Cours d'hydrogéologie : Eaux souterraines
Cours d'hydrogéologie : Eaux souterraines
Enseignant :
M. KOUA KADIO
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HYDROGEOLOGIE
SOMMAIRE
CHAPITRE 1 : IDENTIFICATION DES EAUX SOUTERRAINES
Introduction
1.1. Définition
1.2. Description du contexte hydrogéologique
1.3. Propriétés hydrodynamiques des roches
1.4. Surface et niveau piézométrique
1.5. Niveau piézométrique
1.6. Grands systèmes aquifères
CHAPITRE 2 : DESCRIPTION DU PROCESSUS D’ALIMENTATION DES NAPPES
D’EAUX SOUTERRAINES
Introduction
2.1. Description du cycle hydrologique ou cycle de l’eau
2.2. Notion de Bassin versant d’un cours d’eau
2.3. Calcul de la pluviométrie moyenne ou lame d’eau
2.4. Carte piézométrique
CHAPITRE 3 : STRATEGIE DE CAPTAGE DES EAUX SOUTERRAINES
3.1. 3.1- Les techniques de forages et de creusement des puits
3.2. Techniques de développement des forages
3.3. Les pompages d’eau
3.4. Dépérissement des forages d’eau
3.5- Remèdes
CHAPITRE 4 : HYDROGEOCHIMIE
4.1- les techniques d’analyses physico-chimiques
4.2-les différents constituants de l’eau
4.3-les techniques d’analyses statistiques des données hydrogéochimiques
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CHAPITRE 1 : IDENTIFICATION DES EAUX SOUTERRAINES
INTRODUCTION
L’étude du cycle de l’eau ou hydrologie au sens large est habituellement divisé en 3 parties :
- La météorologie encore appelée climatologie : elle comporte la circulation générale des
eux au niveau de l’atmosphère, le bilan énergétique de l’atmosphère, les précipitations,
l’évaporation et l’évapotranspiration.
- L’hydrologie de surface : elle s’intéresse aux écoulements dans le réseau
hydrographique. Ses objectifs sont :
L’évaluation des ressources disponibles ;
Le calcul des volumes de retenu nécessaire pour assurer un débit donné ;
La prévision des risques de crue.
- L’hydrologie souterraine ou hydrogéologie.
L'hydrogéologie est la science des eaux souterraines. Elle a pour objet l'étude du rôle des
matériaux constituant le sol et le sous-sol et des structures géologiques dans l'origine, la
distribution et le mode de gisement, les modalités de l'écoulement et les propriétés physico-
chimiques de l'eau. Elle se préoccupe également de l'exploitation et de la conservation des
ressources en eaux souterraines. L'hydrologie étant définie comme la science des eaux de la
Terre, l'hydrogéologie se réserve le domaine englobant le sol et le sous-sol et les interactions
de la géologie avec les eaux de surface.
La recherche et l'exploitation des eaux souterraines est aussi ancienne que l'activité humaine.
Mais l'hydrogéologie est née véritablement au XIXe siècle avec la géologie dont elle a bénéficié
des progrès. Elle a pris son plein essor à partir des années quarante sous la pression des
impératifs du développement.
L'eau est une substance minérale dont la prospection, l'étude des gisements et les techniques
d'exploitation relèvent de la géologie appliquée au même titre que le pétrole, les minéraux ou
les substances utiles. Toutefois, les eaux souterraines exigent des techniques plus complexes
car elles sont renouvelables, contrairement aux mines dont les réserves sont fixées
définitivement. Des méthodes spécialement adaptées à l'hydrogéologie sont fournies par
diverses disciplines connexes, comme la géomorphologie appliquée, l'informatique géologique,
l'hydrodynamique souterraine, l'hydrogéochimie et la géochimie isotopique.
La reconnaissance des eaux souterraines exige des données précises, tant sur la nature
lithologique des formations géologiques que sur leur localisation, leur disposition et leur
architecture, dont la synthèse aboutit à la définition et à l'identification des structures
hydrogéologiques.
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1.1. Définition
On appelle eau souterraine, toute accumulation d’eaux dans les pores d’un terrain perméable,
eau capable de circuler librement sous l’effet de la gravité.
L’étude des conditions d’accumulation et de circulation des eaux dans les roches est appelée
l’hydrogéologie. C’est une science pluridisciplinaire au champ d’application très vaste. Elle
englobe les spécialités suivantes : l’hydrodynamique souterraine, l’hydrostructural et genèse
des réservoirs, l’hydrochimie, isotopie et âge des eaux, gestion et évaluation des ressources en
eau souterraine, télédétection et système d’information appliqué à l’hydrogéologie.
1.2. Description du contexte hydrogéologique des roches
1.2.1. Notion de roche
Les roches sont les matériaux constitutifs de l’écorce terrestre. Ces matériaux sont formés de
minéraux et présentent une homogénéité de composition, de structure et de modèle de
formation. On distingue selon le modèle de formation 3 familles de roches :
- Les roches magmatiques, elles proviennent de la solidification du magma (granite,
dolérite, basalte…) ;
- Les roches exogènes ou sédimentaires, elles se forment en surface par diagenèse des
sédiments. On peut citer parmi elles, les roches siliceuses (sable, grès), les roches
argileuses (kaolinite), les roches calcaires, les roches salines (halite) ;
- Les roches métamorphiques, elles proviennent de la transformation des roches
magmatiques, sédimentaire et même métamorphique soumise à des T° et P°
particulières.
1.2.2. Notion d’aquifère
[Link]. Le milieu poreux
Un milieu est dit poreux lorsqu’il possède des vides. De même, une roche poreuse est une roche
qui possède des vides entre ses grains. Ex : certaines roches comme le sable et le grès se
présentent sous forme de grain au sein desquels subsistent des vides, on dit qu’elles sont
poreuses.
- Un milieu poreux est dit continu si ses vides sont connectés entre eux dans le sens de
l’écoulement du liquide qu’il contient ;
- Un milieu poreux est dit homogène si ses caractéristiques sont constantes dans le sens
de l’écoulement du liquide. Dans le cas contraire, il est dit hétérogène.
[Link]. Un aquifère
Un aquifère est un terrain qui possède des caractéristiques favorables à l’accumulation et à la
circulation d’eau. Il comporte une zone saturée et une zone non-saturée. Il est limité à la base
par une roche imperméable appelée mur et à la surface par une roche perméable ou imperméable
appelée toit.
a. Caractéristiques des aquifères
Les aquifères peuvent être caractérisé dans le détail par :
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- Une structure et une configuration qui déterminent leur capacité à contenir de l’eau : on
parle de concept de réservoir
- Une masse d’eau qui circule plus ou moins librement en fonction des paramètres
hydrodynamiques du milieu. On parle de concept de flux.
