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Prématurité : Épidémiologie et Pronostic

Ce mémoire examine les aspects épidémiologiques, cliniques et le pronostic materno-fœtal des accouchements prématurés à l'Hôpital de Kyeshero en République Démocratique du Congo. Il souligne la prévalence élevée de ces accouchements, les facteurs de risque associés, ainsi que l'importance d'améliorer le diagnostic et la prise en charge pour réduire la morbidité et la mortalité néonatale. L'étude vise à fournir des données précieuses pour orienter les futures recherches et améliorer les soins obstétriques.

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Ariel Abraham Shabani
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Prématurité : Épidémiologie et Pronostic

Ce mémoire examine les aspects épidémiologiques, cliniques et le pronostic materno-fœtal des accouchements prématurés à l'Hôpital de Kyeshero en République Démocratique du Congo. Il souligne la prévalence élevée de ces accouchements, les facteurs de risque associés, ainsi que l'importance d'améliorer le diagnostic et la prise en charge pour réduire la morbidité et la mortalité néonatale. L'étude vise à fournir des données précieuses pour orienter les futures recherches et améliorer les soins obstétriques.

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1

UNIVERSITE LIBRE DES PAYS DES GRANDS LACS


B.P. 368 GOMA

FACULTE DE MEDECINE

ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES, CLINIQUES ET


PRONOSTIC MATERNO-FŒTAL DES
ACCOUCHEMENTS PREMATURES A L’HOPITAL
DE KYESHERO

Par : KYAMBI KISENGYA Rachel

Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de


Docteur en Médecine Humaine.

Directeur : Prof. Dr. JUAKALI SIMALIKYOLO V.

Encadreur : YEMBA BARUANI AKUHA


Gynécologue obstétricien
2

CHAPITRE PREMIER :
INTRODUCTION GENERALE

I.1. INFORMATIONS GENERALES

L'accouchement prématurité (AP) est défini comme une naissance survenant entre 22
SA et 36 semaines d’aménorrhées (SA) plus 6jours révolues. La nomenclature internationale
de l’OMS recommande cependant de prendre en compte tous les nouveaux nés mis au monde
dès 20-22 SA et pesant 500 grammes ou plus. Dans notre contexte ce terme est de 28SA
L’âge gestationnel souligne l’importance de la maturation biologique du foetus et conditionne
ses possibilités d’adaptation à la vie autonome. [1]

Le risque d’accouchement prématuré est la première cause d’hospitalisation au cours


de la grossesse. La fréquence de l’accouchement prématuré parmi les patientes hospitalisées
pour MAP varie entre 15 et 50%. Ceci est la marque, d’une part, de la possible efficacité de
l’hospitalisation pour prévenir l’AP ; et mais surtout de la probable imprécision des critères
diagnostiques actuels. [2]

Les causes sont diverses passant par celle déclenché par induction dont la
Chorioamniotite, la pré éclampsie, le retard de croissance intra utérin sévère, l'hématome retro
placentaire...etc. Des facteurs de risque tels que l’âge inférieur à 18 ans ou supérieur à 35 ans,
tabagisme, alcoolisme, infections multiples, comorbidités, grossesses particulièrement
rapprochées, mauvaises conditions socio-économiques avec fatigue excessive liée à la durée
du travail, déplacements quotidiens, position debout prolongée, dénutrition relative, sont
accompagnateurs des causes de la prématurité et sont significativement impliqués dans cette
pathologie. [2]

Un des enjeux pour tenter d’améliorer la prise en charge des menace d’accouchement
prématurés serait d’en fiabiliser le diagnostic. Cela permettrait d’une part de cibler une
population réellement à risque d’accouchement prématuré qui nécessiterait une prise en
charge et un suivi spécifiques. D’autre part cela permettrait de diminuer la surveillance et le
nombre d’hospitalisations de patientes qui finalement n’accoucheront pas prématurément.
L’analyse de l’activité électrique de l’utérus par EHG semble être une technique prometteuse
pour améliorer le diagnostic et la surveillance des patientes à risque d’accouchement
prématuré. [3]

Les modalités de l’accouchement ne sont pas toujours clairement établies et la


distinction entre accouchement spontané et accouchement induit n’est que rarement mise en
3

évidence. Or les raisons aboutissant à un accouchement prématuré spontané sont différentes


de celles d’un accouchement induit. De la même façon, les raisons médicales conduisant à la
décision de césarienne ou de déclenchement modifient vraisemblablement l'avenir du
nouveau-né, à court et à long terme. [3]

La prévention de l’accouchement prématuré est l’une des préoccupations majeures de


l’obstétricien. Le devenir des enfants nés avant terme conditionne toute l’organisation
obstétricale et néonatale de leurs naissances, tant sous l’aspect technique que d’un point de
vue éthique. [4]

L’étude des accouchements prématurés permet d’identifier les patientes les plus à
risque enfin d’amélioré le pronostic néonatal. L’éviction des facteurs de risque et des causes
de l’accouchement prématuré devraient faire partie des mesures préventives. [4]

I.2. PROBLEMATIQUE

L'accouchement prématuré est la survenue d’un accouchement entre 22 et 36 semaines


d’aménorrhée (SA) révolues donnant naissance à des enfants immatures. De ce fait ces
nouveau-nés sont très vulnérables face à toutes les agressions extérieures, en particulier les
infections. Le pronostic des prématurés est généralement très sombre : la prématurité étant la
première cause de décès néonatal. [1]

Dans les études récentes la distinction entre accouchement spontané et accouchement


induit n’est que rarement mise en évidence. Or les raisons aboutissant à un accouchement
prématuré spontané sont différentes de celles d’une prématurité induite. De la même façon,
les raisons médicales conduisant à la décision de césarienne ou de déclenchement modifient
vraisemblablement l'avenir du nouveau-né, à court et à long terme. [5]

Dans le monde, l’accouchement prématuré constitue un problème de santé publique et


reste la première cause de morbi-mortalité maternelle, péri et néonatale malgré l’amélioration
du suivi et des soins portés aux femmes enceintes. Chaque année, quelques 15 millions des
nouveau-nés, soit plus d'une naissance sur dix viennent d’un accouchement prématuré. Plus
d'un million de ces nouveau-nés meurent peu après leur naissance; en plus un nombre
incalculable d'autres prématurés souffriront d'une incapacité à vie d'ordre physique,
neurologique ou pédagogique, à un cout souvent très élevé pour les familles et la société. [5]

Les études faites par CATHERINE T dans les pays de l’Union européenne ont montré
qu’environ 2 millions d’accouchements prématurés sont observés chaque année. Cependant,
la prise en charge des NN issus de cet accouchement s’est tout de même grandement
4

améliorée ces dernières années, conduisant à une augmentation de la survie de ceux-ci et une
réduction des séquelles majeures. [6]

En France, le taux d’accouchements prématurés représentent 7,2% pour les grossesses


uniques, 5% des grossesses gémellaires ; 1,5% de naissances se produisent avant la 33 ème SA
chez les grandes multipares. En suisse, les statistiques montrent que dans le canton de
Genève, l’incidence annuelle d’accouchement prématuré est de 8% des près de 3500
accouchements qui surviennent chaque année. Parmi ceux-ci, on recense en moyenne 100 cas
d’AP par an avant 32 semaines. [6]

Aux Etats-Unis, les taux d’accouchements prématuré a augmenté ces dernières années
dans la plupart des Etats. Il était de 9,5% en 1981, est passé à 12% en 2010 et de 13% en
2016. Cette tendance est liée à l’augmentation de l’incidence des grossesses multiples,
associée au développement des techniques de procréation médicalement assistée, et à
l’augmentation des accouchements prématurés médicalement induits encouragés par les
progrès des soins néonatals. Actuellement, 15 à 20% des naissances prématurées sont liées à
des grossesses gémellaires et 1 % à des grossesses triples. [7]

En Afrique, le taux d’accouchements prématurés est assez élevé et ce taux varie d’un
pays à l’autre. Elle compte à elle seule 8 pays parmi les 10 pays qui possèdent les taux les
plus élevés d’accouchements prématurés pour 100 naissances, dont le Nigeria Malawi
(18,1%), la RDC (16,7%), Zimbabwe (16,3%), Guinée Equatoriale (16,5%), Mozambique
(16,4%), iles Comores (16,7%), Mauritanie (15,4%), Gabon (16,3%). La prise en charge des
prématurés issus de cet accouchement pose un sérieux problème à cause des moyens très
limités notamment des unités spécialisées qui ne sont pas existantes ou alors inefficientes. [8]

Dans nombreux pays africains, environ 65-70 % des accouchements prématurés


résultent d'un travail prématuré spontané ou d'une rupture prématurée des membranes (RPM)
et 30-35 % d'une prématurité « déclenchée » (par induction du travail ou césarienne avant
travail), principalement pour des complications obstétricales comme la pré éclampsie ou le
retard de croissance intra-utérin (RCIU) [8].
Au Mali, SANOGO en 2005 [9] ; KONATE en 2009 [10] et NDE en 2010 [11] ont
trouvé respectivement 1,9%, 3,5 et 9,31%. Ce nombre serait en augmentation de nos jours car
les statistiques de 2020 ont fait état de 88.000 cas d’accouchements prématurés dont le taux
de décès néonatal était de 40% et de décès maternel de 2,3%.

La République Démocratique du Congo occupe le 9 ème rang mondial parmi les 10 pays
qui enregistrent la fréquence la plus élevée d’accouchement prématuré [24]. Le rapport du Dr.
TAJUDEEN OYEWALE de 2021 a fait état de 96.000 bébés qui meurent chaque année dont
la prématurité, l’asphyxie ainsi que les infections néonatales telles que la septicémie et la
5

pneumonie sont responsables de plus de 80% des décès néonatals. La majorité de ces décès
pourraient être évités grâce à des gestes simples et des soins essentiels à la naissance tel que le
maintien du nouveau-né au chaud, la mise sous couveuse, les soins au cordon ombilical, la
réanimation du n-né en cas d’asphyxie, l’aillaitement dans l’heure suivant l’accouchement, le
personnel formé et qualifié. [12]

Dans la Province du Nord-Kivu, les chiffres d’accouchements prématurés étaient


d’environ 10 sur 100 accouchements en 2020. Sur ce, environ 50% des prématurés issus de
ces accouchements meurent surtout dans les hôpitaux où toutes les conditions ne sont pas
réunies où ils sont confrontés aux problèmes d’ordre sanitaire, nutritionnel, hygiénique. [13]

La ville de Goma en général et en particulier l’Hôpital de Kyeshero n’est pas épargné


par les accouchements prématurés. Le taux de ces accouchements ne font qu’augmenter où en
2017, 165 cas ont été observés, 197 cas en 2018, 193 cas en 2019 et 272 cas en 2020. [13]

Consciente que le nombre de ces accouchements ne fait qu’augmenter avec les soins
dits gratuits que bénéficient les parturientes au sein de cet hôpital, cependant le pronostic
maternel, périnatal et néonatal reste à étudier ; d’où l’importance de ce mémoire. Partant de ce
qui précède, nous avons formulé les questions de recherche suivantes :

I.3. QUESTIONS PRINCIPALES


I.3.1. Questions principale
Quels sont les aspects épidémiologiques, cliniques et le pronostic néonatal des
accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero ?
I.3.2. Question spécifiques :
 Quel est la fréquence des accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero ?
 Quelles sont les caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques des cas
d’accouchement prématuré à l’Hôpital de Kyeshero ?
 Quelles sont les étiologies ayant entrainé l’accouchement prématuré à l’Hôpital de
Kyeshero ?
 Quelle est l’issue néonatale et maternelle en cas d’accouchement prématuré à
l’Hôpital de Kyeshero ?

