ROYAUME DU MAROC ا
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MINISTERE DE LA SANTE وزارة ا ــــــــــــ1
DIRECTION REGIONALE DE LA SANTE
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INSTITUT DE FORMATION DE SANTE
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RABAT
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Les facteurs entravant la réalisation de la supervision des
programmes de santé au niveau du SIAAP de la délégation de
Chichaoua
Mémoire présenté pour l’obtention du diplôme de 2ème cycle des EPM
Section : Surveillant des services sanitaires
7éme Cohorte 2010-2012
Elaboré par Encadré par
Abderrahim Idmoussa Mr. Abdelkbir Hriguich
Animateur à la cellule provinciale
d’épidémiologie de la délégation
De Chichaoua
Membres de jury
Mr. Merouane Elaafi : Responsable des programmes de santé à la direction régionale de
santé de Rabat –Salé – Zemour –Zair
Mr. Abdeslam Elmoundo : Infirmier chef du centre de santé Bouhlale
Délégation de Rabat
Juillet 2012
IFCSR, Avenue Hassan II Km 4.5 route de Casa Rabat, Tél: 05-37-96-19-68 Fax: 05-37-69-27-96
I
Résumé
La présente étude a pour objectif d’explorer les facteurs entravant la
réalisation de la supervision des programmes de santé au niveau du SIAAP de la
délégation de Chichaoua.
La problématique identifiée correspond à une irritation personnelle observée
au cours du parcours professionnel du chercheur au niveau du site de la recherche.
Ainsi, les principaux résultats peuvent se présenter comme suit (a) les
facteurs liés aux superviseurs : l’effectif réduit des animateurs, un taux réduit de
bénéficiaires en formation dans le domaine de la supervision, des compétences
modestes des animateurs, sont les principales observations ressortis, constituant des
limites pour la réalisation de la supervision, (b) facteurs liés à l’organisation : il
existe une planification de l’activité de supervision, des réunions du staff se font pour
assurer une programmation adéquate, malgré ces efforts le manque d’une vrai
coordination avec tous les intervenants affecte l’opérationnalisation de ces plans. En
plus, l’utilisation de peu d’outils disponibles malgré qu’ils ne sont pas officiels et
actuels reflètent juste un effort personnel de la part des responsables des programmes
de santé. Enfin, le système d’information avec ces caractéristiques actuelles
n’accompagne pas les besoins en matière de la gestion de l’information et de
l’activité de supervision par la suite, (c) concernant les facteurs liés au financement
et la logistique : le budget restreint alloué aux programmes de santé, nécessite une
utilisation rationnelle et efficiente de la part des animateurs surtout en matière des
déplacements et la consommation du carburant, le nombre de véhicules (trois) reste
insuffisant pour répondre à toutes les exigences administratives et logistiques de la
province en plus du manque accru en chauffeurs , (d) pour les facteurs en relation
II
avec l’environnement : l’étude a montré que 14% des centres de santé sont à plus de
60Km de distance de la délégation, à côté de cela, la géographie de la province située
dans le grand Atlas constitue une barrière devant la visite de supervision de tous les
établissements de soins de santé de base,(e) par rapport au facteur institutionnel, la
démarche de la supervision adoptée est basé surtout sur une approche équipe (f)
quant à ceux liés aux superviseurs : l’étude a montré que la perception de la
supervision reste positive chez les supervisés, 86% des enquêtés déclarent que c’est
une activité intéressante, en plus un climat de confiance règne dans la relation
supervisés / superviseurs, des préalables favorisants mais qui reste inexploitables.
L’interprétation et la discussion des résultats obtenus, ont dévoilé plusieurs
dysfonctionnements à base desquels nous avons formulé à la fin de l’étude quelques
suggestions susceptibles d’améliorer la situation.
III
Dédicaces
A celui qui m’a indiqué la bonne voie en me rappelant que la volonté fait toujours les
grands hommes…
A mon père
A celle qui a attendu avec patience les fruits de sa bonne éducation…
A ma mère
A mes frères et sœurs
Meilleurs vœux de succès dans vos vies personnelles et professionnelles
A ma future épouse
A mes amis
En vous témoignant, le lien étroit qui nous réunit, les moments tantôt agréables tantôt
difficiles, que nous avons passés ensemble tout au long de ces deux années.
IV
Remerciements
Je tiens à exprimer mes vifs remerciements et ma profonde gratitude à tous
ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’élaboration de ce travail.
J’ai l’honneur tout d’abord de remercier notre directeur
Mr. Bahadi Mohammed.
Je vous exprime toute notre gratitude pour le soutien et l’appuie effectifs, et
l’encouragement que vous ne cessez d’octroyer pour mener à bien notre formation.
Nous n’oublierons jamais vos conseils, vos directives et vos paroles pour
faire de nous des acteurs dans notre système ayant des têtes bien faites.
Je tiens à remercier mon encadrant
Mr. Abdelkbir Hriguich
Qui n’a épargné aucun effort pour me soutenir tout au long de ce travail ainsi
que vos conseils et orientations qui nous ont été d’un grand apport. Nous vous prions
de trouver ici le témoignage de notre reconnaissance et respect.
Je tiens à remercier
Le staff pédagogique et tous les enseignants du 2ème cycle
Vous avez fait preuve d’une volonté et de beaucoup de sacrifices pour nous
assurer une formation solide .Veuillez trouver dans ce travail l’expression de nos
remerciements les plus distingués pour les efforts que vous avez déployés.
Un remerciement
A tout le personnel de l’institut de formation aux carrières de santé de Rabat
A tout le personnel de la délégation de Chichaoua
Aux membres de jury qui ont bien accepté de lire et de juger ce travail
tous les étudiants de la 7 ème cohorte SSS et EPM
A tous
V
Table des matières
Résumé ............................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
Dédicaces ................................................................................................................................ III
Remerciements........................................................................................................................ IV
Table des matières.................................................................................................................... V
Liste des tableaux................................................................................................................... VII
Liste des figures .................................................................................................................... VIII
Liste des annexes .................................................................................................................... IX
Liste des abréviations ............................................................................................................... X
Introduction............................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : PHASE CONCEPTUELLE
Chapitre I : Problématique de recherche ............................................................................ 3
Chapitre II : Recension des écrits: ....................................................................................... 8
I. Généralités ....................................................................................................................... 8
II. Facteurs entravant la réalisation des activités de la supervision des programmes
sanitaires : .............................................................................................................................. 13
III. Cadre de référence ..................................................................................................... 22
IV. La définition opérationnelle des concepts .................................................................. 23
V. But et question de la recherche : .................................................................................... 24
1. But de la recherche :................................................................................................... 24
2. Question de recherche : .............................................................................................. 24
DEUXIEME PARTIE : PHASE METHODOLOGIQUE
Chapitre III : Méthodologie ................................................................................................ 25
1. Devis de recherche ......................................................................................................... 25
1.1. Type d’étude : ........................................................................................................ 25
1.2. Milieu et lieu d’étude : ........................................................................................... 25
1.3. Le choix du milieu de l’étude : .............................................................................. 27
1.4. Population cible et échantillon : ............................................................................. 28
VI
1.5. Critères d’inclusion et d’exclusion ........................................................................ 29
1.6. Méthodes et instruments de collecte de données : ................................................. 29
1.7. Méthodes d’analyse des données : ......................................................................... 31
2. Considérations éthiques ................................................................................................. 32
Chapitre IV : Déroulement de la collecte des données ..................................................... 33
TROISIEME PARTIE : PHASE EMPIRIQUE
Chapitre V : Présentation des résultats de l’étude............................................................ 34
1. Résultats du focus groupe : ............................................................................................ 34
1.1. Caractéristiques des participants : .......................................................................... 34
1.2. Facteurs entravant la supervision des programmes de santé :................................ 35
2. Présentation des résultats des entretiens individuels ...................................................... 40
3. Résultats du questionnaire : ........................................................................................... 45
Chapitre VI : Analyse et discussion des résultats ............................................................. 53
Chapitre VII : Description des forces et limites de l’étude .............................................. 62
Chapitre VIII : Recommandations..................................................................................... 63
Conclusion............................................................................................................................. 65
Références bibliographiques
Annexes
VII
Liste des tableaux
Tableau 1: Différences synoptiques de quelques fonctions de gestion .................................. 11
Tableau 2: Situation démographique. .................................................................................... 26
Tableau 3: Les établissements de soins de santé de base à la province de Chichaoua 2011 . 26
Tableau 4: Répartition des participants à l’étude selon le profil et le grade. ......................... 45
VIII
Liste des figures
Figure 1: Sexe des participants. ............................................................................................. 34
Figure 2: Répartition des participants selon l’ancienneté dans le poste................................. 34
Figure 3: Répartition des participants selon le grade. ............................................................ 34
Figure 4: Répartition des participants selon le sexe ............................................................... 46
Figure 5: Répartition des participants selon l’âge .................................................................. 46
Figure 6: Répartition des participants selon l’ancienneté dans l’administration ................... 47
Figure 7: Répartition des participants selon l’ancienneté dans le poste................................. 47
Figure 8: Répartition des participants selon la distance du SIAAP ....................................... 47
Figure 9: Supervision des activités des programmes de santé par le SIAAP ......................... 48
Figure 10: Le rythme de la supervision ................................................................................. 48
Figure 11: Perception de l’activité de supervision ................................................................. 48
Figure 12: But de la supervision ............................................................................................ 49
Figure 13: La suffisance des missions de supervision ........................................................... 49
Figure 14: La perception de la façon de supervision ............................................................. 49
Figure 15: Présence d’attentes par rapport à la supervision................................................... 50
Figure 16: La relation avec les superviseurs .......................................................................... 50
Figure 17: Besoin d’être supervisé......................................................................................... 50
Figure 18: Déclaration du besoin de la supervision .............................................................. 51
Figure 19: Supervision de l’équipe par les gestionnaires....................................................... 51
IX
Liste des annexes
Annexe 1 : Carte géographique de la province de Chichaoua.
Annexe 2 : Guide du focus groupe.
Annexe 3 : Guide d’entretien avec le médecin chef de SIAAP (délégué par intérim).
Annexe 4 : Guide d’entretien avec l’administrateur économe provinciale.
Annexe 5 : Guide d’entretien avec le responsable du parc- auto.
Annexe 6: Questionnaire adressé aux gestionnaires des centres de santé.
Annexe 7 : Autorisation de collecte des données
X
Liste des abréviations
AVSC : L’association pour la Contraception Chirurgicale Volontaire
CSUA : Centre de Santé Urbain avec Module d’Accouchement
CHU : Centre Hospitalier Universitaire
CPE : Cellule Provinciale d’Epidémiologie
IEC : Information –Education -Communication
IRA : Insuffisance Respiratoire Aigue
IDE : Infirmier Diplômé d’Etat
LAT : Lutte Anti Tuberculose
MS : Ministère de la Santé
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
PSGA : Programme de Surveillance de la Grossesse et d’Accouchement
PNI : Programme National d’Immunisation
PF : Planification Familiale
PLMD : Programme de Lutte Contre les Maladies Diarrhéiques
PLMC : Programme de Lutte Contre les Maladies de Carence
PSS : Programme de la Santé Scolaire
RC : Rhumatisme Cardiaque
RSSB : Réseau de Soins de Santé de Base
SIAAP : Service d’Infrastructure des Actions Ambulatoire Provincial
SMI : Santé Maternelle et Infantile
1
Introduction
La supervision est un processus qui favorise la gestion durable et efficiente
des programmes de santé en encouragent une communication dans les deux sens,
ainsi que la planification et le suivi des résultats et de ce fait permet de garantir la
qualité des services.
En effet la réalisation de cette activité dépend de la disponibilité des
ressources humaines suffisantes et qualifiées, des ressources financières et
logistiques, et dépend aussi des perceptions de la supervision chez les superviseurs
et les supervisés ainsi que de l’organisation de cette démarche. Sans ces éléments, la
fréquence et la régularité de la supervision ne sont pas garantis.
A vrai dire, le manque d’occasion de supervision des professionnels est une
préoccupation qui retentis sur les compétences et la motivation des ces dernier pour
accomplir leurs tâches dans de meilleurs conditions. En effet, le personnel au niveau
ambulatoire intervient en interface entre la population et le système de santé. Par la
qualité de son travail, il améliore l’utilisation et la crédibilité des ces derniers .Or la
qualité du travail fourni par le personnel et intimement liés à la qualité de la
supervision dont il bénéficie.
Dans cette étude, nous allons explorer les différents facteurs entravant la
réalisation de la supervision comme activité de gestion au niveau du service
d’infrastructure des actions ambulatoires provinciale (SIAAP) de la délégation de
Chichaoua .Ces facteurs correspondent aux aspects déjà suscités.
Pour cela et dans le but de cerner le sujet, nous avons subdivisé ce travail en
trois phases, a) une phase conceptuelle qui présente la problématique , le cadre de
2
référence de l’étude ainsi que le but et la question de la recherche ;b) une phase
méthodologique qui décrit le devis de recherche et le déroulement de l’enquête ; c)
une phase empirique qui comporte les présentation des résultats , puis une discussion
aboutissant sur quelques recommandations.
Première partie
Phase
Conceptuelle
3
Chapitre I : Problématique de recherche
Dans un monde en perpétuel changement et en réforme continue, les unités de
production sont appelées aujourd’hui à assurer un degré de performance qui répond
aux besoins et aux exigences accrus d’une clientèle de plus en plus croissante et
consciente de ses droits aux services de qualité, cette situation nécessite un
investissement continu en ressources financières, humaines et logistiques.
Le domaine de la santé n’échappe pas à cette situation, puisqu’il s’agit d’un
secteur sensible présentant des caractéristiques complexes sur les plans social,
économique et managérial, la qualité du service à ce titre est une préoccupation et
une priorité principale, dépendante surtout des compétences des prestataires et du
niveau de leur encadrement (OMS, 2006). C’est dans ce sens que l’Organisation
Mondiale de la Santé (OMS) a fait de la disponibilité d’un personnel motivé et
mobilisé une des préalables à la mise en place des soins de santé primaires (OMS,
1978).
Dans cette optique, la prise de conscience du rôle de la supervision dans le
développement des compétences des professionnels de santé demeure une nécessité
absolue. Ce rôle se veut déterminant pour assurer un savoir, un savoir-faire et un
savoir-être garantissant le rehaussement du niveau des compétences et de capacités
professionnelles (Rehayem, 2003).
