Guide EAIAM sur l'insécurité alimentaire
Guide EAIAM sur l'insécurité alimentaire
VERSION 2
Jennifer Coates
Anne Swindale
Paula Bilinsky
Juillet 2006
Publié en 2006
Citation recommandée :
Remerciements...............................................................................................................................................i
2. Adaptation du questionnaire
2.1 Vue générale du questionnaire………………………………………………………………………….7
2.2 Etape 1: Examen avec les informants clés ……………………………………………………………..8
2.3 Etape 2: Perfectionner le questionnaire .................................................................................................. 9
Références................................................................................................................................................... 25
Notes finales……………………………………………………………………………………35
Guide d’Indicateurs de l’Echelle d’Accès pour l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Remerciements
Ce guide n’aurait pu être achevé sans les contributions intellectuelles et techniques de Edward
Frongillo, Université Cornell et Beatrice Lorge Rogers, Université Tufts. Le guide reflète des
commentaires pratiques et fort utiles sur les premières versions de la part du personnel des
institutions suivantes : Africare, Croix Rouge américaine, Catholic Relief Services, Organisation
pour l’Alimentation et l’Agriculture des Nations Unies (Programme sur la Sécurité alimentaire
de la Commission européenne), Food for the Hungry International, Freedom from Hunger, Land
O’Lakes International Development, Centre national pour les Statistiques sanitaires, Save the
Children-US, World Vision Etats-Unis, Agence des Etats-Unis pour le Développement
international (USAID) et Département américain de Recherche économique pour l’Agriculture.
Nous avons également bénéficié grandement des idées et de l’aide de Eunyong Chung à
l’USAID tout au long de la formulation de l’Echelle d’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire
des Ménages.
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
1. Données générales
La sécurité alimentaire est définie comment étant une situation où « toutes les personnes en tout
temps disposent de l’accès tant physique qu’économique à une alimentation suffisante pour
répondre à leurs besoins alimentaires leur permettant de mener une vie productive et saine »
(USAID, 1992).i Concept complexe et multidimensionnel, la mesure de l’insécurité alimentaire
relève d’un véritable défi tant pour les chercheurs que pour les praticiens. Jusqu’à tout
récemment, la plupart des mesures de l’accès alimentaire, au niveau des ménages, par exemple
revenus suffisants et adéquation des calories, se sont avérées bien difficiles du point de vue
technique, exigeant une pléthore de données dont la collecte est onéreuse.
Le présent document est un guide expliquant une telle option, l’Echelle de l’Accès déterminant
l’Insécurité alimentaire des Ménages (EAIAM), adaptation de l’approche utilisée pour créer le
nombre annuel de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et qui ont faim aux Etats-Unis.
Cette méthode repose sur l’idée que l’insécurité alimentaire (accès) entraîne des réactions et des
réponses prévisibles pouvant être saisies et quantifiées par le biais d’une enquête puis
récapitulées sur une échelle. La recherche qualitative auprès de personnes à faibles revenus aux
Etats-Unis éclaire les façons suivantes dont les personnes peuvent éprouver l’insécurité
alimentaire (accès) (Radimer et al., 1990, Radimer et al., 1992, Wehler et al., 1992, Hamilton,
1997) :
Le Module d’Enquête sur la Sécurité alimentaire des Ménages aux Etats-Unis avec 18 questions
(US HFSSM) demande aux répondants de décrire les comportements et les attitudes qui se
rapportent à ces divers aspects, également appelés ‘domaines’ de l’insécurité alimentaire
(Hamilton et al., 1997). Par exemple, une question se rapportant aux perceptions de quantité
insuffisante demande si les adultes avaient moins à manger qu’ils ne devraient. Les questions
concernant l’incertitude demandent notamment si le répondant craignait que les provisions du
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
ménage ne s’épuisent. Les réponses au US HFSSM sont récapitulées sur une échelle pour fournir
un indicateur continu du niveau d’insécurité alimentaire d’un ménage. Les points seuils de
l’échelle permettent une classification par catégorie montrant si les ménages connaissent ou non
la sécurité alimentaire. Ces données sont utilisées pour suivre les programmes d’assistance
alimentaire et pour indiquer la prévalence nationale de l’insécurité alimentaire des ménages.
Des études récentes de validation de terrain de cette approche pour mesurer plus directement
l’insécurité alimentaire (accès) en établissant des mesures fondées sur l’expérience du problème
par les ménages ont montré le caractère faisable et utile de l’approche dans des contextes de pays
en développement très différents les uns des autres (Webb et al., 2002, Coates et al., 2003,
Frongillo et Nanama, 2003). Les mesures élaborées étaient fortement corrélées aux indicateurs
courants de la pauvreté et de la consommation alimentaire, ainsi qu’aux indicateurs utilisés
couramment par les organisations bénévoles privées (OBP) pour suivre leurs activités sur le plan
sécurité alimentaire. Ces mesures sont également très sensibles aux changements dans le temps
affectant la situation des ménages, d’où leur validité et utilité pour évaluer l’impact des
programmes. Il existe d’autres études dans le cadre desquelles les questions US HFSSM ont été
traduites, avec certaines adaptations, aux contextes de pays en développement, et où on a
constaté qu’elles étaient corrélées aux indicateurs de pauvreté et de consommation alimentaire
(Melgar-Quinonez, 2004, Perez-Escamilla et al., 2004). Par ailleurs, un document s’inspirant
d’un examen de données provenant de 22 applications différentes de l’échelle et examinant les
points communs de l’expérience et de l’expression de la sécurité alimentaire (accès) entre les
différentes cultures a fait ressortir quatre domaines et plusieurs sous-domaines d’insécurité
alimentaire (accès) qui semblent universels, quels que soient les pays et quelles que soient les
cultures. Le document recommande que les questions liées à ces domaines soient utilisées
comme fondement des futures mesures d’échelle de l'insécurité alimentaire (accès) (Coates,
2005).
Face à ces données et preuves croissantes, FANTA et ses partenaires ont compilé un ensemble de
questions (voir Tableau 1, Questions génériques de l’Echelle d’Accès pour l’Insécurité
alimentaire des Ménages) utilisées dans plusieurs pays et qui semblent distinguer les ménages
connaissant une sécurité alimentaire de ceux vivant une insécurité alimentaire entre différents
contextes [Link] Ces questions représentent des domaines apparemment universelsiv de
l’expérience d’insécurité alimentaire (accès) des ménages et peuvent être utilisées pour distribuer
les ménages et les populations tout au long d’une chaîne de gravité allant de la sécurité
alimentaire à une grave insécurité alimentaire. L’information dégagée par l’EAIAM peut être
utilisée pour évaluer la prévalence de l’insécurité alimentaire des ménages (accès) (par exemple,
pour le ciblage géographique) ainsi que pour dépister des changements dans l’insécurité
alimentaire des ménages (accès) au sein d’une population dans le temps (aux fins de suivi et
d’évaluation). Les questions peuvent être ajoutées à une enquête initiale et enquête d’évaluation
finale. Si on utilise l’échelle pour déterminer l’impact, il est important de suivre les méthodes
d’échantillonnage standard utilisées couramment par les évaluations du Titre II. Une discussion
plus détaillée de l’échantillonnage est disponible à l’adresse suivante :
[Link]
Si on évalue le changement dans la situation d’insécurité alimentaire des ménages (accès) sur
deux ans ou plus, il est important d’administrer chaque fois l’enquête au même moment de
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
l’année. Le moment de l’année le plus approprié est déterminé selon l’utilisation prévue de
l’échelle. Si on utilise l’échelle pour déterminer l’impact d’un programme de sécurité
alimentaire, il est préférable d’administrer l’enquête pendant ou directement après la ‘période de
soudure’ puisque c’est à ce moment-là que le plus grand nombre de ménages souffre d’insécurité
alimentaire (accès). Ce pic de la saison de soudure n’est probablement pas le meilleur moment si
l’échelle est utilisée pour le ciblage géographique car le programme ne saura pas faire la
différence entre ceux qui connaissent une grave insécurité alimentaire pendant un grand nombre
de mois de l’année et ceux qui ne souffrent de cette insécurité que lors de la période de soudure.
