Analyse des Crises Économiques et Financières
Analyse des Crises Économiques et Financières
Hajar Chafi
Encadré par : Mr kchiri
Introduction
Problématique
Methodologie
Symptômes
Typologies
Crise de la demande
Crise de l’Offre
Approches
Chapitre 2: les crises financiéres
Section 1 :
Définition
Caractéristiques et Formes
LEHMAN BROTHERS
Partie1 : Géneralité
2. Crise de change
* Crise d’Argentine
* Crise mexicaine
* Crise de SME
* Crise asiatique
Introduction
Introduction
Crise 3 : le Covid 19
Bibliographie
Webographie
Un meilleur contrôle des agents et activités soumis au risque de conflit d’intérêt : les agences de notation.
Chapitre 3 :Illustration des crises avec systéme dans les pays émergents
I. Les effets attendus de la crise des pays émergents sur le commerce mondial.
Un effet-prix et un effet-volume.
forces contradictoires.
Introdution :
Les crises financières secouent depuis dix ans, presque sans interruption, l’économie mondiale. Elles ont été
spécialement fréquentes et profondes pour les économies les plus récemment intégrées aux mouvements
financiers internationaux, alors que les économies qui s’inscrivent dans une longue tradition d’intermédiation
financière ont été moins sévèrement touchées.
En effet, la crise mexicaine, à la fin de 1994 et au début de 1995, ouvre le nouveau cycle. Elle est suivie deux
ans plus tard, en juillet 1997, par la crise thaïlandaise, qui, se propageant à une large partie de l’Asie en 1997 et
1998, frappe la Corée, la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines. En août 1998, c’est au tour de la Russie, et la
crise russe déstabilise le Brésil à la fin de 1998 et au début de 1999. La Turquie entre en crise à la fin 2000,
l’Argentine en 2001 puis le Brésil à nouveau en 2002. Dans ce sombre, et pourtant partiel, tableau des crises
des économies émergentes la Chine et l’Inde font figures de rares exceptions, jusqu’à maintenant.
Pour autant, les grands pays industriels ne sont pas épargnés. Aux ÉtatsUnis, en 1998, la faillite d’un grand
fonds d’investissement LTCM met en péril les équilibres financiers des marchés américains. Et à partir de 2000,
tous les grands pays industriels affrontent une des plus grandes crises boursières de leur histoire, qui met un
terme à l’euphorie de la « nouvelle économie » et porte au jour les fraudes qui l’ont accompagnée et nourrie.
Problématique :
La répétition de crises financières majeures, l’ampleur et le caractère souvent surprenant des phénomènes de
contagion, les difficultés de prévention de leur occurrence et d’anticipation de leur forme, leur coût souvent
considérable pour les budgets publics comme pour la croissance et le développement des inégalités, autant de facteurs
qui expliquent l’intérêt renouvelé tant des théoriciens que des praticiens pour l’analyse de la fragilité financière et les
risques de crise systémique. Dans un premier temps, les économistes ont imaginé une succession de modèles décrivant
respectivement les crises de change latino-américaines, l’instabilité des taux de change liée à des prophéties
autoréalisatrices à propos de la viabilité de l’intégration monétaire européenne, puis les doubles crises bancaires et de
change après 1997 pour cerner la rupture intervenue dans les pays du sud-est asiatique. La multiplication des travaux
de toute nature (historiques, empiriques sur données de panel, théoriques en termes de formalisation) permet en fait la
mise en évidence d’un petit nombre de mécanismes invariants qui sont à l’origine des crises
L’objet du rapport qui suit est de brosser un tableau très complet et éclairant des crises bancaires et financières,
d’analyser les mécanismes de leur apparition et de leur propagation (les phénomènes de contagion jouant un rôle
décisif dans les crises systémiques) et de déboucher sur des recommandations de politique économique. Ces
recommandations sont nécessairement en ligne avec les conséquences, certaines nettement positives, d’autres plus
problématiques, de la libéralisation financière et de l’accélération des innovations financières, avec le coup de
projecteur mis sur le rôle du crédit, sur celui des réglementations prudentielles appliquées aux banques (qui parfois
deviennent procycliques car, sans le vouloir, elles accentuent les fluctuations et l’instabilité). Quels sont ces crises ?
Quelles sont les facteurs permissifs ces crises ?et quelles sont les solutions prises pour sortir de ces dernieres et quelles
sont les leçons a en tiré ?
Chapitre1 : Crise - Cadre conceptuel et typologie :
Définition générale et etymologie
Définition générale :
On désigne par crise tout événement qui survient brusquement, qui provoque une déstabilisation d’une
organisation (Etat, entreprise..) et qui s’accompagne d’une forte charge émotionnelle faisant perdre à cette
organisation ses repères. La gestion de crise est la méthodologie d’action d’une entreprise, d’un état ou de
collectivité territoriale face à une crise ponctuelle, souvent violente, qui peut être de type naturelle
(catastrophe), économique, physique, psychotique, ou encore les crises liées à l'information, la réputation ou
les ressources humaines. Il faut bien distinguer gestion de crise et communication de crise. La gestion va
permettre de préparer, de réaliser et d’analyser de manière prospective les réactions de l’entreprise face à une
crise alors que la communication va juste relayer en interne et en externe les décisions prises au sein de
l’équipe gestion de la crise.
