Conception D'emballage: - Emballages
Conception D'emballage: - Emballages
Ti088 - Emballages
Conception d'emballage
III
Cet ouvrage fait par tie de
Emballages
(Réf. Internet ti088)
composé de :
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Emballages
(Réf. Internet ti088)
Jean-Paul POTHET
Docteur-Ingénieur, Vice-Président de l'Institut Français de l'Emballage et du
Conditionnement
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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :
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VI
Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
SOMMAIRE
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VII
Emballages en verre A9785 91
Emballages en carton ondulé. Code international pour emballage carton A9767 101
Chaîne graphique du packaging. Techniques d'impact d'un emballage en linéaire AG6702 177
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1
1– Conception d'emballages Réf. Internet page
6– Accessoires de conditionnement
7– Techniques d'impression
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1
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Référence Internet
AG6000
Fonction emballage
1. Définitions................................................................................................. AG 6 000 - 3
1.1 Catégories ................................................................................................... — 3
1.2 Familles ....................................................................................................... — 3
2. Principaux éléments constitutifs ....................................................... — 4
2.1 Matériaux .................................................................................................... — 4
2.2 Accessoires ................................................................................................. — 4
2.3 Marquage, étiquetage, codage.................................................................. — 6
3. Grandes applications ............................................................................. — 6
3.1 Produits alimentaires ................................................................................. — 6
3.2 Produits pharmaceutiques......................................................................... — 6
3.3 Produits dangereux .................................................................................... — 7
3.4 Produits industriels..................................................................................... — 7
3.5 Marchandises et matériels militaires ........................................................ — 7
4. Fonctions................................................................................................... — 8
4.1 Fonctions techniques ................................................................................. — 8
4.2 Fonctions marketing................................................................................... — 8
4.3 Sécurité........................................................................................................ — 9
4.4 Protection de l’environnement .................................................................. — 9
5. Étude d’un emballage ............................................................................ — 9
5.1 Méthodologie générale .............................................................................. — 9
5.2 Conduite de l’étude .................................................................................... — 10
5.3 Analyse fonctionnelle et cahier des charges fonctionnel........................ — 10
5.4 Choix et validation d’une solution emballage.......................................... — 11
5.5 Cahier des charges d’achat........................................................................ — 11
6. Normalisation et réglementation ....................................................... — 12
6.1 Normalisation ............................................................................................. — 12
6.2 Marquage .................................................................................................... — 12
6.3 Emballages et environnement................................................................... — 12
7. Emballages et certification .................................................................. — 13
7.1 Certification des emballages ..................................................................... — 13
7.2 Certification du système de management de la qualité.......................... — 14
7.3 Certification du management environnemental ...................................... — 14
7.4 Écolabels ..................................................................................................... — 14
Pour en savoir plus.......................................................................................... Doc. AG 6 000
formes (feuille, sac, caisse, boîte, fût, bidon, etc.) et être réalisé à partir de papier,
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle AG 6 000 − 1
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Référence Internet
AG6000
1
chiffre d’affaires de l’ordre de 17 milliards d’euros, dont 35 % pour les papiers
et cartons, 26 % pour les plastiques, 12 % pour le métal (fer blanc et aluminium),
11 % pour le verre, 9 % pour le bois et 7 % pour les complexes souples.
L’emballage, par ses fonctions, est un partenaire incontournable de tous les
secteurs industriels. Le premier secteur utilisateur d’emballages est l’industrie
agroalimentaire qui absorbe plus de 60 % des emballages produits, suivie par
l’industrie pharmaceutique, les cosmétiques et la parfumerie (11 %), puis vien-
nent les détergents, les produits d’entretien, la chimie, les industries manufac-
turières, la distribution.
Les emballages, à la fois protecteurs du contenu, garants de la sécurité, de
la fonctionnalité, premier contact avec l’utilisateur ou le consommateur, mes-
sagers du produit vers l’utilisateur, ambassadeurs de la marque, doivent répon-
dre à un grand nombre de fonctions, aussi bien techniques que marketing.
Dans un contexte où les enjeux économiques, de sécurité, ergonomiques,
réglementaires et écologiques sont particulièrement importants, le dévelop-
pement de nouveaux emballages et leur définition nécessitent une méthodo-
logie spécifique intégrant tous les aspects du cycle de vie de l’emballage, la prise
en compte du couple emballage/produit et engageant une collaboration multi-
disciplinaire de véritables partenaires.
La méthodologie proposée comprend trois phases :
— l’analyse fonctionnelle des besoins qui aboutit à l’élaboration du cahier des
charges fonctionnel (CdCF) ;
— la proposition de solutions potentielles, leur validation puis le choix d’une
solution emballage ;
— la description et la caractérisation de la solution retenue, puis l’élaboration
du cahier des charges d’achat (CdCA).
Les emballages font l’objet de normes, de réglementations et de systèmes de
certification. Les travaux de normalisation sont principalement menés au niveau
européen dans le cadre du comité technique 261 - Emballage, mais bien d’autres
comités abordent des sujets touchant l’emballage.
La protection de l’environnement est devenue une préoccupation majeure
qu’il est dorénavant indispensable d’intégrer dans la conception d’un
emballage : on parle alors d’écoconception. Concernant la problématique des
emballages et des déchets d’emballage, la directive européenne 94/62/CE de
décembre 1994 fixe les exigences essentielles auxquelles les emballages
doivent répondre.
Les certifications de produits (NF, LNE-Emballage, etc.), la certification du sys-
tème de management de la qualité (ISO 9001) et la certification du management
environnemental (ISO 14001) permettent d’apporter l’assurance par un orga-
nisme tiers, qu’un produit ou un processus est conforme à des exigences spé-
cifiées.
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AG 6 000 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
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Référence Internet
AG6000
1. Définitions
L’emballage est défini comme tout objet constitué de maté-
riaux de toute nature, destiné à contenir et à protéger des
marchandises données allant des matières premières aux pro-
duits finis, à permettre leur manutention et leur acheminement
1
a emballage primaire
du producteur au consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer
leur présentation.
D’une façon plus globale, l’emballage d’un produit peut se
définir comme : « dans le produit, tout ce qui n’est pas le produit
lui-même ».
1.1 Catégories
Selon les principaux rôles qu’il devra jouer, un emballage peut
être qualifié des termes suivants (figure 1) :
— emballage de vente ou emballage primaire ;
— emballage de groupage ou emballage secondaire ;
— emballage de transport ou emballage tertiaire. b emballage secondaire b emballage tertiaire
Nota : dans la pratique, la distinction n’est pas toujours aussi claire et certains embal- ■ Bouteille : ensemble de moyens d’emballage rigides se termi-
lages peuvent appartenir à plusieurs catégories. nant par un col et une bague destinée à recevoir un système de fer-
meture.
Exemples : bouteille champenoise, bouteille à poignée intégrée,
1.2 Familles flacon, bonbonne.
■ Tube : ensemble de moyens d’emballage semi-rigides de section
Les familles d’emballage sont identifiées par les mots-clés sui- généralement circulaire, dont une extrémité est prévue pour per-
vants : feuille, sac, caisse, boîte, fût, bidon, bouteille, tube. Chaque mettre le prélèvement du produit par compression.
famille se décompose en genres d’emballage déterminés en fonc-
tion de la forme ou de la conception de l’emballage (figure 2). Exemples : tube cylindrique, tube conique.
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© Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle AG 6 000 − 3
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Référence Internet
AG6000
1 Carton ondulé Rouleau de film à Sac en polypropylène Sac à gueule ouverte Caisse à rabats Plateau en bois Boîte composite
simple face bulle d'air utilisé tissé et doublure et fond collé jointifs en pour fruits en carton avec
en rouleau pour le calage de polyéthylène en papier carton ondulé et légumes fond et couvercle
métalliques
Boîte boisson Fût à ouverture Fût à bière Jerrican Bidon en Bouteille Bouteille Tube de Tube
cylindrique totale de 220 L cylindrique plastique plastique Bordeaux à poignée dentifrice de colle
deux pièces en plastique métallique de 20 L de 5 L tradition intégrée en complexe en plastique
en aluminium 75 cL en plastique plastique
en verre
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AG 6 000 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
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Référence Internet
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1
gilité, résistance, température, ph, perméabilité...), et que les priorités des
divers maillons de la chaîne emballage, soit les opérateurs, seront différentes.
Le choix d’un emballage est donc une opération complexe, basée sur la réso-
lution d’équations à de très nombreuses inconnues, et dont cet article donne
les lignes directrices d’une approche qui tient compte :
– des buts recherchés par les différents opérateurs de la chaîne qui va du
« berceau au tombeau » de l’emballage ;
– de l’état actuel des connaissances sur les matériaux, les systèmes et les
procédés ;
– de l’appréciation des utilisateurs, aujourd’hui ;
– des attentes des consommateurs pour demain ;
– des évolutions sociétales pour après demain.
Cet article ne propose donc pas le « manuel du bon petit emballeur »
donnant des réponses uniques, et toutes faites, aux questions que se posent
les industriels au sujet du choix, de la création ou de l’optimisation de leurs
emballages. Car, un tel manuel ne peut pas exister.
Cela est heureux ! Sinon, tous les types de produits comparables, qu’ils soient
biens de consommation ou biens d’équipement, seraient proposés dans le même
genre d’emballage ; la liberté de choix et la diversité disparaîtraient. Il s’agit juste
ici de permettre aux lecteurs d’objectiver et de rationaliser le choix à faire.
■ Sécurité d’usage
Cet article l’aidera à atteindre son but en sachant que
l’emballage est protéiforme et paradoxal. Donc, son choix Le consommateur souhaite être le premier à ouvrir et donc à
devra tenir compte d’une dualité, d’une schizophrénie d’utili- utiliser l’emballage, ce qui implique des systèmes de fermeture
sation concernant les 6 points suivants. complexes, des témoins d’effraction efficaces, des taux d’adhésion
et de scellage élevés, alors que l’emballage, arrivé sur le lieu d’utili-
sation ou de consommation, devrait pratiquement s’ouvrir tout seul.
■ Nombre d’unités
Les entreprises des pays industrialisés, qui représentent un mil- ■ Coût
liard d’habitants, utilisent beaucoup (trop peut-être) d’emballages. L’emballage est toujours considéré comme trop cher et comme
Ce qui entraîne des problèmes environnementaux, en raison, entre un gaspillage économique alors que le consommateur le souhaite
autres facteurs, de la diminution du nombre de personnes par foyer, toujours plus performant, plus attractif, plus qualitatif, donc globa-
alors que les pays émergents ou en développement n’en ont pas lement plus coûteux.
assez pour combattre les pertes et les détériorations de produits.
■ Durée et valeur d’usage
Pour atteindre les buts fixés de conservation, préservation, 1.2 Terminologie courante
hygiène, l’emballage doit être résistant, solide, étanche, imper-
méable aux gaz et aux liquides. Mais, en même temps, on le Même s’ils sont, souvent à tort, utilisés comme synonymes, les
souhaite aussi éphémère que possible, et on voudrait qu’il termes emballage, conditionnement, packaging ont des signifi-
disparaisse dès qu’il a été vidé de son contenu. cations différentes [1].
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C’est pour cela qu’il est nécessaire de différencier les embal- – service (§ 1.6.2) ;
lages destinés aux biens d’équipement et aux produits industriels, – marketing/design (§ 1.6.3) ;
d’une part, de ceux à destination des produits de grande – environnementale (§ 1.6.4).
consommation, d’autre part.
■ Catégorie : produits industriels et biens d’équipement 1.6.1 Fonctions techniques
Il faudra particulièrement tenir compte de ceux soumis à des
législations ou des exigences spécifiques, par exemple les 4 types ■ Protection physique du produit
1 suivants.
• Emballages pour produits dangereux
Elle est obtenue par des propriétés mécaniques et physiques qui
peuvent concerner les phénomènes de compression, torsion, trac-
tion, flexion, éclatement, écrasement, planéité, stabilité dimension-
Ils doivent répondre à une réglementation concernant le nelle, rigidité, chocs thermiques, perméabilité, porosité, les
transport et le travail et, pour certains produits spéciaux tels rayonnements lumineux ou radioactifs... afin d’éviter les agres-
liquides inflammables, matières radioactives, aux exigences régle- sions mécaniques (chutes, vibrations, chocs), (voir [AG 6 000]).
mentaires concernant la sécurité des personnes et des biens
(voir [AG 6 510]). ■ Protection chimique
Elle peut concerner :
Mentionnons les règlements internationaux pour le trans- – les phénomènes d’oxydation, de prise ou de déformation de
port et la répartition des marchandises en neuf classes, ainsi goût ou d’odeur ;
que la réglementation du Ministère du travail. – la limitation des échanges entre contenant et contenu ;
– les migrations ;
– la résistance aux attaques du contenant par le contenu ;
• Emballages de certains produits industriels – la modification ou la dégradation de produits alimentaires ;
Ils nécessitent des opérations spécifiques de calage, de – la rouille de produits métalliques ;
protection physico-chimiques, de protection contre les chocs et les – les échanges gazeux indésirables au travers des parois ;
vibrations, d’étanchéité, et la prise en compte de durées de – les pertes de gaz, d’arômes ou de parfums...
stockage parfois très longues (voir [AG 6 201]).
• Emballages de matériels militaires ■ Protection bactériologique
Ils ont des spécifications bien précises en raison du caractère Elle peut concerner :
souvent confidentiel de ces équipements, et qui font l’objet de – la propreté ;
codifications bien précises en fonction du degré climatique et du – la sécurité hygiénique ;
degré de protection mécanique. – l’activité d’altération entraînant des dégradations
• Emballages des œuvres d’arts et produits très fragiles organoleptiques ;
– la prolifération de micro-organismes déterminant durée de vie
Ils doivent bénéficier de protections particulières en raison de
et limite d’acceptabilité du produit [4].
leur caractère souvent unique et du coût généralement élevé des
produits contenus. ■ Protections « spécifiques »
■ Catégorie : produits de grande consommation Telles que résistance aux :
Il faudra particulièrement tenir compte de ceux pour lesquels – insectes ;
des législations spécifiques existent. – rongeurs ;
Citons : – conditions climatiques ;
– les produits alimentaires, qu’ils soient solides, liquides, – chocs thermiques ;
gazeux, plats, pâteux, pulvérulents, dont les emballages doivent – perforations accidentelles ;
conserver les propriétés organoleptiques, présenter une qualité – entrées de produits dangereux ;
hygiénique, résister à des températures souvent extrêmes, dispo- – vols de tout ou partie du contenu...
ser de marquages spécifiques et de systèmes de traçabilité
(voir [3] [AG 6 520]) ; ■ « Aptitude à contenir »
– les produits pharmaceutiques, dont les emballages doivent Destinée à l’environnement extérieur au produit afin d’éviter :
présenter une parfaite inertie vis-à-vis du contenu et préserver les – la transmission de caractéristiques organoleptiques telles que
principes actifs, garantir l’étanchéité, protéger des agressions exté- goût ou odeur vers l’environnement et les produits environnants ;
rieures, être stérilisables, répondre aux exigences d’utilisation – la limitation des risques entraînés par des fuites du produit
notamment pour les personnes âgées ; contenu ;
– les produits d’hygiène, de santé, de beauté, dont les embal-
– les émanations de solvants ou de produits volatils ;
lages doivent souvent bénéficier des mêmes caractéristiques que
celles des produits pharmaceutiques. – les usages non prévus de produits dangereux, médicaments,
produits d’entretien... ;
– le maintien du volume ou de la quantité initiale dans le cas où,
le produit, étant sous forme liquide, gazeuse, pulvérulente ou
1.6 Classification par fonctions visqueuse, n’a pas de forme propre par lui-même.
de l’emballage
■ « Aptitude au regroupement »
Les fonctions demandées aux emballages sont diverses et
Pour permettre de manipuler le produit soit :
variables selon le produit contenu, selon le circuit de distribution,
selon le type d’utilisation. – parce que le produit n’est pas manipulable en l’état (biscuits,
riz, comprimés) ;
On peut les classer en tenant compte des buts à atteindre que
– afin de proposer une unité de vente appropriée et en faciliter
l’on peut classer en 4 familles :
les transferts par le consommateur (emballage secondaire) ;
ou fonctions : – afin de regrouper des unités de vente pour en faciliter le trans-
– technique (§ 1.6.1) ; port (emballage tertiaire).
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Tous les partenaires, qu’il s’agisse de fabricants, d’utilisateurs, de condition-
neurs, de laboratoires, de consommateurs, de représentants des pouvoirs
publics peuvent jouer un rôle dans l’élaboration des normes.
La prise en compte des impératifs des uns et des autres ne peut aller que vers
une meilleure qualité des documents élaborés. La norme sera perçue non pas
comme une contrainte, mais comme un outil au service de la stratégie de l’entre-
prise.
Quant à la collection des normes françaises, celle-ci est actualisée en perma-
nence pour incorporer notamment les normes et rapports adoptés au plan euro-
péen. Cette collection s’est enrichie d’une nouvelle série de normes dans le
domaine de l’environnement et plus particulièrement dans le cadre de l’appli-
cation de la directive 94/62/CE sur les emballages et déchets d’emballage.
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Le recours de plus en plus fréquent aux règlements par les instances euro-
péennes s’explique en particulier par le nombre de plus en plus élevé d’États
membres : 6 en 1957, 15 en 1995 et 27 en 2007. Pour que l’Europe harmonisée
soit une réalité, il n’est plus possible d’attendre 27 transpositions nationales
utilisant, plus ou moins correctement, les marges de manœuvre autorisées. Si
on veut vraiment harmoniser 27 points de vue, mieux vaut les uniformiser par
un règlement unique et identique dans tous les États membres (à la traduction
1 près).
La compétence des États membres s’exerce aujourd’hui dans deux domaines :
– le contrôle du respect des règles européennes par les administrations
nationales ;
– le prononcé des sanctions pénales par les tribunaux.
Les sanctions pénales applicables en cas de non-conformité d’un emballage aux
règles sur l’aptitude au contact alimentaire et sur l’éco-conception sont essentiel-
lement les amendes dites de « 3e catégorie ». Le montant maximum d’une telle
amende est relativement peu élevé : 450 €. Mais le juge prononce autant
d’amendes qu’il y a eu d’emballages saisis par l’administration des fraudes : 153
emballages non-conformes donnent lieu à 153 amendes de 1 à 450 € suivant la
décision souveraine du juge pénal.
1. Dans le système de droit – les sanctions pénales applicables aux opérateurs soumis au
principe du pollueur-payeur.
européen
Exemples
• La directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux déchets
1.1 Intégration réciproque des droits d’emballage laisse les États membres choisir entre la reprise ou la
nationaux et communautaires collecte des déchets d’emballage. Ainsi, l’Allemagne, la Belgique, le
Danemark et la Hongrie ont choisi la consigne pour les bouteilles en
verre, tandis que la France a choisi le tri sélectif par les ménages.
1.1.1 Directives et règlements européens • La directive 98/71 du 13 octobre 1998 sur l’harmonisation de la
protection des dessins et modèles dans les États membres laisse
[Link] Rôles juridiques respectifs ceux-ci décider si, dans leur pays, on peut cumuler la protection au
titre des dessins et modèles et du droit d’auteur. La France a fait le
■ Les directives et règlements sont votés par les Autorités de
choix du cumul.
l’Union européenne (Conseil des ministres, Commission de
l’Union européenne à Bruxelles, Parlement européen à Stras- • La directive 2006/42 du 17 mai 2006 relative à la sécurité des
bourg). Ce sont les instruments juridiques européens utilisés pour machines (fraiseuses, conditionneuses...) pour éviter les accidents du
construire une Union politique européenne et un marché économi- travail laisse aux États membres les modalités pratiques de sélection
que unique sur tout le territoire européen : des organismes de contrôle chargés de vérifier la conformité des
machines aux spécifications de sécurité.
– rendre les conditions de concurrence égales entre toutes les
entreprises de la Communauté puisque les contraintes de coûts
liés à la sécurité seront similaires ou identiques (absence de ■ En raison de leur application directe dans le droit national des
métaux lourds dangereux pour l’environnement, aptitude au États membres, les règlements sont pris dans des domaines peu
contact alimentaire...) ; sensibles politiquement ou socialement et plutôt techniques, tels
– assurer la libre circulation des marchandises puisque les que le droit de la concurrence ou la réglementation de l’emballage
douanes nationales ne peuvent pas interdire l’importation et de l’étiquetage des produits dangereux.
d’emballages fabriqués dans un autre État membre au motif qu’ils
ne satisferaient pas certaines normes de leur pays. ■ Toutefois, à l’inverse, des règlements sont pris dans des
domaines très sensibles politiquement et socialement, comme le
■ Les directives harmonisent les règles nationales applicables secteur agricole par exemple. Les compromis politiques sur la PAC
dans chacun des États membres. (Politique agricole commune) sont d’une technicité telle qu’il n’est
pas possible d’envisager des différences d’interprétation natio-
■ Les règlements unifient les règles applicables dans chacun des nales lors de leur transposition.
États membres.
■ Les directives sont prises dans des domaines où les parlements [Link] Intégration différente en droit national
nationaux veulent bénéficier d’une certaine marge de manœuvre
■ Les directives européennes doivent être transposées dans le
au moment de l’introduction dans leur pays des nouvelles règles
droit national de chacun des États membres par un texte de droit
européennes comme pour :
national (en France, ce sera une loi, un décret ou un arrêté), alors
– les délais de paiement ; que les règlements européens s'intègrent dans le droit national de
– les taux et conditions de déduction de la TVA ; chacun des États membres dès leur date d’entrée en vigueur (pour
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Référence Internet
AG6060
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■ Cahier des charges technique On parle souvent, à tort, du coût des matériaux d’emballage
comme indice de cette dépense, mais c’est oublier l’ensemble des
Analyse fonctionnelle telle que décrite ci-avant, complétée par coûts induits par le choix d’un principe d’emballage. Les opéra-
des critères de valeur pour chaque fonction. C’est-à-dire des élé- tions de conditionnement sont la première dépense à laquelle cha-
ments mesurables ou, à défaut, évaluables avec un maximum cun pense, mais il y en a bien d’autres. Les coûts de manutention,
d’objectivité permettant de définir si une fonction est plus ou de stockage, de transport, sont directement induits par le choix
moins bien satisfaite par la solution envisagée. d’emballages plus ou moins volumineux, plus ou moins palet-
tisables.
Exemple de critère pour la résistance au gerbage d’une caisse en
carton : présenter une RCV (résistance à la compression verticale) de La préparation des commandes, selon la plus ou moins bonne
xx daN. adaptation des caisses à la commande moyenne, est également
une source de coût liée à l’emballage. Les frais de stockage
d’emballages vides, d’assurance pour des emballages à risques,
■ Modèle décisionnel de contribution à l’élimination, sont également autant de coûts
Nous utiliserons ce terme pour une analyse, informatisée ou induits.
non, des conditions du choix d’une solution, intégrant à la fois sa
qualité, décrite par l’analyse fonctionnelle, mais aussi les éléments
de coût, d’investissement, de délai de mise en œuvre, qui déter- Il n’est ainsi pas rare qu’un emballage, au coût de maté-
minent sa faisabilité commerciale et économique. riaux nettement plus élevé qu’un autre, permette cependant
de réaliser globalement des économies substantielles.
■ Spécification
Ensemble de caractéristiques fonctionnelles et mesurables per-
mettant de contrôler la conformité avec le cahier des charges tech-
• Emballage vendeur
nique initial. Seules les fonctions ayant une variabilité possible
dans le temps (problèmes potentiels de qualité, par exemple) sont Il est devenu, par l’apparition de la grande distribution, le seul
reprises dans la spécification. Cette dernière indique également les « vendeur » lors de l’acte d’achat du produit. Il doit véhiculer
méthodes de contrôle à utiliser pour vérifier la conformité des l’image de la personnalité et de la qualité de ce dernier. À ces
emballages. considérations d’ordre esthétique, en adéquation avec le produit
■ Matériaux approuvés ou agréés contenu, s’en sont ajoutées d’autres plus techniques, pour être
mieux vu, pour assurer l’optimisation de l’utilisation des surfaces
Il s’agit de la liste des matériaux dont on a vérifié qu’ils permet- de vente dévolues au produit.
tent de répondre aux caractéristiques demandées dans les spécifi- • Emballage service
cations. Cette liste n’a pas de caractère fonctionnel et les
matériaux peuvent d’ailleurs être différents d’un fournisseur à Chacun a pu constater, comme simple consommateur, les évolu-
l’autre pour une même spécification. tions importantes et constantes réalisées dans ce domaine, qu’il
s’agisse des systèmes d’ouverture, des dispositifs d’utilisation des
■ Méthodes ou standards de conditionnement produits, des possibilités de congélation et de cuisson, dans
C’est la description du mode opératoire pour assembler les l’emballage pour le secteur alimentaire, par exemple. Mais, le phé-
matériaux d’emballage permettant de constituer l’emballage. Elle nomène se constate aussi pour des produits techniques, où l’ergo-
indique également le résultat attendu et les modes de contrôle nomie de l’utilisation par des professionnels est de plus en plus un
associés. argument de vente des produits eux-mêmes.
Ces définitions seront précisées par la suite, mais elles per- Les emballages de distribution sont eux aussi également sujet à
mettent déjà une meilleure compréhension de ce que sera la ces demandes, et la pression pour des emballages facilitant la
démarche suivie et le vocabulaire utilisé. mise en rayon devient de plus en plus forte.
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Référence Internet
AG6060
• Emballage, partie intégrante du produit Lors du lancement d’un nouveau produit, il existe une période
assez mal définie où, autour d’un besoin du marketing et/ou d’une
L’existence même de certains produits instables n’est rendue opportunité offerte par la recherche, le produit prend corps. Il
possible que par l’apparition et la mise au point d’emballages spé- s’agit là d’une phase en amont du lancement, qui peut être longue,
cifiques. L’exemple le plus évident et le plus ancien étant la nécessairement informelle, et durant laquelle le service emballage
conserve, les plus récents le lait UHT ou les salades, dites de doit être informé sans avoir, en général, à participer directement à
« quatrième gamme ». La mécanisation augmentant les investis- l’action.
sements en machine de conditionnement deviennent de plus en
1
plus lourds en raison des cadences élevées. Ces choix engagent Seuls des problèmes présumés de compatibilité pourraient
l’avenir à long terme, tant sur la flexibilité offerte aux besoins du déclencher des recherches préliminaires de matériaux.
Marketing, que sur la nature des matériaux d’emballages utili- Le lancement commence réellement quand le principe du pro-
sables. duit et la cible marketing sont clairement définis.
• Qualité demandée • C’est à partir de cet instant que, pour le développement de
Les machines à haute cadence requièrent des matériaux particu- l’emballage, nous distinguons trois phases essentielles :
lièrement fiables, évoluant dans des tolérances étroites. L’absence – recherche emballage. Très schématiquement, c’est dès le
de spécifications et de contrôle, ou d’assurance qualité, conduisent début de la phase de recherche que doit être construite la pre-
à une baisse des rendements préjudiciables à la rentabilité de mière analyse fonctionnelle reprenant, à la fois les demandes du
l’investissement. marketing, et les autres fonctionnalités à caractère plus technique.
Cette phase s’achève avec la recommandation d’un principe
Exemple d’emballage, lui-même validé par un examen, encore sommaire,
Imaginons simplement une ligne d’embouteillage de bière, dont la de son aptitude à répondre à cette description fonctionnelle ;
cadence peut atteindre jusqu’à 100 000 bouteilles à l’heure. Si seule- – mise au point. La phase de mise au point débute avec le lance-
ment une bouteille sur 10 000 éclatait, la ligne serait arrêtée toutes ment de moules ou de formes de découpes d’essai. Les différents
les 6 minutes. C’est parfaitement inacceptable pour un tel investis- tests, essais et mesures, conduits durant cette phase, permettront
sement de plusieurs dizaines de millions de francs. de valider de façon fiable la qualité de la solution développée, par
rapport à une spécification issue du cahier des charges technique ;
Un défaut de 0,01 % est devenu intolérable !
– industrialisation. Elle inclut l’ensemble du développement des
outils industriels de production des emballages, chez les fournis-
• Écologie seurs, et des outils et machines de conditionnement. Elle inclut
Même si ce type de préoccupation a toujours été présent à également la mise sur le marché et son suivi, ce qui permettra
l’esprit des concepteurs d’emballages, il a pris plus récemment un d’obtenir un retour d’expérience sur le modèle fonctionnel utilisé.
caractère obligatoire. C’est même, depuis peu, devenu une
contrainte légale que de créer des dossiers portant sur la
conception de l’emballage, et la prise en compte des critères envi- La distinction entre ces différentes phases est capitale en
ronnementaux. regard de l’organisation à mettre en place et des risques
encourus. Méconnaître ces étapes constitue toujours une prise
Pour tous ces motifs, des sociétés de produits de grande de risques techniques et financiers inconsidérée. En court-cir-
consommation ont reconsidéré le traitement du problème et ont cuiter tout ou partie doit être le résultat d’une prise de risque
créé des services emballage en charge de la rationalisation des consciente et calculée.
processus de décision.
■ La méthode que nous allons décrire doit s’inscrire dans le cadre • Le niveau d’implication dans l’entreprise est également diffé-
d’une méthodologie de développement plus générale, non abor-
rent selon les phases.
dée ici, mais qui régit, avec un minimum de formalisme, les rela-
tions entre les divers départements impliqués dans un lancement. Durant la période de recherche, le dialogue reste limité principa-
Nous insistons sur ce point car, presque chaque fois que nous lement au marketing, à la recherche produit et au service embal-
avons pu reconstituer l’historique d’un « ratage », les problèmes lage. Cela afin d’éviter d’encombrer l’ensemble de l’entreprise
de communication et de management de projet étaient à l’origine avec des projets dont beaucoup ne verront pas le jour.
des difficultés rencontrées, bien davantage que les problèmes Durant la période de mise au point, les implications s’étendent
techniques eux-mêmes. aux achats et, partiellement, aux usines.
• Sans entrer dans les détails des procédures de dévelop-
Enfin, l’industrialisation met en jeu toutes les forces de l’entre-
pement, propres à chaque entreprise, rappelons toutefois quel-
prise.
ques règles simples que nous préconisons :
L’ensemble de ces 3 étapes peut être résumé à la figure 1.
– un brief marketing pour le packaging, systématiquement écrit.
Il marque le point de départ du projet. Il sera lui-même rédigé en
termes fonctionnels ;
– la partie technique du cahier des charges pourra, elle, ne pas
nécessiter de procédure et de document particuliers. L’ingénieur, 2. Considérations
qui développe des emballages, sait, en général, quelles informa-
tions se procurer, où se les procurer, et connaît, de par son expé-
pour un CDCF emballage
rience, la plupart de ces informations qui sont beaucoup moins
variables, d’un produit à l’autre, que les exigences liées au Avant d’entrer dans le détail de la façon de construire et d’utili-
marketing ; ser l’analyse fonctionnelle, nous vous proposons une liste aussi
– aucune maquette ne devra être réalisée avant la construction complète que possible, de l’ensemble des fonctions emballage
du cahier des charges fonctionnel tel que nous le décrivons ci- rencontrées en de très nombreuses années de conseil auprès
après. Ce serait rechercher des solutions avant d’avoir les données d’industries très diverses. Cette liste permettra d’aborder la réalité
du problème. de ce qu’est, ou devrait être, un emballage. Elle constitue un
• Rappelons également, en préalable, les étapes d’un lance- modèle générique qui pourra servir, lors de la construction d’une
ment, au cours duquel nous allons utiliser ce cahier des charges analyse fonctionnelle, à vérifier qu’aucune fonction importante n’a
fonctionnel. été oubliée.
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AG6060
1
Faisabilité
Évaluation des solutions Ouverture -
Praticité Fournisseurs
EMBALLAGE
Émission d'une recommandation emballage Utilisateurs Mise en œuvre
Visibilité - Production
MISE AU POINT Préhension
Essais et tests de laboratoire Stockage - Constance
Acheteurs Manutention - de la qualité
Développement de matériaux d'essai Transport Qualité
Mise en rayon -
Manutention Logistique
Essais de pré-série pour conditionnement Détaillants Détaillants
et transport
Services internes à l’entreprise
Émission de spécifications provisoires Services externes à l’entreprise
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AG6210
ien que les fonctions marketing des suremballages aient été, depuis plu-
B sieurs années, fortement développées, un phénomène nouveau vient
repositionner l’emballage secondaire au cœur des échanges logistiques entre
distributeurs et industriels conditionneurs : le prêt-à-vendre (PAV).
Parti d’un constat que des gains substantiels devaient pouvoir se réaliser en
terme de temps de préparation de mise en rayon des produits et de valorisa-
tion de ceux-ci pour le consommateur final, les distributeurs anglais, dans un
premier temps, puis français, ont apporté de nouvelles exigences au cahier des
charges du suremballage.
Dorénavant, un suremballage dit « PAV », carton dans la plupart des cas,
doit être « facile » :
– à être identifié en entrepôt de stockage ;
– à manutentionner et réapprovisionner ;
– à ouvrir ;
– à être repéré en linéaire ;
– à remettre à plat et à éliminer...
Parution : octobre 2009
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Pour réussir à répondre à ces attentes, nous verrons dans cet article
comment analyser au mieux la valeur que doivent apporter de tels emballages
et leurs conséquences sur les lignes de production. En effet, dans la filière de
l’emballage secondaire, la clef du succès réside dans l’association des
compétences de chaque intervenant : conditionneurs, cartonniers et fabricants
de machines d’emballages.
1
En ce sens, le PAV impose, plus que tout autre thème, le partenariat
technique entre chacun...
Facile à repérer
Aussi, et afin de maîtriser au mieux les tenants et aboutissants
dans les linéaires, Facile à ouvrir
et à acheter
de ces nouveaux concepts de suremballages, l’association ECR
(Efficient Consumer Response), qui réunit en son sein distributeurs
et industriels fournisseurs de la grande distribution, a constitué un
groupe de travail qui a mené pendant plusieurs mois une analyse
Figure 1 – Principales fonctions d’emballages prêts-à-vendre dont sont issus, ci-après, certains enseignements.
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2.2 Contraintes de la grande distribution consommation, codification EAN, marque, graphisme, offre
promotionnelle... ;
Un hypermarché français regroupe, en moyenne : – fonctionnalités pour les professionnels : mécanisation sur
– 15 000 à 20 000 références PGC (produits grande consomma- ligne de production, manutention, palettisation, stockage usine,
tion) ; transport vers les centres de distribution ou d’éclatement, entrepo-
sage, groupage, livraison de magasins, mise en rayon...
– 600 à 800 employés dont 20 à 25 % sont affectés à la mise en
rayon et à la maintenance des linéaires. La nécessité de réapprovisionnements fréquents des rayons
1
pour éviter les ruptures, l’exiguïté des réserves des magasins, les
Un employé LS (libre service) gère par jour 700 références, et la
contraintes de gestion des personnels conduisent à rechercher de
mise en rayon s’effectue en 4 heures, avant l’ouverture du magasin.
nouvelles solutions d’optimisation.
Le repérage des produits dans les réserves n’est pas toujours
simple, leur repérage sur les palettes avant la mise en rayon est
aussi difficile. 2.2.2 Optimisation des unités d’expédition,
emballages secondaires ou tertiaires
La mise en rayon des produits UVC par UVC est consommatrice
de temps : de 15 minutes à 2 heures, selon les catégories de produit. Un emballage PAV doit être régi par les mêmes objectifs d’opti-
Au cours des 20 dernières années, la surface moyenne en mètre misation dimensionnelle et volumique que n’importe quel surem-
carré des points de vente français a augmenté de 10 %, tandis que ballage. Ainsi, il peut être utile de rappeler ici les principales règles
le nombre de références a été multiplié par 2,2. En découlent : d’optimisation de conception en vigueur.
– une réduction de moitié de la place en linéaire et du stock ■ Harmoniser les dimensions de plan (longueur × largeur) des
exposé ; emballages de regroupement et utiliser des sous-multiples des
– un risque de rupture deux fois plus important, sauf réapprovi- dimensions de la palette Europe.
sionnement.
La standardisation des dimensions de plan permet en effet de
réaliser des chargements hétérogènes plus optimisés et stables.
Selon un cabinet d’études spécialisés, 94 % des acheteurs De plus, la standardisation des dimensions de plan en
déclarent avoir rencontré des difficultés à trouver des pro- sous-multiples de palettes permet « d’éclater » ces dernières dans
duits, 94 % des acheteurs déclarent avoir trouvé des produits les centres de distribution en ayant recours à un mode de paletti-
endommagés, 91 % déclarent avoir été face à une rupture de sation en pile.
produits en rayon, et 86 % déclarent avoir été confrontés à un
On se référera (cf. [Doc. AG 6 210]) à la norme internationale
encombrement dans les allées.