- Des échanges permanents de flux de matières et d’énergies. On parle de concept
d’échange naturel ou induit.
- Une sensibilité aux impulsions extérieures et une aptitude à réagir à ses impulsions avec
un retard plus ou moins long par des variations d’états internes. On parle de concept de
‘‘milieu vivant’’.
b. Différents types d’eaux dans le sol
Il existe plusieurs catégories d’eaux dans le sol (planche 1) :
- Eaux de retentions : ce sont des molécules d’eaux attirées à la surface des grains par des
forces d’origines moléculaires prépondérantes. Cette eau peut se déplacer à l’état de
vapeur ou être extraite par dessiccation (action de dessécher).
- Eau capillaire : c’est l’eau fixée entre les grains par le jeu des tensions superficielles.
Elle peut être extraite par centrifugation.
- Eau gravifique : c’est l’eau libre soumise aux forces de gravités
c. différents types d’aquifères
Les aquifères sont classés selon différent critères : la lithologie, le mode de formation et
l’extension de la roche, la profondeur de la couche et le nombre de couche.
- Aquifère en fonction de la lithologie de la roche
Selon la lithologie, on peut citer les aquifères de sable, les aquifères gréseux, les aquifères
conglomératiques, les aquifères de calcaire qui en générale offrent les plus grands et meilleurs
types d’aquifère. Les calcaires donnent les aquifères Karstiques tandis que les sables fournissent
les aquifères poreux les plus captés dans le monde. Au contraire, les argiles, les marnes, les
cuirasses et d’une manière générale, les roches cristallines ne sont à priori pas de bons aquifères.
Cependant, les roches cristallines peuvent contenir de l’eau dans des conditions exceptionnelles
lorsqu’elles sont fracturées.
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Le mode de formation permet d’avoir les roches cristallines, cristallophylliennes (roches
cristallines montrant des feuillets riches en phyllites, Cette expression désigne en particulier les
roches du métamorphisme général de la séquence pélitique, représentées par les schistes,
micaschistes et gneiss et par les migmatites), sédimentaires. De ce point de vu, on appelle
aquifère discontinu, les aquifères de fractures et les aquifères d’altérites ; et aquifère continu
les aquifères de bassin sédimentaire de grandes extensions régionales. Les aquifères discontinus
sont souvent appelés les aquifères isolés ou limités tandis que les aquifères continus sont des
aquifères généralisés ou infinis.
- Aquifère en fonction du nombre de couche
Un aquifère peut être formé d’une seule couche (monocouche), de 2 couches (bicouches),
plusieurs couches (multicouches).
- Aquifère en fonction de la profondeur des couches
Si on tient compte de la profondeur à laquelle on trouve les aquifères, on distingue des aquifères
de subsurface, de semi-profondeur ou de profondeur.
Les aquifères de subsurface donneront plus tard naissance aux nappes phréatiques (Nappe
d’eau souterraine libre, peu profonde et accessible aux puits habituels. Le niveau phréatique est
la surface libre de cette nappe, correspondant au niveau de l’eau dans les puits).
[Link]. Conditions de formation de piège ou de réservoir d’eaux souterraines
Pour qu’un piège ou un réservoir d’e au existe, il faut que les conditions suivantes se réalisent :
- Condition stratigraphique (piège stratigraphique)
Un réservoir stratigraphique prend naissance à la faveur des phénomènes de sédimentation et
stratification dans un bassin. Dans ce cas, une couche de nature favorable à la formation de
nappe d’eau comme les sables s’est déposée au sein de la série stratigraphique. De même,
lorsqu’une montagne est soumise au phénomène d’érosion et que les sédiments érodés sont
transportés et déposés dans une dépression, on obtient un trièdre par érosion.
- Condition tectonique (piège tectonique ou structural)
Un piège tectonique est un piège crée à la suite des phénomènes tectoniques tels que les
fractures, les cassures et les plissements. Les cassures ou fractures peuvent donner des contacts
anormaux favorisant aussi l’accumulation et la circulation des eaux dans les roches. Aussi, les
eaux peuvent s’accumuler dans les synclinaux, suite à des déformations souples ductiles des
roches.
- Piège par subsidence
Dans le cas d’une subsidence, il y a non seulement transport et accumulation de sédiments dans
un bassin, mais sous le poids des matériaux accumulés, les terrains s’affaissent en donnant par
diagenèse la compaction des roches sédimentaires favorable à la formation des réservoirs. Ce
phénomène provoque souvent la captivité de certaines couches de sable qui deviennent par la
suite des aquifères captifs. C'est-à-dire des aquifères prisonniers.
- Piège volcanique
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Certaines coulées volcaniques fournissent d’excellents réservoirs d’eau souterraine c’est le cas
des rhyolites.
[Link]. Aquifères et provinces hydrogéologique d’Afrique de l’ouest
En Afrique de l’ouest les réservoirs d’eaux souterraines se développent au sein de 3 grandes
provinces hydrologiques : province des vieux bassins sédimentaires, province des bassins
récents et province des socles cristallins et cristallophylliens.
Ensemble géologique Localisation Age Roches Qualités
hydrogéologiques
Aquifères de vieux -Bassin de Précambrie Grès à Stériles, excellent
bassins Taoudéni n sup. ou intercalation ; réservoirs, gros
-Bassin de la paléozoïque schiste débit
volta inf. pélitique ;
calcaire
dolomitique.
Aquifères de bassins Abidjan, Crétacé à Calcaire, Réserves
récents Togo, Ghana, quaternaire sable et argile importantes
Bénin sableuse facilement
renouvelable
Aquifères d’altérites Zones Actuel Sable Aquifère sous
humides argileux ; influence
ouest- arènes saisonnière
Africaine grenues
Aquifères Côte d’Ivoire, Birimien Schiste ; Aquifères liés à : -
volcanosedimentaires Ghana, Mali, grès orthose ; intercalation
Guinée conglomérat détritique
-volcano-détritique
Aquifères granito- Affleurement Précambrie Granites Aquifères de
migmatitiques du craton n migmatitique fissures profondes
, gneiss ouvertes
Aquifères carbonatés Dans tous les Précambrie Calcaire, Karts ; grottes,
bassins n ou dolomite, rivière hypogée
tertiaire marne
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- Une épaisseur qui est la différence de cote entre le mur et le toit.
Une particularité de la nappe libre est la nappe phréatique qui est exposée aux aléas climatiques.
