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Les Quatre Évangiles

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QPD 81 Les quatre évangiles - couv 23/04/13 09:22 Page1

Pierre Mourlon Beernaert Pierre Mourlon Beernaert

Les quatre évangiles


81

Les quatre

Pierre Mourlon Beernaert


81 81 évangiles
Pourquoi quatre Évangiles ? Un seul ne suffirait-
il pas ? Et quel est le meilleur des quatre ? Il n’y a

Photo de couverture : Jacob Jordaens, les Quatre évangélistes, c.1625, huile sur toile, 134 × 118 cm, Musée du Louvre (Paris) | [Link]
aucun choix à faire entre ces quatre témoignages
évangéliques ; mais il est important d’entrer, le
mieux possible, dans les perspectives propres de
chacun, avec ses visées rédactionnelles et avec ses
démarches narratives.
D’une manière simple et accessible, ce petit ou-
vrage de synthèse met bien en lumière les diffé-
rences et les ressemblances entre les récits de

Les quatre évangiles


Matthieu, Marc, Luc et Jean. Pour chacun, après
avoir brossé le portrait du rédacteur et relevé les
caractéristiques de son vocabulaire, il propose un
véritable « guide de lecture » pour l’ensemble du
récit.

ISBN 978-2-87356-557-2
Prix TTC : 10,00 € Collection
« Que penser de… ? »

9 782873 565572
QPD 81 Les quatre évangiles 15/04/13 16:37 Page3

Pierre Mourlon Beernaert

Les quatre évangiles

Collection « Que penser de… ? »


QPD 81 Les quatre évangiles 15/04/13 16:37 Page4

DU MÊME AUTEUR

• Aux éditions du Cerf :


Cœur – Langue – Mains dans la Bible, un langage sur l’homme, Cahiers
Évangile no 46, 1983, 64 p.
• Aux éditions Lumen Vitae :
Aux origines du genre humain : que dit la science ? que dit la Bible ? 1996,
192 p.
Récits et Paraboles de vie. Cinquante histoires à conter, 19992, 152 p.
Récits et Paraboles de Vie. Tome II. Nouvelle série de cinquante histoires
brèves, 2006, 136 p.
La première encyclique de Pierre, 2011, 116 p.
• Dans la collection Horizons de la foi et Connaître la Bible :
L’épître aux Philippiens, no 49, 1992, 54 p.
Dieu Lumière – Dieu Amour, La première lettre de saint Jean, nos 59-60,
1994, 74 p.
Avec Simon Pierre. Ses appels, ses doutes, ses élans, no 15, 1999, 80 p.
Se situer face à la Croix. Les étapes vécues par les premiers chrétiens,
no 31, 2003, 80 p.
Agneau et Berger. Le Christ de l’Apocalypse, no 54, 2009, 80 p.

Pierre Mourlon Beernaert, prêtre jésuite, ordonné en 1969, est


bibliste et professeur émérite de Nouveau Testament (Centre
international Lumen Vitae). Il anime diverses retraites et ses-
sions bibliques. Il est supérieur de la Communauté du Sacré-
Cœur à Charleroi.

© Éditions Fidélité • 7, rue Blondeau • 5000 Namur


info@fi[Link] • www.fi[Link]
ISBN : 978-2-87356-557-2
Dépôt légal : D.2013, 4323.10
Maquette et mise en page : Jean-Marie Schwartz
Illustrations intérieures : Chantal van der Plancke, d’après des
émaux d’un reliquaire (Limoges, XIIe siècle)
Imprimé en France
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Introduction

La question posée: un seul Jésus et quatre évangiles

Dans toutes les Bibles, avec les innombrables tra-


ductions en plus de deux mille langues (dont la moi-
tié pour le Nouveau Testament complet), les
vingt-sept livres du Nouveau Testament commen-
cent par les quatre évangiles, dans un ordre qui nous
est familier : l’Évangile selon Matthieu, l’homme
ailé ; l’Évangile selon Marc, le lion ailé ; l’Évangile
selon Luc, le taureau ailé ; et le quatrième Évangile
selon Jean, l’aigle de haut vol. Nous aurons à mieux
comprendre pourquoi de tels emblèmes iconogra-
phiques leur ont été attribués par la tradition chré-
tienne.
Cependant, cet ordre de la Bible ne nous dit pas
l’ordre de la rédaction des évangiles. Avec l’exégèse
contemporaine, on peut affirmer que Marc est le
premier et le plus ancien des récits évangéliques,
autour de l’an 70, tandis que les évangiles selon
Matthieu pour les chrétiens originaires de la foi

