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Analyse du marché alimentaire au Lac

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Etude de marché

« Analyse du système de marché alimentaires et non


alimentaires, analyse de la faisabilité de la
programmation à travers les transferts monétaires dans
les départements de Fouli et Kaya »
Province du Lac
Rapport de l’étude

Juin 2020

Ezéchiel DINGAMADJI
Consultant indépendant

1
Sommaire
1 Liste des abréviations ...................................................................................................................... 3
2 Liste des figures et des tableaux ..................................................................................................... 4
3 Résumé ........................................................................................................................................... 5
4 Contexte général ............................................................................................................................. 6
5 Objectifs et approche méthodologique ............................................................................................ 8
5.1. Objectifs de l’étude .................................................................................................................. 8
5.2. Résultats attendus ................................................................................................................... 8
5.3. Caractérisation des marchés ................................................................................................... 9
5.4. Approche méthodologique..................................................................................................... 10
6 Principaux résultats ....................................................................................................................... 10
6.1. Zone d’étude et population cible............................................................................................ 10
6.2. Accès des populations aux marchés ..................................................................................... 12
6.3. Offre et demande ................................................................................................................... 12
6.4. Intégration des marchés ........................................................................................................ 25
6.5. Enjeu de pouvoir .................................................................................................................... 25
6.6. Facteurs contextuels ............................................................................................................. 26
6.7. Carte des marchés des produits alimentaires et non alimentaires ....................................... 27
6.8. Impact de la crise sur le système de marché ........................................................................ 30
6.9. La capacité d’absorption de la demande des populations affectées par la crise .................. 30
6.10. Faisabilité des transferts monétaires ..................................................................................... 31
6.11. Choix des filières porteuses .................................................................................................. 34
7 Conclusion ..................................................................................................................................... 37
8 Recommandations ......................................................................................................................... 38
9 Annexes ......................................................................................................................................... 40
9.1. Chronogramme de la mission................................................................................................ 40
9.2. Questionnaire d’évaluation du marché (produits non alimentaires) ...................................... 41
9.3. Questionnaire d’évaluation du marché (produits alimentaires) ............................................. 50
9.4. Grille d’entretien – Focus groupes ........................................................................................ 60
9.5. Questionnaires adressés aux informateurs clefs .................................................................. 70
9.6. Bibliographies ........................................................................................................................ 71

2
1 Liste des abréviations
ACF Action Contre la Faim
AME Articles Essentiels Ménagers
ANADER Agence Nationale pour le Développement Rural
BEG Barh El Gazel
COVID 19 Corona Virus Disease 19
CRT Croix Rouge du Tchad
EMMA Emergency Market Mapping & Analysis
FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FDS Forces de Défense et de Sécurité
GDT Groupes de Discussion Thématiques
INSEED Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et de Démographie
IRC International Rescue Committee
ITRAD Institut Tchadien pour la Recherche Agronomique au Tchad
OCHA Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
ONG Organisation Non Gouvernementale
PAM Programme Alimentaire Mondial
PDI Personne Déplacée Interne
SECADEV Secours Catholique pour le Développement
SISAAP Système d’Information sur la Sécurité Alimentaire et d’Alerte Précoce
SODELAC Société de Développement du Lac
GIZ Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
TM Transfert Monétaire

3
2 Liste des figures et des tableaux
Figure 1 : Marchés enquêtés de la province du Lac.

Figure 2 : Calendrier saisonnier.

Figure 3 : Suivi des prix des 10 articles ménagers essentiels (produits non alimentaires) par marchés
enquêtés.

Figure 4 : Suivi des prix des 10 articles ménagers essentiels (produits alimentaires) par marchés
enquêtés.

Figure 5 : Répartition des commerçants interrogés par nombre de produits non alimentaires vendus.

Figure 6 : Répartition des commerçants interrogés par nombre de produits non alimentaires vendus.

Figure 7 : Répartition des commerçants interrogés par type de produits alimentaires vendus.

Figure 8 : Répartition des commerçants interrogés par type de produits alimentaires vendus.

Figure 9 : Perception de la concurrence par type de marché et produits non alimentaires (Marchés
hebdomadaires et marché de Baga Sola).

Figure 10 : Perception de la concurrence par type de marché et produits alimentaires (Marchés


hebdomadaires et marché de Baga Sola).

Figure 11 : Carte de référence du système de marché AME.

Figure 12 : Carte de crise du système de marché AME.

Figure 13 : Evolution du cours de Naira par rapport au CFA (juillet 2019 – juin 2020).

Tableau 1 : Répartition de l’échantillon de l’étude EMMA dans les zones d’intervention d’IRC.

Tableau 2 : Prix des produits alimentaires et non alimentaires collectés dans les différents marchés de
a zone d’intervention.

Tableau 3 : Origine des produits non alimentaires et alimentaires.

Tableau 4 : Perception des risques et leurs mesures d’atténuation.

4
3 Résumé
La province du Lac est sujette depuis 2014 à une crise aiguë suite à la multiplication des exactions
commises par le groupe Boko Haram. Les actes de violence commises par ce groupe armé ciblent
toutes les personnes, en particulier les civils, et entraînent des déplacements massifs de populations
tchadiennes et nigérianes qui fuient les villages frontaliers et les îles pour trouver refuge dans des zones
plus sécurisées à l’intérieur de la province du Lac, principalement dans les départements de Fouli, Kaya
et Mamdi. Sur le plan interne, la province du Lac qui souffre déjà d’une pauvreté chronique est
régulièrement affectée par des risques climatiques (sécheresses et inondations) importants. Ainsi, la
vulnérabilité de ces populations et de celles des nouvellement arrivées est fortement aggravée.

Dans le cadre de sa réponse à la situation, IRC vise les populations déplacées et hôtes dans les zones
rurales des départements de Fouli et Kaya. Les orientations stratégiques retenues encouragent la mise
en œuvre de réponse innovatrice valorisant les capacités locales sans leur porté préjudice à l’instar du
transfert monétaire. Une étude EMMA est alors parue indispensable pour appréhender le
fonctionnement du marché des articles ménagers essentiels alimentaires et non alimentaires, les effets
cumulés des crises sur ce marché, afin d’apporter une intervention la plus pertinente possible pour
répondre aux besoins dans sa zone d’intervention.

Néanmoins, alors que la majorité des Transferts Monétaires (TM) dans la province du Lac se focalisent
sur l’accès à la nourriture, IRC a commandité une étude se focalisant sur les Articles Ménagers
Essentiels afin d’approfondir la compréhension du fonctionnement des marchés des produits non
alimentaires et alimentaires dans les départements de Fouli et Kaya et de fournir à IRC des informations
clefs concernant les modalités à utiliser dans la province du Lac pour faciliter l’accès aux AME aux
populations affectées par la crise sécuritaire (aide en nature, programme de transfert monétaire, soutien
du marché, plaidoyer).

Cette étude a été couplée avec l’identification des filières porteuses dans la zone d’intervention afin
d’aider IRC à orienter ses actions futures dans cette localité qui abrite tant des PDI et populations hôtes
vulnérables. Les filières identifiées sont le maraîchage (gombo, tomate, oignon et piment) et la
filière maïs. A cela pourrait s’ajouter la filière artisanale (tissage des nattes en palmier doum et
autres) et aussi l’élevage des petits ruminants et les volailles.

5
4 Contexte général
Pays enclavé de l’Afrique Centrale, le Tchad, à l’instar des pays sahéliens est caractérisé par une
vulnérabilité chronique à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition due principalement aux variabilités
climatiques mais également à un contexte sécuritaire préoccupant au niveau de toutes ses frontières.
Cette situation de vulnérabilité structurelle combinée à la crise sécuritaire qui sévit le long de toutes les
frontières du pays a engendré des mouvements de populations et une perturbation du fonctionnement
des marchés vivriers et manufacturiers qui sont fortement sensibles à la hausse régionale et
internationale des prix.

Le bassin du Lac Tchad est hautement vulnérable au changement climatique qui aggrave la
désertification et l’assèchement du lac dont son rôle économique est très important pour les 4 pays
limitrophes : le Cameroun, le Nigeria, le Niger et le Tchad. Il est depuis plus de 3 ans, le théâtre d’une
crise majeure entrainant des déplacements internes de populations, d’importants afflux de réfugiés, de
déplacés et de retournés fuyant les attaques et les exactions du groupe armé de Boko Haram. En
particulier, les récentes opérations militaires lancées par les Forces de Défense et Sécurité (FDS) contre
des groupes armés non-étatiques au Lac à la suite de l’attaque de Boma, ainsi que l’instauration de
l’état d’urgence déclarant les départements de Kaya et Fouli comme « zones de guerre », ont provoqué
le déplacement de plus de 20 000 personnes des îles vers les terres fermes1.

L’impact de cette crise a non seulement affecté l’accès à la nourriture et aux moyens d’existences des
communautés hôtes comme déplacés, mais également les systèmes des marchés. A cela, s’ajoutent
la restriction des mouvements dans les zones insulaires et la fermeture des frontières à cause de la
pandémie du COVID 19 qui ont engendré des bouleversements caractérisés par la hausse des prix de
certaines denrées de base, l’arrêt de certaines activités économiques et la perturbation des flux de
marchandises.

Dans un tel contexte, l’utilisation des transferts monétaires, comme modalité de réponse à la crise a
suscité l’intérêt des acteurs humanitaires de la province, qui y ont recours aussi bien pour répondre à
des besoins immédiats dans le cadre des réponses humanitaires que sous la forme de filets sociaux
dans des programmes de relèvement économique. Néanmoins, pour le moment les programmes de
transferts monétaires et de coupons dans la province du Lac servent majoritairement à couvrir des
besoins dans les domaines de la sécurité alimentaire, des moyens d’existence, achat des NFI
(ustensiles de cuisine et wash), santé et scolarisation des enfants2.

International Rescue Committee (IRC), dans le cadre de sa réponse humanitaire au Lac, a décidé de
mener une étude de marché dans le cadre du projet SIDA 20202020 pour approfondir la compréhension
du fonctionnement des marchés des produits alimentaires et non alimentaires (NFI) dans les
départements de Fouli, Kaya, afin de fournir à IRC des informations clefs concernant les modalités pour
faciliter l’accès aux populations affectées par la crise sécuritaire (aide en nature : transfert monétaire)
et récapitulés le système de marché existant. Cette étude s’est déroulée du 15 au 27 juin 2020 dans les
départements de Fouli et Kaya vers la fin du projet et en pleines crises de COVID 19.

Figure 1 : Marchés enquêtés de la province du Lac

1 OCHA Aperçu de La Situation Humanitaire Au Lac (Tchad), Mai 2020.


2 Entretiens avec les informateurs clefs

6
Kiskira

Légende :

Marchés enquêtés

7
5 Objectifs et approche méthodologique

5.1. Objectifs de l’étude

Cette étude de marché vise à faire une analyse sur l’évolution de prix des articles de première nécessité
dans les zones pour apprécier l’impact sur le vécu des bénéficiaires. Elle permet de comprendre le
fonctionnement, les acteurs, l’environnement, les services, infrastructures et autres déterminants des
marchés et aussi d’analyser avantage le niveau de faisabilité des transferts monétaires ainsi que le
choix des modalités (combinaison des modalités de transferts) pour servir efficacement les bénéficiaires
dans la zone.

De manière spécifique, cette étude permet de :


1. Evaluer la capacité des marchés à supporter une demande additionnelle de produits
alimentaires et produits essentiels non alimentaires sans occasionner des risques d’inflation ou
de rupture d’approvisionnement (structures de stockage, temps pour réapprovisionner son
stock et évolutions potentielles des prix liées à une augmentation de la demande) ;
2. Décrire la structure du marché en termes d’acteurs et d’institutions pour les différentes chaines
d’approvisionnement, les barrières et les contraintes pour entrer sur le marché, maintenir ou
augmenter son niveau d’approvisionnement, déterminer que les zones desservies par les
marchés, cartographier les transferts monétaires dans les zones étudiées ;
3. Fournir ou collecter les données de prix et développer des scénarios de prix pour les différentes
denrées alimentaires utilisées pour développer un panier alimentaire et la valeur de transferts
et pour appuyer l’analyse du cout-efficience/cout-efficacité en collaboration avec les autres
acteurs humanitaire et le cash working ;
4. Analyser les conditions de la demande des populations affectées: leur accès économique et
physique aux marchés locaux - inclure les dynamiques d’inflation des denrées alimentaires et
non alimentaires, le pouvoir d’achat etc… ;
5. Analyser les préférences des bénéficiaires sur la modalité de transferts : cash direct, mobile
money, coupons etc. en termes de facilité d’utilisation, capacité à gérer des ressources (surtout
pour les femmes), accès aux agents des transferts et marches ;
6. Faire une analyse des prix en rapport avec la production agro pastorale des populations des
zones enquêtées
7. Examiner les opportunités qu’offre le milieu et favorable à la stratégie d’autonomisation en cours
;
8. Identifier les filières porteuses de la zone ;
9. Etablir des cartes de marché et émettre des recommandations opérationnelles et
programmatiques (les zones à cibler, les périodes de l’année et les modalités de transferts les
plus appropriées (cash/coupon) tout en spécifiant quels types de soutien sera nécessaire dans
un contexte pareil ;
10. Faire une évaluation d’impact à mi-parcours du projet sur chacune des catégories socio-
économique des bénéficiaires (Homme, femmes, Jeunes, Très pauvres et pauvres). Quels ont
été les avantages et les défis pour de chacun des groupes de bénéficiaires ? Est-ce que le
projet était adapté afin de pouvoir combler ces défis.

5.2. Résultats attendus


A l’issue de l’étude, les résultats ci-après sont attendus :

• La capacité des marchés à répondre à la hausse de la demande qui pourrait s’élever à plus 145
089 personnes pendant une durée d’une année (durée des projets d’IRC) sans provoquer de
distorsions est appréhendée ;

8
• L’accessibilité physique des marchés est connue (les distances entre les marchés et les chefs-
lieux de districts/sous-préfectures) ;
• La carte des marchés clés sélectionnés en situation « normale » et de « crise » ;
• Les relations commerciales entre les différents acteurs sont déterminées ;
• Les principaux indicateurs de suivi des effets du programme sur le marché particulièrement les
prix d’au moins de 10 principaux produits sont identifiés ;
• Les facteurs de risque liés au marché pouvant influencer la disponibilité, l’accessibilité et la
stabilité sont identifiés à travers la matrice des potentiels risques et les recommandations pour
mitiger ces risques ;
• Des recommandations sont proposées pour améliorer le panier des dépenses minimum ;
• L’échelle et les zones géographiques pour la mise en œuvre de transferts monétaires
appropriée sont identifiées ;
• Les préférences des bénéficiaires sur la modalité de transferts sont identifiées ;
• Les modalités de transferts monétaires les plus appropriées sont proposées.

5.3. Caractérisation des marchés


Si le marché est classiquement défini comme la rencontre de l’offre et de la demande, il est clairement
établi par les différents courants de la théorie économique que le marché est une construction ou un
ordre social. Les « marchés » n’existent pas en soi, la rencontre de l’offre et de la demande étant un
processus social dynamique.

Dans une stratégie de développement économique des filières, l’identification des marchés est un
processus idéalement itératif, qui peut être représenté par le schéma suivant :

Caractérisation
de la demande

Ajustements le
long de la
Conditions de
chaîne de valeur
la production
et renforcement
de capacités

Analyse de la
chaîne de
valeur

Autant que possible, l’intervention a essayé d’initier et de transmettre une telle démarche d’itération.

Il faut également prendre en compte l’existence de stratégies d’autoconsommation et d’échanges non


monétaires locaux, dits échanges informels (parents, voisins, travailleurs journaliers payés en nature…),
comme destination de la production. Cette allocation de la production peut être efficace pour les

9
producteurs, dans une situation où la population rurale, productrice, a également des besoins, et où les
marchés existants répondent parfois avec des prix insuffisamment rémunérateurs.

