R-I IDENTIFICATION
1. Le but de l’identification
Pour arriver aux objectifs décrits dans le cahier des charges de la régulation d’un
système (procédé), il faut analyser les comportements statique et dynamique tout
seul, ou instrumenté, c’est-à-dire connaitre sa fonction de transfert. En effet, le
réglage du correcteur à mettre en œuvre dépond essentiellement de la nature de
cette fonction de transfert. Il est important de déterminer également les fonctions
de transfert perturbatrices. Selon leurs influences sur la grandeur à régler, elles
pourront être prise en compte lors de l’étude du correcteur principal ou servir à la
mise en place de correcteurs spécifiques.
Identifier un système, c’est rechercher à partir d’enregistrements (des réponses),
les paramètres qui caractérisent son modèle.
Dans cette partie, on va présenter les méthodes d’identification les plus simples
qui permettent de trouver un modèle de comportement du système sans matériel
spécial et sans connaissances théoriques particulières.
xt) Processus y(t)
Industriel
2. Le choix du modèle
La recherche d’un modèle pour un procédé industriel est nécessaire et doit aboutir
à un modèle représentant correctement le comportement du procédé. Cependant le
modèle ne doit ni être trop sophistiqué au risque d’être incompatible avec le
correcteur disponible, ni être trop simpliste pour ne pas masquer certains aspects
néfastes au bon fonctionnement.
R-I IDENTIFICATION
3. Identification en boucle ouverte (BO)
Perturbations
Mesure Grandeur
U Actionneur
Y à régler
Figure : Capture (enregistrement) des données en BO.
Lors d’un tel essai en boucle ouverte (BO) le procédé à identifier n’est plus contrôlé
automatiquement. Le régulateur est mis en mode manuel pour pouvoir agir sur le signal
de commande. On peut alors produire un signal échelon (un saut) avec différentes
valeurs afin d’exciter le système et enregistrer les signaux de commande et de
mesure à l’aide de la fonction d’archivage de données qui servent à l’identification du
système.
4.1. Méthodologie
Régulateur en manuel boucle ouverte.
Régler le degré de réglage manuel U (signal de commande) au point de
fonctionnement, attendre que l’état stationnaire soit atteint.
Faire un échelon U (commande manuelle) sur le signal de commande. Cet
échelon doit être suffisamment grand afin d’obtenir une réponse sur
l’enregistrement de la mesure exploitable et suffisamment faible afin de ne pas
déranger la production et ne pas dépasser les limites de linéarité du procédé.
Exploitation des données de l’enregistrement du signal de mesure y(t).
u(t) Processus y(t)
Industriel +Actionneur
R-I IDENTIFICATION
Figure : Système
a. Réponse du système à un échelon unité (réponse indicielle)
Pratiquement, l'essai est très rapide, il suffit de faire passer l'entrée de 0 à une
valeur constante pendant un temps (donné) Tf, et d'enregistrer la sortie (réponse) en
fonction du temps.
En principe, cette sortie doit être du même type que l'entrée si le système est
linéaire, c'est-à-dire qu'au bout d'un certain temps correspondant à la durée du
régime transitoire, la sortie doit rester constante.
S'il en est autrement, le système n'est pas linéaire. Donc ce test permet de savoir si
on est en présence d'un système linéaire ou non.
Figure : Réponse indicielle 0 50 en BO.
La (figure précédente), représente la réponse du système à un saut de 0 50 (en
rouge) et on observe la réponse du système (en bleu). Il se comporte comme un
système de dominante du premier ordre, après le passage du régime transitoire la
sortie devient constante en régime permanent.
2.2. Propriétés d’un système linéaire
R-I IDENTIFICATION
Figure : Exemple du principe d’additivité.
2.2. Phénomène de saturation
Ymax
ܻ݉ ݅݊ Pente K
ܭ
U
ܻ݉ ܽݔ
ܭ
Ymin
Figure: Exemple d’un phénomène de saturation.
La notion de saturation est très familière à beaucoup de phénomènes
physiques.
Son existence résulte de cette évidence :
Aucune grandeur physique ne peut tendre vers l'infini (pour des raisons
énergétiques). Il existe donc, pour chaque élément d'une chaîne, des signaux
d'entrées incompatibles avec le fonctionnement linéaire.
