Rapport d’évaluation
Végétalisation des cours
d’écoles Lalanne et Mairie
Ville de Billère
Octobre 2022
Appel à Manifestation d’Intérêts « Innovation sociale ».
Soutien à l’expérimentation de projets socialement
innovants.
_ A propos_
Ce rapport d’évaluation clôture la mission d’accompagnement menée par
Mehdi Hazgui auprès de la Ville de Billère sur l’année scolaire 2021-2022, menée
autour des deux démarches de végétalisation du projet « Semons l’avenir. Créons
ensemble notre cour d’école » sur les écoles élémentaires Lalanne et Mairie.
Afin d’accompagner cette démarche d’expérimentation, la Ville de Billère
a fait appel à Mehdi Hazgui, sociologue-consultant, pour accompagner la
démarche d’intelligence collective et assurer l’évaluation du projet. Cette mission
d’accompagnement avait pour vocation d’animer et de garantir la qualité et la
« bonne santé » des réflexions collectives, tout en s’inscrivant dans une volonté
productive, autour des scénarios d’aménagement des deux cours d’écoles, en
appui direct avec les équipes de la Ville de Billère et des partenaires associés au
projet.
Les objectifs de l’accompagnement étaient les suivants :
- Accompagner et outiller l’animation de la démarche pour la bonne
gouvernance du projet, via le suivi du groupe-projet et des deux collectifs par
école
- Proposer et nourrir des outils d’évaluation du projet en vue de la rédaction
et la restitution d’un rapport
- Assister la Ville de Billère dans la rédaction d’un guide d’action
- Observer l’action au regard des douze critères d’innovation sociale produits
par la Région Nouvelle-Aquitaine dans son Appel à Manifestation Innovation
Sociale, « Soutien à l’expérimentation de projets socialement innovants »
Pour cela, Mehdi Hazgui a assuré un accompagnement longitudinal de la
démarche, via des rencontres régulières sur site et à distance avec l’équipe-projet,
le comité de pilotage et les deux écoles Lalanne et Mairie. Il a été assisté dans cette
mission par Elisa Gilotin, étudiante en Master 1 Sciences sociales, Parcours «
Problèmes sociaux et politiques urbaines », de l’Université de Bordeaux.
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 2
_ Sommaire_
1_Outils et supports de l’évaluation
2_Résultats de l’évaluation : trois idées forces
2.1 Un projet très satisfaisant pour « apprendre la citoyenneté »
2.2 Une sensibilisation à la nature réussie, grâce aux ateliers en
classe
2.3 Un bémol : une sensibilisation à l’égalité filles-garçons moins
évidente
3_Retours sur la méthodologie de projet
3.1 Une méthodologie de projet adaptée : points forts
3.2 Une méthodologie de projet ajustable : points d’amélioration
3.2.1 A l’échelle du projet
3.2.2 A l’échelle de l’école
3.2.3 Des acteurs « périphériques » peu impliqués ou
trop à distance du projet
3.2.4. Une collaboration plus étroite avec les Services
techniques de la Ville
3.2.5 Le vote : des modalités de délibération sur le projet
final améliorables
4_L’évaluation du projet de végétalisation des cours d’écoles au regard
des critères d’innovation sociale
5_Recommandations
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 3
1_Outils et supports de l’évaluation
La mise en œuvre d’un protocole d’évaluation pour le projet de végétalisation
des cours d’écoles de Lalanne et Mairie de Billère permet un regard rétrospectif,
de la part des différents acteurs, sur l’expérimentation. La réalisation de quatre
supports a ainsi guidé le déroulement de l’évaluation et chacun d’eux a permis
d’évaluer l’expérience du projet de végétalisation des cours d’écoles sous
différentes dimensions.
Présentation des supports d’évaluation :
1_ Un questionnaire a été préparé à destination des élèves et présenté sous
le format d’une « carte postale » à compléter :
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À l’issue des divers ateliers réalisés avec les associations intervenantes et le
service Transitions de la Mairie de Billère, et à l’issue du vote du plan des futures
cours d’écoles, la « carte postale » a été transmise dans chacune des classes des
deux écoles (Lalanne et Mairie) de Billère dans l’objectif de recueillir l’avis et le
ressenti des élèves.
- 223 élèves ont répondu et complété la « carte postale ». Sur les 223
répondants, 98 d’entre eux sont scolarisés à l’école Lalanne et 125 à
l’école Mairie.
- Nous observons une parfaite parité dans le taux de réponses puisque
112 garçons et 111 filles ont complété la « carte postale ».
2_ Un entretien téléphonique a été réalisé avec une des animatrices de
l’équipe périscolaire impliquée dans le projet.
3_ Un questionnaire en ligne a été diffusé aux enseignants.
Réalisé à partir du service de création de questionnaires « Google Forms », le
questionnaire, composé d’une quarantaine de questions, a été transmis à
l’ensemble du personnel enseignant des deux écoles de Billère (Lalanne et Mairie).
Sur 13 enseignants concernés, 9 d’entre eux ont renseigné le questionnaire.
Composé de questions ouvertes et fermées (mesure d’échelle, questions à choix
multiples…), celui-ci a permis d’obtenir un retour d’expérience de la part du
personnel enseignant à l’issue de la réalisation des différentes étapes du projet.
