0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues10 pages

Culture et société haïtienne en déclin

Le document décrit les éléments fondamentaux de la culture, y compris sa définition, ses vecteurs de transmission comme la famille et l'école, et ses domaines d'expression tels que l'art, la religion et la science. Il souligne également le rôle important de la culture comme socle d'une société.

Transféré par

Ernsley Dorelien
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
57 vues10 pages

Culture et société haïtienne en déclin

Le document décrit les éléments fondamentaux de la culture, y compris sa définition, ses vecteurs de transmission comme la famille et l'école, et ses domaines d'expression tels que l'art, la religion et la science. Il souligne également le rôle important de la culture comme socle d'une société.

Transféré par

Ernsley Dorelien
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

LA SOCIÉTÉ HAÏTIENNE EN

DÉCOMPOSITION, A QUI REVIENT


LA FAUTE ?

Décomposition sur le plan culturel

- Le sens du mot culture et ses éléments fondamentaux

● Etymologie
Du point de vue étymologique la culture vient du latin cultura (« habiter », « cultiver », ou «
honorer ») lui-même issu de colere (cultiver et célébrer), suggère que la culture se réfère, en
général, à l’activité humaine. Le terme latin cultura définit l’action de cultiver la terre au sens
premier puis celle de cultiver l'esprit, l'âme au sens figuré. Cicéron fut le premier à appliquer
le mot cultura à l'être humain.

● Définition classique
Le concept de culture dans sa définition classique peut inclure deux dimensions : la culture
au sens collectif et la culture au sens individuel ou personnel.

1. Dans le sens collectif : la culture désigne selon l’UNESCO l'ensemble des traits
distinctifs, spirituels, matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société
ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes
de vie, les lois, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». Ce réservoir
commun évolue dans le temps et dans les formes des échanges. Il se constitue de
multiples manières distinctes d'être, de penser, d'agir et de communiquer en société et
prend en compte la notion de conservation et de transmission à l'intérieur d’une
société donnée entre les différentes générations. Une définition magistralement
illustrée par Milan Kundera qui nous dit : « la culture c’est la mémoire du peuple, la
conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre.» On
peut citer aussi le cas des sous-cultures qui sont un ensemble de traits culturels
propres à un groupe social au sein d’un groupe plus large.
Cette conception de la culture vient de l’amalgame du mot allemand «Kultur»

2. La culture individuelle pour sa part est l’ensemble des savoirs acquis par un
individu, une transformation de soi rendue possible par les études poussées, un certain
perfectionnement de l’esprit dû à la fréquentation des œuvres littéraires,
philosophiques et des chefs-d'œuvre artistiques. La culture individuelle englobe aussi
le développement du goût, du sens critique, du discernement des vraies valeurs,
l’approfondissement de ses connaissances et l’aptitude à les exploiter à bon escient.

Notons que la culture individuelle peut être considérée comme un embranchement de la


culture collective car la culture individuelle est la connaissance de la culture collective et ne
saurait exister en dehors d’elle. De plus, l'homme étant un être social, il est le produit de cette
culture collective qui le définit en tant qu'être imbriqué dans une société aux relations
complexes.
Néanmoins elles se diffèrent de par leur caractère dynamique : la culture individuelle
comporte une dimension d’élaboration, de construction et donc par définition évolutive car
elle est propre à un individu alors que la culture collective correspond à une unité fixatrice
d’identités, un repère de valeurs relié à une histoire, un art parfaitement inséré dans la
collectivité ; la culture collective n’évolue que très lentement, sa valeur est au contraire la
stabilité figée dans le passé, le rappel à l’histoire.

● Les vecteurs de cultures.


Compte tenu du caractère transmissible de la culture dans la société, elle possède des canaux
de diffusion pour se propager dans toute celle-ci.

1. La famille
La famille est la première cellule sociale, donc le premier endroit où l'enfant acquiert les
prérequis pour vivre en société. La famille est le plus important des canaux de transmission
de la culture car elle est non seulement le premier milieu où l'enfant entre en relation avec ses
semblables mais aussi du fait du lien qui unit ses différents membres, une véritable mini-
société où la culture est transmise des parents aux enfants.