I.4. HYPOTHESES DU TRAVAIL

Cela nous pousse à émettre les hypothèses suivantes, que nous allons tout au long de
nos analyses chercher à vérifier pour répondre à la question principale de notre travail.
- La prévalence des accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero serait élevée ;
6

- L’âge, la profession, le niveau d’étude, l’Etat-civil, la provenance, la parité, la gestité,


l’AG seraient les les caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques des
cas d’accouchement prématuré à l’Hôpital de Kyeshero ;
- Les facteurs liés à la mère ((<18 ans et >35 ans, non suivi de CPN, antécédents
d’HTA, de tabagisme, de prise d’alcool, diabète, infections sur grossesse, etc), ceux
liés au fœtus (malformations fœtales, poids et sexe fœtal, etc.) et aux annexes
(placenta prævia, DPPNI, RPM, RU) seraient les étiologies ayant entrainé
l’accouchement prématuré à l’Hôpital de Kyeshero ;
- La majorité des accouchées ainsi que de n-nés issue d’un accouchement prématuré
sortirait vivant.

I.5. OBJECTIFS DU TRAVAIL


I.5.1. Objectif général
 Déterminer les aspects épidémiologiques, cliniques et le pronostic néonatal des
accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero.

I.5.2. Objectifs spécifiques


 Déterminer la prévalence des accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero ;
 Identifier les caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques des cas
d’accouchement prématuré à l’Hôpital de Kyeshero ;
 Déterminer les étiologies ayant entrainé l’accouchement prématuré à l’Hôpital de
Kyeshero ;
 Déterminer l’issue néonatale et maternelle en cas d’accouchement prématuré à
l’Hôpital de Kyeshero.

I.6. CHOIX ET INTERET DU SUJET

I.6.1. Choix du sujet


Le choix de ce sujet a été motivé par fréquence élevée des accouchements prématurés
dans notre milieu et les complications tant sur le plan maternel que néonatale qu’ils
entrainent.
I.6.2. Intérêt du sujet
a. Intérêt personnel du sujet
Personnellement ce travail est d’une importance capitale, il rentre dans le cadre de
notre formation comme médecin.

b. Intérêt scientifique
Sur le plan scientifique, ce travail constitue une banque des données à nos cadets et
autres chercheur qui orienteront leurs travaux dans ce domaine.
7

c. Intérêt social
Les résultats de cette étude ressortiront des suggestions et recommandations utile pour
l’amélioration de la qualité de la prise en charge de l’accouchement prématuré tant sur le plan
médical que sur le plan émotionnel et psychologique des victimes.

I.7. DELIMITATION DU SUJET

I.7.1. Délimitation spatiale


Ce travail s’est effectué à l’Hôpital de Kyeshero situé en République Démocratique du
Congo, Province du Nord-Kivu, ville de Goma, Zone de Santé de Goma et traite des causes de
l’accouchement prématuré.

I.7.2. Délimitation temporaire


Cette étude couvre une période allant du 1er Juin 2020 au 30 juin 2021soit une année
et demi durant.

I.8. DEFINITION DES CONCEPTS CLES

a. Epidémiologie
C’est une science qui étudie la distribution des problèmes de santé dans une population
et le rôle des facteurs qui les déterminent.
C’est aussi l’étude des facteurs influençant la santé et les maladies de populations. Il s’agit
d’une discipline qui se rapport à la répartition, à la fréquence et à la gravité des états
pathologiques. [15]

b. Clinique
Etude clinique est une étude basée sur les aspects cliniques recueillis lors de la
consultation. [15]
C’est l’ensemble des données recueillies auprès du malade. C’est-à-dire ce qui se fait au
chevet du malade

c. Accouchement
C’est l’ensemble des phénomènes physiologiques et mécaniques qui ont pour
conséquence la sortie du foetus et de ses annexes hors des voies génitales maternelles, à partir
du moment où la grossesse a atteint le terme théorique de six mois, soit 28 semaines
d’aménorrhée ou 180 jours [16].

d. Accouchement normal
Il est défini comme un accouchement qui remplit les conditions suivantes : il faut que :
8

- La grossesse soit à terme et ayant évoluée sans autres pathologies associées (toute
pathologie médicale ou chirurgicale, anomalies utérines et du bassin) ;
- La grossesse soit mono-foetale, foetus ayant un poids normal, en présentation
céphalique (variété du sommet) ;
- Le début du travail soit spontané sans médication ;
- Le travail se déroule dans un délai normal (8 à 12 heures pour une primipare et 6 à 8
heures pour une multipare) ;
- Le travail d'accouchement soit assorti de l'expulsion par voie basse d'un nouveauné
vivant avec un bon APGAR et chez qui les suites sont simples,
- Les suites soient également simples pour la mère [16].

e. Accouchement prématuré
L’accouchement prématuré est toute naissance survenant avant 259ème jour
d’aménorrhée, soit avant la 37 semaine d’aménorrhée révolue. [17].

I.9 Subdivision du travail


Hormis l'introduction Générale, la Conclusion et Suggestions, notre travail est reparti
en quatre chapitres dont :
• Le premier chapitre : Revue de la littérature l’accouchement prématuré,
• Le deuxième chapitre : La Méthodologie ;
• Le troisième chapitre : Présentation de Résultats ;
• Et le quatrième chapitre : Discussion de Résultats
9

CHAPITRE DEUXIEME : REVUE DE LA LITTERATURE

II.1. DEFINITIONS

Plusieurs définitions ont été abordées dans la littérature  sur l’accouchement prématuré et la
prématurité :
a. Accouchement prématuré
L’OMS définit l’accouchement prématuré comme toute naissance survenant avant 259ème
jour d’aménorrhée, soit avant 37 semaine d’aménorrhée révolue. Cependant, il faut prendre
en compte toutes les naissances survenant dès 20- 22 SA avec des nouveaux nés pesant 500
grammes ou plus [1].
Merger R., Levy J., Melchior J. quant à eux montrent que l’accouchement prématuré
induit : La prématurité induite (ou médicalement consentie) fait suite à une décision médicale.
L’accouchement est alors déclenché ou réalisé (par voie basse ou par voie haute) lorsque la
poursuite de la grossesse menace la santé de la mère ou lorsqu’il est estimé que le risque pour
l’enfant né avant terme est moins grand que s’il reste in utero [18].

b. Le prématuré 
Prématuré vient du latin praematurus" qui signifie qui arrive avant le temps".
C’est toute naissance vivante survenue entre la 22 eme et la 37eme semaine d’aménorrhée en
comptant depuis le premier jour de la date des dernières règles. [19]
- Définition basée sur le poids de naissance (PN)
Pour des raisons purement pratiques, le comité d'experts de l'Organisation Mondiale de
la Santé (OMS) en 1970, à Londres faisait prévaloir le poids à la naissance (PN). Ainsi tout
enfant né vivant avec un PN inférieur à 2500 grammes est prématuré ". Cette définition
renferme une erreur parce que la prématurité est fonction de l'âge gestationnel (AG.) par
définition. Ensuite, elle confondait prématuré et hypotrophe (C’est tout nouveau-né dont le
poids de naissance est inférieur au 10ème percentile pour l’âge gestationnel).
Aujourd'hui, cette définition est réservée au petit poids de naissance. [20]
-La prématurité peut être classée comme suit :
 Prématurissime : < 28 semaines d’aménorrhée.
 Grande prématurité : 28-31 semaines d’aménorrhée + 6jours.
 Moyenne prématurité : 32-34 semaines d’aménorrhée + 6 jours.
 Petite prématurité : 35- 36 semaines d’aménorrhée + 6 jours.
- Définition basée sur l'âge gestationnel (AG)
Elle définit le prématuré comme un enfant né avant 37 SA révolues comptées à partir
du premier jour des dernières règles. Cette définition est théoriquement la plus juste car les
problèmes posés par la prématurité sont directement liés à l'immaturité de cet enfant. Mais
10

elle ne définit pas en réalité la maturité fœtale. Ensuite, elle méconnaît les étiologies très
diverses de la prématurité. Enfin, elle rend difficile le diagnostic de la prématurité car
l'appréciation exacte de l'âge gestationnel chronologique est souvent difficile. Le manque
d'information sur la date des dernières règles (DDR) ou sur la durée de l'aménorrhée des
gestantes est universel. [20]

II.2. Physiologie du travail d’accouchement

II.2.1. Définition
Le travail d’accouchement est l’ensemble des phénomènes physiologiques qui
concourent pour initier les contractions utérines, la dilation du col et entraîner l’expulsion
hors des voies génitales le foetus et ses annexes, à partir du moment où la grossesse a atteint
le terme théorique de 6 mois, soit 28 semaines d’aménorrhée [21].

II.2.2. Physiologie des contractions utérines et des modifications du col au cours du


travail
a. Contraction utérine
C’est la force motrice qui permet, au cours de l’accouchement, la dilatation du col
utérin et la progression du mobile foetal dans la filière génitale. La contraction de la fibre
musculaire lisse utérine résulte du glissement, les uns par rapport aux autres des filaments
d’actine et de myosine. La formation de liaisons actine myosine nécessite de l’énergie, fournie
par l’hydrolyse de l’ATP. Les contactions utérines sont involontaires et intermittentes, totales,
intéressant tout l’utérus et douloureuses à partir d’un certain seuil d’intensité. Pendant la
parturition, le début du travail est caractérisé par des contractions utérines qui vont croître
progressivement. La fréquence des contractions utérines est de 3 contractions toutes les 10
mn. La tonicité est appréciée par la mesure de la pression amniotique basale ou tonus de base.
[21]
b. Etapes de la maturation du col
 Modifications du col en fin de grossesse : Le col utérin joue un rôle capital tout au
long de la grossesse. Sa tonicité constitue un véritable verrou qui maintien le foetus à
l’intérieur de l’utérus gravide jusqu’au terme. Lors de l’accouchement, le col devra
avoir acquis une certaine souplesse pour permettre sa dilatation.
 Formation du segment inférieur : Après le 5ème mois, les mouvements entre les
couches musculaires entraînent la formation du segment inférieur qui est une entité
propre à la grossesse. La dilatation est suffisante, la présentation pénètre dans le
segment inférieur qui se moule sur elle.
 Maturation du col : Elle se produit quelques jours avant le début du travail. Le col
devient mou, court et centré. La maturation est due aux modifications du tissu
conjonctif du stroma cervical, indépendamment des contractions utérines. [21]
11

c. Dilatation du col au cours du travail


Les contractions développées par le corps utérin sont transmises au segment inférieur
et au col. Les phénomènes de maturation du col se poursuivent en début du travail, puis le col
se dilatera sous l’effet des contractions utérines et de la pression de la présentation. Chez les
nullipares, l’effacement du col marque l’entrée en travail. L’orifice interne s’ouvre, puis le
col se raccourcit en s’incorporant au segment inférieur. La dilatation suit l’effacement. Chez
les multipares, l’effacement et la dilatation sont simultanés. La dilatation peut même précéder
le travail. La durée est beaucoup plus brève que chez la nullipare. [21]

Effacement et dilatation simultanés


du col. le travail

Col de multipare avant le travail

Dilatation presque complète


Figure 1 : Evolution du col au cours du travail chez la multipare
12

II.2.3. Différents temps du travail ou périodes du travail


L’accouchement comprend trois périodes ou stades.
- Le premier stade correspond à l’effacement et la dilatation du col,
- Le second à la progression et à l’expulsion du foetus,
- Et le troisième à la délivrance.
Les deux premiers stades représentent la période de travail.

