Impact des Gaz Torches sur l'Environnement
Impact des Gaz Torches sur l'Environnement
PRESENTE PAR
Mr. HOCEINI Abdelhafid
SOUTENU LE,……………….…
Je tiens à remercier tout d’abord monsieur Mohamed TEBBAL, mon encadreur, qui a
dirigé mon travail pendant ces mois. J’ai eu la chance de travailler non seulement aux cotés
d’un professeur, mais aussi auprès d’une personne chaleureuse, dont j’aimerais saluer ici ces
qualités humaines. J’aimerais aussi dire que votre bonne humeur a rendu ce travail agréable et
j’espère avoir de nouveau l’occasion de travailler avec vous. Merci de m’avoir appris, d’avoir
encouragé mes initiatives et de m’avoir fait confiance.
Mes plus vifs remerciements vont également à tous mes enseignants pour l’ambiance
de travail et pour les moments de convivialité pendant l’année théorique et ma profonde
gratitude à ceux qui m’ont apportés leur aide et qui m’on conseillés à des périodes ou j’avais
des choix difficiles à faire. Merci de m’avoir informé.
Finalement, un grand merci à mes parents, mes proches, mes amis et à tous mes
collègues.
I
Résumé :
L’objectif de cette étude est de quantifier l’impact des gaz torchés de l’industrie pétrolière sur
l’environnement. Le contexte est celui de la maîtrise de la demande future d’énergie et des
conditions d’approvisionnement qui constitue un enjeu politique majeur pour l’ensemble de la
planète. Elle est rendue d’autant plus difficile que l’humanité doit faire face à un double défi.
Celui de la satisfaction des besoins énergétiques d’une population mondiale qui croîtra encore
au cours des prochaines décennies, et dont une large part aspire à un développement
économique et social fondé sur une demande accrue d’énergie. Celui posé par la nécessaire
diminution des émissions des gaz à effet de serre, inhérentes à l’utilisation des combustibles
fossiles, et des émissions d’autres gaz polluants, qui menacent les équilibres climatiques et
environnementaux de la terre. C’est tout l’enjeu du développement durable, notion dans
laquelle le mot de développement n’est pas moins important que l’idée de responsabilité vis-
à-vis des générations futures qu’implique la notion de « durabilité », dans ses trois dimensions
économique, sociale et environnementale.
Abstract :
The objective of this study is to quantify the impact of the gases torches of oil industry on the
environment. The context is that of the control of the future request for energy and the
conditions of provisioning which constitutes a major policy issue for the whole of planet. It is
made all the more difficult as humanity must face a double challenge. That of the satisfaction
of the energy needs of a world population which will still grow during the next decades, and
including one big part aspires to an economic development and social founded on an
increased request for energy. That posed by the necessary reduction in the emissions of gases
with greenhouse effect, inherent in the use of fossil fuels, and the emissions of other polluting
gas, which threatens climatic and environmental balances of the ground. It is all the stake of
sustainable development, concept in which the word of development is less important than the
idea of responsibility with respect to the future generations than implies the concept of
“durability”, in its three dimensions economic, social and environmental.
II
Liste des figures
III
Liste des tableaux
Tableau 1 : Émissions de CO2 annuelles en milliards de tonnes de carbone (GtC) pour les
principales sources industrielles. Sources :(1):AIEGHG (1994-1996)-(2):Données
environnementales, OCDE,1997 - (3) : World Energy Outlook,AIE,1998…………...15
Tableau 2 : Capacité de stockage dans diverses formations géologiques, y compris les options qui
ne sont pas économiquement rentables……………………………………………...…17
Tableau 3 : Profil par processus ou par activité industrielle des grandes sources fixes mondiales de
CO2 qui libèrent plus de 0,1 MtCO2 (million de tonnes de CO2) par an….…..………20
Tableau 4 : Quelques exemples d’opérations de stockage en cours ou prévus à ce jour.……..……21
Tableau 5 : Coûts du transport (année 2005)…………………………………………………..…...22
Tableau 6 : Coûts du stockage (1) en 2006 (2) en 2005………………………………………..….22
Tableau 7 : Coûts des opérations de la chaîne………………………………………………………22
Tableau 8 : La porosité de quelques matériaux ( Nield et Bejan, 1992 ) ……………………..........49
Tableau 9 : Evolution du pourcentage de la concentration du CO2 en fonction du nombre
d’éléments du maillage………………………………………………………………....63
Tableau 10 : Emissions annuelles de carbone des principales sources industrielles (Source : rapport
GIEC - 2005)………………………………………………………………………..….70
IV
Nomenclature
L : Longueur
P : Pression
t : Temps
u,v : Composantes de la vitesse
x,y,z : Coordonnées
S : Surface
K : Perméabilité
g : Accélération
𝜀 : Porosité
𝑝 : Phase
𝑆𝑝 : Saturation de la phase
𝑉𝑝 : Volume de la phase fluide
𝑉𝑝𝑜𝑟𝑒𝑠 : Volume des pores
𝜇 : Viscosité dynamique
ν : Viscosité cinématique
𝜌 : Masse volumique
V
Table des matières
Remerciements …………………………………………………………………………………………. I
Résumé / Abstract …………………………………………………………………………………….. II
Liste des figures ……………………………………………………………………………………….. III
Liste des tableaux …………………………………………………………………………………….. IV
Nomenclature ……………………………………………………………………………………………. V
INTRODUCTION
Introduction ………………………………………………………………………………………………………1
Chapitre II : ETUDE DE L’IMPACT DES GAZ TORCHES DE L’INDUSTRIE PETROLIERE SUR L’ENVIRONNEMENT
Préface ………………………………………………………………………………………………………….. 10
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
_
INTRODUCTION
Introduction ………………………………………………………………………………………………………1
Introduction
Introduction
Les risques associés au changement climatique suscitent un vif débat depuis quelques années.
La plupart des experts sont aujourd’hui convaincus que ces risques sont bien réels et
directement liés aux émissions de gaz à effet de serre, notamment de CO2. Les émissions de
CO2 ont fortement augmenté lors des dernières décennies, accroissant ainsi la teneur en CO2
de l’atmosphère. Cette hausse serait responsable de la tendance au réchauffement global déjà
constatée par les scientifiques et pourrait avoir des conséquences encore plus graves si aucune
mesure n’est prise. Il devient donc urgent d’adopter des mesures décisives.
Tout commence avec la révolution industrielle et l’utilisation massive du charbon qui serait
responsable, en 2 siècles, de 50 % du CO2 supplémentaire dans l’atmosphère devant le pétrole
(40 %) et le gaz (10 %). Or une grande partie du CO2 émis à la fin du XIXe siècle est encore
présent dans l’atmosphère. En effet, la durée de résidence dans l'atmosphère des principaux
gaz à effet de serre est d'environ 150 à 200 ans. Les rejets de CO2 seraient responsables de 60
% de l’effet de serre. Les émissions de CO2 proviennent à près de 80 % de la combustion
d'énergies fossiles. Depuis 1970, les émissions de CO2 ont augmenté de 60 %, une
progression qui devrait se poursuivre en raison d'une consommation énergétique en forte
croissance. L'AIE prévoit une augmentation de près de 65 % sur la période 2000-2030, si
aucune mesure n'est prise dans ce domaine. Il n'y aura pas de substitution brutale au pétrole.
La transition vers une autre source d'énergie va se faire progressivement et sur plusieurs
décennies. Nous entrons dans une ère où l'utilisation du pétrole, en particulier dans le secteur
transports, coexistera avec de nouvelles énergies. Il faut donc continuer d'assurer
l'approvisionnement en pétrole pour les usages où il est irremplaçable (transport et
pétrochimie). L'enjeu n'est pas de le produire jusqu'à la dernière goutte mais de donner à notre
société le temps nécessaire au développement d'énergies susceptibles de le remplacer.
Que peut-on faire devant une situation urgente ?
Les constatations faites sont inquiétantes. Le réchauffement climatique s'est donc fortement
accéléré cette dernière décennie. Ses conséquences, comme la diminution du volume des
glaces et des neiges ou l'augmentation du nombre et de la violence des cyclones, sont déjà
visibles aujourd'hui.
Mais le GIEC va plus loin en révélant que ce réchauffement est très vraisemblablement lié à
la progression des émissions de gaz à effet de serre, dont la quantité dans l'atmosphère a
progressé de plus de 60 % depuis 1970. Cette évolution est sans aucun doute liée à l’activité
humaine. Ainsi, le secteur énergétique est responsable d'environ 80 % des émissions de CO2...
Il convient donc de limiter nos émissions de gaz à effet de serre pour éviter un
bouleversement du climat de notre planète. Seule une réduction des émissions humaines de
gaz à effet de serre peut permettre d’empêcher le changement climatique de prendre une
ampleur susceptible d’engendrer des catastrophes. On se concentrera donc sur la maîtrise des
émissions de gaz carbonique qui posent le problème plus sévère de développement durable, à
cause du lien étroit avec la production énergétique.
1
Introduction
Réduire les émissions de CO2, c'est faire des économies d'énergie et augmenter la part
des énergies renouvelables.
Dans le domaine des transports, cela se traduit par la réduction de la consommation
des moteurs actuels et le développement progressif de carburants alternatifs.
Pour les grosses installations industrielles (centrales thermiques, raffineries,
cimenteries), les espoirs se tournent vers la voie très prometteuse du captage et du
stockage géologique du CO2. Il s'agit de séparer le CO2 des fumées émises par les
usines, puis de le stocker sous terre dans des structures géologiques profondes situées
au moins à 800 mètres.
Cette nouvelle voie, encore coûteuse, fait l'objet de nombreux projets réunissant les
grands acteurs européens et internationaux de l'industrie, de l'énergie et de la
recherche. Ces projets ont pour objectif de développer des technologies plus
économiques et plus fiables.
Comment gérer la situation ?
Prévenir, connaître, réhabiliter, tels sont les mots clés d’une gestion efficace pour l’aide à la
décision viable pour réduire les émissions de ce gaz dans l’atmosphère, il est crucial d’en
étudier la sécurité et les risques. Le projet de stockage géologique du gaz carbonique (CO2)
vise à établir un ensemble de recommandations qui puisse servir de canevas à l’administration
et aux opérateurs potentiels pour une mise en œuvre sûre des projets de stockage, depuis le
choix du site jusqu’à son abandon et la remise à l’Etat. L’objectif est que l’impact sur les
personnes, les biens et l’environnement soit négligeable à court, moyen et long terme.
Conserver les bénéfices qu’apporte le progrès technique à notre confort, notre santé, notre
espérance de vie sans bouleverser le climat de notre planète implique que nous mettions tout
en œuvre pour économiser l’énergie qui est un bien plus précieux qu’on ne l’a longtemps cru
et pour produire cette énergie par tous les moyens disponibles permettant de ne pas relâcher
dans l’atmosphère des gaz à effet de serre. Cette stratégie implique que le long terme ne doit
pas être sacrifié au court terme.
2
Chapitre I :
Ce n'est plus un secret pour personne, la Terre chauffe anormalement. Depuis le début de l'ère
industrielle, sa température est montée de 0,6 °C en moyenne et le niveau des mers s'est élevé
de 10 à 20 cm. Déjà nous subissons les premiers effets négatifs : Climat désordonné,
inondations, canicules, sécheresses, fonte des glaciers, élévation du niveau des mers,
modification de la flore et de la faune. Les coupables identifiés par la grande majorité des
experts de la planète sont les gaz dits “ à effet de serre” ( GES ), dont principalement le gaz
carbonique ou dioxyde de carbone qui engendre environ 55 % de l'effet de serre anthropique.
Produit en grande quantité par les activités humaines (transport, habitat et industrie), ce gaz
s'échappe essentiellement lors de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole ou
gaz). En un siècle, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont augmenté
de 50 % et celle du CO2 de 31 %.
Certes, les quantités de gaz carbonique émises par les hommes (30 milliards de tonnes de
CO2 par an, soit 8,1 milliards de tonnes de carbone) constituent une faible part de l'ensemble
du cycle annuel du carbone, mais les puits naturels de carbone que sont la biosphère et les
océans n'en résorbent que la moitié. Le surplus s'accumule année après année dans
l'atmosphère terrestre en perturbant les délicats mécanismes du climat. Si nous ne faisons rien
ou pas suffisamment pour réduire nos émissions de CO2 et mieux gérer notre consommation
d'énergies fossiles, les experts prévoient pour 2100 une augmentation de la température
moyenne de 2 à 6 °C et une élévation de 9 à 88 cm du niveau de la mer, avec toutes les
conséquences négatives qui en découlent.
3
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
La surface du globe absorbe environ la moitié de l’énergie reçue du soleil, et le sol réémet
cette énergie sous forme de chaleur. A son tour, une partie de ce rayonnement est absorbée
par les nuages et certains gaz. Ce sont les gaz à effet de serre (GES) qui ne constituent qu’1%
de l’atmosphère. Ces gaz dispersés dans l’atmosphère de la Terre absorbent une partie du
rayonnement infrarouge réémis par notre planète. C’est ce processus que l’on appelle l’effet
de serre.
Il est, en lui-même, naturel et bénéfique car il permet de maintenir à la surface de la Terre une
température positive, compatible avec le développement de la vie. Sans lui, la température
moyenne de la surface du globe serait d’environ -18° C au lieu de +15° C. A l’inverse, sur
Vénus, où le gaz carbonique est très abondant, la température atteint 420°C. Après la vapeur
d’eau, principal GES, dont l’abondance est déterminée par la température de l’atmosphère, le
dioxyde de carbone (CO2) joue, par son effet de serre intense et sa persistance dans
l’atmosphère, un rôle prépondérant.
La circulation du carbone, sous forme gazeuse, dissoute dans l’eau ou solide, est un élément
clé de la compréhension du climat et des changements qui peuvent s’opérer. Composé d’un
atome de carbone et de deux atomes d’oxygène, le gaz carbonique est prélevé par les plantes,
les bactéries et le plancton. Ces derniers absorbent le carbone et rejettent l’oxygène. Le
processus inverse s’effectue lors de la respiration ou bien lors de la décomposition de la
matière organique. Lorsque la biomasse ne change pas, ce cycle d’échanges maintient un
équilibre entre la masse de gaz carbonique prélevée et celle rejetée. Le gaz carbonique
s’échange également avec les océans par dissolution dans l’eau ou dégazage vers
l’atmosphère. Si la température des eaux n’évolue pas, dissolution et dégazage s’équilibrent.