2. L'école
L'école est le deuxième canal de transmission de la culture, non seulement du point de
vue académique ou scolaire mais aussi en tant que complément et reprise des valeurs
transmises déjà en famille. A l'école, l’enfant rencontre des gens du même âge que lui avec
lesquels il va pouvoir entrer en relation et établir des liens avec d’autres personnes que les
membres de sa famille.

3. La société
Enfin, la société se chargera, avec les différentes interactions entre les individus, ses codes,
ses lois de diffuser la culture.

A côté de ses vecteurs, il existe des vecteurs informels de la culture, tels : les journaux, la
télévision, l’internet, les musées.

● Les domaines d’expression de la culture


Si la culture possède des canaux de transmission, elle possède aussi ses domaines
d’expression qui sont les moyens par lesquelles la culture s’exprime :

1. La technique
Aristote définit la technique comme « une disposition tournée vers la création et
accompagnée de raison.» Par création on peut comprendre une action dont le but n’est pas
déterminé par la nature. La technique exprime la volonté d'émancipation de l’homme par
rapport à la nature pour assurer sa survie, elle permet à l'homme d’adapter la nature à lui et
Heidegger nous dit que la technique moderne est une « mise en demeure et arraisonnement de
la nature ». Au cours de l’histoire de l'humanité, c’est par la technique que l’homme devient
possesseur de la nature et à mesure que son confort s'accroît, la société adopte une culture
beaucoup plus complexe car les besoins primaires ne sont plus un souci. La technique est un
produit culturel qui pousse l’homme vers plus de culture et de socialisation car, avec la
technique l’homme s'éloigne de plus en plus de la nature et l’exemple bien simple sont les
grandes métropoles qui représentent le milieu de vie de l’homme moderne.

2. L’art
L’art c’est l’utilisation consciente de l'habileté et de la créativité, notamment dans la
production d’objet esthétique ou selon Emmanuel Kant « ce qui plaît universellement et sans
concept ». Elle est un témoin, un miroir qui enregistre et exprime les préoccupations,
aspirations, les désirs et craintes propres à une collectivité entière ou à un groupe, leur façon
de concevoir la vie et le monde, les émotions collectives, leur manière de vibrer et ce, qu’il
s’agisse des hommes d’une même religion ou d’une même culture. L’art est ainsi comme
produit et facteur de culture, puisqu’il contribue aussi à pétrir, à modeler les esprits, à
communiquer aux membres d'une société une certaine charge. Il n’y a pas d’art sans société
et pas de société sans art, car l’art est ancrée dans une époque et reflète les différents
mouvements, idées et événements qui traversent la société à une certaine époque. Par l’art,
l’homme parvient à mieux s’exprimer, à rendre le réel plus intelligible, plus familier. Victor
Hugo eut à dire « l’art est à l'homme ce que la nature est à Dieu » pour illustrer le caractère
hautement culturel de l’art qui appartient à l'homme seul et qui met en lumière sa volonté
créatrice.

3. La magie
La magie est un ensemble de pratiques impliquant la croyance et l’existence des forces
cachées immanentes à la nature , elle a la possibilité de les capter, de les maîtriser, de les
exploiter par la mise en œuvre d’incantations et d’un rituel approprié, en ce sens Mirabail la
voit comme « la puissance du verbe», car la magie croit pouvoir éveiller les forces de
l’univers par la simple répétitions d’incantations. A noter que la magie constitue une tentative
par l’homme de s'émanciper de la nature par ses propres forces a défaut d’avoir la technique
nécessaire pour le faire.

4. La religion
Le mot religion dérivait d’une double étymologie, Religare : qui signifie relier, unir,
puisque les adeptes d’une même religion sont unis entre eux et unis avec le sacré.
Relegere : qui signifie, respecter car la pratique religieuse exige le respect et la crainte qui
marquent la distinction entre le sacré et le profane.
D'après le théologien allemand Schleiermacher la religion est « la somme des rapports entre
l’homme et le sacré.» C’est une tentative par la foi et la prière d'établir une relation
personnelle avec Dieu, de ce fait l’homme comprend le sacré comme la force par excellence,
une réalité mystérieuse à laquelle il se doit de rendre hommage en toute humilité en prenant
conscience de sa petitesse. C’est un concept fortement culturel et lié à un groupe de personne
ou un ensemble de groupes de personnes, elle est très présente dans les pratiques culturelles
de l’homme, elle les établit et les entretient, (comme aller à la messe le dimanche ou
participer à telle cérémonie)

5. La science
La science peut être conçue comme phénomène culturel en tant que stade de maturation
de l’esprit humain qui remet sa réalité en question et cherche des explications rationnelles aux
phénomènes naturels et à la recherche encore plus poussée de la compréhension du monde.

