Ciments Et Laitiers: IFP Training
Ciments Et Laitiers: IFP Training
MATIERES PREMIERES
Carrière : Carrière :
Matières calcaires Matières argileuses
Craies Marnes
Extraction Extraction
Concassage Concassage
Mélange
Homogénéisation
Broyage
Produits de
complément
CUISSON
à 1400 1500°C
Refroidissement
rapide (trempe) CLINKER
Stockage
Stabilisation
BROYAGE FINAL
Ajout de Gypse
PRODUIT FINI
Ciment PORTLAND
1 Fabrication du ciment
1.1 Introduction
Ce sont les Romains qui, il y a plus de deux mille ans, fabriquèrent le premier liant
hydraulique, en mélangeant de la chaux et des pouzzolanes (terres volcaniques). Ce terme
"liant hydraulique" désignant un liant qui, gâché avec de l'eau, fait prise même immergé dans
de l'eau. Ce fut bien une caractéristique du ciment Romain par rapport à ce qui se faisait
jusque là.
La chaux était obtenue par décarbonatation du calcaire dans des fours, les terres
volcaniques (silice et alumine) étaient recueillies dans la région de Pouzzole, ce qui leur a
laissé leur nom de pouzzolane. Le mélange de ces deux constituants fournissait, une fois
gâché avec de l'eau, des cristaux d'hydrosilicate de chaux qui conféraient sa résistance au
ciment. Cette découverte ne survécut pas à la chute de l'empire Romain.
On en revient par la suite à utiliser de la chaux vive, obtenue par décarbonatation à chaud
du calcaire, comme liant. Au fur et à mesure des utilisations on s'aperçut que les meilleures
chaux hydrauliques n'étaient pas obtenues par cuisson d'un calcaire pur, mais par cuisson d'un
calcaire contenant de l'argile en quantité non négligeable.
C'est ainsi que naquit le ciment Portland breveté à la fin du XVIIIe siècle. Et, malgré un
certain nombre de perfectionnement, c'est toujours ce produit que l'on utilise sous le nom
commun de "ciment", que ce soit pour les ciments de construction que pour les ciments
pétroliers.
1.2.1 Généralités
La cuisson et le broyage sont les deux étapes principales de la fabrication du ciment, mais
aussi de grandes consommatrices d'énergie. Quand on sait que la consommation d'énergie
intervient pour une grande partie dans le prix de revient du ciment, on comprend que les
cimentiers aient tendance à s'orienter vers des options à faible coût énergétique pour le four et
les broyeurs, ce qui ne va pas toujours dans le sens de la qualité du produit.
sur un emplacement où l'on trouve associées une carrière de calcaire et une carrière d'argile
(ou de marne). Malheureusement, toutes les carrières ont leurs hétérogénéités et leurs
imperfections, ce qui va obliger les cimentiers à faire de sérieux efforts de dosage et
d'homogénéisation des matières premières pour avoir un cru, introduit dans le four, de
composition constante. Sans cela le ciment obtenu verrait sa composition et donc ses
caractéristiques varier dans le temps.
On trouve deux types de fabrication, par voie humide et par voie sèche, qui différent par
les techniques de transport et d'homogénéisation des matières premières.
Le cimentier sera également obligé d'apporter, dans la plupart des cas, des produits de
complément pour combler les déficits des matériaux des carrières ; ce pourra être, par
exemple, des scories ou de la pyrite qui compenseront un manque de fer dans les marnes.
Le procédé est généralement appliqué aux matériaux aisément délayables avec de l'eau,
comme la craie, les marnes et l'argile. Ces matériaux se délitent dans l'eau, on obtient
facilement, dans un délayeur où la matière est brassée par des herses, une boue homogène et à
la finesse requise.
Dans le cas de matières plus dures comme le calcaire, on procède par broyage avec de
l'eau dans un broyeur à boulet. La pâte ainsi obtenue est alors mélangée aux argiles ou aux
marnes délayées de façon à obtenir la boue constituant le cru.
L'avantage principal du procédé par voie humide est la grande homogénéité du cru ainsi
obtenu. Son principal inconvénient provient de son principe même : le cru possède 40 %
d'eau que l'on va évaporer dans le four de clinkérisation ; cela introduit donc une dépense
énergétique importante. C'est ce qui fait, qu'après le premier choc pétrolier, la plupart des
cimentiers soient passés au procédé par voie sèche.
Dans ce procédé toutes les matières premières sont broyées à sec dans des broyeurs à
boulets. L'homogénéisation est obtenue soit par formation de talus, mélange de matières
calcaires et de matières argileuses, soit par entreposage de la poudre dans des silos où elle
subit une agitation pneumatique.
Son principal avantage est une consommation énergétique réduite, son principal
inconvénient est la difficulté d'obtenir un mélange à sec intime et homogène.
Le procédé par voie sèche permet donc de diminuer le coût énergétique du ciment, mais
les ciments pétroliers étant "luxueux", le procédé par voie humide est plus adapté à leur
fabrication, car allant dans le sens de la qualité du produit fini.
Dans les étapes précédentes, les matières premières ont été broyées et/ou délayées, puis
mélangées de la façon la plus homogène possible. Le résultat est ce que l'on appelle "le cru"
qui va être introduit dans le four.
Le cru est introduit au sommet du four et au fur et à mesure qu'il s'écoule vers la base, sa
température augmente en se rapprochant de la flamme du brûleur pour atteindre environ
1350°C.
A cette température se produisent des réactions de solide à solide et la chaux (CaO), du
calcaire et de la craie se combinent à la silice, l'alumine, la ferrite, aux marnes ou aux argiles
pour donner les produits suivants :
(CaO)3 SiO2 noté C3S et appelé silicate tricalcique
(CaO)2 SiO2 noté C2S et appelé silicate dicalcique
(CaO)3 Al2O3 noté C3A et appelé aluminate tricalcique
(CaO)4 Al2O3 Fe2O3 noté C4AF et appelé ferro aluminate tétracalcique
C3S , C2S , C3A et C4AF sont les composants minéralogiques principaux du clinker. Les
cristaux sont obtenus au moment du refroidissement brusque à la sortie du four. Sans se
refroidissement énergique, la composition chimique serait inchangée mais le développement
cristallin ne serait pas le même.
Les deux phases principales de cette étape dont donc la cuisson dans le four suivi du
refroidissement énergique, qui doivent être toutes deux parfaitement contrôlées.
Le produit ainsi obtenu est appelé "Clinker", il se présente sous forme de granulés de
quelques millimètres à quelques centimètres de diamètre.
Le clinker est inutilisable tel quel, d'une part à cause de sa granulométrie trop grossière et
d'autre part à cause de l'hydratation trop rapide du C3A et du C4AF. Pour obtenir le produit
fini qui est le ciment, il faut donc "broyer" le clinker et lui incorporer un "régulateur de prise"
qui est le gypse.
