Actualisation EIES Barrage Fomi Guinée
Actualisation EIES Barrage Fomi Guinée
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1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
1.1 CONTEXTE
1. Entre 2003 et 2008, les neuf Etats membres de l’Autorité du Bassin du Niger ayant en
partage le Bassin du Fleuve Niger ont développé un processus dit de Vision partagée. Ce
processus vise le développement durable à travers la mise en œuvre des actions et des
projets intégrateurs ayant une dimension transfrontalière. Cette Vision a été examinée dans
le cadre du Plan d'Action de Développement Durable réalisé entre 2005 et 2007. Elle repose
notamment sur la construction de barrages de régulation sur le fleuve Niger, sur la
satisfaction progressive et coordonnée des besoins en eau (actuels et futurs) que ces
barrages permettent de satisfaire et sur leur gestion coordonnée, afin de maximiser les
bénéfices économiques et non économiques, tout en limitant les inconvénients d’ordre
économique, social et/ou environnemental. La résolution n°03 du 26 juillet 2007 de la
session extraordinaire du Conseil des Ministres de l’ABN a retenu un Scénario
d’aménagement composé de trois barrages en série qui sont, de l’amont vers l’aval : Fomi
(en Guinée sur l’affluent Niandan), Taoussa (au Mali, sur le Niger) et Kandadji (au Niger, sur
le Niger). Les présents TDR portent sur le barrage de Fomi, celui qui, compte tenu de son
volume et de sa position en tête de bassin, aurait le pouvoir de régulation le plus important
sur le fleuve.
2. Le barrage de Fomi a été sélectionné comme le plus prioritaire dans le bassin du
Niger, tant par le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA),
l’Union Africaine, le NEPAD et la BAD que dans le cadre du Dialogue sur les barrages en
Afrique de l’Ouest mené par la CEDEAO (dont la Directive Cadre sur les grandes
infrastructures hydrauliques est en cours de validation).
3. A la suite d’une sollicitation de l’Autorité du Bassin du Niger et des Etats membres, la
Banque mondiale a accepté de financer le Projet de Développement des Ressources en Eau
et de Gestion Durable des Ecosystèmes du Bassin du Niger (PDREGDE/BN). La première
phase qui concerne le Scoping pour déterminer la configuration du barrage de Fomi a été
réalisé dans ce cadre du PDREGDE/BN.
4. Les présentes études d’Approfondissement de l’Etude d’Impact Environnemental et
Social du barrage de multi-usages de Fomi sont la partie dont la recherche de financement
est en cours.
5. Au cours des études antérieures à 2006, le dimensionnement du barrage de Fomi
répondait à un objectif principal de production d’hydroélectricité dans un cadre national.
Depuis lors, le projet de barrage de Fomi a été examiné dans un cadre régional
transfrontalier. Les principales études portant sur le barrage de Fomi sont :
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• Etudes de faisabilité successives en 1983, 1988 et 1999, les deux dernières
constituant des actualisations de celle de 1983 ; elles ont été effectuées sous
maîtrise d’ouvrage strictement nationale;
• une Etude d’Impact Hydraulique conduite en 2005-2006 en collaboration entre
l’Autorité du Bassin du Niger et la Guinée. Son objectif principal était d’examiner
comment optimiser les caractéristiques et la gestion de Fomi (à partir de ce qu’elles
avaient été définies au préalable) afin de satisfaire les besoins à l’aval et notamment
les besoins en eau d’irrigation à l’Office du Niger au Mali, contraints en saison sèche ;
• la phase 2 du Plan d'Action de Développement Durable (PADD) pilotée par l’Autorité
du Bassin du Niger: le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion conduit en
2006 – 2007 est fondé sur un modèle hydro-économique. Il a eu pour principal
objectif d’examiner, à l’échelle de l’artère Niger sur toute sa longueur, la compatibilité
et la complémentarité entre les barrages de régulation en cascade sous un jeu de
contraintes. Ces contraintes sont : le débit environnemental minimal, la satisfaction
des besoins en eau (eau potable, eau pour le bétail, irrigation), l’impact sur des zones
humides situées à l’aval et l’examen d’autres grandeurs telles que : l’énergie produite,
le nombre de jours de navigation.
• une Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES) stratégique comprenant l’EIES
en tant que telle, un Plan de Réinstallation Involontaire (PRI), un PGES et un PDL.
Conduite entre 2008 et 2009, cette étude a été sanctionnée en décembre 2009 par
un Atelier régional de validation et finalisée en août 2010. Elle a donné lieu à des
investigations stratégiques au cœur de la satisfaction des usages dans une
perspective de développement durable, en reprenant tout en approfondissant les
simulations effectuées dans le cadre du Plan d'Action de Développement Durable.
C’est la première étude qui considérait les facteurs environnementaux et sociaux
dans l’aide à la décision sur le barrage de Fomi.
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7. Conformément à la Charte de l’eau du bassin du Niger et du Code guinéen de l’eau,
la satisfaction des usages doit se faire en intégrant un objectif de minimisation des impacts
négatifs sociaux et environnementaux, notamment ceux qui sont associés aux zones
humides de l’aval, en Guinée et au Mali, et ceux liés à la réinstallation.
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de l’ordre de 4,927 milliards de m3 (Bm3) à la côte de FSL=402 et 1,171 Bm3 à la côte de
FSL=388,5
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Les valeurs indiquées sont indicatives. Elles reposent sur des hypothèses de besoin en eau
particuliers, sur l’application d’un principe dit d’autosatisfaction qui a été retenu dans la
modélisation du PADD. Par ailleurs, comme il sera vu plus tard, la valeur de débit à l’aval de
Markala est une variable qu’il conviendra d’examiner. En effet, la valeur testée par le PADD
est 50 m3/s mais la valeur réglementaire en vigueur est 40 m3/s.
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pour à la fois respecter un débit à l’aval de Markala (prise d’eau de l’Office du
Niger) de 50 m3/s et ajouter aux 220 000 ha en riz d’hivernage, 67 000 ha de
riz de contre-saison (entre février et mai), 15 000 ha de maraîchage (de
novembre à mars) et 22 000 ha de canne à sucre (pérenne). Dans ce cas, les
besoins en régulation deviendraient les suivants : 1,171 Mm3 en année
moyenne, 4,927 Mm3 pour la fréquence 1/10.
- la nécessité de procéder à la réinstallation involontaire de 12 785 personnes (à la
cote 402 m). A cette nécessité s’ajoute la possibilité d’exploiter la zone de marnage
du réservoir pour des usages agro-sylvo-pastoraux et de trouver des terres
convenables, compte tenu de la non-disponibilité dans un rayon proche de
superficies suffisantes de terres productives pouvant fournir des moyens alternatifs
de subsistance aux personnes affectées (déplacées et leurs hôtes), même
moyennant une intensification hydro-agricole. Ainsi, l’utilisation agricole de la zone de
marnage est une exigence technique que le consultant chargé de la faisabilité a
étudié, tant au plan agricole qu’au plan de la fonction de gestion du barrage ;
- la diminution systématique chaque année de l’amplitude des niveaux d’eau (opérée
par le barrage) sur le cours aval et sur les activités humaines qui en dépendent
fortement par (1) écrêtement de la crue annuelle et (2) augmentation des débits
d’étiage. Ceci concerne le remplissage et la vidange de mares à l’aval sur le Niandan,
la diminution de l’amplitude de la crue dans le Delta Intérieur du Niger (où plus de 1,5
millions de personnes vivent en partie de la crue) par diminution des plus hauts
niveaux et augmentation des plus bas niveaux. Cette diminution vient du fait que la
crue dans le Niandan serait partiellement stockée dans le réservoir. Cet enjeu est
important à cause du nombre de personnes présentes dans le DIN. Il faut toutefois
noter que l’amplitude interannuelle des crues dans le Delta Intérieur est forte et
imprévisible en raison du fait que la hauteur d’eau dans le DIN varie de 4,5 à 7
mètres et les superficies inondées, globalement, de 10 000 à 20 000 km2. Par
conséquent, les usagers des ressources naturelles dépendant de la crue sont
intrinsèquement exposés au risque et à l’incertitude, avec ou sans régulation amont.
A ceci s’ajoute le fait que le déséquilibre hydromorphologique à l’aval du barrage par
piégeage des sédiments dans le barrage, et donc l’augmentation de l’érosion dans le
lit du Niandan mais aussi du fleuve Niger qui est déjà en sous-charge sédimentaire, à
l’amont du Delta Intérieur du Niger.
- un impact combiné du barrage de Fomi et du développement de l’irrigation à l’Office
du Niger (ON) dans les années à venir (facilité par la régulation) sur la génération
d’hydroélectricité au niveau du barrage de Kandadji et des barrages de Kainji/Jebba
10. Ainsi, le dimensionnement des ouvrages et les simulations hydrauliques à conduire
sont déterminés par : (1) les divers besoins en eau le long du fleuve Niger jusqu’au
prélèvement (inclus) de l’Office du Niger au seuil de Markala ; (2) la nécessité d’assurer un
débit minimal à l’aval de ce seuil ; (3) la nécessité de minimiser et de compenser l’impact
sur les zones humides à l’aval et les personnes qui y vivent (sur le Niandan mais aussi le
Delta Intérieur du Niger à l’aval de Markala) éventuellement par transparence du pic de crue
transitant par le barrage de Fomi et (4) les contraintes liées à la réinstallation dans la zone
du réservoir.
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Les caractéristiques indicatives
11. Les caractéristiques de l’aménagement telles qu’établies dans la présente étude de
faisabilité de 2018 sont les suivantes :
13. Les nombreuses études déjà réalisées constituent une base d’informations et
d’analyses essentielles. Celles-ci doivent néanmoins être complétées ou approfondies pour
envisager une réalisation de l’investissement en :
a. permettant de se prononcer sur la faisabilité en examinant de façon rigoureuse et
suffisamment approfondie tous les critères, économiques, sociaux, techniques,
institutionnels qui fondent cette faisabilité ;
b. déduisant les précises caractéristiques d’un projet Fomi bancable ;
c. permettant ainsi la mobilisation de financements par des PTF informés et impliqués
tôt dans le processus et ;
d. mettant en place les conditions de la réalisation de l’ensemble des interventions
formant ce projet bancable : ouvrage, mesures d’accompagnement, engagements
des parties.
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14. Cette approche repose sur une stratégie en deux axes:
A. Des études complémentaires entre elles et conduites en parallèle avec les phases de
validation / décisions communes :
- l’étude d’actualisation de la faisabilité de 1999 conduite séparément, (sur financement
Banque Mondiale, Projet DREGDE APL1) qui constitue l’étude principale (voir TDR
en Annexe 1) ;
- la présente étude d’approfondissement de l’EIES (recherche de financement ) ;
- des études institutionnelles qui ne font pas partie des présentes prestations (sur
financement du fonds fiduciaire CIWA géré par la Banque Mondiale). Elles
examineront le mode de financement de l’ouvrage, son statut, la définition des règles
qui présideront aux décisions de gestion et des dispositions de leur mise en œuvre
(en partie déjà étudiées dans l’étude sur la gestion coordonnée des ouvrages
hydrauliques structurants conduite par l’ABN en 2013), les modalités de partage des
coûts et bénéfices issus de l’ouvrage, les arrangements institutionnels relatifs à la
mise en œuvre des différents plans accompagnant l’infrastructure et, pour l’ensemble
les engagements que doivent prendre des différentes parties intéressées et qui
procèdent de la faisabilité.
- Le développement d’un modèle hydrodynamique et d’évaluation des services
écosystémiques du Delta Intérieur du Niger (DIN) sur financement CIWA, afin de i)
disposer d’un outil fiable pour mieux caractériser et comprendre le fonctionnement du
DIN (aux plans écosystémiques, environnemental et socio-économique) et
notamment ses réponses au phénomène de crue et décrue et aux facteurs
anthropiques susceptibles de l’influencer , et ii) donner des informations utiles pour la
prise de décision par les pays membres de l’ABN, en particulier par les
Gouvernements de la Guinée et du Mali, concernant des compromis autour de la
conception et les paramètres d’exploitation des ouvrages hydrauliques ou activités
interagissant avec le DIN (par exemple le barrage de Fomi et le développement de
l'irrigation dans l'Office du Niger). Le modèle du DIN envisagé permettra de mieux
comprendre en quoi des changements au niveau des sources d’impacts (barrages,
prélèvements…) influencent le système du DIN.
15. Ces études seront conduites en étroite coordination selon un calendrier permettant
que les résultats des unes servent aux autres.
B. Un processus d’aide à la coordination et à la décision, d’assistance à la qualité des
études, et de mobilisation des parties prenantes et notamment des bailleurs de fond
potentiels (sur financement du fonds fiduciaire CIWA géré par la Banque Mondiale).
Ce processus passera par le recrutement d’une firme qui assistera les
Gouvernements et l’Autorité du Bassin du Niger dans le pilotage de l’opération. Par le
biais d’une assistance technique perlée, cette firme organisera et animera l’ensemble
des ateliers de prise de décision. Cette firme appuiera également la maîtrise
d'ouvrage dans le contrôle qualité des études tant durant leur déroulement qu’au
niveau des livrables.
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1.2.2 Besoin d’informations et d’analyses complètes, détaillées et incontestables
pour établir la faisabilité d’un projet bancable
16. L’EIES de 2010 a mis en évidence la plupart des enjeux sans toutefois conclure sur
certains éléments importants qui procèdent pourtant de la faisabilité. Ceci a été noté par le
consultant de l’époque tout comme par les différentes parties qui ont procédé à la lecture et
à l’évaluation des rapports. Les principaux éléments qui requièrent des analyses
complémentaires pour se prononcer sur la bancabilité sont :
- la faisabilité du processus de réinstallation et de compensation des moyens de
production par d’autres modalités viables :
le recensement auquel il a été procédé n’a été fait en 2008 que sur environ
20% de la population, dans la zone du réservoir seulement (les espaces
requis pour les ouvrages connexes – routes d’accès, carrières et bancs
d’emprunt, chantiers, bases de vie et aires d’entreposage, postes et lignes de
transport d’énergie électrique, aménagement irrigué de 2 200 ha en aval du
barrage, etc. n’ont pas fait l’objet d’un recensement et inventaire des actifs) ;
les solutions de compensation terre contre terre et de restauration des
moyens de subsistance pour les personnes affectées par le projet situées
dans la zone de Fomi (déplacées et leurs hôtes) n’ont été que partiellement
étudiées ; ainsi, l’insuffisance du potentiel hydroagricole à proximité des
plaines et bas-fonds affectés par le remplissage du réservoir impose de
prévoir la mise en valeur agricole et pastorale de la zone de marnage,
stratégie novatrice demandant une coordination avec la gestion du réservoir; il
est important de noter que la faisabilité technique détaillée reste à établir.
