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Grenats en Joaillerie : Histoire et Variétés

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Grenats en Joaillerie : Histoire et Variétés

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Les Grenats : Joaillerie Page 87

Livre 4 – Les Grenats en Joaillerie

1. GENERALITES
1.1 Introduction
En pensant aux pierres gemmes de grenat, la plupart des gens pensent immédiatement au grenat rouge. De
grands gisements de grenat rouge ont été découverts en Bohême (Europe centrale) vers le XVIe siècle, qui
est devenu l'objet de l'industrie de la joaillerie dans la région, indiustrie qui se perpétue de nos jours.
Mais, le groupe des grenats est bien plus riches en variétés, et se limiter aux pierres de couleur rouge,
revient à négliger les plus belles gemmes de grenats que la nature peut nous offrir. Parmi toutes les variétés
de grenats ressencées ou non, six variétés principales sont utilisés comme gemmes : pyrope, almandin,
spessartite, grossulaire (incolore, hessonite), andradite (topazolite et surtout démantoïde) et uvarovite.

Figure 40 : Présentation des grenats de joaillerie et de leurs couleurs (GEMDAT)


On notera l’absence du bleu
Les Grenats : Joaillerie Page 88

1.2 Histoire
Les grenats sont utilisés en joaillerie depuis plusieurs milliers d’années. En ces temps anciens, ils étaient
connus comme escarboucle ou comme gemme rouge. Il y en avait dans le plastron du jugement d’Aaron,
ème
décrit dans la bible (Exodus: xxviii, 15-30). Le Coran prétend que le 4 ciel est composé d’escarboucles.
Dans l’astrologie védique, qui est de 1000 ans antérieure à l’astrologie occidentale, et toujours pratiquée par
des millions d’adeptes, le grenat hessonite de couleur brun orangé à rouge est le talisman qui protège des
influences démoniaque du corps céleste nommé Rahu.
Le grenat est également considéré comme pierre sacrée par nombre de tribus indiennes d’Amérique du
nord, du centre et du sud.
En 1892, les Hunzas ont utilisé des projectiles faits de grenats contre les troupes britanniques au Kashmir,
pensant que leur action meurtrière était supérieure aux balles de plomb.
Historiquement, les grenats sont censés protéger des blessures et du poison, arrêter les saignements et,
symboliser la vérité et la fidélité, et apporter prospérité.
En tant que gemme, les grenats sont aujourd’hui plus populaires que jamais. D’ailleurs de nouvelles variétés
ne trouvent un essor que depuis ces dernières années.
Certaines formes de grenats almandins renferment des inclusions minérales d’asbeste, typiquement de
pyroxène ou d’amphibole, qui leur donne un effet chatoyant sous la forme d’une étoile à six branches (plus
rarement quatre branches) dans la gemme taillée en cabochon.

Figure 41 : Principaux pays extracteurs de grenats

1.3 Propriétés métaphysiques


Le grenat est la pierre de naissance du mois de janvier (capricorne)
Il est la pierre des 18 ans de mariage.
Il est en accord avec les signes astrologiques du lion, de la vierge, du capricorne et du verseau.
Le grenat est dit accroître la créativité et l’intelligence et il aide au succès dans les affaires.
Il serait aussi capable d’apporter de l’énergie bénéfique et de renforcer l’estime personnelle et la popularité à
ceux qui en porte.

De surcroît, on attribue d’autres bénéfices aux différentes variétés de grenat :


- L’almandin est utile pour renforcer le cœur, inspirer l’amour et aide à percevoir la vérité.
- L’andradite donne vitalité, aide à prévenir les craintes, l’insécurité et le sentiment de solitude.
- Le pyrope améliore l’intelligence et la sagesse.
- La rhodolite facilite la méditation, améliore l’intuition et inspire à l’amour.
- La tsavorite facilite la méditation, améliore la sensibilité spirituelle et les aptitudes télépathiques.
Les Grenats : Joaillerie Page 89

2. PROJET DES GRENATS GEMMES DU GIA


[Link]

2.1 Collection de gemmes du Dr. Edward J. Gübelin


Le Dr Edward Gübelin a étudié les pierres précieuses et leurs inclusions sur une carrière professionnelle de
plus de soixante ans. Son travail a révolutionné la science de la gemmologie. Bien que son laboratoire
d'origine soit localisé à Lucerne, en Suisse, il s'est déplacé sur les cinq continents pour collecter des
échantillons qu'il a ensuite méticuleusement répertoriés. Après sa mort en mars 2005, sa collection complète
a été acquise par le GIA. La collection se compose d'environ 2 800 gemmes représentant 225 types de
minéraux, qui font maintenant parties de la collection Gia GEM, et est utilisée pour la recherche, l'éducation
et des expositions.

Figure 42 : Edward J. Gübelin et une partie de sa collection

2.2 La collection de gemmes du Dr. Edward J. Gübelin


Depuis sa création, le GIA a acquis des échantillons de pierres précieuses pour soutenir ses missions
éducatives et de recherche. La plupart de ces pierres étaient utiles à des fins d'identification, mais
manquaient d'informations détaillées sur la localité, et certains n'étaient pas particulièrement attractifs.

Pour améliorer la qualité de ces références, le GIA a acquis en 2005 la collection d’Edward J. Gübelin. De
nombreuses pierres précieuses sont des exemples extraordinaires en termes de couleur, de poids et de
phénomènes, améliorant ainsi significativement le potentiel éducatif et de présentation de la collection de
gemmes du GIA.

Figure 43 : La collection de grenats de Edward J. Gübelin acquise en 2005 par le GIA


Photo by Robert Weldon/GIA
Les Grenats : Joaillerie Page 90

Depuis 2007, le GIA a entrepris un projet de caractérisation des pierres précieuses de la collection Edward J.
Gübelin. Ce projet a deux objectifs principaux:
- la systématisation documentée de ces pierres précieuses en utilisant une gamme de techniques,
- la diffusion des résultats et analyses, disponibles sur le site du GIA comme une ressource précieuse
pour les étudiants, gemmologues, chercheurs, et toute personne intéressée par les minéraux
gemmes

Des procédures de collecte de données normalisées ont ainsi été créées, avec pour chaque pierre précieuse,
la caractérisation de la gemme par une large gamme de techniques diverses. Cette base de données doit
permettre aux chercheurs intéressés de voir, par exemple, les variations possibles des propriétés gemmologie
d'une localité à l'autre au sein d'une espèce donnée.

La base de données du projet fournira les informations suivantes sur les pierres précieuses individuelles:
1. une photographie de la pierre précieuse.
2. le numéro de collection de gemmes du GIA
3. l'espèce de gemme, et le cas échéant, un groupe et un nom de variété.
4. des renseignements sur la localité géographique, signalés par pays, province ou État (district ou
comté) et ville (nom de la mine), tel qu'il est décrit dans les dossiers de collecte obtenus par le Dr
Gübelin.
5. les informations de base sur la pierre gemme, telles que la forme facettée (rapporté comme noms de
forme normalisés); poids de carat à deux décimales (1 CT = 0,2 g); Dimensions en millimètres à trois
décimales; diaphanéité (transparent, translucide ou opaque); et une description de la couleur selon la
terminologie de Gia pour les pierres gemmes colorées.
6. des croquis montrant la forme et l'arrangement de facettes de la pierre précieuse avec des vues
supérieures, latérales et inférieures. Ces schémas ont été créés à partir de données de mesure de la
proportion obtenues par le système de diavis du sarin. Ils n'ont pas été fabriqués pour des pierres
précieuses façonnées comme des cabochons ou d'autres formes non-facettes.
7. un résumé des propriétés gemmologie standards, y compris le caractère optique (uniaxial positif ou
négatif), la (les) valeur (s) d'indice de réfraction (les valeurs maximales et minimales de RI obtenues à
l'aide d’un réfractomètre sur chacune des facettes de la pierre gemme), la valeur calculée de
biréfringence, la valeur calculée de la masse spécifique, les descriptions des éventuels pleochroisme,
lustre, réactions de fluorescence ultraviolette (et phosphorescence) sous ondes longues et ondes
courtes, spectres d'absorption et phénomène optique (changement de couleur ou asterisme). Un
diagramme est fourni qui illustre l'emplacement approximatif (s) de l'axe optique (axes) lorsque la ou
les directions peuvent être déterminées à l'aide d'un microscope et d'une sphère en verre (qui agit
comme une lentille de condensation) positionnée au-dessus de la pierre précieuse. Dans cette
configuration, et en utilisant des filtres polarisants croisés, la pierre gemme est tournée jusqu'à ce
qu'une figure d'interférence axe optique centrée soit vue avec la sphère. Dans certains cas, nous
n'avons pas pu localiser visuellement l'axe optique d'une pierre précieuse à l'aide de cette méthode.
8. une brève description générale des caractéristiques internes ou externes que l'on peut voir avec un
grossissement standard (10 x à ~ 100). Beaucoup de dispositifs internes ont été photographiés au
microscope, et ces photomicrographies sont fournies avec des légendes. Les photomicrographies
n'ont pas été prises pour des pierres précieuses manquant de caractéristiques internes importantes.
9. dans la plupart des cas, plusieurs spectres sont présentés pour une pierre précieuse, y compris les
spectres infrarouge, visible, Raman et photoluminescence. Un spectre de fluorescence de rayon X est
également fourni avec les éléments principaux et mineurs détectés.
Les Grenats : Joaillerie Page 91

2.3 La collection de grenats gemmes du Dr. Edward J. Gübelin


Souvent considéré comme une pierre gemme rouge profond, le grenat peut également être jaune, orange,
vert ou brun - n'importe quelle couleur excepté le bleu. Il existe six minéraux grenat communs – almandin,
andradite, grossulaire, pyrope, spessartine et uvarovite – et plusieurs espèces rares. Les variétés gemmes
comprennent des démantoïdes et tsavorites verts, des hessonites oranges et des rhodolites roses. Outre la
brillance et les couleurs attrayantes, les grenats montrent parfois des phénomènes optiques tels que
l'asterisme (un modèle en forme d'étoile de réflexions), chatoyance (un «oeil de chat» vu dans la lumière
réfléchie), ou un changement de couleur lorsqu'il est vu sous différents types d'éclairage.

33197 Forme : oval


Almandin - Spessartine Poids : ct 18,34
République tchèque Dimensions : mm 18,69 x 14,15 x 7,28
Aspect : transparent
Couleur : très sombre, force modérée, rouge orangé
33222 Forme : emeraude
Almandin - Spessartine Poids : ct 12,86
Inde Dimensions : mm 15,56 x 10,40 x 6,90
Aspect : transparent
Couleur : très sombre, force modérée, orange
33308 Forme : oval
Andradite Poids : ct 2,10
Korée Dimensions : mm 8,38 x 7,17 x 4,78
Aspect : transparent
Couleur : sombre, brun clair, jaune
33282 Forme : cabochon
Andradite Poids : ct 16,02
Afriquedu sud Dimensions : mm 19,72 x 13,60 x 6,25
Aspect : opaque
Couleur : iridescent
35637 Forme : rond
Andradite Poids : ct 1,67
(Demantoide) Dimensions : mm 7,16 x 7,31 x 4,45
Iran Aspect : transparent
Couleur : moyen, intense, clairvert jaunâtre
33307 Forme : emeraude
Andradite Poids : ct 4,12
(Demantoide) Dimensions : mm 9,86 x 7,49 x 5,54
Italie Aspect : transparent
Couleur : moyen sombre, clairement grisâtre,vert
Les Grenats : Joaillerie Page 92

33303 Forme : coussin


Andradite Poids : ct 4,24
(Demantoide) Dimensions : mm 10,63 x 7,06 x 6,05
Aspect : transparent
Couleur : moyen sombre, intense, vert vif jaunâtre
33301 Forme : coussin
Andradite Poids : ct 4,31
(Demantoide) Dimensions : mm 9,76 x 8,80 x 5,91
Aspect : transparent
Couleur : clair, modérément intense, vert vif
33300 Forme : oval
Andradite Poids : ct 5,22
(Demantoide) Dimensions : mm 11,48 x 9,28 x 5,46
Aspect : transparent
Couleur : moyen, intense, vert vif jaunâtre
33223 Forme : poire
Grossulaire Poids : ct 3,59
Mali Dimensions : mm 9,25 x 9,72 x 6,31
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, vif, jaune grisâtre
33265 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 6,57
Tanzanie Dimensions : mm 11,23 x 10,01 x 7,26
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, modérément intense,
33242 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 11,04
Tanzanie Dimensions : mm 13,49 x 13,34 x 7,51
Aspect : transparent
Couleur : clair, intense, vert jaunâtre
34991 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 14,54
Tanzanie Dimensions : mm 14,56 x 13,67 x 8,33
Aspect : transparent
Couleur : clair, modérément intense, vert jaunâtre
33239 Forme : oval
Grossulaire Poids : ct 16,95
Tanzanie Dimensions : mm 18,16 x 13,92 x 8,60
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, intense, jaune
Les Grenats : Joaillerie Page 93

33298 Forme : oval


Grossulaire Poids : ct 10,99
(Hessonite) Dimensions : mm 14,72 x 11,49 x 7,26
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : clair, modérément intense, orange
33299 Forme : oval
Grossulaire Poids : ct 12,36
(Hessonite) Dimensions : mm 14,47 x 13,17 x 8,60
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, modérément intense,
jaune orangé
33293 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 14,18
(Hessonite) Dimensions : mm 16,35 x 11,72 x 8,60
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : modérément sombre, modérément
intense, rouge orangé
33292 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 16,99
(Hessonite) Dimensions : mm 16,75 x 12,81 x 9,51
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : modérément sombre, modérément
intense, rouge orangé

33281 Forme : coussin


Grossulaire Poids : ct 23,86
(Hessonite) Dimensions : mm 16,89 x 16,45 x 10,53
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur ; moyen, intense, rouge orange
34842 Forme : oval
Grossulaire Poids : ct 25,65
(Hessonite) Dimensions : mm 18,01 x 15,89 x 11,97
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : clair, modérément intense, rouge orange
35007 Forme : coussin
Grossulaire Poids : ct 6,96
(Hessonite) Dimensions : mm 11,56 x 10,55 x 6,98
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : moyennement sombre, intense, rouge
Les Grenats : Joaillerie Page 94

34358 Forme : coussin


Grossulaire (Tsavorite) Poids : ct 1,75
Kenya Dimensions : mm 7,36 x 6,17 x 4,88
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, vif, vert
35569 Forme : rond
Grossulaire (Tsavorite) Poids : ct 3,65
Tanzanie Dimensions : mm 8,70 x 8,79 x 6,35
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, intense, vert jaunâtre
33229 Forme : oval
Pyrope Poids : ct 3,87
Tanzanie Dimensions : mm 9,59 x 8,63 x 6,22
Aspect : transparent
Couleur : clair, clairement brunâtre, clairement
33278 Forme : poire
Pyrope Poids : ct 9,22
Tanzanie Dimensions : mm 12,99 x 12,41 x 8,19
Aspect : transparent
Couleur : clair, modérément intense, clairement
33313 Forme : coussin
Pyrope Poids : ct 11,45
Tanzanie Dimensions : mm 14,51 x 11,74 x 7,35
Aspect : transparent
Couleur : sombre, clairement brunâtre, rouge
34395 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 12,22
Madagascar Dimensions : mm 16,08 x 13,09 x 7,12
Aspect : transparent
Couleur : sombre, clairement brunâtre, rouge
34542 Forme : coussin
Pyrope - Almandin Poids : ct 10,24
Myanmar Dimensions : mm 12,90 x 11,42 x 7,39
Aspect : transparent
Couleur : tres sombre, intense, rouge orangé
34841 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 8,14
Sri Lanka Dimensions : mm 12,61 x 9,69 x 7,46
Aspect : transparent
Couleur : moyen, clairement brunâtre, clairement
rouge pourpre
Les Grenats : Joaillerie Page 95

