100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
466 vues122 pages

Vivre la Voie Infinie de Joël Goldsmith

Le livre 'Vivre la Voie Infinie' de Joël S. Goldsmith explore la spiritualité et l'illumination, soulignant que la véritable vie ne dépend pas des biens matériels mais de la parole de Dieu. Goldsmith insiste sur l'importance de l'expérience spirituelle personnelle et de la méditation pour atteindre une compréhension plus profonde de Dieu. Il affirme que la transformation intérieure et la conscience spirituelle sont essentielles pour vivre une vie guidée par la grâce divine.

Transféré par

Mapaté Fall
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
466 vues122 pages

Vivre la Voie Infinie de Joël Goldsmith

Le livre 'Vivre la Voie Infinie' de Joël S. Goldsmith explore la spiritualité et l'illumination, soulignant que la véritable vie ne dépend pas des biens matériels mais de la parole de Dieu. Goldsmith insiste sur l'importance de l'expérience spirituelle personnelle et de la méditation pour atteindre une compréhension plus profonde de Dieu. Il affirme que la transformation intérieure et la conscience spirituelle sont essentielles pour vivre une vie guidée par la grâce divine.

Transféré par

Mapaté Fall
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Joël S.

Goldsmith

Vivre
La
Voie
Infinie
Joël S. Goldsmith

Vivre
la
Voie Infinie
Titre original :
LIVING THE INFINITE WAY
Si l’Éternel ne bâtit la maison,
ceux qui la construisent travaillent en vain.
Psaume 127

L’illumination dissout tous les liens matériels et rassemble


les hommes dans les chaînes d’or de la compréhension spiri-
tuelle. Elle reconnaît seulement la direction du Christ ; elle n’a
ni rituel ni règle hormis l’Amour universel, impersonnel, divin ;
elle n’a aucune autre adoration que la Flamme intérieure qui
est toujours allumée dans le sanctuaire de l’Esprit. Cette union
est l’état libre de la fraternité spirituelle. La seule restriction
est la discipline de l’Âme ; c’est pourquoi nous connaissons la
liberté sans licence ; nous sommes un univers uni, sans limites
physiques ; un service divin à Dieu, sans cérémonie ni credo.
Les illuminés marchent sans peur – par la Grâce.

Extrait du chapitre : L’Illumination Spirituelle


du livre La Voie Infinie, de Joël Goldsmith
SOMMAIRE

Introduction .......................................................................7

1. Le Mystère de l’Invisible .................................................17

2. Parvenir à l’Expérience de Dieu .....................................31

3. Dieu Est ...........................................................................45

4. Dieu Est Un .....................................................................55

5. Dieu en tant que Loi à l’Œuvre.......................................65

6. Je Suis le Cep ..................................................................77

7. Dieu Est Omniprésent ....................................................93

8. La Méditation ...............................................................109
INTRODUCTION

U
N des plus grands enseignants spirituels qui ait jamais
foulé cette terre nous a dit que l’homme ne vit pas de
pain seulement, mais de chaque mot qui sort de la
bouche de Dieu. Au cours de chaque âge, il y a eu des hommes
et des femmes de discernement qui ont découvert que cela est
vrai. Certains ont laissé un testament de leur découverte dans
les écritures de ce monde : un rapport de courage, de force et
d’inspiration, une révélation de conscience en cours de dévoi-
lement. L’expérience de ces hommes et femmes illuminés est
un rappel constant que nous ne vivons pas seulement par le
travail, la nourriture et le repos, mais qu’il y a un autre fac-
teur qui pénètre la vie, et qui est de loin plus important que
n’importe laquelle de ces activités humaines. Ce facteur est la
« parole qui sort de la bouche de Dieu ».
La Parole devient des eaux vives. Elle est notre protection,
notre sûreté. En nous occupant de nos travaux et de nos
devoirs, même si nous devons traverser des eaux profondes et
être mis à l’épreuve dans le feu de l’expérience, les eaux ne
nous noieront pas et les flammes ne s’allumeront pas sur nous,
si la parole de Dieu est en nous et avec nous. C’est notre nour-
riture, notre eau et notre pain de vie, notre bâton pour nous
appuyer. Mais la Parole doit être davantage qu’une citation
extraite d’un livre. Elle doit devenir vivante en nous ; elle doit
être une force vitale, vivante. Son essence ou sa substance doit
devenir partie de notre conscience, non plus des paroles mais
la Parole. Dès lors, elle vit et fonctionne pour nous éternelle-
ment.

7
Qu’y a-t-il dans la Bible qui soit saint ? Est-ce la reliure, le
papier, l’impression, ou les mots ? Aucune de ces choses n’est
sacrée. La seule chose dans la Bible entière qui soit pouvoir
est la Parole de Dieu. Et où trouvons-nous cela ? Dans un
livre ? Non, car alors il serait simplement nécessaire d’ache-
ter un livre pour avoir la Parole de Dieu. Des millions de gens
achètent la Bible chaque année, mais combien parmi eux ont-
ils la Parole de Dieu ? La plupart d’entre eux ont des mots
imprimés dans un livre. Le monde a raté le but en lisant la
Bible comme un ouvrage historique ou littéraire. Aussi long-
temps que la Parole reste imprimée dans un livre, elle ne
devient pas chair. La Parole est dans notre bouche, dans notre
conscience, dans notre âme, et c’est là qu’elle devient chair et
habite parmi nous.
La Bible est le Livre de Vie. Lorsque ses enseignements
sont discernés spirituellement, elle est remplie de tout le pain
de vie, de toute l’eau, de tout le vin. En tant que livre, elle n’est
pas notre protection ni notre sécurité. Soyez certains de ceci : si
nous apprenions la Bible entière depuis la Genèse jusqu’à
l’Apocalypse, nous pourrions continuer à nous trouver « un
affamé», malade et seul. C’est seulement lorsque la Parole s’en-
racine dans la conscience qu’elle peut s’extérioriser comme
chair, comme démonstration.
Cela n’a que peu de valeur, par exemple, de répéter le
Psaume 91 et de penser que, grâce à cette répétition conti-
nuelle, nous serons protégés par ses enseignements. C’est
lorsque nous aurons rempli les exigences du Psaume 91, en
demeurant « dans l’abri du Très Haut », en demeurant dans la
vérité spirituelle, en vivant dans la reconnaissance continuelle
de Dieu comme unique Cause et seul Principe créateur, que la
vérité devient active dans notre expérience. Lorsque nous
demeurons dans cette vérité au point qu’elle devient l’incar-
nation même de notre être, nous n’avons plus aucune crainte.
La vérité dans laquelle nous habitons, et à qui nous permettons

8
INTRODUCTION

de demeurer en nous, devient notre forteresse ; elle devient


notre rocher ; et nous atteignons un état de conscience où nous
réalisons que cette vérité est notre bouclier et notre protection,
notre forteresse, tout notre bien.
L’Écriture joue un rôle de plus en plus grand dans notre vie
à mesure que sa signification intérieure se déplie et se révèle.
Toute Écriture doit être interprétée spirituellement, si l’on veut
pénétrer la profondeur de son message. Réfléchir à la Parole et
la méditer révélera son sens réel, ou essence ; alors elle est
« rapide, puissante, et plus aiguisée qu’une épée à double tran-
chant». Le mental abandonne sa base intellectuelle au profit de
la base spirituelle, et Dieu est révélé comme une possibilité
actuelle.
La parole écrite ou parlée est la partie la moins importante
de notre travail. Ce qui n’est pas écrit ou parlé est l’enseigne-
ment réel. Dans la Bible, on l’appelle « la perle de grand prix ».
Lorsque nous trouvons cette perle, cet enseignement particu-
lier qui nous dit : « ceci est pour moi, ceci est le chemin », alors
suivons-le. Lorsque la révélation de Dieu sera venue à notre
conscience, et que nous aurons touché seulement le bord de la
Robe, nous n’aurons plus besoin de livres ou d’enseignants.
Le développement intérieur est la mission de la Voie Infinie.
Son propos est la révélation de la vérité à partir de notre être
intérieur et l’obtention de la présence constante de la présence
de Dieu. Ce n’est pas tant un enseignement qu’une expérience,
une expérience du Christ, une expérience de Dieu.
Le Maître nous a donné l’illustration de la graine germée
dans un sol fertile, un sol pierreux, un sol stérile. C’est la
graine semée dans un sol fertile qui s’épanouit en fruit. Com-
ment pouvons-nous reconnaître un sol fertile ? Comment pou-
vons-nous savoir que notre conscience est fertile pour y planter
la parole de vérité ? Nous pouvons être sûrs qu’elle est pier-
reuse et stérile aussi longtemps qu’elle s’inquiète des résultats
extérieurs. Le seul moment où notre conscience est fertile pour

9
la plantation de la semence spirituelle est lorsque nous pou-
vons dire : « je cherche seulement des fruits spirituels, l’har-
monie spirituelle, la santé spirituelle, la richesse spirituelle,
la compagnie spirituelle ». Lorsque nous pouvons nous trouver
satisfait de laisser le royaume de Dieu s’interpréter à nous lui-
même dans son propre langage, et non pas selon ce que nous
pensons être nos besoins et nos exigences, c’est alors, et alors
seulement, que la conscience cherche des fruits spirituels.
Une fois que la graine est semée dans la conscience, com-
mence la même période de gestation que pour le développe-
ment de l’enfant ; il y a la période de croissance et de dévelop-
pement. Dans le royaume spirituel, il n’y a aucun processus
semblable, mais du fait que nous ne sommes pas au point
d’être absolument prêt pour une ascension instantanée, nous
devons traverser, comme le fit le Maître, la même période de
développement préliminaire. Il est passé par l’éveil, les trois
années de ministère, les trois tentations dans le désert, le jar-
din de Gethsemané, la Crucifixion, la Résurrection, et la révé-
lation finale et complète de Dieu en tant que son propre être,
état dans lequel Il s’éleva au-dessus de tout sens matériel du
corps. Jusque-là, son expérience fut celle d’un développement.
De la même manière, il doit y avoir pour chacun de nous
une préparation à l’implantation de la graine. La première pré-
paration est de renoncer à l’accomplissement matériel, de choi-
sir qui nous allons servir: Dieu ou Mammon, Dieu ou des résul-
tats. Quand nous parvenons à ce point de la renonciation, où
nous voulons tout abandonner pour « Me suivre », nous trou-
vons le mystère et le miracle. Rien de réel n’a été sacrifié, et
tout a été obtenu.
Nous devons devenir « l’homme nouveau », et ceci se réalise
comme activité de la conscience. S’il n’y a aucun changement
dans notre conscience, il n’y aura aucune modification de l’ex-
périence extérieure, car ce qui est dans la conscience se mani-
feste sous forme visible. Il n’y a pas vérité et manifestation ; la

10
INTRODUCTION

vérité apparaît en tant que manifestation. L’Esprit n’est pas


quelque chose de distinct et de séparé des formes qu’il revêt :
L’Esprit est la substance et la forme de sa manifestation. La
Vérité révélée en secret apparaît sous forme manifestée.
Par conséquent notre but, en étant sur ce Chemin, est l’ex-
pansion de la conscience, la révélation de l’homme nouveau :
le Fils de Dieu. Notre développement dépend de ce que nous
cherchons. Cherchons-nous seulement la démonstration de
Dieu ? Sommes-nous prêts en ce moment à cesser de nous
inquiéter des choses de ce monde, qui ne font pas partie du
royaume spirituel, et à réaliser : « tout ce que je désire est le
royaume de Dieu sur la terre. Je désire seulement le royaume
de Dieu, le règne de Dieu dans mon expérience personnelle, le
gouvernement de Dieu dans mes affaires individuelles »
Quand nous sommes prêts à faire cela, à mourir chaque
jour à une vie humaine limitée et à renaître de l’Esprit, nous ne
sommes pas limités à un mental humain ni à une expérience
humaine. L’Esprit ne connaît aucune limitation. L’Esprit se
déverse tout simplement. Il se déverse et se rue d’une manière
si glorieuse que nous pouvons à peine le croire. Il peut Se
déverser sous forme d’une vie entièrement nouvelle, d’un nou-
veau travail, d’une nouvelle activité, ou il peut augmenter et
faire prospérer ce dans quoi nous sommes déjà engagé. Nous
devenons observateur de l’activité de Dieu, en nous émer-
veillant de sa munificence, de sa beauté et de sa bonté. À ce
moment de conscience élevée, nous savons qu’il y a un haut
dessein pour chacun de nous, une destinée divine.
La vie spirituelle est une vie vécue par la Grâce, non par
la force, ni par la puissance, une vie dans laquelle nous voyons
toutes choses apparaître pour nous dans l’ordre dans lequel
nous en avons besoin, parfois avant que nous soyons nous-
même averti de ce besoin. Cela est vivre par la Grâce ; et l’on y
parvient seulement quand les choses, les pensées et les désirs
ont été dominés. Nous n’avons pas dominé le monde tant que

11
nous essayons d’améliorer ou d’augmenter notre sens matériel
du monde. La vie spirituelle est cet état d’être dans lequel nous
vivons par la Grâce, dans lequel nous savons que la réponse
apparaîtra quel que soit le besoin. Chaque chose qui arrive
vient comme le don de Dieu, et en fait arrive juste un tout petit
peu avant que nous en ayons besoin, même avant que nous
sachions que nous allons en avoir besoin. Une voie s’ouvre
devant nous, d’une beauté, d’une joie et d’une paix indescrip-
tibles.
Souvenez-vous que dès lors nous ne vivons pas de pain seu-
lement ; nous ne vivons pas par l’argent ; nous ne vivons pas
par le repos humain, nous vivons par la Parole introduite dans
notre pensée et dans notre souvenir. Cela est le grand secret. À
partir du moment où nous commençons à tenir la Parole de
Dieu dans notre pensée, secrètement et silencieusement, n’en
parlant à personne, un grand changement commence à prendre
place en nous. À partir de ce moment, le grand secret de la vie
est nôtre, le secret trouvé dans toute écriture discernée spiri-
tuellement, le secret que le Maître a essayé de nous trans-
mettre il y a deux mille ans : « Le royaume de Dieu est au-
dedans de vous ». Quand nous réalisons le royaume de Dieu tel
qu’il est révélé par la Parole de Dieu, il devient évident et fon-
damental dans notre expérience en tant que notre corps, en
tant que notre être, en tant que notre esprit et en tant que
notre âme.
La Parole de Dieu est la grande vérité qui devient chair,
qui devient tangible dans nos vies. Cette parole, maintenue
intimement au-dedans de nous, cogitée, en demeurant avec
elle, en se la rappelant, devient l’activité spirituelle de vie et
entraîne l’expression de qualités spirituelles. Il n’y a aucune
manière d’introduire dans notre expérience un bien spirituel,
un pouvoir spirituel, depuis l’extérieur de notre être. La Spiri-
tualité n’est pas quelque chose qui vient à nous, mais plutôt
quelque chose qui s’écoule à partir de nous, lorsque nous entre-
tenons la Parole au-dedans. « Si vous demeurez en moi et si

12
INTRODUCTION

mes paroles demeurent en vous », c’est alors que la grande paix,


les grands délices de ce monde seront à vous. Aucun mal ne
viendra vers vous et vous n’aurez rien à craindre.
Chaque jour, prenez la parole dans votre conscience, et
aussi souvent que possible au cours de la journée, remémorez-
vous la. Si vous faites cela vous ne serez plus jamais tout à fait
le même, parce qu’à partir de ce moment, ce sera comme si
vous aviez contacté un Centre infini de Sagesse ou de Savoir,
une Présence infinie qui oriente, protège, maintient et soutient.
Ceux d’entre vous qui sont sur ce chemin et qui n’ont pas
encore eu cette expérience l’accompliront, parce qu’il est écrit :
« vous ne M’avez pas choisi mais moi Je vous ai choisi ». Dieu
vous a amené à ce point de dévoilement, et Il ne supportera
pas que vous vous écartiez de ce chemin jusqu’à ce que vous
ayez reçu votre illumination. La Voie est ouverte devant vous.

13
Vivre

la

Voie

Infinie
CHAPITRE I

LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

T
OUT au long des âges, les hommes ont cherché à com-
prendre le mystère de la vie. Ils ont recherché ce quel-
que chose appelé le secret de la vie, en particulier le
secret du succès et du bonheur ; de la même manière que ceux
qui ont cherché le Saint-Graal, ils ont regardé partout dans le
monde excepté là où il se trouvait.
On ne reconnaît pas facilement les gens qui réussissent
réellement leur vie car, s’il est facile de trouver la personne qui
a gagné le plus de millions ou celle qui a acquis la plus grande
renommée dans quelque domaine, ce n’est pas toujours facile
de trouver ceux qui sont arrivés au succès réel. Le succès
devrait apporter le bonheur, et spécialement la paix intérieure
et la sécurité, par conséquent le vrai succès a un sens très dif-
férent de la simple acquisition de choses ou obtention de pou-
voir ou de gloire personnelle.
La vie spirituelle peut apporter avec elle exactement autant
de renommée et de fortune que la vie matérielle, mais elles
sont d’abord obtenues, non point comme des buts, mais comme
des choses ajoutées de surcroît, et non pas à partir de l’exté-
rieur, mais de l’intérieur, par l’intermédiaire d’une compré-
hension de leur Source. Dans la vie matérielle, quoi que ce soit
que l’on puisse gagner à l’extérieur est forcément limité, mais
il n’y a aucune limite à ce que peut atteindre une personne qui
a découvert le secret de la vie intérieure. C’est là que se trouve
la différence entre la vie matérielle et la vie spirituelle.

17
Le secret de la vie intérieure est révélé par la méditation
qui, dans ses premières étapes, est un acte d’avertissement
conscient par lequel nous prenons contact avec une zone de
conscience au-dedans de nous qui est effectivement le réser-
voir de nos vies.
Il fut un temps où l’homme était un être pur, spirituel, lors-
qu’il vivait entièrement à partir de l’intérieur de lui-même,
lorsque ses pensées demeuraient perpétuellement au centre
de son être, et que sa vie s’écoulait depuis l’intérieur : les idées
provenaient de l’intérieur, les moyens d’action provenaient de
l’intérieur, et à n’importe quel moment où apparaissait un
besoin, tout ce que l’homme avait à faire était de fermer les
yeux et de le laisser se réaliser sous forme de manifestation.
Nous n’avons aucune connaissance positive de cette période,
mais nous savons pertinemment que la Bible raconte symboli-
quement l’histoire d’Adam et Ève qui vivaient une vie divine-
ment spirituelle, sans un problème, mais qui furent contraints
de quitter le jardin d’Éden et qui firent ensuite l’expérience de
tous les troubles de la vie humaine – la vie matérialiste. On
nous dit que la raison de cette chute hors de la Grâce fut l’ac-
ceptation de la croyance en deux pouvoirs : le bien et le mal. (1)
C’était un acte de conscience, et, en dépit de l’explication théo-
logique communément acceptée, il n’était en aucune manière
relié au sexe.
L’épisode du Jardin d’Éden contient pour chacun de nous
une leçon sur la façon de vivre. Combien de fois ressentons-
nous que notre vie est construite, ou gâchée, par quelque acte
extérieur ? Mais ceci n’est jamais vrai parce que c’est toujours
quelque chose qui se passe au-dedans de notre conscience qui
produit le changement vers le bien ou vers le mal ; et dans l’al-
légorie d’Adam et Ève, la chute de l’homme est expliquée par
l’acceptation de la croyance en le bien et le mal.

(1) Pour une explication détaillée de ce sujet, voir Le Tonnerre du Silence du


même auteur.

18
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

Une autre histoire symbolique dans l’Écriture est celle du


fils prodigue. Ici, le fils du roi, qui en lui-même et par lui-même
n’était rien, mais qui en tant qu’héritier du roi était non seu-
lement royal mais riche, décida de se séparer de la source de
son bien, c’est-à-dire de la maison de son Père, la conscience
de son Père. Emportant la substance qu’il considérait comme
son dû, il commença à vivre de ce montant fini et limité qu’il
avait reçu. Vivant ainsi d’une manière limitée, il se coupa de sa
Source. Toute somme qu’il dépensait le laissait diminué de son
montant ; chaque jour de vie qu’il vivait le trouvait avec un jour
de moins à vivre ; chaque parcelle de force ou de substance qu’il
usait le laissait avec autant de moins, parce qu’il dépensait la
substance qu’il usait sans être capable de se remplir à nouveau
depuis la Source dont il s’était coupé de sa propre autorité.
Ce même principe est exposé dans la leçon sur la vigne et
les ceps que le Maître donna à ses disciples dans le quinzième
chapitre de Jean :

Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et
en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne
pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme
le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au
feu, et ils brûlent.
Ici se trouve l’essence de la sagesse biblique : coupés du cep,
les sarments, n’ayant plus accès à la Source, se dessèchent ;
coupé de la maison du Père, ou conscience, le fils prodigue s’ac-
corde avec les porcs ; coupés de leur Source et expulsés du Jar-
din d’Éden, Adam et Ève sont contraints à vivre de leur propre
substance.
Dans chacune de ces trois illustrations se trouve cette
unique leçon spirituelle : lorsque nous sommes coupés de la
Source de notre être, nous consommons notre propre vie – tout

19
notre mental, nos forces, notre santé, notre sagesse, notre
orientation et notre direction – et nous arrivons finalement à
cette période où nous sommes desséchés. À l’opposé, en main-
tenant notre relation de fils ou héritier du Père, ou en demeu-
rant dans l’Éden, dans le royaume de Dieu, nous puisons dans
le Réservoir inépuisable. Cette voie mène à l’éternité, l’im-
mortalité, l’infinité, l’harmonie, la plénitude et la perfection.
En tant qu’humain vivant une vie matérialiste dans le
monde, nous sommes la branche coupée de l’arbre ; nous som-
mes le fils prodigue sans Père, nous sommes cet Adam expulsé
du Jardin. Dans cette manière de vivre, il n’y a aucun gouver-
nement de Dieu, aucun soutien de Dieu. Les bébés, les enfants,
les jeunes hommes et les jeunes femmes souffrent et meurent ;
les personnes âgées sont infirmes, décrépies et usées jusqu’à
la moelle, parce que depuis le berceau jusqu’à la tombe, elles
ont un sens de séparation de leur Source.
La vérité est qu’il n’est pas possible de prier Dieu et d’ob-
tenir de cette façon les avantages de Dieu ; il n’est pas possible
d’être simplement un homme bon ou une femme bonne – même
un homme ou une femme allant à l’église – et d’être, par là, en
contact avec Dieu, parce que le contact avec Dieu n’est produit
par aucun moyen externe. Le monde entier a couru et court
vers l’enfer pendant tout le temps où il prie Dieu de le sauver,
sans jamais obtenir de réponse !
C’est pourquoi, à notre époque, le monde entier cherche une
réponse à cette énigme, et beaucoup la cherchent par la prière
et la méditation. Il ne peut y avoir aucune paix intérieure, ni
extérieure, jusqu’à ce que nous demeurions dans la Parole et
laissions la Parole demeurer en nous ; jusqu’à un retour vers la
maison du Père au moyen de ce contact intérieur ; jusqu’à ce
que nous extrayions notre substance, non pas en nous piratant
les uns les autres, non par des publicités mensongères desti-
nées à nous tromper les uns les autres, mais en puisant dans
la substance qui est celle du Père.