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4_ Un questionnaire en ligne a également été diffusé aux acteurs de la Ville,
aux membres des associations intervenantes ainsi qu’aux prestataires.
Lui aussi élaboré à partir du service de création de questionnaires « Google
Forms », ce questionnaire, composé d’une trentaine de questions, a été transmis
à 32 personnes. Sur 32 personnes concernées, seulement 9 ont répondu au
questionnaire (dont 7 agents ou élus de la Ville).
La diffusion de ces quatre supports d’évaluation auprès des différents acteurs
impliqués dans le projet de végétalisation des cours d’écoles de Billère (Lalanne et
Mairie) a permis d’évaluer, dans sa globalité, la démarche du projet mis en œuvre
au sein des écoles. Ces supports ont fait l’objet d’une analyse et nous ont permis
d’identifier trois grandes idées forces à retenir, mais également une analyse de
la méthodologie du projet en termes de points forts et de points d’amélioration.
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2_Résultats de l’évaluation : trois idées
forces
Les élèves, enseignants, acteurs de la Ville, prestataires et membres des
associations intervenantes interrogés partagent globalement une évaluation
positive de l’ensemble de la démarche proposée, par l’innovation qu’elle génère
dans les pratiques de tous, et la visée finale qu’elle ambitionne : rendre les cours
plus égalitaires et végétalisées, autrement dit plus contemporaines de la société
dans laquelle nous vivons.
Nous pouvons surligner trois idées majeures associées à cette démarche
expérimentale.
2.1 Un projet très satisfaisant pour « apprendre la
citoyenneté ».
Ils en retiennent une plus-value majeure : l’apprentissage de la démocratie
directe et d’une citoyenneté active, car les élèves ont pu :
- Exprimer leurs besoins à partir de leurs propres expériences de l’usage de
la cour de récréation.
- Participer à la prise de décision par l’assurance que leurs besoins aient
bien été pris en considération par les décideurs.
- Construire un projet collectif en devenant acteurs d’un projet, souvent
pour la première fois de leur vie, même si le moment du vote représente un bémol
à faire évoluer.
Ce premier constat pourrait avoir des conséquences non prévues et conduire à
une interrogation plus large : à plus long terme, pourquoi ne pas continuer à
penser la vie de l’école de manière plus collaborative avec les élèves, sur d’autres
sujets du quotidien ou de la vie de l’établissement (menus des cantines, conseils
d’école…) ?
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Ci-dessous quelques illustrations des propos précédents, recueillies lors de
l’analyse des réponses aux questionnaires :
« Rendre les enfants acteurs des décisions et pouvoir imaginer un projet
adapté à leurs besoins réels. »
« Ce fut l’occasion de fédérer, de se poser des questions sur son environnement
proche, de trouver des solutions ensemble, s’impliquer dans son quotidien, être
acteur, développer des compétences transversales. »
« Pour une fois qu’on nous demande notre avis, et ça va vraiment se faire. »
« Recueillir les avis de chacun, travailler en groupe,
apprendre l’écoute et le respect des autres, donner son
avis, amener un projet à terme, participer à un projet
concernant la vie d’élève. »
« On est acteur et non consommateur. C’est un apprentissage qu’il faut commencer tôt ! »
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2.2 Une sensibilisation à la nature réussie, grâce aux
ateliers en classe.
Le deuxième aspect, révélé par l’analyse des supports d’évaluation, se réfère à
une sensibilisation à la nature et à la biodiversité réussie pour l’ensemble des
participants. En effet, la nature et la végétalisation sont deux thématiques que les
élèves retiennent de ce projet.
« Les enfants sont plus attentifs aux éléments vivants qui les entourent. Ils
semblent mieux les prendre en compte et les « protéger » ».
A l’issue des différents ateliers et interventions proposées tout au long du projet,
les élèves semblent être davantage sensibilisés à la nature, à la biodiversité et à la
prise en considération de leur environnement naturel.
Il est intéressant de noter que, pour les enseignants, les ateliers Arbres et
Biodiversité ont particulièrement contribué à cette sensibilisation aux questions
de nature, et ont permis de structurer davantage le projet.
« Activité qui parle de suite aux enfants, sur la tâche
à mener et sur les conclusions. »
« Activité très intéressante. Les enfants devaient
justifier leurs choix. »
« Séance bien construite, adaptée, intéressante,
questionnant et porteuse de sens. »
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2.3_ Un bémol : une sensibilisation à l’égalité filles –
garçons moins évidente
L’analyse des supports d’évaluation indique par ailleurs que la sensibilisation à
l’égalité filles-garçons s’avère moins prégnante. Bien que l’animation de l’atelier
égalité autour du débat mouvant ait été appréciée, les élèves évoquent, par
exemple, peu le sujet, voire jamais.
Les travaux dans les cours d’écoles n’ayant pas encore débuté, aucune
diminution des conflits et incidents de violences entre les filles et les garçons n’a
pour l’instant pu être constatée. De la même manière, les élèves n’ont pas encore
« appliqué » ces dimensions égalitaires, et n’ont pas déjà modifié leurs activités et
leur occupation de l’espace lors des temps de récréation.
Néanmoins, l’aménagement des cours d’écoles permettra certainement aux
élèves de tendre vers une mixité du quotidien plus visible et réelle.