34769 Forme : oval


Pyrope - Almandin Poids : ct 19,12
Sri Lanka Dimensions : mm 17,29 x 15,18 x 9,02
Aspect : transparent
Couleur : sombre, intense, rouge pourpre
34759 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 30,60
Sri Lanka Dimensions : mm 22,52 x 18,03 x 9,19
Aspect : transparent
Couleur : tres sombre, modérément intense, rouge
33201 Forme : coussin
Pyrope - Almandin Poids : ct 11,42
Tanzanie Dimensions : mm 12,45 x 10,99 x 9,29
Aspect : transparent
Couleur : moyen, modérément intense, rouge
35213 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 14,55
Etats Unis Dimensions : mm 15,22 x 12,95 x 9,25
Aspect : transparent
Couleur : sombre, modérément intense, rouge
33459 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 1,92
(Rhodolite) Dimensions : mm 7,83 x 7,07 x 4,39
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, modérément intense,
intensément rouge pourpre
33461 Forme : coussin
Pyrope - Almandin Poids : ct 2,54
(Rhodolite) Dimensions : mm 9,21 x 6,94 x 4,46
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : moyennement sombre, modérément
intense, rouge orange
33206 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 4,43
(Rhodolite) Dimensions : mm 12,89 x 8,54 x 4,90
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, tres clairement
grisâtre, intensément rouge pourpre
Les Grenats : Joaillerie Page 96

33199 Forme : oval


Pyrope - Almandin Poids : ct 16,88
(Rhodolite) Dimensions : mm 16,52 x 13,93 x 9,60
Sri Lanka Aspect : transparent
Couleur : sombre, intense, rouge pourpre
35021 Forme : oval
Pyrope - Almandin Poids : ct 14,38
(Rhodolite) Dimensions : mm 15,27 x 12,60 x 9,42
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : tres sombre, modérément intense,
Intensément rouge pourpre
33198 Forme : coussin
Pyrope - Almandin Poids : ct 18,53
(Rhodolite) Dimensions : mm 16,25 x 13,71 x 9,22
Tanzanie Aspect : transparent
Couleur : sombre, intense, intensément rouge
34387 Forme : rond
Pyrope - Spessartine Poids : ct 44,28
Madagascar Dimensions : mm 20,40 x 20,71 x 13,93
Aspect : transparent
Couleur : moyen, intense, clairement rouge pourpre
35068 Forme : coussin
Pyrope - Spessartine Poids : ct 13,80
Tanzanie Dimensions : mm 14,19 x 12,67 x 8,60
Aspect : transparent
Couleur : moyen, tres clairement brunâtre, orange
34338 Forme : rond
Spessartine Poids : ct 14,57
Kenya Dimensions : mm 13,20 x 13,51 x 10,47
Aspect : transparent
Couleur : tres sombre, modérément intense, rouge
orange
34719 Forme : rond
Spessartine Poids : ct 7,42
Namibie Dimensions : mm 11,36 x 11,56 x 7,06
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, vif, orange jaunâtre
Les Grenats : Joaillerie Page 97

33251 Forme : poire


Spessartine Poids : ct 11,29
Nigeria Dimensions : mm 14,98 x 12,94 x 7,78
Aspect : transparent
Couleur : moyennement clair, vif, orange jaunâtre
33249 Forme : oval
Spessartine Poids : ct 5,13
Sri Lanka Dimensions : mm 11,05 x 8,71 x 6,20
Aspect : transparent
Couleur : moyennement sombre, intense, orange
34844 Forme : coussin
Spessartine Poids : ct 9,81
Sri Lanka Dimensions : mm 11,39 x 11,04 x 8,05
Aspect : transparent
Couleur : moyennement sombre, modérément
intense, orange
34899 Forme : coussin
Spessartine Poids : ct 13,07
Sri Lanka Dimensions : mm 14,12 x 10,94 x 7,78
Aspect : transparent
Couleur : moyen, vif, orange
35227 Forme : rond
Spessartine Poids : ct 7,94
Etats Unis Dimensions : mm 10,55 x 10,64 x 8,40
Aspect : transparent
Couleur : moyen, intense, orange rougeâtre
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 98

3. GRENATS DE PERPIGNAN
3.1 Une culture ancestrale
Dans le Roussillon, l'utilisation de grenats en joaillerie se perpétue depuis le XVIIIe siècle. D'après la
littérature, on apprend qu'à l'époque les pierres étaient extraites des reliefs pyrénéens (Estagel, Caladroi,
Costabonne, Espira de l'Agly, Latour-de-France et plus vraisemblablement des alluvions de l'Agly et de ses
affluents). D'ailleurs, une association d'artisans bijoutiers de la région, "Le grenat de Perpignan", revendique
l'origine catalane de ces pierres, les premières à avoir été taillées très probablement dans le département
(voir encadré). Comme on le voit, le Costabonne n'a pas été forcément le seul site à grenats et d'autres, plus
à proximité de Perpignan, ont sûrement été plus productifs en matière de pierres gemmes dignes d'être
travaillées (et connus plus tôt). Malheureusement, ces gisements ont été bien vite épuisés en pierres de
bonne qualité pour la joaillerie. Difficile de dire d'où précisément et combien il en a été extrait dans la mesure
où les archives, contrairement à l'or, ne conservent pas en mémoire ce genre d'informations.

Figure 44 : Présentation de la plaquette « Le grenat de Perpignan»


réalisée par les artisans bijoutiers-joailliers de Perpignan

Ce que l'on retrouve par contre est la trace d'une importante activité dans le domaine de la taille des pierres
à Perpignan. On apprend également l'existence d'une entreprise spécialisée dans la taille de fausses
pierres, pour palier peut être à la pénurie de grenats gemmes catalans (?) et avant de trouver la filière
allemande.
Actuellement, les grenats proviennent très vraisemblablement du massif de bohême d'où elles transitent par
Idar Oberstein (Allemagne) où elles sont taillées en forme "rose", c'est à dire sans culasse (la partie
normalement bombée sous les pierres taillées). Les pierres sont ensuite montées en respectant une tradition
bien ancrée en territoire catalan. Les grenats ont donc progressivement perdu leur origine d'extraction
catalane pour ne garder, finalement, plus que la façon, catalane, d'être montés.
Néanmoins, il y a bien eu une vraie production catalane à une certaine époque et l'association "Le grenat de
Perpignan" qui compte une douzaine de bijoutiers parmi ses membres tente de promouvoir et de pérenniser
l'activité autour de l'utilisation du grenat en joaillerie.

De nos jours, cette tradition est maintenue sur la région de Perpignan, à travers deux institutions princi-
palement :
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 99

3.2 La Manufacture du Grenat à Prades


Site internet : [Link]

Visite Guidée
Entrez dans un Pole d’excellence Unique en France classé au Patrimoine Vivant. Découvrez un univers
magique où sont regroupés et perpétués des savoir faire traditionnels.

Le Grenat
Symbole culturel en pays catalan, et pierre mythique, le grenat n’en finit pas de séduire. Ne lui prêtait-on pas
en des temps anciens, bien des vertus ?

Notre Histoire
L’ouverture à Prades de la Manufacture du Grenat, fait de la petite cité conflentoise, la capitale d’un savoir-
faire ancestral intimement lié à la tradition catalane.

3.2.1. L’Institut du Grenat


L'officiel du bijou en Grenat de Perpignan et du costume roussillonnais
Site internet : [Link]

En adhérant à l’Institut du Grenat, vous allez nous permettre de redonner à la bijouterie catalane une place à
part entière dans l’identité culturelle, artistique et économique du Roussillon, département des Pyrénées-
Orientales, vous aiderez ainsi à conserver un savoir-faire unique et permettrez d’œuvrer à sa transmission.
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 100

3.3 Au Grenat de Tautavel


Site internet : [Link]

Découvrez toute une gamme de bijoux en argent et pierres précieuses, fantaisies et idées cadeaux.
Une salle de projection avec mini musée est à votre disposition gratuitement, pouvant acceuillir jusqu’à 12
personnes. Vous pourrez découvrir les gestes du bijoutier pendant la fabrication d’un bijou en grenat,
de la fonte à l'étape finale (durée 20 minutes).

[Link]

3.4 Les Grenats des Pyrénées-Orientales


Sur le site [Link] j’ai pu trouver un article très intéressant à la fois sur l’historique des
grenats de Perpignan, mais aussi sur la gîtologie de ces grenats. Je vous en fait donc part ci-dessous. Merci
à Maurice Courtet.
Cet article présente sommairement les principaux sites de grenats, sites qui seront davantage précisés au
cours de cet ouvrage.

Les Grenats des Pyrénées-Orientales !


et quelques autres richesses minérales liées à l’histoire du département des Pyrénées-Orientales.

Une rapide présentation…


Situé dans le département des Pyrénées-Orientales, à une vingtaine de kilomètres de la frontière espagnole
et à deux pas de la méditerranée, Perpignan compte quelques 110.000 habitants. Autrefois dernière ville du
nord-est de l’Espagne, elle fît partie de l’intégration du Roussillon à la France en 1659 lors de la signature du
traité des Pyrénées qui devait mettre provisoirement un terme à de nombreuses années de conflit opposant
les Habsbourg d’Espagne aux Bourbon. Du fait de sa localisation à l’extrême sud ou peut-être par manque
de publicité sur la présence de minéraux « nobles », on a trop oublié que Perpignan et sa région ont livré
des richesses minéralogiques intéressantes.

…à un sujet plus coloré .


La preuve en est que l’argent, l’or et les grenats ont bien été exploités dans les Pyrénées-Orientales; ces
minéraux constituent de fidèles alliés qui ont fait la réputation des argenters (orfèvres) et des bijoutiers-
joailliers de Perpignan. Aujourd’hui l’exploitation des deux métaux précieux et la fabrication des pièces
d’orfèvrerie religieuse 1 ont cessé; il ne reste plus qu’une activité de bijouterie autour de la gemme bien qu’il
ne fasse aucun doute que cette dernière soit issue de pays tels Madagascar, le Sri-Lanka … Cependant, le
grenat est resté au centre d’une tradition bien ancrée dans la bijouterie roussillonnaise. Ainsi le vingt-sept
août 1965, lors du « Voyage de Dali à Perpignan », les bijoutiers Henri et Robert Ducommun offrirent une
mouche en or ornée de grenats à Gala, épouse du célébrissime peintre. La veille de l’événement, un
journaliste, se laissant inspirer par le phrasé du maître, rapportait la préparation de la cérémonie dans les
colonnes de l’Indépendant : « Une jeune fille viendra offrir, sur un coussin aux couleurs catalanes, une
bague que le divin Dali remettra immédiatement à Gala… au milieu d’une véritable petite fortune de grenats
catalans, ces bijoutiers ont choisi les pierres les plus pures ».
Au dix-neuvième siècle et jusqu’en 1920, la pierre écarlate connut un véritable engouement. A Perpignan
elle faisait d’ailleurs l’objet d’une activité de bijouterie-joaillerie dynamique dont une partie de la production
était même exportée vers l’Algérie et l’Espagne, la place de Barcelone était alors un client important des
bijoutiers perpignanais. En 1920, une soixantaine d’ouvriers montaient encore le grenat; en 1919, 35 877
objets en or étaient présentés au Contrôle de la Garantie, et 39 300 en 1920.
Les années qui suivirent connurent, hélas, un net fléchissement des productions ; les hausses du prix des
matières premières, de la main d’œuvre et des taxes appliquées aux objets de luxe conduisirent les
fabricants à majorer de façon importante les prix de leurs productions. Les acheteurs devaient finalement se
détourner progressivement de ce qu’ils considéraient auparavant, du fait de leur prix très raisonnable,
comme des bijoux de fantaisie.
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 101

Il est probable que l’utilisation du grenat ait connu son essor à Perpignan dès le milieu du dix-huitième
siècle, à la faveur de la découverte de gisements d’almandin aux environs d’Estagel. Il est en revanche plus
difficile de dater précisément les premières apparitions du grenat sur les bijoux catalans, bien que quelques
chefs-d’œuvre de la joaillerie locale attestent de leur ancienneté. Ainsi, parmi les exemples les plus
significatifs, le médaillon reliquaire d’Elne fabriqué au quatorzième siècle et classé monument historique :
expression d’un savoir-faire ancestral, il est composé d’une agate ciselée montée sur argent doré
représentant le visage, de profil, d’un dignitaire de l’église et d’un entourage de 17 grenats (18 à l’origine,
l’un d’eux s’est desserti) taillés en cabochons ronds, qui soulignent superbement les traits du personnage.
La croix abbatiale de Saint-Michel-de-Cuxa, ornée de la pierre qui évoque la couleur du sang du Christ et
dont la fabrication remonterait aux environs de 1600, contribue également à illustrer le rôle éminent tenu par
les grenats dans l’art religieux et dans l’esthétique des pièces de joaillerie qui ont marqué l’histoire de la
région.

Des précisions sur l’origine des grenats catalans…


Il est peu fait état de l’exploitation des grenats dans les documents d’archives, celle-ci s’est exercée, semble-
t-il, pour l’essentiel de façon aléatoire dans des petits gisements qui ont produit ponctuellement. Par ailleurs,
ce type d’activité ne nécessitait pas de déclaration auprès de l’administration ; la loi sur les mines et les
carrières du 21 avril 1810 précise : « L’exploitation des carrières à ciel ouvert a lieu sans permission, sous la
simple surveillance de la police ». Ainsi, une carrière destinée à l’extraction de la dite pierre aurait été active
aux alentours de 1750 à proximité de Caladroi, petit village du Fenouillèdes situé sur la commune de
Bélesta. De même, un article paru dans « Terres catalanes » en 1998 cite les archives du B.R.G.M de
Montpellier, dans lesquelles une ancienne exploitation de grenats alluvionnaires est signalée dans la rivière
Agly, à proximité d’Estagel.
D’autres gisements auraient aussi été exploités de façon sporadique dans les massifs du Canigou et de
Costabonne, mais encore une fois la documentation, lorsqu’elle existe, se révèle très imprécise. Dans un
document des archives départementales, datant du dix-neuvième siècle, il est écrit : « les grenats aux belles
teintes coquelicot sont recherchés par les joailliers. Gisements : montagne de Costa Bona ». Le gisement de
Caladroi est également mentionné (sans qu’il soit toutefois précisé son éventuelle exploitation pour des
gemmes) : « On trouve des grenats trapézoidaux à 24 facettes dans une roche composée de feldspath
blanc, de quartz blanc et mica argentin à Caladroy ».
En 1922, [Link] fils, bijoutier à perpignan se désolait déjà du fait que la gemme catalane n’était plus
qu’un souvenir : « Si le grenat est très répandu dans les montagnes des Pyrénées-Orientales, il y est en
petite quantité. L’exploitation entreprise ne rapportant pas suffisamment, fut abandonnée »… »Les bijoutiers
durent se résoudre à faire venir de l’étranger ce que le sous-sol de leur pays leur donnait avec trop de
parcimonie ».

Ce même bijoutier précisait peu après que les pierres brutes étaient alors importées de Siriam au Pégu
(actuellement région du bas Irawady en Birmanie, située au nord-est de Rangoon) ; d’autres sources
mentionnent les célèbres gisements de Bohême en république tchèque. Les pierres étaient ensuite
envoyées dans le Jura pour être taillées. Depuis, le travail a été délocalisé vers l’Allemagne, à Idar-
oberstein, petite ville de Rhénanie dont l’activité principale est la taille des pierres précieuses.
Pourtant, la spécificité de la taille de la pierre a été intégralement préservée, elle se nomme « taille
Perpignan ». De même, l’appellation « Grenat de Perpignan » est devenue une marque déposée, un
« Institut du grenat » a d’ailleurs été créé.

Qu’en est-il des grenats présents dans les gisements du département ?