Depuis la moitié du XIXe siècle et le début de l’ère industrielle, les activités humaines ont
commencé à perturber ce cycle par un recours croissant aux énergies fossiles - charbon,
pétrole, gaz naturel - dont la combustion utilisée pour le chauffage, l’éclairage, les transports
et l’industrie, engendre des émissions de gaz carbonique. Les émissions mondiales de gaz
carbonique liées à ces activités atteignent aujourd’hui 29 milliards de tonnes (Gt) par an. La
concentration de CO2 dans l’air est ainsi passée de 280 ppm en moyenne à la fin du XVIIIe
siècle, avant la révolution industrielle, à 380 ppm en 200 et continue d’augmenter chaque
année de 1 à 3 ppm. La rapidité avec laquelle le CO2 s’accumule ainsi que la signature
isotopique du carbone ne laissent aucun doute sur l’origine anthropique, c’est-à-dire humaine,
du phénomène.
Cette augmentation rapide de la concentration de CO2 dans l’atmosphère est telle que la
moitié seulement des émissions générées par les activités humaines dans une année semble
pouvoir être absorbée par la planète. En effet, le rythme d’absorption par les océans et les
forêts qui agissent en véritables puits de carbone, dans la mesure où ils peuvent absorber le
CO2 en surplus, ne permet pas d’absorber tout le flux des émissions anthropiques.
La durée de vie des gaz à effet de serre dans l’atmosphère varie beaucoup d’un gaz à un autre.
Si, par exemple, le méthane n’y survit qu’une douzaine d’années, le gaz carbonique y reste
stocké une centaine d’années. Pour cette raison, son effet persistera très longtemps.
Conséquence de cet effet, d’ici à 2100, la température pourrait augmenter de 2 à 6° C, selon
les scénarios du GIEC, le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat. Cette fourchette large s’explique, d’un côté, par les incertitudes sur les scénarios
4
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
Depuis que les scientifiques attribuent une responsabilité majeure aux émissions de gaz à effet
de serre dans le changement climatique, la communauté internationale se mobilise pour lutter
contre ce phénomène.
5
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
Le protocole de Kyoto entre en vigueur en février 2005 après avoir été ratifié par
suffisamment de pays représentant plus de la moitié des émissions de GES. A ce jour, 175
pays et organisations ainsi que la Communauté européenne l’ont entériné. Parmi les pays
développés, seuls les Etats-Unis et l’Australie ne l’ont pas encore fait. Il prévoit, uniquement
pour les pays développés, un objectif de réduction des émissions de GES entre 2008 et 2012
de 5 % par rapport à l’année 1990, date de publication du premier rapport du GIEC qui
devient la date de référence. Lors de ces négociations, l’Europe a été parmi les signataires les
plus engagés, en acceptant un objectif de réduction de 8% de ses émissions.
Les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto pour la période 2008-2012 ne sont qu’une étape.
Pour stabiliser les températures à un niveau acceptable, but de la Convention Cadre des
Nations Unies, des objectifs plus ambitieux doivent être définis par les Etats membres.
Selon le GIEC, il serait nécessaire de limiter le réchauffement planétaire à 2° C en moyenne
par rapport à l’ère industrielle pour éviter des catastrophes majeures. Cela nécessiterait, à
l’échelle mondiale, de réduire de 50% à 85% d’ici à 2050, par rapport à 1990, les rejets de
CO2. Notons que pour les pays les plus émetteurs, cela signifie un effort de réduction des
émissions de 75 à 80% . L’enjeu des négociations internationales consiste à définir un régime
mondial qui comprenne l’ensemble des grands émetteurs de gaz à effet de serre en incluant
notamment les Etats-Unis, mais aussi les pays émergents, tels que la Chine, l’Inde et le Brésil.
Une révision du Protocole de Kyoto doit être négociée pour 2012.
Aux pays signataires, le Protocole de Kyoto fixe des objectifs de réduction des émissions de
GES. Ils peuvent mettre en œuvre, pour respecter leurs engagements internationaux, plusieurs
outils.
6
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
La combustion des énergies fossiles primaires que sont le charbon, le gaz naturel et le pétrole,
pour les transformer en énergies finales (essence ou fioul, charbon purifié, électricité, etc.)
génère, comme nous l’avons vu précédemment, des émissions de GES, et en particulier de
CO2.
La première solution pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, consiste à maîtriser
la consommation d’énergie. Il s’agit d’inciter les usagers à modifier leurs comportements, à
choisir des équipements plus économes et les industriels à concevoir des produits moins
émetteurs en CO2.
Dans le domaine du logement comme dans celui du transport, des gisements importants
d’économie d’énergie s’offrent aux particuliers. Selon l’Agence de l’environnement et de la
maîtrise de l’énergie (Ademe), l’utilisation d’appareils électroménagers efficaces (les
réfrigérateurs ou machines à laver ) permettrait de réduire jusqu’à 50% sa consommation
d’énergie. La pose d’un vitrage isolant diminue les besoins en chauffage de 7% tandis qu’une
isolation des murs engendre une baisse de 10 à 15% de la consommation d’énergie. Le même
procédé appliqué à la toiture entraîne jusqu’à 20% d’économie. En ce qui concerne le
transport, l’Ademe rappelle également que la voiture particulière est la plus émettrice de CO2,
surtout en ville et dans les encombrements, lorsque la circulation oblige à des arrêts et des
démarrages fréquents. La quantité de carburant consommé peut alors doubler et le volume de
gaz rejeté être multiplié d’autant. Outre le recours accru aux transports en commun et aux
modes de conduite « doux », un bon entretien du filtre à air permet de diminuer de 10% la
consommation de carburant.
Des efforts sont également entrepris par les constructeurs, en collaboration avec l’industrie
pétrolière pour rendre les moteurs plus économes.
Les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, etc.) sont appelées à jouer un rôle
croissant car leur transformation en électricité génère de faibles émissions de CO2. Ainsi, les
pays européens se sont engagés à produire 20% de leur électricité à partir de ces énergies à
l’horizon 2010. Mais, si la capacité de production d’électricité photovoltaïque croît de 40%
7
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
par an dans le monde, cette croissance ne peut cependant pas déboucher sur une substitution
significative de la consommation d’énergie fossile avant plusieurs décennies.
La substitution entre elles des énergies fossiles est également préconisée. En effet, le
remplacement du charbon par du gaz naturel comme combustible s’accompagne d’une
réduction de plus de 40% des émissions de CO2. Le gaz naturel est la ressource fossile qui a
connu la plus forte progression depuis les années 70. Cependant, la croissance de la
consommation de charbon demeure forte, notamment aux Etats-Unis et en Chine. 70% de
l’électricité produite en Chine est ainsi produite à partir du charbon.
8
Chapitre I Synthèse du dossier de concertation
Dans ce contexte, une option technologique complémentaire est actuellement étudiée. Il s’agit
du captage et du stockage géologique du CO2. Elle consiste à récupérer ce gaz à effet de serre
dès sa source de production et à le réinjecter dans le sous-sol. Il ne pourra donc plus
contribuer au réchauffement climatique planétaire. Les institutions européennes encouragent
cette voie, en complément des autres mesures. Ainsi, la Présidence du Conseil européen des 8
et 9 mars 2007, demandait «instamment aux Etats membres et à la Commission d’œuvrer au
renforcement des activités de Recherche et de Développement et de définir le cadre technique,
économique et réglementaire nécessaire pour mettre en œuvre, si possible d’ici 2020, des
technologies de piégeage et de stockage du dioxyde de carbone respectueuses de
l’environnement ainsi que de nouvelles centrales électriques à combustibles fossiles » et se
félicitait « de l’intention de la Commission d’élaborer un mécanisme visant à stimuler la
construction et l’exploitation, d’ici à 2015, d’un certain nombre (pouvant aller jusqu’à 12)
d’installations de démonstration de technologies durables d’utilisation de combustibles
fossiles pour la production commerciale d’électricité».
9
Chapitre II :
Préface ……………………………………………………………………………...………………………….. 10
Préface
Il est indispensable d‟opérer une révolution mondiale dans les modes de production,
d‟approvisionnement et de consommation de l‟énergie, notamment en augmentant très
sensiblement l‟efficacité énergétique. Il convient de généraliser le développement des
énergies renouvelables, du nucléaire, ainsi que du captage et du stockage du CO2 (CSC), et de
développer les moyens de transport qui n‟émettent pas de carbone. Cela passera par un
changement radical des politiques gouvernementales qui devront particulièrement renforcer la
garantie à long terme offerte par les politiques publiques concernant la demande future de
technologies à faible émission de carbone, sur laquelle pourront compter les décideurs
industriels.
Notre analyse aborde exclusivement les émissions de CO2 liées à l‟énergie, qui représentent
la majeure partie des émissions anthropogéniques de gaz à effet de serre. Toutefois, en fin de
compte, l‟effet sur le changement climatique des réductions des émissions de CO2 liées à
l‟énergie dépendra, dans une certaine mesure, de la possibilité d‟abaisser ou non les autres
émissions dans des proportions équivalentes.
La révolution technologique
Les améliorations de l‟efficacité énergétique des bâtiments, des appareils ménagers, des
transports, de l‟industrie et de la production d‟électricité constituent les sources d‟économies
d‟énergie les plus vastes et les moins coûteuses. Elles sont suivies, par ordre d‟importance,
par les mesures destinées à nettement décarboniser la production d‟électricité. Pour ce faire,
nous pouvons associer les énergies renouvelables, l‟énergie nucléaire et l‟utilisation de la
technologie CSC dans les centrales alimentées aux combustibles fossiles. Quel que soit
l‟objectif final, il est urgent et indispensable d‟engager des actions dans tous ces domaines.
10
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
11
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Le torchage et le rejet des gaz associés à la production de pétrole brut, dont le volume
mondial est estimé à plus de 100 milliards de mètres cubes par an, font l‟objet d‟une attention
grandissante compte tenu de l‟intérêt porté par la communauté internationale à la conservation
de l‟énergie et à la modification du climat à l‟échelle mondiale.
L‟objectif initial s‟appuie autour de la réduction significative à court terme des quantités de
gaz brûlé à la torche ou rejeté à l‟air libre, et d‟un objectif ultime, qui est de promouvoir des
efforts d‟amélioration sur une plus longue période. Des conseils proposaient également pour
assurer la surveillance et la transparence, et recommande un calendrier pour l‟adoption et la
réalisation de ses objectifs clés.
12
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
L‟objectif initial est avant tout d‟éliminer le torchage continu des gaz associés en suivant un
processus d‟identification et d‟évaluation des alternatives qui permettraient d‟utiliser le gaz
associé au lieu de le brûler à la torche.
Dans le processus d‟évaluation recommandé pour l‟objectif initial, il incombe à l‟opérateur du
projet d‟engager dans un processus de consultation les membres de l‟association
d‟exploitation , les ministères , les clients commerciaux ou industriels et, au besoin, les
institutions financières, les propriétaires d‟infrastructures et les représentants des populations
locales, dans la recherche de solutions autres que le torchage. Le rôle des pouvoirs publics,
pour leur part, est de faciliter et promouvoir le processus de consultation et d‟encourager les
options de commercialisation des gaz associés. Les alternatives de réduction du torchage à
brève échéance, comme par exemple l‟utilisation du gaz comme source d‟énergie sur place,
doivent être évaluées parallèlement aux formules permettant d‟éliminer le torchage continu
des gaz associés. Dans cette évaluation, le mieux serait de considérer les mesures de réduction
comme une solution provisoire, l‟élimination complète restant l‟objectif recherché.
II.2.1 La place du CSC dans les différentes voies de réduction des gaz à effet de serre
La technologie du CSC peut être considérée comme une solution de transition, à mettre au
point rapidement pour obtenir des effets positifs sur la quantité globale de CO2 dans
l‟atmosphère dès les prochaines décennies.
En raison du coût d‟investissement et des particularités techniques du CSC, les sources
d‟émissions concernées sont celles qui dépassent les 100 000 tonnes de CO2 par an, soit
environ 7 000 sites dans le monde, selon le rapport du Groupe d‟experts intergouvernemental
sur évolution du climat (GIEC).
En particulier, la production d‟électricité à partir de centrales thermiques représente, à elle
seule, plus de 40 % de la totalité des émissions de CO2 anthropiques émises chaque année
dans le monde et quasiment 80 % des émissions totales de sources industrielles.
13
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Figure 7 : Installations industrielles constituent les principales sources d‟émissions de CO2 dans le monde
et sont donc les cibles de la capture et du stockage géologique du dioxyde de carbone.
Ces centrales électriques (et notamment celles fonctionnant à partir de charbon ou de lignite)
ainsi que, dans une moindre mesure, quelques autres installations industrielles telles que les
cimenteries, les raffineries, les installations de production d‟engrais, de la sidérurgie et de la
pétrochimie, sont, à ce jour, celles pour lesquelles le captage de CO2 apparaît le plus adapté.
Au total, selon le GIEC, la technologie pourrait capter de 80 à 90% du CO2 émis par une
usine électrique (avec une consommation d‟énergie supérieure à l‟énergie normalement
consommée), et traiter, toujours d‟ici à 2050, de 20 à 40% des émissions mondiales de CO2.
Cela dépendrait bien sûr de la volonté politique des pays concernés et des moyens
technologiques mis en œuvre. Cette technique pourrait contribuer pour 10 à 55 % à l‟effort
total de réduction des émissions d‟ici à 2100. Pour que ce développement puisse s‟effectuer, il
est nécessaire de réaliser dès à présent des projets pilotes .
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Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Tableau 1 : Émissions de CO2 annuelles en milliards de tonnes de carbone (GtC) pour les principales sources industrielles.
Sources :(1) :AIEGHG (1994-1996) - (2) :Données environnementales, OCDE,1997 - (3) : World Energy
Outlook,AIE,1998.
La première phase du CSC a pour objectif de capter dans les fumées de combustion le CO2
émis et de le séparer des autres composants principaux, notamment la vapeur d‟eau et l‟azote.
Les techniques reposent essentiellement sur des processus physiques ou chimiques qui ont fait
leurs preuves. En effet, la séparation des fumées et le captage du CO2 s‟effectuent déjà dans
de grandes usines, notamment lors de la transformation du gaz naturel, de la production
d‟ammoniac, de la fabrication d‟engrais. Mais, dans ces cas, le CO2 généralement extrait est
ensuite rejeté dans l‟atmosphère. Il existe trois techniques de captage du CO2. Elles sont
compatibles avec la plupart des installations actuelles de production d‟énergie.