5.4. Approche méthodologique


L’EMMA (Emergency Market Mapping & Analysis) est une analyse rapide du marché qui permet de
comprendre les aspects importants du marché reliés à une situation de crise afin de permettre aux
décideurs (bailleurs de fonds, acteurs humanitaires internationaux et locaux, gouvernement) de
considérer rapidement une plus large gamme d’interventions pertinentes et de réduire les risques de
dysfonctionnement. Les principes de l’EMMA reposent sur l’ignorance optimale et l’imprécision
appropriée, afin que les principaux résultats puissent être obtenus en un minimum de temps sur la base
d’information pertinentes. Le processus est itératif, et s’appuie sur l’approche du « suffisamment bon ».

Pour cette analyse, l’équipe était constituée d’un consultant national, 10 enquêteurs et l’équipe du projet.
Une formation d’un jour a été dispensée aux enquêteurs sur l’appropriation des outils de collecte. Les
outils adaptés par la suite ont été finalisé après test sur le terrain dans le marché de Baga Sola.

La collecte de données à durée 10 jours sur la base d’entretiens avec les informateurs clés, les acteurs
du système de marché des biens non alimentaires et alimentaires qui ont été retenus comme produit
critique et la population cible du projet dans les zones d’interventions. Des focus groupes ont été
organisés auprès des bénéficiaires du projet en tenant compte de l’aspect genre. La mission de terrain
s’est déroulée dans les deux (2) départements (Fouli et Kaya) de la zone d’intervention du projet.
L’échantillon final est le suivant :

Tableau 1: Répartition de l’échantillon de l’étude EMMA dans les zones d’intervention d’IRC
Lieux Types d’acteurs Nombre d’entretien
Marchés de Baga Sola, Kiskira, Grossistes et semi-grossistes 42
kiskawa et Liwa
Focus groupes avec les Bénéficiaires (hommes et 09
bénéficiaires des sites femmes)
Entretiens avec les Services déconcentrés, ONG et 14
informateurs clés agences humanitaires
(ANADER, PAM, FAO, CARE,
OXFAM, World Vision, ACF,
SECADEV, SISAAP, INSEED,
CRT, HELP et Concern
Worlwide)

6 Principaux résultats

6.1. Zone d’étude et population cible


Le climat autour du lac est chaud et sec, avec des précipitations très variables de 94 à 565 mm par an
reparties entre juin et septembre3. La rive Sud est plus humide que le Nord. La province du Lac est
constituée d’espaces composés de terres inondées (marécages), inondables (îles et rivages) et de
« terre ferme » (ou continentale, zone dunaire). Elle comprend deux zones de moyens d’existence. La
zone centrale agropastorale à l’Est et la zone agropastorale et de pêche à l’Ouest, cette dernière étant
la plus touchée par la crise sécuritaire. Il faut noter que des polders ont été aménagés de manière
traditionnelle ou avec des investissements plus conséquents sur le rivage du lac, avec un contrôle de

3 Source ANADER Lac

10
l’eau d’irrigation variable. Ces polders représentent des espaces agricoles irrigués à plus haute
production.

La province du Lac est relativement productive, et permet une multiplicité de moyens d’existence, à
savoir : l’agriculture et le maraichage ; l’élevage ; la pêche ; la vente de bois et la collecte des produits
sauvages (chasse/ cueillette) ; le commerce (y compris le petit commerce) et le transport ; l’artisanat et
les petits métiers ; le travail journalier agricole et non-agricole ; le travail salarié ; la migration saisonnière
; et les mines (en particulier le natron).

Bien que cette zone se caractérise par une très faible pluviométrie, elle se distingue par ses fortes
potentialités agricoles caractérisées par la pratique de 2 à 3 campagnes agricoles annuelles :

o Une campagne pluviale de juin – octobre ;


o Une campagne de contre – saison froide d’octobre – mars ;
o Une campagne de contre – saison chaude de mars – juin.

Les populations cibles de la zone d’étude sont réparties entre Personnes Déplacées Internes (PDI),
retournés et population hôtes vulnérables localisées dans les départements de Fouli et Kaya.

Il existe plusieurs types de ménages déplacés sur la zone :

o Les populations qui ont subi des attaques de Boko Haram : ces populations ont tout perdu,
des membres de leurs familles ont été tués et leurs villages saccagés.
o Les populations qui ont fui de manière préventive par crainte d’attaques de la part de Boko
Haram : ces populations ont pu prendre quelques ressources avec eux, qui s’épuisent
progressivement.
o Les populations qui ont été évacuées suite aux demandes du Gouvernement/ de l’armée :
ces populations ont pu emmener quelques ressources avec eux.

Le manque de moyens d’existence dans les zones d’accueil pousse un certain nombre de ces ménages
à effectuer des mouvements pendulaires quasi quotidien avec leurs villages d’origine afin de générer
des revenus ou de la nourriture.

Selon IRC, il existe une légère différence entre les principales activités productives des déplacés
internes et des communautés hôtes :

o Les populations hôtes s’investissent principalement dans l’agriculture, le maraichage et la


pêche pour les hommes tandis que les femmes sont plus enclines à faire du petit commerce,
de l’élevage de case, à l’artisanat (femmes) au transport et/ou la collecte de bois et produits
sauvages. L’agriculture demeure l’activité principale des populations-hôtes, suivie de la
pêche et du commerce.
o Les déplacés qui ont fuis les Iles du Lac Tchad sont beaucoup plus investis dans la pêche
et la transformation du poisson. Avec un accès réduit aux terres cultivables, la pêche reste
leur activité principale, suivi du travail journalier, du petit commerce, de la collecte de bois
et de paille et de l’artisanat.

Selon les données fournies par OCHA, 299 000 déplacés (PDI et retournés) dans la province du Lac,
soit plus de 47% de la population de la province du Lac. Ils sont principalement repartis dans les
départements de Fouli et Kaya.

Enfin, la province du Lac représente un carrefour d’échanges avec les pays voisins. Ces échanges ont
été fortement réduits du fait de la crise Boko Haram et la pandémie de COVID 19.

11
6.2. Accès des populations aux marchés
L’étude s’est intéressée à l’accès social, physique et financier des bénéficiaires aux marchés dans les
départements (Kaya et Fouli). Les bénéficiaires vivant à Kaya s’approvisionnent dans les marchés de
Ngouboua (hebdomadaire), Nguéléa (hebdomadaire) et Baga Sola (permanent). Les bénéficiaires de
Fouli s’approvisionnement également à Baga Sola, Kiskawa (hebdomadaire), Kiskira (hebdomadaire)
ainsi qu’au marché de Liwa (hebdomadaire). L’étude a montré que, dans l’ensemble, les bénéficiaires
ont accès aux marchés. Néanmoins, comme indiqué ci- dessous, des barrières financières et
sécuritaires réduisent parfois leur accès.

Accès social

Les enquêtes réalisées ont indiqué que, dans l’ensemble, les bénéficiaires ont l’accès aux marchés en
tenant compte de la distance et des risques sécuritaires, les femmes et les jeunes ont moins tendance
à se déplacer dans les marchés les plus lointains.

Accès physique

Les bénéficiaires ont la possibilité de se rendre dans les marchés de la province. La contrainte majeure
mise en avant par les bénéficiaires venait de la situation sécuritaire et la fermeture des marchés par
rapport à la pandémie de COVID 19. En particulier, les bénéficiaires du département de Kaya ont
indiqué ne pas pouvoir toujours se rendre au marché de Ngouboua, qui est considéré comme l’un des
marchés les moins onéreux et le grenier alimentaire de la province.

Accès financier

Les bénéficiaires ont mis en avant les coûts de transports et les prix des produits qui ont augmenté
surtout pendant la période de la pandémie de COVID 19 comme la contrainte la plus importante pour
accéder aux marchés. Les coûts de transport ont quasiment doublé surtout pour se rendre dans certains
marchés. L’interdiction de la circulation de la moto dans cette zone a rendu très difficile l’accès aux
marchés pour les bénéficiaires et certains commerçants.

Ces résultats sont conformes à ceux d’autres études de marchés conduites dans la province du Lac
lors des dernières années4.

6.3. Offre et demande

6.3.1. La demande

Le groupe cible des consommateurs est constitué principalement des déplacés anciens et nouveaux,
retournés ainsi que d’une partie des ménages hôtes vulnérables. Dans le cadre de cette étude, cette
population est évaluée à 145 089 personnes. Selon l’ensemble des informateurs clés, de nouveaux
déplacements sont à prévoir dans les prochains jours, il s’agit de relocalisation des PDI. Au vu de la
dégradation sécuritaire et économique, ces ménages pourront difficilement accéder à l’ensemble des
produits du système de marché étudié sans un support extérieur, sachant que l’achat de ces articles
représentait déjà une part importante des dépenses des ménages avant l’émergence de Boko Haram.
Ils sont donc fortement dépendants de l’aide humanitaire pour s’approvisionner.

Selon le suivi réalisé par IRC5, l’achat d’articles d’hygiène représente la deuxième source de dépenses
pour la grande majorité des ménages après la couverture des besoins alimentaires. D’autres sources

4
OXFAM, « Résumé EMMA Maïs, Province Du Lac, Tchad » Février 2017.
5IRC, « Rapport de Suivi Post-Distribution N°1 Dans 5 Sites de Déplacés de Fouli. Rapport Interne », Décembre
2018.

12
de dépenses non négligeables sont : le remboursement des dettes et achat d’articles ménagers. Il
apparaît clairement de ces statistiques que l’argent reçu par les bénéficiaires d’IRC a principalement
été utilisé pour l’amélioration non alimentaire des ménages notamment:

o Les Articles Ménagers : 13% des dépenses pour les femmes et 10% pour les hommes
o Articles d'hygiène: 22% des dépenses pour les femmes et 15% pour les hommes.

Concernant les autres consommateurs, les besoins en AME sont théoriquement moins pressants car
ils n’ont pas été affectés par les déplacements mis à part les besoins pour l’hygiène corporelle, le
nettoyage des vêtements et la nourriture.

Ceux-ci s’approvisionnent auprès des détaillants et semi-grossistes dans les zones urbaines et au sein
des marchés hebdomadaires.

Les zones et marchés proches du Lac, tel que Ngouboua et Tchoukoutalia sont difficilement accessibles
par crainte de coupeurs de route ou d’attaques par des membres de groupes armés. Ces marchés sont
des pourvoyeurs en produits vivriers tels que le maïs, l’arachide, l’oignon et le gombo. Ces zones ne
sont pas accessibles de nos jours à cause de l’insécurité.

6.3.2. Calendrier des produits de la zone

De par leur nature, notamment leur durabilité, la majorité des articles du système de marché choisi ne
présente pas de variation de la demande en fonction de la saisonnalité. Néanmoins, selon les Groupes
de Discussion Thématiques (GDT), certains articles peuvent présenter des variations de prix
saisonnières comme présenté dans le calendrier ci-dessous. D’après les populations interrogées, la
saisonnalité n’est pas un problème pour la disponibilité, l’offre s’adaptant à la demande ; ce qui est un
signe de bonne intégration du marché. La variation des prix en saison des pluies est liée à
l’augmentation des coûts de transports dus à la dégradation du système routier. Durant la période de l
pandémie de COVID 19, certains articles de première nécessité, les prix ont considérablement
augmenté. Cette augmentation est due au non disponibilité des articles et aussi à la fermeture des
frontières par les autorités en guise de barrière face à la pandémie de COVID 19. Certains commerçants
ont profité de cette opportunité pour hausser les prix des articles.

On constate de manière logique que les bâches sont demandées en saison des pluies tandis que le
besoin de couverture se fait plus ressentir pendant la saison sèche froide. Outre la saisonnalité, le statut
des ménages impactera fortement la demande. Les ménages déplacés ayant une demande plus forte
sur l’ensemble des AME ; la possession de ces articles aura un impact significatif sur la survie et la
dignité des membres du ménage.

Figure 2 : Calendrier saisonnier


Oct. Nov. Déc. Jan Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept

Saison Saison sèche froide Saison sèche chaude Saison des pluies

Période de
soudure
Bâche 4 x 5 m Forte demande/Prix haut

Forte
Bidon de 20l
demande/
Prix haut
Couverture Forte demande/Prix haut

Forte
Seau (10l)
demande/

13
Prix haut

Le calendrier agricole de notre zone d’étude est celle de la province du Lac. Les activités se font toute
l’année grâce à la présence du lac Tchad surtout dans le département de Kaya où les producteurs
profitent des bras du lac aménagés ou non aménagés pour produire 3 fois dans l’année. Par contre,
dans le département de Fouli, il s’agit de deux campagnes agricoles :

o La campagne pluviale débute essentiellement en juin par les travaux préparatoires et atteint
son pic en juillet où les pluies s’installent pour permettre les semis et les travaux d’entretien.
Les principales spéculations sont notamment le mil penicillaire cultivé sur sol dunaire et le
maïs dans les ouadis. A côté de cela, est associée la production de gombo, de la tomate,
de l’oignon, du piment…

o La campagne froide commence en novembre et prend fin en avril. Il faut noter que la
préparation du terrain, la mise à disposition des intrants et la préparation des pépinières
commencent depuis le mois de septembre. Les principales spéculations sont notamment le
maïs et la production maraichère à petite échelle. Cette production est possible dans les
zones situées aux alentours des ouadis dont la communauté profite des crues et du retrait
des eaux.

14
Figure 3 : Suivi des prix des 10 articles ménagers essentiels (produits non alimentaires) par marchés enquêtés

Evolution des prix des produits non alimentaires Evolution des prix des produits non
(marché de Kiskawa) alimentaires (marché de Kiskawa)
15000 12000
10000
10000 8000
6000
5000 4000
2000
0 0

Seau Saccane Natte Savon Mamite (3kg) Sachet omo Bâche Bidon Mamite (2kg)

Evolution des prix des produits non alimentaires


(marché de Liwa) Evolution des prix des produits non alimentaires
2500 (marché de Liwa)
18000
2000 16000
14000
1500 12000
10000
1000 8000
6000
500 4000
2000
0 0

Seau Saccane Savon Sachet omo Bidon Natte Bâche

15
Evolution des prix des produits non alimentaires Evolution des prix des produits non alimentaires
(marché de Baga Sola) (marché de Baga Sola)
5000 25000
4000 20000
3000
15000
2000
1000 10000
0 5000
0

Seau Saccane
Dispositif lavage de main Bidon Natte Couverture Savon
Mamite (2kg) Sachet omo Bâche Mamite (3kg)

Selon les données collectées sur les marchés de la zone d’étude, les prix ne varient pas de manière significative en fonction de la saisonnalité et sont principalement
fixés par les commerçants en fonction du coût d’achat, de transport et des différentes taxes. Cela peut s’expliquer par le fait que ces derniers n’ont que
minoritairement changé leurs routes d’approvisionnement et qu’ils sont moins touchés par l’insécurité à l’intérieur de la province. En effet, Bol est la porte d’entrée
de la province du Lac.

Il faut noter que certains produits ne sont vendus que lorsque cela est nécessaire. Il s’agit par exemple de la couverture, des bâches et des dispositifs de lavage
de mains. La fermeture des frontières en guise de riposte à la pandémie de COVID 19 et la récente attaque des FDS ont perturbé les marchés des produits non
alimentaires.

A l’instar du marché des céréales, le marché des biens non alimentaires est bien intégré, les hausses de prix des zones d’importations se répercutant tout le long
de la chaîne du marché.

