Recommandations pour le diabète de type 2
Recommandations pour le diabète de type 2
المملكة المغربية
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الصحة
وزارة الصحة
وزارة
Recommandations de Bonnes
Affection LonguePratiques
Durée Médicales
Diabète de type 2
CIM 10: E 11
Code ANAM : H 011
Texte
Mars 2013
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SOMMAIRE
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XV- Prise en charge spécifique ________________________________________ 58
XV-1- Diabète et obésité : place de la chirurgie ________________________________ 58
XV-2- Diabète de type 2 de l’enfant et de l’adolescent __________________________ 60
XV-3- Diabète et grossesse _______________________________________________ 61
XV-4- Diabète gestationnel _______________________________________________ 66
XV-5- Diabète du sujet âgé _______________________________________________ 69
Annexes __________________________________________________________ 88
- Annexe 1 : Liste des abréviations _________________________________________ 88
- Annexe 2 : Actes et prestations ___________________________________________ 90
- Annexe 3 : Listes des médicaments et des dispositifs médicaux _________________ 91
- Annexe 4 : Critères de dépistage du diabète ________________________________ 92
- Annexe 5 : Hypoglycémiants oraux ________________________________________ 93
- Annexe 6 : Les différentes insulines _______________________________________ 94
- Annexe 7 : Les médicaments antihypertenseurs ______________________________ 95
- Annexe 8 :Stades de la néphropathie diabétique _____________________________ 98
- Annexe 9 : Recommandations selon le DFG _________________________________ 98
- Annexe 10 : Les hypolipémiants __________________________________________ 99
- Annexe 11 :Classification des plaies du pied selon leur gravité __________________ 100
- Annexe 12 : Classification des plaies du pied selon la sévérité de l’infection ________ 101
- Annexe 13 : Recommandations pour le choix de l’antibiothérapie en cas d’ostéite aigue du
pied chez le diabétique __________________________________________________ 102
- Annexe 14 : Groupe de lecture ___________________________________________ 103
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I- Commission d’élaboration du projet des RBPM du diabète de type 2
NB : Les auteurs sus mentionnés ayant participé à l’élaboration du rapport déclarent ne pas avoir
de conflits d’intérêt.
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II- Liste des professionnels concernés
Professionnels Situations particulières
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III- Méthodologie générale
L’objectif de ces RBPM est d’expliciter pour les professionnels de la santé la prise en charge
optimale et le parcours de soins d’un malade admis en ALD. Ce travail concerne la prise en
charge du diabète de type 2 de l’adulte. Les formes de l’enfant, de l’adolescent, du sujet âgé
ainsi que les complications du diabète, les situations particulières et spécifiques sont également
envisagées.
Ce rapport, aussi développé qu’il soit, ne prétend pas aborder tous les cas spécifiques : toutes
les comorbidités, les protocoles de soins hospitaliers, etc. Il ne revendique pas l’exhaustivité
des conduites de prise en charge possibles ni se substitue à la responsabilité individuelle du
médecin à l’égard de son patient.
Il reflète cependant la structure essentielle de prise en charge d’un diabétique de type 2 et sera
mis à jour en fonction de la validation de données nouvelles tous les 3 ans.
Ces recommandations définissent une stratégie médicale optimale en fonction de l’état actuel
des connaissances et précisent ce qui est utile ou inutile, ou éventuellement dangereux de faire
dans une situation clinique donnée.
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III-3-2- La recherche bibliographique
Les principales sources d’information utilisées pour élaborer ce rapport ont été les publications
récentes des nouvelles recommandations de l’American Diabetes Association (ADA), de
l’International Diabetes Federation (IDF), du consensus d’experts européens de l’European
Association for the Study of Diabetes (EASD), les conférences de consensus, les essais
cliniques, les méta-analyses, les analyses de décisions et les revues de synthèse, publiés en
langue française ou anglaise de 1998 à 2012.
Les recommandations concernant ce thème ont été établies par le groupe de travail selon la
méthodologie de la médecine fondée sur les preuves proposées par l’ANAES (Agence
nationale d’accréditation et d’évaluation en santé). Chaque article a été analysé en appréciant
la qualité méthodologique des études afin d’affecter à chacun un niveau de preuve scientifique.
Pour ce faire, des grilles de lecture destinées à apprécier la qualité méthodologique et le niveau
de preuve scientifique des documents ont été utilisés.
Le texte a été soumis à un groupe de lecture avant d’être finalisé. Le groupe de lecture était
composé de spécialistes en endocrinologie et dans les autres disciplines médicales, dont le
mode d’exercice et l’origine géographique était divers. Les membres du groupe de lecture,
consultés par courrier, ont apprécié la méthodologie suivie ainsi que la faisabilité et
l’applicabilité du texte. Leurs remarques ont été transmises à l’ensemble du groupe de travail
qui a pu modifier son texte et a validé le document final.
Les recommandations reflètent l’état actuel des connaissances. Les membres du groupe de
travail assureront un suivi régulier des publications et de la littérature scientifique. Des réunions
régulières pour mise au point sur l’état des connaissances seront tenues par le groupe de
travail. Une mise à jour sera proposée tous les 3 à 5 ans selon la publication et la disponibilité
de nouvelles données. Le comité de suivi des RBPM au niveau de la SMEDIAN sera chargé du
suivi de ces mises à jour.
III-6- Financement
Les réunions du groupe de travail ont été organisées et financées grâce au soutien de la
SMEDIAN. Tous les membres du groupe de travail ont déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêt.
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Tableau 1 : Niveau de preuve scientifique de la littérature et force des
recommandations utilisées
IV- Introduction
L’objectif de ce travail, destiné aux professionnels de santé, est de préciser les modalités de prise
en charge thérapeutique des patients présentant un diabète de type 2.
Au Maroc, environ 1,5 million de personnes sont atteintes de diabète. Dans la grande majorité des
cas, il s’agit d’un diabète de type 2. Celui-ci est en nette augmentation au Maroc et presque partout
dans le monde car la transformation des modes de vie (habitudes alimentaires, sédentarité…) est un
facteur favorisant l’apparition du diabète. Devant l’accroissement significatif du nombre de malades,
les experts parlent aujourd’hui de pandémie.
Le diabète de type 2 est une maladie caractérisée par un excès de sucre dans le sang. Il est dû à
une insuffisance ou une mauvaise utilisation de l'insuline produite par le corps humain. On distingue
classiquement deux grands types de diabète : le diabète insulino-dépendant (DID) ou diabète
juvénile (de type 1) et le diabète non insulino-dépendant (DNID) ou diabète de la maturité (de type
2). Sans traitement approprié, cette maladie peut être à l’origine de graves complications (maladies
cardiaques et rénales, cécité, dysfonction érectile, amputations...).
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la glycémie et de corriger l’ensemble des facteurs de risque cardio-vasculaire sur lesquels une
action peut être exercée (dyslipidémie, hypertension artérielle, tabagisme,…). La prise en charge
doit être adaptée à chaque patient et tenir compte de son âge physiologique, des autres pathologies
éventuellement présentes, de la sévérité et de l’ancienneté de son diabète.
Enfin, le patient doit pleinement s’impliquer dans le traitement de son diabète, ce qui suppose une
bonne hygiène de vie telle que l’arrêt du tabac, la pratique d’exercices physiques, la surveillance du
poids et le respect du traitement médicamenteux institué. En effet, le programme alimentaire et
l’activité physique constituent la base du traitement initial du diabète de type 2.
Dans le cadre de ces recommandations de bonne pratique, sont inclus la prise en charge du
diabète de type 2 chez la femme enceinte, chez l’enfant et l’adolescent ainsi que les situations
particulières telles que la prise en charge du patient âgé ou la place de la place de la chirurgie
métabolique en cas d’obésité.
Le diabète de type 2 représente plus de 90 % des cas de diabète, il survient souvent chez l’adulte et
est associé au surpoids.
Il se caractérise par un état d’insulinorésistance couplée à une carence relative ou absolue de la
sécrétion d’insuline endogène.
Il faut distinguer un authentique diabète de type 2 d’un état pré diabétique dont le diagnostic se fait
par un dépistage chez les patients présentant des facteurs de prédisposition au diabète de type 2
(Annexe 4).
Le diabète de type 2 s'accompagne rarement de symptômes à ses débuts, aussi sa découverte est
faitedans la moitié des cas de façon fortuite au cours d’un examen médical de routine.
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Par ailleurs, le diabète de type 2 doit être différencié des autres anomalies du
métabolisme du glucose :
Intolérance au glucose :
- Glycémie à jeun < 1,26 g/l
- et glycémie 2 heures après repas (ou HGPO) ≥ 1,40 g/l et < 2,00 g/l
Hyperglycémie à jeun :
- Glycémie à jeun ≥ 1,10 g/l et < 1,26 g/l
- et glycémie 2 heures après repas (ou HGPO) < 1,40 g/l
Etat de pré diabète :
- HbA1c entre 5,7% et 6,4%(1, 3, 4)
VI- Physiopathologie
Le diabète de type 2 est une maladie caractérisée par deux types d’anomalies : des altérations de
l’insulinosécrétion et des anomalies des effets de l’insuline sur ses tissus cibles appelée
insulinorésistance.
Les anomalies de la sécrétion d’insuline observées chez les patients atteints de diabète de type 2,
se caractérisent par une réduction progressive de la sécrétion d’insuline parallèlement à
l’importance de l’hyperglycémie (glucotoxicité) et à l’ancienneté de la maladie. Une diminution de
l’action de l’insuline ou insulinorésistance est observée chez les diabétiques de type 2, et concerne
principalement son action sur le muscle squelettique et le foie.
VII- Classification
La classification actuelle permet de retenir :
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- Pancréatiques : pancréatite chronique, fibrose cystique, hémochromatose,…
- Endocrinopathies : acromégalie, Cushing, glucagonome, phéochromocytome,
somatostatinome….
- Médicamenteux et/ou toxiques : glucocorticoïdes, hormones thyroïdiennes, thiazides, acide
nicotinique, interféron alpha, diazoxide,…
- Autres : infections virales, dystrophie myotonique, chorée de Huntington,…
VII-4- Diabète gestationnel
La notion de syndrome métabolique est ancienne : c’est une association d’un ensemble de facteurs
de risque cardiovasculaire qui survient au décours d'une accumulation de masse grasse intra-
abdominale et qui majore le risque cardiovasculaire des diabétiques.
Plusieurs définitions ont été proposées par l'OMS et par des groupes américains et européens ;
elles ont en commun la présence de trois anomalies choisies dans une liste comprenant : l'obésité
abdominale, des anomalies lipidiques, un trouble de la glycorégulation, une hypertension artérielle.
La définition actuellement retenue est celle de l’International Diabetes Federation (IDF)qui associe
une obésité centrale (définie pour les européens par un tour de taille supérieur à 94 cm chez
l'homme et 80 cm chez la femme) et deux des quatre facteurs de risque cardiovasculaire suivants
:élévation des triglycérides (> 1,50 g/l ), abaissement du HDL- cholestérol (< 0,40 g/l chez l'homme,<
0,50 g/l chez la femme), HTA (> ou = à 130 / 85 ) et hyperglycémie à jeun (> 1 g/l) ou diabète de
type 2.
Tout d’abord concernant la prévalence de l’affection, les dernières estimations nationales atteignent
aujourd’hui 9% pour les personnes âgées de plus de 20 ans. Et si l’on considère les tranches d’âge
au-delà de 50 ans, la prévalence dépasse les 14%. Ainsi, aujourd’hui environ un million et demi de
personnes sont atteintes du diabète dans notre pays.
Faute d’une politique de dépistage planifiée et d’une collecte précise des données, le diagnostic de
diabète est en général fait à l’occasion de symptômes évocateurs dans 50% des cas, voire même à
l’occasion de décompensations métaboliques aigues, de complications cardiovasculaires (angine de
poitrine, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, hypertension artérielle) ou
dégénératives (insuffisance rénale, rétinopathie diabétique, neuropathie et pied diabétique) dans
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plus de 25 % des cas.
Ce qui signifie que pratiquement 50% des diabétiques s’ignorent et ne
seront dépistés que tardivement.
Au plan métabolique, la qualité du contrôle glycémique est très insuffisante dans la majorité des cas
expliquant la fréquence des décompensations céto-acidosiques observées (1 patient sur 5).
Les accidents hypoglycémiques rencontrés chez les diabétiques de type 2 ne sont pas rares, mais
souvent méconnus. Leur survenue est généralement liée au non suivi des recommandations
diététiques, aux surdosages d’hypoglycémiants oraux et à l’utilisation de l’insuline. Cette relative
rareté des hypoglycémies est en rapport avec l’hyperglycémie chronique, le mauvais contrôle de la
maladie et la pratique encore limitée de la surveillance de la glycémie capillaire.
Ces problèmes métaboliques illustrent les insuffisances en matière de prise en charge, de
traitement, de surveillance et d’éducation diabétique.
D’autre part, les complications cardiovasculaires représentées par l’athérosclérose sont de plus en
plus fréquentes. Qu’il s’agisse de l’hypertension artérielle, de l’artérite des membres inférieurs ou de
la coronarite, observées dans au moins 25 % des cas, le risque de morbidité est majoré et celui de
mortalité multiplié par 3.
Concernant la rétinopathie diabétique, 1 diabétique sur 3 en est atteint. Les formes sévères et
proliférantes, particulièrement graves, compte tenu du risque hémorragique et de cécité, ne sont pas
rares. Elles nécessitent parallèlement au bon contrôle de la maladie, des séances de photo
coagulation rétinienne au laser.
Un autre handicap physique majeur est représenté par la neuropathie diabétique souvent discrète,
périphérique et végétative (polynévrite, dysfonction érectile, diarrhée…). Cette complication,
particulièrement invalidante chez de nombreux diabétiques, touche 30 à 40 % des patients et retentit
sévèrement sur la qualité de leur vie.
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l’éducation des personnes à risque dans le cadre d’une prise en charge organisée du diabète
permet de réduire de façon significative la fréquence et la gravité de cette redoutable complication
tant au niveau du coût engendré (multiples hospitalisations et soins) qu’au niveau du nombre et de
l’importance des amputations.
A tout cela, il faut ajouter le risque majoré d’infections diverses : cutanées, urinaires pleuro-
pulmonaires, oto-rhino-laryngologiques… Quelles soient bactériennes, mycosiques ou virales, ces
infections sont favorisées par l’hyperglycémie chronique et la présence de complications
diabétiques. Pour ne citer que l’exemple de la tuberculose pulmonaire, 10 % des diabétiques font ou
en ont fait.
De même, la grossesse diabétique constitue un risque majeur pour la mère et pour le fœtus. On
estime que 50% des grossesses diabétiques sont compliquées (avortement, malformations fœtales,
accouchement prématuré, macrosomie, mortinatalité ….). Or dans ces cas, seule une surveillance
stricte du diabète et de son traitement, avant la conception, durant toute la période de la grossesse
et pendant l’accouchement permet d’éviter la plupart des complications et d’obtenir le déroulement
normal de la grossesse et de l’accouchement.
Or, toutes ces complications fonctionnelles et/ou vitales avec leurs conséquences
socioprofessionnelles et économiques dramatiques ne constituent plus une menace comme par le
passé, car elles peuvent être prévenues si une prise en charge précoce et structurée est assurée
par l’endocrinologue-diabétologue et/ou le médecin traitant.
X- Pourquoi traiter ?
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Le diabète est reconnu aujourd’hui, chiffres à l’appui comme une épidémie mondiale et un tsunami
dont les conséquences humaines, sociales et économiques sont dévastatrices…
L’impact économique du diabète et de ses complications est énorme. Il est en rapport avec les coûts
directs (coûts médicaux) et les coûts indirects (incapacité au travail et handicaps, perte de
productivité et/ou de travail, dépression, mortalité précoce).
Par ailleurs, l’estimation des dépenses liées au diabète est répartie comme suit :
L’hospitalisation : 40 à 45% (un lit sur cinq à l’hôpital est occupé par une personne
diabétique).
Les soins ambulatoires : 25 à 30%
Les médicaments et autres produits pharmaceutiques : 25 à 30%.
Insulines et antidiabétiques oraux : 7%
Les soins en réanimation cardiologique pour infarctus, la dialyse, la rétinopathie diabétique, les
amputations des membres inférieurs et les accidents vasculaires cérébraux constituent des
dépenses très importantes et en augmentation régulière.
Le diabète menace d’absorber les bénéfices du progrès économique dans notre pays. Lorsqu’il
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s’agit de l’handicap, les coûts de substitution des soins et des autres facteurs pourraient tripler les
chiffres déjà très élevés. Les budgets de l’état seront confrontés à une immense pression exercée
par le coût des soins accordés aux personnes atteintes de diabète, se traduisant par le paiement de
pensions d’invalidité, d’indemnités, de frais de services sociaux et médicaux.
L’objectif est de normaliser la glycémie et de corriger l’ensemble des facteurs de risque cardio-
vasculaire sur lesquels une action peut être exercée (dyslipidémie, hypertension artérielle,
tabagisme,…).
La prise en charge doit être adaptée à chaque patient, en tenant compte de son âge physiologique,
de l’existence de complications micro et/ou macroangiopathiques, d’autres pathologies
éventuellement présentes, de la sévérité et de l’ancienneté de son diabète.
L’existence de complications cardiovasculaires, rénales, ophtalmologiques, neuropathiques,
podologiques…nécessite des mesures spécifiques pour réduire l’handicap fonctionnel, et améliorer
la qualité de vie.
Enfin, le patient doit pleinement s’impliquer dans le traitement de son diabète qui suppose une
bonne hygiène de vie telle que l’arrêt du tabac, la pratique d’exercices physiques, la surveillance du
poids et le respect du traitement médicamenteux éventuellement mis en place.
1. être précoce
2. être globale
3. viser à normaliser la glycémie
4. corriger l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire ;
5. être adaptée à chaque patient en étant modulée selon l’âge physiologique, les
comorbidités, la sévérité et l’ancienneté du diabète ;
6. s'appuyer sur la participation active du patient*
7. et faire appel à la complémentarité des différents professionnels de santé.
__________________________________________________________________
* Mesures d’hygiène de vie, arrêt du tabac, exercice physique, prise en charge
pondérale, observance médicamenteuse
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La thérapie médicale nutritionnelle (TMN) est une composante intégrante de la prévention du
diabète, de la gestion et de l’autogestion de la maladie.
En plus de son rôle dans la prévention et le contrôle du diabète, la nutrition est reconnue comme
une composante essentielle d'un mode de vie sain.