Ces deux actions vont être effectuées simultanément lors du broyage final au cours duquel
on règle la finesse du ciment, tout en incorporant le gypse (de 3 à 5 %) qui sera intimement
mélangé au ciment pour une meilleure efficacité. Nous étudierons plus en détail l'action du
gypse. Nous verrons d'ailleurs que, pour les ciments pétroliers, les réactions auxquelles
s'incorporent les sulfates du gypse ont une importance capitale sur leurs comportements.
Ciments
Notations Ciments
CONSTITUANTS MINÉRALOGIQUES non
usuelles retardés %
retardés %
Silicate tricalcique (3 Ca O. Si O2) C3S 55 50
Silicate dicalcique ( Ca O. Si O2) C2S 20 30
Aluminate tricalcique (3 Ca O. Al O3) C3A 12 à 15 0à1
2 Hydratation du ciment
2.1 Introduction
Décrire en détail les réactions physico-chimiques qui ont lieu lors de l'hydratation du
ciment Portland est totalement impossible et ne serait d'ailleurs d'aucune utilité aux lecteurs
de ce cours. Il faut bien savoir, en effet, que la réaction d'hydratation du ciment n'a rien de
comparable, par exemple, à la prise du plâtre qui est une réaction chimique simple et bien
connue :
Ca SO 4 , 1/2 H 2O + 1/2 H 2O Ca SO 4 H 2O
Lorsque l'on gâche le ciment avec l'eau on va avoir, chronologiquement, les phases
suivantes (fig. 5) :
Réactions initiales : durée : quelques minutes
- les alcalins passent en solution,
- dissolution d'une partie du gypse, générant des ions sulfates SO4 --,
- combinaison des sulfates et des aluminates pour forme de l'ettringite (C3A, 3Ca SO4,
32 H2O) qui se développe en fines aiguilles autour des grains d'aluminates, formant
une barrière étanche et bloquant l'hydratation de ces derniers,
- début d'hydratation des silicates, la phase aqueuse se sature rapidement en chaux.
Formation d'une pellicule de silicate de calcium hydraté (noté CSH) étanche à la
périphérie des grains de C3S.
Période dormante : quelques heures, fonction de la température
A ce stade toute semble s'arrêter, et l'aspect du ciment reste inchangé pendant un certain
temps, qui correspond à ce que l'on appelle la période dormante. Cette période
C3A, C4AF : ce sont les premiers constituants à s'hydrater. C'est leur hydratation qui
définit le début de prise. Le composé d'hydratation du C3A est également très
sensible aux attaques chimiques extérieures (particulièrement par les
sulfates).
C3S : fait prise après le C3A et le C4AF. C'est lui qui va définir la résistance initiale du
ciment (quelques heures à quelques jours). C'est le constituant "noble" du ciment.
Dans les premiers instants qui suivent le gâchage de l'eau et du ciment, très peu de
composés sont passés en solution, ou ont réagi avec l'eau. Le laitier de ciment peut donc être
assimilé à une suspension aqueuse de fines particules solides.
La densité du laitier peut être calculée très simplement à partir de la densité de poudre de
ciment, de celle de l'eau de gâchage, et de celles des différents additifs entrant dans la
composition du laitier.
Mc + VE . d E + MAD
dL =
Mc
+ VE + VAD
dc
M = Masse (kg)
V = Volume (l)
d = Densité
c = Ciment
E = Eau
AD = Additifs
L = Laitier
L'eau de gâchage peut avoir une densité supérieure à 1 (par exemple eau de mer : 1,03 ;
saumure : 1,23)
La densité du ciment varie de 3,15 à 3,22 suivant les lots et les types.
Le calcul de la densité se fait pour les programmes de cimentations, mais la mesure reste
indispensable au labo et sur le site. Cette mesure peut se faire avec la même balance que celle
utilisée pour les boues de forage. Toutefois, la mesure de densité ayant une grande
importance, car c'est celle qui permet de connaître le rapport E/C, une amélioration est
apportée par la balance pressurisée. Cette dernière permet de faire la mesure de densité à une
pression de 3 à 5 bar, ce qui annule l'effet du bullage, qui peut avoir une influence allant
jusqu'à 10 points de densité (fig. 4).
Rendement :
C'est le volume de laitier obtenu par tonne de ciment. On ne le mesure pas, il se calcule
simplement par la formule :
Mc
+ VE + VAD
dc
R = 1 000 x Exprimé en l/t
Mc
Précisons que tous produits, autres que le ciment, est considéré comme un additif même
s'il apparaît en grande quantité (farine de silice, allégeant, ...)
2.3.2 La rhéologie
Lorsqu'on parle de rhéologie d'un laitier de ciment, il faut toujours se rappeler que l'on a
affaire à un ciment fortement chargé en solides. Par exemple, si on considère le cas classique
d'un classé G, mixé à une densité de 1,90, on a en volume 42 % de solides.
Structure du fluide
Pour les vitesses intermédiaires (300, 200 et 100 tr/min) on a une structure intermédiaire
entre 2) et 3). En fait on s'aperçoit que la gamme des vitesses du Fann 6 vitesses, balaye la
zone de transition de structure de la suspension de ciment. On comprend alors pourquoi
l'interprétation de la rhéologie des laitiers de ciments avec les lectures Fann n'est pas une
chose aisée. Il faut également préciser que lors des chasses de laitiers on se trouve à des
vitesses Fann comprises entre 100 et 6 tr/min.
Les additifs ajoutés au laitier lors de son gâchage sont viscosifiants lorsqu'ils augmentent
les liaisons entre les particules de ciments et dispersants lorsqu'ils les diminuent. Ceci se
retrouvera sur la rhéologie mesurée au Fann par un accroissement des lectures, surtout aux
grandes vitesses, pour les viscosifiants et une diminution des lectures, surtout aux faibles
vitesses, pour les dispersants.
Les modèles rhéologiques les plus utilisés sont le modèle de Bingham et le modèle "en
puissance". En fait, le ciment pur ou avec des additifs viscosifiants se rapproche plus du
modèle "en puissance". Avec des dispersants on se rapproche plus du modèle de Bingham.
Avec des forts pourcentages en dispersants, le ciment devient même pratiquement
newtonien.
2.3.3 Le filtrat
Le laitier de ciment est une suspension de solides dans l'eau. De ce fait, placé devant une
formation perméable, et soumis à une pression, il va perdre une quantité plus ou moins
grande d'eau. Le phénomène de filtration va entraîner une déshydratation prématurée du
laitier qui pourra devenir impompable et fera prise dans de mauvaises conditions.
