes des bassins, impose une reconstitution lithologique et
paléogéographique des séries en s'appuyant sur les modèles de stratigraphie séquentielle
établis selon les environnements carbonatés ou silicoclastiques. Ceci permet de combler la
déficience en données de puits pétroliers ou d'affleurements dans bon nombre de zones de
l'Atlas tunisien.
Cette identification géométrique et faciologique des séquences et des paraséquences de
dépôts nous de cerner les zones de plates-formes et de bordures de bassins; éléments
importants pour la mise en évidence par exemple de structures pétrolières nouvelles.
Chapitre III: La stratigraphie séquentielle 67
DEUXIEME PARTIE: PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
CHAPITRE IV- LA SEISMO-TECTONIQUE
Après avoir calé, reconnu et corrélé les horizons sismiques des profils de subsurface,
l'analyse structurale des sections sismiques passe par une analyse de la fracturation de ces
horizons et la recherche des structures tectoniques au niveau de la plate-forme et du bassin.
Dans un deuxième temps, la cartographie géophysique par le biais des cartes isochrones et
isopaques-temps des horizons sismiques, permettra de suivre l'orientation, l'agencement et la
répartition spatiale et temporelle de ces structures tectoniques.
IV-1- LA FRACTURATION DE SUBSURFACE
Sur une section sismique, la détection d'une faille correspond à une rupture ou à une
flexuration de la continuité d'un horizon sismique donné ou d'une série d'horizons. La
détection d'une faille est d'autant plus difficile que son rejet est plus faible car n'oublions pas
que le degré de résolution sismique entre deux horizons ou deux amplitudes données est de
l'ordre de 25 à 30 mètres en moyenne et selon les vitesses et la fréquence des ondes sismiques
utilisées. Avec un maillage sismique adéquat, la cartographie isochrone des horizons définira
mieux l'existence des failles et leur corrélation latérale.
IV-1-1- Les failles normales
Comme sur le terrain, les failles normales en sismique présentent un rejet normal
décalant l'horizon ou la série d'horizons affectés par cette faille (fig. 28). Ces failles doivent
être corrélées à la verticale et suivies le long de la colonne sédimentaire affectée.
Fig. 28: Structures de plate-forme, graben et horst d’âge Miocène dans le Sahel.
Chapitre IV : La seismo-tectonique 68
DEUXIEME PARTIE: PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
Ceci est très important pour l'interprétation géodynamique ultérieure, car on a souvent
tendance à arrêter ces failles seulement au niveau des horizons pointés. Sur la marge centrale
et orientale de la Tunisie ce type de failles est très fréquent, accompagnant les couloirs
tectoniques majeurs (fig. 28).
IV-1-2- Les failles inverses
Ce type de failles est généralement difficile à mettre en évidence sur une section
sismique surtout lorsque le rejet est égal ou en dessous du degré de résolution sismique.
Jusqu'à ces dernières années, souvent ces failles ont été interprétées parfois comme des failles
normales. En général, l'existence d'un crochon ou d'une flexuration à tendance inverse
accompagne toujours ce rejet inverse. Beaucoup d'exemples de ces failles existent le long des
structures plissées de l'Atlas centro-méridional et oriental de la Tunisie (fig. 29).
Fig. 29: Structure de pli-faille dans l’Atlas méridional.
Fig. 30: Structure de pli dans le Sahel.
Chapitre IV : La seismo-tectonique 69
DEUXIEME PARTIE: PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
IV-1-3- Les failles de décrochements en rameaux : Flower-structures
C'est le type de fracturation qui constitue les couloirs tectoniques majeurs de la marge
tunisienne en subsurface (BEDIR et al., 1992 a et b). Ils sont caractéristiques des mouvements
latéraux de décrochements "Flower structures" (HARDING, 1882). Ce réseau prend naissance
sur une faille majeure née en profondeur et qui se ramifie verticalement et latéralement au
sein de la couverture sédimentaire. Les failles ramifiées possèdent des rejets soit normaux soit
inverses.
En Tunisie, nous les avons identifiés pour la première fois en subsurface (BEDIR,
1985 et BEDIR et al., 1987) sur la marge du Sahel (fig. 28). Depuis elles ont été étudiées avec
détail et leur rôle dans la structuration des bassins sédimentaires en Tunisie a été souligné
(BEDIR, 1988 ; BOBIER et al., 1991 et BEDIR et al., 1992). Il est très important d'identifier
ce type de failles et de les carter avec assez de précision pour en connaître la géométrie, le
style d'évolution géodynamique et déterminer le type de bassins associés.
IV-1-3-1- Failles en rameaux subverticales
Ces structures en rameaux prennent donc naissance sur un accident profond
subvertical qui est caractéristique des mouvements latéraux décrochant purs. C'est le cas en
Tunisie, des failles de Gafsa et de Sidi Ali Ben Oun (BEDIR et al., 1992 et ZITOUNI et al.,
1993) et. de certains couloirs de failles du Sahel (BEDIR et al., 1992). Ces failles donnent
naissance à des bassins losangiques de type pull-a-part et des blocs basculés, avec horsts et
grabens ou des bassins en gouttières synclinales de plis d'entraînement.
IV-1-3-2- Failles en rameaux listriques
Ce type de failles prend naissance sur un accident profond arqué de type listrique à
faible angle d'inclinaison par rapport à la couverture sédimentaire. Ce type de failles,
dénommé failles de détachements a été mis en évidence en Tunisie dans le Sahel (TOUATI,
1985 ; BEDIR et al., 1990 ; BEDIR et al., 1991 et BEDIR et al., 1992). Elles donnent
naissance à des structures de grabens et demi-grabens au sein des rameaux de failles.
IV-1-4- Cartographie de la fracturation
Une fois les sections sismiques ont été calibrées et analysées, une cartographie
isopaque et isochrone d'un horizon donné ou d'une série d'horizon s'effectue dans le domaine
d'étude. Cette cartographie permet la corrélation des failles et leurs suivis pour voir leur
répartition spatiale et celle du réseau d'accidents conjuguée affectant les niveaux concernés de
la couverture sédimentaire.
Chapitre IV : La seismo-tectonique 70
DEUXIEME PARTIE: PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
IV-2- LES STRUCTURES EN SUBSURFACE
Dans la majorité des cas la fracturation de subsurface gère et organise l'architecture de
la couverture sédimentaire en structure tectonique de plate-formes, horsts, grabens, plis...etc,
d'où découleront les types de bassins sédimentaires. A l'échelle sismique, ces structures
apparaissent sans difficulté. Leurs formes, extensions et orientations sont primordiales pour
les reconstitutions géodynamiques des bassins. La cartographie isochrone en isobathe d'un
horizon ou d'une série d'horizons donnés permet de suivre l'évolution spatiale et temporelle de
ces structures.
IV-2-1- Les plis
Ce sont des structures de plissements de la couverture sédimentaire possédant un axe
central dit charnière et deux flancs latéraux à pente opposée se raccordant aux gouttières
synclinales. Leurs cartographie en isochrone permet de suivre leurs axes et leurs orientations
par rapport aux structures adjacentes. Ces plis sont induits souvent le long des couloirs de
failles de décrochements en fleurs et présentent une seule terminaison périclinale. Leurs
disposition par rapport aux failles donne la cinématique des couloirs de failles. Ces structures
sont très répandues en subsurface aussi bien sur la marge centrale qu'orientale et souvent
associés aux couloirs tectoniques (fig. 29 et 30).
IV-2-2- Les grabens
Ce sont des structures d'effondrement kilométriques et déca-kilométriques, limités par
deux failles normales à rejet égal ou inégal (demi-graben). Ils sont souvent associés aux
couloirs de failles profondes. L'orientation de leurs dépocentres dans l'espace et dans le temps
donne une idée sur les mouvements qui leurs ont donné naissance. Ces structures sont aussi
associées aux failles en fleurs ou en rameaux. Elles caractérisent surtout la marge orientale de
la Tunisie depuis le Crétacé jusqu'au Néogène (fig. 28).
IV-2-3- Les horsts
Ce sont des structures de soulèvement de la couverture sédimentaire limités par deux
failles normales d'étendue kilométrique à déca-kilométrique. Elles sont associées aussi aux
couloirs tectoniques et constituent en général les zones d'accommodations intermédiaires
entre les structures d'effondrement en grabens. Elles caractérisent certains blocs de la marge
tunisienne depuis le Trias jusqu'au Quaternaire (fig. 28).
Chapitre IV : La seismo-tectonique 71
DEUXIEME PARTIE: PRINCIPES ET METHODES ANALYTIQUES
IV-2-4- Les plates-formes
En général, ce sont des structures d’étendues plus importantes que les horsts et les
grabens possédant souvent des angles d'inclinaison variables dus à leurs basculements. Elles
sont limitées par des couloirs de failles majeures qui en constituent les limites. Elles occupent
la majorité de l'espace des zones centro-méridionales de la marge de la Tunisie (fig. 28)
Chapitre IV : La seismo-tectonique 72
Troisième Partie
MECANISMES GEODYNAMIQUES
ANALYSES SEISMO-
STRATIGRAPHIQUES ET SEISMO-
TECTONIQUES
73
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
CHAPITRE I : STRUCTURATION PROFONDE ET
ZONATION TECTONIQUE
L'importance du cadre tectonique de subsurface des bassins mésozoïques et
cénozoïques de la marge tunisienne, dans les mécanismes de leur formation et de leur
évolution, déjà mis en évidence en subsurface dans la zone orientale du Sahel (BEDIR, 1988
et BEDIR et al., 1992a), m'a amené à commencer tout d'abord par analyser et cartographier
les réseaux de failles majeures et leurs blocs tectoniques associés affectant les séries
sédimentaires de subsurface.
Les cartes tectoniques de subsurface ont été établies à des échelles 1/100.000ème et
1/200.000ème puis 1/500.000ème. Elles ont concerné la zone centro-méridionale de l'Atlas
tunisien depuis Sidi Ali Ben Oun au Nord jusqu'à la chaîne nord des Chotts au Sud et la zone
orientale depuis le Cap Bon au Nord jusqu'au Golfe de Gabès au Sud. Elles correspondent à la
cartographie des failles profondes et des structures plissées affectant les horizons sismiques
sommitaux des profils. Les plus proches de la surface correspondant au zéro temps sismique.
Ces cartes présentent la marge tunisienne comme une mosaïque de blocs quadratiques
ou triangulaires délimités par d'importants couloirs de failles majeures enracinés en
profondeurs et essentiellement orientés E-W et N-S et (fig. 31). En fait, ces couloirs de failles
montrent des ramifications de différents ordres.
I- L'ATLAS CENTRO-MERIDIONAL
L'analyse de la structuration profonde de la couverture sédimentaire mésozoïque et
cénozoïque de la marge atlasique tunisienne doit passer par l'accès aux séries les plus
anciennes du Trias et du Jurassique. La zone propice et accessible à ces séries par la sismique
et les puits pétroliers, outre les affleurements, est l'Atlas centro-méridional de la Tunisie où
les plaines séparant les massifs des Jebels permettent d'avoir les images profondes des séries
basales du Mésozoïque. La partie orientale de la marge tunisienne permet un accès profond à
la limite des séries du Crétacé inférieur ou du Jurassique. Ainsi, la grande couverture spatiale
et profonde de cette marge nous permettra de voir sa structuration et son évolution
géodynamique du Mésozoïque au Cénozoïque.
L'analyse des profils sismiques, des puits pétroliers et la cartographie géophysique
isochrone et isopaque ont permis de faire ressortir les différents linéaments et blocs
tectoniques ayant structuré la couverture à partir du Trias dans ces régions (fig. 31).
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 74
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 31 : Carte tectonique de subsurface de la Tunisie centro-méridionale
(BEDIR, 1995).
I-1- LES COULOIRS TECTONIQUES EN RAMEAUX :
IDENTIFICATION ET CARACTERISTIQUES
Les profils sismiques de l'Atlas centro-méridional montrent l'existence de failles
profondes s'enracinant au niveau du socle acoustique anté-triasique et atteignant les séries
superficielles du Néogène et du Quaternaire (fig. 32 et 33) pour les systèmes de ramifications
progressives.
Les failles délimitent des blocs de bassin de grabens, de plates-formes et de gouttières
synclinales de plis et dessinent ainsi une mosaïque quadratique et losangique de ces blocs
(fig. 31).
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 75
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 32: Couloir de failles en rameaux de Gafsa à intrusion triasique et bassins associés.
Du Nord au Sud, le couloir de failles N180 de Sidi Ali Ben Oun (SABO) ; connu en
surface au niveau des jebels Kharrouba, Sidi Ali Ben Oun, Sidi Aïch et Souinia constitue un
linéament structural majeur dans cette zone. Cet accident subvertical se prolonge vers le Sud
jusqu'au couloir N120 de Gafsa où il se termine par un système de failles en queue de cheval
de direction N60 et N120 se branchant sur l'accident principal (fig.34). Il prend naissance en
profondeur à partir des séries anté-triasiques (fig 34 33) et atteint la surface selon une
géométrie subverticale. Il présente localement en profondeur des rameaux de failles dans les
séquences au Trias scellés par le Jurassique (fig. 33).
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 76
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 33: Structures tectoniques en rameaux anciens et récents des couloirs de failles N60
de Sidi Ali Ben Oun dans l’Atlas central de la Tunisie.
La cartographie isochrone et isopaque des horizons limites des séquences triasiques,
jurassiques, crétacées et tertiaires permet de suivre la disposition de ces couloirs de failles,
leurs directions, leurs ampleurs, leurs géométries et leurs cinématiques. Les couloirs de failles
majeurs mis en évidence en subsurface ont des directions de N60, N90, N120-140 et N180
(fig. 34).
Ce couloir représente un trait structural et tectonique majeur dans l'Atlas central à
partir duquel prennent naissance les failles N60 de Sidi Aïch et Souinia (fig. 34) à l'Ouest et
N120 de Orbata, Majoura et Meloussi - Meknassy - Mezzouna à l'Est. Ces derniers couloirs
au niveau desquels s'introduit le Trias salifère montrent aussi une géométrie profonde en
rameaux et s'enracinent dans le socle acoustique anté-Trias (fig. 35).
A l'Est, l'axe Nord-Sud limite le bloc central de l'Atlas et représente lui-même un
second couloir tectonique ancien et profond le long duquel les séries mésozoïques ont été
étroitement structurées par son activité (BUROLLET, 1956 ; ABBES, 1981 ; HALLER 1983
; OUALI, 1984, et YAدCH, 1984) et en particulier par les intrusions du Trias salifère. En
coupe sismique il se présente en un couloir tectonique subvertical à failles inverses à vergence
Est (fig 36).
Au Sud, le couloir tectonique N120 de Gafsa (ROUX, 1911 ; CAIRE, 1977 ;
ZARGOUNI, 1985 ; BOUKADI, 1993) limite le bloc central et constitue un important couloir
de failles subverticales profond (BEDIR et al., 1992) (fig. 32), s'étendant de l'Algérie
(AISSAOUI, 1978 et KAZI TANI, 1986) jusqu'au Jeffara.
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 77
78
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 34: Carte en isochrone de l’horizon toit du Trias dans l’Atlas central de Sidi Ali Ben Oun – Gafsa.
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 35: Profil sismique du couloir de failles N120 de Majoura – Mech et bassins associés
dans l’Atlas centro-méridionale.
Fig. 36: Profil sismique du couloir de failles inverses de l’Axe Nord-Sud et inversions
mésozoïques et cénozoïques associées en Tunisie centrale.
En profondeur, ce couloir montre une architecture en fleur ou en rameaux subvertical
le long duquel apparaît une intrusion de Trias (fig. 32) qui semble fonctionner au moins
depuis le Jurassique d'après la répartition séquentielle et bassinale des séries sédimentaires
(BEDIR et al., 1992 et BOUKADI et al., 1992). La faille de Gafsa montre aussi des
inversions de rejets verticaux en ciseaux marqués en surface par la surrection du Jebel Ben
Younès au Nord et celui de Bou Ramli au Sud respectivement au Sud-Est et au Nord-Ouest.
Cette inversion de rejet passe par une zone haute d'accomodation à la jonction des Jebels Ben
Younès et Bou Ramli à Kef Echougga.
Comparablement au couloir de Sidi Ali Ben Oun, un système de failles orientées en
N60 se branche sur le couloir de Gafsa. Ce sont les failles de la chaîne de Moularès
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 79
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
(BOUKADI, 1994), de la Chaîne de Metaloui - Stah et celle de Séhib - Berda (ZARGOUNI,
1985) (fig. 31 et 33).
I-2- LES STRUCTURES ASSOCIEES
Les structures tectoniques associées aux couloirs de failles de la marge atlasique sont
les plis longeant les failles bordières tels que ceux de Sidi Aïch, Sidi Ali Ben Oun, Souinia,
Moularès...etc (fig. 33 et 34). Ces plis sont pour la plupart incomplets et possèdent une seule
terminaison périclinale. Ils sont tous nés sur des failles profondes et anciennes (BEDIR et al.,
1992), comme il sera détaillé plus loin.
Entre les plis de l'Atlas centro-méridional, les structures de plaines, les plates-formes
et les grabens anciens, et récents, sont eux aussi limitées par les bordures faillées des couloirs
tectoniques comme il est observé sur les coupes sismiques de la région (fig. 33 et 37) et
montrent en profondeur des structures de blocs basculés.
Fig. 37: Profil sismique du bassin de Guettar à couloirs de failles en rameaux E-W et N60 dans
l’Atlas méridional de Gafsa.
La géométrie et la disposition verticale et latérale des couloirs de failles et des
structures associées de bassins et de zones hautes de plis, dénotent une nature décrochante de
ces systèmes tectoniques jouant depuis le Trias et dont les composantes tectoniques de la
fracturation sont similaires à celles des modèles de décrochements de Riedels où les failles
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 80
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
conjuguées aux couloirs majeurs N120 et N180 sont actuellement de directions N60, N90 et
N120, correspondant aux fractures de type P, R et R'.
Le rôle du Trias évaporitique et salifère à l'endroit des couloirs de failles est très
important dans l'évolution tectonique et bassinale des remplissages séquentiels et de
l'interférence de l'eustatisme et de la sédimentation sur cette marge.
II- LA MARGE ORIENTALE
Au niveau de la marge du Sahel et du bloc pélagien, la carte tectonique de subsurface
montre l'existence d'un morcellement tectonique en couloirs de failles de directions majeures
N90-120 et N160-180 (fig. 38). Ce réseau, détecté par les analyses des profils sismiques et
des cartes isochrones et isopaques des séries mésozoïques et cénozoïques sur lesquels nous y
reviendrons en détail plus loin, dessine une mosaïque quadratique à laquelle sont associées les
structures plissées, de plates-formes et de grabens
II-1- LES COULOIRS TECTONIQUES EN RAMEAUX
IDENTIFICATION ET CARACTERISTIQUES
Les couloirs de failles de la marge orientale ont une géométrie serpentiforme d'échelle
décakilométrique et présentent des bifurcations en relais aux zones d'intersections (fig. 38).
Du Nord au Sud, nous dénombrons les couloirs tectoniques sensiblement E-W de
Tazoghrane-Haouaria, Hammamet, Kairouan-Sousse, Kuriate, Chorbane-Mahdia et de
Sebkhet Mecheguig et les couloirs sub-méridiens de Draa Essouatir, Grombalia - Enfidha -
Zéramdine - El Jem, Halk El Menzel et Bir Ali Ben Khlifa-Henchir Keskes (fig. 38).
L'importance de ces couloirs de failles réside dans l'ampleur de leur extension latérale
et verticale. En effet, ils parcourent des centaines de kilomètres du Nord au Sud et de l'Ouest à
l'Est de la marge (fig.38), selon des systèmes de relais.
En profondeur, les coupes sismiques montrent que les failles bordières de ces couloirs
s'enracinent très profondément dans les séries anté-crétacées (fig. 39) anté-jurassiques et
triasiques (fig. 40).
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 81
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 38 : Carte tectonique de subsurface de la Tunisie orientale.
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 82
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
Fig. 39 : Profil sismique du couloir de failles listriques en rameaux N90 de Mahdia dans le
Sahel.
Ce sont donc des linéaments régionaux à l'échelle de toute la couverture sédimentaire,
similaires à ceux de la partie ouest de la marge atlasique centro-méridionale. Les rejets
verticaux de ces failles peuvent être très importants alors que la composante latérale est aussi
non négligeable. Ces rejets sont inversés le long de ces couloirs de failles passant par des
zones hautes d'accomodations comme c'est le cas du couloir E-W de Mahdia et N-S d'El Jem
(BEDIR et al., 1992)
Fig. 40: Profil sismique du couloir de failles N120 en rameaux à intrusion
triasique de Sidi El Kilani et bassins associés dans le Sahel.
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 83
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
L'architecture verticale (fig. 39 et 40) et latérale (fig. 38) des failles de ces couloirs est
caractérisée par la ramification en branches ou en fleurs (BEDIR, 1988 et BEDIR et al.,
1992). Certains rameaux se trouvent souvent scellés et repris latéralement par un nouveau
système de failles (fig. 41) branchés toujours sur l'accident majeur du couloir (BEDIR, 1990
et BEDIR et al., 1992).
Fig. 41: Profil sismique du couloir de failles listriques en rameaux N-S d’El Jem
dans le Sahel.
Sur ces couloirs, il y a toujours une faille principale majeure sur laquelle se branchent
les autres failles rameaux. Dans certains cas de failles subverticales, les rameaux se
développent en structures de Palmiers tels que les couloirs de failles N120 de Sidi El Kilani
(SLK).
Cette géométrie caractérise les décrochements (HARDING, 1983) dont certains
rameaux connus sous le nom classique "de queue de cheval" à la terminaison des
décrochements. L'autre type de faille est représenté par les failles listriques qui développent
leurs rameaux sur la partie interne concave du miroir telle que les failles E-W de Mahdia et N-
S d'El jem (fig. 39 et 41).
Ce sont les rameaux de failles secondaires qui représentent en cartographie les failles
conjuguées obliques, de différentes directions N60, N140 ou autres, qui se branchent sur les
bordures externes et internes des failles principales des couloirs (fig. 38). Ce sont les Riedels
des décrochements qui seront discutés plus loin.
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 84
TROISIEME PARTIE: MECANISMES GEODYNAMIQUES
II-2- LES STRUCTURES ASSOCIEES
Les structures associées à ces couloirs de failles sont représentées aussi bien par des
plis, des grabens et des plates-formes internes aux couloirs que celles externes à ces derniers.
Les plis de la marge orientale se disposent globalement en relais droits sur les couloirs
E-W et en relais gauche sur les couloirs N-S. (fig. 38).
Les plates-formes se trouvent souvent situées entre les couloirs tectoniques et
occupent la plus grande étendue de surface (fig. 38).
Les structures en grabens se trouvent au sein des rameaux des couloirs de failles. En
outre, des structures de dômes de Trias salifère apparaissent au droit de certains couloirs
tectoniques (fig. 40), surtout dans la partie ouest de cette marge.
La géométrie des couloirs de failles de cette marge aussi bien en profondeur qu'en
surface, l'orientation de la fracturation associée des rameaux de failles et des structures de plis
dénotent en premier abord, l'importance des mouvements latéraux obliques le long des failles
principales de ces couloirs en plus des jeux verticaux parfois très importants.
Les mouvements tectoniques de compressions et de distensions sont accompagnés par
une composante latérale manifeste qui jouera un rôle important dans la structuration des
bassins de la marge pendant le Mésozoïque et le Cénozoïque.
Chapitre I : Structuration profonde et zonation tectonique 85
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE II : LE TRIAS
TUNISIE CENTRO-MERIDIONALE
I- INTRODUCTION
Les séries sédimentaires du Trias, bien que leurs faciès et leurs lithologies aient été
largement décrits dans le domaine de la plate-forme saharienne (BUSSON, 1967 et BEN
ISMAIL, 1992), ils sont moins accessibles et moins connus dans les forages de puits
pétroliers de l'Atlas tunisien et dans le Sahel ainsi qu'au niveau des affleurements des
intrusions diapiriques du Centre et du Nord (PERTHUISOT et al., 1990), leurs répartitions et
leurs structurations tectoniques sont encore mal cernées.
Certains travaux récents ont permis de montrer que dans le Sud tunisien les dépôts du
Trias présentaient une succession séquentielle de cortèges de bas et haut niveaux marins
(PEYBERNES et al., 1992) . Au Nord, ces dépôts étaient distribués spatialement selon une
mosaïque de blocs contrôlés par des failles bordières de nature décrochante et de directions
NE-SW, N-S et E-W (ADIL, 1993), et que la forme des affleurements obéissait en fait à la
logique de dépôt de la stratigraphie séquentielle et de la répartition bassinale géodynamique.
Dans le présent travail, nous avons essayé d'identifier dans les domaines de la Tunisie
centrale et orientale, les séries du Trias,. Au début, il apparaissait difficile d'aborder l'étude de
ces séries en subsurface mais au cours de l'avancement des analyses seismo-stratigraphiques
et tectoniques, il s'est avéré possible de cerner ces séries de la base au toit. Cette identification
a été possible grâce d'une part à l'existence de certains blocs exhaussés au niveau desquels la
résolution sismique pouvait permettre l'accès aux séries triasiques et d'autre part, par le fait
que certains puits ayant traversé le Trias salifère et/ou évaporitique et même carbonaté, il était
possible de caler le Trias moyen et supérieur. En ce qui concerne la base du Trias, elle est
marquée par une discordance des réponses sismiques sur un socle acoustique pouvant
correspondre au substratum paléozoïque.
II- LES DONNEES DE PUITS PETROLIERS
La série du Trias a été traversée dans les puits pétroliers : de Ben Kheir-1 (fig. 42)
situé sur la structure plissée de Ben Kheir, et de Kharrouba-1, foré sur la plate-forme qui
sépare les Jebels Meloussi et Bouhedma. Ces deux puits ont rencontré sous les carbonates de
la Formation Nara du Jurassique, respectivement environs 1700 mètres et 2710 mètres de
séries triasiques (fig. 42).
Chapitre II : Le Trias 86
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 42: Corrélations E-W des puits pétroliers de l’Atlas centro-méridionale.
Chapitre II : Le Trias 87
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Dans le puits de Ben Kheir-1, la série triasique se compose d'une alternance
d'évaporites et de sels avec des intercalations argileuses et dolomitiques (fig. 42). Dans le
puits de Kharrouba-1, ces mêmes ensembles évaporitiques et salifères datées du Trias
supérieur ont une épaisseur de 2310 mètres environ et sont suivis à la base par 400 mètres
environ de calcaires et d'argiles d'âges Trias supérieur (AGIP, 1985 ; AISSAOUI, 1989).
Cette succession rappelle celle du Trias du Sud qui est composé du sommet à la base
d'ensembles évaporitiques, carbonatées et enfin gréseux.
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Le calage des séries triasiques sur les profils sismiques, par les puits de Kharrouba
(fig. 43) et de Ben Kheir a permis de suivre l'horizon "toit" du Trias qui sur plusieurs blocs
structuraux, est déformé en antiforme par le bombement des séries évaporitiques et salifères
sommitales (fig. 35).
Chapitre II : Le Trias 88
Chapitre II : Le Trias
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 43 : Profil sismique de calage du puits Kharrouba-1 sur la plate forme de Majoura.
89
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
L'analyse seismo-séquentielle des dépôts triasiques a été possible dans le domaine de Sidi
Aïch - Souinia où la résolution sismique permet de repérer aussi à la base une discordance
angulaire du plancher du Trias sur un socle acoustique caractéristique correspondant très
probablement aux séries paléozoïques (fig. 44).
Cette analyse est représentée sur les deux profils sismiques ; GSB 225 (fig. 44, L10) et
GSB 214 (fig. 45, L23).
Entre la base et le toit du Trias, on peut distinguer cinq (5) superséquences sismiques
réparties entre les zones de plates-formes et les grabens (fig. 44).
Fig. 44: Les séquences sismiques Mésozoiques dans le bloc de Sidi Aich – Souinia.
Chapitre II : Le Trias 90
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 45: Les séquences sismiques Mésozoïques dans le bloc de Majoura.
III-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE TRIASIQUE T 1
Cette première superséquence triasique inférieure est limitée à la base par un doublet
sismique discordant et diffus, de forte et faible amplitude et au dessous duquel les réponses
acoustiques deviennent très faibles et diffuses (fig. 44), marquant la présence d'un socle
acoustique. Deux séquences de troisième ordre peuvent s'identifier au sein de cette
superséquence (fig. 45); la première à dominance de faciès discontinu et transparent à
amplitude variable alors que la seconde est caractérisée par un faciès à plus forte amplitude et
à bonne continuité (fig. 44 et 45). cette superséquence montre une variabilité de faciès entre la
plate-forme et le bassin où apparaissent des horizons discontinus en downlap qui
marqueraient des progradations (fig. 44). Elle est limitée au toit par un doublet sismique en
onlap/toplap de forte amplitude (fig. 44) et subparallèle. Ces caractères dénotent une certaine
énergie du milieu de dépôt pouvant correspondre aux dépôts argilo-gréseux et carbonatés du
Trias inférieur. Au niveau de cette première superséquence du Trias, on note bien déjà des
effondrements et des ouvertures en grabens dans le domaine de Sidi Aïch (Fig. 44).
III-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE TRIASIQUE T 2
La deuxième superséquence de 2ème ordre est limitée aussi, à la base et au toit par
deux doublets sismiques de fortes amplitudes (fig. 44 et 45) soulignant des structures de «
onlap/toplap » d'aggradation. Le faciès sismique est marqué par des horizons discontinus
d'amplitude variable montrant clairement par endroits des structures de downlap de
Chapitre II : Le Trias 91
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
progradations (fig. 44) qui peuvent correspondre aux dépôts gréseux du Trias. Le milieu de
dépôt est similaire à celui de la première superséquence T1, à savoir un milieu caractérisé par
des apports siliciclastiques progradants importants, traduisant une énergie relativement forte,
limités par des dépôts plus homogènes mis en place dans un contexte sans doute de plus haut
niveau marin d'énergie plus faible.
A la limite de la plate-forme faillée et du graben, apparaissent des horizons sismiques
de plus fortes amplitudes montrant des bombements similaires à ceux de la première
superséquence T1 qui permettent de considérer qu'il s'agit probablement de constructions
carbonatées récifales.
III-3- SUPERSEQUENCE SISMIQUE TRIASIQUE T 3
Les horizons sismiques de la troisième superséquence de dépôt sont caractérisés par de
plus fortes amplitudes des réponses sismiques et une meilleure continuité (fig. 44 et 45),
accompagnés par une prédominance de faciès parallèle. Cette troisième superséquence est
formée par deux séquences de 3ème ordre bienvisibles sur les profils sismiques (fig. 44 et 45)
.La première possède un faciès plus ou moins transparent et montrant des discontinuités (fig.
44 et 45), alors que la seconde séquence se caractérise par un triplet d'horizons sismiques
continus et à forte amplitudes (fig. 44 et 45). Ces caractères montrent que le milieux de dépôts
contraste avec celui qui prévalait durant la mise en place des deux premières superséquences.
Il s'agirait de dépôts de plate-forme de faible énergie hydrodynamique, correspondant très
probablement aux ensembles marno-carbonatés du Trias moyen.
Cette superséquence du Trias moyen révèle un important effondrement et l'ouverture
des grabens de Sidi Aïch et de Souinia (fig. 44). En effet, les dépôts montrent un
épaississement vers les blocs effondrés au niveau des grabens et un changement de faciès
sismiques (fig. 44).
III-4- SUPERSEQUENCE SISMIQUE TRIASIQUE T 4
Sur la plate-forme (fig. 44), cette superséquence présente les mêmes caractéristiques
géométriques et faciologiques sismiques que T3. Cependant vers le graben, elle s'en distingue
par un faciès sismique marqué par une discontinuité des horizons et une variabilité des
amplitudes accompagnées de structures de downlap de progradations. Ceci dénote des dépôts
à énergie variables de bas niveaux marins guidés clairement par les ruptures de pentes des
failles d'effondrement du graben (fig. 44). Ces dépôts doivent correspondre à des décharges
détritiques formant sans doute les ensembles gréseux accompagnant les évaporites et les sels
du Trias supérieur rencontrés dans les puits pétroliers (fig. 42). D'autant plus que les horizons
sismiques de T4 présentent des épaississements assez marqués dans le graben.
Chapitre II : Le Trias 92
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Sur les autres lignes sismiques des blocs de Sidi Aïch - Souinia (GSB 243) (fig. 46,
L24) et de Majoura (GSB 214) (fig. 45, L23), cette superséquence contraste avec la
superséquence T3 par son faciès nettement plus transparent (fig. 50), correspondant aux
évaporites et sels du Trias supérieur et formant des bombements caractéristiques du stade
pillow des dômes de sels (fig. 45 et 46). Dans certaines zones la superséquence T4 peut être
découpée en deux séquences de dépôts de troisième ordre (fig. 44, 45 et 46) où la première
séquence montre un faciès plus transparent et plus discontinu que celui de la seconde
séquence dont les horizons sismiques sont plus continus et de plus forte amplitude.
Chapitre II : Le Trias 93
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre II : Le Trias 94
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-5- SUPERSEQUENCE SISMIQUE TRIASIQUE T5
Cette superséquence représente les derniers ensembles de dépôts du Trias et
correspondrait au Trias supérieur. Elle montre le long de certaines structures faillées des
bombements dûs à la formation de pillow au dépend de ses dépôts d'évaporites et de sel,
rencontrés dans les puits pétroliers de la région (fig. 44, 45 et 46). La dernière superséquence
du Trias peut être subdivisée en deux séquences de dépôts de 3ème ordre (fig. 44, 45 et 46).
La première séquence montre un faciès sismique variable à dominance transparente alors que
la seconde séquence présente des horizons sismiques plus continus et de plus forte amplitude.
Sur la plate-forme, les horizons sismiques de T5 présentent une variabilité d'amplitude
et une continuité moyenne et localement un faciès plus transparent. Le toit de cette
superséquence est marqué par des horizons sismiques parallèles de fortes amplitudes et
disposés en toplap (fig. 44). Ils correspondraient au passage Trias - Jurassique représenté par
le passage des évaporites aux carbonates de plate-forme de la Formation Nara. Dans les blocs
effondrés, le faciès sismique change et devient plus discontinu montrant des structures de
downlap progradant vers le centre du graben (fig. 44). La superséquence T5 du Trias
supérieur marque aussi une accentuation des effondrements des grabens (fig. 44).
Sur la marge orientale du Sahel, les profils sismiques de la zone ouest, montrent une
structuration du Trias similaire à celle de la Tunisie centro-méridionale. En effet, les
superséquences T1 à T5 sont bien visibles (fig. 47, L25) ainsi que les intumescences en salt
pillow des évaporites et sels des séquences supérieures (fig. 47)
Fig. 47: Profil sismique montrant les séquences triasiques, les structures de dômes
et les anomalies sismiques récifales (?) dans la zone ouest du Sahel.
Chapitre II : Le Trias 95
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
IV- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES AVEC
LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
Les cinq superséquences de 2ème ordre mises en évidence sur les blocs de plates-
formes et de grabens du domaine de la Tunisie centrale et orientale peuvent être corrélées
avec les cinq supercyles eustatiques figurés sur la charte globale (fig. 48). La première
superséquence T1 du Trias inférieur correspondrait au Scythien - Anisien inférieur du
supercycle ABSAROKA (AC1), limité par les discontinuités chrono-eustatiques 250 MA et
239 MA et traduisant une remontée globale du niveau marin (fig. 48). Les deux séquences de
3ème ordre de T1 correspondraient ainsi aux cycles 1.1-1.2 et 1.3-1.4-1.5 ; limités par la
discontinuité 245 MA.
Fig. 48: Comparaison des limites séquentielles du Trias en surface avec
les limites eustatiques globales.
La superséquence T2 du Trias inférieur peut se situer dans le supercycle AC2 d'âge
Anisien supérieur-Ladinien et limité par les discontinuités chrono-eustatiques 237 MA et 232
MA (fig. 48).
La superséquence T3 du Trias moyen ; calée aux puits pétroliers aux carbonates du
Carnien (fig. 42), coïncide bien avec le supercycle de 2ème ordre AC3 d'âge Carnien (fig. 48),
qui est limité par les discontinuités chrono-eustatiques de 232 MA et 224 MA (fig. 48).
Chapitre II : Le Trias 96
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Ce supercycle correspond au maximum de remontée eustatique globale du Trias (fig.
48) et se marque par l'apparition des ensembles carbonatés du Trias moyen tunisien sur les
plates-formes. Les deux séquences de 3ème ordre de T3 correspondraient ainsi aux deux
cycles de 3ème ordre du Carnien qui sont limités par la discontinuité 229 MA.
La superséquence sismique T4 correspondrait alors au début du Trias supérieur et au
supercycle eustatique AC4 d'âge Norien (fig. 48), relatif à une rechute globale du niveau des
mers ayant permis le développement des premiers ensembles évaporitiques et salifères du
Trias tunisien dans les grabens. Les limites chrono-eustatiques du supercycle AC4 sont
respectivement d'âge 224 MA et 216 MA (fig. 48). Les deux séquences de 3ème ordre de T4,
relatives aux deux cycles eustatiques de 3ème ordre, ne figurent pas sur la charte globale et
seraient limitées par une discontinuité d'âge 220 MA.
La dernière superséquence sismique T5 du Trias supérieur correspond aussi aux
dépôts évaporitiques rencontrés dans les puits pétroliers de la Tunisie centrale et méridionale
coïncident avec la chute globale continue du supercycle AD1 du Rhétien (fig. 48). Les
discontinuités chrono-eustatiques de ce dernier supercycle sont respectivement d'âges 216
MA et 211 MA. Les deux séquences de 2ème ordre de T5 ne figurent pas sur la charte globale
qui ne mentionne pas de cycles eustatiques de 3ème ordre. Leurs discontinuité correspondrait
à la limite d'âge 211,5 MA.
En conclusion, le découpage séquentiel de 2ème et de 3ème ordre mis en évidence en
subsurface sur la marge centrale de la Tunisie en domaine de plate-forme et de graben, semble
bien coïncide avec les supercycles eustatiques globaux de 2ème ordre et avec les cortèges
sédimentaires triasiques et particulièrement ceux des puits de l'Atlas centro-méridional à
partir du Carnien (AGIP, 1985). La comparaison des limites séquentielles de 2ème et de 3ème
ordre des dépôts triasiques de la marge centrale avec la charte globale permet donc de
proposer des précisions sur leurs âges chrono-eustatiques respectifs.
Cependant, les cortèges sédimentaires des superséquences de dépôt subissent des
variations notables d'épaisseurs et de faciès vers les zones d'effondrement des grabens jusque
sur les plates-formes mais les limites séquentielles de 2ème ordre sont continues à travers ces
zones. Là, apparaît nettement la notion d'ordre et d'échelle puisque le contrôle tectonique sur
les cortèges sédimentaires de 3ème ordre ne semble pas influencer les limites séquentielles de
2ème ordre. C'est ainsi que les mouvements tectoniques ont individualisé sur la marge
tunisienne, les séquences de dépôts de 3ème ordre identifiées pour les superséquences T4 et
T5, ne figurant pas sur la charte globale des cycles eustatiques (fig. 48).
Chapitre II : Le Trias 97
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
V- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
V-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Le repérage des séries sédimentaires et/ou volcaniques du Trias en subsurface, dans le
domaine de l'Atlas centro-méridional ne favorise pas la vision globale de la structuration
tectonique de ces dépôts. Cependant, nous avons eu la possibilité de voir cette structuration
dans certains blocs permettant une assez bonne résolution sismique.
C'est ainsi qu'à travers les différents blocs tectoniques et les différentes structures des
zones de Gafsa, Sidi Aïch, Souinia, Majoura et Meknassy - Mezzouna ou du Sahel, nous
avons pu relever des structures triasiques qui sont soit en continuité avec celles du Jurassique
ou séparées d'elles par des discordances.
Dans le domaine de Sidi Aïch - Souinia, nous avons pu déjà détecter par l'analyse
séquentielle, une structuration de bassins d'âge triasique basal. Cette structuration est
symbolisée par la formation de plate-forme en horst, limitée par deux grabens (fig. 44). Les
bordures de ces grabens sont limitées par de grandes failles normales dont les principales sont
celles situées à l'endroit de la structure anticlinale actuelle de Sidi Aïch (fig. 44), sur laquelle
se branchent les autres failles conjuguées du graben (fig. 44), alors que la seconde faille
majeure est celle qui est située à l'endroit de la structure anticlinale de Souinia (fig. 44).
La cartographie isochrone de l'horizon sommital du Trias et basal du Jurassique,
montre que ces structures en horsts et grabens sont orientées les unes en NW-SE, limitées par
les failles majeures de direction N60 du Jebel Sidi Aïch et du Jebel Souinia, et les autres N180
commandées par la faille de Sidi Ali Ben Oun (fig. 33). Au niveau de la structure anticlinale
du Jebel Hfay, les séries du Trias présentent une structuration en blocs basculés vers le Nord-
Ouest. Ces blocs sont limités par des failles normales qui se branchent sur la faille principale
N-S de Sidi Ali Ben Oun et sont scellées par les séquences basales du Jurassique selon une
discordance majeure (fig. 49, L26).
Dans le domaine de Majoura, apparaissent en subsurface une succession de dômes de
Trias engageant les superséquences évaporitiques supérieures T4 et T5, le long des failles
principales N120 de Orbata et Majoura - Mech (fig. 35 et 45). La structuration des séquences
jurassiques qui reposent sur le du Trias dénotent une activité tectonique anté-jurassique
certaine, traduite par les épaississements et l'aggradation des séries jurassiques sur les flancs
des dômes évaporitiques et salifères anté-jurassique, du Trias supérieur (fig. 34 et 45).
Chapitre II : Le Trias 98
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 49: Couloir de failles N-S de Sidi Ali Ben Oun à rameaux scellés, et anomalie sismique
s’appartenant à des récifs ou des coussins de sel - A- au passage Trias – Jurassique.
La carte isochrone du toit du Trias montre bien la présence des failles N120 des
couloirs de Orbata, de Majoura - Mech et de Meloussi délimitant des structures hautes et des
dépressions. La plate-forme de Majoura est en outre limitée à l'Ouest et à l'Est par deux failles
N20 donnant une géométrie losangique (fig. 33). Là aussi, nous déduisons une structuration
triasique anté-jurassique marquée par des zones hautes en horsts et des zones dépressives en
grabens. Cette structuration est d'autant plus plausible que les intrusions salifères du Trias se
localisent ultérieurement le long des couloirs de failles majeures, qui auraient ainsi délimité
des grabens à fortes accumulations évaporitiques et/ou salifères comme c'est le cas dans le
Nord de la Tunisie (ADIL, 1993).
Les intrusions de Trias évaporitique observées dans le domaine de Majoura ne sont
pas présentes dans le bloc de Sidi Aïch malgré une structuration en horsts et grabens. Ceci
montre que les séries accumulées dans les deux blocs sont de nature différente et que la faille
NS de Sidi Ali Ben Oun a constituée déjà au Trias, une limite paléogéographique importante.
Les deux domaines de Sidi Aïch et de Majoura, étant limités, au Sud par le couloir de failles
Chapitre II : Le Trias 99
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
N120 de Gafsa (fig. 38 et 33). L'agencement des séquences jurassiques qui montrent des
discordances angulaires nettes de part et d'autre de ce couloir de failles et des réductions
importantes d'épaisseurs sur le flanc nord par rapport au flanc sud (fig. 38), dénotent une
structuration précoce et une activité tectonique triasique conduisant à l'apparition d'une zone
haute au Nord de la faille et une zone subsidente au Sud. La faille de Gafsa a donc joué au
moins dès le Trias.
Les intumescences triasiques qui jalonnent le couloir de failles N120 de Gafsa (fig.
38), montrent que ces intrusions ont commencé à se manifester dès le Jurassique. Il est
logique donc de considérer que la faille de Gafsa en déterminant l'apparition au Sud d'une
structure de graben a favoriser l'accumulation de fortes séries évaporitiques et salifères qui ont
été sollicitées dès la réactivation de failles au Jurassique. Cette faille aurait même pu drainer
les évaporites dès le Trias. De part et d'autre de la faille de Gafsa, les profils sismiques
montrent des failles normales en rameaux s'enracinant dans le Trias et scellées par le Crétacé
inférieur (fig. 38). Les cartes isochrones du toit du Trias montrent que ces failles ont une
direction E-W et N120. Ces directions sont significatives des ouvertures du rifting thétysien
(ALOUANI, 1990 et ADIL, 1993).
En conclusion, la structuration des bassins triasiques de la marge de la Tunisie a été
marquée par la formation essentiellement de horsts et de grabens de différentes directions,
limitées par des couloirs de failles majeurs N60, N90, N120 et N180, selon un système en
rameaux verticaux et latéraux. Cette structuration est synchrone au début du rifting thétysien
et que la marge atlasique de la Tunisie a été impliquée dans le système d'ouverture de Téthys.
Certaines zones subsidentes ont été le siège d'une sédimentation confinée évaporitique et
salifère, synchrone au stade de rifting. Ce sont ces séries ductiles qui vont tendre d'une part à
remonter le long des failles bordières et seront sollicitées par les jeux ultérieurs de ces failles à
partir du Jurassique. Par contre, dans d'autres zones subsidentes ont pu s'accumuler des séries
de natures différentes qui ultérieurement réagiraient de manière plus cassantes et compétentes
comme sur la plate-forme sicilienne et pélagienne. Les intumescences triasiques ont été
reconnues aussi dans la zone ouest du Sahel Tunisien (fig. 47, L25) où les dépôts
évaporitiques et salifères commençent à changer de nature préfigurant le comportement
tectonique différent du bloc pélagien à l'Est.
V-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
La disposition des structures en horsts et grabens et la géométrie des couloirs de failles
dénotent bien une tectonique transtensive avec ouverture par rifting de bassins losangiques
sous l'effet de mouvements latéraux de décrochements. Si l'on considère l'ouverture des
grabens de Sidi Aïch et de Souinia en N60 par rapport à l'accident N-S de Sidi Ali Ben Oun, il
Chapitre II : Le Trias 100
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
est clair que ces grabens s'ouvrent en pull-apart par coulissement dextre de la faille de Sidi Ali
Ben Oun. Ce mouvement provoque aussi l'ouverture des grabens de Majoura. De même, plus
au Sud, la disposition des grabens orientés E-W ou celle des limites de bassins N60 par
rapport à la faille N120 de Gafsa, dénotent un jeu transtensif senestre de cette dernière. La
forme losangique de la plate-forme de Majoura limitée par les couloirs de failles N120 de
Meloussi au Nord et de Majoura au Sud et par des failles N20 à l'Ouest et à l'Est témoigne de
coulissements transtensifs senestres des failles N120. Ce résultat montre que le rifting
téthysien a été bien marqué sur la marge tunisienne et que les accidents subméridiens et N120
ont joué un rôle important dans ces ouvertures par une cinématique en transtension dextres et
senestres.
Les séquences triasiques associées se répartissent en séquences de plates-formes
siliciclastiques, carbonatées et évaporitiques et de séquences de grabens à différents stades de
subsidences ayant accumulé de puissantes séries sédimentaires préférentiellement
évaporitiques et salifères de type syn-rift et des manifestations volcaniques le long des failles
bordières (LAARIDHI-OUAZZA, 1994). Des prismes de progradations ont été mis en place
en bordure de ces grabens. Sur les plates-formes carbonatées et même siliciclastiques du
Trias, peuvent s'individualiser les structures antiformes caractéristiques de récifs comme il est
décrit en Italie dans les Alpes (LEONARDI, 1962; CROS, 1974 et WERMER, 1981).
VI- CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS PETROLIERES
L'analyse des séries triasiques en subsurface sur la marge centro-méridionale et
orientale de la Tunisie a été possible grâce à la résolution sismique qui pouvait donner des
images de la structuration, de l'organisation séquentielle et de la tectonique, notamment au
sein de blocs exhaussés. La mise en évidence du découpage séquentiel du Trias calibré grâce
aux données de puits pétroliers et aux discontinuités chrono-eustatiques de 2ème et de 3ème
ordre, permet de préciser l'âge des 5 superséquences de dépôts et leur répartition bassinale. La
répartition séquentielle des dépôts et la présence de failles majeures profondes montrent qu'au
Trias, la marge tunisienne était formée d'un ensemble de plates-formes correspondantes à des
horsts et de grabens subsidents. Autour de ces structures, les ensembles sédimentaires et/ou
volcaniques du Trias s'organisent en cinq (5) superséquences de dépôts composées d'une suite
séquentielle de 3ème ordre , dont les limites correspondent aux cycles eustatiques globaux de
2ème ordre mais qui ne correspondent pas toujours à celles de 3ème ordre.
Les structures de grabens et de plates-formes sont limitées par des failles majeures
profondes de directions N60, N90, N120 et N180, dont la géométrie verticale et latérale en
rameaux dénotent des mouvements transtensifs sur les accidents N-S et senestres sur les
Chapitre II : Le Trias 101
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
accidents N90-N120 induisant l'ouverture de bassins losangiques en N20, N60, N90 et N120
le long des couloirs de failles de Sidi Ali Ben Oun, de Gafsa, de Majoura et de Meloussi-
Mezzouna.
L'individualisation de ces aires de plates-formes et de grabens a permis d'une part
l'accumulation d'épaisses séries évaporitiques salifères et gréseuses dans les grabens et d'autre
part de séries plus réduites et plus carbonatées sur les plates-formes. De plus, ces
accumulations étaient différentes de part et d'autre des grands accidents qui constituaient des
limites paléogéographiques majeures. Cette différenciation va jouer un rôle prédominant au
cours des événements géodynamiques mésozoïques en favorisant la sollicitation des murs de
sels sur certaines directions de failles comme celles de Majoura et de Gafsa alors que
l'halocinèse ne sera pas persceptible sur d'autres blocs tel que celui de Sidi Aïch à l'Ouest.
Cette structuration de la marge tunisienne au Trias témoigne que cette marge faisait partie de
la bordure sud de la Thétys et qu'elle a enregistré elle aussi les événements du rifting thétysien
mettant en jeu des mécanismes tectoniques de coulissements transtensifs donnant une
paléogéographie en horsts et grabens.
Du point de vue pétrolier, la structuration triasique en blocs avec bassins subsidents et
plates-formes résistantes par le jeu des mécanismes de transtensions conjugués avec une
sédimentation carbonatée qui peut permettre la formation de roches mères et de roches
siliciclastiques et réservoirs, ainsi que l'existence d'une couverture évaporitique montre que le
Trias de la marge atlasique tunisienne possède toutes les composantes d'un système pétrolier
potentiel où les pièges stratigraphiques et structuraux sont présents comme c'est le cas du
champ d'El Borma sur la plate-forme saharienne au Sud (BUSSON, 1967 ; BEN ISMAIL,
1992).
Chapitre II : Le Trias 102
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE III : LE JURASSIQUE
A- TUNISIE CENTRO-MERIDIONALE
I- INTRODUCTION
Les séries sédimentaires du Jurassique n'affleurent presque pas sauf localement en
Tunisie centrale et méridionale le long des grandes failles dans les couloirs tectoniques N120
de Gafsa (BEN YOUSSEF et al., 1990) et N180 de l'axe Nord-Sud (BUROLLET, 1956 ;
BONNEFOUS, 1972 ; SOUSSI, 1990). En revanche, elles sont largement visibles en
subsurface sur les profils sismiques traversant les régions de Gafsa - Majoura et Sidi Aïch
(ZITOUNI, 1992 ; BEDIR et al., 1992 et ZITOUNI et al., 1993a, c ).
II- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
Seuls les puits pétroliers de Souinia-1, Kharrouba-1, Ben Kheir-1 et Gantass-1 ont
traversé en partie ou en totalité la série du Jurassique (fig. 42). D'après les données de ces
puits, le Jurassique est représenté par la Formation Nara qui comprend :
La Formation Nara inférieure représentée par les calcaires du Lias inférieur et moyen
(BUROLLET, 1956 et BONNEFOUS, 1972). Ils sont composés par des dolomicrites à
thomatoporella (BONNEFOUS, 1972) surmontés par des calcaires.
La Formation Nara moyenne montre des marnes d'âge bathonien supérieur-oxfordien
(BONNEFOUS, 1972), (BUROLLET, 1956). Elles sont constituées de calcaires marneux, de
marnes et d'argiles à débris d'Echinodermes. Ce sont des faciès de mer peu profonde.
La Formation Nara supérieure montre des calcaires marneux d'âge kimméridgien
(BONNEFOUS, 1972), correspondant aussi à la partie inférieur de Sidi Khalif (BUROLLET,
1956), en partie d'âge tithonique inférieur - tithonique supérieur au sondage de Souinia-1 1
(BONNEFOUS, 1972), au Jebel Bouhedma et au Jebel Ben Younès (BEN YOUSSEF et al.,
1990).
II-1- CORRELATIONS DES PUITS PETROLIERS A TRAVERS
LES COULOIRS DE FAILLES N120-140 ET N180
Les corrélations des séquences carbonatées et marneuses du Jurassique, rencontrées au
niveau des puits de Ben Kheir-1, Kharrouba-1, Souinia-1 et Gantass-1 (fig. 42), montrent une
différenciation aussi bien des faciès que des épaisseurs. Particulièrement, pour le Jurassique
Chapitre III : Le jurassique 103
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
supérieur de la Formation Nara supérieure d'âge malm et le Jurassique moyen de la Formation
Nara moyenne d'âge dogger qui sont totalement traversées par ces puits, s'observent des
réductions d'épaisseur à BK1 et GNT1 avec une prédominance carbonatée (fig. 42), alors que
dans les puits de SO1 et KHA1, ces séries s'épaississent et deviennent plus marneuses (fig.
42). On observe donc un enrichissement et un épaississement vers le Nord où le Jurassique
devient plus complet.
De plus les variations observées de part et d'autre des couloirs de failles N120-140 de
Majoura-Mech entre KH1 et BKI, N180 de Sidi Ali Ben Oun entre KH1 et SO1 et N120-140
de Gafsa et de Metlaoui entre SO1, BJ1 et GNT1 ((fig. 31) et (fig. 42)), conduisent à
envisager déjà une influence de ces réseaux tectoniques pendant les dépôts sédimentaires du
Jurassique.
Ces corrélations ne donnent qu'une indication globale, mais elles traduisent bien
l'absence de plate-forme isopaque continue du Sud au Nord et de l'Ouest à l'Est au Jurassique
et même au Lias, décrite auparavant (BUROLLET, 1956, SOUSSI, 1990 et BEN FERJANI et
al., 1991) et l'apparition d'une différenciation paléogéographique syn-jurassique signalée au
Nord de la Tunisie (ALOUANI, 1990) et dans la Dorsale (TURKI, 1985 ; GAYA, 1990 ;
RAIS et al., 1991 et RAIS, 1993). Mais ces types de corrélations sont insuffisants pour
apprehender la paléogéographie puisque entre les puits pétroliers, qui sont généralement
implantés sur des zones anomaliques hautes et rarement dans des bassins, existent des
structures de bassins et des couloirs tectoniques où les séries sédimentaires sont complètement
différentes. Seule la sismique permet d'aborder plus complètement l'évolution tectonique et
paléogéographique.
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
L'analyse seismo-stratigraphique et séquentielle de la série jurassique calibrée à partir
des formations Nara, au niveau des puits pétroliers et basée sur les rapports internes des
réflexions sismiques, marqués par les surfaces chrono-eustatiques de onlap, toplap et downlap
observées sur les profils sismiques GSB225, GSB214, GSB126 (fig. 44, 45 et 50), réalisés au
niveau des blocs de Majoura et de Sidi Aïch permet d'identifier une succession de séquences
sismiques variant latéralement en épaisseurs et en faciès. Les limites séquentielles sont des
surfaces isochrones, dans les gouttières et au niveau des plates-formes.
D'après ces surfaces de discontinuités, on distingue sur les profils sismiques quatre
superséquences sismiques de 2ème ordre :
Chapitre III : Le jurassique 104
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 50: Les séquences sismiques jurassiques dans le bassin de Majoura.
III-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Js 1 DU JURASSIQUE
INFERIEUR
Cette première superséquence sismique de dépôts jurassiques paraît se développer en
onlap progressifs sur le toit des dômes évaporitiques du Trias au niveau des flancs des
bordures de bassins (fig. 50). Elle est limitée au mur et au toit par un doublet sismique de
forte amplitude correspondant au plancher avec les horizons carbonatés liasiques de la base du
jurassique et au toit avec l'horizon B pliensbachien (fig. 50). Elle correspondrait à l'Hettangien
et au Pliensbachien et serait corrélable avec la Formation Nara inférieure sur le haut de la
plate-forme qui affleure à l'axe Nord-Sud.
Dans les bassins et leurs bordures, le faciès sismique est caractérisé par des réflecteurs
d'amplitude variable moyenne à forte et plus ou moins discontinus (fig. 51).
Par contre, sur les zones hautes de type plates-formes, l'amplitude devient plus forte et
la continuité apparait meilleure (fig. 52).
Chapitre III : Le jurassique 105
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 51: Profil sismique montrant des anomalies sismiques transparentes
s’appartenant à des corps construits récifaux en bordure de la plate-forme de
Majoura.
Fig. 52: Les séquences sismiques jurassiques sur la plate-forme de Majoura.
Chapitre III : Le jurassique 106
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La configuration sismique qui est chaotique au niveau des dépôts-centres des bassins
devient parallèle sur les plates-formes (fig. 52). Ceci dénote l'accumulation de dépôts
sédimentaires en milieu d'énergie variable dans les gouttières, dépôts qui peuvent
correspondre à des cônes sous-marins de bas niveaux, alors que sur les plates-formes; ce sont
des dépôts de milieu de faible énergie hydrodynamique qui prédominent.
Sur les bordures de certaines plates-formes comme celles des blocs de Sidi Aïch -
Souinia ou de Majoura, qui sont limitées par les failles profondes jalonnées d'intrusions
triasiques, on remarque l'existence d'anomalies sismiques de tailles variables, de formes
lenticulaires (fig. 51) et à faciès transparent. Aussi peut-on penser qu'elles pouvent
correspondre à des corps récifaux d'âge jurassique inférieur voir même triasique supérieur.