15
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
16
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Après son captage, le CO2 doit être dirigé vers son lieu de stockage. Les solutions pour ce
transport à grande échelle sont la voie maritime ou le gazoduc. Dans les deux cas, le CO2
occupant beaucoup de volume, le transport s‟effectue le plus souvent en phase « dense »,
forme comprimée ou refroidie du CO2. Le but est de réduire son volume.
La voie maritime :
Les bateaux sont du même type que ceux qui transportent du GPL (gaz de pétrole liquéfié).
Le gazoduc :
Le transport du CO2 va s‟effectuer grâce à un pipeline . Là encore, la technologie n‟est pas
nouvelle : les premiers gazoducs de transport du CO2 sont entrés en service aux États-Unis au
début des années 70, mais pour des activités liées au pétrole et à l‟exploitation du gaz des
mines de charbon. Ils s‟y étirent aujourd‟hui sur plus de 2 500 km et transportent plus de 40
millions de tonnes de CO2 par an. L‟enjeu est surtout économique et réside dans le
développement d‟un véritable réseau capable d‟effectuer ce transport à grande échelle depuis
les lieux d‟émissions jusqu‟aux sites de stockage.
17
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Une fois transporté, il faut pouvoir stocker le CO2 pendant de longues durées, c‟est-à-dire des
centaines ou des milliers d‟années, de manière à ce qu‟il ne contribue pas à l‟effet de serre.
La technologie est déjà connue et utilisée dans l‟industrie pétrolière et gazière où le CO2 est
injecté dans les gisements en cours d‟exploitation pour réduire la viscosité du pétrole : le gaz
se dissout dans le pétrole brut qui devient ainsi plus fluide et donc plus mobile. Le taux de
récupération du pétrole est, de cette manière, plus important. Pour le CSC, le stockage
géologique, c‟est-à-dire dans le sous-sol, est l‟axe retenu par la majorité des pays
industrialisés. Il consiste à injecter du CO2 dans une roche souterraine. Cette capacité des
réservoirs géologiques à stocker du gaz carbonique existe déjà dans la nature puisque l‟on
trouve dans le sous-sol de nombreux sites qui retiennent du CO2 depuis des millions
d‟années. Il existe trois sortes de formations géologiques souterraines dans lesquelles du CO2
peut être emprisonné.
Les veines de charbon non exploitables car trop profondes ou trop peu épaisses.
Le CO2 est adsorbé, c‟est-à-dire retenu par le charbon. Ce mécanisme provoque, en outre, la
libération du méthane naturellement fixé à la surface du charbon, qui peut être produit et
récupéré. La capacité mondiale de stockage de CO2 serait de l‟ordre de 40 milliards de
tonnes. Des travaux de recherche doivent étudier la porosité et la perméabilité des veines de
charbon, qui risquent d‟être trop faibles, empêchant ainsi le CO2 de s‟y fixer en quantités
importantes.
18
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Tableau 2 : Capacité de stockage dans diverses formations géologiques, y compris les options qui ne sont pas
économiquement rentables.
19
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
De multiples programmes internationaux sont menés pour tester les technologies de captage et
les sites de stockage, à des fins industrielles et/ou de recherche. Ils bénéficient du soutien de
nombreux gouvernements et partenaires privés.
Depuis le milieu des années 90, des instituts et de centres de recherche internationaux sont
engagés dans des programmes de recherche sur la physicochimie du CO2 injecté et stocké,
l‟intégrité des stockages et des puits sur le long terme, les mesures nécessaires à la
surveillance de ces stockages et les méthodologies d‟analyse des risques. Les enjeux de ces
programmes de Recherche & Développement sont :
Tableau 3 : Profil par processus ou par activité industrielle des grandes sources fixes mondiales de CO2
qui libèrent plus de 0,1 MtCO2 (million de tonnes de CO2) par an.
Son but est d‟examiner comment concilier récupération de pétrole et stockage à long terme. Il
est prévu d‟injecter 1,8 million de tonnes de CO2 par an pendant 15 ans, ce qui permettra de
stocker définitivement plus de 20 millions de tonnes de CO2 tout en produisant 130 millions
de barils de pétrole. Le CO2 stocké provient d‟une unité de gazéification de charbon située
dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis. Il est acheminé jusqu‟à Weyburn par un pipeline
transfrontalier de 300 kilomètres conçu spécialement pour ce transport. L‟Union européenne
participe au financement de ce projet de recherche. L‟enjeu est considérable : l‟expérience
acquise dans ce domaine sera déterminante pour l‟avenir du stockage géologique dans les
réservoirs d‟hydrocarbures.
20
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Le projet de Snohvit,
Egalement en Norvège. Initié en 2006, le projet consiste à séparer le CO2 à terre, en amont
d‟une usine de gaz naturel liquéfié, de le convoyer par pipeline sur 130 km pour l‟injecter
dans l‟aquifère salin de Tubaen, à 2 600 m de profondeur, à raison de 2 000 tonnes par jour
(soit près de 700 000 tonnes par an).
Le coût des opérations de captage, transport et stockage du CO2 est estimé en fonction des
expérimentations en cours. Il dépend de nombreux paramètres que sont les technologies de
captage employées, les infrastructures industrielles concernées (leur puissance, leur
rendement, le type et le coût du combustible utilisé, etc.), les distances à parcourir pour le
transport et les méthodes de stockage sélectionnées.
Au stade actuel des programmes engagés à travers le monde, le coût de l‟ensemble de la
chaîne varie de 60 à 100 euros par tonne de CO2 stockée. A elle seule, la phase du captage,
qui intègre la séparation du gaz carbonique et sa compression, représente les deux tiers de ce
coût. Par ailleurs, elle génère, en elle-même, une consommation de 10 à 40% d‟énergie
supplémentaire, par rapport à une infrastructure équivalente et dépourvue de système de
captage. Les technologies à l‟étude, comme celles du bassin de Lacq, devraient permettre une
réduction substantielle de ces coûts et de la surconsommation d‟énergie de ces procédés,
permettant ainsi la diffusion de la technologie.
De nombreuses études économiques, dont celles du GIEC, estiment que le CSC pourra
prendre une place significative si son coût est réduit à un niveau voisin de 25 euros par tonne
de CO2 stockée. La baisse des coûts du CSC est donc un enjeu essentiel des développements
actuels.
21
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
22
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Un rapport spécial sur la technologie de capture et stockage du CO2 est en cours d'élaboration
par l'instance scientifique internationale que constitue le Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Le rapport fera le point sur les aspects
techniques, économiques et environnementaux de la filière, afin d'aider la prise de décision au
niveau politique. Une dynamique est donc enclenchée au niveau international, dans le cadre
du protocole de Kyoto, pour ajouter la capture et le stockage du CO2 comme instruments
complémentaires de lutte contre l'effet de serre.
Le sixième programme d'action communautaire pour l'environnement a fait du changement
climatique un domaine d'action prioritaire et a prévu de mettre sur pied un système
communautaire pour l'échange de droits d'émission. Il reconnaît que la Communauté s'est
engagée à opérer, de 2008 à 2012,une réduction de 8 % des émissions de gaz à effet de serre
par rapport aux niveaux d'émission de 1990,et qu'à long terme, il conviendra de réduire les
émissions de gaz à effet de serre d'environ 70 % par rapport aux niveaux d'émission de 1990.
La gestion du stockage du CO2 devra être assurée dans des conditions de sécurité totale et
jugées satisfaisantes par l'opinion publique. Quand le public est informé, les questions
concernant les craintes sur la pérennité des installations ou les risques de fuite reviennent
régulièrement. Un gros travail d'explication et de dialogue avec le public – en particulier avec
les populations qui résident à proximité des sites de stockage envisagés – devra donc
accompagner la démarche auprès des différents acteurs sociaux, avec des garanties de
transparence et de contrôles indépendants.
23
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
II.6 Impact prévisionnel du CO2 sur les systèmes vivants et les écosystèmes
Nous respirons en permanence du CO2. Ce gaz n‟est dangereux pour la santé humaine qu‟à
de très fortes concentrations. Jusqu‟à 50 000 ppm ( 5% ) , il peut provoquer des maux de tête,
des vertiges et des nausées . Au-delà, il peut entrainer la mort en cas d‟exposition prolongée,
notamment par asphyxie quand la concentration d‟oxygène dans l‟air descend en dessous des
16% nécessaires à la vie humaine. Cependant si le CO2 s‟échappe dans une zone ouverte ou
plane, il se disperse rapidement dans l‟air, même en l‟absence de vent . Les risques potentiels
pour les populations se limitent donc aux fuites dans des environnements clos ou dans des
dépressions topographiques ou les concentrations sont susceptibles d‟augmenter car le CO2
est plus dense que l‟air et a tendance à s‟accumuler à proximité du sol. Pour mieux gérer et
prévenir les risques, il est donc utile de connaitre les caractéristiques des zones ou des fuites
de gaz se produisent. De nombreuses personnes vivent dans des régions caractérisées par des
émanations quotidiennes de CO2. A Ciampino, près de Rome, par exemple, certaines maisons
sont situées à seulement 30 mètres de zones de fuites de gaz. La concentration de CO2 dans le
sol atteint 90%, et 7 tonnes de CO2 sont quotidiennement rejetées dans l‟atmosphère. Les
habitants évitent tout problème en respectant quelques précautions simples, comme ne pas
dormir au sous-sol et bien aérer les maisons.
L‟impact potentiel sur les écosystèmes varie largement selon que le site de stockage est situé
en mer ou en terre. Dans les écosystèmes marins, le principal impact des fuites de CO2 est la
baisse locale du pH qui concerne surtout les animaux vivant sur le fond marin et ne pouvant
pas se déplacer. Les conséquences sont cependant limitées spatialement et, une fois la fuite
résorbée, l‟écosystème montre rapidement des signes de rétablissement.
Dans les écosystèmes terrestres, les impacts se résument ainsi :
Végétation – bien que des concentrations de 20 à 30% de CO2 dans le sol puissent
favoriser la fertilisation et augmenter le rythme de croissance de certaines espaces, au-
delà de ce seuil, la présence de CO2 peut être létale pour certaines plantes. Cet impact
est cependant extrêmement localisé autour de la fuite de gaz et, quelques mètres plus
loin, la végétation reste robuste et en bonne santé.
Qualité des eaux potables – la composition chimique des eaux souterraines peut
changer avec l‟addition de CO2. L‟eau devient plus acide et certains éléments risquent
de se dissocier des roches et des minéraux de l‟aquifère. Même si du CO2 se déversait
dans un aquifère d‟eau potable, l‟effet resterait localisé. La quantification de cet
impact est en cours d‟étude. Il est intéressant de noter que de nombreux aquifères
européens sont enrichis en CO2 naturel et que cette eau est même mise en bouteille et
vendue sous forme d‟eau minérale pétillante.
24
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
En conclusion, étant donné que l‟impact d‟une fuite potentielle de CO2 dépend des
caractéristiques de chaque site, une connaissance approfondie des composantes géologiques et
structurelles des sites devrait permettre d‟identifier les chemins potentiels de migration du
gaz, de choisir les sites offrant la plus faible probabilité de fuite de CO2, de prédire le
comportement du gaz et dons d‟évaluer et de prévenir d‟éventuels impacts sur les êtres
humains et sur les écosystèmes.
Le CO2 est utilisé comme réactif dans plusieurs procédés chimiques et biologiques, par
exemple pour produire de l‟urée et du méthanol, ainsi que dans diverses applications directes
(horticulture, réfrigération, conditionnement alimentaire, soudage, boissons, extincteurs
d‟incendie, etc.). Les quantités utilisées à l‟échelle mondiale sont actuellement de l‟ordre de
120 MtCO2 par an . La majorité (deux tiers du total) sert à produire de l‟urée pour la
fabrication d‟engrais et d‟autres produits. Une partie est extraite de puits naturels, une autre
provient de sources industrielles – en général des sources à forte concentration, telles les
usines de production d‟ammoniac et d‟hydrogène – qui piègent le CO2 au cours de la
production.
En principe, les usages industriels peuvent aider à prévenir le rejet de CO2 dans l‟atmosphère
en le stockant dans le «bassin chimique de carbone» (c‟est-à-dire l‟ensemble des produits finis
qui renferment du carbone). Toutefois, du point de vue de l‟atténuation des changements
climatiques, une telle utilisation n‟est valable que si les quantités en jeu et la durée du
stockage sont importantes et si cela entraîne une réduction nette des émissions. La durée de
vie moyenne de la majorité du CO2 qui entre dans les procédés industriels n‟est que de
quelques jours à quelques mois; le carbone stocké se transforme ensuite en CO2 et retourne
dans l‟atmosphère. Ces durées sont insuffisantes pour contribuer utilement à l‟atténuation des
changements climatiques. En outre, la consommation industrielle totale, soit 120 MtCO2 par
an, est faible comparée aux émissions des principales sources anthropiques . Bien que certains
procédés industriels stockent une petite partie du CO2 (à peu près 20 MtCO2 par an au total)
pendant plusieurs décennies, la quantité totale retenue à long terme (plusieurs siècles) se situe
actuellement aux alentours de 1 MtCO2 par an ou moins, sans perspective d‟augmentation
majeure.
Une autre question importante est de savoir si les usages industriels entraînent une réduction
nette des émissions de CO2, en remplaçant d‟autres procédés ou produits industriels. On ne
peut l‟établir correctement qu‟en considérant les limites propres au système, pour ce qui est
des bilans énergie et matières des procédés qui emploient du CO2, et en effectuant une
analyse détaillée du cycle de vie de l‟application envisagée. Peu de textes ont été publiés sur
le sujet, mais ils indiquent qu‟il est difficile d‟avancer des chiffres précis et que, dans bien des
cas, les usages industriels pourraient globalement se solder par une augmentation nette, et non
une réduction nette, des émissions. Vu la faible proportion de CO2 retenue, les quantités
limitées utilisées et le risque d‟accroître les émissions, on peut conclure que les usages
industriels du CO2 piégé contribuent sans doute de manière modeste à l‟atténuation des
changements climatiques.
Des gisements naturels de CO2 sont exploités depuis quelques décennies par l'industrie
pétrolière, qui a acquis de fait une expérience significative dans la manipulation du gaz
carbonique, son transport et son injection dans le sous-sol.
25
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Les pétroliers utilisent en effet le gaz carbonique pour améliorer la récupération des
hydrocarbures. Les techniques mises en œuvre depuis le début des années 50 ont permis de
doubler le taux de récupération du pétrole en place dans les gisements :le gaz carbonique
injecté maintient la pression du réservoir et, se dissolvant dans le pétrole, en diminue la
viscosité et facilite son déplacement jusqu'au puits d'extraction. Grâce aux progrès réalisés ces
dernières années, on parvient à extraire maintenant entre 30 et 60 % du gisement originel.