Certaines nappes libres sont constituées par des plateaux calcaires ou les vides sont surtout des
fissures élargies par la dissolution : ce sont les karts. Ces vides prennent parfois de grandes
tailles qui peuvent donner lieu à des grosses sources d’eau qu’on appelle souvent des fontaines.
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[Link]. Aquifère à nappe semi-captive
C’est une nappe imparfaitement captive c'est-à-dire une nappe qui se trouve entre deux couches
semi-perméables ou l’une des deux (toit-mur) semi-perméables.
[Link]. Condition d’existence de nappe d’eau souterraine dans une région
Pour qu’une nappe d’eau souterraine existe dans une région, il faut que les conditions suivantes
se réalisent : condition lithologique, condition d’alimentation, condition structurale.
- Condition lithologique : dans une région, les roches en place doivent être perméables
pour permettre l’infiltration des eaux issues des précipitations. En d’autres terme, il faut
qu’il existe des aquifères dans la région.
- Condition d’alimentation : pour que le sous-sol d’une région contienne de l’eau, il faut
que cette région soit nécessairement arrosée par des pluies abondantes.
- Condition structurale : l’évolution structurale des roches dans une région est un facteur
qui favorise l’existence de nappes d’eaux car elle conditionne la formation des
réservoirs. Par exemple une structure inclinée draine les eaux souterraines vers d’autres
régions plus éloignées. Ainsi, en fonction de leur comportement, les structures
tabulaires verticales, monocliniques, plissées, faillées etc. peuvent générer ou favoriser
la formation de nappes.
1.3. Propriété hydrogéologique des roches
La qualité hydrogéologique d’une roche est déterminée par ses paramètres géométriques et
hydrodynamiques.
1.3.1. Notion de stock d’eau dans un aquifère
La qualité d’eau stockée dans un aquifère pendant un instant donné est fonction du volume du
réservoir et de sa capacité à contenir de l’eau.
[Link]. Notion de porosité
La plupart des roches contiennent un certain pourcentage de vide pouvant contenir ou héberger
de l’eau : on parle de porosité des roches. Si les vides communiquent entre eux, la porosité
est dite ouverte et peut donner naissance à une nappe d’eau souterraine. Au contraire une
porosité fermée comme c’est le cas des argiles des pierres ponces ou des marnes ne peut donner
naissance à aucune nappe d’eau souterraine. On rencontre la porosité ouverte surtout dans les
sédiments meubles tels que les graviers et les sables. Les sédiments à grains consolidés comme
les grès ou les calcaires peuvent acquérir une porosité de dissolution ; tandis que les roches
cristallines acquièrent une porosité de fractures ou de fissures.
La porosité est le rapport du volume total des vides sur le volume total de la roche.
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- Porosité primaire ou congénitale : c’est la porosité intrinsèque de la roche au moment
de sa formation. Elle se rencontre aussi bien dans les roches meubles ou roches
incohérentes que dans les roches compactes. Cette porosité comprend :
La porosité d’interstices : elle est due à la présence des vides entre les grains
constituant la roche. Elle est souvent détruite par cimentation.
La porosité vacuolaire : elle est due à la présence de cavités complètement
clauses.
- La porosité secondaire ou acquise : c’est la porosité due à une dégradation de la roche
par des phénomènes physiques et chimiques. Elle se rencontre le plus souvent dans les
roches compactes. Cette porosité comprend :
La porosité de fissure ou de fracture : elle est due aux déformations tectoniques,
aux plans de stratifications ou encore à la foliation et à la schistosité. Elle est
également due au phénomène de rubanement. Les fissures s’organisent en
plusieurs directions principales créant ainsi un réseau de fissures plus ou moins
interconnectées.
Porosité de chenaux : elle est causée par la dissolution des roches solubles telles
que les calcaires ou par la croissance des plantes dans les plants de failles.
Remarque : plusieurs types de porosité peuvent exister dans une même roche c’est le cas des
calcaires qui peuvent avoir à la fois une porosité d’interstice, de chenaux et de fissures.
Types de roches Exemples Valeur de porosité (%)
Graviers 25 – 40%
Sable 10 – 30%
Roches meubles Arènes granitiques 10%
Argiles 4 – 5%
Vases 80 – 90%
Schistes 1 – 10%
Roches compactes Grès 4 – 25%
Granites 0,01 – 5%
[Link]. Surface spécifique
Elle correspond à la surface totale du réservoir. En effet, la quantité d’eau dans un aquifère est
d’autant plus importante que la surface spécifique du réservoir est grande.
( ²)
=
é ( )
[Link]. Coefficient d’emmagasinement (S)
Il exprime le rapport entre le volume d’eau libérée par unité de surface et la variation de la
charge hydraulique.
é é é ( )
=
( )
1.3.2. Notion de flux d’eau dans un aquifère
En plus de sa capacité de stockage, un aquifère est capable de conduire l’eau. L’écoulement est
déterminé par un certain nombre de paramètre :
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- La perméabilité et la transmissivité ;
- La charge hydraulique et le gradient hydraulique ;
- Le débit et la vitesse d’écoulement.
[Link]. Perméabilité et transmissivité
- Coefficient de perméabilité : par définition, un milieu est dit perméable lorsqu’il se
laisse traverser par un fluide. Autrement dit, c’est la plus ou moins grande facilité que
possède un terrain à laisser circuler un fluide. Cette perméabilité dépend de plusieurs
facteurs :
1. la nature de la roche (dimension des pores, rugosité des parois)
2. la nature du fluide (viscosité, densité, la température)
3. Interprétation éventuelle d’ordre chimique et physique entre le flux et la roche.
: caractérise la résistance rencontrée par le fluide qui circule dans les vides du réservoir.
d10 : diamètre efficace des grains
N : facteur qui concerne la granulométrie, la forme et l’arrangement des grains.
- La transmissivité est la quantité d’eau qui s’écoule par unité de longueur dans un
aquifère sous l’effet du gradient hydraulique.
T (m2/s) = K.e avec e : épaisseur de la nappe
En nappe captive, T reste constante alors qu’en nappe libre, elle peut varier à cause de la
variation de l’épaisseur de la nappe.
[Link]. Charge hydraulique et gradient hydraulique
- charge hydraulique ou perte de charge : En milieu hydraulique, l’énergie est exprimée sous
forme de charge ou de hauteur d’eau.
La charge hydraulique ou perte de charge est exprimée sous forme de charge ou de hauteur
d’eau.
La charge hydraulique ou perte de charge est la ddp entre deux points d’altitudes différentes.
ZA
h= (ZA + A ) - (ZB + B )
h= ZA – ZB
h i
ZB
-le gradient hydraulique ou perte de charge par unité de longueur : Le gradient hydraulique est
la variation de la charge hydraulique sur la variation d’une longueur considérée.