La supervision des activités de santé constitue alors l’un des piliers de
l’encadrement, ayant comme ultime finalité la promotion et l’amélioration continue
de la performance du personnels de santé, c’est aussi l’un des moyens les plus
efficaces pour stimuler les progrès des agents de santé, en particulier si les
descriptions de postes sont clairement rédigées et les agents sont informés sur la
4
manière dont ils doivent s’acquitter de leurs tâches (OMS, 2006). La raison d’être de
la supervision est de promouvoir l’amélioration continue de la performance du
personnel (flahault, 1988).
Dans ce sens, La prise de conscience du rôle accru de la supervision dans
l’amélioration de compétences des professionnels de santé est devenu une nécessité
incontestable pour les responsables de santé dans tous les pays, malgré cette
conscience, ce processus n’échappe pas à des contraintes qui se diffère d’un contexte
à l’autre. En Equateur, les études entre 1985 et 1990 ont montré que la supervision
des programmes sanitaires souffre de l’inefficacité et souvent insuffisante surtout
lorsqu’ elle est destinée aux individus au lieu à des équipes (Benavent et Madden,
2001).
Au Honduras, une organisation non gouvernementale qui s’occupe de la santé
de la reproduction adopte une stratégie pour améliorer et réaliser les activités de
supervision tout en réduisant le coût qui a été obstacle au paravent, les objectifs en
matière de prestation ont été atteints (Anne ; Linda ; PATH1 et Moly ,2003).
En Tanzanie, et pour épargner aux problèmes liés à l’absence d’outils
nécessaires pour réaliser les activités de la supervision dans le milieu ambulatoire,
l’équipe de gestion de la santé au niveau du district est intégrée et elle utilise une
matrice pour la mise en œuvre et le suivi de la supervision. Celle-ci est maintenant
plus fréquente et les agents de santé l’utilisent pour résoudre les problèmes (Anne ;
Linda ; PATH et Moly ,2003).
Au Maroc la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des programmes
sanitaires constituent une priorité du ministère de la santé, ils sont implantés dans le
1
Programme de technologie appropriée en matière de santé.
5
but de répondre aux besoins d’une population ciblée (mères et enfants….etc.), d’un
milieu spécifique, ou pour résoudre le problème de santé intéressant la population
dans sa globalité (Elbarmi, 1995). Les gestionnaires à tous les niveaux sont
conscients du rôle de la supervision de ces programmes. En dépit de cette
conscience, la supervision demeure toujours une activité de gestion négligée
nécessitant une restructuration afin de doter les superviseurs en moyens et en outils
requis, leur permettant de jouer leur rôle d’encadrement et de formation dans des
bonnes conditions (Benhmad, 2006). Dans cette optique, le ministère de la santé a
intégré la supervision comme instrument de coordination dans le cadre de la stratégie
d’amélioration de l’efficacité des services de santé (SAESS2,1993).
Au niveau provincial, la supervision joue un rôle primordial dans
l’encadrement et l’accompagnement du personnel des différents établissements de
soins de santé de base. En effet, elle offre pour cette catégorie l’opportunité de
contacter les responsables à même de mettre à leur disposition une information
constructive, une assistance pour la résolution de problèmes et les doter d’outils de
planification et de gestion nécessaires pour accomplir leur tâches et réaliser les
objectifs assignés aux différents programmes (Aboulfouioud, 1995). Le SIAAP est
appelé à jouer un rôle fondamental dans la mise en œuvre, le suivi et
l’accompagnement des professionnels des réseaux de soins de santé de base (RSSB)
(Aboulfouioud, 1995). D’ailleurs, la fonction de la supervision est l’une des
fonctions de gestion prioritaires à côté de la planification et la coordination des
activités des programmes de santé (Elhassani, 2010).
Au niveau de la délégation provinciale de Chichaoua, site de cette recherche,
le SIAAP et depuis sa création en 1992 intègre la fonction de supervision dans ses
2
Stratégie d’amélioration d’efficacité des services de santé.
6
différents plans d’action, surtout en matière de programmes de santé prioritaires. Un
plan d’action de supervision est établi annuellement par cet établissement dans le but
de répondre aux besoins des professionnels de santé en matière d’accompagnement
et d’encadrement. Cependant, malgré la prise en compte du rôle de la supervision
dans cette disposition, un diagnostic préliminaire de la situation montre une faible
réalisation de ces plans. Ainsi en 2010 le taux de réalisation du plan d’action de la
supervision n’a guère dépassé 9% (3 missions de supervision ont été réalisées sur 33
programmées). En 2011, jusqu’au mois de septembre aucune mission de supervision
n’a été réalisée (SIAAP Chichaoua, 2011). Devant Cette situation préoccupante, un
entretien préliminaire a été effectué auprès des responsables de SIAAP (infirmier-
chef de SIAAP, animateur d’épidémiologie, animateur des maladies chroniques),ces
derniers affirment que la réalisation des plans d’action de supervision reste l’un des
défis majeurs de l’équipe vu que de nombreux facteurs et obstacles entravent la
réalisation de ses missions, surtout ceux en relation avec la pénurie en ressources
humaines et logistiques mises à leur disposition. L’étude d’Elbarmi en 1995 sur
l’évaluation du processus de la supervision des programmes sanitaires par le SIAAP
de la province de Taounate, démontre que la non disponibilité des moyens, en plus
d’autres facteurs en relation avec la formation de base et le manque d’instruments
nécessaires, sont à l’origine de la non réalisation et de l’inefficacité ainsi que la rareté
des activités de supervision. Egalement, une autre étude faite par Elhassani (2010)
portant sur les fonctions de gestion au niveau du SIAAP, cas de la province Kenitra,
montre que durant l’année 2009 le SIAAP a supervisé seulement 11 formations
sanitaires parmi les 77 programmées, soit un pourcentage de 14.3%.
De surcroît, le parcours professionnel du chercheur au niveau de la délégation
du Ministère de la santé à la province de Chichaoua, en qualité d’infirmier-chef
7
responsable d’une formation sanitaire de base, montre que depuis les deux années
d’exercice, aucune activité de supervision n’a été réalisée par l’équipe du SIAAP,
bien qu’il a été toujours averti au préalable des dates de ces missions (registre de la
supervision du dispensaire rural 2009-2010). L’absence de cette opportunité
d’encadrement et d’accompagnement surtout lorsqu’il s’agit d’un début
professionnel, crée un sentiment de frustration et de démotivation, ce qui répercute
d’une façon ou d’une autre sur les performances et les réalisations des différents
programmes de santé. Conformément aux Munder et al (1995), qui expliquent que le
personnel au niveau des services de santé périphériques par la qualité de son travail,
son engagement et sa motivation, contribue directement à l’efficacité et à l’efficience
des programmes de santé, alors que tous ses attributs sont intimement liés à la qualité
de supervision dont il bénéficie.
Par conséquent, Le déficit en activités de supervision influe non seulement
sur le rendement, la motivation des personnels et la qualité de leurs prestations, mais
également sur le superviseur qui éprouve une incapacité d’apporter au personnel le
soutien dont il a besoin ((Benhmad, 2006).
Ainsi, il est primordial devant cette situation préoccupante de développer et
de donner à la réalisation des activités de supervision l’importance nécessaire pour
stimuler le personnel et le soutenir dans la production des prestations de qualité, de
même que l’amélioration continue de ses performances. A cet égard, toute personne
ayant des responsabilités de supervision joue un rôle déterminant pour l’atteinte des
résultats escomptés. (Rehayem ,2003).
8
Chapitre II : Recension des écrits:
I. Généralités
Ces lignes représentent un tour d’horizon des principaux écrits menés à
travers des réflexions et des études encadrant le thème de la recherche «supervision».
1. Définition de la supervision :
L’étymologie du mot « superviser » signifie éclairer au-dessus, être celui qui
tire en visant. La supervision est l’accompagnement d’une personne en situation
professionnelle par une autre personne plus expérimentée qu’elle dans ce métier. En
effet, le superviseur est le garant du cadre de travail, il exerce une vigilance aiguë sur
les contenus et les processus mis en œuvre (Rehayem, 2003).
En management, la supervision constitue un mécanisme de coordination par
lequel une personne se trouve investie de la responsabilité du travail des autres …et
une dynamique directe d’ajustement dans certaines complexités de l’organisation
(Mintzbergu, 1982).
Sur le plan opérationnel, la supervision est définie comme un processus
dynamique à travers lequel des personnes désignées par une organisation assurent la
responsabilité d’arriver à un meilleur usage des connaissances, les habilités du
personnel pour une plus grande efficacité, et la satisfaction tant du personnel que de
l’organisation en se basant sur la confiance réciproque (MSPP3, 2008).
Dans le domaine de la santé et selon l’OMS, la supervision est définie comme
étant « l’ensemble des mesures visant à s’assurer que le personnel accomplit ses
3
Ministère de la santé et de la population en Mauritanie
9
activités avec efficacité et devient plus compétent dans son travail», dont ce concept
supervision est rattaché à la fonction de formation. A ce titre, la notion de
supervision formative est définie par Marquez et kean (2002) cité dans le guide
d’utilisation des grilles d’appréciation de la qualité des prestations de SMI/PF(2011)
comme étant :
« un processus qui encourage la qualité à tous les niveaux du système de santé
en renforçant les relations au sein dudit système, en mettant l’accent sur
l’identification et la résolution des problèmes et en contribuant à
l’optimisation de l’allocation des ressources, la promotion de critères élevés,
le travail en équipe et la meilleure communication dans les deux sens ».
Dans le même sens, Le manuel de gestion de la circonscription sanitaire
(1995), élaboré par le Ministère de la santé, a souligné que « la supervision est un
encadrement qui implique le soutien du personnel supervisé par la motivation, et la
formation pratique et la démonstration ».
Compte tenu de ce qui précède, il s’avère que la supervision des ressources
humaines demeure une activité très complexe, eu égard la prise en considération de
plusieurs comportements (Rehayem, 2003) et la mise en place de différentes
compétences de gestion et de leadership est nécessaire.
A ce propos, Flahalut (1988) estime que la supervision permet aux
gestionnaires de santé de s’assurer de la compréhension des instructions et de
l’exécution efficace des tâches.
2. Intérêts de la supervision :
La préoccupation perpétuelle de fournir des soins et des prestations de service
de qualité, dans un contexte où les ressources s’effritent, apprécie l’intérêt de la
supervision dans la gestion des services de santé. En effet, Par son action sur les
10
ressources humaines, la supervision évite la dégradation de la qualité du travail,
renforce et maintient les compétences professionnelles (Elbarmi, 1995), pour
assumer convenablement leurs tâches (Benhmad, 2006).
Dans cette optique, le directeur de l’OMS a souligné, dans un discours au
forum de haut niveau à Paris en 2005, que « Nous devons collaborer pour que
chacun, partout dans le monde, puisse compter sur un agent de santé motivé, qualifié
et bien soutenu ».
Et donc, La supervision aide à comprendre les enjeux relationnels, avec
l’analyse des pratiques, dans un espace de dialogue, elle permet de confirmer la
place active du professionnel et concourt à la validation des compétences
(Schuhl, 2010).
Selon Wollast et Vekmans (1993), la supervision permet de fournir une
formation continue au personnel, d’évaluer la qualité du travail, et de maintenir le
dialogue avec les professionnels, d’accroître l’efficience, l’efficacité et d’améliorer
l’accessibilité des services (Munder et al, 1993).
Dans la même ligne de pensée, Benavente et Madden (2001), soulignent que
le but de tout système de supervision est d’assurer la qualité du programme et des
activités de la formation sanitaire.
A l’instar de ces écrits, il est essentiel d’assurer l’encadrement du personnel
pour le bon fonctionnement d’une organisation, sans omettre que la performance
organisationnelle est basée sur plusieurs aspects tels les résultats financiers, la
qualité, le service à la clientèle et le rendement individuel des employés de
l’entreprise. A cet égard, toute personne ayant des responsabilités de supervision joue
11
un rôle déterminant pour l’atteinte des résultats escomptés. (Anne ; Linda ; PATH et
Moly, 2003).
Certes, La supervision est d’une manière générale fait partie des fonctions de
gestion à savoir :a) la planification, b) l’organisation, c) le contrôle, d) et la direction
(Simmons ,1987). Il s’agit, en effet, d’un moteur de tout progrès en matière de santé
(Benhmad, 2006). Pourtant, il sera primordial de clarifier ce concept «supervision »
avec d’autres fonctions. Le tableau ci-dessous montre et révèle ces différences.
Tableau 1: Différences synoptiques de quelques fonctions de gestion
Concept Cible Issue Acteur Moment Gradient
d’autorité
Conformité Appréciation La hiérarchie Programmé +++
inspection aux positive ou ou ses ou à
règlements et négative délégués l’improviste
normes
Norme Ecart A tut moment +++
control technique technique ou Technicien
disciplinaire
Activités Amélioration Gradient de Annoncée et +
Supervision selon de la compétence périodique
directives compétence
La hiérarchie +/-
monitorage indicateur Apporter les ou Permanant
corrections prestataires
Cible Améliorer la Ponctuelle ou + /-
évaluation universelle mise en ouvre Expert continue
coordination Activité Harmoniser Chef de Permanant ++
l’exécution service
Source : Ministère de la santé du Cote D’ivoire. Guide de supervision, 2000.
Ces nuances entre les différents concepts doivent amener les responsables à
tous les niveaux de faire un effort, d’appréhender et de saisir toute occasion afin de
préserver et de sauvegarder le vrai sens de la supervision.
3. Niveaux de supervision dans le système de santé :
En général les activités de supervision sont échelonnées sur quatre niveaux :
central, régional, provincial et opérationnel.
12
Le niveau central :
Selon le module de gestion des programmes de santé (INAS ,2005) le niveau
central joue le rôle d’appui actif du système régional et provincial, lui permettant
d’acquérir les ressources nécessaires ainsi que les différentes directives techniques et
politiques, il reçoit d’une façon continue les bilans d’activités des différents
programmes provenant des provinces, les exploitent et renvoie un feed-back.
Le niveau régional :
Depuis leur constitution en 2005, les régions sanitaires jouent un rôle
intermédiaire pertinent dans l’encadrement et la supervision des délégations relevant
de leurs territoires, en mettant à leur disposition le soutien nécessaires pour
accomplir les tâches liées aux différents programmes de santé.