On parle alors de récupération assistée du pétrole (en anglais EOR pour Enhanced Oil
Recovery). Une partie du gaz carbonique finit toujours par remonter à la surface dans un
mélange de pétrole, d‟eau et de gaz. Après traitement du pétrole et séparation, on peut choisir
de récupérer le CO2 pour le réinjecter et ainsi éviter de le laisser s'échapper à l'air libre.
Figure 17 : Principe du procédé de récupération assistée du pétrole qui permet d'améliorer la production
des gisements d'hydrocarbures en voie d'épuisement.
Les réservoirs pétroliers et gaziers possèdent par nature une structure de piège. D'où l'idée de
stocker le CO2 dans les gisements en fin d'exploitation. Le stockage de dioxyde de carbone
dans ces réservoirs peut aussi apporter une valeur ajoutée :
La récupération assistée de pétrole et de gaz. Des programmes de recherche sont en cours
pour étudier le comportement sur le long terme du CO2 injecté dans ce type de formations.
Après plus d'un siècle d'une exploitation intensive, des milliers de gisements de pétrole et de
gaz naturel arrivent en fin de production et certains d'entre eux pourraient constituer des sites
intéressants de stockage géologique.
26
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Les capacités mondiales de stockage dans les gisements d'hydrocarbures sont de l'ordre de
1 000 milliards de tonnes de CO2. Bien que 10 fois plus faibles que celles offertes par les
aquifères, on pourrait quand même y stocker le tiers des émissions mondiales pendant un
siècle.
Toutefois, leur répartition mondiale très inégale, les capacités plus limitées de stockage en
comparaison avec les aquifères et le besoin de contrôle des puits existants pour qu'ils ne
puissent pas devenir des voies de migration privilégiées du CO2 vers la surface sont des
limites à l'utilisation de cette filière. Ce qui n'exclut pas qu'elle puisse être intéressante en
fonction des contextes locaux, géographiques ou économiques.
Depuis le début des années 1990, plusieurs projets on été conduits pour étudier la faisabilité
du stockage géologique. Une première opération a vu le jour en 1996 avec injection en
aquifère profond d'un million de tonnes de gaz carbonique par an sur le site de Sleipner
(Norvège) en mer du Nord.
Il s'agit de la première opération industrielle de stockage géologique de CO2 à des fins
environnementales, pour lutter contre l'effet de serre.
Figure 18 : Plate-forme de Gaz de France Production Nederlands (GPN) en mer du Nord où une opération
de stockage de CO2 dans un gisement de gaz naturel en voie d'épuisement est étudiée.
27
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Depuis septembre 2000,une opération de récupération assistée de pétrole par injection de CO2
est menée par EnCana sur le champ pétrolier de Weyburn au Canada (Saskatchewan).
En janvier 2001, un programme de recherche international a démarré sous l'égide de l'Agence
internationale de l'énergie (AIE), baptisé “AIE Weyburn CO2 Monitoring and Storage
Project”. Son but : tirer parti de cette opération industrielle pour étudier le stockage
géologique du CO2 dans un réservoir pétrolier et examiner comment concilier récupération de
pétrole et stockage à long terme. Le gaz carbonique provient d'une unité de gazéification de
charbon située dans le Dakota du Nord aux Etats-Unis. Il est acheminé jusqu'à Weyburn par
un pipeline transfrontalier de 330 kilomètres conçu spécialement pour ce transport. Il est
prévu d'injecter 1,8 million de tonnes de CO2 par an pendant 15 ans, ce qui permettra de
stocker définitivement 20 millions de tonnes de CO2 tout en produisant 130 millions de barils
supplémentaires de pétrole. L‟Union européenne participe au financement du projet de
recherche Weyburn. Les pays européens impliqués incluent le Danemark, la France (BRGM),
l'Italie et le Royaume-Uni, en collaboration avec les équipes de recherche canadiennes et
américaines.
Figure 19 : Le CO2 injecté dans le gisement de pétrole de Weyburn (Canada) provient de l'usine de gazéification
de charbon située à Beulah (États-Unis) : chaque jour, 5 000 tonnes de CO2 transitent par un gazoduc
transfrontalier long de 330 km.
28
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Figure 20 : Le cadre géologique du site de stockage de CO2 de Weyburn est déterminé par un bloc d'environ
200 Km de côté à une profondeur de 1,5 à 4 km. La zone de surveillance s'étend à10 km au-delà
des limites du stockage de CO2.
Figure 21 : Ce graphique montre l'augmentation de la production de pétrole qu'il a été possible de réaliser sur
le site de Weyburn, grâce à l'injection de CO2 effectuée à partir d‟octobre 2000.
La surveillance du stockage géologique du CO2 fait appel à toute une panoplie de techniques
et de méthodologies qui ont pour but de garantir la sécurité de la filière pendant plusieurs
siècles.
Alors capturer le CO2 et le stocker dans le sous-sol peut être réalisé à l'aide des technologies
actuellement disponibles dans l'industrie pétrolière et gazière. Mais la nécessité de stocker le
CO2 sans risque pour l'environnement durant de longues périodes de temps – de l'ordre de
plusieurs siècles, voire un à deux millénaires – impose de nouvelles contraintes en termes de
29
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
„In Salah‟ opère dans le cadre d‟un partenariat équilibré unique entre deux des sociétés
d‟hydrocarbures internationales les plus chevronnées au monde, BP et Statoil, et la Société
nationale algérienne des hydrocarbures Sonatrach.
L‟Algérie fait partie des seize pays qui ont réduit leurs volumes de gaz torchés entre 1995 et
2006. C‟est ce qui ressort d‟une étude publiée par la Banque mondiale le 30 août 2007. Cette
première étude du torchage du gaz à l‟échelle mondiale a été réalisée à partir de données
satellitaires, et un ensemble d‟estimations nationales et mondiales des volumes de gaz brûlés a
été élaboré pour une période de douze ans entre 1995 et 2006.
„In Salah Gaz‟ est devenu opérationnel en 2004. Les huit champs de gaz, situés dans le bassin
de Ahnet Timimoune au fond du Désert du Sahara, ont une capacité de production de
9 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. A près de 1200 Km au sud de la côte
méditerranéenne, la région expérience des températures pouvant planer à près de 55°C – ou
tomber au-dessous de zéro. Ceinturé par d‟énormes dunes de sable vers le nord atteignant
70 m de hauteur, le gazoduc de longue distance a ouvert le marché Européen du gaz méthane
à l‟Algérie.
Dans la première phase actuelle du projet d‟In Salah, le gaz produit sur les champs de
Tegentour et Reg est d‟abord déshydraté et ensuite amené par canalisation 120 Km au nord
vers une usine centrale de traitement à Krechba, où il est mélangé au gaz produit sur le champ
30
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
local. Comme il est usuel dans cette région, le gaz naturel du réservoir contient environ 10%
de CO2. La pratique normale de séparation du méthane est de simplement laisser se dégager le
CO2 inutile vers l‟atmosphère.
In Salah est le plus grand projet de gaz sec en Algérie, impliquant le développement de sept
champs de production. Pendant la première phase de 1,75 milliards de $, le gaz est produit
dans trois champs situés le long d‟un axe central. Ces champs sont appelés Krechba,
Tegentour et Reg. Ils recèlent ensemble 160 milliards de mètres cubes de gaz méthane.
A Krechba cependant, le gaz CO2 est compressé et repompé à une pression de 200 bars (la
pression atmosphérique est d‟environ 1 bar) dans une profonde formation saline (en
profondeur) qui fait partie de la même formation que le réservoir de gaz naturel, mais située
31
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
plus loin à 2 Km de profondeur. C‟est la même structure géologique qui l‟a conservé comme
composant du gaz naturel brut pendant quelques 20 millions d‟années. Le réservoir lui-même
couvre une superficie d‟environ 20 Km de long sur 5 Km de large et possède quatre puits
d‟extraction dans la zone de production de gaz naturel. Admettant l‟importance potentielle
d‟In Salah pour le déploiement de la CSC partout dans le monde, le Projet de Partenariat
Industriel et d‟Engagement pour le Stockage de Gaz CO2 a été constitué en alliance avec le
projet de In Salah Gaz en 2005. Le programme de coordination et de suivi est supporté par
l‟industrie, les établissements universitaires, les organisations non gouvernementales et les
gouvernements, y compris la Commission Européenne et le Département de l‟Energie US.
1. Fournir la preuve que le Stockage géologique de CO2 peut être rentable et que le
monitoring à court terme peut assurer sa fiabilité à long terme.
2. Démontrer à toutes les parties prenantes, que le stockage de CO2 à l‟échelle
industrielle est une option viable de diminution des Gaz à effet de serre.
3. Etablir des nouvelles normes dans la régulation et le contrôle du stockage géologique
de CO2, permettant l‟éligibilité à des crédits dans le cadre de projets de diminution des
Gaz à effet de serre.
Le but du vaste programme de contrôle du CO2 à In Salah est de démontrer comment, et par
là-même prouver que le stockage géologique du CO2 à échelle industrielle est un moyen sûr
et efficace de réduction des émissions de gaz à effet de serre ; d‟étudier ensuite les meilleures
et les plus rentables techniques pour le contrôle du CO2 dans le sous-sol, lesquelles pourront
être alors utilisées dans les futurs projets de stockage géologique du CO2.
Les activités de contrôle fournissent aussi une riche quantité d‟informations qui peuvent être
considérées comme des données de référence détaillées sur la géologie et l‟environnement du
réservoir et de la région, acquises avant l‟injection du CO2. Ces données – comme l‟analyse
du gaz dans le sol, la formation géologique, les prélèvements et analyses d‟échantillons d‟eau,
la mesure de l‟activité sismique dans le sous-sol – sont utilisées pour mettre en évidence tous
changements susceptibles de survenir, et de continuellement affiner et ensuite améliorer la
simulation du réservoir et les modèles de performance qui permettront de prédire le
comportement du CO2 dans le système de stockage sous terre.
32
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
In Salah est l‟un des très peu nombreux projets dans le monde qui prennent en charge la
Capture et le Stockage géologique du CO2 ; il donne la démonstration des potentialités de la
CSC (CCS en Anglais) à apporter des avantages quant à la réduction des émissions de CO 2.
Les efforts du Projet Gaz d‟In Salah pour la mitigation des effets du CO2 sont une puissante
démonstration sur la manière avec laquelle le développement économique, la maîtrise de
l‟environnement, et la sécurité de l‟énergie peuvent fonctionner en tandem. En outre, la
décision de „In Salah Gaz‟ de stocker en sûreté le CO2, plutôt que de le dégager dans
l‟atmosphère, démontre l‟engagement de l‟Algérie envers l‟allègement du problème du
changement climatique. Depuis le début des opérations en 2004, le Projet a réalisé le
Stockage géologique d‟environ 1 million de tonnes par an de CO2 , ce qui équivaut à éliminer
les émissions de 200.000 véhicules. „In Salah Gaz‟ démontre comment le gaz naturel peut être
traité en toute sécurité et sans danger, tout en limitant les émissions de CO2. Il montre aussi
que la capture et le stockage du CO2 sont sans danger et peuvent être réalisés à l‟échelle
industrielle. L‟investissement de 100 millions $ pour la réduction de l‟impact de „In Salah
Gaz‟, donne aussi la preuve de l‟engagement de Sonatrach, BP, et Statoil envers la protection
de l‟environnement.
L‟importance des activités liées à la CSC (Capture et Stockage du CO2) ne peut être sous-
estimée. Il n‟existe que deux autres projets de stockage de CO2 à grande échelle dans le
monde. L‟un d‟eux est au large de la côte norvégienne, à Sleipner ; un champ gazier qui a
débuté la séparation du CO2 du gaz naturel depuis 1996. Cependant la formation saline
d‟Utsira dans laquelle est stocké le CO2 est moins profonde et beaucoup plus perméable que
celle de In Salah. Utsira est une excellente formation de stockage, mais de telles formations ne
sont pas communes dans d‟autres régions susceptibles d‟être utilisées pour le stockage du
CO2, ailleurs dans le monde. Tous ceux qui sont concernés par l‟industrie de la CSC comptent
sur „In Salah‟ pour leur fournir les riches données nécessaires pour aider à déterminer les
normes technologiques de stockage.
33
Chapitre II Etude de l’impact des gaz torchés
Depuis que l‟injection a commencé, le mouvement de CO2 sous terre a été suivi par satellite
et vérifié par des échantillons relevés sur des puits de contrôle.
Le stockage à grande échelle du CO2 à Krechba continue de fournir la preuve ainsi qu‟un bon
aperçu du fait que le stockage géologique est une méthode sûre et viable pour aider à
diminuer les émissions de gaz à effet de serre. „In Salah‟ a apporté une contribution majeure
aux connaissances scientifiques quant au choix, au développement, à l‟exploitation et au
contrôle d‟un site de stockage géologique. Cette initiative continuera à démontrer aux
entreprises et aux gouvernements dans le monde que – grâce à un planning et des techniques
correctes – la rentabilité du stockage de CO2 peut être effectivement vérifiée et sa fiabilité à
long terme assurée grâce aux techniques de mesure et de contrôle.
34
Chapitre III :
ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Face à ce problème, les recherches focalisées sur le développement de cette technologie ont
étés portés à cause d’une demande sociétale et de présomptions de la meilleure stabilité de
notre système planétaire dans le cadre des évolutions climatiques. De plus plusieurs travaux
de recherches ont été consacrés à l’élaboration d’une approche globale de modélisation des
écoulements, d’autres projets ambitieux sont en cours actuellement. Ces approches,
combinées à des études de scénarios basées sur des règles d’évolutions socio-économiques,
permettront aux décideurs de gérer les risques de façon globale sur l’ensemble de
l’écosystème afin de prendre les meilleures décisions avec la plus faible incertitude.
M. Anheden et al. [1] ont montré que la capture par oxy-combustion consiste à séparer
l’oxygène de l’azote avant la combustion. On obtient ainsi un CO2 concentré, facile à séparer
en fin de combustion. Cette technologie a été utilisée dans l’industrie du verre, mais nécessite
des développements importants pour une application à grande échelle à la génération
d’énergie, en particulier au niveau de l’unité de séparation de l’air : des technologies de
séparation par membranes, d’adsorption de l’oxygène à haute température et de distillation
cryogénique sont à développer.
