Introduction
Récemment, l'évaluation de la performance des organisations publiques est
devenue un impératif et une nécessité. Ceci porté essentiellement par le New
Public Management « NPM » qui cherche à formuler une réponse à la pression
sociale qui veut que l’on fasse bon usage des fonds publics pour réaliser des
services publics de qualité dédiés aux citoyens. Le Maroc a engagé depuis
plusieurs années un processus de réforme profonde des modes de
fonctionnement du secteur Public pour réformer en profondeur sa gestion. Ce
processus qui vise à renforcer la transparence et la bonne gouvernance de la
gestion publique, s’inscrit dans un cadre plus global de réforme publique. Cette
réforme présente le fruit d’une évolution progressive des réflexions autour de la
modernisation de la gestion publique axée sur les résultats, la contractualisation,
et la programmation pluriannuelle. Ces réflexions, qui ont permis de prendre
conscience progressivement de la nécessité de moderniser, optimiser,
rationaliser et simplifier les modes d’exécution de la gestion publique et de
replacer le gestionnaire et le citoyen au cœur des préoccupations des activités de
l’organisation Publique Marocaine, tout en prenant en considération la sécurité
financière et budgétaire qui est une condition indispensable et l’obligation de
fournir aux citoyens l’information concernant les buts, les coûts et les résultats
de ses actions et ses services. Avec les nouvelles formes de gouvernance
administrative et sous l’effet conjugué de la LOLF (Loi Organique relative aux
Lois de Finances) de 2016 qui repose sur le renforcement de la performance de
la gestion publique ont fait de la mise en place d’un système de contrôle de
gestion plus que jamais une nécessité et non plus un luxe dans le but d’améliorer
sa performance et parler d’une performance globale en son sein. L'exigence
d'efficacité d'efficience, de performance et de qualité qu'impose les nouveaux
modes de fonctionnement des organisations publiques Marocaines amènent ces
dernières à se doter de dispositifs de contrôle et de gestion modernes favorisant
notamment le dialogue de gestion, au service d’une nouvelle gouvernance et
démarche qui vise la performance de l’organisation qui présente un intérêt
capital. Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit ISSN: 2550-469X
Numéro 3 : Décembre 2017 RCCA Page 26 L’idée force que nous visons à
transmettre est que le secteur public peut être régi par les mêmes contraintes que
le secteur privé et que les méthodes de management et de gestion développées et
mises en œuvre dans les entreprises privées peuvent être appliquées avec succès
dans l’ensemble des organisations et administrations publiques mais d’une
manière bien adaptée pour en assurer la performance (Hood, 1995). La
performance, « cette dernière dimension de quête de résultats », est ainsi « au
centre des politiques inspirées par le « New Public
Management » et « à la fois l’objectif et le moyen des réformes publiques »
(Chappoz et Pupion, 2013a, 2013b).
L’objectif de notre article est de répondre à la problématique suivante : Quelles
sont les étapes de la mise en place et les conditions de réussite d’un système de
contrôle de gestion au sein d’une organisation publique Marocaine ? Ceci en
expliquant l’architecture qu’on peut suivre pour bien mettre en place un système
de contrôle de gestion performant au sein des organisations publiques
Marocains. Pour pouvoir bien répondre à notre problématique, on va définir la
notion du contrôle de gestion et les outils à adopter dans un
premier point avant de bien détailler la méthodologie à suivre pour la mise en
place d’un système de contrôle de gestion au sein de ces organisations au niveau
du deuxième point , et enfin dans le troisième point on va préciser les conditions
de réussite de sa mise en place.