La différence est importante si le programme cherche à cibler les régions avec le plus grand
nombre de ménages connaissant une insécurité alimentaire chronique.
Ce guide a pour objet de fournir un moyen permettant aux programmes de sécurité alimentaire
de mesurer facilement l’impact de leurs programmes sur la composante accès de l’insécurité
alimentaire des ménages. Il est tout aussi important de comprendre et de mesurer l’impact des
programmes sur le volet utilisation de l’insécurité alimentaire mais d’autres outils de mesure se
prêtent mieux à cette fin, par exemple les indicateurs anthropométriques. La question de la
qualité nutritionnelle est un aspect de l’utilisation. Dans le contexte de l’EAIAM, les questions
de la qualité alimentaire ne se rapportent pas directement à la qualité nutritionnelle. Ces
questions cherchent davantage à voir comment les ménages voient les changements dans la
qualité de leur régime alimentaire, quelle que soit la composition nutritionnelle objective du
régime alimentaire (les ménages peuvent penser que la qualité baisse en passant du riz au maïs,
alors qu’en fait, la qualité nutritionnelle n’a pas vraiment changé).
Les efforts en vue de mesurer l’insécurité alimentaire (accès) utilisent parfois un indice des
stratégies de survie. Des questions sur les stratégies qu’emploie le ménage pour augmenter sa
base de ressources étaient incluses aux versions précédentes de l’EAIAM, par exemple, faire un
prêt, conjointement avec des questions sur les stratégies de survie se rapportant à la
consommation, qui posent des questions sur les réductions ou redistribution de la nourriture au
sein de la famille, par exemple, sauter des repas ou manger des aliments moins appréciés. Une
recherche supplémentaire et d’autres discussions ont poussé FANTA à conclure qu’il faut
exclure de l’EAIAM ce type antérieur de stratégies de survie (augmenter la base de ressources
des ménages). Les raisons en sont les suivantes :
1) Pour construire une échelle exacte, toutes les questions de l’échelle doivent refléter une seule
dimension statistique (unidimensionnelle), même si le phénomène (dans notre cas, insécurité
alimentaire (accès) est multidimensionnel. Des modèles statistiques, tels que le modèle
Rasch, utilisé pour formuler US HFSSM, ont montré que les questions sur les stratégies en
vue d’augmenter la base de ressources représentent une dimension statistique distincte de
l’insécurité alimentaire des ménages (accès) par rapport à la dimension mesurée par les
domaines de l’EAIAM.
2) Les questions sur les stratégies en vue d’augmenter la base de ressources dépendent de
l’approvisionnement et sont affectées par les contraintes au niveau de l’accès—à savoir,
toutes les familles ne peuvent pas utiliser les stratégies de survie (par exemple, faire un prêt
n’est pas toujours possible pour les ménages souffrant d’une grave insécurité alimentaire
auxquels même les créanciers les plus informels ne prêteront pas d’argent). Les réponses à
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
ces questions induisent donc en erreur puisqu’une réponse négative n’indique pas forcément
que le ménage connaît une sécurité alimentaire. Par exemple, un ménage avec une très bonne
sécurité alimentaire qui n’a pas besoin de prêt et un ménage qui n’a pas pu obtenir de prêt
vont tous les deux répondre négativement à la question sur l’obtention d’un prêt, même si le
dernier connaît une insécurité alimentaire bien plus grande que le premier.
3) Les types de stratégies de survie visant à augmenter la base de ressources auxquelles ont
recours les ménages, ainsi que le niveau de gravité qu’ils indiquent, varient grandement
d’une culture à l’autre et d’un pays à un autre, faisant qu’il est difficile de retenir un
ensemble de questions sur l’augmentation des ressources qui serait pertinent pour tous.
Il n’en reste pas moins qu’il est important d’envisager les stratégies de survie visant à augmenter
la base de ressources pour brosser un tableau plus détaillé de l’expérience d’insécurité
alimentaire (accès) dans un contexte donné. Les ménages qui ont recours à des stratégies de
survie qui ne sauront être maintenues dans le temps, par exemple, vendre des biens ou contracter
les prêts à intérêt élevé, soulèvent de vives préoccupations chez ceux travaillant avec les groupes
connaissant le plus d’insécurité alimentaire. Les stratégies de ces ménages, de pair avec des
comportements tels que la migration ou le fait de mendier, indiquent la nature de la vulnérabilité
du ménage. L’examen de stratégies de survie et leur impact sur la sécurité alimentaire devrait
faire partie de l’évaluation initiale de la sécurité alimentaire de tout programme. Ces stratégies de
survie peuvent représenter des domaines qui se prêtent à l’action du programme pour
augmenter la résistance du ménage et il devient donc important de les suivre au fur et à mesure
que change le statut de sécurité alimentaire des ménages.
Dans les premières versions de ce guide figurait également la question suivante concernant les
effets psychologiques, par exemple, le sentiment de honte lorsqu’une famille doit faire appel à
des stratégies inacceptables du point de vue social pour obtenir de la nourriture : « Est-ce que
vous-même ou un membre du ménage a fait quelque chose dont vous avez honte parce qu’il n’y
avait pas assez à manger ? » Certes, un examen interculturel de la recherche ethnographique sur
l’expérience d’insécurité alimentaire a conclu que ce domaine est un aspect pertinent dans bien
des cultures mais peu d’études ont essayé de poser des questions sur « la honte d’avoir utilisé
une stratégie inacceptable » dans le cadre d’une enquête. Celles par contre qui ont posé ce type
de question ont constaté que toute action ou tout sentiment honteux ou inacceptable relevait de
questions très délicates et qu’il était bien difficile d’obtenir une réponse exacte. FANTA a conclu
qu’une question « générique » n’avait pas obtenu de réponses suffisamment valides pour être
incluse au questionnaire EAIAM, et par conséquent, la question a été éliminée de cette version
revue du questionnaire EAIAM. Une recherche supplémentaire s’avère nécessaire pour
déterminer la faisabilité ainsi que la manière la plus appropriée d’inclure la dimension de la
honte/inacceptabilité sociale dans une EAIAM standardisée.