D.W. Bailey et P.H.M. Feron [2] ont montré que dans le cas de la capture post-combustion,
le CO2 est séparé des gaz effluents. Ce procédé convient à la génération d’électricité
conventionnelle et aux systèmes de conversion d’énergie. Les principaux procédés de
conversion d’énergie et leurs performances sont décrits dans cet article. La technologie
utilisée aujourd’hui, qui consiste à séparer le CO2 des effluents gazeux à l’aide de solvants,
est présentée et les principaux procédés sont discutés. Plusieurs pistes de développement de
ces procédés sont envisageables à l’avenir : accroissement de l’efficacité des procédés actuels,
nouveaux procédés d’absorption avec de meilleurs solvants, utilisation de membranes, etc.
L.I. Eide et D.W. Bailey [3] ont montré que dans le cas de la capture par précombustion, le
CO2 est isolé avant la combustion. Cette technologie mature et bien maîtrisée, s’apparente à
la production d’hydrogène. Ses performances sur des combustibles gaz naturel et charbon sont
ici présentées. Ce procédé se déroule en trois étapes :
– obtention d’un mélange contenant de l’hydrogène, du CO et du CO2 à partir de réactions de
reforming/conversion du combustible ;
– obtention d’un mélange contenant du CO2 et de l’hydrogène ;
– séparation du CO2 et de l’hydrogène.
Il existe quelques pistes de développement de cette technologie, tel le IRCC (Integrated
Reforming Combined Cycle).
P.H.M. Feron et C.A. Hendriks, [4] ont montré que de grandes quantités de CO2 sont
émises à pression atmosphérique par la production thermique d’électricité en particulier.
35
Chapitre III Etude bibliographique
Le principe de capture-stockage du CO2 offre des perspectives intéressantes pour limiter les
émissions de gaz à effet de serre de cette filière. Le CO2 capturé doit ensuite être compressé
avant les étapes de transport et de stockage. Il y a trois catégories de procédés de capture du
CO2 :
– les procédés postcombustion ;
– les procédés précombustion ;
– les procédés en oxycombustion.
Ces catégories sont toutes applicables aux combustibles fossiles et à la biomasse, moyennant
des spécificités techniques en fonction de la nature du combustible. Elles mettent en œuvre
plusieurs méthodes physicochimiques de séparation des gaz. La capture du CO2 est l’étape la
plus coûteuse de la chaîne capture-séquestration. Le bilan de cette chaîne est ici présenté pour
différentes technologies de production de l’énergie, de capture et de transport du CO2. Huit
étapes sont prises en compte, de l’extraction des combustibles fossiles à la séquestration du
CO2.
R.S. Haszeldine et al. [5] montrent que La concentration élevée en CO2 atmosphérique
participe au réchauffement climatique. Une mesure d’atténuation consiste à capter le CO2
émis par les centrales électriques qui utilisent des combustibles fossiles, et à le stocker dans
des aquifères salins ou dans des gisements exploités d’hydrocarbures. Des projets de
démonstration déjà en cours et des analyses techniques indiquent que cette mesure est viable.
Le CO2 doit rester confiné pendant au moins 10 000 ans pour que cette option technologique
ait un impact climatique. En vue de fournir une évaluation solide des performances d’un site
de stockage, à l’échelle de temps indiquée, une approche possible est d’étudier les
accumulations naturelles de CO2. Celles-ci sont en particulier capables de donner des
informations sur les interactions roche- CO2-saumure à des échelles de temps comprises entre
le millier et la dizaine de millions d’années. Les champs de CO2 naturel en mer du Nord
(Brae, Miller, Magnus), situés à 4 000 m d’enfouissement et plus, ne montrent pas la
néoformation des phases minérales souvent prédite par la modélisation géochimique. La
calcite et les feldspaths peuvent constituer encore entre 5 et 20 % des minéraux de la roche,
tandis que la dawsonite n’est pas observée. Il en est de même pour des exemples de réservoirs
de grès situés dans le sud-est australien et en Arizona. Il est possible qu’un état de
déséquilibre thermodynamique se soit maintenu, de sorte que les modèles existants ne sont
pas capables de prédire correctement les évolutions minéralogiques réelles, sur les durées
pertinentes pour la séquestration du CO2. Ces modèles nécessitent une meilleure calibration.
Les données expérimentales, à l’échéance de quelques mois, ou celles déduites des situations
de récupération assistée (CO2-EOR), à l’échéance de quelques dizaines années, sont en
général trop courtes pour offrir toutes les calibrations nécessaires. En revanche, les analogues
naturels peuvent aider à combler cette lacune. Le plateau du Colorado abrite un tel système
naturel, où des gisements estimés à 100 Gm3 de CO2 ont pu s’accumuler, à partir de sources
vocaniques d’âge inférieur à 5 Ma.
K. Bateman et al. [6] ont montré qu’au cours des opérations de stockage du CO2 en aquifère
profond, le gaz acide injecté peut être piégé de trois manières :
– en phase constituée, généralement un gaz surcritique (piégeage physique) ;
– dissous dans l’eau interstitielle (piégeage hydrodynamique) ;
– précipité sous forme de carbonates comme la calcite (piégeage minéralogique). La présente
étude est consacrée aux réactions entre CO2, l’eau interstitielle et la roche hôte.
36
Chapitre III Etude bibliographique
Le but de ce travail est de fournir une expérience de laboratoire suffisamment bien contrainte,
d’une durée assez longue (plusieurs mois), mettant en jeu des quantités connues de minéraux
et de solution aqueuse enrichie en CO2, dans des conditions aptes à représenter une situation
réelle de stockage. Une telle expérience est susceptible de devenir un cas test pour valider une
approche de modélisation géochimique à vocation prédictive, qui s’inscrit dans l’effort
entrepris pour mieux comprendre le sort, à long terme, du gaz acide injecté dans le sous-sol.
L’expérience décrite, malgré son dispositif complexe, a fonctionné pendant une période de 7,5
mois. Des échantillons de fluide ont été régulièrement collectés, pour offrir un suivi des
espèces dissoutes. Le matériel soumis à la réaction a pu ensuite être étudié, de manière à
observer d’éventuels changements de composition minérale. Des modifications sensibles ont
été mises en évidence sur les phases carbonatées, en accord avec les mesures effectuées sur
l’effluent. À l’inverse, quoique des changements de silice dissoute aient été enregistrés,
aucune manifestation tangible d’une altération des phases siliceuses n’a pu être révélée.
La modélisation des interactions eau-minéraux a pu être effectuée à l’aide du logiciel Precip,
du BGS. En première approche, le modèle tend à surestimer l’intensité des réactions. La
précipitation de certaines phases minérales, comme la dawsonite, est prédite en quantités
substantielles, alors qu’il n’y en a pas de trace visible dans le matériel expérimental. Les
différences entre réalité et modèle montrent le besoin de meilleures données, tant
thermodynamiques que cinétiques, dans les conditions pertinentes pour le stockage de CO2
(pH, température, pression, composition des eaux de formation). On ne peut se contenter
d’extrapolations.
M. Bentham et G. Kirby [7] ont montré que les aquifères salins représentent une option
prometteuse pour la séquestration du CO2. Leur capacité de stockage est très importante. Le
site de Sleipner en mer du Nord est actuellement le seul cas au monde de stockage de CO2
dans un aquifère salin. Cet article donne une vue d’ensemble des risques liés à ce type de
stockage, ainsi que la distribution régionale des sites potentiels. Pour finir, les limites
technologiques et les futurs programmes de recherche dans ce domaine sont présentés.
É. Brosse et al. [8] dans cet article comprendre le devenir du dioxyde de carbone (CO2)
injecté dans des aquifères ou des gisements d’hydrocarbures exploités reposera en partie sur
l’utilisation de modèles chimie-transport, capables de prédire les interactions possibles entre
les eaux acidifiées et les minéraux. Les résultats fournis par de tels modèles dépendent d’un
grand nombre d’hypothèses et de paramètres, parfois mal contraints. Un aspect clé est
l’intégration, dans les simulations portant sur des roches, de vitesses de réaction mesurées sur
des minéraux apprêtés et isolés, et avec des rapports eau-roche beaucoup plus élevés. Cet
article est consacré à la modélisation d’expériences de percolation réactive, qui ont été mises
au point pour améliorer l’intégration des vitesses de réaction. Ces expériences ont été menées
sur des échantillons de calcaire naturel purement constitués de calcite (Noiriel et al., ce
volume), dans des conditions de température, de pression, de pression partielle de CO2
(pCO2) et de composition d’eau pour lesquelles une vitesse de dissolution de la calcite est
disponible (Plummer et al., 1978, modèle dit PWP). Ainsi, un modèle chimie-transport peut
être utilisé pour simuler les expériences et pour discuter, précisément, la manière de
transposer à la roche le modèle cinétique du minéral.
La comparaison entre les résultats expérimentaux et les résultats de calcul ne permet pas de
décider du contrôle de la réaction de dissolution du calcaire, dans les conditions étudiées : soit
la réaction de surface, soit un mécanisme de transport d’espèce(s) dans la phase aqueuse.
Dans le premier cas, la démarche consiste à ajuster la valeur d’une surface dite « réactive ».
Dans le second cas, le paramètre d’ajustement est l’épaisseur moyenne d’une couche diffuse,
qui dépend du pH.
37
Chapitre III Etude bibliographique
B. Cailly et al. [9] dans cet article, les technologies de puits nécessaires à l’injection de CO2
sont présentées ainsi que les mécanismes physico-chimiques provoqués par l’injection autour
du puits :
– Les matériaux utilisés pour le puits et les procédures d’abandon de puits doivent être choisis
de façon à éviter toute fuite de CO2 le long du puits et d’assurer la sécurité à long terme du
stockage.
– La zone autour du puits subit des mécanismes de dissolution/reprécipitation causés par
l’injection de CO2, qui peuvent influer sur l’injectivité. Ces phénomènes dépendent fortement
des caractéristiques du réservoir et requièrent aujourd’hui une étude théorique et
expérimentale approfondie afin de contrôler l’injectivité des puits d’injection de CO2,
élément clé car de grandes quantités de CO2 devront être injectées.
F. Gozalpour et al. [10] montrent que l’injection de CO2 dans des réservoirs pétroliers est
une méthode efficace de récupération assistée du pétrole (EOR) et est utilisée par l’industrie
pétrolière depuis une quarantaine d’années. La prise en compte des émissions de gaz à effet
de serre dans l’atmosphère a mené à étudier ces dernières années le potentiel de cette méthode
pour stocker durablement le CO2. Si les conditions de réservoirs sont adéquates, elle peut
permettre à la fois d’augmenter notablement la récupération d’huile et de stocker
définitivement du CO2 dans les formations géologiques. La plupart des projets passés et
actuels d’EOR utilisent du CO2 peu coûteux et ont un résultat économique appréciable (167-
227 sm3 CO2/STB pétrole). Le potentiel de stockage du CO2 associé à l’EOR est important,
à peu près 60 % du CO2 injecté est retenu dans le réservoir, en ne prenant pas en compte la
réinjection. Il est admis qu’il y a peu de défis technologiques majeurs à relever, cependant les
contraintes économiques doivent être prises en compte pour les cas de CO2 cher (comme par
exemple celui provenant de la production d’électricité).
Dans cet article, un panorama des potentiels de stockage de CO2 associés à l’EOR est donné.
Une étude de cas en mer du Nord est présentée.
C. Kervévan et al. [11] montrent que L’évaluation des conséquences à court et long terme
de l’injection de CO2 dans les aquifères nécessite à la fois des expérimentations en laboratoire
et l’utilisation de modèles afin de mieux comprendre les différents processus
physicochimiques induits. La modélisation de l’injection dans un réservoir où les conditions
in situ sont souvent relativement élevées en termes de température (au-delà de 50 °C),
pression (plusieurs centaines de bars) et salinité (supérieure à celle de l’eau de mer), implique
donc d’avoir à notre disposition des outils numériques capables de prendre en compte à la fois
les effets spécifiques de chaque électrolyte et la non-idéalité de la phase CO2 gaz. Cet article
propose une évaluation de la cohérence des différentes corrections (activité, fugacité,
influence de la pression sur les constantes thermodynamiques) à considérer dans les modèles
géochimiques afin de répondre aux besoins en termes de précision de calcul. Une estimation
du poids relatif de chacune des corrections, dans le cas d’une saumure de salinité égale à 237
g·l–1 (60 °C, pCO2 = 200 bar), montre une surestimation systématique de la solubilité du
CO2 (supérieure à 100 %) lorsque la salinité (NaCl équivalente) est négligée ou que le gaz est
considéré comme idéal ; en comparaison, l’erreur induite en considérant l’équivalent NaCl au
lieu de la salinité réelle de la saumure est faible (moins de 5 %). La deuxième partie de cette
étude présente un exemple d’application à un scénario hypothétique d’injection massive de
CO2 dans un réservoir carbonaté ; les données utilisées pour la composition de la saumure
correspondent à des données réelles (Moldovanyi et Walters, 1992) provenant de la formation
de Smackover (Arkansas, États-Unis). Les simulations réalisées en considérant un volume
élémentaire représentatif de roche saturée (assemblage minéral poreux saturé avec la saumure
de Smackover), soumis à une pression de CO2 constante de 150 bar, montrent deux
comportements distincts selon que le système est supposé fermé (réacteur batch) ou ouvert et
38
Chapitre III Etude bibliographique
alimenté par un flux constant de saumure. Toutefois, les tendances des évolutions observées
dans les deux réacteurs aval laissent penser à un possible piégeage minéral du carbone au-delà
des limites géométriques relativement réduites du système modélisé.
V. Lagneau et al. [12] ont montré que La séquestration géologique de CO2 dans des
aquifères salins profonds peut présenter de nombreux atouts dans la lutte contre les émissions
de gaz à effet de serre. Afin d’assurer un bon confinement du gaz injecté, une bonne
compréhension de l’évolution de tels systèmes sous l’influence d’une injection massive de
CO2 est déterminante. À ce titre, les modélisations couplées géochimie-transport peuvent
apporter des renseignements utiles, en simulant les réactions chimiques susceptibles de se
produire dans le milieu, couplées au transport des réactifs, et ce, à long terme et à grande
échelle. Cette étude avait pour but d’explorer les apports possibles de la modélisation couplée
géochimie transport dans le cadre de la séquestration du CO2. Deux aquifères salins profonds
ont été choisis afin de tester les performances et les limitations des codes : l’aquifère
carbonaté du Dogger (Bassin parisien) et l’aquifère gréseux du Bunter (mer du Nord). Ces
deux aquifères aux comportements différents ont été choisis afin d’illustrer les principaux
phénomènes attendus : dissolution du CO2 dans l’aquifère carbonaté, précipitation de
carbonates dans l’aquifère gréseux. Les simulations effectuées montrent les performances des
codes couplés, en particulier la possibilité de représenter finement le terme source (ou puits)
de ladissolution de lab ulle de CO2 (ou de la précipitation de minéraux carbonatés) couplé au
transport du CO2 dissous. Le calcul des flux de CO2 en divers points du système donne en
outre des informations sur le potentiel de fixation du CO2. Cependant, des limitations ont été
identifiées : manque de données sur les structures modélisées et sur La réactivité du CO2 dans
les conditions envisagées. Enfin, des développements dans les codes sont également
souhaitables afin de représenter plus finement le transport, la dissolution et la réactivité du
CO2 supercritique : couplage chimie-transport en milieu biphasique, couplage avec les
échanges de matière entre phase.