Le niveau provincial :
La supervision occupe une place importante dans le processus de
planification des activités à entreprendre au niveau provincial (Elhassani ,2010).
Dans ce niveau, les superviseurs établissent des contacts avec les responsables des
formations sanitaires, dans le but d’assurer un accompagnement dans la résolution
des problèmes, de présenter des recommandations permettant d’aider le personnel à
réaliser ses activités liées aux différents programmes de santé, et ensuite de les doter
d’outils nécessaires pour effectuer une supervision interne.
Le niveau opérationnel :
Les responsables des établissements de soins de santé de base jouent ici un
rôle essentiel, ils renforcent le rôle du niveau supérieur. Au Maroc et Selon Benhmad
(2006), cette supervision requiert deux aspects : a)l’aspect quantitatif relatif à la
réalisation arrêtée par les différents niveaux supérieur ; b) l’encadrement du
personnel opérationnel pour améliorer son savoir et son savoir-faire.
13
4. Démarche de la supervision :
Selon le guide d’utilisation des grilles d’appréciation de la qualité des
prestations de SMI/PF (2011), la démarche de la supervision au niveau du SIAAP est
constituée de cinq étapes qui sont : a) Présenter les objectifs et les modalités de
déroulement de la visite de supervision à l’équipe de la formation sanitaire visitée ,
b) Faire un diagnostic de l’établissement en suivant le canevas de la grille pour
identifier les lacunes et résumer les informations recueillies, c) Observer la prise en
charge des cas, renforcer les compétences et résumer les informations recueillies, d)
Organiser une réunion pour discuter et résoudre les problèmes identifiés, e) Rédiger
un rapport sommaire de la visite et établir un plan d’amélioration.
II. Facteurs entravant la réalisation des activités de la supervision des
programmes sanitaires :
La réalisation des activités de supervision fait partie des fonctions principales
des responsables de la santé. Au niveau de SIAAP, elle constitue une attribution
primordiale (Elhassni, 2010), ainsi plusieurs facteurs peuvent entraver cette fonction,
ce qui retentit négativement sur le rendement, l’efficacité, la qualité des prestations
en général et des programmes de santé en particulier.
Au Guatemala, le taux d’abandon du personnel a été obtenu grâce à un
entrainement et à une supervision efficace. Tandis qu’en Inde et au Thaïlande,
l’échec de certains programmes sanitaires publics a été expliqué par le manque
d’activité de supervision (Anne ; Linda ; PATH et Moly ,2003).
Parmi les facteurs entravant la réalisation des activités de supervision, il s’est
noté que l’effectif des superviseurs des programmes sanitaires est insuffisant,
14
(Direction de la population, 2005), le manque des ressources humaines dans le
domaine de supervision a poussé quelques pays à impliquer des organisations non
gouvernementales (ONG) dans le processus de supervision, le cas de l’Inde (région
Andhra Paradesh). Certes, avec plus de 1500 centres de santé à visiter, la supervision
est une tâche énorme qui exige beaucoup de ressources humaines. (Anne, Linda,
PATH et Molly, 2003).
En sus de l’effectif réduit de superviseurs dans plusieurs sites, la compétence
constitue un obstacle devant la réalisation des activités de supervision, selon Anne,
Linda, PATH et Molly, et all (2003) les superviseurs n’ont pas souvent les
compétences techniques, managériales de supervision nécessaires pour évaluer
efficacement les formations sanitaires dans les nombreux secteurs dont ils sont
responsables.
Outre l’évaluation des prestations, les superviseurs sont également censés
d’effectuer un suivi des services, d’évaluer la gestion et de veiller à la bonne marche
des chaînes d’approvisionnement des formations sanitaires, tout cela en bref temps.
Par conséquent, ils ne sont pas en mesure de fournir les conseils techniques et le
feed-back adéquat pour améliorer la prestation de service.
D’après Ben Salem et Beattie (2003), les superviseurs doivent avoir des
solides connaissances techniques pour les tâches qu’ils exécutent et ils doivent savoir
comment et à quel moment faire appel à d’autres personnes ressources.
En Guinée, les superviseurs estimaient qu'ils faisaient partie de l'équipe de la
structure de santé et les participants étaient d'avis qu'il y avait une meilleure
prestation de service du fait du renforcement des compétences des superviseurs. Les
clients des sites d'intervention étaient « très satisfaits » des services dont ils ont
15
bénéficié en général — 69,8 % dans les sites d'intervention contre 48,4 % dans les
sites témoins (Bradley et al, 2002).
Le superviseur doit avoir donc des compétences pour pouvoir superviser. Les
plus importantes sont soulignées par Katz cité par Rehaem (2003), il s’agit des
compétences relationnelles, techniques, et managériales.
Parallèlement, Engenderhealth (2002) a constaté que les superviseurs qui
possèdent les caractéristiques suivantes, les compétences et l’expérience sont mieux
équipés pour accomplir des missions de supervision efficaces : a) une qualité de
leadership ,b) une bonne aptitude de communication , c) une volonté de
responsabiliser les autres et d’offrir des opportunités de croissance, d) une capacité à
travailler efficacement en équipe, e) une expérience dans le domaine de prestations
de services, f) une flexibilité, g) une ouverture aux nouvelle idées, h) et une
empathie. Aussi, Elbarmi (1995) a souligné que le superviseur doit disposer de
compétences lui permettant de promouvoir la qualité du travail , d’aider , d’orienter
et de soutenir le personnel.
Le manque de formation en matière de supervision peut aussi influencer
négativement sur la réalisation des activités de supervision, ainsi dans de nombreux
cas, un membre du personnel est promu au rang de superviseur en raison juste de sa
fiabilité, de son bon travail, de son expertise technique ou de son ancienneté dans une
organisation, et la confiance lui est accordée pour superviser d’autres personnes.
En revanche, le superviseur ne peut pas suivre des membres du personnel
dont leurs tâches qui n’ont aucun rapport avec sa propre expérience (Ben Salem et
Beattie, 2003). De ce fait, la formation assure au superviseur les compétences de
base pour que sa supervision soit efficace, et au personnel la compréhension du
16
système, ainsi que sa contribution aux objectifs généraux des activités de supervision
(Ait Bouhouch, 2004).
Au Zaïre, dans la zone de santé de RUTSHURU, la restructuration a porté sur
la formation des superviseurs permettant d’améliorer les performances des centres de
santé qui ont été supervisés par des superviseurs et de multiplier également les
chances de les contacter et d’assurer leur suivi. (Eerencs et al, 1991)
En outre, les ressources consacrées à la formation en matière de supervision
sont minimes. Les formateurs reçoivent peu ou pas de formation dans les domaines
de la communication, de la prise de décision, et le renforcement en compétences
professionnelles (Bradely, 2005).
L’importance donnée à l’activité de supervision par les responsables reste un
facteur clé de la réussite de son processus. Dans ce cadre, la direction de la
population au ministère de la santé du Maroc a mis l’accent sur ce facteur dans son
analyse de la politique de la santé de l’enfant au Maroc (2005), en soulignant que la
non réalisation d’une supervision efficace est liée à une très faible implication des
superviseurs peu sensibilisés sur l’importance de cette activité.
Dans le même cadre, l’étude menée par Elbarmi (1995) sur l’évaluation du
processus de supervision à la délégation de Taounate, a montré que l’importance
qu’occupe la supervision dans les attributions des animateurs reste secondaire, ainsi
il ne représente que 10% du temps disponible durant l’année dans le cadre de chaque
programme.
De plus, la réalisation d’une activité de supervision nécessite un système de
supervision bien défini, il s’agit d’un ensemble de règles, de procédures, de principes
17
à respecter. Il aide le gestionnaire à planifier, à diriger, et à contrôler de manière
adéquate les performances aussi bien des institutions que des employés (Ministère de
la santé publique et de la population, 2008).
En effet, une activité de supervision ne serait réalisée sans une démarche de
planification et une perception claire des priorités d’observation parmi l’ensemble
des services susceptibles d’être l’objet d’une supervision : de quel programme ou de
quelle activité, de quel service, de quel type de personnel faut-il s’occuper d’abord ?
En d’autres termes, le superviseur, à partir des besoins diagnostiqués, prépare un
calendrier de supervision, établit des priorités, fixe des objectifs et décide
préalablement les activités à entreprendre (Elbarmi, 1995) qu’il faut tenir compte de
trois facteurs : le temps, le coût et les ressources humaines, indiquant la faisabilité
opérationnelle de la supervision (Ministère de la santé de Cote D’ivoire, 1999).
En s’intégrant dans cette mouvance, la démarche de planification de
supervision nécessite des méthodes et des instruments proposées par Woullast et al
(1993) dans le cadre de la gestion des programmes de planification familiale, comme
l’observation du fonctionnement de service, l’examen des documents, le contrôle des
stocks, l’évaluation des performances et la formation continue.
En sus des méthodes, la disponibilité d’instruments fiables et valides pour
effectuer les activités de supervision est une condition préalable (Anne ; Linda ;
PATH et Moly ,2003), ils sont généralement constitués de classeurs ou de dossiers de
superviseur qui réunissent les documents administratifs et techniques les plus
importants (manuel des directives, rapport de supervision précédent, rapport de
réunions). A ce sujet, le manuel de supervision élaboré par le ministère de la santé
Mauritanien cite les protocoles comme outil de planification des activités de
18
supervision permettant à répondre aux questions suivantes : quoi superviser ?
Comment le faire ? Et quand ?.
Les protocoles de supervision sont des références méthodologiques, leur
élaboration et leur utilisation sont conditionnées par l’existence préalable de
politiques publiques, de normes techniques, de procédures, de directives, exprimées
formellement à travers des documents. (MSSP ,2008).
En plus, les responsables de supervision doivent être dotés de grilles, ou des
listes utilisées au cours de l’activité de supervision. Ces listes varient d’un niveau
institutionnel à un autre et d’un programme à un autre. Le superviseur utilise la grille
ou la liste de contrôle pour noter ses observations. C’est aussi sa principale référence
pour rédiger son rapport de supervision (MSPP, 2008). Enfin, les fiches de synthèse
des résultats de la supervision constituent un outil qui résume de manière claire le
bilan de l’activité, permettant par la suite la prise de décision convenable (MS du
Cote D’ivoire, 2000).
Toujours dans le volet organisationnel, la disponibilité d’un système
d’information et de gestion relatif à l’activité de supervision est primordiale pour des
missions efficaces et régulières. Selon une étude de Benhmad (2006), et parmi les
dysfonctionnements explorés dans le processus de supervision des programmes de
santé à la délégation de Salé, l’auteur a cité l’absence d’un système d’information lié
aux activités de supervision qui permet d’assurer son suivi et son évaluation.
Parler de contraintes liées à la réalisation des activités de supervision sans
entamer le volet financier et logistique, qui jouent un rôle important dans la réussite
de chaque programme ou activité de santé, est indispensable. Le budget de santé ne
prévoit pas suffisamment de fond pour réaliser les activités de supervision ce qui
19
rend difficile le financement et la coordination des visites régulières. (Ben Salem et
Beattie, 2003).
En effet, le budget nécessaire du transport et des moyens de substance, pour
une supervision d’une zone géographique, est insuffisant ou indisponible. Pour
effectuer les visites requises, les superviseurs de certains programmes soutenus par
l’association pour la contraception chirurgicale volontaire (AVSC) en Afrique ont
indiqué qu’ils se déplaçaient dans des taxis loués à la journée-solution ingénieuse
mais difficile à soutenir à long terme (Anne ; Linda ; PATH et Moly , 2003).
Concernant la logistique, elle est souvent liée à la disponibilité d’un moyen
de transport adéquat. Une étude mené par la direction de la population en 2005 sur la
politique de santé de l’enfant au Maroc, a évoqué le manque de moyens de mobilité
comme raison d’insuffisance des activités de supervision dans beaucoup de sites.
Certes, Aboulfouioud (1995) a ressorti l’insuffisance de moyen de transport,
retentissant sur le volet quantitatif de l’activité de supervision, dont 90% des
missions de supervision ne sont pas réalisées dans les sites de son étude.
Dans une autre étude, Elhassani (2010) a fait la même constatation, il a
souligné que le moyen de mobilité réservé pour le transport des superviseurs est
chargé par d’autres missions, ce qui réduit le temps de la supervision.
En outre, la matrice de l’équipe de district de la Tanzanie a fait ressortir
l’insuffisance de moyens logistiques notamment de mobilité, pour effectuer les
visites de supervision formative nécessaires. En conséquence, le ministère de la santé
a acheté un véhicule pour la supervision de chaque district et a formé des
responsables du transport grâce à un financement de divers bailleur de fonds. (Anne ;
Linda ; PATH et Moly ,2003).
20
Le problème de transport s’accentue lorsqu’ il s’agit de couvrir un grand
territoire géographique inaccessible, où des obstacles avec une infrastructure routière
défaillante restreignent les activités de supervision.
En effet, pour le superviseur, son passage en route durant une journée entière,
pour arriver au site, amenuise la durée de son activité, et durant toute une matinée
pour les visites protocolaires avec les représentants officiels du district ou de la
formation sanitaire, il n’aura probablement pas l’occasion de parler au personnel à
divers niveaux ou d’étudier des problèmes particulières avant de reprendre la route
pour l’étape suivante (Beverly et Karen , 2003).
Après une telle visite et avec la contrainte d’inaccessibilité des centres de
santé supervisés, il se peut que le superviseur demande que certaines choses soient
changées, suivies ou améliorées. Mais du fait que ni le superviseur, ni le personnel
du centre ne savent quand aura lieu la prochaine visite, personne ne prend vraiment
la responsabilité de veiller à ce que ses instructions soient suivies. Ces brèves visites
limitées et très espacées ne donnent guère l’occasion au superviseur d’aider à la
résolution des problèmes qui empêchent l’amélioration continue de la qualité.
(Elbarmi, 1995).
La revue de la littérature a relevé également un volet assez intéressant dans la
réussite du processus de supervision, il s’agit des supervisés et de leur perception de
l’activité de supervision, ainsi que leur engagement dans sa réussite.