Ceci conduit alors à poser la question suivante ; comment parvenir à intégrer
davantage l’enjeu de l’égalité filles-garçons dans la future cour à l’avenir ? Et
dans les prochaines démarches d’aménagement ?
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3_Retours sur la méthodologie de projet
L’analyse des réponses obtenues aux questionnaires diffusés a également
permis d’évaluer la méthodologie du projet mise en œuvre au sein des deux écoles
de la ville de Billère et d’en tirer plusieurs conclusions.
3.1_ Une méthodologie de projet adaptée : points
forts
Premièrement, un facteur majeur de bon déroulement du projet se situe dans la
constitution d’une équipe-projet interne efficace, « staffée » (2 agents mobilisés,
1 stagiaire, 2 services civiques), qualifiée, disponible pour tous les acteurs du
projet et impliquée à tous les niveaux, « de la salle de classe au Copil ». La
gouvernance politique n’a pas toujours été identifiée par tous, mais a tout de
même été bien adaptée et très impliquée dans l’ensemble du projet de
végétalisation, à l’écoute de tous les points de vue, et en mesure de prendre les
décisions au moment voulu, notamment pour des choix d’ajustements de la
méthode de projet.
A cela s’ajoute également des objectifs clairement établis et formulés dès le
départ :
- Informer, sensibiliser sur la nature et l’égalité filles – garçons.
- Réaliser un diagnostic partagé des usages et aménagements des deux
cours de récréation.
- Définir puis réaliser un plan d’aménagement par école.
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La production d’outils et de livrables riches, pédagogiques et adaptés aux
élèves a apporté une véritable plus-value aux enseignants dans l’animation du
projet en classe. Ces outils se réfèrent ici aux diagnostics des deux écoles, à la
vidéo de présentation du diagnostic, au livret diffusé aux familles ainsi qu’à la
maquette de chaque cour, conçus et diffusés par l’équipe projet.
« Un support bien fait, complet et adapté au « Des supports très clairs pour les élèves et
public des élèves. » exploitables pour la suite du projet. »
De plus, le quatuor Ville – École – Associations – Prestataires fonctionne lui
aussi de manière efficace et équilibrée, notamment via des temps d’échanges et
de décisions réguliers et utiles quant aux orientations du projet. L’équipe projet a
fait preuve d’une solide capacité d’ajustement en cours de route. Ces ajustements
ont été très appréciés et se sont traduits par plusieurs « ré-aiguillages »
bienvenus :
- Prise en compte des retours des enseignants sur l’échelle de production
des plans : finalement chaque classe a pu produire son propre plan de cours, sur
les deux écoles
- Création d’outils pour faciliter la transmission d 'informations dans
l’ensemble des classes (exemple de la vidéo de présentation du diagnostic).
- Intégration d’une mission de conception paysagère externe, en cours de
route, ce qui n’était pas prévu ni budgeté au lancement du projet
Pour finir, les moyens financiers octroyés au projet de végétalisation des cours
d’écoles sont « modestes » mais garantis pour chaque école, même si leur volume
dépasse largement les estimations de départ (voir plus tard). Notons également
que l’adéquation entre le travail mené dans les classes et le plan final pour les deux
cours d’écoles est réussie. Les plans finaux proposés par les concepteurs sont
appréciés, notamment par les enseignants qui y retrouvent dans l’ensemble
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l’esprit des travaux menés avec les élèves en vue des futures cours qui deviennent
un vrai bonus pour l’école.
3.2_ Une méthodologie de projet ajustable : points
d’amélioration
L’analyse des supports d’évaluation a par ailleurs révélé et mis en exergue
quelques aspects à ajuster en vue de la mise en œuvre possible de projets de
végétalisation dans d’autres cours d’écoles de la commune.
L’expérimentation de ce projet de végétalisation dans les deux premières cours
d’écoles de Billère, Lalanne et Mairie, s’inscrit ainsi comme véritable point de
départ et nous a permis d’identifier quelques points d’amélioration..
3.2.1 A l’échelle du projet
La gestion du projet a parfois été trop chronophage pour l’équipe-projet et
celle-ci a également quelques fois manqué de temps pour suivre l’avancement au
quotidien, au plus près des écoles.
« Une démarche très chronophage qui demande beaucoup d’implications et
d’aller-retours entre les différents acteurs. Plus de temps pour épauler les
enseignants dans les classes aurait été nécessaire pour un meilleur
accompagnement et une meilleure compréhension des objectifs »
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 13
Quelques ajustements seraient ainsi utiles :
- Communiquer plus en amont sur les étapes du projet.
- Formaliser plus précisément les objectifs et attendus de chaque étape.
- Mieux anticiper les étapes du projet, notamment les délais de rendu des
travaux, pour permettre aux enseignants de mieux gérer leurs temps de projet en
classe : prévoir un mode d’emploi clair et attractif.
- Renforcer les échanges et les liens entre les différents acteurs du projet,
de manière régulière tout au long du projet, pour se connaître, comprendre la
nature et le format des interventions de chacun, et mieux coordonner les agendas.
- Requestionner le temps de sensibilisation initiale initiée proposé par la
Ville, pour partager des retours d’expérience et des témoignages d’autres
territoires : cette séquence apparaît comme un temps nécessaire, mais
finalement très peu abordé par les participants dans l’évaluation comme le « socle
commun » qu’elle se voulait être. Un temps important, mais semble-t-il peu
impactant ; un format et une programmation à revoir ?
