Risques psychosociaux
et document unique
Vos questions, nos réponses
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
Dans le domaine de la prévention des risques professionnels,
l’INRS est un organisme scientifique et technique qui travaille,
au plan institutionnel, avec la CNAM, les Carsat, Cramif, CGSS
et plus ponctuellement pour les services de l’État ainsi que pour tout
autre organisme s’occupant de prévention des risques professionnels.
Il développe un ensemble de savoir-faire pluridisciplinaires qu’il
met à la disposition de tous ceux qui, en entreprise, sont chargés
de la prévention : chef d’entreprise, médecin du travail, instances
représentatives du personnel, salariés. Face à la complexité des
problèmes, l’Institut dispose de compétences scientifiques, techniques
et médicales couvrant une très grande variété de disciplines,
toutes au service de la maîtrise des risques professionnels.
Ainsi, l’INRS élabore et diffuse des documents intéressant l’hygiène
et la sécurité du travail : publications (périodiques ou non),
affiches, audiovisuels, multimédias, site Internet…
Les publications de l’INRS sont distribuées par les Carsat.
Pour les obtenir, adressez-vous au service Prévention de la caisse
régionale ou de la caisse générale de votre circonscription,
dont l’adresse est mentionnée en fin de brochure.
L’INRS est une association sans but lucratif (loi 1901) constituée
sous l’égide de la CNAM et soumise au contrôle financier
de l’État. Géré par un conseil d’administration constitué à parité
d’un collège représentant les employeurs et d’un collège
représentant les salariés, il est présidé alternativement par
un représentant de chacun des deux collèges. Son financement
est assuré en quasi-totalité par la CNAM sur le Fonds national
de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat),
la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (Cramif)
et les caisses générales de sécurité sociale (CGSS)
Les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail, la caisse
régionale d’assurance maladie d’Île-de-France et les caisses générales
de sécurité sociale disposent, pour participer à la diminution des risques
professionnels dans leur région, d’un service Prévention composé
d’ingénieurs-conseils et de contrôleurs de sécurité. Spécifiquement
formés aux disciplines de la prévention des risques professionnels
et s’appuyant sur l’expérience quotidienne de l’entreprise, ils sont
en mesure de conseiller et, sous certaines conditions, de soutenir
les acteurs de l’entreprise (direction, médecin du travail, instances
représentatives du personnel, etc.) dans la mise en œuvre des démarches
et outils de prévention les mieux adaptés à chaque situation.
Ils assurent la mise à disposition de tous les documents édités par l’INRS.
Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’INRS,
de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite.
Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction,
par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle).
La violation des droits d’auteur constitue une contrefaçon punie d’un emprisonnement de trois ans
et d’une amende de 300 000 euros (article L. 335-2 et suivants du code de la propriété intellectuelle).
© INRS, 2013. Illustration de couverture et conception graphique : Éva Minem
Risques psychosociaux
et document unique
Vos questions, nos réponses
Sandrine Guyot, INRS
Valérie Langevin, INRS
Anne Montagnez, INRS
ED 6139
février 2013
Ont apporté leur contribution à la réalisation de cette brochure
les personnes suivantes :
S. Auffinger (Carsat Centre), M. Baulac (Carsat Centre),
C. Bonnaud (Carsat Auvergne), M. François (INRS),
I. Minaberry (Carsat Aquitaine), F. Mirobolant (Carsat Midi-Pyrénées),
I. Sagot (Cramif), C. Vadeboin (Carsat Rhône-Alpes),
L. Weibel (Carsat Alsace-Moselle).
Les auteurs remercient les personnes ressources « Risques psychosociaux »
des services Prévention des Carsat, CGSS et de la Cramif, pour leurs remarques
constructives, et également Brigitte Andéol-Aussage (INRS), Marianne Dvorianoff
(AMT 37), Marie Murcia (APST Centre) pour l’expertise qu’elles ont apportée
aux auteurs et contributeurs au cours de l’élaboration de la brochure.