16
Figure 4 : Suivi des prix des 10 articles ménagers essentiels (produits alimentaires) par marchés enquêtés

Evolution des prix des produits alimentaires Evolution des prix des produits alimentaires
(marché de Kiskira) (marché de Kiskira)
4000 25000
3000 20000
15000
2000
10000
1000 5000
0 0

Maïs Riz Oignon Pâtes Farine de blé Huile


Gombo séché Sucre Thé Sel Tomate séchée

Evolution des prix des produits alimentaires Evolution des prix des produits alimentaires
(marché de Kiskawa) (marché de Kiskawa)
3000 25000
2500 20000
2000
15000
1500
10000
1000
500 5000
0 0

Maïs Riz Sucre Pâtes Farine de blé Huile Sel

17
Evolution des prix des produits alimentaires Evolution des prix des produits alimentaires
(marché de Liwa) (marché de Baga Sola)
3000 2500
2000
2500 1500
2000 1000
1500 500
1000 0
500
0

Maïs Mil pénicillaire


Oignon Gombo séché
Maïs Riz Sucre Tomate concentrée

Evolution des prix des produits alimentaires


(marché de Baga Sola)
40000
30000
20000
10000
0

Riz Pâtes Farine de blé


Huile Sel Sucre
Thé

18
Les produits alimentaires dans les différents marchés de la zone d’étude dépendent plus de l’extérieur, car plus de 60% des produits alimentaires de première
nécessité proviennent de l’extérieur. Ils sont plus consommés au détriment des produits non alimentaires. Les prix observés sur les marchés pendant la période
de collecte de données ont augmenté selon les opérateurs économiques. Cette augmentation est due à la fermeture de la frontière par les autorités et aussi de la
crise sécuritaire (non accès dans les zones de production). Face à cette crise, les commerçants ont augmenté les prix des denrées pour tirer plus de profit.

19
6.3.3. L’offre

Les principaux acteurs sont des grossistes, des semi-grossistes et des détaillants. Ils sont présents
dans les marchés permanents comme dans les marchés hebdomadaires pour vendre les produits
locaux et importés. Le marché des produits alimentaires et non alimentaires se caractérisent par une
hétérogénéité des acteurs. Très peu de commerçants vendent l’ensemble des produits concernés et
aucun des articles évalués à travers cette étude n’est vendu par une majorité de commerçants.

Figure 5 : Répartition des commerçants interrogés par nombre de produits non alimentaires
vendus

Répartition des commerçants par nombre d'articles


vendus
(produits non alimentaires)

24%
28%
Moins de 3 articles
De 3 à 5 articles
Plus de 5 articles

48%

Figure 6 : Répartition des commerçants interrogés par nombre de produits non alimentaires
vendus

Repartition par types d'articles vendus


(produits non alimentaires)
73%
59%
55%
45%
36%
31% 32% 32%
18% 18%

Cette répartition se retrouve des grossistes, des semi-grossistes et des détaillants. Ce qui ne permet
pas d’analyser la structure de ce système de marché comme un tout. On constate néanmoins que l’offre
de certains articles, tels que les dispositifs lave-main, les couvertures, la natte et les bidons, est plus
limitée. Par contre, la bouilloire, le seau, le savon et le détergent (omo) sont assez vendus dans les
marchés malgré la fermeture des frontières.
L’enquête s’est déroulée au début de la saison des pluies, l’offre en bâche reste élevée.

Figure 7 : Répartition des commerçants interrogés par nombre et type de produits alimentaires
vendus

Répartition des commerçants par nombre d'articles


vendus
(produits alimentaires)

48% De 3 à 5 articles
52% Plus de 5 articles

Figure 8 : Répartition des commerçants interrogés par type de produits alimentaires vendus

Repartition par types d'articles vendus (produits


alimentaires)
91%
82%
77%

45%
41%
36% 36% 36%
32% 32%
18%
14%

Les produits alimentaires sont assez répandus sur les marchés de la zone d’étude au détriment des
produits non alimentaires. L’huile, le riz et le sucre qui sont des produits importés restent les plus
répandus dans les différents marchés. Le maïs, le mil et le gombo, produits locaux sont très peu vendus
dans la zone. Cette rareté de ces produits s’expliquent par le fait que les grossistes et semi-grossistes
n’ont pas accès dans les zones de production à cause de l’insécurité pour alimenter les marchés
hebdomadaires. Les prix estimatifs des produits alimentaires et non alimentaires collectées lors de
l’enquête sont représentés dans le tableau ci-dessous par marché :
Tableau 2 : Prix des produits alimentaires et non alimentaires collectés dans les différents
marchés de a zone d’intervention
Produits Unités de Prix Prix Prix Prix
mesure (marché de (marché de (marché de (marché de
Baga Sola) Liwa) Kiskira) Kiskawa)
Produits non alimentaires
Seau 10l Unité 1 500 FCFA 2 000 FCFA 2 500 FCFA 2 500 FCFA
Saccane 3 Unité 500 FCFA 500 FCFA 500 FCFA 500 FCFA
litres
Dispositif Unité 2 500 FCFA 4 000 FCFA
Lavage de
main
Nattes 3 Unité 15 000 FCFA 15 000 FCFA 12 500 FCFA 12 500 FCFA
personnes
Couverture 2 Unité 17 5000 FCFA 20 000 FCFA 17 500 FCFA 20 000 FCFA
personnes
(4kg)
Savon 200g Unité 12 500 FCFA 12 500 FCFA 12 500 FCFA 12 500 FCFA
(cartons 80)
Sachet OMO Unité 7 500 FCFA 9 000 FCFA 9 000 FCFA 7 500 FCFA
500g (cartons
36)
Bâche Unité 10 000 FCFA 9 000 FCFA 10 000 FCFA 10 000 FCFA
Bidon 25l Unité 1 000 FCFA 1 000 FCFA 1 250 FCFA 1 000 FCFA
Marmites Unité 3 500 FCFA 3 500 FCFA 4 000 FCFA 4 000 FCFA
aluminium N°
2
Marmites Unité 5 000 FCFA 5 000 FCFA 5 500 FCFA 5 000 FCFA
aluminium N°
3
Produits Alimentaires
Maïs Kg 320 FCFA 320 FCFA 300 FCFA 320 FCFA
Mil pénicillaire Kg 625 FCFA
Riz Kg 450 FCFA 750 FCFA 750 FCFA
Pâtes Sachet de 500 FCFA 500 FCFA 500 FCFA 500 FCFA
(spaghetti, 500g
macaroni)
Farine de blé Kg 560 FCFA 350 FCFA 450 FCFA 350 FCFA
Oignon Kg 800 FCFA 400 FCFA 400 FCFA 400 FCFA
Huile Litre 900 FCFA 880 FCFA 900 FCFA 860 FCFA
Sel Sac 278 FCFA 388 FCFA 277 FCFA 388 FCFA
Gombo séché Kg 1 333 FCFA 1 000 FCFA 1 333 FCFA 1 000 FCFA
Tomate Kg 666 FCFA 1 000 FCFA 1 000 FCFA 1 000 FCFA
séchée
Tomate Sachet 150 FCA 150 FCFA 150 FCFA 150 FCFA
concentrée
Sucre Kg 700 FCFA 640 FCFA 1 500 FCFA 1 000 FCFA
Thé Kg 700 FCFA 460 FCFA 1 250 FCFA 750 FCFA

Les principaux acteurs rencontrés lors de l’enquête sont :

o Les grossistes de la zone d’étude sont présents dans les villes de Baga Sola (plus de 20
grossistes) mais aussi dans certaines localités secondaires telles que Liwa et Kiskawa.
L’ensemble des produits alimentaires et non alimentaires sont importés des pays limitrophes
dont le Nigéria reste la principale source d’approvisionnement, suivi du Cameroun, du Niger
et de la Lybie. Plus de ces grossistes agissent aussi en tant qu’importateurs et notamment
ceux situés à Fouli et Baga Sola qui commandent directement au Nigeria et le Niger. Les
autres passent la commande à N’Djamena, surtout en cette période de la pandémie de
COVID 19 d’où les frontières sont fermées. En fonction du nombre d’articles vendus, les
grossistes ont entre 2 et 4 fournisseurs différents. Ils ne disposent de véhicules personnels
pour faire entrer les biens au Tchad et s’associent souvent à plusieurs (dont des partenaires
basés à N’Djamena) pour contracter un transporteur en charge de ramener les
marchandises depuis Maiduguri jusqu’à leurs magasins de stockage. Ce transporteur est
aussi en charge de régler les modalités administratives formelles (droits de douane et autres
taxes) et informelles (tracasseries).

o Les principaux clients de ces grossistes sont les détaillants des zones urbaines et rurales,
les semi- grossistes des zones rurales, et dans une moindre mesure les semi-grossistes des
zones urbaines car ils ne vendent que très peu au détail aux particuliers. Depuis la crise BH,
ils sont parmi les principaux partenaires des ONGs travaillant dans le secteur. Selon la
totalité des informateurs clés, leurs stocks en produits bien que conséquents ne peuvent
satisfaire à une demande soudaine et non anticipée (sauf peut-être à Bol ou N’Djamena).
Néanmoins, ils arrivent à fournir les quantités demandées en 3 à 4 semaines avec une
demande d’acompte. La typologie des clients des grossistes n’a pas changé suite à la
récente dégradation de la sécurité.

o Les semi-grossistes diffèrent des grossistes par des capacités de stockage (et
d’approvisionnement) moindres. Ils sont présents sur l’ensemble de la zone. Comme les
grossistes, ils se ravitaillent directement au Nigéria mais aussi auprès des grossistes de
N’Djamena. En cas de commande urgente, ils se réorientent vers les grossistes locaux de
Bol et Baga Sola. La durée d’approvisionnement varie entre 2 et 3 semaines pour la plupart
des produits.

o Les détaillants s’approvisionnent principalement auprès des grossistes de Baga Sola et de


Kiskawa les jours de marché. Les principaux clients sont les ménages de la population hôte
et les PDIs. La crise n’a pas fondamentalement changé leurs sources d’approvisionnement
ni le nombre de leurs clients. Principalement axé sur la vente de nourriture au détail et autres
articles consommables (tels que les savons et les sachets OMO), leur offre en article plus
couteux (couverture, nattes, marmites…) restent très faible. Sachant que leur capacité de
stockage et de crédit est limitée, l’élasticité de leur offre en AME reste très limitée. C’est
d’autant plus vrai qu’avec la crise de BH, les revenus des populations ont baissé. Les
restrictions de mouvements dans certaines zones insulaires ont un impact négatif sur la
situation économique et alimentaire des populations hôtes et des personnes en situation de
déplacement à travers l’arrêt de certaines activités, la perte de débouchés économiques, la
restriction des activités de pêche, la gestion des pâturages…) et la demande a fortement
baissé pour ces produits au niveau local.

o Les ONG et agences des nations unies sont aussi des principaux clients des grossistes et
semi-grossistes dans la zone d’étude. Selon les différents informateurs clés, la quasi- totalité
du support est apportée en nature. Ces organisations s’approvisionnent soit auprès des
grossistes de Bol ou de Baga Sola mais pour des raisons de procédures internes mais aussi
par manque d’articles au niveau local (notamment les bidons, le sorgho) ont plus souvent
recours aux commerçants de N’Djamena. Les délais de livraison sont de l’ordre de 3
semaines à un mois pour réception dans l’une des deux villes de la zone.

Tableau 3 : Origine des produits non alimentaires et alimentaires


Pays d’importation principal Pays d’importation secondaire
Produits
Provenance Via Provenance Via

Produits non alimentaires

Seau Nigeria N’Djamena et


Niger
Saccane Nigeria N’Djamena et
Niger
Dispositif Lavage de Nigeria N’Djamena et
main Niger
Nattes 3 personnes Nigeria N’Djamena et Lybie Mao
Niger
Ndjamena,
Couverture 2 places Lybie Mao Nigeria Ngouboua &
Daboua
Savon 200g Nigeria N’Djamena et Cameroun Ndjamena
Niger
Sachet OMO (500 g) Nigeria N’Djamena et Cameroun Ndjamena
Niger
Bâche Nigeria N’Djamena et
Niger

Produits alimentaires

Maïs Province du Lac

Mil pénicillaire Province du Lac

Daboua et Lybie Mao


Riz Niger
Kisakawa
Daboua et Lybie Mao
Pâtes Niger
Kisakawa
Daboua et Lybie Mao
Farine de blé Niger
Kisakawa
Province du Lac Daboua et
Oignon
et Niger Kisakawa
Lybie Mao
Huile Niger et Nigéria Daboua et
Kisakawa

Sel Niger et Nigéria Daboua et


Kisakawa

Gombo séché Province du Lac

Tomate locale Province du Lac

Nigéria et N’Djamena et
Tomate concentrée
Cameroun Niger
Daboua et Lybie Mao
Sucre Niger
Kisakawa
Daboua et Lybie Mao
Thé Niger
Kisakawa

La proximité et la puissance économique du Nigéria en fait le pays moteur de la sous-région du Lac


Tchad et de la province du Lac. Le Nigéria est le principal pays d’importation de produits manufacturés
ainsi que le débouché principal à l’export des productions locales (natron, céréales, animaux de
boucherie…), et ce depuis bien avant l’émergence de Boko Haram. Les commerçants importent aussi
du Cameroun via N’Djamena, du Niger et la Lybie certains produits alimentaires et non alimentaires
pour satisfaire la demande locale.

La crise récente a eu d’impact sur les capacités d’approvisionnement et de stockage des grossistes.
Ceux-ci ne peuvent pas s’approvisionner à cause de la fermeture des frontières et des prix élevés des
produits d’importation. Cette crise a aussi affecté les produits locaux (maïs, gombo séché, tomate
séchée) dont les zones d’approvisionnement sont restées inaccessibles à cause du groupe armé et des
bandits de chemin.

6.4. Intégration des marchés


Les marchés de la zone d’étude est fortement lié aux marchés de stockage et de distribution des
principaux marchés hebdomadaires (marchés de Liwa, Kiskira et Kiskawa).

L’intégration des marchés dépend de l’existence de flux commerciaux entre différents acteurs. Ainsi, un
marché intégré permet d’éviter les pénuries de produits mais répercutent aussi les augmentations de
prix d’un marché à l’autre.

Par manque de données de prix collectées concernant les AME sur un temps long sur les différents
marchés de la zone, il n’a pas été possible de calculer des degrés d’intégration par produits. Les
résultats de cette session sont donc d’ordre qualitatif basé sur les déclarations des commerçants
(concernant la variation des prix) et des consommateurs (concernant les pénuries).

Selon les données collectées, le système de marché des AME apparait comme bien intégré. L’ensemble
des commerçants estimant pouvoir augmenter leur offre en cas d’augmentation de la demande à travers
l’approvisionnement par le Nigéria ou leur relais à N’Djamena. De plus, ils rapportent qu’outre la
variation de prix liés au frais de transport, les prix de vente sur les marchés locaux dépendent fortement
du prix d’achat que ce soit au Nigeria, au Niger, à Mao ou à N’Djamena. Ainsi une augmentation des
prix dans une de ces zones d’approvisionnement, entraine une variation des prix du même ordre aussi
bien sur les marchés urbains que ruraux. C’est d’autant plus vrai que la grande majorité des produits
proviennent la même source (Nigéria).

Cette intégration se reflète aussi au niveau de la disponibilité en produits. Selon les bénéficiaires et les
opérateurs économiques rencontrés, il n’y a pas de pénurie d’AME sur la zone quel que soit la période
de l’année et la disponibilité des articles n’est pas un problème. La variation saisonnière des prix étant
plus le reflet de l’augmentation des coûts de transports selon eux. La pandémie de COVID 19 et les
attaques perpétuées par le groupe armé Boko Haram ont eu des répercussions surtout pour
l’approvisionnement dans certaines localités de la province et à l’extérieur à cause de la fermeture des
frontières.

Les prix dans les marchés enquêtés pour les produits alimentaires et non alimentaires n’ont pas trop
bougés selon les bénéficiaires par rapport à l’année. Durant les 3 derniers mois (avril-juin 20), les
commerçants ont profité de la fermeture des frontières pour hausser les prix des produits les plus utilisés
(savon, sachet OMO, sucre, thé, sel, riz, farine, maïs, huile).

6.5. Enjeu de pouvoir


Selon l’ensemble des commerçants interrogés, il est facile pour un nouveau commerçant de s’installer
sur le marché. Les seules conditions d’accès sont le paiement des différentes taxes (marché, ordure,
patente annuelle…), les prix de location et la fourniture des différents papiers administratifs.