11
=
= W : porosité
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1.5. Niveau piézométrique
C’est le niveau supérieur de l’eau au repos dans les forages. On l’appelle aussi pression
piézométrique ou charge hydraulique. On le mesure à l’aide d’un piézomètre.
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1.6.2. Système aquifère des bassins sédimentaires
Le socle au cours des années subit de nombreux accidents géologiques créant ainsi des
dépressions qui sont par la suite comblés par des dépôts sédimentaires plus ou moins récents.
Ces dépôts donnent ainsi des zones appelées bassin sédimentaire. Les aquifères de ces bassins
se caractérisent par :
- Une présence continue d’eau dans les couches ;
- Des aquifères très étendus ;
- Des aquifères qui possèdent une bonne porosité et perméable ;
- L’existence de plusieurs couches superposées ;
- De façon générale une constance des paramètres hydrodynamique.
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CHAPITRE 2 : DESCRIPTION DU PROCESSUS D’ALIMENTATION DES NAPPES
DES EAUX SOUTERRAINES
Dans la nature, l’eau a une importance capitale dans la vie des hommes. Au plan socio-
économique, elle est utilisée dans la consommation humaine, les industries, le transport,
l’énergie, le loisir etc...
Au plan des catastrophes, on peut citer les inondations, les glissements de terrain, les
écoulements, les éboulements de terrain qui sont en général causés par l’eau. Sur le plan
géologique, l’eau transporte les sédiments des continents vers les mers. Selon des études
scientifiques le volume d’eau dans le globe terrestre dépasserait les 1 milliard de km2.
En effet, l’eau recouvre les 3/4 de la surface de la terre formant les rivières, les océans, les
glaciers…. On en trouve également dans l’atmosphère, dans les nappes phréatiques et
profondes. Elle se libère de la planète et y retourne par un phénomène connu sous le nom de
cycle hydrologique ou cycle de l’eau.
La distribution de l’eau à la surface du globe varie d’une saison à l’autre et d’une année à l’autre
mais la quantité globale demeure plus ou moins constante.
En effet, l’alimentation des nappes d’eau souterraine dépend du facteur pluie et du facteur
équilibre entre infiltration ruissellement et évapotranspiration desquelles dépendent du
relief. Par conséquent, le relief, la nature du sol et le couvert végétal jouent un rôle
fondamental dans l’alimentation des nappes. Ceci explique pourquoi des aquifères
importants existent dans les formations sableuses sahéliennes où il pleut moins de 300 mm par
an alors que dans les zones forestières où il tombe environ 1000 mm d’eau par an,
l’alimentation du sous-sol est extrêmement précaire.
L’alimentation des nappes est en effet comme des précipitations soumise à de forte variation
inter-annuelle. Il en résulte des fluctuations du niveau de l’eau qui sont plus ou moins
importants et plus ou moins prévisible que l’on doit prendre en compte dans la hauteur de
captage des ouvrages.
Le cycle de l’eau se compose de l’évaporation des eaux de mer plus la transpiration des
végétaux (évapotranspiration : ETP), les précipitations (P), le ruissellement (R) et
l’infiltration (I). Au terme du cycle, l’eau retourne à la mer par l’écoulement souterrain et le
ruissellement. L’eau de mer s’évapore sous l’influence du soleil, à cette évaporation s’ajoute
celle des plans d’eau à la surface (fleuve, lac…..) ainsi que la transpiration des végétaux. Il
résulte de ces phénomènes des formations de nuages qui vont migrer vers les continents à
travers la circulation atmosphériques. Les nuages se condensent et donnent des précipitations.
L’eau qui tombe ainsi se ruisselle pour s’infiltrer dans les océans où le cycle se renferme. Le
bilan ou l’équation du cycle d’eau donne ainsi.
P= ETP+ R+ I ± W P= pluie
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Schéma du cycle de l’eau (voir planche)
Dans chaque bassin versant il y a un cours d’eau principal et ses affluents. Le bassin versant
d’un affluent est appelé sous bassin car son exutoire se trouve à l’intérieur du grand bassin
a) Caractéristique de forme
Le contour du bassin traverse les diverses distances relatives aux points de concentration ou
exutoire. Il est représenté par l’indice de compacité de Gravelluis (Kc) de formule Kc
Kc = P/ = 0, 28 P/
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Kc = Indice de compacité de Gravelluis
En général lorsque :
Kc = 1 le bassin à la forme d’un cercle
Kc = 1,12 le bassin à la forme d’un carré
b) Le rectangle équivalent
Il est souvent utilisé pour comparer le comportement de l’écoulement et les caractéristiques de
plusieurs bassins. Pour cela on suppose que pour les mêmes conditions climatiques,
l’écoulement sur le bassin est identique à ce qui serait sur un bassin rectangulaire de même
superficie, de même coefficient de compacité, de même répartition hypsométrique en supposant
que la distribution des sols, de la végétation et le drainage est partout identique pour le bassin.
Les dimensions du rectangle équivalent sont :
, ,
L= [1+ ( )² ] l= [1- ( )² ]
, ,
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Tranche d’altitude i (Km²) % i % cumulé
0 - 20 25 12,5 12,5
20 - 40 40 20 32,5
40 - 60 55 27,5 60
60 - 80 45 22,5 82,5
80 - 100 35 17,5 100
200 Km² 100 100
L’histogramme renseigne sur la tranche d’altitude dominante alors que la courbe hypsométrique
renseigne sur l’altitude moyenne.
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d) Organisation du réseau de drainage
Le réseau hydrographique désigne l’ensemble des canaux naturels où s’écoule les eaux de
ruissellements et restituées par les nappes souterraines sous forme de source. Pour l’étude du
réseau hydrographique il faut s’intéresser à l’ordre des cours d’eau, à la densité de drainage, au
patron du drainage et à la morphologie.
Selon STRAHLER, tout cours d’eau sans affluent est d’ordre 1 ; tout cours d’eau formé à partir
de deux cours d’ordre n qui se rencontrent, le cours d’eau résultant est d’ordre n+1. Lorsque
deux cours d’eau d’ordre différents se rencontrent, le cours d’eau qui en résulte conserve l’ordre
le plus élevé.
Densité de drainage
le patron de drainage
L’allure des cours d’eau en surface est en rapport avec la manière dont le substratum est
fracturé. Il existe ainsi les drainages dendritiques, les drainages annulaires, les rectangulaires…
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la morphologie d’un cours d’eau
Chaque cours d’eau se subdivise en trois parties :
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2.3.1. Méthode arithmétique
Soit la quantité de pluie (hauteurs de pluie) P1, P2, P3……Pn nommées aux différentes
stations A, B, C,…..N.
