Stephan Schillinger
Stephan Schillinger
Il devient consciemment
ce point de convergence
entre horizontalité et verticalité,
entre matière et esprit.
De la même manière,
est né le souhait de donner
matière à ces mots.
— Stephan Schillinger
Le vivant, c’est à dire la nature dans son infini Mystère, confie
des choses étranges à qui lui prête toute son attention. Les grands
mystiques ont tenté de l’exprimer de diverses manières.
Si nous prenons soin de ce qui nous effleure et entre dans notre champ
de perception, il est quelque chose qui prend soin de nous et pourvoit
à nos besoins. Puisque de cette même manière cela pourvoit aux
besoins du plus grand nombre.
Quand on touche cela du bout des doigts, il n'y a pas besoin de temple,
d’église ou de mosquée, de rituel ou d'intermédiaire. Cela est là,
et cela coule en nous en ce moment même.
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D’abord on vend sa télévision,
ou bien on s’en sert comme presse-livre.
Imbibés du Principe, nous ne sommes pas partis pour fuir, mais pour
rejoindre. Exfiltrer une expérience, la rapporter, non pas comme un
trophée à exhiber, mais comme du pain à partager, comme du verbe
fait chair.
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Si tu respires profondément et fais confiance aveuglément,
les phénomènes s’éloignent et tu réalises que tout est parfait,
interconnecté, synchronisé et fruit d'une intelligence universelle.
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La grande théologie serait, peut-être, de trouver nos pairs. Aller à la rencontre de quelqu'un c'est accueillir sa folie,
Ceux qui partagent le même monde que nous, lui enlever le poids de sa démence en lui exposant la nôtre.
qui brûlent du même feu ardent.
Dorer les flèches qui lui transpercent le corps,
Le même désir de profondeur, sans pour autant les enlever.
la même envie de déchirer le voile des illusions,
de revenir à la Nature. Soigner la gangrène des jugements,
laver son dos de cette bile que bave le monde.
Ceux que vous cherchez, vous cherchent déjà.
L'ouvrir en deux pour le dépouiller de toute peur,
pour enfin tout recoudre avec un fil de lumière.
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Cher Ami,
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Certaines expériences, comme une promenade solitaire en pleine D’autres, impopulaires, nous font l’ouvrir :
nature, nous font deviner une mystérieuse porte à travers la brume C’est de cela que relève l’expérience chamanique,
du quotidien, une douce lumière dessinant son encadrement, qui nous comme un coup de bélier dans cette porte.
sépare d’une autre réalité,
Elle nous propose de nous lancer
numineuse. du haut de la falaise des préjugés
dans le gouffre de l’expérimentation.
D’autres comme le jeûne ou la méditation nous font poser la main sur
la poignée de cette porte.
De danser pieds nus sur les charbons ardents de la folie.
De jeter son passé dans le feu des origines,
pour en inhaler nos propres cendres.
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Il faut de la poésie,
Pour ne pas s’enfermer dans un métier, une identité, un couple,
et ouvrir une fenêtre dans le mur des conventions sociales, et faire
rimer les curieuses rencontres plutôt que les mots sur un curriculum
vitae.
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Nous passons notre vie à poser des cloisons, ériger des murailles, et
couler des chapes sur l'inconsolable pour pouvoir continuer à avancer
debout. Nous passons notre vie à conforter la conception individualiste
d'une société malade en renforçant des concepts clivants : ego,
identité, couple, famille, pays, race, genre. Nous passons notre vie
à nous individualiser et à nous éloigner d'une source originelle dont
nous sommes issus. Cette source dont notre ego et nos carapaces nous
isolent. Nous ne guérissons jamais vraiment de nos blessures, nous les
enfermons, ou au mieux nous les dépassons par l'atteinte d'un autre
niveau de conscience.
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La vie, l’existence, serait un large fleuve. Nous partons d’une rive,
la naissance, et nous traversons ce fleuve pour arriver à l’autre rive,
la mort.
Nous naissons, et nous sommes généralement accompagnés pour
les premières brassées. Rapidement nous attrapons des branches
qui flottent, et nous construisons de quoi nous mettre au sec pour
cette traversée. Certains construisent leur barque, d’autres leur
voilier, d’autres leur paquebot. Certaines traversées sont paisibles,
d’autres plus mouvementées. Happés par le courant, les vagues, les
intempéries, nous voguons inexorablement vers l’autre rive.