ISO 3394 d’août 1984 (transposée en norme française NF ISO 3394
en août 1989), qui a statut de norme homologuée pour définir les
dimensions des emballages rectangulaires rigides – emballages
2.2.1 Fonctionnalités des emballages primaires, d’expédition : 120/80, 80/60, 60/40, 40/30, 30/20. Ces dimensions
secondaires et tertiaires devront être réduites de 1 ou 2 mm pour obtenir les marges néces-
■ L’emballage prêt-à-vendre existe depuis longtemps sous diffé- saires.
rentes formes : plateaux, présentoirs, palette display... Pour autant, ■ Prendre en compte les contraintes des emballages de regroupe-
la conception de l’emballage secondaire (défini officiellement par ment et de la distribution dans la définition des emballages pri-
la Directive européenne 94/62/CE comme « l’emballage conçu de maires.
manière à constituer au point de vente un groupe d’un certain
nombre d’unités de vente, qu’il soit vendu tel quel à l’utilisateur Il est essentiel de sensibiliser sur ces contraintes l’ensemble des
final ou au consommateur, ou qu’il serve seulement à garnir les équipes travaillant au développement de nouveaux produits pour
présentoirs au point de vente ; il peut être enlevé du produit sans une prise de conscience en amont des lancements. Elles doivent
en modifier les caractéristiques ») était plus globalement tournée considérer les conséquences, pour les emballages de regroupe-
vers l’amont de la chaîne d’approvisionnement (usine, transport et ment, de certains choix au niveau de l’emballage primaire :
entrepôt), que vers le magasin, les linéaires, voire les consomma- – valider la possibilité de développer un emballage de regroupe-
teurs (cf. [Doc. AG 6 210]). ment aux dimensions standards ;
– tester la stabilité générale et la solidité des emballages de
■ L’emballage prêt-à-vendre fait partie du système d’emballage regroupement retenus ;
complet du produit qui comprend, selon les définitions officielles – considérer le remplissage maximum de l’espace de transport
de la Directive précédemment nommée : et de stockage ;
– l’emballage primaire, « c’est-à-dire l’emballage conçu de – chiffrer l’économie de transport, ramenée à l’unité de vente
manière à constituer au point de vente une unité de vente pour consommateur liée à l’augmentation du nombre d’UVC par
l’utilisateur final ou le consommateur » ; palette.
– l’emballage secondaire ;
– l’emballage de transport ou tertiaire, « c’est-à-dire l’emballage ■ Mener des évaluations de la performance des emballages
conçu de manière à faciliter la manutention et le transport d’un secondaires entre industriels et distributeurs.
certain nombre d’unités de vente ou d’emballages groupés, en vue Si les sorties magasin d’un produit varient d’un format de point
d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au de vente à l’autre, il n’est pas non plus judicieux de multiplier
transport ». inconsidérément les références d’emballages de regroupement.
Des compromis et des choix devront être faits.
■ Le système d’emballage remplit un ensemble de fonctions dont
certaines peuvent concerner le prêt-à-vendre : ■ Utiliser des hauteurs de palettes standards, sous-multiples des
– fonctions techniques de protection : mécanique pendant le hauteurs intérieures des camions.
transport, contre le vol et la démarque inconnue, la malveillance... L’état des lieux confirme l’existence, de fait, d’une contrainte
Ces fonctions assurent la conservation et la sécurité des produits standard, la hauteur intérieure des camions. Utiliser des sous-mul-
(inviolabilité, intégrité) ; tiples de 240 cm – hauteur utile maximum pour les chargements –
– fonctions d’information et de présentation découlant d’obliga- correspondant aux standards européens permet de réaliser, tout
tions légales, de contraintes techniques et d’actions de communi- au long de la chaîne, des chargements optimisés, chaque fois que
cation : identification du produit, dénomination, date limite de le type de produits le permet.
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2.2.3 Directive européenne relative aux – conçu, fabriqué et commercialisé de manière à permettre sa
emballages et déchets d’emballages réutilisation ou sa valorisation, y compris son recyclage, et à
réduire au minimum son incidence sur l’environnement lors de
Une attention toute particulière doit être portée à l’impact des l’élimination des déchets d’emballages ;
emballages et des déchets d’emballages alors que, dans notre – conçu et fabriqué en veillant à réduire au minimum la teneur
pays, les pouvoirs publics et de nombreux élus développent des en substances et matières nuisibles et autres substances dange-
initiatives en la matière – Plan national de prévention des déchets, reuses, ..., dans les opérations de traitement des déchets d’embal-
Comité d’évaluation des emballages (ministère de l’Écologie et du lages.
Rassembler et protéger
Facile à identifier
Facile à ouvrir
Facile à acheter
Figure 2 – Positionnement des fonctionnalités d’un emballage prêt-à-vendre sur la chaîne logistique
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De l’emballage au packaging
1. Packaging et marketing
ou que veulent les industriels/producteurs ? ................................ AG 6 260 - 2
1.1 Concept global .......................................................................................... — 2
1.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 2
1.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 3
1.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 4
2. Packaging et merchandising,
ou que veulent les distributeurs / vendeurs ? ................................. — 5
2.1 Circuits de distribution et ventes en grandes et moyennes surfaces
(GMS) ......................................................................................................... — 5
2.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 6
2.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 6
2.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 8
3. Packaging et consommation,
que veulent les acheteurs/utilisateurs ? ......................................... — 9
3.1 Consommateur et emballage................................................................... — 10
3.2 Objectifs recherchés.................................................................................. — 12
3.3 Moyens mis en œuvre .............................................................................. — 12
3.4 Tendances et perspectives ....................................................................... — 15
4. Emballage techno-centré - packaging anthropo-centré :
une série de paradoxes ........................................................................ — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 260
Le lecteur intéressé sur le sujet emballage/conditionnement pourra consulter les références [1]
à [6] des Techniques de l’Ingénieur.
Parution : octobre 2004
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur AG 6 260 − 1
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1
l’encadré ci-dessous, quelques termes d’usage courant pour les
techniciens et quelques vocables d’usage plus restreint pour les Les grandes problématiques actuelles :
« marketers ». — consumérisme ;
— énergie ;
Produit : l’article, l’objet ou la matière nue, non-emballée en — développement durable ;
sortie de fabrication ou de production. — pollution ;
Emballage : tout ce qui est vendu avec le produit, mais qui — faim dans le monde ;
n’est pas le produit lui-même. Étymologiquement, emballage — santé ;
vient de l’ancien allemand « balla » dont le sens est « serrer » — hygiène, ont tendance à modifier l’importance de l’intérêt des
avec une idée de pelotonner. Un emballage est donc un assem- facteurs en présence et la hiérarchie des fonctions spécifiques à
blage de matériaux destiné à protéger un produit avant d’être l’emballage s’en trouve altérée [9].
expédié au loin et subir des chargements et déchargements. On
classe les emballages en emballages primaires, secondaires ou
tertiaires selon leur utilisation (pour un usage consommateur, un 1.2 Objectifs recherchés
regroupement, un transport).
Conditionnement : c’est l’action qui consiste à stabiliser, de Lors de la réalisation d’un cahier des charges pour la création
manière aussi définitive que possible, les caractéristiques d’un nouveau produit ou l’amélioration d’un produit existant (un
physiques, chimiques, bactériologiques du produit en dis- relookage), il sera nécessaire de tenir compte des obligations et
posant, le plus souvent, le contenu (produit) dans un contenant souhaits des différents opérateurs et prescripteurs de la chaîne
(emballage). emballage/conditionnement [10].
Packaging : mot anglais qui recouvre implicitement l’ensemble
des fonctions liées à l’emballage et au conditionnement. ■ Industriel fabricant l’emballage
Fréquemment utilisé par les professionnels français, il est
Il voudra et devra :
appliqué plutôt aux produits de grande consommation qu’aux
biens d’équipement, recouvre essentiellement les aspects mar- — protéger le produit :
keting (adéquation au consommateur, design, présentation, • protection mécanique,
outil de vente et de communication) et tient peu compte des • protection chimique,
fonctions techniques. • protection bactériologique,
Marketing : parmi les définitions les plus couramment admi- • protection thermique et contre la lumière,
ses, nous retrouvons celle qui concerne le mécanisme de • compatibilité contenant /contenu ;
société par lequel les individus satisfont leurs besoins et désirs — stabiliser les qualités du produit ;
au moyen de la création et de l’échange de produits et autres — garantir les quantités, volumes, nombres de produits vendus ;
entités de valeur [7]. — faciliter le stockage des emballages vides ;
Ainsi le marketing peut-il être considéré comme l’ensemble — faciliter la mise sur ligne de l’emballage ;
des actions coordonnées concourant aux ventes d’un produit — résister aux contraintes des opérations de conditionnement ;
ou d’un service. — permettre le passage sur lignes aux cadences nominales ;
Merchandising : c’est « le bon produit, au bon endroit, au bon — permettre les opérations de convoyage ;
moment, au bon prix, en bonne quantité ». — faciliter la constitution d’unités de vente ou d’unités de distri-
Plus largement, le merchandising c’est l’ensemble des études bution ;
et techniques relevant du marketing et du pragmatisme, mises — accepter les variations dimensionnelles ;
en œuvre par le distributeur et le producteur ou conjointement, — permettre la détection de corps étrangers ;
dans le but d’accroître le résultat du point de vente par l’aug- — être compatible avec les lignes existantes ;
mentation de son attractivité et celle de ses produits, par la — permettre l’utilisation de technologies nouvelles ;
recherche de la satisfaction du consommateur [12]. — permettre des exigences spécifiques (rétractabilité, tenue au
Bench-marking : vient de l’anglais bench mark qui veut dire serrage, étirabilité, aptitude au collage, au pliage, à l’impression...) ;
référence. Est utilisé en français pour signifier comparaison, — permettre l’exploitation et la machinabilité ;
analyse de la concurrence. — respecter normes et réglementation :
Branding : signifie « marquage » en anglais. En français est • obligations légales (composition, poids, marquage),
utilisé pour signifier l’image de marque sous tous ses aspects. • obligations métrologiques,
One to one : signifie « univoque » en anglais. En français est • obligations portant sur les contacts avec les matériaux,
utilisé pour signifier une individualisation de la personnalisation. • obligations vis-à-vis des réglementations environnementales,
Me too product : en anglais signifie « le produit moi aussi ». En • obligations internes à l’entreprise ou au groupe ;
français signifie que le produit est largement inspiré ou imité d’un
produit concurrent plus connu, frisant parfois la contrefaçon. — respecter les fonctions environnementales qui sont de :
• permettre une diffusion aisée du message écologique,
• réduire les emballages à la source en diminuant le plus sou-
vent le poids,
1.1 Concept global • être réutilisable ou réemployable,
• être valorisable (matières premières, énergie) ;
L’emballage et le conditionnement font bien partie intégrante du — avoir des coûts et des délais acceptables pour :
marketing tel qu’il a été défini ci-avant, puisque les produits finis, • la recherche, les études, la mise au point,
qui seront proposés aux consommateurs, seront composés du • la production,
produit lui-même, mais également de son emballage. • le choix des matériaux,
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1
pois en verre si tous les produits concurrents sont en boîte en métal,
Pour lui, le packaging devra : que l’on sera aisément alerté par une tablette de chocolat de couleur
— être en accord avec l’univers du produit ; violette si toutes les autres tablettes sont proposées dans des
— être un support de revendications spécifiques ; emballages de couleur marron ou noire.
— être esthétique ;
— pouvoir être décliné en gammes ; ■ Fonction attribution
— avoir un effet de taille ; Elle permet d’affecter le produit à un univers de référence : produit
— véhiculer l’image de la marque ou du groupe ; lessiviel, produit de beauté, produit de luxe, produit électronique.
— avoir un facing maximal ; On a coutume de retrouver, par univers, des codes communs,
— occuper au mieux l’espace en linéaire ; des signes qui permettent une identification et qui proviennent des
— être vendeur. matériaux utilisés, des couleurs choisies, des formes retenues.
■ Logisticien C’est ainsi que l’on distingue trois sortes de codes :
Pour lui le packaging devra : — les codes produits qui traduisent les relations directes entre le
produit et ses consommateurs (par exemple, un vin de qualité est
— optimiser le volume disponible sur la palette ;
de nos jours conditionné dans une bouteille en verre avec un
— permettre de constituer des sous-volumes de palettisation ; bouchon en liège) ;
— minimiser le volume perdu ; — les codes marques (par exemple, les yaourts sont conditionnés
— résister aux contraintes des circuits logistiques ; dans des pots blancs et bleus clairs sauf les produits à base de
— permettre de constituer des charges palettisées stables ; bifidus qui sont présentés avec des couleurs plus foncées) ;
— faciliter les opérations de manutention ; — les codes mode (par exemple, la couleur noire, symbole des
— résister aux contraintes de manutention ; produits de luxe, a été étendue aux produits haut de gamme).
— faciliter la préparation de commandes ;
— permettre la traçabilité ; Mais la question que se posent souvent les concepteurs repose
— respecter les contraintes de gerbage. sur un choix essentiel : doit-on adopter les codes de l’univers
concerné et donc proposer un produit considéré comme « ten-
■ Distributeur dance », ou au contraire, rompre les habitudes et proposer un
produit fondamentalement choquant qualifié par certains de « rup-
Pour lui le packaging devra : turistes » ou, d’après J.M. Dru, « disruptifs » ? Un flacon Chanel
— faciliter les contrôles à la réception ; doit-il être le même dans le monde entier, qu’il contienne du « jus »
— faciliter la mise en rayon ; No 5 ou No 19 ?
— contenir un nombre d’unités de vente adapté au linéaire ;
Doit-on proposer du cognac dans des flacons en forme de la tour
— contraindre à une présentation dans le sens prévu ;
Eiffel ou du Moulin rouge pour des consommateurs asiatiques et
— faciliter l’élimination des emballages secondaires et tertiaires ;
d’une stricte rigueur pour des acheteurs français ?
— permettre une utilisation polyvalente dans des circuits spéci-
fiques. Les deux orientations coexistent, que ce soit dans le choix des cou-
leurs, des matériaux, des formes, des types d’emballages utilisés.
■ Acheteur Quoi qu’il en soit, l’attribution d’un produit à un univers de réfé-
Pour lui le packaging devra : rence a pour objet de permettre au consommateur de situer et
— faciliter la préhension ; d’appréhender ce produit de façon générique.
— garantir l’inviolabilité ;
— faciliter l’ouverture et la fermeture ; ■ Fonction positionnement
— faciliter le déballage ; Il faut également situer le produit de façon précise et spécifique
— faciliter le stockage ; au sein de l’univers dans lequel il a été affecté : est-il haut de gamme
— contenir des quantités adaptées ; ou de qualité courante ? Est-il plus coûteux car plus riche en qualité
— faciliter l’utilisation ; ou performance que le produit classique ? Est-il meilleur pour la
— faciliter l’élimination. santé car moins riche en ceci ou plus complet en cela ?
Permettant de hiérarchiser les divers produits les uns par rapport
aux autres, dans le même univers de référence, la fonction posi-
1.3 Moyens mis en œuvre tionnement est souvent obtenue grâce à des matériaux différents,
des couleurs spécifiques, des techniques différenciées.
On a coutume de classer globalement ces fonctions selon huit C’est ainsi que l’on positionnera les pâtes Giovanni Panzani par
thèmes qui, sans être hiérarchisés, découlent d’une approche objec- rapport à celles de Lustucru ou celles de Barilla.
tive des différents produits par le consommateur [13].
■ Fonction information
■ Fonction alerte visuelle
C’est le plus souvent l’emballage qui permet de véhiculer les
Il s’agit de l’impact, du signal produit par l’emballage sur le informations, soit obligatoires, soit facultatives utilisées pour une
linéaire. meilleure connaissance du produit.
Cette fonction permet de mesurer l’attraction exercée sur le Les informations obligatoires concernent les mentions légales,
consommateur. Elle dépend : souvent non-uniformisées mondialement, mais qui permettent de
— de la couleur, qui est un élément majeur et qui est considérée connaître le type de produit, ses caractéristiques pour faciliter des
comme un aimant ou un repoussoir ; comparaisons, ses composants, l’identification de son producteur
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(en clair ou sous forme numérique). Les informations considérées Le couple contenant/contenu, s’il est parfaitement établi, est un
comme utiles, mais non-obligatoires vont, par exemple, préciser la gage de fidélité du consommateur dans la mesure où le produit
dénomination du produit, ses avantages et ses « plus », son sys- correspond exactement à ses besoins et envies.
tème d’identification en fonction des circuits de distribution retenus.
Ces informations, souvent en plusieurs langues compte tenu des ■ Impératifs complémentaires
localisations géographiques de vente, sont souvent complétées par Ajoutons enfin des impératifs liés à l’environnement, à la recherche
des logos et pictogrammes concernant l’usage, les modes d’un développement durable et à l’utilisation optimale des ressources.
d’emplois, les conseils d’utilisation, de tri, de valorisation.
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Interactions sensorielles
et applications dans le domaine
du packaging
1
gings mieux compris par le consommateur. Après avoir posé les bases de ce
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que sont les phénomènes de synesthésie et comment nous pouvons les diffé-
rencier des phénomènes de correspondances intermodales, nous nous
intéresserons plus spécifiquement aux correspondances intermodales pour
deux sens : la vision et l’olfaction. Dans un second temps, l’interaction entre
odeurs et couleurs sera étudiée plus précisément. Nous terminerons par des
exemples d’application de ces nouvelles connaissances au domaine du mer-
chandising des produits.
1
1. Synesthésie et interactions
sensorielles ABC DE F GHIJ
La synesthésie est, selon le Petit Larousse : une « expérience Figure 1 – Représentation de la perception d’une synesthésie
graphèmes/couleurs
subjective dans laquelle des perceptions relevant d'une moda-
lité sensorielle sont régulièrement accompagnées de sensa-
tions relevant d'une autre modalité, en l'absence de stimulation
de cette dernière ». Tableau 1 – Associations graphèmes/couleurs
les plus répandues (fréquence relative d’apparition
de la couleur)
C’est-à-dire que, chez certains individus, la stimulation d’un sens
peut entraîner la réponse d’un autre sens non stimulé. La première Graphèmes Couleurs
démonstration de ce phénomène a été réalisée en 1871 par Gus-
tave Th. Fechner, avec 73 synesthètes expérimentant les graphè- 1 Blanc (60 %) – Noir (20 %)
mes colorés, la forme la plus étudiée de synesthésie [1]. Une 3 Jaune (40 %) – Rose (10 %)
illustration de ce phénomène est présentée figure 1.
4 Bleu (40 %) – Rouge (24 %)
■ Quelques informations de base
• Des travaux récents estiment que la synesthésie touche 9 Brun (42 %)
environ 4 % de la population, hommes et femmes de façon
A Rouge (42 %)
équivalente [2]. Depuis les travaux de Fechner, les démonstrations
de la réalité de ces phénomènes sont nombreuses. La littérature D Brun (47 %)
sur le sujet est croissante ces quinze dernières années.
• La synesthésie est un phénomène aux caractéristiques F Vert (27 %)
suivantes : J Orange (16 %) – Rouge (15 %)
– involontaire ;
– automatique ; O Blanc (76 %)
– idiosyncratique ;
S Rose (15 %) – Jaune (37 %)
– unidirectionnel ;
– hautement spécifique. Y Jaune (50 %)
Il est stable chez l’individu, mais pas d’un individu à l’autre.
C’est-à-dire que deux synesthètes n’auront pas systématiquement Z Métallique (25 %) – Noir (24 %)
les mêmes associations colorées pour une même lettre, par
exemple [3]. Cependant, certaines tendances sont communes et
ont pu être identifiées pour l’association graphème/couleurs [4]. semaine, mois de l’année) colorées et la plus étudiée, la
Elles sont présentées dans le tableau 1. synesthésie graphèmes/couleurs, ne correspondrait qu’à 1 % de la
population de synesthètes [2]. De façon générale, les synesthésies
■ Particularités des phénomènes synesthésiques impliquant des formes et des couleurs associées à des mots, des
• Les phénomènes de synesthésie sont unidirectionnels. lettres, des nombres, des séries temporelles ou encore des sons,
C’est-à-dire que, dans le cas des graphèmes colorés, des lettres sont plutôt fréquentes. Par contre, les synesthésies associant à ces
évoquent des couleurs, alors que les couleurs n’évoquent pas de mêmes objets des goûts, des odeurs, une personnalité ou un
lettres. Généralement, les mêmes couleurs sont associées aux caractère, sont plus rares.
majuscules et minuscules mais de façon moins saturée et plus
brillante pour les minuscules. • Enfin, un déterminisme génétique semble être associé à
l’apparition d’une synesthésie. Des travaux ont montré que le phé-
De même, la police d’écriture peut interférer. Les polices typi- nomène était héréditaire, ou tout du moins, que la prédisposition à
ques du type Arial ou New Roman donnent généralement des per- la synesthésie l’était [4]. Cependant, le type de synesthésie ne l’est
ceptions colorées assez vives. Mais, s’il l’on utilise des polices plus pas, un parent peut en effet expérimenter une synesthésie graphè-
atypiques comme Gothic, elles évoquent alors des couleurs encore mes/couleurs et un de ses enfants une synesthésie formes/goûts.
plus vives du fait d’un renforcement de « l’effet graphème ». Ces
polices atypiques fonctionnent comme des hyper-stimuli [5]. Il semblerait donc que les différentes synesthésies reposent
• Il existe de nombreuses formes de synesthésie. La plus toutes sur un mécanisme commun et que ce mécanisme soit
commune serait la perception d’unités temporelles (jour de la héréditaire.
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Référence Internet
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Êtes-vous synesthète ?
Les premières études sur les CIM remontent aux années 1920
avec, notamment, les travaux menés par Köhler [7].
Köhler s’est intéressé aux associations entre deux formes, l’une
arrondie et l’autre anguleuse, et deux mots sans signification :
« baluma » et « takete » (figure 2).
Il a démontré que la majorité des personnes testées associait le
mot « baluma » à la forme de la figure 2a, plutôt arrondie, et le
mot « takete » à la forme de la figure 2b, plutôt anguleuse. Quel-
ques années plus tard, il reproduisit l’expérience en remplaçant
« baluma » par « maluma », car il estimait que « baluma » avait
une ressemblance trop forte avec le mot « balloon » et pouvait
donc influencer les choix.
Ce test a été repris et adapté par Ramachandran et Hubbard en
2001 [8] [9] et est aujourd’hui bien connu sous l’appellation « effet
bouba/kiki » (figure 3).
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Référence Internet
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anguleuse. Les résultats obtenus sont donc légèrement plus ■ Maurer et la synesthésie néonatale
faibles que ceux obtenus avec des populations occidentales (82 %
Maurer en 1993 a proposé la théorie de la synesthésie néonatale
contre plus de 95 % en Occident). Cependant, ils sont largement
qui pourrait aussi venir enrichir notre compréhension du fonction-
significatifs et montrent que, même en absence d’un langage écrit,
nement des CIM. Selon elle, tous les bébés naissent avec une
l’effet bouba/kiki s’exprime.
connectivité intermodale très importante, liée principalement à
une absence de maturité et une très grande plasticité du cerveau.
Cette hyper-connectivité se perd lorsque l’enfant grandit, car il
1
Ce symbolisme forme/sons semble donc bien résulter d’une individualise ses voies sensorielles.
prédisposition phylogénétique humaine et démontre une cer-
Les synesthètes seraient donc des individus qui auraient
taine universalité du processus [11].
conservé cette hyper-connectivité fonctionnelle, et nous serions
tous synesthètes, au moins au début de notre vie [19].
■ Autres travaux – L’effet Stroop • La différence entre synesthésie et correspondances
intermodales, aussi appelées « tendances synesthésiques », réside
Cette première démonstration de l’existence des CIM a conduit en ce que le premier phénomène est absolu et rigide, alors que le
les chercheurs à s’interroger sur la présence de modes deuxième est relatif et malléable [13]. En effet, selon Marks,
d’intégrations multimodales similaires entre d’autres sens, afin l’association entre le volume d’un son entendu et la clarté d’un sti-
d’en mesurer la différence avec les phénomènes synesthésiques. mulus visuel, va dépendre fortement du contexte dans lequel sont
Parmi ces différents travaux, nous pouvons citer ceux de Stroop présentés ces stimuli, ce qui rend les Correspondances
qui a mis en évidence l’effet du même nom en 1935 [12]. intermodales relatives. Ce n’est pas le cas pour les associations
synesthésiques.
• L’effet Stroop démontre l’incapacité d’un individu à ignorer
• De plus, les correspondances intermodales peuvent-être
une interférence produite par une information non pertinente à
contrôlées par des mécanismes cognitifs d’apprentissage ou
l’occasion de la réalisation d’une tâche. Cet effet est généralement
d’entraînement, alors que les manifestations de synesthésie ne le
démontré en demandant à des participants de nommer la couleur
peuvent pas. En effet, il est parfaitement possible de conditionner
avec laquelle des noms de couleurs sont écrits (figure 5).
une personne, via la répétition, à associer un stimulus à un autre
Lorsque la couleur de l’écriture et le nom de la couleur sont d’une manière inverse à la normale.
incongruents, il devient très difficile de faire abstraction de
l’information sémantique obtenue lors de la lecture du mot, et Exemple
donc, de nommer correctement l’information colorée. Il est possible de lier l’apprentissage des couleurs claires aux sons
de basses fréquences, alors qu’il a été démontré, dans la majorité
des études, que les basses fréquences auditives étaient liées à des
Ce phénomène met donc en évidence : couleurs foncées (brun, noir et gris foncé) [14] [15] [16].
– l’existence d’une attention sélective chez l’individu ;
– d’un système complexe d’inhibition et de promotion de ■ Test de Ludwig sur les chimpanzés
réponses circonstancielles.
Un bémol peut cependant être apporté à cette conclusion. En
effet, l’équipe de Ludwig en 2011 [17] a pu établir que des
chimpanzés associaient, comme les hommes, les sons aigus à de
• Lorsque le test est réalisé avec des synesthètes et qu’on leur fortes luminances, et les sons graves à de faibles luminances. Il
présente un nombre, par exemple, dans une « mauvaise » couleur semblerait donc que, même si l’entraînement peut moduler les
(pour eux), l’effet Stroop se manifeste. Cependant, il se traduit de CIM, ces dernières reposent malgré tout sur des mécanismes
façon beaucoup plus intense que chez les non-synesthètes. Le communs à de nombreuses espèces, et font donc appel au sys-
synesthète perçoit un grand inconfort dans la tâche, qui se traduit tème sensoriel primaire.
notamment par une vive réaction émotionnelle qui n’existe pas
chez les non-synesthètes [5]. Il ne faut pas pour autant déduire/hâtivement de cette observa-
tion une qualité innée des CIM, ou conclure que les chimpanzés
sont des synesthètes. En effet, si l’on s’intéresse plus schématique-
■ Différence entre CIM et synesthésie
ment à leur environnement, nous pouvons dire que, généralement,
• À partir des différentes connaissances acquises sur ces phéno- les gros objets sont sur terre (rochers, troncs des arbres...), alors
mènes d’interactions entre nos sens, les chercheurs tentent que les petits sont en l’air (oiseaux en vol, feuilles, branchages...).
aujourd’hui de s’accorder sur une sémantique commune qui De plus, les gros objets, lorsqu’ils sont déplacés, font des sons plu-
permettrait de mieux classifier chacune des observations, et ainsi, tôt sourds, alors que les petits émettent des sons plus légers.
de mieux comprendre leur fonctionnement. L’une des approches Le rapprochement peut donc être fait entre le son émis par
possibles est d’identifier ce que la synesthésie a de commun, ou l’objet et sa proximité avec la source lumineuse qu’est le soleil, et
non, avec la perception normale et les phénomènes de donc, à la clarté de la lumière. Par conséquent, il est possible
correspondances intermodales, par exemple. d’imaginer que les résultats de cette expérience démontrent en
réalité une qualité acquise par l’expérience, au niveau de l’espèce,
plutôt que véritablement innée [18].
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1
Pendant près d’un siècle, les synesthètes étaient assimilés, soit à
des fous, soit à des personnes utilisant la métaphore pour expri-
mer des sensations. Aujourd’hui, nous savons que tel n’est pas le
cas. Cependant, cette approche métaphorique est très intéressante
pour mieux appréhender la synesthésie et les correspondances
intermodales. En effet, de très nombreuses métaphores ne sont en
réalité que la traduction d’interactions sensorielles :
– « je suis touché par ces sentiments » ;
– « je vois ce que tu dis » ;
Figure 6 – Echiquier d’Adelson (Crédit : Adrian Pingstone, based on the
– « c’est une personne sombre, obscure » ; original created by Edward H. Adelson)
– « c’est une douce mélodie » ;
– « avoir le goût pour quelque chose » ;
– « une couleur légère » etc... construction de la qualité perçue du produit, qui n’est pas toujours
Ces métaphores ne sont pas simplement des figures de styles. en accord avec sa qualité réelle. Les illusions visuelles, au-delà du
Elles font partie de notre langage courant et sont partagées et caractère divertissant, sont de bonnes illustrations du fossé qui
comprises par tous. Elles reflètent donc un mode de fonctionne- peut parfois séparer réalité et réalité perceptive.
ment cortical où tout n’est pas structuré, séparé, individualisé. Au
contraire, toute information unimodale est modulée par l’informa-
tion recueillie par les autres sens. Un classique de l’illusion de couleur :
l’échiquier d’Adelson
La synesthésie, pour certains, et les correspondances Cette illusion de la figure 6 a été créée par Edward Adelson
intermodales, pour le plus grand nombre, sont utilisées en 1995. Elle représente un échiquier surmonté d’un cylindre
par notre cerveau pour mieux percevoir des objets ou notre projetant une ombre sur la case notée B. Dans la réalité, les
environnement. deux cases A et B sont conçues pour être de l’exacte même
Ces multiples perceptions se combinent pour capter les nuance de gris. Cependant, perceptivement, nous voyons la
informations appropriées dans un cadre environnemental case B comme plus claire que la case A de façon à recréer
donné. L’apprentissage permet d’affiner et d’optimiser ces l’alternance de cases claires et sombres d’un échiquier.
processus cognitifs [10]. Cette illusion est le résultat du fonctionnement de notre
vision qui va prendre en considération de nombreux éléments
de l’environnement : ici, la présence de l’ombre, les cases plus
Le dernier élément à comprendre est le niveau d’intégration
claires ou plus foncées entourant A et B, pour les intégrer et
cortical de ces phénomènes. Les paragraphes suivants présentent
nous donner une vision cohérente de ce que nous regardons.
les principales CIM démontrées entre les couleurs/les odeurs et les
Automatiquement, notre cerveau corrige la clarté de la case B
autres modalités sensorielles puis spécifiquement entre odeurs et
et il est impossible de le contredire.
couleurs. Ces travaux nous permettent d’apporter des premiers
éléments de réponse.
Cette seconde partie s’intéresse plus spécifiquement aux ■ Associations du peintre Kandinsky
interactions entre la vision, notamment la vision des couleurs, et Les premiers à identifier ce type de lien préférentiel entre formes
les autres sens. La vue est un sens dit « d’anticipation » : c’est la et couleurs sont les partisans du courant artistique Bauhaus,
première information sensorielle que nous recevons de notre notamment Vassily Kandinsky qui enseigna à l’institut de 1922 à
environnement. Regarder nous permet : 1933. Il réalisa une étude sur les membres du Bauhaus et proposa
– de comprendre cet environnement ; une relation forte entre :
– d’anticiper des événements ; – le jaune et le triangle ;
– de nous positionner afin d’appréhender ce qui nous entoure. – le rouge et le carré ;
Pour un produit donné, le regarder c’est imaginer toutes ses – le bleu et le cercle (figure 7).
promesses. Les paramètres de formes, les couleurs, les logotypes Selon lui, même s’il ne l’explique pas, la relation est due à un
ou encore les polices d’un packaging, sont autant d’éléments que lien fort entre les couleurs et les angles [20].
le consommateur va instinctivement mémoriser et analyser.
Le résultat de cette analyse sera une transformation de ■ Travaux d’Albertazzi
l’information visuelle en une information gustative, olfactive ou Cette expérience a été reproduite par d’autres chercheurs, sans
somesthésique (température, toucher). L’ensemble contribue à la obtenir de résultats équivalents. Malgré ces résultats, Albertazzi,
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– nouveau système de pompe pour un produit cosmétique qui connaissance qu’une personne détient parce qu’il en est le déposi-
empêche l’oxygène de pénétrer à l’intérieur ; taire en raison de :
– matériau plus solide et plus léger en même temps, etc.
– sa profession (conseil en propriété industrielle, avocat,
assureur) ;
Le droit récompense les innovations en les protégeant. Il va – de son état (prêtre) ;
accorder à celui qui apporte à la société quelque chose de nouveau
– d’une fonction (agent public ou ingénieur R&D) ;
un monopole d’exploitation pendant un certain temps : de 3 ans,
pour certains dessins et modèles, à 70 ans pour le droit d’auteur. – d’une mission temporaire (salarié en CDD, stagiaire, consultant
externe).
Dans les deux cas, la révélation est punissable, même en
■ Le droit propose toute une palette de solutions juridiques pour l’absence d’intention de nuire.
protéger les innovations, chacune d’elles ayant ses avantages et
ses inconvénients :
– le secret ne coûte pas cher à protéger mais, si un concurrent Le secret (de fabrication ou de toute autre connaissance) se
arrive à le mettre à jour, on ne peut pas bloquer les copies qu’il présente comme une alternative au dépôt de brevet.
fera car il ne violera aucun monopole ;
– la création intellectuelle est protégée très facilement
puisqu’aucun dépôt n’est nécessaire, mais le créateur aura des dif- En effet, demander la protection par un brevet oblige à divul-
ficultés à prouver son antériorité en cas de contentieux ; guer son invention aux tiers. Il s’agit d’une conséquence impor-
– le brevet représente un mode d’arbitrage : le monopole d’exploi- tante qu’il faut prendre en compte lorsque l’on réfléchit à la
tation accordé à son titulaire fournit une incitation à l’innovation, manière dont on va protéger sa découverte, car sa divulgation en
mais l’obligation de divulgation oblige le déposant à tirer rapide- vue de l’obtention d’un brevet favorise la contrefaçon. De plus, à
ment parti de l’invention brevetée avant l’expiration des 20 ans ; terme, la protection disparaît lorsque la durée du monopole est
– la marque ne protège que les produits et services désignés arrivée à expiration.
dans le dépôt, ce qui autorise la coexistence de marques proches,
voire identiques, pour des produits ou services distincts (Mazda C’est pourquoi, il peut parfois être préférable de ne pas déposer
pour des piles ou des voitures). de brevet et de protéger son invention par le secret.
Les modes de protection qui suivent sont présentés dans l’article,
du plus simple à mettre en œuvre d’un point de vue juridique, au Exemple
plus compliqué. La formule d’une boisson gazeuse au coca célèbre dans le monde
entier est protégée par le secret, et non par un brevet.
La protection par le secret présente un risque, celui qu’un
L’article ne traite pas une limitation particulière prévue par le
concurrent fasse la même découverte sans avoir eu connaissance du
droit européen au détriment des bénéficiaires d’un droit
secret par espionnage industriel. Dans ce cas, la fabrication du produit
d’auteur ou d’un droit de propriété industrielle : la règle de
par le concurrent ne constitue pas une contrefaçon et les deux entre-
l’épuisement des droits intellectuels.
prises vont pouvoir vendre des produits similaires caractérisés par
Selon cette règle (que nous expliquons de manière très suc- une même technologie. Dans cette situation, la marque servira de
cincte ici), le titulaire d’un droit d’auteur, d’un dessin ou signe distinctif.
modèle, d’un brevet ou d’une marque ne peut pas profiter de
son monopole d’exploitation pour empêcher la libre circulation
dans l’Union européenne des produits auxquels sont attachés
l’un de ces droits intellectuels, alors même que le revendeur
2.3 Préservation légale du secret
n’a pas conclu un contrat de distribution avec le titulaire du de fabrique
droit intellectuel. Ne sont concernés que les exemplaires déjà
mis sur le marché par le titulaire des droits, et que le revendeur Certaines lois protègent le secret en autorisant l’entreprise qui le
a pu se procurer sur un marché parallèle. détient à ne pas le communiquer à l’Administration lors d’une procédure
nécessitant le dépôt d’un dossier dans lequel les éléments du secret
devraient normalement se trouver pour que le dossier soit complet.
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quer quelles sont les informations qui doivent être traitées comme commerce de Laval constatait, par jugement du 26 novembre
confidentielles parce que leur divulgation nuirait à sa position 1997, que Candia s’était livré à des actes de concurrence
concurrentielle (règlement no 1935/2004, art. 10.6 et art. 20). déloyale et lui a interdit sous astreinte de reproduire le dessin
de la bouteille, équipée d’une tétine sur l’emballage, de faire
état du caractère de nouveauté du produit et d’utiliser le slo-
2.4 Sanctions pénales gan « Première bouteille transformable en biberon ».
Le tribunal accorde, d’une certaine manière, une
Un employé qui révèle (ou tente de révéler) un secret de fabri- « protection » au concept en interdisant :
cation risque la prison, jusqu’à 2 ans, et/ou une amende jusqu’à
30 000 Euros (Code du travail, art. L1227-1). – la reproduction d’un dessin ;
– de faire état du caractère de nouveauté du produit ;
L’atteinte au secret professionnel est punie de prison jusqu’à 1 an – d’utiliser un slogan.
et/ou d’amende jusqu’à 15 000 Euros (Code pénal, art. 226-13). Constituent donc des actes illicites, l’utilisation par une
société d’un concept de bouteille de lait transformable en
biberon, pour se placer dans le sillage d’une autre société et
profiter ainsi de la promotion du concept assurée par cette
3. Obligations de loyauté : autre société, lorsque la société « contrefactrice » ne se borne
pas à expliquer le montage de son produit en des termes et à
« protéger » l’idée l’aide de dessins comparables à ceux utilisés par le produit
d’une autre marque, mais imite le produit concurrent et pré-
et le concept sente le sien comme étant novateur, l’imitation parasite étant
confirmée par la confusion suscitée de la sorte dans l’esprit du
consommateur.
3.1 Référentiel légal – Code civil Référence : cour d’appel d’Angers du 10 décembre 2001,
no de pourvoi : 2000/02308.