- Partager davantage un diagnostic croisé des connaissances et situations
de départ dans chaque cour d’école, qui permettrait de mesurer l’impact des
différentes interventions en fin d’action, et de mieux cerner les attendus du projet.
- Responsabiliser des élèves « ambassadeurs » pour devenir des référents
de projet en vue de la végétalisation d’autres cours d’écoles, en format « pair à
pair ».
- Anticiper l’arrivée (potentielle) de renforts pour l’équipe-projet (service
civique, stagiaire) seulement en début d’année civile : les deadlines seront les
mêmes, donc il peut être opportun de lancer certaines réalisations plus tôt
(exemple de la maquette).
- Prévoir un temps plus long pour l’avant-projet, le projet et la phase
d’exécution, car dans cette expérimentation les équipes ont travaillé dans des
conditions trop urgentes. Ainsi, une période plus longue serait nécessaire entre la
fin de la conception et la réalisation pour par exemple demander les subventions
avant de lancer le chantier.
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 14
Par ailleurs, l’analyse des supports d’évaluation signale l’importance d’être
vigilant face à une gouvernance politique du projet trop volumineuse en termes
de nombre d’acteurs, notamment via une représentation trop élevée de
conseillers municipaux et une participation trop faible d’adjoints en charge de la
décision sur ce dossier. En effet, un nombre d’acteurs trop élevé peut conduire à
affaiblir la gouvernance, ou à l’émergence de discours diffus qui contribuent à une
confusion. Il nous semble indispensable de resserrer la gouvernance du projet
pour mieux guider son orientation au fil des étapes.
3.2.2 A l’échelle de l’école
Au niveau de la réalisation des différentes étapes du projet à l’école et des
activités menées en classe, plusieurs constats ressortent. D’une part, il s’avère
que les documents de travail disposent d’un contenu souvent trop technique,
par le vocabulaire utilisé ou la forme des supports, et soient donc peu
appropriables (exemple du cahier des charges). D’autre part, le nombre d’acteurs
intervenant en classe semble trop important, ce qui entraîne un effet de « sur
sollicitation » des élèves sur des sujets parfois différents, bien que reliés, et une
gestion du temps un peu chronophage pour les enseignants. Pour finir,
l’animation de certaines interventions en classe a parfois été trop descendante
vis-à-vis des élèves, et ont pu manquer de régularité. Prenons pour exemple les
interventions du CAUE qui apparaissent (dans les propos des personnes
interrogées) dont les contenus, certes riches, ont été peu évidents à saisir
pleinement pour les élèves.
« Je me suis sentie un peu pressée, avec des « Séance trop courte. Peu utile pour faire
délais souvent trop courts. » avancer le travail et nous aiguiller. »
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« Un accompagnement pas toujours adéquat […] je me suis retrouvée seule
et ne me suis pas sentie capable de répondre aux attentes. »
« Les séances n’étaient pas assez structurées…et trop espacées, puis annulées. »
« Ce projet est très chronophage si on veut que les élèves s’en emparent,
qu’ils entrent dans les apprentissages et qu’ils aient une bonne
compréhension. »
Quelques ajustements permettraient de répondre aux écueils rencontrés :
- Mettre en place un accompagnement plus fort à certaines étapes-clés du
projet au sein des classes, en particulier pour la construction de la maquette et la
rédaction du cahier des charges.
- Réaliser le cahier des charges avec une trame plus simple, beaucoup
moins chargée en informations pour les élèves que la trame utilisée (choix
possibles, intentions, enjeux, arguments), en valorisant davantage des
illustrations.
- Prévoir la construction d’une maquette pour le projet d’aménagement de
chaque classe : 1 classe, 1 maquette.
- Faire vivre davantage le projet dans la vie de l’école, par des supports
(journal du projet, mur du futur…) ou via des temps forts ou rendez-vous réguliers
(Assemblées…).
- Envisager des aménagements temporaires, rapides à installer et qui
permettent de tester des usages, notamment à destination des élèves des cycles
3 ne verront jamais leur future cour réalisée.
- Présenter le calendrier de planification des travaux aux élèves, pour les
tenir informés de l’évolution de leurs réflexions à travers ces réalisations.
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3.2.3 Des acteurs « périphériques » peu impliqués ou trop à distance du
projet
Tout au long de la démarche, certains acteurs se sont trouvés sensiblement en
marge du projet. Les animateurs de l’équipe périscolaire ont par exemple
davantage eu un rôle d’accompagnateurs plutôt que d’acteurs. Ceci s’accompagne
d’un sentiment de désinvestissement progressif du projet pouvant en partie
s’expliquer par la réalisation des activités essentiellement sur les temps de classe
mais également par le fait que certains supports n’aient pas toujours été transmis
à l’équipe périscolaire, ou que certains d’entre eux disposent d’un contenu trop
complexe ou peu accessible.
L’équipe de conception, les services techniques, les habitants-riverains et les
parents d’élèves ont également été des acteurs dits « périphériques » au projet
lors de cette première expérimentation sur les deux écoles. La question se pose
ainsi ; comment parvenir à impliquer davantage, sans en faire trop, les acteurs
« périphériques » au sein des prochaines démarches, a minima en termes
d’information, voire de participation aux réflexions ?