II.2.3.1. Première partie : Phase de dilatation


a. Signes du début de l'accouchement
L'accouchement commence de différentes manières : par la perte du bouchon
muqueux, par des contractions utérines ou par la rupture de la poche amniotique.
La perte du bouchon muqueux, une sorte de glaire cervicale chargée de cellules desquamées
lui donnant une teinte brunâtre, peut se détacher du col de l'utérus quelques jours qui
précèdent l'accouchement le jour même, ou encore à la suite des premières contractions
pouvant survenir initialement toutes les 10 à 30 minutes et durer quelques secondes chacune.
Parfois le travail commence par la rupture de la poche des eaux entraînant la perte du liquide
amniotique, communément appelée « perte des eaux » [22].

b. Contractions utérines, effacement et dilatation du col de l'utérus


Les contractions utérines commandent à la fois l'effacement et la dilatation du col de
l'utérus et les mouvements de flexion et de rotation de la présentation du fœtus, indispensables
à l'expulsion du bébé hors des voies génitales maternelles. Ces contractions sont involontaires.
Elles sont intermittentes et rythmées puisque l’utérus se relâche entre chacune d’entre elles.
Elles sont généralement progressives dans leur fréquence, leur durée et leur intensité. En effet,
en tout début de travail, elles surviennent en moyenne toutes les 15 à 20 minutes et durent de
15 à 20 secondes. À la fin de la première phase de travail, elles surviennent toutes les 2 à 3
minutes et durent 30 à 45 secondes. Leur intensité augmente au fur et à mesure de la
progression de la phase de dilatation. Les contractions sont généralement douloureuses.
L’intensité de la douleur est sujette à des variations individuelles [22].
L'effacement du col signifie que le col se raccourcit. Il passe d'une longueur de 30 à 43 mm à
une longueur de l'ordre de 5 mm ou moins. Quand l'effacement est terminé, la dilatation peut
commencer. La dilatation du col progresse ensuite au rythme des contractions, en augmentant
en moyenne de 1 cm à 1,5 cm par heure pour atteindre une ouverture finale de 10 cm. [22].

II.2.3.2. Deuxième partie : Progression et l’expulsion du fœtus


La deuxième partie du travail se divise en deux phases :
- La phase passive au cours de laquelle la présentation foetale descend dans la filière
maternelle, le mobile foetal franchit chacun des trois étages du bassin en s’adaptant et
en s’orientant de la façon la plus favorable,
13

- Et la phase active qui correspond aux efforts expulsifs [22].

1°. La phase passive


a. L’engagement
Il s’agit du franchissement du détroit supérieur. C’est le temps le plus important,
l’aboutissement plus ou moins prolongé de la première période du travail. L’engagement de la
tête est précédé de deux phénomènes préparatoires : l’orientation et l’amoindrissement qui
constituent l’accommodation foetopelvienne au détroit supérieur.
L’orientation : le plus grand diamètre du crâne fœtal s’oriente selon un des diamètres obliques
du bassin. L’amoindrissement : la présentation s’oriente mais aussi réduit au maximum ses
dimensions par :
- Une flexion de la tête sur le tronc ; le diamètre occipito-frontal devient le diamètre
sous-occipito-bregmatique (9,5 cm) dans le cas d’une présentation du sommet.
- Une flexion latérale qui peut être à l’origine d’un asynclitisme, la poussée utérine
engagera dans ce cas une bosse pariétale puis l’autre.
- La possibilité de chevauchement des os du crâne.
La présentation, orientée et présentant des diamètres facilement acceptables par le détroit
supérieur, permet alors l’engagement [23].

b. La descente et la rotation
C’est la traversée du détroit moyen. La présentation progresse selon l’axe d’engagement
ombilico-coccygien. Sa direction évolue progressivement au cours de la descente, passant de
l’axe ombilico-coccygien du détroit supérieur à un axe horizontal par un mouvement de pivot
autour de la symphyse pubienne. La présentation rencontre le muscle releveur de l’anus au
contact duquel se fait la rotation. Cette rotation fait correspondre l’axe antéropostérieur de la
tête, c'est-à-dire le diamètre sous-occipito-bregmatique, et l’axe antéropostérieur du détroit
inférieur, donc selon l’axe de la boutonnière musculaire périnéale et de l’orifice vulvaire. La
rotation peut être tardive et faire suite à la descente, ou lui être synchrone, se produisant plus
ou moins haut dans l’excavation pelvienne [23].

c. Le dégagement
Il correspond à la traversée du détroit inférieur osseux et musculaire. A ce niveau, la
tête foetale puis le reste du corps sont expulsés hors des voies génitales. La présentation bien
fléchie et orientée selon l’axe antéropostérieur du détroit inférieur, franchit le plan de celui-ci.
L’expulsion comporte :
- L’ampliation périnéale
- Le dégagement de la tête : grâce à la flexion de la tête, la région sousoccipitale fœtale
se cale sous la symphyse pubienne ; la tête se défléchit ensuite autour du pivot formé
14

par le bord inférieur de la symphyse pubienne, ampliant au maximum le périnée


postérieur, décrivant ainsi une courbe ; son axe d’expulsion devient presque vertical.
- Puis, les autres parties fœtales suivent les mêmes temps, s’engageant à leur tour,
descendant et tournant dans l’excavation avant de se dégager [23].
d. Le nouveau-né
Immédiatement après la naissance, l'enfant subit des modifications physiologiques
importantes en même temps qu'il s'adapte à la vie aérienne. Plusieurs structures cardiaques
commencent à s'atrophier immédiatement après la naissance, comme le canal artériel (ductus
arteriosus) et le trou de Botal (foramen ovale).
Le nouveau-né est soumis à différents examens et soins immédiatement après sa naissance. Le
cordon ombilical est clampé et coupé, puis désinfecté. La condition médicale de l'enfant est
mesurée par le score d'Apgar, basé sur cinq paramètres (rythme cardiaque, respiration,
couleur de la peau, tonus musculaire et réactivité à la stimulation), dans la minute qui suit la
naissance, puis après 5 minutes. [24]

a. Variété OIGA b. Variété OIGA

Figure 2 : Descente et rotation de la tête dans l’accouchement du sommet


15

II.3.3. Troisième partie : phase de délivrance chez la primipare

a. Récupération du sang du placenta par le nouveau-né


Si, après la naissance, le nouveau-né est placé au niveau de la vulve ou au-dessous
de ce niveau pendant trois minutes avant le clampage du cordon, environ 80 ml de sang
passent du placenta au nouveau-né. Le nouveau-né est ainsi doté d'une réserve d'environ
50 mg de fer, ce qui réduit la fréquence de l'anémie ferriprive au cours de la petite
enfance. Théoriquement, cette transfusion de sang du placenta au nouveau-né pourrait
entraîner une hypervolémie, une polycythémie et une hyperviscosité, ainsi qu'une
hyperbilirubinémie [25].

b. Clampage du cordon
Le cordon ombilical peut être clampé, c'est-à-dire serré par des pinces ou des
attaches nouées, immédiatement après la naissance ou plus tard. Le choix du moment où
le cordon est clampé ne semble avoir aucun effet significatif sur l'incidence de
l'hémorragie de la délivrance. [25].

c. Coupure du cordon
Dans les unités médicalisées la pratique la plus fréquente consiste à couper le
cordon ombilical le plus tôt possible afin de donner des soins immédiats au nouveau-né.
[25].

d. Expulsion du placenta
Le troisième stade du travail est la délivrance, qui se produit le plus souvent durant
les quinze minutes à une heure qui suit la naissance du bébé. Pendant cette phase, l'utérus
expulse le placenta. [25].

e. Après la naissance
Immédiatement après l'accouchement, il est d'usage que la sage-femme examine le
vagin et le périnée de la mère pour s'assurer qu'il n'y ait pas de déchirure et, si tel est le
cas, d'effectuer une suture. En cas d'épisiotomie, une suture est de toute façon pratiquée.
La période du post-partum s'étend de la fin de l'accouchement jusqu'au retour de couches,
c’est-à-dire les premières règles après la grossesse. C'est une période de nouveaux
bouleversements à la fois psychiques et familiaux, mais aussi physique avec la perte
brutale des repères physiologiques et anatomiques liés à la grossesse. [25]
16

II.3. CAUSES ET FACTEURS DE RISQUE DE L’ACCOUCHEMENT PREMATURE

Les causes de l’accouchement prématuré sont multiples. Parmi les causes retrouvées,
les infections occupent le premier rang, mais la plupart des accouchements prématurés
surviennent sans cause évidente. On distingue des facteurs de risque et les causes directes de
l’accouchement prématuré.

II.3.1. Causes maternelles

a. Causes inconnues : 40% des cas.


 Age < 18ans et > 35ans.
 Poids < 45kg.
 Taille < 1m50.
 Antécédents gynéco-obstétricaux : primipare, grande multipare, antécédent de mort-
né, antécédent d’accouchement prématuré, antécédent de fausse couche provoquée
(FCP),
 Les conditions socio-économiques défavorables : travail pénible, grossesse non
désirées, bas niveau économique, surmenage.
 Tabagisme, consommation des drogues (alcool). [17]

b. Causes générales
 Diabète.
 HTA et toxémie gravidique.
 Drépanocytose (anémie)
 Cardiopathies.
 Infections : urinaires, paludisme, grippe, rubéole, cytomégalovirus, toxoplasmose,
listériose, salmonellose.
 Allo immunisation rhésus.
 Ictère.
 Dysgravidie (trouble de grossesse)
 c. Causes loco-régionales
 Malformation utérines.
 Béances cervico- isthmiques.
 Synéchies utérines.
 Fibrome utérins.
 Infections cervicales. [17]

II.3.2. Causes fœtales


 Grossesses multiples (10% à 20% des menaces d’accouchement prématuré)
17

 Infections ovulaires.
 Malformations fœtales graves.
 Aberrations chromosomiques
 Hypotrophie fœtale.
 Retard de croissance. [17]

II.3.3. Causes annexielles


 Placenta prævia (10% des menaces d’accouchement prématuré).
 Hématome rétro-placentaire ou DPPNI (décollement prématuré du placenta
normalement inséré).
 Rupture prématurée des membranes (RPM).
 Hydramnios
 Chorioamniotite. [17]

II.3.4. Prématurité induite ou provoquée


Il s’agit du cas particulier où l’accouchement prématuré n’est pas spontané mais
provoqué par une décision médicale devant une situation à risque de mort foetale ou de
séquelles pour l’enfant : Nous avons :
- La Souffrance foetale chronique ;
- Le Retard de croissance intra-utérin sévère ;
- La Pré éclampsie sévère, l’hématome rétro placentaire (grade II de SHER) ;
- Le Diabète instable, les maladies maternelles graves ;
- L’incompatibilité foeto-maternelles.
- L’accouchement peut être provoqué par un déclenchement ou par une césarienne. [26]