Ici deux articles : • La société Cédilac commercialise, à partir de 1991, un pro-
duit « croissance de Candia » dans un emballage comportant
– article 1147 – responsabilité contractuelle ; la couleur rose fushia permettant au public d’identifier son
– article 1382 – concurrence déloyale et parasitaire. produit.
En 1994, le concurrent Lactel abandonne son
conditionnement à dominante bleue au profit de la couleur
3.2 Engagement de confidentialité rose fushia, en lançant dans le même temps une bouteille de
50 cl de lait de croissance avec un bouchon rose fushia, une
Cette pratique est très utile – et très utilisée – en amont d’un pro- étiquette où prédominait cette couleur avec un slogan indi-
jet industriel : une personne, ou une entreprise, a développé un quant qu’ils étaient « les seuls à mettre un bouchon rose sur
concept, ou l’esquisse d’un prototype, et cherche un partenariat une bouteille de 50 cl de lait UHT » et en faisant éditer des
avec des financiers ou des industriels. Bien évidemment, ceux-ci encarts publicitaires à fond rose.
veulent connaître le maximum de détails avant de s’engager et se Cédilac-Candia attaque en concurrence parasitaire. Les
réserver le droit de ne pas donner suite au projet. Dans ce cas, il juges acceptent cette demande en considérant que Lactel a
faut empêcher ces personnes d’utiliser les informations déjà manifestement cherché à se placer dans le sillage d’un
communiquées. concurrent très bien implanté sur le marché du lait de crois-
sance et à tirer profit des investissements réalisés par
C’est le rôle de l’engagement de « confidentialité » qui va quali- Cédilac-Candia afin que la clientèle associe cette couleur à son
fier de « confidentielles » les informations qui vont être échangées. produit.
Ces informations sont protégées par l’engagement contractuel Lactel a donc été déclarée coupable de concurrence parasi-
souscrit par ceux qui reçoivent les informations. Cet engagement taire à l’égard de la société Cédilac, parce qu’elle a adopté un
est l’obligation de ne pas divulguer les informations conditionnement dont la couleur dominante rose fuchsia a été
communiquées à quelque personne que ce soit, sauf si la loi similaire à celle utilisée depuis plusieurs années par son
l’exige (contrôle fiscal, par exemple). concurrent pour commercialiser le même type de produits.
Référence : cour de cassation, chambre commerciale,
30 janvier 2001, arrêt no 99-10399.
3.3 Concurrence déloyale et parasitaire
Si l’emballage ne présente pas des caractéristiques d’originalité ■ La concurrence déloyale permet de sanctionner un
ou d’inventivité suffisantes pour bénéficier de l’une des différentes comportement non conforme aux usages et qui est à l’origine d’un
protections prévues du Code de la propriété intellectuelle (droits risque de confusion entre deux entreprises exerçant, le plus sou-
d’auteur, dessins ou modèles, brevets), les règles de la vent, une même activité.
concurrence déloyale, ou du parasitisme, pourront s’appliquer si,
par exemple, une entreprise profite de manière abusive du ■ Le parasitisme permet d’attaquer un concurrent, voire un tiers
savoir-faire ou des investissements techniques humains et finan- non concurrent, qui profite indûment des investissements d’autrui
ciers de l’un de ses concurrents (voir encadré 1). en se mettant dans son sillage pour en bénéficier.
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Référence Internet
AG6300
4. Droit d’auteur – Protection La protection concerne ainsi tous les types d’œuvres y compris,
au-delà des Beaux Arts, les créations dont la vocation est moins
des créations originales esthétique qu’utilitaire, dès lors que ces dernières respectent la
condition d’originalité ; c’est exactement le cas des emballages.
de l’esprit Le code de la propriété intellectuelle ne donne pas une liste
exhaustive des œuvres protégeables. Mais, il cite notamment :
Le droit d’auteur français est le droit des créateurs. – les œuvres littéraires ;
4.2 Périmètre de protection • L’idée de mettre une carte à jouer dans un emballage
des emballages « originaux » transparent de biscottes n’est pas protégeable.
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 28 novembre
Le code de la propriété intellectuelle « protègent les droits des 1958, annales de la propriété industrielle de 1959.
auteurs sur toutes les œuvres de l’esprit quels qu’en soit le genre,
la forme d’expression, le mérite ou la destination ». • « L’emballage » du Pont-Neuf à Paris par l’artiste Christo a
été considéré comme une œuvre protégeable par le droit
Toutefois, cette protection n’est pas automatique. Pour d’auteur : l’empaquetage du Pont-Neuf dans de la toile et avec
prétendre à une protection par le droit d’auteur, les œuvres de des cordages est particulier et met en relief la pureté des
l’esprit doivent répondre à certains critères. lignes du monument.
En conséquence, on ne peut vendre des cartes postales
4.2.1 Champ d’application représentant le pont « emballé » qu’avec une licence de repro-
duction et de diffusion commerciale.
Le code de propriété intellectuelle accorde sa protection à toute
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 13 mars 1986.
œuvre de l’esprit sans distinction :
• En revanche, ce genre « d’emballage » n’est qu’une idée
– du genre (littéraire, artistique, musical) ;
qui peut être reprise par une agence de publicité dans une de
– de la forme d’expression (écrite, orale, physique) ; ses campagnes avec d’autres ouvrages d’art.
– du mérite (beau ou laid, pratique ou inutile) ;
Référence : arrêt de la cour d’appel de Paris du 26 mai 1987.
– de la destination (usage).
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages 2
2– Éco-conception des emballages Réf. Internet page
6– Accessoires de conditionnement
7– Techniques d'impression
Sur [Link]
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45
2
46
Référence Internet
A9730
Emballage et environnement
2
Ingénieur de l’École nationale supérieure d’agronomie et des industries agroalimentaires
Directeur général de l’Institut français de l’emballage et du conditionnement (IFEC)
1. La législation.............................................................................................. A 9 730 — 3
1.1 Législation française .................................................................................... — 3
1.1.1 Décret sur les emballages dits ménagers ......................................... — 3
1.1.2 Décret sur les emballages industriels et commerciaux (ou DIB)..... — 5
1.2 Législation allemande .................................................................................. — 5
1.3 Législation européenne ............................................................................... — 5
1.3.1 Concertation entre les différents maillons de la chaîne................... — 5
1.3.2 Directive européenne .......................................................................... — 5
2. Solutions industrielles ............................................................................ — 6
3. Le recyclage ............................................................................................... — 7
3.1 Le verre.......................................................................................................... — 7
3.1.1 La technique......................................................................................... — 7
3.1.2 Les résultats ......................................................................................... — 8
3.2 Les métaux.................................................................................................... — 8
3.2.1 La technique......................................................................................... — 8
3.2.2 Les résultats ......................................................................................... — 9
3.3 Les papiers-cartons et les complexes......................................................... — 10
3.3.1 La technique......................................................................................... — 10
3.3.2 Les résultats ......................................................................................... — 10
3.4 Les matières plastiques ............................................................................... — 10
3.4.1 La technique......................................................................................... — 10
3.4.2 Les résultats ......................................................................................... — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc A 9730
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel A 9 730 − 1
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Référence Internet
A9730
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
A 9 730 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel
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Référence Internet
A9730
2
Analyse de l’opinion des consommateurs à propos des emballages pour produits agroalimentaires, pour
produits de santé/beauté, pour l’équipement ménager.
Segmentation en emballage primaire (au contact avec le produit) et emballage secondaire (de regroupe-
ment ou de transport).
C’est afin de réduire ces inconvénients sur l’environnement que des légis-
lations ont été mises en place. Si elles sont spécifiques à chaque pays, elles
expriment cependant trois priorités :
— réduire à la source les emballages en nombre et en poids tout en conser-
vant les minima techniques requis pour leurs utilisations;
— réutiliser les emballages, si cela est possible, et en tenant compte des
critères d’hygiène, sécurité, aspect pratique, usage et économie;
— valoriser les emballages, après utilisation, en récupérant tout ou partie des
matières utilisées (recyclage) ou de l’énergie consommée (incinération propre
avec récupération de calories).
Ainsi en France, un marquage spécifique, dit Point vert, permet d’identifier les
produits, destinés aux ménages, dont les metteurs sur le marché (fabricants ou
importateurs) sont en conformité avec la réglementation.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie industriel A 9 730 − 3
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Référence Internet
AG6270
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Avocat à la cour d’appel de Paris
rebut par les industries, les commerces, les bureaux, les ateliers, les prestataires
51
Référence Internet
AG6270
de services, les ménages ou autres et quels que soient les matériaux dont ils
sont constitués.
Les règles d’écoconception des emballages sont les mêmes pour tous les États
membres. En revanche, ceux-ci disposent d’une liberté de moyens pour atteindre les
objectifs quantitatifs de retraitement des déchets d’emballages jetés par les ménages
et les entreprises sur leur territoire. Ainsi, en 1992 et 1994 la France a choisi des sys-
tèmes différents pour la gestion des déchets d’emballages suivant qu’ils provenaient
des ménages ou des entreprises. La gestion des déchets d’emballages ménagers a
été confiée à des éco-organismes (Éco-Emballages étant le premier historiquement)
alors que celle des déchets d’emballages professionnels a été placée sous la respon-
sabilité des entreprises ; ce qui ne sera plus le cas en 2025.
2 Juridiquement, l’écoconception signifie l’obligation de suivre des prescrip-
tions réglementaires générales : réduire la masse et le nombre d’emballages,
développer autant que possible leur caractère réemployable, penser au mode
de valorisation en fin de vie (recyclage, compostage ou valorisation énergé-
tique). À cet effet, les entreprises disposent de six normes européennes. Elles
ne sont pas obligatoires mais le fait de suivre leurs prescriptions techniques
permet d’être juridiquement présumé conforme aux prescriptions réglemen-
taires et donc d’éviter une amende qui peut atteindre 450 euros par emballage
non conforme saisi par les agents habilités.
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volontaire dès lors que son fabricant y trouve un intérêt : la rarchisation des modes de gestion des déchets, etc ;
réduction à la source économise de la matière première ou bien – directive 2015/720 du 29 avril 2015 visant la réduction de la
le choix de matériaux pouvant être effectivement recyclés dans consommation des sacs en plastique légers ;
un centre de traitement disposant des équipements ad hoc favo- – directive 2018/852 du 30 mai 2018 en faveur du réemploi des
rise l’image écologique de l’entreprise comme c’est le cas pour emballages et du recyclage des déchets d’emballages ;
les producteurs de capsules de café en aluminium qui ont passé – directive 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de
un accord avec l’Association des Maires de France et Éco-Embal- l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement.
lages en 2013 pour financer la mise en place de machines à cou-
rant de Foucault permettant de récupérer les petits objets en
aluminium. Rappel : les directives européennes ne s’appliquent pas
Lorsqu’un article entre dans la définition légale d’un « embal- directement dans les États membres. Leurs dispositions
lage » il fait le plus souvent l’objet d’une écocontribution qui per- doivent être transposées par chaque État membre. En France,
met de financer leur collecte et leur traitement une fois qu’ils sont il s’agira d’une loi, d’un décret ou d’un arrêté.
jetés. Les metteurs sur le marché de produits conditionnés dans un
« emballage » disposent d’une alternative en finançant eux-mêmes
cette collecte et ce traitement mais cette voie est très rarement ■ Circulaires administratives
choisie par les entreprises.
Elles n’ont pas de valeur juridique obligatoire mais elles éclairent
la position de l’Administration :
L’écoconception d’un emballage est une obligation légale
impérative dont le non respect est sanctionné pénalement : – circulaire n° 95-49 du 13 avril 1995 relative à la mise en appli-
concevoir ou fabriquer un emballage sans se préoccuper des cation du décret 94-609 du 13 juillet 1994 relatif aux déchets
exigences d’éco-conception c’est risquer jusqu’à 450 euros d’emballages dont les détenteurs ne sont pas les ménages ;
d’amende par emballage non conforme saisi par un agent de – circulaire du 16 février 1999 relative à l’application du décret
la DGCCRF ou du ministère de l’Environnement. 98-638 du 20 juillet 1998 : prise en compte des exigences liées à
l’environnement dans la conception et la fabrication des embal-
lages (disponible sur [Link]
7961).
Il est donc indispensable de savoir ce qu’est un « emballage »
au sens du Code de l’environnement pour ne pas payer inutile- Source des lois européennes : [Link] → FR
ment une écocontribution si l’article n’est pas un « emballage » ou → Rechercher par numéro de document → Version consolidée
bien ne pas encourir une amende en raison d’une méconnais- actuelle.
sance de la réglementation de l’écoconception.
Source des lois, décrets, arrêtés et circulaires : https://
[Link]
2. Référentiel légal D’autres textes plus ciblés quant à leur domaine d’application
sont cités dans le corps même de cet article des Techniques de
l’ingénieur.
La réglementation française de l’écoconception est fixée par le
Code de l’environnement qui reprend toutes les lois et tous les
décrets et arrêtés français concernant l’environnement et donc
celles et ceux relatifs aux déchets, et spécialement aux déchets
d’emballages.
3. Emballages soumis
■ Règles du code de l’environnement concernant les déchets à écoconception
d’emballages :
– articles L541-1 et suivants contenant les dispositions législa- L’écoconception est une obligation de la loi qui se situe au
tives (L = loi) relatives à la prévention et à la gestion des déchets début du cycle de vie des emballages et qui a pour objet de pré-
produits par les ménages et les activités professionnelles ; parer la fin de vie de l’emballage lorsqu’il sera devenu un déchet.
– articles D541-330 et suivants contenant les dispositions prises
par décret (D = décret simple) pour l’interdiction de certains pro- ■ Début du cycle de vie
duits en plastique (dont les emballages en plastique autres que les Dès lors qu’un article répond à la définition d’emballage ou
sacs plastiques) à usage unique ; d’élément de conditionnement expliquée ci-dessous, cet article
– articles R543-42 à R543-74 contenant les dispositions prises par doit être écoconçu selon les exigences environnementales indi-
décret (R = décret pris après avis du Conseil d’État) pour l’éco- quées au chapitre 5 quel que soit le déchet d’emballage : qu’il soit
conception et la valorisation des déchets d’emballages et pour la utilisé puis jeté par les industries, les commerces, les bureaux, les
limitation des sacs en plastique à usage unique dits « sacs de administrations, les ménages et quels que soient les matériaux
caisse ». dont ils sont constitués (Dir. 94/62, art. 2).
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santé des citoyens contre les additifs qui peuvent être nocifs, l’Union euro-
péenne autorise, et même parfois oblige, les États membres à limiter, voire
interdire l’usage du plastique.
Identifier les produits concernés par les mesures antiplastique revient à consti-
tuer une liste à la Prévert où, parmi les produits bannis, on trouve notamment
les sacs en plastique légers (épaisseur de moins de 50 microns) sauf s’ils sont
compostables, ainsi que les pailles, gobelets, assiettes, couverts et touillettes
s’ils sont entièrement en plastique, ou bien les boites pour aliments et les verres
pour fast food en polystyrène expansé. Encore interdits les plats de réchauffe en
plastique, les étiquettes non compostables, les plastiques oxodégradables, les
microbilles dans les cosmétiques. De même on ne doit plus offrir de l’eau gratui-
Nota : cet article expose les mesures antiplastiques telles qu’elles figurent
dans les lois européennes et françaises sans approbation ni désapprobation
de la part de l’auteur et de l’éditeur.
Avertissement : les dispositions du Code de l’environnement relatives
aux emballages et à l’économie circulaire font l’objet chaque année de modi-
fications permanentes depuis 2015 et en particulier avec la loi du 10 février
2020 anti-gaspillage et économie circulaire, dite loi AGEC, qui étale dans le
temps sur plusieurs années l’entrée en vigueur de ses réformes. Les règles
expliquées dans le présent article des Techniques de l’ingénieur sont à
jour au 4 juillet 2021 pour leur application au 3 juillet 2021, si elles
n’étaient pas déjà en vigueur à cette date.
1. Référentiel légal – articles R543-42 à R543-74 contenant les dispositions prises par
décret (R = décret pris après avis du Conseil d’État) pour l’éco-
conception et la valorisation des déchets d’emballage et pour la
Cet article des Techniques de l’ingénieur est consacré aux mesures limitation des sacs en plastique léger à usage unique dits « sacs de
prises par les autorités européennes et françaises contre les plastiques caisse ».
au motif principal que ceux-ci dégradent l’environnement. C’est donc
dans le Code de l’environnement que se trouve le référentiel légal : La plupart de ces dispositions du Code de l’environnement
transposent les directives européennes suivantes :
– articles L541-1 et suivants contenant les dispositions législa-
tives (L = loi) relatives à la prévention et à la gestion des déchets – directive 94/62 du 20 décembre 1994 relative aux déchets
produits par les ménages et les activités professionnelles ; d’emballages qui définit la politique européenne de gestion des
– articles D541-330 et suivants contenant les dispositions prises déchets d’emballages et détermine le rôle des normes européennes
par décret (D = décret simple) pour l’interdiction de certains pro- d’éco-conception. Cette directive a été plusieurs fois modifiée et
duits en plastique à usage unique ; complétée notamment par les trois directives suivantes ;
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– directive 2015/720 du 29 avril 2015 visant la réduction de la transformation en énergie. Cette approche a été transposée dans le
consommation des sacs en plastique légers ; Code de l’environnement (C. env. R543-44 et 45).
– directive 2018/852 du 30 mai 2018 sur le réemploi et l’écono-
mie circulaire des emballages ;
Renvoi : article [AG 6 270] Aspects juridiques de l’éco-conception,
– directive 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de chapitre 5 sur les règles juridiques d’éco-conception des embal-
l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement, lages.
dite directive « SUP » – Single-Use plastic – ci-après dans l’article.
D’autres textes plus ciblés quant à leur domaine d’application
sont cités dans le corps même de cet article des Techniques de 2.2 Le paradigme du 21e siècle :
l’ingénieur, en particulier la loi 2020-105 du 10 février 2020 relative
à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi restriction et interdiction
AGEC ci-après dans cet article.
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articles en plastique liés à la pêche 27 % du total. Ces chiffres – ou destinées et utilisées pour les denrées alimentaires desti-
montrant qu’une gamme variée de produits en plastique de nées à des fins médicales spéciales réglementées par le règlement
consommation courante et à usage rapide sont jetés après avoir été 609/2013 (précisions au § 4.1).
utilisés (bouteilles d’eau, flacons de champoing, …) et deviennent
Référence : Dir. « SUP » 2019/904, art. 6 complété de son annexe
souvent des déchets sauvages parce que rarement récupérés pour
partie F.
être traités comme déchets. De même, une part importante des
équipements de pêche n’est pas récupérée pour être traitée. Les Pour ce qui la concerne, la France s’est donnée pour objectif :
produits en plastique à usage unique et les équipements de – de réduire de 50 % d’ici à 2030 le nombre de bouteilles en plas-
pêche contenant du plastique sont donc un problème particulière- tique à usage unique pour boisson mises sur le marché (C. env.,
ment préoccupant dans le contexte des déchets sauvages dans le art. L541-10-11 I al. 3) ;
milieu marin, présentent un risque grave pour les écosystèmes
– d’atteindre d’ici à 2040 la fin de la mise sur le marché d’embal-
marins, la biodiversité et la santé humaine, et portent préjudice
lages en plastique à usage unique (C. env., art. L541-10-17 alinéa 1,
aux activités telles que le tourisme, la pêche et la navigation
2
créé par loi AGEC, art. 7). Objectif plus crédible que l’intention de
(Dir. 2019/904, considérant n° 5).
« tendre vers l’objectif de 100 % de plastique recyclé d’ici le 1er jan-
vier 2025 » (C. env., art. L541-1 4° ter créé par la loi AGEC, art. 5).
Nota : les médias dénoncent régulièrement les emballages en • Pour vérifier si ces objectifs sont atteints, les entreprises
plastique trouvés dans la nature mais oublient tout le temps de doivent tenir des statistiques qui sont consolidées au niveau
citer les équipements de pêche (filets, matériel d’aquaculture,…) national par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la
comme source de la pollution des mers par les plastiques et maîtrise de l’énergie).
ignorent que les machines à laver le linge envoient dans les
réseaux d’eau usées des tonnes de microplastiques provenant
des textiles modernes qui contiennent des microparticules en Le lecteur trouvera plus de détails sur cette obligation vis-à-
plastique. vis de l’ADEME dans l’article [AG 6 270] Aspects juridiques de
l’écoconception au § [Link] sur les bases de données statis-
tiques de la gestion des emballages et déchets d’emballages
2.2.2 Objectifs de recyclage, réduction,
éradication des emballages en plastique
■ Les mesures pour atteindre ces objectifs
■ Les chiffres des objectifs
Les objectifs indiqués ci-dessus concernent seulement l’État
Dans le cadre de la directive emballages, les États membres français vis-à-vis de l’Union européenne ou vis-à-vis de son opi-
doivent mettre en place des programmes quinquennaux afin nion publique. Il s’agit d’une responsabilité collective sans sanc-
d’atteindre les objectifs minima suivants de plastique d’emballage tions individuelles à l’encontre des entreprises. Néanmoins, si la
recyclé : France veut atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, il faut qu’elle
– 50 % en poids de plastique recyclé le 31 décembre 2025 ; puisse imposer aux entreprises des mesures qui vont dans ce
– 55 % en poids de plastique recyclé le 31 décembre 2030. sens.
Référence : Dir. 94/62, art. 6 § 1 alinéas g) & i) créés par Ces mesures peuvent concerner certains produits en particulier
Dir. 2018/852 sur le réemploi et l’économie circulaire, étant précisé (sacs en plastique non compostables, produits en plastique à
que les États membres ont le droit d’imposer sur leur territoire usage unique, couverts en plastique dans la restauration, etc – voir
des objectifs plus ambitieux à condition que le pays dispose des les chapitres 3 et 4) ou bien l’encadrement de certaines allégations
capacités industrielles suffisantes et que cette politique volonta- environnementales (voir chapitre 5).
riste ne perturbe pas le bon fonctionnement du marché intérieur Pour atteindre en 2025, 2030 et 2040 les objectifs indiqués ci-
de l’Union européenne (Dir. 94/62, art. 6 § 10). dessus la loi AGEC a prévu également des mesures plus géné-
• À cet effet, la France se donne pour objectif : rales que le gouvernement doit préciser et mettre en œuvre dans
le cadre de plans quinquennaux établis par décret (C. env.,
– d’atteindre un taux de collecte pour recyclage des bouteilles art. L541-10-17 alinéa 2).
en plastique pour boisson de 77 % en 2025 et de 90 % en 2029
(C. env., art. L541-10-11 § I al. 1 créé par l’article 66 de la loi AGEC Ces mesures générales insérées dans le Code de l’environne-
pour transposer la directive « SUP » 2019/904, art. 9). ment ou le Code de la consommation sont par exemple :
La directive « SUP » Single-Use Plastique de 2019 donne aux – le développement du vrac (loi AGEC, articles 41 et 43 insérés
États membres également des objectifs pour les quantités de dans les articles L120-1, L120-2 et L112-9 du Code de la consom-
matières recyclées dans les produits en plastique : mation) ;
– à compter de 2025, les bouteilles pour boissons qui sont fabri- – l’augmentation du nombre de produits soumis à la Responsa-
quées majoritairement à partir de polyéthylène téréphtalate (PET) bilité Élargie des Producteurs (REP), c’est-à-dire à l’obligation pour
contiennent au moins 25 % de plastique recyclé, calculé comme les entreprises de contribuer financièrement à la gestion de leurs
une moyenne sur toutes les bouteilles en PET mises sur le marché produits une fois qu’ils sont devenus des déchets (emballages
sur le territoire dudit État membre ; utilisés par les professionnels, jouets qui sont souvent en plas-
tique, …) ;
– et à compter de 2030, toutes les bouteilles pour boissons
contiennent au moins 30 % de plastique recyclé, calculé comme
une moyenne sur toutes lesdites bouteilles pour boissons mises Le lecteur trouvera plus d’informations sur les REP dans l’article
sur le marché sur le territoire dudit État membre. [AG 6 270] Aspects juridiques de l’écoconception au § 4.2.
Les bouchons et couvercles entrent dans ces objectifs pour 2025
et 2030.
– création par les éco-organismes de gammes standards
• Sont exclues de ces objectifs les bouteilles pour boissons : d’emballages réemployables pour les secteurs de la restauration,
– d’une capacité supérieure à trois litres ; ainsi que pour les produits frais et les boissons (loi AGEC, art. 65) ;
– ou en verre ou en métal même si les bouchons et les cou- – obligation d’incorporer dans certains produits un taux minimal
vercles sont en plastique ; de matière recyclée (C. env., art. L541-9 créé par loi AGEC, art. 61) ;
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– des bacs de tri devront être installés dans les supermarchés la CJCE du 20 septembre 1988, Commission c/ Danemark, affaire
pour permettre la collecte après passage en caisse des emballages 302/86, [Link]
achetés (C. env., art. L541-10-18 créé par loi AGEC, art. 72) ;
■ Le régime juridique des objectifs Renvoi : article [AG 6 270] Aspects juridiques de l’éco-conception,
Ces plans quinquennaux destinés à atteindre les objectifs chapitre 1 § 1.1 sur la libre circulation des emballages au sein du
collectifs du pays prévoient des incitations et des mesures organi- marché unique.
sationnelles mais pas d’interdictions, et encore moins de sanction
pénale, pour être en conformité avec le principe de libre circulation
des marchandises inscrit au traité de l’union européenne (voir le – il est interdit à la France d’interdire totalement sur son terri-
§ 2.3 suivant pour plus de détails). toire la fabrication de récipients au contact alimentaire contenant
du bisphénol A (BPA) pour des raisons de santé. L’État français
Le premier plan quinquennal a été fixé par le décret 2021-517 porte atteinte à la liberté d’entreprendre garantie par l’article 4 de
2
du 29 avril 2021 dit « décret 3R » sur la réduction, le réemploi et le la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. La loi
recyclage des emballages en plastique à usage unique pour la française peut par dérogation interdire le BPA dans les récipients
période 2021-2025. Il prévoit : dans le but de protéger la santé des français mais doit prévoir une
– 20% de réduction des emballages plastiques à usage unique exception pour la fabrication et l’exportation vers des pays où le
d’ici fin 2025. A minima, la moitié de l’atteinte de cet objectif doit BPA est autorisé (Conseil constitutionnel, Décision sur recours
être obtenue via le réemploi et la réutilisation. Le reste par la sup- de l’organisation de lobbying PlasticEurope n° 2015-480, QPC du
pression, la réduction de la masse unitaire de plastique incorporé, 17 septembre 2015).
les recharges et la substitution du plastique par d’autres maté-
riaux ;
– la suppression de tous les emballages en plastique à usage Nota : le BPA est effectivement autorisé par le règlement
unique « inutiles » c’est-à-dire ceux n’ayant pas de fonction tech- européen 10/2011 concernant les matériaux et objets en plas-
nique essentielle, comme une fonction de protection, d’intégrité tique au contact des denrées alimentaires à condition que la
des produits, sanitaire, de transport, ou de support d’information quantité de BPA migrant dans l’aliment ne dépasse pas le taux
règlementaire ; maximum prévu dans son annexe technique.
– une filière de recyclage opérationnelle pour tous les embal-
lages en plastique à usage unique d’ici au 1er janvier 2025. (ce qui
sous-entend le banissement des matières plastiques sans filière de
recyclage). Renvoi : article [AG 6 505], Législation du contact alimentaire,
§ 4.3.3 sur la réglementation relative au Bisphénol A.
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Citeo (France)
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1. L’économie circulaire, des bouteilles en PET opaque devient un sujet pour les journaux
télévisés. Pour la première fois, l’écoconception d’un emballage prend
moteur de l’écoconception une ampleur nationale. Quelques années plus tard, les défenseurs
toujours plus nombreux d’un autre modèle de consommation
remettent en cause l’intérêt même de la recyclabilité. Un embal-
lage recyclable jeté dans la nature fera autant de dégât qu’un
L’emballage a été en 1994 le premier secteur à voir l’éco- emballage qui ne l’est pas. Le recyclage est même parfois perçu
conception devenir une pratique imposée via le droit européen et comme un frein au développement du réemploi, alors même qu’il
la Directive 94/62/CE. Cette pratique a depuis beaucoup évolué, faudra un jour recycler les emballages réemployés.
avec l’émergence des Analyses de Cycle de Vie, puis de l’économie
circulaire. C’est dans ce contexte que l’écoconception poursuit sa mutation
pour toujours servir son objectif initial : améliorer la performance
L’évolution des pratiques industrielles accompagne la prise de environnementale de l’emballage dès sa conception et pour tout
conscience des citoyens sur ces sujets. En 2015, la recyclabilité son cycle de vie.
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1.1 Les entreprises engagées Il n’existe pas encore une forte pression réglementaire sur cet
aspect, à l’exception du secteur de la boisson. On observe d’ores
La majorité des entreprises a de tout temps cherché à réduire le et déjà une tendance dans les projets de réglementation nationale
gaspillage et la quantité d’emballages utilisée pour des raisons pour utiliser le droit comme un accélérateur là aussi.
économiques. C’est l’écoconception à la manière de Monsieur
Jourdain.
Il est important de garder en tête que les études d’Analyse
L’écoconception va bien au-delà de ces deux actions. Les entre- de Cycle de Vie montrent qu’il est tout autant vertueux de recy-
prises sont de plus en plus engagées à réduire l’impact de leur acti- cler un emballage pour faire un nouvel emballage que de le
vité sur l’environnement et identifient des intérêts économiques recycler dans des pièces à valeur ajoutée dans l’automobile ou
comme déjà cités, un intérêt de compétitivité et de différentiation, dans le bâtiment.
ou encore un intérêt de mobilisation des équipes en interne sur
cette approche positive.
Très peu d’entreprises peuvent engager une démarche d’éco-
conception seule, comme nous le verrons par la suite, ce qui
demande :
1.2 Vers 100 % d’emballages
réemployables, recyclables 2
– un engagement de la Direction qui veille au respect de sa ou compostables
stratégie et doit avoir une vision des parties prenantes sur son
L’économie circulaire et la lutte contre la pollution des océans sont
activité ;
devenues des sujets de sociétés majeurs en moins d’une décennie.
– une bonne maîtrise des caractéristiques du produit à emballer Les entreprises ont cerné l’importance de ces enjeux et ont pris des
et des procédés de conditionnement associés à ce produit. Ce sera engagements forts en faveur de la prévention des déchets et de la
le rôle des chefs de produit et responsables de production ; recyclabilité des emballages. Les élus et les pouvoirs publics ont éga-
– un appui, à la fois sur les acteurs en amont de son activité que lement pris leurs responsabilités dans ce domaine, au niveau local
sont les fabricants d’emballage et leurs propres fournisseurs, sur avec par exemple des territoires « zéro déchet » comme, au niveau
des spécialistes de la fin de vie des emballages et des personnes plus global, avec la Directive européenne traitant des plastiques à
maîtrisant les outils d’écoconception. Ce sera souvent le rôle des usage unique ou, plus récemment en France, avec l’obligation d’utili-
ingénieurs ou des acheteurs emballages ; ser des emballages recyclables à l’horizon de 10 ans.
– une assurance que le nouvel emballage écoconçu n’impactera C’est un changement majeur dans la pratique de l’écoconcep-
pas négativement les ventes sur le long terme via des études et tion. Depuis 2008, l’Analyse de cycle de vie (ACV) était reconnue
des tests consommateurs, un emballage écoconçu qui ne se vend dans le droit, à juste titre d’un point de vue scientifique, comme
pas ayant peu d’intérêt. Ce sera le rôle des équipes commerciales l’outil de pilotage pour décider de la meilleure voie pour valoriser
et marketing. un déchet. La Directive 2008/98/CE relative aux déchets avait en
L’emballage a été le premier secteur à être visé par des mesures effet proposé une hiérarchie des traitements de déchets pour
d’écoconception imposées par la réglementation et ce, dès 1994, avec aider les décideurs : prévention, réutilisation, recyclage, autres
des obligations d’allégement, de réduction de volume ou encore valorisations et enfin élimination. De fait, les industriels doivent
d’anticipation de la fin de vie de l’emballage. Ce cadre réglementaire respecter cette hiérarchie, privilégier les emballages réemployables
n’a eu de cesse d’évoluer au fil et à mesure des progrès en écoconcep- aux emballages recyclables par exemple, sauf si une ACV montre
tion et de l’impact croissant de notre consommation sur notre planète. qu’une autre hiérarchie est plus pertinente pour un cas donné.
Les industriels n’avaient pas attendu 1994 pour alléger leurs À partir de 2019, les textes réglementaires font du réemploi et
emballages, la réglementation ayant joué un rôle d’accélérateur de la recyclabilité les actions prioritaires de l’écoconception en les
pour généraliser cette démarche dans les entreprises. Il en va de rendant obligatoires et sans considération sur l’impact environne-
même avec l’amélioration de la recyclabilité des emballages, les mental global de l’emballage.
premières actions d’envergure ayant démarré au début des années Au niveau du réemploi, les entreprises sont incitées à dévelop-
2000, 20 ans avant que la loi française 2020-105 ne fasse de la recy- per marché par marché le vrac et des emballages pouvant assurer
clabilité une condition minimale pour qu’un emballage soit mis en plusieurs rotations. Les objectifs de la loi sont ambitieux : 5 % en
marché à partir de 2030. Ce rôle d’accélérateur est utile, car après 2023 et 10 % en 2027 (Loi 2020-105, article 9). Ils laissent néan-
20 ans d’écoconception en vue du recyclage, il reste encore des moins un pouvoir de décision aux industriels pour développer ces
produits sans solution d’emballage recyclable, des investissements solutions là où elles ont le plus de sens d’un point de vue écono-
nécessaires dans les usines pour basculer sur des emballages recy- mique et environnemental.
clables ou, dans le pire des cas, des emballages non recyclables
alors que des alternatives faciles à mettre en œuvre sont dispo- En effet, le réemploi ne fait pas toujours sens. On sait par exemple,
nibles. Ces derniers cas sont heureusement rares, l’Ademe et le depuis 2010 et l’étude [2] menée par l’Agence de la transition éco-
groupe Citeo estiment [1] à 0,19 % la quantité d’unités d’embal- logique (Ademe), qu’une bouteille en plastique optimisée en poids,
lages avec un malus perturbateur dans le tarif des éco-organismes. recyclable et recyclée, peut être plus performante qu’une bouteille
Le moteur d’accélération le plus puissant reste celui des entre- réemployable dans les cafés-hôtels-restaurants. L’Analyse de cycle de
prises, avec l’inscription de la recyclabilité des emballages dans vie des deux solutions d’embouteillage vient aider la prise de décision
leurs stratégies. On ne compte plus les entreprises et groupes qui de pratiquer du réemploi ou non (figure 1).
se sont engagés au niveau international à atteindre 100 % d’embal-
lages réemployables, recyclables ou compostables à l’horizon 2025. Concernant la recyclabilité, la loi française fixe un objectif de 100 %
Ces engagements poussés dans le secteur du plastique, notam- des emballages.
ment par la Fondation Ellen Mac Arthur dès 2016, ont rapidement Loi 2020-105, article 61, alinéa 4
couvert l’ensemble des emballages, quels que soient leurs maté-
« IV.- Au plus tard le 1er janvier 2030, les producteurs, metteurs
riaux. 2016 pour les entreprises, 2020 pour la réglementation
sur le marché ou importateurs, responsables de la mise sur le
française, sont encore une illustration du rôle d’initiateur du secteur
marché d'au moins 10 000 unités de produits par an et déclarant
privé pour aboutir sur une solution complémentaire.
un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros, doivent justi-
Les entreprises s’engagent également depuis 2016 à intégrer fier que les déchets engendrés par les produits qu'ils fabriquent,
de la matière recyclée quand c’est possible afin d’encourager le mettent sur le marché ou importent sont de nature à intégrer une
recyclage des emballages en nouveaux emballages. filière de recyclage.
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Chargé de cours à ÉSIReims, École nationale supérieure d’ingénieurs de Reims
en emballages et conditionnements
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– EN 13430 : valorisation par recyclage. Cette norme définit les critères pour
évaluer quelle va être la quantité d’un emballage apte au recyclage effectif
dans une filière ;
– EN 13431 : valorisation énergétique. Cette norme donne la formule ther-
mique qui permet de calculer si l’emballage combustible fournit bien plus
d’énergie qu’il n’en faut pour le brûler ;
– EN 13432 : valorisation par compostage après un processus industriel de
biodégradation.
2
gorie des normes facultatives mais qui permettent aux entreprises d’être
présumées conformes aux exigences réglementaires lorsqu’elles suivent leurs
préconisations. Ce régime juridique incite à la standardisation, ce qui est favo-
rable aux filières industrielles de retraitement qui redoutent les emballages
perturbateurs, tout en laissant la place à l’innovation technologique.
Ces normes d’écoconception datent de 2004. Elles sont loin d’être obsolètes du
fait de leur caractère générique mais les exigences réglementaires de plus en plus
tournées vers la réutilisation annoncent, pour les années 2020, une évolution par-
tielle de ces normes, voire de nouvelles normes complémentaires.