Quelques idées qui pourraient être envisagées :
- « Déléguer » à l’équipe périscolaire le suivi de certaines interventions
hors-classe, en complémentarité des enseignants ou pour capitaliser la mémoire
du projet.
- Dédier une place à l’équipe de conception dès le lancement du projet au
sein de l’école puisqu’une arrivée trop tardive dans la démarche a été soulignée.
Un « effet doublon » avec le CAUE a également été constaté.
- En dehors de l’information sur les avancées du projet, impliquer les
parents en tant qu’acteurs.
- Réfléchir à la relation que les habitants-riverains des écoles doivent avoir
avec le projet ; faut-il envisager la cour comme un espace ouvert aux riverains hors
périodes scolaires ?
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3.2.4 Une collaboration plus étroite avec les Services techniques de la
Ville
Les Services techniques s’apparentent également à des « acteurs
périphériques » puisqu’ils semblent avoir eu un rôle trop « en aval » du projet
pour le seul suivi des travaux. Ils semblent également partager une autre
« culture de l’action publique », peut-être moins portée sur les méthodes
participatives et centrée sur l’exécution des missions orientées par les élus ou
l’administration. Ainsi, en vue du développement d’autres projets de
végétalisation dans les écoles de Billère, il sera nécessaire de réfléchir à des
alternatives visant à intégrer davantage les membres des Services techniques. Cela
en vue d’accroitre leur participation au projet, tout en veillant à garantir une
appropriation (aujourd’hui quasiment absente) de ce dernier dans
l’accomplissement de leurs tâches. Cela permettrait notamment d’intégrer leur
expertise-métier dès le lancement des opérations au sein des écoles,
Quelques ajustements permettraient de répondre à ces écueils :
- Clarifier le « qui fait / qui fera quoi » dès le départ, pour lever des
incertitudes et s’assurer d’une réalisation opérationnelle dans les temps
envisagés.
- Croiser les chiffrages des concepteurs avec les estimations des Services
techniques. Ainsi, l’équipe de conception semble avoir sous-estimé le coût des
travaux. Celui-ci s’élève par exemple aujourd’hui à près de 194 000 euros (sans la
prise en compte des différente aides financières) pour la seule école Lalanne, ce
qui dépasse de manière très excessive l’enveloppe initiale estimée pour les deux
écoles (40 000 €). Une implication plus en amont des représentants des Services
techniques pourrait, entre autres, atténuer ces écarts, ou mieux les anticiper.
- Rallonger le délai entre la réception et l’esquisse du projet de
végétalisation et la réalisation du plan d’exécution par les services techniques
(pilotes des travaux).
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 18
- Collaborer davantage avec les associations intervenantes, sur des
échanges de connaissances (exemple du diagnostic des végétaux présents dans la
cour).
- Imaginer un découpage du portage du projet plus clairement réparti en
termes de pilotage, sur la base suivante :
o une phase de diagnostic technique de chaque cour coordonnée par les
Services Techniques
o une phase de concertation au sein des classes portée par le Service
Transitions
o une phase de conception portée par le Service Transitions, avec l’appui
d’un représentant des Services Techniques
o une phase de suivi de travaux portée par les Services Techniques, avec
l’appui d’un représentant du Service Transitions
3.2.5 Le vote : des modalités de délibération sur le projet final
améliorables :
Au sein du processus démocratique, l’instant du vote est très apprécié par tous
les acteurs ; c’est un moment fort, très souvent une première pour les élèves et,
symboliquement, le « protocole électoral » mis en place le jour J en a fait un
rendez-vous marquant.
Les modalités du vote semblent néanmoins perfectibles car la grande majorité
des élèves a voté pour le projet de sa propre classe : les deux tiers des élèves
(répondants) déclarent avoir voté pour « leur » plan, là où seulement 45% des
élèves (répondants) disent avoir voté pour « le projet favorisant une meilleure
place de la nature dans la cour ».
Le projet de végétalisation des cours d’écoles a souligné au sein des classes des
principes de coopération et de réflexion partagés entre élèves « collègues » de
projet. Pour autant, une fois confrontés aux projets des autres classes, il peut
s’instaurer un effet induit de « compétition » entre les différents projets, et le cas
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 19
échéant entraîner une déception pour les élèves dont le projet n’a pas été choisi
par la « sanction » du vote.
Se pose la question suivante ; fort de cette démarche expérimentale, comment
faire évoluer les modalités de choix du projet final par les élèves ?
- D’autres modalités de vote existent et seraient imaginables au sein de
l’école, au-delà du vote à la majorité à un tour :
o Se prononcer sur les points forts de chaque plan
o Hiérarchiser ses préférences parmi les projets
o Voter par pondération, ce qui permet de prendre une décision en groupe en
sélectionnant des éléments parmi une liste, lorsqu’on ne peut pas établir de
critères de choix objectifs et mesurables
o Ajouter un second tour lors du vote
o Interdire le vote pour « son » projet (…) ou en modérer le poids dans la
décision finale
- Sensibiliser bien davantage les élèves sur les nouvelles manières de décider,
en dehors du vote classique
- Intégrer la notion de consensus tout au long de la démarche : négocier des
compromis sur chaque projet pour parvenir à un accord commun
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 20
4_L’évaluation du projet de végétalisation
des cours d’écoles au regard des critères
d’innovation sociale
Conformément aux attentes de la Région Nouvelle-Aquitaine dans le dossier de
candidature de l’Appel à Manifestation d’Intérêts Innovation Sociale, « Soutien à
l’expérimentation de projets socialement innovants », le rapport d’évaluation
produit un regard sur chaque critère relatif à l’innovation sociale, en y associant
des arguments.
