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Conception D'emballage: - Emballages

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GÉNIE INDUSTRIEL

Ti088 - Emballages

Conception d'emballage

Réf. Internet : 42133 | 5e édition

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III
Cet ouvrage fait par tie de
Emballages
(Réf. Internet ti088)
composé de  :

Conception d'emballage Réf. Internet : 42133

Emballage des produits alimentaires et autres Réf. Internet : 42132


conditionnements spécifiques

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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Emballages
(Réf. Internet ti088)

dont les exper ts scientifiques sont  :

Jean-Paul POTHET
Docteur-Ingénieur, Vice-Président de l'Institut Français de l'Emballage et du
Conditionnement

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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :

Hélène ANGELLIER-COUSSY Pascale FABRE Hervé MARCEL


Pour l’article : AG6288 Pour l’article : BIO9300 Pour l’article : AG6000

Stéphane BRUZAUD François GALGANI Yelena MARIC


Pour l’article : BIO9300 Pour l’article : BIO9300 Pour l’article : AG6265

Patrice CHANRION Annick GALPIN Sylvain MARTIN


Pour l’article : AG6100 Pour l’article : AG6050 Pour les articles : AG6300 –
AG6070 – AG6270 – AG6271 –
Bernard CHARNIER Emmanuelle GASTALDI AG6281
Pour l’article : AM3577 Pour l’article : BIO9300
Michel MOSSÉ
Pierre CHEVALIER Matthieu GEORGE Pour l’article : A9785
Pour l’article : AG6210 Pour l’article : BIO9300
Ika PAUL-PONT
Pierre CHOMON Jeff GHIGLIONE Pour l’article : BIO9300
Pour les articles : AM3575 – Pour l’article : BIO9300
AM3576 – AM3577 Bernard PETIT
Régis GRIMAUD Pour les articles : AG6700 –
Philippe COGNARD Pour l’article : BIO9300 AG6701 – AG6702
Pour les articles : AG6600 –
AG6601 – AG6602 – AG6750 – Valérie GUILLARD Jean-Paul POTHET
AG6751 Pour l’article : AG6288 Pour les articles : AG6260 –
AG9750 – A9730
Vincent COLARD Arnaud HUVET
Pour les articles : AG6280 – Pour l’article : BIO9300 Philippe PROVOST
AG6287 Pour l’article : AG6060
Muriel JACQUOT
Guillaume DUFLOS Pour l’article : AG6265 Rémy ROIGNOT
Pour l’article : BIO9300 Pour l’article : AG6650
André KLENIEWSKI
Alain DUFRESNE Pour les articles : A9760 – Alexandra TER HALLE
Pour l’article : RE350 AG6720 Pour l’article : BIO9300

Jean DUFRESNE Fabienne LAGARDE


Pour l’article : A1034 Pour l’article : BIO9300

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VI
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

SOMMAIRE

1– Conception d'emballages Réf. Internet page

Fonction emballage AG6000 11

Choix, création et optimisation de l'emballage AG9750 15

Normalisation des emballages AG6050 19

Droit et pratique des emballages. Règlementation applicable aux emballages AG6070 21

Élaboration d'un cahier des charges fonctionnel. Méthodologie et informatisation AG6060 23

Prêts à vendre AG6210 27

De l'emballage au packaging AG6260 31

Interactions sensorielles et applications dans le domaine du packaging AG6265 35

Droit et pratique des emballages. Protection de l'innovation AG6300 41

2– Éco-conception des emballages Réf. Internet page

Emballage et environnement A9730 47

Droit et pratique des emballages. Aspects juridiques de l'écoconception AG6270 51

Les mesures restrictives appliquées au plastique. Droit et pratique AG6271 55

Ecoconception des emballages AG6280 61

Droit et pratique des emballages. Normes d'écoconception des emballages AG6281 65

Emballages issus d'agro-ressources AG6288 69

3– Recyclage et gestion des déchets Réf. Internet page

Pollution des océans par les plastiques et les microplastiques BIO9300 79

4– Matériaux pour l'emballage Réf. Internet page

Emballages bois. Palettes, caisses industrielles, emballages légers AG6100 85

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VII
Emballages en verre A9785 91

Emballages métalliques A9760 95

Emballages en carton ondulé A9765 99

Emballages en carton ondulé. Code international pour emballage carton A9767 101

Emballages plastiques. Polymères utilisés AM3575 103

Emballages plastiques. Procédés de transformation AM3576 109

Complexes souples et rigides utilisés en emballage AM3577 113

Plastiques biosourcés et plastiques recyclés pour l'emballage AG6287 119

Nanoparticules cellulosiques : propriétés et applications à l'emballage RE350 123

5– Machines et techniques d'emballage Réf. Internet page

Machines d'emballage. Liquides en bouteille AG6600 129

Machines d'emballage. Produits secs et petits objets AG6601 133

Machines d'emballage. Machines de fin de ligne AG6602 139

Machines d'emballage. Intérêt des réseaux de terrain AG6650 145

Cerclage A1034 147

Générateur aérosol AG6720 149

6– Accessoires de conditionnement Réf. Internet page

Colles et adhésifs pour emballages. Généralités AG6750 155

Colles et adhésifs pour emballages. Applications AG6751 161

7– Techniques d'impression Réf. Internet page

Chaîne graphique du packaging. Activité prépresse AG6700 169

Chaîne graphique du packaging. Activité d'impression AG6701 173

Chaîne graphique du packaging. Techniques d'impact d'un emballage en linéaire AG6702 177

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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1
1– Conception d'emballages Réf. Internet page

Fonction emballage AG6000 11

Choix, création et optimisation de l'emballage AG9750 15

Normalisation des emballages AG6050 19

Droit et pratique des emballages. Règlementation applicable aux emballages AG6070 21

Élaboration d'un cahier des charges fonctionnel. Méthodologie et informatisation AG6060 23

Prêts à vendre AG6210 27

De l'emballage au packaging AG6260 31

Interactions sensorielles et applications dans le domaine du packaging AG6265 35

Droit et pratique des emballages. Protection de l'innovation AG6300 41

2– Éco-conception des emballages

3– Recyclage et gestion des déchets

4– Matériaux pour l'emballage

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression

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9
1

10
Référence Internet
AG6000

Fonction emballage

par Hervé MARCEL


1
Ingénieur de l’École française de papeterie de Grenoble
Directeur du centre Logistique et Emballage du Laboratoire national d’essais (LNE)

1. Définitions................................................................................................. AG 6 000 - 3
1.1 Catégories ................................................................................................... — 3
1.2 Familles ....................................................................................................... — 3
2. Principaux éléments constitutifs ....................................................... — 4
2.1 Matériaux .................................................................................................... — 4
2.2 Accessoires ................................................................................................. — 4
2.3 Marquage, étiquetage, codage.................................................................. — 6
3. Grandes applications ............................................................................. — 6
3.1 Produits alimentaires ................................................................................. — 6
3.2 Produits pharmaceutiques......................................................................... — 6
3.3 Produits dangereux .................................................................................... — 7
3.4 Produits industriels..................................................................................... — 7
3.5 Marchandises et matériels militaires ........................................................ — 7
4. Fonctions................................................................................................... — 8
4.1 Fonctions techniques ................................................................................. — 8
4.2 Fonctions marketing................................................................................... — 8
4.3 Sécurité........................................................................................................ — 9
4.4 Protection de l’environnement .................................................................. — 9
5. Étude d’un emballage ............................................................................ — 9
5.1 Méthodologie générale .............................................................................. — 9
5.2 Conduite de l’étude .................................................................................... — 10
5.3 Analyse fonctionnelle et cahier des charges fonctionnel........................ — 10
5.4 Choix et validation d’une solution emballage.......................................... — 11
5.5 Cahier des charges d’achat........................................................................ — 11
6. Normalisation et réglementation ....................................................... — 12
6.1 Normalisation ............................................................................................. — 12
6.2 Marquage .................................................................................................... — 12
6.3 Emballages et environnement................................................................... — 12
7. Emballages et certification .................................................................. — 13
7.1 Certification des emballages ..................................................................... — 13
7.2 Certification du système de management de la qualité.......................... — 14
7.3 Certification du management environnemental ...................................... — 14
7.4 Écolabels ..................................................................................................... — 14
Pour en savoir plus.......................................................................................... Doc. AG 6 000

’emballage est destiné à contenir et à protéger des marchandises, allant des


L matières premières aux produits finis, à permettre leur manutention et leur
acheminement du producteur au consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer
leur présentation. Suivant son utilisation, l’emballage est qualifié d’emballage
de vente, de groupage ou de transport.
Sa grande diversité d’utilisation fait que l’emballage peut prendre diverses
Parution : juillet 2002

formes (feuille, sac, caisse, boîte, fût, bidon, etc.) et être réalisé à partir de papier,

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle AG 6 000 − 1

11
Référence Internet
AG6000

FONCTION EMBALLAGE _________________________________________________________________________________________________________________

de carton, de matières plastiques, de bois, de verre ou de métal. Il est le cas


échéant complété d’accessoires (accessoires d’assemblage, de bouchage, de
préhension, de protection, etc.).
L’industrie française de l’emballage est le huitième secteur industriel avec une
production d’environ 12 millions de tonnes. Les matériaux représentent un

1
chiffre d’affaires de l’ordre de 17 milliards d’euros, dont 35 % pour les papiers
et cartons, 26 % pour les plastiques, 12 % pour le métal (fer blanc et aluminium),
11 % pour le verre, 9 % pour le bois et 7 % pour les complexes souples.
L’emballage, par ses fonctions, est un partenaire incontournable de tous les
secteurs industriels. Le premier secteur utilisateur d’emballages est l’industrie
agroalimentaire qui absorbe plus de 60 % des emballages produits, suivie par
l’industrie pharmaceutique, les cosmétiques et la parfumerie (11 %), puis vien-
nent les détergents, les produits d’entretien, la chimie, les industries manufac-
turières, la distribution.
Les emballages, à la fois protecteurs du contenu, garants de la sécurité, de
la fonctionnalité, premier contact avec l’utilisateur ou le consommateur, mes-
sagers du produit vers l’utilisateur, ambassadeurs de la marque, doivent répon-
dre à un grand nombre de fonctions, aussi bien techniques que marketing.
Dans un contexte où les enjeux économiques, de sécurité, ergonomiques,
réglementaires et écologiques sont particulièrement importants, le dévelop-
pement de nouveaux emballages et leur définition nécessitent une méthodo-
logie spécifique intégrant tous les aspects du cycle de vie de l’emballage, la prise
en compte du couple emballage/produit et engageant une collaboration multi-
disciplinaire de véritables partenaires.
La méthodologie proposée comprend trois phases :
— l’analyse fonctionnelle des besoins qui aboutit à l’élaboration du cahier des
charges fonctionnel (CdCF) ;
— la proposition de solutions potentielles, leur validation puis le choix d’une
solution emballage ;
— la description et la caractérisation de la solution retenue, puis l’élaboration
du cahier des charges d’achat (CdCA).
Les emballages font l’objet de normes, de réglementations et de systèmes de
certification. Les travaux de normalisation sont principalement menés au niveau
européen dans le cadre du comité technique 261 - Emballage, mais bien d’autres
comités abordent des sujets touchant l’emballage.
La protection de l’environnement est devenue une préoccupation majeure
qu’il est dorénavant indispensable d’intégrer dans la conception d’un
emballage : on parle alors d’écoconception. Concernant la problématique des
emballages et des déchets d’emballage, la directive européenne 94/62/CE de
décembre 1994 fixe les exigences essentielles auxquelles les emballages
doivent répondre.
Les certifications de produits (NF, LNE-Emballage, etc.), la certification du sys-
tème de management de la qualité (ISO 9001) et la certification du management
environnemental (ISO 14001) permettent d’apporter l’assurance par un orga-
nisme tiers, qu’un produit ou un processus est conforme à des exigences spé-
cifiées.

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AG 6 000 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle

12
Référence Internet
AG6000

_________________________________________________________________________________________________________________ FONCTION EMBALLAGE

1. Définitions
L’emballage est défini comme tout objet constitué de maté-
riaux de toute nature, destiné à contenir et à protéger des
marchandises données allant des matières premières aux pro-
duits finis, à permettre leur manutention et leur acheminement

1
a emballage primaire
du producteur au consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer
leur présentation.
D’une façon plus globale, l’emballage d’un produit peut se
définir comme : « dans le produit, tout ce qui n’est pas le produit
lui-même ».

1.1 Catégories
Selon les principaux rôles qu’il devra jouer, un emballage peut
être qualifié des termes suivants (figure 1) :
— emballage de vente ou emballage primaire ;
— emballage de groupage ou emballage secondaire ;
— emballage de transport ou emballage tertiaire. b emballage secondaire b emballage tertiaire

■ L’emballage de vente ou emballage primaire (figure 1a ) est Figure 1 – Catégories d’emballages


l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente une
unité de vente pour l’utilisateur final ou le consommateur.
Exemples : boîte de conserve métallique, tube de dentifrice en ■ Feuille : ensemble de feuilles de matériau souple employées pour
plastique dans son étui en carton, bouteille de verre pour liquide, boîte l’enveloppage, après, par exemple, découpage à partir d’une bobine.
en carton et ses calages en polystyrène pour le petit électroménager.
Exemples : feuille en plaque, feuille en rouleau, feuille préformée.
■ L’emballage de groupage ou emballage secondaire (figure 1b )
est l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente un ■ Sac : ensemble de moyens d’emballage préformés à partir d’un
groupe d’un certain nombre d’unités de vente, qu’il soit vendu tel matériau souple, généralement quadrangulaires, et plats à vide.
quel à l’utilisateur final ou au consommateur, ou qu’il serve seule- Exemples : filet, sac plat, sac à soufflet, sac auto-ouvrant (SOS :
ment à garnir les présentoirs au point de vente. Il peut être enlevé self-opening satchel ), sac grande contenance multipli, sac cousu.
du produit sans en modifier les caractéristiques.
■ Caisse : ensemble de moyens d’emballage rigides généralement
Exemples : pack en carton de boîtes de boisson, lot sous film en parallélépipédiques.
plastique de deux flacons.
Exemples : caisse américaine, bac, plateau, cagette, caisse-outre,
■ L’emballage de transport ou emballage tertiaire (figure 1c ) est caisse-palette.
l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le trans-
port d’un certain nombre d’unités de vente ou d’emballages de ■ Boîte : ensemble de moyens rigides, de petite contenance, de
groupage en vue d’éviter leur manipulation physique et les dom- formes variées, ne comportant ni col, ni goulot.
mages liés au transport. L’emballage de transport constitue une Exemples : boîte pliante, boîte deux ou trois pièces, boîte cylin-
unité de distribution. drique composite, boîtier, pot, barquette.
Exemples : plateau en carton pour fruits et légumes, casier en plas- ■ Fût : ensemble de moyens d’emballage rigides constitués d’un
tique pour bouteilles, emballage en carton ondulé pour téléviseur, fût corps généralement cylindrique pourvu d’extrémités planes et
métallique pour produits chimiques. comportant une ou plusieurs ouvertures.
■ L’ensemble des matériaux d’emballage d’un emballage de trans- Exemples : fût à ouverture totale, fût à bonde, tonneau, seau à
port permettant de regrouper des unités de distribution afin de anse et à couvercle, baril.
constituer une charge de manutention et de transport, se nomme le
suremballage. ■ Bidon : ensemble de moyens d’emballage rigides comportant un
dessus plat ou galbé muni d’un goulot, sans raccordement par un col.
Exemples : palette en bois, films plastiques étirables et rétrac-
tables pour solidariser les charges palettisées, feuillards plastiques et Exemples : bidon cylindrique, bidon parallélépipédique à dessus
métalliques pour maintenir les charges palettisées. plat, bidon parallélépipédique avec poignée, jerrican.

Nota : dans la pratique, la distinction n’est pas toujours aussi claire et certains embal- ■ Bouteille : ensemble de moyens d’emballage rigides se termi-
lages peuvent appartenir à plusieurs catégories. nant par un col et une bague destinée à recevoir un système de fer-
meture.
Exemples : bouteille champenoise, bouteille à poignée intégrée,
1.2 Familles flacon, bonbonne.
■ Tube : ensemble de moyens d’emballage semi-rigides de section
Les familles d’emballage sont identifiées par les mots-clés sui- généralement circulaire, dont une extrémité est prévue pour per-
vants : feuille, sac, caisse, boîte, fût, bidon, bouteille, tube. Chaque mettre le prélèvement du produit par compression.
famille se décompose en genres d’emballage déterminés en fonc-
tion de la forme ou de la conception de l’emballage (figure 2). Exemples : tube cylindrique, tube conique.

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© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle AG 6 000 − 3

13
Référence Internet
AG6000

FONCTION EMBALLAGE _________________________________________________________________________________________________________________

1 Carton ondulé Rouleau de film à Sac en polypropylène Sac à gueule ouverte Caisse à rabats Plateau en bois Boîte composite
simple face bulle d'air utilisé tissé et doublure et fond collé jointifs en pour fruits en carton avec
en rouleau pour le calage de polyéthylène en papier carton ondulé et légumes fond et couvercle
métalliques

Boîte boisson Fût à ouverture Fût à bière Jerrican Bidon en Bouteille Bouteille Tube de Tube
cylindrique totale de 220 L cylindrique plastique plastique Bordeaux à poignée dentifrice de colle
deux pièces en plastique métallique de 20 L de 5 L tradition intégrée en complexe en plastique
en aluminium 75 cL en plastique plastique
en verre

Figure 2 – Exemples d’emballages

2. Principaux éléments sachets, films alimentaires), d’emballages de groupage (films


rétractables) ou d’emballages de transport (caisses, bidons, fûts,
constitutifs conteneurs, éléments amortisseurs, palettes).
■ L’acier [AG 9 760] est principalement utilisé en emballage pour la
fabrication de boîtes de conserve, de boîtes boisson ou de bidons
2.1 Matériaux pour l’industrie alimentaire, de pots, de seaux, de bidons ou de fûts
pour l’industrie chimique.
■ Les papiers cartons peuvent se répartir en trois grandes caté- ■ L’aluminium [AG 9 760] est utilisé dans le domaine alimentaire
gories, les papiers d’emballage, les cartons plats et le carton ondulé. sous forme de boîtes boisson, de barquettes dans le domaine de la
● Les papiers d’emballage se retrouvent notamment sous forme santé et de la beauté sous forme de boîtiers pour aérosols, de tubes
de sachets, de sacs de petite, moyenne ou grande contenance, d’éti- souples ou rigides et dans le domaine industriel et chimique sous
quettes. forme de bidons essentiellement.
● Le carton plat est essentiellement utilisé pour la fabrication
d’emballages primaires, étuis et boîtes pliantes, principalement
dans les domaines de l’agroalimentaire, de la beauté, de la santé et 2.2 Accessoires
du luxe.
● Le carton ondulé [AG 9 765] est le principal matériau pour les Les accessoires d’emballages sont très nombreux. Les prin-
emballages de transport, caisses, plateaux, etc., et trouve aussi de cipaux sont répartis en moyens d’assemblage, de fermeture, de
nombreuses applications dans la fabrication d’étuis et de boîtes préhension et de manutention, de protections antichoc et antivibra-
pliantes. toire, de protection physico-chimique.
■ Le verre [AG 9 785] est principalement utilisé dans le domaine de
l’emballage pour la fabrication de bouteilles, de bocaux et de pots ■ Assemblage
pour l’industrie agroalimentaire, d’ampoules et de flacons pour Les accessoires d’assemblage comprennent principalement les
l’industrie pharmaceutique, de flaconnages pour le secteur de la liens et les moyens de cohésion des charges palettisées.
parfumerie et de la cosmétique. ● Les liens ont pour principale fonction d’assurer la cohésion
■ Les principales applications du bois [AG 6 100] dans l’emballage d’un colis, d’un groupement d’emballages, d’une charge palettisée
se classent en trois catégories : les emballages industriels (caisses, ou l’arrimage de produits lourds et volumineux sur les moyens de
emballages sur mesure, articles de tonnellerie), les emballages de transport. En fonction des objectifs visés, de la masse et de la nature
manutention (palettes et caisses palettes) et les emballages légers des charges, des moyens de transport et de manutention utilisés,
(cageots pour les fruits et légumes, caissettes pour le vin, boîtes les liens seront des ficelles en fibres naturelles ou synthétiques ou
pour le fromage). des feuillards en métal, en plastique ou en textile.
● D’autres moyens sont utilisés pour assurer la cohésion des
■ La diversité des matières plastiques [AG 9 780] et des modes de charges palettisées, dont notamment le banderolage sous film éti-
transformation permet de produire une grande variété d’embal- rable ou le houssage sous film thermorétractable, le filet à mailles
lages pour divers secteurs industriels : agroalimentaire, santé, en plastique principalement utilisé pour immobiliser les charges sur
beauté, chimie, etc. palettes pour transport aérien, les coiffes généralement en carton
On les retrouve sous forme d’emballages de vente ou de condi- ondulé, les colles de palettisation qui ont pour objectif de fixer de
tionnement (bouteilles, flacons, boîtiers, barquettes, blisters, sacs, façon provisoire les colis les uns aux autres.

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AG 6 000 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle

14
Référence Internet
AG9750

Choix, création et optimisation


de l’emballage
1
par Jean-Paul POTHET
Docteur Ingénieur ENSAIA – Expert en emballage et professeur TPA
Vice-président de l’Institut français de l’emballage et du conditionnement (IFEC)

1. Typologie des emballages................................................................... AG 9 750 - 2


1.1 Un but : se différencier... .......................................................................... — 2
1.2 Terminologie courante... .......................................................................... — 2
1.3 Catégories.................................................................................................. — 3
1.4 Classification par matériaux et composants utilisés.............................. — 3
1.5 Classification par secteurs et législations spécifiques... ........................ — 3
1.6 Classification par fonctions de l’emballage... ......................................... — 4
2. Objectifs des acteurs de la chaîne emballage............................... — 7
2.1 Pour l’entrepreneur producteur importateur ou conditionneur
de produit .................................................................................................. — 8
2.2 Pour l’entrepreneur vendeur du couple produit/emballage .................. — 8
2.3 Pour le logisticien transporteur ............................................................... — 8
2.4 Pour le distributeur ................................................................................... — 8
2.5 Pour l’acheteur utilisateur ........................................................................ — 8
2.6 Pour les collectivités territoriales............................................................. — 8
3. Responsable du projet ......................................................................... — 9
4. Lignes directrices .................................................................................. — 11
4.1 Les 100 paramètres à ne pas négliger..................................................... — 11
4.2 Les 60 questions à se poser ..................................................................... — 12
4.3 Les 10 commandements à respecter....................................................... — 12
5. Contrôles à effectuer ........................................................................... — 12
5.1 Tests et contrôles techniques .................................................................. — 12
5.2 Tests et contrôles marketing .................................................................... — 16
5.3 Tests et contrôles de fonctionnalités....................................................... — 16
5.4 Tests de pluri-sensorialité ........................................................................ — 16
6. Un futur à ne pas négliger .................................................................. — 17
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 9 750

our un consommateur, pour une entreprise industrielle, l’emballage est


P considéré comme un moyen et non pas comme une fin.
Moyen de contenir, de protéger, de conserver, de transférer et de trans-
porter, mais aussi moyen de vendre, d’informer, de communiquer...
L’emballage doit remplir ces fonctions en apportant service et satisfaction
aux différents opérateurs de la « chaîne emballage » que seront :
– le designer/créateur ;
– le fabricant ;
– l’industriel utilisateur ;
– le logisticien ;
– le distributeur ;
– le client final ;
Parution : juillet 2013

– la collectivité locale qui en traitera les déchets.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 9 750 – 1

15
Référence Internet
AG9750

CHOIX, CRÉATION ET OPTIMISATION DE L’EMBALLAGE ____________________________________________________________________________________

Le tout, en diminuant les conséquences environnementales, en assurant


sécurité et authenticité et en étant, bien sûr, le moins coûteux possible.
Choisir un emballage, pour un entrepreneur, n’est donc pas anodin. D’autant
plus que le produit contenu (par exemple : solide, liquide, pâteux, gazeux, dan-
gereux ou non...) sera différent dans ses caractéristiques physiques,
chimiques, éventuellement biologiques (par exemple : poids, taille, texture, fra-

1
gilité, résistance, température, ph, perméabilité...), et que les priorités des
divers maillons de la chaîne emballage, soit les opérateurs, seront différentes.
Le choix d’un emballage est donc une opération complexe, basée sur la réso-
lution d’équations à de très nombreuses inconnues, et dont cet article donne
les lignes directrices d’une approche qui tient compte :
– des buts recherchés par les différents opérateurs de la chaîne qui va du
« berceau au tombeau » de l’emballage ;
– de l’état actuel des connaissances sur les matériaux, les systèmes et les
procédés ;
– de l’appréciation des utilisateurs, aujourd’hui ;
– des attentes des consommateurs pour demain ;
– des évolutions sociétales pour après demain.
Cet article ne propose donc pas le « manuel du bon petit emballeur »
donnant des réponses uniques, et toutes faites, aux questions que se posent
les industriels au sujet du choix, de la création ou de l’optimisation de leurs
emballages. Car, un tel manuel ne peut pas exister.
Cela est heureux ! Sinon, tous les types de produits comparables, qu’ils soient
biens de consommation ou biens d’équipement, seraient proposés dans le même
genre d’emballage ; la liberté de choix et la diversité disparaîtraient. Il s’agit juste
ici de permettre aux lecteurs d’objectiver et de rationaliser le choix à faire.

1. Typologie des emballages ■ Poids unitaire


Il diminue en permanence en raison des progrès techniques
mais il est toujours considéré comme excessif, l’utilisateur final
1.1 Un but : se différencier mélangeant inconsciemment poids, nombre, volume et donc
encombrement total.
Un industriel peut, en effet, se contenter de produire ce que l’on
nomme un « me too product », en copiant, avec une légère ■ Technique
différence, les emballages utilisés par les leaders de son secteur. Ce sont des innovations techniques que proposent les indus-
Ou bien concevoir un emballage qui sera spécifique et parfai- triels, alors que les motivations d’achats des utilisateurs sont
tement adapté aux objectifs qu’il souhaite atteindre ; quitte à être commandées par l’apparence, la présentation, la praticité. On veut
parfois en rupture, en « disruption » avec ceux de sa profession. « l’être », mais on achète « le paraître ».

■ Sécurité d’usage
Cet article l’aidera à atteindre son but en sachant que
l’emballage est protéiforme et paradoxal. Donc, son choix Le consommateur souhaite être le premier à ouvrir et donc à
devra tenir compte d’une dualité, d’une schizophrénie d’utili- utiliser l’emballage, ce qui implique des systèmes de fermeture
sation concernant les 6 points suivants. complexes, des témoins d’effraction efficaces, des taux d’adhésion
et de scellage élevés, alors que l’emballage, arrivé sur le lieu d’utili-
sation ou de consommation, devrait pratiquement s’ouvrir tout seul.
■ Nombre d’unités
Les entreprises des pays industrialisés, qui représentent un mil- ■ Coût
liard d’habitants, utilisent beaucoup (trop peut-être) d’emballages. L’emballage est toujours considéré comme trop cher et comme
Ce qui entraîne des problèmes environnementaux, en raison, entre un gaspillage économique alors que le consommateur le souhaite
autres facteurs, de la diminution du nombre de personnes par foyer, toujours plus performant, plus attractif, plus qualitatif, donc globa-
alors que les pays émergents ou en développement n’en ont pas lement plus coûteux.
assez pour combattre les pertes et les détériorations de produits.
■ Durée et valeur d’usage
Pour atteindre les buts fixés de conservation, préservation, 1.2 Terminologie courante
hygiène, l’emballage doit être résistant, solide, étanche, imper-
méable aux gaz et aux liquides. Mais, en même temps, on le Même s’ils sont, souvent à tort, utilisés comme synonymes, les
souhaite aussi éphémère que possible, et on voudrait qu’il termes emballage, conditionnement, packaging ont des signifi-
disparaisse dès qu’il a été vidé de son contenu. cations différentes [1].

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_____________________________________________________________________________________ CHOIX, CRÉATION ET OPTIMISATION DE L’EMBALLAGE

■ Emballage containers (routier, ferroviaire, fluvial, maritime ou aérien) n’en


Vient de l’ancien allemand balla, représente un objet, un outil, font pas partie.
une chose palpable, un assemblage de matériaux divers qui
Exemples : plateaux, bacs plastiques, casiers, box palettes,
permet de mettre ensemble, de serrer, de pelotonner afin de proté-
palettes, filets, cornières, feuillards...
ger et de déplacer un produit ou une marchandise, le matériau
étant choisi en fonction des rôles qu’il devra remplir.
Les bouteilles, boîtes, films, barquettes, caisses... sont des 1.4 Classification par matériaux
emballages.
■ Conditionnement
et composants utilisés
La diversité des matériaux utilisés pour fabriquer les emballages
1
Dérive du latin « condere » qui signifie stabiliser, mettre en a conduit les professions correspondantes à une diversité d’appel-
réserve, mettre en ordre, mettre de côté, garder. Le lation des produits finis [2] :
conditionnement d’un produit est donc l’action, la technique, le – emballages en verre, tels que : bouteilles, flacons, bocaux,
procédé, la méthode qui va permettre de conserver ce produit de pots, bonbonnes, ampoules ;
la manière optimale, afin que les qualités dont il bénéficie lors de – emballages en papier, tels que : feuilles, sacs, sachets,
sa production soient conservées le plus longtemps possible. C’est étiquettes ;
l’ensemble des étapes qui conduisent du produit fini nu au produit – emballages en carton compact ou carton plat, tels que : boîtes
emballé que l’on nomme conditionnement. pliantes, étuis ;
Sous-vide, aseptique, sous atmosphère modifiée, isobaro- – emballages en carton ondulé, tels que : caisses, boîtes, bacs,
métrique... sont différentes possibilités de conditionnement. plateaux, cagettes, palettes, présentoirs ;
– emballages en acier, tels que : boîtes boissons, boîtes de
■ Packaging conserve, boîtiers pour aérosols, seaux, bidons, pots, fûts, barils ;
– emballages en aluminium, tels que : boîtes boissons, boîtes de
En langue anglaise, recouvre à la fois l’objet (l’emballage) et
conserve, coupelles, tubes, capsules, aérosols, barquettes, bidons ;
l’action (le conditionnement). Utilisé en France, il privilégie plutôt
– emballages en bois, tels que : caisses, cageots, plateaux,
les aspects liés au marketing, aux rapports entre les entreprises
tonneaux, palettes, caissettes, boîtes à fromage ;
commercialisant ces produits et leurs acheteurs.
– emballages en matières plastiques rigides, tels que :
Il concerne donc le couple contenant/contenu et est appliqué bouteilles, flacons, boîtiers, barquettes, caisses, bidons, fûts,
essentiellement aux produits de grande consommation, plutôt casiers, tubes ;
qu’aux produits industriels. – emballages en matières plastiques souples, tels que : sacs,
sachets, films, poches ;
– emballages complexes ou multicouches souples ou rigides,
1.3 Catégories tels que : briques, flacons, pots ;
– emballages associant des matériaux multiples, tels que :
Selon les rôles et les objectifs des emballages, on peut les caisses outres, blisters, boîtes composites ;
scinder en trois catégories. – emballages en matériaux divers (textiles, tissus, cuirs...), tels
que : écrins, marmottes, hottes, corbeilles.
■ Emballage primaire ou emballage de vente
Il faut également tenir compte des constituants et composants
Il est conçu pour constituer, au point de vente, une unité de de ces emballages comme les opercules.
vente destinée au consommateur ou à l’utilisateur final.
C’est un emballage qui est en contact avec le produit lui-même Rappelons qu’un constituant est un élément qui ne peut pas
et qui doit posséder une totale innocuité à l’égard du contenu. Il être aisément séparé du reste de l’emballage (par exemple : la
peut comporter plusieurs éléments, par exemple : bouteille, colle, l’encre, l’adhésif de scellage...).
bouchon, étiquette, collerette, contre-étiquette... Il aura à la fois
Un composant est, par contre, un élément qui peut être faci-
des fonctions techniques liées à la protection, à la conservation, et
lement séparé du reste de l’emballage, à la main ou par des
également des fonctions commerciales et informatives.
opérations physiques simples (par exemple : un bouchon, un
lien, une housse, une protection, un manchon, une poignée...).
Exemples : tubes, flacons, barquettes, boîtes (pour conserves,
boissons, chaussures...), bouteilles, bocaux, pochons, briques, aéro-
sols, sachets, fûts, pots, blisters, coques, caisses, étuis... Ajoutons enfin que l’on peut classer ces matériaux en fonction
de leur origine : fossile (et donc non renouvelable) ou renou-
■ Emballage secondaire ou emballage groupé velable, ce qui est bien sûr recherché dans le cadre d’un dévelop-
pement durable.
Il est conçu pour constituer au point de vente un groupe d’un
certain nombre d’articles ou unités de vente, qu’il soit vendu tel
quel à l’utilisateur final ou au consommateur, ou bien qu’il serve
seulement à garnir les présentoirs aux points de vente. Il peut être
1.5 Classification par secteurs
séparé des marchandises qu’il contient ou protège, sans que cela et législations spécifiques
en modifie les caractéristiques.
Il existe, dans plusieurs secteurs d’activités des coutumes, d’une
part, et des législations, d’autre part, qui incitent, préconisent ou
Exemples : packs en carton, films plastique étirable, rétractable, contraignent professionnellement, par habitude, commodité ou
sacs petite, moyenne, grande contenance, manchons... réglementation, à l’utilisation de certains emballages.

■ Emballage tertiaire ou emballage de transport C’est le cas, par exemple :


Il est conçu pour faciliter la manutention et le transport d’un – pour l’emballage dit « industriel » ;
certain nombre d’articles ou d’emballages groupés en vue de faci- – pour l’emballage de pièces dans l’industrie automobile ;
liter leur manipulation physique et de diminuer les dommages liés – pour certains emballages navette alimentant les chaînes de
aux transports. Il constitue une unité de distribution, mais les production.

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CHOIX, CRÉATION ET OPTIMISATION DE L’EMBALLAGE ____________________________________________________________________________________

C’est pour cela qu’il est nécessaire de différencier les embal- – service (§ 1.6.2) ;
lages destinés aux biens d’équipement et aux produits industriels, – marketing/design (§ 1.6.3) ;
d’une part, de ceux à destination des produits de grande – environnementale (§ 1.6.4).
consommation, d’autre part.
■ Catégorie : produits industriels et biens d’équipement 1.6.1 Fonctions techniques
Il faudra particulièrement tenir compte de ceux soumis à des
législations ou des exigences spécifiques, par exemple les 4 types ■ Protection physique du produit

1 suivants.
• Emballages pour produits dangereux
Elle est obtenue par des propriétés mécaniques et physiques qui
peuvent concerner les phénomènes de compression, torsion, trac-
tion, flexion, éclatement, écrasement, planéité, stabilité dimension-
Ils doivent répondre à une réglementation concernant le nelle, rigidité, chocs thermiques, perméabilité, porosité, les
transport et le travail et, pour certains produits spéciaux tels rayonnements lumineux ou radioactifs... afin d’éviter les agres-
liquides inflammables, matières radioactives, aux exigences régle- sions mécaniques (chutes, vibrations, chocs), (voir [AG 6 000]).
mentaires concernant la sécurité des personnes et des biens
(voir [AG 6 510]). ■ Protection chimique
Elle peut concerner :
Mentionnons les règlements internationaux pour le trans- – les phénomènes d’oxydation, de prise ou de déformation de
port et la répartition des marchandises en neuf classes, ainsi goût ou d’odeur ;
que la réglementation du Ministère du travail. – la limitation des échanges entre contenant et contenu ;
– les migrations ;
– la résistance aux attaques du contenant par le contenu ;
• Emballages de certains produits industriels – la modification ou la dégradation de produits alimentaires ;
Ils nécessitent des opérations spécifiques de calage, de – la rouille de produits métalliques ;
protection physico-chimiques, de protection contre les chocs et les – les échanges gazeux indésirables au travers des parois ;
vibrations, d’étanchéité, et la prise en compte de durées de – les pertes de gaz, d’arômes ou de parfums...
stockage parfois très longues (voir [AG 6 201]).
• Emballages de matériels militaires ■ Protection bactériologique
Ils ont des spécifications bien précises en raison du caractère Elle peut concerner :
souvent confidentiel de ces équipements, et qui font l’objet de – la propreté ;
codifications bien précises en fonction du degré climatique et du – la sécurité hygiénique ;
degré de protection mécanique. – l’activité d’altération entraînant des dégradations
• Emballages des œuvres d’arts et produits très fragiles organoleptiques ;
– la prolifération de micro-organismes déterminant durée de vie
Ils doivent bénéficier de protections particulières en raison de
et limite d’acceptabilité du produit [4].
leur caractère souvent unique et du coût généralement élevé des
produits contenus. ■ Protections « spécifiques »
■ Catégorie : produits de grande consommation Telles que résistance aux :
Il faudra particulièrement tenir compte de ceux pour lesquels – insectes ;
des législations spécifiques existent. – rongeurs ;
Citons : – conditions climatiques ;
– les produits alimentaires, qu’ils soient solides, liquides, – chocs thermiques ;
gazeux, plats, pâteux, pulvérulents, dont les emballages doivent – perforations accidentelles ;
conserver les propriétés organoleptiques, présenter une qualité – entrées de produits dangereux ;
hygiénique, résister à des températures souvent extrêmes, dispo- – vols de tout ou partie du contenu...
ser de marquages spécifiques et de systèmes de traçabilité
(voir [3] [AG 6 520]) ; ■ « Aptitude à contenir »
– les produits pharmaceutiques, dont les emballages doivent Destinée à l’environnement extérieur au produit afin d’éviter :
présenter une parfaite inertie vis-à-vis du contenu et préserver les – la transmission de caractéristiques organoleptiques telles que
principes actifs, garantir l’étanchéité, protéger des agressions exté- goût ou odeur vers l’environnement et les produits environnants ;
rieures, être stérilisables, répondre aux exigences d’utilisation – la limitation des risques entraînés par des fuites du produit
notamment pour les personnes âgées ; contenu ;
– les produits d’hygiène, de santé, de beauté, dont les embal-
– les émanations de solvants ou de produits volatils ;
lages doivent souvent bénéficier des mêmes caractéristiques que
celles des produits pharmaceutiques. – les usages non prévus de produits dangereux, médicaments,
produits d’entretien... ;
– le maintien du volume ou de la quantité initiale dans le cas où,
le produit, étant sous forme liquide, gazeuse, pulvérulente ou
1.6 Classification par fonctions visqueuse, n’a pas de forme propre par lui-même.
de l’emballage
■ « Aptitude au regroupement »
Les fonctions demandées aux emballages sont diverses et
Pour permettre de manipuler le produit soit :
variables selon le produit contenu, selon le circuit de distribution,
selon le type d’utilisation. – parce que le produit n’est pas manipulable en l’état (biscuits,
riz, comprimés) ;
On peut les classer en tenant compte des buts à atteindre que
– afin de proposer une unité de vente appropriée et en faciliter
l’on peut classer en 4 familles :
les transferts par le consommateur (emballage secondaire) ;
ou fonctions : – afin de regrouper des unités de vente pour en faciliter le trans-
– technique (§ 1.6.1) ; port (emballage tertiaire).

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Normalisation des emballages

par Annick GALPIN


1
Ingénieur en Normalisation
Responsable du Domaine Emballage à AFNOR

1. Les enjeux, l’Europe et la nouvelle approche .................................. AG 6 050 – 2


2. Emballage et activités logistiques ...................................................... — 2
2.1 Rappel des activités logistiques lors de la conception du produit .......... — 2
2.2 Conception de l’emballage ......................................................................... — 3
2.2.1 Évaluation du produit à emballer...................................................... — 3
2.2.2 Caractéristiques du circuit logistique................................................ — 4
3. Contenu de la normalisation ................................................................ — 4
3.1 Normalisation applicable à l’ensemble des emballages.......................... — 4
3.1.1 Terminologie ....................................................................................... — 4
3.1.2 Marquage ............................................................................................ — 4
3.1.3 Coordination dimensionnelle ............................................................ — 5
3.1.4 Méthode d’essai et programmes d’essais........................................ — 5
3.2 Normalisation des différents types d’emballages .................................... — 5
3.2.1 Catégories de normes ........................................................................ — 5
3.2.2 Types d’emballages............................................................................ — 6
3.3 Normalisation dans le domaine des matériaux d’emballage .................. — 7
3.4 Thèmes particuliers ..................................................................................... — 7
3.4.1 Emballage de matières dangereuses................................................ — 7
3.4.2 Emballage et environnement ............................................................ — 8
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. AG 6 050

U n travail important de normalisation a été accompli depuis une dizaine


d’années dans le domaine de l’emballage. Ce travail se poursuit, tout en
prenant une autre dimension, avec la mise en place du grand marché européen.
Cette activité se situe tant au niveau national à AFNOR (Association Française de
Normalisation), qu’au niveau international à l’ISO (International Standards Orga-
nization). Elle trouve son plein essor au niveau européen au CEN (Comité Euro-
péen de Normalisation).
Bien que l’Europe occupe une place importante, il ne faut toutefois pas oublier
l’approche internationale avec les travaux ISO. Des accords ont été pris entre les
organismes CEN et ISO en vue de faciliter les échanges et la coopération et sur-
tout éviter toute duplication des travaux normatifs.
Les différents partenaires ont maintenant à leur disposition un ensemble de
normes qui leur permet de concevoir et fabriquer des emballages adaptés aux
besoins de la distribution et des utilisateurs. Cette collection est diversifiée puis-
que l’on peut trouver toutes les normes traitant de l’emballage, mais également
des matériaux, des procédures générales d’essais.
Ceux-ci peuvent aller encore plus loin dans leurs démarches normatives en
mettant en place ou en utilisant les services de la Marque NF. Cette marque
nationale atteste qu’un produit est conforme aux normes françaises et euro-
péennes qui le concernent.
Parution : avril 2000

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AG6050

NORMALISATION DES EMBALLAGES ______________________________________________________________________________________________________

De par la prise en compte des contraintes liées à l’environnement, de nou-


veaux labels sont apparus [1] :
— Écolabel Européen sur les emballages (étude du couple emballage/pro-
duit) ;
— Marque NF Environnement sur les produits (exemple : sacs pour la collecte
des déchets).

1
Tous les partenaires, qu’il s’agisse de fabricants, d’utilisateurs, de condition-
neurs, de laboratoires, de consommateurs, de représentants des pouvoirs
publics peuvent jouer un rôle dans l’élaboration des normes.
La prise en compte des impératifs des uns et des autres ne peut aller que vers
une meilleure qualité des documents élaborés. La norme sera perçue non pas
comme une contrainte, mais comme un outil au service de la stratégie de l’entre-
prise.
Quant à la collection des normes françaises, celle-ci est actualisée en perma-
nence pour incorporer notamment les normes et rapports adoptés au plan euro-
péen. Cette collection s’est enrichie d’une nouvelle série de normes dans le
domaine de l’environnement et plus particulièrement dans le cadre de l’appli-
cation de la directive 94/62/CE sur les emballages et déchets d’emballage.

1. Les enjeux, l’Europe Encadré 1 – Étapes d’élaboration d’une norme


et la nouvelle approche dans le cadre d’un nouveau sujet

1. Réalisation d’une étude de faisabilité par l’organisme de


normalisation.
& Validation par la Commission générale de AFNOR.
2. Élaboration de la norme par une commission de normalisa-
L’achèvement du marché unique européen suppose que les tion ou un groupe d’experts en prenant en compte les projets
produits circulent librement sans que se reconstituent, de manière existants et en respectant le cahier des charges défini par la
déguisée, des entraves aux échanges (traité de Rome 1957). Pour Commission générale.
atteindre cet objectif, le Conseil des ministres des Communautés & Approbation du projet de norme par la Commission de
adopta une résolution le 7 mai 1985, définissant une nouvelle normalisation et soumission à Enquête probatoire pour toute
approche en matière d’harmonisation qui doit permettre d’achever norme homologuée. Examen des commentaires et approbation
le marché intérieur dans les délais fixés (fin 1992) en poursuivant finale de la norme.
trois objectifs : & Édition par AFNOR.
3. Vie de la norme
— simplifier et accélérer le processus législatif communautaire ;
Promotion - Révision.
— éviter de rendre obligatoires de nombreuses règles de détails
pour, entre autres, faciliter l’innovation ;
— faire un plus grand usage des procédures nationales de nor-
malisation et de certification.
2. Emballage et activités
Les principes de cette nouvelle approche sont définis ci-après :
— les directives se limitent à l’harmonisation des exigences logistiques
essentielles, touchant à la sécurité, à la santé, à l’environnement,
auxquelles doivent satisfaire les produits pouvant être mis sur le
marché européen ; 2.1 Rappel des activités logistiques lors
— les spécifications techniques, pour la concrétisation et le res- de la conception du produit
pect des exigences essentielles, seront élaborées dans le cadre de la
normalisation ; La logistique connaît un essor dans les entreprises depuis une
— les normes ainsi élaborées et adoptées (encadré 1) conservent quinzaine d’années. Elle se développe davantage depuis l’avène-
un statut volontaire mais leur respect apporte une présomption de ment du grand marché européen et l’européanisation des entre-
conformité aux exigences essentielles de la directive. prises elles-mêmes, celles-ci n’hésitant pas à mettre en place des
Par ce nouveau rôle donné à la normalisation, les normes fonctions logistiques avec, à leur tête, un logisticien.
deviennent un instrument essentiel de régulation tant sur le plan Selon la norme X 50-600 : Logistique-Terminologie, « la logistique
des conditions de mise sur le marché que sur celui des conditions est une fonction dont la finalité est la satisfaction des besoins
de concurrence. Dans le secteur de l’emballage, la directive exprimés ou latents aux meilleures conditions économiques pour
94/62/CE « Emballage et déchets d’emballage » du 31 décembre l’entreprise et pour un niveau de service déterminé » et « la satisfac-
1994 est une directive dite « nouvelle approche ». Les exigences tion du besoin est définie comme la mise à disposition du produit et
essentielles de cette directive concernent la prévention de déchets le maintien dans le temps de la disponibilité de ses fonctions ». Lors
d’emballage, la réutilisation des emballages et leur valorisation en de la conception d’un produit, le logisticien intervient pour faire
fin de vie. prendre en compte une partie ou la totalité des activités logistiques.

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Droit et pratique des emballages


Réglementation applicable
aux emballages 1

par Sylvain MARTIN


Avocat à la cour d’appel de Paris

1. Dans le système de droit européen..................................................... AG 6 070 - 2


1.1 Intégration réciproque des droits nationaux et communautaire ............. — 2
1.1.1 Directives et règlements européens .................................................. — 2
1.1.2 Textes du droit français ...................................................................... — 3
1.2 Cohérence du système intégré ................................................................... — 4
1.2.1 Primauté du droit communautaire .................................................... — 4
1.2.2 Rôle des juges ..................................................................................... — 4
1.2.3 Directives remplacées par les règlements ........................................ — 4
1.2.4 Complémentarité entre directives et règlements ............................. — 4
2. Contrôle du respect réglementaire ..................................................... — 5
2.1 Rôle de la DGCCRF....................................................................................... — 5
2.1.1 Mission................................................................................................. — 5
2.1.2 Inspecteurs .......................................................................................... — 5
2.1.3 Contrôles.............................................................................................. — 5
2.2 Dispositif pénal............................................................................................. — 6
2.2.1 Principes de base pour fixer la peine ................................................ — 6
2.2.2 Personnes concernées par les sanctions pénales ............................ — 6
2.2.3 Délits correctionnels ........................................................................... — 7
2.2.4 Contraventions pour non-conformité au contact alimentaire ......... — 7
2.2.5 Contraventions pour non-conformité à l’éco-conception................ — 8
2.2.6 Comparaison entre délit et contravention ........................................ — 8
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 070

es emballages sont concernés directement, ou indirectement, par de très


L nombreux textes comme ceux concernant l’aptitude au contact alimentaire,
l’éco-conception, la protection des dessins et modèles ou encore l’étiquetage.
Depuis une trentaine d’années, les règles relatives aux emballages sont de
moins en moins nationales et de plus en plus européennes. Depuis une dizaine
d’années, les règles européennes sont elles-mêmes de plus en plus impéra-
tives/directes, puisque progressivement les directives sont remplacées par des
règlements européens.
Ceux-ci s’imposent immédiatement et directement alors que, pour être
opposables aux entreprises, les directives européennes doivent être transpo-
sées par des textes nationaux. Ces deux instruments juridiques européens se
distinguent aussi par le fait que les règlements sont applicables dans toutes
leurs dispositions, alors que les directives peuvent accorder une certaine
Parution : juillet 2012

marge de manœuvre aux États membres lors de leur transposition.

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DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

Le recours de plus en plus fréquent aux règlements par les instances euro-
péennes s’explique en particulier par le nombre de plus en plus élevé d’États
membres : 6 en 1957, 15 en 1995 et 27 en 2007. Pour que l’Europe harmonisée
soit une réalité, il n’est plus possible d’attendre 27 transpositions nationales
utilisant, plus ou moins correctement, les marges de manœuvre autorisées. Si
on veut vraiment harmoniser 27 points de vue, mieux vaut les uniformiser par
un règlement unique et identique dans tous les États membres (à la traduction
1 près).
La compétence des États membres s’exerce aujourd’hui dans deux domaines :
– le contrôle du respect des règles européennes par les administrations
nationales ;
– le prononcé des sanctions pénales par les tribunaux.
Les sanctions pénales applicables en cas de non-conformité d’un emballage aux
règles sur l’aptitude au contact alimentaire et sur l’éco-conception sont essentiel-
lement les amendes dites de « 3e catégorie ». Le montant maximum d’une telle
amende est relativement peu élevé : 450 €. Mais le juge prononce autant
d’amendes qu’il y a eu d’emballages saisis par l’administration des fraudes : 153
emballages non-conformes donnent lieu à 153 amendes de 1 à 450 € suivant la
décision souveraine du juge pénal.

1. Dans le système de droit – les sanctions pénales applicables aux opérateurs soumis au
principe du pollueur-payeur.
européen
Exemples
• La directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux déchets
1.1 Intégration réciproque des droits d’emballage laisse les États membres choisir entre la reprise ou la
nationaux et communautaires collecte des déchets d’emballage. Ainsi, l’Allemagne, la Belgique, le
Danemark et la Hongrie ont choisi la consigne pour les bouteilles en
verre, tandis que la France a choisi le tri sélectif par les ménages.
1.1.1 Directives et règlements européens • La directive 98/71 du 13 octobre 1998 sur l’harmonisation de la
protection des dessins et modèles dans les États membres laisse
[Link] Rôles juridiques respectifs ceux-ci décider si, dans leur pays, on peut cumuler la protection au
titre des dessins et modèles et du droit d’auteur. La France a fait le
■ Les directives et règlements sont votés par les Autorités de
choix du cumul.
l’Union européenne (Conseil des ministres, Commission de
l’Union européenne à Bruxelles, Parlement européen à Stras- • La directive 2006/42 du 17 mai 2006 relative à la sécurité des
bourg). Ce sont les instruments juridiques européens utilisés pour machines (fraiseuses, conditionneuses...) pour éviter les accidents du
construire une Union politique européenne et un marché économi- travail laisse aux États membres les modalités pratiques de sélection
que unique sur tout le territoire européen : des organismes de contrôle chargés de vérifier la conformité des
machines aux spécifications de sécurité.
– rendre les conditions de concurrence égales entre toutes les
entreprises de la Communauté puisque les contraintes de coûts
liés à la sécurité seront similaires ou identiques (absence de ■ En raison de leur application directe dans le droit national des
métaux lourds dangereux pour l’environnement, aptitude au États membres, les règlements sont pris dans des domaines peu
contact alimentaire...) ; sensibles politiquement ou socialement et plutôt techniques, tels
– assurer la libre circulation des marchandises puisque les que le droit de la concurrence ou la réglementation de l’emballage
douanes nationales ne peuvent pas interdire l’importation et de l’étiquetage des produits dangereux.
d’emballages fabriqués dans un autre État membre au motif qu’ils
ne satisferaient pas certaines normes de leur pays. ■ Toutefois, à l’inverse, des règlements sont pris dans des
domaines très sensibles politiquement et socialement, comme le
■ Les directives harmonisent les règles nationales applicables secteur agricole par exemple. Les compromis politiques sur la PAC
dans chacun des États membres. (Politique agricole commune) sont d’une technicité telle qu’il n’est
pas possible d’envisager des différences d’interprétation natio-
■ Les règlements unifient les règles applicables dans chacun des nales lors de leur transposition.
États membres.
■ Les directives sont prises dans des domaines où les parlements [Link] Intégration différente en droit national
nationaux veulent bénéficier d’une certaine marge de manœuvre
■ Les directives européennes doivent être transposées dans le
au moment de l’introduction dans leur pays des nouvelles règles
droit national de chacun des États membres par un texte de droit
européennes comme pour :
national (en France, ce sera une loi, un décret ou un arrêté), alors
– les délais de paiement ; que les règlements européens s'intègrent dans le droit national de
– les taux et conditions de déduction de la TVA ; chacun des États membres dès leur date d’entrée en vigueur (pour

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Élaboration d’un cahier des charges


fonctionnel
Méthodologie et informatisation 1

par Philippe PROVOST


Directeur général de Sépac
Professeur à l’Esepac (Le Puy en Velay)

1. Vocabulaire et évolution ........................................................................ AG 6 060 - 2


2. Considérations pour un CDCF emballage ......................................... — 3
3. Compléments indispensables au choix d’un emballage ............... — 10
4. Principes d’élaboration d’un CDCF et d’un outil
d’aide à la décision .................................................................................. — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 060

ahiers des charges, fonctionnels ou non, modèles décisionnels, cahier des


C charges technique, spécifications, matériaux approuvés ou agréés,
méthodes ou standards de conditionnement... Tous ces noms, et quelques
autres, jalonnent la définition de la qualité des produits et, plus spécifique-
ment, des emballages. Déjà, comment s’y retrouver ?
Durant ces trente dernières années, le marché de l’emballage a
considérablement évolué et les principes qui président au choix d’un embal-
lage également.
L’activité liée à l’emballage a longtemps été sous-estimée, considérée
comme n’étant pas la vocation première de l’entreprise.
Il est encore courant de la voir traitée par des services non spécialisés, mal
adaptés à cette fonction, n’ayant de par leur vocation qu’une vue partielle du
problème.
Sachant que tout se joue à la conception, nous avons essayé de jeter les
bases d’une méthodologie du traitement des problèmes d’emballage à la
source et plus particulièrement de la constitution des cahiers des charges
fonctionnels.
Parution : janvier 2010

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ÉLABORATION D’UN CAHIER DES CHARGES FONCTIONNEL _________________________________________________________________________________

1. Vocabulaire et évolution Dans ce chapitre, nous ne développerons en détail que le cahier


des charges technique et les modèles décisionnels. Les spécifica-
tions qui en découlent ne seront abordées que très sommairement
Ces appellations, si nombreuses, sont utilisées dans un sens pour, simplement, montrer leur filiation avec ces premiers docu-
variable, d’une entreprise à l’autre, voire redondantes. Il nous ments.
semble donc opportun de convenir de définitions préalables, qui
n’ont pas valeur de normes, mais nous permettront de développer
notre exposé avec moins d’ambiguïté. 1.2 Nécessité d’un cahier des charges
1 1.1 Vocabulaire
pour l’emballage
Pendant longtemps, la conception de l’emballage était réalisée
après celle du produit, comme une contrainte qu’il fallait assumer
Voici une série de six définitions faisant office de glossaire, malgré tout. Le recours à des solutions simples suffisait, et les pro-
exemple à l’appui. positions des fournisseurs d’emballages assuraient, sans dévelop-
pement trop particulier, la présentation des produits. L’esthétique
■ Analyse fonctionnelle
n’était certes pas absente des préoccupations, mais elle restait du
Ensemble des fonctions, rédigées sous forme non technique, domaine du graphisme pur.
précisant les besoins concernant l’emballage pour chacun des uti-
lisateurs, grand public, marketing commerciaux ou industriels. L’ajout progressif de très nombreux paramètres a contraint à
C’est cette analyse qui définira la solution en terme de qualité. plus de rigueur, à développer des méthodes de conception plus
performantes, formalisant les nombreuses demandes qui, peu à
L’analyse fonctionnelle pourra être côtée en importance pour peu, compliquaient le choix d’un emballage.
chacune des fonctions.
■ Les moteurs de cette évolution des besoins peuvent se résumer
Exemple de fonction pour une caisse en carton : résister aux en quelques grands thèmes :
contraintes de gerbage du circuit de distribution. • Coûts liés à l’emballage

■ Cahier des charges technique On parle souvent, à tort, du coût des matériaux d’emballage
comme indice de cette dépense, mais c’est oublier l’ensemble des
Analyse fonctionnelle telle que décrite ci-avant, complétée par coûts induits par le choix d’un principe d’emballage. Les opéra-
des critères de valeur pour chaque fonction. C’est-à-dire des élé- tions de conditionnement sont la première dépense à laquelle cha-
ments mesurables ou, à défaut, évaluables avec un maximum cun pense, mais il y en a bien d’autres. Les coûts de manutention,
d’objectivité permettant de définir si une fonction est plus ou de stockage, de transport, sont directement induits par le choix
moins bien satisfaite par la solution envisagée. d’emballages plus ou moins volumineux, plus ou moins palet-
tisables.
Exemple de critère pour la résistance au gerbage d’une caisse en
carton : présenter une RCV (résistance à la compression verticale) de La préparation des commandes, selon la plus ou moins bonne
xx daN. adaptation des caisses à la commande moyenne, est également
une source de coût liée à l’emballage. Les frais de stockage
d’emballages vides, d’assurance pour des emballages à risques,
■ Modèle décisionnel de contribution à l’élimination, sont également autant de coûts
Nous utiliserons ce terme pour une analyse, informatisée ou induits.
non, des conditions du choix d’une solution, intégrant à la fois sa
qualité, décrite par l’analyse fonctionnelle, mais aussi les éléments
de coût, d’investissement, de délai de mise en œuvre, qui déter- Il n’est ainsi pas rare qu’un emballage, au coût de maté-
minent sa faisabilité commerciale et économique. riaux nettement plus élevé qu’un autre, permette cependant
de réaliser globalement des économies substantielles.
■ Spécification
Ensemble de caractéristiques fonctionnelles et mesurables per-
mettant de contrôler la conformité avec le cahier des charges tech-
• Emballage vendeur
nique initial. Seules les fonctions ayant une variabilité possible
dans le temps (problèmes potentiels de qualité, par exemple) sont Il est devenu, par l’apparition de la grande distribution, le seul
reprises dans la spécification. Cette dernière indique également les « vendeur » lors de l’acte d’achat du produit. Il doit véhiculer
méthodes de contrôle à utiliser pour vérifier la conformité des l’image de la personnalité et de la qualité de ce dernier. À ces
emballages. considérations d’ordre esthétique, en adéquation avec le produit
■ Matériaux approuvés ou agréés contenu, s’en sont ajoutées d’autres plus techniques, pour être
mieux vu, pour assurer l’optimisation de l’utilisation des surfaces
Il s’agit de la liste des matériaux dont on a vérifié qu’ils permet- de vente dévolues au produit.
tent de répondre aux caractéristiques demandées dans les spécifi- • Emballage service
cations. Cette liste n’a pas de caractère fonctionnel et les
matériaux peuvent d’ailleurs être différents d’un fournisseur à Chacun a pu constater, comme simple consommateur, les évolu-
l’autre pour une même spécification. tions importantes et constantes réalisées dans ce domaine, qu’il
s’agisse des systèmes d’ouverture, des dispositifs d’utilisation des
■ Méthodes ou standards de conditionnement produits, des possibilités de congélation et de cuisson, dans
C’est la description du mode opératoire pour assembler les l’emballage pour le secteur alimentaire, par exemple. Mais, le phé-
matériaux d’emballage permettant de constituer l’emballage. Elle nomène se constate aussi pour des produits techniques, où l’ergo-
indique également le résultat attendu et les modes de contrôle nomie de l’utilisation par des professionnels est de plus en plus un
associés. argument de vente des produits eux-mêmes.
Ces définitions seront précisées par la suite, mais elles per- Les emballages de distribution sont eux aussi également sujet à
mettent déjà une meilleure compréhension de ce que sera la ces demandes, et la pression pour des emballages facilitant la
démarche suivie et le vocabulaire utilisé. mise en rayon devient de plus en plus forte.

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__________________________________________________________________________________ ÉLABORATION D’UN CAHIER DES CHARGES FONCTIONNEL

• Emballage, partie intégrante du produit Lors du lancement d’un nouveau produit, il existe une période
assez mal définie où, autour d’un besoin du marketing et/ou d’une
L’existence même de certains produits instables n’est rendue opportunité offerte par la recherche, le produit prend corps. Il
possible que par l’apparition et la mise au point d’emballages spé- s’agit là d’une phase en amont du lancement, qui peut être longue,
cifiques. L’exemple le plus évident et le plus ancien étant la nécessairement informelle, et durant laquelle le service emballage
conserve, les plus récents le lait UHT ou les salades, dites de doit être informé sans avoir, en général, à participer directement à
« quatrième gamme ». La mécanisation augmentant les investis- l’action.
sements en machine de conditionnement deviennent de plus en

1
plus lourds en raison des cadences élevées. Ces choix engagent Seuls des problèmes présumés de compatibilité pourraient
l’avenir à long terme, tant sur la flexibilité offerte aux besoins du déclencher des recherches préliminaires de matériaux.
Marketing, que sur la nature des matériaux d’emballages utili- Le lancement commence réellement quand le principe du pro-
sables. duit et la cible marketing sont clairement définis.
• Qualité demandée • C’est à partir de cet instant que, pour le développement de
Les machines à haute cadence requièrent des matériaux particu- l’emballage, nous distinguons trois phases essentielles :
lièrement fiables, évoluant dans des tolérances étroites. L’absence – recherche emballage. Très schématiquement, c’est dès le
de spécifications et de contrôle, ou d’assurance qualité, conduisent début de la phase de recherche que doit être construite la pre-
à une baisse des rendements préjudiciables à la rentabilité de mière analyse fonctionnelle reprenant, à la fois les demandes du
l’investissement. marketing, et les autres fonctionnalités à caractère plus technique.
Cette phase s’achève avec la recommandation d’un principe
Exemple d’emballage, lui-même validé par un examen, encore sommaire,
Imaginons simplement une ligne d’embouteillage de bière, dont la de son aptitude à répondre à cette description fonctionnelle ;
cadence peut atteindre jusqu’à 100 000 bouteilles à l’heure. Si seule- – mise au point. La phase de mise au point débute avec le lance-
ment une bouteille sur 10 000 éclatait, la ligne serait arrêtée toutes ment de moules ou de formes de découpes d’essai. Les différents
les 6 minutes. C’est parfaitement inacceptable pour un tel investis- tests, essais et mesures, conduits durant cette phase, permettront
sement de plusieurs dizaines de millions de francs. de valider de façon fiable la qualité de la solution développée, par
rapport à une spécification issue du cahier des charges technique ;
Un défaut de 0,01 % est devenu intolérable !
– industrialisation. Elle inclut l’ensemble du développement des
outils industriels de production des emballages, chez les fournis-
• Écologie seurs, et des outils et machines de conditionnement. Elle inclut
Même si ce type de préoccupation a toujours été présent à également la mise sur le marché et son suivi, ce qui permettra
l’esprit des concepteurs d’emballages, il a pris plus récemment un d’obtenir un retour d’expérience sur le modèle fonctionnel utilisé.
caractère obligatoire. C’est même, depuis peu, devenu une
contrainte légale que de créer des dossiers portant sur la
conception de l’emballage, et la prise en compte des critères envi- La distinction entre ces différentes phases est capitale en
ronnementaux. regard de l’organisation à mettre en place et des risques
encourus. Méconnaître ces étapes constitue toujours une prise
Pour tous ces motifs, des sociétés de produits de grande de risques techniques et financiers inconsidérée. En court-cir-
consommation ont reconsidéré le traitement du problème et ont cuiter tout ou partie doit être le résultat d’une prise de risque
créé des services emballage en charge de la rationalisation des consciente et calculée.
processus de décision.
■ La méthode que nous allons décrire doit s’inscrire dans le cadre • Le niveau d’implication dans l’entreprise est également diffé-
d’une méthodologie de développement plus générale, non abor-
rent selon les phases.
dée ici, mais qui régit, avec un minimum de formalisme, les rela-
tions entre les divers départements impliqués dans un lancement. Durant la période de recherche, le dialogue reste limité principa-
Nous insistons sur ce point car, presque chaque fois que nous lement au marketing, à la recherche produit et au service embal-
avons pu reconstituer l’historique d’un « ratage », les problèmes lage. Cela afin d’éviter d’encombrer l’ensemble de l’entreprise
de communication et de management de projet étaient à l’origine avec des projets dont beaucoup ne verront pas le jour.
des difficultés rencontrées, bien davantage que les problèmes Durant la période de mise au point, les implications s’étendent
techniques eux-mêmes. aux achats et, partiellement, aux usines.
• Sans entrer dans les détails des procédures de dévelop-
Enfin, l’industrialisation met en jeu toutes les forces de l’entre-
pement, propres à chaque entreprise, rappelons toutefois quel-
prise.
ques règles simples que nous préconisons :
L’ensemble de ces 3 étapes peut être résumé à la figure 1.
– un brief marketing pour le packaging, systématiquement écrit.
Il marque le point de départ du projet. Il sera lui-même rédigé en
termes fonctionnels ;
– la partie technique du cahier des charges pourra, elle, ne pas
nécessiter de procédure et de document particuliers. L’ingénieur, 2. Considérations
qui développe des emballages, sait, en général, quelles informa-
tions se procurer, où se les procurer, et connaît, de par son expé-
pour un CDCF emballage
rience, la plupart de ces informations qui sont beaucoup moins
variables, d’un produit à l’autre, que les exigences liées au Avant d’entrer dans le détail de la façon de construire et d’utili-
marketing ; ser l’analyse fonctionnelle, nous vous proposons une liste aussi
– aucune maquette ne devra être réalisée avant la construction complète que possible, de l’ensemble des fonctions emballage
du cahier des charges fonctionnel tel que nous le décrivons ci- rencontrées en de très nombreuses années de conseil auprès
après. Ce serait rechercher des solutions avant d’avoir les données d’industries très diverses. Cette liste permettra d’aborder la réalité
du problème. de ce qu’est, ou devrait être, un emballage. Elle constitue un
• Rappelons également, en préalable, les étapes d’un lance- modèle générique qui pourra servir, lors de la construction d’une
ment, au cours duquel nous allons utiliser ce cahier des charges analyse fonctionnelle, à vérifier qu’aucune fonction importante n’a
fonctionnel. été oubliée.

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ÉLABORATION D’UN CAHIER DES CHARGES FONCTIONNEL _________________________________________________________________________________

RECHERCHE Protection Présentation Information Normes -


Remise du cahier des charges marketing de produit Attractivité Visualisation Réglements
R&D Design Marketing Juridique
Construction du cahier des charges fontionnel
Élimination - Coûts
Valorisation
Recherche des solutions Achats
Éboueurs

1
Faisabilité
Évaluation des solutions Ouverture -
Praticité Fournisseurs
EMBALLAGE
Émission d'une recommandation emballage Utilisateurs Mise en œuvre

Visibilité - Production
MISE AU POINT Préhension
Essais et tests de laboratoire Stockage - Constance
Acheteurs Manutention - de la qualité
Développement de matériaux d'essai Transport Qualité
Mise en rayon -
Manutention Logistique
Essais de pré-série pour conditionnement Détaillants Détaillants
et transport
Services internes à l’entreprise
Émission de spécifications provisoires Services externes à l’entreprise

Figure 2 – L’emballage et ses demandeurs


INDUSTRIALISATION Développement des moyens
de production industriels
■ Protections chimiques
"Bon pour production" De très nombreux produits doivent être protégés contre les phé-
des nouveaux emballages nomènes d’oxydation, de prise de goût ou d’odeur, et contre les
rayonnements lumineux ou même radioactifs (cas des surfaces
Production, contrôle et mise sensibles pour l’imagerie médicale). D’autres produits doivent, au
sur le marché contraire, pouvoir « respirer » (fromages), l’emballage devra per-
mettre les échanges gazeux. L’emballage doit également, lui-
Suivi de la mise sur le marché même, limiter les échanges entre ses matériaux constitutifs et le
produit (phénomènes de migration), et résister aux attaques du
contenu durant toute la durée de vie prévue (fissuration sous
Émission des spécifications définitives et
validation du modèle décisionnel contrainte, par exemple). Pour les produits alimentaires, s’ajoutent
des exigences de propreté bactériologique et, parfois, de résis-
tance aux insectes.
Figure 1 – Les trois étapes d’un lancement
L’ensemble de ces caractéristiques doit être maintenu quels que
soient les aléas climatiques des zones de commercialisation, y
compris en altitude où les emballages étanches, remplis à un
Les éléments à prendre en compte sont très nombreux. La niveau plus bas, ont tendance à se gonfler et même à fuir en rai-
figure 2 résume quels sont les divers « demandeurs » de fonctions son de la dépression extérieure.
pour l’emballage.
La plupart de ces caractéristiques sont mesurables à deux
Les besoins recensés à la suite s’appliquent à tous types niveaux :
d’emballage, qu’ils soient grand public ou industriels, qu’ils soient – celle du matériau d’emballage lui-même ;
au contact du produit (emballage dit « primaire »), qu’ils – celle de l’emballage complet (avec ses joints et/ou ses sou-
constituent une unité de vente (emballage dit « secondaire ») ou dures).
une unité de distribution (emballage dit « tertiaire »). Seule cette dernière mesure reflète l’efficacité recherchée.
Certaines des fonctions recensées peuvent avoir plusieurs ori- ■ Protections complémentaires
gines, il y a donc un certain arbitraire dans le classement proposé. Elles sont, par définition, très variables et il est impossible d’en
établir une liste exhaustive dans un document général. La plus fré-
quente est la protection contre le vol, protection pour le produit
2.1 Protection du produit lui-même (cas de l’unité de vente), ou protection des vols dans le
circuit logistique (cas des unités de distribution). Des protections
contre les chocs thermiques, contre les perforations accidentelles
Les besoins, dans ce domaine, sont très variables, suivant le sont également parfois demandées.
type de produit, et nous ne pourrons donner que quelques indica-
tions d’ordre général sur les demandes les plus fréquentes. Souvent, ces différentes fonctions ne peuvent que très difficile-
ment donner lieux à des tests de performance mesurables. On s’en
■ Protections mécaniques remettra donc à l’avis des experts.

Elles portent sur tout ce qui est résistance à la compression et


au gerbage, résistance aux chocs, aux chutes et aux vibrations. 2.2 Marketing et design
Le plus souvent ces grandeurs sont mesurables et pourront don- Nous nous limiterons ici à un rapide survol des principales
ner lieu à des tests quand des emballages prototypes représenta- demandes, le brief marketing complètera ces fonctions dans
tifs seront disponibles. chaque cas spécifique.

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Emballage prêt-à-vendre (PAV)

par Pierre CHEVALIER


Fondateur société Clareo
1
Président du Centre d’expertises et de promotion des industries de l’emballage
et du conditionnement (CEPIEC)
Expert OSEO
Maître de conférences associé à l’ESIEC (École supérieure d’ingénieurs en emballage
et conditionnement

1. Définitions des prêts-à-vendre ............................................................. AG 6 210 - 2


1.1 Emballage PAV............................................................................................. — 2
1.2 Emballage PAV optimisé (EPAVO) ............................................................. — 2
1.3 Différentes formes de PAV .......................................................................... — 2
2. Motivations du choix des PAV ............................................................. — 2
2.1 Contexte d’apparition .................................................................................. — 2
2.2 Contraintes de la grande distribution......................................................... — 3
3. Méthodologie............................................................................................. — 4
3.1 Cahier des charges fonctionnel .................................................................. — 4
3.2 Méthode itérative pour développer un emballage PAV ........................... — 4
4. Mécanisation de l’emballage PAV ....................................................... — 10
4.1 Principe général ........................................................................................... — 10
4.2 Caractéristiques à partir de caisses américaines ...................................... — 10
4.3 Caractéristiques à partir de découpes
(wrap, barquettes + coiffe, éco-pav, bliss box...)....................................... — 10
4.4 Caractéristiques à partir de caisses américaines ou de découpes .......... — 11
5. Outils d’évaluation d’un emballage PAV ........................................... — 12
5.1 Grille d’analyse fonctionnelle ..................................................................... — 12
5.2 Illustrations des principales catégories
d’emballages PAV et conséquences industrielles ..................................... — 12
6. Conclusion.................................................................................................. — 14
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 210

ien que les fonctions marketing des suremballages aient été, depuis plu-
B sieurs années, fortement développées, un phénomène nouveau vient
repositionner l’emballage secondaire au cœur des échanges logistiques entre
distributeurs et industriels conditionneurs : le prêt-à-vendre (PAV).
Parti d’un constat que des gains substantiels devaient pouvoir se réaliser en
terme de temps de préparation de mise en rayon des produits et de valorisa-
tion de ceux-ci pour le consommateur final, les distributeurs anglais, dans un
premier temps, puis français, ont apporté de nouvelles exigences au cahier des
charges du suremballage.
Dorénavant, un suremballage dit « PAV », carton dans la plupart des cas,
doit être « facile » :
– à être identifié en entrepôt de stockage ;
– à manutentionner et réapprovisionner ;
– à ouvrir ;
– à être repéré en linéaire ;
– à remettre à plat et à éliminer...
Parution : octobre 2009

Ceci tout en conservant ses fonctions mécaniques de protection et de


support logistique.