II.4. ASPECTS CLINIQUES D’UN ACCOUCHEMENT PREMATURE

II.4.1. Signes fonctionnels


Ils sont les suivants :
- Les contractions utérines : premier motif de consultation doit être différenciée d’une
activité contractile utérine physiologique enfin de grossesse. Les contractions utérines
pathologiques des MAP sont les plus souvent ressenties douloureuses, régulières et
surviennent à la fréquence d’au moins une fois toutes les 10 minutes ;
- Les métrorragies dont l’origine doit être précise ;
- L’écoulement de liquide amniotique dont l’existence modifie la prise en charge et les
indications thérapeutiques. []
D’autres signes sont :
18

 Une pression (impression de poids) ou douleur continue ou rythmique dans le bas du


ventre, du dos ou dans le pelvis;
 Des douleurs ressemblant à des crampes menstruelles accompagnées ou non de
diarrhée ;
 Des saignements ou une perte de liquide clair par le vagin ;
 Des pertes vaginales de teinte ou d’odeur inhabituelles ;
 Des maux de tête, vertiges, palpitations …
 Une sensation très gênante ou douloureuse liée à l’impression que le bébé pousse sur
le col de l’utérus ;
 Une prise de poids avec gonflement des chevilles et des orteils. [27]

II.4.2. Signes physiques


L’examen gynécologique doit être pratiqué sur table gynécologique, vessie et rectum
vides. L’examen au spéculum recherche :
 Un écoulement de liquide amniotique qui pourra être affirmé par le PH vaginal ou
mieux par un test de recherche de la diamine oxydase ;
 Un saignement dont on précisera.
Le toucher vaginal à comparer aux examens antérieurs permettra de mettre en évidence des
medicalitions cervicales. Il convient d’apprécier :
 La dilatation du col utérin,
 La consistance du col utérin si à 1cm ou moins ou plus ;
 La position du col (centrage) ;
 La descente de la présentation au niveau ou au-dessous des épines sciatiques,
 L’éventuelle sensation de bombement des membranes,
 La tonométrie aidée par un capteur externe placé au niveau du fond utérin évaluera
sur une durée de 30 à 60 minutes la fréquence, l’intensité et la régularité des
contractions régulières infra-douloureuses non ressenties par la gestante. En effet, les
contractions utérines ne sont ressenties que dans 15% des cas. cet enregistrement
servira ultérieurement de référence pour évaluer l’efficacité d’une tocolyse ;
 L’enregistrement du rythme cardiaque fœtal (RCF) associé à la tonométrie permettra
de s’assurer de la bonne vitalité fœtale.
 La présence de la fibronectine fœtale dans les secrétions cervico-vaginales. Cet
examen a une place de plus en plus prépondérante dans la prise en charge des
patientes présentant un AP. [27]

Tableau I : indice de menace d’accouchement prématuré selon Baumgarten [30].


Points 0 1 2 3 4
19

Contraction 0 Irrégulières Régulières


Utérines
Membranes Intactes Rupture Rupture
haute basse
Métrorragies 0 Métrorragie Hémorragie
peu abondante
importante
Dilatation du col 0 1cm 2cm 3cm 4cm et plus

- Lorsque le total est compris entre 1 à 3, la menace est légère ;


- Un score entre 4 et 5 traduit une menace modérée ou moyenne ;
- ≥ 6, elle est sévère et les chances de réussite du traitement sont moindres

II.5.3. Examens complémentaires

a. Examens à visée diagnostique


o Le cardiotocographe : il permet d’apprécier la fréquence des contractions utérines à
l’aide d’un capteur mécanique placé sur l’abdomen de la parturiente.
o L’échographie du col utérin : elle permet de pallier à la subjectivité de l’examen clinique
en mesurant directement la longueur du canal cervical. Un col de longueur normale (à
titre indicatif supérieur à 30 mm) est associé à un risque très faible d’accouchement
prématuré.
o L’échographie endovaginale du col utérin : elle doit se faire sur une population à risque,
ciblée (antécédent de conisation) et béance (cerclée ou non).

Les critères retenus pour définir un risque d’accouchement prématuré sont un


raccourcissement du col utérin au-dessous de 30 mm, un orifice interne ouvert d’au moins5
mm, voire une protrusion de la poche des eaux dans le vagin. Le paramètre retenu
principalement est la longueur cervicale avec un seuil à 30 mm si on veut une meilleure
sensibilité avec une moins bonne spécificité. Si on recherche une meilleure spécificité, on
abaissera ce seuil à 25 mm (moins bonne sensibilité). [26]

L’échographie endovaginale pour l’évaluation du col utérin lors des MAP, a une sensibilité
comprise entre 73% et 100%, une spécificité entre 44% et 78%, une valeur prédictive positive
(VPP) autour de 55% et une valeur prédictive négative (VPN) autour de 90%.[26]

b. Examens à visée étiologique


20

On demande un bilan infectieux : il comprend :


- Le test de diagnostic rapide (TDR), la goutte épaisseet le frottis mince en zone
d’endémicité palustre ou s’il y’a notion de séjour en zone endémique, les hémocultures
et / ou les coprocultures au besoin ;
- La recherche d’une éventuelle porte d’entrée (membres, tronc, sphère ORL et
digestives) pour prélèvements à analyser ;
- La recherche d’une infection urinaire et / ou génitale (vaginite, cervicite, infection de
l’arbre urinaire) en demandant une bandelette urinaire, un prélèvement vaginal plus
antibiogramme, un ECBU plus antibiogramme).
- L’ECG qui est à faire au besoin ;
- Les autres examens si la grossesse n’a pas été ou mal suivie et si l’on ne dispose
d’aucun bilan prénatal : NFS, groupage sanguin + rhésus, sérologie (HIV,
toxoplasmose, rubéole, BW ou TPHA-VDRL), glycémie aléatoire et à jeun (test d’O’
Sullivan et HGPO si nécessaire) à la recherche d’un diabète, créatininémie et albumine
urinaire. Ce bilan est d’une importance capitale, car la moindre anomalie détectable
peut orienter vers une étiologie de menace d’accouchement prématuré. [26]

II.6. PRISE EN CHARGE DE L’ACCOUCHEMENT PREMATURE

II.6.1. Traitement préventif


Le meilleur traitement des accouchements prématurés est préventif. La prévention doit
débuter le plus tôt possible dès la déclaration de la grossesse, puis se poursuivre
ultérieurement. Elle passe par l’information et la sensibilisation de la patiente aux risques de
l’accouchement prématuré mais nécessite une bonne observance des visites mensuelles. La
recherche des facteurs des risques de l’AP doit être systématique pour une grossesse.
Les mesures à prendre sont les suivantes :
- Education sanitaire par la CPN,
- Amélioration des conditions de travail,
- Limitation des longs trajets, abstention des voyages au 3ème trimestre,
- Aide-ménagère à domicile pour permettre à la femme de se reposer,
- Respecter le congé prénatal et repos,
- Interdiction des sports violents et respect des règles d’hygiène (arrêt de tabac) ;
- Traitement précoce des infections urinaires, cervico-vaginales, du paludisme et autres.
[28]

II.6.2. Traitement curatif


La prise en charge est fonction du degré de la menace d’accouchement prématuré.
21

a. Si la menace est légère


Il est recommandé un repos strict à domicile avec tocolytiques en suppositoire ou en
comprimé accompagné d’un bilan étiologique.

b. Si la menace est moyenne ou sévère


Il faut hospitaliser et mettre au repos strict la gestante ; sédatifs au besoin, tocolytiques
et traitement de la cause.

b1. Tocolytiques
Les tocolytiques de référence aujourd’hui sont les bêta-sympathomimétiques
(Salbutamol). Cependant, ces molécules présentent des effets secondaires parfois sévères et
peuvent être responsables d’accidents cardiovasculaires graves. Leur utilisation doit être
précédée d’un bilan pré thérapeutique

Selon les nouvelles recommandations des CNGO de France émises en novembre 2016,
les principaux médicaments de tocolyse, càd visant à réduire les contractions sont :
- 1ère intention : Inhibiteur calcique : Nicardipine (Loxen) en perfusion 10mg dans
250ml de SG5%,
- 2ème intention : B-mimétiques : Salbutamol. En perfusion 10mg dans 500ml de SG5%
à un débit de 6ml/h
- 3ème intention :Antagonistes de l’ocytocine : Atociban en perfusion 1Amp de 5ml dans
45ml de NaCl 0,9%. [28]

II.6.3. Mesures visant à améliorer le pronostic néonatal en cas de menace


d’accouchement prématuré
a. Maturation pulmonaire : bêtaméthasone
On utilise les corticoïdes pour faire la maturation pulmonaire foetale. En cas
d’accouchement prématuré, les principales complications néonatales sont respiratoires
(maladie des membranes hyalines) et neurologiques (hémorragies intra ventriculaires).
L’administration de corticoïdes passant la barrière placentaire (bêtaméthasone,
dexaméthasone) en cas de menace d’accouchement prématuré permet de réduire l’incidence
de ces 2 complications ainsi que la mortalité néonatale, principalement en cas
d’accouchement prématuré avant 34 SA.

b. Cérébrale : sulfate Magnésium (CNGO)


L’administration anténatale de sulfate de magnésium (MgSO4) intraveineux avant 32
SA réduit les taux de paralysie cérébrale et de troubles du développement moteur de l'enfant
né prématuré (NP1). [28]
22

II.6.4. Traitement curatif du Nouveau-né prématuré


L’élevage du prématuré comprend les 5chaines classiques pour une prise en charge
adéquate, qui comprend:
 Chaine du chaud /chaleur
 Chaine de ventilation /oxygene
 Chaine d’asepsie
 Chaine du glucose/alimentation
 Chaine information. [29]
Il faut respecter les 5 chaînes suivantes:
1. La chaine du chaud
 Comprend un temps de séchage indispensable et incontournable dans les pièces
chaudes avec limitation des courants d’air et une table de réanimation néonatale.

2. La chaine de l’oxygène
• Comprend les objectifs de saturation:
 Pour un nouveau né à terme de 96%>SpO2> 90%
 Pour un prématuré 92%>SpO2>87%
 Pour un enfant présentant une cardiopathie cyanogène, une SpO2>80% l’apport
d’oxygène se fera sans lunettes, un sac de tête.

3. La chaine du glucose
• Passera par la détection de l’hypoglycémie après 30 min de vie
• La prévention de l’hypoglycémie passera par la perfusion de tout nouveau-né

4. La chaine de l’asepsie
• Elle sera rigoureuse compte tenue de l’immuno-incompétence du nouveau -né et de la
gravité des infections néonatales.

[Link] chaine de l’information


• Elle est indispensable pour permettre une bonne évaluation
 L’adaptation du nouveau-né à la vie extra utérine, APGAR
 L'âge gestationnel, l'âge post natal, le poids. [29]

II.7. EVOLUTION ET CONSEQUENCES DE L’AP

II.7.1. Evolution de l’AP


Sous traitement, un accouchement prématuré peut présenter trois types d’évolution à savoir :
1°. Une évolution favorable : Dans ce cas, il y a arrêt des contractions utérines et des
modifications du col (arrêt de dilatation)
23

2°. Une récidive de l’AP : Dans ce cas, il faut penser qu’on a traité ou on n’a pas traité la
cause.
3°. Une évolution défavorable : Il y a échec de tocolyse et la menace évolue vers un
accouchement prématuré.