20
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

Le secret entier de la vie n’est-il pas contenu et résumé


dans cette brève conversation qui eut lieu entre le Maître et
ses disciples tout de suite après que Jésus eût manqué son
repas de midi? Il venait d’instruire la femme au puits de Sama-
rie, et les disciples, (Jn. 4-31) « le pressaient de manger, en
disant : Rabbi, mange ».
Et vous souvenez-vous de sa réponse ? « J’ai à manger une
nourriture que vous ne connaissez pas. »
Ceci était exactement la même réponse qu’il avait faite à
la femme qui demandait près du puits : « Seigneur, tu n’as rien
pour puiser, et le puits est profond ; d’où aurais-tu donc cette
eau vive ? » Comment, en effet, pouvait-il puiser ?
Mais il expliqua qu’il avait de l’eau, des sources d’eau, et
que « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais
soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source
qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » Et plus tard, à la mul-
titude recherchant de la nourriture, le Maître déclara, «Je suis
le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui
qui croit en moi n’aura jamais soif ». (Jn 6 : 35) Et à Thomas,
« Je suis le chemin, la vérité et la vie ».
Il enseignait qu’au-dedans de nous est incorporé tout ce qui
est nécessaire à notre vie et à notre développement – à nos
affaires, à notre vie en compagnie, à notre approvisionnement.
Au-dedans de nous, par la Grâce de Dieu, le Père parle, « Fils,
tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi » – Tout ce
que J’ai ! (2) Où est le Père ? Où est « tout ce que J’ai » ? Et le
Maître répond « au-dedans de vous – le royaume de Dieu est
au-dedans de vous ». Le royaume de Dieu, la totalité de Dieu,
est au-dedans de vous !
Ainsi nous apprenons le mystère de la vie : Nous apprenons
que si nous voulons ouvrir le robinet du Réservoir infini, et si
nous voulons attirer à nous le bien infini, l’harmonie infinie,

2. J, Je, en majuscule, indique Dieu.

21
l’abondance, la totalité, la perfection, la plénitude, la joie, la
satisfaction, la sûreté et la sécurité, il est indispensable d’at-
tirer ces choses depuis l’intérieur de notre propre être.
Pour l’être humain – à qui on a appris à regarder à l’exté-
rieur de lui-même, et même à lever les yeux vers le ciel, ou vers
un crucifix, une étoile ou quelque autre symbole – cela apparaît
comme une étrange révélation que, non seulement, il n’y ait
rien de tout cela, mais qu’en outre il ne soit pas nécessaire que
quoi que ce soit s’y trouve. Même s’il s’y trouvait quelque chose,
nous n’en aurions aucun besoin parce que « J’ai à manger une
nourriture que vous ne connaissez pas ». (Je peux vous donner
de l’eau, de l’eau vive, même sans eau, même sans puits). « Je
suis le chemin, la vérité et la vie » – Je suis LUI, et tout ce qui
est, est au-dedans de moi.
La seule façon possible d’amener cette nourriture, ce vin et
cette eau à s’exprimer dans le visible, est de prendre contact
avec cette Source intérieure. Nous ne sommes pas accoutumés
à l’idée que tout ce que nous recherchons est déjà incorporé au-
dedans de nous ; nous ne sommes pas assez familiers des pro-
messes de Jésus ; nous n’avons pas vécu assez longtemps avec
Ses paroles et Son enseignement : « Fils, tu es toujours avec
moi, et tout ce que J’ai est à toi ». Où ? Au-dedans de nous ! Au-
dedans de notre propre conscience.
Ainsi, un grand mystère commence à se révéler à mesure
que nous apprenons à méditer et à découvrir ce royaume inté-
rieur. Lorsque nous y pensons, nous ne pouvons nous empê-
cher de réaliser que chaque chose au monde que nous ayons
jamais crainte était extérieure à notre être, que ce soit une per-
sonne ou une armée, des balles ou du poison, le climat, le temps
ou les tempêtes ; que nous ayons eu peur d’être en haut dans
les airs ou en bas dans l’océan – quoi que ce soit dont nous
ayons eu peur ou dont nous avons peur, c’est toujours quelque
chose d’extérieur à nous. Par conséquent, le premier secret que
nous apprenons en méditation, la toute première révélation qui

22
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

vient à nous, est que tout pouvoir se trouve au-dedans de nous,


et qu’il n’y a aucun pouvoir extérieur qui puisse agir sur nous.
Le Maître a dit à Pilate, «Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir
s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jn 19 : 11) ; et pourtant
Pilate était le grand pouvoir temporel de cette époque. Le
Maître dit à la tempête : « Paix, sois tranquille », et elle se
calma ; à l’homme paralysé: « Lève-toi, prends ton lit et va dans
ta maison », et il le fit ; à l’homme à la main desséchée: « Étends
ta main », et elle fut restaurée.
L’enseignement du Maître est une révélation, entièrement
nouvelle, que le royaume de Dieu, le royaume du pouvoir, est
au-dedans – que tout pouvoir est au-dedans. C’est un concept
totalement nouveau, et, par conséquent, le tout premier pas
que nous devons effectuer dans la vie spirituelle est de réaliser
que le royaume de Dieu est établi au-dedans de nous puis,
deuxièmement de reconnaître que tout ce que nous avons
craint, même lorsque cela s’est présenté à nous sous le masque
de la loi – loi matérielle ou mentale – n’est pas pouvoir.
Alors l’Écriture devient compréhensible et pleine de sens.
Dieu a donné la domination à nous. Il ne l’a pas donnée aux
étoiles, au temps ou au climat. Dieu n’a pas donné de pouvoir
ni de domination aux poisons, aux infections et aux contagions
dans le monde ; Dieu n’a pas donné de pouvoir aux balles et
aux bombes : Dieu nous a donné la domination sur tout ce qui
existe entre les cieux et l’enfer – en haut et en bas, dedans et
dehors.
Ceux qui vivent la vie spirituelle ne deviennent pas, ou ne
se permettent pas de devenir victimes de circonstances, de
conditions, ou de gens extérieurs à leur être ; ils n’ont pas
besoin non plus de bénéficier d’une quelconque activité, per-
sonne ou chose extérieure à eux-mêmes. S’ils vivent dans la
réalisation « Fils, tu es toujours avec moi et tout ce que J’ai est
à toi » ils développent dans cette proportion-là leurs capacités
uniques, qu’il s’agisse de capacités spirituelles, ou de capacités

23
dans les domaines de l’architecture, de la musique, des arts,
de la mécanique ou du commerce.
De cette manière, nous apprenons progressivement que
lorsque notre conscience est imprégnée de Vérité, elle devient
la loi d’harmonie de notre vie entière. « Quoi que ce soit qu’un
homme sème, il le récoltera aussi… et l’on vous mesurera avec
la mesure dont vous vous serez servis » – indiquant ainsi que
notre expérience se développe à partir de l’intérieur de notre
être. C’est une loi invisible que celle selon laquelle ce que le
Père voit en secret est crié sur les toits.
Et si nous avons opté pour une vie de musicien, d’artiste, de
sculpteur ou d’architecte, nous découvrirons, au moyen de cette
vérité, que nous n’avons pas besoin d’aller à l’extérieur ou de
faire de la réclame pour nous faire connaître, mais qu’auto-
matiquement, spirituellement, invisiblement, nous attirons à
nous ceux du même état de conscience que nous, ceux que nous
pouvons bénir et ceux qui peuvent nous bénir.
Il existe un lien invisible entre nous tous. Il existe un lien
invisible entre vous et tous ceux qui représentent le même état
de conscience dans lequel vous vous trouvez. Il y a un lien invi-
sible entre moi et tous ceux qui sont en accord avec l’état de
conscience que je représente, de sorte que si je veux fonction-
ner comme enseignant spirituel ou praticien, je n’ai jamais
besoin de l’annoncer – j’ai seulement besoin d’être assis paisi-
blement chez moi et d’attendre que le monde batte la semelle
devant ma porte.
En vivant la vie de l’Esprit, il n’y a aucun blâme pour les
événements fâcheux liés aux personnes ou aux circonstances
extérieures à nous, et nous reconnaissons comme instruments
de Dieu ceux qui deviennent des intermédiaires et des instru-
ments de bien pour nous. C’est le principe divin qui les utilise
pour nous apporter ce bien, et Dieu, Lui-même (3), est la Source.
Adam et Ève, le fils prodigue, le sarment séparé du cep –
tous devinrent ce qu’ils étaient parce qu’ils s’étaient d’eux-

24
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

mêmes séparés de leur Source. Et souvenez-vous que les dis-


cordes et inharmonies, les erreurs, la maladie et la pauvreté
que nous expérimentons résultent du fait que nous avons été
séparés de notre Source ; et le remède consiste à retourner une
fois de plus vers la maison du Père.
Nous faisons ceci au moyen de la reconnaissance que ce que
je recherche, je le suis et je l’ai, que tout ce que le Père a est à
moi, et que « l’homme ne vivra pas de pain seulement » –
l’homme ne vivra de rien d’extérieur – « mais de chaque parole
qui sort de la bouche de Dieu ». Encore une fois, c’est quelque
chose au-dedans de notre propre être qui est responsable de
notre destinée.
De sorte qu’au fur et à mesure que nous nous tournons vers
la manière spirituelle de vivre, nous apprenons à dépendre de
moins en moins des personnes, des lieux, des choses, des cir-
constances et des conditions ; nous apprenons à moins craindre
chaque activité ou chaque forme extérieure à notre être ; nous
commençons à demeurer dans cette Parole, et à reconnaître
que le royaume de Dieu est au-dedans de nous et que tout ce
que le Père a est à nous. Quand ceci a lieu, un jour au cours
de notre méditation nous entendrons les paroles qui nous ren-
dront libres, qui nous libéreront de toutes les discordes et
inharmonies extérieures, de toutes les épreuves et tribulations
de ce monde. Alors nous serons capables, nous aussi, de dire
avec Jésus, « J’ai vaincu le monde », et nous entendrons une
parole à nos oreilles :

(3) Note de l’auteur : dans la littérature spirituelle du monde, les conceptions


variables de Dieu sont indiquées par l’emploi des mots comme « Père »,
« Mère », « Âme », « Esprit », « Principe », « Amour », « Vie ». Voilà pourquoi dans
ce livre, l’auteur s’est servi des pronoms « He », (Il) et « it », (neutre qui n’a
pas de correspondant en français) ou « himself », « itself », traduits par « Lui »
ou « Soi », interchangeables en se rapportant à Dieu.

25
« Je ne t’abandonnerai jamais ni ne t’oublierai… voici, je
suis avec vous toujours, même jusqu’à la fin du monde. » Je suis
ton pain, ton vin, ton eau et ta nourriture.
Je suis ta vie éternelle ; Je suis ton être immortel ; Je suis
même la résurrection, de sorte que si ton corps, ton foyer, et ton
approvisionnement étaient détruits – si toutes ces choses étaient
détruites – Je les relèverai. Donne-moi seulement quelques
jours, et Je, au milieu de toi, les relèverai.
Je suis plus près de toi que ton souffle, plus proche que tes
mains et tes pieds, et Je ne te laisserai jamais ni ne t’oublierai.
Si tu montes au ciel, J’y serai; si, temporairement, tu fais ton lit
en enfer, J’y serai ; si tu marches dans la vallée de l’ombre de
la mort, J’y serai.
N’aie pas peur – c’est Moi ! N’aie pas peur – Je ne t’aban-
donnerai jamais ni ne t’oublierai. N’aie pas peur ! Je suis la
Source de ta vie ; Je suis ta vie ; et Je suis plus près de toi que
ton souffle. Je suis au milieu de toi ; Je suis au centre de toi.
Place ta foi entière en Moi – le Je au-dedans de ton être.
N’aie pas peur de ce monde extérieur de choses ou de pensées,
car Je, au milieu de toi, suis le seul pouvoir. Je t’ai donné la
domination à travers ce qui est au centre de ton être. (4)

Et ainsi nous entendrons encore :

« Le Seigneur ton Dieu au milieu de toi est puissant…


«… Il accomplit ce qu’il m’est donné à faire…
«… Le Seigneur rendra parfait ce qui me concerne. »

(4) Note de l’auteur : Les parties en italique de ce livre sont des méditations
spontanées venues à l’auteur pendant des périodes de conscience inspirée, et
ne sont dans aucun sens destinées à servir d’affirmations, de démentis ou
de formules. Elles furent insérées dans ce livre, çà et là, afin de servir
d’exemple du flot libre de l’Esprit. En pratiquant la Présence, le lecteur, lui
aussi, dans ses moments d’exaltation, recevra l’inspiration, toujours neuve et
fraîche, en tant qu’épanchement de l’Esprit.

26
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

Il y a toujours cette Source au-dedans de nous avec laquelle


nous sommes uni, et si du bien doit se produire dans notre
expérience, il doit provenir de la Source, provenir de notre
propre conscience. Nous devons demeurer dans cette réalisa-
tion et cette vérité :

Je suis un avec le Père, et tout ce qu’a le Père est à moi. La


présence de Dieu en moi est ma sûreté et ma sécurité. Celui qui
est en moi est plus grand que celui qui est dans le monde ; Celui
qui est en moi ira devant moi pour aplanir les chemins mon-
tueux ; Celui qui est en moi ira devant moi pour me préparer
des demeures.

C’est nous qui devons demeurer consciemment et spécifi-


quement dans cette Parole, jour après jour, jusqu’à ce que, fina-
lement, nous y demeurions chaque jour, tous les jours. Autre-
ment dit, cela devient une question de prière permanente, mais
sans jamais une seule fois demander quoi que ce soit à Dieu.
Dieu est intelligence infinie et Il connaît nos besoins ; Dieu est
amour divin et Il ne nous retiendra jamais rien. Par consé-
quent, nos prières ne devraient jamais être une demande ni
une information à Dieu. Nos prières doivent toujours être une
reconnaissance de Dieu, une reconnaissance qu’Il est plus près
de nous que notre souffle, une reconnaissance qu’Il est notre
vie éternelle, qu’Il est le mental, l’intelligence et la sagesse de
notre être, qu’Il est notre pain, notre nourriture et notre vin.
Ne recherchons pas à l’extérieur de nous-même ce que nous
mangerons ou boirons, ou avec quoi nous serons vêtu ! Tra-
vaillons – oui ! Le travail est notre destin, parce que Dieu exé-
cute un destin, un destin spirituel, à travers nous ; et parce que
notre destin est de nous occuper des affaires de notre Père,
nous aurons toujours du travail à faire. Nous serons toujours
occupés, et plus nous serons en contact avec notre Père, plus
nous serons occupés et plus nous aurons d’heures à travailler ;

27
mais notre travail sera un moyen d’expression de nous-mêmes,
et notre approvisionnement sera l’action réflexe de cette
expression. Il pourra provenir directement de notre travail, ou
pas ; mais nous ne nous inquiéterons pas de la façon dont il
viendra, parce que nous vivrons dans la certitude qu’il n’a pas
à provenir de l’extérieur : il n’a pas à provenir de notre travail,
puisqu’il est notre héritage. Depuis le commencement, « Moi et
mon Père, nous sommes un », et tout ce qui est nécessaire pour
démontrer cette vérité est de vivre dans la Parole.
La manière matérielle de vivre insiste sur l’acquisition et
l’accomplissement des choses de ce monde. La manière spiri-
tuelle de vivre est un repos dans la Parole, qui laisse l’Amour
s’écouler – l’amour de Dieu, l’amour de notre prochain, l’amour
de la vérité, l’amour de la vie. Trop de temps dans notre vie et
trop de prières n’ont été qu’une tentative pour augmenter la
durée de la vie humaine, le montant du bien humain, l’appro-
visionnement humain, ou la compagnie humaine, sans jamais
consacrer une pensée à ce à quoi peut ressembler le royaume
de Dieu. Nous nous disons Chrétiens, mais nous oublions que
le Maître a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Il est
futile, par conséquent, d’essayer d’obtenir davantage que ce
que le monde possède.
Le Maître a dit : « Je vous donne ma paix : je ne vous la
donne pas comme le monde la donne », mais ma paix, ma paix.
Qu’est donc cette « ma paix » cette paix de Dieu, cette paix du
Christ ? À quoi ressemble ce royaume de Dieu – non pas seu-
lement le royaume avec un revenu augmenté de cent pour cent,
non pas simplement le royaume d’un cœur battant normale-
ment, ou de muscles solides ? À quoi ressemble mon royaume,
mon royaume qui n’est pas de ce monde ? Et qu’est-ce que ma
paix, cette paix qui n’est pas celle que le monde peut donner
en nous rendant sain, ou riche, ou connu ? Qu’est exactement
ma paix ?

28
LE MYSTÈRE DE L’INVISIBLE

C’est une paix qui s’écoule depuis le dedans de nous. C’est


une vie, une prospérité et une joie qui s’écoulent de nous, mais
qui ne s’écoulent pas vers nous. Cette paix ne peut être trouvée
ici ou là ; et cependant, quand elle nous apparaît, elle apparaît
comme un corps plus sain, une maison plus confortable et plus
belle, et une compagnie plus satisfaisante. Ces choses, toute-
fois, ne sont pas le but – elles sont simplement les choses ajou-
tées de surcroît. Le but est de trouver mon royaume, le royaume
de Dieu, et de se reposer dans ma paix et mon royaume qui
sont déjà établis au-dedans de nous.
Voici le grand mystère: nous incorporons au-dedans de nous
le royaume entier de Dieu – l’infinité, non pas un simple petit
bout du royaume, non pas simplement une maigre portion de
Dieu, mais la totalité de Dieu. « Celui qui me voit, voit celui
qui m’a envoyé. » La totalité de Dieu est incorporée au-dedans
de nous, l’infinité elle-même – l’éternité, l’immortalité – mais
cette infinité reste un mystère jusqu’à ce que nous apprenions
à prier, à méditer, et nous entendrons alors une Voix au-dedans
de nous qui nous déclare : « Je, au milieu de toi, suis Dieu. »

29
CHAPITRE II

PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

N
OUS devons comprendre que le message de la Voie Infi-
nie n’est pas destiné à donner au monde un nouvel
enseignement, mais à donner au monde une expé-
rience. La Voie Infinie est effectivement une expérience de
Dieu, une expérience du Christ. La Voie Infinie n’est pas ses
écrits, ses conférences ni ses classes. Ces derniers sont des ins-
truments qui nous conduisent à la Voie Infinie ; mais la Voie
Infinie elle-même est l’expérience de Dieu.
Un jour, pendant qu’il méditait au sujet du désert et de
l’eau, il apparut clairement à un étudiant sérieux que de par-
ler de l’eau ou d’y penser n’étancherait pas sa soif ; pas même
de voir ou de toucher l’eau ne le satisferait. C’est seulement en
buvant, et en faisant ainsi l’expérience de l’eau que la soif est
apaisée. J’ai réalisé dès le début que ce n’est pas la sorte de
vérité ou la quantité de vérité que nous connaissons qui
importe : la vérité n’est pas une agence de guérison. Ce que
nous savons de la vérité n’est qu’un pas qui mène à un certain
état de conscience, et c’est cet état de conscience qui est
l’agence de guérison.
Lorsque quelqu’un ne connaît pas la lettre de vérité cor-
recte, il lui est très difficile d’acquérir l’esprit ou la conscience
qui mène à l’expérience effective de Dieu. Ainsi, la lecture et
l’étude ardentes de la lettre de vérité sont des pas qui ouvrent
la conscience à l’expérience finale ; et lorsque cette expérience

31
se produit, une vie harmonieuse est rapidement révélée et
manifestée.
Il est essentiel pour nous de comprendre la nature de Dieu.
À moins de connaître la nature de Dieu, il n’y a aucun moyen
de connaître la nature de la vraie prière, parce que la prière
est l’avenue qui mène à Dieu, et c’est par la prière que nous
établissons notre contact avec Dieu. C’est par la prière et la
communion que nous faisons l’expérience de Dieu.
Si nous prions et que nos prières n’obtiennent pas de
réponse, nous pouvons être assurés que c’est, comme le dit
Jacques, parce que nous avons mal prié. Si nous avons « connu»
la vérité, et que nous ne sommes pas parvenus à la démons-
tration de l’harmonie dans notre propre expérience, nous
ferions tout aussi bien d’être honnête vis-à-vis de nous-même
et d’admettre, « j’ai mal prié ; je n’ai pas prié correctement ; je
n’ai pas su comment prier ». Si nous admettons cela, nous deve-
nons capable de faire le pas suivant et de déclarer, « c’est parce
que je ne connais pas Dieu. Si je connaissais Dieu, je saurais
comment prier. Donc qu’EST Dieu ? »
Si, dans notre méditation, nous posons la question, « Qu’est
Dieu » nous finirons bien par être mené au secret de la prière,
et quand nous aurons accompli correctement prière, médita-
tion ou communion, nous serons conduit à l’expérience de Dieu,
qui est un « Paix, sois tranquille » à n’importe quelle forme d’er-
reur susceptible de jamais nous atteindre. En fait, poursuivre
l’expérience de Dieu empêchera quatre-vingt-dix et quelque
pour cent des troubles du monde de nous toucher, et le peu qui
pourra nous atteindre sera vite résolu.
La méditation est l’un des enseignements très importants
de la Voie Infinie ; beaucoup de personnes, cependant, même
après un an ou deux d’étude, ne savent pas comment méditer.
Il y a des états et des étapes de méditation, exactement comme
il y a des états et des étapes de prière et de conscience qui gué-
rit. J’aimerais vous indiquer maintenant une forme simple de

32
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

méditation, qui, à elle seule et par elle seule, vous conduira


vers un sens de prière plus élevé que ce que vous avez connu
auparavant. Au long des Écrits (de la Voie Infinie) nous trou-
vons divers exemples de méditations. C’est parce que celle qui
est donnée maintenant pourra ne pas être nécessaire dans un
an, alors qu’une autre pourra vous convenir mieux plus tard.
Vous progresserez ainsi, d’un état à un autre, jusqu’à l’état le
plus élevé de la méditation, où aucune pensée ne pénètre.
La première chose pour méditer est de vous mettre physi-
quement à l’aise. Asseyez-vous droit, avec votre colonne verté-
brale droite, les pieds fermement appuyés au sol, les mains
détendues sur les cuisses, et respirez naturellement. Il n’y a
aucune raison mystique ou occulte à cela ; mais simplement,
lorsque le corps est parfaitement à l’aise, on n’en est pas
conscient. On peut, dans un sens, « être absent du corps… et
présent avec le Seigneur » – présent avec la Vérité.
De là vous entrez dans le sujet: « Qu’est-ce que Dieu? » Vous
avez par vos lectures et vos études, quelque concept de ce que
Dieu est, mais ce concept pourrait facilement être celui de quel-
qu’un d’autre. Dans cette méditation, le concept qu’un autre a
de Dieu ne vous intéresse pas ; ce qui vous intéresse exclusive-
ment est de demander : « Qu’est-ce que Dieu ? » et de recevoir la
réponse en provenance de Dieu. Le royaume de Dieu est au-
dedans de nous, donc la réponse doit provenir de l’intérieur de
notre être.
Après avoir posé la question, adoptez une attitude d’écoute,
comme si vous vous attendiez à percevoir la réponse. Pendant
que vous attendez, les pensées viendront certainement, et vous
les accueillerez. Elles pourront suivre la même idée, mais pas
nécessairement, parce qu’elles vous seront personnelles. La
pensée vous parviendra rapidement que Dieu est vie, non pas
seulement parce que la Bible et les livres de métaphysique le
déclarent, mais parce qu’il est déjà clair dans votre esprit que
sans vie dans le monde il n’y aurait rien. De sorte que si Dieu

33
est manifesté d’une manière quelconque, ce doit être en tant
que vie.
Au moment où cette pensée vous vient, vous commencez à
penser à la vie de l’homme – votre vie. Si vous êtes parent, vous
vous demandez comment cette vie est devenue la vie de votre
enfant. À ce moment précis, vous commencez à constater :
« Mais… un instant ! Je n’aurais pas pu donner la vie à cet
enfant. Je ne sais pas comment accorder la vie. Alors comment
la vie s’est-elle communiquée à mon enfant ? » Vous réalisez
bientôt qu’il y avait une activité dans la mère, dont la mère
n’était qu’un véhicule. Vous pouvez avoir d’autres pensées dans
cette direction, et vous réaliserez que les arbres vivent, les
fleurs vivent, les poissons vivent et les oiseaux vivent. Nous
venons de dire que Dieu est vie, alors ces choses que nous nom-
mons arbres, chant d’oiseau et parfum de fleur, toutes sont
Dieu – Dieu S’exprimant Lui-même.
Approfondissant la méditation, vous voyez qu’une graine
ne peut pas germer avant d’être placée en terre : elle demeure
une graine. Toujours, et pour toujours, elle reste une graine
jusqu’à ce que la vie, agissant sur elle, suscite la vie en elle.
Ici encore vous voyez la vie, et cela est Dieu. Dieu, qui pénètre
les éléments de la terre et qui agit sur la graine, produit des
fruits selon Son espèce. Vous contemplez l’univers – la lumière
et la chaleur du soleil, l’éclat des étoiles, la croissance et la
décroissance de la lune, les planètes, la formation des nuages
et de nouveau vous glorifiez Dieu : « Ils sont vivants ! vivants !
vivants ! Dieu est vie ! » Les cieux racontent la gloire de Dieu ;
et le firmament proclame l’œuvre de Ses mains. Tout est Dieu
Se révélant Lui-même, Dieu S’annonçant Lui-même.
En regardant autour de vous l’infinité des formes des fleurs,
des fruits, des arbres, du feuillage, l’infinité de la vie dans l’uni-
vers, vous réalisez soudain la nature de la prière, et vous vous
dites : « Voyons un peu. Toutes ces choses existent sans que per-
sonne ne prie pour elles. Ces choses existent en tant qu’activité

34
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

de Dieu, Lui-même, sans aucune intervention humaine, sans


demande, ni affirmation. J’ai prié pour avoir ces choses – pour
l’approvisionnement, pour la beauté, pour l’harmonie, et elles
sont ici. Elles sont Dieu, Lui-même, et non quelque chose de
distinct et d’éloigné de Dieu. Elles sont la Vie Elle-même, et
sont déjà là. »
Avant longtemps, vous comprendrez que la prière est la
reconnaissance que la vie est déjà, que Dieu est cette vie, quelle
que soit la forme sous laquelle elle apparaît, et qu’il n’y a pas
besoin de prier pour cela, ni dans le sens ancien de demande,
ni dans le sens nouveau d’affirmation. Vous commencez à voir
que la prière est cette façon de méditer silencieusement, de
considérer et de reconnaître Dieu comme la Source de tout ce
qui est. En reconnaissant que Dieu est la vie même entendue
dans le chant de l’oiseau, la vie même dans le parfum de la
fleur, vous commencez à comprendre l’omniprésence et à com-
prendre que la prière est la reconnaissance de Dieu en tant
que vie de chaque forme.
Dans cette méditation, vous ne pensez à rien qu’à Dieu en
tant que Vie, mais dans quelque méditation ultérieure, vous
serez frappé par le fait que les oiseaux et les poissons sont
nourris, tout comme les fleurs et les arbres sont nourris par la
pluie, le soleil et par les substances de la terre, et alors vous
direz : « Mais, Dieu est amour », non parce que Jean l’a dit dans
l’Écriture, mais parce qu’il apparaît de soi-même que non seu-
lement Dieu est la vie des arbres, des fleurs et des oiseaux,
mais que Dieu est amour puisqu’Il les nourrit et les soutient.
Dieu ne se contente pas de créer, mais Il maintient, soutient,
nourrit et protège aussi. Vous pouvez passer des heures à voir
la nature de Dieu en tant qu’Amour apparaissant dans cet uni-
vers visible.
Un autre jour, dans votre méditation, viendra la réalisation
que si vous plantez une noix de coco vous obtiendrez un coco-
tier, si vous plantez une papaye vous obtenez un papayer, si

35
vous plantez un ananas vous obtenez un ananas, et vous sau-
rez alors que Dieu est loi. Dieu est loi, et il n’y a pas d’exception
à la loi de Dieu. Le blanc engendre le blanc, le noir engendre le
noir ; et une combinaison de blanc et de noir engendre une com-
binaison de blanc et de noir ; cela est une loi. Alors, vous verrez
que vous n’avez besoin de protéger personne, ni aucune chose,
parce que la loi de Dieu est la protection de Sa propre création.
Dieu est d’abord le créateur de tout, et ceci fait de tout ce qui
existe l’image même et la ressemblance de Dieu ; Dieu est celui
qui maintient, Dieu est la loi de Sa propre création. Cette réa-
lisation est une forme de prière élevée et efficace.
Puisque Dieu est la vie de tout, et la vie de Dieu étant éter-
nelle et immortelle, tout ce qui est est éternel et immortel. Dieu
est amour, maintenant et soutenant Sa création. Dieu est loi,
loi d’éternité et d’immortalité. Dieu est la loi même de la santé,
de l’harmonie, de la plénitude, de la sainteté et de la perfec-
tion. Vous voyez, la méditation est réellement prière, et la
prière est méditation. De même qu’un grain de sable ne consti-
tue pas une plage, de même vous pouvez voir que j’ai seule-
ment effleuré le sujet de la méditation. Vous pouvez continuer
pendant un an, ou deux, ou trois, avec la même question,
« Qu’est Dieu ? », et recevoir dans chaque méditation une
réponse différente, et avec chaque réponse viendra une concep-
tion nouvelle et plus élevée de la prière.
Un jour, en méditant et en considérant cette idée, « Qu’est
Dieu ? », réalisant désormais la nature de la prière, vous décou-
vrirez soudain que vous ne pouvez plus penser du tout ; vous
serez parvenu à la fin de la pensée au sujet de Dieu et de la
prière. Vous resterez alors assis là, tranquillement, en paix :
plus de pensées, plus de questions, plus de réponses, simple-
ment la paix. La pensée sera calmée, l’oreille intérieure ouverte,
et une longue respiration profonde, comme un soupir de sou-
lagement ou une sensation de libération, viendra probablement
à vous, comme si vous vous échappiez de quelque chose, comme