Rappelons que le terme vient du grec (krisis), qui renvoie à un moment de rupture imprévisible et
spectaculaire, comme un coup de théâtre. En médecine, la crise constitue une dégradation soudaine d’un état
de santé, sans que l’on comprenne pourquoi. Les sciences sociales, quant à elles, s’accordent sur des
propriétés plus larges.
La perte de sens
Selon Karl Weick, une crise se distingue par ce moment qu’il qualifie d’épisode cosmogonique, où tous les
repères se dérobent et le monde ne fait plus sens. Ce moment peut être bref ou prolongé, mais il nécessite une
adaptation des acteurs en présence pour comprendre la situation. Dans sa thèse, Malka Older a montré que
cette compréhension nécessitait la construction d’organisations éphémères : en rétablissant des formes
familières (une hiérarchie, une division des tâches, des principes de coordination, …), les acteurs peuvent
ensuite faire sens de l’incertitude et agir.
La désectorisation
Pour Michel Dobry, une crise se caractérise par un effacement des frontières organisationnelles. La situation
devient “fluide”, la nature du problème comme le rôle des différentes organisations ne sont plus clairement
établis et font l’objet de négociations, de stratégies isolées ou de conflits. Il revient alors aux autorités, selon
Arjen Boin et Paul t’Hart, de définir la nature de la crise, ses causes et conséquences, et les organisations qui en
auront la responsabilité ; autrement dit, de faire un travail politique de cadrage.
Claude Gilbert et Patrick Lagadec l’ont montré : les situations de crises ne cessent d’évoluer, de se transformer,
de déborder. Elles s’inscrivent sur différentes échelles, changent de nature, déstabilisent les ordres existants.
Elles présentent toujours un caractère imprévisible, surprenant, inédit. Dans ces conditions, face à des
procédures qui ne sont plus pertinentes, on observe alors des formes de coordinations improvisées, comme l’a
montré François Dedieu dans le cas de la tempête de 1999.
Ces trois dimensions se combinent, avec des formes différentes à chaque fois. Une crise constitue une mise à
l’épreuve d’un ordre existant, et notamment des catégories cognitives et d’actions, mais également des
frontières et des structures hiérarchiques, qui l’organisent, ce qui peut conduire à un effondrement
organisationnel.
Symptômes :
l’instabilité financière :se manifeste par des mouvements importants et parfois brutaux des variables
financières, notamment les cours boursiers et les taux de change. Elle prend la forme de phases haussières (les
booms) ou baissières (les dépressions). Dans ces phases, les variables tendent à s’éloigner d’une manière
significative et durable de leur valeur d’équilibre fondamental
•Les crises financières désignent des perturbations sur les marchés bancaires et financiers qui conduisent au «
risque systémique ».
•On peut parler de crise financière lorsque l’une au moins des trois fonctions clés du système financier est mise
en danger. Ce sont : l’allocation du crédit et des capitaux, la circulation des moyens de paiement et l’évaluation
des actifs financiers.
Les phénomènes d'instabilité et de crise financières ne sont pas nouveaux. • Dans son livre « Histoire mondiale
de la spéculation financière de 1700 à nos jours » (1989), Charles Kindleberger montre que les crises
financières sont un éternel recommencement depuis que la finance a commencé s’organiser dans le monde
(autour des pays tels que la Hollande, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France)
Les formes que prend l’instabilité financière se transforment au cours de l’évolution du capitalisme.
• Aux XVIIè et XVIIIè siècles: elles concernent la crise de la dette des souverains, la spéculation sur le commerce
des bulbes de tulipes à Amsterdam puis les actions de la Compagnie des Indes.
• Aux XIXè siècle, elles s’étendent aux Bourses de valeurs et prennent également la forme de faillites bancaires
(crise de la Baring anglaise en 1890)
• Le XXe siècle et le début du XXIe connaissent les trois formes principales de crises financières : les crises
bancaires, les krachs boursiers et les crises de change.
Le processus d’une crise :
Approches :
Vision libérale
• Coût
• Salaire
• Marché de travail
Dans les années 1930, Rueff s’alarme des problèmes financiers de la France. Ses interrogations sur
l’avenir du pays l’amènent à intégrer le groupe X-crise (fondé en 1931 par des polytechniciens qui
souhaitent réfléchir sur la crise économique), puis à participer au colloque Lippmann qui rassemble en
1938, vingt-six économistes et intellectuels libéraux (dont Ludwig von Mises, Wilhelm Röpke et
Friedrich von Hayek). L’organisation de ce colloque est liée à une réflexion sur le déclin du libéralisme
dans l’entre-deux-guerres et à la publication, en 1937, de l’ouvrage de Walter Lippmann The Good
society (traduit sous le titre La Société libre). Ce livre deviendra une des bibles des libéraux avec celui
de Karl Popper The Open Society and its Enemies (1945). L’objectif du colloque est triple : - définir le
libéralisme, préciser sa doctrine, les conditions de sa réalisation ; - créer une association, le Centre
international pour la rénovation du libéralisme, dont la première session se tiendra à Paris en mars
1939 ; - promouvoir la politique du « laisser-faire ». Par la suite, en 1947, - dans la lignée du colloque
Lippmann - Rueff participe à l’organisation - aux côtés d’Hayek - de la première conférence de la
Société du Mont-Pèlerin s’efforçant de rassembler les différents courants de pensée du libéralisme qui
y sont représentés : école de Chicago, ordo-libéralisme… En réaction au totalitarisme et au
keynésianisme, les membres de la société du MontPèlerin défendent l’économie de marché, le libre
échange et la « société ouverte ».
