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Espaces Affines : Définitions et Propriétés

Ce document décrit les notions d'espace affine et de repère dans un espace affine de dimension finie. Il définit notamment les notions de translation, de vecteur défini par deux points, de changement de repère et de barycentre.

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Espaces Affines : Définitions et Propriétés

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Chapitre 18 : Espaces affines

I Définitions et notations

A) Définition

Soit E un R-espace vectoriel.


Définition :
Un espace affine attaché à E est un couple (E , +) formé d’un ensemble E non vide et d’une loi externe
+ qui à un couple (A, u) de E ˆ E associe un élément A + u de E vérifiant les axiomes suivants :

1. @A P E , A + ⃗0 = A

2. @A P E , @u, v P E, A + (u + v) = (A + u) + v

3. @A, B P E , D!u P E, B = A + u

Si E est un espace affine attaché à E :

‚ On dit que E est l’espace vectoriel directeur de E ;

‚ Les éléments de E sont appelés des points, et ceux de E des vecteurs ;

‚ Si E est de dimension finie n, on dit que E est de dimension finie n.

B) Translation

Soit E un espace affine attaché à E.


Pour chaque u P E, l’application de E dans E qui à M associe M + u est appelée la translation de
vecteur u, nous la noterons tu . Les axiomes (1), (2), (3) reviennent ainsi à dire que :

‚ t⃗0 = IdE

‚ @u, v P E, tu+v = tu ˝ tv

‚ @A, B P E , D!u P E, tu (A) = B

C) Vecteur défini par deux points

Soit E un espace affine attaché à E.


ÝÝÑ
Étant donnés deux points A et B de E , l’unique vecteur tel que B = A + u est noté AB. Les trois
axiomes, joints à cette définition, donnent alors les résultats suivants :
ÝÝÑ
‚ @A, B P E , @u P E, B = A + u ðñ u = AB
ÝÝÑ
C’est en effet la définition de AB, possible grâce à l’axiome (3).
ÝÝÑ
En plus, l’axiome (1) donne, en particulier : @A, B P E , B = A ðñ AB = ⃗0.
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÑ
‚ Relation de Chasles : @A, B, C P E , AB + BC = AC .
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
En effet, d’après l’axiome (2) : A + (AB + BC) = (A + AB) + BC = B + BC = C

MPSI Mathématiques 1 Ismaël Bouya


Algèbre et géométrie
II. REPÈRES D’UN ESPACE AFFINE DE DIMENSION FINIE
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

ÝÝÑ ÝÝÑ
‚ @A, B P E , BA = ´AB .
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÑ
En effet, AB + BA = AA = ⃗0

D) Exemples et visualisation

On considère un R-ev E de dimension 2, une base (⃗i, ⃗j) de E et E un plan (ici le plan de la feuille) :

b
B

u
u

A b
⃗j

O
⃗i

Exemple :
Si E est un R-ev, alors E est naturellement un espace affine attaché à E, où la loi + externe est la même
que la loi + interne. En effet :

‚ @a P E, a + ⃗0 = a

‚ @a P E, @u, v P E, a + (u + v) = (a + u) + v

‚ @a, b P E, D!u P E, b = a + u (c’est b ´ a !!)

B
3 b

A = (2, 1)
2 ÝÝÑ B = (3, 3)
AB ÝÝÑ
AB = (1, 2)
A
1 b

0
0 1 2 3 4

II Repères d’un espace affine de dimension finie

Dans ce paragraphe, E désigne un espace affine attaché à E de dimension finie n.

MPSI Mathématiques 2
Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES
II. REPÈRES D’UN ESPACE AFFINE DE DIMENSION FINIE

A) Définitions

Définition :
Un repère de E est un couple R = (O, B) formé d’un point O de E et d’une base B = (e1 , e2 , . . . , en )
de E.
Considérons un repère R = (O, B) de E , avec B = (e1 , e2 , . . . , en ).
Le point O est appelé origine du repère, et les vecteurs e1 , e2 , . . . , en sont appelés les vecteurs de base
ÝÝÑ
du repère. Pour tout point M de E , les composantes du vecteur OM dans la base B sont appelées
les coordonnées de M dans le repère R. Ainsi, les coordonnées x1 , x2 , . . . , xn de M dans R sont
caractérisées par l’égalité :
ÝÝÑ
OM = x1 e1 + x2 e2 + ¨ ¨ ¨ + xn en (18.1)
 
x
 1
 .. 
Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté sur le repère R, on note M  . .
 
xn

     
Remarque : a1 b1 b1 ´ a 1
     
. . ÝÝÑ  . 
Si, dans le repère R, A  ..  et B  .. , alors, dans la base B, AB  .. .
     
an bn bn ´ a n
ÝÝÑ ÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÑ
En effet, AB = AO + OB = OB ´ OA
Les points étant repérés par leurs coordonnées, on peut aussi définir la notion d’équation dans un
repère :
Si f est une fonction réelle définie sur une partie K de Rn , la partie de E d’équation f (x1 , x2 , . . . xn ) =
0 dans R est par définition l’ensemble des points M de E dont les coordonnées (x1 , x2 , . . . xn ) dans R
vérifient :

(x1 , x2 , . . . xn ) P K, , et f (x1 , x2 , . . . xn ) = 0 (18.2)

B) Changement de repère

Proposition :
Soient R = (O, B) et R 1 = (O1 , B 1 ) deux repères de E , soit P la matrice de passage de B à B 1 , et
soit B la colonne des coordonnées de O1 dans R. Alors si M est un point de E , si X est la colonne des
coordonnées de M dans R, et si X 1 est la colonne des coordonnées de M dans R 1 , on a la relation :
X = B + P X 1.

Démonstration :
ÝÝÝÑ
X 1 est la colonne des coordonnées de O1 M dans R 1 , donc selon les formules de changement de base, P X 1
ÝÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÝÑ
est la colonne des coordonnées du même vecteur O1 M dans R, et comme OM = OO 1 + O1 M , la colonne
ÝÝÑ
des coordonnées de OM dans R est donc X = B + P X 1 .

MPSI Mathématiques 3
Algèbre et géométrie
III. BARYCENTRES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

III Barycentres
Dans cette section, E désigne un espace affine attaché à un espace vectoriel E.

A) Définition

Théorème, définition :
Soit (A1 , A2 , . . . An ) une famille de n points de E , et soit (λ1 , λ2 , . . . λn ) une famille de n réels de somme
ÝÝÑ
non nulle. Alors il existe un unique point G tel que λi GAi = ⃗0, il est appelé le barycentre des
ř
1ďiďn
points pondérés (Ai , λi ), i P J1, nK.

Démonstration :
Soit O un point quelconque de E .
Alors, pour tout point M de E , on a :

ÿ ÝÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ


λ i M Ai = λi OAi ´ λi OM (18.3)
1ďiďn 1ďiďn 1ďiďn

Comme λi ‰ 0, il existe bien un unique point G comme voulu, il est défini par l’égalité :
ř
1ďiďn

ÝÝÑ 1 ÿ ÝÝÑ
OG = ř λi OAi (18.4)
1ďiďn λi 1ďiďn

Remarque :
Il résulte de cette démonstration que si λi = 0, alors l’application qui à tout point M de E
ř
1ďiďn
ÝÝÝÑ
associe 1ďiďn λi M Ai est constante.
ř

B) Propriétés

D’abord, on remarque que la formule 18.4 établie précédemment, valable pour tout point O de E ,
permet d’obtenir aisément, lorsque E est de dimension finie, les coordonnées des (Ai , λi ) à l’aide des
coordonnées des Ai dans un repère d’origine O.
Remarquons de plus que cette formule montre que le barycentre des (Ai , λi ) est inchangé lorsqu’on
modifie l’ordre des (Ai , λi ), et aussi lorsqu’on multiplie tous les λi par un même coefficient non nul. On
peut ainsi se ramener au cas où les λi sont de somme 1.