D’après Elbarmi (1995), le personnel interrogé dans le cadre de son étude,
perçoit l’activité négativement dans certains de ses aspects, elle est souvent
comparée à un contrôle qu’un soutien de la part des superviseurs, l’insuffisance des
21
apports de la supervision perçue par le personnel constitue donc un handicap pour le
développement de cette activité.
La même recherche a relevé que l’aspect relationnel présente des
insuffisances pour certains supervisés .Le sentiment d’infériorité, l’utilisation des
résultats de la supervision pour d’autres fins et le déroulement de la supervision sous
forme d’interrogatoire constituent des limites de la supervision. Helmut, Thomas et
Bergis (2004), parlent d’un climat de confiance qui doit régner dans la relation
superviseur/supervisé.
En termes de cette revue de littérature, il est constaté que la supervision joue
un rôle déterminant dans l’encadrement des agents au niveau opérationnel. Pourtant,
la réalisation des activités de supervision reste une mission très complexe, qui
demande des préalables et des règles de bases pour sa réussite. Les différents
documents consultés dans le cadre de cette recension ont mis en évidence les facteurs
entravant la réalisation de cette mission. Ces facteurs touchent en général six aspects
qui sont : a) des facteurs liés au superviseur, b) des facteurs organisationnels, c) des
facteurs financiers et logistiques, d) des facteurs liés à l’environnement, e) des
facteurs institutionnels, f) et des facteurs liés aux supervisés .
22
III. Cadre de référence
A la lumière de la lecture, de la synthèse et de l’analyse documentaire, un cadre
conceptuel a été opté comportant les différents facteurs qui entravent la réalisation
des activités de supervision des programmes sanitaires au niveau provincial, afin de
les transcender et garantir la quintessence de ce concept.
La synthèse, la combinaison et la confrontation des différents écrits ont permis
de structurer ce cadre conceptuel comme suit :
Le cadre conceptuelle
Facteurs liés aux Facteurs organisationnels : Facteurs financier
superviseurs : et logistique :
Planification
Effectif Disponibilité Budget
Compétences d’instruments Moyens de
Formation Système d’information mobilité
Perception de
l’activité de
supervision
La réalisation de la supervision des programmes de
santé
Facteurs liés à Facteur institutionnel Facteurs liés aux
l’environnement : Disponibilité de supervisés ;
Géographie méthodes et approches Perception de
de supervision l’activité de
Accessibilité supervision
Confiance
23
IV. La définition opérationnelle des concepts
Effectif : C’est le nombre d’animateurs des programmes de santé au niveau de la
délégation.
Compétences : Qualification professionnelle constitué de l’ensemble des savoirs,
savoir faire, savoir être, caractérisant un individu dans l’exercice de ses fonctions.
Formation : Enseignement destiné à donner (à une personne ou un groupe) les
connaissances théoriques et pratiques nécessaires à l’exercice d’un métier ou d’une
activité.
Planification : Dans l’étude, c’est la démarche de programmation de l’activité de
supervision en vue d’atteindre son but, elle s’appuie sur l’analyse des tâches à
effectuer, leur ordonnancement et les procédures d’exécution qui doivent être associé
pour atteindre le résultat souhaité.
Système d’information : C’est l’ensemble des informations qu’on utilise ainsi que
l’ensemble des processus assurant la collecte, la transmissions la reproduction, et
l’accomplissement des missions.
Budget : Le budget est une expression quantitative des plans d’action de la
délégation.
Accessibilité : c’est la capacité d’accéder et de contacter les responsables au niveau
du terrain avec les moyens disponibles.
Confiance : Dans l’étude la confiance est définie comme l’aspect du comportement
humain qui peut régir la réaction entre les deux profils : le superviseur d’une part et
le supervisé d’autre part.
24
V. But et question de la recherche :
1. But de la recherche :
Le but de cette recherche est d’explorer les facteurs qui entravent la
réalisation de la supervision des programmes sanitaires au niveau du SIAAP de la
délégation de Chichaoua.
2. Question de recherche :
Quels sont les facteurs qui entravent la réalisation de la supervision des
programmes sanitaires au niveau du SIAAP de la délégation de Chichaoua ?
Deuxième partie
Phase
Méthodologique
25
Chapitre III : Méthodologie
1. Devis de recherche
1.1. Type d’étude :
Pour répondre à la question de recherche, le chercheur a opté pour une étude
exploratoire quantitative du premier niveau, qui vise à explorer les facteurs entravant
la réalisation des activités de supervision des programmes de santé au niveau de la
délégation de Chichaoua.
1.2. Milieu et lieu d’étude :
1.2.1. Milieu d’étude :
La détermination du lieu propice de l’étude s’avère une étape cruciale dans
tout processus de recherche. En effet, la présente étude a comme site d’étude la
province de Chichaoua, qui fait partie de la région Marrakech -Tensift-Elhaouz. Sa
Superficie est de : 6872 km2 soit 1% de la superficie du pays et 23% de la région, la
densité kilométrique est 45 habitants/km2.
Ces Limites géographiques sont : a) Nord : Safi, b) Sud : Agadir et
Taroudant, c) Est : Marrakech Elhaouz, d) Ouest : Essaouira. (Voire carte annexe 1)
Concernant la Composition et le découpage administratif, elle est composée
de : a) 02 municipalités, b) 33 communes et 13 Keyada, c) 04 cercles.
La situation démographique de la province au titre de l’année 2011 est la
suivante :
26
Tableau 2: Situation démographique.
Indicateur Effectif
Population totale 347000
Urbain 47000
Rural 300000
% Urbain 13.54%
% Rural 86.46%
Source : Monographie de la province de Chichaoua, 2011.
1.2.2. Lieu de l’étude :
Le lieu d’étude choisi est le SIAAP de la délégation de Chichaoua, créé en
1992, sa mission principale est d’assurer la coordination, la planification et
l’évaluation de programmes sanitaires et des actions ambulatoires au niveau de la
province.
Le tableau ci- dessous présente les établissements de soins de santé de base
relevant de cette structure et le nombre d’habitants par structure.
Tableau 3: Les établissements de soins de santé de base à la province de Chichaoua
2011
Types d’établissements Nombre
Centres de santé urbains avec lits (csua) 01
Centres de santé urbains 0
Centres de santé communaux avec module d’accouchement 15
Centres de santé communaux 18
Dispensaires ruraux 13
Total établissements 48
urbains 2
ruraux 46
Nombre d’habitants par établissement de soins santé de base 7229
Nombre d’habitants par établissement rural 6522
Source : site web du ministère de la santé :[Link]é .[Link]
27
Concernant les ressources humaines du SIAAP de Chichaoua, elles sont composées
de : a) Médecin chef de SIAAP ; b) Major du SIAAP (animateur du programme
national d’immunisation (PNI) et du programme d’information- éducation-
communication (IEC) ; c) 02 animateurs au niveau de la cellule provinciale
d’épidémiologie (CPE) ; d) Une animatrice du programme de la surveillance de la
grossesse et d’accouchement (PSGA) ;e) Un animateur du programme de lutte anti-
tuberculose (LAT) et du programme de la santé scolaire (PSS) ; f) Une animatrice du
programme de planification familiale (PF) ;g) Un administrateur 3ème grade ;h) une
animatrice du programme de lutte contre les maladies diarrhéiques (PLMD) , de lutte
contre les maladies de carence (PLMC), de lutte contre les infections respiratoires
(IRA) ; de lutte contre le rhumatisme cardiaque (RC) et de formation continue et i)
une secrétaire.
1.3. Le choix du milieu de l’étude :
Le choix du milieu d’étude est lié principalement à l’irritation personnelle du
chercheur, comme ancien infirmier responsable d’une formation sanitaire de base au
niveau de cette province, ainsi ce dernier n’a pas bénéficié d’aucune visite de
supervision durant les années d’exercice au niveau de ce site.
En plus, le problème d’insuffisance en matière de visites de supervision est
toujours posé par les responsables du SIAAP pendant leurs réunions périodiques.
Leur engagement à participer et à contribuer à la réalisation de cette étude naît de
leur conscience de l’ampleur de la problématique, a encourager l’auteur à entamer
l’étude surtout avec la facilité d’accès à l’information et la connaissance approfondie
de ce lieu.
28
1.4. Population cible et Echantillon :
1.4.1. Population cible :
S’agissant de l’étude des facteurs entravant la réalisation des activités de
supervision par l’équipe du SIAAP et comme il a été précisé dans la question de
recherche , la population cible de l’étude se compose de trois catégories à savoir : a)
l’équipe du SIAAP regroupant l’infirmier-chef et les animateurs des différents
programmes qui sont au nombre de sept , b) les responsables de la délégation
notamment le délégué provincial (représenté par le médecin - chef du SIAAP par
ordre) , l’administrateur provincial 1er grade et le responsable du parc-auto, c) et les
gestionnaires des centres de santé chefs-lieux (vingt centres de santé) relevant de la
délégation médicale de Chichaoua qui sont au nombre de quarante entre infirmier-
chef et Médecin-chef. Le choix des gestionnaires et lié surtout à leur mission
d’intermédiaires entre le SIAAP et le personnel exerçant au niveau des différents
établissements de soins de santé de base, de plus la majorité des activités de
supervision est programmée pour ces centres chefs- lieux.
Pour plus d’informations sur l’étude, il a été jugé utile d’exploiter tous les
documents, notamment les rapports de supervision, les PV des réunions effectuées au
niveau du SIAAP, surtout ceux qui abordent la problématique liée au manque des
missions de supervision et également de contacter toutes les personnes ressources
pouvant apporter un ajout au sujet.
1.4.2. Echantillon :
Après avoir déterminé la population cible de ce travail de recherche, il est utile
de procéder au choix de l’échantillon et de veiller à ce que ce dernier sera plus
représentatif par rapport à la population (Fortin ,1996).
29
Pour les animateurs des programmes sanitaires et les gestionnaires des centres
de santé ils ont fait l’objet d’un échantillonnage exhaustif. Concernant les
responsables de la délégation, l’échantillonnage est fait par choix raisonné.
1.5. Critères d’inclusion et d’exclusion
1.5.1. Critères d’inclusion : Sont inclus dans l’étude, l’infirmier-chef du SIAAP
et les animateurs des programmes sanitaires. En plus du délégué
provincial (M/C du SIAAP par ordre), l’administrateur économe
provincial, le responsable du parc-auto et enfin les gestionnaires des
centres de santé chefs-lieux.
1.5.2. Critères d’exclusion : Sont exclus de l’étude le reste du personnel
administratif du SIAAP et de la délégation provinciale, les médecins chef
et les infirmiers chef des établissements de soins de santé de base chefs -
lieux qui ont participé au test préliminaire du questionnaire (quatre
gestionnaires), ainsi que l’animateur de la CPE l’encadrant de cette
recherche.
1.6. Méthodes et instruments de collecte des données :
L’objectif essentiel de la méthode de collecte des données dans ce type
d’étude exploratoire est de collecter le maximum d’informations en relation avec la
thématique étudiée. Ceci dans l’ultime but de faire le tour des diverses dimensions du
phénomène étudié. C’est ainsi que la validité et la fiabilité des données recueillies
impliquent l'utilisation de la méthode la plus appropriée pour ce genre d'étude.
Les méthodes retenues pour la collecte des données sont les suivantes :
30
1.6.1. Le focus groupe :
Le focus groupe (annexe 2) à été choisi comme méthode de collecte de
données auprès de l’équipe du SIAAP, il a comme ultime objectif d’identifier les
problèmes inhérents à la supervision et leurs causes. Il a regroupé six personnes qui
sont : a) l’infirmier-chef du SIAAP animateur du PNI et du programme d’IEC ,b)
l’animatrice à la CPE , c) l’animatrice du PSGA ; d) l’animatrice de la planification
familiale , e) l’animateur de la santé scolaire et universitaire et PLAT et f)
l’animatrice des programmes PLMD, PLMC ,RC, IRA ,et du programme de la
formation continue .
Les axes de discussion ont portés sur les thèmes suivants : a) L’importance
donnée à l’activité de supervision) Les difficultés rencontrées pour effectuer les
missions de la supervision, c) Les préalables pour une supervision efficace.
Le recueil des donnés a été réalisé à l’aide d’un enregistrement audio après
consentement et accord préalable des participants, le contenu de cet enregistrement a
été supprimé après la transcription des différentes informations qui le compose.
1.6.2. Grille d’entretien :
Dans le but d’explorer les différents aspects relatifs au sujet d’étude, on a usé
d’une grille d’entretien semi directif destinée au personnel administratif de la
délégation, notamment, le médecin chef du SIAAP (délégué provincial par ordre),
l’administrateur économe provincial et le responsable du parc-auto. Le contenu de
cette grille à porté sur un ensemble de questions servant comme guide d’entretien
parallèlement au but et à la question de recherche. (Annexe 3, 4,5).
31
1.6.3. Le questionnaire :
Le questionnaire (annexe 6) constitue l’outil le plus convenable assurant
l’anonymat, la confidentialité ainsi que la liberté d’expression des participants. Ce
questionnaire à été adressé aux gestionnaires des centres de santé à savoir les
infirmiers-chefs et les médecins-chefs des centres de santé chefs-lieux, dont
l’objectif est de cerner la problématique liée au manque des missions de supervision
effectuées par l’équipe du SIAAP, de saisir l’avis des professionnels, premiers
concernés par ce processus et également de chercher comment ils peuvent contribuer
à encourager et à gratifier la réussite de cette activité.
La préparation du questionnaire s’est déroulé en respectant les étapes
suivantes :a) identification des informations essentielles à recueillir, b) rédaction
d’une première version des questions présentée à des personnes ressources dans le
domaine pour apporter les ajustements nécessaires, c) pré-test du questionnaire
auprès d’un groupe de deux infirmiers chef et deux médecins chef relevant des
centres de santé chefs -lieux. Ce test à permis d’introduire des modifications, de
vérifier la pertinence, la clarté et la compréhension des questions, et d) suite à ce pré-
test, la dernière version du questionnaire à été administrée directement aux
participants au niveau des centres de santé chefs-lieux (Trente six gestionnaires dont
seize infirmiers chef et seize médecins chef).
1.7. Méthodes d’analyse des données :
Les données récoltées via les méthodes choisies ont été traitées à l’aide des
techniques d’analyse descriptives et du contenu. Ainsi, les données des interviewés et
l’entretien semi directif sont interprétées à travers une transcription fidèle de ce qui a
32
été signalé, en les découpant, en les classant et en les confrontant sous forme de
thèmes , puis une synthèse descriptive analytique a été entamée.