C’est un élément très important.
la decouverte du nouveau site du barrage de Fomi situé à Moussako minimise
l’enjeu de perte de superficie cultivable dont l’étude de Faisabilité revèle 4 775
ha perdues par la création du reservoir. Cette perte peut être remplacée par
l’accès à un aménagement irrigué de 2 200 ha en aval du barrage qui sera
complèté par la superficie gagnée avec le deplacement de l’axe du barrage en
amont. cela semble insuffisante pour compenser adéquatement les pertes et
est susceptible de générer des conflits fonciers et sociaux ;
difficulté spécifique de réinstaller la localité de Bagbè en populations et en
plaines rizicultivables;
les contraintes de recomposition et de sécurisation foncière, bien que notées
comme fortes, n’ont pas pu être examinées suffisamment en profondeur et le
contexte législatif de l’expropriation est considéré comme peu propice à une
opération de réinstallation d’ampleur;
le scooping de l’EIES de 2018 recommande la cote 388,5 et d’envisager une
crue artificielle pour minimiser l’impact sur le DIN et, partant, d’identifier et
d’étudier un (des) ouvrage(s) complémentaire(s) pour fournir un volume de
régulation complémentaire à Fomi (pour satisfaire les besoins en eau
d’irrigation à l’aval) en cas de réduction de sa cote.
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- l’impact sur le Delta Intérieur du Niger et les moyens de compensation / restauration
de moyens de subsistance viables: l’étude n’examine pas de façon rigoureuse
l’impact écologique et socio-économique et se fonde essentiellement sur des
pourcentages (de réduction des superficies inondées) considérés comme admissibles
dans le PADD ; elle n’examine pas réellement les impacts environnementaux et
sociaux sur le DIN ni les mesures compensatoires ;
- les impacts environnementaux et socio-économiques sur les mares et plaines
d’inondation en aval du site sur le Niandan ne sont pas étudiés bien que considérés
comme importants ;
- les coûts des mesures du PGES, du PRI et du PDL doivent être évalués. Y-a-t-il des
groupes de personnes vulnérables qui seraient particulièrement à risque de subir des
impacts négatifs dans le cadre du projet? prévoir un mécanisme de partage de
bénéfices fondé sur le versement à long terme de redevances aux communautés
réinstallées pour le projet en tenant compte du Rapport d’Etude sur le Partage des
coûts et bénéfices exécuté par le Consortium UICN/GWI.
- les modalités de mise en œuvre des mesures du PGES et relatives à la réinstallation
/ compensation / restauration des moyens de subsistance : Ces mesures qui
concernent le constructeur des installations, le propriétaire du barrage et de la
centrale, un grand nombre d’agences ou d’organismes gouvernementaux tant au Mali
qu’en Guinée sont chiffrées et relativement conséquentes (plusieurs centaines de
millions d’euros) mais, à ce jour, il n’y a pas d’étude de schéma institutionnel de mise
en œuvre réaliste, lequel dépend étroitement de la bonne coordination pendant des
années de l’ensemble des acteurs gouvernementaux et de la mise à la disposition
des ministères et organismes des budgets en temps et en quantité requis ;
- au-delà du strict champ environnemental et social mais en l’incluant, la faisabilité
économique du programme, compte tenu notamment du coût élevé des mesures
sociales et environnementales (sur la base de l’information disponible), du rôle de
Fomi dans le dispositif de production et de partage d’électricité en Guinée et dans la
sous-région, et compte tenu que la plupart des bénéfices escomptés sont au Mali
(enjeu de partage de coûts et de bénéfices).
17. De façon générale, pour toutes les analyses présentant une dimension quantitative, il
y a lieu d’examiner rigoureusement et systématiquement l’ensemble des données ou
paramètres jouant un rôle majeur, de retenir des valeurs réalistes et plausibles, notamment
au plan financier et économique et au plan des performances agronomiques. Par ailleurs,
des zones d’ombre subsistent dont certaines ont été notées à la fin de l’EIES initiale :
lacunes, imprécisions, recommandations non justifiées de façon concrète ; certains
paramètres ont été fixés de façon arbitraire et externe au système alors qu’il convient de les
considérer comme des variables du système comme par exemple les besoins en eau
d’irrigation à l’aval, paramètre clé. Enfin, certaines informations ont été caractérisées depuis
la finalisation de l’EIES de 2010, y compris dans le cadre de recherches, d’études conduites
en dehors du cadre de l’Autorité du Bassin du Niger. Il est essentiel de tirer parti de ces
informations.
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2. CONSISTANCE DE LA PRESTATION
2.1 OBJECTIFS
18. Les présents TDR portent sur l’étude d’approfondissement de l’EIES de 2017 (rapport
final 2018 ; Scooping pour établir la configuration optimale du barrage du point de vue
environnemental et social). Cette étude (qui sera dans le reste du document nommée
« Approfondissement de l’Etude Environnementale et Sociale ») contribue à la stratégie
générale mentionnée ci-avant et sera conduite en parallèle et en collaboration étroite avec le
second ensemble d’études susmentionné composé de (a) un avant-projet détaillé et
(b)une étude institutionnelle.
19. L’approfondissement de de l’étude environnementale et sociale a pour objectif :
-
- sur la base des résultats de la faisabilité et de la configuration optimale déterminée,
apporter les informations et données environnementales et sociales procédant de la
faisabilité et, in fine, la « bancabilité du Projet », en parallèle des autres études
techniques, économiques et institutionnelles requises.
- La configuration couvre essentiellement :
la côte optimale du barrage, la surface et volume du réservoir ;
les caractéristiques physiques du barrage qui exercent une influence sur la
transparence de crue (débit max, contrôle sur le débit lâché) ;
les modalités de gestion du barrage (à considérer de façon indissociable du
volume, et des caractéristiques physiques concernant les lâchers en crue) ;
les caractéristiques de certaines demandes en eau aval (notamment à l’Office du
Niger) en raison de l’effet cumulatif qu’elles présentent en termes d’écrêtement
des crues : en effet, le barrage de Fomi seul n’a pas le même impact sur le DIN
selon qu’il est seul ou associé aux prélèvements d’eau d’irrigation à l’aval pour
lequel il est conçu ;
l’éventuel besoin de régulation complémentaire à l’amont (volume, échéance,
localisation, critères de choix) comme cela est souligné dans le PADD et dans
l’EIES de 2010. Cette dernière a identifié à partir du Plan directeur
d’aménagement hydraulique de Haute-Guinée (1983) des sites qui paraissent
favorables et aptes à (i) maximiser les bénéfices hydroélectriques et
hydroagricoles pour la Guinée et à (ii) favoriser l’implantation de périmètres
hydroagricoles susceptibles d’être affectés aux populations réinstallées, afin de
compléter un potentiel hydroagricole insuffisant. Ceci suppose donc clairement
l’analyse par les deux consultants (actualisation faisabilité et actualisation EIES)
des informations disponibles sur des barrages potentiels complémentaires,
analyse qui n’avait pas été poursuivie après les simulations du modèle
hydrologique ayant servi de support au PADD mais sur lesquelles les contraintes
environnementales et sociales de Fomi révélées par l’EIES jettent un éclairage
nouveau ;
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les modalités de gestion du barrage de qui contrôle une partie du volume entrant
dans le Delta intérieur du Niger. Le stockage opérationnel d’eau du barrage
Sélingué est approximativement 2.1 Bm3. Le barrage est en opération depuis
1982. L’optimisation du barrage de Sélingué ne fait pas partie de cette étude de
l’Actualisation de l’EIES en tant que tel mais cette optimisation sera faite par le
consultant chargé de l’actualisation de la faisabilité et ses résultats devront donc
être considérés. En effet, le PADD a montré qu’une optimisation de Sélingué
permet de réduire le volume de régulation dans le haut Niger et donc à Fomi ;
les mesures d’accompagnement qui s’avèrent pertinentes au niveau du site du
barrage, dans la zone du réservoir et dans le reste du haut bassin du Niger (Haute
Guinée), et au-delà, y compris jusque dans le Delta Intérieur du Niger au Mali et
certaines parties du massif du Fouta-Djalon ; ces mesures peuvent être tangibles
(aménagements) ou intangibles mais avec des conséquences matérielles (prise en
charge de coûts par certains acteurs, formalisation de droits liés à la réinstallation
…).
- Approfondissement de l’EIES et du PGES basé sur la configuration . Cela implique :
1) d’examiner plus à fond les incidences environnementales et sociales de la
configuration optimale retenue, incluant la faisabilité d’options de compensation /
restauration des moyens de subsistance pour les populations affectées par le Projet
et pour les communautés d’accueil et la préparation d’un Plan de Gestion de
Pesticides, de Pestes et d’Engrais (PGPPE) ; et 2) de cerner avec précision la nature
et les ressources requises (incluant les budgets et échéanciers) pour finaliser les
études environnementales et sociales requises au terme du mandat et pour
compléter un Plan de réinstallation involontaire (PRI) et un Plan de développement
local (PLD) détaillés pour l’ensemble des composantes du Projet.
20. L’étude de faisabilité va au-delà de la simple actualisation de l’étude de 1999. Fondée
sur les leçons des études antérieures elle inclura une analyse multicritères rigoureuse
devant conduire à des choix stratégiques sur les caractéristiques et la gestion prévisionnelle
de l’ouvrage ainsi que sur les mesures associées à la lumière de ses enjeux et opportunités,
y compris au Mali. La faisabilité et la présente étude devront ensemble et de façon
complémentaire apporter des éléments d’aide à la décision clairs et argumentés, fondés sur
des données incontestables qu’il conviendra de vérifier ou d’établir si elles n’ont pas encore
été collectées.
21. L’étude sera organisée comme suit :de l’approfondissement de l’EIES, du PGES, du
PRI et du PDL de 2010 sur la base de la configuration du barrage de Fomi afin de renseigner
les décisions. Ceci inclut l’analyse d’options de compensation / restauration des moyens de
subsistance pour les populations affectées par le Projet et pour les communautés d’accueil
et la préparation d’un Plan de Gestion de Pesticides, de Pestes et d’Engrais (PGPPE).
22. Des campagnes d’exploration de terrain sont prévues pour compléter l’information
existante à un niveau suffisant pour alimenter les études de l’approfondissement de l’EIES,
PGES, PRI et PDL.
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23. une analyse plus approfondie devra être faite des impacts environnementaux et
sociaux et leurs coûts pour la configuration du barrage choisie, dans la zone en amont du
réservoir (impact de l’éventuelle dégradation du bassin versant en amont sur le réservoir),
dans la zone du réservoir, dans la zone du barrage (barrage, cités d’habitation, postes,
routes d’accès) et en aval sur le fleuve, les plaines, les mares de Niandan et le DIN. Le
Consultant évaluera aussi les impacts environnementaux et sociaux et les coûts des sites
d’accueils et, en relation avec le bureau chargé de l’approfondissement de la faisabilité, des
aménagements et interventions de développement rural (dont hydroagricoles) nécessaires
pour la compensation et la restauration des moyens de subsistance des populations
affectées par le Projet dans la zone du réservoir, incluant les mesures d’intégration requises
pour les communautés d’accueil. Le Consultant évaluera les incidences socio-économiques
du Projet sur les communautés en aval du barrage, incluant la zone en aval du barrage (le
Niandan, les plaines et les mares) jusqu’à Bamako, la zone entre Bamako et le Delta
Intérieur du Niger (DIN) et le DIN au Mali inclus, et la faisabilité et les couts des mesures
requises pour éviter ou minimiser de telles incidences ou pour restaurer les moyens de
subsistance des populations affectées.
24. L’étude se déroulera sur une durée maximale de (9,50 mois) pour
l’approfondissement de l’EIES à compter de la date de notification de l’ordre de démarrage, y
compris les périodes réservées pour l’examen et l’approbation du rapport par
l’Administration, les bailleurs de fonds et la finalisation de ceux-ci par le consultant. Un atelier
de cadrage précédera le début des activités du consultant sur le terrain afin de collecter des
données additionnelles pour finaliser les TDR et intégrer les préoccupations pertinentes des
parties intervenantes les plus importantes et de mieux préparer la campagne de collecte des
données et d’investigations complémentaires.
25. Un point d’arrêt sera cependant marqué à l’issue de l’actualisation de l’EIES, PGES,
PRI et PDL nécessitant la validation des options majeures. Une interruption de service
pourra être donnée à cette occasion.
26. Les documents disponibles à la Direction du projet seront à la disposition de tous les
soumissionnaires durant la visite groupée des sites du projet ainsi qu’à la réunion
préparatoire à l’établissement des offres.
27. Nonobstant cette disposition, il appartiendra aux soumissionnaires de s’assurer que
les données et renseignements sont exacts pour les prestations demandées. Au cas où il
serait établi que les dites données et renseignements seraient à affiner et / ou à compléter, il
appartiendra au soumissionnaire d’en tenir compte dans son offre et au cours de sa
prestation.
28. Les différentes prestations prévues au titre de cette étude prennent en compte les
résultats des décisions déjà prises à la suite des études de base réalisées, dont le dossier
du Programme d’Action de Développement Durable (PADD) du bassin du Niger (2007), le
Programme d’Investissement du Bassin du Niger (2008), l’EIES, PGES, PRI et PDL (2010)
tout en prenant en compte les éléments de contexte, décisionnels qui ont évolué depuis lors,
notamment et en premier lieu la perspective transfrontalière conférée à l’ouvrage de Fomi.
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29. Les différentes prestations ci-dessus prennent aussi en compte les résultats, si
disponibles, des études terminées et en cours mentionnées dans les annexes et références.
Il y en a une forte complémentarité entre l’Etude de l’Actualisation et de l’Approfondissement
de l’EIES et PGES, l’Etude de Faisabilité et l’Etude CIWA. Les Consultants pour l’EIES et la
Faisabilité sont principalement basés à Conakry.
33. La question des alternatives doit être examinée à deux niveaux différents et à deux
moments distincts de l’étude. Il y a d’une part l’analyse des options de conception du
projet et d’autre part l’analyse des alternatives de mise en œuvre du projet pour l’option
de conception retenue.
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34. L’analyse des alternatives de mise en œuvre se fera ; (1) les moyens de subsistance
des populations affectées par le projet (qu’ils soient physiquement déplacés ou non),(2) les
options de débit à lâcher en fonction d’exigences écologiques et socio-économiques, (3) de
conception et de mise en œuvre des différents chantiers directs et indirects du projet
(travaux, réinstallation, PGES).
35. Pour la prise en compte de la société civile dans l’actualisation de l'EIES, du PGES,
du PRI et du PDL et dans la préparation du PGPPE, un certain nombre de réunions de
coordination et de consultation seront tenues, incluant une réunion sur les TDR et une sur
les Rapports Provisoires Finaux. Ces réunions permettront de rassembler des données, de
s'assurer que les points de vue des différentes parties prenantes sont pris en compte et que
ces dernières ont participé à l'analyse des impacts et à la recherche de solutions et ont
donné leur accord sur le processus et les résultats attendus. Sachant qu'un certain nombre
de réunions ont déjà eu lieu au cours des études précédentes, le Consultant prendra soin de
bien clarifier la phase du processus dans lequel cette étude s'insère et décrira comment il s’y
prendra dans sa méthodologie.
36. Des réunions plus spécifiques, concernant les administrations, les collectivités
locales, les Organisations Non Gouvernementales, les populations affectées, les femmes et
les jeunes (réunions séparées avec ces groupes), etc. seront tenues au début de l'étude et à
la fin de la mission sur le terrain pour :
- d'une part, dès le début de l'étude, prendre connaissance des préoccupations des
différentes parties prenantes, après leur avoir fourni les informations adéquates sur
le Projet, sous la forme de notes de synthèse illustrées, et inclure leurs
préoccupations dans les études conduites.