Vision Keynésienne
• Pouvoir d’achat
• Intervention d’Etat
Demande :
• Keynes écrit sa « Théorie générale » dans les années 1930. Il s’agit d’une période de crise
économique mondiale qui débute avec le krach financier de 1929 et dont les conséquences
sont une baisse importante de la consommation et un chômage de masse durable. Ces
phénomènes vont à l’encontre des théories néoclassiques qui n’envisagent ni la crise, ni le
chômage sur le long-terme, surtout dans une situation où le marché du travail est très
dérégulé. Le besoin d’un renouvellement théorique se fait donc ressentir et l’entre deux
guerre est une période d’intense réflexion économique.
• L’analyse de Keynes
L’essentiel de la pensée de Keynes est contenu dans la « Théorie générale » (1936). Il s’agit
d’une analyse de la Grande Dépression où Keynes cherche les facteurs déterminant le volume
de l’emploi et propose des solutions au problème du chômage durable.
Typologie :
Type de crise :
Crise économique :
Les tensiosns sociale
ralentissement brutal de Diminution de la production; Dégradation de niveau de vie
l'activité économique générale augmentation du chômage et
des faillites
La dette
Crise bancaire :
Les
Le niveau de déterminantes
* croissance du de la crise
La baisse des
déterminants
Le taux de
croissance
Une situation
financière très
dégradé dégradée.
Insuffisance de liquidité pour
rembourser les créanciers
Crise de change :
Crise jumelle
Méfiance a
Crise de l ’égard du
Change système de
Une
Crise méfiance à
Bancaire
Crise sanitaire :
La crise économique est le retournement de l'activité économique qui passe d'une croissance forte à une
croissance fortement ralentie voire à une baisse de l'activité économique.
Crise de la demande:
Chômage
Crise de la demande
Baisse B B Pas
Chôm
de la a a de
age
produc i i reven
Crise de l’Offre
Exemple : Crise de 1973 (le choc pétrolier)
• Augmentation de 70% des prix du baril et une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière.
• La consommation explose grâce à une hausse modérée des salaires mais surtout au recours massif
au crédit bancaire.
• Jeudi noir
• Cercle vicieux
• Les résultats des entreprises se dégradent, la production automobile baisse ainsi que les revenus
agricoles et la construction de logement fléchit.
La crise de 1929, partie des États-Unis, se diffusera dans le monde entier sous la forme d’une grande
dépression généralisée
Les causes :
• Crise agricole
• L’industrie
• Krach boursier
• Système bancaire
La crise agricole
• Les agriculteurs américains ont augmenté la surface cultivée et se sont équipés en tracteurs et autres
machines agricoles. ces équipement ont été financé par des emprunts bancaires.
• La surproduction s'installe et les prix agricoles baissent dans l'espoir d’écouler les produits.
Les difficultés industrielles
• Les agriculteurs américains ont augmenté la surface cultivée et se sont équipés en tracteurs et autres
machines agricoles. ces équipement ont été financé par des emprunts bancaires.
• La surproduction s'installe et les prix agricoles baissent dans l'espoir d’écouler les produits.
• Des courtiers, des banques, des entreprises et des ménages ont prêté de l'argent à vue à des
spéculateurs, qui ont acheté des actions à crédit, comptant sur la hausse pour rembourser on
s'inquiète de la solvabilité des débiteurs, on exige d'eux un paiement immédiat. Les banquiers ont
prêté de manière importante aux spéculateurs.
• Le jeudi 24 octobre 1929, la bourse de New York s’emballe et important krach boursier a lieu.
• Les actionnaires sont inquiets de la baisse de la valeur de leurs investissements, une baisse de
43% en quelques jours
L’interdépendance très forte des économies nationales et des places financières favorise l’occurrence de chocs
« systémiques », caractérisés par une contagion des déséquilibres, d’une part au sein de la sphère financière,
et d’autre part de la sphère financière vers l’économie réelle ; les difficultés rencontrées par un acteur ou un
marché financier dans un pays sont alors susceptibles de se propager à l’ensemble du système et menacer
d’entraîner son effondrement. Dans le cadre de l’économie globalisée, les déséquilibres macroéconomiques
peuvent créer une instabilité financière ; l’économie mondiale est ainsi marquée par l’ampleur des
déséquilibres des paiements, entre le déficit de la balance courante américaine et les excédents dégagés par
les pays du Golfe Persique et l’Asie, qui en sont la contrepartie.
La dégradation de la position extérieure des Etats-Unis (somme des créances nettes des agents résidents
américains sur les agents non-résidents) ne cesse de s’aggraver depuis la fin des années 1990. En contrepartie
des déficits courants américains, toutes les autres grandes régions du monde ont résorbé leurs déficits ou
accumulé d’importants excédents courants à partir de la fin des années 1990, notamment le Sud-Est asiatique
et l’Amérique Latine.
La hausse des prix de l’énergie (dans un contexte de rareté croissante) a entraîné un accroissement durable de
la capacité de financement du Moyen-Orient et de la Russie (rente pétrolière et gazière). L’accumulation
d’excédents des paiements courants des pays émergents s’est traduite par un niveau élevé de leur taux
d’épargne, entraînant un gonflement des liquidités en circulation au niveau mondial, allouées partiellement à
l’achat d’actifs de crédit (obligations, créances issues de la titrisation…) et contribuant à maintenir un niveau de
taux d’intérêt à long terme relativement bas.