Leur position en bordure de plate-forme et leur géométrie et faciès dénotent tous les
caractères de corps construits.
III-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Js 2 DU JURASSIQUE
MOYEN
Les horizons sismiques de cette première superséquence correspondant à la Formation
Nara moyenne viennent en onlap, traduisant soit l'aggradation de ces séquences sur un
bombement triasique déjà existant sur les flancs de bordures de bassins, soit la progradation
de Js 2 sur le doublet sismique du toit de la première superséquence Js 1 avant ou pendant le
soulèvement du Trias (fig. 50). Cette superséquence peut être subdivisée dans les dépôt-
centres des bassins en trois (3) séquences de dépôts de 3 ème ordre; Js 2-1, Js 2-2 et Js 2-3,
limitées par des structures de toplap de fin d'aggradation et de rétrogradation (fig. 50).
III-2-1- SEQUENCE SISMIQUE Js 2-1
Cette séquence se situe au fond de la gouttière du bassin et présente un faciès plus ou
moins transparent avec une configuration cahotique (fig. 50), indiquant des dépôts d'énergies
variables à séries argilo-carbonatées et même gréseuses de cônes sous-marins de bas niveaux.
Latéralement, les horizons sismiques se disposent en onlap aggradants et rétrogradants sur les
flancs soulevés des bassins (fig. 49). Les séries sédimentaires de cette séquence se cantonnent
au bas du bassin et n'atteignent pas les bordures hautes de plates-formes. Cette séquence qui
se situe au passage Lias-Dogger au niveau des puits pourrait représenter le Toarcien -
Aalénien.
Chapitre III : Le jurassique 107
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-2-2- SEQUENCE SISMIQUE Js 2-2
La seconde séquence est limitée aussi à la base et au toit par une surface de toplap (fig.
50) d'horizons à amplitude plus forte. Elle est discordante sur Js 2-1, marquant des pulsations
positives des flancs de bassin (fig. 50) et prouvant que les intrusions triasiques étaient
présentes à l'Aalénien. Les horizons sismiques de cette séquence montrent une géométrie en
downlap de progradation oblique en bordure du flanc du bassin (fig. 50), passant latéralement
vers la zone haute à des structures de « onlap » d'aggradation (fig. 50 et 51). Le faciès
sismique présente une variabilité d'amplitude, il est plus transparent vers le bassin où on
observe une discontinuité des réflecteurs sismiques (fig. 50). Par contre, sur les flancs de
l'intrusion triasique, ce faciès présente des horizons plus continus et de plus forte amplitude
(fig. 51 et 52), mais on discerne des anomalies sismiques transparentes de formes lenticulaires
à croissance souvent verticale (fig. 51) qui suggèrent l'existence de lentilles récifales.
La configuration des structures de downlap est oblique en bordure des bassins et
devient chaotique vers le dépôt-centre du bassin et subparallèle sur la plate-forme qu'elle
recouvre de manière très réduite (fig. 50, 51 et 52). Ceci reflète l'existence de trois
environnements de dépôts contrastés avec des prismes de bas niveaux progradants et de hauts
niveaux aggradants comportant des dépôts de bordures de plate-forme à corps construits.
Cette séquence se situerait toujours au Dogger et correspondrait à l'Aalénien-Bajocien.
III-2-3- SEQUENCE SISMIQUE Js 2-3
La dernière séquence vient en discordance angulaire nette sur Js 2-2 montrant une
surface de troncature à sa base (fig. 50) et des horizons sismiques à forte amplitude et très
bonne continuité dont la configuration parallèle refléte l'existence de dépôts de plus faibles
énergies que ceux des séquences sous-jacentes. Elle s'étale largement sur les plates-formes
hautes de bassins (fig. 50 et 52) où elle se réduit et se termine au toit par un doublet sismique
de forte amplitude (fig. 52) qui montre latéralement des anomalies sismiques transparentes
similaires à celles des séquences Js 1 et Js 2. Cette séquence traduit très probablement un arrêt
ou un ralentissement de la subsidence du bassin et donc de l'activité halocinétique du Trias
salifère en bordure du bassin (fig. 50). Cette dernière séquence de Js 2 correspondrait au
Bajocien.
III-3- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Js 3 DU JURASSIQUE
MOYEN
Les horizons sismiques de la base de la troisième superséquence du Jurassique se
rapportant à la Formation Nara supérieure des puits pétroliers, présentent des structures de
Chapitre III : Le jurassique 108
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
downlap progradants obliques sur le toit de Js 2 (fig. 50) en direction du bassin alors qu'ils
viennent en onlap aggradants et rétrogradants vers la zone haute de plate-forme (fig. 50, 51 et
52). Elle correspond du point de vue âge au Dogger supérieur. Cette superséquence est limitée
à la base par un doublet sismique de forte amplitude et une très bonne continuité (fig. 50 et
52). Un autre doublet souligne le toit mais ce dernier est moins marqué et bien visible
seulement dans le bassin. Elle montre trois (3) séquences de dépôts limitées par des surfaces
de « onlap/toplap» d'aggradation/rétrogradation et de downlap de progradations (fig. 50).
III-3-1- SEQUENCE SISMIQUE Js 3-1
Elle présente un faciès sismique avec réflecteurs d'amplitude variable, forte à faible
avec une assez bonne continuité des horizons sismiques (fig. 50). Ces horizons montrent une
structuration en downlap de progradations obliques vers le centre du bassin et passent à des
structures de « onlap » progressifs vers le flanc de la plate-forme (fig. 50 et 52). Cette
séquence correspondrait au Bathonien. Elle est limitée latéralement et verticalement par une
surface de transgression basale érosive sur laquelle repose la deuxième séquence Js 3-2 (fig.
50).
III-3-2- SEQUENCE SISMIQUE Js 3-2
C'est une séquence aggradante/rétrogradante qui vient napper progressivement en
onlap la séquence Js 3-1 en direction de la zone haute du bassin (fig. 50 et 52). Ses horizons
sismiques sont marqués par une variabilité de l'amplitude et une certaine discontinuité (fig. 50
et 52). Le toit de Js 3-2 est souligné par une structure de toplap sur laquelle se disposent les
horizons inclinés en downlap progradation de la troisième séquence. La séquence Js 3-2
correspondrait au Callovien.
III-3-3- SEQUENCE SISMIQUE Js 3-3
C'est la dernière séquence du Jurassique moyen Dogger. Elle présente une base
progradante en downlap oblique (fig. 50) et elle est coiffée par un doublet d'horizons
sismiques à forte amplitude (fig. 50). Les horizons sismiques sont discontinus et d'amplitude
variable. Du point de vue âge, elle correspondrait au passage Callovien-Oxfordien.
La puissance des trois séquences sismiques constituant les dépôts de la troisième
superséquence jurassique se réduit considérablement sur la plate-forme et en particulier vers
l'axe Nord-Sud et vers le Horst du bloc Sidi Aïch - Souinia. Elles présentent une configuration
parallèle à horizons continus de faibles et fortes amplitudes (fig. 53). Alors qu'en bordure des
plates-formes de Majoura et de Souinia - Sidi Aïch, la superséquence Js 3 montre des
anomalies sismiques bombées semblables à celle que l'on rencontre dans les séquences de Js 1
Chapitre III : Le jurassique 109
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
et Js 2 et que l'on peut interpréter comme des corps construits récifaux aux flancs des
intumescences triasiques (fig. 51).
Fig. 53: Profil sismique montrant la réduction et le changement de faciès des
superséquences jurassiques, les progradations du Crétacé inférieur et l’inversion
tectonique du Crétacé supérieur en bordure de l’intrusion triasique de l’Axe N-S.
Ces faciès traduisent les alternances marno-carbonatés de plates-formes peu profondes
de la Formation Nara décrite en surface (BUROLLET, 1956 ; BONNEFOUS, 1972 et
SOUSSI, 1990).
Cette superséquence du Jurassique moyen montre au Sud, en bordure de la faille
N120 de Gafsa, dans les bassins de Moularès à l'Ouest et de Guettar à l'Est, Des séquences
progradantes en Downlap vers le Sud (fig. 54). Ces séquences se disposent sur les flancs et
dans les gouttières (Rim Synclines) des montées halocinétiques de Trias en bordure du couloir
de failles de Gafsa (fig. 38) et sont coiffées en discordance de « onlap/toplap » par le
Jurassique sommital et par le Crétacé inférieur (fig. 38).
Chapitre III : Le jurassique 110
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 54: Séquences sismiques jurassiques de progradation oblique en Downlap
dans le bassin de Moularès en bordure du couloir de failles de Gafsa.
III-4- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Js 4 DU JURASSIQUE
SUPERIEUR
La dernière superséquence jurassique relative à la série réduite carbonatée de la
Formation Nara supérieure reconnue au niveau des puits de Kharrouba-1, Souinia-1 et Ben
Kheir-1 (fig. 42), est composée de trois séquences sismiques de dépôt mises en évidence sur
les bordures des bassins subsidents.
III-4-1- SEQUENCE SISMIQUE Js 4-1
Cette séquence se dispose en structure de downlap de progradation oblique sur le
doublet sismique du TST de Js 3-3 (fig. 50). Son faciès sismique est caractérisé par des
horizons à amplitudes variables, plus fortes à la base des corps progradants et plus faibles vers
la zone de bordure du shelf margin wedge (fig. 50) et par une assez bonne continuité. Sur les
plates-formes surélevées de Majoura ou de Sidi Aïch - Souinia, les horizons deviennent à
forte amplitude et parallèles dénotant l'installation d'une plate-forme carbonatée peu profonde
(fig. 50 et 52) avec en bordure des anomalies sismiques rappelant des constructions récifales
(fig. 51). Cette séquence basale du Jurassique supérieur serait d'âge oxfordien.
Chapitre III : Le jurassique 111
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-4-2- SEQUENCE SISMIQUE Js 4-2
Cette séquence constitue le début du prisme de haut niveau marin venant en onlap
rétrogradant sur la surface de discontinuité transgressive du toit de Js 4-1 (fig. 50, 51 et 52).
Elle est formée d'horizons sismiques à amplitude faible et variable et une discontinuité avec
des anomalies négatives certaines sur les bordures de plates-formes caractéristiques de corps
construits (fig. 51). Cette séquence du Jurassique supérieur se calibre au Kimméridgien.
III-4-3- SEQUENCE SISMIQUE Js 4-3
La dernière séquence jurassique située au dessous des alternances marno-calcaires
d'âges tithonique - berriasien de Sidi Khalif, montre l'existence de dépôts en downlap
progradants assez discrets à la base (fig. 50) et se terminant en Onlap d'aggradation, coiffés
par un doublet sismique à forte amplitude et très bonne continuité (fig. 50). En bordure des
plates-formes, cette séquence présente aussi des anomalies sismiques à faciès plus transparent
pouvant correspondre à des constructions récifales (fig. 51). Cette dernière séquence du
Jurassique serait d'âge Tithonien.
IV- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES AVEC
LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
L'analyse seismo-stratigraphique et séquentielle des dépôts jurassiques se rapportant à
la Formation Nara, observés en subsurface, sur la marge centro-méridionale de la Tunisie
entre les plates-formes et les bassins permet de mettre en évidence l'existence de quatre (4)
superséquences sismiques majeures de 2ème ordre, correspondantes aux Formations Nara
inférieure, moyenne et supérieure que l'on trouve dans les puits pétroliers et dans les
affleurements de terrain ( BEN ISMAIL, 1991 et SOUSSI et al., 1991).
Ces quatre superséquences sont limitées par des surfaces régionales isochrones
correspondants aux onlap et toplap au niveau de surfaces de transgression (TST) et de
regression (DLS) que l'on peut mettre en parallèle avec les supercycles sets globaux (HAQ et
al., 1987), ABSAROKA D., ZUNI A et ZUNI B ; s'étalant du toit du Trias (Rhétien) au toit
du Jurassique (Tithonien).
Ces limites correspondent aux lignes temps 211 MA - 188,5 MA - 158,5 MA et 136
MA (fig.55). Ces supercycles datent respectivement du Lias, du Dogger et du Malm.
Les superséquences correspondantes, s'organisent en séquences de 3ème ordre limitées
par des discontinuités de surface de onlap/toplap et de downlap relatives à des surfaces
Chapitre III : Le jurassique 112
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
discordantes d'érosion de type 1 et 2 relatives aux remontées et chutes eustatiques de l'Océan
mondial.
Fig. 55: Comparaison des limites séquentielles du Jurassique en
subsurface avec les limites eustatiques globales.
La première superséquence du Lias se présente en une entité sismique limitée par la
discontinuité basale du toit du Trias 211 MA et au toit par celle de l'horizon B d'âge
pliensbachien et correspondant à la discontinuité 188,5 MA (fig. 55). Cette superséquence est
donc d'âge hettangien -sinémurien - pliensbachien correspondante aux cycles eustatiques de
2ème ordre UAD 2 et UAD 3 (fig. 55).
La deuxième et la troisième superséquence sismiques relatives aux supercycles
eustatiques AD4 et Zuni A. (ZA 1, ZA 2 et ZA 3) du Dogger (fig. 55), comprennent six
séquences sismiques de 3ème ordre ; de Js 2-1 à 3-3 correspondantes aux cycles toarcien -
aalénien - bajocien - bathonien et callovien (1-1 à 3-2) (fig. 55). Ces supercycles sont limités
par les discontinuités 177 MA, 169, 158 MA et 150 MA (fig. 55).
La quatrième superséquence sismique du Jurassique mise en évidence sur la marge
centrale de la Tunisie correspond aux supercycles eustatiques de 2ème ordre ZA 4 du Malm
(fig. 55). Elle comprend trois séquences sismiques de 3ème ordre Js 4-1, Js 4-2 et Js 4-1 dont
les discontinuités séquentielles correspondent à celles 150 MA de la base de l'Oxfordien, 144
MA de la base du Kimméridgien et 136 MA du Tithonien (fig. 55) .
Chapitre III : Le jurassique 113
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
En conclusion, les limites de séquences de dépôts de 2ème et 3ème ordre mises en
évidence au sein de la série sédimentaire jurassique de subsurface de la marge centrale de la
Tunisie se corrèlent avec les limites chrono-eustatiques de la charte globale. Latéralement, la
réduction des séries sur les plates-formes ou leur épaississement par une subsidence
tectonique active fait varier d'une part le nombre des séquences de 3ème ordre, et d'autre part
les cortèges des prismes sédimentaires associés.
Les séries sédimentaires marno-carbonatées jurassiques rassemblées
lithostratigraphiquement dans la Formation Nara en Tunisie centrale correspondent en
profondeur à une suite séquentielle de 2ème et 3ème ordre corrélatives aux supercycles et cycles
eustatiques de l'Océan mondial en bordure des zones de bassins.
Le contrôle tectonique des différents blocs de bassins façonnés antérieurement, au
Trias, et pendant le Jurassique joue un important rôle sur les flux des remplissages
progradants des bas niveaux marins ainsi que sur les faciès sédimentaires mais les
discontinuités de 2ème ordre sont toujours présentes et retrouvées au niveau des bassins et des
plates-formes et permettent une précision de datation des cycles sédimentaires du Jurassique.
V- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
V-1- BLOC NORD DE GAFSA
La cartographie isopaque-temps au 1/100.000 des séquences du Jurassique (fig. 56)
montre une répartition bassinale en deux blocs : un bloc ouest, entre les domaines de Sidi
Aïch et de Souinia où les courbes isopaques dessinent une structure de dépocentre en graben
de part et d'autre d'une plate-forme en horst, et un bloc est où l'on observe une succession en
relais droit de dépressions synclinales et de plates-formes hautes très prononcées vers le NE
(fig. 56). Une limite N-S apparaît entre les compartiments ouest et est qui représente le tracé
du linéament tectonique majeur de la faille N180 de Sidi Ali Ben Oun.
Au sein du bloc d’Orbata et de Majoura, les gouttières de bassins sont orientées en
N120 et sont séparées par des structures de plates-formes plus réduites (fig. 56). Dans la partie
sud de ce bloc, les gouttières sont limitées par les couloirs de failles N120 de Orbata et de
Majoura qui se branchent à l'Ouest sur l'accident NS de SABO (fig. 56). La structure de plate-
forme de Majoura, au Nord, possède une orientation N30 à N45. Elle est limitée par quatre
failles majeures: les failles N120 de Majoura au Sud et de Meloussi au Nord (fig. 56), et celle
à l'Ouest et à l'Est de direction N30 à N40 (fig. 56).
Chapitre III : Le jurassique 114
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Vers le Nord-Ouest, elle évolue en une gouttière de bassin sub-circulaire, à proximité
de la faille de SABO (fig. 56). Dans le bloc ouest de Sidi Aïch, apparaît une gouttière passant
au Sud à une structure de plate-forme. Ces deux structures sont orientées en N90 et limitées
par les failles N60 de Sidi Aïch et de Souinia qui se branchent à l'Est sur la faille NS de
Chapitre III : Le jurassique 115
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
SABO. Ainsi, l'architecture des structures de bassins et de plates-formes en rameaux suit celle
du réseau de failles profondes et semble être guidée intimement par ce réseau.
L'ouverture des structures de grabens dans ce système ramifié en relais oblique dénote
déjà des mécanismes tectoniques en contexte coulissant similaires à ceux détectés au Trias.
V-2- BLOC SUD DE GAFSA
Dans le bloc sud de la faille N120 de Gafsa, les séries crétacées et tertiaires très
épaisses ne permettent pas une bonne résolution sismique des horizons du Jurassique. De ce
fait, nous avons cartographié le toit du Jurassique en isochrone, ce qui nous a permis de voir
la structuration de ce bassin au Jurassique. Les courbes isochrones du Jurassique montrent une
répartition en 3 bassins : celui de Moularès, de Guettar et de Gantass. Ces bassins s'orientent
selon une direction E-W, avec un réseau de failles E-W et N120 avortées et scellées au
Jurassique supérieur (fig. 57). Ils sont limités d'une part par les failles N120-140 de Gafsa et
de Metlaoui (fig. 57) et d'autre part par les failles N60 et N90 des chaînes plissées de
Moularès, Metlaoui et Séhib - Berda qui ont continué à jouer jusqu'au Quaternaire
Fig. 57: Carte en isochrone de l’horizon toit de l’Hauterivien dans les bassins de
Gafsa (BENTIMZAL, 1993).
Cette organisation de bassins en relais droit dénote le rifting téthysien Trias-Jurassique dans la
partie Sud de la faille de Gafsa, similaire à celle détectée dans le bloc nord. Ce réseau de
failles aurait joué alors en transtension senestre et ouvert les bassins en relais pull-apart droit.
Chapitre III : Le jurassique 116
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
VI- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
VI-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Les analyses structurale et tectonique des profils sismiques ont amené d'une part à
mettre en évidence la structuration des bassins jurassiques et d'autre part de suivre
l'orientation et la géométrie de cette structuration par la cartographie isochrone des horizons
limites de la base et du toit du Jurassique.
VI-1-1- Bloc Nord de Gafsa
Le compartimentage en deux blocs déjà décelé par la cartographie isopaque des
séquences jurassiques est aussi confirmé par la cartographie isochrone des horizons
jurassiques. En effet, les cartes isochrones de la base du Jurassique et celle du toit, font
ressortir des couloirs de failles de directions N60, N90, N120 et N180 dont la dernière
orientation représente le linéament tectonique majeur et synthétique (fig. 34 et 58). La faille
N180 de Sidi Ali Ben Oun, bien connue en surface et longeant les massifs en relais des Jebels
Kharrouba, Zitoun, Sidi Ali Ben Oun-Sidi Aïch et Souinia orientés N60, se termine vers le
Sud contre le couloir N120 de Gafsa (fig. 33 et 58) par un système de rameaux en queue de
cheval caractéristique de décrochements profonds. Ceci constitue un nouveau résultat
concernant le prolongement et le branchement de cet important accident N-S.
Dans le bloc ouest, les failles de directions N60 de Sidi Aïch, Souinia et celles de la
partie sud se branchent sur cet accident principal N180 de Sidi Ali Ben Oun. Ces failles sont
celles qui délimitent les structures de grabens et de horsts du Trias et du Jurassique (fig. 44).
Sur les profils sismiques, ces failles possèdent une géométrie en fleurs ou en rameaux
dont les branches sont scellées progressivement par les séquences du Jurassique moyen,
supérieur et du Crétacé inférieur (fig. 44). Cette architecture en rameaux se branchant sur un
accident principal profond et se prolongeant le long de la couverture sédimentaire est appuyée
par la cartographie qui montre la même disposition de ramification en plan (fig. 33 et 58). Les
manifestations du rifting téthysien avorté au Jurassique supérieur et parfois au Crétacé
inférieur ont été présentes sur la marge centrale de la Tunisie mais d'une manière assez
complexe et dans des zones tectoniques particulières.
Chapitre III : Le jurassique 117
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 58: Profil sismique montrant des structures de gouttières synclinales et des
discordances angulaires progressives de l’Aptien au Campanien, en bordure de la
faille N- S du flanc sud de Jebel Zitoun dans l’Atlas central de la Tunisie.
Dans le bloc est, les couloirs de failles N120 de Orbata, Majoura - Mech et N90-120-
140 de Meloussi-Meknassy-Mezzouna se branchent également vers l'Ouest sur l'accident
principal N180 de Sidi Ali Ben Oun. Ces couloirs délimitent les structures de dépressions en
relais des dépôts jurassiques et les zones hautes qui les séparent (fig. 56).
En coupes sismiques et sur les cartes isochrones et isopaques du Jurassique, nous
remarquons une structuration en Rim Syncline de dépressions évoluant le long des couloirs
tectoniques N120 sous lesquels apparaissent les "carapaces de tortues" des intrusions du Trias
salifère. Cette structuration de bombements en relais droits (fig. 49 et 56) change à partir de la
ligne de Majoura où apparaît une plate-forme haute et continue vers le jebel Meloussi (fig. 52
et 53), et sous laquelle le Trias remonte progressivement jusqu'à apparaître en surface, le long
de l'axe N-S; au jebel Rhéouis. La géométrie des couloirs de failles se présente en rameaux
sur des accidents principaux plus profonds.
Sur la bordure ouest de la plate-forme de Majoura, apparaît une structure haute
arrondie correspondant au profil GSB209 (L12) (fig. 51) où nous avons vu la probabilité
d'existence de corps récifaux aux flancs des dômes de Trias depuis le Jurassique inférieur.
Ces montées de Trias sont visibles aussi sur la bordure sud de la plate-forme de Majoura
(fig. 34, L5).
Chapitre III : Le jurassique 118
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Au niveau de Jebel Meloussi, cette plate-forme est perturbée par un réseau d'accidents
profonds qui ouvrent des grabens vers le Nord depuis le Jurassique (fig. 56). Ces failles
montrent sur les cartes isochrones une direction N90 à N120 conjuguée à l'Est à un réseau
N180 visibles sur le terrain (SOYER et al., 1987 ; BOUTIB, 1993). Ces ouvertures en grabens
existent à l'Est de l'axe N-S, au-delà du couloir de failles N120 de Meknassy-Mezzouna où
une grande structure distensive de graben ouverte du Trias jusqu'au Crétacé inférieur, est
scellée par la base du Crétacé supérieur (fig. 59). Ce qui témoigne encore une fois de
l'ouverture et de l'avortement du rifting téthysien sur la marge atlasique de la Tunisie.
Ainsi, dans le bloc Nord, entre les zones ouest et est "ouvertes" en grabens téthysiens
d'âge trias-jurassique-crétacé inférieur, la zone centrale se trouve bloquée à partir du
Jurassique moyen et évoluerait en transpression donnant lieu à des structures plissées en relais
droits entre l'accident N180 de Sidi Ali Ben Oun et l'accident NS (fig. 31). Ce résultat marque
l'originalité de la mosaïque de bassins de cette marge où coexistent des blocs en extension et
des blocs en compression.
Chapitre III : Le jurassique 119
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre III : Le jurassique 120
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
VI-1-2- Bloc Sud de Gafsa
Dans le bloc Sud de la faille N120 de Gafsa, les coupes sismiques traversant les
bassins de Guettar et de Gantass (fig. 36 et 60), montrent que les séquences de dépôts du
Jurassique sont affectées par un réseau de failles normales en rameaux et scellées par les
séquences basales du Crétacé inférieur. Ces failles possèdent une direction E-W et N120 sur
la carte isochrone du toit du Jurassique (fig. 58). Ceci prouve encore une fois l'ouverture du
rifting jurassique dans le bassin de Gafsa (BEDIR et al., 1992).
En outre, le couloir de failles de Gafsa a été actif à cette époque puisque les séquences
de dépôts du Jurassique s'amincissent et changent considérablement de faciès sismiques en
bordure sud et nord de ce couloir où l'on observe une intrusion de Trias salifère (fig. 37 et 38).
C'est aussi le cas au niveau des plis N60 de Séhib et Berda qui sont limités par des failles
profondes et anciennes déjà actives au Jurassique (fig. 37). Vers les gouttières de Rim
Synclines, se développent des séquences progradantes en downlap.
La tectonique de rifting syn-jurassique est retrouvée aussi sur les coupes sismiques
traversant le bassin de Gantass où des failles normales E-W différencient des compartiments
et sont scellées par les dépôts du Crétacé inférieur (fig. 60). Sachant que le puits de Gantass-1
a rencontré une série réduite du Jurassique (fig. 42 et 60).
Chapitre III : Le jurassique 121
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre III : Le jurassique 122
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
VI-2-CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
La disposition et l'orientation des structures de bassins d'une part et celle du réseau des
couloirs de failles profondes anté et syn-jurassique d'autre part, permettent de reconstruire les
mouvements tectoniques ayant présidé à la formation et à l'évolution des bassins de la marge
centrale de la Tunisie au Jurassique. En effet, la géométrie ramifiée en coupe et en plan
dénote des mouvements tectoniques latéraux de coulissements le long des failles principales
N90, N120-140 et N180. En particulier, la disposition des bassins dans les blocs occidental et
oriental, est comparable à un système losangique de pull-apart contrôlé par les failles N60 et
N120-140, sur la faille N180 de Sidi Ali Ben Oun. Le jeu de l'accident N180 serait alors
décrochant distensif dextre.
Par contre, la disposition des bassins de gouttières de Rim Syncline en relais droits et
la présence de dômes de sels triasiques dans le compartiment central de Majoura dénote une
tectonique plus ductile différente de celle des blocs ouest et est avec des niveaux de
décollement triasiques. Ces blocs évolueraient d'abord plus en coulissement distensif, donnant
lieu à des montées de Trias le long des failles. Ces failles s'ouvrent par le mouvement en
transtension de l'accident de SABO. Ces ouvertures vont être bloquées contre l'axe N-S à l'Est
et évolueraient progressivement à partir du Jurassique moyen vers une compression dextre
donnant lieu aux gouttières de Rim Synclines en relais droits.
Dans le bloc sud du couloir de failles N120 de Gafsa, l'orientation des structures au
niveau des horizons jurassiques et les images sismiques du bassin amènent à considérer que le
rifting jurassique était guidé par un jeu transtensif senestre du couloir de Gafsa qui aurait
ouvert des bassins losangiques en relais droits de direction N60, amenant la montée du Trias
salifère le long des failles majeures N60 et N120.
En conclusion, les montées de matériel triasique ont été sollicitées par les jeux en
transtension, des couloirs de failles majeures dirigées en N120 et en N180 depuis le
Jurassique comme c'est le cas sur le profil sismique de la figure 61 en bordure du Jebel
Orbata. Ce nouveau résultat remet en cause ce qui est actuellement admis dans l'Atlas
tunisien, que l'activité halocinétique est d'âge barrémien-aptien (ZARGOUNI, 1977 ;
TLATLI, 1980 ; BUROLLET, 1991).
La mobilisation du Trias salifère et évaporitique dans ce bloc nécessite une
préfiguration bassinale tectonique plus ancienne héritée et dont le jeu de l'accident N180 de
SABO a favorisé la formation d'un bassin triasique Est à accumulation de séries évaporitiques
et salifères. Ces séries sollicitées ultérieurement, au Jurassique, par le jeu des couloirs de
failles, N90, N120 et N180 migrent vers ces couloirs formant ainsi des dômes et des
gouttières de Rim-Synclines. Alors que le bloc ouest était manifestement différent déjà au
Chapitre III : Le jurassique 123
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Trias pour donner lieu au Jurassique à une tectonique plus cassante en horst et graben et où
l'on ne perçoit pas de dômes salifères qu'à proximité du grand accident N180 de SABO au
niveau du Jebel Souinia (fig. 46).
Fig. 61: Profil sismique montrant les discordances angulaires du Jurassique et du
Crétacé inférieur au flanc d’une intrusion triasique en bordure du Jebel Orbata
en Tunisie centro-méridionale.
Ainsi sur la zone centrale et méridionale de la marge de la Tunisie, dans les régions de
Sidi Aïch - Majoura et Gafsa, les bassins jurassiques peuvent être classés en trois types.
- Bassins de transtension en pull-apart à grabens et Rim Syncline, à fortes épaisseurs
sédimentaires et horst synchrones au rifting téthysien avec ou sans remontées halocinétiques
du Trias le long des failles bordières.
- Bassins de transpression à plis et Rim Synclines, à puissantes séries sédimentaires en
relais à partir du Jurassique moyen. Ces bassins ont été guidés par deux directions de failles
en rameaux majeures. La direction de faille N120-140 de Gafsa, Majoura et Meloussi-
Mezzouna, la direction N180 de Sidi Ali Ben Oun et de l'axe Nord-Sud.
- Bassins des plates-formes en transtension et à séries sédimentaires marno-
carbonatées réduites.
Chapitre III : Le jurassique 124
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
B- TUNISIE ORIENTALE
I- INTRODUCTION
La zone du Sahel a fait l'objet de plusieurs travaux d'exploration pétrolière depuis les
années 1950 et jusqu'à nos jours. Les forages de puits atteignent localement le Trias et le
Permien, (ABK1, ABK2, SMS1 et NA101 et KT2) (fig. 62 et 62 bis).
Fig. 62 : Corrélations N-S des puits pétroliers de la Tunisie sud orientale.
Chapitre III : Le jurassique 125
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Dans la démarche que nous avons adoptée pour l'analyse des bassins sédimentaires
associés aux couloirs tectoniques, le choix des puits pétroliers étudiés était guidé par
l'architecture tectonique profonde de la couverture sédimentaire. C'est-à-dire que nous avons
utilisé les données de puits des blocs tectoniques existants de part et d'autre du passage des
failles majeures N90 - 120 et N180 (fig. 38). Les corrélations stratigraphiques et séquentielles
ont été orientées de ce fait globalement selon les directions E-W et N-S.
II- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
II-1- LES CORRELATIONS NW-SE A TRAVERS LES COULOIRS
DE FAILLES N90-120
Les puits pétroliers d’ABK1 - ABK2, SMS1, NA101 et KT2 ont atteint les séries
permiennes et triasiques dans les régions de Sidi Ali Ben Khlifa et Sebkhat Mecheguig (fig.
62 et 62 bis). Alors que dans la partie centrale du Sahel, les puits NA101 et KT2 ont atteint le
Trias et le Jurassique.
La corrélation SE-NW des puits de ABK2, ABK1, SMS1, KT et NA101 (fig. 62 et 62
bis) montre que les séries évaporitiques et argilo-gréseuses, à roches volcaniques du Trias,
sont très épaisses et préfigurent progressivement, en direction de l'axe N-S, le rôle important
que jouera le Trias dans la cinématique des bassins mésozoïques et tertiaires de cette zone.
Aussi les séries calcaro-dolomitiques et jurassiques sont assez épaisses au niveau de la zone
d’Ali Ben Khlifa où elles montrent des faciès profonds pélagiques et s'amincissent vers l'axe
NS où elles montrent des faciès de plates-formes comparablement à celle de Majoura
comprise entre la zone de l'Atlas central et l'axe Nord-Sud.
II-2- LES CORRELATIONS E-W A TRAVERS LES COULOIRS DE FAILLES
N120 ET N180
Les corrélations effectuées entre les puits NA-101, NA1, KT2, KT1, CN1 et CN2
selon une direction E-W (fig. 63), montrent que l'épaisse série sédimentaire existante à l'Ouest
au niveau de NA-101, se réduit considérablement vers les puits de KT2 et KT1 où s'observent
deux (2) discordances progressives ; l'une à la base mettant en contact le Lias sur le Trias à
KT2 et l'autre au sommet mettant en contact le Dogger sur le Trias à KT1 (fig. 63).
Ces discordances se situent par rapport à la carte tectonique de la zone (fig. 38) et
(fig. 63), au niveau des couloirs de failles N120 de Ktitir (fig. 38) et N70-90 de Chorbane.
Aussi l'amincissement du Jurassique entre les puits de NA1 et KT2 s'effectue à l'emplacement
de la faille de Ktitir (fig. 63).
Chapitre III : Le jurassique 126
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Sur les lignes sismiques, le caractère évaporitique et salifère du Trias supérieur se
marque par des structures en dômes de "Salt Pillow" (fig. 47 et 64), à faciès sismique
chaotique passant latéralement à des séquences sub-horizontales de plus fortes amplitudes
(fig. 47).
Chapitre III : Le jurassique 127
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre III : Le jurassique 128
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La base de ces dômes est sub-horizontale avec une assez bonne continuité des
horizons et des amplitudes plus fortes, devant correspondre aux ensembles carbonatés et
gréseux du Trias inférieur et moyen comme nous l'avons vu sur la marge centrale de l'Atlas.
Fig. 64: Profil sismique montrant les structures de failles en rameaux E-W de Mahdia
et Moknine à dômes triasiques scellés dans le Sahel.
On remarque que la position des structures en "Salt Pillow" se situe à l'endroit de
failles profondes ou de couloirs de failles profonds ; latéralement apparaissent des séquences
de dépôts plus régulières, ce qui dénote une variation latérale de faciès des dépôts triasiques et
donc une répartition bassinale contrastée. Ce phénomène nous rappelle ce qui a été observé de
l'autre côté de l'axe NS ; dans la région de Gafsa - Majoura et Sidi Aïch.
La série du Jurassique rencontrée au niveau des puits pétroliers de ABK1, ABK2,
HKS1, SMS1, NA101, KT2, KT1 et RS101 est à dominante carbonatée et dolomitique avec
des alternances d'argiles (fig. 62 et 62 bis). Sismiquement, cette lithologie se reflète par des
alternances d'horizons à fortes réponses acoustiques et à bonne continuité et des faciès
sismiques plus transparents à plus faibles amplitudes (fig. 47).
Dans la zone ouest du Sahel, on peut voir la base du Jurassique sur certaines lignes
sismiques (fig. 47 et 64) correspondant au toit des intumescences du Trias. Les horizons
jurassiques montrent deux ensembles séquentiels majeurs (fig. 47) limités par des structures
de « onlap » discordants sur les flancs des intumescences triasiques (fig. 47). Les
discordances progressives des limites séquentielles du Jurassique sur le Trias observées sur
les lignes sismiques (fig. 47), correspondent à celles décelées par la corrélation des séries
sédimentaires à travers les puits pétroliers (fig. 62 et 62 bis) et (fig. 63).
Chapitre III : Le jurassique 129
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Latéralement sur les structures hautes des dômes, limitées par des failles normales, les
deux superséquences sismiques se réduisent et changent de faciès sismiques avec des
amplitudes plus fortes et une géométrie lenticulaire (fig. 47), dénotant l'installation d'une
plate-forme carbonatée.
Les variations de faciès et de structures sismiques des horizons jurassiques montrent
que l'activité tectonique à cette période a différencié des aires de dépôts de bassins subsidents
et de plates-formes à la faveur, en outre, de migration et de mouvements ascensionnels du
Trias évaporitique et salifère le long des couloirs de failles. Ce qui tend à nous rappeler des
phénomènes similaires sur la zone centro-méridionale de la Tunisie à cette époque.
IV- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
JURASSIQUE
Sur la carte paléogéographique établie par HALLER (1983), les faciès jurassiques
corrélés à partir des puits pétroliers de la zone, montrent deux grands domaines séparés une
ligne de direction moyenne N00-30 : l'un à sédimentation carbonatée pélagique et l'autre à
faciès littoral.
D'après les courbes isopaques et les analyses de faciès effectuées dans ce domaine (fig.
65), il ressort une paléogéogaphie semblable mais plus cernée; en ce sens qu'elle montre un
alignement des courbes allant quasi-parallèlement aux couloirs de failles N-S de Bir Ali Ben
Khlifa-Henchir Keskes et N120 de Sebkhet Mecheguigue , au Sud, et le couloir N70-90 de
Bouthadi-Chorbane dans la partie centrale du Sahel. Alors que vers le Nord-Ouest, la courbe
de 400 mètres longe le couloir de faille subméridien de Draa Souatir (fig. 65).
Nous voyons que le maximum d'épaisseur des séries du Jurassique se situe au niveau
de la structure du couloir de Bir Ali Ben Khlifa-Henchir Keskes dans le Sud du Sahel où il
montre des faciès pélagiques argilo-calcaires profonds (fig. 65), alors que vers le Nord-Ouest
apparaissent les faciès nettement moins argileux et plus dolomitiques ((fig. 62) et (fig. 65)).
V- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
V-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
L'analyse des profils sismiques des zones ouest et est du Sahel ainsi que la
cartographie tectonique des couloirs de failles montre que les séries sédimentaires du
Jurassique sont affectées par des failles anciennes et des structures associées. L'agencement
des séquences jurassiques se répartit en discordance angulaire autour d'intumescences
d'évaporites et de sels du Trias qui se situent le long de certains couloirs tectoniques tels que
celui N120 de Sidi El Kilani et N90 de Chorbane (fig. 40 et 47) et de Mahdia (fig. 64).
Chapitre III : Le jurassique 130
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 65: Carte tectono – paléogéographique du Jurassique.
Chapitre III : Le jurassique 131
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Les séries jurassiques se réduisent considérablement sur les flancs des intrusions
triasiques et s'épaississent au sein des gouttières de Rim Synclines ou au sein des structures de
grabens comme celles du couloir N-S de SABK. La cartographie paléogéographique du
Jurassique montre aussi que les lignes isopaques et les limites des domaines profonds et de
plates-formes épousent clairement certaines directions des couloirs de failles E-W et NS (fig.
38), bien que les données de puits pétroliers soient assez peu nombreuses et éparses.
Cette structuration présente plusieurs caractères similaires à celle de la zone centro-
méridionale du point de vue distribution des structures autour des couloirs de failles
profondes à intrusion du Trias salifère. Une différenciation de comportement tectonique entre
la zone ouest, située entre l'axe N-S et le couloir de faille N-S d'El Jem, et la zone orientale est
bien évidente.
En effet, dans cette zone, les intumescences salifères du Trias s'arrêtent presqu'à la
latitude du couloir N-S d'El Jem et à sa jonction avec le couloir E-W de Mahdia dans la zone
de Boumerdès (fig. 64) (BEDIR, 1988, BEDIR et al., 1992b). Là aussi, on remarque une
distribution du comportement tectonique de part et d'autre des couloirs de failles subméridiens
comme c'est le cas dans l'Atlas central. L'existence des couloirs de failles N90, N120 et N180
anté-triasiques et la différienciation des dépôts jurassiques mettent en relief le jeu au
Jurassique, du réseau en rameaux des failles N-S de l'axe N-S et d'Enfidha - El Jem, sur lequel
se branchent les couloirs de failles N90 - 120 de Kairouan - Sousse, Sebkhet Sidi El Hani,
Sidi El Kilani, Chorbane, Moknine, Mahdia et Sebkhet Mecheguigue. Ces couloirs
constitueraient des limites de bassins de gouttières et de plates-formes. La disposition de ce
réseau forme une mosaïque quadratique et sa mobilisation en transtension engendre les
bassins de type pull apart.
C- CONCLUSIONS ET INTERET PETROLIER
Les blocs de bassins de grabens ouverts au Trias, continuent à s'ouvrir au Jurassique
par les jeux transtensifs des couloirs de failles majeures N90, N120 et N180, accentuant ainsi
la subsidence des dépocentres et soulevant, par conséquent les blocs de plates-formes. Ces
jeux de failles coulissantes ont sollicité l'ascension de murs d'évaporites et de sels des bassins
Rim Synclines des superséquences supérieures du Trias, donnant lieu sur certains blocs.
L'activité tectonique syn-jurassique est matérialisée d'une part par les discordances
angulaires, le scellement des failles normales par le Jurassique supérieur, par le Crétacé
inférieur et par l'agencement et la répartition des superséquences et séquences de dépôts
identifiées qui se caractérisent par des cortèges de progradation de bas niveaux marins sur les
pentes des gouttières subsidentes de grabens et par des cortèges d'aggradations et de
rétrogradations vers les plates-formes résistantes, en bordure desquelles nous notons la
Chapitre III : Le jurassique 132
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
présence d'anomalies sismiques lenticulaires et bombées caractéristiques de corps récifaux.
Ces prismes s'organisent en quatre superséquences de 2ème ordre correspondant à une suite
séquentielles de 3ème ordre de neuf (9) à douze (12) séquences de dépôts de 2ème ordre qui
varient selon l'habitat tectonique.
L'évolution des mouvements transtensifs le long des failles sub-orthogonales N120 et
N180 au cours du Jurassique, provoque des zones de blocage au Jurassique moyen, qui
réagissent et évoluent en transpressions donnant lieu au plissement des bordures faillées des
plates-formes. Ce mécanisme rejoint celui proposé par VILA (1980) en Algérie et par
ALOUANI (1990) en Tunisie septentrionale où ils proposent l'existence de coins en
compression lors de la distension jurassique sur les transformantes E-W, N60 et N-S. Les
intrusions de Trias le long des failles bordières des plates-formes et des gouttières de grabens
ou de plis commencent dès le Jurassique inférieur sans que l'on ait une épaisse couverture
sédimentaire pour créer la surcharge, ce qui montre que l'halocinèse peut être étroitement liée
aux jeux de coulissements des failles. Ces intumescences précoces du salifère triasique ont
favorisé l'installation de plates-formes carbonatées récifales au Jurassique.
Les types de bassins associés à la géodynamique jurassique permet d'avoir un
important potentiel pétrolier par la formation de plates-formes carbonatées récifales bordées
par des prismes de cortèges sédimentaires progradants aux flancs des bordures de gouttières
subsidents des grabens et des Rim Synclines. L'existence de roches mères de pétroles au sein
des cortèges aggradants et transgressifs s'emboîtant avec les cortèges progradants rend ces
séries pétrolièrement potentielles. Les pièges stratigraphiques des pinch outs et des
discordances de « onlap » et de toplap en bordures des flancs de plates-formes ainsi que les
fermetures structurales autour de ces entités faillées complètent un système pétrolier très
potentiel méritant d'être exploré dans ces régions.
Chapitre III : Le jurassique 133
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE IV : LE CRETACE INFERIEUR
A- TUNISIE CENTRO-MERIDIONALE
I - INTRODUCTION
Les ensembles sédimentaires du Crétacé inférieur sont bien visibles sur les profils
sismiques. La résolution sismique est toutefois améliorée par la position "soulevée" des blocs
de l'Atlas central par rapport à ceux de la zone orientale où cette résolution n'atteint que
localement ces séries.
Ce premier avantage permet de "visualiser" les séries sédimentaires du Crétacé
inférieur à travers tout l'ensemble de l'Atlas centro-méridional en subsurface. Une analyse
seismo-séquentielle et seismo-tectonique des horizons sismiques permettra d'identifier et de
caractériser les séquences de dépôts, leur agencement, leur répartition spatio-temporelle, la
fracturation et les structures tectoniques qui les affectent, en continuité avec les événements
jurassiques sous-jacents.
Cette étude permettra de relier, en outre, les données dûes aux observations éparses et
discontinues effectuées en surface en ce qui concerne la stratigraphie, les types de dépôts et la
paléogéographie des séries du Crétacé inférieur (BUROLLET, 1956 ; FOURNIE et al., 1973 ;
M'RABET, 1981, 1987 ; MASSE, 1982 ; MARIE et al., 1984; BEN FERJANI et al., 1990),
avec celles de subsurface. En effet, le découpage lithostratigraphique en membres, groupes et
formations a été toujours rediscuté et est constemment remis en cause faute de datation
biostratigraphique précise et d'études séquentielles nouvelles.
En outre, le rôle de la tectonique et de l'évolution géodynamique pendant les dépôts
des séries sédimentaires du Crétacé inférieur n'a été étudié que très récemment à travers des
études géophysiques de subsurface (BEDIR et al., 1992 ; ZITOUNI, 1992 et ZITOUNI et al.,
1993) après celles de surface (SOYER, 1987 ; SOYER et al., 1987 ; IBOUH, 1991 ;
BOUKADI et al., 1992 ; BOUKADI, 1994 ; EL EUCHI, 1993). Les séries siliciclastiques et
carbonatées, d'âge berriasien, valanginien, hauterivien, barrémien et aptien, sont groupées en
formations lithostratigraphiques dénommées respectivement Sidi Khalif, Meloussi, Boudinar,
Sidi Aïch et Orbata (BUROLLET, 1956 ; M'RABET, 1981). Ces séries sont connues pour
être des dépôts d'un seul bassin deltaïque progradant du Sud au Nord (M'RABET, 1981,
1987) où la Formation Sidi Khalif serait le deltafront, la Formation Meloussi le prodelta et la
Formation Boudinar l'avant-delta; alors que les Formations Sidi Aïchet Orbata représentent
des dépôts de plates-formes siliciclastiques et carbonatées externes et internes.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 134
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
II-1- CORRELATION DES PUITS PETROLIERS
A l'aide de la corrélation des puits pétroliers ayant traversé le Crétacé inférieur des
zones nord et sud du couloir tectonique de Gafsa, il ressort que les séries sédimentaires
enfouies sont essentiellement siliciclastiques avec des niveaux d'intercalations de carbonates
dolomitiques (fig. 42), comme il est connu en affleurement dans les plis de l'Atlas centro-
méridional (BUROLLET, 1956 ; M'RABET, 1981). Des variations d'épaisseurs apparaissent
de manière spectaculaire à la base du Crétacé inférieur à savoir au Berriasien relatif à la
Formation Sidi Khalif (fig. 42). Alors que les séries du Valanginien, de l'Hauterivien, du
Barrémien, et de l'Aptien présentent des variations de puissance moins prononcées (fig. 42).
Ces variations d'épaisseurs du Berriasien jusqu'à l'Aptien s'accompagnent de variations
lithologiques marquées souvent par les passages latéraux des faciès gréseux et argileux aux
faciès carbonatés dolomitiques (fig. 42), pouvant correspondre aux cortèges sédimentaires des
prismes de bas niveaux et de hauts niveaux en bordures de zones de bassins, et que nous
analyserons plus loin. Ces observations montrent d'une part que les zones de dépôts des
séquences du Crétacé inférieur étaient hétérogènes et contrastées du fait de la structuration du
substratum sédimentaire et d'autre part que le remplissage sédimentaire s'opère dans
environnements variés selon les zones paléogéographiques.
Ces résultats sont d'autant plus significatifs que la position des puits pétroliers se situe
sur différentes structures paléogéographiques, étant pour les uns, situés dans des zones
plissées telles que Souinia-1, Bliji-1 et Ben Kheir-1 ou pour d'autres, dans des de zones de
plates-formes résistantes ou subsidentes telles que Kharrouba-1 ou Gantass-1 (fig. 43). Ces
puits sont aussi situés de part et d'autre des couloirs de failles majeures tels que ceux de
direction N120 de Majoura-Mech, N180 de Sidi Ali Ben Oun, N120 de Gafsa et N90 de la
chaîne de Metlaoui (fig. 31).
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
L'analyse des profils sismiques des bassins sud et nord du couloir tectonique N120 de
Gafsa, d'après les données de terrains et des puits pétroliers de Souinia-1, Kharrouba-1,
Mandra 1 et Ben Kheir-1 au Nord et de Bliji-1 et de Gantass-1 au Sud, permettent d'identifier
l'agencement séquentiel des dépôts du Crétacé inférieur.
Considérant comme base du cycle sédimentaire du Crétacé inférieur, le toit du
Tithonique qui supporte la Formation Sidi Khalif, et comme son toit la barre carbonatée de la
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 135
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Formation Orbata, le Crétacé inférieur peut être divisé en deux superséquences sismiques de
2ème ordre formées d'une suite de séquences de 3ème ordre; (fig. 45 et 50) agencées en
structures de downlap de progradations et de onlap d'aggradations et de rétrogradations selon
les bordures des bassins considérés.
III-1-SUPERSEQUENCE SISMIQUE Ci 1
III-1-1-- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-1
La première séquence correspond au cycle du Crétacé inférieur d'âge tithonique
supérieur-berriasien. Elle représente la base de la Formation Sidi Khalif étudiée en surface.
Les horizons sismiques de cette séquence viennent en structure de downlap de progradation
sur le toit de la superséquence Js 4 (fig. 45, 50 et 67). Ils sont limités à la base et au toit par
des doublets sismiques à reflecteurs sismiques de forte amplitude. Le faciès sismique est
généralement variable, transparent ou de faible amplitude et présentant une certaine
discontinuité. Ces caractères traduisent un milieu de dépôts sous énergie variable conduisant
à lithologie contrastée de grès, carbonates et marnes. Il s'agirait de dépôts de pentes
(turbidites) de slope fan et probablement de cônes sous-marins (basin floor fan),
caractéristiques des prismes de bas niveaux marins mis en place en bas de pente, en bordure
des zones hautes de plates-formes rejoignant ce qui a était proposé par Bobier et al. (1991).
Ces prismes progradants sont quasiment présents sur toutes les bordures du bassin de
Gafsa (fig. 32), de Moularès - Orbata (fig. 66), de Majoura (fig. 50) et de Sidi Ali Ben Oun -
Hfay (fig. 67). Les séquences progradantes de ces prismes sont dirigées vers le Sud (fig. 32 et
66), vers l'Est (fig. 67), l'Ouest (fig. 43) et le Nord (fig. 68), selon le basculement des bassins.
Vers les zones amont, apparaissent les structures de « onlap » d'aggradation et de
rétrogradation (fig. 32, 50 et 67).
Cette première séquence peut être subdivisée localement en deux séquences limitées
par une surface de downlap de progradation marquée aussi par un horizon à forte amplitude
(fig. 66 et 67). Ce dédoublage séquentiel de progradation est caractéristique des bordures les
plus subsidentes des bassins. Les dépôts de plates-formes affleurants en surface et relatifs à la
Formation Sidi Khalif, passent latéralement à des dépôts de prismes de bas niveaux marins
structurés en séquences de 3ème ordre et en para-séquences délimitées par des surfaces
chrono-eustatiques.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 136
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 66: Séquences sismiques de progradation oblique en Downlap
du Crétacé inférieur dans le bassin de Moularès.
III-1-2- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-2
Elle correspond aux alternances de marno-calcaires, de sables et de dolomies d'âge
berriasien-valanginien qui font partie des Formations Sidi Khalif et Meloussi observées en
surface. Les para-séquences sismiques de ces dépôts s'agencent en structures de downlap de
progradation similaires à ceux de la première séquence (fig. 50 et 66). Elles sont limitées à
la base par une surface de downlap les séparant des séquences du Berriasien par un doublet
sismique de forte amplitude. Le faciès sismique est comparable à celui de la séquence sous-
jacente, à savoir une variabilité d'amplitude plus ou moins faible et une discontinuité des
réflecteurs (fig. 32, 50 et 66). Les limites des para-séquences progradantes passent sur les
parties hautes des bassins à des onlap de hauts niveaux marins à configuration parallèles.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 137
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 67: Séquences sismiques de progradation oblique et sigmoides en Dowlap en
bordure du couloir de failles N-S de Sidi Ali Ben Oun.
Ce sont des dépôts à caractères mixtes siliciclastiques et carbonatés d'énergie variable
correspondants à des corps sédimentaires turbiditiques en bordures de plates-formes
deltaïques et tidalitiques reconnues en surface (M'RABET, 1981, 1987). Ces prismes se
placent aussi en bordure des bassins de Gafsa (fig. 32), de Moularès (fig. 66), d’Orbata, de
Majoura, de Meloussi et de Sidi Ali Ben Oun - Hfay avec un sens de progradation dominant
vers le Sud et le sud-est.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 138
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-1-3- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-3
La troisième séquence du Crétacé inférieur montre la troisième succession d'un
prisme progradant de bas niveau marin dont les para-séquences s'agencent en downlap de
progradation. Il correspondrait aux dépôts de bas niveaux des alternances mixtes marno-
gréso-carbonatées d'âge Valanginien supérieur de la Formation Meloussi de surface
(M'RABET, 1981, 1987). Ce prisme progradant se développe en bordure des bassins de
Gafsa, de Moularès, d’Orbata, de Majoura et de Meloussi. Le faciès sismique est
comparable à celui des prismes sous-jacents du Berriasien et du Valanginien.
Vers les zones hautes en bordure de bassin, ces para-séquences présentent des
structures de onlap aggradants et rétrogradants (fig. 32 et 50) à configuration sub-parallèles
mais comprennent aussi des downlap de progradations internes plus discrets. Les
caractéristiques seismo-stratigraphiques de la séquence Ci 1-3, dénotent des dépôts mixtes
siliciclastiques turbiditiques de bordures de plates-formes. Le sens de progradation est dirigé
du Nord au Sud sauf sur les bordures des grabens subsidents vers le Nord tel que celui qui
s'étend du jebel Meloussi à Meknassy-Mezzouna (fig. 68).
III-2-SUPERSEQUENCE SISMIQUE Ci 2
III-2-1- SEQUENCE SISMIQUE Ci 2-1
Avec cette quatrième séquence de dépôts apparaissent les structures en onlap
d'aggradation/rétrogradation de hauts niveaux marins (fig. 32, 50 et 66), venant en
discordances progressives sur les offlap de progradations de Ci 1-1, Ci 1-2 et Ci 1-3. Ces
dépôts correspondent aux prismes de hauts niveaux des alternances argilo-sablo-dolomitiques
d'âge Hauterivien des formations Boudinar et Bouhedma de surface.
Le faciès sismique est marqué par une forte amplitude et une assez bonne continuité
des horizons (fig. 32, 50 et 66). Néanmoins, localement sur les bordures les plus subsidentes
des bassins de Gafsa et Moularès, apparaissent des structures en downlap progradants vers le
Sud dont la base correspondrait à l'équivalent des sables fluviatiles de bas niveau marin de
Boudinar. Ce fait confirme le rôle de l'évolution tectonique des couloirs de failles sur la
formation des prismes de progradations ou d'aggradations.
Ainsi, par une accentuation de la subsidence tectonique, les dépôts sédimentaires de
hauts niveaux marins tidalitiques et deltaïques de la Formation Bouhedma (M'RABET, 1981),
peuvent comporter en subsurface, des prismes progradants turbiditiques de pied de pente.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 139
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 140
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-2-2- SEQUENCE SISMIQUE DU Ci 2-2
Elle correspond aux séries mixtes et sableuses des formations Bouhedma et Sidi Aïch
d'âge Hauterivien-Barrémien de surface. En subsurface, elle montre des structures en downlap
de progradation vers le Sud, plus discrets que ceux des séries sous-jacentes (fig. 32 et 66).
Son faciès sismique est de faible amplitude et de médiocre continuité (fig. 49 et 66). Elle est
coiffée au toit par un doublet sismique de forte amplitude correspondant aux barres
carbonatées de l'Aptien (Formation Orbata) (fig. 32 et 66).
III-2-3- SEQUENCE SISMIQUE Ci 2-3
Cette dernière séquence du Crétacé inférieur se marque par une structure en
onlap/toplap d'aggradation et de rétrogradation coiffant la séquence barrémienne Ci 2-2 (fig.
50, 66 et 67). Il s'agit des horizons argilo-dolomitiques aptiens qui constituent une ligne
isochrone continue sur tout le bassin et se caractérisent par un doublet sismique de forte
amplitude. Ils sont similaires à ceux des carbonates du toit du Jurassique de la Formation Nara
(fig. 50 et 67). Entre ces deux horizons, le Crétacé inférieur constitue une entité géométrique
et séquentielle bien marquée qui se différencie des cycles jurassiques et Crétacé supérieur par
les faciès et les structures progradantes. Pour cela, la séquence successive d'âge albien
apparaît génétiquement plus rattachée au cycle sédimentaire du Crétacé supérieur qu'à celui
du Crétacé inférieur.
IV- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES
AVEC LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
Les discontinuités des limites séquentielles des séries du Crétacé inférieur mises en
évidence sur la marge centrale et méridionale ont permis de dénombrer deux superséquences
sismiques de 2ème ordre aussi visibles au niveau des bordures de bassins et sur les plates-
formes dont chacune se subdivise en deux, trois ou quatre séquences sismiques de 3ème
ordre.
La première superséquence s'étend du Tithonique supérieur-Berriasien, au Valanginien
des formations Sidi Khalif et Meloussi de surface. Elle est limitée à la base et au toit par les
discontinuités eustatiques d'âge 136 MA et 121,5 MA (fig. 69).
Les séquences sismiques de 3ème ordre de cette superséquence sont au nombre de 3 et
sont marquées par d'importants offlap de progradation en bordures de bassins longés par les
couloirs de failles à intrusions triasiques. Alors qu'au niveau de la plate-forme, elles se
subdivisent en deux séquences sismiques limitées par la discontinuité eustatique de 128,5 MA
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 141
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
(fig. 69).Les deux superséquences de progradation correspondent au recul global des mers des
supercycles ZB 1 et ZB 2 d'âge Tithonique supérieur-Berriasien. (fig. 69).
Fig. 69: Comparaison des limites séquentielles du Crétacé inférieur de
subsurface avec les limites eustatiques globales.
La deuxième superséquence sismique correspondante à l'Hauterivien-Aptien, dont les
limites correspondent à 121,5 MA et 107,5 MA (fig. 69), comprend trois séquences sismiques
de 3ème ordre en bordures de bassins (fig. 33 et 66) et deux séquences au niveau de la plate-
forme (fig. 66); correspondantes aux Formations Boudinar, Bouhedma, Sidi Aïch et Orbata.