La filtration du laitier de ciment est mesurée comme celle de la boue par l'intermédiaire
d'un filtre-presse API à température ambiante et sous 7 bar ou d'un filtre-presse H.P. - H.T.,
lorsqu'on veut simuler les conditions de fond.
30
F30 Ft
t
C'est le volume d'eau surnageant au-dessus du laitier après un certain temps de repos. La
mesure se fait dans une éprouvette de 250 ml de laitier, après 2 heures de repos. Le résultat
est exprimé soit en cc, soit en pourcentage (1 cc correspondant à 0,4 %).
Un même laitier peut avoir un filtrat réduit et une eau libre importante et vice versa.
Le moteur de la filtration étant une différence de pression, celui de l'eau libre une
différence de densité. En fait "l'eau libre" ne correspond pas à une libération d'eau, mais à une
sédimentation de particules solides dans l'eau.
C'est le temps mis par le laitier, maintenu en agitation sous conditions de pression et de
température, pour atteindre une consistance de 100 Uc*. Pratiquement, il correspond à la
durée pendant laquelle le laitier reste pompable.
Le laitier est placé dans une cellule cylindrique maintenue en rotation à 150 tr/min. Une
palette, immergée dans le laitier, va assurer le maintien en agitation de ce dernier et permettre
une mesure de viscosité en continu, à partir de la valeur du couple sur son axe. La mesure de
ce couple se faisant par l'intermédiaire d'un potentiomètre et d'un ressort de rappel axial. Cet
ensemble est immergé dans un bain d'huile qui va assurer les montées en pression et en
température.
FIG. 7 Consistomètre
2.3.7 La perméabilité
La mesure de la perméabilité se fait exactement de la même manière que pour les roches,
à l'air ou à l'eau.
Les plugs de 23 mm de diamètre servant à la mesure sont prélevés par carottage sur les
mêmes cubes, de 5 cm de côté, servant aux mesures de résistance.
La perméabilité du ciment sera très variable suivant les formulations et les conditions de
conservation, pouvant aller de quelques centièmes de millidarcy à quelques millidarcy.
On observe souvent une évolution similaire de la résistance à la compression et de la
perméabilité du ciment.
La finesse du ciment peut être repérée soit par une analyse granulaire soit par des mesures
de surface spécifique. La surface spécifique s'exprime en g/cm2 et correspond à la surface
externe des grains de ciments compris dans 1 g de matière.
Il faut également retenir que les résultats obtenus dépendent de la méthode de mesure.
Quoiqu'il existe des relations empiriques entre les différents résultats, il est préférable de
toujours utiliser la même méthode de mesure pour effectuer des comparaisons entre ciments.
Après avoir précisé les classes de ciments normalisées, nous reproduisons les
caractéristiques chimiques et physiques exigées par l'API
CIMENTS DE CLASSE
A B C D.E.F. G H
Type ordinaire (O)
Magnésie (Mg O) % maxi. 5,00 - 5,00 - - -
Anhydride sulfurique (SO3)% maxi. 3,50 - 4,50 - - -
Perte au feu % maxi. 3,00 - 3,00 - - -
Résidu insoluble % maxi. 0,75 - 0,75 - - -
C3A % maxi. - - 15,00 - - -
Type à moyenne résistance
aux sulfates (M.S.R.)
Magnésie (Mg O) % maxi. - 5,00 5,00 5,00 5,00 5,00
Anhydride sulfurique (SO3)% maxi. - 3,00 3,50 2,50 2,50 2,50
Perte au feu % maxi. - 3,00 3,00 3,00 3,00 3,00
Résidu insoluble % maxi. 0,75 0,75 0,75 0,75 0,75
- - - - 48,00 48,00
C3S % maxi. - - - - 58,00 58,00
C3A % maxi. - 8,00 8,00 8,00 8,00 8,00
Alcalis (exprimé en Na2O) % maxi. - - - - 0,75 0,75
Type à haute résistance
aux sulfates (H.S.R.)
Magnésie (Mg O) % maxi. - 5,00 5,00 5,00 5,00 -
Anhydride sulfurique (SO3)% maxi. - 3,00 3,50 2,50 2,50 -
Perte au feu % maxi. - 3,00 3,00 3,00 3,00 -
Résidu insoluble % maxi. - 0,75 0,75 0,75 0,75 -
- - - - 48,00 -
C3S % maxi. - - - - 65,00 -
C3A % maxi. - 3,00 3,00 3,00 3,00 -
C4AF + 2 C3A % maxi. - 24,00 24,00 24,00 24,00 -
Alcalis (exprimée en Na2O)% maxi. - - - - 0,75 -
CIMENTS CLASSES
A B C D E F G H J
Expansion a l'autoclave % maxi 0,80 0,80 0,80 0,80 0,80 0,80 0,80 0,80 0,80
2
Finesse (surface spécifique) cm /g mini 1500 1600 2200 - - - - - -
3
Eau libre cm /g maxi - - - - - - 3,5 3,5 -
Pression
Normes d'essai Température
d'essai
6-1-RP 10 B d'essai °F
psi
Résistance à la
- 100 Atmos 250 200 300 - - - - - -
compression
après 8 h 1.S 95 800 - - - - - - 300 300 -
Temps de 1 1000 30 90 90 90 - - - - - -
pompabilité 4 6000 30 90 90 90 90 - - - - -
minimum en 5 8000 30 - - - - - - 90 90 -
minutes 5 8000 30 - - - - - - 120mx 120mx -
6 10000 30 - - - 100 100 100 - - 180
8 14000 30 - - - - 154 - - - -
9 16000 30 - - - - - 190 - - 180
Avant toute chose, il faut préciser ce que l'on appelle composition chimique d'un ciment.
Comme nous le verrons lors de leur rappel, les normes API définissent une concentration
en C3A, C4AF, C3S.
Or ce sont des cristaux, et il n'y a pas de moyen simple pour les doser directement, aussi
commence-t-on par doser les différents éléments CaO, SiO2, Al2O3, Fe2O3, Na2O, K2O,
SO3... ensuite on effectue les calculs, suivant les règles de Bogue :
Il faut bien se rendre compte que cela ne donne qu'une composition "théorique" car de tels
calculs font un certain nombre d'hypothèses simplificatrices, la première étant de supposer
que tous les éléments sont combinés sous forme de cristaux de C3S, C3A et C4AF.
Les études effectuées n'ont pas donné de relations claires entre composition chimique et
caractéristiques physiques.
Tout au plus peut-on dire que plus le pourcentage de C3S est élevé, plus les résistances
initiales sont importantes.
Plus le taux de C3A est faible, plus les réactions initiales sont faibles et donc la rhéologie.
Il en est de même pour C4AF, d'une façon plus modérée.