Ces signaux d'entrées donneraient à la sortie une valeur trop grande, impossible à
atteindre : le signal réel que l'on recueille alors est plus faible, il y a saturation.
Exemple :
En prend comme exemple l’ouverture d’une vanne de réglage, lorsqu’on excite la vanne
(organe de réglage) avec une commande manuelle de 100% le débit atteindre à une
R-I IDENTIFICATION
valeur notée Ymax ; dont on peut la considérer comme la limite de linéarité
(saturation), ( Ymax=100% ; Ymin=0%).
A l’aide des différents essais en boucle ouverte, des données sont extraites pour
obtenir la courbe caractéristique, sorties = f (entrée) en régime permanent, les
essais sont faites pour différentes entrées représentées par le vecteur (U) , et les
valeurs de réponses permanentes (gains statiques) correspondent à chaque entrée
représentée par le vecteur (Y).
Y= [0 30 50 70 80 84 100].
U= [0 25.1 45.1 62.72 70 73.07 83.14].
Figure : Courbe caractéristique sorties = f (entrée).
La courbe résultante est de la forme pratiquement linéaire, une droite passe
par l’origine sa pente est sortie/entrée K=Y/U qui représente le gain du système, la
limite du signal d’entrée est approximativement 100% puisque la vanne sera à la limite
physique de son ouverture, et le débit à partir de cette entrée ne peut plus évoluer et
reste au 83.14%.
Donc l’équation caractéristique de Y en fonction du signal de commande :
ࢅ(ࢁ ) ≈ . ૡૠ ∗ ࢁ
R-I IDENTIFICATION
4.2. Analyse de la réponse indicielle :
Cette approche consiste à exploiter la réponse à un échelon du système étudié. Deux
méthodes seront présentées : la méthode de Broïda, la méthode de Strejc. Ces deux
méthodes s’appliquent au cas des systèmes présentant une réponse apériodique.
Il existe d’autres méthodes qui concernent les cas des réponses oscillantes (méthode
de deuxième ordre retardé).
4.2.1. Modèle du premier ordre
Suite à l’envoi d’un échelon sur l’entrée on observe le comportement de la sortie et
l’on détermine les diverses modélisation possibles.
y(t)
u(t)
y
Le gain statique
y
k
u u
Figure : Réponse indicielle système du 1er ordre sorties = f (entrée).
Lorsque la réponse ne présente ni rebond ni retard, le modèle du premier ordre peut
être utilisé.
Modèle simple mais très utilisé tant que le temps mort reste négligeable devant la
constante de temps (sans retard pur).
R-I IDENTIFICATION
dy (t )
Equation différentielle : y (t ) ku (t )
dt
k
Fonction de transfert: G( s)
1 s
Détermination du gain statique
Le gain statique est le rapport de la variation de la sortie finale sur la variation
d’entrée (échelon) une fois le système est stabilisé.
K = Δ Y/ ΔU
Détermination du gain statique la constante de temps (τ)
La constante de temps (τ) est mesurée lorsque le système atteint 63% de la variation
totale de la sortie.
∆ܻ = ܻஶ − ܻ
eme
4.2.2. Identification d’un système de 2 ordre
Soit la réponse indicielle d’un système de 2eme ordre
y(t)
K D1 D2
T t1 t2
Tp ( = pseudo – période )
R-I IDENTIFICATION
Identification d’un système de deuxième ordre :
Soit le système du deuxième ordre représenté par sa forme canonique comme
suit :
dy 2 (t ) dy(t )
Equation différentielle : 2
2wn wn2 y (t ) kwn2u (t )
d t dt
ݓܭଶ
= )ݏ(ܩଶ
kwn2 ݏ+ ݓଶ
ݏ+ 2ߦݓ k
Fonction de transfert: G ( s)
s 2 2wn s wn2 s 2 2s
1
wn2 wn
K est le gain statique.
wn est la pulsation naturelle.
est le coefficient d’amortissement.