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2.2.3 Suivi volontaire des normes – aux normes harmonisées le concernant et dont les numéros de
d’écoconception et auto-évaluation référence ont été publiés au JOUE avec l’indication de la directive
94/62 ;
Ce qui est juridiquement obligatoire pour les entreprises, c’est – à leurs normes nationales, s’il n’existe pas de normes harmoni-
le respect des exigences réglementaires de la directive 94/62, et ce sées européennes, que les États membres ont dû communiquer à la
dans le cadre d’une obligation de résultat. Commission pour qu’elle vérifie que ces normes nationales sont bien
Les normes d’écoconception ne sont pas obligatoires en tant conformes aux exigences réglementaires de la directive 94/62.
que telles, comme c’est le cas pour la plupart des normes exis-
tantes. Le principe est l’élaboration des normes par consensus et On a donc un système juridique de présomption de confor-
la libre faculté de les suivre. mité (dir. 94/62, art.9 2 ; code env., art. R543-47).
Le système juridique européen donne donc aux fabricants
d’emballage la liberté de choix lorsqu’ils conçoivent leurs produits en
Les normes d’écoconception EN 13428 à EN 13432 (réduction à
2
les laissant décider, sous leur responsabilité, d’appliquer les normes
la source, réutilisation, recyclabilité, valorisation énergétique ou
harmonisées ou de faire appel à d’autres méthodes de conception.
par compostage) précisent dans chacun de leur chapitre 1
Cette liberté oblige le fabricant à détenir un dossier technique Domaine d’application que chacune d’elle « ne peut en soi fournir
qu’il devra produire sur toute réquisition des autorités nationales une présomption de conformité » sans suivre les prescriptions de
pour pouvoir justifier soit : la norme transversale EN 13427 qui oblige le concepteur de
– qu’il a bien repris toutes les normes harmonisées (ou à défaut l’emballage à réfléchir sur l’articulation entre ces normes EN 13428
ses normes nationales notifiées à la Commission) ; à EN 13432 (§ 4.3 sur la norme transversale EN 13427).
– que son choix de ne pas appliquer la norme ne l’empêche pas
d’avoir conçu un emballage qui respecte les exigences réglementaires. 2.2.5 Primauté des normes d’écoconception
européennes
Le lecteur se reportera à l’article [AG 6 270] (§ 7.2 sur la En application de la règle de la primauté du droit européen sur
preuve de la conformité). les législations nationales, les normes européennes d’harmonisa-
tion s’imposent aux normes nationales (voir [AG 6 070] § 1.2.1).
Il est indiqué dans l’introduction de chacune des normes d’éco- Chaque organisme normalisateur de chacun des États membres
conception que leur application relève de l’auto-évaluation, ce qui (l’AFNOR en France) est donc obligé de proposer dans son cata-
est logique du fait de leur caractère facultatif. logue les normes européennes qui ont été publiées au Journal
officiel de l’Union européenne. Il doit retirer de son catalogue
toutes les normes nationales contenant des spécifications
2.2.4 Présomption de conformité par application
contraires ou même seulement redondantes.
des normes d’écoconception
Et il est interdit aux États membres d’établir chez eux de nou-
Les normes d’écoconception éditées pour la mise en œuvre des velles normes ou règles techniques sur ces sujets harmonisés.
exigences réglementaires de la directive 94/62 et du code de
l’Environnement ne sont donc pas obligatoires.
2.2.6 Hiérarchie entre les normes
Toutefois, la directive 94/62 prévoit, comme beaucoup d’autres d’écoconception européennes
directives européennes dites de « Nouvelle approche », que les
États membres doivent considérer, sauf preuve contraire à leur Plus précisément, il s’agit de la hiérarchie entre les modes de
charge, qu’un emballage répond à toutes les exigences réglemen- gestion des déchets d’emballage dont chacun fait par ailleurs
taires prévues par ladite directive lorsqu’il est conforme soit : l’objet d’une norme (tableau 1)
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la très courte durée de vie des aliments frais inhérente à leur ori-
1. Emballage alimentaire : gine biologique.
rôle et fonctions clés Le rôle principal de l’emballage est de protéger et stabiliser l’ali-
ment jusqu’à sa consommation. Au cours du stockage, les compo-
sitions gazeuses dans l’environnement proche de l’aliment
L’emballage est un élément essentiel de réponse aux challenges
influencent fortement les réactions de dégradation des aliments,
actuels d’une consommation alimentaire plus durable. Par son
rôle central de préservation et conservation des aliments, il per- et donc leur durée de vie (figure 1).
met de limiter les pertes et gaspillages alimentaires. Au-delà de son rôle de protection mécanique, l’emballage joue
Plus de 100 millions de tonnes d’aliments sont perdues annuelle- aussi un rôle majeur en définissant, autour de l’aliment, une
ment, rien que dans l’Union Européenne, soit près de 30 % de la atmosphère spécifique favorable à sa conservation dont la com-
production agricole, ce qui a des conséquences très négatives sur position est contrôlée par les transferts de matière au travers du
l’environnement (forte empreinte carbone de ces pertes alimen- matériau, entre l’atmosphère environnante et l’espace de tête [12].
taires, surconsommation d’eau et de terres agricoles, etc.) [10] [11]. Ainsi, les transferts de matière sont au cœur de la fonctionnalité
de l’emballage alimentaire.
Si rien n’est fait, les pertes et gaspillages s’élèveraient à plus de
200 millions de tonnes en 2050. Même si la relation entre la durée Parmi les différents types de transfert, on peut distinguer :
de vie des aliments et le gaspillage alimentaire n’est pas évidente, – les transferts de vapeur d’eau, d’oxygène et/ou de gaz carbo-
une grande partie des pertes et gaspillages alimentaires est liée à nique, qui conditionnent les vitesses des nombreuses réactions de
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Atmosphère extérieure
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Interaction contenu/contenant
• Diffusion de composés de l’emballage (migration)
• Diffusion de composés de l’aliment
dégradation des aliments (oxydation, développement microbien, la pâture. Les 30 % restant servent essentiellement à produire des
réactions physiologiques, etc.) ; agro-ressources pour l’alimentation animale et humaine.
– le transfert d’additifs contenus dans le matériau d’emballage, Moins de 2 % de la surface agricole est exploitée à des fins non
qu’ils soient volontaires (emballages actifs antimicrobiens) ou
alimentaires (biomatériaux et bioénergie).
indésirables (transferts d’additifs de l’emballage vers l’aliment).
Le potentiel de production d’agro-ressources est donc énorme
Les transferts de matière en régime permanent à travers une
et les bioplastiques constituent moins de 0,05 % de l’utilisation
membrane, tel qu’un matériau d’emballage, sont représentés par
la première loi de Fick [13]. des terres arables à l’échelle de la planète (figure 2).
Lorsque deux pressions partielles en gaz ou vapeurs, p1 et p2 Si l’utilisation de terres arables pour une utilisation non alimen-
[en Pa], connues, sont maintenues fixes de part et d’autre de la taire peut-être discutable, ces chiffres montrent cependant un
membrane d’emballage, le flux, J [en mol s–1], traversant la potentiel énorme en terme d’exploitation des résidus et déchets
membrane est donné par : des productions agricoles. Actuellement, entre 30 et 50 % de la
production agricole mondiale est perdue ou gaspillée entre le
(1) champ et l’assiette. Ces déchets représentent un potentiel actuel-
lement très peu, ou pas, valorisé [14].
avec P perméabilité du matériau d’emballage
[en mol m–1s–1 Pa–1], ■ L’agriculture au cœur des grands enjeux du 21e siècle
Δx épaisseur [m]. Il existe trois enjeux majeurs :
La valeur de P, mesurée dans les conditions de régime perma- – l’enjeu alimentaire lié à l’accroissement de la population mon-
nent, permet donc de comparer les performances barrières de diale, ce qui inclut :
matériaux entre eux. • l’accès à l’eau et sa potabilité,
La recherche dans le domaine de l’emballage alimentaire et la • l’enjeu énergétique, avec la diminution à moyen terme des
conception de nouveaux matériaux issus d’agro-ressources néces- ressources énergétiques non renouvelables et l’augmentation
sitent de maîtriser au mieux leurs propriétés de transferts de des risques sur celles-ci ;
matière, notamment de perméation aux gaz (O2/CO2) et vapeur
d’eau. Ces dernières doivent correspondre aux besoins des ali- – l’enjeu de développement et de création d’activité dans les
ments du point de vue de leur conservation. filières agricoles ;
– les enjeux liés aux changements climatiques.
L’agriculture de nos régions sera ainsi concernée par la néces-
2. Caractéristiques et saire complémentarité entre :
– productions à usages alimentaires et non alimentaires ;
spécificités des agro- – la nécessité d’atteindre la performance des systèmes de pro-
duction agricoles ;
ressources en lien avec – le besoin d’augmenter la résilience des systèmes agricoles, tant
l’application emballage au niveau économique, que vis-à-vis du changement climatique
(Pôle de compétitivité français Industrie et Agro-Ressources (IAR)).
Mais, si la biomasse se renouvelle, à l’évidence plus rapidement
2.1 Agro-ressources végétales que les gisements de pétrole ou de charbon, sa capacité de produc-
disponibles tion et de régénération connaît elle aussi des limites, imposées
notamment par les rendements de la photosynthèse et par les
■ Disponibilité et caractéristiques des agro-ressources conditions hydrologiques et pédoclimatiques dans lesquelles croît la
À peine 40 % de la couverture terrestre totale est utilisée en sur- végétation. La multiplication des usages non-alimentaires ne tarde
face agricole. Cette surface agricole sert pour plus des deux tiers à pas à atteindre les limites des capacités naturelles de production.
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Figure 2 – Utilisation des terres agricoles en 2017 et proportion relative utilisée pour l’obtention de bioplastiques en 2017 (projection pour
2022) (crédit : www. [Link])
L’enjeu pour les acteurs industriels ne consiste donc pas seu- Au-delà des ressources issues de la production agricole pri-
lement à diversifier les sources d’approvisionnement, mais à se maire, il existe également une grande variété de sous-produits
développer en suivant de nouveaux scénarios en rupture, adap- d’origines végétales générés par l’industrie agro-alimentaire
tés aux différentes conditions et systèmes de productions (tableau 1) et des volumes importants avec un volume total de
locaux, optimisant l’usage de ressources naturelles, par essence 25 millions de tonnes de matières sèches de co-produits d’origine
limitées. végétale (source : Adème 2000 – voir le Pour en savoir plus).
Enfin, la mise en œuvre de schémas de bioraffinerie est-et sera- Au-delà des filières de valorisation déjà en place, les ressources
très dépendante de la disponibilité en ressources à l’échelle de disponibles restent significatives et le développement de voies de
territoires considérés et de la compétition entre les différents valorisation à forte valeur ajoutée, une solution recherchée par
usages des agro-ressources (tableau 1). l’ensemble des industriels du secteur.
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2
• Sorgho • Lignocellulose solides • Polyéthylène (PHA,
• Millet PHB)
• Avoine • Éco-matériaux
• Seigle
Oléagineuses
• Colza • Graines • Triglycérides • Biocarburants • Bioplastiques • Biolubrifiants
• Tournesol • Huiles • Glycérol (HVB, diester) (polyuréthane, PHA, • Glycérine
• Arachide • Tourteaux • Esters • Biogaz PA) • Tensio-actifs
• Palmier • Biocombustibles • Solvants
• Jatropha solides
• Ricin
• Fruits à écale
• Lin
• Cotonnier
Oléoprotéagineuses
• Soja • Graines • Protéines • Biocarburants • Bioplastiques
• Jus • Triglycérides (polymères de proté-
• Tourteaux • Lécithines ines, PHA)
• Farines
• Huiles
Tubercules féculents
• Pomme de terre • Tubercules • Amidon (fécule) et • Biocarburants • Bioplastiques (à
• Manioc • Pulpe dérivés (bioéthanol) base de fécule, PHB)
• Igname • Biogaz
Saccharifères
• Canne à sucre • Sucre • Saccharose • Biocarburants • Bioplastiques (cel- • Adhésifs
• Betterave sucrière • Bagasse • Éthers (bioéthanol) lulosiques, polyéthy- • Tensio-actifs
• Écumes • Esters • Éthanol (cellulo- lène, PLA) • Solvants
• Mélasse • Lignocellulose sique)
• Vinasse • Biogaz
• Biocombustibles
solides
Fibreuses
• Cotonnier • Fibres végétales • Celluloses • Textiles
• Lin • Hémicelluloses • Papiers
• Chanvre • Lignines • Cellophane
• Ramie • Pectines • Biocomposites
• Sisal
• Kenaf
• Jute
• Kapok
• Alfa
• Ortie
Ligneuses
• Phalaris • Pailles • Lignocellulose • Biocarburants • Cellophane
• Miscanthus • Roseaux (éthanol lignocellu- • biocomposites
• Canne de Provence • Bois losique)
• Saule (TTCR) • Copeaux • Biogaz
• Peuplier (TCR) • Biocombustibles
solides
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PCL, PBAT,
PBSA
Biodégradable,
compostable
Non
biodégradable PLA
2
Chimique
Renouvelable Compostable
Amidon,
Naturelle cellulose,
Biodégradable, protéines,
compostable PHAs…
Figure 3 – Classification des bioplastiques selon leur origine, leur voie de synthèse et leur fin de vie
Le surcoût, par rapport au PET vierge (entre 1,2 et 1,5 €/kg) et Le principal avantage de cette catégorie de polymères est la
possibilité de produire des polymères avec des propriétés contrô-
au PET recyclé, est estimé entre 30 à 40 %.
lées, mais le bénéfice environnemental reste très controversé.
Parmi les fabricants de bio-polyamides, on trouve les sociétés :
Parmi ces biopolymères, on trouve le poly(acide lactique) (PLA)
– Ascend Performance Materials (États-Unis) ; produit par polycondensation de l’acide lactique. L’acide lactique est
– DSM (Pays-Bas) ; lui-même obtenu par homo-fermentation à partir de sources carbo-
– BASF (Allemagne) ; nées renouvelables comme le glucose ou le maltose, par des bacté-
– DowDupont (États-Unis) ; ries de type Lactobacillus sp. en présence d’hydroxyde de calcium.
– Formosa Group (Taiwan) ; L’acide lactique peut aussi être obtenu à partir de ressources
– Invista (États-Unis) ; fossiles (synthèse de l’acide lactique racémique en 4 étapes à par-
– Li Peng Enterprise Co. (China) ; tir d’acétaldéhyde et de cyanure d’hydrogène).
– Solvay/Rhodia (Belgique/France). Les propriétés du PLA sont proches de celles des polyoléfines,
Dans le grade EcoPaXX® de DSM, 70 % du polymère provient mais leur rigidité est beaucoup plus élevée du fait d’une tempéra-
de l’huile de ricin. ture de transition vitreuse comprise entre 5 °C et 60 °C selon les
grades de PLA (contre –120 °C dans le cas du poly(éthylène)).
■ Biopolymères biodégradables/compostables obtenus par poly- Le principal verrou du PLA est le fait qu’il ne s’agit pas d’un
mérisation conventionnelle de monomères issus du craquage du polymère biodégradable en milieu naturel, mais d’un polymère
pétrole qui est seulement compostable en conditions industrielles (du fait
On trouve notamment les copolyesters biodégradables, tels de la Tg supérieure à la température ambiante).
que le poly(butylène co-apidate téréphtalate) (PBAT) sous la réfé- En 2017, la production de PLA atteint les 210 kT/an au niveau
rence « Ecoflex » de BASF ou le poly(butylène succinate co-adi- mondial, avec un prix moyen compris entre 1,3 et 2,6 €/kg. Les
pate) (PBSA) sous la référence « Bionolle » de Showa Denko qui grades commerciaux les plus vendus sont « IngeoTM »
sont synthétisés par réaction de polycondensation de glycols et (Natureworks-Cargill, États-Unis) et, dans une moindre mesure,
d’acides carboxyliques aliphatiques ou aromatiques. « Purasorb » (Purac, NL).
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages
6– Accessoires de conditionnement
7– Techniques d'impression
Sur [Link]
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Référence Internet
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3 d’utilisation est largement inférieure aux temps nécessaires pour leur bio-
dégradation. Depuis leur essor dans les années cinquante, la production
mondiale de plastiques continue toujours d’augmenter tandis que les premiers
travaux révélant leur présence en mer remontent aux années soixante et
soixante-dix.
Le présent article fait un bilan des connaissances et décrit les principaux
enjeux scientifiques, environnementaux et socio-économiques, ainsi que les
possibles solutions nécessaires à la gestion d’un problème environnemental
devenu global.
1.1 Sources En mer, l’origine des déchets est liée au trafic maritime, notam-
ment les pertes volontaires ou accidentelles (conteneurs, ballasts,
Les plastiques et microplastiques arrivent dans l’environnement cargaisons), à l’exploration et l’exploitation pétrolière et minière, et
à toutes les étapes du cycle de vie des polymères. En mer, Ils sont aux secteurs professionnels de la pêche et de l’aquaculture. Dans
principalement issus d’apports continentaux [1] qui incluent les certaines zones, 100 % des déchets sont issus de la pêche [5],
fleuves et rivières (figure 1), les effluents de traitement des eaux et incluant les pertes d’engins de capture (cordages, filets, casiers,
leurs surverses, des activités littorales de loisir, des décharges illé- etc.), avec des estimations pouvant aller jusqu’à plus de 600 000
gales littorales ou proches des fleuves, et le ruissellement tonnes par an [6], certains auteurs estimant leur part à 70 % des
(figure 1). Chaque année, 8 à 15 millions de tonnes de plastiques déchets flottants [3].
Figure 1 – Les fleuves, les activités maritimes comme la pêche ou l’aquaculture et les décharges sauvages sont les principales sources de
plastique en mer (doc. SOS mal de Seine & F. Galgani)
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Les apports issus d’événements extrêmes comme les crues ou les surface, on retrouve encore essentiellement du polyéthylène (90 %
catastrophes naturelles (inondations, tsunamis, cyclones) peuvent du nombre des déchets) et du polypropylène (10 % du nombre des
également augmenter considérablement les flux de plastiques vers déchets), polymères les plus produits dans l’industrie et probable-
la mer. Dans les cas du tsunami au Japon en 2011, les quantités ment les plus persistants en pleine mer [10].
apportées étaient d’environ 5 millions de tonnes [7] et l’ensemble
des apports issus de ces événements pourrait être, certaines années La colonne d’eau a été bien moins explorée que la surface de
et de manière accidentelle, au-dessus des apports par les voies les la mer. Il semblerait qu’à partir de quelques mètres de profondeur,
plus classiques, sinon du même ordre de grandeur. les microplastiques se distribuent différemment. Ce sont surtout
des petits microplastiques et des fibres synthétiques, qui ne font
Les microplastiques primaires (conçus pour être de petite taille)
que quelques centaines voire dizaines de micromètres alors qu’à la
représentent une fraction significative des rejets, jusqu’à 10 % des
surface de la mer, les particules détectées mesurent plusieurs cen-
fragments ingérés par les oiseaux de la mer du Nord, mais la
taines de micromètres à quelques millimètres.
grande majorité de ceux-ci, dit secondaires, sont issus de la frag-
mentation et de la dégradation de débris plus gros. Les travaux les
Dans les sédiments, on retrouve des polymères plus denses
plus récents ont montré l’importance de certaines sources comme
comme les polyesters ou les polyacriliques (77 % en nombre en
les plastiques à usage unique (emballages, pailles, capsules, bou-
moyenne) mais de façon surprenante, on retrouve également des
teilles, etc.), les textiles, via des cycles de lavage dans les
fragments de polymères moins denses que l’eau de mer [11] qui
machines ou émission de fibres dans l’atmosphère, les pneus,
ont donc subi un transport vertical de la surface vers le fond via
3
issus du frottement ou sur les goudrons, ou des fragments issus
une colonisation par des micro-organismes ou une intégration à
des peintures de bateaux.
des neiges marines.
Pour les seuls flux de microparticules de plastiques dans les
eaux issues des stations d’épuration en Europe, les concentrations Sur les fonds marins enfin, l’accumulation des microplastiques
peuvent atteindre jusqu’à 10 millions de particules/m3 [8]. est encore très peu documentée même si l’on sait que de nom-
breux macrodéchets y sont stockés à l’abri de la lumière et donc
avec des cinétiques de dégradation extrêmement lentes.
1.2 Quantités
Les plastiques sont présents dans tous les habitats marins, sur
les plages et les côtes, à la surface des océans et sur les fonds. Ils
sont présents dans les zones les plus urbanisées jusqu’aux plus
2. Devenir du plastique
éloignées de la planète. Les densités varient avec des influences
marquées liées aux activités humaines mais également des méca-
en mer
nismes de transport et des facteurs géomorphologiques comme la
conformation des fonds et des baies. Les quantités sont également
influencées par la nature des polymères, les plus lourds comme 2.1 Transport
les poly-chloro-vinyles s’accumulant systématiquement sur les
fonds et les plus légers pouvant persister en surface pendant de
nombreuses années. En raison de la diversité des mécanismes La circulation océanique générale est connue de longue date et
régissant leur distribution, les évaluations des quantités présentes soumise à un certain nombre de forces (force de Coriolis, circula-
sont limitées et souvent restreintes aux plages et à la surface. tion atmosphérique, régime météorologique, etc.). Ces forces
régissent les déplacements des masses d’eau avec des courants
Sur les plages, les densités peuvent atteindre plusieurs milliers
océaniques de grande amplitude et de faible vitesse, appelés cou-
d’objets par kilomètre selon les sources adjacentes et les courants
rants géostrophiques, qui influencent la distribution de ces petites
provoquant leur accumulation.
particules flottantes qui vont ainsi être transportées sur de très lon-
Environ 270 000 tonnes de plastique flottent à la surface des gues distances.
océans, avec une répartition très inégale [3]. Les microplastiques
(taille < 5 mm) représenteraient, en nombre, 90 % des plastiques
flottants pour environ 10 % en poids. Les densités moyennes Exemple : en Atlantique nord-est, les déchets du golfe de
varient de quelques centaines de particules par km2 à 64 millions Gascogne d’Espagne et du Portugal sont repris par la circulation géné-
de particules, concentrations mesurées dans le bassin Levantin rale et déplacés vers le sud-ouest où ils sont repris par la circulation
(oriental) de la Méditerranée [9]. Le bassin méditerranéen ainsi que équatoriale, les transportant vers l’ouest où ils s’accumulent dans le
le golfe du Bengale sont les zones les plus affectées, avec des den- gyre nord atlantique.
sités régulièrement au-dessus du million de particules par km2 et
des valeurs moyennes au-delà de celles des zones de convergence Dans les mers régionales, les mécanismes d’accumulation sont
océanique, généralement au niveau de quelques centaines de mil- plus complexes, souvent en raison de l’interférence de plusieurs
liers de particules par km2. courants, y compris des eaux fluviales. Les schémas de circulation
et les modèles permettent de comprendre les phénomènes locaux
ou régionaux d’accumulation et d’identifier les sources.
1.3 Nature des plastiques en mer
La composition des microplastiques accumulés dans le milieu Exemples
aquatique varie en fonction de la situation géographique (proche En Manche et en mer du Nord, une grande partie des déchets plas-
ou loin des côtes) et de la position dans la colonne d’eau (surface tiques est transportée le long de la Norvège vers les eaux arctiques et
de la mer, colonne d’eau ou sédiments). une partie entre dans la mer Baltique.
En milieu côtier, à la surface des mers, les microplastiques sont Dans le bassin nord-ouest de la Méditerranée, la circulation est à
constitués en majorité de polyéthylène, de polypropylène et de l’inverse des aiguilles d’une montre avec un transport transfrontalier
polystyrène expansé. Mais à ces trois types de résines s’ajoutent marqué entre les différents pays riverains. L’exemple de la circulation
une douzaine d’autres polymères en moindres proportions [9]. Ce hivernale en mer tyrrhénienne (figure 2) [12] démontre clairement
sont tous des polymères moins denses que l’eau de mer qui l’influence des fleuves côtiers, qui se mêlent à la circulation générale
peuvent donc rester en surface. En milieu hauturier, toujours en résiduelle.
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3
a période estivale b période hivernale
Figure 2 – Exemple de transport simulé des plastiques en mer. Sensibilité des côtes orientales de Corse et Sardaigne aux apports du fleuve
Arno en Toscane [12]
2.2 Zones d’accumulation En zone côtière, les plastiques les plus lourds sont canalisés par
les canyons vers les plus grandes profondeurs où ils peuvent
s’accumuler en raison de plus faibles turbulences et de courants
À la côte, l’existence de zones de très fortes concentrations en plus faibles.
plastiques est fréquente et liée à la fréquentation des sites, locale-
ment, et à des facteurs hydrodynamiques favorisant l’accumula-
tion. Ainsi, certaines régions d’Europe, comme le Pays basque ou
la Sicile sont particulièrement exposées, impliquant des mesures
de gestion appropriées pour préserver la valeur patrimoniale des 3. Dégradation du plastique
sites.
en mer
Liées directement aux courants océaniques, de larges zones 3.1 Étapes de dégradation
de concentration de déchets, ont été identifiées à la surface des
mers et océans, dénommées parfois à tort « îles flottantes » Les matières plastiques sont connues pour leur stabilité et leur
ou « continents de déchets » dont le plus connu a été durabilité, en particulier les plastiques dit « conventionnels » (par
nommé « 7e continent ». Il s’agit en réalité de zones de plus opposition à biodégradables), produits en très grandes quantités
fortes densités de plastiques, situées dans les régions centrales depuis les années 1950. Lorsqu’ils se retrouvent en tant que
océaniques, où les courants sont plus faibles et convergents. déchets dans l’environnement, ils vont y persister pendant de très
nombreuses années. Ces matériaux seront toutefois lentement
transformés et dégradés, selon des processus qui dépendent des
En réalité, Il y a au moins une zone de convergence pour chacun conditions environnementales, des milieux dans lesquels ils vont
des cinq bassins océaniques que sont l’Atlantique Nord et Sud, le séjourner (sol, rivière, plage, différents compartiments océa-
Pacifique Nord et Sud et l’Océan Indien. Les concentrations y niques). Quelle que soit la nature des processus impliqués, la
atteignent des moyennes de plusieurs centaines de milliers de par- dégradation va se manifester à trois échelles différentes (figure 3) :
ticules mais restent en deçà des concentrations extrêmes trouvées – échelle macroscopique : altération des propriétés (essentielle-
dans certaines zones côtières comme en Méditerranée [3]. En ment mécaniques et optiques) sans perte de l’intégrité du
Méditerranée, quelques zones d’accumulation temporaire en sur- matériau ;
face (est Baléares, sud-Adriatique, nord Tyrrhénienne, sud-est – échelle microscopique : fragmentation en microplastiques liée
Egée, par exemple) sont connues et les modèles montrent des à de la propagation de fissures dans le matériau ;
échouages préférentiels dans la partie orientale du bassin [13]. – échelle moléculaire : relargage de nanoparticules et de molé-
Très localement, les zones d’accumulation sont soumises à des cules de tailles et natures diverses (macromolécules, oligomères,
facteurs locaux comme le vent, la houle, les courants locaux et les additifs, charges, etc.) en lien avec les phénomènes agissant à
activités humaines. l’échelle moléculaire (rupture de liaisons, diffusion, désenchevêtre-
Sur les fonds, des zones d’accumulation ou de fortes densités ment, désorption).
ont été identifiées dans tous les océans du monde [14], à l’excep- Pour une dégradation complète, une étape supplémentaire est
tion des eaux antarctiques et parfois à de très grandes profon- nécessaire : l’assimilation des produits de dégradation générés. En
deurs, y compris au-delà du cercle polaire Arctique [9]. Là, leur présence de micro-organismes (bactéries, champignons, algues,
dégradation est ralentie à cause de l’absence de lumière et de etc.), les oligomères générés par la dégradation du matériau
faibles concentrations en oxygène et leurs effets, largement décrits peuvent être suffisamment petits pour être assimilés et convertis
pour les espèces de surface, sont totalement méconnus. en gaz (CO2 et éventuellement méthane en anaérobiose), eau et
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages
Emballages en carton ondulé. Code international pour emballage carton A9767 101
6– Accessoires de conditionnement
7– Techniques d'impression
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Emballages bois
Palettes, caisses industrielles,
emballages légers
par Patrice CHANRION
Président de la Commission Emballages CN8 à l’AFNOR – Ancien manageur du Pôle Palettes
de la Fédération nationale du bois – Ingénieur de l’École supérieure du bois, Versailles
9. Glossaire .................................................................................................... — 20
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. AG 6 100v2
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Référence Internet
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car elles sont destinées à faciliter la manutention et le transport de produits
entre un fabricant et un distributeur, en vue d’éviter leur manipulation phy-
sique et les dommages liés au transport. Le produit est séparé de l’emballage
au niveau du distributeur. Quant aux emballages industriels ou sur mesure, ce
sont des caisses ou emballages spéciaux dédiés au transport de produits volu-
mineux (industries aéronautique, automobile, informatique, de défense, etc.)
ou particulièrement précieux (œuvres d’art) classés, comme les palettes, dans
la catégorie des emballages tertiaires (ou de transport). Enfin, les emballages
légers en bois, très liés aux produits agroalimentaires, sont également, dans la
majorité des cas, considérés comme des emballages tertiaires. Cependant, cer-
tains d’entre d’eux peuvent être assimilés à des emballages primaires ou de
vente, en ce sens qu’ils ont été conçus de façon à constituer sur le point de
vente une unité distincte pour le consommateur ou l’utilisateur final (bour-
riches d’huîtres, barquettes pour fraises, boîtes à fromage…).
Naturellement durable, issu pour l’essentiel de forêts certifiées PEFC, le
contenant en bois répond aux attentes d’une société en quête de décarbona-
tion et d’économie circulaire. Avec des process de fabrication peu énergivores,
les entreprises transformatrices – qui revendiquent leur caractère « Made in
France » – sont aussi adeptes des circuits courts. Et en plus d’être apte au
contact alimentaire, l’emballage bois est recyclable, réutilisable et réparable.
Dans cet article on traitera des emballages bois sous les angles techniques,
environnementaux et de marché, en apportant un éclairage exhaustif sur la
normalisation qui encadre ces produits du quotidien, maillons essentiels de la
supply chain moderne.
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Les critères de choix des essences reposent sur des éléments lages présentent chacune des propriétés qui lui sont propres
d’appréciation techniques et souvent économiques comme, entre (tableau 1).
autres :
– la densité et les résistances mécaniques ; • Les peupliers sont les bois les plus légers et les moins résis-
tants mécaniquement parmi les feuillus. Toutefois, eu égard à
– la qualité : présence de défauts ou de singularités (nœuds,
leur poids, leurs propriétés mécaniques sont assez élevées. Il
fentes, anomalies de structure…) contribuant à fixer les limites de
s’avère que cette essence n’existe pas en tant que telle
résistance mécanique du matériau ;
comme le sapin ou l’épicéa ; elle est constituée d’une série de
– la facilité ou l’aptitude de mise en œuvre, qui apparaît, selon cultivars (clones Robusta, I 214, I 45/51, Dorskamp) qui
les cas, lors du sciage (planches, dés…), du déroulage (fonds, peuvent avoir des propriétés assez différentes.
têtes…) ou du tranchage (planchettes), puis au cours des opéra-
tions complémentaires d’usinage divers (clouage ou agrafage). • Le pin sylvestre est l’un des meilleurs résineux indigènes sur
Il n’existe pas d’essence qui réunisse des appréciations posi- le plan de la résistance mécanique. Il résiste particulièrement
tives sur tous les critères de sélection énoncés. Selon les cas, telle bien à la flexion et à la compression.
ou telle essence présentera une meilleure aptitude ou un meilleur
positionnement. En fonction de l’importance accordée à chaque • Le pin maritime possède des caractéristiques mécaniques
critère, au final seulement, des présélections peuvent être opérées satisfaisantes ; il apparaît moins élastique et plus fragile aux
par le producteur et l’acheteur d’emballages. Cela explique, en chocs.
partie, l’existence d’autant d’essences susceptibles de fournir des
billons ou des sciages qualité « emballage ». • Le sapin-épicéa est le résineux qui possède, au moindre poids,
les caractéristiques mécaniques les plus élevées, notamment
en flexion.
1.2 Masses volumiques et résistances
4
• Le douglas possède de très bonnes caractéristiques méca-
mécaniques niques pour des sollicitations en compression, mais il est net-
tement moins performant en flexion statique.
Sur le plan technique, la masse volumique, ou densité, est une
donnée importante, car elle conditionne largement les propriétés Les masses volumiques indiquées dans le tableau 1 sont des
mécaniques. Dans la pratique, on se limite toutefois à des valeurs moyennes pouvant varier dans une fourchette de plus ou
essences dont la masse volumique est généralement comprise moins 50 % pour les résineux, et de 20 % pour les feuillus. Les
entre 400 et 800 kg/m3 pour éviter les possibilités trop marquées résistances indiquées sont données à titre indicatif, sachant
de déformation, de rupture et de casse, mais aussi les éventuelles qu’elles sont fonction de la densité, elle-même sujette aux condi-
difficultés de clouage sur des bois trop durs, ou un poids excessif tions de croissance mises en évidence par la largeur des cernes
de l’emballage par rapport au produit transporté. annuels et la texture.
Les valeurs des résistances mécaniques sont en rapport, en Les résistances mécaniques varient avec le taux d’humidité.
règle générale, avec les poids spécifiques des bois. Dans une Elles diminuent régulièrement d’une valeur atteinte pour le bois
essence donnée et à humidité égale, les bois les plus denses sont anhydre à une valeur maximale lorsque le bois arrive au point de
en même temps les plus résistants, ce qui se conçoit aisément saturation des fibres, ce qui explique le développement actuel du
puisque ces bois renferment plus de matière ligneuse. séchage artificiel pour une mise en œuvre de sciages secs. Ainsi,
Les principales propriétés mécaniques recherchées dans la en compression axiale, un bois qui présente, à 15 % d’humidité,
conception des emballages bois sont : la résistance à la compres- une résistance de 400 kg/cm2 n’aura plus qu’une résistance de
sion, à la traction et à la flexion statique. Les essences les plus 320 kg/cm2 à 20 % ; il atteindra, au contraire, 480 kg/cm2 à 10 %
couramment utilisées en France dans la fabrication des embal- d’humidité.
Tableau 1 – Caractéristiques mécaniques des essences employées dans la fabrication des palettes
et emballages industriels
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1.3 Aptitude du bois au contact Pour les palettes et les caisses utilisées notamment dans les
échanges internationaux, les secteurs d’activité les plus concernés
alimentaire sont les industries du papier et du carton, la chimie, les industries
des plâtres et ciments, l’agroalimentaire. Quel que soit le secteur
Parfois affublé d’à priori négatif sur le plan hygiénique, les tra- utilisateur, les questions d’humidité apparaissent dès lors que les
vaux scientifiques réalisés sur le bois depuis les années 90 ont produits ou leur conditionnement présentent un caractère hydro-
conduit à une réelle inversion de cette image fausse. Pour les phile.
emballages en bois brut, ce sont les emballages légers dont les
contenus sont le plus souvent au contact direct avec le matériau Le séchage artificiel permet d’atteindre un taux moyen d’humi-
bois. Le secteur des palettes, supports de manutention de pro- dité souhaité, en rapport avec les besoins des clients. En effet,
duits déjà emballés, reste cependant pour partie concernée car c’est l’unique moyen pour atteindre des humidités finales précises
des palettes bois circulent au sein des entreprises des secteurs de et réduire de façon significative les durées de séchage à l’air
l’industrie alimentaire et de la distribution, et sont occasionnelle- (réponse à la pratique des flux tendus).
ment en contact direct. Par ailleurs, pour limiter les risques de développement de moi-
L’utilisation des matériaux destinés à entrer en contact avec des sissures actives, il est nécessaire de sécher à un taux moyen
denrées alimentaires (MCDA) est soumise au règlement cadre d’humidité de 18 %. Le temps de séchage nécessaire pour
européen RCE 1935-2004. L’article 3 stipule que ces MCDA ne atteindre ce taux est d’environ 2 jours en fonction des conditions
doivent pas modifier les caractéristiques chimiques, microbiolo- climatiques. Il est important de noter que ce process ne garantit
giques et organoleptiques des denrées en contact. pas totalement une humidité de 18 % au cœur des dés en bois
massif, du fait de leur épaisseur bien supérieure à celle des
Au niveau européen, 17 matériaux aptes au contact alimentaire planches. Pour obtenir ce taux moyen sur les dés, un ressuyage
dont le bois, matériau naturel, sont actuellement autorisés (RCE peut s’avérer nécessaire sur les chevrons, ensuite coupés à lon-
1935-2004). En France, le bois destiné au contact alimentaire est gueur pour obtenir le dé à palette qui sera assemblé.
4
réglementé depuis 1945, permettant d’écrire une fiche Matériau
n° 2012-93 de la DGCCRF (Direction générale de la consommation, Tous les acteurs concernés se sont positionnés sur une four-
de la concurrence et de la répression des fraudes). En France chette de taux d’humidité moyen de 22-25 %, avec des exigences
aujourd’hui, 21 essences sont autorisées au contact alimentaire parfois plus basses et des obligations de moyens et de résultats
direct : précis. Ainsi, depuis le 1er janvier 2011, toutes les palettes neuves
EUR-EPAL doivent être séchées artificiellement jusqu’à un taux
– pour tous types d’aliments : chêne, charme, châtaignier, frêne, d’humidité de 22 %. Dans ce cadre, ce n’est pas une obligation de
robinier, sapin, épicéa, douglas, pin maritime et sylvestre, peuplier, résultat (22 % d’humidité peuvent être obtenus par ressuyage
hêtre, platane, tremble, aulne, olivier, bouleau ; sous hangar ou par séchage naturel), mais de moyen.
– pour les solides alimentaires : noyer, hêtre, orme et peuplier.