3.2 La granulométrie
D'un autre côté, la durée de la période dormante sera légèrement modifiée par les
changements de concentrations initiales de dissolution. Toutefois l'expérience nous montre
qu'il faut de grands écarts de granulométrie pour que ce soit sensible.
Nous avons effectué des mesures rhéologiques sur un clinker de ciment broyé à 3 finesses
différentes 3000 - 3800 et 4800 cm2/g. Les résultats en sont :
Vp mesurée o mesuré
Surface spéc. o calculé
(mPa s-1) (Pa)
3000 35 5 -
3800 48 11 10
4800 70 35 20
On remarque que la valeur calculée du seuil de cisaillement n'est pas trop éloignée de la
réalité, quoique plus faible, et que la viscosité plastique varie moins vite que le seuil de
cisaillement.
On sait que le seuil de cisaillement o caractérise les liaisons inter-grains, il va donc être
influencé par le nombre de particules par unité de volume.
4
n r3 = 1
3
et = n r2
23 23
3 1
d' où = n.
4 n
= k n1 3 ou n = K 3
1 = unité de volume
n : nombre de grain par unité de volume
: surface sphérique
Bien entendu dans la réalité tous les grains de la poudre de ciment ne sont pas de la même
dimension et il peut apparaître d'autres phénomènes (équilibre chimique) lorsqu'on augmente
fortement la surface spécifique.
Cette différence n'est donc pas négligeable. On s'aperçoit d'ailleurs que sur un ciment
respectant les fourchettes de composition chimique de l'API, c'est un facteur qui peut
expliquer les fluctuations.
En gâchant le ciment avec l'eau, après un malaxage de faible durée, le laitier se raidit
comme lors de la prise. Cependant après agitation le laitier perd ce "raidissement" et le temps
de prise redevient normal.
Le première cause de la fausse prise doit être recherchée dans la déshydratation du gypse
(ajouté au clinker pour contrôler la prise), occasionnée par les fortes températures atteintes
lors du broyage du clinker, et de sa recristallisation. Ce sont les formes déshydratées du
gypse, hemihydrate (plâtre) ou anhydrite, qui lors du gâchage provoquent alors le
raidissement du laitier.
La solution, lors de la fabrication du ciment, consiste à refroidir les broyeurs à clinker. La
solution, lors du gâchage sur chantier, est de disposer d'un bac d'homogénéisation avec des
dispositifs d'agitation efficaces. Par cette méthode on n'empêche pas la fausse prise de se
produire, mais on l'empêche d'être gênante, car, avec une agitation suffisante, le raidissement
du laitier ne se produit plus ou peu.
3.6.1 La pression
3.6.2 La température
Les effets de la température vont dans le même sens que ceux de la pression, mais sont
quantitativement plus importants. Dans les courbes qui suivent nous donnons l'influence de ce
paramètre sur les caractéristiques d'un classé G. Pour ne pas rester trop vague nous avons
chiffré cette influence sur la base d'une moyenne de mesures réelles. Toutefois, tout en restant
dans le même ordre de grandeur, des variations plus ou moins grandes peuvent être observées
d'un ciment à l'autre.
Le rapport E/C, ou la densité, a une grande influence sur les caractéristiques du ciment.
Son effet est sensible jusqu'à 5 fois l'énergie API (Standard Mixing Energy), plus
important sur les laitiers ayant tendance à geler, mais sensible sur les laitiers dispersés.
La pompabilité peut varier de 30 % entre une très faible et une très forte énergie de
mixage. Les planches ci-après représentent certaines des variations notées ci-dessus.
Au-delà d'une température de 110°C le ciment subit ce que l'on appelle une rétrogression
de résistance mécanique. Il effectue une prise normale, mais, sous l'effet de la température, va
subir, dans le temps, un changement de structure entraînant sa dégradation. Cette dégradation
se traduisant par une chute importante de sa résistance à l'écrasement, combinée à une
augmentation tout aussi importante de sa perméabilité. De plus, cette évolution sera d'autant
plus importante, et rapide, que la température sera élevée, et que la densité du laitier sera
faible.
Heureusement, il existe une méthode efficace pour protéger le ciment contre cette
dégradation en température : elle consiste à ajouter au ciment 30 à 40 %, en poids, de silice
finement broyée. Il est important de respecter cette quantité car un pourcentage trop faible est
inefficace et un pourcentage trop élevé aggrave le phénomène.
CONSTITUANTS ÉCHANTILLONS
(mg/l) Sud de la France Mer du Nord
Cl- 5.6 13
Ca++ 38.5 120
Na+ 2 4
NH4
+ 0.05 0.06
Fe , Fe+++
++ < 0.1 < 0.1
Al+++ 0.1 0.2
Mg++ 2 1
Zn++ 0.1 0.1
SiO2 3.9 3.6
pH 8.5 7.4
- la pression.
Il est à noter que l'application de la température dans les premiers instants est très
importante, car elle active fortement la formation d'ettringite qui a un fort effet sur la
rhéologie.
Il faut donc en suivre au plus près l'évolution dès les premiers instants et respecter la
courbe de montée en température que subira le laitier lors de l'opération réelle. Il faut s'aider
dans la mesure du possible des logiciels de simulation chimique du schédule API pour le test
du temps de pompabilité.
Par les laitiers ou systèmes non normalisés, les plus employés sont les suivants :
4.1.1 Introduction
Les ciments de base utilisés pour la cimentation possèdent des caractéristiques telles
(composition chimique, granulométrie) qu'une fois mélangés à l'eau de gâchage, on obtient
des laitiers de densité normalement comprise entre 1.78 et 1.98.
Ces densités peuvent parfois présenter des inconvénients. En effet, certaines formations ne
tolèrent pas de colonnes de ciment d'un tel poids. Il est donc parfois nécessaire d'alléger les
laitiers de ciment pour diminuer les pressions hydrostatiques au droit des couches fragiles et
éviter ainsi les fracturations. Il est utile, également, pour colmater des pertes de circulation en
cours de forage, de confectionner des bouchons de ciment de faible densité.
Il ne faut pas, également, réouvrir en cours de cimentation une zone à pertes et il faut
pouvoir cimenter plus haut que ces pertes.
Les laitiers de ciment ayant une densité voisine de 2.00 requièrent des pressions de
pompage élevées pour la mise en place. De plus, ces laitiers imposent des pressions statiques
et dynamiques importantes, non seulement sur la formation traitée, mais également sur les
autres formations avoisinantes. Au droit des formations perméables, ces pressions peuvent
entraîner une déshydratation du laitier.
Le colmatage par la boue n'ayant pas réussi, on procède généralement par mise en place de
plusieurs bouchons de petit volume.