Le grenat est omniprésent dans les Pyrénées-orientales, du Fenouillèdes au massif du Canigou en passant
par les Albères. Quant à la présence de beaux exemplaires dudit minéral dans les collections locales, sous
la forme de ses variétés grossulaire, almandin-pyrope ou encore andradite, elle n’emprunte en rien à la
légende; les échantillons que l’on m’a aimablement présentés en sont la preuve.
D’emblée, précisons que l’article n’ambitionne aucunement dresser une liste exhaustive des gisements, que
leurs localisations sont demeurées volontairement imprécises, ceci afin d’attester de la présence d’un
minéral et non d’établir un itinéraire de prospection. Les fouilles et autres récoltes sur le terrain sont hélas
désormais le plus souvent interdites, voire fortement réglementées.
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 102

Fenouillèdes :
L’almandin est bien présent à Caladroi et s’il demeure très improbable de pouvoir encore y rencontrer des
échantillons de qualité gemme, les cristaux sont en général bien formés et de dimension très honorable,
dépassant parfois le cm. Leur couleur est souvent brune, mais le rouge tirant sur le violet est également
signalé. La pureté laisse en revanche à désirer, les cristaux sont le plus fréquemment pierreux,
exceptionnellement translucides. Lors d’une visite dans ce petit village, des grenats de belle dimension
peuvent être observés à l’une des entrées du bâtiment de la propriété viticole, enchâssés dans les pierres
ayant servi à la construction ; ils ont malheureusement été très dégradés par les intempéries.
Restons dans le Fenouillèdes près de Felluns où l’andradite s’exprime parfois en gros cristaux noirs, brillants
et pouvant atteindre plusieurs cm de diamètre. La collection de Robert Boher, trésorier du Club
Minéralogique Catalan, contient plusieurs exemplaires de cette provenance qui présentent des cristaux noirs
de 5 à 8mm, très lumineux. L’un des échantillons est même composé d’une association de grenats, de
cristaux centimétriques de magnétite et d’une baguette de scapolite mesurant 4cm environ.
Dans les environs de Fenouillet le grossulaire peut également être rencontré. Cependant, il s’exprime en
cristaux engagés dans une gangue de feldspath et ne présente que peu d’intérêt esthétique.
Enfin, à Latour-De-France, l’almandin est présent en cristaux centimétriques bien formés, de couleur brune à
brun tirant sur le rouge. Les cristallisations sont le plus souvent opaques mais parfois aussi translucides.

Un collectionneur m’a confié avoir trouvé autrefois dans un ruisseau des environs de nombreux petits
cristaux roulés, de qualité gemme, dont les plus importants mesuraient entre 4 et 6 mm dans leur plus
grande dimension.

Dans le Vallespir :
Le gisement le plus connu est certainement celui du Pic de Costabonne où le grossulaire et l’andradite sont
représentés. Les cristaux de grossulaire que j’ai pu admirer dans les collections sont certes de taille
modeste, souvent très bien formés, brillants, mais opaques. Des cristaux de tailles plus importantes, pouvant
atteindre 2 à 3 cm ont été signalés ; ceux de petites dimensions sont parfois jaunes à rouge-orangé et
partiellement transparents. Concernant l’andradite, soulignons que les échantillons de Costabonne sont cités
dans la littérature comme étant les meilleurs de France.
L’ancienne mine de fer de Batère, dont l’exploitation s’est arrêtée en 1994, a également permis la
découverte d’échantillons d’almandin de taille parfois importante (certains cristaux dépassaient les 3cm).
Ces derniers n’auraient cependant constitué que rarement des échantillons esthétiques.
A Montbolo, proche du Mas Carbonell, des petits grenats grossulaires spessartites de couleur rouge sont
signalés, engagés dans leur gangue de pyrrhotite et sans intérêt esthétique. Toutefois, des découvertes
anciennes mentionnent des cristaux bien formés et mesurant plusieurs centimètres de diamètre.

Sur la commune de Reynes, une variété de composition chimique située entre le grossulaire et l’andradite
est présente aux environs de Roca Gelera. Elle s’y exprime en petits cristaux qui peuvent rarement devenir
centimétriques, de couleur rouge et parfois associés à la calcite.
Dans le secteur de Py, notamment au ravin de Tonnet, des grenats grossulaires de taille centimétrique,
légèrement rosés à orange, ont été récoltés. La collection de Robert Boher contient quelques exemplaires
intéressants de cette provenance.

Massif du Canigou :
Des grossulaires y sont signalés, le plus fréquemment en petits cristaux, mais aussi parfois de dimension
dépassant le cm, de couleur rouge et bien formés. La collection Guitard, offerte au musée de Tautavel au
début des années 1990, comprend plusieurs exemplaires remarquables de grenats des Pyrénées-Orientales
et notamment du Canigou.
Cette collection, dont un catalogue est disponible depuis la fin du mois d’avril 2010, n’est hélas pas
accessible au public.
Au début du vingtième siècle, M. Octave Mengel (1863- 1944), directeur de l’observatoire de Perpignan et
auteur d’écrits sur la géologie des Pyrénées-Orientales, fait don à M. le Professeur Lacroix d’un échantillon
de « grenats grossulaires rouge-hyacinthe situés dans une géode », récolté par le donateur au Pic du
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 103

Canigou. En 1922, M. J. Charpentier fils signale l’échantillon dans les collections du Muséum d’Histoire
Naturelle de Paris.
Les environs de la célèbre abbaye de Saint-Martin du Canigou se distinguent également par la présence du
grossulaire où il a été rencontré en cristaux d’un rouge sombre, avec les sommets des arêtes parfois
transparents, et dont le diamètre peut atteindre plusieurs centimètres.
Le pic Barbet est connu pour ses belles cristallisations, parfois translucides, de grossulaire rouge-orangé ; la
taille des cristaux peut parfois dépasser le centimètre. Certaines anciennes prospections auraient même
révélé des échantillons présentant des cristaux pluricentimétriques.

Massif des Albères :


Les environs de Collioure sont cités pour le grossulaire-spessartine présent dans les skarns, au lieu-dit « le
Ravaner ». Il s’y est développé le plus fréquemment en cristaux de taille modeste, parfois transparents, mais
on peut aussi le rencontrer en cristaux opaques de taille supérieure au cm. Ainsi, la collection de Robert
Boher contient plusieurs échantillons sur lesquels on peu observer des cristallisations aux arêtes bien
définies et de dimension dépassant largement le cm.
Quelques autres pierres qui furent citées autrefois…
En 1717, l’intendant du Roussillon mentionne des pierres fines, aux couleurs variées, découvertes sur le
territoire de Reynes, près de la chapelle de Saint-Vincent; il ajoute peu après que sur le même territoire a été
découvert « Une veine de pierre cristalline tirant sur la couleur de la topaze« . Les moyens dont disposaient
alors les scientifiques locaux ne permettant pas de déterminer la nature exacte du minéral, l’auteur du
rapport précise que des échantillons ont été envoyés à Paris pour examen.
Dans le « Voyage pittoresque de la France », publié en 1787 et consacré pour partie au Roussillon, le
docteur Joseph Carrère (1740- 1802), professeur d’anatomie et de chirurgie à la faculté de médecine de
Perpignan, écrit: « On trouve des topazes au bas du Pic-de-Bugarach, et à Massanet au lieu appelé Sainte
Colombe ». De même, il est dit plus loin : « On trouve des pierres très dures, noires, brillantes sans même
avoir été polies, à notre Dame-du-Coral, en Vallespir; on en forme des grains dont on fait des colliers et des
chapelets ».

Un aperçu de l’activité minière dans le département. De nombreux gisements de fer, cuivre, or, argent et
autres minéraux, qui furent exploités avec plus ou moins de réussite, sont signalés dans les Pyrénées-
Orientales. Ils déclenchèrent parfois des conflits d’intérêts : « Le Sieur Coste découvrit des mines depuis
1709 jusqu’à 1731 en Roussillon, mais la compagnie Royale de Galabin, qui existoit alors, avoit pour
directeur le Sieur Ferrier qui prétendit que toutes ces mines devoient lui appartenir » (Le Monnier. 1739).
Le premier document d’archives recensé remonte à 1146; il mentionne l’attribution d’une concession pour
l’exploitation de l’argent à Coume de Boxéda que se disputaient alors l’abbé de Sainte-Marie d’Arles et le
Vicomte de Castelnou.
Le litige devait d’ailleurs nécessiter l’intervention de Monseigneur Udalgar, évêque d’Elne; finalement un
compromis attribua la propriété de la mine à parts égales aux deux rivaux.
En fait, les récits et autres descriptifs se rapportant au métal blanc sont nombreux dans la littérature
ancienne. Ainsi, en 1196, alors que le Roussillon était sous la domination des Rois d’Aragon, une
autorisation est accordée par le Roi Pierre II au monastère d’Arles pour l’exploitation de l’argent situé au
lieu-dit Pugalduc. En 1425, par une ordonnance, le Roi AlphonseV , dit « Le magnifique », mandate le
procureur royal du Roussillon pour l’exécution de toutes les démarches se rapportant à l’exploitation d’un
gisement d’argent récemment découvert sur le territoire de Montbolo.
Dans un document déposé aux archives départementales, daté de 1723, l’abbé Raguet, venu de Paris avec
pour mission l’inventaire des richesses du sous-sol de la région, mentionne une mine d’argent à Montferrer,
à la Serra de Bassaguda, située à quatre heures de marche de Saint-Laurent de Cerdans, où il assure avoir
vu « quarante quintaux de matière tirée » ; cette mine avait d’ailleurs été citée en 1717 par Villaroja alors
chargé par l’intendant du Roussillon du suivi des recherches des minerais. L’abbé Raguet localise ensuite
un autre filon d’argent près du ruisseau de Monells qui descend de l’Estagnol à Montferrer; il précise la
proximité d’une maison nommée de Fargas. Une mine d’argent est également recensée dans le massif du
Canigou, dans le secteur de Baillestavy, dans laquelle on pénétrait « comme dans un puits ».
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 104

Le Monnier, membre de l’Académie Royale des Sciences, médecin du Roi, est à l’origine d’un rapport
rédigé en 1739 et consacré aux ressources minières du Roussillon.
L’auteur y énumère les divers gisements d’argent qu’il a visités dans le département : « Un filon de quatre
pieds, dans la viguerie de Conflans, terroir de Balleftin, col de la Galline » puis, « Au village de Mezous près
Perpignan, un filon riche en argent », de même à proximité de Sorède : « Près de Lavaill, mine de cuivre
tenant argent en deux filons voisins », il signale aussi une mine « Au terroir de San Colgat » avec un filon
d’une puissance « D’un demi travers de doigt dans une roche bleuâtre ».. A la fin du dix-huitième siècle, le
Docteur Carrère cite également ce dernier gisement, mais avec une puissance de » deux travers de
doigts ».
Enfin, un arrêté ministériel en date du 29 novembre 1894, prononce la déchéance des propriétaires pour une
concession de mine d’argent et de plomb à Lamanère.
On peut noter qu’au dix-huitième siècle, les témoignages qui signalent la présence de divers minerais
deviennent plus nombreux (bien évidemment ils ne sont pas tous cités dans cet article) notamment suite à
l’intervention, en 1717, du Duc d’Orléans qui avait demandé aux intendants des provinces d’établir un
inventaire des ressources minérales de chaque département. Les richesses présumées du sous-sol
semblent alors avoir été l’objet de spéculations des plus audacieuses. Bien que la présence de minerais
métalliques dans le département soit avérée, qu’ils soient précieux ou d’un usage plus courant, son rapport
a certainement subit l’influence du Régent, puis du jeune Roi Louis xv qui, en 1722, assurait que : » Les
mines et minières seront un des plus riches objets que nous puissions avoir dans notre Royaume, si nous
pouvons parvenir à le mettre en valeur ; ce qui procurerait l’abondance à nos sujets en leur donnant en
même temps de l’occupation, et rendrait le commerce de notre Etat plus florissant en multipliant les
matières précieuses qui en font tout le mobile ».

Cet emballement a dû sans aucun doute contribuer à la constitution, en 1731, d’une « Compagnie Royale »
dont le siège se situait à la Preste (village proche de Prats-de-Mollo) et qui avait pour mission l’exploitation
des mines du Roussillon.
Cependant, la réalité devait se révéler plus contrastée. Dans un courrier du Duc de Noailles adressé à
l’intendant du Roussillon, l’histoire de la dite compagnie est ainsi résumée : « Cette entreprise a eu jusqu’à
présent le même sort que la plupart de celles de cette espèce, c’est-à-dire que tout s’en est allé en fumée ».
En effet, la compagnie avait dû cesser son activité dès 1737, soit six ans après sa création.
Autre métal précieux, l’or est présent dans de nombreux torrents et rivières du département; il semble y avoir
été exploité jusqu’au dix-huitième par des orpailleurs ou « orenguers » qui pratiquaient cette activité en
complément de revenu. En 1603, le procureur Royal du Roussillon accorde à un habitant de Fourques le
droit de chercher l’or dans le sable des rivières et des torrents du Roussillon. En 1613, un droit pour le même
type de recherche est accordé par le procureur Royal dans les rivières Têt et tech ; ce même droit est
renouvelé en 1622.
A partir du dix-huitième siècle, la recherche du métal se poursuit également dans le sous-sol grâce au
creusement de galeries. En 1787, le docteur Joseph Carrère mentionne une mine d’or située à la « Jasse
des Anyels ». Une autre mine comprenant six galeries a été exploitée à partir du début du vingtième siècle et
jusqu’en 1922 à proximité de Serrabona.

Enfin, la dernière exploitation du métal eu lieu à la mine de Glorianes, localisée à proximité du petit village
éponyme distant de quelques kilomètres de Vinça. Le gisement aurait été découvert par des bergers en
1902, mais l’essentiel de son exploitation s’est déroulé entre 1922 (date d’attribution de la concession sur
1080 hectares) et 1924, pour se poursuivre finalement de 1938 à 1939. Le minerai pouvait présenter une
teneur allant jusqu’à 24g d’or et 300g d’argent par tonne ; l’extraction s’est faite en tranchées, par décapage,
mais aussi en galeries dont le réseau s’étend sur environ 1700m. La guerre devait entraîner un arrêt définitif
de l’activité et la concession était abandonnée en 1967, malgré une nouvelle demande de recherche
déposée en 1968.
Des sondages du B.R.G.M, effectués en 1987, devaient évaluer les réserves à 25 000 tonnes de minerai,
avec une teneur moyenne pour l’or de 18g /tonne et 25g/tonne pour l’argent. Ces résultats n’ont, pour
l’instant, pas suscité de réel enthousiasme de la part d’éventuels investisseurs. Le site est actuellement
propriété de la COGEMA.
Apparemment dans le département l’or ne représente plus, pour l’instant, un intérêt économique suffisant
pour justifier son exploitation. On peut néanmoins le rencontrer en paillettes ou plus rarement en petites
pépites dans nombre de rivières et torrents. Ainsi en 2005, un prospecteur chanceux a découvert une pépite
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 105

de 4,87grammes dans un ruisseau des pyrénées-Orientales. Notons qu’en 1750 dans l’Ariège, département
voisin, une pépite de 15 grammes avait été déposée auprès du changeur du Roi à Pamiers. Pas de quoi
déclencher la ruée vers un nouvel eldorado me direz-vous!…

Bien qu’il n’ait pas le prestige de ses deux illustres prédécesseurs, le minerai de fer est à ce point présent
dans les Pyrénées-Orientales qu’il serait bien injuste de ne pas lui accorder un paragraphe, d’autant qu’il a
été l’objet d’une intense activité d’extraction et de traitement.
Les gisements du massif du Canigou sont même connus depuis l’époque gallo-romaine. Dans le
département, la métallurgie était une industrie encore prospère à la fin du dix-huitième siècle; cependant elle
devait connaître un ralentissement progressif dès le siècle suivant.
En 1787, le Docteur Carrère écrit : « Le fer est fabriqué dans vingt-deux forges du Conflent et du Vallespir » ;
un article paru dans l’Abeille Roussillonnaise le 11 avril 1885 mentionne : « Les fondeurs sont au nombre de
six, dont deux pour le cuivre ; notre département, dont les forges Catalanes étaient en si grand renom
autrefois, ne possèdent guère aujourd’hui que quelques établissements ».
L’exploitation du fer devait toutefois continuer encore plus d’un siècle, jusqu’en 1994, à Batère, sur le
versant sud du Canigou. Le minerai extrait, constitué d’hématite dans les couches oxydées proches de la
surface et de sidérite dans les couches profondes, semble y avoir été exploité sérieusement à partir du
milieu du dix-huitième siècle. Une concession fut accordée au Marquis de Vogué le premier avril 1830, puis
reprise ensuite en1897 par M. Monin, maître de forges à Arles-sur-Tech, et c’est un an plus tard que naquit
la Société Anonyme des mines de fer de Batère.
L’histoire de la mine fut émaillée de drames tels les terribles inondations de 1940, dont l’une des origines fut
probablement la déforestation exagérée du massif pour l’emploi du bois dans le traitement du minerai,
empêchant ainsi au couvert végétal de limiter le ruissellement des eaux, ou encore l’incendie qui détruisit
une partie des installations en 1948. Le travail devait perdre progressivement en intensité, seules 55
personnes étaient encore employées par la société en 1980 ; la production journalière se situait alors aux
alentours de 500 tonnes de minerai (sidérite). Ce dernier était transporté par des camions de la mine
jusqu’aux broyeurs, puis un convoyeur à bande l’acheminait vers des wagonnets qui le transportaient
ensuite sur 9km par voie aérienne (téléphérique) jusqu’à Arles-Sur-Tech où il subissait un traitement
d’enrichissement par grillage. Le produit obtenu était enfin dirigé vers les hauts-fourneaux de Decazeville, de
Fos-sur-Mer ou encore vers les aciéries du Creuzot.
Remerciements : J’ai pris un très grand plaisir à rencontrer des gens passionnés, dont la gentillesse et la
grande disponibilité ont été pour moi des éléments déterminants dans la poursuite de ma quête
d’informations. Je remercie tout particulièrement C. Berbain dont les conseils m’ont été précieux. Je n’oublie
pas les collectionneurs, tels R. Boher, B. Delory, qui, par leurs récits de prospections et la mise à disposition
d’échantillons pour la prise de photos, m’ont permis d’affiner mes écrits et de les illustrer. Mes
remerciements vont également au personnel et au conservateur du M.H.N de Perpignan.
Je salue enfin la patience dont m’a témoigné le personnel des archives de la ville de Perpignan et celui des
archives départementales lors de mes recherches qui n’ont, hélas, pas toujours été aussi fructueuses
qu’attendues.