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
comment les questions peuvent être mises sous forme de tableau pour générer les indicateurs et
faire des recommandations pour leur utilisation et interprétation.v
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Chacune des questions dans le tableau suivant est posée en supposant une période de rappel de
30 jours. D’abord est posée une question sur la survenance – à savoir, est-ce que cela est survenu
dans les 30 derniers jours (oui ou non). Si le répondant répond « oui » à la question de
survenance, est ensuite posée une question sur la fréquence-de-survenance pour déterminer si la
situation s’est présentée rarement (une ou deux fois), parfois (trois à dix fois), ou souvent (plus
de dix fois) ces 30 derniers jours.
Exemple :
1. Ces 30 derniers jours, étiez-vous préoccupé que votre ménage n’avait pas assez de
nourriture ?
0= Non (passer à Q2)
1=Oui
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
2. Adaptation du questionnaire
Les questions EAIAM concernent trois domaines d’insécurité alimentaire (accès) que l’on
constate couramment dans les cultures examinées lors d’une étude sur la littérature inter-pays
(FANTA 2004, Coates, 2004).viii Les questions génériques de survenance, regroupées par
domaine, sont les suivantes :
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage n’a pas pu manger les types de
nourriture que vous préférez à cause d’un manque de ressources ?
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé une variété limitée
d’aliments parce que les ressources étaient insuffisantes ?
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé une nourriture que vous ne
souhaitiez pas manger à cause du manque de ressources pour obtenir d’autres types de
nourriture ?
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé un repas plus petit que vous
n’auriez souhaité parce qu’il n’y avait pas assez à manger ?
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé moins de repas par jour
parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage est allé au lit en ayant faim parce
qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a passé toute une journée sans
manger parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Est-il arrivé que la ménage soit sans nourriture du tout parce qu’il n’y avait pas de ressources
pour en acheter ?
Il faut poser toutes les questions du questionnaire tout en sautant bien sûr les questions de
fréquence-de-survenance lorsque le répondant a indiqué que la situation n’était pas survenue. Le
personnel du projet doit éviter de choisir uniquement certaines questions. Les utilisateurs
souhaitent parfois donner les résultats de questions individuelles, de pair avec d’autres
indicateurs (voir Section 5), mais la recherche a montré que l’ensemble complet de questions
permet de mieux distinguer le niveau d’insécurité alimentaire (accès) du ménage que toute
question prise par elle-même.
Les questions dans le questionnaire modèle sont formulées de sorte à être pertinentes dans tous
les contextes. Mais certaines questions comprennent des bouts de phrase qui devront peut-être
être adaptés au contexte local pour vérifier que les répondants en comprennent le sens. Pour
certaines questions, l’enquêteur lit une définition appropriée du point de vue local (par exemple,
‘ménage’) la première fois que ces mots sont utilisés dans la question. Enfin, pour d’autres
questions, l’enquêteur devra donner des exemples pertinents dans le contexte local lorsque le
répondant a besoin qu’on le guide davantage.
Pour adapter les bouts de phrase, les définitions et les exemples au contexte local et pour vérifier
que les questions sont comprises, elles doivent être revues avec un groupe d’informants clés et
ensuite, perfectionnées avec un petit groupe de répondants avant le prétest. L’Annexe 1 fait une
description détaillée de la manière dont sont discutées les questions avec les informants clés. Ces
deux étapes sont brièvement décrites ci-après :
Dans le cadre d’une première étape, réunir quelques informants clés qui connaissent bien les
conditions et les expériences de l’insécurité alimentaire (accès) des ménages dans les régions où
se déroulera l’enquête. Ces informants clés peuvent être des membres du personnel des OBP, des
représentants officiels du gouvernement, des universitaires, des membres importants de la
communauté ou toute personne connaissant bien la situation. On expliquera aux informants clés
qu’ils sont consultés pour vérifier que les questions d’insécurité alimentaire (accès) sont
compréhensibles dans leur pays ou culture. Ils ont le choix de participer ou non et doivent
également être informés qu’ils peuvent refuser de répondre à une question à n’importe quel
moment. Si c’est possible, les informants clés seront consultés comme groupe, de sorte à mettre
au clair en même temps toute différence dans leurs suggestions.
La personne réalisant les entretiens avec les informants clés (« l’enquêteur ») suivra le Guide
d’Entretiens avec les Informants Clés, présenté en Annexe 1. L’enquêteur devrait lire chaque
question à l’informant clé et ensuite, lire les questions approfondies en dessous de cette question.
Par exemple, l’enquêteur devra lire :
« Q1: Etiez-vous préoccupé que votre [ménage] n’a pas assez de nourriture ? »
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
• Nous aimerions ajouter une définition du « ménage » qui se rapporte à votre culture. Par
exemple, dans certaines cultures, « ménage » peut être défini comme « des gens qui vivent
ensemble et qui partagent la nourriture d’une marmite commune. » Pouvez-vous nous dire
comment les gens décrivent ici un ménage ?
Les mots ou bouts de phrases sur lesquels devraient se concentrer les informants clés sont mis en
caractères gras dans le Guide d’Entretiens avec les Informants Clés.
Une fois que l’informant a eu la chance de répondre et une fois que l’enquêteur est satisfait, qu’il
ou elle dispose de suffisamment d’information pour adapter de manière adéquate la question,
l’enquêteur ensuite doit passer à chaque question ultérieure sur le Guide d’Entretiens avec les
Informants Clés en utilisant la même procédure. Toutes les discussions avec les informants
seront notées par un rapporteur.
A la conclusion des entretiens avec les informants clés, les suggestions de ces informants en vue
d’adapter les bouts de phrase et exemples doivent être intégrées au questionnaire. Dans le Guide
d’Entretiens avec les Informants Clés en Annexe1 se trouvent des encadrés de texte avec des
exemples montrant à quoi ressemblera chaque question une fois intégrée l’information des
informants clés. Le produit final de cette étape sera une première version du questionnaire avec
des phrases et exemples pertinents dans le contexte local qui pourra ensuite faire l’objet d’un test
avec un groupe de répondants dans le cadre de l’Etape 2.
Dans la seconde étape de la préparation du questionnaire, on cherche à vérifier que les questions
sont comprises par les répondants, telles qu’elles sont prévues. Cette étape, très importante dans
n’importe quel contexte d’enquête, permet de perfectionner et d’affiner les questions et les
exemples en fonction de l’interprétation effective des questions.