En période d’expansion du crédit bancaire et de conjoncture favorable, les agents ont tendance à prendre plus
de risques, or la contagion et le mimétisme de leurs comportements créent des phases de confiance excessive
et de perte de mémoire collective face aux crises précédentes par un mécanisme « d’aveuglement au désastre
».
Les crises des marchés financiers sont essentiellement liées à l’éclatement de ces bulles spéculatives qui se
nourrissent de l’écart croissant entre la valeur « fondamentale » des actifs (actions, biens immobiliers) et leur
valeur de marché. Ces déviations des prix des actifs, appelées
« bulles », ont des effets très néfastes sur la stabilité économique et financière, tant à la hausse (excès
d’endettement, insuffisance d’épargne) qu’à la baisse (risque de déflation et de crise bancaire). Comme l’a
montré John Maynard Keynes, les marchés financiers favoriseraient les comportements d’imitation dont
l’objectif est davantage d’anticiper l’évolution de l’opinion majoritaire des opérateurs financiers que de
contribuer à la convergence des prix vers la valeur réelle des titres. Ce comportement, rendant toute
évaluation objective difficile, serait particulièrement à l’œuvre sur les marchés d’actions. Par ailleurs, la
possibilité de revendre à tout moment les titres (ce qu’on appelle la liquidité) devient largement illusoire
lorsque tous les agents décident de les céder en même temps et que personne ne désire plus les acheter : il se
produit alors un krach boursier. Dans les économies actuelles, le krach produit généralement un effet de
richesse négatif, l’effondrement du cours des titres provoquant un appauvrissement des agents économiques
et entraînant une baisse de la demande globale. De plus, les banques jouent un rôle considérable par le crédit
qu’elles octroient aux agents économiques à court et à long terme : les pertes enregistrées par les banques sur
les marchés financiers, en réduisant leurs fonds propres réglementaires, peuvent entraîner une contraction du
crédit à l’économie et freiner la croissance.
L’instabilité sur les marchés financiers peut également naître en raison du développement de nouveaux
instruments financiers, à l’instar de la titrisation, technique massivement utilisée par les banques à partir des
années 2000. La titrisation permet en effet de transformer des crédits bancaires en titres négociables, cédés
ensuite à d’autres investisseurs avec les risques qu’ils comportent. Avec la titrisation, la relation traditionnelle
entre la banque et le client emprunteur, qui permet d’évaluer correctement le risque de crédit (modèle dit «
initier les crédits et assumer le risque », originate and hold) est passée au second plan, au profit d’un nouveau
modèle appelé « initier et vendre les crédits » (originate and distribute).
En période de bulle boursière, le contrôle du risque de crédit par les banques peut se relâcher et conduire à
sous-évaluer les possibles défauts de remboursement des emprunteurs (disséminés dans des montages
financiers de plus en plus complexes). Depuis 2007, l’action des Etats, mais aussi des Banques centrales en tant
que prêteurs en dernier ressort afin de restaurer la confiance et soutenir le crédit par le sauvetage de certains
établissements bancaires menacés de faillite, a également démontré les risques d’aléa moral (certains acteurs
financiers adoptent des comportements opportunistes et accroissent leur prise de risque, les coûts étant
ensuite supportés par la collectivité). La défaillance d’un établissement financier de taille importante peut
toutefois entraîner un phénomène de panique bancaire (une ruée vers les guichets) et générer un risque
systémique lorsque la confiance des agents économiques s’effondre : c’est ce mécanisme qui s’est produit lors
de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008. Le compte-rendu du G20 de Pittsburgh
(septembre 2009) recommande ainsi aux Etats de réduire l’aléa moral sur les marchés financiers, notamment
par une modification du système de rémunération des opérateurs de marché (comme le versement de bonus
qui incite à une prise de risques excessive) et par un encadrement plus strict des opérations de titrisation.
Le retour de l’instabilité financière s’est accompagné d’une plus forte volatilité de certains marchés, comme
celui des matières premières (matières premières agricoles, métaux, énergie). Pour chacun de ces produits, il
faut distinguer le marché physique où s’échangent les actifs physiques
(produits agricoles, énergétiques) et les marchés dérivés où s’échangent des contrats qui portent sur ces actifs
physiques « sous-jacents » (marchés à terme et marchés d’options).
Le prix des matières premières s’inscrit dans une tendance orientée à la hausse car l’offre de matières
premières peine à répondre à la demande. Celle-ci a en effet tendance à augmenter en raison de
l’accroissement de la population mondiale et des besoins en matières premières, de l’essor de la demande
solvable dans les pays émergents et de la généralisation des modes de vie
« intensifs en matières premières ». L’offre, quant à elle, est confrontée à un ralentissement des gains de
productivité dans l’agriculture, à une concurrence croissante dans l’usage des terres arables, à une montée des
aléas climatiques et à un épuisement des réserves énergétiques (pétrole).