CARACTERE COLLECTIF : portage collectif, diversité du collectif, implication public cible,
gouvernance
-1- Portage collectif
- Une seule personne porte le projet
- Un petit collectif est constitué autour du projet mais son portage n’est assuré que
par quelques personnes
- Un collectif est constitué autour du projet mais l’implication de ses membres
pourrait être renforcée
- Un collectif a été constitué autour du projet et c’est ce collectif qui le porte
effectivement
Arguments :
Le collectif de projet qui porte l’action au sein de la Ville de Billère est à la fois
étoffé, productif et engagé. La relation de travail avec les écoles est forte, régulière
et très appréciée par les acteurs scolaires. Le lien avec la gouvernance du projet est
bien équilibré, via des échanges réguliers, des transmissions d’information
nécessaires et un respect des compétences et fonctions de chacun.
-2- Diversité du collectif (statut & profession, genre, âge, culture…).
- Une seule personne porte le projet
- Le collectif est surtout constitué d’une catégorie d’acteurs, très homogène
socialement
- Le collectif intègre diverses catégories d’acteurs
- Le collectif intègre toute la diversité des parties prenantes potentielles
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 21
Arguments :
Le collectif de projet se compose de deux agents du Service Transitions
(responsable du service, chargée de mission) et de deux étudiantes de Master, en
stage long (Sciences sociales, Genre), appuyés dans leur mission par une
prestataire du CAUE et un accompagnement du sociologue. L’absence relative de
représentants des Services Techniques peut être considérée comme un bémol,
plutôt lié à une organisation interne parfois peu facilitante. En termes de genre,
c’est un collectif très féminin.
3- Implication du public cible
- Le public cible n’est pas associé à l'élaboration du projet
- Quelques représentants du public cible sont associés ponctuellement
- Des représentants du public cible sont régulièrement associés à l’élaboration
et/ou la conduite du projet
- Le public cible est une composante à part entière du collectif et contribue
activement à l'élaboration du projet
Arguments :
Si l’on considère que les enseignants des deux écoles sont des « représentants »
des publics cibles (les élèves), ils ont donc pu régulièrement apporté leurs
contributions à l’élaboration du projet, Cela s’est manifesté par exemple par des
recommandations pour réorienter le projet initial (exemple sur l’abandon d’une
classe « élèves ambassadeurs » et le déploiement de la démarche pour toutes les
classes, qui présenteront finalement toutes un projet d’aménagement de la cour),
des adaptations du projet au rythme pédagogique de l’école ou encore par la
participation de représentants des enseignants à chaque comité de pilotage, avec
une place et un rôle prépondérants. Par ailleurs, les élèves ont pu participé à la fois
à la conception des plans, et bien sûr à l’élection du plan final.
-4- Gouvernance (participation, forme, fréquence, ambitions…)
- Les modalités de la gouvernance ne sont pas définies.
- Les modalités de gouvernance (composition, agenda, etc.), en cours de définition,
manquent encore de précision
- La gouvernance reste à consolider, dans sa forme ou son effectivité.
- Les modalités de la gouvernance sont bien définies, avec une participation
effective, selon un rythme régulier qui assure un pilotage collectif du projet
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 22
Arguments :
La gouvernance du projet est à la fois bien définie et se réunit sur un rythme
régulier qui permet une information collective sur l’avancée des actions, et une
orientation du projet lorsque cela s’avère nécessaire. Le seul (léger) bémol consiste
dans la participation parfois un peu trop volumineuse des élus de la commune. Un
bémol est à souligner : la trop faible implication des élus décisionnaires dans les
instances de pilotage du projet.
APPORTS : consistance du mode opératoire, rupture avec l’existant, potentiel de
transformation sociale
-5- Consistance du mode opératoire (moyens, méthode, contenus, processus,
objectifs, évaluation…)
- Non identifiée
- Le contenu du projet est défini dans ses grandes lignes mais son mode opératoire
n’est pas encore formulé.
- Les principales composantes du mode opératoire du projet sont formulées
(moyens, méthode, etc.)
- Le mode opératoire est intégralement défini (moyens, méthode, contenus,
processus, objectifs, évaluation…)
Arguments :
La réflexion sur le montage opérationnel du projet ayant été menée en amont dans
ses grandes lignes par l’équipe-projet (méthode, étapes de travail, acteurs
associés, désignation de prestataires pour l’accompagnement ou l’évaluation de la
démarche) combinée avec une solide expérience des projets d’innovation sociale
et des habitudes de travail anciennes avec les deux écoles, permettent un mode
opératoire globalement satisfaisant et favorable à la réalisation de l’action. Trois
points semblent améliorables à l’avenir :
o L’implication plus effective et plus en amont des Services Techniques
o Le recrutement plus anticipé d’une mission de conception et
d’aménagement de la cour
o Une enveloppe budgétaire bien plus conséquente pour couvrir les
dépenses de travaux
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 23
-6- Rupture avec l’existant
- Le projet s’inscrit dans la continuité de l’existant
- Le projet exprime plus une évolution de l’existant qu’une rupture.