Sommaire
Des questions préalables à l’évaluation
Que recouvre le terme « risques psychosociaux » ? 6
Qu’est-ce que le document unique d’évaluation
des risques professionnels ? 7
Pourquoi intégrer les risques psychosociaux
dans le document unique ? 7
Les risques psychosociaux doivent-ils systématiquement
figurer dans le document unique ? 8
Qui élabore la partie du document unique concernant
les risques psychosociaux ? 8
Faut-il avoir été formé aux risques psychosociaux
pour en faire l’évaluation ? 9
Étapes de l’évaluation des facteurs de risques
psychosociaux et exemples d’outils publiés
par l’ 10
Des questions relatives à la méthode d’évaluation
Comment préparer l’évaluation des facteurs
de risques psychosociaux ? 12
Doit-on garder les mêmes unités de travail
que celles définies pour les autres risques professionnels ? 12
Comment concrètement évaluer les facteurs
de risques psychosociaux ? 13
Que faire en cas de difficulté de dialogue
entre les acteurs de l’entreprise ? 14
Doit-on coter les facteurs de risques psychosociaux ? 14
Comment définir et hiérarchiser les actions ? 15
Comment mettre en œuvre le plan d’actions ? 16
Comment et quand réévaluer les facteurs
de risques psychosociaux ? 16
Pour en savoir plus 17
L’entreprise a l’obligation de
rédiger un document unique
formalisant l’évaluation de l’ensemble des risques
professionnels, y compris les risques psychosociaux, et
de préciser un plan d’actions, les moyens à mettre en
œuvre pour les traiter. Pour aider les entreprises dans
cette démarche, ce guide répond aux questions les
plus fréquemment posées. Par exemple :
Qui élabore la partie du document unique sur les
risques psychosociaux ?
Faut-il avoir été formé aux risques psychosociaux pour
en faire l’évaluation ?
Doit-on garder les mêmes unités de travail que celles
définies pour les autres risques professionnels ?
Doit-on coter les facteurs de risques psychosociaux?
Des questions préalables
à l’évaluation
Que recouvre le terme
« risques psychosociaux » ?
Les risques psychosociaux (RPS) correspondent à des situations de
travail où sont présents :
n du stress : déséquilibre entre la perception qu’une personne a
des contraintes de son environnement de travail et la perception
qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
n des violences externes : insultes, menaces, agressions exercées
dans le cadre du travail par des personnes extérieures à l’entreprise;
n des violences internes : harcèlement moral ou sexuel, conflits
exacerbés à l’intérieur de l’entreprise.
Ce sont des risques qui peuvent être induits par l’activité elle-même
ou générés par l’organisation et les relations de travail. L’évalua-
tion des risques psychosociaux passe donc par l’identification et
l’évaluation des facteurs de risque de stress, de violences externes
et de violences internes.
Facteurs Risques
de risque psychosociaux
Intensité et complexité
du travail
Faible autonomie Stress
au travail
Violences internes
Rapports sociaux
dégradés Violences externes
Conflits de valeur
Etc.
6
Qu’est-ce que le document unique
d’évaluation des risques professionnels ?
Le document unique rassemble et formalise les résultats de l’éva-
luation des risques professionnels. Il relève d’une disposition ré-
glementaire du code du travail faisant obligation de constituer un
document dans lequel les résultats de cette évaluation doivent être
systématiquement transcrits. Il contient a minima une identification
des risques présents dans les unités de travail de l’entreprise (ou de
l’établissement) et l’analyse des conditions d’exposition des sala-
riés à ces risques. Devant être actualisé au moins une fois par an, le
document unique est un outil dynamique au service de la démarche
de prévention. Aussi sa rédaction doit-elle s’accompagner d’une
hiérarchisation des propositions d’actions visant au mieux à suppri-
mer ces risques sinon à les réduire.
L’élaboration du document unique doit se construire au travers du
dialogue social dans l’entreprise tant pour l’évaluation des risques
que pour le choix, la mise en place et le suivi des mesures de pré-
vention.
Pourquoi intégrer les risques psychosociaux
dans le document unique ?
L’employeur est tenu d’évaluer l’ensemble des risques auxquels
sont soumis les salariés de son entreprise – ce qui inclut les risques
psychosociaux – et de préserver leur santé physique et mentale1.
Les risques psychosociaux sont donc à prendre en compte au mo-
ment de l’évaluation des risques et à intégrer au document unique,
au même titre que les autres risques.
Cette évaluation est la première étape d’une démarche plus glo-
bale de prévention devant aboutir à la définition d’un plan d’actions.