Au milieu du fleuve, des regroupements de bateaux, d’embarcations
plus ou moins grandes, radeaux, bouées, mais aussi yachts et voiliers
de luxes. Chacun aménage le sien pour la traversée, y va de sa soirée
mondaine, ses dîners festifs. Bien habillés, nous allons tous en visite
sur le bateau du voisin, pour sa fête, son événement social, et nous
comparons, pavoisons, jugeons, aimons, baisons, rions, combattons…
Chacun y va de son style, de ses atours, de sa grandeur ou sa décadence.
Nous naviguons toujours en pleine horizontalité, mais nous avançons
tous, inévitablement, vers l’autre rive. La vie sociale est ainsi faite, et
nous évoluons sur le fleuve, au gré du courant, des lames de fond, des
creux, du vent, et des bosses.
Il est une autre manière d’aborder cette traversée. C’est de nous
déshabiller de nos atours, d’enfiler des palmes, des bouteilles, et de
plonger sous la surface, dans les profondeurs du fleuve. D’en-dessous
nous voyons à présent les coques de nos plaisanciers congénères,
et entendons s'éloigner la musique et les lumières diffuses. Nous
arpentons alors les profondeurs de cette rivière d’atomes qui soutient
cette existence matérielle . Nous explorons alors la substance qui sert
de support à cette traversée, et sous-tend la matérialité – verticalité.
Alors oui, il y a les événements mondains, le monde profane, les
fades rencontres et les soirées festives sur le bateau du voisin ;
mais il existe une profondeur sacrée, et nous pouvons y croiser
plongeurs, scaphandriers, explorateurs de grands fonds et quelques
mystérieux apnéistes. Qui, s’ils sortaient de l'eau, observeraient la rive
approchante avec un sourire que plus rien n'efface.
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Certains moments ouvrent
une voie vers l'exploration
du Soi, et créent des pas dans
la neige, une autoroute pour
la sérotonine. Un chemin en
Soi, que nous pouvons ensuite
emprunter à volonté et qui
nous connecte à un ailleurs,
à des sommets d'où nous
voyons l'existence sous un
angle différent.
Appelez ça de la poésie, de
la folie, un ratage de vie, il
n'empêche pas d'avoir un
métier, de rentrer dans un
moule, ou de se taire. Mais
ça permet aussi de sauver des
vies, de vibrer au son du vent,
de prendre feu au coin d’une
rue.
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Après la poursuite effrénée des biens matériels et charnels, s'ouvre
pour celui qui tourne son regard en lui-même, un chemin de
dépouillement, d'ascèse, de désencombrement. De retour à l'essentiel,
à la nature, dans sa forme la plus primitive.
Il n'est ici pas question d'une ballade en forêt, ni même d'un trek N'est pas lumineux qui court frénétiquement vers la lumière, mais
ou d'un grand sommet, il est ici question d'être plutôt que d'avoir. celui qui s'approfondit, plonge au fond de lui pour déterrer son ombre
D'habiter l'instant, et d'en disparaître avec le sourire. et la porter à la lumière de sa conscience.
L'abandon de l'orgueil qui protège nos blessures, et une certaine S'approfondir, c'est se séparer des phénomènes extérieurs pour se
distanciation de notre ego, ouvrent la porte vers un chemin très rapprocher du Soi. On peut chercher des réponses dans toutes les
singulier. On n'y chemine pas sans peine, car on y laisse derrière soi doctrines et tous les ésotérismes, même les moins accessibles. Rien
ses amis endormis et aveuglés. cependant n'apporte plus de clarté que la simplicité d'un moment de
contemplation et de connexion au Soi.
Ils mènent au constat suivant : nous sommes partie intégrante, de
cette mystérieuse intelligence collective qui peuple l’univers. Nous en Se connecter à tout, et ne s'attacher à rien.
sommes à la fois son résultat, son créateur, son expression, et son outil
de propagation. Nous possédons déjà tout en nous. Ce qui constitue
notre package de bienvenue dans cette existence.
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Si tu médites, écoutes le silence, et caresses le temps qui
passe, tu sèmes des graines dont les fleurs auront un parfum
de synchronicité, de curieux hasards.
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Tout le cheminement de cette existence consiste à passer
de l’inconscience à la conscience ; à faire de l’inconscient collectif
une conscience collective.
le retour à l’unité.
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La progression sur le chemin qui mène à la perception d'une plus
grande profondeur, nous éloigne toujours plus de ceux qui décident
de rester sur place, en surface, dans l'illusion des apparences.
