Développement financier et croissance MENA
Développement financier et croissance MENA
ISSN: 2665-7473
Volume 3 : Numéro 3
ESSAID MESKINI
Enseignant Chercheur
Faculté Des Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Settat
Université Hassan I
Laboratoire de Recherche en Economie, Gestion Management des affaires
elmeskiniessaid@[Link]
MSATFA ZOUHEIR
Doctorant
Faculté Des Sciences Juridiques Economiques et Sociales de Settat
Université Hassan I
Laboratoire de Recherche en Economie, Gestion Management des affaires
Zouheirmsatfa12@[Link]
Résumé :
Mots clés :
Abstract :
Numerous recent works have highlighted the relationship between financial development and
economic growth and the most favourable "bank" or "financial market" structure for
economic growth; the importance of this subject is due to the controversial nature of the work
carried out.
This paper comes to answer these questions by measuring the impact of financial
development as measured by banking and financial market indicators on economic growth in
a sample of 10 countries in the MENA region (Middle East and North Africa) during the
period 2010 -2019,
Keywords :
Introduction :
pas une relation entre le développement financier et la croissance économique tel que le
travail de Rousseau et Watechel (2011) qui ont montré que la relation se révèle peu solide
puisqu'ils aperçoivent que le crédits accordés au secteur privés n'a aucun effet sur la
croissance économique pour la période après l’année 2000.
Nous allons essayer à travers cet article de répondre aux questionnements suivants :
Pour se faire ce travail se présentera en deux grandes parties. La première partie sera
consacrée à la présentation de la revue de littérature théorique qui a traité cette relation. La
deuxième partie sera destiné à la présentation des travaux empiriques antérieurs ainsi qu’une
étude empirique qui réexaminera l’impact des indicateurs du développement financier sur
ceux de la croissance économique dans un échantillon de 11 pays de la région de MENA
(Moyen orient et Afrique du nord) pour une période allant de 2010 à 2019.
Les premiers apports théoriques qui ont traité cette relation remonte à Bagehot (1873) qui a
montré dans sa thèse que la révolution britannique est dû à la supériorité de la liquidité des
marchés financiers, chose qui a permis la transformation des innovations en investissements
industriels. L'auteur indique aussi que la régression économique est dû à la difficulté de
mobiliser les ressources face à un système financier faible ou quasi inexistant.
Après l'arrivée de la contribution de Schumpeter(1911) qui avançait l'importance du crédit
bancaire comme étant un moyen important du développement économique dans le sens où il
permet l'amélioration de la productivité en encourageant l'innovation technologique , en plus
le banquier a la capacité de déterminer les projets les plus rentables et qui ont une forte chance
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Revue Internationale des Sciences de Gestion
ISSN: 2665-7473
Volume 3 : Numéro 3
de réussite , Schumpeter a indiqué qu'un entrepreneur a besoin des moyens financiers pour
convertir son projet à un investissement générateur de profit .
Schumpeter avançait aussi que le développement financier stimule la croissance économique
par une meilleure allocation des ressources. Lors de ces travaux il n’a pas traité l'épargne mais
il s'est focalisé principalement sur le service du crédit bancaire, en indiquant que la banque
assure le financement des projets par la création monétaire en négligeant totalement
l'existence de l'épargne ou de l'offre et la demande tout en mettant la maitrise du risque et le
financement des projets rentables primordiale.
A la suite de ces théories qui ont favorisé le développement financier via le crédit bancaire ,
ainsi que le canal « développement financier » ==> « Croissance économique » , l'arrivé de
Keynes (1936) avec un nouveau concept de l'investissement dans la production global et
l'emploi , Keynes s'intéresse aussi au taux d'intérêt en indiquant que la baisse du taux d'intérêt
permettra de favoriser l'investissement , il fait aussi la différence entre l'intermédiation censé
supporter la croissance économique ainsi que la spéculation financière génératrice de
l'instabilité financière . Keynes a indiqué aussi que le développement n'est qu'une réponse de
l'offre et la demande de l’économie réel c'est dans ce cas la finance ne cause pas la croissance
économique mais elle suit la croissance économique.