Pour cette étape, les discussions sont faites avec un répondant a à la fois. Premièrement,
l’enquêteur devrait lire la question en donnant les nouvelles formulations ou les nouveaux
exemples intégrés après la session avec les informants clés. Une fois que le répondant a eu la
chance de donner une réponse, l’enquêteur doit commencer à étudier la manière dont le
répondant comprend la question et sa signification. Des conseils à ce propos sont inclus sur le
Tableau 2. Un rapporteur doit noter ces discussions. Une fois que tous les répondants ont donné
leur suggestion, on rassemble et on examine les notes de toutes ces discussions. Après le feed-
back des répondants, il faudra reformuler, en tenant compte de ces suggestions, tous les bouts de
phrase, toutes les définitions, tous les mots ou exemples qui ne sont pas clairs. Rappelez-vous
que le but est de garder la signification originale de la question tout en rendant le sens plus clair
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
quand c’est nécessaire pour les répondants. Le produit final de cette étape nous donne un
questionnaire amélioré qui est prêt pour le prétest sur le terrain.
Tableau 2 : Questions approfondies (sondes) pour perfectionner les questions avec les
répondants
Questions • Quand je vous ai demandé à propos de…, à quoi cela vous a-t-
approfondies pour il fait penser ?
la compréhension/ • Est-ce que vous pouvez me dire, dans vos propres mots, ce que
interprétation signifie cette question ?
• En pensant à…, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?
Exemples :
• Que signifie pour vous la phrase « passer toute une journée
sans manger ? »
• Dans vos propres mots, pouvez-vous me dire ce que signifie
« pas assez de nourriture » ?
Paraphrase • Pouvez-vous répéter la question dans vos propres mots ?
Questions • Comment vous en êtes-vous rappelé ? Par exemple, comment
approfondies sur le vous êtes-vous rappelé qu’un autre membre du ménage a sauté
rappel un repas ?
Questions • Pourquoi pense-vous cela ? Par exemple, pourquoi pensez-
approfondies vous que ces aliments ne sont pas la nourriture préférée ?
spécifiques
Questions • Comment êtes-vous arrivé à cette réponse ?
approfondies • Etait-il difficile d’y répondre ?
générales • J’ai remarqué que vous avez hésité avant de répondre – à quoi
avez-vous pensé ?
Adapté de Frongillo et al., 2004
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Ce questionnaire comprend deux types de questions apparentées. Le premier type de question est
appelé une question de survenance. Il existe neuf questions de survenance qui concernent une
situation se rapportant à l’insécurité alimentaire qui est survenue lors des 30 jours précédents.
Chaque question sur la gravité de la situation est suivie par une question sur la fréquence-de-
survenance afin de savoir combien de fois la situation est survenue lors des 30 jours précédents.
Chaque question EAIAM comprend la souche (laps de rappel), le corps de la question (concerne
un comportement ou une attitude spécifique) et deux options de réponse (0=non, 1= oui). Il
existe un code « passer à » à côté de chaque option « non ». Ce code indique à l’enquêteur de
sauter la question apparentée sur la fréquence et de passer à la question notée lorsque le
répondant répond « non » à une question de survenance.
Question de survenance
Les questions devraient être adressées à la personne dans le ménage qui s’occupe le plus de
préparer la nourriture et les [Link] La plupart des questions demandent que le répondant parle
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
au nom du ménage et de tous ses membres. Il faut lire la souche au début de la première question
mais il n’est pas nécessaire de répéter avant chaque question.
Deux termes utilisés partout dans le questionnaire sont très spécifiques par rapport au contexte :
« ménage » et « manque de ressources. » Des définitions spécifiques au contexte devront être
formulées lors de la phase adaptation du questionnaire et ajoutées au questionnaire. Les
définitions de ces termes doivent être lues par l’enquêteur la première fois qu’elles sont utilisées
dans une question. Les définitions et les questions elles-mêmes avec ces définitions doivent être
lues exactement comme elles sont écrites sur le questionnaire.
Voici un exemple d’une question de survenance avec la définition donnée par l’enquêteur. Le
tout doit être lu par l’enquêteur :
Q1: Etiez-vous préoccupé que votre ménage n’avait pas assez de nourriture ?
Par « ménage, » nous entendons ceux qui dorment sous le même toit et qui prennent
des repas ensemble au moins quatre jours par semaine.
Si le répondant ne comprend pas la question, alors l’enquêteur peut l’aider en lisant des exemples
ou explications contextuelles qui ont été discutés pendant la formation. Ces exemples donnés par
l’enquêteur sont écrits en italiques, en dessous de la question elle-même. Par exemple, une
question avec un exemple donné par l’enquêteur serait la suivante :
Q3: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé une nourriture que vous ne
souhaitiez pas manger à cause du manque de ressources pour obtenir d’autres types de
nourriture ?
Exemple donné par l’enquêteur : « Une nourriture que vous ne souhaitiez pas
manger » pourrait être de la bouillie de blé, des racines de taro, etc.
Ce sont des options de réponse précodées, mais l’enquêteur ne doit pas lire ces options à voix
haute à chaque fois mais plutôt laisser le répondant répondre avec ses propres mots. L’enquêteur
choisit l’option de réponse qui convient le mieux en fonction de la réponse du répondant. Par
exemple, si à une question de survenance, le répondant répond par « non » en ajoutant que cela
n’est arrivé qu’une ou deux fois, le code correct est « 1 » (oui). Est posée ensuite la question sur
la fréquence-de-survenance. Si le répondant décrit une fréquence qui se traduit par « trois à dix
fois » lors des 30 jours précédents, le choix correct de réponse pour la fréquence-de-survenance
est « parfois » et le code correct est « 2 ». Si le répondant a du mal à répondre, alors l’enquêteur
peut encourager une réponse en donnant à nouveau l’ensemble des options. L’encadré suivant
illustre l’exemple décrit ci-dessus :
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Q.7.a
Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30
cette situation est-elle derniers jours)
survenue ces 30 derniers 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30
jours ? derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30
Réponse : quatre fois derniers jours)
Après avoir été passé sur le question et avant de quitter le ménage, les enquêteurs doivent
vérifier à nouveau les questionnaires pour s’assurer que toutes les questions ont été posées et que
les réponses sont complètes et lisibles. Ils peuvent écrire des notes en marge à côté de réponses
inhabituelles ou d’histoires qui se sont présentées en relation avec une question particulière. De
telles notes peuvent aider par la suite à interpréter les données de l’échantillon entier.
L’administration du questionnaire demande généralement 15 minutes par ménage.
Q2: Ne pas pouvoir manger les types de nourriture que vous préférez
Un domaine d’insécurité alimentaire (accès) est celui du manque de choix ou du choix limité
dans le type d’aliments que mange un ménage. Cette question demande à un membre du ménage
s’il n’a pas pu manger les aliments de sa préférence à cause d’un manque de ressources.
Préférence concerne la forme d’une nourriture particulière (riz entier ou brisures de riz), type
d’aliments de base (mil ou maïs) ou aliment de bonne qualité (viande ou poisson). Les aliments
préférés ne sont pas forcément toujours ceux qui sont les plus très nutritifs. L’enquêteur devrait
également lire la définition du « manque de ressources. » Mentionner que cette définition
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Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
s'applique à toutes les questions avec ce terme. Le répondant doit répondre au nom de tous les
membres du ménage.
Cette question concerne les choix alimentaires liés à la variété—à savoir si le ménage doit
manger un régime monotone (peu de diversité dans les différents types d’aliments consommés).