1
En lien avec cette obligation légale, les partenaires sociaux ont signé deux accords
nationaux interprofessionnels, l’un sur le stress au travail (2 juillet 2008), l’autre sur le har-
cèlement et la violence au travail (26 mars 2010).
7
Les risques psychosociaux
doivent-ils systématiquement figurer
dans le document unique ?
À la différence des risques physiques, les risques psychosociaux
sont potentiellement présents dans tous les contextes de travail du
fait de l’existence de l’interface entre un salarié, son travail et l’envi-
ronnement organisationnel et humain dans lequel il l’exerce.
Ainsi, même si l’entreprise peut estimer que ses salariés ne sont pas
confrontés a priori à des risques psychosociaux, elle doit néanmoins
faire un inventaire des facteurs générateurs de risques psychoso-
ciaux et évaluer dans quelles conditions ses salariés y sont exposés.
Comme pour tous les risques, la règle est qu’il vaut mieux agir avant
qu’après. Identifier les sources d’atteinte à la santé ou à la sécurité
et planifier les actions pour les prévenir sont des éléments fonda-
mentaux d’une démarche de prévention.
Qui élabore la partie du document unique
concernant les risques psychosociaux ?
Comme pour les autres risques, le chef d’entreprise est seul respon-
sable de l’évaluation des risques psychosociaux. Il assure le pilotage
de cette évaluation ou peut confier cette mission à une personne
ressource en interne (animateur sécurité, fonctionnel des ressources
humaines…). Mais en tout état de cause, la responsabilité juridique
de cette activité reste attachée à la personne du chef d’entreprise.
Par ailleurs, la mise en œuvre d’une démarche participative est
conseillée pour assurer la qualité de l’évaluation et développer une
culture de prévention dans l’entreprise. C’est pourquoi les salariés
doivent être associés à l’ensemble de la démarche et en particulier à
l’évaluation car ils disposent des connaissances et de l’expérience de
leur propre situation de travail et des risques qu’elle peut engendrer.
Le chef d’entreprise peut également s’appuyer sur les membres du
CHSCT ou les délégués du personnel, le médecin du travail, l’infir-
mière du travail, les ergonomes ou psychologues du travail IPRP2 du
service de santé au travail ainsi que sur l’ensemble des personnes
qu’il jugera utile d’impliquer dans son entreprise (service de sécurité
8
au travail, bureau des méthodes, service des ressources humaines3,
assistante sociale…). Ces différents acteurs peuvent être réunis en
un groupe pluridisciplinaire, chargé d’accompagner la personne
ressource, pilote de la démarche. Le principal intérêt d’un groupe
pluridisciplinaire est d’enrichir l’évaluation des risques psychoso-
ciaux des points de vue, souvent complémentaires, de chacun de
ces acteurs.
Faut-il avoir été formé aux risques
psychosociaux pour en faire l’évaluation ?
Procéder à l’évaluation des risques professionnels, quelle qu’en soit
la nature, nécessite de savoir les repérer, d’en connaître les sources
et les conséquences délétères et d’être en capacité de proposer
des mesures de prévention adaptées. Il en est de même pour les
risques psychosociaux. C’est pourquoi a minima une sensibilisation
aux risques psychosociaux, à leurs facteurs, ainsi qu’à leurs effets
sur la santé des salariés et le fonctionnement de l’entreprise est un
atout pour mener à bien l’évaluation. La personne désignée pour
piloter la démarche doit en bénéficier en premier lieu, si elle ne dis-
pose pas déjà de ces compétences. Selon les ressources de l’en-
treprise, cette formation-initiation pourra être étendue aux autres
acteurs participant à la démarche d’évaluation pour gagner en effi-
cacité.
2
Intervenant en prévention des risques professionnels.
3
Si les acteurs RH n’ont pas été auparavant sollicités lors de l’évaluation des autres risques
professionnels, il semble pertinent de le faire pour l’évaluation des risques psychoso-
ciaux, et ce pour au moins deux raisons. D’une part, ils détiennent des informations utiles
sur le fonctionnement de l’entreprise et ses évolutions (temps de travail, mouvements
du personnel, relations sociales, organisation du travail, formation et rémunération…).
D’autre part, ils seront partie prenante dans la mise en œuvre du plan d’actions.