Néanmoins, le point d’inquiétude concerne la possibilité d’entente de prix entre commerçant et le


manque de concurrence.. Les autres acteurs du marché n’étant pas complètement dépendant de
quelques commerçants locaux pour s’approvisionner.

Le point d’attention concerne le niveau de concurrence au sein du marché. Comparativement au marché


de Baga Sola, la perception de la concurrence est moyenne, elle est presque limitée pour les produits
non alimentaires et alimentaires.
Figure 9 : Perception de la concurrence par type de marché et produits non alimentaires
(Marchés hebdomadaires et marché de Baga Sola)

Perception de la concurence par Perception de la concurence


type de marché par type de marché de Baga
(produit non alimentaire) (produit non alimentaire)
10% 10%

18% Limitée Limitée


27%
Moyenne Moyenne
55% Elevée Elevée
80%

Figure 10 : Perception de la concurrence par type de marché et produits alimentaires (Marchés


hebdomadaires et marché de Baga Sola)

Perception de la concurence par Perception de la concurence par


type de marché type de marché Baga Sola
(produit alimentaire) (produit alimentaire)
10%

18% 18% Limitée 20% Aucune


Moyenne Moyenne
Elevée 70% Elevée
64%

Selon les commerçants interrogés, le niveau de concurrence reste bas, ce qui peut limiter les possibilités
de choix des bénéficiaires et favoriser les risques d’entente en cas de Transferts Monétaires. Il s’agira
donc de faire un suivi détaillé suite aux distributions pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’augmentation
artificielle des prix.

6.6. Facteurs contextuels


Les principaux facteurs de risques auxquels font face les commerçants sont:

o L’augmentation de l’insécurité et la pandémie de COVID 19 qui entraine une hausse des


prix des coûts de transports et limite les échanges avec les pays limitrophes (Nigéria, Niger
et Lybie) mais aussi à l’intérieur de la province.

o Le pouvoir d’achat des ménages a aussi baissé entrainant une baisse du chiffre d’affaire
des commerçants.

o Le risque d’incendie dans les marchés a été évoqué par les commerçants.

o Le manque d’accès au crédit limite aussi la possibilité d’augmenter le chiffre d’affaire.

o Le dernier facteur limitant concerne la fluctuation du Naira. Même si celle-ci n’est pas
importante sur une période longue. Pour des commerçants échangeant majoritairement
avec le Nigéria, cela limite la planification des achats et l’anticipation des pertes et profits et
donc la prise de risque quant au niveau d’importation.
Ces facteurs de risque au niveau global se retrouvent comme facteur limitant l’élasticité de l’offre. C’est
particulièrement vrai pour le recours au crédit (à taux zéro) qui n’est accessible qu’à une minorité de
commerçants, mis à part quelques grossistes.

6.7. Carte des marchés des produits alimentaires et non alimentaires


Les cartes comprennent 3 zones : a) l’environnement, qui couvre les normes et les règles formelles ou
non régissant le système de marché, b) la chaîne de marché couvrant l’ensemble des acteurs du
marché du producteur au consommateur et c) les services couvrant les infrastructures et services
permettant à la chaîne de marché de fonctionner efficacement. Les cartes ci-dessous montrent
l’interaction entre les différents facteurs environnementaux, les différents acteurs de la chaîne et les
services. Les chiffres fournis sont ceux issus de la collecte de données, ils doivent être considérés
comme des fourchettes plutôt que comme des résultats exacts.

En période normale, le marché des AME dans la zone fonctionne normalement. Les commerçants se
ravitaillent facilement en marchandises du Nigeria via le lac Tchad par pirogues. Cette possibilité réduit
considérablement certains coûts et tracasseries.

En période de crise, la voie fluviale qui permet de communiquer facilement avec le Nigeria a été interdite
par les autorités. Cette situation amène les commerçants à passer par le Niger et cela a impacté
considérablement sur les coûts de transport et aussi les tracasseries routières. Ce détour a ralenti
l’approvisionnement en articles et a aussi hausser les prix de certains articles manufacturés.
Figure 11 : Carte de référence du système de marché AME
Carte de référence du système de marché des AME (période normale)
Régulation & Règles du
Marché Sécurité
Taxes Insécurité
(Syndicat et unions des (Forces
(communale, (Coupeurs de armées et
commerçants, licence
L’environnement du marché: trésor, douance et route, groupes police)
d’importation et taux
institutions, règles, normes et informelle) armés)
d’échange)
tendances

La chaîne du marché:
acteurs du marché et leurs liens
Population
Grossistes / vulnérable rurale
Détaillants
importateurs Baga
marchés ruraux
Sola et Bol
Semi-grossistes
ruraux
Grossistes Détaillants
Nigéria marchés urbains
(Baga Sola et Bol) Autres populations

Grossistes Semi-grossistes
Importateurs Baga Sola et Bol
N’Djamena
Population
vulnérable
ONGs urbaine/semi-urbaine

Pirogues Magasins de Agent de


Transporteurs Garants
stockage change Camions et
camionnettes

Routes Intrants (essence, Mains d’œuvre


Infrastructure clé, intrants et
pièces) Locales
services support du marché
Figure 12 : Carte de crise du système de marché AME
Carte de référence du système de marché des AME (période de crise)
Régulation & Règles
Insécurité du Marché Sécurité
Taxes (communale, (Syndicat et unions des (Forces
(Coupeurs de
trésor, douance et armées et
route, groupes commerçants, licence
L’environnement du marché: informelle) police)
armés) d’importation et taux
institutions, règles, normes et
tendances

La chaîne du marché:
acteurs du marché et leurs liens
Population
Grossistes / vulnérable rurale
Détaillants
importateurs Baga
marchés ruraux
Sola et Bol
Semi-grossistes
ruraux
Grossistes Détaillants
Nigéria marchés urbains
(Baga Sola et Bol) Autres populations

Grossistes
Semi-grossistes
Importateurs
Baga Sola et Bol
N’Djamena
Population
vulnérable
ONGs urbaine/semi-urbaine

Magasins de Agent de Point critique


Transporteurs Pirogues change
stockage Camions et
camionnettes Rupture partielle

Intrants (essence,
Infrastructure clé, intrants et Routes
pièces) Locales Mains d’œuvre Rupture
services support du marché
6.8. Impact de la crise sur le système de marché

La demande

Les crises récentes ont accentué la crise sécuritaire existante depuis 2015. Affectant fortement les sources de
revenus des ménages de la province. Elles ont fortement limité la demande en AME, une partie des ménages étant
maintenant complètement dépendante de l’aide humanitaire pour répondre à leurs besoins. La distribution d’AME
par les ONG a aussi largement contribué à la diminution de la demande considérée comme une cause de la
diminution du chiffre d’affaires par une majorité des commerçants interrogés.

La crise sécuritaire

La crise sécuritaire récente n’a pas eu d’impact majeur sur le niveau d’approvisionnement du système de marché
des Articles Ménagers Essentiels manufacturés en comparaison à la situation telle qu’elle est connue depuis 2015
dans la province du Lac. Elle a intensifié certains des impacts déjà connus, à savoir :

Un surenchérissement des prix des produits dû à l’augmentation des coûts de transports, notamment dans les
zones nord de la province (Kaya, Fouli). Les causes de ces surcoûts outre l’effet de la saisonnalité sont liées :

o Changement de route d’approvisionnement en provenance du Nigeria qui augmente le temps de trajet ;

o Diminution du nombre de transporteur prêt à prendre des risques de convoyer les produits depuis le
Nigéria ;

o Augmentation du nombre taxes informelles à payer liés au fort déploiement des forces armées et
policières.

Une diminution du pouvoir d’achat des ménages dû au déplacement et à la perte de tout ou partie de leurs moyens
d’existence. Le peu de ressources disponible étant principalement orienté vers l’achat de nourriture.

Une diminution de l’accès au marché et à l’aide humanitaire pour les populations vivant dans les zones proches
du Lac Tchad.

Comme la crise sécuritaire, la pandémie de COVID 19 a eu des répercussions sur les échanges économiques de
la province. Avec la fermeture des frontières, certains articles importés ont connu des ruptures et les commerçants
ont profité de cette opportunité pour hausser les prix.

6.9. La capacité d’absorption de la demande des populations affectées par la crise


En l’état actuel, le marché dans son ensemble ne peut pas répondre à la demande. Si l’approvisionnement des
marchés hebdomadaires ruraux est difficilement réalisable, les marchés urbains de Baga Sola dans lesquels se
trouvent les grossistes de la zone auraient le potentiel pour approvisionner les ménages de la ville ainsi que ceux
situés dans les sites de déplacés et alentours (dans un rayon de 5 à 10 km). Les grossistes et semi-grossistes
présentent des capacités d’augmentation de l’offre qui permettrait de répondre à une demande ponctuelle dans un
délai de deux à trois semaines. Les grossistes et semi-grossistes sont les principaux acteurs de
l’approvisionnement en AME sur la zone. Selon les données collectées lors de l’enquête, ils pourraient répondre à
la demande de certains articles.

On constate que l’offre pour certains articles ne peut répondre à la demande artificiellement crée par des transferts
monétaires.

Au vu du contexte, la demande en AME n’est pas sur une base mensuelle. La demande sur ces articles serait plus
sur une base ponctuelle suite à un déplacement ou saisonnière pour les bâches et couvertures. Selon les données
collectées et les affirmations des vendeurs, il serait possible d’augmenter de 50% l’offre dans un délai d’un mois.
Cette élasticité permettrait de couvrir les besoins de la population cible pour l’ensemble des produits à l’exception
probable des bâches, bidons et seau.
Pour les sites proches de Baga Sola, voire le marché de Kiskawa, une approche basée sur transferts monétaires
non-restrictifs semble être possible. Les marchés étant bien approvisionnés et plus élastiques que dans les zones
rurales.

Pour les marchés ruraux, la capacité de transport entre Baga Sola et les marchés hebdomadaires ainsi que le
manque de demande limitent la prise de risque des commerçants itinérants (semi-grossiste) tandis que les
détaillants n’ont qu’une capacité limitée à augmenter leur offre. Néanmoins pour des produits d’hygiène corporelle,
les marchés ruraux en fonction du nombre de personnes pourraient répondre à la demande s’ils ont l’assurance
d’écouler la majorité de leurs stocks de consommables. Un système de coupons marchandises avec le réseau de
semi-grossistes itinérants permettrait de répondre à la demande en consommables tels que le savon corporel pour
le lavage des habits, le sucre, le thé pour les besoins ponctuels.

6.10. Faisabilité des transferts monétaires

6.10.1. Préférences de bénéficiaires concernant la modalité de l’assistance


Modalité

Les focus groupes menés lors de la collecte de données ont indiqué que le premier déterminant concernant la
préférence de la modalité était la proximité d’un marché. Dans l’ensemble, les bénéficiaires ont indiqué préférer
les transferts monétaires en nature afin de choisir eux-mêmes ce qu’ils souhaitaient acheter. Ainsi, pour les articles
alimentaires, les personnes interrogées ont uniformément indiqué préférer les TM/espèce aux dons en nature, car
ceux-ci savaient qu’ils pourraient trouver les articles dont ils avaient besoin dans les marchés locaux. Pour les
articles ménagers essentiels alimentaires, les bénéficiaires vivant proches des marchés tels que Baga Sola ont
indiqué qu’ils préféraient recevoir des transferts monétaires en espèces tandis que les bénéficiaires vivant dans
des zones plus reculées ont indiqué une préférence pour une distribution en nature car ils ne pensaient pas pouvoir
trouver tous les articles dont ils auraient besoin sur leurs marchés locaux. L’autre limitation concerne les coûts de
transport jusqu’au marché pour certains articles volumineux.

Accès aux Prestataires de Services Financiers

Dans tous les focus groupes, au moins entre 70 et 100% des participants ont indiqué pouvoir recevoir des transferts
grâce aux opérateurs mobiles facilement. Les seules restrictions nécessaires pour obtenir un transfert de la part
des opérateurs mobiles sont d’avoir une pièce d’identité et un téléphone pour accéder au service. Néanmoins, une
personne pouvant acheter plusieurs cartes SIM, il est possible d’accéder à une carte SIM sans papier. Ce système
a de soucis lorsque le réseau perturbe et les fournisseurs ne disposent pas assez de liquidité pour les échanges
crédit-argent aux bénéficiaires.

Concernant les hawala, la majorité des participants ont indiqué ne pas avoir accès à ce service du fait qu’Express
Union, seul hawala dans la région, possède uniquement un bureau à Bol. Pour s’y rendre, les bénéficiaires ont
indiqué qu’ils auraient besoin de quatre heures de transport et de 5 000 Franc CFA. Néanmoins, les entretiens
avec les informateurs clefs ont montré que cet obstacle pouvait être contourné si l’organisation mettant en place
les transferts monétaires paye le hawala pour se déplacer sur la zone d’intervention.

Néanmoins, il convient de noter que, selon plusieurs organisations interrogées, les capacités des opérateurs clefs
sont limitées et ceux-ci ne sont pas toujours en mesure de prendre en charge les gros volumes de bénéficiaires.

Concernant les mécanismes de distribution, les bénéficiaires ont indiqué une préférence pour les transferts
monétaires en direct (de la main à la main) par rapport aux transferts d’argent par téléphonie mobile.

6.10.2. Risques perçus des transferts monétaires et mesures d’atténuation


Les risques identifiés ont évolué et restent les mêmes dans la province du Lac. En raison de l’insécurité chronique
dans la province du Lac, toute intervention humanitaire (en nature ou grâce aux transferts monétaires) présente
des risques. Selon les perceptions des informateurs clefs interrogés lors de cette collecte de données, il semble
que tous les risques identifiés sont spécifiques au contexte de la province du Lac, plutôt qu’à la modalité. De plus,
certains informateurs clefs ont mis en avant le fait que certaines mesures d’atténuation des risques pouvaient être
mises en place plus facilement pour les programmes de transferts monétaires que pour d’autres types de
programmes.

Les ONGs utilisant les transferts monétaires interrogés ont identifié les risques suivants pouvant affecter leurs
interventions de transferts :

Insécurité

Les informateurs clefs interrogés ont identifié l’impossibilité d’assurer la sécurité physique des bénéficiaires et des
équipes humanitaires comme le risque principal liés aux interventions humanitaires dans la province du Lac et ce,
peu importe la modalité utilisée. En effet, comme mis en avant par l’un des informateurs clefs : « tout attroupement
de population dans la zone est susceptible de devenir la cible d’attaques terroristes ou de vols, ce qui expose les
équipes et les bénéficiaires ». Ainsi les structures déjà implémentées dans la communauté, telles que les hawala
ou les commerces locaux en partenariat avec les organisations humanitaires pour effectuer les transferts
monétaires ont été considérés comme moins visibles et donc moins dangereux que des convois transportant des
espèces. De plus, certains informateurs ont mentionné que lors des distributions d’espèces, les forces militaires
pouvaient être conviées afin de prévenir de possibles attaques suicides (notamment filtrer les bénéficiaires sur les
sites de distribution), posant ainsi la question du respect des principes humanitaires.

Les informateurs étaient en désaccord sur la question de savoir si les transferts monétaires étaient une modalité
plus ou moins risquée que les distributions en nature. Selon certains, l’argent est plus facile à voler que des gros
volumes d’assistance en nature. Néanmoins, d’autres ont considéré qu’il était plus facile pour les bénéficiaires de
cacher leurs argents que des gros volumes d’assistance en nature et donc que les transferts monétaires étaient
moins dangereux que les distributions en nature. Au niveau global, rien ne montre que les transferts monétaires
engendrent plus de risques que l’aide en nature. Beaucoup va dépendre du mécanisme de paiement choisi.