Après le courant Keynesien qui mettait peu de place au développement financier dans leur
modèle de croissance économique, plusieurs auteurs pensent que le système financier avec ses
principales composantes banque et marché financier ont un impact positif sur la croissance
économique. En effet Gerschenow (1962) a placé les banques dans les économies arriérées
dont il a montré dans son étude que le développement financier est favorable pour les pays en
voie développement et qu'ils ont besoin de réaliser une croissance économique rapide, ainsi
que le rôle de la banque augmente en parallèle au retard de l’économie. Hicks (1969 ) estime
que c’est le développement financier qui a favorisé la révolution industriel en Angleterre ,et
que cette dernière n'est pas dû principalement à l'évolution technologique puisqu'il existait
avant mais c'est grâce à la liquidité des marchés que ces innovations se sont transformés à
des investissements générateurs d'emplois et de richesses .Levine(1991) , Bencivenga Smith
et starr (1996) montrent que la liquidité du marché financier est importante pour la croissance
économique , puisqu’une liquidité renforcée permettra de faciliter les investissements à long
terme et par conséquent mènera à la croissance économique en assurant une meilleur
productivité du capital . L’importance de la liquidité se présente aussi par le changement du
comportement des agents en préférant d’investir dans les actifs financiers que de les garder
sous forme des biens métalliques, fonciers ou consommation durable, chose qui permettra de
présenter les fonds nécessaires pour les investissements.
croissance économique, en réalisant une étude sur 35 pays il a trouvé que les pays qui ont les
indicateurs financiers les plus élevés sont les pays riches tels que la grande Bretagne, l’Italie
et le Japon.
la baisse des couts de transactions et identifie cinq principaux fonctions : la facilité des
transactions financières, La mobilisation de l’épargne, la collecte de l'information nécessaire
sur les projets rentables pour assurer une meilleure allocation des fonds, la gestion et la
répartition des risques, assurer le contrôle des entreprises et agir lors de la gouvernance.
Eggoh et Villieu (2010) indiquent la présence des équilibres de la croissance endogène en
parallèle avec des niveaux de développement financier. Hung (2009) indique l’existence
d’une relation non-linéaire entre le développement financier et la croissance économique, en
distinguant les crédits destinés à la consommation aux autres destinés à l’investissement via
un modèle à générations imbriqués. En principe, l’impact du développement financier sur la
croissance dépend de l’ampleur de chaque canal qui est fortement lié au niveau de
développement financier.
Après tous ces travaux caractérisés par un controversé des résultats sur la causalité de la
relation développement financier et croissance économique ainsi que sur la structure
favorable, la prochaine partie présentera les travaux empiriques antérieurs ainsi qu’une étude
empirique sur 11 pays de la région MENA afin de réexaminer l’impact du développement
financier sur la croissance économique.
Les premiers travaux empiriques antérieurs qui traitaient la relation entre le développement
financier et la croissance ont débuté en à la fin des années 1960 par Goldsmith (1969) qui a
travaillé sur un échantillon de 35 Pays sur une période allant de 1860-1963 afin de justifier
l’existence d’une corrélation entre les indicateurs des intermédiaires financiers et la croissance
économique « corrélation » est le terme clé dans ce travail. Les résultats de Goldsmith n’ont
pas pu bien évaluer si le développement financier cause la croissance économique.
Après l’arrivée des travaux de king and levine (1993) pour combler certaines lacunes du
travail de Goldsmith, les auteurs indiquent en utilisant une étude en coupe transversale sur
donnée de panel qu’au-delà du lien positif entre les deux variables, le développement
financier permet de pronostiquer dans un horizon de 10 à 30 la croissance économique.
Roubini et sala–i-Martin (1992) donnent les mêmes résultats que celle de (King et Levine).
King and levine (1993) ont analysé plusieurs mesures de la taille du système financier, dont
ratio du crédit accordé au secteur privé en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), qui est
admis comme le meilleur indicateur de la mesure du développement financier. Si cette
évaluation est choisie c’est parce qu’un système financier qui reçoit les dépôts et puis les
orientent sous forme des crédits vers les entreprises gouvernementales ou d’état est capable de
donner un système de paiement ainsi que d’autres services qui concernent la transformation
de l’épargne, mais sont moins capable d’assurer les autres fonctions de la finance abordés
dans la partie théorique (attribuer les crédits, gère les risques, contrôler les entreprises).
Malgré que les deux auteurs King et Levine (1993) prévoyaient la croissance économique,
mais leur résultat n’a pas pu confirmer que le développement financier causait la croissance, il
fallait attendre les travaux successifs de Levine , Loayza et Beck (2000) pour trouver des
preuves qui partent dans ce sens .
Dans ce nouveau courant de littérature Beck (2000) utilise la méthode des moments
généralisés (GMM) sur panel dynamique dont il trouvait une relation positif et significatif
entre les indicateurs du développement financier et ceux de la croissance
économique représenté par les variables suivantes : Taux de croissance économique,
productivité globale des facteurs, le taux d’accumulation du capital. Rioja et Valev (2004)
montrent que le développement financier impacte la croissance économique dans les pays à
revenu faible en transformant l’épargne en moyen de production, ainsi que les pays
développés par l’augmentation de la productivité du capital.