Les personnes qui ont un pré diabète ou un diabète devraient recevoir une thérapie médicale
nutritionnelle individualisée pour atteindre les objectifs du traitement, de préférence fournie par un
diététicien ou un professionnel de santé formé(A).
En raison des effets de l'obésité sur la résistance à l'insuline, la perte de poids est un objectif
thérapeutique important pour les personnes en surpoids ou obèses avec diabète ou prédiabète (5,
6).
XI-2-2- Le bilan énergétique, le surpoids et l'obésité
●Chez les individus en surpoids et obèses insulinorésistants, la perte de poids même modeste
permet de réduire l'insulinorésistance. Ainsi, la perte de poids est recommandée pour tous les
individus en surpoids ou obèses qui sont à haut risque de diabète(A).
● Les régimes hypocaloriques pauvres en glucides et pauvres en graisses ainsi que le
régimeméditerranéen, peuvent être efficaces pour entraîner une perte de poids à court terme
(jusqu'à 2 ans)(A).
● Pour les patients sous régime pauvre en glucides, il faut surveiller le profil lipidique, la fonction
rénale, l'apport en protéines (pour ceux avec néphropathie), et ajuster le traitement hypoglycémiant
si nécessaire (Accord professionnel).
● Pour les personnes à risque élevé de développer un diabète de type 2, des programmes
structurés qui mettant l'accent sur le changement de mode de vie : une perte de poids modérée
(7% du poids initial) et une activité physique régulière (150 minutes / semaine), avec des stratégies
alimentaires, y compris la réduction de l’apport calorique et la réduction de l'apport en graisses
alimentaires, et une activité physique régulière (150 minutes/semaine), peuvent réduire le risque de
développer un diabète et sont donc recommandés(A).
● L’apport en fibres alimentaires recommandé est de 14 g de fibres / 1000 kcal) avec consommation
de céréales complètes(B).
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● L’apport en proportions équilibrées de glucides, de protéines et de matières grasses doit être
ajusté pour répondre aux objectifs métaboliques et les préférences individuelles de la personne
diabétique(Accord professionnel).
● La surveillance des glucides, que ce soit par leur calcul, leur choix, ou par leur estimation,
demeure une stratégie essentielle pour obtenir l’équilibre glycémique(A).
● Pour les personnes diabétiques, l'utilisation de l'index glycémique et la charge glycémique peut
fournir un avantage supplémentaire modeste pour le contrôle glycémique(B).
L’apport nutritionnel habituel pour les glucides digestibles est autour de 250 g par jour.
● Les apports en graisses saturées doivent présenter moins de 7% des calories totales(A).
● La réduction des apports de gras trans réduit le LDL cholestérol et augmente le HDL
cholestérol(A), par conséquent la consommation de graisses trans devrait être très faible (Accord
professionnel) (9, 10).
- La consommation d’alcool doit être évitée. En cas de consommation, l'apport quotidien devrait être
modéré (un verre par jour ou moins pour les femmes adultes et deux verres par jour ou moins pour
les hommes adultes) (Accord professionnel).
- La supplémentation systématique en antioxydants comme les vitamines E et C et carotène, n'est
pas conseillée en raison du manque de preuves d'efficacité et de préoccupations concernant la
sécurité à long terme (Accord professionnel).
- L‘apport en sodium doit être contrôlé et réduit chez le diabétique et chez les sujets à risque
vasculaire (< 2300 mg /24 h).
- Une alimentation riche en fibres alimentaires, surtout de type soluble (pectines, guar, gomme)
contenues dans les fruits, les légumes verts et les légumineuses, est souhaitable en termes de
régulation glycémique. Ces aliments ont souvent un index glycémique bas.
-Les édulcorants se distinguent en deux groupes selon leur charge calorique.
Six édulcorants non nutritifs (acésulfame de potassium, aspartame, néotame, saccharine, stévia et
sucralose) peuvent être utilisés avec modération.
Les édulcorants hypocaloriques comprennent les alcools de sucre (polyols), tels que l'érythritol,
l'isomalt, lactitol, maltitol, mannitol, sorbitol, le xylitol, tagatose, et les hydrolysats d'amidon
hydrogénés.
L'utilisation d'alcools de sucre semble être sans danger, mais ils peuvent entraîner une diarrhée.
- Les graisses de substitutionsont des ingrédients qui miment les propriétés des graisses mais qui
sont dépourvus de calories.
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Chez le diabétique, la consommation en quantité modérée de substituts de graisses peut améliorer
le profil lipidique mais elle demeure sans effet sur la perte de poids. De plus, elle peut provoquer
une carence en vitamines liposolubles.
- Les repas de substitution se présentent sous formesolide ou liquide et fournissent une quantité
définie d'énergie. L'utilisation de ces repas, 1 à 2 fois/j pour remplacer un repas normal peut
entraîner une perte de poids importante. Mais après un retour à une alimentation normale, la prise
de poids est inévitable. De plus, certains substituts sont beaucoup trop pauvres en calories ce qui
provoque une grande fatigue et parfois des hypoglycémies chez le diabétique.
- Les produits allégés : leur teneur faible en glucides n’exclue pas une richesse élevée en calories
pouvant rendre ces produits tout à fait inadaptés, notamment en cas de surcharge pondérale. La
lecture critique des étiquettes est indispensable. Ils sont donc à éviter.
L’exercice physique régulier représente l’un des piliers du traitement du diabète de type 2 (A). Il
améliore le contrôle glycémique, réduit les facteurs de risque cardiovasculaire, contribue à la perte
de poids et améliore le bien être (5, 11, 12). En outre, l'exercice physique peut prévenir le diabète
de type 2 chez les individus à haut risque (A).
XI-3-1-1- Les diabétiques doivent pratiquer une activité physique de type aérobique,
d’intensité modérée (50 à 70% de la fréquence cardiaque maximale) et de durée au moins égale à
150 mn par semaine. Cette activité peut être répartie en plusieurs séances par semaine de durée au
moins égale à 10 mn. Les intervalles entre les séances ne doivent pas dépasser 48h.
XI-3-1-2- Les patients doivent être également encouragés à pratiquer en l’absence
de contre indications, des entrainements de résistance 2 à 3 fois par semaine.
Elle est indiquée dès que l’intensité de l’activité physique programmée est jugée supérieure à celle
d’une marche rapide. Elle doit permettre de rechercher des situations contre indiquant certains
types d’exercices, ou prédisposant à certaines complications comme :
- une HTA non contrôlée
- une neuropathie autonome ou périphérique sévère
- des antécédents de lésions des pieds
- une rétinopathie préproliférative ou proliférative, ou un œdème maculaire
En cas de néphropathie, il n’est pas nécessaire de restreindre l’activité physique.
L’âge et le niveau d’activité physique doivent également être pris en considération.
Le dépistage d’une atteinte coronarienne asymptomatique n’est plus recommandé
systématiquement même chez les personnes à haut risque cardiovasculaire (B).
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Néanmoins les patients à haut risque doivent être encouragés à démarrer avec de courtes périodes
d’exercices de faible intensité et d’augmenter progressivement la durée et l’intensité de leur
entrainement.
L’exercice physique aggrave l’hyperglycémie et la cétose. Par conséquent l’exercice vigoureux doit
être évité en présence d’une cétose. Mais il n’est pas nécessaire de suspendre toute activité
physique en présence d’une simple hyperglycémie à condition que le patient se sente bien et que la
recherche d’acétone dans le sang ou l’urine reste négative.
L’activité physique peut induire une hypoglycémie chez les diabétiques traités avec insuline ou
secrétagogues si la dose des médicaments ou l’apport en hydrates de carbone (HC) ne sont pas
adaptés. Un supplément en HC doit être pris si la glycémie est <1g/l.
Ce supplément n’est généralement pas nécessaire chez les diabétiques traités par simple régime ou
metformine ou inhibiteur de l’alpha glucosidase.
XI-4-Education thérapeutique
L’éducation thérapeutique du diabétique vise l’acquisition par le patient d’un savoir et d’un savoir
faire lui permettant de prendre en charge de manière active et efficace sa maladie.
Elle doit être obligatoirement intégrée dans la prise en charge thérapeutique de tout diabétique de
type 2 et ce dès le diagnostic du diabète, une fois par an si nécessaire et chaque fois que le
diabétique est demandeur (13, 14, 15).
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6- Le type de traitement insulinique, sa durée d’action, les techniques d’administration et
l’adaptation des doses en fonction de l’analyse des résultats de l’auto-surveillance.
7- Le risque hypoglycémique et la façon de le prévenir.
8- Les conséquences d’une affection intercurrente sur l’équilibre du diabète et la conduite à
adopter.
9- La nécessité d’avoir sur soi une carte ou un papier mentionnant le statut de diabétique et
le traitement quotidien du diabète.
10- La nécessité d’une surveillance non seulement de la glycémie, mais aussi du bilan
lipidique et de la pression artérielle ainsi qu’une aide au sevrage tabagique.
11- L’importance de l’activité physique comme hygiène de vie et de loisir. L’aptitude à
l’activité physique doit faire l’objet d’une évaluation médicale préalable.
12- La nécessité d’un examen annuel du fond d’œil et d’un dosage de l’albuminurie.
13- L’existence ou non d’un risque podologique et en cas de risque, les mesures pratiques à
prendre quotidiennement pour éviter les blessures des pieds.
14- La nécessité d’une programmation des grossesses diabétiques et d’une contraception
adaptée.
- L'éducation diabétique doit être assurée par une équipe soignante compétente: l’endocrinologue-
diabétologue ou à défaut le médecin traitant, le diététicien et l’infirmière (B).
- Elle peut être réalisée dans toutes les structures de soins publiques et privées (centres de diabète,
services hospitaliers, centres de santé, cabinets médicaux….) ou par les associations de
diabétiques travaillant avec des équipes soignantes compétentes.
- Elle peut être individuelle et/ou en groupe, selon un programme avec des entretiens, des exercices
pratiques et une évaluation en fin et à distance du cycle éducatif.
- Elle doit être adaptée à l’origine ethnique, à la religion, au niveau psychosocial et culturel de
chaque diabétique.
- Différents supports éducatifs peuvent être utilisés : cours, brochures, vidéo, jeux, CD Rom,
Internet...).
- Une évaluation périodique des acquis est indispensable pour renforcer la motivation et corriger les
insuffisances.
XI-5-1- La metformine
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Bénéfices
La metformine est capable de normaliser ou de réduire l’hyperglycémie des diabétiques de type 2
indépendamment du niveau pondéral, de l’âge et de l’ancienneté du diabète (diminution de l'HbA1c
de l'ordre de 1 à 1.5%).
Elle constitue la classe médicamenteuse de référence dans le traitement du diabète de type 2
permettant de diminuer l’insulinorésistance (16, 17). C’est le seul antidiabétique oral à avoir fait la
preuve, en monothérapie, d’une réduction de la mortalité cardiovasculaire dans le diabète de type 2
(18, 19, 20). La metformine n’entraîne pas de prise de poids. Elle peut même contribuer à la perte
de poids ou à la stabilité pondérale lorsqu’elle est associée à d'autres traitements du diabète
favorisant une prise de poids (y compris l’insulinothérapie). Elle n’induit pas d’hypoglycémie par elle-
même.
Risques
Les effets secondaires les plus fréquents sont digestifs : anorexie, nausée, inconfort abdominal et
diarrhée principalement. Ces effets sont moins fréquents si le médicament est pris en cours ou en
fin de repas et si les posologies sont majorées lentement ou limitées chez certains patients.
L’effet indésirable le plus grave de la classe des biguanides est l’acidose lactique ; sa survenue est
très rare avec la metformine ; son pronostic est sévère. Les acidoses lactiques rapportées chez des
patients recevant de la metformine sont dues soit à des prescriptions inappropriées soit au non
respect des contre-indications ou des précautions d’emploi: anesthésie ou injection de produit de
contraste iodé, insuffisance rénale, état hypoxique, insuffisance hépatocellulaire, choc
cardiogénique, insuffisance respiratoire ou hépatique sévères, ischémie aiguë de membre ou
infarctus du myocarde à la phase aiguë ou très récent.
Risques
21
L’hypoglycémie est l’effet secondaire le plus sérieux associé à l’utilisation des sulfamides
hypoglycémiants.
Les sujets âgés et les patients ayant une insuffisance rénale sont les plus exposés aux accidents
hypoglycémiques.
Les épisodes hypoglycémiques surviennent plus fréquemment avec les sulfamides à durée d’action
longue et/ou les plus puissants (glibenclamide) et lors de l’utilisation de la forme galénique retard du
glipizide). Cependant tous les sulfamides sont susceptibles d’engendrer des hypoglycémies, surtout
lors de l’initiation du traitement.
Les hypoglycémies sous sulfamides hypoglycémiants sont souvent plus graves et plus prolongées
que celles observées sous insuline(23).
Bénéfices
Le répaglinide est un insulinosécréteur d’action plus rapide et de plus courte durée avec un pouvoir
hypoglycémiant proche de celui des sulfamides hypoglycémiants (diminution de l'HbA1c de l'ordre de
1%).
Risques
Au cours des études cliniques, la fréquence des hypoglycémies était significativement plus faible avec le
répaglinide qu’avec le glibenclamide. Le répaglinide n'est pas contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale.
On utilisera cependant avec prudence et à doses progressives le répaglinide chez les sujets âgés ou
insuffisants rénaux. Les glinides sont contre-indiqués en cas de grossesse et d’insuffisance hépatique
(23).
22
Les comprimés de répaglinide sont dosés à 0,5 mg, 1 mg, ou 2 mg, et ils doivent être pris quinze minutes
avant les repas. La posologie peut aller jusqu’à 16 mg/j avec un maximum de 4 mg par prise (Annexe 5).
Recommandations
La prévention des épisodes d’hypoglycémie iatrogène est un objectif thérapeutique important pour les
diabétiques de type 2 traités par sulfamide hypoglycémiant ou par glinide.
La prévention repose sur l’éducation des patients, l’utilisation de la dose minimale efficace, la majoration
prudente et progressive des doses, la prise en compte des interactions médicamenteuses et des
modifications alimentaires et s’appuyer sur l’autosurveillance glycémique. Une grande prudence est
recommandée lors d’utilisation des sulfamides hypoglycémiants chez le sujet âgé et l’insuffisant rénal.
Chez tout diabétique recevant un sulfamide hypoglycémiant le risque hypoglycémique se situe
principalement à distance des repas (notamment en fin de matinée, l’après-midi, parfois la nuit), quels
que soient le nombre et les horaires de prise du sulfamide et quelle que soit la spécialité utilisée.
L’utilisation du glucagon est contre-indiquée en cas d’hypoglycémie provoquée par un
insulinosécréteur(22, 23).
Bénéfices
Ils ralentissent l’absorption intestinale des glucides alimentaires complexes. Leur pouvoir hypoglycémiant
est de l'ordre de -0.5 à -1% d’HbA1c. Ils sont principalement actifs sur la glycémie postprandiale. Les
inhibiteurs des alpha-glucosidases ne peuvent induire d’hypoglycémie par eux-mêmes.
Risques
Leurs effets secondaires sont digestifs et fréquents, sans gravité, observés en moyenne chez 30% des
patients (météorisme, flatulence, inconfort intestinal, diarrhée); ils peuvent diminuer avec le temps.
L’étalement progressif de la posologie jusqu’à la dose souhaitée permet de prévenir ou de diminuer cette
symptomatologie (24).
Recommandations
Les effets métaboliques optimaux ne sont observés qu’après 3 à 6 mois de traitement pour une posologie
donnée. De même, ces effets peuvent persister plusieurs semaines après l’arrêt du traitement. Ils sont
contre-indiqués en cas de clairance de la créatinine inférieure à 25 ml/min.
Présentation : L’acarbose (50 mg et 100 mg) est prescrit à la dose maximale de 300 mg/j avec
augmentation progressive des posologies (Annexe 5).
Les incrétines sont des hormones digestives naturelles produites lors de l'ingestion de nutriments et qui
potentialisent la réponse insulinosécrétoire de manière glucose-dépendante. Parmi celles-ci, la plus
intéressante est le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) sécrété par les cellules L de l'intestin grêle.
23
Les incrétinomimétiques, visent à reproduire l'action du GLP-1 (Exénatide) ou à le remplacer (Liraglutide),
et les incrétinopotentiateurs, ont comme objectif d'accroître les concentrations de GLP-1 endogène
(inhibiteurs de l'enzyme dipeptidyl-peptidase-4 ou DPP-4).
Cette hormone exerce plusieurs effets métaboliques intéressants pour la prise en charge du patient
diabétique de type 2 :
1) stimulation de l'insulinosécrétion proportionnellement à la glycémie ambiante, avec absence de stimulation
en cas d'hypoglycémie ;
2) ralentissement de la vidange gastrique ;
3) diminution de l'appétit par une action hypothalamique ;
4) réduction de la sécrétion et des concentrations circulantes de glucagon ;
5) effet trophique sur les cellules B, en potentialisant leur prolifération et en diminuant leur apoptose (ce
dernier effet a été observé chez l'animal, mais son existence et son importance restent à démontrer chez l'homme).
Au vu des effets susmentionnés, le GLP-1 exerce son action hypoglycémiante surtout dans la phase postprandiale,
même si un certain effet sur la glycémie à jeun a également été rapporté.
Seule la sitagliptine à la dose de 100 mg par comprimé est actuellement commercialisée au Maroc, sa
posologie est d’un comprimé par jour et elle se présente également en association à la metformine
(sitagliptine 50/metformine 1000 mg) et sa posologie est de 2 comprimés par jour. La forme 50/850 est
également commercialisée. D’autres gliptines sont commercialisées ailleurs : linagliptine, saxagliptine et
vildagliptine. L’AMM de cette dernière est en cours d’obtention au Maroc.
24
XI-5-5- L’insulinothérapie du diabète de type 2
Bénéfices
L’insuline est capable de réduire l’hyperglycémie, voire de normaliser les glycémies des diabétiques de
type 2 avec ou sans surpoids. L’insulinothérapie a été montrée capable de diminuer au long cours la
survenue des complications microangiopathiques oculaires et rénales chez les diabétiques de type 2.
L’insulinothérapie est indiquée chez le patient diabétique de type 2 avec déficit d’insulinosécrétion
sévère. Un traitement mixte oral + insuline est possible (en particulier avec la metformine).
L’insulinothérapie peut être prescrite de manière transitoire dans certaines situations : lors d’une
intervention chirurgicale, au cours d’une grossesse, en cas de contre-indications des antidiabétiques
oraux et lors d’un accident aigu intercurrent (infection, ischémie myocardique, coma hyperosmolaire,
corticothérapie…).