En ce qui concerne les emballages légers pour fruits et
Le consortium EMABOIS, qui compte 10 membres scientifiques légumes, ils sont séchés à l’air libre. Sous l’effet du vent et de la
et industriels reconnus, dont les organisations professionnelles de chaleur, le processus se fait rapidement, de par la faible section
l’emballage (SIEL, SYPAL/FNB, SEILA), a conduit une étude scien- des composants de ces produits. Le séchage ne doit pas être trop
tifique permettant de conclure que : poussé, afin d’éviter que les bois ne se fendent et tuilent ; un taux
– en microbiologie, l’innocuité hygiénique de la surface en bois d’humidité de l’ordre de 20 % est, en général, recherché.
brut au contact alimentaire est confirmée (survie des microorga-
nismes nulle ou très faible, transfert des microorganismes du bois 1.4.2 NIMP 15 : un passeport pour l’export
vers l’aliment en contact direct très faible - inférieur à 0,3 %) ;
– en chimie analytique, les molécules (volatiles et extractibles) La norme NIMP 15 (norme internationale pour les mesures phy-
issues du matériau naturel de bois brut sont inoffensives pour la tosanitaires), votée en mars 2002 à Rome, a été mise en place
santé du consommateur ; pour éviter la contamination des végétaux par des « nuisibles »
– la validation d’outils d’analyse simples, fiables et performants (nématode du pin, capricorne asiatique…) pouvant se répandre et
des surfaces en bois en microbiologie et chimie analytique est se propager dans la biodiversité végétale lors d'importation de
acquise. produits via les emballages en bois.
En d’autres termes, le bois, en tant que matériau, a des proprié- Sa mise en application peut être exigée à tout moment par un
tés antimicrobiennes naturelles de par ses caractéristiques phy- des pays signataires, pour les emballages entrant sur son terri-
siques : les flux d'eau libre entraînent les microorganismes toire. Sont concernés tous les emballages en bois dont l’épaisseur
présents en surface dans les pores du bois. La porosité de ce est supérieure à 6 mm, c’est-à-dire les palettes, caisses, caisses-
matériau est finalement un avantage et non un inconvénient palettes, planches d’emballage, bois de calage, tourets constitués
comme il était dit jusqu'alors. Les microorganismes sont alors en tout ou partie de bois brut d’essences résineuses ou feuillues.
dans des conditions drastiques de survie (pas de nutriment, pas Certains matériaux d’emballage en sont exemptés comme le
d'oxygène) et au contact d'un matériau à pH acide (ce qui ne contreplaqué, les panneaux de particules, de lamelles minces lon-
convient pas aux microorganismes) ; cela engendre leur mortalité. gues et orientées (OSB) ainsi que les matériaux d’emballage faits
de bois mince (épaisseur inférieure ou égale à 6 mm).
La NIMP 15, connue partout dans le monde, et désormais véri-
1.4 Conditions d’emploi table passeport pour l’export, poursuit un développement rapide
et de préservation qui ne saurait s’arrêter. La plupart des grands pays ont décidé de la
mettre en application, comme les États-Unis, le Canada, le Mexique,
la Chine, l’Inde, l’Australie…
1.4.1 Séchage artificiel : une prestation majeure
À ce jour, les échanges intra-communautaires ne sont pas concer-
Les effets de l’humidité et de l’eau sur le bois et, par voie de nés, hormis pour le Portugal. Mais pour répondre aux demandes
conséquence, sur les emballages sont de type mécaniques (amoin- des utilisateurs et aux exigences réglementaires et environnemen-
drissement des propriétés), biologiques (vulnérabilité accrue aux tales en vigueur sur le plan mondial, depuis janvier 2010, toutes les
champignons et moisissures), chimiques (transmission possible de palettes neuves EPAL, fabriquées par tous les pays licenciés et ce
composés naturels ou chimiques) et physiques (transfert de masse quel que soit leur pays de fabrication, doivent être conformes à la
entre l’emballage et le produit). NIMP 15.
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Depuis mars 2010, seul le traitement à la chaleur (56 °C à cœur que le taux d’humidité du bois atteigne une valeur légèrement
pendant une durée minimale de 30 minutes) est autorisé. Ce proces- supérieure au point de saturation des fibres (30 %). À des taux
sus est respectueux de l’environnement, contrairement à la fumiga- inférieurs, le champignon meurt rapidement et, si le bois est
tion au bromure de méthyle, dont l’utilisation en Europe a été gorgé d’eau, il ne peut se développer (d’où l’efficacité de la
interdite depuis mars 2010. Le traitement thermique n’a quasiment conservation des grumes par immersion ou aspersion).
pas d’incidence sur l’humidité du bois ; ce n’est pas le but recher- La température optimale est située entre 22 et 30 °C. Les cham-
ché. Les fours, étuves et séchoirs peuvent être utilisés pour effectuer pignons résistent bien aux basses températures (gelées d’hiver) et
cette prestation phytosanitaire. Ces installations doivent être peuvent reprendre leur activité après une période de froid, dès
agréées par la DGAL (Direction générale de l’alimentation) et font que la température extérieure atteint environ 22 °C.
l’objet de contrôles réguliers par les SRAL (services régionaux de
l’alimentation). Des inspections régulières des entreprises sont réali- Compte tenu des substances qu’il contient (amidon, sucres, pro-
sées par les SRAL, afin de vérifier la véracité des déclarations de téines), l’aubier des bois résineux est, en général, attaquable par
l’industriel et sa capacité à respecter les exigences du programme. les champignons de bleuissement : pin maritime et pin sylvestre
sont les deux essences les plus sensibles. De même, ces orga-
Dans ces installations à double fonctionnalité, les industriels nismes contaminent le douglas, l’épicéa et, plus occasionnelle-
attachent un soin tout particulier à : ment, le sapin. Des essences feuillues métropolitaines telles que
– l’étalonnage des capteurs de température ou des sondes dans les peupliers et le hêtre sont également sujettes à ces attaques.
le bois ;
En scierie, un séchage rapide des sciages issus de grumes
– l’application des abaques et des consignes relatives aux tables
saines évite toute contamination. Le séchage artificiel est le pro-
de séchage ;
cédé le plus sûr pour éviter les attaques de champignons ; de
– la tenue d’un cahier de consignation des installations ;
plus, un tel séchage peut détruire en même temps certains œufs
– un marquage rigoureux établissant la bonne réalisation du trai-
ou larves d’insectes qui seraient présents dans le bois.
tement.
4
Les débits séchés doivent être ensuite stockés à l’abri de
Un marquage normalisé est utilisé pour certifier que les emballages
l’humidité : les champignons à l’origine du bleuissement peuvent
bois concernés ont bien été soumis à la prestation phytosanitaire.
s’installer dans des débits qui ont été convenablement séchés, mais
Seules les entreprises disposant d’un numéro d’enregistrement sont
qui se sont ensuite réhumidifiés au-delà de 30 %. Le séchage à l’air
habilitées à appliquer le marquage sur les emballages bois. Celui-ci
est, en général, trop lent sous nos climats pour éviter des risques de
est apposé de façon visible et de préférence sur au moins une des
contamination. Un traitement chimique préventif des sciages doit
deux faces opposées du produit traité pour une meilleure traçabilité.
alors être appliqué dès la tombée de scie. Ce traitement consiste en
Il comporte, en plus du logo IPPC (épi de blé), le code-pays ISO un trempage rapide ou une aspersion des débits avec un produit
à deux lettres, suivi du code ISO de la région et du numéro approprié.
d’enregistrement attribué au producteur par les services chargés
de la protection des végétaux, ainsi que l’initiale du traitement Des moisissures peuvent également apparaître plusieurs
phytosanitaire utilisé (HT). semaines après un traitement thermique des bois verts (NIMP 15).
Elles se développent particulièrement en atmosphère confinée,
Désormais, sécher artificiellement les palettes (évacuation de qui maintient une humidité du bois élevée à sa surface.
l’humidité) et satisfaire à la fois aux exigences de la NIMP 15 sont
deux opérations qui sont facilement réalisées en une seule étape, Lorsque des palettes ou des sciages sont empilés les uns sur les
dans un séchoir. Pour les utilisateurs, de plus en plus sensibles autres, seules les zones en contact avec l’air présentent un déve-
aux process à caractère écologique, les avantages induits sont loppement de moisissures.
nombreux : possibilité d’utiliser des palettes susceptibles de voya- Des traitements fongicides chimiques peuvent également être
ger partout dans le monde sans entrave aucune, amélioration des utilisés, à titre préventif et temporaire, sur des sciages frais, selon
résistances mécaniques et des respects dimensionnels, tare plus autorisation en cours (REACH et pour le contact alimentaire, fiche
constante des palettes, réduction des transferts d’humidité et pré- Matériau bois DGCCRF n° 2012-93).
servation des produits.
Dans certains cas, les palettes peuvent être manipulées encore
manuellement ; l’utilisation de palettes sèches permet d’en alléger Selon les connaissances actuelles, il n’y a pas de contre-
sensiblement le poids. La réduction peut atteindre 8 à 9 kg dans le indication à l’utilisation de bois bleui pour la fabrication des
cas d’une palette normalisée en pin maritime de 0,04 m3, passant palettes et pas davantage pour son utilisation. S’agissant d’un
d’une humidité de 60 % à 25 % (soit une diminution de 29 % par simple désordre esthétique, cette coloration n’altère en rien
rapport à la masse initiale), et 12 à 13 kg dans le cas d’une palette les caractéristiques mécaniques du bois, et donc de la palette
très humide (aux environs de 80 %). ou des caisses. Ceci est d’ailleurs validé dans les cahiers des
charges de différentes palettes « normées » ou standardisées :
la palette EPAL ou la palette CP à titre d’exemples. Ces colora-
1.4.3 Bleu et moisissures tions dues au bleuissement sont bien identifiées dans les
normes AFNOR et EN 13698.
Le bleuissement est l’altération la plus communément rencon-
trée dans le cas des emballages en bois fabriqués en certaines
essences. Il se manifeste par une coloration du bois variant du
gris clair au bleu noirâtre, sous forme de bandes ou de flammes 1.5 Matériaux dérivés du bois
plus ou moins importantes. Cette coloration est plus ou moins et autres matériaux
intense selon l’humidité du bois et la profondeur des couches de
bois infestées ; elle est en effet le seul indice d’une infestation.
Ce n’est pas le bois lui-même qui est coloré, mais les filaments 1.5.1 Dés en bois moulés
de champignons distribués dans les cellules du bois. Quand le En complément du bois brut, massif, des dés (ou plots) en bois
bois est très humide, le champignon apparaît sous la forme d’un moulés peuvent être employés. Ces dés cylindriques ou cubiques
tissu velouté blanc, grisâtre, devenant très foncé, qui recouvre le composés de fines particules de bois compressées et amalgamées
bois. Les bois infestés par ces champignons sont colorés d’une entre elles, présentent des caractéristiques techniques intéressantes :
façon définitive et leur présence nuit à l’adhérence de la peinture. taux d’humidité et densité constants, bonne résistance à l’humidité,
Le développement de tels champignons ne peut avoir lieu que calibrage précis, bonne résistance à l’arrachement, ne posant pas de
dans certaines fourchettes d’humidité et de température. Il faut difficulté lors du recyclage.
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Emballages en verre
par Michel MOSSÉ
Docteur en Métallurgie
Ancien adjoint au Directeur technique, Recherche et Développement
de la Branche Conditionnement de Saint-Gobain
Consultant en Emballage
4
3.2 Principaux types de fours ........................................................................... — 5
3.3 Conditionnement thermique du verre ....................................................... — 6
3.4 Formations des paraisons........................................................................... — 6
3.5 Procédés de formage .................................................................................. — 6
3.6 Traitement thermique de recuisson ........................................................... — 7
3.7 Traitements de surface ................................................................................ — 7
3.8 Contrôles de qualité .................................................................................... — 8
3.9 Emballages pour stockage et transport ..................................................... — 9
4. Fabrication des ampoules, flacons et piluliers en verre étiré ..... — 9
4.1 Fabrication des tubes par étirage............................................................... — 9
4.2 Fabrication des ampoules à partir des tubes ............................................ — 9
4.3 Fabrication des flacons à partir des tubes................................................. — 10
5. Propriétés fonctionnelles ...................................................................... — 10
5.1 Propriétés mécaniques................................................................................ — 10
5.2 Résistance chimique.................................................................................... — 11
5.3 Inertie bactériologique ................................................................................ — 12
5.4 Imperméabilité aux agents extérieurs ....................................................... — 12
6. Parachèvements ....................................................................................... — 12
6.1 Parachèvement par ablation de matière.................................................... — 12
6.2 Parachèvement par addition d’autres matières ........................................ — 13
7. Bagues et systèmes de bouchage ....................................................... — 14
8. Recyclage du verre pour emballages ................................................. — 16
8.1 Systèmes de collecte................................................................................... — 16
8.2 Traitement du verre après collecte............................................................. — 17
8.3 Économies d’énergie liées au recyclage.................................................... — 17
8.4 Résultats de la collecte et du recyclage en France et en Europe
de l’Ouest ..................................................................................................... — 17
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 785
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Cela est dû, d’une part, à la modernisation des installations de production ayant
permis d’augmenter la productivité et donc de maîtriser les coûts et, d’autre part,
aux efforts technologiques qui ont permis aux verriers – mais ils ne sont pas
les seuls – un allègement significatif de leurs emballages standards, permettant
ainsi de répondre à la concurrence des autres matériaux et aux contraintes
environnementales. Toutefois, il est clair que ces observations sont aussi valables
pour la quasi-totalité des autres matériaux d’emballage, soumis à la même
concurrence et aux mêmes contraintes, l’emballage étant toujours considéré par
certains comme le symbole d’une tendance au gaspillage alors qu’il constitue
pratiquement un des meilleurs indicateurs de développement économique.
Par rapport aux autres matériaux d’emballage classiques (papier-carton,
matières plastiques, métal, composites), le verre pour emballages présente des
spécificités qui sont des points forts ou des points faibles.
Parmi les points forts, on peut citer :
— ses qualités « hygiéniques » : inertie, non toxicité, imperméabilité aux gaz et
aux odeurs ;
— sa fonction d’image pour le contenu, en alimentaire ou en parfumerie-
cosmétique ;
— sa transparence ;
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— l’emballage de transport ou emballage tertiaire, c’est-à-dire Les emballages en verre s’adressent donc à quatre principaux
l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le trans- marchés de produits liquides, pâteux ou solides :
port d’un certain nombre d’unités de vente ou d’emballages groupés — produits alimentaires ;
en vue d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au — produits pharmaceutiques ;
transport. L’emballage de transport ne comprend pas les conteneurs — parfumerie et cosmétique ;
de transport routier, ferroviaire, maritime et aérien. — produits chimiques et divers.
Les emballages en verre sont dans la quasi-totalité des embal- Les parts de marché respectives face aux emballages concurrents
lages primaires. varient beaucoup d’un pays à l’autre en fonction notamment :
Les principales fonctions de l’emballage primaire (et aussi en — du niveau de développement économique ;
général de l’emballage secondaire) sont les suivantes : — des habitudes de consommation ;
— maintenir la qualité du produit contenu tout au long du cycle — de l’âge des populations et de la démographie ;
de vie du couple contenant/contenu, depuis le conditionnement du — des réglementations et sensibilités environnementales ;
contenu jusqu’au stockage chez le consommateur (ou l’utilisateur) — de la nature des circuits de distribution ;
final ; — de la concurrence locale des autres emballages.
— satisfaire les besoins du consommateur (ou de l’utilisateur) : Le lecteur se reportera dans le « Pour en savoir plus »
commodité d’usage, de stockage, etc. ; [Doc. A 9 785] pour connaître les statistiques récentes sur les parts
— assurer la présentation du produit pour déclencher l’acte de marché observées en France dans certains secteurs des liquides
d’achat et la reconnaissance de la marque ; alimentaires où il existe une forte concurrence des autres matériaux.
— satisfaire aux règlements le concernant (fonctionnels, santé
En ce qui concerne les marchés de la pharmacie et de la santé
publique, etc.) ;
en général, le verre doit faire face à une très forte concurrence des
— satisfaire aux contraintes des lignes de conditionnement, du
plastiques dans le domaine des sirops et des flacons pour perfusion.
transport et de la distribution ;
4
Il conserve toutefois de très fortes positions pour le conditionnement
— satisfaire aux contraintes environnementales.
de produits sensibles.
Cette liste n’est pas exhaustive.
Dans le domaine de la parfumerie, le verre conserve des positions
L’ensemble des fonctionnalités attendues ne peut en général être extrêmement fortes dans la « haute parfumerie », marché où la
atteint qu’en associant emballages primaires, secondaires et France est leader mondial incontesté. La concurrence des embal-
tertiaires lors de la conception de l’emballage primaire. Dans le cas lages en plastique est forte dans le cas des produits cosmétiques
des emballages en verre, les fonctions de l’emballage ne sont et de la parfumerie dite « de grande diffusion ».
également obtenues que par l’association des principaux
Pour le conditionnement des produits chimiques, le verre est
composants : bouteille, pot au flacon, bouchage et parachèvement.
utilisé chaque fois que la nature du contenu le rend nécessaire.
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— les verres borosilicatés, dont la résistance chimique et/ou au Les diverses teintes sont obtenues comme suit.
choc thermique est très supérieure, sont utilisés pour certains Verres blancs : ce sont des verres incolores, contenant des teneurs
produits pharmaceutiques ou chimiques ; en oxyde de fer aussi faibles que possible ; en pratique, ces teneurs
— les verres opales, qui sont des verres sodocalciques enrichis se situent entre 0,020 % et 0,060 % en Fe 2O3. Leur élaboration
en fluor dans lesquels l’opalisation est obtenue par précipitation de nécessite donc des matières premières, notamment le sable, de pre-
cristaux de CaF2 ou NaF. Ils sont utilisés pour les produits de la parfu- mière qualité. Les quelques traces de fer néanmoins introduites par
merie, de la cosmétique et parfois pour conditionner des spiritueux les matières premières confèrent au verre une légère nuance ver-
ou des liquides alimentaires de haut de gamme. dâtre en milieu oxydé qui peut être neutralisée par l’introduction
Le lecteur pourra se reporter aux articles cités précédemment pour d’éléments apportant une coloration rose, violacée
plus de précisions sur le rôle des différents composants dans les complémentaire ; il s’agit du procédé de décoloration chimique.
processus de fabrication et les propriétés des différentes classes de Verres mi-blancs : la teneur en oxyde de fer est alors supérieure
verre (également [9]). à 0,060 % et le procédé de décoloration ne peut être appliqué. La
Le tableau 1 regroupe les compositions usuelles des verres cités teinte très claire peut varier du bleu au jaune en fonction du degré
ci-dessus : on distingue les oxydes formateurs, les oxydes modifi- d’oxydation du fer, le bleu étant apporté par FeO et le jaune-vert
cateurs (comprenant fondants et stabilisants) et les constituants par Fe2O3 .
secondaires (colorants). On utilise aussi en très faible quantité des Verres champagne : ils possèdent une teinte verte nettement
constituants affinants oxydants (sulfates) ou réducteurs (coke ou prononcée, engendrée par la présence d’oxyde de fer en forte teneur
laitiers de haut-fourneau). (0) (de 0,1 % à 0,3 % en Fe2O3) et l’introduction d’oxyde de chrome
(environ 0,15 % en Cr2O3). Pour masquer l’effet trop cru de ce dernier
colorant, on peut exceptionnellement ajouter en très faible quantité
Tableau 1 – Composition pondérale (en % d’oxyde) des oxydes de nickel et de manganèse. La constance de la teinte
des verres pour emballages (caractéristiques spectrales) exige un contrôle précis et permanent
4 sodocalciques borosilicatés
de l’état d’oxydo-réduction de la masse en fusion (verres champagne
filtrant les rayons UV en particulier).
Verres à nuance jaune-brun : il s’agit d’une teinte particulière due
Verres neutre à la présence de sulfure et de polysulfures de fer développés dans
transpa-
opales ou Pyrex un verre de base fortement réducteur. Ces types de verre sont réputés
rents
verre I pour leur pouvoir filtrant élevé vis-à-vis de radiations nocives pour
Usages (1) A/B/C/D C B D certains liquides alimentaires et pharmaceutiques.
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Emballages métalliques
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1.1.3 Fer noir ................................................................................................ — 4
1.1.4 Fer chromé .......................................................................................... — 4
1.1.5 Acier inoxydable ................................................................................. — 4
1.1.6 Mise en œuvre .................................................................................... — 4
1.2 Matériaux à base d’aluminium................................................................... — 5
1.2.1 Mise en forme ..................................................................................... — 5
1.2.2 Traitement de surface et revêtement ................................................ — 6
2. Typologie des emballages métalliques .............................................. — 6
2.1 Petits conteneurs ......................................................................................... — 6
2.2 Fûts et jerricans............................................................................................ — 7
2.2.1 Principaux types ................................................................................. — 7
2.2.2 Techniques de fabrication .................................................................. — 8
2.3 Bidons. Seaux. Boîtes.................................................................................. — 9
2.3.1 Principaux types ................................................................................. — 9
2.3.2 Techniques de fabrication .................................................................. — 10
2.4 Emballages à pression et emballages spéciaux ....................................... — 12
2.5 Systèmes de bouchage ............................................................................... — 12
2.5.1 Bouchages métalliques ...................................................................... — 12
2.5.2 Bouchages en matière plastique ....................................................... — 12
2.5.3 Systèmes mixtes................................................................................. — 13
2.5.4 Éléments à prendre en considération dans le choix des bouchons — 13
2.5.5 Exigences pour le perçage du dessus de l’emballage..................... — 13
3. Choix de l’emballage............................................................................... — 13
3.1 Compatibilité contenant/contenu ............................................................... — 13
3.1.1 Caractérisation du produit ................................................................. — 13
3.1.2 Éléments de l’emballage.................................................................... — 14
3.1.3 Essais de compatibilité....................................................................... — 14
3.2 Contraintes de transport et de législation ................................................. — 14
4. Conditions d’utilisation des emballages ........................................... — 14
4.1 Manutention................................................................................................. — 14
4.2 Entreposage ................................................................................................. — 14
4.2.1 Température et hygrométrie.............................................................. — 15
4.2.2 Atmosphère extérieure et propreté du bâtiment de stockage........ — 15
4.2.3 Après remplissage.............................................................................. — 15
4.3 Remplissage................................................................................................. — 16
5. Emballages métalliques et environnement ...................................... — 16
5.1 Récupération de l’acier................................................................................ — 16
5.2 Récupération de l’aluminium ..................................................................... — 16
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 760
Parution : février 1995
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A9760
1. Matériaux utilisés caractéristiques nouvelles, au point qu’il est admis, par tous les
spécialistes, que ce matériau est loin d’avoir donné toute sa mesure.
et mise en œuvre Les problèmes de compatibilité avec les produits alimentaires et
de réglementation pour les matières dangereuses sont examinés
dans les articles spécialisés du présent traité.
1.1 Matériaux à base d’acier Le matériau utilisé sera différent selon qu’il s’agit :
— de fûts (ou autres emballages industriels tels que jerricans,
Chacun croit connaître l’acier. Chacun pense qu’il s’agit d’un
caisses, petits conteneurs ) : ils ont une épaisseur supérieure à
matériau lourd, réservé à la grosse industrie. Or ses grandes qualités
0,49 mm et sont fabriqués en tôle commerciale (§ 1.1.1) ;
de souplesse et de résistance en font un matériau particulièrement
— d’emballages légers (boîtes, bidons, seaux, etc., de contenance
innovant et adaptable.
inférieure ou égale à 40 L ou 50 kg) : ils ont une épaisseur inférieure
En effet ces quinze dernières années, l’acier est entré dans une ou égale à 0,49 mm et sont fabriqués en fer-blanc (§ 1.1.2) ou en fer
nouvelle phase de développement grâce à des progrès techniques noir (§ 1.1.3). Pour certaines applications, on peut cependant cher-
révolutionnaires. La coulée continue, le procédé de double réduction cher à remplacer le fer-blanc par des fers sans étain ( fers
à froid, le traitement sous vide ont permis d’accroître la qualité des chromés, § 1.1.4) ; l’acier inoxydable (§ 1.1.5), matériau très noble,
aciers, leur homogénéité, leur propreté interne et par conséquent n’est utilisé que pour l’emballage de produits très corrosifs et très
leur plasticité. Les résistances et la malléabilité augmentent, les chers.
épaisseurs des emballages diminuent à performances égales ou Remarque : pour des contenances ne dépassant pas 5 L, les emballages métalliques indi-
supérieures. On en est déjà à la cinquième génération de boîtes acier viduels sont transportés dans des caisses, généralement en carton (emballage combiné ),
alimentaires ! ou en charges palettisées.
Pour des contenances supérieures, ils sont utilisés seuls comme emballages de
Dans 95 % des cas, les techniques utilisées aujourd’hui n’existaient transport.
pas il y a 15 ans. On découvre sans cesse des nuances d’acier aux
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1.1.1 Tôle commerciale ■ Fer-blanc simple réduction : il est réalisé à partir d’une bande
d’acier qui, après un laminage à froid, a subi un recuit et un écrouis-
Il s’agit de tôle en acier doux, laminée à froid et recuite, conforme sage superficiel ; l’épaisseur finale est comprise entre 0,1 et 0,49 mm.
à l’euronorme NF EN 10130. Pour ce type de fer-blanc, il existe six classes de dureté, exprimées
dans l’échelle Rockwell 30 T (cf. norme NF EN 10203), la dureté allant
Toutes les forges sont susceptibles de fournir les tôles spécifiques en croissant de la classe T 50 (HR 30 T 52) à la classe T 65
à chaque fabrication : fûts de divers types (§ 2.2), caisses, petits (HR 30 T = 61 à 69).
conteneurs (§ 2.1), etc.
■ Fer-blanc double réduction : il est fabriqué à partir d’une bande
d’acier qui, après un premier laminage à froid et le recuit, subit une
1.1.2 Fer-blanc deuxième réduction d’épaisseur à froid d’environ 30 %. L’acier ainsi
obtenu est généralement plus raide que celui de la classe T 65 en
On appelle fer-blanc une mince feuille d’acier doux, d’une épais- simple réduction, ce qui permet d’utiliser des fers plus minces sans
seur inférieure à 0,49 mm, recouverte électrolytiquement d’étain sur perte de la résistance de l’emballage. Ses caractéristiques
ses deux faces [1]. mécaniques sont anisotropes et il faut, pour l’utiliser, tenir compte du
sens du laminage.
Le fer-blanc possède une structure stratifiée ; on rencontre, en
partant de l’acier, une couche d’étain allié de 0,08 µm, une couche Les épaisseurs habituellement réalisées en fer-blanc double réduc-
d’étain libre de 0,3 à 0,7 µm, une couche de passivation de 0,002 µm tion vont de 0,14 à 0,29 mm.
et une couche d’huile de 0,002 µm.
Les caractéristiques générales des fers-blancs sont définies dans [Link] Caractéristiques du revêtement
l’euronorme NF EN 10203. Le revêtement d’étain est obtenu par dépôt électrolytique. Ce
Il faut noter deux propriétés importantes du fer-blanc pour la fabri- procédé a supplanté la technique traditionnelle d’étamage à chaud,
4
cation des emballages métalliques : la soudabilité et l’aptitude au employée jusqu’en 1979. Ce procédé consistait à tremper les feuilles
vernissage (§ 1.1.6). de fer dans un bain d’étain en fusion.
Le fer-blanc électrolytique est obtenu soit par étamage alcalin à
[Link] Acier de base partir de bains d’étain tétravalent, soit par étamage acide à partir
de bains d’étain bivalent. Il n’acquiert son fini brillant et sa couche
C’est un acier doux dont la composition chimique (% en masse) d’alliage qu’après fusion du revêtement d’étain. Lorsque l’opération
peut varier jusqu’à ces limites supérieures (d’après la production de de fusion est omise, le fer-blanc est dit mat et la couche d’alliage
Sollac) : est absente. Sauf spécification contraire, le fer-blanc électrolytique
carbone.......................................................... 0,13 est livré brillant. Ce procédé d’étamage électrolytique, plus rapide
manganèse.................................................... 0,70 et plus précis que l’étamage à chaud a permis une forte réduction
phosphore ...................................... de 0,015 à 0,15 de la masse d’étain et une offre plus diversifiée des taux d’étamage.
soufre............................................................. 0,05 Le taux d’étamage s’exprime en grammes par mètre carré (g/m2).
azote .............................................................. 0,02 Sa valeur moyenne ne devra pas être inférieure au taux d’étamage
silicium .......................................................... 0,02 minimal approprié, conformément au tableau 1 (d’après l’euro-
cuivre ............................................................. 0,20 norme NF EN 10203). (0)
La carbone confère à l’acier résistance mécanique et dureté. Les
teneurs en aluminium et en silicium varient en fonction du type de
calmage. Le phosphore et l’azote jouent le rôle d’agents raidisseurs : Tableau 1 – Taux d’étamage normalisés
ils ne sont cependant présents dans l’acier, à des teneurs corres- (d’après la norme NF EN 10203)
pondant éventuellement aux limites supérieures indiquées, que s’ils
ont été ajoutés intentionnellement pour réaliser du fer-blanc à Taux d’étamage Taux d’étamage
usages spéciaux, comme par exemple des emballages devant Codification nominal moyen minimal
supporter de fortes pressions internes.
(g/m2) (g/m2)
En présence de milieux corrosifs, la teneur en phosphore doit être
réduite, cet élément diminuant la résistance à la corrosion. D’une Fer-blanc électrolytique à étamage égal
façon générale, la composition chimique de l’acier n’est pas sans sur total des
incidence sur la résistance à la corrosion du fer-blanc par les produits chaque face deux faces total des deux faces
alimentaires acides. Ainsi, moins il y a de traces de non-métaux dans E 1,0/1,0 1,0 2,0 1,5
l’acier, meilleure en est la résistance naturelle à la corrosion. C’est E 2,0/2,0 2,0 4,0 3,4
pourquoi la norme ASTM 623-90 distingue : E 2,8/2,8 2,8 5,6 4,9
— l’acier du fer-blanc destiné aux produits fortement corrosifs : E 5,6/5,6 5,6 11,2 10,2
il doit être pauvre à la fois en non-métaux et en éléments métalliques E 8,4/8,4 8,4 16,8 15,5
résiduels, c’est l’acier type L (low metalloid) ; E 11,2/11,2 11,2 22,4 20,6
— celui destiné aux milieux moyennement corrosifs : les res- E 15,1/15,1 15,1 30,2 28,4
trictions relatives au phosphore et au cuivre sont allégées et celles
relatives aux éléments résiduels supprimées, c’est l’acier type MR. Fer-blanc électrolytique à étamage différentiel
sur sur sur sur
[Link] Caractéristiques mécaniques de l’acier une face l’autre face une face l’autre face
D 5,6/2,8 5,6 2,8 5,1 2,45
Le fer-blanc doit se prêter aisément à la mise en forme et doit offrir
D 8,4/2,8 8,4 2,8 7,75 2,45
une résistance suffisante au cours de l’emploi envisagé. L’acier sera
D 8,4/5,6 8,4 5,6 7,75 5,1
donc, selon le cas, choisi plus ou moins raide (la raideur correspond
à la résistance à la déformation par cintrage) ; autrefois, l’aptitude D 8,4/11,2 8,4 11,2 7,75 10,3
à la déformation était le seul critère de caractéristiques mécaniques. D 11,2/2,8 11,2 2,8 10,3 2,45
Maintenant une classification, adaptée aux nouvelles méthodes de D 11,2/5,6 11,2 5,6 10,3 5,1
fabrication, a été élaborée sous le nom de temper . La raideur D 15,1/5,6 15,1 5,6 13,3 5,1
s’apprécie par mesure de la durée superficielle.
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La couche d’alliage étain-fer du fer-blanc électrolytique brillant est 1.1.4 Fer chromé
obtenue à la suite de l’opération de refusion.
Le taux d’étain allié se situe entre 0,4 et 1,25 g/m2 simple face. Le fer chromé (en anglais : tin free steel ou TFS, normalisé sous
le nom de ECCS : electrolytic chromium/oxide coated steel ) est
[Link] Étamages particuliers obtenu à partir d’une feuille ou d’une bande d’acier qui cette fois
est revêtue d’un film de chrome et d’oxydes de chrome, d’épaisseur
Il est cependant possible de produire, en faisant appel à des très inférieure au micromètre. L’épaisseur de ce matériau varie entre
variantes de fabrication généralement brevetées, du fer-blanc 0,15 et 0,49 mm.
électrolytique avec une couche d’alliage présentant des caractéris-
tiques particulières de continuité. Les fers chromés font l’objet des normes NF EN 10202 et
ASTM 623, 657.
Ce fer-blanc est alors dit de type K. La structure et la continuité
de la couche d’alliage confèrent à ce type de fer-blanc une résistance
accrue à la corrosion par certains produits alimentaires acides. 1.1.5 Acier inoxydable
Les fers-blancs ainsi élaborés, désignés par la lettre K, sont en
principe réservés à la fabrication d’éléments de boîtes non vernis. L’acier inoxydable est utilisé pour certains emballages consignés
Les fers-blancs du type K répondent à un certain nombre de critères destinés à l’industrie chimique et pour lesquels on exige des qualités
de qualité définis à la suite des essais, tels que les essais dits AT particulières de résistance chimique.
(alloy tin couple test), ISV (iron solution value), PLT (pickle lag test),
À côté des multiples types d’aciers inoxydables pour les
la mesure de la taille du grain d’étain, etc. [2].
emballages légers, deux principaux peuvent être utilisés pour les
Les deux faces peuvent par ailleurs avoir soit le même revêtement emballages de transport, en particulier pour les fûts (cf. normes
d’étain, soit des revêtements d’épaisseurs différentes, auquel cas le NF A 35-573 et NF A 35-574) :
fer-blanc est dit d’étamage differentiel (ce qui permet une économie
4
— l’acier inoxydable NS 22 S (acier austénitique type 18-10 à très
d’étain). basse teneur en carbone) ;
En vue de distinguer les produits ayant des étamages différentiels, — l’acier inoxydable NSMC (acier austénitique type 18-10 avec
un marquage doit être apposé sur l’une des faces de la feuille. addition de molybdène, stabilisé au titane, ce qui augmente
Habituellement, ce marquage est apposé sur la face la plus riche, considérablement la résistance chimique à la plupart des milieux
mais il peut être convenu qu’il sera apposé sur la face pauvre. Le corrosifs plus élaborés) ; il ne nécessite pas de traitement thermique
marquage consiste en lignes droites parallèles mates d’environ après le soudage, la stabilisation du métal étant obtenue par addition
1 mm de largeur et espacées de 75 mm. suffisante de titane.
Si le marquage est apposé sur la face la plus riche, toutes les lignes
seront continues ; s’il est apposé sur la face la moins riche, une ligne
sur deux au moins sera discontinue. Dans tous les cas, la codification 1.1.6 Mise en œuvre
indique en premier le taux d’étamage de la face marquée ; la face
à placer vers le haut lors de l’empilage doit être clairement indiquée Les fers-blancs et les fers noirs ou chromés arrivent dans les usines
sur la commande. transformatrices en feuilles de 450 à 1 195 mm de long et de 590 à
1 145 mm de large ou en bobines de 5 à 10 t. Ces cotes et ces masses
[Link] Fers à faible revêtement d’étain varient suivant le type de boîte à réaliser. Pour certaines, de grande
série, des fers spéciaux aux tolérances bien déterminées permettent
Les recherches de nouveaux matériaux à haute performance, tout de réduire les chutes au minimum.
en permettant de réduire le taux d’étain, ont abouti à une nouvelle
génération de fers LTS (low tin steel) à faible revêtement d’étain. Ces feuilles sont alors imprimées, vernies, ou utilisées en l’état
Les matériaux subissent une élaboration originale du revêtement, (on dit alors qu’elles sont nues ). Elles sont ensuite découpées, mises
par exemple, en optimisant le dépôt de chrome et l’oxyde de chrome en forme et assemblées.
issus de la passivation, ou encore en faisant intervenir une couche Pour les fûts, les traitements de surface (revêtements, décorations)
de nickel. sont le plus souvent effectués après fabrication.
Les principales techniques d’assemblage sont, dans l’ordre de leur
évolution (figure 1) :
1.1.3 Fer noir — montage à plat et soudage à l’étain ; fers-blancs
— agrafage contresoudé à l’étain ; seulement
On entend par fer noir une tôle en acier doux, de même
— agrafage-thermocollage ;
composition, de même épaisseur et de mêmes caractéristiques que — soudage électrique (recouvrement 3 mm ) ;
le fer-blanc (§ 1.1.2), laminée à froid et n’ayant subi ni étamage, ni — soudage électrique bout à bout (recouvrement 0,4 mm) dit
huilage, ni aucun autre traitement de surface. WIMA (wire mashing automatic bodymaker, à électrode continue en
Le fer noir n’ayant pas subi de traitement de protection de surface fil de cuivre).
est donc sensible à la corrosion en général et à la corrosion atmos- Pour la fabrication en grande série d’emballages en fer (blanc, noir
phérique en particulier. C’est pourquoi il est recommandé de le ou chromé), l’assemblage se fait par soudage électrique (en
protéger, par exemple, en le vernissant dans les plus brefs délais. particulier WIMA ). L’agrafage contresoudé du fer-blanc est toutefois
Pour les caractéristiques mécaniques, on se reportera utilement encore utilisé pour certaines boîtes à conserves. L’agrafage-thermo-
à l’euronorme NF EN 10205. L’épaisseur du fer noir peut varier entre collage est employé pour l’emballage industriel.