H.G. Machel [13] montre qu’au Canada occidental, plus de quarante sites géologiques sont
aujourd’hui utilisés pour l’injection de gaz acide (H2S + CO2). Le champ Nisku-Q est
localisé dans le centre-ouest de l’Alberta (zone de Brazeau). Il s’agit d’un gisement de gaz
déplété, dont le réservoir, situé dans la formation de Nisku ( Dévonien supérieur ), est
constitué pour l’essentiel de dolomite et d’anhydrite. La formation de Nisku offre un prospect
à huile et gaz à condensat, le gaz étant plus ou moins acide. Son enfouissement, inférieur à
2300 m au nord-est, atteint environ 4200 m au sud-ouest. Son épaisseur est de 80 à 100 m.
Une particularité de ce prospect est que les hydrocarbures sont répartis dans un assez grand
nombre de gisements proches l’un de l’autre, et pourtant isolés sur le plan hydrodynamique
depuis leur migration et leur piégeage, datés entre 30 et 60 Ma. Cet isolement, mis en
évidence par la distribution des compositions et des pressions naturelles des gisements, rend
ceux-ci propices à l’injection de gaz acide, et en particulier à la séquestration de dioxyde de
carbone. Une investigation détaillée des caractères stratigraphiques, diagénétiques,
minéralogiques et hydrogéologiques de la formation de Nisku permet de penser que le gaz
injecté resterait confiné, pour des durées géologiques, au sein de la structure qui contient le
champ Nisku-Q. Et même si par fait extraordinaire le gaz s’en échappait, il ne manquerait pas
de se disperser et de se dissoudre dans les eaux de formation situées en profondeur, le long
des chemins de migration. Le seul risque de fuite sérieux, à l’échelle humaine, serait le fait
d’un puits mal équipé, et/ou abandonné sans surveillance.
F. May [14] montre que L’activité tectonique récente dans le massif Rhénan est
accompagnée de la migration d’eaux riches en CO2, d’origine mantellique. Lors de son
ascension, le CO2 se dissout dans les eaux interstitielles des roches sédimentaires fracturées
39
Chapitre III Etude bibliographique
du substratum varisque. Les réactions d’altération sont connues à partir des analyses
pétrologiques des roches exposées dans les parois de faille, de la composition chimique des
fluides et de la modélisation thermodynamique. La réaction principale est l’altération de la
chlorite et du feldspath en kaolinite, carbonate de fer, quartz et eau bicarbonatée. Les vitesses
d’écoulement, les températures, les profondeurs, les temps de résidence des eaux souterraines,
les types de roche et le produit des réactions diffèrent selon les systèmes naturels étudiés. Les
conditions de réaction peuvent être contraintes en comparant les variations naturelles des
paramètres et la progression des réactions dans les simulations thermodynamiques. Selon le
degré d’avancement des réactions, une augmentation de la porosité induite par la dissolution
des minéraux primaires, ou au contraire une réduction de la porosité pouvant atteindre la
cicatrisation complète des fractures, peuvent se développer dans la même roche.
F. Renard et al. [15] montrent que lors de l’injection de dioxyde de carbone dans un
réservoir déplété ou dans un aquifère, la dissolution du CO2 dans l’eau de formation produit
une acidification. Ce phénomène accélère les réactions de dissolution précipitation avec la
matrice rocheuse, et par conséquent, peut modifier notablement les propriétés mécaniques et
hydrauliques des roches. De tels effets sont particulièrement importants dans les calcaires
pour lesquels la solubilité et la réactivité des minéraux dépendent directement du pH, qui est
lié à la pression partielle de CO2. Le mécanisme de déformation par dissolution-précipitation
sous contrainte est contrôlé par un couplage entre des processus de dissolution et de
précipitation des minéraux et une déformation macroscopique de la matrice. Ce mécanisme
implique une dissolution aux joints de grains où la contrainte normale est élevée, une
diffusion de la matière dissoute dans le fluide intergranulaire, et une précipitation de matière
dans les pores où la pression est plus faible. Cela induit une compaction de la roche et une
diminution de porosité contrôlées à la fois par l’indentation des grains et par la précipitation
dans les pores. La percolation de fluides riches en CO2 tend à accélérer la compaction et peut
ainsi modifier les propriétés mécaniques du réservoir à long terme. Dans cet article, nous
avons cherché à quantifier ce processus à l’aide d’un modèle numérique 2D qui couple les
processus de dissolution et de précipitation à l’échelle des grains avec des transferts de
matière à une échelle plus importante (quelques décimètres). Nous montrons que des
pressions élevées de CO2 (jusqu’à 30 MPa) accélèrent la vitesse de compaction des roches
calcaires d’un facteur de 50 à 75 et diminuent aussi leur viscosité.
J.Q. Shi et S. Durucan [16] ont montré que le mécanisme de stockage du CO2 dans les
veines de charbon (coalbeds), l’adsorption, est très différent de ceux intervenant dans les
réservoirs d’hydrocarbures ou dans les aquifères, où le CO2 occupe les pores en tant que
phase distincte ou bien est dissous dans l’eau ou l’huile. Durant les 20 dernières années, le
méthane issu des veines de charbon (coalbed methane ou CBM) est devenu une source
importante (non conventionelle) de gaz naturel aux États-Unis. L’injection de CO2 pour
augmenter la récupération de CBM (CO2-ECBM) est une technologie émergente qui pourrait
permettre de stocker des volumes importants de CO2 anthropique dans les veines de charbon,
tout en augmentant l’efficacité de la production de méthane.
J.Q. Shi et S. Durucan [17] montrent une option envisagée pour le stockage du CO2, en
plus des procédés classiques (réservoirs déplétés, aquifères salins, charbons), consiste à
utiliser les grandes cavités creusées par l’homme, comme les cavernes et les mines. Les
cavernes de sel, comme les réservoirs de gaz déplétés et les aquifères, sont utilisées depuis
plusieurs dizaines d’années pour stocker le gaz naturel afin de faire face aux cycles quotidiens
ou saisonniers de la demande. On trouve aussi des exemples de stockage de gaz naturel dans
des mines abandonnées. Ces exemples prouvent que ces sites offrent une alternative au
stockage géologique du CO2, particulièrement lorsque les options classiques sont limitées ou
40
Chapitre III Etude bibliographique
non accessibles au voisinage d’une source de CO2. En effet, afin de réduire les distances de
transport et donc les coûts, il est important que les sites de stockage soient localisés à
proximité des points d’émission du CO2.
B. van der Meer [18] montre que le principe du stockage de CO2 dans des réservoirs de gaz
naturel repose sur l’idée que le volume de gaz produit (gaz et condensat) est remplacé par le
CO2. Cet article étudie la faisabilité du stockage de CO2 dans ce type de réservoirs, qui ont
déjà fait leur preuve puisqu’ils piègent du gaz depuis des milliers voire des millions d’années.
La capacité de stockage des réservoirs déplétés dépend de nombreux facteurs détaillés dans
l’article.
P. Winthaegen et al. [20] ont montré que les techniques de monitoring actuellement
appliquées au stockage de CO2 sont présentées. Ces méthodes sont regroupées en 3 familles
selon leur zone d’application :
– l’atmosphère et la zone souterraine proche de la surface ;
– les couches recouvrant le réservoir ;
– le réservoir et ses pièges.
Une autre façon de regrouper ces techniques peut être envisagée en fonction de la
chronologie, d’abord pendant l’injection et le processus de stockage, puis à long terme (après
abandon du champ). Dans cette optique, l’importance de la caractérisation et du monitoring
avant injection est soulignée.
N. Zwingmann et al. [21] ont réalisé une expérience à petite échelle d'injection de CO2 dans
un champ, afin d'étudier la faisabilité d'une séquestration géologique de ce gaz à effet de serre
au sud-ouest de la ville de Nagaoka (préfecture de Niigata, Japon). Avant cette expérience, les
réactions géochimiques résultant de l'injection ont été évaluées à l'aide du modèle
géochimique EQ3/6. La formation dans laquelle la séquestration est envisagée est la
formation de Haizume, dans le groupe Uonoma, constituée de dépôts sédimentaires marins
d'âge pléistocène, et surmontée par une couche d’argilites. La minéralogie de la formation de
Haizume est constituée par le quartz, le plagioclase, le feldspath potassique, le pyroxène et les
argiles (smectites et chlorites). La taille des grains varie de moyenne à grossière. Le grès
montre une faible consolidation. L'eau de formation présente une teneur en sels totaux dissous
d'environ 6100 mg/l et une concentration élevée en calcium (> 20 % de la concentration de
Na+).
Le modèle géochimique a été utilisé pour ajuster la chimie initiale de l'eau de formation, puis
pour modéliser les interactions entre le CO2 injecté, l'eau de formation et les minéraux du
réservoir. Les résultats indiquent une forte réactivité des minéraux en présence d'une quantité
élevée de CO2, ainsi qu'un fort taux de conversion de ce CO2 en minéraux. À l'état final,
environ 23 mol de CO2 ont été consommées par kg d'eau, dont plus de 90 % ont été précipités
sous forme de minéraux carbonatés. Ces calculs de modélisation géochimique renferment une
incertitude importante en ce qui concerne les temps de réaction, qui devront être évalués de
façon plus précise dans des modélisations futures.
41
Chapitre III Etude bibliographique
J.M. Ketzer et al. [22] ont montré que la modélisation numérique est l’un des seuls outils
dont on dispose pour évaluer le devenir du CO2 injecté dans les réservoirs géologiques
profonds, et en particulier dans les gisements d’hydrocarbures exploités. Une fois calée sur la
situation actuelle observée pour les roches et les fluides, elle peut être utilisée pour prédire la
migration du gaz injecté, aussi bien dans le réservoir hôte que dans sa couverture.
Nous présentons ici une méthode qui, en utilisant des modèles numériques déjà existants,
permet une évaluation des risques de fuite du CO2 liés à l’environnement géologique. Cette
approche a été appliquée à un exemple réel, démontrant l’efficacité du champ de Forties en
mer du Nord, vis-à-vis d’un piégeage du CO2 sur une durée de l’ordre de 1000 a. Nous
montrons que les résultats de simulation plaident en faveur d’un comportement favorable à la
séquestration. Le temps de résidence calculé pour le CO2 dépasse largement le millier
d’années, ce qui rend ce mode de séquestration du carbone plus durable que beaucoup
d’autres. De plus, cette étude contribue à fournir des critères pour définir d’autres champs
d’hydrocarbures exploités favorables à la séquestration géologique du CO2.
M. Le Ravalec-Dupinet al. [23] cet article concerne la modélisation d’un site souterrain de
stockage de gaz, situé près de Paris (France), en considérant simultanément les données
géologiques et les pressions mesurées aux puits. L’historique de production disponible
comprend deux périodes. Le gaz coussin est injecté pendant une première période, qui s’étale
sur sept ans. Il s’agit avant tout d’une période de remplissage. La deuxième période, d’une
durée de dix ans, est consacrée à l’exploitation du site. On injecte du gaz l’été pour
réalimenter les réserves et on l’extrait l’hiver en fonction de la demande des consommateurs.
Le fonctionnement du stockage est assuré par une douzaine de puits. Pendant ces deux
périodes, les pressions sont enregistrées dans onze puits d’observation, situés autour du site de
stockage. Dans cette étude, seules les données collectées pendant la première période sont
utilisées pour contraindre le modèle de réservoir. Les données relatives à la seconde période
sont mises de côté. Elles permettront ultérieurement d’apprécier la qualité du modèle construit
à partir des données de la première période. Un processus assisté de calage d’historique est
mis en place pour intégrer conjointement les données géologiques et les données de pression
dans la modélisation du réservoir. Ce processus fait intervenir la méthode de déformation
graduelle. Il permet d’ajuster, au cours du processus de calage, des paramètres déterministes
ainsi que des paramètres stochastiques. On montre que les paramètres les plus influents
dépendent des propriétés pétrophysiques : on identifie, par exemple, les moyennes des
porosités et les coefficients liant les porosités et les perméabilités. Pour l’étude considérée, les
paramètres stochastiques s’avèrent être du deuxième ordre : ils n’affectent que très peu le
processus de calage. Le modèle optimal de réservoir obtenu après calage corrobore les
données géologiques et les pressions enregistrées aux puits. La méthodologie développée se
caractérise essentiellement par les possibilités qu’elle offre en ce qui concerne la gestion d’un
workflow. Elle permet d’intégrer toutes les étapes de la construction d’un modèle de réservoir
depuis la création du modèle géologique à l’échelle fine jusqu’à la simulation des
écoulements de fluide sur le modèle grossier. Le workflow, une fois stocké, peut être répété :
l’influence de nombreux paramètres, tant déterministes que stochastiques, peut être analysée.
Enfin, la technique proposée permet d’effectuer rapidement des tests préliminaires de calage
et d’élaborer au final un modèle fin cohérent avec l’ensemble des données disponibles. La
cohérence améliorée vis-à-vis des données conduit à une réduction des incertitudes sur les
prédictions relatives au comportement dynamique du réservoir.
H. Djebouri et al. [24] montrent qu’il s’agit, pour la plupart des cas, de l’écoulement
simultané de deux ou plusieurs fluides dont les caractéristiques peuvent varier dans l’espace et
42
Chapitre III Etude bibliographique
le temps. Pour cela, la voie expérimentale était souvent employée. Elle consiste à étudier le
problème sur un modèle physique réduit et appliquer les résultats dans les applications, grâce
aux lois de la similitude.