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EMBALLAGE PRÊT-À-VENDRE (PAV) ____________________________________________________________________________________________________

Pour réussir à répondre à ces attentes, nous verrons dans cet article
comment analyser au mieux la valeur que doivent apporter de tels emballages
et leurs conséquences sur les lignes de production. En effet, dans la filière de
l’emballage secondaire, la clef du succès réside dans l’association des
compétences de chaque intervenant : conditionneurs, cartonniers et fabricants
de machines d’emballages.

1
En ce sens, le PAV impose, plus que tout autre thème, le partenariat
technique entre chacun...

1. Définitions L’EPAVO maintient ou participe à l’amélioration des fonction-


nalités du système d’emballage complet, tout au long de la chaîne
des prêts-à-vendre d’approvisionnement. II doit être gagnant pour le distributeur,
pour l’industriel conditionneur, pour le cartonnier fournisseur
d’emballages, pour le mécaniseur de l’emballage, et pour le
consommateur.
1.1 Emballage PAV
L’emballage prêt-à-vendre (PAV ou « ready to sell ») se réfère 1.3 Différentes formes de PAV
historiquement à la vision de la distribution anglo-saxonne (« retail
ready packaging ») et, plus précisément, au périmètre du point de On peut distinguer deux formes principales d’emballages
vente, de la réserve au linéaire (« shelf ready packaging ») en vue prêts-à-vendre, en fonction de leur destination :
de l’achat du consommateur. – l’emballage SRP (Shelf Ready Packaging), qui désigne l’embal-
lage qui prend place directement sur les étagères et permet
d’approvisionner le rayon de plusieurs produits en un seul geste,
Cette définition concerne l’emballage d’unités de vente
plutôt qu’unité de vente consommateur par unité de vente
consommateur, destiné à l’approvisionnement du linéaire ou
consommateur ;
du rayon, qui est facile à identifier dans les réserves du maga-
– les emballages DRP (Display Ready Packaging), qui peuvent
sin, facile à manutentionner, facile à ouvrir, facile à repérer et à
être posés directement au sol, dans les rayons ou en tête de gon-
acheter pour le consommateur, et facile à éliminer par le point
dole, sont utilisés principalement pour les produits à gros volume
de vente pour être valorisé ultérieurement, une fois devenu
de vente et les promotions.
déchet.

1.2 Emballage PAV optimisé (EPAVO) 2. Motivations du choix


Selon l’ECR France (Efficient Consumer Response), l’emballage
des PAV
prêt-à-vendre qui optimise les opérations dans le point de vente ne
doit pas désoptimiser l’ensemble de la chaîne d’approvision- 2.1 Contexte d’apparition
nement, depuis la fabrication du produit emballé jusqu’à l’entrée
du magasin. C’est un emballage prêt-à-vendre optimisé (EPAVO) Dans un contexte d’optimisation permanente des modèles éco-
sur l’ensemble de la chaîne de valeur (cf. figure 1). nomiques de la grande distribution, de nouveaux besoins de
suremballages sont apparus ces dernières années, en Europe, par
le biais d’acteurs tels que Tesco ou Carrefour.
Appelés emballages « prêts-à-vendre » ou PAV (Shelf Ready
Packaging – SRP en anglais), ces suremballages reprennent, ce
Facile à identifier
que l’on appelait jusqu’alors, les fonctions de présentation sur le
et à trouver lieu de vente, tout en y ajoutant des impératifs d’ergonomie logis-
tique plus aboutis.

Facile à éliminer, Facile à Le suremballage, souvent peu travaillé de façon collabora-


recycler, valoriser, manutentionner, et tive entre distributeurs, industriels, producteurs fournisseurs
et réutiliser à approvisionner
Prêt-à-vendre
d’emballages et mécaniseur, se retouve ainsi, grâce aux
optimisé prêts-à-vendre au centre de nouveaux enjeux : aider à l’aug-
mentation des ventes en linéaires et à l’accroissement de la
productivité de toute la supply chain amont.

Facile à repérer
Aussi, et afin de maîtriser au mieux les tenants et aboutissants
dans les linéaires, Facile à ouvrir
et à acheter
de ces nouveaux concepts de suremballages, l’association ECR
(Efficient Consumer Response), qui réunit en son sein distributeurs
et industriels fournisseurs de la grande distribution, a constitué un
groupe de travail qui a mené pendant plusieurs mois une analyse
Figure 1 – Principales fonctions d’emballages prêts-à-vendre dont sont issus, ci-après, certains enseignements.

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____________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGE PRÊT-À-VENDRE (PAV)

2.2 Contraintes de la grande distribution consommation, codification EAN, marque, graphisme, offre
promotionnelle... ;
Un hypermarché français regroupe, en moyenne : – fonctionnalités pour les professionnels : mécanisation sur
– 15 000 à 20 000 références PGC (produits grande consomma- ligne de production, manutention, palettisation, stockage usine,
tion) ; transport vers les centres de distribution ou d’éclatement, entrepo-
sage, groupage, livraison de magasins, mise en rayon...
– 600 à 800 employés dont 20 à 25 % sont affectés à la mise en
rayon et à la maintenance des linéaires. La nécessité de réapprovisionnements fréquents des rayons

1
pour éviter les ruptures, l’exiguïté des réserves des magasins, les
Un employé LS (libre service) gère par jour 700 références, et la
contraintes de gestion des personnels conduisent à rechercher de
mise en rayon s’effectue en 4 heures, avant l’ouverture du magasin.
nouvelles solutions d’optimisation.
Le repérage des produits dans les réserves n’est pas toujours
simple, leur repérage sur les palettes avant la mise en rayon est
aussi difficile. 2.2.2 Optimisation des unités d’expédition,
emballages secondaires ou tertiaires
La mise en rayon des produits UVC par UVC est consommatrice
de temps : de 15 minutes à 2 heures, selon les catégories de produit. Un emballage PAV doit être régi par les mêmes objectifs d’opti-
Au cours des 20 dernières années, la surface moyenne en mètre misation dimensionnelle et volumique que n’importe quel surem-
carré des points de vente français a augmenté de 10 %, tandis que ballage. Ainsi, il peut être utile de rappeler ici les principales règles
le nombre de références a été multiplié par 2,2. En découlent : d’optimisation de conception en vigueur.
– une réduction de moitié de la place en linéaire et du stock ■ Harmoniser les dimensions de plan (longueur × largeur) des
exposé ; emballages de regroupement et utiliser des sous-multiples des
– un risque de rupture deux fois plus important, sauf réapprovi- dimensions de la palette Europe.
sionnement.
La standardisation des dimensions de plan permet en effet de
réaliser des chargements hétérogènes plus optimisés et stables.
Selon un cabinet d’études spécialisés, 94 % des acheteurs De plus, la standardisation des dimensions de plan en
déclarent avoir rencontré des difficultés à trouver des pro- sous-multiples de palettes permet « d’éclater » ces dernières dans
duits, 94 % des acheteurs déclarent avoir trouvé des produits les centres de distribution en ayant recours à un mode de paletti-
endommagés, 91 % déclarent avoir été face à une rupture de sation en pile.
produits en rayon, et 86 % déclarent avoir été confrontés à un
On se référera (cf. [Doc. AG 6 210]) à la norme internationale
encombrement dans les allées.
ISO 3394 d’août 1984 (transposée en norme française NF ISO 3394
en août 1989), qui a statut de norme homologuée pour définir les
dimensions des emballages rectangulaires rigides – emballages
2.2.1 Fonctionnalités des emballages primaires, d’expédition : 120/80, 80/60, 60/40, 40/30, 30/20. Ces dimensions
secondaires et tertiaires devront être réduites de 1 ou 2 mm pour obtenir les marges néces-
■ L’emballage prêt-à-vendre existe depuis longtemps sous diffé- saires.
rentes formes : plateaux, présentoirs, palette display... Pour autant, ■ Prendre en compte les contraintes des emballages de regroupe-
la conception de l’emballage secondaire (défini officiellement par ment et de la distribution dans la définition des emballages pri-
la Directive européenne 94/62/CE comme « l’emballage conçu de maires.
manière à constituer au point de vente un groupe d’un certain
nombre d’unités de vente, qu’il soit vendu tel quel à l’utilisateur Il est essentiel de sensibiliser sur ces contraintes l’ensemble des
final ou au consommateur, ou qu’il serve seulement à garnir les équipes travaillant au développement de nouveaux produits pour
présentoirs au point de vente ; il peut être enlevé du produit sans une prise de conscience en amont des lancements. Elles doivent
en modifier les caractéristiques ») était plus globalement tournée considérer les conséquences, pour les emballages de regroupe-
vers l’amont de la chaîne d’approvisionnement (usine, transport et ment, de certains choix au niveau de l’emballage primaire :
entrepôt), que vers le magasin, les linéaires, voire les consomma- – valider la possibilité de développer un emballage de regroupe-
teurs (cf. [Doc. AG 6 210]). ment aux dimensions standards ;
– tester la stabilité générale et la solidité des emballages de
■ L’emballage prêt-à-vendre fait partie du système d’emballage regroupement retenus ;
complet du produit qui comprend, selon les définitions officielles – considérer le remplissage maximum de l’espace de transport
de la Directive précédemment nommée : et de stockage ;
– l’emballage primaire, « c’est-à-dire l’emballage conçu de – chiffrer l’économie de transport, ramenée à l’unité de vente
manière à constituer au point de vente une unité de vente pour consommateur liée à l’augmentation du nombre d’UVC par
l’utilisateur final ou le consommateur » ; palette.
– l’emballage secondaire ;
– l’emballage de transport ou tertiaire, « c’est-à-dire l’emballage ■ Mener des évaluations de la performance des emballages
conçu de manière à faciliter la manutention et le transport d’un secondaires entre industriels et distributeurs.
certain nombre d’unités de vente ou d’emballages groupés, en vue Si les sorties magasin d’un produit varient d’un format de point
d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au de vente à l’autre, il n’est pas non plus judicieux de multiplier
transport ». inconsidérément les références d’emballages de regroupement.
Des compromis et des choix devront être faits.
■ Le système d’emballage remplit un ensemble de fonctions dont
certaines peuvent concerner le prêt-à-vendre : ■ Utiliser des hauteurs de palettes standards, sous-multiples des
– fonctions techniques de protection : mécanique pendant le hauteurs intérieures des camions.
transport, contre le vol et la démarque inconnue, la malveillance... L’état des lieux confirme l’existence, de fait, d’une contrainte
Ces fonctions assurent la conservation et la sécurité des produits standard, la hauteur intérieure des camions. Utiliser des sous-mul-
(inviolabilité, intégrité) ; tiples de 240 cm – hauteur utile maximum pour les chargements –
– fonctions d’information et de présentation découlant d’obliga- correspondant aux standards européens permet de réaliser, tout
tions légales, de contraintes techniques et d’actions de communi- au long de la chaîne, des chargements optimisés, chaque fois que
cation : identification du produit, dénomination, date limite de le type de produits le permet.

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est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 6 210 – 3

29
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AG6210

EMBALLAGE PRÊT-À-VENDRE (PAV) ____________________________________________________________________________________________________

2.2.3 Directive européenne relative aux – conçu, fabriqué et commercialisé de manière à permettre sa
emballages et déchets d’emballages réutilisation ou sa valorisation, y compris son recyclage, et à
réduire au minimum son incidence sur l’environnement lors de
Une attention toute particulière doit être portée à l’impact des l’élimination des déchets d’emballages ;
emballages et des déchets d’emballages alors que, dans notre – conçu et fabriqué en veillant à réduire au minimum la teneur
pays, les pouvoirs publics et de nombreux élus développent des en substances et matières nuisibles et autres substances dange-
initiatives en la matière – Plan national de prévention des déchets, reuses, ..., dans les opérations de traitement des déchets d’embal-
Comité d’évaluation des emballages (ministère de l’Écologie et du lages.

1 développement durable) – et que plusieurs associations de protec-


tion de l’environnement ont lancé des opérations « dégage
l’emballage » dans les magasins. La norme de référence en matière de réduction à la source
est NF EN 13428 (cf. [Doc. AG 6 210]).

La Directive emballages et déchets d’emballages 94/62/CE,


transposée en droit français par le décret no 98-638 du 2.2.4 Initiatives ECR relatives à l’emballage
20 juillet 1998, affirme la priorité accordée à la prévention et à prêt-à-vendre
la réduction à la source dans la perspective du dévelop-
pement durable (cf. [Doc. AG 6 210]). Dans ce contexte de développement stratégique potentiel des
emballages PAV, dans l’ensemble des processus industriels de
fabrication de PGC, il est apparu nécessaire, à partir de décembre
2005, à ECR France, de concilier les approches locales avec les
■ La prévention est définie comme : « la réduction de la quantité schémas européens futurs et de faire, en association avec ECR
et de la nocivité pour l’environnement : Allemagne, l’inventaire des recommandations des bonnes
– des matières et des substances utilisées dans les emballages pratiques et des standards éventuels développés.
et les déchets d’emballages ;
– des emballages et déchets d’emballages aux stades de la pro-
duction, de la commercialisation, de la distribution, de l’utilisation
et de l’élimination, notamment par la mise au point de produits et
de techniques non polluants ».
3. Méthodologie
Elle fixe comme principes fondamentaux supplémentaires : Les objectifs à atteindre, en termes de fonctionnalités, peuvent
– la réutilisation des emballages ; se résumer selon la figure 2.
– le recyclage et les autres formes de valorisation des déchets
d’emballage ;
– la réduction de l’élimination définitive de ces déchets. 3.1 Cahier des charges fonctionnel
La Directive européenne s’applique à tous les emballages mis
sur le marché de la Communauté et à tous les déchets d’embal- 3.1.1 Fonction principale « facile à identifier,
lages, qu’ils soient utilisés ou mis au rebut par les industries, les à trouver » (ea
syI D )
commerces, les bureaux, les services et les ménages.
L’amélioration de l’identification permet de sélectionner le bon
■ Ses exigences essentielles méritent d’être rappelées car, de leur produit, de réduire les erreurs et d’éviter les manquants pendant la
conformité, dépend la libre circulation des emballages et des pro- manutention dans les entrepôts et les magasins (réserve et
duits emballés sur le marché intérieur. L’emballage doit être : linéaire). Les emballages doivent faciliter l’identification visuelle
– conçu et fabriqué de manière à limiter son volume et sa masse des produits, aussi bien en magasin, que sur les palettes, dans les
au minimum nécessaire pour assurer le niveau requis de sécurité zones de stockage, tout en limitant les informations non perti-
d’hygiène et d’acceptabilité ; nentes pour l’acheteur en magasin.

Usine Entrepôt Entrepôt Point


industriel de distribution de vente

Rassembler et protéger

Facile à identifier

Facile à ouvrir

Facile à manutentionner et à approvisionner

Facile à éliminer, à recycler, et à valoriser

Facile à acheter

Figure 2 – Positionnement des fonctionnalités d’un emballage prêt-à-vendre sur la chaîne logistique

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AG6260

De l’emballage au packaging

par Jean-Paul POTHET


1
Docteur Ingénieur, expert en emballage
Vice-Président de l’Institut français de l’emballage et du conditionnement

1. Packaging et marketing
ou que veulent les industriels/producteurs ? ................................ AG 6 260 - 2
1.1 Concept global .......................................................................................... — 2
1.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 2
1.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 3
1.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 4
2. Packaging et merchandising,
ou que veulent les distributeurs / vendeurs ? ................................. — 5
2.1 Circuits de distribution et ventes en grandes et moyennes surfaces
(GMS) ......................................................................................................... — 5
2.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 6
2.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 6
2.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 8
3. Packaging et consommation,
que veulent les acheteurs/utilisateurs ? ......................................... — 9
3.1 Consommateur et emballage................................................................... — 10
3.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 12
3.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 12
3.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 15
4. Emballage techno-centré - packaging anthropo-centré :
une série de paradoxes ........................................................................ — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 260

e considérer que les aspects techniques serait limiter le rôle de l’emballage


N et du conditionnement à la protection du produit et négliger totalement
les fonctions vente et communication.
Or, il a déjà été précisé, dans l’analyse des fonctions de l’emballage [1], que
ce dernier « devait protéger ce qu’il vend et vendre ce qu’il protège ».
C’est pourquoi, depuis une cinquantaine d’années, en fait depuis le déve-
loppement du libre-service, les fonctions marketing de l’emballage ont été ana-
lysées, disséquées, étudiées et ainsi largement mises en valeur.
Mais autant les fonctions techniques, plus anciennes, plus objectives, plus
facilement mesurables, a priori ont fait l’objet d’améliorations constantes
depuis les origines de la création des divers emballages, autant les fonctions
marketing, plus récentes, plus subjectives, plus facilement constatables a
posteriori, sont encore fortement à développer.

Le lecteur intéressé sur le sujet emballage/conditionnement pourra consulter les références [1]
à [6] des Techniques de l’Ingénieur.
Parution : octobre 2004

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AG6260

DE L’EMBALLAGE AU PACKAGING _________________________________________________________________________________________________________

Il s’agit donc bien d’un concept global. Il n’est plus concevable


1. Packaging et marketing de n’analyser l’emballage et le conditionnement que sous leurs
ou que veulent aspects techniques sans tenir compte des fonctions liées au
marketing.
les industriels/producteurs ? Signalons cependant que le packaging a souvent été considéré
comme le parent pauvre de ce marketing, puisque l’aspect packa-
Pour la bonne compréhension du sujet, nous précisons, dans ging ne représente que, au pire 0,5 %, et au mieux 1,5 % du volume
total des trois ouvrages les plus lus en France sur le marketing [8].

1
l’encadré ci-dessous, quelques termes d’usage courant pour les
techniciens et quelques vocables d’usage plus restreint pour les Les grandes problématiques actuelles :
« marketers ». — consumérisme ;
— énergie ;
Produit : l’article, l’objet ou la matière nue, non-emballée en — développement durable ;
sortie de fabrication ou de production. — pollution ;
Emballage : tout ce qui est vendu avec le produit, mais qui — faim dans le monde ;
n’est pas le produit lui-même. Étymologiquement, emballage — santé ;
vient de l’ancien allemand « balla » dont le sens est « serrer » — hygiène, ont tendance à modifier l’importance de l’intérêt des
avec une idée de pelotonner. Un emballage est donc un assem- facteurs en présence et la hiérarchie des fonctions spécifiques à
blage de matériaux destiné à protéger un produit avant d’être l’emballage s’en trouve altérée [9].
expédié au loin et subir des chargements et déchargements. On
classe les emballages en emballages primaires, secondaires ou
tertiaires selon leur utilisation (pour un usage consommateur, un 1.2 Objectifs recherchés
regroupement, un transport).
Conditionnement : c’est l’action qui consiste à stabiliser, de Lors de la réalisation d’un cahier des charges pour la création
manière aussi définitive que possible, les caractéristiques d’un nouveau produit ou l’amélioration d’un produit existant (un
physiques, chimiques, bactériologiques du produit en dis- relookage), il sera nécessaire de tenir compte des obligations et
posant, le plus souvent, le contenu (produit) dans un contenant souhaits des différents opérateurs et prescripteurs de la chaîne
(emballage). emballage/conditionnement [10].
Packaging : mot anglais qui recouvre implicitement l’ensemble
des fonctions liées à l’emballage et au conditionnement. ■ Industriel fabricant l’emballage
Fréquemment utilisé par les professionnels français, il est
Il voudra et devra :
appliqué plutôt aux produits de grande consommation qu’aux
biens d’équipement, recouvre essentiellement les aspects mar- — protéger le produit :
keting (adéquation au consommateur, design, présentation, • protection mécanique,
outil de vente et de communication) et tient peu compte des • protection chimique,
fonctions techniques. • protection bactériologique,
Marketing : parmi les définitions les plus couramment admi- • protection thermique et contre la lumière,
ses, nous retrouvons celle qui concerne le mécanisme de • compatibilité contenant /contenu ;
société par lequel les individus satisfont leurs besoins et désirs — stabiliser les qualités du produit ;
au moyen de la création et de l’échange de produits et autres — garantir les quantités, volumes, nombres de produits vendus ;
entités de valeur [7]. — faciliter le stockage des emballages vides ;
Ainsi le marketing peut-il être considéré comme l’ensemble — faciliter la mise sur ligne de l’emballage ;
des actions coordonnées concourant aux ventes d’un produit — résister aux contraintes des opérations de conditionnement ;
ou d’un service. — permettre le passage sur lignes aux cadences nominales ;
Merchandising : c’est « le bon produit, au bon endroit, au bon — permettre les opérations de convoyage ;
moment, au bon prix, en bonne quantité ». — faciliter la constitution d’unités de vente ou d’unités de distri-
Plus largement, le merchandising c’est l’ensemble des études bution ;
et techniques relevant du marketing et du pragmatisme, mises — accepter les variations dimensionnelles ;
en œuvre par le distributeur et le producteur ou conjointement, — permettre la détection de corps étrangers ;
dans le but d’accroître le résultat du point de vente par l’aug- — être compatible avec les lignes existantes ;
mentation de son attractivité et celle de ses produits, par la — permettre l’utilisation de technologies nouvelles ;
recherche de la satisfaction du consommateur [12]. — permettre des exigences spécifiques (rétractabilité, tenue au
Bench-marking : vient de l’anglais bench mark qui veut dire serrage, étirabilité, aptitude au collage, au pliage, à l’impression...) ;
référence. Est utilisé en français pour signifier comparaison, — permettre l’exploitation et la machinabilité ;
analyse de la concurrence. — respecter normes et réglementation :
Branding : signifie « marquage » en anglais. En français est • obligations légales (composition, poids, marquage),
utilisé pour signifier l’image de marque sous tous ses aspects. • obligations métrologiques,
One to one : signifie « univoque » en anglais. En français est • obligations portant sur les contacts avec les matériaux,
utilisé pour signifier une individualisation de la personnalisation. • obligations vis-à-vis des réglementations environnementales,
Me too product : en anglais signifie « le produit moi aussi ». En • obligations internes à l’entreprise ou au groupe ;
français signifie que le produit est largement inspiré ou imité d’un
produit concurrent plus connu, frisant parfois la contrefaçon. — respecter les fonctions environnementales qui sont de :
• permettre une diffusion aisée du message écologique,
• réduire les emballages à la source en diminuant le plus sou-
vent le poids,
1.1 Concept global • être réutilisable ou réemployable,
• être valorisable (matières premières, énergie) ;
L’emballage et le conditionnement font bien partie intégrante du — avoir des coûts et des délais acceptables pour :
marketing tel qu’il a été défini ci-avant, puisque les produits finis, • la recherche, les études, la mise au point,
qui seront proposés aux consommateurs, seront composés du • la production,
produit lui-même, mais également de son emballage. • le choix des matériaux,

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AG 6 260 − 2 © Techniques de l’Ingénieur

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________________________________________________________________________________________________________ DE L’EMBALLAGE AU PACKAGING

• la main-d’œuvre, — du graphisme et du rapport entre les différentes composantes


• l’amortissement des investissements, du message (texte/illustration, marque/nom du produit,
• la contribution à l’élimination de l’emballage, commentaires / pictogrammes...) ;
• le stockage, — du matériau, qui représente une symbolique parfois évolutive ;
• le transport, — du degré apparent d’innovation, qui peut inciter à la décou-
• les assurances. verte par satisfaction de curiosité.
C’est ainsi que l’on repérera plus facilement un bocal de petits
■ Industriel vendeur de l’emballage

1
pois en verre si tous les produits concurrents sont en boîte en métal,
Pour lui, le packaging devra : que l’on sera aisément alerté par une tablette de chocolat de couleur
— être en accord avec l’univers du produit ; violette si toutes les autres tablettes sont proposées dans des
— être un support de revendications spécifiques ; emballages de couleur marron ou noire.
— être esthétique ;
— pouvoir être décliné en gammes ; ■ Fonction attribution
— avoir un effet de taille ; Elle permet d’affecter le produit à un univers de référence : produit
— véhiculer l’image de la marque ou du groupe ; lessiviel, produit de beauté, produit de luxe, produit électronique.
— avoir un facing maximal ; On a coutume de retrouver, par univers, des codes communs,
— occuper au mieux l’espace en linéaire ; des signes qui permettent une identification et qui proviennent des
— être vendeur. matériaux utilisés, des couleurs choisies, des formes retenues.
■ Logisticien C’est ainsi que l’on distingue trois sortes de codes :
Pour lui le packaging devra : — les codes produits qui traduisent les relations directes entre le
produit et ses consommateurs (par exemple, un vin de qualité est
— optimiser le volume disponible sur la palette ;
de nos jours conditionné dans une bouteille en verre avec un
— permettre de constituer des sous-volumes de palettisation ; bouchon en liège) ;
— minimiser le volume perdu ; — les codes marques (par exemple, les yaourts sont conditionnés
— résister aux contraintes des circuits logistiques ; dans des pots blancs et bleus clairs sauf les produits à base de
— permettre de constituer des charges palettisées stables ; bifidus qui sont présentés avec des couleurs plus foncées) ;
— faciliter les opérations de manutention ; — les codes mode (par exemple, la couleur noire, symbole des
— résister aux contraintes de manutention ; produits de luxe, a été étendue aux produits haut de gamme).
— faciliter la préparation de commandes ;
— permettre la traçabilité ; Mais la question que se posent souvent les concepteurs repose
— respecter les contraintes de gerbage. sur un choix essentiel : doit-on adopter les codes de l’univers
concerné et donc proposer un produit considéré comme « ten-
■ Distributeur dance », ou au contraire, rompre les habitudes et proposer un
produit fondamentalement choquant qualifié par certains de « rup-
Pour lui le packaging devra : turistes » ou, d’après J.M. Dru, « disruptifs » ? Un flacon Chanel
— faciliter les contrôles à la réception ; doit-il être le même dans le monde entier, qu’il contienne du « jus »
— faciliter la mise en rayon ; No 5 ou No 19 ?
— contenir un nombre d’unités de vente adapté au linéaire ;
Doit-on proposer du cognac dans des flacons en forme de la tour
— contraindre à une présentation dans le sens prévu ;
Eiffel ou du Moulin rouge pour des consommateurs asiatiques et
— faciliter l’élimination des emballages secondaires et tertiaires ;
d’une stricte rigueur pour des acheteurs français ?
— permettre une utilisation polyvalente dans des circuits spéci-
fiques. Les deux orientations coexistent, que ce soit dans le choix des cou-
leurs, des matériaux, des formes, des types d’emballages utilisés.
■ Acheteur Quoi qu’il en soit, l’attribution d’un produit à un univers de réfé-
Pour lui le packaging devra : rence a pour objet de permettre au consommateur de situer et
— faciliter la préhension ; d’appréhender ce produit de façon générique.
— garantir l’inviolabilité ;
— faciliter l’ouverture et la fermeture ; ■ Fonction positionnement
— faciliter le déballage ; Il faut également situer le produit de façon précise et spécifique
— faciliter le stockage ; au sein de l’univers dans lequel il a été affecté : est-il haut de gamme
— contenir des quantités adaptées ; ou de qualité courante ? Est-il plus coûteux car plus riche en qualité
— faciliter l’utilisation ; ou performance que le produit classique ? Est-il meilleur pour la
— faciliter l’élimination. santé car moins riche en ceci ou plus complet en cela ?
Permettant de hiérarchiser les divers produits les uns par rapport
aux autres, dans le même univers de référence, la fonction posi-
1.3 Moyens mis en œuvre tionnement est souvent obtenue grâce à des matériaux différents,
des couleurs spécifiques, des techniques différenciées.
On a coutume de classer globalement ces fonctions selon huit C’est ainsi que l’on positionnera les pâtes Giovanni Panzani par
thèmes qui, sans être hiérarchisés, découlent d’une approche objec- rapport à celles de Lustucru ou celles de Barilla.
tive des différents produits par le consommateur [13].
■ Fonction information
■ Fonction alerte visuelle
C’est le plus souvent l’emballage qui permet de véhiculer les
Il s’agit de l’impact, du signal produit par l’emballage sur le informations, soit obligatoires, soit facultatives utilisées pour une
linéaire. meilleure connaissance du produit.
Cette fonction permet de mesurer l’attraction exercée sur le Les informations obligatoires concernent les mentions légales,
consommateur. Elle dépend : souvent non-uniformisées mondialement, mais qui permettent de
— de la couleur, qui est un élément majeur et qui est considérée connaître le type de produit, ses caractéristiques pour faciliter des
comme un aimant ou un repoussoir ; comparaisons, ses composants, l’identification de son producteur

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DE L’EMBALLAGE AU PACKAGING _________________________________________________________________________________________________________

(en clair ou sous forme numérique). Les informations considérées Le couple contenant/contenu, s’il est parfaitement établi, est un
comme utiles, mais non-obligatoires vont, par exemple, préciser la gage de fidélité du consommateur dans la mesure où le produit
dénomination du produit, ses avantages et ses « plus », son sys- correspond exactement à ses besoins et envies.
tème d’identification en fonction des circuits de distribution retenus.
Ces informations, souvent en plusieurs langues compte tenu des ■ Impératifs complémentaires
localisations géographiques de vente, sont souvent complétées par Ajoutons enfin des impératifs liés à l’environnement, à la recherche
des logos et pictogrammes concernant l’usage, les modes d’un développement durable et à l’utilisation optimale des ressources.
d’emplois, les conseils d’utilisation, de tri, de valorisation.

1 Mais le consommateur lit-il toutes ces informations ? Qui décripte


les conséquences de quelques milligrammes en plus ou en moins
Il ne s’agit pas à proprement parler d’une fonction de l’embal-
lage, mais plutôt d’une nécessité à prendre en compte lors de
l’amélioration d’un produit ancien ou de la création d’un nouveau
de calcium, potassium ou sodium dans un litre d’eau minérale, si
ce n’est quelques médecins ou spécialistes ? produit [5].
Les recherches effectuées, les comparaisons difficilement réa-
■ Fonction service lisées, les législations européennes et nationales mal harmonisées,
Les fonctions services aux consommateurs et aux utilisateurs les soucis de rentabilité, les améliorations réelles ou apparentes
sont apparues plus récemment. Elles concernent à la fois la apportées, permettent d’affirmer que les emballages, souvent
fonctionnalité et l’ergonomie de l’emballage (plus pratique à ranger, considérés à tort comme les boucs émissaires de pollutions désas-
à empiler, à ouvrir, à refermer, à réutiliser), mais également la sécu- treuses, apportent aux consommateurs des avantages supérieurs
rité apportée à l’utilisateur (systèmes avec indicateur d’effraction, aux inconvénients qu’ils peuvent entraîner.
ouverture difficile pour les enfants, systèmes anti-reremplissage
pour produits coûteux, identification, dates limites de consomma-
tion ou d’utilisation optimale).
1.4 Tendances et perspectives
C’est ainsi que l’on peut garantir une sécurité biologique, organo-
leptique, thermique, une compatibilité avec la durée de vie, des
C’est afin de répondre à l’évolution des différentes composantes
manipulations non-dangereuses, une stabilité des produits quant à
de la chaîne emballage, depuis les matières premières jusqu’au
leurs caractéristiques physico-chimiques.
client final, que les industriels producteurs se doivent d’innover, ce
Comment conserver longtemps, sans qu’elle ne soit en contact qu’ils font fortement (les industries de l’emballage représentent en
avec l’oxygène de l’air à chaque utilisation, une crème dite Chantilly France, l’un des secteurs les plus innovants, placé, d’après l’Anvar
sans la conditionner en aérosol et comment la consommatrice – l’Agence nationale de valorisation de la recherche –, en cinquième
pourra-t-elle présenter ses desserts de façon attractive si elle ne position, juste après l’informatique, la mécanique, le travail des
dispose pas d’un système sous pression pour permettre un foison- métaux et l’agroalimentaire).
nement ?
Six tendances leur apparaissent actuellement comme prioritai-
■ Fonction communication res.
L’essentiel, a-t-on coutume de dire, n’est pas dans l’image, mais 1. Le développement rapide de la fonction marketing, qui est
dans le contact avec l’utilisateur final. loin d’avoir atteint un maximum, alors que l’amélioration des
Il faut donc distinguer l’information, le message de la commu- caractéristiques techniques est devenue très coûteuse et que les
nication, la relation et la prise en compte de celui qui reçoit [11]. progrès, dans ce domaine, sont de plus en plus fins.
C’est ainsi que l’emballage a complété la fonction informative 2. L’importance du rôle joué par la grande distribution dans les
consacrée au produit par une fonction de communication dans achats et les prescriptions d’achats d’emballage, ainsi que l’appa-
laquelle cet emballage peut être considéré comme un média ou un rition de nouveaux canaux de distribution tels que les points de
sujet. vente virtuels, internet, SMS, call centers.
Un média quand, par exemple, sur certaines briques de lait on repro- 3. L’adaptation à une supply chain qui évolue très rapidement,
duit la photo d’une fillette disparue en inscrivant le numéro de télé- ce qui entraîne des besoins accrus en marquage et traçabilité,
phone auquel on peut s’adresser pour fournir des informations. oblige à une mise en place de moyens logistiques plus perfor-
Il s’agit dans ce cas d’un véritable média qui touche des millions de mants, oblige à considérer de plus en plus l’emballage comme un
personnes, de façon personnalisée et individuelle, mais qui, contrai- support d’information.
rement aux autres médias, n’a pas pour objectif d’amener le produit au 4. La prise en conscience effective et irréversible de contraintes
consommateur mais, à l’inverse, d’attirer le consommateur vers le pro- liées à l’environnement et à la mondialisation, pour un acheteur
duit, le jugement, en terme d’efficacité de conception, se traduisant citoyen tenant de plus en plus compte des besoins d’un dévelop-
immédiatement par un acte d’achat. pement durable et mettant en application une certaine éthique
Un sujet de communication quand, par exemple, pour décrire les d’achats.
qualités d’une eau minérale gazeuse on ne met en valeur que la facilité
5. La prise en compte d’une nécessaire fonctionnalité qui
d’ouverture de son emballage secondaire et non pas le produit
commande une praticité et une adaptation aux usages en
lui-même, quand, pour commercialiser du riz, on ne mentionne que
considérant l’utilisateur non pas seulement comme un acheteur,
l’astuce de son packaging qui évite de se brûler, quand, pour vendre de
mais également comme un usager de « l’outil » emballage.
la bière, on précise « qu’elle » est incassable.
6. Une optimisation de tous les moyens de production de
■ Fonction de fidélisation l’emballage à mettre en œuvre pour répondre le mieux possible,
La fidélisation à une marque, et/ou à un produit, provient beau- mais sans aspect superflu, à une demande toujours plus étudiée,
coup plus de l’adéquation entre le produit et le souhait du consom- mais encore très souvent subjective.
mateur, que du choix de l’emballage. Ainsi, nous sommes à l’aube d’une remise en question de tout
En fait, il doit y avoir cohérence totale entre le produit et son le système marchand, le marketing mix (la recherche de la
emballage et c’est seulement dans ce cas que la fidélisation d’un meilleure combinaison de vente) devant pratiquement être réin-
consommateur souvent fugace et zappeur, pourra être non pas venté. Il apparaît donc nécessaire, pour le futur, de repenser les
garantie, mais améliorée. modes de relation avec les clients et les stratégies marketing.

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AG 6 260 − 4 © Techniques de l’Ingénieur

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Référence Internet
AG6265

Interactions sensorielles
et applications dans le domaine
du packaging
1

par Muriel JACQUOT


Maître de conférences HDR
InnoCIM, ENSAIA, université de Lorraine (France)
et Yelena MARIC
CEO
Myrissi (France)

1. Synesthésie et interactions sensorielles ........................................ AG 6 265 - 2


2. Principales correspondances intermodales entre couleurs
et sens ...................................................................................................... — 5
2.1 Correspondances intermodales entre couleurs et toucher ................... — 5
2.2 Correspondances intermodales entre couleurs
et sensations thermiques ......................................................................... — 8
2.3 Correspondances intermodales entre couleurs et audition .................. — 9
2.4 Correspondances intermodales entre couleurs et goût ........................ — 10
3. Principales correspondances intermodales
entre odeurs et sens ............................................................................. — 12
3.1 Correspondances intermodales entre odeurs et toucher ...................... — 12
3.2 Correspondances intermodales entre odeurs et audition ..................... — 12
4. Correspondances intermodales entre odeurs et couleurs......... — 13
5. Applications des acquis en correspondances intermodales..... — 19
6. Conclusion............................................................................................... — 21
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 265

e packaging d’un produit est aujourd’hui un élément déterminant de l’acte


L d’achat. Ce qui est important n’est pas ce que les gens pensent d’un
packaging, mais ce que ce dernier leur fait ressentir : quelles valeurs, quelles
promesses sont véhiculées au travers de sa forme, sa taille, son toucher, ses
couleurs, etc. Ce phénomène, connu sous le nom de transfert de sensations,
repose sur un système complexe d’interactions entre nos sens. Toute informa-
tion visuelle va être traduite en termes de masse, d’état de surface de
l’emballage. Mais, bien au-delà, elle va aussi être automatiquement attribuée
au produit emballé afin d’en évaluer la qualité, le goût, le parfum. Par
conséquent : sa capacité à satisfaire un besoin. Connaître et comprendre le
fonctionnement de ces interactions est donc devenu aujourd’hui un élément
clé du développement packaging.
Cet article se propose d’examiner comment les nouvelles connaissances
scientifiques obtenues sur les correspondances intermodales peuvent devenir
des outils originaux, pour aider les designers à développer de nouveaux packa-
Parution : juillet 2014

gings mieux compris par le consommateur. Après avoir posé les bases de ce

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INTERACTIONS SENSORIELLES ET APPLICATIONS DANS LE DOMAINE DU PACKAGING ___________________________________________________________

que sont les phénomènes de synesthésie et comment nous pouvons les diffé-
rencier des phénomènes de correspondances intermodales, nous nous
intéresserons plus spécifiquement aux correspondances intermodales pour
deux sens : la vision et l’olfaction. Dans un second temps, l’interaction entre
odeurs et couleurs sera étudiée plus précisément. Nous terminerons par des
exemples d’application de ces nouvelles connaissances au domaine du mer-
chandising des produits.

1
1. Synesthésie et interactions
sensorielles ABC DE F GHIJ
La synesthésie est, selon le Petit Larousse : une « expérience Figure 1 – Représentation de la perception d’une synesthésie
graphèmes/couleurs
subjective dans laquelle des perceptions relevant d'une moda-
lité sensorielle sont régulièrement accompagnées de sensa-
tions relevant d'une autre modalité, en l'absence de stimulation
de cette dernière ». Tableau 1 – Associations graphèmes/couleurs
les plus répandues (fréquence relative d’apparition
de la couleur)
C’est-à-dire que, chez certains individus, la stimulation d’un sens
peut entraîner la réponse d’un autre sens non stimulé. La première Graphèmes Couleurs
démonstration de ce phénomène a été réalisée en 1871 par Gus-
tave Th. Fechner, avec 73 synesthètes expérimentant les graphè- 1 Blanc (60 %) – Noir (20 %)
mes colorés, la forme la plus étudiée de synesthésie [1]. Une 3 Jaune (40 %) – Rose (10 %)
illustration de ce phénomène est présentée figure 1.
4 Bleu (40 %) – Rouge (24 %)
■ Quelques informations de base
• Des travaux récents estiment que la synesthésie touche 9 Brun (42 %)
environ 4 % de la population, hommes et femmes de façon
A Rouge (42 %)
équivalente [2]. Depuis les travaux de Fechner, les démonstrations
de la réalité de ces phénomènes sont nombreuses. La littérature D Brun (47 %)
sur le sujet est croissante ces quinze dernières années.
• La synesthésie est un phénomène aux caractéristiques F Vert (27 %)
suivantes : J Orange (16 %) – Rouge (15 %)
– involontaire ;
– automatique ; O Blanc (76 %)
– idiosyncratique ;
S Rose (15 %) – Jaune (37 %)
– unidirectionnel ;
– hautement spécifique. Y Jaune (50 %)
Il est stable chez l’individu, mais pas d’un individu à l’autre.
C’est-à-dire que deux synesthètes n’auront pas systématiquement Z Métallique (25 %) – Noir (24 %)
les mêmes associations colorées pour une même lettre, par
exemple [3]. Cependant, certaines tendances sont communes et
ont pu être identifiées pour l’association graphème/couleurs [4]. semaine, mois de l’année) colorées et la plus étudiée, la
Elles sont présentées dans le tableau 1. synesthésie graphèmes/couleurs, ne correspondrait qu’à 1 % de la
population de synesthètes [2]. De façon générale, les synesthésies
■ Particularités des phénomènes synesthésiques impliquant des formes et des couleurs associées à des mots, des
• Les phénomènes de synesthésie sont unidirectionnels. lettres, des nombres, des séries temporelles ou encore des sons,
C’est-à-dire que, dans le cas des graphèmes colorés, des lettres sont plutôt fréquentes. Par contre, les synesthésies associant à ces
évoquent des couleurs, alors que les couleurs n’évoquent pas de mêmes objets des goûts, des odeurs, une personnalité ou un
lettres. Généralement, les mêmes couleurs sont associées aux caractère, sont plus rares.
majuscules et minuscules mais de façon moins saturée et plus
brillante pour les minuscules. • Enfin, un déterminisme génétique semble être associé à
l’apparition d’une synesthésie. Des travaux ont montré que le phé-
De même, la police d’écriture peut interférer. Les polices typi- nomène était héréditaire, ou tout du moins, que la prédisposition à
ques du type Arial ou New Roman donnent généralement des per- la synesthésie l’était [4]. Cependant, le type de synesthésie ne l’est
ceptions colorées assez vives. Mais, s’il l’on utilise des polices plus pas, un parent peut en effet expérimenter une synesthésie graphè-
atypiques comme Gothic, elles évoquent alors des couleurs encore mes/couleurs et un de ses enfants une synesthésie formes/goûts.
plus vives du fait d’un renforcement de « l’effet graphème ». Ces
polices atypiques fonctionnent comme des hyper-stimuli [5]. Il semblerait donc que les différentes synesthésies reposent
• Il existe de nombreuses formes de synesthésie. La plus toutes sur un mécanisme commun et que ce mécanisme soit
commune serait la perception d’unités temporelles (jour de la héréditaire.

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Êtes-vous synesthète ?

En plus de voir la vie en rose, vous ressentez les variations


chromatiques de Brahms ou de Mozart ? Vos semaines vont
du bleu au vert en passant par un camaïeu d’orangés ?
Peut-être êtes-vous un synesthète qui s’ignore. Aujourd’hui,
une toolbox en libre accès vous permet de répondre à cette a b
question à partir de tests standardisés reposant sur plusieurs
travaux de recherche [6]
[Link]
Figure 2 – Formes utilisées dans l’expérience de Köhler (1929) 1
■ CIM ou Correspondances intermodales
En parallèle à ces expériences synesthésiques, une grande majo- a b
rité de la population peut expérimenter des associations, ou cor-
respondances intermodales (CIM), sans être synesthète. C’est
d’ailleurs la première caractéristique des CIM que d’être partagées
par le plus grand nombre, certaines étant même universelles.

Les correspondances intermodales ont été définies comme


étant une tendance qu’a un critère sensoriel – ou un attribut
d’une modalité, physiquement présente ou imaginée – à être
associé à un critère sensoriel d’une autre modalité.
Figure 3 – Regardez ces deux formes et déterminez qui est
« bouba » et qui est « kiki »
Exemple
Les sons aigus sont, en général, liés aux formes pointues, alors
que les sons graves sont liés aux formes plus rondes.

Les premières études sur les CIM remontent aux années 1920
avec, notamment, les travaux menés par Köhler [7].
Köhler s’est intéressé aux associations entre deux formes, l’une
arrondie et l’autre anguleuse, et deux mots sans signification :
« baluma » et « takete » (figure 2).
Il a démontré que la majorité des personnes testées associait le
mot « baluma » à la forme de la figure 2a, plutôt arrondie, et le
mot « takete » à la forme de la figure 2b, plutôt anguleuse. Quel-
ques années plus tard, il reproduisit l’expérience en remplaçant
« baluma » par « maluma », car il estimait que « baluma » avait
une ressemblance trop forte avec le mot « balloon » et pouvait
donc influencer les choix.
Ce test a été repris et adapté par Ramachandran et Hubbard en
2001 [8] [9] et est aujourd’hui bien connu sous l’appellation « effet
bouba/kiki » (figure 3).

■ L’effet « bouba/kiki » Figure 4 – Un village Himba à 15 km au nord d’Opuwo, Namibie


(Crédit Hans Hillewaert/CC-BY-SA-3.0)
Leurs résultats ont montré qu’entre 95 et 98 % de la population
testée associaient « bouba » à la forme de la figure 3b et « kiki » à
la forme de la figure 3a. Les travaux ultérieurs de Ramachandran ■ Le test de la tribu des Himbas en Namibie
se sont intéressés à comprendre les fondements corticaux de cette
correspondance intermodale entre vision et audition. Notamment, Un autre aspect de cet effet bouba/kiki est d’en évaluer le lien avec
en reproduisant le test avec des enfants autistes et des personnes l’utilisation d’un langage écrit et l’impact du socio-ethno-culturel. Il
ayant subi un traumatisme au niveau du gyrus angulaire. Dans les est possible, en effet, d’imaginer que la forme même des lettres uti-
deux cas, l’effet bouba/kiki disparaissait. Le gyrus angulaire est lisées pour former bouba et kiki soit impliquée dans le processus
une zone de notre cerveau impliquée dans le traitement de d’association. Le B étant plutôt de forme ronde et le K de forme
l’information sémantique. Mais il semble aussi que ce soit une anguleuse, il était important de vérifier l’impact de cette orthogra-
zone de convergence entre informations visuelles, auditives et phe sur l’association. Pour cela, les tests ont été répétés dans la
somato-sensorielles, qui facilite la lecture des mots et la reconnais- tribu des Himbas en Namibie [11]. Les Himbas conservent un mode
sance des objets. de vie traditionnel malgré la pression croissante de l’extérieur. Ils
restent isolés sur leurs terres, relativement bien protégés des arte-
facts occidentaux et présentent la particularité de ne pas posséder
Ces résultats laissent donc penser que le traitement de de langage écrit (figure 4).
l’information conduisant à l’apparition de cette correspon-
Dans la tribu, 34 personnes ont été sélectionnées pour participer
dance inter-modale se fait à un niveau de cognition
à cette étude. Les résultats montrent que 28 participants associent
supérieur [10].
le vocable « bouba » à la forme ronde, et « kiki » à la forme

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anguleuse. Les résultats obtenus sont donc légèrement plus ■ Maurer et la synesthésie néonatale
faibles que ceux obtenus avec des populations occidentales (82 %
Maurer en 1993 a proposé la théorie de la synesthésie néonatale
contre plus de 95 % en Occident). Cependant, ils sont largement
qui pourrait aussi venir enrichir notre compréhension du fonction-
significatifs et montrent que, même en absence d’un langage écrit,
nement des CIM. Selon elle, tous les bébés naissent avec une
l’effet bouba/kiki s’exprime.
connectivité intermodale très importante, liée principalement à
une absence de maturité et une très grande plasticité du cerveau.
Cette hyper-connectivité se perd lorsque l’enfant grandit, car il

1
Ce symbolisme forme/sons semble donc bien résulter d’une individualise ses voies sensorielles.
prédisposition phylogénétique humaine et démontre une cer-
Les synesthètes seraient donc des individus qui auraient
taine universalité du processus [11].
conservé cette hyper-connectivité fonctionnelle, et nous serions
tous synesthètes, au moins au début de notre vie [19].
■ Autres travaux – L’effet Stroop • La différence entre synesthésie et correspondances
intermodales, aussi appelées « tendances synesthésiques », réside
Cette première démonstration de l’existence des CIM a conduit en ce que le premier phénomène est absolu et rigide, alors que le
les chercheurs à s’interroger sur la présence de modes deuxième est relatif et malléable [13]. En effet, selon Marks,
d’intégrations multimodales similaires entre d’autres sens, afin l’association entre le volume d’un son entendu et la clarté d’un sti-
d’en mesurer la différence avec les phénomènes synesthésiques. mulus visuel, va dépendre fortement du contexte dans lequel sont
Parmi ces différents travaux, nous pouvons citer ceux de Stroop présentés ces stimuli, ce qui rend les Correspondances
qui a mis en évidence l’effet du même nom en 1935 [12]. intermodales relatives. Ce n’est pas le cas pour les associations
synesthésiques.
• L’effet Stroop démontre l’incapacité d’un individu à ignorer
• De plus, les correspondances intermodales peuvent-être
une interférence produite par une information non pertinente à
contrôlées par des mécanismes cognitifs d’apprentissage ou
l’occasion de la réalisation d’une tâche. Cet effet est généralement
d’entraînement, alors que les manifestations de synesthésie ne le
démontré en demandant à des participants de nommer la couleur
peuvent pas. En effet, il est parfaitement possible de conditionner
avec laquelle des noms de couleurs sont écrits (figure 5).
une personne, via la répétition, à associer un stimulus à un autre
Lorsque la couleur de l’écriture et le nom de la couleur sont d’une manière inverse à la normale.
incongruents, il devient très difficile de faire abstraction de
l’information sémantique obtenue lors de la lecture du mot, et Exemple
donc, de nommer correctement l’information colorée. Il est possible de lier l’apprentissage des couleurs claires aux sons
de basses fréquences, alors qu’il a été démontré, dans la majorité
des études, que les basses fréquences auditives étaient liées à des
Ce phénomène met donc en évidence : couleurs foncées (brun, noir et gris foncé) [14] [15] [16].
– l’existence d’une attention sélective chez l’individu ;
– d’un système complexe d’inhibition et de promotion de ■ Test de Ludwig sur les chimpanzés
réponses circonstancielles.
Un bémol peut cependant être apporté à cette conclusion. En
effet, l’équipe de Ludwig en 2011 [17] a pu établir que des
chimpanzés associaient, comme les hommes, les sons aigus à de
• Lorsque le test est réalisé avec des synesthètes et qu’on leur fortes luminances, et les sons graves à de faibles luminances. Il
présente un nombre, par exemple, dans une « mauvaise » couleur semblerait donc que, même si l’entraînement peut moduler les
(pour eux), l’effet Stroop se manifeste. Cependant, il se traduit de CIM, ces dernières reposent malgré tout sur des mécanismes
façon beaucoup plus intense que chez les non-synesthètes. Le communs à de nombreuses espèces, et font donc appel au sys-
synesthète perçoit un grand inconfort dans la tâche, qui se traduit tème sensoriel primaire.
notamment par une vive réaction émotionnelle qui n’existe pas
chez les non-synesthètes [5]. Il ne faut pas pour autant déduire/hâtivement de cette observa-
tion une qualité innée des CIM, ou conclure que les chimpanzés
sont des synesthètes. En effet, si l’on s’intéresse plus schématique-
■ Différence entre CIM et synesthésie
ment à leur environnement, nous pouvons dire que, généralement,
• À partir des différentes connaissances acquises sur ces phéno- les gros objets sont sur terre (rochers, troncs des arbres...), alors
mènes d’interactions entre nos sens, les chercheurs tentent que les petits sont en l’air (oiseaux en vol, feuilles, branchages...).
aujourd’hui de s’accorder sur une sémantique commune qui De plus, les gros objets, lorsqu’ils sont déplacés, font des sons plu-
permettrait de mieux classifier chacune des observations, et ainsi, tôt sourds, alors que les petits émettent des sons plus légers.
de mieux comprendre leur fonctionnement. L’une des approches Le rapprochement peut donc être fait entre le son émis par
possibles est d’identifier ce que la synesthésie a de commun, ou l’objet et sa proximité avec la source lumineuse qu’est le soleil, et
non, avec la perception normale et les phénomènes de donc, à la clarté de la lumière. Par conséquent, il est possible
correspondances intermodales, par exemple. d’imaginer que les résultats de cette expérience démontrent en
réalité une qualité acquise par l’expérience, au niveau de l’espèce,
plutôt que véritablement innée [18].

■ Croisements entre CIM et synesthésie


JAUNE VERT BLANC Dans leur revue parue en 2006, Savig et Ward [3] se sont aussi
intéressés à lister les différences et les points communs entre CIM
ORANGE ROUGE BLEU et synesthésie. Globalement, nous pouvons retenir de cet état de
l’art que :
ROSE VIOLET MARRON – la synesthésie, comme les CIM, repose sur des mécanismes
universels présents chez tous les individus ;
Figure 5 – L’effet Stroop : nommez la couleur dans laquelle – la synesthésie ne semble pas faire appel à des voies cérébrales
est écrit chaque mot spécifiques ;

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– la phénoménologie des manifestations de synesthésie est


personnelle et différente de celle des CIM ;
– les manifestations synesthésiques sont automatiques,
incontrôlables et robustes ;
– la synesthésie est un véritable phénomène sensoriel et pas un
processus cognitif au niveau décisionnel comme peuvent l’être
certaines CIM.

1
Pendant près d’un siècle, les synesthètes étaient assimilés, soit à
des fous, soit à des personnes utilisant la métaphore pour expri-
mer des sensations. Aujourd’hui, nous savons que tel n’est pas le
cas. Cependant, cette approche métaphorique est très intéressante
pour mieux appréhender la synesthésie et les correspondances
intermodales. En effet, de très nombreuses métaphores ne sont en
réalité que la traduction d’interactions sensorielles :
– « je suis touché par ces sentiments » ;
– « je vois ce que tu dis » ;
Figure 6 – Echiquier d’Adelson (Crédit : Adrian Pingstone, based on the
– « c’est une personne sombre, obscure » ; original created by Edward H. Adelson)
– « c’est une douce mélodie » ;
– « avoir le goût pour quelque chose » ;
– « une couleur légère » etc... construction de la qualité perçue du produit, qui n’est pas toujours
Ces métaphores ne sont pas simplement des figures de styles. en accord avec sa qualité réelle. Les illusions visuelles, au-delà du
Elles font partie de notre langage courant et sont partagées et caractère divertissant, sont de bonnes illustrations du fossé qui
comprises par tous. Elles reflètent donc un mode de fonctionne- peut parfois séparer réalité et réalité perceptive.
ment cortical où tout n’est pas structuré, séparé, individualisé. Au
contraire, toute information unimodale est modulée par l’informa-
tion recueillie par les autres sens. Un classique de l’illusion de couleur :
l’échiquier d’Adelson
La synesthésie, pour certains, et les correspondances Cette illusion de la figure 6 a été créée par Edward Adelson
intermodales, pour le plus grand nombre, sont utilisées en 1995. Elle représente un échiquier surmonté d’un cylindre
par notre cerveau pour mieux percevoir des objets ou notre projetant une ombre sur la case notée B. Dans la réalité, les
environnement. deux cases A et B sont conçues pour être de l’exacte même
Ces multiples perceptions se combinent pour capter les nuance de gris. Cependant, perceptivement, nous voyons la
informations appropriées dans un cadre environnemental case B comme plus claire que la case A de façon à recréer
donné. L’apprentissage permet d’affiner et d’optimiser ces l’alternance de cases claires et sombres d’un échiquier.
processus cognitifs [10]. Cette illusion est le résultat du fonctionnement de notre
vision qui va prendre en considération de nombreux éléments
de l’environnement : ici, la présence de l’ombre, les cases plus
Le dernier élément à comprendre est le niveau d’intégration
claires ou plus foncées entourant A et B, pour les intégrer et
cortical de ces phénomènes. Les paragraphes suivants présentent
nous donner une vision cohérente de ce que nous regardons.
les principales CIM démontrées entre les couleurs/les odeurs et les
Automatiquement, notre cerveau corrige la clarté de la case B
autres modalités sensorielles puis spécifiquement entre odeurs et
et il est impossible de le contredire.
couleurs. Ces travaux nous permettent d’apporter des premiers
éléments de réponse.

2.1 Correspondances intermodales


entre couleurs et toucher
2. Principales correspondances
intermodales entre couleurs Avant de nous intéresser à des formes complexes en 3 dimen-
sions, nous pouvons, dans un premier temps, étudier les associa-
et sens tions préférentielles entre certaines formes géométriques simples
et certaines couleurs.

Cette seconde partie s’intéresse plus spécifiquement aux ■ Associations du peintre Kandinsky
interactions entre la vision, notamment la vision des couleurs, et Les premiers à identifier ce type de lien préférentiel entre formes
les autres sens. La vue est un sens dit « d’anticipation » : c’est la et couleurs sont les partisans du courant artistique Bauhaus,
première information sensorielle que nous recevons de notre notamment Vassily Kandinsky qui enseigna à l’institut de 1922 à
environnement. Regarder nous permet : 1933. Il réalisa une étude sur les membres du Bauhaus et proposa
– de comprendre cet environnement ; une relation forte entre :
– d’anticiper des événements ; – le jaune et le triangle ;
– de nous positionner afin d’appréhender ce qui nous entoure. – le rouge et le carré ;
Pour un produit donné, le regarder c’est imaginer toutes ses – le bleu et le cercle (figure 7).
promesses. Les paramètres de formes, les couleurs, les logotypes Selon lui, même s’il ne l’explique pas, la relation est due à un
ou encore les polices d’un packaging, sont autant d’éléments que lien fort entre les couleurs et les angles [20].
le consommateur va instinctivement mémoriser et analyser.
Le résultat de cette analyse sera une transformation de ■ Travaux d’Albertazzi
l’information visuelle en une information gustative, olfactive ou Cette expérience a été reproduite par d’autres chercheurs, sans
somesthésique (température, toucher). L’ensemble contribue à la obtenir de résultats équivalents. Malgré ces résultats, Albertazzi,

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Droit et pratique des emballages


Protection de l’innovation
1
par Sylvain MARTIN
Avocat à la Cour d’appel de Paris

1. Innovation et packaging......................................................................... AG 6 300 - 2


2. Secret de protection du savoir-faire ................................................... — 2
3. Obligations de loyauté : « protéger » l’idée et le concept ........... — 3
4. Droit d’auteur – Protection des créations originales de l’esprit. — 4
5. Droit des dessins et modèles de protection du visuel................... — 6
6. Brevet pour protéger l’invention ......................................................... — 11
7. Marque liant un terme distinctif à un emballage............................ — 13
8. Dépôts ou autres pratiques de substitution ..................................... — 14
9. Actions en contrefaçon ou concurrence déloyale .......................... — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 300

orsqu’un designer, ou un ingénieur, conçoit ou invente un emballage qui


L présente une certaine originalité voire inventivité, la propriété intellectuelle
peut éventuellement lui assurer une protection.
Celle-ci se divise en deux branches :
– le droit d’auteur qui concerne les œuvres de l’esprit ;
– la propriété industrielle qui recouvre les dessins et modèles, les brevets
d’invention et les marques.
Ces deux modes de protection correspondent à des logiques différentes :
– le droit d’auteur naît de la seule existence d’une création, aucun forma-
lisme n’étant requis pour la reconnaissance de droits au profit de l’auteur ;
– l’attribution d’un droit de propriété industrielle est le résultat de procé-
dures administratives donnant lieu à la délivrance d’un titre de propriété.
Toutefois, il existe trois points communs à tous ces modes de protection :
– les idées « sont de libre parcours », c’est-à-dire qu’elles ne sont pas appro-
priables en tant que telles. L’idée d’une histoire doit donner lieu à un scénario,
l’idée d’une nouvelle poignée d’emballage doit donner lieu à une formalisation
originale, ou à une application industrielle, pour qu’un droit de propriété intel-
lectuelle existe ;
– la protection n’est donc accordée que si des conditions sont remplies.
Suivant les cas, il s’agira d’une exigence d’originalité, de nouveauté ou encore
de disponibilité. Cependant, si ces conditions exigées par le Code de la pro-
priété intellectuelle ne sont pas réunies, la reproduction ou l’utilisation sans
autorisation d’un emballage par un concurrent, ou toute personne cherchant à
profiter de la créativité d’une entreprise, pourra donner lieu à réparation sur la
base de la concurrence déloyale ou parasitaire ;
Parution : janvier 2012

– pour décider s’il y a contrefaçon, les juges recherchent les ressemblances


et non pas les différences.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 6 300 – 1

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DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

1. Innovation et packaging 2.2 Caractéristiques, intérêt


et inconvénient
■ L’innovation en matière d’emballage peut exister dans de très
nombreux domaines :
■ Le secret de fabrique protégé par le code du travail suppose un
moyen de fabrication particulier qui est tenu caché par l’entreprise.
– emballage actif qui réagit avec le contenu (aliments ou fleurs)
pour allonger sa durée de commercialisation ; ■ L’information secrète protégée par le code pénal est une

1
– nouveau système de pompe pour un produit cosmétique qui connaissance qu’une personne détient parce qu’il en est le déposi-
empêche l’oxygène de pénétrer à l’intérieur ; taire en raison de :
– matériau plus solide et plus léger en même temps, etc.
– sa profession (conseil en propriété industrielle, avocat,
assureur) ;
Le droit récompense les innovations en les protégeant. Il va – de son état (prêtre) ;
accorder à celui qui apporte à la société quelque chose de nouveau
– d’une fonction (agent public ou ingénieur R&D) ;
un monopole d’exploitation pendant un certain temps : de 3 ans,
pour certains dessins et modèles, à 70 ans pour le droit d’auteur. – d’une mission temporaire (salarié en CDD, stagiaire, consultant
externe).
Dans les deux cas, la révélation est punissable, même en
■ Le droit propose toute une palette de solutions juridiques pour l’absence d’intention de nuire.
protéger les innovations, chacune d’elles ayant ses avantages et
ses inconvénients :
– le secret ne coûte pas cher à protéger mais, si un concurrent Le secret (de fabrication ou de toute autre connaissance) se
arrive à le mettre à jour, on ne peut pas bloquer les copies qu’il présente comme une alternative au dépôt de brevet.
fera car il ne violera aucun monopole ;
– la création intellectuelle est protégée très facilement
puisqu’aucun dépôt n’est nécessaire, mais le créateur aura des dif- En effet, demander la protection par un brevet oblige à divul-
ficultés à prouver son antériorité en cas de contentieux ; guer son invention aux tiers. Il s’agit d’une conséquence impor-
– le brevet représente un mode d’arbitrage : le monopole d’exploi- tante qu’il faut prendre en compte lorsque l’on réfléchit à la
tation accordé à son titulaire fournit une incitation à l’innovation, manière dont on va protéger sa découverte, car sa divulgation en
mais l’obligation de divulgation oblige le déposant à tirer rapide- vue de l’obtention d’un brevet favorise la contrefaçon. De plus, à
ment parti de l’invention brevetée avant l’expiration des 20 ans ; terme, la protection disparaît lorsque la durée du monopole est
– la marque ne protège que les produits et services désignés arrivée à expiration.
dans le dépôt, ce qui autorise la coexistence de marques proches,
voire identiques, pour des produits ou services distincts (Mazda C’est pourquoi, il peut parfois être préférable de ne pas déposer
pour des piles ou des voitures). de brevet et de protéger son invention par le secret.
Les modes de protection qui suivent sont présentés dans l’article,
du plus simple à mettre en œuvre d’un point de vue juridique, au Exemple
plus compliqué. La formule d’une boisson gazeuse au coca célèbre dans le monde
entier est protégée par le secret, et non par un brevet.
La protection par le secret présente un risque, celui qu’un
L’article ne traite pas une limitation particulière prévue par le
concurrent fasse la même découverte sans avoir eu connaissance du
droit européen au détriment des bénéficiaires d’un droit
secret par espionnage industriel. Dans ce cas, la fabrication du produit
d’auteur ou d’un droit de propriété industrielle : la règle de
par le concurrent ne constitue pas une contrefaçon et les deux entre-
l’épuisement des droits intellectuels.
prises vont pouvoir vendre des produits similaires caractérisés par
Selon cette règle (que nous expliquons de manière très suc- une même technologie. Dans cette situation, la marque servira de
cincte ici), le titulaire d’un droit d’auteur, d’un dessin ou signe distinctif.
modèle, d’un brevet ou d’une marque ne peut pas profiter de
son monopole d’exploitation pour empêcher la libre circulation
dans l’Union européenne des produits auxquels sont attachés
l’un de ces droits intellectuels, alors même que le revendeur
2.3 Préservation légale du secret
n’a pas conclu un contrat de distribution avec le titulaire du de fabrique
droit intellectuel. Ne sont concernés que les exemplaires déjà
mis sur le marché par le titulaire des droits, et que le revendeur Certaines lois protègent le secret en autorisant l’entreprise qui le
a pu se procurer sur un marché parallèle. détient à ne pas le communiquer à l’Administration lors d’une procédure
nécessitant le dépôt d’un dossier dans lequel les éléments du secret
devraient normalement se trouver pour que le dossier soit complet.

2. Secret de protection Exemples


du savoir-faire • Code rural, art. R253-15 : si certaines des informations, qui
doivent être fournies pour qu’un produit phytopharmaceutique soit
inscrit sur la liste communautaire de ces produits, constituent un
2.1 Référentiel légal – Code du travail secret industriel et commercial, le demandeur fait une demande de
et code pénal confidentialité auprès du ministre chargé de l’Agriculture.
La confidentialité ne s’applique pas :
Soit deux articles :
1o aux dénominations et à la teneur de la (ou des) substance(s)
– article L1227-1 du code du travail – révélation par un employé active(s), ni à la dénomination du produit phytopharmaceutique ;
d’un secret de fabrication ;
– article 226-13 du code pénal – révélation d’une information à [...]
caractère secret. 8o aux méthodes d’élimination du produit et de son emballage.

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42
Référence Internet
AG6300

_________________________________________________________________________________________________ DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES

• Règlement no 1935/2004 du 27 octobre 2004 concernant les


matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées Encadré 1 – Deux cas de jurisprudence
alimentaires : une entreprise qui veut introduire une nouvelle subs-
tance dans la liste positive des composants autorisés pour les embal- • Au mois d’octobre 1997, une campagne publicitaire annon-
lages en plastique doit faire valider son dossier par l’Agence çait le lancement d’un lait commercialisé en bouteilles trans-
européenne de sécurité alimentaire. formables en biberon, de marque Candia.
La procédure fait l’objet de publicités, mais le demandeur peut indi- Saisi par ses concurrents BSA et Lactel, le tribunal de

1
quer quelles sont les informations qui doivent être traitées comme commerce de Laval constatait, par jugement du 26 novembre
confidentielles parce que leur divulgation nuirait à sa position 1997, que Candia s’était livré à des actes de concurrence
concurrentielle (règlement no 1935/2004, art. 10.6 et art. 20). déloyale et lui a interdit sous astreinte de reproduire le dessin
de la bouteille, équipée d’une tétine sur l’emballage, de faire
état du caractère de nouveauté du produit et d’utiliser le slo-
2.4 Sanctions pénales gan « Première bouteille transformable en biberon ».
Le tribunal accorde, d’une certaine manière, une
Un employé qui révèle (ou tente de révéler) un secret de fabri- « protection » au concept en interdisant :
cation risque la prison, jusqu’à 2 ans, et/ou une amende jusqu’à
30 000 Euros (Code du travail, art. L1227-1). – la reproduction d’un dessin ;
– de faire état du caractère de nouveauté du produit ;
L’atteinte au secret professionnel est punie de prison jusqu’à 1 an – d’utiliser un slogan.
et/ou d’amende jusqu’à 15 000 Euros (Code pénal, art. 226-13). Constituent donc des actes illicites, l’utilisation par une
société d’un concept de bouteille de lait transformable en
biberon, pour se placer dans le sillage d’une autre société et
profiter ainsi de la promotion du concept assurée par cette
3. Obligations de loyauté : autre société, lorsque la société « contrefactrice » ne se borne
pas à expliquer le montage de son produit en des termes et à
« protéger » l’idée l’aide de dessins comparables à ceux utilisés par le produit
d’une autre marque, mais imite le produit concurrent et pré-
et le concept sente le sien comme étant novateur, l’imitation parasite étant
confirmée par la confusion suscitée de la sorte dans l’esprit du
consommateur.
3.1 Référentiel légal – Code civil Référence : cour d’appel d’Angers du 10 décembre 2001,
no de pourvoi : 2000/02308.
Ici deux articles : • La société Cédilac commercialise, à partir de 1991, un pro-
duit « croissance de Candia » dans un emballage comportant
– article 1147 – responsabilité contractuelle ; la couleur rose fushia permettant au public d’identifier son
– article 1382 – concurrence déloyale et parasitaire. produit.
En 1994, le concurrent Lactel abandonne son
conditionnement à dominante bleue au profit de la couleur
3.2 Engagement de confidentialité rose fushia, en lançant dans le même temps une bouteille de
50 cl de lait de croissance avec un bouchon rose fushia, une
Cette pratique est très utile – et très utilisée – en amont d’un pro- étiquette où prédominait cette couleur avec un slogan indi-
jet industriel : une personne, ou une entreprise, a développé un quant qu’ils étaient « les seuls à mettre un bouchon rose sur
concept, ou l’esquisse d’un prototype, et cherche un partenariat une bouteille de 50 cl de lait UHT » et en faisant éditer des
avec des financiers ou des industriels. Bien évidemment, ceux-ci encarts publicitaires à fond rose.
veulent connaître le maximum de détails avant de s’engager et se Cédilac-Candia attaque en concurrence parasitaire. Les
réserver le droit de ne pas donner suite au projet. Dans ce cas, il juges acceptent cette demande en considérant que Lactel a
faut empêcher ces personnes d’utiliser les informations déjà manifestement cherché à se placer dans le sillage d’un
communiquées. concurrent très bien implanté sur le marché du lait de crois-
sance et à tirer profit des investissements réalisés par
C’est le rôle de l’engagement de « confidentialité » qui va quali- Cédilac-Candia afin que la clientèle associe cette couleur à son
fier de « confidentielles » les informations qui vont être échangées. produit.
Ces informations sont protégées par l’engagement contractuel Lactel a donc été déclarée coupable de concurrence parasi-
souscrit par ceux qui reçoivent les informations. Cet engagement taire à l’égard de la société Cédilac, parce qu’elle a adopté un
est l’obligation de ne pas divulguer les informations conditionnement dont la couleur dominante rose fuchsia a été
communiquées à quelque personne que ce soit, sauf si la loi similaire à celle utilisée depuis plusieurs années par son
l’exige (contrôle fiscal, par exemple). concurrent pour commercialiser le même type de produits.
Référence : cour de cassation, chambre commerciale,
30 janvier 2001, arrêt no 99-10399.
3.3 Concurrence déloyale et parasitaire
Si l’emballage ne présente pas des caractéristiques d’originalité ■ La concurrence déloyale permet de sanctionner un
ou d’inventivité suffisantes pour bénéficier de l’une des différentes comportement non conforme aux usages et qui est à l’origine d’un
protections prévues du Code de la propriété intellectuelle (droits risque de confusion entre deux entreprises exerçant, le plus sou-
d’auteur, dessins ou modèles, brevets), les règles de la vent, une même activité.
concurrence déloyale, ou du parasitisme, pourront s’appliquer si,
par exemple, une entreprise profite de manière abusive du ■ Le parasitisme permet d’attaquer un concurrent, voire un tiers
savoir-faire ou des investissements techniques humains et finan- non concurrent, qui profite indûment des investissements d’autrui
ciers de l’un de ses concurrents (voir encadré 1). en se mettant dans son sillage pour en bénéficier.

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43
Référence Internet
AG6300

DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

4. Droit d’auteur – Protection La protection concerne ainsi tous les types d’œuvres y compris,
au-delà des Beaux Arts, les créations dont la vocation est moins
des créations originales esthétique qu’utilitaire, dès lors que ces dernières respectent la
condition d’originalité ; c’est exactement le cas des emballages.
de l’esprit Le code de la propriété intellectuelle ne donne pas une liste
exhaustive des œuvres protégeables. Mais, il cite notamment :
Le droit d’auteur français est le droit des créateurs. – les œuvres littéraires ;

1 Article L111-1 du code de la propriété intellectuelle


– les
– les
– les
œuvres musicales ;
œuvres graphiques et plastiques ;
œuvres publicitaires ;
« L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du – les œuvres photographiques ;
seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle – les œuvres d’arts appliqués ;
exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs
– les œuvres d’architecture ;
d’ordre intellectuel et moral, ainsi que des attributs d’ordre
patrimonial ». – les logiciels ;
– les créations des industries saisonnières de l’habillement, etc.

Le droit d’auteur confère à son titulaire un droit de propriété


composé de deux types de droits : 4.2.2 Conditions de la protection par le droit
d’auteur
– patrimoniaux, permettent à l’auteur d’être rémunéré pour
chaque utilisation de son œuvre ; Bien que le code de la propriété intellectuelle ne le précise pas,
– moraux dont la finalité est de protéger la personnalité de les œuvres ne sont protégées que si elles sont des créations dont
l’auteur exprimée au travers de son œuvre. la forme est originale.
On ne traitera pas cette catégorie de droits d’auteur dans le pré-
sent article car le droit moral a peu vocation à s’appliquer aux
emballages destinés à la production industrielle. Pour bénéficier de la protection légale, un emballage doit
donc satisfaire deux conditions :
Ce droit de propriété est incorporel, c’est-à-dire qu’il est indé-
pendant de la détention de la chose qui est l’objet du droit – une concrétisation formelle (pas de protection des idées
d’auteur. par le droit d’auteur) ;
– une forme originale.
Exemple
La vente du support matériel d’un tableau n’emporte pas la cession
■ Concrétisation formelle
des droits d’auteur attachés à ce tableau (CPI, art. L131-3) ; pour les
céder, il faut passer un contrat spécifique. L’emballage doit être matérialisé dans une forme perceptible par
les sens.
Le droit d’auteur ne protège ni les idées, ni les concepts ou les
4.1 Référentiel légal – Code méthodes qui ne peuvent pas faire l’objet d’une appropriation (voir
de la propriété intellectuelle encadré 2).