Risques
L’hypoglycémie est l’effet secondaire le plus fréquent associé à l’insulinothérapie. La prise de poids sous
insuline est très variable et elle est en général proche de celle observée avec les sulfamides
hypoglycémiants et les glitazones.
Les insulines humaines intermédiaires, pré mixées et lentes, de même que les insulines analogues
lentes (glargine ou détémir) peuvent être utilisées avec une préférence pour une instauration au coucher
dans un premier temps (32, 33). Les insulines rapides HM ou analogues rapides (Umuline, asparte,
glulisine) seront employées dans les schémas basal/plus et basal/bolus (Annexe 6).
L’objectif général chez les patients dont l’espérance de vie justifie la prévention des complications de
micro et de macroangiopathie grâce à un bon équilibre glycémique, est l’obtention d’une HbA1c inférieure
à 7 % (B).
Il convient toutefois de rappeler qu’il s’agit d’un risque linéaire avec un gain de 25 à 30 % de
microangiopathie et d’artérite des membres inférieurs, et de 15 % d’insuffisance coronaire par point
d’HbA1c en moins. L’objectif d’HbA1c doit donc être personnalisé avec définition d’objectifs
intermédiaires (B).
Cependant, le diabète de type 2 est une maladie évolutive nécessitant une révision régulière et si
nécessaire une adaptation du traitement, en procédant par étapes. Cette révision suppose une analyse
des difficultés du patient à suivre au long cours le traitement, en particulier les conseils hygiéno-
diététiques et la prise médicamenteuse. L’amélioration de l’observance nécessite motivation et éducation
thérapeutique.
25
Si malgré cette révision les objectifs ne sont pas atteints, une escalade thérapeutique doit être réalisée
au plus tard dans les 3 à 6 mois suivant le constat du déséquilibre. La prescription doit prendre en
compte le profil clinique et biologique du patient, ainsi que le mode d’action et la synergie des différentes
classes médicamenteuses. Le rapport bénéfice/risque, variable de chacune des classes de
médicaments, justifie leur hiérarchisation (25, 34).
En fait, aujourd’hui, l’approche thérapeutique doit être centrée sur le patient (35). L’individualisation du
traitement est la pierré angulaire du succès. En effet, l’hétérogénéité et le caractère progressif de la
maladie diabétique, le rôle spécifique de chaque médicament, les facteurs propres au patient et à la
maladie, les contraintes imposées par l’âge et les co-morbidités conduisent à la prise de décision clinique
(35).
L’objectif prioritaire est de contribuer à améliorer de façon significative, pour l’ensemble des diabétiques
de type 2, leur équilibre glycémique afin que le plus grand nombre maintienne un taux d’HbA1c inférieur
à 7 % alors qu’aujourd’hui moins de la moitié d’entre eux parviennent à ce résultat.
La stratégie thérapeutique décrite ci-dessous concerne donc plus particulièrement le diabète découvert
précocement, dont la glycémie initiale et l’HbA1c ne sont pas très élevées (35, 36, 37).
De plus elle ne concerne pas les patients à espérance de vie limitée et les diabètes découverts
tardivement ou fortement hyperglycémiques dès le diagnostic, pour lesquels des démarches stratégiques
propres doivent être proposées (38, 39).
Une réduction des apports lipidiques est recommandée, et chez les sujets en surpoids ou obèses (IMC* >
25 ou 30 kg/m2) une perte d’environ 5 % du poids corporel dans les 3 à 6 premiers mois doit être
recherchée. Si ces objectifs ne sont pas atteints grâce aux conseils donnés par le médecin, le recours à
une éducation diététique individuelle par une diététicienne ou, si possible, en groupe doit être envisagé.
Recommandations :
L’objectif glycémique est une HbA1c =<6,5 %. Si l’objectif est atteint, il n’y a pas lieu de prescrire
d’hypoglycémiant oral (34, 35).
26
XI-6-2- Etape 2
- Si après 3 à 6 mois de prise en charge hygiéno-diététique (après 3 mois si l’hyperglycémie est plus
importante), l’HbA1C reste supérieure à 6,5 %, On aura recours à la metformine quel que soit le
niveau de l’IMC, du fait de son excellent rapport bénéfice/risque qui découle des données
suivantes :
Les résultats de l'étude UKPDS ont montré que, chez des patients diabétiques de type 2
en surpoids ou obèses, la metformine est capable de réduire le risque des complications
micro et macroangiopathiques.
Ce médicament n’expose pas au risque d’hypoglycémie.
Sa bonne sécurité d'emploi lorsque les précautions d'emploi et contre indications sont
respectées.
Son rapport coût-efficacité très favorable.
XI-6-3- Etape 3
- Echec des monothérapies : HbA1C > 7 % après 3 à 6 mois d’une des monothérapies
Si malgré une monothérapie à dose maximale l’HbA1C est > à 7% on a alors recours à une bithérapie
en adaptant les doses selon les résultats et en respectant les doses maximales autorisées pour chaque
molécule (42, 43, 44). Les différentes associations utilisées sont :
- metformine + insulinosécréteur (A)
- metformine + gliptine (A)
- metformine + inhibiteur des alpha-glucosidases (B)
- En cas d'intolérance avérée et persistante à la metformine ou de contre-indication de celle-
ci), on peut utiliser l’une des associations suivantes :
- ou encore insulinosécréteur + inhibiteur des alpha-glucosidases.
- Le recours à une insuline basale + metformine : en utilisant le soir, une injection unique d’une
insuline intermédiaire (NPH) ou d’un analogue lent. Dans ce cas, l’autosurveillance glycémique devra
alors être introduite pour les patients qui ne la pratiquaient pas jusqu’alors (33, 40, 41).
Pour certains patients, le souci de simplifier la thérapeutique pourra faire recourir à des formes de
bithérapie en un seul comprimé : metformine + sulfamide hypoglycémiant ou metformine + gliptine.
Le choix de l’association devra prendre en compte la tolérance et les contre-indications de chaque classe
de médicaments, l’âge du sujet, le risque hypoglycémique, le poids du patient, l’importance de
l’hyperglycémie ainsi que le profil clinique et biologique propre à chaque patient(25, 45, 46, 47).
27
XI-6-4- Etape 4
- Echec de la bithérapie : l’HbA1c dépasse 7 % après 3 à 6 mois ou plus de bithérapie
Il est alors recommandé :
- soit un essai d’une trithérapie orale (B), en respectant toujours les doses maximales autorisées pour
chaque molécule :
- soit l’association à la bithérapie d’un GLP1 en injection sous cutanée : 1 à 2 injections par jour selon les
produits.
- soit l’association à la bithérapie d’une injection unique d’une insuline intermédiaire (NPH) ou d’un
analogue lent le soir (A). Dans ce cas, l’autosurveillance glycémique devra être introduite pour les
patients qui ne la pratiquaient pas jusqu’alors.
XI-6-5- Etape 5
- Echec de la trithérapie :
Si après plus de 3 à 6 mois, l’HbA1C reste supérieure ou égale à 7 %, il conviendra d’assurer le passage
à l’insuline. Plusieurs schémas thérapeutiques peuvent être adoptés (48, 49, 50) :
L'insulinothérapie de première intention, consiste en une seule injection d'une insuline intermédiaire ou
d'un analogue lent (33, 40, 41).
Recommandations :
Il est recommandé en première intention l'adjonction à une bithérapie orale d'une insuline au coucher,
une intermédiaire (NPH) ou un analogue lent.
En cas d'échec, une insulinothérapie intensifiée (2 à 4 injections par jour) doit être mise en œuvre (48,
49, 50), par exemple soit :
28
XI-7- Surveillance du traitement
Le maintien d’un bon équilibre glycémique est le principal objectif de la prise en charge du diabète.
Les principaux éléments de ce contrôle glycémique sont essentiellement la surveillance du taux
d’HbA1C, l’auto-surveillance glycémique (ASG) et l’auto-surveillance urinaire (ASU) dans certains
cas(37, 38, 45).
L’objectif prioritaire pour la prévention des complications liées au diabète est la normalisation des
glycémies vers des taux de l’HbA1C les plus près de la norme. Le dosage de l’HbA1C doit être réalisé
tous les trois mois, par une méthode standardisée (A).
Les objectifs glycémiques sont chez l’adulte diabétique en dehors de toute grossesse:
- Une HbA1C inférieure à 7 %
- Une glycémie capillaire avant les repas entre 0,7 et 1,3 g/l
- Une glycémie capillaire postprandiale < 1,8 g/l
Les objectifs du traitement doivent être individualisés pour chaque patient, selonl’âge physiologique,
l’ancienneté du diabète et les co-morbidités (25, 36, 39).
Ces objectifs sont à réserver aux patients dont l’espérance de vie justifie une prévention des
complications de micro et macro-angiopathie.
Ainsi des objectifs moins stricts (HbA1C = 8% et glycémie moyenne de 1,8g/l) peuvent être indiqués
notamment en cas de complications micro et macro-angiopathiques avancées, d’espérance de vie limitée
ou de co-morbidité sévère et/ou d’antécédents d’hypoglycémies sévères.
Le dosage de l’HbA1C peut avoir des limites notamment en cas d’anémie, ou lors d’hypoglycémies
répétées faussant les résultats ; une concordance avec l’auto-surveillance capillaire est souhaitable.
Si l’ASG a sa place chez le patient diabétique de type 2 insulinotraité (A), elle reste néanmoins
controversée chez le patient diabétique de type 2 sous antidiabétiques oraux (B).
La prescription d'une ASG est peu utile pour le patient si elle ne s'accompagne pas d'un projet éducatif.
Le lecteur glycémique permet le dosage du glucose contenu dans le sang capillaire.
29
Le tableau suivant rapporte la corrélation entre le taux d’HbA1C et le taux glycémique moyen.
6 1,26
7 1,54
8 1,83
9 2,12
10 2,40
11 2,69
12 2,98
Actuellement, La plupart des lecteurs de glycémie ont été testés pour donner dans des conditions
optimales une précision de plus ou moins 20 %. Les lecteurs de glycémie actuels sont donc fiables, mais
il peut exister une marge d’erreur. En cas de doute un contrôle est nécessaire ainsi qu’une lecture de la
notice.
Il est nécessaire d’éduquer le patient à la réalisation de la glycémie capillaire :
En revanche, les protocoles d’auto-surveillance sont variables en fonction des patients et des
traitements. On peut proposer à titre indicatif, le schéma suivant:
30
- Si le patient est traité par règles hygiéno-diététiques avec des antidiabétiques non insulino-
sécréteurs, une à deux glycémies capillaires en préprandial par semaine sont suffisantes.
- Si le patient est sous insulinosecréteurs (sulfamides ou glinides), une glycémie capillaire à jeun
et une avant diner tous les jours sont souhaitables.
- Si le patient reçoit une injection d’insuline (NPH, glargine ou détémir), le patient doit vérifier au
moins quotidiennement sa glycémie à jeun
- Si le patient reçoit plus d’une injection d’insuline par jour, l’ASG rejoint celle du patient
diabétique type 1.
La glycémie capillaire ne justifie en aucun cas l’abandon de la surveillance urinaire. Elle doit être
systématique lorsque la glycémie est supérieure à 2,50 g/l. La recherche de sucre et d’acétone dans les
urines se fera à l’aide de bandelettes.
XII-1-Hypertension artérielle
XII-1-1-Dépistage et diagnostic
XII-1-2- Objectifs
Les patients diabétiques traités doivent avoir une TA <130 mmHg de systolique et < 80 de
diastolique (B).
XII-1-3- Traitement
- Les patients ayant une TA systolique entre 130 -139 ou une diastolique entre 80-89 mmHg
peuvent avoir comme recommandation la modification du mode de vie sans recours aux
médicaments pour une période maximale de 3 mois. Si au bout des 3 mois, l’objectif tensionnel n’est
pas atteint, le patient sera mis sous traitement pharmacologique (50).
- Les patients ayant une TA >=140mmHg de systolique et ou >=90 mmHg de diastolique doivent
bénéficier d’un traitement pharmacologique en plus des modifications du mode de vie.
31
- une réduction de la consommation de sel (régime hyposodé). Réduire au maximum les
apports sodés, idéalement à 1.5 g/j de sodium, soit 3.8 g de chlorure de sodium/j (51). Les
consommateurs doivent limiter les quantités de sel ajouté aux aliments. Chiffre important à retenir :
75% du sel consommé provient des aliments conservés ou en saumure. Au Maroc, une récente
étude a montré que la teneur en sel dans le pain (enquête sur 80 boulangers à Casablanca) est de
2.7g par baguette aboutissant à une consommation moyenne de 6g de sel/j uniquement dans le
pain (52).
- Les contre-indications étant respectées, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les
antagonistes de l’Angiotensine II (ARA2) peuvent être utilisés. Si une classe est mal supportée,
l’autre classe peut être substituée. La surveillance de la kaliémie, et de la fonction rénale doit être
régulière (50).
- Si le médicament IEC ou ARA2 ne suffit pas à atteindre l’objectif tensionnel, un diurétique est
ajouté. Un diurétique thiazidique ou apparenté est préféré lorsque la filtration glomérulaire est
supérieure à 30ml/mn. Dans le cas échéant, un diurétique de l’anse est associé au médicament du
système rénine (50).
- Pour les patients ayant une HTA sévère, il faut souvent associer un 3ème antihypertenseur pour
atteindre l’objectif. Un inhibiteur calcique est préférable.
Toutefois, l’association IEC ou ARA2-inhibiteur calcique a prouvé son efficacité si ce n’est sa
supériorité en comparaison à IEC ou ARA2Ŕdiurétique (54).
Ainsi, utiliser un inhibiteur calcique en second médicament reste une alternative acceptable (50).
- Pour les patients ayant une HTA sévère, il faut souvent associer un 3ème antihypertenseur pour
atteindre l’objectif. L’association IEC ou ARA2- inhibiteur calcique Ŕ diurétique est recommandée
(50).
- Pour les patients ayant une microalbuminurie, les IEC et les ARA2 peuvent être indifféremment
utilisés dans le diabète de type 2.
Chez les patients avec macroalbuminurie, les ARA2 ont prouvé leur aptitude à ralentir la progression
de la néphropathie vers l’insuffisance rénale (lorsqu’ils sont administrés à fortes doses).
Lorsque l’albuminurie persiste, l’association ARA2 - IEC est possible sous contrôle strict des
paramètres cliniques et biologiques (de préférence en milieu néphrologique).
32
En cas d’HTA pendant grossesse :
Les médicaments autorisés lors de la grossesse sont : les anti-hypertenseurs centraux tels
que l’alpha méthyldopa, les inhibiteurs calciques (Diltiazem) et les alpha-bloquants seuls
(Clonidine, Prazocine) ou associés aux béta-bloquants cardio-sélectifs (Labétalol) (50).
XII-2- Dyslipidémie
Les anomalies lipidiques sont fréquentes chez le diabétique et contribuent à augmenter son risque
cardiovasculaire. Le profil le plus commun est caractérisé par une baisse du HDL-C, une
augmentation des triglycérides (TG) avec des LDL-C riches en particules petites et denses.
Les résultats des essais d’interventions avec les statines sont tout à fait convaincants (55). Les
statines diminuent le risque de survenue d’événements coronariens majeurs aussi bien en
prévention primaire que secondaire ; et comme chez les non diabétiques les résultats sont d’autant
plus favorables que le niveau de risque est élevé.
- Le calcul du risque cardio-vasculaire se fait sur la base des données de Framingham (pour les
diabétiques et les non diabétiques).
33
(indication d’un test d’ischémie pour le diagnostic de la maladie coronaire chez les diabétiques à
haut risque cardiovasculaire) (57).
- Et considérée comme étant à haut risque cardio-vasculaire, toute personne ayant une maladie
coronaire établie ou un équivalent :
- tout diabétique âgé de plus de 40 ans et présentant au moins un facteur de risque cardio-
vasculaire additionnel.
- tout diabétique sans maladie cardiovasculaire ni facteur de risque cardiovasculaire mais
ayant un risque estimé par Framingham ou UKPDS > 20% à 10 ans.
XII-2-1-2-Objectifs lipidiques
- Pour les diabétiques sans maladie cardiovasculaire : LDL-C< 100 mg/dl (A)
- Pour les diabétiques avec maladie cardiovasculaire : LDL< 70 mg/dl est un objectif
optionnel (B)
- Pour les personnes traitées à doses maximales tolérées d’hypocholestérolémiants
n’arrivant pas à l’objectif, l’alternative est d’aboutir à une baisse de 30-40% du LDL-C par rapport au
taux basal (A)
- Les autres cibles thérapeutiques sont représentées par les TG (< 1,50 g/l) et le HDL-C (> 0.40 g/l
chez l’Homme et >0.50 g/l chez la Femme) (C).
- Les autres cibles thérapeutiques sont représentées par les TG (< 1,50 g/l) et le HDL-C (> 0.40 g/l
chez l’Homme et >0.50 g/l chez la Femme).
En présence d’une hypertriglycéridémie sévère (>4g/l) la priorité thérapeutique sera donnée aux TG.
Elles sont indiquées chez tous les diabétiques quelque soit leur niveau de risque CV ou leur profil
lipidique. Elles comportent en outre un sevrage tabagique, la pratique d’une activité physique
régulière et adaptée à l’état physique du patient et une nutrition médicale thérapeutique saine et
individualisée permettant d’atteindre l’objectif pondéral souhaité tout en tenant compte du profil
lipidique, du type de traitement hypoglycémiant utilisé et de l’existence d’autres morbidités. Elle ne
doit pas comporter plus de 7% de graisses saturées, de 1% de d’acides gras trans et de 200 mg de
cholestérol(50) (A).
Elles sont indiquées, indépendamment du niveau lipidique de base, chez les diabétiques :
- Avec maladie cardiovasculaire (A)
- Sans maladie cardiovasculaire et âgés de plus de 40 ans et présentant au moins un autre
facteur de risque CV (A)
34
- Sans maladie cardiovasculaire et âgés de moins de 40 ans si le LDL-C reste > 1g/l après
les modifications du mode de vie ou s’il existe plusieurs facteurs de risque associés (Accord
professionnel).
Les statines sont contre indiquées pendant la grossesse(B). Leur usage chez les femmes en
période de procréation nécessite une concertation préalable.
Chez le diabétique en insuffisance rénale sévère et chez les diabétiques dialysés, les statines n’ont
pas prouvé de réduction des évènements cardio-vasculaires (58).
XII-2-1-4-Surveillance
Une fois instauré, le traitement médicamenteux, comme le traitement diététique, doit être poursuivi
au long cours, tout en faisant l’objet de réévaluations périodiques. L’efficacité maximale du
traitement est obtenue en 4 semaines environ.