L’étude des déplacements polyphasiques en milieu poreux est un sujet de recherche difficile
auquel on s’intéresse que depuis peu de temps. La représentation de ce type d’écoulements
nécessite la connaissance des pressions capillaires et des perméabilités relatives à chacune des
phases fluides qui dépendent, évidemment, de la façon dont ces dernières se répartissent dans
l’espace des pores. Cette répartition dépend, quant à elle, des propriétés physiques des fluides:
tension interfaciale, mouillabilité, étalement, et des caractéristiques de la microstructure du
milieu poreux. Du fait de l’évolution formidable des moyens de calcul que permettent l’outil
informatique, les problèmes d’actualité ont trait essentiellement à la modélisation des
écoulements dans les milieux poreux naturels dans le but de l’amélioration de l’efficacité de
balayage lors de la récupération assistée du pétrole. Par le biais de ce travail on s’intéresse à la
détermination des profils de saturation des phases fluides dans un milieu poreux hétérogène
stratifié.
43
Chapitre IV :
PROBLEMATIQUE ET OBJECTIFS
Description de la mission
Le captage et le stockage géologique du gaz carbonique (CSC) est une piste sérieuse et l’une
des plus puissantes armes à notre disposition pour lutter contre le changement climatique.
Problème : cette technologie n’est actuellement déployée que sur une demi-douzaine de sites
dans le monde. Et rares sont les projets concrets à devoir prochainement entrer sous terre.
Actuellement, on peut dire que les gisements de pétrole et de gaz représentent un cas de figure
particulièrement intéressant. En effet, d’une part, on peut considérer qu’ils sont très sûrs, étant
donné qu’ils ont été étanches aux hydrocarbures pendant des millions d’années. D’autre part,
dans le cas d’un gisement de pétrole, il est possible au cours d’une première phase, d’utiliser
le CO2 pour effectuer une opération des récupérations assistée.
44
Chapitre IV Problématique et objectifs
Repousser les limites des réserves actuelles d’hydrocarbures représente un enjeu majeur pour
répondre à une demande mondiale en hausse constante et satisfaire en particulier les besoins
des transports tout au long du 21e siècle. Pour cela, plusieurs organisme développent des
technologies, des logiciels et des méthodes permettant d’assurer un accès propre et
économique à de nouvelles ressources d’hydrocarbures, de mieux exploiter les gisements
pétroliers déjà découverts, et de réduire les coûts afin de rendre économiquement exploitables
des gisements difficiles, lointains ou marginaux tout en préservant l’environnement.
Mieux exploiter les réserves disponibles nécessite de développer les technologies pour
augmenter notre capacité à récupérer le pétrole en place dans les gisements et à prolonger
l’exploitation des gisements pétroliers matures, tout en préservant l’environnement.
La récupération améliorée du pétrole a pour but d'utiliser au mieux l'ensemble des ressources
disponibles, en maximisant le taux de récupération des hydrocarbures présents dans le sous-
sol. Elle fait appel à une panoplie de technologies telles que les méthodes et méthodologies
avancées de caractérisation et de simulation du réservoir, l’architecture et la gestion des puits,
les logiciels de modélisation, les techniques de monitoring de réservoir,…etc. L’optimisation
de ces stratégies dépend de notre capacité à développer les réserves.
IV.5 Analyse des risques liés au stockage du CO2 dans les gisements exploités
Avant de prendre la décision d’utiliser un gisement de pétrole pour stocker de façon durable
du CO2, il est nécessaire d’analyser et de mesurer les risques de fuite afin d’en évaluer les
impacts potentiels. Les travaux menés dans ce domaine visent à modéliser le comportement
du stockage dans le temps et dans le cadre de scénarii provoquant une rupture d’étanchéité
(endommagement de l'intégrité des puits ou des formations réservoir, réactivation de failles,
etc.). Le développement de ces modèles conceptuels ou numériques permet de renforcer la
45
Chapitre IV Problématique et objectifs
sécurité des stockages, contribuant ainsi à rendre possible et durable cette nouvelle option de
lutte contre l’effet de serre.
Les travaux de plusieurs centres de recherche scientifique et de développement industriel, de
formation et d’information dans le domaine des hydrocarbures et de leurs substituts visent à
développer les technologies qui permettront de satisfaire les besoins croissants en énergie. Ses
activités couvrent l’ensemble de la chaîne pétrolière et gazière : exploration, production,
raffinage, pétrochimie, moteurs et utilisation des produits pétroliers.
Ils s’inscrivent dans une perspective de développement durable en proposant des solutions
technologiques pour repousser les limites actuelles des réserves de pétrole, assurer la
transition vers une énergie de remplacement, réduire les émissions de polluants et lutter contre
le changement climatique en diminuant les émissions de gaz à effet de serre.
Dans les paragraphes suivants, on propose ces quelques notions de base qui interviennent
dans la description des écoulements en milieux poreux.
Un volume élémentaire représentatif est un volume pour lequel les propriétés caractéristiques
moyennes (comme la porosité, la perméabilité dans le cas d’un milieu poreux) peuvent être
déduites. En réalité un milieu poreux est constitué de graines solides et vides pour lesquelles il
n’est pas possible d’attribuer des notions comme la porosité et la perméabilité qu’à partir
d’une échelle supérieure de plusieurs ordres de grandeur à l’échelle des pores. Le choix du
VER doit donc répondre aux critères suivants (de Marsily 1994) :
• Le VER doit contenir un grand nombre de pores afin d’avoir une moyenne globale
significative ;
• Le VER doit être suffisamment petit pour que les variations des propriétés d’un domaine au
domaine voisin puissent être approchées par des fonctions continues pour pouvoir introduire
l’analyse infinitésimale, sans introduire d’erreur décelable par les instruments de mesure à
l’échelle macroscopique.
D’après les critères ci-dessus, un VER dépend non seulement de la structure du milieu
poreux, mais aussi des phénomènes physiques étudiés. Un VER doit être assez grand pour
représenter la structure du milieu poreux, mais aussi petit pour que les variations des
propriétés, parfois non linéaires (teneur en eau), soient continues. Une telle définition
appliquée à l’hydrogéologie, est sûrement subjective car l’hétérogénéité existe à toutes les
échelles d’un milieu poreux naturel, et plusieurs hypothèses de modélisation existent pour
chaque problème.
46
Chapitre IV Problématique et objectifs
Les milieux poreux sont omniprésents dans notre quotidien. Les matériaux de construction
tels que le bois, la pierre et le ciment, les milieux naturels que sont les sols agricoles et
forestiers, les catalyseurs de l’industrie chimique, les filtres de purification d’eau courante, les
tissus vivants, l’éponge de l’évier et le « calgon » de la machine à laver sont autant de
systèmes physiques qui possèdent en leur sein tout un réseau de cavités de diverses tailles et
propriétés.
IV.6.2.1 Interprétation d’un milieu poreux
Un milieu poreux est un milieu diphasique, constitué d’une phase solide, appelée matrice
poreuse, rigide ou élastique, et d’une phase complémentaire à cette phase solide, appelée
espace interstitiel ou espace poreux.
L’espace poreux peut être occupé par une ou plusieurs phases fluides. Lorsqu’il n’existe
qu’une seule phase fluide, on dit que le milieu poreux est saturé. Dans le cas ou plusieurs
fluides occupent l’espace poreux, on parle de milieux poreux non saturés ( par rapport à un
fluide de référence ).
Pour qu’un transport de fluides à travers le matériau soit possible, l’espace poreux doit être
partiellement connecté. La structure des matériaux poreux est en général très complexe
puisque le milieu, souvent considéré homogène au niveau macroscopique est désordonné du
point de vue microscopique.
La matrice solide est présentée à gauche, avec son espace interstitiel. Au milieu, l’espace
occupé par le fluide est présenté en noir. A droite, la combinaison du squelette et de la phase
fluide conduit au milieu poreux.
Les milieux à cavités tels que le bois, le ciment, les zéolites, les sols, les roches, s’annoncent a
priori d’une grande complexité à décrire dans toute leur généralité, ne serait-ce qu’à cause de
leur composition chimique. Toutefois, lorsqu’ils sont considérés en tant que matériaux
poreux, l’intérêt porté à leur endroit se limite souvent dans un premier temps à la
connaissance de la géométrie de leurs pores. La manière conventionnelle de représenter ces
matériaux consiste alors à découper l’espace V qu’ils occupent en deux parties ou « phase » :
l’espace solide Vs, dit encore « matrice » du matériau et l’espace poral Vp.
47
Chapitre IV Problématique et objectifs
Un milieu poreux se voit ainsi entièrement défini par la fonction caractéristique de ses pores :
1 𝑠𝑖 𝑟 ∈ 𝑉𝑝
Xp (r) =
0 𝑠𝑖 𝑟 ∈ 𝑉𝑠
Pour des matériaux naturels tels que les sols et les roches, que pour des matériaux
synthétiques comme les gels ou les polymères. Ceux-ci présent en effet sur plusieurs échelles
de longueur. Pour certains matériaux tels que les pates de ciment, les mousses de ciment, les
sols, ou des gels, certains auteurs semblent avoir observé sur plusieurs échelles de longueurs
des propriétés d’auto similitude. Dans le cas d’un matériau poreux, la « fractale » observée
concerne soit la phase solide (fractal de masse), soit la phase poreuse (fractal de pore), soit
l’interface (fractal de surface). Dans un milieu fractal, une quantité physique moyennée sur un
volume dépend en général de la taille de ce volume selon une loi de puissance.
La notion d’autosimilitude a révolutionnée certaines branches de la physique, en particulier
celui des phénomènes critiques près des transitions de phase, elle trouve cependant
rapidement ses limites en ce qui concerne les milieux poreux. Tout d’abord, nul objet
physique ne peut être fractal au-delà de l’échelle atomique. De plus rares sont les matériaux
pour lesquels un comportement est réellement observé sur au moins deux ordres de grandeurs.
Enfin, toute loi d’échelle n’est pas preuve d’autosimilitude. Les polémiques sont encore
nombreuses et vives vis-à-vis d’auteurs qui ont conclu trop vite à la fractalité de leurs
systèmes en ayant vu dans un diagramme log-log une portion de droite avec une pente
singulière.
c) Homogénéité et isotropie
Par abus de langage, un matériau poreux sera cependant considéré comme homogène si à
l’échelle macroscopique les champs de ses caractéristiques géométriques moyennes sont
homogènes. Un matériau homogène sera dit isotrope si en tout point de l’échelle
macroscopique les caractéristiques géométriques moyennes sont des objets isotropes ( en
particulier, les grandeurs vectorielles doivent être nulle et les grandeurs tensorielles d’ordre
deux s’identifiés à l’opérateur identité à une constante multiplicative près).
Un matériau géométriquement isotrope aura naturellement des caractéristiques mécaniques et
de transport isotropes.
Décrire un réseau poreux peut se faire de manières très différentes. Si l’on se demande si tous
les pores sont accessibles depuis la face extérieure de matériau ou au contraire, si certains
pores forment des cavités isolées, si on cherche à connaître le nombre de chemins permettant
de passer d’un point à un autre dans le matériau, on peut également se demander si les pores
sont ronds, aplatis, à surface lisse ou rugueuse : c’est alors la morphologie du réseau qui est
concernée. Il s’agit alors de mesure des distances, des aires ou des volumes qui forment la
métrique du matériau. Topologie, morphologie et métrique constituent ainsi les trois
caractères essentiels de la géométrie d’un réseau poreux. Il serait cependant maladroit de
vouloir artificiellement les sépare. Vis-à-vis des phénomènes de transport, nous verrons que
48
Chapitre IV Problématique et objectifs
certaines propriétés des milieux poreux relèvent simultanément de deux, voire des trois
aspects à la fois.
Les bons paramètres en deux catégories :
Les grandeurs purement métriques qui s’obtiennent via des mesures de longueurs, de
volumes ou de surfaces. Bien que définis dans l’espace à trois dimensions, elles
peuvent souvent être obtenues par le biais d’observation de coupes bidimensionnelles
du matériau.
Les grandeurs purement topologiques qui résultent d’un comptage d’éléments
reconnaissables du réseau poreux. Elles sont purement tridimensionnelles et ne
peuvent pas être mesurées dans un espace de dimension inférieur.
Tous les paramètres de description présentés dans la suite sont des moyennes de propriétés
locales. Les définitions qui viennent ne trouvent donc leur pertinence que pour un échantillon
de matériau poreux au moins aussi grand que le VER.
D’une manière générale, les paramètres scalaires que nous rencontrons sont insensibles à
l’orientation du matériau poreux, même lorsque celui-ci est anisotrope.
Porosité
Pour les milieux naturels, ce nombre ne dépasse généralement pas 0.6 . Le tableau (8)
présente la valeur de la porosité pour quelques matériaux. On peut noter également que
lorsque le milieu poreux est homogène et isotrope, la porosité correspond aussi au rapport de
la surface occupée par les pores dans une section du matériau à la surface de la section.
Matériau Porosité (ε )
Brique 0.12 à 0.34
Calcaire 0.04 à 0.10
Sable 0.37 à 0.50
Lits de billes sphériques 0.36 à 0.43
Saturation
La saturation d’une phase 𝑝 est définie comme étant le rapport entre le volume de la phase
fluide 𝑝, notée 𝑉𝑝 et le volume des pores connectés :
𝑉𝑝 (1.2)
𝑆𝑝 =
𝑉𝑝𝑜𝑟𝑒𝑠
49
Chapitre IV Problématique et objectifs
Avec : 0 ≤ 𝑆𝑝 ≤ 1, 𝑝 𝑆𝑝 = 1
La conductivité à saturation peut s'exprimer sous la forme d'un produit de deux facteurs, l'un
dépendant des caractéristiques du fluide , l'autre dépendant uniquement des caractéristiques de
la phase solide et traduisant la facilité avec laquelle le sol se laisse traverser par les fluides,
appelée perméabilité intrinsèque k (m2 ) :
(1.3)
(1.4)
avec : θ la teneur en eau effective du milieu poreux en volume d'eau par volume de milieu
poreux [L3/L3], ρ la densité de l'eau en [M3/L].
Le principe de conservation de masse postule ou implique que la variation de masse stockée
dans le milieu poreux est égale à la différence du flux entrant moins le flux sortant et le terme
source :
(1.5)
Le signe du terme source est considéré par convention. En général le terme source S est
considéré comme positif pour un apport d'eau et négatif pour une extraction d'eau.