……
L= =
L= + +
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L= + + =
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2-4-2. Relation entre nappe rivière
Le comportement des équipotentiels et les lignes de courant renseigne sur la relation entre la
nappe et la rivière. Lorsque la nappe alimente la rivière, les équipotentiels sont en forme de V
renversé dont les pointes sont dirigés dans le sens croissant des équipotentiels, c'est-à-dire dans
le sens contraire de l’écoulement de l’eau. Par contre, lorsque la rivière alimente la nappe, les
équipotentiels sont en forme de V normal dont les pointes indiquent le sens de l’écoulement de
l’eau.
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CHAPITRE 3 : STRATEGIE DE CAPTAGE DES EAUX SOUTERRAINES
3.1- Les techniques de forages et de creusement des puits
Pour forer à travers tous ces différents types de formations (sols), de nombreuses techniques de
forage manuel ont été développées et sont utilisées dans le monde. Dans tous les cas, la
technique de forage doit (a) casser ou couper la formation, (b) dégager les matériaux coupés (le
sol) du trou, et (c) si nécessaire, fournir un support aux parois du trou, pour éviter qu’il ne
s’effondre pendant le forage. Voici une brève présentation des principales techniques
3.1.1- les techniques de forage manuel
a) La tarière manuelle
La tarière manuelle est constituée de tiges métalliques extensibles pouvant être tournées par
une poignée. A l’extrémité de la dernière tige peuvent être fixés différents types de tarières
métalliques (outil de fonçage). La tarière sélectionnée est tournée dans le sol jusqu’à ce quelle
soit remplie de matériau, puis elle est remontée à la surface pour y être vidée. A chaque type de
formation (sol) correspond un type de tarière avec une forme spécifique. Au-dessus du niveau
de la nappe d’eau (niveau statique), le trou de forage reste en général ouvert sans être soutenu.
En dessous du niveau statique, un pré-tubage temporaire en PVC peut être nécessaire pour
éviter que le trou ne s’effondre. En forant à l’intérieur d’un pré-tubage temporaire, les débris
de sol peuvent être enlevés soit avec une tarière classique, soit avec une tarière à clapet. Le pré-
tubage temporaire est descendu dans le trou au fur et à mesure du fonçage. Une fois la
profondeur finale atteinte, on peut installer le tubage permanent, puis enlever le tubage
temporaire. Les tarières peuvent être utilisées jusqu’à une profondeur d’environ 25 mètres.
Avantage : facile à utiliser au-dessus du niveau de la nappe.
Inconvénient : il est parfois très difficile d’enlever le pré-tubage temporaire.
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b) Le forage à la boue / rotatif à boue
Le forage à la boue (ou forage rotatif à boue lorsqu’un mouvement de rotation de l’outil de
fonçage est actionné) utilise la circulation de l’eau pour faire remonter à la surface du sol les
matériaux forés. Le train de tiges de forage est actionné de haut en bas. Pendant la descente des
tiges, le choc créé par le trépan fixé au bout du train de tiges ameubli/fragmente les matériaux
du sol et pendant le mouvement de remontée, l’extrémité du train de tiges est obturée avec la
main, créant ainsi une aspiration de l’eau et des débris qu’elle contient jusqu’à la surface. Au
cours du mouvement de descente suivant, la main est retirée du train de tiges et l’eau gicle dans
le bassin préalablement creusé à coté du forage. Dans ce bassin de décantation, les débris se
séparent de l’eau pour se déposer au fond du bassin alors que l’excédent d’eau redescend à
nouveau dans le trou. La pression de l’eau sur les parois du forage évite l’effondrement de ces
dernières. Le forage à boue (avec ou sans rotation) peut être utilisé jusqu’à une profondeur
d’environ 35 mètres.
Avantage : simple d’utilisation et aucun pré-tubage n’est en principe nécessaire. Un massif
filtrant et un joint d’étanchéité sanitaire peuvent être mis en place. Permet de forer également
dans l’argile et les formations de roches semi-consolidées.
Inconvénient : le niveau d’eau dans le trou doit être maintenu tout au long de l’opération de
fonçage. Le niveau de la nappe n’est pas connu avec précision pendant le forage.
25
du tuyau de forage simplement ouverte, ou on peut y rajouter un outil de fonçage (trépan). On
peut également faire tourner totalement ou partiellement le train de tiges. La technique du
lançage à l’eau peut être utilisée jusqu’à une profondeur d’environ 35 mètres
Avantage : très rapide dans les formations de sable fin et moyen.
Inconvénient : généralement limité aux sols sableux. Il peut être difficile d’installer
correctement un massif filtrant et un joint d’étanchéité sanitaire. Le niveau de la nappe d’eau
n’est pas connu avec précision pendant le forage.
26
Photo fondation practica forage à la percussion
3.1.2- Les techniques de forages mécaniques
[Link]- Battage ou percussion à cadence
a) Principe
Le forage est réalisé par fractionnement de la roche sous l’effet de la chute répétée d’un trépan
suspendu à un câble avec un train de tiges. Les sédiments sont récupérés au moyen d’une
soupape descendue dans le forage.
La perforation est réalisée sans circulation d’eau ni de boue. Dans les formations non
consolides, il est nécessaire de descendre une colonne de tubage provisoire au fur et à mesure
de l’avancement du forage. Le diamètre intérieur de ce tubage est juste supérieur à celui du
trépan. Les frottements contre les parois du forage limitent toutefois la progression de la
colonne et il peut être nécessaire de télescoper un ou plusieurs tubages à l’intérieur de la
première colonne pour poursuivre le forage. Ces tubages sont mis en place par poussée et
louvoiement (rotation en aller et retour).
b) Description du matériel de battage
- le Battage à tiges où à trépan, surmonté d’une masse-tiges (pour augmenter le poids des
pièces percutantes) est suspendu à un train de tiges vissées les unes aux autres au fur et
à mesure de l’avancement du forage
- le Battage au câble ou le trépan et la casse tige sont directement suspendu à un câble
manœuvré par un treuil installé au sol.