- Les personnes traitées par un hypocholestérolémiant doivent bénéficier d’une évaluation
de leur profil lipidique 1 à 3 mois après le début du traitement ensuite annuellement (en même
temps que l’évaluation de leurs facteurs de risque modifiables et de la recherche de n’importe
quelle nouvelle atteinte cardio-vasculaire).
- Ceux qui ne sont pas sous hypocholestérolémiant doivent avoir une évaluation annuelle de
leur niveau de risque cardiovasculaire et si nécessaire bénéficier d’un traitement approprié.
- Evaluation de la tolérance
Les hypolipémiants, surtout à fortes posologies, exposent à des effets indésirables essentiellement
hépatiques et musculaires (myalgies et plus rarement rhabdomyolyses) pour les statines, les
fibrates, et également l’Ezétimibe. Ces effets dose dépendants s’accentuent lors de leur
administration en association (statine-fibrate).
35
- Une surveillance hépatique : dosage des transaminases avant le traitement, dans les
15jours à 3 mois qui suivent l’initiation du traitement et plus fréquemment si nécessaire. L’arrêt du
traitement est justifié devant une augmentation persistante (contrôlée à un mois) des ASAT ou des
ALAT, au-delà de 3 fois la limite supérieure de la norme (58).
- une surveillance du risque musculaire : il n’y a pas de justification scientifique à pratiquer
un dosage initial systématique des CPK dans la population générale. Il doit par contre être demandé
avant traitement et contrôlé 6 à 8 semaines après en présence de symptômes musculaires et dans
les situations à risque (insuffisance rénale, hypothyroïdie, antécédents personnels ou familiaux de
maladie musculaire génétique, antécédents personnels d’effet indésirable musculaire avec un fibrate
ou une statine, abus d’alcool, âge supérieur à 70 ans, d’autant plus qu’il existe d’autres facteurs de
risque musculaire). Un dosage de CPK doit également être demandé devant tout symptôme
musculaire inexpliqué apparaissant sous traitement.
En cas d’augmentation modérée des CPK un contrôle hebdomadaire doit être instauré pour
préciser l’évolution vers une stabilisation ou une aggravation motivant l’arrêt du traitement lorsque le
taux atteint 5 fois la limite supérieure de la normale.
- une surveillance des Interactions médicamenteuses : il convient, d’être vigilant sur le risque
d’interactions, médicamenteuses ou liées à une forte consommation de jus de pamplemousse, lors
d’un traitement par statine.
XII-3- Tabagisme
Le tabagisme passif n’est pas sans conséquences puisque les personnes vivant avec des fumeurs
présentent un risque d’accident cardiovasculaire augmenté de 25 %.
Par ailleurs, le tabagisme est par lui-même un facteur aggravant pour le diabète, car il augmente
l'insulinorésistance.
L’arrêt du tabac est une priorité dans la prise en charge efficace du diabète (A).
Les stratégies de sevrage tabagique représentent des interventions rentables qui devraient être
recommandées à tous les fumeurs atteints de diabète.
36
Une aide pharmacologique (produits de remplacement de la nicotine) doit être proposée à tous les
fumeurs atteints de diabète, associée à des conseils comportementaux.
Afin d’encourager une abstinence à long terme, le sevrage tabagique doit inclure des stratégies
visant la prévention des rechutes. Les professionnels de la santé doivent tenir compte de l’influence
des facteurs émotionnels sur les obstacles à l’arrêt du tabac et sur le maintien de l’abstinence.
XIII-1-1-Circonstances de survenue
- soit suite à une consommation excessive de glucose par le muscle liée à une activité
physique mal gérée
37
XIII-1-2-Manifestations cliniques
Les signes dysautonomiques se traduisent par une anxiété, des sueurs, des palpitations, des
tremblements, et/ou une sensation de faim… Ces manifestations sont habituellement perçues par le
patient mais elles peuvent faire défaut surtout en cas de neuropathie végétative.
XIII-1-3-Diagnostic
Le diagnostic repose sur la triade de Whipple associant des symptômes compatibles avec une
hypoglycémie, une glycémie capillaire < 0.6 g/l et une résolution rapide des symptômes avec la
normalisation de la glycémie.
Les experts de l’ADA retiennent le chiffre de 0,70 g/l (60).
XIII-1-4-Traitement : En urgence
- Patient conscient :
- Resucrage par des aliments à effet hyperglycémiant rapide sous forme liquide à la quantité de 15 g
de sucre, ce qui peut correspondre à :
3 morceaux de sucre à dissoudre dans un petit verre d’eau.
3 c à c (petites cuillères) rases de sucre granulé
1, 5 c à c de confiture ou miel
Limonade : soit un petit verre (100ml) ou une demi-cannette
Nectar : soit un petit verre ou une briquette
- Après 15 mn ou une fois que le malaise est passé, réévaluer la situation. Si c’est le moment du
repas ou celui d’une collation les prendre sinon prendre un aliment à effet hyperglycémiant
lent (solide + lipides ou fibres) sous forme de :
30 g de pain (¼ de baquette ou de pain rond de boulanger sans miel) + 1 fromage
30 g de pain ou 2 biscottes avec du beurre ou une c à c d’huile
38
1 fruit moyen
½ croissant
2 fruits secs (pruneaux, figues sèches,...)
(Il s’agit de recommandations valables chez les adultes. Pour les enfants, on conseille
habituellement 1 sucre pour 20 kg de poids).
- Patient inconscient : l’intervention médicale d’urgence s’impose. Il faut recourir au sérum glucosé
à 30 % en intraveineux à raison de 30 à 50 cc puis perfusion de soluté glucosé à 5%. Il faut
continuer le resucrage par voie parentérale afin d’éviter la récidive de l’hypoglycémie, tout en
assurant la surveillance de la glycémie capillaire.
Chez le diabétique insulinotraité, il importe de préférer le Glucagon (IM ou s/c). Ce dernier n’a pas
d’indication chez le type 2 sous antidiabétiques oraux (du fait de son effet insulinosécréteur) (60,
61).
La cétoacidose diabétique est une complication métabolique fréquente du diabète, mettant en jeu
le pronostic vital en l’absence d’une prise en charge précoce et adéquate.
Le taux de mortalité est en moyenne inférieur à 5% avec des extrêmes allant de 0 à 15% en fonction
du terrain, de la précocité du diagnostic et de l’expérience du l’équipe médicale.
XIII-2-1-Diagnostic positif
Repose sur l’association d’anomalies biologiques :
- Hyperglycémie > 2,5g/l ;
- Glycosurie et cétonurie à la lecture de la bandelette urinaire ;
- Et /ou cétonémie élevée : la recherche de β-hydroxybutyrate dans le sang capillaire
(N<0,5mmol/L, habituellement>5mmol/L) ;
- Gazométrie artérielle : pH < 7,3 avec une réserve alcaline < 15 meq/l
XIII-2-2-Facteurs déclenchants
- Mauvaise observance du traitement et des règles hygiéno-diététiques
- Infections les plus fréquentes : pneumopathies et infections urinaires
- Prise médicamenteuse : corticoïdes, βmimétiques, diurétiques thiazidiques…
- Pathologies intercurrentes générant un stress : traumatisme, interventions chirurgicales..
- Pathologies hormonales : hyperthyroïdie, maladie de Cushing…
- Grossesse
La DCA s’installe de façon progressive sur plusieurs heures voireen quelques jours, associant :
Phase de cétose
- Aggravation du syndrome polyuropolydipsique avec troubles digestifs : nausées,
vomissements et douleurs abdominales pouvant mimer une urgence chirurgicale.
39
Phase de cétoacidose
C’est une urgence médicale nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier
Buts du traitement :
- Restauration de l’hémodynamique
- Correction de l’hyperglycémie, la cétonémie et l’acidose métabolique
- Correction des troubles hydro-électrolytiques
- Traitement de l’étiologie
Conduite du traitement :
- Remplissage vasculaire :
• Sérum salé (9 pour mille), relayé par du sérum glucosé à 5% et apport d’électrolytes
(sodium et potassium) en fonction de la diurèse, de la glycémie, de l’ionogramme
sanguin et de l’état clinique du patient.
• Solutés macromoléculaires en cas de choc hypovolémique
• et l’hydratation per os
- Insulinothérapie :
• Voie intraveineuse à la seringue autopulsée à 0,1 UI/Kg/h.
• La voie intraveineuse est à poursuivre tant que persiste l’acétonémie. Elle sera relayée
par la voie sous cutanée.
• La voie intramusculaire peut être également utilisée en remplacement de la voie
veineuse.
40
XIII-3-Coma hyperosmolaire
Le coma hyperosmolaire est une forme grave de décompensation du diabète sucré. Il se caractérise
par une déshydratation majeure associée à une hyperosmolarité plasmatique et un trouble de la
conscience sans cétose.
Il est plus fréquent chez le diabétique de type 2, sa gravité est liée au terrain (sujet âgé) aux
complications secondaires (infection, collapsus) et iatrogènes (risque d’œdème cérébral).
XIII-3-1-Diagnostic
XIII-3-2-Facteurs étiologiques
Ŕ Age > 80 ans
Ŕ Infection aiguë
Ŕ Diurétiques
Ŕ Mauvaise accessibilité aux boissons : démence, perte de l’autonomie…
Ŕ Corticothérapie, lithium et antipsychotiques atypiques.
XIII-3-3-Tableau clinique
On distingue :
Ŕ La période d’installation : faite d’une polyurie, d’une asthénie, d’une déshydratation
d’aggravation progressive
Ŕ Le stade de coma hyperosmolaire installé :
- une déshydratation globale intense, intracellulaire prédominante avec perte
de poids >5kg, associée à une hyperthermie et extracellulaire (hypotension artérielle,
tachycardie voire collapsus).
- des signes neurologiques : altération constante de l’état de conscience
corrélée à l’hyperosmolarité et crises convulsives, partielles ou généralisées.
- Sérum salé isotonique 0,9%, relayé par le sérum glucosé 5%, en fonction de la
surveillance glycémique
- Si collapsus: remplissage par les macromolécules
- Correction des troubles électrolytiques, en fonction des résultats de l’ionogramme
sanguin.
41
XIII-3-4-2- Insulinothérapie: (insuline rapide)
XIII-3-4-4- Prévention+++
XIV-1-1-Dépistage et diagnostic
• Effectuer un test annuel pour évaluer l’excrétion urinaire d'albumine chez tous les patients diabétiques
de type 2 et dès le diagnostic du diabète (Accord professionnel).
• Dosage de la créatinine sérique au moins une fois par an quel que soit le degré d'excrétion urinaire
d'albumine. La créatinine sérique doit être utilisée pour estimer le DFG et le stade de la maladie rénale
chronique (IRC), si elle est présente (Accord professionnel).
1. Rechercher une protéinurie par bandelette réactive une fois par an sur échantillon d’urine du matin
sinon sur un échantillon d’urine au cours de la journée ;
42
préciser le ratio albuminurie/créatininurie mesuré sur un échantillon d’urine, prélevé
préférentiellement le matin.
Si le test est négatif, il faut mesurer la microalbuminurie.
NB : * L’utilisation de bandelette réactive spécifique sans mesure simultanée de la créatinine urinaire est
moins cher, mais peu fiable.
* Eliminer les causes pouvant engendrer une protéinurie ou microalbuminurie positive (l’effort
physique dans les 24 h, la fièvre, HTA sévère, l’insuffisance cardiaque congestive, le déséquilibre du
diabète, l’infection urinaire, l’apport excessif en protéines..).
La microalbuminurie est le premier signe de néphropathie diabétique. Elle est définie par :
l’excrétion de 30 à 300 mg d’albumine dans les urines de 24 heures,
ou de 30 à 300 mg d’albumine/g de créatinine dans un échantillon d’urine.
Une valeur inférieure à ces limites indique une normoalbuminurie, une valeur supérieure une
macroalbuminurie, ou plus simplement une protéinurie.
Le dosage doit être répété dans un délai de 3 à 6 mois pour confirmer le diagnostic.
Si la micro albuminurie est négative, répéter le dosage annuellement
3. Mesure de la créatininémie une fois par an : quel que soit le degré d'excrétion urinaire d'albumine.
- La formule de Cockcroft et Gault estime la clairance de la créatinine et non le DFG (elle sous
estime la fonction rénale du sujet âgé mais elle surestime la fonction rénale du sujet obèse et du sujet
jeune ayant une diminution du DFG).
Clairance (ml/min) = (140 - âge) x poids (kg) x F
7,2 x créatininémie (mg/l)
(F = 1 chez l'homme et 0,85 chez la femme)
43
- k : une multiplication par un facteur dépendant de l’origine du patient doit, s’il y a lieu, être effectuée par le médecin
qui reçoit les résultats.
Le facteur k vaut 1 pour tous les sujets, exceptés ceux originaires d’Afrique Sub-Saharienne.
XIV-1-2- Prévention
XIV-1-3- Traitement
XIV-1-3-1-Equilibre glycémique
En cas d’atteinte rénale, l’obtention d’un équilibre glycémique est nécessaire afin de stabiliser la
néphropathie ou de ralentir son évolution vers l’insuffisance rénale chronique terminale(A).
L’objectif glycémique (HbA1C <7%) doit être recherché chez tout diabétique atteint de néphropathie
quand cet objectif peut être atteint sans risque.
Si une classe n’est pas tolérée, l'autre doit la remplacer (Accord professionnel)
44
Les combinaisons de médicaments qui bloquent le système rénine-angiotensine-aldostérone ont
permis d'obtenir une baisse supplémentaire de l'albuminurie (67, 68). Toutefois, les effets à long
terme de ces combinaisons sur les complications rénale ou cardio-vasculaires n'ont pas encore
été évalués dans des essais cliniques, et ils sont associés à un risque accru d'hyperkaliémie.
l’administration d’un inhibiteur calcique autre que la famille des dihydropyridines (diltiazem,
vérapamil) peut être envisagée pour réduire l’excrétion urinaire d’albumine chez les hypertendus
protéinuriques(B).
Surveillance du traitement
Surveillance continue de l'excrétion urinaire d'albumine pour évaluer à la fois la réponse au
traitement et la progression de la maladie (Accord professionnel).
Traitement par IEC ou ARAII ou diurétique impose une surveillance de la créatinine sérique et du
potassium pour détecter une hyperkaliémie ou une insuffisance rénale aiguë (Accord
professionnel).
Eviter les antibiotiques néphrotoxiques, les AINS, les injections d’iode pour examens
radiologiques.
- La réduction de l’apport protéique à 0,8 Ŕ 1.0 g/kg/j chez les patients avec diabète compliqué d’une
néphropathie au stade de début et impérativement à 0,8 g/kg/j dans les stades avancés de la
néphropathie diabétique(B).
- Une restriction sodée modérée est indispensable
- Le bénéfice des agents hypolipémiants n’est pas démontré mais l’indication est souvent justifiée en
raison de l’incidence élevée des complications cardiovasculaires.
- L’éviction du tabac.
- La recherche d’une exposition professionnelle aux solvants organiques doit faire partie de l’enquête
néphrologique.
45
Les indications de l’épuration extra rénale (EER) et de la transplantation ne sont pas très différentes de
celles appliquées chez les sujets IRC non diabétiques.
L’indication de l’EER est souvent plus précoce lorsque la clearance de la créatinine est inférieure ou
égale à 15 ml/mn.
Un accès vasculaire avec FAV doit être mis en place quand la clearance de la créatinine est comprise
entre 20 et 25 ml/mn.
Une coordination de la prise en charge entre médecin généraliste, endocrinologue et néphrologue est
recommandée chez les patients atteints de néphropathie (Accord professionnel).
XIV-2-Ophtalmopathie diabétique
La rétinopathie diabétique(RD) est une affection silencieuse pendant de nombreuses années ; elle ne
devient symptomatique qu'au stade de complications. Seul un examen ophtalmologique effectué
régulièrement peut permettre de la diagnostiquer précocement et de la traiter (70).
- Cet examen comporte la mesure du tonus oculaire, de l'acuité visuelle, l'examen de l'iris et du cristallin
et l'examen du fond d'oeil après dilatation(71).
- Il est souhaitable que l'examen ophtalmologique initial comporte une angiographie à la fluorescéine qui
constitue un document objectif permettant d'orienter la surveillance ultérieure. Par la suite l'indication de
l'angiographie doit être portée en fonction des résultats de l'examen ophtalmologique et de l'équilibre du
diabète(71).
- L’angiographie n'est pas un examen de surveillance en l'absence de lésion rétinienne. Par contre et
quelle que soit la durée du diabète, une angiographie est nécessaire tous les ans lorsqu'une
rétinopathie a été diagnostiquée. Elle permet de mettre en évidence les signes infra cliniques ou
discrets de rétinopathie qui peuvent échapper à l'examen du fond d'oeil, et elle permet de poser les
indications du traitement par laser.
46
- En cas de grossesse, la surveillance ophtalmologique doit être trimestrielle en l'absence de rétinopathie
et encore plus fréquente en cas de rétinopathie(B). La grossesse ne contre-indique pas l'angiographie et
il est recommandé de réaliser un bilan ophtalmologique complet dès la période de préconception (72).
- Cet examen a pour but de diagnostiquer une RD et toute autre pathologie oculaire associée visible sur
la photographie du fond d’oeil. Mais, si, par son efficacité et sa simplicité, la photographie du fond d’oeil
doit permettre d’améliorer le dépistage de la RD, elle ne doit pas constituer une fausse sécurité. Elle ne
remplace en aucun cas, un examen ophtalmologique complet.
- Cet examen de dépistage doit donc être l’occasion d’une sensibilisation du patient diabétique aux
risques de complications oculaires du diabète, et à la nécessité d’un examen ophtalmologique complet
périodique.
- L’objectif est d’obtenir un dépistage annuel de la rétinopathie diabétique pour tout patient diabétique.
- Ce dépistage de la rétinopathie diabétique par photographies du fond d’oeil peut concerner tout patient
diabétique (type 1, type 2 ou autre type de diabète) à partir de l’âge de 10 ans, sans limite supérieure
d’âge :
- n’ayant pas de RD connue
- ou ayant une RD non proliférante minime (< stade 35 de l’ETDRS*), à condition qu’il bénéficie
par ailleurs d’un suivi périodique par un ophtalmologiste.
- Cette méthode d’examen par photographies du fond d’œil n’est pas appropriée pour la surveillance de
la RD, chez des patients ayant une RD > stade de RD non proliférante minime. Ces patients doivent en
effet obligatoirement bénéficier d’un examen complet du fond d’oeil après dilatation pupillaire par un
ophtalmologiste et des examens complémentaires adaptés.