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juive et selon Luc pour les chrétiens issus du monde


gréco-romain sont à situer autour des années
80 – 85. Tous trois, sur une trame commune, ont
d’évidentes particularités et des insistances propres,
adaptées aux communautés auxquelles ils s’adres-
saient. Il est alors aisé de les mettre en colonnes
parallèles : on parle à ce sujet de « Synopse », pour
manifester d’un coup d’œil leurs ressemblances et
leurs différences particulières. C’est tout le « pro-
blème synoptique », avec les diverses réponses qui
ont pu être proposées.
Quant à l’Évangile selon Jean, la tradition johan-
nique n’a été fixée par écrit qu’à la fin du Ier siècle,
autour de l’an 100, avec un appendice ou « postface »
(Jn 21). Généralement, cet Évangile est traité à part,
avec les questions différentes qui sont posées. Nous
allons nous arrêter, dans l’ordre chronologique assez
assuré de leur rédaction, à ces quatre évangiles écrits
en grec. Après une entrée en matière générale, nous
reprendrons chacun des récits en gardant une même
approche globale, afin que chacun puisse aisément
faire des comparaisons et des rapprochements.

Selon l’expression fameuse d’Irénée de Lyon,


avant l’an 200, nous avons ainsi sous nos yeux un
« Évangile quadriforme » (tétramorphe, en grec ; cf.
Contre les Hérésies III, 11, 8) : l’unique Évangile de
Jésus reconnu comme Christ, selon Marc, Matthieu,
Luc et Jean : en grec, kata plus accusatif. Cette for-

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mule d’Irénée a été reprise par le concile Vatican II


(Dei Verbum no 18, novembre 1965), qui a tenu à
affirmer une nouvelle fois, à propos des quatre évan-
giles :
- d’une part, leur origine apostolique : les apôtres
eux-mêmes ou des hommes apostoliques ;
- d’autre part, leur caractère historique : ces récits
nous transmettant ce que Jésus a réellement fait
et enseigné, « pour nous et notre salut » (Credo).
Dès lors, l’expression d’Irénée a été fréquemment
rappelée et reprise, en contraste avec les multiples
récits apocryphes, nettement plus tardifs, entre la
moitié du IIe et le VIe siècle.
Comme l’a bien mis en valeur Charles Harold
Dodd (1884 – 1973), professeur de Cambridge,
parmi toutes les religions du monde, seul le chris-
tianisme se fonde sur des événements historiques,
qui se sont donc produits une fois pour toutes. On
comprend dès lors qu’abandonner cette réalité his-
torique de base, pour ne retenir qu’une sorte de
signification transcendante que les évangélistes lui
attacheraient, reviendrait à nier l’Évangile de Jésus
Christ lui-même ! Les chrétiens ne peuvent ni
perdre de vue ni négliger cet aspect de vérité his-
torique dans ce que les évangiles nous relatent.
Pourtant, il n’est nullement question de reportages
ou de biographies de Jésus.