Proposition (« associativité » du barycentre) :


Soit (Ai , λi ), i P J1, nK une famille de n point pondérés de E , avec 1ďiďn λi ‰ 0.
ř

Supposons que m est un entier tel que 1 ď m ă n et 1ďiďm λi ‰ 0.


ř

On introduit alors le barycentre H des (Ai , λi ), i P J1, mK.


Alors le barycentre G des (Ai , λi ), i P J1, nK est aussi celui de (H, λi ) et des (Ai , λi ), i P
ř
1ďiďm
Jm + 1, nK.

MPSI Mathématiques 4
Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES IV. SOUS-ESPACES AFFINES

En effet :
! !
⃗0 =
ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ
λi GAi = λi GH + λi HAi + λi GAi = λi GH + λi GAi
1ďiďn 1ďiďm 1ďiďm
looooooomooooooon măiďn 1ďiďm măiďn

=⃗
0
(18.5)

IV Sous-espaces affines
E désigne toujours un espace affine attaché à un espace vectoriel E.

A) Généralités

Définition :
Soit F une partie de E . On dit que F est un sous-espace affine de E lorsque F est non vide et est
stable par « barycentration », c’est-à-dire lorsque tout barycentre de points de F est encore un point
de F .
Visualisation en dimension 2 :

‚ Si on choisit un point de E , tout barycentre de ce point est encore ce point. Donc F est réduit à
un singleton.

‚ Si on prend deux points A et B distincts, on doit avoir toute la droite qui passe par ces deux
points. (et inversement, si un système de points est sur la droite, le barycentre y est alors aussi).
b

b M
B
b

A
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Ici : AM = 32 AB. Donc M est barycentre de (A, ´ 21 ) et (B, 32 ) (ou (A, ´1) et (B, 3)) : 2AM =
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
3(AM + M B), soit ´AM + 3BM = ⃗0

‚ Avec trois points, on obtient une droite ou un plan (une droite si les vecteurs formés par les trois
points sont liés deux à deux).

Proposition :
Soit F un sous-espace affine de E .
ÝÝÑ
Alors l’ensemble des vecteurs M N , M et N décrivant F , est un sous-espace vectoriel de E, appelé
la direction de F . On le note dir(F ).
Ainsi, on vérifie aisément que F est un espace affine attaché à dir(F ). (Les 3 axiomes à vérifier sont
des restrictions de ceux correspondant dans E , et par construction, @(A, ⃗u) P F ˆ dir(F ), A + ⃗u P F )

Démonstration :
ÝÝÑ
! )
Notons F = M N , M, N P F .
ÝÑ
Alors déjà F contient le vecteur nul, car ⃗0 = AA, où A est un point quelconque de F , qui est non
vide.
ÝÝÑ ÝÝÑ
Soient u, v P F , et λ P R. On introduit A, B, C, D P F tels que u = AB et v = CD
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÑ ÝÝÑ
Soit M P E tel que AM = u + λv. Alors AM = AB + λCD = AB ´ λAC + λAD.

MPSI Mathématiques 5
Algèbre et géométrie
IV. SOUS-ESPACES AFFINES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

Donc M est barycentre de (B, 1), (C, ´λ) et (D, λ), donc M P F , soit u + λv P F .

Exemple (en dimension 2) :

F
F = dir F

Théorème :
Soit F un sous-espace vectoriel de E, et soit A un point de E . Alors il existe un et un seul sous-espace
affine de E contenant A et de direction F , c’est l’ensemble, qu’on note A + F , des points A + u, u
ÝÝÑ
décrivant F , on encore l’ensemble des points M de E tels que AM P F .

Démonstration :
Notons F = A + F . Montrons alors que F est un sous-espace affine de E passant par A et de direction
F.

‚ Déjà, F contient A car ⃗0 P F .

‚ F est un sous-espace affine de E , car si M est un barycentre de points Mi , i P J1, nK de F , alors


ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
AM est combinaison linéaire des AMi , qui sont dans F . Donc AM P F , donc M P F
ÝÝÑ ÝÝÑ
‚ La direction de F est F : en effet, si M et N sont dans F , alors M N P dir(F ), et M N =
ÝÝÑ ÝÝÑ
AN ´ AM P F (donc dir(F ) Ă F ), et inversement, pour u P F , B = A + u est dans F donc
ÝÝÑ
u = AB est dans la direction de F , d’où l’égalité.

Supposons maintenant que F 1 est un sous espace affine de E contenant A et de direction F :


ÝÝÑ
‚ Déjà, F 1 Ă F , puisque si M P F 1 , alors AM P F , donc M P F
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
‚ Ensuite, F Ă F 1 . En effet, si M P F , alors AM P F , donc AM = BC, où B, C P F 1 , et alors
ÝÝÑ ÝÑ ÝÝÑ
AM = AC ´ AB, donc M est le barycentre de (A, 1), (B, ´1) et (C, 1). Donc M P F 1

D’où l’égalité, et donc l’unicité.


Remarque :
ÝÝÑ
! )
Si F est un sous-espace affine de E , A un point de F , alors dir(F ) = AM , M P F .
ÝÝÑ
! )
En effet : Selon le théorème, si on note F = dir(F ), alors F = M P E , AM P F .
ÝÝÑ ÝÝÑ
Si u P F , alors M = A + u P F puisque u = AM P F . Donc u = AM avec M P F
ÝÝÑ
Si u s’écrit u = AM , où M P F , alors u P dir(F ) = F car A, M P F .
Vocabulaire :
Un sous-espace affine dont la direction est de dimension finie p est dit de dimension p.
Un sous-espace de dimension 1 est appelé une droite affine, et un sous-espace de dimension 2 est
appelé un plan affine.
Un sous-espace affine de dimension 0 n’est rien d’autre qu’un singleton.

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Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES IV. SOUS-ESPACES AFFINES

B) Parallélisme et inclusion entre deux sous-espaces affines

Proposition :
Soient F et G deux sous-espaces affines de E , de directions respectives F et G.
Si F Ă G , alors F Ă G.
Inversement, si F Ă G et F X G est non vide, alors F Ă G .

En effet : Soient F et G deux sous-espaces affines de E , notons F = dir(F ), G = dir(G ).


ÝÝÑ ÝÝÑ
! ) ! )
‚ Si F Ă G , alors F = M N , M, N P F Ă M N , M, N P G = G

‚ Si F Ă G et F X G est non vide : soit A P F X G.


ÝÝÑ ÝÝÑ
! ) ! )
Alors F = M P E , AM P F Ă M P E , AM P G = G .