- La prise de photographies du fond d’oeil peut être réalisée par un orthoptiste de préférence, ou à défaut,
par un infirmier, un technicien ou un médecin. Les uns comme les autres doivent avoir fait l’objet d’une
formation adaptée (73).
- La lecture des photographies est réalisée par des ophtalmologistes, formés pour la lecture des
photographies dans le cadre du dépistage de la RD.
- La lecture comprendra la détermination du stade de RD, et de toute pathologie associée visible sur les
photographies du fond d’oeil, ainsi qu’en conclusion, une recommandation sur le suivi du patient. Elle doit
faire l’objet d’un compte rendu explicite, adressé au patient et à son (ses) médecin(s) traitant(s).
*stade 35 de la classification de l’ETDRS : toute RD ayant plus que des microanévrysmes isolés.
XIV-2-4- Traitement de la RD
La cécité et la malvoyance liées à la RD sont en effet en grande partie évitables grâce au traitement par
laser dont l’efficacité a été depuis longtemps démontrée par des études randomisées(A). La
reconnaissance précoce de la RD incitera d'autant plus à renforcer les contrôles glycémique et tensionnel
pour ralentir la progression de la RD(A).
47
XIV-2-5-1- Cataracte
La cataracte chez le diabétique est précoce et peut empêcher la surveillance du fond d'oeil. Le geste
chirurgical ne diffère pas de celui d'une cataracte classique. Cette intervention peut s'effectuer sous
anesthésie locorégionale (péri bulbaire) voire aussi sous anesthésie topique (collyre anesthésique).
Le risque infectieux est plus important chez le diabétique.
Avant toute décision chirurgicale, il est important d’avoir un équilibre glycémique satisfaisant, d'éliminer
une infection notamment urinaire et de renforcer les précautions d'asepsie.
XIV-2-5-6-Le glaucome est plus fréquent chez le sujet diabétique que chez le sujet
sain. Son dépistage systématique peut permettre d'éviter la perte de vision irréversible provoquée par
l'atteinte du nerf optique.
XIV-3-Neuropathie diabétique(75)
La neuropathie diabétique est définie comme un trouble clinique ou infraclinique qui survient dans le
cadre du diabète type 1 et type 2, sans autre cause de neuropathie. Elle concerne le système nerveux
périphérique dans ses composantes radiculaires, plexiques tronculaires et le système nerveux végétatif.
Les neuropathies diabétiques sont hétérogènes avec des manifestations cliniques diverses. Elles
peuvent être focales ou diffuses. Les plus communes parmi les neuropathies sont la PND
sensorimotrices chroniques et la neuropathie autonome.
En dehors des préjudices fonctionnels dont elle est responsable la neuropathie diabétique est associée à
une mortalité accrue
Le dépistage des signes et des symptômes de neuropathie devrait être institué au moment du diagnostic
du diabète type 2 et 5 ans après le diagnostic de diabète type 1.
Les tests électrophysiologiques sont rarement nécessaires, sauf dans les situations où les
caractéristiques cliniques sont atypiques (Accord professionnel).
Les médicaments pour le soulagement des symptômes spécifiques liés à la neuropathie autonome et/ou
la polyneuropathie distale sont recommandés, car ils améliorent la qualité de vie du patient (Accord
professionnel).
48
XIV-3-1-Polyneuropathie distale symétrique
- de sensation de piqûre,
- de perception de vibrations (à l'aide d'un diapason de 128 Hz),
- de l’examen au monofilament (au niveau plantaire distal des gros orteils et des articulations
métatarsiennes),
- et de l’évaluation des réflexes achilléens.
D’autres causes de neuropathie, en particulier dans les cas graves et atypiques, doivent être évoquées
comme :
- médications neurotoxiques,
- empoisonnement par un métal lourd,
- abus d'alcool,
- carence en vitamine B12 (surtout chez ceux prenant la metformine pendant des périodes
prolongées) (76),
- maladie rénale,
- neuropathie démyélinisante inflammatoire chronique,
- neuropathies héréditaires,
- vascularite (77).
- Neuropathies crâniennes
- Mononeuropathies du tronc et des membres (ischémique)
- Neuropathie motrice asymétrique proximale des membres inférieurs
- l’hypotension orthostatique,
- la dysfonction sudoromotrice,
- la sécheresse lacrymale,
- la gastroparésie,
- la constipation, la diarrhée,
- l’éjaculation rétrograde,
- L’optimalisation de l’équilibre glycémique est importante visant aussi à éviter les fluctuations extrêmes
de la glycémie.
49
- Le recours à l’insuline peut être bénéfique notamment dans les formes invalidantes et en cas de
traitement par corticoïdes.
- Le traitement par la prégabaline ou parla gabapentine doit être envisagé en première intention, et être
adapté en fonction du DFG
- Les antidépresseurs tricycliques sont aussi efficaces contre tout type de polyneuropathie distale, bien
sûr en l'absence de contre indications à ce traitement.
XIV-3-4-2-Neuropathie autonome
Les symptômes de la gastroparésie peuvent être améliorés par une hygiène alimentaire et l’utilisation de
prokinétiques tels que le métoclopramide ou l'érythromycine.
Comme avec les traitements PND, ces interventions ne changent pas l'histoire naturelle de la pathologie
sous-jacente de la maladie, mais peuvent avoir un impact positif sur la qualité de vie du patient.
Imipramine 10 - 25 mg Cp 25 à 75 mg au coucher
Marqueur de risque de maladie cardiovasculaire (79), la dysfonction érectile est une pathologie
fréquente chez le diabétique. Elle augmente avec l’âge, la durée du diabète et les complications
dégénératives (80). Elle retentit négativement sur la qualité de vie du patient.
50
XIV-4-2- Bilan biologique
XIV-4-3- Traitement
- Équilibre du diabète
- Lutte contre les facteurs de risque cardiovasculaire (81) (B)
- Arrêt de médicaments causant la dysfonction érectile (si possible), et les substituer par d’autres
classes thérapeutiques (82)(A)
- Psychothérapie de soutien, parfois une sexothérapie du couple est indispensable (80, 81) (Accord
professionnel).
- Contre-indications(82) (A):
- Absolue: l’association aux dérivés nitrés
- Relatives: l’insuffisance cardiaque sévère, l’insuffisance hépatique sévère, l’hypertension
artérielle non contrôlée, l’hypotension majeure, l’AVC récent, la rétinopathie pigmentaire et l’infarctus du
myocarde récent.
XIV-5-Pathologie coronaire
51
- En cas d’antécédent d’infarctus du myocarde, les bétabloquants doivent être utilisés (A).
- La metformine peut être utilisée chez les patients en insuffisance cardiaque stable si la fonction
rénale est normale (C). La metformine doit être évitée dans l’insuffisance cardiaque décompensée.
- Il n’a pas été démontré de lien étroit entre l’équilibre glycémique optimal et la réduction des
événements cardio-vasculaires. Ainsi l’objectif en HbA1C chez le patient coronarien sera moins strict
que chez les autres : 7-7.5%.
Le risque cardiovasculaire doit être évalué annuellement. Il se base sur les facteurs de risque
suivants : dyslipidémie, hypertension artérielle, tabagisme, hérédité coronaire, présence
d’albuminurie. L’intégration des facteurs de risque en un score de risque global se fait de différentes
manières (Framingham, UKPDS…) (89, 91).
52
- chez tout diabétique de moins de 40 ans avec un profil de risque particulièrement mauvais
(présence de plusieurs facteurs de risque conventionnel).
L’aspirine est indiquée chez les diabétiques ayant un score de risque >10% sans risque
hémorragique (atteinte gastro-intestinale, AINS, AVK…). Il s’agit de patients de sexe masculin > 50
ans ou féminin >60 ans ayant 1 facteur de risque additionnel (tabagisme ou hypertension ou
dyslipidémie ou albuminurie ou atteinte familiale prématurée) (C). L’aspirine n’est pas recommandée
quand le risque <5%. Il s’agit d’hommes <50 ans ou de femmes <60 ans sans facteur de risque
additionnel (C).
- La prévalence de l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) se situe entre 17 et 21%
des patients âgés de plus de 55 ans. L'AOMI est un signe de maladie athéromateuse diffuse.
- Elle se caractérise par sa plus grande fréquence, son développement précoce et sa gravité.
- Le risque d’amputation au niveau des membres inférieurs est multiplié par un facteur 10 à 20, pour
les 2 sexes. Les lésions oblitérantes sont volontiers bilatérales, multifocales, et de localisation
jambière.
- La claudication intermittente est absente chez plus de 50 % des diabétiques et l’atteinte vasculaire
peut se révéler d’emblée par un trouble trophique du pied, en l’absence de toute douleur préalable,
ce qui rend son dépistage indispensable.
XIV-6-1-1-Dépistage
o Clinique :
Le dépistage de l’AOMI chez le diabétique doit comprendre la recherche de signes de
claudication intermittente et la palpation des pouls (C).
L'absence du pouls tibial postérieur est plus fiable que celle du pouls pédieux.
La palpation de la jambe permet de déceler un gradient thermique
La recherche de souffles, tant fémoraux qu'abdominaux, cardiaques et carotidiens fait partie du
dépistage de la maladie athéromateuse.
L’examen doit être complété par l’évaluation des réflexes ostéo-tendineux et par l’examen au
monofilament à la recherche d’une neuropathie associée.
53
o Autres examens complémentaires : ils sont réalisés par des spécialistes.
L’épreuve de marche sur tapis roulant avec une comparaison des IPS au repos et à l'effort
La pléthysmographie, qui mesure la pression artérielle systolique et apprécie la pulsatilité
artérielle au niveau des gros orteils, représente l'examen de choix en cas de médiacalcose.
La mesure transcutanée de la pression partielle d’oxygène (TcPO2) au dos du pied
Echodoppler artériel des membres
Angiographie conventionnelle ou numérisée, angio-scanner, angio-IRM
Si une AOMI est mise en évidence chez un patient diabétique, la recherche d’autres
localisations athéromateuses, notamment au niveau coronarien et des troncs supra-aortiques,
doit être entreprise.
o Elle comporte :
Contrôle strict du diabète
Contrôle des anomalies lipidiques
Contrôle de l’hypertension artérielle
Arrêt complet et définitif du tabac
Activité physique régulière et adaptée au patient.
- La prévalence du diabète chez les patients présentant un accident vasculaire cérébral (AVC) est de
l’ordre de 20% et un diabète de novo est découvert chez 4 à 11 % des patients. Le diabète serait un
facteur de risque indépendant d'AVC avec un risque relatif, après ajustement, de 2 à 5. Il augmente
également le risque de décès et le handicap résiduel suite à un AVC.
- En dehors de tout symptôme, il n’y a pas d’intérêt à un dépistage systématique d’athérome carotidien
chez un patient diabétique. Il est justifié chez les patients ayant une AOMI ou une cardiopathie
ischémique associées, ou bien ayant déjà eu dans les antécédents une atteinte cérébrovasculaire(C).
En dehors de ces cas, l’échodoppler carotidien ne se justifiera chez un sujet asymptomatique qu’en
cas de mise en évidence d’un souffle carotidien (auscultation annuelle des axes carotidiens).
- La découverte de lésions carotidiennes dans ce contexte peut présenter 2 intérêts : le premier est de
révéler des sténoses carotidiennes sévères nécessitant un geste de revascularisation spécifique, et
le deuxième est de mieux stratifier le risque cardiovasculaire global d’un diabétique.
- Les indications du traitement médical (antiagrégants et suppression des facteurs de risque) et/ou
chirurgical des sténoses carotidiennes symptomatiques ou asymptomatiques sont les mêmes chez
les diabétiques que dans la population générale.
- La meilleure prévention des AVC chez le sujet diabétique est le bon contrôle des chiffres tensionnels.
- L’adjonction de statines chez les sujets diabétiques a démontré son intérêt dans la protection
cérébrale avec moins d’AVC et de récidives d’AVC.
54
XIV-6-3- Anévrisme de l’aorte abdominale
- La prévalence des anévrismes de l’aorte abdominale augmente de façon quasi linéaire avec l’âge à
partir de 60 ans. Cependant, cette incidence n’est pas particulièrement influencée par le diabète (A).
Le pied diabétique constitue un problème de santé publique majeur, avec un taux élevé de plaies
chroniques et d’amputations. Il se définit par une infection, une ulcération ou une destruction des tissus
profonds du pied associées à une neuropathie et/ou à une artériopathie périphérique des membres
inférieurs chez le diabétique. Sa prise en charge préventive et thérapeutique est multidisciplinaire,
complexe et encore mal codifiée.
XIV-7-1-Etiopathogénie
C’est la complication chronique la plus fréquente du diabète, elle constitue la principale cause des
plaies chez le diabétique. Elle favorise les lésions par plusieurs mécanismes : l’hypoesthésie thermo-
algique supprimant la douleur (d’où le retard majeur aux soins), l’atteinte motrice favorisant les
déformations du pied diabétique avec points d’appui anormaux et l’atteinte végétative source de
sécheresse cutanée favorisant la formation d’hyperkératose et de troubles vasomoteurs avec risque
d’ostéo-arthropathie nerveuse diabétique et constitution d’un pied de Charcot.
XIV-7-1-2- L’ischémie
Elle résulte essentiellement de la macro angiopathie avec implication des facteurs de risque
cardiovasculaire. L’artériopathie des membres inférieurs est plus fréquente et de localisation plus diffuse et
plus distale que chez le non diabétique, son évolution est plus grave souvent indolore sans claudication
intermittente.
L’ischémie du pied se traduit par un pied froid, pâle avec peau fine, luisante et dépilée. L’absence
des pouls pédieux et tibiaux postérieurs doit faire évoquer l’AOMI, mais leur palpation n’élimine en aucune
façon l’artérite. Les examens complémentaires pouvant être nécessaires afin d’étayer le diagnostic sont la
mesure de l’index de pression systolique, l’écho-doppler artériel des membres inférieurs, l’angio-TDM
(examen de choix) ou encore l’artériographie (95, 96).
XIV-7-1-3- L’infection
L’infection est très souvent poly microbienne chez le diabétique et de diffusion rapide. Elle est
favorisée par le déséquilibre glycémique qu’elle aggrave.
Le risque podologique est évalué grâce à la gradation internationale du risque podologique chez
le diabétique (96) :
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- Grade 0 : absence de neuropathie
- Grade 1 : neuropathie isolée (défaut de perception du monofilament 10g) (B)
- Grade 2 : neuropathie associée à une artériopathie (abolition des pouls périphériques) et/ou à
une déformation.
- Grade 3 : Antécédent de plaie neuropathique n’ayant pas cicatrisé dans un délai de moins de 1
mois ou un antécédent d’amputation.
L’infection du pied diabétique est en règle secondaire à une plaie cutanée. Le diagnostic de
l’infection repose sur la présence d’au moins deux des signes suivants : augmentation de volume,
induration, érythème péri-lésionnel, sensibilité locale ou douloureuse, chaleur locale ou présence de pus.
XIV-7-4-Classification de l’infection
La classification de référence est celle de l’université de Texas (96). Elle permet de classer les plaies du
pied selon leur gravité (Les pourcentages indiquent le risque d’amputation) (Annexe 11).
1. Bilan paraclinique
En cas de plaie du pied chez un patient diabétique, il est primordial de déterminer la nature de la lésion
du pied et de la classer selon la classification UT et /ou la Classification internationale du pied diabétique.
Les critères d’hospitalisation sont les suivants :
- Infection sévère grade 4
- Mauvaise compliance du patient ou impossibilité de soins adaptés.
- Suspicion d’atteinte ostéo-articulaire
- Evolution rapide et défavorable, ischémie sévère, gangrène
- Déséquilibre métabolique et/ou nécessité d’une antibiothérapie intraveineuse ou d’un geste
chirurgical.
Un prélèvement bactériologique est indiqué dans les pieds infectés (à partir du grade 2), Il peut
s’agir d’un écouvillonnage de la plaie superficiel ou profond, d’une aspiration à l’aiguille en cas de
collection, de biopsie osseuse en cas d’ostéite ou encore d’hémocultures en cas de signes généraux.
Les marqueurs de l’inflammation (leucocytes, VS, CRP) peuvent être nécessaires.
Une ostéite est probable s’il existe une exposition osseuse, une ancienneté de la plaie de plus de 4
semaines ou encore une plaie bien traitée (avec décharge stricte) ne cicatrisant pas. Elle doit être
recherchée à l’examen clinique par l’exploration au stylet. Les autres investigations pouvant être
nécessaires sont :
- La radiographie osseuse standard: qui doit être renouvelée si nécessaire.
56
- L’IRM ostéo-articulaire : plus performante, est souhaitable en cas de suspicion d’ostéite avec
radiographie standard normale.
- La TDM : son intérêt principal est la mise en évidence de petits séquestres osseux passés
inaperçus à la radiographie standard.
- La scintigraphie osseuse au technétium lorsqu’elle est négative élimine le diagnostic (96).
▪ Traitement de l’infection :
Une antibiothérapie probabiliste (type amoxicilline-acide clavulanique/fluoroquinolones,
céphalosporine de 3ème génération…) couvrant les bactéries le plus fréquemment impliquées (cocci
gram positif, bacilles gram négatif ...) doit être démarrée dans les infections grade 3 et 4 dans l’attente
des prélèvements. La voie parentérale est à privilégier lors d’infections modérées à sévères. Certaines
molécules telles que les fluoroquinolones ont une excellente diffusion dans les tissus du pied diabétique
infecté. Si l’évolution est défavorable après 48 à 72 heures, il faut adapter l’antibiothérapie aux résultats
des cultures. Si aucun germe pathogène résistant n’a été mis en évidence, il faut vérifier l’éventualité
d’une extension de l’infection vers les tissus profonds, d’une ischémie tissulaire et/ou d’une absence de
décharge stricte d'appui. La durée optimale de l’antibiothérapie est controversée : 2 à 4 semaines selon
la sévérité de l’infection (Annexe 12).
En cas d’ostéite : le traitement peut être médical ou médico-chirurgical. Il est recommandé d’utiliser
une antibiothérapie à bonne diffusion osseuse (fluoroquinolones, acide fucidique…) durant 3 à 6 mois. Il
est essentiel d’administrer ces molécules en association vu le haut risque de résistance bactérienne
(Annexe 13). Concernant le traitement chirurgical, la chirurgie osseuse conservatrice (ostéotectomie) est
très efficace si elle est entourée d’une antibiothérapie bien conduite. L’amputation doit rester de dernier
recours.