Pour le questionnaire adressé aux gestionnaires des centres de santé chefs-
lieux, des logiciels notamment (Excel et SPSS) ont été utilisés permettant la
tabulation des données et leurs configurations graphiques appropriées.
2. Considérations éthiques
Dans tout travail de recherche éthiquement valide, il y aura lieu de se
conformer à un certain nombre de fondamentales éthiques dont l’importance
constitue une nécessité incontournable.
Plusieurs éléments de l’aspect éthique sont considérés lors de la réalisation
de cette étude, ceci dans la finalité de respecter la dimension éthique de la recherche,
citant entre autres : a) le consentement libre et éclairé des participants par
l’information complète sur l’étude et son but, b) l’engagement solennel de garantir le
droit à l’anonymat et à la confidentialité des données récoltées, c) le respect du droit
à la protection contre l’inconfort et le préjudice puisque l’étude n’engendre aucun
préjudice à l’encontre des participants. Enfin, le travail à été soumis au comité de
recherche qui a validé la thématique à l’étude et veillait au respect des valeurs
éthiques.
33
Chapitre IV : Déroulement de la collecte des données
La collecte des données a été précédée par une demande d’autorisation
adressée au directeur régional de la santé à la région Rabat -Salé- Zemour -Zaïre,
sous couvert de la voie hiérarchique au cours du mois de Février (annexe 7).
L’autorisation obtenue à été faxée dans les brefs délais possibles à la délégation
provinciale de Chichaoua pour information préalable.
Une visite du site avait lieu par la suite, dans le but de se mettre en contact
avec les responsables de la délégation, de solliciter de nouveau leur contribution et
de garantir un accès facile à l’information et à l’établissement de santé sujet d’étude,
tout en expliquant le but de la recherche, son apport souhaité ainsi que les conditions
de sa réalisation.
Des rendez-vous ont été pris avec les différents responsables pour effectuer
le focus groupe, les entretiens semi directifs et la distribution des questionnaires. La
collecte des données a été effectuée durant la deuxième semaine du mois d’avril
2012.
Troisième partie
Phase
Empirique
34
Chapitre V : Présentation des résultats de l’étude
1. Résultats du focus groupe :
1.1. Caractéristiques des
d participants :
Figure 1:: Sexe des participants.
sexe des participants Le graphique montre que le sexe
Masculin féminin prédomine, il représente
43%
Féminin un pourcentage de 57% contre
43% pour le sexe masculin.
57%
Figure 2:: Répartition des participants selon l’ancienneté dans le poste.
Anciennté dans le poste Les participants ayant une
100% ancienneté
eté moins de 5 ans
71%
50% prédominent avec un pourcentage
29%
0 de 71%, suivi de 29% qui ont une
0%
5ans -10ans
ancienneté entre 10 et 15 ans.
ans
10ans-15ans
Figure 3:: Répartition des participants selon le grade.
Grade des participants
14%
Les infirmiers 1er grade constituent
57%
57% des participants suivi des
29% infirmiers 2ème grade avec un
pourcentage de 29% et enfin un
Infirmier 1er grade
Infirmier 2èm grade administrateur représentant 14%.
Administrateur
35
1.2. Facteurs entravant la supervision des programmes de santé :
1.2.1. Effectif des animateurs
Le focus groupe réalisé auprès des animateurs des programmes de santé, a
démontré qu’il existe une insuffisance accrue en ressources humaines à côté d’un
nombre assez important de programmes de santé à planifier et à assurer le suivi et la
réalisation des leurs objectifs. Un responsable d’un programme déclare :
« …on peut pas donner beaucoup avec ce manque accru en ressources
humaines. Chacun de nous est responsable de deux à quatre programmes, ce
qui ne permet pas de réaliser d’autres activités comme la supervision dans de
bonnes conditions. Nous sommes seulement sept personnes et le nombre des
programmes dépassent 15 programmes... »
Certains des animateurs avouent que « pour un suivi réel des différents
programmes, le SIAAP de Chichaoua a besoin d’au moins quatre animateurs
additionnels... ».
1.2.2. Disponibilité de compétences nécessaires
4/6 des animateurs déclarent ayant les compétences nécessaires pour effectuer
la mission de supervision , ils déclarent que leur expérience dans le poste permet la
maîtrise du processus de supervision , d’autres parlent d’un effort personnel qui se
déploie en lisant les guides des programmes et en élaborant les outils nécessaires
pour effectuer les visites .Une animatrice évoque que «... j’essaie toujours de
développer mes compétences par la préparation et la documentation et le partage
d’expérience avec les autres animateurs ce qui ma donner beaucoup sur le plan
connaissances .. ».
Un autre responsable a évoqué que « la supervision est une mission qui
nécessite beaucoup de connaissances sur le plan pratique et théorique, d’où la
nécessité de chercher à développer nos compétences.. ».
36
1.2.3. Formation en matière de supervision
Le focus groupe a démontré que seuls deux animateurs ont participé à une
formation en matière de supervision des programmes de santé. Il s’agit d’un atelier
qui s’est déroulé à Rabat, initié par la direction de la population pour accompagner
les animateurs des programmes de santé dans l’accomplissement de cette activité.
Les animateurs déclarent que ce genre d’initiative est intéressant mais insuffisant et
n’est pas généralisé pour tous les animateurs. Selon ces derniers, les formations en
matière de supervision doivent être organisées au niveau de la délégation avec la
facilitation de responsables spécialistes dans ce domaine. Un animateur a signalé que
« je n’ai jamais reçu une formation en matière de supervision, on parle de ça juste
dans les réunions du SIAAP et je crois que c’est insuffisant.. ».
1.2.4. La place de la supervision dans les activités du SIAAP
Tous les interviewés ont mentionné l’importance de la supervision comme
fonction de gestion au niveau de SIAPP. Sans elle, affirment les animateurs ce n’est
pas possible de suivre les réalisations des programmes de santé et l’atteinte des
différents objectifs tracés, en plus et selon un intervenant « On ne peut pas assurer la
motivation et l’accompagnement du personnel au niveau du terrain, .. ».
Bref, et malgré la rareté des missions de supervision réalisées, les participants
sont conscients du rôle primordial de cette fonction et sont convaincus qu’elle doit
reprendre sa place en mobilisant toutes les ressources nécessaires pour sa réalisation.
37
1.2.5. La programmation de l’activité de supervision
L’existence d’une programmation de l’activité de supervision a été signalée
par tous les participants.
« La programmation des visites de supervision se fait suite à des réunions du
staff des animateurs et parfois avec la participation du délégué. La priorité est
donnée aux centres de santé les moins rentables, auxquels on donne plus
d’importance par leur programmation fréquente au cours de l’année. À cause
de contraintes logistiques on essaie de donner la priorité en général aux
centres de santé chefs- lieux en multipliant les occasions de leur visite ».
Pour tous les participants, la programmation des visites de supervision est une
étape très importante qui nécessite l’implication de tous les intervenants, ce qui exige
un climat de communication, de débat et d’engagement de tous pour la préparation
d’un programme adapté et réalisable, et qui prend en considération tous les éléments
du contexte.
1.2.6. La planification de la supervision
La planification de la supervision et selon tous les participants constitue une
pierre angulaire dans la réussite de sa mise en œuvre. C’est une étape qui consiste à
déterminer les priorités, les objectifs des visites, les moyens à mobiliser dans un
échéancier bien déterminé, qui prend en considération les ressources disponibles. Les
animateurs déclarent que c’est un travail qui doit être fait en équipe via des réunions
et des débats continus avec les intervenants, suite auxquels un plan annuel et dressé
constituant par la suite le document de référence pour l’équipe. Malgré cette
conscience du rôle de la planification, un responsable annonce que :
« Nous faisons un grand effort pour planifier l’activité de supervision en
coordination avec tous les collègues, mais les imprévus parfois dépassent nos
actions envisagées et on se retrouve devant des problèmes de logistique ou de
chauffeurs, ce qui perturbe par la suite le respect du planning déjà mis en
place »
38
1.2.7. Disponibilité des méthodes et des approches pour effectuer les
missions de supervision
L’exploitation du focus groupe a révélé que 4/6 des animateurs disposent
d’une approche bien définie avec laquelle ils abordent l’activité de supervision. Ils
parlent en général de l’approche équipe qui, selon ces derniers donne davantage de
résultats, et contribue mieux au développement des connaissances et des habilités
des professionnels sur le terrain. Un animateur ajoute que « les missions de
supervision sont organisées par deux équipes qui travaillent en collaboration et en
coordination. Chaque équipe assure la visite d’un certain nombre de centre de santé
selon le planning ». Une fois sur le terrain les animateurs parlent d’une approche de
supervision qui se base sur l’écoute et le partage avec les professionnels dans le but
d’assurer leur intégration à l’activité et sentir son objectif.
1.2.8. Disponibilité des instruments de supervision
3/6 des animateurs disent qu’ils ne disposent pas d’instruments nécessaires
pour effectuer les missions de supervision. Ils se basent surtout sur les références
disponibles comme les guides et les circulaires. Pour d’autres, la préparation
d’instruments reste un effort personnel de la part de l’animateur qui essaie de
l’adapter à son contexte, mais cela nécessite toujours une actualisation afin
d’accompagner les changements et les nouveautés de chaque programme
de santé. Un animateur souligne que :
« Il est nécessaire qu’on soit doté en instruments validés et adaptés pour
effectuer nos visites. On attend toujours un outil englobant tous les aspects à
observer et qui va nous servir comme référence officielle et actuelle .en
attendant, on essaie toujours de travailler avec ce qu’on a malgré que c’est
ancien… » .
39
1.2.9. Système d’information
Les interviewés déclarent que le système d’information actuel reste
inadaptable pour la gestion de la supervision, il constitue même un obstacle devant le
développement des réalisations des différents programmes de santé :
« Le système d’information avec la multitude de supports qui le compose
constitue un vrai fardeau pour les professionnels et même pour nous comme
responsables des programmes de santé .On a besoin d’ un système adéquat
qui accompagne le développement des connaissances et les besoins du terrain,
Parfois la même information on doit la chercher dans plusieurs registres et
supports ce qui demande plus de temps et plus d’engagement de la part du
personnel . Sans une amélioration du système d’information les missions de
supervision ne peuvent pas apporter un ajout aux performances des différents
programmes » déclare un animateur.
1.2.10. Obstacles devant la réalisation des activités de supervision
En général les participants parlent des mêmes facteurs entravant la réalisation
des activités de supervision, le facteur humain reste le plus discuté, car avec un
nombre assez limités, les animateurs restent dépassés par les autres activités de
gestion. L’insuffisance de la logistique a été aussi abordée. En effet les véhicules
sont en nombre réduit, en plus de leur utilisation dans des missions extérieures ou
administratives. Le nombre de chauffeurs reste aussi un problème qui perturbe
plusieurs occasions de sorties de supervision , deux chauffeurs ne suffit pas pour
assurer toutes les sorties , en plus ils sont appelés à transporter les patients évacués à
Marrakech chaque fois qu’ il sont demandés , surtout avec la fréquence des accidents
routier que connaît la province et l’arrêt des opérations de césariennes effectuées au
niveau de l’hôpital provincial pendant une longue durée à cause de la non
disponibilité des gynécologues, ce qui rend la référence des parturientes une priorité
vitale ,et ce qui augmente par la suite la consommation en matière de carburant.
40
1.2.11. Suggestions proposées
Les animateurs interviewés trouvent que certaines suggestions peuvent
améliorer la fréquence des missions de la supervision ainsi que son efficacité. Parmi
eux, ceux qui stipulent que l’équipe du SIAAP doit être renforcée par d’autres
animateurs pour alléger la charge des différents programmes sur l’équipe , en
insistant sur la formation de l’équipe sur les techniques de supervision et ses
approches ,d’autres parlent de la nécessité de renforcer la logistique du SIAAP par la
réservation d’un véhicule pour les missions de supervision et l’affectation d’autres
chauffeurs .
2. Présentation des résultats des entretiens individuels
Les résultats en question seront présentés par thème conformément à
l’agencement prévu dans le guide d’entretien.
2.1. Thème 1 : La place de la supervision dans les activités de gestion
du SIAAP
Le premier entretien effectué autour de ce point a fait ressortir que la
supervision des programmes de santé reste une activité primordiale parmi les
fonctions de gestion du SIAAP, c’est le moyen idéal de pérennisation des acquis des
réalisations des différents programmes de santé
« Malgré les contraintes liées au ressources on essaie maximum de respecter le
planning préparé par les animateurs et on veille à ce que toutes les ressources
nécessaires soient là pour faciliter le travail … les professionnels sur le terrain
ont besoin d’un grand soutien et nous, nous sommes ici pour assurer leur
encadrement et leur formation continue afin de donner plus et atteindre les
objectifs tracés en matière de chaque programme.. ».
41
Le rôle de la supervision ne s’arrête pas dans l’encadrement et la formation
des professionnels mais également, ajoute le même responsable, c’est un moyen de
motivation et d’encouragement.
2.2. Thème 2 : Les obstacles entravant la réalisation des plans
d’action relatifs à l’activité de supervision
Par rapport à ce thème, le responsable avoue qu’un certains nombre de
facteurs entravent le respect des plans d’action préparés par l’équipe de SIAAP. Il a
souligné en premier lieu le manque accru en ressources humaines à savoir les
animateurs des programmes et les chauffeurs :
«...Nous sommes une équipe très restreinte par rapport au nombre des
programmes de santé à gérer et par rapport aussi au nombre assez grand
d’établissements de santé à visiter et qui sont dispersés dans un grand
territoire avec une géographie parfois difficile..». Un autre facteur cité par le
responsable, lié à la formation en matière de supervision « la participation
aux séminaires et la gestion des programmes sont insuffisants pour acquérir
les compétences et mener une supervision efficace.. »
La logistique comme obstacle a été aussi souligné, ainsi et malgré
l’affectation dernière de deux véhicules, leur utilisation dans plusieurs missions
administratives ne permet pas leur disponibilité continue pour assurer les visites de
supervision, ajoutant les contraintes budgétaires qui ne laissent pas l’occasion de
planifier tôt les besoins en carburant.