- La Culture, socle et ciment de toute société


Après toutes ces précisions et informations présentées sur la culture, il est clair qu’elle
joue un rôle prépondérant au sein de la société. La culture constitue l’ADN d’une société, son
socle, ce qui la différencie des autres et la rend unique. La société se fonde sur la culture car
elle constitue un processus d’humanisation et de socialisation de l’homme. La société étant le
milieu de naissance et d'évolution de l’homme, c’est par la culture que l’homme devient ce
qu’il est en apprenant les codes qui lui permettent de vivre en communion avec les autres.
Toutes les cultures ayant leurs spécificités, la culture permet aussi de maintenir la cohésion
sociale par le partage d’un certain nombre de valeurs communes qui font référence aux
réalités que vivent quotidiennement les membres d’une même société. Donc par le partage de
cette culture les membres d’une société se sentent appartenir à quelque chose, s’identifient à
elle et portent en eux un sentiment de fraternité envers les personnes qui font partie de cette
même culture et connaissent les mêmes réalités.
De par ce sentiment d’appartenance, l’individu s'intègre dans la société et ne fait plus qu’un
avec elle car il sent que son cœur résonne au même rythme qu’elle.
Ce sentiment permet à l'homme de s'épanouir au sein de la société car l’homme étant un
animal social, il sera d’autant plus heureux s'il se sent entouré par d'autres personnes qui
partagent le même ADN culturel que lui et tout cela permet à la société d'être plus soudée et
compacte à travers la culture qui est son socle.
On peut noter que la culture a une fonction de : socialisation, d'intégration, d'identification,
d'éducation et d'épanouissement.

- Les problèmes culturels haïtiens


Il est clair que la société haïtienne passe par un stade de décomposition avancé et ceci
dans tous les domaines et la culture n’y fait pas exception.

1. L'acculturation
Selon Léon-Louis Grateloup, l’acculturation désigne : « les modifications qui se
produisent dans un groupe culturel par suite d’un contact permanent avec un groupe
généralement plus large appartenant à une autre culture. » Ces modifications portent sur la
manière d’agir, de travailler, de juger, de penser, de parler, de percevoir. L’acculturation peut
être spontanée et libre ou au contraire, forcée, organisée, contrôlée comme le cas de notre
pays sous la domination économique et politique des Etats-Unis.

2. La déculturation
Lorsque l’acculturation devient excessive, elle peut provoquer la perte de certaines
valeurs, pratiques et repères culturels, c’est une assimilation totale d’une culture par une
autre, un processus déjà en marche dans notre société.

3. Les problèmes majeurs.

Les problèmes dont fait face la culture haïtienne sont multiples et parmi eux nous pouvons
citer :
- Dévalorisation de la langue créole

Un des aspects le plus important dans la société haïtienne et qui est généralement délaissé
est sa langue. La langue est un facteur hautement culturel qui appartient à une société ou un
groupe de personne donnée. La langue caractérise une société et évolue avec elle. IL est
déplorable de voir comment la langue créole, parlée par toute la population haïtienne est
délaissée au profit du français. Le fait est clair a l’école où il existait ou existe surement
encore un système de punition pour les élèves qui parlent le créole, cela contribue au
processus d’ostracisation de la langue créole et plus largement du peuple haïtien qui pense,
parle et conçoit à travers la langue créole. Ce phénomène crée un complexe dans la société
qui assimile le français à l'éducation et donc à terme à la connaissance ce qui constitue un
handicap majeur pour la société et pour l'écolier haïtien.