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Le poète est habité par une intuition. Celle qui laisse deviner
l’existence d’une causalité là où elle semble complètement absente
aux yeux des matérialistes.
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On n’écrit plus de lettre d’amour…
On n’écrit plus de lettre d'amour parce que personne ne sait les lire. Nous ne donnons vraiment à autrui que ce dont nous débordons,
On n’écrit plus de lettre d'amour, mais des lettres de détresse. Tout le reste, on se l’emprunte à soi-même.
On n’écrit plus de lettre d'amour car on ne s'aime plus, on se possède,
puis on se déchire, puis on essaye de recoller, de recoudre. L’addition, souvent salée, arrive vite, quand nous avons « trop
On n’écrit plus de lettre d'amour car on n'aime plus, on détient, on donné ». Car nous avons emprunté à notre propre personne ce que
appartient. nous ne possédions pas en abondance.
On n’écrit plus de lettres d'amour car on ne sait plus aimer sans
promesse, sans contraindre, sans mendier. Puis, une révision de nos priorités commence à faire sens :
« Maintenant je m’occupe de moi », revient en fait à se mettre
Ecrire une lettre d'amour comme on livre un colis, comme on offre soi-même au centre de ses préoccupations.
un abri les jours de pluie, comme on offre une fleur, comme un chat
ramène une souris, comme un enfant fait un dessin. Puisque notre culture a diabolisé un sain-égoïsme consistant à faire
Un dessin d'enfant ne demande rien. Un dessin qui dépasserait la de Soi le réceptacle premier de notre bienveillance, nous offrons au
feuille, car il n'y a pas ni limite ni règle. monde un Soi anémié, boitant, en manque d’amour.
Un dessin parce qu'il faut créer, sans but ni contrainte, exactement
comme il faudrait aimer. L'amour de soi-même guérit de tout, et rien d'autre ne guérit vraiment
la dépendance affective. Tout au plus, la collection et l'accumulation
Ecrire une lettre d'air, une lettre à l'univers dont le lecteur est une compulsive de sentiments et d'égards externes remplissent un puits
incarnation particulière, qui résonne avec la nôtre. sans fond, ce vide immense dont parlent ceux qui se détestent eux-
Ecrire une lettre de feu, qui ne brûle pas mais réchauffe. mêmes.
Ecrire une lettre d’eau qui ne noie ni ne submerge, mais porte et purifie.
Ceux-là qui, comme solution de survie ont développé un système de
Ecrire une lettre parce que je crois dans l'inconditionnalité, défense complexe tout autour de leur tonneau des danaïdes, oscillant
dans la rencontre qui dépasse toutes les autres, celle qui entre la fuite compulsive — du sens ou de la profondeur — et la
génère un lien qui survit à toutes les histoires de coeur, à tous les dépendance affective.
deuils, à toutes les ruptures, à tous les kilomètres de séparation.
Nous ne donnons vraiment à autrui que ce dont nous débordons,
Ecrire une lettre de liberté car il n'y a pas d'amour sans liberté, Tout le reste, on se l’emprunte à soi même.
Ecrire une lettre d'amour parce que personne ne sait plus être libre,
car nous avons emprisonné l'amour dans les couples.
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Certains d’entre nous traversent la vie sans chercher aucune réponse,
ni question, ni vérité, ni redéfinition de la réalité. Pour les autres,
il est une phrase attribuée à Athanasius Kircher qui éveille un
sentiment mystique :
« Les plus hautes montagnes, les plus vieux livres, les gens les plus
étranges, c’est là que tu trouveras la Pierre Cachée »
Ce n'est pas qu'il mette en doute tout ce qui fait sa vie de tous les
jours, mais il sent intuitivement que derrière l'objectivité du monde
il y a autre chose qui agit en secret, un moteur invisible et puissant
qui fait tourner la roue de la vie. Il sent que la réalité qu'il est censé
vivre ne semble être qu'une infime partie, une facette particulière et
souvent dérisoire, d'une dimension plus vaste qui échappe encore à notre
entendement. Alors il cherche.
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Le dépassement de nos peurs, ce courage de faire ce que nous n’avons
jamais fait, d’exprimer ce que nous n’avons jamais osé exprimer, d’aller
où nous ne sommes jamais allés, engendre des situations et des
occurrences inédites. Il a pour fonction essentielle la création de
nouveaux chemins dans notre vie.