9
Étapes de l’évaluation
psychosociaux et exemples
> L’évaluation des facteurs de risques
Étape 1
Préparer la démarche de prévention
• Impliquer les acteurs ayant participé
à l’évaluation des autres risques professionnels,
en veillant à la pluridisciplinarité.
• Collecter les données et indicateurs sur les RPS.
• Définir le périmètre des unités de travail
le plus approprié.
> Dépister les risques psychosociaux.
Des indicateurs pour vous guider,
ED 6012
Étape 5
Réévaluer les facteurs
de risques psychosociaux
• Définir des indicateurs de suivi
et en vérifier l’évolution.
• Réévaluer les facteurs de risques
et l’exposition des salariés.
• Actualiser le document unique.
• Réexaminer le plan d’actions précédent.
> Stress au travail : les étapes
d’une démarche de prévention, ED 6011
> Dépister les risques psychosociaux.
Des indicateurs pour vous guider, ED 6012
> Évaluer les facteurs de risques psychosociaux :
l’outil RPS-DU, ED 6140
Étape 4
Mettre en œuvre le plan d’actions
• Implanter les actions.
• Piloter la mise en œuvre des actions.
> Stress au travail : les étapes
d’une démarche de prévention, ED 6011
10
des facteurs de risques
d’outils publiés par l’
psychosociaux inclut plusieurs étapes :
Étape 2
Évaluer les facteurs
de risques psychosociaux
• Inventorier les facteurs de RPS dans les unités de travail.
• Analyser les conditions d’exposition des salariés
à ces facteurs de risques.
• Transcrire cette évaluation dans le document unique.
> Évaluer les facteurs de risques psychosociaux :
l’outil RPS-DU, ED 6140
Pour l’accompagnement dans la démarche
de prévention des RPS par des ressources externes
ou la mise en place d’un diagnostic approfondi
(selon la complexité de la situation dans l’entreprise
et la qualité du dialogue social) :
> Stress au travail : les étapes d’une démarche
de prévention, ED 6011
> Prévention des RPS : et si vous faisiez appel
à un consultant ?, ED 6070
Étape 3
Définir un plan d’actions
• Proposer des actions d’amélioration.
• Prioriser et planifier ces actions.
• Reporter ces actions de prévention
dans le document unique.
• Définir les moyens nécessaires
à la réalisation du plan d’actions.
> Stress au travail : les étapes
d’une démarche de prévention, ED 6011
> Évaluer les facteurs de risques
psychosociaux : l’outil RPS-DU, ED 6140
11
Des questions relatives
à la méthode d’évaluation
Comment préparer l’évaluation
des facteurs de risques psychosociaux ?
L’entreprise a tout intérêt à commencer par recenser les informa-
tions à sa disposition lui permettant de détecter d’éventuels risques
psychosociaux (étape 1, p. 10) : indicateurs d’absentéisme, de qua-
lité, restrictions d’aptitude ou déclarations d’inaptitude, emploi
de nombreux intérimaires ou CDD, postes vacants non remplacés,
alertes du médecin du travail… L’analyse de ces indicateurs permet
d’identifier des unités de travail où l’évaluation devra être menée
en priorité. Ces indicateurs pourront également être utilisés a pos-
teriori pour apprécier les bénéfices des actions de prévention mises
en place (indicateurs de suivi).
Doit-on garder les mêmes unités de travail
que celles définies pour les autres risques
professionnels ?
L’identification des risques doit s’effectuer par unité de travail, afin
d’être au plus près des situations de travail des salariés. Les risques
peuvent en effet être différents pour des salariés qui travaillent dans
un bureau, un magasin ou sur un chantier. Pour définir ces unités de
travail, on peut prendre en compte par exemple :
n un critère géographique, en considérant un groupe de salariés
situé dans un même lieu de travail ;
n un critère de métier ou de poste, en regroupant les salariés par
type d’activité ou par poste de travail.
12
Quels que soient les critères choisis, l’unité de travail doit corres-
pondre autant que possible à un ensemble de salariés potentielle-
ment exposés aux mêmes facteurs de risques dans leur travail.
