LES TROUBLES DU
SPECTRE AUTISTIQUE
(TSA)
Pr Asma Rehab Oussedik
Service de pédopsychiatrie
E.H.S Chéraga
Conférences de l’internat, Faculté de Médecine Ziania ,le 30 Juin 2018
Introduction
L’autisme suscite ces dernières années un intérêt+++
Des débats sur le plan thérapeutique et des facteurs
en cause
Le public est plus informé de son ampleur et impact
Médiatisation+++: TV, presse, cinéma…..
Consensus: importance des interventions précoces
Définition
• Trouble neuro développemental, présent dés la
petite enfance.
• Affecte le développement dans presque tous les
secteurs du fonctionnement psychique.
• Persiste avec des modifications durant la vie entiére
Historique des TED
1. PHASE PREHISTORIQUE
Formes infantiles de Schizophrénie / modèles adultes
Démence précocissime (Sante de sanctis 1933)
Démence infantile (Heller 1908)
Schizophrénie de l’enfance (Potter 1933)
2. PHASE HISTORIQUE
Kanner 1943
Asperger
3. PHASE DE DECONSTRUCTION
Fin 1970
CIM
DSM : plus de psychose, TED ,TSA
Fréquence
• De 4 à 5 pour 10 000 pour les formes les plus
« typiques » en 1980
• De 9 à 20 pour 10 000 pour l’autisme « au sens large »
en 2000
• 1 pour 150 enfants 2009
• De 60 000 à 100 000 en France (60 millions hbts)
• Environ 80 000 en Algérie
Explosion de la Frequence?
Liée à
• Diagnostic meilleur, plus précoce
• Eventail clinique plus large?
Epidemiologie
• Sexe ratio : 4,1 garçons pour une fille
• Le ratio augmente chez les autistes de haut niveau
: 6/1
• Il diminue dans les cas de RM associé : 2/1
CLINIQUE
Définition
• L’autisme infantile est un trouble neuro développemental
DIAGNOSTIC clinique
Repose sur une Triade de symptômes
- Altération qualitative de la communication
- Altération qualitative des interactions sociales réciproques
- Comportements, activités et intérêts restreints, répétitifs et stéréotypés
(troubles apparaissent avant 3 ans )
Signes cliniques
Troubles. des
INTERACTIONS SOCIALES
Moyens de régulation
des interactions
Pas d’échanges de regard
Relations avec ses pairs
Pas de sourire réponse
Ne tend pas les bras Pas d’intérêt pour les autres enfants
Pas d’échange avec les autres enfants
Pas de jeu Seul, isolé en retrait
Registre émotionnel
Pas de câlin
Pas d’angoisse de séparation
Expressions faciales inappropriées
Mauvaise compréhension des codes
Signes cliniques
Tr. de la
COMMUNICATION
Tr. de la communication
infra-verbale
Absence de pointage
Tr. du langage
Absence de gestes conventionnels/instrumentaux
Langage sans valeur de communication
Absence d’attention conjointe (écholalies…)
Retard au développement du language
Ne répond pas à son prénom
Jeux
Absence de jeu social imitatif
Absence de jeu de faire semblant
Activités de jeu répétitives
Signes cliniques
Comportements/Activités
REPETITIFS ET STEREOTYPES
Jeux répétitifs
Résistance aux lieux nouveaux
Fascination sensorielle
Stéréotypies gestuelles
Absence d’expressivité de la douleur
Tr. ASSOCIES
{ Phobies bizarres
Tr. de la marche
Crises clastiques
Automutilations
Variabilité du trouble autistique
•Les TSA est un groupe hétérogène par:
- Clinique (sujet sans langage à des sujets avec un niveau de langage au dessus de la
norme)
- La variation du degré des perturbations autistiques (intensité)
- Les troubles associés (épilepsie, anomalies génétiques, métaboliques…)
- Le niveau de fonctionnement cognitif (Déficience intellectuelle à des niveaux intellectuels
dans la norme voire au dessus de la norme).