36
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

si un fardeau était tombé de vos épaules. Quelquefois, c’est


comme une libération d’air hors des poumons, quelquefois une
courte respiration rapide. Cela apparaîtra de nombreuses
façons différentes, et lorsque cette libération ou soulagement se
produira, vous serez tellement rempli de l’Esprit que vous
aurez envie de vous lever immédiatement et d’abattre le travail
qui est à faire ce jour-là, ou peut-être quelque travail négligé.
Avec ce soulagement viendra la sagesse divine, la gestion
divine et la force divine, pour la raison suivante : cette respi-
ration profonde, ce « déclic » ou soulagement, était une expé-
rience de Dieu : la présence effective ou activité de Dieu dans
votre conscience. Elle peut s’annoncer de quelque autre façon,
mais vous le saurez par votre réaction : il y aura une sensation
de fourmillement ; il y a une nouvelle vie en vous ; il y a un état
d’éveil conscient qui est plus que l’état d’être humain ; et vous
saurez que c’est la présence et l’activité de Dieu en vous.
Vous comprendrez alors Paul quand il dit : « Je vis, mais ce
n’est pas moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » Vous aurez
une sensation, une connaissance intérieure, « c’est le Christ
lui-même dont je suis en train de faire l’expérience. C’est la
présence et l’Esprit de Dieu. À travers moi, Il fait toutes choses:
Il va devant moi pour aplanir les chemins montueux ; Il va
devant moi pour me préparer une place ; Il est le trait d’union
dans les relations humaines, l’amour qui nous lie ensemble, la
compréhension entre moi et tous ceux que je rencontre ; Il est
la direction, la sagesse et la force pour le devoir que je dois
accomplir. Il est le pouvoir qui guérit. »
Beaucoup d’étudiants en spiritualité croient que s’ils pou-
vaient changer un corps malade en corps sain, le chômage en
emploi, une mauvaise personne en une bonne, ce serait des
démonstrations spirituelles. Mais croyez-moi, ce ne sont pas
là des démonstrations. Ce sont des effets de la démonstration.
La démonstration est cette prise de conscience de la présence
de Dieu – la respiration profonde, le « déclic », ou le sentiment

37
de soulagement, c’est cela la démonstration. Lorsque vous par-
venez à cela, la santé, l’emploi, l’approvisionnement, le foyer, la
compagnie – n’importe quoi de nécessaire, suivra automati-
quement, parce que ces choses-là sont celles ajoutées de sur-
croît. Dans le message de la Voie Infinie, vous trouverez que
nous ne pouvons pas démontrer une personne, un lieu, une
chose ou une condition. Nous pouvons seulement démontrer la
présence de Dieu, l’activité de Dieu en nous, la réalisation de
Dieu. Quand nous sommes parvenus à cette démonstration-là,
toutes ces choses nous sont ajoutées de surcroît.
Si nous allions croire, un seul instant, que nous avons une
manière quelconque de démontrer la santé ou la richesse pour
des amis ou des étudiants, ce serait nous tromper nous-même
et les égarer aussi. Nous n’avons aucun pouvoir de démontrer
la santé ou l’approvisionnement pour quiconque, mais nous
pouvons démontrer la présence de Dieu. Nous pouvons deve-
nir très calme et, par la patience, parvenir à un état de cons-
cience où nous ressentons la vivante présence elle-même de
Dieu, où nous ressentons le mouvement et l’activité de Dieu
au-dedans, où nous ressentons un tel soulagement des craintes
humaines que nous savons que Dieu est à l’œuvre. C’est tout ce
que nous pouvons faire. À partir de là, c’est cette présence de
Dieu qui effectue tout ajustement nécessaire dans le mental
ou le corps, l’Esprit ou l’Âme de l’ami ou de l’étudiant, et qui le
libère de la discorde, de l’inharmonie ou du manque.
Notre Maître, le Christ Jésus, déclara qu’il ne pouvait ni
guérir ni nourrir. « De moi-même, je ne puis rien faire… le Père
qui demeure en moi, c’est Lui qui fait les œuvres », et je vous
dis que nous ne pouvons pas aller au-delà de la démonstration
de Jésus-Christ. Vous ne serez jamais capable de guérir ni de
nourrir les multitudes. Vous serez seulement capable de démon-
trer la présence, le pouvoir et l’activité de Dieu dans votre
propre conscience, et c’est dès lors cela – le Père en vous – qui
multipliera les pains et les poissons, qui guérira les foules, et

38
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

qui relèvera même les morts. Il fera cela. À n’importe quel


moment où vous entreprenez un travail de nature spirituelle –
prière, communion ou traitement – pour vous-même, votre
famille, ou vos étudiants – je vous en prie, souvenez-vous de
ceci : Vous ne pouvez guérir personne. Vous ne pouvez nourrir
personne ni lui fournir un emploi, donc, détournez-vous de la
« prétention ». La prétention peut être Jean Durand ou Marie
Dupont ; la prétention peut être le cancer ou la tuberculose ;
elle peut être la pauvreté, le manque, une limitation ou un état
malheureux. Quelle que puisse être la prétention, laissez-la
tomber, et réalisez qu’il y a seulement une chose que vous pou-
vez faire, c’est d’obtenir une connaissance consciente de la pré-
sence de Dieu.
Comment y parvenez-vous ? Oh, il y a des centaines de
façons. Comme débutant, vous vous asseyez et vous réfléchis-
sez simplement sur «Qu’est Dieu? Qu’est la prière? », puis vous
restez tranquille en attendant que vienne la réponse ; ou une
autre fois : « Père, je sais que la santé physique est présente
aujourd’hui et disparue demain. Quelqu’un peut avoir un cœur
parfait aujourd’hui et mourir l’année prochaine de maladie du
cœur ; il peut avoir aujourd’hui des poumons excellents et la
tuberculose l’an prochain. Donc je sais qu’avoir un cœur et des
poumons parfaits ce n’est pas la santé. Alors, Père, qu’est-ce
que la santé spirituelle ? » Puisqu’il n’y a aucune façon pour
vous, même de penser à ce sujet, vous vous installerez vite
dans une paisible atmosphère d’écoute, et lorsque le soulage-
ment surviendra vous aurez atteint cette prise de conscience de
la présence de Dieu.
Quelqu’un peut venir, ayant besoin d’un emploi. Vous n’êtes
pas un bureau de placement ni un employeur, il n’y a donc rien
que vous puissiez faire humainement ou mentalement pour ce
problème. Mais vous pouvez vous asseoir tranquillement en
reconnaissant, « Père, je ne puis rien faire par moi-même, mais
lorsque je prendrai consciemment conscience de Ta présence,

39
l’harmonie apparaîtra. » Vous méditez de cette manière. Il n’y
a aucune différence si vous méditez sur « Qu’est Dieu ? Qu’est
la prière? Qu’est la santé? Qu’est un emploi? » aussi longtemps
que vous méditez sur quelque idée divine, jusqu’à ce que vous
arriviez au bout de ce sujet déterminé. Vous vous trouverez
alors en paix.
Ne tentez pas d’apaiser l’esprit humain ni d’arrêter la pen-
sée, parce que c’est impossible. Personne n’a jamais réussi à le
faire ; mais pendant que vous méditerez le sujet que vous avez
choisi, le mental humain deviendra de lui-même très calme,
très tranquille. Si quelques idées vagabondes continuent à
galoper, ne vous inquiétez pas ; elles ne s’immisceront pas dans
l’activité de Dieu. Pensez à l’idée spirituelle aussi longtemps
que des pensées vous viennent, et bientôt la paix descendra
sur vous, et la réponse arrivera. Elle peut venir sous forme
d’un verset biblique ou d’une vérité spirituelle. Elle peut venir
comme une certitude intérieure que tout est bien, ou par un
sentiment profond de paix et de soulagement. D’un autre côté,
elle peut arriver simplement comme une respiration profonde
ou un « déclic ». Il n’y aura aucun doute là-dessus ; vous oublie-
rez le problème, la solution, et vous irez vaquer à vos affaires,
jusqu’à ce que tout à coup on vous appelle pour vous dire: « J’ai
un travail merveilleux », ou « je me sens mieux », ou « je suis
complètement guéri ».
Parfois, cependant, vous recevrez un appel de la personne
disant, « Je ne suis pas mieux. En fait, je me sens plus mal,
donc vous feriez mieux de prier encore. » Quand cela se pro-
duit, ne soyez pas troublé. Retournez simplement prier de nou-
veau. Si votre ami continue à appeler chaque jour pendant un
an, continuez à prier ; Il y a de bonnes raisons pour que chacun
ne reçoive pas une guérison instantanée – des raisons aussi
valables pour le praticien que pour le patient.
Quand Jésus multiplia les pains et les poissons, il avait l’in-
tention de montrer le principe de l’approvisionnement, mais

40
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

les Hébreux étaient incapables de voir cela. Ils voulaient seu-


lement être nourris. Vous pouvez avoir un étudiant ou un ami,
ou même un membre de votre famille dont l’intérêt, pour l’ins-
tant, se résume à obtenir pains et poissons – une guérison. Il
peut recevoir une guérison, peut-être plusieurs, mais le jour
viendra où lui, lui-même, devra apprendre à démontrer la pré-
sence et le pouvoir de Dieu dans sa propre conscience. Parfois
un petit délai ou parfois un long délai est favorable et néces-
saire pour nous révéler que nous n’allons pas à Dieu pour les
pains et les poissons. Nous allons à Dieu pour Dieu, et quand
nous avons Dieu, les pains et les poissons nous sont ajoutés.
Que penseriez-vous d’un soi-disant ami qui serait ami seu-
lement pour ce qu’il pourrait obtenir de vous ? Vous perdriez
vite tout intérêt à cette amitié. Mais quelle chose joyeuse que
de donner à un ami aussi longtemps qu’il ne compte pas sur
votre don. Il en va de même pour Dieu. Que Dieu est plein de
bonté et merveilleux quand nous aimons Dieu pour Dieu,
quand nous recherchons Dieu pour Dieu, quand tout ce que
nous voulons de la vie est de parvenir à l’expérience de Dieu !
Le Psalmiste déclare : « Comme une biche soupire après des
courants d’eau, ainsi mon âme soupire après Toi, ô Dieu ! Mon
âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. » (Ps. 42). Il doit y avoir un
but quand nous méditons ou prions, et c’est de faire l’expé-
rience de Dieu – d’un état d’éveil, d’une conscience de la pré-
sence de Dieu.
N’essayez jamais, jamais, de guérir ou d’enrichir quiconque,
mais priez exclusivement pour la réalisation que Moi et le Père,
nous sommes un, et quand vous aurez obtenu cela, votre patient
sera guéri, s’il est un tant soit peu réceptif et sensible.
La réponse à la question : « Pourquoi tout le monde n’est-il
pas guéri, et guéri plus vite ? » se trouve dans la parabole du
semeur dite par Jésus. Quand il n’y a aucune profondeur
d’amour pour Dieu, et aucune profondeur dans la recherche de
Dieu, la graine ne s’enracine pas. Bien sûr, si ces personnes

41
continuent à revenir, elles développeront une fertilité plus pro-
fonde. La graine spirituelle qui tombe sur un sol fertile pro-
duira beaucoup de fruits. Cela ne signifie pas que vous deviez
jamais vous installer dans le jugement et la condamnation,
cela ne signifie pas non plus que vous deviez refuser d’aider
qui que ce soit, mais c’est une explication de la raison pour
laquelle vous pouvez avoir à travailler plus longtemps avec cer-
taines personnes qu’avec d’autres. Même le sol aride finira par
devenir quelque peu fertile si vous y travaillez patiemment.
Ne vous laissez pas aller à l’auto-critique ou au jugement si
tel ami ou étudiant ne réagit pas rapidement. Ce n’est pas de
votre faute, ce n’est pas de la faute de Dieu, ce n’est pas non
plus de la faute de l’enseignement. Quand une personne suit
avec sincérité un enseignement spirituel, avec une honnêteté
réelle, et l’amour de Dieu au cœur, elle atteint son but. Il y a
suffisamment de vérité dans n’importe quel enseignement spi-
rituel pour rendre l’étudiant capable d’atteindre son but final,
en proportion de son intégrité, de sa loyauté et de sa fidélité à
Dieu. C’est une application erronée des termes loyauté et fidé-
lité, en rapport avec un instructeur, un enseignement ou une
organisation, qui détourne parfois quelqu’un.
Chacun, dans cette vie actuelle, peut atteindre un haut
degré de bonheur, de plénitude et de perfection ; et, si le sol est
fertile, il peut parvenir au niveau mystique complet, ou état
christique, à la filiation spirituelle divine. Chacun peut en
atteindre quelque mesure, et une mesure très bonne et har-
monieuse, mais soyez persuadé que ce sera en proportion de
sa compréhension que l’objet et le but de la méditation, de la
prière ou de la communion est l’expérience de Dieu.
Ainsi, à n’importe quel moment où vous vous asseyez pour
aider une personne, ou bien des chats, des chiens, des oiseaux
ou des plantes, oubliez-les complètement et déclarez : « Tout ce
que je recherche, Père, c’est une réalisation de Ta présence. »
Ensuite, méditez ou priez selon n’importe laquelle des façons

42
PARVENIR À L’EXPÉRIENCE DE DIEU

que nous avons exposées, et chaque méditation conduira à la


démarche ultime, où vous ne priez pas du tout – où vous atten-
dez simplement et laissez un sentiment de paix vous envelop-
per, vous élevant jusqu’au soulagement. Ce soulagement par
lui-même est la Présence qui va devant vous pour aplanir les
chemins montueux.

43
CHAPITRE III

DIEU EST

L
A PRIÈRE est notre contact avec Dieu, la Source infinie
de notre être, dont nous ne pouvons avoir aucune
connaissance intellectuelle, et que nous avons désigné
sous des termes tels que Intelligence, Vie, Vérité, Amour,
Esprit, l’Infini Invisible. Dieu est le seul principe créateur de
cet univers, le principe créateur de tout ce qui est ; et puisque
ce principe créateur agit du point de vue de l’intelligence
suprême, sans commencement et sans fin, il devient nécessaire
de savoir comment établir le contact ou devenir un avec Lui.
À moins d’apprendre à le faire, nous ne pouvons profiter de
l’omniprésence, l’omnipotence et l’omniscience de Dieu.
La prière, appelée parfois communion, est l’avenue par
laquelle nous établissons notre contact, trouvons notre unité,
ou réalisons Dieu. La prière est le moyen d’établir dans notre
expérience individuelle l’activité, la loi, la substance, l’appro-
visionnement, l’harmonie, et la totalité de ce que nous nom-
mons Dieu. Cela est un des points les plus importants à con-
naître, à comprendre, à pratiquer, et à vivre, par tous les
étudiants de la sagesse spirituelle.
En comprenant la nature infinie de Dieu, nous comprenons
la nature infinie de notre propre être. « Moi et le Père sommes
un » certifie la nature infinie de votre être et de mon être. Cet
état de choses ne dépend pas du fait que l’on soit un étudiant

45
de la vérité, mais il dépend exclusivement de notre relation
avec Dieu, et cette relation est l’unité – l’unité. Nous enten-
drons bien davantage parler de ce mot unité au fur et à mesure
que nous avancerons.
Puisque la relation de Dieu avec sa création est universelle,
nous devons accepter, comme étant vrai de vous et de moi, tout
ce qui est spirituellement vrai de tout individu, saint ou pécheur.
Quand le Maître enseignait que « Moi et le Père sommes un »,
il prenait grand soin de nous assurer qu’il parlait de votre Père
et de mon Père. Il révélait une vérité spirituelle universelle.
Qu’est-ce donc qui séparait la démonstration du Christ Jésus
de celle des rabbins Hébreux de son époque ? Qu’est-ce qui
séparait la démonstration du Maître de celle de ses étudiants
et de ses disciples ? La relation était la même, « Moi et le Père
sommes un » – votre Père et mon Père. Nous sommes tous un
dans cette relation en Jésus-Christ, en vérité, en réalité spiri-
tuelle, donc la différence de démonstration est la différence de
réalisation.
Le Maître réalisa son identité véritable. Il reconnut sa rela-
tion avec le Père, avec Dieu, comme étant la Source de son être.
Il reconnut Dieu comme sa vie – son pain, son vin, son eau. Il
reconnut donc sa substance ou approvisionnement comme infi-
nie, sa vie comme éternelle, sa santé comme parfaite. Puisque
toutes ces choses avaient leur source dans le Père, elles étaient
siennes par héritage divin ; elles révélaient le droit, le privi-
lège, et l’expérience de la relation Père-Fils ; « Fils, tu es tou-
jours avec moi et tout ce que j’ai est à toi. » Dans sa reconnais-
sance absolue de cette relation, le Maître fut capable de la
démontrer. Les disciples, pas tout à fait aussi sûrs, pas tout à
fait aussi profonds dans leur réalisation, démontrèrent égale-
ment le bien, le pouvoir de guérison et l’approvisionnement,
mais pas au même degré que le Maître, et l’unique raison de la
différence de degré dans la démonstration était la différence
de degré dans la réalisation.

46
DIEU EST

Le fait d’entendre avec vos oreilles et de voir avec vos yeux


n’est pas prière et ne fera pas votre démonstration ; mais si
quelque chose au tréfonds de votre cœur, une certitude rassu-
rante au-dedans de votre conscience, répond : « Oui ! Ceci est la
vérité. Je sais que c’est seulement dans la réalisation de ceci
que je suis un avec le Père », cela est le degré de votre réalisa-
tion de la nature de la prière. La prière est cette assurance de
la vérité au-dedans de nous. La prière n’est jamais d’aller à
Dieu pour quelque chose. La prière n’est jamais un désir de
quelque chose, à moins d’être votre désir de connaître Dieu, ou
désir d’une certitude plus aiguë de la présence de Dieu. Beau-
coup d’étudiants sont tellement plongés soit dans l’ancienne
théologie, soit dans la métaphysique moderne, qu’ils tombent
dans la croyance qu’ils peuvent s’adresser à Dieu pour quel-
que chose – la santé, l’approvisionnement, l’emploi, la compa-
gnie ou la guérison – et retardent par là même leur démons-
tration de l’harmonie.
Cela ne servira à rien de vous préoccuper de votre vie, de
votre santé ou de votre approvisionnement ; cela ne servira à
rien d’aller à Dieu avec une requête, une demande ou un désir,
parce que Dieu ne possède rien qu’Il retienne, et que Dieu ne
retient rien de ce qu’Il possède. Dieu est un être actif infini.
Tout ce que Dieu est et tout ce que Dieu a s’écoule constam-
ment en manifestation, en expression et en tant que formes.
Penser que la prière incitera Dieu à accélérer cela ou à déposer
quelque chose sur le pas de votre porte, est de la folie.
L’harmonie devient vite votre expérience lorsque vous
convenez qu’il ne sert à rien de s’adresser à Dieu pour quoi que
ce soit. Souvenez-vous, je vous prie, que lorsque je dis « conve-
nir » je parle de ressentir une certitude ou un accord intérieur,
une profonde conviction intérieure, et non pas simplement d’ar-
ticuler, « Oui, je crois. Je suis d’accord avec le Maître. Je suis un
Chrétien et j’accepte son enseignement. » Cela est moins que
rien. Pouvez-vous ressentir que cela est exact ? Pouvez-vous

47
ressentir la vérité contenue dans l’énorme révélation du Maître
que « votre Père sait que vous avez besoin de ces choses… car
c’est le bon plaisir de votre Père de vous donner le royaume » ?
Si vous ne pouvez pas ressentir ceci, ne vous adressez pas à
Dieu pour quoi que ce soit pendant une longue, longue période.
Travaillez au-dedans de vous ; priez au-dedans de votre être ;
communiez au-dedans jusqu’à ce que vous arriviez à une sen-
sation, une certitude, ou un accord que le Maître savait réelle-
ment que le Père sait que vous avez besoin de ces choses, et
que c’est son bon plaisir de vous donner le royaume longtemps
avant que vous le demandiez.
La prière est la reconnaissance de cette vérité de l’amour de
Dieu pour Sa création ; C’est de savoir intérieurement que le
Père n’a jamais oublié Sa création. En regardant le monde et
en voyant toutes les maladies, les péchés, les morts et les cala-
mités, nous sommes enclins à mettre cette notion en question,
mais en le faisant nous oublions la sagesse de Jean quand il
nous exhorte, « ne jugez pas selon les apparences, mais jugez le
jugement juste ».
Nous avons vu avec nos yeux et entendu avec nos oreilles,
alors que nous aurions dû voir avec nos yeux intérieurs et
entendre avec nos oreilles intérieures, avec cette connaissance
spirituelle qui ne juge pas selon les apparences mais qui juge
le jugement spirituel. Alors nous saurions que tout ce qu’il y a
de péché, de maladie, de mort, de carence, de limitation et de
chaos dans le monde aujourd’hui arrive pour une seule raison,
et arrive seulement à ceux qui vivent dans un sens matériel ; à
ceux qui continuent à désirer et à vouloir obtenir, acquérir et
accomplir ; à ceux qui ne connaissent pas encore la nature infi-
nie de leur être et le fait que, à cause de cette nature infinie, ils
doivent la laisser s’écouler hors d’eux-mêmes au lieu d’essayer
d’obtenir davantage d’elle.
La prière communément acceptée, traditionnelle ou méta-
physique, doit échouer parce qu’elle est, dans la plupart des

48
DIEU EST

cas, une tentative d’ajouter quelque chose, d’accomplir quel-


que chose, de mener à bien quelque chose ou de recevoir quel-
que chose ; alors que la nature infinie de votre être, qui est déjà
une avec Dieu, signifie que votre « coupe» est déjà remplie. Tout
ce que le Père a est déjà vôtre. Peut-on y ajouter plus ? Brow-
ning, le grand poète, nous a donné un splendide secret quand
il a écrit, « la Vérité est au-dedans de nous… et savoir…
consiste à ouvrir une voie pour laisser s’échapper la splendeur
captive… »
En jugeant selon les apparences, nous entrons dans une
phase de croyance qui cause tous les problèmes et l’inharmonie
de l’existence humaine : le jugement en bien et en mal. Ceci est
bien, disons-nous, et ceci est mal. La chose même que nous
appelons bonne aujourd’hui peut devenir mauvaise demain,
par un changement de tradition ou de société, et certaines des
choses qui sont très mal aujourd’hui peuvent être demain ordi-
naires, normales, naturelles. Mais nous ne pensons pas à cela
au moment où nous jugeons selon les apparences. Nous jugeons
d’après les normes actuelles de la société ou les traditions
présentes, qui nous ont été transmises, et nous étiquetons ins-
tantanément une chose bonne ou mauvaise, en basant entiè-
rement notre jugement sur les opinions humaines, les croyan-
ces humaines et les théories humaines. Aussi longtemps que
nous regarderons le monde extérieur avec nos yeux humains,
nous verrons toujours ce qui est bon et ce qui est mauvais,
même si la classification change avec chaque génération.
Afin de comprendre exactement le sujet de la prière, nous
devons, à l’instant, abandonner notre jugement humain sur le
bien et le mal. Nous ne pouvons plus continuer à satisfaire
notre sens psychologique de sagesse en jugeant ceux de notre
famille, de notre milieu professionnel ou de notre commu-
nauté, mais nous devons abandonner et retirer nos opinions
de bon ou mauvais, intelligent ou stupide, honnête ou mal-
honnête, moral ou immoral, et regarder chaque individu sans

49
condamnation ni critique, et sans jugement, mais seulement
avec la réalisation que Dieu est.
Dieu est ; la Vie est. On ne nous permet aucun jugement
plus avancé. Dieu est. Il s’agit de s’entraîner à ne former
aucune opinion qui soit. C’est si facile et si satisfaisant pour
notre propre ego d’être un bon juge de la nature humaine, et
d’être capable d’évaluer humainement ceux que nous rencon-
trons ; et bien sûr, humainement, nous pouvons avoir raison.
Mais regarder le monde extérieur et juger l’humanité, en met-
tant aux gens des étiquettes, et en demeurant dans ces opi-
nions et décisions humaines, cela ne conduira qu’à des ennuis.
Il n’y a qu’une seule façon de « sortir de parmi eux et d’être
séparé », et elle se trouve dans notre acceptation que Dieu a
fait tout ce qui a été fait, et que tout ce que Dieu a fait est bon;
dans notre acceptation que Dieu, l’Esprit, est la vie, l’Âme, et
le mental de l’être individuel. Comment pouvons-nous accepter
un enseignement qui révèle Dieu comme la vie de tout être,
comme le Principe créateur de tout être, et puis nommer des
individus bons et d’autres mauvais ?
La femme surprise en état d’adultère ne fut pas qualifiée
par le Maître. « Femme, où sont tes accusateurs ?… Je ne te
condamne pas non plus.» Au voleur sur la croix, il dit: «Aujour-
d’hui tu seras avec moi au paradis », et à l’aveugle-né, « Ni cet
homme n’a péché, ni ses parents ». Commencez-vous à com-
prendre la nécessité de renoncer à toute censure, toute
condamnation basée sur les apparences ? Chaque enseigne-
ment spirituel et chaque révélation depuis 1 500 ans avant
J.-C. a pour base les postulats « Aime ton prochain comme toi-
même » et « Fais aux autres ce que tu voudrais que les autres
fassent pour toi ». La prière est notre contact avec Dieu, et nous
n’avons aucun contact avec Dieu à moins d’aimer notre pro-
chain comme nous-même.
Bien sûr, ceci nous privera de beaucoup de nos conversa-
tions sociales et politiques, car nous ne serons plus capables

50
DIEU EST

de blâmer notre famille ou nos amis, nos associés dans les


affaires ou nos dirigeants pour nos problèmes, pour les cir-
constances et les crises. Ceci appelle de la discipline de la part
de chacun de nous, et appelle quelque chose de plus : la néces-
sité d’un grand et profond amour de Dieu. Personne ne peut
entrer dans l’atmosphère sainte de Dieu en prononçant la cri-
tique, le jugement, ou la condamnation de son congénère. « Si
donc, tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te sou-
viennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton
offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton
frère ; puis viens présenter ton offrande. » (Mat. 5 : 24)
Il ne peut y avoir aucune démonstration spirituelle pen-
dant que nous nous accrochons aux opinions humaines du bien
et du mal. Quand nous regardons le monde sans opinions, sans
jugement ni qualification – même bonne – mais avec la réali-
sation que Dieu est, nous établissons en nous une sorte de vide.
La sagesse spirituelle se répand dans ce vide, pour définir et
évaluer ce qui est devant nous, et nous constatons que c’est
entièrement différent de notre estimation humaine. Il vient
dans notre conscience une chaleur, une sensation d’amour pour
l’humanité, et la réalisation que Dieu est la totalité de l’être.
Quand quelqu’un contemple la révélation de cette vérité spiri-
tuelle, il devient préparé au pas suivant – le pas qui fera de
lui un guérisseur, un sauveur, un réformateur, un pourvoyeur
de l’univers.
Le moment vient maintenant où nous devons regarder
chaque condition – que ce soit l’emprisonnement dans une pri-
son, l’emprisonnement dans un corps malade, l’emprisonne-
ment dans le manque ou la limitation – et nous abstenir de la
qualifier bonne ou mauvaise. Nous devons être capable de
regarder chaque situation et chaque circonstance avec la réa-
lisation que Dieu est. Ainsi que je l’ai dit quelque part dans
mes écrits, il faut un haut degré de conscience spirituelle pour
regarder en face une maladie grave, et y contempler le Christ.