Références :
Abade. E: L’Indépendant février 1991 pages 9 et 10 « Grenat, petite histoire d’une grande tradition ».
Ausseil. L: « L’orfèvrerie religieuse en Roussillon ». Perpignan, éditions du Conseil Général, Direction des
Archives départementales. 1994.
Berbain. C, Aymar. J, Favreau. G: » Mines et minéraux des Pyrénées-Orientales et des Corbières ».
2005.
Charpentier.J: « Les grenats »- l’industrie dans les Pyrénées-Orientales- (enquête du journal L’indépendant).
1923.
Fonquernie. Laurent: » Grenats de Perpignan- Bijoux du Roussillon ». Société Agricole, Scientifique et
Littéraire des Pyrénées-Orientales. 2006
Fonteille .M et Guitard. G: « Sur les conditions de formation du grenat almandin et de la staurotide dans les
métapélites mésozonales herciniennes des Pyrénées-Orientales
Gobert. Nicolas: « Les anciens minéralogistes du Royaume de France ». 1779. pp 249 à 257: « Des mines
du Roussillon » par Le Monnier.
Les Grenats : Joaillerie : les Grenats de Perpignan Page 106

Goujou. J.C, Guitard .G, Berbain. C : « Le massif de Costabonne, 2464m (Pyrénées-Orientales) ». Le Règne
Minéral n°34.
Guitard. Gérard: « Mise en évidence de la réaction grenat + muscovite: andalousite + biotite + quartz dans
les micaschistes mésozonaux des massifs du Canigou et du Roc de France ». 1969.
Guitard. G: « Mode de formation des skarns à grossulaire et diopside dans la mésozone du massif du
Canigou ». 1969.
Guitard. G et Raguin. Eugène: « Sur la présence de gneiss à grenat et hypersthène dans le massif de
l’Agly ». 1958.
Helson. Charles: « Richesses minérales des Pyrénées-Orientales » Le Roussillon 1876, l’Indépendant des
Pyrénées-Orientales 1903.
Mayen. G: « Le grenat reste un combat »- Métier d’Art- spécial Languedoc-Roussillon, pages 18 à 25, avril
1991.
Palassou (Abbé Pierre ): « Essai sur la minéralogie des monts Pyrénées ». Paris, Didot, 1781. ( Roussillon:
pp 271-296 ).
Poirot. Fernand: » Artisanat catalan ». Midi Livre, Toulouse. 1973.
Réaumur (de). Antoine: « Des rivières et ruisseaux du Royaume qui roulent des paillettes d’or ». p 78 de
« Histoire de l’Académie Royale des sciences ».1718.
Les Grenats : Joaillerie : Spessartines du Nigeria Page 107

4. SPESSARTINE DU NIGERIA
Cf [Link]

Le Nigeria est l'un des pays d'Afrique qui dispose d’importantes variétés de ressources naturelles.
On y trouve métaux précieux, gemmes, ainsi que nombre de minéraux industriels tels que barite, gypse,
kaolin et marbre. La plupart de ces derniers sont encore à exploiter. Statistiquement, le niveau d'exploitation
de ces minéraux est très faible par rapport à l'étendue des gisements répertoriés dans le pays. L'un des
objectifs de la nouvelle politique nationale sur les minéraux solides est d'assurer le développement ordonné
des ressources minérales du pays.
En ce qui concerne les grenats, l’état de l’Oyo produit des gemmes issus de pegmatites. Ce sont des
spessartines de couleur jaune vif et de qualité gemme.
L'extraction des pierres précieuses s’est fortement développée dans diverses parties des États du plateau,
Kaduna et Bauch. Parmi ces pierres précieuses, nous pouvons citer le saphir, le rubis, l'aigue-marine,
l'émeraude, la tourmaline, la topaze, le grenat, l'améthyste; le zircon, etdu spath qui sont parmi les plus
belles du monde. De bonnes perspectives existent dans ce domaine pour des investissements viables.

13 x 8 x 8 mm 8 x 5 x 5 mm
7,90 cts 1,70 cts

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6,65cts 3,10 cts

0,65 cts 0,58 cts


6,2 x 4,2 mm 6 x 4 mm

Figure 45 : Nigeria : Spessartines


Les Grenats : Joaillerie : Spessartines du Nigeria Page 108

Figure 46 : Nigeria : Spessartines, Collec. perso


Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 109

5. DEMANTOIDE D’IRAN
5.1 Cristaux
Depuis la mi-2001, des cristaux attrayants de démantoïde ont été extraits de la province de Kerman, dans le
sud-est de l'Iran. Les mines sont situées à proximité de la ville de Soghan et surtout dans les montagnes
proches du village de Bagh Borj, à près de 1500 m d’altitude.
On a produit des cristaux simples vert jaunâtre à vert, brun-vert à brun et des groupes de cristaux de 2 à 3
cm, alors que la plupart varient de 2 à 10 mm de diamètre. Les groupes forment des agrégats translucides
arrondis, tandis que les monocristaux de plus petites tailles (2 à 3 mm) sont transparents, et ceux de plus
grandes tailles, translucides
Moins de 0,1% des pièces récoltées, présentent un effet d’œil de chat. Cet effet optique d’œil de chat dans
le démantoïde iranien serait apparemment causé par de longues inclusions fibreuses parallèles (peut-être du
chrysotile ou du byssolite). Lorsque ce matériel a été comparé à des matériaux démantoïde oeil de chat de
la mine Klodovka, dans les montagnes de l'Oural en Russie, leurs formes cristallines, la distribution des
couleurs et les types et l'orientation des inclusions sont apparus différents…
Les inclusions de queue de cheval sont une caractéristique fascinante que seul un petit nombre de grenats
démantoïde possèdent, ce qui contribue à leur rareté. Les inclusions de queue de cheval ont reçu son nom
inhabituel parce que leur aspect ressemble à un faisceau de fils dorés qui semblent exploser à partir d'un
certain point et peuvent former une forme semblable à celle d'un cavalier. Ils ajoutent un effet spécial à la
pierre précieuse, la bénissant avec une lueur unique. Les grenats démantoïde qui ont l'inclusion de la queue
de cheval subissent de fortes demandes et donc des pierres avec de telles inclusions sont de grande valeur.
Le dispositif d'inclusion de queue de cheval se trouve exclusivement dans les pierres gemmes Perse et
russe.

Figure 47 : Iran : Démantoïde d’Iran présentant un œil de chat - Prix 24 000 USD
Figure 48 : Iran : démantoîde (origine inconnue) présentant une inclusion en queue de cheval

5.2 Historique
Le grenat démantoïde est l'une des pierres précieuses les plus rares et les plus précieuses au monde. Il a
d'abord été découvert en 1849 par Nils Gustaf Nordenskiöld dans les montagnes de l'Oural en Russie. Il ne
fallut pas longtemps avant que la pierre gemme devienne célèbre pour son éclat fascinant et son lustre. Il a
donc été convenablement nommé «démantoïde» qui signifie « semblable au diamant ». La famille tsarine
russe s'est éprise de cette pierre précieuse unique et qui donc a été régulièrement utilisée par son célèbre
designer de bijoux Carl Fabergé dans ses créations renversantes.
Après 1996, d'autres gisements de produits de qualité gemme ont été découverts en Namibie et à
Madagascar. Cependant, comme les couleurs de ces produits se composaient d'un vert pâle et jaune, ils
étaient de moindre qualité et donc de valeur par rapport à la beauté du démantoïde russe.
Le démantoïde a été trouvé pour la première fois en Iran (perse) autour de l'année 2000. Il était peu connu
comme gemme reconnue à l'époque, et il a été considéré comme un trésor ancien inconnu, en raison de sa
belle forme hexagonale naturelle.
Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 110

A la bourse Tucson Show de 2002, des pièces brutes et taillées ont été montrées à l'éditeur du RNB
Brendan Laurions par Syed (Syed Trading Co., Peshawar, Pakistan) et Dudley Blauwet (Dudley Blauwet
GEMS, Louisville, Colorado). Selon les deux concessionnaires, le gisement est situé dans la province de
Kerman, près de Jiroft; M. Blauwet a précisé qu'il est situé près du village de Soghan.
M. Hussain avait extrait environ 150 kg de pierres brutes de plusieurs parcelles, mais seulement 5 kg était
approprié pour des pierres taillées et seulement 2 à 3 kg de grenat répondaient au haut de gamme. Il a
estimé qu'environ 2 000 carats ont été facettés, dans des tailles allant de 1 à 8 mm de diamètre. Les pierres
à facettes supérieures à 0,70 ct sont rares, et ont tendance à devenir trop sombres.

5.3 Exemples de démantoîdes d’Iran


5.3.1. Pierres de M. Hussain
[Link]
Les pierres ci-après ont été facetées à partir de grenats démantoïdes d'Iran. La beauté de ces pierres
provient de leur qualité à présenter des variances bicolores uniques, du vert de chaux au vert chasseur. La
plupart des pierres ont un coeur à la couleur très prononcée et une surface plus claire, qui donne à la pierre
des effets fantastiques.

Figure 49 : Iran : Démantoïdes facetées

Les grenats démantoïde peuvent être taillés en cabochon. Les pierres qui présentent un modèle de
croissance bicolore, sont particulièrement bien adaptée à cette [Link] des cabochons ci-dessous
présentent une succession de couches alternées de grenat topazolite (brun) et de grenat démantoïde (vert)
(deux nuances de couleur des andradites).
Ces pierres sont présentées avec rétro-éclairage pour faire ressortir au mieux leur couleurs.

Figure 50 : Iran : Démantoïdes en cabochon avec alternance démantoïde-topazolite

5.3.2. Propriétés
M. Hussain et M. Blauwet ont fourni plusieurs échantillons de pierres brutes et taillées au RNB pour analyse.

Les propriétés ont été obtenues par la GIA Elizabeth Quinn, sur six pierres facetées (0,12 – 1.13 ct):
- couleur : jaunâtre-vert à vert, moyen à foncé;
- R.I. — supérieur à 1,810; — 3.86 – 3.89;
Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 111

- caractère optique — réfraction - avec une double réfraction anormale modérée à forte;
- rayonnement UV inerte à long et à ondes courtes;
- réaction rose au filtre Chelsea;
- doublet CR (620 et 640 nm) obervé avec un spectroscope de bureau.

L’examen microscopique a révélé des «empreintes digitales» sur tous les échantillons, ainsi que des plumes
et aiguilles. Des lignes subparallèles incolores ou des fibres courbes ont été obervées dans trois des
échantillons. Cependant ces fibres n'ont pas été observées dans des arrangements radiaux ou associés
avec des grains de chromite, comme c'est typique des « queux de cheval » des démantoïdes de Russie.
De plus, deux échantillons présentent un zonage entre une couleur orange brunâtre et des angles saillants
vert jaunâtre.

5.4 Autres pierres


Soient les pierres suivantes :

Figure 51 : Iran : Trois cristaux (A1, A3, A4) et deux cristaux cassés (A2, A5) - 3-5 mm
du village de Bagh Borj, district de Soghan, province de Kerman, Iran

5.4.1. Spectroscopie UV-VIS-NIR Ultra-violet – visible – proche infra-rouge


Parmi les cinq échantillons ci-dessus trois ont été sélectionnés pour leur couleur spécifique afin d’être
étudiés en spectroscopie UV-VIS-NIR : A1 topazolite de couleur vert brunâtre, A2 de couleur vert légèrement
jaunâtre et A3 de couleur verte pronocée.
Puisque les grenats ont une structure cubique holomorphe, ils sont donc isotropes. Il n’est donc pas
nécessaire de se préocuuper de l’orientation du faisceau incident, n'importe quelle direction du parcours de
lumière fournira le même spectre.
De plus, il y a corrélation entre les niveaux d’absorption ne peuvent pas être comparés comme étant puisque
les longueurs de chemin de lumière diffèrent entre les échantillons. Il n'est alors pas erroné de comparer les
absorptions et de supposer que la saturation de la couleur du grenat augmente avec la «puissance»
d'absorption. Ceci est particulièrement vrai pour les spectres A2 et A3, où la couleur du matériau varie d'un
vert légèrement jaunâtre à un vert fort.
Le spectre du topazolite A1 (spectre brun) montre une absorption croissante du rouge vers l'UV qui est due
2+ 4+ 3+
au transfert de charge Fe -O-Ti . Trois autres bandes distinctes liées au Fe sont observées à 571, 623, et
863 nm. La bande dans la région du proche infra-rouge à 863 nm est assez large. L'absorption continue du
rouge vers l'UV produit la couleur brun-vert à brun de ce grenat andradite variété topazolite.
3+
Le spectre du démantoïde A2 (spectre vert clair) présente le doublet de Fe à 438 et 444 nm mais avec des
intensités très faibles, par rapport aux autres grenats. La bande correspondante est de plus étonnamment
large et il semble y avoir un épaulement autour de 475 nm. Cette bande est habituellement étroite avec une
2+
pente très raide. Cette particularité sur ce démantoïde A2 pourrait s'expliquer par le transfert de charge Fe -
4+
O-Ti qui se traduit habituellement par une absorption fortement croissante de 450 nm à 500 nm. La bande
3+
Fe à 571 nm n'est pas observée comme une bande distincte bien que la bande de 623 nm soit devenue
3+
plus large et qu'elle soit accompagnée d'une autre bande à 644 nm. La bande de 623 nm est liée à Fe , et
3+
celle de 644 nm est due à Cr . Une bande moins intense fient s’additionner autour de 700 nm, elle est
3+
également corrélée à Cr .
Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 112

3+
La large bande de Fe est bien présente dans la région du proche IR autour de 863 nm.
La fenêtre de transmission assez grande entre 500 et 600 nm donne sa couleur vert légèrement jaunâtre à
ce grenat andradite variété démantoïde.