Après la présentation des études empiriques antérieurs qui ont traité la relation entre le
développement financier et la croissance économique, la prochaine partie sera consacré à une
étude empirique afin de réexaminer l’impact du développement financier sur la croissance
économique sur un échantillon de 11 pays de la région MENA (Moyen Orient et Afrique du
nord).
Notre choix est justifié par la disponibilité des données, ainsi que l’appartenance à la zone
Mena ; la cible de notre étude.
-La croissance économique : Taux de croissance annuel en pourcentage du PIB aux prix du
marché, basé sur une monnaie locale constante. Les agrégats sont basés sur le dollar
américain constant de 2010. Le PIB c’est la somme de la valeur ajoutée brute de tous les
producteurs résidents de l'économie, plus les taxes sur les produits et moins les subventions
non incluses dans la valeur des produits. Il est calculé sans déduction de la dépréciation des
actifs manufacturés ou de l'épuisement et de la dégradation des ressources naturelles.
-Crédit intérieur fourni au secteur privé en pourcentage du PIB (Produit intérieur brut) : Le
crédit comprend tous les crédits aux différents secteurs privé à l'exception du crédit au
gouvernement central, qui est net. C’est indicateur selon Levine c’est le meilleur indicateur
pour mesurer le développement financier puisqu’un système financier capable de collecter les
dépôts et les transférer vers le secteur privé sous forme de crédit est capable d’assurer les
autres fonctions économiques du système financier déjà présenté dans la partie théorique
-La masse monétaire M3 par rapport au PIB (Produit intérieur brut) ; Les passifs liquides sont
également connus sous le nom de monnaie au sens large, ou M3. Ils correspondent à la
somme de la monnaie et des dépôts à la banque centrale (M0), plus les dépôts transférables et
la monnaie électronique (M1), plus les dépôts à terme et les dépôts d'épargne, les dépôts
transférables en devises, les certificats de dépôt et les pensions de titres (M2), plus les chèques
de voyage, les dépôts à terme en devises, les billets de trésorerie et les parts de fonds
communs de placement ou de fonds de marché détenus par les résidents.
-La valeur des titres échangés en pourcentage du PIB (Produit Intérieur Brut) : est le nombre
total d'actions négociées, à la fois nationales et étrangères, multiplié par leurs prix respectifs.
Les chiffres sont comptés individuellement (un seul côté de la transaction est pris en compte).
Les sociétés admises à la cote et à la négociation sont incluses dans les données. Les données
sont des valeurs de fin d'année converties en dollars américains en utilisant les taux de change
de fin d'année correspondants.
CP : Consommation publique
Titreséch : La valeur des titres échangés par rapport au PIB (Produit intérieur brut)
Nos données utilisées sont des données de panel de 11 pays de la zone Mena durant la période
2010-2019. Comme les statistiques en panel se caractérisent par leur double dimension
individuelle et, la combinaison de ces deux dimensions nous permet de constituer une base de
données significative. Dans notre épreuve empirique, nous obtenons un échantillon de 110.
L’ensemble des données sont tirés à partir de la base de données de la banque mondiale,
Concernant la méthode d’estimation nous avons opté pour la méthode de Discroll and kraay
(1998), cette méthode a prouvé certaine robustesse dans l’estimation des données panel, la
structure des erreurs est supposée être hétéroscédastique, auto corrélée jusqu'à un certain
retard et peut-être corrélée entre les groupes (panels). Les erreurs-types de Driscoll-Kraay
sont robustes à des formes très générales de dépendance transversale (spatiale) et temporelle
lorsque la dimension temporelle devient importante. Cette technique non paramétrique
d'estimation des erreurs-types n'impose aucune restriction quant au comportement limitatif du
nombre de panels. Par conséquent, la taille de la dimension transversale dans les échantillons
finis ne constitue pas une contrainte de faisabilité - même si le nombre de panels est beaucoup
plus grand que T
2.3.2 Résultats :
Tableau N°1 :
Drisc/Kraay
GR Coef. Std. Err. T P>t [95% Interval]
Conf.