Deux sous-espaces affines sont dits parallèles (au sens fort) lorsqu’ils ont la même direction, et plus
généralement sont dits parallèles (au sens faible) lorsqu’il y a une inclusion entre leurs directions. On
peut souvent se permettre de ne pas préciser : si par exemple on parle d’un plan et d’une droite parallèles,
il s’agit bien évidemment de parallélisme au sens faible.
Il résulte de la proposition précédente que si deux sous-espaces affines sont parallèles au sens fort,
alors ils sont soit disjoints soit égaux.
On remarque aussi que, en dimension finie, une inclusion entre deux sous-espaces affines de même
dimension finie p implique leur égalité.
En effet, en introduisant les mêmes notations que dans la proposition :
Si F Ă G , alors F Ă G ; or, dim(F ) = dim(G) = p, donc F = G.
Donc G Ă F , et F X G ‰ H (car F est non vide et F Ă G ), donc G Ă F .

C) Intersection entre deux sous-espaces affines

Proposition :
Soient F , G deux sous-espaces affines de E , de directions respectives F et G. Alors F X G est soit
vide, soit un sous-espace affine de E de direction F X G.

Démonstration :
Supposons F X G ‰ H.
ÝÝÑ ÝÝÑ
! ) ! )
Soit alors A P F X G . Alors : F = M P E , AM P F , G = M P E , AM P G .
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
! ) ! )
Donc F X G = M P E , AM P G et AM P F = M P E , AM P F X G .
On reconnaît le sous-espace affine de E passant par A et de direction le sous-espace vectoriel F X G
de E.

Proposition (précision de certains cas par rapport à la proposition précédente) :


Soient F , G deux sous-espaces affines de E , de directions respectives F et G.

‚ Si F X G = t0u, alors F X G est soit vide soit un singleton.

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Algèbre et géométrie
IV. SOUS-ESPACES AFFINES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

‚ Si F + G = E, alors F X G n’est pas vide.

‚ Si F Ă G, alors F X G est vide ou F Ă G .

Démonstration :
‚ Si F X G n’est pas vide, alors c’est un sous-espace affine de dimension la dimension de t0u, c’est-
à-dire de dimension 0.
ÝÝÑ
‚ Supposons que F + G = E. Soient A P F , B P G . Alors AB = loomo ⃗v on.
⃗u on + loomo
PF PG
Soit C = A + ⃗u. Alors C P F .
ÝÝÑ ÝÝÑ
Mais C = A + ⃗u = A + (AB + (´⃗v )) = (A + AB) + (´⃗v ) = B + (´⃗v ).
Donc C P G .
APF

⃗u BPG

⃗v

‚ C’est la proposition vue en B).


Il résulte de cette proposition que si F et G sont deux sous-espaces affines de E de directions
supplémentaires, alors F X G est un singleton.

D) Équations et paramétrages en dimension 2 ou 3.

1) En dimension 2

Ici, E désigne un espace affine de dimension 2, qu’on munit d’un repère R = (O, (⃗i, ⃗j)) (On peut ne
pas mettre les parenthèses : R = (O,⃗i, ⃗j)).

Paramétrage d’une droite Soit D une droite de E , définie par un point A P E et sa direction F .
ÝÝÑ
Alors M P D ðñ AM P F
Supposons que F = Vect(⃗u), où ⃗u P Ezt0u.
ÝÝÑ
Alors M P D ðñ Dt P R, AM = t⃗u .
Soit D = tA + t⃗u, t P Ru .
      $
a α x &x = a + tα
Ou encore, avec A  , ⃗u   : M   P D ðñ Dt P R,
b β y % y = b + tβ

Remarque :
Si D est donnée par deux points A, A1 distincts.
ÝÝÑ
On peut se ramener au cas précédent avec ⃗u = AA1 ou exploiter les barycentres :

MPSI Mathématiques 8
Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES IV. SOUS-ESPACES AFFINES

 
x 
M   P D ðñ Dt P R, M = bary (A, t), (A1 , 1 ´ t)
y
$ (18.6)
&x = ta + (1 ´ t)a1
ðñ Dt P R,
% y = tb + (1 ´ t)b1

   
a a1
Avec A  , A1  .
b b1

Équation Soit D passant par A de direction F .

F est une droite vectorielle en dimension 2, soit un hyperplan, donc admet dans (⃗i, ⃗j) une équation
du type αx + βy = 0. Alors :

ÝÝÑ
M P D ðñ AM P F
   
x a
ðñ α(x ´ a) + β(y ´ b) = 0, où M   , A   (18.7)
y b

ðñ αx + βy = h, où h = αa + βb

Inversement, une partie de E admettant une équation du type


 αx + βy = h, où (α, β) ‰ (0, 0) est la
a
droite affine de direction D : αx + βy = 0 passant par A où A   est tel que αa + βb = h.
b

Remarque :    
x0 a
Si D passe par A   et est dirigée par ⃗u  , alors :
y0 b

 
x ÝÝÑ
M   P D ðñ (AM , ⃗u) est liée
y
(18.8)

x ´ x 0 a
ðñ =0

y ´ y0 b

2) En dimension 3

   
x0 α
   
Représentation paramétrique de droite Soit D passant par A  y0  dirigé par ⃗u β 
  

z0 γ
Alors :

MPSI Mathématiques 9
Algèbre et géométrie
IV. SOUS-ESPACES AFFINES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

 
x
  ÝÝÑ
M 
y  P D ðñ AM est colinéaire à ⃗u
z
ÝÝÑ
ðñ Dt P R, AM = t⃗u (18.9)
$
&x = x0 + tα


ðñ Dt P R, y = y0 + tβ


z = z0 + tγ
%

 
x0
 
Pour les plans Soit P passant par A  y0 

 de direction P : ax + by + cz = 0. Alors :
z0

 
x
  ÝÝÑ
M y 

 P P ðñ AM P P
z (18.10)
ðñ a(x ´ x0 ) + b(y ´ y0 ) + c(z ´ z0 ) = 0
ðñ ax + by + cz = h

Inversement, si P : ax + by + cz = h avec (a, b, c) ‰ (0, 0, 0), alors P est un plan de direction


 
x0
 

P : ax + by + cz = 0 passant par A où A  y0 
 est tel que ax0 + by0 + cz0 = h.
z0

 
x0
 
Paramétrage d’un plan , obtention pratique d’une équation de plan P donné par A  
 y0  et
z0
   
α α1
   
⃗u    1
β , ⃗v β  engendrant la direction de P :
γ γ1

 
x
  ÝÝÑ
M 
y  P P ðñ AM P Vect(⃗u, ⃗v )
z
ÝÝÑ
ðñ Dt, s P R, AM = t⃗u + s⃗v (18.11)
$
1
’x = x0 + tα + sα

&
ðñ Dt, s P R, y = y0 + tβ + sβ 1


z = z0 + tγ + sγ 1
%

Ou alors :

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Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES V. APPLICATIONS AFFINES

 
x
  ÝÝÑ
M 
y  P P ðñ AM P Vect(⃗u, ⃗v )
z
ÝÝÑ (18.12)
ðñ detB (⃗u, ⃗v , AM ) = 0

x ´ x α α 1
0

ðñ y ´ y0 β β = 0
1

z ´ z0 γ γ 1

V Applications affines
E et E 1 désignent ici des espaces affines attachés à des espaces vectoriels E et E 1 .

A) Généralités

Définition :
Soit f une application de E dans E 1 . On dit que f est affine lorsque f conserve les barycentres, c’est-à-
dire lorsque l’image d’un barycentre de points de E est le barycentre des images de ces points, affectés
des mêmes coefficients.