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L’intérêt de cette question

Nous nous trouvons donc devant l’unique per-


sonne de Jésus Christ et pourtant devant quatre
évangiles qui sont l’œuvre, selon l’expression du
prologue de Luc, de « ceux qui furent, dès le début,
témoins oculaires (des événements accomplis parmi
nous) et qui sont devenus serviteurs de la Parole »
(Lc 1, 2). L’affirmation est nette et invite à bien des
commentaires ; mais l’intérêt est réel de mieux per-
cevoir comment ces « témoins oculaires » et « servi-
teurs de la Parole » ont présenté leur témoignage,
avec tel ou tel accent particulier. Or beaucoup de
chrétiens n’ont guère une conscience suffisante du
grand intérêt de prêter attention à cette diversité :
par elle-même, elle se révèle pleine de sens. Si elle
soulève de multiples questions, il reste qu’elle est
un fait à ne pas passer sous silence ; il s’agit d’en
tenir compte, pour faire mieux connaissance et pour
acquérir une familiarité avec la quadruple tradition
évangélique, que l’Église a reconnue depuis les dé-
buts, en fixant son « Canon » des Écritures, c’est-à-
dire la règle de sa foi. Car jamais ces quatre évangiles
n’ont été confondus, par les Pères de l’Église, avec
les nombreux « évangiles apocryphes », qui ont fleuri
en ces temps-là.
À titre personnel, j’ai eu la chance d’avoir la tâche
gratifiante de former au Centre Lumen Vitae, pen-
dant quelques dizaines d’années, des générations

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d’étudiants à la lecture contemporaine du Nouveau


Testament, et en particulier des évangiles (comme
aussi de « Paul saisi par le Christ ») :
- Introduction aux Évangiles synoptiques (1978) –
Lire saint Jean (1998).
- Saint Marc, coll. « Le temps de lire », Lumen
Vitae (1985).
- Lire les Évangiles : méthodes et exercices (1991,
1997).
- Les visages féminins de l’Évangile. Marthe, Marie
et les autres (1992).
- Dix clefs pour pénétrer dans le « monde » des Évan-
giles (2004).
- « Présentation, pour les trois années liturgiques,
de chaque évangéliste », dans la revue Feu Nou-
veau.
Un tel travail d’analyse et de synthèse sera sans
cesse à poursuivre ; mais il présente un intérêt consi-
dérable pour se familiariser, peu à peu, avec
l’univers des récits évangéliques, dans leur unité
comme dans leur diversité. Cet ouvrage de la col-
lection « Que penser de… ? » entend éclairer toute
personne intéressée par cette perspective : un seul
Jésus, mais quatre récits variés sur ce Jésus.

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Quatre grandes difficultés, souvent soulevées

1. Pourquoi donc lire quatre évangiles ? Un seul ne


suffirait-il pas ? N’est-ce pas une faiblesse de la foi
chrétienne d’avoir requis quatre témoignages ? Dans
des rencontres avec des musulmans, l’objection est
immanquablement soulevée, suivie de l’affirmation
que le Coran montre la supériorité de Mahomet.
Ce serait en effet sous la dictée de l’ange Gabriel,
au début du VIIe siècle, que lui fut transmise la pa-
role divine par révélations successives ; et elle fut
ensuite consignée par écrit dans l’unique Coran,
avec ses cent quatorze sourates.
Or, si l’on veut bien y réfléchir, ne peut-on affir-
mer, avec Camille Focant, qu’il est une autre manière
de comprendre cet Évangile quadriforme : « Que les
premiers chrétiens aient retenu, dans le canon de
leurs Écritures fondatrices, une telle diversité dans
les portraits de Jésus en dit long… sur leur con-
science du caractère inépuisable de Celui qu’ils
vénéraient comme leur Seigneur. » Quatre points de
vue, c’est donc en vérité une chance et une richesse.

2. Que faire devant les difficultés concrètes qui se


présentent dans la catéchèse, avec des enfants et
des jeunes ? Parmi les quatre évangiles, quel est le
meilleur ? Il paraît en effet compliqué de faire état
de plusieurs versions de tel ou tel épisode. C’est
certain, mais ne convient-il pas de voir la vraie ri-