Figure 52 : Iran : Spectres UV-VIS-NIR d’ échantillons d’andratites d’Iran


A1 (spectre brun), A2 (spectre vert clair) et A3 (spectre vert foncé). A1 le spectre de la topazolite présente
clairement la présence de fer, le spectre du démantoïde A2 présente un spectre dû à la présence simultanée de
fer et de chrome et le spectre de démantoïde A3 montre le spectre dû à la prédominance du chrome

Le spectre du démantoïde A3 (spectre vert foncé) présente la même allure de spectre que celui du
démantoïde A2. En raison des limites de la source lumineuse et de l'absorption «intense» au-dessous de
500 nm, le spectre n'est pas disponible pour la région de 380-500 nm. Le doublet à 624 et 640 nm est
beaucoup plus fort que pour l'échantillon A2. Deux bandes d’absorption secondaires, à 689 et 701 nm, sont
3+ 3+
également discernables (cf l’épaulement), elles sont elles aussi corrélées à Cr . La bande large liée à Fe
dans la région du proche IR autour de 863 nm, est également présente.
La fenêtre de transmission étroite autour de 530 nm est responsable de l’intense coloration verte de ce
grenat andradite variété démantoïde. La différence entre les niveaux d'absorption explique la différence de
couleur entre les échantillons A2 et A3.

5.4.2. Spectroscopie en photoluminescence


Même si le matériau grenat andradite ne montre pas de photoluminescence intrinsèque, il est toujours
intéressant de le vérifier. Les cinq échantillons ont été soumis à une lumière laser à la longueur d’onde de
405 nm.
Tous ont présenté une photoluminescence significative détectée par le spectromètre, mais cette
luminescence a pu être identifiée comme provenant de la très fine couche de la matrice qui restait en
surface. Cela montre combien il est important de travailler avec des matériaux propres ou de les couper pour
enlever les matières étrangères externes!
Il n’y a pas de luminescence propre aux démantoïdes iraniens.

5.4.3. Conclusion
Le grenat andradite de Bagh Borj est disponible en deux variétés, la première, verte, connue sous le nom de
variété démantoïde et la seconde, brune, connue sous le nom de variété topazolite. Le matériau est coloré
3+ 3+
par le fer et le chrome en valence +III, et selon l’importance du ratio Cr / Fe dans la composition, le
grenat est de couleur brune si le fer est prédominant et de couleur verte lorsque le teneur en chrome
augmente.
Ce matériau ne présente pas de caractéristiques distinctives avec d'autres sources dans le domaine
spectroscopique.
Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 113

Figure 53 : Iran : Démantoïde d’Iran


Ste Marie aux Mines 2018
Les Grenats : Joaillerie : demantoïdes d’Iran Page 114
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 115

6. TSAVORITE DE L’EST AFRICAIN


6.1 Introduction
Si la plupart des grenats peuvent avoir une qualité gemme et être utilisés en tant que pierre semi-précieuse,
le grossulaire tsavorite occupe néanmoins une place à part. D’un vert clair éclatant, grâce aux actions
conjuguées du chrome et du vanadium, d’une pureté excellente, de surcroit bien plus rare que le diamant et
plus abordable que l’émeraude, la tsavorite est, en ces années 2010, en train de se faire une place de choix
en joaillerie.
Mais si ses caractéristiques gemmologiques ont d’ores et déjà été décrites et sont désormais bien connues
des experts, sa genèse et ses propriétés minéralogiques et géochimiques, permettant de déterminer son
origine géologique et géographique, n’ont pas jusqu’ici été mises en lumière. Une équipe de l’IRD (Institut de
Recherche pour le Développement) et ses partenaires dressent pour la première fois la carte d’identité des
grenats verts en fonction du gisement dont ils proviennent. Un premier pas vers la certification de la nouvelle
gemme, une grande plus-value sur le marché de la bijouterie.

Figure 54 : Afrique de l’est : Grossulaire tsavorite.


taille: pierre taillée - 7.59 carats. Localité: mine Lualenyi, Kenya Collection: Pala International.
Photo: Harold et Erica Van Pelt

6.2 Joaillerie
Les bijoutiers new-yorkais Tiffany & C°, qui finançaient les recherches, baptisèrent ce grossulaire « tsavorite
», et bien que la Société allemande de minéralogie eût préféré« tsavolite », le premier nom s'est imposé.
D'autres gîtes exploités en Tanzanie, dans la région de Komolo, ont fourni des pierres de 10 à 15 carats qui
sont apparues à la bourse de Tucson en 1988.
C. R. Bridges avait trouvé une pierre de 7 carats, qui, taillée, mesurait encore 2,17 carats ; un collectionneur
américain lui en offrit 20000 $. Mais ce prix n'est valable que pour des pièces exceptionnelles, de 2 ou 3
carats, les autres étant moins appréciées.
En 1990, la production fut d'environ 1500 carats de pierres brutes, soit 375 carats de pierres travaillées.

6.3 Découverte
Un géologue écossais, Campbell R. Bridges, prospectait, en 1967, les montagnes de Leiatema, près de
Komolo, au nord-ouest de la Tanzanie, quand il mit à jour, dans des gneiss graphiteux, à proximité de
calcaires cristallins, des sortes de grumeaux au centre desquels scintillaient de magnifiques grains verts
entourés d'une pellicule d'altération, mélange d'épidote et de scapolite ; il venait de découvrir les premiers
grossulaires d'une couleur verte très soutenue, de qualité gemme.
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 116

6.4 Prospection
Suite aux recherches intensives entreprises, le Kilimandjaro (5 895 m) devient une nouvelle fois source de
pierres fines (on y avait découvert la tanzanite). À la fin de 1971, cinq riches gisements sont mis à jour au
Kenya, près des limites du parc de Tsavo, le plus gros échantillon dégagé accusant 32 carats. En août 1973,
c'est le gisement de Lualenyi, dans les monts Mgama, toujours au Kenya, qui est reconnu dans une zone
métamorphisée de silicates calciques avec graphite ; ces terrains sont datés du Précambrien.
En 2011, la tsavorite n’a quasiment été répertoriée qu’en tanzanie, au Kenya, à Madagascar, au Pakistan et
en Antarctique
Notons qu'en Australie occidentale, la « tsavorite » a été signalée dans les Eastern Goldfields, mais en
cristaux peu colorés et trop petits pour être taillés. Sa couleur, très vive, va du vert clair, presque incolore, au
vert émeraude intense, la plus recherchée. Ne contenant que peu d'inclusions elle est taillable sans avoir à
être retouchée.

Figure 55 : Afrique de l’est : Localisation des sites de tsavorites à travers le monde


NMMB : sites connus de la Ceinture métamorphique Néoprotérozoïque Mozambicaine
Autre occurences

L’une des études principales ayant pour sujet à la fois, la pétrologie des sites de tsavorite et l’identification
chimique des tsavorites de ces différents sites a été réalisée par Julien FENEYROL, au cours de sa thèse au
Centre de Recherches Pétrographiques et Géochimiques (CRPG), intitulée
Pétrologie, géochimie et genèse des gisements de tsavorite associés aux gneiss et roches calco-silicatées
graphiteux de Lemshuku et Namalulu (Tanzanie).

6.5 Gîtologie
Les gisements de tsavorite ont pour origine, la convergence des deux supercontinents appelés «Gondwana
de l’Est » et les cratons du Kalahari et du Congo, il y a quelques 600 millions d’années. Avant que l’actuelle
Afrique de l’Est ne se soulève sous l’action de la tectonique des plaques, une mer séparait ces derniers :
l’océan du Mozambique. Sur le fond de cet océan s’étaient accumulés des sédiments argileux et organiques,
riches notamment en vanadium et en chrome.
Lors de la convergence entraînant la fermeture de cet océan, la plaque du Gondwana de l’Est plongeant
sous celle des cratons de l’ouest a entraîné avec elle ces sédiments en profondeur. Les hautes pressions et
températures, entre 600 et 750° C, générées par les mouvements tectoniques et l’enfouissement ont alors
permis de créer des conditions de métamorphisme, propices à la cristallisation des grenats et à la
transformation des roches sédimentaires en gneiss graphiteux. C’est ainsi que l’on retrouve aujourd’hui la
tsavorite exclusivement dans ces gneiss, sous forme de nodules de 5 à 20 cm de diamètre, autour de la
ceinture métamorphique néoprotérozoïque.
La tsavorite est exploitée dans des gisements primaires soit sous la forme de nodules, soit au sein de veines
de quartz, ou dans des gisements secondaires de type placer issus du démantèlement des formations
minéralisées
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 117

Figure 56 : Afrique de l’est : carte de la terre il y a 650 Ma,


lors de la fermeture de l’océan mozambicain et de la collision continentale du Gondwana de l’est et les cratons
du Kalahari et du Congo (C. Scotese)

L’étude pétrographique des gisements de tsavorite de Lemshuku et de Namalulu dans le nord-est de la


Tanzanie a montré que les gneiss graphiteux et les roches calco-silicatées graphiteuses à tsavorite sont
associés à des intercalations de méta-évaporites, et sont surmontés par des marbres dolomitiques. La
colonne lithostratigraphique relevée sur les deux gisements résulte du métamorphisme d’une formation
sédimentaire enrichie en matière organique dans le faciès amphibolite supérieur à P = 7,0 ± 0,4 kbar et T =
677 ± 14°C. Cet évènement a été daté à 634 ± 22 Ma par la méthode U-Th-Pb sur monazites. Le bâti
métamorphique s’est refroidi entre 512 et 500 Ma d’après les datations 40Ar-39Ar sur muscovites.

Figure 57 : Afrique de l’est : Schéma représentant dans le temps l’assemblage du Gondwana de l’est
(IRD 2011)

En conclusion, les gisements de tsavorite se sont formés au cours du métamorphisme et de la


métasomatose de séries sédimentaires silico-calcaires, enrichies en matière organique et à intercalations
d’évaporites, et déposées au sein d’une plate-forme carbonatée associée à la formation d’une sabkha de
côte marine sur la marge est des cratons du Congo et du Kalahari au Néoprotérozoïque.
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 118

Figure 58 : Afrique de l’est : Proposition de localisation géographique actuelle


de la ceinture métamorphique néoprotérozoïque mozambicaine

Le gondwana de l’ouest est constitué des cratons du Congo et du Kalahari, le gondwana de l’est ou SLAMIN
est constitué de la Somalie, des Seychelles, du Sri Lanka, de l’antarctique de l’est, de Madagascar et de
l’Inde.

Figure 59 : Afrique de l’est : Carte géologique simplifiée du nord-est de la Tanzanie


et du sud du Kenya
avec la localisation des principaux gisements de tsavorite (modifiée d’après Le Goff et al., 2010)
1 : formations volcaniques néogènes et quaternaires; 2 : roches métasédimentaires néoprotérozoïques; 3 :
granulites; 4 : gneiss; 5 : gneiss archéens; 6 : foliation; 7 : gisements de tsavorite (1. Namalulu; 2. Lemshuku;
3. Merelani; 4. Moshi; 5. Umba; 6. district minier de Kuranze; 7. mines de Baraka; 8. district minier de Mwatate).
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 119

Figure 60 : Afrique de l’est :Juxtaposition du Sri Lanka, du sud de l’Inde,


de Madagascar, de l’Antarctique et del’Afrique dans le supercontinent Gondwana et localisation des gisements
de corindons et de tsavorite
(modifiée d’après Service Géologique de Madagascar, 1977; Collins et Windley, 2002; Dissayanake et
Chandrajith, 1999; Mercier et al., 1999)
CH : complexe de Highland; CLH : complexe de Lützow-Holm; CN : complexe de Napier; CR : complexe de
Rayner; CW : complexe de Wanni; CYB : complexe de Yamato-Belgique; TGS : terrain granulitique du sud.
A : Andranondambo; Am : Ambosoary; GT : Garba Tula; Go : Gogogogo; K : Kalalani; LL : Longido-Lossogonoï;
LLA : Lelatema; M : Mangari; Me : Menipa; My : Mysore; R : Ratnapura; T+SN : Twiga-Si Ndoto.

6.6 Différentiation des tsavorites


L’étude minéralogique de la tsavorite a permis de proposer un protocole pour certifier l’origine géographique
des tsavorites, à partir des rapports V/Cr, de la teneur en manganèse et de la composition isotopique en
oxygène.
Deux stades de métasomatose ont permis la formation de la tsavorite :
(i) les nodules de tsavorite se sont formés au cours du métamorphisme prograde à P = 5,0-7,4 kbar et
T = 580-691°C suite à une métasomatose de diffusion;
(ii) la tsavorite des veines de quartz a précipité au cours du métamorphisme rétrograde, pendant une
métasomatose calcique d’infi ltration, à P = 3,6-4,9 kbar et T = 505-587°C. Les tsavorites des veines
de quartz sont datées in situ par Sm-Nd à 606 ± 36 Ma. L’ensemble des éléments nécessaires à la
formation de la tsavorite se trouve dans les roches graphiteuses à évaporites.
L’implication des évaporites, de nature continentale, est importante : elles sont directement transformées en
tsavorite en fournissant le calcium dans le cas des nodules, et les sels fondus forment des fluides qui
mobilisent l’ensemble des éléments nécessaires à la cristallisation de la tsavorite dans les veines de quartz.
Les minéralisations sont également contrôlées par la lithostratigraphie (gneiss graphiteux et roches calco-
silicatées graphiteuses à évaporites) et la tectonique (structure de type ‘saddle-reef’).
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 120

L’origine de chaque grenat retracée


Compte tenu de l’origine commune des tsavolites, il n’est pas commode de définir la provenance de telle ou
telle pierre. Cependant, la nature même de la pierre provient de la roche mère à partir de laquelle la gemme
a pu puiser ces constituants.
L’étude de J. Feneyrolle a porté sur la chimie, et plus particulièrement sur les rapports entre vanadium et
chrome, quant à l’IRD, ils se sont focalisés sur les rapports isotopiques entre l’oxygène 18 et l’oxygène 16.

6.6.1. Rapport isotopique O16/O18


Etudier cette propriété a d’ores et déjà prouvé son efficacité pour retracer l’origine des émeraudes, des rubis
et des saphirs.
C’est aujourd’hui au tour du grenat vert de dévoiler ses secrets. Forts de leurs découvertes antérieures sur
les autres gemmes, les chercheurs ont donc appliqué cette méthode d’analyse isotopique au grenat vert.
Pour ce faire, ils ont collecté des échantillons dans 24 gisements, situés dans chacun des cinq pays où le
minéral est exploité, et ont analysé le rapport des deux isotopes de l’oxygène, appelés « oxygène 18 » et «
oxygène 16 ». À chaque gisement a ainsi pu être attribuée une valeur caractéristique de ce rapport, exprimé
en pour mille (‰). Par exemple, les tsavorites provenant du nord de la Tanzanie affichent les valeurs les
plus élevées, comprises entre 15 et 21 ‰, tandis que celles venant du sud du pays présentent des valeurs
faibles, de 9 à 11 ‰ seulement.
Les grenats kenyans, malgaches, pakistanais ou antarctiques présentent un rapport isotopique
intermédiaire, compris entre 11 et 15 ‰.

6.6.2. Analyse chimique V/Cr


C’est ensuite leur couleur, avec leur teneur en vanadium, chrome et manganèse, qui permet d’affiner la
distinction des grenats de chacun de ces pays.

Figure 61 : Afrique de l’est : Diagrammes ternaires Grossulaire-Goldmanite-Uvarovite


montrant la composition des tsavorites en fonction de leur provenance (3)
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 121

Figure 62 : Afrique de l’est : Composition des tsavorites issues des différents gisements de tsavorite étudiés (3)

6.6.3. Conclusion
Ces deux études, avec des approches très différentes se sont avérées complémentaires et ont permis de
distinguer les sites d’exploitation des tsavorites.
Les géologues ont alors établi une nouvelle base de données, sorte de registre identitaire permettant de
retrouver sa provenance en fonction de la composition de chaque grenat.

6.7 Conclusion
Nouvel arrivant sur le marché de la bijouterie, la couleur émeraude, la brillance et la dureté du grenat vert en
font un rival de taille pour les autres pierres précieuses. Mais pour accroître son potentiel commercial
international, la gemme2 doit obtenir sa certification : autrement dit, on doit pouvoir tracer avec précision
l’origine géographique de chaque pierre. C’est ce que vient de réaliser une équipe de recherche de l’IRD et
ses partenaires.
Pour les pays est-africains qui exploitent les gisements de tsavorite, cette étude offre la possibilité d’établir
des guides de prospection pour la recherche de nouveaux gisements. Permettant la localisation de l’origine
géographique de chaque pierre, les résultats de ces travaux constituent en outre un premier pas vers la
certification des grenats verts.
Cette démarche s’avère essentielle pour préciser la valeur marchande des pierres et leur apporte une
grande plus-value sur le marché de la bijouterie.