- Le projet introduit une nouvelle approche qui rompt, au moins en partie, avec
l’existant.
- Le projet « révolutionne » l’existant (pratiques, formes d’organisation, relations
sociales, rapports sociaux, valeurs, normes, représentations…)
Arguments :
A notre connaissance, le projet d’aménagement des cours d’écoles constitue à la
fois une nouveauté et s’inscrit dans la continuité de l’existant. Il est qualifiable
d’inédit par l’absence de projets de ce type dans l’histoire de la commune et de ses
services, mais qui correspond à une époque sociétale : les réflexions sur la nature
des cours d’écoles (en termes de végétalisation comme d’égalité entre filles et
garçons) n’avaient pas eu l’occasion d’exister auparavant. Pour autant, en termes
de pratiques, la méthode participative définie dans ce projet s’inscrit dans une
culture de projet déjà forte en interne, en lien avec les champs de compétences du
Service Transitions (exemple du projet Fasilavélo mené depuis 2019) ou les choix
politiques définis par l’équipe municipale (exemple du Budget participatif qui vit sa
quatrième saison et est issu d’une démarche expérimentale qui a porté ses fruits).
-7- Potentiel de transformation sociale
- Non identifié
- Le projet s'adresse à une communauté restreinte et répond à des enjeux très
spécifiques ou introduit peu de changements.
- Le projet concerne un public assez large et peut introduire des changements
majeurs dans au moins un domaine
- Le projet concerne un large public et peut introduire des changements majeurs
dans plusieurs domaines
Arguments :
S’il s’adresse avant tout aux acteurs de l’école – élèves, enseignants, personnel
scolaire, voire parents- le projet introduit et assume des changements
fondamentaux à l’échelle de chaque établissement. Ainsi, la transformation des
cours d’écoles a pour ambition, qu’il faudra évaluer à l’usage, de modifier
fortement les relations entre garçons et filles dans l’espace commun de l’école, tout
en s’adossant à une profonde mutation écologique de ce même espace. Une bonne
illustration en est la comparaison de l’école Lalanne, « avant-après » le projet
d’aménagement : d’une cour-béton à une cour paysagère, le changement est très
perceptible.
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 24
CONTEXTE : ancrage territorial, accessibilité, viabilité économique, impact
environnemental, ouverture à la recherche
-8- Ancrage territorial
- Non identifié
- Le projet fait référence à la dimension territoriale, mais n’en a pas encore identifié
ses acteurs ni ses spécificités.
- Le projet associe des acteurs territoriaux afin de s'adapter aux besoins du territoire
- Le projet est un projet de territoire au sens où il mobilise tous les acteurs
territoriaux concernés et invente une réponse adaptée aux spécificités du
territoire
Arguments :
Par définition, le projet associe des acteurs territoriaux, autant au sein des écoles
bien sûr (élèves, personnel périscolaire, enseignants) qu’au sein de sa gouvernance
portée politiquement par la collectivité. Il s’adapte aux besoins du territoire par la
volonté de réaménager profondément des cours d’écoles anciennes et peu
adaptées aux conditions climatiques actuelles, tout comme à la « conquête » de
l’égalité entre garçons et filles dans l’espace public scolaire.
-9- Accessibilité du dispositif
- Non identifiée
- La question de l'accessibilité est prise en compte mais les solutions n’ont pas
encore été identifiées.
- Les solutions pour faciliter l’accessibilité sont identifiées mais leur mise en œuvre
reste à préciser.
- Les solutions pour faciliter l’accessibilité sont définies de façon précise (recours à
des acteurs-relais facilitateurs, facilitation de la mobilité, TIC…)
Arguments :
Si l’on entend, à l’échelle de ce projet, la notion d’accessibilité par l’appropriation
du sujet par les publics-cibles (les élèves), considérons à l’issue de cette démarche
qu’elle est en partie atteinte, au vu des plans réalisés par les classes. Cette
appropriation a notamment été rendue possible par les nombreuses interventions
en classe de spécialistes des thématiques traitées (architecture et aménagement,
paysage, égalité filles-garçons). L’implication importante de l’équipe-projet a
également rendu possible cette appropriation, en particulier grâce aux supports
réalisés puis animés au sein des écoles, telle que la maquette de la cour.
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 25
-10- Viabilité économique
- Non identifiée
- Les ressources acquises permettent d’amorcer la phase d’expérimentation mais
pas de la mener à son terme.
- Les ressources acquises permettent de conduire la phase d’expérimentation mais
la question de la viabilité économique à plus long terme n’est pas résolue.
- Les ressources acquises permettent de conduire la phase d’expérimentation et les
modalités économiques du projet le rendent viable à plus long terme.
Arguments :
Même si les critères de viabilité économique n’ont pas fait directement partie du
corpus d’indicateurs de notre évaluation, il apparaît que l’enveloppe budgétaire
initialement prévue pour les travaux sur les deux cours d’écoles ait été très
largement dépassée par les estimations puis par les coûts des travaux en cours. Ne
serait-ce qu’à l’échelle d’une seule école, il existe un très fort écart, qui sera pris en
charge par la collectivité au nom de son engagement sur le projet.