Concernant l’évolution de la situation de sécurité depuis juillet 2018, les informateurs ont indiqué qu’il n’y avait pas
eu de changement majeur dans les modes de fonctionnement et processus utilisés par les organisations
humanitaires dans la province du Lac suite à la dégradation du contexte sécuritaire. Néanmoins, les informateurs
ont indiqué que la grande majorité organisations humanitaires ne couvrait plus les besoins des populations dans
les îles du Lac, pourtant les plus vulnérables aux attaques et aux bouleversements économiques

Détournement, fraude et corruption

Selon les informateurs clefs interrogés, le risque de détournement, fraude et corruption est le plus important après
ceux liés à la sécurité. En particulier, les informateurs ont considéré que ce risque était de plus en plus important
du fait de l’augmentation du nombre d’intermédiaires impliqués dans la distribution des transferts monétaires, qui
pouvaient être tentés de s’approprier la somme qui leur était confiée ou de n’en donner qu’une partie aux
bénéficiaires. De plus, certains informateurs ont indiqué que certains chefs traditionnels pouvaient abuser de leur
position et convaincre des bénéficiaires de leur donner une partie du montant qu’ils recevaient, en échange de
quoi ils leur promettaient de faire partie de la liste des bénéficiaires.

Certains informateurs ont également indiqué qu’il était possible pour les acteurs humanitaires de commettre des
erreurs d’inclusion/exclusion ou de compter deux fois un même bénéficiaire dans un programme de transferts
monétaires. Néanmoins, ce risque n’était pas considéré comme spécifique aux transferts monétaires mais plutôt
lié au contexte, notamment en raison des mouvements nombreux de populations et du nombre important de
bénéficiaires n’ayant pas accès à leurs papiers d’identité.

Fluctuation du Naira
Historiquement, la zone du Lac Tchad utilise la monnaie du Nigéria, pays voisin dont la monnaie a pendant
longtemps été considérée comme sûre et stable.

Plusieurs risques liés aux transferts monétaires découlent de l’utilisation du Naira dans la province du Lac. Tout
d’abord, le Naira étant une monnaie fluctuante, plusieurs informateurs ont mis en avant le fait que son cours
pourrait augmenter brutalement au niveau suite à des incidents souvent liés au contexte sécuritaire sans que les
organisations en charge de l’assistance financière n’aient le temps d’adapter le montant des transferts monétaires.
Néanmoins, bien qu’il soit fluctuant, le cours du Naira a, durant une année, a été plutôt stable mais elle a commencé
à augmenter en mars et maintient son cap jusqu’à nos jours, comme présenté dans la figure ci-dessous. Cette
situation devrait donc faire l’objet d’un suivi régulier. Ainsi, basé sur ces observations, plusieurs informateurs clefs
ont considéré que le risque de voir les bénéficiaires de la zone perdre une partie significative de leur pouvoir
d’achat était limité.

Outre la fluctuation au niveau mondial, l’injection de FCFA dans la zone peut conduire à une déstabilisation du
taux de change local en raison d’une demande trop grande, le Naira étant un bien comme un autre, soumis à loi
offre/demande. Ainsi, en cas de trop grande insécurité empêchant les changeurs de se réapprovisionner en
monnaie Nigériane, le taux peut varier localement de manière significative suite à une distribution de FCFA.

Le second risque lié à la présence du Naira dans la province du Lac est celui de la fluctuation de la commission
prise par les agents de change dans certaines localités. En particulier, certains informateurs ont fait part d’une
augmentation de la commission des agents de change lorsque la demande en Naira est forte (notamment suite à
des transferts monétaires en CFA de la part d’acteurs humanitaires). Certaines personnes interrogées ont certifié
que la commission prise par les agents de taux de change (normalement entre 2 et 5% du montant du montant de
la transaction) pouvait augmenter jusqu’à 10% dans certaines périodes où la demande en Naira est très forte. En
effet, cette commission est une perte sèche pour les bénéficiaires des zones frontalières.

Figure 13 : Evolution du cours de Naira par rapport au CFA (juillet 2019-juin 2020)

6.10.3. Mesures d’atténuation des risques identifiés


La table ci-dessous6 récapitule la liste des mesures d’atténuation mises en place par les ONGs interrogées lors
qu’elles utilisent les transferts monétaires. Les mesures d’atténuation varient au sein des ONGs et il se peut
certaines de ces mesures se contredisent.

Les codes doivent être compris de la façon suivante :

Rouge : Conséquences sérieuses / haute probabilité

Orange : Conséquences modérées / probabilité modérée

Gris = pas suffisamment d’information disponibles pour déterminer la gravité des conséquences ou la probabilité.

Tableau 4 : Perception des risques et leurs mesures d’atténuation


Risque Sévérité Probabilité Mesures d’atténuation actuellement en place

Sécurité Conduire des évaluations des situations de


sécurité avant la distribution
(Mettre en danger Contrôler les entrées et des sorties du site lors
physique les de la distribution
bénéficiaires et Convier une garde militaire pour empêcher
les) les attentats kamikazes
Déléguer le risqué de la distribution à un
agent de paiement ou à une autre
organisation
S’assurer que les distributions se passent
dans des endroits discrets
Informer de la distribution le plus tard
possible
S’assurer de l’acceptation des TM au sein de
la communauté avant la distribution

Détournement, fraude Avoir du personnel de l’organisation présent


et corruption lors de la distribution ;
Adopter une politique stricte en cas de
découverte de fraude ;
Sensibiliser et impliquer les responsables
administratifs afin que les chefs traditionnels
ne profitent pas de leur pouvoir pour
extorquer des fonds des bénéficiaires ;
Fluctuation du Naira Aucune mesure d’atténuation en place pour
l’instant parmi les organisations interrogées
au Tchad.

6.11. Choix des filières porteuses


L’analyse des filières a été réalisée en partie sur la base des études disponibles et les collectes des données
complémentaires auprès des différents acteurs des filières.

6
Rapport final – Étude du marché des Articles Ménagers Essentiels – Province du Lac Tchad
De plus, l’étude présente les principales filières porteuses dans le secteur agricole et maraicher qui représentent
un pilier prometteur de développement au sein de l’agriculture dans la zone ciblée par l’étude.

Le choix des filières ont été réalisés autour des critères de sélection et de développement suivant :
• Tendance positive de la croissance de la demande des marchés cibles ;
• Débouchés et accès aux marchés disponibles pour la commercialisation ;
• Potentiel donné d’augmentation de la production et/ou d’amélioration de la productivité ;
• Potentiel d’ajout de valeur par l’amélioration de la qualité ou par la transformation
• du produit ;
• Avantages comparatifs par rapport aux produits concurrentiels (produit unique, spécialité de la zone, coûts
de production relativement bas, etc.) ;
• Produit important en termes de rentabilité pour les acteurs de la chaîne de valeur et en termes de volume
pour le secteur agricole ;
• Niveau technologique et managérial suffisant pour développer davantage la filière ;
• Accès aux infrastructures de transformation et de commercialisation ;
• Disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée, de services et d’intrants nécessaires ;
• Barrières d’entrée dans le marché relativement basses pour les petits producteurs ;
• la filière offre des opportunités de développement pour les femmes rurales.
Sur la base de ces critères, nous avions eu à identifier les filières. Il s’agit de :

• Filière maraîchère : gombo, oignon, tomate et piment


• Filière maïs

6.11.1. Filière maraîchère

Le gombo est l’aliment de base préféré de la population et la source de revenus la plus importante pour les
ménages, en l’occurrence les femmes. Il existe la variété locale très gluante et appréciée par les consommateurs.
Cette variété rustique est cultivée surtout par les femmes avec l’appui des hommes dans les polders et ouadis en
2 à 3 campagnes selon les productrices. La culture est installée après les retraits des eaux dans les bras du Lac
et sa production commence après 2 mois de semis et elle s’étire jusqu’à 8 mois de récolte selon l’irrigation sinon
elle peut durer entre 2 à 4 mois. La production dans les polders modernes et semi-modernes se fait en 3
campagnes (pluviale, contre saisons chaude et froide).

La variété améliorée a été introduite par la FAO et bien d’autres ONG mais elle n’a pas été appréciée par les
productrices ni par les consommateurs de la localité alors elle est rare dans le milieu. Les consommateurs comme
producteurs apprécient la variété locale car celle est très gluante et est ancrée dans les habitudes alimentaires de
la localité.

Les superficies emblavées sont assez importantes surtout dans les cantons Ngouboua, Kiskira et Nguelea où il
existe une forte production et permet de satisfaire la demande locale et des localités voisines. Elles varient entre
1 à 2 ha par ménage. Le rendement optimal varie entre 6 à 8 tonnes/ha7.

Etant donné que sa production s’étend sur une longue période, les productrices affirment que le gombo est une
culture très rentable. Il est vendu en petite quantité en frais alors que la partie importante de la production est
transformée (séchage). Son rendement en contre saison est plus important si les fréquences d’irrigation sont
respectées. Un sac de gombo frais en contre saison donne 20 coros de gombo séché par contre il est de 11 à 12
coros pour le gombo pluvial.

Dans les bas-fonds et au bord du lac, la nappe d’eau est située à faible profondeur. Ceci permet d’irriguer de
nombreuses petites parcelles. La production de l’oignon dans le lac constitue une source de revenu monétaire
des populations. C’est l’une des cultures de rente pour l’économie nationale. Elle est produite 2 à 3 fois par an
mais surtout la forte production est constatée en contre saison sèche froide (décembre à février) dans les cantons
Ngouboua, Nguéléa, Kiskira et Kiskawa. La variété d’oignon d’Abéché est la plus répandue. Certaines ONG ont
introduit la variété améliorée (violet de Galmi) mais qui n’est pas trop produit de nos jours à cause de l’indisponibilité
de semences.

7 Source ANADER Lac


La production reste plutôt traditionnelle est souffre d’une insuffisance en matériels adaptés de production et du
manque d’accès aux crédits. Les producteurs souvent endettés bradent la production avant la récolte. Rares sont
les producteurs qui utilisent des motopompes comme moyen d’exhaure. La plupart des producteurs utilisent des
moyens rudimentaires. Ceci représente un frein au développement de la filière.

Les superficies emblavées sont faibles mais la production est assez importante. Elle est de 17 826 tonnes pour la
campagne 2018/2019 contre 4 010 tonnes pour la campagne 2017/20188. La forte production constatée en 2019
est due à l’appui des ONG humanitaires. Il faut noter que le rendement optimal varie de 10 à 15 tonnes/ha9.

La production de la tomate est importante aussi bien pour la tomate fraîche que pour la tomate séchée. Il n’existe
pas une statistique disponible sur la production de tomate dans la zone mais il faut noter que la tomate est assez
produite comme le gombo en 2 à 3 campagnes. Son rendement optimal est de 12 à 15 tonnes/ha10. Deux (2)
variétés (locale et Roma) sont produites mais la variété locale est assez produite et transformée en tomate séchée.
La variété Roma est résistante au pourrissement par rapport à la variété locale. Le vent et la divagation des
animaux d’élevage constituent les principaux facteurs qui perturbent le rendement dans la zone. Les producteurs
sont obligés d’installer la haie morte à base des épineux et ceci constitue une destruction pour l’environnement.
La filière n’arrive pas à satisfaire la demande en tomate fraîche quand il commence à faire chaud. Les
consommateurs se tournent vers la tomate séchée ou concentrée venant du Cameroun ou du Nigéria.
Le piment est une espèce adaptée aux conditions climatiques de la province du Lac. Sa production est très
développée et répandu dans les départements de Fouli et Kaya. Il est transformé en piment séché en cas de
mévente du piment frais. Il existe 2 variétés produites dans la zone. La variété améliorée, appelée Big Sun,
introduite par ITRAD au Tchad, de souche sénégalaise, est assez produite dans la zone et consommée en frais
comme séché. Le Big Sun ou Tchetté Yemri en arabe, est surtout recherché pour son piquant. Sur un même pied
il est possible de récolter le piment avant maturité (vert frais) ou à maturité (rouge frais). La variété locale, plus
petite que la variété améliorée est aussi produite mais elle est consommée sous forme de piment séché moulu. La
production du piment est une activité menée essentiellement par des hommes mais les femmes interviennent pour
la transformation ou la commercialisation. Son rendement optimal est de 3 à 4 tonnes/ha11.
L’intérêt principal de la culture du piment est sa capacité à produire toute l’année, durant les périodes de soudure
pendant lesquelles les revenus sont limités. Mais sa production s’étale juillet à mars dans la zone. Elle pourra se
poursuivre mais les récoltes ne sont pas possibles à cause de la sécheresse.

6.11.2. Filière maïs

Le maïs représente la 1ère culture vivrière dans la zone de l’étude suivi du mil pénicillaire sur les sols dunaires
avec de faible rendement. Sa consommation dans les ménages est presque journalière. Le maïs est l’aliment de
base préféré des populations de la province du Lac et la source de revenus des acteurs de la filière. Il permet aux
populations de lutter contre l’insécurité alimentaire. Le maïs est une culture à cycle court d’environ quatre mois,
conduite en monoculture, sans rotation. Dans les zones où l’eau est la plus disponible, on peut réaliser 2 à 3
saisons par an (avec l’eau des bras du lac ou des ouadis). Le maïs est cultivé dans les bas-fonds, dans les polders
(modernes et semi-modernes) grâce aux eaux drainées du lac à travers des canalisations construites par ANADER
ex SODELAC et par des motopompes achetées par les producteurs ou distribuées par les ONG. Le maïs est irrigué
même lorsqu’il est cultivé en saison pluviale : il est alors semé avant les 1ères pluies et irrigué jusqu’à l’arrivée des
pluies. La 2ème saison de maïs a lieu de décembre à avril. La 2ème saison de maïs est moins rentable que la
1ère en raison des coûts de production (notamment irrigation) plus élevés.

Les variétés de maïs cultivées sont des variétés introduites par ANADER ex SODELAC appelées Matafo 1, Matafo
2, CMS 86-02, CMS85-01 et 97TZEEW2C1. Ces variétés sont appréciées par les producteurs et les
consommateurs de la localité. Les producteurs produisent eux-mêmes leurs semences à travers la sélection
« massale ». Certains se ravitaillent en semences améliorées auprès des producteurs semenciers encadrés par

8 Données ANADER Lac


9 Source ANADER Lac
10 Source ANADER Lac
11 Source ANADER Lac
ANADER ex SODELAC. D’autres encore, achètent leurs semences sur les marchés locaux. Ceci réduit
considérablement le rendement malgré la fertilité des sols.

Les superficies emblavées sont assez importantes surtout dans les 2 départements retenus pour l’étude avec une
répartition allant de 1,5 à 2,5 ha par exploitant détenu en majorité par les hommes. Le rendement moyen12 de maïs
varie entre 1,1 à 2,7 t/ha. Il est important en contre saison froid (2,4 à 2,7 t/ha) et très faible en contre saison
chaude (1,1 à 1,5 t/ha) à cause de l’évaporation et la chaleur.

6.11.3. Chaînes de valeur très courtes

Les chaînes de valeur des produits identifiés sont courtes, et caractérisées par un petit nombre d’intermédiaires.
Cette situation est notamment due au caractère marginal de la transformation dans la chaîne de commercialisation,
et au caractère ouvert de l’espace sahélien, qui met facilement en contact producteurs et commerçant. Sur les
différents marchés enquêtés il y a par exemple un seul type de moulin et installés par plusieurs transformateurs
destinés à écraser les vivriers en farine, cette activité paraissant très peu rentable. Le séchage des légumes n’est
actuellement pas une activité spécialisée, et la conservation est peu reconnue, et pratiquée seulement par les
grands commerçants. On y rencontre comme acteurs des chaînes de valeur, les fournisseurs d’intrants, les
producteurs, les commerçants et les consommateurs. Pour la plupart des filières, les fournisseurs d’intrants se
résument en vendeurs de carburants, outils aratoires et pesticides mais les semences sont produites par les
producteurs ou bien des tout-venants présentant des caractéristiques variées et pouvant impactées sur la
production.