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chesse de quatre points de vue, dans tel récit issu


de communautés et d’auteurs si différents ? Chaque
évangéliste, bien entendu, a dû tenir compte des
communautés auxquelles il s’adressait… Et prati-
quement avec des jeunes, il sera opportun de choisir
telle ou telle version évangélique, selon les situa-
tions vécues ; mais on peut mieux en mesurer les
accents propres en les comparant aux autres ver-
sions. Dès les débuts, la tradition chrétienne n’est
en rien de type « monolithique » ; une perspective
plurielle s’affirme d’emblée et est reconnue comme
telle. Ne trouve-t-on pas là des données intéres-
santes en ce temps qui est le nôtre ?
En tout cas, il ne peut être question de fondre les
quatre évangiles en un seul, sous peine de s’empê-
cher de percevoir cette riche diversité. Dès la fin du
e
II siècle, un auteur comme Tatien a produit un Dia-
tessarôn (« à travers les quatre ») ; de nouvelles ten-
tatives ont été faites au XXe siècle (Pierre Thivollier,
René Laurentin…). Cependant, aucun essai n’a réel-
lement trouvé l’agrément des chrétiens ; ils ont plu-
tôt suscité des réticences ! Si on peut comprendre
à quel souci « pédagogique » veulent répondre de
tels efforts, ils représentent un réel danger par l’in -
compréhension manifestée, à la base, envers ce que
sont les rédacteurs évangéliques. La Parole de Dieu
nous est parvenue à travers une diversité signifiante,
ce qui est pour nous une vraie richesse littéraire et
théologique. Aucun « monolithisme » donc !

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3. De nos jours, les croyants adultes savent bien,


du moins en théorie, qu’ils disposent de quatre
évangiles ; mesurent-ils assez l’intérêt de cette don-
née ? Quelles sont au juste les insistances de chaque
récit ? Y porter son attention reste pourtant un bon
moyen de découvrir les apports propres de chacun.
Car les différences sont nettes : insistances propres,
accents particuliers, vocabulaire répété ; et c’est ce
que nous allons explorer.
Ainsi apparaît-il clairement que la foi chrétienne
n’est pas « une religion du Livre », comme c’est le
cas pour l’islam où le Coran est parole incondition-
nelle et intemporelle de Dieu. La foi chrétienne
invite d’emblée à la confiance en une Personne vi-
vante, ressuscitée, et en ses témoins fiables. Bien
sûr, les textes évangéliques sont le relais de notre
connaissance de Jésus et le passage obligé pour
connaître sa personne avec son « secret ». Mais si la
Bible et les évangiles sont inspirés par Dieu, ils sont
cependant écrits par des hommes, de telle sorte
que, pour les chrétiens, il n’y a pas de Parole de
Dieu sans paroles humaines. Car l’Incarnation va
jusque-là : Jésus n’a rien écrit, mais nous lisons
quatre évangiles « selon…. » !

4. En particulier, depuis la réforme liturgique (Va-


tican II, 1962 – 1965) et la redistribution des lectures
évangéliques, on peut se demander si les animateurs
liturgiques, dans les paroisses et les groupes chré-

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tiens, ont suffisamment mis en valeur le cycle des


lectures : années A, B et C, le quatrième Évangile
étant réparti au fil des années : Carême, Temps pas-
cal, discours du « pain de vie » (Jn 6 : année B)…
Voilà assurément un appel lancé aux animatrices et
animateurs des célébrations dominicales.
Il ne s’agit pas seulement d’éviter une impression
de « répétition » des textes et des commentaires —
répétitions auxquelles beaucoup sont sensibles
(textes trop connus, etc.) — mais surtout de valo-
riser les principales « couleurs » de l’Évangile selon
Matthieu (A), selon Marc (B), selon Luc (C). Des
efforts nombreux sont déjà entrepris, mais ils res-
tent à développer. Nous souhaitons que cet ouvrage
puisse soutenir une telle préoccupation. Ainsi, pour
évoquer quelques exemples, les chemins du Carême
sont différents d’une année à l’autre ; la célébration
centrale de la nuit de Pâques n’est pas la même
après une lecture de Mt 28, de Mc 16 ou de Lc 24 ;
pensons aussi aux dimanches de l’Avent, à la fête
de Pentecôte, aux divers dimanches dans l’année.
Bref, loin d’être des biographies de Jésus ou des
reportages à son sujet, les quatre évangiles sont des
témoignages variés, avec des points de vue divers,
sur l’impact que le « Fils de l’homme » (expression
que Jésus aimait car ce titre revient sur ses lèvres
à quatre-vingt-deux reprises dans les évangiles) a
provoqué en son temps avant Pâques, puis dans le
temps des premières communautés après la Pen-

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tecôte. C’est le caractère inépuisable de la mission


et de la personne de Jésus qui peut ainsi être pro-
gressivement mis en pleine valeur.