Garder le même découpage d’unités de travail pour tous les risques
professionnels facilite la cohérence d’analyse et le choix des priori-
tés d’actions. Toutefois, l’entreprise sera peut-être amenée à choisir
un autre découpage pour les risques psychosociaux, compte tenu
de son organisation du travail. L’important est que ce découpage
soit pertinent vis-à-vis de l’activité réelle de travail.
Comment concrètement évaluer
les facteurs de risques psychosociaux ?
L’entreprise doit d’abord réaliser un inventaire des facteurs de
risques auxquels peuvent être soumis a priori ses salariés ; elle éva-
lue ensuite pour chacune des unités de travail définies la présence
(ou non) de ces facteurs de risques et les conditions d’exposition
des salariés à ceux-ci (fréquence, circonstances d’exposition…)
(étape 2, p. 11). Pour l’y aider, il existe plusieurs outils et méthodes,
dont la grille d’évaluation des facteurs de risques psychosociaux de
l’INRS (voir ED 6140).
L’inventaire des facteurs de risques et l’évaluation des conditions
d’exposition pour chaque unité de travail sont ensuite reportés
dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.
Ils serviront à l’élaboration du plan d’actions (étape 3, p. 11).
L’entreprise doit procéder elle-même à son évaluation des risques
professionnels, y compris pour les risques psychosociaux, en pre-
nant appui sur ses compétences propres. Cette évaluation en in-
terne implique un dialogue social ouvert, l’absence de conditions
de travail et de relations sociales fortement dégradées (absence
d’événements graves de type suicides ou tentatives de suicide, de
cas de harcèlement moral, de conflits exacerbés entre services ou
salariés…).
13
Que faire en cas de difficulté de dialogue
entre les acteurs de l’entreprise ?
L’évaluation des risques psychosociaux, dans le cadre du document
unique, est menée en général en amont de problèmes avérés. Si ce
n’est pas le cas et que le dialogue social est empêché, l’entreprise
peut envisager de recourir à des ressources externes (organismes
publics de prévention, cabinets-conseils privés). Celles-ci pourront,
grâce à des interventions adéquates, rétablir le dialogue entre les
différents acteurs. Si la situation le nécessite, un diagnostic appro-
fondi sera réalisé par ces ressources externes sur une ou plusieurs
unités de travail ou sur l’ensemble de l’entreprise.
Le diagnostic approfondi permet de préciser l’importance des pro-
blèmes rencontrés par les salariés, d’identifier et d’analyser fine-
ment les sources de ces problèmes en lien avec le travail. Sur la
base des résultats de ce diagnostic, l’entreprise pourra renseigner
dans le document unique l’évaluation de ses facteurs de risques
psychosociaux. Le recours à des compétences externes doit néan-
moins rester ponctuel et limité à des circonstances particulières. La
périodicité de l’évaluation des risques professionnels, tout comme
le caractère au long cours d’une démarche de prévention, appellent
en effet l’entreprise à être autonome.
Doit-on coter les facteurs de risques
psychosociaux ?
L’évaluation des risques professionnels suppose d’apprécier le ni-
veau de risque auquel les salariés sont soumis. Pour ce faire, l’entre-
prise définit ses propres critères d’appréciation, à partir des condi-
tions d’exposition aux facteurs de risques (fréquence d’exposition,
nombre des salariés concernés…) et de la gravité potentielle des
conséquences. C’est à partir de ces critères que l’entreprise pourra
déterminer un niveau de risque. Ce niveau ne renvoie pas néces-
sairement à une cotation chiffrée ; il peut prendre d’autres formes,
comme par exemple des codes couleur ou des symboles.
Le choix des critères d’appréciation du niveau de risque relève donc
d’un choix d’entreprise et non de prescriptions réglementaires.
14
Ceux-ci doivent être adaptés non seulement à la situation de l’en-
treprise, mais aussi à la nature des risques.
Le système de cotation doit être précis et stabilisé afin de permettre
de repérer dans le temps, au sein de l’entreprise, les évolutions des
risques psychosociaux. Il doit être suffisamment clair pour que des
personnes qui n’auraient pas participé à son élaboration puissent
l’utiliser.
Comment définir et hiérarchiser les actions ?
L’évaluation des risques ne constitue pas une fin en soi. Sa raison
d’être réside dans les actions de prévention qu’elle va susciter et le
plan d’actions qui en découle (étape 3, p. 11).