Photo 45 : Afrique de l’est : tsavorites : Tsavo, Kenya – Afghanistan


Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 122

Figure 63 : Afrique de l’est : Modèle génétique de genèse des gisements de tsavorite


associés aux gneiss graphiteux (3)
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 123

Figure 64 : Modèle métallogénique de formation de la tsavorite des nodules


et schéma de formation des minéralisations à veine de quartz (3)
Les Grenats : Joaillerie : Les tsavorites de l’est africain Page 124

Tsavorite à âme
Mine de D-BLOCK, Merelani, TANZANIE
35 mm x 9 mm
Collection : Grenadof, Geoforum

Tsavorite à âme
Tanzanie
22 mm x 11 mm x 9 mm
Collection : ebay

Figure 65 : Afrique de l’est : Tsavorites à âmes


Les Grenats : Joaillerie : Les phonolites à grenats des Iles Marquises Page 125

7. PHONOLITES A GRENAT DES ILES MARQUISES


7.1 Site de Ua Pou

Figure 66 : Ua Pou : Port de l’ile de Ua Pou avec vue sur les sucs
Vue sur les principales protusions phonolitiques au nord de Ua POU
Avec de gauche à droite : les aiguilles de Oave (1203 m), Matahuena (1028m), en arrière plan Poumaka (979 m),
et Poutetainui (966m)

7.2 L'archipel des Marquises et l’ile de Ua Pou [3-4]


L'archipel des Marquises repose sur une croûte océanique formée à l'axe de la dorsale Pacifique-Farallon
entre 53 et 49 Ma et fortement épaissie sous la partie centrale de l'archipel où le Moho atteint des
profondeurs de 15 à 20 km.
L'île de Ua Pou est connue de longue date pour l'abondance exceptionnelle de ses phonolites. Sa première
cartographie systématique permet une estimation du volume de sa partie émergée (27,5 km3) incluant 18
km3 de phonolites (65 %) mises en place en deux étapes distinctes, 2 km3 d'autres laves intermédiaires et
évoluées (8 %) et 7,5 km3 de laves mafiques (27 %).
L'activité aérienne de Ua Pou débute vers 4 Ma par la mise en place de tholéiites à olivine dérivant d'une
source mantellique de signature HIMU jeune. Elle reprend vers 2,9 Ma avec la fusion partielle d'une source
hétérogène à signature dominante EM II + HIMU jeune qui produit des liquides basanitiques primaires. Ces
liquides se mettent en place à la fois en profondeur et en surface et évoluent par cristallisation fractionnée
pour former les téphrites. En même temps, la refusion en profondeur de ce matériel basanitique produit des
magmas téphriphonolitiques en laissant un résidu riche en amphibole. Ces magmas évoluent alors par
cristallisation fractionnée pour former des liquides phonolitiques, lesquels peuvent subir une contamination
par l'eau de mer. Alors que la production de ces deux types de phonolites continue de façon relativement
synchrone avec la mise en place des basanites, de nouveaux processus fonctionnant en système ouvert
apparaissent entre environ 2,6 et 2,4 Ma. Ils permettent la formation de téphriphonolites et de phonolites
ayant assimilé du matériel de type plagiogranitique à signature HIMU et la genèse de phonolites
extrêmement différenciées ayant incorporé du matériel de la croûte océanique à signature DMM. Ainsi, l'île
de Ua Pou peut être considérée comme un exemple typique de série intraocéanique dans laquelle la
prédominance des laves évoluées reflète leur origine par fusion partielle de précurseurs mafiques suivie de
la contamination crustale plutôt que par cristallisation fractionnée et met en évidence l’existence de fortes
interactions entre le panache marquisien et la lithosphère océanique Pacifique.
Les Grenats : Joaillerie : Les phonolites à grenats des Iles Marquises Page 126

Figure 67 : Ua Pou : Carte bathymétrique des Figure 68 : Ua Pou : Carte géologique simplifiée de
Marquises, l’ile de Ua Pou, d’après Guille et al.
établie d’après les données altimétriques de Smith et
Sandwell (1997). L’orientation globale de l’archipel est
N40°W. La ligne N65°W, qui correspond a la migration
de la plaque Pacifique à la vitesse de 10,5 cm/an,
sépare les deux groupes isotopiques d’iles identifies
(groupe de Ua Huka au NE, groupe de Fatu Hiva au
SE). ZFM : Zone de Fracture des Marquises.

Figure 69 : Ua Pou : Diagrammes (Na2O + K2O)/SiO2 (TAS)


d’après Le Bas et al. (1986) et âges-SiO2 pour les laves datées des iles marquisiennes.
Les Grenats : Joaillerie : Les phonolites à grenats des Iles Marquises Page 127

7.3 Présentation des phonolites à grenats


De tout l’archipel marquisien, l’île de Ua Pou est le seul endroit où l’on trouve une pierre considérée comme
«magique» par les habitants eux-mêmes dont certains sont devenus maître dans sa taille. Différente d’une
pierre normale, elle a la particularité de faire ressortir de minuscules «pétales» d’où son nom de «pierre
fleurie».
Les habitants de l’île d’Ua Pou la connaissent depuis des siècles, depuis-même le premier peuplement de
ces îles lointaines. Le site Tahiti Héritage nous en dit un peu plus : « Le véritable nom de cette roche
volcanique est Phonolite à grenats (les fleurs sont des grenats dégradés). On n'en trouve que dans deux
endroits au monde : au Brésil et dans l’île de Ua Pou aux Marquises, et plus précisément dans deux vallées
de cette île, la vallée de Hohoi et celle de Hakatao. » Selon les estimations, elle daterait de 2,9 millions
d’années.
Il existe trois sortes de pierres fleuries. La première est composée de fleurs noires, la seconde ressemble à
du silex dans lequel des formations jaunes auraient bourgeonnées, puis la dernière étant la pierre fleurie
rouge. Cette dernière est très difficile à trouver. Les rares chanceux la trouvent parfois sous forme de petits
galets. Elle est très difficile à travailler car sa couleur est due à un composant minéral volcanique qui produit
beaucoup de poussière (comme de la cendre) ; elle est très cassante mais donne un résultat très étonnant
lorsqu’elle est polie.
Leur travail nécessite beaucoup de patience comme le précise Nodarref sur géoforum : «Effectivement, elle
est dure à travailler mais avec de la patience, ce n'est pas si difficile. Je dégrossis d'abord ma pierre avec la
meule sur la photo en lui donnant la forme désirée en prenant soin de la refroidir régulièrement dans l'eau.
Ensuite, avec une pièce à main, j'émerise ma pierre avec du papier émeri du plus gros au plus fin : 120-180-
220-240-360-400-500-600-800 et 1000 ensuite polissage à la poudre ponce 3/0 et ensuite je termine le
polissage avec une pâte à polir bleue de bijoutier . ».

Figure 70 : Ua Pou : Phonolite à grenat fleurs jaunes gros plan sur les structures en pétales

Figure 71 : Ua Pou : sciages de phonolites verte et jaune , Nodarref


Les Grenats : Joaillerie : Les phonolites à grenats des Iles Marquises Page 128

Figure 72 : Ua Pou : Phonolite à grenat fleurs jaunes gros plan sur les structures en pétales

7.4 Autres sites


Ces grenats si particuliers, sont extrêmement rares. Depuis Menet, J. VARET a également trouvé des
grenats fumeroliens à Fantale en Éthiopie et publié la dessus "new discovery of fumarolitic garnets".
De même, il existe un autre site de phonolite à grenats au Brés
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 129

8. IDENTIFICATION : FILTRE DE CHELSEA


L’identification entre grenats est quasiment impossible sans des technologies avancées telles que
microsonde électronique pour déterminer la composition d’une pierre et la référencer entre les pôles limites
des grenats.
Mais l’identification d’une pierre afin de déterminer s’il s’agit ou non d’un grenat pose aussi des problèmes.
Sans rentrer dans des frais pour s’offrir un réfractomètre, ou un polariscope, un équipement des quelques
dizaines d’euros peut fournir des renseignements intéressants : le filtre de Chelsea, émeraude ou jadéite.

8.1 Principe
Le filtre de Chelsea est un filtre dichromatique développé en 1934, mais qui n’était pas initialement destiné
à une application en gemmologie.
La spécificité de ce filtre est de ne transmettre la lumière que dans deux régions limitées du spectre : le
rouge foncé (690nm) et près du jaune-vert (570nm).
Par conséquent, une pierre ne peut apparaître à travers ce filtre que dans ses tons, c’est-à-dire rouge,
verte ou dans un ton brunâtre, combinaison de rouge et de vert.
En 1934, on a découvert que par l’utilisation de ce filtre, il était possible de différencier certaines
émeraudes naturelles d’imitations et autres gemmes vertes. En effet, bon nombre d’émeraudes
colombiennes et sibériennes absorbent la majeure partie de la lumière jaune-vert du spectre, mais pas sa
composante rouge. Ainsi, observée à travers un appareil qui n’autorise que la transmission du rouge ou du
jaune-vert tel que le filtre de Chelsea, elles apparaissent en rouge.
Le filtre de Chelsea est particulièrement efficace pour les pierres qui contiennent du chrome ou du cobalt.
Leur couleur essentiellement vert olive est alors modifiée et peut ainsi permettre certaines identifications.

Figure 73 : Identification : Principe du filtre Chelsea


Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 130

8.2 Fonctionnement

Placez la pierre sur une feuille blanche. Utilisez une lumière incandescente pour l’éclairer. Tenez le
filtre près devant votre oeil. La couleur réelle de la pierre peut être modifiée. Dans ce cas, le tableau ci-
après peut vous permettre de différencier un grenat d’un autre minéral.

Vue à travers le filtre de chelsea


Pierres à tester
Couleur fractionnée
Couleur naturelle

Pierres vertes

Général Vert olive

Jadéite vert Vert foncé terne

Jadéite - quelques variétés teintées Peut présenter une teinte rouge ou rose

Souvent vert foncé terne; rarement un teint


Verre vert
rougeâtre

Agate verte teintée Rougeâtre à rose ou vert

Grenats demantoïde et tsavorite Rose à rouge intense

Emeraude - naturelle ou artificelle avec


Rouge intense ou rose à verdâtre
chrome

Emeraude - naturelle avec vanadium Vert foncé terne

Tourmaline dont couleur due au chrome Rouge intense

Pierres bleues

Aigue-marine Bleu verdâtre

Verre bleu dû au cobalt Rouge intense à rose

Saphir bleu - naturel et artificel Souvent vert foncé

Spinelle bleu - artificiel avec cobalt Rouge, orange-rose ou rose

Topaze bleu Jaunâtre ou presque incolore

Couleur de peau pale ou apparemment


Topaze bleu
incolore

Spinelle imitation de lapis Rouge intense

Pierres rouges et roses

Grenat - pyrope- almandin Gris foncé à rouge foncé

Verre rouge Rouge foncé ou inchangé

Spinelle rouge Rouge

Rubis - naturel ou artificiel Rouge à rouge intense

Saphir rose Foncé

Table 8 : Identification : Couleur des pierres avec filtre Chelsea


Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 131

9. GEMMES ET MAGNETISME

9.1 Test visuel sur l'attraction magnétique des matières gemmes


D’après Thierry Pradat, FGA - Jean-Pierre Gauthier, (article paru en Mars 2011 dans la Revue de
Gemmologie AFG, No. 175, pp. 14-18)

9.1.1. Introduction

Les propriétés magnétiques de certains minéraux sont connues depuis des millénaires. Dans l'antiquité,
Pline l'ancien parlait déjà des "pouvoirs magiques" de la magnétite alors qu'un ouvrage chinois publié entre
70 et 80 après J.-C. mentionnait l'attraction d'une aiguille par un "aimant", ce que l'on connaît aujourd'hui
sous le nom de boussole (Li Shu-hua, 1954). En 1839, J.J. Berzelius évoquait l'état de polarité du minerai
de fer magnétique et en 1943, P.W. Selwood décrivit les différentes méthodes de mesure de la
susceptibilité magnétique des molécules dans leur ensemble. C'est en 1958 que le gemmologue B.W.
Anderson a cherché à mesurer les différences d'attraction des matières gemmes sous l'action d'une même
excitation magnétique. Les moyens et les tests furent améliorés à partir des années '90, avec l'apparition
d'une nouvelle génération d'aimants plus stables et plus puissants.
L'origine du magnétisme dans un matériau se situe à un niveau ultramicroscopique : il provient de la
rotation de l'électron autour de lui-même, créant un dipôle magnétique, un minuscule aimant, caractérisé
par son "spin". En l'absence de champ magnétique extérieur, les spins des électrons attachés aux atomes
présents dans la structure d'un matériau peuvent s'orienter de manière totalement désordonnée,
conduisant à une aimantation globale nulle ou très faible. Ils peuvent dans d'autres cas s'organiser de
façon plus ou moins structurée, conférant au matériau une aimantation permanente.
Un champ magnétique appliqué pourra modifier la répartition des spins et tendre à leur donner une
direction privilégiée, c'est à dire conférer une aimantation à des matériaux qui n'en possédaient pas (Néel,
1948). Ce champ magnétique sera, dans le contexte expérimental décrit ici, créé par un aimant permanent.
On caractérise alors l'aimantation du matériau par un coefficient reliant le champ magnétique (la cause
excitatrice) à l'induction magnétique (l'effet induit). Ce coefficient, appelé susceptibilité magnétique, est
caractéristique du matériau.
Ceci dit, il est possible de classer les matières gemmes en cinq catégories :

• Diamagnétique : le matériau ne possède pas d'aimantation spontanée mais, en présence d'un


champ magnétique extérieur, il peut acquérir une aimantation très faible dirigée en sens contraire
du champ d'excitation. Le matériau est théoriquement repoussé par un aimant (susceptibilité
magnétique négative), ce qui est impossible à constater dans le cadre du test proposé dans le
présent article. Toutes les matières gemmes ont une composante diamagnétique. Les plus
représentatifs sont les feldspaths, les quartz, le diamant ou la calcite.
• Paramagnétique : le matériau ne possède pas d'aimantation spontanée mais, en présence d'un
champ magnétique extérieur, il acquiert une aimantation dirigée dans le même sens que ce champ
d'excitation. La susceptibilité magnétique est positive et en général assez faible. Le matériau peut
être attiré par un aimant de manière très faible à sensible. La plupart des gaz, certains métaux,
dont les matériaux alcalins, et quelques sels sont paramagnétiques, ainsi que les grenats,
amphiboles, pyroxènes, olivines ou tourmalines.
• Ferromagnétique : Les spins s'alignent dans des régions appelées domaines
magnétiques et confèrent au matériau une aimantation, même en l'absence de champ
externe. Si les domaines sont trop petits, avec des orientations aléatoires d'un
domaine à l'autre, l'aimantation résultante est faible. L'aimantation augmente par application d'un
champ externe qui tend à aligner tous les domaines, mais l'aimantation chute brusquement à une
certaine température dite de Curie, en raison de la forte agitation thermique qui détruit cet
alignement.
• Antiferromagnétique : Les spins sont alternativement opposés, ce qui conduit à une
aimantation résultante nulle ou presque. Ex: oxydes de chrome, de manganèse, de
nickel, certains oxydes de fer dont l'hématite ou sulfures de fer dont la pyrite, etc. Mais
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 132

au-dessus d'une certaine température dite de Néel, l'agitation partielle détruit cette alternance et le
matériau retrouve une aimantation, qui va de nouveau s'atténuer si la température monte encore
en raison de l'augmentation de l’agitation thermique. Notons que ces minéraux peuvent devenir
faiblement paramagnétiques par modification de leur structure moléculaire ou en raison de
l'existence d'impuretés.
• Ferrimagnétique : C'est le cas typique de la magnétite Fe3O4, comportant deux ions
3+ 2+ 3+
Fe et un ion Fe . Les deux types d'ions Fe , l'un dans une lacune octaédrique et
l'autre dans une lacune tétraédrique de la structure, ont leurs spins opposés, et donc
2+
leur effet s'annulent, tandis que les ions Fe , situés dans des lacunes octaédriques, ont leurs
spins parallèles et sont donc responsables de l'aimantation. La structure atomique spécifique de
ce type de matériau (les ferrites) lui confère un très grand pouvoir magnétique. A titre de
comparaison, la susceptibilité magnétique de la magnétite est un million de fois plus grande que
celle des matières diamagnétiques. Au-dessus de leur température de Curie, ces matériaux
redeviennent paramagnétiques.
Notons que le diamant, naturel ou synthétique, en principe diamagnétique, peut se comporter comme une
matière paramagnétique ou ferromagnétique s'il contient suffisamment d'inclusions classées comme telles.
- Les ions paramagnétiques les plus magnétogènes sont, dans l'ordre (Hoover et al., 2007 & 2008)
3+ 2+ 2+
Fe , Mn et Fe
- Puis viennent, ce qui est déjà impossible à constater dans le cadre de ce test :
3+ 2+
Mn et Cr
- Ensuite dans une moindre mesure :
2+ 3+ 2+ 2+ 3+ 2+ 3+ 4+
Co , Cr , V , Ni , V , Cu , Ti , V
- Certains ions des terres rares (ETR), tous trivalents, sont magnétogènes, parfois dans de fortes
proportions. Dans l'ordre :
3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+ 3+
Dy , Ho , Er , Tb , Gd , Tm , Yb , Nd , Pr , Eu , Ce , Sm