D’un point de vue pratique, comme il s’agit de


rassembler beaucoup de données des quatre
évangiles, avec leurs accents propres, il con-
vient de se donner quelques règles de base :
• Les évangiles ayant tous été écrits en grec,
il faudra citer quelquefois des termes grecs, en
faisant référence à la Concordance du Nouveau
Testament grec (Moulton, 1967).
• Quand un mot ou une expression ne se lit
que dans un seul évangile, nous l’indiquons
par un astérisque (*), soulignant ainsi son ap-
port personnel.
• La fréquence d’emploi d’un terme typique
est indiquée comme suit : [Mt-Mc-Lc-Jn] = [au
total]. Ainsi, l’autorité de Jésus (en grec, exou-
sia) : 10-10-16-8 = 44 × ; le Fils de l’homme :
30-14-25-13 = 82 ×.

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Dans l’Encyclopaedia Universalis (1996), l’article


« Jésus » s’ouvre de la manière suivante :
« Il est peu de personnages historiques dont l’in-
fluence sur l’histoire de l’humanité ait été aussi
grande que celle de Jésus, eu égard à la durée excep-
tionnellement courte de sa prédication. Il n’a pas
fondé de religion, et sa vie n’est en rien comparable
à celle de Bouddha, de Confucius ou de Mahomet
dont l’activité s’exerça durant des années. Et pourtant,
depuis deux mille ans, son enseignement est sans
cesse repris et commenté par ses fidèles, sa personne
vénérée comme celle du Fils de Dieu, la foi en Lui
annoncée en toutes les langues de la terre. Les non
chrétiens et les adversaires même du christianisme
reconnaissent en Jésus une personnalité hors de pair ;
et chacun interprète son œuvre et son message en
fonction de ses options… »
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1
Ressemblances
et différences

Le terme même d’« évangile »

Notre démarche doit commencer par quelques


réflexions sur le mot évangile et l’expression annoncer
l’Évangile, termes qui se retrouvent à vingt-trois re-
prises dans ces récits (sauf celui de Jean). Ils
reviennent également souvent dans les lettres de
Paul (67 ×) et de la tradition paulinienne (14 ×),
dans les Actes (17 ×), et plus rarement (9 ×) dans
Hébreux, 1 Pierre et Apocalypse — pour un total
de cent trente occurrences.
MARC ouvre son récit de la façon suivante : « Com-
mencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de
Dieu » (Mc 1, 1) ; le terme se lit chez lui à huit re-
prises, tandis que le verbe ne s’y trouve jamais.
MATTHIEU parle d’« annoncer l’Évangile » (Mt 11,
5) et quatre fois d’Évangile, en précisant « l’Évangile
du Règne » de Dieu (Mt 4, 23 ; 9, 35 ; 24, 14 ; 26,

17
En lecture partielle…
QPD 81 Les quatre évangiles 15/04/13 16:37 Page125

Bibliographie

• Jean-Noël ALETTI, L’art de raconter Jésus Christ. Luc, Paris,


Seuil, 1989.
• Philippe BACQ et Odile RIBADEAU-DUMAS, Un goût
d’Évangile. Marc, Bruxelles, Lumen Vitae, 2006.
• Pierre-Marie BEAUDE, Jésus de Nazareth, Paris, Desclée,
« Bibliothèque d’histoire du christianisme » no 5, 1983.
• Yves-Marie BLANCHARD, Des signes pour croire. Jean,
Paris, Cerf, 1995.
• Pierre BONNARD, L’évangile selon Matthieu, Genève,
Labor & Fides, 1970 et 2002.
• Raymond E. BROWN, Que sait-on du Nouveau Testament ?
Paris, Bayard, 2000.
• Étienne CHARPENTIER, Pour lire le Nouveau Testament,
Paris, Cerf, 1981 et 1994.
• Hugues COUSIN, L’évangile de Luc. Commentaire pastoral,
Paris, Centurion, et Montréal, Novalis, 1993.
• Charles-Harold DODD, Évangile et Histoire, Paris, Cerf,
1974.
• Michel GOURGUES, Les deux livres de Luc, Bruxelles,
Lumen Vitae, 1998.
• Anselm GRÜN, Jésus le Maître du salut. Matthieu, Paris,
Bayard, 2003.
• Jacques HERVIEUX, L’évangile de Marc. Commentaire pas-
toral, Paris, Bayard et Centurion, 1991.
• Éloi LECLERC, Le Maître du désir. Jean, Paris, Desclée de
Brouwer, 1998.