51
Ceci ne signifie pas que vous allez regarder le péché, la mala-
die, la pauvreté et l’emprisonnement et les appeler bons. Non,
non, non. Cela ne signifie pas que nous allons faire des décla-
rations et affirmations qu’ils sont spirituels et harmonieux ; et
cela ne signifie pas non plus de les appeler mauvais et de dési-
rer s’élever au-dessus d’eux, de les améliorer ou de les guérir.
Non, non, non. Retenant tout jugement humain, réalisez seu-
lement que Dieu est, Dieu seul est.
Arrivé là, vous pouvez demander : « Quel est le principe
impliqué ? » En reconnaissant Dieu comme infini, pouvez-vous
admettre une personne malade ou pécheresse, une condition
erronée ou morbide ? Pouvez-vous accepter qu’une personne ou
condition quelconque nécessite guérison, changement, ou amé-
lioration ? Non, vous ne pouvez pas. Que se passe-t-il lorsque
vous êtes témoin de ce que le sens humain appellerait erreur,
ou étiquetterait erreur, et que vous priez pour le supprimer ?
Cette question n’obtient qu’une seule réponse : l’échec.
Souvenez-vous, on ne vous demande pas de regarder des
personnes ou des conditions erronées et de les appeler bonnes
ou spirituelles, ou de dire qu’une personne dans l’erreur n’est
pas le Fils de Dieu. On vous demande d’abandonner toute opi-
nion, théorie ou croyance, et de retenir tout jugement. N’ap-
pelez personne bon, ni aucune chose bonne. « Pourquoi m’ap-
pelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul. » (Luc 18 : 18,19)
N’appelez bonne aucune personne et aucune condition ;
n’appelez pas non plus mauvaise une personne ou une condi-
tion. Apprenez à regarder chaque personne et chaque condi-
tion avec seulement deux mots : Dieu est, ou bien c’est. Est –
Est : non pas sera, non pas à être guéri, amélioré ou supprimé.
Dieu est. L’harmonie est. C’est ! C’est maintenant ! Dans la réa-
lisation que Dieu est, sera révélée toute l’identité et la perfec-
tion spirituelles. Alors, vous ne verrez pas le mal humain
transformé en bien ; vous ne verrez pas la pauvreté humaine
changée en richesse ; vous ne verrez pas la maladie humaine

52
DIEU EST

changée en santé humaine ; vous ne verrez pas la culpabilité


humaine changée en vertu humaine ; mais vous percevrez l’Es-
prit de Dieu ! Vous percevrez l’activité et la loi de Dieu exacte-
ment là où il avait semblé y avoir une bonne ou mauvaise per-
sonne, une bonne ou mauvaise condition.
Le chapitre intitulé Le Nouvel Horizon, dans le livre La
Voie Infinie, fait clairement ressortir que nous ne cherchons
pas à changer une mauvaise humanité en une bonne huma-
nité. L’objet de notre travail et de nos études est d’atteindre à
cet esprit qui était en Christ Jésus c’est-à-dire atteindre ce
même état de conscience spirituelle qui était en le Christ Jésus,
ou quelque degré de cet esprit, afin que nous puissions contem-
pler le monde spirituel, l’homme spirituel, le Fils de Dieu.
« Mon royaume n’est pas de ce monde. » Le royaume de Dieu
est un royaume spirituel, un univers spirituel, gouverné par
la loi spirituelle. C’est une substance spirituelle qui n’a jamais
commencé et qui ne finira jamais.
Nous pouvons mieux comprendre ceci si nous prenons le
temps de songer qu’il n’y a jamais eu un moment où deux fois
deux ne faisaient pas quatre. Il n’y a jamais eu un temps où
une graine de rosier produisait autre chose qu’une rose, ou une
graine d’ananas produisait autre chose qu’un ananas. La loi
« le semblable engendre le semblable» était en action avant que
le temps ne commence. Elle était, elle est, et elle sera toujours.
Prier, au sens ordinaire de la prière, ne la mettra pas en train.
Tout le bien est déjà.
Même au cœur des prétendues dépressions, la terre pro-
duisait d’abondantes récoltes, les océans pullulaient de pois-
sons et les oiseaux remplissaient les airs. Dieu n’avait aucun
pouvoir d’augmenter Son approvisionnement. Il était déjà
infini. Il y en avait plus que la terre ne pouvait en consommer.
C’est encore le cas, malgré l’apparence de pénurie et de prix
élevés, dont notre ignorance est la seule excuse. Le monde pro-
duit plus qu’il ne peut consommer et utiliser. Est-ce que les

53
prières à Dieu pour augmenter l’approvisionnement augmen-
teraient effectivement la quantité de biens ou de produits ?
Non, il y a déjà suffisamment pour chacun.
La question s’élève naturellement, « Comment pouvons-
nous disposer de cette suffisance ? » Et la réponse est : « Par la
prière. » Et qu’est-ce que la prière ? La prière est cette sensa-
tion, cette conviction, ce savoir intérieur que ces paroles sont
vraies ! Dieu est. Voudriez-vous changer cela ? Voudriez-vous
changer quoi que ce soit que Dieu a fait? Voudriez-vous deman-
der des améliorations dans l’univers de Dieu ? Voudriez-vous
demander à Dieu de vous laisser influencer les lois, la sub-
stance, et l’activité de la création de Dieu ? « Si je marche dans
la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es
avec moi. » Dieu est. Peut-il y avoir à prier pour davantage que
cela ? La sensation de la justesse de cette déclaration, « Dieu
est », est votre prière. Tout de suite, ce serait suffisant si vous
pouviez abandonner tous les désirs, tous les souhaits, tous les
espoirs même ; et, en son temps, cette sensation ou réalisation,
vous conduira à des niveaux de conscience de plus en plus pro-
fonds, et dans de plus profonds royaumes de prière. Dieu est.
Cela n’est-il pas assez ?
De nouveau, je vous dis, ne jugez pas selon les apparences.
Regardez chaque personne, chaque chose, chaque situation,
chaque condition avec simplement la réalisation que Dieu est,
et puis laissez la réalité spirituelle être rendue visible à vos
yeux par le Père au-dedans.

54
CHAPITRE IV

DIEU EST UN

Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est notre seul Seigneur.


Deutéronome 6 : 4

D
ANS notre acceptation et notre compréhension que Dieu
est un, Dieu n’a aucun opposé, et il n’y a aucune oppo-
sition. Avec Dieu en tant que un, il y a une seule acti-
vité, un être, une cause, un pouvoir, une loi.
Quand on demanda au Maître lequel des commandements
était le plus grand, il répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton
Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. »
Par conséquent, le premier, et le plus grand de tous les com-
mandements est : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma
face. » Nous pensons à Dieu comme pouvoir, ainsi le comman-
dement est : tu ne reconnaîtras aucun autre pouvoir que Dieu.
Qu’est-ce, alors, que nous craignons : des germes, l’infection,
la contagion ? Puisque Dieu est le seul pouvoir, ces choses peu-
vent-elles avoir un pouvoir quelconque ? Selon l’enseignement
du Maître, elles ne pourraient avoir aucun pouvoir, excepté
celui qui leur serait donné par Dieu.
Craignons-nous le manque ou la limitation ? Comment le
manque ou la limitation peuvent-ils nous atteindre ? Crai-
gnons-nous les guerres et les bombes atomiques? Selon le pre-
mier commandement, Dieu seul est pouvoir. Qu’arriverait-il au
pouvoir de la bombe atomique si nous pouvions réaliser Dieu

55
comme le seul pouvoir ? Réfléchissez profondément à cela,
parce qu’il doit arriver un moment de transition où nous pou-
vons déclarer intellectuellement : « Mais ceci est vrai. Si Dieu
est le seul pouvoir, qu’avons-nous à craindre de tous les pré-
tendus pouvoirs de la terre et de l’enfer ? » Ensuite doit venir
un autre moment de transition où nous passons de cette accep-
tation intellectuelle à une acceptation spirituelle, une sensa-
tion d’accord intérieur : « Oui, ceci est la vérité ; je ressens la
vérité de ce pouvoir unique. »
«Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face» – par consé-
quent, Dieu est la seule loi. Nous voyons alors surgir une sur-
prenante question : Existe-t-il une loi de maladie ? Dieu est la
seule loi. Qu’est-ce, donc, qui cause la maladie ? Qu’est-ce qui la
perpétue, s’il n’y a aucune loi de maladie ? On nous a dit dans
l’Écriture : « Qu’il te soit fait selon ta foi » ; donc, si vous avez la
confiance, la foi, ou la croyance qu’il y a une loi de maladie, il
doit en être ainsi pour vous. Voyez-vous, le monde essaye de
supprimer la maladie par l’étude des lois de la maladie, or, il
n’existe pas de telles lois.
Selon l’enseignement du Maître, et l’enseignement de toute
la sagesse spirituelle au cours des siècles, il y a seulement un
pouvoir, une loi, un être. Réfléchissez bien maintenant, car voici
le point vers lequel nous nous dirigeons : il n’y a rien dans ce
monde entier pour quoi ou contre quoi il soit nécessaire d’uti-
liser le pouvoir-Dieu. Puisqu’il n’y a aucun pouvoir en dehors
de Dieu, il n’y a aucun péché, aucun mal; puisqu’il n’y a aucune
loi en dehors de Dieu, il n’y a aucune loi de maladie, aucune
loi de carence ou de limitation, et nous n’avons plus besoin de
nous tourner vers Dieu pour vaincre ces choses, pour nous
aider à nous élever au-dessus d’elles, pour les détruire, les cor-
riger ou les supprimer.
Tel est le rôle de cet enseignement, l’enseignement que nous
pouvons appeler l’enseignement de est – simplement les trois
lettres E - S - T, EST – et c’est tout aussi simple que la révélation

56
DIEU EST UN

qui donna naissance à la Voie Infinie, également une expres-


sion : « en tant que ». Dieu est exprimé, manifesté en tant que
vous et en tant que moi. Dieu est en train d’apparaître en tant
que votre être et mon être. (5) Dieu est en train d’apparaître en
tant que ; Dieu apparaît en tant que cet univers. Il n’y a aucun
état d’être séparé de Dieu puisque Dieu apparaît sous la forme
de cet univers ; il n’y a aucune condition séparée de Dieu
puisque Dieu apparaît en tant que la substance et l’activité de
cet univers. Dieu apparaissant en tant que, nous conduit logi-
quement à Dieu est. Est n’a aucun terme de comparaison
puisque toujours, éternellement et immortellement, il est ce
qu’il est, et cet est, est Esprit. Ce n’est pas quelque degré de
bien humain, ce n’est pas non plus quelque degré de mal
humain. Il est – spirituellement, harmonieusement, joyeuse-
ment, éternellement, immortellement. Est.
La loi est. Il n’y a pas de bonne loi ni de mauvaise loi. Il n’y
a que la loi – Dieu est. Il n’y a pas de pouvoir bon ou fort, pas
de pouvoir bon ou mauvais : il n’y a qu’un pouvoir – Dieu est. Il
n’y a aucun pouvoir à opposer à quoi que ce soit, il n’est donc
pas utile de le prier de vaincre nos ennemis ; pas utile de le
prier de vaincre le péché, ou des désirs erronés, ou des appé-
tits ; pas utile de le prier de vaincre la maladie, puisqu’il y a
un seul pouvoir et le pouvoir qu’il y a est Dieu.
Nous devons arriver, maintenant, à un état de conscience
appelé est, et nous devons nous reposer dans ce est. Il n’y a
aucun mal auquel nous ayons à nous opposer ou dont nous
ayons à être protégé, et nous n’avons pas à prier dans le but
d’obtenir que Dieu fasse quelque chose pour nous, puisque
Dieu, le Bien, est déjà. Si au fond de nous-même, nous pou-
vons ressentir un accord réceptif, cela est notre prière, notre
traitement et notre communion avec Dieu. « Écoute, ô Israël,

(5) L’auteur fait remarquer que son message est basé sur ces deux petits
mots de deux lettres : IS et AS ; IS signifie EST, et AS signifie EN TANT
QUE.

57
Le Seigneur notre Dieu est notre seul Seigneur » – unique
essence, unique cause, unique effet, unique Bien infini.
Vous êtes amené à un état de conscience dans lequel, même
par suggestion, vous ne songez pas à vous tourner vers Dieu
pour qu’il fasse quelque chose pour vous, puisque ce à quoi vous
pensez est déjà. Vous ne priez jamais pour quelque chose ou
quelqu’un. La totalité de votre prière devient un accord inté-
rieur que c’est déjà et a toujours été. « Avant qu’Abraham fût,
Je suis… voici, Je suis avec vous toujours, même jusqu’à la fin
du monde… Je ne te laisserai jamais ni ne t’oublierai. » Est,
suis, est – Je suis avec vous ; c’est ainsi. Vous ne cherchez plus
à trouver mentalement quelque déclaration de vérité : il y a
désormais une seule déclaration de vérité, et elle vient en un
seul mot, est. Cela est déjà.
Il me fut révélé il y a de nombreuses, nombreuses années :
« Ce que je recherche, je le suis. Je le suis déjà ; cela est déjà ;
cela est toujours. » Avec cette compréhension vint la réalisation
que je pouvais cesser de chercher ; je pouvais cesser de recher-
cher ; je pouvais même cesser de prier. C’est déjà. Et désormais
ma prière est la réalisation, la reconnaissance, de est.
Quel que soit le bien déjà entré dans votre conscience sous
forme de désir ou d’espoir, il est déjà. Il n’y a aucun pouvoir
pour vous l’apporter demain. La question de temps intervient
ici. Vous ne pouvez pas vivre hier, n’est-ce pas ? Aucun bien ne
peut intervenir hier dans votre expérience, et pour autant que
nous sachions, personne n’a jamais vécu demain. La littéra-
ture spirituelle du monde semble accepter tout à fait que main-
tenant est le seul temps que nous vivions, que maintenant est
le seul temps que nous vivrons, et pour cette raison, mainte-
nant est le seul temps.
Ainsi, vous le voyez, une prière qui voudrait s’occuper d’hier
ou de l’année dernière, ou peut-être de l’incarnation précé-
dente, serait une perte de temps. Vous ne vivrez jamais il y a
une heure, il n’est donc d’aucune utilité de prier pour quoi que

58
DIEU EST UN

ce soit, ou au sujet de quoi que ce soit qui se rapporte à l’heure


passée. « Laissez les morts enterrer les morts. » Laissez hier
enterrer hier, et occupons-nous de maintenant. Puisque nous
ne pouvons pas vivre demain, il n’y a aucune raison de sou-
haiter, de désirer ou d’espérer pour demain. Il n’y a qu’un seul
moment où nos prières peuvent se matérialiser, et ce moment
est maintenant.
C’est la raison pour laquelle nous devons apprendre et com-
prendre le caractère instantané et spontané de la guérison et
de la régénération, puisqu’elles peuvent avoir lieu seulement
maintenant. Quel grand fait découvrons-nous? Avant tout nous
découvrons que Je suis ! Je suis maintenant ! Vous allez deman-
der : « Qu’est Je suis ? » Cela, vous devez l’apprendre de l’inté-
rieur, mais une chose est certaine : Si Je suis, tout ce que le
Père est, et tout ce que le Père a, est à cet instant précis dans
cet état d’être Je suis. Tout ce que le Père a est maintenant.
Tout ce que le Père a est à moi maintenant. Si vous êtes capable
de suivre ceci, vous allez dire : « Mais, ceci est simplement est,
encore une fois ; est – pour lequel il n’y a ni à espérer, ni à prier.
Pourquoi ? Parce que dans ce maintenant il y a seulement un
pouvoir, la seule présence, la seule loi, que Je suis. Tout ce que
Dieu est, Je le suis maintenant ! »
Autant que nous le sachions, le Maître n’a jamais prié pour
une chose quelconque pour lui. Pouvez-vous comprendre pour-
quoi il paraissait n’avoir jamais de besoin ? S’il s’agissait de
guérison, il pouvait guérir les foules. À aucun moment il ne
cherchait à obtenir ou à acquérir. La Bible affirme qu’il avait
faim, qu’il fut tenté de changer des pierres en pains. Était-il
tenté de croire au manque ? Non. Il reconnaissait son accom-
plissement, il reconnaissait sa filiation divine, il reconnaissait
que tout ce que le Père est, est à moi maintenant, et qu’il
n’avait pas besoin de faire ce geste. Cela est déjà. « Arrière de
moi, Satan. » Arrière de moi, la tentation de croire que je puis
acquérir quelque chose dans une minute, alors que dans cet

59
état de maintenant est mon état de est. C’est maintenant. Je
suis. Tout ce que Dieu est, Je suis.
Sûrement, ce sentiment d’accord, que Je suis au milieu de
vous en ce moment précis, vient au tréfonds de votre cons-
cience ; tout ce qui a jamais été est maintenant ; tout ce qui
existera jamais est maintenant car maintenant est le seul
temps – l’harmonie divine de Dieu est votre être maintenant,
et ceci est votre prière.
Ainsi, une fois de plus, nous sommes exhortés à retenir tout
jugement, parce que si nous jugeons selon les apparences de
ce monde, nous verrons le ciel assis sur les montagnes, ou les
sillons de roues qui se rejoignent à l’horizon. Ce ne sont cepen-
dant que des apparences ou illusions, des tentations pour nous
empêcher de nous risquer en avant.
Vous comprenez aisément que vous ne pouvez pas discuter
de cela avec vos amis ou parents, parce qu’ils vivent selon les
apparences, et que les apparences sont le pain et le beurre
mêmes de leur vie quotidienne. Toute la conversation de l’état
humain tourne autour des apparences ; il est donc inutile d’es-
sayer de parler de ceci, d’en discuter et de l’exposer par le rai-
sonnement. Soyez tranquille et sachez ; mais soyez très tran-
quille. Soyez très tranquille, et sachez spirituellement que ceci
est la vérité ; il n’y a aucune loi de maladie, il n’y a aucun mal ;
il n’y a aucun pouvoir qui puisse faire du mal. Ressentez spi-
rituellement l’exactitude de ceci. Si vous le ressentez spiri-
tuellement, vous priez bien au lieu de prier mal. Si vous pou-
vez ressentir qu’il est exact qu’il y a une loi unique, un pouvoir
unique – qu’il n’y a rien à vaincre, rien à détruire ou rien à
supprimer – alors vous saurez, « Je suis déjà. C’est ; Dieu est ;
l’harmonie est. »
Pendant que nous traversons les expériences de chaque
jour, des tentations surgiront continuellement de juger en
bien ou en mal, malade ou bien portant, riche ou pauvre,
péché ou pureté. Nous sommes confrontés, non seulement aux

60
DIEU EST UN

trois tentations du Maître, mais à trois millions. Il y a toujours


la tentation de regarder la femme adultère et de lui jeter
quelques pierres, ou le voleur pris sur le fait et de juger. Du
matin au soir, nous sommes tentés de croire aux apparences
et de les catégoriser bonnes ou mauvaises, justes ou fausses ;
mais nous devons résister à ces tentations en apprenant à
regarder la personne, la circonstance, la condition, ou la mala-
die, et à retenir notre jugement. Nous devons réaliser est – est
– et laisser le Père définir, esquisser et montrer ce qui est spi-
rituellement. « Mon royaume n’est pas de ce monde. » Il ne sert
à rien d’essayer de juger le royaume spirituel selon les appa-
rences – cela ne marchera pas.
L’étude et la pratique de la Voie Infinie est le développe-
ment de la conscience spirituelle. Elle ne traverse pas l’exis-
tence humaine en distinguant toutes les erreurs, pour trouver
un système afin de les rectifier. Elle regarde à travers les appa-
rences à la fois du bien humain et du mal humain, et apprend
à contempler la réalité spirituelle qui est, même là où il y a une
apparence manifeste.
Environ 500 ans av. J.-C., Lao-Tseu déclara : « Un nom ne
peut pas nommer l’éternel. Sans-nom est la Source du Ciel et
de la Terre ; avec les noms, on arrive à la création et aux
choses. » En d’autres termes, si vous pouvez nommer Dieu, ce
n’est pas Dieu. De sorte que tout ce que vous pourriez penser
au sujet de Dieu représenterait seulement votre concept de
Dieu. Si vous dites, «Dieu est amour», c’est un concept de Dieu;
ce n’est pas Dieu. Ainsi, prier l’Amour ou l’Intelligence serait
adresser une prière à des concepts, non à Dieu. Vous pourriez
passer en revue tous les synonymes de Dieu, et déclarer que
Dieu est ceci ou cela, et vous seriez dans l’erreur. Ce ne serait
pas Dieu du tout ; ce serait seulement un concept de Dieu, et le
prier ne produirait aucun résultat. Puisque n’importe quelle
pensée que vous pourriez avoir au sujet de Dieu représenterait
une opinion, une théorie, ou un concept, et ne serait pas Dieu,

61
comment donc allons-nous, dans la Voie Infinie, considérer
Dieu ? En réalité, il y a une seule chose que vous puissiez
connaître au sujet de Dieu : Dieu est. De cela vous pouvez être
tout à fait sûr.
Vous n’avez aucun moyen de savoir si Dieu est le mental, ou
si Dieu est vie, ou si Dieu est amour. Ces mots peuvent être
des citations qui représentent simplement des idées formulées
par les saints, les voyants et les sages, à travers les âges pas-
sés. Ils peuvent être parfaitement conformes à leur estimation
de ce que Dieu est, mais vous aurez à admettre que n’importe
quelle chose susceptible d’être dite sur Dieu représente une
théorie, une croyance, une opinion ou un concept – tout sauf
une chose : Dieu est. Cela vous le savez – Dieu est. « Reconnais-
le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers… Tu garde-
ras dans une paix parfaite celui dont l’esprit s’appuie sur toi. »
Reconnais-le et garde ton esprit fixé sur le Dieu qui est. Dieu
est. Il est suffisant de savoir cela. Que pouvez-vous faire de
plus, en fait de communion avec Dieu, que cette reconnaissance
intérieure que Dieu est ? Tout le reste peut être spéculation ou
opinion, mais une chose que personne ne peut vous enlever,
c’est la réalisation que Dieu est. Aussi longtemps que vous
reconnaissez que Dieu est et que vous vous reposez sur cette
conviction intime, de quelque façon, mystérieuse à vue humaine,
Dieu révélera tout ce que vous avez besoin de savoir en ce qui
concerne Dieu.
Nous vous avons dirigé vers ce point capital : ne vous occu-
pez pas de ce que quiconque enseigne au sujet de la nature de
Dieu, et ne vous occupez pas de ce que quiconque a écrit sur
Dieu. Beaucoup de ce que vous lisez et étudiez peut vous sem-
bler juste ; beaucoup peut vous paraître sujet à caution. Il n’y
a qu’un seul fait sur lequel vous puissiez ressentir un accord
complet, au sujet duquel aucun doute n’entrera jamais dans
votre pensée : Dieu est. Contentez-vous de cela jusqu’à ce que,
du fond de votre être, Dieu vous révèle ce que Dieu est, quand

62
DIEU EST UN

Dieu est, comment Dieu est. Laissez Dieu Se révéler à vous


Lui-même.
J’ai eu ma propre expérience intérieure de Dieu, la réali-
sation de Dieu, et la sensation réelle de la présence de Dieu,
mais je ne peux pas rendre ceci réel pour vous. Beaucoup ne
pourraient même pas croire que j’en ai eu l’expérience. À moins
d’avoir vous-même une certaine mesure de réalisation de Dieu,
comment pourriez-vous savoir si je dis la vérité, ou si je n’étais
pas moi-même dans l’erreur ? Je sais, mais je ne peux pas vous
transmettre ce savoir. Vous êtes déjà d’accord sur un point :
Dieu est. Si vous voulez bien accepter cette « êtreté » de Dieu,
cette prise de conscience intérieure et réalisation que Dieu est,
et si vous y réfléchissez, Dieu Se définira bientôt Lui-même.
Dieu Se révélera, Se dépliera et Se dévoilera au-dedans de
vous, d’une manière originale, et avec chaque expérience vien-
dra une certaine mesure de ce que nous appelons guérison.
La santé et la richesse ne vous seront pas ajoutées ; vous
constaterez que santé et richesse ont été incluses au-dedans
de vous avant même qu’Abraham fût. Vous découvrirez que
puisque Dieu est la nature infinie de votre être, toute l’har-
monie et tout le bien sont inclus dans l’infinité de cet Être spi-
rituel unique.
Cela, vous l’expérimenterez par vous-même, non pas en me
croyant, ni en acceptant ma parole. Je souhaite seulement,
qu’en me croyant, la sagesse spirituelle et la démonstration
puissent vous arriver ; mais il ne peut pas en être ainsi. L’ex-
périence spirituelle ne peut se produire que par votre réalisa-
tion spirituelle personnelle. Je peux simplement vous dire ceci :
si, sans idée ou opinion préconçue, sans théorie ou concept de
ce que Dieu est, vous pouvez réaliser « Dieu est, ceci je le sais »,
et rester sur cette notion, puis y réfléchir, en gardant votre
pensée dans cette direction, alors viendra – des profondeurs
de votre conscience – l’expérience révélant ce que Dieu est et
comment Dieu opère et agit dans la totalité de cet univers

63
merveilleux. Cela viendra par le discernement spirituel, mais
ne viendra pas si vous acceptez simplement ce que d’autres ont
dit ou écrit de Dieu. Le discernement spirituel viendra avec
chaque expérience de Dieu, et vous ne pouvez avoir l’expérience
de Dieu que par la connaissance de la vérité. Or quelle est la
seule vérité que vous connaissiez ? Dieu est – ceci est toute la
sagesse spirituelle que vous connaissez, ou connaîtrez, jusqu’à
ce que Dieu vous révèle davantage à partir du dedans de votre
propre être.
Les anciens Hébreux disaient : « Le Seigneur notre Dieu est
le seul Seigneur », mais ceci aussi est une répétition d’un
concept de Dieu. Nous partons de là et disons que Dieu est un
seul pouvoir, une seule loi ; mais jusqu’à ce que Dieu, Lui-
même, le révèle, cela reste un concept : c’est une vérité révé-
lée, à cause d’une expérience qui se produisit dans ma cons-
cience ; mais pour vous, cela peut n’être qu’une déclaration que
je répète. Il y a une chose que vous savez bien : Dieu est.
Maintenez cela en vous, vivez avec, contentez-vous-en jus-
qu’à ce que l’équilibre soit ajouté à ce que vous savez déjà, à ce
que vous avez déjà de sagesse spirituelle : « Car à celui qui a il
sera donné, et il aura en plus grande abondance. » Vous avez
cette sagesse spirituelle que Dieu est, et en y réfléchissant, en
la méditant, en y pensant au-dedans de votre propre être, tout
le reste vous sera ajouté : Qui est Dieu ; Qu’est Dieu ; Comment
est Dieu. La voie vous sera clairement montrée depuis l’inté-
rieur de vous-même.
Je n’ai qu’un seul vœu pour les étudiants de la Voie Infinie,
et pour tous ceux sur le Chemin, et c’est qu’ils n’acceptent pas
ce que mon expérience en Dieu et avec Dieu a été, mais que
chacun d’eux puisse faire par lui-même l’expérience de Dieu,
connaître Dieu, ressentir Dieu, aimer et comprendre Dieu, et
qu’il parvienne finalement à la réalisation de la Divinité.