L’enquêteur devrait lire la description de ce que signifie un régime monotone. Le répondant doit
répondre au nom de tous les membres du ménage.
Cette question, qui saisit la dimension des choix limités, demande si un membre du ménage a dû
manger une nourriture qu’il trouve peu désirable du point de vue social ou personnel à cause
d’un manque de ressources. Souvent, cette nourriture ou des préparations alimentaires ne sont
consommées que lorsque la situation est vraiment très difficile. Il vaut mieux ne pas donner des
exemples pour commencer car, selon les personnes, la définition de ces aliments « moins
souhaités » peut changer. Le répondant doit répondre au nom de tous les membres du ménage
selon sa propre perception des types d’aliments qu’ont mangé les membres du ménage pendant le
mois précédent. S’il faut l’aider, l’enquêteur peut lui donner des exemples en utilisant ceux
inclus dans le questionnaire et revus pendant la formation. Il est important pour toutes les
questions de rappeler aux répondants que les exemples ne sont pas une liste exhaustive.
Cette question demande au répondant si la quantité de nourriture (tout type de nourriture, pas
simplement les aliments de base) que tout membre du ménage a mangée pendant un repas lors du
mois passé était plus petite qu’il ne le souhaitait, à cause d’un manque de ressources. Le
répondant devrait répondre ce qu’il perçoit comme étant suffisamment de nourriture pour les
besoins des membres du ménage. Le répondant doit répondre au nom de tous les membres du
ménage.
Cette question demande si un membre du ménage a dû manger moins de repas parce qu’il n’y
avait pas assez de nourriture que le nombre de repas généralement pris dans les ménages de la
région qui ont suffisamment de nourriture. Le répondant doit répondre au nom de tous les
membres du ménage.
Cette question concerne une situation où le ménage n’a pas de nourriture du tout à domicile. Elle
décrit une situation où la nourriture n’est pas disponible pour les membres du ménage, selon les
moyens habituels dont le ménage se procure la nourriture (en achetant, du jardin ou des champs,
des réserves, etc.).
14
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Cette question demande si les répondants avaient faim au moment d’aller se coucher à cause du
manque de nourriture ou si le répondant savait que d’autres membres du ménage s’étaient
couchés en ayant faim à cause du manque de nourriture. Le répondant doit répondre au nom de
tous les membres du ménage.
Q9: Les membres du ménage ont passé toute une journée sans manger
Cette question demande si un membre du ménage n’a pas mangé, du moment où il s’est réveillé
le matin jusqu’au moment où il est allé dormir le soir parce qu’il n’y avait pas suffisamment de
nourriture. Le répondant doit répondre au nom de tous les membres du ménage.
15
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
4. Présentation du questionnaire
1.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
2. Est-ce que vous-même ou 0=Non (passer à Q3)
un membre de votre 1=Oui
ménage n’a pas pu manger ….|___|
les types de nourriture que
vous préférez à cause d’un
manque de ressources ?
2.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
3. Est-ce que vous-même ou 0= Non (passer à Q4)
un membre de votre 1= Oui
ménage a mangé une ….|___|
variété limitée d’aliments
parce que les ressources
n’étaient pas suffisantes ?
3.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
16
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
17
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
7.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
8. Est-ce que vous-même ou 0= Non (passer à Q9)
un membre de votre 1=Oui
ménage est allé au lit en ….|___|
ayant faim parce qu’il n’y
avait pas assez de
nourriture ?
8.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
9. Est-ce que vous-même ou O=Non (questionnaire terminé)
un membre de votre 1=Oui
ménage a passé toute une ….|___|
journée sans manger parce
qu’il n’y avait pas assez de
nourriture ?
9.a Avec quelle fréquence 1=Rarement (une ou deux fois ces 30 derniers
cette situation est-elle jours)
survenue ? 2=Parfois (trois à 10 fois ces 30 derniers jours)
3=Souvent (plus de 10 fois ces 30 derniers
jours)
18
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Cette section donne des directives concernant l’analyse de données pour créer les indicateurs
EAIAM. Elle suppose que ces questions font partie d’un instrument d’enquête basé sur la
population et seront appliquées à tous les ménages de l’échantillon.
Le module EAIAM dégage une information sur l’insécurité alimentaire (accès) au niveau du
ménage. Quatre types d’indicateurs peuvent être calculés pour aider à comprendre les
caractéristiques et les changements dans l’insécurité alimentaire du ménage (accès) dans la
population sondée. Ces indicateurs dégagent une information récapitulative sur les éléments
suivants :
Les réponses de la mesure sur l’insécurité alimentaire (accès) du ménage doivent être saisies
dans une base de données, un tableur ou un logiciel statistique comme EpiInfo ou SPSS. On
recommande la mise sous forme de tableau à l’aide d’un ordinateur pour ces indicateurs, bien
que les données puissent également être mises manuellement sous forme de tableau, si c’est
nécessaire.
Ces indicateurs dégagent une information spécifique et désagrégée sur les comportements et
opinions des ménages de l’enquête. Par exemple, si un programme apporte une assistance pour la
culture de produits de base et pour l’amélioration des structures de stockage, il sera
probablement utile de connaître le pourcentage de ménages qui n’avaient plus de nourriture. Les
indicateurs présentent le pourcentage de ménages qui ont répondu par l’affirmative à chaque
question, quelle que soit la fréquence de leur expérience. Aussi, mesurent-ils le pourcentage de
ménages exposés à cette insécurité, à n’importe quel niveau de gravité. Chaque indicateur peut
encore être désagrégé davantage pour examiner la fréquence de l’expérience de cette condition
dans les ménages de l’enquête.
19
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Le score EAIAM est une mesure continue du niveau d’insécurité alimentaire (accès) dans le
ménage (ces 30 derniers jours). Premièrement, une variable du score EAIAM est calculée pour
chaque ménage en additionnant les codes pour chaque question sur la fréquence-de-survenance.
Avant d’additionner les codes sur la fréquence-de-survenance, l’analyste de données devrait
coder la fréquence-de-survenance : 0 pour tous les cas où la réponse à la question correspondante
était « non » (par exemple, si Q1=0 alors Q1a=0, si Q2=0 alors Q2a=0, etc). Le score maximum
pour un ménage est de 27 (la réponse du ménage à toutes les neuf questions de fréquence-de-
survenance était « souvent, » codée par le chiffre 3) ; le score minimum est 0 (le ménage a
répondu « non » à toutes les questions de survenance, l’enquêteur n’a donc pas posé les
questions sur la fréquence de survenance et elles ont été codées comme 0 par l’analyste de
données) Plus le score est élevé, plus le ménage connaît une grande insécurité alimentaire
20
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
(accès). Plus le score est faible, moins le ménage fait l’expérience de l’insécurité alimentaire
(accès).x
Ensuite, l’indicateur, Score moyen de l’Echelle d’Accès pour l’Insécurité alimentaire des
Ménages, est calculé en utilisant les scores du ménage calculés ci-dessus.