Au-delà de ces aspects fondamentaux, viennent s’ajouter des éléments plus conjoncturels qui peuvent
accroître la volatilité des cours : impact des fluctuations du dollar sur le prix des matières premières, rôle des
taux d’intérêt et de l’inflation qui poussent à la spéculation sur ces marchés, ou encore instabilité politique
dans certains pays. Pour expliquer la volatilité accrue sur les marchés financiers, mesurée par l’écart-type des
variations relatives de prix, on évoque généralement le rôle de la spéculation financière qui se reporte sur ce
type de marchés en période de crise, le manque de transparence des transactions avec une incertitude sur
l’état des stocks (produits agricoles et réserves pétrolifères notamment), la déréglementation des marchés
agricoles et l’ouverture croissante à la concurrence (négociations commerciales multilatérales). La volatilité des
prix agricoles a ainsi été mise à l’agenda des réunions du G20 puisqu’elle est de nature à mettre en péril la
sécurité alimentaire dans les pays du Sud et à aggraver les inégalités mondiales.
La crise financière de 2007 a démontré les failles en matière de régulation du système financier mondial,
notamment en ce qui concerne le contrôle des risques encourus dans le cadre des innovations financières en
plein essor depuis les années 1990 (produits dérivés, titrisation). Les Etats ont réaffirmé, lors des rencontres
internationales (G20), leur volonté de renforcer la régulation du secteur financier, soit l’ensemble des règles
juridiques qui organisent et encadrent le secteur financier et permettent d’assurer le bon fonctionnement des
marchés financiers.
La réglementation financière doit permettre de maintenir la confiance dans le système bancaire, afin de
rassurer les créanciers des banques et limiter à la fois le risque de liquidité (si la banque n’a pas assez de
ressources disponibles pour rembourser ses créanciers à l’échéance) et le risque de solvabilité (si ses fonds
propres ne suffisent pas à couvrir les pertes éventuelles sur la valeur de ses actifs). Dès la fin des années 1980,
des ratios de solvabilité (dits « ratios prudentiels ») ont été instaurés afin d’imposer aux banques un certain
volume de fonds propres (terme comptable qui figure au passif de leurs bilans) en lien avec les risques
encourus. Ces ratios prudentiels sont censés mieux coordonner la réglementation bancaire et inciter les
banques à limiter les crédits et surtout les risques afférents (ratio Cooke en 1988 puis ratio Mc Donough en
2007), sans toutefois les rationner excessivement et freiner la croissance.
La nouvelle réglementation dite de « Bâle III », pilotée par le comité de supervision bancaire dit
« comité de Bâle » (car abrité par la Banque des règlements internationaux située à Bâle), doit s’appliquer à
toutes les banques internationales d’ici 2019 afin notamment de réguler le niveau de fonds propres que les
banques doivent détenir en fonction des risques qu’elles encourent et du niveau de liquidités qu’elles doivent
détenir pour faire face à leurs engagements. Aux Etats-Unis, la loi de réglementation financière (Dodd-Franck
Act), votée en juillet 2010 par le Congrès américain, a tenté d’imposer une distinction entre les opérations de
banque pour leur compte propre et le reste de leurs activités et souhaité limiter l’intervention des banques de
dépôt hors de leur domaine, même si l’application concrète de la loi Dodd-Franck reste à mettre en œuvre. A
l’occasion des différentes réunions du G20 depuis 2009, les Etats ont réaffirmé la volonté d’améliorer la
transparence des marchés face au « shadow banking system » (système bancaire parallèle fondé sur les
activités de transfert de risques comme la titrisation) qui a vu la création d’entités peu régulées logeant une
partie des actifs risqués des grandes banques internationales.
Les responsables politiques ont affirmé leur volonté de renforcer le contrôle de la titrisation et de mettre en
œuvre une régulation plus stricte des marchés dits de « gré à gré », sur lesquels les transactions sont conclues
directement entre le vendeur et l'acheteur, qui s'opposent aux marchés dits « organisés », où les transactions
se font à la Bourse dans un cadre réglementaire plus strict. Il s’agirait alors de promouvoir par exemple la
création de chambres de compensation afin d’obliger les parties d’une transaction à verser un dépôt initial
représentant une fraction du montant de la transaction.
Un meilleur contrôle des agents et activités soumis au risque de conflit d’intérêt : les agences de notation
Les débats sur la réglementation financière ont aussi évoqué le rôle de certains acteurs importants, comme les
agences de notation. Entreprises privées dont la tâche est de produire de l’information financière sous
différentes formes, les agences de notation se sont développées pour synthétiser l’information financière en
notant la dette des entreprises et des Etats en fonction des risques que ces derniers présentent. Chaque
agence utilise une grille de notation différente, mais l’échelle des notes va globalement de AAA (le « triple A »
étant la marque des risques les plus faibles comme ceux portés par les obligations de l’Etat allemand) à C ou D
(pour les titres dont les émetteurs présentent des risques élevés de non remboursement). Les agences les plus
importantes sont les deux agences américaines, Standard and Poor’s et Moody’s, et l’agence européenne Fitch.
La concentration du secteur (ces trois agences contrôlent 90 % du marché de la notation) pose des problèmes
importants et la qualité des évaluations proposées ainsi que les risques de collusion et de conflits d’intérêt
entre les émetteurs et ceux qui les notent ont été dénoncés dans les débats sur la régulation.