L’identification d’un tel type de système, nécessite de déterminer: le coefficient
d’amortissement ξ, le gain statique k et la pulsation naturelle ԝn
Tracer la réponse indicielle.
La réponse indicielle est donnée par :
w
y (t k 1 ewnt cos wt n sin wt
w
2
w
Tp
La figure suivante représente la réponse indicielle d’un système avec différentes
valeur s du coefficient d’amortissement.
R-I IDENTIFICATION
YU Tp
D1
D2
kA
Tp
Influence de l’amortissement t
Figure : Réponse indicielle système du 2er ordre.
Gain statique :
K = Δ Y/ ΔU
Déterminer le premier dépassement et déduire ξ
D1
y t D1 y
y y0
ష ഏ. 2
D2 1 2
ܦଵ% = ݁
ට భష మ
e
D1
Mesurer le pseudo période Tp et déduire ԝn par la formule suivante :
ଶ.గ 2
ܶ = wn
ఠ ඥଵିకమ
Tp 1 2
4.2.3 Méthode de Broïda pour un système naturellement stable :
[Link]. Modèle de Broïda
Lorsque la réponse ne présente pas de rebond (une large classe de systèmes
industriels à la particularité de présenter une réponse indicielle apériodique (sans
oscillation)) mais qu’il existe un retard entre l’échelon et la réponse du système. Ce
type de système peut être modélisé à l’aide d’un modèle du premier ordre comportant
un retard pur (modèle de Broïda) de la forme :
்ି݁ܭ௦
= )ݏ(ܩ
1 + ߬ݏ
R-I IDENTIFICATION
Ou K représente le gain statique du système, T le retard pur et τ la constante de
temps.
y(t)
y∞
u(t)
5, 5 (t2 t1 )
y
T 2,8 t1 1,8 t2
40%y
28%y
u
t1 t2 t
Figure : Détermination des paramètres du modèle de Broïda.
Les paramètres du modèle de Broïda sont obtenus à partir des relations suivantes:
Gain statique : K = Δ Y/ ΔU
Constante de temps : τ = 5.5*(t2 − t1)
Retard ou temps mort : T = 2.8* t1 – 1.8* t2
4.2.4. Méthode de Strejc:
Le système est modélisé à l’aide d’un modèle à constante de temps multiple
comportant un retard pur de la forme :
்ି݁ܭ௦
= )ݏ( ܪ
(1 + ߬)ݏ
Où :
K représente le gain statique du système.
T est le retard pur.
τ est la constante de temps.
R-I IDENTIFICATION
n le dégréé (ordre) du modèle. Ces différents paramètres sont obtenus à
partir de la réponse à un échelon du système et à l’aide du tableau suivant de
Strejc tous deux représentés à la figure suivante :
y(t)
u(t)
Point d’inflexion
y
u
t
T’ Tu Ta
Figure: Détermination des paramètres du modèle de Strejc.
Le modèle de Strjec avec retard pure T =0
K
1 p n
Le gain statique est toujours :
K = ΔY/ΔU
Le quotient Tu/Ta donne la valeur de l’ordre n entier à l’aide du tableau ci-
dessous, si le rapport Tu/Ta correspond à une valeur exacte du tableau donc on
élimine le coefficient du retard et on écrit la fonction de transfert d’ordre n.
La détermination de τ se fait à partir de Ta.
Lorsque la valeur du quotient Tu/Ta ne correspond pas à une valeur exacte du
tableau, ce qui signifie l’existence d’un temps mort (retard), il faut prendre l’ordre n
immédiatement inferieur, on réduit une autre valeur de Tu, notée T’u, pour obtenir un
quotient T’u/Ta qui coïncide dans le tableau a un ordre n entier, la valeur de Ta n’est
pas changée, le retard T introduit est alors:
ࢀ = ࢀ࢛ − ࢀ′࢛
R-I IDENTIFICATION
n 2 3 4 5 6 7 8 9 10
ࢀ࢛
0.104 0.218 0.319 0.410 0.493 0.570 0.642 0.709 0.773
ࢀࢇ
ࢀࢇ
2.718 3.695 4.463 5.119 5.699 6.226 6.711 7.164 7.590
࣎
Tableau : Paramètres du modèle de Strejc.