64
CHAPITRE V

DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

L
’IDÉE de Dieu en tant qu’amour est probablement celle
de toutes que nous préférons entretenir. Environ quatre
cents ans avant la naissance de Jésus, Socrate trouva
que l’amour de Dieu se reconnaissait par Sa loi. À un certain
moment de notre voyage spirituel, il devient nécessaire de
réfléchir sur la notion de loi de Dieu, et nous découvrons alors
que nous devons accorder une grande attention à cette notion,
si nous voulons vivre dans l’harmonie, la plénitude et l’achè-
vement ; vivre dans l’unicité ou l’union avec la Vérité et avec
l’Amour.
La science de l’électricité est gouvernée par la loi de l’élec-
tricité, et l’on n’installe pas un système de fils électriques sans
connaître cette loi, parce que la moindre violation de cette loi
a pour effet un dommage à quelqu’un.
Comme est vraie aussi la loi qui est Dieu ! Beaucoup, beau-
coup de gens tentent de vivre sans mettre leur vie en harmonie
avec la loi de Dieu, et les résultats sont tristes, en vérité.
Le mépris de la loi de Dieu cause la souffrance par le péché,
la maladie, la discorde et l’inharmonie. À cause des enseigne-
ments religieux, qui ont presque totalement laissé tomber la
révélation de Dieu en tant que loi, la plupart des gens croient
réellement qu’ils peuvent vivre leur vie de la manière dont ils
veulent la vivre, pour autant qu’ils prennent soin de ne pas vio-
ler les lois légales ou de ne pas être pris en train de les violer.

65
Ils ne réalisent pas qu’une loi est à l’œuvre, beaucoup plus
grande et plus puissante qu’aucune loi jamais rédigée dans les
statuts d’une quelconque nation.
Je pensais à ceci récemment en rapport avec le pardon. Il
s’était présenté une occasion dans laquelle le pardon était
presque hors de question ; en dépit de tout le dévoilement et
de la compréhension donnés dans les écrits de la Voie Infinie,
il semblait n’y avoir aucune manière d’introduire le pardon
dans cette situation. Je songeai alors à un homme qui avait
souffert un destin très triste, apparemment sans faute de sa
part. Aux yeux du public, une injustice, un grand mal avait été
commis, dont cet homme était la victime, et dont il n’était pas
responsable. La pensée me vint : « Comment savons-nous ce qui
se passait dans la conscience de l’individu qui était la victime ?
Comment savons-nous ce qu’il s’attirait lui-même ? Qu’y avait-
il dans son mental pour lui attirer une telle expérience ? »
Ceci mit en route tout un train de pensées. Le Maître qui,
nous le croyons, connaissait le secret entier de la relation exis-
tant entre Dieu et l’homme, savait aussi que la manière d’ame-
ner l’harmonie dans l’existence de l’homme était la compré-
hension de la loi de Dieu. L’Apôtre Paul déclare clairement :
« Ne vous y trompez pas, on ne se moque pas de Dieu ; car ce
qu’un homme sème, il le moissonnera aussi. » Cela est une
ferme déclaration, et une déclaration dure. Si quelques-unes
des choses que nous avons récoltées au cours de notre expé-
rience sont réellement la récolte de ce que nous avons nous-
même semé, alors nous sommes invités à une réorganisation
complète de notre vie, de l’état de notre pensée, de l’état de
notre conscience. Je suis certain que bien peu d’entre nous
croient consciemment que les inharmonies et les discordes
sévères qui sont intervenues dans notre vie sont effectivement
le résultat de nos propres semailles. La plupart d’entre nous
sommes plus enclins à croire que nous sommes les innocentes
victimes de l’injustice et de l’absence de gentillesse des autres.

66
DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

Paul, allant plus loin, nous montre comment améliorer nos


semailles, afin que nos récoltes se rapprochent davantage de
l’harmonie. « Car celui qui sème pour la chair récoltera de la
chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit recevra
de l’Esprit la vie éternelle. » À ce sujet, dans la Voie Infinie,
nous sommes totalement en désaccord avec l’enseignement
métaphysique selon lequel des pensées erronées spécifiques et
des actes erronés spécifiques provoquent des maux, des mala-
dies ou des discordes spécifiques dans notre expérience. Paul
nous montre que parce que Dieu est Esprit, les lois de Dieu
sont spirituelles. Si nous avons accepté et entretenu la notion
de loi matérielle dans notre vie, nous semons pour la chair – la
matière, la matérialité – et nous sommes obligés de récolter le
caractère fini, la limitation et l’inharmonie.
Ce sujet est d’une importance considérable pour ceux
d’entre nous qui sont étudiants sur la Voie. Il est probable que
chacun de nous a cru, dans une certaine mesure, que certaines
de nos inharmonies et discordes étaient causées par d’autres
personnes, et c’est exactement là que nous devons mettre en
scène la loi du pardon. La première chose que nous demandons
est : « Comment puis-je pardonner à untel ce tort terrible ? »
Nous devons oublier l’idée de pardonner à untel, et nous devons
reconnaître que nous récoltons comme nous avons semé. Au
lieu de blâmer un autre, nous devons faire l’aveu, ici et main-
tenant, qu’une attitude erronée de notre part, une attitude
mentale ou une action fausse nous a attiré cette expérience, et
reconnaître que si elle ne s’était pas présentée à travers cette
personne, elle serait le plus certainement du monde arrivée
par une autre, puisque cette expérience devait nous atteindre.
Nous l’avions attirée à nous.
En maintenant quelqu’un dans la condamnation, vous
semez pour la chair et récolterez la corruption ; mais en ne
blâmant pas une autre personne, vous retirez cette graine
semée par vous. Reconnaissez maintenant que personne sur la

67
terre, dans le ciel, ou en enfer, n’a le pouvoir de vous res-
treindre, de vous blesser, ou de vous influencer d’une manière
quelconque. Reconnaissez maintenant que tout le pouvoir
réside dans votre âme ; vous serez alors de nouveau en train
de semer pour l’Esprit, et vous récolterez la liberté, la paix et
l’harmonie.
Comprenez, s’il vous plaît, qu’il ne vous est pas enseigné
d’examiner vos pensées pour voir quelle erreur s’y est intro-
duite aujourd’hui ou hier, ou il y a dix ans, afin de la corriger.
Il s’agit au contraire d’un enseignement dans lequel vous
apprenez que penser matériellement doit engendrer des condi-
tions matérielles, mais qu’être conscient des choses spirituelles,
demeurer dans la Parole, et laisser la Parole « demeurer en
vous » produira des fruits spirituels. Vous pouvez oublier toute
l’ancienne activité mentale erronée, ou même pécheresse, et
prendre un nouveau départ à n’importe quel moment pour effa-
cer les discordes et inharmonies dues à l’acceptation présente
ou antérieure de la matérialité. En vous tournant vers l’Esprit,
vous commencez aussitôt à récolter l’harmonie, la santé, la plé-
nitude et l’accomplissement.
« Car celui qui sème pour la chair récoltera de la chair la
corruption » signifie que si vous placez votre espoir, votre foi et
votre confiance dans la forme ou la création, vous semez pour
la chair ; alors que si vous placez votre espoir, votre foi et votre
confiance dans l’Esprit, dans la cause, dans l’Infini Invisible,
vous semez pour l’Esprit. Si vous croyez que les francs ou les
investissements, les récoltes ou les biens, les positions ou les
feuilles de paie constituent les ressources, vous semez pour la
chair. Vous placez votre foi en quelque forme de la création, et
en semant de cette manière vous récolterez finalement la
perte, la limitation ou la dévalorisation de ces francs, ou bien
l’insécurité de ces investissements. Tôt ou tard, vous consta-
terez que ce en quoi vous avez placé votre confiance vous a
lâché.

68
DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

Il en va de même si nous mettons notre confiance dans les


personnes. L’Écriture nous dit: «Ne place pas ta confiance dans
les princes », et « Sépare-toi de l’homme dont le souffle est dans
les narines, car en quoi peut-il être apprécié? » Si nous plaçons
notre confiance dans les hommes, les femmes, les gouverne-
ments ou les organisations, nous récolterons les chagrins et les
désappointements qui résultent d’avoir cru en : « L’homme dont
le souffle est dans les narines » ; tandis que si toute notre
confiance repose sur l’Infini Invisible, sur l’Esprit qui gouverne,
nous trouverons que nous sommes harmonieusement gouver-
nés par le monde intérieur. Nous devons avoir toujours des
hommes crédibles et dignes de confiance aux postes de res-
ponsabilités, mais au lieu de compter sur eux pour l’intégrité,
la loyauté et la fidélité, nous devons regarder vers l’Esprit qui
les anime – et anime tous les hommes – pour accomplir Ses
fonctions.
Si nous comptons sur l’homme pour l’indulgence, la justice
ou l’appréciation, tôt ou tard, quelqu’un nous décevra. Dans la
brochure Amour et Gratitude, ce principe entier est expliqué, et
il devient pratique dans la mesure où il nous fait réaliser que,
même si notre approvisionnement semble nous venir par des
gens, il vient en réalité de l’Infini Invisible de notre propre être,
du royaume de Dieu au-dedans de nous. Si, tout en accueillant
notre approvisionnement de nos employeurs ou de nos inves-
tissements, ou bien tout en acceptant l’amour de notre mari,
de notre femme, de nos enfants ou de nos amis, nous réservons
une place au-dedans de notre conscience pour réaliser : « Oui,
bien sûr, mais je ne suis pas dépendant de ces choses exté-
rieures, puisque je sais que le royaume de Dieu est au-dedans
de moi, et qu’Il est la Source de mon approvisionnement et de
l’amour que je reçois », alors nous sommes en train de semer
pour l’Esprit et nous récolterons nos ressources spirituelles,
même si leurs canaux habituels étaient coupés. En semant
pour l’Esprit, nous récolterons spirituellement ; nos revenus et

69
notre approvisionnement continueront alors, même s’ils doi-
vent nous parvenir par quelque autre voie. Si au lieu de comp-
ter sur « l’homme dont le souffle est dans les narines » pour la
justice, la coopération, la récompense et l’appréciation, nous
réservons un petit coin – quelque part au-dedans de nous –
pour reconnaître : « Ah, mais oui, je reçois ma reconnaissance,
ma récompense, mon appréciation et ma gratitude de Dieu, à
partir de la profondeur de l’âme au-dedans de mon être », nous
laissons alors cela venir par l’intermédiaire de qui que ce soit.
L’appréciation, la récompense, la gratitude, l’amour et l’ap-
provisionnement ne seront jamais retenus, et si ceux qui se
trouvent en être les moyens étaient éloignés, leurs places
seraient prises par d’autres. En semant spirituellement, en
réservant une petite zone de conscience à la reconnaissance
constante que toute appréciation, toute gratitude et tout amour
se trouvent dans le royaume de Dieu au-dedans de nous, nous
récoltons notre bien spirituel.
Nous avons tous été d’innocentes victimes du calendrier,
parce que nous avons réellement cru que nous vieillissons à
mesure que chaque jour et chaque année étaient rayés, et que
le corps perdait de sa force, de sa vitalité, et de son ardeur.
Nous avons cru que jusqu’à la trentaine nous croissions en
maturité, en force et en vitalité ; mais après la trentaine et la
quarantaine, nous avons accepté la croyance universelle que
la fuite des années entraînait aussi la fuite de la jeunesse, de
la vitalité et de la force. Cela est encore semer pour la chair,
parce que nous plaçons l’harmonie de notre corps et de notre
santé où elle n’est pas. Le pouvoir de notre corps et de notre
santé, le pouvoir de notre immortalité est dans l’Esprit.
Lorsque nous aurons réalisé une fois que cet Esprit infini,
ou Âme, gouverne et contrôle réellement nos capacités phy-
siques et mentales, nous ne les perdrons jamais : elles seront
maintenues pour l’éternité. Il n’existera pas une chose telle
qu’un corps ou un mental épuisé à soixante-dix ans, ni à cent

70
DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

dix. Nous nous épuisons par la croyance que le pouvoir de la


vie, de la santé et de la force se trouve dans le corps. Une fois
que nous comprendrons que nos facultés physiques, mentales
et morales sont en fait des facultés de l’Âme, et que le corps
est seulement l’instrument que l’Âme utilise, le corps sera
aussi immortel que l’Âme, aussi jeune, aussi plein de vitalité et
aussi sain que l’Âme.
Le pardon est aussi une loi de Dieu. Le Maître a exprimé
très clairement qu’il nous fallait pardonner même à nos enne-
mis, même à ceux qui nous haïssent et nous persécutent, à
ceux qui se servent de nous sans vergogne, et qu’au besoin il
fallait leur pardonner soixante-dix fois sept fois C’est une loi de
Dieu que chacun d’entre nous a violée. Nous n’avons pas par-
donné à nos ennemis, et nous n’avons certainement pas par-
donné soixante-dix fois sept fois. Le pardon est une des lois
importantes si fréquemment rappelées dans l’enseignement
du Maître.
Chacun d’entre nous entretient une croyance – peut-être
une minuscule croyance – qu’une discorde, un manque d’har-
monie ou une erreur dans notre vie est due à quelque autre
personne, dans le présent, dans le passé, voire même dans le
futur, et nous violons ainsi la loi du pardon. Nous ne pouvons
pas violer la loi de Dieu sans en souffrir ! Nous pouvons violer
les lois humaines, les lois légales et matérielles, parfois sans
répercussions, mais l’impunité n’existe pas pour le viol d’une loi
spirituelle.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est une autre
loi de Dieu. En songeant à nos expériences du passé et du pré-
sent, nous constaterons qu’il y a beaucoup, beaucoup de voies
par lesquelles un plus grand amour pour notre prochain pour-
rait s’écouler hors de nous ; nous prenons le mot « prochain »
dans le sens le plus large et le plus spirituel. Ceci peut ne pas
se situer entièrement au niveau humain de l’amour ; ouvrir sa
conscience à la réalisation que Dieu est autant la vie, l’Âme et

71
l’Esprit de notre prochain que de nous-même, peut nous en
dévoiler une vision plus étendue. Au moment où nous com-
mençons à voir que Dieu est le principe qui anime tous les
hommes, nous aimons notre prochain comme nous-même. Mais
quand nous fabriquons des excuses et des exceptions, nous ne
trompons pas la loi de Dieu. Nous ne trompons que nous-
même, parce qu’il n’existe pas d’absolution pour avoir violé la
loi de Dieu tant que la violation n’a pas cessé.
En étudiant l’enseignement du Maître dans les Évangiles,
nous trouvons les lois d’amour et de pardon, ainsi que la loi du
service rendu : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à man-
ger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et
vous m’avez recueilli ; j’étais nu et vous m’avez vêtu ; j’étais
malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes
venus vers moi… » « Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir
faim et T’avons-nous donné à manger ? ou avoir soif et T’avons-
nous donné à boire ? Quand T’avons-nous vu étranger, et
T’avons-nous recueilli ? ou nu et T’avons-nous vêtu ? ou quand
T’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés
vers Toi ?… Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un
des plus petits de mes frères, c’est à Moi que vous les avez
faites. » (Mat. 25 : 35-40) Le service est une loi de Dieu.
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute
ton âme et de toute ta pensée. » Y a-t-il une manière quel-
conque d’aimer Dieu autre que d’aimer l’homme ? Si nous
disons que nous aimons Dieu que nous n’avons pas vu, mais
que nous n’aimons pas l’homme que nous avons vu, l’Écriture
dit que nous sommes un menteur. Par conséquent, la seule
façon pour nous d’aimer Dieu de tout notre cœur et âme, de
toute notre pensée, est d’aimer l’homme. Cet amour est exté-
riorisé non seulement par le service que nous rendons à l’hom-
me, par la gentillesse et le pardon, mais aussi par notre réali-
sation que Dieu est la somme totale de l’être de l’homme
individuel. Plus nous pouvons réaliser que Dieu est la loi de

72
DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

notre prochain, que Dieu est l’Âme, la Substance, l’Influence


dirigeante, le principe qui supporte et approvisionne notre pro-
chain, plus nous aimons notre prochain comme nous-même et,
en même temps, plus nous aimons Dieu.
Lorsque nous examinons n’importe lequel des problèmes
de notre expérience actuelle, pensons désormais à Dieu en tant
que Loi, et voyons si nous ne sommes pas en train de violer
quelque loi de Dieu. Si nous découvrons que nous n’avons pas
suffisamment observé la loi d’amour ou la loi de pardon, nous
ne devrions pas trop nous critiquer nous-même. Sachons que
c’est là que nous avons failli, et reconnaissons aussitôt que
nous n’avons rien à pardonner, puisque Dieu est l’Âme de
chaque individu. Reconnaissons en outre que cette inharmo-
nie n’aurait pas pu se produire, si quelque chose dans notre
propre conscience ne l’avait pas attirée à nous. Ceci est le plus
grand acte de pardon qui existe et qui apporte le plus grand
soulagement. Au lieu de nous complaire dans l’auto-critique
pour les erreurs que nous détectons en nous, au lieu de nous
juger pour les violations des lois de Dieu, commençons plutôt
immédiatement à réaliser que Dieu est la loi de notre être, et
qu’une quelconque confiance ou foi en une loi séparée de Dieu
– loi mortelle, matérielle, de santé, ou médicale – n’a pu se fon-
der que sur notre ignorance de la vraie loi.
Nous arrivons maintenant à une des lois les plus impor-
tantes que nous rencontrerons jamais. Il n’y a aucun temps qui
soit hier ! Il n’existe aucune sanction pour une erreur d’hier.
La seule sanction est pour l’erreur de cette minute. Si, à cette
minute, nous plaçons notre foi dans une loi matérielle, nous
payons alors l’amende pour cette foi. Si, en ce moment, nous
n’appliquons pas la loi du pardon, c’est à ce moment que nous
encourons la sanction; et c’est pourquoi rien de ce qui est arrivé
hier n’a la moindre place dans notre expérience d’aujourd’hui.
C’est seulement si nos « hier » étaient faits de confiance en
la loi spirituelle, que nous récoltons aujourd’hui les bénéfices de

73
la loi spirituelle. Ceci est la seule fois où hier devient une par-
tie vivante et vitale d’aujourd’hui. Le semis spirituel que nous
avons fait hier, nous donne notre récolte spirituelle harmo-
nieuse d’aujourd’hui et de demain. Le semis matérialiste d’hier
n’a aucun pouvoir, sauf dans la mesure où nous transportons
dans aujourd’hui cette ignorance d’hier. Deux fois deux font
quatre. Il peut y avoir eu des milliers d’hier au cours desquels
nous avons cru que deux fois deux faisaient cinq, mais il n’y a
aucune sanction lorsque nous reconnaissons et avouons notre
erreur. Chaque sanction pour notre ignorance d’hier, chaque
sanction pour notre semis matérialiste est effacée au moment
même où nous reconnaissons que la loi de Dieu est l’influence
qui nous gouverne.
Nous pouvons commencer à semer spirituellement à n’im-
porte quel moment, et commencer la récolte spirituelle à l’ins-
tant précis qui suit, parce qu’en Christ il n’y a pas « quatre
mois » d’ici la moisson. En Christ, la récolte est dans le sol
avant que la graine ne soit semée : « Avant qu’ils appellent, je
répondrai ; et avant qu’ils aient fini de parler, j’entendrai. » La
récolte spirituelle commence au moment même où nous recon-
naissons que l’Esprit est l’influence dirigeante de nos vies.
Nous ne serons plus liés à la loi matérielle ou humaine, ni
même à la loi humaine de faire le bien pour le bien et le mal
pour le mal ; notre existence sera libérée de toute servitude et
sanction.
Le Maître indiqua encore une autre loi de Dieu lorsqu’il dit :
« Ce que vous liez sur la terre sera lié au ciel ; et ce que vous
délierez sur la terre sera délié au ciel. » En maintenant dans
la condamnation quiconque, ou quoi que ce soit, vous vous liez
vous-même à la condamnation. Réalisez que vous êtes une
unité complète et parfaite, consciemment une avec le Père, et
que tout ce qu’a le Père trouve à travers vous une sortie vers le
monde. Soyez satisfait de voir que le bien s’écoule autant vers
le pécheur que vers le saint. Ne gardez personne en servitude ;

74
DIEU EN TANT QUE LOI À L’ŒUVRE

délivrez chacun, et vous trouverez votre liberté en Dieu, en


Christ. En reconnaissant Dieu comme la Source de votre vie,
des qualités et des activités de votre corps, la Source de votre
amour et de votre approvisionnement, et même la Source de
vos pouvoirs de pardon, vous semez pour l’Esprit. Mais souve-
nez-vous que chaque fois que vous entretenez une certaine foi
en la créature, ou quelque crainte d’elle, vous êtes en train de
renier le pouvoir du Créateur et de semer pour la chair, dans la
même proportion que cette foi ou crainte.
On vous demande de placer votre foi, votre espoir, votre
appui, votre confiance, et votre totalité dans l’Esprit, dans l’In-
fini Invisible, au lieu de les placer dans une des nombreuses
formes sous lesquelles apparaît l’Invisible. À mesure que vous
apprenez à retirer du monde extérieur votre foi et votre crainte
et à placer votre confiance entière dans l’Infini Invisible, vous
semez pour l’Esprit et vous récolterez vraiment la vie éternelle.
En réfléchissant à l’idée de Dieu en tant que loi, vous ver-
rez qu’il n’y a aucune manière d’avoir recours à Dieu ou de
prier Dieu en espérant quelque bénéfice de Dieu. Ce serait une
violation de la loi spirituelle, et même Dieu ne peut pas violer
Sa propre loi.
Nous devons donc apprendre à ne pas tenter de faire des-
cendre Dieu vers nous, ou de Le plier à notre vouloir et à notre
caprice, mais nous devons plutôt chercher à comprendre Sa loi
et volonté, et à nous mettre en harmonie avec elle. Comme
Abraham Lincoln l’a déclaré une fois : « Je ne me préoccupe pas
autant de savoir si Dieu est de mon côté que je me préoccupe
d’être sûr que je suis du côté de Dieu. » Il en va de même pour
nous. Ne nous préoccupons pas d’amener le pouvoir de Dieu
dans notre expérience, mais préoccupons-nous de comprendre
la loi et la volonté de Dieu, et de nous mettre en harmonie avec
elles.

75
CHAPITRE VI

JE SUIS LE CEP

Q
UELQUE PART dans l’ancien temps de nos vieilles
croyances théologiques, nous entretenions l’idée que la
bonté de Dieu pour nous dépendait de notre mérite, et
que si nous étions mauvais ou avions péché, Dieu retenait
notre bien. Si quelque chose doit être clair à ceux qui suivent
le Chemin Spirituel, c’est ceci : Dieu est Amour, Dieu est Loi,
Dieu est Principe, Dieu est Intelligence divine, et Dieu est Vie
Éternelle.
Si la vie dépendait de notre vertu, et si notre méchanceté
pouvait interférer avec la vie, qu’adviendrait-il de l’enseigne-
ment spirituel selon lequel la vie est éternelle et immortelle ?
Y est-il le moins du monde question que la vie est immortelle
si, quand, et lorsque nous faisons certaines choses ? Non ! Cela
rendrait l’immortalité de la vie dépendante de vous et de moi,
or elle ne l’est pas. La vie immortelle dépend de Dieu ; il n’y a
rien que nous puissions faire pour la gagner, et il n’y a rien que
nous puissions faire pour que Dieu la retienne. Nous ne pou-
vons pas prier Dieu de nous donner la vie, et il n’y a aucun
péché qui puisse empêcher la vie d’être éternelle et immortelle.
Dieu est Amour. Que pourrions-nous donc faire, vous ou
moi, pour changer la nature de Dieu ? Est-ce que nos enfants
pourraient faire quoi que ce soit qui changerait notre amour
pour eux ? Non, bien sûr que non ; et si, humainement, nous
sommes souvent capables d’aimer nos enfants lorsqu’ils ne le

77
méritent pas, combien plus d’amour notre Père céleste
déverse-t-il !
Pouvons-nous accepter le fait que Dieu est Amour, et pas
que Dieu est Amour si nous nous conduisons d’une certaine
manière, ou seulement quand nous sommes estimables et méri-
tants ? Pouvons-nous accepter le fait que Dieu est Amour, et
que la pluie de Dieu tombe sur les bons et les méchants ? Est-
ce que le Maître, le Christ Jésus, a retenu le bien ou la guéri-
son parce que quelqu’un était un pécheur ? A-t-il demandé aux
foules de gens, à un moment quelconque, s’ils étaient bons, ou
s’ils gaspillaient leur argent ou l’économisaient ? En ressusci-
tant le mort, a-t-il demandé si cet individu était moral ou amo-
ral, honnête ou malhonnête ? Ou bien, en regardant ce que le
monde appelle la mort, a-t-il détruit toute croyance en elle et
rappelé l’individu à la vie ? Nous connaissons tous les réponses
à cela. À aucun moment de son ministère, Jésus n’a retenu la
guérison, l’approvisionnement, le pardon, la restauration, ni
la rédemption, à cause de l’indignité de quiconque ou de son
sens temporaire du mal.
Le principe est celui-ci: Puisque Dieu est Amour, notre bien
doit être infini sans aucun si, et, ou mais, parce que la grâce de
Dieu ne dépend pas de quelque chose que vous ou moi faisons
ou ne faisons pas. La grâce de Dieu ne peut pas être retenue.
Nous pouvons allumer ou éteindre l’électricité, et nous pou-
vons ouvrir ou fermer le robinet d’eau, mais nous ne pouvons
pas mettre en route ou arrêter le flot de Dieu. Dieu est, et Dieu
est Amour, dans Sa plénitude et Sa totalité.
Examinons maintenant le principe : Dieu est Vie. Ceci ne
signifie pas que Dieu est vie à l’âge de six ans ou de seize, Dieu
est Vie. Alors pourquoi n’en serait-il pas ainsi à soixante ans, à
quatre-vingt-dix ans, ou à cent vingt ? La raison est que les
mots « je », « moi », et « vous », entrent en scène, et que nous
disons ma vie ou votre vie, songeant aussitôt à une date sur un
certificat de naissance. Si Dieu est vie, quelle conséquence peut

78
JE SUIS LE CEP

avoir la date sur un certificat de naissance ? Dieu est la seule


vie et cette vie est infinie, éternelle et immortelle, et comme
c’est la seule vie, nous pouvons oublier votre âge et mon âge.
De même, Dieu est Amour, alors oublions votre conduite et
ma conduite, car certains d’entre nous peuvent être bien mau-
vais aujourd’hui, certains meilleurs, certains pires. Peut-être
quelques-uns étaient-ils meilleurs l’an dernier que cette année ;
mais l’amour de Dieu pour Ses enfants n’a pas varié, et le pou-
voir de Dieu n’a pas davantage été immobilisé. Le bras droit
de Dieu est puissant ; la main de Dieu n’est pas raccourcie.
Dieu est pouvoir, mais Dieu étant bon – Dieu est un Pouvoir
bon. Dieu peut-il alors retenir à quiconque Son aide, Son appro-
visionnement ou Sa paix ? Non, mais vous et moi pouvons les
bloquer en introduisant les mots « je », « moi », et « vous ». « Je »
peux ne pas être méritant, ou « je » peux ne pas être prêt ou
n’avoir pas assez de compréhension, mais l’activité de Dieu ne
dépend pas de ma compréhension.
Lorsque nous nous engageons dans le travail de guérison,
les premiers appels concerneront ce que le monde appelle les
« prétentions moins importantes », et en peu de temps, nous
nous mettrons à penser : « J’ai une certaine compréhension »,
ou « j’obtiens des résultats grâce à ma compréhension.» Si nous
le pensons, nous ne réussirons jamais comme praticien ou ins-
tructeur, parce que nous ne pourrons jamais guérir par notre
compréhension. Dieu interdise que la présence et le pouvoir de
Dieu puissent être dépendants de notre compréhension !
La guérison est une activité du Christ ; c’est une activité de
la compréhension de Dieu. Nous avons pensé en termes de ma
vie, ma santé, mes ressources, ma valeur, ma compréhension,
et ils ne sont absolument pas en jeu : c’est la vie de Dieu, la
valeur de Dieu, la santé de Dieu, l’approvisionnement de Dieu,
la compréhension de Dieu. Le Maître a rendu cela très clair en
déclarant qu’il ne pouvait rien faire de lui-même ; que c’était
le Père au-dedans ; c’était, par conséquent, la compréhension