Elles sont marquées en amont par des structures d'aggradation/rétrogradation en onlap et
toplap et en aval par des structures de progradation en downlap, correspondant aux remontées
et aux reculs eustatiques dans les bassins alors que sur la charte, nous avons une stabilité du
niveau marin avec une tendance au recul au Barrémien - Aptien inférieur (fig. 69). Ce qui se
répercute sur la marge tunisienne par la prédominance de structures avec onlap et toplap
d'aggradation/rétrogradation. Mais nous constatons que les séquences Ci 2-2 et Ci 2-3 de
l'Hauterivien et du Barrémien montrent par endroit d'importants prismes de progradations dûs
à l'accentuation de la subsidence tectonique des couloirs de failles bordants les bassins (fig. 32
et 66).
En conclusion, les séquences sismiques de 2ème et 3ème ordre sont globalement
corrélables aux cycles globaux de l'Eustatisme mondial entre 136 MA et 107,5 MA. Leur
organisation est perturbée par le contrôle des blocs tectoniques et des couloirs de failles
associées. C'est ainsi que les jeux des failles bordières entre les bassins et les plates-formes
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 142
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
accentuent ou diminuent les prismes progradants ou aggradants/rétrogradants des cortèges
sédimentaires.
Le Crétacé inférieur se serait alors déposé selon deux superséquences sismiques de
2ème ordre du Tithonique supérieur Berriasien-Valanginien supérieur et de l'Hauterivien à
l'Aptien. Les séquences sismiques de 3ème ordre varient en volumes et en nombres de 6 à 8,
en prismes progradants ou aggradants/rétrogradants.
En outre, ce découpage séquentielle des ensembles siliciclastiques et carbonatés du
Crétacé inférieur ne correspond pas à celui formationnel établi sur les affleurements réduits et
lacunaires de surface, qui constituent en fait les dépôts des cortèges transgressifs des hauts
niveaux marins sur les points hauts de la plate-forme.
V- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La cartographie isopaque-temps des séquences du Crétacé inférieur du Berriasien à
l'Aptien montre une évolution bassinale différente de celle des séquences jurassiques sous-
jacentes de part et d'autre du couloir tectonique N120 de Gafsa. Dans le bassin situé au Nord
de l'accident de Gafsa, on retrouve bien une répartition en deux ensembles de bassins ouest et
est mais qui présentent des changements notables par rapport aux bassins du Jurassique (fig.
70).
Dans le bloc ouest, le dépôt-centre lié au graben d'âge Trias-Jurassique de Sidi Aïch
migre selon une rotation horaire dextre vers le sud-ouest dès la base du Crétacé inférieur
jusqu'à la fin de dépôt de la première superséquence d'âge Berriasien - Hauterivien inférieur.
Puis le graben est scellé par la deuxième superséquence d'âge Hauterivien supérieur - Aptien
(fig. 44 et 70).
Dans le bloc Est, le scellement des superséquences jurassiques par le Crétacé inférieur
est plus remarquable (fig. 56 et 70) et largement étalé sur le domaine de Majoura où la plate-
forme est limitée par des linéaments de directions N30, N 140 et N180 (fig. 70). Cependant et
comme pour le bloc ouest, des migrations de dépôt-centres apparaissent d'une part vers le
Nord, le long du linéament N-S de SABO et d'autre part vers le SE le long du linéament N120
de Majoura (fig. 56 et 70). Ces migrations des bassins de l'Hfay et de Majoura qui
accompagnent le scellements des bassins du Jurassique, témoignent d'une activité tectonique
certaine au Crétacé inférieur déjà décelée par l'agencement discordant des différentes
séquences du Crétacé inférieur et des prismes de progradations qui nécessitent des
mouvements du plancher sédimentaire au niveau des bordures de bassins.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 143
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
MAGHREB
Fig. 70 : Carte isopaque-temps des séquences du Crétacé inférieur de l’Atlas
central de Sidi Ali Ben Oun.
Le grand axe d'allongement des dépôt-centres des grabens et celles des plates-formes
suit la direction des failles majeures N30, N120, N140 et N180 (fig. 70 et 71) dans le bloc-est
; alors qu'il est plutôt oblique aux failles N60 du bloc Ouest de Sidi Aïch - Souinia (fig. 70).
Ces migrations latérales des structures de bassins dénotent des mouvements latéraux certains
au cours du Crétacé inférieur.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 144
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Dans le bassin sud de Gafsa, les séquences sismiques du Crétacé inférieur viennent se
déposer sur une surface de discordance angulaire de toplap du toit du Jurassique; scellant la
structuration en graben (fig. 32).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 145
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La géométrie des séquences du Crétacée inférieur donnée par la cartographie isochrone
de la base et du toit de ces séries (fig. 72 et 73), montre une répartition en trois bassins limités
d'une part par le couloir de faille N120 de Gafsa et d'autre part par les couloirs de failles N90
et N60 des chaînes de Metlaoui et de Séhib - Berda (fig. 31 (pl.1)). La migration des
structures en dépression et des zones hautes dans les bassins de Moularès, de Guettar et de
Gantass, s'effectue de façon rotationnelle horaire dextre (fig. 58, 72 et 73). Ces migrations
s'opèrent contre les failles bordières N120 de Gafsa et N90, N120-140 de Metlaoui. Elles
témoignent du coulissement opéré au niveau du réseau de failles bordières. Cette structuration
témoigne d'une formation de bassins subsidents de types Pull-apart guidé par le couloir de
faille majeure de Gafsa.
Les mouvements tectoniques de la faille de Gafsa lors du dépôt des séquences
crétacées est en outre attesté par une inversion de subsidence sur les points hauts jurassiques
et par la formation de séquences de prismes de bas niveaux marins en bordure du couloir de
failles (fig. 32 et 66), marquant une accélération de la subsidence notable en ces endroits.
L'activité halocinétique dissymétrique du Trias le long des couloirs de failles se traduit par le
fluage du Trias vers les zones hautes qui provoque la formation de cortèges progradants de
bas niveaux marins dans les bordures subsidentes.
VI- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
VI-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Les faits marquants de l'évolution des bassins au Crétacé inférieur sur la marge
centrale sont d'une part le scellement des structures jurassiques par les séries crétacées
inférieureset d'autre part une migration des dépôt-centres liée à une activité tectonique des
couloirs tectoniques majeurs N60 de Sidi Aïch et Souinia, N120 de Majoura et de Gafsa et
N180 de Sidi Ali Ben Oun. Le long des failles profondes en rameaux anté-Jurassiques des
horsts et grabens jurassiques sont scellés par les premières séquences du Crétacé inférieur et
reprises de façon inverse au cours du Crétacé inférieur c'est l'exemple de la structure N60 de
Sidi Aïch à l'Ouest (fig. 44).
Des structures antiformes et en "Rim Synclines" jurassiques du bloc oriental sont
elles-aussi scellées par les séquences du Crétacé inférieur (fig. 49 et 66). Au Crétacé inférieur,
le bloc nord de Gafsa voit son activité tectonique transférée le long de couloirs de failles par
rapport à celle du Jurassique. Cette activité persiste surtout à proximité des couloirs de failles
majeures. Ceci représente le passage du rifting téthysien Trias-Jurassique à la phase
cinémurienne entre le Jurassique et le Crétacé inférieur.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 146
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 72: Carte en isochrone de l’horizon toit de l’Aptien dans les bassins de Gafsa
(BENTIMZAL, 1993).
Fig. 73: Carte en isochrone de l’horizon toit de l’Hauterivien dans les bassins de Gafsa
(BENTIMZAL, 1993).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 147
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Dans le bloc sud de Gafsa, les coupes sismiques montrent aussi qu'au passage
Jurassique - Crétacé inférieur, on assiste aussi à un scellement des structures liées au rifting
jurassique qui précède un basculement et une inversion de subsidence liés au jeux de certains
blocs situés entre les couloirs de failles majeures en rameaux N60 et N120; qui constituaient
les limites des bassins pull-apart jurassiques. Là aussi, nous constatons l'arrêt du rifting
jurassique sans doute par une réorientation des contraintes régionales aboutissant à un blocage
tectonique accompagné d'un scellement et une migration rotationnelle horaire.
Au toit de la séquence aptienne, les horizons sismiques montrent l'apparition de
plissements le long des failles majeures de Sidi Aïch (fig. 44), de Sidi Ali Ben Oun et de
Majel Bel Abbès (fig. 74) et dans la zone de Meloussi - Bouhedma où apparait une gouttière
synclinale (fig. 75) à partir de la fin de l'Aptien. Sur ces structures viennent les horizons
albiens en discordance angulaire progressive. Cet événement compressif à la fin de l'Aptien a
été observé localement en surface en Tunisie centrale (RABHI et al., 1987). Ainsi, les bassins
du Crétacé inférieur ont continué à être guidés par les mouvements du réseau de failles
profondes majeures de direction N120 et N180 sur lesquels se branchent les failles N30, N60
et N90, actives en transtension au Crétacé inférieur et en transpression à l'Aptien terminal.
VI-2- CINEMATIQUE ET TYPE DE BASSINS
Certes, les mouvements tectoniques se trouvent ralentis et transférés lors du dépôt des
séquences du Crétacé inférieur, cependant, la mise en évidence de migrations rotationnelles
de bassins dans le bloc Nord et Sud de la faille N120 de Gafsa, atteste d'une continuité de jeux
latéraux le long du couloir de failles majeures qui est accompagnée par une migration de
l'halocinèse triasique. Ceci induit la formation de prismes sédimentaires progradants sur les
bordures des couloirs tectoniques. Ces mouvements confirment une cinématique en
transtension sur les couloirs de failles N180 de SABO et N120 de Gafsa et Majoura, la
migration des dépocentres désigne des jeux latéraux décrochants senestres et dextres. Ces
mouvements induisent la formation de bassins de types losangiques le long de la faille N120
de Gafsa avec une accentuation de la subsidence sur les bordures par le fluage du Trias vers
les plates-formes donnant naissance à des séquences de prismes progradants de bas niveaux
marins en bordure de celles ci.
A la fin du Crétacé inférieur, à l'Aptien terminal les réseaux de failles majeures ont été
réactivés en transpression donnant lieu à des plissements contre ces failles d'où nous
déduisons le début des mécanismes transpressifs après le rifting téthysien du Jurassique et du
Crétacé inférieur.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 148
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 74: Profil sismique montrant des structures de gouttières synclinales et des
discordances angulaires progressives de l’Aptien au Campanien, en bordure de la
faille N-S du flanc sud de Jebel Zitoun dans l’Atlas central de la Tunisie.
Fig. 75: Profil sismique montrant les structures compressives fini aptiennes à gouttière
sénonienne entre les plis de Bouhedma et de Boudouaou dans l’Atlas central.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 149
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Comme résultat de la cinématique des accidents au Crétacé inférieur, c'est l'apparition
de deux types de bassins essentiels de part et d'autre de la faille de SABO : des structures
de grabens en fleurs ouvertes en pull-apart et des structures de bassins losangiques de plates-
formes siliciclastiques. Alors qu'au Sud de la faille N120 de Gafsa, se forment des bassins
losangiques Pull-apart droits orientés N60.
B- TUNISIE ORIENTALE
I- INTRODUCTION
Les séries sédimentaires du Crétacé inférieur de la marge orientale du Sahel, du Golfe
d'Hammamet et du Cap Bon, sont recoupées par les puits pétroliers. Les seuls affleurements
proches de cette marge sont ceux de l'axe N-S à l'Ouest du Sahel et de l'axe NS d'Enfidha au
NW (SAADI, 1991) et de la dorsale.
Le Crétacé inférieur de la région d'Enfidha affleure au niveau des jebels Garci,
M'dheker et Fadheloun et a été étudié par différents auteurs du point de vue stratigraphique et
tectonique (CASTANY, 1973 ; SALAJ, 1974; TLATLI, 1978; TURKI, 1985 ; DEVOLVE,
1974 ; MEMMI, 1981) et plus récemment du point de vue de la stratigraphie séquentielle et
de la géodynamique par SAADI (1992 et 1994).
Au niveau de la marge orientale tunisienne, l'épaisseur des séries sédimentaires du
Crétacé supérieur et du Tertiaire rend la résolution sismique médiocre au niveau des séries du
Crétacé inférieur sauf localement.
Dans la plupart des travaux géophysiques effectués dans la région du Sahel, les
horizons les plus profonds qui pouvaient être suivis et cartographiés, étaient ceux de l'Aptien
(TOUATI, 1985 ; BEDIR, 1988), c'est pour cela que nous avons passé en revue toutes les
zones de cette marge en focalisant les analyses seismo-stratigraphiques et seismo-tectoniques
sur certains blocs de bassins où l'accès sismique et celui des puits pétroliers aux séries du
Crétacé inférieur étaient possibles.
II- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
La corrélation des séries sédimentaires du Crétacé inférieur à travers les puits
pétroliers de la marge orientale du Sahel tunisien donnent des indications sur la nature
lithostratigraphique et les variations des séquences de dépôts que nous essayerons d'identifier
en subsurface.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 150
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-1- CORRELATION N-S A TRAVERS LES COULOIRS DE
FAILLES N90-N120 ET N180
Les séries sédimentaires du Crétacé inférieur rencontrées présentent une discordance
angulaire sur le Jurassique. Ceci est bien visible au niveau des puits de Ktitir 2 et 1 (fig. 62).
Entre les puits de KT2 et KT1, le Crétacé inférieur est réduit à une centaine de mètres, alors
que vers le Nord-Ouest, il s'épaissit considérablement à partir des puits de Zlama Ouest 1,
Rouissate 101 et Dekhila 1 (fig. 62).
Il est clair que ces variations d'épaisseur du Crétacé inférieur apparaissent au niveau
des couloirs de failles N120 de Ktitir et N90 de Sidi El Hani et de Kairouan Sud (fig. 38). Ces
couloirs de failles ont joué un rôle important au cours du Crétacé inférieur, en conduisant à
l'individualisation d'un important bassin au Nord de la latitude de Zlama Ouest 1 et de
Kairouan (fig. 62 (pl.3)).
II-2- CORRELATIONS E-W A TRAVERS LES COULOIRS DE
FAILLES N90-120 ET N180
Sur la figure 63 (pl.4), la corrélation des séries du Crétacé inférieur depuis le puits de
Nasrallah-101 jusqu'à Chorbane-1, révèle un important épaississement du Crétacé vers
l'Ouest alors qu'il se réduit progressivement vers l'Est jusqu'à disparaître avant le puits de
KT1. Sur cette coupe E-W, apparaît une discordance angulaire majeure séparant la base du
Crétacé inférieur du Jurassique entre les puits de NA 1 et Ktitir-2, au niveau du passage de la
faille N120 de Ktitir (fig. 63 et fig. 38). Le couloir de faille N120 de Ktitir a donc fonctionné
à cette époque.
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Les séries sédimentaires du Crétacé inférieur sont bien visibles sur certaines lignes
sismiques de la région ouest du Sahel où les couches ont été traversées par nombreux puits
pétroliers tel que NA101, NA1, KT2, ZL101, RS101, KT2. Les corrélations réalisées entre les
puits pétroliers et celles des horizons sismiques du Crétacé inférieur, révèlent la variabilité
latérale des épaisseurs et des faciès sismiques decesséries. Cependant, sur les coupes
sismiques où les séries sont bien représentées, elles peuvent être subdivisées en séquences
sismiques. Nous avons analysé ces séquences dans la partie nord-ouest du Sahel au niveau de
Kairouan sur le profil sismique de la ligne L35 (fig. 76)
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 151
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 76: Les séquences sismiques du Crétacé inférieur dans la zone nord-ouest du Sahel.
III-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Ci 1
III-1-1- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-1
Le faciès sismique de cette séquence est plus ou moins transparent, avec cependant des
horizons discontinus de plus forte amplitude (fig. 76), ce terme correspond aux argiles à
intercalations carbonatées et gréseuses de la Formation Sidi Khalif de surface. Cette séquence
est limitée au mur et au toit par deux horizons continus à fortes amplitudes sismiques
correspondant aux intervalles transgressifs venant en onlap/toplap.
Cette séquence se développe latéralement en structures de downlap (fig. 76), dénotant
des dépôts progradants sur une paléopente, similaires à ceux identifiés sur les bordures de
bassins de la zone centro-méridionale. Ces structures progradantes en downlap sont bien
développées au sud-ouest entre les couloirs de failles N120-140 de Meknassy - Mezzouna,
N120 de Sebkhet Mecheguigue et N180 de Bir Ali Ben Khlifa (fig. 68) où elles montrent une
direction SE-NW.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 152
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-1-2- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-2
Succédant à la séquence Ci 1-1, les alternances argilo-gréso-carbonatés du
Valanginien des Formations Meloussi et Sidi Khalif supérieure de surface présentent dont un
caractère sismique est marqué aussi par un fond transparent avec des horizons discontinus à
plus forte amplitude (fig. 76), qui témoignent de l'existence de dépôts sédimentaires liés à une
certaine énergie du milieu. Cette séquence est limitée au toit par un horizon continu à forte
amplitude correspondant aux l'onlap/toplap transgressifs de la fin de séquence (fig. 76). Dans
la zone sud-ouest du Sahel, cette séquence montre aussi des downlap de progradation vers le
Nord-Ouest (fig. 68).
III-1-3- SEQUENCE SISMIQUE Ci 1-3
Le caractère sismique de cette séquence corrélable en surface avec la Formation
Meloussi composée d'alternances de dolomies, d'argiles et de sables, contraste avec celui des
niveaux sous-jacents, par le fait qu'il est caractérisé par des horizons sismiques à plus forte
amplitude et une meilleure continuité sismique (fig. 76), dénotant un passage à des milieux de
dépôts plus calmes, probablement de plate-forme comme c'est le cas en Tunisie centrale. Vers
le sud-ouest, cette séquence est incluse dans un ensemble de corps progradants en downlap
entre les failles de Meknassy - Mezzouna et Bir Ali Ben Khlifa.
III-2- DEUXIEME SUPERSEQUENCE SISMIQUE Ci 2
III-2-1- SEQUENCE SISMIQUE Ci 2-1
Cette entité sismique correspond aux alternances siliciclastiques carbonatés mixtes de
l'Hauterivien et aux sables barrémiens correspondants aux formations Bouhedma et Sidi Aïch
de surface. La base de cette séquence est marquée par une série d'horizons à forte amplitude et
à très bonne continuité alors que vers le sommet elle possède un faciès sismique plus ou
moins transparent à horizons discontinus de plus forte amplitude (fig. 76). Ces caractères
sismiques contrastent avec ceux de la séquence C 1-3 et marquent un changement de la nature
de dépôt.
III-2-2- SEQUENCE SISMIQUE Ci 2-2
Cette séquence Ci 2-2 coiffe la séquence Ci 2-1 par un doublet sismique à forte
amplitude correspondant aux carbonates construits aptiens de la plate-forme externe qui
constitue la formation Serj, au Nord du Sahel, et qui représentent ainsi des dépôts de bordure
de plate-forme en highstand et marqée par un toplap (fig. 76). Par contre, vers la partie sud,
les puits pétroliers montrent un passage latéral à des calcaires, dolomies et anhydrites de la
plate-forme interne de la Formation Zebbag. Elle comporte un faciès sismique à amplitude
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 153
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
variable avec une discontinuité des horizons. Elle correspond aux alternances argilo-
carbonatées aptiennes de la Formation Serj.
IV- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
BASSINALE
L'esquisse de carte paléogéographique du Crétacé inférieur proposée par HALLER
(1983) montre deux domaines : Sud et Nord. Le domaine sud comprend les grès de
l'Hauterivien (Formation Boudinar); alors que le Nord est couvert par les faciès plus argilo-
carbonatés de l'Hauterivien - Barrémien.
La cartographie isopaque des séries du Crétacé inférieur de l'Hauterivien et de
l'Aptien, établie à partir des puits de la région, précise que les grès de la Formation Boudinar
d'âge hauterivien dessinent, dans le domaine sud de Bir Ali Ben Khlifa, des courbes orientées
globalement N-S, parallèlement au couloir tectonique (fig. 77) et aux corps progradants du
Crétacé inférieur du Sud-ouest du Sahel. Cette série s'amincit progressivement vers l'Est alors
qu'elle se développe à l'Ouest, vers les massifs du jebel Bouhedma et Meloussi (fig. 77).
Les courbes isopaques sont infléchies à l'approche du couloir de faille N70-N90 de
Bouthadi-Chorbane (fig. 77). Ce qui dénote une intime liaison entre ces structures tectoniques
et la répartition paléogéographique de ces séries. Cette paléogéographie de l'Hauterivien est
parallèle à celle du Jurassique mais avec une inversion de la structure de Bir Ali Ben Khlifa et
un resserrement des courbes qui présentent un gradient plus accentué (fig. 77). Ceci est bien
visible sur les profils sismiques de cette zone où un grand corps lenticulaire prograde sur les
calcaires sub-horizontaux du Jurassique supérieur (fig. 65). En outre, la discordance du
Crétacé inférieur sur le Jurassique observée sur les corrélations de puits et les profils
sismiques (fig. 62) est confirmée par celles des courbes paléogéographiques en isopaques (fig.
65) et (fig. 77).
Cette paléogéographie change à l'Aptien où se met en place dans le domaine sud, une
plate-forme carbonatée et évaporitique (Formation Zebbag); alors qu'au Nord, se développe à
partir de la latitude de Nasrallah et Chorbane des faciès récifaux relatifs à la Formation Serj
(fig. 78).
Les variations d'épaisseurs traduisent une évolution synsédimentaire et
paléogéographique puisqu'elles s'accompagnent d'une part, par la mise en place de faciès
continentaux et de plate-forme interne vers l'Ouest; alors qu'elles deviennent marines à l'Est
(fig. 78).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 154
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 77: Carte tectono – paléogéographique de l’Hautérivien.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 155
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 78: Carte tectono – paléogéographique du Crétacé inférieur (APTIEN).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 156
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La carte paléogéographique de l'Aptien dessine un V dans le domaine sud ; avec un
bras N-S et l'autre Sud-Est-Nord-Ouest alors que vers le Nord entre Kairouan et Sousse, la
plate-forme carbonatée récifale aptienne de la Formation Serj présente une orientation N70 à
N90. Ces orientations paléogéographiques à l'Aptien se superposent aux couloirs tectoniques
N-S de Bir Ali Ben Khlifa-Henchir Keskes et E-W de Sebkhet Mecheguigue au Sud et de
Kairouan - Sousse au Nord.
A l'Est, les faciès de l'Aptien passent aux séries marines des formations Allam et
Fahdène, au niveau du couloir de failles N-S d'El Jem - Zéramdine (fig. 78). De plus, au sein
de ce domaine profond, existent sur les profils sismiques, des zones hautes au Crétacé
inférieur le long de couloirs de failles E-W de Mahdia et de Jebéniana (BEDIR, 1988 ;
BEDIR et al., 1992b) associées à une activité volcanique albo-aptienne.
V- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
V-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
La cartographie sismique en isochrone ou en isopaque du Crétacé inférieur de la
marge orientale est assez difficile à établir, vue l'importante série sédimentaire du Crétacé
supérieur, du Paléogène et du Néogène qui absorbe une grande partie de l'énergie sismique.
D'où l'étude de ces séries en subsurface sur la marge centro-méridionale où elles peuvent être
bien suivie. Cependant, dans la partie est de la marge du Sahel, la carte isochrone de l'horizon
aptien montre que le réseau de couloirs de failles N90-120 de Mahdia et de Moknine et N180
d'El Jem-Zéramdine disloquent le Crétacé inférieur d'une manière très intense (fig. 79).
Sur les profils sismiques, les séquences du Crétacé inférieur apparaissent autour de ces
couloirs de failles qui montrent des ramifications en "flower structures" et en rameaux jouant
au Crétacé inférieur (fig. 39 et 41) tandis que des structures distensives en failles normales
apparaissent scellées par l'Albien ou le Cénomanien (fig. 39 et 41).
La carte isopaque de la superséquence albienne (BEDIR, 1988 ; BEDIR et al., 1992b)
montre l'existence de bassins de grabens sur le couloir N180 d'El Jem; alors que le couloir
N90-120 de Mahdia évolue en zone haute (fig. 80) de Push up en horst. Entre ces deux
couloirs, le bloc de bassin de la plate-forme subsidente de Jebéniana évolue en bassin
losangique pull-apart par les jeux de transtension dextres et senestres des couloirs de failles
N90-120 de Mahdia et Jebéniana et N180 d'El Jem (BEDIR et al., 1992).
Sur certaines lignes sismiques, on note des structures antiformes affectant l'horizon
aptien, le long de couloirs de failles E-W et N-S comme c'est le cas à Jebéniana (fig. 81) et
Mahdia (fig. 39). Ceci amène à considérer que l'événement compressif fini-aptien est aussi
perceptible sur la marge orientale de la Tunisie.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 157
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 79: Carte en isochrone de l’horizon aptien dans le Sahel de Mahdia
(Bédir et al., 1992).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 158
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 80: Carte isopaque-temps de la mégaséquence sismique albienne dans le Sahel
de Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 159
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 81: Profil sismique montrant la répartition des séquences sismiques mésozoïques et
cénozoïques dans la zone Est du Sahel de Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 160
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
V-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
Les études géodynamiques de subsurface effectuées dans la zone est de la marge du
Sahel de Mahdia (BEDIR et al., 1992b) ont montré le rôle de guide des couloirs de failles
profonds E-W et N-S de Mahdia et d'El Jem dans la structuration des bassins du Crétacé
inférieur par les jeux de décrochements dextres et senestres donnant lieu à la Formation de
grabens, de plates-formes et de push up. Ces résultats ont été appuyés par des études de
terrains effectuées à la limite NW du Sahel, dans la région d'Enfidha où SAADI (1990) a mis
en évidence un contrôle tectonique important des séries du Crétacé aux Jebels Garci,
M'dheker et Fadheloun Les résultats obtenus mettent à jour l'existence d'un couloir de failles
N-S ayant fonctionné en transtension senestre et ouverts des bassins losangiques de directions
N140 et E-W où les dépôts du Crétacé inférieur s'organisent en une succession de séquences
gravitaires et turbiditiques de bas niveaux marins (SAADI et al., 1994).
Dans la zone ouest de la marge du Sahel, l'agencement des séquences de dépôts du
Crétacé inférieur autour des couloirs tectoniques E-W et N120 de Sousse - Kairouan, Sebkhet
Sidi El Hani, Sidi El Kilani et de Chorbane, dénote une activité tectonique de ces réseaux au
cours du Crétacé inférieur. En particulier, l'ouverture d'un bassin à séries sédimentaires très
épaisses au Nord du couloir tectonique E-W de Kairouan - Sousse au Crétacé inférieur (fig.
62) et (fig. 63) et à l'Ouest de l'accident N-S de Draâ Es Souatir, démontre l'intense activité
tectonique à cette époque. Cependant, à l'ouverture de bassin sur le couloir E-W de Kairouan-
Sousse et N-S de Draâ Es Souatir s'oppose la fermeture des structures sur les couloirs E-W et
N120 de Sebkhet Sidi El Hani et Chorbane, en plates-formes (fig. 47) et en plis gouttières de
Rim Synclines associés à des intrusions de Trias le long des failles bordières en fleurs (fig.
40).
En conclusion, au Crétacé inférieur, les couloirs tectoniques E-W et N-S de la marge
orientale du Sahel ont été réactivés en un système de coulissements transtensifs et
transpressifs dextres et senestres engendrant des zones d'ouvertures en grabens et en
dépocentres subsidents avoisinant des zones de blocage et de fermeture de plis et de gouttières
synclinales le long des couloirs et de plates-formes et entre ces derniers.
Les mouvements transtensifs et transpressifs le long des couloirs de failles en rameaux
de la marge du Sahel se répartissent selon la disponibilité de l'espace entre ces couloirs. C'est
ainsi que les zones étroites, prises entre les couloirs de failles N-S de l'axe N-S à l'Ouest et d'E
Jem-Zéramdine à l'Est évoluent préférentiellement en transpressions; alors que vers l'Est et
vers le Nord, les zones évoluent en transtension ouvrant des bassins losangiques comme celui
de Jebéniana (BEDIR et al., 1992) ou en bassins de méga-fentes comme celui d'El Jem
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 161
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
(BEDIR, 1990 et BEDIR et al., 1992b) et de Kairouan. Cette cinématique rappelle celle du
Jurassique et du Crétacé inférieur du domaine centro-méridional de la marge tunisienne.
Les bassins sédimentaires engendrés par la dynamique tectonique et sédimentaire de la
marge orientale du Sahel au Crétacé inférieur se répartissent selon:
- Des bassins de plates-formes siliciclastiques et carbonatées de formes quadratiques et
limitées par le réseau de couloirs de failles bordières E-W et N-S. Ces plates-formes occupent
la plus grande superficie de la marge.
- Des grabens subsidents ouverts par transtension au sein des couloirs tectoniques E-W
et N-S. Ils se concentrent essentiellement dans les zones non bloquées par un réseau de failles
orthogonales.
- Des bassins de gouttières synclinales des plis d'entraînement le long des zones en
transpression des couloirs de failles E-W et N-S de la marge. Ces derniers bassins se
concentrent essentiellement dans la partie ouest du Sahel comprise entre l'axe NS à l'Ouest et
l'accident N180 d'El Jem-Zéramdine à l'Est où les structures se trouvent bloquées par
l'hortogonalité du réseau de failles E-W et N-S.
VI- CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Le passage jurassique - crétacé inférieur est nettement contrasté autour de la marge de
la Tunisie. Ce passage s'effectue à travers une discordance nette de la base du Crétacé
inférieur avec des cortèges progradants en downlap des séries marno-calcaires du Berriasien
qui se trouve inéluctablement comme faisant partie du nouveau cycle sédimentaire et
géodynamique du Crétacé inférieur.
Les séries sédimentaires du Crétacé inférieur rassemblées classiquement en formations
lithostratigraphiques sont en fait réparties en deux superséquences de 2ème ordre du
Berriasien à l'Hauterivien et de l'Hauterivien à l'Aptien. Ces superséquences sont composées
d'une suite séquentielle de 6 à 8 séquences de 3ème ordre disposées en prismes de
progradations et d'aggradations / rétrogradations multidimensionnelles.
La nature essentiellement progradante des séries marno-calcaires et siliciclastiques du
Crétacé inférieur caractérise cette époque. Les cortèges progradants se placent le long des
couloirs de failles majeures anciennes de directions N60, EW, N120 et N180 et montrent des
sens d'apports de différentes directions selon le basculement des blocs de grabens de plates-
formes ou des pentes des gouttières de "Rim Synclines" associés aux ascensions triasiques.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 162
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Certains blocs tectoniques continuent leurs évolutions en grabens en relation avec les
ouvertures jurassiques alors que la majorité des autres blocs montrent une nouvelle
structuration de fermeture avec scellement, inversion ou migration rotationnelle des gouttières
et des zones hautes. Ces mouvements, induits toujours par les anciens couloirs de failles en
coulissement transtensif et transpressif de la marge, dénotent des changements de contraintes
tectoniques marquant de passage entre le Jurassique et le Crétacé inférieur. Le caractère
contrasté de zones en transtension et en transpression détecté déjà au Jurassique, est retrouvé
au Crétacé inférieur.
Du point de vue pétrolier, le Crétacé inférieur n'a pas encore révélé ses potentialités
pétrolières effectives hormis celui de gaz de jebel Abderrahman au Cap Bon et d'huile du
Douleb en Tunisie centre-nord. Ceci reflète la complexité de la structuration des bassins des
cortèges sédimentaires du Crétacé inférieur. Les objectifs classiques des tops des zones hautes
de charnières de plis ou de plates-formes a souvent caché ceux limitrophes aux flancs des
bordures de bassins. Dans ce contexte les séries du Crétacé inférieur, dotées d'un fort potentiel
réservoir et même de roches mères, montrent un intérêt particulier aux flancs des gouttières ou
de Rim Synclines en bordure de dômes triasiques où se développent leurs cortèges
progradants de bas niveaux, nappés par ceux de hauts niveaux marins. Ces séries peuvent
constituées de grands réservoirs pétroliers pour les hydrocarbures jurassiques et triasiques
sous-jacents.
Chapitre IV : Le crétacé inférieur 163
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE V : LE CRETACE SUPERIEUR
A- TUNISIE CENTRO-MERIDIONALE
I- INTRODUCTION
Le Crétacé supérieur de la zone centro-méridionale de la marge tunisienne affleure de
manière assez étendue et complète le long des massifs de la chaîne de l'Atlas. Il a été étudié
du point de vue stratigraphique, sédimentologique et tectonique par plusieurs auteurs depuis
le début du siècle (PERVINQUIERE, 1909 ; CASTANY, 1954; BUROLLET, 1956 ;
BOLTENHAGEN, 1981 ; BISMUTH et al., 1981 ; CHIHI, 1984 ; BEN AYED, 1986 ;
ABDALLAH, 1987; OUALI et al., 1989 ; ZOUARI, 1990 ; BOUKADI, 1994 ; NEGRA,
1994 ; BEDIR et al., 1992 ; BOUKADI et al., 1992). Ces auteurs ont mis l'accent sur les
variations stratigraphiques et sédimentaires des séries du Crétacé supérieur donnant lieu à des
découpages de formations lithostratigraphiques.
L'analyse tectonique affectant ces séries a été le plus souvent analysée en liaison avec
les mouvements de déformation récent et plus rares sont les travaux qui ont mis en évidence
une activité syn-sédimentaire au cours de cette tranche de temps (BOLTENHAGEN, 1981 ;
ABDELJAOUED et al., 1981, BEN AYED, 1986; ABDALLAH, 1987 ; CREUZOT et al.,
1989, ZOUARI, 1990 et 1991 ; BEDIR et al., 1992 ; BOUKADI et al., 1992 ; BOUKADI,
1994).
Les séries sédimentaires du Crétacé supérieur de ces régions apparaissent très bien en
subsurface et permettent une analyse seismo-séquentielle et tectonique susceptible d'apporter
certaines réponses aux problèmes stratigraphiques séquentiels, tectoniques et surtout
bassinaux et géodynamiques car la résolution sismique est très bonne dans la tranche de
temps-doubles ne dépassant pas les 2 secondes et demi.
II- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Les séries sédimentaires du Crétacé supérieur dans le bassin de Gafsa-Majoura se
répartissent en superséquences sismiques de 2ème ordre, depuis l'Albien jusqu'au
Maastrichtien, correspondantes respectivement aux Formations de surface du Zebbag
inférieur, moyen et supérieur, Biréno, Aleg et Abiod. Au sein de ces superséquences
s'individualisent des séquences sismiques de 3ème ordre.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 164
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 1
Cette superséquence d'âge albien est discordante sur la superséquence Ci 2 de l'Aptien
(fig. 82). Cette entité sismique marque un changement notable du point de vue faciès et
structures sismiques entre les séquences du Crétacé inférieur caractérisées par de prismes
progradants en bordure de bassins (fig. 82) et le Crétacé supérieur à dominante de structures
aggradantes et rétrogradantes en onlap sur les blocs des bassins sud et nord de Gafsa.
La subsidence relativement active de ces bassins a permis l'enregistrementdes
pulsations eustatiques globales et la limite inférieure de la superséquence de l'Albien traduit
un changement important à l'échelle globale entre les cycles sédimentaires du Crétacé
inférieur et supérieur. C'est pour cela que nous considérons l'Albien comme étant la base du
Crétacé supérieur.
Le faciès sismique de cette superséquence qui est limitée au mur et au toit par un
doublet sismique à forte amplitude, il est caractérisé par une alternance d'horizons à
amplitudes et à continuité variables correspondant à l'ensemble argilo-dolomitiques rapportés
à la Formation Zebbag inférieur (BUROLLET, 1956), connue en surface dans la chaîne de
Gafsa.
Cette superséquence sismique comprend trois séquences de dépôts de 3ème ordre
(fig. 82) :
II-1-1-1- SEQUENCE Cs 1-1
Cette séquence basale présente un faciès transparent passant latéralement àdes
horizons discontinus et d'amplitude variable vers la plate-forme. Les horizons sismiques
viennent s'arrêter en discordance angulaire de « onlap » au bas de la pente du bassin (fig. 82).
Cette première séquence de l'Albien n'atteint pas la bordure de la plate-forme du bassin et où
elle devrait correspondre par conséquent soit à un hiatus sédimentaire soit à des séries
continentales comme les calcaires lacustres d'âges albiens de la Formation Kébar en Tunisie
centrale.
II-1-1-2- SEQUENCE Cs 1-2
La deuxième séquence sismique se développe éssentiellement entre la plate-forme et
la pente du bassin où elle présente un faciès plus constrasté de plus forte amplitude vers la
plate-forme et discontinu d'amplitude variable sur la pente (fig. 82). Cette deuxième séquence
de dépôt montre des structures en downlap de progradations sur la pente du bassin(fig. 82).
Ces cortèges de progradations ont été retrouvés sur le terrain au jebel Ben Younès, sous la
forme de méga-slump dans les séries attribuées au Zebbag inférieur de surface.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 165
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre V : Le crétacé supérieur 166
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 83: Profil sismique montrant les séquences sismiques dans la zone
nord du couloir de failles de Gafsa en Tunisie orientale.
II-1-1-3- SEQUENCE Cs 1-3
La dernière séquence perceptible sur les profils sismiques est matérialisée par des
horizons à forte amplitude venant en onlap/toplap coiffant la séquence Cs1-2 (fig. 82).
Latéralement, vers le bassin, les horizons sismiques montrent de plus faibles amplitudes et
même des structures de downlap de progradation sur la pente du bassin (fig. 82).
Nous voyons ainsi que les séries affleurantes ne correspondent qu'à une partie des
séquences de dépôts de l'Albien ce qui explique les lacunes quasi-générales de l'Albien
inférieur et parfois moyen et la difficulté de dater avec précision et l'assemblage en formations
lithologiques proposé jusqu'à nos jours par les auteurs (BUROLLET, 1956 ; M'RABET, 1981,
ABDALLAH, 1987) sous la Formation Zebbag inférieur.
Dans le bloc nord de Gafsa, au niveau des bassins de Sidi Aïch, Orbata et de Majoura,
les horizons sismiques albiens se disposent aussi en discordance angulaire de « onlap » sur la
barre aptienne de l'Orbata (fig. 50 et 83) et scellent le Crétacé inférieur. Ils constituent avec
les séquences cénomaniennes, une seule superséquence sismique (fig. 50 et 83). La
superséquence albienne montre aussi des variations d'épaisseurs de part et d'autre des
compartiments de bassins mais s'amincit considérablement vers le NE en direction de la
Chapitre V : Le crétacé supérieur 167
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
bordure de Majoura (fig. 50). Elle se réduit à une seule séquence sismique de dépôts de 3ème
ordre, qui comporte des horizons sismiques à fortes amplitudes passant latéralement à de
faibles amplitudes (fig. 50), ce qui traduit une variation de faciès. Ces horizons correspondent
aux alternances des barres carbonatées et marneuses de l'Albien (Formation Zebbag inférieur).
Là aussi, les para-séquences basales transgressives en onlap, s'arrêtent aux flancs des bordures
de bassins (fig. 50 et 82) et n'affleurent pas en surface.
II-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 2
Cette superséquence relative au Cénomanien vient en discordance angulaire nette sur
Cs1 (fig. 82), selon des structures de onlap aggradants et rétrogradants. Elle est limitée au mur
et au toit par deux doublets sismiques de forte amplitude (fig. 82); ils correspondent
respectivement aux contrastes d'impédances acoustiques les alternances argilo-carbonatées de
l'Albien supérieur et les argiles et entr les alternances argilo-gypso-dolomitiques du
Cénomanien (Formation Zebbag moyen) et la barre dolomitique construite du Cénomanien -
Turonien (Formation Guettar).
La superséquence cénomanienne se compose de trois (3) séquences sismiques de 3ème
ordre dont les horizons viennent en onlap progressifs sur les flancs des bordures du bassin
jalonnées par le couloir tectonique N120 de Gafsa (fig. 82):
II-2-1- SEQUENCE Cs 2-1
La première séquence est caractérisée par des horizons sismiques à faciès transparent
vers les flancs de bassins et à plus forte amplitude latéralement (fig. 82). Comme pour la
séquence basale de l'Albien Cs 1-1, la séquence basale du Cénomanien Cs 2-1 n'atteint que
partiellement la plate-forme du bassin et ses horizons sommitaux corresponderaient aux
alternances d'argiles et de dolomies basales du Cénomanien affleurant en surface.
II-2-2- SEQUENCE Cs 2-2
La deuxième séquence discordante sur Cs 2-1 est marquée par l'apparition d'un
ensemble d'horizons d'amplitude variable et présentant une certaine discontinuité latérale (fig.
82). Il s'agit des alternances argilo-gypso-dolomitiques attribuées à la Formation du Zebbag
moyen en surface. Au bas de la pente du bassin, apparaissent des structures en downlap de
progadation à amplitude variable et à horizons discontinus (fig. 82). Vers la plate-forme,
s'individualisent des corps lenticulaires à faciès transparents pouvant correspondre à des
constructions récifales sur la pente de la plate-forme (fig. 82). Ceci est appuyé partrès
l'existence des barres carbonatées construite de plate-forme de la Formation Zebbag en
surface.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 168
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-2-3- SEQUENCE Cs 2-3
La troisième séquence présente un faciès à amplitude variable comportant latéralement
des horizons à amplitudes forte et faible et à continuité moyenne (fig. 82). Cette séquence est
coiffée au top par le doublet sismique de la barre dolomitique construite cénomano-turonienne
de la Formation Guettar en surface. Vers la bordure soulevée du bassin, apparaissent des
structures lenticulaires à faciès transparent caractéristiques d'édifices récifals (fig. 82) qui
correspondent en surface au niveau des parties interne et externe de la plate-forme aux
carbonates construits de la Formation Zebbag supérieure. Sur le bas de pente de la plate-
forme, se développent des structures de downlap de progradations obliques (fig. 82). Ces
progradations ont été retrouvées sur la bordure soulevée du couloir de failles de Gafsa au jebel
Bou Ramli sous forme de calcaires bioclastiques progradants en downlap sous la barre
Guettar.
Au sein des bassins nord de Gafsa, la superséquence du Cénomanien se dispose en
onlap sur les flancs des bordures de bassins et est considérablement réduite. Elle ne montre
que trois séquences (fig. 50 et 83) qui se caractérisent par des variations d'épaisseurs et de
faciès de part et d'autre des bordures faillées des bassins de Orbata et de Majoura où elles se
réduisent encore à une seule séquence de dépôt (fig. 50 et 83). La première séquence sismique
est formée dans la gouttière du bassin d’Orbata par des horizons sub-parallèles à forte
amplitude (fig. 83), passant latéralement sur les bordures à des horizons de plus faibles
amplitude et continuité, disposés en onlap progressifs à (fig. 50 et 83). Dans le bassin de
Majoura, les horizons sismiques de cette séquence basale viennent aussi en onlap sur l'horizon
aptien et présentent de plus fortes amplitudes et une bonne continuité (fig. 50). Ces séries
sédimentaires sont les équivalents latéraux sur la plate-forme en surface des alternances
argilo-carbonatées de la Formation Zebbag inférieur.
La deuxième séquence du bassin d’Orbata montre des horizons à plus faible
amplitude. Ces horizons correspondent vers la surface aux alternances marno-gypso-
dolomitiques du Zebbag moyen. Dans le bassin de Majoura, les horizons sismiques de cetts
séquence présentent de plus fortes amplitudes et une très bonne continuité reflétant le
développement d'une plate-forme carbonatée.
La troisième séquence est caractérisée par des horizons à forte amplitude et à bonne
continuité sismique qui sont structurés en une configuration parallèle (fig. 83) témoignant de
l'installation d'une plate-forme carbonatée en milieu d'énergie faible correspondante en
surface aux alternances marno-carbonatées de la Formation Zebbag supérieur. Dans le bassin
de Majoura, les horizons sismiques présentent les mêmes caractéristiques sismiques que ceux
Chapitre V : Le crétacé supérieur 169
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
sous-jacents et confirment l'installation de la plate-forme carbonatée du Zebbag moyen et
supérieure dans ce bassin.
II-3- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 3
Les horizons sismiques basals de cette superséquence viennent en discordance
angulaire de downlap progradants sur le toit du Cénomanien, sur le flanc nord du couloir de
Gafsa (fig. 82). Ils constituent un ensemble de réflecteurs à forte amplitude sismique et
d'assez bonne continuité (fig. 50). Ils doivent correspondre aux dépôts de pentes de brèches et
de slumps connus en surface au niveau de la barre Guettar (BOUKADI, 1994). Les
observations de subsurface permettent de les expliquer par un basculement du plancher
sédimentaire le long de la faille de Gafsa (fig. 82). Ce basculement est plus accentué sur le
flanc nord-est que sur le flanc sud-ouest c'est à dire sur la plate-forme à couverture mince que
dans le bassin subsident.
Sur la séquence basale progradante du Turonien, viennent deux séquences en onlap,
composées d'horizons sub-parallèles, à amplitudes des variables (fig. 82) correspondant aux
alternances d'argiles et de carbonates construits de la Formation Biréno vers la surface. On
peut donc envisager une réactivation de l'halocinèse. Les barres carbonatées affleurantes
constituent les lignes isochrones des surfaces de transgressions sommitales des "transgressives
system tract (TST)" du Turonien ; ce qui explique la superposition de TST et de lacunes de
dépôts en surface, traduite par la fusion des séries sédimentaires du Cénomanien supérieur et
celles du Turonien inférieur en une seule barre carbonatée correspondant à la Formation
Guettar.
Vers le Nord, le Turonien est marqué par un nouvel agencement des horizons
sismiques et une forte réduction (fig. 50). Le doublet sismique de la barre cénomano-
turonienne correspondant en surface à la Formation Guettar, forme des gouttières synclinales,
sur lesquelles se disposent les horizons turoniens en structures de downlap de progradations
obliques vers le Nord et à faciès plus transparent (fig. 83). Ces horizons correspondent aux
alternances de grès et d'évaporites de la Formation Beidha ; équivalent latéral des alternances
argilo-carbonatés de la Formation Biréno du bassin sud de Gafsa. Cette anomalie évaporitique
du Turonien est donc à relier aux dépôts de gouttières synclinales d'âges sénoniens liées aux
jeux transpressifs de la bordure nord du couloir de faille N120 de Gafsa (BEDIR et al., 1992).
En bordure du bassin de Majoura, la barre Guettar est surmontée directement par les
conglomérats continentaux du Campanien observés en surface au jebel Mech. Ceci est aussi
bien visible sur les profils sismiques où l'on voit la réduction poussée du Turonien et du
Sénonien à l'approche du couloir de failles de Majoura - Mech et la superposition en toplap du
Chapitre V : Le crétacé supérieur 170
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
doublet sismique des carbonates du Campanien de la Formation Abiod sur le doublet
sismique de la barre turonienne Guettar (fig. 50 et 83).
II-4- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 4
Sur les profils sismiques du bassin de Gafsa, cette superséquence se dispose selon une
discontinuité soulignée par une structure de « onlap » d'aggradation/rétrogradation et montre
un faciès de plus faible amplitude que celui des horizons turoniens (fig. 82). Elle est marquée
par une certaine discontinuité sismique reflétant les changements lithologiques au sein des
alternances d'argiles, de calcaires, de dolomies et de gypses relatives aux Formations Douleb
et Aleg en surface. Cette superséquence est coiffée à son toit par un doublet sismique de forte
amplitude qui vient en Toplap discordant transgressif et qui correspond aux bancs calcaires du
Santonien (fig. 82). La superséquence du Coniacien-Santonien s'amincit progressivement sur
le flanc de la bordure faillée du bassin de Gafsa. Elle ne montre à l'affleurement que les
surfaces de transgression carbonatées et les hauts niveaux marins argileux. La discordance
santonienne mise en évidence sur le terrain (carte géologique de Gafsa, 1990), se marque en
subsurface par un horizon sismique à forte amplitude venant coiffer en toplap la
superséquence du Coniacien - Santonien (fig. 82). Le Santonien est composé d'une alternance
de bancs d'argiles et de calcaires qui se traduisent en sismique par une alternance d'horizons
de forte et moyenne amplitudes (fig. 82). Les séquences supérieures du Santonien sont
coiffées par le doublet sismique des calcaires campaniens attribués à la Formation Abiod (fig.
82 et 83) par une structure de toplap de troncature comme c'est le cas pour les séquences du
Turonien et du Coniacien (fig. 82).
Sur la bordure nord de la faille de Gafsa, les séquences coniaciennes et santoniennes
correspondantes sur la plate-forme à la Formation Aleg, se réduisent considérablement et se
disposent en séquences progradantes en downlap obliques vers le Nord (fig. 83). Elles se
marquent par un faciès sismique à plus fortes amplitudes sismiques (fig. 83) ; correspondant
aux alternances marno-carbonatées rangées dans la Formation Aleg. Vers le Nord, en
direction de la bordure de Majoura, le Sénonien se réduit considérablement et son faciès
sismique devient nettement transparent (fig. 83) témoignant d'une prédominance des argiles
avant de disparaître complètement au niveau des affleurements de "l'Ile de Kasserine"
(BUROLLET, 1956).
II-5- SUPER SEQUENCE SISMIQUE Cs 5
Cette superséquence est limitée au mur et au toit par un doublet sismique de forte
amplitude et de bonne continuité correspondant aux deux barres carbonatées basale et
sommitale de la Formation Abiod ou Berda d'âge campanien-maastrichtien (fig. 82). Ces deux
Chapitre V : Le crétacé supérieur 171
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
barres se rapprochent considérablement vers les bordures du bassin où elles peuvent venir se
superposer et fusionner en une seule barre à l'affleurement. Comme nous l'avons vu, l'horizon
basal de cette superséquence vient en toplap de rétrogradation sur le Santonien. Cette entité
sismique présente des horizons à forte amplitude et à bonne continuité, passant latéralement à
des niveaux de très faible amplitude, ce qui dénote des passages latéraux de faciès carbonatés
à des faciès argileux ; équivalents aux argiles intermédiaires rencontrées localement en
surface entre les barres carbonatées de la Formation Abiod.
Cette superséquence se réduit, dans le bloc nord de Gafsa, à un doublet sisimique à
forte amplitude venant en toplap de troncature spectaculaire sur les différentes séquences du
Sénonien (fig. 82 et 83) jusqu'à venir reposer directement sur le doublet sismique de la barre
carbonatée cénomano-turonienne. Ce contact a été retrouvé en surface le long du couloir de
faille N120 de Majoura - Mech, à Sened où la barre calcaire campanienne passe latéralement
à un conglomérat continental épais d'une quinzaine de mètres. Cette zone constitue la limite
paléogéographique des dépôts campaniens préfigurant l'Archipel de Kasserine. Donc la limite
de l'Archipel de Kasserine correspond en fait aux couloirs de failles à intrusion triasiques de
direction N90, N120 et N180 des domaines de Majoura-Mech, Meknassy-Mezzouna, l'axe N-
S et Sidi Ali Ben Oun.
III- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES
AVEC LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
Sur la marge centro-méridionale de la Tunisie et particulièrement dans les bassins
subsidents de Gafsa - Guettar et Moularès, au Crétacé supérieur les sériessédimentaires
s'agencent selon une succession de cinq superséquences sismiques
de 2ème ordre depuis l'Albien jusqu'au Maastrichtien. Ces superséquences se composent de
séquences sismiques de 3ème ordre qui se réduisent en nombre et en épaisseur sur les zones
hautes de plates-formes comme celles de Majoura où le Crétacé supérieur présente seulement
deux superséquences sismiques d'âges albo - cénomanien et turono - campanien.
Les horizons sismiques des séquences du Crétacé supérieur sont caractérisés par des
dépôts globalement aggradants et rétrogradants en onlap et en toplap. Ils correspondent bien à
la remontée continue du niveau marin de l'Océan mondial depuis l'Albien inférieur jusqu'au
Turonien (fig. 84), qui est comprise entre 107,5 MA et 90 MA. Cette transgression est bien
traduite par les premières superséquences identifiées dans le bassin de Gafsa - Guettar, alors
que la stabilisation du niveau marin à partir du Coniacien et jusqu'au Maastrichtien explique
bien l'agencement plus horizontal des superséquences allant du Coniacien jusqu'au Campano -
maastrichtien (fig. 84) qui correspondent aux limites eustatiques d'âges 90 MA à 69 MA (fig.
84).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 172
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 84: Comparaison des limites séquentielles sismiques du Crétacé supérieur de
l’Atlas méridional avec les limites eustatiques globales.
Le léger abaissement du niveau eustatique moyen accompagnant cette stabilisation est
bien traduite sur la bordure nord du bassin de Gafsa, par la réduction de la superséquence
sénonienne qui montre des horizons progradant en Downlap (fig. 84), accentués par la
formation d'une gouttière tectonique. Aussi les séquences progradantes à l'Albien, au
Cénomanien et au Turonien sont relatives aux chutes eustatiques mais accentués par les
mouvements tectoniques du bassin. Nos séquences se corrèlent bien avec la courbe globale
des cycles.
Par contre, si l'on compare nos données avec les cycles eustatiques des mers au
Crétacé supérieur de la charte globale (HAQ et al., 1987), il ressort que les cinq
superséquences et les séquences sismiques du Crétacé supérieur sont légèrement différentes
de celles qui sont prévisibles cette charte où l'on ne dénombre que 4 superséquences
correspondantes aux cycles ZC1, ZC2, ZC3 et ZC4 (fig. 84). Ce fait est très original et la
différence entre le nombre des séquences de dépôt observées et celles prévues par la charte
globale marque bien le contrôle tectonique de nos aires de dépôts et l'interférence des cycles
globaux de remontées de stabilité et de retrait d'origine eustatique et les effets de la
tectonique.
Ainsi d'après ce calibrage chrono-eustatique et séquentielle, nous pouvons avançer
certains événements tectoniques importants associés à une activité halocinétique ayant créé ou
Chapitre V : Le crétacé supérieur 173
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
diminué les espaces disponibles notamment à l'Albien, au Cénomanien terminal-Turonien
basal, au Turonien supérieur, au Santonien, au Campanien et au Maastrichtien
IV- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
Dans le bloc sud de Gafsa, la carte isopaque-temps des séquences de dépôts du
Crétacé supérieur, (Cénomanien supérieur - Campanien - Maastrichtien), montre une nouvelle
structuration de bassins, par un scellement et l'individualisation de deux bassins majeurs (fig.
85) : le bassin de Moularès à l'Ouest et celui de Gantass - Guettar à l'Est. Ces dépôt-centres
présentent des axes orientés WNW-ESE et WSW-ENE (fig. 85).
Le bassin de Moularès est limité par la chaîne des plis de Moularès et de Bouramli au
Nord, qui jalonnent le couloir de failles N120 de Gafsa et N60 de M'Rata (fig. 85). Vers l'Est,
ce bassin montre un épaississement vers le Sud, le long de la chaîne de plis de Metlaoui;
tandis que les séries réduites se situent vers les bordures de Bouramli, Moularès et Redeyef
(fig. 85). Des failles normales décrochantes de directions N90, N120 et N180 ont
compartimenté ce bassin au cours du Crétacé supérieur (fig. 85). Ce découpage est
responsable de l'individualisation d'un dépôt-centre en gouttière dans la partie médiane de
l'Ouest du bassin (fig. 85). les deux dépôt-centres sont décalés le longde l'une de ces failles.
Le second bassin plus profond et à séries sédimentaires plus épaisses possède une
allure sigmoïde droite allant de la zone de Gantass, du Sud-Ouest jusqu'à celle de Guettar, au
Nord-Est (fig. 85). Le dépôt-centre se situe au milieu du bassin de Guettar alors que les zones
hautes des bordures de ce bassin se trouvent le long du couloir de faille N120 de Gafsa, au
Nord et le long du Jebel Séhib au Sud. Un basculement du plancher sédimentaire de ce bassin
vers le SE est intervenu au niveau de la jonction du Jebel Stah avec le couloir de failles de
Gafsa au NW, au Turonien inférieur. Ce qui a donné lieu à des structures progradantes au
Turonien inférieur (fig. 82), fossilisées sur le terrain par la brèche et les slumps carbonatés sur
la barre de la Formation Guettar au passage cénomano-turonien (BOUKADI 1991 et 1994).
Ceci traduit une activité halocinétique à la jonction d'un pli en échelon le long du couloir de
décrochement de Gafsa. Vers le Sud-Ouest, entre les plis de Metlaoui et de Séhib, les courbes
isopaques dessinent un étranglement le long d'un accident N120-140 (fig. 84), qui correspond
au passage du couloir de faille apparent sur les cartes isochrones du Jurassique et du Crétacé
inférieur (fig. 57, 72 et 73). L'activité de cet accident semble cependant ralentie au cours du
Crétacé supérieur ou estompée par l'effet de la remontée eustatique importante à cette époque.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 174
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre V : Le crétacé supérieur 175
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
V- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
Au Sud-Ouest, le bassin se développe selon deux axes de subsidence; un axe parallèle
au Jebel Alima de la chaîne de Metlaoui et un axe E-W oblique à l'accident N120-140 de
Gafsa. Les limites de ces bassins sont constituées ainsi par les chaînes de plis de Gafsa,
Moularès, Metlaoui et Séhib, au niveau desquelles les courbes isopaques-temps montrent
localement des discontinuités et une différence topographique et de structures ; ceci signifie
l'activité de failles syn-sédimentaires sous-jacentes à tous ces plis datant du Jurassique et du
Crétacé inférieurcomme nous l'avons vu plus haut. Par rapport à la structuration des bassins
au Crétacé inférieur (fig. 72 et 73), les dépôts du Crétacé supérieur montrent qu'il ya eu un
scellement des bassins antérieurs et une migration des aires subsidentes et des zones hautes.