7 Conclusion
Les Transferts Monétaires apparaissent comme pertinents pour couvrir les besoins en AME dans les zones urbaine
et péri-urbaines tandis que la distribution en nature dans les zones éloignées des marchés et pour les déplacés
récents restent à priori la plus efficace. L’étude a révélé que la crise sécuritaire récente n’a pas fondamentalement
modifié la structure du système de marché par rapport à la situation depuis l’arrivée de BH dans la province du
Lac en 2015. Celle-ci a néanmoins intensifié certains des aspects déjà connus, tels que l’augmentation des prix
des marchandises dû à l’allongement des temps de transports des marchandises, la diminution du pouvoir d’achat,
la fermeture des frontières et la diminution de l’accès au marché et à l’aide humanitaire dans certaines zones.

Les données collectées auprès des acteurs du marché confirment les impressions des informateurs clés. Le
système de marché des AME ne peut répondre à une augmentation de la demande de l’ordre de 145 089
personnes pour l’ensemble des articles. C’est d’autant plus vrai que l’offre pour ces différents produits est atomisée.
Il n’existe pas de commerçants (du grossistes/importateurs aux détaillants) qui proposent l’ensemble de ces
produits à la vente. C’est particulièrement vrai pour les bidons, bâches, couverture et seau vendus par un nombre
limité de commerçants par contre les articles ménagers essentiels alimentaires sont vendus par plusieurs
commerçants et au besoin pourraient couvrir la demande.

Il existe une différence certaine entre la capacité de réponse à la demande aux environs de Baga Sola (où la
présence de grossistes permettrait une réponse en cash) et celles des villages localisés en zone rurale moins bien
approvisionné (coupons pourrait permettre de répondre à la demande en articles à consommation fréquente). C’est
pourquoi le système de marché des AME manufacturés et alimentaires ne peut répondre à une demande
additionnelle sans accompagnement. De plus, la nature de certains de ces articles et le contexte de leur utilisation
(rapidité de réponse pour des nouveaux déplacés et volume) suggère qu’une approche en nature serait plus rapide
et moins contraignante pour les populations éloignées des centres urbains.

Concernant la faisabilité des transferts monétaires dans les départements de Fouli et de Kaya, l’étude a confirmé
que les bénéficiaires ont accès à plusieurs marchés hebdomadaires et permanents (Baga Sola) ainsi qu’aux
opérateurs téléphoniques toute l’année.

Au vu de ces résultats, il semble que les principales barrières à l’utilisation des transferts monétaires se trouvent
dans les zones rurales éloignées des marchés dû à l’accessibilité et aux coûts de transport mais ne sont pas

12 Source ANADER Lac


nécessairement liés à la fonctionnalité des marchés. La fonctionnalité des marchés peut néanmoins être renforcée
via des activités d’appui aux marchés.

En outre, la mission a permis d’identifier selon les critères définis, quelques filières dans le secteur agricole. Les
produits maraîchers tels que le gombo, la tomate, l’oignon et le piment constituent des filières porteuses dans
le domaine de maraîchage. Ils sont consommés toute une année et disposent d’une valeur marchande assez
importante. Ils sont très appréciés en milieu rural (population hôte, PDIs et réfugiés) comme urbain mais aussi très
prisés par les restaurants. Ils sont exportés dans d’autres provinces (Kanem, Hadjer Lamis, BEG, N’Djamena) par
les grossistes de la zone.

Ensuite le maïs pourrait être appuyé pour rendre disponible le vivrier dans la zone et lutter contre l’insécurité
alimentaire car il reste le vivrier le plus consommé dans les ménages.

A cela pourrait s’ajouter des filières artisanales (fabrication des nattes en palmier doum) et l’élevage des petits
ruminants et des volailles pour faire face à la demande. Ces filières seraient bénéfiques surtout pour les femmes
et les jeunes.

8 Recommandations
Les recommandations suivantes ont été élaborées à la suite de cette étude de marché. Celles-ci sont
principalement destinées à IRC mais peuvent être utiles à tout autre acteur humanitaire visant à mettre en places
des transferts monétaires dans la province du Lac Tchad.

Recommandation 1 : Modalité à utiliser dans la région pour délivrer des AME

La zone peut être séparée entre zone urbaine (dans des principales villes, accueillant un marché permanent ou
hebdomadaire) et les zones rurales. Les différences de caractéristiques en termes d’accès et de disponibilité ne
permettent pas une approche globale.

En zone urbaine :
Prévoir dans un premier temps un système de coupon monétaire pour les AME pour les déplacés
récents afin de s’assurer de la capacité du marché, notamment pour bidons, nattes, couverture
et bâches.
Effectuer un transfert monétaire en espèce inconditionnel et non-restrictif pour les ménages
vulnérables afin de répondre aux besoins en consommables (savon, OMO et denrées
alimentaires).
En zone rurale :
Effectuer une distribution en nature d’AME à demande ponctuelle suite à un déplacement pour
une meilleure efficacité et limiter les problématiques de transport pour les ménages vulnérables.
Ajouter pour les savons et OMO au transfert monétaire mensuel en nourriture dans les sites
proches des marchés permanents et hebdomadaires (sites « urbains ») dans un premier temps
pour bien identifier les modes de consommation et de dépenses.
Mettre en place un système de coupons marchandises (savon et OMO) avec les semi-
grossistes itinérants pour les ménages situés les zones reculées afin de s’assurer de la
disponibilité en produits puis étendre à du transfert monétaire en espèce.

Recommandation 2 : Mécanisme de paiement

Au vu des limites proposées par les opérateurs téléphoniques dans les zones rurales en termes de réseau et de
couverture, il serait pertinent de :

Conserver Express Union dans les zones rurales tant que la couverture en point de retrait est
minimale ;
Faire un plaidoyer commun auprès de Tigo et Airtel pour qu’ils augmentent les capacités et fond
de roulement dans les points de retrait au niveau des zones urbaines.

Recommandation 3 : Mitigation des risques

Au vu des différents risques identifiés, il serait pertinent de :

S’assurer de la présence de membres de l’organisation lors des distributions ;


Sensibiliser les hommes et obtenir leur accord pour une distribution ciblé sur les femmes ;
S’assurer que les coépouses reçoivent un aide dans le cas des ménages polygames.

Recommandation 4 : Prise en compte de la Fluctuation du Naira

Ajouter le taux de change du Naira et le cout de la commission dans le suivi des prix (à collecter
auprès des agents de change) ;
Intégrer le prix de la commission dans le montant distribué aux bénéficiaires ;
Prévoir et anticiper une possible mise en place de distribution de coupons au cas où le cours
du Naira augmenterait soudainement.

Recommandation 5 : Suivi du projet


Intégrer le taux de change Naira/FCFA local et la commission prise par les agents de change
dans le suivi mensuel ainsi que dans les Suivis Post-Distribution ;
Intégrer dans le suivi des marchés, les consommables (savon et OMO) et se limiter aux
principales et des articles principales céréales (Maïs et riz) et légumineuses (niébé et arachide)
consommées.

Recommandation 6 : Appuis aux bénéficiaires pour les activités agricoles et élevage


Le renforcement des moyens d’existence par le soutien en AGR, le soutien au maraichage et à
la production de contre saison et appui à l’élevage ;
La distribution des intrants aux bénéficiaires les plus vulnérables dans la zone d’intervention
pour favoriser la production agricole et booster l’élevage ;
La promotion des filières porteuses de la zone d’intervention pour créer de l’emploi et les
sources de revenus aux populations vulnérables ;
Le plaidoyer auprès du gouvernement pour le renforcement du système de suivi des prix et de
d’alerte précoce.
9 Annexes

9.1. Chronogramme de la mission

Dates Lieux Actions Equipes

12 juin 2020 N’Djamena Signature de contrat IRC et Consultant


15 au 26 juin 2020 Province du Trajet Aller-retour N’Djamena – Baga IRC, Consultant et
Lac Sola Enquêteurs
Revue documentaire
Elaboration des guides d’entretiens
(Interviews semi-structurés)
Collecte des données.

27 au 29 juin 2020 N’Djamena Analyse et recompilation des Consultant


informations
30 juin au 02 juillet N’Djamena Rédaction du rapport provisoire Consultant
2020
9.2. Questionnaire d’évaluation du marché (produits non alimentaires)
Cadrage de l’étude

Objectifs :

- Identifier les capacités des commerçants à répondre à une augmentation de la demande ;


- Identifier les acteurs principaux de la chaîne de marché ;
- Identifier les contraintes auxquelles font face les commerçants pour approvisionner les
marchés hebdomadaires.

Groupes cibles :

- Grossistes et semi-grossistes des départements de Kaya et Fouli, particulièrement ceux qui


ont des succursales dans les marchés hebdomadaires ;
- Gros détaillants des marchés hebdomadaires.

Lieu et disposition de la rencontre :

- Réunir les participants dans un lieu neutre, favorisant l’expression la plus libre possible sans
contraintes ni crainte.

Grille d’entretien

Introduction (5 min)

Mot de bienvenue, expliquer votre venue et les objectifs de la rencontre, expliquer les règles de conduite
(rôle du modérateur, confidentialité, aucune mauvaise réponse, parler un à la fois), Questions pour
« briser la glace » : présentation des participants et questions liées à l’étude.

Questionnaire (30 min- 40min).

Conclusion en (5 min) :

- Résumant ce qui a été dit et demander si tout le monde est d’accord avec ce récapitulatif. En
cas de doutes dans vos notes, demander confirmation.
- Demandant aux participants leurs impressions par rapport à cette session.
- Remerciant tout le monde pour leur attention et leur participation et répondant aux questions
s’il y en a.

Introduction

Date de l’enquête Lieu de l’enquête

Nom de l’enquêteur Type de marché


(Permanent /
hebdomadaire)

Nom du Contact du
commerçant commerçant

Type de
commerçant Point GPS
(Importateur/ /
grossiste /semi-
grossiste, antenne
locale de semi-
grossiste ou
grossiste, détaillants)
Je m’appelle ……… je fais partie d’une équipe ………………... Nous menons une enquête sur
une étude des marchés dans la province du Lac. Je souhaiterai vous poser des questions
sur les marchés. Vos réponses seront traitées de manière anonyme.
Avez-vous des questions ? Pouvons-nous commencer maintenant ?
Oui Non

Aspects généraux du commerce

1. Quels sont les principaux types de produits que vous vendez ? (Plusieurs réponses
possibles)

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

2. Depuis combien de temps êtes-vous installé sur ce marché ?


De 6 à 12 mois plus de un an Plus de deux ans

3. Combien de commerçants sur ce marché ont des commerces similaires aux vôtres (taille,
capacité de stockage, nombre de clients, type de biens vendus) ?

4. Quel est votre perception de la compétition sur ce marché sur ces produits vendus ?
Aucune Limitée Moyenne élevée Trop forte

Approvisionnement

Sources d’approvisionnement ?

5. Pour vous approvisionner en biens Non alimentaires, combien de fournisseur avez-vous


avant crise ?

6. Où étaient-ils situés (plusieurs réponses possibles) ? sur le marché, Ndjamena,


Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun, Liwa, Baga Sola,
Ngouri, Mao, autres, précisez…

7. Quels types de fournisseur (plusieurs réponses possibles) ? Importateur, grossistes, semi-


grossiste, usine directement

8. Pour vous approvisionner en biens Non alimentaires, combien de fournisseur avez-vous


actuellement ?

9. Où sont-ils situés (plusieurs réponses possibles) ? sur le marché, Ndjamena,


Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun, Liwa, Baga Sola,
Ngouri, Mao, autres, précisez…

10. Quels types de fournisseur (plusieurs réponses possibles) ? Importateur, grossistes, semi-
grossiste, usine directement
11. Quelles sont vos principales données d’approvisionnement pour les produits que vous
vendez ? Quelle évolution entre Juillet 2019 et maintenant (ne mentionnez que les produits
mentionnés en réponses à la question 1) ?

Produit Produit Produit Produit 4


1 2 3
Juillet
Fréquence d’approvisionnement
2019
(en semaine)
Maintenant
Juillet
Volume d’approvisionnement
2019
(Kg/MT) par semaine
Maintenant
Juillet
Durée d’approvisionnement (jours) 2019
Maintenant

Crédit

Ici le choc correspond à la période liée la dégradation sécuritaire, c’est-à-dire avant Novembre 2019.
Prenez Juillet 2019

12. Quels étaient les modes de paiement auprès de vos fournisseurs avant le choc ? (plusieurs
réponses possibles) à crédit uniquement Comptant uniquement Les
deux

13. Si crédit, Quel est la somme maximale que vous pouvez empruntez avant le choc ?
____________FCFA

14. Depuis le choc, est-ce que cette somme a évolué? augmentée Diminuée
pareil

15. Si changement depuis le choc, pourquoi ?

16. Si crédit, Quel est le délai actuel de remboursement du crédit ? ___________________ jours

17. Si crédit, Depuis le choc, est-ce que ce délai a ? augmenté Diminué


resté stable

18. Si changement depuis le choc, pourquoi ?

Transport

19. Comment les marchandises sont-elles amenées jusqu’à votre stock ? (Plusieurs réponses
possibles)
Propre véhicule ? Transporteur privé ? Transporteur du fournisseur, autres
(précisez)

20. Quel est le coût de transport actuellement pour un camion 7t sans remorque ? (Faire des
propositions de provenance en fonction des pays d’approvisionnements de la question 6)
Nigeria Niger Lybie
Cameroun Ndjamena Bol
Ngouri Mao

21. Comment les coûts de transport ont-ils évolués depuis le choc ? Augmenté stable
diminué

22. S’il y a eu de changement dans le coût du transport, quels facteurs ont y contribué? (Plusieurs
réponses possibles) Insécurité Diminution du nombre de transporteurs
tracasserie Coût du fuel Autres, précisez

23. Si augmenté, quels sont les zones d’approvisionnement qui ont été les plus touchés ?
(Plusieurs réponses possibles)
Nigeria Niger Lybie Cameroun Ndjamena Au
sein de la province du Lac Autres, précisez

24. Comment le coût de vos transactions commerciales a évolué entre avant et après la crise ?
Augmenté Diminué les deux stable

25. Quels sont les raisons de ce changement ? (Plusieurs réponses possibles)


Prix du carburant Prix des produits de base Insécurité Coûts des
transporteurs taxes commerciales tracasserie Autres (précisez)

Stockage

26. Où stockez-vous généralement votre stock (plusieurs réponses possibles) ? Stock privé (hors
boutique) Au sein du commerce stock collectif stock municipal/villageois
autres, précisez

27. Quelles sont les quantités de produits de base clés que vous avez actuellement en stock et
quelle est la différence avec les quantités que vous stockez habituellement à cette époque
de l’année (ne précisez que les produits mentionnés en réponse à la question 1) ?
Produits Raison de cette différence (le
Quantité en Par rapport à
cas échéant)
stock l’année dernière,
Si la réponse est plus ou
actuellement est-ce
moins
Plus, Moins
Seau 10l Pareil

Plus Moins
Saccane Pareil

Plus Moins
Dispositif Lavage de main Pareil

Plus Moins
Nattes 3 personnes Pareil

Couverture 2 personnes Plus Moins


(4kg) Pareil

Plus Moins
Savon 200g (cartons 80) Pareil

Sachet OMO 500g (cartons Plus Moins


36) Pareil
Plus Moins
Bâche Pareil

Plus Moins
Bidon 20l Pareil

Plus Moins
Marmites aluminium Pareil

28. Etes-vous toujours en mesure d’obtenir les produits de base clés auprès de vos sources
habituelles depuis le choc récent? Oui Non

29. Si non, pourquoi ?

30. Si non, Quels produits sont particulièrement touchés par cette problématique (plusieurs
réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

31. Quelle est votre stratégie de réponse, pour maintenir votre approvisionnement ?

32. Existe-t-il d’autres fournisseurs fiables auxquels vous pouvez acheter les produits de base
clés ? Oui Non

33. Si oui, où (Plusieurs réponses possibles) ?


Sur le marché, Ndjamena, Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun,
Liwa, Baga Sola, Ngouri, Mao, autres, précisez…

Demande

34. Qui sont vos 3 principaux types de clients ? (classez par importance)
1. Grossistes/Semi-grossistes des marchés permanents ou Détaillants des marchés
permanents
2. Grossistes/Semi-grossistes des marchés hebdomadaires ou détaillants des marchés
hebdomadaires
3. Client du marché local ou Client des marchés hebdomadaires (vente en direct aux populations
de ces marchés).

