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Limites et continuité des fonctions

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MPSI1 Lycée Corneille

2022/2023
Limites-Continuité
TD Fiche 11-Qq corrigés

Exercice 3. (∗) Soit une fonction f : R → R périodique. Montrer que si lim f (x) existe alors f est constante.
x→+∞

Correction - Notons T une période de f . Soit x ∈ R. Comme f est T -périodique, alors : ∀n ∈ N, f (x + nT ) = f (x).
Puis, on calcule les limites quand n → +∞. En notant l = lim f (x), on obtient par composition de limites f (x + nT ) −→ l. Et
x→+∞ n→+∞
f (x) −→ f (x).
n→+∞
Donc par unicité de la limite, f (x) = l, ceci étant valable pour tout x ∈ R. Donc, f est constante .

Exercice 5. (∗) Soit (a, b) ∈ R2 tels que a < b et f :]a, b[→ R croissante.
On pose pour x ∈]a, b[, h(x) = lim f (t).
t→x+

1) Montrer que h est bien défine sur ]a, b[.


2) Montrer que h est croissante sur ]a, b[.

Correction -
1) Soit x ∈]a, b[. Comme f est croissante sur ]a, b[ alors d’après le théorème de la limite monotone sur les fonctions lim f existe
x+
(finie ou −∞). Or f est définie en x donc la limite ne peut être que finie (résultat du cours). Donc h(x) existe bien. Donc
h est définie sur ]a, b[ .

2) Soit (x, y) ∈ (]a, b[)2 tel que x < y. Posons δ > 0 tel que :
a< x−δ < x<x+δ <y−δ < y < y+δ <b (possible car a < x < y < b).
Prenons alors s ∈]x − δ, x + δ[ et t ∈]y − δ, y + δ[. Comme s 6 t et f est croissante alors f (s) 6 f (t). On passe à la limite, s → x+
puis t → y+ , il vient f (x) 6 f (y). Donc f est croissante .

f (x)
Exercice 6. (∗∗) Soit f définie sur R∗+ tel que −→ l ∈ R.
x x→+∞
n
1 X f (kx)
Pour x > 0 n ∈ N∗ , on pose un = 2 . Montrer que u converge et calculer sa limite.
n x
k=1

f (t)
Correction - Soit ε > 0. Comme −→ l ∈ R, posons A > 0 tel que :
t t→+∞

f (t) f (t)
∀t > A, | − l| 6 ε donc l−ε6 6 l + ε.
t t
Soit x > 0, n ∈ N∗ . Posons N ∈ N∗ , tel que N x > A. On a pour n > N ,
n N n
1 X f (kx) 1 X f (kx) 1 X f (kx)
un = = + 2 .
n2 k=1 x n2 k=1 x n k=N+1
x

f (kx) f (kx) f (t)


Dans la deuxième sommme, on écrit = k pour profiter des informations sur . Pour k > N + 1, kx > N x > A, donc
x kx t
f (kx)
l−ε6 6 l + ε, donc en sommant :
kx
n n n
1 X 1 X f (kx) 1 X
k(l − ε) 6 k 6 2 k(l + ε).
n2 k=N+1
n2 k=N+1
kx n k=N+1

n
X (n − N )(n + N + 1)
On utilise la somme usuelle k= ,
k=N+1
2

n
1 (n − N )(n + N + 1) 1 X f (kx) 1 (n − N )(n + N + 1)
(l − ε) 6 2 6 2 (l + ε).(∗)
n2 2 n k=N+1
x n 2

1 (n − N )(n + N + 1) l+ε l ε 1 (n − N )(n + N + 1) l−ε l ε


Comme 2 (l + ε) −→ = + et 2 (l − ε) −→ = − posons alors N ′ tel
n 2 n→+∞ 2 2 2 n 2 n→+∞ 2 2 2
que :
1 (n − N )(n + N + 1) l 1 (n − N )(n + N + 1) l
∀n > N ′ , (l + ε) 6 + ε (l + ε) > − ε.
n2 2 2 n2 2 2

