MAGNÉTOSCOPIE (MT)
La magnétoscopie est utilisée pour détecter des discontinuités de surface,
débouchant en surface ou sous-jacentes (dans certaines conditions, jusqu’à
quelques millimètres de profondeur), exclusivement sur matériaux ferromagnétiques.
Si la magnétoscopie est plus ‘‘restrictive’’ que le ressuage, elle lui est préférée quand
elle est applicable car elle est, entre autres, beaucoup plus rapide.
De nos jours, l’utilisation croissante de la magnétoscopie peut s’expliquer par sa
fiabilité mais aussi grâce à de récentes et nombreuses évolutions techniques
majeures.
Si, au fil des années, des alliages non ferromagnétiques sont de plus en plus utilisés,
un nombre croissant d’utilisateurs demandent aussi des bancs multifonctionnels de
contrôle par magnétoscopie capables de traiter aussi bien des petites pièces que des
grandes. Pour atteindre cet objectif, les bureaux d’études des constructeurs doivent
faire des prouesses et faire preuve de beaucoup d’ingéniosité.
[Link]
La magnétoscopie consiste à aimanter la pièce à contrôler à l’aide d'un champ
magnétique suffisamment élevé. En présence d’une discontinuité, les lignes du
champ magnétique subissent une distorsion qui génère un “champ de fuite
magnétique”, appelé également ’’fuite de flux magnétique”.
Un produit indicateur est appliqué sur la surface à examiner pendant l’aimantation
(technique simultanée) ou après aimantation (technique résiduelle). Le produit
indicateur noir coloré et/ou fluorescent est attiré au droit du défaut par les forces
magnétiques pour former des indications.
Ces indications sont observées, dans des conditions appropriées, soit en lumière
blanche artificielle ou lumière du jour, soit sous rayonnement ultraviolet (UV-A) ou
lumière bleue actinique, selon le type de produit indicateur utilisé.
Les indications sont d’autant mieux détectées qu’elles se situent perpendiculairement
aux lignes de force du champ magnétique. Pour détecter toutes les discontinuités à
la surface d’une pièce, il faut effectuer deux aimantations orthogonales l’une par
rapport à l’autre. L’aimantation longitudinale met en évidence les discontinuités
transversales (± 45°), et l’aimantation transversale met en évidence les discontinuités
longitudinales (± 45°).
[Link] d'examen
La magnétoscopie peut être effectuée de diverses manières :
- Technique simultanée ou technique d’aimantation rémanente ;
- aimantation par passage soit de champ, soit de courant ;
- aimantation longitudinale, transversale ou multidirectionnelle ;
- technique d’application successive d’une aimantation transversale ou d’une
aimantation longitudinale, c’est-à-dire technique combinée (aimantations
transversale et longitudinale effectuées l’une après l’autre, sans observation
intermédiaire) ;
- courant continu ou courant alternatif sinusoïdal redressé (une ou deux alternances)
ou non redressé, courant alternatif trihexaphasé (triphasé redressé deux
alternances), etc ;
- soit technique de la poudre sèche, soit technique de contrôle par voie humide.
Les équipements utilisés pour l’aimantation sont : les aimants permanents, les
électroaimants portatifs, les générateurs de courants, les bancs de contrôle par
magnétoscopie.
La désaimantation des pièces, lorsqu’elle est requise, est effectuée à l’aide d’un
équipement de désaimantation ou de tout autre dispositif ou technique appropriés.
La magnétoscopie a fait l’objet de nombreux perfectionnements très importants :
- En 1985 : banc de contrôle par magnétoscopie avec commande à réglage continu
par thyristors et affichage et minuteries numériques ;
- vers le milieu des années 1990 : technique d'aimantation multidirectionnelle au
moyen de têtes magnétiques alternatives sur banc de contrôle par magnétoscopie ;
- en 1993 : technique d’aimantation multidirectionnelle sans contact en chambre 2D
ou 3D ;
- en 1995 : apparition des premières têtes magnétiques alternatives en France et
utilisation croissante de la technique d’aimantation multidirectionnelle sur banc de
contrôle par magnétoscopie ;
- en 1997 : premier banc de magnétoscopie proposant un système de régulation (qui
a permis la fiabilisation du procédé) ;
- en 1999 : banc de contrôle par magnétoscopie avec interface par pupitre opérateur
avec création de "recettes" et régulation par automate ;
- en 2002 : technique d’aimantation sans contact par passage de courant induit ;
- en 2004 : informatisation du poste de pilotage. Écran tactile convivial et adaptable.