V-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
La tectonique affectant les horizons du Crétacé supérieur est symbolisée par les coupes
sismiques et la cartographie isochrone et isopaque des séquences de dépôts. La cartographie
isochrone du toit du Cénomanien montre l'existence d'un réseau de failles de directions
majeures N90-N120-130 et N180, dans les blocs de bassins de Moularès, Gantass et Guettar
(fig. 86). La structuration de la partie basale du Crétacé supérieur est caractérisée par des plis
généralement disposés contre les couloirs de failles et des structures en gouttières plus ou
moins profondes telles que celles du bassin de Guettar (fig. 86). Ces structures sont
globalement orientées selon les directions des failles du bassin, ce qui montre que les
plissements de l'Atlas tunisien apparaissent sur les bordures faillées des bassins.
La cartographie isochrone de l'horizon sommital du Campanien (Formation Abiod)
révèle une disharmonie totale par rapport à celle de la base du Crétacé supérieur (fig. 87).
Cette disharmonie traduit une certaine restructuration. En effet, la structure de bassin de
Moularès est caractérisée par une orientation de plis E-W et NE-SW, associés au réseau de
failles N90, N140 et N180 affectant le toit du Cénomanien (fig. 86 et 87). Alors que les
bassins de Gantass et de Guettar montrent un scellement des structures du Crétacé inférieur
par les séries postérieures et les structures plissées s'orientent en échelons droits contre les
failles N90, N140 et N120.
Dans le bloc nord de Gafsa, les séries néogènes reposent directement sur les
carbonates campaniens de la Formation Abiod en bordure de " l'île de Kasserine " ou bien sur
les différents termes des alternaces argilo-carbonatées du Crétacé supérieur (fig. 50 et 83).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 176
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre V : Le crétacé supérieur 177
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
V-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
Chapitre V : Le crétacé supérieur 178
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La structuration des séquences de dépôts du Crétacé supérieur rencontrée en
subsurface et la cartographie isopaque et isochrone de leurs horizons limites, montre que
l'architecture des bassins d'accumulation des séries sédimentaires a été façonnée par le rejeu
du réseau de failles de directions N90, N120-140 et N180, actif depuis le Jurassique. Après le
scellement des séquences de dépôts du Crétacé inférieur, on observe une migration des zones
de subsidence et des bassins qui montre que les mouvements en transtension et en
transpression se sont succédés et ont alterné depuis l'Albien, accompagnés d'intrusions
salifères triasiques le long des accidents majeurs tels que le couloir de failles N120 de Gafsa.
Au niveau des séquences albiennes et cénomaniennes, le régime tectonique dominant
est en transtension dextre le long du couloir de failles de Gafsa.. Il a permis la montée
halocinétique du Trias alors que la transpression débute au passage cénomanien-turonien,
marquée par les basculements et soulèvements des bordures du couloir de Gafsa et
l'apparition de plis et gouttières synclinales syn-dépôts du Sénonien. Cette transpression est
bien visible sur les profils sismiques bordant le couloir et retrouvée sur le terrain à Oued
Ennebech sur le tracé de la faille de Gafsa. Cet événement est assez important et régional
puisqu'il affecte toute la zone des blocs nord et sud de la faille de Gafsa.
Les types de bassins engendrés par cette cinématique en transtension et en
transpression sont de deux catégories :
- Les bassins de transtensions de l'Albien et du Cénomanien sont du type losangique
comme le montre le réseau de failles syn-sédimentaires N140 sur le couloir N120 de Gafsa en
surface (BOUKADI, 1994).
- Du Turonien au Campanien, le régime transpressif engendre des plis et des gouttières
synclinales par le mouvement coulissant du couloir de Gafsa.
B- TUNISIE ORIENTALE
I- INTRODUCTION
Les études géologiques de surface ayant intéressé le Crétacé supérieur du bloc
pélagien ont été focalisés au niveau des massifs occidentaux à la marge du Sahel, d'Enfidha,
de Grombalia et de Borj Cédria. Ces massifs ont fait l'objet aussi bien d'études
stratigraphiques (CASTANY, 1954 ; BUROLLET, 1956 ; JAUZEIN, 1967 ; FOURNIE, 1978
; TLATLI, 1980 ; VITERBO, 1983 ; TURKI, 1985 ; SAADI, 1990) que tectoniques
(DEVOLVE, 1974 ; TURKI, 1985 ; FELFOUL, 1986 ; MEDDEB, 1986). Elles ont permis au
niveau des affleurements disponibles, de cerner les différentes formations
lithostratigraphiques, de reconstituer leurs milieux de dépôts et la tectonique qui les affectent
Chapitre V : Le crétacé supérieur 179
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Les études de géodynamiques de subsurface effectuées dans certaines zones de la
marge orientale du Sahel (HALLER, 1983 ; TOUATI, 1985 et BEDIR, 1992) ont montré
l'intérêt de la dynamique des bassins du Crétacé supérieur et ont permis de reconstituer des
modèles d'évolution nouveaux et originaux (BEDIR, 1990 et BEDIR et al., 1992), dans
l'agencement et la mobilité des bassins associés aux couloirs de coulissements de cette marge.
Aussi le présent travail, nous avons essayé d'étendre l'étude en analysant d'une part le
comportement géodynamique des autres blocs limitrophes des couloirs tectoniques et d'autre
part leur position vis-à-vis des blocs centraux à cette période, en vue de dégager les
mécanismes de déformation et d'évolution des bassins par rapport à ceux du Crétacé inférieur
qu'ils recouvrent.
II- LES DONNES DES PUITS PETROLIERS
II-1- CORRELATIONS NS DES PUITS PETROLIERS A
TRAVERS LES COULOIRS DE FAILLES N90-120 ET N180
Les corrélations que l'on peut faire entreles puits pétroliers montrent que les séries
sédimentaires et volcaniques du Crétacé supérieur de la marge du Sahel présentent des
variations notables d'épaisseurs et de faciès du Sud au Nord (fig. 62). En effet, si au
niveau des puits de Remad-1 et de Ktitir-2, les séries de l'Albo-Cénomanien et du Sénonien
sont assez réduites, elles s'épaississent rapidement à Ktitir-1, au delà de la faille N120 de
Ktitir (fig. 62), avant de se réduire de nouveau à Bir Ben Zina-1 et Zlama Ouest-1.
Dans le Sahel, deux discordances angulaires majeures intra-Crétacé supérieur se
distinguent : la première apparaît entre les séquences de l'Albo-Cénomano-Turonien
(Formations Fahdène - Annaba et Biréno) et les séquences du Coniacien-Santonien et
Campanien inférieur (Formation Aleg); la seconde se situe entre cette dernière et le
Campanien - Maastrichtien inférieur (Formation Abiod) (fig. 62 bis).
Entre les puits ZLMO1 et RS101, les formations Fahdène, Annaba, Biréno et Aleg se
biseautent progressivement alors que la formation Abiod se réduit à BBZ1 mais s'épaissit vers
RS101 et DK1 (fig. 62 bis). Dans la zone du puits de Ktitir-1, le Sénonien comprend des
roches volcaniques basiques (fig. 62 bis (pl.3)).
Cette comparaison montre que les variations d'épaisseurs et les discordances au sein
des séries du Crétacé supérieur apparaissent de part et d'autre des failles N120 de Ktitir, N90
de Sebkhat Sidi El Hani et de Kairouan - Sousse (fig. 62 bis (pl.2) et fig. 62 bis (pl.3)).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 180
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-2- CORRELATIONS E-W DES PUITS PETROLIERS A
TRAVERS LES COULOIRS DE FAILLES N90-120 ET N180
De l'Est vers l'Ouest, des variations latérales de la série du Crétacé supérieur
semblables à celles mises en évidences du Nord au Sud, apparaissent. L'Albien, le
Cénomanien et le Turonien s'épaississent considérablement à l'Est ; au niveau des puits de
Chorbane 1, 2 et de Ktitir-1 avec des couches volcaniques à Chorbane-1 alors qu'à l'Ouest,
elles se réduisent fortement (fig. 63). Au contraire, les séries sénoniennes de la Formation
Aleg s'épaississent latéralement vers l'Ouest au niveau du puits de KT1 où elles comprennent
des manifestations volcaniques (fig. 63). Ceci permet d'envisager une migration ou inversion
de la subsidence de l'Est vers l'Ouest (fig. 63). Les corrélations E-W confirment l'existence
des deux discordances majeures; la première au toit du Turonien de la Formation Annaba -
Biréno et la seconde au plancher du Campanien de la Formation Abiod.
Les variations latérales observées par cette corrélation semblent aussi étroitement liées
aux couloirs de failles N120 de Ktitir et N70-90 de Chorbane (fig. 38 et fig. 63).
Les manifestations volcaniques basiques de l'Albien et du Cénomanien à Chorbane et
pyroclastiques du Sénonien à Ktitir prouvent l'importante activité en tension puis en
compression des couloirs de failles N90 et N120 de ces structures pendant le dépôt des séries
du Crétacé supérieur. Des manifestations volcaniques semblables sont aussi présentes au puits
de Jebéniana-1 Sousse-1 et Sainte Juliette-1, ce qui dénote l'importante activité magmatique.
III- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Les dépôts du Crétacé supérieur sont bien développés sur la marge orientale du Sahel
comme l'attestent tous les puits pétroliers de cette région (fig. 62 bis et fig. 63). La résolution
sismique correspondante à cette tranche de temps mésozoïque est améliorée par le fait que ces
séries n'atteignent en profondeur que rarement les 3 secondes temps doubles.
III-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 1
La première superséquence du Crétacé supérieur correspond à l'Albien des parties
inférieures des Formations Zebbag, Allem et Fahdène. Ces séries sont caractérisées par un
faciès sismique à alternance d'horizons de fortes amplitudes et d'assez bonne continuité (fig.
76 et 81), correspondant à l'alternance des marnes de type black-shales et aux carbonates de
l'Albien, reconnus dans les puits pétroliers du Sahel.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 181
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 2
Aux niveaux des puits pétroliers du domaine du Sahel, le Cénomanien comprend des
alternances de marnes, de calcaires, de dolomies et de calcaire construits récifal (Formations
du Zebbag inférieur et moyen) au Sud. Au Nord et au Nord-Est, les faciès marneux et
profonds (Formations Allem et Fahdène) dominent. En sismique, ces séries se présentent sous
la forme d'une superséquence d'horizons continus à forte et moyenne amplitude sismique (fig.
76 et 81).Elle comprend trois séquences sismiques :
III-2-1- SEQUENCE Cs 2-1
La séquence basale montre des horizons continus de fortes amplitudes que l'on peut
raccorder à la séquence basale carbonatée des puits pétroliers (fig. 62 bis, 63, 76 et 81).
III-2-2- SEQUENCE Cs 2-2
La deuxième séquence présente un faciès plus transparent et discordante sur la
première sur les bordures hautes du bassin. Elle correspond aux marnes et argiles de la
deuxième séquence des puits pétroliers (fig. 63) et (fig. 76 et 81).
III-2-3- SEQUENCE Cs 2-3
La dernière séquence est à horizons de plus forte amplitude et apparait discordante en
onlap sur la deuxième séquence. Elle doit correspondre au passage Cénomanien - Turonien,
marqué par les black shales de la formation Bahloul et à la troisième séquence carbonatée et
récifale des puits pétroliers (fig. 63 et 81).
III-3- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 3
Cette séquence est discordante en onlap sur la séquence Cs 2 (fig. 76 et 81) et
correspond aux séries turoniennes (Formations Annaba, Biréno et Aleg) qui sont formées
d'une alternance de marnes, de calcaires bioclastiques et oolithiques et de carbonates
construits récifaux, dans les puits de la région (fig. 62 bis et 63). Le faciès sismique
correspondant est caractérisé par une alternance d'horizons continus à forte amplitude et
d'horizons à très faibles réponses acoustiques (fig. 76 et 81).
III-4- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 4
Les horizons de base de cette séquence viennent en discordance angulaire de « onlap »
sur le Turonien (fig. 76 et 81). Ils correspondent aux séries coniaciennes, surmontées par les
alternances de marnes et calcaires santoniens de la formation Aleg. Le faciès sismique de ces
Chapitre V : Le crétacé supérieur 182
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
séries est représenté par une succession d'horizons à amplitude variable et d'une bonne
continuité (fig. 76 et 81). Ces horizons sont coiffés au toit par un doublet sismique à forte
amplitude relatif aux carbonates crayeux campaniens de la Formation Abiod (fig. 76 et 81).
Sur la figure 81 de la ligne sismique 36, la superséquence Cs 4 présente des variations
latérales de faciès avec des amplitudes fortes et faibles et une bonne continuité qui traduit
bien l'alternance des marnes et des carbonates de la Formation Aleg. En bordure de certaines
structures associées aux couloirs de failles, le Santonien montre une discordance angulaire
très nette telle que celle des profils sismiques recoupant les failles N-S d'El Jem et E-W de
Mahdia (fig. 39 et 81). Cette discordance correspond à celle que l'on trouve dans l'Atlas
centro-méridional en bordure du couloir N120 de Gafsa (fig. 82). Ce qui témoigne bien de
l'existence d'un épisode de déformation entre le Coniacien et le Santonien.
III-6- SUPERSEQUENCE SISMIQUE Cs 5
Dans le Sahel, le réflecteur campanien - maastrichtien de la Formation Abiod est un
repère sismique régional (HALLER, 1983 ; TOUATI, 1985; BEDIR, 1988). Il est discordant
sur les séquences sous-jacentes aux abords des couloirs tectoniques de la marge du Sahel (fig.
81). Il est caractérisé par un doublet sismique de forte amplitude et une bonne continuité (fig.
76 et 81), correspondant aux bancs carbonatées du Campanien et marneux du Maastrichtien.
Latéralement, ce doublet sismique à forte amplitude peut passer à des horizons de faibles
amplitudes vers les zones de bassins, dénotant le passage à des faciès plus marneux.
En bordure nord du couloir E-W de Mahdia, cette dernière superséquence Crétacée
présente des structures de progradations obliques (fig. 88), similaires à celles des séries
sénoniennes de la bordure nord du couloir de failles N120 de Gafsa (fig. 82).
IV- CARTOGRAPHIE PALEOGEOGRAPHIQUE
IV-1- LE CENOMANIEN
La carte isopaque et tectono-paléogéographique au Cénomanien établie à partir des
données de puits pétroliers et des lignes simiques de la marge du Sahel montre que les
courbes dessinent des zones d'amincissement d'orientation dominante N-S au niveau de la
structure du couloir tectonique de Bir Ali Ben Khlifa et Henchir Keskes où on observe un
amincissement du Cénomanien (fig. 89).
Vers l'Est, une seconde structure avec amincissement s'aligne sur la direction N-S
bordant le couloir de failles N-S d'El Jem - Zéramdine (fig. 89). A partir de la latitude de
Bouthadi - Chorbane, les courbes isopaques prennent une forme sigmoïde direction moyenne
Chapitre V : Le crétacé supérieur 183
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
N70 sub-parallèle à la structure du couloir tectonique N90 de Chorbane puis celle du couloir
de Kairouan - Sousse au Nord (fig. 89).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 184
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
La limite de l'absence des dépôts cénomaniens au Nord du Kairouan, au niveau des
puits de ZLM101 - ZLMS1 et KF1 dessine deux directions majeures E-W et N-S ;
superposées aux passages des couloirs de failles E-W de Kairouan - Sousse et N-S de Draa
Essouatir (fig. 89). Les courbes isopaques du Cénomanien viennent en sceller les courbes de
l'Aptien (fig. 78), ce qui confirme la discordance des séries basales de l'Albien - Cénomanien
(Formation Fahdène) sur l'Aptien.
Du point de vue faciès ; à l'Est, au-delà de la ligne Zéramdine - El Jem, l'Albien et le
Cénomanien se présentent sous la forme de marnes et calcaires profonds (Formations Allem
et Fahdène) avec des calcaires construits récifaux sur les points hauts tel que sur la structure
de Jebéniana-1 (BEDIR, 1988 et BEDIR et al., 1992). Par contre à l'Ouest et au Sud-Ouest,
vers le continent, les faciès correspondent d'abord à un environnement de plate-forme externe
à calcaires construits récifaux, bioclastiques et oolithiques puis à un environnement de plate-
forme interne à dolomies et évaporites de la Formation Zebbag inférieur et moyen. Cette
distribution paléogéographique et de faciès est donc étroitement liée à l'activitée tectonique
des couloirs de failles identifiés sur la marge du Sahel.
IV-2- LE TURONIEN
La carte isopaque et tectono-paléogéographique du Turonien qui comprend les marnes
et calcaires des Formations Annaba et Biréno montre une subdivision des courbes isopaques
dont l'orientation est comparable à celles du Cénomanien, à savoir une organisation en deux
zones. Au Sud, une orientation N-S caractérisée par un haut fond à Bir Ali Ben Khlifa un
approfondissement vers El Jem (fig. 90). Plus au Nord, les courbes redeviennent sigmoïdes en
s'infléchissant vers la direction E-W le long des couloirs de failles de Chorbane-Bouthadi et
de Kairouan - Sousse (fig. 90). Les courbes du Turonien scellent celles du Cénomanien (fig.
89 et 90), ce qui traduit paléogéographiquement la discordance turonienne détectée sur les
corrélations N-S et E-W des puits pétroliers.
Si l'on compare les faciès avec ceux du Cénomaniens, on constate que les séquences
de dépôt sont caractérisées à l'Est ; au delà de la longitude d'El Jem, par les marnes et
calcaires profonds de types Black Shales des Formations Bahloul, Annaba et Biréno (fig. 90),
alors qu'elles passent à l'Ouest et au Sud-Ouest de la marge du Sahel et vers l'axe NS, à des
calcaires de plates-formes externes à récifs et à oolithes puis à des carbonates dolomitiques et
évaporitiques de plate-forme interne de la Formation Zebbag supérieur (fig. 90).
On observe donc encore l'opposition entre un bassin marin ouvert mais où les milieux sont
plus confinés et la circulation des eaux est sans doute réduite comme en témoignent la
présence de Black Shales, et un domaine de plate-forme à subsidence différenciée.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 185
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 89: Carte tectono – paléogéographique du Cénomanien.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 186
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 90: Carte tectono – paléogéographique du Turonien.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 187
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
En fait, au sein du domaine de bassin, s'individualisent des zones de hauts fonds à l'endroit
des couloirs de failles tels que ceux E-W de Mahdia et Jebéniana et N-S d'El Jem-Zeramdine
(BEDIR, 1988 et BEDIR et al. 1992b). Ces zones auraient joué un rôle certain dans le
confinement et la circulation des eaux donnant lieu aux dépôts de Black Shales.
IV-3- LE CONIACIEN - SANTONIEN
La cartographie isopaque du Sénonien inférieur (Formation Aleg) contraste avec celles
du Cénomanien et du Turonien. Les courbes isopaques dssinent une nouvelle
paléogéographie, discordante par rapport à celle du Turonien. Ceci reflète le caractère
discordant et transgressif du Coniacien - Santonien déjà perçu sur les corrélations des puits
(fig. 62 et 63). Toutefois les zones hautes et subsidentes migrent au sein des couloirs
tectoniques N-S de Bir Ali Ben Khlifa et d'El Jem et E-W de Sebkhat Mecheguig, de
Bouthadi - Chorbane et de Kairouan - Sousse.
Cependant, au niveau de la zone de Sfax, la direction N140 (fig. 91) qui est présente
sur la carte tectonique de subsurface (fig. 38) se confirme. Ce réarrangement
paléogéographique est accompagné par une répartition faciologique des séquences de dépôts
du Coniacien - Santonien marquées d'une part, au centre du Sahel, par la transgression des
séries marines profondes à l'Est (fig. 91) et le recul vers l'Ouest des séries de plates-formes
carbonatées peu profondes et d'autre part, vers Kairouan et les massifs des jebels Bouzer et
Kebar à proximité de l'accident N-S par le déplacement des plates-formes récifales construites
des hauts fonds (fig. 91). L'emplacement des manifestations volcaniques aux puits de Ktitir-1
et de Chorbane-1, témoignent de l'importante activité tectonique en tension de ces deux
couloirs N90 et N120 à cette époque. On remarque que la ligne de plate-forme externe migre
de l'Est à l'Ouest de l'Aptien au Cénomanien et du Turonien au Coniacien - Santonien
(fig.78,90 et 91)
IV-4- LE CAMPANIEN - MAASTRICHTIEN
La discordance des séries sédimentaires du Campanien - Maastrichtien (Formation
Abiod) sur le Santonien, décelée au niveau des corrélations entre les puits et et observés sur
les profils sismiques, ressort parfaitement sur la carte isopaque de cette superséquence de
dépôt (fig. 92). En effet, les courbes isopaques de l'Abiod recoupent celles de l'Aleg et
traduisent une nouvelle réorientation des centres de dépôts (fig. 91 et 92). Une zone de
subsidence se déplace le long du couloir tectonique N90 de la Sebkha de Mecheguigue alors
que le dépocentre sénonien N140 de Sfax s'inverse en zone résistante (fig. 92).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 188
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 91: Carte tectono – paléogéographique du Sénonien.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 189
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 92: Carte tectono – paléogéographique du Campanien – Maastrichtien.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 190
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
C'est le cas aussi de la gouttière sénonienne longeant le couloir tectonique de Bouthadi
- Chorbane, qui est scellée et inversée en zone haute (fig. 92). On observe donc une véritable
inversion de subsidence.
Les directions des courbes isopaques du Campanien - Maastrichtien, soulignent la
direction des couloirs tectoniques N-S de SABK, d'El Jem et de Draa Essouatir ainsi que
celles sub-E-W de SMS et Bouthadi - Chorbane. La direction N140 qui était déjà active au
Coniacien - Santonien, se confirme au Campanien - Maastrichtien (fig. 92), annonçant
certainement un rôle majeur au Paléogène.
V- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
V-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Dans la partie ouest du Sahel comprise entre l'axe NS et le couloir de faille N-S d'El
Jem (fig. 39), la cartographie en isopaque et isochrone des horizons du Crétacé supérieur du
Cénomanien au Campanien montre l'existence d'une série de bassins en gouttières de forme
allongée, arrondie ou carrée à fortes épaisseurs associés à des structures hautes (fig. 93 et 94).
Ces structures sont étroitement associées aux couloirs de failles profondes (fig. 38).Le long
des couloirs de failles N90 et N120, structures hautes et bassins s'agencent en relais droits et
gauches (fig. 93).
Sur les profils sismiques qui recoupent ces structures, les séquences de dépôts du
Crétacé supérieur présentent une structuration en plis et en gouttières synclinales (fig. 47, 95
et 96) souvent scellées ou décalées par rapport à celles qui les surmontent. Certaines
structures plissées le long des couloirs de failles profondes montrent des intrusions de Trias en
"salt pillow" qui sont actives depuis le Jurassique (fig. 47 et 92).
Dans la partie Est de la marge du Sahel, limitée à l'Ouest par l'accident subméridien
d'El Jem, les profils sismiques et la cartographie isopaque et isochrone des séquences de
dépôts du Cénomanien au Campanien (fig. 97, 98 et 99) (BEDIR, 1988; BEDIR et al., 1992),
montrent une structuration en zones hautes de type plis ou horsts (fig. 88 et 100), associées à
des zones de bassins de type gouttières synclinales ou grabens et demi-grabens à fortes
épaisseurs (fig. 39 et 41). Ces structures s'agencent le long des couloirs tectoniques N90-120
et N180 en relais droits et gauches (BEDIR, 1988, 1990 ; BEDIR et al., 1992), séparées par
des unités losangiques correspondant à des plates-formes basculées (fig. 41).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 191
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 93: Carte en isopaque-temps du Crétacé supérieur: du Cénomanien au
Campanien dans la zone ouest du Sahel.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 192
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
N
MAGHRE
B
Fig. 94: Carte isochrone du Crétacé terminal: horizon Campanien – Maastrichtien.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 193
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Ces bassins sont décalés par rapport aux bassins antérieurs de l'Aptien et et ceux de l'Albien
(BEDIR, 1992). La structuration de la zone Est de la marge orientale du Sahel est caractérisée
par l'ouverture de structures de bassins losangiques et de grabens alors que ces grabens ne se
manifestent pas dans la zone ouest où les structures plicatives sont prédominantes. BOBIER
et al. (1991) ont souligné cette évolutiondu type de déformation de l'Ouest à l'Est en la reliant
à la variation d'épaisseur et de faciès du Trias, qui à l'origine de l'existence ou de l'absence
d'un niveau de disharmonie d'évaporites et de sels dont le fluage provoque les processus
d'inversion de subsidence et le développement d'une tectonique de couverture. Les
discordances angulaires et les limites séquentielles de onlap/toplap et downlap des séquences
de dépôts du Crétacé supérieur mises en évidence dans les puits pétroliers et par l'analyse
seismo-stratigraphique, sont les résultats de cette structuration.
V-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
La disposition et la paléogéographie des séquences sédimentaires et volcaniques du
Crétacé supérieur de la marge orientale tunisienne en structures plicatives et en structures
d'ouverture en distension au sein des blocs tectoniques caractéristques de cette marge dénotent
une activité géodynamique certaine. L'association de ces structures aux couloirs de failles
N90, 120 et 180 le long des failles bordières aussi bien de part et d'autre qu'entre celles-ci,
démontre l'importance du rôle de ces couloirs tectoniques dans l'évolution séquentielle et
structurale des bassins du Crétacé supérieur comme nous l'avions observé pour le Jurassique
et le Crétacé inférieur.
Les mouvements tectoniques ayant donné naissance à la formation des structures
plissées obliques et parfois en relais le long des failles N90 et N120, telles que celles du
couloir de Sousse et de Sidi El Kilani et la forme sigmoïde de certains bassins, démontrent
l'existence de mouvements latéraux de décrochements transpressifs. Tandis que latéralement
et synchroniquement s'ouvrent des structures de grabens et de demi-grabens en transtension
telles que celles du couloir N180 d'El Jem.
L'ouverture des grabens s'effectue selon des relais d'ouvertures dans l'espace et dans le
temps de méga-fentes de tension en décrochement (BEDIR, 1990), le long des couloirs
tectoniques qui sont injectés de roches volcaniques basiques et de remontées du Trias salifère.
Ces mouvements et ces intrusions jouent un important rôle dans la différenciation de la
subsidence des bassins et sont à l'origine des phénomènes d'inversion de subsidence (BEDIR
et al. 1987 et BEDIR et al. 1988).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 194
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre V : Le crétacé supérieur 195
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre V : Le crétacé supérieur 196
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Pendant ce temps, les blocs de bassins de plates-formes plus ou moins subsidentes, entre ces
couloirs de failles transpressifs et transtensifs, se trouvent soit bloqués soit entraînés et
basculés, donnant lieu à des bassins losangiques en pull-apart (BEDIR, 1988 ; BEDIR et al.,
1992).
Ainsi, la réactivation tectonique des couloirs de failles est soumise à l'héritage
tectonique des blocs qui évoluent indépendamment les uns en transpression et les autres en
transtension durant une même période donnée. Ces mouvements donnent lieu à différents
types de bassins avec différents remplissages sédimentaires et séquentiels qui marquent par
leurs discontinuités et leurs inconformités les pulsations cinématiques des jeux de couloirs de
failles.
Les bassins sédimentaires formés au Crétacé supérieur sur la marge orientale de la
Tunisie présentent une variété selon l'habitat tectonique des blocs de cette marge. Les bassins
nés par les jeux compressifs décrochants (Transpression) sont du type gouttières synclinales
liées à des plis d'entraînement. Ils se forment essentiellement dans la zone occidentale bloquée
entre l'axe N-S à l'Ouest et le couloir N-S d'El Jem-Zéramdine à l'Est. Par contre,
synchroniquement dans la zone orientale se forment des bassins en transtension et des bassins
losangiques de plates-formes subsidentes entraînées et basculées.
Cette coexistence de bassins en transtension et en transpression aux mêmes périodes
géologiques rappelle les scénarios des bassins du Jurassique et du Crétacé inférieur dans la
zone centrale des blocs de Sidi Aïch-Majoura qui étaient limités et encadrés par les deux
couloirs de failles N-S de Sidi Ali Ben Oun à l'Ouest et l'axe NS à l'Est.
VI - CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Le Crétacé supérieur est caractérisé par l'aggradation et la rétrogradation de séquences
de dépôts à partir de l'Albien, qui nappent celles du Crétacé inférieur. Ces séries montrent une
discordance nette sur l'Aptien, preuve d'un bouleversement tectonique et/ou eustatique au
passage du Crétacé inférieur-Crétacé supérieur marqué sur certains blocs par une compression
à la fin de l'Aptien supérieur. Sur la marge tunisienne, ces séries sédimentaires s'organisent en
superséquences de 2ème ordre comportant des séquences de 3ème ordre de nature
essentiellement aggradantes et rétrogradantes mais selon les blocs tectoniques, des prismes de
progradations apparaissent sur le flanc des bassins.
La dynamique des blocs tectoniques de bassins est assez contrastée avec la coexistence
de bassins losangiques de type pull apart ouverts par le jeu transtensif des failles EW, N120 et
N180 de la marge tunisienne à l'Albien et au Cénomanien accompagné d'un volcanisme
basique.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 197
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 97: Carte en isochrone de l’horizon toit du Cénomanien, dans le Sahel de Mahdia
(BEDIR et al., 1992).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 198
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 98 : Carte en isopaque-temps du Crétacé supérieur: du Cénomanien au
Campanien, dans la zone Est du Sahel de Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 199
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Par contre partir du passage cénomanien-turonien, on note une importante activité
tectonique plicative donnant naissance à des bassins en gouttière synclinale remplis de
cortèges sédimentaires progradants en downlap.
Cette compression sera reprise par le plissement de certaines bordures de couloirs de
failles, alors que au Crétacé spérieur accompagné par un volcanisme et des montées triasiques
s'ouvrent dans des zones d'extension des grabens qui migrent de façon rotationnelle depuis
l'Albien jusqu'au Campanien et sont encadrés par des plates-formes carbonatées.
Les migrations des bassins du Crétacé supérieur s'accompagnent d'une rotation et
d'une inversion de subsidence par rapport aux bassins du Crétacé inférieur. L'activité
halocinétique du Trias se poursuit en liaison avec des mouvements transtensifs et transpressifs
des couloirs de failles et joue un rôle important dans la migration des gouttières de plis.
L'intérêt pétrolier des séries sédimentaires du Crétacé supérieur n'est plus à démontrer
après la découverte de plusieurs gisements associés aux carbonates de plates-formes construits
du Cénomanien, du Turonien, du Coniacien - Santonien et du Campanien. Cependant, les
structures explorées sont souvent des tops de charnières de plis ou de plates-formes hautes.
Alors que comme nous l'avons vu, le développement des prismes de bordures de plates-
formes le long des couloirs de failles limitants les grabens ou les gouttières de plis permettent
d'envisager d'autres sites potentiels.
Les superséquences de dépôts identifiées en subsurface sur la marge atlasique de la
Tunisie montrent clairement que les séries affleurantes en surface où celles traversées par les
puits pétroliers sur les zones hautes ne renseignent que sur une partie réduite des cortèges
sédimentaires enfouis. Le Crétacé supérieur constitue à lui seul un système pétrolier complet à
roches mères, roches réservoirs et couvertures et qui a fait ses preuves mais qui reste encore
largement inexploré le long des bordures de bassins qui représentent de plus importants
prospects nouveaux puisque les structures pièges, stratigraphiques et structurales y sont bien
développées.
Chapitre V : Le crétacé supérieur 200
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 99: Carte en isochrone de l’horizon toit du Crétacé supérieur, dans le Sahel de
Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 201
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 100: Profil sismique montrant une zone d’accommodation à intrusion triasique le
long du couloir de failles E-W en rameaux de Mahdia dans le Sahel (BEDIR et al.,1992
1992).
Chapitre V : Le crétacé supérieur 202
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE VI : LE PALEOGENE
A- TUNISIE CENTRO-MERIDIONALE
I- INTODUCTION
Les séries sédimentaires d'âge paléocène, éocène et oligocène de la zone centro-
méridionale se répartissent dans des aires de subsidence autour du môle de Kasserine
(BUROLLET, 1956), que ce soit au Sud, dans le bassin phosphaté de Gafsa (THOMAS,
1909; SASSI, 1974), à l'Est dans le bassin de Meknassy-Mezzouna (BEJI - SASSI, 1986) et
au Nord dans le bassin Sraa El Ouartène (ZAIER, 1984). Le passage crétacé-tertiaire est
marqué par un horizon au sein des marnes de la Formation El Haria au-dessus duquel apparaît
Globorotalia Gansseri à Gafsa (BEN YOUSSEF et al., 1991). Bobier et al. (1991) ont
rapporté cet horizon à un interval condensé associé à un cortège transgressif de haut niveau
marin proche de 72-74 MA. Ces bassins subsidents durant le Paléogène et le Néogène sont
limités par les couloirs de failles N120 de Gafsa au Sud, N180 de l'axe Nord-Sud à l'Est et
N90 de M'ghilla au Nord (fig. 31 (pl. 1)).
La série du Paléocène, à dominante marneuse avec des intercalations calcaires
correspond à la Formation El Haria d'âge Maastrichtien supérieur-Paléocène inférieur
(BUROLLET, 1956). Au-dessus vient la série phosphatée (SASSI, 1974 CHAABANI, 1978),
d'âge Paléocène supérieur - Eocène inférieur à alternances de couches argileuses, gypseuses et
phosphatées à miches calcaires des Formations Thelja et Chouabine, coiffés par la barre
calcaire yprésienne de la Formation Kef Eddour. Sur la série phosphatée d'âge paléocène-
éocène, viennent les silts rouges de la Formation Séhib correspondante très probablement à
l'équivalent continental des séries oligocènes (TAYECH, 1991 ; SGHARI, 1993).
Le Néogène est représenté par les dépôts continentaux gréseux fluviatiles et argilo-
carbonatés marins des Formations Béglia (TAYECH, 1991 ; SGHARI, 1993) et Ségui d'âge
miopliocène à quaternaire.
Les séries paléocènes-éocènes sont absentes sur le bloc qui borde au Nord la faille de
Gafsa où le Néogène vient en inconformité sédimentaire sur les carbonates sénoniens et
campaniens. Le remplissage sédimentaire et l'évolution tectonique des bassins néogènes et
paléogènes a généralement été abordée de manière dispersée. La plupart des études n'ont
concerné essentiellement que les événements Paléocène-Eocène (BUROLLET, 1956 SASSI,
Chapitre VI : Le Paléogène 203
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
1974 ; BEJI-SASSI, 1986 ; BEN AYED, 1986 ; ZAIER, 1990 ; BOUKADI et al., 1992 ;
BOUKADI, 1994), analysés à partir des données d'affleurements de terrain et plus rarement à
partir des données de subsurface (BOBIER et al. 1991; BEDIR, 1988; BEDIR et al., 1992b).
Or ces séries sont bien visibles sur les profils sismiques des régions méridionales de l'Atlas.
Elles peuvent faire l'objet d'analyses aussi bien seismo-séquentielles que tectoniques et
cartographiques en vue d'en dégager la structuration et les relations géodynamiques avec les
bassins mésozoïques.
II- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
II-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE N 1
La série sédimentaire du Miocène et du Plio-Quaternaire est assez bien développée
dans le bassin de Moularès (fig. 101 et 102), où elle est caractérisée par un faciès transparent
mais à amplitudes variables et une continuité moyenne. Cette série ne semble pas avoir
d’équivalents en surface car les horizons sismiques de cette dernière sont cantonnés au fond
des gouttières synclinales éocènes et crétacée supérieur et viennent en discordance angulaire
en onlap progressifs aggradants et rétrogradants sur des anti-formes de calcaires éocènes de la
Formation Keff Eddour et ceux campano – maastrichtiens des Formations El Haria et Abiod.
Les horizons sismiques de cette séquence, remplissant des gouttières synclinales en présentant
des figures de progradations se situent sous les alternances gréseuses et argilo-silteuses des
Formations Séhib et Béglia en surface (fig. 101 et 102).
II-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE N 2
La seconde superséquence sismique vient en discordance angulaire sur N 1 (fig. 101 et
102) correspond aux alternances gréseuses et argilo-silteuses des Formations Séhib et Béglia
en surface et argilo-sableuses et silteuses de la Formation Ségui de surface d'âges miocène
supérieur-plio-quaternaire. Elle est limitée à la base et au toit par une surface de discontinuité
séquentielle de « onlap/toplap » (fig. 101 et 102). La base du doublet sismique à forte
amplitude des conglomérats, sables et grès de la Formation Béglia termine en toplap cette
seconde séquence du Néogène (fig. 101 et 102). Cette superséquence peut être découpée en
deux séquences de 3ème ordre (fig. 101 et 102). Latéralement, la réponse sismique s'amplifie,
dénotant le développement de niveaux plus gréseux au sein des argiles miocènes ; niveaux
connus en affleurement dans le faisceau de plis de Moularès (BOUKADI, 1994).
Chapitre VI : Le Paléogène 204
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Plio-Quaternaire (Ségui)
N2 NEOGENE
TOIT EOCENE
N1
CRETACE SUP.
Fig. 101: Profil sismique montrant la structuration en gouttières des séries
paléogènes et néogènes dans les bassins de Gafsa.
Plio-Quaternaire (Ségui)
N2
NEOGENE TOIT EOCENE
N1
CRETACE SUPERIEUR
Fig. 102: Les séquences néogènes du bassin de Moularès dans l’Atlas
méridional de Gafsa.
Chapitre VI : Le Paléogène 205
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-2-1 Séquence N 2-1
Elle se marque à la base par une discordance angulaire en onlap et présente un faciès
sismique parallèle à amplitudes variables et à continuité assez bonne (fig. 101 et 102).
II-2-2 Séquence N 2-2
La deuxième séquence de N2 vient aussi en discordance angulaire de onlap sur N2-1,
aux flancs des structures plissées des bordures de bassins (fig. 101 et 102). Elle est marquée
par un faciès sismique parallèle à amplitudes plus fortes que les séquences inférieures P1 et
P2-1 (fig. 101 et 102). Les horizons sismiques présentent une bonne continuité et sont relatifs
à l'équivalent latéral des conglomérats, sables et grès de Béglia, affleurants en surface.
A l'Est; dans le bassin de Guettar, les deux superséquences se réduisent à une seule
séquence (fig. 33 et 38), limitée à la base et au toit respectivement par les doublets sismiques
des calcaires éocènes de Keff Eddour et ceux du Crétacé Supérieur et les alternaces
conglomératiques et argilo-sableuses du Ségui. Ainsi, les séquences de dépôts du Néogène
affleurantes en surface dans les différents bassins de Gafsa présentent des lacunes de dépôts
de leur base qui se trouvent cantonnés au fond des gouttières synclinales éocènes et Crétacé
Supérieur. Les séries condensées et lacunaires de l’Oligocène et du Miocène en surface
correspondraient aux équivalents latéraux des dépôts confinés dans les gouttières.
III- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La carte isopaque des séquences sismiques néogènes comprises entre l'horizon toit du
Crétacé supérieur et de l’Eocène et l'horizon sommital du Néogène (Ségui) permet de voir la
répartition spatiale des zones de subsidences de bassins et des zones hautes. Le bassin de
Moularès se caractérise par la formation de structures synclinales et de structures plissées,
découpées par les failles profondes mésozoïques de directions N90, N120 et N180. Dans ce
bloc, on enregistre un scellement des séquences crétacées et paléogènes sous-jacentes et une
migration des aires de bassins et de zones hautes (fig. 85 et 103). L'axe de plissement crétacé
et éocène disposé contre le couloir N120 de Gafsa se trouve déplacé vers le Sud-Est de
manière dextre. Ceci est appuyé, en outre, par la migration de la gouttière du pli vers le Nord
par rapport à celle crétacée qui est dirigée vers le Sud (fig. 85 et 103). Tandis qu'à l'Ouest, se
forme une structure plissée haute contre la faille N120 de Gafsa (fig. 103).
Dans les bassins de Guettar et de Gantass, le scellement des séries plus anciennes
apparaît aussi très clairement. Dans le bassin de Guettar, se forment deux structures plissées,
Chapitre VI : Le Paléogène 206
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
l'une contre la faille N120 de Gafsa et l'autre au niveau de la faille N60 et Séhib (fig. 103).
Entre les deux zones hautes de plis, la gouttière synclinale, dissymétrique, est orientée selon la
direction E-W, et montre un maximum d'épaisseur à l'Ouest, à l'approche de la faille N140 de
Metlaoui (fig. 103). Il ya donc une migration vers l'Ouest du dépôt-centre depuis le Crétacé
supérieur, l’Eocène et le Miocène.
Dans le bassin de Gantass, une nouvelle structure plissée apparait allongée d'Est en
Ouest le long de la faille N90, toutefois le dépocentre de la gouttière qui se situe vers le N-W
contre la chaîne E-W de Metlaoui (fig. 103) présente globalement une orientation N-S. Le
bloc situé au Nord du couloir de failles de Gafsa est émergé depuis le Campanien -
Maastrichtien.
IV- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
IV-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
La carte isobathe de l'horizon sismique toit du Néogène à travers les bassins de
Moularès, Gafsa-Guettar et Gantass, confirment la structuration des séquences néogènes en
une série d'anti-formes séparés par des gouttières limitées par le réseau des failles N90, N120-
140 et N180 hérités (fig. 104).
Les plissements et les failles inverses observées sur les profils sismiques recoupant les
bassins de la région de Gafsa ont été retrouvés en surface au Jebel Séhib où la série
phosphatée correspondante à la Formation Chouabine d'âge paléocène-éocène est affectée par
des plis et des failles inverses métriques à décamétriques scellés par la barre carbonatée
yprésienne ou lutétienne de Kef Eddour.
Chapitre VI : Le Paléogène 207
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 103 : Carte isopaque-temps des horizons néogènes dans les bassins de Gafsa de
l’Atlas méridionale de Tunisie.
Fig. 104 : Carte en isobathes de l’horizon toit de l’Yprésien, dans les bassins de
Gafsa.
Chapitre VI : Le Paléogène 208
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
IV-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
Lors des dépôts néogènes, les paléo-failles du réseau de Gafsa ont été reprises en
décrochements compressifs donnant lieu à des plis d'entraînement droits le long des bordures
de failles formant ainsi les zones hautes et les gouttières subsidentes. Cette réactivation a de
nouveau sollicité les percées triasiques, le long des couloirs de failles en accentuant les axes
de plis. La compression a débuté à la fin du Campanien et au début du Maastrichtien et s'est
accentuée à la fin du Paléocène et à l'Eocène synchroniquement avec la fin de la Formation
Chouabine et celle de la barre carbonatée de Kef Eddour. Les axes hauts des plis ainsi que les
gouttières synclinales associées révèlent des migrations rotationnelles dextres par rapport aux
gouttières crétacées et éocènes sous-jacentes, associées aux coulissements et aux fluages du
Trias.
Les bassins néogènes au Sud de l'accident de Gafsa sont donc formés par une
succession de gouttières synclinales de plis d'entraînement dextres, le long des couloirs de
failles N90, N120-140 et N180 et scellés par les horizons sommitaux de la Formation Ségui.
Cette cinématique confère aux bassins phosphatés paléocènes-éocènes et néogènes le
caractère de bassins en transpression sous un régime régional compressif. Il s'agit donc de
plusieurs bassins phosphatés et non d'un unique bassin. Ces types de bassins se superposent
ont à ceux du Crétacé supérieur, mais ils sont décalés latéralement dans l'espace ; ce qui
traduit la migration latérale des structures et par suite le jeu en décrochement des couloirs de
failles bordant la chaîne de Gafsa à cette époque. Des structures de plates-formes réduites
forment le second type de bassins.
B- TUNISIE ORIENTALE
I- INTRODUCTION
Les séries sédimentaires du Paléogène de la marge du Sahel n'affleurent qu'au Nord-
Ouest à la latitude de Kairouan au Jebel Ousselat - Boudabbous le long de la dorsale orientale
et plus au Nord au Cap Bon. Les études de subsurface sont rares (HALLER, 1983 ; TOUATI,
1985 ; BEDIR, 1988). En affleurement, le Paléogène a été étudié du point de vue
stratigraphique et paléogéographique (SALAJ, 1973 ; BEN ISMAIL, 1981 et BEN ISMAIL et
al., 1987). Les événements tectoniques d'âge paléocène, éocène et oligocène ont été
recherchés par certains auteurs dans la région de Zaghouan (TURKI, 1985; YAICH, 1988) et
au Cap Bon (BEN SALEM, 1990). Ces auteurs ont mis l'accent sur l'importance du rôle de
certaines failles et des structures synclinales ou des grabens associés (RIGANE, 1991) dans la
répartition des faciès de l'Eocène et de l'Oligocène.
Chapitre VI : Le Paléogène 209
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II- LE PALEOCENE
II-1- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
La base du Tertiaire est présentée par les marnes et calcaires paléocènes de la
Formation El Haria. Ces faciès sont suivis dans les puits pétroliers du Sahel (fig. 62 bis et 63).
II-1-1- CORRELATIONS N-S ENTRE LES PUITS PETROLIERS
La corrélation de la base de la Formation El Haria montre une discordance angulaire
de « onlap » et toplap entre les marnes du Paléocène et celles du Maastrichtien (puits de
Ktitir-1 et Bir Ben Zina-1) (fig. 62 bis), suit par une réduction d'épaisseur au niveau des puits
de Remad-1 et Ktitir-2 de la zone sud (fig. 62 bis). Au Nord, dans le puits de Dekhila-1, au
delà des couloirs de failles E-W de Kairouan et N180 de Draa Essouatir les marnes de la
Formation El Haria deviennent plus épaisses (fig. 62 bis).
II-1-2- CORRELATIONS E-W ENTRE LES PUITS PETROLIERS
Cette correlation latérale montre que les marnes de la Formation El Haria montrent
aussi une discordance angulaire sur les marnes de la Formation Abiod (fig. 63), au niveau
despuits de Ktitir-2 et Ktitir-1. La discordance apparaît clairement au contact des failles N120
de Ktitir et N80 de Chorbane. Ces marnes s'épaississent à partir du puits de Nasrallah 101 à
l'Ouest, vers les puits de Ktitir-2 et de Chorbane à l'Est (fig. 63). Cette corrélation E-W
montre entre autre le déplacement de la gouttière de dépôt des séquences du Crétacé supérieur
d'Est en Ouest, entre les failles de Ktitir et de Chorbane (fig. 63).
II-2- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
II-2-1- LA SUPERSEQUENCE SISMIQUE P1
Sur les profils sismiques, marnes et calcaires paléogènes constituent une
superséquence sismique discordante en onlap sur l'horizon marqueur Abiod (fig. 81 et 105).
Cette superséquence paléocène comprend plusieurs séquences de dépôt dont le nombre et la
nature du milieu de dépôts dépend des structures de demi-grabens (fig. 105) ou de flancs de
plis (fig. 81). Généralement, la séquence de base présente un faciès dominant transparent
correspondant aux marnes daniennes d'El Haria (fig. 81 et 105). Alors que les séquences
supérieures sont à horizons sismiques de plus fortes amplitudes (fig. 81 et 105), correspondant
aux marno-calcaires rangés dans le Montien.
Chapitre VI : Le Paléogène 210
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 105: Profil sismique du graben paléogène d’El Jem dans le Sahel de Mahdia.
Le faciès sismique de ces alternances varie latéralement passant d'un faciès marqué par
une alternance d'horizons d'amplitude moyenne à forte avec une assez bonne continuité à un
faciès plus transparent. Cette superséquence se termine au toit par un horizon sismique à forte
amplitude et à bonne continuité correspondant au passage des des argiles aux calcaires de
l'Eocène inférieur de la formation El Guerria ou Metlaoui.
II-3- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La cartographie isopaque-temps de la superséquence Paléocène montre la répartition
spatiale des zones subsidentes à séries épaisses et des zones hautes à dépôts réduits (fig. 106).
Cette répartition est marquée par la direction tectonique N45-60 aussi bien le long des
couloirs de failles N90-120 de Kairouan - Sousse et Sebkhet Sidi El Hani que de Chorbane
(fig. 106). Dans la partie centrale de cette zone, le gradient des courbes isopaques est plus
faible, contrairement à celui correspondant aux structures des bassins en gouttières des plis en
relais le long des couloirs de failles N90 de Kairouan - Sousse et N80 de Chorbane (fig. 106).
Par rapport à la répartition des bassins sous-jacents du Crétacé supérieur (fig. 82), celle
du Paléocène est nettement différenciée (fig. 106). Les courbes isopaques du Paléocène
Chapitre VI : Le Paléogène 211
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
scellent d'une part celles du Crétacé supérieur (fig. 86 et 106) et présentent d'autre part une
réorganisation bassinale plus étalée. Ceci confirme le caractère discordant, aggradant et
rétrogradant de la base du Tertiaire et la réactivation tectonique d'âge Crétacé terminal et
Paléocène inférieur. Il apparaît clairement que les bassins correspondant aux gouttières
synclinales des plis droits du Paléocène sont décalées et réorientées par rapport à ceux du
Crétacé supérieur (fig. 86 et 106). Les dépocentres paléocènes traduisent ainsi une migration
de la subsidence comme des axes hauts des structures plissées
Sur la partie est de la marge du Sahel, la carte isopaque-temps des séquences
Paléogènes et les cartes isochrones des horizons sismiques compris, entre le toit du Crétacé
supérieur du Campanien - Maastrichtien (AB) et l'horizon basal du Miocène moyen (AG)
(BEDIR, 1988 ; BEDIR et al., 1992), présentent une répartition de bassins limitée par les
deux couloirs de failles N90 de Mahdia et N180 d'El Jem (fig. 99 et 107). Ces couloirs de
failles délimitent des gouttières synclinales et des plis droits de direction N45 à N60 (BEDIR,
1988 ; BEDIR et al., 1992). Alors que localement dans le couloir de failles N180 d'El Jem
s'ouvre un graben d'âge Paléocène-Oligocène (BEDIR, 1988 ; BEDIR, 1990 ; BEDIR et al.,
1992). Ces structures en grabens d'âge éocène ont été signalées en subsurface dans la région
Sud de Sfax au niveau de la concession de Sidi El Ytayem par TOUATI (1985) et en surface
aux jebels Ousselat - Boudabous par RIGANE (1991).
En conclusion, sur la marge orientale du Sahel, les bassins du Paléocène s'organisent
en gouttières synclinales correspondant à des plis en échelon droits le long des couloirs de
failles N90 et N120 comme c'est le cas en Tunisie centro - méridionale et en structures de
grabens sur les couloirs de failles N160 et N180 en domained'extension.
Chapitre VI : Le Paléogène 212
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VI : Le Paléogène 213
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
II-4- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
II-4-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
L'agencement des séquences des dépôts paléocènes autour des structures tectoniques
de la marge du Sahel se présente sous deux types principaux :
. Selon que l'on considère les gouttières synclinales ; aux flancs de structures plissées
en bordure des couloirs de failles N90, 120 et N180 (fig. 81 et 108).
. Ou les structures de grabens ou demi-grabens (fig. 105) et sur les plates-formes
basculées (fig. 105). Limitées par les couloirs de failles E-W et N-S de la marge.
Ces structures existent conjointement aussi bien dans les zones ouest et est de la marge
du Sahel autour des couloirs tectoniques N90, N120 et N180. Cette structuration est
semblable à celle du Crétacé supérieur mais les structures sont décalées dans l'espace avec
une nouvelle réactivation géodynamique, puisque l'on observe un important événement
paléocène marqué par l'ouverturequi des structures distensives en grabens (fig. 105) et en
plates-formes basculées (fig. 105) et d'autre part la compression des structures en plis et
gouttières synclinales (fig. 81 et 105).
II-4-2 CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
La réactivation du réseau de failles des couloirs tectoniques E-W, N120 et N-S de
Kairouan - Sousse, Sebkhet Sidi El Hani, Sidi El Kilani, Chorbane, Ktitir, Moknine, Mahdia
et Jebéniana, au Paléocène, selon une suite de mouvements compressifs et distensifs donnant
lieu simmultanément à des plis et gouttières synclinales en relais droits (fig. 106, 107 et 108)
et des grabens obliques au sein des couloirs (fig. 107), dénote bien le caractère coulissant
transpressif et transtensif dextres et senestres de cette tectonique. L'apparition d'une
subsidence tectonique dans les gouttières des plis et les grabens, se combinant avec l'effet des
mouvements transgressifs d'origine eustatisque paléocènes (HAQ et al., 1987), a permis la
formation de séquences de dépôts variables en nombre et en faciès, selon l'habitat tectonique.
Les types de bassins issus du géodynamique paléocène sont de trois catégories:
- les bassins liés aux gouttières synclinales des plis d'entraînement en transpression.
-les bassins associés aux grabens et demi-grabens ouverts en transtension.
-les bassins de plates-formes.
Chapitre VI : Le Paléogène 214
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 107: Carte en isopaque – temps du Paléocène du Sahel de Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre VI : Le Paléogène 215
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VI : Le Paléogène 216
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III- L'EOCENE
III-1- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
Les dépôts éocènes sont plus développés dans le domaine ouest du Sahel que dans le
domaine Est (BEDIR, 1988). Les données des puits pétroliers ont montré que l'Eocène est
formé du Sud-Ouest au Nord-Est et de la base au toit par:
1- des calcaires lumachelliques, des évaporites et des marnes de la Formation Thelja
au sud-Ouest.
2- des argiles noires phosphatées de la Formation Chouabine
3- des calcaires à Nummulites de la Formation El Gueria au centre, passant
latéralement vers le Nord et le Nord-Est du Sahel aux marnes planctoniques à Globigérines
riches en matière organique de la Formation Boudabbous (fig. 62 bis et 63).
4- Ces calcaires sont surmontés soit par les argiles de la Formation Souar vers le Nord
soit par les alternances argilo-carbonatées de la Formation Chérahil vers le Sud et le centre du
Sahel (fig. 62 bis et 63).
5- un horizon calcaire coiffe les argiles de la Formation Souar; il s'agit de l'horizon
repère des calcaires de Reinèche (fig. 62 bis et fig. 63).
6- Des alternances marno-calcaires succèdent à cet horizon et correspondent au
Priabonien de la Formation Souar au Nord ou Chérahil au centre et au Sud du Sahel (fig. 62
bis et fig. 63).
Dans le Golfe d'Hammamet, l'Eocène change de faciès et devient carbonaté sur la
plate-forme de Halk El Menzel (BISMUTH et al., 1981).
III-1-1- CORRELATIONS N-S ENTRE LES PUITS PETROLIERS
La corrélation entre les puits de la partie ouest montre que les calcaires nummulitiques
de la Formation El Gueria, ou les marnes à Globigérines de la Formation Boudabbous, de la
base de l'Eocène viennent en discordance angulaire sur des paléo-structures du Paléocène
et/ou du Crétacé supérieur, tel est le cas de Ktitir-1 et Bir Ben Zina-1 (fig. 62 bis). Cette
dernière structure est limitée par le couloir de failles N120 de Sidi El Kilani (fig. 38 et fig. 62
bis). Cette discordance nous rappelle celle analysée au niveau de la marge centro-méridionale
Chapitre VI : Le Paléogène 217
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
du bassin de Moularès et de Gafsa. De même, les séries marno-calcaires des Formations
Chérahil et Souar du Lutétien et du Barthonien présentent une discordance angulaire au
niveau de Bir Ben Zina-1, bien marquée par l'horizon calcaire repère de Reinèche (fig. 62
bis). Cette deuxième discordance de l'Eocène est décalée par rapport à la première basale, vers
la structure de Bir Ben Zina-1, qui est limitée par le couloir tectonique N120 de Sidi El
Kilani. Ceci marque le caractère transgressif des séries de l'Eocène moyen et l'activité
tectonique correspondant à la migration des structures. Tandis que la structure de Ktitir-2
montre une réduction de l'Eocène moyen (fig. 62 bis), et semble scellée et inactive à cette
époque.
L'Eocène supérieur, représenté par les Formations Chérahil et Souar vient sceller les
séries sédimentaires de l'Eocène moyen de façon isopaque du Sud-Sud-Est vers le Nord-Nord-
Ouest (fig. 62 bis). Là il montre une réduction notable d'épaisseur au niveau au passage du
couloir de failles N90 de Kairouan - Sousse et N180 de Draa Essouatir (fig. 62 bis). Tandis
que la structure haute crétacée et éocène moyen de Bir Ben Zina s'inverse à l'Eocène supérieur
montrant une épaisse série sédimentaire (fig. 62 bis).
Dans cette partie de la marge du Sahel, ces variations d'épaisseur et ces discordances
angulaires autour des structures et des couloirs de failles N90, N120 et N180 dénotent au
moins trois événements tectoniques : au Paléocène, à l'Eocène moyen et à l'Eocène supérieur.
Globalement, par rapport aux séries sédimentaires du Crétacé supérieur et du Paléocène, on
remarque une migration de la subsidence vers le N-W (fig. 62 bis).
III-1-2- CORRELATIONS E-W ENTRE LES PUITS PETROLIERS
De l'Ouest à l'Est, les séries sédimentaires éocènes montrent un important
épaississement graduel à partir des puits NA1, KT2 et KT1 (fig. 63). Ces épaississements
apparaissent au niveau du passage des couloirs de failles N120 de Ktitir et N90 de Chorbane
(fig. 38 et fig. 63). Vers l'Ouest, les réductions des séries observées depuis le Crétacé
supérieur correspondent à la proximité du couloir de failles N180 de l'axe N-S (fig. 63). Au
niveau du puits Chorbane-2, l'épaisse série éocène est fortement érodée avant la mise en place
des séries oligocènes et miocènes inférieur (fig. 63).
III-2- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Du point de vue sismique, les réponses acoustiques des horizons éocènes reflètent
parfaitement le découpage lithologique. En effet, les horizons calcaires de l'Eocène inférieur,
du Bartonien (calcaire du Reinèche) et du Priabonien, constituent trois niveaux repères
sismiques. Ils délimitent, en outre, les deux séquences sismiques de dépôts du Lutétien -
Chapitre VI : Le Paléogène 218
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Bartonien et du Priabonien (fig. 109). Ces repères sont formés par des horizons sismiques
soulignés par des structures en onlap/toplap d'aggradation et rétrogradation transgressifs et
donc des limites de séquence de. Ce fait est confirmé par les discordances progressives en
onlap des séquences sus-jacentes respectivement du Souar A et du Souar B.