Trois articles sont concernés : ■ Forme originale


– articles L111-1 et suivants – le droit d’auteur ; L’originalité est la condition nécessaire et suffisante pour béné-
– articles L121-1 et suivants – les droits voisins (interprètes) – ficier de la protection du droit d’auteur.
hors du champ de cet article sur la protection de l’innovation ;
– articles L131-1 et suivants – dispositions diverses (dont la
contrefaçon). Encadré 2 – Cas de jurisprudence en exigence
de concrétisation

4.2 Périmètre de protection • L’idée de mettre une carte à jouer dans un emballage
des emballages « originaux » transparent de biscottes n’est pas protégeable.
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 28 novembre
Le code de la propriété intellectuelle « protègent les droits des 1958, annales de la propriété industrielle de 1959.
auteurs sur toutes les œuvres de l’esprit quels qu’en soit le genre,
la forme d’expression, le mérite ou la destination ». • « L’emballage » du Pont-Neuf à Paris par l’artiste Christo a
été considéré comme une œuvre protégeable par le droit
Toutefois, cette protection n’est pas automatique. Pour d’auteur : l’empaquetage du Pont-Neuf dans de la toile et avec
prétendre à une protection par le droit d’auteur, les œuvres de des cordages est particulier et met en relief la pureté des
l’esprit doivent répondre à certains critères. lignes du monument.
En conséquence, on ne peut vendre des cartes postales
4.2.1 Champ d’application représentant le pont « emballé » qu’avec une licence de repro-
duction et de diffusion commerciale.
Le code de propriété intellectuelle accorde sa protection à toute
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 13 mars 1986.
œuvre de l’esprit sans distinction :
• En revanche, ce genre « d’emballage » n’est qu’une idée
– du genre (littéraire, artistique, musical) ;
qui peut être reprise par une agence de publicité dans une de
– de la forme d’expression (écrite, orale, physique) ; ses campagnes avec d’autres ouvrages d’art.
– du mérite (beau ou laid, pratique ou inutile) ;
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 26 mai 1987.
– de la destination (usage).

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44
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages 2
2– Éco-conception des emballages Réf. Internet page

Emballage et environnement A9730 47

Droit et pratique des emballages. Aspects juridiques de l'écoconception AG6270 51

Les mesures restrictives appliquées au plastique. Droit et pratique AG6271 55

Ecoconception des emballages AG6280 61

Droit et pratique des emballages. Normes d'écoconception des emballages AG6281 65

Emballages issus d'agro-ressources AG6288 69

3– Recyclage et gestion des déchets

4– Matériaux pour l'emballage

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression

 Sur [Link]
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45
2

46
Référence Internet
A9730

Emballage et environnement

par Jean-Paul POTHET


Docteur en automatique

2
Ingénieur de l’École nationale supérieure d’agronomie et des industries agroalimentaires
Directeur général de l’Institut français de l’emballage et du conditionnement (IFEC)

1. La législation.............................................................................................. A 9 730 — 3
1.1 Législation française .................................................................................... — 3
1.1.1 Décret sur les emballages dits ménagers ......................................... — 3
1.1.2 Décret sur les emballages industriels et commerciaux (ou DIB)..... — 5
1.2 Législation allemande .................................................................................. — 5
1.3 Législation européenne ............................................................................... — 5
1.3.1 Concertation entre les différents maillons de la chaîne................... — 5
1.3.2 Directive européenne .......................................................................... — 5
2. Solutions industrielles ............................................................................ — 6
3. Le recyclage ............................................................................................... — 7
3.1 Le verre.......................................................................................................... — 7
3.1.1 La technique......................................................................................... — 7
3.1.2 Les résultats ......................................................................................... — 8
3.2 Les métaux.................................................................................................... — 8
3.2.1 La technique......................................................................................... — 8
3.2.2 Les résultats ......................................................................................... — 9
3.3 Les papiers-cartons et les complexes......................................................... — 10
3.3.1 La technique......................................................................................... — 10
3.3.2 Les résultats ......................................................................................... — 10
3.4 Les matières plastiques ............................................................................... — 10
3.4.1 La technique......................................................................................... — 10
3.4.2 Les résultats ......................................................................................... — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc A 9730

B ien que les préoccupations dans le domaine de l’environnement remontent


à de nombreuses années (1965 aux États-Unis, 1973 pour le premier pro-
gramme d’action de la Communauté européenne), c’est le sommet de l’Arche à
Paris, en 1989, qui a marqué le départ d’une grande croisade écologique interna-
tionale, dans laquelle l’emballage joue un rôle souvent de révélateur, parfois de
bouc émissaire.
Révélateur, car l’emballage, indicateur de niveau de vie des pays industriali-
sés, est considéré par certains comme le corollaire fatidique d’une civilisation de
consommation de masse.
Bouc émissaire, car l’emballage, s’il est visuellement et effectivement polluant,
n’entraîne en fait que 2 % des déchets produits en Europe (entre 1,4 et 3,5 %
selon les pays).
L’emballage présente, en effet, d’un point de vue environnemental, deux con-
traintes majeures :
— tout d’abord, il est produit à partir de ressources terrestres (matières
premières et énergies) qui, pour la plupart, ne sont pas renouvelables ou le sont
de plus en plus difficilement, alors que l’explosion démographique mondiale et
Parution : avril 1998

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel A 9 730 − 1

47
Référence Internet
A9730

EMBALLAGE ET ENVIRONNEMENT ________________________________________________________________________________________________________

le développement des niveaux de vie entraînent une demande de plus en plus


importante d’emballage;
— de plus, l’emballage, après utilisation, encombre la nature. S’il n’était pas
traité, il pourrait, à terme, nuire définitivement par son volume et par d’éven-
tuelles pollutions qu’il pourrait lui-même générer.
Mais avant d’être néfaste, l’emballage est utile, nécessaire, indispensable.
Sans minimiser ou négliger son influence sur l’environnement planétaire, il
faut rappeler son caractère indispensable pour l’homme.

2 L’emballage permet de réduire les pertes (produits alimentaires et autres).


C’est ainsi que pour les pays dont l’utilisation moyenne, par habitant et par an,
est comprise entre 150 et 250 kg, on estime les pertes en produits alimentaires
entre 1 et 3 %; pour les pays dont l’utilisation est comprise entre 50 et 150 kg par
personne et par an, les pertes peuvent atteindre 30 % et, d’après la FAO (Food
and Agriculture Organisation), jusqu’à 50 % des produits agricoles et alimen-
taires peuvent disparaître dans les pays en voie de développement, faute
d’emballage et de conditionnement suffisants.
L’emballage protège la santé et accroît la sécurité. En éliminant le risque de
contaminations microbiologiques, en permettant des conservations en milieu
adapté, en garantissant l’asepsie des produits pharmaceutiques et médicaux, en
augmentant la sécurité face à des produits dangereux, l’emballage permet à
l’homme de vivre plus longtemps et mieux.
L’emballage optimise l’utilisation des ressources. Ainsi, les doses individua-
lisées évitent le gaspillage des produits non consommés sur le moment, et qui
peuvent se détériorer par la suite; les transformations industrialisées (telles
celles des fruits, légumes, poulets) permettent l’utilisation de sous-produits
(pour les nourritures ou aliments pour animaux, par exemple).
L’emballage facilite la vie. Des préparations déjà effectuées, des portions préé-
tablies, des produits micro-ondables, sauveurs d’énergie et économiseurs de
temps, des produits dits de quatrième gamme prêts à l’emploi, des doses médi-
camenteuses individualisées, sont quelques-uns des exemples de la facilité que
l’emballage peut apporter à l’utilisateur.
Ainsi, l’emballage, de par ses fonctions techniques et marketing, est devenu
indispensable pour l’homme, même s’il peut entraîner des nuisances pour
l’environnement.
En effet, d’après une étude réalisée par l’Ademe, la production française de
déchets collectés par les communes est passée en 30 ans de 220 kg par habitant
et par an à 360 kg. Cela représente donc une augmentation de 63 %, la part de
l’emballage dans les ordures ménagères passant pendant la même période de
16,5 à 33,5 % du contenu total des poubelles.
Selon la même étude, seuls 37,5 % de ces déchets ménagers font l’objet d’un
traitement comportant une valorisation et 61 % de ces matériaux contenus dans
ces déchets finissent en décharge, directement ou à l’issue d’un traitement.
La société GEM a réalisé pour l’Institut français de l’emballage et du condition-
nement, avec la Sofres, un sondage quantitatif [1]. D’après une personne sur
quatre, en moyenne, les emballages entraînent des nuisances dommageables à
notre environnement.
Mais il faut cependant relativiser l’importance de ces nuisances car les déchets
ménagers (dans lesquels on retrouve les emballages après usage) ne sont
même pas mentionnés parmi les neuf problèmes majeurs concernant le devenir
de notre planète (conférence des Nations unies de Nairobi).

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Référence Internet
A9730

________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGE ET ENVIRONNEMENT

Enquête IFEC/Sofres [2] : « L’emballage pollue notre environnement »


est retenu comme caractéristique pour les différents emballages suivants.
Emballage primaire agroalimentaire 23 % des personnes interrogées
Emballage secondaire agroalimentaire 28 % des personnes interrogées
Emballage primaire santé/beauté 14 % des personnes interrogées
Emballage secondaire santé/beauté 27 % des personnes interrogées
Emballage produits d’équipement 11 % des personnes interrogées
Sondage quantitatif auprès de 1 000 individus issus d’un échantillon représentatif de la population fran-
çaise (+ de 18 ans).

2
Analyse de l’opinion des consommateurs à propos des emballages pour produits agroalimentaires, pour
produits de santé/beauté, pour l’équipement ménager.
Segmentation en emballage primaire (au contact avec le produit) et emballage secondaire (de regroupe-
ment ou de transport).

C’est afin de réduire ces inconvénients sur l’environnement que des légis-
lations ont été mises en place. Si elles sont spécifiques à chaque pays, elles
expriment cependant trois priorités :
— réduire à la source les emballages en nombre et en poids tout en conser-
vant les minima techniques requis pour leurs utilisations;
— réutiliser les emballages, si cela est possible, et en tenant compte des
critères d’hygiène, sécurité, aspect pratique, usage et économie;
— valoriser les emballages, après utilisation, en récupérant tout ou partie des
matières utilisées (recyclage) ou de l’énergie consommée (incinération propre
avec récupération de calories).
Ainsi en France, un marquage spécifique, dit Point vert, permet d’identifier les
produits, destinés aux ménages, dont les metteurs sur le marché (fabricants ou
importateurs) sont en conformité avec la réglementation.

1. La législation Emballage : toute forme de contenants ou de supports


destinés à contenir un produit, à en faciliter le transport ou la
présentation à la vente (art. 2).
Depuis de nombreuses années, des accords contractuels ont été Producteur : quiconque, à titre professionnel, emballe ou fait
emballer ses produits en vue de leur mise sur le marché (art. 2).
passés dans différents pays d’Europe pour favoriser la récupération
Détenteur final : quiconque sépare l’emballage du produit
et la valorisation des déchets d’emballages. Afin d’accélérer ce qu’il accompagnait afin d’utiliser ou de consommer ledit produit
processus, plusieurs pays ont opté pour une approche réglemen- (art. 2).
taire et une directive européenne a été mise en place. Élimination des déchets : elle résulte de l’abandon des embal-
lages servant à commercialiser les produits consommés ou uti-
lisés par les ménages (art. 3).

1.1 Législation française


[Link] Les dispositifs du décret

La responsabilité de reprise (art. 4 et art. 11) : tout producteur ou


1.1.1 Décret sur les emballages dits ménagers importateur dont les produits sont commercialisés dans des embal-
lages ou, si le producteur ou l’importateur ne peuvent pas être iden-
tifiés, la personne responsable de la première mise sur le marché de
Le Conseil d’État ayant rendu son avis, le décret 92-377 complé- ces produits, est tenu de contribuer ou de pourvoir à l’élimination de
tant la loi no 75-633 du 15 juillet 1975 relative à l’élimination des l’ensemble de ses déchets d’emballages. À cet effet, il identifie les
déchets et à la récupération des matériaux est paru au Journal offi- emballages qu’il fait prendre en charge par un organisme ou une
entreprise titulaire de l’agrément précisé à l’article 6.
ciel du 3 avril 1992.
Il est tenu de communiquer à l’Ademe les données statistiques
Le décret s’applique à tous les emballages dont les détenteurs présentées selon des modalités définies par arrêté du ministre
finaux sont les ménages (art. 1er) et les dispositions ont été appli- chargé de l’Industrie et du ministre chargé de l’Environnement, et
cables à compter du 1er janvier 1993 (art. 12). concernant ses quantités d’emballages mises sur le marché, ainsi

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel A 9 730 − 3

49
2

50
Référence Internet
AG6270

Droit et pratique des emballages


Aspects juridiques de l’écoconception

par Sylvain MARTIN

2
Avocat à la cour d’appel de Paris

1. Enjeux de la réglementation de l’écoconception ........................... AG 6 270v2 - 2


1.1 Libre circulation des emballages au sein du marché unique.................. — 2
1.2 Enjeux économiques, marketing et pénaux ............................................. — 3
2. Référentiel légal....................................................................................... — 3
3. Emballages soumis à écoconception................................................. — 3
3.1 Emballages et éléments de conditionnement .......................................... — 4
3.2 Exemples et contre-exemples officiels...................................................... — 4
4. Politique environnementale des déchets d’emballages ............... — 5
4.1 Lignes directrices environnementales ...................................................... — 5
4.2 La REP - Responsabilité élargie des producteurs..................................... — 6
5. Règles juridiques d’écoconception .................................................... — 10
5.1 Hiérarchie entre les modes d’écoconception ........................................... — 10
5.2 Interdiction des substances dangereuses pour la santé.......................... — 10
5.3 Obligation juridique de réduction à la source et en nombre .................. — 11
5.4 Exigence juridique de capacité au réemploi............................................. — 12
5.5 Obligation juridique de valorisation des déchets d’emballages ............. — 13
5.6 Obligation de bouchon solidaire ............................................................... — 13
5.7 Preuve de la conformité ............................................................................. — 13
5.8 Sanctions pénales ....................................................................................... — 14
6. Régime juridique des normes d’écoconception ............................. — 14
6.1 Contenu des normes européennes d’écoconception .............................. — 14
6.2 Application des normes européennes ou nationales .............................. — 14
7. Sanctions pénales et administratives ............................................... — 15
8. Conclusion................................................................................................. — 15
9. Glossaire juridique .................................................................................. — 15
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. AG 6 270v2

e terme écoconception est entré dans le droit français de l’environnement


L avec la loi « Grenelle II » du 12 juillet 2010.
Bien avant, en 1975, l’Union européenne avait démarré une politique d’harmo-
nisation des mesures nationales concernant la gestion des emballages et des
déchets d’emballages afin d’assurer une protection de l’environnement cohé-
rente sur le territoire de l’Union européenne et de garantir le fonctionnement du
marché intérieur européen des emballages : en harmonisant les spécifications
environnementales des emballages on évite que les douanes d’un État membre
bloquent à leur frontière des emballages au motif qu’ils ne respecteraient pas
leurs règles environnementales nationales.
Le système légal s’applique à tous les emballages mis sur le marché d’un
État membre et à tous les déchets d’emballages, qu’ils soient utilisés ou mis au
Parution : juillet 2021

rebut par les industries, les commerces, les bureaux, les ateliers, les prestataires

Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés AG 6 270v2 – 1

51
Référence Internet
AG6270

DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

de services, les ménages ou autres et quels que soient les matériaux dont ils
sont constitués.
Les règles d’écoconception des emballages sont les mêmes pour tous les États
membres. En revanche, ceux-ci disposent d’une liberté de moyens pour atteindre les
objectifs quantitatifs de retraitement des déchets d’emballages jetés par les ménages
et les entreprises sur leur territoire. Ainsi, en 1992 et 1994 la France a choisi des sys-
tèmes différents pour la gestion des déchets d’emballages suivant qu’ils provenaient
des ménages ou des entreprises. La gestion des déchets d’emballages ménagers a
été confiée à des éco-organismes (Éco-Emballages étant le premier historiquement)
alors que celle des déchets d’emballages professionnels a été placée sous la respon-
sabilité des entreprises ; ce qui ne sera plus le cas en 2025.
2 Juridiquement, l’écoconception signifie l’obligation de suivre des prescrip-
tions réglementaires générales : réduire la masse et le nombre d’emballages,
développer autant que possible leur caractère réemployable, penser au mode
de valorisation en fin de vie (recyclage, compostage ou valorisation énergé-
tique). À cet effet, les entreprises disposent de six normes européennes. Elles
ne sont pas obligatoires mais le fait de suivre leurs prescriptions techniques
permet d’être juridiquement présumé conforme aux prescriptions réglemen-
taires et donc d’éviter une amende qui peut atteindre 450 euros par emballage
non conforme saisi par les agents habilités.

Avertissement : les dispositions du code de l’environnement relatives


aux emballages font l’objet de modifications permanentes depuis 2015 et
en particulier avec la loi du 10 juin 2020 anti-gaspillage et économie cir-
culaire, dite loi AGEC, qui étale dans le temps sur plusieurs années
l’entrée en vigueur de ses réformes.
Les références dans le présent article des Techniques de l’ingénieur sont
à jour au 1er juin 2021 pour leur application au 1er janvier 2022, si elles
n’étaient pas déjà en vigueur à cette date.

le 19 avril 1991 qui obligeait (et oblige encore aujourd’hui) les


1. Enjeux de la réglementation industriels et distributeurs à récupérer leurs déchets d’embal-
de l’écoconception lages. Cette ordonnance amena la création du consortium DSD
(Duales System Deutschland) pour constituer un réseau privé de
collecte et de tri moyennant paiement d’une redevance matériali-
sée par le fameux « Point Vert ».
1.1 Libre circulation des emballages
au sein du marché unique Renvoi : article [A 9 730] Emballage et environnement.
La directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux emballages et Pour en savoir plus : Réglementation, Déclin du « Point Vert »
aux déchets d’emballages est née du développement de la société et incertitude pour le Triman…
de consommation et du développement parallèle des emballages
des produits commercialisés dans les années 1960/1970.
À l’origine, plus de 500 entreprises furent associées au capital de
Cette loi européenne est la conséquence d’une initiative cet organisme. Il s’agissait d’entreprises allemandes mais aussi étran-
ambigüe du Danemark qui avait mis en place avec un décret de gères car les clients allemands renvoyaient à leurs fournisseurs étran-
1981 un système de consigne pour les bouteilles de bière et de gers qui ne participaient pas au DSD les emballages vides des
boissons rafraîchissantes en verre. Officiellement prise dans un but produits qu’ils avaient commandés, et ce aux frais de ces fournisseurs
environnemental, cette réglementation avait aussi pour effet étrangers bien souvent ignorants de cette pratique germanique.
d’entraver l’importation sur son territoire des bières et boissons
rafraîchissantes produites par ses voisins. Après avoir salué le rôle Afin de mettre un terme aux initiatives nationales, les États
écologique de la consigne danoise, la Cour de justice des Commu- membres demandèrent à la Commission européenne de préparer
nautés européennes condamna néanmoins cette réglementation une directive pour harmoniser entre les États membres les règles
parce qu’elle obligeait en fait les producteurs étrangers à n’utiliser d’écoconception (le terme n’existant pas encore à cette époque)
que des emballages ayant fait l’objet d’un agrément délivré par les des emballages et ainsi fixer des règles communes aux États
autorités nationales danoises, agrément que celles-ci pouvaient membres assurant une réelle libre circulation des produits embal-
refuser à partir de 30 modèles d’emballages agréés, nombre fixé lés (Dir 94/62, art. 1) ; un État membre ne pourrait plus refuser
pour éviter un système de consigne fonctionnant avec trop de l’importation sur son territoire d’un certain type d’emballage au
modèles différents (arrêt de la CJCE du 20 septembre 1988, Com- motif qu’il ne répondrait pas à ses normes environnementale
mission c/ Danemark, affaire 302/86, [Link] puisque les normes dans ce domaine seraient désormais harmoni-
Trois ans plus tard, l’Allemagne vota une ordonnance fédérale sées sur la base d’exigences essentielles écologiques communes à
sur la reprise des déchets d’emballages adoptée par le Bundesrat tous les États membres.

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_________________________________________________________________________________________________ DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES

1.2 Enjeux économiques, marketing ■ Directives européennes


et pénaux Les dispositions du Code de l’environnement transposent les
directives suivantes :
D’un point de vue réglementaire, certains produits que l’on – directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux déchets
considérerait intuitivement comme emballage ne sont pas soumis d’emballages qui définit la politique européenne d’écoconception
à l’obligation d’écoconception (les capsules contenant du café, par et de gestion des déchets d’emballages et détermine le rôle des
exemple) et inversement des produits que l’on ne considérerait normes européennes d’écoconception. Cette directive a été plu-
pas spontanément comme un emballage sont soumis à l’obliga- sieurs fois modifiée notamment par les trois premières des quatre
tion d’écoconception (un cintre portant un vêtement acheté par un directives suivantes ;
consommateur, par exemple). – directive 2008/98 du 19 novembre 2008 relative aux déchets
Bien évidemment, un produit qui n’est pas soumis à l’obliga- en général qui fixe les principes généraux du droit européen des
tion légale d’écoconception peut faire l’objet d’une écoconception déchets : principe de prévention à la source, pollueur-payeur, hié-

2
volontaire dès lors que son fabricant y trouve un intérêt : la rarchisation des modes de gestion des déchets, etc ;
réduction à la source économise de la matière première ou bien – directive 2015/720 du 29 avril 2015 visant la réduction de la
le choix de matériaux pouvant être effectivement recyclés dans consommation des sacs en plastique légers ;
un centre de traitement disposant des équipements ad hoc favo- – directive 2018/852 du 30 mai 2018 en faveur du réemploi des
rise l’image écologique de l’entreprise comme c’est le cas pour emballages et du recyclage des déchets d’emballages ;
les producteurs de capsules de café en aluminium qui ont passé – directive 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de
un accord avec l’Association des Maires de France et Éco-Embal- l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement.
lages en 2013 pour financer la mise en place de machines à cou-
rant de Foucault permettant de récupérer les petits objets en
aluminium. Rappel : les directives européennes ne s’appliquent pas
Lorsqu’un article entre dans la définition légale d’un « embal- directement dans les États membres. Leurs dispositions
lage » il fait le plus souvent l’objet d’une écocontribution qui per- doivent être transposées par chaque État membre. En France,
met de financer leur collecte et leur traitement une fois qu’ils sont il s’agira d’une loi, d’un décret ou d’un arrêté.
jetés. Les metteurs sur le marché de produits conditionnés dans un
« emballage » disposent d’une alternative en finançant eux-mêmes
cette collecte et ce traitement mais cette voie est très rarement ■ Circulaires administratives
choisie par les entreprises.
Elles n’ont pas de valeur juridique obligatoire mais elles éclairent
la position de l’Administration :
L’écoconception d’un emballage est une obligation légale
impérative dont le non respect est sanctionné pénalement : – circulaire n° 95-49 du 13 avril 1995 relative à la mise en appli-
concevoir ou fabriquer un emballage sans se préoccuper des cation du décret 94-609 du 13 juillet 1994 relatif aux déchets
exigences d’éco-conception c’est risquer jusqu’à 450 euros d’emballages dont les détenteurs ne sont pas les ménages ;
d’amende par emballage non conforme saisi par un agent de – circulaire du 16 février 1999 relative à l’application du décret
la DGCCRF ou du ministère de l’Environnement. 98-638 du 20 juillet 1998 : prise en compte des exigences liées à
l’environnement dans la conception et la fabrication des embal-
lages (disponible sur [Link]
7961).
Il est donc indispensable de savoir ce qu’est un « emballage »
au sens du Code de l’environnement pour ne pas payer inutile- Source des lois européennes : [Link] → FR
ment une écocontribution si l’article n’est pas un « emballage » ou → Rechercher par numéro de document → Version consolidée
bien ne pas encourir une amende en raison d’une méconnais- actuelle.
sance de la réglementation de l’écoconception.
Source des lois, décrets, arrêtés et circulaires : https://
[Link]

2. Référentiel légal D’autres textes plus ciblés quant à leur domaine d’application
sont cités dans le corps même de cet article des Techniques de
l’ingénieur.
La réglementation française de l’écoconception est fixée par le
Code de l’environnement qui reprend toutes les lois et tous les
décrets et arrêtés français concernant l’environnement et donc
celles et ceux relatifs aux déchets, et spécialement aux déchets
d’emballages.
3. Emballages soumis
■ Règles du code de l’environnement concernant les déchets à écoconception
d’emballages :
– articles L541-1 et suivants contenant les dispositions législa- L’écoconception est une obligation de la loi qui se situe au
tives (L = loi) relatives à la prévention et à la gestion des déchets début du cycle de vie des emballages et qui a pour objet de pré-
produits par les ménages et les activités professionnelles ; parer la fin de vie de l’emballage lorsqu’il sera devenu un déchet.
– articles D541-330 et suivants contenant les dispositions prises
par décret (D = décret simple) pour l’interdiction de certains pro- ■ Début du cycle de vie
duits en plastique (dont les emballages en plastique autres que les Dès lors qu’un article répond à la définition d’emballage ou
sacs plastiques) à usage unique ; d’élément de conditionnement expliquée ci-dessous, cet article
– articles R543-42 à R543-74 contenant les dispositions prises par doit être écoconçu selon les exigences environnementales indi-
décret (R = décret pris après avis du Conseil d’État) pour l’éco- quées au chapitre 5 quel que soit le déchet d’emballage : qu’il soit
conception et la valorisation des déchets d’emballages et pour la utilisé puis jeté par les industries, les commerces, les bureaux, les
limitation des sacs en plastique à usage unique dits « sacs de administrations, les ménages et quels que soient les matériaux
caisse ». dont ils sont constitués (Dir. 94/62, art. 2).

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■ Fin du cycle de vie 3.2 Exemples et contre-exemples


La directive 94/62 n’impose pas de règles communes aux officiels
États membres pour les filières de retraitement des déchets
d’emballages : l’organisation de la collecte des déchets d’embal- Du fait de la zone grise qui existe pour certains produits que
lages et des centres de tri et de recyclage, ainsi que l’organisa- l’on hésite à qualifier d’emballage ou d’élément de conditionne-
tion des financements sont laissées à l’appréciation de chaque ment soumis à écoconception (et donc aussi à écocontribution),
État membre. les instances européennes ont apporté un complément officiel à la
directive 94/62 avec la directive 2004/12 du 11 février 2004 et la
directive 2013/2 du 7 février 2013 qui complètent la directive 94/62
3.1 Emballages et éléments en prenant en considération trois situations particulières (direc-
de conditionnement tives transposées à l’article R543-43 du Code de l’environnement
et par arrêtés du 7 février 2012 et du 6 août 2013).

2 Intuitivement, on conçoit assez facilement ce qu’est un emballage :


– cartonnettes contenant, par exemple, des lentilles ou des bis-
cuits ;
■ Double fonction de l’emballage
Un article est considéré comme un emballage s’il est un embal-
– caisses en carton ou cagettes en bois ; lage primaire, secondaire ou tertiaire selon la définition qui vient
– flacons ou barquettes en plastique ; d’être donnée au § 3.1 ci-dessus « sans préjudice d’autres fonctions
– fûts métalliques ; que l’emballage pourrait également avoir, à moins que l’article ne
fasse partie intégrante d’un produit et qu’il ne soit nécessaire pour
– housses de vêtement, etc.
contenir, soutenir ou conserver ce produit durant tout son cycle de
En revanche, il est moins évident d’assimiler les cintres ou les vie et que tous les éléments ne soient destinés à être utilisés,
palettes ou les éléments de calage aux emballages. consommés ou éliminés ensemble ».

L’exemple le plus connu pour illustrer ce jargon européen est la


En fait l’obligation d’écoconception concerne les emballages
capsule de café en aluminium ou en plastique : cette capsule est utili-
en tant que contenants mais aussi certains éléments de condi-
sée pour préparer la tasse de café et est jetée avec le marc de café
tionnement.
une fois qu’elle a servi.
Exemples officiels
La directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux emballages
Constituent un emballage ou élément de conditionnement :
et déchets d’emballages donne la définition suivante dans son
article 3 repris à l’identique par l’article R543-43 du code de l’envi- – les pots à fleurs uniquement destinés à la vente et au transport
ronnement français de plantes et non destinés à accompagner la plante tout au long de sa
vie ;
– les capsules pour machines à boisson (par exemple : café, choco-
L’emballage, c’est « tout produit constitué de matériaux de lat, lait) qui se retrouvent vides après usage ;
toute nature, destiné à contenir et à protéger des marchandises – les films recouvrant les boîtiers de disques compacts (on ne tient
données, allant des matières premières aux produits finis, à pas compte du fait que leurs fonctions premières sont la protection
permettre leur manutention et leur acheminement du produc- du boîtier du CD et la lutte contre le vol) ;
teur au consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer leur pré- – les boîtes d’allumettes ;
sentation. Tous les articles «à jeter» utilisés aux mêmes fins – les carrousels pour disques compacts (vendus avec des disques
doivent être considérés comme des emballages. » compacts, mais non destinés au rangement) ;
– les cintres à vêtements (vendus avec un vêtement) ;
– les sachets d’envoi de catalogues et magazines (renfermant un
La directive 94/62 et le Code de l’environnement précisent que :
magazine) ;
« L’emballage est uniquement constitué de : – les rouleaux, tubes et cylindres (mandrins) sur lesquels est
a) l’emballage de vente ou emballage primaire, c’est-à-dire enroulé un matériau souple (par exemple : film plastique, aluminium,
l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente une papier), à l’exception des rouleaux, tubes et cylindres destinés à faire
unité de vente pour l’utilisateur final ou le consommateur ; partie d’équipements de production et qui ne sont pas utilisés pour
présenter un produit en tant qu’unité de vente ;
b) l’emballage groupé ou emballage secondaire, c’est-à-dire – les flacons en verre pour les solutions à injecter ;
l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente un – les systèmes d’isolement stérile (poches, plateaux et matériel
groupe d’un certain nombre d’unités de vente, qu’il soit vendu tel nécessaires pour préserver la stérilité d’un produit) ;
quel à l’utilisateur final ou au consommateur, ou qu’il serve seule- – les bouteilles en acier rechargeables destinées à contenir divers
ment à garnir les présentoirs au point de vente; il peut être enlevé types de gaz, à l’exception des extincteurs à incendie ;
du produit sans en modifier les caractéristiques ; – les caissettes à pâtisserie vendues avec une pâtisserie ;
c) l’emballage de transport ou emballage tertiaire, c’est-à-dire – les boîtes pour friandises (même si elles sont décorées et
l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le peuvent ensuite servir de boîte de rangement).
transport d’un certain nombre d’unités de vente ou d’emballages Ne constituent pas un emballage ni un élément de condition-
groupés en vue d’éviter leur manipulation physique et les dom- nement :
mages liés au transport. L’emballage de transport ne comprend – les pots de fleurs destinés à accompagner la plante pendant toute
pas les conteneurs de transport routier, ferroviaire, maritime et sa vie (la fonction est plus pot qu’emballage) ;
aérien. » – les capsules de café, sachets de café en pellicule d’aluminium et
dosettes de café en papier-filtre des machines à boisson qui sont
jetés en même temps que le café qui a été utilisé ;
La directive 94/62 et le code de l’environnement définissent – les sachets de thé (à distinguer du thé sans sachet qui infuse
les déchets d’emballages comme tout emballage ou matériau dans une boule trouée) ;
d’emballage, à l’exclusion des résidus de production, dont le – les boîtiers de disques compacts, de DVD et de cassettes vidéo
détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se (vendus avec un disque compact, un DVD ou une cassette vidéo à
défaire (C. env., art. R543-43 III). l’intérieur) ;

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Les mesures restrictives appliquées


au plastique
Droit et pratique

par Sylvain MARTIN 2


Avocat à la cour d’appel de Paris

1. Référentiel légal....................................................................................... AG 6 271 - 2


2. Contexte des mesures restrictives..................................................... — 3
2.1 Le paradigme du 20e siècle : prévention et éco-conception ................... — 3
2.2 Le paradigme du 21e siècle : restriction et interdiction ........................... — 3
2.3 Évolution des instruments juridiques et financiers.................................. — 5
3. Interdiction des plastiques ................................................................... — 6
3.1 Sacs en plastique légers............................................................................. — 6
3.2 Produits en plastique à usage unique ....................................................... — 7
3.3 Microplastiques dans les cosmétiques & produits d’entretien ............... — 10
3.4 Plastique oxodégradable............................................................................ — 11
3.5 Emballages et étiquettes pour fruits et légumes...................................... — 11
3.6 Sachets de thé et tisane.............................................................................. — 11
3.7 Bouteilles et fontaines d’eau...................................................................... — 12
3.8 Plat de réchauffe ......................................................................................... — 12
3.9 Interdictions diverses.................................................................................. — 12
4. Obligations ................................................................................................ — 13
4.1 Obligation de bouchon solidaire ............................................................... — 13
4.2 Obligation et incitation au réemploi dans la restauration ....................... — 13
4.3 Obligation et incitation au réemploi dans les marchés publics .............. — 15
4.4 Prévention des pertes et fuites de granulés ............................................. — 15
5. Encadrement d’allégations environnementales — 16
5.1 Allégation sur la compostabilité et la biodégradabilité ........................... — 16
5.2 Allégation sur la recyclabilité..................................................................... — 16
5.3 Sanction administrative.............................................................................. — 16
6. Sanctions pénales et administratives ............................................... — 16
6.1 Amendes de contraventions ...................................................................... — 16
6.2 Amendes administratives........................................................................... — 17
7. Conclusion................................................................................................. — 17
8. Glossaire .................................................................................................... — 17
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. AG 6 271

e plastique est un matériau plein de qualités mais pourtant mal aimé.


L Durant la pandémie de la COVID19 commencée en 2020 le caractère hygié-
nique du plastique a été remis en lumière mais il reste un matériau mal
considéré du point de vue environnemental par l’opinion publique un petit peu
schizophrène puisqu’elle déteste l’emballage qu’elle utilise au quotidien et qui
protège sa santé. Pour sauver les tortues et plus généralement réduire les
pollutions marines et terrestres dues aux plastiques et aussi pour protéger la
Parution : juillet 2021

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AG6271

LES MESURES RESTRICTIVES APPLIQUÉES AU PLASTIQUE __________________________________________________________________________________

santé des citoyens contre les additifs qui peuvent être nocifs, l’Union euro-
péenne autorise, et même parfois oblige, les États membres à limiter, voire
interdire l’usage du plastique.
Identifier les produits concernés par les mesures antiplastique revient à consti-
tuer une liste à la Prévert où, parmi les produits bannis, on trouve notamment
les sacs en plastique légers (épaisseur de moins de 50 microns) sauf s’ils sont
compostables, ainsi que les pailles, gobelets, assiettes, couverts et touillettes
s’ils sont entièrement en plastique, ou bien les boites pour aliments et les verres
pour fast food en polystyrène expansé. Encore interdits les plats de réchauffe en
plastique, les étiquettes non compostables, les plastiques oxodégradables, les
microbilles dans les cosmétiques. De même on ne doit plus offrir de l’eau gratui-

2 tement dans des bouteilles en plastique dans les établissements recevant du


public et dans les entreprises.
Ces interdictions s’étalent sur une décennie de 2016 à 2026.
En raison du principe de liberté du commerce au sein du marché unique
européen, les restrictions l’usage du plastique et les interdictions sont des
règles d’exception. Ce qui n’est pas expressément interdit reste autorisé. La
R&D reste donc essentielle pour trouver des solutions alternatives en parti-
culier pour le « home compostable » en dehors des unités industrielles.
Certains produits échappent à l’interdiction parce que même avec du plas-
tique (voire grâce au plastique) ils offrent des services indispensables :
produits d’hygiène intime, lingettes humides pour le corps ou l’entretien, pro-
duits du tabac et gobelets. Toutefois, on veut éviter que les gens les jettent
n’importe où parce que souvent ils ne savent pas que ces produits contiennent
du plastique. L’Europe impose depuis le 3 juillet 2021 un pictogramme repré-
sentant une tortue en danger dans la mer à cause de ces produits. Un logo très
moche pour que les gens soient dégoutés du plastique.
Les services du marketing sont aussi dans le collimateur : désormais il est
interdit de revendiquer le caractère compostable d’un produit en plastique s’il
n’est pas « home compostable » et on ne peut plus vanter d’une manière générale
le caractère vertueux pour l’environnement de son produit ; il faut communiquer
avec des allégations précises.

Nota : cet article expose les mesures antiplastiques telles qu’elles figurent
dans les lois européennes et françaises sans approbation ni désapprobation
de la part de l’auteur et de l’éditeur.
Avertissement : les dispositions du Code de l’environnement relatives
aux emballages et à l’économie circulaire font l’objet chaque année de modi-
fications permanentes depuis 2015 et en particulier avec la loi du 10 février
2020 anti-gaspillage et économie circulaire, dite loi AGEC, qui étale dans le
temps sur plusieurs années l’entrée en vigueur de ses réformes. Les règles
expliquées dans le présent article des Techniques de l’ingénieur sont à
jour au 4 juillet 2021 pour leur application au 3 juillet 2021, si elles
n’étaient pas déjà en vigueur à cette date.

1. Référentiel légal – articles R543-42 à R543-74 contenant les dispositions prises par
décret (R = décret pris après avis du Conseil d’État) pour l’éco-
conception et la valorisation des déchets d’emballage et pour la
Cet article des Techniques de l’ingénieur est consacré aux mesures limitation des sacs en plastique léger à usage unique dits « sacs de
prises par les autorités européennes et françaises contre les plastiques caisse ».
au motif principal que ceux-ci dégradent l’environnement. C’est donc
dans le Code de l’environnement que se trouve le référentiel légal : La plupart de ces dispositions du Code de l’environnement
transposent les directives européennes suivantes :
– articles L541-1 et suivants contenant les dispositions législa-
tives (L = loi) relatives à la prévention et à la gestion des déchets – directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux déchets
produits par les ménages et les activités professionnelles ; d’emballages qui définit la politique européenne de gestion des
– articles D541-330 et suivants contenant les dispositions prises déchets d’emballages et détermine le rôle des normes européennes
par décret (D = décret simple) pour l’interdiction de certains pro- d’éco-conception. Cette directive a été plusieurs fois modifiée et
duits en plastique à usage unique ; complétée notamment par les trois directives suivantes ;

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__________________________________________________________________________________ LES MESURES RESTRICTIVES APPLIQUÉES AU PLASTIQUE

– directive 2015/720 du 29 avril 2015 visant la réduction de la transformation en énergie. Cette approche a été transposée dans le
consommation des sacs en plastique légers ; Code de l’environnement (C. env. R543-44 et 45).
– directive 2018/852 du 30 mai 2018 sur le réemploi et l’écono-
mie circulaire des emballages ;
Renvoi : article [AG 6 270] Aspects juridiques de l’éco-conception,
– directive 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de chapitre 5 sur les règles juridiques d’éco-conception des embal-
l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement, lages.
dite directive « SUP » – Single-Use plastic – ci-après dans l’article.
D’autres textes plus ciblés quant à leur domaine d’application
sont cités dans le corps même de cet article des Techniques de 2.2 Le paradigme du 21e siècle :
l’ingénieur, en particulier la loi 2020-105 du 10 février 2020 relative
à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi restriction et interdiction
AGEC ci-après dans cet article.

Rappel : les directives européennes ne s’appliquent pas direc-


2.2.1 Constats des pollutions par le plastique
Les directives 94/62 et 2008/98 ne contiennent pas de mesures
2
tement dans les États membres. Leurs dispositions doivent être spécifiques aux produits en plastique. Ni en bien, ni en mal.
transposées par chaque État membre. En France il s’agira d’une
loi, d’un décret ou d’un arrêté qui sont pour la plupart intégrés ■ L’offensive commence avec la directive 2015/720 du 29 avril 2015
dans le Code de l’environnement. relative à la réduction de la consommation des sacs en plastique
légers qui met en place les premières mesures légales antiplastique
Renvoi : article [AG 6 070] Réglementation applicable aux
en s’attaquant aux sacs de caisse. Dans un des considérants intro-
emballages, chapitre 1 § 1.1.1 sur la transposition des direc-
ductifs de cette directive on reconnaît que les sacs en plastique
tives et l’application directe des règlements européens.
servent à de multiples usages et que leur consommation se pour-
Source des lois européennes : [Link] ൺ FR suivra à l’avenir, mais pour le reste les autres considérants sont à
ൺ Rechercher par numéro de document ൺ Version consolidée charge :
actuelle.
– il est constaté que les niveaux de consommation des sacs en
Source des lois, décrets et arrêtés français : plastique dans les années précédentes entraînent des quantités
[Link] considérables de déchets sauvages qui devraient encore augmen-
ter si aucune mesure n’est prise. Non seulement les déchets sau-
vages de sacs en plastique entraînent une pollution des sols mais
ils aggravent le problème global des déchets sauvages dans les
2. Contexte des mesures bassins hydrographiques, faisant peser une menace sur les éco-
systèmes aquatiques dans le monde entier ;
restrictives – l’accumulation de sacs en plastique dans l’environnement a
une « incidence clairement négative sur certaines activités écono-
miques » (sans précision) ;
– les taux de recyclage des sacs en plastique légers constatés
2.1 Le paradigme du 20e siècle : dans les années précédentes sont très faibles et, en raison d’un
prévention et éco-conception certain nombre de difficultés pratiques et économiques, les autori-
tés européennes estiment qu’ils n’atteindront probablement pas
des niveaux importants dans un avenir proche ;
■ 1975 : les premières règles de prévention des pollutions
– les parlementaires européens écologistes ont fait ajouter qu’il
La directive 75/442 du 15 juillet 1975 relative aux déchets en faut sensibiliser les consommateurs aux incidences environnemen-
général constitue la première pierre de l’édifice construit par tales des sacs en plastique « et mettre un terme à l’idée que le
l’Europe pour encadrer la gestion des déchets dans les États plastique est une matière inoffensive et bon marché » (sic).
membres afin :
■ La politique européenne antiplastique continue avec la directive
– de protéger la santé de l’homme et l’environnement ; 2019/904 du 5 juin 2019 qui met en place des mesures restrictives
– d’éviter les entraves aux échanges économiques à l’intérieur à l’encontre de certains produits en plastique à usage unique (réci-
du marché unique de l’Union européenne (éviter qu’un pays refuse pients en polystyrène, gobelets, couverts, pailles, etc.).
l’importation sur son territoire d’un produit non conforme aux Un des considérants introductifs de cette directive reconnaît que
règles environnementales choisies par lui) ; le plastique joue un rôle utile dans l’économie et fournit des appli-
– de faire financer par les pollueurs les coûts de la protection de cations essentielles dans de nombreux secteurs mais les autres
l’environnement. considérants déclarent qu’il faut néanmoins mettre en place une
stratégie européenne à l’encontre des matières plastiques dans le
■ 1994/2008 : réduction à la source et valorisation cadre d’une économie circulaire dans laquelle la conception et la
production des matières plastiques et des produits en plastique
Sur la base de la directive du 15 juillet 1975, l’Europe a pris des doivent répondre aux nouvelles exigences de réemploi, de répara-
directives par catégorie de produits polluants comme les huiles, les tion et de recyclage. Si un produit en plastique ne peut pas
substances dangereuses ou les emballages. La directive de 1975 a répondre à ces exigences, il doit être banni du territoire de l’Union
elle-même évolué et les règles générales de lutte contre les pollu- européenne. Celle-ci considère d’ailleurs qu’elle doit jouer un rôle
tions figurent désormais dans la directive 2008/98 du 19 novembre international prépondérant dans la prévention et la réduction des
2008 sur les déchets qui prévoit une approche basée sur la préven- déchets sauvages dans le milieu marin et qu’elle a vocation à fixer
tion et la prise en compte du cycle de vie des produits. les normes au niveau mondial (Dir. 2019/904, considérant n° 3).
Pour l’éco-conception des emballages et la gestion des déchets Un autre considérant introductif précise que sont en plastique
d’emballage l’Union européenne a voté la directive 94/62 du 80 à 85 % des déchets sauvages dans le milieu marin selon des
20 décembre 1994 qui décline cette approche sous la forme de réduc- évaluations sous la forme de comptages de déchets sauvages
tion à la source, de réemploi et réutilisation puis de valorisation, une effectués sur les plages des États membres. Plus précisément,
fois l’emballage devenu un déchet, par recyclage, compostage ou les articles en plastique à usage unique représentent 50 % et les

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LES MESURES RESTRICTIVES APPLIQUÉES AU PLASTIQUE __________________________________________________________________________________

articles en plastique liés à la pêche 27 % du total. Ces chiffres – ou destinées et utilisées pour les denrées alimentaires desti-
montrant qu’une gamme variée de produits en plastique de nées à des fins médicales spéciales réglementées par le règlement
consommation courante et à usage rapide sont jetés après avoir été 609/2013 (précisions au § 4.1).
utilisés (bouteilles d’eau, flacons de champoing, …) et deviennent
Référence : Dir. « SUP » 2019/904, art. 6 complété de son annexe
souvent des déchets sauvages parce que rarement récupérés pour
partie F.
être traités comme déchets. De même, une part importante des
équipements de pêche n’est pas récupérée pour être traitée. Les Pour ce qui la concerne, la France s’est donnée pour objectif :
produits en plastique à usage unique et les équipements de – de réduire de 50 % d’ici à 2030 le nombre de bouteilles en plas-
pêche contenant du plastique sont donc un problème particulière- tique à usage unique pour boisson mises sur le marché (C. env.,
ment préoccupant dans le contexte des déchets sauvages dans le art. L541-10-11 I al. 3) ;
milieu marin, présentent un risque grave pour les écosystèmes
– d’atteindre d’ici à 2040 la fin de la mise sur le marché d’embal-
marins, la biodiversité et la santé humaine, et portent préjudice
lages en plastique à usage unique (C. env., art. L541-10-17 alinéa 1,
aux activités telles que le tourisme, la pêche et la navigation

2
créé par loi AGEC, art. 7). Objectif plus crédible que l’intention de
(Dir. 2019/904, considérant n° 5).
« tendre vers l’objectif de 100 % de plastique recyclé d’ici le 1er jan-
vier 2025 » (C. env., art. L541-1 4° ter créé par la loi AGEC, art. 5).
Nota : les médias dénoncent régulièrement les emballages en • Pour vérifier si ces objectifs sont atteints, les entreprises
plastique trouvés dans la nature mais oublient tout le temps de doivent tenir des statistiques qui sont consolidées au niveau
citer les équipements de pêche (filets, matériel d’aquaculture,…) national par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la
comme source de la pollution des mers par les plastiques et maîtrise de l’énergie).
ignorent que les machines à laver le linge envoient dans les
réseaux d’eau usées des tonnes de microplastiques provenant
des textiles modernes qui contiennent des microparticules en Le lecteur trouvera plus de détails sur cette obligation vis-à-
plastique. vis de l’ADEME dans l’article [AG 6 270] Aspects juridiques de
l’écoconception au § [Link] sur les bases de données statis-
tiques de la gestion des emballages et déchets d’emballages
2.2.2 Objectifs de recyclage, réduction,
éradication des emballages en plastique
■ Les mesures pour atteindre ces objectifs
■ Les chiffres des objectifs
Les objectifs indiqués ci-dessus concernent seulement l’État
Dans le cadre de la directive emballages, les États membres français vis-à-vis de l’Union européenne ou vis-à-vis de son opi-
doivent mettre en place des programmes quinquennaux afin nion publique. Il s’agit d’une responsabilité collective sans sanc-
d’atteindre les objectifs minima suivants de plastique d’emballage tions individuelles à l’encontre des entreprises. Néanmoins, si la
recyclé : France veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, il faut qu’elle
– 50 % en poids de plastique recyclé le 31 décembre 2025 ; puisse imposer aux entreprises des mesures qui vont dans ce
– 55 % en poids de plastique recyclé le 31 décembre 2030. sens.

Référence : Dir. 94/62, art. 6 § 1 alinéas g) & i) créés par Ces mesures peuvent concerner certains produits en particulier
Dir. 2018/852 sur le réemploi et l’économie circulaire, étant précisé (sacs en plastique non compostables, produits en plastique à
que les États membres ont le droit d’imposer sur leur territoire usage unique, couverts en plastique dans la restauration, etc – voir
des objectifs plus ambitieux à condition que le pays dispose des les chapitres 3 et 4) ou bien l’encadrement de certaines allégations
capacités industrielles suffisantes et que cette politique volonta- environnementales (voir chapitre 5).
riste ne perturbe pas le bon fonctionnement du marché intérieur Pour atteindre en 2025, 2030 et 2040 les objectifs indiqués ci-
de l’Union européenne (Dir. 94/62, art. 6 § 10). dessus la loi AGEC a prévu également des mesures plus géné-
• À cet effet, la France se donne pour objectif : rales que le gouvernement doit préciser et mettre en œuvre dans
le cadre de plans quinquennaux établis par décret (C. env.,
– d’atteindre un taux de collecte pour recyclage des bouteilles art. L541-10-17 alinéa 2).
en plastique pour boisson de 77 % en 2025 et de 90 % en 2029
(C. env., art. L541-10-11 § I al. 1 créé par l’article 66 de la loi AGEC Ces mesures générales insérées dans le Code de l’environne-
pour transposer la directive « SUP » 2019/904, art. 9). ment ou le Code de la consommation sont par exemple :

La directive « SUP » Single-Use Plastique de 2019 donne aux – le développement du vrac (loi AGEC, articles 41 et 43 insérés
États membres également des objectifs pour les quantités de dans les articles L120-1, L120-2 et L112-9 du Code de la consom-
matières recyclées dans les produits en plastique : mation) ;
– à compter de 2025, les bouteilles pour boissons qui sont fabri- – l’augmentation du nombre de produits soumis à la Responsa-
quées majoritairement à partir de polyéthylène téréphtalate (PET) bilité Élargie des Producteurs (REP), c’est-à-dire à l’obligation pour
contiennent au moins 25 % de plastique recyclé, calculé comme les entreprises de contribuer financièrement à la gestion de leurs
une moyenne sur toutes les bouteilles en PET mises sur le marché produits une fois qu’ils sont devenus des déchets (emballages
sur le territoire dudit État membre ; utilisés par les professionnels, jouets qui sont souvent en plas-
tique, …) ;
– et à compter de 2030, toutes les bouteilles pour boissons
contiennent au moins 30 % de plastique recyclé, calculé comme
une moyenne sur toutes lesdites bouteilles pour boissons mises Le lecteur trouvera plus d’informations sur les REP dans l’article
sur le marché sur le territoire dudit État membre. [AG 6 270] Aspects juridiques de l’écoconception au § 4.2.
Les bouchons et couvercles entrent dans ces objectifs pour 2025
et 2030.
– création par les éco-organismes de gammes standards
• Sont exclues de ces objectifs les bouteilles pour boissons : d’emballages réemployables pour les secteurs de la restauration,
– d’une capacité supérieure à trois litres ; ainsi que pour les produits frais et les boissons (loi AGEC, art. 65) ;
– ou en verre ou en métal même si les bouchons et les cou- – obligation d’incorporer dans certains produits un taux minimal
vercles sont en plastique ; de matière recyclée (C. env., art. L541-9 créé par loi AGEC, art. 61) ;

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__________________________________________________________________________________ LES MESURES RESTRICTIVES APPLIQUÉES AU PLASTIQUE

– des bacs de tri devront être installés dans les supermarchés la CJCE du 20 septembre 1988, Commission c/ Danemark, affaire
pour permettre la collecte après passage en caisse des emballages 302/86, [Link]
achetés (C. env., art. L541-10-18 créé par loi AGEC, art. 72) ;
■ Le régime juridique des objectifs Renvoi : article [AG 6 270] Aspects juridiques de l’éco-conception,
Ces plans quinquennaux destinés à atteindre les objectifs chapitre 1 § 1.1 sur la libre circulation des emballages au sein du
collectifs du pays prévoient des incitations et des mesures organi- marché unique.
sationnelles mais pas d’interdictions, et encore moins de sanction
pénale, pour être en conformité avec le principe de libre circulation
des marchandises inscrit au traité de l’union européenne (voir le – il est interdit à la France d’interdire totalement sur son terri-
§ 2.3 suivant pour plus de détails). toire la fabrication de récipients au contact alimentaire contenant
du bisphénol A (BPA) pour des raisons de santé. L’État français
Le premier plan quinquennal a été fixé par le décret 2021-517 porte atteinte à la liberté d’entreprendre garantie par l’article 4 de

2
du 29 avril 2021 dit « décret 3R » sur la réduction, le réemploi et le la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. La loi
recyclage des emballages en plastique à usage unique pour la française peut par dérogation interdire le BPA dans les récipients
période 2021-2025. Il prévoit : dans le but de protéger la santé des français mais doit prévoir une
– 20% de réduction des emballages plastiques à usage unique exception pour la fabrication et l’exportation vers des pays où le
d’ici fin 2025. A minima, la moitié de l’atteinte de cet objectif doit BPA est autorisé (Conseil constitutionnel, Décision sur recours
être obtenue via le réemploi et la réutilisation. Le reste par la sup- de l’organisation de lobbying PlasticEurope n° 2015-480, QPC du
pression, la réduction de la masse unitaire de plastique incorporé, 17 septembre 2015).
les recharges et la substitution du plastique par d’autres maté-
riaux ;
– la suppression de tous les emballages en plastique à usage Nota : le BPA est effectivement autorisé par le règlement
unique « inutiles » c’est-à-dire ceux n’ayant pas de fonction tech- européen 10/2011 concernant les matériaux et objets en plas-
nique essentielle, comme une fonction de protection, d’intégrité tique au contact des denrées alimentaires à condition que la
des produits, sanitaire, de transport, ou de support d’information quantité de BPA migrant dans l’aliment ne dépasse pas le taux
règlementaire ; maximum prévu dans son annexe technique.
– une filière de recyclage opérationnelle pour tous les embal-
lages en plastique à usage unique d’ici au 1er janvier 2025. (ce qui
sous-entend le banissement des matières plastiques sans filière de
recyclage). Renvoi : article [AG 6 505], Législation du contact alimentaire,
§ 4.3.3 sur la réglementation relative au Bisphénol A.

2.3 Évolution des instruments juridiques


2.3.2 Les nouvelles lois pour la protection
et financiers de l’environnement

2.3.1 Les lois traditionnelles garantissant [Link] Directives européennes dérogatoires


la liberté d’entreprise
Si les pouvoirs publics veulent restreindre ou interdire la
Les États membres de l’Union européenne sont des pays démo- commercialisation de produits en plastique il faut qu’ils votent
cratiques qui fonctionnent dans le cadre d’une économie libérale des règles nouvelles qui dérogent aux lois traditionnelles garan-
et qui garantissent la libre entreprise. La liberté du commerce est tissant la liberté d’entreprendre. C’est pourquoi le Parlement
le principe, la restriction est l’exception. C’est pareil pour l’Union européen et le Conseil des États membres ont voté deux direc-
européenne elle-même. tives :
– directive 2015/720 du 29 avril 2015 qui modifie la directive 94/62
pour permettre d’imposer la réduction de la fabrication et de la
Références : consommation des sacs en plastique légers ;
– pour la France – Décret d’Allarde des 2 et 7 mars 1791 qui – directive 2019/904 du 5 juin 2019 « SUP » Single-Use Plastique
supprime toutes les corporations de métiers de l’Ancien qui est une directive autonome visant à restreindre voire interdire
Régime et loi Le Chapelier du 14 juin 1791 qui proscrit la refor- la fabrication de certains produits en plastique à usage unique
mation des corporations ; comme les gobelets, couverts, pailles, etc.
– pour l’Union européenne – « L’Union offre à ses citoyens
un espace de liberté sans frontière » (Traité sur l’Union euro-
péenne, art. 3) et « le marché intérieur comporte un espace [Link] Directive européenne discriminatoire lex specialis
sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des En Droit de l’environnement tous les matériaux ne sont pas
marchandises, des personnes, des services et des capitaux est égaux entre eux et tous les produits ne sont pas la bienvenue
assurée selon les dispositions des traités » (Traité sur le fonc- dans la société de consommation : le droit européen privilégie les
tionnement de l’Union européenne, art. 28). matériaux « durables » comme le verre ou le métal et les produits
dont on peut se resservir. Le plastique est à l’inverse de ces
attentes surtout s’il est à usage unique.
Il est donc normalement interdit à un État membre de voter une La directive 2019/904 sur les restrictions ou interdictions de
loi qui restreint la liberté de circulation des marchandises même commercialisation de produits en plastique à usage unique consti-
pour des raisons environnementales ou de santé : tue une lex specialis par rapport à la directive 94/62 sur les embal-
– le droit européen interdit à un État membre de mettre en place lages et déchets d’emballage et à la directive 2008/98 sur les
sur son territoire un système obligatoire de consigne d’emballages déchets en général (Dir. 2019/904, art. 2 § 2). Ainsi, en cas de
de boisson qui défavorise les brasseurs de bière et les fabricants de conflit entre ces directives c’est la directive 2019/904 qui prévaut
boissons rafraichissantes des autres États membres empêchés de dans le périmètre de son champ d’application. C’est le cas en ce
fait de vendre dans cet État leurs boissons conditionnées dans des qui concerne les restrictions à la mise sur le marché c’est-à-dire
emballages non compatibles avec le système de consigne (arrêt de au droit de fabriquer et de vendre ce qu’on veut.

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Écoconception des emballages

par Vincent COLARD


Responsable R&D éco-conception

2
Citeo (France)

1. L’économie circulaire, moteur de l’écoconception ....................... AG 6 280v2 - 2


1.1 Les entreprises engagées .................................................................................. — 3
1.2 Vers 100 % d’emballages réemployables, recyclables
ou compostables......................................................................................... — 3
2. Mettre en place une démarche d’écoconception ........................... — 5
2.1 Connaitre le cadre réglementaire ..................................................................... — 5
2.2 Une démarche d’amélioration continue.......................................................... — 7
2.3 Les outils, de l’expert au débutant.................................................................... — 7
3. De l’origine des matières à la fin de vie de l’emballage .............. — 9
3.1 Vierge, recyclé, biosourcé.................................................................................. — 9
3.2 Réduction du poids et du volume..................................................................... — 10
3.3 Recyclage et autres valorisations, les intégrer au plus tôt ............................ — 11
4. Conclusion................................................................................................. — 12
5. Glossaire .................................................................................................... — 13
Pour en savoir plus ..........................................................................................  Doc. AG 6 280v2

haque année, environ treize millions de tonnes d’emballages sont utili-


C sées en France dont cinq millions par les ménages. Ces emballages sont
conçus pour protéger la grande diversité des produits contenus et faciliter leur
logistique. Les concepteurs d’emballage ont intégré très tôt la lutte contre le
gaspillage du produit dans leur conception. Il s’agissait déjà des prémices de
l’écoconception.
Puis, les industriels ont travaillé sur le poids des emballages pour éviter le gas-
pillage de matières premières et maîtriser leurs coûts. Ils ont fait de même sur le
volume des emballages, chasser le vide afin de réduire des transports inutiles.
Dès 1998, l’éco-conception des emballages devient une obligation pour les
concepteurs dans le droit français en application de la directive européenne
publiée quatre ans plus tôt. Il convient dorénavant de généraliser les bonnes
pratiques industrielles précitées, de supprimer des métaux lourds devenus
indésirables et d’imaginer la fin de vie de l’emballage dès sa conception.
Les filières de recyclage sont émergentes à cette époque, à l’exception du
verre qui disposait d’initiatives locales dès les années 1970. En effet, les deux
éco-organismes Éco-Emballages et Adelphe (devenus depuis Citeo) en charge
de piloter le dispositif national de collecte, tri et recyclage n’ont leur agrément
que depuis quatre ans, en 1998. La collecte se met progressivement en place
portée par les collectivités, les centres de tri et les usines de recyclage sont en
cours de création. Il était donc très difficile pour les concepteurs d’emballages
de comprendre ces filières afin de travailler sur la recyclabilité des barquettes,
boîtes, bouteilles et autres canettes.
L’écoconception est normalisée pour aider les industriels, les normes harmo-
Parution : janvier 2021

nisées EN 13429 à EN 13432 sont publiées et donnent un cadre aux pratiques

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ÉCOCONCEPTION DES EMBALLAGES ___________________________________________________________________________________________________

industrielles, ainsi qu’un outil de contrôle de la réglementation pour les autorités


publiques. Le Conseil national de l’emballage est créé en 1997 pour partager
les bonnes pratiques et les diffuser au plus grand nombre. En 2001, la profes-
sion plastique crée le Comité technique pour la recyclabilité des emballages
plastiques (Cotrep), outil au service de la profession pour analyser scientifique-
ment et de manière consensuelle la recyclabilité des emballages ménagers. Il
sera suivi par le secteur des papiers et cartons, cinq ans plus tard, avec le
Comité d’évaluation de la recyclabilité des emballages papier/carton (Cerec).
Ces Comités en inspireront d’autres, en France, comme au-delà des frontières.
En parallèle, les industriels s’interrogent sur les matériaux d’emballage à uti-
liser : vierge, biosourcé, recyclé ? Les plastiques biosourcés sont un bon

2 exemple : éviter le fossile au profit de la photosynthèse des plantes semble du


bon sens en termes de lutte contre le réchauffement climatique. D’un autre
côté, les cultures utilisées pour la chimie demandent généralement de l’eau et
des engrais. La décision n’est donc pas évidente.
En 2006, une nouvelle étape est franchie avec la normalisation au niveau inter-
national de l’Analyse de Cycle de Vie, méthode permettant de piloter les actions
d’écoconception au regard des impacts de l’emballage, de l’extraction des
matières premières jusqu’à son traitement en fin de vie. La méthode est multicri-
tères, elle couvre les pollutions de l’air comme de l’eau, l’épuisement des
ressources, ou encore le réchauffement climatique. Elle permet de répondre aux
questions encore en suspens. Son déploiement s’accélère deux ans plus tard
avec les tentatives en France, via le Grenelle de l’environnement, puis en Europe
visant à aider les citoyens à mieux consommer, via un affichage des impacts
environnementaux du couple produit emballage en magasin. Les tentatives ne
seront pas concluantes, mais la méthode s’est imposée.
Enfin, depuis 2015, l’économie circulaire s’impose dans les pratiques industrielles
comme dans la réglementation. Les concepts de vrac et de réemploi gagnent du
terrain, le recyclage est critiqué, la valorisation énergétique et l’enfouissement mis
de côté. En effet, le monde entier découvre le problème des déchets sauvages et
de la pollution des océans. L’écoconception évolue encore pour accompagner la
conception des emballages réemployables ou encore pour éviter que des bou-
chons finissent loin de leur bouteille après usage. Pour tous les produits qui ne se
prêtent pas à des contenants que l’on peut réutiliser, la recyclabilité permet de
donner toujours plus de sens au geste de tri et deviendra dans les cinq à dix ans
une condition minimale pour entrer sur le marché français.
Le précédent article dédié au sujet a été publié aux Techniques de l’Ingénieur
en 2000 et, comme nous venons de l’évoquer, l’écoconception a beaucoup pro-
gressé. Au travers de trois chapitres, il est proposé d’analyser plus en détails
les pratiques d’écoconception à l’heure de l’économie circulaire, de rappeler le
cadre réglementaire, puis de partager les outils et les bonnes pratiques des
entreprises afin que chacun puisse s’approprier la démarche pour ses propres
emballages. Cet article n’abordera pas les pratiques de communication liées à
l’écoconception et aux emballages écoconçus.

1. L’économie circulaire, des bouteilles en PET opaque devient un sujet pour les journaux
télévisés. Pour la première fois, l’écoconception d’un emballage prend
moteur de l’écoconception une ampleur nationale. Quelques années plus tard, les défenseurs
toujours plus nombreux d’un autre modèle de consommation
remettent en cause l’intérêt même de la recyclabilité. Un embal-
lage recyclable jeté dans la nature fera autant de dégât qu’un
L’emballage a été en 1994 le premier secteur à voir l’éco- emballage qui ne l’est pas. Le recyclage est même parfois perçu
conception devenir une pratique imposée via le droit européen et comme un frein au développement du réemploi, alors même qu’il
la Directive 94/62/CE. Cette pratique a depuis beaucoup évolué, faudra un jour recycler les emballages réemployés.
avec l’émergence des Analyses de Cycle de Vie, puis de l’économie
circulaire. C’est dans ce contexte que l’écoconception poursuit sa mutation
pour toujours servir son objectif initial : améliorer la performance
L’évolution des pratiques industrielles accompagne la prise de environnementale de l’emballage dès sa conception et pour tout
conscience des citoyens sur ces sujets. En 2015, la recyclabilité son cycle de vie.

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____________________________________________________________________________________________________ ÉCOCONCEPTION DES EMBALLAGES

1.1 Les entreprises engagées Il n’existe pas encore une forte pression réglementaire sur cet
aspect, à l’exception du secteur de la boisson. On observe d’ores
La majorité des entreprises a de tout temps cherché à réduire le et déjà une tendance dans les projets de réglementation nationale
gaspillage et la quantité d’emballages utilisée pour des raisons pour utiliser le droit comme un accélérateur là aussi.
économiques. C’est l’écoconception à la manière de Monsieur
Jourdain.
Il est important de garder en tête que les études d’Analyse
L’écoconception va bien au-delà de ces deux actions. Les entre- de Cycle de Vie montrent qu’il est tout autant vertueux de recy-
prises sont de plus en plus engagées à réduire l’impact de leur acti- cler un emballage pour faire un nouvel emballage que de le
vité sur l’environnement et identifient des intérêts économiques recycler dans des pièces à valeur ajoutée dans l’automobile ou
comme déjà cités, un intérêt de compétitivité et de différentiation, dans le bâtiment.
ou encore un intérêt de mobilisation des équipes en interne sur
cette approche positive.
Très peu d’entreprises peuvent engager une démarche d’éco-
conception seule, comme nous le verrons par la suite, ce qui
demande :
1.2 Vers 100 % d’emballages
réemployables, recyclables 2
– un engagement de la Direction qui veille au respect de sa ou compostables
stratégie et doit avoir une vision des parties prenantes sur son
L’économie circulaire et la lutte contre la pollution des océans sont
activité ;
devenues des sujets de sociétés majeurs en moins d’une décennie.
– une bonne maîtrise des caractéristiques du produit à emballer Les entreprises ont cerné l’importance de ces enjeux et ont pris des
et des procédés de conditionnement associés à ce produit. Ce sera engagements forts en faveur de la prévention des déchets et de la
le rôle des chefs de produit et responsables de production ; recyclabilité des emballages. Les élus et les pouvoirs publics ont éga-
– un appui, à la fois sur les acteurs en amont de son activité que lement pris leurs responsabilités dans ce domaine, au niveau local
sont les fabricants d’emballage et leurs propres fournisseurs, sur avec par exemple des territoires « zéro déchet » comme, au niveau
des spécialistes de la fin de vie des emballages et des personnes plus global, avec la Directive européenne traitant des plastiques à
maîtrisant les outils d’écoconception. Ce sera souvent le rôle des usage unique ou, plus récemment en France, avec l’obligation d’utili-
ingénieurs ou des acheteurs emballages ; ser des emballages recyclables à l’horizon de 10 ans.
– une assurance que le nouvel emballage écoconçu n’impactera C’est un changement majeur dans la pratique de l’écoconcep-
pas négativement les ventes sur le long terme via des études et tion. Depuis 2008, l’Analyse de cycle de vie (ACV) était reconnue
des tests consommateurs, un emballage écoconçu qui ne se vend dans le droit, à juste titre d’un point de vue scientifique, comme
pas ayant peu d’intérêt. Ce sera le rôle des équipes commerciales l’outil de pilotage pour décider de la meilleure voie pour valoriser
et marketing. un déchet. La Directive 2008/98/CE relative aux déchets avait en
L’emballage a été le premier secteur à être visé par des mesures effet proposé une hiérarchie des traitements de déchets pour
d’écoconception imposées par la réglementation et ce, dès 1994, avec aider les décideurs : prévention, réutilisation, recyclage, autres
des obligations d’allégement, de réduction de volume ou encore valorisations et enfin élimination. De fait, les industriels doivent
d’anticipation de la fin de vie de l’emballage. Ce cadre réglementaire respecter cette hiérarchie, privilégier les emballages réemployables
n’a eu de cesse d’évoluer au fil et à mesure des progrès en écoconcep- aux emballages recyclables par exemple, sauf si une ACV montre
tion et de l’impact croissant de notre consommation sur notre planète. qu’une autre hiérarchie est plus pertinente pour un cas donné.
Les industriels n’avaient pas attendu 1994 pour alléger leurs À partir de 2019, les textes réglementaires font du réemploi et
emballages, la réglementation ayant joué un rôle d’accélérateur de la recyclabilité les actions prioritaires de l’écoconception en les
pour généraliser cette démarche dans les entreprises. Il en va de rendant obligatoires et sans considération sur l’impact environne-
même avec l’amélioration de la recyclabilité des emballages, les mental global de l’emballage.
premières actions d’envergure ayant démarré au début des années Au niveau du réemploi, les entreprises sont incitées à dévelop-
2000, 20 ans avant que la loi française 2020-105 ne fasse de la recy- per marché par marché le vrac et des emballages pouvant assurer
clabilité une condition minimale pour qu’un emballage soit mis en plusieurs rotations. Les objectifs de la loi sont ambitieux : 5 % en
marché à partir de 2030. Ce rôle d’accélérateur est utile, car après 2023 et 10 % en 2027 (Loi 2020-105, article 9). Ils laissent néan-
20 ans d’écoconception en vue du recyclage, il reste encore des moins un pouvoir de décision aux industriels pour développer ces
produits sans solution d’emballage recyclable, des investissements solutions là où elles ont le plus de sens d’un point de vue écono-
nécessaires dans les usines pour basculer sur des emballages recy- mique et environnemental.
clables ou, dans le pire des cas, des emballages non recyclables
alors que des alternatives faciles à mettre en œuvre sont dispo- En effet, le réemploi ne fait pas toujours sens. On sait par exemple,
nibles. Ces derniers cas sont heureusement rares, l’Ademe et le depuis 2010 et l’étude [2] menée par l’Agence de la transition éco-
groupe Citeo estiment [1] à 0,19 % la quantité d’unités d’embal- logique (Ademe), qu’une bouteille en plastique optimisée en poids,
lages avec un malus perturbateur dans le tarif des éco-organismes. recyclable et recyclée, peut être plus performante qu’une bouteille
Le moteur d’accélération le plus puissant reste celui des entre- réemployable dans les cafés-hôtels-restaurants. L’Analyse de cycle de
prises, avec l’inscription de la recyclabilité des emballages dans vie des deux solutions d’embouteillage vient aider la prise de décision
leurs stratégies. On ne compte plus les entreprises et groupes qui de pratiquer du réemploi ou non (figure 1).
se sont engagés au niveau international à atteindre 100 % d’embal-
lages réemployables, recyclables ou compostables à l’horizon 2025. Concernant la recyclabilité, la loi française fixe un objectif de 100 %
Ces engagements poussés dans le secteur du plastique, notam- des emballages.
ment par la Fondation Ellen Mac Arthur dès 2016, ont rapidement Loi 2020-105, article 61, alinéa 4
couvert l’ensemble des emballages, quels que soient leurs maté-
« IV.- Au plus tard le 1er janvier 2030, les producteurs, metteurs
riaux. 2016 pour les entreprises, 2020 pour la réglementation
sur le marché ou importateurs, responsables de la mise sur le
française, sont encore une illustration du rôle d’initiateur du secteur
marché d'au moins 10 000 unités de produits par an et déclarant
privé pour aboutir sur une solution complémentaire.
un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros, doivent justi-
Les entreprises s’engagent également depuis 2016 à intégrer fier que les déchets engendrés par les produits qu'ils fabriquent,
de la matière recyclée quand c’est possible afin d’encourager le mettent sur le marché ou importent sont de nature à intégrer une
recyclage des emballages en nouveaux emballages. filière de recyclage.