1
On combine avec (∗), pour n > max(N, N ′ ),
n
l 1 X f (kx) l
−ε 6 2 6 + ε. (∗∗)
2 n k=N+1
x 2
N N
X f (kx) 1 X f (kx)
Enfin la somme est finie (indépendante de n) donc 2 −→ 0, donc posons N ′′ , tel que :
k=1
x n k=1 x n→+∞

N
1 X f (kx)
∀n > N ′′ , −ε 6 2
6 +ε.
n k=1 x

On additionne (∗∗), il vient,


n
l 1 X f (kx) l l
∀n > max(N, N ′ , N ′′ ), − 2ε 6 2 6 + 2ε c’est-à-dire |un − | 6 2ε.
2 n k=1 x 2 2

ε l
On reconnaît donc la définition de la limite (quitte à prendre à la place de ε depuis le début), donc un −→ .
2 n → +∞ 2

Exercice 9. (♥) Soit x > 0. On pose pour t ∈]0, π2 [, f (t) = (sin t)x .
Montrer que f est prolongeble par continuité en 0.

Correction - Soit x > 0. Pour t ∈]0, π2 [, f (t) = ex ln(sin t) .


Par opérations sur les limites [...], f (t) −→ 0. Donc, f est prolongeable par continuité, en posant f (0) = 0.
t→0

Exercice 11. (∗) Montrer que la fonction 11Q n’est continue en aucun point de R.

Correction - Soit a ∈ R.

• Si a ∈ R \ Q. Comme Q est dense dans R alors posons (rn ) une suite de rationnels telle que rn −→ a. Alors 11Q (rn ) = 1 → 1 6=
n → +∞
0 = 11Q (a) donc 11Q n’est pas continue en a.
• Si a ∈ Q. Comme R \ Q est dense dans R alors posons (sn ) une suite d’irrationnels telle que sn −→ a. Alors 11Q (sn ) = 0 → 0 6=
n → +∞
1 = 11Q (a) donc 11Q n’est pas continue en a.
Conséquence : 11Q n’est continue en aucun point de R .

(
x si x ∈ Q
Exercice 12. (∗∗) Pour x ∈ [0, 1], on pose f (x) = .
x + 2 − ⌊x + 2 ⌋ sinon.
1 1

Montrer que f est bijective (on pourra calculer f ◦ f . Montrer que f n’est continue en aucun point.

Correction -
• Montrons que f est bijective. Soit x ∈ [0, 1].
Si x ∈ Q, alors (f ◦ f )(x) = f (f (x)) = f (x) = x.
/ Q, alors (f ◦ f )(x) = f (f (x)) = f (x + 12 − ⌊x + 12 ⌋). Or x +
Si x ∈ 1
2
− ⌊x + 21 ⌋ ∈
/ Q car x ∈
/ Q, 1
2
∈ Q et ⌊x + 12 ⌋ ∈ N ⊂ Q. Donc
1 1 1 1 1 1
(f ◦ f )(x) = (x + − ⌊x + ⌋) + − ⌊(x + − ⌊x + ⌋) + ⌋
2 2 2 2 2 2
 
1 1
= x + 1 − ⌊x + ⌋ − x + 1 − ⌊x + ⌋
2 2
 
1 1
= x + 1 − ⌊x + ⌋ − ⌊x⌋ + 1 − ⌊x + ⌋
2 2
= x − ⌊x⌋ = x car x ∈ [0, 1[

Donc f ◦ f = Id[0,1] donc d’après le théorème de caractérisation des bijections, f est bijective .
• Montrons que f n’est continue en aucun point. Soit a ∈ [0, 1].
Si a ∈
/ Q, comme Q est dense dans R, posons (rn ) une suite de rationnels telle que rn → a. Alors f (rn ) = rn −→ a.
n → +∞
1 1 1 1 1 1
Or, f (a) = a + − ⌊a +
2 2
6 a (car sinon on aurait − ⌊a +
=⌋ 2
= 0 c’est-à-dire ⌊a +
2
⌋ = 2
⌋ 2
,
impossible une partie entière est
entière).
Si a ∈ Q, comme R \ Q est dense dans R, posons (sn ) une suite d’irrationnels telle que sn → a. Alors f (sn ) = sn + 21 − ⌊sn + 21 ⌋.
Par l’absurde, supposons f (sn ) → f (a) = a, alors sn + 12 − ⌊sn + 12 ⌋ → a. Alors :
1 1 1 1 1
⌊sn + ⌋ = −(sn + − ⌊sn + ⌋) + (sn + ) → .
2 2 2 2 2
Ce qui est absurde, car ⌊sn + 21 ⌋ est une suite d’entiers.
Dans les deux cas, on a prouvé que f n’est pas continue en a .