0,15 et 0,49 mm. En 1992, sa production a atteint 12 000 t (docu- En dehors de ces techniques de grande série, il faut également
mentation provenant de chez Sollac). citer l’assemblage par soudure de la tôle commerciale, de l’acier
inoxydable et d’autres métaux ferreux. En général, il s’agit du
soudage électrique à la molette pour lequel les spécifications sont
définies par l’Institut de soudure.
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A9765
4
1.3 Fabrication.................................................................................................... — 2
1.3.1 Onduleuse ........................................................................................... — 2
1.3.2 Mariage................................................................................................ — 4
2. Emballages en carton ondulé ............................................................... — 4
2.1 Fabrication.................................................................................................... — 4
2.1.1 Caisses à rabats .................................................................................. — 4
2.1.2 Articles découpés ............................................................................... — 5
2.1.3 Petit façonnage ................................................................................... — 6
2.1.4 Impression........................................................................................... — 6
2.2 Modèles d’emballages ................................................................................ — 6
2.3 Performances des emballages en carton ondulé...................................... — 6
2.3.1 Contraintes mécaniques subies par l’emballage ............................. — 6
2.3.2 Contraintes physiques subies par l’emballage ................................ — 7
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 9 765
e renforcement des surfaces planes par ondulation, utilisé aux XVIe siècle
L dans l’habillement (collerettes tuyautées), fait à partir de 1819 l’objet de diffé-
rents brevets (métaux en feuille, textiles). Les premiers brevets concernant le
papier sont américains : utilisation du papier ondulé (1871), du simple face (1890).
La première onduleuse (anglaise) est installée en France en 1888 par une firme
américaine. La première onduleuse française est construite de 1891 à 1893. Les
premières caisses à rabats apparaissent en Amérique du Nord, d’où le nom
encore courant de caisse américaine.
La première machine de fabrication automatique de caisses est créée en 1914.
La vitesse de l’onduleuse passe de 5 à 6 m/min en 1903 à 20 m/min en 1920,
90 m/min, en 1939, et jusqu’à 300 m/min actuellement.
En chiffre d’affaires, le carton ondulé est en position de leader vis-à-vis des
autres matériaux d’emballage et de conditionnement. Il est utilisé dans toutes
les industries et professions, y compris l’agriculture et les services.
Dans les papiers utilisés pour la fabrication du carton ondulé, 70 % proviennent
de France. La production française de papiers pour le carton ondulé utilise 86 %
de papiers recyclés. Par ailleurs, les emballages en carton ondulé usagés sont
récupérés à près de 70 %.
Parution : octobre 1996
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
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A9765
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et donc découpés en plaques dès qu’ils sont fabriqués. Leur utili- selon des profils pseudo-sinusoïdaux de cinq grands types (figure 2
sation essentielle est l’emballage. et tableau 1). (0)
Le double face (DF, figure 1) est formé d’un simple face et d’une
couverture collée sur la face libre de la cannelure.
Le double double (DD, figure 1) associe deux simples faces et Tableau 1 – Cinq grands types de cannelures
une couverture.
Épaisseur
Le triple cannelure (TC, figure 1) associe trois simples faces et Symboles Types de cannelures
du carton ondulé
une couverture.
très grande cannelure supérieure à 6 mm
A grande cannelure de l’ordre de 5 mm
1.2 Composants C moyenne cannelure de l’ordre de 4 mm
B petite cannelure de l’ordre de 3 mm
E microcannelure inférieure à 2 mm
1.2.1 Couvertures
■ Kraftliner Pour le carton ondulé à plusieurs cannelures, les mêmes symboles
À l’origine, papiers à base de fibres neuves obtenues par un pro- sont utilisés et spécifiés dans l’ordre : cannelure extérieure vers
cédé chimique au sulfate de sodium ou à la soude, mais pouvant cannelure intérieure, par exemple BC-BAA.
incorporer actuellement des fibres recyclées. Le kraftliner est
d’aspect écru ou blanc. Les grammages sont compris entre 115
et 440 g/m2. 1.2.3 Colles
■ Testliner
Papiers essentiellement à base de fibres recyclées dont les La performance de la structure dépend étroitement de la qualité
grammages sont similaires à ceux du kraftliner. Le testliner est du collage. Les colles utilisées pour le collage couverture-cannelure
d’aspect écru ou blanc. sont à base d’amidon. Déposé sur les sommets de cannelures,
l’amidon se gélatinise sous l’effet de la chaleur et assure l’assem-
blage des papiers.
Pour un carton double face, le dépôt de colle sec est de 10
à 30 g/m2 . Des agents conférant une résistance à l’humidité du joint
de collage sont parfois incorporés à la colle.
1.3 Fabrication
1.3.1 Onduleuse
Cette machine, d’une centaine de mètres de longueur et d’une lar-
geur de 2 à 2,6 m (figure 3), se compose des éléments suivants.
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A 9 765 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité L’entreprise industrielle
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Référence Internet
A9767
4
4. Codes et schémas (tableau 4) ..................................................... — 4
e code a été établi par la FEFCO et l’ASSCO, pour être utilisé comme sys-
C tème de symboles simples, indépendants des langues et internationale-
ment intelligibles, permettant la désignation de types d’emballages en carton
sans avoir recours à des descriptions verbales souvent longues et compliquées.
Il peut ainsi faciliter la désignation des emballages dans les relations commer-
ciales.
La FEFCO et l’ASSCO sont seules habilitées à apporter des suppléments et
des modifications à ce code.
Les codes non définis dans le tableau 4 se trouvent dans le code complet
FEFCO/ASSCO.
Parution : janvier 1997
101
Référence Internet
A9767
(0)
Tableau 1 – Symboles utilisés dans les dessins et dans les systèmes informatiques
Signification des dessins Signification des dessins
Schéma Schéma
(avec code informatique) (avec code informatique)
Coupes, refoulures, entailles, etc. Joints d’assemblage
Contours des caisses montées (CL)
Lignes de coupe des formats de caisse Joint agrafé (SJ)
Échancrures (SC) Joint à bande gommée (TJ)
Joint à patte collée (GJ)
Refoulures (pli vers l’intérieur) (CI)
Refoulures (pli vers l’extérieur) (CO) Ouvertures
Poignée décortiquée (PC)
Coupe mi-chair (vers l’intérieur) (SI)
4
Poignée non décortiquée (NC)
Double ligne de refoulage (DS)
(0)
Tableau 2 – Principes
Dimensions des emballages
Pour mesurer et commander des emballages carton, ne pas oublier d’indi- Pour les caisses télescopiques, la hauteur h de la partie supé-
quer les dimensions intérieures en millimètres (mm) comme suit : rieure (couvercle) sera indiquée comme la quatrième dimension
après une barre oblique, soit :
longueur (L ) × largeur (B ) × hauteur (H )
355 × 205 × 120/40 mm
avec longueur (L ) dimension la plus longue à l’ouverture, (L ) (B ) (H ) (h )
largeur (B ) dimension la plus courte à l’ouverture,
Pour les caisses avec rabats extérieurs recouvrants, la profon-
hauteur (H ) dimension du niveau de l’ouverture jusqu’à la base. deur de recouvrement o sera indiquée comme une quatrième
Les dimensions doivent être mesurées dans les conditions de climat dimension, après une barre oblique, soit :
normalisées sur le format à plat, à partir du milieu des lignes de refoulage.
Les dimensions réelles sont ensuite déduites en prenant en compte l’épais- 355 × 205 × 120/40 mm
seur de la plaque. (L ) (B ) (H ) (o )
Exemple 2
Le type de base est principalement du type 0303 mais le pli diagonal du
couvercle est sur le petit côté (BH ) et donc agrafé sur le grand côté
(LH ).
Ce type est décrit comme le 0303 BH /LH.
Les plis diagonaux sont dans les deux parties sur le petit côté (BH ).
Ce type doit être désigné comme suit : 0303 BH /BH.
102
Référence Internet
AM3575
Emballages plastiques
Polymères utilisés
par Pierre CHOMON
Cofondateur de la société Soplaril
Chargé de conférences et de formations
103
Référence Internet
AM3575
ETO ethylen oxide ou poly(oxyde d’éthylène) Le tableau 1 complète ce schéma en montrant que, quelle que
soit l’origine des matières premières (charbon, gaz, pétrole), on
EVA poly(éthylène/acétate de vinyle) passe par la phase des « grands intermédiaires » pour aboutir aux
produits finis utilisés par les transformateurs : textile, monofila-
EVOH poly(éthylène/alcool vinylique) ment, extrusion en films et feuilles, injection-soufflage et extru-
LLDPE linear low density polyethylene sion-soufflage pour les corps creux, rotomoulage, calandrage,
thermoformage, injection, coextrusion (tuyaux, films et feuilles),
LTS low temperature sealing mousse expansée.
4 MAP
MIF
modified atmosphere packaging
melt flow index
OPA polyamide biorienté Phase 1 : distillation atmosphérique
PP polypropylène Hydrogène
Méthane
PS polystyrène
Éthane
PSC polystyrène choc Éthylène C2 → 28 000 TM
PSE polystyrène expansé Naphta + Propane
distillation 2 Propylène C3 → 13 000 TM
PSEE polystyrène expansé/expansé-billes 100 000 TM
Butadiène C4 → 4 000 TM
PTFE poly(tétrafluoroéthylène) Butane
Chauffage
Benzène → 12 500 TM
PU polyuréthaneréthane 840 ∞C
sous 1 bar Toluène
PVAL poly(alcool de vinyle) Xylènes
Goudrons → 26 000 TM
PVC poly(chlorure de vinyle) + divers
PVDC poly(chlorure de vinylidène)
TM : tonne métrique
PVOH poly(alcool de vinyle)
SAN poly(styrène/acrylonitrile) Figure 1 – Raffinage du brut (source Emballages Magazine)
104
Référence Internet
AM3575
4
Butadiène
Charbon Méthane Méthanol : Phénol Formol
(gaz de houille) – Formaldéhyde Mélamine Formol
Pétrole – Acétate de vinyle Urée Formol
Acétate de polyvinyle
Charbon Benzène Phénol Polycarbonate
(goudron) Cyclohéxane Polyamide 6
Pétrole Acide maléique Polyester
Éthylbenzène – Styrène Polystyrène
Charbon Xylène Anhydride phtalique Polyester
(goudron)
Pétrole
Charbon Toluène Diisocyanates Polyuréthane
(goudron)
Pétrole
5 6 7
On trouve ce polymère basique ( –CH2 )n (d = 0,880 à 0,965) pour
la fabrication des emballages souples dans de multiples applica-
tions en fonction du procédé de polymérisation (§ 1.1.1), de sa PP PS Autres
densité et de son grade (§ 1.1.2). Polypropylène Polystyrène
[Link] PE radicalaire
Mais au fur et à mesure que l’on recherche :
C’est le premier procédé à avoir été développé ; il représente
encore la production la plus élevée. Les chaînes moléculaires sont – une diminution des épaisseurs ;
inorganisées (figure 3a) et la polymérisation s’effectue sous haute – une soudabilité de plus grande résistance mécanique ;
pression. Ses caractéristiques physiques et mécaniques – transpa- – une plus grande transparence ;
rence, brillance, résistance des soudures – sont dans la moyenne – un hot tack (résistance à chaud de la soudure) amélioré ;
et donnent encore largement satisfaction pour la plupart des appli- – de meilleures propriétés organoleptiques,
cations. Sa mise en œuvre est très facile. le transformateur est amené à s’orienter vers les PE linéaires.
105
Référence Internet
AM3575
PB Polybutène-1
Différents comonomères sont utilisés lors de la polymérisation :
*PBT – *PETG Polybutylènetéréphtalate – Copolyester – le butène avec quatre carbones ;
– l’hexène et le méthylpentène avec six carbones ;
PC Polycarbonate
– l’octène avec huit carbones.
*PE Polyéthylène (radicalaire) (2)
4
Les chaînes moléculaires sont organisées avec des branche-
ments sur mesure (figure 3b).
PEI Polyétherimide
Sa transformation en films et gaines est plus délicate, deman-
*PET Polyéthylènetéréphtalate – Polyester dant plus de puissance à la vis et une filière spécifique. C’est la rai-
son pour laquelle il est souvent en mélange avec le PE radicalaire
PMMA Poly(méthacrylate de méthyle) dans des proportions variant de 20/80 à 50/50.
*PP Polypropylène ■ Points faibles :
*OPP Polypropylène orienté – plus faible débit horaire ;
– usure plus rapide de la vis ;
*PS Polystyrène – stabilité de la bulle plus difficile.
*OPS Polystyrène orienté ■ Points forts : amélioration des propriétés mécaniques, allonge-
*PSC-HIPS Polystyrène choc ment, résistance à la déchirure amorcée, perforation, ce qui
entraîne :
*PSE Polystyrène expansé – une diminution des épaisseurs de l’ordre de 15 à 20 % par rap-
PTFE Poly(tétrafluoroéthylène) port au PE-BD radicalaire ;
– une soudure avec un excellent hot tack spécialement recherché
PUR Polyuréthane pour les machines F×F verticales (machines form and fill dans un
plan vertical) ;
PVAL *PVOH Poly(alcool de vinyle) – une diminution du pourcentage de fuites en présence de légè-
res souillures dans la zone soudée.
*PVC Poly(chlorure de vinyle)
*PVDC Poly(chlorure de vinylidène) [Link] PE métallocène mPE
106
Référence Internet
AM3575
C C C C C C C C C C C
VLDPE – TBDL très basse densité linéaire
LLDPE – BDL basse densité linéaire
MD moyenne densité H H H H H H H H H H n
HD haute densité O
C O
Afin de bénéficier au maximum d’un bon rapport performances/ La teneur en comonomère varie de 2,5 à 30 % en masse mais
prix, les films sont offerts en coextrusion et seule la couche fonc- dans le domaine de l’emballage, elle se limite souvent à 9 %.
tionnelle en contact avec le produit est en mPE pur.
4
■ Points forts : amélioration de la transparence et de la souplesse,
abaissement du point de fusion et plus grande plage de soudure,
1.1.2 Influence de la densité et du grade meilleure tenue au froid négatif, meilleur fluage du polymère dans
les plis de la soudure.
[Link] Densité ■ Points faibles : moins bonne barrière à la vapeur d’eau et aux
Quel que soit le type de polymérisation, on note les évolutions gaz (mais cela peut être un avantage pour la respiration des fruits
suivantes : et légumes, par exemple), moins bonne tenue thermique.
– en diminuant la densité : souplesse améliorée, abaissement du
point de fusion, meilleure transparence, plage de soudure plus [Link] Copolymère EEA : éthylène-acrylate d’éthyle
large, moins bonne barrière à H2O, facilité de transformation, dimi-
nution de la tenue au froid négatif, excellente résistance à la perfo- H H H H H H H H
ration et à la déchirure ;
– en augmentant la densité : mise en œuvre plus difficile, pro- C C C C C C C C
priétés optiques moins bonnes, plage de soudure réduite, tempé-
rature de soudure plus élevée, bonne résistance au froid négatif, H H H H H H H n
possibilité de pasteuriser voire stériliser, amélioration de la
C O
barrière à H2O, augmentation de la rigidité, meilleure résistance
aux agents chimiques, possibilité d’extruder des films de faible
OCH2CH3
épaisseur.
La figure 4 donne une échelle et un classement en fonction des
densités couramment rencontrées. En conclusion, les basses et ■ Points forts : amélioration de la flexion alternée, meilleure tenue
très basses densités (BD et TBD) sont utilisées pour leur transpa- aux basses températures (− 50 ˚C), large plage de soudure et très
rence, souplesse et grande facilité de soudure surtout en linéaire grande souplesse.
et métallocène, les moyennes densités (MD) pour la pasteurisa- ■ Points faibles : diminution de la barrière H2O mais surtout plus
tion, enfin les hautes densités (HD) pour la stérilisation, leur rigi- grande perméabilité aux gaz (3 à 4 fois plus que le PE-BD).
dité et une meilleure tenue aux produits chimiques.
Le grade (ou MIF : melt index flow) est l’indice de fluidité norma- ■ Points forts : toucher très soyeux, amélioration de la flexion
lisé (ASTM D 1238) qui mesure la masse de polymère écoulé pen- alternée ainsi que de la tenue à la perforation, abaissement du
dant un temps donné (10 min), sous une charge définie (2,160 g) point de fusion et agrandissement de la plage de soudure.
au travers d’un orifice calibré (filière ∅ 2,1 mm), à une température
donnée (190 ˚C).
[Link] Copolymère EMA : éthylène-acrylate de méthyle
Les propriétés qui en découlent sont :
– avec un grade bas : le produit est visqueux avec des chaînes Il présente les mêmes points forts que l’EBA, mais avec une plus
longues, une bonne rigidité, d’où son utilisation pour la production grande facilité d’extrusion en film mince.
de gaines par extrusion-gonflage ; Soulignons que tous ces copolymères sont produits en moins
– avec un grade élevé : le produit est fluide avec des chaînes cour- grande quantité, ils sont tous plus chers que les homopolymères,
tes, plus souple d’où ses applications pour la production de film en le PE/EVA étant celui qui subit la plus faible augmentation de prix.
filière plate, l’extrusion-lamination et couchage et l’injection. Par ailleurs, la plus grande difficulté du conditionnement qui
nécessite une excellente barrière, qu’elle soit à la vapeur d’eau ou
1.1.3 Copolymères à base d’éthylène aux autres gaz, c’est l’étanchéité des soudures, même en présence
de plis. Ces différentes formulations permettent généralement un
Afin d’améliorer encore l’adéquation (machinabilité, conserva- meilleur fluage du soudant dans les plis, afin de rendre étanche les
tion, étanchéité des soudures), les chimistes ont imaginé différents microcanaux qui se sont formés.
107
Référence Internet
AM3575
1.2 Polypropylène (PP) propriétés de transparence et brillance ainsi qu’une bonne résistance
à l’abrasion. Il résiste bien aux acides, aux bases, aux graisses mais
et polypropylène biorienté (OPP) sa résistance au froid négatif (− 30 ˚C) est moyenne, sauf pour les
copolymères. Sur le plan mécanique, il montre une excellente
1.2.1 Polypropylène résistance à la rupture, à la flexion et à la déchirure amorcée.
Le lecteur est invité à consulter Polypropylènes [AM 3 320]. 1.2.2 Polypropylène biorienté (OPP)
Les tableaux 3 et 4 donnent les caractéristiques techniques de
Ce polymère (d = 0,9) a totalement supplanté dans le domaine deux grands producteurs opérant sur le plan mondial.
de l’emballage souple la Cellophane qui dans les années 1960, Ces films sont produits selon les trois techniques décrites dans
avec plus de vingt usines dans la Communauté européenne, repré- le dossier [AM 3 576]. Si globalement les propriétés de barrière
sentait une production de 210 000 t/an, alors qu’aujourd’hui, une H2O et O2 sont peu influencées par la technologie de biorientation,
seule usine en Europe produit 30 000 t/an. le comportement sur les machines de conditionnement y est sensi-
Les récentes concentrations limitent le nombre des intervenants ble et la stabilité dimensionnelle ainsi que le pourcentage de
mais la production actuelle sous forme de film (800 000 t/an) conti- retrait sont différents.
nue néanmoins de progresser de 2 à 3 % par an. Mais la biorientation fait drastiquement chuter les propriétés de
On distingue trois grandes familles de polypropylène : soudure. C’est pourquoi tous ces films sont coextrudés ou laqués.
– homopolymère isotactique, pour lequel les fonctions méthyle ■ Films coextrudés : ils comportent sur chacune de leur face envi-
CH3 sont disposées régulièrement : ron 1,5 μm de copolymère ou de terpolymère qui permet une scel-
4
labilité assurant une certaine étanchéité à la vapeur d’eau du
H CH3 H CH3 H CH3 H produit conditionné.
C C C C C C C ■ Films laqués : le dépôt de la laque est effectué en reprise sur une
machine spécifique, ce qui entraîne un surcoût automatique dû :
H H H H H H H – à un certain pourcentage de déchet ;
– au prix de la laque ;
– homopolymère atactique, pour lequel les fonctions méthyle – à l’amortissement, la main-d’œuvre et l’énergie pour l’appliquer,
CH3 sont disposées au hasard : mais les avantages acquis permettent un bon rapport prix/
performances.
H CH3 H CH3 H H H • Laques pour améliorer la soudabilité/machinabilité : c’est en
abaissant le point de fusion de celles-ci par rapport à celui du PP
C C C C C C C homopolymère que ces laques ont été sélectionnées. Plus leur
point de fusion est bas, meilleure est la machinabilité et la cadence
H H CH3 H H H CH3 de production. Ces laques sont : vinylique-acrylique-acétochlorure
de vinyle ainsi que les ionomères, où cette fois le polymère
– homopolymère syndiotactique, pour lequel les fonctions apporte en complément la fonction hot tack et une plus grande
méthyle CH3 sont réparties d’une façon équilibrée sur la chaîne : intégrité des soudures. Chaque producteur formule ses mélanges
avec des additions de glissant, d’antibloc. Il convient donc de ne
pas se limiter à la connaissance de la nature chimique du
H CH3 H H H CH3 H polymère pour prendre une décision.
C C C C C C C • Laques abaissant la barrière à l’oxygène : le PVDC apporte
simultanément une barrière O2 et H2O ainsi qu’une soudure avec
H H H CH3 H H H un effet hot tack. L’EVOH et le PVOH apportent une excellente
barrière O2 surtout si l’humidité relative reste inférieure ou égale à
70 % mais pas de soudabilité. Ces différents matériaux se trouvent
• copolymère statistique, ou random, avec généralement 2 à utilisés seuls comme suremballage ou au contraire complexés
4 % d’éthylène en masse ; avec un soudant type PE afin d’assurer cette fois une étanchéité
rigoureuse des soudures permettant le conditionnement sous vide
• copolymère copobloc : ou sous atmosphère modifiée.
■ Films avec cavitation : par des additifs incorporés à la résine et
lors de la biorientation, il se crée des microcavités qui abaissent la
PP Copo PE PP Copo etc.
densité (jusqu’à 0,6) et apportent au film un aspect perlescent
encore rehaussé parfois par l’adjonction d’un pigment blanc.
H CH3 H CH3 H H H CH3 H H H H
■ Films métallisés : ce dépôt effectué sous vide donne un aspect
C C C C C C C C C C C C d’aluminium extrêmement brillant. Ses propriétés de barrière O2 et
H2O se trouvent profondément améliorées, surtout si la métallisa-
H H H H H H H H H H H H tion est combinée avec la présence d’une couche de PVDC ou
Homo-isotactique Statistique Polyéthylène PVOH.
■ Films avec rigidité améliorée : ces qualités ont été spécifique-
Ce polymère se caractérise par un point de fusion voisin de 160 ˚C, ment développées pour la production d’étiquettes, que celles-ci
ce qui lui permet d’être facilement utilisé comme élément soudant soient utilisées pour la décoration de barquettes injectées (procédé
lors de stérilisation à 130 ˚C. Il présente une bonne barrière à la IML : in mold labeling) ou pour le banderolage de bouteilles
vapeur d’eau, améliorée lorsqu’il est biorienté. Il présente de bonnes généralement en polyester.
108
Référence Internet
AM3576
Emballages plastiques
Procédés de transformation
par Pierre CHOMON
Cofondateur de la société Soplaril
Chargé de conférences et de formations
2.2
2.1.1 Types de films produits ...........................................................
2.1.2 Applications .............................................................................
Sans barrière O2 sur base PE et PP....................................................
—
—
—
5
5
7
4
2.2.1 Types de films produits ........................................................... — 7
2.2.2 Applications ............................................................................. — 7
3. Films coextrudés ............................................................................. — 7
3.1 Filière annulaire.................................................................................. — 7
3.2 Filière plate ......................................................................................... — 7
3.3 Procédé tandem.................................................................................. — 7
3.4 Produits de films coextrudés ............................................................. — 8
3.5 Principales applications ..................................................................... — 9
4. Synthèse, innovation et prospective .......................................... — 9
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. AM 3 576
es polymères décrits dans le dossier [AM 3 575], afin de pouvoir être utilisés
L dans leurs multiples applications d’emballage (produits agroalimentaires,
phytosanitaires pharmaceutiques, santé/beauté, bâtiment, agriculture, etc.)
subissent nombre de transformations.
Ce document explicite les différentes phases où le granulé se transforme en
film, s’associe à d’autres polymères (voire du papier et/ou de l’aluminium) afin
de se présenter sous la forme du produit fini, utilisable directement sur une des
multiples technologies des machines de conditionnement.
Le matériau d’emballage aura bien rempli ses missions (présentation, conser-
vation, machinabilité) en attendant... son prochain cycle de vie.
Parution : juillet 2008
109
Référence Internet
AM3576
MAP modified atmosphere packaging L’orientation des chaı̂nes moléculaires apporte les avantages
suivants :
MD machine direction
– augmentation de la résistance mécanique ;
MIF melt flow index – augmentation de la résistance à la perforation ;
– augmentation de la résistance à la déchirure non amorcée ;
mPE polyéthylène métallocène
4
– amélioration des propriétés de barrière O2 et H2O ;
MXD6 polyamide semi-aromatique – amélioration de la transparence ;
OPA polyamide biorienté – amélioration de la stabilité dimensionnelle (évidemment en
dessous du point de thermofixation).
OPP polypropylène biorienté
Par opposition, les polymères sont moins performants sur les
PA polyamide points suivants :
PAN polyacrylonitrile – diminution du coefficient d’allongement ;
– diminution, voire disparition, de la soudabilité ;
PBT polybutylène téréphtalate
– perte de la résistance mécanique après incision d’amorce de la
PC polycarbonate déchirure.
PE polyéthylène
PE-BD polyéthylène basse densité 1.1 Filière plate en deux opérations :
PE-HD polyéthylène haute densité procédé stenter
PET polyéthylène téréphtalate C’est la technologie utilisée pour la production des films « sup-
PETG polyester téréphtalate glycol modifié port » OPP, PET et OPA. Elle est de loin la plus répandue.
La figure 2 représente une ligne selon ce concept. Dans un pre-
PLA acide polylactique
mier temps, les polymères ci-avant mentionnés sont extrudés ou
PP polypropylène coextrudés avec des polymères barrières O2 (PVDC, EVOH, MXD6,
PA aromatique). Le film est reçu sur un cylindre froid, immergé
PS polystyrène dans l’eau, afin que les polymères se trouvent dans un état
PSC polystyrène choc amorphe. Il passe ensuite sur des rouleaux chauffants qui, par aug-
mentation de vitesse, réduisent l’épaisseur du film de 3 à 5 fois (sans
PSE polystyrène expansé changement de la largeur du film). C’est l’orientation longitudinale
(SM : sens machine, ou MD : machine direction).
PVA poly(alcool vinylique)
Le film est repris de chaque côté par des pinces montées sur des
PVC polychlorure de vinyle
chaı̂nes sans fin. Il entre dans un long tunnel où il est d’abord
PVDC polychlorure de vinylidène réchauffé (les chaı̂nes sont parallèles). Puis elles s’écartent pour
réaliser l’orientation transversale (ST : sens travers ou TD : trans-
PVOH poly(alcool de vinyle) verse direction). La largeur du film augmente alors de 3 à 5 fois,
SM sens machine ce qui réduit son épaisseur initiale de (3 ¥ 3 = 9 ou 5 ¥ 5 = 25 fois).
Puis les chaı̂nes redeviennent parallèles pour assurer la thermofixa-
ST sens travers tion du polymère. C’est lors de cette dernière phase que le film
acquiert sa stabilité dimensionnelle.
TD transverse direction
En fin de parcours s’opère le traitement Corona afin de rendre
UVC unité de vente consommateur polaire une ou deux faces permettant ultérieurement de déposer
ETO ethylen oxide des laques, vernis, encres et colles.
PU polyuréthane Après découpage des deux rives (et leur récupération dans le pli
central), on obtient des bobines « mères », qui donneront, après un
PVAL poly(alcool de vinyle) ultime découpage, des bobines « filles » destinées aux utilisateurs
ou aux transformateurs.
110
Référence Internet
AM3576
Extrusion bulle
Non orienté
PP, PA, PVC, PAN
Ionomère, PETG
PE / EVA, EAA
4
Filière plate « Cast » MIF > 4 – 10 <
Petites
Film « support » Tous les complexes
et moyennes séries Avec
et sans solvant Film « soudant » généralement
+ Aluminium – Papier avec impression sandwich
Complexage
ou lamination
Tous les complexes
Film « support » généralement avec
Extrusion – couchage impression sandwich souvent
+
Moyennes Extrusion – lamination lignes « tandem »
Aluminium – Papier
et grandes séries pour produire 3 à 5 couches
111
4
112
Référence Internet
AM3577
Cet article est la réédition actualisée de l’article [AM 3 577] intitulé « Les complexes souples
ou rigides utilisés en emballage » paru en 2006, rédigé par Pierre CHOMON.
4
1. Les complexes : une association indispensable de matériaux AM 3 577v2 - 2
2. Polymères et produits intervenant dans les structures............ — 3
3. Différents modes de production...................................................... — 6
4. Marchés concernés.............................................................................. — 9
5. Évolution des produits et matières................................................. — 13
6. Évolution des procédés ...................................................................... — 14
7. Machines de conditionnement ......................................................... — 17
8. Différentes techniques de conservation utilisées ...................... — 19
9. Historique et enjeux de la profession ............................................ — 21
10. Conclusion ............................................................................................. — 23
11. Glossaire ................................................................................................. — 23
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AM 3 577v2
113
Référence Internet
AM3577
4 L’article se conclut par une réflexion sur les enjeux auxquels sont confrontés
les producteurs de ces matériaux.
Enfin, un glossaire clôture l’article. Le lecteur y trouvera une liste non
exhaustive mais largement représentative du vocabulaire technique de la
profession.
■ Les quatre exigences majeures d’un emballage Toutes ces exigences ne peuvent être que rarement réunies avec
un seul matériau. D’où l’idée d’associer plusieurs d’entre eux
Un matériau d’emballage doit répondre à quatre exigences fon- afin de répondre à toutes ces contraintes, chacun des constituants
damentales qui suivent. apportant ses propriétés spécifiques.
• Assurer la bonne protection mécanique du produit C’est le challenge qu’a en permanence à résoudre le respon-
conditionné pour que les multiples manipulations qu’il va subir sable R & D lorsqu’il doit élaborer une nouvelle formulation en y
n’altèrent pas ses propriétés basiques. associant des impératifs complémentaires :
• Assurer la bonne conservation du produit pendant sa – réduction du poids de l’emballage ;
DLC (Date limite de consommation) ou sa DDM (Date de durabilité – diminution globale du coût ;
minimale, anciennement appelée DLUO pour Date limite d’utilisa- – respect des impératifs législatifs sur l’environnement et le
tion optimale) ce qui se traduit par quelques jours à 24 mois. recyclage :
La commercialisation s’effectue soit : • les métaux lourds,
– sous un froid négatif à – 20 °C ;
• le contact alimentaire (liste positive),
– dans une chaîne réfrigérée entre + 3 °C et + 6 °C ;
– à la température ambiante ; • la cession contenant/contenu sur les quatre simulants (eau
– sous des conditions tropicales. distillée, huile de tournesol, acide acétique, éthanol)...
Le matériau et les soudures doivent être étanches et résistants. • Matériaux principalement associés
En particulier, le niveau de perméabilité aux gaz (spécialement
oxygène) du matériau doit garantir un seuil minimal dépendant du La richesse des solutions est presque infinie. Mais, en réalité, les
produit à conserver et de la DDM attendue. matériaux auxquels l’on aura recours se limitent aux suivants :
• Assurer la présentation, c’est-à-dire répondre aux exi- – le papier sous différents grammages et qualités ;
gences du marketing et à celles de la grande distribution : – le carton également sous différents grammages et qualités ;
– apposer les mentions légales définies par le législateur (com- – la feuille d’aluminium dans des épaisseurs de 6 à 30 µm ;
position – poids net – DLC – Gencod) ; – les polymères issus de la pétrochimie décrits dans les mono-
– respecter le nuancier et les références Pantone® de la graphies. Ceux-ci se présentent sous la forme de laques, de
maquette. couches de liaison, de films dans des épaisseurs de 1,5 à 1 500 µm.
114
Référence Internet
AM3577
Remarque
On va donc chercher le moyen d’en assembler un certain Soudure chair/chair (fin seal)
nombre afin de réaliser la structure idéale qui sera constituée
par la superposition de différentes couches fonctionnelles.
D’où, le nom de « complexe ».
Figure 2 – Principe du « pochon » pour produits monoblocs
• Segmentation des complexes selon leur utilisation
À cause de l’analogie des matériaux utilisés, ainsi que des tech- Exemples d’applications : saucisson sec, portion d’emmental,
nologies de conservation, la « segmentation » généralement brioche, gâteaux déposés dans une barquette, pâtes alimentaires lon-
admise par les professionnels se décompose ainsi : gues.
– produits secs (autoconservateurs par leur Aw – Activity
Water) ; ■ Composants communs aux diverses structures
– produits frais (par définition non autoconservateurs) et qui Dans toutes les structures qui vont être utilisées, on trouvera en
nécessitent une forte barrière à O2 et des soudures parfaitement général les films suivants.
étanches ;
– produits industriels (pièces détachées) dans les domaines • Comme film « support »
suivants : mécanique automobile, électrique, électronique, Un film PET-OPP-OPA. Dans certains cas, ceux-ci seront déjà
bâtiment ; laqués (PVDC-PVOH) afin d’améliorer leur barrière à O2 , ou bien
– produits pharmaceutiques, pour la santé, produits de beauté ; métallisés :
– produits destinés aux hôpitaux. – opaques (c’est-à-dire avec l’aspect du métal) ;
– transparents c’est-à-dire avec projection de silice (SiOx) ou
Al2O3 . 4
2. Polymères et produits • Comme film « soudant »
La gamme complète des polyéthylènes : radicalaire, linéaire
intervenant (C4-C6-C8), métallocène (C6-C8), des mélanges radica-
Remarque
Dans tous les cas, pour obtenir une soudure étanche, indis-
pensable avec la barrière globale recherchée, l’épaisseur du
Soudure cuir/chair (lap seal) polymère soudant doit être au minimum de 20 µm. Seule
exception, les opercules laqués pour le blister pharmaceutique
et l’operculage laitier.
Soudure chair/chair (fin seal)
115
Référence Internet
AM3577
PET/PVDC 12 µm (3) 4 et 8 4 et 8
OPP coex
Soudure (2) PET métallisé épaisseur 1 1
xxxxxxxxxx cuir/chair
OPP coex PET métallisé haute barrière (HB)
métallisé
4 OPP/PVDC 20µm
116
Référence Internet
AM3577
PET métallisé 12 µm
OPP métallisé Haute barrière PE 25 à 40 µm
xxxxxxxxxx Adhésif
(5) xxxxxxxxxx (12)
PET métallisé HB 12 µm
Polymère « soudant » : Adhésif OPA métallisé HB 15 µm
les mêmes que dans (3) mPE 50 µm
ou polymère coextrudé barrière.
Soudure chair / chair La formulation (12) est destinée au conditionnement de produits
liquides dans des poches type « Bag in box »®
PVDC ou EVOH
(6)
PE linéaire ou mPE
PET 12 µm
(13)
Feuille d’aluminium 9 µm
PP copobloc 50 à 75 µm
PET - OPA - OPP
Impression
Adhésif (7)
4
Feuille d’aluminium 6 à 15 µm
Adhésif
Polymère « soudant » :
les mêmes que dans (3)
Soudure chair / chair
PET 12 µm
OPA 15 µm
Vernis de protection PP copobloc 50 à 75 µm
(8)
Papier
Polymère Les formulations (13) et (14) sont destinées au conditionnement
de liaison Feuille d’aluminium 9 à 20 µm de produits stérilisés en autoclaves avec contre-pression
Polymère « soudant »
Figure 5 – Schéma de films avec une haute protection oxygène et soudures étanches
117
Référence Internet
AM3577
■ Chambre de réticulation
Encadré 1 – Comparaison emballages
Tous les producteurs de colles (solvant – sans solvant) préco-
souples/rigides nisent cet investissement qui permet de mieux maîtriser la réticu-
lation des colles et, lorsque c’est nécessaire, d’être en conformité
Généralement, le coût global comparatif entre un condition- avec le niveau maximal toléré pour la migration des amines aro-
nement réalisé en emballage souple (qu’il soit sous vide ou matiques primaires (AAP), dont le contrôle est nécessaire lorsqu’il
sous atmosphère protectrice) et un emballage rigide (sous y a stérilisation du contenu par autoclave vapeur avec contre-pres-
gaz) est supérieur de 30 à 50 % pour l’emballage rigide. Mais, sion.
les produits conditionnés sont généralement de meilleure qua-
lité (composition, nature des ingrédients, recette). ■ Laboratoire de contrôle
La contribution à l’éco-emballage est également plus élevée Les équipements dont il dispose, ses moyens informatiques de
puisqu’elle est basée sur le poids de l’emballage. stockage des données.
Il n’empêche que le consommateur privilégie dans ses choix
l’emballage rigide dont la connotation implique un produit de ■ Propreté des locaux
plus haut de gamme.
Mais aussi du matériel, du personnel, l’ancienneté du matériel,
éventuellement salle blanche ou plus modestement air en surpres-
sion mais filtré avec climatisation, pièges à insectes volants.