Les risques psychosociaux n’étant pas dus à une seule cause et
résultant d’un ensemble de facteurs, parfois en lien avec la straté-
gie globale de l’entreprise, leur prévention réclame donc souvent,
comme pour les autres risques, un ensemble coordonné d’actions
ou de mesures sociales, organisationnelles et techniques qu’il faut
construire et discuter collectivement.
Par exemple :
n anticiper les changements suffisamment tôt en évaluant leurs im-
pacts techniques et organisationnels et ainsi mieux préparer les
équipes ;
n mettre en place une gestion des ressources humaines transpa-
rente et équitable ;
n former les salariés en contact avec le public et aménager les
conditions d’accueil de ce dernier.
Les priorités d’actions sont à déterminer en fonction du niveau de
risque évalué, du caractère d’urgence des améliorations à appor-
ter, de leur faisabilité (compte tenu des délais et des moyens né-
cessaires à leur implantation), ainsi que de l’efficacité prévisible de
ces mesures. Le choix de ces actions correspondra à un nécessaire
compromis entre ces différents critères. Il faudra par ailleurs tenir
compte du fait que les facteurs de risque peuvent se renforcer ou
au contraire se neutraliser.
Par exemple, une intensité de travail importante sera d’autant plus
difficile à supporter si le salarié a très peu d’autonomie pour réaliser
15
ses objectifs. À l’inverse, cette intensité sera moins contraignante
s’il dispose d’autonomie et s’il existe de bons rapports sociaux dans
son unité de travail (soutien des collègues et des supérieurs hiérar-
chiques, par exemple).
Comment mettre en œuvre
le plan d’actions ?
La réalisation du plan d’actions (étape 4, p. 10) est portée et pilo-
tée par la direction de l’entreprise. Il comprend un échéancier, un
budget, des ressources, le(s) responsable(s) de l’application des
décisions et du pilotage des actions… Il témoigne de l’engagement
de l’entreprise à faire face aux enjeux que représentent les risques
psychosociaux au travail. Ces propositions d’actions de prévention
sont ensuite intégrées dans le document unique.
Afin d’échanger sur l’avancée de la démarche, des présentations
régulières sont à prévoir lors des réunions du CHSCT. Ces temps
d’échanges s’inscrivent dans le dialogue social de l’entreprise.
Comment et quand réévaluer les facteurs
de risques psychosociaux ?
Comme l’oblige la réglementation, l’actualisation du document
unique (au moins une fois par an) amène à réévaluer les facteurs de
risques psychosociaux dans chaque unité de travail (étape 5, p. 10).
Cette actualisation s’effectue au regard des actions préalablement
menées et des éventuelles modifications d’organisation et de condi-
tions de travail survenues entre-temps. Si des différences d’éva-
luation apparaissent, il est nécessaire d’en chercher les raisons :
En quoi et pourquoi l’exposition des salariés à tel ou tel facteur de
risques a-t-elle évolué ? Les actions engagées depuis l’année précé-
dente expliquent-elles cette évolution ? Le contexte professionnel
a-t-il changé ? De nouvelles exigences se sont-elles ajoutées ou au
contraire certaines contraintes de travail ont-elles diminué ?
16
Pour en savoir plus
Documents réglementaires et conventionnels
• Articles L. 4121-1, L. 4121-2, L. 4121-3 du code du travail.
• Articles R. 4121-1 à R. 4121-3 du code du travail.
• Circulaire DRT n° 6 du 18/04/02 prise pour l’application
du décret n° 2001-1016 portant création d’un document relatif
à l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs,
prévue par l’article L. 4121-1 du code du travail et modifiant le code
du travail : [Link]
• Accord national interprofessionnel sur le stress au travail (2 juillet 2008) :
[Link]
• Accord national interprofessionnel sur le harcèlement et la violence
au travail (26 mars 2010) : [Link]
[Link].
Documents sur l’évaluation des risques
professionnels
• Principes et pratiques recommandés par la CNAMTS, les CRAM,
les CGSS et l’INRS. Évaluation des risques professionnels, INRS, ED 886.
• Questions-réponses sur le document unique, INRS, ED 887.
Documents sur les risques psychosociaux
• Le stress au travail, coll. « Le point des connaissances sur »,
INRS, ED 5021.