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c) Domaine d’application de la technique
C’est une technique universelle traversant pratiquement tous les types de terrains avec
cependant :
- une faible vitesse d’avancement dans les roches très dure
- une vitesse plus lente en terrains tendres et non consolidés
Le domaine d’élection de cette méthode est donc celui de terrains cohérents, pas trop durs (grès
tendres, marnes indurés, schistes ou calcaires fracturés)
Cette méthode convient bien pour des forages peu profonds (-100 m), mais peut être
éventuellement utilisée pour de plus grandes profondeurs. Les diamètres de forages sont
compris entre 250 et 500 mm, mais il existe des machines de battage capables de forer jusqu’à
1,5 m de diamètre.
d) Avantages et inconvénients
Comme avantages la méthode de battage en présente plusieurs :
- Simplicité et robustesse du matériel, personnel relativement peu spécialisé
- maintenance facile
- coût de l’atelier deux fois moins cher que celui d’un forage par rotation
- l’absence de circulation de boue permet, d’éviter la nécessité d’un travail en continu, de
mieux repérer les venues d’eau dans le forage, d’éviter les difficultés de nettoyage
ultérieur du forage.
- faible consommation d’eau, quelques dizaines de litres à l’heure, versées au fond du
forage pour faciliter le travail de l’outil.
Comme inconvénient, c’est la lenteur d’exécution de l’ouvrage (des semaines au lieu de
quelques jours, l’équipement est souvent très lourd
[Link]- Forage par rotation à la boue
a- Principe
L’outil d’attaque est entraîné en rotation par le train de tiges de la sondeuse. Cet outil, sous la
double action de la rotation et du poids des tiges, perfore la roche et la fragmente. Ce procédé
est complété par la circulation dans le forage d’un fluide d’injection appelée boue de forage par
des pompes appropriées. Ces boues refroidissent et lubrifient l’outil de travail, facilitent son
action d’érosion et permettent la remontée à la surface des déblais de forage.
Les parois du forage sont stabilisées par le dépôt d’une croûte de boue résistante, le « cake ».
Mais en terrain non consolidé, il peut être nécessaire de descendre un tubage au fur et à mesure
de l’avancement du forage comme dans le battage.
28
b. Etude de la boue de circulation
La boue utilisée autrefois était une solution colloïdale de bentonite (variété d’argile proche du
kaolin aux particules très fines inférieures au micron. Les fonctions de la boue sont les
suivantes :
- remonter les sédiments broyés (cuttings)
- consolider les parois du trou par la constitution d’une croûte de dépôt (cake)
- maintenir les cuttings en suspension s’il y’a arrêt de circulation de boue
- lubrifier et refroidir l’outil
- augmenter, par l’effet des jets en fond de trou l’action abrasive de l’outil
- renseigner le foreur sur les pertes ou venues d’eau par l’observation des variations de
volume de boue ;
- équilibrer les pressions hydrostatiques
c. Domaine d’application de la technique
Le forage par rotation à la boue, conçu pour forer sans tubage dans les terrains meubles ou peu
consolidés est la seule méthode permettant de réaliser des forages à moyenne ou grande
profondeur dans les bassins sédimentaires récents, constitués de roches variées, généralement
tendres et peu cohérentes. Son domaine d’élection est celui des roches, de dureté faible à
moyenne. Au-delà d’une certaine dureté de la roche, son rendement diminue fortement de sorte
que le forage au tricône convient mal aux roches dures.
Il n’y a pas de limite technique à la profondeur qui peut être atteinte mais une limite de prix de
revient. En Afrique de l’Ouest, il existe des forages d’eau dont la profondeur des ouvrages se
situe entre 100 et 500 mètres.
d. Avantages et inconvénients
Comme avantage, La profondeur du forage peut être très importante, la foration n'est pas
perturbée par les terrains peu stables ou plastiques, sous réserve de l'utilisation d'un fluide de
forage adapté à ce système permet un bon contrôle des paramètres de forage (poids de l'outil,
vitesse de rotation, qualité de la boue, débit d'injection de la boue) en fonction des terrains à
traverser. Le forage au rotary entraîne une consolidation des parois en terrains meubles par
dépôt d'un cake.
Comme inconvénients, nécessité d'un fluide de forage qui ne permet pas d'observation directe
de la qualité des eaux des formations traversées ; colmatage possible des formations par
utilisation de certaines boues (bentonite) ; difficulté d'observation des cutting, la présence de
tamis vibrants en circuit retour diminue sensiblement cet inconvénient
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principe du forage rotatif ou technique rotary. Document ps eau
30
3.2 - Techniques de développement des forages
On appelle développement l’opération consistant à mettre en production un forage d’eau. C’est
la phase ultime et indispensable dans l’exécution d’un forage, quelle que soit la nature
géologique de la roche aquifère. Il est nécessaire pour maximiser la productivité du forage et
optimiser la capacité de filtration du massif filtrant. Cette opération est destinée à :
- prévenir un colmatage
- stabiliser la formation autour du forage
- améliorer la productivité du forage
- obtenir une eau claire, exempte de sable (dépôt de moins d’1 mm de diamètre au fond
d’une bouteille centrifugée et décantée)
31
Il existe plusieurs procédés de développement qui sont :
- pompage
- pistonnage
- développement pneumatique
- lavage sans pression
- traitement chimique
Il n’y a pas de règles fixant l’emploi de l’un ou l’autre de ces procédés qui peuvent être souvent
employés successivement ou simultanément. L’expérience acquise, l’habilité et l’ingéniosité
du sondeur sont aussi des facteurs importants dans la réussite d’un forage.
a) pompage (surpompage)
C’est la méthode la plus simple, couramment utilisée, mais non la plus efficace. Elle consiste à
pomper par palier successifs de débits croissants, le régime final correspond à 1,5 à 2 fois le
débit maximal prévu pour l’exploitation ultérieure. A chaque augmentation de débit, l’eau sera
trouble, et le palier sera maintenu jusqu’à obtenir de l’eau claire. De cette façon, on élimine les
éléments les plus fins de la formation.
Pompage alterné : on met le forage en production par pompage et on provoque à plusieurs
reprises des arrêts brusques de la pompe. Les variations brutales de pression ainsi créées
assurent la destruction des pertes de sables, sortes de voûtes gênant l’arrivée de l’eau dans les
ouvertures des crépines et réduisant le débit spécifique du forge
b) pistonnage
Un piston est introduit dans le forage. Il est actionné verticalement dans les deux sens à
l’intérieur du forage. Les dépressions et compressions provoquées sur la nappe entraînent un
mouvement de va-et-vient des particules fines qui finissent par rentrer dans les crépines et
tomber au fond du forage d’où elles sont retirées par pompage ou soupapage. Descente du piston
Remontée du piston
c) Développement au jet
Le lavage sous pression est une des plus récentes et des meilleures méthodes de développement.
De puissant jet d’eau sont projetés à travers la crépine, dans la formation. La turbulence, ainsi
créée, déplace les fines particules qui pénètrent par la crépine et sont récupérés par pompage en
fond de forage.
d) Développement pneumatique par émulseur d’air
L’air comprimé est injecté par un tube immergé dans l’eau du forage, l’émulsion ainsi créée
diminue la densité de l’eau qui s’élève et ce mouvement est guidé par un deuxième tube
entourant le premier et montant jusqu’au sol.