On peut utiliser des ciments spéciaux détaillés plus loin (thixotropes, à la mousse ou avec
colmatants).
Le temps de pompabilité est réglé le plus court possible et, au besoin, accéléré.
Deux méthodes principales permettent de réduire le poids spécifique des laitiers de ciment.
Tout d'abord, l'addition de produits solides mixés à sec en général avec le ciment qui
permettent d'augmenter le volume d'eau de gâchage nécessaire tout en empêchant la
précipitation de ces produits après l'addition d'eau en grandes quantités.
C'est un moyen très économique pour alléger les laitiers de ciment, l'eau étant le composé
le moins cher entrant dans la fabrication des matériaux de cimentation.
Citons comme exemples dans cette catégorie de produits, la bentonite, la perlite, les terres
à diatomées, les pouzzolanes, les silicates, cette liste étant loin d'être exhaustive.
Une seconde méthode permettant d'alléger les laitiers de ciment consiste à utiliser des
additifs ayant un poids spécifique faible (poussière de charbon, gilsonite, billes de verre).
Une autre méthode consiste à utiliser des additifs liquides de faible poids spécifique, à
savoir les hydrocarbures émulsifiés dans l'eau (kérosène, etc.). Ce dernier procédé donne des
densités de laitier inférieures à celles normalement obtenues avec la bentonite. Cependant, de
tels laitiers allégés ne sont guère utilisés dans la pratique, sur chantier, car ils requièrent une
préparation délicate et une mise en uvre particulière.
Les bentonites ont une densité voisine de 2.65. Pour être utilisées dans la confection des
laitiers de ciment, elles doivent répondre aux normes API définies au chapitre 2.3.9 (classe
des ciments). Elles sont en général commercialisées après traitement industriel : élimination
des matières humiques et activation.
Pour les ciments généralement utilisés et pour les températures les plus hautes, le temps de
pompabilité est fonction croissante de la concentration en bentonite.
Pour des températures intermédiaires, un ajout allant jusqu'à 6 % peut allonger légèrement
le temps de pompabilité ; celui-ci peut au contraire être plus court que celui d'un ciment sans
additif pour des ajouts plus importants.
Le pourcentage d'eau libre et le filtrat sont diminués par addition de bentonite.
La perméabilité du ciment une fois sa prise déterminée, sera plus importante que celle du
même ciment sans bentonite, ce qui est gênant dans le cas d'une attaque possible par les
sulfates. Elle est de l'ordre de 0.001 millidarcy pour un ciment ordinaire mais peut atteindre
10 millidarcys dans le cas d'un ciment bentonitique. La perméabilité élevée est un phénomène
généralement constaté avec tous les ciments allégés.
Nota : En eau de mer ou salée saturée, la bentonite sera remplacée par une argile pour eau
salée.
De granulométrie dix fois inférieures à celle d'un classe G, ils peuvent être purs ou
mélangés à des résidus de hauts fourneaux.
Le principe est d'injecter de l'azote au laitier et de créer avec le mélange, une mousse.
Les caractéristiques induites sont une densité minimum de 1 à 1.1 en surface, mais qui
varie en fonction de la profondeur, de par "l'écrasement" de l'azote.
Suivant les cas, on utilise une préparation à densité constante ou à densité variable (fig. 24
à 27).
Pour cette dernière, délicate à calculer et à mettre en uvre, le schéma simple est le
suivant :
on se fixe une densité du laitier aux conditions de fond (ex. d = 1.2),
on calcule la densité ramenée aux conditions de surface (densité du laitier à la
préparation),
on calcule le ratio d'azote en fonction du volume pompé (fig.23),
FIG. 23 Préparation à densité variable volume standard d'azote vs volume de laitier injecté
TVD
Ils ont :
une densité minimum de 1.2,
de bonnes caractéristiques mécaniques (fig. 33),
un contrôle strict du filtrat qui est possible,
une bonne isolation thermique,
une mise en uvre aisée
une limitation en profondeur (2000 - 3000 m) due à l'écrasement des billes de verre
un coût élevé.
Gâché suivant la norme API RP 10 B, un laitier de ciment présente une densité comprise
entre 1.78 et 1.98. Cette limite peut être repoussée jusqu'à 2.15 par l'emploi de dispersants,
mais pour obtenir des densités de laitier supérieures, il faut leur incorporer des produits
alourdissants.
Les densités élevées sont utilisées lorsqu'une pression hydrostatique importante est
nécessaire au contrôle du puits. Dans ce cas, la densité de la boue peut être supérieure à 2.00.
Celle du laitier devra être légèrement supérieure pour avoir un bon déplacement de la boue.
Tout produit alourdissant doit, pour être incorporé au ciment, posséder les caractéristiques
suivantes :
exiger le moins d'eau de mouillage possible,
ne pas réduire la résistance du ciment,
ne pas influer sur le temps de pompabilité,
avoir une granulométrie uniforme et comparable à celle du ciment,
provoquer un accroissement minimum du volume du laitier,
être chimiquement inerte.
les oxydes (0.2 % d'eau pour 1 % de baryte). Le principal avantage de ce produit est
d'être bon marché et généralement disponible. La densité maxi du laitier atteinte est de
2.28,
l'hématite, minerai de fer de densité 4.9 à 5.3 permettant d'obtenir des laitiers de densité
maxi 2.40,
l'ilménite, oxyde de fer et de titane de densité 4.7 qui donne la même densité maxi que
l'hématite
Les deux produits précédents ont l'avantage d'être chimiquement inertes, et de ne
demander qu'un très faible volume d'eau additionnel. Mais l'ilménite est un produit cher
et parfois radioactif.
la galène et l'arséniure de fer possèdent les densités les plus élevées (supérieures à 7)
mais leur prix étant très élevé, leur utilisation reste limitée à des cas très particuliers
d'autant plus qu'ils sont accélérateurs de prise à haute température.
Les ciments Portland peuvent être utilisés jusqu'aux environs de 80°C ; au-delà de cette
température, on utilise des ciments dits retardés, afin d'avoir un temps de pompabilité
suffisant pour mettre en place les laitiers dans les puits.
A ces trois classes s'ajoute le ciment classe J (tentative). Prévue pour utilisation de 12000 à
16000 feet (3660 à 4880 m) tel quel sous conditions de température et de pression
extrêmement élevées, ou avec accélérateurs et retardateurs, pour couvrir une plus large
gamme de profondeurs et température. Aucune addition de retardateur autre que sulfate de
calcium, eau, ou les deux, n'est admise lors de la fabrication du clinker de ciment classe J.
Les ciments retardés naturellement ont une teneur en aluminate tricalcique, ferro-aluminate
tétracalcique et silicate tricalcique moins élevée que les ciments non retardés ; afin
d'augmenter encore le temps de pompabilité, on leur ajoute des retardateurs, lignosulfonates
en particulier, qui s'adsorbent sur les constituants et empêchent leur combinaison rapide.