Proposition, définition :
Soit f une application affine de E dans E 1 . Il existe une unique application φ de E dans E 1 telle que
ÝÝÑ
@M, N P E , f (N ) = f (M ) + φ(M N ).
Cette application est linéaire et est appelée la partie linéaire de f , notée Lin f

Démonstration :
Dans cette démonstration, on convient que pour un point de E désigné par une lettre, la même lettre
avec un « prime » désigne son image par f .
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÝÑ
‚ Déjà, l’égalité f (N ) = f (M ) + φ(M N ) équivaut à l’égalité φ(M N ) = M 1 N 1 .
ÝÝÑ ÝÝÝÑ
Comme tout vecteur de E s’écrit M N , où M, N P E , il nous faut donc montrer que M 1 N 1 ne
ÝÝÑ
dépend que du vecteur M N et non pas des points M et N .
ÝÝÑ ÝÝÑ
Supposons alors que M , N , P , Q sont quatre points de E tels que M N = P Q.
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
On a alors P Q = P N ´ P M , donc Q est barycentre de (P, 1), (N, 1), (M, ´1).
Donc Q1 est barycentre de (P 1 , 1), (N 1 , 1), (M 1 , ´1), puisque f est affine.
ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ
Donc M 1 N 1 = P 1 Q1 .
On introduit ainsi l’unique application φ de E dans E 1 qui à un vecteur u de E associe le vecteur
ÝÝÝÑ ÝÝÑ
φ(u) = M 1 N 1 , où M et N sont deux points de E tels que u = M N .
‚ Alors φ est linéaire :
Soient u, v deux vecteurs de E, et λ un réel.
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
On note O, M , N , P des points de E tels que OM = u, ON = v et OP = u + λv.
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
On a alors OP = OM + λON . Donc P est le barycentre de (O, ´λ), (M, 1), (N, λ), donc P 1 est
barycentre de (O1 , ´λ), (M 1 , 1), (N 1 , λ).

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V. APPLICATIONS AFFINES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

ÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ


Donc φ(u + λv) = φ(OP ) = O1 P 1 = O1 M 1 + λO1 N 1 = φ(OM ) + λφ(ON )
Soit φ(u + λv) = φ(u) + λφ(v).

Théorème :
Soit A un point de E , A1 un point de E 1 et φ une application linéaire de E dans E 1 .
Il existe une unique application affine f de E dans E 1 de partie linéaire φ et telle que f (A) = A1 ,
ÝÝÑ
et c’est l’application f définie par @M P E , f (M ) = A1 + φ(AM ).

Démonstration :
Compte tenu de la proposition précédente, si f est affine, de partie linéaire φ et est telle que f (A) = A1 ,
ÝÝÑ
alors @M P E , f (M ) = A1 + φ(AM ). Soit alors f définie ainsi.
Déjà, φ(⃗0) = ⃗0 car φ est linéaire. Donc f (A) = A1 .
De plus, f est affine : si M est le barycentre des (Mi , λi ), avec λi = 1, on a, toujours en notant
ř

avec des « primes » les images des points de E par f :


ÝÝ1ÝÑ1 ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÑ ÿ ÝÝÝÑ
A M = φ(AM ) = φ( λi AMi ) = λi φ(AMi ) = λi A1 Mi1 (18.13)

Donc M 1 est le barycentre des (Mi1 , λi ).


Enfin, la partie linéaire de f est φ :
ÝÝÑ
Soit u un vecteur de E, notons M le point de E tel que AM = u et M 1 son image par f . Alors
ÝÝ1ÝÑ1 ÝÝÑ
l’image de u par la partie linéaire de f est A M , qui n’est autre que φ(AM ), soit φ(u).
Remarque :
Il en résulte que, étant donné un point A quelconque de E , une application f de E dans E 1 est affine si
et seulement si l’application φ définie par @u P E, f (A + u) = f (A) + φ(u) est linéaire, et dans ce cas f
est l’application affine de partie linéaire φ qui envoie A sur f (A).

B) Exemples

‚ Les applications R ÝÑ R , a et b décrivant R, sont des applications affines de l’espace


x ÞÝÑ ax + b
affine R vers lui-même, et ce sont les seules.
En effet : L’application x ÞÑ ax + b est l’application qui envoie 0 sur b et de partie linéaire x ÞÑ ax,
et c’est la seule possibilité (f (0) P R, et les applications linéaires de R dans R sont les x ÞÑ ax)
‚ Soit P un plan affine, muni d’un repère (O,⃗i, ⃗j). Les translations sont exactement les applications
affines de partie linéaire IdE (valable en toute dimension)
Démonstration :
Déjà, une translation est bien affine puisque si un point M est barycentre des (Mi , λi ), i dé-
ÝÝÝÝÑ
crivant un ensemble I fini, en notant Mi1 les images par la translation des Mi , iPI λi M 1 Mi1 =
ř
ř ÝÝÝ1Ñ ÝÝÝÑ 1 ř ÝÝÝÑ ⃗
iPI λi (lo
MomoM
on +M Mi + lo
Momo
iMoni ) = iPI λi M Mi = 0.
u
´⃗ ⃗
u
Donc une translation est stable par barycentration, donc est affine.
Soit f une translation de vecteur ⃗u P E, φ sa partie linéaire.
ÝÝÑ
Soit A un point de E , et A1 = f (A) = A + ⃗u (donc ⃗u = AA1 ).
Soit alors un autre point M de E , M 1 son image et ⃗v tel que M = A + ⃗v . On a :
ÝÝÝÑ
M 1 = f (M ) = f (A + ⃗v ) = A1 + φ(⃗v ), et M 1 = M + ⃗u, soit ⃗u = M M 1 .

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CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES V. APPLICATIONS AFFINES

ÝÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ


Donc φ(⃗v ) = A1 M 1 = A1 A + AM + M M 1 = ´⃗u + AM + ⃗u = AM = ⃗v .
ÝÝÑ
Or, tout vecteur de E s’écrit AM , où M est un point de E . Donc φ = IdE .
Réciproquement, soit f une application affine telle que sa partie linéaire soit IdE .
Soit A un point de E , et A1 = f (A).
Alors, pour tout point M de E , on a :
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
f (M ) = f (A + AM ) = A1 + AM = A1 + AA1 + A1 M = M + AA1 .
ÝÝÑ
Donc f est la translation de vecteur AA1 .

C) Applications affines et composition

Proposition :
Soient f : E Ñ E 1 , g : E 1 Ñ E 2 deux applications affines.
Alors g ˝ f est affine, et Lin(g ˝ f ) = (Lin g) ˝ (Lin f )

Démonstration :
Soit φ = Lin f , ψ = Lin g. Soit u P E, A P E . Alors :

g ˝ f (A + u) = g(f (A + u)) = g(f (A) + φ(u)) = g(f (A)) + ψ(φ(u)) (18.14)

Ainsi, @A P E , @u P E, (g ˝ f )(A + u) = (g ˝ f )(A) + (ψ ˝ φ)(u)


Ce qui montre que g ˝ f est affine et Lin(g ˝ f ) = (Lin g) ˝ (Lin f )

Proposition :
Soit f : E Ñ E 1 . Alors :

‚ f est injective ðñ Lin f est injective,

‚ f est surjective ðñ Lin f est surjective,

‚ f est bijective ðñ Lin f est bijective,

Et dans ce dernier cas f ´1 est affine et Lin(f ´1 ) = (Lin f )´1

Démonstration :
Soit f une application affine, et φ sa partie linéaire.