L’indicateur PAIAM classe les ménages en catégories de quatre niveaux d’insécurité alimentaire
(accès) : sécurité alimentaire, insécurité alimentaire légère, insécurité alimentaire modérée et
insécurité alimentaire grave. Les ménages sont classés à des niveaux croissants d’insécurité
alimentaire lorsqu’ils répondent par l’affirmative à des conditions plus graves et/ou connaissent
plus fréquemment de telles conditions.
Un ménage connaissant une sécurité alimentaire ne fait l’expérience d’aucune des conditions
d’insécurité alimentaire (accès) ou tout simplement, est préoccupé, mais rarement. Un ménage
21
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
connaissant une légère insécurité alimentaire (accès) est préoccupé de ne pas avoir suffisamment
de nourriture, parfois ou souvent, et n’est pas en mesure de manger les aliments préférés et/ou
mange un régime alimentaire monotone ou des aliments moins préférés, mais seulement
rarement. Par contre, il ne réduit pas la quantité et ne fait l’expérience d’aucune des trois
conditions plus graves (tout un jour sans manger, aller au lit en ayant faim ou manquer de
nourriture). Un ménage connaissant une insécurité alimentaire modérée sacrifie plus
fréquemment la qualité en mangeant un régime alimentaire monotone ou des aliments moins
préférés, parfois ou souvent et/ou a commencé à réduire la quantité en diminuant la taille des
repas ou le nombre des repas, rarement ou parfois. Par contre, il ne fait pas l’expérience
d’aucune des trois conditions les plus graves. Un ménage connaissant une grave insécurité
alimentaire a commencé à réduire souvent la taille du repas ou le nombre de repas et/ou connaît
l’une ou plusieurs des trois conditions les plus graves (tout un jour sans manger, aller au lit en
ayant faim ou manquer de nourriture), même si c’est peu fréquemment ou rarement. En d’autres
mots, tout ménage qui fait l’expérience de l’une de ces trois conditions, même si c’est une fois
ces 30 derniers jours, est jugé un ménage à grave insécurité alimentaire.
Fréquence
Question Rarement Parfois Souvent
1 2 3
1a
2a
3a
4a
5a
6a
7a
8a
9a
22
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Premièrement, une variable de catégorie AIAM est calculée pour chaque ménage en assignant un
code à la catégorie d’insécurité alimentaire (accès) dans laquelle elle entre. L’analyste de
données doit coder la fréquence-de-survenance comme étant 0 pour tous les cas où la réponse à
la question de survenance correspondante était « non » (si Q1=0 alors Q1a=0, si Q2=0 alors
Q2a=0, etc.) avant d’assigner les codes des catégories d’insécurité alimentaire (accès).
Ensuite, on calcule la prévalence des différents d’insécurité alimentaire (accès) des ménages.
Exemple:
23
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Les indicateurs EAIAM présentés dans le plan de mise sous forme de tableau susmentionné sont
utiles pour notifier la prévalence de l’insécurité alimentaire (accès), pour prendre les décisions de
ciblage au niveau de la population et pour examiner l’impact des activités du programme sur
l’insécurité alimentaire générale (accès) ou une dimension de cette insécurité. Par contre, les
indicateurs ne sont pas destinés à être utilisés pour déterminer les causes d’un problème ou pour
guider une réponse—évaluations des connaissances nutritionnelles pour concevoir une
intervention de changement comportemental. L’information générée de l’application de
l’EAIAM peut être utilisée pour le ciblage géographique ou à base de population, mais il est
important d’agir avec circonspection si le ciblage des ressources se fait au niveau individuel ou
du ménage (comme critère de recevabilité) puisque l’administration de questions subjectives à un
ménage pour déterminer si ce ménage particulier recevra une aide peut aisément créer un biais de
la part du répondant.
24
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Références
Agence des Etats-Unis pour le Développement international (USAID). “Policy Determination
19, Definition of Food Security, April 13, 1992.” Washington, DC, 1992.
Alaimo K., Olson, C.M., Frongillo, E.A. “Importance of cognitive testing for survey items: An
example from food security questionnaires.” Journal of Nutrition Education 31:269-275, 1999.
Coates, Jennifer, Edward Frongillo, Robert Houser, Beatrice Rogers, Patrick Webb, and Park
Wilde. “The Experience of Household Food Insecurity Across Cultures: What Have Measures
Been Missing?” Journal of Nutrition, 2005 (forthcoming).
Coates, Jennifer, Patrick Webb et Robert Houser. “Measuring Food Insecurity: Going Beyond
Indicators of Income and Anthropometry.” Projet d’Assistance technique pour l’Alimentation et
la Nutrition, Académie pour le Développement de l’Education, 2003.
FAO. “Rome Declaration on World Food Security.” Sommet mondial sur l’Alimentation,
Rome: Food and Agriculture Organisation, 1996.
Food and Nutrition Technical Assistance (FANTA) Project. “Measuring Household Food
Insecurity Workshop, April 15-16, 2004 Workshop Report.” Washington, D.C: Projet
d’Assistance technique pour l’Alimentation et la Nutrition, Académie pour le Développement de
l’Education, 2004.
Frongillo, Edward A., Siméon Nanama et Wendy S. Wolfe. “Technical guide to developing a
direct, experience-based measurement tool for household food insecurity.” Washington, D.C.:
Assistance technique pour l’Alimentation et la Nutrition, Académie pour le Développement de
l’Education, 2004.
Hamilton, William L., John T. Cook, William W. Thompson, Lawrence F. Buron, Jr. Edward A.
Frongillo, Christine M. Olson et Cheryl A. Wehler. “Household food security in the United
States in 1995: Summary report of the food security measurement project.” Washington, D.C.:
Département américain d’Agriculture, 1997.
25
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Perez-Escamilla, Rafael, Ana Maria Segall-Correa, Lucia Kurdian Maranha, Maria de Fatima
Archanjo Sampaio, Leticia Marin-Leon et Giseli Panigassi. “An adapted version of the U.S.
Department of agriculture food insecurity module is a valid tool for assessing household food
insecurity in Campinas, Brazil.” Journal of Nutrition 134:8 1923-1928, 2004.
Webb, Patrick, Jennifer Coates et Robert Houser. “Allocative responses to scarcity: Self-
reported assessments of hunger compared with conventional measures of poverty and
malnutrition in Bangladesh.” Boston: Tufts University Friedman School of Nutrition Science and
Policy, 2002.
Wehler, C., R. Scott et J. Anderson. “The community childhood hunger identification project: A
model of domestic hunger -- demonstration project in Seattle, Washington.” Journal of Nutrition
Education 24: 29S-35S, 1992.
26
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Q1: Etiez-vous préoccupé que votre [ménage] n’a pas assez de nourriture ?
Questions approfondies :
Nous aimerions ajouter une définition pour mettre au clair la manière dont un « ménage » est
décrit dans cette culture.
Par exemple, dans certaines cultures, « ménage » peut être défini comme « des gens qui
vivent ensemble et qui partagent la nourriture d’une marmite commune. »
Pouvez-vous nous dire comment les gens décrivent ici un ménage ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, une définition de l’enquêteur est
ensuite ajoutée au questionnaire.