2
Exercice 17. (∗) Montrer qu’une fonction continue sur R qui ne prend qu’un nombre fini de valeur est constante.

Correction - Par contraposée, supposons que f n’est pas constante. Posons alors deux valeurs différentes A et B prises par la fonction
f en a et b respectivement (a < b). Comme f est continue, d’après le TVI, pour tout y compris entre A et B il existe c ∈ [a, b] tel que
y = f (c). Donc f prend toutes les valeurs comprises entre A et B donc une infinité de valeurs.
Donc, par contraposée, si f prend un nombre fini de valeurs alors f est constante.

Exercice 19. (∗) Soit f : R → R une fonction continue sur R telle que lim = lim f = +∞.
−∞ +∞
Montrer que m = inf f existe et que m est le minimum de f sur R.

Correction - Par définition de la limite, posons A < 0 et B > 0 tel que :


∀x 6 A, f (x) > 0 ∀x > B, f (x) > 0.
Sur ]−∞, A] et sur [B, +∞[, f est minorée par 0. Et sur le segment [A, B], f est continue donc est bornée (théorème de l’image d’un segment
par une fonction continue). Donc, globalement, sur R, f est minorée donc d’après le théorème de la borne supérieure, m = inf f existe .
On reprend les définitions, posons A′ < 0 et B ′ > 0 tel que :
∀x 6 A′ , f (x) > m + 1 ∀x > B ′ , f (x) > m + 1.
On a donc inf f > m. Donc inf f = m et cette borne inférieure est atteinte car f est continue sur le segment [A′ , B ′ ].
]−∞,A′ ]∪[B ′ ,+∞[ [A′ ,B ′ ]

Conclusion, m est le minimum de f sur R .

Exercice 22. (∗) Pour n ∈ N∗ , n > 2 et x ∈ R+ on pose fn (x) = xn + xn−1 + · · · + x − 1.


1) Montrer qu’il existe un unique réel un ∈]0, 1[ tel que fn (un ) = 0.
2) Étudier la monotonie de la suite u. En déduire la convergence.
3) Déterminer la limite de la suite.

Correction -
1) Soit n ∈ N∗ . fn est continue sur l’intervalle ]0, 1[ et strictement croissante sur ]0, 1[ (somme de fonctions strictement croissantes).
Donc fn réalise une bijection de ]0, 1[ vers ]f (0), f (1)[=] − 1, n − 1[. Or 0 ∈] − 1, n − 1[ donc 0 admet un unique antécédent note un .
Il existe donc un unique réel un ∈]0, 1[ tel que fn (un ) = 0 .
2) Pour x ∈]0, 1[, fn+1 (x) = xn+1 + fn (x) > fn (x). Avec x = un , fn+1 (un ) > fn (un ) = 0 = fn+1 (un+1 ).
Comme fn+1 est strictement croissante, un > un+1 donc u est décroissante. De plus, u est minorée par 0 (car à valeurs dans ]0, 1[)
donc d’après le théorème de la limite monotone, u converge . Notons l la limite.
3) Notons que pour tout n > 2, un 6 u0 < 1 donc par passage à la limite l < 1.
On reconnaît une somme géométrique, pour x ∈]0, 1[
n
X 1 − xn+1 1 − un+1
n
fn (x) = xk − 2 = −2 donc − 2 = 0. (∗)
k=0
1−x 1 − un

Or 0 6 un 6 u0 donc 0 6 un+1
n 6 un+1
0 . Or u0 ∈]0, 1[, donc un+1
0 → 0 donc par le théorème des gendarmes un+1
n → 0. Donc en
1 1
passant à la limite (∗), = 2 donc l = .
1−l 2

Exercice 23. (∗) Déterminer suivant le paramètre λ ∈ R le nombre de solutions de l’équation eλx = x (E).