35. Quel pourcentage de vos ventes parmi vos clients ?


Client 1: _______%

Client 2:________%

Client 3: ________%

36. Si marché hebdomadaire, combien d’autres commerçants tels que vous sont présents sur
ces marchés ?

37. Si marché hebdomadaire, quels marchés desservez-vous dans la zone ?


38. Si marché hebdomadaire, est-ce que votre boutique est accessible à tout le monde hommes,
femmes, PDIs, hôtes… ? oui non

39. Si non, pour qui (Plusieurs réponses possibles) ? hommes, femmes, PDIs,
hôtes…

40. Si Non, pourquoi

41. Quelles sont les quantités que vous écoulez sur ces marchés hebdomadaires généralement
en une semaine ?
Quantité (mettre les unités)
Quantité Si changement, expliquer
Nom du produit de base
Juillet Quantité Maintenant pourquoi ?
2019
Seau 10l (pc)
Saccane (pc)
Dispositif Lavage de
main (pc)
Nattes 3 personnes (pc)
Couverture 2 places
(4kg)
Savon 200g (cartons 80)
Sachet OMO 500g
(cartons 36)
Bâche
Bidon 20l
Marmites aluminium

42. Les clients des marchés hebdomadaires achètent-ils plus ou moins de produits de base clés
depuis le choc ? Plus, Moins, pas
de changement

43. Si plus, Quel produits sont particulièrement touchés (plusieurs réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

44. Si plus, pourquoi ?

45. Si moins, pourquoi ?


Manque de disponibilité en local en raison de l’insécurité, moins de disponibilité au niveau des
fournisseurs, baisse de la demande, pas de crédit aux consommateurs, manque de revenus
des consommateurs, baisse de la qualité, autres, précisez…

46. Si moins, quels produits sont particulièrement touchés (plusieurs réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

47. Considérez-vous qu’il y ait une saisonnalité de la demande pour ces produits ?
Oui Non
48. Si saisonnalité, quel produit sont particulièrement touchés (plusieurs réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

49. Si saisonnalité, quel mois la demande est-elle haute ?

50. Si saisonnalité, quel mois la demande est-elle basse ?

Crédit

51. Faites-vous des crédits à vos clients des marchés hebdomadaires ? Oui Non

52. Si oui, à quel pourcentage de clients ? sous quelles conditions ?


Pourcentage Quelles conditions et type de clients ?
de client ?
Juillet 2019
Maintenant
Si différent,
pourquoi

53. Si crédit actuellement, le nombre de client a-t-il: augmenté, Diminué, est


resté stable

54. Si crédit actuellement, le montant des crédits a-t-il : augmenté Diminué est
resté stable

55. Si le nombre de client ou le montant a évolué, pour quelles raisons ?

Elasticité de l’offre

56. Si la demande de produits de base clés devait augmenter sur les marchés hebdomadaires,
est-ce que vous pourriez répondre à une augmentation de la demande de 50% ? Oui Non

57. Si oui, en combien de temps ? ____________semaines

58. est-ce que vous pourriez répondre à une augmentation de la demande de 100% ? Oui Non

59. Si oui, en combien de temps ? ____________semaines

60. Si vous avez la capacité d’augmenté à 100%, Quel est le maximum d’augmentation que vous
pourriez atteindre ? tripler quadrupler quintupler plus

61. Si vous pouvez augmenter, quelle stratégie mettriez-vous en place pour y parvenir ?
(Plusieurs réponses possibles)

Demande supplémentaire au fournisseur habituel Augmentation du crédit diversification


des fournisseurs location de stockage supplémentaire, location de véhicule
supplémentaire, autres précisez
62. Y a-t-il des produits qui poseraient plus de problème que d’autres ? Oui non

63. Si oui, lesquels (plusieurs réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

64. Quels sont les 3 principaux facteurs qui pourraient limiter votre capacité d’augmenter votre
offre en biens non alimentaires
a. Facteur 1 :
b. Facteur 2 :
c. Facteur 3 :

65. Comment ces facteurs pourraient-ils être réglés


a. Facteur 1 :
b. Facteur 2:
c. Facteur 3 :

66. Pensez-vous que le prix que vous devez payer changerait si vous deviez augmenter la
quantité de produits de base clés que vous commandez à vos fournisseurs ? oui Non

67. Si oui, et pourquoi ?

68. Si oui, quels produits seraient plus touchés que d’autres ? (plusieurs réponses possibles) ?

Seau Saccane Dispositif Lavage de main Nattes 3 personnes Couverture

Savon Sachet OMO Bâche Bidon 20l Marmites 2 & 3

Environnement du marché & Risques

69. Est-ce que de nouveaux commerçants peuvent s’installer facilement sur le marché ?
Oui Non.

70. Si non, expliquez

71. Quelles sont les conditions d’entrée sur le marché pour un nouveau commerçant ?

72. Pour que votre activité fonctionne, quels sont les services les plus importants que vous
devez payer ou qui sont gratuits (à titre d’exemples : taxes d’entrée en ville, taxe de marché,
collecte d’ordures…) ?
Service Gratuit ou payant

73. Qui fixe les prix des principaux produits vendus (plusieurs options possibles) ?
Offre demande Association de commerçants discussion entre commerçants
Gouvernement chacun en fonction de ces coûts d’achat et de transport Autres, précisez
74. Quels sont les 3 principaux risques pour votre commerce au vu de la situation actuelle ? et
comment faites-vous y face ?

Suivi de prix

75. Renseigner les prix des denrées pour une année

Périodes Unités Jan Fév Mar Avri Ma Jui Juil Aoû Sep Oct Nov Déc
de v. . s l i n . t t. . . .
mesur
e
Produits

Seau 10l
(pc)

Saccane
(pc)

Dispositif
Lavage
de main
(pc)

Nattes 3
personne
s (pc)

Couvertu
re 2
places
(4kg)

Savon
200g
(cartons
80)

Sachet
OMO
500g
(cartons
36)

Bâche

Bidon 20l

Marmites
aluminiu
m
9.3. Questionnaire d’évaluation du marché (produits alimentaires)
Cadrage de l’étude

Objectifs :

- Identifier les capacités des commerçants à répondre à une augmentation de la demande ;


- Identifier les acteurs principaux de la chaîne de marché ;
- Identifier les contraintes auxquelles font face les commerçants pour approvisionner les marchés
hebdomadaires.

Groupes cibles :

- Grossistes et semi-grossistes des départements de Kaya et Fouli, particulièrement ceux qui ont
des succursales dans les marchés hebdomadaires ;
- Gros détaillants des marchés hebdomadaires.

Lieu et disposition de la rencontre :

- Réunir les participants dans un lieu neutre, favorisant l’expression la plus libre possible sans
contraintes ni crainte.

Grille d’entretien

Introduction (5 min)

Mot de bienvenue, expliquer votre venue et les objectifs de la rencontre, expliquer les règles de conduite
(rôle du modérateur, confidentialité, aucune mauvaise réponse, parler un à la fois), Questions pour
« briser la glace » : présentation des participants et questions liées à l’étude.

Questionnaire (30 – 40 min)

Conclusion en (5 min) :

- Résumant ce qui a été dit et demander si tout le monde est d’accord avec ce récapitulatif. En
cas de doutes dans vos notes, demander confirmation.
- Demandant aux participants leurs impressions par rapport à cette session.
- Remerciant tout le monde pour leur attention et leur participation et répondant aux questions
s’il y en a.

Introduction

Date de l’enquête Lieu de l’enquête

Nom de l’enquêteur Type de marché


(Permanent /
hebdomadaire)

Nom du Contact du
commerçant commerçant

Type de
commerçant Point GPS
(Importateur/ /
grossiste /semi-
grossiste, antenne
locale de semi-
grossiste ou
grossiste, détaillants)
Je m’appelle ……… je fais partie d’une équipe ………………... Nous menons une enquête sur
une étude des marchés dans la province du Lac. Je souhaiterai vous poser des questions
sur les marchés. Vos réponses seront traitées de manière anonyme.
Avez-vous des questions ? Pouvons-nous commencer maintenant ?
Oui Non

Aspects généraux du commerce

1. Quels sont les principaux types de produits que vous vendez ? (Plusieurs réponses
possibles)
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée), sucre thé

2. Depuis combien de temps êtes-vous installé sur ce marché ?


De 6 à 12 mois plus de un an Plus de deux ans

3. Combien de commerçants sur ce marché ont des commerces similaires aux vôtres (taille,
capacité de stockage, nombre de clients, type de biens vendus) ?

4. Quel est votre perception de la compétition sur ce marché sur ces produits vendus ?
Aucune Limitée Moyenne élevée Trop forte

Approvisionnement

Sources d’approvisionnement ?

5. Pour vous approvisionner en biens alimentaires, combien de fournisseur avez-vous


avant crise ?

6. Où étaient-ils situés (plusieurs réponses possibles) ?


Sur le marché, Ndjamena, Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun,
Bol, Liwa, Baga Sola, Ngouri, Mao, autres, précisez…

7. Quels types de fournisseur (plusieurs réponses possibles) ?


Importateur, grossistes, semi-grossiste, usine directement

8. Pour vous approvisionner en biens alimentaires, combien de fournisseur avez-vous


actuellement ?

9. Où sont-ils situés (plusieurs réponses possibles) ?


Sur le marché, Ndjamena, Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun,
Bol, Liwa, Baga Sola, Ngouri, Mao, autres, précisez…

10. Quels types de fournisseur (plusieurs réponses possibles) ?


Importateur, grossistes, semi-grossiste, usine directement

11. Quelles sont vos principales données d’approvisionnement pour les produits que vous
vendez quelle évolution entre Juillet 2019 et maintenant (ne mentionnez que les produits
mentionnés en réponses à la question 1) ?
Produit 1 Produit 2 Produit 3 Produit 4
Fréquence Juillet
d’approvisionnement 2019
(en semaine) Maintenant
Volume Juillet
d’approvisionnement 2019
(Kg/MT) par semaine Maintenant
Durée Juillet
d’approvisionnement 2019
(jours) Maintenant

Crédit

Ici le choc correspond à la période liée la dégradation sécuritaire, c’est-à-dire avant Novembre 2019.
Prenez Juillet 2019

12. Quels étaient les modes de paiement auprès de vos fournisseurs avant le choc ?
(plusieurs réponses possibles)
A crédit uniquement Comptant uniquement Les deux

13. Si crédit, Quel est la somme maximale que vous pouvez empruntez avant le choc ?
____________FCA

14. Depuis le choc, est-ce que cette somme a évolué?


Augmentée Diminuée pareil

15. Si changement depuis le choc, pourquoi ?

16. Si crédit, Quel est le délai actuel de remboursement du crédit ? ___________________


jours

17. Si crédit, Depuis le choc, est-ce que ce délai a ?


Augmenté Diminué resté stable

18. Si changement depuis le choc, pourquoi ?

Transport

19. Comment les marchandises sont-elles amenées jusqu’à votre stock ? (Plusieurs
réponses possibles)
Propre véhicule ? Transporteur privé ? Transporteur du fournisseur, autre (précisez)

20. Quel est le coût de transport actuellement pour un camion 7t sans remorque ? (Faire des
propositions de provenance en fonction des pays d’approvisionnements de la question
6)
Nigeria Niger Lybie
Cameroun Ndjamena Bol
Ngouri Mao

21. Comment les coûts de transport ont-ils évolués depuis le choc ?


Augmenté stable diminué
22. S’il y a eu de changement dans le coût du transport, quels facteurs ont y contribué?
(Plusieurs réponses possibles)
Insécurité Diminution du nombre de transporteurs tracasserie Coût du fuel
Autres, précisez

23. Si augmenté, quels sont les zones d’approvisionnement qui ont été les plus touchés ?
(Plusieurs réponses possibles)
Nigeria Niger Lybie Cameroun Ndjamena Au
sein de la province du Lac Autres, précisez

24. Comment le coût de vos transactions commerciales a évolué entre avant et après la
crise ?
Augmenté Diminué les deux stable

25. Quels sont les raisons de ce changement ? (Plusieurs réponses possibles)


Prix du carburant Prix des produits de base Insécurité Coûts des
transporteurs taxes commerciales tracasserie Autres (précisez)

Stockage

26. Où stockez-vous généralement votre stock (plusieurs réponses possibles) ?


Stock privé (hors boutique) Au sein du commerce stock collectif stock
municipal/villageois autres, précisez

27. Quelles sont les quantités de produits de base clés que vous avez actuellement en stock
et quelle est la différence avec les quantités que vous stockez habituellement à cette
époque de l’année (ne précisez que les produits mentionnés en réponse à la question
1) ?
Produits Quantité en Par rapport à Raison de cette différence (le
stock l’année dernière, cas échéant)
actuellement est-ce Si la réponse est plus ou moins
Plus Moins
Maïs Pareil

Plus Moins
Mil pénicillaire Pareil

Plus Moins
Riz Pareil

Pâtes (spaghetti, Plus Moins


macaroni) Pareil

Plus Moins
Farine de blé Pareil

Plus Moins
Oignon Pareil

Plus Moins
Huile Pareil

Plus Moins
Sel Pareil
Plus Moins
Gombo (frais et séché) Pareil

Tomate (fraîche, séchée Plus Moins


et concentrée) Pareil

Plus Moins
Sucre Pareil

Plus Moins
Thé Pareil

28. Etes-vous toujours en mesure d’obtenir les produits de base clés auprès de vos sources
habituelles depuis le choc récent?

Oui Non

29. Si non, pourquoi ?

30. i non, Quels produits sont particulièrement touchés par cette problématique (plusieurs
réponses possibles) ?
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée)

31. Quelle est votre stratégie de réponse, pour maintenir votre approvisionnement ?

32. Existe-t-il d’autres fournisseurs fiables auxquels vous pouvez acheter les produits de
base clés ?
Oui Non

33. Si oui, où (Plusieurs réponses possibles) ?


Sur le marché, Ndjamena, Nigeria, Massakory, Bol, Niger, Lybie, Cameroun,
Liwa, Baga Sola, Ngouri, Mao, autres, précisez…

Demande

34. Qui sont vos 3 principaux types de clients ? (classez par importance)
1. Grossistes/Semi-grossistes des marchés permanents ou Détaillants des marchés
permanents
2. Grossistes/Semi-grossistes des marchés hebdomadaires ou détaillants des marchés
hebdomadaires
3. Client du marché local ou Client des marchés hebdomadaire (vente en direct aux populations
de ces marchés).

35. Quel pourcentage de vos ventes parmi vos clients ?


Client 1: _______%

Client 2:________%

Client 3: ________%
36. Si marché hebdomadaire, combien d’autres commerçants tels que vous sont présents
sur ces marchés ?