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Droit et pratique des emballages


Normes d’écoconception des emballages
par Sylvain MARTIN
Avocat à la Cour d’appel de Paris

2
Chargé de cours à ÉSIReims, École nationale supérieure d’ingénieurs de Reims
en emballages et conditionnements

1. Référentiel légal....................................................................................... AG 6 281 - 2


2. Régime juridique...................................................................................... — 2
2.1 Périmètre légal de l’écoconception ........................................................... — 2
2.2 Statut juridique des normes d’écoconception.......................................... — 3
3. La norme d’écoconception sur la réutilisation ............................... — 5
3.1 La norme « Réutilisation » EN 13429 de 2004 .......................................... — 5
3.2 Le paquet « économie circulaire » de 2018 et le réemploi ...................... — 5
4. Les autres normes d’écoconception .................................................. — 6
4.1 Normes et documents techniques complémentaires .............................. — 6
4.2 Historique .................................................................................................... — 6
4.3 La norme transversale EN 13427 (méthodologie).................................... — 6
4.4 La norme EN 13428 « Composition et réduction à la source »
(prévention) ................................................................................................. — 9
4.5 La norme EN 13430 « Recyclabilité » (valorisation) ................................. — 9
4.6 La norme EN 13431 « Valorisation énergétique » (valorisation)............. — 11
4.8 Le fascicule de documentation FD CR 13695 sur l’évaluation
des métaux lourds (sécurité)...................................................................... — 15
5. Conclusion................................................................................................. — 15
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. AG 6 281

es sociétés industrielles entrent dans l’ère de l’économie circulaire. Le


L secteur des emballages est directement concerné et accepte de relever le
défi parce qu’il a mis en place, depuis une vingtaine d’années, des filières de
valorisation des déchets d’emballage par recyclage ou valorisation énergétique
et investit désormais pour répondre aux évolutions de la réglementation qui
demande plus d’emballages réutilisables ou biodégradables.
Il existe une collection de normes européennes d’écoconception qui permet
de répondre à chacune de ces exigences :
– En 13427 : penser la conception d’un emballage en décidant s’il sera réuti-
lisable ou à usage unique et quelle sera, en tout état de cause, sa fin de vie ;
– EN 13428 : réduire c’est bien, mais il faut le faire en réfléchissant pour ne
pas mettre sur le marché un emballage trop fragile ou que le consommateur
va rejeter parce qu’il ne correspond pas aux codes du marché. La norme
fournit dix critères à prendre en compte ;
– EN 13429 : depuis 2015, l’Union européenne met la pression sur les fabri-
cants d’emballage en demandant plus d’emballages conçus pour être
réutilisables, surtout s’il s’agit de sacs en plastique, dans la logique de l’éco-
nomie circulaire qu’elle promeut. C’est désormais le mode d’écoconception
juridiquement privilégié qui passe maintenant avant la réduction à la source
dans la mesure où un emballage réutilisable doit être plus solide qu’un embal-
lage à usage unique et donc possiblement contenir plus de matière ;
Parution : juin 2019

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DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

– EN 13430 : valorisation par recyclage. Cette norme définit les critères pour
évaluer quelle va être la quantité d’un emballage apte au recyclage effectif
dans une filière ;
– EN 13431 : valorisation énergétique. Cette norme donne la formule ther-
mique qui permet de calculer si l’emballage combustible fournit bien plus
d’énergie qu’il n’en faut pour le brûler ;
– EN 13432 : valorisation par compostage après un processus industriel de
biodégradation.

Du point de vue juridique, ces normes européennes appartiennent à la caté-

2
gorie des normes facultatives mais qui permettent aux entreprises d’être
présumées conformes aux exigences réglementaires lorsqu’elles suivent leurs
préconisations. Ce régime juridique incite à la standardisation, ce qui est favo-
rable aux filières industrielles de retraitement qui redoutent les emballages
perturbateurs, tout en laissant la place à l’innovation technologique.

Ces normes d’écoconception datent de 2004. Elles sont loin d’être obsolètes du
fait de leur caractère générique mais les exigences réglementaires de plus en plus
tournées vers la réutilisation annoncent, pour les années 2020, une évolution par-
tielle de ces normes, voire de nouvelles normes complémentaires.

1. Référentiel légal emballages mis sur le marché de l’Union européenne et à « tous


les déchets d’emballages, qu’ils soient utilisés ou mis au rebut par
les industries, les commerces, les bureaux, les ateliers, les ser-
Ci-dessous, par ordre de hiérarchie juridique et chronologique, vices, les ménages ou à tout autre niveau, quels que soient les
les principaux textes juridiques concernant les normes d’éco- matériaux dont ils sont constitués » (dir. 94/62, articles 1 et 4 à 6).
conception des emballages : L’obligation concerne tous les emballages fabriqués, importés,
– directive 2008/98 du 19 novembre 2008 relative aux déchets détenus en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, mis
en général qui hiérarchise les différents modes de gestion des en vente, vendus, mis en location ou distribués à titre gratuit
déchets et fixe les lignes directrices générales de l’économie circu- (code env. art. R543-42).
laire ;
Le non respect de cette obligation légale est puni d’une amende
– directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux emballages
de 450 euros par emballage non conforme.
et aux déchets d’emballage qui définit la politique européenne de
gestion des déchets d’emballage, notamment le rôle des normes
d’écoconception, et fixe les règles de l’économie circulaire pour les Le lecteur pourra avoir plus d’informations dans [AG 6 270]
emballages ; (chapitre 8 sur les sanctions pénales).
– code de l’environnement, articles R543-42 à R543-52 sur les
exigences réglementaires environnementales de conception et de
fabrication des emballages et sur les normes d’écoconception
(transposition de la directive 94/62) ;
2.1.2 Contenu de l’obligation d’écoconception
– communication de la Commission du 19 février 2005 : liste offi- La directive 94/64 demande aux États membres de prendre les
cielle des normes d’écoconception pour les emballages. dispositions légales nécessaires pour que les emballages mis sur
Voir dans Pour en Savoir Plus les références de publication de le marché européen respectent les exigences réglementaires sui-
ces textes et les adresses des sites web où l’on trouve les textes vantes :
applicables dans leur version consolidée à jour. – réduire au minimum la teneur en substances et matières dan-
D’autres textes concernant des questions juridiques très particu- gereuses dans les matériaux d’emballage et ses éléments (métaux
lières sont cités dans les paragraphes ad hoc du présent article. lourds et produits chimiques) ;
– limiter le poids et le volume de l’emballage à un niveau mini-
mum permettant d’assurer la sécurité, l’hygiène et l’acceptabilité
de l’emballage pour le consommateur (réduction à la source) ;
2. Régime juridique – concevoir un emballage qui s’inscrit dans un cycle de vie (réu-
tilisation ou valorisation).

2.1 Périmètre légal de l’écoconception


Pour plus d’informations, se reporter aux articles suivants :
2.1.1 Obligation légale d’écoconception – [AG 6 270] (chapitre 5 pour le détail des exigences régle-
mentaires d’écoconception) ;
Tous les États membres doivent prendre des mesures destinées
– [AG 6 280] (§ 2.3 pour des commentaires sur les exigences
à prévenir les effets des emballages sur l’environnement selon la
réglementaires d’écoconception).
directive 94/62 qui précise que l’obligation s’applique à tous les

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_________________________________________________________________________________________________ DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES

2.1.3 Éléments de conditionnement soumis


à l’obligation d’écoconception Le lecteur aura plus d’informations dans les articles suivants :
– [AG 6 270] (chapitre 5 pour le contenu des exigences régle-
Les articles soumis à l’obligation d’écoconception ne se limitent mentaires) ;
pas aux contenants. – [AG 6 280] (Tableau page 5 sur l’état des transpositions en
2000).
Le Code de l’environnement « entend par emballage tout objet,
quelle que soit la nature des matériaux dont il est constitué, des-
Ces prescriptions réglementaires sont obligatoires malgré leur
tiné à contenir et à protéger des marchandises, à permettre leur
caractère général et leur non-respect est puni d’une amende
manutention et leur acheminement du producteur au consomma-
comme indiqué au § 2.1.1.
teur ou à l’utilisateur, et à assurer leur présentation » (Code env.
art. R543-43 alinéa I). Pour faciliter la mise en œuvre de ces prescriptions, la directive
94/62 donne compétence à la Commission européenne pour faire
Exemple
Il en résulte que doivent entrer dans le champ d’application de la
élaborer des normes d’application destinées à servir d’interfaces
entre l’état de l’art technique et les exigences réglementaires. 2
réglementation sur l’écoconception :
– pour la protection : les éléments de calage tels que : 2.2.2 Délégation légale par la Commission
• les coussins en plastique remplis d’air ou les films à bulles d’air,
européenne
• les plaques de protection en mousse polyéthylène expansé (PEHD), ■ Harmonisation des règles pour protéger le marché unique
• les plaques en polystyrène (PS) ; européen
– pour la manutention : les mandrins autour desquels on Économiquement, l’Union européenne fonctionne avec un mar-
entoure : ché unique sans frontières intérieures dans lequel les marchan-
• les films en plastique ou en aluminium, dises doivent pouvoir circuler librement.
• ou encore les tissus pour l’industrie textile ; C’est le cas des emballages vides qui peuvent être fabriqués
– pour l’acheminement : les palettes, ainsi que les intercalaires en dans un État membre pour être vendus dans un autre État et de
carton et les films de 15 à 30 microns étirés autour des palettes pour tous les produits conditionnés qui doivent pouvoir circuler libre-
les stabiliser pendant le stockage et le transport ; ment, aussi bien au titre du contenant, que du contenu. C’est pour-
quoi le droit européen interdit toutes les mesures qui entravent les
– pour la présentation : les cintres qui servent à exposer les vête-
importations en provenance d’un autre État membre.
ments dans les boutiques.
Parmi ces mesures figurent les normes ou toutes autres règles
techniques.
Les articles « à jeter » utilisés aux mêmes fins, tels que les
boîtes pour hamburgers ou les gobelets, doivent également être Exemple
écoconçus (code env. art. R543-43 alinéa I).
Le Danemark mit en place au début des années 1980 des sys-
tèmes de consigne et de reprise en vue du recyclage destinés en réa-
Se reporter au [AG 6 270] (chapitre 2 pour plus d’exemples lité à limiter l’importation sur son territoire national de boissons
d’éléments de conditionnement assimilés à des emballages). commercialisées depuis les États membres voisins.
En particulier, les bières et sodas conditionnées dans des canettes
non agréées par une agence nationale devaient pouvoir être récupé-
rés pour leur recyclage par un système de reprise forcément onéreux
2.2 Statut juridique des normes pour les exportateurs voisins.
d’écoconception
Se reporter à [AG 6 270] (§ 5.5.3 Hiérarchie entre réutilisation
Les normes d’écoconception, objet du présent article, ne sont et valorisation).
pas légalement obligatoires mais le fait de suivre leurs prescrip-
tions permet aux concepteurs d’éléments de conditionnement
d’être présumés conformes aux exigences réglementaires obliga- Pour éviter que les États membres n’éditent chacun de leur côté
toires du code de l’Environnement. leurs normes environnementales, celles-ci ne peuvent désormais
être préparées que dans le cadre du Comité européen de normali-
sation (CEN) sur demande de la Commission européenne
2.2.1 Complément aux exigences réglementaires lorsqu’une directive européenne (par ex, la 94/62) prévoit l’édition
de normes pour préciser comment mettre en œuvre les exigences
obligatoires réglementaires qu’elle impose.
La Commission européenne agit alors conformément à la procé-
S’agissant d’une directive, les prescriptions d’écoconception de
dure prévue par le règlement 1025/2012 du 25 octobre 2012 relatif
la directive 94/62 du 20 décembre 1994, relative aux déchets
à la normalisation européenne (art. 10) (Référence : dir. 94/62,
d’emballage, devaient être transposées par chacun des États
articles 4, 9 et 10).
membres dans leur législation nationale.
■ Objection à l’encontre d’une norme harmonisée
C’est ce qu’a fait la France avec le décret 98-638 du 20 juillet
1998 relatif à la prise en compte des exigences liées à l’environne- Les États membres sont attentifs à ne pas laisser passer des
ment dans la conception et la fabrication des emballages désor- projets de norme qui ne respectent pas les termes de la demande
mais codifiés sous les articles R543-42 à R543-52 du code de de la Commission.
l’environnement. Si un État membre estime que tel est le cas, et surtout s’il
estime que le dévoiement porte atteinte à ses intérêts, il peut
Ces prescriptions réglementaires sont qualifiées d’« exigences demander de manière motivée la modification du projet de norme
essentielles » par la directive et le décret pour marquer leur carac- ou même le retrait de la norme qu’il conteste si celle-ci est déjà en
tère général. vigueur (reg. 1025/2012, art. 11).

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DROIT ET PRATIQUE DES EMBALLAGES _________________________________________________________________________________________________

2.2.3 Suivi volontaire des normes – aux normes harmonisées le concernant et dont les numéros de
d’écoconception et auto-évaluation référence ont été publiés au JOUE avec l’indication de la directive
94/62 ;
Ce qui est juridiquement obligatoire pour les entreprises, c’est – à leurs normes nationales, s’il n’existe pas de normes harmoni-
le respect des exigences réglementaires de la directive 94/62, et ce sées européennes, que les États membres ont dû communiquer à la
dans le cadre d’une obligation de résultat. Commission pour qu’elle vérifie que ces normes nationales sont bien
Les normes d’écoconception ne sont pas obligatoires en tant conformes aux exigences réglementaires de la directive 94/62.
que telles, comme c’est le cas pour la plupart des normes exis-
tantes. Le principe est l’élaboration des normes par consensus et On a donc un système juridique de présomption de confor-
la libre faculté de les suivre. mité (dir. 94/62, art.9 2 ; code env., art. R543-47).
Le système juridique européen donne donc aux fabricants
d’emballage la liberté de choix lorsqu’ils conçoivent leurs produits en
Les normes d’écoconception EN 13428 à EN 13432 (réduction à

2
les laissant décider, sous leur responsabilité, d’appliquer les normes
la source, réutilisation, recyclabilité, valorisation énergétique ou
harmonisées ou de faire appel à d’autres méthodes de conception.
par compostage) précisent dans chacun de leur chapitre 1
Cette liberté oblige le fabricant à détenir un dossier technique Domaine d’application que chacune d’elle « ne peut en soi fournir
qu’il devra produire sur toute réquisition des autorités nationales une présomption de conformité » sans suivre les prescriptions de
pour pouvoir justifier soit : la norme transversale EN 13427 qui oblige le concepteur de
– qu’il a bien repris toutes les normes harmonisées (ou à défaut l’emballage à réfléchir sur l’articulation entre ces normes EN 13428
ses normes nationales notifiées à la Commission) ; à EN 13432 (§ 4.3 sur la norme transversale EN 13427).
– que son choix de ne pas appliquer la norme ne l’empêche pas
d’avoir conçu un emballage qui respecte les exigences réglementaires. 2.2.5 Primauté des normes d’écoconception
européennes
Le lecteur se reportera à l’article [AG 6 270] (§ 7.2 sur la En application de la règle de la primauté du droit européen sur
preuve de la conformité). les législations nationales, les normes européennes d’harmonisa-
tion s’imposent aux normes nationales (voir [AG 6 070] § 1.2.1).
Il est indiqué dans l’introduction de chacune des normes d’éco- Chaque organisme normalisateur de chacun des États membres
conception que leur application relève de l’auto-évaluation, ce qui (l’AFNOR en France) est donc obligé de proposer dans son cata-
est logique du fait de leur caractère facultatif. logue les normes européennes qui ont été publiées au Journal
officiel de l’Union européenne. Il doit retirer de son catalogue
toutes les normes nationales contenant des spécifications
2.2.4 Présomption de conformité par application
contraires ou même seulement redondantes.
des normes d’écoconception
Et il est interdit aux États membres d’établir chez eux de nou-
Les normes d’écoconception éditées pour la mise en œuvre des velles normes ou règles techniques sur ces sujets harmonisés.
exigences réglementaires de la directive 94/62 et du code de
l’Environnement ne sont donc pas obligatoires.
2.2.6 Hiérarchie entre les normes
Toutefois, la directive 94/62 prévoit, comme beaucoup d’autres d’écoconception européennes
directives européennes dites de « Nouvelle approche », que les
États membres doivent considérer, sauf preuve contraire à leur Plus précisément, il s’agit de la hiérarchie entre les modes de
charge, qu’un emballage répond à toutes les exigences réglemen- gestion des déchets d’emballage dont chacun fait par ailleurs
taires prévues par ladite directive lorsqu’il est conforme soit : l’objet d’une norme (tableau 1)

Tableau 1 – Hiérarchie selon la directive 2008/98, art. 4


Modes de gestion du déchet d’emballage Normes
1 Prévention EN 13428 Réduction à la source
2 Préparation en vue du réemploi EN 13429 Réutilisation
3 Valorisation par recyclage selon le procédé chimique, EN 13430 Recyclabilité
mécanique ou organique
4 Valorisation autre, notamment énergétique • EN 13431 Valorisation énergétique
• EN 13432 Compostage par biodégradation
5 Élimination Pas de norme d’écoconception car l’élimination est considérée comme
n’étant pas de la valorisation, même lorsque on en retire de l’énergie
(dir. 2008/98, art. 3 19°)
Prévention
« Les mesures prises avant qu’une substance, une matière ou un produit ne devienne un déchet et réduisant :
a) la quantité de déchets, y compris par l’intermédiaire du réemploi ou de la prolongation de la durée de vie des produits ;
b) les effets nocifs des déchets produits sur l’environnement et la santé humaine ; ou
c) la teneur en substances dangereuses des matières et produits » (dir. 2008/98, art. 3 12°).
Valorisation
« Toute opération dont le résultat principal est que des déchets servent à des fins utiles en remplaçant d’autres matières qui auraient été
utilisées à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour être utilisés à cette fin, dans l’usine ou dans l’ensemble
de l’économie » (dir. 2008/98, art. 3 15°).

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Emballages issus d’agro-ressources


par Valérie GUILLARD
Maître de Conférence de l’université de Montpellier, Membre de l’Institut universitaire
de France (2016-2021)
UMR IATE, (Montpellier-France)
et Hélène ANGELLIER-COUSSY
Maître de Conférence de l’université de Montpellier
UMR IATE, (Montpellier-France) 2
1. Emballage alimentaire : rôle et fonctions clés ............................... AG 6 288 - 3
2. Caractéristiques et spécificités des agro-ressources en lien
avec l’application emballage ............................................................... — 4
2.1 Agro-ressources végétales disponibles .................................................... — 4
2.2 Principaux constituants des emballages agro-sourcés ........................... — 5
2.2.1 Matrices bioplastiques agro-ressourcées ........................................ — 5
2.2.2 Charges de renfort ............................................................................. — 9
2.3 Spécificités et enjeux des agro-ressources pour l’application
emballage .................................................................................................... — 11
3. Mise en œuvre et propriétés de matériaux agro-ressourcés
pour l’emballage ...................................................................................... — 13
3.1 Procédés de mise en forme........................................................................ — 13
3.2 Protection des produits alimentaires ........................................................ — 13
3.2.1 Aptitudes mécaniques et de transfert de matière ........................... — 14
3.2.2 Aptitude au contact alimentaire des matériaux issus
d’agro-ressources – Cas des biocomposites ............................................ — 16
3.3 Protection d’autres produits non alimentaires
(santé, beauté, entretien, multi-industries…) ........................................... — 17
4. Enjeux environnementaux .................................................................... — 18
4.1 Origine des agro-ressources ...................................................................... — 18
4.2 Différentes options de fin de vie pour les emballages agro-ressourcés — 18
4.3 Bénéfice d’usage : réduction des pertes et gaspillage alimentaire ........ — 20
4.4 Bioéconomie circulaire ............................................................................... — 22
5. Exemples de réalisation : approche raisonnée
pour le dimensionnement des biocomposites ................................ — 25
5.1 Outil d’aide à la décision au choix d’un emballage ................................. — 25
5.2 « Success story » : barquette agro-ressourcée issue de sous-produits
des industries agro-alimentaires ............................................................... — 25
6. Conclusions et perspectives ................................................................ — 27
7. Glossaire .................................................................................................... — 28
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 288

es agro-ressources constituent, selon une définition de l’Agence de l’envi-


L ronnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’ensemble des matières
premières issues de l’agriculture quelle qu’en soit leur destinée d’usage. Ceci
concerne donc exclusivement les matières d’origine vivante cultivées par
l’Homme, en aucun cas celles prélevées directement dans l’environnement.
De ce fait, elles sont considérées comme renouvelables.
On exclura donc, dans cet article, la biomasse d’origine animale et toutes les
ressources marines issues des micro- et macro-algues et du phytoplancton.
Parution : juin 2018

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EMBALLAGES ISSUS D’AGRO-RESSOURCES _____________________________________________________________________________________________

Les agro-ressources représentent une palette de matières premières aux


potentialités extraordinaires, dont l’une, non des moindres, est de nourrir les
quelques 9 milliards d’êtres humains qui constituent bientôt notre Humanité.
Les agro-ressources sont constituées d’assemblages ordonnés et hiérar-
chisés de biomolécules qui leur permettent de remplir parfaitement leur rôle
dans la Nature : structures des plantes par exemple. Au-delà des besoins de
base couverts depuis des millénaires par les agro-ressources (alimentation,
habitat, textile), elles reçoivent, depuis moins d’un siècle, un intérêt croissant
pour des usages non-alimentaires dans les domaines des bioénergies (e.g. bio-
carburants), biofertilisants, biomolécules et plus récemment des biomatériaux
(e.g. automobiles, construction, emballages…).
2 Les biomatériaux incluent les bioplastiques, mais aussi les fibres naturelles
lignocellulosiques qui peuvent être utilisées comme charges de renfort pour la
production de matériaux composites, ceux-ci étant des alternatives très pro-
metteuses aux composites renforcés avec des fibres synthétiques.
Les agro-ressources sont ainsi devenues des matières premières renouve-
lables dont la transformation par les industriels permet de concevoir des
produits performants aux impacts environnementaux réduits.
Il faut souligner que la ressource semble inépuisable: les agro-ressources
sont constituées principalement de polysaccharides, dont la cellulose, et on
estime que la nature produit annuellement 1010 à 1011 tonnes de cellulose, soit
au moins la moitié de la biomasse terrestre ([1], [2]).
L’utilisation des agro-ressources dans le domaine de l’emballage est connue
depuis des siècles comme :
– l’utilisation de cires pour enrober les fruits au XIIe en Chine pour les pro-
téger, entre autres, de la dessiccation ([3] [4]) ;
– l’utilisation traditionnelle d’emballage-feuille dans les pays africains pour
transporter, conserver et cuire les aliments [5].
Depuis l’essor de l’industrie chimique, les biopolymères issus d’agro-res-
sources, tels que la cellulose ou bien encore l’amidon, sont utilisés après
extraction pour faire :
– des emballages alimentaires (e.g. Mater-bi™ de Novamont contenant plus
de 30 % d’amidon, la Green Plant Bottle de Volvic [Link]
[Link]/2010/09/volvic-greener-bottle-made-from-20-sugarcane-waste/
dont 20 % du PET est issu de la bagasse de canne à sucre ;
– ou bien des enrobages comestibles comme les capsules de médicaments
pour les formulations sèches ou liquides.
Ces emballages sont obtenus, soit directement à partir du biopolymère
extrait, soit après déconstruction de la matière première et polymérisation des
monomères obtenus, ou bien encore après traitement de cette matière pre-
mière par voie chimique, enzymatique ou microbienne permettant d’obtenir,
soit un polymère mimant un polymère existant (e.g. PET d’origine biosourcée
pour la Green Bottle), soit des biopolymères microbiens (e.g. polyhydroxyalca-
nates) avec leurs fonctionnalités propres.
Pour limiter l’utilisation d’agro-ressources nobles à des fins non alimentaires,
une autre catégorie d’agro-ressources a émergé ces dernières années : les
résidus et sous-produits des filières agri-agro qui permettent, soit d’extraire des
fibres lignocellulosiques pour leur utilisation ensuite comme agents de renfort,
soit de synthétiser des bio-polymères microbiens (e.g. polyhydroxyalcanates).
Tout récemment, l’utilisation de biocomposites connaît une attention toute
particulière car ils permettent de renforcer les propriétés mécaniques des films
d’emballages et de moduler leurs propriétés de transfert de matière de
manière très intéressante pour la conservation des aliments, tout en gardant la
biodégradabilité du matériau (quand le polymère de base l’est lui-même) et
diminuant son coût global ([6] [7]).

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______________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES ISSUS D’AGRO-RESSOURCES

Dans la suite de cet article, on se focalisera sur les « full » biocomposites,


c’est-à-dire les biocomposites dont la matrice et le renfort sont tous les deux
issus d’agro-ressources.
L’utilisation des agro-ressources en emballage alimentaire est actuellement un
enjeu très important car il est nécessaire de substituer les emballages actuels,
pétro-sourcés, par des matériaux à la fois biosourcés (sans compétition avec les
ressources alimentaires) et biodégradables en conditions naturelles.
La production mondiale de plastiques en 2017 a atteint 340 millions de
tonnes. 23 millions de tonnes d’emballage plastiques sont produits chaque
année en Europe (92 millions prévus pour 2050).
Le plus souvent après une durée d’usage très courte, inhérente à leur utilisa-
tion en tant qu’emballage alimentaire, 40 % de ces plastiques sont aujourd’hui
enfouis, soit 9 millions de tonnes de déchets de plastiques par an, qui s’accu-
2
mulent dans les sols. On note que 32 % des déchets plastiques fuient nos
systèmes de collecte et de traitement et finissent dans les sols et les océans
(connu sous le nom de 7e continent). Ces déchets se dégradent en micro – puis
en nanoparticules – qui peuvent pénétrer aisément dans les organismes
vivants de la chaine alimentaire dont l’homme, maillon final, avec des effets
délétères à long terme qui sont encore mal connus [8] [9].
La question de l’impact des déchets plastiques dans le milieu marin a été
récemment reconnue comme enjeu global majeur par l’Assemblée environne-
mentale des Nations Unis (UNEA) et fait l’objet de consultations de la part de
la Commission Européenne sur la mise en place d’une réglementation dédiée.
C’est donc, à terme, la responsabilité des fabricants et/ou metteurs sur le
marché qui pourrait se voir engager.
L’évolution de la législation sur les sacs plastiques jetables, déjà obligatoire-
ment biosourcés à hauteur de 30 % depuis le 1er janvier 2017, (et 40 % à partir
du 1er Janvier 2018, le pourcentage augmentant chaque année), témoigne de
l’évolution de la réglementation en cours.
Au-delà, des aspects environnementaux, l’emballage a un rôle clé en termes
de protection des denrées alimentaires et réduction des pertes et gaspillage.
Les emballages à base d’agro-ressources doivent, avant tout, répondre à cet
usage et les agro-ressources, par leur structure unique, permettent de le faire
de manière particulièrement efficace.
Cet article, après avoir rappelé quelques définitions clés et le rôle de l’embal-
lage alimentaire, s’attardera sur les caractéristiques des agro-ressources, puis
leur mise en œuvre pour la fabrication d’emballages et les enjeux environne-
mentaux en découlant. L’article se termine sur une « success story » : la
conception d’une barquette composite agro-ressourcée et biodégradable.

la très courte durée de vie des aliments frais inhérente à leur ori-
1. Emballage alimentaire : gine biologique.
rôle et fonctions clés Le rôle principal de l’emballage est de protéger et stabiliser l’ali-
ment jusqu’à sa consommation. Au cours du stockage, les compo-
sitions gazeuses dans l’environnement proche de l’aliment
L’emballage est un élément essentiel de réponse aux challenges
influencent fortement les réactions de dégradation des aliments,
actuels d’une consommation alimentaire plus durable. Par son
rôle central de préservation et conservation des aliments, il per- et donc leur durée de vie (figure 1).
met de limiter les pertes et gaspillages alimentaires. Au-delà de son rôle de protection mécanique, l’emballage joue
Plus de 100 millions de tonnes d’aliments sont perdues annuelle- aussi un rôle majeur en définissant, autour de l’aliment, une
ment, rien que dans l’Union Européenne, soit près de 30 % de la atmosphère spécifique favorable à sa conservation dont la com-
production agricole, ce qui a des conséquences très négatives sur position est contrôlée par les transferts de matière au travers du
l’environnement (forte empreinte carbone de ces pertes alimen- matériau, entre l’atmosphère environnante et l’espace de tête [12].
taires, surconsommation d’eau et de terres agricoles, etc.) [10] [11]. Ainsi, les transferts de matière sont au cœur de la fonctionnalité
de l’emballage alimentaire.
Si rien n’est fait, les pertes et gaspillages s’élèveraient à plus de
200 millions de tonnes en 2050. Même si la relation entre la durée Parmi les différents types de transfert, on peut distinguer :
de vie des aliments et le gaspillage alimentaire n’est pas évidente, – les transferts de vapeur d’eau, d’oxygène et/ou de gaz carbo-
une grande partie des pertes et gaspillages alimentaires est liée à nique, qui conditionnent les vitesses des nombreuses réactions de

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Atmosphère extérieure

Perméation des gaz (O2 and CO2) et vapeur d’eau


au travers du film d’emballage
Perméation de composés d’arômes

Consommation/production de gaz (O2 and CO2)


par le produit
Réactions de dégradation
Espace de tête

2
Interaction contenu/contenant
• Diffusion de composés de l’emballage (migration)
• Diffusion de composés de l’aliment

Figure 1 – Transferts de matière dans le système emballage/aliment

dégradation des aliments (oxydation, développement microbien, la pâture. Les 30 % restant servent essentiellement à produire des
réactions physiologiques, etc.) ; agro-ressources pour l’alimentation animale et humaine.
– le transfert d’additifs contenus dans le matériau d’emballage, Moins de 2 % de la surface agricole est exploitée à des fins non
qu’ils soient volontaires (emballages actifs antimicrobiens) ou
alimentaires (biomatériaux et bioénergie).
indésirables (transferts d’additifs de l’emballage vers l’aliment).
Le potentiel de production d’agro-ressources est donc énorme
Les transferts de matière en régime permanent à travers une
et les bioplastiques constituent moins de 0,05 % de l’utilisation
membrane, tel qu’un matériau d’emballage, sont représentés par
la première loi de Fick [13]. des terres arables à l’échelle de la planète (figure 2).

Lorsque deux pressions partielles en gaz ou vapeurs, p1 et p2 Si l’utilisation de terres arables pour une utilisation non alimen-
[en Pa], connues, sont maintenues fixes de part et d’autre de la taire peut-être discutable, ces chiffres montrent cependant un
membrane d’emballage, le flux, J [en mol s–1], traversant la potentiel énorme en terme d’exploitation des résidus et déchets
membrane est donné par : des productions agricoles. Actuellement, entre 30 et 50 % de la
production agricole mondiale est perdue ou gaspillée entre le
(1) champ et l’assiette. Ces déchets représentent un potentiel actuel-
lement très peu, ou pas, valorisé [14].
avec P perméabilité du matériau d’emballage
[en mol m–1s–1 Pa–1], ■ L’agriculture au cœur des grands enjeux du 21e siècle
Δx épaisseur [m]. Il existe trois enjeux majeurs :
La valeur de P, mesurée dans les conditions de régime perma- – l’enjeu alimentaire lié à l’accroissement de la population mon-
nent, permet donc de comparer les performances barrières de diale, ce qui inclut :
matériaux entre eux. • l’accès à l’eau et sa potabilité,
La recherche dans le domaine de l’emballage alimentaire et la • l’enjeu énergétique, avec la diminution à moyen terme des
conception de nouveaux matériaux issus d’agro-ressources néces- ressources énergétiques non renouvelables et l’augmentation
sitent de maîtriser au mieux leurs propriétés de transferts de des risques sur celles-ci ;
matière, notamment de perméation aux gaz (O2/CO2) et vapeur
d’eau. Ces dernières doivent correspondre aux besoins des ali- – l’enjeu de développement et de création d’activité dans les
ments du point de vue de leur conservation. filières agricoles ;
– les enjeux liés aux changements climatiques.
L’agriculture de nos régions sera ainsi concernée par la néces-
2. Caractéristiques et saire complémentarité entre :
– productions à usages alimentaires et non alimentaires ;
spécificités des agro- – la nécessité d’atteindre la performance des systèmes de pro-
duction agricoles ;
ressources en lien avec – le besoin d’augmenter la résilience des systèmes agricoles, tant
l’application emballage au niveau économique, que vis-à-vis du changement climatique
(Pôle de compétitivité français Industrie et Agro-Ressources (IAR)).
Mais, si la biomasse se renouvelle, à l’évidence plus rapidement
2.1 Agro-ressources végétales que les gisements de pétrole ou de charbon, sa capacité de produc-
disponibles tion et de régénération connaît elle aussi des limites, imposées
notamment par les rendements de la photosynthèse et par les
■ Disponibilité et caractéristiques des agro-ressources conditions hydrologiques et pédoclimatiques dans lesquelles croît la
À peine 40 % de la couverture terrestre totale est utilisée en sur- végétation. La multiplication des usages non-alimentaires ne tarde
face agricole. Cette surface agricole sert pour plus des deux tiers à pas à atteindre les limites des capacités naturelles de production.

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Couverture terrestre totale Surface agricole totale


13 milliards d’ha = 100 %
• Patûrage 3,3, milliards d’ha = 67 %
• Terre arable 1,4 milliard d’ha = 29 %
• Alimentation animale et humaine 1,24 milliard = 25 %
• Matériaux 106 millions d’ha = 2 %
• Bioénergie 53 millions d’ha = 1 % Bioplastiques
2017
0,82 million d’ha = 0,016 %
2022
1,03 million d’ha = 0,021 %

Surface agricole totale


4,0 milliards d’ha = 38 %
2

Figure 2 – Utilisation des terres agricoles en 2017 et proportion relative utilisée pour l’obtention de bioplastiques en 2017 (projection pour
2022) (crédit : www. [Link])

L’enjeu pour les acteurs industriels ne consiste donc pas seu- Au-delà des ressources issues de la production agricole pri-
lement à diversifier les sources d’approvisionnement, mais à se maire, il existe également une grande variété de sous-produits
développer en suivant de nouveaux scénarios en rupture, adap- d’origines végétales générés par l’industrie agro-alimentaire
tés aux différentes conditions et systèmes de productions (tableau 1) et des volumes importants avec un volume total de
locaux, optimisant l’usage de ressources naturelles, par essence 25 millions de tonnes de matières sèches de co-produits d’origine
limitées. végétale (source : Adème 2000 – voir le Pour en savoir plus).
Enfin, la mise en œuvre de schémas de bioraffinerie est-et sera- Au-delà des filières de valorisation déjà en place, les ressources
très dépendante de la disponibilité en ressources à l’échelle de disponibles restent significatives et le développement de voies de
territoires considérés et de la compétition entre les différents valorisation à forte valeur ajoutée, une solution recherchée par
usages des agro-ressources (tableau 1). l’ensemble des industriels du secteur.

■ Origines des agro-ressources


Les agro-ressources utilisées dans le domaine de l’emballage 2.2 Principaux constituants
alimentaire sont essentiellement issues de ressources : des emballages agro-sourcés
– amidonnières (e.g. maïs, blé, pomme de terre) ;
– oléagineuses (e.g. colza, tournesol) ; 2.2.1 Matrices bioplastiques agro-ressourcées
– sucrières (e.g. betterave, canne à sucre) ;
– protéagineuses (e.g. pois, févrole, lupin) ; Les bioplastiques ne constituent pas une seule classe de maté-
– lignocellulosiques (e.g. bois, plantes annuelles herbacées ou à riaux, mais toute une famille de produits qui sont conçus de telle
fibres, pailles, résidus de culture ou des industries agro-alimentaires). façon à présenter un impact environnemental plus faible que les
matières plastiques conventionnelles [21].
Leur composition varie fortement d’une espèce variétale à
Le terme « bio » est attribué si tôt qu’une des trois caractéris-
l’autre et varie également selon les différentes parties de la plante
tiques suivantes est remplie :
dont elles sont issues, de son état de maturité, des conditions
d’extraction, ainsi qu’en fonction des conditions agro-climatiques. – l’origine biosourcée (par opposition à l’origine fossile) ;
– la production du polymère par biosynthèse (par opposition
Au regard de leur matière sèche, les agro-ressources sont aux voies de polymérisation conventionnelles à partir de mono-
constituées principalement de : mères pétro-sourcés ou issus de la biomasse) ;
– polysaccharides (amidon, cellulose, hémicelluloses et/ou pec- – ou leur fin de vie compostable ou biodégradable (par opposi-
tines) ; tion à l’incinération ou l’enfouissement) (figure 3).
– lignine ; Nous nous focaliserons dans ce chapitre sur les polymères ther-
– protéines ; moplastiques (par opposition aux polymères thermodurcissables)
– et/ou lipides. qui sont utilisés quasiment exclusivement pour la fabrication
On estime que la nature produit annuellement 1010 à d’emballages.
1011 tonnes de cellulose, ce qui constitue au moins la moitié de la Les résines thermodurcissables représentent de très faibles ton-
biomasse terrestre [1] [2]. nages dans le domaine de l’emballage, on les retrouve par
exemple pour les vernis intérieurs des boîtes de conserve (résines
Les polysaccharides sont souvent associés à un polymère com-
époxydes).
plexe d’alcools aromatiques, la lignine, et en moindre quantité, à :
– des protéines ; ■ Biopolymères biosourcés non biodégradables/compostables
– des composés organiques (e.g. acides gras, alcools gras, sté- (biopolyoléfines, biopolyuréthanes, biopolycarbonates,…) produits
rols libres, esters d’acides féruliques, cires, et autres composés à partir de monomères issus d’agro-ressources
aromatiques) ; Cette catégorie connait un plein essor pour palier à l’épuise-
– des composés inorganiques (e.g. silice, calcium, potassium, ment des ressources fossiles. On trouve ainsi le bio-PET, le bio-PA
zinc, fer,…) ([15], [16], [17], [18], [19] et [20]). et le bio-PE. (figure 3).

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Tableau 1 – Panorama des agro-ressources et biomolécules d’origine végétale :


concurrence entre les différents usages
Bioproduits
Cultures Produits et coproduits Biomolécules d’intérêt
Énergie Matériaux Autres
Céréalières
• Maïs • Graines • Amidon et dérivés • Biocarburants • Bioplastiques (à
• Blé • Farines • Gluten (bioéthanol) base d’amidon)
• Riz • Sons • Zéine • Biogaz • Dérivés cellulo-
• Orge • Pailles • Furfural • Biocombustibles siques

2
• Sorgho • Lignocellulose solides • Polyéthylène (PHA,
• Millet PHB)
• Avoine • Éco-matériaux
• Seigle
Oléagineuses
• Colza • Graines • Triglycérides • Biocarburants • Bioplastiques • Biolubrifiants
• Tournesol • Huiles • Glycérol (HVB, diester) (polyuréthane, PHA, • Glycérine
• Arachide • Tourteaux • Esters • Biogaz PA) • Tensio-actifs
• Palmier • Biocombustibles • Solvants
• Jatropha solides
• Ricin
• Fruits à écale
• Lin
• Cotonnier
Oléoprotéagineuses
• Soja • Graines • Protéines • Biocarburants • Bioplastiques
• Jus • Triglycérides (polymères de proté-
• Tourteaux • Lécithines ines, PHA)
• Farines
• Huiles
Tubercules féculents
• Pomme de terre • Tubercules • Amidon (fécule) et • Biocarburants • Bioplastiques (à
• Manioc • Pulpe dérivés (bioéthanol) base de fécule, PHB)
• Igname • Biogaz
Saccharifères
• Canne à sucre • Sucre • Saccharose • Biocarburants • Bioplastiques (cel- • Adhésifs
• Betterave sucrière • Bagasse • Éthers (bioéthanol) lulosiques, polyéthy- • Tensio-actifs
• Écumes • Esters • Éthanol (cellulo- lène, PLA) • Solvants
• Mélasse • Lignocellulose sique)
• Vinasse • Biogaz
• Biocombustibles
solides
Fibreuses
• Cotonnier • Fibres végétales • Celluloses • Textiles
• Lin • Hémicelluloses • Papiers
• Chanvre • Lignines • Cellophane
• Ramie • Pectines • Biocomposites
• Sisal
• Kenaf
• Jute
• Kapok
• Alfa
• Ortie
Ligneuses
• Phalaris • Pailles • Lignocellulose • Biocarburants • Cellophane
• Miscanthus • Roseaux (éthanol lignocellu- • biocomposites
• Canne de Provence • Bois losique)
• Saule (TTCR) • Copeaux • Biogaz
• Peuplier (TCR) • Biocombustibles
solides

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Origine Synthèse Fin de vie Exemples

PCL, PBAT,
PBSA
Biodégradable,
compostable

PE, PP, PET


Chimique
biosourcés
Fossile

Non
biodégradable PLA
2
Chimique

Renouvelable Compostable
Amidon,
Naturelle cellulose,
Biodégradable, protéines,
compostable PHAs…

Figure 3 – Classification des bioplastiques selon leur origine, leur voie de synthèse et leur fin de vie

Le groupe japonais Show Denko avait cependant annoncé en


Remarque novembre 2016 son intention de cesser la production et la com-
Il est important de souligner que les granulés polymères de mercialisation de sa gamme de résines polyester biodégradables
bio-PET, tels que le grade GlobioTM, proposé par la société Bionolle d’ici fin décembre 2017 ([Link]
Toyota Tsuho, ne contiennent que jusqu’à 30 % de ressources showa-denko/).
renouvelables en raison de l’utilisation de mono-éthylene gly- Leur bioplastique trouvait principalement des applications pour
col (MEG) biosourcé. la fabrication de sacs de caisse et de films agricoles biodégra-
dables. Show Denko expliquait que le contexte polito-économique
était trop difficile, en raison de prix qui ont chuté et de réglemen-
La base de ce MEG est le bio-éthanol qui est fabriqué à partir tations sur les sacs de caisse biodégradables en Europe et en
d’éthanol produit à partir de canne à sucre brésilienne, plutôt que Chine qui tardent trop à se mettre en place.
d’utiliser du pétrole. Certaines entreprises telles que Gevo (États-
Unis), Draths (États-Unis), Annelotech (États-Unis) et Virent (États- ■ Biopolymères biosourcés et biodégradables/compostables syn-
Unis) ont déjà annoncé la possibilité de produire l’acide téréphta- thétisés par polymérisation conventionnelle de monomères issus
lique issu à 100 % de ressources renouvelables. de la déconstruction de la biomasse

Le surcoût, par rapport au PET vierge (entre 1,2 et 1,5 €/kg) et Le principal avantage de cette catégorie de polymères est la
possibilité de produire des polymères avec des propriétés contrô-
au PET recyclé, est estimé entre 30 à 40 %.
lées, mais le bénéfice environnemental reste très controversé.
Parmi les fabricants de bio-polyamides, on trouve les sociétés :
Parmi ces biopolymères, on trouve le poly(acide lactique) (PLA)
– Ascend Performance Materials (États-Unis) ; produit par polycondensation de l’acide lactique. L’acide lactique est
– DSM (Pays-Bas) ; lui-même obtenu par homo-fermentation à partir de sources carbo-
– BASF (Allemagne) ; nées renouvelables comme le glucose ou le maltose, par des bacté-
– DowDupont (États-Unis) ; ries de type Lactobacillus sp. en présence d’hydroxyde de calcium.
– Formosa Group (Taiwan) ; L’acide lactique peut aussi être obtenu à partir de ressources
– Invista (États-Unis) ; fossiles (synthèse de l’acide lactique racémique en 4 étapes à par-
– Li Peng Enterprise Co. (China) ; tir d’acétaldéhyde et de cyanure d’hydrogène).
– Solvay/Rhodia (Belgique/France). Les propriétés du PLA sont proches de celles des polyoléfines,
Dans le grade EcoPaXX® de DSM, 70 % du polymère provient mais leur rigidité est beaucoup plus élevée du fait d’une tempéra-
de l’huile de ricin. ture de transition vitreuse comprise entre 5 °C et 60 °C selon les
grades de PLA (contre –120 °C dans le cas du poly(éthylène)).
■ Biopolymères biodégradables/compostables obtenus par poly- Le principal verrou du PLA est le fait qu’il ne s’agit pas d’un
mérisation conventionnelle de monomères issus du craquage du polymère biodégradable en milieu naturel, mais d’un polymère
pétrole qui est seulement compostable en conditions industrielles (du fait
On trouve notamment les copolyesters biodégradables, tels de la Tg supérieure à la température ambiante).
que le poly(butylène co-apidate téréphtalate) (PBAT) sous la réfé- En 2017, la production de PLA atteint les 210 kT/an au niveau
rence « Ecoflex » de BASF ou le poly(butylène succinate co-adi- mondial, avec un prix moyen compris entre 1,3 et 2,6 €/kg. Les
pate) (PBSA) sous la référence « Bionolle » de Showa Denko qui grades commerciaux les plus vendus sont « IngeoTM »
sont synthétisés par réaction de polycondensation de glycols et (Natureworks-Cargill, États-Unis) et, dans une moindre mesure,
d’acides carboxyliques aliphatiques ou aromatiques. « Purasorb » (Purac, NL).

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2

76
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages

2– Éco-conception des emballages


3
3– Recyclage et gestion des déchets Réf. Internet page

Pollution des océans par les plastiques et les microplastiques BIO9300 79

4– Matériaux pour l'emballage

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression

 Sur [Link]
• Saisissez la référence Internet pour accéder directement aux contenus en ligne
• Retrouvez la liste complète des ressources documentaires

77
3

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Référence Internet
BIO9300

Pollution des océans


par les plastiques
et les microplastiques
par François GALGANI
Responsable de projet, IFREMER/ LER/PAC (Bastia)
Stéphane BRUZAUD
Professeur, Université de Bretagne-Sud, IRDL, UMR CNRS 6027 (Lorient)
Guillaume DUFLOS 3
Responsable d’unité, Laboratoire de sécurité des aliments, ANSES (Boulogne-sur-Mer)
Pascale FABRE
Directrice de recherche, Laboratoire Charles Coulomb (L2C), UMR 5221 du CNRS-Université
de Montpellier (Montpellier)
Emmanuelle GASTALDI
Maître de conférences, Université de Montpellier/UMR 1208 IATE (Montpellier)
Jeff GHIGLIONE
Directeur de recherches, Laboratoire LOMIC, UMR 7621 (Banyuls-sur-Mer)
Régis GRIMAUD
Professeur, PREM UMR5254 – UPPA/CNRS (Pau)
Matthieu GEORGE
Maître de conférences, Laboratoire Charles Coulomb (L2C), UMR 5221 du CNRS-Université
de Montpellier (Montpellier)
Arnaud HUVET
Chargé de recherche, IFREMER LEMAR UMR CNRS 6539 (Brest)
Fabienne LAGARDE
Maître de conférences, Le Mans Université, IMMM UMR 6283 (Le Mans)
Ika PAUL-PONT
Chargée de recherche, CNRS, Université de Brest, IRD, IFREMER LEMAR (Plouzané)
et Alexandra TER HALLE
Chargée de recherche, IMRCP, CNRS UMR 5623 (Toulouse)

1. Importance du plastique en mer ...................................................... BIO 9 300 - 2


2. Devenir du plastique en mer ............................................................. — 3
3. Dégradation du plastique en mer .................................................... — 4
4. Impacts des plastiques ....................................................................... — 7
5. Quelles solutions .................................................................................. — 10
6. Conclusion.............................................................................................. — 13
7. Glossaire ................................................................................................. — 14
Pour en savoir plus ....................................................................................... Doc. BIO 9 300

es plastiques sont des matériaux obtenus par l’association de polymères


L synthétiques ou naturels, généralement chimiquement modifiés, et de
Parution : janvier 2020

divers additifs. Le développement des matières plastiques dans des secteurs

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BIO9300

POLLUTION DES OCÉANS PAR LES PLASTIQUES ET LES MICROPLASTIQUES ____________________________________________________________________

aussi diversifiés que l’emballage, la construction, l’automobile, l’électronique


ou le médical, est lié à la palette considérable de propriétés d’usage qu’ils per-
mettent d’obtenir en modulant notamment la chimie et l’organisation
microscopique des polymères qui les constituent.
Pourtant, leur exploitation intensive associée à une faible performance des
systèmes de gestion des déchets, incluant leur collecte et captation en fin de
vie, a engendré une accumulation massive de déchets plastiques dans l’envi-
ronnement et notamment dans le milieu marin où ils représentent 50 à 80 %
du nombre total des déchets et parfois même 100 % dans les cas des débris
flottants. Leur distribution, leurs comportements en mer et leurs impacts
découlent directement de leur composition et propriétés d’usage.
Ce phénomène d’accumulation des déchets plastiques est majoritairement
lié à la croissance exponentielle de la population mondiale dont le développe-
ment économique s’est traduit par une explosion de la consommation globale,
et notamment un recours massif à des matériaux plastiques dont la durée

3 d’utilisation est largement inférieure aux temps nécessaires pour leur bio-
dégradation. Depuis leur essor dans les années cinquante, la production
mondiale de plastiques continue toujours d’augmenter tandis que les premiers
travaux révélant leur présence en mer remontent aux années soixante et
soixante-dix.
Le présent article fait un bilan des connaissances et décrit les principaux
enjeux scientifiques, environnementaux et socio-économiques, ainsi que les
possibles solutions nécessaires à la gestion d’un problème environnemental
devenu global.

1. Importance du plastique issus de ces continents arrivent à la mer [2] et on estime à


5 250 milliards le nombre de particules flottant à la surface des
en mer océans [3]. Pour les seuls fleuves, entre 1,1 et 2,4 millions de
tonnes de plastique débouchent dans les océans, dont environ
65 % sont issus des 20 principaux fleuves [4].

1.1 Sources En mer, l’origine des déchets est liée au trafic maritime, notam-
ment les pertes volontaires ou accidentelles (conteneurs, ballasts,
Les plastiques et microplastiques arrivent dans l’environnement cargaisons), à l’exploration et l’exploitation pétrolière et minière, et
à toutes les étapes du cycle de vie des polymères. En mer, Ils sont aux secteurs professionnels de la pêche et de l’aquaculture. Dans
principalement issus d’apports continentaux [1] qui incluent les certaines zones, 100 % des déchets sont issus de la pêche [5],
fleuves et rivières (figure 1), les effluents de traitement des eaux et incluant les pertes d’engins de capture (cordages, filets, casiers,
leurs surverses, des activités littorales de loisir, des décharges illé- etc.), avec des estimations pouvant aller jusqu’à plus de 600 000
gales littorales ou proches des fleuves, et le ruissellement tonnes par an [6], certains auteurs estimant leur part à 70 % des
(figure 1). Chaque année, 8 à 15 millions de tonnes de plastiques déchets flottants [3].

Figure 1 – Les fleuves, les activités maritimes comme la pêche ou l’aquaculture et les décharges sauvages sont les principales sources de
plastique en mer (doc. SOS mal de Seine & F. Galgani)

BIO 9 300 – 2 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

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Référence Internet
BIO9300

____________________________________________________________________ POLLUTION DES OCÉANS PAR LES PLASTIQUES ET LES MICROPLASTIQUES

Les apports issus d’événements extrêmes comme les crues ou les surface, on retrouve encore essentiellement du polyéthylène (90 %
catastrophes naturelles (inondations, tsunamis, cyclones) peuvent du nombre des déchets) et du polypropylène (10 % du nombre des
également augmenter considérablement les flux de plastiques vers déchets), polymères les plus produits dans l’industrie et probable-
la mer. Dans les cas du tsunami au Japon en 2011, les quantités ment les plus persistants en pleine mer [10].
apportées étaient d’environ 5 millions de tonnes [7] et l’ensemble
des apports issus de ces événements pourrait être, certaines années La colonne d’eau a été bien moins explorée que la surface de
et de manière accidentelle, au-dessus des apports par les voies les la mer. Il semblerait qu’à partir de quelques mètres de profondeur,
plus classiques, sinon du même ordre de grandeur. les microplastiques se distribuent différemment. Ce sont surtout
des petits microplastiques et des fibres synthétiques, qui ne font
Les microplastiques primaires (conçus pour être de petite taille)
que quelques centaines voire dizaines de micromètres alors qu’à la
représentent une fraction significative des rejets, jusqu’à 10 % des
surface de la mer, les particules détectées mesurent plusieurs cen-
fragments ingérés par les oiseaux de la mer du Nord, mais la
taines de micromètres à quelques millimètres.
grande majorité de ceux-ci, dit secondaires, sont issus de la frag-
mentation et de la dégradation de débris plus gros. Les travaux les
Dans les sédiments, on retrouve des polymères plus denses
plus récents ont montré l’importance de certaines sources comme
comme les polyesters ou les polyacriliques (77 % en nombre en
les plastiques à usage unique (emballages, pailles, capsules, bou-
moyenne) mais de façon surprenante, on retrouve également des
teilles, etc.), les textiles, via des cycles de lavage dans les
fragments de polymères moins denses que l’eau de mer [11] qui
machines ou émission de fibres dans l’atmosphère, les pneus,
ont donc subi un transport vertical de la surface vers le fond via

3
issus du frottement ou sur les goudrons, ou des fragments issus
une colonisation par des micro-organismes ou une intégration à
des peintures de bateaux.
des neiges marines.
Pour les seuls flux de microparticules de plastiques dans les
eaux issues des stations d’épuration en Europe, les concentrations Sur les fonds marins enfin, l’accumulation des microplastiques
peuvent atteindre jusqu’à 10 millions de particules/m3 [8]. est encore très peu documentée même si l’on sait que de nom-
breux macrodéchets y sont stockés à l’abri de la lumière et donc
avec des cinétiques de dégradation extrêmement lentes.
1.2 Quantités
Les plastiques sont présents dans tous les habitats marins, sur
les plages et les côtes, à la surface des océans et sur les fonds. Ils
sont présents dans les zones les plus urbanisées jusqu’aux plus
2. Devenir du plastique
éloignées de la planète. Les densités varient avec des influences
marquées liées aux activités humaines mais également des méca-
en mer
nismes de transport et des facteurs géomorphologiques comme la
conformation des fonds et des baies. Les quantités sont également
influencées par la nature des polymères, les plus lourds comme 2.1 Transport
les poly-chloro-vinyles s’accumulant systématiquement sur les
fonds et les plus légers pouvant persister en surface pendant de
nombreuses années. En raison de la diversité des mécanismes La circulation océanique générale est connue de longue date et
régissant leur distribution, les évaluations des quantités présentes soumise à un certain nombre de forces (force de Coriolis, circula-
sont limitées et souvent restreintes aux plages et à la surface. tion atmosphérique, régime météorologique, etc.). Ces forces
régissent les déplacements des masses d’eau avec des courants
Sur les plages, les densités peuvent atteindre plusieurs milliers
océaniques de grande amplitude et de faible vitesse, appelés cou-
d’objets par kilomètre selon les sources adjacentes et les courants
rants géostrophiques, qui influencent la distribution de ces petites
provoquant leur accumulation.
particules flottantes qui vont ainsi être transportées sur de très lon-
Environ 270 000 tonnes de plastique flottent à la surface des gues distances.
océans, avec une répartition très inégale [3]. Les microplastiques
(taille < 5 mm) représenteraient, en nombre, 90 % des plastiques
flottants pour environ 10 % en poids. Les densités moyennes Exemple : en Atlantique nord-est, les déchets du golfe de
varient de quelques centaines de particules par km2 à 64 millions Gascogne d’Espagne et du Portugal sont repris par la circulation géné-
de particules, concentrations mesurées dans le bassin Levantin rale et déplacés vers le sud-ouest où ils sont repris par la circulation
(oriental) de la Méditerranée [9]. Le bassin méditerranéen ainsi que équatoriale, les transportant vers l’ouest où ils s’accumulent dans le
le golfe du Bengale sont les zones les plus affectées, avec des den- gyre nord atlantique.
sités régulièrement au-dessus du million de particules par km2 et
des valeurs moyennes au-delà de celles des zones de convergence Dans les mers régionales, les mécanismes d’accumulation sont
océanique, généralement au niveau de quelques centaines de mil- plus complexes, souvent en raison de l’interférence de plusieurs
liers de particules par km2. courants, y compris des eaux fluviales. Les schémas de circulation
et les modèles permettent de comprendre les phénomènes locaux
ou régionaux d’accumulation et d’identifier les sources.
1.3 Nature des plastiques en mer
La composition des microplastiques accumulés dans le milieu Exemples
aquatique varie en fonction de la situation géographique (proche En Manche et en mer du Nord, une grande partie des déchets plas-
ou loin des côtes) et de la position dans la colonne d’eau (surface tiques est transportée le long de la Norvège vers les eaux arctiques et
de la mer, colonne d’eau ou sédiments). une partie entre dans la mer Baltique.
En milieu côtier, à la surface des mers, les microplastiques sont Dans le bassin nord-ouest de la Méditerranée, la circulation est à
constitués en majorité de polyéthylène, de polypropylène et de l’inverse des aiguilles d’une montre avec un transport transfrontalier
polystyrène expansé. Mais à ces trois types de résines s’ajoutent marqué entre les différents pays riverains. L’exemple de la circulation
une douzaine d’autres polymères en moindres proportions [9]. Ce hivernale en mer tyrrhénienne (figure 2) [12] démontre clairement
sont tous des polymères moins denses que l’eau de mer qui l’influence des fleuves côtiers, qui se mêlent à la circulation générale
peuvent donc rester en surface. En milieu hauturier, toujours en résiduelle.

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BIO9300

POLLUTION DES OCÉANS PAR LES PLASTIQUES ET LES MICROPLASTIQUES ____________________________________________________________________

3
a période estivale b période hivernale

Figure 2 – Exemple de transport simulé des plastiques en mer. Sensibilité des côtes orientales de Corse et Sardaigne aux apports du fleuve
Arno en Toscane [12]

2.2 Zones d’accumulation En zone côtière, les plastiques les plus lourds sont canalisés par
les canyons vers les plus grandes profondeurs où ils peuvent
s’accumuler en raison de plus faibles turbulences et de courants
À la côte, l’existence de zones de très fortes concentrations en plus faibles.
plastiques est fréquente et liée à la fréquentation des sites, locale-
ment, et à des facteurs hydrodynamiques favorisant l’accumula-
tion. Ainsi, certaines régions d’Europe, comme le Pays basque ou
la Sicile sont particulièrement exposées, impliquant des mesures
de gestion appropriées pour préserver la valeur patrimoniale des 3. Dégradation du plastique
sites.
en mer
Liées directement aux courants océaniques, de larges zones 3.1 Étapes de dégradation
de concentration de déchets, ont été identifiées à la surface des
mers et océans, dénommées parfois à tort « îles flottantes » Les matières plastiques sont connues pour leur stabilité et leur
ou « continents de déchets » dont le plus connu a été durabilité, en particulier les plastiques dit « conventionnels » (par
nommé « 7e continent ». Il s’agit en réalité de zones de plus opposition à biodégradables), produits en très grandes quantités
fortes densités de plastiques, situées dans les régions centrales depuis les années 1950. Lorsqu’ils se retrouvent en tant que
océaniques, où les courants sont plus faibles et convergents. déchets dans l’environnement, ils vont y persister pendant de très
nombreuses années. Ces matériaux seront toutefois lentement
transformés et dégradés, selon des processus qui dépendent des
En réalité, Il y a au moins une zone de convergence pour chacun conditions environnementales, des milieux dans lesquels ils vont
des cinq bassins océaniques que sont l’Atlantique Nord et Sud, le séjourner (sol, rivière, plage, différents compartiments océa-
Pacifique Nord et Sud et l’Océan Indien. Les concentrations y niques). Quelle que soit la nature des processus impliqués, la
atteignent des moyennes de plusieurs centaines de milliers de par- dégradation va se manifester à trois échelles différentes (figure 3) :
ticules mais restent en deçà des concentrations extrêmes trouvées – échelle macroscopique : altération des propriétés (essentielle-
dans certaines zones côtières comme en Méditerranée [3]. En ment mécaniques et optiques) sans perte de l’intégrité du
Méditerranée, quelques zones d’accumulation temporaire en sur- matériau ;
face (est Baléares, sud-Adriatique, nord Tyrrhénienne, sud-est – échelle microscopique : fragmentation en microplastiques liée
Egée, par exemple) sont connues et les modèles montrent des à de la propagation de fissures dans le matériau ;
échouages préférentiels dans la partie orientale du bassin [13]. – échelle moléculaire : relargage de nanoparticules et de molé-
Très localement, les zones d’accumulation sont soumises à des cules de tailles et natures diverses (macromolécules, oligomères,
facteurs locaux comme le vent, la houle, les courants locaux et les additifs, charges, etc.) en lien avec les phénomènes agissant à
activités humaines. l’échelle moléculaire (rupture de liaisons, diffusion, désenchevêtre-
Sur les fonds, des zones d’accumulation ou de fortes densités ment, désorption).
ont été identifiées dans tous les océans du monde [14], à l’excep- Pour une dégradation complète, une étape supplémentaire est
tion des eaux antarctiques et parfois à de très grandes profon- nécessaire : l’assimilation des produits de dégradation générés. En
deurs, y compris au-delà du cercle polaire Arctique [9]. Là, leur présence de micro-organismes (bactéries, champignons, algues,
dégradation est ralentie à cause de l’absence de lumière et de etc.), les oligomères générés par la dégradation du matériau
faibles concentrations en oxygène et leurs effets, largement décrits peuvent être suffisamment petits pour être assimilés et convertis
pour les espèces de surface, sont totalement méconnus. en gaz (CO2 et éventuellement méthane en anaérobiose), eau et

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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages

2– Éco-conception des emballages

3– Recyclage et gestion des déchets


4
4– Matériaux pour l'emballage Réf. Internet page

Emballages bois. Palettes, caisses industrielles, emballages légers AG6100 85

Emballages en verre A9785 91

Emballages métalliques A9760 95

Emballages en carton ondulé A9765 99

Emballages en carton ondulé. Code international pour emballage carton A9767 101

Emballages plastiques. Polymères utilisés AM3575 103

Emballages plastiques. Procédés de transformation AM3576 109

Complexes souples et rigides utilisés en emballage AM3577 113

Plastiques biosourcés et plastiques recyclés pour l'emballage AG6287 119

Nanoparticules cellulosiques : propriétés et applications à l'emballage RE350 123

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression

 Sur [Link]
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4

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AG6100

Emballages bois
Palettes, caisses industrielles,
emballages légers
par Patrice CHANRION
Président de la Commission Emballages CN8 à l’AFNOR – Ancien manageur du Pôle Palettes
de la Fédération nationale du bois – Ingénieur de l’École supérieure du bois, Versailles

1. Le bois comme matériau d’emballage............................................... AG 6 100v2 - 2


1.1 Essences de bois utilisées .......................................................................... — 2
1.2 Masses volumiques et résistances mécaniques ...................................... — 3
1.3 Aptitude du bois au contact alimentaire ................................................... — 4
1.4 Conditions d’emploi et de préservation....................................................
1.4.1 Séchage artificiel : une prestation majeure .....................................
1.4.2 NIMP 15 : un passeport pour l’export ..............................................



4
4
4
4
1.4.3 Bleu et moisissures............................................................................ — 5
1.5 Matériaux dérivés du bois et autres matériaux........................................ — 5
1.5.1 Dés en bois moulés............................................................................ — 5
1.5.2 Matériaux dérivés du bois et autres composants ........................... — 6
2. Les palettes et caisses-palettes .......................................................... — 6
2.1 Les palettes bois.......................................................................................... — 6
2.1.1 Bien choisir ses palettes .................................................................... — 6
2.1.2 Les différents types de palettes ........................................................ — 7
2.1.3 Les services associés à la palette ..................................................... — 8
2.2 Les caisses-palettes .................................................................................... — 8
3. Les emballages industriels ................................................................... — 9
4. Les emballages légers ............................................................................ — 10
5. Principes généraux de fabrication ..................................................... — 11
5.1 Les palettes bois.......................................................................................... — 11
5.1.1 Eléments constitutifs et fabrication .................................................. — 11
5.1.2 Tolérances dimensionnelles de production..................................... — 12
5.2 Les emballages industriels......................................................................... — 13
5.3 Les emballages légers ................................................................................ — 13
5.4 Eléments d’assemblage et dimensionnement ......................................... — 14
5.4.1 Les clous ............................................................................................. — 14
5.4.2 Les agrafes et autres connecteurs .................................................... — 15
6. Aspects environnementaux.................................................................. — 15
6.1 Le bois : matériau renouvelable, ressource naturelle.............................. — 15
6.2 Empreinte et bilan carbone ........................................................................ — 16
6.2.1 Les palettes......................................................................................... — 16
6.2.2 Les emballages industriels et les emballages légers...................... — 16
6.3 La palette au cœur de l’économie circulaire............................................. — 16
7. Le marché des emballages bois .......................................................... — 17
7.1 Chiffres clés ................................................................................................. — 17
7.2 Les palettes neuves et reconditionnées .................................................... — 18
7.3 Les emballages industriels......................................................................... — 18
7.4 Les emballages légers ................................................................................ — 19
8. Conclusion................................................................................................. — 19
Parution : novembre 2021

9. Glossaire .................................................................................................... — 20
Pour en savoir plus ..........................................................................................  Doc. AG 6 100v2

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AG6100

EMBALLAGES BOIS _________________________________________________________________________________________________________________

’emballage se définit comme un objet destiné à contenir et à protéger des


L marchandises, à permettre leur manutention et leur transport du produc-
teur à l’utilisateur, et à assurer leur présentation. Il doit donc tenir compte non
seulement de la nature et de la valeur du produit, de sa vulnérabilité aux
chocs, des risques de périssabilité, mais encore du mode de transport, des
pays de transit et de destination, des moyens de manutention, des conditions
de stockage, des ruptures de charges et des attentes de l’acheteur final.
Le bois est en mesure d’apporter à chaque type d’emballage une solution
économique et performante. En plus de produits standardisés et normalisés
permettant des échanges de marchandises rapides et simples, les emballages
en bois offrent des réponses spécifiques et évolutives aux besoins et exigences
variés des acheteurs et utilisateurs : attentes sécuritaires, réglementaires, envi-
ronnementales, phytosanitaires… Aussi, malgré la concurrence d’autres
matériaux (plastique, carton…), le bois résiste bien et occupe même une posi-
tion incontournable pour certains emballages. De fait, les emballages en bois
s’affirment aujourd’hui comme une véritable solution d’avenir répondant aux
enjeux de préservation, de logistique, de stockage et de commercialisation.
Les emballages en bois se déclinent en trois grandes familles distinctes. Les
palettes et les caisses sont des emballages de transport (ou encore tertiaires)

4
car elles sont destinées à faciliter la manutention et le transport de produits
entre un fabricant et un distributeur, en vue d’éviter leur manipulation phy-
sique et les dommages liés au transport. Le produit est séparé de l’emballage
au niveau du distributeur. Quant aux emballages industriels ou sur mesure, ce
sont des caisses ou emballages spéciaux dédiés au transport de produits volu-
mineux (industries aéronautique, automobile, informatique, de défense, etc.)
ou particulièrement précieux (œuvres d’art) classés, comme les palettes, dans
la catégorie des emballages tertiaires (ou de transport). Enfin, les emballages
légers en bois, très liés aux produits agroalimentaires, sont également, dans la
majorité des cas, considérés comme des emballages tertiaires. Cependant, cer-
tains d’entre d’eux peuvent être assimilés à des emballages primaires ou de
vente, en ce sens qu’ils ont été conçus de façon à constituer sur le point de
vente une unité distincte pour le consommateur ou l’utilisateur final (bour-
riches d’huîtres, barquettes pour fraises, boîtes à fromage…).
Naturellement durable, issu pour l’essentiel de forêts certifiées PEFC, le
contenant en bois répond aux attentes d’une société en quête de décarbona-
tion et d’économie circulaire. Avec des process de fabrication peu énergivores,
les entreprises transformatrices – qui revendiquent leur caractère « Made in
France » – sont aussi adeptes des circuits courts. Et en plus d’être apte au
contact alimentaire, l’emballage bois est recyclable, réutilisable et réparable.
Dans cet article on traitera des emballages bois sous les angles techniques,
environnementaux et de marché, en apportant un éclairage exhaustif sur la
normalisation qui encadre ces produits du quotidien, maillons essentiels de la
supply chain moderne.

Cinq principales essences sont utilisées pour la fabrication


1. Le bois comme matériau des palettes, caisses-palettes et caisses : peuplier, pin maritime,
d’emballage pin sylvestre, sapin-épicéa et douglas. Le choix des essences
dépend principalement de la ressource forestière disponible à
proximité des sites de fabrication. Une même palette peut être
Le bois constitue un matériau d’emballage à part entière qui constituée de plusieurs essences en mélange, sans que cela nuise à
exprime largement ses points forts à travers divers emballages. son utilisation.

Les emballages légers en bois sont fabriqués essentiellement à


1.1 Essences de bois utilisées partir de bois de peuplier et, dans une moindre mesure, avec du
hêtre et des pins (tasseaux d’angle). Le peuplier, bois tendre, clair
Sauf cahiers des charges spécifiques, contraintes normatives ou et léger, est particulièrement adapté au déroulage pour la fabrica-
législatives particulières, la plupart des essences courantes de tion d’emballages légers et présente de nombreux avantages : sa
bois peuvent être utilisées dans l’emballage ; toutefois en pra- blancheur qui facilite le marquage, sa facilité à être déroulé,
tique, leur nombre reste limité. agrafé, imprimé et collé.

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__________________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES BOIS

Les critères de choix des essences reposent sur des éléments lages présentent chacune des propriétés qui lui sont propres
d’appréciation techniques et souvent économiques comme, entre (tableau 1).
autres :
– la densité et les résistances mécaniques ; • Les peupliers sont les bois les plus légers et les moins résis-
tants mécaniquement parmi les feuillus. Toutefois, eu égard à
– la qualité : présence de défauts ou de singularités (nœuds,
leur poids, leurs propriétés mécaniques sont assez élevées. Il
fentes, anomalies de structure…) contribuant à fixer les limites de
s’avère que cette essence n’existe pas en tant que telle
résistance mécanique du matériau ;
comme le sapin ou l’épicéa ; elle est constituée d’une série de
– la facilité ou l’aptitude de mise en œuvre, qui apparaît, selon cultivars (clones Robusta, I 214, I 45/51, Dorskamp) qui
les cas, lors du sciage (planches, dés…), du déroulage (fonds, peuvent avoir des propriétés assez différentes.
têtes…) ou du tranchage (planchettes), puis au cours des opéra-
tions complémentaires d’usinage divers (clouage ou agrafage). • Le pin sylvestre est l’un des meilleurs résineux indigènes sur
Il n’existe pas d’essence qui réunisse des appréciations posi- le plan de la résistance mécanique. Il résiste particulièrement
tives sur tous les critères de sélection énoncés. Selon les cas, telle bien à la flexion et à la compression.
ou telle essence présentera une meilleure aptitude ou un meilleur
positionnement. En fonction de l’importance accordée à chaque • Le pin maritime possède des caractéristiques mécaniques
critère, au final seulement, des présélections peuvent être opérées satisfaisantes ; il apparaît moins élastique et plus fragile aux
par le producteur et l’acheteur d’emballages. Cela explique, en chocs.
partie, l’existence d’autant d’essences susceptibles de fournir des
billons ou des sciages qualité « emballage ». • Le sapin-épicéa est le résineux qui possède, au moindre poids,
les caractéristiques mécaniques les plus élevées, notamment
en flexion.
1.2 Masses volumiques et résistances
4
• Le douglas possède de très bonnes caractéristiques méca-
mécaniques niques pour des sollicitations en compression, mais il est net-
tement moins performant en flexion statique.
Sur le plan technique, la masse volumique, ou densité, est une
donnée importante, car elle conditionne largement les propriétés Les masses volumiques indiquées dans le tableau 1 sont des
mécaniques. Dans la pratique, on se limite toutefois à des valeurs moyennes pouvant varier dans une fourchette de plus ou
essences dont la masse volumique est généralement comprise moins 50 % pour les résineux, et de 20 % pour les feuillus. Les
entre 400 et 800 kg/m3 pour éviter les possibilités trop marquées résistances indiquées sont données à titre indicatif, sachant
de déformation, de rupture et de casse, mais aussi les éventuelles qu’elles sont fonction de la densité, elle-même sujette aux condi-
difficultés de clouage sur des bois trop durs, ou un poids excessif tions de croissance mises en évidence par la largeur des cernes
de l’emballage par rapport au produit transporté. annuels et la texture.
Les valeurs des résistances mécaniques sont en rapport, en Les résistances mécaniques varient avec le taux d’humidité.
règle générale, avec les poids spécifiques des bois. Dans une Elles diminuent régulièrement d’une valeur atteinte pour le bois
essence donnée et à humidité égale, les bois les plus denses sont anhydre à une valeur maximale lorsque le bois arrive au point de
en même temps les plus résistants, ce qui se conçoit aisément saturation des fibres, ce qui explique le développement actuel du
puisque ces bois renferment plus de matière ligneuse. séchage artificiel pour une mise en œuvre de sciages secs. Ainsi,
Les principales propriétés mécaniques recherchées dans la en compression axiale, un bois qui présente, à 15 % d’humidité,
conception des emballages bois sont : la résistance à la compres- une résistance de 400 kg/cm2 n’aura plus qu’une résistance de
sion, à la traction et à la flexion statique. Les essences les plus 320 kg/cm2 à 20 % ; il atteindra, au contraire, 480 kg/cm2 à 10 %
couramment utilisées en France dans la fabrication des embal- d’humidité.