La motivation du personnel est un élément essentiel qui a été discuté par le
responsable du SIAAP. En effet, «... Les indemnités sont égales pour tous les
membres de l’équipe à la fin de l’année, malgré qu’il existe des personnes qui
travaillent plus que d’autres… »
42
2.3. Thème 3 : Les préalables pour la réalisation des missions de
supervision
Concernant ce thème, le responsable déclare que la supervision est une
activité intégrée qui nécessite une préparation et un travail de réflexion de la part de
tous les intervenants. La communication et la coordination des actions sont
primordiales dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles et pallier
aux différentes lacunes. La formation des animateurs en matière de la supervision est
un facteur clé, qui va donner plus d’habilité à l’équipe pour mener des missions de
supervision efficaces avec des plans de suivi et d’évaluations des actions entreprises.
Il souligne également l’importance d’intégrer les responsables des circonscriptions
sanitaires dans le processus de supervision en assurant leur rôle d’encadrement des
équipes relevant de leurs territoires.
2.4. Thème 4 :L’appui pour les activités de supervision
La supervision des programmes de santé est une activité qui nécessite un
appui administratif et financier de la part des responsables. Dans se sens, le
responsable de ce volet souligne :
« Nous sommes engagé dans le but d’offrir à l’équipe de SIAAP , l’appui
nécessaire pour réaliser leur plans d’action de supervision des programmes de
santé ,qui constituent une priorité stratégique pour la délégation , d’où la
nécessité de nous faire intégrer dans la préparation de ces plans, et qui doivent
prendre en considération les ressources disponibles allouées à la délégation »
dans le même sens ajoute le responsable « notre appui à l’équipe est surtout
technique et logistique, il s’agit de préparer le moyen de transport, le
carburant et d’assurer la disponibilité des chauffeurs et bien sûr, régler toutes
les procédures administratives relatives à la mission comme les ordres de
mission… »
43
2.5. Thème 5 : Les moyens financiers et logistiques mis à la disposition
du SIAAP pour gérer l’activité de supervision
Concernant ce point, le responsable affirme que le budget réservé aux
programmes de santé intègre les missions de supervision. Il ajoute que trois véhicules
sont mis à la disposition de la délégation, la ligne budgétaire du carburant est
toujours renforcée pour répondre aux besoins de la délégation surtout en matière des
sorties des équipes mobiles dans le cadre du renforcement de la couverture sanitaire
et l’amélioration de l’axe stratégique de la santé rurale, en plus des références
accrues des patients et des parturientes au centre hospitalier universitaire (CHU) de
Marrakech. « Donc les moyens logistique sont restreints par rapport à la demande,
l’utilisation du carburant et des véhicules doit être rationnelle et pas dans des sorties
et des missions inefficaces et sans impact » affirme la même personne.
2.6. Thème 6: Les limites administratives et logistiques de
l’opérationnalisation des activités de supervision
La discussion au tour de ce thème a fait ressortir qu’il existe une pénurie en
responsables des programmes sanitaires, sept animateurs pour un grand nombre de
programmes reste insuffisant pour assurer le suivi et la gestion de chaque
programme « l’équipe de SIAAP, avec le nombre actuel est insuffisante .C’est pour
cela on essaie toujours d’annoncer chaque année des postes vacants au niveau du
SIAAP … ». Déclare le responsable.
Il ajoute que :
« le manque d’un objectif clair pour les visites de supervision effectuées par
l’équipe de SIAAP avec une vrai planification préalable est un problème qui
ne nous encourage pas à mobiliser les ressources nécessaires ,de plus on
insiste toujours que nous devons être impliqués dans la préparation du
44
planning ,ce qui va nous permettre de préparer le mobile , le carburant et le
chauffeur d’avance et pallier au imprévus. Sans une coordination et une
communication interne, on ne peut pas améliorer la situation. En plus c’est
rare qu’on reçoive les résultats des missions de supervision avec des plans
d’amélioration facilitant la mise en place des recommandations et des
décisions prises… ».
2.7 .Thème 7 : Disponibilité de moyens de mobilité et des chauffeurs
D’après le troisième entretien effectué, il existe trois véhicules mis à la
disponibilité de la délégation pour assurer les différentes missions soit dans le cadre
administratif, ou pour les programmes de sorties des équipes mobiles et également
les sorties de supervision de l’équipe de SIAAP ou parfois pour la distribution des
dotations pharmaceutiques. Concernant les chauffeurs, leur nombre qui ne dépasse
pas deux constitue un vrai problème, vu que l’un des deux est mis à la disposition des
sorties du délégué, l’autre est toujours demandé par la direction de l’hôpital pour
renforcer l’équipe des chauffeurs hospitalier.
2.8 . Thème 8 : Coordination avec le SIAAP
Concernant ce point le responsable avoue que :
« Le manque de coordination constitue vraiment un problème qui ne donne pas
l’occasion de préparer le nécessaire d’avance et au moins de contrôler l’état
du véhicule avant sa mobilisation, et chaque fois on reporte les sorties et
beaucoup sont annulées par la suite. Mois personnellement je n’étais jamais
présent lors de la préparation du plan d’action de la supervision.. »
2.9. Thème 9 : Recommandations
Par rapport aux suggestions des responsables interviewés, ces derniers
pensent qu’il faut affecter d’autres chauffeurs à la délégation, en plus il insiste sur la
planification préalable des sorties, avec une coordination et diffusion de
l’information chez tous les intervenants. Un des responsables déclare que « La
45
fixation d‘objectifs clairs pour les missions de supervision est une préalable qui va
donner à ces missions une vrai crédibilité, et justifier par la suite les ressources
allouées et mobilisées ». En plus, ils affirment que La formation des animateurs pour
améliorer leurs compétences est une nécessité absolue. Ils ajoutent encore que la
maintenance du véhicule doit être prise en considération surtout avec l’infrastructure
routière défaillante dans le monde rural.
3. Résultats du questionnaire :
3.9. Les caractéristiques des participants :
Tableau 4: Répartition des participants à l’étude selon le profil et le grade :
PROFIL Grade Effectif Fréquence
Médecin chef 1er grade 14 38.8%
Grade principal 3 8.3%
Hors grade 1 2.7%
Infirmier chef IDE 2èmegrade 13 36.1%
IDE 1er grade 4 11.1%
IDE GP 1 2.7%
Total 36 100 %
Source : SIAAP Chichaoua, 2012
L’exploitation des informations relatives au grade des participants montre que
50% sont des infirmiers dont le grade IDE 2ème grade prédomine avec 36%. Les
médecins constituent également 50%, dont 38% sont de 1er grade.
46
Figure 4:: Répartition des participants selon le sexe
Répartition des participants L’exploitation des informations
selon le sexe
relatives au sexe montre que le
44%
sexe féminin prédomine avec un
pourcentage de 56%, alors que
le sexe masculin représente
56%
44%.
Masculin
Fémenin
Figure 5: Répartition des participants selon l’âge
Répartition des participants selon
l’âge Selon la variable âge,
âge la tranche
11%
25% d’âge 31 ans à 40 ans
17%
20à30 ans prédomine, puisque elle
31 à 40 ans représente 47% des enquêtés
41 à 50 ans suivie de la tranche d’âge 20
> 51 ans ans à 30 ans qui représente
25%.
47%
47
Figure 6:: Répartition des participants selon l’ancienneté dans l’administration
Selon la variable ancienneté
Répartition des participants selon
l’ancienneté dans l’administration dans l’administration : 36%
14%
30%
6% des gestionnaires questionnés
questionné
ont une ancienneté entre 5 et
14%
<5ans 10 ans, 30% ont une
5 à 10 ans
ancienneté inferieure
inferieur à 5 ans et
11à 15 ans
16 à 20 ans les plus de 20 ans représentent
représente
36% > 20 ans
14%.
Figure 7:: Répartition des participants selon l’ancienneté dans le poste
Ancienneté dans le poste Le graphique montre que
3% 50% des participants ont une
8%
50%
ancienneté dans le poste
inferieure à 5 ans, 39% ont
une ancienneté entre 5 ans et
< 5 ans
10 ans, le reste qui est de
5 à 10 ans
39% 11 à 15 ans 11% à une ancienneté de
>20 ans plus de 10 ans.
Figure 8:: Répartition des
de participants selon la distance du SIAAP
Distance par rapport au SIAAP D’après le graphique
graphique, on
remarque que plus de 56% des
14% 11%
19% centres de santé ont une
<10 Km
10 à 30 Km distance entre 30 km et 60 km
30 à 60 Km
du SIAAP, 19% sont entre
> 60 KM
10km et 30km de distance,
distance
56%
14% sont à plus de 60km et
enfin 11% sont à moins de
10km.
48
Figure 9:: Supervision des activités des programmes de santé par le SIAAP
supervision des activités des 70% des personnes
person questionnés(es)
programmes de santé par le SIAAP
70%
ont déclaré que la supervision des
programmes de santé au niveau de
70
60 leurs centres de santé par l’équipe
50 30%
de SIAAP ne se fait pas,
pas soit par
40
30 manque de logistique ou de
20
ressources humaines alors que 30%
10
0 ont confirmé l’existence de cette
OUI NON
activité.
Figure 10:: Le rythme de la supervision
le Rythme de la supervision
100%
Suite à ce graphique, la totalité
100
des enquêtés déclare que la
80
supervision des programmes de
60
40 santé par l’équipe de SIAAP et
20 0% toujours occasionnelle.
0
Régulier occasionnel
Figure 11:: Perception de l’activité de supervision
La majorité des gestionnaires
La perception de l'activité de
des centres de santé soit 89%
supervision
11% affirment que l’activité de
Intéressante
supervision est toujours
Seulement en intéressante, alors que 13%
cas de
nécessité disent que cette activité doit
être entamée seulement en
89%
cas de nécessité.
49
Figure 12:: But de la supervision
81% des participants déclarent
But de la supervision
11% que le but de la supervision et
8%
d’assurer l’encadrement du
personnels, 8% affirment que
c’est pour inspecter les activités
Contrôle
81% inspection du personnel, alors que 11%
Encadrement
disent le but est de contrôler.
Figure 13:: La suffisance des missions de supervision
Mission de supervision La majorité des enquêtés soit
89% 89% déclarent que les
100
missions de supervision
80
60 effectuées par l’équipe de
40 11%
SIAAP sont insuffisantes,
20
0 alors que seulement 11% les
Suffisante insuffisante
trouvent suffisantes.
Figure 14:: La perception de la façon de supervision
la Façon de la supervision
D’après le graphique ,61% des
61%
70
participants ont confirmé que la
60
50
39% façon de la supervision des
40
programmes de santé par
30
20 l’équipe de SIAAP est
10
convenable alors que 39% disent
0
convenable inconvenable qu’elle est inconvenable.
50
Figure 15:: Présence d’attentes par rapport à la supervision
La majorité des participants soit
Attentes par rapport à la supervision
14% 86% ont confirmé qu’ils ont des
attentes par rapport à l’activité
Oui de supervision soit pour
Non
information sur les actualités ou
86%
comme occasion de formation
continue. Le reste n’a aucune
attente.
Figure 16:: La relation avec les superviseurs
Relation avec les superviseurs 92% des questionnés
8%
déclarent que leur relation
avec les superviseurs est
positive, alors que
seulement 8% la trouve
92% Positive négative.
Négative
Figure 17:: Besoin d’être supervisé
Besoin d'être supervisé La majorité des participants
92% ont signalé qu’ils ressentent
100
un besoin d’être supervisé
80
dans leurs activités, alors
60
40 quee 8% déclarent qu’ils
8%
20 n’ont pas ce besoin.
0
Oui Non
51
Figure 18:: Déclaration du besoin de la supervision
Déclaration du besoin de la
supervision
100 100% 100% des participants qui
80
ressentent le besoin d’être
60
supervisés le déclarent au
40
0% SIAAP.
20
0
Oui Non
Figure 19: Supervision de l’équipe par les gestionnaires
supervision de l'aquipe par les
gestionnaires 100%
100
90 Selon le graphique 100% des
80
70 gestionnaires des centres de santé
60
50 n’assure pas la supervision de leur
40
30 personnel.
20 0%
10
0
Oui Non
3.10. Les suggestions présentées par les gestionnaires pour améliorer la
supervision des programmes de santé par l’équipe de SIAAP
Les apports des participants en termes des suggestions sont les suivants :a)
Renforcer l’équipe de supervision par les moyens humains ;b) Former tous le
personnel en matière des programmes de santé ,c) Amélioration des compétences
des animateurs des programmes de santé ,d) Respecter le planning déjà préparé
pour assurer la régularité des missions, e) Amélioration des conditions du travail,
travail
52
f) Faire des réunions périodiques pour accompagner le personnel, g) Affecter
davantage du personnel infirmier au niveau du réseau de soins de santé de base, h)
Doter la délégation par les véhicules nécessaires selon la nature du terrain, i)
Motiver les animateurs par des indemnités spécifiques aux sorties effectuées , j)
Assurer un bon contact supervisés /fonctionnaire, k) Prendre en considération les
contraintes liées à la réalisation des activités des programmes de santé,
l) Encourager l’esprit participatif , m) Choisir les moments adéquats pour
effectuer les visites de supervision , n) Utilisation rationnelle des véhicules et du
carburant.
53
Chapitre VI : Analyse et discussion des résultats
Dans ce chapitre, nous procédons à la discussion des résultats obtenus, tout en
s’appuyant sur les concepts clés retenus dans le cadre de référence de cette étude, qui
est constitué à la lumière des différents écrits théoriques et expérimentaux rapportés
dans la recension des écrits.
L’étude a ciblé un nombre de trente -six gestionnaires des centres de santé
chefs -lieux, composés des médecins- chefs et des infirmiers- chef. Elle a visé par le
biais du focus groupe les animateurs des programmes sanitaires au nombre de six.
Les caractéristiques de ces derniers se présentent comme suit : a) Les infirmiers 2ème
grade constituent 29% ; b) Les infirmiers 1er grade constituent 57%; c) Les
administrateurs constituent 14%.
Enfin l’étude a touché par l’intermédiaire d’entretiens guidés, les
responsables suivants : a) Le médecin- chef de SIAAP (Délégué par ordre), b)
Administrateur économe provincial ;c) Le responsable du parc auto provincial.