- d'autre part, en fin d'étude sur la base de résumés précisant les principales
conclusions sous une forme intelligible aux interlocuteurs, en vue d’échanger avec
eux sur les principaux résultats et recommandations.
37. L'EIES, le PGES, le PRI et le PDL devront être actualisés de la manière la plus
participative possible en rencontrant selon les besoins la société civile et leurs représentants
(organisation de base, collectivités territoriales, leaders traditionnels, notables, etc.). Une
attention particulière devra être portée sur la participation locale dans : 1) l’analyse des sites
d’accueils et des périmètres irrigués nécessaires pour la compensation et la restauration des
moyens de subsistance des populations affectées par le Projet dans la zone du réservoir,
incluant les mesures d’intégration requises pour les communautés d’accueil ; et 2) l’analyse
des incidences socio-économiques du Projet sur les communautés en aval du barrage,
incluant la zone en aval du barrage (le Niandan, les plaines et les mares) jusqu’à Bamako, la
zone entre Bamako et le Delta Intérieur du Niger (DIN) et le DIN au Mali, et la faisabilité et
les couts des mesures requises pour éviter ou minimiser de telles incidences ou pour
restaurer les moyens de subsistance des populations affectées.
14
38. Le Consultant préparera en début de mandat et exécutera un Plan
d’Engagement des Acteurs (PEA) pour l’étude. Ce Plan comprendra une consultation
publique portant sur l’analyse multicritères des options de Projet à l’étude au terme du
mandat et une consultation publique au terme de l’approfondissement du mandat
portant sur le Rapport Final Provisoire de l’Actualisation de l’EIES. Le Consultant
mènera selon les besoins d’autres consultations publiques définies dans le PEA en vue
d’assurer un engagement avec les acteurs principaux sur une base plus régulière. Le
Consultant évaluera le niveau d’acceptabilité sociale de la configuration optimale du
Projet – et les conditions de cette acceptabilité – aussi bien en ce qui concerne les
communautés situées en amont qu’en aval du site du barrage (zone du réservoir et
zone en aval du barrage –Niandan, les plaines et les mares jusqu’à Bamako, la zone entre
Bamako et le Delta Intérieur du Niger (DIN) et le DIN au Mali). Des procès-verbaux signés
des consultations publiques seront annexées aux rapports d’actualisation de l’EIES (EIES,
PRI, PDL, PGPPE), avec une liste des participants (signée par les participants), et des
photos. Le contenu des consultations publiques sera reflété dans chacun des rapports
actualisés (EIES, PGES, PRI, PDL, etc.).
15
41. Les résultats des travaux topographiques devront permettre de dresser une
topographie suffisamment précise du site en adoptant le meilleur référentiel sur chaque
site d’aménagement afin d’assurer la cohérence de toutes les levées entre eux, et ainsi
obtenir une relation valide entre cote de barrage d’une part, et surface de retenue et
impact amont dans la zone du réservoir d’autre part. Les cartes topographiques seront
établies à des échelles appropriées, notamment des cartes aux échelles 1/1000, 1/500
et 1/200 jugées nécessaires sur certaines parties d’ouvrages seront préparées. Des
profils en travers du cours d’eau (y compris bathymétrie) et de la zone d’inondation à
l’aval de l’ouvrage seront réalisés à un intervalle suffisant pour la réalisation du modèle
hydraulique que le Consultant devra construire. Ses caractéristiques sont :
- Précision altimétrique en absolu : ± 10cm en écart-type ;
- Précision planimétrique en absolu : ± 20 cm en écart-type ;
- Densité après filtrage : 10'000 points par hectare au minimum.
- Superficie : environ 600 km2 dont la zone du réservoir
2.3.6 Exigences sur les moyens mis en œuvre par le Consultant et sur la
méthodologie
16
44. une fois les caractéristiques établies, disposer d’une EIES complète sur la base des
caractéristiques arrêtées, et d’une actualisation du PRI et du PDL.
Structure de l’étude (déduite des objectifs)
Prise en compte de l’existant
45. Il est important de prendre en compte les décisions et informations antérieures ainsi
que les constats éventuels sur les insuffisances d’information, d’analyses y compris, le cas
échéant, en termes de niveau de précision. Ceci exige une revue approfondie des rapports
de l’EIES, voire des annexes (notamment en ce qui concerne le recensement), du rapport
de l’atelier, des commentaires de l’époque, y compris ceux des PTF ainsi que de documents
plus anciens tels que le PADD.
46. Il est nécéssairede ne pas refaire des choses déjà faites sans une plus-value (en
terme d’actualisation pour les paramètres dont il est fondamental de disposer d’une valeur
récente, de niveau de précision). La complémentarité des activités avec celles prévues au
titre de l’actualisation de la faisabilité et les deux autres études prévues (PGBFN et
PREEFN) est aussi fondamentale. Ces deux études vont démarrer en parallèle,
indépendamment de l’EIES, mais pourraient être utiles : i) l’Etude de Cadrage, modélisation
hydrodynamique et développement d’un modèle d’évaluation des services écosystémiques
et de subsistance dans le Delta Intérieur du Niger (DIN) ; et ii) Etude de faisabilité du projet
de réhabilitation économique et environnementale du fleuve Niger, qui a un focus sur
l’amélioration des conditions de vie de la population et des conditions environnementales
dans le Delta Intérieur du Niger (DIN).
47. Le Consultant doit prendre en compte toutes les observations, recommandations et
commentaires pertinents formulés lors de l’Atelier Régional de validation de Conakry
(Guinée), le 8-10 décembre 2009, l’Atelier clinique de Conakry le 1-3 juillet 2015, y compris
ceux formulés par les bailleurs de fond intéressés au projet (voir Annexes).
48. Facteurs majeurs à considérer
- les enjeux de réinstallation, de disponibilité de terres agricoles, et, pour une partie
d’entre elles, à rendre les terres plus productives par une intensification agricole
(maîtrise de l’eau), sujets à un accord avec les populations hôtes pour partager leurs
terres. C’est aussi un enjeu réglementaire important en lien avec le cadre foncier
national ;
- l’impossibilité dans le cadre du présent mandat de produire un PRI détaillé et un PDL
détaillé pour l’ensemble des personnes affectées par la configuration optimale du Projet.
Cette configuration n’est pas encore connue et l’ampleur de la réinstallation involontaire
de personnes requise pour le Projet reste encore à déterminer. La préparation du PRI et
du PDL définitifs devront attendre la finalisation des plans détaillés d’aménagement du
barrage et de ses ouvrages connexes (routes d’accès, postes et lignes de transport
d’énergie électrique, bancs d’emprunt et carrières, chantiers, bases de vie, aires
d’entreposage, aménagements hydroagricoles, etc.). Elle devra aussi attendre
l’engagement officiel des Gouvernements nationaux et locaux concernés à financer la
mise en œuvre de l’aménagement des sites d’accueils et des ouvrages hydroagricoles
nécessaires en amont et en aval du barrage. Elle devra enfin attendre la finalisation
d’un schéma institutionnel de mise en œuvre réaliste, lequel dépend étroitement de la
bonne coordination pendant des années de l’ensemble des acteurs
gouvernementaux et de la mise à la disposition des ministères et organismes des
budgets en temps et en quantité requis.
17
- la nécessité de ne pas considérer Fomi isolément mais de façon intégrée avec
d’autres ouvrages/aménagements qu’il sera peut-être nécessaire d’optimiser sans les
considérer extérieurs au système : les prélèvements à l’Office du Niger, la gestion de
Sélingué, la gestion de Taoussa et Kandadji, qui sont mentionnés dans le PADD, le
niveau de dépendance du DIN vis-à-vis des crues, les mares sur le Niandan, le projet
de seuil de Djenné, etc. ;
- la nécessité de considérer des scénarii de changement climatique ;
- la nécessité d’examiner les impacts environnementaux et sociaux cumulatifs.
49. Dans ce but, le Consultant prendra en compte l’IEIES, le PGES, le PRI, le PDL de
2010 et la Charte de l’Eau du Bassin du Niger . Aussi dans le même but le Consultant
prendra en compte tout résultat intermédiaire ou final de l’étude de Faisabilité qui est sur le
point de démarrer. Les TDR de l’étude de Faisabilité se trouvent dans la liste des documents
à mettre à disposition et disponible .(Annexe 3)
18
53. Le Consultant procédera à une analyse comparative des répercussions
environnementales et sociales des différents scénarii En effet, les facteurs les plus
déterminants pour la cote sont de nature environnementale et sociale. C’est pourquoi le
Consultant chargé de l’Actualisation de l’EIES collaborera étroitement avec le Consultant
chargé de l’Actualisation de l’Étude de Faisabilité et utilisera les mêmes côtes du barrage pour
l’évaluation des impacts environnementaux et sociaux positifs et négatifs les plus importants
dans la zone du réservoir, dans la zone de marnage et dans les zones en aval du barrage
jusqu’au DIN (inclus).
54. Le Consultant chargé de l’Actualisation de l’EIES pourra utiliser les résultats issus des
relevés LIDAR dans la zone du réservoir qui seront mis à sa disposition par le Consultant
chargé de l’Actualisation de l’Etude de Faisabilité lorsqu’ils auront été traités, afin d’estimer
globalement le nombre de Personnes Affectées par le Projet (PAP) par les différentes côtes
du barrage et estimer les coûts correspondants de la réinstallation de ces PAP en conformité
avec les exigences internationales applicables. Ces résultats devraient comprendre les zones
de marnage et les courbes de remous pour les différentes options à l’étude.
55. Le Consultant chargé de l’Actualisation de l’EIES devra développer sa propre
méthodologie pour l’évaluation des impacts environnementaux et sociaux positifs et négatifs
les plus importants et l’estimation des couts de gestion environnementale et sociale
correspondants, et ce : 1) sous différentes côtes du réservoir ; et 2) avec et sans différents
régimes d’une crue artificielle, en aval du barrage pour la section du fleuve, les plaines et les
mares de Niandan, jusqu’au DIN.
56. : Pour l’approfondissement de l’EIES et du PGES, le Consultant utilisera la même
méthodologie que celle utilisée pour l’EIES et le PGES de 2010, mais effectuera une
évaluation environnementale et sociale approfondie du fleuve, de la zone inondée des plaines
et des mares de Niandan en aval du barrage, avec et sans une crue artificielle dont la hauteur
et la durée auront été déterminées. Le Consultant évaluera sur cette base la faisabilité de
mesures de minimisation, d’atténuation et de compensation des impacts environnementaux et
sociaux et les couts de telles mesures, incluant les couts de restauration des moyens de
subsistance pour les personnes affectées par la perte ou la diminution d’usages en aval du
barrage.
57. Le PGES actualisé doit être présenté dans deux parties : PGES Construction et PGES
Exploitation.
Méthodologie du PGPPE
58. Le Consultant adoptera une méthodologie classique, mais réaliste et incluant les
coûts. Le PGPPE est un Rapport séparé.
Méthodologie d’actualisation du PRI et PDL
19
60. Il n’est pas envisagé dans le cadre du présent mandat de réaliser un recensement
détaillé et exhaustif des personnes affectées par le Projet ni un inventaire détaillé de leurs
pertes en termes d’actifs bâtis, de terres ou d’accès à des moyens de subsistance ou des
sources de revenus, des biens collectifs ou des ressources naturelles valorisées. Il n’est pas
non plus envisagé dans le cadre du présent mandat de produire un PRI détaillé et un PDL
détaillé pour l’ensemble des personnes affectées par la configuration optimale du Projet. En
effet, la configuration optimale du barrage n’est pas encore connue et l’ampleur de la
réinstallation involontaire de personnes requises pour le Projet reste encore à déterminer. La
préparation du PRI et du PDL définitifs devront attendre la finalisation des plans détaillés
d’aménagement du barrage et de ses ouvrages connexes (routes d’accès, postes et lignes
de transport d’énergie électrique, bancs d’emprunt et carrières, chantiers, bases de vie,
aires d’entreposage, aménagements hydroagricoles, etc.). Elle devra aussi attendre
l’engagement officiel des Gouvernements nationaux et locaux concernés à financer la mise
en œuvre de l’aménagement des sites d’accueils et des ouvrages hydroagricoles
nécessaires pour la compensation et la restauration des moyens de subsistance des
populations affectées par le Projet dans la zone du réservoir (incluant les mesures
d’intégration requises pour les communautés d’accueil), et dans les communautés en aval
du barrage, incluant la zone en aval du barrage. Elle devra enfin attendre la finalisation d’un
schéma institutionnel de mise en œuvre réaliste, lequel dépend étroitement de la bonne
coordination pendant des années de l’ensemble des acteurs gouvernementaux et de la mise
à la disposition des ministères et organismes des budgets en temps et en quantité requis.
61. Cette étude présentant un caractère de décision, il n’en demeure pas moins qu’un
travail important d’actualisation du PRI et du PDL devra être réalisé par le Consultant afin de
contribuer à la prise de décision au terme des études du projet – et les conditions de cette
acceptabilité – aussi bien en ce qui concerne les communautés situées en amont qu’en aval
du site du barrage (zone du réservoir et zone en aval du barrage – Niandan, plaines et
mares jusqu’à Bamako, Delta Intérieur du Niger). Le consultant se référera aux TDR de
l’actualisation de la faisabilité et, pour le DIN, aux travaux de recherche-action modélisant
l’incidence de la crue sur la productivité des milieux (agriculture, pisciculture, élevage, etc..).
l’étudedevrait également permettre au Consultant de cerner avec précision la portée, la
durée et les couts des enquêtes socio-économiques et des activités de planification et de
concertation du milieurequis.
62. Une attention particulière devra être portée durant ces étudesà l’analyse des
incidences socio-économiques du Projet sur les communautés en aval du barrage, incluant
la zone en aval du barrage (le Niandan, les plaines et les mares) jusqu’à Bamako, la zone
entre Bamako et le Delta Intérieur du Niger et le DIN au Mali), et la faisabilité et les couts
des mesures requises pour éviter ou minimiser de telles incidences ou pour restaurer les
moyens de subsistance des populations affectées.
20
63. Au terme de son analyse de l’étude d’approfondissemennt de l’EIES, le Consultant
devrait évaluer le niveau d’acceptabilité sociale de la configuration optimale du Projet – et
les conditions de cette acceptabilité – aussi bien en ce qui concerne les communautés
situées en amont qu’en aval du site du barrage (zone du réservoir et zone en aval du
barrage – Niandan, plaines et mares jusqu’à Bamako, la zone entre Bamako et le Delta
Intérieur du Niger et le DIN au Mali). Le Consultant devra également cerner avec précision la
portée, la durée et les couts des enquêtes socio-économiques et des activités de
planification et de concertation du milieu requis
64. .
Législation environnementale de la Guinée et du Mali, Normes de Performance et
Politiques de Sauvegarde et Directives générales environnementales, sanitaires et
sécuritaires de la Banque mondiale
65. Le Consultant prend en compte dans toutes les études, la Législation environnementale
de la Guinée sur le territoire de la Guinée et du Mali sur le territoire du Mali, les Normes de
Performance du Groupe de la Banque mondiale, les Politiques de Sauvegarde et les Directives
de la Banque mondiale mentionnés au-dessous. L’étude d’approfondissement prend en
compte et doit être en conformité avec la Législation environnementale de la Guinée :
- prendre en compte toutes les dispositions législatives et règlementaires en matière
d’EIES en vigueur en Guinée notamment l’Arrêté 474/MEEF/CAB/BGEE du
11 mars 2013 portant adoption du Guide général de l’Evaluation Environnementale
qui détaille l’application du décret 199 du 8 novembre 1989 ; les TDR pour l’EIES, les
PRI et PDL doivent être approuvés par le BGEEE ;
- prendre en compte la procédure d’obtention du Certificat de Conformité
Environnementale du projet Fomi en temps opportun. Une tâche du Consultant est
d’obtenir le Certificat de Conformité Environnementale auprès du BGEEE.