Les systèmes ciment-silice peuvent être utilisés jusqu'à 300°C. Au-delà, il est recommandé
d'utiliser des ciments alumineux, avec adjonction de silice.
Lorsque la température des forages à cimenter s'abaisse au-dessous de + 10°C, les ciments
classiques ne donnent pas de résultats satisfaisants. Toutefois si la température reste
supérieure au point de congélation de la phase aqueuse, on constate un retard dans la prise de
plus en plus prononcé avec une résistance à la compression très lente à se développer.
Pour les températures plus basses, la phase aqueuse gèle, le ciment ne s'hydrate plus et la
prise n'intervient pas. Deux remèdes peuvent être appliqués : soit élever la température pour
accélérer la prise, soit utiliser des systèmes de ciment pouvant faire prise à basse température.
Plusieurs méthodes ont été utilisées pour tenter de maintenir le ciment à une température
convenable sans pour autant donner des résultats satisfaisants : que ce soit la circulation de
boue réchauffée ou même des procédés électriques utilisant la conduction du sol.
Pour le moment, le choix limité à deux types de matériaux : les ciments fondus et les
ciments au gypse.
Les ciments fondus ou ciments alumineux sont obtenus par fusion à 1600°C d'un mélange
de bauxite et de calcaire ou de chaux.
Ce ne sont pas des ciments à prise rapide du fait que pour des températures égales, la prise
n'intervient pas plus tôt que pour un ciment Portland mais le durcissement se produit dans un
laps de temps très court, (environ 80 % de la résistance finale en 24 heures) et cette prise
s'accompagne d'un dégagement de chaleur important (9 cal.g contre 2 cal.g pour un ciment
ordinaire) presque totalement libéré durant la phase de durcissement.
Le ciment fondu est donc utilisable par temps froid, la chaleur libérée accélérant la prise et
combattant l'effet néfaste des basses températures.
Ces ciments peuvent être accélérés ou retardés par des additifs appropriés et leur densité
peut être modifiée par l'usage de certains allégeants inertes chimiquement.
A cet égard, il est important de noter que la bentonite se comporte comme un accélérateur.
L'ingrédient de base est un ciment pétrolier non retardé, le classe G est souvent utilisé,
mélangé avec une forte proportion de plâtre spécialement étudié pour cet usage.
La phase aqueuse est protégée contre le gel par addition de sel (NaCl), enfin, des
dispersants et des retardateurs sont utilisés pour rendre le laitier pompable dans les conditions
d'utilisation habituelles.
La chaleur d'hydratation est libérée sur une période plus longue, ils sont donc facilement
utilisables dans les cimentations de permafrost.
La résistance à la compression du ciment devrait rester toutefois modeste bien que très
suffisante dans la plupart des cas.
4.4.3 Conclusion
Les cimentations basse température avec des ciments Portland modifiés ou spéciaux restent
limitées pour le moment à une température d'environ - 10°C ce qui couvre la majeure partie
des usages pétroliers.
Des laitiers dérivés des deux systèmes de base ont également été étudiés soit par
l'adjonction de pouzzolane dans les ciments fondus pour limiter l'élévation de température ou
l'utilisation d'alcool dans la phase aqueuse à la place du sel pour abaisser le point de
congélation de l'eau.
Ces systèmes ne présentent pas de caractéristiques fondamentalement différentes de celles
dont ils dérivent.
Les ciments fondus donnent de très bonnes caractéristiques mécaniques avec une
adhérence très bonne dès les premières 24 heures. Par contre, ils sont très contaminants et
peuvent endommager les sols gelés.
Les ciments au gypse sont utilisables jusqu'à - 10°C ; ils sont moins contaminants mais les
résistances à la compression ne dépassent pas une cinquantaine de bar, soit environ le tiers ou
la moitié des valeurs obtenues avec un ciment fondu.
Les ciments décrits ci-dessus permettent, dans certains cas, de résoudre le problème des
cimentations de colonnes de surface en zone froide, mais ils présentent souvent des
inconvénients importants.
Les ciments thixotropes* sont des laitiers de ciment qui possèdent des propriétés
rhéologiques particulières et auxquelles sont associées des propriétés mécaniques
intéressantes.
Ces ciments sont hautement thixotropes c'est-à-dire qu'un gel se forme rapidement en
l'absence d'agitation ou d'écoulement, ce gel étant toutefois détruit si l'agitation est
reprise.
Ces ciments sont expansifs, ce qui assure une meilleure liaison entre casing et
formations consolidées.
La résistance mécanique de ces ciments est convenable bien qu'elle se développe plus
lentement que pour un laitier classique.
L'emploi de laitier de ciment thixotrope paraît bien adapté aux problèmes de pertes dans
des terrains fissurés :
- densités légèrement plus basses que celles des laitiers classiques,
- la thixotropie réduit les pertes car le laitier se gèle dans les fissures et empêche le
cheminement du gaz,
- quelques minutes après sa mise en place, il n'exerce pas de pression hydrostatique, du
fait de son gel élevé,
- malgré une viscosité supérieure à celle des ciments classiques, les pertes de charge
restent faibles du fait de sa mise en place à débit réduit.
Les autres propriétés sont comparables à celles enregistrées sur les laitiers classiques :
temps de pompabilité du même ordre de grandeur pour des pressions et températures
faibles,
filtrat sans changement.
Lais laitiers sont réalisés à partir de ciment et de sulfate de calcium sélectionné (CaSO4,
1/2 H2O, ).
C'est la présence du sel de CANDLOT qui donne au laitier ses propriétés particulières, la
limite maximale d'utilisation étant voisine de 90°C (200°F). Au-delà de cette température la
réaction d'hydratation se ferait de façon différente et après prise du ciment la phase solide
aurait pour formule 3 CaO, AL2O3, Ca SO4, 12 H2O pour une température voisine de 90°C.
C'est pourquoi la réalisation de laitier thixotrope doit se faire avec un ciment dont la teneur
en C3A est supérieure ou égale à 1 à 2 %.
Cependant ce qui est avancé ne tient pas compte des réactions qui peuvent intervenir avec
les composés alcalins présents à titre secondaire dans le ciment (CaO, MgO, CaSO4, Na2SO4)
et avec les sels éventuellement présents dans l'eau de gâchage (NaCl, CaCl2 et sulfates). La
présence de ces sels déplace l'équilibre chimique des solutions et les phases solides qui
apparaissent ont des compositions chimiques qui peuvent être différentes.