Création et mémorisation de "recettes". Régulation adaptative.
Sans entrer dans les détails, précisons les points suivants :
Technique d’aimantation multidirectionnelle : c’est une technique qui permet d'obtenir
sur la pièce un vecteur résultant d'aimantation tournant très rapidement. Cela est
généralement obtenu en utilisant un courant triphasé : une phase génère une
aimantation dans une direction tandis que la seconde phase génère une aimantation
dans une autre direction sensiblement perpendiculaire. En raison de la différence de
phases, le vecteur d’aimantation balaie toutes les directions (360°).
Ce procédé peut être mis en œuvre sur un banc de contrôle par magnétoscopie ou
dans une chambre d'aimantation sans contact.
Technique d’aimantation sans contact par passage de courant induit : Cette
technique consiste à générer un courant dans une pièce généralement ‘‘fermée’’
formant un circuit électrique sur elle-même (pièce annulaire ou tubulaire par
exemple), et en assimilant ce circuit au secondaire d'un transformateur. Le primaire
du transformateur est généralement le circuit magnétique ou l’électroaimant du banc
de contrôle par magnétoscopie.
Aujourd’hui, si l'aimantation multidirectionnelle sur banc de contrôle par
magnétoscopie demeure la technique la plus utilisée (essentiellement pour des
raisons de coût), l'aimantation multidirectionnelle en chambre est privilégiée dans
certaines applications. Quant au courant induit, il reste encore coûteux et donc
relativement peu utilisé, mais il est fort probable que la situation évolue encore dans
les années à venir.
[Link] d'application
La magnétoscopie est ainsi une méthode largement utilisée dans le domaine des
END et plus particulièrement dans des secteurs tels que : transport (aéronautique,
automobile, ferroviaire, marine, remontées mécaniques), énergie (pétrole, thermique,
hydraulique, nucléaire), chaudronnerie, métallurgie (fonderie, forge), mécanique,
agro-alimentaire (sucreries, etc.), cimenteries, complexes chimiques, Défense,
manèges à sensations, etc., tant en fabrication qu’en maintenance.
Elle permet de contrôler des pièces en fer, en fonte, des aciers forgés, des soudures,
des tôles, des tubes… bref, toutes sortes de pièces de géométrie simple ou
complexe, pourvu que le matériau qui les constitue soit de nature ferromagnétique.
La méthode est complémentaire de celle des ultrasons ou des courants de Foucault.
Là où les ultrasons détectent les discontinuités sous-jacentes peu profondes, la
magnétoscopie met en évidence toutes les discontinuités débouchant en surface
(ayant jusqu’à quelques micromètres de largeur), et certaines discontinuités sous-
jacentes peu profondes. Contrairement aux courants de Foucault, elle est peu
sensible aux effets de géométrie ; elle ne se limite pas à un contrôle local.
La magnétoscopie fait en effet partie des méthodes dites “globales”, qui autorisent
l’inspection de l’ensemble d’une pièce en une seule opération. Les contrôles,
relativement rapides, s’effectuent aussi bien sur des vis de dix millimètres de long
que sur des vilebrequins de locomotive Diesel électrique ou encore sur des trains
d’atterrissage d’avions.
[Link]érêt de la méthode
Principaux avantages
- Méthode globale ;
- détection principalement des discontinuités superficielles débouchantes ;
- contrôle de pièces de quelques millimètres à plusieurs mètres de long ;
- inspections relativement rapides et peu coûteuses ;
- résolution importante ;
- matériel robuste, pouvant être utilisé dans des environnements difficiles.
Principales limitations
- Contrôle limité aux pièces ferromagnétiques ;
- méthode non entièrement automatisable ;
- détection de discontinuités sous-jacentes parfois difficile (suivant leur taille, leur
profondeur, etc.) ;
- nécessite l’emploi de produits chimiques.
[Link] associées
Normes actuellement en vigueur
NF EN ISO 12707
Essais non destructifs - Magnétoscopie - Vocabulaire
NF EN ISO 3059
Essais non destructifs - Contrôle par ressuage et contrôle par magnétoscopie -
Conditions d'observation
NF EN ISO 9934-1
Essais non destructifs - Magnétoscopie - Partie 1 : Principes généraux du contrôle
NF EN ISO 9934-2
Essais non destructifs - Magnétoscopie - Partie 2 : Produits indicateurs
NF EN ISO 9934-3
Essais non destructifs -- Magnétoscopie -- Partie 3 : Équipement
Télécharger la Fiche Méthode MT
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