Facteurs liés aux superviseurs :
Les résultats des questionnaires, du focus groupe et des entretiens montrent
que la pénurie en ressources humaines surtout la catégorie des animateurs et des
chauffeurs constitue un obstacle pour l’opérationnalisation des plans d’action de la
supervision. En effet , chaque animateur prend en charge plusieurs programmes de
santé ,allant de deux jusqu’ à quatre programmes , l’effectif actuel composé de sept
animateurs reste alors insuffisant pour parler d’une gestion efficace de chaque
programme .Ce même constat a été ressorti par la Direction de la population lorsque
elle a mis en accent la problématique d’effectif insuffisant des superviseurs comme
54
raison de l’insuffisance de la qualité des missions de supervision et de leurs
fréquences (Direction de la population ,2005)
Une autre étude de Anne ; Linda ; PATH et Moly (2003), montre que la
disponibilité d’un effectif suffisant de superviseurs est une préalable pour une
supervision intégrée et régulière.
Elhassani (2010) dans son étude sur les fonctions de gestion au niveau de
SIAAP de Kenitra a soulevé le manque d’animateurs comme difficulté en rapport
avec la charge du travail qui fait que les missions de supervision devienne de plus en
plus rares, ce qui entravent non seulement l’atteinte des objectifs tracés mais aussi la
motivation de l’équipe.
En matière de compétences nécessaires pour réaliser les missions de
supervision efficaces, le focus groupe avec les animateurs a fait ressortir que 66% de
ces derniers disposent de compétences nécessaires, accumulées surtout
pendant leur expérience personnelle sur le terrain, les autres trouvent qu’ils dépoilent
un effort personnel pour maitriser le processus de supervision, vu leur ancienneté
dans le poste qui ne dépasse pas Cinque ans. Le groupe est conscient de l’importance
des compétences techniques et de communication pour faciliter la réalisation des
missions de supervision. Benhmad (2006) , confirme ce rôle dans son étude menée
sur l’amélioration de la supervision des programmes de santé au niveau des
établissements de soins de base de Salé , il déclare que la supervision demande une
grande compétence des superviseurs et une attitude patiente , elle doit être vécue
comme assistance technique qui valorise le travail des supervisés . Dans le même
sens d’idée, Le guide général du système de santé du ministère de santé de la Côte
D’ivoire (1999), stipule que pour faire une bonne supervision, le superviseur doit
55
posséder des compétences et connaissances supérieures à celles du supervisé. Ces
domaines de connaissances doivent être aussi larges que possible pour non seulement
répondre aux différentes sollicitations du supervisé mais aussi pour assurer une
supervision intégrée et fréquente.
Le manque de compétences est un constat qui a été relevé dans l’étude de
Anne ; Linda ; PATH et Moly (2003), dans laquelle ils ont soulevé que les
superviseurs n’ont pas souvent les compétences techniques, managériales et de
supervision nécessaires pour évaluer efficacement les formations sanitaires dans les
nombreux secteurs dont ils sont responsables. Par conséquent, ils ne sont pas en
mesure de fournir les conseils techniques et la retro -information adéquate pour
améliorer la prestation du service.
En terme de formation, l’entretien avec les animateurs à travers le focus
groupe a révélé que seulement deux parmi ceux-ci ont bénéficié d’une formation en
matière des techniques de supervision, une situation préoccupante qui rend les
connaissances des animateurs en matière de supervision peu développés, la majorité
des animateurs ont montré le désir de bénéficier d’une formation en la matière.
L’étude d’Aboulfouioud (1995) démontre le même constat : elle souligne que
dans le système de santé Marocain, le personnel n’a pas forcément reçu une
formation en supervision. Il n’est pas donc surprenant que de nombreux superviseurs
accomplissent leurs activités de supervision de façon parfois asystématique et sans
leur donner nécessairement une priorité élevée. Une autre étude menée par Ben
Salem et Beattie (2003), montre que les ressources consacrées à la formation en
matière de supervision sont minimes, les formateurs reçoivent peu ou pas de
formation dans le domaine de la communication et de la prise de décision,
56
compétences dont ils ont pourtant besoin pour soutenir l’amélioration de la qualité au
niveau du site.
Sur le volet de l’importance donnée à l’activité de supervision, le focus
groupe avec les animateurs des programmes de santé a démontré que ces derniers
sont conscients du rôle et la place prioritaire que doit occuper la supervision parmi
les autres fonctions de gestion. Ils essaient à ce que cette activité soit toujours
présente comme thématique des réunions périodiques du staff. Malgré ces efforts, la
concrétisation opérationnelle de cette attention donnée à l’activité fait défaut, vu la
rareté des missions et leur irrégularité.
L’importance donnée à l’activité de supervision par l’équipe des animateurs a
été soulevée par la Direction de la population (2005) comme facteur qui influence la
fréquence et la qualité de cette fonction, en disant que les responsables sont
faiblement impliqués et peu sensibilisés sur l’importance de la supervision.
Facteurs organisationnels :
Selon Benavente et Madden (2001), la mise au point d’un plan de visite de
supervision suppose la détermination des activités qui seront menées avant, pendant
et après la visite. Toutes les visites de supervision exigent une bonne planification.
D’après le focus groupe, il s’est avéré que les animateurs planifient leurs
missions de supervision au début de chaque année. Ce travail nécessite de leur part
l’organisation des réunions périodiques pour la mise en place d’un plan d’action qui
répond aux priorités et aux ressources disponibles.
Cependant, le premier et le deuxième entretien ont révélé que cette étape de
planification nécessite encore l’intégration de tous les acteurs concernés et pas
57
seulement les responsables des programmes sanitaires, dans le but d’assurer la
disponibilité de toutes les conditions nécessaires. Un responsable parle aussi d’un
manque de vision claire et d’objectifs spécifiques pour les sorties de supervision.
Conformément à ce qui a été dit par Benhmad (2006), qui évoque qu’ une activité de
supervision ne serait réalisable sans une démarche de planification et une perception
claires de tous les intervenants des objectifs et des priorités d’observation parmi
l’ensemble des services susceptibles d’être l’objet d’ une supervision .
En terme d’instruments et outils nécessaires pour entamer les visites de
supervision, les résultats du focus groupe montrent que 43% des animateurs ne
disposent pas d’instruments pour guider la séance de supervision. Ils sollicitent la
disponibilité des grilles synthétiques ou autres références pour soutenir et optimiser
leur travail. L’effort déployé par les animateurs pour préparer des outils personnels
est à encourager mais cela nécessite une validation et un accompagnement de la part
des responsables.
L’OMS, via son bureau régional africain (2003), confirme l’importance
d’outils, elle les a mentionnés comme condition préalable pour une supervision
intégrée, des outils qui doivent comprendre tous les services essentiaux souligne
l’organisation.
Sur le volet système d’information, tous les animateurs confirment qu’a avec
son état actuel, il ne facilite pas la réussite du processus de la supervision, des
informations non utiles parfois et parfois répétitives dans plusieurs supports sont les
principaux constats soulignés.
Le même constat a été ressorti de l’étude d’Elhassani (2010), qui confirme
que le système d’information au niveau du SIAAP ne suit pas l’évolution, ce qui ne
58
facilite pas une collecte adéquate des données, leur évaluation ainsi que leur
utilisation ultérieure pour prendre la décision.
A Montréal, l’informatisation du système d’information des différents centres
et services de santé et de services sociaux, a facilité considérablement la collecte des
données et les échanges de l’information. La création d’un réseau intranet permet de
développer des modèles informationnels standards, renforcer les échanges entre les
centres et les responsables et permettre par la suite la supervision et la comparaison
des performances (Coté et al, 2004).
Facteur financier et logistique :
Selon les résultats de l’étude, un budget est réservé pour chaque programme
de santé, il intègre les dépenses liées aux sorties de supervision surtout en matière de
carburant. Un responsable parle de ressources financières restreintes pour répondre
aux besoins des différents programmes. D’où la nécessité d’une rationalisation et
d’une utilisation adéquate des lignes budgétaires de chaque programme et par la suite
assurer la continuité des missions de supervision. La même constatation a été
ressortie de l’étude de Anne ; Linda ; PATH et Moly (2003) qui soulignent que le
budget de santé ne prévoit souvent pas suffisamment de fonds ou d’agents pour la
supervision. Ce qui rend difficile le financement et la coordination des visites
régulières.
Concernant le volet de la disponibilité de moyens de mobilité, le premier
entretien a révélé que les moyens mobiles mis à la disposition de la délégation sont
au nombre de trois véhicule. Ils sont réservés pour toutes les missions administratives
et logistiques de la délégation. En général, c’est suffisant pour répondre à toutes les
59
missions, à condition qu’une coordination et une préparation préalables doivent être
assurées.
Cependant, le focus groupe avec les animateurs a révélé qu’ils rattachent
l’insuffisance des séances de supervision à la non disponibilité des moyens de
mobilité et qui sont toujours utilisés pour des fins administratives. Anne ; Linda ;
PATH et Moly (2003) montrent dans leur étude portant sur la supervision formative,
que la disponibilité des moyens de transport bien organisés et adéquats pour accéder
aux structures de santé est une condition préalable pour réussir une supervision
intégrée.
Facteurs liés à l’environnement :
La géographie comme facteur de l’insuffisance des missions de supervision a
été ressortie dans le premier entretien, ainsi que dans le focus groupe avec les
animateurs des programmes sanitaires. En effet, la province de Chichaoua est la
troisième grande province en terme de superficie au niveau de la région Marrakech-
Tensift –Elhaouz (6872 km2). Le monde rural représente plus de 86 % (monographie
de Chichaoua 2011) avec des zones montagneuses du grand Atlas d’accessibilité
difficile, ce qui rend la programmation des sorties de supervision à ces zones rare.
Le questionnaire destiné aux gestionnaires des centres santé, a ressorti
également ce problème d’inaccessibilité aux centres de santé ,14% de ceux-ci sont à
plus de 60km de distance de la délégation, sachant que ce sont juste les centres de
santé chefs -lieux qui sont intégrés dans l’étude. En plus, les visites programmées à
ces zones restent une tâche assez dure, vu le circuit géographique montagneux et la
contrainte du temps.
60
Les résultats des études empiriques ont ressorti les mêmes observations.
Ainsi, et d’après l’étude de Beverly et Beattie (2003), la contrainte géographique est
une limite de la réalisation des missions de supervision des structures de santé. Les
superviseurs ne trouvent pas le temps nécessaire pour visiter les établissements assez
loin et inaccessibles.
Facteur institutionnel
Par rapport aux méthodes et approches de supervision, tous les animateurs
parlent des avantages que présente la supervision par équipe, elle favorise
l’intégration des activités et la formation des professionnels. Les animateurs se
basent aussi sur l’écoute et le partage d’expériences et la discussion des problèmes,
Benavente et Madden (2003) confirment l’intérêt de ce choix. Ils déclarent que pour
qu’un système de supervision soit efficace, le superviseur qui rend régulièrement
visite à une formation sanitaire doit développer l’approche d’équipe avec le
responsable de cette formation et son personnel. Les mêmes auteurs affirment que
dans un contexte de ressources limitées, de contraintes culturelles multiples et
d’infrastructure défaillante, s’attaquer aux problèmes en équipe est une approche
viable d’identification et de résolution de problèmes.
Facteurs liés aux supervisés :
La perception des supervisés vis-à-vis de l’activité de supervision est un
facteur clé de la réussite de ce processus. En effet, un personnel qui fait la liaison
entre la supervision et d’autres connotations notamment le contrôle ou inspection, ne
peut pas collaborer et participer vivement dans la réalisation des objectifs ultimes de
la supervision, comme activité d’encadrement et de partenariat mutuels entre le
superviseur et le supervisé (Ait Bouhouch ,2004). Dans ce sens, les résultats du
61
questionnaire adressé au gestionnaires des centres de santé a montré que 81%
estiment que le but de la supervision est d’assurer l’encadrement du personnel, 11%
la trouve comme mission de contrôle, et seulement 8% avouent que le but de la
supervision est l’inspection des activités. La perception donc est en général positive,
ce qui peut être exploité par l’équipe de SIAAP et peut faciliter leur tâche et réussir
leur mission par la suite. Cette perception positive est accompagnée d’un sentiment
de besoin d’occasion de supervision, dans se sens, 86% déclarent qu’ils ont des
attentes par rapport à cette activité, 92% ressentent le besoin d’être supervisés. Ce
besoin est déclaré aux équipes de SIAAP par tous soit 100% des gestionnaires
questionnés.
Concernant l’aspect relationnel et surtout la confiance en superviseurs, les
résultats du questionnaire montrent que 92% des supervisés ont une relation positive
avec les superviseurs, un climat de respect mutuel règne au cours des visites de
supervision effectuées. Ceci rend la visite de supervision une opportunité
indispensable pour développer les compétences du personnel. Dans une étude,
Helmut, Thomas et Bergis (2004), parlent d’un climat de confiance qui doit régner
dans la relation superviseur/supervisé pour réaliser leur objectifs communs.
62
Chapitre VII : Description des forces et limites de l’étude
1. Les forces de l’étude : (a) La première étude sur les facteurs entravant la
réalisation de la supervision au niveau de la délégation de Chichaoua ; (b)
L’utilisation de trois outils de collecte de donnés ce qui a permet la
triangulation des méthodes de collecte des données ; (c) Le taux de
participation à l’étude est de 100% ; (d) Etude qui s’inscrit dans le cadre de la
stratégie ministérielle du renforcement de la santé rurale ; (e) Etude soutenue
par les responsables locaux au niveau de la délégation concernée ; (f) Etude
qui a revivifié la discussion autour du sujet de la supervision au sein de la
délégation.
2. Les limites de l’étude : (a) La non disponibilité du délégué provincial au
cours de la réalisation de cette étude ; (b) Ecrits rares sur la supervision des
programmes de santé au niveau international ; (c) La subjectivité de certaines
réponses au questionnaire et à l’entretien guidé ; (d) La participation aux
questionnaires est limitée aux gestionnaires des centres de santé chefs -lieux.
63
Chapitre VIII : Recommandations
Les suites de cette étude, sur les facteurs entravant la réalisation de la
supervision des programmes de santé par l’ équipe de SIAAP à la délégation de
Chichaoua , a permis de formuler quelques propositions dans l’espoir qu’elles
contribuent au renforcement de l’activité de supervision , à augmenter sa fréquence
et par la suite son effet sur les compétences du personnel intéressé . Ces propositions
découlent des dysfonctionnements détectés au terme de cette étude, elles sont
catégorisées selon les facteurs entravant la réalisation de la supervision discutés dans
le travail.