Tableau 1 – Caractéristiques mécaniques des essences employées dans la fabrication des palettes
et emballages industriels

Mh/Vh* Compression contrainte Flexion dans le sens Traction perpendiculaire


Essences
à 12 % (kg/m3) de rupture (kg/cm2) du fil (kg/cm2) (kg/cm2)

Sapin-épicéa 450 400 1 100 15

Douglas 480 460 810 15

Pin maritime 590 530 1 300 24

Pin sylvestre 580 500 1 200 20

Peuplier 400 350 810 22

Chêne 650 550 1 100 50

Hêtre 680 550 1 550 46

* Mh/Vh est la masse volumique du bois humide, ici donnée à 12 % d’humidité

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EMBALLAGES BOIS _________________________________________________________________________________________________________________

1.3 Aptitude du bois au contact Pour les palettes et les caisses utilisées notamment dans les
échanges internationaux, les secteurs d’activité les plus concernés
alimentaire sont les industries du papier et du carton, la chimie, les industries
des plâtres et ciments, l’agroalimentaire. Quel que soit le secteur
Parfois affublé d’à priori négatif sur le plan hygiénique, les tra- utilisateur, les questions d’humidité apparaissent dès lors que les
vaux scientifiques réalisés sur le bois depuis les années 90 ont produits ou leur conditionnement présentent un caractère hydro-
conduit à une réelle inversion de cette image fausse. Pour les phile.
emballages en bois brut, ce sont les emballages légers dont les
contenus sont le plus souvent au contact direct avec le matériau Le séchage artificiel permet d’atteindre un taux moyen d’humi-
bois. Le secteur des palettes, supports de manutention de pro- dité souhaité, en rapport avec les besoins des clients. En effet,
duits déjà emballés, reste cependant pour partie concernée car c’est l’unique moyen pour atteindre des humidités finales précises
des palettes bois circulent au sein des entreprises des secteurs de et réduire de façon significative les durées de séchage à l’air
l’industrie alimentaire et de la distribution, et sont occasionnelle- (réponse à la pratique des flux tendus).
ment en contact direct. Par ailleurs, pour limiter les risques de développement de moi-
L’utilisation des matériaux destinés à entrer en contact avec des sissures actives, il est nécessaire de sécher à un taux moyen
denrées alimentaires (MCDA) est soumise au règlement cadre d’humidité de 18 %. Le temps de séchage nécessaire pour
européen RCE 1935-2004. L’article 3 stipule que ces MCDA ne atteindre ce taux est d’environ 2 jours en fonction des conditions
doivent pas modifier les caractéristiques chimiques, microbiolo- climatiques. Il est important de noter que ce process ne garantit
giques et organoleptiques des denrées en contact. pas totalement une humidité de 18 % au cœur des dés en bois
massif, du fait de leur épaisseur bien supérieure à celle des
Au niveau européen, 17 matériaux aptes au contact alimentaire planches. Pour obtenir ce taux moyen sur les dés, un ressuyage
dont le bois, matériau naturel, sont actuellement autorisés (RCE peut s’avérer nécessaire sur les chevrons, ensuite coupés à lon-
1935-2004). En France, le bois destiné au contact alimentaire est gueur pour obtenir le dé à palette qui sera assemblé.

4
réglementé depuis 1945, permettant d’écrire une fiche Matériau
n° 2012-93 de la DGCCRF (Direction générale de la consommation, Tous les acteurs concernés se sont positionnés sur une four-
de la concurrence et de la répression des fraudes). En France chette de taux d’humidité moyen de 22-25 %, avec des exigences
aujourd’hui, 21 essences sont autorisées au contact alimentaire parfois plus basses et des obligations de moyens et de résultats
direct : précis. Ainsi, depuis le 1er janvier 2011, toutes les palettes neuves
EUR-EPAL doivent être séchées artificiellement jusqu’à un taux
– pour tous types d’aliments : chêne, charme, châtaignier, frêne, d’humidité de 22 %. Dans ce cadre, ce n’est pas une obligation de
robinier, sapin, épicéa, douglas, pin maritime et sylvestre, peuplier, résultat (22 % d’humidité peuvent être obtenus par ressuyage
hêtre, platane, tremble, aulne, olivier, bouleau ; sous hangar ou par séchage naturel), mais de moyen.
– pour les solides alimentaires : noyer, hêtre, orme et peuplier.
En ce qui concerne les emballages légers pour fruits et
Le consortium EMABOIS, qui compte 10 membres scientifiques légumes, ils sont séchés à l’air libre. Sous l’effet du vent et de la
et industriels reconnus, dont les organisations professionnelles de chaleur, le processus se fait rapidement, de par la faible section
l’emballage (SIEL, SYPAL/FNB, SEILA), a conduit une étude scien- des composants de ces produits. Le séchage ne doit pas être trop
tifique permettant de conclure que : poussé, afin d’éviter que les bois ne se fendent et tuilent ; un taux
– en microbiologie, l’innocuité hygiénique de la surface en bois d’humidité de l’ordre de 20 % est, en général, recherché.
brut au contact alimentaire est confirmée (survie des microorga-
nismes nulle ou très faible, transfert des microorganismes du bois 1.4.2 NIMP 15 : un passeport pour l’export
vers l’aliment en contact direct très faible - inférieur à 0,3 %) ;
– en chimie analytique, les molécules (volatiles et extractibles) La norme NIMP 15 (norme internationale pour les mesures phy-
issues du matériau naturel de bois brut sont inoffensives pour la tosanitaires), votée en mars 2002 à Rome, a été mise en place
santé du consommateur ; pour éviter la contamination des végétaux par des « nuisibles »
– la validation d’outils d’analyse simples, fiables et performants (nématode du pin, capricorne asiatique…) pouvant se répandre et
des surfaces en bois en microbiologie et chimie analytique est se propager dans la biodiversité végétale lors d'importation de
acquise. produits via les emballages en bois.
En d’autres termes, le bois, en tant que matériau, a des proprié- Sa mise en application peut être exigée à tout moment par un
tés antimicrobiennes naturelles de par ses caractéristiques phy- des pays signataires, pour les emballages entrant sur son terri-
siques : les flux d'eau libre entraînent les microorganismes toire. Sont concernés tous les emballages en bois dont l’épaisseur
présents en surface dans les pores du bois. La porosité de ce est supérieure à 6 mm, c’est-à-dire les palettes, caisses, caisses-
matériau est finalement un avantage et non un inconvénient palettes, planches d’emballage, bois de calage, tourets constitués
comme il était dit jusqu'alors. Les microorganismes sont alors en tout ou partie de bois brut d’essences résineuses ou feuillues.
dans des conditions drastiques de survie (pas de nutriment, pas Certains matériaux d’emballage en sont exemptés comme le
d'oxygène) et au contact d'un matériau à pH acide (ce qui ne contreplaqué, les panneaux de particules, de lamelles minces lon-
convient pas aux microorganismes) ; cela engendre leur mortalité. gues et orientées (OSB) ainsi que les matériaux d’emballage faits
de bois mince (épaisseur inférieure ou égale à 6 mm).
La NIMP 15, connue partout dans le monde, et désormais véri-
1.4 Conditions d’emploi table passeport pour l’export, poursuit un développement rapide
et de préservation qui ne saurait s’arrêter. La plupart des grands pays ont décidé de la
mettre en application, comme les États-Unis, le Canada, le Mexique,
la Chine, l’Inde, l’Australie…
1.4.1 Séchage artificiel : une prestation majeure
À ce jour, les échanges intra-communautaires ne sont pas concer-
Les effets de l’humidité et de l’eau sur le bois et, par voie de nés, hormis pour le Portugal. Mais pour répondre aux demandes
conséquence, sur les emballages sont de type mécaniques (amoin- des utilisateurs et aux exigences réglementaires et environnemen-
drissement des propriétés), biologiques (vulnérabilité accrue aux tales en vigueur sur le plan mondial, depuis janvier 2010, toutes les
champignons et moisissures), chimiques (transmission possible de palettes neuves EPAL, fabriquées par tous les pays licenciés et ce
composés naturels ou chimiques) et physiques (transfert de masse quel que soit leur pays de fabrication, doivent être conformes à la
entre l’emballage et le produit). NIMP 15.

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__________________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES BOIS

Depuis mars 2010, seul le traitement à la chaleur (56 °C à cœur que le taux d’humidité du bois atteigne une valeur légèrement
pendant une durée minimale de 30 minutes) est autorisé. Ce proces- supérieure au point de saturation des fibres (30 %). À des taux
sus est respectueux de l’environnement, contrairement à la fumiga- inférieurs, le champignon meurt rapidement et, si le bois est
tion au bromure de méthyle, dont l’utilisation en Europe a été gorgé d’eau, il ne peut se développer (d’où l’efficacité de la
interdite depuis mars 2010. Le traitement thermique n’a quasiment conservation des grumes par immersion ou aspersion).
pas d’incidence sur l’humidité du bois ; ce n’est pas le but recher- La température optimale est située entre 22 et 30 °C. Les cham-
ché. Les fours, étuves et séchoirs peuvent être utilisés pour effectuer pignons résistent bien aux basses températures (gelées d’hiver) et
cette prestation phytosanitaire. Ces installations doivent être peuvent reprendre leur activité après une période de froid, dès
agréées par la DGAL (Direction générale de l’alimentation) et font que la température extérieure atteint environ 22 °C.
l’objet de contrôles réguliers par les SRAL (services régionaux de
l’alimentation). Des inspections régulières des entreprises sont réali- Compte tenu des substances qu’il contient (amidon, sucres, pro-
sées par les SRAL, afin de vérifier la véracité des déclarations de téines), l’aubier des bois résineux est, en général, attaquable par
l’industriel et sa capacité à respecter les exigences du programme. les champignons de bleuissement : pin maritime et pin sylvestre
sont les deux essences les plus sensibles. De même, ces orga-
Dans ces installations à double fonctionnalité, les industriels nismes contaminent le douglas, l’épicéa et, plus occasionnelle-
attachent un soin tout particulier à : ment, le sapin. Des essences feuillues métropolitaines telles que
– l’étalonnage des capteurs de température ou des sondes dans les peupliers et le hêtre sont également sujettes à ces attaques.
le bois ;
En scierie, un séchage rapide des sciages issus de grumes
– l’application des abaques et des consignes relatives aux tables
saines évite toute contamination. Le séchage artificiel est le pro-
de séchage ;
cédé le plus sûr pour éviter les attaques de champignons ; de
– la tenue d’un cahier de consignation des installations ;
plus, un tel séchage peut détruire en même temps certains œufs
– un marquage rigoureux établissant la bonne réalisation du trai-
ou larves d’insectes qui seraient présents dans le bois.
tement.

4
Les débits séchés doivent être ensuite stockés à l’abri de
Un marquage normalisé est utilisé pour certifier que les emballages
l’humidité : les champignons à l’origine du bleuissement peuvent
bois concernés ont bien été soumis à la prestation phytosanitaire.
s’installer dans des débits qui ont été convenablement séchés, mais
Seules les entreprises disposant d’un numéro d’enregistrement sont
qui se sont ensuite réhumidifiés au-delà de 30 %. Le séchage à l’air
habilitées à appliquer le marquage sur les emballages bois. Celui-ci
est, en général, trop lent sous nos climats pour éviter des risques de
est apposé de façon visible et de préférence sur au moins une des
contamination. Un traitement chimique préventif des sciages doit
deux faces opposées du produit traité pour une meilleure traçabilité.
alors être appliqué dès la tombée de scie. Ce traitement consiste en
Il comporte, en plus du logo IPPC (épi de blé), le code-pays ISO un trempage rapide ou une aspersion des débits avec un produit
à deux lettres, suivi du code ISO de la région et du numéro approprié.
d’enregistrement attribué au producteur par les services chargés
de la protection des végétaux, ainsi que l’initiale du traitement Des moisissures peuvent également apparaître plusieurs
phytosanitaire utilisé (HT). semaines après un traitement thermique des bois verts (NIMP 15).
Elles se développent particulièrement en atmosphère confinée,
Désormais, sécher artificiellement les palettes (évacuation de qui maintient une humidité du bois élevée à sa surface.
l’humidité) et satisfaire à la fois aux exigences de la NIMP 15 sont
deux opérations qui sont facilement réalisées en une seule étape, Lorsque des palettes ou des sciages sont empilés les uns sur les
dans un séchoir. Pour les utilisateurs, de plus en plus sensibles autres, seules les zones en contact avec l’air présentent un déve-
aux process à caractère écologique, les avantages induits sont loppement de moisissures.
nombreux : possibilité d’utiliser des palettes susceptibles de voya- Des traitements fongicides chimiques peuvent également être
ger partout dans le monde sans entrave aucune, amélioration des utilisés, à titre préventif et temporaire, sur des sciages frais, selon
résistances mécaniques et des respects dimensionnels, tare plus autorisation en cours (REACH et pour le contact alimentaire, fiche
constante des palettes, réduction des transferts d’humidité et pré- Matériau bois DGCCRF n° 2012-93).
servation des produits.
Dans certains cas, les palettes peuvent être manipulées encore
manuellement ; l’utilisation de palettes sèches permet d’en alléger Selon les connaissances actuelles, il n’y a pas de contre-
sensiblement le poids. La réduction peut atteindre 8 à 9 kg dans le indication à l’utilisation de bois bleui pour la fabrication des
cas d’une palette normalisée en pin maritime de 0,04 m3, passant palettes et pas davantage pour son utilisation. S’agissant d’un
d’une humidité de 60 % à 25 % (soit une diminution de 29 % par simple désordre esthétique, cette coloration n’altère en rien
rapport à la masse initiale), et 12 à 13 kg dans le cas d’une palette les caractéristiques mécaniques du bois, et donc de la palette
très humide (aux environs de 80 %). ou des caisses. Ceci est d’ailleurs validé dans les cahiers des
charges de différentes palettes « normées » ou standardisées :
la palette EPAL ou la palette CP à titre d’exemples. Ces colora-
1.4.3 Bleu et moisissures tions dues au bleuissement sont bien identifiées dans les
normes AFNOR et EN 13698.
Le bleuissement est l’altération la plus communément rencon-
trée dans le cas des emballages en bois fabriqués en certaines
essences. Il se manifeste par une coloration du bois variant du
gris clair au bleu noirâtre, sous forme de bandes ou de flammes 1.5 Matériaux dérivés du bois
plus ou moins importantes. Cette coloration est plus ou moins et autres matériaux
intense selon l’humidité du bois et la profondeur des couches de
bois infestées ; elle est en effet le seul indice d’une infestation.
Ce n’est pas le bois lui-même qui est coloré, mais les filaments 1.5.1 Dés en bois moulés
de champignons distribués dans les cellules du bois. Quand le En complément du bois brut, massif, des dés (ou plots) en bois
bois est très humide, le champignon apparaît sous la forme d’un moulés peuvent être employés. Ces dés cylindriques ou cubiques
tissu velouté blanc, grisâtre, devenant très foncé, qui recouvre le composés de fines particules de bois compressées et amalgamées
bois. Les bois infestés par ces champignons sont colorés d’une entre elles, présentent des caractéristiques techniques intéressantes :
façon définitive et leur présence nuit à l’adhérence de la peinture. taux d’humidité et densité constants, bonne résistance à l’humidité,
Le développement de tels champignons ne peut avoir lieu que calibrage précis, bonne résistance à l’arrachement, ne posant pas de
dans certaines fourchettes d’humidité et de température. Il faut difficulté lors du recyclage.

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Emballages en verre
par Michel MOSSÉ
Docteur en Métallurgie
Ancien adjoint au Directeur technique, Recherche et Développement
de la Branche Conditionnement de Saint-Gobain
Consultant en Emballage

1. Le verre, emballage primaire ................................................................ A 9 785 - 2


1.1 Définitions et fonctions de l’emballage ..................................................... — 2
1.2 Principaux types d’emballages en verre.................................................... — 3
1.3 La chaîne logistique..................................................................................... — 3
2. Compositions et propriétés des verres pour emballages............. — 3
3. Fabrication des bouteilles, pots et flacons en verre
par moulage............................................................................................... — 4
3.1 Atelier de composition ................................................................................ — 5

4
3.2 Principaux types de fours ........................................................................... — 5
3.3 Conditionnement thermique du verre ....................................................... — 6
3.4 Formations des paraisons........................................................................... — 6
3.5 Procédés de formage .................................................................................. — 6
3.6 Traitement thermique de recuisson ........................................................... — 7
3.7 Traitements de surface ................................................................................ — 7
3.8 Contrôles de qualité .................................................................................... — 8
3.9 Emballages pour stockage et transport ..................................................... — 9
4. Fabrication des ampoules, flacons et piluliers en verre étiré ..... — 9
4.1 Fabrication des tubes par étirage............................................................... — 9
4.2 Fabrication des ampoules à partir des tubes ............................................ — 9
4.3 Fabrication des flacons à partir des tubes................................................. — 10
5. Propriétés fonctionnelles ...................................................................... — 10
5.1 Propriétés mécaniques................................................................................ — 10
5.2 Résistance chimique.................................................................................... — 11
5.3 Inertie bactériologique ................................................................................ — 12
5.4 Imperméabilité aux agents extérieurs ....................................................... — 12
6. Parachèvements ....................................................................................... — 12
6.1 Parachèvement par ablation de matière.................................................... — 12
6.2 Parachèvement par addition d’autres matières ........................................ — 13
7. Bagues et systèmes de bouchage ....................................................... — 14
8. Recyclage du verre pour emballages ................................................. — 16
8.1 Systèmes de collecte................................................................................... — 16
8.2 Traitement du verre après collecte............................................................. — 17
8.3 Économies d’énergie liées au recyclage.................................................... — 17
8.4 Résultats de la collecte et du recyclage en France et en Europe
de l’Ouest ..................................................................................................... — 17
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 785

ujourd’hui, la verrerie pour emballages présente à peu près la même physio-


A nomie dans tous les pays développés. C’est une industrie qui par ses inves-
tissements lourds et sa technologie (cadences, températures de travail) pourrait
être qualifiée de « lourde » comme la métallurgie, mais dont les marchés (agro-
alimentaire, pharmacie, parfumerie) concernent des industries de grande
consommation qui exigent de plus en plus d’emballages, ne représentant que
le premier maillon d’une logistique où la productivité et la flexibilité sont des
facteurs essentiels. Malgré la concurrence accrue des autres matériaux sur ses
Parution : juillet 1997

marchés traditionnels, le verre pour emballages résiste bien, surtout en Europe.

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EMBALLAGES EN VERRE _________________________________________________________________________________________________________________

Cela est dû, d’une part, à la modernisation des installations de production ayant
permis d’augmenter la productivité et donc de maîtriser les coûts et, d’autre part,
aux efforts technologiques qui ont permis aux verriers – mais ils ne sont pas
les seuls – un allègement significatif de leurs emballages standards, permettant
ainsi de répondre à la concurrence des autres matériaux et aux contraintes
environnementales. Toutefois, il est clair que ces observations sont aussi valables
pour la quasi-totalité des autres matériaux d’emballage, soumis à la même
concurrence et aux mêmes contraintes, l’emballage étant toujours considéré par
certains comme le symbole d’une tendance au gaspillage alors qu’il constitue
pratiquement un des meilleurs indicateurs de développement économique.
Par rapport aux autres matériaux d’emballage classiques (papier-carton,
matières plastiques, métal, composites), le verre pour emballages présente des
spécificités qui sont des points forts ou des points faibles.
Parmi les points forts, on peut citer :
— ses qualités « hygiéniques » : inertie, non toxicité, imperméabilité aux gaz et
aux odeurs ;
— sa fonction d’image pour le contenu, en alimentaire ou en parfumerie-
cosmétique ;
— sa transparence ;

4 — ses possibilités de valorisation du contenu : flexibilité des formes, des


couleurs ou des décors ;
— la stabilité de ses prix à court et moyen terme ;
— sa recyclabilité pour fabriquer des articles de même nature, de manière
infinie et sans qu’il soit possible de distinguer ou même de mesurer les quantités
de matière recyclée.
En revanche, le verre pour emballages présente certaines caractéristiques qui
constituent des points à améliorer :
— le poids, dans les marchés de grande consommation (alors que pour certains
produits haut de gamme, c’est une caractéristique appréciée par tradition) ;
— la résistance mécanique liée à sa nature de matériau « fragile » ;
— les problèmes liés au risque « verre », c’est-à-dire à son pouvoir coupant en
cas de rupture accidentelle.

1. Le verre, emballage Historique


primaire Comme le « matériau verre » lui-même, l’usage de récipients
en verre est très ancien puisque dès le 8 e siècle avant
1.1 Définitions et fonctions de l’emballage Jésus-Christ, les Égyptiens savent fabriquer du « verre creux » à
partir d’un moule (intérieur) en argile en utilisant une « canne »
La définition de l’emballage, qui figure dans la Directive UE 94/62 pour le soufflage. Au cours des siècles, le procédé évoluera peu.
[1], distingue et définit les diverses classes d’emballages. Au 17e siècle apparaît la première « bouteille » en verre, à peu
près en même temps que la découverte du « champagne » par
L’emballage correspond à tout produit constitué de matériaux de Dom Pérignon ; la conservation du liquide nécessite un
toute nature, destiné à contenir et à protéger des marchandises « emballage » résistant et étanche. Mais le procédé est toujours
données, allant des matières premières aux produits finis, à manuel (cueillage et soufflage à la bouche dans un moule).
permettre leur manutention et leur acheminement du producteur au
consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer leur présentation. Tous Ce n’est que dans la deuxième moitié du 19 e siècle que le
les articles « à jeter » utilisés aux mêmes fins doivent être considérés procédé commence à se mécaniser avec l’apparition de fours à
comme des emballages. bassin à température contrôlée et chauffage au charbon. À la fin
du 19e siècle apparaît également le soufflage à l’air comprimé et
On distingue :
l’utilisation d’un moule ébaucheur, mais le cueillage s’effectue
— l’emballage de vente ou emballage primaire, c’est-à-dire toujours à la main.
l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente une
unité de vente pour l’utilisateur final ou le consommateur ; La forme actuelle du procédé de fabrication est en effet
— l’emballage groupé ou emballage secondaire, c’est-à-dire relativement récente :
l’emballage conçu de manière à constituer au point de vente un — invention du distributeur de goutte en 1915 (« feeder ») ;
groupe d’un certain nombre d’unités de vente, qu’il soit vendu tel — machine IS de formage automatique à sections indivi-
quel à l’utilisateur final ou au consommateur, ou qu’il serve seule- duelles en ligne (machine inventée en 1925 aux États-Unis mais
ment à garnir les présentoirs au point de vente ; il peut être enlevé seulement généralisée en Europe à partir de 1960 pour devenir
du produit sans en modifier les caractéristiques ; le standard au cours des trente dernières années, en remplace-
ment des anciennes machines rotatives (Roirant).

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________________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES EN VERRE

— l’emballage de transport ou emballage tertiaire, c’est-à-dire Les emballages en verre s’adressent donc à quatre principaux
l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le trans- marchés de produits liquides, pâteux ou solides :
port d’un certain nombre d’unités de vente ou d’emballages groupés — produits alimentaires ;
en vue d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au — produits pharmaceutiques ;
transport. L’emballage de transport ne comprend pas les conteneurs — parfumerie et cosmétique ;
de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien. — produits chimiques et divers.
Les emballages en verre sont dans la quasi-totalité des embal- Les parts de marché respectives face aux emballages concurrents
lages primaires. varient beaucoup d’un pays à l’autre en fonction notamment :
Les principales fonctions de l’emballage primaire (et aussi en — du niveau de développement économique ;
général de l’emballage secondaire) sont les suivantes : — des habitudes de consommation ;
— maintenir la qualité du produit contenu tout au long du cycle — de l’âge des populations et de la démographie ;
de vie du couple contenant/contenu, depuis le conditionnement du — des réglementations et sensibilités environnementales ;
contenu jusqu’au stockage chez le consommateur (ou l’utilisateur) — de la nature des circuits de distribution ;
final ; — de la concurrence locale des autres emballages.
— satisfaire les besoins du consommateur (ou de l’utilisateur) : Le lecteur se reportera dans le « Pour en savoir plus »
commodité d’usage, de stockage, etc. ; [Doc. A 9 785] pour connaître les statistiques récentes sur les parts
— assurer la présentation du produit pour déclencher l’acte de marché observées en France dans certains secteurs des liquides
d’achat et la reconnaissance de la marque ; alimentaires où il existe une forte concurrence des autres matériaux.
— satisfaire aux règlements le concernant (fonctionnels, santé
En ce qui concerne les marchés de la pharmacie et de la santé
publique, etc.) ;
en général, le verre doit faire face à une très forte concurrence des
— satisfaire aux contraintes des lignes de conditionnement, du
plastiques dans le domaine des sirops et des flacons pour perfusion.
transport et de la distribution ;

4
Il conserve toutefois de très fortes positions pour le conditionnement
— satisfaire aux contraintes environnementales.
de produits sensibles.
Cette liste n’est pas exhaustive.
Dans le domaine de la parfumerie, le verre conserve des positions
L’ensemble des fonctionnalités attendues ne peut en général être extrêmement fortes dans la « haute parfumerie », marché où la
atteint qu’en associant emballages primaires, secondaires et France est leader mondial incontesté. La concurrence des embal-
tertiaires lors de la conception de l’emballage primaire. Dans le cas lages en plastique est forte dans le cas des produits cosmétiques
des emballages en verre, les fonctions de l’emballage ne sont et de la parfumerie dite « de grande diffusion ».
également obtenues que par l’association des principaux
Pour le conditionnement des produits chimiques, le verre est
composants : bouteille, pot au flacon, bouchage et parachèvement.
utilisé chaque fois que la nature du contenu le rend nécessaire.

1.2 Principaux types d’emballages en verre 1.3 La chaîne logistique


La chaîne logistique de l’emballage en verre comprend les phases
Il n’existe pas de définition normalisée des différents types
suivantes :
d’emballages en verre ; on distingue en général les principales
familles suivantes dont la terminologie est à la fois liée à la forme — extraction ou synthèse, puis transport des matières premières ;
et à l’usage : — composition et fabrication de l’emballage dans l’usine verrière ;
— transport verrerie → usine de conditionnement (parfois via un
— les bouteilles, caractérisées par une forme élancée, une ouver-
dépôt intermédiaire) ;
ture étroite (jusqu’à 38 mm) et plus spécialement destinées aux
— conditionnement du produit (remplissage de l’emballage) ;
liquides alimentaires et parfois aux produits chimiques ;
— distribution ;
— les flacons, de mêmes caractéristiques que les bouteilles mais
— consommation (ou utilisation) ;
en général de plus petite contenance ; le terme s’applique plus
— valorisation ou traitement des déchets d’ordures ménagères :
spécialement aux produits pharmaceutiques et aux marchés de la
valorisation par réutilisation (emballages consignés) ou par
parfumerie, de la cosmétique et des produits chimiques ;
recyclage matière avec retour dans la verrerie.
— les pots, se différenciant des bouteilles et flacons par une forme
plus trapue et une ouverture (bouchage) supérieure à 38 mm. Pour
les articles de contenance moyenne ou importante, on rencontre
aussi le terme de « bocal » qui est synonyme. Les marchés concernés
sont plus spécifiquement les produits alimentaires non liquides, les 2. Compositions et propriétés
produits cosmétiques et chimiques, parfois les produits
pharmaceutiques ;
des verres pour emballages
— les ampoules, dont le terme est réservé à des emballages en
forme de tubes effilés à leurs deux extrémités et utilisées quasi exclu- Le lecteur se reportera utilement, pour la définition du verre et
sivement dans les marchés de la pharmacie ou de la parapharmacie ; la description des principales propriétés, aux articles Verres [A 2 108]
— les carafes, réservées à certains emballages de spiritueux et Verres et produits verriers [A 2 100] dans le traité Plastiques et
(cognac, whisky, etc.) de haut de gamme ; ces « emballages » sont Composites.
en général en cristal et fabriqués en petites séries selon des procédés
spécifiques. Ils ne seront pas pris en compte dans cet article, relevant ■ Les verres utilisés dans l’emballage appartiennent à trois grandes
des industries de la cristallerie ; familles :
— les bonbonnes, caractérisées par leur grande contenance et — les verres sodocalciques, qui constituent la quasi-totalité de
dont il subsiste encore quelques rares applications, principalement ceux destinés à l’emballage des produits alimentaires ; ils sont égale-
avec les liquides alimentaires (vins, huiles, etc.). ment très largement utilisés pour les produits des industries pharma-
ceutiques, de la parfumerie et de la cosmétologie. Ce sont les plus
Les définitions n’étant pas rigoureuses, le terme appliqué à un
économiques pour leur usage ;
même emballage peut varier selon les marchés, les pays ou les habi-
tudes commerciales ; cela rend parfois délicates les interprétations
statistiques.

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EMBALLAGES EN VERRE _________________________________________________________________________________________________________________

— les verres borosilicatés, dont la résistance chimique et/ou au Les diverses teintes sont obtenues comme suit.
choc thermique est très supérieure, sont utilisés pour certains Verres blancs : ce sont des verres incolores, contenant des teneurs
produits pharmaceutiques ou chimiques ; en oxyde de fer aussi faibles que possible ; en pratique, ces teneurs
— les verres opales, qui sont des verres sodocalciques enrichis se situent entre 0,020 % et 0,060 % en Fe 2O3. Leur élaboration
en fluor dans lesquels l’opalisation est obtenue par précipitation de nécessite donc des matières premières, notamment le sable, de pre-
cristaux de CaF2 ou NaF. Ils sont utilisés pour les produits de la parfu- mière qualité. Les quelques traces de fer néanmoins introduites par
merie, de la cosmétique et parfois pour conditionner des spiritueux les matières premières confèrent au verre une légère nuance ver-
ou des liquides alimentaires de haut de gamme. dâtre en milieu oxydé qui peut être neutralisée par l’introduction
Le lecteur pourra se reporter aux articles cités précédemment pour d’éléments apportant une coloration rose, violacée
plus de précisions sur le rôle des différents composants dans les complémentaire ; il s’agit du procédé de décoloration chimique.
processus de fabrication et les propriétés des différentes classes de Verres mi-blancs : la teneur en oxyde de fer est alors supérieure
verre (également [9]). à 0,060 % et le procédé de décoloration ne peut être appliqué. La
Le tableau 1 regroupe les compositions usuelles des verres cités teinte très claire peut varier du bleu au jaune en fonction du degré
ci-dessus : on distingue les oxydes formateurs, les oxydes modifi- d’oxydation du fer, le bleu étant apporté par FeO et le jaune-vert
cateurs (comprenant fondants et stabilisants) et les constituants par Fe2O3 .
secondaires (colorants). On utilise aussi en très faible quantité des Verres champagne : ils possèdent une teinte verte nettement
constituants affinants oxydants (sulfates) ou réducteurs (coke ou prononcée, engendrée par la présence d’oxyde de fer en forte teneur
laitiers de haut-fourneau). (0) (de 0,1 % à 0,3 % en Fe2O3) et l’introduction d’oxyde de chrome
(environ 0,15 % en Cr2O3). Pour masquer l’effet trop cru de ce dernier
colorant, on peut exceptionnellement ajouter en très faible quantité
Tableau 1 – Composition pondérale (en % d’oxyde) des oxydes de nickel et de manganèse. La constance de la teinte
des verres pour emballages (caractéristiques spectrales) exige un contrôle précis et permanent

4 sodocalciques borosilicatés
de l’état d’oxydo-réduction de la masse en fusion (verres champagne
filtrant les rayons UV en particulier).
Verres à nuance jaune-brun : il s’agit d’une teinte particulière due
Verres neutre à la présence de sulfure et de polysulfures de fer développés dans
transpa-
opales ou Pyrex un verre de base fortement réducteur. Ces types de verre sont réputés
rents
verre I pour leur pouvoir filtrant élevé vis-à-vis de radiations nocives pour
Usages (1) A/B/C/D C B D certains liquides alimentaires et pharmaceutiques.

Oxyde formateur : ■ Matières premières utilisées pour la fabrication


silice SiO2 69-73 66-70 65-67 70-80 Les verriers élaborent des produits manufacturés directement à
partir de matières premières qui sont pour la plupart des produits
Oxydes modificateurs :
de carrière : le choix de ces matières sera donc fortement influencé
« soude » Na2O  12-14 11-13 10-11 4-6 par leur prix de revient, compte tenu des coûts de transport depuis
 fondants le site d’extraction ou de fabrication.
« potasse » K2O  0-1 0-1 0-3
L’origine des principaux oxydes figurant dans le tableau 1 est donc
« chaux » CaO  9-12 4-6 0,5-1 0-1
 la suivante.
B 2 O3  0,5-1,5 10-12 10-13 La silice, élément de base de tous les verres, provient des sables

BaO  stabilisants 0,5-1 3-4 de bonne qualité (granulométrie adéquate, absence de minéraux
 réfractaires et polluants).
Alumine Al2O3  1-3 5-8 3-7 4-6
 La « soude » est essentiellement un produit industriel de
Magnésie MgO  0-3 synthèse : le carbonate de sodium. C’est un composant de coût très
Composants secondaires : élevé, représentant à lui seul environ 60 à 70 % du coût total de la
oxydes colorants : composition.
FeO + Fe2O3 0-0,3 0-0,5 0-0,2 La chaux provient du calcaire (carbonate de calcium), exempt de
fer pour le verre blanc ou calcaire ordinaire pour tous les autres
Cr2O3 0-0,2 0-0,5
verres.
autres selon teinte 0-1 0-0,5
en parfumerie et cosmétique La magnésie est apportée par la dolomie, carbonate double de
calcium et de magnésium.
fluorures 4-6
L’alumine se trouve dans le feldspath, mais aussi dans un produit
(1) A Alimentaire secondaire de la sidérurgie : le laitier. Ces deux matières apportent
B Pharmacie (verres II et III) (§ 5.2)
avec l’alumine d’autres éléments (fer, potassium, sodium, etc.). Pour
C Parfumerie et cosmétique
D Produits chimiques les verres blancs, on a recours à un produit plus pur : l’alumine
hydratée ou calcinée.

■ Les principales teintes utilisées par marchés sont les suivantes.


● Pour les marchés des produits alimentaires :
— verres blancs ; 3. Fabrication des bouteilles,
— verres faiblement teintés : mi-blanc, cognac, émeraude, vert,
clair, feuille morte ;
pots et flacons en verre
— verres sombres à nuance verte : champagne clair, champagne
foncé, champagne filtrant les UV ;
par moulage
— verre à nuance brune : jaune, ambre.
La fabrication industrielle automatisée des bouteilles, pots et
● Pour les marchés de la pharmacie et des produits chimiques, ce
flacons en verre est réalisée selon le procédé général ci-dessous :
sont essentiellement les verres blancs-jaunes ou ambres.
— préparation du mélange vitrifiable [sable + carbonate de
● Pour les marchés de la parfumerie et de la cosmétique, les
sodium + carbonate de calcium + calcin (verre issu du recyclage)
teintes réalisées sont très diverses et continuellement renouvelées.
+ composants secondaires] ;

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
A 9 785 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle

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A9760

Emballages métalliques

par André KLENIEWSKI


Ingénieur Chimiste
Docteur ès Sciences
Directeur du Laboratoire d’Études et de Recherches des Emballages Métalliques (LEREM)

1. Matériaux utilisés et mise en œuvre .................................................. A 9 760 - 2


1.1 Matériaux à base d’acier ............................................................................. — 2
1.1.1 Tôle commerciale ............................................................................... — 3
1.1.2 Fer-blanc .............................................................................................. — 3

4
1.1.3 Fer noir ................................................................................................ — 4
1.1.4 Fer chromé .......................................................................................... — 4
1.1.5 Acier inoxydable ................................................................................. — 4
1.1.6 Mise en œuvre .................................................................................... — 4
1.2 Matériaux à base d’aluminium................................................................... — 5
1.2.1 Mise en forme ..................................................................................... — 5
1.2.2 Traitement de surface et revêtement ................................................ — 6
2. Typologie des emballages métalliques .............................................. — 6
2.1 Petits conteneurs ......................................................................................... — 6
2.2 Fûts et jerricans............................................................................................ — 7
2.2.1 Principaux types ................................................................................. — 7
2.2.2 Techniques de fabrication .................................................................. — 8
2.3 Bidons. Seaux. Boîtes.................................................................................. — 9
2.3.1 Principaux types ................................................................................. — 9
2.3.2 Techniques de fabrication .................................................................. — 10
2.4 Emballages à pression et emballages spéciaux ....................................... — 12
2.5 Systèmes de bouchage ............................................................................... — 12
2.5.1 Bouchages métalliques ...................................................................... — 12
2.5.2 Bouchages en matière plastique ....................................................... — 12
2.5.3 Systèmes mixtes................................................................................. — 13
2.5.4 Éléments à prendre en considération dans le choix des bouchons — 13
2.5.5 Exigences pour le perçage du dessus de l’emballage..................... — 13
3. Choix de l’emballage............................................................................... — 13
3.1 Compatibilité contenant/contenu ............................................................... — 13
3.1.1 Caractérisation du produit ................................................................. — 13
3.1.2 Éléments de l’emballage.................................................................... — 14
3.1.3 Essais de compatibilité....................................................................... — 14
3.2 Contraintes de transport et de législation ................................................. — 14
4. Conditions d’utilisation des emballages ........................................... — 14
4.1 Manutention................................................................................................. — 14
4.2 Entreposage ................................................................................................. — 14
4.2.1 Température et hygrométrie.............................................................. — 15
4.2.2 Atmosphère extérieure et propreté du bâtiment de stockage........ — 15
4.2.3 Après remplissage.............................................................................. — 15
4.3 Remplissage................................................................................................. — 16
5. Emballages métalliques et environnement ...................................... — 16
5.1 Récupération de l’acier................................................................................ — 16
5.2 Récupération de l’aluminium ..................................................................... — 16
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 760
Parution : février 1995

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EMBALLAGES MÉTALLIQUES _____________________________________________________________________________________________________________

ar emballages métalliques légers, on entend les emballages en acier


P (fer-blanc, fer noir et fer chromé) ou aluminium d’épaisseur nominale
inférieure ou égale à 0,49 mm.
La gamme de produits conditionnés en emballages métalliques légers est très
étendue. Les principaux secteurs utilisateurs de ces emballages sont :
— les produits appertisés ;
— les boissons ;
— les produits laitiers ;
— les produits alimentaires non appertisés ;
— les produits chimiques et industriels : peinture, vernis, lubrifiants, etc. ;
— les produits cosmétiques, biologiques et les médicaments ;
— le bouchage en général.
L’agroalimentaire constitue un débouché important de cette industrie :
— emballages pour agroalimentaire (boissons comprises)..................... 70 %
— emballages pour produits industriels (chimie, peinture, vernis,
lubrifiants, etc.) ................................................................................................ 12 %
— boîtiers aérosols ...................................................................................... 9%
— bouchage.................................................................................................. 9%
Les emballages métalliques offrent de nombreux avantages :
4 — une bonne étanchéité et une imperméabilité aux gaz ;
— une grande résistance mécanique aux contraintes et aux chocs ;
— une bonne compatibilité avec la majorité des produits, et notamment des
solvants ;
— une stabilité des matériaux qui permet une bonne conservation du produit
et préserve ses qualités organoleptiques ;
— une recyclage facile et économiquement très acceptable, ce qui présente un
atout important pour l’environnement ;
— une bonne conductivité thermique (facilité de chauffage et de réfrigération) ;
— une excellente tenue à la pression interne (boîtiers d’aérosol) ;
— une protection du contenu des rayonnements solaires ;
— une bonne tenue aux radiations ionisantes.
Par ailleurs, la boîte constitue un très bon support pour l’obtention de décors
de haute qualité, à partir des techniques d’impression offset, et contribue à
l’image de marque des produits contenus.

1. Matériaux utilisés caractéristiques nouvelles, au point qu’il est admis, par tous les
spécialistes, que ce matériau est loin d’avoir donné toute sa mesure.
et mise en œuvre Les problèmes de compatibilité avec les produits alimentaires et
de réglementation pour les matières dangereuses sont examinés
dans les articles spécialisés du présent traité.
1.1 Matériaux à base d’acier Le matériau utilisé sera différent selon qu’il s’agit :
— de fûts (ou autres emballages industriels tels que jerricans,
Chacun croit connaître l’acier. Chacun pense qu’il s’agit d’un
caisses, petits conteneurs ) : ils ont une épaisseur supérieure à
matériau lourd, réservé à la grosse industrie. Or ses grandes qualités
0,49 mm et sont fabriqués en tôle commerciale (§ 1.1.1) ;
de souplesse et de résistance en font un matériau particulièrement
— d’emballages légers (boîtes, bidons, seaux, etc., de contenance
innovant et adaptable.
inférieure ou égale à 40 L ou 50 kg) : ils ont une épaisseur inférieure
En effet ces quinze dernières années, l’acier est entré dans une ou égale à 0,49 mm et sont fabriqués en fer-blanc (§ 1.1.2) ou en fer
nouvelle phase de développement grâce à des progrès techniques noir (§ 1.1.3). Pour certaines applications, on peut cependant cher-
révolutionnaires. La coulée continue, le procédé de double réduction cher à remplacer le fer-blanc par des fers sans étain ( fers
à froid, le traitement sous vide ont permis d’accroître la qualité des chromés, § 1.1.4) ; l’acier inoxydable (§ 1.1.5), matériau très noble,
aciers, leur homogénéité, leur propreté interne et par conséquent n’est utilisé que pour l’emballage de produits très corrosifs et très
leur plasticité. Les résistances et la malléabilité augmentent, les chers.
épaisseurs des emballages diminuent à performances égales ou Remarque : pour des contenances ne dépassant pas 5 L, les emballages métalliques indi-
supérieures. On en est déjà à la cinquième génération de boîtes acier viduels sont transportés dans des caisses, généralement en carton (emballage combiné ),
alimentaires ! ou en charges palettisées.
Pour des contenances supérieures, ils sont utilisés seuls comme emballages de
Dans 95 % des cas, les techniques utilisées aujourd’hui n’existaient transport.
pas il y a 15 ans. On découvre sans cesse des nuances d’acier aux

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____________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES MÉTALLIQUES

1.1.1 Tôle commerciale ■ Fer-blanc simple réduction : il est réalisé à partir d’une bande
d’acier qui, après un laminage à froid, a subi un recuit et un écrouis-
Il s’agit de tôle en acier doux, laminée à froid et recuite, conforme sage superficiel ; l’épaisseur finale est comprise entre 0,1 et 0,49 mm.
à l’euronorme NF EN 10130. Pour ce type de fer-blanc, il existe six classes de dureté, exprimées
dans l’échelle Rockwell 30 T (cf. norme NF EN 10203), la dureté allant
Toutes les forges sont susceptibles de fournir les tôles spécifiques en croissant de la classe T 50 (HR 30 T  52) à la classe T 65
à chaque fabrication : fûts de divers types (§ 2.2), caisses, petits (HR 30 T = 61 à 69).
conteneurs (§ 2.1), etc.
■ Fer-blanc double réduction : il est fabriqué à partir d’une bande
d’acier qui, après un premier laminage à froid et le recuit, subit une
1.1.2 Fer-blanc deuxième réduction d’épaisseur à froid d’environ 30 %. L’acier ainsi
obtenu est généralement plus raide que celui de la classe T 65 en
On appelle fer-blanc une mince feuille d’acier doux, d’une épais- simple réduction, ce qui permet d’utiliser des fers plus minces sans
seur inférieure à 0,49 mm, recouverte électrolytiquement d’étain sur perte de la résistance de l’emballage. Ses caractéristiques
ses deux faces [1]. mécaniques sont anisotropes et il faut, pour l’utiliser, tenir compte du
sens du laminage.
Le fer-blanc possède une structure stratifiée ; on rencontre, en
partant de l’acier, une couche d’étain allié de 0,08 µm, une couche Les épaisseurs habituellement réalisées en fer-blanc double réduc-
d’étain libre de 0,3 à 0,7 µm, une couche de passivation de 0,002 µm tion vont de 0,14 à 0,29 mm.
et une couche d’huile de 0,002 µm.
Les caractéristiques générales des fers-blancs sont définies dans [Link] Caractéristiques du revêtement
l’euronorme NF EN 10203. Le revêtement d’étain est obtenu par dépôt électrolytique. Ce
Il faut noter deux propriétés importantes du fer-blanc pour la fabri- procédé a supplanté la technique traditionnelle d’étamage à chaud,

4
cation des emballages métalliques : la soudabilité et l’aptitude au employée jusqu’en 1979. Ce procédé consistait à tremper les feuilles
vernissage (§ 1.1.6). de fer dans un bain d’étain en fusion.
Le fer-blanc électrolytique est obtenu soit par étamage alcalin à
[Link] Acier de base partir de bains d’étain tétravalent, soit par étamage acide à partir
de bains d’étain bivalent. Il n’acquiert son fini brillant et sa couche
C’est un acier doux dont la composition chimique (% en masse) d’alliage qu’après fusion du revêtement d’étain. Lorsque l’opération
peut varier jusqu’à ces limites supérieures (d’après la production de de fusion est omise, le fer-blanc est dit mat et la couche d’alliage
Sollac) : est absente. Sauf spécification contraire, le fer-blanc électrolytique
carbone..........................................................  0,13 est livré brillant. Ce procédé d’étamage électrolytique, plus rapide
manganèse....................................................  0,70 et plus précis que l’étamage à chaud a permis une forte réduction
phosphore ...................................... de 0,015 à 0,15 de la masse d’étain et une offre plus diversifiée des taux d’étamage.
soufre.............................................................  0,05 Le taux d’étamage s’exprime en grammes par mètre carré (g/m2).
azote ..............................................................  0,02 Sa valeur moyenne ne devra pas être inférieure au taux d’étamage
silicium ..........................................................  0,02 minimal approprié, conformément au tableau 1 (d’après l’euro-
cuivre .............................................................  0,20 norme NF EN 10203). (0)
La carbone confère à l’acier résistance mécanique et dureté. Les
teneurs en aluminium et en silicium varient en fonction du type de
calmage. Le phosphore et l’azote jouent le rôle d’agents raidisseurs : Tableau 1 – Taux d’étamage normalisés
ils ne sont cependant présents dans l’acier, à des teneurs corres- (d’après la norme NF EN 10203)
pondant éventuellement aux limites supérieures indiquées, que s’ils
ont été ajoutés intentionnellement pour réaliser du fer-blanc à Taux d’étamage Taux d’étamage
usages spéciaux, comme par exemple des emballages devant Codification nominal moyen minimal
supporter de fortes pressions internes.
(g/m2) (g/m2)
En présence de milieux corrosifs, la teneur en phosphore doit être
réduite, cet élément diminuant la résistance à la corrosion. D’une Fer-blanc électrolytique à étamage égal
façon générale, la composition chimique de l’acier n’est pas sans sur total des
incidence sur la résistance à la corrosion du fer-blanc par les produits chaque face deux faces total des deux faces
alimentaires acides. Ainsi, moins il y a de traces de non-métaux dans E 1,0/1,0 1,0 2,0 1,5
l’acier, meilleure en est la résistance naturelle à la corrosion. C’est E 2,0/2,0 2,0 4,0 3,4
pourquoi la norme ASTM 623-90 distingue : E 2,8/2,8 2,8 5,6 4,9
— l’acier du fer-blanc destiné aux produits fortement corrosifs : E 5,6/5,6 5,6 11,2 10,2
il doit être pauvre à la fois en non-métaux et en éléments métalliques E 8,4/8,4 8,4 16,8 15,5
résiduels, c’est l’acier type L (low metalloid) ; E 11,2/11,2 11,2 22,4 20,6
— celui destiné aux milieux moyennement corrosifs : les res- E 15,1/15,1 15,1 30,2 28,4
trictions relatives au phosphore et au cuivre sont allégées et celles
relatives aux éléments résiduels supprimées, c’est l’acier type MR. Fer-blanc électrolytique à étamage différentiel
sur sur sur sur
[Link] Caractéristiques mécaniques de l’acier une face l’autre face une face l’autre face
D 5,6/2,8 5,6 2,8 5,1 2,45
Le fer-blanc doit se prêter aisément à la mise en forme et doit offrir
D 8,4/2,8 8,4 2,8 7,75 2,45
une résistance suffisante au cours de l’emploi envisagé. L’acier sera
D 8,4/5,6 8,4 5,6 7,75 5,1
donc, selon le cas, choisi plus ou moins raide (la raideur correspond
à la résistance à la déformation par cintrage) ; autrefois, l’aptitude D 8,4/11,2 8,4 11,2 7,75 10,3
à la déformation était le seul critère de caractéristiques mécaniques. D 11,2/2,8 11,2 2,8 10,3 2,45
Maintenant une classification, adaptée aux nouvelles méthodes de D 11,2/5,6 11,2 5,6 10,3 5,1
fabrication, a été élaborée sous le nom de temper . La raideur D 15,1/5,6 15,1 5,6 13,3 5,1
s’apprécie par mesure de la durée superficielle.

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EMBALLAGES MÉTALLIQUES _____________________________________________________________________________________________________________

La couche d’alliage étain-fer du fer-blanc électrolytique brillant est 1.1.4 Fer chromé
obtenue à la suite de l’opération de refusion.
Le taux d’étain allié se situe entre 0,4 et 1,25 g/m2 simple face. Le fer chromé (en anglais : tin free steel ou TFS, normalisé sous
le nom de ECCS : electrolytic chromium/oxide coated steel ) est
[Link] Étamages particuliers obtenu à partir d’une feuille ou d’une bande d’acier qui cette fois
est revêtue d’un film de chrome et d’oxydes de chrome, d’épaisseur
Il est cependant possible de produire, en faisant appel à des très inférieure au micromètre. L’épaisseur de ce matériau varie entre
variantes de fabrication généralement brevetées, du fer-blanc 0,15 et 0,49 mm.
électrolytique avec une couche d’alliage présentant des caractéris-
tiques particulières de continuité. Les fers chromés font l’objet des normes NF EN 10202 et
ASTM 623, 657.
Ce fer-blanc est alors dit de type K. La structure et la continuité
de la couche d’alliage confèrent à ce type de fer-blanc une résistance
accrue à la corrosion par certains produits alimentaires acides. 1.1.5 Acier inoxydable
Les fers-blancs ainsi élaborés, désignés par la lettre K, sont en
principe réservés à la fabrication d’éléments de boîtes non vernis. L’acier inoxydable est utilisé pour certains emballages consignés
Les fers-blancs du type K répondent à un certain nombre de critères destinés à l’industrie chimique et pour lesquels on exige des qualités
de qualité définis à la suite des essais, tels que les essais dits AT particulières de résistance chimique.
(alloy tin couple test), ISV (iron solution value), PLT (pickle lag test),
À côté des multiples types d’aciers inoxydables pour les
la mesure de la taille du grain d’étain, etc. [2].
emballages légers, deux principaux peuvent être utilisés pour les
Les deux faces peuvent par ailleurs avoir soit le même revêtement emballages de transport, en particulier pour les fûts (cf. normes
d’étain, soit des revêtements d’épaisseurs différentes, auquel cas le NF A 35-573 et NF A 35-574) :
fer-blanc est dit d’étamage differentiel (ce qui permet une économie

4
— l’acier inoxydable NS 22 S (acier austénitique type 18-10 à très
d’étain). basse teneur en carbone) ;
En vue de distinguer les produits ayant des étamages différentiels, — l’acier inoxydable NSMC (acier austénitique type 18-10 avec
un marquage doit être apposé sur l’une des faces de la feuille. addition de molybdène, stabilisé au titane, ce qui augmente
Habituellement, ce marquage est apposé sur la face la plus riche, considérablement la résistance chimique à la plupart des milieux
mais il peut être convenu qu’il sera apposé sur la face pauvre. Le corrosifs plus élaborés) ; il ne nécessite pas de traitement thermique
marquage consiste en lignes droites parallèles mates d’environ après le soudage, la stabilisation du métal étant obtenue par addition
1 mm de largeur et espacées de 75 mm. suffisante de titane.
Si le marquage est apposé sur la face la plus riche, toutes les lignes
seront continues ; s’il est apposé sur la face la moins riche, une ligne
sur deux au moins sera discontinue. Dans tous les cas, la codification 1.1.6 Mise en œuvre
indique en premier le taux d’étamage de la face marquée ; la face
à placer vers le haut lors de l’empilage doit être clairement indiquée Les fers-blancs et les fers noirs ou chromés arrivent dans les usines
sur la commande. transformatrices en feuilles de 450 à 1 195 mm de long et de 590 à
1 145 mm de large ou en bobines de 5 à 10 t. Ces cotes et ces masses
[Link] Fers à faible revêtement d’étain varient suivant le type de boîte à réaliser. Pour certaines, de grande
série, des fers spéciaux aux tolérances bien déterminées permettent
Les recherches de nouveaux matériaux à haute performance, tout de réduire les chutes au minimum.
en permettant de réduire le taux d’étain, ont abouti à une nouvelle
génération de fers LTS (low tin steel) à faible revêtement d’étain. Ces feuilles sont alors imprimées, vernies, ou utilisées en l’état
Les matériaux subissent une élaboration originale du revêtement, (on dit alors qu’elles sont nues ). Elles sont ensuite découpées, mises
par exemple, en optimisant le dépôt de chrome et l’oxyde de chrome en forme et assemblées.
issus de la passivation, ou encore en faisant intervenir une couche Pour les fûts, les traitements de surface (revêtements, décorations)
de nickel. sont le plus souvent effectués après fabrication.
Les principales techniques d’assemblage sont, dans l’ordre de leur
évolution (figure 1) :
1.1.3 Fer noir — montage à plat et soudage à l’étain ;  fers-blancs
— agrafage contresoudé à l’étain ;  seulement
On entend par fer noir une tôle en acier doux, de même 
— agrafage-thermocollage ;
composition, de même épaisseur et de mêmes caractéristiques que — soudage électrique (recouvrement  3 mm ) ;
le fer-blanc (§ 1.1.2), laminée à froid et n’ayant subi ni étamage, ni — soudage électrique bout à bout (recouvrement 0,4 mm) dit
huilage, ni aucun autre traitement de surface. WIMA (wire mashing automatic bodymaker, à électrode continue en
Le fer noir n’ayant pas subi de traitement de protection de surface fil de cuivre).
est donc sensible à la corrosion en général et à la corrosion atmos- Pour la fabrication en grande série d’emballages en fer (blanc, noir
phérique en particulier. C’est pourquoi il est recommandé de le ou chromé), l’assemblage se fait par soudage électrique (en
protéger, par exemple, en le vernissant dans les plus brefs délais. particulier WIMA ). L’agrafage contresoudé du fer-blanc est toutefois
Pour les caractéristiques mécaniques, on se reportera utilement encore utilisé pour certaines boîtes à conserves. L’agrafage-thermo-
à l’euronorme NF EN 10205. L’épaisseur du fer noir peut varier entre collage est employé pour l’emballage industriel.
0,15 et 0,49 mm. En 1992, sa production a atteint 12 000 t (docu- En dehors de ces techniques de grande série, il faut également
mentation provenant de chez Sollac). citer l’assemblage par soudure de la tôle commerciale, de l’acier
inoxydable et d’autres métaux ferreux. En général, il s’agit du
soudage électrique à la molette pour lequel les spécifications sont
définies par l’Institut de soudure.

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A9765

Emballages en carton ondulé

par des représentants d’entreprises adhérents à l’Union syndicale


française du carton ondulé

1. Le carton ondulé ...................................................................................... A 9 765 - 2


1.1 Structures ..................................................................................................... — 2
1.2 Composants ................................................................................................. — 2
1.2.1 Couvertures......................................................................................... — 2
1.2.2 Cannelures .......................................................................................... — 2
1.2.3 Colles ................................................................................................... — 2

4
1.3 Fabrication.................................................................................................... — 2
1.3.1 Onduleuse ........................................................................................... — 2
1.3.2 Mariage................................................................................................ — 4
2. Emballages en carton ondulé ............................................................... — 4
2.1 Fabrication.................................................................................................... — 4
2.1.1 Caisses à rabats .................................................................................. — 4
2.1.2 Articles découpés ............................................................................... — 5
2.1.3 Petit façonnage ................................................................................... — 6
2.1.4 Impression........................................................................................... — 6
2.2 Modèles d’emballages ................................................................................ — 6
2.3 Performances des emballages en carton ondulé...................................... — 6
2.3.1 Contraintes mécaniques subies par l’emballage ............................. — 6
2.3.2 Contraintes physiques subies par l’emballage ................................ — 7
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 765

e renforcement des surfaces planes par ondulation, utilisé aux XVIe siècle
L dans l’habillement (collerettes tuyautées), fait à partir de 1819 l’objet de diffé-
rents brevets (métaux en feuille, textiles). Les premiers brevets concernant le
papier sont américains : utilisation du papier ondulé (1871), du simple face (1890).
La première onduleuse (anglaise) est installée en France en 1888 par une firme
américaine. La première onduleuse française est construite de 1891 à 1893. Les
premières caisses à rabats apparaissent en Amérique du Nord, d’où le nom
encore courant de caisse américaine.
La première machine de fabrication automatique de caisses est créée en 1914.
La vitesse de l’onduleuse passe de 5 à 6 m/min en 1903 à 20 m/min en 1920,
90 m/min, en 1939, et jusqu’à 300 m/min actuellement.
En chiffre d’affaires, le carton ondulé est en position de leader vis-à-vis des
autres matériaux d’emballage et de conditionnement. Il est utilisé dans toutes
les industries et professions, y compris l’agriculture et les services.
Dans les papiers utilisés pour la fabrication du carton ondulé, 70 % proviennent
de France. La production française de papiers pour le carton ondulé utilise 86 %
de papiers recyclés. Par ailleurs, les emballages en carton ondulé usagés sont
récupérés à près de 70 %.
Parution : octobre 1996

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99
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A9765

EMBALLAGES EN CARTON ONDULÉ ________________________________________________________________________________________________________

1. Le carton ondulé ■ Autres couvertures


Papiers essentiellement à base de fibres recyclées, généralement
sans garantie d’aspect.
1.1 Structures
L’étude de la résistance des matériaux a permis, dans le cas des 1.2.2 Cannelures
matériaux de construction, de remplacer de lourdes poutres
massives par des structures profilées aussi rigides mais plus légères. [Link] Papiers
De la même façon, le carton ondulé permet de remplacer un lourd
■ Papier mi-chimique
carton massif par plusieurs feuilles planes maintenues équidistantes
par une ou plusieurs entretoises de forme ondulée (figure 1) : À l’origine, papiers à base de fibres neuves obtenues par un pro-
— les feuilles planes externes sont appelées couvertures ; cédé chimique et mécanique, et pouvant incorporer des fibres recy-
— les feuilles planes internes sont appelées médianes ; clées. Les grammages sont compris entre 105 et 250 g/m2.
— les feuilles ondulées formant entretoise sont appelées canne- ■ Wellenstoff
lures. Papiers essentiellement à base de fibres recyclées.
Le simple face (SF, figure 1) est constitué d’une couverture et ■ Papier pour autres cannelures
d’une cannelure solidarisées par des joints de colle sur les crêtes
de cannelure en contact avec la couverture ; il est utilisé comme Papiers à base de fibres de paille.
papier d’emballage renforcé, calage, support pour panneaux divers
et se stocke en rouleaux. [Link] Types et profils des cannelures
Les autres types de carton ondulé énumérés ci-après sont rigides La technologie de fabrication conduit à onduler le papier cannelure

4
et donc découpés en plaques dès qu’ils sont fabriqués. Leur utili- selon des profils pseudo-sinusoïdaux de cinq grands types (figure 2
sation essentielle est l’emballage. et tableau 1). (0)
Le double face (DF, figure 1) est formé d’un simple face et d’une
couverture collée sur la face libre de la cannelure.
Le double double (DD, figure 1) associe deux simples faces et Tableau 1 – Cinq grands types de cannelures
une couverture.
Épaisseur
Le triple cannelure (TC, figure 1) associe trois simples faces et Symboles Types de cannelures
du carton ondulé
une couverture.
très grande cannelure supérieure à 6 mm
A grande cannelure de l’ordre de 5 mm
1.2 Composants C moyenne cannelure de l’ordre de 4 mm
B petite cannelure de l’ordre de 3 mm
E microcannelure inférieure à 2 mm
1.2.1 Couvertures
■ Kraftliner Pour le carton ondulé à plusieurs cannelures, les mêmes symboles
À l’origine, papiers à base de fibres neuves obtenues par un pro- sont utilisés et spécifiés dans l’ordre : cannelure extérieure vers
cédé chimique au sulfate de sodium ou à la soude, mais pouvant cannelure intérieure, par exemple BC-BAA.
incorporer actuellement des fibres recyclées. Le kraftliner est
d’aspect écru ou blanc. Les grammages sont compris entre 115
et 440 g/m2. 1.2.3 Colles
■ Testliner
Papiers essentiellement à base de fibres recyclées dont les La performance de la structure dépend étroitement de la qualité
grammages sont similaires à ceux du kraftliner. Le testliner est du collage. Les colles utilisées pour le collage couverture-cannelure
d’aspect écru ou blanc. sont à base d’amidon. Déposé sur les sommets de cannelures,
l’amidon se gélatinise sous l’effet de la chaleur et assure l’assem-
blage des papiers.
Pour un carton double face, le dépôt de colle sec est de 10
à 30 g/m2 . Des agents conférant une résistance à l’humidité du joint
de collage sont parfois incorporés à la colle.

1.3 Fabrication
1.3.1 Onduleuse
Cette machine, d’une centaine de mètres de longueur et d’une lar-
geur de 2 à 2,6 m (figure 3), se compose des éléments suivants.

Figure 1 – Principaux types de carton ondulé

Figure 2 – Profil de cannelures

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100
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A9767

Emballages en carton ondulé


Code international pour emballage carton
par FEFCO
et ASSCO

1. Symboles utilisés dans les dessins et dans les systèmes


informatiques (tableau 1)............................................................. Form. A 9 767 - 2
2. Principes (tableau 2)...................................................................... — 2
3. Désignation des principaux groupes de modèles (tableau 3) — 3

4
4. Codes et schémas (tableau 4) ..................................................... — 4

e code a été établi par la FEFCO et l’ASSCO, pour être utilisé comme sys-
C tème de symboles simples, indépendants des langues et internationale-
ment intelligibles, permettant la désignation de types d’emballages en carton
sans avoir recours à des descriptions verbales souvent longues et compliquées.
Il peut ainsi faciliter la désignation des emballages dans les relations commer-
ciales.
La FEFCO et l’ASSCO sont seules habilitées à apporter des suppléments et
des modifications à ce code.
Les codes non définis dans le tableau 4 se trouvent dans le code complet
FEFCO/ASSCO.
Parution : janvier 1997

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101
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A9767

EMBALLAGES EN CARTON ONDULÉ _______________________________________________________________________________________________________

(0)

Tableau 1 – Symboles utilisés dans les dessins et dans les systèmes informatiques
Signification des dessins Signification des dessins
Schéma Schéma
(avec code informatique) (avec code informatique)
Coupes, refoulures, entailles, etc. Joints d’assemblage
Contours des caisses montées (CL)
Lignes de coupe des formats de caisse Joint agrafé (SJ)
Échancrures (SC) Joint à bande gommée (TJ)
Joint à patte collée (GJ)
Refoulures (pli vers l’intérieur) (CI)
Refoulures (pli vers l’extérieur) (CO) Ouvertures
Poignée décortiquée (PC)
Coupe mi-chair (vers l’intérieur) (SI)

Poignée non décortiquée (UC)


Coupe mi-chair (vers l’extérieur) (SO)

4
Poignée non décortiquée (NC)
Double ligne de refoulage (DS)

Lignes de perforation (PL) Sens de la cannelure


Bords anti-coupe (SE)
Indicateur du sens de la cannelure (FD)
Lignes d’arrachage (TP)

(0)
Tableau 2 – Principes
Dimensions des emballages
Pour mesurer et commander des emballages carton, ne pas oublier d’indi- Pour les caisses télescopiques, la hauteur h de la partie supé-
quer les dimensions intérieures en millimètres (mm) comme suit : rieure (couvercle) sera indiquée comme la quatrième dimension
après une barre oblique, soit :
longueur (L ) × largeur (B ) × hauteur (H )
355 × 205 × 120/40 mm
avec longueur (L ) dimension la plus longue à l’ouverture, (L ) (B ) (H ) (h )
largeur (B ) dimension la plus courte à l’ouverture,
Pour les caisses avec rabats extérieurs recouvrants, la profon-
hauteur (H ) dimension du niveau de l’ouverture jusqu’à la base. deur de recouvrement o sera indiquée comme une quatrième
Les dimensions doivent être mesurées dans les conditions de climat dimension, après une barre oblique, soit :
normalisées sur le format à plat, à partir du milieu des lignes de refoulage.
Les dimensions réelles sont ensuite déduites en prenant en compte l’épais- 355 × 205 × 120/40 mm
seur de la plaque. (L ) (B ) (H ) (o )

Combinaisons des types de caisses


Les types d’emballages indiqués ici sont parmi les types les plus employés dans le commerce des caisses en carton. Si l’emballage fini est une
combinaison de deux ou trois modèles de base, par exemple disposition des rabats, ils peuvent être décrits comme suit :
Exemple 1
Rabats du dessus comme le 0201
Rabats du fond comme le 0215
Ce type doit être désigné comme suit
0201/0205 (rabats du dessus/rabats du fond)

Exemple 2
Le type de base est principalement du type 0303 mais le pli diagonal du
couvercle est sur le petit côté (BH ) et donc agrafé sur le grand côté
(LH ).
Ce type est décrit comme le 0303 BH /LH.
Les plis diagonaux sont dans les deux parties sur le petit côté (BH ).
Ce type doit être désigné comme suit : 0303 BH /BH.

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102
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AM3575

Emballages plastiques
Polymères utilisés
par Pierre CHOMON
Cofondateur de la société Soplaril
Chargé de conférences et de formations

1. Polymères de grande diffusion ............................................................ AM3575 – 2


1.1 Polyéthylène (PE) ......................................................................................... – 3
1.2 Polypropylène (PP) et polypropylène biorienté (OPP) .............................. – 6
1.3 Polystyrène (PS)........................................................................................... – 9
1.4 Poly(chlorure de vinyle) (PVC) .................................................................... – 10
2.
2.1
Polymères techniques et choix innovants ........................................
Polyamides (PA)...........................................................................................


12
12
4
2.2 Poly(chlorure de vinylidène) (PVDC) .......................................................... – 15
2.3 Copolymère poly(éthylène/alcool vinylique) (EVOH) ............................... – 16
2.4 Polyéthylène téréphtalate (PET) ................................................................. – 18
3. Quelques polymères originaux ............................................................. – 22
3.1 Acide polylactique (PLA) ............................................................................. – 22
3.2 Autres biopolymères ................................................................................... – 23
Pour en savoir plus .................................................................................. Doc. AM3575

es différents polymères utilisés dans le domaine de l’emballage doivent


L remplir trois fonctions principales :
– présentation ;
– conservation ;
– machinabilité.
C’est pourquoi, dans nombre de cas, plusieurs sont associés soit entre eux –
par complexage, extrusion-lamination, extrusion-couchage, tandem extrusion
et de plus en plus par coextrusion (voir « Emballages plastiques. Procédés de
transformation et applications » [AM 3 576]), soit en y ajoutant du papier et/ou
une feuille d’aluminium.
Parution : avril 2008 - Dernière validation : septembre 2018

La présentation permet de séduire l’acheteur potentiel, par le graphisme, les


couleurs et ainsi synthétise rapidement le segment dans lequel le client fait tra-
ditionnellement ses achats (produit festif, lancement promotionnel ou par lots).
La conservation s’échelonne de quelques jours à 24 mois, avec ou sans chaîne
de froid, ce qui implique des niveaux différents de barrière (O2, H2O, UV) (voir
« Propriétés barrières des polymères utilisés en emballage » [AM 3 160]) mais
aussi des soudures d’une étanchéité relative ou au contraire absolue.
La machinabilité est l’aptitude que présente le matériau à être utilisé sur une
des technologies disponibles : sachets préfabriqués, machine verticale,
machine horizontale, machine de thermoformage, operculage de barquettes et
de pots, machine par pliage (voir « Machines d’emballages. Produits secs et
petits objets » [AG 6 601]).
C’est à toutes ces contraintes que doit répondre l’équipe de la R&D afin de
satisfaire le cahier des charges fourni par le service marketing. La connais-
sance des propriétés des polymères et des possibilités de mise en œuvre le
guide dans son choix.

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AM3575

EMBALLAGES PLASTIQUES ___________________________________________________________________________________________________________

Sigles et abréviations 1. Polymères de grande


Abréviation Définition diffusion
ABS poly(styrène/butadiène/acrylonitrile)
Le schéma de raffinage du pétrole brut (figure 1) montre que
APET polyéthylène téréphtalate amorphe lors du vapocraquage, on reprend le naphta de la distillation
CPET polyéthylène téréphtalate cristalisable atmosphérique et les produits lourds de la distillation sous vide
pour produire au final :
DLUO date limite d’utilisation optimale – l’éthylène, monomère du polyéthylène ;
EBA poly(éthylène/acrylate de butyle) – le propylène, monomère du polypropylène ;
– le benzène, monomère du polystyrène.
EEA poly(éthylène/acrylate d’éthyle)
Ces trois matériaux sont de loin les plus utilisés dans le domaine
EMA poly(éthylène/acrylate de méthyle) de l’emballage.

ETO ethylen oxide ou poly(oxyde d’éthylène) Le tableau 1 complète ce schéma en montrant que, quelle que
soit l’origine des matières premières (charbon, gaz, pétrole), on
EVA poly(éthylène/acétate de vinyle) passe par la phase des « grands intermédiaires » pour aboutir aux
produits finis utilisés par les transformateurs : textile, monofila-
EVOH poly(éthylène/alcool vinylique) ment, extrusion en films et feuilles, injection-soufflage et extru-
LLDPE linear low density polyethylene sion-soufflage pour les corps creux, rotomoulage, calandrage,
thermoformage, injection, coextrusion (tuyaux, films et feuilles),
LTS low temperature sealing mousse expansée.

4 MAP
MIF
modified atmosphere packaging
melt flow index
OPA polyamide biorienté Phase 1 : distillation atmosphérique

OPET polyéthylène téréphtalate biorienté Propane


Brut Butane
OPP polypropylène biorienté 500 000 TM Essences légères
OPVC poly(chlorure de vinyle) biorienté Naphta 100 000 TM
Chauffage Kérosène
PA polyamide 300 à 350 ∞C Gasoil léger
PAN polyacrylonitrile Produits lourds
PBT polybutylène téréphtalate – copolyester
PC polycarbonate Phase 2 : distillation sous vide

PCTFE poly(chlorotrifluoroéthylène) Gasoil lourd


Produits Distillation 1
PE polyéthylène lourds Distillation 2
PE-BD polyéthylène basse densité Huiles de graissage
Chauffage Produits résiduels
PE-HD polyéthylène haute densité 370 à 400 ∞C
PET polyéthylène téréphtalate (film mince) Bitumes
PETG polyester téréphtalateglycol modifié – copolyester
PLA acide polylactique Phase 3 : steam cracking ou vapocraquage

PP polypropylène Hydrogène
Méthane
PS polystyrène
Éthane
PSC polystyrène choc Éthylène C2 → 28 000 TM
PSE polystyrène expansé Naphta + Propane
distillation 2 Propylène C3 → 13 000 TM
PSEE polystyrène expansé/expansé-billes 100 000 TM
Butadiène C4 → 4 000 TM
PTFE poly(tétrafluoroéthylène) Butane
Chauffage
Benzène → 12 500 TM
PU polyuréthaneréthane 840 ∞C
sous 1 bar Toluène
PVAL poly(alcool de vinyle) Xylènes
Goudrons → 26 000 TM
PVC poly(chlorure de vinyle) + divers
PVDC poly(chlorure de vinylidène)
TM : tonne métrique
PVOH poly(alcool de vinyle)
SAN poly(styrène/acrylonitrile) Figure 1 – Raffinage du brut (source Emballages Magazine)

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___________________________________________________________________________________________________________ EMBALLAGES PLASTIQUES

Tableau 1 – Matières plastiques issues du pétrole, du gaz naturel et du charbon


Matières premières Produits intermédiaires Monomères Matières plastiques
Pétrole Éthylène Polymérisation Polyéthylène
Gaz naturel Éthylbenzène – Styrène Polystyrène
Chlorure d’éthyle Silicone
Dichloréthane – Chlorure de vinyle PVC
Tétrafluoréthylène PTFE
Oxyde d’éthylène Polyester
Pétrole Propylène Polymérisation Polypropylène
Gaz naturel Chlorure allylique Polyester
Phénol – Cyclohéxanol Polyamide 6
Alcool iso
Acrylonitrile ABS – SAN
Charbon (coke) Acétylène (éthyne) Acrylonitrile Métacrylate
Gaz naturel Chlorure de vinyle PVC
Dérivés vinyliques Acétate de polyvinyle
Gaz naturel Butane Butadiène Caoutchouc
Pétrole Butylène (butène) Styrène

4
Butadiène
Charbon Méthane Méthanol : Phénol Formol
(gaz de houille) – Formaldéhyde Mélamine Formol
Pétrole – Acétate de vinyle Urée Formol
Acétate de polyvinyle
Charbon Benzène Phénol Polycarbonate
(goudron) Cyclohéxane Polyamide 6
Pétrole Acide maléique Polyester
Éthylbenzène – Styrène Polystyrène
Charbon Xylène Anhydride phtalique Polyester
(goudron)
Pétrole
Charbon Toluène Diisocyanates Polyuréthane
(goudron)
Pétrole

Le tableau 2 donne les symboles de la normalisation encore


incomplets ; les signes de reconnaissance sont présentés sur la
figure 2.
1 2 3 4

1.1 Polyéthylène (PE)


PET PE-HD PVC PE-BD
Polyéthylène- Polyéthylène Polychlorure Polyéthylène
Le lecteur est invité à consulter les articles : téréphtalate haute densité de vinyle basse densité
– Polyéthylène basse densité [A 3 310] ;
– Polyéthylène haute densité PE-HD [A 3 315].