Exemples :
■ Stations de préparation des encres (et leur récupération),
– les lardons en sachet souple → barquette thermoformée ; des colles, ainsi que la récupération des solvants ou leur incinéra-
– les quenelles sous vide → barquette thermoformée. tion.
2 5
traités dans ce dossier : ø 800 4 ø 1 000
ø 800
1
– largeur et vitesse moyenne ; 6
– traitement corona sur chaque bande ;
– triplexe en une opération. 3
■ Découpage 7 100
Différents principes sont appliqués en fonction des matériaux
1 - Film « soudant » 4 - Point d’assemblage (calandre)
(neutre – imprimé par zones) souple, rigide avec présence de 2 - Traitement Corona 5 - Bobinage
papier aluminium, etc. Comme la découpeuse universelle n’existe 3 - Film « support » à enduire 6 - Groupe de dépose de colle
pas, il faut être certain que, dans le parc machines, il y a bien la Les cotes sont en millimètres
technologie qui correspond aux contraintes des matériaux que
vous souhaitez acheter. Figure 6 – Machine à complexer sans solvant (Crédit DMC)
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Référence Internet
AG6287
1.3
des matériaux ............................................................................................
Matériaux innovants et matériaux de substitution.................................
—
—
2
3 4
2. Plastiques recyclés................................................................................ — 3
2.1 Travail de toute la chaîne de valeur......................................................... — 4
2.2 Verrous organisationnels et techniques.................................................. — 5
2.3 Enjeux pour le développement des plastiques recyclés ........................ — 6
3. Plastiques biosourcés........................................................................... — 7
3.1 Famille des plastiques biosourcés au service des emballages ............. — 7
3.2 Freins spécifiques et freins liés à tout produit innovant ........................ — 9
3.3 Enjeux pour le développement des plastiques biosourcés ................... — 10
4. Conclusion ............................................................................................... — 11
5. Glossaire................................................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc. AG 6 287
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AG6287
Un glossaire reprenant l’ensemble des termes techniques principaux utilisés dans cet
article est à consulter au dernier chapitre.
de l’emballage
4 19 % 22 % PEHD
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AG6287
plastiques en poids masque en réalité différents effets comme le Les emballages utilisés dans la cosmétique, dans le secteur
montre l’étude de l’ADEME, d’Eco-Emballages et du Conseil Natio- pharmaceutique et dans les dispositifs médicaux, font également
nal de l’Emballage sur 10 marchés de référence [2] : l’objet d’une réglementation européenne et nationale encadrant
– évolution des parts de marché ; l’utilisation des matériaux au contact des produits. L’utilisation des
plastiques biosourcés et des plastiques recyclés doit-elle aussi être
– variation de la consommation ; conforme à ces textes règlementaires au même titre que les
– changement de modes de consommation ; plastiques vierges d’origine fossile.
– allégement des poids unitaires...
Ainsi, la répartition des différents secteurs utilisateurs d’embal-
En France, 55 % des emballages sont destinés à des produits lages plastiques est un élément clé pour appréhender le dévelop-
pour les ménages et 45 % à des produits pour les entreprises et les pement des plastiques biosourcés et plastiques recyclés.
administrations.
La diversité des polymères, des technologies de transformation et
des procédés de décoration, permettent aux emballages plastiques 1.3 Matériaux innovants et matériaux
d’être présents dans tous les secteurs de l’agroalimentaire, ainsi
que dans la cosmétique, la santé, les produits d’entretien, les pro- de substitution
duits chimiques, le transport, la distribution, ou encore les produits
industriels et agricoles. Au regard de la multiplicité des fonctions offertes par les poly-
En France et dans la plupart des pays, plus de deux emballages mères issus de ressources fossiles et des contraintes liées au mar-
plastiques sur trois se destinent au marché alimentaire et une majo- ché, il semble légitime de se demander si les plastiques
rité des emballages concernés sont au contact direct des aliments biosourcés et les plastiques recyclés sont une substitution aux
(figure 2). Comme pour les emballages composés d’autres maté- plastiques vierges d’origine fossile ou s’il faut plutôt les voir
comme des matériaux permettant d’apporter de la valeur ajoutée
4
riaux, la conception des emballages plastiques au contact des ali-
ments est encadrée par la réglementation européenne et nationale. dans le domaine de l’emballage.
Au niveau européen, le règlement UE no 10/2011 dédié aux plasti- En réalité, cette question ne se pose pas car les plastiques d’ori-
ques définit les monomères, substances de départs et additifs auto- gine fossile, les plastiques produits à partir de biomasse et les
risés dans la fabrication des produits plastiques aptes au contact plastiques recyclés sont complémentaires. Ils permettent aux fabri-
alimentaire, ainsi que les limites de migration (globales et spécifi- cants d’emballages de diversifier leurs approvisionnements, de
ques à certaines substances). Les emballages plastiques présents sélectionner au mieux les matériaux qui répondent à leur cahier
sur le marché respectent cette réglementation dans le but de garan- des charges. De plus, le terme de « substitution » ne semble pas
tir la sécurité du produit et celui de ne pas impacter la santé et les totalement adapté car il ne tient pas compte de la valeur ajoutée
caractéristiques organoleptiques des aliments. apportée par ces matériaux.
Pour être utilisés au contact des aliments, les emballages en
plastique biosourcé doivent se conformer à cette réglementation, D’une part, les plastiques recyclés et certains plastiques biosour-
au même titre que les emballages en plastique d’origine fossile. cés présentant une structure moléculaire identique, comme le PE
Certains plastiques biosourcés peuvent ainsi être utilisés en contact et PET biosourcés, sont utilisés en lieu et place des plastiques
direct des aliments et d’autres, à cause de leur composition qui d’origine fossile pour apporter de la valeur ajoutée aux emballages
pourrait impacter le goût des aliments, et doivent être incorporés sur le plan environnemental, économique et/ou marketing.
dans une structure multicouches comportant une barrière fonction-
nelle.
À titre d’exemple, l’étude du réseau Record sur la perception des
Les plastiques recyclés doivent présenter les mêmes garanties matières recyclées [3] montre que les plasturgistes sont majoritaire-
que les plastiques vierges auxquels ils se substituent, encadrées par ment favorables aux plastiques recyclés pour des questions de coûts,
le règlement UE no 10/2011. Au regard de la difficulté de maîtriser la d’image « vendeuse » et « respectueuse » de l’environnement.
qualité des déchets entrant dans les sites de recyclage, le règlement
CE no 282/2008 définit des exigences complémentaires pour l’utili-
sation des plastiques recyclés au contact des aliments. À l’exception D’autre part, les plastiques biosourcés aux structures moléculaires
de cas particuliers de production de PEHD et de PP recyclés, la plu- innovantes (PLA, plastique à base d’amidon, cellulose...) peuvent
part des procédés aptes au contact des aliments et autorisés en apporter des fonctions supplémentaires aux emballages, telles que
Europe pour la production de plastique recyclé concerne le PET. la biodégradabilité, un toucher doux ou encore un effet barrière. Ces
matériaux apportent également de la valeur ajoutée aux emballages
sur le plan environnemental, économique et/ou marketing.
10 %
68 %
2. Plastiques recyclés
Comme expliqué précédemment, les fabricants d’emballages
plastiques utilisent des grades de polymères adaptés à leur acti-
vité, afin de répondre aux contraintes des procédés industriels et
Agro-alimentaire Produits d’entretien
d’apporter des fonctionnalités au couple produit/emballage.
Santé – Hygiène – Beauté Industrie et transport
La production de plastiques recyclés adaptés aux besoins très
Figure 2 – Marché de l’emballage plastique en France vu spécifiques des fabricants résulte de la collaboration de tous les
en chiffre d’affaires [crédit ELIPSO (2014)] acteurs de la chaîne de valeur de l’emballage plastique.
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RE350
RECHERCHE
Nanoparticules cellulosiques :
propriétés et applications
à l’emballage
4
de Grenoble
Points clés
Domaine : Emballage, nanotechnologie
Degré de diffusion de la technologie : Émergence | Croissance | Maturité
Technologies impliquées : Matériaux
Domaines d’application : Emballage
Principaux acteurs français :
Pôles de compétitivité :
Centres de compétence :
Industriels :
Autres acteurs dans le monde : Bio Vision Technology Enterprises Inc., Borre-
gaard Chemcell, CelluForce, Innventia, Melodea, Stora Enso, UPM Fibril cellulose
Contact : [Link]@[Link]
Parution : juillet 2013
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RE350
RECHERCHE
Microscopie électronique à
MEB-FEG balayage à émission de Une très faible fraction est utilisée et ce biopolymère,
champ outre son abondance naturelle, (la cellulose) bénéficie
de propriétés mécaniques exceptionnelles.
Microscopie électronique
MET
L’industrie de l’emballage est un secteur en constante évolu- La cellulose est présente dans tous les végétaux supérieurs,
tion. Les nouvelles réglementations et l’évolution sociétale, certains animaux, et peut également être produite par voie
économique et technologique encouragent cette industrie à bactérienne.
exiger des produits plus légers, plus performants, plus respec-
tueux de l’environnement et plus compétitifs. 2.1 Structure et polymorphisme
Une part importante des matériaux d’emballage alimentaire
de contact est actuellement constituée de plastiques, ou de ■ Chimiquement parlant, il s’agit d’unités D-glucopyranose
complexes papier/carton à base de polymères d’origine pétro- liées par des liaisons de type β-1,4. Les unités monomères
chimique. En effet, ces polymères synthétiques présentent de adjacentes sont arrangées de telle sorte que les oxygènes
bonnes propriétés barrières et mécaniques associées, jusqu’à glycosidiques pointent dans des directions opposées et l’unité
maintenant, à un faible coût. de répétition (monomère) de la chaîne polymère de cellulose
est composée de deux cycles β-D-glucopyranose tournés l’un
■ Cependant, ces matériaux d’origine fossile présentent par rapport à l’autre pour former ce qui est appelé une « unité
des inconvénients majeurs : cellobiose » (figure 1).
– origine non renouvelable ; Ces unités cellobioses sont liées de manière covalente pour
– coût indexé sur le cours du pétrole ; former une chaîne étendue d’homopolymère linéaire
– faible recyclabilité ; constituée de 2 000 à 27 000 résidus selon la source. L’une
– impact environnemental. des caractéristiques les plus spécifiques de la cellulose est que
chacun de ses cycles β-D-glucopyranose porte trois groupe-
ments hydroxyles. Ces groupes, et leur capacité à établir des
Les bionanomatériaux bénéficient de l’engouement liaisons hydrogènes, jouent un rôle majeur dans l’arrangement
porté à deux thématiques d’actualité, à savoir les cristallin et gouvernent d’importantes propriétés physiques de
nanotechnologies et le développement durable. ce matériau fortement cohésif.
■ Le remplacement progressif des matériaux traditionnels par ■ À l’échelle de l’architecture supramoléculaire, les
des matériaux d’origine renouvelable est un enjeu sociétal et chaînes de cellulose s’associent pour former un édifice
économique primordial. Ce phénomène est, bien entendu, semi-cristallin connu sous le nom de « microfibrille ». Cet
amplifié par la stigmatisation sur la raréfaction des ressources arrangement permet aux chaînes de cellulose de s’empiler
d’origine fossile et les fluctuations du cours de ces ressources. étroitement en zones cristallines ordonnées. La cellulose
Malgré des débuts chaotiques et des prix prohibitifs, au vu de présente plusieurs polymorphes et ces différents systèmes
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Référence Internet
RE350
RECHERCHE
OH OH
O O
O O H
HO
HO HO OH
OH
n
cristallins se distinguent par les dimensions de la maille bois, et autres matières lignocellulosiques, repose sur ses
cristalline. propriétés mécaniques, en particulier sa capacité inhabituelle
à fournir une forte résistance mécanique et un rapport résis-
4
tance/poids élevé, tout en permettant une certaine flexibilité
Dans la nature, la cellulose se trouve sous une pour s’accommoder des grandes variations dimensionnelles
forme cristalline appelée « cellulose I » (cellulose dues au gonflement et au rétrécissement.
native), qui est elle-même un mélange de deux
Dans toutes les espèces végétales terrestres et aquatiques,
polymorphes, à savoir cellulose Iα et Iβ.
la paroi cellulaire primaire est une structure dynamique et son
Le taux de chaque polymorphe diffère fortement selon matériau constitutif doit être synthétisé sous une forme
la source de cellulose. La cellulose I peut être convertie en pouvant supporter cette extension.
cellulose II, III ou IV par différents traitements.
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Référence Internet
RE350
RECHERCHE
mm
cm
4
500 µm
Microfibrille
S3
S2
S1
P
ML
Amorphe
Fibrilles
élémentaires Cristalline
1 nm
25 µm
10 nm 300 nm
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages
6– Accessoires de conditionnement
7– Techniques d'impression
Sur [Link]
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Référence Internet
AG6600
Machines d’emballage
Liquides en bouteille
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie de la Ville de Paris
Ancien directeur, société Ato Findley
Expert près les tribunaux
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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 600 − 1
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Référence Internet
AG6600
5 Cet article est le premier d’un ensemble qui traite des machines d’emballage
à cadence moyenne ou élevée :
— conditionnement de liquides (ou semi-liquides) alimentaires dans des réci-
pients en verre ou plastique [AG 6 600] ;
— emballage et conditionnement de produits secs, solides, poudres, petits
objets, dans des sacs, sachets, étuis en carton, barquettes sous sachet, plateaux
[AG 6 601] ;
— machines de fin de ligne : convoyeurs, groupage de divers emballages,
suremballage, encaisseuses, robots, palettiseurs, « wrapping », marquage,
rubans adhésifs, etc., et emballage en métal de produits liquides, pâteux ou
solides [AG 6 602] ;
— emballage et conditionnement de produits pharmaceutiques, cosmétiques,
d’entretien, etc., et techniques spéciales [AG 6 603].
Les fabricants des machines à plus faible cadence et des machines à cadence
moyenne et élevée présentées sont listés dans [Doc. AG 6 604].
Les matériaux d’emballage sont étudiés par ailleurs : verre [A 9 785], métal
[A 9 760], plastiques [A 9 780].
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AG 6 600 − 2 © Techniques de l’Ingénieur
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AG6600
Carrousel
de remplissage
Roue de soufflage
Transfert
positif Traitement Conditionnement
Sortie des bouteilles des préformes thermique
des bouteilles soufflées
remplies Figure 1 – Machine de soufflage des bouteilles
et bouchées Bouchage en PET, remplissage et bouchage (Combi,
société Sidel)
5
Après refroidissement et ouverture des moules, les bouteilles ou
flacons sont repris par des bras de transfert et évacués entre des des bouteilles les désinfecte et élimine tout corps étranger, dépôt
rails de guidage et, dans la plupart des cas, ils sont immédiatement et impuretés.
transférés aux étiqueteuses et soutireuses.
Les cadences de production s’étendent de 4 000 à 28 000 bou- Puis on effectue deux rinçages à l’eau claire et un égouttage. Le
teilles par heure (bph). contrôle final est réalisé par mirage (contrôle visuel en transpa-
rence).
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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 600 − 3
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AG6600
Va
Vanne
a de
re
emplissage
Fermetur
e e
du
u récipient
Niveau de
re
emplissage
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AG 6 600 − 4 © Techniques de l’Ingénieur
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AG6601
Machines d’emballage
Produits secs et petits objets
par Philippe COGNARD
Ingénieur de l’École supérieure de physique et chimie de la Ville de Paris
Ancien directeur, société Ato Findley
Expert près les tribunaux
5
3. Remplissage/ensachage de produits dans des sacs ou sachets
préformés ................................................................................................... — 7
4. Fermeture des sacs en plastique par soudure ................................. — 8
4.1 Soudure thermique avec barres chauffantes ............................................ — 8
4.2 Soudure par impulsion ............................................................................... — 8
4.3 Soudure en continu ..................................................................................... — 8
5. Conditionnement dans des étuis en carton ..................................... — 10
5.1 Étuyeuses verticales semi-automatiques .................................................. — 10
5.2 Étuyeuses horizontales automatiques ....................................................... — 11
5.3 Étuyeuses et encartonneuses verticales .................................................... — 12
6. Barquettes avec sachets scellés pour produits secs ..................... — 16
7. Thermoformeuses et scelleuses .......................................................... — 18
7.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 18
7.2 Conditionnement sous atmosphère contrôlée ......................................... — 18
7.3 Autres possibilités ....................................................................................... — 18
8. Skin packaging ......................................................................................... — 18
8.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 18
8.2 Machines en L pour skin wrapping manuel ou automatique .................. — 20
9. Scellage sous vide ................................................................................... — 21
10. Blistériseuses ............................................................................................ — 21
11. Formage de plateaux et de caissettes pour fruits et légumes.... — 22
12. Encaisseuses d’œufs et d’autres objets fragiles ............................ — 23
13. Enveloppage .............................................................................................. — 23
14. Machines spéciales, empaqueteuses ................................................. — 23
Références bibliographiques ......................................................................... — 24
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. AG 6 604
e dossier fait partie d’une série qui a pour but d’aider tous les industriels à
C étudier, acheter ou/et concevoir des systèmes d’emballage et de condition-
nement pour toutes sortes de produits secs et solides se présentant sous la
forme de poudres ou de granulés mais aussi de petits objets pouvant être comp-
Parution : avril 2006
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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 601 − 1
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AG6601
Ce dossier est le deuxième d’un ensemble qui traite des machines d’emballage à cadence
moyenne ou élevée :
— conditionnement de liquides (ou semi-liquides) alimentaires [AG 6 600] dans des réci-
pients en verre ou plastique ;
— emballage et conditionnement de produits secs, solides, poudres, petits objets [AG 6 601]
(le présent document), dans des sacs, sachets, étuis en carton, barquettes sous sachet,
plateaux ;
5 — machines de fin de ligne [AG 6 602] : convoyeurs, groupage de divers emballages, surem-
ballage, encaisseuses, robots, palettiseurs, « wrapping », marquage, rubans adhésifs, etc., et
emballage en métal de produits liquides, pâteux ou solides ;
— emballage et conditionnement de produits pharmaceutiques, cosmétiques, d’entretien,
etc., et techniques spéciales.
Les fabricants des machines à plus faible cadence et des machines à cadence moyenne et élevée
présentées sont listés en « Pour en savoir plus [Doc. AG 6 604] ».
Les matériaux d’emballage sont étudiés par ailleurs : verre [A 9 785], métal [A 9 760], plastiques
[A 9 780], matériaux complexes [AG 6 131] [AG 6 132] [AG 6 133].
1. Alimentation en produits Le débit est contrôlé par l’angle de versage, le diamètre de l’ori-
fice de sortie, les caractéristiques d’écoulement des produits ainsi
secs et dosage que par la hauteur de produit dans le réservoir qui crée une certaine
pression.
des matières ■ Systèmes par vibration
Les produits qui ne s’écoulent pas librement sous l’effet de leur
Avant de remplir l’emballage, il est nécessaire de doser ou de poids, ou qui sont friables, peuvent être transportés par des systèmes
peser la quantité requise de produit sec pour chaque emballage unitaire. vibrants, qui n’endommagent pas les produits friables et donnent, à
partir d’un réservoir de stockage, un flot continu qui est canalisé
Trois façons sont possibles :
dans une goulotte. Une porte ou un clapet peuvent être ajoutés pour
— le dosage volumétrique ; obtenir l’arrêt du flot.
— le dosage pondéral ; La figure 1 montre un type de doseur à vibrations pour produits
— le comptage. en poudre. Les systèmes pour granulés ou produits solides de
différentes formes (exemple : vis, boulons) sont bien connus des
Préalablement, cependant, il faut alimenter les systèmes de
industriels.
dosage en produits secs.
Le débit peut être contrôlé en faisant varier la fréquence ou
l’amplitude de la vibration et le volume de remplissage ajusté en
changeant le débit du vibrateur, la durée d’écoulement, l’amplitude
1.1 Alimentation des systèmes de dosage et la fréquence, ou enfin l’angle de versage.
en produits secs
La partie vibrante peut avoir différentes formes : disque plat, gou-
lottes de formes variées.
■ Systèmes par gravité
■ Doseurs à vis
Les produits qui s’écoulent librement (tels que café, sucre, sel, riz)
sont amenés à la machine de remplissage par écoulement par gra- La figure 2 montre un tel système très utilisé, tant pour les pro-
vité, le silo de stockage étant situé au-dessus de la trémie de rem- duits à écoulement libre (exemple : sucre en poudre) que pour les
plissage de la machine de conditionnement. produits qui ne s’écoulent pas facilement, car ceux-ci sont répartis
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AG6601
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le poids emballé)
— jauges de contrainte ;
— contacteurs à mercure ;
— LVDT (linear voltage differential transformers), etc.
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AG6601
5
culier, de minimiser le surpoids rendu nécessaire par la législation. Les mots Form, fill and seal sont utilisés pour désigner la techni-
que d’emballage de produits en sachets plastiques scellés montrée
figure 9. Elle consiste à :
Pour toutes précisions sur les Poids et Mesure et la Métrolo- — former un contenant en « manchonnant » une feuille continue,
gie, les lecteurs se référeront à la rubrique « Masse » du Traité de plastique en général, et parfois de papier enduit pour être
Mesures et contrôle [1] [2] [3] ainsi qu’à la rubrique « Organisation thermoscellable ;
Méthodes de mesure ». — remplir, par le haut, ce manchon après l’avoir scellé à chaud
dans le sens de la longueur ;
— peser la quantité nécessaire à chaque sachet ;
1.3.4 Comptage d’objets — et, enfin, sceller latéralement chaque sachet.
Cette technique, qui permet des cadences élevées (jusqu’à
150 sachets par minute voire même davantage avec des petits
■ Systèmes optiques sachets), se prête particulièrement bien au conditionnement de pou-
Ce peuvent être des cellules photosensibles dans lesquelles dres de tous types, pourvu qu’elles s’écoulent bien et de façon
l’interruption du rayon lumineux indique qu’une unité a traversé la continue, sans motter ni bloquer l’écoulement, donc aussi bien pour
zone de détection. Mais, avec certains objets de forme complexe ou de la farine, du sucre, du café soluble… que pour du plâtre, des pro-
comportant des trous, ces systèmes ne conviennent pas. duits chimiques en petites doses, des médicaments, etc.
Il existe des machines pour différentes tailles de sachets, de 2 cm3
Les systèmes photo-optiques analogiques, tels que les détecteurs jusqu’à 3 000 cm3, et de cadences très variables, et aussi des ensa-
d’ombres, peuvent eux vérifier les dimensions d’une ombre spécifi- cheuses de plus grandes tailles que nous étudierons par la suite,
que donnée par les objets en la comparant aux aspects et dimen- pour les produits vendus en grands conditionnements tels le
sions enregistrés dans un ordinateur. ciment, les produits chimiques ou bien les aliments pour animaux.
Ces machines conviennent aussi pour doser et remplir des
■ Systèmes autres
sachets plastiques étanches avec des liquides : shampooings, pro-
On peut détecter soit la forme des objets soit leur poids duits chimiques en doses, etc.
spécifique ; les pièces peuvent aussi déclencher un contact à pres- La figure 10 montre quelques exemples de sachets et de formes
sion ou un compteur électrique, électronique ou magnétique, etc. qui peuvent être réalisés ainsi. Des conformateurs peuvent aussi
tasser les produits en poudre et donner au sac la forme d’une
Bien entendu, les objets doivent arriver dans la zone de détection « brique » permettant ainsi l’empilement sur les rayons (exemple :
en file indienne et ne pas se chevaucher ; pour cela, on peut utiliser paquets de café).
soit une alimentation à vibration, soit une bande transporteuse avec
un couloir plus étroit où les objets ne peuvent passer que un par un.
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© Techniques de l’Ingénieur AG 6 601 − 5
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AG6601
— soit, le plus souvent, d’un complexe d’emballage constitué de On peut donc conditionner ainsi la plupart de produits en poudre,
2 films plastiques collés entre eux, chacun apportant des propriétés des liquides mais aussi des petits objets.
spécifiques :
Exemple : doses de shampooing, de produits d’entretien et de pro-
• propriétés barrières à l’oxygène, aux gaz, aux gaz de protection duits chimiques ; rondelles, voire même vis ; du riz, du café en poudre,
éventuels, aux liquides, à la vapeur d’eau, etc.
• propriétés mécaniques (résistance à l’élongation…), Les cadences peuvent être élevées (de 10 à 150 sachets/minute),
• thermoscellabilité, selon la taille des sachets qui peut aller de quelques centimètres
cubes à plusieurs litres ; on peut même utiliser des machines de très
• imprimabilité pour le décor de l’emballage,
grosse capacité, capables de conditionner des sacs en plastique de
• etc. [4] ; 20 ou 25 L. C’est donc une technique très polyvalente, parfaitement
— soit, parfois, d’un papier rendu thermoscellable en l’enduisant au point et peu coûteuse.
au préalable d’une enduction scellable à 80-120 °C selon les exigences Nous indiquons en [Doc. AG 6 604] un certain nombre de fabricants
et les cadences de remplissage. de machines de conditionnement et d’emballages pour produits secs.
■ La bobine est déroulée puis passe dans un conformateur pour lui Les sachets peuvent être formés dans des conformateurs qui leur
donner une forme de manchon cylindrique que l’on scelle longitudi- donnent une forme parallélépipédique parfaite, ce qui permet de les
nalement, puis en bas du sachet. empiler sur les rayons des magasins (figure 11a), et sous vide pour
la protection des produits et la conservation des arômes (exemple,
■ Le produit est introduit par le haut et la feuille avance d’un cran, café moulu).
puis on scelle le haut du sachet.
Figure 9 – Machine verticale Form, fill and seal (source ROWEMA, Figure 10 – Exemples de conditionnements
Allemagne) en sachets souples réalisables par la technique Form, fill and seal
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AG 6 601 − 6 © Techniques de l’Ingénieur
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Référence Internet
AG6602
Machines d’emballage
Machines de fin de ligne
5
5. Encartonneuses Wr o
aparun
d ............................................................... — 12
6. Fardeleuses sous film plastique rétractable..................................... — 13
7. Systèmes de groupage............................................................................ — 15
8. Convoyeurs de fin de ligne (pour caisses carton...) ....................... — 18
9. Palettiseurs ................................................................................................ — 19
10. Suremballage des palettes sous films plastiques ........................... — 22
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 602
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Référence Internet
AG6602
1. Alimentation
des bouteilles vides Variation de pression d’environ 120 mm d’eau (≈ 9,8 Pa)
1.1 Bouteilles et flacons en PET Figure 1 – Convoyeur Delta P approx (source Lanfranchi, France)
5
(ou autres plastiques)
PET polyéthylène téréphtalate. place dans le carrousel inférieur quatre bouteilles en position verti-
cale dans l’espace où, dans la partie supérieure, il n’y a qu’une
bouteille en position couchée.
Les grands fabricants de boissons (eaux minérales, boissons
gazeuses) réalisent eux-mêmes le soufflage de leurs bouteilles
Exemple
(cf. [AG 6 600]).
Les cadences de redressement peuvent atteindre jusqu’à
■ Si les cadences de soufflage et de remplissage sont les mêmes, 72 000 bouteilles par heure (b/h) avecle redresseur L4-SR-40-28/56
les bouteilles soufflées vides peuvent être envoyées directement pour des bouteilles PET de 0,33 L (ou 36 000 b/h de 1 L).
aux soutireuses grâce à des convoyeurs à air pulsé.
Il y a très peu de risques de rayure ou d’endommagement des
Dans ces convoyeurs, les bouteilles PET sont accrochées par
bouteilles (voir le système de came douce de la figure 4). Il existe
leurs cols dans une goulotte, et un double système de pression
aussi des systèmes de changement de format simple et rapide
d’air (figure 1) :
pour ces redresseurs qui consistent à changer les berceaux et les
– soulève très légèrement leur col au dessus du guide (coussin entonnoirs avec des systèmes mécaniques simples à levier. Ces
d’air) ; séparateurs permettent l’éjection des bouteilles abîmées (figure 5).
– les pousse en avant par le flux d’air horizontal. Le fonctionnement d’un redresseur de bouteilles PET type POSI-
La fluidité et la rapidité du transport sont rendues possibles par MAT est donné sur la figure 6.
la grande légèreté des bouteilles. La figure 2 montre une section
du convoyeur. 1.1.2 Stockage temporaire des bouteilles PET
■ Si la cadence de soufflage est (temporairement) plus élevée que – Les silos de stockage sont éventuellement équipés de
celle du remplissage, ou si les bouteilles PET vides arrivent d’une conditionnement d’air avec purification.
autre usine, elles doivent être stockées temporairement dans des
grands bacs où elles se trouvent en général en vrac. Il faut alors – Les stockeurs rotatifs (par exemple, de la société NTS) per-
les reprendre dans ces bacs et les redresser dans la bonne position mettent le stockage de milliers de bouteilles en attente de remplis-
verticale afin de les envoyer vers les soutireuses-remplisseuses. sage. Ce sont des stockeurs à barillets ou barreaux. Ainsi, avec
quarante barreaux, on peut stocker une longueur équivalente de
220 m de convoyeur à air avec un encombrement au sol faible de
1.1.1 Fonctionnement d’un redresseur 12 m2. Les cadences de stockage et de déstockage peuvent attein-
dre 35 000 bouteilles/h. Ces stockeurs servent de tampons pour lis-
Les redresseurs comprennent un tambour incliné ou deux carrou- ser les différences de cadences entre souffleuses et remplisseuses.
sels horizontaux tournant à des vitesses différentes, sur lesquels
sont déversées les bouteilles en vrac. La force centrifuge entraîne 1.1.3 Palettiseurs et dépalettiseurs
les bouteilles vers des alvéoles à la périphérie.
pour bouteilles PET
Dans les redresseurs Lanfranchi (figure 3), les bouteilles sont
ensuite sélectionnées par les dispositifs de levage qui les dépla- Lorsque les bouteilles sont fabriquées dans une usine pour être
cent délicatement jusqu’à la partie supérieure du redresseur. Dans transportées vers une autre, il faut :
les redresseurs rapides, cette opération est effectuée jusqu’à qua- – palettiser les bouteilles vides ; on utilise en général des robots
tre fois par rotation de la machine, ce qui permet de mettre en à 3 axes (figure 7) ;
140
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Chemin de câble
Chambre de mise
en pression
Caisson inox
Carter Carter
Protection latérale
en Lexan
5
Vérin de réglage
automatique
Profil de guidage latéral
en inox ou plastique bimatière
141
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AG6602
1
2
Le tambour supérieur
comporte les berceaux
et les entonnoirs
4 6
Le tambour inférieur
comporte les séparateurs
Séparateurs 1 - Présélection des bouteilles
2 - A l'intérieur de la machine disque rotatif incliné
Figure 3 – Système de séparateurs rotatifs dans un redresseur 3 - Les bouteilles sont entraînées par la force centrifuge
LANFRANCHI vers les réceptacles périphériques qui ne peuvent les
recevoir que dans 2 positions : bouchon vers la sortie
ou l'inverse
4 - Elles tournent jusqu'à la sortie 4
5
5 - Les bouteilles tombent sur le convoyeur. Si elles ne
sont pas dans le bon sens (bouchon vers le haut)
elles seront plus courtes que les autres et ne seront
pas reprises par le convoyeur à air soufflé
6 - Elles tomberont sur le sol
2. Alimentation/transport
des bouteilles pleines
2.1 Convoyeurs
Les bouteilles ou flacons pleins sont ensuite transportés vers les
opérations suivantes par différents types de convoyeurs.
142
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Convoyeur
à air pulsé
Tête de préhension
Servomoteur commandant
le montée et la descente Palette de
bouteilles PET
1 couche de bouteilles
PET prêtes à entrer dans
le convoyeur et dans la
chaîne de remplissage
Convoyeur à vide
ou à air pulsé Désempileur
1 900 mm
Colonne du robot
5
Tête de
Le robot fonctionne dans les deux sens (palettisation et dépalettisation) préhension
et il y a deux zones de déplacement : le robot à déplacement linéaire 2A Unité de centrage Robot
et le système désempileur à mouvement rotatif alternatif synchronisée linéaire 2A
Figure 7 – Robot 2A linear de la société KETTNER (Allemagne). Palettisation et dépalettisation de bouteilles PET
143
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AG6602
Figure 10 – Formeur de « vagues » et accumulateurs Figure 11 – Station de redistribution pour passer de 1 voie à 2 voies
144
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AG6650
Machines d’emballage
Intérêt des réseaux de terrain
par Rémy ROIGNOT
Pôle d’activités « Production mécanique », Cetim
ace aux nouvelles technologies que sont les réseaux de terrain, les
F constructeurs du secteur de l’emballage et du conditionnement s’interrogent
sur l’intérêt, le mode et le coût d’intégration de telles solutions dans leurs
machines et automatismes.
Plusieurs options sont envisageables pour les constructeurs : les architec-
tures de réseaux peuvent être de type centralisé, distribué ou mixte, et utiliser
des systèmes de complexité diverse (bus de capteurs/ actionneurs, bus d’équi-
pements, bus de terrain).
Une enquête a permis d’éclaircir la situation et de proposer des critères tech-
niques et économiques aidant au choix d’une solution : trois applications types,
ont été soumises à une quinzaine d’intégrateurs, charge à eux de proposer des
solutions. Les réponses apparaissent plus ou moins tranchées selon la
complexité du sujet : des systèmes simples demanderont plutôt une archi-
Parution : octobre 2004
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145
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AG6650
données, la solution décentralisée prend le pas, d’autant plus que ses avan-
tages sont multiples : câblage moins important donc moins coûteux, mise en
œuvre, exploitation et maintenance plus rapides et plus souples, etc.
L’action présentée ici consiste à valider les critères techniques et économi-
ques mis en évidence pour chaque application type, en les confrontant à la réa-
lité des systèmes et machines industrielles d’emballage et de conditionnement.
L’analyse a porté, pour chaque constructeur, sur 2 ou 3 de leurs machines, du
point de vue des choix d’architectures d’automatisme et de solutions techni-
ques mises en œuvre pour ces automatismes.
Le présent document correspond à la synthèse globale de ces analyses. Il
permet d’expliquer, de comparer et de valider les solutions types proposées
actuellement par les constructeurs ou intégrateurs de systèmes d’automatisme
dans le contexte spécifique de l’emballage et du conditionnement, et de pro-
poser des évolutions possibles par rapport aux critères de choix dégagés dans
l’étude précédente.
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Cerclage
M. Dufresne étant décédé avant l’impression, ce texte a été mis au point par
Jean-Claude FOURTEAU
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers
Directeur Technique de la Société Rebichon Signode
5
2.1.2 Fonction du cerclage .......................................................................... — 2
2.1.3 Qualités spécifiques des liens existants ........................................... — 2
2.2 Critères de choix de l’équipement de cerclage ......................................... — 2
2.2.1 Systèmes de tension .......................................................................... — 2
2.2.2 Outils à main mécaniques et pneumatiques.................................... — 3
2.2.3 Équipements annexes ........................................................................ — 3
2.2.4 Dispositifs semi-automatiques pour le passage du lien ................. — 3
2.2.5 Compression ....................................................................................... — 3
2.2.6 Machines automatiques de cerclage ................................................ — 4
3. Applications du cerclage à l’emballage de transport.................... — 5
3.1 Cerclage pour regrouper............................................................................. — 5
3.2 Cerclage pour arrimer ................................................................................. — 5
3.2.1 Arrimage des charges à flottement libre .......................................... — 6
3.2.2 Arrimage des charges à flottement contrôlé.................................... — 6
3.2.3 Arrimage par ancrage aux parois...................................................... — 6
3.3 Cerclage pour lever ..................................................................................... — 7
3.4 Cerclage pour améliorer la fermeture des colis........................................ — 7
3.5 Cerclage moyen d’inviolabilité ................................................................... — 7
4. Feuillards d’emballage............................................................................ — 7
4.1 Feuillards métalliques ................................................................................. — 7
4.1.1 Feuillard acier de qualité standard.................................................... — 7
4.1.2 Feuillard acier haute résistance......................................................... — 8
4.1.3 Protection de surface.......................................................................... — 8
4.1.4 Mode de présentation des feuillards métalliques............................ — 8
4.2 Feuillards plastiques.................................................................................... — 8
4.2.1 Feuillard de polyamide....................................................................... — 8
4.2.2 Feuillard de polypropylène ................................................................ — 8
4.2.3 Feuillard de polyester......................................................................... — 8
4.2.4 Caractéristiques dimensionnelles des feuillards plastiques ........... — 8
5. Modes de fermeture des feuillards ..................................................... — 8
5.1 Fermetures pour feuillards métalliques..................................................... — 8
5.2 Fermetures pour feuillards plastiques ....................................................... — 9
6. Conclusion ................................................................................................. — 9
Parution : août 1984
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A1034
CERCLAGE ____________________________________________________________________________________________________________________________
e cerclage est une technique d’emballage dont le rôle est d’assurer le maintien
L et la protection des produits transportés. Cette technique, dans ses diverses
applications, représente un moyen économique pour renforcer de manière effi-
cace la sécurité des emballages de transport.
La place que le cerclage occupe dans l’industrie de l’emballage et du
conditionnement, ainsi que la constante évolution des produits et des procédés
qu’il propose, montrent sa capacité à satisfaire aux nouveaux besoins résultant
des changements qui se produisent de façon régulière dans le secteur de la dis-
tribution. En cela, il reste un procédé d’avenir accompagnant et précédant même
les besoins du marché.