Par ailleurs, cette variable de la viabilité économique du projet soutenu par l’AMI
de la Région Nouvelle-Aquitaine nous amène à une réflexion plus globale. Là où la
subvention régionale permet à la démarche d’exister sur une année, au nom de
l’innovation sociale, il faut s’interroger sur le financement à moyen terme de cette
innovation. En d’autres termes, nous constatons un écart entre la dynamique de
l’innovation et l’investissement budgétaire nécessaire pour la réaliser, en
l’occurrence pour transformer les réflexions croisées sur l’aménagement de cours
végétalisées et égalitaires en réalités opérationnelles et soutenables
économiquement pour la collectivité. Ce qui représente un véritable enjeu pour les
démarches prochaines : se lancer dans l’innovation certes, mais en s’assurant
d’une enveloppe budgétaire garantissant sa réalisation.
-11- Impact environnemental
- Non identifié
- Le projet fait référence aux enjeux environnementaux, mais n’a pas identifié son
impact sur ceux-ci.
- Le projet intègre une analyse de son impact sur un ou plusieurs enjeux
environnementaux.
- La prise en compte des enjeux environnementaux est à l'origine du projet et
devient une source d'innovation sociale
Arguments :
L’impact environnemental n'est pas atteint aujourd'hui, mais il sera perceptible
une fois les travaux (qui sont en cours sur une école à ce jour) seront terminés. Par
ailleurs, en filigrane, on peut aussi relever qu'il y a d'ores et déjà un impact en
terme de sensibilisation des élèves sur l'environnement.
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 26
-12- Ouverture à la recherche
- Non identifié
- La recherche apparaît comme une ressource utile pour le projet, mais aucune
coopération avec des chercheurs n’est encore engagée.
- Le projet intègre au moins partiellement un partenariat scientifique avec des
chercheurs identifiés
- Le projet procède, pour partie, d'un partenariat avec des chercheurs
Arguments :
Au-delà de la démarche d’évaluation-accompagnement menée par le sociologue-
consultant, un partenariat avec la recherche scientifique n’est à ce jour pas encore
développé autour du projet. Pour autant, le monde de la recherche pourrait
certainement être une ressource utile, pour alimenter la démarche d’innovation
par des contributions sur trois dimensions :
- en matière de benchmarking sur des bonnes pratiques recensées dans
d’autres projets de cours végétalisées et égalitaires en France et dans le
monde
- en matière d’égalité filles-garçons, qui apparaît au regard de l’évaluation
comme l’ambition a priori la moins acquise à ce stade
- en matière de finances publiques, pour étayer les orientations budgétaires
de la collectivité si elle souhaite développer ce type d’aménagements dans
les autres écoles de la commune
Rapport d’évaluation – Mehdi Hazgui_Octobre 2022 27
5_Recommandations
Fort de ce travail d’évaluation, nous pouvons surligner les recommandations suivantes en
vue du développement de cette double démarche de végétalisation et de sensibilisation à
l’égalité filles-garçons des cours d’écoles, à destination d’une collectivité porteuse du projet.
1. Impliquer moins d’élus en termes de quantité, dans un rôle de consultation, et
davantage en termes de qualité (au sens de la fonction), dans un rôle de décision
2. Anticiper l’enveloppe budgétaire globale, pour s’assurer en amont de la faisabilité de
chaque démarche d’aménagement, notamment via l’appui sur une maîtrise d’œuvre
paysagère dont la mission peut faire partie de cette enveloppe
3. Intégrer davantage et plus en amont l’enjeu de l’égalité filles-garçons dans les
prochaines démarches d’aménagement, l’effet des sensibilisations étant plus long à
s’infuser dans les pratiques des élèves
4. Impliquer davantage les acteurs « périphériques » dans les prochaines démarches,
notamment les services techniques (plan de charges) mais également les parents
d’élèves (sensibilisation)
5. Prévoir la possibilité d’installer des aménagements transitoires au sein des cours, pour
prototyper rapidement les idées des élèves, et en tester la faisabilité, pourquoi pas en
les impliquant dans la transformation de ces espaces
6. Valoriser en cours de projet la démarche sur le territoire de la commune et/ou de
l’agglomération, pour inspirer d’éventuels porteurs, partager des pratiques et ajuster
la méthodologie grâce à des regards extérieurs
7. Tenter des évolutions des pratiques démocratiques au sein de l’école : le projet est un
accélérateur…et un bon prétexte pour expérimenter de nouvelles fonctions pour les
élèves au sein de la vie de l’école
8. Anticiper le diagnostic environnemental, à produire plus en amont du projet et de
manière plus régulière sur des espaces comme les cours d’écoles, pour plus
rapidement jauger de l’impact de la démarche sur l’environnement
9. Mieux équilibrer le temps de gestion du projet, en passant davantage de temps dans
le quotidien de l’école pour faire vivre la démarche avec la « communauté scolaire »,
tout en allégeant la production parfois chronophage de documentation et d’archives
du projet
10. Penser le récit de l’histoire avant le début de l’histoire : réaliser un support de récit
« embarqué » de l’ensemble de la démarche, à destination de l’école mais également
des acteurs externes en lien avec le projet
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