5 6 7
On trouve ce polymère basique ( –CH2 )n (d = 0,880 à 0,965) pour
la fabrication des emballages souples dans de multiples applica-
tions en fonction du procédé de polymérisation (§ 1.1.1), de sa PP PS Autres
densité et de son grade (§ 1.1.2). Polypropylène Polystyrène

1.1.1 Procédés de polymérisation


Figure 2 – Sigles de reconnaissance des matières plastiques

[Link] PE radicalaire
Mais au fur et à mesure que l’on recherche :
C’est le premier procédé à avoir été développé ; il représente
encore la production la plus élevée. Les chaînes moléculaires sont – une diminution des épaisseurs ;
inorganisées (figure 3a) et la polymérisation s’effectue sous haute – une soudabilité de plus grande résistance mécanique ;
pression. Ses caractéristiques physiques et mécaniques – transpa- – une plus grande transparence ;
rence, brillance, résistance des soudures – sont dans la moyenne – un hot tack (résistance à chaud de la soudure) amélioré ;
et donnent encore largement satisfaction pour la plupart des appli- – de meilleures propriétés organoleptiques,
cations. Sa mise en œuvre est très facile. le transformateur est amené à s’orienter vers les PE linéaires.

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EMBALLAGES PLASTIQUES ___________________________________________________________________________________________________________

Tableau 2 – Symboles pour les matériaux,


homopolymères et polymères naturels
(ISO 1043-1) (1)
CA Acétate de cellulose
*COC Copolymère de cyclooléfine a radicalaire b linéaire c métallocène

*PEN Polynaphtalate d’éthylène


Figure 3 – Chaînes moléculaires de différents polyéthylènes
*PA Polyamide
[Link] PE linéaire
*OPA Polyamide orienté
PAI Polyamide/imide
Le lecteur est invité à consulter Polyéthylènes linéaires
PAN Polyacrylonitrile [J 6 540].

PB Polybutène-1
Différents comonomères sont utilisés lors de la polymérisation :
*PBT – *PETG Polybutylènetéréphtalate – Copolyester – le butène avec quatre carbones ;
– l’hexène et le méthylpentène avec six carbones ;
PC Polycarbonate
– l’octène avec huit carbones.
*PE Polyéthylène (radicalaire) (2)

4
Les chaînes moléculaires sont organisées avec des branche-
ments sur mesure (figure 3b).
PEI Polyétherimide
Sa transformation en films et gaines est plus délicate, deman-
*PET Polyéthylènetéréphtalate – Polyester dant plus de puissance à la vis et une filière spécifique. C’est la rai-
son pour laquelle il est souvent en mélange avec le PE radicalaire
PMMA Poly(méthacrylate de méthyle) dans des proportions variant de 20/80 à 50/50.
*PP Polypropylène ■ Points faibles :
*OPP Polypropylène orienté – plus faible débit horaire ;
– usure plus rapide de la vis ;
*PS Polystyrène – stabilité de la bulle plus difficile.
*OPS Polystyrène orienté ■ Points forts : amélioration des propriétés mécaniques, allonge-
*PSC-HIPS Polystyrène choc ment, résistance à la déchirure amorcée, perforation, ce qui
entraîne :
*PSE Polystyrène expansé – une diminution des épaisseurs de l’ordre de 15 à 20 % par rap-
PTFE Poly(tétrafluoroéthylène) port au PE-BD radicalaire ;
– une soudure avec un excellent hot tack spécialement recherché
PUR Polyuréthane pour les machines F×F verticales (machines form and fill dans un
plan vertical) ;
PVAL *PVOH Poly(alcool de vinyle) – une diminution du pourcentage de fuites en présence de légè-
res souillures dans la zone soudée.
*PVC Poly(chlorure de vinyle)
*PVDC Poly(chlorure de vinylidène) [Link] PE métallocène mPE

*APET Polyester amorphe Ce procédé de polymérisation fait appel à des catalyseurs


dérivés des métaux (zinc-zirconium) au détriment de ceux utilisés
*CPET Polyester cristalisable jusqu’alors (Natta/Ziegler). Quant aux comonomères, on retrouve
généralement l’hexène (C6) et l’octène (C8).
*EVA Éthylène – acétate de vinyle copolymère
De par les branchements et la répartition contrôlée des chaînes
*EAA Éthylène – acide acrylique copolymère longues et courtes (figure 3c), cette résine s’extrude très facile-
ment, surtout en comparaison du PE linéaire.
EBA Éthylène – acrylate de butyle copolymère
■ Points faibles : pour le moment, son prix et les tonnages dispo-
*EEA Éthylène – acrylate d’éthyle nibles.
*EVOH Éthylène – alcool vinylique copolymère ■ Points forts, en amélioration de ceux déjà mentionnés pour le
PE linéaire :
*m PE Métallocène base PE
– plus faible dispersion des masses molaires ;
m PP Métallocène base PP – transparence améliorée et absence de gels ;
(1) L’astérisque* désigne les matériaux fréquemment utilisés en embal-
– amélioration de la résistance des soudures ainsi que du hot tack ;
lage. – meilleures propriétés organoleptiques (absence de goût et
(2) PE-BD = basse densité* d’odeur) ;
PE-MD = moyenne densité* – abaissement du point de fusion ;
PE-HD = haute densité* – plus grande résistance mécanique, à l’allongement, à la perfo-
LDPE = PE linéaire*
ration, permettant encore d’abaisser l’épaisseur de 10 à 15 % ;
PETBDL = PE linéaire très basse densité
– diminution du pourcentage de fuites en présence de souillures.

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copolymères dont les propriétés sont résumées ci-après. Il faut


savoir que, par copolymérisation, l’on perd toujours certaines pro-
priétés de base (qui n’étaient pas fondamentales) pour en acquérir
0,880 0,910 0,925 0,940 0,965 de nouvelles, recherchées par l’utilisateur.

[Link] Copolymère EVA : éthylène-acétate de vinyle


PE-TBDL PE-BDL
VLDPE LLDPE PE-MD PE-HD
H H H H H H H H H H H

C C C C C C C C C C C
VLDPE – TBDL très basse densité linéaire
LLDPE – BDL basse densité linéaire
MD moyenne densité H H H H H H H H H H n
HD haute densité O

C O

Figure 4 – Échelle de densité des PE CH3

Afin de bénéficier au maximum d’un bon rapport performances/ La teneur en comonomère varie de 2,5 à 30 % en masse mais
prix, les films sont offerts en coextrusion et seule la couche fonc- dans le domaine de l’emballage, elle se limite souvent à 9 %.
tionnelle en contact avec le produit est en mPE pur.

4
■ Points forts : amélioration de la transparence et de la souplesse,
abaissement du point de fusion et plus grande plage de soudure,
1.1.2 Influence de la densité et du grade meilleure tenue au froid négatif, meilleur fluage du polymère dans
les plis de la soudure.
[Link] Densité ■ Points faibles : moins bonne barrière à la vapeur d’eau et aux
Quel que soit le type de polymérisation, on note les évolutions gaz (mais cela peut être un avantage pour la respiration des fruits
suivantes : et légumes, par exemple), moins bonne tenue thermique.
– en diminuant la densité : souplesse améliorée, abaissement du
point de fusion, meilleure transparence, plage de soudure plus [Link] Copolymère EEA : éthylène-acrylate d’éthyle
large, moins bonne barrière à H2O, facilité de transformation, dimi-
nution de la tenue au froid négatif, excellente résistance à la perfo- H H H H H H H H
ration et à la déchirure ;
– en augmentant la densité : mise en œuvre plus difficile, pro- C C C C C C C C
priétés optiques moins bonnes, plage de soudure réduite, tempé-
rature de soudure plus élevée, bonne résistance au froid négatif, H H H H H H H n
possibilité de pasteuriser voire stériliser, amélioration de la
C O
barrière à H2O, augmentation de la rigidité, meilleure résistance
aux agents chimiques, possibilité d’extruder des films de faible
OCH2CH3
épaisseur.
La figure 4 donne une échelle et un classement en fonction des
densités couramment rencontrées. En conclusion, les basses et ■ Points forts : amélioration de la flexion alternée, meilleure tenue
très basses densités (BD et TBD) sont utilisées pour leur transpa- aux basses températures (− 50 ˚C), large plage de soudure et très
rence, souplesse et grande facilité de soudure surtout en linéaire grande souplesse.
et métallocène, les moyennes densités (MD) pour la pasteurisa- ■ Points faibles : diminution de la barrière H2O mais surtout plus
tion, enfin les hautes densités (HD) pour la stérilisation, leur rigi- grande perméabilité aux gaz (3 à 4 fois plus que le PE-BD).
dité et une meilleure tenue aux produits chimiques.

[Link] Grade [Link] Copolymère EBA : éthylène-acrylate de butyle

Le grade (ou MIF : melt index flow) est l’indice de fluidité norma- ■ Points forts : toucher très soyeux, amélioration de la flexion
lisé (ASTM D 1238) qui mesure la masse de polymère écoulé pen- alternée ainsi que de la tenue à la perforation, abaissement du
dant un temps donné (10 min), sous une charge définie (2,160 g) point de fusion et agrandissement de la plage de soudure.
au travers d’un orifice calibré (filière ∅ 2,1 mm), à une température
donnée (190 ˚C).
[Link] Copolymère EMA : éthylène-acrylate de méthyle
Les propriétés qui en découlent sont :
– avec un grade bas : le produit est visqueux avec des chaînes Il présente les mêmes points forts que l’EBA, mais avec une plus
longues, une bonne rigidité, d’où son utilisation pour la production grande facilité d’extrusion en film mince.
de gaines par extrusion-gonflage ; Soulignons que tous ces copolymères sont produits en moins
– avec un grade élevé : le produit est fluide avec des chaînes cour- grande quantité, ils sont tous plus chers que les homopolymères,
tes, plus souple d’où ses applications pour la production de film en le PE/EVA étant celui qui subit la plus faible augmentation de prix.
filière plate, l’extrusion-lamination et couchage et l’injection. Par ailleurs, la plus grande difficulté du conditionnement qui
nécessite une excellente barrière, qu’elle soit à la vapeur d’eau ou
1.1.3 Copolymères à base d’éthylène aux autres gaz, c’est l’étanchéité des soudures, même en présence
de plis. Ces différentes formulations permettent généralement un
Afin d’améliorer encore l’adéquation (machinabilité, conserva- meilleur fluage du soudant dans les plis, afin de rendre étanche les
tion, étanchéité des soudures), les chimistes ont imaginé différents microcanaux qui se sont formés.

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107
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1.2 Polypropylène (PP) propriétés de transparence et brillance ainsi qu’une bonne résistance
à l’abrasion. Il résiste bien aux acides, aux bases, aux graisses mais
et polypropylène biorienté (OPP) sa résistance au froid négatif (− 30 ˚C) est moyenne, sauf pour les
copolymères. Sur le plan mécanique, il montre une excellente
1.2.1 Polypropylène résistance à la rupture, à la flexion et à la déchirure amorcée.

Le lecteur est invité à consulter Polypropylènes [AM 3 320]. 1.2.2 Polypropylène biorienté (OPP)
Les tableaux 3 et 4 donnent les caractéristiques techniques de
Ce polymère (d = 0,9) a totalement supplanté dans le domaine deux grands producteurs opérant sur le plan mondial.
de l’emballage souple la Cellophane qui dans les années 1960, Ces films sont produits selon les trois techniques décrites dans
avec plus de vingt usines dans la Communauté européenne, repré- le dossier [AM 3 576]. Si globalement les propriétés de barrière
sentait une production de 210 000 t/an, alors qu’aujourd’hui, une H2O et O2 sont peu influencées par la technologie de biorientation,
seule usine en Europe produit 30 000 t/an. le comportement sur les machines de conditionnement y est sensi-
Les récentes concentrations limitent le nombre des intervenants ble et la stabilité dimensionnelle ainsi que le pourcentage de
mais la production actuelle sous forme de film (800 000 t/an) conti- retrait sont différents.
nue néanmoins de progresser de 2 à 3 % par an. Mais la biorientation fait drastiquement chuter les propriétés de
On distingue trois grandes familles de polypropylène : soudure. C’est pourquoi tous ces films sont coextrudés ou laqués.
– homopolymère isotactique, pour lequel les fonctions méthyle ■ Films coextrudés : ils comportent sur chacune de leur face envi-
CH3 sont disposées régulièrement : ron 1,5 μm de copolymère ou de terpolymère qui permet une scel-

4
labilité assurant une certaine étanchéité à la vapeur d’eau du
H CH3 H CH3 H CH3 H produit conditionné.
C C C C C C C ■ Films laqués : le dépôt de la laque est effectué en reprise sur une
machine spécifique, ce qui entraîne un surcoût automatique dû :
H H H H H H H – à un certain pourcentage de déchet ;
– au prix de la laque ;
– homopolymère atactique, pour lequel les fonctions méthyle – à l’amortissement, la main-d’œuvre et l’énergie pour l’appliquer,
CH3 sont disposées au hasard : mais les avantages acquis permettent un bon rapport prix/
performances.
H CH3 H CH3 H H H • Laques pour améliorer la soudabilité/machinabilité : c’est en
abaissant le point de fusion de celles-ci par rapport à celui du PP
C C C C C C C homopolymère que ces laques ont été sélectionnées. Plus leur
point de fusion est bas, meilleure est la machinabilité et la cadence
H H CH3 H H H CH3 de production. Ces laques sont : vinylique-acrylique-acétochlorure
de vinyle ainsi que les ionomères, où cette fois le polymère
– homopolymère syndiotactique, pour lequel les fonctions apporte en complément la fonction hot tack et une plus grande
méthyle CH3 sont réparties d’une façon équilibrée sur la chaîne : intégrité des soudures. Chaque producteur formule ses mélanges
avec des additions de glissant, d’antibloc. Il convient donc de ne
pas se limiter à la connaissance de la nature chimique du
H CH3 H H H CH3 H polymère pour prendre une décision.
C C C C C C C • Laques abaissant la barrière à l’oxygène : le PVDC apporte
simultanément une barrière O2 et H2O ainsi qu’une soudure avec
H H H CH3 H H H un effet hot tack. L’EVOH et le PVOH apportent une excellente
barrière O2 surtout si l’humidité relative reste inférieure ou égale à
70 % mais pas de soudabilité. Ces différents matériaux se trouvent
• copolymère statistique, ou random, avec généralement 2 à utilisés seuls comme suremballage ou au contraire complexés
4 % d’éthylène en masse ; avec un soudant type PE afin d’assurer cette fois une étanchéité
rigoureuse des soudures permettant le conditionnement sous vide
• copolymère copobloc : ou sous atmosphère modifiée.
■ Films avec cavitation : par des additifs incorporés à la résine et
lors de la biorientation, il se crée des microcavités qui abaissent la
PP Copo PE PP Copo etc.
densité (jusqu’à 0,6) et apportent au film un aspect perlescent
encore rehaussé parfois par l’adjonction d’un pigment blanc.
H CH3 H CH3 H H H CH3 H H H H
■ Films métallisés : ce dépôt effectué sous vide donne un aspect
C C C C C C C C C C C C d’aluminium extrêmement brillant. Ses propriétés de barrière O2 et
H2O se trouvent profondément améliorées, surtout si la métallisa-
H H H H H H H H H H H H tion est combinée avec la présence d’une couche de PVDC ou
Homo-isotactique Statistique Polyéthylène PVOH.
■ Films avec rigidité améliorée : ces qualités ont été spécifique-
Ce polymère se caractérise par un point de fusion voisin de 160 ˚C, ment développées pour la production d’étiquettes, que celles-ci
ce qui lui permet d’être facilement utilisé comme élément soudant soient utilisées pour la décoration de barquettes injectées (procédé
lors de stérilisation à 130 ˚C. Il présente une bonne barrière à la IML : in mold labeling) ou pour le banderolage de bouteilles
vapeur d’eau, améliorée lorsqu’il est biorienté. Il présente de bonnes généralement en polyester.

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Cofondateur de la société Soplaril
Chargé de conférences et de formations

1. Biorientation avec thermofixation .............................................. AM 3 576 – 2


1.1 Filière plate en deux opérations : procédé stenter ........................... — 2
1.2 Filière annulaire en une opération : double bulle ............................. — 4
1.3 Filière plate en une opération ............................................................ — 4
1.4 Films issus de la biorientation avec thermofixation ......................... — 5
2. Biorientation sans thermofixation : films rétractables .......... — 5
2.1 Avec barrière O2 : présence de PVDC, EVOH et/ou PA ...................... — 5

2.2
2.1.1 Types de films produits ...........................................................
2.1.2 Applications .............................................................................
Sans barrière O2 sur base PE et PP....................................................



5
5
7
4
2.2.1 Types de films produits ........................................................... — 7
2.2.2 Applications ............................................................................. — 7
3. Films coextrudés ............................................................................. — 7
3.1 Filière annulaire.................................................................................. — 7
3.2 Filière plate ......................................................................................... — 7
3.3 Procédé tandem.................................................................................. — 7
3.4 Produits de films coextrudés ............................................................. — 8
3.5 Principales applications ..................................................................... — 9
4. Synthèse, innovation et prospective .......................................... — 9
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. AM 3 576

es polymères décrits dans le dossier [AM 3 575], afin de pouvoir être utilisés
L dans leurs multiples applications d’emballage (produits agroalimentaires,
phytosanitaires pharmaceutiques, santé/beauté, bâtiment, agriculture, etc.)
subissent nombre de transformations.
Ce document explicite les différentes phases où le granulé se transforme en
film, s’associe à d’autres polymères (voire du papier et/ou de l’aluminium) afin
de se présenter sous la forme du produit fini, utilisable directement sur une des
multiples technologies des machines de conditionnement.
Le matériau d’emballage aura bien rempli ses missions (présentation, conser-
vation, machinabilité) en attendant... son prochain cycle de vie.
Parution : juillet 2008

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. AM 3 576 – 1

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AM3576

EMBALLAGES PLASTIQUES ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––

Sigles et abréviations 1. Biorientation


Abréviation Définition avec thermofixation
APET polyéthylène téréphtalate amorphe
La figure 1 montre l’arborescence des multiples facettes des
DLC date limite de consommation procédés de transformation qui sont à la disposition des pro-
ducteurs et transformateurs pour réaliser les produits finis.
EAA éthyl acide acrylique
EBA éthylène/acrylate de butyle
Pratiquement tous les polymères peuvent subir cette transforma-
EMAA ethylen methyl acrylic acid tion, mais ceux que l’on rencontre le plus fréquemment sont : PS,
PET, PP, PA, PE-HD, PVC, PVDC, PLA.
EVA éthylène/acétate de vinyle
Généralement, les responsables de la normalisation ont fait ajou-
EVOH poly(éthylène/alcool vinylique) copolymère ter un O devant le symbole du polymère : par exemple, PP devient
HR humidité relative OPP.

MAP modified atmosphere packaging L’orientation des chaı̂nes moléculaires apporte les avantages
suivants :
MD machine direction
– augmentation de la résistance mécanique ;
MIF melt flow index – augmentation de la résistance à la perforation ;
– augmentation de la résistance à la déchirure non amorcée ;
mPE polyéthylène métallocène

4
– amélioration des propriétés de barrière O2 et H2O ;
MXD6 polyamide semi-aromatique – amélioration de la transparence ;
OPA polyamide biorienté – amélioration de la stabilité dimensionnelle (évidemment en
dessous du point de thermofixation).
OPP polypropylène biorienté
Par opposition, les polymères sont moins performants sur les
PA polyamide points suivants :
PAN polyacrylonitrile – diminution du coefficient d’allongement ;
– diminution, voire disparition, de la soudabilité ;
PBT polybutylène téréphtalate
– perte de la résistance mécanique après incision d’amorce de la
PC polycarbonate déchirure.
PE polyéthylène
PE-BD polyéthylène basse densité 1.1 Filière plate en deux opérations :
PE-HD polyéthylène haute densité procédé stenter
PET polyéthylène téréphtalate C’est la technologie utilisée pour la production des films « sup-
PETG polyester téréphtalate glycol modifié port » OPP, PET et OPA. Elle est de loin la plus répandue.
La figure 2 représente une ligne selon ce concept. Dans un pre-
PLA acide polylactique
mier temps, les polymères ci-avant mentionnés sont extrudés ou
PP polypropylène coextrudés avec des polymères barrières O2 (PVDC, EVOH, MXD6,
PA aromatique). Le film est reçu sur un cylindre froid, immergé
PS polystyrène dans l’eau, afin que les polymères se trouvent dans un état
PSC polystyrène choc amorphe. Il passe ensuite sur des rouleaux chauffants qui, par aug-
mentation de vitesse, réduisent l’épaisseur du film de 3 à 5 fois (sans
PSE polystyrène expansé changement de la largeur du film). C’est l’orientation longitudinale
(SM : sens machine, ou MD : machine direction).
PVA poly(alcool vinylique)
Le film est repris de chaque côté par des pinces montées sur des
PVC polychlorure de vinyle
chaı̂nes sans fin. Il entre dans un long tunnel où il est d’abord
PVDC polychlorure de vinylidène réchauffé (les chaı̂nes sont parallèles). Puis elles s’écartent pour
réaliser l’orientation transversale (ST : sens travers ou TD : trans-
PVOH poly(alcool de vinyle) verse direction). La largeur du film augmente alors de 3 à 5 fois,
SM sens machine ce qui réduit son épaisseur initiale de (3 ¥ 3 = 9 ou 5 ¥ 5 = 25 fois).
Puis les chaı̂nes redeviennent parallèles pour assurer la thermofixa-
ST sens travers tion du polymère. C’est lors de cette dernière phase que le film
acquiert sa stabilité dimensionnelle.
TD transverse direction
En fin de parcours s’opère le traitement Corona afin de rendre
UVC unité de vente consommateur polaire une ou deux faces permettant ultérieurement de déposer
ETO ethylen oxide des laques, vernis, encres et colles.

PU polyuréthane Après découpage des deux rives (et leur récupération dans le pli
central), on obtient des bobines « mères », qui donneront, après un
PVAL poly(alcool de vinyle) ultime découpage, des bobines « filles » destinées aux utilisateurs
ou aux transformateurs.

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–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– EMBALLAGES PLASTIQUES

PE radiculaire : BD, MD, HD


PE linéaire : BD, MD, HD
PE métallocène
Non orienté
PE / EVA, ionomère
PP, PAN, PETG
PVC

Extrusion bulle

Grade > 0,3 – 3 <


« MIF »
PE linéaire . PE / EVA
PP, PA, PS, PVDC
Monofilm Biorienté
PVA, PVC
rétractable et non rétractable
Stenter 2 opérations
Stenter 1 opération
Double bulle

PE linéaire BD, MD, HD

Non orienté
PP, PA, PVC, PAN
Ionomère, PETG
PE / EVA, EAA
4
Filière plate « Cast » MIF > 4 – 10 <

PP, PET, PA, PVC


Mono ou biorienté PS rétractable
et non rétractable

Tous les polymères + Rétractables ou non


Coextrusion Bulle
liants + barrière O2: Produits « prêts à l'emploi »
2 à 14 couches et filière plate
PVDC, EVOH, PA Operculage sur emballage

Petites
Film « support » Tous les complexes
et moyennes séries Avec
et sans solvant Film « soudant » généralement
+ Aluminium – Papier avec impression sandwich

Complexage
ou lamination
Tous les complexes
Film « support » généralement avec
Extrusion – couchage impression sandwich souvent
+
Moyennes Extrusion – lamination lignes « tandem »
Aluminium – Papier
et grandes séries pour produire 3 à 5 couches

PVDC- EVOH Amélioration des barrières


Films Métallisation PVOH - Acrylique à O2, H2O, UV
laqués SIOX, Al2O3 Vinylique - Ionomère soudure – toucher soyeux
Acétochlorure de vinyle effet mat – A/B – pelable

Figure 1 – Procédés d’obtention des films

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111
4

112
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AM3577

Complexes souples et rigides


utilisés en emballage

par Pierre CHOMON


Chargé de conférences et de formation auprès d’organismes spécialisés
Cofondateur de la société Soplaril
et Bernard CHARNIER
Ingénieur Arts & Métiers (ENSAM Paris)
Conseil Industriel - Expert près la Cour d’Appel de Paris
Ex Engineering manager Europe de Sealed Air/Cryovac

Cet article est la réédition actualisée de l’article [AM 3 577] intitulé « Les complexes souples
ou rigides utilisés en emballage » paru en 2006, rédigé par Pierre CHOMON.

4
1. Les complexes : une association indispensable de matériaux AM 3 577v2 - 2
2. Polymères et produits intervenant dans les structures............ — 3
3. Différents modes de production...................................................... — 6
4. Marchés concernés.............................................................................. — 9
5. Évolution des produits et matières................................................. — 13
6. Évolution des procédés ...................................................................... — 14
7. Machines de conditionnement ......................................................... — 17
8. Différentes techniques de conservation utilisées ...................... — 19
9. Historique et enjeux de la profession ............................................ — 21
10. Conclusion ............................................................................................. — 23
11. Glossaire ................................................................................................. — 23
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AM 3 577v2

es matériaux d’emballage doivent cumuler de nombreuses qualités, tant


L au niveau de la mise en valeur et de la protection des produits emballés,
qu’au niveau de leur utilisation proprement dite : d’abord sur les machines de
conditionnement, puis lors de l’ouverture par l’utilisateur du produit. À ces
fonctions fondamentales : présentation, conservation, machinabilité, s’ajoutent
maintenant les contraintes environnementales, réglementaires, ou tout simple-
ment issues de la pression citoyenne, ainsi que bien entendu des contraintes
économiques.
Comme il n’existe pas de matériau idéal ayant toutes les qualités requises, le
besoin de les associer entre eux est rapidement apparu dans cette industrie.
C’est ainsi que sont nés les complexes assemblant d’abord des matériaux tels
que : pellicule cellulosique, papier, feuille d’aluminium et films plastiques
minces de tous types.
Les premiers transformateurs d’emballage étaient plutôt de petites entre-
prises organisées de manière pyramidale autour de grands producteurs de
matériaux de base. Avec l’avènement des matières plastiques et l’apparition de
polymères de plus en plus performants, cette industrie a maintenant fortement
évolué. Elle nécessite une technicité de plus en plus importante et des moyens
de production de plus en plus sophistiqués. On assiste donc à une mutation du
Parution : juin 2017

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COMPLEXES SOUPLES ET RIGIDES UTILISÉS EN EMBALLAGE ________________________________________________________________________________

secteur qui s’articule maintenant le plus fréquemment autour de grands


groupes internationaux.
Cet article fait un tour d’horizon d’une grande variété de ces matériaux
d’emballage complexes en termes de :
– fonction (conservation et protection des produits emballés) ;
– utilisation (techniques de conditionnement) ;
– modes de production.
Le lecteur y découvrira tout d’abord les différents types de complexes avec
de nombreux exemples de structures, d’applications et de marchés dans les-
quels ils sont utilisés.
S’en suit la description des procédés de fabrication de ces matériaux, depuis
les procédés de lamination (ou complexage) utilisés à l’origine et aujourd’hui
modernisés, jusqu’aux procédés de coextrusion les plus avancés qui per-
mettent maintenant de fabriquer des films ou feuilles complexes encore plus
fins et plus performants en une seule étape depuis les résines de polymères.
Les différentes techniques de conditionnement et de conservation des pro-
duits alimentaires sont ensuite détaillées afin de présenter les multiples
manières de les utiliser et leur intérêt sur les produits qu’ils emballent.

4 L’article se conclut par une réflexion sur les enjeux auxquels sont confrontés
les producteurs de ces matériaux.
Enfin, un glossaire clôture l’article. Le lecteur y trouvera une liste non
exhaustive mais largement représentative du vocabulaire technique de la
profession.

1. Les complexes : • Être utilisable sur des lignes de conditionnement auto-


matiques qui intègrent de plus en plus de fonctions, avec des
une association cadences qui s’accélèrent régulièrement et un rejet final où l’on est
à la recherche du « zéro défaut ».
indispensable de matériaux ■ Principe et critères de l’association de matériaux

■ Les quatre exigences majeures d’un emballage Toutes ces exigences ne peuvent être que rarement réunies avec
un seul matériau. D’où l’idée d’associer plusieurs d’entre eux
Un matériau d’emballage doit répondre à quatre exigences fon- afin de répondre à toutes ces contraintes, chacun des constituants
damentales qui suivent. apportant ses propriétés spécifiques.
• Assurer la bonne protection mécanique du produit C’est le challenge qu’a en permanence à résoudre le respon-
conditionné pour que les multiples manipulations qu’il va subir sable R & D lorsqu’il doit élaborer une nouvelle formulation en y
n’altèrent pas ses propriétés basiques. associant des impératifs complémentaires :
• Assurer la bonne conservation du produit pendant sa – réduction du poids de l’emballage ;
DLC (Date limite de consommation) ou sa DDM (Date de durabilité – diminution globale du coût ;
minimale, anciennement appelée DLUO pour Date limite d’utilisa- – respect des impératifs législatifs sur l’environnement et le
tion optimale) ce qui se traduit par quelques jours à 24 mois. recyclage :
La commercialisation s’effectue soit : • les métaux lourds,
– sous un froid négatif à – 20 °C ;
• le contact alimentaire (liste positive),
– dans une chaîne réfrigérée entre + 3 °C et + 6 °C ;
– à la température ambiante ; • la cession contenant/contenu sur les quatre simulants (eau
– sous des conditions tropicales. distillée, huile de tournesol, acide acétique, éthanol)...
Le matériau et les soudures doivent être étanches et résistants. • Matériaux principalement associés
En particulier, le niveau de perméabilité aux gaz (spécialement
oxygène) du matériau doit garantir un seuil minimal dépendant du La richesse des solutions est presque infinie. Mais, en réalité, les
produit à conserver et de la DDM attendue. matériaux auxquels l’on aura recours se limitent aux suivants :

• Assurer la présentation, c’est-à-dire répondre aux exi- – le papier sous différents grammages et qualités ;
gences du marketing et à celles de la grande distribution : – le carton également sous différents grammages et qualités ;
– apposer les mentions légales définies par le législateur (com- – la feuille d’aluminium dans des épaisseurs de 6 à 30 µm ;
position – poids net – DLC – Gencod) ; – les polymères issus de la pétrochimie décrits dans les mono-
– respecter le nuancier et les références Pantone® de la graphies. Ceux-ci se présentent sous la forme de laques, de
maquette. couches de liaison, de films dans des épaisseurs de 1,5 à 1 500 µm.

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________________________________________________________________________________ COMPLEXES SOUPLES ET RIGIDES UTILISÉS EN EMBALLAGE

Remarque
On va donc chercher le moyen d’en assembler un certain Soudure chair/chair (fin seal)
nombre afin de réaliser la structure idéale qui sera constituée
par la superposition de différentes couches fonctionnelles.
D’où, le nom de « complexe ».
Figure 2 – Principe du « pochon » pour produits monoblocs
• Segmentation des complexes selon leur utilisation
À cause de l’analogie des matériaux utilisés, ainsi que des tech- Exemples d’applications : saucisson sec, portion d’emmental,
nologies de conservation, la « segmentation » généralement brioche, gâteaux déposés dans une barquette, pâtes alimentaires lon-
admise par les professionnels se décompose ainsi : gues.
– produits secs (autoconservateurs par leur Aw – Activity
Water) ; ■ Composants communs aux diverses structures
– produits frais (par définition non autoconservateurs) et qui Dans toutes les structures qui vont être utilisées, on trouvera en
nécessitent une forte barrière à O2 et des soudures parfaitement général les films suivants.
étanches ;
– produits industriels (pièces détachées) dans les domaines • Comme film « support »
suivants : mécanique automobile, électrique, électronique, Un film PET-OPP-OPA. Dans certains cas, ceux-ci seront déjà
bâtiment ; laqués (PVDC-PVOH) afin d’améliorer leur barrière à O2 , ou bien
– produits pharmaceutiques, pour la santé, produits de beauté ; métallisés :
– produits destinés aux hôpitaux. – opaques (c’est-à-dire avec l’aspect du métal) ;
– transparents c’est-à-dire avec projection de silice (SiOx) ou
Al2O3 . 4
2. Polymères et produits • Comme film « soudant »
La gamme complète des polyéthylènes : radicalaire, linéaire
intervenant (C4-C6-C8), métallocène (C6-C8), des mélanges radica-

dans les structures laire/linéaire-dopés avec EVA-EBA-ionomère-EAA et la gamme des


PP produits en filière plate (homo-copo-copobloc).
• Il faut ajouter également :
2.1 Emballages souples – le papier (20 à 100 g/m2) ;
– la cartonnette ;
■ Les pochons – la feuille d’aluminium.
C’est ce que l’on appelle généralement « pochons » ; ils sont uti- Voir les schémas des figures 3, 4 et 5.
lisés pour le conditionnement de produits pulvérulents ou de gra- Comme on le voit dans cette dernière catégorie de la figure 5, il
nulés. Ce sont par définition des emballages d’une faible masse y a toujours présence d’une feuille d’aluminium ou de matériaux
surfacique (figure 1). métallisés ou laqués.

Remarque
Dans tous les cas, pour obtenir une soudure étanche, indis-
pensable avec la barrière globale recherchée, l’épaisseur du
Soudure cuir/chair (lap seal) polymère soudant doit être au minimum de 20 µm. Seule
exception, les opercules laqués pour le blister pharmaceutique
et l’operculage laitier.
Soudure chair/chair (fin seal)

Le tableau 1 donne des valeurs de transmission.


Pour faciliter la compréhension et tout en restant très
« basique » sur les phénomènes de perméabilité à l’oxygène, on
Figure 1 – Principe du « pochon » pour produits pulvérulents additionne les inverses de la perméabilité de chacune des couches,
ou granulés en prenant en compte leur épaisseur (étant admis que les valeurs
sont données à la même température et hygrométrie) pour obtenir
la perméabilité globale.
Exemples d’applications : farine, café, riz, chips, confiserie, pâtes
alimentaires courtes. Exemple
Ils peuvent s’utiliser sur des machines F × F – verticales (§ 7.2). donc identique.
Dans cette catégorie, on trouve des dosettes de sucre de quelques
grammes, la farine en 1 kg mais également des engrais et de la
Si, au contraire, il est complexé avec un PE/EVOH/PE de 3 cm3 :
tourbe dans des conditionnements de 40 kg.
Sur ce même concept, mais travaillant dans un plan horizontal, .
il est également produit des « pochons ». Mais, cette fois, il s’agit
de conditionner des produits monoblocs ou déjà regroupés dans
une barquette (pour la machine F × F – horizontale voir § 7.3 et Il en résulte qu’en pratique il ne faut prendre en compte que la
figure 2). valeur du matériau le plus barrière.

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COMPLEXES SOUPLES ET RIGIDES UTILISÉS EN EMBALLAGE ________________________________________________________________________________

Tableau 1 – Valeurs de perméabilités à O2 et H2O


OPP coex
Soudure de différents matériaux d’emballage
Impression (1) (Crédit P. Chomon)
Adhésif cuir/chair
OPP coex
Oxygène Vapeur
Matériaux
(1) d’eau (2)

PET/PVDC 12 µm (3) 4 et 8 4 et 8
OPP coex
Soudure (2) PET métallisé épaisseur 1 1

xxxxxxxxxx cuir/chair
OPP coex PET métallisé haute barrière (HB)
métallisé

PET 12 µm Al2O3 0,5 1


Figure 3 – Schéma de films sans protection oxygène et soudures à
resistance moyenne
OPA 15 µm Al2O3 0,5 1

PET 12 µm SiOx 0,3 0,5


PET 12µm
OPA 15µm OPP 20 µm SiOx <5 < 0,5

4 OPP/PVDC 20µm

Polymère « soudant » (3)


PVC/PE/PVDC 250 – 25 – 45 0,2

Multicouche Monocouche : Papier/PVDC/PE 6,5 2,2


PEBD - MD radicalaire - mPE
et les mélanges PVC 150 µm 20
radicalaire / linéaire
PP filière plate et annulaire PE 50 µm 3,500
PE / EVA ionomère
PE pelable PE/EVOH/PE 60 µm dont 3 µm EVOH 3
EAA
PA/PE 20/60µ 37 12
1/3 PE le plus économique
PE + ses déchet de lisières (4) PA/EVOH/PA/PE 40µ dont 4µ EVOH/80µ <1 4
1/3 Côté « soudant » dit fonctionnel
Soudure chair/chair (1) Valeurs exprimées en cm3/m2/24 h à 23 °C – 50 % HR – 1 atm.
(2) Valeurs exprimées en g/m2/24 h à 38 °C – 90 % HR.
Figure 4 – Schéma de films avec une protection oxygène et sou- (3) Selon grammage et teneur en vinylidène.
dures étanches

Quant à l’étanchéité des soudures, celle-ci peut être réalisée


2.2 Emballages rigides par :
– des laques, étant donné l’absence de plis dans le plan de la
Ce sont essentiellement des conditionnements réalisés en par-
soudure ;
tant de barquettes (injectées ou thermoformées) avec operculage,
ou bien en partant de la bobine selon la technique du thermofor- – la présence de PE (radicalaire, linéaire, métallocène), ou PP
mage, et en utilisant des monomatériaux ou des coextrudés. (homo-copo-copobloc).
Dans l’esprit du consommateur, l’emballage rigide apporte une
■ Polymères les plus employés meilleure protection mécanique, respecte mieux l’intégrité du pro-
duit et sous-entend un produit de plus haute qualité (organolep-
Les polymères les plus utilisés sont les suivants.
tique, voire festif).
• Le PS et ses dérivés Le produit ne remplissant jamais totalement le volume de la bar-
quette, lorsque l’on souhaite l’absence d’oxygène, on réalise une
C’est-à-dire (PSC ; PSE ; PSEE) ; PEHD ; APET ; PETG ; CPET ; réinjection de gaz (conditionnement sous atmosphère protectrice).
PVC ; PP (PPE) ; PLA ; COC ; PAN (ce dernier étant surtout utilisé
aux USA). Si ce dernier est du CO2 dans un mélange supérieur à 20 %, il
faudra utiliser un complexe fortement barrière à l’oxygène. Si, au
Comme toujours, ces matériaux pourront voir leur barrière contraire, le gaz est 100 % N2 , la barrière à l’oxygène peut être
s’améliorer par la coextrusion en incorporant dans l’épaisseur un moyenne.
pli de PVDC, d’EVOH ou de PA ([AG 6 132], § 1.1.1, 1.1.2 et 1.1.3).
Nota : voir le paragraphe 8.2 pour les gaz légalement utilisables.
• Le PVC
Quant à l’opercule, il doit être du type « pelable » car, si il y a
Pour ce qui est du PVC, celui-ci est plutôt contrecollé avec un soudure, un outil tranchant sera nécessaire pour l’ouverture. S’il
soudant barrière type PE/PVDC/PE ou PE/EVOH/PE, car il est diffici- est pelable et refermable, il doit comporter un témoin d’effraction
lement coextrudable. garantissant ainsi l’inviolabilité avant consommation.

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________________________________________________________________________________ COMPLEXES SOUPLES ET RIGIDES UTILISÉS EN EMBALLAGE

PET métallisé 12 µm
OPP métallisé Haute barrière PE 25 à 40 µm
xxxxxxxxxx Adhésif
(5) xxxxxxxxxx (12)
PET métallisé HB 12 µm
Polymère « soudant » : Adhésif OPA métallisé HB 15 µm
les mêmes que dans (3) mPE 50 µm
ou polymère coextrudé barrière.
Soudure chair / chair La formulation (12) est destinée au conditionnement de produits
liquides dans des poches type « Bag in box »®

PVDC ou EVOH
(6)
PE linéaire ou mPE

PET 12 µm
(13)
Feuille d’aluminium 9 µm
PP copobloc 50 à 75 µm
PET - OPA - OPP
Impression
Adhésif (7)

4
Feuille d’aluminium 6 à 15 µm
Adhésif
Polymère « soudant » :
les mêmes que dans (3)
Soudure chair / chair
PET 12 µm

Feuille d’aluminium 9 µm (14)

OPA 15 µm
Vernis de protection PP copobloc 50 à 75 µm
(8)
Papier
Polymère Les formulations (13) et (14) sont destinées au conditionnement
de liaison Feuille d’aluminium 9 à 20 µm de produits stérilisés en autoclaves avec contre-pression
Polymère « soudant »

OPA 25 µm Laque thermorésistante


Polymère Feuille d’aluminium 45 µm (9) Papier
de liaison (15)
xxxxxxxxxx
PVC 60 à 90 µm PET métallisé 12 µm
+ + + + Laque thermosoudable
sur PSC 5 g/m2
La formulation (15) est destinée à l’operculage laitier
pour produits frais
Vernis de protection

Polymère Aluminium recuit 30 à 50 µm (10)


de liaison Polymère « soudant » 25 à 38 µm
Ionomère - EAA - PE/EVA PE externe 20 µm
Impression
(16)
Cartonnette 250 g/m2
Polymère de liaison type EAA
Feuille d’aluminium 6,35 µm
Laque nitro Coextrusion sur base EAA
xxxxxxxxxx pour impression 1 g/m2 ± 0,2 Couche interne PE
Aluminium recuit (11)
+ + + + ou écroui 18 à 30 µm
Laque acrylique / vinylique
6 à 8 g/m2 ± 0,2 La formulation (16) est destinée au conditionnement
type pour les « briques » de lait UHT

La formulation (11) est destinée au blister pharmaceutique


pour effectuer une soudure sur PVC - APET - PETG
d’une valeur ≥ 700 g pour 15 mm

Figure 5 – Schéma de films avec une haute protection oxygène et soudures étanches

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COMPLEXES SOUPLES ET RIGIDES UTILISÉS EN EMBALLAGE ________________________________________________________________________________

■ Chambre de réticulation
Encadré 1 – Comparaison emballages
Tous les producteurs de colles (solvant – sans solvant) préco-
souples/rigides nisent cet investissement qui permet de mieux maîtriser la réticu-
lation des colles et, lorsque c’est nécessaire, d’être en conformité
Généralement, le coût global comparatif entre un condition- avec le niveau maximal toléré pour la migration des amines aro-
nement réalisé en emballage souple (qu’il soit sous vide ou matiques primaires (AAP), dont le contrôle est nécessaire lorsqu’il
sous atmosphère protectrice) et un emballage rigide (sous y a stérilisation du contenu par autoclave vapeur avec contre-pres-
gaz) est supérieur de 30 à 50 % pour l’emballage rigide. Mais, sion.
les produits conditionnés sont généralement de meilleure qua-
lité (composition, nature des ingrédients, recette). ■ Laboratoire de contrôle
La contribution à l’éco-emballage est également plus élevée Les équipements dont il dispose, ses moyens informatiques de
puisqu’elle est basée sur le poids de l’emballage. stockage des données.
Il n’empêche que le consommateur privilégie dans ses choix
l’emballage rigide dont la connotation implique un produit de ■ Propreté des locaux
plus haut de gamme.
Mais aussi du matériel, du personnel, l’ancienneté du matériel,
éventuellement salle blanche ou plus modestement air en surpres-
sion mais filtré avec climatisation, pièges à insectes volants.
Exemples :
■ Stations de préparation des encres (et leur récupération),
– les lardons en sachet souple → barquette thermoformée ; des colles, ainsi que la récupération des solvants ou leur incinéra-
– les quenelles sous vide → barquette thermoformée. tion.

4 3. Différents modes 3.1 En partant de films préfabriqués


de production 3.1.1 Complexage sans solvant
L’association se réalise sur une complexeuse et la figure 6 repré-
Comme toujours, les transformateurs se sont équipés pour sente ce matériel dans la version sans solvant.
répondre aux besoins du marché et ont investi dans des matériels
qui couvrent les exigences de leur clientèle traditionnelle. L’utilisa- Le film « support » se déroule en (3) puis passe en (6) où un
teur, afin de bénéficier pleinement de la meilleure offre, devra groupe de cylindres dépose la colle. Le grammage déposé varie de
donc s’inquiéter ou, mieux, visiter ses futurs fournisseurs afin de 0,8 à 2,5 g/m2 en fonction de la nature des supports (état de sur-
cerner leur potentiel industriel. face, neutre, imprimé, métallisé, laqué...) et de l’utilisation finale
du complexe.
■ Impression
En (1) se déroule le film « soudant » qui passe généralement
Cela concerne : sous un traitement corona (2) afin de réactiver la face polaire (habi-
– les procédés : hélio, flexo, offset, digital ; tuellement, celle-ci doit être, pour un PE, PP ou ionomère d’une
– le nombre de couleurs ; valeur ).
– la largeur maximale ; Les films (1) et (3) se rencontrent en (4) qui est le point de calan-
– les asservissements intégrés : drage, généralement constitué d’un cylindre acier chauffant et d’un
• traitement corona, presseur caoutchouc. Le but est de chasser toute présence d’air et
• tension constante , d’étaler le film de colle.
• déroulage/enroulage non stop,
En (5) s’effectue le bobinage.
• viscosimètre,
• repérage des couleurs, La colle sans solvant se présente comme un liquide visqueux et
• contrôle de la teinte, la réaction chimique des deux constituants va polymériser dans le
• écran vidéo, temps, créant une association pratiquement indestructible entre
les deux films. Pour mieux maîtriser ce phénomène, le complexe
• détecteur optique de défauts ou d’impuretés dans le film,
est stocké en salle chaude (40 °C) pour garantir la bonne réticula-
• retournement recto/verso, tion.
• laquage ou vernis de surimpression,
• complexage en ligne,
• mesure de l’épaisseur du film de colle.
■ Complexage
Avec ou sans solvant, ainsi que les autres modes de complexage
2 500

2 5
traités dans ce dossier : ø 800 4 ø 1 000
ø 800
1
– largeur et vitesse moyenne ; 6
– traitement corona sur chaque bande ;
– triplexe en une opération. 3

■ Découpage 7 100
Différents principes sont appliqués en fonction des matériaux
1 - Film « soudant » 4 - Point d’assemblage (calandre)
(neutre – imprimé par zones) souple, rigide avec présence de 2 - Traitement Corona 5 - Bobinage
papier aluminium, etc. Comme la découpeuse universelle n’existe 3 - Film « support » à enduire 6 - Groupe de dépose de colle
pas, il faut être certain que, dans le parc machines, il y a bien la Les cotes sont en millimètres
technologie qui correspond aux contraintes des matériaux que
vous souhaitez acheter. Figure 6 – Machine à complexer sans solvant (Crédit DMC)

AM 3 577v2 – 6 Copyright © – Techniques de l’Ingénieur – Tous droits réservés

118
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Plastiques biosourcés et plastiques


recyclés dans l’emballage

par Vincent COLARD


Chargé de mission « environnement »
ELIPSO, les entreprises de l’emballage plastique et souple

1. Plastiques complémentaires pour le marché de l’emballage ... AG 6 287 - 2


1.1 Polymères utilisés dans l’emballage en France...................................... — 2
1.2 Marchés des emballages plastiques et incidence sur le choix

1.3
des matériaux ............................................................................................
Matériaux innovants et matériaux de substitution.................................


2
3 4
2. Plastiques recyclés................................................................................ — 3
2.1 Travail de toute la chaîne de valeur......................................................... — 4
2.2 Verrous organisationnels et techniques.................................................. — 5
2.3 Enjeux pour le développement des plastiques recyclés ........................ — 6
3. Plastiques biosourcés........................................................................... — 7
3.1 Famille des plastiques biosourcés au service des emballages ............. — 7
3.2 Freins spécifiques et freins liés à tout produit innovant ........................ — 9
3.3 Enjeux pour le développement des plastiques biosourcés ................... — 10
4. Conclusion ............................................................................................... — 11
5. Glossaire................................................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 287

es plastiques biosourcés et les plastiques recyclés se développent dans les


L emballages plastiques comme dans les emballages souples, pouvant asso-
cier différents plastiques ou bien des plastiques à d’autres matériaux (ci-après
inclus dans la notion d’emballages plastiques par simplification). Ils constituent
une source d’approvisionnement complémentaire aux plastiques vierges d’ori-
gine fossile pour les fabricants d’emballages, apportant de nouvelles
fonctionnalités et créant de la valeur ajoutée pour les produits emballés.
Dans cette réflexion, il apparaît comme pertinent de s’intéresser plus particu-
lièrement aux plastiques recyclés post-consommateurs car le recyclage des
chutes de production reflète davantage la bonne gestion des matières pre-
mières par le transformateur et constitue une pratique usuelle pour une
majorité de fabricants. De plus, le recyclage des déchets plastiques après
consommation implique des contraintes particulières de collecte, de tri et de
recyclage.
Le terme plastique « biosourcé » a été préféré au terme « bioplastique ». En
effet, « bioplastique » fait l’objet de différentes interprétations au niveau inter-
national et concerne plus généralement les plastiques biosourcés et
biodégradables. Les plastiques biosourcés, comme tout produit biosourcé,
sont partiellement ou totalement issus de la biomasse, conformément à la
norme EN 16575. Ainsi, la capacité d’un emballage plastique à se biodégrader
sous certaines conditions est considérée ici comme une fonctionnalité
apportée à l’emballage, et pour laquelle certains plastiques biosourcés peuvent
présenter un intérêt particulier.
Parution : juin 2015

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AG6287

PLASTIQUES BIOSOURCÉS ET PLASTIQUES RECYCLÉS DANS L’EMBALLAGE ____________________________________________________________________

Dans un premier temps, il apparaît nécessaire de présenter le marché actuel


de l’emballage plastique qui constitue un élément clé pour comprendre le
développement présent et futur des plastiques recyclés et des plastiques bio-
sourcés dans l’emballage. Puis, il conviendra de regarder plus en détail le
marché actuel des emballages en plastiques recyclés, les freins et les leviers
pour développer ces matériaux. Enfin, une analyse sur le même modèle sera
menée sur les plastiques biosourcés.

Un glossaire reprenant l’ensemble des termes techniques principaux utilisés dans cet
article est à consulter au dernier chapitre.

1. Plastiques (en tonnes)


complémentaires
pour le marché 3%

de l’emballage
4 19 % 22 % PEHD

Pour bien appréhender le développement des plastiques bio- PEBD


1%
sourcés et des plastiques recyclés dans les emballages, il semble PP
nécessaire de s’intéresser au marché des emballages plastiques et 6%
des principaux types de matières plastiques utilisées pour satis- PS+PSE
faire aux diverses fonctions des emballages.
33 % PVC
16 % PET
1.1 Polymères utilisés dans l’emballage Autres
en France
Les plastiques sont une famille chimique qui regroupe différents
polymères, parfois appelés « résines ». Les emballages utilisent
principalement des thermoplastiques, c’est-à-dire des polymères
qui, sous l’action de la chaleur, fondent ou se ramollissent suffi- Figure 1 – Plastiques utilisés dans les emballages en France
samment pour pouvoir être mis en forme de manière répétée dans [crédit ELIPSO sur des données PlasticsEurope (2012)]
le temps. Cette caractéristique des thermoplastiques est primor-
diale car elle rend possible le recyclage mécanique des emballages
Chaque grade de polymère et additif présente des caractéristi-
en fin de vie et donc la production de plastiques recyclés.
ques techniques différentes. Ils sont utilisés seuls, ou en combinai-
La filière plastique européenne estime qu’en 2012, 288 millions de son, pour apporter les différentes fonctionnalités demandées par les
tonnes de plastique ont été produites dans le monde, dont produits contenus, faire face aux contraintes techniques de produc-
57 millions de tonnes en Europe. La France consomme entre 4 et tion et conditionnement des produits et répondre aux attentes des
5 millions de tonnes de plastiques par an, sa demande en matière consommateurs.
plastique représente plus de 10 % de la demande européenne et elle
se situe au troisième rang des pays utilisateurs de plastiques vier- Le choix des polymères et des additifs lors de la conception des
ges après l’Allemagne et l’Italie. 39,4 % des matières plastiques ven- emballages a également une incidence sur la recyclabilité des embal-
dues en Europe ont été utilisées pour fabriquer des emballages et ce lages usagés. Il a une influence sur l’efficacité du tri des déchets
secteur d’activité reste le plus important en termes de tonnages d’emballages, basé sur la reconnaissance visuelle et sur l’identifi-
consommés [1]. cation des polymères par infrarouge (reconnaissance pouvant être
différente lorsqu’un emballage associe plusieurs plastiques...). Il a
Le polyéthylène basse densité (PEBD), le polyéthylène haute également un impact lors de leur recyclage (compatibilité des grades
densité (PEHD), le polyéthylène téréphtalate (PET), le polypropy- de polymères lors du recyclage, séparabilité des éléments incompa-
lène (PP), le polystyrène (PS/PSE) et le polychlorure de vinyle tibles dans le procédé de recyclage, impact des additifs au regard des
(PVC) représentent 97 % des 2 millions de tonnes de polymères quantités utilisées...). Ainsi, la conception des emballages est une
utilisés chaque année par les fabricants d’emballages en France étape déterminante pour rendre possible le recyclage et par consé-
(1 996 000 tonnes en 2012 selon PlasticsEurope – figure 1). Les 3 % quent la production de plastiques recyclés pouvant être intégrés dans
restant comprennent notamment les polymères améliorant la bar- de nouveaux emballages.
rière à l’eau ou à l’oxygène (EVOH, PA...), les polymères de spécia-
lité notamment utilisés dans le secteur cosmétique (PMMA,
POM...) et les plastiques biosourcés à structure innovante (PLA,
plastiques à base d’amidon...). 1.2 Marchés des emballages plastiques
Chaque polymère est disponible sous différents grades, adaptés au et incidence sur le choix
produit final et au procédé de transformation. De plus, si les embal- des matériaux
lages plastiques sont majoritairement composés de polymères, ils
peuvent également contenir des additifs chimiques (absorbeur d’oxy- Un peu plus de 2 millions de tonnes d’emballages plastiques
gène, antistatique, liant...) et des additifs minéraux (pigment, charge, sont utilisées pour le conditionnement de produits divers, chaque
barrière à la lumière...). année en France. La stabilité apparente du marché des emballages

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AG6287

____________________________________________________________________ PLASTIQUES BIOSOURCÉS ET PLASTIQUES RECYCLÉS DANS L’EMBALLAGE

plastiques en poids masque en réalité différents effets comme le Les emballages utilisés dans la cosmétique, dans le secteur
montre l’étude de l’ADEME, d’Eco-Emballages et du Conseil Natio- pharmaceutique et dans les dispositifs médicaux, font également
nal de l’Emballage sur 10 marchés de référence [2] : l’objet d’une réglementation européenne et nationale encadrant
– évolution des parts de marché ; l’utilisation des matériaux au contact des produits. L’utilisation des
plastiques biosourcés et des plastiques recyclés doit-elle aussi être
– variation de la consommation ; conforme à ces textes règlementaires au même titre que les
– changement de modes de consommation ; plastiques vierges d’origine fossile.
– allégement des poids unitaires...
Ainsi, la répartition des différents secteurs utilisateurs d’embal-
En France, 55 % des emballages sont destinés à des produits lages plastiques est un élément clé pour appréhender le dévelop-
pour les ménages et 45 % à des produits pour les entreprises et les pement des plastiques biosourcés et plastiques recyclés.
administrations.
La diversité des polymères, des technologies de transformation et
des procédés de décoration, permettent aux emballages plastiques 1.3 Matériaux innovants et matériaux
d’être présents dans tous les secteurs de l’agroalimentaire, ainsi
que dans la cosmétique, la santé, les produits d’entretien, les pro- de substitution
duits chimiques, le transport, la distribution, ou encore les produits
industriels et agricoles. Au regard de la multiplicité des fonctions offertes par les poly-
En France et dans la plupart des pays, plus de deux emballages mères issus de ressources fossiles et des contraintes liées au mar-
plastiques sur trois se destinent au marché alimentaire et une majo- ché, il semble légitime de se demander si les plastiques
rité des emballages concernés sont au contact direct des aliments biosourcés et les plastiques recyclés sont une substitution aux
(figure 2). Comme pour les emballages composés d’autres maté- plastiques vierges d’origine fossile ou s’il faut plutôt les voir
comme des matériaux permettant d’apporter de la valeur ajoutée

4
riaux, la conception des emballages plastiques au contact des ali-
ments est encadrée par la réglementation européenne et nationale. dans le domaine de l’emballage.
Au niveau européen, le règlement UE no 10/2011 dédié aux plasti- En réalité, cette question ne se pose pas car les plastiques d’ori-
ques définit les monomères, substances de départs et additifs auto- gine fossile, les plastiques produits à partir de biomasse et les
risés dans la fabrication des produits plastiques aptes au contact plastiques recyclés sont complémentaires. Ils permettent aux fabri-
alimentaire, ainsi que les limites de migration (globales et spécifi- cants d’emballages de diversifier leurs approvisionnements, de
ques à certaines substances). Les emballages plastiques présents sélectionner au mieux les matériaux qui répondent à leur cahier
sur le marché respectent cette réglementation dans le but de garan- des charges. De plus, le terme de « substitution » ne semble pas
tir la sécurité du produit et celui de ne pas impacter la santé et les totalement adapté car il ne tient pas compte de la valeur ajoutée
caractéristiques organoleptiques des aliments. apportée par ces matériaux.
Pour être utilisés au contact des aliments, les emballages en
plastique biosourcé doivent se conformer à cette réglementation, D’une part, les plastiques recyclés et certains plastiques biosour-
au même titre que les emballages en plastique d’origine fossile. cés présentant une structure moléculaire identique, comme le PE
Certains plastiques biosourcés peuvent ainsi être utilisés en contact et PET biosourcés, sont utilisés en lieu et place des plastiques
direct des aliments et d’autres, à cause de leur composition qui d’origine fossile pour apporter de la valeur ajoutée aux emballages
pourrait impacter le goût des aliments, et doivent être incorporés sur le plan environnemental, économique et/ou marketing.
dans une structure multicouches comportant une barrière fonction-
nelle.
À titre d’exemple, l’étude du réseau Record sur la perception des
Les plastiques recyclés doivent présenter les mêmes garanties matières recyclées [3] montre que les plasturgistes sont majoritaire-
que les plastiques vierges auxquels ils se substituent, encadrées par ment favorables aux plastiques recyclés pour des questions de coûts,
le règlement UE no 10/2011. Au regard de la difficulté de maîtriser la d’image « vendeuse » et « respectueuse » de l’environnement.
qualité des déchets entrant dans les sites de recyclage, le règlement
CE no 282/2008 définit des exigences complémentaires pour l’utili-
sation des plastiques recyclés au contact des aliments. À l’exception D’autre part, les plastiques biosourcés aux structures moléculaires
de cas particuliers de production de PEHD et de PP recyclés, la plu- innovantes (PLA, plastique à base d’amidon, cellulose...) peuvent
part des procédés aptes au contact des aliments et autorisés en apporter des fonctions supplémentaires aux emballages, telles que
Europe pour la production de plastique recyclé concerne le PET. la biodégradabilité, un toucher doux ou encore un effet barrière. Ces
matériaux apportent également de la valeur ajoutée aux emballages
sur le plan environnemental, économique et/ou marketing.

Ainsi, l’innovation dans les matériaux, qu’ils soient fossiles, bio-


(en chiffre d’affaires) sourcés ou recyclés, participe pleinement au développement des
emballages plastiques.
7%
15 %

10 %
68 %
2. Plastiques recyclés
Comme expliqué précédemment, les fabricants d’emballages
plastiques utilisent des grades de polymères adaptés à leur acti-
vité, afin de répondre aux contraintes des procédés industriels et
Agro-alimentaire Produits d’entretien
d’apporter des fonctionnalités au couple produit/emballage.
Santé – Hygiène – Beauté Industrie et transport
La production de plastiques recyclés adaptés aux besoins très
Figure 2 – Marché de l’emballage plastique en France vu spécifiques des fabricants résulte de la collaboration de tous les
en chiffre d’affaires [crédit ELIPSO (2014)] acteurs de la chaîne de valeur de l’emballage plastique.

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4

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RE350

RECHERCHE

Nanoparticules cellulosiques :
propriétés et applications
à l’emballage

par Alain DUFRESNE


Professeur en chimie des matériaux
Laboratoire de génie des procédés papetiers (LGP2-UMR5518), Institut polytechnique

4
de Grenoble

Résumé : l’intérêt pour la nanocellulose croît de façon exponentielle. Au cours de la


dernière décennie, ce nanomatériau biosourcé a été essentiellement utilisé dans les
nanocomposites pour ses propriétés de renfort. Ses dimensions à l’échelle nanomé-
trique et sa capacité à former un réseau enchevêtré nanoporeux ont cependant favorisé
l’émergence de nouvelles applications à haute valeur ajoutée. L’emballage est une
application potentielle de la nanocellulose. Des propriétés mécaniques, optiques et
barrières prometteuses sont des caractéristiques encourageantes.

Abstract : interest in nanocellulose has increased exponentially. During the last


decade, this bio-based nanomaterial was essentially used in nanocomposites for its
reinforcing property. Its nano-scale dimensions and ability to form a strong entangled
nanoporous network, however, have encouraged the emergence of new high-value
applications. Packaging is a potential application field of nanocellulose. Promising
mechanical, optical and barrier properties are encouraging features.

Mots-clés : Cellulose, nanocristaux, cellulose microfibrillée, propriétés mécaniques,


propriétés barrières, emballage

Keywords : Cellulose, nanocrystal, microfibrillated cellulose, mechanical properties,


barrier properties, packaging

Points clés
Domaine : Emballage, nanotechnologie
Degré de diffusion de la technologie : Émergence | Croissance | Maturité
Technologies impliquées : Matériaux
Domaines d’application : Emballage
Principaux acteurs français :
Pôles de compétitivité :
Centres de compétence :
Industriels :
Autres acteurs dans le monde : Bio Vision Technology Enterprises Inc., Borre-
gaard Chemcell, CelluForce, Innventia, Melodea, Stora Enso, UPM Fibril cellulose
Contact : [Link]@[Link]
Parution : juillet 2013

7 – 2013 © Editions T.I. RE 350 - 1

123
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RE350

RECHERCHE

1. Contexte leurs performances, les biopolymères ont généré l’intérêt de la


communauté essentiellement académique.
Pourtant, leur rapport performance/prix est bien loin
d’excéder celui des produits traditionnels issus de la pétro-
Glossaire chimie qui devraient perdurer encore longtemps.
Symboles Définition Unités
■ Parmi les biopolymères, il y en a au moins un qui constitue
Microscopie à force un cas particulier : la cellulose. Ce biopolymère est effecti-
AFM vement le polymère le plus abondant sur Terre. On considère
atomique
en effet qu’environ 1011 tonnes de cellulose sont biosynthé-
DS Degré de substitution thysées chaque année, et également détruites, par la simple
GPa Giga Pascal (109 Pa) action de la photosynthèse, donc sans action de l’être humain.

Microscopie électronique à
MEB-FEG balayage à émission de Une très faible fraction est utilisée et ce biopolymère,
champ outre son abondance naturelle, (la cellulose) bénéficie
de propriétés mécaniques exceptionnelles.
Microscopie électronique
MET

4 en transmission Sa hiérarchie de structure permet également d’isoler de


manière sélective les nanoparticules qui sont à l’origine de
MFC Cellulose microfibrilée propriétés exceptionnelles, dont seule la nature a le
secret. (La recette ? Une symbiose parfaite et une perfec-
MPa Méga Pascal (106 Pa) tion difficilement reproductible).
NCC Nanocristaux de cellulose
Taux de transmission ■ Pour assurer une fonction d’emballage, un matériau
OTR mL · m–2 · jour–1
d’oxygène doit présenter des propriétés mécaniques, optiques et
barrières adaptées. Si les propriétés mécaniques de la nano-
Polyéthylène basse den- cellulose sont étudiées depuis de nombreuses années, ce n’est
PEBD
sité que très récemment que ses propriétés barrières ont suscité
PLA Acide polylactique l’intérêt. C’est donc sur cette dernière propriété, cruciale dans
le domaine de l’emballage primaire des produits alimentaires,
Perméabilité à la vapeur que l’accent va être mis.
WVP g · m–1 · s–1 · Pa–1
d’eau
Taux de transmission
WVTR g · m2 · jour–1 2. Cellulose : l’essentiel
de vapeur d’eau

L’industrie de l’emballage est un secteur en constante évolu- La cellulose est présente dans tous les végétaux supérieurs,
tion. Les nouvelles réglementations et l’évolution sociétale, certains animaux, et peut également être produite par voie
économique et technologique encouragent cette industrie à bactérienne.
exiger des produits plus légers, plus performants, plus respec-
tueux de l’environnement et plus compétitifs. 2.1 Structure et polymorphisme
Une part importante des matériaux d’emballage alimentaire
de contact est actuellement constituée de plastiques, ou de ■ Chimiquement parlant, il s’agit d’unités D-glucopyranose
complexes papier/carton à base de polymères d’origine pétro- liées par des liaisons de type β-1,4. Les unités monomères
chimique. En effet, ces polymères synthétiques présentent de adjacentes sont arrangées de telle sorte que les oxygènes
bonnes propriétés barrières et mécaniques associées, jusqu’à glycosidiques pointent dans des directions opposées et l’unité
maintenant, à un faible coût. de répétition (monomère) de la chaîne polymère de cellulose
est composée de deux cycles β-D-glucopyranose tournés l’un
■ Cependant, ces matériaux d’origine fossile présentent par rapport à l’autre pour former ce qui est appelé une « unité
des inconvénients majeurs : cellobiose » (figure 1).
– origine non renouvelable ; Ces unités cellobioses sont liées de manière covalente pour
– coût indexé sur le cours du pétrole ; former une chaîne étendue d’homopolymère linéaire
– faible recyclabilité ; constituée de 2 000 à 27 000 résidus selon la source. L’une
– impact environnemental. des caractéristiques les plus spécifiques de la cellulose est que
chacun de ses cycles β-D-glucopyranose porte trois groupe-
ments hydroxyles. Ces groupes, et leur capacité à établir des
Les bionanomatériaux bénéficient de l’engouement liaisons hydrogènes, jouent un rôle majeur dans l’arrangement
porté à deux thématiques d’actualité, à savoir les cristallin et gouvernent d’importantes propriétés physiques de
nanotechnologies et le développement durable. ce matériau fortement cohésif.

■ Le remplacement progressif des matériaux traditionnels par ■ À l’échelle de l’architecture supramoléculaire, les
des matériaux d’origine renouvelable est un enjeu sociétal et chaînes de cellulose s’associent pour former un édifice
économique primordial. Ce phénomène est, bien entendu, semi-cristallin connu sous le nom de « microfibrille ». Cet
amplifié par la stigmatisation sur la raréfaction des ressources arrangement permet aux chaînes de cellulose de s’empiler
d’origine fossile et les fluctuations du cours de ces ressources. étroitement en zones cristallines ordonnées. La cellulose
Malgré des débuts chaotiques et des prix prohibitifs, au vu de présente plusieurs polymorphes et ces différents systèmes

RE 350 - 2 © Editions T.I. 7 – 2013

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RE350

RECHERCHE

OH OH

O O

O O H
HO
HO HO OH
OH
n

Figure 1 – Structure chimique de la cellulose

cristallins se distinguent par les dimensions de la maille bois, et autres matières lignocellulosiques, repose sur ses
cristalline. propriétés mécaniques, en particulier sa capacité inhabituelle
à fournir une forte résistance mécanique et un rapport résis-

4
tance/poids élevé, tout en permettant une certaine flexibilité
Dans la nature, la cellulose se trouve sous une pour s’accommoder des grandes variations dimensionnelles
forme cristalline appelée « cellulose I » (cellulose dues au gonflement et au rétrécissement.
native), qui est elle-même un mélange de deux
Dans toutes les espèces végétales terrestres et aquatiques,
polymorphes, à savoir cellulose Iα et Iβ.
la paroi cellulaire primaire est une structure dynamique et son
Le taux de chaque polymorphe diffère fortement selon matériau constitutif doit être synthétisé sous une forme
la source de cellulose. La cellulose I peut être convertie en pouvant supporter cette extension.
cellulose II, III ou IV par différents traitements.

2.2 Hiérarchie de structure 3. Nanocellulose :


termes et typologie
Les fibres naturelles, dont est extraite la cellulose, sont des
biocomposites hiérarchisés cellulaires conçus par la nature, et
Le terme nanocellulose désigne les nanoparticules
sont basiquement constituées d’une matrice amorphe à base
composées de cellulose extraites des fibres naturelles [2].
d’hémicellulose, lignine, cires et extractibles, renforcée par
L’extraction de ces nanoparticules est basée sur une déstruc-
des microfibrilles de cellulose semi-cristalline. Les fibres ligno-
turation des fibres à l’aide d’une stratégie dénommée
cellulosiques sont donc constituées d’agrégats de microfi-
« top-down » exploitant leur hiérarchie de structure.
brilles.
■ La structure des plantes recouvre plusieurs échelles
de longueur, comme beaucoup d’autres tissus biologiques, y Le terme « nano » désigne toute particule dont l’une au
compris les os (cette structure de base de tous les vertébrés moins des dimensions est inférieure à 100 nm.
est faite de fibrilles de collagène noyées dans une matrice Deux principales méthodes permettent d’effectuer
d’apatite inorganique) et les dents, afin d’assurer une résis- cette déstructuration, l’une exploitant une voie chimique
tance maximale avec un minimum de matériau. et l’autre une voie mécanique, conduisant à l’obtention de
nanoparticules avec différentes morphologies et différentes
Exemple propriétés.
Le bois, constitué d’environ 40-50 % de cellulose en poids,
dont la moitié sous forme nanocristalline et la moitié sous
forme amorphe, est un exemple bien connu (figure 2). 3.1 Cellulose microfibrillée
L’échelle du mètre est utilisée pour décrire l’ensemble de
l’arbre, celle du centimètre pour les structures de la section Une action mécanique de cisaillement répétée peut être
transversale, celle du millimètre pour les anneaux de utilisée pour libérer plus ou moins individuellement les micro-
croissance. fibrilles de cellulose. Ce matériau est généralement appelé
« cellulose microfibrillée » (MFC).
La dizaine de micromètres est utilisée pour l’anatomie ■ Différentes procédures de traitement mécanique peuvent
cellulaire, le micromètre pour la structure de la couche interne être utilisées pour préparer la MFC. Elles consistent essen-
des parois cellulaires, la dizaine de nanomètres pour la tiellement en une homogénéisation à haute pression et/ou un
configuration des fibrilles de cellulose dans une matrice broyage [2]. Cependant, cette voie de production engendre
composée principalement d’hémicellulose et de lignine. Enfin, normalement une consommation d’énergie élevée associée à
le nanomètre est utilisé pour décrire les structures molécu- la délamination de la fibre.
laires de la cellulose, hémicellulose et lignine ainsi que leurs
interactions chimiques [1]. • Par conséquent, différents prétraitements ont été
proposés pour faciliter ce processus, à savoir par exemple :
■ Dans cet édifice, la cellulose fait office d’élément
structural. Elle confère ses propriétés mécaniques aux – découpe mécanique [3] ;
cellules des végétaux supérieurs. La hiérarchie de structure – hydrolyse acide [4] ;
des fibres naturelles se traduit par une résistance unique et – prétraitement enzymatique ([5] [6]) ;
des propriétés hautes performances des différentes espèces – introduction de groupements chargés par
de plantes. En effet, la caractéristique la plus importante du carboxyméthylation [7] ;

7 – 2013 © Editions T.I. RE 350 - 3

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RE350

RECHERCHE

Arbre Coupe transversale Anneau de croissance Structure cellulaire

mm
cm

4
500 µm

Cellulose Fibre lignocellulosique Structure microfibrille Structure de la paroi cellulaire

Microfibrille

S3
S2
S1
P
ML
Amorphe
Fibrilles
élémentaires Cristalline

1 nm
25 µm

10 nm 300 nm

Figure 2 – Hiérarchie de structure du bois : de l’arbre à la cellulose

– oxydation par agent 2,2,6,6-tétraméthylpipéri-


dine-1-oxyle (TEMPO) [8].
• Après désintégration, la MFC est généralement obtenue
sous forme d’une suspension dans un liquide, généralement
de l’eau. Pendant l’homogénéisation, la suspension passe d’un
milieu de faible viscosité à un milieu de forte viscosité.
Normalement, une suspension à 2 % en poids de fibres est
utilisée pour la préparation de la MFC.
À des concentrations plus élevées, l’augmentation de visco-
sité pendant le traitement devient trop importante et la
suspension ne peut plus être véhiculée par le système de
pompage. Les suspensions aqueuses de MFC présentent un
comportement analogue à un gel, comme le montre la
figure 3.
■ La production de MFC à partir de pâte de bois et
diverses autres sources a été décrite dans la littérature. La
morphologie des fibrilles constitutives se caractérise générale-
ment par des techniques microscopiques telles que :
– la microscopie électronique en transmission (MET) ;
– la microscopie électronique à balayage à émission de
champ (MEB-FEG) ;
– la microscopie à force atomique (AFM).
La figure 4 [9] montre des images MET de MFC obtenues à Figure 3 – Photo d’une suspension aqueuse à 2 % en poids
partir de différentes sources cellulosiques. de MFC d’eucalyptus prétraité enzymatiquement

RE 350 - 4 © Editions T.I. 7 – 2013

126
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages

2– Éco-conception des emballages

3– Recyclage et gestion des déchets

4– Matériaux pour l'emballage


5
5– Machines et techniques d'emballage Réf. Internet page

Machines d'emballage. Liquides en bouteille AG6600 129

Machines d'emballage. Produits secs et petits objets AG6601 133

Machines d'emballage. Machines de fin de ligne AG6602 139

Machines d'emballage. Intérêt des réseaux de terrain AG6650 145

Cerclage A1034 147

Générateur aérosol AG6720 149

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression

 Sur [Link]
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• Retrouvez la liste complète des ressources documentaires

127
5

128
Référence Internet
AG6600

Machines d’emballage
Liquides en bouteille
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie de la Ville de Paris
Ancien directeur, société Ato Findley
Expert près les tribunaux

1. Soufflage des bouteilles en PET .......................................................... AG 6 600 - 2


2. Lavage et rinçage des bouteilles ......................................................... — 3
3. Soutirage et remplissage ....................................................................... — 4
3.1 Systèmes étanches ...................................................................................... — 4
3.1.1 Systèmes par gravité pour boissons non carbonatées ................... — 4
3.1.2 Systèmes à contre-pression pour boissons carbonatées................ — 5
3.1.3 Systèmes avec un différentiel de pression entre réservoir
et bouteilles......................................................................................... — 6
3.1.4 Systèmes sous pression pour bouteilles en PET ............................. — 9
3.2 Systèmes ouverts à pression atmosphérique ...........................................
3.2.1 Systèmes à détection de niveau.......................................................
3.2.2 Remplissage massique .....................................................................