Par « ménage, » nous entendons ceux qui dorment sous le même toit et qui prennent
des repas ensemble au moins quatre jours par semaine.
27
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Q2: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage n’a pas pu manger [les types de
nourriture que vous préférez] à cause d’un [manque de ressources] ?
Questions approfondies :
Cette question concerne un aspect de la qualité suffisante d’un régime alimentaire, c'est-à-
dire pouvoir décider du type d’aliment qu’on mange.
Par « types de nourriture que vous préférez, » nous entendons des aliments que les gens
connaissant une sécurité alimentaire mangent, alors que les gens avec une insécurité
alimentaire ne peuvent pas se permettre de manger.
Nous aimerions ajouter des exemples donnés par l’enquêteur sur les différents types
d’aliments qui sont jugés une « nourriture préférée » dans cette culture.
Quels sont certains exemples d’aliments que les gens à sécurité alimentaire mangent alors
que les gens à insécurité alimentaire ne peuvent pas se permettre de manger ?
Cette question demande si les aliments préférés sont inaccessibles à cause d’un « manque de
ressources. »
Par « manque de ressources, » nous voulons dire que les gens n’ont pas l’argent ou la
capacité de cultiver ou de faire du commerce pour la nourriture.
Comment les gens ici parlent-ils du « manque de ressources » ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, une définition donnée par l’enquêteur pour
le « manque de ressources » et un exemple donné par l’enquêteur pour « les types de nourriture
que vous préférez, » doivent être ajoutés au questionnaire.
28
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Q3: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé [une variété limitée
d’aliments] parce que les ressources n’étaient pas suffisantes ?
Questions approfondies :
Lorsque nous disons « variété limitée » nous voulons dire un régime monotone pour de
nombreux jours.
Nous aimerions ajouter des exemples donnés par l’enquêteur montrant ce qu’est un régime
alimentaire monotone.
Quels sont les types d’aliments faisant partie d’un régime alimentaire diversifié dans cette
culture ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, des exemples spécifiques au contexte de
« juste quelques types de nourriture » devraient être ajoutés au questionnaire.
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé les mêmes types de
nourriture jour après jour à cause du manque de ressources ?
Q4: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé [une nourriture que vous
ne souhaitiez pas manger] à cause du manque de ressources ?
Questions approfondies :
Nous aimerions savoir si le ménage a dû manger de la nourriture qui est jugée « moins
souhaitée » ou inacceptable du point de vue social.
Nous aimerions ajouter des exemples donnés par l’enquêteur des différents types d’aliments
que les gens pauvres connaissant une insécurité alimentaire peuvent manger et qui sont
considérés comme « moins souhaités » dans cette culture.
Existe-t-il des exemples de ces aliments qui s’appliqueraient ici ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, des exemples spécifiques au contexte de
« nourriture que vous ne souhaitiez pas manger » devraient être ajoutés au questionnaire.
29
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé une nourriture que
vous ne souhaitiez pas manger à cause du manque de ressources pour obtenir d’autres
types de nourriture ?
Q5: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé un [repas] plus petit que
vous n’auriez souhaité parce qu’il n’y avait pas assez à manger ?
Questions approfondies :
Cette question demande s’ils ont mangé moins pendant un repas qu’ils ne devraient, à l’avis
du répondant.
Le terme « repas » est compris différemment dans certaines cultures. Par « repas » nous
entendons les principales occasions de manger (pas les goûters).
Nous aimerions nous assurer que le mot « repas » est compris de la même manière.
Comment pouvons-nous exprimer ce même concept de « repas » dans cette langue et dans
cette culture ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, un mot ou un bout de phrase spécifique au
contexte signifiant « repas » devrait être ajouté au corps de la question dans le questionnaire.
Q6: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé [moins de repas par jour]
parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Questions approfondies :
30
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Cette question concerne le fait de manger « moins de repas par jour » que la norme sociale.
Nous aimerions vérifier que la phrase « moins de repas par jour » est comprise par rapport à
la norme locale, et vous pouvez nous aider à la définir.
Combien de repas par jour mangent les gens qui connaissent une sécurité alimentaire dans
cette population ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, un bout de phrase spécifique au contexte
avec le nombre de repas que les gens qui connaissent une sécurité alimentaire mangent
généralement devrait être ajoutée au corps de la question dans le questionnaire.
Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a mangé moins de trois repas
par jour parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Q7: Est-il arrivé que la ménage soit sans nourriture du tout parce qu’il n’y avait pas de
ressources pour en acheter ?
Questions approfondies :
Nous aimerions ajouter un bout de phrase ici qui clarifie la signification de « pas de
nourriture du tout. »
Par « pas de nourriture du tout, » nous entendons que la nourriture n’est pas disponible dans
le ménage et que le ménage n’a pas pu se la procurer par les moyens habituels (en achetant,
du jardin ou des champs, du stockage, etc.).
Quels sont les termes qui décrivent le mieux le concept de ne pas avoir suffisamment de
nourriture à la maison et de ne pas être en mesure de se procurer la nourriture par les moyens
habituels ?
En fonction des réponses aux questions approfondies, un bout de phrase spécifique au contexte
signifiant « pas de nourriture du tout » devrait être ajouté au corps de la question dans le
questionnaire.
Exemple 1: Est-il arrivé que le ménage soit sans nourriture du tout et n’ait aucun
moyen d’en obtenir ?
Exemple 2: Est-il arrivé que les réserves alimentaires de votre ménage étaient
complètement épuisées et qu’il n’y ait aucune moyen d’en obtenir ?
31
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Q8: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage est allé au lit en ayant faim parce
qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Question approfondie :
A notre avis, cette question ne demande pas d’adaptation. Est-ce que vous êtes d’accord ?
Q9: Est-ce que vous-même ou un membre de votre ménage a passé toute une journée sans
manger parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture ?
Question approfondie :
A notre avis, cette question ne demande pas d’adaptation. Est-ce que vous êtes d’accord ?