C'est ainsi que la présence de chlorure de sodium dans l'eau de gâchage augmente la
solubilité du sulfate de calcium (que celui-ci soit contenu dans le ciment ou qu'il soit ajouté
pour avoir formation du sel de CANDLOT).
Le sulfate de calcium présent dans le laitier se combine alors presque totalement avec les
aluminates calciques alors qu'en l'absence de chlorures une partie importante du sulfate de
calcium ne réagit pas.
L'utilisation de l'eau de mer nécessite l'étude préalable d'un système approprié.
L'étanchéité des cimentations est un problème qui n'a pas encore été résolu dans tous les
cas.
En supposant respectées toutes les règles connues et devant assurer une bonne cimentation,
on pense qu'il peut y avoir manque d'étanchéité, soit par retrait du ciment au cours de la prise,
soit par création d'un micro-annulaire par contraction du tubage.
Le retrait des ciments est un phénomène bien connu en travaux publics et il est admis que
les ciments purs conservés sous eau s'allongent d'environ 2 mm/m alors que les ciments
conservés à l'air libre diminuent d'une quantité du même ordre.
Les recherches qui ont été conduits sur ce sujet ont eu pour but principal non d'assurer une
expansion proprement dite mais plutôt une compensation du retrait.
Étant donné que le retrait ou l'expansion dépend beaucoup du milieu de conservation dans
lequel se trouve le ciment, les conclusions que l'on peut tirer d'une étude peuvent être valables
dans certains cas d'utilisation et ne pas l'être dans d'autre cas.
Les additifs expansifs dont il est fait le plus souvent mention dans la littérature contiennent
sulfates, chaux et aluminate, les différentes formules et les dosages conduisant
vraisemblablement à la formation du sulfo-aluminate tricalcique ou sel de CANDLOT.
D'autres sels peuvent être utilisés comme agents expansifs ; certaines bases, chaux et
magnésie en particulier, ont été proposées mais leur emploi est dangereux car, utilisées en
excès, chaux et magnésie foisonnent et peuvent disloquer le ciment.
4.6.3 Utilisation
La littérature cite un ciment expansif ou plutôt à retrait compensé le Chemcomp qui a été
utilisé :
dans des puits de stockage souterrain de gaz,
dans des puits d'explosion nucléaire,
dans des puits de production,
4.6.4 Conclusions
Le problème des ciments expansifs n'est pas encore résolu et des travaux sont actuellement
en cours dans de nombreuses Sociétés d'une part pour la réalisation d'appareillages de mesure
de l'expansivité en pression et température et d'autre part pour la mise au point de la
formulation de ciments expansifs.
Importance du problème
Dans les cimentations primaires, appelées à couvrir une ou plusieurs zones à gaz, il a
souvent été observé des venues de gaz dans l'annulaire quelques heures ou quelques
jours après une telle cimentation ; venues dont l'importance peut être telle qu'il faut
entreprendre des cimentations complémentaires, difficiles, coûteuses et parfois
dangereuses.
Si la mauvaise adhérence du ciment à la formation et au casing peut parfois être mise en
cause, particulièrement lorsqu'on a employé une boue à base d'huile, les diverses études
consultées et les travaux ont montré qu'il s'agit le plus souvent d'un problème
directement lié au phénomène de prise de ciment.
Causes probables
Dans les expériences menées au laboratoire, il a pu en effet être démontré que :
- Lorsque le ciment commence sa prise, la pression hydrostatique ne se transmet plus, le
gaz peut alors diffuser dans le puits et migrer vers la surface.
- La déshydratation du laitier de ciment par filtration dans une zone perméable, ou le
début de prise (contamination ou température plus élevée), en un point situé au dessus
de la zone à gaz, peuvent déclencher le processus de non transmission de la pression
hydrostatique et donc le processus de cheminement du gaz.
Dans les deux cas, le laitier passe d'un état fluide à un état solide par l'intermédiaire d'un
état où il se présente sous l'aspect d'un gel poreux plus ou moins compacté ; l'eau
restante non liée chimiquement aux divers composants du ciment (eau intergranulaire),
est déplaçable suivant les mécanismes d'un écoulement en milieu poreux. Elle est donc
chassée par le gaz.
Confirmation :
Ceci a été confirmé par des expériences simulant une cimentation sous pression en
présence d'une zone à gaz et d'une zone à filtration :
- Si la filtration a été importante, le gaz se fraye un chemin dans le ciment avant que
ce dernier ne commence sa prise, créant ainsi un chenal permanent dans la gaine de
ciment.
- Si la filtration a été faible ou nulle, le gaz a pu diffuser dans le ciment lorsque ce
dernier commence sa prise.
D'autre part :
- Si le temps de prise est long, il y a augmentation du temps pendant lequel le gaz peut
cheminer.
- Un mauvais déplacement de la boue engendre un espace libre pour le gaz.
Remèdes :
Pour résoudre ce problème, dans l'état actuel des connaissances sur ce sujet, plusieurs
solutions sont possibles et complémentaires :
- Contrôler la perte en eau du laitier de ciment en réduisant la vitesse de filtration : il
faut un laitier contenant un réducteur de filtrat.
On limite ainsi la perte de volume, donc la perte de pression ainsi que le risque de
déshydratation, tout en réduisant la mobilité de l'eau intergranulaire et rendant ainsi
difficile le déplacement de celle-ci par le gaz.
- Opposer une barrière au gaz soit en le confinant dans la formation (génération in-situ
dans le ciment de bulles d'hydrogène le rendant expansif), soit en le piégeant dans le
ciment (tensio-actifs piègeant le gaz sous forme de bulles), soit encore en rendant
impossible le déplacement de l'eau du ciment par le gaz (résine, latex,...).
- Avoir un très bon déplacement de la boue, surtout à la paroi (régime turbulent
conseillé).
- Réduire le gel à une valeur très faible (maintien de la pression) ou à une valeur très
élevée supérieure à 300 lbs/100 ft2 (blocage du gaz).
- Avoir une prise franche : bonne connaissance de la température BHCT ou BHST,
utilisation de la microsilice et des ciments "fins".
- Ajuster le temps de pompabilité en ne prenant pas de sécurité trop forte pour que le
ciment débute sa prise juste après la fin de la mise en place.
Avant toute chose il est bon de rappeler brièvement l'influence du NaC1 sur le ciment
(pour plus de détails se référer au paragraphe 4.7).
Le NaC1 accélère le ciment aux faibles concentrations (180 g/l) et le retarde aux fortes.
La résistance à la compression des ciments gâchés à la saumure saturée est plus faible
que celle des ciments gâchés à l'eau douce (environ 20 % à 60 %).
Le contrôle du filtrat est pratiquement impossible sur les laitiers gâchés à la saumure
saturée, et difficile sur ceux gâchés à la saumure demi-salée (180 g/l).