- Disparition de certaines traditions

La disparition de certaines traditions locales est un témoin du phénomène de déculturation


qui gangrène la société haïtienne, étant en contact avec l'écrasante culture américaine
combinée avec la précarité et le délitement du tissu social, la culture haïtienne perd peu à peu
les traits qui constituent sa personnalité phénomène décrit par le chanteur BIC dans
«alèkile» . Il y a tout un pan de la culture haïtienne qui a rapport aux activités collectives
entre enfants et entre adultes qu’on retrouve majoritairement dans les milieux ruraux qui
commencent à s'effacer à cause non seulement de l’exode vers les grandes villes mais aussi
de l’immigration et des nouvelles technologies.
- Impact néfaste de la culture américaine
La culture américaine étant dominante par rapport à la nôtre, il se produit alors, une
véritable déculturation par l’adoption et l’imitation souvent excessive de codes culturels
américains aux dépens de la nôtre. Cela se dénote au niveau du langage, par l’association de
certains mots ou termes typiquement américains dans la langue créole, par aussi l’adoption de
certaines mentalités ou comportements qui appartiennent culturellement aux Etats-Unis. Le
style musical en prend aussi pour son argent par la copie conforme d’airs américains ou un
mélange de différents genres. A terme, notre culture se fait aspirer par la culture américaine
dominante, processus qui commence depuis l’occupation américaine.

- Désintéressement de la jeunesse pour la culture

En Haïti il existe une majorité de jeunes, pas tous, mais une grande majorité qui ne
ressentent aucune affinité avec leur culture et c’est alarmant de voir comment les jeunes
marquent peu d'intérêt pour quelque chose qui leur appartient. Ils sont les plus touchés par le
phénomène de déculturation et sont les premiers à embrasser les codes culturels étrangers et à
s'identifier à eux par un effet de mode qui a quasiment pris possession de la société
néanmoins, ce n’est pas totalement de leur faute car, il leur manque aussi l'éducation et la
formation nécessaire pour apprécier la culture haïtienne pour ce qu’elle est.

- Absence de structures qui protègent la culture haïtienne

Au niveau de l’Etat, aucune mesure sérieuse et concrète n’est prise en compte pour la
sauvegarde et le renouvellement du patrimoine national. L'État ne semble pas prêté attention
à l'état déplorable dont est réduite la culture haïtienne aux abois, qui ne trouve aucun secours
nulle part et qui a besoin d’un soutien économique et logistique adapté à ses besoins. On
dénote aussi un manque d’appui de l'État au niveau de l'éducation qui aurait dû faire son
nécessaire pour préparer la société à l'appréciation de sa propre culture. Le problème des
jeunes talents est aussi important dans une société où ils n’ont aucune opportunité, de ce fait
beaucoup de talents prometteurs ne trouvent tout simplement pas l’appui nécessaire pour se
développer. La préservation de l’ADN culturel haïtien devrait être une grande préoccupation
de l'État qui doit voir à travers elle un moyen de reconstituer le tissu social autour de valeurs
communes pour l’avancement de la société.

Tous ces problèmes participent à la décomposition de la société haïtienne.

- Haïti et ses richesses culturelles


Malgré tout cela, Haïti possède une véritable mine d’or culturelle :

- Artistique
Littérature : La littérature haïtienne constitue une véritable épopée à travers deux
siècles d'évolution, en commençant avec les pionniers ou pseudos-classiques qui ont certes eu
une littérature d’imitation mais qui ont fait de leur mieux en absence d’une structure et d’une
tradition littéraire préexistante pour exhorter la population au sentiment national avec
Antoine Dupré, Juste Chanlatte, Jules Solime Milscent etc. Ensuite viendra la période du
cénacle de 1836 avec les frères Nau, Ardouin et Bauvais Lespinasse, c’est le début de la
quête de l'authenticité haïtienne et Ignace Nau eut à dire «soyons nous-mêmes», preuve de la
recherche du moi haïtien. Le mouvement patriotique avec Louis-Joseph Janvier et Anténor
Firmin, le mouvement de la génération de la ronde considérée comme la plus enrichissante
période de la littérature haïtienne notamment caractérisée par l'éclectisme viendront après. La
littérature va atteindre une autre dimension avec le mouvement indigéniste qui se tourne cette
fois vers l’Afrique, le terroir, et enfin on arrive à la période contemporaine. Alors, tout cela
constitue un important patrimoine national qui au cours de l’histoire a changé pour nous
donner les différentes facettes de chaque période de notre histoire.