• Et s’il y avait du stress dans votre entreprise ?,
INRS, ED 973.
• Stress au travail : les étapes d’une démarche de prévention,
INRS, ED 6011.
• Comment détecter les risques psychosociaux en entreprise ?,
INRS, ED 6086.
• Dépister les risques psychosociaux. Des indicateurs pour vous guider,
INRS, ED 6012.
• Prévention des risques psychosociaux : et si vous faisiez appel
à un consultant ?, INRS, ED 6070.
• Risques psychosociaux. Comment choisir un consultant,
[Link]/[Link]
• Évaluer les facteurs de risques psychosociaux : l’outil RPS-DU,
INRS, ED 6140.
17
Pour obtenir en prêt les audiovisuels et multimédias et pour commander les brochures
et les affiches de l’INRS, adressez-vous au service Prévention de votre Carsat, Cram ou CGSS.
Services Prévention des Carsat et Cram
Carsat ALSACE-MOSELLE Carsat BRETAGNE
(67 Bas-Rhin) (22 Côtes-d’Armor, 29 Finistère,
14 rue Adolphe-Seyboth 35 Ille-et-Vilaine, 56 Morbihan)
CS 10392 236 rue de Châteaugiron
67010 Strasbourg cedex 35030 Rennes cedex
tél. 03 88 14 33 00 − fax 03 88 23 54 13 tél. 02 99 26 74 63 − fax 02 99 26 70 48
[Link]@[Link] drpcdi@[Link]
[Link] [Link]
(57 Moselle) Carsat CENTRE-VAL DE LOIRE
3 place du Roi-George (18 Cher, 28 Eure-et-Loir, 36 Indre,
BP 31062 37 Indre-et-Loire, 41 Loir-et-Cher, 45 Loiret)
57036 Metz cedex 1 36 rue Xaintrailles
tél. 03 87 66 86 22 − fax 03 87 55 98 65 45033 Orléans cedex 1
[Link] tél. 02 38 81 50 00 − fax 02 38 79 70 29
prev@[Link]
(68 Haut-Rhin) [Link]
11 avenue De-Lattre-de-Tassigny
BP 70488 Carsat CENTRE-OUEST
68018 Colmar cedex (16 Charente, 17 Charente-Maritime,
tél. 03 69 45 10 12 19 Corrèze, 23 Creuse, 79 Deux-Sèvres,
[Link] 86 Vienne, 87 Haute-Vienne)
37 avenue du président René-Coty
Carsat AQUITAINE 87048 Limoges cedex
(24 Dordogne, 33 Gironde, 40 Landes, tél. 05 55 45 39 04 − fax 05 55 45 71 45
47 Lot-et-Garonne, 64 Pyrénées-Atlantiques) cirp@[Link]
80 avenue de la Jallère [Link]
33053 Bordeaux cedex
tél. 05 56 11 64 36 − fax 05 57 57 70 04 Cram ÎLE-DE-FRANCE
[Link]@[Link] (75 Paris, 77 Seine-et-Marne, 78 Yvelines,
[Link] 91 Essonne, 92 Hauts-de-Seine, 93 Seine-Saint-Denis,
94 Val-de-Marne, 95 Val-d’Oise)
Carsat AUVERGNE 17-19 place de l’Argonne
(03 Allier, 15 Cantal, 43 Haute-Loire, 75019 Paris
63 Puy-de-Dôme) tél. 01 40 05 32 64 − fax 01 40 05 38 84
Espace Entreprises [Link]@[Link]
Clermont République [Link]
63036 Clermont-Ferrand cedex 9
tél. 04 73 42 70 19 Carsat LANGUEDOC-ROUSSILLON
offredoc@[Link] (11 Aude, 30 Gard, 34 Hérault, 48 Lozère,
[Link] 66 Pyrénées-Orientales)
29 cours Gambetta
Carsat BOURGOGNE - FRANCHE-COMTÉ 34068 Montpellier cedex 2
(21 Côte-d’Or, 25 Doubs, 39 Jura, tél. 04 67 12 95 55 − fax 04 67 12 95 56
58 Nièvre, 70 Haute-Saône, prevdoc@[Link]
71 Saône-et-Loire, 89 Yonne, [Link]
90 Territoire de Belfort)
46, rue Elsa Triolet Carsat MIDI-PYRÉNÉES