Le G20 de Pittsburgh de septembre 2009 préconise ainsi, outre un renforcement de la concurrence sur un
marché de la notation oligopolistique, une interdiction pour les agences de notation d’exercice d’une activité
simultanée de conseil sur la structuration de certains produits financiers (comme ceux liés à la titrisation) et la
notation de ces mêmes produits financiers, source de conflits d’intérêt. L’agence est employée par l'acteur de
marché qui souhaite être noté, ce qui soulève la question de l’indépendance de l'agence dans le processus de
notation. La confiance des marchés financiers repose donc sur la réputation des agences de notation qui a été
ébranlée par la crise des subprimes de 2007.
Une plus grande transparence des marchés
La question des paradis fiscaux (îles Caïmans, Bermudes, Bahamas, etc.), ces territoires où la fiscalité est très
faible en comparaison avec les autres pays et qui offrent des réglementations peu contraignantes et peu de
transparence sur les transactions nouées (secret bancaire), est étroitement liée à celle des fonds spéculatifs
(hedge funds) et de la régulation financière. La réglementation de ces centres financiers dits « off-shore » se
justifie par le fait qu’ils réduisent les ressources fiscales des Etats (évasion fiscale), qu’ils affaiblissent la portée
de la réglementation bancaire et financière, et qu’ils alimentent l’instabilité financière en favorisant le déficit
de transparence d’une partie du système financier. Une meilleure transparence des marchés pourrait ainsi
passer par l’obligation pour les paradis fiscaux de fournir davantage d’informations sur leurs activités.
Chapitre 3 :Illustration des crises avec systéme dans les pays émergents
L’impact de la crise des pays émergents sur le commerce mondial :
La crise financière qui a affecté à partir de l’été 1997 l’Asie, puis la Russie et une partie de l’Amérique latine,
s’est diffusée au reste du monde par l’intermédiaire de plusieurs canaux, dont l’un des plus importants a été le
commerce international.
Provoquant une contraction sévère des importations des économies concernées et redistribuant les cartes de
la compétitivité, la crise a pénalisé les exportations des autres pays, en particulier ceux du monde industrialisé.
L’affaiblissement de la conjoncture qui en a résulté a pesé sur les demandes internes et, par voie de
conséquence, sur les importations des économies développées.
Le commerce mondial s’est ainsi comporté comme une vaste caisse de résonance du choc initial.
Au plan international, le degré d’exposition au risque émergent explique les variations dans l’ampleur des
effets sur le commerce des différentes zones géographiques.
Au sein de la zone euro, cependant, l’étroite imbrication des économies a conduit à une harmonisation des
effets de la crise, malgré des degrés d’exposition au risque différents au départ.
En juillet 1997, la chute brutale du bath thaïlandais marquait le premier épisode de la crise financière qui, en
quelques mois, allait se propager à de nombreux pays d’Asie, avant de toucher en août 1998 la Russie, puis une
partie de l’Amérique latine, dont le Brésil au début de 1999.
La défiance des investisseurs internationaux envers des économies dont les fondamentaux ont brusquement
été jugés plus fragiles que ce qu’on croyait jusqu’alors s’est traduite par un retrait massif de capitaux et a
provoqué un effondrement des devises et des bourses concernées. Au plus fort de la crise, le won coréen a
ainsi perdu près de 55 % de sa valeur par rapport au dollar et la roupie indonésienne 85 %.
Les désordres macroéconomiques qui ont suivi ont conduit à mettre en œuvre dans les pays en crise des
programmes de restructurations qui ont contribué à la contraction des demandes internes ; conjuguée aux
effets-prix des dévaluations, celle-ci a entraîné une chute brutale de leurs importations.
Le commerce international est ainsi devenu un vecteur essentiel de propagation de la crise à l’ensemble du
monde.
Un peu plus de deux ans après le début des événements, la disponibilité des statistiques permet de tracer un
premier bilan de la façon dont les échanges mondiaux, en particulier les commerces extérieurs des pays
industrialisés, ont été affectés.
Alors même que la crise se déroulait, les canaux de transmission de ses effets sur les économies développées
étaient connus : affaiblissement du commerce mondial, baisse des cours des matières premières, reflux des
taux d’intérêt, fragilisation des systèmes bancaires, etc. Les mécanismes par lesquels les échanges extérieurs
des pays industrialisés seraient affectés pouvaient d’ores et déjà être décrits.
Un effet-prix et un effet-volume
Les réajustements monétaires ont en effet redistribué les cartes de la compétitivité au niveau mondial :
exprimées en dollars, les exportations des pays ayant dévalué sont devenues moins chères et ont ainsi acquis
un avantage concurrentiel sur les marchés domestiques des économies industrialisées et des autres pays
émergents. À l’inverse, le prix des importations s’est élevé là où les devises s’étaient dépréciées. À cet effet prix
allait s’ajouter l’impact, sur les importations des pays en crise, de la contraction des demandes internes due
aux restructurations.
L’effet direct attendu sur les pays industrialisés dépendait de façon évidente de l’orientation de leur commerce
extérieur : avec près de 20 % de leurs exportations à destination de l’Asie 1, les États-Unis étaient a priori
potentiellement plus affectés que la France, pour laquelle cette région ne représente que 7 % des débouchés
externes, mais moins que le Japon, dont presque la moitié des exportations sont tournées vers l’Asie.
(en pourcentage)
Part dans les e xportati ons de. ..