79
du Père qui était à l’œuvre. Au moment où nous ouvrons notre
conscience à l’écoulement de Dieu, et où nous mettons fin à
tous ces non-sens au sujet de notre compréhension et de notre
bonne ou mauvaise conduite, nous pouvons être certains de
ceci: le flot de Dieu effacera et purifiera n’importe quelle erreur
ou n’importe quelle action qui occupe aujourd’hui notre pen-
sée, et il supprimera toute punition pour les infractions précé-
dentes. Nous devons nous rendre compte que ce n’est pas notre
compréhension qui réalise cela, mais celle de Dieu, et nous
devons sortir des vieilles croyances judaïques en un Dieu de
récompense et de punition. Dieu est Amour. Dieu est Vie.
Chacun de nous entretient encore un peu l’idée que la
faveur de Dieu peut être obtenue par certains actes d’omission
ou de commission, idée qui nous a été inculquée dans notre
enfance par les enseignements théologiques traditionnels.
Beaucoup croient encore que la faveur de Dieu peut être obte-
nue par certaines formes de prière, d’adoration ou de discipline
personnelle. Cela n’est pas vrai. Nous devons être sûrs de ceci:
Dieu n’est pas influencé par l’homme, c’est-à-dire que Dieu n’est
pas influencé par l’individu vous ou moi. Dieu est la Lumière,
et si nous sortons, nous serons dans la lumière. La pluie de
Dieu tombe, et si nous la voulons, nous devons sortir sous la
pluie. Dieu est, et Dieu est Amour. Dieu déverse Sa Grâce infi-
nie, mais nous ne l’acceptons pas, parce que nous utilisons des
mots tels que « je », « moi », et « mon ».
Nous devons abandonner cette croyance que nous jouons
un rôle dans l’obtention de l’amour de Dieu, de la grâce de
Dieu, de la libéralité de Dieu, et nous souvenir que le seul rôle
que nous jouons est de les accepter, en ouvrant notre conscience
pour les recevoir.
Les écrits de la Voie Infinie renferment des centaines de
vérités ; mais en fait, il y a seulement une vérité que nous
devons connaître. Cette vérité unique est la nature de Dieu.
Dans votre méditation, introduisez cette seule pensée : Qu’est

80
JE SUIS LE CEP

Dieu ? Quelle est la nature de Dieu ? Quel est le caractère de


Dieu ? Quelles sont les qualités de Dieu ? Qu’est le vrai Dieu –
non pas le Dieu que l’on nous a appris dans l’enfance à adorer,
ni celui que nous adorons par ignorance ?
Essayez de vider les récipients déjà trop pleins, parce qu’ils
ne peuvent pas être remplis de vin nouveau. Même si vous avez
soixante-dix ans, rejetez toutes vos vieilles conceptions fausses
et soyez disposé à tout recommencer, en acceptant la notion
que vous ne connaissez pas Dieu, sinon vous extérioriseriez
alors davantage de grâce de Dieu. Oubliez tout ce que vous
avez pensé ou que l’on vous a enseigné au sujet de Dieu, et
repartez à neuf avec cette question: «Qu’est Dieu? » Au moment
où vous commencerez à réaliser que Dieu est Amour, vous sau-
rez que cet amour s’écoule sans entrave, sans limite, et libre-
ment, parce que la nature de Dieu est infinité.
Il serait impossible à Dieu de nous tendre seulement un dé
à coudre d’amour ; il serait impossible à Dieu de nous donner
quatre-vingt-dix pour cent de santé ; il serait impossible à Dieu
de nous allouer soixante, soixante-dix ou quatre-vingts ans de
vie. Il est exact que nous démontrons à peine un dé à coudre
d’amour et de ressources, et seulement soixante, soixante-dix
ou quatre-vingts ans de vie et de force. Il peut être parfaite-
ment vrai qu’il n’y a pas beaucoup d’amour qui vient à nous ou
sort de nous, mais ceci n’a rien à faire avec Dieu. Ceci a à faire
avec cette croyance fausse que si nous pouvions seulement
trouver la formule magique, nous pourrions de quelque manière
mettre en route le flot de Dieu ; ou avec la croyance que nous
avons, pour quelque raison, arrêté le bien de Dieu. N’est-ce pas
plutôt extravagant de croire que nous n’aurions à vivre forts
et en bonne santé que soixante, soixante-dix ou quatre-vingts
ans, alors que la seule vie que nous ayons est Dieu, que la vie
de Dieu est infinie et n’est pas sous la dépendance de ce que
nous faisons à son sujet ? La vie dépend de l’aptitude de Dieu
à maintenir Sa création dans l’immortalité, l’éternité et l’infini.

81
N’est-il pas étrange que beaucoup vivent si peu à l’aise,
alors que le Maître nous a dit que la vérité est ce qui met à
l’aise ? Il n’a pas dit que Dieu enverrait une quantité limitée de
confort, mais il a dit le consolateur, la plénitude du consola-
teur. Pendant tout ce temps, nous nous sommes contentés
d’une maigre portion, parce que nous avons cru que c’était tout
ce que nous avions gagné ou mérité.
En faisant un testament, nous ne demanderions pas com-
bien chacun de nos enfants mérite, en disant : « Celui-ci a été
assez bien, donc nous lui laisserons une bonne part ; mais
puisque celui-là n’a pas été bien du tout, nous le priverons ;
celui-ci par contre a été très bien, nous lui laisserons une
grande part. » Non, nous dirions : « Nous avons trois enfants,
et nous allons partager entre eux équitablement. » Combien
plus généreux est notre Père céleste, et combien moins que
nous notre Père juge-t-il ! Dieu n’est pas assis à nous juger ni
à nous condamner à cause de nos péchés, parce que la seule
raison à l’origine de nos péchés et de nos erreurs est l’igno-
rance.
Sommes-nous responsables de notre ignorance ? Non ; nous
avons écouté d’abord celui-ci, puis celui-là, et par un sentiment
d’obéissance, de loyauté ou de crainte, nous avons accepté ces
croyances fausses, mais nous ne sommes pas punis pour elles.
L’école de la vie nous est ouverte à tout moment où nous sou-
haitons commencer à apprendre, et nous trouverons la liberté
en étant éclairé. C’est seulement dans l’ignorance que nous
trouverons discorde, limitation, péché, maladie et mort. En
étant éclairé, nous trouverons l’abondance infinie, la liberté,
l’immortalité et l’éternité ; donc, quel que soit notre âge, sou-
venons-nous qu’il y a un seul sujet sur lequel nous ayons besoin
d’être éclairé : Quelle est la nature de Dieu ?
« Dieu est Lumière, et en lui il n’y a pas de ténèbres. » Pou-
vez-vous voir Dieu comme le Grand Amour de l’univers, en Qui
ne se trouve ni haine, ni envie, ni jalousie, ni méchanceté, ni

82
JE SUIS LE CEP

vengeance, ni même souvenir du passé ? Pouvez-vous voir Dieu


comme Vie immortelle, éternelle et infinie ? Si oui, vous pouvez
introduire l’harmonie dans votre corps et dans votre vie du jour
au lendemain. Ce qui cause la maladie et le péché dans la chair
est seulement la croyance que vous faites, ou ne faites pas,
quelque chose. C’est seulement la croyance que l’erreur se
trouve en vous ; or, elle ne s’y trouve pas. Donc, essayez, s’il vous
plaît, de vous souvenir de cette vérité : l’homme ne peut jamais
influencer Dieu. Dieu est tout le bien, et la grâce de Dieu dure
à jamais.
Supprimez l’usage des mots « je », « moi », « mien », et centrez
vos pensées entièrement sur le mot Dieu. Posez-vous ces ques-
tions : Dieu retient-il quelque bien ? Dieu peut-il retenir ? Y a-
t-il une raison quelconque pour que Dieu retienne ? Dieu a-t-il
le pouvoir de faire cesser Sa bienveillance, Son amour, Sa pro-
tection, Ses soins ? Il n’y a aucune personne sur la terre assez
grande pour obtenir que Dieu fasse davantage que ce que Dieu
est en train de faire, et il n’y a aucun péché assez grand pour
faire cesser Dieu d’être Dieu.
Dans le quinzième chapitre de Jean, nous lisons :

Je suis le vrai cep et mon père est le vigneron. Tout sarment qui est
en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment
qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit.
Déjà vous êtes purs, à cause de la Parole que je vous ai annoncée.
Demeurez en moi et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne
peut lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi
vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi.
Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et
en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne
pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme
le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au
feu, et ils brûlent.

83
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous,
demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.
Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera
glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m’a aimé, je
vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon
amour, de même que j’ai gardé les commandements de mon Père,
et que je demeure dans son amour.
Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre
joie soit parfaite.
C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés.
Jean 15 : 1-12
Reprenez maintenant à « Je suis le vrai cep, et mon Père
est le vigneron… vous êtes les branches. » Visualisez mentale-
ment un tronc d’arbre d’où poussent de nombreuses branches.
Maintenant, supprimez le tronc. Il ne reste que des branches
suspendues dans l’espace, déconnectées les unes des autres, et
déconnectées de tout, chacune obligée de se maintenir elle-
même en l’air. Ce qui est évidemment une impossibilité ; et, en
peu de temps, chacune de ces branches aura consommé le peu
de vie qu’il y avait en elle et sera tombée.
Maintenant, reconstruisons mentalement le tronc d’arbre,
et observons ce qui arrive aux branches. Nous les trouvons
toutes reliées à l’arbre, l’arbre étant lui-même enraciné et
enterré dans la terre. L’humidité, l’ensoleillement, les sub-
stances et les minéraux du sol sont attirés dans l’arbre à par-
tir de cette terre abondante dans laquelle il est enraciné, et
tout ce qui est nécessaire à la croissance et au développement
de l’arbre s’écoule dans ses branches.
« Je (le Christ) suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. »
Le Christ est le cep, ou le tronc, et nous sommes les branches.
Chaque individu a l’air d’être par lui-même une branche, et

84
JE SUIS LE CEP

chacun se demande probablement comment il peut s’en tirer


tout seul. D’où tire-t-il sa vie, sa sagesse et ses ressources ?
Qu’est-ce qui le soutient ? Chacun se démène dans la vie, com-
battant et luttant par ses efforts personnels pour le bonheur
et le salut, comme si cette bataille allait maintenir et soutenir
sa vie. Or ici l’Écriture déclare clairement que nous sommes
des sarments, mais que nous sommes reliés au cep. Le Christ
est ce cep, donc – même si c’est invisible à l’œil humain –
chaque sarment est relié avec chaque autre sarment. Aucun
d’entre nous est séparé et éloigné de l’autre, parce que nous
sommes tous reliés au cep. Nous l’appelons le Christ – l’Esprit
invisible de Dieu, ou le Fils invisible de Dieu – et chacun de
nous est relié à l’autre à cause de ce cep ou tronc central. Nous
découvrons maintenant que nous dépendons moins de notre
propre pouvoir, force et sagesse, parce que nous sommes reliés
à ce cep central.
À cause de ce cep, nous n’avons aucun besoin de vivre l’un
de l’autre, ni de lutter et de combattre l’un contre l’autre. Nous
sommes unis dans le cep. Nous sommes un en Christ.
Nous sommes un en Christ, puis nous faisons un pas de
plus et apprenons que « mon Père est le vigneron ». Dieu, la
vérité universelle, l’Esprit divin, l’Amour infini est le vigne-
ron, ou l’équivalent de la terre dans laquelle l’arbre est enra-
ciné et installé. Nous sommes des sarments invisiblement
reliés au cep, qui est à son tour relié à Dieu. « Moi et le Père
nous sommes un… Le Père est en moi et moi en lui » et par
conséquent ce Christ invisible, ce tronc d’arbre ou cep invisible,
enraciné et installé en Dieu reçoit en lui tout le bien et le
déverse en nous. Ne voyez-vous pas que nos ressources ne
dépendent pas de nous, pas plus que l’approvisionnement de
la branche d’arbre ne dépend d’elle-même ? Le sarment dépend
seulement de son contact avec le cep, et du contact du cep avec
le sol, le vigneron, ou le Père au-dedans.

85
En tant qu’étudiant, vous êtes un sarment, et lorsque vous
vous adressez à un instructeur ou à un praticien, il peut tem-
porairement être le cep, le Christ, mais seulement si l’instruc-
teur sait que de lui-même il n’est rien que ce cep. Dieu, le Père
au-dedans, est le vigneron, et l’instructeur est un avec le vigne-
ron. Dans son unité avec Dieu – le vigneron – toute la vérité,
le pouvoir qui guérit et qui approvisionne, s’écoule du Père, à
travers Lui, vers vous.
Ce fut en réalisant cela que le Maître fut capable de nour-
rir et de guérir les foules, et c’est au moyen de cette même réa-
lisation que tout instructeur ou praticien peut être le canal par
lequel le bien s’écoule vers vous. Cela dépend-il de vous ? Non.
Cela dépend-il du praticien ou de l’instructeur ? Non. Cela
dépend de la Grâce de Dieu s’écoulant dans les branches à tra-
vers le cep, et exactement aussi longtemps que le cep demeure
enraciné et installé en Dieu, Dieu S’écoule jusqu’à vous à tra-
vers le cep.
Souvenez-vous, s’il vous plaît, que vous n’aurez pas tou-
jours besoin d’un praticien ou d’un instructeur pour être votre
cep. Il s’agit seulement d’une relation temporaire. Le Maître a
dit à ses disciples : « Si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne
viendra pas à vous. » Autrement dit, après la démonstration de
cette vérité par le contact avec un instructeur ou un praticien,
et après que vous ayez acquis de la sagesse – par la réalisa-
tion que la guérison ne provenait pas de lui mais simplement,
à travers lui, du Père au-dedans – vous êtes prêt à faire le pas
suivant. C’est alors que vous réaliserez, « Le Christ invisible, le
cep, n’est pas nécessairement une personne, ni même un Jésus,
mais le Christ est effectivement la partie de moi invisible ; c’est
pourquoi je, en tant que branche, suis relié à cette partie de
moi invisible, laquelle, à son tour, est enracinée et installée en
Dieu. C’est le Fils de Dieu en moi. Ainsi le Christ est dans le
Père, et le Père est en moi. » Cette réalisation est la Vérité qui
guérit.

86
JE SUIS LE CEP

Arrivé là, vous pouvez vous demander s’il n’y a pas quel-
que chose que vous pourriez faire, ou ne pas faire, qui arrête-
rait ce courant de bien. Oui, il y a une chose. Vous pouvez
oublier qu’il y a un cep invisible auquel vous êtes relié. Vous
pouvez oublier que le Père est le vigneron et que tout le bien de
Dieu est en train de s’écouler. Vous pouvez commencer à croire
que je suis séparé et éloigné de vous ou que vous êtes séparé et
éloigné de moi, et que si vous me retenez quelque chose, vous
allez en profiter. « Je suis le cep, vous êtes les branches : celui
qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de
fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » À moins de
reconnaître votre union consciente avec le cep invisible, le Fils
de Dieu en vous, vous ne pouvez rien faire. Vous serez éliminé,
et vous serez un sarment qui consomme ses chers petits
soixante-dix ans de vie, est finalement desséché et succombe.
Vous êtes éliminé, non par Dieu, mais parce que vous n’avez
pas demeuré en Dieu ni laissé Sa parole demeurer en vous.
Dès que vous vous placerez à part en tant que branche et
oublierez votre union avec le Christ invisible – simplement
parce que vous ne pouvez pas le voir, l’entendre, le goûter, le
toucher ou le sentir, et décidez en conséquence que vous ne
l’avez pas (« ô gens de peu de foi ») – vous serez alors éliminé.
Rappelez-vous toujours, même dans vos troubles les plus
affreux, dans les pires maladies, ou dans les plus effrayants
de vos péchés, que vous êtes encore relié au cep invisible, et
qu’à son tour il est enraciné et installé dans la totalité du Père,
la totalité du vigneron. La nature même de Dieu empêche
Dieu d’arrêter Son écoulement dans le cep et, à travers le cep,
dans vous et dans moi. « Si vous demeurez en moi, et que mes
paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez
et cela vous sera accordé. » Mais ceci ne signifie pas que vous
devez demander dans le sens de « donnez-moi une plus belle
maison et une meilleure automobile. » Non, non, non. Vous
devez simplement demander ce que vous désirez, demander la

87
continuation de la Grâce infinie, demander la réalisation per-
manente de l’Omniprésence.
« Vous demandez et ne recevez pas, parce que vous deman-
dez mal. » Dieu est Esprit, et l’on ne demande pas à l’Esprit
des choses matérielles. Or, c’est exactement ce que nous fai-
sons lorsque nous prions pour des choses et nous nous deman-
dons ensuite pourquoi nous ne les recevons pas. C’est alors que
quelqu’un pourrait dire : « En fait, vous n’allez pas à l’église
très souvent, et vous n’êtes pas très gentil ni enclin à pardon-
ner, et votre vaisselle n’est pas faite avant midi ; vous n’êtes
donc vraiment pas très méritant. »
Dieu est le Père infini. Réfléchissez jusqu’à quel point vous
êtes un père ou une mère, et puis songez à Dieu comme Père
infini. Dieu est Père infini, ne faisant pas acception de per-
sonnes et – par l’intermédiaire du cep invisible – Il est conti-
nuellement en train de nous remplir de chacune des choses
nécessaires à notre développement. « Si vous portez beaucoup
de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié. » Comprenez-
vous la signification de ceci ? Votre Père sera glorifié seulement
dans la mesure où vous porterez beaucoup de fruit, du fruit
riche. Votre Père n’est pas glorifié par le grippe-sou, ni par celui
qui, en faisant ses courses, ne recherche que les tranches de
viande les moins chères et les produits meilleur marché. Votre
Père n’est pas glorifié lorsqu’il faut que vous vous contentiez
d’une automobile de troisième main. Non, non, non, cela ne
glorifie pas le Père.
Le Père n’exige pas que vous ayez quoi que ce soit du
royaume extérieur, mais le bien que vous avez n’est que l’évi-
dence de la gloire du Père et pas de la vôtre. Si vous avez effec-
tivement une belle maison et un bon revenu, et que vous com-
menciez à croire que le mérite vous en revient grâce à votre
compréhension, ou parce que vous êtes personnellement bon,
ne soyez pas surpris si ces choses vous échappent. Cela serait
dû au fait d’avoir vanté vos propres qualités, votre nature et

88
JE SUIS LE CEP

votre caractère personnels ; or, ces choses-là, vous ne les pos-


sédez pas. « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que
Dieu seul » (Luc 18 : 19) et lorsque vous réalisez que la gloire de
Dieu s’exprime au moyen de ce bien qui est venu à vous, vous
pouvez attendre encore de plus grands fruits parce que vous
en avez reconnu la Source. « Reconnais-Le dans toutes tes
voies », et Il te donnera un bien abondant et sans limite. « Si
vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon
amour. »
Le Maître n’a donné que deux commandements : le premier,
d’aimer Dieu ; et le second, d’aimer votre prochain comme
vous-même. Comment pouvez-vous aimer Dieu autrement que
dans la réalisation de Dieu en tant qu’amour ? Comment pou-
vez-vous aimer Dieu si vous croyez qu’Il vous retient quelque
bien ou vous punit, ou fait quelque chose que vous ne voudriez
pas faire à vos enfants ? Vous ne pouvez aimer et glorifier Dieu
que si vous pouvez Le voir en tant que vie glorieuse, sans limite
– vie sans entrave, sans obstacle, et indifférente aux vertus ou
aux transgressions de l’homme. Aimer Dieu et votre prochain
comme vous-même, c’est visualiser cet arbre, et vous souve-
nir que chaque branche est votre prochain et que votre pro-
chain tire son bien du Père, le vigneron, à travers le même
Christ invisible.
Il peut être occasionnellement nécessaire, même pendant
que vous dites cette prière pour votre voisin, que vous lui prê-
tiez temporairement ou que vous lui donniez quelques biens
de ce monde, afin de l’aider à traverser une période difficile de
pénurie ou de limitation, mais vous n’aurez jamais à entre-
prendre continuellement de supporter ou de soutenir le pauvre
méritant, parce qu’il n’y aura aucun pauvre méritant si vous
aimez votre prochain comme vous-même. Chaque fois que vous
voyez un individu dans quelque forme que ce soit de péché, de
maladie, de carence, de limitation, de difformité ou même de
mort, jetez simplement un coup d’œil à votre arbre et réalisez

89
silencieusement : « Merci, Dieu, pour ce tronc. » Ce tronc nous
rassemble tous dans l’unité, et permet à chacun de puiser dans
l’unique Source infinie, et non pas l’un dans l’autre. C’est alors
que vous aimez Dieu suprêmement et votre voisin comme vous-
même, parce que vous connaissez la même vérité au sujet de
votre prochain qu’au sujet de vous-même.
Le Maître a pris grand soin de définir « le prochain » afin
que personne ne commette la moindre erreur. Votre ennemi est
votre prochain ; par conséquent, lorsque vous priez pour votre
prochain, soyez sûr d’y inclure votre ennemi ; car à moins de
prier pour ceux qui vous persécutent et qui abusent de vous, et
à moins de leur pardonner jusqu’à soixante-dix fois sept fois,
vous aimez seulement certains prochains. Il y a des gens qui
ont eu beaucoup de problèmes à cause de cela.
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour
ses amis. » Vous donnez votre vie chaque fois que vous déclarez :
« Je n’ai pas de vie – Dieu est ma vie et Dieu est votre vie. »
Dieu est la seule vie, le seul amour, la seule substance, et la
seule ressource. Chaque fois que vous atteignez la Vérité, quel-
qu’un est en train d’abandonner son sens personnel de la vie
dans la réalisation que sa vie, étant la vie de Dieu, est votre
vie. Votre vie, étant la vie de Dieu, est sa vie, et c’est une seule
vie. Ainsi, lorsque vous abandonnez ce sens personnel de la vie,
et déclarez : « Ceci n’est pas ma vie, ceci est la vie de Dieu, qui
est la mienne », vous dites automatiquement adieu à cette
tranche de soixante ou soixante-dix ans et vous êtes ressuscité
dans la réalisation que le bien est l’infinité de votre vie.
Dans ces passages de Jean se trouve la vraie vision de Dieu,
l’Infini Invisible, comme Source de tout bien, qui ne peut en
aucun cas retenir un bien quelconque. Le bien Se déverse per-
pétuellement sous forme individuelle dans ce que nous appe-
lons le Fils de Dieu, le Christ, qui est votre partie invisible,
puis, à travers ce vous invisible, s’extériorise dans le corps phy-
sique, le mental, l’Âme et l’Esprit de l’être individuel, pour

90
JE SUIS LE CEP

manifester la gloire de Dieu. La branche ne peut pas produire


de fruit par elle-même, donc il ne peut y avoir de bien person-
nel, de santé ou de richesse personnelles. La branche doit l’at-
tirer, à travers le cep, depuis la Divinité.
La déclaration du Maître, « Tout sarment qui est en moi et
qui ne porte pas de fruit, Il le retranche », pourrait faire croire
qu’après tout, Dieu punit peut-être de quelque manière, mais
cela n’est pas vrai. Si vous ne demeurez pas dans cette vérité, si
vous ne maintenez pas votre union consciente avec le Christ
au-dedans de vous, et à travers lui votre union avec le Père,
vous serez rejeté. Ce sera vous qui vous serez séparé de la
Grâce de Dieu et qui, de cette façon, serez éliminé, détruit,
brûlé ou qui vous dessécherez. Demeurer dans cette vérité, c’est
avoir votre vie, votre mouvement et votre être, dans cet état de
conscience de votre unité avec le Christ, et de l’unité du Christ
avec le Père.
Cela, évidemment, ne signifie pas que nous sommes reliés
aux gens, mais reliés à l’Invisible, de sorte que si vous étiez
abandonné au milieu de l’océan ou dans le désert, vous seriez
capable de dire : « Mais… je suis encore un sarment du cep, et
le cep est encore relié au vigneron, Dieu, et par conséquent, le
lieu où je me trouve est une terre sainte.» Chaque fois que vous
entretenez des pensées de découragement et de désespoir, c’est
comme si vous reconnaissiez que vous êtes un sarment coupé
du cep, que le cep est coupé du vigneron, et que vous ne pouvez
atteindre ni l’un ni l’autre ; alors qu’Il est tout le temps exac-
tement où vous êtes. Il est au-dedans de vous et Il est Omni-
présence.
« Je vais vous préparer une place… afin que là où Je suis
vous soyez aussi. » (Jn 14 : 3) Vous pouvez vous demander : « Où
est Je suis ? » Partout où vous dites « Je suis », c’est là que je
suis, et là où « Je suis », c’est là que vous êtes. Où que vous
soyez, il y a le cep et le Père, le vigneron : Le Père, le Fils et le
Saint-Esprit.