Si la dilatation du col de l’utérus dépasse 4cm au cours d’un AP, il faut laisser évoluer
le travail d’accouchement car la tocolyse dans ce cas est sans importance d’où il faut injecter
à la femme enceinte une ampoule de dexamethazone ou bétametazone pour prévenir les
complications de la prématurité. [30]

II.7.2. Conséquences de l’AP


- Prématurité  : La principale complication de l’AP est la naissance prématurée dont les
conséquences peuvent être importantes.
- Mortalité péri natale,
- Mortalité néonatale.
- Lésions cérébrales et déficiences de la petite enfance,
- Conséquences psychologique vis-à-vis de la mère et de la famille,
- Conséquences financières,
- Etc. [30]

II.7.3. pronostic de l’accouchement prématuré


Il dépendra de l’âge gestationnel, du poids de naissance et de la cause de la
prématurité. Ainsi un bébé né au-delà de 32 semaines présentera un risque de mortalité et de
séquelles très faible (< de 5%), alors que dans le cas d’une naissance en dessous de 32
semaines et avec un poids inférieur à 1000g, il y aura une augmentation très nette de la
fréquence des complications, tant d’un point de vue de la mortalité (20-40%) [43] que de
l’apparition de séquelles neurologiques et psychomotrices (10-20%) . De plus dans les cas
d’extrême prématurité (< 27 semaines), la mortalité peut atteindre 50% et le pronostic à long
terme reste très incertain [31].
24

CHAPITRE II : METHODOLOGIE


II.1 CADRE D’ETUDE

Notre étude a eu lieu à l’hôpital de Kyeshero

II.1.1 PRÉSENTATION DU MILIEU D’ÉTUDE

III.1.1.1. Situation géographique


L’Hôpital 8ème CEPAC de Kyeshero «  HK » en sigle, est situé dans le
Quartier Kyeshero, sur la route allant vers le marché Ki Tuku, commune de Goma, ville de
Goma, Province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo (RDC).
Il est délimité :
 Au Nord  : Par la Faculté de Droit et l’Economie de l’ULPGL et le CH Docs
 Au Sud : Par l’Institut et l’Ecole Primaire Kyeshero
 A l’Est : Par l’Eglise Philadelphie et la Route ULPGL-Kituku
 A l’Ouest : Par la Faculté de Droit et l’Economie de l’ULPGL

III.1.1.2. Aperçu historique


Avant l’an 2002, la communauté des Eglises de Pentecôte en Afrique
Centrale «  CEPAC » en sigle avait deux structures sanitaires opérationnelles à Goma à savoir
le dispensaire LA VICTOIRE et le Centre de santé MAPENDO qui revenaient aux Eglises
locales autonomes respectivement, KANISA LA MUNGU et BARAKA. Avec l’éruption
volcanique, ces deux structures ont été consumées. La CEPAC voulant venir en aide sanitaire
aux sinistrés du volcan Nyiragongo, a ouvert trois sites notamment : ESCO, KYESHERO et
OFFICE II, supervisés par un Médecin de la CEPAC.

A la fin de ce projet d’urgence, le besoin continua à se manifester au sein de la population


environnante et d’ailleurs. Pendant ces temps, la province traversait une série des guerres dites
de « libération » avec comme conséquences les déplacements massifs des populations, ainsi
les viols et violences sexuelles basées sur le genre. Cette situation fera de sorte qu’il y ait un
débordement des patients au niveau du centre médical Kyeshero, ceci poussa, le Département
des Œuvres Médicales de la 8e CEPAC à ériger deux bâtiments en matériaux durables pour
servir de bloc opératoire et d’hospitalisation afin d’être accepté par le gouvernement
congolais comme centre de santé de référence. En 2004, vu les besoins de la prise en charge
médicale et psychologique des cas des violences sexuelles devenus de plus en plus nombreux,
la CEPAC avec son partenaire norvégien Christian Relief Network « CRN » en sigle
25

décidèrent d’urgence d’installer deux vastes tantes pour accueillir ces patients en détresse
avant de transférer les cas compliqués à l’hôpital de Panzi au Sud Kivu. C’est dans ce cadre
que la CEPAC et CRN initièrent l’idée de construire un cadre moderne pour la meilleure prise
en charge des patients et faire le plaidoyer auprès des bailleurs des fonds.

Ainsi, en aout 2009, lors du passage de Madame Hilary Clinton à Goma, alors 1 er
secrétaire d’état américain, lançant un appel aux bailleurs Pour la construction d’une structure
médicale moderne à Goma capable de prendre en charge les victimes dans la dignité, ce qui
sera une base pour CRN, devenue Join Good Forces et Hope In Action de multiplier le
plaidoyer auprès de la Norvège en vue d’un financement de la construction de cet hôpital à
Kyeshero.

En 2010, la Norvège décide par l’entremise de la NORAD, du financement dudit


projet et lancement officiel des travaux de construction eut lieu le 18 octobre 2010 par le
Gouverneur de Province du Nord Kivu Julien PALUKU KAHONGYA et son inauguration, le
16 novembre 2012 par le Vice-gouverneur FELLER LUTAICHIRWA en présence du Consul
Norvégien en Angola, Madame Alida Andersen, de hauts représentants de Join Good Forces,
de Hope In Action et de la 8e CEPAC.

III.1.1.3. Service de gynécologie obstétrique :


Le bâtiment abritant ce service est situé au centre de l'hôpital répartis en trois blocs
dont le bloc de maternité au sud (avec bureau de consultation, salles de travail, salles
d'accouchement, salles post partum, salle de réanimation), le bloc de gynécologie au nord
(bureaux de consultation, salles de consultation prénatale et postnatale, salles des urgences
gynécologiques et obstétricales, salles post partum et post opératoire) et à l'ouest le bloc
opératoire.
Par rapport à d'autres services, le service de gynécologie obstétrique est délimité :
 À l'est : grande salle, restaurant et clinique
 À l'ouest : le service de la chirurgie et la pédiatrie
 Au sud : l'administration, salle des urgences, bureaux de consultation
 Au nord: centre de traitement de Covid (CTCO)
Le fonctionnement de ce service fait intervenir un nombre important de personnel composé
comme suit :
26

Tableau II: statistique du personnel de l’hôpital


N° Catégorie Nombre
05 Médecins spécialistes 1
Médecins généralistes 4
06 Infirmiers 4
07 Sagefemme 6
08 Filles de salles 5
Total 19
Source : Service du Personnel
Notons qu’il y a des médecins traineurs, des médecins stagiaires, des infirmiers et sages-
femmes en training et en stage en dehors de ce personnel.

III.2. Type et Période étude


Cette étude est rétrospective, descriptive et transversale ayant récolté les données
pendant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2020.

III.3. Population d’étude


Notre étude a porté sur toutes les accouchées de la maternité et les patientes évacuées
au service de gynéco-obstétrique pour HPP à l’hôpital de Kyeshero. L’effectif est de 3813
accouchés.

III.4. Echantillonnage et taille de l’échantillon


Notre échantillonnage est tiré de la population d’étude, constitué de toutes les femmes
ayant accouché prématurément répondant aux critères d’inclusion. La taille de notre
échantillon est 376 accouchées prématurément.

III.4. Critères de sélection


III.4.1. Critères d’inclusion
Sont incluses dans notre étude :
- Toutes les femmes ayant consulté l’HK et chez qui le diagnostic d’accouchement
prématuré a été retenu ;
- Toutes les femmes dont les dossiers médicaux sont complets et contenant tous les
renseignements nécessaires pour cette étude.

III.4.2. Critères d’exclusion


Toutes les gestantes chez qui d’autres diagnostics ont été retenus que l’AP ou dont les
dossiers sont incomplets.
III.5. Méthodes, Techniques et Outils de Collecte des données
27

[Link]
Technique documentaire : Elle nous a servi de parcourir le registre des accouchées afin de
dégager tous les aspects d’accouchement prématuré. A cela, nous avons consulté aussi
l’internet, les ouvrages, les mémoires, les TFC, les rapports, les cours pour faire la partie
théorique du travail.
Comme outils, une fiche de collecte de ces données a été conçue à cet effet et nous a permis
de recueillir toutes les informations nécessaires à notre travail.

III.5.2 : Méthode
a. La méthode quantitative
Elle nous a permis de présenter les données chiffrées.

b. L’approche statistique
Elle nous a permis de présenter les résultats dans les tableaux en pourcentage en utilisant la
n
formule statistique suivante : %= x 100
N
Avec % = Pourcentage, n = effectif observé et N = Effectif total

III.6. Saisie, traitement et Analyse des données


Les données ont été saisies en utilisant le logiciel informatique Word. Les statistiques
ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS. Les logiciels Les résultats se présentent sous
forme des tableaux simples dans lesquels nous déterminons les effectifs et les pourcentages.

III.7. Les variables étudiées :


Dans ce travail, les variables suivantes ont été retenues :
- Caractéristiques sociodémographiques des accouchées :
o Age,
o Etat-Civil,
o Profession,
o Provenance,
- Parité,
- Age gestationnel,
- Antécédents,
- Pathologies développées au cours de la grossesse,
- Facteurs de risque de l’accouchement prématuré,
- Hauteur utérine
- Présentation
- Motifs de consultation,
- Voie d’accouchement,
28

o Césarienne
o Voie basse
- Indications de la césarienne
- Prise en charge
- Complications,
- Séjour d’hospitalisation,
- Evolution fœtale,
- Evolution maternelle.

III.8. Considérations éthiques


Avant d'entrer sur terrain pour la récolte des données, une attestation de recherche
nous a été donnée par le Secrétaire Général académique de l’Université du Kivu, laquelle
nous a permis de bien entrer en contact avec les autorités de l’Hôpital de KYESHERO pour
nous faciliter d’accéder aux données dans les fiches et registres des malades.
Au moment de la récolte des données, nous n’avons pas pris les noms des patients pour raison
d’éthique et la préservation du secret médical.

III.9. Limites et Difficultés Rencontrés


A la fin du travail, les difficultés seront mises.
29

CHAPITRE III. RESULTATS

III.1. Résultats globaux


III.1.1. Fréquence
Entre le 1er janvier 2020 et 31 décembre 2021, nous avons enregistrés 3813
accouchements parmi lesquels 376 accouchements prématurés, soit une fréquence de 9,9%.
III.1.2. Caractéristiques Sociodémographiques
 Age des mères
L’âge moyen au diagnostic dans notre série était 25 ans, avec des extrêmes de 17 à 46
ans. Les patientes les plus touchée avaient un âge compris entre 20 et 35 ans, représentant
65,7% des cas.
Tableau I: Répartition des accouchées selon la tranche d’âge
Age de la gestante Effectif %

< 20 ans 59 15,7

[20 à 35 ans] 247 65,7

> 35 ans 70 18,6

Total 376 100

 Etat-civil
Dans notre série, 281 patientes soit 74,7% ayant accouché d’un prématuré étaient
mariées (tableau II).
Tableau II : Répartition des accouchées selon l’Etat civil
Etat civil Effectif %

Mariée 281 74,7

Célibataire 95 25,3

Total 376 100


30

 Profession
Les accouchements prématurés survenaient dans 60,4% des cas chez les femmes
ménagères. Les élèves et les étudiantes étaient les moins touchées, ils représentaient
seulement 4,8%.