66. Le Consultant prendra aussi en compte la législation environnementale du Mali,
les huit (8) Normes de Performance du Groupe de la Banque Mondiale et les dix (10)
Politiques de Sauvegarde de la Banque Mondiale, inclus les Directives générales
environnementales, sanitaires, et sécuritaires de la Banque Mondiale ([Link]).
s.
21
69. Les résultats de l’ensemble des études proposées dans le PGES de 2010 sous la
rubrique Programme hydraulique (4.8) et ceux des autres études recommandées devraient
absolument être intégrés dans le rapport d’EIES/PGES actualisé et approfondi.
70. Une grande partie des activités seront menées en discussion étroite avec le Consultant
en charge de la préparation de l’APD afin qu’il puisse intégrer dans son design final toute
recommandation impactant la définition des ouvrages.
Actualisation et Approfondissement de l’EIES
Dans toutes les zones
Activité 1 : Actualisation et Approfondissement de l’Etat de Référence de l’Environnement
Physique, Biologique et Humaine présenté dans l’EIES de 2010
Le Consultant analysera les sections de l’EIES portant sur l’Etat de Référence de l’Environnement
Physique, Biologique et Humain et actualisera et approfondira ces sections. Cette section inclut
les impacts sur le secteur minier.
Activité 2 : Actualisation et Approfondissement des Impacts Environnementaux et Sociaux et
les coûts et bénéfices présentés dans l’EIES de 2010
71. Le Consultant analysera les sections de l’EIES traitant des impacts
environnementaux et sociaux et les coûts et bénéfices et actualisera et approfondira ces
sections. Le Consultant évaluera spécialement les impacts sur les femmes et les groupes
vulné[Link] activité doit permettre d’identifier en détail tous les impacts
environnementaux et sociaux (incluant les impacts non-identifiés dans l’EIES de 2010)
et les coûts de ces impacts basés sur la configuration optimale du Barrage de Fomi et
en utilisant la Crue Artificielle et le Débit Écologique optimal pour le soutien de l’étiage,
de l’eau d’irrigation pour les Offices et l’ON, et de l’eau potable en aval jusqu’au niveau
du DIN (à inclure). Activité 3 : Evaluation actualisée des impacts sur le patrimoine
historique et culturel
72. Les principaux sites naturels sacrés devront être identifiés et évalués par le
Consultant pour mieux comprendre leurs caractéristiques et leur importance pour les
populations locales, ainsi que les mécanismes potentiels pour atténuer les impacts sur ces
sites, en concertation avec la population. Les mares d’inondation (une trentaine de sites ont
été recensés dans, ou proches, de l’emprise du réservoir) ont un caractère culturel
prononcé. La plus célèbre est la mare de Baro qui est d’une importance culturelle
considérable et se situe à une vingtaine de kilomètres en aval du site du barrage, où se
réunissent chaque année ressortissants et visiteurs.
Activité 4 : Evaluation actualisée des impacts sur la santé et la sécurité communautaires
Le Consultant devra évaluer les risques de maladies hydriques, les risques de MTS/VIH et
d’autres épidémies, les risques d’accidents pendant et après la construction, ainsi que les
risques liés à la réduction de la qualité de l’eau, associés à la configuration de barrage
retenue. Les impacts potentiels du barrage sur la santé et la sécurité publique devront être
évités, minimisés ou atténués sur la base de mesures spécifiques et réalistes qui ont été
appliquées avec succès dans des contextes similaires.
22
Activité 5 : Evaluation des Risques et des Impacts du Changement Climatique et l’Analyse
des Gaz-à-effet de serre
Le Consultant prendra en compte les impacts prévus du changement climatique,
spécialement sur la disponibilité de l’eau et établira un bilan carbone évité et gaz à effet de
serre produit, spécialement pour le méthane. Le Consultant effectuera une revue de ce sujet
dans l’EIES de 2010 et apportera des améliorations.
Dans les zones du réservoir et du barrage (y compris zones de réinstallation)
Activité 6 : Actualisation et Approfondissement de l’Inventaire de la faune et de la flore du
Parc National du Haut Niger (NPHN), zone de compensation et le site RAMSAR et la mise à
jour du Plan de Gestion
Le Consultant exécutera les études sur la biodiversité (flore, faune et écosystèmes), entre
autres pour des raisons liées aux phénomènes anthropiques et de braconnage au sein du
Parc National du Haut Niger (PNHN) – le barrage changera l’accès au PNHN – et estimera la
perte de ressources forestières et fauniques. Une Etude sur l’habitat et la vie sauvage devra
être produite, qui inclura les forêts, la faune et leur gestion, l’actualisation du recensement
(nécessité des études et sondages rapides sur la biodiversité sur le terrain en utilisant plus
que possible l’expertise dans les pays). L’étude portera une attention particulière aux grands
mammifères, spécialement les chimpanzés, les lamantins et hippopotames, aux petits
mammifères incluant les chauve-souris, les amphibiens (par exemple les grenouilles), aux
reptiles (par exemple crocodiles, serpents), et aux oiseaux spécialement dans le site Ramsar
dans le réservoir. L’étude analysera aussi la faune halieutique et les lépidoptères (indicateur
de l’état de l’environnement) et autres insectes endémiques, menacés et importants dans la
zone). Elle procédera à l’identification des espèces sur la Liste Rouge de l’UICN et à
l’identification des habitats critiques tels que définis dans la Politique de Sauvegarde de la
Banque Mondiale sur les Habitats Naturels (PO 4.04).
Le Consultant identifiera les impacts environnementaux et sociaux en détail et proposera des
mesures des mesures d’atténuation réalistes et efficaces, qui seront reprises dans le PGES
(porter une attention spéciale aux espèces suivantes : le lamantin, la grue couronnée, le
marabout, le faucon pèlerin, la gazelle à front roux, les vautours, la tortue terrestre, l’aigle
pêcheur, le pélican, le jabiru et le serpentaire sont considérés comme menacés et la gazelle
dorcas, le fennec et le guépard sont en voie d’extinction).
Le Consultant identifiera la zone adjointe du Parc National du Haut Niger (PNHN) pour
compenser la zone perdue dans le PNHN (« Environmental Offset ») et effectuera des études
de biodiversité dans la zone perdue et dans la zone de compensation pour déterminer
l’aptitude de cette zone comme zone de compensation. Cet « Environmental Offset » devra
avoir la même taille que la zone perdue et la même richesse en biodiversité (le principe « une
espèce pour une autre ou mieux »). Le Consultant identifiera s’il y a des personnes qui
perdront l’accès à cette zone « d’Environmental Offset » pour maintenir leur mode de vie et
identifiera le nombre de ces personnes. Le Consultant indiquera et commencera les
procédures pour gazetter la zone de compensation comme une partie du PNHN et préparera
un budget pour le financement de cet « Environmental Offset ». Le Consultant contribuera
aussi à la mise à jour du plan de gestion du PNHN.
23
Activité 7 : Evaluation des impacts environnementaux des sites d’accueils pour les PAP
Le Consultant évaluera les impacts environnementaux des sites d’accueils et de leur gestion
et identifiera la pression anthropique sur les ressources naturelles au terme de la
réinstallation involontaire (la densité de population dans la zone augmentera
considérablement par suite de la migration de populations vers le réservoir) et comment on
pourra le gérer.
Activité 8 : Evaluation des impacts environnementaux des infrastructures associées
Le Consultant évaluera les impacts environnementaux des deux cités d’habitation, des routes
d’accès, les carrières et les zones d’emprunt, etc.
Activité 9 : Impacts sur la qualité d’eau du réservoir de l’utilisation de la zone de courbe de
remous et de la zone de marnage pour l’agriculture
Le Consultant évaluera l’impact sur la qualité d’eau du réservoir de l’utilisation de la zone de
courbe de remous et de la zone de marnage pour l’agriculture : sédimentation et qualité de
l’eau (pesticides et risques de l’eutrophication).
Activité 10 : Evaluation de la qualité de l’eau dans le futur réservoir et en aval du barrage
Le Consultant évaluera une stratification potentielle du réservoir et une relâche potentielle
d’eau fortement acidifié et de CH4 à la sortie des turbines. Pour ce but, une étude
limnologique avec modélisation du comportement du réservoir devra être effectuée pour
déterminer l’impact sur la qualité de l’eau et les communautés de poissons immédiatement en
aval et en amont de la centrale. Sur la base de cette étude le Consultant identifiera le risque
de stratification (thermocline ou chemocline) du réservoir et sa gestion et la gestion de la
qualité de l’eau dans le réservoir et en aval du barrage. Le Consultant préparera un Plan de
Gestion de la Qualité de l’Eau : sites pour prendre les échantillons de l’eau, paramètres à
mesurer et fréquences. Par exemple analyser le Mercure Hg dans les poissons une fois par
an, etc.
Activité 11 : Interaction entre réservoir/barrage et nappes souterraines
Le Consultant identifiera l’interaction entre le réservoir et les nappes souterraines et l’impact
du barrage sur les nappes souterraines en aval du barrage. Il examinera en particulier dans
quelle mesure la présence du réservoir est de nature à modifier la configuration
hydrogéologique à proximité et à l’aval du réservoir, et en quoi cela peut influer positivement
ou négativement l’accès à l’eau potable ainsi que les usages hydroagricoles reposant
éventuellement sur l’utilisation d’eaux souterraines.
Activité 12 : Evaluation des risques des plantes aquatiques invasives dans le réservoir, en
aval dans les mares et dans le DIN
Le Consultant évaluera les risques des plantes aquatiques invasives et leur gestion dans le
réservoir, en aval dans les mares et dans le DIN (à ce moment on rencontre les plantes
aquatiques envahissantes seulement dans la zone de Mopti et très peu dans les autres zones
du DIN, mais avec l’intensification de l’agriculture cette situation pourrait changer, comment
cela a été le cas dans l’ON).
A l’aval du barrage (y compris en dehors des frontières guinéennes)
24
Activité 13 : Evaluation des impacts environnementaux et des coûts et bénéfices en aval
du barrage dans le fleuve, les plaines d’inondation et les mares de Niandan jusqu’au
DIN
Dans ce but le Consultant développera une méthodologie appropriée pour évaluer et
quantifier les impacts environnementaux en détail et leurs coûts sur les plaines d’inondation et
les mares de Niandan en aval (par exemple la mare de Baro) jusqu’au DIN. Le Consultant
effectuera les mêmes études de biodiversité en aval dans les zones intermédiaires d’une
biodiversité importante entre le barrage et le DIN dans le fleuve, les plaines d’inondation et les
mares (par exemple l’inventaire de la faune piscicole du Niandan en cours de réalisation ou
terminé par le Centre National des Sciences Halieutiques de Boussoura constituera l’état de
référence de cette ressource lors de la mise à jour de la présente EIES ; incluse les
lamantins). L’évaluation des impacts sur la biodiversité des écosystèmes aquatiques et des
milieux humides devra être précise. Le consultant pourra utiliser les données issues de
l’étude IRD sur la mare de Baro.
Activité 14 : Evaluation actualisée et approfondie des impacts socio-économiques en aval du
barrage jusqu’au DIN
Les impacts socio-économiques de la configuration retenue du barrage de Fomi sur les
plaines d’inondation et les mares de Niandan en aval (par exemple la mare de Baro) jusqu’au
DIN devront être analysés avec soin. Ils influenceront de nombreux usages productifs et les
moyens de subsistance des populations, les principaux étant : agriculture, riziculture
traditionnelle d’inondation, riziculture avec contrôle partiel de l’eau (décrue contrôlée), pêche
traditionnelle et pastoralisme. En plus de l’agriculture, de la pêche et du pastoralisme,
l’orpaillage est largement pratiqué dans la vallée du Niandan et de ses affluents, aussi bien
dans la future zone inondée qu’en aval du site de barrage. Cette activité est souvent
informelle mais, pour la population, il s’agit d’une stratégie de survie; si l’orpaillage est affecté,
cela peut avoir des conséquences négatives pour les mineurs artisanaux et pour les
populations qui en dépendent.
Activité 15 : Prises d’eau sur le barrage pour l’irrigation du bas-Niandan en rive gauche
et rive droit
Le Consultant de l’EIES en collaboration avec le Consultant de la Faisabilité étudieront la
possibilité et les coûts d’aménager des prises d’eau sur le barrage pour l’irrigation du bas-
Niandan, en rive gauche et rive droite.
Activité 16 : Impacts du barrage sur la dynamique hydromorphologique du Niandan et du
fleuve Niger
L’équilibre hydromorphologique actuel à l’aval du site du barrage sera modifié lorsque celui-ci
sera érigé par piégeage des sédiments dans le réservoir, et donc augmentation de l’érosion
dans le lit du Niandan mais aussi du fleuve Niger qui est déjà en sous-charge sédimentaire, à
l’amont du Delta Intérieur du Niger. Le consultant doit examiner ce point et notamment dans
quelle mesure ce phénomène contribue aux problèmes d’érosion de berges, de baisse de
niveau constatés dans le fleuve Niger à l’amont et à l’aval de Bamako à cause de l’extraction
de sable, comme établi dans des recherches récentes.
Dans la zone du DIN
Activité 17 : Evaluation des impacts environnementaux actualisée et approfondie
25
Le Consultant identifiera en plus de détails, les impacts environnementaux positifs et négatifs
sur le fonctionnement du DIN, dont notamment les impacts de la diminution de la crue et
l’augmentation du débit de l’étiage sur les sites Ramsar.
Le Consultant effectuera pour les sites Ramsar une étude sur l’habitat et la vie sauvage,
impacts sur les oiseaux résidents et migratoires, la faune et la flore et la faune halieutique, les
lamantins et les espèces rares et menacées. Le Consultant examinera aussi des autres
impacts non-identifiés dans l’EIES. Le Consultant pourra prendre en compte les résultats
préliminaires du modèle de crue développé dans l’Etude « Cadrage, modélisation
hydrodynamique et développement d’un modèle d’évaluation des services écosystémiques et
de subsistance dans le Delta Intérieur du Niger (DIN) » pour faciliter l’évaluation des impacts
environnementaux en plus de détail. Le Consultant identifiera dans toutes ces zones les
impacts environnementaux associés à la configuration du barrage retenue, la Crue Artificielle
et le Débit Environnemental choisis et proposera des mesures de mitigation réalistes et
efficaces et avec leurs coûts, qui seront repris dans le PGES.
Plus précisément, et en se basant sur le diagnostic de la situation environnementale réalisée
au cours des études de faisabilité antérieures, des enquêtes de terrain et les scénarii de
modélisation hydraulique, le Consultant prendra en considération les répercussions des
ouvrages entre eux. Le Consultant prendra aussi en compte les prélèvements en eau liées
aux différents usages, comme l’AEP, l’irrigation, et l’élevage. Le Consultant évaluera le niveau
de satisfaction de ces demandes et les impacts entre l'amont et l'aval. Le Consultant
élaborera éventuellement d'autres scénarii que l'étude devra identifier, quantifier, ou évaluer.