Correction - On pose pour x ∈ R, f (x) = eλx −x. f est dérivable sur R par opérations sur les fonctions dérivables avec pour tout x ∈ R,
f ′ (x) = λ eλx −1.
• Si λ 6 0, alors f ′ (x) < 0 donc f est strictement décroissante sur R. De plus est continue sur R donc réalise une bijection de R vers
f (R) = R (le calcul des limites est laissé au lecteur...). Or 0 ∈ R donc 0 admet un unique antécédent par f donc l’équation (E) admet
une unique solution.
1
• Si λ > 0, f ′ (x) > 0 ⇔ λ eλx > 1 ⇔ x > − λ ln(λ).
x −∞ xλ +∞
1 ′
1
On note xλ = − λ ln(λ) alors f (xλ ) = (1 + ln λ). f − 0 +
λ f +∞ +∞
& 1
λ
(1 + ln λ) %

> 0
 si λ > e−1
1
On étudie le signe de λ
(1 + ln λ) = 0 si λ = e−1 .

<0 si λ < e−1

Trois cas :

3
◮ Si λ > e−1 , la fonction f ne s’annule pas.
◮ Si λ = e−1 , la fonction ne s’annule qu’en xλ .
◮ Si λ < e−1 , en appliquant deux fois le TBM, sur ] − ∞, xλ [ et ]xλ , +∞[, la fonction s’annule deux fois.
 
−1
0
 λ > e

Conclusion : l’équation a 1 solutions si λ 6 0 ou λ = e−1 .
 
2 0 < λ < e−1
 

Exercice 24. (∗) Déterminer les fonctions f : R∗+ → R, continues en 1 et telle que

∀x > 0, f (x2 ) = f (x). (∗).

√ √
Correction - Analyse.. Soit f solution du problème. Soit x > 0. Alors, avec x à la place de x dans (∗), f (x) = f ( x). On itère,
1 1 1 1
f (x) = f (x 2 ) = f (x 4 ) = f (x 8 ) = · · · = f (x 2n ) pour n ∈ N.
1 1 ln x 1
(ce que l’on peut prouver par récurrence). Or x 2n = e 2n −→ 1. Comme f est continue en 1 alors f (x 2n ) −→ f (1).
n→+∞ n→+∞
Par ailleurs, f (x) −→ f (x). Par unicité de la limite, f (x) = f (1). Donc f est constante.
n→+∞
Synthèse. Soit f définie sur R∗+ constante. On pose C ∈ R, tel que : ∀x > 0, f (x) = C. Alors, f est continue en 1 et pour tout x > 0,
f (x2 ) = C = f (x).
Conclusion. L’ensemble des fonctions cherchées est l’ensemble des fonctions constantes sur R∗+ .

Exercice 25. (∗∗) On cherche les fonctions f : R → R continues sur R telles que f (0) = 0 et f (1) = 1 et pour tout
x ∈ R, (f ◦ f )(x) = x.
1) Montrer que f est injective. En déduire que f est strictement croissante.
2) En déduire que: ∀x ∈ R, f (x) = x.

Correction - Analyse. Soit f solution du problème.


1) Comme pour tout x ∈ R, (f ◦ f )(x) = x, alors f ◦ f = IdR alors d’après le théorème de caarctérisation des applications bi-
jectives, f est bijective donc f est injective . Par conséquent comme f est continue sur R, alors par un théorème du cours,
f est strictement croissante .

2) Par l’absurde, supposons qu’il existe x ∈ R tel que f (x) 6= x.


Si f (x) < x alors comme f est strictement croissante, f (f (x)) < f (x) donc x < f (x), absurde.
Si f (x) > x alors comme f est strictement croissante, f (f (x)) > f (x) donc x > f (x).
Donc ∀x ∈ R, f (x) = x.
Synthèse. La fonction x 7→ x vérifie bien les conditions du problème.
Conclusion. L’unique solution du problème est l’application x 7→ x .

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