Tableau III: Répartition des accouchées selon la profession


Profession Effectif %

Ménagères 227 60,4

Commerçantes 44 11,7

Agent ONG et entreprises privées 38 10,1

Agent de l’Etat 29 7,7

Couturières 20 5,3

Elèves/étudiantes 18 4,8

Total 376 100

 Religion
Dans notre étude, 142 femmes soit 37,8% ayant accouché d’un prématuré étaient
catholiques (Tableau IV).

Tableau IV : Répartition des patientes selon la religion


Religion Effectif %

Catholique 142 37,8

Protestante 135 35,9

Adventiste 37 9,8

Musulmane 24 6,4

Témoin de Jehova 21 5,6

Brahmaniste 17 4,5

Total 376 100


31

 Provenance
Plus de la moitié des patientes (197) ayant eu un accouchement prématuré, venaient de
la Zone de Santé de Karisimbi. Elles présentaient 52,4% de la population d’étude

Figure III : Répartition des accouchées selon provenance

Provenance des accouchées

Zone de Santé de Goma


Zone de Santé de Karisimbi
Hors ville de Goma

 Poids
Les accouchements prématurés concernaient les patientes dont le poids était compris
entre 76 et 100kgs. Elles représentaient plus de la moitié de la population d’étude, soit 54,8%

Tableau V: Répartition des patientes selon le poids


Poids (kg) Effectif %

<76kgs 145 38,6

[76 – 100kgs] 206 54,8

>100kgs 25 6,6

Total 376 100


32

 Taille
Dans 64,6% des cas, les accouchements prématurés survenaient chez les patientes dont
la taille était comprise entre 151 et 180cm (tableau VI).

Tableau VI: Répartition des accouchées selon la taille


Taille (cm) Effectif %

<151cm 12 3,2

[151 à 180cm[ 243 64,6

>180cm 121 32,2

Total 802 100

III.1.3. Antécédents obstétricaux


 Parité
Les accouchements prématurés chez les multipares représentaient 54,5%, soit plus de
la moitié de notre échantillon .
Tableau VII : Répartition des patientes selon la parité
Parité Effectif %
Primipare 112 29,8
Paucipare 21 5,6
Multipare 205 54,5
Grande multipare 38 10,1
Total 376 100
 Antécédent d’un accouchement prématuré
Dans notre série, 25% des patientes avaient un antécédent d’accouchement prématuré.
Tableau VIII: Répartition des accouchées selon l’antécédent d’un accouchement
prématuré
Antécédent d’AP Effectif %

Oui 94 25,0

Non 282 75,0

Total 376 100


33

 Histoire de la grossesse
 Consultation prénatale
Bon nombre de femmes ayant eu un accouchement prématuré avaient bénéficié d’au
moins 4 consultations prénatales. Elles représentent 42,2%
Tableau IX : Répartition des accouchées selon le nombre de CPN
CPN Effectif %
Aucune 9 2,4
1 CPN 26 6,9
2 CPN 48 12,8
3 CPN 134 35,6
≥4CPN 159 42,3
Total 376 100

 Echographie obstétricale
Dans notre série, 209 patientes, soit 55,6% ayant accouché d’un accouchement
prématuré avaient bénéficié d’au moins 2 échographies obstétricales

Figure IV : Répartition des patientes selon le nombre d’échographies obstétricale réalisée

Fig IV: Nombre d'échographies obstétriclaes

Aucune
1 Echographie
2 à 3 échographies
34

V.1.4. ASPECTS DIAGNOSTICS

V.1.4.1. Données cliniques


 Age gestationnel
Dans 61,2% des cas, les accouchements avaient eu lieu entre 34 et 36 SA.
Tableau X : Répartition des accouchements selon l’âge gestationnel
Age gestationnel Effectif %
< 28 SA 21 5,6
]28 – 33 SA] 125 33,2
[34 – 36 SA] 230 61,2
Total 376 100

 Modalité d’admission
La référence (72,1%) était la modalité d’admission la plus fréquente (tableau XII).

Tableau XI: Répartition des patientes selon la modalité d’admission


Modalité d’admission Effectif %

Cas référés 271 72,1

Cas non référés 105 27,9

Total 376 100

 Motifs de consultation
La majorité des patientes avaient consulté pour écoulement liquidien (32,7%) ou pour
algies pelviennes (23,9%). Les autres motifs de consultation étaient les l’absence des
mouvements fœtaux (19,7), écoulement sanglant (12,5%) et HTA (11,2%).
35

140
120
100
80
60
40
Série 1
20 Série 2
0 Série 3
s x
ien nn an
t
HT
A
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Ec des
ce
sen
Ab

figV : Motifs de consultation

 Type de grossesse
Les accouchements prématurés sur grossesse monofoetale étaient retrouvés dans
76,1% des cas et gémellaires dans 23,9% des cas.

Tableau XII Répartition des patientes selon le type de grossesse


Type de grossesse Effectif %

Monofoetale 286 76,1

Gémellaire 90 23,9

Total 376 100

III.1.4.2. Examens biologiques


L’exploitation de carnets de CNP avait permis de constater que 60,9% des patientes
avaient bénéficié des examens biologiques suivants : un groupage sanguin, une protéinurie
un ionogramme sanguin, un hémogramme complet, une sérologie Widal, une goutte épaisse,
un prélèvement vaginal et examen cytobactériologique des urines. Par ailleurs 39,1% des
accouchées avaient bénéficié d’un hémogramme complet, d’une protéinurie et d’un examen
cytobactériologique des urines.
36

III.1.5. ETIOLOGIES
Dans 32,7% des cas, l’étiologie retrouvée était la rupture prématurée des membranes. Les
autrees étiologies étaient : la grossesse gémellaire (23,9%), la mort in utéro (19,7%), la
prééclampsie (11,2%).
Tableau XIII : Répartition des cas selon les étiologies
Etiologies Effectif %
Rupture prématuré des membranes 123 32,7
Gémellaire 90 23,9

Mort fœtale in utéro 74 19,7


Prééclampsie 42 11,2
DPPNI 25 6,6
Placenta prævia 22 5,9
Total 376 100

III.1.6. DONNEES THERAPEUTIQUES


III.1.6.1. Voie d’accouchement
Dans notre série, 65,2% des patientes avaient accouché par voie basse. Les
accouchements par voie haute représentaient 34,8%.

Tableau XIV: Distribution des cas selon la voie d’accouchement


Voie d’accouchement Effectif %

Accouchement par voie haute 131 34,8

Accouchement par voie basse 245 65,2

Total 376 100

III.1.6.2. Prise en charge


 Repos strict au lit
Les résultats trouvés dans notre série ont montré que toutes les patientes étaient
hospitalisées, soit 376 cas.

 Traitement médicamenteux
1°. Une maturation pulmonaire
La maturation pulmonaire avec la bétaméthasone était réalisé pour 146 patientes soit
38,9%, à raison de 12mg en intramusculaire renouvelable après 24H.
37

Tableau XV: Répartition des patientes selon la corticothérapie anténatale


Corticothérapie anténatale Effectif %

Oui 146 38,9

Non 230 61,1

Total 376 100

2°. Tocolyse
Dans notre série, 90 patients avaient bénéficié d’une tocolyse bien qu’elle n’avait pas
eu un effet car toutes avaient eu un accouchement prématuré. La majorité des patientes 62,2%
avaient bénéficié de la Néfidipine soit 61,2%. Le Salbutamol a été donné chez 37,8% des
patientes.

Tableau XVI: Répartition des patientes selon la tocolyse


Tocolyse Effectif %

Néfédipine 56 62,2

Salbutamol 34 37,8

Total 376 100

3°. Traitement spécifique


La prise en charge spécifique reposait sur le traitement si possible de l’étiologie
retrouvée. Ainsi, 32,7% des patientes avaient bénéficié d’une antibiothérapie à large spectre
(exclusivement fait de la ceftriaxone) et de l’ocyctocine pour les cas de rupture prématurée
des membranes. La césarienne était réalisée chez 131 patientes soit 34,8%.

Tableau XVII: Répartition des patientes selon le traitement spécifique


Traitement spécifique Effectif %

Antibiothérapie (Céftriaxone) 123 32,7

Déclanchement à l’ocytocine 122 32,4

Césarienne 131 34,9

Total 376 100


38

III.1.7. EVOLUTION
III.1.7.1. Pronostic maternel
Malgré la prise en charge des cas, toutes les patientes avaient accouché prématurement
soit 100%. Nous n’avions déploré aucun décès maternel.

II.1.7.2. Pronostic fœtal


Dans 418 naissances prématurées, la morbidité était dominé par le faible poids de
naissance avec 372 n-nés prématurés de faible poids de naissance. En effet, 92 d’entre eux
avaient moins de 2000g et 220 avaient un poids de naissance compris entre 2001 – 2500kgs.
La détresse respiratoire étaient observée chez 56,9% des prématurés tandis que l’infection
néonatale chez 10%. Le taux de récupération était observé chez 73,2% alors que la mort
fœtale in utéro chez 17,7%. Cependant, on a observé un décès néonatale chez 9,1% des
prématurés.

Tableau XVIII: Morbidité et mortalité fœtale


Poids (kg) Effectif (90 jumeaux) %
<2000kgs 92 22,0
[2001 – 2500kgs[ 220 52,6
>2500kgs 106 25,4
Total 418 100
Morbidités
Détresse respiratoire 238 56,9
Souffrance fœtale 74 17,7
Infection néonatale 71 10,0
Hypothermie 35 8,4
Total 418 100
Mortalité
NN sorti vivant 306 73,2
Mort fœtale in utéro 74 17,7
NN décédé en néonatologie 38 9,1
Total 418 100

II.1.7.3. Devenir des nouveau-nés selon l’âge gestationnel


Dans notre série, 262 n-nés prématurés à l’AG compris [34 – 36 SA] étaient sortis
guéris, soit 100%. La mort fœtale in utéro était observée majoritairement entre]28 – 33 SA],
soit 85,1%. Le décès néonatale était aussi observé entre ]28 – 33 SA], soit 71,1%.
39

Tableau XIX: Devenir des nouveau-nés selon l’âge gestationnel


Age Vivant MFIU Décès néonatal Effectif %
gestationnel Effectif % Effectif % Effectif % Total
< 28 SA 4 1,3 11 14,9 11 28,9 26 6,2
]28 – 33 SA] 40 13,1 63 85,1 27 71,1 130 31,1
[34 – 36 SA] 262 85,6 0 00,0 0 00,0 262 62,7
Total 306 100 74 100 38 9,1 418 100

100%

90%

80%

70%

60%
Décès néonatal
50%
MFIU
40% Vivants

30%

20%

10%

0%
< 28 SA ]28 – 33 SA] [34 – 36 SA]

III.1.8. Séjour d’hospitalisation


Dans notre série, la majorité des patientes soit 61,4% 61,4% avaient passé un séjour
d’hospitalisation ≤ 3jours alors que 36,4% ont fait 4 – 7 jours à l’Hôpital de Kyeshero. Il a
été constaté que 51,7% des nouveau-nés avaient passé un séjour de plus de 10 jours.