▪ Traitement local :
- Soins locaux :Ils sont préférentiellement faits au sérum physiologique avec lavage abondant (la
Bétadine et l’éosine sont à éviter) ; l’eau oxygénée peut être utilisée diluée au 1/10ème en cas de
suspicion d’anaérobie. Il est nécessaire de changer les pansements quotidiennement ; dans les plaies
infectées, les pansements adhésifs ou occlusifs sont à proscrire (pansements à l’argent ou pansements à
base d’alginates peuvent être proposés). Il faut également choisir le type de pansement en fonction des
étapes de cicatrisation : phase de détersion : alginates, hydrofibres ; phase de bourgeonnement : hydro
colloïde, hydrocellulaire ; phase d’épidermisation : pansements interface.
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- Décharge du pied :C’est une mesure indispensable, plusieurs stratégies peuvent être adaptées :
fauteuil roulant en cas d’atteinte bilatérale, bottes de décharge (botte plâtrée ou amovible), chaussures de
décharge : la chaussure de Barouk décharge l’avant-pied, la chaussure Sanital décharge l’arrière pied.
L’usage des béquilles peut s’avérer utile en l’absence de moyens de décharge plus adéquats.
La prévention du pied diabétique doit être associée à une éducation et un suivi spécialisés (B) :
- Chez les patients sans critère de risque : les soins de pieds doivent être réguliers, en limant et non en
coupant les ongles, en choisissant des chaussures confortables et adaptées, et en consultant rapidement
au moindre problème.
En plus des approches comportementales et médicales, divers types de chirurgie pratiquée sur l'appareil
digestif, développés initialement pour le traitement de l'obésité morbide «chirurgie bariatrique»,
constituent des alternatives efficaces qui permettent d'améliorer le diabète des patients souffrant
d'obésité sévère.
XV-1-1-Physiopathologie
L’obésité est le principal facteur de risque modifiable du diabète de type 2 (DT2). L'incidence du DT 2 est
environ trois fois plus élevée chez les sujets obèses que chez les sujets non obèses. 50 à 80 % des
sujets atteints de DT 2 sont obèses. Mais le lien de causalité entre obésité et le DT2 demeure complexe
Le DT2 est précédé d’une très longue période d’intolérance au glucose, préparant le haut risque
cardiovasculaire avant même l’émergence d’une hyperglycémie franche: cette période définit le
syndrome métabolique. Ce dernier est une complication directe de l'obésité viscérale, devenue fréquente
à cause du mode de vie «occidental».
Le tissu adipeux est le tissu préférentiel pour le stockage et la mobilisation des lipides. Moins sensibles à
l’action anti-lipolytique de l’insuline les adipocytes sont en cas d’obésité viscérale le siège d’une lipolyse
accrue. L’élévation du flux portal des acides gras libres (AGL) qui en résulte entraîne un état
58
d’insulinorésistance et d’inflammation chronique de bas grade qui sont les principaux processus
susceptibles d’expliquer les différentes composantes du syndrome métabolique et notamment le DT2.
L’hyperglycémie chronique est responsable d’une glucotoxicité des cellules béta de Langerhans à
l’origine d’une insulinopénie qui s’installe après une phase initiale d’hyperinsulinisme.
XV-1-2-Chirurgie bariatrique
La chirurgie bariatrique, appelée aussi chirurgie métabolique, est de plus en plus employée pour la
gestion de l’obésité et la prise en charge des co-morbidités du surpoids ; parmi celles-ci, un diabète de
type 2 réfractaire à l’escalade thérapeutique (97) (A).
Les techniques de chirurgie bariatrique employées sont classées en deux grandes familles:
1- les techniques restrictives pures : limitent le volume des aliments ingérés par réduction de la
capacité [Link] interventions existent :
Gastroplastie verticale calibrée ; consiste en la réalisation d’une poche gastrique réduite par agrafage
vertical le long de la petite courbure et communiquant avec le reste de l’estomac par un petit chenal
calibré par une bande prothétique.
Anneau de gastroplastie ajustable ; consiste à serrer l’estomac à sa partie supérieure par un anneau
rempli d’eau stérile relié à un boîtier sous-cutané.
Sleeve gastrectomy (gastrectomie en gouttière) ; consiste en une gastrectomie partielle le long de la
petite courbure sans interrompre la continuité digestive, préservant le plus souvent l’intégralité de l’antre.
2. Les techniques mixtes restrictives et malabsorptives : sont basées sur le double principe de
réduction du volume gastrique et de la réalisation d’un circuit intestinal qui court-circuite les sécrétions
pancréatiques exocrines, en plus d’une modification de la sécrétion de certaines hormones intestinales
telle que la ghréline et les incrétines.
a- By Pass gastrique ‘GBP’ (Le court-circuit gastrique) ; associe une restriction gastrique à une
malabsorption induite par le court-circuit d’une portion d’environ 150 cm d’intestin grêle. Le
cloisonnement de l’estomac est réalisé par section/agrafage le long de la petite courbure gastrique
réalisant ainsi une poche gastrique proximale d’environ 30 ml.
Le GBP est aujourd’hui la technique chirurgicale la plus utilisée.
XV-1-2-2- Indications
Elle peut être proposée chez tout diabétique avec BMI sup à 35 kg/m2, notamment lorsque le diabète
et/ou les comorbidités associées sont difficilement contrôlés par les règles hygiéno-diététiques et le
traitement médicamenteux.
La présence d’une maladie coronarienne avérée, d’une néphropathie avancée, d’un trouble du
comportement alimentaire, d’un problème d’éthylisme, d’une affection psychiatrique non-contrôlée, ainsi
que le manque de soutien social, de motivation ou de compréhension des risques et bénéfices de la
procédure devraient par contre décourager le recours à ce type de chirurgie (97, 98, 99).
XV-1-2-3- Bénéfices
- Effet antidiabétique
Plusieurs facteurs prédictifs de la rémission du diabète de type 2 en réponse à la chirurgie bariatrique ont
été identifiés. Ainsi, la probabilité de rémission est d’autant plus élevée que :
- La durée d’évolution du diabète est courte, soit moins de cinq ans. La présence de
complications diabétiques est considérée comme un indicateur de longue durée du diabète.
- L’équilibre glycémique (HbA1c) de départ est meilleur
59
- La technique chirurgicale utilisée a un effet mixte restrictif et malabsorptif (dérivation bilio-
pancréatique et GBP)(100, 101) (A).
- La distribution du tissu adipeux est gynoïde.
- La chirurgie bariatrique peut non seulement induire la rémission du diabète sucré, mais elle peut
aussi le prévenir (102) (B).
- Autres bénéfices
XV-1-2-4- Complications
La mortalité de la chirurgie bariatrique est de 0.3 %. Ce taux de mortalité est équivalent à celle de la
cholécystectomie.
Les déficiences nutritionnelles (protéines, fer, vit. B12, acide folique, calcium, vitamines
liposolubles) sont rares avec l’anneau, plus fréquentes avec le GBP, et la règle avec la dérivation
biliopancréatique. Une supplémentation de micronutriments est dès lors souvent nécessaire (106) (B).
La prévalence du diabète de type 2 chez l'enfant et l’adolescent s’est considérablement accrue au cours
des dernières années, en rapport avec l’augmentation de la prévalence de l’obésité et de
l’insulinorésistance qui en découle (109, 110, 111).
- Obésité infantile avec BMI au delà de 85ème percentile pour l’âge et le sexe ou un excès
de poids supérieur à 120% pour la taille
- Associée à deux facteurs de risque parmi :
• une histoire familiale de diabète de type 2 au premier ou au second degré
• des signes ou un terrain d’insulinorésistance: acanthosis nigricans, HTA, dyslipidémie,
syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), petit poids de naissance
• une histoire maternelle de diabète ou de diabète gestationnel relative à la grossesse de l’enfant
en question
Ce dépistage est justifié à partir de 10 ans ou à la puberté si celle ci est précoce. Il doit être répété tous
les 3 ans.
XV-2-2-Clinique
- Le diabète de type 2 survient surtout à l’adolescence et les filles sont plus touchées que les garçons
- Souvent asymptomatique, il peut être découvert fortuitement lors d’examens biologiques chez des
enfants obèses ou en surpoids, ou plus rarement à l’occasion d’une céto-acidose (112).
- Un acanthosis nigricans est très souvent observé dès la première consultation chez l’enfant.
XV-2-3-Diagnostic
- Les critères diagnostiques du diabète sont les mêmes que chez l’adulte
- Si le diagnostic de diabète est en général aisé, la distinction entre diabète de type 1 et diabète de type 2
peut être difficile devant un diabète de type 2 avec obésité et acanthosis nigricans, associé à la présence
d’auto-antigène et de cétose (112).
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XV-2-4-Prise en charge(107, 108, 113)
- La prise en charge nutritionnelle est la première étape du traitement et vise la réduction pondérale des
enfants obèses.
- Si les objectifs glycémiques (glycémie à jeun < 126 mg/dl et hémoglobine glyquée < 7 %) ne sont pas
atteints au bout de 3 mois, le recours à un antidiabétique oral est justifié. La metformine est en principe
recommandée et peut être utilisée chez les enfants au delà de 10 ans.
- Les patients qui présentent une céto-acidose ou un déséquilibre glycémique franc (hyperglycémie avec
début de cétose) devraient bénéficier d’un traitement par insuline. Après stabilisation, le traitement oral
sera repris ou initié et l’insuline arrêtée graduellement.
- Il importe de tenir compte des problèmes spécifiques liés à l’obésité : apnée du sommeil, stéatose
hépatique, complications ostéoarticulaires, problèmes psychosociaux, etc..
La surveillance :
- L’autosurveillance glycémique sera adaptée à chaque patient en fonction du traitement
prescrit.
- L’HbA1C est à surveiller tous les 3 mois avec un objectif <7%
- La surveillance des complications dégénératives doit débuter dès le diagnostic du diabète
Prévention:
- La prévention primaire passe par celle de l’obésité avec modification des habitudes alimentaires et du
mode de vie (lutte contre la sédentarité)
- De même, la prévention et la prise en charge précoce et optimale de l’ensemble des facteurs de risque
associés sont des éléments clés pour améliorer le pronostic de ces enfants/adolescents.
- En prévention secondaire, les programmes d’intervention sur le mode de vie ont fait la preuve de leur
efficacité chez l’adulte ; ils devraient être plus efficaces chez les enfants et en particulier les
préadolescents.
XV-3-Diabète et grossesse
Le nombre de femmes enceintes diabétiques va en augmentant du fait de l’âge tardif des grossesses et,
de l’augmentation à la fois de la prévalence de l’obésité et du diabète. Le diabète peut être négligé ou
méconnu avant la grossesse.
Le diabète constitue une situation métabolique à risque pour l’enfant (embryo-foetopathie) et pour la mère
(retentissement maternel de la grossesse).
La consultation préconceptionnelle est un élément capital permettant d'optimiser la prise en charge des
femmes diabétiques enceintes. Elle a pour objectifs principaux l’information et l’éducation des patientes
et leur sensibilisation vis-à-vis des risques qu’elles présentent et de l’intérêt d’un bon suivi de leurs
grossesses.
61
Il est habituel de conseiller une période d’optimisation de trois mois avant d’autoriser la grossesse si les
objectifs glycémiques sont atteints.
Les femmes en âge de procréation qui sont atteintes de diabète de type 2 doivent:
Utiliser une méthode de contraception fiable si elles sont sexuellement actives et si le contrôle
de la glycémie n’est pas optimal
Recevoir des conseils sur la nécessité de la planification de la grossesse, dont l’importance d’un
bon contrôle de la glycémie et le besoin de cesser de prendre des médicaments qui peuvent
causer une embryopathie avant la grossesse.
- Arrêt des antidiabétiques oraux et mise sous insuline(Accord professionnel) (114, 116)
62
- Plan des consultations diabétologiques : il faut une consultation initiale tous les 15 jours, puis à
adapter à chaque patiente en fonction de l’équilibre glycémique et des complications présentes
(Accord professionnel).
La rétinopathie :
La néphropathie :
La coronaropathie :
- La glycémie fœtale est corrélée à la glycémie maternelle, ce qui conduit à un hyperinsulinisme fœtal
- Le risque de macrosomie fœtale est élevé. La macrosomie prédomine sur l’extrémité supérieure du
tronc avec une augmentation significative du périmètre scapulaire à l’origine des difficultés
obstétricales dont la plus grave est la dystocie des épaules
- La mortalité in utero et périnatale sont plus fréquentes, surtout en cas de diabète mal équilibré.
63
- Les infections urinaires sont plus fréquentes
- L’HTA gravidique survient dans 25 à 30% des cas avec un risque de pré éclampsie. Ce risque est
d’autant plus augmenté qu’il existe une rétinopathie et une néphropathie.
a. Essayer d’atteindre les objectifs glycémiques suivants: glycémies inférieures à 0.95 g/L en
pré-prandial et 1.20 g/L à 2h en post-prandial.
b. Mesurer leur glycémie pré-et postprandiale (4 fois par jour ou plus au besoin) pour
atteindre les objectifs glycémiques et améliorer l’issue de la grossesse (C) (114).
c. Recevoir des conseils sur la nutrition d’une diététiste qui fait partie de l’équipe de soins
diabétologiques, tant pendant la grossesse (C) (114) que dans le postpartum. Les
recommandations pour la prise de poids pendant la grossesse doivent être fondées sur l’indice
de masse corporelle (IMC) avant la grossesse (Accord professionnel) (114).
Le régime alimentaire de la femme diabétique enceinte doit être adapté afin de faciliter l’équilibre
glycémique, de réduire au maximum la lipolyse génératrice de corps cétoniques et d’assurer les
apports énergétiques souhaitables 1800 à 2000 Kcal/j répartis en six prises quotidiennes, dont
une souhaitable au coucher pour réduire la période de jeûne nocturne (116).
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- Une échocardiographie fœtale sera réalisée vers 24 SA pour la recherche anténatale d’une
myocardiopathie hypertrophique.
XV-3-6- L’accouchement
Passer l’insuline au pousse seringue électrique (PSE) (diviser par 24 la dose totale
journalière reçue pour obtenir le débit de base initial) + perfusion avec du SG10% à raison de
2 litres/j.
Glycémie capillaire toutes les heures avec adaptation du débit du PSE selon le protocole
habituel.
XV-3-7-1-Risque néonatal
La principale complication est l’hypoglycémie néonatale, définie par une glycémie inférieure à
0.40 g/l. En général asymptomatique et précoce, dés les premières heures de vie.
65
Les glycémies seront contrôlées une heure après l’allaitement et ce jusqu’à la régulation des
glycémies (objectif: Glycémie >0.40g/l).
Caractérisé par une chute brutale des besoins en insuline. C’est une période très instable
concernant le contrôle glycémique.
Il faut encourager toutes les femmes à allaiter, car l’allaitement peut réduire le risque
d’obésité chez l’enfant, surtout quand la mère est obèse.
XV-4-Diabète gestationnel
XV-4-1-Définition
Le diabète gestationnel (DG) est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de
sévérité variable, diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.
Les femmes présentant au moins un des facteurs de risque suivant (A) (119) :
- Antécédents de diabète chez un ou plusieurs apparentés au 1er degré
- Antécédents personnels de diabète gestationnel.
- Surcharge pondérale avec IMC supérieur ou égal à 25 kg/m².
- Age ≥ 35 ans.
- Antécédents obstétricaux : infections urinaires à répétition, macrosomie, mort in utero ou
néonatale, malformation, plus de 2 avortements, hydramnios inexpliqué.
XV-4-3-Quand et comment ?
XV-4-3-1-Lors de la première consultation prénatale (au 1er trimestre) (B) (119)chez une patiente à
risque :
La glycémie à jeun :
- Si ≥ 1,26 g/l (7 mmol/l) : diagnostic de diabète de type 2
- Si ≥ 0,92 g/l (5.1 mmol/l) et ≤ 1,25 g/l : diagnostic de diabète gestationnel
Si diagnostic de diabète (gestationnel ou de type 2) par cette glycémie à jeun, il n’y a pas besoin de faire
ème
de test au 2 trimestre.
XV-4-3-2- Au 2ème trimestre, entre 24 et 28 SA, chez une patiente à risque en l’absence de
glycémie à jeun faite en début de grossesse ou si cette glycémie était normale : une HGPO avec
75g de glucose est réalisée avec dosages de la glycémie à jeun, après 1h puis après 2h(B) (119).
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Glycémie A jeun 1 heure 2 heures
≥ 0,92 g/l ≥ 1,80 g/l ≥ 1, 53 g/l
Valeur anormale si
≥5.1 mmol/l ≥ 10,0 mmol/l ≥ 8,5 mmol/l
Le diagnostic de diabète gestationnel est retenu si au moins une valeur glycémique est anormale
parmi les 3 mesurées.
Le DG est exclu si les 3 valeurs sont normales et le dépistage ne sera pas répété.
XV-4-3-3- Au 3ème trimestre, chez les femmes à risque et qui n’ont pas eu de dépistage pendant la
grossesse :
Une glycémie à jeun au minimum doit être réalisée (B) (119).
XV-4-4-Conduite à tenir:
Compte tenu des risques de complications materno-fœtales, il est nécessaire de traiter le diabète
gestationnel, même dans ses formes modérées.
XV-4-4-3- Insulinothérapie
Indications :
- Si le régime ne suffit pas à obtenir les objectifs glycémiques fixés pendant 7 à 10 jours, une
insulinothérapie doit être instaurée (A) (119), les antidiabétiques oraux n’ayant pas l’AMM pendant la
grossesse.
L'insulinothérapie est de mise, d'emblée, si la glycémie à jeun est supérieure à 1,30 g/l.
Plusieurs schémas thérapeutiques peuvent être utilisés :
- Insuline rapide ou ultra-rapide : 1 à 3 injections avant les repas. On commence par 4 unités en moyenne
avec augmentation progressive selon les glycémies 2 heures après le repas.
- Insuline intermédiaire : 1 injection au coucher. On commence par 4-6 unités en moyenne avec
augmentation progressive selon la glycémie à jeun du matin.
- Pour les analogues d’action lente : attendre l’AMM qui est en cours d’obtention.
- Il n’existe pas de données évaluant la pompe à infusion sous-cutanée d’insuline dans le traitement du
DG.
L’ASG est recommandée entre 4 et 6 fois par jour (au moins une fois à jeun et deux heures après les
repas selon le traitement - diététique ou insuline - et l’équilibre obtenu (Accord professionnel) (119).
Si les objectifs glycémiques sont atteints on réduit la surveillance selon les valeurs (3 à 4 fois/jour).
67
XV-4-6- En cas de corticothérapie anténatale
La maturation pulmonaire fœtale par glucocorticoïdes peut être réalisée :
- sous couvert d’une surveillance glycémique 6 fois par jour : en préprandial et 2h après le début
de chaque repas.