‚ Supposons f injective. Soient ⃗u, ⃗v P E. Supposons que φ(⃗u) = φ(⃗v ). Soit A un point de E . Alors
f (A) + φ(⃗u) = f (A) + φ(⃗v ). Donc f (A + ⃗u) = f (A +⃗v ), donc, comme f est injective, A + ⃗u = A +⃗v ,
ÝÑ
donc ⃗v ´ ⃗u = AA = ⃗0, d’où ⃗u = ⃗v , donc φ est injective.
Supposons f non injective. Soient alors A, A1 deux points distincts de E tels que f (A) = f (A1 ).
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Alors f (A1 ) = f (A + AA1 ) = f (A) + φ(AA1 ) = f (A1 ) + φ(AA1 ).
ÝÝÑ ÝÝÑ
Donc φ(AA1 ) = ⃗0, et comme AA1 ‰ ⃗0, on a ker φ ‰ t⃗0u, c’est-à-dire que φ n’est pas injective.
D’où la première équivalence.
ÝÝÝÑ
‚ Supposons f surjective. Soit ⃗v P E 1 . Soient M 1 , N 1 P E 1 tels que ⃗v = M 1 N 1 . Alors, comme f est
ÝÝÑ
surjective, il existe M, N P E tels que M 1 = f (M ), N 1 = f (N ). Alors N 1 = f (N ) = f (M + M N ) =

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V. APPLICATIONS AFFINES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÑ


M 1 + φ(M N ). Donc φ(M N ) = M 1 N 1 . On a donc trouvé ⃗u P E (à savoir M N ) tel que φ(⃗u) = ⃗v .
Donc φ est surjective.
Supposons φ surjective. Soit alors A P E , A1 = f (A). Soit alors M 1 P E 1 . Comme φ est surjective,
ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ
il existe ⃗u P E tel que φ(⃗u) = A1 M 1 . Alors f (A + ⃗u) = A1 + A1 M 1 = M 1 . On a donc trouvé M P E
(à savoir A + ⃗u) tel que f (M ) = M 1 . Comme ce résultat est valable pour tout M 1 P E 1 , f est bien
surjective.
D’où la deuxième équivalence
‚ La troisième équivalence découle des deux autres.
‚ Supposons f bijective. Montrons que f ´1 est affine, et que Lin(f ´1 ) = φ´1 .
Comme f est bijective, φ l’est aussi, et on introduit alors φ´1 . Soit A un point de E , et A1 = f (A).
Soit alors g l’application affine de E 1 dans E telle que g(A1 ) = A et de partie linéaire φ´1 . Ainsi,
ÝÝÑ
@M P E 1 , g(M ) = A + φ´1 (A1 M ).
Alors, pour tout M P E 1 :
ÝÝÑ ÝÝÑ
(f ˝ g)(M ) = f (g(M )) = f (A + φ´1 (A1 M )) = lo
fo(A) φ(φ´1 (A1 M )) = M
moon + looooooomooooooon (18.15)
A1 ÝÝ Ñ
A1 M
Et, pour tout M P E :

ÝÝÑ ÝÝÑ
(g ˝ f )(M ) = g(f (M )) = g(A1 + φ(AM )) = lo
g(A 1
φ´1 (φ(AM )) = M
omoo)n + looooooomooooooon (18.16)
A ÝÝÑ
AM
Donc f ˝ g = g ˝ f = IdE . Donc g = f ´1 , et comme g est affine de partie linéaire φ´1 , f ´1 est bien
affine, et Lin(f ´1 ) = φ´1 = (Lin f )´1 .
Proposition, définition :
On note GA(E ) l’ensemble des applications affines bijectives de E dans E . Alors (GA(E ), ˝) est un groupe,
appelé le groupe affine de E .
(La démonstration est immédiate, compte tenu des propositions précédentes).

D) Application affine, et sous-espace affine

Théorème :
Soit f : E Ñ E 1 affine, de partie linéaire φ.

‚ Soit F un sous-espace affine de E , de direction F .


Alors f (F ) est un sous-espace affine de E 1 , de direction φ(F )

‚ Soit G un sous-espace affine de E 1 , de direction G.


Alors f ´1 (G ) est vide ou est un sous-espace affine de E , de direction φ´1 (G).

Démonstration (on se place à chaque fois dans les hypothèses du théorème) :


‚ Soit M le barycentre de (Mi , λi ), i décrivant I fini, où les Mi P f (F ) et iPI λi ‰ 0. Montrons
ř

que M P f (F ).
Soit (Ai )iPI une famille finie de points de E telle que @i P I, f (Ai ) = Mi (qui existe puisque les Mi
sont dans f (F )). Soit A le barycentre des (Ai , λi ), i P I.

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CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES V. APPLICATIONS AFFINES

Alors, comme f est affine, f (A) est le barycentre des (f (Ai ), λi ), i P I, c’est-à-dire des (Mi , λi ), i P I.
Donc, par unicité du barycentre, f (A) = M . Donc M P f (F ).
Donc f (F ) est stable par barycentration et non vide, donc affine.
ÝÝÝÑ
Soit A1 P f (F ). Alors dir(f (F )) = tA1 M 1 , M 1 P f (F )u.
Montrons que dir(f (F )) = φ(F ) :
˛ Soit ⃗u P dir(f (F ))
ÝÝÝÑ
Soit M 1 P f (F ) tel que ⃗u = A1 M 1 .
Soient A, M P F tels que f (M ) = M 1 et f (A) = A1
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Alors AM P F , et M 1 = f (M ) = f (A + AM ) = f (A) + φ(AM ) = A1 + φ(AM ).
ÝÝÑ ÝÝÝÑ
Donc φ(AM ) = A1 M 1 .
ÝÝÝÑ
Donc A1 M 1 P φ(F ), c’est-à-dire ⃗u P φ(F ), d’où une première inclusion.
˛ Soit ⃗v P φ(F )
Soit ⃗u P F tel que φ(⃗u) = ⃗v .
ÝÝÝÑ
Soit M 1 P E tel que A1 M 1 = ⃗v . On doit alors montrer que M 1 P f (F ).
ÝÝÑ
Soit A P F tel que f (A) = A1 , et M P F tel que AM = ⃗u.
Alors f (M ) = f (A + ⃗u) = A1 + ⃗v = M 1 . Donc M 1 P f (F ) (puisque M P F ).
Donc ⃗v P dir(f (F )), d’où l’autre inclusion, et l’égalité.
‚ Supposons que f ´1 (G ) n’est pas vide :
Soit M le barycentre de (Mi , λi ), i décrivant I fini, où les Mi P f ´1 (G ) et λi ‰ 0. Montrons
ř
iPI
´1
que M P f (G ).
Alors f (M ) est le barycentre des (f (Mi ), λi ), car f est affine.
Donc f (M ) P G , car G est stable par barycentration.
Donc M P f ´1 (G ).
Donc f ´1 (G ) est stable par barycentration et non vide, donc c’est un sous-espace affine de E .
Donc f ´1 (G ) est soit vide, soit un sous-espace affine de E .
Supposons ici que f ´1 (G ) est non vide (c’est donc un sous-espace affine de E ).
ÝÝÑ
Soit A P f ´1 (G ). Alors dir(f ´1 (G )) = tAM , M P f ´1 (G )u.
Montrons que dir(f ´1 (G )) = φ´1 (G ).
˛ Soit ⃗u P dir(f ´1 (G )).
ÝÝÑ
Soit M P f ´1 (G ) tel que ⃗u = AM .
On note M 1 = f (M ), A1 = f (A).
ÝÝÝÑ
Alors M 1 = f (M ) = f (A + ⃗u) = A1 + φ(⃗u). Donc φ(⃗u) = A1 M 1 .
Or, A1 P G et M 1 P G (car A, M P f ´1 (G )).
Donc φ(⃗u) P G . Donc ⃗u P φ´1 (G ). D’où une première inclusion.
˛ Soit maintenant ⃗u P φ´1 (G ).
ÝÝÑ
Soit M P E tel que ⃗u = AM . Posons A1 = f (A) (ainsi, A1 P G ).
ÝÝÑ
Alors f (M ) = f (A + AM ) = looA 1
uo)n, soit f (M ) P G , d’où M P f ´1 (G ).
moon + loφ(⃗
omo
PG PG
´1 ÝÝÑ
De plus, A P f (G ). Donc ⃗u = AM P dir(f ´1 (G )).
D’où l’autre inclusion et l’égalité.