37. Si marché hebdomadaire, quels marchés desservez-vous dans la zone ?

38. Si marché hebdomadaire, est-ce que votre boutique est accessible à tout le monde
hommes, femmes, PDIs, hôtes… ?
Oui non

39. Si non, pour qui (Plusieurs réponses possibles) ?

Hommes, femmes, PDIs, hôtes…

40. Si Non, pourquoi

41. Quelles sont les quantités que vous écoulez sur ces marchés hebdomadaires
généralement en une semaine ?
Quantité (mettre les unités)
Quantité Si changement, expliquer
Nom du produit de base
Juillet Quantité Maintenant pourquoi ?
2019
Maïs
Mil pénicillaire
Riz
Pâtes (spaghetti,
macaroni)
Farine de blé
Oignon
Huile
Sel
Gombo (frais et séché)
Tomate (fraîche, séchée
et concentrée)
Sucre
Thé

42. Les clients des marchés hebdomadaires achètent-ils plus ou moins de produits de base
clés depuis le choc ?
Plus, Moins, pas de changement

43. Si plus, Quel produits sont particulièrement touchés (plusieurs réponses possibles) ?
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée) sucre thé

44. Si plus, pourquoi ?

45. Si moins, pourquoi ?


Manque de disponibilité en local en raison de l’insécurité, moins de disponibilité au niveau des
fournisseurs, baisse de la demande, pas de crédit aux consommateurs, manque de revenus
des consommateurs, baisse de la qualité, autres, précisez…

46. Si moins, quels produits sont particulièrement touchés (plusieurs réponses possibles) ?
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée)

47. Considérez-vous qu’il y ait une saisonnalité de la demande pour ces produits ?

Oui Non

48. Si saisonnalité, quel produit sont particulièrement touchés (plusieurs réponses


possibles) ?
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée)

49. Si saisonnalité, quel mois la demande est-elle haute ?

50. Si saisonnalité, quel mois la demande est-elle basse ?

Crédit

51. Faites-vous des crédits à vos clients des marchés hebdomadaires ? Oui Non

52. Si oui, à quel pourcentage de clients ? sous quelles conditions ?


Pourcentage Quelles conditions et type de clients ?
de client ?
Juillet 2019
Maintenant
Si différent,
pourquoi

53. Si crédit actuellement, le nombre de client a-t-il ?


Augmenté Diminué est resté stable

54. Si crédit actuellement, le montant des crédits a-t-il ?


Augmenté Diminué est resté stable

55. Si le nombre de client ou le montant a évolué, pour quelles raisons ?

Elasticité de l’offre

56. Si la demande de produits de base clés devait augmenter sur les marchés
hebdomadaires, est-ce que vous pourriez répondre à une augmentation de la demande
de 50% ?
Oui Non

57. Si oui, en combien de temps ? ____________semaines

58. Est-ce que vous pourriez répondre à une augmentation de la demande de 100% ?
Oui Non

59. Si oui, en combien de temps ? ____________semaines


60. Si vous avez la capacité d’augmenté à 100%, Quel est le maximum d’augmentation que
vous pourriez atteindre ? tripler quadrupler quintupler plus

61. Si vous pouvez augmenter, quelle stratégie mettriez-vous en place pour y parvenir ?
(Plusieurs réponses possibles)
Demande supplémentaire au fournisseur habituel Augmentation du crédit diversification
des fournisseurs location de stockage supplémentaire, location de véhicule
supplémentaire, autres précisez

62. Y a-t-il des produits qui poseraient plus de problème que d’autres ?
Oui Non

63. Si oui, lesquels (plusieurs réponses possibles) ?


Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée)

64. Quels sont les 3 principaux facteurs qui pourraient limiter votre capacité d’augmenter
votre offre en biens non alimentaires
a. Facteur 1 :
b. Facteur 2 :
c. Facteur 3 :

65. Comment ces facteurs pourraient-ils être réglés


d. Facteur 1 :
e. Facteur 2:
f. Facteur 3 :

66. Pensez-vous que le prix que vous devez payer changerait si vous deviez augmenter la
quantité de produits de base clés que vous commandez à vos fournisseurs ?
Oui Non

67. Si oui, et pourquoi ?

68. Si oui, quels produits seraient plus touchés que d’autres ? (plusieurs réponses
possibles) ?
Maïs mil pénicillaire riz pâtes (spaghetti, macaroni…) farine de blé
oignon huile sel gombo (frais et séché) tomate (fraîche, séchée et
concentrée)

Environnement du marché & Risques

69. Est-ce que de nouveaux commerçants peuvent s’installer facilement sur le marché ?

Oui Non.

70. Si non, expliquez

71. Quelles sont les conditions d’entrée sur le marché pour un nouveau commerçant ?
72. Pour que votre activité fonctionne, quels sont les services les plus importants que vous
devez payer ou qui sont gratuits (à titre d’exemples : taxes d’entrée en ville, taxe de
marché, collecte d’ordures…) ?
Service Gratuit ou payant

73. Qui fixe les prix des principaux produits vendus (plusieurs options possibles) ?
Offre demande Association de commerçants discussion entre commerçants
Gouvernement chacun en fonction de ces couts d’achat et de transport Autres,
précisez

74. Quels sont les 3 principaux risques pour votre commerce au vu de la situation actuelle ?
et comment faites-y face ?
Suivi de prix

75. Renseigner les prix des denrées pour une année

Périodes Unités Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
de
mesure
Produits

Maïs

Mil
pénicillaire

Riz

Pâtes
(spaghetti,
macaroni)

Farine de
blé

Oignon

Huile

Sel

Gombo
(frais et
séché)

Tomate
(fraîche,
séchée et
concentrée)

Sucre

Thé
76. Remarques de l’enquêteur

Merci pour le temps que vous nous avez accordé. Y a-t-il d’autres que vous souhaitez ajouter ? Avez-vous
des questions ?

77. Remarques de l’enquêteur

Merci pour le temps que vous nous avez accordé. Y a-t-il d’autres que vous souhaitez ajouter ? Avez-vous
des questions ?

9.4. Grille d’entretien – Focus groupes

Généralités

Objectifs :

- Identifier les principaux produits dont les populations ont besoin et la saisonnalité de la demande
- Identifier le niveau d’accès aux marchés des populations et leurs contraintes
- Identifier les préférences des bénéficiaires en termes de modalités et mécanismes de paiement

Groupes cibles :

- Réunir 8-12 personnes pour une rencontre de 35 à 45 minutes


- Faire des groupes de discussions différenciés entre:
o Hommes hôtes
o Femmes hôtes
o Hommes déplacées/réfugiées
o Femmes déplacées/réfugiées

Lieu et disposition de la rencontre :

- Réunir les participants dans un lieu neutre, favorisant l’expression la plus libre possible sans contrainte ni
crainte.
- La disposition des personnes en cercle est de rigueur. Si deux personnes s’opposent habituellement, il est
nécessaire de les placer proche l’une de l’autre et surtout pas en vis-à-vis.

Grille d’entretien

QUE DES QUESTIONS OUVERTES, PAS DE REPONSES PAR « OUI » ou « NON »

Introduction (5 min)

Mot de bienvenue, expliquer votre venue et les objectifs de la rencontre, expliquer les règles de conduite (rôle du
modérateur, confidentialité, aucune mauvaise réponse, parler un à la fois), Questions pour « briser la glace » :
présentation des participants et questions liées à l’étude.

Discussion sur le sujet (30 – 40 min) :

Liste de questions non exhaustive, trame à adapter selon les situations. S’il y a des divergences de points de vue
au sein, du groupe en termes de réponses, notez les rapports approximatifs pour chaque choix de réponse.

Conclusion en (5 min):

- Résumant ce qui a été dit et demander si tout le monde est d’accord avec ce récapitulatif. En cas de doutes
dans vos notes, demander confirmation.
- Demandant aux participants leurs impressions par rapport à cette session.
- Remerciant tout le monde pour leur attention et leur participation et répondant aux questions s’il y en a.
- Attendant que tout le monde parte avant de partir.
- Collectant tout le matériel utilisé, rangeant et nettoyant l’endroit

Prise de note / compte rendu

Date de l’entretien : Village/Site/quartier (si pertinent)

Département Sous-Préfecture

Nbre d’autorités locales (évaluer le risque de Nombre de participant(e)s : _______Hommes


biais) ________femmes
Demande

1. Quels sont les 5 principaux produits dont vous avez besoin en dehors de la nourriture ?
a.
b.
c.
d.
e.
2. Y a-t-il parmi ces produits certains pour lequel la demande varie en fonction des saisons ?
Période de forte demande Période de faible demande Période de prix haut Période de prix bas
Accès au marché

3. Dans quel marché allez-vous acheter les produits dont vous avez besoin ?
Marché Type de marché (hebdomadaire/jour Produits disponible Type de commerçants où vous faites vos achats (détaillants, représentant
(lieu) permanent) localement des grossistes, semi-grossistes, particuliers)

4. Comment se fait l’accès au marché ? quelle distance ? moyen de transport et coût ?

Marché Distance Moyen de transport Temps de Moyen de transport Coût Accessible toute l’année, si non, quelle période et
habituel trajet disponible pourquoi ?
5. Y a-t-il des contraintes particulières pour accéder à ces différents marchés ? pour les hommes ? pour les femmes ? pour les Déplacés/Réfugiés ? Si
oui, lesquels et comment faites-vous pour limiter l’impact de ces contraintes ?
Marchés Type de populations touchées (PDIs, hommes, femmes, jeunes…) Contraintes Mesure pour limiter l’impact de ces contraintes
Accès aux services financiers

6. Quels sont, par ordre d’importance, les prestataires de services financiers (compagnie téléphonie, hawalla, banques…) formels et informels les plus
souvent utilisés par la communauté ?
Type de prestataire de services financier Documents nécessaires pour accéder à ces services Proportion des ménages touchés par le
(compagnie téléphonie, hawalla, banques…) (passeport, carte d’identité, avec l’aide d’un garant, etc. choc a accès à ces services ?
Notez les moyens d’identification les plus couramment Tous les ménages (100 %), une majorité
utilisés) (75 %), la moitié (50 %), une minorité
(25 %), aucun (0%).
Avant après

1.

2.

3.

4.

7. Quelles étaient les conditions d'accès à ces services financiers sur les deux dernières années?
Moyens de transport les
Nom (Tigo, Express
Emplacement Distance plus courants pour y Temps de trajet Coût pour s’y rendre
Union, …)
accéder
8. Les ménages sont-ils en mesure d’accéder à ces services en ce moment ? (Indiquez OUI ou NON pour chacun des quatre services les plus couramment
utilisés et, si la réponse est NON, expliquez POURQUOI.)
Service Financier Oui/non Si, non pourquoi ?

9. Que pensez-vous de services financiers ? Examinez les problématiques liées à l’accès physique, à la facilité d’utilisation, à la sécurité, aux frais, aux services
fournis, etc.
Service Financier Points forts Points faibles Piste d’amélioration Utilisation par
ONGs/service étatiques
(Oui ou non)
Utilisation de l’argent ?

10. Quel pourcentage de ménages parmi vous change l’argent reçu en Naira ?

11. Est-ce que le change du CFA en Naira représente une contrainte (un problème) ? Si oui, lequel ?

12. Au sein des ménages, qui décide de l’utilisation des ressources et de l’argent?

13. Dans le cas de ménage polygame, la réponse ci-dessus change-t-elle?

14. Les hommes et les femmes utilisent-ils l’argent disponible de façon différente? De quelle manière ?

15. Quelle serait la forme de l’aide idéale selon vous (coupons, espèce, nature)? Et pourquoi?

% de préférence Raison du choix

Coupons
Nature

Espèce

16. Comment préféreriez-vous recevoir de l’argent? (mobile money, distribution directe, etc.)

17. Qui au sein du ménage devrait recevoir les espèces/coupons et pourquoi?

18. Qui au sein du ménage devrait recevoir l’aide en nature ?

19. Et si le ménage est polygame?

Merci pour le temps que vous nous avez accordé. Y a-t-il d’autres que vous souhaitez ajouter ? Avez-vous des questions ?
Commentaires des énumérateurs
9.5. Questionnaires adressés aux informateurs clefs

Présentation

IRC a commissionné un consultant indépendant afin de conduire une étude de marché sur la zone du Lac Tchad.

L’entretien durera 45 minutes et les informations données seront gardées confidentielles (eg. aucun nom ou détail
permettant de vous identifier ne seront inclus dans le rapport). Les données récoltées lors de cet entretien ne
seront jamais communiquées à un autre organisme qu’IRC.

Les questions de ce questionnaire seront adaptées à la fonction et l’organisation de la personne interrogée.

Information générale

Nom :
Fonction :
Organisation :
Adresse email :
Questions d’introduction

1. Quelle est votre position au sein de votre organisation ?


2. Où votre organisation opère-t-elle exactement ? (Utiliser une carte afin de voir précisément les zones
d’intervention)
3. Auprès de quel type de population (hôtes et PDIs) en sites/au sein des villages ?

Programme

4. Quels types de programmes sont mis en place sur la zone ?


5. Utilisez-vous des transferts monétaires ?
6. Si oui, pour combien de personnes ? pour couvrir quel besoin ?
7. Si oui, quel a été le rationnel pour le choix de votre modalité (i.e. cash direct, mobile money, coupons)
?
8. Avez-vous conduit une étude afin de connaître la préférence des bénéficiaires concernant la modalité
de l’assistance ? Si oui, quels ont été les résultats principaux ?
9. Quels agents et moyens de paiement utilisez-vous ? Sur quelle base avez-vous fait votre choix ?

Impact de la dégradation sécuritaire sur le programme

10. Avez-vous opéré des changements sur le programme suite à la dégradation du contexte sécuritaire
depuis fin Décembre 2019 / Début Janvier 2020 ? Si oui, lesquels ?
11. Quel a été l’impact de la crise sécuritaire sur l’approvisionnement des marchés (en particulier sur la
zone de Fouli et Kaya) ?
12. En dépit des contraintes de sécurité, les produits de base arrivent-ils bien sur les marchés où les
déplacés s’approvisionnent (en particulier entre Baga Sola/Bol et les marchés hebdomadaires près des
camps) ?

Risques des TM dans la province du Lac

13. Selon vous, quels sont les risques principaux liés à la mise en place d’un programme de TM dans la
province du Lac ?
14. Nous avons identifié les risques suivants (auxquels nous ajoutons les risques que vous avez
mentionnés). Pourriez-nous indiquer lesquels sont selon vous les plus probables et/ou graves ?

Risques Conséquence Probabilité Gravité

Fluctuation du Naira
Déplacements de
populations

Corruption

Question des
papiers d’identité

Fermeture des frontières

Augmentation du coût des


transports/denrées

Conséquences néfastes sur


le genre/relations de pouvoir

Autre

15. Quels mécanismes de mitigation avez-vous mis en place pour diminuer l’importance et la probabilité de
ces risques ? En particulier, sur la question de la fluctuation du Naira, quels outils de monitoring du
marché avez-vous créés ?
16. IRC envisage d’augmenter son nombre de bénéficiaires pour atteindre 160 000 bénéficiaires dans la
zone du Lac (pour environ 380 000 déplacés au total). Quels sont selon vous les risques d’une telle
augmentation à pouvoir absorber cette augmentation ? Auriez-vous des leçons apprises à nous
communiquer suite à votre propre expérience ?
17. Pensez-vous que les marchés, notamment locaux sont en capacité de prendre en charge les besoins
de plus de la moitié des populations affectées par l’insécurité alimentaire ?
18. Quelle coordination existe-t-il sur les risques liés aux transferts monétaires entre acteurs humanitaires
?

Minimum Expenditure Basket (MEB) & mécanismes de filets sociaux

Cette section est en particulier destinée aux membres du CWG

19. Comment fonctionne le MEB au Tchad ? Existe-t-il une coordination entre les acteurs humanitaires à
son sujet ?
20. Quels sont les débats actuels autour de son contenu ? Que devrait-il contenir selon vous ?
21. Le MEB est-il différent pour les déplacés internes et les communautés hôtes ? devrait-il être différent
en fonction de la saison ?
22. Existe-t-il un système de filets sociaux au Tchad ? si oui, quelle coordination entre l’état et les
organisations humanitaires ?

Conclusion

23. Y’a-t-il un sujet que je n’ai pas abordé dont vous souhaiteriez parler ?

Avez-vous des documents à me recommander ou des personnes qu’il serait intéressant que je
contacte afin d’avoir des informations complémentaires pour mener cette étude ?

9.6. Bibliographies

1. Les documents relatifs à la prévention de COVID 19.


2. Etude de marché et analyse de chaines de valeur prometteuses dans le sud et l’est du Tchad, AFC
Consultants International, Mars 2014 ;
3. Etude Chaîne de Valeur, Lac, CARE 2018 ;
4. Etude Chaîne de Valeur, Lac, RESILAC 2019 ;
5. Rapport thématique sur les filières en agriculture irriguée au Sahel, AFC Consultants International, avril
2015 ;
6. Etude du marché des articles ménagers essentiels, IRC, Juin 2019.

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