21044 Dijon cedex (09 Ariège, 12 Aveyron, 31 Haute-Garonne, 32 Gers,
tél. 03 80 33 13 92 − fax 03 80 33 19 62 46 Lot, 65 Hautes-Pyrénées, 81 Tarn, 82 Tarn-et-Garonne)
[Link]@[Link] 2 rue Georges-Vivent
[Link] 31065 Toulouse cedex 9
fax 05 62 14 88 24
[Link]@[Link]
[Link]
Services Prévention des CGSS
Carsat NORD-EST CGSS GUADELOUPE
(08 Ardennes, 10 Aube, 51 Marne, 52 Haute-Marne, DRPPS Service prévention,
54 Meurthe-et-Moselle, 55 Meuse, 88 Vosges) Espace Amédée Fengarol
81 à 85 rue de Metz Parc d’activités La Providence,
54073 Nancy cedex ZAC de Dothémare
tél. 03 83 34 49 02 − fax 03 83 34 48 70 97139 Les Abymes
[Link]@[Link] BP 486, 97159 Pointe à Pitre cedex
[Link] tél. 0590 21 46 00 – fax 0590 21 46 13
[Link]@[Link]
Carsat NORD-PICARDIE
(02 Aisne, 59 Nord, 60 Oise, CGSS GUYANE
62 Pas-de-Calais, 80 Somme) Direction des risques professionnels
11 allée Vauban CS 37015
59662 Villeneuve-d’Ascq cedex 97307 Cayenne cedex
tél. 03 20 05 60 28 − fax 03 20 05 79 30 tél. 05 94 29 83 04 − fax 05 94 29 83 01
bedprevention@[Link] prevention-rp@[Link]
[Link]
CGSS LA RÉUNION
Carsat NORMANDIE 4 boulevard Doret
(14 Calvados, 27 Eure, 50 Manche, 61 Orne, CS 53001
76 Seine-Maritime) 97741 Saint-Denis cedex 9
Avenue du Grand-Cours, 2022 X tél. 02 62 90 47 00 − fax 02 62 90 47 01
76028 Rouen cedex prevention@[Link]
tél. 02 35 03 58 22 − fax 02 35 03 60 76
prevention@[Link] CGSS MARTINIQUE
[Link] Quartier Place-d’Armes
97210 Lamentin cedex 2
Carsat PAYS DE LA LOIRE tél. 05 96 66 51 31 et 05 96 66 51 32
(44 Loire-Atlantique, 49 Maine-et-Loire, fax 05 96 51 81 54
53 Mayenne, 72 Sarthe, 85 Vendée) prevention972@[Link]
2 place de Bretagne [Link]
44932 Nantes cedex 9
tél. 02 51 72 84 08 − fax 02 51 82 31 62
[Link]@[Link]
[Link]
Carsat RHÔNE-ALPES
(01 Ain, 07 Ardèche, 26 Drôme, 38 Isère,
42 Loire, 69 Rhône, 73 Savoie,
74 Haute-Savoie)
26 rue d’Aubigny
69436 Lyon cedex 3
tél. 04 72 91 97 92 − fax 04 72 91 98 55
preventionrp@[Link]
[Link]
Carsat SUD-EST
(04 Alpes-de-Haute-Provence, 05 Hautes-Alpes,
06 Alpes-Maritimes, 13 Bouches-du-Rhône, 2A Corse Sud,
2B Haute-Corse, 83 Var, 84 Vaucluse)
35 rue George
13386 Marseille cedex 5
tél. 04 91 85 85 36 − fax 04 91 85 75 66
[Link]@[Link]
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Les risques psychosociaux sont des risques
professionnels à évaluer au même titre
que les autres. Oui, mais comment s’y prendre ?
Par où commencer ?
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Évaluer les facteurs de risques psychosociaux :
l’outil RPS-DU, ED 6140.
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Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris Tél. 01 40 44 30 00•
•
[Link] e-mail : info@[Link]
Édition INRS ED 6139
1re édition (2013) • réimp. mai 2018 • 7 000 ex. • ISBN 978-2-7389-2044-7
u L’INRS est financé par la Sécurité sociale - Assurance maladie / Risques professionnels t