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VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

VI Applications affines particulières


E désigne un espace affine de direction E.

A) Translations
Rappel :
Soit ⃗u P E. La translation de vecteur ⃗u est l’application t⃗u : E ÝÑ E .
M ÞÝÑ M + ⃗u

Proposition :
L’ensemble des translations sur E est un sous-groupe de GA(E ), noté T (E ).
T (E ) est exactement l’ensemble des applications affines de E dans E dont la partie linéaire est IdE

Démonstration :
On a déjà vu que l’ensemble des translations sur E est l’ensemble des applications affines de partie
linéaire l’identité.
De plus, l’application E ÝÑ GA(E ) est évidemment un morphisme injectif du groupe (E, +)
⃗u ÞÝÑ t⃗u
vers le groupe (GA(E ), ˝). Donc l’image de ce morphisme, c’est-à-dire T (E ), est un sous-groupe de
(GA(E ), ˝) (et (T (E ), ˝) est isomorphe à (E, +))

B) Homothéties

Définition :
Soit α P R, et soit Ω P E . L’homothétie affine de centre Ω et de rapport α, qu’on note ici hΩ,α est
ÝÝÑ
l’application : E ÝÑ E (c’est-à-dire que l’image de M est le point M 1 tel que ΩM 1 =
ÝÝÑ
M ÞÝÑ Ω + αΩM
ÝÝÑ
αΩM )

Proposition :
‚ Pour f : E Ñ E , on a l’équivalence :
f est une homothétie affine ðñ f est affine, admet au moins un point fixe et la partie linéaire
de f est une homothétie vectorielle.

‚ Pour Ω P E et α P R, on a :

˛ Si α ‰ 0, alors hΩ,α est bijective et (hΩ,α )´1 = hΩ,1/α .

˛ Si α = 1, hΩ,α = IdE .

˛ Si α ‰ 1, hΩ,α a un unique point fixe, à savoir Ω.

En effet :

‚ Si f est une homothétie affine de centre Ω et de rapport α :


ÝÑ
Alors f est bien affine, admet comme point fixe Ω (car f (Ω) = Ω + αΩΩ = Ω), et est de partie
ÝÝÑ
linéaire φ : M ÞÑ αΩM , qui est bien une homothétie vectorielle.

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Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES

Réciproquement, si f est affine, admet au moins un point fixe Ω et la partie linéaire φ de f est une
homothétie vectorielle de rapport α, alors, pour tout M P E :

ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ


f (M ) = f (Ω + ΩM ) = f (Ω) + φ(ΩM ) = Ω + αΩM (18.17)

Donc f est bien une homothétie affine (de rapport α et de centre Ω)

‚ Si α ‰ 0, alors hΩ,1/α est bien définie, et on a, pour tout M P E :

1 ÝÝÑ
(hΩ,α ˝ hΩ,1/α )(M ) = hΩ,α (hΩ,1/α (M )) = hΩ,α (Ω +
ΩM )
α
1 ÝÝÑ 1 ÝÝÑ
= hΩ,α (Ω) + φα ( ΩM ) = Ω + φα (ΩM ) (18.18)
α α
1 ÝÝÑ ÝÝÑ
= Ω + αΩM = Ω + ΩM = M
α
(Où on a noté φα l’homothétie vectorielle de rapport α)
Donc hΩ,α ˝ hΩ,1/α = IdE , et de même hΩ,1/α ˝ hΩ,α = IdE . Donc hΩ,α est inversible, d’inverse
hΩ,1/α , donc est bijective.
ÝÝÑ
Si α = 1, alors, pour tout M P E : hΩ,1 (M ) = Ω + 1ΩM = M donc hΩ,1 = IdE .
Si α ‰ 1. Soit M P E .
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Si hΩ,α (M ) = M , alors Ω + αΩM = M , soit αΩM = ΩM , donc (α ´ 1)ΩM = ⃗0, donc ΩM = ⃗0
car α ‰ 1. Donc M = Ω. Réciproquement, Ω est bien fixe par hΩ,α .
Cas particulier :
L’homothétie de centre Ω et de rapport ´1 est aussi appelée la symétrie par rapport à Ω.

Théorème :
L’ensemble des applications affines dont la partie linéaire est une homothétie vectorielle de rapport non
nul est un sous-groupe de GA(E ), constitué de la réunion de l’ensemble des translations sur E et de
l’ensemble des homothéties affines de rapport non nul.
Ce sous-groupe est appelé le groupe des homothéties–translations de E , noté HT (E ).

Démonstration :
Notons HT (E ) l’ensemble des applications affines de E dont la partie linéaire est une homothétie vecto-
rielle de rapport non nul.

‚ Déjà, il est facile de voir que HT (E ) est contenu dans GA(E ), contient IdE , est stable par ˝ et
passage à l’inverse (d’après la proposition précédente), donc c’est bien un sous-groupe de GA(E ).

‚ Ensuite, HT (E ) contient évidemment T (E ) et l’ensemble des homothéties affines de rapport non


nul.

‚ Soit maintenant f P HT (E ) :
Soit α P R˚ tel que la partie linéaire de f soit α IdE .
˛ Si α = 1, f est une translation.

˛ Si α ‰ 1, montrons que f est une homothétie :


Selon la propriété précédente, il suffit de montrer que f admet un point fixe.
Soit A P E , posons A1 = f (A). Alors, pour tout M P E :
ÝÝÑ ÝÝÑ
f (M ) = f (A + AM ) = A1 + αAM .

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VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

ÝÝÑ ÝÝÑ
Donc f (M ) = M ðñ αAM = A1 M ðñ M est barycentre de (A, α), (A1 , ´1).
Donc f a bien un point fixe, et est bien une homothétie.
Remarque :
L’ensemble des homothéties affines de E n’est pas stable par ˝ :
En effet, si α P Rzt0, 1u, et si Ω1 ‰ Ω2 , alors hΩ2 ,α ˝ hΩ1 ,1/α est une translation puisque sa partie
linéaire est l’identité, et de vecteur non nul car l’image de Ω1 est :
ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÝÑ
Ω11 = hΩ2 ,α (Ω1 ) = Ω2 + αΩ2 Ω1 ‰ Ω1 car αΩ2 Ω1 ‰ Ω2 Ω1 (18.19)
Remarque :
Si f P HT (E ), l’image d’un sous-espace affine F de E par f est un sous-espace affine F 1 parallèle à F .
(puisque si on note F la direction de F , F 1 celle de F 1 , et φ la partie linéaire de f , alors F 1 = φ(F ) = F ).
Application (Thalès) :
Soient D1 et D2 deux droites sécantes en Ω d’un plan affine.
Soient A1 , A11 P D1 , A2 , A12 P D2 de sorte que (A1 A2 ) // (A11 A12 ).
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Alors si λ P R est tel que ΩA11 = λΩA1 , on a ΩA12 = λΩA2 .
Démonstration :
L’homothétie h de centre Ω et de rapport λ envoie A1 sur A11 .
L’image de D2 par h est D2 (car c’est une droite parallèle à D2 qui doit passer par h(Ω) = Ω)
L’image de (A1 A2 ) par h est (A11 A12 ) (car c’est une droite parallèle à (A1 A2 ) qui passe par h(A1 ) = A11 )
ÝÝÑ ÝÝÑ
Donc, puisque A2 P D2 X (A1 , A2 ), on a h(A2 ) P D2 X (A11 , A12 ), donc h(A2 ) = A12 , d’où ΩA12 = λΩA2 .