DE FR BE ES IT NL GB US CA JP E11
des importations de…
Allemagne (DE) – 16,1 19,4 14,5 16,4 23,3 12,0 4,1 1,3 4,4 –
Autriche 5,9 1,2 1,1 1,0 2,6 1,4 0,8 0,4 0,2 0,3 –
France (FR) 10,2 – 17,2 20,7 12,8 9,4 9,7 2,6 0,7 1,5 –
Belgique (BE) 6,2 8,6 – 2,8 2,8 15,4 5,1 1,5 0,4 0,8 –
Espagne (ES) 3,6 8,0 3,0 – 5,2 2,8 4,1 1,0 0,2 0,6 –
Finlande 1,0 0,5 0,6 0,4 0,5 0,7 1,1 0,4 0,1 0,3 –
Irlande 0,5 0,5 0,4 0,5 0,4 0,6 5,3 0,7 0,1 0,4 –
Italie (IT) 7,7 10,2 6,4 9,2 – 6,7 5,4 1,4 0,6 0,8 –
Pays-Bas (NL) 7,3 4,4 13,0 3,6 2,7 – 6,6 2,1 0,5 1,5 –
Portugal 1,0 1,4 0,8 8,4 1,3 0,8 1,0 0,2 0,0 0,2 –
Zone euro (E11) 43,3 50,9 61,9 61,1 44,7 61,2 50,9 14,2 4,1 10,8 –
Danemark 1,8 0,9 1,0 0,6 0,8 1,7 1,3 0,3 0,1 0,2 2,6
Grèce 0,8 0,8 0,6 1,0 2,1 1,0 0,7 0,1 0,0 0,2 2,0
Royaume-Uni (GB) 8,4 10,0 9,5 8,7 6,6 11,1 – 5,2 1,6 3,0 18,3
Suède 2,5 1,4 1,6 0,9 1,0 2,7 2,7 0,5 0,1 0,3 4,0
UE hors zone euro 13,5 13,0 12,7 11,2 10,5 16,5 4,7 6,1 1,8 3,6 26,9
Union européenne 56,8 63,9 74,6 72,3 55,2 77,7 55,7 20,3 6,0 14,4 26,9
États-Unis (US) 7,5 6,3 4,7 4,4 7,8 3,6 11,9 – 80,6 27,4 12,7
Canada (CA) 0,7 0,9 0,4 0,6 0,9 0,4 1,9 19,7 – 1,8 1,5
Japon (JP) 2,7 2,1 1,5 1,5 2,6 1,2 2,9 11,6 4,3 – 4,4
Autres G 7 10,8 9,3 6,6 6,4 11,2 5,2 16,7 31,3 84,9 29,2 18,5
Australie 0,8 0,6 0,4 0,4 0,8 0,3 1,7 2,1 0,5 2,2 1,3
Nouvelle-Zélande 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,3 0,4 0,1 0,5 0,2
Norvège 0,9 0,5 0,6 0,5 0,6 0,8 1,4 0,3 0,3 0,3 1,5
Suisse 5,1 4,0 2,1 1,3 3,8 2,1 2,0 1,2 0,3 0,5 7,4
Autres pays
industrialisés 7,0 5,1 3,2 2,3 5,4 3,3 5,4 4,0 1,2 3,4 10,5
Amérique latine 2,4 2,2 1,1 6,1 3,9 1,4 1,8 18,1 1,9 4,1 5,0
Afrique 1,6 5,2 1,9 3,0 2,4 1,4 2,6 1,3 0,5 1,2 4,8
Asie (hors Japon) 8,1 7,0 5,4 4,0 7,8 4,7 8,8 19,2 4,3 44,2 13,4
Moyen-Orient 3,9 3,9 4,1 3,4 6,6 2,7 6,1 4,4 0,8 2,9 8,1
Europe transition 9,4 3,3 3,1 2,5 7,4 3,5 2,9 1,4 0,4 0,6 12,8
Total 100, 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
0
NB : Le tableau se lit en colonne : par exemple, dans la première, on lit que 5,9 % des exportations
allemandes sont à destination de l’Autriche, 10,2 % de la France, etc. Ainsi, le poids de
l’Autriche dans la demande mondiale adressée à l’Allemagne est 5,9, celui de la France
10,2…
Source : FMI (via la base Chelem du CEPII, pondérations de 1996, commerce de biens)
Cependant, en pénalisant directement les exportations des pays industrialisés, la crise des économies
émergentes devait provoquer un affaiblissement global de la conjoncture de ces pays qui affecterait à son tour
leurs importations. Ainsi, par exemple, la France subirait non seulement la contraction des importations
asiatiques, mais aussi ses effets sur l’activité en Allemagne, aux États-Unis, etc.
En résumé, on s’attendait à ce que les exportations des pays développés soient affectées par :
un effet-volume lié à la chute des importations dans les pays en crise et à son impact dépressif sur l’ensemble
des autres économies ;
des pertes de compétitivité-prix sur les marchés asiatiques, russe et brésilien et sur les marchés tiers où elles
sont en concurrence avec les exportations asiatiques, russes et brésiliennes.
Les effets directs de la contraction des importations des pays en crise devaient être à la mesure du degré
d’ouverture des économies industrialisées sur ces marchés donc, a priori, diverger sensiblement d’une
économie à l’autre. L’ampleur des divergences allait cependant être atténuée par le bouclage
macroéconomique international : les pays les moins exposés pâtiraient des effets de la crise sur leurs
partenaires plus exposés et, à l’inverse, offriraient à ces derniers des débouchés relativement peu affectés.