Le Consultant évaluera les impacts sur les milieux naturels et humains des différents
écosystèmes dans le DIN. Les impacts directs et indirects, positifs et négatifs et leurs coûts et
bénéfices de même que ceux à court, moyen et long termes du projet, sur toute la zone du
DIN devront être mis en évidence, actualisés et approfondis.
Activité 18 : Evaluation actualisée et approfondie des impacts socio-économiques dans le
DIN
Le Consultant identifiera les impacts environnementaux et sociaux positifs et négatifs sur le
fonctionnement du DIN : les impacts de la diminution de la crue et l’augmentation du débit de
l’étiage sur l’agriculture irriguée (par exemple le développement de 250,000 ha dans 50 ans),
sur l’agriculture de décrue comme le riz en submersion et le maraîchage, la pêche,
l’aquaculture, l’élevage, la production de bourgou, et la navigation fluviale. Le développement
de l’irrigation dans la saison sèche dans le DIN pourra être rapide ; le développement de
l’agriculture irriguée est une partie intégrale du projet Fomi.
Les incidences socio-économiques du projet sur le DIN sont très importantes à étudier, étant
donné la sensibilité du delta intérieur du Niger, de ses ressources naturelles et des activités
économiques et sociales qui s’y rattachent. Les impacts sur le delta intérieur du Niger (DIN)
sont directement liés à la réduction des débits et des durées de la crue du Niger lors du
remplissage du réservoir de Fomi. Les impacts sur les superficies inondées dans le DIN à
différentes périodes de l’année influenceront de nombreux usages productifs du DIN et les
moyens de subsistance des populations, les principaux étant : agriculture, riziculture
traditionnelle d’inondation, riziculture avec contrôle partiel de l’eau (décrue contrôlée),
riziculture en maîtrise de l’eau, pêche traditionnelle et pastoralisme. La pêche, par exemple,
est une activité ancienne et traditionnelle et les impacts sur la population qui en profite
méritent d’être analysés en détail pour mieux comprendre si les pêcheurs pourront continuer
26
cette forme d’activité et quel sera l’impact pour les ménages en général, par exemple en
termes de sécurité alimentaire.
Le Consultant identifiera les impacts potentiels, y inclus les impacts positifs et négatifs, sur les
moyens de subsistance et les modes de vie en général des populations affectées dans le DIN
et évaluera l’importance de ces impacts. Le Consultant déterminera en première temps la
faisabilité d’atténuation de ces impacts ; Est-ce qu’il est faisable d’éviter les impacts, et sinon,
de les atténuer? Dans un deuxième temps, le Consultant identifiera les types des mesures
d’atténuation nécessaires et leurs couts. Parmi les questions à considérer, le Consultant
examinera par exemple pour les pêcheurs, s’il serait possible d’envisager un type d’éligibilité
de s’installer sur le réservoir? Est-ce que les alternatives pour l’atténuation des impacts seront
acceptables par les populations elles-mêmes, surtout en termes de surface d’irrigation ? Un
plan de développement local ne serait-il pas nécessaire pour le DIN aussi ?
Le Consultant identifiera dans toutes ces zones l’impact sur les moyens de subsistance des
populations concernés en se référant à la configuration du barrage retenue, et à la Crue
Artificielle et au Débit Environnemental choisis. Le Consultant proposera des mesures
d’atténuation réalistes et efficaces avec leurs coûts, qui seront repris dans le PGES. Le
Consultant portera une attention particulière aux impacts sur les femmes et les groupes
vulnérables.
Activité 19 : Evaluation des impacts environnementaux et sociaux cumulatifs à court, moyen
et long termes du développement de l’agriculture irriguée
L’impact environnemental de l’extension des zones irriguées permise par le barrage de Fomi
doit être étudié car c’est la principale raison d’être du barrage. Ceci concerne l’irrigation de
250 000 ha au Mali et plus de 10 000 ha en Guinée, qui n’a pas été étudié ni même
mentionné dans l’EIES de 2010. Le développement des grandes zones d’aménagements
hydroagricoles a des impacts sur l’environnement naturel et humain, et sur la faune et la flore.
Le Consultant analysera ces impacts environnementaux et sociaux et les couts et bénéfices
des développements irrigués qui transforment ces écosystèmes. Il intégrera cette analyse
dans l’EIES
Approfondissement de l’EIES
Activité 20 : Sommaire de l’estimation des coûts et bénéfices environnementaux et sociaux
Le Consultant de l’EIES estimera les coûts et bénéfices environnementaux et sociaux des
impacts positifs, incluant les mesures de bonification, et impacts négatifs sur la base des
impacts identifiés pour la configuration choisie du barrage. Inclue aussi une estimation des
pertes des revenues aurifères. Le Sommaire sera utilisé pour l’Analyse Multicritères préparé
par le Consultant de la Faisabilité.
L'étude EIES devra apporter des informations claires, aussi précises que possible et
synthétiques sous forme de tableaux comparatifs et chiffrés (surfaces touchées, coûts et
bénéfices environnementaux et sociaux des interventions, bénéfices escomptés mis en
rapport avec les coûts ou avantages environnementaux et sociaux).
Ces impacts et les coûts environnementaux et sociaux pour la configuration choisie du
barrage de Fomi seront estimés et analysés dans l’Analyse Multicritères en collaboration avec
le Consultant de Faisabilité. Les coûts et bénéfices environnementaux et sociaux seront
inclus dans l’Analyse Economique du projet, qui sera préparée par le Consultant de l’Etude de
Faisabilité en charge de la préparation de l’Avant-Projet Détaillé du barrage de Fomi.
27
Activité 21 : Evaluation des impacts cumulatifs actualisée et approfondie
A la fin de l’approfondissement de l’EIES, le Consultant effectuera une évaluation des impacts
cumulatifs environnementaux et sociaux. Elle inclura les projets existants, en cours et
planifiés sur un horizon de 25 ans qui se situent dans la zone de l’influence du projet et qui
sont / pourraient être effectivement influencés par le projet, que cela soit positivement lorsque
le changement de régime hydrologique induit par le barrage de Fomi permettra une
augmentation des consommations d’eau (planifiées ou résultant d’une augmentation
tendancielle) ou négativement. Le consultant examinera en particulier les barrages en cours
et planifiés, le développement des aménagements hydroagricoles, le développement des
villes comme Bamako et Mopti, caractérisées par une forte croissance de leur population, la
croissance industrielle, les différents secteurs de l’économie dont l’essor serait actuellement
restreint par absence de régulation.
Il sera nécessaire de réévaluer les effets positifs et négatifs en aval et des possibilités de
pouvoir irriguer 50 000 ha dans la zone de Taoussa et 45 000 ha dans la zone de Kandadji
avec une gestion du barrage de Fomi visant à répondre aux besoins en aval de l’ON et du
DIN .
Le Consultant identifiera les impacts sur les milieux naturels de l’irrigation de 10 300 ha en
Guinée et de plus de 200 000 ha au Mali principalement dans l’ON et le DIN. Ces impacts se
cumulent aux impacts de la modification du régime hydrologique et aux impacts sur le milieu
entrainés par la réinstallation des populations.
Actualisation et Approfondissement du PGES: divisé en PGES Chantier et PGES Exploitation
Activité 22 : Actualisation et Approfondissement du PGES de 2010
Le Consultant actualisera et approfondira le PGES et les coûts et bénéfices de 2010 et
prendra en compte tous les résultats des études pertinentes. Le Consultant portera une
attention particulière aux impacts sur les femmes et les groupes vulnérables et analysera
comment les impliquer dans la mise en œuvre du PGES.
Activité 23 : Plan de Gestion pour la protection du bassin versant en amont
Le Consultant préparera un Plan de Gestion pour la protection du bassin versant en amont du
réservoir (partie du PGES) et évaluera l’impact du déboisement dans le bassin versant en
amont du réservoir sur la disponibilité de l’eau en court, moyen et long terme. Dans ce but le
Consultant déterminera les zones prioritaires et la méthodologie, le budget et la
responsabilité. La préparation et l’exécution du Plan de Gestion doivent impliquer fortement la
population locale. Cette approche devra être bien développée dans le Plan de Gestion.
Activité 24 : Plan de Sauvegarde et de Gestion du Patrimoine Historique et Culturel
Le Consultant analysera en première instance les sites potentiels du patrimoine historique et
culturel (en plus de Baro) et les impacts éventuels. Le Consultant préparera ensuite un Plan
de sauvegarde et de Gestion du Patrimoine Historique et Culturel pour le patrimoine culturel
matériel et immatériel : identification des sites et rites, spécialement en aval du barrage dans
la zone des mares de Niandan (la mare de Baro), etc. et la gestion. Le Plan de Gestion du
Patrimoine Historique et Culturel devra définir les responsabilités et un budget en conformité
avec la Politique Opérationnelle PO 4.11 et la Norme de Performance 8 de la Banque
Mondiale. Le Consultant identifiera les procédures à suivre pour des cérémonies appropriées,
recueillir des traditions orales et incluant aussi l’exécution des fouilles de sauvetage dans la
28
zone du réservoir, élaboration des procédures pour la gestion de cas de découverte fortuite,
incluant un Plan pour la construction d’une musée du patrimoine culturel près du barrage ou
sur un autre site.
Activité 25 : Plan de Gestion de la Santé et Sécurité Communautaires pour le Projet
Le Consultant analysera en première instance les risques de maladies hydriques, les risques
de MTS/VIH et d’autres épidémies, les risques d’accidents pendant et après la construction,
ainsi que les risques liés à la réduction de la qualité de l’eau, associés à la configuration de
barrage retenue. Le Consultant devra élaborer ensuite un Plan de Gestion de la Santé et
Sécurité Communautaires pour le Projet qui cernera avec précision la nature des mesures de
gestion proposées, leur portée, leur durée et leurs couts. Ce plan définira les exigences
requises pour assurer la gestion adéquate des mesures dans les portions amont et aval du
site du barrage. Les responsabilités nationales et locales, les budgets et ressources, les
modalités de mise en œuvre, etc. devront être clairement énoncées dans le Plan et devront
faire l’objet d’engagements clairs de la part des Autorités concernées.
Activité 26 : Plan de déboisement du réservoir (entier ou partiel)
Le Consultant préparera un Plan de déboisement du réservoir avec le coût et l’organisation
institutionnelle. Le plan doit fortement impliquer la population affectée, qui doivent aussi avoir
des bénéfices du bois.
Activité 27 : Plan de remplissage et de gestion du réservoir
Le Consultant préparera un Plan de remplissage et de gestion du réservoir dans le but de
minimiser les impacts environnementaux, sociaux et économiques en aval (par exemple mise
en service par paliers).
Activité 28 : Passe à poissons
Le Consultant identifiera le site dans le barrage pour la passe à poissons et proposera une
conception appropriée avec les coûts et un plan de gestion de cette passe à poissons (afin
d’éviter les problèmes de la passe à poissons rencontrés au niveau du seuil de Markala sur le
fleuve Niger au Mali ou presque tous les alevins et poissons immatures sont capturés).
Activité 29 : Plan de développement de Pêche
Le Consultant préparera un Plan de développement de Pêche dans le réservoir, le fleuve et
les mares en aval du barrage les Offices et le DIN et un Plan de Gestion Durable de la Pêche,
incluant un Plan d’aménagement des mares, les responsabilités et les coûts et bénéfices. Le
Consultant évaluera les impacts spécialement sur les femmes et les groupes vulnérables.
Activité 30 : Préparation d’un Plan d’Action d’Urgence
Le Consultant prépare un Plan d’Action d’Urgence dans le cas des lâchers importants d’eau
pour évacuer une grand crue, dans le cas d’une rupture du barrage ou autres problèmes avec
le barrage. Le Plan d’Alerte doit spécifier les sites et nombre des sirènes pour avertir la
population, le protocole et les procédures pour l’utilisation du système, les sites où la
population doit aller pour se mettre en sécurité, un système de communication adéquat, les
responsabilités et les coûts qui seront à intégrer dans le cout total du projet. L’étude de la
sécurité du barrage est préparée par le Consultant de Faisabilité.
29
Activité 31 : Préparation du Plan de Gestion de Pesticides, de Pestes et d’Engrais (PGPPE)
Le Consultant préparera un PGPPE réaliste, incluant un budget et les aspects institutionnels
en utilisant l’approche classique. Le PGPPE est un Rapport séparé. L’objectif principal est de
réduire au minimum les impacts potentiels défavorables sur la santé humaine et
l'environnement, et promouvoir l’adoption de méthodes de lutte phytosanitaire intégrée
respectueuses.
Le Consultant présentera l’environnement initial en termes de pestes connus en agriculture et
en santé publique, transport/stockage/manipulation, et usage actuel de pesticides en nature
et en volume, niveau de connaissance des enjeux et risques au niveau communautaire,
niveau de déploiement du personnel technique d’encadrement existant, existence et capacité
d’intervention de structures d’assistance en cas d’intoxication aigue accidentelle, etc. Pour
chaque problème lié aux pestes de cultures, il sera précisé les lieux, et les cultures associées.
Par rapport aux problèmes liés aux vecteurs de maladies, il faudra préciser quand et où
chaque problème s’est produit, et ses impacts sur les activités humaines. Des informations
doivent aussi être fournies sur la consommation de pesticides (en même temps que les
variations saisonnières), les dépenses annuelles en pesticides, etc. La finalité est de
proposer, à travers ce Plan, des mesures alternatives pouvant amoindrir l’utilisation des
pesticides et les dépenses associées.
Le Consultant (i) identifiera l’ensemble des risques potentiels sur le plan environnemental
(physique, biologique et humain) au regard de l’expansion des aménagements hydroagricoles
durant la phase d’exploitation du barrage et qui pourraient engendrer/augmenter l’usage de
pesticides, (ii) évaluera les capacités existantes en matière de prévention et de secours
d’urgence en cas d’intoxication aux pesticides, (iii) proposera un plan cadre de gestion des
pestes, des pesticides et d’engrais, y compris des méthodes de lutte biologique accessibles
aux communautés, un ensemble de mesures institutionnelles et opérationnelles
(sensibilisation/formation de tous les acteurs concernés, etc.) pour la gestion sécurisée des
acquisitions de pesticides, ainsi que la gestion des emballages vides, et le budget détaillé de
la mise en œuvre du CGPPE.
Activité 32 : Renforcement de capacité et dispositifs de mise en œuvre
Le Consultant inclura dans les plans prévus au titre de la consultation les activités de
Renforcement de capacité et de formation qui s’avéreraient nécessaires à l’exécution des
actions à mettre en œuvre pour l’exécution du Projet Fomi. Le Consultant présentera une
proposition institutionnelle justifiée pour la mise en œuvre du Projet Fomi et tous ces Plans
associés et indiquera quelles sont les structures qui sont responsables et qui devront être
renforcées et les coûts afférents.