III-2-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE P 2
Cette superséquence commence par la base des séries éocènes, équivalentes à
l'Yprésien des formations El Guéria et Boudabbous et au Lutétien - Priabonien des formations
Souar ou Chérahil. Le caractère sismique varie latéralement et verticalement, passant
d'horizons à moyenne amplitude à des horizons de faibles amplitudes (fig. 109). Cette
superséquence éocène se compose généralement par trois séquences de 3ème ordre.
III-2-1-1- SEQUENCE SISMIQUE P 2-1
La première séquence est composée d'horizons sismiques à forte amplitude et à bonne
continuité (fig. 109) et correspond à la série carbonatée yprésienne de la formation El Guéria.
III-2-1-2- SEQUENCE SISMIQUE P 2-2
La deuxième séquence est discordante en Onlap sur P 2-1. Elle possède un faciès
sismique plus transparent, variant latéralement à des horizons de plus forte amplitude et de
moyenne continuité (fig. 109). Elle a une géométrie lenticulaire et se biseaute latéralement sur
les flancs du bassin (fig. 109). Elle correspond à l'Eocène moyen des Formations Souar A et
Chérahil A d'âge Lutétien.
III-2-1-3- SEQUENCE SISMIQUE P 2-3
La dernière séquence éocène vient en discordance de « Onlap » sur P 2-2 (fig. 109) et
présente un faciès sismique semblable à celui de P 2-2. Elle correspond aux alternances
marno-calcaires de l'Eocène supérieur des Formations Souar B et Chérahil B.
Vers le Nord-Ouest, dans la région de Kairouan, se développe un important bassin éocène à la
faveur du couloir de faille EW de Kairouan - Sousse (fig. 62 et fig. 108)). Les séries éocènes
présentent deux (2) superséquences sismiques de dépôts présentant des faciès sismiques où
alternent des faciès plus ou moins transparents et des faciès à horizons de plus forte amplitude
et une très bonne continuité (fig. 108). Cette variation de la réponse sismique des séquences
est dûe au contrôle tectonique pendant l'Eocène au sein des gouttières synclinales et des
grabens
Chapitre VI : Le Paléogène 219
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 109: Les séquences sismiques paléogènes dans le Sahel.
Ces trois superséquences éocènes passent à une seule séquence carbonatée de la
Formation Halk El Menzel (BISMUTH et al., 1981) en off shore dans le Golfe d'Hammamet.
Ces carbonates éocènes peuvent exister aussi sur les bordures hautes encore non traversées
par les puits des couloirs de failles de la zone est du Sahel tel que celui de Mahdia (BEDIR,
1988).
III-3- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES
AVEC LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
Les séquences de dépôt de l'Eocène identifiées sur la marge orientale du Sahel sont au
nombre de trois au sein des bassins subsidents jusqu'à la plate-forme. Elles sont limitées par
les discontinuités eustatiques en onlap/toplap d'aggradation et de rétrogradation
correspondants respectivement à l'Yprésien - Lutétien, au Bartonien et au Bartonien -
Priabonien. Le caractère aggradant et rétrogradant des remplissages sédimentaires des
Chapitre VI : Le Paléogène 220
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
séquences de 3ème ordre reflète bien la remontée puis à la stabilisation des mers éocènes sur
la charte mondiale (fig. 110), jusqu'à la chute brutale à la fin de l'Eocène et au début de
l'Oligocène.
Les limites des séquences éocènes constituent ainsi des lignes temps chrono-
eustatiques qui correspondent respectivement d'après la charte globale des cycles eustatiques
aux limites d'âges 56 MA, 49,5 MA, 44 MA, et 36 MA de Tejas TA2, TA3 et TA4. Sur cette
charte, l'Eocène comporte trois supercycles eustatiques de 2ème ordre qui se succèdent du
point de vue âges. Ce nombre n'est pas retrouvé sur la marge orientale (fig. 110) où il est
réduit à une seule superséquence de 2ème ordre composée de trois séquences de 3ème ordre.
Localement, la subsidence tectonique donne lieu à une augmentation et à changement de
faciès et d'environnements de l'Eocène.
En conclusion, les séquences de dépôts d'âge Eocène correspondent globalement aux
cycles eustatiques de 3ème ordre de l'Océan mondial dans certaines gouttières de bassins à
subsidence relative alors que les superséquences de 2ème ordre ne coïncident pas toujours
avec celles de la charte. Nous retrouvons ici l'interférence de la tectonique avec les cycles et
supercyles eustatiques de l'Océan mondial. Il est donc confirmé encore une fois, après le
Jurassique et le Crétacé que sur la marge tectonisée de la Tunisie, la répartition séquentielle
des dépôts sédimentaires est localement forcée par la tectonique qui dans certaines zones de
bassin enregistre les pulsations marines "standards" de lOcéan mondial et dans la plupart des
autres zones, cet équilibre se trouve perturbé.
Chapitre VI : Le Paléogène 221
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VI : Le Paléogène 222
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
III-4- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La carte paléogéographique établie d'après les données des puits pétroliers et les
profils sismiques du Sahel montre une nouvelle répartition des aires de dépôt des séquences
de l'Eocène inférieur (fig. 111) qui traduit une nouvelle structuration par rapport à celle du
Crétacé supérieur (fig. 112).
Les dépôts éocènes scellent ceux du Crétacé supérieur et présentent un réarrangement
symbolisé par la formation d'une ligne paléogéographique de direction actuelle NW-SE,
séparant les faciès de plates-formes internes et externes représentées par les gypses et
carbonates de Sebkhas et les calcaires à Nummulites à l'Ouest-Sud-Ouest et les faciès plus
marins à l'Est-Nord-Est représentés par les marnes et calcaires à Globigérines de la Formation
Boudabous. A travers cette ligne paléogéographique, apparaissent des zones hautes d'érosion
ou de non dépôt sur les structures de Bir Ben Zina, Ktitir et Chorbane (fig. 111) correspondant
à des axes de plis droits. Alors que la structure de Sidi El Ytayem, Sainte juliette et Magrouba
est un pli droit limité par les couloirs de failles N140 de Sfax et N180 d'El Jem (fig. 111). Les
courbes isopaques s'orientent à la latitude de Sfax en N140 ; parallèlement aux failles de cette
zone active dès le Sénonien.
A la latitude de Kairouan - Sousse, les courbes isopaques dessinent un bassin qui
s'approfondit vers le Nord et qui s'oriente globalement en N90, épousant le couloir de failles
de Kairouan - Sousse (fig. 111). Vers le Sud, la structure correspondante au couloir tectonique
N180 de Bir Ali Ben Khlifa-Henchir Keskes continue à se comporter en zone haute où la
limite des dépôts de l'Eocène est parallèle aux bordures faillées de ce couloir (fig. 111).
La cartographie en isopaque des séquences éocènes dans la zone ouest de la marge du
Sahel présente une nouvelle répartition des zones de bassins et des zones hautes. En effet, la
géométrie des structures hautes et celles des gouttières de bassins est plus large et plus étalée
(fig. 112) que celle des bassins paléocènes (fig. 106).
Les zones de bassins et les zones hautes sont orientées globalement de la même
manière que celle du Paléocène mais couvrent de plus larges domaines (fig. 106 et 112). De
plus, un scellement de structures que ce soit les bassins ou les zones hautes du Paléocène
s'observe clairement, au niveau des courbes isopaques de l'Eocène. Ainsi il ya migration de
bassins et de zones hautes qui gardent toujours une orientation NE-SW étant guidés par les
couloirs de failles N90 et N120 et du Nord au Sud par le couloir de failles N180 de Draa
Essouatir (fig. 106 et 112). .
Chapitre VI : Le Paléogène 223
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 111: Carte tectono – paléogéographique de l’Éocène inférieur.
Chapitre VI : Le Paléogène 224
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 112: Carte en isopaque – temps du Paléogène: Campanien – Éocène dans le
Sahel ouest.
Chapitre VI : Le Paléogène 225
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
L'émersion et l'érosion caractérisent certaines structures hautes éocènes telles que celles de
Ktifa, Chorbane ou Mahdia et El Jem qui se situent le long des couloirs de failles N90, N120
et N180 (BEDIR, 1988 ; BEDIR et al., 1992).
Enfin, le scellement des séquences paléocènes par celles de l'Eocène et la migration
observée des aires de dépôts éocènes le long des couloirs de failles E-W et N-S de la marge
orientale du Sahel confirment les discordances et les migrations des horizons éocènes
envisagées en corrélant les puits pétroliers.
En conclusion, les séquences de dépôts de l'Eocène traduisent une nouvelle
structuration des bassins de la marge du Sahel, mais celle-ci est toujours guidée par les
couloirs de failles N90, N120 et N180 de ce domaine. Cependant, le fait nouveau
caractéristique de cette tranche de temps est la différenciation que l'on peut faire entre forçage
eustatique et tectonique de la paléogéographie et de certaines séquences sédimentaires. En
effet, sur la ligne de rivage globale de L'Eocène, l'activité tectonique transpressive et
transtensive qui est responsable de la formation de zones hautes aux charnières de plis en
relais droits, limités par les failles E-W et N-S de la marge. Nous avons là, un très bel
exemple de l'antagonisme entre forçages eustatique et tectonique sur la sédimentation et la
structuration des dépôts sédimentaires éocènes.
III-5- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
III-5-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
La structuration des séquences de dépôts éocènes prolonge celle du Paléocène par la
persistance du façonnement de structures en gouttières synclinales, de plis (fig. 81 et 108), de
grabens et de plates-formes (fig. 105) après la discordance basale de l'Eocène. Ainsi, trois
événements tectoniques majeurs apparaissents dans cette structuration : à la base de l'Eocène,
à l'Eocène moyen et à l'Eocène supérieur.
III-5-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
La même cinématique que celle qui a présidé à la formation des structures paléocènes
continue son fonctionnement à l'Eocène. La réactivation en transpression et transtension
dextres et senestres des couloirs de failles N90, 120 et N180 de la marge orientale du Sahelà
l'Eocène inférieur, moyen et supérieur accentue et fait migrer les structures des plis, des
grabens et des plates-formes basculées qui existaient au Paléocène. Les structures de plis
comme celles des grabens éocènes sont signalées aussi bien dans le Sahel d'El Jem (BEDIR et
al., 1992) que dans la région de Sfax au niveau du gisement de Sidi El Ytayem (TOUATI,
Chapitre VI : Le Paléogène 226
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
1985), ou à Meknassy-Mezzouna (BOUKADI, 1986) et aux Jebels Ousselat - Boudabous
(RIGANE, 1990).
Les séries éocènes de la marge orientale se structurent en trois types de bassins :
- des bassins de transpression en gouttières synclinales liées à des plis d'entraînements.
- des bassins en grabens associés à des transtensions
- des bassins de plates-formes basculées.
IV- L'OLIGOCENE
IV-1- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
IV-1-1- CORRELATIONS N-S DES PUITS PETROLIERS
Au niveau des puits pétroliers, la série gréseuse de l'Oligocène (Formation Fortuna)
montre des épaississements importants au sein des gouttières et des réductions très accentuées
sur les structures hautes éocènes (fig. 62 bis). Des inversions de subsidences apparaissent au
niveau de Ktitir et de Bir Ben Zina. Ces réductions se manifestent toujours en bordures des
couloirs de failles hérités tels que les couloirs N120 de Ktitir, N90 de Kairouan - Sousse et
N180 de Draa Essouatir (fig. 62 bis).
IV-1-2- CORRELATIONS E-W DES PUITS PETROLIERS
La variabilité des séquences oligocènes réapparaît d'une manière plus nette, surtout au
niveau de la zone de Ktitir - Chorbane où la surface d'érosion intra-Fortuna est très bien
marquée à partir des couloirs de failles N70-90 et N120 de Chorbane et Sidi El Kilani (fig.
63), et où le Miocène inférieur repose directement sur les calcaires de la Formation Abiod au
puits Chorbane-2 et sur l'Eocène inférieur à Chorbane-1 (fig. 63).
IV-2- STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
L'Oligocène est marquée à travers tout le domaine du Sahel par une surface de
troncature d'érosion en toplap (BEDIR, 1988, 1989 et 1992), relative à la grande chute du
géoïde au Chattien (HAQ et al., 1987). A la base des séries, un horizon repère marqueur à
Nummulites vascus marque la base le l'Oligocène (HALLER, 1983 et TOUATI, 1985). Ces
séries d'âge rupélien sont formées d'une alternance argilo-carbonatée et gréseuse à la base et
sablo-gréseuses au sommet correspondent à la Formation Fortuna qui comprend l'Aquitanien
et le Burdigalien. En Off Shore, ces séries passent localement sur les blocs soulevés aux
calcaires bioclastiques et aux calcaires construits para-récifaux des Formations Ketatna,
Chapitre VI : Le Paléogène 227
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Remla et Salambo (BISMUTH, 1973). En sismique, nous distinguons une superséquence
sismique (fig. 109), autour des différents blocs du Sahel.
IV-2-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE P 3
La superséquence oligocène coiffe les séries éocènes en discordance majeure de toplap
d'érosion et marque la base de l'Oligocène à travers l'horizon repère régional à Nummulites
vascus (fig. 109). Elle est composée d'horizons à forte amplitude séparés par des horizons à
très faibles réponses acoustiques correspondant aux alternances argilo-gréso-sableuses de la
formation Fortuna. Cette superséquence présente, selon les blocs tectoniques du Sahel et du
golfe d'Hammamet une géométrie horizontale parallèle (fig. 109) ou oblique progradantes aux
flancs des plis éocènes (fig. 113 et 114).
Dans le Golfe d'Hammamet et du Cap Bon, les séries de l'Oligocène se présentent sur
les profils sismiques, dans des gouttières synclinales à substratum éocène ou crétacé supérieur
(fig. 112). Les séquences de dépôts présentent à la base des structures de downlap de
progradations obliques limitées au mur et au toit respectivement par les doublets sismiques
des carbonates éocènes ou campaniens-maastrichtiens et miocènes de la Formation Aïn Grab
(fig. 113).
Fig. 113: Profil sismique montrant les séquences de progradation oligocènes aux
flancs de plis éocènes dans le golfe de Hammamet.
Chapitre VI : Le Paléogène 228
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Ces images sont visibles localement dans le Sahel au Sud-Ouest de la structure
anticlinale de Zéramdine (fig. 114) et en bordure de la structure du couloir de failles N-S d'El
Jem (BEDIR, 1985 et 1988).
IV-3- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES
AVEC LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
La superséquence sismique de 2ème ordre de l'Oligocène de la marge orientale de la
Tunisie correspond respectivement au supercycle eustatique de 2ème ordre TA4 et TB1 d'âge
Rupélien et Chattien (fig. 110).
Les caractères aggradants et rétrogradants en onlap/toplap de cette superséquence et
localement progradants en downlap correspondent en fait à la remontée et à la stabilité
eustatique du premier cycle limité par les lignes chrono-eustatiques de 36 MA et 30 MA (fig.
110). Alors que la séquence à caractère érosif en toplap de troncature et progradant en
Downlap coïncide avec l'importante chute eustatique à la base du Chattien (BEN ISMAIL et
BOBIER, 1984), marquée par la ligne chrono-eustatique 30 MA (fig. 110). Ce supercycle se
termine par une remontée eustatique limitée à son toit par la ligne chrono-eustatique du toit du
chattien à 25,5 MA (fig. 110).
Cette corrélation des séquences sismiques oligocènes avec les cycles eustatiques globaux n'est
valable que dans certains blocs de bassin à subsidence relative car latéralement ; que ce soit
sur les zones de plates-formes hautes à sédimentation réduite ou dans les zones de bassins à
subsidences tectoniques actives, ces séquences oligocènes peuvent être extrêmement réduites
ou exagérément dédoublées.
Chapitre VI : Le Paléogène 229
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 114: Profil sismique montrant les séquences de progradation éocènes et oligocènes
aux flancs du pli Zéramdine dans le Sahel (BEDIR, 1988).
Chapitre VI : Le Paléogène 230
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
IV-4- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La répartition des faciès oligocènes du pôle gréseux au pôle carbonaté dans le domaine
du Sahel et de l'Off-Shore (VERNET, 1981) fait apparaître certains linéaments latitudinaux et
longitudinaux pour les séquences basales (fig. 115). En effet, sur la carte des faciès en
isopaque, le passage des grès grossiers à l'Ouest aux argiles planctoniques et calcaires
construits para-récifaux à l'Est, se produit selon des courbes en isopaques de direction N-S
(fig. 115). Alors qu'à la latitude de Kairouan apparait un dépôt-centre à épaisse série argilo-
gréseuse (fig. 115).
Au niveau des séquences supérieures de l'Oligocène, apparaissent des limites de faciès
orientées principalement E-W et N45. Cette dernière direction caractérise notamment les
calcaires construits de la Formation Kétatna au large de Sfax (fig. 116). Cette direction
rappelle celles des plis NE-SW de l'Eocène sur lesquels se moulent les séries oligocènes.
Avec les dépôts de l'Oligocène supérieur, les faciès siliciclastiques et carbonatés sont plus
contrastés et plus réduits (fig. 116) que ceux de la base (fig. 115).
IV-5- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
IV-5-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Le dernier événement tectonique de l'Eocène supérieur qui a façonné et accentué les
structures en anticlinaux et gouttières synclinales, et distensives en grabens et plates-formes
basculées, préfigure la structuration des séquences de dépôts oligocènes. En effet, les
structures de l'Oligocène inférieur épousent celles de l'Eocène supérieur par l'existence de
dépôts siliciclastiques gréseux épais, dans les gouttières synclinales et les grabens tels que
ceux des couloirs de failles E-W de Kairouan - Sousse (fig. 108) ou N-S d'El Jem (fig. 105).
Alors que sur certaines zones hautes éocènes de plates-formes soulevées où de charnières de
plis,
les séquences oligocènes s'amincissent considérablement (fig. 105 et 108) et montrent des
lacunes sédimentaires et des changements de faciès donnant lieu aux formations carbonatées
construites d'âges oligocène inférieur, moyen et supérieur de Kétatna, Salambo et Remla
(BISMUTH, 1984). Néanmoins, nous détectons une importante discordance angulaire scellant
les structures de l'Eocène (fig. 109) et relative d'une part à la baisse eustatique chattienne
(HAQ et al., 1987), et synchrone d'autre part d'une période de calme tectonique et à la fin de
la structuration paléogène sur la marge du Sahel.
Chapitre VI : Le Paléogène 231
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Fig. 115: Carte paléogéographique de l’Oligocène inférieur
(F° Fortuna) dans le Sahel (d’après VERNET, 1981).
Fig. 116: Carte paléogéographique de l’Oligocène supérieur
dans le Sahel et l’Offshore oriental (d’après VERNET,
1981).
Chapitre VI : Le Paléogène 232
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
IV-5-2- CINEMATIQUE ET TYPE DE BASSINS
La période oligocène constitue un répit tectonique après les événements tectoniques
éocènes. Ce calme tectonique est caractérisé par la discordance des séries de comblement
oligocènes sur les niveaux éocènes et le scellement de certaines structures anciennes.
L'activité tectonique oligocène n'est discernable que le long des couloirs de failles majeures
N90 - N120 et N180 où apparaissent des structures en rameaux négatives scellées par les
séries néogènes comme c'est le cas sur la faille d'El Jem. Sur d'autres couloirs de failles
apparaissent des structures compressives et plissements comme c'est le cas de Sidi El Kilani.
Ces mouvements distensifs et compressifs le long des couloirs de failles s'accompagnent de
basculements de certains blocs au niveau des plates-formes limitrophes où on voit apparaître
des inconformités et des variations d'épaisseurs et de faciès. Nous pouvons conclure que
l'activité tectonique était moins intense et se concentrait essentiellement le long des couloirs
de failles par des mécanismes d'ouvertures en transtensions et de compressions en
transpressions.
Les images sismiques de la marge du Sahel montrent que les déformations d'âge
oligocène se situent toutjours le long des couloirs de failles. Ces déformations sont associées à
des failles normales en rameaux parfois scellées. Au sein de l'Oligocène, il existe une surface
d'inconformité et de discordance liée au basculement des blocs entre les couloirs de failles ou
à des plissements de structures. Les séries silico-clastiques progradantes de l'Oligocène se
répartissent essentiellement en bordure des flancs des gouttières synclinales héritées de
l'Eocène et sur les plates-formes nappant leurs plis. Ces plates-formes deviennent carbonatées
et construites en bordures des zones hautes éocènes à l'Est du Sahel.
V- CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Le passage crétacé - tertiaire s'accompagne d'une réactivation de couloirs hérités de la
marge atlasique en transpression dextre et senestre amenant la discordance des séries
aggradantes paléocènes sur les carbonates campano-maastrichtiens du Crétacé terminal. Les
séries du Paléocène, de l'Eocène et de l'Oligocène s'organisent en trois (3) à quatre (4)
superséquences de 2ème ordre autour de la marge atlasique tunisienne. Ces superséquences
sismiques subissent des variations notables en nombre et en faciès autour des blocs
tectoniques actifs à cette époque.
Le Paléogène se caractérise par la "fermeture" des bassins mésozoïques et le
plissement accentué de leurs bordures faillées en une suite de gouttières synclinales et de plis
en relais essentiellement droits. Ces structures montrent une migration parfois rotationnelle
accompagnée d'inversion de subsidence.
Chapitre VI : Le Paléogène 233
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIQUES AU MESOZOIQUE
Localement s'ouvrent des grabens sur les couloirs tectoniques E-W et N-S montrant
une migration par rapport à ceux crétacés sous-jacents. Les mouvements transpressifs se
succèdent au Paléocène, à l'Eocène inférieur, moyen et supérieur, accentuant ainsi les
gouttières de bassins et les axes hauts des plis d'entraînement. Les importantes variations
d'épaisseurs et de faciès notamment de l'Eocène témoignent de cette activité tectonique sur
laquelle se surimposent les pulsations eustatiques différenciant les domaines
paléogéographiques guidés aussi par les mouvements de couloirs de failles coulissants.
L'Oligocène marque un répit tectonique après les compressions éocènes et ses
ensembles argilo-carbonatés et gréseux aggradents et progradents autour des flancs des plis
éocènes; alors que leurs équivalents carbonatés construits s'installent sur les bordures hautes
des plates-formes soulevées.
Sur le plan pétrolier, la structuration du Paléogène sur la marge orientale selon des
structures plissées et de plates-formes oriente vers de nouvelles zones propices aux flancs de
ces structures, notamment pour les ensembles gréseux réservoirs pétroliers oligocènes qui
n'ont pas encore été découverts vu l'implantation classique de puits sur les zones hautes où ces
séries sont le plus souvent condensées ou absentes. Les séries éocènes carbonatées présentent
plusieurs discordances angulaires de pinch outs sur les flancs de plis et au dessous desquelles
le Paléocène constitue une roche mère potentielle outre celles du Crétacé supérieur. Ces
discordances peuvent être autant de limites des calcaires yprésiens à Nummulites de plates-
formes externes et des marnes à Globigérines de bassin, connue pour constituer le système
pétrolier éocène sur la marge orientale tunisienne.
Enfin, les compressions paléogènes favorisent les migrations des hydrocarbures
mésozoïques et éocènes sous-jacents ainsi que leurs piègeages autour des flancs des structures
paléogènes.
Chapitre VI : Le Paléogène 234
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
CHAPITRE VII : LE NEOGENE
TUNISIE ORIENTALE
I- INTRODUCTION
Sur la marge orientale de la Tunisie du Sahel au Golfe d'Hammamet et au Cap Bon
(fig. 1), les séries sédimentaires du Miocène et du Pliocène sont le plus souvent enfouies en
subsurface. Les seules zones où le Miocène affleure en surface sont le Cap Bon
(ALLEMAND - MARTIN, 1909, 1912, 1924 ARNOULD, 1950; ROBINSON, 1971;
ABBES, 1983; BEN SALEM, 1992), la région de Saouaf du Nord-Ouest du Sahel
(BUROLLET, 1956; SALAJ et al., 1971; MEDDEB, 1986) et certaines localités du Sahel
comme Zéramdine (VAN LECHWICK, 1954; BUROLLET, 1956; ABBES, 1983 ;
KAMOUN, 1977 ; BEDIR, 1985, 1988 ; ANNOUN-GAALOUL, 1987) et Ksour Essaf
(ANNOUN-GAALOUL et al., 1987 et BESEME et al., 1988).
Les séries marno-calcaires et gréseuses marines d'âge miocène inférieur et moyen sont
présentes sur toutes la marge orientale; alors que les séries argilo-carbonatées du Miocène
supérieur (Messinien) sont limitées aux bordures de la côte est du Cap Bon à Nabeul et
Hammamet (COLLEUIL, 1976 ; BISMUTH, 1984) et du Sahel de Mahdia (BESEME et al.,
1988).
Le Pliocène marin à séries argilo-gréseuses et carbonatées affleure aussi le long de la
zone côtière est du Cap Bon (BEN SALEM, 1992 ; DAMAK, 1993) et du Sahel
(BUROLLET, 1956 ; KAMOUN, 1977 ; MAHMOUDI, 1984). Vers l'Ouest, ces séries
deviennent plus continentales argilo-silteuses et correspondent à la Formation Ségui d'âge
mio-plio-quaternaire.
Le Miocène marin de cette marge a fait l'objet de nombreux travaux depuis le début du
siècle (ALLEMAND-MARTIN, 1909). Ces études ont concerné dans leur majorité la
stratigraphie des ensembles sédimentaires carbonatés et siliciclastiques. La série miocène a
été subdivisée en un ensemble de formations et de groupes d'âges imprécis et controversés
(BUROLLET, 1956 ; SALAJ et al., 1971 ; BIELY et al., 1972 ; HOOYBERGHS, 1973,
1974, 1977, 1987 ; WIMAN, 1974, 1976 ; COLLEUIL, 1976 ; FOURNIE, 1978 ; BEN
ISMAIL, 1981 ; BISMUTH, 1984 ; TAYECH, 1984 ; BEN SALEM, 1992).
Le découpage lithostratigraphique des séries miocènes est rendu difficile en raison
d'une part, de leur nature souvent détritique et azoïque et, d'autre part, à leur agencement
structural et tectonique complexes. Aussi, rares été les études qui ont porté sur la
Chapitre VII: Le Néogène 235
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
structuration tectonique et bassinale de ces séries en affleurements au Cap Bon (BEN
SALEM, 1992) ou au Sahel (BEDIR, 1988) en raison de repères stratigraphiques précis.
L'approche de subsurface des séries néogènes par la stratigraphie seismo-séquentielle
et seismo-tectonique a permis de suivre l'agencement et la répartition des séquences de dépôts
dans les différents blocs tectoniques mis en évidence sur cette marge que ce soit dans le Sahel
(HALLER, 1983; BEDIR, 1988 ; BEDIR et al., 1989 b, c ; BEDIR et al., 1990) ou au Cap
Bon (BEN SALEM, 1992 et BEDIR et al., 1992 a, b ; BEDIR et al., 1993). D'après ces
études, il ressort qu'au Néogène la marge orientale peut être découpée en une série de blocs de
bassins répartis selon deux zones : la zone ouest et la zone est.
II- LE MIOCENE DE LA ZONE OUEST
II-1- LES DONNEES DES PUITS PETROLIERS
II-1-1- CORRELATIONS NS DES PUITS PETROLIERS
L'horizon langhien, qui est un repère régional des calcaires bioclastiques de la
Formation Aïn Grab, traduit une importante coupure stratigraphique et permet un calage
parfait du Miocène à travers toute la marge orientale (HALLER, 1983 ; TOUATI, 1985 et
BEDIR, 1988). En effet, il se présente en discordance angulaire de toplap sur les paléo-
structures des bassins crétacés et paléogènes (fig. 62 bis). Dans les puits pétroliers et sur les
profils sismiques de la marge du Sahel, cet horizon permet de mettre en évidence une
importante inversion de subsidence (BEDIR et al, 1987) par rapport à l'Oligocène et à
l'Eocène (fig. 62 bis). Ces inversions marquent en fait une migration des bassins le long des
couloirs de failles N90-120 et N180. Des variations de faciès accompagnent ces migrations
(fig. 62bis).
En Off Shore, dans le golfe d'Hammamet et au large du Sahel, nous notons aussi des
variations d'épaisseurs et de faciès le long des corrélations N-S des puits pétroliers (fig. 117)
par le développement d'une succession lithologique séquentielle au sein des formations Béglia
et Saouaf (BEDIR et al., 1993 ; BEDIR et al., 1995). Ces variations s'opèrent de part et
d'autre des blocs tectoniques limités par les couloirs de faille E-W (fig. 117). Dans ce
domaine, le toit de la série miocène est bien identifié grâce au développement du niveau de
discordance des calcaires bioclastiques messiniens discordants de la Formation Melquart.
Chapitre VII: Le Néogène 236
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
II-1-2- CORRELATIONS E-W ENTRE LES PUITS PETROLIERS
Le long de cette ligne de corrélations E-W, on retrouve les mêmes inversions de
subsidence et des changements lithologiques comme dans la corrélation Sud - Nord (fig. 63).
Par exemple, au niveau du puits Chorbane-2, apparaît une épaisse série du Miocène inférieur
sur une série oligo-éocène et crétacée réduite et érodée (fig. 63) qui montre l'inversion de la
subsidence intervenue dès la base du Miocène. Ces zones instables sont toujours limitées par
les couloirs de failles N90, N120 et N180 de la marge du Sahel. Ces accidents continuent
donc à influencer les dépôts néogènes comme ils l'avaient fait au Crétacé et au Paléogène.
II-2- STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
II-2-1- LE MIOCENE INFERIEUR
Les séries basales du Miocène du Sahel montrent souvent des réductions d'épaisseurs
et des lacunes de sédimentation, c'est pour cela qu'elles ont été regroupées dans la partie
supérieure de la Formation Fortuna qui comprend ainsi l'Aquitanien et le Burdigalien.
Cependant, elles sont mieux développées dans la partie ouest de la marge du Sahel. Il s'agit
d'une alternance de grès, de dolomies et d'argiles. Sur la figure 118, le Miocène inférieur se
présente sous forme d'une superséquence sismique à faciès variable composé d'horizons à
moyenne amplitude coiffés par un doublet sismique à forte amplitude correspondant à
l'horizon miocène moyen de la Formation Aïn Grab. Cette superséquence présente une
configuration parallèle et vient en onlap progressifs sur le toit de l'Oligocène.
II-2-2- LE MIOCENE MOYEN ET SUPERIEUR
La barre gréso-carbonatée bioclastique du Langhien inférieur à moyen de l'Aïn Grab
constitue en effet l'un des repères sismiques régionaux constant reconnu à l'échelle de la
marge orientale de la Tunisie (HALLER, 1983 ; TOUATI, 1985 et BEDIR, 1988 et BOBIER
et al., 1991), et rencontré dans la majorité des puits pétroliers du Sahel (fig. 62bis et 63). Elle
se présente sur les lignes sismiques en un doublet de forte amplitude disposé en onlap/toplap
d'aggradation et de rétrogradation de fin de cycle transgressif (TST). Elle constitue le plancher
de la superséquence de 2ème ordre langhienne formée par les argiles, carbonates et grès de la
Formation Mahmoud à caractère transgressif (BEN ISMAIL et al., 1984) comprenant
notamment à sa base les argiles dénommées "Bégonia shales", surmontés par les grès de Sabri
dans l'Off-Shore du Cap Bon qui correspondent au prisme de bas niveau marin de l'intervalle
transgressif langhien de l'Aïn Grab.
Chapitre VII: Le Néogène 237
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 117 : Corrélation Nord-Sud des puits pétroliers du Golfe d’Hammamet
(BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 238
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 239
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Sur l'horizon Aïn Grab incliné (fig. 118), cette superséquence montre des structures de onlap
progressifs venant de l'Ouest (fig. 118). Le faciès sismique montre des horizons à plus forte
amplitude correspondant à la plus grande fréquence des niveaux gréseux et carbonatés vers le
continent.
Au sein de la superséquence langhienne, nous pouvons distinguer 3 à 4 séquences de
dépôts de 3ème ordre qui correspondent très probablement aux séquences sédimentaires
observées à travers les puits du Sahel ; de Bouthadi-1, KT1, ZLMO1, (fig. 62bis et 63).
La superséquence langhienne est coiffée en toplap par un doublet sismique à forte
amplitude correspondant à la base des grès serravalliens de la Formation Béglia (fig. 118). Cet
horizon est aussi un marqueur régional sur toute la marge orientale du Sahel.
La troisième superséquence miocène est constituée par les niveaux serravalliens et
tortoniens de la Formation Oum Dhouil ou Saouaf. Ces séries sont composées d'une
alternance de sables, grès, calcaires, anhydrites et lignites. Les caractères sismiques de ces
séries sont marqués par des horizons à plus forte amplitudes et à très bonne continuité (fig.
118). Le faciès sismique de cette superséquence se caractérise par la variabilité des réponses
acoustiques et de la continuité reflétant, des dépôts d'énergie hydrodynamique variables.
III- LE MIOCENE DE LA ZONE EST
III-1- ANALYSE DE STRATIGRAPHIE SEISMO-SEQUENTIELLE
Dans la partie Est de la marge orientale qui est limitée à l'Ouest par le couloir de
failles subméridien de Grombalia - Enfidha - Zéramdine - El Jem, les séries miocènes sont
bien développées en profondeur et permettent d'effectuer une analyse seismo-séquentielle plus
précise des superséquences et séquences de dépôt déjà définies globalement dans la partie
ouest. En effet, au sein des horizons sismiques langhiens, serravalliens, tortoniens et
messiniens nous avons pu mettre en évidence trois superséquences de 2ème ordre composées
par une suite séquentielle de 7 à 10 séquences de dépôts de 3ème ordre réparties selon la
distribution de bassins dans les blocs tectoniques depuis le Sahel jusqu'au Cap Bon (BEDIR et
al., 1992c, BEDIR, 1993d ; BEDIR et al. 1993).
III-1-1- SUPERSEQUENCE SISMIQUE MIOCENE M 1
Cette superséquence d'âge langhien, qui correspond aux argiles, carbonates et grès de
la Formation Mahmoud, est limitée à la base et au sommet, respectivement par les doublets
sismiques à forte amplitude de l'horizon langhien de l'Aïn Grab et des grès serravalliens de la
Chapitre VII: Le Néogène 240
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Formation Béglia (fig. 119). Elle correspond au prisme de haut niveau marin du cycle
eustatique TB2 (2.3) de la charte de HAQ et al. (1987). Latéralement, elle peut comprendre
trois à quatre séquences de dépôts de 3ème ordre en bordures des grabens subsidents ou des
gouttières synclinales (fig. 120 et 121). Son faciès sismique est très caractéristique du fait qu'il
est à dominante transparente de faible amplitude (fig. 120) et de continuité moyenne marquant
la prédominance marneuse de cette séquence.
Des structures sismiques de downlap de progradation et de onlap d'aggradation
apparaissent sur les bordures des grabens du Sahel (fig. 119) et des gouttières synclinales des
plis du Cap Bon et du Golfe d'Hammamet (fig. 121).
Les réflexions internes de cette superséquence montrent des structures de clinoformes
(fig. 120) et de lenticulations en "mound" et en "shingled" (fig. 121). Ces caractéristiques
dénotent la dynamique sédimentaire des dépôts langhiens de Mahmoud qui présentent ainsi
des figures turbiditiques sur les paléopentes des grabens et les flancs des plates-formes
basculées (fig. 119 et 120) et de plis.
Chapitre VII: Le Néogène 241
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 242
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 243
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
III-1-2- SUPERSEQUENCE SISMIQUE MIOCENE M 2
Chapitre VII: Le Néogène 244
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
III-1-2-1- SEQUENCE SISMIQUE M 2-1
Elle correspond aux séries gréseuses et argileuses de la Formation Béglia d'âge
serravallien, dont l'équivalent latéral en off shore est la Formation Birsa. Il s'agit de la
première séquence de dépôts de la Formation Saouaf. Cette séquence est discordante sur la
superséquence M1 (fig. 119, 120 et 122). Elle correspond au prisme de bas niveau du
Serravallien du cycle T.B2 (2.4) de la charte de HAQ et al. (1987). Le faciès sismique est
marqué par une variabilité d'amplitude et une certaine discontinuité des horizons caractérisés
par des structures sismiques en downlap de progradation et de onlap/toplap d'aggradation
aussi bien au Sahel que dans le Golfe d'Hammamet (fig. 119, 120 et 122). Cette séquence
montre souvent une structuration en "Hummockey", "shingled" et "mounded" (fig. 119, 120 et
122).
Fig. 122: Profil sismique montrant les séquences sismiques miocènes dans le graben de
Mahdia (BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 245
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Ces images sismiques reflètent des milieux de dépôts à énergie hydrodynamique
variable parfois assez fortes ; ce qui est confirmé par les données de terrains sur les flancs du
jebel Abderrahman au Cap Bon où ces dépôts viennent en discordance angulaire progressive
sur les différents termes de la superséquence M1 (fig. 123). Ces dépôts de grès à intercalations
d'argiles (fig. 124) montrent des figures d'énergie de courants et de dépôts de rippels marks,
lingoïdes, hummockey et des structures sédimentaires de "débris flow", "mass flow" et "mud
balls" (BEDIR et al., 1992c ; BEDIR, 1993d). Ces derniers dépôts gravitaires dénotent
l'existence d'importantes paléopentes avec d'importants flux détritiques vers les zones de
bassins.
Sur le terrain, cette séquence se termine par des figures de prismes de hauts niveaux
marins transgressifs de tidalites à rides lingoïdes et bioturbations correspondants aux
onlap/toplap d'aggradations/rétrogradation, à forte amplitude de la limite sommitale de M2 en
sismique.
III-1-2-2- SEQUENCE SISMIQUE M 2-2
La deuxième séquence serravallienne se présente en affleurement avec 400 mètres de
dépôts argilo-gréseux venant en discordance sur la séquence M2 (fig. 123 et 124). Les
niveaux gréseux montrent des structures de courants de Flûtes casts, des méga-chenaux, des
"ball structures" et des "débris flow" ainsi que des intervalles turbiditiques. Des structures de
dykes gréseux sédimentaires ont été rencontrés aussi dans ces niveaux (BEDIR et al., 1992c ;
BEDIR, 1993d). Vers le sommet de cette séquence, les séries deviennent plus tidalitiques
avec des couches de lumachelles et des bioturbées à figures sédimentaires de courants de
rippels marks et lingoïdes.
En sismique, les caractères d'amplitude et de continuités sont identiques à ceux de M2
(fig. 119 et 122). La base des séquences est marquée par des structures de downlap de
progradation alors que leur toit est coiffé par les onlap et toplap d'aggaradation (fig. 119, 120
et 122). Corrélée aux cyles eustatiques de la charte de HAQ et al. (1987), ces niveaux
correspondent au cycle TB2 (2.5) du Serravallien (fig. 125).
L'activité tectonique, déjà décelée au sein de la première séquence serravallienne M2,
se retrouve ici à travers les dépôts gravitaires et turbiditiques ainsi que le réseau de failles en
fleur N45 et N90 rencontré au Jebel Abderrahmane auquel sont associés des mass flow et des
débris flow gréseux.
Chapitre VII: Le Néogène 246
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
III-1-2-3- SEQUENCE SISMIQUE M 2-3
Ces dépôts correspondent à la troisième séquence serravallienne de la Formation
Saouaf. Ils sont synchrones au cycle eustatique TB2 (2.6) (fig. 124 et 125) de HAQ et al.
(1987).Dans le Sahel et le Cap Bon, cette séquence comprend les couches à lignite, les argiles,
les sables, les grès et les lumachelles (fig. 123 et 124). A l'affleurement, ces faciès montrent
des figures sédimentaires de stratifications obliques, de rippels marks, de rides lingoïdes et de
bioturbations d'environnements tidalitiques de hauts niveaux marins (BEDIR et al., 1992c et
BEDIR, 1993d).
En profondeur, sur les profils sismiques du Sahel et du Cap Bon, cette séquence
montre des faciès variables de forte amplitude, marquées par des structures de chenaux en
downlap, de "Shingled", "Hummockey" et "mounded" (fig. 119 et 122), reflétant le caractère
progradant et chenalisant de ces séries accompagnées d'une certaine énergie hydrodynamique
des milieux de dépôts.
III-1-3- SUPERSEQUENCE SISMIQUE MIOCENE M 3
III-1-3-1- SEQUENCE SISMIQUE M 3-1
Cette séquence vient en discordance angulaire sur M2 et correspond aux "argiles du
toit" (ABBES, 1983) de la séquence à lignite sous-jacente (fig. 119 et 122). Localement, au
jebel Abderrahmane et sur certains profils sismiques, elle présente une grande épaisseur
dépassant les 600 mètres. Sur les profils sismiques du Sahel et du Golfe d'Hammamet, elle est
limitée à la base et au toit par deux horizons sismiques de forte amplitude (fig. 119 et 121).
Localement, elle peut être subdivisée en deux séquences de dépôt (fig. 121). Son faciès
sismique est plus transparent que celui des séquences serravalliennes sous-jacentes (fig. 121).
Elle montre des structures de downlap de progradation clinoforme à la base et des structures
de onlap et toplap d'aggradation aux toits (fig. 122). Du point de vue âge, elle avait été incluse
dans la Formation Saouaf (BISMUTH, 1984) d'âge serravallien Cependant, d'après le
calibrage des limites séquentielles, elle coïnciderait avec le cycle TB3 (3.1) d'âge tortonien
inférieur et qui comprend aussi deux coupures eustatiques majeures qui correspondraient à
celles des deux séquences de M2. Cette datation chrono-eustatique rejoint celle
biostratigraphique proposée récemment par BEN SALEM (1992).
Chapitre VII: Le Néogène 247
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 123: Carte géologique de Jebel Abderrahman au Cap Bon montrant les réseaux de failles
en rameaux et les prismes sédimentaires miocènes en bordure flanc Est (BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 248
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 124: Les séquences de dépots miocènes du flanc oriental de Jebel
Abderrahman au Cap Bon (BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 249
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
III-1-3-2- SEQUENCE SISMIQUE M 3-2
Elle correspond aux dépôts conglomératiques tortoniens de la Formation Somaa
(COLLEUIL, 1976), qui montrent à l'affleurement, dans la localité type de ce stratotype à
Somaa, des dépôts gravitaires de "débris flow". Ces dépôts se disposent en discordance
angulaire sur la séquence des argiles du toit.
En sismique, ces dépôts montrent des structures de downlap clinoformes de
progradation à faciès "Hummockey et Shingled" (fig. 119 et 122), présentant des méga-
cheneaux d'incisions. Les limites basales et sommitales de MT2 sont marquées par des
surfaces eustatiques de « onlap/toplap » de fortes amplitudes (fig. 137), qui correspondent aux
limites des pics eustatiques du cycle TB3 (3.2) (fig. 125) d'âge Tortonien supérieur de HAQ et
al. (1987).
III-1-3-3- SEQUENCE SISMIQUE M 3-3
C'est la dernière séquence de dépôt du Miocène, elle correspond aux alternances
argilo-calcaires bioclastiques des Formations Béni Khiar au Cap Bon (COLLEUIL, 1976;
BEN SALEM, 1992) et dans le Sahel (BESEME et al., 1987) et à la Formation Melquart en
Off Shore (BISMUTH, 1984). Elle est synchrone du haut niveau marin du cycle eustatique
TB3 (3.3) d'âge (fig. 125). En sismique, elle est soulignée par une surface de transgression
avec une discordance en onlap/toplap sur les différents termes de la séquence sous-jacente
tortonienne de M3-2 (fig. 121 et 122).
Ces horizons sont caractérisés par une très bonne continuité sismique et une assez
forte amplitude. Dans le Golfe d'Hammamet où le Messinien se développe assez bien, cette
séquence montre d'importants épaississements sur les blocs affaissés en grabens et les plates-
formes basculées et au contraire des réductions sur les zones hautes (fig. 143).
IV- COMPARAISON DES DISCONTINUITES SEQUENTIELLES
AVEC LES CYCLES EUSTATIQUES GLOBAUX
La mise en évidence dans la zone est du Sahel et du golfe d'Hammamet de trois
superséquences sismiques de 2ème ordre miocènes composées de sept séquences sismiques de
3ème ordre d'âges respectifs langhien, serravallien, tortonien et messinien (BEDIR, 1993 et
BEDIR et al., 1995) permet de corréler les discontinuités séquentielles correspondantes aux
limites des cycles et supercycles eustatiques de la charte chrono-stratigraphique globale (HAQ
et al., 1987) (fig. 125). Si l'on considère les séries basales du Miocène d'âge aquitanien-
Chapitre VII: Le Néogène 250
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
burdigalien qui se dévoloppent dans la zone ouest du sahel fig. (118), toutes les séquences se
composent par quatre superséquences de dépôts M0, M1, M2 et M3 fig. (125).
Fig. 125: Comparaison des limites séquentielles miocènes du Golfe d’Hammamet et du Sahel avec les
limites eustatiques globales (BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 251
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Les discontinuités séquentielles de 2ème et 3ème ordre correspondent à celles des
lignes temps chrono-eustatiques et chrono-stratigraphiques des supercycles TB2 et TB3 (fig.
125) et permettent de préciser la datation des ensembles miocènes découpés en formations
lithostratigraphiques. Cependant sur la marge tunisienne, nous avons identifié une suite de
superséquence aquitano-langhienne, serravallienne et tortonienne - messinienne, alors que sur
la charte globale le Miocène est subdivisé seulement en trois superséquences comprenant
respectivement le Burdigalien - langhien, le Serravallien et le Tortonien - Messinien. Bien que
le Langhien ait été marqué comme un important cycle de 3ème ordre sur la charte mondiale
(fig. 125), en Tunisie il constitue bien une superséquence de 2ème ordre.
En outre, dans les zones subsidentes des grabens ou des gouttières synclinales des
différents blocs tectoniques de la marge, les séquences sismiques présentent un plus grand
nombre de discontinuités et dépassent le point d'équilibre des pulsations eustatiques
mondiales. Sur les zones hautes des plates-formes, ces discontinuités se réduisent
considérablement par suite des fortes réductions d'épaisseurs et la présence de lacunes
sédimentaires sur ces domaines à subsidence négligeable.
En conclusion, sur la marge orientale tunisienne, les dépôts sédimentaires miocènes ont
put être corrélés et datés par rapport aux cycles et supercycles globaux de l'Océan mondial
mais des différences séquentielles [Link] c'était le cas pour les séries
mésozoïques et paléogènes. La multiplication du nombre de séquences traduit le forçage
tectonique dû aux différentes réactivations des couloirs de failles lors des événements
tectoniques du Miocène. Il serait donc judicieux de proposer à la suite de ces résultats une
suite séquentielle à variante de nombre, d'odre de grandeur et d'habitat tectonique sur la marge
de la Tunisie.
V- CARTOGRAPHIE ET REPARTITION PALEOGEOGRAPHIQUE
La répartition bassinale des séquences de dépôts miocènes sur la marge orientale du
Sahel et du Golfe d'Hammamet est matérialisée par les cartes en isopaques-temps et en
isochrones des horizons sismiques en subsurface.
Les isopaques des superséquences de dépôts langhiennes, serravalliennes et
tortoniennes s'agencent dans des bassins de gouttières de grabens disposés le long des couloirs
tectoniques de directions E-W et N-S. Ces bassins s'organisent en relais droits et gauches de
formes allongées au sein des couloirs de failles (fig. 126) et présentent les plus fortes
épaisseurs de séries sédimentaires. Entre les grabens limités par les failles bordières des
couloirs de Mahdia et d'El Jem, les courbes isopaques révèlent la présence de structures de
plates-formes quadratiques (fig. 126). .
. Cette structuration en bassins subsidents liés à des grabens au sein de couloirs
tectoniques E-W et N-S ; limitant des bassins de plates-formes à subsidence réduites occupant
Chapitre VII: Le Néogène 252
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
les plus grandes superficies du Sahel, se retrouve aussi en off shore au large de Mahdia et
dans le golfe d'Hammamet où une série de bassins de grabens et de gouttières synclinales se
relayent le long des couloirs tectoniques E-W de Ras Dimasse, des îles Kuriates et de
Maamoura et N-S de Jriba-Enfidha - Halk El Menzel (BEDIR, 1993c et M'RIDEKH, 1994).
Ces grabens sont aussi séparés par des structures de plates-formes basculées à subsidence plus
réduites mais plus étendues. Vers le Sud, dans la région de Sfax, prédominent les plates-
formes subsidentes avec cependant des bassins liés à des grabens sur certains couloirs
tectoniques tels que celui de Bir Ali Ben Khlifa-Henchir Keskes.
Dans la partie ouest du Sahel, comprise entre le grand accident subméridien d'El Jem
et celui de l'axe NS, la répartition des isopaques et des isochrones de l'horizon Aïn Grab,
montre des gouttières synclinales associées à des structures plissées et des plates-formes plus
étendues (fig. 127). Ces bassins sont limités par les couloirs de failles majeures de
directions E-W et N120 de Kairouan - Sousse, de Sidi El Kilani et de Chorbane et de
directions N-S de Draa Essouatir et N60 de M'Saken (fig. 127).
Les plates-formes ont en majorité une forme quadratique comme celle de la zone est du
Sahel de Mahdia; alors que les gouttières synclinales présentent soit une forme arrondie
comme celle de Kairouan (fig. 127) ou allongée comme celle de Bir Ben Zina (fig. 127) mais
le plus souvent une forme sigmoïde.
Au Nord-Est du Sahel, dans le Golfe d'Hammamet et au Cap Bon, la structuration des
bassins miocènes et pliocènes est aussi caractérisée par la formation de gouttières synclinales
associées à des structures plissées le long des couloirs tectoniques E-W d'El Haouaria, de
Tazoghrane, d'Hammamet-Maamoura (fig. 128) et N-S de Jriba - Enfidha (fig. 129). Ces
gouttières sont de deux types : les gouttières intra-couloirs comme celle de Jriba-d'Enfidha
(fig. 129) et les gouttières plus larges extra-couloirs comme celles de Jebel Abderrahmane
(fig. 131) et l'Off Shore de Korba-Menzel Témime (fig. 121). Ces gouttières se disposent en
relais droits et gauches (fig. 38). Entre ces bassins en gouttières, on trouve bassins de plates-
formes comme celles de Halk El Menzel (fig. 128 et 129), au sein desquelles peuvent s'ouvrir
des grabens tels que celui de la structure de Hergla 1 et 2 ; limité par deux failles normales de
direction N60 qui se branchent au Nord sur le couloir de faille E-W d'Hammamet-Maamoura
(fig. 38). .
Chapitre VII: Le Néogène 253
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 126: Carte isopaque temps des bassins de grabens miocènes dans le Sahel de
Mahdia (BEDIR et al., 1992).
Chapitre VII: Le Néogène 254
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 127: Carte isopaque temps du Néogène dans la zone Ouest du Sahel.
Chapitre VII: Le Néogène 255
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
La répartition au Néogène des bassins de la marge orientale de la Tunisie présente
donc plusieurs aspects nouveaux qui la différencient du Paléogène toutefois le dénominateur
commun reste le contrôle tectonique par les couloirs de failles profondes découpant le socle
de cette marge. La répartition des bassins montre ainsi un réarrangement des aires de
subsidence et des zones résistantes marquées essentiellement par une migration de ces zones
et des inversions locales par rapport aux structures crétacées et paléogènes. C'est le cas par
exemple des ouvertures de grabens sur cette marge caractérisent principalement la période
néogène. Ces grabens s'ouvrent même sur des zones hautes résistantes crétacées et paléogènes
comme celles de Mahdia et d'El Jem (BEDIR, 1987 et BEDIR et al., 1992b) et de Chorbane
(HALLER, 1983).
La migration des aires subsidentes est assez remarquable entre le Paléogène et le
Néogène comme l'atteste le bassin de Kairouan dans la zone ouest du Sahel, qui migre vers le
Sud de manière senestre le long du couloir tectonique N-S de Draa Essouatir (fig. 127) et
celle du bassin de graben d'El Jem dans la zone est du Sahel, qui migre vers le Nord de
manière senestre au sein du couloir tectonique N-S (fig. 112 et 127).
VI- ANALYSE SEISMO-TECTONIQUE
VI-1- STRUCTURATION TECTONIQUE
Les séquences de dépôts du Miocène de la marge orientale du Sahel et du golfe
d'Hammamet présentent différents types de structures correspondant à des grabens, des plates-
formes et des plis avec gouttières synclinales. Ces structures se répartissent de manière spatio-
temporelle le long des couloirs de failles en fleurs N90, N120 et N180 découpant la marge
(fig. 38). Leur disposition dénote les jeux latéraux qui accompagnent les mouvements
normaux et inverses des failles bordières des couloirs de failles réactivés épisodiquement.
Dans la zone occidentale du Sahel comprise entre l'axe N-S et le couloir de faille NS de
Grombalia-El Jem, profils sismiques et cartographie isochrone et isopaque des horizons
miocènes montrent la prédominance des structures en compression, avec plis et gouttières
synclinale en échelon le long des couloirs de failles en fleurs ou en rameaux N90 de
Kairouan-Sousse (fig. 108) , N90 et 120 de Sebkhet Sidi El Hani, Sidi El Kilani et Chorbane
(fig. 117); alors que latéralement s'ouvrent des grabens néogènes à proximité de la jonction
des couloirs de failles tels que ceux de Kairouan-Draâ Essouatir et de Sebkhet Sidi El Hani et
Chorbane. Entre ces structures, apparaissent des plates-formes horizontales ou basculées.
.
Chapitre VII: Le Néogène 256
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 257
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 258
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Dans la zone orientale qui comprend le Sahel de Mahdia (BEDIR, 1988) et le bloc
pélagien (BLANPIED, 1975), s'individualisent des structures d'ouverture de grabens associées
aux accidents de direction N90-120 de Mahdia (BEDIR et al., 1988) et des Iles Kuriates (fig.
122) où ceux de direction N180 d'El Jem (fig. 119-120) et de Halk El Menzel (fig. 146). Ces
grabens se placent tous à l'intérieur des couloirs de failles N90-120 et N180 à structures en
fleurs ou en rameaux correspondant à des décrochements découpant la marge du Sahel
(BEDIR et al., 1992b et c). Ces structures en grabens sont séparées par des blocs
décakilométriques en plates-formes horizontales ou basculées telles que celles de Moknine,
Jebéniana ou Halk El Menzel (fig. 126).
Plus au Nord, dans le golfe d'Hammamet et le Cap Bon, les structures dominantes sont
de nouveau plicatives avec la formation de plis en échelon à gouttières synclinales
décakilométriques, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des couloirs de failles N90-120 de
Haouaria, Hammamet-Maamoura (fig. 130) ou N180 de Grombalia - Enfidha. Latéralement,
entre ces structures plissées, peuvent s'ouvrir des grabens en extension comme c'est le cas de
la structure de Hergla (HGA1). La formation de toutes ces structures est synchrone à celles
des plis et des grabens des zones ouest et sud de la marge orientale du Sahel.
L'alternance et la concomitance des structures de plis,des gouttières synclinales et des
structures distensives en grabens le long des couloirs de failles en rameaux de décrochements
E-W et N-S de la marge orientale du Sahel, reflètent le caractère transformant de cette marge
pendant le Miocène (BEDIR et al., 1992c et BEDIR et al., 1995). Ce même mécanisme a été
décrit dans les séries miocènes de la Tunisie centrale sur le couloir de failles de décrochement
de M'ghilla (MARTINEZ et al., 1990) et l'accident de Kasserine (BOBIER et al. 1991). La
formation de ces structures tectoniques au Miocène, où le degré de résolution sismique permet
une meilleure identification et cartographie plus précise des horizons, est comparable à celles
que nous avons mises en évidence au Jurassique, au Crétacé et au Paléogène des zones
centrale et orientale. Les structures miocènes sont bien évidemment décalées ou inversées par
rapport à celles mésozoïques ou paléogènes.
La répartition des séquences de dépôts miocènes est étroitement guidée par la
structuration tectonique de la marge, en grabens, plates-formes, plis et gouttières synclinales.
La géométrie des séquences de dépôts miocènes se réduisent considérablement sur les zones
paléogéographiques hautes de plis ou de plates-formes où elles peuvent être réduites à 2 ou 3
séquences de dépôts (fig. 81); alors qu'en bordure des zones subsidentes des grabens, ou des
gouttières synclinales, elles montrent une moyenne de sept (7) à dix (10) séquences de dépôts
de 3ème ordre, complètes et corrélables aux cycles globaux de la charte eustatiques de HAQ
et al. (1987) (BEDIR et al., 1992c ; BEDIR, 1993d).
Chapitre VII: Le Néogène 259
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Chapitre VII: Le Néogène 260
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 131: Les séquences miocènes du flanc oriental du Jebel Abderrahman au
Cap Bon (BEDIR et al., 1996).
Localement, dans les zones de maximum de subsidence tectonique telle que le graben
N-S d'El Jem ou la gouttière de Jriba, située sur le couloir tectonique N-S de Grombalia-
d'Enfidha, les séquences peuvent se dédoubler et montrer un nombre de limites séquentielles
eustatiques dépassant celui de la charte globale (M'RIDEKH, 1994).
VI-2- CINEMATIQUE ET TYPES DE BASSINS
L'évolution des structures tectoniques et des bassins sur la marge orientale au Néogène
ainsi que leur répartition et leur disposition permet de reconstituer les mouvements
géodynamiques qui leurs sont associés. Comme pour l'activité géodynamique des bassins et
des structures mésozoïques et paléogènes, le rôle des couloirs tectoniques en rameaux
profonds et anciens de cette marge a été primordial dans la structuration des dépôts miocènes
après le répit tectonique relatif de l'Oligocène.
Le découpage tectonique de la marge orientale a guidé la formation des bassins
miocènes par suite de la réactivation des failles bordant des couloirs E-W et N-S marquée par
des mouvements latéraux et verticaux associés.
Chapitre VII: Le Néogène 261
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
La disposition et la répartition des structures miocènes (gouttières synclinales, plis,
grabens et plates-formes) montrent que les couloirs tectoniques des zones ouest et nord-est du
Sahel, du Golfe d'Hammamet et du Cap-Bon, ont préférentiellement fonctionné en
coulissement compressif (transpression) donnant naissance à des plis d'entraînement, à des
gouttières synclinales, en échelon par rapport aux couloirs de failles (fig. 38), comme ceux du
Jebel Abderrahmane et du golfe d'Hammamet.