9.1.2. Type d’aimant


Pour ce test, un simple aimant suffit. Il en existe quatre types distincts :

• Aimant-Fe : désigne ici un aimant standard ou ferrite, de composition Fe2O3, à base d'oxyde de
fer. Ce type d'aimant est délaissé car son énergie magnétique est trop faible à comparer à celle
des aimants de dernière génération.
• Aimant-Al : désigne ici un aimant puissant, de composition AlNiCo à base d'aluminium, de nickel
et de cobalt. Il est instable et donc non fiable car il a tendance à se démagnétiser trop rapidement.
• Aimant-Sm : désigne ici un aimant SmCo à base de samarium et de cobalt. Son coût élevé et son
pouvoir magnétique trop faible n'en font pas un bon instrument pour les besoins de ce test.
• Aimant-Nd : désigne ici un aimant puissant et permanent, de composition NdFeB à base de
néodyme, de fer et de bore. Sa puissance d'attraction est 3,25 à 6,5 fois plus élevée que celle de
l'aimant-Fe. De ce fait, il permet de mieux constater visuellement le pouvoir d'attraction
magnétique, même sur les matières gemmes d'une teneur relativement faible en ions
magnétogènes. C'est exclusivement ce type d'aimant qui sera retenu pour ce test.

Il est facile de se procurer des aimants-Nd pour


quelques euros sur le web en tapant "aimant
néodyme" dans un moteur de recherche. Par souci
de commodité et d'efficacité, l'aimant-Nd choisi
pour ce test (photo) est cylindrique, de diamètre
6 mm, de hauteur 13 mm et de produit énergétique
≈N45 (correspondant à l'énergie potentielle de
l'aimant dans des conditions expérimentales bien
définies).
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 133

9.1.3. Nature du test


Il ne fait appel à aucune formule mathématique ni aucun calcul. Il repose entièrement sur l'observation
visuelle. Il n'est pas d'une grande précision scientifique mais son efficacité est suffisamment significative
pour permettre de séparer un bon nombre de gemmes d'après leur teneur ou non en ions magnétogènes.
La matière gemme à tester peut être brute ou taillée, en cabochon ou à facettes, d'un poids compris entre
0,10 et 30 carats. Le test peut être effectué selon trois méthodes différentes correspondant à trois
sensibilités distinctes, comme l'a montré Gumpesberger en 2006. Le choix de la méthode se fera en
fonction du poids de la matière gemme ou de sa teneur présumée en éléments magnétogènes.

1. Méthode directe (Anderson, 1990 ; Gumpesberger, 2006) : Placer la gemme sur une surface
plane, lisse et propre, comme une plaque de verre ou une surface mélaminée, à l'écart de tout
objet métallique. S'il s'agit d'un cabochon, le placer dôme en bas afin de réduire au maximum la
surface de frottement. L'aimant est tenu par une extrémité et lentement approché horizontalement
de la gemme à plusieurs endroits jusqu'à constater si elle est ou non attirée et avec quelle facilité.

2. Méthode du pendule (Hanneman, 1996 ; Gumpesberger, 2006) : Suspendre la matière gemme à


l'extrémité d'un fil à coudre non métallique à l'aide d'un bout de ruban adhésif. L'autre extrémité est
attachée à un point fixe en hauteur. Approcher doucement l'aimant horizontalement à plusieurs
endroits de la gemme jusqu'à constater si elle est ou non attirée et avec quelle facilité.

3. Méthode du bateau (Hanneman, 1996 ; Gumpesberger, 2006) : Placer la matière gemme sur un
petit morceau de polystyrène expansé, de liège ou de balsa qui sera à son tour déposé doucement
à la surface d'une soucoupe remplie d'eau. Tenir l'aimant par une extrémité et l'approcher de la
gemme horizontalement à plusieurs endroits jusqu'à constater si le "bateau" est ou non attiré et
avec quelle facilité.

Il existe une autre méthode, non testée ici mais intéressante à mentionner. Elle consiste à tester
une matière gemme suspendue par un fil dans un liquide de densité comparable afin d'augmenter
le plus possible la sensibilité magnétique (Koivula et al., 1984).

Figure 74 : Action d’un aimant sur des gemmes


Les méthodes du bateau à gauche et du pendule à droite sont plus adaptées pour les matières gemmes à
faible teneur en ions magnétogènes ou de masse trop importante. Dans les deux cas ci-dessus, la méthode
directe ne donnait aucune attraction visible. Grâce à la méthode du bateau, l'hessonite de 3,08 ct, comportant
une faible proportion d'almandin, s'est visiblement déplacée sur l'eau. Quant à l'amphibole de 14,33 ct, la
méthode du pendule a permis de constater une faible attraction.

Il existe des tests plus précis tels que celui proposé par D.B. Hoover et B. Williams (2007) qui nécessite le
même aimant-Nd et une balance précise au 1/500ème de carat afin de "mesurer" les différences d'énergie
diamagnétique ou paramagnétique d'une matière gemme à l'autre.
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 134

9.1.4. Effet et analyse du test


En fonction de la puissance d'attraction magnétique, quelle que soit la méthode utilisée, l'effet peut être
qualifié de :
• nul : aucune attraction visible, la matière gemme reste immobile
• faible : attraction présente, la matière gemme bouge légèrement en direction de l'aimant
• distinct : attraction bien visible, la matière gemme bouge assez facilement en direction de l'aimant
• fort : attraction conséquente, la matière gemme est très facilement déplacée ou soulevée par
l'aimant

2+
Figure 75 : Les matières gemmes riches en ions Mn sont distinctement à fortement attirées par l'aimant-Nd.
A gauche, une rhodonite du Brésil de 6,31 ct et à droite une rhodochrosite d'Afrique du Sud de 1,46 ct,
facilement soulevée.

9.1.5. Utilité du test et liste des gemmes à éléments magnétogènes


Ce test est simple, non destructif et rapide pour séparer des pierres brutes ou taillées, sur le terrain, chez
un négociant ou au laboratoire. Il est particulièrement intéressant de sortir l'aimant pour vérifier des lots
disparates de pierres de couleurs similaires comme celles provenant des graviers gemmifères du Sri
Lanka, du Myanmar ou de Madagascar. Les grenats, faiblement à très fortement attirés par l'aimant, seront
vite séparés des spinelles transparents, corindons, chrysobéryls, zircons, etc. Voici quelques exemples
illustratifs de ce qu'il est possible de distinguer grâce à l'aimant-Nd (Anderson, 1990 ; TP, 2010) :

Couleur Pas d'attraction visible Attraction magnétique visible


rose à rouge spinelle grenat
orange ou vert zircon métamicte spessartite / démantoïde
Changement coul. vert/rouge alexandrite grenat à changement de couleur
vert à brun sinhalite péridot
vert & brun, fort pléochroïsme andalousite axinite
gris métallique hématite hématine artificielle
incolore YAG artificiel GGG artificiel

Pour le seul grenat, ce test aide à distinguer les différentes variétés de couleur similaire en fonction de leur
degré d'attraction magnétique. Dans les nuances de rose, rouge ou orangé, les pierres fortement attirées
indiquent la présence significative de molécules d'almandin et/ou de spessartite alors que les pierres
nullement à faiblement attirées possèderont plutôt un nombre significatif de molécules de pyrope ou de
grossulaire. Entre autres tests, les mesures de l'IR et de la densité ainsi qu'un spectre pourront confirmer
l'identité de la variété
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 135

Figure 76 : séparation par magnétisme


A gauche, un lot hétéroclite de 21 gemmes en provenance des
graviers gemmifères du Sri Lanka pour un poids total de
21,35 carats. A droite, ce même lot trié en trois colonnes grâce à
l'aimant-Nd. L'analyse confirmera que les 11 pièces de gauche,
fortement aimantées, sont des grenats var. almandin ou pyrope-
almandin (rhodolite). Les 3 pièces centrales, faiblement aimantées,
sont des grenats var. hessonite et les 7 pièces de droite, nullement
aimantées, sont des zircons, chrysobéryls et spinelles. Notez
pourtant la similitude de couleur entre les rhodolites et certains
spinelles.

Les tableaux suivant indiquent les matières gemmes au pouvoir d'attraction magnétique visible en raison
de leur nombre suffisamment significatif d'ions magnétogènes. A notre connaissance, aucun article
précédent n'avait fait état d'une aussi longue liste, basée sur les tests des auteurs référencés en dernière
colonne.

Légende : ETR = éléments des terres rares

magnétog

aimant-Nd
ènes
ions

effet
Matière gemme formule chimique réf.

Amphiboles :

2+ 2+
ACTINOLITE Ca2(Mg,Fe )5Si8O22(OH)2 Fe faible 4,18
2+ 2+
PARGASITE NaCa2Mg3Fe Si6Al3O22(OH)2 Fe faible 5,18
2+ 2+
RICHTERITE Na(Ca,Na)(Mg,Fe )5[Si8O22](OH)2 Fe faible 18

Pyroxènes :
2+
2+ 3+ Fe /
AEGIRINE-AUGITE (Ca,Na)(Mg,Fe ,Fe )Si2O6 3+ faible 18
Fe
BRONZITE (massive 2+ 2+ distinct
Fe MgSi2O6 Fe à fort 3,18
opaque)
2+
DIOPSIDE ÉTOILÉ 2+ 3+ Fe /
CaMgSi2O6 / Fe Fe 2O4 3+ fort 7,15,18
opaque Fe
2+ 2+ faible à
ENSTATITE (Fe )Mg2Si2O6 Fe distinct 3,18
2+ 2+ faible à
HYPERSTHÈNE (Mg,Fe )2Si2O6 Fe distinct 3,18
opaque
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 136

Grenats :

2+ 2+ 7,12,15,16,17,
ALMANDIN Fe 3Al2(SiO4)3 Fe fort
18
2+ nul à
PYROPE Mg3Al2(SiO4)3 Fe faible 7,12,15,17,18

PYROPE-ALMANDIN 2+ 2+ faible à
(Fe ,Mg)3Al2(SiO4)3 Fe fort 12,15,17,18
(rhodolite)
PYROPE-
SPESSARTITE 2+ 2+ faible à
(Mn ,Mg)3Al2(SiO4)3 Mn fort 15,17,18
(changement de
couleur)
2+ 2+ 7,12,15,16,17,
SPESSARTITE Mn 3Al2(SiO4)3 Mn fort
18
ANDRADITE
3+ 2+ distinct
(démantoïde, topazolite, Ca3Fe 2(SiO4)3 Fe à fort 7,12,15,17,18
mélanite)
GROSSULAIRE 2+ nul à 7,12,15,16,17,
Ca3Al2(SiO4)3 Fe faible
(hessonite, tsavorite) 18
2+ nul à
HYDROGROSSULAIRE Ca3Al2(SiO4)3(OH)4 Fe faible 18

DOUBLET GRENAT- 2+ 2+ nul à


Fe 3Al2(SiO4)3 / SiO2 Fe 15,18
VERRE faible

Corindons :

RUBIS ÉTOILÉ opaque impuretés nul à


Al2O3 2+ 3+
fort 13,18
Inde Fe / Fe

SAPHIR bleu foncé impuretés nul à


Al2O3 2+ 3+
faible 16
Australie Fe / Fe

SAPHIR ÉTOILÉ impuretés nul à


Al2O3 2+ 3+
faible 15
opaque Fe / Fe

Spinelles :

2+ 2+ nul à
SPINELLE bleu, violet Fe Al2O4 Fe faible 15,16,18

HERCYNITE (spinelle 2+ 2+ faible à


Fe Al2O4 Fe distinct 9,18
noir)
Tourmalines :

ELBAÏTE, DRAVITE, 2+ impuretés nul à


(Ca,Na,Mg) (Fe ,Li,Al)3 Al6Si6O18 (BO3)3 (OH)4 2+
distinct 7,12,15,16,18
UVITE, couleur foncée Fe
2+ 2+ faible à
SCHORL NaFe 3Al6Si6O18(BO3)3(OH)4 Fe distinct 18
1 2 3 4 5 6 7
Réf.: Weiss, 1899 - Nagata et al., 1957 - Akimoto et al., 1958 - Syono, 1960 - Vernon, 1961 - Rossman et al., 1984 - Anderson,
1990 - 8Shigley et al., 1993 - 9Johnson, 1994 - 10Kammerling et al., 1995 - 11Shigley et al., 1995 - 12Hanneman, 2002 - 13Hainschwang
et al., 2003 - 14Titkov et al., 2003 - 15Gumpesberger, 2006 - 16Hoover et al., 2007 - 17Hoover et al., 2008 - 18Testé sur les échantillons
de l'auteur T.P., 2010
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 137

magnétog

aimant-Nd
ènes
ions

effet
Matière gemme formule chimique réf.