C) Projections
Proposition, définition :
Soient F et G deux sous-espaces supplémentaires de E.
Soit F un sous-espace affine de E de direction F .
Pour chaque M P E , notons GM le sous-espace affine de E passant par M et de direction G, alors
GM rencontre F en un unique point M 1 .
L’application p : M ÞÑ M 1 , de E dans E , ainsi définie, s’appelle la projection affine sur F suivant la
direction G, et on a les propriétés :
‚ p est affine, sa partie linéaire est la projection vectorielle sur F selon G.
‚ L’ensemble des points fixes par p est F .
‚ p˝p=p
Démonstration :
‚ Soit M P E . Alors GM X F est bien un singleton, puisque E = F ‘ G (vu en C)). La définition de
p a bien un sens.
‚ Soit A P F . Alors A P GA et A P F , donc GA X F = tAu, donc p(A) = A.
Soit maintenant M P E , quelconque. Notons M 1 = p(M ).
ÝÝÑ
$
ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÝÑ
& AM 1 P F (car A, M 1 P F )
Alors AM = AM 1 + M 1 M et ÝÝÝÑ
%M M 1 P G (car M, M 1 P GM )
ÝÝÑ ÝÝÑ
Donc AM 1 = φ(AM ), où φ est la projection vectorielle sur F parallèlement à G, et p(M ) = M 1 =
ÝÝÑ1 ÝÝÑ
A + AM = p(A) + φ(AM )
Donc p est affine, de partie linéaire φ.

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CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES

‚ On a vu que si A P F , alors p(A) = A.


Réciproquement, si p(A) = A, alors comme p(A) P F par définition, on a A P F .

‚ Comme @M P E , p(M ) P F et comme les éléments de F sont invariants par p, on a bien p ˝ p = p.


Dessin illustrant la proposition la définition, et sa démonstration en dimension 3 lorsque F est un
plan affine (et donc G une droite vectorielle) :

M b

b b
M1
A
F

GM

Remarque pratique :
Le point M 1 tel que p(M ) = M 1 est caractérisé par M 1 P F et M 1 P GM , ou encore :
ÝÝÝÑ
p(M ) = M 1 ðñ M 1 P F et M M 1 P G.

Exemple :
Dans R3 affine rapporté à son repère canonique, on veut l’image de M (x, y, z) par la projection sur le
plan P d’équation x + y + z = 1 parallèlement à la direction du vecteur ⃗u = (1, 0, 2).
On écrira :
Soit M 1 (x1 , y 1 , z 1 ) l’image cherchée de M .
ÝÝÝÑ
Alors M 1 P P et M M 1 est colinéaire à ⃗u. $
1
&x ´x = λ


Donc x1 + y 1 + z 1 = 1 et il existe λ P R tel que y1 ´ y = 0


% 1
z ´ z = 2λ
D’où (x + λ) + y + (z + 2λ) = 1, donc λ = 31 (1 ´ x ´ y ´ z)
$
1 1
’ x = x + λ = 3 (1 + 2x ´ y ´ z)

&
Ainsi, y1 = y

z = z + 2λ = 31 (2 ´ 2x ´ 2y + z)

% 1

D) Symétries

Soit F un sous-espace affine de E , de direction F . Soit G un supplémentaire de F dans E. La


symétrie affine par rapport à F selon la direction G est l’application qui à M P E associe le point M 1
ÝÝÝÑ ÝÝÑ
tel que HM 1 = ´HM où H désigne la projection de M sur F selon G.

Proposition :
Cette application est affine, et sa partie linéaire n’est autre que la symétrie vectorielle par rapport à F
selon G.

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Algèbre et géométrie
VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

Démonstration :
Soit A P F . Déjà, f (A) = A.
Soit φ : E Ñ E définie par : @⃗u P E, f (A + ⃗u) = A + φ(⃗u),
ÝÝÑ
C’est-à-dire telle que @M P E , M 1 = A + φ(AM ) (où M 1 = f (M ))
ÝÝÑ ÝÝÑ
Où encore telle que @M P E , φ(AM ) = AM 1 .
On a alors :
ÝÝÑ1 ÝÝÑ ÝÝÝÑ1 ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
AM = AH+HM = AH´HM , et comme AM = AH+HM , φ est l’application qui à loomo
u on + loomo
v on
PF PG
associe u ´ v.
Donc φ est linéaire, c’est la symétrie par rapport à F selon G, et f est affine, de partie linéaire φ.

E) Affinités

On suppose ici E de dimension finie.


Définition :
Soit H un hyperplan de E de direction H.
Soit D une droite vectorielle non contenue dans H (ainsi, H‘D = E)
Soit α P R˚ . L’affinité (ou encore la dilatation) d’hyperplan H , de direction D et de rapport α est
ÝÝÝÑ ÝÝÑ
l’application f : E ÝÑ E où M 1 est tel que mM 1 = αmM où m est la projection de M sur H
1
M ÞÝÑ M
parallèlement à D.

Étude :
Dessin en dimension 3 :

M b

b
M1

b b
m = p(M )
A
H

Soit f l’affinité d’hyperplan H , de direction D, de rapport α. Soit p la projection affine sur H


parallèlement à D :

‚ Déjà, les points de H sont invariants par f .


ÝÝÝÑ
En effet, si M P H , le point m = p(M ) coïncide avec M , donc M 1 = f (M ) est tel que M M 1 = ⃗0.

‚ Soit maintenant A P H , soit M P E , notons m = p(M ) et M 1 = f (M ).


ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ
Alors par définition, M 1 = m + αmM = A + Am + αmM .
Si on note φ l’application linéaire : E = H ‘ D ÝÑ E
v + w ÞÝÑ v + αw
(C’est-à-dire que φ = φ1 + αφ2 où φ1 est la projection vectorielle sur H parallèlement à D et φ2
la projection vectorielle sur D parallèlement à H)

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Algèbre et géométrie
CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES VI. APPLICATIONS AFFINES PARTICULIÈRES

ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ ÝÝÑ


On a alors : AM = loAm omoon, et donc Am + αmM = φ(AM )
omoon + lomM
PH PD
ÝÝÑ ÝÝÑ
Donc M 1 = A + φ(AM ) = f (A) + φ(AM )
Donc f est affine, et sa partie linéaire est φ.

‚ Comme α ‰ 0, on voit facilement que φ est bijective, donc que f l’est.