30
uniquement pour les aménagements hydroagricoles. Il faut rappeler ici que les terres de
compensation / restauration des moyens de subsistance non encore étudiées au stade de
l’EIES initiale mais simplement mentionnées comme « à étudier » font clairement partie de la
zone d’étude pour l’actualisation du PRI et du PDL, tout comme elles font partie de la zone
d’étude pour l’actualisation de la faisabilité. Par ailleurs, la solution proposée dans le PRI de
remplacer la perte de quelques 4775 ha de terres fertiles dans la zone du réservoir par
l’accès à un aménagement irrigué de 2 200 ha en aval du barrage semble nettement
insuffisante pour compenser adéquatement les pertes et est susceptible de générer des
conflits fonciers et sociaux en aval du barrage. Comme indiqué précédemment et comme
décrites dans les TDR de la faisabilité du projet Fomi (en annexe), les études techniques en
tant que telles (pédologie, agronomie, ressources en eau, topographie…) seront faites par le
consultant chargé de l’actualisation de la faisabilité.
Les aspects qui devront faire l’objet d’une analyse détaillée pour l’actualisation du PRI et du
PDL comprennent notamment :
i) les exigences en termes d’extension de la zone de marnage requise pour la
compensation et la restauration des moyens de subsistance des PAP – liées à la
disponibilité de terres agricoles pour la réinstallation, et, pour une partie d’entre elles,
à la possibilité de les rendre plus productives par une intensification agricole (maîtrise
de l’eau), sujet à un accord avec les populations hôtes pour partager leurs terres et
au respect du cadre foncier national ;
ii) la faisabilité économique et sociale de la proposition du PRI de 2010 d’établir 2 200
ha d’aménagements hydroagricoles destinés pour les PAP et les communautés hôtes
en aval du barrage, une évaluation du dimensionnement de cette proposition eu
égard aux besoins de compensation et l’examen des alternatives envisageables,
ainsi que leur niveau de faisabilité et d’acceptabilité et le temps requis pour leur mise
en place et les couts associés ;
iii) l’examen des sites d’accueil envisageables pour les communautés déplacées par le
réservoir, ainsi que leur niveau de faisabilité et d’acceptabilité et le temps requis pour
leur mise en place et les couts associés ;
iv) l’examen de mesures complémentaires de soutien socio-économique pour les
communautés déplacées par le réservoir et pour les communautés d’accueil
(pisciculture, aviculture, arboricole fruitière, laiterie et élevage à rendement amélioré,
etc.), ainsi que leur niveau de faisabilité et d’acceptabilité et le temps requis pour leur
mise en place et les couts associés ;
v) l’examen des mesures d’accompagnement social pour les communautés déplacées
par le réservoir et pour les communautés d’accueil (voirie, services d’électricité, d’eau
potable, d’assainissement et de gestion des déchets, dispensaires/points de santé,
écoles, etc.), ainsi que leur niveau de faisabilité et d’acceptabilité et le temps requis
pour leur mise en place et les couts associés.
L’analyse des sites d’accueils et des aménagements hydroagricoles nécessaires pour la
compensation et la restauration des moyens de subsistance des populations affectées par le
Projet dans la zone du réservoir, incluant les mesures d’intégration requises pour les
communautés d’accueil, devra reposer sur des activités de participation publique menées
auprès des populations locales. Ces activités, qui seront définies dans le Plan d’Engagement
31
des Acteurs (PEA), comprendront des rencontres avec les Autorités locales et les
représentants des services déconcentrés de l’État (agriculture, santé, éducation, sécurité
publique, voirie, etc.) ainsi que des réunions publiques ouvertes et des entrevues de groupe
ciblées (focus groups) menées auprès des principales catégories de parties prenantes. Au
minimum, ces catégories devraient comprendre les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs
et les orpailleurs, ainsi que des représentants de différents groupes sociaux, d’intérêt ou
d’affinité (les aînés, les jeunes, les femmes, les personnes vulnérables, etc.), aussi bien au
sein des communautés à réinstaller qu’au sein des communautés d’accueil.
Les activités de participation publique permettront d’évaluer le degré d’adhésion des
populations locales à l’égard : (i) du Projet comme tel ; (ii) des sites d’accueils et des
aménagements hydroagricoles retenus pour la compensation et la restauration des moyens
de subsistance des populations affectées dans la zone du réservoir, ainsi que les principes
d’éligibilité applicables pour les PAP ; et (iii) les mesures complémentaires de soutien socio-
économique et d’accompagnement social retenues pour les communautés déplacées par le
réservoir et pour les communautés d’accueil – et qui constitueront le fondement du PDL.
Activité 2. Evaluation actualisée et approfondie des aspects fonciers dans la zone du
réservoir
Contexte juridique : cadre légal et pratiques juridiques
Le contexte foncier en Guinée peut rendre difficile le processus de la réinstallation
involontaire. C’est la raison pour laquelle, le régime foncier en vigueur sera examiné
minutieusement et complété par des enquêtes pour repérer d'éventuels obstacles à la mise
en œuvre des aménagements tels qu’une opposition à partager la terre ou des difficultés
d’ordre technique, juridique, administratif pour le faire.
L’analyse de contexte juridique implique, en plus du travail de recensement des droits et des
biens perdus par les populations affectées en amont comme en aval :
- d’analyser le cadre juridique en vigueur applicable au foncier et à l’expropriation ;
- d’identifier les pratiques traditionnelles des populations ;
- de proposer des mécanismes juridiques pour remplacer les droits fonciers perdus ;
- de faire une synthèse des processus de diagnostics et de réforme du foncier en
cours.
Concernant le contexte juridique, le Consultant rappellera l’ensemble des lois, décrets
applicables en Guinée et les coutumes locales applicables en matière de réinstallation,
d’identification des propriétaires fonciers et des usagers, détenteurs et de droits fonciers.
Quand à ces derniers, le Consultant examinera les enjeux et solutions proposés par le Plan
foncier rural (PFR), première étape de sécurisation foncière en milieu rural, introduite dans le
Code foncier et domanial (CFD) de 1992 pour pallier les insuffisances de réglementation
foncière adaptée aux problèmes fonciers en milieu rural.
L’analyse prendra également en considération la législation applicable en matière
d’expropriation d’utilité publique en vérifiant si elle est conforme à la Politique opérationnelle
de la Banque Mondiale portant sur la réinstallation involontaire (PO 4.12), particulièrement en
ce qui concerne la compensation en cas de perte de terres et la forme juridique de
sécurisation foncière des PAP (maisons et terres) dans la zone. En particulier, le Consultant
présentera une comparaison succincte des lois et règlements en vigueur dans le pays avec
32
les politiques opérationnelles des principaux intervenants (BM, AFD, GIZ, EU) en matière de
réinstallation involontaire et proposera des stratégies pour y remédier en cas d’écart.
Le Consultant rappellera les enjeux suivants :
• l’ampleur du pouvoir d’expropriation et la nature des indemnisations auxquelles il
donne droit, pour ce qui est des procédures à suivre pour l’évaluation des valeurs en
jeu, et du calendrier à respecter pour les paiements ;
• les procédures juridiques et administratives applicables, y compris la procédure de
recours et les délais correspondants ;
• les procédures de délivrance des différents documents fonciers relevant du dispositif
du Code foncier et domanial (CFD); et les lois et règlements relatifs aux organismes
chargés de mettre en œuvre la réinstallation en Guinée, et ceux relatifs aux
indemnisations pour la perte de terres, aux regroupements fonciers, à l’utilisation des
sols.
Cette exigence s’étend aux coutumes et traditions locales établies qui régissent la vie des
communautés concernées. L’analyse du cadre juridique applicable au foncier en Guinée, en
portant une attention particulière aux pratiques traditionnelles en vigueur dans la zone
affectée, doit aboutir à des propositions de mécanismes juridiques, conformes au cadre
juridique en vigueur et réalistes (politiquement et économiquement) ; le cas échéant, le
Consultant proposera des mécanismes innovants qui nécessiteraient des ajustements
juridiques. Ces propositions de mécanismes juridiques doivent prendre en considération les
différences de statuts juridiques des catégories de personnes affectées – et leur éligibilité à
bénéficier de mesures de compensation et de restauration de leurs moyens de subsistance.
Dans ce contexte juridique, le Consultant portera une attention pour définir le rôle des acteurs
et institutions guinéens y compris celui des collectivités locales ; celles-ci devant être
associées aux consultations dans la zone affectée par l’étude.
Le Consultant devra faire une synthèse des processus de diagnostics et de réforme du
foncier en cours actuellement en Guinée, ils sont nombreux. Leur analyse permettra
d’identifier les tendances et de comprendre la prise en considération du foncier dans les
enjeux nationaux, en particulier la reconnaissance des droits traditionnels, et ainsi de mesurer
les marges de manœuvres possibles dans la mise en œuvre des compensations. Ces
processus sont parfois soutenus par des bailleurs qu’il conviendra de rencontrer, AFD pour le
diagnostic du foncier rural, EU/BM pour les États généraux du foncier et le LGAF). Le
Consultant identifiera le cas échéant s’il en existe d’autres (GIZ?), y compris des projets
relatifs au foncier en cas de propositions innovantes.
L’analyse du contexte foncier doit prendre en compte les résultats des études menées dans le
cadre de l'Initiative GWI (UICN-IIED). En particulier, le Consultant consultera le rapport
d’étude « Analyse des connaissances, des outils et des capacités pour la sécurisation
foncière des terres agricoles au profit des populations affectées par le barrage de Fomi »,
réalisé en 2014 ainsi que la synthèse réalisée par GWI (UICN-IIED) en décembre 2014.
D’une manière générale, il est utile que le Consultant travaille étroitement avec GWI (UICN-
IIED), du fait de leur connaissance de ce sujet dans l’Afrique de l’Ouest, notamment
concernant l'atténuation des pertes des services écosystémiques autour de Fomi par une
redevance sur l’électricité en faveur des PAPs.
33
Voir en Annexes le résumé des recommandations des trois études du GWI (UICN-IIED) sur:
(i) le partage des bénéfices; (ii) l'établissement d'un accord-cadre entre l'Etat et les PAP; (iii)
Etude sur le foncier rural et les autres rapports annexes le rapport ECOWAS, Lignes
directrices pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest, Guide,
Octobre 2012.
Identification des personnes, des droits fonciers et des biens
La clarification du statut des différentes catégories sociales est nécessaire pour que le droit
de chacun soit respecté. En particulier, le Consultant mettra en évidence les tensions qui
peuvent s’exercer notamment entre autochtones, généralement chefs de terre ou
propriétaires coutumiers, et allochtones, généralement usagers coutumiers non propriétaires
à qui les propriétaires coutumiers prêtent la terre. Les conflits sont fréquents entre
propriétaires et usagers, notamment en raison de l’exploitation minière.
Il s’agit, sur une base consensuelle, de permettre aux usagers coutumiers d’avoir une
sécurisation foncière sur les terres qu’ils exploitent depuis longtemps ; aussi les jeunes de se
fixer sur les terres et les femmes d’avoir le droit de propriété. Cette négociation de clarification
et d’acceptation est importante, car c’est un véritable changement culturel qui s’amorce. Il est
donc nécessaire, avant toute formalisation des droits, que les choses soient clarifiées au
niveau de chaque village.
La démarche du Consultant devra s’inscrire dans le cadre d’un processus de consultation et
de communication approfondie pour révéler et prendre en considération les relations de
parenté et d’alliance au niveau des communautés villageoises affectées. Les objectifs du
projet devront être clairement exposés pour que les différentes catégories sociales mesurent
et les enjeux et les opportunités offertes. Les avantages pour les populations devraient être
montrés en termes de sécurité et de possibilité de transmission des biens aux générations
futures. Il faut souligner qu’une telle sécurité foncière passe nécessairement par la
formalisation des droits localement acceptés, reconnus et validés par le conseil des sages.
Le Consultant fera une revue du mode de compensation et d'indemnisation des propriétaires
et des personnes/exploitants agricoles non propriétaires en fonction des lois et règlements en
vigueur en tenant compte des textes en vigueur et des expériences réussies en Guinée. Le
Consultant effectue une revue du calcul des taux de compensation et barèmes. Tous les
biens affectés doivent être compensés avec les coûts de replacement et pour les arbres
fruitiers et les produits agricoles perdus les prix du marché sont appliqués (barèmes du
Ministère de l’Agriculture actualisés pour la date actuelle).
La matrice des droits à indemnisations, applicable dans les cas de déplacements permanents
et la perte d’accès à des biens, précisera :
• toutes les catégories de personnes concernées, y compris les propriétaires et
détenteurs de droits (usagers coutumiers) sur les terres, les locataires, les occupants
sans titre, les éleveurs, les transhumants ou métayers et autres utilisateurs des
ressources naturelles, les prestataires de services, les communautés, ainsi que les
groupes vulnérables ;
• tous les types de pertes associées à chaque catégorie, y compris : la perte de biens
matériels ou d’accès à des biens matériels ; la perte de loyers ou de revenus; la perte
d’éléments culturellement importants (identifiés dans l’inventaire des pertes)
34
• tous les types d’indemnisations (en espèce ou leur remplacement en nature) et d’aides
auxquels chaque catégorie a droit, y compris : les indemnités au titre de pertes ; l’aide
au déménagement et les appuis postérieurs à la réinstallation (assistance technique,
services de vulgarisation et de formation, accès au crédit, etc.).
Les taux d’indemnisation devront être calculés en consultation avec des représentants des
populations affectées, pour faire en sorte qu’ils soient équitables et adéquats. Le calcul des
indemnisations se fera au coût de remplacement intégral (valeur marchande de
remplacement, les coûts de main-d'œuvre plus frais de transaction) et sans dépréciation. Le
Consultant devra prévoir des consultations avec les personnes et ménages affectés, les
dirigeants communautaires, les autorités locales et, le cas échéant, les ONG, pour valider la
matrice des compensations.
La définition du cadre d’indemnisation s’articulera avec les activités de définition des mesures
de restauration des niveaux de vie, afin de proposer des compensations réalistes et faisables
par rapport aux ressources locales. Les terres disponibles pour compensation faisant partie
du projet, leurs conditions d’exploitation (régimes et mécanismes juridiques retenus pour les
nouvelles terres) seront également prises en compte dans l’élaboration du cadre
d’indemnisation. Une préoccupation concerne la compensation intégrale des terres
expropriées par rapport à la disponibilité des terres à valeur équivalente dans les sites de
réinstallation (les premières études évoquent 4775 ha perdus tout nature confondues et un
projet de 2 200 ha d’aménagement hydroagricole).
La localisation des nouveaux aménagements devra prendre en compte des critères de
distance par rapport aux sites de réinstallation examinés dans le PRI. A cette fin, le
Consultant identifiera dans quelle mesure la procédure d’acquisition de terres en Guinée est
adaptée à la zone et proposera, le cas échéant, des solutions alternatives appropriées.
Le Consultant définira les éléments suivants, qui favoriseront le bon déroulement des
réinstallations :
(i) identification des sites de réinstallation ou confirmation de leur sélection pour les
sites pré identifiés ;
(ii) évaluation de la capacité des sites de réinstallation en termes de contraintes
physiques et naturelles, pour les besoins actuels et futurs et en prenant en compte
les enjeux socio-culturels ;
(iii) identification du régime juridique des sites identifiés ; et,
(iv) planning des réinstallations.