91
Vous devez toujours vous souvenir que le vigneron, Dieu,
ne donne pas et ne retient pas – Il est tout simplement, en per-
manence. Votre cep, le Christ, n’est pas assis à juger, mais il
est là pour bénir et pour pardonner, pour approvisionner et
pour aimer. Quelle était la mission du Maître ? « Allez rappor-
ter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient,
les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds
entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annon-
cée aux pauvres ». (Luc 7 : 22) Le Christ est là pour supporter,
approvisionner, maintenir, soutenir, guérir, pardonner et régé-
nérer. Il est là pour ressusciter de la tombe, et faire arriver
l’Ascension.
Il n’y a aucun mot dans le message entier, ni dans la mis-
sion entière du Maître qui ménage la moindre raison d’auto-
condamnation. « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne
pèche plus. » Si vous retournez à l’ancien état matériel de cons-
cience, et si vous ne demeurez pas dans la Parole, vous serez
éliminé encore et encore. Chaque fois que vous oubliez que vous
êtes un sarment relié au cep invisible, qui est à son tour relié
au vigneron, le Père intérieur, vous commettez un péché. Vous
pouvez être un fils prodigue douze fois si vous le désirez, mais
vous paierez l’amende.
Si vous retournez à la croyance en un état d’être séparé de
Dieu, – une branche suspendue dans le vide – vous attirerez à
vous carence et limitation d’approvisionnement, de santé, de
force et d’éternité ; mais « si vous demeurez en moi, et que mes
paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et
cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c’est
ainsi que mon Père sera glorifié et que vous serez mes dis-
ciples. »

92
CHAPITRE VII

DIEU EST OMNIPRÉSENT

Le poisson plane-t-il pour trouver l’océan, l’aigle plonge-t-il pour


trouver l’air…
Francis THOMSON : Le Royaume de Dieu.
Car en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être.
Actes 17 : 28

U
NE des premières choses que nous ayons apprises dans
la Voie Infinie est, dans le calme et la méditation,
d’abandonner la recherche de Dieu dans la réalisation
que Moi et le Père sommes déjà un, exactement comme il nous
a été enseigné d’abandonner la recherche d’approvisionnement,
dans la réalisation que tout ce que le Père a est à moi.
Une récente lettre d’une étudiante rapportait qu’un voisin
l’avait appelée à l’aide, et que sa première pensée avait été :
« Oh, si seulement je pouvais connaître la présence de Dieu » ;
et qu’immédiatement la Voix aurait dit : « Cesse ta recherche ;
Dieu est déjà là. » Ceci doit toujours être notre première réali-
sation à n’importe quel moment où nous méditons ou cher-
chons à communier avec Dieu. Chaque fois que nous cherchons
l’accès de Dieu, la toute première pensée que nous devons
entretenir est que Dieu est déjà là où nous sommes. Nous ne
devrions pas prendre l’attitude que Dieu est quelque chose au
loin qu’il nous faut chercher.

93
Toute croyance que nous devons faire quelque chose, penser
quelque chose, prier quelque chose, ou même être bon et esti-
mable pour atteindre Dieu, nous séparerait de notre bonne
expérience. Nous nous souvenons tous des lignes de Tennyson :
« Il est plus près que notre souffle, et plus proche que nos mains
et nos pieds » ; par conséquent tout sens de séparation de Dieu
augmenterait l’intensité de nos problèmes. Les mots du poète
sont vrais – Dieu est plus près de nous que le souffle – et peu
importe de prier, traiter, communier, ou bien d’être bon et esti-
mable. L’omniprésence de Dieu est une relation divine qui a
existé dès le commencement des temps, et notre travail n’est
donc pas de chercher Dieu ni de le trouver. Notre travail est la
contemplation tranquille de la présence de Dieu au-dedans de
nous, et notre prière est la réalisation qu’il n’y a aucun endroit
où nous puissions jamais nous trouver séparé et éloigné de
Dieu !

« Où irais-je loin de ton esprit ? et où fuirais-je loin de ta face ? Si


je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t’y
voila… (Ps 139 : 7, 8) …quand je marche dans la vallée de l’ombre
de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » (Ps 23 : 4)
Il est possible de se trouver dans quelque sorte d’enfer. Cela
peut être un enfer de péché ou de maladie, de carence ou de
limitation, mais nous pouvons être certains de ceci : nous fai-
sons cette expérience exclusivement parce que nous avons
accepté un sens de séparation d’avec Dieu. Le remède n’est pas
de rechercher ni de scruter Dieu, mais de contempler tran-
quillement Dieu en tant qu’omniprésence, exactement où nous
nous trouvons. Au cœur même de ce péché, ou de cette maladie
ou carence, au cœur même de ce danger apparent, Dieu est pré-
sent.
Beaucoup d’enseignements religieux, et même certains
enseignements métaphysiques, créent l’idée qu’à cause de

94
DIEU EST OMNIPRÉSENT

quelques péchés, ou de quelque autre circonstance, nous som-


mes devenus séparés de Dieu. Ces enseignements créent la
croyance que si seulement nous pouvions trouver Dieu, ou quel-
que manière de communiquer avec Dieu, nos problèmes pour-
raient être résolus. Rien de cela n’est vrai. Il n’y a qu’une seule
vérité, l’omniprésence, et cette vérité a été révélée – non seu-
lement des milliers d’années avant le Maître, le Christ Jésus –
mais elle fut si merveilleusement révélée par lui, que dans le
monde occidental nous avons accepté ceci comme autorité.
Mais alors que nous l’acceptons comme autorité dans l’Écri-
ture, nous la renions dans notre expérience personnelle.
Dans le Nouveau Testament, nous lisons qu’un voleur cru-
cifié pour sa faute, fut emmené au paradis « ce jour même » par
le Maître ; et nous lisons que le Maître pardonna ses fautes à
Marie-Madeleine et la sauva de ceux qui voulaient la persécu-
ter et la punir. Puis nous avons l’exemple auquel bien peu
d’entre nous ont réfléchi, c’est-à-dire l’affirmation du Maître
que même les publicains et les prostituées entreraient au ciel
avant les incroyants. Donc, vous voyez, il n’y a rien qui puisse
vous séparer de l’amour de Dieu.
Paul est très clair à ce sujet dans le huitième chapitre de
l’Épître aux Romains : « Car j’ai l’assurance que ni la mort, ni
la vie, ni les anges, ni les dominations, ni les choses présentes,
ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la pro-
fondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour
de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » Ni vie, ni
mort, ni pauvreté, ni péché, ni échec, rien dans ce monde ou le
suivant, rien ne peut vous séparer de l’amour de Dieu. Il n’y
eut jamais de pouvoir, capable de vous séparer de la présence
de Dieu, de l’amour de Dieu, et du pouvoir de Dieu. Mais, tout
comme il est possible d’avoir un ami, un proche ou un parent,
et de le négliger, de s’en désunir, ou de s’en aller loin de lui –
nous privant ainsi de sa compagnie, de son association et de
sa relation – de même nous pouvons entretenir cette pensée

95
de séparation d’avec Dieu, nous privant ainsi de Sa présence et
de Son pouvoir. Notre ami ou parent ne nous a pas déserté :
nous lui avons tourné le dos. Dieu ne nous a jamais oublié,
mais nous nous sommes détourné de cette réalisation de l’om-
niprésence.
Vous trouverez ceci davantage illustré lorsque vous étudie-
rez le sujet des ressources selon l’enseignement de la Voie Infi-
nie. L’approvisionnement paraît un problème très difficile pour
beaucoup de gens, mais à la lumière de l’enseignement du Nou-
veau Testament, il ne devrait réellement pas en être ainsi,
parce que le Maître a donné de nombreuses règles Christiques
sûres pour la démonstration des ressources. Dans la déclara-
tion « À celui qui a, il sera donné », se trouve le principe iden-
tique à celui qui a été notre relation avec Dieu depuis le com-
mencement. Si, au lieu de chercher Dieu et de le prier, au lieu
de craindre que Dieu ne puisse pas vous aider, vous recon-
naissez la présence, le pouvoir et l’omniprésence de Dieu,
quand bien même vous trouveriez-vous en enfer ou dans la val-
lée même de l’ombre de la mort, vous vous trouverez en train
de demeurer dans le même Esprit que David lorsqu’il dit : « Je
ne crains aucun mal, car tu es avec moi. » Rappelez-vous ceci :
c’est la reconnaissance et le discernement de la présence de
Dieu qui amène Dieu en évidence tangible, en manifestation
et en expression.
Puisque Dieu est omniprésent, tout bien est exactement là
où nous sommes. Reconnaître une lacune, c’est nous priver
nous-même de l’abondance qui est déjà à nous ; et en acceptant
la lacune, nous nous privons même du peu que nous avons sous
la main. Convenir que nous avons déjà tout ce que le Père a –
que ce soit visible ou non, ou immédiatement disponible à ce
moment – c’est reconnaître la vérité que « Mon enfant, tu es
toujours avec moi, et tout ce que J’ai est à toi » ; et cela est assez
pour nous rendre capable de commencer immédiatement à don-
ner, à faire des dépenses et à rendre service ; et ce faisant,
l’écoulement des ressources commencerait.

96
DIEU EST OMNIPRÉSENT

De toutes parts, nous voyons la démonstration de l’appro-


visionnement dans la nature. Prenez par exemple un cocotier :
un jour l’arbre est sans noix de coco, mais en peu de temps, des
douzaines de noix se développent depuis l’intérieur de l’arbre,
lequel est prêt à les pousser dehors pour être utilisées, afin de
pouvoir en produire d’autres. Cependant, si quelqu’un allait
suspendre une centaine de noix de coco sur un arbre, cela ne
convaincrait pas l’arbre qu’il s’agit de ses ressources, parce
qu’en réalité, cela n’est pas l’approvisionnement. Cela n’aurait
rien à voir avec la démonstration de l’arbre ; ce serait la
démonstration de celui qui avait les noix de coco et les avait
pendues là.
Quand nous recevons un chèque, nous pensons que nous
faisons la démonstration des ressources. Ce chèque, pourtant,
n’est pas du tout notre démonstration, mais la démonstration
de celui qui l’a envoyé. C’est lui qui a démontré les ressources,
sinon il n’aurait pas pu faire le don. Nous ne démontrons
jamais l’approvisionnement en recevant une somme d’argent,
quelle que soit cette somme, parce que notre démonstration
des ressources est déterminée par la quantité que nous don-
nons, la quantité qui se déploie à partir de l’intérieur de notre
conscience, et la quantité qui est libérée depuis le dedans de
notre propre être. Beaucoup de ceux qui se disent Chrétiens
ont accepté la vision matérialiste selon laquelle l’approvi-
sionnement consiste à obtenir, alors qu’il consiste au contraire
à donner. Ceci est une loi spirituelle, et sa violation explique
les carences et les limitations dont tant de gens font l’expé-
rience.
Ce même principe illustrera aussi l’idée de compagnie. Bien
des gens ont le sentiment de n’avoir pas du tout de compagnie,
ou au moins, pas de compagnie convenable ou adéquate. Natu-
rellement, ce ne pourrait pas être vrai. Il se peut qu’ils n’aient
pas de compagnon en ce moment, mais ceci peut être facile-
ment rectifié, dès que la nature de la compagnie est comprise.

97
La compagnie n’est pas une personne : la compagnie est une
qualité de votre propre être. Ce n’est pas quelque chose que
vous pouvez obtenir ; c’est quelque chose que vous devez donner
et, en la donnant, il y a une action réflexe qui vous permet de
la recevoir, ou de l’avoir de façon tangible. Même si quelqu’un
se trouvait seul sur un îlot inhabité, il pourrait commencer à
exprimer la compagnie, peut-être envers les oiseaux ou les
arbres, envers le soleil et les étoiles, ou même envers un
coquillage. Il pourrait commencer par nourrir les oiseaux et
les poissons ; il pourrait mettre en route le processus de donner.
Alors, même à partir de cet îlot désertique éloigné, il obtien-
drait la sûreté, la sécurité et le secours, et ces choses seraient
obtenues en pratiquant la compagnie, parce que la compagnie
serait une reconnaissance de ce qui n’est pas vu.
Quiconque se trouve sous la croyance qu’il n’a pas de com-
pagnie, a seulement besoin de commencer à l’exprimer, en
découvrant une façon de la libérer depuis l’intérieur de son
propre être, et il se trouvera bientôt pourvu de la compagnie
adéquate.
Ce que nous entretenons dans notre conscience est ce que
nous trouvons, où que nous allions. Si nous y entretenons un
sentiment de carence et de limitation, nous trouverons la
carence et la limitation même au cœur de la prospérité. Durant
les années de dépression, beaucoup de gens ont souffert en rai-
son de la croyance qu’il y avait pénurie. Cependant, en analy-
sant la situation, on trouvait que le Maine produisait d’aussi
nombreuses pommes de terre, le Kansas autant de blé, le Sud
autant de coton, et que les collines accueillaient autant de trou-
peaux. Et pourtant, les gens pleuraient au sujet du manque.
Ils acceptaient dans leur conscience la croyance en la pénurie,
et en faisaient la démonstration, alors qu’il y avait autant
d’abondance dans tout le pays qu’il y en a toujours eu.
Abondance il y a maintenant, et abondance il y aura, même
pendant la prochaine crise, mais cette prochaine crise n’appro-

98
DIEU EST OMNIPRÉSENT

chera pas de votre demeure si seulement vous pouvez com-


mencer maintenant à réaliser que vous démontrerez ce que
vous avez dans la conscience, rien de plus et rien de moins.
Vous ne démontrerez pas quelque chose de distinct et séparé de
votre propre être ; vous ne démontrerez pas une chose pour
laquelle vous priez qu’elle vienne à vous. Vous devez com-
prendre l’omniprésence de Dieu et de tout bien, où que vous
soyez, puis vous devez commencer à vivre extérieurement votre
vie à partir de cela, comme si c’était véritablement tangible.
Commencez à mener votre vie comme si vous pouviez dépenser
ces vingt centimes, cinquante centimes, ou cinq francs, en réa-
lisant que vous êtes en train de faire de la place pour le déploie-
ment de davantage, à partir de l’intérieur.
Vous commencez cela avec la réalisation que Dieu est omni-
présent. Je sais que, pour beaucoup, il n’y a aucune sensation,
aucune connaissance consciente, ou aucun sens de la présence
de Dieu. Beaucoup, beaucoup de personnes dans le monde
humain, vivent comme si elles étaient complètement coupées
de Dieu, comme si elles s’en tiraient entièrement par leurs
propres efforts. Beaucoup prient pour l’aide de Dieu, l’amour de
Dieu, ou la présence de Dieu, ne sachant pas comment les trou-
ver, parce qu’ils cherchent ces choses où elles ne peuvent être
trouvées – en dehors de leur propre être – alors qu’elles pour-
raient si facilement être obtenues par une contemplation tran-
quille et paisible de la grande vérité du Maître : « Le royaume
de Dieu est au-dedans de vous. »
Le royaume de Dieu doit être trouvé par la méditation et
la prière. Il y a deux phases de méditation, chacune corres-
pondant à un but distinct. L’homme normal et naturel vit
entièrement dans le monde extérieur ; il travaille et s’amuse
physiquement et mentalement. Ses lois sont légales, physiques
et mentales. Son instruction et son savoir proviennent de per-
sonnes ou de livres. À quelque moment de sa vie, pourtant, un
intérêt pour Dieu s’éveille, et il se voit en train de réfléchir au

99
sens de cette déclaration : « Le royaume de Dieu est au-dedans
de vous. » Ceci est sa première méditation.
Ne pouvez-vous pas le suivre, pendant qu’il réalise qu’un
royaume est un règne dans lequel un roi vit, légifère, gouverne,
oriente et protège ? Mais alors, si le royaume de Dieu est au-
dedans de moi, le gouvernement de Dieu, la loi de Dieu, l’ordre
et la sagesse doivent donc émaner du dedans de moi. Il se sou-
vient alors des paroles du Maître : « Je ne puis rien faire de
moi-même… Le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les
œuvres. » Cette réflexion, cogitation et méditation révèle que
le pouvoir de Dieu provient aussi de l’intérieur, et le rappel sui-
vant arrive tranquillement : « Ma doctrine n’est pas la mienne,
mais celle de celui qui m’a envoyé », et par conséquent, l’indi-
vidu doit recevoir sa sagesse, son orientation et sa loi de l’in-
térieur.
Un monde entièrement nouveau s’est ouvert à cet étudiant:
le royaume de Dieu au-dedans de lui-même. Lorsque cette
méditation devient une expérience quotidienne – deux, trois
et quatre fois par jour – une expansion de la conscience a lieu,
et au fur et à mesure que se révèle davantage de sagesse, de loi
et de pouvoir, de ce réservoir infini, il apprend à dépendre de
moins en moins des formes extérieures de force, de pouvoir, de
loi. Finalement il voit poindre dans sa conscience l’énorme
expérience de compréhension que, puisque le royaume de Dieu
est au-dedans de lui, et que le Roi, Dieu, est toujours à l’inté-
rieur de son royaume, la transmission directe de la sagesse, de
la loi, de l’orientation et du pouvoir peut provenir de l’intérieur ;
et il se souvient des paroles du jeune Samuel: «Parle, Seigneur,
ton serviteur écoute. » La conscience devient alors un état
d’éveil conscient, en accord avec le royaume intérieur – la pro-
fondeur du dedans – et l’étudiant devient alors progressive-
ment conscient d’une orientation, d’une direction et d’une
sagesse intérieures. Ceci est le sommet de la première phase de
méditation, au cours de laquelle l’étudiant reçoit la certitude,

100
DIEU EST OMNIPRÉSENT

la confiance, la guérison et l’illumination, depuis l’intérieur de


son propre être, chaque fois qu’il médite.
La seconde phase de méditation se déploie rapidement
d’elle-même. Ici, l’étudiant est branché sur l’intérieur de son
être de façon presque continue, qu’il travaille, se distraie, ou
dorme ; l’oreille intérieure est constamment alerte. Il y a un
état de réceptivité permanent et, à n’importe quel moment –
puis, pour finir, à chaque instant – il vit sous la direction de
Dieu, et le règne de l’Esprit touche chaque facette de son exis-
tence. Maintenant, plus de hasard ou d’accident, plus de doute
ou de défaite, parce que l’Âme a désormais tellement enveloppé
son être, qu’aucune autre force ni puissance ne peut s’y trouver.
À ce niveau, l’étudiant réalise : « Je vis ; pourtant ce n’est pas
moi, mais Christ qui vit en moi. »
Sachant que vous êtes chrétiens, je n’aurais pas écrit ces
choses si elles n’étaient pas couvertes par l’autorité des ensei-
gnements du Maître. Le Maître n’a jamais dit à son peuple
quoi que ce soit qui ne pouvait pas être vérifié dans les Écri-
tures hébraïques, parce qu’il savait que cela aurait été pour
eux inacceptable et qu’ils n’auraient pas été aptes à le com-
prendre. Tous les enseignements de Jésus peuvent être retrou-
vés dans l’Ancien Testament ; ils sont répétés dans des mots
semblables ou comparables, dans ce que nous appelons le Nou-
veau Testament. Les deux grands commandements: « Tu aime-
ras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et
de toute ta pensée » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-
même », qui étaient les plus importants pour le Maître, étaient
tous les deux tirés de l’Écriture hébraïque. Il dit aussi à ses
disciples : « Ne croyez pas que je sois venu pour détruire la loi
ou les prophètes ; je suis venu, non pour détruire, mais pour
accomplir. »
Rien, dans le message de la Voie Infinie, n’est radical ni
extrême, puisqu’il a ses racines dans la Bible. Il n’y a rien de
radical ni de surprenant à admettre que vous n’avez pas besoin

101
de rechercher Dieu ni de prier que Dieu vienne à vous ou vous
aide, mais que vous avez seulement besoin de reconnaître la
présence et le pouvoir du Père au-dedans de vous – le Père au-
dedans de moi, c’est Lui qui fait les œuvres – votre Père et mon
Père. Donc au lieu de chercher, de rechercher Dieu et de Le
prier, allez dans un coin tranquille et paisible, abandonnez
toute recherche et reconnaissez: «Ici et maintenant, le royaume
de Dieu est au-dedans de moi. J’ai toute l’autorité dont j’aurai
jamais besoin ; le royaume de Dieu est au-dedans de moi ; mon
Père céleste sait de quelles choses j’ai besoin, et c’est Son bon
plaisir de me donner le royaume. » Dans cette compréhension,
vous n’avez pas à démontrer les ressources, la compagnie, le
foyer, ou la santé, mais allez à l’extérieur et commencez à
dépenser : argent, temps, service, amour, ou pardon. Dépenser
signifie davantage que seulement acheter un nouveau chapeau,
un panier d’épicerie, une voiture ou une maison. Nous dépen-
sons, en puisant dans l’abondance et l’infinité de notre être,
lorsque nous donnons de l’amour à quelqu’un, lorsque nous
donnons du pardon ou un peu de joie.
Un grand poète musulman, Moslih Edden Saadi a écrit :

Si de tes biens terrestres tu es dépouillé


Et que seuls deux pains restent dans ta maigre réserve
Vends l’un, et avec cet argent
Achète des jacinthes pour nourrir ton âme.

Cela semble-t-il étrange que, de deux sous, l’un doive être


dépensé pour quelque chose qui semble aussi inutile qu’une
fleur ? Si nous n’avons que dix francs, achetons notre morceau
de pain, mais dépensons aussi quelques pièces dans un but qui
enrichira l’Âme. Nous dépenser nous-même, c’est cela la véri-
table dépense, bien plus que de dépenser ce que nous possé-
dons. En considérant ceci du point de vue de Dieu, ou des res-
sources, nous retrouvons le même principe, et ce principe est
l’omniprésence.

102
DIEU EST OMNIPRÉSENT

En ce qui concerne la santé, nous nous apercevrons finale-


ment que nous ne pouvons pas prier Dieu de nous donner la
santé. Cela ne marche vraiment pas, sauf par-ci, par-là, sous
quelque forte tension émotionnelle ; donc prier pour la santé
n’est pas une pratique rentable ni fiable. Quand nous disons
que nous guérissons par la prière, nous entendons par là quel-
que chose de très diffèrent de la prière pour la santé, et ce que
nous voulons dire est : puisque Dieu est toujours présent où
nous sommes, la santé doit être toujours présente, car tout ce
que le Père a se trouve exactement là où nous sommes, et si
Dieu est la santé, nous avons la santé. Donc, encore une fois,
notre travail ne consiste pas à atteindre la santé, ni à prier
pour la santé, mais à prendre conscience de la santé qui est
déjà au-dedans de nous. « Mon enfant… tout ce que J’ai est à
toi », et dans ce tout est englobé la santé, la force et la paix.
Où est le Christ ? Où est le Maître ? Ici – non pas sur un
crucifix ! Maintenant – non pas il y a deux mille ans ; non pas
mort et monté au ciel ; non pas quelque part, en attendant de
revenir ! Non, non, non ! Le Christ est au-dedans de vous. Le
Christ est l’activité de Dieu en vous ; le Christ est l’Esprit de
Dieu en vous ; le Christ est la vérité de Dieu en vous – au-
dedans même de votre propre conscience. Il constitue votre
filiation divine. Donc, si vous voulez ma paix, la paix du Christ,
tournez-vous au-dedans et laissez-la vous être donnée depuis le
dedans. Le Christ vous donne ma paix ; il met un terme aux
problèmes, aux discordes et aux inharmonies du monde ; et tout
cela vient de l’intérieur de votre propre être.
Ceci nous amène à une partie très, très importante de ce
sujet entier. Puisque le royaume, la totalité de Dieu, est au-
dedans de vous, il devient nécessaire que vous le partagiez, et
ici vous allez apprendre pourquoi on est davantage béni en don-
nant qu’en recevant. De nouveau, nous reprenons le quinzième
chapitre de Jean, où nous trouvons ces passages disant que
vous êtes le sarment, Je suis le cep, et le Père est le vigneron.

103
Pendant que vous apprenez à chercher au-dedans de vous les
ressources, l’amour, la compagnie, le foyer, et la santé, vous
découvrirez qu’il y a une Présence Invisible en vous appelée le
Fils de Dieu, ou le Christ. C’est votre filiation divine, votre rela-
tion divine avec Dieu. C’est votre lien avec Dieu, et à partir de
Dieu, il attire à vous chaque chose nécessaire à votre accom-
plissement. C’est pourquoi Il dit : « Je suis venu. Je suis le cep
– le cep, votre filiation divine intérieure – qui est venu afin que
vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance. »
Songez au gâchis que nous avons fait en comptant sur l’ex-
térieur : sur les amis et les parents, les maris et les femmes,
sur les communautés, les gouvernements et les nations, atten-
dant d’eux quelque chose, alors que pendant tout ce temps le
cep – Je, au-dedans de vous, votre filiation divine – est là, dans
le but spécifique de vous donner la vie, et une vie plus abon-
dante.
Dans chaque cas de besoin apparent, nous apprenons à
nous tourner au-dedans vers le Christ, la Présence invisible,
en réalisant que Sa fonction est de nous donner la vie en abon-
dance. Le Christ, puisant dans le Père, remplit chacun de nos
besoins. Tout comme une loi de la nature attire dans l’arbre, à
partir du sol avoisinant, tout ce qui est nécessaire à son déve-
loppement, de même le Christ attire à nous, depuis la Divinité,
tout ce qu’il faut pour notre accomplissement.
Ceci est la première partie, mais la moindre, de notre
démonstration. Alors vient la partie réellement importante,
quand nous amenons cette Vérité Christique en expression et
en manifestation vivantes. Nous avons reçu cette vérité de
notre filiation, de l’omniprésence de Dieu et de tout bien, et
nous en sommes remplis. Maintenant, le moment est venu où
nous devons commencer à la dépenser, à l’utiliser et à l’expri-
mer.
En allant dans le monde, nous abandonnons désormais
notre condition de sarment, et nous acceptons d’être le cep.