‚ De plus, si α = 1, f est évidemment l’identité, mais pour α ‰ 1 :

ÝÝÑ ÝÝÑ
f (M ) = M ðñ αmM = mM ðñ m = M ðñ M P H . (18.20)

Conclusion :
Soit f l’affinité d’hyperplan H , de direction D et de rapport α ‰ 0. Alors f est affine et bijective, et si
α ‰ 1, H est l’ensemble des points fixes par f (si α = 1, f = IdE ).

Construction géométrique En reprenant les notations précédentes, on veut construire l’image M 1


d’un point M connaissant H , un point A R H et son image A1 par f .
Comme A R H , A1 ‰ A et la droite (AA1 ) a la direction D.

‚ Si (M A) // H :
Comme H est invariant par φ, on a :
ÝÝÑ ÝÝÝÑ ÝÝÑ
φ(AM ) = A1 M 1 = AM , d’où on tire M 1 :

M1 b b
A1

M b b
A

‚ Si (M A) n’est pas parallèle à H .


Soit I le point d’intersection de (M A) et H .
Alors l’image de la droite (IA) par f est la droite (IA1 ) (car c’est une droite qui passe par f (I) = I
et f (A) = A1 ).
Notons alors DM la droite passant par M de direction D.
On a : M 1 P DM et M 1 P (IA1 ) (car M P (IA)).
Si DM et (IA1 ) sont sécants, cela détermine M 1 , sinon c’est que M P (AA1 ) :
On détermine alors d’abord l’image d’un point B R (AA1 ), puis on détermine l’image de M en
utilisant B et B 1 …

F) Une remarque générale en dimension finie

Soit E un espace affine de dimension finie n et de direction E.


Soit R = (O, e1 , e2 , . . . en ) un repère de E et soit B = (e1 , e2 , . . . en ) la base correspondante de E.

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VII. PARTIES CONVEXES D’UN ESPACE AFFINE CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

Les applications affines de E sont les applications déterminées par des formules du type f (M ) =
ÝÝÑ
O + φ(OM ) où φ P L (E) et O1 P E .
1

Ce qui correspond, sur les coordonnées dans R, à de formules du type :

     
x11 a1 x1
 1    
 x2   a2   x2 
     
 .  = . + A on ˆ  .  où A P Mn (R) (18.21)
 ..   ..   .. 
loomo
     
matrice de φ
x1n an xn
loomoon loomoon dans B loomoon
coordonnées coordonnées coordonnées
de f (M ) dans R 1
de O = f (O) de M dans R
dans R

VII Parties convexes d’un espace affine


E désigne toujours un espace affine.
Définition :
Soient A, B P E . Le segment [A, B] est l’ensemble des barycentres de A et B affectés de coefficients
positifs.
ÝÝÑ
! )
Ainsi, [A, B] = A + tAB, t P [0, 1] .

En effet : pour tout M P E :


ÝÝÑ ÝÝÑ
M P [A, B] ðñ Dα, β P R+ , α + β ‰ 0 et αAM + β BM = ⃗0
ðñ Dt P [0, 1], M est barycentre de (A, 1 ´ t), (B, t) (18.22)
ÝÝÑ ÝÝÑ
ðñ Dt P [0, 1], AM = tAB

Définition :
Soit C une partie de E . On dit que C est convexe lorsque :
@(A, B) P C 2 , [A, B] Ă C.

Proposition :
Soit C une partie de E .
C est convexe si et seulement si tout barycentre de points de C affectés de coefficients positifs est
dans C.

Démonstration :
‚ ðù : c’est un cas particulier avec seulement le barycentre de deux points.

‚ ùñ : Supposons C convexe.
Montrons par récurrence que, pour tout n ě 2, « tout barycentre de n points de C affectés de
coefficients positifs est dans C. » (P(n))
Pour n = 2, cela correspond à la définition de la convexité.
Soit n ě 2. Supposons P(n).

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CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES VII. PARTIES CONVEXES D’UN ESPACE AFFINE

Soient maintenant (M1 , λ1 ), (M2 , λ2 ), . . . (Mn+1 , λn+1 ) n + 1 points de C affectés de coefficients


positifs (non tous nuls). Soit M le barycentre des n premiers. Alors, par hypothèse de récur-
rence, M P C. De plus, le barycentre de (M1 , λ1 ), (M2 , λ2 ), . . . (Mn+1 , λn+1 ) est le barycentre de
řn řn
(M, i=1 λi ) et (Mn+1 , λn+1 ), donc appartient à C car M, Mn+1 P C et i=1 λi ě 0. Ce qui achève
la récurrence.

Proposition :
Toute intersection de convexes est convexe.

En effet : Soit (Ci )iPI une famille de convexes indexée par un ensemble I quelconque.
Notons C = iPI Ci .
Ş

Soient A, B P C. Alors @i P I, A, B P Ci , donc @i P I, [A, B] Ă Ci , donc [A, B] Ă C.


Donc C est convexe.

Définition, proposition :
On définit l’enveloppe convexe d’une partie P de E comme l’intersection de tous les convexes qui
contiennent P. C’est le plus petit convexe contenant P.

Démonstration :
La définition a bien un sens, puisque l’ensemble EC des convexes contenant P n’est pas vide (il contient
déjà E ).
C’est bien le plus petit, puisque si un convexe C contient P, il contient nécessairement l’enveloppe
convexe puisqu’il appartient à EC (puisque XPEC X Ă C).
Ş

Proposition :
L’image d’un convexe par une application affine est un convexe.
L’image réciproque d’un convexe par une application affine est un convexe.

Résulte de la conservation des barycentres par une application affine.


Exemple :
‚ Un sous-espace affine de E est bien sûr convexe.
‚ Un disque plein de R2 (ensemble des (x, y) P R2 , x2 + y 2 ď r) est convexe.

Demi-espaces (ouverts) limités par un hyperplan On suppose E de dimension finie n, muni d’un
repère R.
Soit H l’hyperplan d’équation a1 x1 + a2 x2 + ¨ ¨ ¨ + an xn = h dans R.
Soit E1 l’ensemble des points de E dont les coordonnées (x1 , x2 , . . . xn ) vérifient :

a1 x1 + a2 x2 + ¨ ¨ ¨ + an xn ´ h ą 0 (18.23)

Et soit E2 l’ensemble des points de E dont les coordonnées (x1 , x2 , . . . xn ) vérifient :

a1 x1 + a2 x2 + ¨ ¨ ¨ + an xn ´ h ă 0 (18.24)

Alors E1 et E2 sont convexes.

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VII. PARTIES CONVEXES D’UN ESPACE AFFINE CHAPITRE 18. ESPACES AFFINES

Démonstration (pour E1 ) :
ÝÝÑ
Soient A, B P E1 . Les M P [A, B] s’écrivent A + tAB avec t P [0, 1], et en reportant dans a1 x1 + a2 x2 +
¨ ¨ ¨+an xn ´h l’expression correspondante des coordonnées de M en fonction de t, on obtient une fonction
affine de t (du type t ÞÑ pt+q), donc une fonction monotone de t. Comme cette fonction est par hypothèse
strictement positive en t = 0 et t = 1, elle est donc strictement positive sur tout [0, 1], d’où la convexité
de E1 .
Remarque :
Les demi-espaces fermés limités par H sont bien sûr aussi convexes (il suffit de remplacer les inégalités
strictes par des inégalités larges)
Remarque :
En reprenant l’argument précédent et en utilisant cette fois la continuité de la fonction affine de t
introduite, on montre que tout segment joignant un point de E2 à un point de E1 doit couper H .

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