9
9
9
5
3.2.3 Remplissage volumétrique à piston................................................. — 10
3.3 Convoyage des récipients, cadences de production ................................ — 11
4. Bouchage .................................................................................................... — 12
4.1 Bouchage par enfoncement........................................................................ — 12
4.2 Bouchage à vis ............................................................................................. — 12
4.3 Capsulage..................................................................................................... — 13
4.4 Bouchage sous vide partiel......................................................................... — 13
5. Étiquetage .................................................................................................. — 13
5.1 Fonctionnement général des étiqueteuses rotatives................................ — 14
5.2 Colles et adhésifs......................................................................................... — 14
5.3 Systèmes encolleurs ................................................................................... — 15
5.4 Habillage du col ........................................................................................... — 16
5.5 Manchons rétractables ................................................................................ — 16
6. Autres conditionnements ...................................................................... — 16
6.1 Briques de carton, complexes .................................................................... — 16
6.2 Pots thermoformés pour produits semi-liquides ..................................... — 17
6.3 Pots en verre pour mélanges solide-liquide.............................................. — 18
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 604

L ’emballage et le conditionnement font appel à des machines très sophis-


tiquées qui permettent des cadences élevées de dosage-pesage, remplissage,
étiquetage, groupage, etc., surtout dans les industries agroalimentaires.
Chaque consommateur de produits alimentaires utilise en effet quotidien-
nement plusieurs emballages. De plus, du fait de la concentration des sociétés,
les usines importantes de boissons, biscuits, bonbons, riz, etc., produisent des
centaines de milliers d’unités chaque jour.
Les machines à cadence moyenne et élevée ont connu des progrès consi-
dérables depuis les années 1980. Elles emploient des techniques modernes
d’automatisation, bien que l’ensemble du processus soit encore très largement
basé sur des systèmes mécaniques.
Parution : avril 2005

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur AG 6 600 − 1

129
Référence Internet
AG6600

MACHINES D’EMBALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

Le conditionnement de liquides et produits visqueux ou particuliers, alimen-


taires ou non, peut être effectué dans des emballages en différents matériaux :
verre (neuf ou récupéré/consigné), PVC, PET, polyéthylène, complexes à base
de carton et plastique.
Selon la cadence désirée, la taille des emballages, la viscosité et le type de
liquide (avec ou sans CO2 dissous, alimentaire ou non), il existe une très large
offre de machines sur le marché européen. Cette étude abondamment illustrée
présente chaque type de machine d’embouteillage de liquides essentiellement
alimentaires avec son principe de fonctionnement, les cadences moyennes ou
élevées et les travaux qu’il permet.
Les liquides alimentaires sont principalement : eaux, vins et spiritueux, vins
mousseux, bières, boissons carbonatées, huiles. Ils sont conditionnés dans des
bouteilles en verre neuf ou recyclé, PVC, PET neuf ou recyclé et des briques en
complexes à base de carton. Ce conditionnement est en général réalisé de
façon aseptique afin de garantir la conservation des aliments.
Pour les liquides non alimentaires, citons simplement le cas des produits
d’entretien (solvants en bouteilles en plastique, produits chimiques liquides,
éventuellement corrosifs, voire nocifs), pour lesquels on utilise le même type
de soutireuse et de boucheuse que pour les liquides alimentaires, en s’assurant
que tous les matériaux utilisés pour la construction des machines sont en acier
inoxydable, et que les joints en élastomère résistent aux produits chimiques
(silicones) ou bien qu’il s’agit de systèmes sans joint souple. De plus, les bou-
chons doivent être des bouchons de sécurité.

5 Cet article est le premier d’un ensemble qui traite des machines d’emballage
à cadence moyenne ou élevée :
— conditionnement de liquides (ou semi-liquides) alimentaires dans des réci-
pients en verre ou plastique [AG 6 600] ;
— emballage et conditionnement de produits secs, solides, poudres, petits
objets, dans des sacs, sachets, étuis en carton, barquettes sous sachet, plateaux
[AG 6 601] ;
— machines de fin de ligne : convoyeurs, groupage de divers emballages,
suremballage, encaisseuses, robots, palettiseurs, « wrapping », marquage,
rubans adhésifs, etc., et emballage en métal de produits liquides, pâteux ou
solides [AG 6 602] ;
— emballage et conditionnement de produits pharmaceutiques, cosmétiques,
d’entretien, etc., et techniques spéciales [AG 6 603].
Les fabricants des machines à plus faible cadence et des machines à cadence
moyenne et élevée présentées sont listés dans [Doc. AG 6 604].
Les matériaux d’emballage sont étudiés par ailleurs : verre [A 9 785], métal
[A 9 760], plastiques [A 9 780].

1. Soufflage des bouteilles ventilation assure un refroidissement superficiel des préformes,


tandis que les IR les chauffent à cœur. La température est contrôlée
en PET et asservie sur toute la hauteur de la préforme : la zone située sous
le col est chauffée davantage afin d’obtenir un taux d’étirage plus
important ; les cols sont maintenus à basse température afin qu’ils
La fabrication des bouteilles en verre est détaillée dans [A 9 785]. ne soient pas déformés pendant le soufflage car ils doivent
Nous étudions ici plus particulièrement le soufflage des bouteilles conserver le même diamètre jusqu’au bouchage.
et flacons en PET (polyéthylène téréphtalate) parce qu’il est souvent À la sortie du four, les préformes sont transférées vers une roue
réalisé au sein même de l’usine de produits alimentaires qui les uti- de soufflage ou vers une presse comportant un certain nombre de
lise, afin d’intégrer en un même lieu toute la production et de ne moules. La rotation de la roue de soufflage permet d’enchaîner les
pas avoir à transporter des emballages vides et encombrants. différentes phases de la bi-orientation. Le soufflage est effectué au
Les préformes moulées par injection sont maintenues col en haut, moyen d’une tuyère (par exemple, tuyère-cloche sur les machines
elles descendent par gravité jusqu’à la roue d’alimentation qui les Sidel). Après descente de la tuyère, un étirage longitudinal est
charge sur une chaîne de tournettes (figure 1). La progression de la effectué par une tige d’élongation. Un présoufflage initie l’étirage
chaîne de tournettes entraîne la rotation des préformes sur leur axe latéral. À la fin de la course d’étirage, le soufflage à haute pression
et leur défilement en continu dans le four. Les préformes y sont achève l’étirage latéral et bloque la paroi de la bouteille contre le
chauffées par une série de lampes infrarouges (IR) à quartz. Une moule.

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AG 6 600 − 2 © Techniques de l’Ingénieur

130
Référence Internet
AG6600

______________________________________________________________________________________________________________ MACHINES D’EMBALLAGE

Carrousel
de remplissage
Roue de soufflage

Transfert
positif Traitement Conditionnement
Sortie des bouteilles des préformes thermique
des bouteilles soufflées
remplies Figure 1 – Machine de soufflage des bouteilles
et bouchées Bouchage en PET, remplissage et bouchage (Combi,
société Sidel)

Un second bain d’eau sodée à 80 oC avec injection à l’intérieur

5
Après refroidissement et ouverture des moules, les bouteilles ou
flacons sont repris par des bras de transfert et évacués entre des des bouteilles les désinfecte et élimine tout corps étranger, dépôt
rails de guidage et, dans la plupart des cas, ils sont immédiatement et impuretés.
transférés aux étiqueteuses et soutireuses.
Les cadences de production s’étendent de 4 000 à 28 000 bou- Puis on effectue deux rinçages à l’eau claire et un égouttage. Le
teilles par heure (bph). contrôle final est réalisé par mirage (contrôle visuel en transpa-
rence).

Les laveuses (figures 2 et 3) peuvent être soit à paniers, dis-


2. Lavage et rinçage continues, avec des cadences de 5 000 à 50 000 bph, soit continues
avec des cadences pouvant atteindre 130 000 bph.
des bouteilles Les bouteilles neuves, provenant des verreries, sont également
lavées mais avec un cycle bien plus court que les bouteilles
Les bouteilles en verre consignées ou en PET recyclées doivent
consignées et récyclées.
être lavées pour des raisons d’hygiène et pour les débarrasser de
leurs étiquettes. Les bouteilles en plastique, PVC (polychlorure de vinyle) pour
Les bouteilles en verre subissent un prétrempage dans un bain eaux minérales ou PET pour boissons gazeuses, si elles sont fabri-
fortement agité d’eau chaude à 75 oC ; les étiquettes sont décollées quées sur place, ne nécessitent pas de lavage et sont directement
par brossage. remplies sur une chaîne aseptique (§ 3).

Figure 2 – Laveuse de bouteilles (société KHS)

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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 600 − 3

131
Référence Internet
AG6600

MACHINES D’EMBALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

Tube de refroidissement d’air


Réservoir

Va
Vanne
a de
re
emplissage

Fermetur
e e
du
u récipient

Niveau de
re
emplissage

a récipient en cours b récipient rempli


de remplissage

Figure 4 – Dosage et remplissage par gravité à pression atmosphérique

5 Figure 3 – Lavage et grattage des étiquettes de bouteilles recyclées Arrivée du produit


en verre (Innoclean double end, société KHS)
Tube de
Tu
refoulement

3. Soutirage et remplissage Vide

Il existe de nombreux systèmes de dosage et de remplissage Flotteur


pour les liquides et produits pâteux (tableau 1) :
— dans les systèmes étanches, le dispositif de remplissage est
en contact hermétique avec le récipient à remplir ;
— dans les systèmes non étanches, le récipient à remplir est
laissé ouvert à l’air libre pendant le remplissage. anne de
emplissage
On distingue également les systèmes isobares, où la pression
est la même dans le réservoir principal et dans les bouteilles ou ermeture
récipients, et les systèmes avec différentiel de pression. u récipient Refoulem
ment

3.1 Systèmes étanches

3.1.1 Systèmes par gravité pour boissons


non carbonatées
a récipient en cours b récipient rempli
Le liquide s’écoule du réservoir de stockage dans le récipient à de remplissage
remplir, situé plus bas, par une vanne. L’air se trouvant dans le réci-
pient s’échappe par la même vanne (figure 4). Le remplissage
commence lorsque le récipient est détecté sous la vanne de rem- Figure 5 – Dosage et remplissage par gravité sous vide
plissage. Il se poursuit jusqu’au niveau déterminé par la position d’un
é[Link] liquide en excès au-dessus de ce niveau retourne au réser-
voir de stockage. Un tel système est dit isobare car la pression est processus s’arrête comme précédemment. Ce système permet de
la même dans le réservoir et dans les bouteilles. prévenir toute perte de produit qui pourrait se produire, avec un
récipient légèrement ébréché par exemple.
Le remplissage par gravité sous vide (figure 5) est également
employé : un léger vide (75 à 125 mmHg, soit 100 à 167 Pa) est La figure 6 montre l’ensemble d’une soutireuse avec son réser-
maintenu au-dessus du réservoir de stockage. Lorsque le récipient voir au centre et les multiples vannes de remplissage à la périphé-
à remplir vient en contact étanche avec la vanne de remplissage, rie (voir aussi la figure 18).
la vanne est ouverte et la pression de l’air dans le récipient pousse Il existe divers systèmes mécaniques de commande des vannes :
tout liquide se trouvant dans l’évent vers le réservoir, ce qui initie compte tenu des cadences de plus en plus élevées, les mécanis-
le remplissage par gravité, les deux pressions s’équilibrant. Le mes doivent être assez simples pour rester parfaitement fiables.

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132
Référence Internet
AG6601

Machines d’emballage
Produits secs et petits objets
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie de la Ville de Paris
Ancien directeur, société Ato Findley
Expert près les tribunaux

1. Alimentation en produits secs et dosage des matières................ AG 6 601 – 2


1.1 Alimentation des systèmes de dosage en produits secs ......................... — 2
1.2 Dosage volumétrique .................................................................................. — 4
1.3 Dosage pondéral ......................................................................................... — 4
2. Technique Form, fill and seal ................................................................ — 5
2.1 Étapes successives ...................................................................................... — 5
2.2 Produits conditionnés ................................................................................. — 6

5
3. Remplissage/ensachage de produits dans des sacs ou sachets
préformés ................................................................................................... — 7
4. Fermeture des sacs en plastique par soudure ................................. — 8
4.1 Soudure thermique avec barres chauffantes ............................................ — 8
4.2 Soudure par impulsion ............................................................................... — 8
4.3 Soudure en continu ..................................................................................... — 8
5. Conditionnement dans des étuis en carton ..................................... — 10
5.1 Étuyeuses verticales semi-automatiques .................................................. — 10
5.2 Étuyeuses horizontales automatiques ....................................................... — 11
5.3 Étuyeuses et encartonneuses verticales .................................................... — 12
6. Barquettes avec sachets scellés pour produits secs ..................... — 16
7. Thermoformeuses et scelleuses .......................................................... — 18
7.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 18
7.2 Conditionnement sous atmosphère contrôlée ......................................... — 18
7.3 Autres possibilités ....................................................................................... — 18
8. Skin packaging ......................................................................................... — 18
8.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 18
8.2 Machines en L pour skin wrapping manuel ou automatique .................. — 20
9. Scellage sous vide ................................................................................... — 21
10. Blistériseuses ............................................................................................ — 21
11. Formage de plateaux et de caissettes pour fruits et légumes.... — 22
12. Encaisseuses d’œufs et d’autres objets fragiles ............................ — 23
13. Enveloppage .............................................................................................. — 23
14. Machines spéciales, empaqueteuses ................................................. — 23
Références bibliographiques ......................................................................... — 24
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. AG 6 604

e dossier fait partie d’une série qui a pour but d’aider tous les industriels à
C étudier, acheter ou/et concevoir des systèmes d’emballage et de condition-
nement pour toutes sortes de produits secs et solides se présentant sous la
forme de poudres ou de granulés mais aussi de petits objets pouvant être comp-
Parution : avril 2006

tés, pesés, véhiculés et conditionnés sur des chaînes de fabrication.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur AG 6 601 − 1

133
Référence Internet
AG6601

MACHINES D’EMBALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

Ces produits ou petits objets peuvent être très divers :


— produits alimentaires (pâtes, sucre, biscuits, bonbons, riz) ;
— ou bien non alimentaires (vis, clous, articles de papeterie, colles et produits
de bricolage, etc.).
Pour être complet, cet exposé présentera aussi des systèmes d’empaquetage,
surtout utilisés dans les industries alimentaires, comme l’empaquetage de bis-
cuits ou de plaques de chocolat, par exemple.
Ces mêmes systèmes peuvent aussi être mis en œuvre dans d’autres industries,
lorsque les cadences de production sont élevées (papeterie, disques CD, etc.).
Nous traiterons les étapes successives : comptage ou pesée, remplissage de
divers contenants, fermeture ou scellage, marquage et éventuellement grou-
page de plusieurs emballages individuels.
Cependant, le groupage d’emballages unitaires sera surtout étudié en détail
dans un prochain dossier.

Ce dossier est le deuxième d’un ensemble qui traite des machines d’emballage à cadence
moyenne ou élevée :
— conditionnement de liquides (ou semi-liquides) alimentaires [AG 6 600] dans des réci-
pients en verre ou plastique ;
— emballage et conditionnement de produits secs, solides, poudres, petits objets [AG 6 601]
(le présent document), dans des sacs, sachets, étuis en carton, barquettes sous sachet,
plateaux ;

5 — machines de fin de ligne [AG 6 602] : convoyeurs, groupage de divers emballages, surem-
ballage, encaisseuses, robots, palettiseurs, « wrapping », marquage, rubans adhésifs, etc., et
emballage en métal de produits liquides, pâteux ou solides ;
— emballage et conditionnement de produits pharmaceutiques, cosmétiques, d’entretien,
etc., et techniques spéciales.
Les fabricants des machines à plus faible cadence et des machines à cadence moyenne et élevée
présentées sont listés en « Pour en savoir plus [Doc. AG 6 604] ».
Les matériaux d’emballage sont étudiés par ailleurs : verre [A 9 785], métal [A 9 760], plastiques
[A 9 780], matériaux complexes [AG 6 131] [AG 6 132] [AG 6 133].

1. Alimentation en produits Le débit est contrôlé par l’angle de versage, le diamètre de l’ori-
fice de sortie, les caractéristiques d’écoulement des produits ainsi
secs et dosage que par la hauteur de produit dans le réservoir qui crée une certaine
pression.
des matières ■ Systèmes par vibration
Les produits qui ne s’écoulent pas librement sous l’effet de leur
Avant de remplir l’emballage, il est nécessaire de doser ou de poids, ou qui sont friables, peuvent être transportés par des systèmes
peser la quantité requise de produit sec pour chaque emballage unitaire. vibrants, qui n’endommagent pas les produits friables et donnent, à
partir d’un réservoir de stockage, un flot continu qui est canalisé
Trois façons sont possibles :
dans une goulotte. Une porte ou un clapet peuvent être ajoutés pour
— le dosage volumétrique ; obtenir l’arrêt du flot.
— le dosage pondéral ; La figure 1 montre un type de doseur à vibrations pour produits
— le comptage. en poudre. Les systèmes pour granulés ou produits solides de
différentes formes (exemple : vis, boulons) sont bien connus des
Préalablement, cependant, il faut alimenter les systèmes de
industriels.
dosage en produits secs.
Le débit peut être contrôlé en faisant varier la fréquence ou
l’amplitude de la vibration et le volume de remplissage ajusté en
changeant le débit du vibrateur, la durée d’écoulement, l’amplitude
1.1 Alimentation des systèmes de dosage et la fréquence, ou enfin l’angle de versage.
en produits secs
La partie vibrante peut avoir différentes formes : disque plat, gou-
lottes de formes variées.
■ Systèmes par gravité
■ Doseurs à vis
Les produits qui s’écoulent librement (tels que café, sucre, sel, riz)
sont amenés à la machine de remplissage par écoulement par gra- La figure 2 montre un tel système très utilisé, tant pour les pro-
vité, le silo de stockage étant situé au-dessus de la trémie de rem- duits à écoulement libre (exemple : sucre en poudre) que pour les
plissage de la machine de conditionnement. produits qui ne s’écoulent pas facilement, car ceux-ci sont répartis

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AG 6 601 − 2 © Techniques de l’Ingénieur

134
Référence Internet
AG6601

_______________________________________________________________________________________________________________ MACHINES D’EMBALLAGE

Figure 1 – Système d’alimentation et de remplissage par vibration

Figure 3 – Doseur et alimentation par vis sans fin

Figure 4 – Alimentation et remplissage/dosage en cascade ;


Figure 2 – Système d’alimentation et de dosage par vis sans fin
la quantité remplie dépend de l’angle ␣
(ou système Auger)

Les contenants, qui se déplacent sur une bande transporteuse,


de façon homogène par l’agitateur et poussés vers la machine de
sous un certain angle, se remplissent progressivement. Le volume
remplissage par la vis sans fin, qui peut être à pas variable afin
rempli est déterminé par l’angle de la bande, sa vitesse d’avance, et
d’obtenir un certain compactage du produit.
aussi par la vibration éventuelle de la bande. Le surplus de produit
Un clapet de fermeture peut obturer le flot pour les produits qui est évidemment recyclé.
s’écoulent trop rapidement. La rotation de la vis sans fin est conti- C’est un système simple et rustique qui permet des cadences éle-
nue ou intermittente. Nous verrons plus loin, dans le paragraphe vées, utilisé pour toutes sortes de produits à écoulement libre
« dosage », que le nombre de tours de vis peut être prédéterminé (sucre, sel…) ou à écoulement plus difficile (flocons d’avoine, granu-
afin de réaliser un dosage volumétrique. lés, par exemple). Il réalise un dosage volumétrique assez précis.
■ Doseurs à bande transporteuse ■ Doseurs à tasses ou à godets
Les bandes transporteuses sont utilisées pour les produits à écou- La figure 5 montre ce système dans lequel le produit s’écoule par
lement libre ou ceux qui ne s’écoulent pas, ainsi que pour les pro- gravité à partir d’une trémie dans une cavité calibrée qui dose la
duits friables qu’elles n’endommagent pas du tout. quantité de produit. Il est ensuite versé d’un coup dans le conte-
nant.
Il existe toutes sortes de bandes transporteuses y compris celles Les tasses, montées sur une tourelle, sont ajustables en volume
revêtues de Teflon antiadhérent pour produits légèrement collants. par un simple système télescopique. Elles arrivent sous la buse de
Elles peuvent canaliser les produits de toutes formes, et comporter remplissage ; une lame racle et élimine le surplus.
des systèmes de pesage situés sous la bande.
■ Doseur à cavité sous vide
■ Doseurs à vis sans fin
C’est aussi un système à tasses mais dans lequel le produit est
Ces doseurs peuvent être horizontaux ou amener le produit selon aspiré dans la tasse par le vide, ce qui assure un meilleur compac-
un certain angle et sur des distances importantes, par exemple plu- tage (figure 6). Ce système permet de traiter les produits à écoule-
sieurs mètres ou dizaines de mètres (figure 3). ment difficile aussi bien que les produits à écoulement libre facile.
Ils sont utilisés pour des débits très importants comme le remplis- Les contenants doivent avoir des parois rigides pour pouvoir sup-
sage de sacs de ciment à très haut débit (200 kg ou plus par minute). porter le vide.
■ Remplissage par vide et pression
■ Remplissage en cascade
Ce système est employé essentiellement pour les produits pharma-
C’est un cas particulier, montré sur la figure 4. ceutiques (cf. dossier suivant).

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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 601 − 3

135
Référence Internet
AG6601

MACHINES D’EMBALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

Il peut être associé à un carrousel comprenant un ensemble de


trémies sous lesquelles sont placés les conditionnements à remplir ;
— doseurs à godets (cf. figure 5).
Les godets ou tasses, montés sur une tourelle, sont ajustables en
volume par un système télescopique (précision 1,5 à 2 %) ;
— doseurs à cavité sous vide.
Ils donnent une précision de +
− 1 à 2 %.

1.3 Dosage pondéral

Le dosage pondéral est plus précis : il permet de satisfaire les lois


sur la métrologie plus facilement, sans avoir besoin, par sécurité, d’un
surdosage.
L’électronique y est largement utilisée, avec divers types de cap-
teurs et de calculateurs commandés par ordinateur.
De façon générale, les doseurs pondéraux captent une différence
de poids entre le poids mesuré en continu et le poids visé. Lorsque
cette différence atteint un niveau prédéterminé, cela déclenche
l’arrêt du versage. Les capteurs peuvent être de nombreux types :
— capteurs à pesons, dans lesquels une cellule électronique
Figure 5 – Alimentation et dosage en volume, pour système à godets mesure le poids total du conditionnement ;
ou tasses (ici on mesure un volume apparent d’où l’on peut calculer — capteurs photoélectriques ;
— contacteurs différentiels de pression pneumatique ;

5
le poids emballé)
— jauges de contrainte ;
— contacteurs à mercure ;
— LVDT (linear voltage differential transformers), etc.

1.3.1 Dosage en poids net

La plupart des systèmes de dosage en poids net travaillent avec


un double système d’alimentation :
— environ 90 % du poids du produit désiré est débité à cadence
élevée par une première buse ;
— pour le reste, on opère à faible débit, de façon à pouvoir s’arrêter
très précisément au poids fixé.
La figure 7 montre un exemple de dosage en poids net.

1.3.2 Pesées associatives

Ce système utilise de multiples godets qui sont remplis approxi-


mativement avec une partie du produit (50 % de poids net total, par
exemple). Un microprocesseur analyse les poids de chaque godet
puis sélectionne les combinaisons de godets qui donnent le poids le
Figure 6 – Alimentation et dosage à cavité sous vide
plus proche du poids désiré. Comme le produit est très exactement
mesuré dans chaque godet, il n’y a aucune erreur possible et ce sys-
tème donne donc une très grande précision, pourvu que les produits
d’un godet puissent être totalement transférés dans un autre ; c’est
1.2 Dosage volumétrique pourquoi cette méthode est très employée pour des produits en
morceaux distincts tels que : bonbons, chips, cacahuètes, crevettes,
etc.
Ce système est utilisé pour des composés ayant une densité Les cadences sont très élevées ; on peut aller actuellement
homogène et connue et pour lesquels le volume de produit dosé est jusqu’à 140 pesées par minute avec une alimentation automatique
plus grand que son poids. Le dosage est alors réalisé par remplis- et un carrousel tournant autour du point d’alimentation.
sage complet d’une cavité donnée (godet, etc.) puis transvasement
de ce volume de produit dans le récipient à remplir.
1.3.3 Dosage en poids brut
En dosage volumétrique, on peut utiliser l’une des trois méthodes
d’alimentation et de dosage suivantes : Ici on pèse à la fois le produit et son contenant. Cette méthode
— doseur à vis (cf. figure 3). ancienne n’est valable que si le poids propre de l’emballage est
négligeable par rapport au poids de produit. Rappelons que la légis-
+ 0,1 à 0,2 %) ; c’est le
Il donne une bonne précision de dosage ( − lation européenne impose, depuis un certain nombre d’années, de
meilleur système pour les poudres. faire figurer sur l’emballage le poids net des produits.

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136
Référence Internet
AG6601

_______________________________________________________________________________________________________________ MACHINES D’EMBALLAGE

Figure 7 – Dosage en poids net

Figure 8 – Dosage en poids brut


La figure 8 montre un système de dosage et remplissage en poids
brut, avec un capteur à peson électronique.

Enfin signalons que tous les matériels de dosage et de condition-


nement enregistrent les poids de chaque emballage, ce qui permet : 2. Technique Form, fill
— de satisfaire la réglementation européenne des Poids et
Mesure/Métrologie ;
and seal
— de régler les doseurs si des dérives surgissent et, en parti-

5
culier, de minimiser le surpoids rendu nécessaire par la législation. Les mots Form, fill and seal sont utilisés pour désigner la techni-
que d’emballage de produits en sachets plastiques scellés montrée
figure 9. Elle consiste à :
Pour toutes précisions sur les Poids et Mesure et la Métrolo- — former un contenant en « manchonnant » une feuille continue,
gie, les lecteurs se référeront à la rubrique « Masse » du Traité de plastique en général, et parfois de papier enduit pour être
Mesures et contrôle [1] [2] [3] ainsi qu’à la rubrique « Organisation thermoscellable ;
Méthodes de mesure ». — remplir, par le haut, ce manchon après l’avoir scellé à chaud
dans le sens de la longueur ;
— peser la quantité nécessaire à chaque sachet ;
1.3.4 Comptage d’objets — et, enfin, sceller latéralement chaque sachet.
Cette technique, qui permet des cadences élevées (jusqu’à
150 sachets par minute voire même davantage avec des petits
■ Systèmes optiques sachets), se prête particulièrement bien au conditionnement de pou-
Ce peuvent être des cellules photosensibles dans lesquelles dres de tous types, pourvu qu’elles s’écoulent bien et de façon
l’interruption du rayon lumineux indique qu’une unité a traversé la continue, sans motter ni bloquer l’écoulement, donc aussi bien pour
zone de détection. Mais, avec certains objets de forme complexe ou de la farine, du sucre, du café soluble… que pour du plâtre, des pro-
comportant des trous, ces systèmes ne conviennent pas. duits chimiques en petites doses, des médicaments, etc.
Il existe des machines pour différentes tailles de sachets, de 2 cm3
Les systèmes photo-optiques analogiques, tels que les détecteurs jusqu’à 3 000 cm3, et de cadences très variables, et aussi des ensa-
d’ombres, peuvent eux vérifier les dimensions d’une ombre spécifi- cheuses de plus grandes tailles que nous étudierons par la suite,
que donnée par les objets en la comparant aux aspects et dimen- pour les produits vendus en grands conditionnements tels le
sions enregistrés dans un ordinateur. ciment, les produits chimiques ou bien les aliments pour animaux.
Ces machines conviennent aussi pour doser et remplir des
■ Systèmes autres
sachets plastiques étanches avec des liquides : shampooings, pro-
On peut détecter soit la forme des objets soit leur poids duits chimiques en doses, etc.
spécifique ; les pièces peuvent aussi déclencher un contact à pres- La figure 10 montre quelques exemples de sachets et de formes
sion ou un compteur électrique, électronique ou magnétique, etc. qui peuvent être réalisés ainsi. Des conformateurs peuvent aussi
tasser les produits en poudre et donner au sac la forme d’une
Bien entendu, les objets doivent arriver dans la zone de détection « brique » permettant ainsi l’empilement sur les rayons (exemple :
en file indienne et ne pas se chevaucher ; pour cela, on peut utiliser paquets de café).
soit une alimentation à vibration, soit une bande transporteuse avec
un couloir plus étroit où les objets ne peuvent passer que un par un.

Enfin, il est souvent nécessaire d’accumuler un nombre donné


d’objets (par exemple, de biscuits) avant de remplir l’emballage : il
2.1 Étapes successives
faut alors que le système de comptage ait une consigne pour ne
relâcher le groupe d’objets que lorsque ce nombre donné d’unités
■ On part d’une bobine de grande longueur qui peut être
est atteint (cf. § 6).
constituée :
Il faut noter ici que la vitesse de la ligne d’emballage est limitée — soit d’un film plastique unique, le plus souvent en polyéthy-
par la vitesse de comptage autant que par la vitesse d’emballage lène ou en polypropylène, qui sont thermoscellables vers 100-110 °C
proprement dite. sur eux-mêmes ;

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AG6601

MACHINES D’EMBALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

— soit, le plus souvent, d’un complexe d’emballage constitué de On peut donc conditionner ainsi la plupart de produits en poudre,
2 films plastiques collés entre eux, chacun apportant des propriétés des liquides mais aussi des petits objets.
spécifiques :
Exemple : doses de shampooing, de produits d’entretien et de pro-
• propriétés barrières à l’oxygène, aux gaz, aux gaz de protection duits chimiques ; rondelles, voire même vis ; du riz, du café en poudre,
éventuels, aux liquides, à la vapeur d’eau, etc.
• propriétés mécaniques (résistance à l’élongation…), Les cadences peuvent être élevées (de 10 à 150 sachets/minute),
• thermoscellabilité, selon la taille des sachets qui peut aller de quelques centimètres
cubes à plusieurs litres ; on peut même utiliser des machines de très
• imprimabilité pour le décor de l’emballage,
grosse capacité, capables de conditionner des sacs en plastique de
• etc. [4] ; 20 ou 25 L. C’est donc une technique très polyvalente, parfaitement
— soit, parfois, d’un papier rendu thermoscellable en l’enduisant au point et peu coûteuse.
au préalable d’une enduction scellable à 80-120 °C selon les exigences Nous indiquons en [Doc. AG 6 604] un certain nombre de fabricants
et les cadences de remplissage. de machines de conditionnement et d’emballages pour produits secs.

■ La bobine est déroulée puis passe dans un conformateur pour lui Les sachets peuvent être formés dans des conformateurs qui leur
donner une forme de manchon cylindrique que l’on scelle longitudi- donnent une forme parallélépipédique parfaite, ce qui permet de les
nalement, puis en bas du sachet. empiler sur les rayons des magasins (figure 11a), et sous vide pour
la protection des produits et la conservation des arômes (exemple,
■ Le produit est introduit par le haut et la feuille avance d’un cran, café moulu).
puis on scelle le haut du sachet.

■ Enfin, le sachet terminé est coupé en haut et en bas et tombe sur


un convoyeur qui l’emmène éventuellement vers une encarton-
neuse.

5 2.2 Produits conditionnés

Toutes sortes de produits peuvent ainsi être conditionnés, pourvu


qu’ils ne soient ni agressifs ni coupants pour le film plastique, qu’ils
soient capables de s’écouler rapidement à la cadence désirée, et
qu’ils n’empêchent pas les films de se thermosceller en les polluant.
Exemple : une poudre grossière et antiadhérente, qui se logerait
entre les 2 bords de la soudure et pourrait empêcher un bon scellage à
chaud.

Figure 9 – Machine verticale Form, fill and seal (source ROWEMA, Figure 10 – Exemples de conditionnements
Allemagne) en sachets souples réalisables par la technique Form, fill and seal

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AG6602

Machines d’emballage
Machines de fin de ligne

par Philippe COGNARD


Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie de la ville de Paris ESPCI
Expert près les Tribunaux
Ancien directeur de la société Bostik-Findley

1. Alimentation des bouteilles vides ....................................................... AG 6 602 - 2


2. Alimentation/transport des bouteilles pleines................................. — 4
3. Gestion électronique des lignes de conditionnement ................... — 7
4. Encaissage, encartonnage ..................................................................... — 8

5
5. Encartonneuses Wr o
aparun
d ............................................................... — 12
6. Fardeleuses sous film plastique rétractable..................................... — 13
7. Systèmes de groupage............................................................................ — 15
8. Convoyeurs de fin de ligne (pour caisses carton...) ....................... — 18
9. Palettiseurs ................................................................................................ — 19
10. Suremballage des palettes sous films plastiques ........................... — 22
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 602

’organisation et l’implantation générale d’une chaîne de conditionnement


L comprend une série d’étapes.
Dans les dossiers [AG 66 0 ] et [AG 6 601], nous avons vu comment remplir,
0
peser et doser les conditionnements unitaires : bouteilles, flacons, sachets,
étuis cartons, etc. Les étapes suivantes sont alignées sur un convoyeur
général. Ce sont :
– l’alimentation du convoyeur ;
– la détection des emballages unitaires, comptage, contrôle... ;
– le groupage des emballages unitaires ;
– l’encaissage (en caisses carton) ;
– le multipack carton ;
– le fardelage/groupage sous film rétractable ;
– la palettisation et le suremballage.
Dans ce dossier, nous nous intéressons aux cas suivants :
– les bouteilles verre ou plastique, les flacons divers ;
– les étuis carton ou les boîtes/caisses carton.
Ce sont des cas qui concernent les productions de masse, type alimentaire.
Mais les mêmes opérations peuvent aussi se rencontrer, avec des cadences de
production certes moindres, dans d’autres industries : cosmétiques, parachimie
produits d’entretien. Nous étudions doncaussi des lignes de conditionnement
moins rapides où certaines étapes peuvent être réalisées partiellement à la main,
d’autres étant automatisées ou semi-automatisées.
Parution : octobre 2007

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AG6602

MACHINES D’EMBALLAGE ____________________________________________________________________________________________________________

Plusieurs dossiers, auxquels nous renverrons le lecteur,


sont liés à notre sujet :
– « Palettiseurs et palettisation » [A 9 280] ; Air : 2 200 m3 / h pour chaque
– « Cerclage » [A 1 034] ; longueur de 6 m de convoyeur
– « Emballage des charges palettisées sous film
plastique » [A 1 017].
Le conditionnement des produits pharmaceutiques et cos- Le flux d'air comprimé
métiques puis celui des boîtes métal de tous types (conserves, est dirigé précisément
aérosols, peintures...) font l’objet d’autres dossiers de ce sous le col des bouteilles
traité.
Les dossiers suivants [AG 6 603] et [AG 6 604] traitent res-
pectivement des machines d’emballage pour les produits
pharmaceutiques et cosmétiques et des emballages métalli-
ques.

Chambre de mise Le flux d'air horizontal


en pression pousse les bouteilles
le long de la goulotte

1. Alimentation
des bouteilles vides Variation de pression d’environ 120 mm d’eau (≈ 9,8 Pa)

1.1 Bouteilles et flacons en PET Figure 1 – Convoyeur Delta P approx (source Lanfranchi, France)

5
(ou autres plastiques)

PET polyéthylène téréphtalate. place dans le carrousel inférieur quatre bouteilles en position verti-
cale dans l’espace où, dans la partie supérieure, il n’y a qu’une
bouteille en position couchée.
Les grands fabricants de boissons (eaux minérales, boissons
gazeuses) réalisent eux-mêmes le soufflage de leurs bouteilles
Exemple
(cf. [AG 6 600]).
Les cadences de redressement peuvent atteindre jusqu’à
■ Si les cadences de soufflage et de remplissage sont les mêmes, 72 000 bouteilles par heure (b/h) avecle redresseur L4-SR-40-28/56
les bouteilles soufflées vides peuvent être envoyées directement pour des bouteilles PET de 0,33 L (ou 36 000 b/h de 1 L).
aux soutireuses grâce à des convoyeurs à air pulsé.
Il y a très peu de risques de rayure ou d’endommagement des
Dans ces convoyeurs, les bouteilles PET sont accrochées par
bouteilles (voir le système de came douce de la figure 4). Il existe
leurs cols dans une goulotte, et un double système de pression
aussi des systèmes de changement de format simple et rapide
d’air (figure 1) :
pour ces redresseurs qui consistent à changer les berceaux et les
– soulève très légèrement leur col au dessus du guide (coussin entonnoirs avec des systèmes mécaniques simples à levier. Ces
d’air) ; séparateurs permettent l’éjection des bouteilles abîmées (figure 5).
– les pousse en avant par le flux d’air horizontal. Le fonctionnement d’un redresseur de bouteilles PET type POSI-
La fluidité et la rapidité du transport sont rendues possibles par MAT est donné sur la figure 6.
la grande légèreté des bouteilles. La figure 2 montre une section
du convoyeur. 1.1.2 Stockage temporaire des bouteilles PET
■ Si la cadence de soufflage est (temporairement) plus élevée que – Les silos de stockage sont éventuellement équipés de
celle du remplissage, ou si les bouteilles PET vides arrivent d’une conditionnement d’air avec purification.
autre usine, elles doivent être stockées temporairement dans des
grands bacs où elles se trouvent en général en vrac. Il faut alors – Les stockeurs rotatifs (par exemple, de la société NTS) per-
les reprendre dans ces bacs et les redresser dans la bonne position mettent le stockage de milliers de bouteilles en attente de remplis-
verticale afin de les envoyer vers les soutireuses-remplisseuses. sage. Ce sont des stockeurs à barillets ou barreaux. Ainsi, avec
quarante barreaux, on peut stocker une longueur équivalente de
220 m de convoyeur à air avec un encombrement au sol faible de
1.1.1 Fonctionnement d’un redresseur 12 m2. Les cadences de stockage et de déstockage peuvent attein-
dre 35 000 bouteilles/h. Ces stockeurs servent de tampons pour lis-
Les redresseurs comprennent un tambour incliné ou deux carrou- ser les différences de cadences entre souffleuses et remplisseuses.
sels horizontaux tournant à des vitesses différentes, sur lesquels
sont déversées les bouteilles en vrac. La force centrifuge entraîne 1.1.3 Palettiseurs et dépalettiseurs
les bouteilles vers des alvéoles à la périphérie.
pour bouteilles PET
Dans les redresseurs Lanfranchi (figure 3), les bouteilles sont
ensuite sélectionnées par les dispositifs de levage qui les dépla- Lorsque les bouteilles sont fabriquées dans une usine pour être
cent délicatement jusqu’à la partie supérieure du redresseur. Dans transportées vers une autre, il faut :
les redresseurs rapides, cette opération est effectuée jusqu’à qua- – palettiser les bouteilles vides ; on utilise en général des robots
tre fois par rotation de la machine, ce qui permet de mettre en à 3 axes (figure 7) ;

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Chemin de câble

Chambre de mise
en pression

Caisson inox

Carter Carter

Guide sous col inox

Protection latérale
en Lexan

5
Vérin de réglage
automatique
Profil de guidage latéral
en inox ou plastique bimatière

Différentes tailles de bouteilles peuvent


passer sur le même convoyeur à air

Figure 2 – Section du convoyeur à air LANFRANCHI (source Lanfranchi, France)

– dépalettiser à l’arrivée ; les bouteilles peuvent alors être soit


déchargées en vrac dans une trémie, soit plutôt alignées en un Systèmes complets de convoyeurs
seul rang pour alimenter directement la ligne de remplisseuses. pour bouteilles plastiques
Nous étudierons plus en détails les différents systèmes de palet-
tisation-dépalettisation dans le paragraphe 9. Plusieurs fabricants proposent des lignes complètes
comprenant : souffleuses, redresseurs, transporteurs à air
1.1.4 Petites et moyennes cadences et lignes pulsé, stockeurs... (cf. [Doc. AG 6 602]).
multiformats
Il existe alors des redresseurs simples qui n’utilisent pas le sys-
1.2 Bouteilles et flacons en verre
tème traditionnel berceaux-entonnoirs, mais une étoile à dépres-
sion « intelligente » équipée d’une série de moteurs brushless qui Dans ce cas, ces récipients sont livrés sur palettes bien ordon-
ont pour fonction de faire pivoter la bouteille dans le bon sens. Un nées régulièrement et le désempilement peut être réalisé par un
système détecte la position de la bouteille, l’information est traitée robot avec têtes de préhension pneumatique comme celui montré
et l’étoile à dépression pivote alors de ± 90o. sur la figure 7.

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1
2

Le tambour supérieur
comporte les berceaux
et les entonnoirs

4 6
Le tambour inférieur
comporte les séparateurs
Séparateurs 1 - Présélection des bouteilles
2 - A l'intérieur de la machine disque rotatif incliné
Figure 3 – Système de séparateurs rotatifs dans un redresseur 3 - Les bouteilles sont entraînées par la force centrifuge
LANFRANCHI vers les réceptacles périphériques qui ne peuvent les
recevoir que dans 2 positions : bouchon vers la sortie
ou l'inverse
4 - Elles tournent jusqu'à la sortie 4

5
5 - Les bouteilles tombent sur le convoyeur. Si elles ne
sont pas dans le bon sens (bouchon vers le haut)
elles seront plus courtes que les autres et ne seront
pas reprises par le convoyeur à air soufflé
6 - Elles tomberont sur le sol

Les dimensions des logements périphériques sont réglables


pour s'adapter à la taille et à la contenance des bouteilles PET

Figure 6 – Fonctionnement d’un redresseur de bouteilles PET type


POSIMAT

Après l’alimentation des bouteilles vides, celles-ci sont levées


puis entrent dans les soutireuses pour les opérations de remplis-
sage, bouchage, puis dans les étiqueteuses.
Le profil de la came est spécialement étudié pour Ces opérations et ces machines sont décrites dans le dossier
garantir une élévation en douceur de la bouteille
et réduire l'usure des pièces et le niveau sonore [AG 6 600].

Figure 4 – Came « douce » (source Lanfranchi)

2. Alimentation/transport
des bouteilles pleines
2.1 Convoyeurs
Les bouteilles ou flacons pleins sont ensuite transportés vers les
opérations suivantes par différents types de convoyeurs.

Les convoyeurs doivent être très robustes pour un fonctionne-


ment en continu et pour résister aux frottements et à l’usure. Ils
doivent être lavables pour des questions d’hygiène et d’asepsie. Ils
sont donc réalisés soit avec des plaquettes d’acier inox, soit avec
Éjection bouteille Éjection automatique à des plaquettes de plastiques hautes performances (polyamide...)
au niveau des séparateurs l'interface entre redresseur (figure 8).
et convoyeur à air
Ils sont motorisés tout le long de la ligne, par sections séparées,
Figure 5 – Ejection automatique des bouteilles abîmées avec des motoréducteurs à vis. Le nettoyage automatique est réa-
ou mal positionnées lisé par un système de buses comme le montre la figure 9.

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Convoyeur
à air pulsé

Tête de préhension
Servomoteur commandant
le montée et la descente Palette de
bouteilles PET
1 couche de bouteilles
PET prêtes à entrer dans
le convoyeur et dans la
chaîne de remplissage

Convoyeur à vide
ou à air pulsé Désempileur
1 900 mm

Colonne du robot

5
Tête de
Le robot fonctionne dans les deux sens (palettisation et dépalettisation) préhension
et il y a deux zones de déplacement : le robot à déplacement linéaire 2A Unité de centrage Robot
et le système désempileur à mouvement rotatif alternatif synchronisée linéaire 2A

Figure 7 – Robot 2A linear de la société KETTNER (Allemagne). Palettisation et dépalettisation de bouteilles PET

Afin de bien diriger le flux des bouteilles tout le long de la ligne de


Plaquettes articulées conditionnement, les convoyeurs comportent divers « aiguillages »,
voies parallèles, droites ou courbes (figures 10, 11, 12 et 13).
Il faut en effet adapter la cadence de remplisseuses-soutireuses
et des étiqueteuses en général très rapides, 50 000 à 65 000 bou-
teilles par heure, avec les cadences plus faibles des encartonneu-
Buses ses ou fardeleuses sous film rétractables, ces dernières travaillant
d’injection le plus souvent, en alimentaire, à des cadences de 20 à 30 cartons
de liquide ou packs de 6 ou 12 bouteilles par minute, soit 120 à 360 bou-
nettoyant
teilles/min, ou 7 200 à 21 600 b/h.
Pour une soutireuse ou étiqueteuse, on a donc besoin de cinq
encartonneuses ou fardeleuses sous film rétractables d’où la
nécessité de systèmes accumulateurs ou de diviseurs de flux
(figures 12 et 13).

2.2 Problème de la diversité des formats


La même usine d’embouteillage peut avoir besoin, le plus sou-
vent, de produire différents formats et différents types de bou-
teilles (par exemple, 25 ou 33 cL, 1 L ou 1,5 L, en PET et aussi en
Groupe verre), ce qui nécessite donc des convoyeurs réglables pour les
motoréducteur changements de formats et polyvalents.
Les bouteilles plastiques, plus souples et élastiques, sont moins
stables que les bouteilles verre à fond plat.
De nos jours, on peut travailler sur la même ligne et passer par
exemple d’un pack de 3 en ligne à un carton de 24 bouteilles,
Système à plaquettes articulées, motorisation de chaque section grâce à l’électronique et aussi à la flexibilité des autres machines
par motoréducteur à vis, nettoyage automatique par buses situées qui suivent, encartonneuses ou fardeleuses.
au-dessus et au-dessous
Pour modifier alors les guidages d’entrée dans ces machines, il
Figure 8 – Section de convoyeur pour bouteilles pleines suffit d’ouvrir ou de fermer des couloirs pour passer par exemple
(source KHS Allemagne) de 4 à 2 ou 3 files immédiatement (figure 12).

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MACHINES D’EMBALLAGE ____________________________________________________________________________________________________________

1 - Injection du produit de nettoyage ou de stérilisation 6 - Buses de pulvérisation


2 - Ajustement en hauteur 7 - Pinces de maintien
3 - Système d'entraînement 8 - Réservoirs de distribution du produit
4 - Évacuation du produit de nettoyage/stérilisation de nettoyage
5 - Panneaux de protection 9 - Ordinateur

Figure 9 – Automates de rinçage et nettoyage de bouteilles ER, ZR et DR de la société KHS


Allemagne (source Documentation technique gamme INNOCLEAN)

Guidage bilatéral Courroie

Ce système permet d’accumuler les récipients remplis.


Une courroie circulant sur le côté transfère le flux de contenants
en une seule rangée en triple formation non compacte : fort débit
de transport et développement de bruit minimal. La distribution de récipients est régulée par des barrages
Guidage bilatéral de récipients : grande sécurité d'exploitation, photoélectriques d'une à deux voies, un translateur parallèle,
même avec les bouteilles instables. Une solution parfaite pour un translateur abouté avec station d'accumulation, un coude de
les récipients en plastique. de convoyeur, une station de coin et un dégroupeur de récipients.
Forme de construction courte et compacte : faible encombrement Ce système permet aussi d'accumuler les bouteilles et les flacons
dans l'installation. pleins afin d'alimenter avec la bonne cadence plusieurs chaînes
Réglage simple sur différents diamètres de récipients. d'encartonnage ou de groupage sous films rétractables.

Figure 10 – Formeur de « vagues » et accumulateurs Figure 11 – Station de redistribution pour passer de 1 voie à 2 voies

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Machines d’emballage
Intérêt des réseaux de terrain
par Rémy ROIGNOT
Pôle d’activités « Production mécanique », Cetim

1. Contexte de l’action................................................................................ AG 6 650 - 2


1.1 Déroulement ................................................................................................ — 2
1.1.1 Première phase : expertise des machines par société .................... — 2
1.1.2 Seconde phase : étude des architectures d’automatisme .............. — 2
1.2 Grande variété des situations..................................................................... — 3
2. Contexte industriel.................................................................................. — 3
2.1 Impositions du marché des produits de l’emballage ............................... — 3
2.2 Points communs des constructeurs........................................................... — 3
2.3 Particularités des processus ....................................................................... — 3
3.
3.1
3.2
Description des architectures « machine » .....................................
Machines indépendantes ............................................................................
Lignes complètes.........................................................................................



4
4
4
5
3.3 Lignes modulaires ....................................................................................... — 5
4. Synthèse ..................................................................................................... — 7
4.1 Commande et besoins de communication................................................ — 7
4.1.1 Organisation de la conception........................................................... — 7
4.1.2 Machines ............................................................................................. — 7
4.2 Éléments communs des architectures d’automatisme ............................ — 7
4.2.1 Critères communs de choix des matériels ....................................... — 7
4.2.2 Plate-forme de contrôle commande base PC................................... — 8
4.2.3 Interface homme-machine................................................................. — 8
4.2.4 Commande d’axes et réseau ............................................................. — 8
4.2.5 Télédiagnostic et télémaintenance ................................................... — 8
4.3 Gains et inconvénients des réseaux de terrain ......................................... — 8
5. Tendances et conclusions ..................................................................... — 9
Références bibliographiques ......................................................................... — 9

ace aux nouvelles technologies que sont les réseaux de terrain, les
F constructeurs du secteur de l’emballage et du conditionnement s’interrogent
sur l’intérêt, le mode et le coût d’intégration de telles solutions dans leurs
machines et automatismes.
Plusieurs options sont envisageables pour les constructeurs : les architec-
tures de réseaux peuvent être de type centralisé, distribué ou mixte, et utiliser
des systèmes de complexité diverse (bus de capteurs/ actionneurs, bus d’équi-
pements, bus de terrain).
Une enquête a permis d’éclaircir la situation et de proposer des critères tech-
niques et économiques aidant au choix d’une solution : trois applications types,
ont été soumises à une quinzaine d’intégrateurs, charge à eux de proposer des
solutions. Les réponses apparaissent plus ou moins tranchées selon la
complexité du sujet : des systèmes simples demanderont plutôt une archi-
Parution : octobre 2004

tecture centralisée, en général plus économique : mais dès que l’application


prend de l’envergure (avec PC, robot, ...) et exige un traitement numérique des

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AG6650

M ACHIN ES D’EM B ALLAGE _______________________________________________________________________________________________________________

données, la solution décentralisée prend le pas, d’autant plus que ses avan-
tages sont multiples : câblage moins important donc moins coûteux, mise en
œuvre, exploitation et maintenance plus rapides et plus souples, etc.
L’action présentée ici consiste à valider les critères techniques et économi-
ques mis en évidence pour chaque application type, en les confrontant à la réa-
lité des systèmes et machines industrielles d’emballage et de conditionnement.
L’analyse a porté, pour chaque constructeur, sur 2 ou 3 de leurs machines, du
point de vue des choix d’architectures d’automatisme et de solutions techni-
ques mises en œuvre pour ces automatismes.
Le présent document correspond à la synthèse globale de ces analyses. Il
permet d’expliquer, de comparer et de valider les solutions types proposées
actuellement par les constructeurs ou intégrateurs de systèmes d’automatisme
dans le contexte spécifique de l’emballage et du conditionnement, et de pro-
poser des évolutions possibles par rapport aux critères de choix dégagés dans
l’étude précédente.

Le lecteur pourra utilement se reporter aux dossiers [1], [2] et [3].

— présentation des dossiers sélectionnés :


1. Contexte de l’action
5
• description de l’environnement final d’utilisation (contraintes
sur la conception et le choix des matériels mis en œuvre, en
Les constructeurs de machines d’emballage et de condition- particulier au niveau de l’automatisme),
nement se posent la question de l’intérêt de l’intégration des • présentation du processus de conception et de réalisation
réseaux de terrain dans leurs automatismes. interne à l’entreprise (organisation des différents services et
Une enquête a été conduite auprès des constructeurs de sys- méthodes de conception et de réalisation, choix des matériels
tèmes et intégrateurs de solutions en matière de réseaux de ter- et processus de développement).
rain. Elle a permis de décrire les solutions préconisées pour des À la suite de ces visites, une analyse des dossiers d’automatisme
applications du type des machines d’emballage et de condition- des machines a été réalisée pour dégager les critères de choix spé-
nement. cifiques à chaque société, de même que leurs points communs.
Ce rapport a pour objet de valider les critères techniques et éco- Ces analyses prennent en compte :
nomiques mis en évidence précédemment en les confrontant à la
réalité des systèmes et machines produites par la profession de — l’étude de l’architecture d’automatisme des machines présen-
l’emballage et du conditionnement. tées ;
Il s’agit d’analyser deux ou trois machines types de quelques — l’évaluation de l’environnement propre à chaque entreprise ;
constructeurs participant au groupe de travail « réseaux de — les spécificités des marchés visés ;
terrain ». Cette analyse porte sur les choix d’architectures et de — la comparaison des architectures mises en œuvre par rapport
solutions techniques : aux critères de l’étude précédente ;
— elle constitue, pour les entreprises participantes, une exper- — la proposition d’architectures et des solutions d’automatisme
tise des architectures d’automatismes mises en œuvre dans leurs alternatives et des évolutions envisageables.
produits, ainsi qu’une évaluation et une validation des solutions
techniques utilisées ;
— le présent document constitue aussi une synthèse globale de 1.1.2 Seconde phase :
ces analyses. Il permet de comparer et de valider les solutions étude des architectures d’automatisme
types proposées actuellement par les constructeurs ou intégrateurs
de systèmes d’automatisme, par rapport aux critères de choix Dans un deuxième temps, à partir des visites et des conclusions
dégagés dans l’étude précédente. individuelles, le présent document a pour objet de dégager :
— les contraintes communes détectées chez les différents
constructeurs ;
1.1 Déroulement
— leurs implications sur les architectures d’automatisme et donc
sur l’utilisation des réseaux de terrain ;
1.1.1 Première phase : — les principaux besoins des utilisateurs dans le domaine du
expertise des machines par société contrôle-commande ;
Chacune des expertises s’est déroulée de la façon suivante : — les nouvelles fonctionnalités les plus recherchées ;
— préparation du dossier automatisme de deux ou trois machines — les axes de développement technologique (répercussions sur
choisies parmi la gamme standard du constructeur, correspondant le l’organisation et le développement des machines) ;
plus aux architectures sélectionnées lors de la première étude ; — les avantages des réseaux de terrain dans les diverses confi-
— visite de chaque entreprise : cette visite a été l’occasion de gurations rencontrées ;
présenter in situ les machines et de détailler leur architecture, dans — les tendances générales chez les constructeurs et les nouvelles
leur phase de construction ou de mise au point dans les ateliers ; fonctionnalités apportées.

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146
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A1034

Cerclage

par Jean DUFRESNE


Directeur Commercial Adjoint de la Société Rebichon Signode

M. Dufresne étant décédé avant l’impression, ce texte a été mis au point par
Jean-Claude FOURTEAU
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers
Directeur Technique de la Société Rebichon Signode

1. Rôles du cerclage..................................................................................... A 1 034 - 2


2. Détermination des éléments nécessaires à la réalisation
du cerclage ................................................................................................ — 2
2.1 Critères de choix du lien ............................................................................. — 2
2.1.1 Caractéristiques physiques de la charge .......................................... — 2

5
2.1.2 Fonction du cerclage .......................................................................... — 2
2.1.3 Qualités spécifiques des liens existants ........................................... — 2
2.2 Critères de choix de l’équipement de cerclage ......................................... — 2
2.2.1 Systèmes de tension .......................................................................... — 2
2.2.2 Outils à main mécaniques et pneumatiques.................................... — 3
2.2.3 Équipements annexes ........................................................................ — 3
2.2.4 Dispositifs semi-automatiques pour le passage du lien ................. — 3
2.2.5 Compression ....................................................................................... — 3
2.2.6 Machines automatiques de cerclage ................................................ — 4
3. Applications du cerclage à l’emballage de transport.................... — 5
3.1 Cerclage pour regrouper............................................................................. — 5
3.2 Cerclage pour arrimer ................................................................................. — 5
3.2.1 Arrimage des charges à flottement libre .......................................... — 6
3.2.2 Arrimage des charges à flottement contrôlé.................................... — 6
3.2.3 Arrimage par ancrage aux parois...................................................... — 6
3.3 Cerclage pour lever ..................................................................................... — 7
3.4 Cerclage pour améliorer la fermeture des colis........................................ — 7
3.5 Cerclage moyen d’inviolabilité ................................................................... — 7
4. Feuillards d’emballage............................................................................ — 7
4.1 Feuillards métalliques ................................................................................. — 7
4.1.1 Feuillard acier de qualité standard.................................................... — 7
4.1.2 Feuillard acier haute résistance......................................................... — 8
4.1.3 Protection de surface.......................................................................... — 8
4.1.4 Mode de présentation des feuillards métalliques............................ — 8
4.2 Feuillards plastiques.................................................................................... — 8
4.2.1 Feuillard de polyamide....................................................................... — 8
4.2.2 Feuillard de polypropylène ................................................................ — 8
4.2.3 Feuillard de polyester......................................................................... — 8
4.2.4 Caractéristiques dimensionnelles des feuillards plastiques ........... — 8
5. Modes de fermeture des feuillards ..................................................... — 8
5.1 Fermetures pour feuillards métalliques..................................................... — 8
5.2 Fermetures pour feuillards plastiques ....................................................... — 9
6. Conclusion ................................................................................................. — 9
Parution : août 1984

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147
Référence Internet
A1034

CERCLAGE ____________________________________________________________________________________________________________________________

e cerclage est une technique d’emballage dont le rôle est d’assurer le maintien
L et la protection des produits transportés. Cette technique, dans ses diverses
applications, représente un moyen économique pour renforcer de manière effi-
cace la sécurité des emballages de transport.
La place que le cerclage occupe dans l’industrie de l’emballage et du
conditionnement, ainsi que la constante évolution des produits et des procédés
qu’il propose, montrent sa capacité à satisfaire aux nouveaux besoins résultant
des changements qui se produisent de façon régulière dans le secteur de la dis-
tribution. En cela, il reste un procédé d’avenir accompagnant et précédant même
les besoins du marché.
Ainsi, des recherches sont en cours actuellement, visant certains types de pro-
duits dont la nature permettrait de réaliser, au moyen du cerclage, des charges
homogènes manutentionnables sans palette. Des résultats positifs ont déjà été
obtenus pour les matériaux de construction, mais il paraît maintenant possible
d’étendre cette application, en l’adaptant, à la paquetisation d’autres familles de
produits.
Les études en cours et les essais de contrôle effectués, paraissent confirmer
le bien-fondé de cette orientation, ouvrant de cette façon de nouveaux débouchés
au cerclage.

5 1. Rôles du cerclage 2.1.1 Caractéristiques physiques de la charge

Un certain nombre de paramètres sont à prendre en compte :


Utilisé à l’origine pour la fermeture et le renforcement des embal- — la nature du produit constituant la charge à cercler ;
lages, le cerclage a évolué progressivement vers d’autres applica- — le volume de la charge : invariable, compressible, expansible ;
tions telles que : — la structure de la charge : composée d'un ou plusieurs élé-
— regroupement d'éléments en vrac pour constituer des unités ments, homogène ou hétérogène ;
homogènes de manutention (fardeaux, paquets, bottes, etc.) ; — la masse de la charge ;
— maintien des charges sur palettes de manutention et arrimage — la consistance et l'aspect des angles de la charge : résistants
par saisie directe des charges sur véhicules ; ou non, abrasifs ou lisses, à arêtes vives ou arrondies ;
— levage par le lien ou feuillard de certains types de charges — la présence ou non d'emballages et/ou d'éléments de protec-
lourdes rendant obligatoire l’observance de règles rigoureuses, tion pré-existant au cerclage.
concernant la méthodologie employée pour la pose du cerclage et
la bonne adaptation des éléments utilisés pour la préhension.
2.1.2 Fonction du cerclage

Le lien sera très différent suivant qu’il assurera : la fermeture, le


2. Détermination renforcement, le regroupement, l’arrimage, le levage, etc. de la
charge.
des éléments nécessaires
à la réalisation du cerclage 2.1.3 Qualités spécifiques des liens existants

Une fois l’ensemble de ces éléments connu, on pourra déterminer


Rappelons que le cerclage consiste à passer horizontalement ou quel feuillard convient le mieux en tenant compte de ses propres
verticalement, un feuillard autour d’une charge donnée, puis à le caractéristiques :
tendre, à le sceller et à le couper. Les trois opérations pouvant être
— sa résistance à la traction ;
effectuées au moyen d’un équipement manuel ou d’une machine
— son allongement sous tension ;
automatique.
— sa reprise élastique instantanée ;
Il y a donc lieu de déterminer, en fonction de la nature des charges — sa tension résiduelle dans le temps ;
à cercler, deux critères de choix : quel feuillard choisir et compte- — sa dureté (résistance à l'abrasion).
tenu du nombre de ces charges (cadence) quel outil ou quelle
machine employer.
2.2 Critères de choix
de l’équipement de cerclage
2.1 Critères de choix du lien
2.2.1 Systèmes de tension
Pour une application de cerclage donné, le choix du lien est fonc-
Précisons d’abord que la forme de la charge à cercler conditionne
tion de la charge et de la fonction du cerclage.
le choix du système de tension qui varie suivant qu’il s’agisse d’un
colis parallélépipédique, cylindrique ou de forme irrégulière.

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AG6720

Générateur aérosol

par André KLENIEWSKI


Ingénieur chimiste
Docteur ès sciences
Directeur de l’Institut international d’expertise technique et d’arbitrage (EXA)

1. Directives ................................................................................................... AG 6 720 – 2


2. Description du générateur aérosol ..................................................... — 4
2.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 4
2.2 Composants du générateur
Récipients et matériaux utilisés — 4
2.3 Valves............................................................................................................ — 6
2.4 Dudgeonnage et sertissage ........................................................................ — 8
— 8

5
3. Remplissage du générateur...................................................................
3.1 Gaz propulseurs........................................................................................... — 8
3.2 Formulation et conditionnement................................................................ — 9
4. Contrôles et normes de qualité ........................................................... — 10
4.1 Contrôles en fabrication.............................................................................. — 10
4.2 Documents de référence ............................................................................. — 11
5. Aérosols et environnement ................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 720

n soixante ans, le générateur aérosol, à l’origine destiné à la pulvérisation


E d’insecticide pour les troupes américaines des îles du Sud Pacifique, a
connu un très fort développement dans tous les domaines de la vie quotidienne
en passant par les soins corporels, l’entretien de la maison, l’automobile, la
pharmacie, l’industrie, les produits alimentaires, ... Ce succès a été atteint grâce
à une intense recherche et développement pour mieux répondre aux besoins du
consommateur et à une excellente fiabilité (encadré A).
Le générateur aérosol d’aujourd’hui est un appareil de haute précision dont
certaines parties sont fabriquées avec des tolérances d’environ quelques micro-
mètres.
Le marché des aérosols dans le monde est d’environ dix milliards d’unités. Il
représente quatre milliards sept cents millions en Europe dont cinq cents à six
cents millions pour la France, où dix à quinze mille personnes environ sont
concernées par la production et la commercialisation des aérosols, représentant
un chiffre d’affaires annuel d’environ deux milliards d’euros.
Sont décrites les définitions normalisées des divers composants du géné-
rateur aérosol ainsi que les plus importantes directives se rapportant au
contenu. Le principe de fonctionnement, une description sommaire des diverses
parties constituantes et les caractéristiques des matériaux et des produits,
notamment pour les boîtiers, les flacons, les valves, les propulseurs et les
formulations sont également donnés. Les opérations de fermetures de généra-
teurs, soit par dudgeonnage pour les boîtiers métalliques, soit par sertissage
pour les flacons sont aussi abordées. Un paragraphe est consacré aux contrôles
Parution : octobre 2004

et aux normes de qualité.

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AG6720

GÉNÉRATEUR AÉROSOL _________________________________________________________________________________________________________________

(0)

Encadré A – Historique

En 1862, Lynde propose un mode de pulvérisation et l’amélioration de la finesse de cette


pulvérisation.
En 1903, le chlorure d’éthyle est utilisé en médecine, comme anesthésiant, et en pharmacie.
En 1922, le premier vrai aérosol est proposé par Eric Rotheim à Oslo (étant un mélange
d’isobutane, de chlorure de vinyle et de dioxyde de carbone). La première demande de bre-
vet a été déposée le 8 octobre 1926, en Norvège, par Eric Rotheim, puis le 23 novembre
1927.
Le 23 juin 1930 General Motors dépose une demande de brevet sur les CFC comme « self
propelling fire extinguishing ».
En 1931, Eric Rotheim dépose le brevet de l’emploi du diméthyléther.
En 1938, Eric Rotheim dépose le brevet d’utilisation des HC (hydrocarbures), des CFC (chlo-
rofluorocarbures) et du diméthyléther. Les hydrocarbures étaient déjà mentionnés dans les
brevets de 1926 et 1927.
En 1943, deux chercheurs de l’USDA, Lyle Goodhue et William Sullivan, ont développé un
générateur insecticide pour les troupes américaines des îles du Sud Pacifique. Il contenait
10 % de pyrèthre (produit actif : insecticide naturel) et 90 % de dichlorodifluorométhane (gaz
propulseur). Le boîtier était en acier de 1,1 mm d’épaisseur.
En 1946, une équipe, dirigée par Harry E. Peterson et Earl Graham, produit des boîtiers plus
légers inspirés des canettes de bière, mais en plus épais.
En 1947, Continental Can Co. et Bridgeport Brass Co. développent la production des valves.
Pendant des années, les boîtiers ont eu des contenances fixes (12 fl oz, soit environ 360 ml).
Crown Can Division produisait des boîtiers deux pièces et Continental Can Co. produisait
des boîtiers trois pièces. Les valves étaient assemblées à la main jusqu’en 1949, à partir de
cette date Crown Can Division développe les valves de 1 pouce (25,4 mm), aujourd’hui bien
connues, qui peuvent être fixées par dudgeonnage.
En 1951, un boîtier de 6 fl oz (soit environ 180 ml) est mis au point (deux et trois pièces).
En 1954, un boîtier de 14 fl oz (soit environ 420 ml) est mis au point (deux et trois pièces),

5
ainsi que toute une gamme de boîtiers en aluminium et en fer blanc (il en existe une qua-
rantaine).
Nota : 1 fluid ounce (UK) = 1 fl oz (UK) = 28,413 0 ml
1 fluid ounce (US) = 1 fl oz (US) = 29,573 5 ml

1. Directives — en outre, les mots : « usage réservé aux utilisateurs


professionnels » lorsqu’il s’agit de générateurs aérosol de
décoration ou de divertissement.
■ Directive aérosol 75/324/CEE du 20/05/75, modifiée par la direc- ● Épreuves : elles doivent être subies par le récipient vide.
tive 94/1/CE du 06/01/94 – Transposition en droit français par l’arrêté ● Pressions maximales : le récipient doit résister à :
du 06/01/78, modifié par l’arrêté du 24/01/95 et le décret 97-106 du 03/
— 10 ⋅ 105 Pa (10 bar), si la tension de vapeur du contenant est
02/1997.
inférieure à 6,7 ⋅ 105 Pa (6,7 bar), à 50 ˚C ;
Elle fixe les points suivants. — 150 % de la tension de vapeur, à 50 ˚C dans les autres cas ;
● Contenance de l’aérosol : — la pression maximum autorisée dans un générateur aérosol
— de 50 à 1 000 ml, si le contenant est un récipient en métal ; est de 12 ⋅ 105 Pa (12 bar), à 50 ˚C.
— de 50 à 220 ml, si le contenant est en verre et revêtu d’une ● Quantité maximale de produit : pour les boîtiers métalliques, à
protection ; 50 ˚C le volume de la phase liquide ne doit pas dépasser 87 % de la
— de 50 à 150 ml, si le contenant est en verre non-revêtu. capacité nette (95 % dans le cas du fond concave pouvant devenir
● Symbole : il doit être apposé en cas de respect de cette convexe).
directive : (epsilon renversé).
ε
● Contrôles statistiques : ils doivent être effectués :
● Inscriptions obligatoires : — sur les récipients métalliques : essais de rupture (sous une
— les noms, adresses, ou marques déposées du responsable de pression supérieure au moins de 20 % à la pression d’épreuve) ;
la mise sur le marché ; — sur les récipients en verre protégés : essais de chute.
— les contenus nets en masse et en volume ;
— le symbole d’une flamme, le cas échéant, l’indication du dan- ● Vérification unitaire des générateurs aérosol : immersion dans
ger d’inflammabilité présenté par les substances ou les prépara- un bain d’eau pour que le contenu soit à une température au moins
tions contenues dans le générateur aérosol, propulseur inclus, ainsi égale à 50 ˚C, ou que sa pression soit celle qu’il aurait à cette tempé-
que les phrases de risques correspondantes, attribués selon les cri- rature.
tères figurant aux points 223, 224, 225 de l’annexe VI de l’arrêté du
■ Directive aérosol 94/1 CEE
20 avril 1994 relatif à la déclaration, la classification, l’emballage et
l’étiquetage des substances et, pour ce qui concerne le symbole de Elle fixe les conditions d’étiquetage pour les aérosols contenant
la flamme et l’indication du danger, tels qu’ils figurent à l’annexe II des matières inflammables. Cette directive modifie les critères et les
de l’arrêté précité ; phrases de mise en garde spécifiés dans la directive 75/234 CEE et
— les conseils de prudence suivants : fixe les nouvelles conditions d’étiquetage.
• ne pas vaporiser vers une flamme ou un corps incandescent, Nota : la réglementation du transport par voies terrestres des matières dangereuses
• conserver à l’écart de toute flamme ou source d’étincelles, (RID et ADR) autorise, à partir du 1er janvier 1995, une limite de pression à 50 ˚C de
1 320 kPa (soit 13,2 bar). Depuis le 01/01/1997, la réglementation internationale du transport
• ne pas fumer, des matières dangereuses par voies terrestres autorise une limite de pression de
• conserver hors de la portée des enfants ; 13,20 ⋅ 105 Pa (13,2 bar).

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150
Référence Internet
AG6720

_________________________________________________________________________________________________________________ GÉNÉRATEUR AÉROSOL

■ Directives gammes 80/232 CEE (Transposition en droit français ■ Directive préparations dangereuses 67/748 CEE
par l’arrêté du 17/10/84)
Il a été décidé de fixer 13 volumes de récipients (contenance) et, Cette directive s’applique quand la préparation contient au moins
selon ce volume défini, un volume de la phase liquide qui doit s’y une substance dangereuse et qu’elle n’est pas reprise dans une
trouver et qui est fonction de la nature du gaz propulseur directive spécifique. Elle impose des règles d’étiquetage en fonction
(tableau 1). Pour les produits vendus en contenants en verre pro- des catégories de danger (selon les modes d’absorption : oral, der-
tégé ou en plastique transparent ou non-transparent, les volumes mique, respiratoire).
de la phase liquide sont : 25, 50, 75, 100, 125 et 150 ml.
■ Directive cosmétique
■ Directive substances dangereuses 67/548 CEE
Cette directive fixe les conditions d’étiquetage des substances en Cette directive fixe de façon limitative la liste et les concentrations
fonction de la nature des dangers qu’elles peuvent provoquer si des substances vénéneuses qui peuvent rentrer dans la composi-
elles sont : explosives, comburantes, inflammables, toxiques, noci- tion des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle et la liste des
ves, corrosives ou irritantes. substances interdites.