- et d’une insulinothérapie si 3 jours après le début de la corticothérapie, les glycémies capillaires
à jeun restent supérieures à 1.10 g/L et/ou si les glycémies capillaires postprandiales (2h après le début
du repas) restent supérieures à 1.50 g/L (8,5 mmol/l).
Si un dépistage du diabète gestationnel est indiqué, le test de dépistage sera réalisé plusieurs jours (une
semaine à 10 jours) après la dernière injection de glucocorticoïdes.
En cas de diabète gestationnel équilibré (c'est-à-dire si moins de 10% des glycémies dépassent les
taux limites), avec régime seul ou avec insulinothérapie, sans autre facteur de risque et sans
ème
retentissement fœtal (biométrie < 97 percentile, pas d’hydramnios) :
- Pas de suivi clinique différent des autres grossesses
- L’enregistrement du RCF n’a pas d’utilité démontrée en cas de diabète gestationnel bien équilibré
- Une échographie supplémentaire en fin de grossesse (vers 36 SA) peut être proposée avec
biométrie fœtale et index de liquide amniotique. La recherche d’une hypertrophie myocardique fœtale
n’a pas d’utilité démontrée, tout comme la réalisation systématique de doppler ombilical en l’absence
de retard de croissance ou d’hypertension artérielle associée
- Le dépassement de terme est possible.
Si présence de facteurs de risque surajoutés au diabète gestationnel (obésité, mauvais équilibre
glycémique, hypertension artérielle chronique, macrosomie > 97ème percentile) ou si diabète de type
2 découvert pendant la grossesse, il est recommandé de discuter des modalités et de la voie de
l’accouchement avec l’équipe obstétricale.
Jusqu’à 32 SA :
- Si les glycémies sont correctes : consultations prénatales et diabétologiques mensuelles ou
bimensuelles + échographies mensuelles
- Si déséquilibre glycémique : consultation spécialisée +/- hospitalisation
A partir de 32 SA :
- Consultations prénatales mensuelles
- Consultations échographiques mensuelles (circonférence abdominale++)
- Si déséquilibre glycémique : hospitaliser la patiente pour prise en charge multidisciplinaire
(diabétologue, réanimateur, obstétricien)
- En cas d’hospitalisation, surveillance du RCF une fois/jour
- L’objectif principal est d’éviter la dystocie des épaules sans pour autant entraîner d’interventions inutiles
et iatrogènes.
- Les indications éventuelles d’une césarienne ou d’un déclenchement artificiel du travail seront discutées
au cas par cas en fonction des antécédents obstétricaux, de l’équilibre glycémique, de l’estimation de
poids fœtal, et des procédures de l’équipe obstétricale.
- En cas de diabète gestationnel, la naissance peut avoir lieu dans tous les types de maternité (sauf en
cas de prématurité, de malformation grave ou d’anomalie majeure de la croissance fœtale).
- Si le diabète gestationnel est bien équilibré sous régime ou insuline l’accouchement sera identique à
celui d’une grossesse normale.
- Si présence de facteurs de risque surajoutés au diabète gestationnel (obésité, mauvais équilibre
glycémique, hypertension artérielle chronique) ou de diabète de type 2 découvert pendant la grossesse
on essaye d’atteindre 39 SA.
- En cas de macrosomie, une césarienne à 39 SA est recommandée si le poids fœtal estimé est > 4500
g.
- Si diabète gestationnel et antécédent de césarienne : pas de césarienne itérative systématique.
En cas d’acceptation de la voie basse, la surveillance du travail ne nécessite pas de surveillance
spécifique.
- Une insulinothérapie systématique pendant le travail peut être responsable d’hypoglycémie maternelle
et n’est pas recommandée.
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- Pour les patientes traitées par de fortes doses d’insuline, une concertation préalable avec le
diabétologue est recommandée pour décider de la prise en charge pendant le travail.
XV-4-9-Post-partum
- Auto-surveillance des glycémies : 6 fois par jour, en préprandial et 2h après le début de chaque repas
pendant 48h avec reprise rapide de l’alimentation après une césarienne (2-3h après la sortie de la salle
de réveil)
- Le dépistage du DT2 est recommandé lors de la consultation d’Endocrinologie à 3 mois, lors d’une
nouvelle consultation préconceptionnelle puis tous les trois ans, selon les facteurs de risque.
- En l’absence de facteurs de risque en plus du diabète gestationnel : une contraception orale est
autorisée (120).
- Si obésité, HTA ou dyslipidémie, préférer une contraception sans impact cardiovasculaire comme le
dispositif intra utérin (Accord professionnel) (119).
• Augmentation de la prévalence du diabète chez les personnes âgées (au delà de 65 ans) liée à
l‘augmentation mondiale du diabète et à l’allongement de l’espérance de vie : plus de 10% des
sujets âgés sont diabétiques
• Symptomatologie atypique (absence de syndrome polyuropolydipsique)
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• Augmentation du risque hypoglycémique lié à la polymédication (AINS, AVK, fibrates,
neuroleptiques,..), au manque d’appétit et qui peut évoquer une démence
• Augmentation du risque de coma hyperosmolaire (infections, déshydratation, diurétiques,
corticothérapie, AVC, IDM …)
• Les complications macroangiopathiques sont plus fréquentes avec le caractère souvent
silencieux de la cardiopathie ischémique
• Les complications microangiopathiques sont aggravées par l’athérosclérose diffuse et avancée
liée à l’âge. Elles concernent l’œil (maculopathie, glaucome, cataracte..), le rein
(néphroangiosclérose associée d’où l’intérêt de la MDRD), le système nerveux périphérique
(formes hyperalgiques et cachectisantes) et le système nerveux autonome (hypotension
orthostatique avec risque de chute, vessie neurogène, …).
• Les complications podologiques (artériopathie et neuropathie associées aux troubles statiques)
et infectieuses (ORL, urinaires, osseuses, bucco-dentaires…. ) sont fréquentes et menaçantes.
XV-5-2-Prise en charge
• Les mêmes critères de diagnostic du diabète sont retenus dans le cas du sujet âgé.
• En cas de diagnostic récent, confirmer le diabète à distance de tout stress (hyperglycémie
transitoire)
• Rechercher les comorbidités (dysthyroidie, néoplasies…)
• Apprécier l’état nutritionnel, rénal et ophtalmologique
• Apprécier le degré d’autonomie, l’état mental et les conditions sociales…
• Apprécier l’espérance de vie
XV-5-2-2-Conseils nutritionnels
- Adopter les mêmes règles diététiques avec respect d’un apport de 30 Kcal/kg/j
- Faire attention à la dénutrition, notamment au delà de 75 ans
- Rechercher une dénutrition protéino-énergétique masquée par l’obésité
- Boire même sans soif : apport hydrique de 1,5 litre d’eau par jour en moyenne
- Déconseiller la restriction sodée abusive
- Assurer un apport en vitamine D (800 UI/j ou 100 000 U/ 4 mois) et en calcium (1200 mg/j)
- Respecter la convivialité des repas et les goûts du patient.
XV-5-2-3-Activité physique
Elle doit être adaptée à l’âge et aux comorbidités.
XV-5-2-4-Antidiabétiques oraux
Les antidiabétiques peuvent être utilisés chez le diabétique âgé avec les mêmes indications et contre
indications que chez le sujet jeune. Néanmoins, certaines précautions doivent être prises compte tenu du
terrain et il importe de débuter toujours par de faibles doses.
70
- La metformine reste indiquée en première intention
- Les sulfamides à demi-vie courte (risque d’hypoglycémie moindre) sont à privilégier
- Les glinides ne sont pas recommandés au delà de 75 ans
- L’acarbose peut être utilisée jusqu’à une clearance rénale de 25 ml/mn
- Les incrétinomimétiques (inhibiteurs de la DPP-4 et analogues du GLP1) n’ont pas le recul
suffisant
XV-5-2-5-Insulinothérapie
• L’insulinothérapie peut être utilisée selon les mêmes indications que chez le sujet jeune en tenant
compte des conditions de vie du patient (présence d’un accompagnant) et des capacités du
patient (visuelle, mentale et motrice)
• Privilégier l’usage de l’insuline en stylos
• Recourir selon les cas aux différents schémas d’insulinothérapie (bed time, basal, basal plus,
prémix, basal/bolus)
• Préférer le schéma le plus simple et le moins contraignant
• Adapter et surveiller le traitement pour réduire le risque d’hypoglycémie
• Associer ou maintenir les antidiabétiques oraux si nécessaire et en absence de contre
indications.
Le diabète est l’atteinte endocrinienne la plus fréquente en milieu chirurgical. Dans l’enquête INSERM sur
les complications de l’anesthésie 2,03% des opérés étaient des diabétiques dont les trois quarts (1,46%)
sont de type 2.
La prise en charge périopératoire du diabétique de type 2 comporte par conséquent un premier grand
volet consacré à l’évaluation préopératoire du risque lié aux complications dégénératives et à leurs
implications anesthésiques, et un deuxième volet inhérent à la gestion des antidiabétiques oraux et aux
modalités du contrôle glycémique en périopératoire(125).
71
XVI-1-2- Implications anesthésiques
Le risque coronarien impose la réalisation systématique d’un ECG en préopératoire quelle que soit le
type de chirurgie.
L’existence d’une rétinopathie au FO doit faire pratiquer une échographie doppler cardiaque.
En fonction des données cliniques et échocardiographiques, la réalisation d’autres explorations à visée
coronarienne doit être large avant une chirurgie majeure, vasculaire, abdominale ou thoracique.
L’hypertension artérielle nécessite un contrôle parfait en préopératoire surtout si elle est associée à une
neuropathie [Link] dernière doit être systématiquement recherchée. Son existence
impose : une technique d’anesthésie adaptée à l’estomac plein, l’interdiction du sondage vésicale sans
nécessité absolue, un monitorage électrocardioscopique et de la pression artérielle rigoureux, voire pour
celle-ci un monitorage invasif en cas de chirurgie majeure.
Globalement l’anesthésie locorégionale quand elle est compatible avec le type de chirurgie doit être
privilégiée car elle offre plusieurs avantages : la conscience est conservée ce qui permet la détection
rapide d’une hypoglycémie, elle permet une reprise plus précoce de l’alimentation, elle attenue les
réponses neuroendocriniennes au stress, elle réduit les nausées et les vomissements postopératoires,
ainsiqu’elle permet d’éviter les risques d’une intubation potentiellement difficile ou ceux liés à un estomac
plein en cas de gastropathie dysautonomique.
La dysautonomie cardiovasculaire n’est pas une contre indication aux anesthésies périmédullaires, mais
elle impose une surveillance hémodynamique stricte.
En revanche ce type d’anesthésie doit être évité en cas de neuropathie sensitivomotrice en raison du
risque d’aggravation de celle-ci (toxicité des anesthésiques locaux) et des litiges médico-légaux après
l’intervention.
Le contrôle glycémique périopératoire doit être intégré dans une stratégie globale de contrôle de la
glycémie chez des malades hospitalisés et notamment dans les situations de stress.
Au cours de l’intervention chirurgicale, il est recommandé de maintenir la glycémie entre 1,2 et 2g/l, et
l’objectif d’une glycémie inférieure à 2g/l parait suffisant dans la plupart des cas (Accord professionnel).
72
En revanche, en présence d’une neuropathie périphérique, en cas d’AVC ischémique, au cours d’un
pontage aorto-coronarien, de neurochirurgie médullaire ou cérébrale, ou de chirurgie avec interruption
momentanée de la circulation cérébrale, la marge de tolérance est plus étroite et la glycémie sera
maintenue entre 1,1 et 1,2g/l.
L’hyperglycémie dans ces cas risque d’aggraver les lésions neurologiques préexistantes ou les lésions
d’ischémie aiguë.Il en est de même au cours de l’accouchement en raison du risque de l’hypoglycémie
chez le nouveau né.
b) Chirurgie mineure
Reprise de la metformine 48h après l’acte radiologique ou de chirurgie mineure
Contrôle glycémique
o Technique du «pas d’insuline-pas de glucose» = mise en place d’une perfusion de sérum physiologique et
surveillance de la glycémie capillaire et correction par des petits bolus de 3 à 5 UI en IVD
o Prise du sulfamide du matin et glucose en perfusion (125ml/h de G5%)
o Reprise de l’alimentation per os le plus rapidement possible avec le traitement habituel.
Il est établi que la co-morbidité psychologique est prévalente chez les personnes atteintes de diabète, ce
qui a un impact négatif sur le bien-être, la prise en charge autonome et le contrôle glycémique (C).
Pourtant, peu de progrès ont été réalisés dans la pratique clinique. Des études récentes, notamment
l'étude DAWN (Diabetes Attitudes, Wishes and Needs), indiquent que, d'une façon générale, le soutien
psychologique est inadéquat tant chez les adultes que chez les enfants atteints de diabète (126).
73
- Etant donné l'impact des problèmes psychosociaux sur les personnes atteintes de diabète, il est
important que la question soit sérieusement prise en compte dans les directives nationales. Dans ce
contexte, une attention devrait également être accordée aux barrières pratiques à une prise en charge
psychologique adéquate, comme celle de la pénurie de psychologues spécialisés en diabète.
- La plupart des directives pour la gestion du diabète recommandent une évaluation régulière de l'état
psychologique des personnes atteintes de diabète à des moments précis, par exemple au moment du
diagnostic et au cours des contrôles annuels (Accord professionnel).
- Les services de soins de santé devraient offrir un soutien psychologique explicite tout au long du
parcours du patient et suivre les résultats de la prise en charge (Accord professionnel).
- Lorsque le diabète a un impact négatif sur le bien-être psychologique des proches, la prise en charge
psychologique ne devrait pas se concentrer uniquement sur la personne atteinte.
- Les problèmes psychologiques mentionnés dans les directives pour la prise en charge du diabétique
sont : la dépression, les troubles alimentaires, l'angoisse, le refus de l’insulinothérapie, les problèmes
d'adaptation, les troubles comportementaux et cognitifs et les problèmes sexuels (127).
La dépression est courante chez les personnes atteintes de diabète et malheureusement souvent mal
diagnostiquée. Plus de 75% des cas ne seraient pas détectés(128). Ceci est expliqué par le fait que les
problèmes psychologiques sont souvent perçus comme secondaires tant par la personne concernée que
par le prestataire de soins.
La présence d’au moins cinq symptômes pratiquement chaque jour depuis 2 semaines, parmi les
suivants :
- Etat dépressif
- Manque d’intérêt pour les activités quotidiennes
- Perte/gain de poids important ou perte d’appétit
- Insomnie ou hypersomnie
- Agitation psychomotrice ou retard psychomoteur
- Fatigue ou perte d’énergie
- Sentiment d’inutilité/culpabilité
- Difficultés de concentration/de prise de décision
- Pensées récurrentes liées à la mort ou au suicide
Etant donné la forte prévalence de la dépression chez les personnes atteintes de diabète, il est
actuellement recommandé que les personnes atteintes de diabète fassent l'objet d'un dépistage et, le cas
échéant, d'un traitement pour trouble dépressif majeur(130). Il est fortement recommandé que les
équipes responsables des soins du diabète soient multidisciplinaires et incluent notamment un spécialiste
de la santé mentale intéressé par le diabète.
74
XVI-3- Préventions des accidents liés aux produits de contraste iodés
Le diabète ne constitue pas une contre-indication à la réalisation des examens nécessitant l’injection de
produits de contraste iodés.
Risques
- le jeûne expose aux accidents hypoglycémiques.
-Les facteurs de risque les plus fréquents de la néphropathie aux produits de contraste iodés sont : une
élévation de la créatinine, une déshydratation, une insuffisance cardiaque congestive, un âge > 70 ans,
une administration concomitante d’un médicament néphrotoxique (131).
- la metformine expose au risque d'acidose lactique par diminution de sa clairance rénale en cas de
néphropathie induite par le produit de contraste iodé.
1- Disposer d’un dosage de la créatinine plasmatique(131) (datant de moins de 3 mois ou plus récent
si événement intercurrent) et préciser la clairance de la créatinine (MDRD préférée chez les sujets âgés
et les obèses).
- Si nécessité de répéter les examens, attendre 3 jours au minimum et au mieux 10 jours entre 2
injections de produits de contraste iodés.
- Pour les patients sous insulinosécréteurs : le traitement est conservé mais ne doit pas être pris avant
l’examen.
Il est recommandé d’intensifier la surveillance de la glycémie capillaire, au vu des risques
d’hypoglycémie, notamment en relation avec une éventuelle insuffisance rénale.
- Chez les patients sous insuline :
L'insulinothérapie ne doit pas être arrêtée. Elle doit être adaptée en fonction de la nécessité ou non du
jeûne et du schéma utilisé.
L'examen doit être réalisé à jeun le matin si possible, avec perfusion de sérum glucosé isotonique si
nécessaire.
75
Il convient de respecter un certain nombre de précautions :
- si le taux de créatinine sanguine est supérieur à 22 mg/l (200 µmol/ml) ou si la clairance de la créatinine
est inférieure à 30 ml/mn :
- il faut à priori récuser l'indication d'injection et s'orienter vers une technique d'examen alternative en accord
avec le radiologue
- ou à défaut limiter la quantité de PCI injectée à la dose minimale nécessaire et d’utiliser si possible des
produits de contraste de faible osmolalité
- Se concerter avec le néphrologue si l'injection iodée reste indispensable.
- Après l'examen, un dosage sanguin de la créatinine est indispensable pour vérifier la fonction rénale.
- Il est conseillé d'arrêter les médicaments néphrotoxiques, notamment les anti-inflammatoires non
stéroïdiens.
- Il faut maintenir une hydratation importante et on préconise de boire 2 litres d'eau riche en sodium et en
bicarbonate 24 heures avant et après l'examen, ou perfusion de sérum salé isotonique.
- En cas d'hémodialyse ou de dialyse péritonéale, l'examen radiologique est programmé
indépendamment des séances de dialyse et il n'est pas nécessaire de prévoir une séance de dialyse
supplémentaire sauf indication spécifique du néphrologue.
Lorsqu’elle est indispensable, la corticothérapie peut être instaurée chez le patient diabétique. Dans ce
cas, il est impératif d’adapter le traitement antidiabétique et de renforcer la surveillance durant toute la
période de traitement (Accord professionnel).
L’avis du diabétologue doit être sollicité avant le démarrage de la corticothérapie (Accord professionnel).
Le risque lié à la corticothérapie (déséquilibre franc du diabète, coma hyperosmolaire,..) augmente avec
l’âge, l’ancienneté du diabète, la présence des complications dégénératives, l’hypertension artérielle,
l’obésité.