Théâtre : Le théâtre haïtien n’est pas en reste et nous offre de poignants tableaux sur la
société haïtienne, le théâtre est un véritable miroir social qui de par ses pièces nous invite des
fois à décompresser par le rire mais aussi qui nous pousse à la réflexion à voir les pièces de
Maurice Sixto et notamment «ti sentaniz» pour se rendre compte des problèmes pointés du
doigt par le théâtre.

Cinéma : Étant l’un des domaines culturels les plus délaissés par l’Etat et étant souvent
bordélique dans la production de films, le cinéma haïtien a su néanmoins nous proposer un
ensemble de titres très populaires dans notre pays qui sont une représentation assez fidèle de
la réalité haïtienne, comme le très célèbre « I love you Anne » Mais au-delà de ça c'est dans
la diaspora qu'apparaît avec vigueur un cinéma de dénonciation et de lutte contre la dictature.
D'abord avec les films documentaires d'Arnold Antonin, notamment Les Duvalier sur le banc
des accusés (1973) et Haïti, le chemin de la liberté (1974). Ce film, parrainé par la revue
Cahiers du cinéma, lance le cinéma haïtien au niveau international et est présenté encore
aujourd’hui comme un film culte.

Peinture : La première Académie de peinture haïtienne est créée au Cap-Haïtien par le roi
Christophe peu après l'indépendance (1804). En 1816, Pétion ouvre une école d'Art à Port-au-
Prince où viennent enseigner des peintres français. Entre 1830 et 1860, les sujets historiques
liés à l'esclavage, et religieux, notamment autour du culte vaudou, constituent alors les
principaux thèmes des artistes. Le MUPANAH avec d’autres secteurs de l’état pour la
commémoration du 250 ème anniversaire de la ville de Port-au-Prince a organisé en mai 1999
une exposition sur le thème : « Rêver d'Haïti en couleur » ce qui montre bien le caractère
international de la peinture haïtienne à travers les artistes étrangers qui sont venus exposer
près d’une quarantaine d’œuvre.

Musique : La musique haïtienne est un domaine culturel très riche avec des styles musicaux
originaux tels le « rasin et le konpa » la musique est un élément central de la culture
haïtienne, présente partout, dans toutes les couches de la société, depuis le déroulement d’une
combite jusqu’aux grands bals en passant par la tenue des carnavals ou des raras, la musique
est partout. Elle est aussi très liée à la réalité du peuple haïtien et aussi très diversifié car elle
englobe un amas de styles différents.

Culinaire : La cuisine haïtienne est très régionale et chaque région possède sa spécificité, ce
qui accroît l’attrait de la cuisine haïtienne pour sa diversité et pour aussi certains plats
uniques comme le «tonmtonm» ou le «tchaka», pourtant certains plats sont partagés par
l’ensemble de la population comme la traditionnelle «soupe de giraumon.»

Langue : La langue, fait hautement culturel, constitue un trésor du patrimoine haïtien car
c’est un outil qui a accompagné le peuple haïtien depuis toujours et son évolution est corrélée
à l'évolution de la société haïtienne. Le créole a su se trouver lui-même, prendre forme afin de
décrire la réalité haïtienne pour ce qu’elle est et entretient un lien avec les différents haïtiens
qui la parlent.

Constructions et merveilles naturelles : certaines constructions comme la citadelle


Laferrière ou certaines merveilles naturelles deviennent au fil du temps des symboles
culturels auxquels la société haïtienne s’identifie et se reconnaît car ils font partie aussi du
patrimoine culturel haïtien et sont des haut lieux de tourisme.

Religions : La religion est un phénomène culturel très prépondérant dans une Haïti qui vit
entre deux religions, le christianisme et le vodou. Le vodou est un syncrétisme entre la
religion catholique et les rites africains, c’est une religion basée sur la relation entre les
adeptes et les loas par le biais de cérémonies et d’offrandes, il existe des loas pour les
différents aspects de la vie ex : Papa Legba, Ogou, Kouzen Zaka, Papa Loko. Le Vodou est
omniprésent dans la culture haïtienne et constitue tout un pan de l’imaginaire collectif haïtien
par les mystères qui entourent sa pratique. Le plus célèbre en est le phénomène de la
zombification, décrit comme le fait de ramener à la vie un mort pour le faire devenir un
esclave. Présent sur tout le territoire ce phénomène cristallise tout ce que le vodou a de
mystérieux. Il faut noter que le vodou constitue une religion fortement liée à l’haïtien de par
ses ancêtres et ses affiliations naturelles aux loas.