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e) Traitement chimique
- Traitement à l’acide
On utilise de l’acide chlorhydrique à 15% qui à la propriété de dissoudre le calcaire. Son action
permet donc de decolmater les fissures de certaines roches (calcaire, dolomie, grès à ciment
calcaire).
Le temps d’action est de l’ordre de 40 mn. Le terrain doit être lavé (pompage) au bout d’une
heure et l’opération renouvelée 1 ou 2 fois avec des volumes d’acide injecté double et triple.
L’injection peut se faire par gravité ou sous pression.
- Traitement aux poly phosphates
Il s’agit d’agents chimiques qui ont le pouvoir de défloculer les argiles et par conséquent de
permettre leur élimination par pompage. D’où l’intérêt de ce procédé pour achever le nettoyage
du cake lors d’un forage à la boue, et pour traiter les sables imprégnés d’éléments argileux. Le
pouvoir de défloculation est grandement facilité si le PH est compris entre 9 et 12.
3.3- Les pompages d’eau
C’est par l’intermédiaire des pompes qu’on capte les eaux souterraines. L’eau est donc aspirée
puis refoulée hors de l’aquifère au moyen d’une pompe. En fonction de l’objectif visé, on
distingue deux formes de pompages :
- pompage d’essai (on étudiera que ce pompage)
- pompage d’exploitation
3.3.1- Pompage d’essai
Ce sont des moyens d’investigation effectués sur des puits où forages qui permettent à
l’hydrogéologue de vérifier si l’exploitation répondra aux besoins de la population. On aura des
informations sur :
- la quantité d’eau qui doit être pompée
- le rythme de pompage
- quelle pompe choisir et à quelle profondeur l’installée
Un pompage d’essai a deux buts principaux : tout d’abord on peut l’exécuter pour déterminer
les caractéristiques hydrauliques d’un aquifère, c’est ce qu’on appelle souvent un « essai de
nappe », car c’est avant tout la nappe que l’on teste plutôt que la pompe ou le puits.
Mais on peut aussi exécuter un pompage d’essai pour obtenir des renseignements sur les
caractéristiques du puits. On peut alors déterminer le débit spécifique du puits (rapport du débit
sur le rabattement), pour choisir ainsi le type de pompe et estimer le coût du pompage. Le débit
spécifique permet de mesurer la productivité du puits. Dans ce cas on baptise l’essai « essai de
puits » puisque l’on teste davantage le puits que la nappe.
33
a) Essai de nappe
Il permet d’exprimer les paramètres hydrauliques de l’aquifère, ces paramètres sont :
- la transmissivité
- la perméabilité
- la porosité
- le coefficient d’emmagasinement
Le principe d’un essai de nappe est assez simple, on pompe à un certain débit durant un temps
donné dans le puits d’essai crépiné à travers l’aquifère. On mesure l’influence de ce pompage
sur le niveau piézométrique dans ce puits et dans quelques piézomètres installé au voisinage.
On peut alors calculer les caractéristique hydraulique de l’aquifère en appliquant des formules
appropriées sur les rabattements mesurés dans les piézomètres, le débit de pompage.
Exécution de l’essai
L’essai comporte généralement 3 paliers suivit d’une remontée
- le 1er palier de débit Q1
- le 2ème palier de débit Q2 avec Q1 < Q2
- le 3ème palier de débit Q3 avec Q2 < Q3
(Schéma d’essai de pompage)
Interprétation de l’essai
Au cours de l’essai, on mesure le niveau statique (NS) qui est le niveau de l’eau dans l’ouvrage
avant tout essai de pompage, ensuite on mesure le niveau dynamique (ND) qui est le niveau
successif de l’eau au cours des tests de pompage, enfin on mesure le rabattement (S)=ND – NS
L’interprétation des essais se fait à l’aide de plusieurs méthodes
Méthode de Theis
Méthode de Cooper Jacob
b) Essai de puits
Appelé essai par paliers, il permet de déterminer les caractéristiques de l’ouvrage réalisé et son
environnement immédiat. Il permet d’exprimer le débit critique (Qc) les pertes des charge et le
rabattement (S) en fonction du débit
- débit critique
C’est le débit maximum jusqu’auquel on peut considérer le rabattement comme proportionnel
au débit, au-delà du débit critique, le rabattement augmente rapidement et on s’écarte donc des
conditions optimales d’exploitation de l’ouvrage
- pertes de charges
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Le rabattement mesuré dans l’ouvrage représente la perte de charge de l’écoulement de la
nappe.
- rabattement en fonction du débit
L’interprétation des essais par palier est fonction des courbes caractéristiques
35
Le colmatage physique dépend de la surface active des crépines et de la forme de leurs orifices.
Ainsi le colmatage se produit d’autant plus vite que la surface active est plus réduite, à cause
de la plus grande concentration de matériaux fins devant les ouvertures. La matière dont est
faite la crépine doit permettre l’emploi de produits chimiques souvent sous forte pression que
la destruction des incrustations nécessitera.
Ainsi une crépine en acier galvanisé ne supporterait pas l’injection d’acides, une crépine en
acier avec fourreau de gravier collé serait détruite au lavage aux jets sous forte pression.
3.5.2. Gravier auxiliaire
Cette dernière question est très importante pour éviter (ou pour le moins réduire) le phénomène
de colmatage. Celui-ci étant facilité par la ségrégation du gravier si la mise en place avait lieu
sans précaution.
3.5.3. Développement
Avec une formation bien développée, nettoyée et débarrassée dans la zone entourant le forage,
des éléments fins indésirables qui s’y trouvent les risques d’incrustation sont pratiquement
inexistants.
3.5.4. Régime de pompage
Il est préférable, quand on le peut de réduire le débit et d’augmenter la durée du pompage. Le
rabattement étant plus faible, le risque de colmatage qu’on suppose fonction de la dépression
due au pompage sera diminué.
3.5.5. Visites périodiques de contrôle et d’entretien
Les visites régulières, même si pendant quelques temps aucun indice d’obstruction n’a été
décelé permettent au spécialiste d’intervenir dès qu’un début de colmatage est observé et de
prendre immédiatement les mesures nécessaires.