Le Consultant identifiera les sites de réinstallation en étroite collaboration avec les PAP et les
communautés hôtes et proposera les montages juridiques envisageables acceptables tant
pour les déplacés que pour les accueillants en prenant garde à ne pas créer de situations
juridiques déséquilibrées ou injustes (les déplacés et les accueillants dans une même
situation juridique selon leur statut initial). Le Consultant préparera un (ou des) plan(s)
d’aménagement des sites d’accueil et des aménagements hydroagricoles retenus pour la
réinstallation des PAP dans la zone du réservoir et un plan pour la gestion des infrastructures
communautaires.
Actualisation du PRI et du PDL en aval du réservoir
35
Activité 3 : Evaluation actualisée et approfondie des options de restauration des moyens de
subsistance dans les zones en aval du barrage
Une attention particulière devra être portée à l’analyse des incidences socio-économiques de
la configuration de barrage retenue sur les communautés en aval du barrage, incluant la zone
en aval du barrage (le Niandan, les plaines et les mares jusqu’à Bamako, la zone entre
Bamako et le DIN au Mali), et la faisabilité et les couts des mesures requises pour éviter ou
minimiser de telles incidences ou pour restaurer les moyens de subsistance des populations
affectées.
Cette activité devra aussi reposer sur des activités de participation publique menées auprès
des populations locales. Ces activités, qui seront définies dans le Plan d’Engagement des
Acteurs (PEA), comprendront aussi des rencontres avec les Autorités locales et les
représentants des services déconcentrés de l’État (agriculture, santé, éducation, sécurité
publique, voirie, etc.), ainsi qu’un nombre plus limité de réunions publiques ouvertes et
d’entrevues de groupe ciblées (focus groups) menées auprès des principales catégories de
parties prenantes dans chacune des zones concernées.
Activité 4 : Préparation d’un Plan de Gestion Durable de l’Agriculture
Le Consultant évaluera les impacts sur l’agriculture de décrue et d’irrigation dans la zone du
marnage, les mares en aval du barrage et le DIN et la préparation d’un Plan de
Développement et de Gestion de l’Agriculture dans ces zones, avec un accent spécial sur une
gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), les responsabilités et les coûts et bénéfices.
Le Consultant évaluera les impacts spécialement sur les femmes et les groupes vulnérables.
Activité 5 : Préparation un Plan de Développement et un Plan de Gestion de l’élevage
Le Consultant devra préparer un Plan de développement de l’élevage autour du réservoir,
dans les mares en aval et dans le DIN et un Plan de Développement et de Gestion de
l’Elevage, incluant les responsabilités et les coûts et bénéfices. Le Consultant évaluera les
impacts spécialement sur les femmes et les groupes vulnérables.
Actualisation du PRI et du PDL au terme de l’approfondissement de l’EIES
Activité 6 : Évaluation du niveau d’acceptabilité sociale de la configuration optimale du Projet
Au terme de son analyse, le Consultant devra évaluer le niveau d’acceptabilité sociale de la
configuration optimale du Projet – et les conditions de cette acceptabilité – aussi bien en ce
qui concerne les communautés situées en amont qu’en aval du site du barrage (zone du
réservoir et zone en aval du barrage – Niandan, plaines et mares jusqu’à Bamako, la zone
entre Bamako et le Delta Intérieur du Niger et le DIN au Mali).
Activité 7 : Planning des activités requises pour finaliser les PRI et PDL détaillés pour le
Projet
Le Consultant devra également cerner avec précision la portée, la durée et les coûts des
enquêtes socio-économiques et des activités de planification et de concertation du milieu
requises au terme du mandat pour finaliser les PRI et PDL détaillés pour la configuration de
barrage retenue.
36
3. LIVRABLES ET CALENDRIER
Les dates indicatives de production des livrables sont résumées dans le tableau ci-dessous.
Tous les rapports sont rédigés en français (20 exemplaires en copie papier et 10 exemplaires
sur support numérique). Un Résumé illustré (cartes, graphes et photos) de chaque rapport
doit être produit en français et en anglais (30 exemplaires : dont 20 en français et 10 en
anglais sur support papier et 10 exemplaires de chaque version sur support numérique
reproductible).
Tous les rapports doivent inclure une feuille de route. Tous les rapports seront illustrés de
cartes, graphes et photos nécessaires à la compréhension, notamment des vues paysagères
sous différentes perspectives des installations prévues (barrages, bâtiments techniques et
usines, lignes à Haute Tension, routes d'accès, carrières, etc.). Tous les rapports PGES, PRI,
PDL et PGPPE doivent inclure un Plan de Suivi & Evaluation avec des indicateurs pertinents.
Le rapport provisoire de l’approfondissement de l’EIESsera discuté et adopté en deux ateliers
de trois jours avec a minima la participation du coordinateur du Consultant (1 expert) à
Conakry. Le rapport sera considéré final après la prise en compte satisfaisante des
remarques et observations des décideurs lors de ces ateliers dont, comme indiqué
précédemment, la facilitation est faite dans le cadre du projet Appui bassin du Niger financé
par CIWA..
Les frais d'édition et d'expédition de tous les rapports sont à la charge du Consultant. Le
Consultant remettra également les fichiers électroniques sur CD/Flash Drive et de tous les
documents produits dans le cadre du mandat et une copie de chaque rapport et des annexes
(y compris cartes et graphiques) sous formats lisibles par les logiciels de bureautique
courants (ou incorporés sur CD - ROM quand il s'agit de système ARCGIS).
37
3.2 CALENDRIER DE L’APPROFONDISSEMENT DE L’EIES
PERIODE DE
N° DESIGNATION
DEPÔT
Rapports d’avancement des études EIES approfondies Chaque mois
EIES APPROFONDIE
1. Ordre de service de démarrage de cette étude T0
2. Etape 1 : Rapport provisoire de premier établissement T 0 + 0,50 mois
Actualisation EIES, PGES, PRI et PDL et préparation PGPPE
3. Etape 2 : Travail de terrain T 0 + 5,50 mois
4. Etape 3 : Rapport provisoire d’actualisation de l’EIES, PGES, T 0 + 7,50 mois
PRI, PDL + PGPPE
5. Etape 4 : Version provisoire du rapport de synthèse en français T 0 + 7,50 mois
et anglais
6. Etape 5 : Atelier 3 de restitution Rapport provisoire T 0 + 8,50 mois
d’actualisation
de l’EIES, PGES, PRI, PDL + PGPPE
7. Etape 6 : Rapport final d’actualisation EIES, PGES, PRI, PDL + T 0 + 9,50 mois
PGPPE
4. PERSONNEL
38
- Avec au minimum 15 ans d'expérience dans la conduite d'EIES de grands
ouvrages hydrauliques dont :
o des barrages à buts multiples et dont
o des ouvrages impliquant la réinstallation de personnes;
o des projets dans des pays en développement et idéalement en
Afrique Sub-saharienne
- Il / elle devra avoir conduit au moins 5 EIES de projets d’aménagement
d’ampleur équivalente au barrage de Fomi
• Un(e) expert(e) de catégorie 1, Sociologue spécialisé en réinstallation involontaire
- Formation supérieur BAC +4 (MAÎTRISE) dans les Sciences sociales ou un
domaine pertinent ;
- Avec au minimum 15 ans d’expérience dans la préparation et l’exécution des
PRI ou des études sociales dans les pays en développement et idéalement en
Afrique Sub-saharienne. L’expert devra avoir travaillé au moins 5 ans dans le
domaine de la réinstallation.
- Il / elle devra avoir conduit au moins 3 PRI sur des projets d’aménagement
d’ampleur équivalente au barrage de Fomi
• Un(e) expert(e) de catégorie 1 Hydrologue-hydraulicien
- Formation supérieure BAC + 4 en hydrologie, hydraulique, génie civil,
ingénierie;
- Ayant 10 ans d'expérience dans l’hydrologie quantitative fluviale, la gestion des
réservoirs et les écoulements bidimensionnels à surface libre (détermination
des apports, modélisation et la simulation des incidences hydrologiques de
grands aménagements).
- Participation à au moins trois (03) projets de conception ou évaluation de
grands ouvrages hydrauliques sur des fleuves (faisabilité, EIES…)
• Un(e) expert(e)Un(e) expert(e) de catégorie 1, Spécialiste en aménagements
hydroagricoles et gestion sociale de l’eau
- Formation supérieure BAC +4 (MAÎTRISE) ;
- Ayant 15 ans d'expérience dans la préparation, l’accompagnement, l’évaluation
de projets d’hydraulique agricole ayant un large spectre d’intervention (maîtrise
totale, partielle) y compris en matière de gestion participative. L’expert devra
avoir travaillé au moins 5 ans en Afrique Sub-saharienne. Avoir participé au
moins à trois (03) projets d’aménagement hydroagricoles d’ampleur
équivalente au barrage de Fomi
• Un(e) expert(e) de catégorie 1, Economiste
- Formation supérieure BAC +4 (MAÎTRISE) en économie, finance, gestion ou
équivalent ;
- Expérience de 15 ans dans l'évaluation économique et financière de projets ;
39
- Expérience dans la planification, la programmation et l'évaluation dans le cadre
de grands projets transformateurs. Il devra particulièrement avoir la maîtrise de
l'analyse coûts /avantages de projets, intégrant l'évaluation d'éléments non
monétaires (environnement, social) et Analyse Multicritères. Il devra avoir
travaillé au moins 10 ans dans les pays en développement dont idéalement au
moins 5 ans en Afrique Sub-saharienne. Avoir participé à trois (03) missions au
moins relative à la maîtrise de l'analyse coûts /avantages de projets, intégrant
l'évaluation d'éléments non monétaires (environnement, social) et Analyse
Multicritères
40
• Un(e) expert(e) de catégorie 2 Agro forestier
- Formation supérieure BAC + 4 ;
- Expérience professionnelle de 10 ans dans l'aménagement des espèces
forestières, de leur protection et leur préservation,
- Expérience dans les aménagements forestiers en milieu soudano sahélien ;
• Un(e) expert(e) de catégorie 2 Spécialiste en élevage et pastoralisme
- Formation supérieure BAC + 4, Vétérinaire ;
- Expérience de 10 ans dans les activités pastorales et d'évaluation zoo-
sanitaire en milieu aride et semi-aride.
• Un(e) expert(e) de catégorie 2 Spécialiste de la santé publique
- Formation supérieure BAC + 4 ;
- Expérience de 10 ans dans l'analyse et l'appui aux services de santé ;
- Expérience dans les maladies hydriques.
• Un(e) expert(e) de catégorie 2 Agronome
- Formation supérieure BAC + 4 ;
- Expérience de 10 ans dans l'analyse des systèmes de production, la
planification du développement agricole en Afrique, notamment en zone
intertropicale.
- Expérience à la fois sur les systèmes pluviaux et irrigués.
• Un(e) expert(e)Un(e) expert(e) de catégorie 2, spécialiste en SIG, cartographie, photo-
interprétation
- Formation supérieure BAC + 4 en géographie ou ingénierie avec spécialisation
en techniques et sciences de cartographie, SIG, la photo- interprétation ;
- Expérience de 10 ans dans l'utilisation des logiciels servant à l'aménagement
du territoire dont au moins 5 dans des pays en développement et dont au
moins une expérience sur un projet d’aménagement d’ampleur équivalente au
barrage de Fomi.
• Un(e) expert(e)Un(e) expert(e) en gestion, droit et politiques foncières
- Formation supérieure BAC + 4
- Au moins 10 ans d’expérience dans l’analyse des politiques et mécanismes de
gestion foncière (juridique et terrain)
- Expérience impérative de la gestion foncière dans le contexte des pays
d’Afrique de l’Ouest, de préférence de la Guinée.
Tous les experts devront maîtriser parfaitement le français et les outils informatiques.
41
5. DISPOSITIONS ADMINISTRATIVES, MOYENS FOURNIS PAR LA MAITRISE
D'OUVRAGE
Les missions se feront à Conakry et sur le terrain en Guinée et au Mali. Le Chef de mission de
l'étude participera à tous les ateliers de l’EIES approfondie, listés dans les livrables, en Guinée, au
Mali ou dans tout autre pays du bassin du Niger.
Le Consultant apportera toutes les précisions sur les moyens matériels qu'il utilisera pour le
besoin de l'étude et sur le personnel qu'il compte mettre sur ce projet, ainsi que sur la
méthodologie de préparation de l'étude. A cet égard, il est entendu que l'intervention de
spécialistes confirmés en environnement, en hydrologie, en sociologie, en santé publique et en
agroéconomie, etc. est nécessaire pour mener à bien cette étude.
Le Consultant assistera l'ABN et les pays dans la préparation et l'organisation des ateliers
régionaux. Il précisera clairement ses modalités de participation et d'assistance dans son offre,
sachant que l'organisation des ateliers régionaux est financée directement par le Client.
L'organisation et le financement des ateliers nationaux (consultations publiques, réunions avec les
parties prenantes ou PAP) sont par contre entièrement à la charge du Consultant.
Afin que l'étude puisse se faire dans des conditions optimales et dans les meilleurs délais, I'ABN,
la Guinée et le Mali faciliteront les tâches du Consultant dans les domaines administratifs et
logistique (obtention des visas, participation des Structures Focales Nationales, participation aux
ateliers), notamment en le faisant bénéficier de leur expérience, en mettant à sa disposition la
documentation existante et en assistant à l’établissement des contacts nécessaires.
L'ABN mettra à la disposition du Consultant l’ensemble des résultats des simulations de scénarii
hydrologiques et hydrauliques résultant de l’utilisation de ses outils d'aide à la décision,
(l'utilisation des logiciels spécialisés restant du ressort de l'ABN) : modèle hydraulique d'allocation
et de gestion de la ressource en eau, module économique du modèle hydraulique, Système
d'Information Géographique de l'Observatoire du bassin du Niger. L’ABN, en lien avec le Mali et le
Niger, mettra à disposition tous les documents permettant d’appréhender l’effet de Fomi sur les
autres ouvrages et leur effet cumulatif. Ceci concerne en particulier les barrages prévus de
Taoussa et de Kandadji et les zones des Office d’irrigation au Mali.
L'ABN sera régulièrement informée du déroulement des études par la Direction Nationale du
Génie Rural, Agence Nationale d’Exécution du PDREGDE, en liaison avec la Direction Générale
du projet d'Aménagement de Fomi, et en cas de problèmes, prendra les mesures nécessaires
pour lever les différentes contraintes qui pourraient empêcher le bon déroulement de l'étude.
L'ABN, à travers l’Unité de Gestion et de Coordination du PDREGDE, assurera le suivi de l'étude
et le bon déroulement des opérations. L'ABN aura la responsabilité de l'organisation des ateliers
régionaux.
42
5.3 APPUI ET ENGAGEMENT DES AUTORITES GUINEENNES
5.5..OBLIGATIONS DU CONSULTANT
44
ANNEXES
PUISSANCE INSTALLEE……………………………………………………………..113
MWNombre et type de turbines ;…………………………………3 Kaplan de 30 MW chacune
Puissance disponible en tout temps…………………………………………………90MW
ENERGIE ANNUELLE
Garantie à 90% du temps d’exploitation : ....................................................... 328,5 GWh
Moyenne : ...................................................................................................... 402,0 GWh
BARRAGE
Type : ...................................................................... Barrage Mixte en remblai avec bloc
Hauteur maximale sur la fondation: …………………………………………………
…………………48,0 m à la cote 402 et 42 m à la cote 396.