32
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
Notes finales
i
L’USAID définit la sécurité alimentaire de la manière suivante, « Quand toutes les personnes en
tout temps ont un accès tant physique qu’économique à une nourriture suffisante pour répondre à
leurs besoins alimentaires pour une vie productive et saine. » Trois variables distinctes sont
essentielles pour atteindre la sécurité alimentaire : 1) Disponibilité alimentaire : quantités
suffisantes de types d’aliments adéquats et nécessaires provenant de la production nationale,
importations commerciales ou bailleurs de fonds autres que l’USAID qui sont constamment
disponibles pour les personnes ou sont à une distance raisonnable ou à leur portée ; 2) Accès
alimentaire : personnes qui ont des revenus suffisants ou autres ressources pour acheter ou
échanger afin d’obtenir des niveaux de nourriture nécessaire pour maintenir la consommation
d’un régime alimentaire/niveau de nutrition adéquat ; 3) Utilisation de la nourriture : la
nourriture est utilisée correctement, de bonnes techniques de transformation de la nourriture et
techniques de stockage sont utilisées, il existe une connaissance suffisante de la nutrition et des
soins de l’enfant et cette connaissance est appliquée et il existe également des services adéquats
de santé et d’assainissement. (Détermination de politiques USAID, Définition de la Sécurité
alimentaire, 13 avril 1992).
ii
Les questions se rapportant aux stratégies de survie pour augmenter la base de ressources des
ménages ont fait l’objet d’un test mais n’ont pas été intégrées à l’Enquête sur la Sécurité
alimentaire des Ménages aux Etats-Unis. Ces éléments ne correspondent pas au modèle
statistique de l’insécurité alimentaire lorsqu’ils sont testés avec des éléments représentant une
autre dimension du problème (Hamilton et al., 1997).
iii
En avril 2004, FANTA a organisé un atelier de deux jours réunissant des membres du
personnel de l’USAID, des chercheurs et des représentants du Titre II et Don à la Survie et à la
Santé de l'Enfant pour discuter de la formulation d’une échelle mesurant la gravité de l’insécurité
alimentaire des ménages (accès). L’atelier a fait avancer la formulation de l’ensemble original
des questions. Le rapport de l’atelier peut être trouvé à l’adresse suivante :
[Link].
iv
Les domaines sont définis comme étant les expériences fondamentales d’insécurité alimentaire
communes entre les pays et les cultures (Coates, et al., 2005).
v
Ce guide représente un ensemble des « meilleures pratiques » fondées sur la recherche actuelle.
Par ailleurs, les chercheurs continuent à étudier la meilleure forme et la fonction d’EAIAM. Des
tests supplémentaires sont nécessaires sur l’utilisation du même ensemble de questions dans de
multiples situations de terrain. La validation de terrain dégagera des données permettant
d’éprouver empiriquement le caractère unidimensionnel et universel de l’échelle.
vi
Le Module d’Enquête sur la Sécurité alimentaire des Ménages aux Etats-Unis (US HFSSM) et
certaines échelles d’insécurité alimentaire (accès) des ménages pour d’autres pays comprend des
questions traitant séparément les conditions des adultes et des enfants. Vu que les adultes tendent
à « protéger » les enfants des effets de l’insécurité alimentaire, tout fait indiquant un manque de
nourriture chez un enfant est souvent le signe d’une insécurité alimentaire (accès) très grave dans
le ménage. Par contre, les questions concernant les enfants ne sont pas applicables à la
33
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
population entière et, par conséquent, U.S. HFSSM dépend d’une méthode statistique visant à
égaliser les réponses des ménages avec et sans enfants. Suite à la validité incertaine de cette
approche statistique (voir Wilde, 2004) et à l’incapacité d’arriver à des conclusions sur la faim de
l’enfant à partir d’une mesure du ménage, les représentants officiels des Etats-Unis cherchent à
formuler une échelle séparée pour l’insécurité alimentaire des enfants. L’ensemble de questions
modèles présenté dans ce guide évite ces questions en demandant à tous les membres du
ménage—sachant que la capacité de l’EAIAM à discriminer entre les divers niveaux d’insécurité
alimentaire (accès) des ménages aux niveaux les plus graves pourrait être légèrement
compromise.
vii
Les applications des échelles d’insécurité alimentaire ont généralement utilisé des périodes de
rappel de 12 mois, de 6 mois ou de 30 jours (Coates, 2004). Le choix de la période de rappel doit
se fonder sur les aspects suivants : 1) mesure dans laquelle l’insécurité alimentaire du ménage est
susceptible de fluctuer dans le temps, 2) application prévue des données, et 3) capacité du
répondant à se rappeler exactement les comportements et les attitudes. On recommande ici la
période de rappel de 30 jours en fonction des aspects suivants provenant de l’expérience dans
plusieurs contextes. Cette EAIAM doit être utilisée dans les contextes avec des situations qui
changent rapidement où l’on cherche essentiellement à détecter une insécurité grave/transitoire,
ainsi que dans des situations relativement stables où le problème est celui de l’insécurité
alimentaire chronique. La période de rappel plus courte peut être utilisée pour les deux types de
situation et est plus susceptible d’obtenir des réponses exactes et fiables.
viii
Ces dimensions diffèrent légèrement de celles qui forment la base du Module d’Enquête sur la
Sécurité alimentaire des Ménages aux Etats-Unis. En fonction de l’examen de la littérature inter-
pays (Coates, 2004), les participants à l’atelier de FANTA ont convenu que cette liste était plus
complète et représentait mieux les analogies de l’expérience d’insécurité alimentaire (accès) dans
différentes cultures.
ix
Des chercheurs de l’Université Tufts sont en train d’analyser les réponses des hommes et des
femmes dans le même ménage pour déterminer les différences si on ne pose ces questions qu’à
l’un ou l’autre de ces répondants. En attendant, vu qu’il n’est généralement pas efficace par
rapport aux coûts d’interviewer plusieurs membres dans chaque ménage, il semble que la
personne la plus indiquée soit celle chargée de préparer les repas.
x
Si le score moyen EAIAM au départ était de ‘4’, que signifie en lui-même le score moyen
EAIAM? Un ménage avec un score de ‘4’ est-il à l’abri de l’insécurité alimentaire ? Il
semblerait bien que la réponse à cette question n’est pas facile car l’outil EAIAM est conçu pour
fournir un indicateur continu et non pas catégorique de l’insécurité alimentaire (accès) saisissant
les changements de situation dans le temps. La Section 5 apporte des instructions pour calculer
un indicateur catégorique d’insécurité alimentaire (accès).
xi
Le US HFSS utilise un modèle statistique appelé le « Modèle Rasch » pour créer une échelle
d’insécurité alimentaire (accès) où les intervalles sont égaux (un score de 4 est deux fois
l’insécurité alimentaire qu’un score de 2). L’approche d’addition décrite ici est bien plus simple,
34
Guide d’Indicateurs de l’Echelle de l’Accès déterminant l’Insécurité alimentaire des Ménages, v.2
mais on ne pas supposer que les intervalles entre 0-27 de EIAM sont forcément équivalent (à
savoir, une augmentation dans le score de 25 à 27 suppose la même chose qu’une augmentation
de 18 à 20). Par exemple, on ne recommande pas qu’une augmentation moyenne de 12 à 24 soit
notée comme un « doublement de l’insécurité alimentaire, » mais plutôt comme un « doublement
du score d’insécurité alimentaire. » La différence risque de ne pas être grande entre l’utilisation
d’une échelle d’addition et d’une échelle d’intervalle et les échelles d’addition sont utilisées très
couramment dans la recherche et les applications opérationnelles malgré une limitation
technique.
xii
Il n’existe pas d’approche universellement acceptée pour fixer ces points seuils. Une approche
est proposée dans cette section, en fonction d’un certain nombre d’hypothèses. FANTA
collaborera avec des universitaires et des responsables de programme pour analyser les données
EAIAM collectées par toute une série d’utilisateurs afin d’éprouver empiriquement le caractère
universel de l’approche proposée.
35