Commerce mondial
(somme des importations de biens de tous les pays, en volume)
(glissement annuel, en %)
90 91 92 93 94 95 96 97 98 99
La chronologie de la diffusion de la crise se lit à travers l’analyse des contributions des importations
des différentes zones géographiques 3 à l’évolution du commerce mondial.
L’Asie est bien à la source du ralentissement mondial : la contribution des importations asiatiques
commence à diminuer dès l’été 1997 et devient négative l’hiver suivant. La transmission au Japon,
dont l’économie souffrait déjà, par ailleurs, d’une atonie persistante de la demande interne, est
presque simultanée. Elle pèse cependant peu sur les importations mondiales, car celles du Japon sont
proportionnellement faibles 4. Les États-Unis sont également affectés pratiquement en même temps
et les autres régions du monde le sont avec un léger décalage, à partir du premier trimestre de 1998.
Globalement, la résistance semble meilleure là où la conjoncture interne est la plus soutenue : la
contribution des importations de l’Amérique du Nord diminue nettement moins que la contribution
européenne par exemple. Sans surprise, la contribution de l’Europe de l’Est devient négative à la fin
de 1998, après l’extension de la crise à la Russie, et celle de l’Amérique latine au début de 1999,
lorsque le Brésil est à son tour touché, alors que plusieurs pays de la région sont déjà en récession.
Le retour à une situation plus favorable est d’ores et déjà perceptible : la contribution des
importations asiatiques s’est retournée à la hausse à la fin de 1998, rapidement suivie par celle du
Japon. Le redressement prévisible du commerce international devrait emprunter les mêmes voies
que son ralentissement.
Les moteurs du commerce mondial
(contribution des importations de chaque zone à l’évolution du total mondial)
(en points de %)
6
-2
-4
96T1 97T1 98T1 99T1
Les évolutions des demandes mondiales adressées aux grands pays industrialisés et à la zone
euro, dont la méthodologie de calcul figure en encadré, reflètent à la fois ce ralentissement en
plusieurs temps du commerce mondial et le degré d’exposition de chacun aux zones en crise.
16
12
-4
90 91 92 93 94 95 96 97 98 99
La demande mondiale adressée au Japon, qui résulte pour 44 % des échanges avec le reste de l’Asie, est ainsi la
plus rapidement et la plus fortement touchée. Les demandes adressées aux États-Unis et à la zone euro
ralentissent en même temps mais moins brutalement et, contrairement au cas nippon, ne se contractent
pas. Le Royaume-Uni est relativement moins affecté et le Canada, dont 80 % des exportations sont à
destination des États-Unis, est largement protégé par la bonne conjoncture américaine.
(a) Nombre de trimestres entre le glissement annuel maximum et le glissement annuel minimum
(b) Écart entre les glissements annuels maximum et minimum, en points de pourcentage
(c) Écart maximum – minimum divisé par la durée, en points de pourcentage par trimestre
(d) La série de demande mondiale adressée à la zone euro est corrigée du commerce intra-zone.
L’analyse des contributions des importations des économies en crise aux demandes mondiales des pays
industrialisés confirme que la crise asiatique a eu un impact fort sur pratiquement toutes les économies
industrialisées, à l’exception du Canada, relativement peu affecté. En revanche, la crise en Europe de l’Est,
Russie comprise, n’a eu d’effets directs sensibles que sur la zone euro.
NB : Les séries d’exportations de biens ne sont pas disponibles pour tous les pays. Nous avons donc été
contraints de nous référer aux exportations de biens et services. Les demandes mondiales présentées
précédemment étant exprimées en biens, les deux tableaux ne sont pas directement comparables. En
particulier, on ne peut pas tirer de conclusions en termes de compétitivité d’une évolution divergente de la
demande mondiale et des exportations d’un même pays.
Les données de commerce extérieur de la zone euro hors commerce intra-zone n’existent qu’à partir d’une
date très récente. Il n’a donc pas été possible de les inclure dans ce tableau.
(a) Nombre de trimestres entre le glissement annuel maximum et le glissement annuel minimum
(b) Écart entre les glissements annuels maximum et minimum, en points de pourcentage
(c) Écart maximum – minimum divisé par la durée, en points de pourcentage par trimestre
résulte de forces contradictoires
Cette homogénéité apparente peut surprendre : le degré d’exposition au risque provenant des pays
émergents varie, en effet, sensiblement d’un pays à l’autre. C’est qu’ici l’imbrication étroite des économies a
joué à plein pour faire converger l’ampleur des effets de la crise. L’analyse des contributions est, une fois
encore, révélatrice des mécanismes en cause.
Comme il était prévisible, compte tenu du poids important de ces deux zones dans les exportations allemandes
5
, la demande mondiale adressée à l’Allemagne a fortement pâti de la chute des importations d’Asie et, plus
encore (mais plus tard), d’Europe de l’Est. Mais elle a, par ailleurs, trouvé un soutien de la part de la demande
en provenance des pays de la zone euro moins directement exposés.
3,5 3,5
2,5 2,5
1,5 1,5
0,5 0,5
- 0,5 - 0,5
- 1,5 - 1,5
97T1 99T1 97T1 98T1 99T1
- 2,5 98T1 - 2,5 RdM
France USA
EUE
96T1 Reste E 11 Italie 96T1
Asie
Reste UE