Le contrôle du temps de pompabilité est plus délicat sur les ciments salés, mais non
impossible.
Ceci étant rappelé, on peut établir une liste des avantages et inconvénients des trois
solutions habituellement retenues pour cimenter dans du sel.
Le choix entre l'une ou l'autre des solutions se fait en fonction des caractéristiques de la
formation (bancs de sel, sel massif...), des impératifs du laitier (filtrat, temps de prise, ...) et
des conditions de fond (température). C'est ainsi qu'à basse température on préférera un
ciment gâché en eau douce pour éviter une prise trop lente.
5.1 Accélérateurs
Ces additifs sont destinés à accélérer le durcissement du ciment, mais ils provoquent
également une diminution du temps de pompabilité. Précisons qu'à l'inverse une réduction du
temps de pompabilité n'implique pas forcément un durcissement plus rapide.
La résistance à long terme est, quant à elle inchangée, sauf dans un cas particulier que nous
verrons plus loin.
Du fait de la température peu élevée, la prise du ciment se fait très lentement. La reprise
des opérations ne pouvant se faire que si le ciment a atteint une résistance suffisante (on
considère en général une résistance de 40 b pour une reprise de forage), on utilise des
accélérateurs pour diminuer le temps de stand-by du rig, et donc le prix de revient.
C'est donc la montée en résistance qu'il faut accélérer dans ce cas.
Une fois le bouchon de ciment mis en place devant la zone à colmater, on a tout intérêt à
ce qu'il prenne le plus rapidement possible. Dans ce cas on a donc besoin de réduire le temps
de pompabilité, car, lorsque le ciment n'est plus pompable, il ne peut également plus se
mouvoir dans les drains de la zone à pertes.
C'est donc le temps de pompabilité qu'il faut diminuer dans ce cas.
Un certain nombre d'additifs et notamment les réducteurs de filtrat, ont un effet secondaire
retardateur qui peut, si la température n'est pas suffisante, entraîner une prise trop lente du
ciment.
a) Le CaCl2
b) Le Na Cl
Le chlorure de sodium accélère le ciment aux faibles concentrations et le retarde aux fortes
(fig. 34 et 35).
La résistance à long terme est, quant à elle légèrement inférieure avec un ciment fortement
salé et pratiquement inchangée avec un ciment faiblement salé.
Lorsqu'on utilise de l'eau de mer on a une action légèrement plus efficace qu'avec du
chlorure de sodium seul, à cause des autres sels présents dans cette eau (magnésium,
potassium).
En fait le Na Cl, en tant qu'accélérateur, n'est pratiquement utilisé qu'en forage offshore, de
par l'emploi d'eau de mer pour le gâchage du laitier.
Il arrive aussi que l'on utilise des ciments gâchés à la saumure, saturée ou non, pour être
compatible avec le terrain (forage des massifs salifères). Dans ce cas le NaCl devient
retardateur du ciment.
c) Les dispersants
En fluidifiant le ciment ces produits permettent une réduction du rapport E/C, et de ce fait
entraîne une accélération du ciment. Toutefois certains dispersants ont un effet retardateur
important ; ce qui contrebalance l'accélération apportée par une réduction du E/C.
5.2 Retardateurs
Dans un grand nombre de cas le ciment fait prise trop rapidement pour laisser le temps à
l'opérateur de le mettre en place. On utilise alors des retardateurs qui vont permettre d'ajuster
le temps de pompabilité du ciment à la valeur désirée.
Leur mode d'action n'est pas toujours connu très clairement mais on peut le schématiser
comme suit (fig. 36).
Les produits, en passant en solution dans l'eau, se retrouvent sous forme d'ions et peuvent
se fixer à la périphérie des grains de ciment par attraction électrostatique. Ils forment alors
autour des grains une pellicule qui les isole de l'eau et retarde ainsi la réaction d'hydratation.
5.3 Dispersants
Lorsque l'on veut réduire les pertes de charge, pomper en régime turbulent, diminuer le
rapport E/C ou encore accroître l'efficacité de certains réducteurs de filtrats, on est amené à
utiliser des dispersants.
Ces produits, comme leur nom l'indique, vont disperser les grains de ciment en suspension
dans l'eau, provoquant ainsi une fluidification du laitier de ciment. Leur mode d'action est
voisin de celui des retardateurs, car ils enrobent les grains de ciment d'une fine pellicule
chargée électriquement.
Ces grains sont alors dispersés par répulsion électrique.
La plupart des dispersants, de même d'ailleurs que les retardateurs, sont des lignosulfonates
de calcium ou de sodium.
Nous donnons dans les courbes qui suivent un exemple de l'influence d'un dispersant sur la
rhéologie du ciment. On constate que le dispersant confère au ciment un caractère
binghamien, et même pratiquement newtonien à forte concentration.
Un ciment net a un filtrat "infini". C'est-à-dire que si on le pompe devant une formation
perméable (squeeze, cimentation de zones réservoirs...) il va rapidement se déshydrater. Cette
déshydratation prématurée du laitier va provoquer une prise "flash" du ciment, si elle est très
rapide et donner lieu, dans tous les cas, à la formation d'une gaine de ciment poreuse et
fragile.
On est donc amené à employer des réducteurs de filtrats.
La plupart des additifs employés agissent en accroissant la viscosité de la phase aqueuse.
Mais comme le liquide va filtrer à travers les particules de ciment, il est nécessaire que ces
dernières soient parfaitement dispersées. Il est donc courant de trouver des dispersants
associés aux réducteurs de filtrats.
Les cas les plus classiques d'emploi de réducteurs de filtrat sont :
Squeeze
Cimentation de colonnes de production
Cimentation de zones à gaz
5.5 Allégeants
5.5.1 L'eau
5.6 Alourdissants
5.7.1 Silice
La silice est utilisée pour protéger le ciment contre les fortes températures (plus de 110 °C
statique). On l'utilise à un pourcentage fixé de 30 à 40 %.
Elle est impérativement mélangée à sec au ciment.
On la trouve sous deux moutures différentes : fine et grossière. La silice fine (farine de
silice) est le plus généralement utilisée, on réserve la silice grossière aux ciments à faible
pourcentage d'eau (ciments alourdis).
Ces additifs sont destinés à bloquer le cheminement du gaz dans le ciment au moment de la
prise.
Ce sont, par exemple, le gas-check d'Halliburton ou le gas-block de Dowell.
Pour plus de détails se référer au chapitre 4
Pour la cimentation des zones à pertes on a intérêt à ce que le ciment se bloque dès l'arrêt
du pompage pour qu'il ne puisse pas cheminer dans les drains de la formation. Les sociétés de
service proposent donc un certain nombre d'additifs qui provoquent le gel du ciment à l'arrêt.