Ainsi, des recherches sont en cours actuellement, visant certains types de pro-
duits dont la nature permettrait de réaliser, au moyen du cerclage, des charges
homogènes manutentionnables sans palette. Des résultats positifs ont déjà été
obtenus pour les matériaux de construction, mais il paraît maintenant possible
d’étendre cette application, en l’adaptant, à la paquetisation d’autres familles de
produits.
Les études en cours et les essais de contrôle effectués, paraissent confirmer
le bien-fondé de cette orientation, ouvrant de cette façon de nouveaux débouchés
au cerclage.
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Générateur aérosol
5
3. Remplissage du générateur...................................................................
3.1 Gaz propulseurs........................................................................................... — 8
3.2 Formulation et conditionnement................................................................ — 9
4. Contrôles et normes de qualité ........................................................... — 10
4.1 Contrôles en fabrication.............................................................................. — 10
4.2 Documents de référence ............................................................................. — 11
5. Aérosols et environnement ................................................................... — 11
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 720
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(0)
Encadré A – Historique
5
ainsi que toute une gamme de boîtiers en aluminium et en fer blanc (il en existe une qua-
rantaine).
Nota : 1 fluid ounce (UK) = 1 fl oz (UK) = 28,413 0 ml
1 fluid ounce (US) = 1 fl oz (US) = 29,573 5 ml
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■ Directives gammes 80/232 CEE (Transposition en droit français ■ Directive préparations dangereuses 67/748 CEE
par l’arrêté du 17/10/84)
Il a été décidé de fixer 13 volumes de récipients (contenance) et, Cette directive s’applique quand la préparation contient au moins
selon ce volume défini, un volume de la phase liquide qui doit s’y une substance dangereuse et qu’elle n’est pas reprise dans une
trouver et qui est fonction de la nature du gaz propulseur directive spécifique. Elle impose des règles d’étiquetage en fonction
(tableau 1). Pour les produits vendus en contenants en verre pro- des catégories de danger (selon les modes d’absorption : oral, der-
tégé ou en plastique transparent ou non-transparent, les volumes mique, respiratoire).
de la phase liquide sont : 25, 50, 75, 100, 125 et 150 ml.
■ Directive cosmétique
■ Directive substances dangereuses 67/548 CEE
Cette directive fixe les conditions d’étiquetage des substances en Cette directive fixe de façon limitative la liste et les concentrations
fonction de la nature des dangers qu’elles peuvent provoquer si des substances vénéneuses qui peuvent rentrer dans la composi-
elles sont : explosives, comburantes, inflammables, toxiques, noci- tion des produits cosmétiques et d’hygiène corporelle et la liste des
ves, corrosives ou irritantes. substances interdites.
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages
7– Techniques d'impression
Sur [Link]
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153
6
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6
3.3 Performances ............................................................................................... — 10
3.4 Caractéristiques économiques ................................................................... — 11
4. Types de colles et adhésifs ................................................................... — 12
4.1 Colles végétales ........................................................................................... — 12
4.2 Colles animales............................................................................................ — 14
4.3 Colles vinyliques aqueuses......................................................................... — 14
4.4 Adhésifs VAC/E ............................................................................................ — 14
4.5 Adhésifs acryliques ..................................................................................... — 14
4.6 Adhésifs polyuréthannes ............................................................................ — 15
4.7 Adhésifs thermofusibles ou hot-melts....................................................... — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 752
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1. Phénomènes d’adhésion
et prise de la colle
γL
Liquide
1.1 Colles et adhésifs θ
γS Solide γSL
Une colle est un produit chimique destiné à l’assemblage de
deux matériaux. Liquide ou solide, on l’applique à l’état fluide sur
Figure 1 – Mouillage des substrats
le ou les matériaux à assembler sur lesquels elle doit donc d’abord
accrocher par divers phénomènes physico-chimiques que nous
allons examiner : c’est le phénomène d’adhérence.
Chaque liquide mouille plus ou moins un solide donné et on a tou-
Puis on assemble les matériaux et la colle durcit ou sèche, par
jours θ > 0 o et θ < 180 o. La mouillabilité dépend donc à la fois de
divers phénomènes physiques ou chimiques ; c’est ce que l’on
la nature de la colle et des substrats.
appelle le durcissement ou le séchage ou la prise de la colle.
Les plastiques et les cartons traités (ingraissables, résistants à
Les colles et adhésifs se caractérisent donc par deux éléments
l’eau pour emballages surgelés, imprimés et vernis) sont
essentiels : l’adhésion et la cohésion finale.
6
évidemment beaucoup plus difficiles à mouiller que les papiers et
On appelle colles, les colles plutôt traditionnelles telles que les les cartons ordinaires bruts. C’est pourquoi on utilise plutôt pour les
colles à base d’amidon, de dextrines, ou d’origine animale colles des adhésifs hot melts ou polyuréthanes (parfois solvantés).
(caséine) et aussi des colles synthétiques classiques telles que les
colles vinyliques, à base de caoutchouc ou de latex.
On tend de plus en plus à appeler adhésifs, les colles modernes 1.2.2 Pénétration
et synthétiques telles que les acryliques, les polyuréthanes (PU), les
thermofusibles (ou hot-melts ) qu’il faut cependant distinguer des Dans le cas de matériaux fibreux et très poreux comme le papier
adhésifs permanents, c’est-à-dire les enductions qui restent adhési- et le carton, les colles, si elles sont fluides, peuvent pénétrer de
ves de façon permanente, telles que les rubans et étiquettes adhésifs. quelques centièmes de millimètre de profondeur entre les fibres et
La norme NF EN 923 définit tous ces termes de façon non ambiguë. rester ainsi accrochées mécaniquement lors du séchage ultérieur, ce
qui augmente sensiblement l’adhérence.
Les molécules de polymères qui constituent les colles sont
cependant assez grosses, aussi leur pénétration entre les fibres du
1.2 Adhésion papier est-elle limitée, surtout si le papier est couché, enduit ou
vernis. Dans ce dernier cas il n’y a aucune pénétration.
L’adhésion est une liaison interfaciale pour laquelle agissent des
forces soit physiques, soit chimiques. Le phénomène d’adhérence
fait intervenir plusieurs facteurs. 1.2.3 Adsorption physique
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■ Liaisons chimiques véritables Le mode de prise des colles et adhésifs dépend de leur nature
physique et chimique. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées
Dans certains cas rares, il peut y avoir de véritables réactions pour obtenir la prise :
chimiques entre le polymère de la colle et les substrats : cela peut être
le cas avec des adhésifs polyuréthanes, contenant des groupements — absorption par les substrats ou évaporation de l’eau ou des
réactifs —NCO qui réagissent avec les groupements —OH de certains solvants ;
substrats. Cela explique, entre autres raisons, l’excellente adhérence — refroidissement des colles appliquées à l’état fondu (cas des
des polyuréthanes sur de nombreux substrats. adhésifs thermofusibles) ;
— réactions chimiques diverses des colles à deux composants ;
L’effet de ces diverses liaisons dans le phénomène de collage
dépend des distances entre les molécules de colle et des substrats. — durcissement à chaud ou sous l’effet d’autres agents pour les
Les collages les plus efficaces sont obtenus pour des distances très adhésifs à un ou deux composants ;
faibles de l’ordre du dixième de nanomètre, d’où l’intérêt d’un bon — polymérisation ou condensation chimique ;
mouillage et d’un bon pressage des surfaces entre elles au — enductions autoadhésives ou thermocollantes ;
moment de l’assemblage. — rayonnements (UV...), bombardement électronique.
Les neuf modes de prise utilisés pour les colles et les adhésifs
destinés à l’emballage sont détaillés dans le tableau 1.
1.3 Développement de la cohésion :
prise de la colle
2. Matériaux utilisés
Après l’assemblage des deux matériaux ou substrats, la colle doit
durcir ou sécher, afin de donner une liaison solide, mécaniquement
résistante entre les deux matériaux : c’est le phénomène de prise Les caractéristiques des matériaux utilisés dans l’emballage
de la colle. influent sur le choix des colles et des adhésifs.
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Le lecteur consultera utilement l’article Emballages en carton Dans plusieurs circonstances, on est amené à coller des films
ondulé [A 9 765] dans ce traité. plastiques qui sont totalement imperméables.
■ Papiers
Pour les papiers, ce sont surtout l’état de surface, la stabilité 2.2.1 Fabrication de complexes d’emballages
dimensionnelle et l’absorption qui guident le choix des colles.
Les complexes pour emballages sont des matériaux obtenus en
La plupart des papiers subissent des traitements de surface dont
contrecollant deux (ou plusieurs) feuilles plastiques minces l’une
le but est d’améliorer leur aspect et leur aptitude à l’impression, ou
sur l’autre, chaque feuille apportant ses caractéristiques propres,
leur résistance à des agents extérieurs (humidité, graisses, etc.) :
de sorte que l’ensemble présente des propriétés qui sont l’addition
— apprêt physique obtenu par friction ou par compression du des propriétés de chaque feuille.
papier sur une calandre ;
Par exemple, dans un complexe polyéthylène/film cellulosique :
— enduction par couchage (avec charges blanches + liants
polymères de couchage) ; — le polyéthylène (PE) apporte la thermosoudabilité et l’étan-
— imprégnation (par des cires pour les imperméabiliser). chéité vis-à-vis des liquides ;
— la feuille cellulosique apporte la résistance à la chaleur,
On distingue donc divers types de papiers : l’imprimabilité et la stabilité dimensionnelle.
— krafts, écrus ou blanchis, calandrés ; La fabrication de complexes d’emballages fait appel à de
— papiers calandrés ; nombreux types de feuilles plastiques : polyamides, polyesters,
— papiers ingraissables, sulfurisés ; polyoléfines (PE, PP : polypropylène), pellicule cellulosique, polys-
— papiers imprimés : l’impression et la présence des encres tyrène, copolymère, éthylène/acétate de vinyle (E/VAC), poly (alcool
gênent le collage ; de vinyle) [PVAL ou PVOH].
— papiers imperméables : paraffinés, enduits de polyéthylène Le mouillage et l’adhérence des adhésifs sur ces feuilles sont plus
par extrusion, ou de cire, ou de hot-melts (thermofusibles) ; ou moins bons selon les types d’adhésifs utilisés. Par exemple,
— papiers traités pour obtenir la résistance à l’humidité. l’adhérence est difficile sur les polyoléfines en raison de leur absence
de polarité, il est donc nécessaire de traiter leur surface pour obtenir
Les papiers traités seront plus difficiles à mouiller par les colles une adhérence modeste (par effet Corona en général, c’est-à-dire par
et adhésifs. bombardement électronique ou effluve électrostatique).
6
En revanche, les papiers ordinaires, absorbants, seront faciles à Pour obtenir une adhérence suffisante sur ces films plastiques,
mouiller et à coller mais moins stables dimensionnellement (ils peu- on a recours en général à des adhésifs polyuréthanes (PU) de
vent s’allonger après avoir absorbé l’eau de la colle, donc friser ou divers types (bicomposant ou monocomposant, le plus souvent en
se gondoler). milieu solvant, mais parfois aussi à 100 % d’extrait sec).
■ Cartons
Le carton plat comporte trois couches : 2.2.2 Fabrication d’emballages mixtes
— la couche extérieure, ou recto, dont la surface est traitée pour
recevoir les impressions (apprêt physique, couchage, etc.) ; Exemples : blisters (coques PVC sur carte en carton), briques de
— l’intérieur, qui confère la rigidité ; lait (complexes plastique/carton), operculage de pots de yaourts (alumi-
nium ou plastique sur plastique), etc.
— la face intérieure, ou verso, traitée ou non.
Lors de la fabrication et de la fermeture des emballages en carton On utilise ici des adhésifs thermoscellables, formulés spéciale-
plat (étuis, boîtes), on colle toujours recto sur verso et les deux faces ment à base de copolymères acryliques ou autres, pour obtenir à
jouent donc chacune leur rôle. la fois l’adhérence sur les divers matériaux constitutifs et le scel-
lage à chaud.
■ Aptitude au collage des papiers et cartons
Certaines caractéristiques des papiers et cartons influent sur leur
aptitude au collage. 2.2.3 Étiquetage sur bouteilles plastiques
● Rigidité des cartons : les cartons rigides font un effet de ressort ou autres contenants en plastique
lors des pliages des rabats, et nécessitent des colles à fort
tack (§ 3.2.8). La résistance à la flexion s’exprime en millinewtons- Exemples :
mètres (mN · m). Elle peut être mesurée par la méthode décrite dans — bouteilles d’eau minérale ou d’huile en PVC ou en polyoléfines ;
la norme NF Q 03-025. — bouteilles de boissons gazeuses en PET [poly (téréphtalate
● Absorption et porosité : l’absorption est mesurée par l’essai d’éthylène)].
Cobb (norme NF EN 20535). L’indice Cobb est la quantité d’eau Dans le cas illustré figure 2, les colles thermofusibles (TEM 811,
absorbée (exprimée en g/m2) par le papier ou le carton mis en TEM 964E, TEM 933M, présentent divers avantages :
contact avec l’eau pendant 60 secondes. — produits polyvalents sur PVC/PET ;
● Rugosité : elle est mesurée selon la méthode Bendsten (décrite — bon accrochage sur bouteille humide ;
dans la norme Q 03-049). — consommation réduite au minimum ;
— cadence élevée (45 000 bouteilles par heure).
● Stabilité dimensionnelle : elle est fonction des variations
d’humidité et de l’absorption d’eau. Les étiquettes peuvent, aussi, être en polypropylène biorienté (OPP)
ou bien en papier.
● Résistance à la déchirure, en particulier à l’état humide.
Plusieurs sociétés fournissent des matériels de laboratoire pour Les colles traditionnelles d’étiquetage (à base de caséine ou
mesurer ces caractéristiques (cf. « Pour en savoir plus » [Doc. vinyliques) n’adhèrent pas sur ces plastiques, il est donc nécessaire
AG 6 752]). d’utiliser :
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AG6750
2.4 Métaux
2.2.4 Rubans et étiquettes autoadhésifs ■ Feuilles métalliques (pour l’operculage par exemple)
sur supports plastiques Elles nécessitent des formules particulières (solutions adhésives
thermocollantes à base acrylique, thermofusibles spéciaux).
Ici, on utilise des produits autoadhésifs qui sont : ■ Verre
— soit des émulsions copolymères (acryliques, VAC/E) ; L’adhérence sur le verre demande également des polymères
— soit des hot-melts acryliques ou à base de caoutchouc adaptés : caséines, acryliques, VAC/E, dextrines. De plus le verre
SIS [poly (styrène/isoprène/styrène)] ou SBS [poly (styrène/ buta- étant imperméable, si l’on désire utiliser une colle aqueuse, l’autre
diène/styrène)] (Kraton de la société SHELL par exemple). matériau à coller doit être absorbant.
■ Boîtes de conserve en fer blanc ou en aluminium
Pour ce type de collage, on choisit des adhésifs qui mouillent
Ces diverses matières plastiques présentent des difficultés de bien et accrochent sur le métal qui peut être dans certains cas
collage : assez humide et chaud. On s’oriente alors, selon les cas, vers des
— mouillage difficile, car elles sont lisses et inertes colles dextrines ou vers des autoadhésifs thermofusibles.
chimiquement ;
— adhérence très faible avec les colles classiques : il faut
donc faire appel à des autoadhésifs ou à des adhésifs
thermofusibles ou à des adhésifs PU dans le cas du 3.2 Caractéristiques de mise en œuvre
complexage.
Les caractéristiques des colles conditionnent leur mise en œuvre
sur les systèmes d’application.
(0)
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AG6751
’emballage est l’un des plus gros marchés utilisateurs de colles et adhésifs
L car la plupart des opérations d’emballage et de conditionnement utilisent le
collage, que ce soit pour fabriquer les matériaux primaires d’emballage (carton
ondulé, caisses, étuis, sacs, enveloppes, rubans adhésifs etc.) ou pour fermer et
étiqueter les emballages et conditionnements et ensuite pour les grouper,
regrouper, fardeler (c’est-à-dire constituer un petit fardeau en entourant
plusieurs objets d’un ruban adhésif), étiqueter, etc.
Afin d’aider les industriels, les fabricants d’emballages et les sociétés qui utili-
sent ces emballages – dans toutes les industries, non seulement alimentaires mais
aussi de produits de grande consommation et autres – nous allons passer en
revue un certain nombre d’applications du collage, en nous attachant à décrire les
techniques et les machines utilisées, à indiquer les cadences de chaîne, les exi-
gences et en décrivant les adhésifs et colles utilisés, ainsi que leurs performances.
Cet article s’insère dans une série consacrée aux colles et adhésifs pour emballage :
— Colles et adhésifs pour emballages. Généralités [AG 6 750] ;
Parution : octobre 2004
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système applicateur.
On appelle colle froide une colle appliquée à température [Link] Utilisations des applicateurs ouverts
ambiante (20 ˚C), qui est donc liquide à cette température.
Ces systèmes se rencontrent dans :
— les machines de fabrication d’étuis cartons, de sacs, de
1.1.1 Applicateurs ouverts sachets, de pochettes et d’enveloppes ;
— les étiqueteuses pour bouteilles, flacons en verre, avec des col-
Ce sont des systèmes où la colle ou l’adhésif sont dans des bacs les caséine ou des émulsions diverses ;
ouverts : le système applicateur peut être alors un rouleau, une — le contrecollage carton/carton, film décor/carton, microcanne-
molette, un cliché ou stencil. Ces applicateurs sont utilisés avec des lures, avec enduction au rouleau large de toute la surface du carton ;
colles froides : vinyliques, caséine, copolymères en émulsion — les machines d’enduction pour films autoadhésifs et
aqueuse, dextrines. complexes d’emballages (voir paragraphes 2.5 et 3 et figures 21, 24
et 27).
[Link] Systèmes à rouleaux
L’alimentation de la colle se fait soit par gravité dans les systèmes 1.1.2 Applicateurs fermés
simples (figure 1), soit par pompe.
Un rouleau tourne dans le bac rempli de colle. Le grammage de [Link] Systèmes à extrusion
colle déposée peut être contrôlé par divers systèmes :
Dans ces systèmes, on extrude un cordon plus ou moins gros
— un deuxième rouleau ;
d’adhésif par l’intermédiaire d’une pompe qui conduit l’adhésif,
— une lame ou un couteau racleur qui retirent l’excès de colle sous une pression de 1 à 5 bar, d’un réservoir fermé vers une buse
entraînée par le rouleau (figures 1 a et 1 b) ; ou une fente calibrées ou une buse à trous.
— une lame doseuse, une lame d’air (figures 1 f et 1 i), etc.
La viscosité de la colle doit être adaptée à la taille des cordons dési-
Le plus souvent le rouleau tourne dans le même sens que le maté- rée, à la pression et au système utilisé (dimensions de la fente ou dia-
riau à enduire : dans ces conditions le dépôt de colle n’est pas lisse. mètre de la buse) ; elle est, en général, de 0,4 à 3 Pa · s (soit 4 à
Si l’on veut un dépôt parfaitement lisse, il faut utiliser un système 30 poises). L’ouverture et la fermeture de l’applicateur sont com-
Reverse Roll dans lequel le deuxième rouleau, applicateur, tourne mandées par différents systèmes (pneumatique, électromagnétique,
en sens inverse du matériau à enduire en raclant ainsi la colle électrique) qui peuvent agir avec des cadences très grandes : plu-
(figures 1 b et 1 h). sieurs dizaines, voire même centaines, de coups par minute, ce qui
La quantité de colle déposée dans ces systèmes à rouleaux dépend : permet d’appliquer des cordons discontinus et même des tiretés ou
— de la viscosité et de la rhéologie de la colle ; plus la colle est des pointillés à la fréquence et à la distance voulues (figures 2 et 3).
consistante, plus le grammage déposé sera élevé ; En général, le système extrudeur est placé très près des pièces à
— de l’intervalle entre les rouleaux ou racles et le matériau qui encoller soit directement au contact des matériaux (cas des systè-
défile ; mes à buse ou à fente), soit entre 0,5 et 3 mm dans le cas de buses
— de la pression du rouleau sur le matériau qui défile. rapides (du type Aucouturier, Spraymation ou Valco).
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Lame doseuse
a b c d
Barre
e f g h
Lame
d'air
Rideau
Buse d'adhésif
6
i j k l
[Link] Systèmes à aiguille remonte lors du passage d’une pièce à encoller. Il est étalé par la
partie plane située à la base de l’applicateur et la largeur encollée
Ces applicateurs permettent de déposer de très fins cordons
est comprise entre 2 et 15 mm (systèmes Pafra et similaires). La
d’adhésif. Ils peuvent être actionnés par des systèmes électroma-
quantité d’adhésif déposée est déterminée par la pression d’alimen-
gnétiques ou pneumatiques.
tation et par la taille de la bille et de l’applicateur.
L’adhésif utilisé doit être très fluide (100 à 500 mPa · s) pour ne pas
Les viscosités exigées pour ces systèmes sont :
sécher ou coaguler au voisinage de l’aiguille fine. Il doit également
être filtré en permanence pour éviter le bouchage du trou d’extrusion. — 0,8 à 1,5 Pa · s pour une alimentation par gravité ;
— jusqu’à 2 à 3 Pa · s pour une alimentation sous pression.
La pression exercée sur l’adhésif est de l’ordre de un à quelques bars.
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3
a b
1
Bille en position ouverte
6
c d'un système de purge (avec circulation permanente)
■ Dans les systèmes fermés, il y a en général un système de
contrôle qui : a système d'extrusion
— actionne l’alimentation sous pression ;
— actionne l’ouverture et la fermeture des applicateurs (buse, bille,
etc.) de façon synchronisée avec le passage des pièces à encoller.
Deux cas sont à distinguer :
— machines à vitesse fixe (exemple : fermeture d’étuis) : un détec-
teur (mécanique ou photoélectrique) détecte la pièce qui arrive en
position d’encollage et déclenche l’application de colle, pendant un
temps qui dépend de la longueur des pièces et de la vitesse d’avance-
ment. La longueur de dépôt peut être commandée par une came ;
— machines à vitesse variable (exemples : cartonnages, micro- La poignée encolleuse existe dans une version
cannelure, fabrication de caisses, cartons et étuis de tailles à commande automatique
variables) : le réglage de la position des filets de colle et de la quan- b poignée encolleuse
tité de colle déposée doit rester constant, quelle que soit la vitesse
de la chaîne. Chaque pièce est alors détectée par une cellule photoé-
lectrique ou un détecteur mécanique en début et en fin de passage.
Ces deux signaux sont envoyés à un programmateur (électronique)
qui calcule automatiquement les temps et le débit du dépôt en fonc-
tion de la vitesse d’avancement de la machine et actionne l’ouver-
ture et la fermeture des systèmes.
La figure 4 montre un tel système de contrôle du dépôt de colle. Buse cordon Buse plate Buse à plusieurs cordons
Des systèmes permettent de mesurer aussi la quantité de colle c buses standard
déposée en continu.
Figure 3 – Système d’extrusion de colle à froid en continu (source :
documentation Kremlin)
1.2 Applicateurs hot-melts
On peut appliquer l’adhésif thermofusible fondu chaud avec plu- 1.2.2 Applicateurs à doigt type « Kliklok »
sieurs systèmes.
1.2.1 Applicateurs à rouleau Un doigt encolleur, terminé par un cliché, pivote entre le bac
d’adhésif et les pièces à encoller (figure 6). La forme du cliché peut
C’est le système utilisé par les étiqueteuses de bouteilles Krones être modifiée pour permettre de déposer l’adhésif aux zones
décrites au paragraphe 2.2 (figure 5). adaptées à la dimension des pièces ou des rabats.
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Commande
d'application
Robinet doseur
Air
comprimé
Câblages électriques
Contrôleur Dispositif
de quantité de lavage Conduit
d'eau
de lavage
Robinet
d'évacuation
de la pression Flux de colle Tête d'application avec
photocellule et
détection
de colle
Figure 4 – Système à colle équipé d’un dispositif de contrôle de quantité (source : Robatech)
Ce système est souvent utilisé pour des étuis, des boîtes en carton d’adhésif. La figure 8 montre leur disposition générale qui
et sur les rabats ou les pattes de collage. Il nécessite une viscosité comprend :
strictement contrôlée, autour de 500 à 1 000 mPa · s :
6
— un réservoir de fusion, de dimensions variables, pouvant rece-
— suffisante pour avoir le dépôt de colle juste nécessaire ; voir des adhésifs en granulés, blocs ou pains, avec régulation de la
— pas trop élevée, pour ne pas faire de fils et de salissures. température ;
La température de l’adhésif doit être contrôlée à quelques degrés — une pompe (pompe à piston à double action ou pompe à
près. engrenage) ;
Ce système est simple et robuste mais s’encrasse facilement. — un filtre pour éliminer d’éventuelles particules non fusibles ;
— une tuyauterie chauffée ;
1.2.3 Applicateurs à roulette ou à disque — une buse ou pistolet (figures 8 et 9).
Exemple : Applicateur d’adhésif thermofusible Problue 7 ou
Souvent utilisés pour appliquer un cordon d’adhésif sur des piè- 12 kg de la société Nordson
ces qui défilent (figure 7), les roulettes ou disques peuvent être plus Cet appareil comporte les éléments et caractéristiques suivants :
ou moins larges, cannelés ou à segments, à circonférences planes
— fondoir d’une capacité de 7 L dont le remplissage et le nettoyage
ou concaves.
sont facilités par une large ouverture du bac sur trois côtés. La vitesse
Les viscosités des adhésifs doivent être comprises entre 500 et de fusion est de 3 à 7 kg/h ;
1 500 mPa · s environ. — débit maximal de la pompe de 22 ou 35 kg/h ;
Ils sont utilisés sur les plieuses colleuses (BOBST par exemple). — débit horaire d’adhésif de 7 à 12 kg, l’appareil étant muni de deux
pistolets et deux tuyaux ;
— température d’application comprise entre 50 et 230 ˚C (± 0,5 ˚C)
1.2.4 Rouleaux perforés et contrôlée automatiquement ;
— filtre renouvelable, supprimant la nécessité de réaliser une purge
Un rouleau ou tambour creux est perforé de petits trous, de dia- hebdomadaire du filtre ;
mètre inférieur à 1 mm, disposés selon la forme que l’on désire don- — paramétrage, programmation réalisables à partir d’un micro-
ner aux zones d’encollage. ordinateur ;
L’adhésif, qui doit être assez fluide (500 à 1 500 mPa · s), arrive par — convivialité accrue : programmation aisée, témoins lumineux per-
l’axe du rouleau, une racle nettoie ce rouleau à chaque tour. Ces rou- mettant un contrôle rapide (autorisation de mise en marche, défaut,
leaux mille points donnent des points de colle très fins pour que maintenance, température du bac, des tuyaux et des pistolets).
l’adhésif chaud ne fasse pas friser les étiquettes lorsqu’elles sont en
Dans ces applicateurs, l’air comprimé est admis par une vanne
films plastiques (polypropylène biorienté). Ce système convient
électromagnétique sans inertie donc à délai de réponse extrême-
aussi pour les colles froides.
ment court. L’air comprimé peut être supprimé, dans ce cas la vanne
à bille est actionnée par une commande électromagnétique.
1.2.5 Applicateurs à buse ou pistolet type Les buses (figure 10) peuvent être changées, ce qui offre de nom-
Nordson, Robatech... breuses possibilités :
— buses de différents diamètres adaptées à la largeur du cordon
Ce sont de loin les applicateurs les plus utilisés sur les machines désirée et à la consommation souhaitée ; les buses peuvent être à
d’emballage, en raison de la précision et du réglage précis du dépôt bille ou à aiguilles pour l’ouverture ou la fermeture de l’orifice ;
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Conception d'emballage
(Réf. Internet 42133)
1– Conception d'emballages
6– Accessoires de conditionnement
Chaîne graphique du packaging. Techniques d'impact d'un emballage en linéaire AG6702 177
Sur [Link]
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7
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Référence Internet
AG6700
7
3.9 Épreuves contractuelles .............................................................................. — 7
4. Gestion de la couleur .............................................................................. — 7
4.1 Espace colorimétrique ................................................................................. — 7
4.2 Synthèse additive (lumière) ........................................................................ — 7
4.3 Synthèse soustractive (matière) ................................................................. — 8
5. Flux de production et gestion informatisée
des travaux graphiques .......................................................................... — 8
5.1 Transfert des fichiers ................................................................................... — 8
5.2 Contrôle du flux prépresse .......................................................................... — 9
5.3 Fonctionnement ........................................................................................... — 9
5.4 Validation « en ligne » des travaux graphiques ........................................ — 9
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 700
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Référence Internet
AG6700
Agence/studio
Photograveur
Imprimeur
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Référence Internet
AG6700
Photos Fichiers
Souhaits argentiques Contrôle
clients Création numériques
des fichiers
Dessins numérique optimisés
Scanner
illustrations
Préparation
Documents
Instructions Création de la aux
papiers
créatifs mise en page spécifications
(studio d'impression
graphique) Photos numériques
Intégration
Conversion textes Imprimante
Agence Images 3D ou vidéo des images et images calibrée
en CMJN Préparation
Textes numériques
des fichiers
Retouches pour
l'impression
Fichier
de création
Conversion
des fichiers
1 : Maquette (PDF/Web/…) 2 : Épreuve
(tirage contractuelle
numérique) numérique
7
logiciels sont au cœur de cette activité et il convient de posséder
quelques connaissances pour mieux comprendre la chaîne Le numérique a donné naissance à un produit semi-fini : le
graphique. fichier. Il devient donc une fin en soi et un produit
« vendable ».
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7
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Référence Internet
AG6701
7
4. Finition de l’impression .......................................................................... — 11
4.1 Vernis de finition .......................................................................................... — 12
4.2 Pelliculage..................................................................................................... — 12
4.3 Gaufrage ....................................................................................................... — 12
4.4 Dorure ........................................................................................................... — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. AG 6 701
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Référence Internet
AG6701
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Souhaits argentiques Contrôle ou montage
Création numériques gravure Presse
clients des fichiers Films manuel
numérique optimisés Forme Conventionnelle
Dessins (CTF)
Scanner imprimante Impression
illustrations Épreuve
Préparation analogique OFFSET
Documents HÉLIOGRAVURE
Instructions Création de la aux
papiers FLEXOGRAPHIE
créatifs mise en page spécifications
(studio d'impression SÉRIGRAPHIE
graphique) Photos numériques
Intégration
Conversion textes Imprimante Forme imprimante
Agence numérique (CTP)
Images 3D ou vidéo des images et images calibrée
en CMJN Préparation
Textes numériques Presse DI
des fichiers Fichier RIP (CT Press)
Retouches pour pour
l'impression l'impression Presse numérique
Fichier (CT Print)
de création
Conversion
des fichiers
1 : Maquette (PDF/Web/…) 2 : Épreuve
3 : Validation
(tirage contractuelle
BAT
numérique) numérique
(machine)
Donneu
urr d'ordre/client
u
Agence/studio
Photograveur
Imprimeur
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Référence Internet
AG6701
Presse DI
Fichier RIP (CT Press)
pour
l'impression Presse numérique
(CT Print)
2 : Épreuve
3 : Validation
contractuelle
BAT
numérique
(machine)
7
fraîcheur) des teintes.
Multichromie
Le mélange des couleurs primaires (par leur manque de pureté) ne
Figure 3 – Quatre techniques de reproduction du spectre permet pas d’obtenir parfaitement certaines couleurs, pourtant
des couleurs simples, comme le vert et l’orangé.
Comme nous l’avons vu plus haut, et selon un principe de base ■ L’absence de relief, mais technique du pochoir.
évident : « Plus la palette de couleurs de base est grande, plus Soit sérigraphie = écran de soie = transfert direct.
l’espace colorimétrique (le gamut) est important ». Aussi faut-il
admettre que le nuancier Pantone a plus de possibilité, avec ses ■ Une autre technique reposant sur un antagonisme eau/encre.
14 teintes de base, de reproduire environ 1 000 couleurs (encore Soit offset = forme imprimante à plat (sans relief) = double
assez loin des millions de couleurs que notre œil est capable de voir). transfert (figure 6).
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ême si les procédés d’impression concourent à donner un aspect
M attractif aux emballages, les techniques de finition, comme :
– le parachèvement ;
– l’ennoblissement ;
– la décoration... permettent la différenciation recherchée par les services
marketing.
Lorsqu’un produit imprimé sort de machine d’impression, il est quelquefois
loin d’être achevé !
Concevoir un emballage, c’est se pencher sur la conception de la surface afin
d’obtenir des effets visuels par une modification de l’aspect recto et/ou verso
du produit imprimé.
La conception de la structure peut également contribuer à « renforcer » un
effet graphique, en s’attachant aux aspects fonctionnels, de praticité et de soli-
dité des emballages. (Par exemple : la forme, le pliage, la protection).
Fort d’une expérience de 18 ans en tant que coordinateur graphique au sein de deux
grandes entreprises de production et d’impression d’emballages pour l’industrie agroali-
mentaire, Bernard Petit « consultant de la chaîne graphique », réalise des interventions
de formation, d’accompagnement et des séminaires techniques pour de nombreux orga-
nismes.
Parution : juillet 2011
177
Référence Internet
AG6702
1. Finition
La finition des impressions est un terme assez vaste pour per-
mettre de décrire correctement l’activité post-presse. En effet, dans
le monde de l’édition (imprimerie labeur) ce mot « finition » induit
également l’activité de reliure, qui ne sera absolument pas traitée
ici. On peut également parler de façonnage dans ce cas précis.
Un autre terme est également utilisé, c’est le mot
« parachèvement » que l’on rencontre souvent dans le marché des
étiquettes viticoles par exemple.
• Trichromie
2. Couleur • Quadrichromie
• Hexachromie
• Multichromie
La couleur est un élément primordial pour permettre une iden-
tité propre au design.
7 Dès la conception du projet, il convient d’utiliser une Figure 2 – Techniques d’impression pour reproduire le spectre
chromatique
composition judicieuse des graphismes et des couleurs.
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Les agro-ressources, étant renouvelables et biodégradables, offrent une alternative aux plastiques traditionnels en réduisant la dépendance aux matériaux fossiles. Elles permettent la production de bioplastiques qui décomposent naturellement, limitant ainsi l'accumulation de déchets plastiques . Les biocomposites, qui contiennent des fibres naturelles, constituent également une solution prometteuse pour améliorer les propriétés mécaniques des emballages tout en gardant leur biodégradabilité .
La réglementation environnementale, en imposant des normes d'écoconception et des sanctions pour non-conformité, pousse l'industrie de l'emballage à adopter des pratiques plus durables. Cette influence se traduit par une augmentation de la recherche et développement dans les matériaux biodégradables et une reconfiguration des processus industriels pour améliorer la recyclabilité et la réutilisation des emballages .
L'utilisation de matériaux biosourcés pour l'emballage pose plusieurs défis techniques, notamment la nécessité de maintenir les propriétés fonctionnelles telles que la résistance mécanique, la barrière à l'humidité, et la compatibilité alimentaire. Les biocomposites biosourcés doivent également être optimisés pour préserver leur biodégradabilité tout en assurant une performance comparable à celle des plastiques conventionnels .
L'écoconception des emballages dans l'Union européenne vise principalement à réduire l'impact environnemental des emballages en minimisant la quantité de matériaux utilisés et en encourageant leur réutilisation et recyclage. Les normes européennes, bien que non obligatoires, servent de référence pour assurer la conformité avec les réglementations et éviter des sanctions financières . Les directives, telles que la directive 94/62 de 1994, établissent des principes comme la prévention à la source et la hiérarchisation des modes de gestion des déchets . En parallèle, les législations nationales visent à aligner avec ces normes tout en permettant une liberté de moyens pour les États membres .
Les directives européennes, telles que la directive 94/62, établissent un cadre juridique commun qui guide les États membres dans la mise en œuvre de pratiques d'écoconception des emballages. Elles fixent les règles sur la réduction de l'impact environnemental et favorisent la libre circulation des emballages dans le marché unique tout en permettant chaque pays d'adopter ses propres moyens pour atteindre les objectifs fixés .
Les agro-ressources utilisées dans les bioplastiques se caractérisent par leur origine renouvelable, étant issues de matériaux tels que la cellulose et l'amidon. Elles permettent la fabrication de bioplastiques biodégradables, contribuent à un cycle de vie plus soutenable des emballages, et réduisent la dépendance aux ressources fossiles .
Depuis les années 1990, la gestion des déchets d'emballages en France a distingué entre les déchets ménagers, confiés à des éco-organismes, et ceux professionnels, sous la responsabilité des entreprises. Cependant, cette dichotomie est appelée à changer en 2025 vers un système plus intégré . Par ailleurs, la législation a évolué avec l'adoption de la loi AGEC en 2020, qui réforme progressivement la gestion des déchets pour intégrer davantage les principes d'écoconception et de réduction de gaspillage .
Les bioplastiques, différemment des plastiques fossiles, sont conçus pour avoir un impact environnemental moindre grâce à leur origine biosourcée et leur capacité de biodégradabilité ou de compostabilité. Leur fabrication utilise des agro-ressources renouvelables, réduisant ainsi l'empreinte carbone par rapport aux polymères issus du pétrole .
Le non-respect des normes d'écoconception est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 450 euros par emballage non conforme saisi. Cette mesure s'inscrit dans l'obligation de concevoir des emballages qui respectent les exigences environnementales fixées par la législation .
L'écoconception est essentielle dès le début du cycle de vie d'un emballage car elle permet d'intégrer des considérations environnementales dans le choix des matériaux et des procédés de fabrication, réduisant ainsi le volume de déchets et favorisant la réutilisation et le recyclage. Cela assure une gestion plus durable des ressources et minimise l'impact écologique dès la conception .