Tableau XX : Répartition des accouchées et n-nés selon le séjour d’hospitalisation


Séjour d’hospitalisation Effectif %
Accouchées
≤ 3jours 231 61,4
4 – 7 jours 137 36,4
≥ 8 jours 8 2,2
Total 376 100

Néonatale
40

≤ 5 jours 153 36,6


[6 – 10 jours [ 49 11,7
> 10 jours 216 51,7

Total 418 100


41

CHAPITRE IV. DISCUSSION DES RESULTATS

Nous allons discuter les résultats obtenus au terrain en portant un jugement personnel
vis-à-vis des résultats récoltés et les confronter avec ceux des autres chercheurs ayant traité de
d’accouchement prématuré ou d’un thème similaire.

IV.1. FREQUENCE DES ACCOUCHEMENTS PREMATURES


Les résultats ont montré que 376 cas d’accouchement prématuré ont été enregistrés
soit une fréquence de 9,9% par rapport aux accouchements à terme.
Ces résultats sont supérieurs à ceux trouvés par MPUNGANO. S, ayant orienté son travail à
l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu, où la fréquence des nouveau-nés prématurés était de
2,8%. [32]
Nos résultats sont inférieurs à ceux trouvés par DAHMANI Amina et CHEKKAF Asma dans
leur étude prospective descriptive et transversale qui ont recensé 530 gestantes présentant la
menace d’accouchement prématuré entre juillet 2017 et juin 2018 dont 87 se sont soldé par
un accouchement prématuré soir une fréquence de 16,4% de l’AP au niveau du service de
gynéco-obstétrique de l’EHS mère et enfant Tlemcen. [30]

Ceci prouve que la fréquence de l’accouchement prématuré est élevée dans notre milieu ce
qui nécessite une sensibilisation des mères sur les mesures préventives contre la prématurité.

IV.2. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES

IV.2.1. Accouchement prématuré et tranche d’âge des accouchées


Il se fait remarquer au tableau I que 247 cas soit 65,7% étaient dans la tranche d’âge
comprise entre 20 et 35 ans, 18,6% d’âge > 35 ans et 15,7% d’âge < 20 ans.
KANYERE ROSETTE dans son travail portant sur l’étude épidémiologique, clinique et
thérapeutique des menaces d’accouchement prématuré a l’HGR/Charité Maternelle a constaté
que 46,7% des femmes avec MAP étaient âgées de 31 à 35 ans. [33]

Cependant, FATOUMATA LFD, dans sa thèse portant sur les facteurs de risque de mortalité
des nouveau-nés prématurés au CHU Gabriel Touré, a trouvé que les mères d’âge compris
entre 20 et 35 ans étaient les plus représentées à 64,9% des cas. [34]

Nos résultats ne sont pas différents de ceux de ce précédent et nous pensons que les femmes
de 20 à 35 ans sont plus représentées. Dans la littérature, les jeunes adolescentes et les
femmes âgées de plus de 35 ans sont des personnes à risque de donner une naissance
42

prématuré, car l’âge compris entre 20 et 35 ans est considéré comme celui où l’intervalle
physiologique de la femme est mature et favorable pour les grossesses à moindre risque.

IV.2.2. Accouchement prématuré et Etat civil des accouchées


Le tableau II a prouvé que 281 cas d’accouchement prématuré soit 74,7% étaient des
mariées contre 25,4% des célibataires.
Dans sa thèse portant sur la menace d’accouchement prématuré dans le service de
gynécologie obstétrique du Centre de Santé de Référence de la Commune V, Assétou
Kourounko DOUMBIA a constaté que 89% des mères étaient des mariées contre 17% des
célibataires. [35]

Il est question de montrer à travers cette variable que la position de la femme dans le ménage
peut également être considérée comme un élément contribuant à déterminer son statut social
au sein du ménage. C’est pourquoi les célibataires éprouvent des difficultés par rapport aux
mariées à fréquenter les services des soins prénataux, ce qui entraine des complications sur
grossesse en cas de non-participation.

IV.2.3. Accouchement prématuré et profession des accouchées


Il ressort du tableau III que les femmes sans emploi sont les plus représentées à par un
accouchement prématuré soit 60,4% et les élèves/étudiantes sont les moins représentés avec
4,8%.
Nos résultats ne coïncident pas avec ceux trouvés par SANOGO T C dans sa thèse portant sur
l’Etude épidemioclinique de l’accouchement prématuré au centre de santé de référence de la
commune V de 2012 à 2013 à propos de 238 cas qui a remarqué que 80,8% des patientes
étaient sans profession et le reste de la population était composé de fonctionnaires, élèves /
étudiants, commerçantes, et aide- ménagères. [9]

Cela s’explique que nombreuses femmes sont des ménagères soumises aux travaux ménagers,
ce qui fait que l’occupation de la femme enceinte peut aussi être à la base d’un accouchement
prématuré.

IV.2.4. Accouchement prématuré et provenance des femmes


Les données ont prouvé que 52,4% de cas d’accouchement prématuré provenaient de
la Zone de Santé de Karisimbi contre 40,2% de la Zone de Santé de Goma et 7,4% hors ville
de Goma.

SIDIBE B dans sa thèse portant sur la contribution à l’étude des accouchements prématurés
en milieu obstétrical Bamakois (à propos de 140 cas) a trouvé que les femmes venant des
milieux semi-urbain étaient les plus touchées avec 59% des cas. [36]
43

L’Hôpital de Kyeshero est une structure sanitaire accueillant différentes catégorie des
patients ; ce qui explique seulement que la prédominance des patientes venant de la ZS de
Goma a été probablement due aux références provenant des structures de santé
géographiquement proches de cette structure.

Cependant, il est clair que les conditions socio-économiques et sanitaires précaires peuvent
être à l’origine de l’accouchement prématuré.

IV.2.6. Répartition des cas d’accouchement prématuré selon poids et taille des
accouchées
Les résultats du tableau V nous ont montré que 206 cas d’accouchement prématuré
soit 5’,8% avaient un poids compris entre 75 à 100kgs ; 38,6% d’un poids ≤75kgs et 6,6% de
101kgs et plus. Et au tableau VI, 243 cas d’accouchement prématuré soit 64,6% avaient une
taille comprise entre 151 à 180cm, 32,2% d’une taille >180cm et 3,2% de talle ≤150cm.
Ces résultats ne sont pas similaires à ceux trouvés par NYIRIMANZI Jules dans son travail
portant sur l’étude des causes de la prématurité à l’Hôpital Général de Référence de
Virunga en 2014, qui a constaté que les mères de poids compris entre 50 et 75kgs étaient les
plus concernées à 51% des cas. [37]
Ces résultats corroborent à ceux trouvés par DAHMANI Amina et CHEKKAF Asma ont
montré 37% des cas avaient une taille supérieure à 150cm. [30]

La taille inférieure à 150cm est un facteur de risque d’un accouchement prématuré car ce sont
les femmes ayant majoritairement un bassin rétréci.

IV.3. ANTECENTS OBSTETRICAUX


IV.3.1. Répartition des cas d’accouchement prématuré selon la parité
Du tableau VII, nous avons constaté que 54,5% des accouchées étaient des multipares
alors que 5,6% des paucipares.
Nos résultats sont loin de ceux trouvé par CISSE A.I dans son travail, où 36,5% des cas
étaient des primipares et 31,75% des multipares. [31]
Cependant, KANYERE ROSETTE a constaté que 51,1% des patientes étaient des grandes
multipares. []33
Nous pensons que dans notre étude, les multipares sont plus représentées car la multiparité
constitue un facteur de grossesse à haut risque.

IV.3.2. Distribution des cas selon l’antécédent d’un accouchement prématuré


Au vue du tableau VIII, nous avons constaté que 25,0% des cas avaient un antécédent
d’accouchement prématuré contre 75% de celles n’ayant en pas.
44

Nicole MVONDO dans sa thèse portant sur les facteurs de risque et devenir hospitalier des
nouveau-nés prématurés à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé, a
constaté que 17% des mères des prématurés avaient un antécédent de la prématurité. [43]
Nous illustrons ces résultats en disant que l’antécédent une prématurité antérieure peut
conduire à une nouvelle surtout quand l’espace intergénésique est court et surtout si
l’accouchement était par voie haute et cela pour éviter une rupture utérine.

IV.3.3. Répartition des cas d’accouchement prématuré selon l’histoire de la grossesse


1. Nombre de CPN
Il ressort du tableau IX que cas d’accouchement prématuré soit 42,2% avaient réalisé
un nombre de CPN ≥4 CPN, 8 cas soit 2,1% n’avaient fait aucune CPN.
COMPAN, A. Rossi, et Piquier-Perret, dans leur travail portant sur la “Prédiction de la
prématurité en cas de menace d’accouchement prématuré ont remarqué que 36 patientes soit
23,8% n’avaient fait aucune CPN, 75 patientes soit 49,7% avaient fait moins de quatre CPN.
[38]
L’étude de KANE F avait montré que 34,9% n'avaient fait aucune consultation prénatale et
pourtant les mariées représentaient 95,2%, 4 cas de célibataires. 43,4% des patientes
s'étaient présentées en consultation prénatale de 1 à 4 fois, 21,7% ont fait plus de 4
consultations prénatales. [39]

La consultation prénatale est importante pour le suivi de la grossesse et détecter les risques
liés à la grossesse.

2°. Nombre d’échographie réalisées


Il ressort du tableau X que 209 cas d’accouchement prématuré soit 55,6% avaient
réalisé 2 à 3 échographies au cours de la grossesse alors que 10,6% n’avaient fait aucune
échographie.
L’échographie au cours de la grossesse est d’importance capitale car elle permet de
diagnostiquer la présentation fœtale et certaines malformations fœtales.

IV.4. ASPECTS DIAGNOSTICS


IV.4.1. Données cliniques
1°. Répartition des cas d’accouchement prématuré selon l’âge gestationnel
Les résultats du tableau XIV ont montré que 230 femmes soit 61,2% ont accouchés à
l’AG compris entre 34 et 36 SA alors que 33,2% entre 28 et 33 SA.
Ces résultats ne coïncident pas ceux trouvés par KAYEN G. dans son travail portant sur le
diagnostic et pronostic de la menace d’accouchement prématuré à l’aide de l’examen clinique
et de l’échographie où 67% des patients avaient un âge gestationnel compris entre 31 et 34
semaines d’aménorrhée. [40]
45

Cependant, CONDE-AGUDELO and R. ROMERO ont constaté que la moyenne d’âge


gestationnel à l’accouchement était de 36.1 SA dans le groupe indométacine et 35.0 SA dans
le groupe salbutamol. [41]

2°. Motif de consultation


La majorité des patientes avaient consulté pour écoulement liquidien (32,7%) ou pour
algies pelviennes (23,9%). Les autres motifs de consultation étaient les l’absence des
mouvements fœtaux (19,7), écoulement sanglant (12,5%) et HTA (11,2%).
Keita A. dans sa thèse portant sur la MAP : aspects socio épidémiologique, cliniques et
thérapeutiques à la maternité René Cissé d’hamdallaye à propos de 150 cas a constaté que
l’algie pelvienne avait été le principal motif de consultation avec 74,2% de cas ensuite suivent
la métrorragie avec 7,8% enfin l’écoulement génital avec 6% et l’hyperthermie avec 6%. [42]

Dans la littérature, on montre que que les contractions utérines sont le premier motif de
consultation des cas de MAP. A cela s’ajoute des métrorragies dont l’origine doit être
précisée, un écoulement de liquide amniotique dont l’existence modifie la prise en charge et
les indications thérapeutiques.