Vocabulaire (Norme NF H 44-001 Générateurs aérosols - Terminologie)

■ Aérosol ■ Récipient fermé


L’expression aérosol a été créée par des savants afin de caracté- Récipient muni de sa valve et de ses accessoires, tel le tube plon-
riser ainsi un état physique nettement déterminé : l’état de suspen- geur.
sion d’une multitude de fines particules de matières liquides ou ■ Formule aérosol
solides dans un milieu gazeux, de préférence de l’air. L’expression
aérosol aurait été inventée par Schmaus en 1920. Ensemble composé d’un concentré destiné à être distribué avec
ses solvants, diluants, charges et adjuvants et de l’agent propulseur.
L’expression est dérivée du grec aero (en l’air) et du latin solutio
(solution) et veut dire une solution colloïdale de matières non- ■ Contenance (V0)
gazeuses dans l’air. Volume du récipient ouvert au ras bord de son ouverture exprimé
■ Générateur aérosol (selon directive CEE)
Ensemble constitué par un récipient non-réutilisable en métal, en
en millilitres. Elle correspond à une hauteur H0 (V0 est déterminé
suivant la procédure décrite par la norme NF H 44-002).
■ Capacité nette (Vr)
5
verre ou en plastique, contenant un gaz comprimé, liquéfié ou dis-
sous, sous pression, avec ou sans liquide, pâte ou poudre, et pourvu Volume réellement disponible pour le récipient fermé exprimé en
d’un dispositif de prélèvement permettant la sortie du contenu sous millilitres (Vr est déterminé suivant la procédure décrite par la
forme de particules solides ou liquides en suspension dans un gaz norme NF H 44-002).
ou sous forme de mousse, de pâte ou de poudre, ou à l’état liquide. ■ Volume de la valve (Vv)
■ Récipient pour distribution sous pression Volume occupé par la valve et ses accessoires dans le récipient
Récipient destiné à recevoir des produits actifs sous différents fermé, exprimé en millilitres :
états physiques, soumis à la pression d’un agent propulseur. Ce Vv = V0 − Vr
récipient est muni d’un système approprié permettant d’en distri-
buer le contenu sous différentes formes. ■ Volume de la phase liquide (Vf)
Dans les règlements de transports terrestres, les aérosols sont Volume occupé par le produit actif et l’agent propulseur à l’état
désignés par le terme de boîtes à gaz et font partie de la classe 2 : liquide (en millilitres), il correspond à une hauteur Hf.
gaz (RID/ADR). On doit définir une température de remplissage, on distingue
■ Valve donc :
— le volume de la phase liquide dans les conditions de tempéra-
Ensemble du mécanisme de distribution et de sa coupelle. ture du remplissage Vft ;
■ Coupelle — le volume de la phase liquide à la température ambiante (20 ˚C,
Support du mécanisme de distribution sur le récipient. par exemple) Vf20 ;
— le volume de la phase liquide Vf50 à 50 ˚C.
■ Tête de distribution
■ Volume de la phase gazeuse (Vk)
Dispositif dont la sollicitation permet le fonctionnement du
Volume rempli par le propulseur gazeux exprimé en millilitres, il
mécanisme de distribution.
correspond à une hauteur Hk :
■ Tube plongeur
Vk = Vr − Vf
Accessoire raccordé au mécanisme de distribution permettant de
prélever le contenu. ■ Pression d’épreuve
■ Produit actif Pression hydraulique définie, à laquelle est soumis le récipient
Produit destiné à être distribué. vide pendant une durée au moins égale à 25 s, sans qu’aucune fuite
ne se produise.
■ Agent propulseur
Aucune déformation visible et permanente ne doit apparaître
Gaz ou mélange de gaz destiné à créer à l’intérieur d’un embal- pour les récipients en métal ou en plastique. Néanmoins, pour les
lage étanche, une pression supérieure à la pression atmosphérique récipients en métal, une déformation symétrique légère du fond ou
pour distribuer le produit sous la forme requise. Il s’agit de gaz du profil de la paroi supérieure est admise si le récipient satisfait à
comprimé et/ou de gaz liquéfié, ce dernier étant à l’état de vapeur et l’essai de rupture sous pression.
de liquide.
■ Pression de rupture
■ Récipient ouvert Pression hydraulique minimale qui provoque une ouverture ou
Récipient non-muni de sa valve et de ses accessoires. une cassure du récipient.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur AG 6 720 − 3

151
5

152
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages

2– Éco-conception des emballages

3– Recyclage et gestion des déchets

4– Matériaux pour l'emballage

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement Réf. Internet page


6
Colles et adhésifs pour emballages. Généralités AG6750 155

Colles et adhésifs pour emballages. Applications AG6751 161

7– Techniques d'impression

 Sur [Link]
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153
6

154
Référence Internet
AG6750

Colles et adhésifs pour emballages


Généralités
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École Supérieure de Physique
et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris
ancien Directeur à la Société Ato Findley
Expert près les Tribunaux

1. Phénomènes d’adhésion et prise de la colle.................................... AG 6 750 - 2


1.1 Colles et adhésifs......................................................................................... — 2
1.2 Adhésion ...................................................................................................... — 2
1.3 Développement de la cohésion : prise de la colle .................................... — 3
2. Matériaux utilisés .................................................................................... — 3
2.1 Papiers et cartons ........................................................................................ — 4
2.2 Films plastiques ........................................................................................... — 4
2.3 Verre.............................................................................................................. — 5
2.4 Métaux.......................................................................................................... — 5
3. Caractéristiques des colles et adhésifs ............................................. — 5
3.1 Compatibilité avec les matériaux à coller.................................................. — 5
3.2 Caractéristiques de mise en œuvre............................................................ — 5

6
3.3 Performances ............................................................................................... — 10
3.4 Caractéristiques économiques ................................................................... — 11
4. Types de colles et adhésifs ................................................................... — 12
4.1 Colles végétales ........................................................................................... — 12
4.2 Colles animales............................................................................................ — 14
4.3 Colles vinyliques aqueuses......................................................................... — 14
4.4 Adhésifs VAC/E ............................................................................................ — 14
4.5 Adhésifs acryliques ..................................................................................... — 14
4.6 Adhésifs polyuréthannes ............................................................................ — 15
4.7 Adhésifs thermofusibles ou hot-melts....................................................... — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 752

out produit, industriel ou alimentaire/grande consommation, est de nos jours


T fourni en série, emballé et même parfois suremballé sur le lieu de production,
transporté vers les lieux de vente, puis « dégroupé » pour la vente au
consommateur final, parfois réemballé et enfin consommé avec ouverture et des-
truction de l’emballage. Il résulte de tout ce cycle une prolifération d’emballages
divers qui sont, presque toujours, plus ou moins fabriqués puis remplis et fermés
avec un collage dans les deux opérations.
Pour de multiples raisons (facilité de distribution, présence en linéaire,
hygiène, facilité de stockage, prédosage...), le marché des colles et adhésifs pour
l’emballage, le conditionnement, et le papier-carton a augmenté dans des pro-
portions énormes depuis 30 ans (environ 3 % par an en volume).
Dans les pays fortement industrialisés (États-Unis, Europe de l’Ouest), des
tendances vers la réduction de la pollution et des déchets ménagers provoqueront
dans les prochaines années une légère réduction de la consommation d’embal-
lages, qui ne progressera que de 1 % par an en volume. Mais cette production
d’emballages continuera à croître rapidement dans les pays en voie de déve-
loppement et les pays sous-développés (par exemple + 10 % par an en Chine).
Parution : avril 2004

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur AG 6 750 − 1

155
Référence Internet
AG6750

COLLES ET ADHÉSIFS POUR EMBALLAGES __________________________________________________________________________________________________

Il existe de nombreux types d’emballages collés. Toutes les utilisations des


colles et adhésifs dans la transformation du papier et du carton, sur le marché
français, sont recensées dans la documentation [Doc. AG 6 752].
Nous étudierons certaines de ces utilisations dans l’article « Colles et adhésifs
pour emballages - Applications » [AG 6 751].
Les différents types d’emballages sont étudiés dans les articles de la rubrique
Emballage et conditionnement dans ce traité.

1. Phénomènes d’adhésion
et prise de la colle
γL
Liquide
1.1 Colles et adhésifs θ
γS Solide γSL
Une colle est un produit chimique destiné à l’assemblage de
deux matériaux. Liquide ou solide, on l’applique à l’état fluide sur
Figure 1 – Mouillage des substrats
le ou les matériaux à assembler sur lesquels elle doit donc d’abord
accrocher par divers phénomènes physico-chimiques que nous
allons examiner : c’est le phénomène d’adhérence.
Chaque liquide mouille plus ou moins un solide donné et on a tou-
Puis on assemble les matériaux et la colle durcit ou sèche, par
jours θ > 0 o et θ < 180 o. La mouillabilité dépend donc à la fois de
divers phénomènes physiques ou chimiques ; c’est ce que l’on
la nature de la colle et des substrats.
appelle le durcissement ou le séchage ou la prise de la colle.
Les plastiques et les cartons traités (ingraissables, résistants à
Les colles et adhésifs se caractérisent donc par deux éléments
l’eau pour emballages surgelés, imprimés et vernis) sont
essentiels : l’adhésion et la cohésion finale.

6
évidemment beaucoup plus difficiles à mouiller que les papiers et
On appelle colles, les colles plutôt traditionnelles telles que les les cartons ordinaires bruts. C’est pourquoi on utilise plutôt pour les
colles à base d’amidon, de dextrines, ou d’origine animale colles des adhésifs hot melts ou polyuréthanes (parfois solvantés).
(caséine) et aussi des colles synthétiques classiques telles que les
colles vinyliques, à base de caoutchouc ou de latex.
On tend de plus en plus à appeler adhésifs, les colles modernes 1.2.2 Pénétration
et synthétiques telles que les acryliques, les polyuréthanes (PU), les
thermofusibles (ou hot-melts ) qu’il faut cependant distinguer des Dans le cas de matériaux fibreux et très poreux comme le papier
adhésifs permanents, c’est-à-dire les enductions qui restent adhési- et le carton, les colles, si elles sont fluides, peuvent pénétrer de
ves de façon permanente, telles que les rubans et étiquettes adhésifs. quelques centièmes de millimètre de profondeur entre les fibres et
La norme NF EN 923 définit tous ces termes de façon non ambiguë. rester ainsi accrochées mécaniquement lors du séchage ultérieur, ce
qui augmente sensiblement l’adhérence.
Les molécules de polymères qui constituent les colles sont
cependant assez grosses, aussi leur pénétration entre les fibres du
1.2 Adhésion papier est-elle limitée, surtout si le papier est couché, enduit ou
vernis. Dans ce dernier cas il n’y a aucune pénétration.
L’adhésion est une liaison interfaciale pour laquelle agissent des
forces soit physiques, soit chimiques. Le phénomène d’adhérence
fait intervenir plusieurs facteurs. 1.2.3 Adsorption physique

Dans le cas de l’adsorption physique, ce sont des forces intermo-


1.2.1 Mouillage léculaires, qui n’agissent qu’à très faible distance, de l’ordre du
nanomètre, qui sont la cause de l’adhésion. Ces forces dites de Van
Le mouillage se définit par le contact très intime entre la colle et der Waals jouent surtout pour le collage des métaux.
les matériaux à assembler. Pour que les liaisons puissent se faire,
il faut d’abord un contact très rapproché entre la colle et les maté-
riaux. Ce mouillage dépend de la tension superficielle notée γ 1.2.4 Liaisons chimiques
(figure 1).
Le concept de mouillabilité est régi par l’équation d’Young qui ■ Liaisons hydrogène
décrit ce qui se passe lorsqu’une goutte de liquide est déposée sur Les liaisons hydrogène se développent entre un atome d’hydro-
un solide (cf. figure 1) : gène électropositif et un atome électronégatif tel que l’oxygène, le
γ SV – γ SL = γ L cos θ chlore. Ce type de liaisons intervient dans l’adhérence des adhésifs
polyuréthanes, sur certains films plastiques tels que le PVC (poly-
Lorsque l’angle θ de raccordement entre le solide et le liquide est
chlorure de vinyle), les polyamides.
nul, le liquide mouille complètement le solide et se répand sur sa
surface, avec une vitesse qui dépend de la viscosité du liquide, Ces liaisons sont plus fortes que celles de Van der Waals : elles
ainsi que de la rugosité et de la capacité d’absorption de la surface. peuvent atteindre 40 kJ/mol.

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■ Liaisons chimiques véritables Le mode de prise des colles et adhésifs dépend de leur nature
physique et chimique. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées
Dans certains cas rares, il peut y avoir de véritables réactions pour obtenir la prise :
chimiques entre le polymère de la colle et les substrats : cela peut être
le cas avec des adhésifs polyuréthanes, contenant des groupements — absorption par les substrats ou évaporation de l’eau ou des
réactifs —NCO qui réagissent avec les groupements —OH de certains solvants ;
substrats. Cela explique, entre autres raisons, l’excellente adhérence — refroidissement des colles appliquées à l’état fondu (cas des
des polyuréthanes sur de nombreux substrats. adhésifs thermofusibles) ;
— réactions chimiques diverses des colles à deux composants ;
L’effet de ces diverses liaisons dans le phénomène de collage
dépend des distances entre les molécules de colle et des substrats. — durcissement à chaud ou sous l’effet d’autres agents pour les
Les collages les plus efficaces sont obtenus pour des distances très adhésifs à un ou deux composants ;
faibles de l’ordre du dixième de nanomètre, d’où l’intérêt d’un bon — polymérisation ou condensation chimique ;
mouillage et d’un bon pressage des surfaces entre elles au — enductions autoadhésives ou thermocollantes ;
moment de l’assemblage. — rayonnements (UV...), bombardement électronique.
Les neuf modes de prise utilisés pour les colles et les adhésifs
destinés à l’emballage sont détaillés dans le tableau 1.
1.3 Développement de la cohésion :
prise de la colle
2. Matériaux utilisés
Après l’assemblage des deux matériaux ou substrats, la colle doit
durcir ou sécher, afin de donner une liaison solide, mécaniquement
résistante entre les deux matériaux : c’est le phénomène de prise Les caractéristiques des matériaux utilisés dans l’emballage
de la colle. influent sur le choix des colles et des adhésifs.
(0)

Tableau 1 – Modes de prise des colles et adhésifs pour emballages.


Types de colles et adhésifs Modes de prise Paramètres de prise Exemples dans l’emballage
Colles à l’eau — évaporation de l’eau — épaisseur du joint de colle — émulsions acryliques,
(émulsions ou solutions
aqueuses)
avant assemblage ;

— absorption de l’eau par


— degré d’absorption des
substrats
— température et humidité
— liaison entre l’eau et les
vinyliques, colles végétales
(amidon, dextrine)
— colles animales (caséine)
6
les substrats poreux polymères de base
Colles en solution absorption et évaporation — taux d’évaporation colles polyuréthanes
des solvants des solvants pour contrecollage de films
— ventilation et température plastiques
Adhésifs autocollants séchage complet puis prise pression — latex naturel (autocollant)
par contact immédiate par contact (double pour gommage d’enveloppes
encollage) — coldseal ou scellage à froid
(§ 4.8)
Colles à deux composants réaction chimique entre les deux — réactivité entre les deux polyuréthanes (à deux
composants (à température composants composants) pour contrecollages
ambiante ou à chaud) — température et durée de films plastiques (cf. article
— proportions du mélange [AG 6 751]
Adhésifs thermofusibles refroidissement de la colle, préa- — vitesse de refroidissement hot-melts, E/VAC (copolymère
(ou Hot melts) lablement fondue (à une tempé- — pente de la courbe de éthylène/acétate de vinyle) ou
rature comprise entre 130 et viscosité en fonction de la autoadhésifs (poly(sty-
180 oC selon les cas) température rène/isoprène/styrène) - SIS -,
— température d’application poly(styrène/butadiène/styrène)
— épaisseur du joint de colle ou styrène-butadiène séquencé
- SBS -, etc.) pour étiquetage, fer-
meture de caisses carton (cf. arti-
cle [AG 6 751])
Colles polymérisant sous l’action réaction chimique entre l’humi- — réactivité des isocyanates polyuréthanes (un composant)
de l’humidité dité (ambiante ou des matériaux) — humidité de l’air et des subs- pour contrecollages de films
et l’adhésif contenant des termi- trats plastiques
naisons isocyanates — température
Autoadhésifs adhésif collant de façon perma- — adhésivité de la formule — rubans et étiquettes
nente sous simple pression — pression exercée — adhésifs (une ou deux faces)
— revêtements autoadhésifs
Enductions thermocollantes enduction sèche, non adhésive température, pression et durée — operculage de pots de yaourts
à froid, réactivée à la chaleur de réactivation — form-fill-seal (cf. article
[AG 6 751]) diverses formules
Adhésifs à durcissement polymérisation sous l’action — longueurs d’ondes et intensité — revêtements autoadhésifs
par rayonnement (ultraviolet de ces rayonnements du rayonnement
- UV - ou autre) — réactivité des monomères

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2.1 Papiers et cartons 2.2 Films plastiques

Le lecteur consultera utilement l’article Emballages en carton Dans plusieurs circonstances, on est amené à coller des films
ondulé [A 9 765] dans ce traité. plastiques qui sont totalement imperméables.

■ Papiers
Pour les papiers, ce sont surtout l’état de surface, la stabilité 2.2.1 Fabrication de complexes d’emballages
dimensionnelle et l’absorption qui guident le choix des colles.
Les complexes pour emballages sont des matériaux obtenus en
La plupart des papiers subissent des traitements de surface dont
contrecollant deux (ou plusieurs) feuilles plastiques minces l’une
le but est d’améliorer leur aspect et leur aptitude à l’impression, ou
sur l’autre, chaque feuille apportant ses caractéristiques propres,
leur résistance à des agents extérieurs (humidité, graisses, etc.) :
de sorte que l’ensemble présente des propriétés qui sont l’addition
— apprêt physique obtenu par friction ou par compression du des propriétés de chaque feuille.
papier sur une calandre ;
Par exemple, dans un complexe polyéthylène/film cellulosique :
— enduction par couchage (avec charges blanches + liants
polymères de couchage) ; — le polyéthylène (PE) apporte la thermosoudabilité et l’étan-
— imprégnation (par des cires pour les imperméabiliser). chéité vis-à-vis des liquides ;
— la feuille cellulosique apporte la résistance à la chaleur,
On distingue donc divers types de papiers : l’imprimabilité et la stabilité dimensionnelle.
— krafts, écrus ou blanchis, calandrés ; La fabrication de complexes d’emballages fait appel à de
— papiers calandrés ; nombreux types de feuilles plastiques : polyamides, polyesters,
— papiers ingraissables, sulfurisés ; polyoléfines (PE, PP : polypropylène), pellicule cellulosique, polys-
— papiers imprimés : l’impression et la présence des encres tyrène, copolymère, éthylène/acétate de vinyle (E/VAC), poly (alcool
gênent le collage ; de vinyle) [PVAL ou PVOH].
— papiers imperméables : paraffinés, enduits de polyéthylène Le mouillage et l’adhérence des adhésifs sur ces feuilles sont plus
par extrusion, ou de cire, ou de hot-melts (thermofusibles) ; ou moins bons selon les types d’adhésifs utilisés. Par exemple,
— papiers traités pour obtenir la résistance à l’humidité. l’adhérence est difficile sur les polyoléfines en raison de leur absence
de polarité, il est donc nécessaire de traiter leur surface pour obtenir
Les papiers traités seront plus difficiles à mouiller par les colles une adhérence modeste (par effet Corona en général, c’est-à-dire par
et adhésifs. bombardement électronique ou effluve électrostatique).

6
En revanche, les papiers ordinaires, absorbants, seront faciles à Pour obtenir une adhérence suffisante sur ces films plastiques,
mouiller et à coller mais moins stables dimensionnellement (ils peu- on a recours en général à des adhésifs polyuréthanes (PU) de
vent s’allonger après avoir absorbé l’eau de la colle, donc friser ou divers types (bicomposant ou monocomposant, le plus souvent en
se gondoler). milieu solvant, mais parfois aussi à 100 % d’extrait sec).
■ Cartons
Le carton plat comporte trois couches : 2.2.2 Fabrication d’emballages mixtes
— la couche extérieure, ou recto, dont la surface est traitée pour
recevoir les impressions (apprêt physique, couchage, etc.) ; Exemples : blisters (coques PVC sur carte en carton), briques de
— l’intérieur, qui confère la rigidité ; lait (complexes plastique/carton), operculage de pots de yaourts (alumi-
nium ou plastique sur plastique), etc.
— la face intérieure, ou verso, traitée ou non.
Lors de la fabrication et de la fermeture des emballages en carton On utilise ici des adhésifs thermoscellables, formulés spéciale-
plat (étuis, boîtes), on colle toujours recto sur verso et les deux faces ment à base de copolymères acryliques ou autres, pour obtenir à
jouent donc chacune leur rôle. la fois l’adhérence sur les divers matériaux constitutifs et le scel-
lage à chaud.
■ Aptitude au collage des papiers et cartons
Certaines caractéristiques des papiers et cartons influent sur leur
aptitude au collage. 2.2.3 Étiquetage sur bouteilles plastiques
● Rigidité des cartons : les cartons rigides font un effet de ressort ou autres contenants en plastique
lors des pliages des rabats, et nécessitent des colles à fort
tack (§ 3.2.8). La résistance à la flexion s’exprime en millinewtons- Exemples :
mètres (mN · m). Elle peut être mesurée par la méthode décrite dans — bouteilles d’eau minérale ou d’huile en PVC ou en polyoléfines ;
la norme NF Q 03-025. — bouteilles de boissons gazeuses en PET [poly (téréphtalate
● Absorption et porosité : l’absorption est mesurée par l’essai d’éthylène)].
Cobb (norme NF EN 20535). L’indice Cobb est la quantité d’eau Dans le cas illustré figure 2, les colles thermofusibles (TEM 811,
absorbée (exprimée en g/m2) par le papier ou le carton mis en TEM 964E, TEM 933M, présentent divers avantages :
contact avec l’eau pendant 60 secondes. — produits polyvalents sur PVC/PET ;
● Rugosité : elle est mesurée selon la méthode Bendsten (décrite — bon accrochage sur bouteille humide ;
dans la norme Q 03-049). — consommation réduite au minimum ;
— cadence élevée (45 000 bouteilles par heure).
● Stabilité dimensionnelle : elle est fonction des variations
d’humidité et de l’absorption d’eau. Les étiquettes peuvent, aussi, être en polypropylène biorienté (OPP)
ou bien en papier.
● Résistance à la déchirure, en particulier à l’état humide.
Plusieurs sociétés fournissent des matériels de laboratoire pour Les colles traditionnelles d’étiquetage (à base de caséine ou
mesurer ces caractéristiques (cf. « Pour en savoir plus » [Doc. vinyliques) n’adhèrent pas sur ces plastiques, il est donc nécessaire
AG 6 752]). d’utiliser :

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2.4 Métaux

Les boîtes de conserve en fer blanc ou en aluminium, etc.,


peuvent être humides et chaudes à la sortie des étuves de
stérilisation ; cet état de surface exige un choix approprié de
l’adhésif.
Les colles classiques (colles aqueuses) n’adhèrent pas bien sur
les métaux et il faut donc d’autres colles.
Cependant pour des collages légers de feuilles d’aluminium min-
ces sur papier, on utilise des colles caséine-latex ou VAE émul-
sions.

3. Caractéristiques des colles


et adhésifs
3.1 Compatibilité avec les matériaux
à coller
■ Papiers et cartons
Le papier et le carton ordinaires peuvent être collés avec tous les
types de colle : végétales, animales, émulsions (vinyliques ou copo-
lymères) latex, thermofusibles, etc.
Figure 2 – Système d’étiquetage de bouteilles de boissons gazeuses
et eaux minérales en PET En revanche, les papiers et les cartons vernis, enduits, justifient
l’emploi d’adhésifs thermofusibles, de polyuréthanes ou de
produits fortement adhésifs (collants) tels que les acryliques ou les
émulsions VAC/E (acétate de vinyle/éthylène).
— soit des colles émulsions aqueuses copolymères (acryliques,
VAC/E : polyéthylène/acétate de vinyle) ;
— soit des adhésifs thermofusibles autoadhésifs.
■ Plastiques
Les plastiques n’autorisent pour leur collage que des adhésifs bien
spécifiques : certains thermofusibles à base de SBS, SIS, les poly-
6
uréthanes, quelques adhésifs en émulsion très adhérents (VAC/E,
acryliques).

2.2.4 Rubans et étiquettes autoadhésifs ■ Feuilles métalliques (pour l’operculage par exemple)
sur supports plastiques Elles nécessitent des formules particulières (solutions adhésives
thermocollantes à base acrylique, thermofusibles spéciaux).
Ici, on utilise des produits autoadhésifs qui sont : ■ Verre
— soit des émulsions copolymères (acryliques, VAC/E) ; L’adhérence sur le verre demande également des polymères
— soit des hot-melts acryliques ou à base de caoutchouc adaptés : caséines, acryliques, VAC/E, dextrines. De plus le verre
SIS [poly (styrène/isoprène/styrène)] ou SBS [poly (styrène/ buta- étant imperméable, si l’on désire utiliser une colle aqueuse, l’autre
diène/styrène)] (Kraton de la société SHELL par exemple). matériau à coller doit être absorbant.
■ Boîtes de conserve en fer blanc ou en aluminium
Pour ce type de collage, on choisit des adhésifs qui mouillent
Ces diverses matières plastiques présentent des difficultés de bien et accrochent sur le métal qui peut être dans certains cas
collage : assez humide et chaud. On s’oriente alors, selon les cas, vers des
— mouillage difficile, car elles sont lisses et inertes colles dextrines ou vers des autoadhésifs thermofusibles.
chimiquement ;
— adhérence très faible avec les colles classiques : il faut
donc faire appel à des autoadhésifs ou à des adhésifs
thermofusibles ou à des adhésifs PU dans le cas du 3.2 Caractéristiques de mise en œuvre
complexage.
Les caractéristiques des colles conditionnent leur mise en œuvre
sur les systèmes d’application.
(0)

L’emballage de produits de grande consommation justifie l’utili-


2.3 Verre sation de machines à grandes cadences qui nécessitent une par-
faite adaptation des colles aux points de vue viscosité,
tack (§ 3.2.8), vitesse de prise.
Les bouteilles en verre peuvent être traitées, ou non, avec des Toutes les machines d’emballage comportent au moins six étapes
enductions de cires, de polyéthylène, etc. Les colles à utiliser sur (figure 3) :
ces traitements de surface seront différentes de celles à utiliser sur — préparation éventuelle de la colle ;
le verre nu. — l’encollage avec divers systèmes : rouleau, molettes, systè-
Les bouteilles en verre doivent être lavées soigneusement (à la mes de report, buses, etc., en général assez rapide ;
lessive de soude) avant collage des étiquettes. — l’assemblage : formage, pliage et fermeture ou étiquetage ;

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Colles et adhésifs pour emballages


Applications
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris
Ancien Directeur à la société Ato Findley
Expert près les tribunaux

1. Principaux types d’applicateurs de colles ........................................ AG 6 751 – 2


1.1 Applicateurs de colles froides .................................................................... — 2
1.2 Applicateurs hot-melts ................................................................................ — 4
1.3 Lignes d’enduction et de contrecollage..................................................... — 7
2. Travaux réalisés par collage.................................................................. — 8
2.1 Contrecollage sur microcannelure ............................................................. — 8
2.2 Étiquetage de bouteilles et de pots en verre............................................. — 8
2.3 Étiquetage de bouteilles plastiques ........................................................... — 10
2.4 Encaissage.................................................................................................... — 10
2.5 Fabrication des complexes d’emballage ................................................... — 11
2.6 Enductions thermoscellables...................................................................... — 13
2.7 Applications diverses .................................................................................. — 14
3.
3.1
3.2
Rubans et étiquettes adhésifs ..............................................................
Composition d’un ruban .............................................................................
Formulation des masses adhésives ...........................................................



15
15
16
6
3.3 Caractéristiques des rubans adhésifs ........................................................ — 17
3.4 Étiquettes adhésives.................................................................................... — 17
3.5 Rubans thermocollants ............................................................................... — 17
3.6 Mise en œuvre des rubans et étiquettes adhésifs .................................... — 17
3.7 Utilisation des rubans et étiquettes adhésifs ............................................ — 18
4. Coextrusion ............................................................................................... — 18
5. Extrusion-couchage ................................................................................. — 18

Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 752

’emballage est l’un des plus gros marchés utilisateurs de colles et adhésifs
L car la plupart des opérations d’emballage et de conditionnement utilisent le
collage, que ce soit pour fabriquer les matériaux primaires d’emballage (carton
ondulé, caisses, étuis, sacs, enveloppes, rubans adhésifs etc.) ou pour fermer et
étiqueter les emballages et conditionnements et ensuite pour les grouper,
regrouper, fardeler (c’est-à-dire constituer un petit fardeau en entourant
plusieurs objets d’un ruban adhésif), étiqueter, etc.
Afin d’aider les industriels, les fabricants d’emballages et les sociétés qui utili-
sent ces emballages – dans toutes les industries, non seulement alimentaires mais
aussi de produits de grande consommation et autres – nous allons passer en
revue un certain nombre d’applications du collage, en nous attachant à décrire les
techniques et les machines utilisées, à indiquer les cadences de chaîne, les exi-
gences et en décrivant les adhésifs et colles utilisés, ainsi que leurs performances.
Cet article s’insère dans une série consacrée aux colles et adhésifs pour emballage :
— Colles et adhésifs pour emballages. Généralités [AG 6 750] ;
Parution : octobre 2004

— Colles et adhésifs pour emballages. Applications [AG 6 751] ;


— Colles et adhésifs pour emballages. Pour en savoir plus [Doc. AG 6 752].

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1. Principaux types [Link] Inconvénients des systèmes ouverts


■ La colle reste à l’air libre pendant tout le fonctionnement ; cette
d’applicateurs de colles exposition favorise l’évaporation progressive de l’eau ou du solvant
de la colle et un épaississement ou une formation de peau qui a
pour conséquences :
La mise en œuvre des colles et le collage se font par l’intermé-
— une variation de l’épaisseur du dépôt de colle ;
diaire de machines d’emballage, adaptées à une opération précise :
— un encrassement des systèmes applicateurs.
— machines servant à fabriquer des emballages et des matériaux
de base : ■ Les systèmes applicateurs en tournant dans la colle la brassent,
• spiraleuses, l’entraînent en provoquant des projections ou des maculations.
• complexeuses, Il faut donc nettoyer régulièrement (chaque jour) tout le système
• machines à carton ondulé, et régénérer la colle régulièrement (par exemple en pompant
• machines à sacs et sachets ; continuellement de la colle fraîche sur les rouleaux).
— machines de préemballage :
• encartonneuses, [Link] Exigences pour une colle destinée à des systèmes
• étuyeuses, ouverts
• ensacheuses ; Du point de vue de la mise en œuvre, une telle colle doit avoir les
— machines spéciales : « blistériseuse », form fill and seal ; propriétés suivantes :
— machines d’emballage : encartonneuses ;
— garder sa viscosité à peu près constante pendant la période
— machines de finition : étiqueteuses, fardeleuses, palettiseurs.
d’utilisation ;
Lorsque l’on s’intéresse uniquement au collage, ces différentes — ne pas éclabousser ;
machines se distinguent essentiellement par : — ne pas sécher ou s’altérer à la surface du bac ou sur les rou-
— leurs cadences de travail exprimées par la vitesse de défilement leaux, ne pas faire de peau de surface, ni de grumeaux ;
en centimètres par seconde ou en emballages par minute ; — avoir une viscosité adaptée au système applicateur (cf. figure 1) ;
— leurs systèmes encolleurs, c’est-à-dire les systèmes divers qui — permettre un nettoyage facile des bac et rouleau en fin de
déposent la colle sur le matériau, la zone ou le rabat à coller. journée ;
— déposer une quantité de colle constante et adéquate quelle
que soit la vitesse de la machine ;
1.1 Applicateurs de colles froides — ne pas réagir avec les métaux utilisés pour la construction du

6
système applicateur.

On appelle colle froide une colle appliquée à température [Link] Utilisations des applicateurs ouverts
ambiante (20 ˚C), qui est donc liquide à cette température.
Ces systèmes se rencontrent dans :
— les machines de fabrication d’étuis cartons, de sacs, de
1.1.1 Applicateurs ouverts sachets, de pochettes et d’enveloppes ;
— les étiqueteuses pour bouteilles, flacons en verre, avec des col-
Ce sont des systèmes où la colle ou l’adhésif sont dans des bacs les caséine ou des émulsions diverses ;
ouverts : le système applicateur peut être alors un rouleau, une — le contrecollage carton/carton, film décor/carton, microcanne-
molette, un cliché ou stencil. Ces applicateurs sont utilisés avec des lures, avec enduction au rouleau large de toute la surface du carton ;
colles froides : vinyliques, caséine, copolymères en émulsion — les machines d’enduction pour films autoadhésifs et
aqueuse, dextrines. complexes d’emballages (voir paragraphes 2.5 et 3 et figures 21, 24
et 27).
[Link] Systèmes à rouleaux
L’alimentation de la colle se fait soit par gravité dans les systèmes 1.1.2 Applicateurs fermés
simples (figure 1), soit par pompe.
Un rouleau tourne dans le bac rempli de colle. Le grammage de [Link] Systèmes à extrusion
colle déposée peut être contrôlé par divers systèmes :
Dans ces systèmes, on extrude un cordon plus ou moins gros
— un deuxième rouleau ;
d’adhésif par l’intermédiaire d’une pompe qui conduit l’adhésif,
— une lame ou un couteau racleur qui retirent l’excès de colle sous une pression de 1 à 5 bar, d’un réservoir fermé vers une buse
entraînée par le rouleau (figures 1 a et 1 b) ; ou une fente calibrées ou une buse à trous.
— une lame doseuse, une lame d’air (figures 1 f et 1 i), etc.
La viscosité de la colle doit être adaptée à la taille des cordons dési-
Le plus souvent le rouleau tourne dans le même sens que le maté- rée, à la pression et au système utilisé (dimensions de la fente ou dia-
riau à enduire : dans ces conditions le dépôt de colle n’est pas lisse. mètre de la buse) ; elle est, en général, de 0,4 à 3 Pa · s (soit 4 à
Si l’on veut un dépôt parfaitement lisse, il faut utiliser un système 30 poises). L’ouverture et la fermeture de l’applicateur sont com-
Reverse Roll dans lequel le deuxième rouleau, applicateur, tourne mandées par différents systèmes (pneumatique, électromagnétique,
en sens inverse du matériau à enduire en raclant ainsi la colle électrique) qui peuvent agir avec des cadences très grandes : plu-
(figures 1 b et 1 h). sieurs dizaines, voire même centaines, de coups par minute, ce qui
La quantité de colle déposée dans ces systèmes à rouleaux dépend : permet d’appliquer des cordons discontinus et même des tiretés ou
— de la viscosité et de la rhéologie de la colle ; plus la colle est des pointillés à la fréquence et à la distance voulues (figures 2 et 3).
consistante, plus le grammage déposé sera élevé ; En général, le système extrudeur est placé très près des pièces à
— de l’intervalle entre les rouleaux ou racles et le matériau qui encoller soit directement au contact des matériaux (cas des systè-
défile ; mes à buse ou à fente), soit entre 0,5 et 3 mm dans le cas de buses
— de la pression du rouleau sur le matériau qui défile. rapides (du type Aucouturier, Spraymation ou Valco).

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Lame doseuse

a b c d

Barre

e f g h

Lame
d'air

Rideau
Buse d'adhésif
6
i j k l

Viscosité Vitesse d'enduction Viscosité Vitesse d'enduction


Type Type maximale
(Pa/s) (m/min) (Pa/s) (m/min)
a Lame doseuse 1 à 30 100 g Enduction par le haut 0,1 à 30 200
b Lame doseuse. Reverse roll 1 à 20 100 h Reverse roll à cinq rouleaux 0,1 à 20 300
c Kiss coater à deux rouleaux 0,05 à 0,4 160 i Lame d'air max 0,4 400
d Reverse roll à trois rouleaux 0,05 à 0,4 160 j Immersion - saturation max 1 250
e Gravure enduction directe 0,05 à 0,4 350 k Buse d'extrusion 0,1 à 30 250
f Réglage du grammage par barre 0,05 à 1 300 l Extrusion en rideau max 0,5 400

Figure 1 – Divers systèmes d’enduction au rouleau

[Link] Systèmes à aiguille remonte lors du passage d’une pièce à encoller. Il est étalé par la
partie plane située à la base de l’applicateur et la largeur encollée
Ces applicateurs permettent de déposer de très fins cordons
est comprise entre 2 et 15 mm (systèmes Pafra et similaires). La
d’adhésif. Ils peuvent être actionnés par des systèmes électroma-
quantité d’adhésif déposée est déterminée par la pression d’alimen-
gnétiques ou pneumatiques.
tation et par la taille de la bille et de l’applicateur.
L’adhésif utilisé doit être très fluide (100 à 500 mPa · s) pour ne pas
Les viscosités exigées pour ces systèmes sont :
sécher ou coaguler au voisinage de l’aiguille fine. Il doit également
être filtré en permanence pour éviter le bouchage du trou d’extrusion. — 0,8 à 1,5 Pa · s pour une alimentation par gravité ;
— jusqu’à 2 à 3 Pa · s pour une alimentation sous pression.
La pression exercée sur l’adhésif est de l’ordre de un à quelques bars.

[Link] Systèmes à bille [Link] Utilisations des applicateurs fermés


L’adhésif contenu dans un réservoir situé au-dessus de l’applica- Les applicateurs fermés sont utilisés dans :
teur (figure 2) s’écoule, par gravité en général, lorsque la bille — les machines à envelopper des barres de chocolat ;

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163
Référence Internet
AG6751

COLLES ET ADHÉSIFS POUR EMBALLAGES __________________________________________________________________________________________________

3
a b

1
Bille en position ouverte

Adhésif Corps Arrivée


de l'air
Ressort comprimé
2
Bille acier c
Matériau
à encoller

Bille en position fermée


Réservoir
Figure 2 – Extrusion de colle par buse sous pression, de colle
système applicateur à bille
1 Poignée ou buse encolleuse manuelle ou automatique, avec vis
— les machines d’emballage de cigarettes ; de réglage pour contrôler le débit
— la fabrication d’étuis carton ;
— la fabrication de sacs, sachets, pochettes, enveloppes ; 2 5 mètres de tuyau « qualité colles »
— les fermetures de caisses carton.
3 Pompe (03-91 adhésif) spécialement conçue pour le passage des
colles, de rapport 3/1, son débit de 10 litres à 100 coups/min lui
1.1.3 Déclenchement et contrôle de l’encollage permet d'alimenter plusieurs buses. Équipée :
a d'un mano-détendeur pour régler l'air de pulvérisation (utile
■ Les systèmes ouverts (rouleaux, mollettes, stencils) fonctionnent dans les cas de pulvérisation, mais pas en extrusion)
évidemment à la vitesse de la machine elle-même. On contrôle donc b d'un détendeur pour régler la pression du produit
seulement le niveau d’adhésif dans les bacs.

6
c d'un système de purge (avec circulation permanente)
■ Dans les systèmes fermés, il y a en général un système de
contrôle qui : a système d'extrusion
— actionne l’alimentation sous pression ;
— actionne l’ouverture et la fermeture des applicateurs (buse, bille,
etc.) de façon synchronisée avec le passage des pièces à encoller.
Deux cas sont à distinguer :
— machines à vitesse fixe (exemple : fermeture d’étuis) : un détec-
teur (mécanique ou photoélectrique) détecte la pièce qui arrive en
position d’encollage et déclenche l’application de colle, pendant un
temps qui dépend de la longueur des pièces et de la vitesse d’avance-
ment. La longueur de dépôt peut être commandée par une came ;
— machines à vitesse variable (exemples : cartonnages, micro- La poignée encolleuse existe dans une version
cannelure, fabrication de caisses, cartons et étuis de tailles à commande automatique
variables) : le réglage de la position des filets de colle et de la quan- b poignée encolleuse
tité de colle déposée doit rester constant, quelle que soit la vitesse
de la chaîne. Chaque pièce est alors détectée par une cellule photoé-
lectrique ou un détecteur mécanique en début et en fin de passage.
Ces deux signaux sont envoyés à un programmateur (électronique)
qui calcule automatiquement les temps et le débit du dépôt en fonc-
tion de la vitesse d’avancement de la machine et actionne l’ouver-
ture et la fermeture des systèmes.
La figure 4 montre un tel système de contrôle du dépôt de colle. Buse cordon Buse plate Buse à plusieurs cordons
Des systèmes permettent de mesurer aussi la quantité de colle c buses standard
déposée en continu.
Figure 3 – Système d’extrusion de colle à froid en continu (source :
documentation Kremlin)
1.2 Applicateurs hot-melts

On peut appliquer l’adhésif thermofusible fondu chaud avec plu- 1.2.2 Applicateurs à doigt type « Kliklok »
sieurs systèmes.

1.2.1 Applicateurs à rouleau Un doigt encolleur, terminé par un cliché, pivote entre le bac
d’adhésif et les pièces à encoller (figure 6). La forme du cliché peut
C’est le système utilisé par les étiqueteuses de bouteilles Krones être modifiée pour permettre de déposer l’adhésif aux zones
décrites au paragraphe 2.2 (figure 5). adaptées à la dimension des pièces ou des rabats.

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164
Référence Internet
AG6751

__________________________________________________________________________________________________ COLLES ET ADHÉSIFS POUR EMBALLAGES

Commande
d'application

Robinet doseur
Air
comprimé

Câblages électriques
Contrôleur Dispositif
de quantité de lavage Conduit
d'eau
de lavage
Robinet
d'évacuation
de la pression Flux de colle Tête d'application avec
photocellule et
détection
de colle

Pompe à colle froide 0 - 500 m/min Codeur


Défilement des pièces à encoller

Figure 4 – Système à colle équipé d’un dispositif de contrôle de quantité (source : Robatech)

Ce système est souvent utilisé pour des étuis, des boîtes en carton d’adhésif. La figure 8 montre leur disposition générale qui
et sur les rabats ou les pattes de collage. Il nécessite une viscosité comprend :
strictement contrôlée, autour de 500 à 1 000 mPa · s :

6
— un réservoir de fusion, de dimensions variables, pouvant rece-
— suffisante pour avoir le dépôt de colle juste nécessaire ; voir des adhésifs en granulés, blocs ou pains, avec régulation de la
— pas trop élevée, pour ne pas faire de fils et de salissures. température ;
La température de l’adhésif doit être contrôlée à quelques degrés — une pompe (pompe à piston à double action ou pompe à
près. engrenage) ;
Ce système est simple et robuste mais s’encrasse facilement. — un filtre pour éliminer d’éventuelles particules non fusibles ;
— une tuyauterie chauffée ;
1.2.3 Applicateurs à roulette ou à disque — une buse ou pistolet (figures 8 et 9).
Exemple : Applicateur d’adhésif thermofusible Problue 7 ou
Souvent utilisés pour appliquer un cordon d’adhésif sur des piè- 12 kg de la société Nordson
ces qui défilent (figure 7), les roulettes ou disques peuvent être plus Cet appareil comporte les éléments et caractéristiques suivants :
ou moins larges, cannelés ou à segments, à circonférences planes
— fondoir d’une capacité de 7 L dont le remplissage et le nettoyage
ou concaves.
sont facilités par une large ouverture du bac sur trois côtés. La vitesse
Les viscosités des adhésifs doivent être comprises entre 500 et de fusion est de 3 à 7 kg/h ;
1 500 mPa · s environ. — débit maximal de la pompe de 22 ou 35 kg/h ;
Ils sont utilisés sur les plieuses colleuses (BOBST par exemple). — débit horaire d’adhésif de 7 à 12 kg, l’appareil étant muni de deux
pistolets et deux tuyaux ;
— température d’application comprise entre 50 et 230 ˚C (± 0,5 ˚C)
1.2.4 Rouleaux perforés et contrôlée automatiquement ;
— filtre renouvelable, supprimant la nécessité de réaliser une purge
Un rouleau ou tambour creux est perforé de petits trous, de dia- hebdomadaire du filtre ;
mètre inférieur à 1 mm, disposés selon la forme que l’on désire don- — paramétrage, programmation réalisables à partir d’un micro-
ner aux zones d’encollage. ordinateur ;
L’adhésif, qui doit être assez fluide (500 à 1 500 mPa · s), arrive par — convivialité accrue : programmation aisée, témoins lumineux per-
l’axe du rouleau, une racle nettoie ce rouleau à chaque tour. Ces rou- mettant un contrôle rapide (autorisation de mise en marche, défaut,
leaux mille points donnent des points de colle très fins pour que maintenance, température du bac, des tuyaux et des pistolets).
l’adhésif chaud ne fasse pas friser les étiquettes lorsqu’elles sont en
Dans ces applicateurs, l’air comprimé est admis par une vanne
films plastiques (polypropylène biorienté). Ce système convient
électromagnétique sans inertie donc à délai de réponse extrême-
aussi pour les colles froides.
ment court. L’air comprimé peut être supprimé, dans ce cas la vanne
à bille est actionnée par une commande électromagnétique.
1.2.5 Applicateurs à buse ou pistolet type Les buses (figure 10) peuvent être changées, ce qui offre de nom-
Nordson, Robatech... breuses possibilités :
— buses de différents diamètres adaptées à la largeur du cordon
Ce sont de loin les applicateurs les plus utilisés sur les machines désirée et à la consommation souhaitée ; les buses peuvent être à
d’emballage, en raison de la précision et du réglage précis du dépôt bille ou à aiguilles pour l’ouverture ou la fermeture de l’orifice ;

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165
6

166
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)

1– Conception d'emballages

2– Éco-conception des emballages

3– Recyclage et gestion des déchets

4– Matériaux pour l'emballage

5– Machines et techniques d'emballage

6– Accessoires de conditionnement

7– Techniques d'impression Réf. Internet page 7


Chaîne graphique du packaging. Activité prépresse AG6700 169

Chaîne graphique du packaging. Activité d'impression AG6701 173

Chaîne graphique du packaging. Techniques d'impact d'un emballage en linéaire AG6702 177

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167
7

168
Référence Internet
AG6700

Chaîne graphique du packaging


Activité prépresse

par Bernard PETIT


Consultant en production graphique, société Balance des Gris

1. Chaîne graphique ..................................................................................... AG 6 700 - 2


2. PAO .............................................................................................................. — 3
2.1 Logiciels PAO ............................................................................................... — 3
2.2 Acquisition d’une image.............................................................................. — 4
2.3 Traitement de l’image.................................................................................. — 4
2.4 Codage des images...................................................................................... — 4
3. Activité prépresse .................................................................................... — 4
3.1 Rôle du photograveur .................................................................................. — 4
3.2 Préparation des éléments (documents) pour l’impression ...................... — 4
3.3 Envoi en production (photogravure) .......................................................... — 5
3.4 Utilisation des trames .................................................................................. — 5
3.5 Trames conventionnelles (amplitude de modulation) .............................. — 5
3.6 Nouvelles trames ......................................................................................... — 5
3.7 Gestion des trames par le « RIP » ............................................................... — 6
3.8 Films pour gravure traditionnelle des formes imprimantes .................... — 7

7
3.9 Épreuves contractuelles .............................................................................. — 7
4. Gestion de la couleur .............................................................................. — 7
4.1 Espace colorimétrique ................................................................................. — 7
4.2 Synthèse additive (lumière) ........................................................................ — 7
4.3 Synthèse soustractive (matière) ................................................................. — 8
5. Flux de production et gestion informatisée
des travaux graphiques .......................................................................... — 8
5.1 Transfert des fichiers ................................................................................... — 8
5.2 Contrôle du flux prépresse .......................................................................... — 9
5.3 Fonctionnement ........................................................................................... — 9
5.4 Validation « en ligne » des travaux graphiques ........................................ — 9
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 700

ême si l’émergence des nouvelles technologies a considérablement


M élargi les moyens de communication, l’imprimé occupe plus que jamais
une place de choix pour l’impression des emballages.
Des études l’ont très souvent démontré, l’acte d’achat est essentiellement
provoqué par l’aspect visuel de l’emballage. Dans un linéaire d’hypermarché,
c’est en une fraction de seconde qu’un produit se positionnera plus favorable-
ment, par rapport à un autre, en fonction de son aspect, de son identité.
L’identification, la charte graphique, passent par cette étape ultime qu’est
l’impression. Pour ce faire, il convient de réaliser une forme imprimante (spéci-
fique en fonction du procédé utilisé), et d’assurer la mise en œuvre et le
transfert de l’encre sur des supports donnés.
Parution : janvier 2011

L’activité prépresse est un préalable nécessaire à l’impression.

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 6 700 – 1

169
Référence Internet
AG6700

CHAÎNE GRAPHIQUE DU PACKAGING ___________________________________________________________________________________________________

La numérisation de la chaîne graphique a donné naissance à un nouveau


produit (semi-fini) : le fichier. Issue de la PAO, ce fichier devient primordial, et
son contrôle, un maillon indispensable de la chaîne graphique. Il faut rédiger
les textes du document, élaborer la mise en page, concevoir les différents gra-
phismes (dessins et illustrations originales), les logos, etc.
C’est également pendant cette étape qu’il faut réaliser ou acheter, les diffé-
rentes photos. Enfin, tous ces éléments sont « assemblés » (numérisés) pour
obtenir la maquette finalisée. Après validation du document par le donneur
d’ordre, cette maquette est transposée techniquement afin de produire le
document d’exécution nécessaire au traitement graphique. Ensuite, il faudra
créer des fichiers exploitables et sauvegarder les éléments de création.

• 3e étape : Bon à Tirer (pour valider le produit imprimé sur la


1. Chaîne graphique presse).
Des professionnels différents interviennent à chaque étape de ce
La chaîne graphique est un processus (série d’étapes) qui processus, d’où l’intérêt de mettre en place un langage commun
conduit à la création d’un produit imprimé en passant par : afin de mieux communiquer.
– l’élaboration du concept graphique ;
– la production des originaux (textes et images) ; La figure 1 permet de mieux comprendre le rôle de chaque
– la production des formes imprimantes ; acteur de la chaîne graphique. Il est à noter que cette activité CTF
– le tirage sur une presse (conventionnelle ou numérique). est sur le déclin (cf. § 3.8).
• 1re étape : maquette (pour valider le projet ).
Ensuite, l’élaboration des fichiers, le traitement des données gra- L’activité prépresse se déroule de la création (maquette)
phiques pour obtenir les formes imprimantes. jusqu’à l’élaboration des fichiers graphiques, du traitement à la
• 2e étape : épreuve contractuelle (pour valider un élément réalisation des épreuves contractuelles (figure 2).
aussi proche que possible du produit imprimé). L’activité d’impression, traitée dans [AG 6 701] couvre les
Enfin, la mise sur presse jusqu’à la production du produit étapes de l’élaboration des formes imprimantes jusqu’à
imprimé fini. l’impression sur machine.

7 Photos Fichiers Imposition Copie ou


Souhaits argentiques Contrôle ou montage
Création numériques gravure Presse
clients des fichiers Films manuel
numérique optimisés Forme Conventionnelle
Dessins (CTF)
Scanner imprimante Impression
illustrations Épreuve
Préparation analogique OFFSET
Documents HÉLIOGRAVURE
Instructions Création de la aux
papiers FLEXOGRAPHIE
créatifs mise en page spécifications
(studio d'impression SÉRIGRAPHIE
graphique) Photos numériques
Intégration
Conversion textes Imprimante Forme imprimante
Agence numérique (CTP)
Images 3D ou vidéo des images et images calibrée
en CMJN Préparation
Textes numériques Presse DI
des fichiers Fichier RIP (CT Press)
Retouches pour pour
l'impression l'impression Presse numérique
Fichier (CT Print)
de création
Conversion
des fichiers
1 : Maquette (PDF/Web/…) 2 : Épreuve
3 : Validation
(tirage contractuelle
BAT
numérique) numérique
(machine)
Donneu
urr d'ordre/client
u

Agence/studio

Photograveur

Imprimeur

Cœur de métier Nouvelles activités Activités exceptionnelles

Figure 1 – Schéma du processus graphique

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


AG 6 700 − 2 est strictement interdite. − © Editions T.I.

170
Référence Internet
AG6700

___________________________________________________________________________________________________ CHAÎNE GRAPHIQUE DU PACKAGING

Photos Fichiers
Souhaits argentiques Contrôle
clients Création numériques
des fichiers
Dessins numérique optimisés
Scanner
illustrations
Préparation
Documents
Instructions Création de la aux
papiers
créatifs mise en page spécifications
(studio d'impression
graphique) Photos numériques
Intégration
Conversion textes Imprimante
Agence Images 3D ou vidéo des images et images calibrée
en CMJN Préparation
Textes numériques
des fichiers
Retouches pour
l'impression
Fichier
de création
Conversion
des fichiers
1 : Maquette (PDF/Web/…) 2 : Épreuve
(tirage contractuelle
numérique) numérique

Schéma processus graphique (extrait)

Figure 2 – Extrait du processus graphique dit « activité prépresse »

2. PAO comprendre l’étape amont de l’impression et, surtout, d’être pro-


actif en cas de difficultés en impression, et le cas échéant, d’être
capable de diagnostiquer un problème prépresse (photogravure).
Toute la production graphique est numérique. L’ordinateur et les

7
logiciels sont au cœur de cette activité et il convient de posséder
quelques connaissances pour mieux comprendre la chaîne Le numérique a donné naissance à un produit semi-fini : le
graphique. fichier. Il devient donc une fin en soi et un produit
« vendable ».

Également appelée « infographie », la PAO est le préalable


nécessaire avant la réalisation des formes imprimantes.
2.1 Logiciels PAO
La PAO est née dans les années 1980. Elle a été créée par les Les graphistes et les opérateurs en PAO utilisent généralement
développeurs de la Société Adobe élaborant, au passage, un nou- trois grands logiciels :
veau langage informatique pour la description des pages : le
PostScript. ■ Adobe illustrator
Historiquement et jusque dans les années 1970 prédominait la Pour le dessin ou l’illustration, c’est un logiciel le plus répandu.
composition avec des caractères mobiles en plomb. Ensuite, ce fut Il est doté d’outils précis (dessins avec courbes de Bézier, filtres et
l’ère de la photocomposition où l’opérateur compose ses pages formes, typo, dégradé...).
uniquement en indiquant des paramètres sur un écran mono-
chrome afin d’obtenir des films ou bromures argentiques permet- ■ Adobe Photoshop
tant la copie des plaques d’impression. Pour la retouche photographique et l’intégration des images
numérisées, ce logiciel dispose de nombreux outils de réglage
Exemple pour la chromie, des outils de détourage, d’effets spéciaux et de
En typographie, un livre moyen de 200 pages nécessitait la mise en calques pour la superposition des couleurs.
œuvre d’environ 400 kg (caractères en plomb) et demandait plus de
1 m3 de volume de stockage. ■ QuarkXPress
En PAO, aujourd’hui, un livre de 200 pages, visible et lisible, en Ce logiciel permet de créer tout type de publications imprimées.
couleur, dans les caractères et les corps déterminés, sur un écran de Il gère toutes les contraintes de la production prépresse. Son équi-
mise en page, tient entièrement sur un CD. valent chez Adobe s’appelle : « InDesign ».
Ce CD imposé et repéré peut générer directement des plaques
offset Computer To Plate.
Il existe d’autres produits plus spécifiques et spécialisés pour
le packaging. Ils sont nécessaires pour augmenter les possibili-
Infographiste, opérateur PAO, maquettiste (créa/exé) ou
tés techniques des logiciels de base, exemple : Esko-Artworks.
PAOiste ! Une connaissance de ce secteur permet de mieux

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171
7

172
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AG6701

Chaîne graphique du packaging


Activité d’impression

par Bernard PETIT


Consultant en production graphique, société Balance des Gris

1. Chaîne graphique ..................................................................................... AG 6 701 - 2


2. Impression .................................................................................................. — 2
2.1 Impression des couleurs ............................................................................. — 2
2.2 Choix de l’impression pour le packaging................................................... — 3
2.3 Offset............................................................................................................. — 5
2.4 Offset Waterless ........................................................................................... — 6
2.5 Offset sec ...................................................................................................... — 6
2.6 Héliogravure ................................................................................................. — 7
2.7 Flexographie................................................................................................. — 8
2.8 Sérigraphie ................................................................................................... — 9
2.9 Impression numérique ................................................................................ — 10
3. Encres .......................................................................................................... — 11
3.1 Matières colorantes ..................................................................................... — 11
3.2 Liants............................................................................................................. — 11
3.3 Solvants ........................................................................................................ — 11
3.4 Agents auxiliaires (additifs)......................................................................... — 11
3.5 Encres spécifiques ....................................................................................... — 11

7
4. Finition de l’impression .......................................................................... — 11
4.1 Vernis de finition .......................................................................................... — 12
4.2 Pelliculage..................................................................................................... — 12
4.3 Gaufrage ....................................................................................................... — 12
4.4 Dorure ........................................................................................................... — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 701

omme vu dans l’article [AG 6 700] (consacré à l’activité prépresse), l’émer-


C gence des nouvelles technologies a considérablement élargi les moyens
de communication. L’imprimé occupe donc, plus que jamais, une place de
choix pour l’impression des emballages.
Des études l’ont très souvent démontré, l’acte d’achat est essentiellement
provoqué par l’aspect visuel de l’emballage. Dans un linéaire d’hypermarché,
c’est en une fraction de seconde qu’un produit se positionnera plus favorable-
ment, par rapport à un autre, en fonction de son aspect, de son identité.
L’identification, la charte graphique, passent par cette étape ultime qu’est
l’impression.
Imprimer consiste à reproduire et à fixer, sur un matériau déterminé, les
formes et les couleurs d’un modèle, sans modifier notablement les propriétés
de ce matériau. Derrière cette formule assez simple, réside finalement un
système relativement complexe qui nécessite la sélection de zones imprimées
et non-imprimées ; l’objectif de l’impression étant d’être capable de déposer
(ou non) de l’encre sur le support d’impression.
Pour être disposer d’une aussi grande diversification, avec des supports
d’impression très différents, les imprimeurs ont mis au point un certain
Parution : janvier 2011

nombre de méthodes (procédés) d’impression que nous allons découvrir selon


leur ordre d’importance.

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173
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CHAÎNE GRAPHIQUE DU PACKAGING ___________________________________________________________________________________________________

1. Chaîne graphique 2. Impression


La chaîne graphique est un processus (série d’étapes) qui Les presses (machines d’impression) n’impriment qu’une seule
conduit à la création d’un produit imprimé, et ce depuis l’élabo- couleur à la fois. Il existe donc des presses monochromes et poly-
ration du concept graphique, la production des originaux (textes et chromes.
images), la production des formes imprimantes, jusqu’au tirage
sur une presse (conventionnelle ou numérique).
2.1 Impression des couleurs
Quatre étapes existent :
Alors qu’une photographie présente une gamme complète de
– la maquette (pour valider le projet), suivie de l’élaboration des nuances et de couleurs, les procédés d’impression utilisent en
fichiers, du traitement graphique des données pour obtenir les général quatre couleurs pour reproduire le spectre des couleurs
formes imprimantes ; (CMJN), communément appelé la « quadrichromie ».
– l’épreuve contractuelle (pour valider un élément aussi proche La synthèse soustractive : CMJN (cyan, magenta, jaune, noir) est
que possible du produit imprimé) ; donc une possibilité que nous avons pour restituer (reproduire
– la mise sur presse jusqu’à la production du produit imprimé industriellement) des images avec des encres d’imprimerie.
fini ;
– le Bon à Tirer (pour valider le produit imprimé sur la presse). Le procédé offset, par exemple, a très souvent recours à cette
synthèse (soustractive) pour reproduire le spectre des couleurs.
Des professionnels différents interviennent à chaque étape de ce
processus, d’où l’intérêt de mettre en place un langage commun ■ Il existe plusieurs possibilités en impression pour reproduire le
afin de mieux communiquer. La figure 1 vous permettra de mieux spectre (ou une partie du spectre des couleurs) (figure 3).
comprendre le rôle de chaque acteur de la chaîne graphique. Le
lecteur pourra se reporter à l’article précédent [AG 6 700] pour Toutes ces techniques partent d’un certain nombre de couleurs
toute la chaîne d’impression amont. de base (couleurs fondamentales ou couleurs primaires). Plus la
palette de couleurs de base est grande, plus l’espace colorimé-
L’activité d’impression se déroule de l’élaboration des formes trique (le gamut) est important. Néanmoins, pour des applications
imprimantes jusqu’à l’impression sur machine (figure 2). plus exigeantes (le packaging, le cosmétique...), en complément

Photos Fichiers Imposition Copie ou

7
Souhaits argentiques Contrôle ou montage
Création numériques gravure Presse
clients des fichiers Films manuel
numérique optimisés Forme Conventionnelle
Dessins (CTF)
Scanner imprimante Impression
illustrations Épreuve
Préparation analogique OFFSET
Documents HÉLIOGRAVURE
Instructions Création de la aux
papiers FLEXOGRAPHIE
créatifs mise en page spécifications
(studio d'impression SÉRIGRAPHIE
graphique) Photos numériques
Intégration
Conversion textes Imprimante Forme imprimante
Agence numérique (CTP)
Images 3D ou vidéo des images et images calibrée
en CMJN Préparation
Textes numériques Presse DI
des fichiers Fichier RIP (CT Press)
Retouches pour pour
l'impression l'impression Presse numérique
Fichier (CT Print)
de création
Conversion
des fichiers
1 : Maquette (PDF/Web/…) 2 : Épreuve
3 : Validation
(tirage contractuelle
BAT
numérique) numérique
(machine)
Donneu
urr d'ordre/client
u

Agence/studio

Photograveur

Imprimeur

Cœur de métier Nouvelles activités Activités exceptionnelles

Figure 1 – Schéma du processus graphique

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie


AG 6701 – 2 est strictement interdite. – © Editions T.I.

174
Référence Internet
AG6701

___________________________________________________________________________________________________ CHAÎNE GRAPHIQUE DU PACKAGING

Fichiers Imposition Copie ou


numériques ou montage gravure Presse
Films manuel Forme Conventionnelle
optimisés
(CTF) imprimante
Épreuve Impression
analogique OFFSET
HÉLIOGRAVURE
FLEXOGRAPHIE
SÉRIGRAPHIE

Imprimante Forme imprimante


calibrée numérique (CTP)

Presse DI
Fichier RIP (CT Press)
pour
l'impression Presse numérique
(CT Print)

2 : Épreuve
3 : Validation
contractuelle
BAT
numérique
(machine)

Schéma processus graphique (extrait)

Figure 2 – Extrait du processus graphique relatif à l’activité d’impression

La quadrichromie (CMJN), à titre d’exemple, ne peut reproduire


Trichromie que 40 à 45 % environ des teintes Pantone, contre 65 à 70 % en
multichromie.
Quadrichromie
Dans l’exemple de la figure 5, une gamme offset en trichromie est
Hexachromie utilisée, mais ne peut en aucun cas reproduire la saturation (pureté,

7
fraîcheur) des teintes.
Multichromie
Le mélange des couleurs primaires (par leur manque de pureté) ne
Figure 3 – Quatre techniques de reproduction du spectre permet pas d’obtenir parfaitement certaines couleurs, pourtant
des couleurs simples, comme le vert et l’orangé.

■ En conclusion : le nombre de couleurs sur une machine d’impres-


des principes exposés juste avant, un imprimeur a très souvent sion dépasse très souvent le nombre de quatre couleurs (quadri-
recours aux teintes spécifiques, (appelées également « couleurs chromie), afin d’avoir la possibilité de recourir à des couleurs
d’accompagnement ») les teintes du nuancier Pantone. spécifiques (couleurs d’accompagnement) pour permettre une
impression plus riche dans un espace colorimétrique plus grand.
■ Dans ce cas, les teintes utilisées sont appelées tons directs : la Dans certains procédés, il n’est plus rare de rencontrer des
couleur de l’encre elle-même définit directement la couleur de presses proposant 8 à 10 couleurs.
l’image imprimée.
Cette couleur « d’accompagnement » est obtenue par le
mélange d’encres selon des proportions convenues. 2.2 Choix de l’impression pour le packaging
Dans les industries graphiques l’impression des emballages se
Le plus connu des nuanciers de couleurs directes est le PMS fait avec de l’encre, laquelle contient un pigment qui détermine la
(Pantone Matching Système ) (figure 4). couleur. Les presses d’impression abordent le dépôt de cette encre
selon différents principes. La sélection des zones, imprimantes et
Le système Pantone est construit autour d’un ensemble de non imprimantes, est très différente selon le procédé d’impression
bases, sélectionnées pour leur capacité à être reproduites par utilisé.
les méthodes normales de l’impression offset.
Ces encres de base ont été choisies selon les critères colori- ■ Le relief sera un élément différenciant pour :
métriques (cercle chromatique) et leur saturation. – l’héliogravure = forme en relief (creux) = transfert direct ;
– la flexographie, typographie = forme en relief = transfert direct.

Comme nous l’avons vu plus haut, et selon un principe de base ■ L’absence de relief, mais technique du pochoir.
évident : « Plus la palette de couleurs de base est grande, plus Soit sérigraphie = écran de soie = transfert direct.
l’espace colorimétrique (le gamut) est important ». Aussi faut-il
admettre que le nuancier Pantone a plus de possibilité, avec ses ■ Une autre technique reposant sur un antagonisme eau/encre.
14 teintes de base, de reproduire environ 1 000 couleurs (encore Soit offset = forme imprimante à plat (sans relief) = double
assez loin des millions de couleurs que notre œil est capable de voir). transfert (figure 6).

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est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 6701 – 3

175
7

176
Référence Internet
AG6702

Chaîne graphique du packaging


Techniques d’impact d’un emballage
en linéaire

par Bernard PETIT


Consultant en production graphique, société Balance des Gris

1. Finition ........................................................................................................ AG 6 702 - 2


2. Couleur ........................................................................................................ — 2
3. Encres et vernis pour la finition........................................................... — 2
4. Pelliculage .................................................................................................. — 5
5. Relief ............................................................................................................ — 6
6. Dorure .......................................................................................................... — 7
7. Découpe ...................................................................................................... — 8
8. Polysensorialité ........................................................................................ — 9
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 702

7
ême si les procédés d’impression concourent à donner un aspect
M attractif aux emballages, les techniques de finition, comme :
– le parachèvement ;
– l’ennoblissement ;
– la décoration... permettent la différenciation recherchée par les services
marketing.
Lorsqu’un produit imprimé sort de machine d’impression, il est quelquefois
loin d’être achevé !
Concevoir un emballage, c’est se pencher sur la conception de la surface afin
d’obtenir des effets visuels par une modification de l’aspect recto et/ou verso
du produit imprimé.
La conception de la structure peut également contribuer à « renforcer » un
effet graphique, en s’attachant aux aspects fonctionnels, de praticité et de soli-
dité des emballages. (Par exemple : la forme, le pliage, la protection).

Fort d’une expérience de 18 ans en tant que coordinateur graphique au sein de deux
grandes entreprises de production et d’impression d’emballages pour l’industrie agroali-
mentaire, Bernard Petit « consultant de la chaîne graphique », réalise des interventions
de formation, d’accompagnement et des séminaires techniques pour de nombreux orga-
nismes.
Parution : juillet 2011

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est strictement interdite. – © Editions T.I. AG 6 702 – 1

177
Référence Internet
AG6702

CHAÎNE GRAPHIQUE DU PACKAGING ___________________________________________________________________________________________________

1. Finition
La finition des impressions est un terme assez vaste pour per-
mettre de décrire correctement l’activité post-presse. En effet, dans
le monde de l’édition (imprimerie labeur) ce mot « finition » induit
également l’activité de reliure, qui ne sera absolument pas traitée
ici. On peut également parler de façonnage dans ce cas précis.
Un autre terme est également utilisé, c’est le mot
« parachèvement » que l’on rencontre souvent dans le marché des
étiquettes viticoles par exemple.

Finalement, c’est le terme finition qui sera utilisé, à la fois


suffisamment générique et clair pour regrouper toute l’activité
post-impression.

Les procédés d’impression arrivant à leur paroxysme, les


techniques de finition apportent l’élément supplémentaire pour
obtenir l’effet de surface recherché [AG 6 701]. Les 2 couleurs opposées sur le cercle chromatique
Le travail du concepteur (ou des personnes en charge de la fai- « s'exaltent » par le principe appelé le « contraste
des couleurs complémentaires » créant un effet
sabilité technique) sera d’autant plus efficace s’il intègre les
d'harmonisation intéressant.
contraintes techniques de la finition, le plus en amont possible de
la chaîne graphique. Le choix d’un matériau, ou d’un traitement
(en ligne ou hors ligne), peut considérablement influencer le résul- Figure 1 – Roue chromatique
tat final escompté.

• Trichromie
2. Couleur • Quadrichromie
• Hexachromie
• Multichromie
La couleur est un élément primordial pour permettre une iden-
tité propre au design.

7 Dès la conception du projet, il convient d’utiliser une Figure 2 – Techniques d’impression pour reproduire le spectre
chromatique
composition judicieuse des graphismes et des couleurs.

■ En amont de l’activité post-presse, la couleur se gère pendant ■ Impression des couleurs


l’impression. La gestion des couleurs apporte un premier élément
non négligeable pour la mise en valeur des emballages [AG 6 700]. Il existe plusieurs possibilités en impression pour reproduire le
spectre (ou une partie du spectre des couleurs) (figure 2).
Exemple Toutes ces techniques partent d’un certain nombre de couleurs
Grâce à son jaune emblématique et identifiable au premier regard, de base (couleurs fondamentales ou couleurs primaires).
une grande marque de champagne multiplie les packaging avec, à
Néanmoins, pour des applications plus exigeantes (le packaging,
chaque fois, la même problématique : reproduire ce jaune à
les cosmétiques...) en complément des principes exposés aupara-
l’identique !
vant, un imprimeur a très souvent recours aux teintes spécifiques,
(appelées également « couleurs d’accompagnement ») les teintes
■ Le bon rapport des couleurs sera alors un bon départ pour obte- du nuancier PANTONE.
nir un visuel pertinent. La roue chromatique permettra au designer
de créer une harmonie des couleurs en utilisant le principe des
accords de couleur (figure 1). Par exemple, le plus simple et le
plus efficace des accords de la couleur est basé sur la
complémentarité des couleurs. 3. Encres et vernis
■ Quelquefois la simplicité est de mise, grâce à une palette de pour finition
couleurs primaires soustractives (cyan, magenta, jaune) et un gra-
phisme simple, un désigner peut réussir un effet visuel frappant. L’impression et les encres apportent une grande réponse aux
besoins de la finition et de l’ennoblissement des impressions, pour
Exemple la mise en valeur des produits.
Pour une grande marque de distribution en Angleterre, une agence
de design a élaboré une gamme en utilisant du noir pour tous les
produits. En ligne, ou hors ligne, l’étape de vernissage est une
pratique de plus en plus utilisée et incontournable, le cas
La présence importante du noir donne une image institutionnelle
échéant, pour qui souhaite apporter encore plus d’effets pour
élégante, mais aussi une visibilité incroyable dans les rayons (seule la
« ennoblir » les impressions.
couleur indique le goût du produit).

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Common questions

Alimenté par l’IA

Les agro-ressources, étant renouvelables et biodégradables, offrent une alternative aux plastiques traditionnels en réduisant la dépendance aux matériaux fossiles. Elles permettent la production de bioplastiques qui décomposent naturellement, limitant ainsi l'accumulation de déchets plastiques . Les biocomposites, qui contiennent des fibres naturelles, constituent également une solution prometteuse pour améliorer les propriétés mécaniques des emballages tout en gardant leur biodégradabilité .

La réglementation environnementale, en imposant des normes d'écoconception et des sanctions pour non-conformité, pousse l'industrie de l'emballage à adopter des pratiques plus durables. Cette influence se traduit par une augmentation de la recherche et développement dans les matériaux biodégradables et une reconfiguration des processus industriels pour améliorer la recyclabilité et la réutilisation des emballages .

L'utilisation de matériaux biosourcés pour l'emballage pose plusieurs défis techniques, notamment la nécessité de maintenir les propriétés fonctionnelles telles que la résistance mécanique, la barrière à l'humidité, et la compatibilité alimentaire. Les biocomposites biosourcés doivent également être optimisés pour préserver leur biodégradabilité tout en assurant une performance comparable à celle des plastiques conventionnels .

L'écoconception des emballages dans l'Union européenne vise principalement à réduire l'impact environnemental des emballages en minimisant la quantité de matériaux utilisés et en encourageant leur réutilisation et recyclage. Les normes européennes, bien que non obligatoires, servent de référence pour assurer la conformité avec les réglementations et éviter des sanctions financières . Les directives, telles que la directive 94/62 de 1994, établissent des principes comme la prévention à la source et la hiérarchisation des modes de gestion des déchets . En parallèle, les législations nationales visent à aligner avec ces normes tout en permettant une liberté de moyens pour les États membres .

Les directives européennes, telles que la directive 94/62, établissent un cadre juridique commun qui guide les États membres dans la mise en œuvre de pratiques d'écoconception des emballages. Elles fixent les règles sur la réduction de l'impact environnemental et favorisent la libre circulation des emballages dans le marché unique tout en permettant chaque pays d'adopter ses propres moyens pour atteindre les objectifs fixés .

Les agro-ressources utilisées dans les bioplastiques se caractérisent par leur origine renouvelable, étant issues de matériaux tels que la cellulose et l'amidon. Elles permettent la fabrication de bioplastiques biodégradables, contribuent à un cycle de vie plus soutenable des emballages, et réduisent la dépendance aux ressources fossiles .

Depuis les années 1990, la gestion des déchets d'emballages en France a distingué entre les déchets ménagers, confiés à des éco-organismes, et ceux professionnels, sous la responsabilité des entreprises. Cependant, cette dichotomie est appelée à changer en 2025 vers un système plus intégré . Par ailleurs, la législation a évolué avec l'adoption de la loi AGEC en 2020, qui réforme progressivement la gestion des déchets pour intégrer davantage les principes d'écoconception et de réduction de gaspillage .

Les bioplastiques, différemment des plastiques fossiles, sont conçus pour avoir un impact environnemental moindre grâce à leur origine biosourcée et leur capacité de biodégradabilité ou de compostabilité. Leur fabrication utilise des agro-ressources renouvelables, réduisant ainsi l'empreinte carbone par rapport aux polymères issus du pétrole .

Le non-respect des normes d'écoconception est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 450 euros par emballage non conforme saisi. Cette mesure s'inscrit dans l'obligation de concevoir des emballages qui respectent les exigences environnementales fixées par la législation .

L'écoconception est essentielle dès le début du cycle de vie d'un emballage car elle permet d'intégrer des considérations environnementales dans le choix des matériaux et des procédés de fabrication, réduisant ainsi le volume de déchets et favorisant la réutilisation et le recyclage. Cela assure une gestion plus durable des ressources et minimise l'impact écologique dès la conception .

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