Les facteurs liés aux superviseurs : a) Créer de nouveaux postes au niveau du
SIAAP pour combler la pénurie en catégorie d’animateurs soit dans le cadre de la
mutation ou de candidature ; b) Former les animateurs en matière de gestion, en
particulier la fonction supervision ; c) Implanter une unité de documentation au
niveau du SIAAP pour susciter l’intérêt d’une auto-formation auprès des animateurs
des programmes de santé et développer leur compétences par la suite ; d) Revaloriser
la place de la supervision dans les fonctions de gestion au niveau du SIAAP ; e)
Sensibiliser les animateurs sur l’importance de la supervision et ces avantages pour
atteindre les objectifs des programmes de santé.
Les facteurs organisationnels et institutionnels : a) Assurer la mise en œuvre du
rôle du comité de planification et de suivi de la supervision qui va se charger
d’organiser des réunions de coordination avec les responsables des établissements de
santé ; b) Concevoir un système de supervision clair qui définit les différentes
interactions, les procédures et instruments appropriés (directive, description des
postes, protocole de supervision…) ; c) Adopter une stratégie de coordination ,de
64
communication et d’implication dans la préparation du plan d’action annuel et la
planification des missions de supervision ; d) Encourager la participation du
personnel au processus de supervision au niveau de la formation sanitaire, en
renforçant l’approche équipe ; e) Développer les outils nécessaires de la supervision
et plaidoyer d’autres des différents acteurs concernés ; f) Développer le système
d’information par l’informatisation des données afin de garantir plus de fiabilité .
Facteurs liés aux ressources financières et logistiques : a) Prendre en compte la
supervision dans le budget provincial, cela permet la consolidation des coûts
récurrent de la supervision (carburant, maintenance du véhicule….) ; b) Coordonner
les missions de supervision avec le responsable du parc auto pour pallier aux
imprévus et assurer la disponibilité continue des moyens mobiles réservés au SIAAP
; c) Veiller à l’utilisation rationnelle du parc auto de la délégation ainsi que sa
maintenance continue.
Les facteurs liés à l’environnement : a) Développer de nouveaux mécanismes de
supervision des établissements de soins de santé de base inaccessibles (réunions
périodiques au niveau de SIAAP ou au niveau des centres de santé accessibles et à
leur proximité) ; b) Programmer les visites des centres de santé géographiquement
difficiles en dehors de la saison pluvieuse ; c) Plaidoyer des moyens mobiles
adéquats avec l’aspect géographique de la région.
Les facteurs liés aux supervisés : a) Sensibiliser les professionnels sur l’importance
de la supervision comme occasion d’encadrement et de formation ; b) Encourager le
personnel à adhérer efficacement au processus de supervision par son implication
dans l’élaboration des plans, des outils de travail … ; c) Créer un climat de confiance
mutuelle avec les professionnels ; d) Féliciter et encourager les agents de santé pour
leurs actions positives.
65
Conclusion
Ce travail s’est penché sur les facteurs entravant la réalisation de la
supervision au niveau du SIAAP de la délégation de Chichaoua. Il s’agit d’une étude
exploratoire qui repose sur une approche quantitative visant à explorer les différents
obstacles devant la réalisation des missions de supervision.
Le modèle qui se dégage au terme de cette étude se caractérise par plusieurs
dysfonctionnements en relation avec la pénurie en ressources humaines, un manque
de coordination et de planification, des compétences modestes et une formation
insuffisante en matière de gestion de la supervision, s’ajoutent les problèmes
logistiques et financiers. Il en résulte une irrégularité et un manque de cette activité
au niveau de certains établissements de santé de base et la disparité dans les séances
produites par programme.
L’amélioration de la fréquence de la supervision au niveau du SIAAP de la
délégation de Chichaoua nécessite la mise en place d’une nouvelle stratégie en
matière de cette activité, basée sur la communication, la coordination et
l’engagement de tous les responsables dans la réussite de cette démarche.
Il y a lieu de signaler que ce travail ne peut pas prétendre à tous les aspects de
la supervision. Nous laissons le soin à d’autres personnes interpellées par le sujet à
combler les points qui y manquent, notamment la coordination comme fonction de
gestion au niveau du SIAAP, et la perception de la supervision chez le personnel.
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.
Annexes
Annexe 2
Guide de gestion du focus groupe réalisé auprès des animateurs, le major
et le médecin chef du SIAAP de la délégation provincial de Chichaoua
Royaume du Maroc
Ministère de la santé
Délégation du ministère de la santé à la wilaya de Rabat
Institut de formation aux carrières de santé de Rabat
Introduction :
Dans le cadre d’une étude portante sur les facteurs entravant la réalisation des
activités de supervision des programmes sanitaires par le SIAAP de la délégation de
Chichaoua, nous vous prions de participer à ce focus groupe qui porte sur les
différents aspects relatif à la thématique de notre recherche.
Nous informons que les principes éthique relatifs à la recherche scientifique
sont respectés, soit en matière d’anonymat le choix de s’exprimer librement, et de se
retirer de l’étude à n’importe quel moment.
Objectifs :
Chercher l’information auprès des responsables de SIAAP concernant le
domaine de la supervision.
Compléter l’information recueillie par les autres méthodes de collecte de
donnés.
Investigation sur les différents obstacles liés à la réalisation des activités de
supervision par l’équipe de SIAAP.
Profil des participants :
• Le major de SIAAP
• Animatrice du programme PSGA
• Animatrice PLMC/PLMD
• Animatrice PF
• Animateur d’épidémiologie
• Animateur de LAT et d’hygiène scolaire.
Date : Le 12/04 /2012 à 15h.
Lieu de déroulement : Salle de réunion au niveau de la délégation de Chichaoua
Durée : 1h30 à 2h.
Gestion du focus groupe :
Accueillir les participants et les remercier de leur engagement
Présentation du thème objet du focus groupe
Définition préalable des axes de discussion
Garantie de l’anonymat et de la confidentialité
Donner l’occasion à tous les participants d’exprimer leurs points de vue
concernant les axes de discussion
Incitation de l’ensemble à participer activement dans le débat.
La liste des questions :
1. De point de vue disponibilité est ce que votre nombre est suffisant pour
effectuer les activités de supervision des programmes de santé dans de bonnes
conditions ?
…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
………………..
2. Est-ce que vous sentez que vous disposer de compétences nécessaires pour
effectuer les activités de supervision ?
…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
……………....
3. Avez-vous déjà participé dans une session de formation à n’ importe quel
niveau sur la supervision des programmes de santé ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
………...
4 .Comment vous trouver la place de l’activité de supervision par rapport aux
autres fonctions de gestion du SIAAP ?
…………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
………………
5. Procédez-vous à une programmation des activités de supervision ?
Comment ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
…….......................
6. Les activités de supervision vous les planifier au préalable ? Comment ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
…………………....
7. Disposer vous de méthodes et approches pour effectuer les missions de
supervision ?
……………………………………………………………………………………
………….…………………………………………………………………………
…………………….
8 .Disposer vous d’instruments nécessaires référence pour réaliser l’activité de
supervision ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
…………………….
9. A votre avis le system d’information actuelle vous apparait convenable et
efficace pour soutenir la gestion de la supervision ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………
10. Brièvement quel sont les obstacles liés au manque d’activité de supervision
des programmes de santé au niveau de SIAAP de la délégation de Chichaoua ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
…………………….
11. Quelles sont vos suggestions pour améliorer les activités de supervision des
programmes de santé à votre échelon ?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………
Au terme de ce débat, Nous vous remercions d’avoir accepté et participer à son
animation.
Annexe 3
Guide d’entretien semi structuré auprès du médecin chef de SIAAP
(Délégué par intérim)
Je tiens à vous remercier Mr le médecin chef de SIAAP d’avoir m’accorder le
temps pour la réalisation de cet entretien dans le cadre de mon travail de mémoire
portant sur « les facteurs entravant la réalisation de la supervision des programmes
de santé au niveau du SIAAP de la délégation de Chichaoua »
Identification :
Profil :
Grade :
Ancienneté dans le poste :
Thèmes à aborder :
Thème 1 : La place des activités de supervision des programmes de santé
dans les activités de gestion du SIAAP.
Thème 2 : Les obstacles devant la réalisation des plans d’action relative à
l’activité de supervision
Thème 3 : Les préalables pour la réalisation des missions de supervision.
Annexe 4
Guide d’entretien semi structuré auprès de l’administrateur économe provincial
de la délégation de Chichaoua
Je tiens à vous remercier Mr l’administrateur économe d’avoir m’accorder le
temps pour la réalisation de cet entretien dans le cadre de mon travail de mémoire
portant sur « les facteurs entravant la réalisation de la supervision des programmes
de santé au niveau du SIAAP de la délégation de Chichaoua »
Identification :
Profil :
Grade :
Ancienneté dans le poste :
Thèmes à aborder :
Thème 1 : L’appui pour les activités de supervision effectué par l’équipe de
SIAAP.
Thème 2 : Les moyens financière et logistique mis à la disposition du SIAAP
pour la réalisation des activités de supervision des programmes de santé.
Thème3 : Les limites administratives et logistiques devant
L’opérationnalisation des activités de supervision.
Thème4 : Recommandations.
Annexe 5
Guide d’entretien semi structuré auprès du responsable du service parc auto
provincial de la Délégation de Chichaoua
Je tiens à vous remercier d’avoir m’accorder le temps pour la réalisation de
cet entretien dans le cadre de mon travail de mémoire portant sur « les facteurs
entravant la réalisation de la supervision des programmes de santé au niveau du
SIAAP de la délégation de Chichaoua »
Identification :
Profil :
Grade :
Ancienneté dans le poste :
Thèmes à aborder :
Thème 1 : Disponibilité de moyens de mobilité est des chauffeurs.
Thème 2 : Coordination avec le SIAAP sur le planning et la programmation
des sorties de la supervision.
Thème 3 : Recommandations.
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ROYAUME DU MAROC
MINISTERE DE LA SANTE وزارة ا
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DIRECTION REGIONALE DE LA SANTE ا ا
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INSTITUT DE FORMATION AUX
CARRIERES DE SANTE RABAT
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Annexe 6
Les facteurs entravant la réalisation de la supervision
des programmes de santé au niveau du SIAAP de la
délégation de Chichaoua
Présentation :
Ce questionnaire vous est soumis dans le cadre d’élaboration de mon travail
de mémoire de fin d’études pour l’obtention du diplôme du 2ème cycle des études
paramédicales de l’IFCS de Rabat qui explore :
«Les facteurs entravant la réalisation des activités de supervision des programmes
de santé au niveau du SIAAP de la délégation de Chichaoua»
La présente recherche vient explorer les différents obstacles liés à la
réalisation des missions de supervision des programmes de santé au SIAAP de
Chichaoua. L’objectif ultime de ce questionnaire réside dans la collecte des données
et des informations concernant des aspects particuliers qui sont en liaison avec le
phénomène à l’étude.
Par le fait de remplir ce questionnaire vous allez contribuer largement à la
promotion de la recherche en sciences infirmière.
L’objectivité et la solitude dans le remplissage de ce questionnaire seraient
préférables.
Permettez mois d’avance de vous exprimer mes remerciements de l’aide
que vous voudrez bien m’apporter en remplissant ce questionnaire et en me le
retournant le plus rapidement possible. Sachant qu’il vous est garanti, le respect de
vos droits quant à l’autodétermination, au traitement juste et équitable, et à
l’anonymat, en effet les réponses et les informations exprimées n’engagent personne,
ce sont des éclaircissements qui peuvent m’aider à analyser les concepts clefs de
l’étude.
NB : Je vous sollicite de bien vouloir cocher un X dans la case qui vous convient.
N° d’ordre/__/__
Questionnaire
A- Identification :
1. Profil :
-Médecin chef :
Grade :……………………………
-Infirmier chef : Grade :
…………………………..
2. Age : 20 à 30 ans : 31 à 40 ans :
41 à 50 ans : > 51 ans :
3. Sexe : M F
B)- Situation professionnelle :
1. Distance par rapport au SIAAP : < 10km 10 à 30 km 30 à 60 km
>60km
2. Ancienneté dans l’administration :
< 5 ans 5 à 10 ans 11 à 15 ans 16 à 20 ans >20ans
3. Ancienneté dans le poste :
< 5 ans 5 à 10 ans 11 à 15 ans 16 à 20 ans > 20 an
C) La supervision des programmes de santé
4. Etes-vous supervisé dans vos activités par l’équipe de SIAAP ?
Oui Non
Si non pourquoi à votre Avis ?
.....................................................................................................................................................
.....................................................................................................................................................
5. Le SIAAP vous supervise d’une façon :
Régulière ? Occasionnelle ?
6. La supervision des programmes de santé par l’équipe de SIAAP vous
apparait activité :
Intéressante Seulement en cas de nécessité Non intéressante
7. Le but de la supervision à votre avis est :
Contrôle inspection Encadrement
Autres à préciser :
………………………………………………………………………………..
8. Comment appréciez-vous la mission de supervision :
Suffisante insuffisante
Si insuffisante, à votre avis pour quelles raisons ?
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9. La façon avec laquelle les équipes de SIAAP réalisent leurs missions de
supervision vous apparaît :
Convenable inconvenable
Autre à préciser :
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10. Avez-vous des attentes par rapport aux visites de supervision ?
Oui Non
Si oui quelles sont ces attentes ?
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11. Comment appréciez-vous la relation avec vos superviseurs ?
Positive Négative
12. Réagir vous positivement envers les activités de supervision effectuées par
l’équipe de SIAAP ?
Oui Non
Si non pourquoi ?
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13. Ressentez vous le besoin d’être supervisé au cours de vos activités ?
Oui Non
14. Avez-vous déclaré votre besoin d’être supervisé ?
Oui Non
15. Entant que gestionnaire du CS avez-vous participé à la supervision de
l’équipe de votre centre de santé ?
Oui Non
16. Quelles sont vos suggestions pour améliorer la supervision des programmes
de santé au niveau de SIAAP de la délégation provincial de Chichaoua ?
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Merci de votre collaboration.