Longueur en crête : ………………………………………………………………1473 m pour les
cotes 402 et 396
Hauteur Maximale sur fondation des digues de col……….11 m et 5 m pour les cotes 402 et
396
45
ANNEXE 2. : LISTE DES DOCUMENTS MIS A DISPOSITION ET DISPONIBLE
Les rapports des études et les TDR seront mis à disposition en fonction de leur disponibilité
dans leur intégralité durant la préparation des offres dont une partie sous format
dématérialisé.
Rapport de l’étude multicritères technique (ministère de l’agriculture-direction
nationale du genie [Link] de guinée/guinée) 6 décembre 2017
Rapport; p.10186 rp-2-001-volume 6a rév.00
Tractebel
Barrage de Fomi
Le projet de barrage à buts multiples de Fomi est une partie importante du PADD du bassin
du Niger. Le site du barrage de Fomi en Guinée est situé sur le fleuve Niandan dans le Haut
Bassin du Niger. À un niveau de retenue normale de 388 m, une cote de zone morte de
370 m et une retenue normale de 4 800 Millions de m3. 15 % du débit annuel moyen depuis
1970 à Koulikoro sur le cours principal du Haut Fleuve Niger, il est conçu pour : (i) répondre
à la demande d'eau pour une expansion de irrigation en saison sèche à l'Office du Niger
(ON) au Mali avec plus de 100 000 ha (pour le riz, l'horticulture et la canne à sucre) ;
(ii) répondre à la demande d'eau pour une expansion de l’irrigation en saison des pluies à
l’ON - en particulier pour la plantation au début de la saison des pluies - avec environ
250 000 ha (principalement pour le riz et la canne à sucre), (iii) réduire les impacts des
prélèvements d'eau pour l'irrigation sur la pêche et la faune dans le Delta Intérieur du Niger,
en assurant en tout temps un écoulement environnemental minimal entre le barrage de
Markala et l’ON et en contribuant à assurer un écoulement minimal entre les frontière Mali –
Niger et Niger - Nigeria ; et (iv) assurer l’approvisionnement en eau pour les grandes villes et
agglomérations comme Bamako. Il a été proposé de réduire les impacts de stockage et
d'irrigation accrue sur l’inondation annuelle du Delta Intérieur du Niger en permettant
l'écoulement libre du fleuve à travers le barrage de Fomi pendant quelques semaines dans la
période Août-Septembre. Il est prévu d'installer 90 MW de capacité d'énergie
hydroélectrique, qui sera relié au réseau d'alimentation de la grille de l’EEEOA. La
production annuelle d'énergie hydraulique devrait être autour de 350 GWh. Le projet pourrait
donc fournir un flux important et diversifié de prestations transfrontières.
La viabilité sociale, économique et financière du projet de barrage de Fomi est
intrinsèquement liée à sa conception comme un projet à buts multiples. Les avantages
significatifs dont bénéficient les différents secteurs, allant jusqu’à de multiples intérêts des
parties prenantes (l'irrigation, l'approvisionnement en eau en milieu urbain, production
hydroélectrique) en Guinée et au Mali, doivent être répertoriés pour être en mesure de
46
rationaliser les impacts environnementaux et sociaux complexes du projet, y compris : (i) la
réinstallation de jusqu'à 45 000 personnes (la plupart en Guinée), (ii) les impacts
environnementaux dans le périmètre du réservoir en Guinée, (iii) la perte de la production
hydroélectrique dans les installations hydroélectriques en aval (aux barrages de Kandadji,
Kainji et Jebba) principalement en raison de l’absorption accrue de l'eau pour l'irrigation à
l'Office du Niger, (iv) la modification du régime d'inondation dans le Delta Intérieur du Niger
(Mali) écologiquement riche et sensible, et (v) les impacts sur la navigation.
La conception et les règles d’exploitation du barrage seront les principaux déterminants de
l'ampleur et de la part à la fois des avantages potentiels et des impacts en Guinée et en aval
au Mali. Pour réaliser le plein potentiel de ce projet, il est nécessaire que les compromis liés
à la conception soient discutés avec les parties prenantes concernés et négociés entre les
deux pays sur la base des meilleures connaissances disponibles afin de maximiser les
avantages et minimiser les coûts et les impacts pour tous. Le projet devra être mis au point
avec les mécanismes institutionnels adéquats existants pour la prise de décision et des
avantages et le partage des coûts.
L’ABN a un rôle institutionnel dans la facilitation de ce processus et la mise à disposition des
données et informations pertinentes et neutres du bassin sur les impacts transfrontaliers,
entre autres à travers son implication dans le Comité Interministériel du barrage de Fomi
entre la Guinée et le Mali.
ENJEUX
En aval de Bamako, le Delta Intérieur du Niger est formé de la jonction du fleuve Niger et de
son affluent, la rivière Bani. Il s’étend sur environ 450 km de l'amont à l'aval.
Morphologiquement, le DIN est divisé, de l'amont à l'aval, entre: (i) le Haut Delta partant de
Ké-Macina, marqué par des érosions, (ii) le Moyen-Delta, où les processus d'érosion-
sédimentation sont équilibrés et où les plus grandes plaines inondables se situent, certaines
avec de grandes zones de bourgoutières ; (iii) le Delta Inférieur, y compris de grands lacs
d'inondation avec une sédimentation importante et une concentration des eaux de crue
retardée par le rétrécissement en aval du Delta, et (iv) le Nord dunaire du lac Debo à
Tombouctou, en cordons dunaires entre lesquels l'eau s’accumule. La topographie du DIN
est formée par un canal de débit d’étiage, des berges de rivières et des bassins qui
s’amenuisent dans les étangs.
Le climat du bassin du Niger au Mali est caractérisé par une alternance marquée par une
saison sèche dominée par des vents secs (Harmattan) et une saison des pluies
(principalement de Juin à Septembre) avec des vents humides en provenance du Golfe de
Guinée. Les précipitations annuelles sont d'environ 500 mm / an et l'évapotranspiration
potentielle (ETP) est d'environ 2 500 mm / an. Ainsi, la crue annuelle du DIN est la principale
source d'eau dans la région. Le DIN est alimenté par les apports des rivières Bani et Niger
Supérieur, sous réserve de grandes variations annuelles, qui conduisent à des variations
maximum de débit entre 2 500 et 7 500 m3/s (post-1970).
En conséquence, les zones inondées du Delta varient naturellement entre 8 000 et 25 000
km2 (post-1970 ne dépassant pas 15 000 km2 et en moyenne seulement 12 500 km2 ;
Zwarts, 2005). Les pertes d'eau dues à l'évaporation et l'infiltration des zones inondées
représentent entre 45 % à 55 % de l’apport dans le Delta. Les débits et les niveaux d'eau
dans le DIN sont régulièrement contrôlés. Le mouvement de l'eau dans le DIN est,
cependant, difficile à mesurer et à analyser, en raison de sa géomorphologie complexe ; par
47
conséquent, une modélisation hydrodynamique détaillée basée sur un Modèle Digitale de
Terrain (MDT) est nécessaire.
L'étendue de la zone inondée détermine les résultats des activités économiques
traditionnelles (pêche, élevage, culture du riz, etc.). La corrélation entre le débit du fleuve
Niger à l'entrée du DIN et l'étendue des zones inondées (et donc la mesure de la production
socio-économique) a été établie, entre autres, par Zwarts et al (2005).
Le DIN abrite six grands types de milieux aquatiques: (i) les lits du fleuve Niger et de la
rivière Bani ; (ii) les pseudo-lacs (Debo, environ 380 km² ; Korientzé (année à préciser) ; (iii)
les plaines inondables, (iv) les étangs pérennes ou temporaires, (v) les lacs des berges de
l'Ouest et de l'Est ; (vi) les branches et les canaux qui relient le canal à faible débit de la
rivière aux zones inondées.
Les écosystèmes suivants sont observés selon les modèles dominants d'inondation : (i) une
zone d'eau libre et permanente formée par le lit de la rivière au cours des étiages ; (ii) une
zone d'eau libre, périodiquement inondé ; (iii) une zone inondée périodiquement avec des
profondeurs d'eau variables ; (iv) une zone inondée périodiquement, avec de faibles
profondeurs ; (v) une zone boisée très souvent inondée ; et (vi) les petites îles. Les
caractéristiques communes de cet ensemble d'écosystèmes originaux sont (i) une pauvreté
relative dans le nombre d'espèces ; (ii) une productivité très élevée en termes de biomasse ;
et (iii) une très bonne adaptation aux changements importants saisonniers et interannuels
des niveaux d'eau. Ces écosystèmes devront se refléter dans la mise en place du modèle
pour l'évaluation des services écosystémiques du DIN.
La variété de la faune aquatique dans le DIN est particulièrement importante : 137 espèces
du Haut bassin du Niger sont représentées. Elles sont adaptées à l'instabilité de
l'environnement liée aux variations saisonnières du cycle hydrologique. Le delta affiche
également une grande originalité floristique. Diverses formations végétales peuvent être
observées en fonction de la durée et de la profondeur de submersion. Les systèmes
caractéristiques des plantes de la zone inondée sont : (i) bourgoutières dans les zones
inondables durables et profondes (6-7 mois, 2-5 m), utilisées comme pâturages pour le bétail
et la faune aquatique ; (ii) les étangs de lys d'eau, situés dans des zones inondables moins
profondes, (iii) les formations de Oriza, dominées par le riz sauvage, dans les zones où les
inondations ne dépassent pas trois mois, ni des profondeurs de 2 m ; (iv) les formations
végétales de vétiver, un environnement de transition entre les zones d'inondations et les
zones avec ou sans inondations profondes, et (v) les forêts inondées (jusqu'à 2-3 m), le type
le plus original de la végétation dans le Delta.
Le DIN affiche une grande richesse en ce qui concerne aussi bien la faune que la flore. C’est
une zone de migration d'un grand nombre d'oiseaux pâles-arctiques et interafricains ainsi
qu'une zone de résidence de plusieurs espèces. Les espèces pâles-Arctiques (Eurasie)
passent l'hiver dans le DIN et quittent en Mars pour l'hémisphère Nord. Le DIN est aussi un
lieu de rassemblement pour les espèces éthiopiennes qui viennent s’accoupler dans ces
marais entre deux migrations. Environ 350 espèces d'oiseaux sont représentées. Les
hippopotames sont classées comme rares, ainsi que le lion, la hyène, le « defassa
waterbuck », l'antilope Rouanne, le céphalophe de Grimm, le guib et le crocodile du Nil. Le
DIN est aussi une zone de prédilection pour les grands reptiles, qui y sont abondantes
(pythons, cobras, les moniteurs, les amphibiens).
Le DIN forme une zone de terres humides Ramsar depuis 2004. Il s’étend sur une superficie
de 41 000 km2. La richesse, la diversité économique du DIN et les menaces qui pèsent sur
cet environnement ont mobilisé de nombreuses organisations nationales et internationales.
48
Le DIN connaît également le tourisme. Les sites Ramsar du DIN (Waldo - Débo, la plaine de
Séri, lac Horo) sont bien ciblées par des clients spécialisés.
L’agriculture dans le DIN est principalement dédiée à la culture du riz en submersion
contrôlée, gérée par l’"Office Riz Mopti" (ORM) qui exploite 49,190 hectares par submersion
contrôlée et l’"Office Riz Ségou" (ORS), ce dernier exploite 35 415 hectares par submersion
contrôlée. Le DIN est une zone importante pour accueillir les troupeaux de bovins
transhumants, accessoirement pour les troupeaux de moutons et de chèvres, pendant la
saison sèche. Les animaux paissent dans les pâturages de subsistance. La région de Mopti,
au milieu du DIN, représente 28 % de la population bovine nationale. Les espèces
fourragères sont distribuées en fonction des hauteurs d'eau et les durées de la crue
annuelle. Le Bourgou est une plante fourragère très productive et couvre 1 600 km2 qui
représente 10 % des pâturages dans le DIN. La fin de la saison sèche reste critique et
amène le bétail à errer. Le DIN représente 90 % du potentiel de la pêche nationale au Mali.
3
Information quantitative dans cette section est dérivée des simulations du Modèle Mike Basin pour
l’Evaluation du Risque Climatique du Bassin du Fleuve Niger, rapporté dans Grijsen et al
(2014;[Link]
49
la base des relations de régression entre les niveaux d'eau à divers endroits dans le Delta
Intérieur. OPIDIN peut être utile comme un outil pour cadrer l’étendue (« scoping ») les
impacts potentiels du barrage de Fomi sur les inondations du Delta Intérieur, dans le cadre
de divers scenarii de développement de l'irrigation (à l’ON et en Guinée) et des changements
climatiques.
Les services écosystémiques fournis par l'inondation naturelle du Delta Intérieur prennent en
compte, entre autres, le riz et d'autres produits agricoles, la pêche et l'élevage pour soutenir
plus d'un million de personnes vivant dans la région du Delta intérieur, et le maintien de la
biodiversité et de la faune.
De nombreuses études ont été menées par Wetlands International, Zwarts et al (2005) et
d'autres pour déterminer le rôle des barrages et des systèmes d'irrigation dans l'économie
globale et l'écologie du DIN. Les évaluations intégrées ont été menées pour déterminer les
coûts et les avantages directs et indirects des différents régimes de gestion du fleuve Niger,
impliquant l'analyse des i) changements potentiels de l'hydrologie du bassin supérieur du
Niger et les inondations du Delta Intérieur, ii) impacts écologiques ultérieurs, et iii) effets
sociaux et économiques. L'EIES préparée par Coyne et Bellier (2010) a identifié les impacts
du projet de barrage de Fomi et du développement de l'irrigation associée (en particulier
dans l’ON) sur le DIN au Mali, a indiqué que la conception du projet révisé pourrait réduire
ces impacts, et a déclaré qu'une étude plus approfondie est nécessaire pour déterminer
complètement ces impacts.
Un impact majeur de barrage de Fomi et du développement de l'irrigation à grande échelle
dans l’ON sera la réduction des superficies submergées dues aux crues de la rivière, avec
des effets ultérieurs sur les zones humides et les récoltes qui dépendent des crues
annuelles, c’est à dire la pêche, la culture de riz en agriculture submergée et l'élevage
(pâturages). Coyne & Bellier (2010) ont estimé que ces impacts sont les suivants :
• Perte de zones inondables pour la culture de riz avec 18 % de la production actuelle ;
• Perte de surface pour la reproduction des poissons et la pisciculture (10 % de la
production actuelle) ;
• Perte des superficies inondables de pâturages de subsistance et de production
pastorale (perte de 20 % des surfaces optimales pour bourgou et 7 % de la
production de bovins dans la région de Mopti) ;
• Impact sur la biodiversité (avifaune, faune aquatique, faune de la pisciculture, faune
d'amphibiens) des environnements inondés perdus ;
• Impact sur la biodiversité (végétation) des environnements inondés perdus ;
• Renforcement de l'impact des petites inondations sur certaines composantes de la
biodiversité (grande faune d'amphibiens, avifaune) ;
• Impact sur les caractéristiques du DIN comme une zone Ramsar.
L'évaluation de ces impacts nécessite le développement d'un modèle d’inondation
hydrodynamique de deux dimensions (2D) pour le DIN afin de mieux identifier les sous-
zones touchées du DIN, et de se pencher, géographiquement, sur les mesures d’atténuation.
50
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