104
DIEU EST OMNIPRÉSENT

Nous reconnaissons tous ceux que nous rencontrons comme


sarment du même cep, tous membres d’une même famille, la
maisonnée de Dieu, tous un dans le Christ Jésus. À ce moment-
là, nous commençons à laisser s’écouler en expression cette
vérité qui nous remplit.
Quel que soit l’état humain où se trouvent les personnes
que nous rencontrons – bon ou mauvais, riche ou pauvre,
malade ou bien portant nous réalisons aussitôt la vérité spiri-
tuelle de leur nature, nous réalisons qu’en elles se trouve ce
même cep invisible, ce même Christ, et que Sa fonction en elles
est qu’elles puissent avoir la vie, et qu’elles puissent l’avoir
abondamment. Si nous les voyons dans un état de carence phy-
sique, financière ou morale, nous reconnaissons silencieuse-
ment cette vérité exactement au-dedans d’elles-mêmes se
trouve la présence de Dieu ; au milieu d’elles il y a le royaume
de Dieu ; au milieu d’elles est le Christ, ou Fils divin, qui leur
attire perpétuellement chaque chose nécessaire à leur enri-
chissement, à leur bonheur, à leur joie, à leur paix, à leur pou-
voir et à leur domination.
En vivant dans notre foyer, dans notre communauté et dans
notre nation, il devient nécessaire que nous soyons le cep – non
pas ouvertement ou extérieurement, mais silencieusement. Ce
qui est chuchoté en silence sera crié sur les toits, mais ce ne
sera pas nous qui le crierons. Ce sera crié et manifeste sous
forme de démonstration. Nous ne serons pas appelés à expri-
mer la vérité, sauf quand quelqu’un la demandera spécifique-
ment. Nous n’irons pas faire du prosélytisme pour réformer le
monde. Nous n’irons pas enseigner la vérité chrétienne au
monde, mais nous irons dans le monde en tant que participant
à un courant spirituel caché. En secret et en privé, nous réali-
serons que cette vérité, que nous avons glanée dans l’Écriture,
est la vérité concernant notre prochain et notre ennemi. Aimez
votre prochain comme vous-même, aimez votre ennemi – priez
pour votre ennemi, pour ceux qui vous persécutent, qui vous

105
haïssent et qui abusent de vous. Silencieusement et secrète-
ment, au-dedans de vous, exprimez cette vérité au sujet de
votre prochain, qu’il soit ami ou ennemi, éloigné ou proche.
Exprimer cela, c’est reconnaître que vous avez la Vérité, et
parce que vous reconnaissez que vous l’avez et que vous dési-
rez la partager, il vous en sera ajouté davantage.
Souvenez-vous qu’en tant qu’individu vous êtes une branche,
et que vous avez en vous cette filiation divine qui attire à vous
tout ce dont vous avez besoin. Dans votre rapport avec le
monde, vous devenez maintenant le cep, et vous êtes celui qui
tire de Dieu la vérité et qui la laisse s’écouler de vous vers vos
semblables, qu’ils soient hommes, femmes ou enfants, ani-
maux, plantes ou minéraux. Dites cette parole de vérité à votre
voisin. Observez le miracle qui se produit dans votre jardin
lorsque vous réalisez qu’il est, lui aussi, une branche du même
arbre, et que ce même Christ, cette même filiation divine, est
en train de nourrir chaque plante, chaque brin d’herbe.
Notre Maître nous dit : « L’homme ne vivra pas de pain seu-
lement, mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu »,
et il en est de même de nos récoltes, de nos animaux favoris et
de nos troupeaux. Eux aussi vivent de chaque parole de Dieu,
et vous pouvez provoquer une augmentation de productivité
en exprimant silencieusement la vérité qu’ils ne sont pas seu-
lement nourris par les engrais, par l’herbe ou l’avoine, mais
par chaque parole de Vérité.
J’ai effectivement vu se démontrer une augmentation de
25 % dans la production de lait d’un troupeau de vaches, sim-
plement en réponse à une réalisation spirituelle. Cela n’a pas
épuisé les vaches, parce que cela n’est pas venu d’elles, mais à
travers elles. Elles n’étaient pas nourries seulement de four-
rage, mais de chaque parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ceux qui connaissent les chevaux savent que la race des
chevaux arabes est la meilleure, mais bien peu savent pour-
quoi cela est vrai, et que, même de nos jours, lorsqu’une jument

106
DIEU EST OMNIPRÉSENT

pouline, un homme lui lit des versets du Coran, la Bible musul-


mane. Telle est la raison de la qualité supérieure du cheval
arabe. Ce n’est pas parce que la nourriture ou le climat sont
plus favorables, c’est parce que ce cheval n’est pas nourri de
pain seulement, mais de la parole de Vérité. L’amour et la
vérité de la sagesse spirituelle véhiculés par le Coran, c’est-à-
dire en réalité par la conscience spirituelle du lecteur, nourrit,
tranquillise et calme la jument, lui permettant d’être pleine-
ment productive, forte et en bonne santé.
Nous avons vu dans nos expériences personnelles qu’une
mère qui consacre une partie de chaque journée à lire la Bible
et d’autres œuvres spirituelles pendant qu’elle porte son
enfant, constate qu’elle a une grossesse plus facile ; l’enfant a
une gestation plus facile, et entre eux se développe un beau et
puissant lien d’amour et de compréhension.
Observez le miracle qui se produit lorsque vous introdui-
sez la Parole le Dieu dans la conscience humaine, dans la cons-
cience de l’enfant, et même dans la conscience animale, végé-
tale et minérale. Remarquez les merveilleux résultats qui
s’ensuivent. C’est littéralement vrai qu’il vaut beaucoup mieux
avoir un pain et une jacinthe que d’avoir deux pains. Il vaut
beaucoup mieux avoir un repas et un livre de vérité spirituelle,
que d’avoir deux repas. Observez ceci, parce que c’est une révé-
lation que le royaume de Dieu est au-dedans de vous, et vous ne
pouvez pas faire qu’il en soit ainsi: vous pouvez seulement vous
mettre à le réaliser. Aucun homme ou aucune femme spirituels
ayant jamais prononcé ou écrit ce qu’il ou elle a découvert, n’a
dit autre chose que ceci : le royaume de Dieu est au-dedans, et
par la méditation on le trouve là et on le réalise intérieure-
ment. Personne n’a encore trouvé Dieu sur une montagne, ni
dans un temple, ni dans une contrée lointaine. Non, non, non !
Beaucoup ont trouvé des choses, ont écrit, ou parlé, au sujet
de Dieu, mais Dieu, Lui-même, a toujours été trouvé au-dedans
de notre propre être.

107
CHAPITRE VIII

LA MÉDITATION

L
A MÉDITATION est la voie par laquelle nous atteignons le
royaume de Dieu. C’est alors que la vie est vécue par la
Grâce. La finalité de la méditation est un état de silence
intérieur complet. La question surgit naturellement : comment
s’accomplit la méditation pour quelqu’un qui n’a pas appris
l’art du silence intérieur ? Il est certain qu’il ne s’agit pas d’une
chose simple à accomplir, parce qu’il est difficile de faire taire
l’esprit pensant. Il y a cependant une façon de méditer, qui
conduit finalement au silence de la pensée, laissant l’individu
dans un état sublime de calme intérieur. Dans ce sanctuaire
secret et sacré de l’être individuel, seules pénètrent les pen-
sées de Dieu.
Il y a de nombreuses façons de méditer, mais il est impor-
tant que le débutant évite d’essayer d’accomplir quelque chose
au-delà de sa compréhension immédiate. Il y a une façon
simple de méditer : la méditation contemplative ; elle permet
de méditer avec succès et de ne pas être dérangé par des pen-
sées importunes et étrangères, et conduit l’étudiant, pas à pas,
vers des formes plus élevées de méditation.
Dans la méditation contemplative, l’étudiant dépasse le
désir de dire à Dieu quoi que ce soit, ou de demander à Dieu
quoi que ce soit. Il contemple le soleil, la lune, les étoiles et les
marées, et toutes les choses qui croissent et vivent, en se sou-
venant que les cieux et la terre sont remplis de toutes les

109
choses dont l’homme a besoin. Il contemple toutes choses
comme des émanations de Dieu qui expriment la gloire de
Dieu, la loi de Dieu, et l’amour de Dieu pour ses enfants. Dans
cet état de tranquillité et de paix, les paroles rassurantes de
l’Écriture sont accomplies : « Tu garderas dans une paix par-
faite celui dont l’esprit s’appuie sur toi… Reconnais-le dans
toutes tes voies et il dirigera tes pas. »
Quand nous sommes dans un état d’esprit paisible, tran-
quille, réfléchi, à la campagne, en montagne, ou au bord de la
mer, nous devenons conscient de la merveille et de la beauté
de la terre. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firma-
ment proclame l’œuvre de Ses mains. » Souvent le soir, dehors
sur la véranda, je contemple le nombre et l’éclat des millions
d’étoiles dans le ciel, remarquant spécialement la constellation
connue sous le nom de Croix du Sud. Son aspect parfaitement
régulier est l’évidence qu’une loi, qu’un ordre et qu’une acti-
vité dirigent ce phénomène. Ainsi en est-il de la montée régu-
lière et ordonnée de la lune, du flux et du reflux des marées, et
de la succession des choses qui croissent chacune en leur saison.
La contemplation de Dieu et de la nature de l’œuvre de
Dieu révèle qu’une loi infinie gouverne cet univers, ce qui nous
remplit d’une paix qui élimine notre anxiété. Comme il serait
inutile de prier que la Croix du Sud s’élève dans le ciel, ou de
prier que les marées montent ou descendent ! Ne serait-ce pas
coupable de prier que les fleurs fleurissent alors que devant
nos yeux le mystère se déploie, se dévoile et se révèle sans
effort ? Les grands prophètes des temps passés ont vu que
l’homme n’avait pas besoin de faire quoi que ce soit quant à
ces grands miracles, sauf de les contempler, de les apprécier,
et d’être reconnaissant qu’il y ait une Sagesse infinie, un
Amour divin, qui a créé toutes ces choses pour Sa propre gloire.
Ceci signifie en réalité pour votre gloire et pour la mienne,
parce que la seule existence de Dieu est en tant que vous et en
tant que moi !

110
LA MÉDITATION

À vrai dire, si Dieu a créé les cieux, la terre et les océans, si


Dieu a rempli la terre de ses bonnes choses, pouvons-nous dou-
ter un seul instant qu’Il ait créé tout ceci pour notre usage,
pour notre plaisir et pour notre expression ? La futilité de prier
et de méditer pour quoi que ce soit devrait s’imposer immé-
diatement lorsque nous percevons cette activité invisible de
l’Esprit, apparaissant extérieurement sous la forme des bonnes
choses de la vie.
En nous adonnant jour après jour à cette activité spirituelle
de contempler Dieu à l’œuvre, nous sommes amenés à un état
de conscience où, de son propre accord, la pensée se tempère
et finalement s’arrête. Alors, un jour, au cours d’une seconde de
silence, l’activité ou présence de Dieu S’annonce à nous, et nous
savons que le royaume de Dieu est au-dedans de nous. Dès lors,
nous ne recherchons plus notre bien dans le monde extérieur ;
nous ne nous sentons plus contraints à dépendre des gens, des
choses ou des conditions.
L’expérience humaine se passe dans un monde de temps et
d’espace, et, en soi, ceci l’empêche d’être de nature spirituelle.
Souvenons-nous, par conséquent, que la méditation peut por-
ter sur n’importe quel sujet, pour autant que celui-ci ne soit
pas de ce monde.
L’univers de l’Esprit est une activité éternelle de Dieu. Tout
ce qui se produit dans le temps et dans l’espace – selon notre
compréhension humaine – ne devrait pas être accepté à sa
valeur d’apparence. Rappelons-nous que chaque apparence de
l’état humain, bonne ou mauvaise, est une image mentale dans
la pensée, et est en fait sans réalité, sans loi, sans substance,
sans cause ni effet. Par notre reconnaissance de cette vérité,
les limitations inhérentes aux cinq sens physiques commen-
cent à disparaître. Nous devenons capables de « voir » plus pro-
fondément dans la conscience, et de contempler ce qui est :
l’éternité, dans ce qui apparaît sous forme de passé, de présent
et de futur. Nous constatons que nous ne sommes pas limités

111
par « ici » ou « là », « maintenant » ou « plus tard ». Il y a un mou-
vement d’entrée et de sortie par-delà tout sens de temps ou d’es-
pace, un dépliement sans degrés, et une réalisation sans objet.
Dans cet état de conscience, le sens limité disparaît, et la
vision est sans bornes. La vie est perçue et comprise comme
étant forme sans entrave et beauté sans mesure. Même la
sagesse de tous les âges est cernée en un instant. Ceci est la
réalité de l’immortalité vue et comprise. C’est une vision de la
vie sans commencement et sans fin. C’est la réalité mise en
lumière. Dans cette conscience, il n’y a aucune barrière de
temps et d’espace. La vision inclut l’univers : elle relie le temps
et l’éternité, et englobe tout être.
Cette méditation sur l’activité de Dieu dans notre expé-
rience peut être poursuivie pendant que nous sommes enga-
gés dans quelque entreprise humaine que ce soit. Que nous
tenions notre maison ou nous rendions à nos affaires, nous pou-
vons réserver une zone de notre conscience à la contemplation
de la présence et de l’activité de Dieu. Il n’est pas nécessaire de
quitter le monde pour contempler la grâce de Dieu, mais seu-
lement de prendre un peu de temps au cours des journées et
des nuits de travail pour être près de Dieu. Élevons notre pen-
sée vers Dieu, ouvrons notre oreille intérieure pour entendre la
petite voix tranquille, et, de notre œil intérieur, contemplons
l’univers de l’Esprit, même pendant que nos yeux physiques
sont occupés à des activités humaines. Nous sommes alors
dans le monde, mais pas du monde.
La contemplation de Dieu et de l’activité de la loi de Dieu
garde la pensée fixée continuellement sur Dieu. Tranquille-
ment, doucement et paisiblement, l’étudiant observe Dieu en
activité sur la terre comme au ciel ; il contemple les gloires
mêmes de Dieu, il loue Dieu, il reconnaît Dieu, et il témoigne
du fait que la grâce de Dieu est sa suffisance.
Une fois parvenu à la réalisation que la grâce de Dieu est
notre suffisance, nous vivons une vie de méditation continue.

112
LA MÉDITATION

Nous prions sans cesse et ne désirons pourtant rien ; nous ne


parlons d’aucun besoin à Dieu, et nous ne tentons de L’in-
fluencer d’aucune façon. Il n’y a aucun effort, parce que nous
n’essayons pas d’accomplir ou d’acquérir quoi que ce soit. Dans
la réalisation que la grâce de Dieu, cette grâce qui a peuplé
cette terre et l’a remplie de toutes les bonnes choses pour
l’usage de l’homme, est notre suffisance en toutes choses, nous
sommes dans un état de prière continue. La sagesse qui est de
Dieu est notre suffisance ; l’amour qui est de Dieu et qui satis-
fait chaque besoin de cette terre est notre suffisance.
Notre seul besoin est la réalisation de la nature de Dieu et
du gouvernement de Dieu. Contempler cela mène à d’autres
formes plus élevées de méditation, et à des niveaux de cons-
cience plus élevés. Finalement, nous sommes conduits à ce lieu
dans la conscience où la méditation est un silence absolu de la
pensée, un état complet de perception, dans lequel il y a une
vigilance intérieure, un éveil intérieur, un état de réceptivité et
d’attente, dans lequel s’écoule la réalisation de la présence de
Dieu. À part cela, nous n’avons besoin de rien. Il est bien pré-
férable d’avoir cette réalisation, que d’avoir toute la renommée
et la fortune du monde, parce que cette réalisation est la source
et le multiplicateur des pains et des poissons, apparaissant en
tant que santé, richesse, compagnie et considération. Quel que
puisse être le besoin immédiat, la présence de Dieu est la satis-
faction de ce besoin.
Dans notre ignorance, nous avons été – en tant qu’indivi-
dus – séparés de l’expérience effective de Dieu, et nous devons
donc demander à Dieu de Se révéler à nous. Nous devons
demander la sagesse, la lumière, la grâce. Mais c’est tout. Cette
forme de prière est sagesse ; mais la prière qui est une
demande implorant Dieu pour l’approvisionnement, la sécu-
rité ou la paix, est de la folie aux yeux de Dieu. Les ressources,
la sécurité et la paix sont des dons gratuits, qui attendent seu-
lement que nous nous mettions nous-même en harmonie avec
la loi de Dieu.

113
Passer en revue la nature de l’œuvre de Dieu sur la terre,
et réaliser qu’il y a une Sagesse infinie et un Amour divin à la
barre de cet univers, nous apportera une si grande sensation de
paix, que nous pourrons bien nous demander ce qui a pu nous
causer tant de soucis. La simple déclaration que Dieu est
Sagesse infinie et Amour divin n’aura pas grande valeur. Il
faut qu’il y ait l’expérience véritable d’une perception inté-
rieure, qui vient comme résultat de cette contemplation de
Dieu.
Si nous persistons dans une telle contemplation, Dieu
deviendra une expérience. Nous vivrons dans la réalisation
que Dieu s’écoule perpétuellement en tant que notre expé-
rience. Nous saurons, avec une conviction inébranlable, que le
royaume de Dieu est au-dedans de nous. Comme résultat de
cet état de conscience plus élevé, une plus grande harmonie de
l’esprit, du corps, du porte-monnaie, de la famille et des rela-
tions sociales, apparaît dans notre vie. Demeurons en paix,
dans la tranquillité ; laissons la grâce de Dieu remplir notre
esprit et notre Âme, notre être et notre corps, et, avec un sou-
rire, reconnaissons que : Ta Sagesse me suffit ; Ton Amour me
satisfait ; je me repose en Toi.
Le seul désir légitime est celui d’une plus grande réalisation
de Dieu – des choses de Dieu et des pensées de Dieu. Les pen-
sées de Dieu ne sont pas nos pensées, mais les pensées de Dieu
peuvent devenir nos pensées, si nous apprenons à contempler
Dieu plutôt que de désirer ou d’attendre quoi que ce soit. Cette
attente elle-même peut pourtant être méditation, si elle devient
observation de l’épanouissement du minuscule bouton de rose
en fleur pleinement éclose ; ou contemplation de l’illumination
soudaine des ténèbres de la nuit par le scintillement des
étoiles, et la douce lumière de la lune ; ou encore attente de voir
le soleil se lever, et d’être enveloppé par la plénitude de sa
lumière et de sa chaleur. Mais lorsque l’attente implique que
Dieu doit sortir de Son orbite pour obéir à nos instructions, à

114
LA MÉDITATION

nos supplications ou à nos désirs et vœux personnels, cette


attente devient un péché. À travers la méditation, la beauté,
l’activité, l’abondance, la joie et la paix de la grâce de Dieu nous
atteignent. Dans la méditation, nous sommes enveloppés en
Dieu.
Dieu doit aimer Ses enfants, puisqu’il a créé pour eux la
totalité des cieux et de la terre – pour vous et pour moi. C’est
plus réconfortant de savoir que Dieu nous aime que de savoir
que nous aimons Dieu. L’amour de Dieu est exprimé sous la
forme de notre amour. Sans l’amour de Dieu pour nous, nous ne
pourrions pas aimer Dieu, parce qu’il y a un seul amour, l’a-
mour de Dieu, et tout amour est de Dieu. Cette réalisation de
l’amour de Dieu pour Son univers et pour Ses enfants est une
forme de méditation dans laquelle il n’y a aucun désir que Dieu
nous aime davantage qu’Il ne le fait, aucun sentiment que Dieu
devrait faire davantage qu’Il ne fait déjà.
S’il y avait le moindre désir, ce devrait être de pouvoir beau-
coup mieux apprécier l’amour de Dieu et ce qu’Il fait dans notre
vie, dans notre esprit, dans notre Âme, dans notre corps et
dans notre porte-monnaie. Réfléchissons à l’abondance autour
de nous, et réalisons que rien de tout cela ne serait possible
sans l’amour de Dieu pour Ses enfants. Dieu nous a donné le
soleil afin que nous ayons la lumière le jour, et la lune afin que
nous ayons la lumière la nuit. Il nous a donné la terre et les
mers afin que nous puissions être nourris ; Il nous a donné les
douces brises afin que nous puissions être rafraîchis. Dieu a
pourvu à chacun de nos besoins.
La méditation est une contemplation des voies infinies par
lesquelles Dieu nous aime, et des formes infinies de l’amour
de Dieu pour Sa création. Nous ne nous tournons plus vers
Dieu pour quoi que ce soit d’autre que pour la joie de nous
réchauffer en Sa présence, en Sa grâce et en Son amour.
Nous n’avons pas besoin de trop nous occuper de notre
amour pour Dieu ; cela viendra normalement et naturellement,

115
et nous trouverons des façons d’exprimer cet amour. Ce ne sont
pas toujours ceux qui parlent de leur amour pour Dieu avec le
plus de volubilité qui aiment le plus Dieu. L’amour de Dieu,
réalisé en silence et en secret, devient évident de lui-même par
des actes de gentillesse. Dans l’amour de Dieu, il n’y a aucune
critique, aucun jugement, aucune condamnation.
Dans l’amour de Dieu, il n’y a pas d’hier. L’amour de Dieu
s’écoule maintenant. L’amour de Dieu est un état de est, un
état d’être. Par la méditation et la contemplation de Dieu, cet
amour de Dieu imprègne notre conscience. Il est réalisé et res-
senti à un tel point que la prière devient l’état constant et
continu de notre être.
La prière est une contemplation de l’amour de Dieu pour
Son royaume. C’est une réalisation que Dieu remplit tout l’es-
pace ; une perception de la paix, de la joie et de l’abondance ;
une tranquillité et un silence intérieur ; une absence de pen-
sée et de désir. Prier, c’est contempler et être témoin de la grâce
de Dieu ; c’est la réalisation de est ; c’est la sainte contempla-
tion :

Où Tu es, je suis ; où je suis, Tu es ; « Fils, tu es toujours avec


moi, et tout ce que J’ai est à toi. » La grâce de Dieu me suffit en
toutes choses ; l’amour de Dieu m’enveloppe, et enveloppe cet
univers ; la paix de Dieu est sur le monde. « L’Éternel est mon
berger ; je ne manquerai de rien. » Où que je sois, Dieu est.

La prière est une contemplation de est. Dieu est ! La vie est !


L’amour est ! La joie est ! La prière est un débordement de
reconnaissance parce que Dieu nous a donné les cieux et la
terre pour notre gloire. La prière est un cœur rempli de grati-
tude pour les bénédictions encore plus grandes qui vont être
révélées dans la prière. « Tu me montreras le chemin de la vie :
en Ta présence est la plénitude de la joie ; à Ta droite il y a des
joies éternelles. »

116
LA MÉDITATION

Au-dedans de chaque individu, très, très loin au-dedans –


profondément cachée derrière le masque du moi personnel –
se trouve cette partie de lui qui est dans et de Dieu. En réa-
lité, c’est l’identité spirituelle, qui se révèle en tant qu’être spi-
rituel individuel.
Cette identité spirituelle n’est jamais atteinte par une quel-
conque expérience que nous puissions traverser. Ni la nais-
sance, ni l’âge, ni la mort ne la touchent. À travers les âges,
cette identité spirituelle – qui est la vôtre et la mienne – s’oc-
cupe des « affaires du Père », Se dévoilant et S’exprimant
conformément au plan divin. Elle ne varie et ne dévie jamais de
Son état éternel d’être spirituel, ni du travail qui lui est im-
parti. À travers cette identité spirituelle – qui est notre iden-
tité réelle – la volonté de Dieu est perpétuellement active. La
grâce de Dieu la nourrit et la soutient toujours. Dieu est la
sagesse, la Vie même et l’Âme de l’être spirituel individuel.
Dieu est notre véritable identité et individualité.
L’enfant mort-né, le soldat tué au combat, les multitudes
détruites par les calamités ou les épidémies – aucune de ces
expériences ne m’atteint, ne vous atteint, ne les atteint jamais.
Derrière ces événements fâcheux, l’Identité spirituelle – notre
être véritable – reste impérissable et imperturbable, ignorant
l’état d’hypnose du sens mortel. Sous les effets de l’hypnose, la
vie du sujet continue paisible, indifférente, et sans être au cou-
rant des cabrioles que l’hypnotiseur incite sa victime à faire.
En se réveillant de l’hypnose, le sujet reprend sa vie normale,
sans avoir connaissance de ce qui s’est passé dans la période
mesmérique. De la même manière, en se réveillant du sens de
maladie, de lacune ou de péché, le « je » du sens matériel est
dissous. Je vis, mais ce n’est pas « je », pas le sens humain de
« je » ; maintenant, c’est le Christ qui vit ma vie.
Maintenant, Dieu nous suffit. Nous ne dépendons plus d’au-
cune personne ou condition du monde extérieur. Dieu nous suf-
fit. Nous regardons seulement vers Lui, vers ce « lui qui est en

117
vous », pour tout ce qui est nécessaire dans notre expérience.
Maintenant, nous comprenons que Je ne vous abandonnerai
jamais ni ne vous oublierai. Maintenant, nous savons que Dieu
nous suffit en toutes choses.
L’aptitude à communier avec Dieu nous est donnée seule-
ment par la Grâce, comme le don de Dieu. La prophétie et la
guérison divine sont aussi des dons de l’Esprit, et se manifes-
tent lorsque la Grâce calme les facultés raisonnantes du men-
tal.
Sous la Grâce, l’être est inondé de lumière, même si ce n’est
pas forcément une lumière visible ; le corps est sans poids et
dépourvu de sensation ; il y a une unité avec toute vie. Cela
n’est pas être une partie de la nature, ni même une partie de
Dieu, c’est plutôt être le tissu même de la Vie Elle-même.
L’Être s’agite dans les feuilles de l’arbre, et Il est la substance
et la saveur de ses fruits. On ressent que l’on est soi-même de
l’essence de la mer : la montée et le déferlement des vagues, le
flux et le reflux des marées, la beauté des rochers, des pierres
et des coraux sous les eaux.
Toute vie est une. L’Être divin unique infini bouillonne à
travers tout être en tant que Vie unique et Amour unique. Une
Âme unit toute la création dans Son étreinte, et est la vie de
toute la création. Cette Âme n’est séparée et distincte d’aucune
forme de vie. L’Âme n’est dans aucun être ou forme d’être ; pas
plus que l’Âme n’est séparée de l’être, car l’Âme est Être.

Je ne suis pas dans la terre, ou dans l’arbre, ou dans l’oi-


seau : Je suis ceux-ci. Je suis le doux mouvement des nuages –
plus encore, leur moutonnement lui-même ; Je suis l’éclat du
soleil et son mouvement. Je suis la brise dans l’air, le balance-
ment des feuilles de palmier – et le palmier lui-même. Je re-
garde depuis les étoiles ; mais étant aussi le ciel, je tiens en moi
les étoiles. Au-dessous, il y a monde sur monde dans mon
étreinte, tandis que depuis ces mondes, je regarde vers les étoiles

118
LA MÉDITATION

au-dessus. Je suis la vie et la couleur du jade de ma bague, et


la conscience des organes de mon corps.
Il n’y a aucun endroit où Je cesse d’être la vie de l’un, pour
commencer à être la vie et l’esprit d’un autre, parce que tout est
un. Je m’écoule à travers tout, dans tout, en tant que tout. Je
suis aussi l’écoulement. Je suis dans les sons musicaux, et Je
suis le son lui-même. De toute création, Je suis l’essence, le tissu,
le matériau, l’action, l’esprit même et la vie même.

Le soleil brille, et nous disons, « c’est le soleil » ; lui ne le dit


jamais : il est. Les arbres croissent ; les ruisseaux ne s’arrêtent
pas de couler ; la pluie tombe ; l’enfant naît. C’est nous qui le
disons, ce n’est jamais eux !
L’immortalité de l’être est tellement évidente que nous
n’avons aucun besoin de dire qu’il en est ainsi. L’harmonie de
l’être existe par la grâce de l’Invisible, et elle n’est pas produite
ou influencée par le fait que nous le disons.
Ce n’est pas par notre pouvoir de pensée, ni par notre force
de volonté, mais par le doux Esprit, que les oiseaux volent, les
poissons nagent et les chiens jouent. Par Lui, la lune brille, les
marées montent, les couples s’unissent, et l’être joyeux chante.
Repose-toi. Près des eaux paisibles, repose-toi. Couche-toi.
Dans les verts pâturages, couche-toi, mais ne dis pas : « Je me
repose » ou « Je suis couché. »
« Je te donne ma paix » ; seulement ne le dis pas – laisse-la
être. « Les bras éternels me soutiennent » mais ne prononce
pas cette pensée : reconnais le fait. « Je ne t’abandonnerai
jamais ni ne t’oublierai», mais ne le dis pas de tes lèvres : recon-
nais-le.
Ne cherche pas l’harmonie ou la santé, ou même Dieu. Ces
choses ne se trouvent pas : elles sont déjà. « Sois tranquille. »
C’est seulement dans le profond silence, seulement en vous
retenant de vous inquiéter, seulement en abandonnant la lutte
pour Dieu, pour la paix, pour l’abondance, pour la compagnie,

119
que ces choses peuvent entrer dans votre expérience. Est-ce
que vous « voyez » ce que je dis ? Dieu, la santé, l’abondance, la
liberté, l’amitié, ne sont pas des entités ni des identités, mais
des expériences. Et cette expérience de Dieu est ce qui vient à
nous, et qui vient à nous seulement par le processus appelé
méditation.

120

Vous aimerez peut-être aussi