Les couloirs de failles E-W tels que ceux d'El Haouaria, Hammamet-Maamoura,
Tazoghrane et de Chorbane-Sebkhet Sidi El Hani et Sidi El Kilani ont joué en transpression
dextre alors que les accidents N-S comme celui d'Enfidha fonctionnent en transpression
senestre. Ces jeux ont formé des plis d'entraînement respectivement droits et gauches (fig.
132), aussi bien au sein des couloirs de failles tels que ceux d'Enfidha et Kairouan - Sousse
qu'entre ces derniers tels que ceux du golfe d'Hammamet (fig. 38). La géométrie des plates-
formes limitant les couloirs de failles est à prédominance quadratique comme celle des
bassins losangiques formés par les jeux coulissants dextres et senestres des couloirs
tectoniques limitrophes.
Les époques majeures de cette structuration transpressive se placent au Serravallien
inférieur, au Tortonien supérieur et à la fin du Messinien. Ces paroxysmes tectoniques de
transpression ont été accompagnés latéralement et surtout dans la zone est du Sahel par des
ouvertures de grabens selon des jeux transtensifs dextres et senestres (fig. 133) (BEDIR et al.,
1992b et c). Ces structures en grabens se sont formées soit par des migrations de subsidence
(BEDIR, 1990) ou par des inversions tectoniques au toit de plis et de horsts crétacés-
paléogènes (BEDIR et al., 1987). Ces ouvertures ont débuté au Miocène inférieur et moyen
(Langhien) et se sont continués jusqu'au Tortonien où les puissantes séries sédimentaires ont
été reprises en transpression donnant lieu à des plissements en échelon au sein des grabens
(BEDIR et al., 1986 ; BEDIR, 1988 et BEDIR et al., 1992b et c).
L'évolution néogène des coulissements transtensifs et transpressifs mésozoïques et
paléogènes atteint un tel stade de déformation tel que des structures compressives de plis et de
gouttières et distensives de grabens qu'ils ont provoqué des migrations ou se des inversions
par des ruptures de contraintes latérales et verticales. Ceci a donné lieu à une zonation
tectonique en compression et en distension sur la marge orientale et a créé des structures
migrantes ou de blocage de coulissements marquées par l'accentuation de plissements de la
couverture, la rupture de la contrainte et l'inversion tectonique. .
Chapitre VII: Le Néogène 262
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Fig. 132: Carte géodynamique de subsurface des gouttières et des plis néogènes
en relais dans le golfe d’Hammamet (BEDIR et al., 1996 ).
Fig. 133: Carte géodynamique de subsurface des bassins de graben néogènes en
relais dans le Sahel de Mahdia (BEDIR et al., 1996).
Chapitre VII: Le Néogène 263
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
Ainsi les domaines en compression de la zone ouest du Sahel et celle du bloc Cap Bon
- golfe d'Hammamet se trouvent bloqués par les couloirs de failles en fleurs E-W et N-S,
réactivées en décrochements compressifs dextres et senestres. Le domaine occidental se
trouvant coincé primordialement par l’axe N-S à l’Ouest et l’accident N-S d’ El Jem à l'Est.
Le domaine du Cap Bon et du Golfe d'Hammamet se trouvant aussi coincé d'une part,
par les couloirs de failles de Hammamet et de Kuriates au Sud et d'autre part, par les couloirs
NS de Grombalia - Enfidha à l'Ouest et de Halk El Menzel à l'Est (fig. 38). Alors que le
domaine des grabens à l'Est du Sahel et en Off Shore évolue en transtension car il n'y a pas de
couloirs N-S bloquant ces ouvertures à l'Est (fig. 38). De plus, le niveau de disharmonie
correspondant aux évaporites du Trias est réduit ou absent vers l'Est (ELLOUZE N., 1984;
BOBIER et al., 1991) et favorise la solidarité du socle avec sa couverture en reproduisant les
processus d'extension affectant le socle.
Le long d'un même couloir tectonique, les ouvertures de grabens s'effectuent de part et
d'autre de zones résistantes qui provoquent des blocages d'accommodations en constituant des
horsts en push up ou de plis comme c'est le cas pour les couloirs de décrochement E-W de
Mahdia ou N-S d'El Jem (BEDIR et al., 1992b).
Les bassins miocènes de la marge orientale du Sahel et du Golfe d'Hammamet - Cap
Bon se répartissent ainsi entre des zones de compression et des zones d'extension. Ces bassins
sont donc du type bassin de décrochements transpressifs donnant lieu à des gouttières
synclinales des plis d'entraînement en échelon et transtensifs avec ouverture de grabens en
relais sur les couloirs de décrochements en fleurs. Séparant ces deux types de bassins, existent
des plates-formes résistantes ou plus ou moins subsidentes de forme quadratique.
VII- CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS PETROLIERES
La bonne résolution sismique et le développement assez complet des dépôts miocènes
de subsurface de la marge orientale ont permis d'identifier une suite séquentielle au sein des
formations lithostratigraphiques, marquée par les limites des pulsations eustatiques globales et
la réactivation des blocs tectoniques hérités du Mésozoïque. Ces ensembles sédimentaires
rassemblés en formations lithostratigraphiques, s'organisent en fait en une suite de
superséquences de 2ème ordre au nombre de quatre qui sont composées d'une succession de
séquences de 3ème ordre au nombre de sept à dix. Ces séquences subissent des variations
autour des bassins de la marge tunisienne où l'activité tectonique contrôle leurs répartitions.
Les cortèges sédimentaires des séquences miocènes se marquent par des prismes de
progradations/rétrogradations en bordure des zones de bassins.
Chapitre VII: Le Néogène 264
TROISIEME PARTIE : MECANISMES GEODYNAMIUES AU MESOZOIQUE
La reconnaissance des limites chrono-eustatiques et stratigraphiques séquentielles dans
les séries miocènes de la marge orientale du Sahel et du golfe d'Hammamet a permis d'établir
une datation plus précise de ces séquences et de définir leur répartition spatio-temporelle. La
dynamique des bassins au Miocène contraste avec celle des bassins paléogènes puisqu'il y a
scellement de certaines structures ou inversion de subsidence avec migration des synformes
ou ouverture de grabens.
La zonation tectonique mésozoïque et paléogène de la marge orientale se trouve
cependant confirmée au Miocène par la persistance et l'accentuation de domaines en
transpression et de domaines en transtension dont la réactivation des couloirs de failles au
Néogène accentue les plis et aboutit dans certaines zones à un stade de blocage et d'inversion.
Les relais de coulissements transpressifs et transtensifs au Miocène donnent lieu à des
plissements avec plis d'entraînement en échelon synchrones à l’ouverture de grabens.
Des objectifs pétroliers avec réservoirs du Miocène sont connus et exploités au large
du golfe d'Hammamet. Il s'agit des carbonates langhiens de l'Aïn Grab et des sables et grès
serravalliens de Birsa. Ce potentiel n'est exploré que sur les toits des structures de charnières
de plis alors que l'on a vu que la répartition des prismes de dépôts des séquences miocènes
s'effectuent autour des flancs des plis d'entraînement et des bordures de grabens bordés par
des failles de coulissement et les séries des structures hautes sont souvent réduites et érodées
(BEDIR et al., 1995).
La stratigraphie séquentielle du Miocène montre que les séquences de dépôt
constituent un système pétrolier complet avec la possibilité de roches mères langhienne ou
serravallienne, scellées par les séquences argilo-gréseuses turbiditiques du Serravallien et du
Tortonien qui s'agencent en cortèges progradants et rétrogradants s'emboîtant aux flancs des
structures de grabens et de plis où elles forment des discordances de biseaux et souvent contre
les failles de coulissements bordières (BEDIR et al., 1995). Régionalement, l'évolution
géodynamique des zones en transpression et en transtention amènent à considérer les
provinces les plus succeptibles de former et d'accumuler les hydrocarbures dans les dépôts
miocènes.
Chapitre VII: Le Néogène 265
Quatrième Partie
SYNTHESE, MODELISATION ET
IMPLICATIONS PETROLIERES
266
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
CHAPITRE 1 : RECONSTITUTION ET EVOLUTION
MECANISMES GEODYNAMIQUES
L'évolution des structures autour des blocs tectoniques de la Tunisie centro-
méridionale et orientale depuis le Trias-Jurassique jusqu'au Néogène est guidée par la
réactivation des anciennes failles profondes de transfert de direction N90, N120 et
N180. Les mouvements transtensifs de ces failles au Trias, au Jurassique et au début
du Crétacé inférieur sur certains blocs, puis transpressifs à partir de la fin du Crétacé
inférieur (Aptien terminal) et du Crétacé supérieur, ont permis l'ouverture de bassins
quadratiques et la formation de plates-formes puis la fermeture des bassins et la
migration des aires subsidentes, aboutissant parfois à des stades de blocage avec
compression suite aux héritages structuraux anciens. On observe aussi des
réorientations des contraintes régionales le long de discontinuités qui sont induites par
les mouvements de la plaque africaine par rapport à celle eurasiatique et ibérique
(OLIVET et al., 1982; DERCOURT et al., 1985 et GUIRAND et al., 1990). C'est ainsi
que l'on a pu retrouver les effets des principaux événements tectoniques liés à la
migration de la plaque africaine depuis le Trias-Jurassique et mettre en évidence les
réponses géodynamiques à ces mouvements du réseau de la marge tunisienne.
I-1- AU TRIAS
Au niveau de la marge centrale, le réseau de failles majeures de premier
ordre de direction N90, N120 et N180 était déjà actif et accompagné de ses
rameaux de failles associées de 2ème ordre de direction N60, et N120-140 (fig. 134
et 135). Ceci montre l'existence avant le Trias de ce système et de son
fonctionnement précoce.
L'ouverture oblique de grabens guidés par les rameaux N 60 connectés aux
failles de transfert N180 et N120, traduit le caractère transtensif des mouvements
tectoniques qui sont dextres sur les failles N180 et senestres sur les failles N90 et
N120, notamment celles de Sidi Ali Ben Oun et de Gafsa (fig. 1 et 2). Ces
ouvertures de grabens sont synchrones de la formation de plates-formes résistantes
soulevées. Cette structuration semble bien être héritée du Paléozoïque. Les
mécanismes d'ouverture sont accompagnés par la formation d'épaisses séries
sédimentaires et probablement volcaniques dans des grabens subsidents avec mise
en place de prismes de progradation dans les séquences argilo-gréseuses et
carbonatées du Trias inférieur et moyen. Les évaporites et les sels des séquences
supérieures semblent s'accumuler au bas des failles bordières des grabens. Mais
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 267
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 134: Carte de reconstitution géodynamique au Trias et au Jurassique.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 268
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 135: Bloc Diagramme montrant la structuration profonde de l’Atlas
centro-méridional de Sidi Ali Ben Aoun-Gafsa.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 269
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Cette sédimentation évaporitique et salifère semble être localisée dans
certains blocs de bassins seulement. Latéralement, sur les plates-formes soulevées
limitrophes, les superséquences correspondantes aux dépôts du Trias présentent une
nette réduction d'épaisseur et un changement de faciès notable. Ces caractéristiques
sédimentaires et bassinales du Trias de la marge tunisienne ont été bien décrites en
surface en Algérie (BOUILLIN, 1977; VILA, 1980; OBERT, 1981 et KAZI TANI,
1986), au Maroc (MANSPEIZER et al., 1978 et HERVOUET, 1985) et dans les
Alpes en Italie (BROQUET et al., 1969 et CROS, 1974). Sur la marge de la
Tunisie, les séries du Trias présentent des discontinuités séquentielles tectono-
eustatiques majeures de 2ème et de 3ème ordre. Les séquences de dépôts
correspondantes sont respectivement au nombre de cinq (5) et de neuf (9) à dix
(10).
Cette cinématique du Trias nécessite une contrainte régionale en extension
de direction N-S à NNW-SSE. Elle correspond au début de la séparation et à
l'ouverture de la Téthys et de l'Atlantique central par le détachement de l'Afrique de
l'Eurasie et au commencement de la migration rotationnelle anti-horaire vers l'Est
(OLIVET et al., 1982, DERCOURT et al., 1985) de la plaque africaine.
Dans ces modèles régionaux, l'accent est mis sur les mouvements coulissants
transformants des accidents arqués sub-E-W. Alors que sur la marge tunisienne,
nous avons mis en évidence aussi l'importance, la précocité et le caractère
transformant des couloirs de failles N-S depuis au moins le Trias.
I--2- AU JURASSIQUE
L'ouverture de bassins qui ont débuté au Trias continuent et s'accentuent au
Jurassique où les grabens et les gouttières subsidentes orientés N60, N90 et N120-
140 sur la marge centro-méridionale et orientale se présentent selon un mécanisme
géodynamique similaire à celui qui a prévalu au Trias.
En effet, les coulissages transtensifs : dextres sur les failles majeures N180
des couloirs de Sidi Ali Ben Oun et de Bir Ali Ben Khlifa, senestres sur celles
orientées N90 et N120 des couloirs de Gafsa ou du Sahel accentuent les ouvertures
et la subsidence des bassins orientés N60, N90 et N120-140, qui sont branchés en
rameaux sur les failles de transfert de premier ordre (fig. 134 et 135). Les
ouvertures dûes à l'activation en transtension provoquent à partir du Jurassique
inférieur la montée des évaporites et des sels triasiques, accumulées au pied de
certaines bordures de bassins tels que ceux de Gafsa - Moularès et de Majoura en
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 270
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Tunisie centrale ou au Sahel, mais ce phénomène n'est pas général puisque ces
montées halocinétiques ne se manifestent pas sur les autres bordures de bassins.
L'halocinèse a donc commencé en Tunisie à partir du Jurassique inférieur à
moyen et son évolution au cours du Mésozoïque et du Cénozoïque jouera un rôle
inducteur de premier ordre dans la différenciation tectonique et paléogéographique.
Les contraintes dynamiques liées à l'activité de type transformant des failles
bordières sont donc suffisantes pour se substituer à la contrainte
lithostratigraphique dûe aux surcharges sédimentaires classiquement invoquées
comme facteur obligatoire déclenchant l'halocinèse. Cette précocité de l'halocinèse
a été décrite dans les Pyrénées (CANEROT et al., 1992) mais à partir du Crétacé
inférieur.
Le synchronisme entre l'ouverture de bassins et les montées halocinétiques
au Jurassique va accentuer la différenciation paléogéographique qui sera
caractérisée par la formation de dépôts de progradations aux flancs des Rim
Synclines relayants les lates-formes résistantes carbonatées et récifales, ébauchées
depuis le Trias. La répartition des séquences de dépôts et de leurs cortèges
sédimentaires associés montrent des polarités de plates-formes - bassins de
directions et sens d'apports très variables. Les dépôts jurassiques s'organisent en
quatre superséquences de 2ème ordres et une suite séquentielle de 3ème ordres au
nombre de dix, bien visibles en zone subsidente de bordure de bassins.
La propagation des mouvements transtensifs au cours du Jurassique se
trouve bloquée à l'approche des domaines où se développent des réseaux de failles
orthogonales aux décrochements majeures induisant l'apparition de systèmes en
compression et l'arrêt de rifting. C'est le cas du bloc de Majoura qui est coinçé entre
d'une part les couloirs N-S de SABO à l'Ouest et de l'axe N-S à l'Est et d'autre part
le couloir N120 de Gafsa au Sud (fig. 134). Ce modèle géodynamique rejoint celui
reconstitué en Algérie par VILA (1980) et en Tunisie septentrionale par ALOUANI
(1990) où ces auteurs ont mis l'accent sur les coins en compression le long des
accidents coulissants obliques ou orthogonaux en contexte dispositif. Ce
comportement géodynamique a été décelé aussi au cours du Jurassique sur la zone
orientale du Sahel où l'on observe des mouvements halocinétiques du Trias une
répartition paléogéographique organisée autour des couloirs de failles E-W et N-S
découpant cette partie de la marge.
Le système cinématique du Jurassique montre une influence de contraintes
distensives de direction moyenne NNW-SSE qui s'intègrent bien dans le contexte
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 271
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
des ouvertures téthysiennes (VILA, 1980 ; OBERT, 1981 ; OLIVET et al., 1982 ;
DERCOURT et al., 1985 et TURKI, 1985).
I-3 AU CRETACE INFERIEUR
Le Crétacé inférieur marque un changement notable dans l'évolution
géodynamique des blocs aussi bien du point de vue structuration tectonique qu'en
ce qui concerne l'évolution sédimentaire. La géométrie sédimentaire de dépôts au
Crétacé inférieur enregistre très clairement ce changement. Ceci est marqué par la
disposition quasi générale en discordance sur le Jurassique des corps progradants
en downlap autour de tous les blocs tectoniques de la marge tunisienne de la base
du Crétacé inférieur constituant la formation Sidi Khalif de surface, sur les
carbonates jurassiques. Cette discordance a été bien mise en évidence en Algérie
par VILA (1980) et OBERT (1981) correspondrait à ce qui est appelée la phase
cimmérienne survenant entre le Jurassique terminal et le Crétacé basal. Les
mouvements d'ouvertures observés au Trias et au Jurassique, se trouvent nettement
ralentis et même scellées au Crétacé inférieur dans la plus part des blocs. Le réseau
de failles profond commence à subir des déviations de certaines directions suite aux
mouvements coulissants, aux rotations de blocs et aux fluages des montées
halocinétiques du Trias.
Les seuls accidents qui continuent à guider des ouvertures sont les failles
N60, connectées aux failles majeures N-S, E-W et N120; par contre les failles de
directions N90 et N120-140 sont globalement scellées et ne montrent pas de jeux
normaux visibles sur ces directions. Les seuls mouvements de subsidences en
gouttière peuvent s'observer sur les anciens dépocentres jurassiques, ce qui dénote
que les failles de directions N90 et N120-140, sont surtout de nature plus
coulissantes, créant des gouttières subsidentes associées aux montées de Trias le
long de leurs bordures (fig. 135 et 136). Ces montées de Trias sont bien nettes au
Crétacé inférieur, le long des failles essentiellement coulissantes de direction N120-
140 et même N-S. Elles vont former les gouttières de type Rim Synclines aux
flancs de dômes ce qui provoque le développement des corps progradants, des
prismes de bas niveaux de sens variables, réparties autour des couloirs de failles
bordières (fig. 135 et 136). Ces mouvements ont eu pour effet de déclencher les
séries sédimentaires siliclastiques de comblement, suite à la subsidence thermique
qui a suivi la période de rifting du Trias - Jurassique.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 272
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 136: Carte de reconstitution géodynamique au Crétacé inférieur.
Le Crétacé inférieur se répartit selon deux cycles sédimentaires et
eustatiques majeurs, correspondants aux deux superséquences de 2ème ordre; l'une
progradante et l'autre aggradante et rétrogradante. Ces superséquences comportent
six à huit séquences de dépôts de 3ème ordre. Dans la logique géodynamique
développée depuis le Trias puis au cours du Jurassique, les séries progradantes du
Crétacé inférieur se situent sur les différentes bordures des bassins hérités mais le
sens des progradations varie avec la dissymétrie des flancs de leurs basculements. Il
est donc important de retenir ici que les corps progradants du Crétacé inférieur
peuvent avoir une origine locale due à la présence de zones résistantes de hauts
fonds triasiques et jurassiques entourant les blocs déjà formés. S'il est probable que
le matériel siliciclastique du Crétacé inférieur ait une origine saharienne
(BUROLLET, 1956 ; M'RABET 1981), son remaniement et sa redistribution
autour des différents blocs tectoniques ont été importants et il est évident qu'il ne
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 273
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
s'agisse pas d'un seul complexe de dépôts deltaïques unique alimenté du Sud et
s'étalant uniformément sur toute la Tunisie centrale (M'RABET, 1983), mais de
nombreux appareils autour des bordures de blocs soulevés.
Compte tenu du caractère locale de ces corps et de leur mise en place au
voisinage de couloirs de décrochements, il n'est pas exclu que des séries triasiques
et jurassiques soient remaniées dans les prismes progradants soient reprises du
Crétacé inférieur en raison du changement géodynamique notable qui s'opère au
passage Tithonique - Berriasien et les discordances nettes du Jurassique supérieur
puis celle de la base du Crétacé inférieur. La cinématique prévalant au Crétacé
inférieur qui suppose une réorientation des contraintes favorise plutôt les
fermetures des bassins et leur scellement et des migrations des gouttières
subsidentes le long des failles bordières (fig. 136).
La contrainte régionale distensive aurait ainsi migré pour prendre une
direction WNW-ESE à E-W qui favorise préférentiellement les coulissements sur
les failles N90, N120-140 et les ouvertures selon les directions N60 et N-S. (fig.
136). Cette rotation de la contrainte régionale est à relier à la dérive de l'Afrique qui
est synchrone de l'ouverture des grabens africains du Crétacé inférieur orientés sur
les failles E-W et N-S (GUIRAND et al., 1990) et de l'Atlantique Nord. Cette
rotation va d'ailleurs conduire à partir de l'Aptien à la collision Afrique-Eurasie et
au développement d'une compression subméridienne (OLIVET et al., 1982;
DERCOURT et al., 1985) à NW-SE ; c’est la phase autrichienne.
Cette évolution est bien marquée sur la marge tunisienne par la compression
observée sur les bordures de bassins à la fin de l'Aptien. Certains blocs se trouvent
alors comprimés et évoluent en transpression ce qui induit la formation de
gouttières synclinales à partir de l'Aptien terminal telles que celles du bloc Majoura
- Bouhedma ou celle située au niveau des structures plissées de Hoguaf et
Ouaddada associés à l'accident N-S de Majel Ben Abbès à l'Ouest de Sidi Aïch. Ces
plissements sont matérialisés par la discordance quasi-générale de l'Albien inférieur
à moyen sur l'Aptien.
I-4- AU CRETACE SUPERIEUR
A partir de l'Albien, l'évolution géodynamique de la marge tunisienne est
marquée par le scellement des structures du Crétacé inférieur et le retour d'un
régime distensif bien marqué sur la marge orientale où il est responsable du
développement d'un volcanisme basique (LAARIDHI OUAZAA, 1994) le long des
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 274
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
couloirs de failles N90 et N180 (fig. 137). Cette distension est aussi présente dans
la chaîne de Gafsa où on note le changement du sens des coulissements qui
s'inverse passant de dextres à senestres. Cette activité continue jusqu'au
Cénomanien, formant des structures de horsts et grabens sur les rameaux de failles
coulissantes (BEDIR et al., 1992b). Ce régime favorise l'accumulation d'épaisses
séries de roches mères de pétroles de type black shales dans les zones subsidentes à
l'Albien-Cénomanien à côté de plates-formes carbonatées récifales sur les blocs
hauts.
Fig. 137: Carte de reconstitution géodynamique au Crétacé supérieur
L'Albien - Cénomanien est caractérisé par un régime géodynamique propre
qui reprend les mouvements en transtension du Trias et du Jurassique et qui a
toujours été situé, à juste titre d'ailleurs, dans le Crétacé moyen. La contrainte
régionale distensive à l'Albien et au Cénomanien devient de direction NE-SW
corrélativement au début de la compression NW-SE (fig. 138).
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 275
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 138: Bloc diagramme représentant la structuration profonde de la
marge orientale du Sahel d’El Jem-Mahdia (Bédir et al., 1992b).
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 276
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
A partir du Cénomanien terminal et au Turonien basal, un nouveau
changement géodynamique se développe, marqué par une nouvelle réactivation en
transpression des failles qui bordent les bassins de la marge centro-méridionale et
orientale. Cette réactivation est bien enregistrée par la formation quasi-générale de
gouttières synclinales et de plis qui ne seront scellés et réactivés qu'au Santonien et
au Campanien par la discordance des calcaires de la Formation Abiod qui viennent
progressivement se déposer sur la barre du Guettar. Cette réactivation
s'accompagne d'une remobilisation des intrusions salifères dont le soulèvement
synchrone d'une remontée eustatique dans une mer chaude favorise le
développement des structures récifales du Crétacé supérieur. La brèche turonienne
de la barre Guettar correspond en fait à un événement tectonique majeur de cette
époque, qui provoque le basculement des flancs de structures et le déclenchement
des progradations turoniennes et sénoniennes aussi bien dans la zone centro-
méridionale (BOUKADI, 1994) qu'orientale de la Tunisie (BEDIR, 1990 ; BEDIR,
1991 ; BEDIR et al., 1992b).
L'évolution générale en transpression des blocs de la marge tunisienne, à
partir du Cénomanien supérieur, contraste avec l'évolution transtensive locale de
certains blocs qui continuent à s'ouvrir en transtension, comme c'est le cas pour le
bloc d'El Jem (fig. 139). La direction de contrainte régionale ayant remobilisé les
différents blocs tectoniques s'oriente globalement en NW-SE (fig. 134,136 et 138)
mais les variations locales du champs de contrainte, caractéristiques des zones de
transformation est à l'origine de contraintes locales de direction d'extension NE-SW
(BEDIR et al., 1992).
Régionalement, cette évolution est liée à l'affrontement de la plaque
africaine avec les plaques ibérique à l'Ouest et eurasiatique à l'Est, sous l'effet de sa
rotation mais aussi au mouvement relatif Est-Ouest de ces plaques. Après la
discordance de la base du Campanien sur les différents termes du Sénonien, on
enregistre un événement compressif assez discret qui précède une deuxième
discordance du Campanien supérieur. Ainsi, depuis le Trias, le régime des
contraintes relatif à la bordure de la plaque africaine, a subi une migration
rotationnelle anti-horaire conjuguée progressivement au début de celles
compressives à partir de l'Aptien.
La cinématique des bassins au cours du Crétacé supérieur a été accompagnée
sur la marge tunisienne par le dépôt d'une suite séquentielle de 2ème de cinq
superséquences globalement aggradante et rétrogradante de nature marno-
carbonatée corrélative aux supercycles eustatiques de l'Océan mondial et
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 277
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
composées d'une succession de séquences de 3ème ordres progradantes à leur base;
en bordure des couloirs de failles et aggradantes et rétrogradantes vers leur sommet.
Fig. 139: Modèle géodynamique des bassins de la marge orientale du Sahel.
(Bédir et al., 1992b)
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 278
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
I-5- AU PALEOGENE
I-5-1- AU PALEOCENE
Le passage Crétacé - Tertiaire est marqué sur la marge tunisienne par un
événement tectonique important au passage Maastrichtien-Paléocène. Le réseau de
failles mésozoïques ramifiés est alors réactivé par un champs général de contrainte
en transpression donnant lieu à l'apparition de l'ébauche des plis d'entraînement
avec gouttières synclinales qui vont se superposer à ceux du Crétacé supérieur. Cet
événement en transpression réactive aussi préférentiellement les directions N90 et
N120-140, ce qui donne naissance à des plis de directions NE-SW et E-W (fig.
140).
Fig. 140: Carte de reconstitution géodynamique au
Paléogène et au Néogène.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 279
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Particulièrement, cet événement a été mis en évidence dans le bassin
phosphaté de Gafsa en subsurface (BEDIR et al., 1992 ; BOUKADI et al., 1992).
C'est la structuration de ces gouttières synclinales restreintes et fermées qui va
permettre l'accumulation formation des séries phosphatées au Paléocène supérieur-
Eocène inférieur par des processus de confinement, de stratification des eaux et de
circulations d'upwelling (SASSI, 1971 ; BELAYOUNI, 1983). En fait, le bassin
phosphaté de Gafsa est fractionné en plusieurs bassins de gouttières synclinales
associés à des plis d'entraînement. Ces gouttières se forment aussi sur la marge
orientale du Sahel (BEDIR, 1988; BEDIR, 1992b) ainsi qu'en bordure de l'axe N-S
et de l'archipel de Kasserine, ébauchée justement au Maastrichtien - Paléocène,
synchroniquement à cet événement compressif. La contrainte régionale
compressive responsable de cette structuration devrait être orientée NW-SE (fig.
140). Cette événement est non seulement synchrone de la collision des plaques
africaines et eurasiatiques mais aussi à d'autres événements à l'échelle globale
comme la chute eustatique des mers qui est à l'origine d'une discontinuité sismique
de valeur générale (BOBIER et al., 1991), les anomalies géochimiques qui
caractérisent la limite Crétacé-Tertiaire et la disparition des Dinosaures.
I-5-2- A L'EOCENE
Dans certains blocs de la marge tunisienne, l'Eocène inférieur est transgressif
et discordant sur le Paléocène et scelle la première structuration en gouttières
synclinales du Maastrichtien-Paléocène. Sur les zones soulevées par contre, on
observe des lacunes de sédimentation et des troncatures d'érosion de l'Eocène et
même du Paléocène. L'Eocène est marqué par trois événements compressifs: à
l'Yprésien supérieur, au Bathonien et au Priabonien. Ces événements sont fossilisés
par des discordances angulaires aux flancs des structures plissées.
En fait, toute la période éocène correspond à une reprise continue des
mouvements transpressifs similaires à ceux du Paléocène et qui donnent naissance
à des plis d'entraînement et des gouttières synclinales décalées par rapport aux
synclinaux sous-jacents. Les phases pyrénéenne et alpines se retrouvent bien sur la
marge atlasique tunisienne en subsurface (BEDIR 1988; TLIG et al., 1991 et
BEDIR et al., 1992b ) alors qu'il a été difficile de les mettre en évidence en surface
au Nord de la Tunisie (ROUVIER, 1977), très probablement par suite des
complexités et de l'importance des déformations tectoniques liées aux événements
antérieurs et ultérieurs.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 280
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
L'accentuation des plissements à l'Eocène induit un recul progressif des
mers, ce qui a donné lieu à une diversification des faciès des séries sédimentaires
depuis les termes continentaux à encroûtement des Formations Moungar (ZOUARI,
1984) ou Chaambi (SASSI et al., 1984) en Tunisie centrale et Bouloufa au Sud
(SAADI, 1983 et 1992), jusqu'aux termes marins des marnes à Globigérines de la
Formation Boudabbous au Nord. Des cortèges progradants sur l'Eocène inférieur se
forment sur les flancs de structures plissées sur la marge orientale du Sahel et du
Golfe d'Hammamet. Ces cortèges qui font partie essentiellement des dépôts
oligocènes de la Formation Fortuna, peuvent inclure une bonne partie de l'Eocène.
La formation des structures plissées éocènes, s'accompagnent localement par
l'ouverture des grabens le long des couloirs de coulissements. La contrainte
régionale compressive est encore de direction NW-SE. Elles engendrent des
coulissements transpressifs dextres essentiellement sur les accidents de directions
N90 et N120 alors que les grabens s'ouvrent en transtension sur les directions N-S
et N140 (BEDIR, 1988 ; BEDIR et al, 1992b ; ERRAOUI, 1994).
Les événements compressifs éocènes décelées sur la marge tunisienne sont
synchrones à la formation de l'arc alpin par collision de l'Europe avec la marge
apulienne et l'accentuation du rapprochement Afrique-Europe (OLIVIER et al.,
1982 ; DERCOURT et al., 1985)
I-5-3- L'OLIGOCENE
L'Oligocène est marqué par un changement notable dans le régime
géodynamique de la marge tunisienne où on note une nette discordance angulaire et
un scellement de certaines structures éocènes avec la formation de cortèges
progradants aux flancs des structures plissées éocènes, relatifs aux décharges
gréseuses de la Formation Fortuna. Par contre, sur les bordures des plates-formes
éocènes, se développent à l'Est en Off-Shore, les carbonates construits para-
récifaux des Formations Ketatna et Remla dans les zones où la tranche d'eau a
persisté à l'Oligocène autour des zones des bassins marins à marnes pélagiques
éocènes.
L'activité tectonique se limite à l'Oligocène au jeu de failles normales et à la
formation de plissements très discrets le long des couloirs de failles. Ceci traduit un
répit dans l'activité tectonique par rapport à l'Eocène. Ce calme tectonique à
l'Oligocène, précède une nouvelle période géodynamique néogène importante qui
sera caractérisée par les ouvertures de grabens et la formation de plis le long des
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 281
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
blocs coulissants de la marge tunisienne. Ces ensembles sédimentaires paléogènes
s'organisent de manière très variable autour des structures tectoniques syn-
sédimentaires mais forment de manière générale quatre superséquences de dépôt
sur la marge tunisienne.
I-6- AU NEOGENE
Le Néogène est caractérisé par une nouvelle activité géodynamique qui
reprend les scénarios mésozoïques. On assiste en effet à partir du Miocène inférieur
et moyen (Langhien) à une forte réactivation des couloirs de coulissements de la
marge tunisienne à l'origine de l'apparition d'un système de zones en transtension
de rifting et de zones en transpression.
Les ouvertures de grabens en transtensions sur les coulissements dextres E-
W et N-S senestres se produisent aux toits d'anticlinaux paléogènes (fig. 141), il ya
donc une inversion tectonique (BEDIR et al., 1987) dû au blocage des
transpressions paléogènes. L’Oligocène traduit en fait l'équilibre qui précède du
blocage, au delà duquel s'inverseront certaines structures.
Dans les blocs tectoniques coincés entre les couloirs de failles entrecroisés
ou orthogonaux, se produisent deux types scénarios : le premier consiste à une
continuité dans l'évolution des structures plissée dues au blocage alors que le
deuxième est caractérisé par un scellement des structures plissées paléogènes. Au
Langhien, le régime distensif est bien enregistré par l'ouverture de grabens post-Aïn
Grab et le scellement par les grès serravalliens de certaines failles normales. La
contrainte régionale de distension du Miocène moyen était proche de la direction
NE-SW (fig. 141).
A partir du Serravallien, apparait un découplage tectonique entre certains
blocs comme par exemple du Cap Bon et du Golfe d'Hammamet qui évoluent en
transpression avec plis d'entraînement et gouttières synclinales syn-serravallo-
tortoniennes et la zone Sud du Sahel où continuent à s'ouvrir des grabens E-W et N-
S qui ne seront affectés par des mouvements transpressifs qu'au Tortonien. Ces
mécanismes tectoniques différenciés, en transtension et en transpression le long des
couloirs de coulissements anciens rappellent les scénarios mésozoïques sous-
jacents.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 282
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 141: Carte de reconstitution géodynamique des ouvertures de grabens
en distension au Miocène moyen.
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 283
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Cette géodynamique néogène combiné aux mouvements eustatiques
provoque la formation de cortèges sédimentaires turbiditiques carbonatés langhiens
et siliciclastiques serravallo-tortoniens progradants autour des flancs des gouttières
synclinales et des grabens qui s'orientent de manière variable. Sur les zones hautes
des charnières de plis et des plates-formes se développent des séries tidalitiques et
deltaïques réduites et parfois récifales comme celles des formations Remla et
Ketatana (BISMUTH, 1984) dans l'off shore orientale. Les événements tectoniques
du Miocène inférieur, du Langhien, du Serravallien et du Tortonien sont à correler
avec les processus liés aux d'ouvertures du bassin algéro-provençal et la rotation de
la Sardaigne et sa rentrée en collision au NW. Ces événements s'accompagnent
dans le Nord de la Tunisie par un magmatisme bimodal (TLIG et al., 1991) d'abord
acide (15-10 Ma ; BELLON, 1976 et LAARIDHI-OUAZZA, 1994) puis basique 9-
5 Ma; BELLON, 1976; BAGDAZARJAN et al, et LAARIDHI-OUAZAA, 1994).
Après le scellement des carbonates messiniens (Miocène supérieur), un
nouvel événement compressif remobilise les structures plissées et donne lieu à des
plis qui formeront les gouttières synclinales des fossés plio-quaternaires en Tunisie
nord orientale (BEDIR, 1993c et M'RIDEKH, 1994). Les épaisseurs des séries
sédimentaires siliciclastiques du Pliocène dans les gouttières du golfe d'Hammamet
seront affectées au Pliocène moyen et supérieur ainsi qu'au Quaternaire Le long des
couloirs de failles bordières en rameaux de coulissement par de nouveaux
mouvements transpressifs (BEDIR, 1993; M'RIDEKH, 1994).
Sur la marge orientale de la Tunisie, les pulsations eustatiques ont été bien
fossilisées au sein des séquences des dépôts miocènes où on dénombre
respectivement sept à dix séquences de 3ème ordre et trois superséquences de 2ème
ordre (BEDIR, 1993d ; BEDIR et al., 1995).
Chapitre 1 : reconstitution et évolution mécanismes géodynamiques 284
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
CHAPITRE 2 : MECANISMES GEODYNAMIQUES ET
MODELISATION
L'étude de la géodynamique des bassins mésozoïques et cénozoïques de la marge
atlasique tunisienne par les analyses de subsurface a montré l'importance du contrôle
tectonique des failles profondes anciennes de directions E-W et N-S sur lequel interfèrent les
mouvements eustatiques, donnant lieu à une organisation séquentielle autour des bassins
créés. Nous aborderons maintenant l'étude des différents mécanismes d'interactions socle-
couverture et volcanisme, tectonique-eustatisme, sédimentation et halocinèse et les types de
couloirs tectoniques et de bassins associés et leurs implications pétrolières.
I- INTERACTION SOCLE-COUVERTURE
La formation et l'évolution des espaces disponibles pour la sédimentation sur la marge
tunisienne, a été directement liée aux mouvements tectoniques des failles profondes de
directions majeures N90, N120 et N180.
I-1- Origine de la fracturation
Sur les profils sismiques de la marge atlasique de la Tunisie, les couloirs de failles
naissent en profondeur sur une faille majeure s'enracinant dans un socle acoustique anté-
triasique. Ces failles sont des accidents impliquant le substratum acoustique et en particulier
la croûte lithosphérique et qui présentent soit une géométrie subverticale, soit une géométrie
listrique de détachement (BEDIR et al., 1990b). Ces accidents sont présents sur la plate-forme
saharienne dans le Sud tunisien et affectent les séries paléozoïques (BEN FERJANI et al.,
1990). D'après les reconstitutions géodynamiques des bassins mésozoïques, il s'avère que le
réseau de failles du bâti profond présente une mosaïque quadratique E-W et N-S à
mouvements transformants.
I-2- Transfert des accidents profonds
Les accidents profonds progressent dans la couverture sédimentaire selon un système
de ramification ou "flower structures (HARDING, 1983) qui peut avoir une géométrie
listrique lorsque existent des niveaux ductiles jouant le rôle de disharmonie où s'enraçinent les
failles de détachement ou de décollement entre le socle et la couverture tels que certains
couloirs de failles N-S et E-W du Sahel ou une géométrie subverticale en "Palmiers" lorsque
la disharmonie sédimentaire est négligeable tel que certains couloirs de failles comme ceux
N120 de Gafsa et de Sidi El Kilani ou N-S de Sidi Ali Ben Oun. Cette ramification est due
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 285
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
aux jeux de coulissements des accidents profonds et au découpage de "navette" de
décrochement ou lenticulation tectonique.
La cartographie de ces ramifications montre que les branches des rameaux de failles
N60 et N120-140 sur les failles mères N90, N120 et N180, correspondent à des Riedels de
type P et R associés aux décrochements, mais peuvent coïncider en fait, en profondeur aux
failles de direction E-W ou N-S qui ont été ramifiées et déviées dans certains blocs. La
transfert des accidents profonds selon des relais de ramification organisée est à l'origine d'une
fracturation de premier, deuxième et troisième ordre et par conséquent à une hièrarchisation
des blocs tectoniques et des bassins.
II- GEOMETRIES ET MECANISMES DE LA FRACTURATION
II-1- Hiérarchie de la fracturation
II-1-1- Les rameaux de premier ordre
Ce sont les failles principales " Master Faults " de direction N90, N120 et N180 qui
découpent le socle en blocs tectoniques et bassins de premier ordre de type mosaïque
quadratique ou triangulaire (fig. 142). C'est le cas par exemple des failles qui limitent les
blocs de bassins de Gafsa, de Majoura, de Sidi Aïch, de Kairouan ou de Moknine et
Jebéniana. Ces unités de premier ordre sont visibles en subsurface à partir du Trias.
II-1-2- Les rameaux de deuxième ordre
Ils correpondent aux premiers accidents de types Riedels qui se branchent sur
l'accident principal de manière listrique ou subverticale et possèdent une orientation obliques
en N60 ou N120-140 ou parfois elles sont sub-parallèles à la faille de premier ordre (fig. 142).
Ces failles de second ordre délimitent des structures en grabens ou en plates-formes de
deuxième ordre. Elles peuvent être ensuite scellées ou remaniées en continuité avec la
structure de deuxième ordre. Ces structures de deuxième ordre sont observables depuis le
Trias et le Jurassique où les systèmes de coulissements en transtension ont été déjà présents
sur la marge de la Tunisie mais probablement avec des directions actuellement déviées.
II-1-3- Les rameaux de troisième ordre
Les branches de failles de cet ordre sont associées et connectés aux rameaux de failles
de deuxième ordre ou sur les rameaux de failles de premier ordre lorsque la ramification
s'effectue à la verticale de l'accident principal (fig. 142). Ces branches de failles délimitent
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 286
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
aussi des structures de types grabens, de plates-formes ou plis de troisième ordre. Sur la
marge tunisienne, ils se développent au Crétacé et au Tertiaire.
II-1-4- Les rameaux d'ordres supérieurs
Les différentes branches de ramifications des failles d'ordres supérieurs peuvent
progresser selon l'activité tectonique des couloirs de failles et donner lieu à plusieurs ordres
successifs de ramification.
II-2- Cinématique
Les failles profondes et leurs rameaux affectés par des mouvements verticaux
normaux ou inverses présentent presque toujours accompagnés une composante horizontale
de coulissement. Ces coulissements témoignent de processus d'inversions de jeux depuis le
Trias jusqu'au Néogène affectant les accidents moteurs profonds de directions E-W, N60,
N120 et N180. C'est ainsi que les jeux en décrochements des failles N90-120 et N180 qui
étaient respectivement senestres et dextres du Trias au Crétacé inférieur deviennent dextres et
senestres à partir du Crétacé moyen et supérieur jusqu'au Néogène. Ces processus d'inversion
fait semblent aller de pair avec les ouvertures téthysiennes d'une part puis les fermetures de
bassins et les collisions alpines et atlasiques. Ces coulissements qui caractérisent les phases
tectoniques quand ils évoluent en transtension, induisent l'ouverture de bassins de couvertures
quadratiques et losangiques; obliques aux accidents profonds dans les domaines à espaces
disponibles alors qu'ils sont à l'origine de blocages et d'inversions tectoniques dans les zones
où les mosaïques déterminées par l'orthogonalité de réseau de failles hérité ne permettent pas
la propagation de l'extension.
En période de jeu en transpression qui apparaît sur la marge tunisienne essentiellement
à partir de la fin du Crétacé inférieur (Aptien), les déplacements le long des rameaux de failles
engendrent le plissement des bordures des bassins losangiques formés auparavant. Ceci donne
lieu à une succession de plis obliques en N60, N90 et N140 de propagation de failles souvent
sans terminaison périclinale au contact des failles principales de premier ordre.
Les cisaillements profonds sous contraintes en transpression affectent plus facilement
la couverture supérieure du Mésozoïque et du Cénozoïque, dans les niveaux de disharmonies
et de décollements des séries sédimentaires argilo-marneuses et principalement les évaporites
et les sels des superséquences supérieures du Trias.
En période de jeu en transtension, les cisaillements des accidents de premier ordresont
jalonnés par des manifestations liées à l'halocinèse triasique sollicitée précocement et qui peut
se déclencher sans surcharge sédimentaire importante. Par contre, cette surcharge devient
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 287
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
nécessaire dans les zones où les accidents cisaillants profonds sont inexistants et alors nous
avons affaire à des structures de diapirs.
Fig. 142: Bloc diagramme montrant les ordres de la fracturation et des
bassins de la marge tunisienne.
II-3- Les types de couloirs tectoniques en rameaux
D'après l'étude des caractéristiques géométriques, cinématiques et géodynamiques des
couloirs de failles, nous pouvons définir différents types sur la marge tunisienne:
II-3-1- Les couloirs subverticaux de type Gafsa
Ils se caractérisent par la verticalité de la faille principale de premier ordre et par une
ramification binaire sur les deux compartiments de l'accident (fig. 143). Certains rameaux
sont scellés le long de la couverture sédimentaire (fig. 143). Ce type de couloir a montré qu'à
la base de la couverture sédimentaire du Trias au Crétacé moyen, les jeux de décrochements
étaient senestres et qu'au sommet, dans les niveaux crétacés supérieurs et tertiaires ces jeux
deviennent dextres. Une importante activité halocinétique est associée à ce type de couloir
comme le prouvent les images sismiques et la dernière découverte du Trias en affleurement à
Gafsa (OULED GHERIB et al, 1995).
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 288
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
La ramification des failles dans les deux compartiments de la faille principale se
répercute en surface par l'affleurement des séries sédimentaires des deux côtés de la faille,
c'est le cas à Gafsa du Jebel Ben Younès au Nord et des Jebels Stah et Bou Ramli au Sud.
Fig. 143: a: Les couloirs de failles sub-verticaux en rameaux de type Gafsa et Sidi Ali
Ben Oun b: Les couloirs de failles en rameaux listriques de Type Mahdia.
La ramification des deux compartiments de la faille principale prouve que ce sont les
deux compartiments qui étaient en mouvement l'un par rapport à l'autre. Ce type de faille se
retrouve aussi dans l'Atlas orientale tel que celui N120 de Sidi El Kilani avec une activité
halocinétique du Trias.
II-3-2- Les couloirs subverticaux de type Sidi Ali Ben Oun
Il s'agit aussi de failles subverticales mais dont la ramification s'effectue
essentiellement dans un seul compartiment (fig. 143). L'ancienneté et la profondeur de ce
couloir sont marquées par des rameaux scellés au niveau des séries triasiques et probablement
anté-triasiques.
D'après la reconstitution géodynamique des bassins associés à ce type de couloir, il
s'avère aussi qu'au niveau des rameaux profonds, l'accident principal joue en décrochement
dextre; alors qu'au niveau des rameaux superieurs il possède un jeu senestre. La ramification
unilatérale de ce type de couloir se répercute en surface par des affleurements des séries
sédimentaires d'un seul côté de la bande de failles du couloir comme c'est le cas des Jebels
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 289
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Sidi Ali Ben Oun, Sidi Aïch et Souinia à l'ouest de l'accident Sidi Ali Ben oun. Ce type de
couloir existe aussi sur la marge orientale de la Tunisie comme c'est le cas des couloirs N-S
d'Enfidha-El Jem et E-W de Kuriates où les montées halocinétiques du Trias sont présentes du
Mésozoïque (BEDIR et al., 1992b) et jusqu'au Plio-Quaternaire (M'RIDEKH, 1994).
D'après les profils sismiques qui recoupent l'axe N-S, ce couloir de faille subvertical
serait du type Sidi Ali Ben Oun mais son emplacement sur la partie haute de la plate-forme de
l'Ile de Kasserine et l'amincissement des séries sédimentaires mésozoïques à ce niveau amène
les mouvements tectoniques qui ont réactivé cet accident à dégager, à la surface, toutes ces
séries et de ce fait l'axe N-S apparaît comme un élément structural important contrastant avec
les autres linéaments de l'Atlas. Il s'agit, en fait d'un couloir de failles de même degré que
ceux de Gafsa, Sidi Ali Ben Oun ou d'El Jem.
II-3-3- Les couloirs listriques de type Mahdia
Ce type de couloir se caractérise par une géométrie listrique de détachement de la
faille principale de 1er ordre sur laquelle ne se produit pas une ramification alors que sur la
faille conjuguée de 2ème se produit une succession de rameaux de 3ème, 4ème et 5ème ordres
(fig. 144) sur un seul compartiment. C'est dans ce type de couloir que se produit une ouverture
de grabens néogènes sur des paléohauts crétacé-paléogène c'est-à-dire qu'il se produit une
inversion tectonique d'un état transpressif à celui transtensif accompagné d'une inversion de
structures (BEDIR et al., 1987 et BEDIR et al., 1992b). Ce type de couloir caractérise
essentiellement la marge orientale du Sahel et du bloc pélagien.
II-3-4- L'Axe N-S : un couloir de décrochement positif
L'axe N-S tel que définit par BUROLLET (1956) et d'après les études de ABBES
(1983), OUALI (1984) et YAICH (1984) constitue un linéament tectonique actif depuis le
Mésozoïque où se succèdent les biseaux stratigraphiques, les discordances, les lacunes et les
failles normales et inverses avec des intrusions du Trias. Il a toujours été interprété comme un
accident profond de socle qui a joué le rôle de butoir tectonique (BUROLLET, 1956). D'après
les profils sismiques recoupant l'axe NS et les données de puits pétroliers de part et d'autres de
la Tunisie centrale et orientale, il s'avère que l'axe N-S n'est autre qu'un couloir tectonique
profond tel que ceux de l'Atlas centro-méridional et oriental. Il s'agit d'un couloir tectonique
dont les rameaux ont été fortement repris en transpression donnant lieu à des chevauchements
et des failles inverses comme ils ont été décrits en surface par GUIRAUD (1968) ; ABBES et
al., (1981) et OUALI et al., (1987). BOCCALETTI et al., (1990) ont aussi montré qu'il s'agit
d'une structure en fleur positive d'après les données de terrain. Ces données de surface
rejoignent ce que nous avançons par les données de subsurface où le couloir N-S de Houareb-
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 290
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Rhéouis est similaire à ceux sub-méridiens de Sidi Ali Ben Oun ou d'El Jem. La seule
différence c'est qu'en profondeur, il montre une zone cahotique sourde sans réflexions
sismiques due à la verticalité des couches sédimentaires et aux fortes contraintes qui se sont
bloquées dans la zone d'El Houareb-Rhéouis entre les couloirs de failles transversaux E-W de
M'rhilla-Kairouan et N120 de Meloussi-Meknassy-Mezzouna. En effet, les coupes sismiques
qui traversent la terminaison sud de l'axe NS, montrent qu'il s'agit d'un couloir d'accidents
situé au niveau d'une plate-forme sans grandes variations de séries limitrophe entre l'Atlas
centro-méridional et oriental.
En conclusion, l'axe Nord-Sud représente un rameau de failles en relais dans la
mosaïque tectonique profonde de la marge tunisienne et le contraste géologique qu'il montre
en surface est dû à sa position particulière sur une plate-forme réduite permettant
l'affleurement des séries le long de la bande tectonique.
III- INTERACTION COULOIRS DE CISAILLEMENT - HALOCINESE
TRIASIQUE
La mise en évidence du caractère coulissant et cisaillant des accidents profonds
découpant la marge tunisienne depuis au moins le Trias permet de rattacher les intrusions
halocinétiques du Trias à des structures de type "Salt Pillow" ou en dômes. Les images
sismiques et la reconstitution de l'évolution dynamique des intumescences triasiques montrent
qu'elles présentent plusieurs caractéristiques importantes :
- La base des séquences évaporitiques et salifères du Trias supérieur demeure sub-
horizontale et n'est souvent pas engagée dans les bombements intumescents qui longent les
failles profondes.
- Les intumescences ne se produisent ni le long de toutes les failles profondes
majeures ni dans tous les blocs tectoniques de premier ordre.
- La croissance précoce des intumescences halocinétiques dès le Jurassique inférieur à
moyen sans l'intervention d'une surcharge sédimentaire. La constitution des rides triasiques
est donc d'âge jurassique sur la marge tunisienne.
- Enfin, ces intumescences présentent une variabilité de géométries et de faciès
sismiques dénotant une variation sédimentaire et paléogéographique des séries triasiques. Ces
intumescences peuvent se produire aux intersections des accidents de premier ordre avec leurs
rameaux de deuxième ou troisième ordres et là elles peuvent arriver proche de la surface ou
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 291
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
en surface, alors que le long des failles de premier ordre elles présentent des difficultés pour
arriver en surface.
D'après tous ces caractères, il est évident que les dépôts évaporitiques et salifères du
Trias supérieur ont été contrastés et apparaissent dans une variété de bassins confinés, limités
par des failles de premier et deuxième ordres dont la réactivation ultérieure en cisaillement va
solliciter le matériel ductile et halocinétique. Dans ce contexte, il semble que les contraintes
dynamiques cisaillantes peuvent se substituer aux contraintes passives dûes à la surcharge
sédimentaire classiquement considérées comme nécessaire pour provoquer l'ascension des
champignons de sel.
Une autre preuve de la validité de cette interprétation impliquant le cisaillement est la
migration latérale des intumescences salifères le long des failles de premier et deuxième
ordres, mise en évidence par comparaison de la cartographie isopaque des dépocentres des
bassins jurassiques et crétacés superposés. Il faut s'attendre donc à avoir différents types de
Trias et différents types d'intrusions associées.
IV- RELATION COULOIRS DE CISAILLEMENTS – VOLCANISME
Les accidents profonds de premier ordre affectant la marge tunisienne sont jalonnés en
plusieurs endroits de montées de matériel volcanique. C'est le cas dans les puits pétroliers de
la marge orientale et de l'axe NS où des roches volcaniques basiques s'intercalent dans les
séries du Trias, du Crétacé et du Paléogène (LAARIDHI-OUAZZA, 1994). Au Nord, un
volcanisme acide et un volcanisme basique sont associés aux événements géodynamiques
néogènes. De même au Sud, sur la plate-forme saharienne, des roches volcaniques sont
signalées dans les puits pétroliers au sein des séries paléozoïques (LAARIDHI-OUAZZA,
1994).
Par contre sur la marge centro-méridionale, aucune manifestation volcanique n'a été
signalée, ni en affleurement, ni dans les puits pétroliers. Ceci peut être dû au fait ce niveau la
discontinuité de Mohorovitchi (Moho) s'approfondit à 35 et 40 km (BOBIER et al., 1991 ;
BUNESS et al., 1992). Ce qui semble montrer que l'amincissement de la lithosphère est réduit
et donc sa fracturation limitée. Cette conclusion est confortée par le fait que même les
intrusions triasiques qui sont nettement plus proches de la surface n'arrivent que rarement en
affleurement en Tunisie centro-méridionale.
Les types de roches volcaniques basiques connues le long des couloirs de failles
profondes N90-120 et N180 dans le Sahel où le Moho remonte vers les 25 à 20 km et le
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 292
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
caractère transtensif de ces couloirs à l'Albien-Cénomanien, époques majeures de mise en
place de ces manifestations démontrent l'affinité transformante de cette marge. Le
changement du caractère volcanique et son arrêt au Crétacé terminal-Campanien dans cette
zone (LAARIDHI-OUAZZA, 1994), témoignent du début de l'évolution transpressive de cette
marge à partir du Crétacé supérieur. La répartition des intrusions volcaniques témoignent bien
l'enracinement profond dans le socle des failles principales de premier ordre de direction N90,
N120 et N180.
La structuration profonde de la marge tunisienne en couloirs de directions majeures E-
W et N-S permet de localiser les sources magmatiques, notamment en Tunisie orientale. Ceci
est très important car les orientations des sites volcaniques d'après les données de puits
seulement, faussent les directions principales de ce volcanisme puisqu'elles font apparaître
une orientation NW-SE dans le Sahel et la Mer Pélagienne (ELLOUZE, 1984 et LAARIDHI-
OUAZAA, 1994), or, il s'agit en fait d'une résultante des directions E-W et N-S. La
connaissance du bâti tectonique d'une zone et de son évolution géodynamique est un guide de
compréhension des sites magmatiques et de leurs évolutions.
V- MECANISMES GEODYNAMIQUES DES BASSINS ASSOCIES
Le remplissage des bassins sédimentaires associés à l'évolution tectonique des couloirs
de failles en rameaux et de leur blocs, qu'il s'agisse des bassins de plates-formes, des
dépocentres des grabens ou des synformes est intimement conditionné par l'évolution des
structures en "fleurs" d'une part et par les aux mouvements eustatiques globaux et locaux
d'autre part qui forcent les cortèges sédimentaires associés. Dans cette partie, nous essayerons
de synthétiser et de modéliser les types de bassins formés sur la marge atlasique tunisienne et
leurs remplissages sédimentaires.
V-1- Hiérarchie des bassins
La distribution des mouvements tectoniques le long des couloirs de failles en rameaux
induit la répartition et la dynamique des zones subsidentes et des zones hautes résistantes. Les
différents ordres de fracturation de la couverture engendrent aussi différents ordres de
découpage bassinal. Nous pouvons subdiviser les zones de bassins et de plates-formes en une
série de zones hiérarchisées limitées par les rameaux de failles d'ordre 1, 2, 3...[Link], les
failles principales profondes de premier ordre de direction E-W et N-S délimitent des zones
de bassins de premier ordre sur lesquelles se brancheront les rameaux de failles de second et
troisième ordre limitant les zones de bassins de deuxième et troisième ordre (fig. 141 et 142).
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 293
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Prenons par exemple les failles de premier ordre de directions N90, N120 et N180 de
Gafsa, de Sidi Ali Ben Oun, de l'axe N-S et d'El Jem. Elles délimitent les systèmes de bassins
de Gafsa au Sud, de Majoura et de Sidi Aïch au Nord (fig. 31) de Sebkhet Sidi El Hani et de
Mahdia - Jebéniana à l'Est (fig. 38). Il s'agit d'unités de premier ordre.
Les bassins de deuxième ordre sont formés par les jeux des rameaux de failles N60,
N120-140 de deuxième ordre, qui se branche sur les failles principales de premier ordre (fig.
135, 139 et 140). Donc, au sein des méga-bassins de premier ordre, se forment les bassins
internes de deuxième ordre, comme par exemple des bassins de Moularès, de Guettar, de Sidi
Aïch ou de Majoura; à Gafsa (fig. 135)... etc.
Les bassins de troisième ordre qui sont formés par le jeu des rameaux de failles de
troisième ordre apparaissent préférentiellement au sein des couloirs de failles. C'est le cas des
grabens miocènes ouverts sur la marge du Sahel ou du Golfe d'Hammamet au sein des
couloirs tectoniques N90 de Mahdia ou N180 d'Enfidha-El Jem (fig 138).