A noter que la corticothérapie peut révéler ou aggraver un diabète jusqu’ici méconnu, notamment en cas
d’antécédents familiaux de diabète, d’obésité ou de diabète gestationnel.
76
- La poursuite du traitement oral ou son renforcement reste possible en l’absence de contre indications.
XVI-5-Diabète et Ramadan
Bien que la grande majorité des diabétiques soit dispensée du jeune et malgré les conseils médicaux, de
très nombreux diabétiques tiennent à jeuner (135).
Il faut rappeler que le jeune du mois de Ramadan peut faire courir des risques majeurs au diabétique.
• Hypoglycémie
• Hyperglycémie
• Déshydratation
• Décompensation d'autres pathologies (cardiaque, rénale, hépatique...)
• Acidocétose (surtout chez les diabétiques de type 1)
Tous les patients diabétiques de type 1 ne doivent pas jeûner (Accord professionnel).
Cependant, si le patient insiste malgré l’avis médical, il faut instaurer une auto surveillance glycémique
pluriquotidienne qui permettra de dissuader aisément le diabétique de jeuner.
XVI-5-3-2-Conditions physiologiques
a. Grossesse
b. Allaitement
77
d. Patients avec risque de formation de lithiases urinaires et avec infections urinaires fréquentes
e. Cancer
f. Maladies cardiovasculaires : infarctus du myocarde récent, angor instable
g. Conditions psychiatriques sévères
h. Dysfonctionnement hépatique (enzymes hépatiques > 2 fois la normale)
Les patients devraient surveiller leurs glycémies même pendant le jeûne afin de détecter
une hypo ou hyper glycémie infracliniques :
Les hypoglycémies infracliniques surviennent plus fréquemment 2 heures après le
Shour et 1 heure avant la rupture du jeûne
Les hyperglycémies infracliniques surviennent plus fréquemment 1 à 2 heures après la
rupture du jeûne
Si la glycémie est notée basse, le jeûne doit être interrompu
Si la glycémie s’élève à plus de 2,50 g/L, la présence de corps cétoniques dans les
urines doit être recherchée et solliciter un avis médical
Le diabète constitue un facteur de risque pour les pathologies parodontales, la xérostomie, la carie
dentaire, les infections bactériennes, virales et fongiques. Ces manifestations buccodentaires sont
plus fréquentes et plus sévères chez les patients présentant un mauvais contrôle glycémique.
En revanche, le sujet diabétique bien équilibré ne se distingue en rien d’un sujet non diabétique au
niveau de la cavité buccale.
XVI-6-1-Diabète et parodonte
Les parodontites correspondent à une atteinte inflammatoire irréversible avec destruction des
tissus de soutien de la dent, en particulier de l’os alvéolaire. Elles sont considérées comme la
sixième complication du diabète.
- Dépôt d’une plaque dentaire due à la raréfaction de la salive par déshydratation qui
accompagne l’hyperglycémie
78
- Apparition d’une gingivite qui peut évoluer vers la parodontite où la dent perd son
soutien et se déchausse
XVI-6-2-Diabète et dents
- Une augmentation de la fréquence et de la sévérité des lésions carieuses est observée chez les
diabétiques. Parmi les complications évolutives locorégionales de la carie dentaire, la cellulite
aiguë de la face, peut évoluer chez le diabétique mal équilibré, vers une atteinte diffuse et
nécrotique, accompagnée d'une altération majeure de l'état général. Les thrombophlébites crânio-
faciales sont les principales complications à craindre devant tout foyer infectieux de la face.
- Les complications du diabète touchent également les dents et la micro angiopathie retarde la
guérison des lésions.
XVI-6-3-Diabète et xérostomie
- Le diabète provoque une atteinte des glandes salivaires à l’origine d’une xérostomie. Celle ci peut
également être induite par les traitements médicamenteux ou par une déshydratation liée à la
polyurie. La xérostomie augmente le risque de caries, de candidoses et d’infections buccales. Elle
provoque une atrophie de la muqueuse buccale et favorise les lésions ulcéreuses.
- Un déséquilibre glycémique doit faire rechercher (et éradiquer) une infection silencieuse dentaire
(gingivite ou parodontite mal soignée).
- Il est nécessaire de revoir et d’adapter l’alimentation des patients en cours de traitement dentaire
et en particulier le cas des édentés.
XVI-6-4-Recommandations générales
- Une consultation annuelle chez le médecin dentiste est nécessaire, même en l’absence de toute
symptomatologie bucco-dentaire.
Aucune vaccination n'est contre-indiquée chez le diabétique. Elles sont même recommandées(137).
Néanmoins, il convient de choisir une période d'équilibre du diabète.
79
- En cas de voyage, il n’existe aucune contre-indication aux diverses vaccinations préconisées
- Le diabète n’empêche pas de recevoir une chimio prophylaxie antipaludéenne. Néanmoins, il faut
éviter les médicaments à base de chloroquine (Nivaquine) chez les personnes souffrant de
rétinopathie diabétique (problèmes vasculaires, en particulier au niveau de la rétine).
Le diabète n’a pas d'impact en général, sur la capacité d'un individu à faire un travail particulier,
et en fait un employeur peut même, ne pas savoir qu'un employé donné est atteint de diabète.
Toute personne souffrant de diabète, qu’elle soit insulinotraitée ou non devrait être admise à un
emploi pour lequel elle est par ailleurs qualifiée.
Des questions sont parfois soulevées par les employeurs au sujet de la sécurité et l'efficacité des
personnes atteintes de diabète dans un emploi donné.
Lorsque de telles questions sont soulevées légitimement, un médecin ayant une expertise dans
la prise en charge du diabète doit effectuer une évaluation individualisée; l’avis du médecin
traitant devrait toujours être inclus (Accord professionnel).
Les personnes atteintes de diabète doivent être évaluées individuellement pour un emploi sur la
base des exigences spécifiques de cet emploi, en tenant compte de leur état de santé de
l'individu, de leur traitement prescrit et de leurs antécédents médicaux(Accord professionnel).
L’évaluation pour l'emploi devrait être fondée sur des données médicales suffisantes et
appropriées et ne devrait jamais être fondée uniquement sur une partie des données(Accord
professionnel).
80
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87
Annexes
88
- IPDE5 : Inhibiteurs de la Phospho Diestérase de type 5
- IPS : Index de Pression Systolique
- IRC : insuffisance Rénale Chronique
- IRCT : Insuffisance Rénale Chronique Terminale
- IRM : Image par Résonnance Magnétique
- IVD : Intra Veineux Direct
- LDL-C : Low Density Lipoprotein Cholesterol
- MSV : Modifications du Style de Vie
- NFS : Numération Formule Sanguine
- ND : Néphropathie Diabétique
- OM : Œdème Maculaire
- OMS : Organisation Mondiale de la Santé
- PA : Pression Artérielle
- PAD : Pression Artérielle Diastolique
- PAS : Pression Artérielle Systolique
- PND : Poly Neuropathie Diabétique
- PSE : Pousse Seringue Electrique
- RCF : Rythme Cardiaque Fœtal
- RCIU : Retard de Croissance In Utero
- RCV : Risque Cardio-Vasculaire
- RD : Rétinopathie Diabétique
- SA : Semaine d’Aménorrhée
- SG : Sérum Glucosé
- SOPK : Syndrome des Ovaires Poly Kystiques
- TA : Tension artérielle
- TcPO2 : Pression d’Oxygène trans Cutanée
- TDM : Tomodensitométrie
- TG : Triglycérides
- TMN : Thérapie Médicale Nutritionnelle
- TSH : Thyreo Stimuline Hormon
89
Annexe 2 : Actes et prestations
1- Education thérapeutique
L’éducation thérapeutique fait désormais partie intégrante du traitement du diabète de type 2. Elle doit veiller à
l’implication du diabétique et de sa famille, en vue de bien comprendre la nécessité du traitement continu, la
maîtrise des gestes techniques et l’adaptation du mode de vie.
Elle comporte :
- une information, qui porte sur les thérapeutiques disponibles, les éventuels effets indésirables du
traitement reçu par le patient, la planification des examens de routine ou dedépistage des diverses complications
possibles;
- un apprentissage des gestes techniques (autosurveillanceglycémique, auto injection d’insuline) ;
- un apprentissage alimentaire et une prévention active contre la sédentarité qui représententdes
interventions irremplaçables à toutes les étapes de la prise en charge du diabète;
- la lutte contre les facteurs de risque : tabagisme, hypertension, hyperlipidémie…
Ces actions d’éducation thérapeutique requièrent le concours de différents professionnels de santé, qui peuvent
intervenir au moyen d’actes individuels auprès des patients ou par une éducation de groupe.
2- Vaccination
3- Examens Biologiques
4- Actes techniques
Actes Situations particulières
90
Annexe 3 : Listes des médicaments et des dispositifs médicaux
- Médicaments :
- Hypoglycémiants oraux
(Pour plus de détails, voir Annexe 5, page 92) : - Patients sous traitement oral
- Hypolipidémiants
(Pour plus de détails, voir Annexe 10 - page98) : - Patients sous hypolipidémiants
- Antihypertenseurs
(Pour plus de détails, voir Annexe 7 - page 94) : - Patients sous antihypertenseurs
- Médicaments de laneuropathie
(Pour plus de détails, voir tableau 4 - page 49) : - Patients sous traitement
91
Annexe 4 : Critères de dépistage de diabète chez les adultes
asymptomatiques
1. Les tests de dépistage devraient êtreeffectués chez tous les adultes en surpoids(IMC de
25kg/m2*)et qui ontdes facteurs de risquesupplémentaires:
Une inactivitéphysique
2. Siles résultats sont normaux, le test devrait êtrerépétéau moins tous les troisans, avec une
fréquence plus rapprochéeselon lespremiers résultats et l’apparition d’éventuels risques.
92
Annexe 5 : Hypoglycémiants oraux
Médicaments Présentation Effets secondaires Posologie quotidienne
Contre indications
principaux maximale
Grossesse,
Répaglinide allaitement, 2 mg Ŕ 3 fois par jour
Glinides 0,5 - 1 - 2 mg insuffisance rénale
sévère, insuffisance
hépatique
93
Annexe 6 : Les différentes insulines
Durée d’action
DCI Pic sérique
Début Fin
1à3H 30 mn 8h
Insulines Insuline
d’action rapide humaine 1à3H 30 mn 5-7h
1à3H 30 mn 5-7h
94
Annexe 7 : Les médicaments antihypertenseurs
Bénazépril 5 et 10 de 5 à 10 mg
Captopril 25 et 50 de 50 à 150 mg
en 2 à 3 prises
Cilazapril 2,5 et 5 de 2,5 à 5 mg
Delapril 30 30 mg
Enalapril 5 et 20 de 5 à 20 mg
Quinapril 5 et 20 de 5 à 20 mg
Perindopril 5et 10 5 à 10 mg
Ramipril 1,25 - 2,5 - 5 et 10 de 1,25à 10 mg
Trandolapril 0,5 et 2 de 0,5 à 2 mg
Valsatran + 80 mg 1cp
hydrochlorothiazide +12.5 mg
Olmesartan + 20 mg 1 cp
hydrochlorothiazide + 12.5 mg
Irbesartan + 300 mg 1 cp
hydrochlorothiazide + 12.5 mg
95
Les antagonistes du calcium
Posologie quotidienne
DCI Dosage (mg)
usuelle
Amlodipine 1 cp
5 et 10 mg
200
Diltiazem 1 cp
300
1 cp
Félodipine 5 1 cp
1 cp
Lacidipine 2
1 cp
4
1 cp x 3
20
Nicardipine 1 gél. x 2
50
administration intraveineuse
10
jusqu'à une dose cumulée de
10 mg
10
1 gél. x 3
20
Nifédipine 1 cp x 2
20 - 30 - 60
1 cp
Nitrendipine 20 1 cp
2.5
Isradipine 1 gél.
5
1 gél.
Vérapamil 240
1 cp
96
Les principales associations d’antihypertenseurs à doses fixes
Molécules Posologie
DCI Dosage (mg)
associées quotidienne usuelle
Captoril +
Hydrochlorothiazide 50 + 25 1 cp en 1 prise
Enalapril +
Hydrochlorothiazide 20 + 12.5 1 cp en 1 prise
Perindopril +
2 + 0,625 1 cp en 1 prise
Indapamide
Perindopril +
4 + 1.25 1 cp en 1 prise
Indapamide
Losartan +
Hydrochlorothiazide 50 + 12.5 1 cp en 1 prise
Antagoniste de
l’angiotensine II +
Valsartan +
diurétique
Hydrohclorothiazide 80 + 12.5 1 cp en 1 prise
5+5
Périndopril +
IEC + IC 5+10
Amlodipine 1 cp en 1 prise
10+10
97
Annexe 8 : Stades de la néphropathie diabétique
2
DFG (ml / min par 1,73 m de
Stage Description
surface corporelle)
- Des lésions rénales avec DFG normal ou
1 ≥ 90
augmenté
- Des lésions rénales avec une légère baisse du
2 60-89
DFG
3 - DFG modérément diminué 30-59
4 - Baisse des taux de filtration glomérulaire 15-29
5 - Insuffisance rénale <15 ou de dialyse
DFG
2 Recommandations
(ml/min/1.73 m )
- Mesurer annuellement la créatininémie, la kaliémie et l'excrétion urinaire
Tous les patients
d'albumine
- Assurer une consultation de néphrologie si suspicion de maladies rénales non
diabétiques (type 1, diabète durée <10 ans, protéinurie, des résultats
anormaux à l'échographie rénale, l'hypertension résistante, chute rapide du
DFG ou sédiment urinaire active)
- Envisager la nécessité d'adaptation de la posologie des médicaments
45-60 mesure du DFG tous les 6 mois- Analyser les électrolytes, le bicarbonate,
l'hémoglobine, le calcium, le phosphore et la parathormone ; au moins une fois
par an
- Assurer un apport suffisant en vitamine D
- Envisager la mesure de la densité osseuse
- Donner les conseils diététiques
- Mesurer le DFG tous les 3 mois
- Analyser les électrolytes, le bicarbonate, le calcium, le phosphore, la
30-44
parathormone, l'hémoglobine, l'albumine et le poids tous les 3-6 mois
- Envisager la nécessité d'adaptation de la posologie des médicaments
<30 - Adresser au néphrologue
98
Annexe 10 : LesHypolipémiants
Les statines
DCI Présentations Posologie Mode
quotidienne d’administration
Cp pelliculé 10 mg boite 14 cp
Cp pelliculé 10 mg boite 28 cp
Atorvastatine Cp pelliculé 10 mg boite 56 cp
Cp pelliculé 20 mg boite 28 cp 10 à 80 mg 1 prise quotidienne
Cp pelliculé 40 mg boite 28 cp unique le soir
Cp pelliculé 80 mg boite 28 cp
Cp enrobé LP 80 mg boite 14 cp
Cp enrobé LP 80 mg boite 28 cp
Fluvastatine Gél. 20 mg boite 14 gélules 1 prise quotidienne
Gél. 20 mg boite 28 gélules 20 à 80 mg unique le soir
Gél. 40 mg boite 14 gélules
Gél. 40 mg boite 28 gélules
Cp 20 mg boite 20 cp
Pravastatine Cp sécable 20 mg boite 28 cp 10 à 40 mg 1 prise quotidienne
Cp sécable 20 mg boite 30 cp unique le soir
Cp sécable 20 mg boite 60 cp
- Dose initiale de
Rosuvastatine Cp pelliculé 10 mg boite 30 cp 5 ou 10 mg 1 prise quotidienne
Cp pelliculé 20 mg boite 30 cp - Dose 40 mg (2 unique le soir
fois 20 mg)
Cp enrobé 10 mg boite 28 cp
Cp sécable10 mg boite 28 cp 1 prise quotidienne
Cp sécable 20 mg boite 28 cp 2 heures avant ou 4
Cp sécable 40 mg boite 28 cp 20 à 40 mg heures après
Simvastatine Cp sécable 20 mg boite 14 cp l'administration d'un
Cp sécable 20 mg boite 60 cp chélateur de l'acide
Cp sécable 40 mg boite 60 cp biliaire
Cp enrobé 20 mg boite 60 cp
Les fibrates
L’ézétimide
99
Annexe 11 : Classification des plaies du pied selon leur gravité
Grade 0 Grade 1 Grade 2 Grade 3
Pas d’ouverture Plaie Exposition Exposition os ou
cutanée superficielle tendon ou articulation
capsule
Stade A
- Pas d’infection 0A (0%) 1A (0%) 2A (0%) 3A (0%)
- Pas d’ischémie
Stade B
- Infection 0B (12,5%) 1B (8,5%) 2B (28,6%) 3B (92%)
- Pas d’ischémie
Stade C
- Pas d’infection 0C (25%) 1C (20%) 2C (25%) 3C (100%)
- Ischémie
Stade D
- Infection 0D (50%) 1D (50%) 2D 10(0%) 3D (100%)
- Ischémie
100
Grade 1
Pas de signe Pas de symptôme, ni de signe d’infection
d’infection
Grade 2
Infection de grade 2 Atteinte cutanée uniquement avec au moins deux des signes
suivants :
• Chaleur locale
• Érythème > 0,5Ŕ2 cm autour de l’ulcère
• Sensibilité locale ou douleur
• Tuméfaction locale ou induration
• Décharge purulente
Les autres causes de réaction inflammatoire de la peau doivent être
éliminées (par exemple : traumatisme, goutte, pied de Charcot aigu,
fracture, thrombose, stase veineuse)
Grade 3
Infection de grade 3 • Érythème > 2 cm et une des constatations décrites ci-dessus ou
• Infection atteignant les structures au-delà de la peau et du tissu
sous-cutané, comme un abcès profond, une lymphangite, une ostéite,
une arthrite septique ou une fasciite. Il ne doit pas y avoir de réponse
inflammatoire systémique
Grade 4
Infection de grade 4 Quelle que soit l’infection locale, si présence de signes systémiques
manifestés par au moins deux des caractéristiques suivantes :
• Température > 38 °C ou < 36 °C
• Fréquence cardiaque > 90 battements par minute
• Fréquence respiratoire > 20 cycles par minute
• PaCO2 < 32 mm Hg
• Leucocytes > 12 000 ou < 4 000 /mm3
• 10 % de formes leucocytaires immatures
101
d’ostéite aiguë
du pied chez le diabétique
± gentamicine 4 mg/kg IV
+ gentamicine 4 mg/kg IV
102
Annexe 13 : Groupe de lecture
103
26. Dr Jamila Rhandi : endocrinologue - Rabat
104