125
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• Xavier LÉON-DUFOUR, Lecture de l’évangile de Jean, 4


tomes, Paris, Seuil, 1988 – 1996.
• Antoine LION, Lire saint Jean, Paris, Cerf, 1972.
• Alain MARCHADOUR, L’évangile de Jean, Paris, Bayard,
et Montréal, Novalis, 1992.
• —, Les évangiles au feu de la critique, Paris, Bayard et Cen-
turion, 1995.
• Pierre MOURLON BEERNAERT, Saint Marc, Bruxelles,
Lumen Vitae, « Le temps de lire », 1985.
• Charles PERROT, Jésus, Paris, PUF, « Que sais-je ? »
no 3300, 1998.
• Michel QUESNEL, Comment lire un évangile ? Marc, Paris,
Seuil, 1984.
• Jean RADERMAKERS, Au fil de l’évangile selon saint Mat-
thieu, 2 tomes, Bruxelles IET, 1972 et 1975.
• —, La bonne nouvelle de Jésus selon saint Marc, 2 tomes,
Bruxelles, IET, 1974.
• — et Philippe BOSSUYT, Jésus Parole de la Grâce selon
saint Luc, 2 tomes, Bruxelles, IET, 1981.
• Jean ZUMSTEIN, Matthieu le Théologien, Paris, Cerf, « Ca-
hiers Évangile » no 58, 1986.

EN OUTRE
• Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Maredsous, Bre-
pols, 1987 (avec de multiples articles).
• Mille livres sur la Bible, Paris, Cerf, « Cahiers Évangile »
no 124, 2003 (pour les Évangiles : p. 52-65).


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Table des matières

Introduction ............................................................ 5
1. Ressemblances et différences .............................. 17
2. Marc Un projet cohérent qui surprend ........................ 33
3. Matthieu De son trésor, tirer du neuf et de l’ancien .... 51
4. Luc L’évangéliste de la tendresse .............................. 69
5. Jean L’Envoyé du Père – chemin, vérité, vie ................ 89
Conclusion Un seul Jésus et quatre évangélistes ............113


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Achevé d’imprimer le 29 avril 2013


sur les presses de l’imprimerie Pulsio, à 75006 Paris (France)
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Pierre Mourlon Beernaert Pierre Mourlon Beernaert

Les quatre évangiles


81

Les quatre

Pierre Mourlon Beernaert


81 81 évangiles
Pourquoi quatre Évangiles ? Un seul ne suffirait-
il pas ? Et quel est le meilleur des quatre ? Il n’y a

Photo de couverture : Jacob Jordaens, les Quatre évangélistes, c.1625, huile sur toile, 134 × 118 cm, Musée du Louvre (Paris) | [Link]
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évangéliques ; mais il est important d’entrer, le
mieux possible, dans les perspectives propres de
chacun, avec ses visées rédactionnelles et avec ses
démarches narratives.
D’une manière simple et accessible, ce petit ou-
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rences et les ressemblances entre les récits de

Les quatre évangiles


Matthieu, Marc, Luc et Jean. Pour chacun, après
avoir brossé le portrait du rédacteur et relevé les
caractéristiques de son vocabulaire, il propose un
véritable « guide de lecture » pour l’ensemble du
récit.

ISBN 978-2-87356-557-2
Prix TTC : 10,00 € Collection
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