V-2- Cinématique de Formation et d'Evolution
D'après les analyses et les reconstitutions géodynamiques de subsurface menées sur la
marge atlasique de la Tunisie depuis le Trias, nous pouvons dégager les mécanismes
principaux de formation et d'évolution des entités subsidentes de des plates-formes ou de plis
qui les bordent. Ces mécanismes sont tous dominés par l'importance de l'héritage ancien des
failles principales de premier ordre et même celui de deuxième ordre qui ont guidé de manière
très étroite la formation des bassins subsidents et des zones hautes résistantes.
V-2-1- Transtension – Transpression
L'ouverture des grabens sur les rameaux N60 ou N120-140 de deuxième ordre se
produit par des coulissements respectivement en transtension senestres et dextres synchrones
des failles de premier ordre N90, N120 et N180, du Trias au Néogène.
L'exemple des grabens du Trias, du Jurassique et du Crétacé inférieur dans le bloc de
Sidi Aïch montre qu'ils naissent sur les rameaux N60 et montrent une orientation N90 et N140
de l'axe de subsidence avec un basculement contre la faille N60. Cette position oblique de la
gouttière par rapport à l'accident limitrophe N60, témoigne aussi du caractère décrocnant des
accidents N60, caractère qui s'affirme pendant l'ouverture du Crétacé inférieur basal durant
laquelle l'axe de subsidence migre vers le Sud en subissant une rotation horaire pour prendre
une direction N120. Ce type d'ouverture de grabens basculés contre la faille maîtresse est
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 294
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
semblable à celui des grabens Crétacé supérieur et du Néogène ouverts le long du couloir de
faille N180 d'El Jem dans le Sahel (BEDIR, 1990 ; BEDIR et al., 1992b).
Au cours de cette transtension, les séries évaporitiques et salifères du Trias sont
sollicités le long de certains couloirs de failles et migrent vers la limite bassin - plate-forme,
en accentuant la subsidence vers l'aval et l'élévation vers l'amont. Ces mouvements
provoquent le déclenchement de la mise en place des prismes progradants en downlap de bas
niveaux marins qui apparaissent dès le Trias-Jurassique aux flancs des bordures des bassins.
Ces progradations sont induites au Crétacé inférieur, au Crétacé supérieur, au Paléogène et au
Néogène (fig. 135 et 139). Ces prismes progradants qui naissent aussi en combinaison avec
les cycles eustatiques régressifs et transgressifs sont toujours nappés par les prismes
aggradants et rétrogradants en onlap/toplap des cycles transgressifs mais l'activité tectonique
des bordures des bassins fait varier leur volume et leur faciès. Sur les paléo-hauts des
bordures faillées des bassins se développent des structures de plates-formes carbonatées
récifales.
Entre les périodes tectoniques transtensives, les différents couloirs de failles sont
remobilisés par des jeux transpressifs qui développent le plissement des bordures des bassins
et des plates-formes et créent des gouttières synclinales associées aux plis d'entaînement. Sur
la marge de la Tunisie, les mouvements transpressifs dextres et senestres le long des failles
profondes sont perceptibles depuis la fin de l'Aptien et induisent la formation de bassins de
gouttières synclinales et de zones hautes de charnières de plis associées. Ces mouvements
sont responsables en particulier de la formation des milieux de dépôts restreints et confinés
ayant fournit les bassins phosphatés de Gafsa. Les plis de l'Atlas de Tunisie ne sont en fait
qu'une reprise en transpression d’anciennes bordures de bassins triasiques, jurassiques et
crétacés inférieurs.
V-2-2- Migration et rotation des bassins et des plates-formes
La migration des bassins et des plates-formes est un mécanisme primordial dans
l'évolution de la marge tunisienne qui a déjà été détecté au Sahel à partir du Crétacé moyen
(BEDIR, 1988 et BEDIR et al., 1992b). Ces migrations de structures et en particulier des axes
de subsidence sont induits d'une part par les mouvements coulissants le long des couloirs de
failles et d'autre part par le fluage des évaporites et des dépôts de sels triasiques commandé la
cinématique des failles bordières.
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 295
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
V-2-2-1- Migrations et rotation liées aux coulissements
Les coulissements dextres et senestres le long des couloirs de failles induit
l'entraînement des blocs limitrophes. S'ils s'agit de plates-formes, elles sont souvent basculées
et entraînées dans un mouvement rotationnel comme la plate-forme de Jebéniana au Sahel
(BEDIR et al., 1992b), qui est entraînée par les couloirs E-W de Mahdia et N-S et d'El Jem
(fig. 144 et 145). Au sein des couloirs tectoniques, l'ouverture des grabens s'accompagnent
d'une migration de la subsidence selon le mouvement décrochant dextre ou senestre du
couloir. Cet exemple est retrouvé au Sahel, au niveau du couloir N-S d'El Jem où les grabens
crétacés, paléogènes et néogènes migrent du Sud au Nord (fig. 144 et 145), laissant derrière
eux à chaque fois des témoins du scellement par une couverture de type plate-forme des
anciens axes de subsidence (BEDIR, 1990 et BEDIR et al., 1992b). Cette migration
s'accompagne d'une rotation horaire synchrone à la rotation de la plate-forme limitrophe de
Jebéniana.
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 296
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 144 : Carte géodynamique de la superposition et de la migration des bassins
mésozoïques et cénozoïques de la marge orientale de la Tunisie.
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 297
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 145: Migration et rotations des bassins et des plates formes le long d’un
couloir tectonique de coulissement (BEDIR et al., 1992).
Ce mécanisme a été retrouvé entre le Jurassique et le Crétacé inférieur le long du
rameau de faille N60 du graben de Sidi Aïch où la migration de la gouttière subsidente
s'effectue de manière rotationnelle horaire vers le Sud (fig. 146) et au sein des bassins de
Moularès et Guettar dans le bloc sud de Gafsa (fig. 146).
Dans les zones centro-méridionales et orientales de la marge tunisienne, la
superposition des cartes isopaques des bassins mésozoïques et tertiaires (fig. 144 et 146)
montrent que depuis le Jurassique, les aires de subsidences et les zones hautes ont migrés le
long des couloirs de coulissement alors que dans le même temps dans certaines zones les
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 298
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
mouvements sont bloquées, parfois inversées et les structures scellées. cette migration
latérale et ces inversions sont matérialisées au niveau de la corrélation des puits par une
migration verticale des maximums de subsidences et des variations des cortèges sédimentaires
associés. Ce résultat est très important pour l'exploration pétrolière car les migrations des aires
subsidentes et des zones résistantes influent directement sur la formation, la migration et le
piégeage des hydrocarbures (BEDIR et al., 1989).
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 299
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
V-2-2-2- Fluage salifère et migration
Ces mécanismes de migration des bassins sont intimement liés au fluage du matériel
salifère des intrusions triasiques le long des coulissements. On constate que ce fluage
provoque toujours la migration du matériel ductile vers les couloirs de failles et
particulièrement aux intersections de failles. Par contre la migration des aires subsidente
s'effectue en sens contraire; sur le flanc des dômes comme c'est le cas dans les blocs de bassin
de Gafsa, de Majoura et de Sidi Aïch (fig. 146) où la migration du Trias se dirige vers les
rameaux de failles principales de premier ordre et aboutit à son extrusion au niveau de la faille
de Gafsa ou de l'axe N-S et au niveau de certaines intersections de couloirs telles que celles de
Meknassy - Mezzouna.
V-2-3- Blocage des mouvements et processus d'inversion
La propagation des mouvements coulissants le long des rameaux de failles est
subordonnée à la continuité des accidents et donc à l'espace disponible. En effet, dans certains
blocs de bassins de premier ordre, l'existence d'un encombrement ou d'un obstacle tectonique
aboutit à des systèmes de blocage se traduisant d'abord par un scellement des structures puis
par le développement de contraintes locales en transpression responsables de la formation plis
et de bassins synclinaux. Le stade ultime de ce blocage peut être la rentrée en collision de
deux blocs de premier ordre dans les zones de coin ou d'interférences de couloirs tectoniques
(BOUKADI, 1994). C'est le cas du coin de Boumerdès dans le Sahel (BEDIR, 1988, BEDIR
et al., 1992b) ou celui de Meknassy - Mezzouna en Tunisie centro-méridionale (BOUKADI,
1985, 1994). Cette évolution en compression débute à la fin de l'Aptien en Tunisie et
s'accentue au Crétacé supérieur.
L'autre scénario constaté est l'inversion de subsidence avec ouverture de grabens à
l'extrados des plis au stade ultime de la transpression. C'est le cas des grabens néogènes de
Mahdia - El Jem (BEDIR et al., 1987) qui se placent sur des plis crétacés-paléogènes (fig.
138).
Les mouvements transpressifs qui prennent la relève de la transtension du
Cénomanien-Turonien jusqu'au Paléogène-Néogène marquent un changement notable dans
les mouvements et l'orientation des contraintes à l'échelle de la plaque africaine dus à
l'affrontement de cette plaque avec la plaque eurasiatique.
Ils induisent préférentiellement la formation de gouttières synclinales d'entraînement
le long des bordures faillées des bassins de premier, deuxième et troisième ordre. Ainsi les
structures plissées de l'Atlas tunisien sont nés sur les anciens rameaux de failles des bordures
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 300
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
des bassins et c'est pour cela qu'il s'agit souvent de demi-pli ou de pli-failles inverses. Le
résultat géométrique des mouvements transpressifs le long des couloirs de failles est la
lenticulation tectonique (ZARGOUNI, 1985 et BEDIR, 1988).
V-3- Les types de bassins
V-3-1- Les bassins de transpression
V-3-1-1- Les gouttières synclinales
Ce type de bassin est associé aux couloirs de failles de décrochement en compression
et se caractérisent par la formation de gouttières synclinales de plis d'entraînements nés en
bordure des décrochements. Sur la marge tunisienne, il se développe depuis le Jurassique au
sein de blocs évoluant en compression. Ils se succèdent dans le temps au Crétacé supérieur, au
Paléogène et au Néogène. Nous pouvons dire que ces bassins caractérisent plus
particulièrement ces trois derniers systèmes car la remobilisation des paléo-accidents E-W, N-
S, N60 et N140 à partir de l'Aptien, époque de début de rentrée en collision de l'Afrique et
l'Europe (DERCOURT et al., 1985) donne naissance aux plis d'entraînement sur les accidents
bordiers. Dans ces types de bassins, les séquences de dépôts s'épaississent rapidement au sein
des gouttières synclinales et se réduisent fortement sur les flancs des plis. Les grandes
variations de faciès et d'épaisseur des séries du Crétacé supérieur, de l'Eocène, de l'Oligocène
et du Miocène en sont les plus édifiants témoins.
V-3-2- Les bassins de transtension
Ces bassins sont associés souvent aux couloirs de décrochements en rameaux. Ils
peuvent être subdivisés en deux catégories :
V-3-2-1- Les plates-formes
Elles forment en général les blocs de bassins qui séparent les couloirs tectoniques
actifs. Elles sont ainsi intimement liées aux jeux des couloirs. Le plus souvent, elles
présentent des basculements et des rotations d'entraînement. Elles se forment pendant les
mouvements relatifs de couloirs de failles, montrant souvent des scellements de structures de
bassins sous-jacents.
L'évolution de ces bassins de plates-formes est guidée par les jeux transtensifs des
couloirs de failles. Ces plates-formes commencent à se former au moins à partir du Trias sur
la marge tunisienne. Les plates-formes carbonatées caractérisent généralement le Mésozoïque
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 301
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
alors qu'elles deviennent siliciclastiques à partir de l'Oligocène. Ces plates-formes carbonatées
se marquent par des alternances de calcaires construits et de marnes.
V-3-2-2- Les grabens
Sur la marge tunisienne les structures de grabens s'ouvrent au sein des rameaux
distensifs des couloirs de failles de décrochements. Il s'agit en fait de méga-fentes de
transtension à l'échelle du couloir tectonique (BEDIR, 1990).Les bassins de grabens naissent
depuis le Rifting Trias-Jurassique en Tunisie et se succèdent le long de la couverture
sédimentaire jusqu'au Quaternaire (MRIDEKH, 1994). Ils se caractérisent par d'importants
remplissages sédimentaires qui passent de manière brusque à des réductions importantes et
des changements de faciès notables sur les borbures hautes des grabens. Les séquences de
dépôts peuvent se multiplier avec la subsidence du graben. Ces structures bassins de grabens
sont les réponses des époques de Rifting comme c'est le cas du Trias-Jurassique, de l'Albien et
du Miocène moyen ou des époques de compression par un réajustement d'héritage comme
c'est le cas pour les grabens du Crétacé supérieur ou du Paléogène.
V-3-2-3- Les Rim Synclines
Ce type de bassin est associé aux montées halocinétiques du Trias qui laissent un vide
de compensation à leurs flancs et provoquent une forte subsidence. Comme l'activité
halocinétique peut être déclenchée en contexte décrochant compressif ou distensif, ce type de
bassin est plutôt lié aux mécanismes de jeux des couloirs de failles en décrochements. La
différence majeure des bassins de Rim Synclines avec les gouttières des plis d'entraînement
est la dissymétrie exagérée de leurs flancs qui est liée aux montées successives et
dissymétriques du Trias. Nous avons détecté ce type de bassins à partir du Jurassique moyen
et supérieur et au Crétacé inférieur en Tunisie centrale. BRAHIM et al. (1989) ont signalé ce
type de bassin en subsurface, au Crétacé supérieur et au Tertiaire en Tunisie centre-nord.
VI- SEQUENCES DE DEPOTS ET SEDIMENTATION ASSOCIEE
La formation et l'évolution des aires subsidentes et de leurs bordures faillées
surplombées par des plates-formes, lors des mouvements tectoniques en transtension et en
transpression, induit la formation de cortèges sédimentaires soumis à l'influence des cycles
eustatiques de bas niveaux et de hauts niveaux marins. La différenciation du taux de
subsidence qui est aussi influencée en grande partie par les intumescences et les migrations
salifères triasiques le long des bordures faillées, provoque une différenciation sédimentaire et
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 302
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
paléogéographique. Cette différenciation est responsable du découpage en formations établi
en surface et au niveau des puits pétroliers implantés souvent sur les zones hautes des bassins.
VI-1- Les séquences de dépôts de bas niveaux marins
VI-1-1- Zonation et caractéristiques
Le caractère prédominant de ces dépôts est leur géométrie inclinée en downlap et en
clinoformes de progradations. Ces cortèges se développent depuis le Trias et le Jurassique
jusqu'au Plio-Quaternaire, sur les bordures des bassins de la marge atlasique de la Tunisie. Ils
s'installent exclusivement sur les flancs des pentes et progradent vers les gouttières
subsidentes. Ils sont toujours distribués le long des bordures faillées actives. Ces prismes sont
caractérisés par la mise en place sur les pentes au fond des bassins d'ensembles gréso-argileux
gravitaires de débris flow, de mass flow et de cônes sous-marins. Ils sont synchrones des
chutes eustatiques du niveau marin d'origine eustatique qui favorisent le démantèlement des
hauts fonds et l'érosion du continent.
L'existence de ces cortèges de bas niveaux dans des ensembles connus en affleurement
et au niveau des puits pétroliers pour être essentiellement argilo-marno-carbonatés comme
celles du Jurassique ou du Crétacé supérieur présentent ainsi leur intérêt pétrolier, et sont
susceptibles d'être des objectifs potentiel encore inexplorés. De même, les cortèges
progradants du Crétacé inférieur montrent les mêmes caractéristiques et se placent aussi le
long des bordures de bassins et présentent des sens de progradations orientés du Nord au Sud,
du Sud au Nord ou d'Est en Ouest, selon le sens de basculement des planchers des bassins
subsidents. Ces cortèges siliciclastiques aux flancs des bordures de bassin constituent aussi un
important potentiel pétrolier.
VI-1-2- Coulissement-basculement-progradation
L'importance du contrôle tectonique de ces cortèges de progradations a été retrouvé
tout le long des bordures de bassins de la couverture sédimentaire mésozoïque et cénozoïque.
Elle est de plus attestée par les inversions des sens de progradation observées dans l'axe de
certains au droit d'un seul couloir de failles. Les variations du sens des progradations des
séries crétacées inférieures et supérieures du couloir N120 de Gafsa ou celles crétacées et
néogènes du couloir N180 d'El Jem en constituent un bon exemple.
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 303
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
VI-2- Les séquences de dépôts de hauts niveaux marins
Ces cortèges sédimentaires se caractérisent par un sens d'aggradation et de
rétrogradation contraire à celui des cortèges progradants de bas niveaux. Les séquences
associées à ce type de cortège s'agencent en onlap et en toplap sur les flancs et sur les toits des
séquences progradantes en downlap. Ces structures entourent les paléohauts-fonds et montrent
que les bras de mers contournent les zones hautes. Elles sont synchrones des remontées
eustatiques de fin de cycles et se terminent par des séries réduites sur les zones hautes des
[Link] mouvements tectoniques des couloirs de coulissement interviennent pour
accentuer ou réduire le volume et faire évoluer les faciès sédimentaires des séquences de
hauts niveaux marins.
Les montées triasiques le long des failles bordières des bassins accentuent l'élévation
de la plate-forme et font prograder ou rétrograder les biseaux stratigraphiques sur les flancs,
ce qui donne lieu à la formation de dépôts de bordures caractérisées par l'installation de corps
carbonatés construits. Ce fait est attesté par l'installation des carbonates récifaux au Crétacé
supérieur sur les dômes triasiques de la Tunisie centrale. La mise en évidence de l'existence
de ces dômes en subsurface depuis le Trias-Jurassique et de certaines anomalies sismiques
récifales à leurs flancs, montre que l'on soit vraisemblablement en présence d'une succession
de constructions récifales superposées mais décalées sur les mêmes structures.
Les cortèges sédimentaires de bordures passent sur la plate-forme aux cortèges
d'intervalles transgressifs de TST et de HST. En conséquence, ce qui affleure en général aux
flancs des plis de l'Atlas ne représentent pas des séries types caractéristiques de tous les blocs
de bassins de la marge. Les faciès argilo-carbonatés et marneux des prismes de bordures
scellant les cortèges de progradation constituent un système pétrolier potentiel. Les cortèges
de hauts niveaux marins prennent de l'ampleur à partir de l'Albien et nappent en général les
grands cortèges de progradations jurassiques et crétacées inférieur. Ce développement est dû à
la remontée générale du niveau moyen des mers qui culminera au Turonien (HAQ et al.,
1987).
VII- INTERACTION TECTONIQUE-SEDIMENTATION-EUSTATISME
La dynamique des bassins mésozoïques et cénozoïques, guidée par l'activité des
couloirs de coulissements de la marge tunisienne est synchrone des cycles eustatiques globaux
dont nous avons retrouvé les discontinuités de troisième et deuxième ordre dans les dépôts
mésozoïques et cénozoïques. Cependant, entre les différents ensembles de bassins et de
plates-formes, l'effet des cycles eustatiques est plus ou moins perturbé par les mouvements
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 304
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
tectoniques des bassins qui ont pu accentuer ou réduire la vitesse de subsidence et par
conséquent l'espace disponible et la composition des cortèges sédimentaires des cycles de
remontées et de chutes eustatiques.
Depuis le Trias et le Jurassique, cette différenciation sédimentaire a été présente et a
permis la répartition des cortèges sédimentaires le long du profil plate-forme-bassin ou plis-
gouttière synclinale. Cette différenciation n'a cependant pas affecté les discontinuités limitant
les séquences de deuxième ordre qui sont à l'échelle globale et ont été retrouvées sur les
différents blocs de la marge tunisienne. C'est ce qui nous a permis de mieux calibrer et même
de dater parfois les superséquences et les séquences de dépôts de troisième ordre. Donc, la
dynamique des blocs tectoniques a enregistré les cycles globaux eustatiques mais avec des
différenciations locales sur le nombre, la nature et le volume des cortèges des prismes de bas
niveaux et de hauts niveaux marins.
Lorsque la vitesse de subsidence des grabens ou des gouttières synclinales du
Jurassique ou du Miocène était suffisante par suite de l'activité tectonique du couloir de failles
bordières, ceci enclenchait le processus de progradations des prismes de bas niveaux de
volumes et d'étendues suffisantes pour compenser cette activité. Les remontées eustatiques
quant à elles, vont permettre un développement accentué des cortèges sur les zones hautes de
plates-formes ou les charnières de plis mais les séquences de hauts niveaux marins sont
souvent réduites et érodées et ne subsistent que les surfaces transgressives de TST condensées
et les séries de HST.
Comme résultat de cette interférence tectono-eustatique mise en évidence sur la marge
tunisienne, il ressort que le découpage lithostratigraphique et formationnel ne correspond pas
à la réalité des séquences de dépôts et de leurs discontinuités. Ces discontinuités à l'échelle du
2ème et du 3ème ordre ne correspondent pas aussi aux limites d'âges chrono-stratigraphiques.
Pour cela nous avons opté pour l'établissement d'une suite séquentielle de subsurface du Trias
au Néogène; cette suite est le résultat des interactions tectoniques et eustatiques qui se sont
succédé autour des différents blocs de la marge tunisienne.
Chapitre II : Mécanismes géodynamiques et modélisation 305
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
CHAPITRE 3 : IMPLICATIONS PETROLIERRES
Le style et l'évolution géodynamique des blocs de bassins et de plates-formes du Trias
au Miocène de la marge atlasique de la Tunisie montre une structuration bassinale et
séquentielle marquée par une répartition spatio-temporelle des aires de dépôts, des séquences
de dépôts et des zones bordières des couloirs de failles. La mise en évidence d'un caractère
transformant de la marge tunisienne, située en bordure d'une plaque lithosphérique mobile, et
de son fractionnement en bassins et en plates-formes séparée par des failles transformantes de
premier ordre, implique des conséquences importantes sur l'exploration pétrolière. En effet,
cette complexité dans la structuration et la dynamique des bassins implique une
diversification de la couverture sédimentaire qui fait que la colonne lithostratigraphique de la
marge tunisienne est riche en roches mères, réservoirs et couvertures.
VIII-1-Découpage tectonique et de bassins
L'architecture tectonique et bassinale de la marge tunisienne est formée par des blocs
décakilométriques limités par des couloirs de failles N90, N120 et N180. Le résultat de la
cinématique spatio-temporelle alternativement transtensive et transpressive des couloirs de
failles de transferts profondes est la formation de grabens et de plates-formes losangiques de
type pull apart avec plis en échelon et anticlinaux de blocage depuis les ouvertures
téthysiennes. Ces bassins se développent aussi bien sur les rameaux de failles en fleurs
connectées aux failles principales N90, N120 et N180 que le long de ces dernières. Chaque
bassin peut être le lieu de la formation de roches mères à pétrole qui maturera et migrera vers
chaque bordure de plate-forme et seront constitués autant de systèmes pétroliers. Ces bassins
de premier, deuxième et troisième ordre peuvent ainsi constituer autant de systèmes pétroliers
indépendants les uns des autres. La connaissance de leurs structurations et de celle de leurs
cortèges associés est primordiale pour l'exploration pétrolière.
VIII-2- Les cortèges sédimentaires des prismes progradants et
aggradant/rétrogradants
VIII-2-1- Les black shales
Sur la marge tunisienne, la présence épisodique mais largement distribuée des roches
mères de pétrole de type black shales tout au long de la colonne stratigraphique est une preuve
que les différents dépôts-centres des bassins subsidents ont permis l'accumulation
d'importantes séries de roches mères. C'est le cas du fossé de M'Rhilla qui a accumulé le long
Chapitre III : Implications pétrolières 306
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
d'un mini-bassin losangique des centaines de mètres de black shales à l'Albien (BOUKADI,
1994), alors que sur la plate-forme ces séries ne dépassent pas la centaine de mètres. La
subsidence continue et la migration des aires de dépôts au sein des grabens ou des synclinaux
permet aussi de fortes accumulations de séries sédimentaires, ce qui permet la maturation de
certaines black shales et l'expulsion des huiles. C'est l'exemple du graben crétacé d'El Jem
(BEDIR, 1988, 1990 et BEDIR et al., 1992b) dont les hydrocarbures albo-cénomaniens et
turoniens issus des Formations Fahdène et Bahloul ont fourni les hydrocarbures accumulés
dans les séries réservoirs turoniennes de la Formation Biréno sur la plate-forme carbonatée
externe située en bordure de la faille N-S bordant le graben.
VIII-2-2- Les turbidites
L'installation avant la maturation et la migration des hydrocarbures, de cortèges
sédimentaires de progradations à séries argilo-gréseuses et carbonatées sur les bordures des
bassins est à l'origine de l'apparition de pièges stratigraphiques importants et de réservoirs
potentiels. Ces cortèges de nature turbiditique varient en nombre et en volume selon les
bordures des bassins considérés. La mise en évidence de ces cortèges au Jurassique, au
Crétacé inférieur, au Crétacé supérieur, à l'Oligocène et au Miocène constitue autant
d'objectifs et de systèmes pétroliers encore inexplorés.
De plus, ces séries turbiditiques peuvent aussi constituer des roches mères qui sont
drappées en onlap par les cortèges aggradants et rétrogradants des prismes de hauts niveaux
marins, qui s'emboitent sur leurs flancs par l'intermédiaire de surfaces d'érosion
correspondants aux limites séquentielles. Les séries marno-calcaires des cortèges de hauts
niveaux marins et des surfaces transgressives comme celles du Jurassique, du Crétacé
supérieur et du Paléogène constituent aussi d'importants niveaux de couverture et de
réservoirs, notamment avec l'existence de corps récifaux des bordures de plates-formes.
La migration des hydrocarbures du Jurassique, du Crétacé ou du Tertiaire s'est
effectuée après les dépôts des prismes de hauts niveaux marins des séries sus-jacentes, ce qui
permet un piégeage en bordure des bassins. Ce type de réservoirs n'a jamais été exploré car il
se situe souvent en bordure de flancs des bassins, et non sur le toit des structures qui ont été
pratiquement les seules explorées.
VIII-2-3- Les récifs
L'installation de ces corps en bordure des plates-formes soulevées, est souvent
associée aux intumescences salifères du Trias qui jalonnent certains couloirs de failles. Nous
Chapitre III : Implications pétrolières 307
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
avons identifié des anomalies sismiques caractéristiques de ces édifices à partir du Trias et du
Jurassique ainsi qu'au Miocène. La mise en évidence de la répartition spatiale de ces
anomalies autour de certains blocs de bassins et de certaines plates-formes corrobore avec
leurs caractéristiques paléogéographiques. Ces récifs d'âges différents sont successivement
scellés par des séries marno-calcaires de cortèges de hauts niveaux marins ou HST qui
peuvent constituer de bonnes couvertures. Ces structures n'ont que rarement fournit de
gisements exploitables en Tunisie, comme c'est le cas des champs de gaz de la concession
d'Isis et de Miskar en off shore dans les séries récifales cénomaniennes. Ceci est dû au fait que
ce sont toujours les zones hautes de plates-formes qui sont explorées où on ne trouve en
général que des carbonates bioclastiques ou oolitiques externes et non des vrais récifs.
VIII-3- Maturation et Migration des hydrocarbures
VIII-3-1- Quelques données de Modélisation
Autour des blocs de bassins de la marge centro-méridionale qui n'ont présenté un
intérêt pétrolier que récemment (BEDIR et al., 1992b; ZITOUNI, 1992), nous avons établi par
l'utilisation de la modélisation géochimique du logiciel GENEX à l'IFP, les diagrammes
d'enfouissement, de maturation, d'expulsion et de migration des hydrocarbures. Cette méthode
consiste à habiller les profils sismiques de la zone d'intérêt avec les séquences sédimentaires
et à utiliser des logs de puits fictifs (fig. 147) que l'on intègre dans le logiciel.
Les diagrammes établis ont montré que les fenêtres à huile et à gaz des roches mères
du Jurassique et du Crétacé inférieur et supérieur ont été atteintes respectivement au Crétacé
inférieur, au Crétacé supérieur et au Néogène (fig. 148 et 149). L'expulsion et la migration
des hydrocarbures jurassiques et crétacées auraient eu lieu respectivement au Crétacé
inférieur, au Crétacé supérieur et au Tertiaire (fig. 148 et 149). Les époques de variations de
subsidence des bassins et de migration des hydrocarbures sont contemporaines aux époques
d'événements tectoniques mises en évidence sur la marge tunisienne depuis le Jurassique (fig.
150 et 151).
Les résultats de ces analyses conduites en parallèle avec les reconstitutions
géodynamiques de subsurface et de surface conduites dans les zones où nous avons retrouvé
d'importantes séries de black shales du Cénomanien et du Turonien de la Formation Bahloul
autour de la chaîne de Gafsa aux Jebels Bellil et Chemsi ( BEN YOUSSEF et al., 1993;
Rapport interne de la carte tectonique de Gafsa, 1995) et où les analyses géochimiques et de
terrain montrent que les hydrocarbures ont été expulsés.
Chapitre III : Implications pétrolières 308
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Chapitre III : Implications pétrolières 309
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 148: Diagramme de la fenètre à huile d’après la subsurface dans le bassin de
Guettar dans l’Atlas méridional de Gafsa.
Fig. 149: Diagramme de subsidence tectonique d’après la subsurface dans le
bassin de Moularès dans l’Atlas méridional de Gafsa.
Chapitre III : Implications pétrolières 310
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 150: Diagramme de subsidence tectonique d’après la subsurface
dans le bassin de Guettar dans l’Atlas méridional de Gafsa.
Fig. 151: Diagramme de subsidence tectonique d’après la subsurface dans
le bassin de Majoura dans l’Atlas central.
Chapitre III : Implications pétrolières 311
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Par ailleurs, des niveaux de lignite ont été trouvés le long du couloir de failles de
Gafsa dans les alternances de lumachelles et d'évaporites du Cénomanien de la Formation
Zebbag moyen (Rapport interne de la carte tectonique de Gafsa, 1994). Les analyses
géochimiques ont révélé leur fort potentiel pétrolifère. Il est à signaler que ces lignites se
situent au niveau d'une zone paléogéographique d'accommodation haute le long du
décrochement de la faille de Gafsa entre les Jebels Ben Younès et Bouramli. C'est dans cette
zone qu'ont été retrouvés les lambeaux de Trias le long des rameaux N90 et N120 du couloir
tectonique de Gafsa (OULED GHERIB et al., 1995).
Dans la zone orientale de la marge du Sahel, les courbes d'enfouissement et de
subsidence ont montré que la maturation des roches mères du Crétacé supérieur et de l'Eocène
pendant l'accumulation des puissants dépôts néogènes et que la migration s'est produite à la
fin du Miocène et au Quaternaire. Sur cette marge qui commence à constituer une province
pétrolière importante à l'échelle de la Tunisie, la répartition des nouveaux gisements et des
réservoirs sont intimement liés aux bordures des couloirs de failles de coulissements NS d'El
Jem tels que (EJM1 et 2), de Grombalia (Belli) et N90-120 de Sidi El Kilani ou N140 de
Ashtart. Les niveaux réservoirs connus ici, se répartissent depuis le Crétacé supérieur jusqu'au
Miocène. Il s'agit soit des carbonates oolitiques et bioclastiques para-récifaux du Turonien, du
Cénomanien et du Langhien, soit des calcaires crayeux du Campanien ou nummulitiques de
l'Eocène ou sablo-gréseux du Serravallien.
VIII-3-2- Migration de bassins et migration d'hydrocarbures
La migration et la rotation des aires de subsidences, des plates-formes et des plis, entre
les rameaux de coulissements influe sur les voies de migration et donc du piégeage des
hydrocarbures (BEDIR et al., 1989) et doit être prise en considération dans l'exploration
pétrolière car aucune structure n'est restée en place et même de légers déplacements
accompagnés de rotations, de basculements ou d'inversions provoquent directement des
déviations ou des inversions dans le sens des migrations. Il est donc primordial de procéder à
une reconstitution géodynamique et cinématique des groupes de bassins concernés et des
blocs limitrophes.
Ces migrations de structures sont synchrones de certains dépôts de roches mères et
réservoirs et conditionnent leur répartition spatio-temporelle dans le bassin. Les structures
pièges sont aussi affectées par ces mouvements qui influent sur la distribution des
discordances stratigraphiques et structurales le long des bordures de bassins (fig. 152).
Chapitre III : Implications pétrolières 312
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
Fig. 152 : Carte géodynamique de la migrations des structures de plates formes et de
bassins subsidents méso-cénozoiques entre les couloirs de failles de décrochements
profondes et migrations probables et piègeage des Hydrocarbures associées attestés par
les puits pétroliers dans le Sahel de Tunisie.
VIII-4- Piégeage
Les pièges stratigraphiques et tectoniques des hydrocarbures se répartissent autour des
bassins et des plates-formes mésozoïques et cénozoïques de la marge tunisienne. Les pièges
les plus classiques sont les fermetures anticlinales, les fermetures contre failles, ce sont la
majorité sinon la totalité des pièges découverts et ciblés en Tunisie. Alors que les pièges de
type discordances, biseaux stratigraphiques et cortèges de bordures de plates formes n'ont
jamais été ciblés ni étudiés en subsurface. Les types de pièges classiques explorés en Tunisie
Chapitre III : Implications pétrolières 313
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
correspondent aux structures caractéristiques des zones hautes de charnières de plis. Il se sont
avérées sèches ou économiquement non rentables dans plusieurs cas. Ceci est dû au fait que
ces zones sont en générale des sommets de domaines paléogéographiques à caractères de
haut-fonds caractérisés par des réductions et des érosions des séries sédimentaires. Je
discuterai ici les types de pièges nouveaux que l'on rencontre sur la marge tunisienne d'après
nos études de stratighraphie séquentielle et notre analyse de la dynamique des bassins associés
aux couloirs de coulissement.
VIII-4-1- Les pièges séquentiels des prismes de bordures
La mise en évidence de séquences de dépôts de bas niveaux marins aux flancs des
failles limite entre plates-formes et bassins ou dans les gouttières synclinales, qui sont
nappées par les séquences de hauts niveaux marins, permet d'avoir des pièges au sein des
séquences turbiditiques progradantes et au sein des séquences aggradantes, rétrogradantes
disposées avec discordances stratigraphiques ou tectonique (fig. 153).
Fig. 153 : Profil sismique montrant l'architecture profonde des zones de plates formes et
de bassins limités par des couloirs de failles en fleurs de décrochements avec la
migration des hydrocarbures des roches mères vers les réservoirs pièges de bordures
stratigraphiques de Turbidites,et de Récifset et structuraux de failles, attestés par la
découverte du puits El Jem 1 dans la zone du Sahel de Mahdia.
Chapitre III : Implications pétrolières 314
QUATERIEME PARTIE : SYNTHESE, MODELISATION ET IMPLICATIONS PETROLIERES
La maturation et la migration des hydrocarbures des roches mères sous-jacentes ou
contenues dans ces prismes ne s'effectuent qu'après le dépôt des séquences de haut niveau et
de ce fait l'huile va se trouvait piègée par l'emboitement séquentiel de ces prismes (fig. 153).
Ceci peut expliquer les volumes d'hydrocarbures restreints retrouvés sur les toits des
structures hautes de plusieurs concessions en Tunisie car l'essentiel des hydrocarbures a été
déjà piégé dans les prismes de bordures.
VIII-4-2- Les pièges récifaux
Ce type de pièges n'a presque pas fourni jusqu'à nos jours de gisements pétroliers en
Tunisie. Ce fait est probablement dû à la difficulté de leurs identifications en subsurface et à
leurs répartitions autour des limites plates-formes - bassins (fig. 153). Même les structures
récifales forées dans le Permien au Sud ou dans le Crétacé du golfe d'Hammamet se sont
révélées négatives et pleines d'eau.
Les anomalies récifales observées en subsurface en bordure des grabens et des plates-
formes du Trias, du Jurassique en Tunisie centrale et du Crétacé et du Néogène en Tunisie
orientale, constituent des objectifs nouveaux à explorer.
VIII-4-3- Les Pièges tectoniques associés aux rameaux de coulissements
Les mouvements latéraux alternés en transtension et transpression le long des rameaux
de failles bordières des bassins de la marge tunisienne permettent d'avoir des fermetures
structurales aussi bien autour des zones d'accommodations au niveau des relais de
décrochements qu'à l'intersection de rameaux dans les zones de blocages et de compressions.
Le long des rameaux de coulissements, la lenticulation tectonique dûe aux
mouvements latéraux transpressifs et les plis d'entraînement constituent des fermetures
potentielles importantes pour les hydrocarbures. Dans les zones en transtension, le
basculement des blocs donne aussi naissance à des fermetures à l'aval et à l'amont des lèvres
des failles bordières.
Le long de ces zones de couloirs tectoniques, la densité et l'intensité de la fracturation
aux abords des couloirs coulissants permet une amélioration de la porosité des roches et offre
la possibilité d'avoir de véritables gisements de fractures comme c'est le cas pour les récentes
découvertes dans l'Eocène de Belli, réputée comme roche mère sous les faciès à Globigérines
dans la Formation Boudabous ou de calcaires crayeux campaniens dans la Formation Abiod à
Sidi El Kilani dans le Sahel.
Chapitre III : Implications pétrolières 315
CONCLUSIONS GENERALES
316
L'approche géophysique des bassins par l'analyse seismo-stratigraphique, séquentielle
et seismo-tectonique à travers les profils de sismiques réflexion, les puits pétroliers et le
contrôle de terrain dans les zones centro-méridionale et orientale de la marge de la Tunisie a
permis d'identifier certains mécanismes géodynamiques de tectonique, de dynamique de
dépôts et d'évolution des bassins méso-cénozoïques associés aux couloirs de coulissements N-
S et E-W et de discuter leurs implications pétrolières.
Tectonique
Sur le plan de la structuration tectonique du bâti de la marge atlasique de la Tunisie, il
a été montré l'importance des couloirs de failles profondes anté-triasiques, en rameaux de
décrochements sub-verticaux et listriques de détachement des structures en fleurs, selon les
directions majeures Nord-Sud et Est -Ouest. Ces couloirs de failles limitent les différents
blocs de bassins et de plates-formes selon une hièrarchie évolutive d'ordres. La direction N-S
ressort comme celle la plus profonde et la plus ancienne par rapport à la direction E-W. Elle
est conforme à la première dislocation de la Pangée et aux ouvertures téthysiènnes et joue un
rôle primordial dans la structuration des différents blocs de bassins de différents ordres. Cette
importance des linéaments N-S se constate dans le caractère rigide et l'orientation originelle
inchangée à travers les différentes réactivations des réseaux de failles. Alors que les rameaux
E-W ou N-S de 2ème ordre ont été déviées en relais de baïonnettes selon les directions N60
ou N120-140 par les mouvements relatifs de coulissement-rotation des blocs.
La réponse de ce bâti quadratique ancien aux mouvements de la plaque africaine
depuis le rifting du Trias s'est manifestée par l'ouverture de zones en transtension et le
plissement d'autres zones en transpression parfois de manière synchrone et accompagnées de
montées triasiques à partir du Jurassique. Les mouvements relatifs des blocs les uns par
rapport aux autres a conduit à une distribution des structures de bassins, de plates-formes et de
plis. Cette distribution se caractérise par la superposition spatio-temporelle des structures de
grabens de rifting et de plis. Ainsi, la position et la répartition des plis atlasiques
correspondent à des bordures de bassins antérieurs et se superposent à des structures de
grabens sous-jacentes. Les premiers soulèvements des structures atlasiques auraient débuté
dès le Jurassique par des rides triasiques.
L'halocinèse des séries évaporitiques et salifères du Trias supérieur qui constituent le
niveau de décollement et de disharmonie majeur de la couverture, a commencé dès le
Jurassique inférieur à moyen par la réactivation des couloirs de failles anciens qui auraient
délimité les bassins à évaporites et sels du Trias. La migration des séries triasiques s'effectue
vers les couloirs de failles et particulièrement vers les croisements des failles, engendrant une
migration contraire de la subsidence des bassins. La combinaison des mouvements latéraux de
317
coulissements et les fluages des séries triasiques ont entraîné des mouvements relatifs de
rotations et de migrations entre les différents blocs depuis le Jurassique jusqu'au Néogène et
par la même des migrations globalement horaires de subsidences des bassins et des plates-
formes. A ces mouvements correspondent les migrations anti-horaires et horaires des
contraintes régionales de distension et de compression liées aux mouvements des plaques. Ces
mouvements se sont produits en même temps qu'une ramification des branches de failles
secondaires en relais verticaux et horizontaux sur les failles de 1er ordre. Cette ramification de
la fracturation sur les failles maîtresses accompagne le détachement progressif le long de la
couverture sédimentaire soit par une géométrie subverticale soit par une géométrie listrique.
Les " fossés d'effondrement " correspondent en fait à deux types de bassins: les
grabens et les gouttières de plis. Les mécanismes de la formation des grabens correspondent à
des ouvertures de méga-fentes de trantension par des rameaux de déchirures sur des failles en
fleurs sur les couloirs de décrochements N-S, E-W, N60 et N140. Ces grabens s'ouvrent
depuis au moins le Trias et sont successivement scellés ou déplacés le long de la couverture
sédimentaire, ils sont essentiellement associés aux bassins d'ouvertures mésozoïques et
néogènes. Par contre, les gouttières de plis prennent naissance par la réactivation en
transpression des rameaux des failles bordières des structures en fleurs profondes, ils
caractérisent les bassins de transpression cénozoïques et particulièrement paléogènes et plio-
quaternaires. En particulier, les bassins phosphatés d'âge paléocène supérieur-éocène inférieur
prennent naissances dans les gouttières des plis d'entraînement d'âge campanien-maastrichtien
formés par la transpression des rameaux des couloirs de failles en fleurs bordiers. C'est ce qui
a permis l'environnement favorable au confinement et aux processus de la phosphatogenèse.
D'une manière générale, le réseau de failles profondes de la marge atlasique de la
Tunisie a été réactivé en transtension par les contraintes régionales de distension de rifting
d'âges triasique, jurassique, crétacé inférieur, crétacé moyen et miocène moyen (fig. 152) et
en transpressions par les contraintes de compression d'âges aptien terminal, crétacé supérieur,
paléogène, miocène supérieur et quaternaire (fig. 152). Cependant, aussi bien lors des
périodes distensives que compressives, l'héritage tectonique et les réarrangements locaux des
différents blocs donnent naissance à des contraintes et à des structures contraires aux
contraintes régionales et à leurs structures associées. C'est la distribution tectonique dans la
mosaïque locale propre à chaque domaine.
Stratigraphie Seismo-Séquentielle
L'analyse seismo-séquentielle systématique des différents horizons seismiques du
Trias au Néogène a conduit à l'identification d'une répartition séquentielle des zones de
bassins à celles des zones hautes des bordures. Les discontinuités séquentielles de 2ème ordre
et de 3ème ordre ont été comparées à la charte eustatique globale. Ainsi l'interaction de
318
l'héritage tectonique et la tectonique synsédimentaire ont été mis en exergue par rapport aux
cycles eustatiques globaux. Ces cycles ont été retrouvés sur la marge de la Tunisie avec des
différenciations à l'échelle du 2ème et du 3ème ordre dûes aux mouvements tectoniques des
blocs hérités. Cependant, nous avons mis à jour des incompatibilités de limites de cycles avec
la charte globale et l'existence de certaines limites eustatiques de 2ème et de 3ème ordre sur la
marge de la Tunisie qui ne sont pas mentionnées dans la charte globale. Les super séquences
de dépôts de 2ème ordre sont généralement composées de trois séquences de 3ème ordre
correspondantes respectivement aux trois phases du cycle eustatique; la chute du niveau marin
et la progradation, la remontée du niveau marin et l'aggradation, et la fin de remontée marine
et la rétrogradation.
Les séquences de dépôts de la marge de la Tunisie obéissent aux paramètres des
séquences théoriques avec une succession des prismes de progradations et
d'aggradations/rétrogradations et de hauts niveaux marins. Ainsi, les cortèges sédimentaires
associés d'une part aux cycles eustatiques globaux et d'autre part aux mouvements tectoniques
des blocs et des structures montrent une répétition des mêmes scénarios de dépôts le long de
la couverture sédimentaire. De part leurs positions et leurs caractères, les types de cortèges
montrent l'existence d'une succession de séries types composées de dépôts d'aggradations de
black shales, de carbonates, de récifs et de progradations de turbidites.
L'identification d'une suite séquentielle mésozoïque et cénozoïque sur la marge
atlasique de la Tunisie (fig. 152) selon les blocs tectoniques montre que le découpage en
formations lithostratigraphiques de surface ou des puits installés sur les points hauts n'est pas
conforme à la réalité des bassins en subsurface. Aussi, les limites séquentielles ne
correspondant pas aux limites d'âges conventionnelles, on montre qu'il existe un découpage à
partir des discontinuités séquentielles de 2ème et de 3ème ordre. Ainsi, le Trias comporte 5
séquences de 2ème ordre, le Jurassique 4, le Crétacé inférieur 2, le Crétacé supérieur 5, le
Paléogène 3, le Miocène 4 et le Pliocène 2 (fig. 152). Cette suite séquentielle a été retrouvée
dans les différents blocs tectoniques de la marge et acquier ainsi un caractère régional
rejoignant les cycles globaux avec une variabilité de nombre et de cortèges sédimentaires dûs
aux mouvements tectoniques de ces blocs.
319
Fig. 152: les principaux résultats séquentielles et tectoniques des bassins mésozoïques
et cénozoiques de l’Atlas centro-méridional et oriental de la marge de la Tunisie.
320
Paléogéographie
L'évolution des paléogéographies mésozoïques et cénozoïques de la marge a été
guidée par les différents mouvements de blocs tectoniques et des couloirs de failles. En
prenant l'exemple du Mésozoïque on constate que:
la structuration des bassins triasiques montre que les dépôts sédimentaires se sont
répartis dans des structures de grabens de direction majeure N-S, E-W, N140 et N60, à séries
évaporitiques et salifères au Trias supérieur, à prismes de progradations turbiditiques et à
plates-formes carbonatées. Cette répartition est synchrone aux mouvements transtensifs le
long des failles N-S, E-W, N60 et N140.
Au Jurassique, la paléogéographie a continué à être guidée par les mouvements des
réseaux de failles préexistants et les nouveaux rameaux des failles de 1er ordre. Le
commencement des ascensions halocinétiques dès le Jurassique accentuent la paléogéographie
et déclenchent les prismes de progradations aux flancs des intrusions. Sur les zones hautes des
plates-formes carbonatées s'installent des édifices récifaux. Vers l'Axe N-S, ces plates-formes
se réduisent considérablement avant d'afflleurer en surface.
Au Crétacé inférieur, s'opère un grand changement paléogéographique marqué par les
épandages de progradations en bordures des paléo-hauts triasiques et jurassiques qui
alimentent les cortèges des pentes. Ces prismes de progradation se placent en bordure des
couloirs tectoniques le long desquels l'halocinèse est réactivée par les mouvements
transtensifs. La répartition des prismes est guidée par les différents mouvements de blocs, ce
qui donne lieu à des sens de progradations de différentes directions selon les basculements
hérités et ceux syn-sédimentaires. Cette nouvelle répartition paléogéographique du Crétacé
inférieur sur la marge de la Tunisie, apporte de nouvelles données pour les modèles
actuellement proposés.
Le Crétacé supérieur qui débute avec les séries albiennes représente un grand cycle
d'aggradation et de rétrogradation en bordure des bassins et les mouvements tectoniques des
couloirs de failles bordières interfèrent avec les mouvements de remontées eustatiques
globales. Ainsi, l'héritage des différents blocs tectoniques et les jeux de transtension et de
transpression au cours des dépôts a répartit les paléogéographies selon des environnements de
grabens à épaisses séries de black shales et à prismes de progradations, de plate-formes
carbonatées et récifales et de gouttières de plis d'entrainement.
321
Modélisation
A partir de tous les résultats de l'étude tectonique, séquentielle et paléogéographique
ressort des caractéristiques géodynamiques que nous avons essayé de modéliser. Ainsi, les
mécanismes géodynamiques ont montré qu'il existe un ordre et une hièrarchie des
composantes de la couverture sédimentaire à savoir les réseaux de la fracturation et les blocs
de bassins associés. Les couloirs de failles s'agençent et évoluent selon une ramification
spacio-temporelle en rameaux de différents ordres qui se détachent progressivement du socle,
le long de la couverture. Des types de couloirs ont été reconnus selon leurs géométries et leurs
cinématiques. Ces couloirs tectoniques délimitent aussi des bassins de même ordre selon les
géométries et la cinématique des rameaux de failles. Il apparaît ainsi que la répartition des
bassins obeit à des ordres de grandeurs et leur évolution est étroitement liée aux failles qui
leur ont donné naissance.
Les mécanismes géodynamiques de l'évolution des bassins sont contrôlés par les
différents ordres des couloirs de failles profondes en rameaux réactivées par les contraintes
régionales de distensions et de compressions qui mettent en mouvement de transtension et de
transpression les rameaux de failles pré-existants et ceux nouvellement formés. Ces
mouvements mettent en action les niveaux de disharmonie tels que les séries évaporitiques et
salifères du Trias supérieur et induisent la migration et la rotation des blocs de bassins et de
plate-formes. La distribution des structures distensives et compressives est contrôlée par
l'héritage tectonique des différents blocs; ce qui aboutit à des stades de blocages et
d'inversions des structures. Les cortèges sédimentaires suivent ces mécanismes par la
formation de prismes de progradation sur les flancs pentés et basculés des bordures des
bassins; longés par les rameaux des couloirs de failles. Ces prismes sont drappés par les
cortèges d'aggradation et de rétrogradation. L'interférence des pulsations eustatiques sur les
mouvements des bassins agit sur le volume et le nombre des prismes sédimentaires et fossilise
ainsi les événements tectoniques.
Implications pétrolières
Sur le plan pétrolier, cette étude géodynamique a montré l'importance de l'héritage et
la différenciation tectoniques des blocs donnant lieu à des systèmes pétroliers des prismes de
bordures et des fermetures structurales le long des couloirs tectoniques de coulissements à
rameaux de fractures, où nous avons détecté les séquences progradantes et
aggradantes/rétrogradantes ainsi que les anomalies récifales. Il apparaît ainsi une succession
de systèmes pétroliers depuis le Trias avec les composantes de roches mères de pétrole, de
roches réservoirs et de roches couvertures; contenues dans les prismes sédimentaires identifiés
en bordures des bassins de la marge atlasique de la Tunisie.
322
La nature des dépôts associés aux prismes de bordures est caractérisée par les
séquences turbiditiques siliciclastiques ou carbonatées de progradation des bas niveaux
marins et les séquences marno-carbonatées de black shales et récifales relatives aux périodes
d'aggradation et de rétrogradation des hauts niveaux marins. L'absence ou la réduction de ces
prismes sur les parties hautes des bassins rend leur exploration quasi nulle dans ces zones.
C'est l'un des problèmes de l'exploration pétrolière en Tunisie où l'héritage et le
fractionnement tectonique sont très importants.
La modélisation géodynamique et géochimique sur certains exemples de bassins de
décrochements tels que ceux de l'Atlas centro-méridional, a montré l'intime relation entre les
événements géodynamiques des couloirs tectoniques et des bassins et les périodes
d'accumulations, de maturation des roches mères, de fenêtre à huile et d'expulsion ainsi que de
migration des hydrocarbures. Le relatif retard temporel entre la maturation, la migration et le
piégeage des hydrocarbures vers les zones hautes des bassins fait que ce piégeage s'effectue
inéluctablement dans les prismes de bordure et les points hauts ne sont atteints que par de
faibles proportions d'hydrocarbures. C'est en partie pour cette cause que les indices des zones
hautes ne fournissent que très rarement de grands gisements. Les rameaux de failles de
coulissements constituent aussi de bons pièges par la densité des réseaux de fractures à rejets
latéraux. Les zones de bordures de bassins sont donc plus potentielles que les zones hautes,
mais il faut étudier systématiquement l'évolution tectonique et séquentielle des différents
blocs de bassins en trois dimensions et identifier ces bordures et leurs cortèges sédimentaires.
Ainsi, les potentialités pétrolières de la marge de la Tunisie sont encore assez importantes et
sont à rechercher le long des bordures des couloirs tectoniques des bassins de décrochements
tels que ceux de la Tunisie orientale ou de l'Atlas centro-méridional.
323
324
BIBLIOGRAPHIE
325
ABBES Ch. (1983) - Etude structurale du Jebel Touila, extrémité septentrionale du
chaînon N-S Sidi Khalif-Nara El Houareb. Thèse 3ème cycle, Univ. Tunis, 121
p.
ABBES A. (1983) - Etude géologique et géophysique du Miocène de la Dakhla (Cap
Bon, Tunisie Nord-orientale). Application à la prospection des couches
lignitifères : Thèse de Troisième Cycle, Université des Sciences et Techniques de
Sfax. Tunisie, 199 p.
ABBES Ch. et BOUKADI N. (1988) - Sur la chaîne N-S de la Tunisie centrale et ses
infléchissements d'axe. Analyse des déformations du noeud tectonique du jebel
Ech Chérichira : coulissement blocage et rotation. C.R. Acad. Sci. Paris, t. 307,
série II, pp. 1277-1288.
ABDALLAH H. (1987) - Le Crétacé supérieur de la chaîne nord des Chotts (Sud
tunisien). Biostratigraphie, sédimentation, diagenèse. Thèse Doct. Univ.
Bourgogne Dijon, 255 p.
ABDALLAH H. (1987) - Le rôle de la faille de Gafsa dans le jeu transgressif et
régressif au Crétacé supérieur de la chaîne nord des Chotts. Mem. Géol. Univ.
Dijon, n° 11, pp. 232-242
ABDELJAOUED S. et ZARGOUNI F. (1981) - Mise en évidence d'une tectonique
intra-crétacé dans le secteur de Zemlet El Baïda (chaîne des Chotts). 1er Cong.
Nat. Sci. Terre, Tunis. p. 148.
ABDELJAOUED S. (1983) - Etude stratigraphique, sédimentologique et structurale
de l'extrémité orientale de la chaîne nord des Chotts. Thèse 3ème cycle, Tunis,
148 p.
ABDELJAOUAD S. (1991) - Les dolocrètes et les calcrètes du Paléocène-Eocène.
Tunisie méridionale. Thèse es sci. Univ. Tunis II, 246p.
ADIL S. (1993) - Dynamique du Trias dans le Nord de la Tunisie: Bassins en relais
multiples de décrochements, magmatisme et implications minières. Thèse de
3ème cycle, Univ. Tunis II, 248p.
AISSAOUI D. (1984) - Les structures liées à l'accident sud-atlasique entre Biskra et le
jebel Mandra, Algérie ; évolution géométrique et cinématique. Thèse 3ème cycle,
Univ. Louis Pasteur, Strasbourg, 145 p.
AISSAOUI N. (1989) - Les vitesses sismiques : méthodes directe de calcul, principale
application. Mem. Actes, IIème Journées de Géol. Tun. Appl. Rech. Hydroc.
Nov. 1989, Tunis.
ALLEMANT-MARTIN A. (1909) - Aperçu sur la structure géologique de la
péninsule du Cap Bon (Tunisie). Compte Rendus de l'Académie des Sciences,
Paris, tome 149, pp. 489-491.
ALLEMANT-MARTIN A. (1922) - Les lignites du Cap Bon (Tunisie) : Comptes
Rendus de l'Académie des Sciences, Paris, tome 174, numéro 1, pp. 49-50.
ALLEMANT-MARTIN A. (1924) - Structure et stratigraphie générales de la
péninsule du Cap Bon : Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Paris,
tome 178, numéro 9, pp. 787-790.
326
ALOUANI R., TLIG S. et ZARGOUNI F. (1990) - Découverte de Radiolarites du
Jurassique supérieur dans le “ sillon tunisien ”. Faciès et structures d’une marge
SE de la Téthys : C.R. Acad. Sc. Paris, t. 310, Série II, pp. 609-612.
ALOUANI R. (1991) - Le Jurassique du Nord de la Tunisie. Marqueurs
géodynamiques d'une marge transformante : turbidites, radiolarites, plissement et
métamorphismes. Thèse de spécialité, Univ. Tunis II, 202 p.
AMARI A. et BEDIR M. (1989) - Dynamique des bassins sédimentaires quaternaires
du Sahel central de Tunisie : Genèse et Evolution des Sebkhas en contexte
décrochant compressif et distensif. Rev. Géodyn.. 4 (1), 1989 : pp.49-65.
ARNOULD M. (1950) - Notice explicative de la carte géologique au 1/50.000 de la
Tunisie. Feuille de Menzel Bou Zelfa, numéro XXII : Annales Mines et
Géologie, Tunis, 27 p.
ANNOUN-GAALOUL N. (1987) - Etude palynologique et sédimentologique de la
série néogène de Zéramdine (Sahel de Tunisie). Mémoire de Diplôme d'Etudes
Approfondies, Université de Tunis II, 125 p.
ANNOUN-GAALOUL N., TAYECH B. and GARGOURI-RAZGALLAH S.
(1987) - Etude palynologique du Néogène de Zéramdine (Sahel tunisien).
International Geological Correlation Programme, UNESCO, n° 210, Société
Géologique Africaine : Sédiments continentaux d'Afrique. Marrakech (Maroc),
Sept. 19-26, 1987.
AUBERT F. (1891) - Note sur la géologie de l'extrême sud de la Tunisie. Bull. Soc.
Géol. Fr., 3, 19, pp. 408-413, Paris.
AUBERT F. (1892) - Explication de la carte géologique provisoire de la Tunisie au
1/800.000. H. Barrère, édit., Paris, 91 p.
BAGDAZARJAN G.P., BAYANIK J. et VASS O. (1972) - Ages radiométriques du
volcanisme néogène dans le Nord tunisien. Serv. Géol. Tunis, 40, 8, pp. 79-93.
BEAUDOUIN B., PARIZE O., FRIES G., PINAULT M. et BEN SALEM H.
(1987) - Sills et dykes sédimentaires du Flysch Numidien de Tunisie
septentrionale : étude préliminaire du secteur de Tabarka. Notes serv. Géol.
Tunis, N° 52, 39 p., 17 fig., 1 pl.