La Nature
— dont nous faisons partie intégrante —
favorise ceux de ses éléments qui permettent sa propagation.
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L'existence est une projection dans une salle de cinéma. Nous sommes
entrés dans le noir, avons été absorbé par cet écran qui s’illumine, et
avons oublié que tout ceci est juste un film.
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Je ne crois pas qu'il s'agisse seulement de respirer, d'inspirer et d'expirer.
Je crois qu'il est ici précisément question de se faire respirer
et expirer par le monde, se faire inspirer et expirer
par le rythme des origines, se faire consumer
d'un feu dont les crépitements
sont nos pensées.
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Qui cherches-tu ?
Celui que l’on n’invite pas en soirée, celui que l’on n'appelle pas, celui
qui ne répond pas à « comment ça va ? ». Celui qui préfère le vert-
de-gris, le noir Soulages et le bleu du cuir au chrome des cadenas, à
l’argent des médailles, à l'or des prisons, à la rouille des jugements.
Celui qui préfère les livres, qui te parlera d’âme, de masques et de
chapes.
Celui dans les bras duquel on pleure, pour mieux lui tourner le dos
en public. Celui qui s’ouvre en deux, préfère la lumière de la lune aux
scènes et aux stroboscopes. Celui qu'on exile, celui qui attend l'éclipse,
enlace les arbres, qui marche en bématiste de l'intangible, architecte
du soluble, le fou qui entend les poils des autres se hérisser, celui qui
manque la matière et collisionne le vide, celui qui garde le temple,
sanctuarise l’instant, sacralise l’épaisseur du temps, qui raconte ce que
personne ne veut comprendre.
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— Bonjour !
— Bonjour...
Je nous souhaite d'être épris par un irrésistible désir de créer.
— Il y a quelques centaines d’années, toi et moi, nous n’étions
De vivre avec la certitude que ce que vous désirez au quotidien
qu’une seule personne.
influence radicalement le cours de votre existence.
— Je sais... Qu’as-tu appris depuis ?
De vendre votre télévision et de partir en voyage, aussi souvent que
— Que toi et moi n’avons jamais été vraiment séparés depuis.
possible.
— Mais encore ?
De réaliser que ce(ux) que vous cherchez vous cherche(nt) aussi.
— Que la loi qui dirige les évènements dans la vie des gens est
De vous affranchir de tout dogme.
constituée de la somme de leurs pensées. Et toi, qu’as-tu appris ?
— Que nous sommes l'univers qui s'exprime pendant un minuscule
De parvenir à s'aimer soi-même, d'abandonner les relations inutiles
temps sous une forme humaine, et que nous tremblons tous d’un
auxquelles il est plus facile de se cramponner par peur de la solitude
irrépressible désir de retour à l’unité.
et de l'inconnu.
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« Ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas. »
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La passion est cette émotion décrite comme une inclination exclusive Dans le cas contraire, la reconnaissance est parfois tacite et mutuelle.
vers un objet, une personne, un état affectif durable et violent dans
lequel se produit un déséquilibre psychologique, l’objet de la passion Et maintenant ? L’instant, si rare et court soit-il, devient sacré,
occupant excessivement l’esprit. A un degré d’intensité élevé, cette devient prière. Celle qui ne quémande pas, mais qui célèbre,
inclination tend vers un mysticisme croissant, latent, qui nous pousse gratifie, honore et rend grâce. Cette prière agit, crée, et engendre
à en chercher la raison, partir à la recherche de ce bout de fil qui nous sa seule éventuelle supplique : celle de se laisser consumer par cette
soulève, nous tient debout, et en l’occurrence nous fait même quitter passion. « Find what you love, and let it kill you » disait Bukowski au
le sol… Alors… Partons. second litre de bourbon.
Le souffrant réalise alors progressivement en s’élevant, changeant Sans passion, pas de mystique, sans mystique, pas de pénétration
la perspective sur son propre mal, le pathétisme et la démesure de la cause secrète des choses, sans cela, nous passons à côté de ce que
qui l’habitent, par le biais d’une attirance démesurée et incomprise. l’existence peut offrir de plus vrai, absolu et universel. Nous passons à
Injustifiée également, tant qu’il n’aura pas levé le voile sur les côté de notre propre essence.
ingrédients déclenchant cette passion, érosion de la raison de l’homme
sensible. C’est à la lumière d’une certaine abnégation qu’il découvre
la raison de son état : Un irrépressible besoin de retour à l’unité.