3°. Type de grossesse


Le tableau XII a montré que 88,8% des accouchées prématurément avaient une
grossesse monofoetale alors que 11,2% une grossesse gémellaire.
Dans son travail la Prématurité et hypotrophie à la naissance : Epidémiologie cause et
prévention, MESSER J. avait constaté que 5% des mères des patients avaient des doublés au
cours de la grossesse. D’après l’étude faite par MOLLINEDO et al, le risque de faible poids à
la naissance augmente en cas de grossesse gémellaires. [44]

IV.4.2. ETIOLOGIES
1¨. Répartition des cas selon les étiologies
Dans 32,7% des cas, l’étiologie retrouvée était la rupture prématurée des membranes.
Les autres étiologies étaient : la grossesse gémellaire (23,9%), la mort in utéro (19,7%), la
prééclampsie (11,2%).

Ces résultats ne coïncident pas ceux trouvés par DAHMANI Amina et CHEKKAF Asma dans
son travail portant sur les profils épidémie-cliniques des menaces d’accouchement prématuré
(étude faite sur 1443 cas) durant la période Juillet 2017 – Juillet 2018, au niveau du service de
Gynéco – Obstétrique EHS mère et enfant Tlemcen qui a trouvé que le placenta prævia était
observé chez 19,5% des cas, le DPPNI chez 20,9% et la rupture prématurée des membranes
chez 28,7% des cas. [30]
46

IV.5. DONNEES THERAPEUTIQUES


IV.5.1. Distribution des cas selon la voie d’accouchement
Dans notre série, 65,2% des patientes avaient accouché par voie basse. Les
accouchements par voie haute représentaient 34,8%.
Ces résultats sont supérieurs pas à ceux trouvés par KAHAMBU VIKALANI. H,
l’Evaluation de la prise en charge nutritionnelle des nouveau-nés prématurés à l’Hôpital Heal
Africa où 89% des cas étaient nés par voie basse et 11% par voie haute. [47]
Cette fréquence élevée des accouchements par césarienne dans notre milieu d’étude serait due
par le fait que les structures sanitaires et centres de santé proche de l’Hôpital de Kyeshero y
réfèrent tous les cas de complications.

IV.5.2. Répartition des cas d’accouchement prématuré par rapport à la prise en charge
médicale
Les résultats trouvés dans notre série ont montré que toutes les patientes étaient
hospitalisées, soit 376 cas. La maturation pulmonaire avec la bétaméthasone était réalisé pour
146 patientes soit 38,9%, à raison de 12mg en intramusculaire renouvelable après 24H. Dans
notre série, 90 patients avaient bénéficié d’une tocolyse bien qu’elle n’avait pas eu un effet
car toutes avaient eu un accouchement prématuré. La majorité des patientes 62,2% avaient
bénéficié de la Néfidipine soit 61,2%. Le Salbutamol a été donné chez 37,8% des patientes.

La prise en charge spécifique reposait sur le traitement si possible de l’étiologie retrouvée.


Ainsi, 32,7% des patientes avaient bénéficié d’une antibiothérapie à large spectre
(exclusivement fait de la ceftriaxone) et de l’ocyctocine pour les cas de rupture prématurée
des membranes. La césarienne était réalisée chez 131 patientes soit 34,8%.

Ces résultats coïncident ceux trouvés par DOUMBIAASSETOU K. a constaté que sur les
81% des patientes avec admises pour MAP avaient bénéficié des antibiotiques et du
paracétamol, 20,6% ont accouché prématurement par déclanchement par ocytocine à cause
des complications. [35]
Nous disons que les antidotiques pour prévenir contre les infections ayant des répercussions
sur la santé de la mère.

IV.7. EVOLUTION
1°. Pronostic maternel
Malgré la prise en charge des cas, toutes les patientes avaient accouché prématurement
soit 100%. Nous n’avions déploré aucun décès maternel.
NDJANGUSI DHINZAMA dans une étude organe à l’Hôpital Général de Référence Charité
Maternelle en 2014, elle a constaté qu’un cas de décès maternel était observé. [53]
47

Cependant nos résultats sont similaires à ceux trouvés par BARAKA NKUNDUKOZERA
Etienne dans orienté à l’Hôpital Provincial du Nord-Kivu en 2019 qui a constaté que toutes
les femmes ayant accouché prématurément étaient sorties vivantes. [21]

2°. Pronostic fœtal


Dans 418 naissances prématurées, la morbidité était dominé par le faible poids de
naissance avec 372 n-nés prématurés de faible poids de naissance. En effet, 92 d’entre eux
avaient moins de 2000g et 220 avaient un poids de naissance compris entre 2001 – 2500kgs.
La détresse respiratoire étaient observée chez 56,9% des prématurés tandis que l’infection
néonatale chez 10%. Le taux de récupération était observé chez 73,2% alors que la mort
fœtale in utéro chez 17,7%. Cependant, on a observé un décès néonatale chez 9,1% des
prématurés.

Nos résultats sont proches de ceux de MUHINDO TSONGO Franck dans son étude menée au
Centre Médical ADEBECO/KACHA avait trouvés que sur 60 accouchements dystociques, 53
soit 80% étaient sortis vivant, 15% de morts in utéro et 5% de mort néonatale [50].

Selon Madeleine P.J et Domergue, le pronostic maternel et pédiatrique des césariennes en


urgence est sévère dans les pays en développement. Les mortalités maternelles et pédiatriques
étaient essentiellement la gravité du tableau obstétrical et le retard aux soins. En revanche,
notre travail montre que même dans des pays en développement, le risque opératoire de la
césarienne en urgence est notablement réduit grâce à une bonne organisation des soins 1% de
cas dans notre étude a connu un décès [51].

V.8. Répartition de la césarienne selon le séjour d’hospitalisation


L’analyse du tableau XVIII a montré que 61,4% des accouchées ont fait un séjour
d’hospitalisation ≤ 3jours alors que 36,4% ont fait 4 – 7 jours à l’Hôpital de Kyeshero.

Ces résultats sont supérieurs à ceux trouvés par KANYERE Rosette a trouvé que 23 patientes
soit 51,1% avaient passé un séjour à l’hôpital de 4 à 6 jours contre 16 soit 35,6% un séjour de
7 jours et plus. [33]
La durée moyenne de séjour pour un accouchement est influencée par le type
d’accouchement. Pour un accouchement par voie basse, la durée d’hospitalisation moyenne
est de 3 jours contre 8 jours pour un accouchement par césarienne.

Nous pensons que le long séjour à l’Hôpital est dû pour les unes par manque de moyen
financier pour payer la facture, pour les autres cela est dû à une infection postopératoire.
48
49

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

A. CONCLUSION

Ce travail porte sur les aspects épidémiologiques, cliniques et pronostic materno-fœtal


des accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero, du 1er janvier au 31 décembre 2021.

Dans sa réalisation, nous nous sommes fixés comme objectifs de (d) :


 Déterminer la prévalence des accouchements prématurés à l’Hôpital de Kyeshero ;
 Identifier les caractéristiques sociodémographiques et gynéco-obstétriques des cas
d’accouchement prématuré à l’Hôpital de Kyeshero ;
 Déterminer les étiologies ayant entrainé l’accouchement prématuré à l’Hôpital de
Kyeshero ;
 Déterminer l’issue néonatale et maternelle en cas d’accouchement prématuré à
l’Hôpital de Kyeshero.

Pour mener à bon part cette étude, nous avons utilisé la technique documentaire et la
méthode quantitative avec l’approche statistique. Après la récolte, l’analyse et l’interprétation
des données recueillies auprès de 376 femmes ayant accouché prématurément, nous avons
abouti aux résultats ci-après :

- Pour la fréquence : 376 cas d’accouchement prématuré ont été enregistrés soit une
fréquence de 9,9% par rapport aux accouchements à terme.
- Les femmes de la tranche d’âge comprise entre 20 et 35 ans (65,7%); mariées (74,7%),
ménagères (60,4%), catholiques (37,8%), provenant de la ZS de Karisimbi (52,4%), de
poids compris entre 75 à 100kgs (54,8%), de taille compris entre 151 à 180cm (64,6%)
étaient les plus touchées par l’accouchement prématuré ;
- Les femmes multipares (54,6%), ayant réalisées 4CPN et plus (42,2%), 2 à 3
échographies (55,6%), d’AG compris entre 34 et 36 SA (61,2%) étaient plus victimes
d’un accouchement prématuré.
- Sur le plan clinique, 72,1% étaient référées, 71,8% avaient présenté des douleurs
lombo-pelviennes, métrorragie d’odeur inhabituelles, palpitation, vertiges, CU, 25,0%
des cas avaient un antécédent d’accouchement prématuré, 88,8% avaient une
grossesse monofoetale. Le GSRh, protéinurie, Hb, ionogramme sanguin, hémogramme
complet, Widal, GE, échographie, TV ont été demandés chez 60,9% des patients.
- Pour les étiologies ;
o 61,4% des cas d’AP avaient développée des infections urogénitales et du
paludisme au cours de la grossesse, 9,3% de la prééclampsie, 4% du DG,
50

o L’accouchement prophylactique chez 36,4% était la cause directe de


l’accouchement prématuré, puis l’absence de MAP (7,7%), la prééclampsie
(7,2%), le DPPNI (6,7%), le placenta praevia (5,3%), le traumatisme (4,8%), la
rupture utérine (4,3%) étaient les autres causes.
- Sur le plan thérapeutique et évolutif :
o 65,2% avaient accouché par voie basse et 131 soit 34,8% par voie haute.
o Les indications de la césarienne, celle de la souffrance fœtale était la plus
fréquente à 50,4%, puis une rupture utérine (12,2%), une césar. prophylactique
sur utérus cicatriciel (10,7%), une présentation vicieuse (9,9ù%), bassin rétréci
et/ou limite (8,4%),
o 58,2% accouchées avaient été traité sous Ocytocine 10UI, Amoxicilline, bain
siège, paracétamol
o 61,4% des accouchées ont fait un séjour d’hospitalisation ≤ 3jours
o 88,5% des nouveau-nés issus d’un accouchement prématuré étaient sortis
vivant alors que 9,1% sont décédés en période néonatale.
o 100,0% des mères ayant accouchés prématurément étaient sorties vivantes.

B. RECOMMANDATIONS

Au regard de nos résultats, nous recommandons :


Au Ministère de la Santé
- Recycler périodiquement les sages-femmes, les infirmières obstétriciennes des
maternités pour la prise en charge de l’AP, dans le but de réduire le taux élevée
d’accouchement prématuré.
- Créer des services de néonatologie et de les équiper dans toutes les structures
sanitaires publiques pour une prise en charge adéquate des prématurés.

Au personnel soignant
- Introduire le coefficient de risque d’accouchement prématuré et son application
systématique en salle de CPN
- Intégrer les séances d’éducation sanitaire à la CPN
Aux femmes
- Se rendre régulièrement en consultation prénatale,
- Se faire consulter précocement en cas de présence des signes d’alarme durant une
grossesse.
51

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