BEDIR M. et ZARGOUNI F. (1986) - Structuration post-miocène des bassins
sédimentaires du Sahel de Mahdia : analyse géométrique et cinématique des
données de subsurface. Rev. Sc. Terre. Vol. 4, Tunisie 1986, pp. 55-69.
BEDIR M. et BOBIER CL. (1987) - Les grabens de Mahdia et Sidi Chérif (Tunisie
orientale). Dynamique des fossés oligo-miocènes induits au toit d'anticlinaux
crétacés-éocènes par les jeux au Néogène de décrochement Est-Ouest et Nord-
Sud. Bull. Soc. Géol. France, 1987 (8) t, III, n° 6, pp. 1143-1151.
BEDIR M. (1988) - Géodynamique des bassins sédimentaires du Sahel de Mahdia
(Tunisie orientale) de l'Aptien à l'Actuel. Sismo-stratigraphie, sismo-tectonique
et structurale. Répercussions pétrolières et sismiques. Thèse de Spécialité,
Université de Tunis., Revue des Sciences de la Terre (Tunisie), V. 9, 242 p.
BEDIR M. (1989a) - La limite tectono-eustatiqueeroligo-miocène en Tunisie orientale :
marqueur de la géodynamique néogène. 1 Coll. Néog. Atlano-médit. Univ.
Tétouan-Maroc 12-14 Mai, p. 12.
327
BEDIR M. (1989b) - Les séquences sismiques néogènes
er du Sahel de Mahdia (Tunisie
orientale) : signification géodynamique. 1 Colloque Néogène Atlantique-
Méditerranée, Maroc, p. 11.
BEDIR M. (1989c) - La limite tectono-eustatique oligo-miocène
er en Tunisie orientale :
Marqueurs de la géodynamique du Néogène. 1 Colloque Néogène Atlantique-
Méditerranée, Maroc, p. 13.
BEDIR M., ANNOUN-GAALOUL N. et GARGOURI-RAZGALLAH S. (1989d)
- Dynamique sédimentaire des ensembles serravallo-tortoniens du Sahel de
Tunisie : les relations tectono-eustatiques et climatiques. 1er Colloque sur le
Néogène Atlantique-Méditerranée. Université de Tétouane, Morroco, March 29-
April 4, 1989, p. 15.
BEDIR M., ZARGOUNI F. et TLIG S. (1989e) - Impact des événements tectoniques
sur la géodynamique des bassins, la migration et le piégeage des hydrocarbures -
Exemple de mécanismes d'ouverture, de fermeture et d'inversion des bassins ième
crétacés et cénozoïques du Sahel de Tunisie - Mém. E.T.A.P. - n° 3 Actes - II
Jour. Géol. Appli. Rech. Hydro. - p. 89-132. Nov. 1989 Tunis.
BEDIR M. (1990a) - Ouverture spatio-temporelle de grabens méso-cénozoïques en
méga-fentes de transtension en Tunisie : Comptes Rendus de l'Académie des
Sciences, Paris, tome 311, série II, pp. 1445-1448.
BEDIR M. et ZARGOUNI F. (1990b) -Géométrie, cinématique et contrôle bassinal
crétacé et cénozoïque des failles de détachement
ème profondes du Sahel de Tunisie.
Répercussions géodynamiques sur l'Atlas.2 Cong. Nat. Sci. Terre. Tunis-Sept.
1990.
BEDIR M. (1991) - Dynamique des bassins cénomano-turoniens de subsurface de la
Tunisie orientale. Coll. Int. Evénements du passage cénomano-turonien.
Grenoble. France, 24-29 Mai 1991, p. 9.
BEDIR M., BEN YOUSSEF M., BOUKADI N., SLIMANE F. et ZARGOUNI F.
(1992a) - Les événements séquentiels méso-cénozoïques
è associés au système de
coulissement de l'Atlas méridional de Gafsa. 3 Journées de l'Exploration
Pétrolière (ETAP), pp. 6-7.
BEDIR M., ZARGOUNI F., TLIG S. and BOBIER C. (1992b) - Subsurface
geodynamics and petroleum geology of transform margin basins in the Sahel of
Mahdia and El Jem (eastern Tunisia) : Amer. Assoc. Petro. Geology, v. 76, n° 9,
September 1992, pp. 1417-1442.
BEDIR M. et TLIG S. (1992c) - Structuration des para-séquences miocènes le long
des
ème couloirs de coulissements de subsurface de la marge orientale de la Tunisie.
3 Journées de l'exploration pétrolière. ETAP. Tunis 1992, pp. 8-9.
BEDIR M. et TLIG S. (1993a) - Les séquences turbiditiques miocènes du jebel
Abderrahmane au Cap Bon, en Tunisie nord orientale. ème Meeting régional de
sédimentologie. Marrakech. Maroc, 27-29 Avr. p. 47.
BEDIR M. (1993b) - Cinématique séquentielle des séries méso-cénozoïques le long
des ècouloirs de failles profondes en rameaux NS et EW de l'Atlas tunisien. 14
ème Meeting Régional de Sédimentologie Marrakech. Maroc,27-29 Avril, p. 44.
BEDIR M. (1993c) - Les bassins pliocènes et quaternaires des gouttières synclinales
me
des plis messiniens de subsurface de la Tunisie nord oriental, 14 ème Meeting
Régional de Sédimentologie Marrakech. Maroc, 27-29 Avr. p. 45.
328
BEDIR M., TLIG S., BOBIER C. et AISSAOUI N. (1996) - Sequence stratigraphy,
basin dynamics and petroleum geology of the Miocene from eastern Tunisia.
A.A.P.G. Bull. V. 80, No. 1, pp. 63-81.
BELHAJ ALI M. (1979) - Etude géologique de Jebel Goraa (région de Téboursouk,
Atlas Tunisien). Thèse 3ème cycle, Univ. Pierre et Marie Curie, Paris VI, 119 p.
BELLON H. (1976) - Séries magmatiques néogènes et quaternaires du pourtour de la
Méditerranée occidentale, comparées dans leur cadre géochronologique :
implications géodynamiques. Thèse Sciences, Orsay, 367 p.
BERTAGNE A., Jr. (1984) - Seismic stratigraphy of Veracruz Tongue, Deep
Southwestern Gulf of Mexico, Amer. Assoc. Petrol. Geol., v. 12, pp. 1894-1907.
DES LIGNEURIS G., BERTHE D., MULO E. et BERNARD F. (1951) -
Stratigraphie du Crétacé moyen et supérieur de la région des Chotts. Rapport
inédit, SEREPT, Tunis, 73 p.
BEN AYED N. ( 1980) - Le rôle des décrochements E-W dans l'évolution structurale
de l'Atlas tunisien. C.R. Somm. Soc. Géol. Fr., 1, pp. 29-32.
BEN AYED N. et VIGUIER C. (1981) - Interprétation structurale de la Tunisie
atlasique C.R. Acad. Sc. Paris, t, 292, II, pp. 1445-1448.
BEN AYED N. (1986) - Evolution tectonique de l'avant pays de la chaîne alpine de
Tunisie du début du Mésozoïque à l'actuel. Doct. Es Sci. Paris Sud Orsay. 327p.
BEN FERJANI A., BUROLLET P.F. and MEJRI F. (1990) - Petroleum geology of
Tunisia. ETAP, 194 p.
BEN ISMAIL K. (1981) - Etude micropaléontologique et biostratigraphique des
séries paléogènes de l'anticlinal de jebel Abderrahmane (Cap Bon Tunisie),
Thèse de troisième Cycle, Université de Tunis, 224 p.
BEN ISMAIL K. et BOBIER Cl. (1984) - Sur l'évolution des paléoenvironnements
marins paléogènes des bordures occidentales du Détroit Siculo-Tunisien et leurs
rapports avec les fluctuations du paléo-océan mondial. Marine Geology, 55 : pp.
195-217.
BEN ISMAIL M.H. (1991) -Les bassins mésozoïques (Trias à Aptien) du Sud de la
Tunisie : Stratigraphie intégrée, caractéristiques géophysiques et évolution
géodynamique. Doc. Es-Sci., Univ. Tunis II, 1 Vol., 446 p.
BEN JEMIA M.C. (1986) - Evolution tectonique de la zone de faille Trozza - Labeid
(Tunisie centrale). Thèse de 3ème cycle, Université de Paris Sud, 162 p.
BEN SALEM H. (1990) - Carte géologique de la Tunisie au 1/50.000, feuille de
Tazoghrane, numéro 15, éditions du Service Géologique de Tunisie.
BEN SALEM H. (1992) - Contribution à la connaissance de la géologie du Cap Bon :
stratigraphie, tectonique et sédimentologie : Thèse de Spécialité, Université de
Tunis II, 203 p.
BEN TIMZAL F. (1993) -Stratigraphie de subsurface, géodynamique et intérêt
pétrolier du Jurassique et du Crétacé inférieur du bassin de Gafsa-Metlaoui.
D.E.A, Univ., Tunis II, 56 p.
329
BEN YOUSSEF M., BIELY A., KAMOUN Y. et ZOUARI H. (1985) - L'Albien
moyen-supérieur à Knémiceras forme la base de la grande transgression crétacée
au Tebaga de Medenine. C.R.A. Sci. Paris, t. 300, série II, n° 19, pp. 965-968.
BEN YOUSSEF M. et PEYBERNES B. (1986) - Données micropaléon-tologiques et
biostratigraphiques nouvelles sur le Crétacé inférieur marin du Sud Tunisien. J.
Afric. Earth. Sci. 5, p. 217-231.
BEN YOUSSEF M. (1985-1991) - Subdivision litho et chronostratigraphique de la
série stratigraphique du bassin de Gafsa. Rapports du projet de Cartographie du
bassin de Gafsa.
BEN YOUSSEF M., MEMMI L., RABIA M.C. et SLIMEN F. (1990) - Mise en
évidence du Tithonique supérieur au Jebel Ben Younès (Atlas méridional). 2ème
Cong. Nat. Sci. Terre. Tunis, p. 61.
BEN YOUSSEF M. (1990) - Gantass-1, Litho-Biostratigraphic report. Soc. Shell
Tunisie, 10 p.
BEN YOUSSEF M., SLIMANE M.F., BEDIR M., ZARAI N. et OULAD
GUERIB A. (1993) - Interprétation séquentielle de la limite Cénomanien -
Turonien en Tunisie méridionale : événements associés ; tectonique et Annoxie,
p. 66.
BESEME P. (1979) - Etude micro-biostratigraphique, sédimentologique et paléo-
écologique du passage Pliocène inférieur-Pliocène supérieur dans la région de
Nabeul-Cap Bon. Notes du Service Géologique de Tunisie, numéro 45.
BESEME P. and KAMOUN Y. (1988) - Le Messinien marin de Ksour Essaf (Sahel,
Tunisie orientale), une étude stratigraphique, sédimentologique et paléo-
écologique. Revue Sciences de la Terre, vol. 8, p. 129-142.
BIELY A., RAKUS M., ROBINSON P. and SALAJ J. (1972) - Essai de corrélation
des formations miocènes au Sud de la dorsale tunisienne. Notes service
Géologique de Tunisie, numéro 38, pp. 73-92.
BIELY A., MEMMI L. et SALAJ J. (1973) - Le Crétacé inférieur de la région
d'Enfidha, découverte d'aptien condensé, livre jubilaire M. Solignac. Ann. Min.
Géol. Tunis, 26, pp. 169-197.
BIJU-DUVAL B., DERCOURT J. et LE PICHON X. (1977) - From the Tethys
ocean to the Mediterranean seas ; a plate tectonic model of the evolution of the
western alpine system. Int. Sympos. Struct. Géol. Méditer. Basins. Technip.
Paris, pp. 143-164.
BISHOP W.H. (1988) - Petroleum Geology of East-central Tunisia - A.A.P.G. Bull.,
V. 72, n° 9, pp. 1033-1058.
BISMUTH H. (1965) - Etude microbiostratigraphique de quelques coupes dans la
région de Kasserine - Sbeïtla (Dj. Tamesmida, Chaambi, Semmama et Mrhila).
Arch. SEREPT. Inédit. Tunis
BISMUTH H., BONNEFOUS J. et DUFAURE Ph. (1967) - Mesozoic micro-facies
of Tunisia, in Guidebook to the geology and history of Tunisia. Petroleum Explor
Soc. Libya, pp. 159-173.
330
BISMUTH H. (1973) - Réflexions stratigraphiques sur l'Albo-Aptien dans la région
des jebels Douleb et Semmama et son environnement (Tunisie du centre-nord).
Livre jubilaire M. Solignac. Ann. Mines, Géol. Tunis, n° 26, pp. 179-212.
BISMUTH H., BOLTENHAGEN C., DONZE P., LEFEVRE J. et SAINT-MARC
P. (1981) - Le Crétacé moyen et supérieur du jebel Semmama (Tunisie Centre
Nord) ; évolution sédimentologique et microstratigraphique. Bull. Centre Rech.
Explor. Prod. Elf-Aquitaine, 5, 2, pp. 193-263.
BISMUTH H. (1984) - Les unités stratigraphiques du Miocène de Tunisie orientale :
Réunion de la Société des Sciences de la Terre de Tunisie, Tunis, 2 planches, 1
tableau.
BLANPIED C. (1978) - Structure et sédimentation superficielle en mer Pélagienne
(côte orientale de la Tunisie) : Thèse de troisième Cycle, Université Pierre et
Marie Curie, Paris VI, 119 p.
BLONDEL T. (1991) - Les séries à tendance transgressive marines du Miocène
inférieur à moyen de Tunisie centrale : Biostratigraphie, paléoenvironne-ment et
analyse séquentielle des formations du groupe Hajeb El Ayoun intégré au
contexte géodynamique, climatique et eustatique régional et global. Thèse
Sciences, Faculté des Sciences, Université de Genève. 3 volumes, 388 p.
BOBIER CL., VIGUIER C., CHAARI A. et CHINE A. (1991) - The post-Triassic
sedimentary cover of Tunisia : seismic sequences and structure. Tectonophysics,
195 (1991), pp. 371-410.
BOILLOT G., MONTADERT L., LEMOINE et BIJU DUVAL B. (1984) - Les
marges continentales actuelles et fossiles autour de la France. Rev. Masson.
1984, 342 p.
BOLTENHAGEN C. (1981) - Paléogéographie du Crétacé moyen de la Tunisie
centrale. Actes 1er Cong. Nat. Sci. Terre, Tunis, pp. 97-114.
BONNEFOUS J. et BISMUTH H. (1982) - Les faciès carbonatés de plate-forme de
l'Eocène moyen et supérieur dans l'offshore tunisien nord-oriental et en mer
pélagienne. Implications paléogéographiques et analyse micropéléontologique.
Bull. centre Rech. Explor. - Prod. Elf - Aquitaine - Pau 6, 2, pp. 337-403, 8 fig.,
16 pl.
BONNEFOUS J. (1972) - Contribution à l'étude et micro-paléontologique du Jde
Tunisie (Tunisie septentrionale et centrale, Sahel, zone des Chotts). Thèse Es-
Sci., Paris VI, 3t., 397 p.
BOUAZIZ S. (1986) - La déformation dans la plate-forme du Sud Tunisien (Dahar et
Djeffara) : approche multiscalaire et pluridisciplinaire. Thèse 3ème cycle Univ.
Tunis, 165 p.
BOUKADI N. (1985) - Evolution géométrique et cinématique de la zone
d'interférence de l'axe N-S et de la chaîne de Gafsa. Thèse Doct. Univ. Louis
Pasteur Strasbourg, 155 p.
BOUKADI N. (1989) - Sur le plissement disharmonique et la dispersion des axes de
plis dans les couloirs de décrochements. L'exemple du faisceau de plis de
Moularès de Tunisie. C.R. Acad. Sci. Paris, t. 309, série II, pp. 2105-2110.
331
BOUKADI N. et ZARGOUNI F. (1991) - Sur l'interférence des directions
structurales dans l'Atlas de Tunisie - L'exemple du noeud tectonique des jebels
Mrhila - Labeïd. C.R. Acad. Sci. , Paris, t. 312, série II, pp. 529-534.
BOUKADI N. (1994) - Structuration de l'Atlas de Tunisie : signification géométrique
et cinématique des noeuds et des zones d'interférences structurales au contact de
grands couloirs tectoniques. Thèse Doc. Es-sciences, univ. Tunis II, 252p.
BOUILLIN J.P. (1977) Géologie alpine de la petite Kabylie dans les régions de Calle
et d'El Milia (Algérie). Thèse Es-Sciences, Paris, 509 p.
BOUILLIN J.P. (1986) - Le bassin maghrébin : une ancienne limite entre l'Europe et
l'Afrique à l'Ouest des Alpes. Bull. Soc. Géol. Fr., 8, II, n° 4., 547-558.
BRAHIM N., BOUKADI N. et ZARGOUNI F. (1987) - Importance des diapirs
triasiques dans l'évolution de la sédimentation des séries Crétacées et Tertiaires
en Tunisie centrale I.A.S, 8th Regional Meeting of sedimentology Tunis.
BUNESS H., GIESE P., BOBIER C., EVA C., MERLANI F., PEDONE R.,
JENATTON L., NGUYEN D.T., THOUVENOT F., EGLOFF F., MAKRIS
Y., LOZEJ A., MAISTRELLO M., SCARASGA S., TABACCO I.,
BUROLLET P.F., MORELLI C., NICOLICH R., ZAGHOUANI T.,
EGGER A., FREEMAN R., et MUELLER ST. (1992) - The EGT'85 seismic
experiment in Tunisia : a reconnaissance of the deep structures - Tectonophysics,
207 (1992) p. 245 - 267.
BUROLLET P.F. (1956) - Contribution à l'étude stratigraphique de la Tunisie
centrale. Ann. Min. et Géol., n° 18, 352 p.
BUROLLET P.F. (1973) - Importance des facteurs salifères dans la tectonique
tunisienne. Livre jubilaire M. Solignac. Ann. Min. et Géol., n° 26, pp. 110-120.
BUROLLET P.F. (1981) - Signification géologique de l'axe Nord-Sud. Résumés du
1er Cong. Nat. Sc. Terre, Tunis, p. 31.
BUROLLET P.F. et BUSSON G. (1983) - Plate-forme saharienne et Mesogée au
cours du Crétacé. Notes et mémoire Compagnie Française des Pétroles n° 18,
p.p. 17-26.
BUSSON G. (1972) - Principes, méthodes et résultats d'une étude stratigraphique du
Mésozoïque saharien. Nouvelle série, série c. Sc. Terre. Mem. Musée. Nat. Hist.
Nat. Tome XXVI, 441 p.
CAIRE A. (1971) - Chaînes alpines de la Méditerranée centrale (Algérie et Tunisie
septentrionales, Sicile, Calabre et Appennin méridional). Unesco, Tectonique de
l'Afrique, Sc. de la Terre, vol. 6, pp. 61-90.
CAIRE A. (1975) - Fracturation profonde et tectonique linéamentaire. 3ème Réunion
ann. Sci. Terre, Montpellier, p. 88, Soc. Géol. Fr. Edit., Paris.
CAIRE A. (1977) - Interprétation tectonique unitaire de l'Atlas tunisien à fossés. C.R.
Acad. Sc., Paris, 284, t. 284, pp. 349-352.
CANEROT J. (1989) - Distensions mésozoïques et halocinèse dans les Ibérides
(Espagne). Bull. Soc. Géol. France, 1989, (8), t. V, n° 5, pp. 905-912.
CARTE GEOLOGIQUE AU 1/500.000 DE LA TUNISIE (1985) - Edit. Serv. Géol.
Tunisie.
332
CARTE TECTONIQUE AU 1/150.000 DE GAFSA (1995) - Edit. Comp. Phosph.
Gafsa.
CASTANY G. (1946) - Les terrains de la chaîne des jebels Nara et Touila (Tunisien
centrale). C.R. Ac. Sci. Paris, t. 223, n° 18, pp. 684-686.
CASTANY G. (1947) - Planche de coupes géologiques au 1/50.000 de la Tunisie,
feuille n° 78 : Hajeb El Aïoun. Ann. Mines et Géol. Tunis, 32 p.
CASTANY G. (1948) - Les fossés d'effondrement de Tunisie. Ann. Mines et Géol.
Tunis, n° 3, 126 p.
CASTANY G. (1951) - Carte géologique de la Tunisie. Echelle 1/500.000. Serv.
Géol. Tunisie, Tunis.
CASTANY G. (1953) - Les plissements quaternaires en Tunisie. C.R. Somm. Soc. Fr.,
pp. 155-157.
CASTANY G. (1954) - L'accident sud-tunisien, son âge et ses relations avec
l'accident sud-atlasique algérien. C.R. Acad. Sc. Paris, 238, p. 916.
CASTANY G. (1955) - Plissements quaternaires dans la région de Gafsa et le Sud-
Tunisien. Géol. Rundschau, 43, 1, pp. 196-203.
CHAABANI F. (1978) - Les phosphorites de la coupe-type de Foum Selja (Metlaoui,
Tunisie). Une série sédimentaire séquentielle à évaporites du Paléocène. Thèse
3ème cycle, Univ. Louis Pasteur, Strasbourg.
CHAABANI F. (1995) - Dynamique de la partie orientale de la chaîne de Gafsa.
Thèse Es-Sciences. Univ. Tunis II.
CHIHI L., DLALA R. et BEN AYED N. (1984) - Manifestations tectoniques
synsédimentaires et polyphasées d'âge Crétacé moyen dans l'Atlas Tunisien
Central (Région de Kasserine). C.R. Acad. Sci. Paris, t. 298, série II, n° 4.
CHIHI L. (1984) - Etude tectonique et microtectonique du graben de Kasserine. thèse
3ème cycle, Univ. Paris XI, 116 p.
CHIHI L. et BEN AYED N. (1991) - Le rôle de la fracturation précoce sur la
distribution des structures récentes le long du décrochement de Kasserine. Annal.
Tect. Vol. n° 1, pp. 64-73.
CHIKHAOUI M., TURKI M.M. et DELTEIL J. (1991) - Témoignage de la
structurogenèse de la marge Téthysienne en Tunisie, au Jurassique Terminal-
Crétacé (région du Kef, Tunisie septentrionale). Géol. Med. [Link], n° 3, pp.
125-133.
COIFFAIT Ph. (1974) - Etude géologique de l'Atlas tunisien à l'Ouest de Kairouan.
Thèse Doct. 3ème cycle, Univ. Paris VI. 131 p.
COIFFAIT Ph. (1974) - Rhegmatisme de l'Atlas tunisien. Ann. Sc., Univ. Besançon.
Géologie (3), 22, pp. 123-134.
COHEN C.R., SCHAMEL S. and BOYD P. (1980) - Neogene deformation in
northern Tunisia, Part. I : origin of the eastern Atlas by micro-plate continental
margin collision, Geological Society of America Bulletin, 91, pp. 225-237.
333
COLLEUIL B. (1976) - Etude stratigraphique et néotectonique des formations
néogènes et quaternaires de la région de Nabeul-Hammamet (Cap Bon, Tunisie) :
Diplôme d'Etudes Supérieures, Nice, France, 93 p.
COQUE R. (1962) - La Tunisie présaharienne. Etude gé[Link]èse Fac.
Lettres, Paris, Armand Colin. 488 p.
COQUE R. et JAUZEIN A. (1965) - Carte néotectonique de la Tunisie. Rev. Géogr.
Phys. Géol. Dyn., 2, VII, 196, p. 253.
CREUZOT G. et OUALI J. (1989) - Extension diapirisme et compression en Tunisie
centrale : le Jebel Es Souda. Rev. Geodynamique, 4, (1), 1989, pp. 39-48.
CROS M.P. (1974) - Evolution sédimentologique et paléo-structurale de quelques
plate-formes carbonatées biogènes (Trias des dolomites italiennes). Sciences de
la Terre, XIX, 4, pp. 299-379.
DAMOTE R., ZGHAL I. et BISMUTH H. (1987) - Les marnes de l'Hauterivien-
Barrémien du jebel Mrhila (Tunisie centrale) : analyse biostratigraphique et
contexte paléogéographique. Cahiers de micropaléontologie, V.2., n° 2 - Editions
du C.N.R.S.
DELTEIL J., TRUILLET R. et ZARGOUNI F. (1979) - Extension et ampleur de la
tectonique tangentielle dans l'axe N-S (Tunisie centrale) 7ème Réunion. Ann.
Sci. Terre. Lyon., p. 158.
DELTEIL J., ZOUARI H., CHIKHAOUI M., CREUSOT G., OUALI J., TURKI
M.M., YAICH C. et ZARGOUNI F. (1990) - Relation entre ouverture
mésogéennes et téthyséenne en Tunisie. Bull. Soc. Géol. Fr., t, 162, n° 6, pp.
1173-1181.
DEMARQ G., MEON-VILAIN H., MIGUET R. et KUJAWSKI H. (1976) - Un
bassin paralique néogène : celui de Skanès-Monastir (Tunisie orientale). Note du
Service Géol. Tunisie, n° 42, 146 p.
ELLOY M. (1981) - Le volcanisme de Tunisie centrale (Rapport SEREPT, inédit).
DE RAAF J.M.F. et ALTHUIS S.P. (1952) - Présence d'ophites spilitiques dans le
Crétacé des environs d'Enfidhaville. XIXème Cong. Géol. Int. (Alger).
Monographies régionales ; 2ème série, n° 6, Tunisie
DERCOURT J., ZONENSHAIN L.P., RICOU L.-E., KAZMIN V.G., LE
PICHON X., KNIPPER A.L., GRANDJAQUET C., SBORSCHIKOV I.M.,
BOULIN J., SOROKHTIN O., GEYSSANT J., LEPVRIER C., BIJU-
DUVAL B., SIBUET J.C., SAVOSTIN L.A., WESTPHAL M. and LAVER
J.P. (1985) - Présentatide 9 cartes paléogéographiques au 1/20.000.00s'étendant
de l'Atlantique au Pamir pour la période du Lias à l'Actuel. Bull. Soc. Géol. Fr.,
(8), I, pp. 637-658.
DEWEY J.F., PITMAN III, W.C. RYAN W.B.F. et BONNIN J (1973) - Plate
tectonics and the evolution of the alpine system. Bull. Geol. Soc. Am. 84.
ELLOUZE N. (1984) - Etude de la subsidence de la Tunisie atlasique orientale et la
mer pélagienne. Thèse de 3ème cycle, Univ. Paris VI. 129 p.
ER-RAOUI L. (1990) - Structuration des bassins, origine et environnement de dépôt
des séries de l'Oligocène-Miocène inférieur du Cap Bon et de Sidi Bou Saïd
(Tunisie), Mémoire Diplôme d'Etudes Approfondies, Université Tunis II, 87 p.
334
ER-RAOUI L. (1994) - Environnements sédimentaires et géochimie des séries de
l'Eocène du Nord-Est de la Tunisie. Thèse 3ème cycle. Univ. Tunis II, 244 p.
FAKHRAOUI M. (1990) - Etude stratigraphique et structurale des chaînes des Chotts
: Evolution géométrique et cinématique liée à l'accident Sud-Atlasique. Thèse
3ème cycle. Univ. Tunis. 243 p.
FOURNIER D. et PACAUD (1973) - Esquisses sédimentologiques et
paléogéographiques sur le Crétacé inférieur de Tunisie du Berriasien au
Barrémien. Livre jubilaire. M. Solignac. Ann. Mines et Géol, Tunis, 26, pp. 149-
168.
FOURNIE D (1978) - Nomenclature lithostratigraphique des séries du Crétacé
supérieur au Tertiaire de Tunisie. Bull. Cent. Rech. Explor. Prod. Elf-Aquitaine,
2, pp. 97-14
GARGOURI- RAZGALLAH S. (1983) - Le Cénomanien de Tunisie centrale, étude
paléoécologique, stratigraphique, micropaléontologique. Thèse Doct. Es.
Sciences. Univ. Claude Bernard. Lyon I, 215 p.
GAYA S. (1990) - Le jebel Oust : minéralisations polyphasées associées à un rift
jurassique. D.E.A., Univ. Tunis II, 82 p.
GOURMELIN C. (1984) - Serrage polyphasé de paléostructures distensives dans
l'axe N-S. Tunisien : le segment Bouzer-Rhouis. Thèse 3ème cycle.
GUIRAND P. (1968) - Etude stratigraphique et tectonique du Secondaire dans la
bordure orientale des massifs tunisiens. Thèse Dr. Sc. Univ. Bordeaux, 253 p.
GUIRAUD R. (1973) - Evolution post-triasique de l'avant - pays de la chaîne alpine
en Algérie d'après l'étude du bassin du Hodna et des régions voisines. Thèse,
Univ. Nice, 270 p., et Publi. Serv. Géol. Algérie, Bull. 47.
GUIRAUD R. et MAURIN J.C. (1991) - Le rifting en Afrique au Crétacé inférieur :
synthèse structurale, mise en évidence de deux étapes dans la genèse des bassins
relations avec les ouvertures océaniques péri-africaines. Bull. Soc. Géol. France,
1991, t. 162, n° 5, pp. 811-823.
HALLER P. (1983) - Structure profonde du Sahel tunisien. Interprétation
géodynamique. Thèse de Doctorat de 3ème cycle. Université de Franche-Comté,
162 p.
HALLOUL N. (1989) - Géologie, pétrologie et géochimie du bimagmatisme néogène
de la Tunisie septentrionale (Nefza et Mogod) : implications pétrogénétiques et
interprétation géodynamique. Thèse d'Univ. Clermont-Fernand (II), I Vol.
HAQ B.U., HARDENBOL J. and VAIL J.R. (1987) - Chronology of fluctuating
sea-level since the Triassic : Science, v. 235, pp. 1156-1167.
HARDING P. (1973) - New port Ingelwood trand, California - An example of
wrenching style of deformation. The A.A.P.G. Bulletin. V 57, n° 1, pp. 97-116- -
15 fig.
HARDING P. (1983) - Seismic expression of structural styles. A picture and work
Atlas. Houston, Texas. A.A.P.G. studies in Geology series, 15 Vol. 3.
335
HARDING P. (1985) - Seismic characteristics and identification of negative flower
structures, positive flower structures and positive structural inversion. A.A.P.G.
Bull., Tulsa, 69, pp. 582-600.
HOOYBERGHS H.J.F. (1973) - Les foraminifères planctoniques de la formation
Oued El Hammam, une nouvelle unité lithologique en Tunisie d'âge Langhien
inférieur : Annales Mines et Géologie, Tunis, numéro 26, pp. 319-335.
HOOYBERGHS H.J.F. (1977) - Stratigraphy van de Olig-Miocene Pliocene AFZ et
Tingen in het N.E. van Tunesic, met een bijzonde studie van de Planktonische
Foraminiferen : Thesis katholieke Universiteit, Leuven, Belgium, 302 p.
HOOYBERGHS H.J.F. (1987) - Foraminifères planctoniques d'âge langhien
(Miocène) dans la formation Aïn Ghrab au Cap Bon (Tunisie). Notes service
Géologique de Tunisie, 54 p.
HORRENBERGER J.C. et ZARGOUNI F. (1983) - Analyse structurale d'un
segment de l'accident sud atlasique : le couloir de décrochement de Chébika
(Tunisie méridionale). C.R. Acad. Sc., Paris, t. 297, II, pp. 171-175.
JAUZEIN A. (1967) - Contribution à l'étude géologique des confins de la dorsale.
Ann. Mines et Géol. Tunis, 22, 475 p.
JAUZEIN A. et PERTHUISOT V. (1981) - Accident de socle et plissement de
couverture. 1er Cong. Nat. Sci. Terre. Tunis. p. 39.
JEDDI S. (1993) - Dynamique des environnements marginaux littoraux et
continentaux au cours du Miocène inférieur et moyen en Tunisie Atlasique.
Thèse Doctorat. Univ. Pau. 360 p.
KAMOUN F. (1988) - Le Jurassique du Sud tunisien, témoin de marge africaine de
la Téthys, stratigraphie, sédimentologie et micro-paléontologie. Thèse 3ème
cycle. Univ. Paul Sabatier, Toulouse.
KAMOUN Y., SOREL D., VIGUIER C. et BEN AYED N. (1980) - Un grand
accident subméridien d'âge post-tyrrhénien en Tunisie orientale : le
décrochement senestre de Skanès (Monastir), Hammamet. C.R. Acad. Sc., Paris,
t. 290, D, pp. 647-649.
KAMOUN Y. (1981) - Etude néotectonique dans la région de Monastir-Mahdia
(Tunisie orientale). Thèse de Doctorat de troisième Cycle. Acad. Paris. Univ.
Paris IX, centre Orsay, 175 p.
KAMOUN Y., KARRAY M.R et BEDIR M. (1990) - Un accident à jeu quaternaire,
long de 250 km, entre Es Souatir et Fatnassa (plaine orientale de Tunisie). 2ème
Cong. Nat. des Sci. de la Terre. Tunis.
KAZI TANI N. (1986) - Evolution géodynamique de la bordure nord-Africaine : le
domaine intra-plaque nord-Algérien. Approche méga-séquentielle : Doctorat Es-
Sciences, Université de Pau, France, 87 p.
KHESSIBI M. (1978) - Etude géologique du secteur Maknassy-Mezzouna. Thèse
d'Université, Univ. Lyon.
LAARIDHI-OUAZZA N. (1994) - Etude minéralogique et géochimique des épisodes
magmatiques mésozoïques et miocènes de la Tunisie. Thèse Es-Sciecnes - Univ.
Tunis II, 466 p.
336
LAFFITE R. (1939) - Les plissements post-nummulitiques dans l'Atlas saharien. Bull.
Soc. Géol. Fr., 5e sér., IX, pp. 135-159.
LAFFITE R. et DUMOND T. (1948) - Plissements pliocènes supérieurs et
mouvements quaternaires en Tunisie. C.R. Acad. Sc., Paris, t. 227, 2, pp. 138-
140.
LAVILLE E. (1981) - Rôle des décrochements dans le mécanisme de formation des
bassins d'effondrement du Haut-Atlas marocain au cours des temps triasiques et
liasiques. Bull. Soc. Géol. Fr., (7), 23/3, pp. 303-312.
LE MESLE M. (1888) - Sur le Jurassique de Zaghouan. Bull. Soc. Géol. Fr., (3), pp.
145-152.
LEMOINE M. (1989) - Structuration jurassique des Alpes occidentales et
palinspatiques de la Téthys ligure. Bull. Soc. Géol. Fr., (8), I, 1, pp. 126-137.
LEONARDI P. (1962) - Les récifs coralliens triasiques des Dolomites. Livr. Mem. P.
Fallot, II, Bull. Soc. Géol. Fr., pp. 237-244.
LETOUZEY J. et TREMOLIERES P. (1980) - Paléo-stress fields around the
mediterranean. Since the Mesozoic derived from microtectonics comparisons
whith plate tectonic data. 27e Cong. Géol. Inter. Paris, coll. C.S. pp. 261-268,
B.R.G.M.
MAHERSI C. (1991) - Dynamique de dépôt du flysh numidien ( Oligo-Miocène) de
la Tunisie du Nord. Thèse Spéc. Ecole des Mines de Paris.
MAHJOUBI M. N., KHESSIBI M. et LAARIDH-OUAZAA N. (1989) -
Découverte de conglomérats à galets granitiques dans les grès du groupe Oum
Dhouil au Cap Bon. Proposition d'un modèle sédimentologique du Miocène
moyen dans le Nord-Est de la Tunisie. Mém. 2ème Journ. Géol. Tuni. Appl.
Rech. Hydroc. E.T.A.P. Tunis, pp.367-409
MAHMOUDI M. (1986) - Stragraphie, Sédimentologie et Diagenèse des dépôts
tyrrhéniens du Sahel tunisien. (Tunisie orientale). Thèse de Doctorat de troisième
Cycle, Univ. Paris Sud, Centre d'orsay, 309 p.
MANSPEIZER W., PUFFER J.H. et COUSMINER H.L. (1978) - Separation of
Morroco and Eastern-North America : a Triassic - Liassic stratigraphic record.
Geol. Soc. Am. Bull., 89, pp. 901-92
MARIE J., TROUVE Ph., DESFORGES G. et DUFAURE Ph. (1984) - Nouveaux
éléments de paléogéographie du Crétacé de Tunisie. Notes et mém. C.F.P., Paris,
19, 37p.
MARTINEZ C., TRUILLET R. et BEN JEMIA G. (199) - Les structures
synsédimentaires miocènes en compression associées au décrochement dextre
Mrhila - Chérichira. Bull. Soc. Géol. Fr. (8), t. VI, n° 1, pp. 167.
MATTAUER M., PROUST F. et TAPPONIER P. (1972) - Major strike slip fault of
late hercynian age in Morocco. Nature, vol. 237, n° 5351, pp. 160-162.
MEMMI L. (1989) - Le Crétacé inférieur (Berriasien-Aptien) de Tunisie.
Biostratigraphie, Paléogéographie et Paléoenvironnements. Thèse Doctorat Es-
Sciences. Univ. Claude Bernard - Lyon I. France. 158 p.
337
MEON H. and TAYECH B. (1986) - Etude palynologique dans le Miocène du Cap
Bon (Tunisie). Essai d'Etablissement d'Ecozones et Reconstitution
paléogéographique Geobios, n° 19, Fascicule 5, pp. 601-626, 6 Figures. Lyon.
MIDASSI M.S. (1982) - Regional gravity of Tunisia, Master of Science (Sept. Geol).
Univ. of south Carolina, 1 Vol., 76 p.
M'RABET A., DUFAURE P. et BUROLLET P.F. (1979) - Nouvelles données
biostratigraphiques, sédimentologiques et paléogéographiques sur l'Aptien de la
Tunisie Centrale. Géobios, Mém. Spec. 3, pp. 213-229.
M'RABET A. (1981) - Stratigraphie, sédimentation et diagenèse des séries du Crétacé
inférieur de Tunisie centrale. Thèse Doct. Es. Sciences. Univ. Paris-Sud. Orsay,
540 p.
M'RIDEKH A. (1994) - Structuration tectonique et séquentielle des séries plio-
quaternaires de subsurface du golfe d'Hammamet (Tunisie nord-orientale).
D.E.A, Uni. Tunis II, 84 p.
MITCHUM R.M., J.R., VAIL P.R. and THOMPSON S. III (1977a) - Seismic
stratigraphy and global changes of sea leel, part 2, the depositional sequences as
a basic unit for stratigraphy analysis. Seismic stratigraphy-application to
hydrocarbon exploration. A.A.P.G. Mém. 26, pp. 53-62.
MITCHUM R.M., J.R. (1977) - Seismic stratigraphy and global changes sea level,
part 11 : Glossary of terms unsed in seismic stratigraphy. Seismic stratigraphy -
Application to hydrocarbon exploration. A.A.P.G. Mém. 26, pp. 205-212.
MITCHUM R.M., J.R., VAIL P.R. and SANGREE J.B. (1977b) - Seismic
stratigraphy and global changes of sea level 6 : stratigraphic interpretation of
seismic reflection patterns in depositional sequences. Seismic stratigraphy -
application exploration. A.A.P.G. Mém. 26, pp. 117-132.
MROSOVSKY M. et KEPPEL C. (1952) - Structure de la plaine côtière de la
Tunisie orientale suivant les résultats des prospections géophysiques. Dans
"l'Atlas tunisien oriental et Sahel". (CASTANY G., 1952, XIX Congrés Géol.
Int. Monographie régionale, 2ème série, Tunisie, n° 6, pp. 101-108.
NEGRA M.H. (1987) - Paléoenvironnement et conditions de genèse du complexe
sénonien récifal à Rudistes du Jebel Kebar, Tunisie centrale. Bull. Soc. Géol. Fr.,
t. III, 2, pp. 317-326.
NEGRA M.H. (1994) - Les dépôts de plate-forme à bassin du Crétacé supérieur en
Tunisie centro-septentrionale ( Formation Abiod et faciès associés ).
Stratigraphie, sédimentation, diagénèse et intérêt pétrolier. Thèse Es-Sci., Univ.
Tunis, 600 p.
OBERT D. (1981) - Etude géologique des Babors orientaux (Domaine tellien,
Algérie). Mém. Sc. Terre, 81/32, niv. Pierre et Marie Curie, Paris (Thèse Doct.
Etat).
OUALI J. (1984) - Structure et évolution géodynamique du chaînon Nara-Sidi Kralif
(Tunisie centrale). Thèse de Doctorat de 3ème cycle, Univ. Rennes I.
OUALI J., TRICART P. ET DELTEIL J. (1987) - Ampleur et signification des
recouvrements anormaux dans l'axe Nord-Sud (Tunisie centrale) : données
nouvelles dans le chaînon Nara-Sidi Kralif- Rev., Eclogae geol. Helv. Vol. 80, n°
3, p. 685-696.
338
OULED GHERIB A. et SLIMANE F. (1994) - Nouvelles données géologiques sur
l’Atlas méridional de la Tunisie : mise en évidence du Trias dans la chaîne de
Gafsa. Notes. Service Géol. Tunisie, n° 60, pp. 5-10.
OLIVET J.L., BONNIN J., BEUZART P. et AUZENDE J.M. (1982) -
Cinématique des plaques et paléogéographie : une revue. Bull. Soc. Géol. Fr.,
7ème série, t. XXIV., n° 5-6, pp. 875-892.
PASKOFF R. et SANLAVILLE P. (1976) - Sur le Quaternaire marin de la région de
Mahdia, Sahel de Sousse, Tunisie . C.R.A.S. Paris, t. 283, série D, p. 1715.
PERTHUISOT V. (1978) - Dynamique et pétrogenèse des extrusions triasiques en
Tunisie septentrionale. Thèse Es-Sci., Trav. Lab. Géol. (Ecole Normale
supérieure). Paris, 312 p.
PERVINQUIERE L. (1903) - Etude géologique de la Tunisie centrale. Thèse. P.R de
Rudeval éd. Paris, 359 p.
PERVINQUIERE L. (1912) - Sur la géologie de l'extrêmité-Sud tunisien et de la
Tripolitaine. Bull. Soc. Géol. Fr., (4), pp. 143-193.
PEYBERNES B., KAMOUN F., BEN YOUSSEF M., TRIGUI A., GHANMI M.,
ZARBOUT M. et FRECHENCES M. (1993) -Sequence stratigraphy and
micro-paleontology of the Triassic series form the Southern part of Tunisia.
Journal of African Earth Sciences.
POMEL. (1884) - Géologie de la côte orientale de la Tunisie et de la petite syrte. Bull.
Ec. sup. Sciences, Alger, 1er fax., 105 p.
RAIS J., GAYA S., RABAH A., MOUGUINA M., TLIG S. (1991) - Le sillon
Tunisien : structure synsédimentaire jurassique. Rift avorté. C.R.A. Sci. Paris, t.
312, série II, pp. 1169-1175
RAIS J. (1990) - Les témoins de structuration et d'aggradation de bassins jurassiques
dans la région de Fahs - Diagenèse et épigenèse carbonatées. D.E.A. Univ. Tunis
II, 79 p.
RAIS J. (1995) -Géodynamique, paléoenvironnement et micro-faciès de dépôts
jurassiques en bordure sud-est de la Téthys maghrébine. Thèse de spécialité.
[Link].
RICHERT J.P. (1971) - Mise en évidence de quatre phases tectoniques successives
en Tunisie. Notes Serv. Géol. Tunisie, 34, p. 115-125.
RIGANE A. (1991) - Les calcaires de l'yprésien en Tunisie centro-septentrionale:
cartographie, cinématique et dynamique des structures. Thèse Doct. Univ.
Franche Comté. 214 p.
ROBINSON P. (1971) - The Beglia formation of Tunisia. Memoire Bureau de
Recherches Géologiques et Minières 78, Vème Congrès Néogène en
Méditerranée, Lyon, Septembre, 1971, pp. 235-237.
ROBINSON P. (1975) - Neogene continental rock units of Tunisia. Regional
Commite on Mediterranean Neogene Stratigraphy, Scond Congress, Bratislava,
pp. 4115-4119.
339
ROBINSON P and WIMAN S.K. (1976) - A revision of the stratigraphic subdivision
of the Miocene rocks of sub-dorsale, Tunisia : Notes du Service Géologique de
Tunisie, Tunis, numéro 42, pp. 71-86.
ROUVIER H. (1973) - Géologie de l'extrêmité N tunisien. Thèse Doct. Es-Sc., Univ.
Pierre et Marie Curie, Paris.
ROUX H. (1910) - la géologie des environs du Redeyef. Bull. Soc. Géol., Fr., 4, pp.
646-659.
ROUX H. (1911) - Plis du Redeyef (Sud tunisien). Bull. Soc. Géol. Fr., 4, XI, pp. 249-
284.
SAADI J. (1991) - Sédimentation en zone mobile coulissante : l'exemple du Crétacé
inférieur des structures subméridiennes de la région d'Enfidha. Thèse Doct. Univ.
PAU. 241 p.
SAADI J., BEN YOUSSEF M., SOUQUET P., PEYBERNES B. et ANDREU B.
(1994) - Stratigraphie séquentielle du Crétacé inférieur de la région d'Enfidha (
NE de la Tunisie ). [Link]. Paris, t.319, série II, pp. 119 - 125.
SAIDI M., ACHECHE M.H., INOUBLI H. et BELAYOUNI H. (1989) -
Identification et caractérisation des roches mères en Tunisie centrale - Actes des
2ème journées de Géologie Tunisienne appliquée à la recherche des
hydrocarbures (ETAP).
SALAJ J. et STRANIK Z. (1971) - Contribution à l'étude stratigraphique du Miocène
du synclinal de Saouaf (région du jebel Fkirine, Tunisie orientale): Notes du
Service Géologique de Tunisie, numéro 32 (and Travaux de Géologie tunisienne,
numéro 3, 1970).
SANGREE J.B. and WIDMIER J.M. (1977) - Seismic stratigraphy an global
changes of sea level, part 9, : seismic interpretation of clastic depositional.
Facies. Seismic stratigraphy application to hydrocarbon exploration. A.A.P.G.
Mém. 26, pp. 165-184.
SARG J. (1988) - Carbonate sequence stratigraphy - Sea level changes- An integrated
approach, SEPN special publication N° 42. The Society of Economic
Paelontologists and Mineralogists, ISBN 0-9 8985 - 74-9.
SCHAMEL S. (1982) - Geologic setting of the Tunisian Atlas. Work shop notes and
guide book " The structural style of Tunisian Atlas". Tunis 29 Sept. - 20 Oct. pp.
2-12.
SEDJIL A. (1981) - Stratigraphie et Sédimentologie du Crétacé post-aptien en
Tunisie centrale et septentrionale. Thèse 3ème cycle, Paris- Sud (Orsay), 141p.
SGHARI A. (1992) - Sédimentation et morphogenèse au Néogène- Quaternaire en
Tunisiméridionale. Thèse Doct. Univ. Louis Pasteur. Strasbourg I, 228 p.
SNOKE A., SCHAMEL S. and KARASEK R.M. (1988) - Structural evolution of
Djebel Debadib Anticline : A clue to the regional tectonic style of the Tunisian
Atlas. Tectonics, 7 : pp. 483-496.
SOLIGNAC M. (1927) - Etude géologique de la Tunisie septentrionale. Dir. Gener.
Trav. Publ. (Serv. Min.), Thèse Es-Sciences, Lyon.
340
SOLIGNAC M. (1931) - Description d'une nouvelle carte géologique de la Tunisie à
l'échelle du 1/500.000. Serv. Mines, Tunis, broch. in 8e, 77 p., 3 tabl. h.t, bibl.
SOUSSI M. (1990) - Les faciès argilo-carbonatés jurassiques en Tunisie centrale :
stratigraphie, sédimentologie, diagenèse (dolomitisation) et intérêt pétrolier.
Thèse de 3ème cycle, Univ. Tunis, 281 p.
SOYER C. (1987) - Evolution géodynamique
ème de la direction atlasique en Tunisie
Centrale : le jebel Boudinar. 8 Reg. Meet. Sedim. Tunis.
SOYER C. et TRICART P. (1987) - La crise aptienne en Tunisie Centrale : approche
paléostructurale aux confins de l'Atlas et de l'axe Nord-Sud. C.R. Acad. Sci.
Paris. t. 305, série II, pp. 301-305.
SOYER C. et TRICART P. (1989) - Tectonique d'inversion en Tunisie Centrale : le
chaînon atlasique Segdal-Boudinar. Bull. Soc. Géol. France, (8), t. V, n° 4, pp.
829-836.
SUZONNI J.M. (1979) - Observations sur les décrochements au voisinage du fossé de
Kasserine (Atlas tunisien central). IN : 7ème réun. ann. Sci. terre, Lyon. Soc.
Géol. france, p. 433.
TAYECH B (1984) - Etudes palynologiques dans le Néogène du Cap Bon (Tunisie) :
Thèse de troisième Cycle, Université Claude Bernard, Lyon I, France, 121 p.
TAYECH B. (1991) - Rapport interne des Journées du Comité de lecture des cartes
géologiques de Gafsa.
THOMAS P.H. (1885) - Sur la découverte de phosphates de chaux dans le Sud de la
Tunisie. C.R. Ac. Sc., t. 101, pp. 1184-1187.
THOMAS P.H. (1888) Sur les gisements de phosphates de chaux de l'Algérie C.R.A.
Sci. Paris, t. 106, n° 5, pp. 379-38.
TLATLI M. (1983) - Etude des calcaires ème de l'Albo-Aptien des Djebels Serj et
Bellouta (Tunisie centrale). Thèse 3 cycle, Univ. Aix Marseille II.
TLIG S. (1978) - Les conditions de dépôt du Jurassique supérieur et du Crétacé
inférieur du Sud tunisien. Thèse 3ème cycle. Univ. Paris Sud. Orsay. 322 p.
TLIG S., Er-RAOUI L., BEN AÏSSA L., ALOUANI R. et TAGORTI M.A. (1991)
- Tectonogenèses alpine et atlasique : deux événements distincts de l'histoire
géologique de la Tunisie. Corrélations avec des événements clés de la
Méditerranée. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Paris, tome 312,
série II, p.p. 295-301.
TOUATI M.A. (1985) - Etude géologique et géophysique de la concession de Sidi El
Itayem en Tunisie orientale. Sahel de Sfax. Histoire géologique du bassin et
évolution de la fracturation et des structures du Crétacé au plio-quaternaire.
Thèse Doct. Univ. P. et M. Curie, Paris VI, 226 p.
TOUIR J., BEN HAJ ALI N., DONZE P., MAAMOURI A.L., M'RABET A.,
RAZGALLAH S., ZAGHBIB-TURKI D. (1989) - Biostratigraphie et
sédimentologie des séquences du Crétacé supérieur du jebel Mrhila - Tunisie
Centrale. Géol. Mediter. Tome XVI, n° 1, pp. 55-66.
TURKI M.M. (1985) - Polycinématique et contrôle sédimentaire associé sur la
cicatrice Zaghouan - Nebhana. Thèse Doct. Sci. Univ. Tunis, 252 p.
341
VAIL P.R., MITCHUM R.M. and THOMPSON S. (1977) - Seismic stratigraphy
and global changes of sea-level, Part 4 : Geological cycles of relative changes of
sea-level : Amer. Assoc. Petrol. Geol. Mem., Tulsa-Oklahoma, 26, pp. 83-85.
VAIL P.R. (1987) - Seismic stratigraphy interpretation using sequence stratigraphy,
part 1, seismic stratigraphy interpretation procedure in A-W. Bally, Ed., Atlas of
seismic stratigraphy : A.A.P.G. studies in geology 27, V. 1, pp. 1-10.
VAIL P.R. and SANGREE J.B. (1988) - Sequence stratigraphy interpretation of
seismic, well and outcrop data. Work book. G.S.G.P. Digne, France. 15-22
Septembre 1988.
VAN HOUTEN F. B. (1980) - Mid Cenozoic Formation, Northeastern Tunisia.
Record of late alpine activity on North African Cratonic Margin. Am. J. Sc. 280,
pp. 1051-1062.
VAN LECKWIJCK W. (1954) - Observation sur le Miocène lignitifère des domaines
de Monastir et de Zéramdine - Tunisie orientale. Vol. Jub. Victor Van Straelen,
Inst. Rog. Sc. Nat. Bruxelles, tome I, pp. 1125-1954.
VAN WAGONER J.C. (1988) - An overview of the fundamentals of sequences
stratigraphy and key denifitions. In : sea level changes. An in tegrated approach,
S.E.P.M. Special publication, n° 42, pp. 39-45.
VAUFREY R. (1932) - Les plissements acheuléo-moustériens des alluvions de Gafsa.
Rev. Géog. Phys. Géol. dyn., 1, V, p. 299-321.
VERNET J.P. (1981) - Esquisses paléogéographiques de la Tunisie durant
l'Oligocène et le Miocène inférieur. 1er Cong. Nat. Sc. Terre, Tunis, p. 105.
VILA J.M. (1980) - La chaîne alpine d'Algérie orientale et des confins algéro-
tunisiens, Thèse Es Sciences, Université Pierre et Marie Curie, Paris, 665 p.
WERNER E.P. (1981) - The Stein platte Reef Complex, part of an upper Triassic
carbonate platform; Near. Salz Binz, Austria. SEPM, Special publi., 30, pp. 203-
231.
WEZEL F.C. (1968) - Osservazioni sui sedimenti dell Oligo-Miocene inferiore della
Tunisia settentrionale, Memoria Societa Geologica Italiana Nationale, 7, pp. 417-
439.
WILDI W. (1983) - La chaîne tello-rifaine Algérie, Maroc, Tunisie) : structure,
stratigraphie et évolution du Trias au Miocène. Rev. Géol. dyn. Géog. phys., vol.
24, série 3, pp.201-298.
WIMAN S.K.F. (1976) - Stratochronology and foraminiferal biostratigraphy of the
Miocene-Pliocene sedimentary sequences of central and northeastern Tunisia :
Ph.D. Thesis, University of Colorado, Boulder Co, 173 p.
WIMAN S.K.F. (1978) - Mio-Pliocene foraminiferal biostratigraphy in Northeastern
Tunisia : Revista Espanola di Micropaleontologia, Madrid, volume 4, number 1,
pp. 87-143.
WINNOK E. et BEA (1979) - Structure de la mer pélagienne. géologie
méditerranéenne. Ann. Univ. de Provence, t. VI., n° 1, pp. 35-40.
342
YAICH C. (1984) - Etude géologique des chaînons du Chérahil et du Krechem El
Artsouma (Tunisie centrale). Liaison avec les structures profondes des plaines
adjcentes. Thèse 3ème cycle. Besançons. 165 p.
YAICH C. (1987) - La formation Fortuna (Oligo-Miocène inférieur) : un double
système deltaïque Tunisie centro-orientale. 8th Cong. Inter. Sédim. I.A.S. Tunis
1987, p. 501.
ZAIER A. (1984) - Etude stratigraphique et tectonique de la région de Sra Ouertane
(Atlas tunisien central). Lithologie, pétrologie et minéralogie de la série
phosphatée. Thèse de Doct. 3ème Cycle, [Link].
ZARGOUNI F. (1977) - Etude structurale de la bande Baouala-El Mecherket (zone
des diapirs, Atlas tunisien). Bull. Soc. Sc. Nat. Nouv. Série, t. 12, pp. 79-82.
ZARGOUNI F. et RUHLAND M. (1981) - Style des déformations du Quaternaire
récent lié au coulissement de la faille de Gafsa, et chronologie des phases
tectoniques de l'Atlas méridional de Tunisie. C.R. Acad. Sci., Paris, 292, II, pp.
912-915.
ZARGOUNI F. et TREMOLIERES P. (1981) - Déformations tectoniques
postérieures au dépôt de la série du Ségui (plio-Villafranchien) dans l'Atlas
méridional tunisien. Actes 1er Cong. Nation. Sci. Terre, Tunis.
ZARGOUNI F. (1984) - Style et chronologie des déformations des structures de
l'Atlas tunisien méridional. Evolution récente de l'accident sud-atlasique. C.R.
Acad. Sci., Paris, 299, sér. II, 2, pp. 71-76.
ZARGOUNI F (1985) - Tectonique de l'Atlas méridional de Tunisie. Evolution
géométrique et cinématique des structures en zone de cisaillement. Thèse ES
Sciences, Université Louis Pasteur Strasbourg, 296 p.
ZGHAL I. (1994) - Etude microbiostratigraphique et sédimentologique du Crétacé
inférieur et moyen du jebel Mrhila (Tunisie centrale).
ZITOUNI L. (1992) - Géodynamique des bassins jurassique et crétacés inférieurs de
l'Atlas central de Sidi Aïch-Majoura et implications pétrolières. D.E.A, Univ.
Tunis II.
ZITOUNI L., BEDIR M. et TLIG S. (1993a) - Organisation bassinale jurassique de
subsurface ème
le long des couloirs tectoniques NS en rameaux de l'Atlas central
tunisien. 14 Meet. Rég.Sédim. Marrakech. Maroc. 27-29 Avr., p. 346.
ZITOUNI L., BEDIR M. et TLIG S. (1993b) - Scellement et migration de bassin au
Crétacé inférieur
ème le ldes couloirs de faNS en remeaux de l'Atlas central de
Tunisie. 14 Meet. Rég. Sédim. Marrakech. Maroc. 27-29 Avr., p. 347.
ZITOUNI L., BEDIR M. et TLIG S. (1993c) - Stratigraphie sismiqueème et dynamique
séquentielle Jurassique et Crétacé de l'Atlas central de Tunisie. 14 Meet. Rég.
Sédim. Marrakech. Maroc. 27-29 Avr., p. 348.
ZOUARI H. (1984) - Etude structurale du Jebel Chaâmbi (Tunisie centrale). Relation
entre la minéralisation et la structure. Thèse de Doctorat 3ème cycle. Univ.
Franche Comte. Besanson. 93 P.
ZOUARI H., TURKI M.M. et DELTEIL J. (1990) - Nouvelles données sur
l'évolution tectonique de la chaîne de Gafsa. Bull. Soc. Géol. Fr., 8, VI, n° 4, pp.
621-628.
343
ZOUARI H. (1992) - Les variations géométriques des plissements liées à la
cinématique coulissante en relais des accidents pré-existants C.R. Acad. Sci.
Paris, t. 314, II, pp. 699-702.
344