2+ 2+ distinct
ASTROPHYLLITE K2Na(Fe ,Mn)7Ti2Si8O26(OH)4 Fe à fort 18
2+ 2+ faible à
AXINITE-(Fe) Ca2Fe Al2BO3Si4O12(OH) Fe distinct 18
faible à
BASTNAESITE (Ce,La)(CO3)F ETR distinct 18
2+ 2+ nul à
CLINOCHLORE (Mg,Fe )5Al(Si3Al)O10(OH)8 Fe faible 18

impuretés nul à
DIAMANT NOIR naturel C + inclusions de Magnétite 2+ 3+ distinct 14
Fe / Fe
DIAMANT impuretés nul à
C + inclusions métalliques de flux 2+ distinct 6,7,8,10,11
SYNTHETIQUE Fe
3+ 3+ nul à
EPIDOTE Ca2(Fe ,Al)3(SiO4)3(OH) Fe distinct 7,12,15,18
2+
2+ 2+ Fe / faible à
EUDIALYTE Na4(Ca,Ce)2(Fe ,Mn )ZrSi6O17(OH, Cl)2 2+ distinct 18
Mn
2+ 2+
GASPEITE (Ni,Mg,Fe )CO3 Fe faible 18

GGG ARTIFICIEL 2+ distinct


Gd3Ga5O12 Fe / ETR à fort 15
toutes couleurs
2+ nul à
HEMATITE Fe2O3 Fe faible 12,15,18

HEMATINE 2+ 3+
(Ba,Sr)Fe12O19 Fe / Fe très fort 9,18
ARTIFICIELLE
2+ 2+ nul à
HUMITE (Mg,Fe )7(SiO4)3(F,OH)2 Fe faible 18

2+ 2+ nul à
CLINOHUMITE (Mg,Fe )9(SiO4)4(F,OH)2 Fe faible 18
2+ 2+ nul à
CHONDRODITE (Mg,Fe )5(SiO4)2(F,OH)2 Fe faible 18

2+ 2+ faible à
KORNERUPINE (Mg,Fe )4Al6(SiO4,BO4)5(O,OH)2 Fe distinct 18
3+ 2+ 2+ 3+
MAGNÉTITE Fe 2Fe O4 Fe / Fe très fort 18

OXYDE DE
faible à
ZIRCONIUM CUBIQUE ZrO2 ETR fort 15,16,18
- rose, noir
PERIDOT (forsterite 2+ faible à
(Mg,Fe)2SiO4 Fe distinct 2,7,12,15,18
<=> fayalite)
3+ 3+
PHOSPHOSIDÉRITE Fe (PO4)•2(H2O) Fe distinct 18

PYRRHOTITE (pyrite 2+ 3+ distinct


FeS Fe / Fe à fort 1
magnétique)
2+ 2+ distinct
RHODOCHROSITE Mn CO3 Mn à fort 7,12,15,18
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 138

2+
2+ 2+ Mn / distinct
PYROXMANGITE (Mn ,Fe )SiO3 2+ à fort 18
Fe
2+
2+ 2+ Mn / distinct
RHODONITE (Mn ,Fe ,Mg,Ca)SiO3 2+ à fort 7,12,15,18
Fe
3+
3+ 3+ Fe /
SUGILITE KNa2 (Fe ,Mn ,Al)2 Li3Si12O30 3+ faible 18
Mn
2+ 2+ faible à
TEPHROITE Mn 2(SiO)4 Mn fort 15
2+ 3+
Fe / Fe
YIG ARTIFICIEL Y3Fe5O12 fort 15
/ ETR
1 2 3 4 5 6
Réf.: Weiss, 1899 - Nagata et al., 1957 - Akimoto et al., 1958 - Syono, 1960 - Vernon, 1961 - Rossman
7 8 9 10
et al., 1984 - Anderson, 1990 - Shigley et al., 1993 - Johnson, 1994 - Kammerling et al., 1995 -
11 12 13 14
Shigley et al., 1995 - Hanneman, 2002 - Hainschwang et al., 2003 - Titkov et al., 2003 -
15 16 17 18
Gumpesberger, 2006 - Hoover et al., 2007 - Hoover et al., 2008 - Testé sur les échantillons de
l'auteur T.P., 2010

Table 9 : Réaction magnétique d’une gemme soumise à un aimant

9.1.6. Conclusion
En raison de son coût modique, de son faible encombrement et de sa facilité d'utilisation, l'aimant-Nd
devrait aujourd'hui faire partie de la trousse des instruments de base du gemmologue, notamment lors de
déplacements sur le terrain ou chez les négociants. Il faudra cependant veiller à ce qu'il ne soit jamais en
contact ou proche d'objets sensibles au magnétisme tels que clés USB, cartes à piste magnétique, petits
circuits électroniques, disques durs, etc.

Le résultat de ce test n'est pas diagnostique dans l'identification d'une matière gemme. Il donne seulement
une indication de ce qu'elle peut être ou ne pas être. D'autres tests plus probants doivent être effectués, à
l'aide des instruments gemmologiques de base ou des instruments avancés de laboratoire si nécessaire.
D'autre part, il est prudent de ne pas tirer de conclusion trop hâtive lorsqu'une matière gemme non
indiquée dans le tableau ci-dessus est magnétiquement réactive. Il se peut que la gemme soit
intrinsèquement diamagnétique mais que ses inclusions soient paramagnétiques ou ferrimagnétiques.
C'est notamment le cas du diamant naturel et synthétique mais aussi du quartz et d'autres silicates ou
carbonates.

Pour conclure, il est probable qu'une fois calibré en gemmologie de manière standard, le magnétisme des
matières gemmes effectué en laboratoire, mesuré scientifiquement, prendra de plus en plus d'importance
pour aider à distinguer les différentes variétés, les gisements, les types de traitement ou les synthèses. Les
ions magnétogènes n'ont pas fini de faire parler d'eux.

9.2 Le magnétisme des gemmes – une nouvelle méthode d’identification de grenats par Kirk
Feral
Les grenats sont parmi les pierres précieuses les plus magnétiques. D’ailleurs, je me souviens qu’on avait
séparé des grenats, d’un tas de petits cailloux, par l’action d’un champ magnétique en TP de minéralurgie,
au cours de mes études à l’ESEM à Orléans.
Au-delà de l’action de sélection, les études du magnétisme des gemmes permettent, de surcroit, de définir
la composition d’une gemme en ces concentrations en pôles limites du groupe grenats.

9.2.1. Reconnaître et identifier les grenats à partir du magnétisme


Les grenats almandin rouges peuvent être identifiés aux spinelles rouges ou aux rubis car ils sont 100 fois
plus magnétiques que ces autres gemmes.
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 139

De plus, parmi les différentes variétés de grenat, la susceptibilité magnétique varie grandement, en
fonction de leurs concentrations en fer et/ou manganèse. Le grossulaire vert Mali à gauche ressemble à
l'hydrogrossulaire vert à droite, avec lequel il peut être confondu. Mais le grenat du Mali est bien davantage
3+
magnétique en raison de sa teneur en fer plus élevé (Fe ).

Figure 77 : Grenat chromifère Mali – Hydrogrossualire chromifère


Réponse marquée au magnétisme – réponse modérée

Les grenats sont les seules pierres précieuses transparentes communes qui montrent une réponse
marquée à un aimant N52. Ils sont en effet bien plus magnétiques que les autres gemmes transparentes,
grâce à leurs concentrations plus élevées en fer paramagnétique (jusqu'à 35%pds d'oxyde de fer) et/ou de
manganèse (jusqu'à 40%pds d'oxyde de manganèse).
Même l'uvarovite présente un fort magnétisme, causé par sa concentration en chrome (jusqu'à 27%pds
d'oxyde de chrome).

Figure 78 : Almandin - Spessartine


Contient jusqu'à 35% de fer – jusqu’à 40% de manganèse

Ces exemples montrent qu’il est possible d’établir une méthode d’analyse des grenats gemmes à partir de
la mesure de la susceptibilité magnétique des grenats, car cette propriété intrinsèque à chacun des pôles
limites des grenats, rend possible la détermination des concentrations relatives de fer et de manganèse,
entre autres, du grenat étudié.
L'identification des grenats par leur composition chimique nécessite généralement, au-delà de la
destruction de l’échantillon ou de la gemme, des technologies compliquées et coûteuses. Par conséquent,
la composition chimique d'une gemme et donc, l’identification d’un grenat, n'est généralement pas connue
du gemmologue ou de l'étudiant moyen qui veut identifier un grenat par espèce et variété.
Habituellement, l'indice de réfraction, les spectres de couleur et d'absorption sont les principaux indices
d'identification d’un grenat. Mais, aujourd’hui, l’utilisation d’une balance de susceptibilité magnétique
Hoover permet d’aller plus loin dans l’analyse des grenats.
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 140

Avec une balance Hoover, en combinaison avec un réfractomètre et un diagramme Hoover, un échantillon
de grenat peut être identifié selon sa variété, et la composition chimique de la gemme peut être estimée
avec précision en termes de pourcentages de 2 ou 3 pôles limites des grenats.
C’est ainsi que cette méthode d'analyse a pu révéler la vraie nature de certaines gemmes vendues
jusqu’alors avec des appellations erronées.

Figure 79 : balance hoover et un minuscule aimant au néodyme1/8 de 3mm de diamètre


appliqué aux gemmes pour mesurer la susceptibilité magnétique par l'intermédiaire d'une balance Hoover

9.3 Graphe de composition des grenats


Le graphe de compositions de Hoover est une évolution du diagramme de Winchell pour les grenats,
développée par le Dr. Horace Winchell dans les années 1950. Plus tard en 1985, Manson & Stockton ont
publié une étude classique d’analyse des grenats en utilisant l'indice de réfraction, la couleur et la
spectroscopie. Selon la méthode très souvent appliquée d’identification des grenats gemmes, définie par
Manson/Stockton, les deux paramètres utilisés étaient des évaluations qualitatives des spectres de couleur
et d'absorption. Les résultats étaient tracés sur un diagramme Winchell adapté.

Figure 80 : Graphique RIMS de compositions des grenats


Rédigé par Kirk Feral basé sur le diagramme Hoover
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 141

Dr. B.S. Hoover, ainsi que Bear Williams et ses collègues, ont publié depuis, en 2008, une nouvelle
méthode pour identifier les grenats, basée sur une autre évolution du diagramme de Winchell, en faisant
intervenir le magnétisme comme variable. La méthode de Hoover permet une détermination beaucoup plus
précise de la composition du grenat que la méthode Manson/Stockton parce qu'elle repose, à la fois, sur
l'indice de réfraction et des mesures de susceptibilité magnétique, qui sont des mesures quantitatives
précises.

Le diagramme RIMS (indice de réfraction, susceptibilité magnétique) présenté ici est un graphique
montrant des compositions typiques de grenats exploitées en tant que gemme. Il a été rédigé par Kirk
Feral pour servir d'aide à l'enseignement pour les étudiants, et a été construit à l'aide d'un logiciel de
graphique gratuit appelé « Graph ». Les points rouge du graphe représentent des moyennes estimées pour
les espèces de grenat courantes et les variétés basées sur les mesures réelles des grenats de gemmes
obtenues par ce chercheur. Un graphique plus complet de tous les grenats gemmes est présenté en fin de
ce paragraphe.

9.4 À propos du graphe grenat


-4
L'axe horizontal du graphique RIMS montre la susceptibilité magnétique augmentant de 0 à 47,5.10 SI, le
plus haut niveau de magnétisme mesuré dans les grenats gemmes. Plus le point sur le graphe est à droite,
plus le grenat est magnétique. Comme les grenats sont de l'ordre de 100 fois plus magnétiques que les
-6
pierres gemmes transparentes allochromatiques, la notation pour le grenat a été changée de 10 , qui est
-4
utilisé habituellement pour l'indice de susceptibilité magnétique pour les pierres précieuses, à 10 .
L'axe vertical montre l'indice de réfraction augmentant de la valeur de RI 1,70 jusqu'à RI 1,89, qui est
proche de la limite supérieure de l'indice de réfraction pour les grenats gemmes. Plus le point de graphe
est élevé, plus le RI du grenat est élevé.

9.5 Masse spécifique (ou densité) et Indice de réfraction


Les rayures roses sur chaque ternaire représentent la masse spécifique par incréments de 0,1. La masse
spécifique de n'importe quel grenat gemme peut être estimée à partir de l'emplacement de son point tracé
sur le graphe par rapport à ces barres transversales roses. Par exemple, la masse spécifique de l'almandin
peut être estimé à 4,07.
Inversement, nous pouvons utiliser le graphique pour estimer l'indice de réfraction d'un grenat basé sur sa
mesure précise du poids spécifique. Cela peut être utile pour les gemmes OTL comme Andradites dont les
RI ne peuvent pas être mesurées avec un réfractomètre standard.
La masse spécifique représente la densité d'une gemme. Plus le grenat est dense, plus la concentration
d'agents colorants métalliques dans la structure de la gemme est élevée, et plus la susceptibilité
magnétique est élevée.

9.6 Le magnétisme augmente avec l'indice de réfraction


Le degré de magnétisme augmente proportionnelement à l'indice de réfraction, et cette relation existe au
sein de chacune des deux groupes de grenats, Pyralspites et Ugrandites.
Le point inférieur du ternaire vert, sur le graphique, correspond à une gemme cabochon verte de grenat
grossulaire avec un indice de réfraction de 1,76 et une susceptibilité magnétique de 5. Le point supérieur
sur le même ternaire correspond à une gemme cabochon brune du Mali avec un RI 1,785 plus élevé. Le
grenat Mali brun est deux fois plus magnétique que le grenat Mali vert, avec une susceptibilité de 10 contre
5.
Sur le graphique de compositions des grenats, les parenthèses () précisent les ions qui occupent les sites
A et B, avec des italiques gras indiquant l'ion agissant comme le chromophore. Pour l'almandin, les deux
2+
ions sont le fer et l'aluminium, avec le fer ferreux (Fe ) comme chromophore. Pour le spessartine, le
2+ 3+
chromophore est l’ion manganèse (Mn ), pour l'uvarovite, le chrome (Cr ) et l'andradite est colorée par le
3+
fer ferrique (Fe ).
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 142

Avec les parenthèses est indiquée la couleur prédominante couramment associée à la variété. Toutefois,
les couleurs des espèces 100% pures ne sont pas vraiment connues, puisque les grenats réels ne sont
jamais totalement pur. Notez que les le pyrope et le grossulaire sont allochromatiques (incolores) ; ils n'ont
pas de chromophores métalliques dans leurs compositions chimiques.
Le graphique montre que la susceptibilité magnétique de l'almandin est mesurée à 41, tandis que celle de
2+
l’andradite est seulement de 31. Le fer ferreux (Fe ) qui colore l'almandin engendre donc une
3+
susceptibilité magnétique plus élevée pour le pôle limite almandin que le fer ferrique ferrique (Fe ) qui
colore le pôle limite andradite.
Mais les gemmes de ces grenats ne correspondent pas à des pôles limites purs, et nous constatons que
les gammes réelles de susceptibilité magnétique pour les gemmes d'almandin et d'andradite sont très
semblables les unes aux autres.
2+
Le spessartine dont la couleur est due au manganèse (Mn ), possède la susceptibilité magnétique la plus
élevée de toutes les espèces de grenats gemmes avec une valeur de 47,5.
Les pôles limites pyrope et grossulaire sont totalement incolores et ont des valeurs de susceptibilité
magnétique de 0.

Figure 81: la susceptibilité magnétique augmente avec l’indice de réfraction

9.7 Le magnétisme augmente avec la densité


L'indice de réfraction augmente à mesure que la densité augmente. Une augmentation de densité a donc
pour effet une augmentation de la susceptibilité magnétique. C'est vrai non seulement pour les grenats,
mais également pour toutes les espèces de pierres précieuses.

9.8 Trisection de l'almandin


Chacun des deux ternaires grenat a un point central à partir duquel 3 sections égales (trisections) sont
dessinées, une pour chacun des 3 pôles limites de grenat du groupe Pyralspite ou Ugrandite. Quand un
point du graphe tombe sur une trisection particulière, nous concluons que la gemme appartient à cette
variété particulière de grenat. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, le point de l’Almandin tombe dans la
trisection Almandin. Ce point particulier de l'almandin représente une moyenne des lectures de grenats
almandin mesurés jusqu'ici.
Les points réels pour les gemmes almandins individuels peuvent théoriquement tomber n'importe où dans
la trisection almandin.
Les Grenats : Joaillerie : Identification Page 143

Figure 82 : trisection de l’almandin

9.9 Origine du magnétisme


Le graphique à barres ci-dessous compare la susceptibilité magnétique (degré d'attraction magnétique) de
la plupart des variétés de grenats gemme les uns par rapport aux autres. Les grenats sont présentés du
moins magnétique au plus magnétique. La hauteur de chaque barre colorée représente la susceptibilité
magnétique moyenne mesurée pour la variété de grenat correspondante. La couleur de chaque barre
correspond à la couleur des points du graphe pour les variétés sur le graphique précédent.

Ce graphique à barres montre que les grenats grossulaires (leuco, Rosolite, tsavorite, hessonite, Mali) sont
les moins magnétiques.
La spessartine est l'espèce la plus magnétique, suivie par andradite et l’almandin.
La variété la moins magnétique parmi les Pyralspites est le pyrope chromifère

Figure 83 : Susceptibilités magnétiques relatives des grenats


Les Grenats : Joaillerie Page 144

Grenat Rhodolite Coussin Grenat Rhodolite Trillion


1.15ct 2.26ct
prix 27€ prix 45 €

Grenat Tsavorite Ovale Grenat Tsavorite Poire


1.15ct 0.57ct
prix 285 € prix 145 €

Grenat Almandin Grenat Changement de


Coussin Échiquier 2.6ct Couleur
prix 50 € Ovale 1.5ct
prix 275 €

Grenat Hessonite Grenat Almandin

Grenat Pyrope Grenat Pyrope

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