-Face à ces résultats obtenus on constate que la variable Crédit intérieur fourni au secteur
privé en pourcentage du PIB est significatif avec un p-value de 0,068 < 10% et il impacte
positivement la croissance économique. En effet une augmentation de 1% du crédit
domestique mènera à une croissance économique de 0,3 %. Ce qui prouve l’impact de l’octroi
du crédit au secteur privé sur la croissance économique. Ce résultat nous positionne aux
travaux de Gerschenow (1962) et Shen lee (2006) , Levine (2005) qui indiquent que le secteur
bancaire est favorable à la croissance économique via l'octroi du crédit bancaire au secteur
privé .Ainsi que ce résultat respecte la fonction de la facilitation des échanges et des bien de
services qui nécessite l’octroi des crédit au secteur privé avec une bonne allocation des
ressources chose qui mènera à l’augmentation de la productivité du capital et par conséquent
la croissance économique . Levine a indiqué aussi qu’un secteur financier capable d’assurer
une réorientation de l’épargne vers le secteur privé est capable de respecter les autres
fonctions de gestion de risque et de l’information .Ce résultat positif de l’impact
Crédit intérieur fourni au secteur privé sur la croissance économique nous positionne aussi
dans le même approche que Paggano (1993) que la production est une fonction du capital
alors une augmentation de la productivité du capital se fera par l'octroi du crédit tout en
insistant de même sur la capacité à sélectionner des projets .
-Le ratio de la capitalisation par rapport au PIB est significatif avec un P-value de 0,007<10%
et il impact positivement la croissance économique, dont un accroissement de 1% de ce ratio
impactera positivement la croissance avec 0,074 %, ce résultat confirme l'étude théorique de
Levine et Zervos (1996) qui traitait l’importance du marché boursier dans la croissance
économique, cet indicateur du développement du marché boursier.
-Le ratio des valeurs titres échangés par rapport au PIB est significatif avec un P-value de
0,041< 10% et il impact positivement la croissance économique , dont une évolution de 1%
de cet indicateur implantera la croissance par un accroissement de 0,10 % , ce résultat est
conforme à la théorie Smith et Starr (1996 ) et Rousseau et Watchell (2000) en indiquant que
la liquidité de marché financier permettra de financer les investissements à long terme ,
puisqu'elle incitait les épargnants à minimiser leurs épargnes sous forme d'un bien métallique
, bien , ou de consommation durable chose qui est favorable au profits des titres financiers ,
ce qui permettra de présenter les fonds nécessaires pour les investisseurs pour la réalisation
de leur projet ce qui augmentera la productivité du capital et par conséquent la croissance
économique .
- Masse monétaire M3par rapport au PIB est significatif avec un P-value de 0,020 <10% et
impacte négativement la croissance économique, dont un accroissement de 1% impactera
négativement la croissance économique de -0,36%. L’effet économique de la masse monétaire
puisqu’une augmentation de la masse monétaire incitera les agents à investir et à consommer
mais avec l’apparition l’inflation (surchauffe de l’économie). En revanche, une diminution de
la quantité de la monnaie causera une dépréciation de l’activité de l’économie dû au manque
de liquidité.
- Pour la dépense de consommation final des administrations publics elle n’est pas significatif
puisque la p-value est de 0,215>10% alors cette variables n’exerce aucun effet sur la
croissance économique , par contre la consommation publique avec un p- value de 0,043
Conclusion :
Comme nous l’avons remarqué d’après la littérature théorique et empirique qui traite la
relation entre le développement financier et la croissance économique, l’ambiguïté sur la
nature de la relation est toujours existante malgré le nombre important des études réalisées le
controversé des résultats est toujours présents.
D’après notre étude empirique sur 11 pays de la région MENA ( moyen orient nord-africain )
on a essayé d’examiner cette relation en mesurant l’impact du développement financier sur la
croissance économique , les recommandations à donner est de consacrer plus d’importance
aux indicateurs financiers et les intégrer dans les nouveaux modèle de croissance , dont on
constate que les pays qui réalisent un faible taux de croissance se caractérisent par des faibles
ratios du crédit distribués au secteur privé sur le PIB tel que l’Algérie, Egypte, Lybie, Iran,
Iraq chose qui n’est pas favorable pour la croissance économique , puisqu’une distribution
des crédits accompagnée d’une bonne allocation des ressources mènera à un accroissement de
la valeur ajouté et automatiquement à une croissance économique .
Pour les deux ratios de la capitalisation boursière et la valeur total des titres échangés par
rapport au PIB qui sont deux indicateurs de mesure du marché financier , on constate que la
liquidité de marché présenté par le deuxième indicateur a un impact très important sur la
croissance économique , ce qui nous emmène à recommander les pays de la région de
développer leurs marchés financiers comme étant une structure importante du système
financier pour le financement des projets rentables tout en respectant les 5 fonctions
économiques du système financier présenté par Levine.
On constate aussi que pour notre échantillon de 11 pays de la région qui sont principalement
des pays en voie de développement sauf le cas de l’Arabie Saoudite et Qatar et Israël qui sont
des pays émergents on remarque que le crédit distribué au secteur privé à un impact plus
important que les indicateurs du marché financier.
Ce qui nous emmène à poser la question sur la structure du système financier la plus favorable
Bibliographie :
Webographie
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_la_croissance_economique_en_Algerie_durant_la_periode_2000_-2015
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