En développant le flux en série de Taylor jusqu'au premier ordre dans le second terme de
l'équation (1.4) on obtient :
(1.6)
Pour dériver le terme de droite de l'équation (1.5), on considère la matrice solide comme
rigide et immobile mais faiblement déformable dans la direction verticale, z. On considère
aussi que la densité varie en fonction de la pression et de la concentration en soluté (Ackerer
et al. 1999). On néglige la variation de la densité en fonction de la température. Ainsi on
obtient :
50
Chapitre IV Problématique et objectifs
(1.7)
(1.8) et (1.9)
(1.10)
(1.11)
(1.12)
L a première mise en équation du mouvement d’un fluide dans un milieu poreux saturé a été
proposée par Darcy (1856) au milieu du 19 ème siècle. Darcy a montré expérimentalement
que le débit d’un écoulement d’eau à travers une colonne de sable était proportionnel au
gradient de pression appliqué entre deux sections de cette colonne. Pour un milieu isotrope,
l’équation de Darcy généralisée peut s’écrire :
𝜇
∇𝑝 = − 𝑢 + 𝜌𝑔 (1.13)
𝑘
51
Chapitre IV Problématique et objectifs
Pour que la loi de Darcy soit valide, il faut que l’écoulement soit laminaire, ce qui est
généralement le cas dans les milieux poreux. La vérification de cette condition se fait à l’aide
du nombre de Reynolds, Re. En mécanique des fluides, Re mesure l’importance des forces
d’inertie par rapport aux forces de viscosité. Il est donné par :
(1.14)
Pour les écoulements en milieux poreux, q est considéré comme la densité de flux, et D est
égale au diamètre effectif des grains d10 (la taille du filtre à travers duquel 10% en masse des
grains passe).
Afin que la loi de Darcy soit applicable il faut que Re ≤ 1. Muskat (1937) montre plusieurs
études selon lesquelles l'écoulement est transitoire entre des valeurs de Reynolds comprises
entre 1 et 12. A titre indicatif pour un sable de diamètre moyen de 0.5 mm la vitesse
d'écoulement limite pour l'eau à température ambiante est de 0.2 cm/s. Cette valeur peut être
dépassée dans le cas d'écoulement en milieux fracturés ou karstiques.
52
Chapitre IV Problématique et objectifs
53
Chapitre V :
ETUDE DE CAS
V. Etude de cas
La séquestration géologique du CO2 est une des solutions pour réduire les émissions de CO2
industriel. Le principe consiste à capter le CO2 à son point d'émission (centrale électrique,
cimenteries, aciérie …), de le concentrer et le transporter vers un site géologique adéquat pour
son stockage. Les réalisations industrielles de séquestration de CO2 sont à l'heure actuelle très
peu nombreuses, quelques projets apparaissant aujourd'hui en liaison avec la production
d'hydrocarbures. Plusieurs options sont envisageables pour le stockage du CO2 : utilisation de
réservoirs souterrains naturels (réservoirs épuisés de pétrole et de gaz, gisements houillers non
exploitables et aquifères salins).
54
Chapitre V Etude de cas
Positionnement du problème
L’écoulement de fluides dans un milieu poreux se rencontre dans des domaines très divers,
par exemple, la géothermie, la géotechnique (mécanique des sols), le génie chimique, le
stockage des fluides dans les réservoirs souterrains, l’exploitation des gisements des
hydrocarbures….etc . Il s’agit, pour la plupart des cas, de l’écoulement simultané de deux ou
plusieurs fluides dont les caractéristiques peuvent varier dans l’espace et le temps.
Pour cela, la simulation numérique des écoulements diphasiques en milieu poreux a été l’objet
d’une grande attention de la part des chercheurs ces dernières années.
Cette étude de cas consiste à récupérer le CO2 en sortie d’installation industrielle et à l’injecter
dans les couches profondes du sous-sol, au lieu de le laisser s’accumuler dans l’atmosphère.
On envisage aussi que le CO2 en état supercritique pourra être stocké et emprisonné dans
d'anciens gisements de pétrole ou de gaz naturel ayant déjà fait la preuve de leur étanchéité et
dont la mise en production a suffisamment fait baisser la pression interne. Il sera donc
possible de les "regonfler" avec du CO2 jusqu'à une pression un peu inférieure à leur pression
d'origine et d’effectuer ainsi une opération de récupérations assistée d’hydrocarbure.
Sur un site choisi nous allons simuler en 2D à partir d’une modélisation, la migration du CO2
à l’état supercritique dans un milieu poreux (réservoir d’hydrocarbure). Dans un tel modèle, le
réservoir est assimilé à de différentes caractéristiques (porosité et perméabilité).
Le milieu poreux considéré dans cette étude est indéformable et contient deux phases (CO2 en
état supercritique et pétrole) étant immiscibles et incompressibles.
Nous supposons aussi que la viscosité dynamique des deux phases est constante, les échanges
entre phases ne sont pas pris en compte (absence de phénomène de diffusion-dispersion) et
l’effet de la pesanteur est négligeable.
55
Chapitre V Etude de cas
L’écoulement considéré est décrit par la variation spatiale et temporelle des pressions et
saturations des deux phases.
L’équation générale des écoulements en milieux poreux est déduite du principe de
conservation de mase et conservation de la quantité de mouvement-Loi de Darcy.
dρ
+ div(ρV) = 𝟢
dt
dρ ∂ ∂
+ (ρ𝖴) + (ρ𝖵) = 𝟢
dt ∂x ∂y
𝛫
𝑉=− (∇𝑃 + 𝜌𝘨)
µ
Κ ∂P
∪=−
µ ∂x
Κ ∂P
V = − ( + ρ𝗀)
µ ∂y
Equation de concentration
∂𝖼
+ 𝖣∇𝖼 = −V ∙ 𝗀𝗋𝖺𝖽𝖳
∂t
∂𝖼 ∂2 𝖼 ∂2 𝖼 ∂𝖳 ∂𝖳
+𝖣 2
+ 2 =− ∪ +V
∂t ∂x ∂y ∂x ∂y
où :
56
Chapitre V Etude de cas
Le domaine modélisé a été défini de manière à englober l’essentiel du secteur d’étude choisi.
Il correspond à une zone de 600 m x 600 m x 150 m, centrée sur un point d’injection à une
profondeur de 1500 m, comme on peut le constaté sur la figure ci-dessous.
1500 m de profondeur
Puits d’injection
Puits d’injection
600m
150m
600m
600m
y z
1,5 m
12,5 m Puits d’injection
x
12,5 m
57
Chapitre V Etude de cas
Géométrie du modèle
Puits 12,5
d’injecti
m
on
12,5
m
Figure 29 : Géométrie du modèle
Couche imperméable
U₌V₌ 0
𝜕V
=𝟢 𝜕∪
𝜕𝑥
T = 70 °C =𝟢
𝜕𝑥
Axe de Débit d’injection
symétrie P = 160 bar 𝜕V
=𝟢
𝜕𝑥
𝜕U
=𝟢
𝜕𝑥
Couche imperméable
U₌V₌ 0
58
Chapitre V Etude de cas
V.4.2.2 Société
La société a été fondée en Juillet 1986 à Stockholm, en Suède et a inclue des bureaux au
Danemark, Finlande, France, Allemagne, Pays-Bas, Norvège, Inde, Italie, Suisse, Royaume-
Uni, et Etats-Unis. Le Groupe fournit des solutions logicielles COMSOL pour la modélisation
multiphysiques.
La ligne de produits de l'entreprise a été élargie pour inclure un ensemble de disciplines
spécifiques des modules de mécanique des structures, génie chimique, Salut et basse
fréquence électromagnétique, le transfert de chaleur, MEMS, sciences de la Terre,
l'acoustique, et plus encore. Le groupe a également ajouté des modules pour importer et
exporter des dessins CAD et des propriétés de matériaux Bibliothèque de simplifier la
modélisation de phénomènes et de simulation du monde réel.
59
Chapitre V Etude de cas
V.4.2.3 Modules
60
Chapitre V Etude de cas
61
Chapitre V Etude de cas
62
Chapitre V Etude de cas
Cependant, dans le cadre de la présente étude, il convient de réaliser un calcul sur trois
maillages différents de l’injection du CO2 supercritique afin d’avoir une idée sur l’écart entre
les trois solutions.
Au regard des données présentées sur la figure ci-dessous, la figure 34 illustre l’écart noté de
l’évolution du CO2 supercritique au cours du temps avec les trois types de maillages choisis :
maillage normal (458 éléments quad.), maillage plus fin (603 éléments quad.) et maillage
encore plus fin (1564 éléments quad.).
63
Chapitre V Etude de cas
a
.
Figure 36 : Effet de la taille du maillage sur la simulation de l’injection du CO2 après 100 jours
avec deux maillages différents : a) maillage plus fin de 17600 éléments ;
b) maillage grossier de 3600 éléments .
64
Chapitre V Etude de cas
L‘intérêt d‘injecter et de stocker le CO2 sous forme supercritique est la meilleure pénétration
du fluide dans les pores du réservoir associé à la réduction drastique de volume qui
accompagne ce changement de phase.
Parmi les principaux réservoirs géologiques visés par l‘injection de CO2 à l’état supercritique,
la réalisation d‘un modèle maillé d’un gisement épuisé d’hydrocarbures a permis de traiter le
processus de la migration du CO2 supercritique et précisera notamment son comportement
possible dans ce type de réservoir au cours du temps.
Les évaluations résultant de cette simulation numérique sur la migration à travers le puits
d’injection nous présentent aussi bien un étalement spatial du CO2 supercritique sur le
domaine du réservoir modélisé.
Il est important de rappeler aussi que si on s‘inspire des principaux scénarios de fuite
mentionnées par le GIEC, la durée pendant laquelle un stockage géologique de CO2 devra
garantir l‘absence d’une fuite, est de l‘ordre de 1000 ans.
Notre modèle est validé à celui de Mr. Hassane Djebouri et al. et montre qu’il y’a une
concordance entre les résultats de l’évolution de la migration des deux fluides utilisés au
cours du temps et que le code de calcul mis en œuvre pour la simulation de l’écoulement en
milieu poreux a permis de visualiser le comportement et la propagation de ces deux fluides
dans ce type de milieu.
Figure 35: Saturation de l’eau dans la couche 3 à t= 1, 3, 5, 10, 15, 30, 70, 90 et 100 jours
Hassane Djebouri et al.
65
Chapitre V Etude de cas
V.4.6 Conclusion
L‘objectif du travail présenté dans ce mémoire vise à étudier et d’analyser par simulation
numérique les scénarios d'évolution normale du stockage géologique du CO2 à l’état
supercritique dans un gisement épuisé d’hydrocarbure ainsi que son comportement et de
prédire sa propagation en utilisant le logiciel COMSOL Multiphasiques qui est dédié au
calcul des écoulements multiphasiques dans les milieux poreux.
Il s‘agit de donner aussi une première analyse et d’exposer de manière exhaustive l’un des
scénarios possibles afin de garantir la qualité et la pérennité d'un stockage de CO2, de prévoir
avec précision son déplacement et de déterminer la probabilité de sa migration en dehors du
site prévu pour le stockage.
66
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
Conclusions et perspectives
Conclusion générale
Le défi qui est aujourd’hui lancé aux industries du raffinage et de la pétrochimie – et qui fait
l’objet des travaux de plusieurs organismes – est de tirer le maximum de carburants et de
bases pétrochimiques de chaque baril produit, en améliorant l’efficacité énergétique et en
réduisant les impacts sur l’environnement. Les rejets générés lors des étapes de production
doivent être réduits ou traités et des produits toujours plus propres doivent être mis à
disposition des consommateurs aux meilleurs coûts.
Dans le même temps, la tendance à un approvisionnement en brut plus lourd et, à terme, la
valorisation des pétroles non conventionnels, impliquent le développement de technologies de
conversion et notamment de conversion profonde.
Enfin, le respect concomitant de ces différentes contraintes et de la limitation des émissions
de CO2 des raffineries constituera l’un des principaux défis à relever dans l’avenir.
Le développement durable de nos sociétés industrielles implique que nous protégions notre
environnement. Développer les technologies qui permettront de minimiser les émissions de
polluants toxiques, que ce soit dans le domaine des transports ou au niveau des ensembles
industriels, est une dimension permanente des projets de recherche.
Le potentiel mondial de stockage de CO2 est encore mal connu mais paraît considérable. Des
études sont à poursuivre pour mieux l'estimer. Des opérations de stockage dans des aquifères
ou des gisements de pétrole abandonnés sont déjà en cours. Il s’agit donc, dès à présent, d’une
réalité. Les difficultés à surmonter restent cependant importantes : il s’agit en particulier de
réduire les coûts – encore élevés à l’heure actuelle – et de pouvoir garantir la sûreté et
l’intégrité à long terme du stockage.
Dans ce dossier, il a été tenté de présenter la problématique du CO2 dans son ensemble.
L’approche générale est complexe car elle fait intervenir à la fois des processus à diverses
échelles de temps et de dimensions. Ainsi, il est nécessaire de raisonner et d’agir à l’échelle
du globe lorsqu’il s’agit de diminuer les émissions à effet de serre, mais pour cela, il convient
de mettre en œuvre des technologies spécifiques au niveau local. De plus, la situation actuelle
exige la mobilisation immédiate et rapide de nombreux acteurs (politiques, scientifiques,
populations...) pour la résolution du problème des émissions de CO2 dans l’atmosphère qui est
devenu aigu. Dans cette réflexion et concernant les actions qui en résultent, il semble évident
qu’un effort important (humain et financier), tant dans la conception, la définition que la
réalisation de technologies (au sens large du terme), se doit d’être consenti afin de minimiser,
voire d’annihiler les effets du CO2, issus des activités humaines, sur l’environnement.
67
Conclusions et perspectives
68
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Références bibliographiques
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avec couplages surface / souterrain et densitaires ", Thèse de l’institut national polytechnique
de TOULOUSE. Juin 2007.
[43] BRGM, " Adaptation de TOUGH 2 au transport du CO2 supercritique ", Rapport final
BRGM/RP-53392- FR. Décembre 2004.
[44] C. CHALBAUD, " Propriétés interfaciales du CO2. Application aux écoulements en milieu
poreux en pression et température ", Thèse de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers,
France. Juillet 2007.
72
ANNEXES
Annexes
Annexes
Figure 36 :
Figure 37 :
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Annexes
Figure 39 : Les six projets financés par le programme européen pour la relance de l’énergie
( Le Programme européen pour la relance de l’énergie finance six projets pilotes de stockage géologique du CO2 )
En Mt CO2 /an
Energie 10 539
Industrie sidérurgique 646
Production de ciment 932
Raffinage du pétrole 798
Pétrochimie 379
Traitement du pétrole et du gaz naturel 50
Autres sources (dont biomasse) 124
Total grandes sources fixes mondiales de CO2 13 468
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