Production artisanale : La production artisanale haïtienne est un domaine riche par la


quantité astronomique de produits tous plus beaux et plus variés les uns que les autres. Les
artistes haïtiens sont passés maîtres dans la confection de colliers, de chapeaux de paille, de
sandales, de bracelets etc. Cela constitue un potentiel économique énorme et une alternative à
l'importation de ses produits en favorisant la production locale.

Tout ceci constitue une richesse et un patrimoine inestimable pour le pays qui a un devoir de
sauvegarde et de continuité envers ces trésors qui nous sont légués et qui font partie de
l’ADN culturel de notre pays.
- Revalorisation de la culture haïtienne, ouverture
vers une ère nouvelle.
Face à une société en décomposition sur tous les plans et notamment sur le plan culturel
et au regard de tout ce potentiel inexploité ne vaudrait-il pas mieux trouver une nouvelle
approche vers une ère nouvelle ?
Les Haïtiens ont besoin d’un point d’ancrage et cela en la personne de la culture. Il faut
chercher à développer la culture haïtienne pour qu’elle puisse prendre un nouvel élan, qu’elle
devienne le noyau auquel les haïtiens vont s'agglomérer pour former une identité collective
dont nous serons fiers.

- Un petit pas pour l’état, un grand pas pour la culture

Il est clair qu’une revalorisation de la culture haïtienne ne peut se faire sans le concours
de l'Etat qui a le devoir de fournir les moyens pour lutter pour la culture.
Une revalorisation passerait d’abord par l'éducation, l’état doit assurer l’éducation des jeunes
pour leur fournir le bagage nécessaire pour s'intéresser, comprendre et valoriser leur culture à
leur faire comprendre le but et la fierté de posséder un ADN propre, étant ainsi préparés, les
jeunes seraient plus à même d’aller vers leur culture non seulement en tant que spectateurs
mais aussi en tant qu’artistes.
La prochaine étape est la mise en place de structures concrètes et solides qui œuvrent
réellement pour la culture avec des personnes qui l’aiment et la connaissent. Ces structures
auraient pour mission :
- l’organisation efficace et efficiente avec une bonne gestion du temps, de l’espace et
de l’argent, d'activités culturelles dont le but est de prôner la culture haïtienne dans
toute sa splendeur (foire aux livres, activités théâtrales, foire culinaire)
- L’encadrement : il y a plein de jeunes talents qui rêvent de faire fructifier leur art mais
qui ne trouvent pas l'opportunité de le faire, alors ces structures auraient pour but
d’encadrer ces jeunes afin de faire fructifier leurs talents.
- La construction d’un certain nombre d'écoles d’art de toutes sortes pour une
production à la chaîne d’artistes de toutes les tendances. L’académisation construira
aussi une identité artistique haïtienne.
- La protection et la sauvegarde de notre patrimoine culturel, par la mise en place d’un
certains nombres de lois qui auront pour but de protéger les œuvres-d ‘art.
- Permettre aux artistes de pouvoir vivre de leur art, ainsi, n’ayant plus peur pour son
avenir, l'artiste pourra se consacrer pleinement à son art.
- Faire tourner l'économie grâce à la culture, car il y a beaucoup de débouchés
économiques à travers la culture et le pays pourrait en profiter.

Du côté de la population aussi, il faut un effort collectif, d’appui et de soutien à toute


initiative positive qui vise à harmoniser la société par la culture, en manifestant sa présence
dans les activités culturels et en essayant de soutenir et d’aider de son mieux les artistes qui
ont du talent et qui essaient de faire vivre la culture haïtienne. Et pour ceux qui sont assez
aisés pour se le permettre, le mécénat est un bon moyen d’encourager les artistes à s'exprimer
par l’art afin d’enrichir l’ADN culturel haïtien.
A noter que cette revalorisation passe par un élan national et un effort de chaque personne
pour promouvoir la culture haïtienne dans toute sa beauté, sa diversité et sa complexité.

Vous aimerez peut-être aussi