Par quel phénomène cet état est il engendré, par quelle part de nous-
même, ou par quelle intervention extérieure ? Tout porte à croire à
l’intervention subtile de ce que plusieurs civilisations ont mentionné sous
différents noms, et vénéré. Appelons-le “moi supérieur”, “double
lumineux”, “ami invisible”, “dieu”, ineffable et omniscient dans le
coeur de chaque être vivant : une Entité. N’est-ce pas précisément
cette “entité” qui est le lien caché commun à toutes les passions ?
N’est-ce pas “cela” qui réveille la passion à travers un échange, un
partage, un vin, un baiser, une étreinte, une musique ?
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Cher Ami,
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Un jour peut-être on te posera les bonnes questions,
On cessera de t'interroger sur des choses vaines.
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Toute rencontre avec l’autre est une rencontre avec soi, ainsi, quand
nous la fuyons c’est nous-mêmes que nous fuyons.
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Cher Ami,
Sois un phare, une vigie, un berger, les pieds dans la glaise et la tête
tournée vers les étoiles. Sois une main ouverte, sur laquelle tout peut
venir se poser puis s'en aller.
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Le cheminement qui consiste à contraindre une masse de viande à
digérer son existence et en extraire l'essence en prenant un stylo et du
papier, est d'une longueur extrême.
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Il arrive un moment, sacré, où tout ce que nous avons accompli,
édifié, bâti et érigé, appelle de toutes ses forces à être détruit, brûlé et
sacrifié sur l'autel symbolique de la célébration de l'instant présent.
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Crois en la Rencontre, cette collision ternaire des âmes, ce retour à la
maison, réduction de l'espace entre deux ou trois êtres. Compression Nous traversons la vie comme nous traverserions une chambre, nous
du vide, en une substance dont le goût reste en bouche, dont le souffle aurions pu nous poser sur le lit, en regardant la télévision, ou faire le
nous caresse et dont les murmures s'expriment toute une vie. ménage, en écoutant la radio.
La séparation et la distanciation ne sont pas l'opposé, mais une partie Mais nous avons choisi d'arracher la moquette et les tapisseries, en
intégrante et un évènement inévitable de toute rencontre. C'est un quête de brèches ou de fissures dans les murs de la grise cellule.
retour au Soi, celui qui a rendu cette rencontre possible.
De démonter le mobilier et d'en faire un feu, de sauver de la bibliothèque
Emerge alors des profondeurs cette substance, un livre qui hurlait, et de nous laisser consumer en un résidu assez fin
dont les mystiques nous demandent de nous abreuver, pour s’échapper par les fêlures de ce qui, finalement, fut un creuset.
qui est censée nous suffire avec l'eau fraîche.
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Il y a des personnes qui évoquent plus que ce qu'elles sont.
Il y a des rencontres qui invoquent plus que la somme des participants.
Il y a des situations qui convoquent plus qu’une habituelle présence.
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De la souffrance naît la sensibilité,
dont nait l’intelligence.
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— Cher Maître, je suis maintenant devenu incroyablement fort, car
j’ai construit une armure émotionnelle et sociale qu’aucune attaque
ne peut entamer. Plus personne ne peut vraiment m’atteindre.
— Tu es donc devenu expert en stratégies de sauvegarde de ton ego.
Tu as donc encore très peur.
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Cher Ami,
Je te souhaite d’accueillir l’altérité comme un miroir, et avec sourire
les épreuves de la vie dont nous portons chacun notre responsabilité.
De ne pas oublier que tu attires sur ton chemin les personnes dont
tu as besoin pour évoluer, bienveillantes ou pas. De renoncer à
l’exclusion de l’inconnu, pour tenter l'aventure des émotions, de la
magie de la conscience, et de tâter le monde avec le gant du discernement.
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Fiez-vous sans limite à la capacité que possède
votre esprit d’attirer ce que vous désirez, et des
portes apparaîtront là où il n’y avait que des
murs. Ce que nous prenons volontiers pour des
troublantes coïncidences, ne sont, en fait, que
des convergences de désirs et d’intentions.
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Quelque chose respire à travers nous, et expérimente cette réalité en
utilisant notre corps comme récepteur, notre cerveau comme filtre :
C’est le mystère de la conscience.
Prix : 15 €
ISBN : 979-10-699-3438-2
Dépôt légal : mars 2019