- L’âge chronologique
La clinique de l’autisme varie avec l’âge chronologique, le niveau de développement et le
niveau intellectuel.
Symptômes = âge dépendant
La perturbation la plus constante des Tsa est la perturbation des interactions sociales.
Signes d’alerte absolue
dépistage précoce
• Les inquiétudes des parents évoquant une difficulté
développementale de leur enfant
• Absence de babillage, de pointage ou d’autres
gestes sociaux à 12 mois
• Absence de mots à 18 mois
• Absence d’association de mots à 24 mois
• Perte de langage ou de competences sociales que
que soit l’âge.
Les pathologies associées
• Les pathologies génétiques (syndrome X, fragile,
sclérose ténébreuse et Bourneville, de down
(trisomie 2)…)
• Les pathologies neurologiques et psychiatriques
(épilepsie 35%, déficiences intellectuelles 70%,
déficiences sensorielles, TOC, dépression…)
• Les troubles du métabolisme
• Le TDAH
Les origines
Conception actuelle :
L’autisme
est une pathologie plurifactorielle
à support multigénétique.
Au niveau génétique :
(1) plusieurs régions chromosomiques impliquées
Sur les chromosomes 2, 7, 15, 17 et les
chromosomes sexuels
Déficit en théorie de l’esprit
• Capacité à penser que les autres ont des états
mentaux différents des nôtres et d’avoir conscience
de nos propres états mentaux
• Nous sert à expliquer et prédire le comportement
des autres
ROLE DE L’ENVIRONNEMENT
Mercure
Nickel
Trichloroethylene
Vaccin ROR
Carence en vitamine D
FACTEURS DE RISQUE
Un frere ou sœur souffrant d’autisme
Atcd familial;de schizophrenie
Atcd familial de tb de l’humeur
Atcd familial de tb mental ou du cpt
Maternite sup a 40ans
Paternite entre 40 et 49ans
Ppn - de 2500g
Prematurité – 35semaines……
Diagnostic positif
Diagnostic clinique : observation directe, vidéos
familiales
Pas de marqueurs, Rx…
• ADOS : Echelle d’observation pour le Diagnostic
de l’Autisme
• ADI-R : Entretien semi-structuré pour le
Diagnostic de l’Autisme
• CARS : CHILDHOOD AUTISM RATING SCALE
Diagnostic différentiel
• Surdité
• Cécité
• Retard mental
• Carence affective
• Dépression du nourrisson
• Trouble des apprentissages (pour les Asperger ou
certains TEDNS)
Prise en charge
Information des parents avant l’établissement du diagnostic
Eviter d’annoncer un diagnostic avant les résultats
d’une évaluation pluridisciplinaire
Il est préférable de ne pas utiliser les termes d’autisme
ou de TSA chez un enfant de moins de 2 ans
En cas de doute diagnostique, il est préférable d’utiliser la
notion de trouble du développement dont la nature est à
préciser
Information après l’établissement du diagnostic
Les informations données doivent être les plus
exhaustives et les plus précises possibles.
Les modes de prises en charge
• DIVERS MAIS COMPLEMENTAIRES
RELATIONNELLES-PSYCHOTHERAPIQUES-EDUCATIVES
En famille et / ou dans un context institutionnel sanitaire ou médico-
éducatif
MEDICAMENTEUSES-SYMPTOMATIQUES-MOMENTANÉES
Ni systématiques, ni systématiquement exclues
REEDUCATIVES : PSYCHOMOTRICES ORTHOPHONIE (dont
MAKATON, PECS)
PEDAGOGIQUES : SCOLARISATION à temps (très) partiel, classe
spécifique?
Proposées au bon moment,
Non dépourvues d’impact relationnel.
Dans la pratique actuelle
• L’opposition n’est pas entre les différentes théories
mais entre un mode d’approche unique exclusif et
des modes d’approches complémentaires
pluridisciplinaires
• Participation active des parents
• Utilisation de tous moyens pour rétablir une
communication