36
CHAPITRE 4 : HYDROGEOCHIMIE
Définition
L’hydrogéochimie est une branche de l’hydrogéologie qui s’intéresse à l’étude des constituants
de l’eau. Ces constituants peuvent être de nature variée
- élément chimique naturel
- élément chimique artificiel
- organismes vivants
L’hydrogéochime cherche à déterminer la présence ou l’absence de ces éléments dans l’eau
tout en veillant à ce que les normes internationales ne soient pas dépassées. Dans le cas où il
y’a dépassement, la concentration de ces éléments est jugé anormale. Ce qui entraîner des cas
de pollution. Il faut veiller sur la qualité de l’eau car elle est une denrée fragile, cependant en
dehors de la pollution, l’hydrogéochimie peut étudier la géologie d’une région a partir de la
concentration de cette eau et la composition minéralogique des roches. Ainsi elle permet
d’étudier la vitesse d’altération des roches d’une région et également la vitesse du niveau
d’altération atteint dans une région. Elle permet également d’étudier le vieillissement des eaux
dans l’aquifère, les phénomènes de réalimentation et des tarissements des nappes, la pérennité
des ouvrages.
4.1- Les techniques d’analyses physico-chimiques
Il existe plusieurs techniques qui permettent d’accéder à la concentration d’un élément dans
l’eau. Ces techniques sont : la volumétrie, la colorimétrie, la spectrophotométrie, la
fluorescence X
4.1.1. La volumétrie
Dans ce cas la concentration des éléments est mesurée à partir d’un volume déterminé
4.1.2. La colorimétrie
En présence de certaines substances (réactifs) les éléments se colorent, la densité de la
concentration est mesurée à l’aide du spectromètre
4.1.3. La spectrophotométrie
C’est la technique la plus sophistiqué, on parle aujourd’hui de spectrophotométrie à flamme et
de spectrophotométrie de masse. Elle est basée sur le spectre des émissions des éléments dans
l’eau.
4.1.4. La fluorescence X
Dans ce cas les éléments sont bombardés par les rayons X et l’atome de chaque élément émet
un rayonnement. Le rayonnement déterminé est caractéristique de chaque élément.
37
4.2-Les différents constituants de l’eau
Il existe 4 constituants principaux de l’eau :
- les paramètres physico-chimiques
- les paramètres chimiques
- les paramètres isotopiques
- les paramètres biologiques
4.2.1. Les paramètres physico-chimiques
Ce sont des paramètres volatiles ou instables, en général ces paramètres ne supportant pas une
longue durée d’attente, leur détermination se fait in situ (sur place). Les plus importants sont :
- pH (doit être sensiblement égale à 7)
- la température
- la conductibilité (renseigne sur le degré de minéralisation)
- le CO2 dissout
- l’O2 dissout
- la matière en suspension (MES) (une eau boueuse comporte assez de MES)
4.2.2. Les paramètres chimiques
Les paramètres chimiques sont des ions divisés en 2 catégories (les anions et les cations), dans
la catégorie des cations on distingue les cations majeurs et les cations accessoires
- les cations majeurs
Ca2+, Mg2+ appelés alcalinoterreux sont généralement les plus abondants dans toutes les
solutions parce qu’ils proviennent des roches et minéraux d’altération.
Par contre Na+, K+ sont des alcalins en quantité très faible dans l’eau parce qu’ils proviennent
des roches et des minéraux difficilement altérables. Ils sont sollicités par les plantes comme
éléments nutritifs ce qui diminue leur concentration dans les eaux. Dans toute analyse chimique
il est nécessaire de connaître la concentration de ces 4 éléments majeurs
- les cations accessoires
Si4+ est issu de la silice pure, sa présence est en rapport avec l’intensité du pluviolessivage dans
le sol. Sa concentration toujours interprétée par rapport à celle de l’aluminium. Il condition
l’apparition des séquences d’argile.
Lorsqu’on a 2Si4+/1Al3+ alors le pluviolessivage est nul (stade 1)
Lorsqu’on a 1Si4+/1Al3+ alors le pluviolessivage est important (stade 2)
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Lorsqu’on a 0Si4+/1Al3+ alors le pluviolessivage est total (stade 3)
Le stade 1 est la bisialitisation = la nappe est confinée, elle ne reçoit pas d’eau, l’eau est vielle
dans l’aquifère
Le stade 2 est la monosialitisation = la nappe est renouvelée, l’aquifère est perméable
Le stade 3 est l’alitisation = un dépôt d’aluminium qui va donner la bauxite
Ex : cation accessoires : Al 3+ ; Mn3+
Dans la catégorie des anions on distingue : les anions majeurs et anions accessoires
- majeurs : Carbonates CO-3, sulfate SO2-4, nitrate NO-3, chlore Cl-
- accessoires: phosphate PO3-4, nitrite NO-2, iode I-
En Afrique, les teneurs en bicarbonates sont beaucoup plus élevées dans les eaux.
4.2.3. les paramètres isotopiques
Il existe 2 types d’isotopes : les isotopes stables et les isotopes instables.
Dans le cas des isotopes stables, le noyau ne subit aucune modification au cours du temps. Ex
: de la molécule d’eau
Les isotopes instables ou radioactifs dont le noyau se transforme en un autre, on parle de
désintégration radioactive, ex : du carbone 1
4.2.4. Les paramètres biologiques
Les eaux naturelles contiennent souvent de nombreux êtres vivants (végétaux aquatiques, voire
animaux aquatiques) très souvent, l’existence de ces éléments ne constituent pas un danger en
soi. Mais à côté de ceux-ci, on trouve des bactéries, des virus, des microorganismes divers ainsi
que des algues dont la seule existence peut constituer un danger potentiel. L’eau qui est un
élément vital peut entraîner la mort lorsqu’elle contient certains agents pathogènes en autre,
ceux responsables du choléra, l’hépatite, diarrhée, dysenterie, zona, ulcère de burili. Lorsqu’une
eau est contaminée par la pollution fécale les principaux microbes qu’elle contient sont : les
streptocoques, les E-coli, les pneumonas, les staphylocoques, les clostridiums.
4.3-Les techniques d’analyses statistiques des données hydrogéochimiques
4.3.1. Balance ionique
Le calcul de la balance ionique est nécessaire avant les différentes exploitations des données.
Cette balance est la somme des cations et anions présents dans la solution. en effet la somme
des cations exprimés en milliéquivalents doit égaler la somme des anions. La balance est
rarement en équilibre avec les résultats bruts des analyses de plusieurs échantillons d’eaux.
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En effet, les ions dosés ne constituent pas à eux seuls, la totalité des anions et cations présents
dans les eaux. Le déséquilibre proviendrait donc des éléments non dosés.
4.3.2. Classification chimique des eaux à l’aide des Diagrammes standards de PIPER,
Schoeller Berkaloff et Riverside
Diagramme de PIPER
Représentation des eaux calciques dans le diagramme de Schoeller-Berkaloff
Diagramme de RIVERSIDE
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